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ladytelephagy
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11 juin 2010

Total ellipse of the heart

Deux personnages se rencontrent. Ils sont dans un bar, un resto, un club, peu importe. D'abord, ils échangent quelques œillades, des sourires ; ils fendent la foule et se rapprochent. De toute évidence le courant passe. Ils entament la conversation, l'un allume peut-être la cigarette de l'autre qui, tirant une bouffée, ne laisse aucune ambiguïté quant à son attirance. Ils boivent un verre.
Scène suivante, sans transition. La porte d'un appartement s'ouvre violemment. Le couple, embrasé, tente de faire son chemin jusqu'au lit ou jusqu'au sofa (ce qui viendra en premier) sans desceller leurs lèvres, et en essayant de se déshabiller l'un l'autre. Leur désir est irrépressible, il les consume, rien ne pourra les empêcher de passer ensemble une nuit absolument torride.

Ok, maintenant, suis-je la seule à me demander ce qui s'est passé entre le bar et la porte d'entrée ?
Pourtant, la plupart du temps, cette scène est absente. Pour un peu, on pourrait même penser que la porte du bar donne directement sur la porte d'entrée de l'appartement.

Si on y réfléchit bien, deux minutes, à tête reposée... cette ellipse est ridicule. D'abord : pourquoi ne nous montrer le couple qu'une fois parvenu à l'appartement ? Leurs intentions semblent claires quel que soit le décor, non ?
Et puis surtout : que faut-il en conclure sur ce qui s'est passé entretemps ?

...Quand ce genre d'ellipse se produit, je ne peux pas m'empêcher d'imaginer la scène intermédiaire. Dans le taxi. Les deux personnages sont assis côte à côte. Peut-être qu'ils s'embrassent fougueusement et que le chauffeur leur jette des coups d'œil dans le rétro. Mais l'ellipse est si grotesque que je ne peux pas faire autrement que visualiser nos deux amants assis les mains sur les genoux, distants l'un de l'autre, regardant chacun de leur côté.
"Ah tiens, il n'y avait pas un Starbucks, là ?
- C'est un Appleby's maintenant.
- Ah, mais où est passé le Starbucks alors ?
- Il a déménagé à l'angle de la 28e.
- Oh... je vois.
- Bien bien bien...
- Et sinon, on fait moitié/moitié pour la course ?"
Rien que de penser à cette scène qui n'existe pas, le reste s'en trouve immédiatement discrédité...

C'est comme les disputes. Pourquoi, dans les séries, les personnages attendent toujours d'être rentrés à la maison, d'avoir fermé la porte et jeté les clés sur la table basse, pour que l'un d'entre eux dise : "Quoi ? Qu'est-ce qui va pas ?" et que la dispute éclate. Vous ne croyez pas qu'en revenant de l'endroit où a eu lieu l'incident d'origine, ils ont eu largement le temps de réaliser que l'un des deux est fumasse ? Est-ce que, dans la voiture mettons, tout le temps que l'un conduisait et l'autre regardait la route, ils ont mis leur discorde entre parenthèses ?
"Tiens, c'est le même sac à main que celui que je voulais offrir à ma mère...
- Où ça ?
- Ah bah, laisse tomber, elle a tourné dans l'autre rue.
- ...
- ...
- Il fait un drôle de bruit, le pot d'échappement, non ?"

Si ces ellipses se retrouvent si souvent dans les séries, films, téléfilms... c'est parce que de toute évidence, elles sont très pratiques. Si on laisse la scène dans le taxi ou la voiture, il faut la filmer dans un taxi ou une voiture, alors qu'on a un très joli décor d'appartement qui ne demande qu'à être utilisé pour pas un centime de plus.

Et puis, et c'est le plus important, cette scène répond à un cliché. Si les deux personnages se montent dessus à l'arrière du taxi, nous allons l'interpréter différemment ; s'ils s'envoient en l'air une fois arrivés à l'appartement (et ce même si ça semble totalement incohérent), ils sont dans la norme. L'ellipse permet d'aller directement au cliché de façon à pouvoir appuyer sur le fait que les deux amants vont passer la nuit ensemble ou pour montrer que la dispute a vraiment eu lieu.

Cab

Au lieu de refléter une situation réelle puisque concrètement, les personnages ont forcément dû faire le trajet entre le bar et l'appartement et n'ont pas attendu d'être arrivés pour avoir envie l'un de l'autre (c'est au contraire la conséquence de leur attirance), l'ellipse devient obligatoire alors qu'elle est absurde. Si elle disparait, le sens des évènements change.

Évidemment, il y a des ellipses nécessaires, et je ne ferai pas partie de ceux qui reprochent à Jack Bauer de ne pas aller soulager sa vessie aussi souvent que ce que son urologue recommanderait.

Mais le non-dit de l'ellipse, la ou les scènes qui manquent d'un point de vue objectif, le moment qui dans la vraie vie ne pourrait pas être simplement occulté, en dit au moins autant que les scènes qu'on voit sur les clichés utilisés par la fiction qui en use, et parfois abuse.

Par voie de conséquence, l'ellipse formate notre vision d'un évènement donné. Si la scène s'arrête dans le bar, on ne se sentira même pas sûrs qu'ils aient concrétisé. On nous habitue à demander une explicitation codifiée de la situation et de l'enchaînement de scènes au cours desquelles elle se développe, dans un cadre ne laissant aucune ambiguïté planer sur la suite des opérations. On devient, en quelque sorte, intellectuellement accro à ces ellipses et ces lieux communs. C'est leur absence ou leur modification qui relève du revirement de situation, un comble...

Tout le monde ne peut pas faire une série en temps réel, évidemment ; mais la manière de gérer l'ellipse est, en fin de compte, un assez bon indice sur la façon dont les scénaristes d'une fiction donnée considèrent l'intelligence de leurs spectateurs.

Pour faire le test, la prochaine fois, essayez d'imaginer ce qui se passe entre deux scènes... et bienvenue dans mon monde, où tant de scènes deviennent risibles.

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26 juin 2010

Qui aime la curiosité me suive !

Quand on parle du Japon, 80% des interlocuteurs pensent immédiatement kimono, shamisen et sushi (si ce n'est avec ces mots, c'est au moins vrai en images). Eh oui, 80% des gens sont convaincus qu'en-dehors des Etats-Unis et de l'Europe de l'ouest, la planète est restée bloquée au XIXe siècle ! Vous savez bien : les Africains tapent sur des tambours en peau, les Arabes se promènent à dos de chameau, les Mexicains portent des sombreros... J'ai envie d'appeler ça "l'inculture de masse", si vous voulez. Et être ignorant de l'actualité culturelle de ces pays et tant d'autres entretient l'ignorance globale.

Quand j'étais ado, il y a eu une grande vague de raï. Pour moi qui vivait dans une maison où on n'écoutait pas de musique et où le racisme était de mise, la mode musicale des Khaled, Cheb Mami et autres Faudel a été un phénomène observé à distance, mais avec intérêt et curiosité. Voilà, exactement : c'était vraiment une chose curieuse. Personne ne se trimbalait avec une tenue de touareg ou Dieu sait quel autre vêtement exotique. Les clips se déroulaient dans un milieu à la fois moderne et oriental. Les femmes ne dansaient pas nécessairement avec leur ventre. Beaucoup de sons m'étaient inconnus. A peu près à la même époque, Amina est arrivée 2e à l'Eurovision, et en dépit du visage écœuré de ma mère, il faut quand même bien admettre qu'on n'a plus jamais fait aussi bien.

Il y avait dans tout ça une leçon à apprendre sur le monde. Il avait évolué partout ; la musique n'était pas réservée à l'Occident. Les cours d'Histoire nous apprenaient qu'il y avait des pays industrialisés et d'autres non. Les cours de récré m'apprenaient que pour autant, nous vivions tous dans un monde où chaque pays avait une culture potentiellement accessible à tous. Nous vivions tous dans une ère de popculture, certaines moins accessibles que d'autres jusqu'au jour ou mystérieusement, on braquait les projecteurs sur la popculture d'un autre pays.

La mode du raï a faibli, mais jamais disparu. Dans toutes les FNUC que je fréquente, il y a un rayon dédié. Ca s'explique démographiquement, bien-sûr, mais je crois aussi que du jour où on a ouvert nos oreilles à cette musique, on a accepté que cette partie du monde entre dans notre quotidien.
Avec cette mode du raï, on a accepté de voir que d'autres cultures avaient quelque chose à offrir, et pendant qu'on scandait "Aicha, Aicha, écoute-moi", on assimilait sans le savoir quelques bribes de réalité sur des pays lointains que la plupart d'entre nous n'avaient jamais vus. La popularité d'un produit culturel a permis d'atténuer les stéréotypes. C'était un début.

Je crois énormément en cela : un produit culturel comme outil pour aider la compréhension mutuelle des peuples.

C'est fou ce qu'on apprend d'un pays en regardant ses fictions, en écoutant sa musique. Nous sommes tellement imbibés de culture américaine qu'on ne se rend même plus vraiment compte de tous les codes culturels que nous avons ainsi assimilés comme étant différents, mais pas choquants. Et je dis tant mieux.

Quand je vivais avec mon ex, il y a quelques années, nous avions la chaîne musicale allemande VIVA dans notre bouquet. J'ai alors découvert des artistes allemands dont je ne suis pas nécessairement l'actualité aujourd'hui (quand ils en ont une), mais j'aime toujours certaines chansons que j'ai découvertes alors. Certains artistes anglophones étaient diffusés sur VIVA avant même que qui que ce soit en parle en France, c'est aussi comme ça que j'ai découvert les Sugababes et Delta Goodrem, dont là aussi quelques chansons font partie des mes classiques.
Deux ou trois ans plus tard, via un ami avec qui je partageais mon goût pour la musique japonaise, j'ai testé un peu popmusic russe (et pas que Tatu). Une amie m'a prêté le film Devdas et j'ai eu une période de cagoulage de clips indiens assez prononcée.

C'est toujours plus facile avec la musique. La musique pénètre mieux les foyers, du fait du nombre de radios et parce que la musique n'engage à rien (sincèrement, on diffuse certaines musiques populaires au Japon en club, je suis certaine que les gens n'y verraient que du feu et s'amuseraient tout pareil). Les films y parviennent plus ou moins, selon ce que propose le festival de Cannes et au gré du bon vouloir de quelques éditeurs courageux (notamment parce qu'engouffrés dans la niche des films asiatiques). Avec les séries c'est encore très compliqué et pourtant, on n'a jamais été aussi proches de repousser les frontières grâce à internet. Je ne vais pas vous ressortir mon couplet sur les bienfaits d'internet en matière de découverte téléphagique, j'ai dû vous le chanter des dizaines de fois ; dire que ce blog est une ode à la curiosité sans frontière et donc au cagoulage n'est pas exactement une exagération de la vérité.

Mais enfin, écoutez, moi, j'en ai marre d'être patiente. J'en ai marre d'attendre que les télévisions se bougent pour nous offrir ce qui tombe sous le sens. Je suis pourtant pas une consommatrice exigeante : je veux qu'on m'apporte ce qui existe déjà, et se vend déjà... mais ailleurs. C'est pourtant pas compliqué d'acheter des trucs et de les diffuser.

Alors je vais vous dire : j'ai entendu dire par mes cours de marketing, il y a quelques années, que le marché est dominé par la loi de l'offre et de la demande, et surtout, que la demande, ça se crée. Qu'à cela ne tienne.
Vous croyez que les manga qui dans une semaine vont faire ruer des hordes d'otaku à Japan Expo, ils sont arrivés en France parce qu'un beau matin, 150 000 personnes se sont réveillées en se disant qu'elles allaient jeter un œil à des BD éditées de l'autre côté de la planète ? Non, quelqu'un leur a apporté les outils, les videos, les supports papier, encore et encore jusqu'à ce que ça fasse tache d'huile. Un marché s'est créé parce qu'on a donné aux gens la possibilité d'être curieux, et sérieusement, je pense pas que les gens soient aussi cons que ce que les chaînes pensent, et qu'ils refusent d'être curieux. Pas tous.

J'ai envie de faire un pari. De dire : voilà, je vais essayer de me cultiver un peu, et ensuite de ne pas garder toute cette popculture nouvellement acquise pour moi, mais au contraire de faire tourner l'info. Au début ya trois clampins qui me suivront, puis ce sera dix, ce sera quinze, ce sera cinquante, et c'est comme ça que ça marche pour tout. Si j'arrive à cent, je suis contente. A 500 c'est champagne. A 1000 je fais péter la coke. Au-delà je loue la navette spatiale la plus proche et je vous emmène tous faire un group hug dans l'espace.

Vous me suivez ? Zêtes avec moi ? Dans les mois à venir, je vais tenter des trucs. Je compte sur vous, ok ? Que tous ceux qui sont curieux me suivent !
Et puis, pensez à tout le pognon qu'on pourra se faire dans 10 ans en organisant Telephagic Expo à Villepinte.


PasContents
Et si yen a qui protestent par allergie à la curiosité, envoyez-les moi.

21 juin 2010

Très bien, puisque vous voulez rester des ignares...

Eh bah c'est parfait. Vous avez bien raison : quand on n'est pas curieux pour un sou, surtout, il faut s'en vanter. Revendiquons le droit à ne pas élargir nos horizons ! Restons entre nous. Dieu sait que la simple lecture de quelques phrases sur un "ailleurs" risquerait de bouleverser toutes nos belles certitudes !

Parce que, quand quelque chose ne m'intéresse pas et/ou m'est inconnu, je considère comme normal que personne n'en parle, et dans le cas contraire vous pouvez être sûrs que je ferai connaître mon mécontentement. Comme ça je peux rester dans ma chère ignorance sans être dérangée...

Je suis en mode Capitaine Haddock aujourd'hui. J'ai pas envie de faire un post pour me plaindre des gens qui ne connaissent que deux ou trois séries dans la vie, et à qui il ne faut surtout pas ouvrir des portes. J'ai pas envie de faire 50 000 caractères sur la façon dont la curiosité devrait à mon sens être tout l'intérêt de la téléphagie. J'ai même pas envie d'écouter les arguments relativistes qui pourraient me rendre ce comportement un peu moins répugnant (car il y en a qui seraient suffisamment culottés pour m'en opposer). Après tout moi aussi je peux vivre avec des œillères, pas toujours les mêmes.

Non, je suis en mode Capitaine Haddock, et je propose que tous ceux qui ne veulent entendre parler que de ce qu'ils connaissent déjà commencent par ne plus lire les rubriques news des sites qu'ils visitent, ça leur simplifiera grandement la vie.

Les autres, rendez-vous demain quand je serai un peu moins navrée par tout ça...

Greveduzeste

6 mai 2010

Lucky l'ouïe

Récemment, j'ai dû subir une intervention à l'oreille. Non, non ça va, rien de grave, ne vous inquiétez pas. Je suis shootée aux médicaments pour quelques jours encore, je vois mon spécialiste demain et après, tout ça devrait appartenir au passé.
Mais voilà, ça m'a quand même fait réfléchir.

Parce qu'avant cette intervention, j'ai dû passer une semaine pendant laquelle j'étais dans l'incapacité d'entendre de l'oreille gauche, chose d'autant plus handicapante que mon oreille droite est paresseuse au possible (je l'ai déjà mentionné). C'était une expérience assez embarrassante, et croyez-moi c'est un euphémisme, que d'essayer de vivre ma vie avec une audition aussi restreinte. Vivre ma vie tout court (entendre les voitures avant de traverser, répondre au téléphone au boulot, etc...), certes, était difficile, mais surtout, le défi était de vivre ma vie de téléphage.
C'est donc le moment où je confesse que plusieurs posts que vous avez lus ces derniers jours portaient sur des visionnages datant d'il y a une, deux, parfois trois semaines, à défaut d'avoir du matériau exploitable par la sourde que j'étais soudainement devenue. Soyez chics, ne m'en veuillez pas.

Pour tout de même ne pas me sentir téléphagiquement totalement lésée, j'ai dû revoir certaines de mes habitudes. Et notamment, j'ai dû regarder des films avec des sous-titres, la chose que je ne fais plus en VO depuis plusieurs années (sauf si j'ai de la compagnie), et que je n'ai jamais pensé à faire en VF. Eh bah je vais vous dire, quelle que soit leur qualité, j'étais contente de les trouver, ces sous-titres, ça je peux vous le garantir. Et quand on ne les trouve pas, c'est un peu la définition de l'Enfer.

Mais la raison pour laquelle j'écris ce post, ce n'est pas pour me plaindre de ma surdité temporaire, qui devrait être résolue prochainement (d'après ce que m'assure mon boucher/ORL), mais parce que je me suis fait peur, quand même, dans tout ça. Et parce que je porte aussi des lunettes.

Du coup, je me suis dit : qu'est-ce qui mettrait fin à mes activités téléphagiques d'abord ? Devenir définitivement sourde, ou totalement aveugle ? Accessoirement : est-ce que je dois apprendre en premier le langage des signes ou le braille ?

Bien-sûr, cette période de surdité temporaire (et j'ai hâte qu'elle soit finie, ô combien) m'a appris qu'avec des sous-titres, on peut tout regarder. Mais on perd quand même une grande partie des bénéfices d'une série. On a l'histoire, on a les dialogues, certes, mais il manque les mille variations de voix, et, pour ceux qui parviennent à en profiter, les joies de la BO.

Et évidemment, une série qu'on regarde sans les yeux, ça s'appelle de la radio.

Alors la question à dix briques, la question du moment, c'est de me demander... sur un plan strictement téléphagique, d'accord ? Essayons de nous concentrer uniquement là-dessus ; qu'est-ce qui serait le plus insupportable de tout : perdre l'ouïe ou la vue ? La télévision est évidemment faite pour s'adresser en priorité à ces deux sens, mais si on devait en perdre un, lequel serait le plus/moins dommageable pour notre passion ?

SourdAveugle
Et ça, c'est la série dont je vais vous reparler dans le cadre de mon cycle sitcoms. Plus marrant, non ?

1 décembre 2009

Grand débat sur l'identité téléphagique

IdentiteTelephagique

Qu’est ce qu’« être téléphage » aujourd’hui ?

Sous cette question se tient peut-être un piège. Lorsqu'on me demande si je suis téléphage, je réponds que oui, c'est une telle évidence qu'il est inutile de nier. Je l'ai toujours été. Rien ne peut le remettre en question. Personne ne peut me le retirer vraiment. Je suis téléphage au fond de moi.

Je passe beaucoup de temps à expliquer ici comment je vis en tant que téléphage. Pas par fierté, mais plutôt par envie de partager. C'est la téléphage que je suis : j'ai envie de partager mon expérience de la téléphagie avec le plus grand nombre. Après, c'est vrai, ladytelephagy ne peut pas accueillir tous les néophytes du monde. Mais enfin, j'essaye, globalement, de donner sa chance à chacun. C'est ma croyance la plus intime : tout le monde devrait avoir une chance de vivre un jour comme un téléphage.

Pourtant, si je ne vois pas le mal qu'il y a à faire l'apologie de mode de vie purement téléphagique, quand on me demande : "qu'est-ce que c'est qu'être téléphage ?", je le ressens comme une menace sourde. Suis-je à même de définir la téléphagie ? Ce serait une erreur de me poser en maître-étalon. Suis-je une téléphage typique ? Pas sûr. Pourtant qui oserait prétendre, après m'avoir lue, que je n'ai pas une passion pour la fiction télévisée ?

C'est que, quand on me demande ce qu'est la téléphagie, on sous-entend qu'il existe une réponse, et une seule, nette, située dans une zone de blanc. Et qu'elle va exclure ceux qui n'y répondent pas parfaitement se trouveront dans la zone de noir, elle aussi très nette.
Or être téléphage, c'est explorer en permanence plein de zones de gris.

Le téléphage est-il celui qui aime et suit une série depuis 10 ans ? Ou celui qui tombe amoureux d'une nouvelle série tous les 3 mois ?
Le téléphage est-il celui qui cagoule les nouveautés ? Ou celui qui achète systématiquement des DVD ?
Le téléphage est-il celui qui regarde ses épisodes en langue originale pour ne pas perdre les subtilités ? Ou celui qui attend une VF pour être certain de tout comprendre sans rien laisser échapper ?
Le téléphage est-il celui qui sait tout de l'actualité des séries récentes ? Ou celui qui regarde des séries datées d'il y a une à plusieurs décennies ?
Le téléphage est-il celui qui regarde une série de bout en bout pour avoir une vue d'ensemble ? Ou celui qui se fait une opinion dés le pilote qu'il décide alors, ou non, de creuser ?

En fait le téléphage peut être l'un, ou l'autre, voire même souvent les deux selon les cas, le sens du vent, le nombre de barreaux de chaise et la grille de rentrée. Si j'admets qu'on me demande, quand je manifeste l'un ou l'autre de ces comportements, si je suis vraiment une téléphage... est-ce que je n'admets pas que potentiellement on rogne mon identité de téléphage au nom de critères ridiculement noirs ou blancs ? Dans mon cœur, je suis téléphage.

Et celui qui en doute n'a qu'à regarder tout ce que je regarde, acheter tout ce que j'achète, cagouler tout ce que je cagoule, commenter tout ce que je commente, et revenir me dire en me regardant droit dans les yeux que, peut-être, je ne suis pas une "vraie" téléphage.

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1 septembre 2008

ただいま !

J'ai l'immense, que dis-je, l'incommensurable joie de vous annoncer l'ouverture du blog de SeriesLive On Air, dédié à la saison 2 de l'émission... dont je fais partie !

SeriesLiveOnAir_Purple

Comme il sera agréable de vous retrouver, toutes les deux semaines, comme au bon vieux temps...

Pour cette saison nouvelle, à propos de laquelle vous pourrez apprendre progressivement plein de choses sur le blog officiel de l'émission, je serai entourée d'une équipe de chroniqueurs que vous ne connaissez pas encore, et nous avons prévu des améliorations dans la ligne éditoriale, bref plein de choses pour aller toujours plus loin dans la découverte des séries !

Je compte sur vous pour nous suivre dans cette aventure...?

19 octobre 2007

Play >> mate d'Octobre

Je me suis aperçue que pendant que le blog était en jachère, vous n'avez pas pu profiter des Play >> mate qui pourtant étaient sur mon disque dur (très) ! Alors permettez que je rattrape l'erreur : les Play >> mate des mois de Juillet à Octobre sont donc en ligne. A vous de cliquer pour les reluquer, bande de voyeurs !

C'est pas parce qu'il y a pas grand'chose à la télé, qu'il y a des mauvaises nouvelles dans le journal et que le temps est pourri, qu'il faut se laisser miner. En octobre, on a tendance à déprimer un peu mais, heureusement, voilà venue l'heure de la Play >> mate du mois !
Ce soir c'est la pétillante Clara qui nous propose de voir la vie en rose !

2007_10_Octobre

Ca c'est une télécommande qui respire la joie de vivre ! Si votre rayon de soleil mesure autour d'une quinzaine de centimètres et fonctionne à piles, envoyez-moi votre Play >> mate vous aussi !

22 août 2009

Dorama craze

Rappelons qu'à partir de lundi commence l'étape japonaise du Tour du Monde des Séries, sur SeriesLive, et que dans cette optique, j'ai envoyé de nombreuses fiches nippones à Eske (même si toutes n'ont pas eu le temps d'être publiées), qui auront la "préférence nationale", c'est-à-dire que les points attribués par les votants compteront double.

ERRATUM : l'étape japonaise, c'est dimanche ! Votez nombreux !

Du coup je ne résiste pas à l'envie de vous remettre l'intégralité des séries dont j'ai parlé dans ces colonnes, avec tags, liens, et tout le bazar, pour que vous n'hésitiez pas à donner quelques points bien mérités à ces séries. Le Tour du Monde des Séries, ça sert aussi à ça !

Aishiteru ~Kaiyou~  (tags ladytelephagy / fiche SL)

Bokura no Yuuki (tags ladytelephagy / fiche SL)

Futatsu no Spica (tags ladytelephagy / fiche SL)

Hokaben  (tags ladytelephagy / fiche SL)

Innocent Love  (tags ladytelephagy / fiche SL)

Joou no Kyoushitsu  (tags ladytelephagy / fiche SL)

Kamisama, Mou Sukoshi Dake  (tags ladytelephagy / fiche SL)

Last Friends  (tags ladytelephagy / fiche SL)

LIAR GAME  (tags ladytelephagy / fiche SL)

Lunch no Joou  (tags ladytelephagy / fiche SL)

Maid Deka (tags ladytelephagy / fiche SL)

Orange Days  (tags ladytelephagy / fiche SL)

Ruri no Shima  (tags ladytelephagy / fiche SL)

Seigi no Mikata  (tags ladytelephagy / fiche SL)

Shigeshoushi (tags ladytelephagy / fiche SL)

The Quiz Show  (tags ladytelephagy / fiche SL)

Yakou no Kaidan  (tags ladytelephagy / fiche SL)

Pour le moment, il n'y a pas d'autre dorama qui soit fiché ET dont j'aie parlé ici, mais sachez bien que j'y travaille, Eske en a quelques uns en réserve tandis que je continue de préparer des fiches à mesure que j'en découvre, de sorte que l'an prochain, il y ait plus de choix si cet évènement se renouvelle !
Et d'une façon générale, c'est quand même bien sympa de faire découvrir des choses... personnellement je ne m'en lasse pas.

Donc voilà, maintenant vous n'avez plus d'excuse : vous avez le weekend pour faire vos recherches, le règlement est là, après, il suffit de jouer là ! Et si vous jouez au Quizz de SeriesLive, vous gagnez des points supplémentaires pour voter, donc voilà, vous savez ce qu'il vous reste à faire de votre journée de samedi.

29 mai 2009

Privé de télé

Ce midi, pour une fois, j'étais devant ma télé. C'est cool d'être en vacances, me disais-je. Et puis je suis tombée sur ce sujet de L'Edition Spéciale de Canal+, un petit sujet de quelques minutes, trois fois rien, avec une chroniqueuse qui lit sa fiche et deux interviews de trois phrases (en tout, pas chacune) sur un sujet... "de plus en plus d'enfants de 10 ans ou moins regardent des séries télé pour adultes".
Ah, ce bon vieux troll, ça faisait longtemps !

Et la journaliste de commencer par des chiffres de Médiamétrie (et comme ici, on est pas des trolls, on va pas entrer dans le débat de la pertinence des chiffres Médiamétrie... c'est juste que, filez-moi un appareil à audimat, et vous allez voir comme je vais vous les torcher moi, les audiences) :
- pour une quelconque soirée NCIS, on avait enregistré sur 3 millions de spectateurs que 100 000 étaient des enfants de moins de 10 ans (il s'agissait apparemment d'un braquage du service de médecine légale qui poussait le vieux pépé à déballer les intestins d'un mort pour en sortir de la cocaïne)
- pour une autre quelconque soirée Les Experts, sur 8,5 millions de spectateurs, 314 000 étaient des enfants de moins de 10 ans et, au 2e épisode, ils étaient 266 000 à aller jusqu'au bout de la soirée, sachant que ça finit à 22h20 et qu'en plus ya de rediffs le dimanche après-midi.
Moi je fais que citer, hein. D'ailleurs elle aussi, jusque là. Certes, on passait deux photos des scènes de NCIS en question (je sais pas si c'est représentatif, j'ai pas regardé l'épisode, mais il y avait d'une part un mec qui brandissait un flingue, et de l'autre un truc vaguement rouge et gluant pour montrer les entrailles), mais ça se cantonnait à ça, et je me suis dit que, jusque là, bon, on restait intellectuellement honnêtes, dans l'ensemble. J'ai même entendu la phrase "à 22h20 les enfants devraient être couchés", ce qui avait quelque chose de sensé.

C'est alors que le mot a été lâché. "Accro". Les enfants sont "accros" à ces séries. Alors là, j'ai su qu'on n'allait pas être copines, la journaliste et moi. Parce qu'être accro, pardon, mais je sais ce que c'est. C'est d'ailleurs ce qui occupe largement les 3/4 de ces colonnes : parler de mon addiction et ses manifestations. Ça a toujours été mon crédo, si vous vous souvenez de mon premier post. Alors être accro aux séries américaines, on ne me fera pas la leçon dessus.
Et donc là je m'insurge, ou du moins je commence à m'échauffer. Si on veut partir du principe qu'on fait du journalisme, déjà, il y a un problème de méthode : le fait qu'un mouflet de moins de 10 ans regarde un épisode, ou deux, jusqu'à la fin, ce n'est pas de l'addiction. Rien dans les chiffres donnés ne permettait d'employer ce terme, donc. Une partie importante, certes, de la population des moins de 10 ans, certes, regarde ces séries qui ne leur sont pas adressées, certes. Jusque là on est d'accord. Mais parler d'addiction ? Ça me fait mal au derrière, ou alors faut étayer un peu.

Arrive l'argument d'autorité, le psy. Ah, les psys. Je les aime de tout mon coeur (ne vous ai-je pas fait l'apologie de Huff à plusieurs reprises ?), hein, mais les psys dans les sujets de ce type, on les connait. Première chose : les propos rapportés : apparemment, les conséquences sur les enfants sont que, d'une part, ils sont de plus en plus nombreux à vouloir entrer dans la police scientifique (ce qui comme chacun sait est absolument terrifiant, un enfant qui veut entrer dans la police, c'est complètement à contre-courant de notre bonne culture française, ça !!!) (PS : quand je vois Grissom j'ai plutôt envie que ce soit la police qui entre... j'ai dit ça à voix haute ?!), et plus inquiétant encore, les enfants sont de plus en plus "angoissés" et ont "peur d'être assassinés ou enlevés". Sans compter qu'en plus ils deviennent violents (oh le beau troll, c'est quoi ça, le point Godwin de la télévision non ?).
Voilà ensuite un pédopsychiatre qui se pique de redire la même chose en une phrase, histoire d'apporter du crédit à cette connerie, si, j'ai dit un gros mot, et j'assume. D'un autre côté je serais étonnée qu'un enfant de 10 ans soit arrivé aussi loin dans ce texte, si jamais l'un d'entre eux, hautement imprudent, se risquait sur ce blog quasiment sans image.

A ce stade mes cheveux se sont dressés sur mon crâne un à un, et je suis prise d'une violente crise d'urticaire. Oui parce que, vous savez, quand ils regardent le journal avec les parents, ils n'entendent pas du tout parler de Marc Dutroux (la mode est un peu passée, il est vrai) ou de la disparition de Maddie ; ils ne voient jamais les alarmes Alerte Enlèvement avec leur sirènes pas du tout effrayantes, et les parents, c'est bien connu, eux non plus ne réagissent pas à tout ça, et ne les incitent pas à plus de prudence. C'est forcément la faute des séries et uniquement elles.

Au moment où je commençais à me rendre sur des sites de vente en ligne pour acheter un fusil à pompe à l'étranger et en occas' (et pourtant je ne regarde ni NCIS ni Les Experts Khartoum, allez comprendre), une parole plus sage s'est faite entendre : c'est parce que ces séries sont binaires. Il y a le gentil, le méchant, et à la fin on sait bien qui c'est qui gagne.
Et là je tiens à remercier la journaliste pour avoir dit exactement ce que j'en pense, c'est juste qu'il aurait fallu aller jusqu'au bout du raisonnement : ces séries-là sont de la fumisterie ! C'est du divertissement de bas étage, c'est bien gaulé, à la rigueur (je parle des Experts, évidemment ; on ne me fera jamais admettre une chose pareille quant à NCIS, même sous la menace d'une arme). Eh oui, ces séries-là, c'est de la merde ! Bon non, pas de la merde, mais elles sont cons. Ya des séries pour adultes qu'un enfant de moins de 10 ans peut regarder, et limite c'est peut-être même une chose qu'il faut encourager, mais celles-là, devinez quoi : elles ne passent pas en prime time !
En fait il y avait erreur dans la formulation du sujet, puisque ces séries ne sont pas pour adultes mais pour ados et très jeunes adultes, et ça fait une grosse différence ! Toutes ces séries popcorn ne sont PAS des séries pour adultes (ou seulement s'ils ont encore l'âge mental d'un ado de 17 ans).

Je passe sur un autre détail qui m'a chauffé les oreilles, quand les propositions de solution incluaient, tenez-vous bien, qu'on fassez des séries pour adultes qui n'intéressent pas les enfants, et les découragent des séries pour adultes. On leur dit qu'elles existent mais que la plupart des chaînes décident de ne pas les diffuser ? On leur dit que c'est pas ça qui les découragera vu que des enfants regardent aussi Nip/Tuck ?

Par contre je vais m'arrêter sur une autre intervention, celle du journaliste du Monde, Hervé Kempf, qui a une proposition très intelligente : que l'écoloe propose des stages sans télé ! Qu'on explique aux gens que quand on éteint la télé, on peut "discuter, jouer, et même ne rien faire", et que c'est bien. Bon, évidemment c'est bien aussi d'éteindre la télé (sinon quand est-ce qu'on va sur internet ?), mais ce n'est évidemment pas la solution !
Mais faut être le roi des cons, quand même, là... On vit dans un monde de médias. Il ne faut pas en priver les enfants en espérant qu'ils s'en détourneront ou, plus irréaliste encore, que comme par magie, ils vont prendre du recul par rapport à elle. C'est même tout le contraire : il faut les éduquer aux milliers d'informations médiatiques que les enfants reçoivent (et reçoivent de plus en plus, qui plus est), leur donner les outils pour apprendre à gérer leur consommation médiatique.

J'ai toujours dit que la télé, c'était le royaume du libre arbitre. Avec une télécommande en main, on a le moyen d'expliciter ses décisions : si telle chose ne me plaît pas, je zappe, si telle chose ne me correspond pas, je zappe, si telle chose ne répond pas à mon besoin, je zappe. La télécommande, c'est une forme de pouvoir. Rien ne vous oblige à vous abrutir devant un programme débile, parce que vous avez une télécommande (et un bouton ON/OFF, aussi). Ceux qui usent de ce type d'argument font des proies faciles à la connerie télévisuelle, ils subissent. Une télécommande, c'est tout le contraire.
Donc quand on a une télécommande, on apprend à s'en servir. On a des parents pour ça, d'ailleurs. Et des éducateurs si on leur donnait les moyens de prendre le temps de décortiquer les médias avec leurs élèves (mais ils manquent déjà de moyens pour tout le reste, alors bon). Ce n'est pas en privant un gamin de télé pendant 10 jours qu'on lui apprend à avoir de meilleures exigences télévisuelle (et si ya bien un truc que je sais d'expérience, c'est que priver un gosse de télé ne fait que l'en rapprocher), c'est en lui expliquant qu'il a ce pouvoir suprême. Le problème commence par le fait que beaucoup d'adultes ne se servent même pas eux-mêmes de ce pouvoir.

Là, évidemment, obligée, je brandis mon expérience personnelle comme un étendard et je m'insurge : la première série que je me souvienne avoir regardée, c'était L'Enfer du Devoir. A la rigueur, ex aequo avec V, La Belle et la Bête et MacGyver, si on veut chipoter. Pas des séries absolument réjouissantes sur le papier. En suivant les tags sous ce post, vous vous apercevrez par exemple que dés le pilote de La Belle et la Bête, l'héroïne se fait défigurer. Et les plus anciens d'entre vous se souviendront des polémiques autour de MacGyver, qui était super dangereux et subversif parce que les jeunes essayaient de l'imiter et de créer des bombes artisanales, et que tout le monde était ultra-choqué. Quant aux deux autres, rappelons que c'étaient chacune à leur façon des séries de guerre.

Je regardais tout ça, et il ne m'en est resté aucune séquelle. Euh, bref. Non, je veux simplement dire que je ne suis pas plus endommagée par ces séries-là que je ne l'ai été par mon expérience de la vie. Pas de traumatisme, en tous cas. Et j'avais entre 10 et 12 ans, confirmation apportée par ma matriarche à l'instant par téléphone, oui je vérifie mes sources, moa. Est-ce que je suis hantée par l'idée de sauter dans une explosion, terrifiée à l'idée de me faire charcuter dans une rue sombre, ou encore angoissée par la perspective de tirer sur le fil d'une mine planquée dans la végétation ? Non.

Et pourquoi ? C'est là que c'est intéressant, c'est là tout l'objet de mon post : parce que ma mère était là. Elle regardait avec moi, et elle m'expliquait. Elle analysait avec moi le contexte historique de L'Enfer du Devoir, elle me donnait les références qui me manquaient pour comprendre les parallèles avec la résistance devant V, elle m'apprenait aussi, et c'est au moins aussi important, la différence entre fiction et réalité, pourquoi avec un chewing gum, du liquide vaisselle et un trombone, je n'aurais pas pu faire de bombe, et que de toutes façons ça ne servait à rien d'essayer. J'ai peut-être pas eu l'éducation dont je rêvais sur d'autres aspects de ma vie, mais télévisuellement, ma mère, elle a assuré. Elle ne m'a pas dit que ce n'était pas de mon âge (ça aurait pourtant suffit vu qu'il n'y avait qu'une seule télé à la maison et qu'elle était dûment gardée), elle m'a ouverte sur le monde et sur le monde télévisuel, m'a appris à faire relativement la part des choses, m'a donné du recul.
Tous ces gens qui se gargarisent de "les chaînes pour enfants/bébés, c'est odieux, on laisse la télé servir de nourrice", ils me cassent les pieds, voilà. Déjà parce qu'il faudrait se décider : soit les programmes pour les enfants c'est pas bien, soit les programmes pour adultes qu'on laisse les enfants regarder c'est pas bien. A un moment il faut choisir. Et surtout, ce n'est pas parce qu'on met les enfants devant la télé qu'il faut les y laisser seuls. Il faut les accompagner.

Je revendique que la télévision m'a éduquée sur de nombreux aspects, m'a ouverte au monde (tout ironique que ça puisse paraître), m'a permis de sortir de chez moi plus qu'on ne pouvait l'imaginer, m'a permis de voir à quoi ressemblait la vie ailleurs, et ce par le biais plus accessible de la fiction notamment. Je revendique avoir moi aussi grandi dans une boîte en carton découpée de façon à regarder la télé quand mon père n'était pas là. Je revendique mon addiction aux séries. Rien de tout cela n'est antithétique et rien de tout cela n'est honteux. A condition qu'on ait la bonne éducation pour ça.

Mon conseil : quand vous regardez L'Emission Spéciale de Canal+ avec vos enfants, expliquez-leur ça.
Et ensuite mettez-leur un bon DVD de Pushing Daisies, comme ça tout le monde tombe d'accord.

PS : je vois que SeriesLive en a également fait un article, tiens.

26 mai 2009

Vaut mieux (pé)tard que jamais

Mon premier tag sur cette série, c'est émouvant...
Jusque là, sur Weeds, j'avais été très sceptique. Le générique me plaisait bien, c'est sûr, mais ça ne fait pas tout, non plus.

Je me rappelle avoir regardé le pilote, ou du moins avoir essayé, il y a très longtemps de cela, probablement même dés qu'il a été disponible. Mais la première scène m'a semblé si rasoir, et la seconde manquait tant de finesse, que j'ai vite laissé tomber. Le contraste entre les deux était voulu, mais justement trop facile ; la situation semblait caricaturale et pas vraiment enthousiasmante. Bref j'ai décroché assez rapidement, et même si je ne considérais pas qu'il s'agissait d'une odieuse bouse (voir aussi : Gary Unmarried, East Bound and Down, The CW...), j'avais l'impression persistante que la série était très largement surestimée. J'avais beau en lire plein de choses (essentiellement des critiques généraliste, pas des reviews épisode par épisode, ça a peut-être eu son importance), j'avais complètement rayé cette série de ma liste des choses à surveiller.
En fait, à travers cette anecdote, je vous raconte aussi celle d'une autre hérésie, celle de n'avoir pas su apprécier Breaking Bad (mon premier tag sur cette série aussi, tiens). La crème de la crème téléphagique pense pourtant qu'il s'agit des meilleures séries du moment, je suis navrée, mais même en ayant été nourrie par des séries que je pense être de grande qualité (A la Maison Blanche, Oz...), je n'ai jamais pu m'y faire.

C'est probablement le fait d'avoir ramené hier chez moi Jonathan Rhys-Davies, ironiquement, qui m'a fait retenter le coup. J'avais sous les yeux, avec les DVD des deux premières saisons de The Tudors, une nouvelle preuve qu'il ne faut jamais dire jamais. Que peut-être, quelque part, dans le fond, il était éventuellement possible et envisageable que mes goûts aient changé en matière de téléphagie. Que certaines barrières soient tombées.
Avec la révélation que j'étais passée à côté de quelque chose pour Rome et The Tudors, est née la conviction que j'avais peut-être fait pareil avec d'autres séries ; pas des cas comme Friday Night Lights où, ayant testé tout le pilote, j'étais en droit de me dire que j'avais peut-être des raisons de réviser mon jugement, mais des cas où, ayant fait l'impasse sur tout ou (très grande) partie au moins du pilote, mon jugement expéditif, voire mes préjugés, m'avaient peut-être privée de quelque chose de très bien.

Forte de cette bonne résolution, j'ai donc regardé à nouveau Weeds, mais cette fois, lorsque j'ai poussé mon premier soupir de frustration, j'ai tenu bon, serré un peu les dents, et attendu. Sur les 31 minutes qu'a duré le pilote, mettons que les 5 premières étaient une sorte de torture douce masochiste, du style "ya pourtant la saison 2 de The Tudors qui m'attend, pourquoi je me fais du mal ?". La première scène avec les deux mioches de Nancy, dans la maison (6mn 45 à ma montre) a donné le coup d'envoi du revirement. J'ai commencé par être amusée, et c'était un bon début. Mais c'est à la 11e minute qu'enfin l'horizon s'est dégagé et que j'ai vraiment vu poindre de l'amusement. Une fois lancée, une fois ces premières minutes derrière moi, j'ai enfin apprécié. A partir de 16 minutes, j'étais en zone sécurisée et toutes mes défenses étaient tombées.

En fait, ce qu'il me fallait, ce n'était pas juste Nancy Botwin mais bien toute sa fine équipe, avec une dynamique particulièrement appréciable côté enfants, et surtout la conviction qu'elle n'était pas hypocrite, avec d'un côté le caricatural conseil de parents d'élèves, et d'autre part le deal d'herbe. Non, c'est une nana qui s'est vraiment affranchie des impératifs de son milieu, un électron libre, et ce n'est qu'une fois certaine de cela que j'ai vraiment commencé à me détendre. Tant qu'elle semblait jouer sur les deux tableaux, genre "je deale uniquement pour maintenir mon niveau de vie", je n'étais pas intéressée. Mais quand ça s'est décanté et que j'ai pu constater qu'elle avait un regard différent sur le mode de vie en banlieue BCBG, là j'ai vraiment accroché.

Une de mes séries préférées ? Peu de chances, faut rien exagérer. Une série à mes yeux réhabilitée dont je regarderai les épisodes en cas de vaches maigres ? Déjà plus.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Weeds de SeriesLive.

25 avril 2009

La vérité est sous leurs yeux

Un peu plus tôt cette semaine avec The Wedding Bells, on parlait de la façon dont il parait impossible de rater une série où pourtant des noms qui nous sont connus, voire même des visages, ont travaillé, mais force est de constater que même ce genre de choses n'empêche pas de passer à côté de séries qu'on aurait pourtant eu toutes les raisons de découvrir il y a des siècles.
Sans que cette fois ce ne soit la faute du quizz démoniaque de Serieslive (ou alors, très indirectement, vous savez ce que c'est : on clique ici, puis là, puis encore là, et pouf ! On tombe sur un pilote par hasard), je découvre donc aujourd'hui The Chronicle, et non, je vous arrête tout de suite : rien à voir avec les chroniques pitoyables d'une quelconque Sarah Connor.

Quand je tombe de la sorte sur un pilote que je ne cherchais pas particulièrement mais dont je ne sais rien, naturellement, mon premier réflexe est de lancer le cagoulage, et de poser les questions ensuite. C'est donc pendant que m'étaient livrée The Chronicle que j'ai appris qu'il s'agissait d'une série américaine, diffusée sur Sci-Fi, et où on retrouvait en coulisses Silvio Horta (Jake 2.0, Ugly Betty), mais aussi David Janollari et Robert Greenblatt, qu'on connait principalement parce qu'on voyait leurs noms au générique de Six Feet Under (mais Maggie Winters est sur ma liste de découvertes prochaines aussi, cela dit).
Sans compter qu'on trouve au générique rien moins que Jon Polito, l'exquise Rena Sofer, etc...
Et là je me dis que, quand même, je devrais avoir honte.

Le postulat de départ est assez simple : les torchons juste bons à tapisser la litière de votre chat, et faisant leurs gros titres sur des évènements surnaturels totalement improbables... eh bien ils sont tous vrais. Si, tous. Même celui avec les triplées siamoises. Le journal World Chronicle rapporte donc cette vérité si étrange et improbable sur le monde dans lequel nous vivons : il s'y passe effectivement des choses incroyables, même si tout le monde pense que ce sont des foutaises.

Sauf que The Chronicle, ce n'est ni une redite vaguement déformée de X-Files, ni même une tentative du même genre que Freakylinks dont le parti-pris était d'essayer de donner des frissons. Ici, on prend les choses avec plus de légèreté et d'humour. Je dirai même que le personnage qui finalement est le plus sérieux à propos de tout ça, c'est le personnage principal, Tucker, qui débarque dans ce monde avec incrédulité et est plus facilement inquiété par les évènements que les autres membres (il lui arrive même de s'évanouir). Tout le reste de la rédaction est en revanche habitué à tout cela, ça ne les inquiète pas du tout qu'ils soient les seuls à parler de cette vérité, c'est au contraire un petit monde bien rôdé au surnaturel et au mystérieux. D'ailleurs, l'équipe rédactionnelle compte une voyante, une jeune femme enlevée par des aliens (plusieurs fois), etc... Toutefois, si la série se permet de prendre le sujet avec légèreté, on n'est quand même pas dans un sitcom. C'est cet équilibre entre les tons qui permet à The Chronicle d'être amusant sur un sujet pourtant usé jusqu'à la corde, sans toutefois virer à la caricature comique.

The Chronicle n'est pas en soi une série révolutionnaire. Le personnage principal qui débarque dans un univers loufoque au sein duquel il lui faudra réviser un peu son jugement sur le monde afin de pouvoir continuer à travailler, les tentatives de lui ouvrir les yeux, les personnages tous plus bizarres les uns que les autres, sont des thèmes que le fantastique a déjà abordé plusieurs fois, et même d'autres genres. Mais bien réalisée, sympathique, et témoignant d'une envie d'innover dans le domaine du fantastique (tout en sacrifiant à un certain nombre de passages obligés du genre), The Chronicle s'avère très divertissante, et beaucoup moins abêtifiante, en plus, que des séries partant de postulats proches, s'essayant aussi à la légèreté, mais ce faisant, ayant oublié d'engager un scénariste, et que je ne citerai pas pour ne froisser personne. Hein, Special Unit 2 ? Rien que pour ça, ça valait quand même le coup de donner sa chance à ce pilote.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Chronicle de SeriesLive. Tiens, si j'avais TF6 j'aurais découvert cette série plus tôt, apparemment.

11 avril 2009

Life support

Il y a des choses qui ont changé dans ma vie, récemment. C'est pas que le rythme de cette nouvelle existence me tue, mais il faut le temps de s'habituer, quoi. Du coup, ces derniers temps j'ai pris une mauvaise habitude c'est que quand je suis rentrée à la maison, j'ouvre la porte et je tombe directement sur mon lit (avec un rebond contre le mur parce que le lit n'est pas pile face à la porte d'entrée, mais vous saisissez l'idée, quoi) après quoi je m'endors comme une masse. Dans le meilleur des cas je tiens le coup un ou deux soirs de semaine, mais ce ne sont jamais les jours que je voudrais.
J'ai donc pitoyablement raté Life le 25 mars, et puis du coup bah j'ai pas regardé le 1er avril parce que je ne voulais pas sauter des épisodes, et là j'ai compris que j'étais à nouveau entrée dans la spirale infernale.

Mais si, vous savez : la spirale infernale. La spirale infernale qui commence par "j'ai raté un épisode cette semaine" et finit par "du coup j'ai arrêté de regarder et ah bah, tiens, la deuxième saison commence ce soir". Cette spirale infernale.

Ca m'a fait le coup pour plusieurs séries déjà, comme par exemple Veronica Mars ou surtout LOST : j'ai arrêté pour des raisons techniques, et je n'ai jamais réussi à retrouver l'envie de m'y remettre ensuite. C'est un peu comme 24 : dés qu'on sort de l'univers, on ne parvient plus à s'y replonger, parce qu'on a eu l'occasion de prendre du recul et de se dire que, finalement, c'est pas si intéressant.
Il est hors de question que je laisse ça se produire avec Life. HOOOOORS DE QUESTION. Nan mais vous ne vous rendez pas compte, on parle de Life, là ! La série qui insuffle de l'air dans mes poumons depuis que je suis privée de tartes. Donc c'est même pas la peine d'y penser.
Mais j'ai la solution.

Encore une fois, je vais faire mon Cylon, mais j'ai un plan ; et il est le suivant :
- j'ai acheté un petit cochon
- chaque fois que je passe devant une FNUC et que j'ai envie d'y entrer, je m'auto-punis
- l'amende versée à moi-même est de 1€ à chaque fois
- je mets donc 1€ dans le petit cochon
- et en juin, sans effort (vu le nombre de fois où la tentation me prend), je m'offre une première vie

De toutes façons, avec les DVD que j'ai été acheter l'autre jour en occas' (Felicity, Dharma & Greg...), j'ai largement de quoi faire dans l'intervalle, sans compter que j'ai du Big Love à faire avancer, et un coup de pied dans l'arrière-train à me filer pour Deadwood et Rome. Donc je peux tenir sans piller une FNUC d'ici-là, c'est faisable.

Je ne tiens pas vraiment à cette série. Je ne tiens pas vraiment à cette série.
Bon d'accord, peut-être que j'aime bien cette série.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Life de SeriesLive.

29 mars 2009

Pirates ! Ils ont volé mon titre !

Je vous l'accorde, si je ne suis pas partie d'un très bon pied avec Roommates, c'est d'abord et avant tout parce que ce titre, c'était le mien. Je l'avais choisi pour une série que j'écris depuis quelques temps, et bon, c'est vrai, j'avais rien bloqué officiellement, mais tout le monde à Hollywood savait qu'il était à moi, ce nom de série. Donc voilà, c'est un affront qu'il faudra laver, Robin, et je sais que c'est toi, t'as toujours été jalouse du super titre que j'avais trouvé et qui d'ailleurs est beaucoup plus original dans le contexte de ma série que de la tienne. Bah tu vas l'avoir dans l'os parce que ton petit show, il va se faire annuler vite fait bien fait, et ya aucune loi qui interdit que je reprenne le même titre ensuite, et je le prouve : The Closer / The Closer. Aha !

Bon, c'est vrai que je vous continuerais volontiers ma petite blague sur le titre (anecdote vraie, en plus ; enfin, à part pour le menu détail qui fait qu'à part moi personne ne connaît l'existence de cette série que j'écris, mais sinon c'est entièrement vrai), mais le soucis c'est qu'à un moment, je vais devoir parler de la série.
Si ; si je le sais bien, il faudra. C'est la loi du genre. J'ai commencé le post, je vais devoir le finir... c'était un peu comme creuser ma tombe, mais bon.

C'est là que commencent les choses douloureuses, en fait. Parce que sur le papier, Roommates est une comédie... mais en vrai c'est pas drôle. Pas du tout. Sur une échelle personnelle de 1 à 10, 1 étant East Bound and Down, et 10 étant, bouh ya du choix mais je vais dire, mettons, Une Nounou d'Enfer (au pif), Roommates se situe, et j'arrondis au point supérieur hein... environ à -30. Pour vous situer.

C'est, comment vous décrire ça, une sorte de sous-The Big Bang Theory, mais sans théorie ; et certainement sans big bang. Et les filles ne sont même pas aussi jolies que la bille de clown de Kaley Cuoco, vous voyez le truc (et vous savez ce que je pense de la bouille de cafard bouilli de Kaley Cuoco). Genre si vous bandiez devant Sister, Sister, là peut-être qu'il y a un espoir pour vous, sinon ya rien à voir (encore qu'il y aurait motif à inquiétude, du coup, pour votre cas, mais on va pas aborder la psychiatrie un dimanche, hein).

Les personnages sont évidemment très stéréotypés. La blonde, conne, mais conne, une vraie blonde ça ya pas de doute, qui ne comprend rien, rien de rien, une vraie blonde quoi, tout pareil, qui couche avec un connard juste parce qu'il a un pénis et elle un vagin, et dans tout ça ya le pauvre maigrichon genre Rusty de GREEK, qui essaye de se caser avec la blonde mais qui de toute évidence ne joue pas dans la bonne catégorie ; notons que notre geek (ça devient le nouveau quota ou quoi ?) a aussi un copain timbré, mais pas timbré aha, ce mec il faut trop l'inviter à notre prochaine fête, non, plutôt timbré pimpompin... Et puis il y a la copine de la blonde, qui sait toujours ce qu'il faut pour tout le monde et ouvre sans arrêt sa grande gueule pour le dire, mais qui vient de rater sa vie. Et il y a un autre coloc qu'on voit à peine mais on s'en fout, il a une belle gueule, enfin disons que j'ai arrêté de vomir quand je l'ai vu, quoi. Voilà, les personnages c'est ça.

Vous voulez que je je vous présente l'histoire ? Bah, pff... non je peux pas qualifier ça d'histoire, disons qu'il y a un vague pitch de départ mais... de là à dire que c'est une histoire, non, décemment je peux pas, c'est au-dessus de mes forces. Donc le petit geek (enfin, même pas un vrai geek en fait, juste un mec né sans burnes) il aime la blonde depuis le lycée, et il devrait se repaître de la joie qu'elle se rappelle qui il est après tout ce temps, mais non, il profite qu'une place s'est libérée dans la colocation pour essayer de vivre avec elle et se placer. Et on sait tous à quoi ce genre de pseudo-intrigue va aboutir : soit rien, soit n'importe quoi. Je suis pas encore sûre de ce qui est pire, à ce stade.

Et les gags. Il faut vraiment qu'on aborde les gags ? Non, vraiment ? Si vous insistez... Bon, alors... pour vous donner une idée du truc, ya un moment où ya de lourds sous-entendus sur la masturbation. Oui ça vole haut, pourquoi cette question ? Et le truc c'est qu'en plus, ce passage-là... il est leur plus drôle. Je crois. C'est difficile à dire, dans le fond, parce que c'était pénible et laborieux de bout en bout, et que toutes les scènes étaient aussi prévisibles les unes que les autres. Mais avec cet incroyable point en commun : c'était jamais drôle.

Je vous en écrirais bien un peu plus sur cette série consternante mais j'ai un gros soucis logistique, c'est que je ne peux pas en même temps taper sur mon clavier, et me tenir la tête entre les mains pour faire une ravissante imitation du Cri de Munch. Mais sachez que le coeur y est.
Gâcher mon titre pour une série pareille, nan mais j'vous jure, hein...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Roommates de SeriesLive.

21 janvier 2009

Faire mien

Il y a quelques jours, j'ai parlé de deux-trois séries qui vont prochainement débarquer sur les écrans, ou qui viennent de le faire : United States of Tara, et Lie to Me et The Beast (n'hésitez pas à utiliser les tags pour aller voir ce que j'en dis, d'ailleurs). Et avez-vous remarqué ce que j'ai fait ? Si-si, au moins l'un d'entre vous a remarqué... J'ai comparé.

N'est-ce pas là une habitude détestable ? Mais pourtant, il est très difficile d'y résister, avouez-le. Lorsque nous découvrons une série, invariablement (mais certaines fois moins consciemment que d'autres), nous essayons de comparer avec des séries que nous connaissons déjà. 

C'est assez normal, quelque part. Lorsqu'on présente une série qui, a priori en tous cas, n'est pas connue des lecteurs, on se sent obligé de donner des références, qu'on espère communes, pour situer les choses. Si compare le ton de la série A que vous n'avez pas encore vue, à la série B qui fait les heureux primetime de deux chaînes françaises, vous allez tout de suite comprendre quel est le ton de la série dont je parle. Et nous partons sur une meilleure base pour discuter de la série avant même que vous n'en ayez expérimenté ne serait-ce qu'un seul épisode.

Mais ça va probablement plus loin que la seule fin de communiquer autour d'une série que tout le monde n'a pas forcément vue. Ces comparaisons me sont utiles, même à moi qui ai vu les deux, et sais ce que j'en pense.

Parce que comparer une série que je connais avec une autre que je découvre, cela me permet de m'approprier la seconde. Je sais que j'aime, mettons, je vais dire n'importe quoi hein, Roswell, donc si je trouve des points communs avec Dollhouse, cela me donne des repères. Et lorsque je vais commencer à regarder Dollhouse (ce que nous allons tous plus ou moins faire dans moins d'un mois), ce sera plus facile pour moi d'intégrer Dollhouse à mon univers... et vice-versa.

Combien vous en connaissez, des exemples de téléphages qui commencent par dire "j'attends avec impatience que Dollhouse commence, c'est la nouvelle série de Joss Whedon !". Traduction : j'ai aimé Buffy et Angel, j'ai hâte de découvrir un univers qui m'en semblerait proche ! Avec, bonus non-négligeable, une actrice qui y a figuré, un bonheur ne venant jamais seul.
Quand les premières reviews interviendront, et qu'un petit malin dans mon genre jugera bon de dire "plus sombre que Buffy, la série offre cependant des personnages moins développés", ce même genre de téléphages va commenter, comme piqué au vif : "mais ça n'a rien à voir, les personnages de Buffy essayaient d'être eux-mêmes alors que les personnages de Dollhouse sont toujours quelqu'un d'autre !" Vous avez vu ce qui vient de se passer ? En ayant vu le moins possible de la seconde série, mais avec l'aide de plusieurs saisons de la première, le téléphage vient d'établir des comparaisons et il a déjà l'impression de bien connaître Dollhouse. Et juste comme ça, parce qu'il a pu faire des parallèles, il s'est de lui-même mis dans la catégorie des amateurs de Dollhouse. C'est facile comme ça, de devenir fan. Parce que vous pouvez comparer, vous investissez la série plus rapidement. Surtout si vous pouvez comparer avec des séries que vous aimez.

Une nouvelle série (en tous cas, nouvelle pour celui qui la regarde) débarque, et on fait des comparaisons, pour se sentir dans un univers moins inconnu.

Mais ça permet aussi de très vite placer la nouvelle série sur une échelle de valeurs : je connais bien X-Files, je regarde Fringe, j'y retrouve beaucoup de choses de X-Files, le second arrive plus de 15 ans après le premier, il vaut donc moins que le premier... Fringe est donc un sous-X-Files.
Cette manie de comparer nous conduit très souvent à des syllogismes plus ou moins bancals, d'ailleurs.

Il faut bien l'avouer : si la tentation est si grande de comparer les nouveautés avec les séries que nous connaissons déjà, c'est parce que c'est intellectuellement rassurant et que ça donne plus de prise sur les contenus qu'on commence à peine à aborder.
Je ne sais pas s'il serait possible d'aborder le pilote d'une série inconnue sans faire au moins une fois un parallèle avec autre chose. Vous pensez que c'est possible ? J'ai comme un doute.

30 novembre 2008

Sa Majesté des Hae

En toute discrétion, mais non sans une certaine indignation, des voix s'élèvent çà et là par mail pour s'indigner contre le manque de vitalité de cette rubrique, Dorama Chick, que j'ai décidé de dédier aux fictions nippones. D'un côté, c'est mérité, puisque ça fait des mois que je n'y ai pas touché. Mais d'un autre côté, pour ma défense, dans l'intervalle, je vous ai quand même parlé de séries d'origine française (Flander's Company), britannique (Benidorm), et même indienne (Arslaan), preuve que je ne reste pas non plus obstinément américano-centrée : je fais des efforts.
Mais j'admets bien volontiers que Dorama Chick a été un peu délaissée, aussi vais-je mettre un terme à cette période de disette avec un nouveau post !

Aujourd'hui, on va donc parler d'une série nippone qui n'est ni une comédie romantique, ni une comédie tout court, et ce n'est même pas un dorama axé sur une profession non plus (vous savez, ces dorama comme Aya Ueto en a le secret : hôtesse de l'air dans Attention Please, avocate dans Hokaben... elle nous aura probablement tout fait ; sauf actrice, diront les langues de vipères). Oui, de telles séries existent au Japon aussi, et je me fait forte de vous en présenter une aujourd'hui : Bokura no Yuuki.
Ah oui ya quand même juste un petit détail, un léger inconvénient, une défaut mineur, une clause en petits caractères, c'est que la série a plus de 10 ans, quand même.

Que se passe-t-il lorsque des enfants se retrouvent seuls sur une île déserte ? William Golding a déjà répondu à ça. Nous allons plutôt nous préoccuper de savoir ce qui se passe lorsque des enfants se retrouvent seuls dans une ville japonaise déserte, ok ?

C'est en effet le postulat de départ de Bokura no Yuuki, dont j'ai découvert le pilote il y a quelques semaines. Je vous avoue que c'est justement ça qui m'a attirée vers cette série : changer un peu des comédies et autres teen shows habituels, et s'essayer au dramatique, voire au thriller.

Et en l'occurence, Bokura no Yuuki est plutôt bon à ce petit jeu de guerre des nerfs, où tout commence quand un jeune lycéen nommé Takeru apprend qu'un important séisme a eu lieu à plusieurs kilomètres de chez lui, où réside un être cher. Il entreprend donc d'emprunter son vélo pour aller voir lui-même si l'être cher en question va bien, même si, rappelons-le, il y a eu un important séisme (il est un peu buté, Takeru, dans son genre).
Chemin faisant, il rencontre Yamoto (qui roule aussi à vélo... les Japonais ne partagent pas notre sens aiguisé du jeu de mot à la Patrick Sébastien), un étudiant lui aussi, qui a décidé d'aller aussi sur les lieux du séisme pour prêter main forte bénévolement aux secours. Le gentil petit.

Le pilote se divise en fait en deux parties.
L'une, un peu taquine et cocasse, avec un côté road movie, est de compagnie correcte : on y sourit une fois ou deux, et on laisse les deux personnages principaux s'installer dans leur fonction, c'est le rôle de cette première phase qui nous introduit à Bokura no Yuuki sans faire avancer l'histoire d'un milimètre. Car tandis que nous passons beaucoup de temps en compagnie de Takeru et Yamoto, justement, le mystère reste entier : on n'apprend pas grand'chose sur ce satané séisme, un séisme d'autant plus étrange que personne n'a le droit d'approcher son épicentre, et que l'armée a même été mobilisée pour s'assurer que les civils n'approchent pas. Bon, tous ceux qui ont vu X-Files auront compris que c'est louche...!
L'autre, plus sombre, dénuée de comédie ou presque, avec un côté post-apocalyptique, commence lorsque nos deux lascars entrent dans les murs de la ville sinistrée, pour s'apercevoir... Je vous le dis ? Eh bien, que tous les adultes ont disparu de la ville. Et que seuls les enfants sont encore sur place, maintenus en quarantaine par l'armée.

J'ai beau adorer Orange Days, chialer comme un bébé devant 1 Rittoru no Namida ou me régaler devant Lunch no Joou (trois dorama dont il faudrait que je vous parle, quand même, un jour, zut à la fin), je dois dire que je suis ravie d'avoir trouvé un dorama qui ne se gène pas ou si peu pour être sombre et angoissant, et s'engager dans une voie un peu différente de l'ordinaire. J'irai même jusqu'à dire que, même si c'est loin d'être la série du siècle, je la recommanderais volontiers aux non-initiés en matière de fiction nippone, car elle est plus proche des fictions occidentales que la plupart des autres citées précédemment.

Evidemment, Bokura no Yuuki est un peu inégale, et l'interprétation des deux personnages principaux (tous les deux étant interprétés par ceux qui sont en fait d'ordinaire des chanteurs à minettes, les KinKi Kids, et dont le talent d'acteur est à prendre en gardant cette donnée à l'esprit) est un peu rigide et parfois convenue, mais les efforts déployés pour instaurer une ambiance angoissante restent très louables.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Bokura no Yuuki de Drama Wiki.

15 juin 2007

Fin de l'embargo sur Galactica

Eh oui, mon homme a finalement eu raison de mes défenses. Il faut dire qu'il m'a eue à l'usure, à force de réclamer la fin de la 2e saison de Battlestar Galactica par ici, soupirer quand je propose de regarder autre chose par là... j'ai tenu plusieurs mois mais là, ça y est, je dépose les armes.

J'ai d'abord essayé de gagner du temps : "mais on a plein d'autres choses à voir, plein de séries pour lesquelles je dois t'attendre pour regarder la suite : Dexter, Heroes, Veronica Mars, Ugly Betty... ça peut bien attendre non ?" Bon bah, non. "Et sans compter que ya deux trois pilote que je voudrais bien te faire voir en ce moment, la fin de Profit que tu n'as jamais vue et, bon, c'est pas génial en ce moment mais Grey's Anatomy est toujours en cours, les épisodes de New York Unité Spéciale chaque samedi, suivi de tes deux épisodes de la série originale, et puis souvent, House le mercredi, ne parlons même pas de la saison 2 de Desperate Housewives que je n'ai toujours pas vue et qui arrive la semaine prochaine !!!" Toujours pas. Avouez que pourtant ce n'est pas les occasions de téléphager qui manquent par les temps qui courent sans qu'on ne finisse ce pauvre petit coffret de Battlestar Galactica qui ne demande rien à personne, si ce n'est rester dans les rayons de la telephage-o-thèque jusqu'à ce que son petit frère de la saison trois soit enfin là. J'ai même tenté les esquives plus sournoises : "On regarde aussi Babylon 5 en ce moment, tu veux qu'on se mélange dans les intrigues ou quoi ???". Ouais, c'est de la mauvaise foi, mais il fallait quand même que j'essaye, vous comprenez ?

Résultat après des semaines de lutte acharnée, j'ai déployé le drapeau blanc. Ok, ok, finissons-la cette saison deux, mais si par malheur la troisième n'atterrit pas dans mon lecteur DVD au moment-même où elle sort, je ne réponds plus de rien.
Pour gagner un peu de temps (j'angoisse qu'on finisse ce coffret comme au premier jour) on a quand même revu deux épisodes, histoire de bien faire trainer le plaisir... mais au fait, finalement, cette seconde partie de saison deux, elle vaut quoi ?

Est-ce le recul ? Sont-ce réellement deux-trois intrigues plus faiblardes ? Avons-nous un peu perdu la foi ? Certaines histoires semblent tirer parfois un peu les grosses ficelles, et notamment la prise d'otage sur Cloud9, et le troisième commandant du Pegasus qui meurt dans des circonstances pitoyables (cela dit la scène où il préfère faire du dépannage depuis le poste de commandement au lieu de... commander... valait son pesant de cacahuètes), du coup difficile d'adhérer aux dernières intrigues en date.

Nan en fait, j'ai ma théorie... On relâche un peu la tension : un triangle amoureux a été aboli avec la mort de... rha comment il s'appelle l'assistant de Roslin déjà ? Je suis prête à mettre ma main au feu qu'on le reverra pourtant ! Bref. D'autre part, les Adama père et fils sont de moins en moins en conflit, le vice-président complètement loco a l'air de fumer un peu moins de moquette ces derniers temps (j'ai pas dit que ça le rendait moins dangereux, juste moins saoûlant)... Sharon 2.0 va avoir son petit bébé sans plus trop faire de vagues. Bien, bien... Il va y avoir un cliffhanger à se fracasser le crâne contre les murs, hein, pas vrai ? Mais si allez, ça se sent... c'est pour ça que là, on a l'impression que c'est un peu mou du genou, c'est voulu...

Soyons honnête, en fait, que la fin de la saison deux soit à en tomber raide, je m'y attends de toutes façons vu la manière dont la première saison s'est achevée. Battlestar est une série à laquelle on n'a rien à apprendre sur ce terrain-là. Mais je dois dire que, si j'étais prise dans le tourbillon des diffusions hebdomadaires, ce stratagème conserverait deson effet, tandis qu'ici, il a un effet décourageant, de la même façon que se mutiler le cortex cérébral avec trois Grey's Anatomy à la suite dans une même soirée a des effets plus que nocifs (surtout vu le niveau de la saison... c'est bien simple, mardi soir, c'était plus amusant de s'engueuler que de regarder les deux derniers épisodes, c'est pour vous dire !).

Ca semble assez évident, mais laissez-moi appuyer dessus tout de même vu que j'en ai eu la réaffirmation poignante cette semaine : beaucoup de séries ne sont faites pour être regardées "à la carte", soit en DVD, soit en raison d'une diffusion... comment qualifier ce procédé ? Erratique ? Grotesque ? Humiliant ? A double-tranchant ? Ah, je sais : une diffusion à la française !
Si une série doit être vue, chaque semaine, régulièrement, un épisode à la suite, c'est qu'elle est construite pour cela ! 'Tain ça paraît tout con mais oui ! Un épisode à la fois. Un par semaine. Vouloir chercher plus, de par le recours au DVD, ou à cause d'une diffusion à la française, c'est faire du tort à sa construction, et courir le risque de tomber dans l'un ou l'autre de ces travers qui guettent le téléphage : l'overdose ou le désintérêt. Et puisqu'on la regarde, la série, ce n'est pas ce que l'on veut, n'est-ce pas ?

Pour être un téléphage raisonnable qui goûte avec délice chaque série comme il se doit, il faudrait... eh bien, être raisonnable. Bon, euh, pas facile-facile, ya pas d'option B ? Si, vivre aux States avec une diffusion (presque toujours) respectueuse du rythme naturel d'une série. Merde alors, il va falloir apprendre à être raisonnable si je veux profiter correctement de Battlestar Galactica... parce que déjà que cette série n'est pas diffusée sur du hertzien, mais si elle l'était ce serait de toutes façons un problème.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Battlestar Galactica de SeriesLive (profitez-en, les fiches des prequels sont en ligne depuis peu).

20 janvier 2007

Ré-incarnation ?

C'est en regardant l'un de mes épisodes de Hollywood Off Ramp (une assez sympathique, quoique peu originale dans le traitement, anthologie qui en quelque sorte transpose Au-delà du réel dans l'univers de Hollywood) que j'ai repensé à ces acteurs télé qui tentent d'avoir une seconde vie.

Dans l'épisode en question (In her footsteps), la jeune assistante d'une actrice vétérante surprenait sa patronne, qui faisait appel au vaudou (ou assimilé) pour être investie de l'esprit d'une grande actrice ayant ses empreintes sur Hollywood Boulevard, et ainsi reproduire son jeu. Naturellement la jeune assistante, qui rêve d'être une vraie actrice, a tôt fait de reproduire l'incantation, elle décroche effectivement un rôle mais son jeu étant trop copié sur celui de l'actrice qu'elle a invoquée, son réalisateur lui demande de nuancer son jeu. Elle tente donc d'invoquer plusieurs autres actrices... mais la tentative échoue car les âmes des actrices sont offusquées d'être invoquées en même temps (quel ego !!!).

D'une certaine façon, cette façon pour l'actrice vétérante de toujours avoir le même jeu (logique, puisque contrairement à la jeune assistante, elle n'a en a pas appelé à plusieurs actrices mais toujours à la même) m'a fiat me questionner sur ces acteurs de série télé qui, ayant un rôle marquant derrière eux, s'essayent à la reconversion.

Prenez David Boreanaz. Dans Bones (ne regardez pas pour autant ou je vous désavoue !), il joue... eh bien, soit il joue toujours Angel, soit il n'a jamais joué que David Boreanaz ! Voilà quelqu'un pour qui j'ai beau froncer les sourcils, ouvrir grand les yeux ou tenter d'enlever mes lunettes, je vois toujours la même personne. Mon homme prétend qu'il aurait dû se couper les cheveux différemment ou les teindre. Je prétends qu'il aurait dû prendre des cours de comédie.

A contrario, des acteurs comme Michael C. Hall (qui dans Dexter nous fait tout oublier de sa personnalité de Six Feet Under) ou Courtney Cox (avec Dirt, plus de 10 ans la séparent des débuts de Friends, mais son jeu a aussi beaucoup plus de finesse qu'alors, même pendant les dernières saisons), ou encore l'hallucinant caméléon Adrian Pasdar... il faut au contraire une certaine dose de concentration pour reconnaître l'acteur, et se rappeler de la personnalité de son incarnation précédente ! Pour autant que Greg Grunberg me soit sympathique, ce bonhomme ne parvient jamais à se transfigurer, tandis que j'ai parfois du mal à me souvenir qu'il y a quelques années à peine, la formidable Lauren Velèz officiait régulièrement dans Oz !!! Des exemples parmi tant d'autres.

Est-ce simplement une question de talent ? Un problème de casting ? Le reproche doit-il être fait aux scenaristes, aux producteurs...?

Le fait est qu'étrangement, on s'attache plus à ces acteurs transformistes, qu'à ceux qui ne font que s'interpréter ou s'autoparodier tout au long de leur carrière. Cet attachement va pourtant à rebours de la particularité du travail d'un acteur dans une série, qui nous fait associer un visage à un rôle pendant plusieurs années...
D'un autre côté, que peuvent faire tous ces acteurs sinon vivre de leur métier ? On ne peut pas non plus les forcer à stoper leur carrière alors même qu'un rôle leur a permis de se faire connaître...

Dans tous les cas, cette saison m'a semblé marquer le come back de pas mal de monde... mais si Richard Dean Anderson parvient à sembler toujours avoir été O'Neill, pourquoi pas eux ?

28 septembre 2009

Pilote automatique

Sacrée journée que celle d'hier ! Huit pilotes en moins de 24h (avec les posts qui font bien comme vous pouvez le voir dans la colonne de droite), ça fait un bien fou ! Je devrais faire ça plus souvent. Finalement, ce n'est pas une si mauvaise idée que de regarder tous les pilotes de la semaine passée en une seule journée... bon, quand je dis "tous", on se comprend. Tant que faire se peut, quoi. Par exemple à mon grand regret, je n'ai pas eu le temps pour Flash Forward (et plus j'attends, plus je crains d'être déçue, alors que si je m'étais lancée sans attendre...). Mais quand même, l'expérience sera à renouveler dans un futur que j'espère proche.

Pour une pilotovore telle que moi, ce genre de journée, c'est évidemment le pied. Mais d'ailleurs, saviez-vous qu'en plus de dévorer des pilotes de série le matin au petit déjeuner (dans un bol de lait), il m'arrive fréquemment d'en revoir certains, juste pour le plaisir ? Car il y a quelques années, j'ai découvert qu'un pilote a la particularité d'être non seulement une délectable initiation à un nouvel univers de fiction, mais aussi, ensuite, d'être un épisode savoureux à regarder avec du recul, une fois qu'on a vu tout ou partie de la série.

Alors du coup, je me suis amusée à faire un top des pilotes que j'ai regardés volontairement le plus de fois. J'insiste sur le volontairement, parce que je ne compte pas ceux sur lesquels je suis tombée par hasard. Non, ceux que j'ai fait exprès de regarder, encore et encore, à l'aide de rediffusions, de DVD ou autres... Et évidemment, je parle de pilotes seuls, et pas de pilotes vus dans le cadre d'une intégrale.

1 - Une Nounou d'Enfer - 8 fois
Oh, au moins. Les rediffusions de Hem6 aident bien, c'est sûr, mais à chaque fois je me remets devant de bonne grâce (et avant le coffret DVD, j'enregistrais chaque fois que je regardais). Pourtant, a contrario de la plupart des autres épisodes, la première saison et plus encore le pilote ont énormément vieilli. Mais ce serait contre nature que de refuser ces retrouvailles.

2 - SPACE 2063 - 4 fois
Je sais, le nombre est étonnamment bas. Il faut dire que le pilote est tout de même double, ce qui décourage un peu. Qui plus est, avec cette série, mon régal est aussi de prendre pour cible de mes rediffusions plutôt un épisode ultérieur, genre Reste chez les morts, ou Très chère Terre. Ou Qui pilote les oiseaux. Ou Poussière d'étoiles. Ou... oh, il y a tellement, des épisodes préférés, dans cette série. Une bonne vingtaine, je dirais.

3 - A la Maison Blanche - 4 fois
En plus de regarder la série avec attention, je m'en suis aussi servie pour mes expériences de contagion intensive sur deux personnes. Et comme je suis un agent bactériologique consciencieux, j'ai regardé ce pilote avec elles. D'ailleurs cycliquement, je me dis que je me referais bien une intégrale, et puis le temps manque... mais il est très possible qu'à la faveur d'un peu de temps libre, ce pilote monte dans le classement.

4 - Battlestar Galactica - 3 fois
Si la toute première fois, un acte complètement non-prémédité, est un très grand souvenir de téléphagie, les deux suivantes, placées sous le signe de la contagion, ont été marquantes également. Il est assez excitant de regarder un tel pilote avec quelqu'un qui le découvre, et l'animation se fait alors aussi bien à l'écran que sur le visage du cobaye.

5 - Oz - 3 fois
Je lis sur votre visage l'expression qu'ont les lecteurs qui se disent "ouais, et quoi de neuf sinon ?". C'est vrai que pour le moment ce petit classement n'étonnera pas grand monde ; les vraies surprises viendront plus tard dans le classement. Il n'est en effet pas très étonnant qu'on trouve l'un de mes classiques après... quatre autres de mes classiques.

6 - Pushing Daisies - 3 fois
Shocker ! L'auriez-vous imaginé ? Je suis même étonnée que ce chiffre soit si modeste. Mais dans quelques années, il y a fort à parier que ce pilote aura grimpé, peut-être même allant jusqu'à atteindre la deuxième place de ce classement. Après tout, n'oublions pas que la blessure est encore fraîche.

7 - Le Cœur a ses Raisons - 3 fois
Eh oui ! C'est assez étonnant de trouver cette série ici, quand j'en parle peu par ailleurs. Mais quand je l'ai découverte, il y a eu pour cette série quelques semaines d'ivresse pendant lesquelles je me suis enfilé les deux premières saisons. Une de ces périodes de fringale mono-obsessionnelle dont je me suis fait une spécialité, et qui devient même dangereuse pour mon entourage, qui se voit harcelé : "tu devrais regarder ce pilote, tu devrais regarder ce pilote, tu devrais regarder ce pilote !". Jusqu'à ce que, de guerre lasse, ils regardent effectivement ce pilote avec moi, ce qui a invariablement pour effet d'aboutir à la conclusion suivante : "ouais, bon, c'est pas mal... mais pas autant que tu me l'avais laissé pensé". Fallait pas insister.

8 - Reba - 3 fois
Même syndrome, mêmes conséquences. Après avoir vu le pilote (et ce qui a suivi) deux fois à environ un an et demi d'intervalle, j'ai entrepris de faire découvrir le pilote à ma soeur qui, c'est le moins qu'on puisse dire, s'est montré assez tiède au sortir du visionnage. C'est vrai que l'accent texan, je le reconnais, c'est pas à la portée de tout le monde. Moi-même au début j'avais du mal d'ailleurs. Mais bon, ça n'a pas trop bien marché. A part pour moi qui, du coup, ai regardé le pilote une troisième fois.

9 - Pretty Handsome - 2 fois
Ah, là on commence à discuter ! Pour un pilote qui a, grosso-modo, un an, la performance est pas mal dans le genre. Rétrospectivement, il m'apparait comme évident que cette série aurait figuré en bonne place dans mon classement perso si elle avait été achetée. Ah, imaginer que pendant une saison, j'aurais pu me délecter de Pushing Daisies et de Pretty Handsome en même temps, ça me donne des frissons... Avec ces deux mamelles téléphagiques, j'aurais été une téléphage repue.

10 - True Blood - 2 fois
Comme quoi il n'y a vraiment pas que les séries que j'adore qui ont les honneurs de rediffusions de pilote. En l'occurrence, c'est vrai que je comptabilise le preair du pilote comme 1 fois, et le pilote définitif comme une 2e fois, ce qui nuance quelque peu le propos, mais quand même. Je veux dire que, franchement : qui s'attendait à ce qu'on trouve une série avec des vampires dans le top des épisodes que je regarde le plus souvent, et de mon plein gré ? N'est-ce pas. Bon, une troisième fois, cela dit, ça n'arrivera pas. Courageuse mais pas téméraire.

Je me demande si je suis la seule à faire ça, regarder des pilotes (sans forcément embrayer derrière sur tout une saison, a fortiori toute une série) que j'ai déjà vus. Si ça vous est arrivé, ça m'amuserait de voir à quoi ressemble votre palmarès : est-ce que ça reflète vos goûts ?

1 novembre 2008

Prévisions téléphagiques

Pour des raisons sur lesquelles je ne m'étendrai pas, j'ai reçu récemment une somme d'argent assez providentielle. Qui tombe à un moment où je ne suis déjà pas à plaindre.
Mon premier réflexe (d'ex-chômeuse) a été de me dire que j'allais mettre cet argent de côté. Economiser pour mon futur appart. Pour mes vieux jours. A cause de la crise.
Ça a duré un demi-quart de seconde, environ.

Et puis j'ai pensé : Opération COLLECTION !!! Et plus précisément, j'ai pensé :
- Roseanne (pas eu le temps ce mois-ci)
- Pushing Daisies
- Brothers and Sisters
- Farscape
- Oz (ça fera doublon avec mon coffret saison 1 mais qui s'en soucie ?)
- Flander's Company
- Twin Peaks
- Battlestar Galactica (même avec un coffret tout moche)
- Angela, 15 ans (parce que mon coffret import a un vilain défaut)
- Boston Justice
- Boston Legal

J'ose même pas faire le total. Surtout qu'après je vais me rendre compte que j'en ai les moyens et là ce sera pas beau à voir.

Dieu soit loué, Noël le 25 décembre, et mon anniversaire le 25 janvier, devraient aider... D'ailleurs, je vous ai dit que c'était bientôt Noël ? Je me souviens plus trop si on a déjà commencé à parler cadeaux, vous et moi...?

22 février 2009

Putain, 10 ans !

Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de quelqu'un : Kyle MacLachlan a 50 ans.

Mon Dieu, déjà !
Il y a dix ans de ça, il était tout-à-fait ma pointure.

Je crois que ma génération de téléphages féminines a plutôt fantasmé sur des gars comme Jason Priestley, puis James Van Der Beek j'imagine. Je sais pas, j'essaye de me souvenir de ce qui faisait mouiller mes copines, je dois dire qu'en général ça ne m'intéressait pas d'ailleurs ; la plupart avaient des physiques de minettes... le visage fin, souvent imberbe, la mèche rebelle et souvent claire. De gentils garçons dont on aurait dit que la période de croissance n'était pas tout-à-fait finie, genre encore un peu hybride, tendance "mon ami gay avec lequel je risque rien mais sur lequel je fantasme quand même". L'archétype, c'était ce satané Leonardo Di Caprio. D'accord, il n'y a qu'un rapport limité avec la télé dans son cas, mais c'était lui le canon de beauté quand j'étais ado. Oh oui, j'ai vécu mon adolescence en des temps troublés...

Au lieu de ça, mon type, c'était... nan, vous allez vous moquer.
Moi, tout ça, ça n'a jamais été mon genre. Tant qu'à baver devant un mec qu'on ne rencontrera jamais, autant que c'en soit un vrai. Je comprenais bien : en tant qu'adolescente, il était plus facile de pencher pour des minets qui ne semblaient pas trop virils, donc pas trop dangeureux, parce que toute ado en effervescence qu'on soit, on n'a pas encore vu le loup et on balise un peu, et on espère quand même un peu en une sorte de romantisme tiède de seconde zone, genre Harlequin. Mais à la télé, on risque rien, alors autant cibler du vrai mâle, du mâle qui sent la mousse à raser, la transpiration et qui a le regard un peu dur.

Pour me fanservir, il suffisait de prendre un acteur à la mâchoire taillée à la serpe, au nez un peu cassé, et dans les 40 ans. Kyle MacLachlan ? Complètement mon genre. Jon Tenney ? Je me serais damnée pour lui (et grâce à Brooklyn South et Au-delà du réel, de délicieuses images sont gravées dans mon cortex à jamais). Kevin Kilner ? Il a été mon premier. Je vous épargne la liste exhaustive... Personne dans mon entourage ne les connaissait il y a dix ans quand j'ai découvert leur existence, un à un, et aujourd'hui encore, même si un grand nombre est encore en activité, parfois dans des séries connues, leur nom éveille rarement l'intérêt du grand public. Kyle a eu la chance de cumuler Sex & the City et Desperate Housewives, mais les autres, c'est déjà moins garanti. Et pourtant Jon est dans The Closer. Et Kevin, eh bien, il est parti se rhabiller, le pauvre.

Pourtant la voilà, la vérité. Ça fait dix ans que Kyle et moi, on est comme ça. C'est juste qu'il ne le sait pas.
Dix ans.

Il y a dix ans, la quarantaine, c'était loin. Ce n'était pas vraiment grabataire, mais c'était loin quand même. Aujourd'hui je réalise que quarante ans, c'est 13 ans de plus que moi. Mais que de toutes façons ces acteurs que je trouvais tellement à mon goût, eh bien ils en ont cinquante maintenant, fini de rigoler. J'ai franchi un seuil psychologique, si vous voulez...

Je ne dis pas qu'il ne m'arrive pas, encore maintenant, de me réjouir les mirettes devant un acteur qui ne fasse pas partie de l'équipe "historique". En général c'est d'ailleurs pour m'apercevoir qu'il approche de la quarantaine aussi, d'ailleurs.
Mais ce que ça veut surtout dire, c'est que ça fait 10 années de ma vie que j'ai passé devant la télé, à regarder certains acteurs en me disant yummy, et que je suis toujours là. Je n'ai pas juste 10 ans de téléphagie à mon actif, j'ai 10 ans de téléphagie tout en étant sexuellement active ou à peu près. Ca me donne un coup de vieux comme vous n'imaginez même pas.

Ah, si mes ex pouvaient parler, ils vous en diraient des choses sur Kyle ! Qu'est-ce que je les ai fait chier avec lui. "Kyle est guest dans cet épisode de NY SVU" par-ci, "Kyle a joué dans un téléfilm de merde où pour la première fois il ne se teint pas les cheveux" par-là... ah ils en ont bouffé, du Kyle. Parce qu'il n'était pas question de louper une seule de ses apparitions. Ils ont tous eu droit à Showgirls, même, c'est pour vous dire. Et yen a un, je crois, même, il y a eu droit plusieurs fois.
On a tous nos fétiches, c'est juste que, jusqu'à aujourd'hui, j'étais restée discrète à leur propos sur ce blog, ne me regardez pas comme ça.

Mais voilà, vieux frère, ça fait dix ans que je te mate suis ta carrière, le temps a passé, t'as eu le culot de te marier, t'as poursuivi ta carrière d'acteur, j'ai poursuivi ma carrière de téléphage, et aujourd'hui, dix ans après, où en sommes-nous ? Bah, les choses n'ont pas si mal tourné, c'est sûr. Mais merde mon vieux, dix ans, quoi.
Dix ans de téléphagie acharnée pour moi. Dix ans de jobs plus ou moins d'acteur pour toi.

Espèce de vieux con, t'as osé me faire vieillir en même temps que toi !

. . .

On dit qu'on repart pour dix ans, et on regarde où ça nous mène ?

Et pour tous ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche de Kyle MacLachlan de SeriesLive. Qui m'avait poussée à m'enrôler chez eux à l'époque... (et puis celle de Tracy Middendorf aussi, mais rien à voir avec la choucroute, puisque vous le savez, j'aime pas les blondes)

18 juillet 2008

Car j'étais sur la route toute la sainte journée...

Nous avons tous grandi en regardant certaines séries. Oui, même moi qui n'avais qu'un accès restreint (voire fliqué) à la télévision ! (je vous raconterai la genèse de ma téléphagie, un jour, si vous me le demandez gentillement). Et comme la plupart des enfants des années 80, j'ai connu Ma Sorcière Bien-Aimée, La petite maison dans la prairie, Madame est Servie, The Cosby Show, ou un peu plus tard Notre Belle Famille et Dr Quinn. Bref toutes ces séries que M6 diffusait. Et diffusait. Et diffusait encore ! A bon nombre d'entre elles, j'associe le souvenir de l'assiette refroidissant sur mes genoux, le canapé du salon et ma mère faisant les aller-retour depuis la cuisine, surveillant d'un oeil la porte du garage (je vous raconterai ça aussi). L'autre jour j'ai revu le pilote de Notre Belle Famille (et bizarrement, en VO, j'ai trouvé ça drôle ! Un peu.) et immédiatement j'ai eu envie de coquillettes au beurre ; c'est pavlovien, je suppose, après tant de tendres années passées à manger à la va-vite devant ces séries familiales. Surtout que je déteste les coquillettes au beurre (et euh, non, ya pas besoin que je vous raconte ça un jour).

Alors, quand j'ai lancé le pilote des Routes du Paradis, que de surcroît je savais être en deux parties, je ne me suis pas crue moi-même ! Comment imaginer que j'en redemande ? J'avais des années durant été gavée comme une oie d'épisodes de cette série, et attention, ce n'était même pas au point de la considérer comme l'un de ces classiques précieux qu'on revoit avec tendresse et nostalgie, non même pas, j'avais même pas cette excuse. Mais qu'est-ce qui m'a donc traversé l'esprit à ce moment-là ? Le post précédent peut éventuellement être une piste de réponse, puisque j'étais en train de préparer sa rédaction.
Toujours est-il que je l'ai fait.

Et c'était bien.

Malgré toutes les diffusions de la série, je ne suis pas certaine d'avoir déjà vu le pilote de la série. Dommage, j'aurais aimé confronter mon regard de petite fille téléphile, et de jeune femme téléphage, sur un même épisode. Mais j'ai quand même été agréablement surprise à plusieurs égards.

D'abord, et c'est peut-être le plus important, nombreux sont ceux qui ont tendance à considérer Les Routes du Paradis comme le prédécesseur des Ahem! du Bonheur, et autres Destins Croisés. C'est peut-être vrai sur le papier, au niveau du pitch, mais ce n'est pas si évident dans les faits. Songez qu'il faudra attendre la seconde partie du pilote (soit largement plus d'une heure) avant que Johnattan n'évoque sa nature angélique et Dieu !
Mais surtout, il le fait sans chercher une seule fois à nous catéchiser. "Dieu est partout" et nulle part à la fois dans ce double épisode pilote : certes, il ya quelques signes, mais c'est nous qui finalement les interprétons, parce que nous savons que Johnattan est un ange (et notez qu'on le sait parce que tout le monde le sait, pas parce qu'il a un gros projecteur lumineux au-dessus de la tête... et pourquoi pas une pancarte tant qu'on y est ?!), et bien avant qu'il ne nous le dise. Comme l'illustre très bien la fin de la première partie, les petites choses curieuses à propos de Johnattan pourrait aussi bien être explicables rationnellement : c'est ce que cherche à démontrer Mark Gordon qui enquête sur la façon dont, par exemple, Johnattan a pu se procurer les deux vélos. Ca pourrait s'expliquer logiquement, c'est juste que ce n'est pas le cas, voilà tout.

Autre point positif, mais la petite fille que j'étais alors ne pouvait pas vraiment s'en apercevoir : DIEU DU CIEL ! Mais Michael Landon est un pur canon ! (il y a quelques années, j'avais vu sur TF1 un téléfilm biopic qui confirmait qu'il était beau gosse et très au courant de son succès auprès des femmes, vous l'avez vu ?) Alors d'accord, il joue un peu avec, prenant bien soin de planquer son début de ventre pour mouler ses petites fesses dans un jean sur mesure, mais il faut bien le dire : YABON LANDON ! Grmbl, je suis encore une fois née trop tard et trop loin.
Je devrais peut-être pas dire ça d'un mort, si ? C'est vrai que Landon, c'est le premier acteur de séries télé dont j'aie été avertie du décès en temps quasi-réel (par opposition à ceux dont j'ai appris en me renseignant qu'ils étaient morts ya 10 ans), et à l'époque j'étais déjà une petite fille très attristée. La jeune femme que je suis aujourd'hui l'est aussi, mais plus pour les mêmes raisons. Bref bref bref.

Bon alors, évidemment, pour la subversion, on repassera !
Encore que.

Aussi inégal que soit le jeu de leurs interprètes, les personnages des retraités sont touchants. La thématique des vieux abandonnés par tous (et méprisés par le directeur de leur maison de retraite) me semble pourtant relativement osée, surtout dés un pilote. Oh, je vous rassure, c'est fait sans pathos excessif : on est dans les années 80 et les séries restaient souvent dans les clous, sans chercher la dénonciation sociale frontale, mais c'est quand même dit sans détour : eh, oh, prenez garde à vos vieux, c'est pas parce qu'ils vont clamser qu'ils sont déjà morts. Les vieux ont des sentiments aussi ! Oui enfin, vous saisissez l'idée, quoi. D'ailleurs tout finit bien et les petits vieux finissent par tous rire ensemble à la fin, ha ha ha tout va bien (c'est sans doute ça la parenté avec Les Ahem! du Bonheur & co), m'enfin, si au passage vous pouviez vous demander à quand remonte la dernière fois que vous avez passé un coup de fil désintéressé à votre grand'mère, hein... Moi je le ferais bien mais j'aurais besoin d'avoir recours à un extralucide. Allez, lâchez deux secondes votre souris et passez-lui un coup de fil de ma part. Si-si, maintenant. Je vous attends, allez-y.

. . .

Ça, c'est fait...
Les Routes du Paradis, contrairement sans doute à l'image qu'on en garde, ne cherche pas à donner de leçon : concluez vous-même à partir de ce que vous voyez. La série peut très bien être regardée comme un gentil divertissement familial, avec son lot de bonnes répliques, de regards de Johnattan vers le ciel et de Mark Gordon bourru. Et puis on peut aussi en profiter pour se poser des questions, et elles n'ont pas besoin, d'ailleurs, d'avoir de rapport avec la religion.
Il y a à boire et à manger pour tout le monde : une intrigue sympa et pas trop simpliste (la scène avec le milliardaire est à la fois marrante, caricaturale et touchante), des personnages attachants (peut-on vraiment ne pas aimer Victor French ?), et le reste, bah, vous gérez ça de votre côté. Croire, ne pas croire ? Libre à vous de penser que le "truc" de Johnattan n'a rien à voir avec Dieu, après tout. Ce qu'il fait, au final, relève plus de la gentillesse que de l'intervention divine, et si ce n'était pour quelques tours de passe-passe (des fleurs qui poussent vite, un steak qui apparait dans le frigo, des babioles, quoi... et c'est même pas fait pour vous impressionner, normalement les protagonistes ne s'en rendent même pas compte !), son action, vous pourriez aussi bien la mener vous-même si vous étiez de bonne volonté.

Pas de sermon, pas de démonstration miraculeuse, pas de laïus sur l'Amour de Dieu/Jésus/Marie (rayez la mention inutile), nul prosélytisme : Les Routes du Paradis vous proposent simplement de passer un bon moment avec des personnes bien intentionnées, qu'elles croient ou non en Dieu étant finalement relégué au second plan, ainsi que le montre la réaction finale de Mark Gordon, et il n'a pas besoin de croire en Dieu pour ça (en fait il le fait parce qu'il a été touché par la gentillesse de Johnattan, et qu'il a pris conscience qu'il ne pouvait pas continuer comme ça, pas du tout parce qu'il a eu une révélation d'ordre religieux) qui suit notre ange favori, à la fois pour ne plus être un poids pour sa soeur, et à la fois pour améliorer le monde, un peu, à son échelle.

Je pourrais le faire, moi aussi, et je crois même pas en Dieu !
Si possible avec la frimousse bronzée de Michael Landon sous les yeux.

Et bah voilà, c'était pourtant pas si compliqué...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Les Routes du Paradis de SeriesLive.

17 juin 2009

Imaginaire Imogène

Je ne sais plus pourquoi mais je me suis mise à repenser à l'un de mes ex. Non je me suis pas trompée de blog. Après que nous ayons rompu, je me suis aperçue qu'il avait souscrit à un service de petite amie virtuelle, qui lui envoyait régulièrement des mails indigents du genre "ah j'ai passé une bonne journée aujourd'hui, j'ai hâte qu'on se voie", rien de polisson.
Comment j'ai eu accès à ces mails relève désormais de la prescription. Non, je vous le dirai pas... vous êtes de la police ou quoi ?
Bref j'y repensais, sans jugement aucun d'ailleurs (est-ce ma faute si je suis trop humaine pour les hommes que je fréquente ? Raisonnablement non), et je me suis dit : je me demande s'il est encore abonné à ce truc. Sans doute pas. Je le lui souhaite. Enfin, avec les mecs, on sait jamais. Mais même s'il l'était encore, ça m'a rappelé à quel point certains d'entre nous entretiennent tout de même des relations imaginaires.
Arrêtez de vous moquer. Je parle aussi de nous, téléphages.

Cette relation imaginaire avec des séries, je ne vais pas avancer bêtement qu'elle existe entre le spectateur et la série qu'il suit. Au contraire, cette relation-là est bien réelle. Pas comparable avec d'autres relations évidemment (pour ceux qui se rappellent encore comment on peut avoir des relations avec quelqu'un d'autre que le monsieur qui nous livre des pizzas pour nos soirées télé), mais elle existe et j'en ai déjà parlé de nombreuses fois (dont ici). Bien crétin celui qui irait faire mine d'avancer que, boh, la télé, ça n'engendre pas un lien affectif. Ou alors ce serait quelqu'un qui tond la pelouse en même temps qu'il regarde Damages (je me fais pas des amis en appuyant là où ça fait mal). La tendresse qu'on a envers les personnages, notre assiduité d'une semaine à l'autre, et pour les bloggueurs téléphages parmi nous, la ferveur que nous mettons à disserter sur le sujet en long, en large, en review et en travers, en sont des indices assez nets.

Non, je parle de la relation imaginaire avec les séries qui ne sont plus. Nous les avons tant investies que nous continuons de nous en préoccuper alors même qu'il ne s'y passe, par essence, plus rien. Je ne le critique pas, pour le pratiquer moi-même, mais je dois dire que je connais très peu de domaines d'intérêt où cette inclination est si prononcée.

Scarlatiine parle par exemple de La petite maison dans la prairie, et à travers cette série, de tout ce qui nous a marqué à jamais dans nos coeurs de téléphages. Comment se fait-il que 10, 15, ou même 20 ans après, nous continuons d'avoir une relation avec ces séries qui nous ont marqués ? Cela fait par exemple des siècles qu'il n'y a plus d'inédit d'Une Nounou d'Enfer (depuis l'arrêt de Living with Fran, diront les mauvaises langues), et pourtant j'ai trouvé le moyen d'avoir des choses à en dire à 24 reprises depuis l'ouverture de ce blog, alors qu'évidemment la série était finie depuis des lustres avant même que je n'ouvre ladytelephagy ! La faute aux rediffusions ? Pas seulement ! Ou alors on m'explique les 26 occurrences de Rude Awakening...

La série vit toujours en nous.
Même sans aller jusqu'à la fanfiction (quoique les Buffyistes soient parmi les coutumiers de la chose), nous repensons aux personnages, aux bons moments passés, bref nous la nourrissons de notre imaginaire. Nous avons réellement construit des souvenirs avec ces séries... comme s'il s'agissait d'amis imaginaires. Sans même parler des extrêmistes qui tombent dans le culte de la personnalité (chais pas moi, imaginez quelqu'un qui regarde tout ce que fait Kyle MacLachlan même quand c'est pourri ; et ça l'a longtemps été), il est assez perturbant de voir que nous continuons d'investir des séries tombées au combat.
Un peu plus tôt ce matin, tao tweetait sur Everwood. Voilà bien un exemple flagrant de série avec laquelle les spectateurs ont continué d'entretenir une relation tendre. Et moi, avec mon deuil de Pushing Daisies qui me mine le coeur ? Pas mieux.

Je trouve ça absolument sidérant, finalement. Certes, tant qu'on reste dans une certaine mesure, ce n'est pas inquiétant. Mais ça pose sérieusement question tout de même sur le principe même de la série, qui s'insinue dans notre quotidien et espère tentaculairement s'accrocher à tout ce qui dépasse pour qu'on ne cesse jamais de la regarder. Une fois l'annulation passée, ainsi que des années voire des décennies, nous sommes toujours sous le charme.
L'addiction à une série se soigne-t-elle un jour ?

Une partie de moi espère que non. L'autre partie pourrait rationaliser un peu, mais elle est trop occupée à écouter la première chanter After You've Gone, chanson utilisée dans un épisode de Rude Awakening que je n'ai pas vu depuis deux ou trois ans, et que je fredonne depuis ce matin. Vous en tirerez les conclusions que vous voudrez...

2 juin 2009

C'est mathématique

J'ai fait des calculs de probabilités. J'ai invoqué de puissants esprits. J'ai lu dans le marc de café. J'ai lancé des osselets dans le sable. Eh oui, tremblez, jeunes gens, car voici venir mes prévisions de la saison 2009-2010.

Voici donc mes prédictions. On se donne donc rendez-vous dans quelques mois pour se moquer de ma tronche.

- Les séries pour lesquelles je vais avoir un coup de coeur...
... seront annulées au bout de deux saisons. Exemples : Pushing Daisies, Life, Samantha Who?.

- Les séries que j'aimerai plutôt bien et auxquelles je déciderai qu'il me faut du temps pour les adorer...
... seront annulées en moins d'une saison. Exemple : Privileged.

- Les séries super originales mais qu'on sait qu'on regardera seulement avec une boîte de paracétamol :
... n'iront même pas jusqu'au bout de leur saison. Exemples : Kings.

- Les séries dont je n'ai rien absolument rien à battre limite au contraire...
... seront honteusement renouvelées. Exemples : Hannah Montana, The New Adventures of Old Christine, 30 Rock.

Voilà, circulez, ya rien à voir, les jeux sont faits, rien ne va plus, inutile d'éplucher les projets de la rentrée, on sait déjà tout, il n'y a plus le moindre suspense. Rentrez chez vous, messieurs-dames.

Je crois que la chaleur me rend blasée.

11 mai 2009

Those were the gays !

Woah, attendez, que je sois certaine d'avoir bien compris... il existe quelque part dans l'univers une série gay dont Nakayomi n'a pas encore parlé ? J'ai forcément loupé quelque chose au moment de ma recherche, c'est pas possible.

Alors permettez que je vous présente à Noah's Arc, série américaine de deux saisons, dont à l'instant précis je suis sûre que d'aucuns se demandent comment diable ils ont pu ne pas en entendre parler plus tôt. C'est pourtant une jolie histoire que je m'en vais vous raconter ici, car le pilote de Noah's Arc a été tourné de façon entièrement indépendante (= attention, c'est cheap), avant de remporter un franc succès en festival et sur le circuit indépendant (je ne savais même pas qu'il existait un circuit indépendant pour la télé jusqu'à ce que Wikipedia me le dise) et de finir par se voir offrir une carrière télévisuelle presque digne de ce nom. Presque parce que, bah, je répète, qui ici en a entendu parler ? Normal, reprenons les choses au commencement : qui connait la chaîne LOGO ? C'est bien ce que je pensais.

J'ai attaqué le pilote de Noah's Arc sans a priori : c'est pas parce qu'une série est labellisée "gay" qu'elle est forcément nulle. Je veux dire par là que tout le monde n'est pas Dante's Cove, quoi (d'un autre côté Dante's Cove est sorti en DVD même en France alors, bon, c'est la porte ouverte à toutes les fenêtres à partir de là...).

Mais c'est hélas à ce stade qu'on bascule dans la tragédie, quand ce post se change en mauvaise nouvelle de plusieurs milliers de caractères sur votre écran. Bah croyez bien que j'en suis désolée.
Parce qu'une chose était sûre, en tous cas : c'est que je n'avais pas besoin de Wikipedia pour m'expliquer que la série fait amateur. Notamment au niveau du jeu des acteurs. C'est d'une fluidité assez spéciale, quand même... Non, n'y voyez pas là un jeu de mot. Disons que tout ce petit monde a autant de talent à eux tous à l'écran qu'un ongle incarné de Miley Cirus, ce qui est pas loin d'être la pire insulte que j'aie en stock... Et puis, comme ils sont bourrés de talent, ils sont aussi d'un naturel épatant... ou pas. Car chaque personnage est stéréotypé au possible, et c'est assez vite lassant. Le scénario n'aide pas, je vous l'accorde. Mais les acteurs, ils s'embourbent, les pauvres.

Alors d'un côté, il me faut quand même l'avouer, c'était largement moins chiant que The DL Chronicles (rien à voir avec ce que vous pensez... ni avec ça non plus) qui par rapport, se prenait beaucoup plus au sérieux, peut-être aussi parce qu'un thème commun aux deux séries, l'homosexualité dans la communauté afro-américaine, poussait à un peu plus de militantisme que dans Noah's Arc, qui a décidé de tout simplement nous servir un Sex & the City gay, black, et situé à Los Angeles (donc oui, ça n'a plus grand rapport avec Sex & the City, je l'admets, mais j'ai trouvé la séance de drague sur le canapé assez ressemblante), bref de ne pas chercher à démontrer ci ou ça, dénoncer un problème de société ou un cas particulier de la condition homosexuelle, mais juste de raconter des histoires où tous les personnages sont gays, blacks, et avec des T-shirt fashion parce qu'il faut pas déconner non plus.
The DL Chronicles, on va faire d'une pierre deux coups, était l'occasion de montrer du doigt les hommes qui n'assument qu'à moitié leur sexualité pour de bêtes raisons culturelles, ce qui n'empêchait pas, dans mon souvenir (mais le test du pilote remonte à des mois de cela... cela dit j'ai ptet un générique quelque part, faut que je regarde), quelques léchouilles d'usage dans ce type de fiction. Mais à trop vouloir dénoncer une certaine omerta, The DL Chronicles devenait épouvantablement rasoir avant même que le pilote soit fini, ce qui, dans une série comportant quelques scènes à peu près affriolantes, est quand même désolant. Voilà, ça, c'est fait, comme ça on n'aura pas à y revenir.

D'ailleurs on retrouve aussi la même politique côté sexe que dans la célèbre série de HBO : laaaaargement moins explicite que Dante's Cove, Noah's Arc se contente de pitits bisous mouillés, de torses nus (et épilés, pffff...), et deux trois parties de jambes en l'air surtout pas trop choquantes, alors que bon, c'est pas comme si on imaginait que le public n'ait pas vu la chose venir dés les premières scènes du pilote. Bref, rien d'affolant à l'horizon, bien que je ne sache dire s'il s'agit là d'un bon ou d'un mauvais point pour la série. C'est sûr que ça lui évite de tomber dans le racolage facile, mais d'un autre côté, vu que côté scénario c'est le vide intersidéral, et que les performances d'acteurs ne valent pas tripette, il ne reste plus grand'chose à regarder.

Louable était pourtant l'intention de Noah's Arc de simplement nous divertir gentillement, mais son manque de moyens (conduisant à un casting au rabais, à commencer par l'interprète de Noah qui a VRAIMENT besoin d'une chirurgie des lèvres TTU, car, non, retrousser les babines au lieu de sourire, ça n'est pas du tout sexy quand on se cogne le bout du nez avec) et ses personnages épouvantables exténueront jusqu'au plus courageux d'entre vous. Quoique, quand on s'est tapé les 3 saisons de Dante's Cove, on peut tout tenter. Donc si vous n'êtes pas Nakayomi et sa légendaire ouverture d'esprit sur les séries mal gaulées, faites au plus simple : lisez la fiche Wikipedia, ptet la fiche sur tv.com histoire de, et puis hop-là, considérez-vous éduqués. C'est bien d'être curieux, mais on ne vit qu'une fois, alors ne perdez pas votre temps, en plus attention les yeux, le pilote est double, ça fait 45mn de votre vie que vous ne reverrez pas, moi je vous dis ça, c'est un conseil d'amie, hein.

Au pire, je dois envoyer une salve de fiches à SeriesLive la semaine prochaine, bah, revenez sur le post, et vous aurez un lien vers un condensé de mes recherches, quoi. Voilà, c'est aussi simple que ça. Sauf Nakayomi qui, j'en suis sûre, a déjà lancé les recherches qui s'imposent pendant que je papotais, pour vérifier de ses propres yeux, un vrai Saint Thomas. Sacré toi, va.

Non, mais faut bien avouer quand même : entre Dante's Cove (qui ajoutait au fanservice le fantastique de basse extraction), The DL Chronicles (et son cast morose) et Noah's Arc (avec ses personnages à peine tapettes), on ne pourra pas dire que j'ai pas donné à leur chance à des séries sur le sujet. Autre que Queer As Folk, que tout le monde connaît forcément, mais, pardon : Queer As Folk, ya Aidan Gillen dedans, je peux pas en dire du mal. Oui, j'ai pas l'air comme ça, mais je m'éduque.
Bon, je pense que j'ai fait le tour des séries à thème gay, j'ai d'ailleurs aussi exploré le côté lesbien de la chose avec Nikki & Nora et The L Word, donc on va dire que le sujet est clos jusqu'à nouvel ordre, ok ? A moins que...
Et sinon, qui veut du générique ? J'ai de quoi faire la semaine, là...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Noah's Arc de SeriesLive.

10 février 2009

Histoire de ne pas perdre la main

Ce lundi, j'avais un rendez-vous super important. Et comme il s'est bien passé, je me suis dit que j'allais m'arrêter à la FNUC avant de rentrer... Entendons-nous bien, c'était juste pour tester la carte FNUC flambant neuve que ma sœur m'a offerte à mon anniversaire, afin de vérifier que tout fonctionne bien pour le jour J, à savoir mercredi 11 février, ENFIN ! Pas question qu'il y ait le moindre cafouillage le jour de la sortie de Pushing Daisies.
Direction le gros centre commercial que je sais être tout proche pour la grande répétition !

Première déception, ce n'est pas une FNUC mais un Vergin Megasture qu'on y trouve. Je remballe ma carte d'un geste rageur, elle restera vierge encore deux jours, tant pis mais... mais bon, il y a un rayon DVD et il est hors de question de ne pas lui faire honneur.
C'est pas grave !
Je sais exactement ce que je veux : la première saison de The Practice. Je sais qu'elle est sortie depuis un bout de temps mais l'autre jour, j'ai eu envie de revoir des épisodes.

En fait ça m'est arrivé en revoyant ce weekend pour la énième fois Instinct de survie, et je me suis dit : "pourquoi m'arrêter là ?". C'est probablement, de tous les épisodes de la série que j'ai vu, mon préféré (avec L'Esprit de l'Amérique, pour lequel j'ai eu une pensée émue en voyant le Criminal Minds de cette nuit, et que je reverrais volontiers aussi) mais du coup j'en voulais plus. D'ailleurs The Practice, c'est le genre de séries qui me manquent sans que je m'en rende compte, jusqu'à ce que soudain je me dise que, mais merde, qu'est-ce que j'attends ?
Et donc, dans ce cas précis, je me suis dit que j'avais attendu ce fameux lundi. C'était ce jour-là, ou jamais.

T... The... The Office, non... The Shield, non plus... Hein ?! Bon, allons voir à P, alors... P... Point Pleasant, certainement pas... Prison Break, courageuse mais pas téméraire... Allons bon.
Mais enfin, j'étais venue pour ça !

A votre avis, j'ai fait quoi ? J'en ai pris mon parti, j'ai tourné les talons et je suis rentrée les mains vides, parce que c'est la crise et que, nom de nom, elle le dit bien, Super Nanny : "on est venus pour un truc, et juste celui-là !". Mais le drame c'est que je n'avais pas Super Nanny avec moi. Et que les DVD m'ont regardée comme si je m'apprêtais à leur faire un affront difficile à laver... je déteste quand ils me font ce regard-là, ça me brise mon petit coeur de téléphage.

Alors je me suis prise par la main, et je me suis dit que ce n'étaient pas les idées qui manquaient ! Sauf que Vergin Megasture, ça m'a l'air plus chair que la FNUC, parce que, pinaise, 59€ la première saison de The Riches, nan mais on délire, là ? Bon allez, la comédie avait assez duré, j'ai pris la direction de la sortie...
...
Et puis quelque chose a accroché mon regard. 39€99 la première saison de Big Love ?

Ahem... Hé hé... Hé hé hé hé... Bon, bah, voilà, quoi.

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