ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

08-09-12

Française

Tout a commencé avec des séries américaines. J'ai regardé toutes sortes de séries quand j'étais petite, à l'époque où la nationalité n'avait pas d'importance. Je ne savais pas faire la différence entre une fiction américaine et une co-production australo-polonaise, et ça ne m'intéressait même pas d'apprendre. D'ailleurs je ne sais pas comment je l'ai apprise, cette différence. On est nombreux à l'apprendre, et je ne sais pas comment ; quelque chose s'insinue dans notre naïveté de jeune spectateur et nous apprend un sectarisme que je ne m'explique pas. Mais que j'ai bien connu, et dont j'ai mis longtemps à me défaire. Toujours est-il qu'arrivée à l'adolescence, je ne jurais déjà plus que par les séries américaines.
C'était, sans doute, une question de proportions. Le nombre de séries américaines diffusées à la télévision, à des heures où je pouvais la regarder, ça a sans doute beaucoup joué. De la même façon que j'ai fait partie de la génération qui, avec La Cinq et le Club Dorothée, a intégré certains codes de la fiction animée japonaise, entrebâillant bien des portes pour la suite.

Les premières séries que je me rappelle avoir regardées (et pas simplement avoir vues parce que la télévision était allumée) étaient américaines ; c'étaient des séries comme L'Enfer du Devoir, La Belle et la Bête, MacGyver. Depuis c'est resté. C'est même devenu un leitmotiv : seules les séries américaines étaient dignes d'exister à mes yeux, je considérais que c'était la preuve que j'étais sélective, exigeante, voire même élitiste. J'en regardais d'autres, parfois sans faire exprès (comme Invasion Planète Terre, dont je n'avais pas percuté malgré le logo concluant son générique de fin qu'elle était canadienne), mais quand je savais qu'elles étaient étrangères, c'était avec la conviction qu'elles étaient inférieures.

Il y avait une hiérarchie. Les américaines étaient là-haut, et ensuite on allait décroissant selon les préjugés. Il est à peine utile de préciser que la France se trouvait tout au bas de la pyramide.

Progressivement, j'ai apparemment appris à reconnaître au premier coup d'oeil une production allemande ou britannique. Je pouvais zapper, passer à peine une seconde sur une chaîne, ne même pas lever le doigt du bouton enfoncé de la télécommande, et déterminer la nationalité d'une fiction que je n'avais pourtant jamais vue auparavant. Aujourd'hui je me dis que c'est parce que le catalogue de séries allemandes ou britanniques des chaînes françaises ne se renouvelait pas beaucoup, et que ce que je prenais pour une preuve de nationalité (inférieure, donc) était peut-être simplement d'âge (et quand on a 15 ans, une série des années 70 est forcément inférieure). Peut-être que comparer toute série allemande à Derrick, quand Derrick est l'une des rares séries allemandes omniprésentes sur les écrans français, n'aide pas.
Mais peu importe les raisons. Le sectarisme était là.

Quand j'ai lancé ce blog, je regardais déjà quelques séries japonaises de temps à autres. Et j'y étais plutôt attachée. Mais leur brièveté me donnait une excuse pour ne jamais en citer une seule quand on me demandait quelle série je regardais en ce moment, ou quelles étaient mes préférées. C'étaient des sous-séries parce qu'elles ne venaient pas des Etats-Unis, et parce qu'elles ne s'inscrivaient pas dans la durée. Ce n'était pas ce qu'une série était supposée être. Quand j'ai commencé à envisager écrire sur les séries asiatiques ici, ça a été l'objet d'une véritable question pour moi. C'est aujourd'hui assez caractéristique d'aller lire mes posts de l'époque, on peut y sentir la bataille interne contre une certaine honnêteté intellectuelle (je regarde ces séries, j'en apprécie) et mon opinion préfabriquée me dictant de considérer que seule la fiction américaine est digne de mon attention.
Petit à petit, les choses ont changé. Elles ont beaucoup changé.
C'était une aventure pour moi de me faire de la place sur ce blog aux séries japonaises, puis sud-coréennes, puis asiatiques dans un sens plus large (j'ai évoqué quelques séries indiennes).
C'est toujours une aventure. Ces derniers mois, j'ai acheté des DVD venus d'Australie, de Nouvelle-Zélande, d'Islande, de Norvège, d'Israël, du Brésil, de Grande-Bretagne, et j'en passe. J'en ai un d'Afrique du Sud qui doit prendre l'avion sous peu.

Une fois qu'on a ouvert les frontières, il n'y a plus de limites, que des horizons.

Maintenant que c'est si facile pour moi de sauter d'un pays à l'autre ! Je ne me dis plus "c'est polonais, c'est forcément merdique". C'est même un tel plaisir, je me suis libérée de presque toutes mes idées en préfabriqué et c'en est libérateur ! Aujourd'hui c'en est au point où j'ouvre un onglet de mon navigateur et cherche au hasard des idées de séries venant de pays dont je n'ai pas vu la moindre image, juste pour voir ce qui se fait là-bas, parce qu'il se fait toujours quelque chose, et il se fait toujours quelque chose de bien.
Il était donc temps de m'attaquer à mon plus grand défi. Ma plus grande aventure téléphagique. La fiction française. A ces mots, le tonnerre gronde, éclairant mystiquement mon visage avant de tous nous replonger dans l'obscurité et le silence, comme dans un mauvais film d'horreur.

La fiction française. Des Julie Lescaut et des Joséphine, ange gardien un peu partout. C'est difficile d'être téléphage et de ne pas être lescaut intolerant. Il y a un minimum de bon goût, quand même, merde, on a sa dignité. Mais sans doute mon allergie à TFHein (seule chaîne supposée être allumée en présence de mon père) a-t-elle joué un rôle important dans ma conviction que les séries françaises étaient en général totalement merdiques.

J'y repensais récemment, après avoir testé plusieurs séries françaises ces dernières années, et en particulier ces derniers mois. Le Visiteur du Futur, Kaboul Kitchen, Hénaut Président, et quelques autres, ont été vues de bout en bout, par exemple, là où si souvent je n'avais pas eu la force, par le passé, d'aller au-delà du pilote (à l'instar de Maison Close ou Hard). Je ne dis pas que j'apprécie toutes les séries françaises que je regarde : il y a encore des Clash, des Workingirls. Mais enfin, j'y travaille, vous savez. J'essaye d'apprendre à ne plus me dire "c'est français, c'est forcément merdique". J'ai encore ce réflexe, je n'ai pas encore fini mon aventure, mais en tous cas, je suis dessus, je planche sur la question. Je me soigne.
Je crois que je commence à peine à mettre de l'ordre dans ma tête de ce côté-là. A comprendre pourquoi je suis restée, pendant des années, fermée comme une huître à la simple mention de "série française". Pourquoi j'ai toujours eu cette véhémence, ce rejet violent, lorsqu'il s'agissait de les regarder ou même juste d'en parler.

L'idée qui commence à germer dans mon esprit, et l'analyse est peut-être erronnée, je ne sais pas, mais c'est que je crois que c'est un problème purement identitaire. Je ne me reconnais pas dans une série française.
Maintenant, bon, vous allez me dire : "mais enfin lady, tu peux pas nous dire ça alors qu'encore récemment, tu clamais que ce n'était pas l'identification ton but dans la téléphagie". Ah, je vois, oui, alors laissez-moi clarifier, je me suis peut-être mal exprimée. Je ne veux pas qu'une série parle de moi. Mais je veux qu'elle me parle, et pour cela, elle doit parler d'un monde que je reconnais. Et je ne reconnais pas le monde de la plupart des séries françaises. Il ne forme pas un monde cohérent, voilà.

Je regarde des séries japonaises et, malgré leurs différences de ton, de contexte, de sujet, de personnages, de déroulement, c'est toujours clairement d'une série japonaise qu'il s'agit, au sens où je peux me mettre devant mon écran et dire que, ok, d'accord, je peux imaginer être un spectateur japonais et prendre cette série comme si elle m'était destinée. Une série japonaise est faite avant tout pour les Japonais et ça se sent. Culturellement, elle a un sens. Pas parce qu'elle porte nécessairement un message spécifique, ni même parce qu'elle fait preuve de patriotisme, mais parce qu'elle renvoie à cette société des images qui lui parlent d'elle, qui se nourrissent de son identité, de ses codes, et qui en apportent de nouveaux.
En tous cas c'est l'impression que cela me renvoie. Je peux regarder une série de fantasy comme Yuusha Yoshihiko to Maou no Shiro (d'ailleurs, bientôt la saison 2), une série historique comme Nankyoku Tairiku, ou une comédie comme Seigi no Mikata, je ne peux jamais douter de ça. Jamais. Mais malgré tout, il en sort toujours quelque chose pour moi d'accessible, et d'universel. Et c'est vrai pour à peu près n'importe quel pays. Alors que je n'en ai pas visité beaucoup "en vrai", pourtant !

Pour avoir intégré si facilement un grand nombre de codes culturels américains à travers les séries US, nous connaissons de toute façon bien ce phénomène ; nous l'expérimentons quasiment au quotidien sans même jamais y réfléchir à deux fois.

Mais quand je pense aux séries françaises que je connais, celles que j'apprécie et celles que je déteste, celles qui m'indiffèrent et celles dont on parle, je ne comprends pas.
Je ne comprends pas ce que c'est que d'appartenir à la culture française quand je regarde une série française. Je ne me sens même pas spécialement française quand je les regarde. J'ai l'impression que ces séries ne parlent que d'elles-mêmes, que de leur sujet, mais qu'elles n'ont aucune résonance qui aille au-delà, qu'elles n'appartiennent à rien, qu'elles ne s'inscrivent dans rien. Les exemples les plus extrêmes, comme Julie Lescaut et Joséphine, ange gardien, renvoient, tout au plus, une image remâchée et utopique de la France, et encore, d'une certaine France. Comme un mauvais remake de notre propre identité. Et c'est peut-être aussi un peu (outre les qualités télévisuelles propres de ces "oeuvres") la cause du problème.
Aseptisées, javellisées, ces séries ne disent rien de ce que nous sommes, mais murmurent simplement à notre oreille ce que nous voudrions être en tant que société, un endroit où il y a des fermes, des usines, des églises... Je ne connais pas du tout le pays imaginaire où se déroulent ces séries, pas plus que des séries transparents comme Clash. Je ne l'identifie à rien, je n'ai pas de repère.

Je ne cherche pas à généraliser, à dire que le problème de la fiction française c'est ci ou ça. Parler du problème de la fiction française me fatigue, on en entend parler depuis des années sans que rien ne semble jamais résolu.

Non, mon problème avec la fiction française est celui-là (enfin je crois) : la qualité, d'une part, parce qu'un épisode de Joséphine, ange gardien, c'est un peu de la téléphage en moi qui meurt. Et d'autre part, la question fondamentale que je me pose dorénavant : pourquoi suis-je capable de m'imaginer être assise sur un sofa à peu près n'importe où dans le monde, sauf en France ? Pourquoi tant de séries étrangères me semblent-elles universelles, quand je ne parviens pas à me sentir concernée par l'univers d'une série française ?
C'est ma piste de réflexion à l'heure actuelle, peut-être qu'en découvrant une façon de trouver ma place dans le monde de ces séries, je trouverai un moyen de les apprécier. Mais c'est un problème que je n'ai pas encore su résoudre et c'est peut-être une fausse piste, je n'en sais rien.

Francais

Avec le battage médiatique qui a eu lieu autour du retour d'Engrenages sur Canal+ (et à la faveur d'un achat impulsif de la première saison), j'ai décidé de tenter ma chance avec cette série dont on dit tant de bien. Et j'envisage ensuite de redonner sa chance au pilote d'Un village français (si cette série ne véhicule pas quelque chose à la fois de très français et d'universel, alors laquelle pourra ?). Ce sera mon premier revisionnage de série française.
On verra bien si ça prend.

Mais plus j'y pense, plus ça me chiffonne cette histoire. De tous les préjugés que j'avais, malgré tout, malgré absolument tout le reste, celui-ci demeure le plus difficile à totalement laisser de côté. Mais comment Diable se fait-il que j'aie tant de mal avec les séries françaises ?!

Posté par ladyteruki à 21:10 - Série de valeurs - Permalien [#]

24-07-11

La guigne

A un moment je vais commencer à avoir peur de regarder des pilotes, cette saison.

Parce qu'entre Soredemo, Ikite Yuku (décevant), Bull Doctor (même pas je vais me fendre d'un post !) et maintenant Hanawake no Yon Shimai, c'est pas franchement brillant. Là ça fait depuis hier que j'ose même pas lancer le pilote de IS, parce que je suis sûre que ça va être décevant, alors que j'ai été étonnée de la bande-annonce qui était moins ridicule que je ne l'anticipais (en dépit de la présence de Saki Fukuda). Et IS n'est même pas sur la liste des séries que j'avais envie de découvrir cette saison. Et Piece Vote ? A ce stade j'ai même plus envie de surveiller s'il y a des sous-titres.
C'est vraiment la dèche. Si l'un de vous a déniché une série où les personnages ne sont pas a) hystériques b) caricaturaux, ou bien c) dénués de tout intérêt (les uns n'excluant malheureusement pas les autres), faut vraiment me le faire savoir fissa parce que je désespère comme rarement.

Bon. Parlons donc un peu de Hanawake no Yon Shimai, la série qui était supposée être ma dramédie nippone de l'été. Et qui a échoué lamentablement, vous l'aurez compris.

HanawakenoYonShimai-Sisters

Il y avait plusieurs options, pourtant, et c'était pas si compliqué de faire un petit dorama sympa.
Première option, une série où chaque soeur avait ses problèmes de boulot et/ou de coeur, avec un peu de comédie pour pas rendre le tout trop sérieux, et hop, vogue la galère. De vous à moi c'est un peu pour ça que je signais. Deuxième option, qu'on découvre avec le début du pilote comme potentiellement réalisable, un dorama de la trempe de Seigi no Mikata, avec une grande soeur qui plait aux hommes mais réduit sa famille en esclavage (avec le petit twist que cette fois il s'agissait de 3 soeurs, et qu'elles étaient plus âgées). A un moment, j'ai cru à cette option parce qu'effectivement, les filles se plaignent beaucoup de leur aînée (plus précisément alors que celle-ci se marie pour la troisième fois, si vous me suivez), et parce que quand celle-ci revient vivre dans la maison familiale, elles sont paniquées. Je me suis dit : ok, c'est un peu du déjà vu, mais à la limite pourquoi pas, c'est pas comme si ça m'avait dérangée de regarder Seigi no Mikata jusqu'au bout !

Mais c'est pas ça non plus ! En fait je suis même pas certaine de pouvoir vous dire ce que c'est, parce que finalement, oui, chaque soeur a ses histoires de boulot et/ou de coeur, mais c'est tellement survolé que je ne peux pas dire qu'on a choisi la première option (en particulier, Michiko Kichise est laaaargement sous-exploitée, mais on va vite réaliser que de toute façon, elle n'est pas à sa place en comédie, ou bien tout simplement y est-elle allée de façon half-assed et dans ce cas je ne saurais la blâmer), et oui, les frangines ont peur de leur aînée, mais sans aucune raison parce que celle-ci n'est ni effrayante, ni un tyran, bon elle est un peu remuante et elle a trois enfants, mais c'est pas une mauvaise bête, quoi.

De vous à moi, la seule chose que je retiendrai du pilote de Hanawake no Yon Shimai, c'est... la maison de la famille Hanawa. J'ai une sérieuse envie de la transposer dans les Sims (comme je l'avais fait pour celle de Utsukushii Rinjin ; il avait fallu ruser d'ailleurs : je me suis rendue compte qu'une partie du rez-de-chaussée n'était pas du tout montrée dans la série), parce que primo j'adore le jeu sur les différents niveaux, et deuzio, ça fait une habitation super pratique pour jouer ensuite, rapport au côté "décor de théâtre" (ou de sitcom) de cet espace très ouvert, avec cependant ce détail amusant : la porte d'entrée est dans le couloir, sous les chambres des filles, et pas du tout à un bout ou un autre de la pièce comme on pourrait s'y attendre.

Hanawake-Uchi-1 Hanawake-Uchi-2 Hanawake-Uchi-3

Pardonnez, hein. Mais bon, vous n'êtes pas sans savoir que je ne suis pas insensible à un logis bien agencé dans une série (fût-il invarablement décoré en bois-blanc-beige).

Donc voilà, pendant les trois quarts du pilote, je me suis raccrochée à ça (d'autant plus intriguée qu'il y a une porte à l'étage qui mène à quelque chose au-dessus de la cuisine, et que je n'ai pas encore déterminé si c'était la salle de bains, mais je ne saisis pas trop le concept d'une salle de bains avec une porte vitrée, ou bien oh mon Dieu, ça se trouve, c'est une petite terrasse !). C'est vous dire si mon esprit a eu le temps de vagabonder.
Pour faire plus clair : si vous comptiez regarder le pilote de Hanawake no Yon Shimai, et passer un bon moment : FUYEZ ! Je peux pas faire plus claire.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Hanawake no Yon Shimai de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 15:39 - Dorama Chick - Permalien [#]

07-08-10

Sexy boy

En même temps, c'était assez prévisible : Unubore Deka n'était pas une série faite pour moi. Mais quand je peux regarder un pilote, ce genre de choses ne m'arrête pas, vous le savez, et me voilà devant les aventures du détective Unubore avec un léger a priori. Mais devant quand même.

UnuboreDeka

Dans la collection "on ne voit ça que dans un dorama", Unubore Deka est une comédie policière de plutôt bonne facture, pour autant qu'on aime les comédies ET les séries policières. On y découvre un personnage totalement excentrique qui a complètement pété un câble suite à une déception amoureuse, et qui depuis, est absolument obsédé par l'idée de se marier.
Et je dis : parfait. Pour une fois que ce n'est pas un personnage féminin qui est obsédé par le mariage, ça nous fait des vacances.

Mais le détective Unubore va plus loin : il est aussi absolument sûr de vivre une romance avec chaque femme qu'il croise. Et quand je dis "croise", c'est vraiment parce qu'il compte 3 secondes et considère qu'il y a coup de foudre mutuel. Il a tout un tas de règles en tête qui sont autant d'indicateurs de son soi-disant succès : si elle sourit, c'est qu'elle m'aime ; si elle me jette un coup d'œil avant de sortir du magasin, c'est qu'elle m'aime, etc...

Ce qui au départ était proprement inimaginable, c'est qu'Unubore va en rencontrer d'autres comme lui ! Il va s'apercevoir qu'il existe un groupe appelé Unubore4 ("unubore" signifiant quelque chose du genre imbu de sa personne), constitué de pseudo-tombeurs absolument certains d'avoir un pouvoir énorme sur la gent féminine, comme lui. Tous se retrouvent dans un bar, et notre Unubore va intégrer ce groupe bien étrange.
Et c'est certainement là qu'Unubore Deka est brillante, dans son association de losers qui s'ignorent, convaincus d'être des bourreaux des cœurs, avec à leur tête un pseudo-gourou qui passe son temps libre (il en a visiblement beaucoup) à les conforter dans leur délire. Les meilleures scènes sont là, quand les discussions entre mecs sont tournées en ridicule parce que nous, spectateurs, nous savons bien qu'Unubore rêve éveillé, et qu'il y a peu de chances pour que ses compagnons aient plus de succès que lui. En plus, c'est aussi pendant ces scènes que le rythme est le mieux maîtrisé, et, chose assez rare dans les séries japonaises, les dialogues sont vraiment bons.

Les enquêtes policières sont, du coup, carrément des prétextes. La série ne s'en cache pas et j'aime mieux ça que de faire semblant. Dés son entrée en scène, on a immédiatement deviné qui était le coupable du meurtre de ce premier épisode, il faut simplement trois plombes à tout le monde pour connecter les points, surtout à Unubore qui est totalement aveuglé par son obsession pour la romance.

Bourré de petits détails hilarants sur laquelle la série n'appuie même pas (à l'instar du cadavre qui m'a tout l'air d'un gag récurrent en devenir, à condition d'avoir repéré le truc), et très, très aidée par le jeu de Tomoya Nagase, en très grande forme et capable de débiter avec le plus grand stoïcisme des répliques à se tordre de rire, mais aussi de parvenir à être touchant à certains moments (notamment sur la fin de l'épisode), Unubore Deka est, dans son genre, réussie.

Le problème, c'est que ce n'est pas mon genre.
Eh oui, voilà le soucis : c'est que j'ai atteint un stade à partir duquel les séries policières, je sature. Je l'ai atteint un soir de 2005 en regardant un épisodes des Experts Perth, c'est vous dire à quel point Unubore Deka arrive tard. Qui plus est, je suis rarement attirée par les comédies nippones (bien que celle-ci fasse sans doute partie des plus sympathiques que j'ai vues, mais derrière Seigi no Mikata qui reste difficilement détrônable). Mais je reconnais qu'Unubore Deka a un grand potentiel...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Unubore Deka de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 19:05 - Dorama Chick - Permalien [#]

29-08-09

Carte postale

PostSecret

Finalement, j'en viens à la conclusion que la téléphagie, ça ne se commande pas.

Je voulais absolument me trouver une série à dévorer cet été, et je vous proposais de m'aider à choisir. Je m'était fixée sur une série, et ne manquait plus que le passage à l'acte.

Mais alors, je ne sais plus trop comment, je me suis trouvée happée par un tourbillon de séries japonaises, et puis, bon, du coup le reste est un peu passé à l'as. Ce n'est ni une bonne, ni une mauvaise chose, d'ailleurs ; c'est juste que ça s'est passé comme ça.

Depuis, le cœur tordu devant 14 Sai no Haha, Kaze no Garden ou Aishiteru ~Kaiyou~, riant aux éclats devant Seigi no Mikata, et mangeant des M&M's devant BOSS (c'est là mon Top 5, en passant), j'ai mis de côté mes découvertes ou redécouvertes américaines. N'allez pas croire cependant que cette orgie a complètement shunté la fiction américaine.

Car à ma plus grande surprise, ces quinze derniers jours, j'ai aussi trouvé du temps pour m'enfiler tous les épisodes ultimes d'Urgences diffusés pendant cette période (ça doit faire 5 ou 6 épisodes, en tout, non ?), j'ai continué à regarder Drop Dead Diva (même si je n'ai aucune idée de pourquoi), je me suis même laissée aller à 1 Monk ici et 1 Chuck là. Preuve que ma dévotion envers le Japon n'a rien eu pendant cette période d'exclusive.

En toute sincérité, je pense que j'en ai encore pour quelques temps comme ça, deux, trois semaines peut-être, avec une consommation aussi effrénée. Ce n'est pas trop m'avancer que de dire que plus la rentrée américaine approchera, plus elle aura mon attention (surtout qu'elle commence avant le gros de la rentrée japonaise), à plus forte raison parce que j'ai soigneusement évité 99% des trailers pour les nouveautés de la saison.

En fait, c'est même complètement la raison pour laquelle je suis dans cette phase en ce moment, si on réfléchit bien. Car vu le taux d'annulation de la saison dernière, ce qui se joue en septembre aux USA, c'est un peu l'intégralité de ma saison, puisqu'en dehors de Better Off Ted, je ne suis pas spécialement fan des séries qui reviennent cette saison. Ou alors j'ai une grosse amnésie, mais bon.

Et comme justement, ce n'est pas sur la fiction japonaise qu'il faut compter pour du long terme dans la majeure partie des cas, mon attention va être soutenue envers la rentrée US, sans pour autant me lamenter à attendre qu'elle soit enfin lancée. Une attention que je crains justement d'être trop soutenue, car ça risque de m'influencer dans mon opinion que de savoir que je n'ai plus de série fétiche à l'antenne, dans un sens comme dans l'autre puisqu'il sera possible que je me dise aussi bien "pff, ça vaut pas Pushing Daisies" que "woah, une nouvelle série à encenser, je n'attendais que ça". C'est à double tranchant, mais c'est de toute évidence ma dynamique de la rentrée. Ce sera un vrai challenge que cette nouvelle saison où je n'ai à fêter le retour de personne en particulier (le feu pour Brothers & Sisters s'était apaisé... faut dire que j'ai lâché en cours de 3e saison, je sais plus trop pourquoi d'ailleurs ?).

Alors bon, disons que jusqu'à la fin de l'été, ma téléphagie a pris des vacances, qu'elle a fait ses valises pour le Japon, qu'elle revient bientôt mais qu'elle va continuer à donner des nouvelles.
Dans ce contexte, je peux comprendre que ses carnets de voyage n'intéressent pas tout le monde (bien que je le regrette), mais si ça peut vous rassurer, les choses vous se rééquilibrer d'ici quelques semaines, mécaniquement.

Par contre, j'espère bien me désintoxiquer de Drop Dead Diva parce que ça m'inquiète. Je ne sais pas comment j'ai chopé ça, en buvant de l'eau du robinet peut-être, mais j'espère que ça va s'arrêter à un moment...

Posté par ladyteruki à 21:30 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

26-08-09

Mieux vaut un petit chez soi...

Aujourd'hui, ce n'est pas la téléphage qui vous parle. C'est l'amoureuse des appartements. Eh oui dans ma vie j'ai une autre passion, c'est voir les logements des autres. On psychanalysera ça une autre fois.
Et je dois dire que ces deux dernières semaines notamment, j'ai été frappée par le charme fou des logements japonais tels que dépeints dans les séries. Alors hop, petite visite des lieux. Si Melrose Place peut le faire, pourquoi pas moi avec des dorama ?

Évidemment, il y a le truc auxquels on pense tous, gavés de stéréotypes que nous sommes, c'est la table au ras du sol auprès de laquelle on s'assied sur les genoux jusqu'à ce que mort du tibia s'en suive. Je ne conteste pas, ça existe.

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1 Rittoru no Namida (avouez, vous avez tout de suite pensé à ça quand j'ai parlé de logement japonais)

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Seigi no Mikata (et encore, il y a sur la gauche les meubles occidentaux de la grande sœur qui donnent déjà du cachet)

Mais ce n'est finalement pas le plus courant, et c'est, en fait, de là que vient parfois l'ennui. Il faut dire que beaucoup de décors d'intérieur dans les fictions japonaises sont atteints du syndrome du "parquet ciré", genre la jolie maison avec les canapés au carré et le sol impeccablement nu. Bon, c'est un style, hein ? Mais c'est triste comme un jour sans riz.

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Aishiteru ~Kaiyou~ (il est pas ciré mon parquet ? Le Japon envisage de proclamer que son drapeau sera désormais bois-blanc-beige...)

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14 Sai no Haha (le cliché de la chambre d'adolescente rangée méticuleusement est tout un poème à lui seul)

Appart_Cosy1
Katagoshi no Koibito (il ne s'agirait pas que les coussins soient en vrac, Dieu nous en préserve. Attention, du rose anticonformiste s'est glissé dans cette image)

Le genre d'endroit où mon père rêve de vivre, où on repère le moindre cheveu qui traine à 500km à la ronde.

Mais attendez, il y a pire... au syndrome du "parquet ciré" s'ajoute souvent la blanchite aiguë. Tout est blanc ! Plus blanc que blanc, même ! Du blanc où que le regard se porte !

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At Home Dad (parce que le blanc, c'était pas assez, il faut aussi ajouter l'effet inox)

Appart_Blanc1
Seigi no Mikata (avec les incendies et les vampires, c'est le genre de truc qui me donne des sueurs froides la nuit)

Appart_Blanc3
Seigi no Mikata (le salut vient à grand'peine des rideaux ; oui, les Japonais se meublent tous chez Ikéa, pourquoi cette question ?)

Quand on vit dans ce genre d'endroit, on doit avoir l'impression de vivre dans un laboratoire ! Mon cauchemar... Ya quand même des fois où avoir une Valérie Damidot sous la main ne ferait pas de mal à tout ce beau monde. Chais pas, du bleu, du vert, du prune, de l'orange, n'importe quoi mais faut arrêter avec le blanc hôpital !

Mais l'espoir est venu des appartements de célibataires, en fait. Car les logements ci-dessus ont la curieuse caractéristique commune d'être dédiés à une famille ou, au mieux, un couple. Mais prenez une célibataire japonaise, et tout de suite, elle donne de la personnalité à son appartement.

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Kimi wa Pet (je vous l'accorde, c'est plutôt blanc, mais cette mezzanine c'est de l'or en barre !)

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Zettai Kareshi (j'adore l'impression de bordel girly qui en ressort... et l'agencement des pièces est sympa, aussi... 'me ferais bien ça en Sims)

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Katagoshi no Koibito (alors là c'est juste le living de mes rêves, tout va bien ; ya juste la couleur du canapé à changer)

Je suis amoureuse, mais alors amoureuse de chez amoureuse, de la maison meublée quasi-uniquement avec du fer forgé de Katagoshi no Koibito. Allez, on en remet une couche.

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L'entrée toute de vert vêtue, avec une impression de fraîcheur accueillante.

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Une vue de la cuisine dont on jurerait qu'en fait c'est l'atelier d'un jardinier.

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La terrasse rappelle (en plus fournie) celle de Will & Grace (appartement dont j'ai déjà chanté les louanges, suivez l'tag).

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Mais non, c'est pas (que) pour la télé que j'ai pris la capture, zavez repéré la cheminée sur la droite ?

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Vue depuis le lit de la salle de bains, agencée façon véranda. Priceless.

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Allez, pour finir, une vue d'ensemble de la pièce principale ; on appréciera l'impression de luminosité pas agressive qui en ressort. Je n'ai pas la main verte mais je suis sûre que de toutes façons la plupart des plantes sont en plastique, donc ce serait jouable.

Voilà, c'était pas grand'chose, mais je voulais tout de même partager avec vous mes découvertes immobilières, même si certaines (notamment la dernière) sont très irréalistes au regard des surfaces habituellement en vigueur dans les métropoles nippones.
La prochaine fois, si vous voulez, on causera architecture, parce que j'ai aussi eu le temps de repérer deux/trois immeubles qui méritent le coup d'œil...

Posté par ladyteruki à 04:59 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

17-08-09

Best of both worlds

Toute la semaine, j'ai eu l'impression de découvrir la fiction japonaise ; ça fait pourtant quelques années que j'en regarde occasionnellement, mais jamais de façon aussi intensive que ces derniers jours. Tout a commencé avec Futatsu no Spica la semaine précédente, en parallèle de l'annonce sur le lancement à l'automne du dorama Shoukoujo Seira. Et bizarrement ça a suffi à allumer la mèche.

Un bref bilan sur ce qui a suivi :
- 11 épisodes de 14 Sai no Haha
- 4 épisodes d'Aishiteru ~Kayou~
- 3 épisodes de Kaze no Garden
- 1 rediff de 1 Rittoru no Namida
- 1 pilote pour At Home Dad
- 1 pilote pour Oniyome Nikki
- 1 pilote pour Mei-chan no Shitsuji
- 1 pilote pour Seigi no Mikata
- 1 pilote pour Maid Deka
- 1 pilote pour Kimi wa Pet
- 1 pilote pour Ryoukiteki na Kanojo
- 1 pilote pour Tokyo Friends

L'heure est donc à l'accalmie, du moins juste le temps de prendre un peu de recul.

La fiction nippone soutient-elle la comparaison avec sa consœur américaine ?
On est tenté de se poser la question, parce que de toutes façons, la comparaison, on la fait inévitablement. Sur des aspects techniques mais aussi scénaristiques, sans compter le jeu des acteurs.

Concernant la comédie, le Japon déçoit puisque les siennes ne tirent parti que de grosses ficelles, appuyées par une musique caricaturale (on arguera que ça remplace les rires forcés du public et/ou enregistrés). On est dans un comique de situation reposant souvent sur un jeu physique déluré, plutôt que sur des saillies brillantes.
Concernant les séries que j'ai envie de qualifier d'intervention (policier, médical), on reste beaucoup plus dans les sentiers battus, et c'est alors à double tranchant de constater à quel point les deux pays œuvrent sur le même registre, je pense notamment à Code Blue et BOSS. Parfois ces séries se mâtinent-elles d'aspects empruntés, pourrait-on dire, au séries sentai et à l'animation, auquel cas elles deviennent plus typiquement japonaises (à leurs risques et périls car il s'agit de genres eux aussi particuliers).

Concernant les séries dramatiques, c'est plus compliqué. Les dorama dramatiques japonais ne font pas les choses à moitié, quitte, il est vrai, à verser intégralement dans le pathos, sans laisser au spectateur le répit d'une série américaine, qui a tendance à ménager des espaces plus légers, en quête d'un équilibre. Mais globalement, dans son exploration de l'âme humaine, le dorama est tout de même plus impressionnant, et tient la dragée haute à son homologue américain. Il s'en dégage une sensibilité presque pas feinte, souvent perdue chez la concurrence US qui est légèrement plus superficielle dans son approche. Le regard nippon est plus pertinent, plus nuancé sur l'être humain ; il permet de mettre véritablement les personnages au cœur de l'intrigue, et non de décliner l'intrigue autour des personnages, ce qui représente une énorme différence. Une spécificité due à leur structure, également, le leur permet : les rebondissements n'ont pas besoin d'être inventés afin de perdurer le show ; se concentrant sur une histoire relativement courte, en l'épuisant et en la laissant mourir une fois que c'est fait, on n'a pas besoin de surenchère dans les intrigues. Voilà qui permet d'éviter de se perdre, et laisse la priorité à la pertinence sur le divertissement. Sur les thèmes abordés, on a le sentiment que la diversité est tout de même plus facilement portée par la série américaine (reflet d'une société probablement). Si les pitches japonais apportent du changement à ce que l'Occident nous offre en général, entre elles, les séries nippones conservent de nombreux points communs, dont la caractéristique est de rester très proche du vécu de ses spectateurs ; on ne s'y offre que rarement des destins incroyables (polygame), des vocations spectaculaires (intervenant auprès d'alcooliques et drogués), des univers inconnus (prison), on est dans le réel, un réel que tout le monde peut appréhender. Le respect souvent trop strict, ou en tous cas récurrent, d'un certain nombre de codes, ne se retrouve pas autant aux Etats-Unis, où on s'est affranchi d'un certain nombre d'entre eux (y rendant le stéréotype plus condamnable encore, cela dit).

La question sous-jacente, c'est de savoir si un spectateur occidental, a priori habitué aux séries américaines, peut tenter le défi de regarder un dorama nippon et de s'en éprendre. Ce ne sera probablement réservé qu'à des téléphages capables d'entrer dans une culture différente, et une culture télévisuelle différente. Je pense cependant que les vrais téléphages (par opposition au spectateur dont ce n'est pas la passion) ont déjà cette compétence en eux, celle de s'imprégner d'un univers différent et s'y adapter. Il n'y a pas de raison pour qu'un téléphage passionné ne trouve pas au moins un dorama à son goût.

C'est aussi la raison pour laquelle j'ai envoyé tant de fiches de séries nippones à SeriesLive ces derniers temps : il ne faut pas opérer de scission inutile entre les fictions de ces deux pays. La différence se fait par la diffusion, c'est évident, puisqu'il est plus facile de voir une série américaine, soit à la télé soit par voie de cagoulage (que la langue rend également plus accessible), mais pour le reste, j'aimerais vraiment que le web téléphagique comprenne que le dorama n'est pas un parent pauvre à snober. Donc à mon échelle...

J'invite donc tous les amateurs de séries qui ne sont pas habitués aux fictions japonaises à regarder le pilote de 14 Sai no Haha ou Aishiteru, pour ne citer qu'eux, et à venir me dire sincèrement ce qu'ils en ont pensé. Je suis sûre que ces séries-là dépassent largement le clivage habituel entre les amateurs de culture nippone et les autres.
C'est ça aussi, l'intérêt d'avoir deux écrans !

Posté par ladyteruki à 21:31 - Dorama Chick - Permalien [#]

09-08-09

Comedy done right

Il y a plusieurs raisons qui m'ont fait tester Seigi no Mikata. La première, c'est que je souhaitais savoir à quoi ressemblait récemment le jeu de Mirai Shida, qui y tient le rôle principal, puisqu'à la rentrée elle jouera dans Shoukoujo Seira, c'est-à-dire Princesse Sarah, où elle tiendra le rôle-titre. Et puis du coup, en faisant mes recherches sur son parcours, je suis tombée sur la photo promotionnelle de Seigi no Mikata, et alors là, franchement, je l'ai trouvée géniale.

SeiginoMikata_promo

Le problème, c'est qu'une bonne photo de promo, ça ne fait pas tout. Aussi, c'est avec un sens aiguisé du sacrifice que je me suis lancée dans le pilote. Et franchement, en dépit de mes appréhensions (principalement dues à des séquelles de mon visionnage de Joou no Kyoushitsu), j'ai bien ri.

Certes, Seigi no Mikata est assez typique des comédies japonaises, mais au lieu de se contenter de sortir des gags qui ne font plus rire personne tant ils sont codifiés, elle a vraiment mis du cœur à l'ouvrage, et ne se prive d'aucune excentricité. En choisissant de ne pas se limiter à de la comédie gentillette, en allant au bout de son concept, en ne lésinant pas sur ses effets (musique, montage...), Seigi no Mikata atteint son objectif : nous faire rire sans retenue sans pour autant nous prendre pour des spectateurs au Q.I. négatif.

Et pourtant ce n'était pas garanti : l'histoire de cette petite adolescente malmenée par sa sœur à qui tout réussit, ça sentait quand même bien le réchauffé. D'ailleurs au début, entre l'adolescente encore mal dégrossie et l'altière grande sœur d'une perfection sans nom, on fronce un peu les sourcils. Mais fort heureusement, les stéréotypes ne dureront pas. C'est ça qui fait que Seigi no Mikata marche si bien : le personnage de Makiko, la grande sœur, est en fait truffé de vices, et le pilote va s'acharner à les montrer un par un.

On nous présente Makiko comme une personne que tout le monde trouve parfaite, mais en fait son entourage se rend bien compte que la rose a des piquants. Simplement elle inspire bien trop la crainte pour que qui que ce soit le lui fasse remarquer : le père qu'elle appelle par son prénom et dont elle dépense la paie dans de grands restaurants, le patron qu'elle envoie bouler comme le dernier des moins que rien, bref, tous ceux qu'elle juge inférieurs à elle. Et yen a un paquet. Colérique, méprisante, gloutonne, en fait elle n'a rien du tout de la princesse que tout le monde fait mine de voir en elle. Makiko n'a que sa beauté pour la servir. Une beauté qui lui permet de mener tout le monde par le bout du nez, mais qui ne laisse personne durablement dupe.

C'est ce tempérament qui fait du pilote de Seigi no Mikata un régal : la petite sœur Youko n'est pas du tout la seule à voir tout ça, seulement elle est aux premières loges dés qu'il s'agit d'en faire les frais, et s'en plaint plus ouvertement que les autres. En fait, même ses autres victimes n'admettent pas facilement que Makiko a sale caractère, comme s'ils craignaient d'abimer son image. Lors d'une scène où ils se sont réfugiés hors de la maison pour manger une glace, Youko et son père reconnaissent implicitement que la vie à la maison est rendue difficile par la jeune femme ("ça va, tu n'as pas été repérée ?"), mais rien à faire, personne n'agit.

Le pire des travers de Makiko, c'est son égoïsme patent. Chaque scène où elle se sert d'un de ses atouts (beauté, force de caractère, ou tout simplement sa popularité auprès de son entourage), pour qu'on exécute le moindre de ses caprices, est un délice. Par exemple, quand elle a le béguin pour quelqu'un, elle se sert de sa petite sœur Youko comme appât à garçons en lui imposant de se perdre dans la foule, de s'inscrire à des clubs sportifs, ou même... de se fracturer un os (ça, c'était pour le chirurgien orthopédique). Vous voyez le truc ?

Appat

Le plus drôle, et c'est quelque part terrible, c'est de suivre toutes les tortures que Makiko impose à son entourage en général, et sa petite sœur en particulier. On aimerait bien prendre la petite en pitié mais c'est vraiment trop drôle de la voir malmenée en permanence ! Elle pourrait être simplement égoïste, elle est aussi profondément malfaisante, ouais, juste pour le plaisir, elle fait de mauvais coups ou des vengeances mesquines.

L'enjeu principal, c'est de voir si Makiko finira par avoir un retour de karma à un moment où un autre, si le monde va arrêter de la mettre sur ce piédestal, et si enfin elle va apprendre à se regarder un peu moins le nombril. La manipulation aura forcément ses limites... d'un côté ce serait dommage pour le spectateur, mais de l'autre, on ne peut décemment pas laisser ce personnage en liberté à la fin de la série, ce serait contre les lois de la nature.

Voilà qui promet en tous cas 10 épisodes de réjouissance parfaitement rythmée, orchestrée, écrite, et interprétée (Yu Yamada m'a toujours été antipathique, mais là au moins je sais pourquoi), bref, de la comédie bien faite.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Seigi no Mikata de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 13:03 - Dorama Chick - Permalien [#]