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ladytelephagy
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29 juillet 2011

Si c'est comme ça eh ben...

Ce soir, ils reviennent ! Les trublions du SeriesLive Show comme vous ne les avez jamais entendus...

Ces mots étaient supposés introduire un post extatique sur le retour du SeriesLive Show en ce mois de juillet. Mais un bug m'en a vicieusement empêchée. J'avais une ou deux heures pour trouver une nouvelle idée de post et agir en conséquence, rédiger un post l'air de rien, et pas faire ma chieuse.

Parler de mon tout nouveau DVD de Downton Abbey. Parce que je trouve que je me vante pas assez souvent.
Faire un post sur mon visionnage des 10 premiers épisodes de Friday Night Lights (oui j'ai commencé dimanche soir, pourquoi ?)
Finir d'ajouter des arguments à mon post sur le sexe dans les séries, dû à l'abus de Noah's Arc et Exes & Ohs.
Evoquer mes projets pour le blog parce qu'il s'avère qu'il y en a. Et qu'ils prennent presque forme, dites donc.

Les idées ne manquaient pas.

Mais non. Je suis infiniment trop fâchée. Ouais, je suis un bébé qui boude, on peut le dire.
Nan mais des fois, on voudrait juste que les gens soient un peu rigoureux, quoi. Alors juste une fois, c'est moi qui ne vais pas l'être. Je sais pas encore si vous serez plus indulgents que moi mais pour ma défense, on ne peut pas dire que vous manquiez de lecture ce mois-ci avec mes posts quasi-quotidiens...

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20 octobre 2009

Il n'y a pas de plan B

Ah, vous revoilà ! Ça tombe bien, je n'avais pas fini de vous raconter mon weekend. Ce soir je vais vous glisser un mot sur Cat Street, une série au nom un peu étrange, d'ailleurs je n'ai pas très bien compris d'où lui venait ce titre. En général, les titres de séries sont (volontairement) transparents, même pour les titres japonais qui, bien que témoignant d'une démarche un peu différente des séries occidentales, restent cohérents avec le contenu de la série elle-même.

Quelque chose qui m'a frappée à propos de Cat Street, c'est d'abord son actrice principale. Si vous avez vu 14 Sai no Haha (il n'est pas trop tard pour bien faire, les amis...), vous connaissez sans doute Mitsuki Tanimura qui y a interprété le rôle d'une jeune fille brisée par un évènement passé dont elle n'a pas encore cicatrisé, et qui reste en marge de la société.
Je vous le donne en mille : dans Cat Street, Mitsuki Tanimura interprète le rôle d'une jeune fille brisée par un évènement passé dont elle n'a pas encore cicatrisé, et qui reste en marge de la société. Typecasting quand tu nous tiens...!

Mais ici, l'héroïne Keito a vraiment, vraiment morflé. Son choc à elle s'est déroulé à l'âge de 10 ans, c'est sans doute une explication. Mortellement blessée par l'univers du show business, sa vie s'est arrêtée comme une montre défectueuse. Pourtant tout lui souriait, à Keito : elle avait du talent, une maman qui l'encourageait, et l'opportunité unique d'entrer dans la troupe d'une grande comédie musicale, dans le rôle principal. Le hic, c'est que personne ne l'avait préparée à la froideur, voire la brutalité, de ce monde. Et les blessures d'amour propre peuvent y être mortelles...

Le talent de Cat Street ce n'est pas de déposer un dossier à charge contre le monde du show business et ses travers. En définitive, il est probable que, d'ailleurs, Keito aurait été blessée par le même comportement dans d'autres circonstances. Non, Cat Street s'avère avoir l'œil quand il s'agit de dépeindre une personnalité brisée.
C'est comme si le cœur de Keito s'était arrêté de battre ce soir-là et n'avait jamais repris le mouvement en 7 ans ; la série retranscrit formidablement ce qu'on peut ressentir à la fois de colère et de vide après un traumatisme (fût-il jugé bénin par l'entourage), c'est même impressionnant de donner autant de corps à ce sujet. Franchement, chapeau.

Mais Cat Street, c'est avant tout une histoire de renaissance, puisque Keito va être "récupérée" par un proviseur qui, par hasard, tombant sur elle, essaye de la rescolariser, puisqu'elle a totalement arrêté d'aller en cours depuis l'incident qui l'a bouleversée. Ce serait d'ailleurs bien que dans les épisodes prochains (même si je sens bien que ce n'est pas le sujet) on approfondisse un peu cette histoire de lycée alternatif, parce qu'il y a un sujet par-là, quelque chose que j'aimerais pourvoir approfondir. Mais soit. Donc ce lycée permet à des élèves sortis du système scolaire de ne pas tout-à-fait sortir de la société, et d'avoir une chance de compléter leurs études, même si c'est à leur rythme et sans la moindre contrainte (franchement on se demande comment ça peut marcher, moi je demande à voir). Et en fait, les élèves ne sont pas vraiment de grands marginaux, si on regarde bien : il y a celle qui est partie parce qu'elle refusait l'uniforme (qu'elle ressentait comme une négation d'elle-même), il y a celui qui bégaye (ouais, et ça suffit pour se faire sortir du terrain de jeu scolaire, apparemment), il y a aussi celui n'est pas à l'aise en société et préfère la compagnie des ordinateurs (la geekette qui rédige sont post à 23h30 compatit). Vous le voyez, ce ne sont pas des délinquants juvéniles, on est loin de l'école de la dernière chance type Cœurs Rebelles, Cat Street détruit juste le mythe de l'école unique. Tous les élèves ne peuvent pas rentrer dans le moule, mais le système s'en fiche et les expulse. Je vous le dis, cette thématique mérite d'être approfondie.

Bon, hormis les bases du pitch, en fait, on sent que Cat Street a tout de même de grandes chances de se présenter comme une énième série sur l'amitié juvénile, Orange Days mais avec des autistes de la vie au lieu d'une sourde si vous voulez, un petit hymne à la liberté d'être soi (mais pas chanté trop fort), et je ne demande qu'à être surprise mais je pense qu'il n'y a pas lieu de placer mes espoirs trop hauts.
Mais bon, franchement, rien que ces quelques axes donnent une saveur certaine à Cat Street, un petit anticonformisme pas trop remuant qui permet de se sentir un peu hors du monde sans vraiment prendre la porte, et ça suffit aussi, dans le fond. A tous ceux qui avaient un rêve, et qui n'ont pas pu le réaliser, et qui n'avaient pas de plan B, Cat Street permettra de donner un peu d'espoir, et une série qui part du négatif pour aller vers le positif avec candeur, finalement, ça ne se refuse pas, par les temps qui courent.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Cat Street de SeriesLive.

16 mai 2009

Le virus Jackie se propage mieux que prévu

Vous vous rappelez combien j'étais pessimiste quant à Nurse Jackie ? Vous vous souvenez que le cast ne m'alléchait pas du tout ? Bon bah oubliez tout, je suis au contraire hyper enthousiaste maintenant que j'ai vu le preair.

Pendant tout l'épisode, je n'avais de cesse de me répéter que le personnage de Jackie avait l'immense mérite d'être moins caricatural que les habituels personnages de son espèce, House en tête pour des raisons évidentes. Oui elle est sèche, oui elle est cynique, oui c'est une droguée (sublimissime scène d'ouverture entre parenthèses, c'était plus brillant que ne le laissait présager le trailer), oui elle est carrément blasée, oui elle peut paraître désobligeante en de multiples situations... mais tout cela est compensé (et non brandi pour camoufler, la nuance est de taille) par une humanité profonde. Du coup, le personnage n'est pas complètement dans la catégorie "antipathique mais à plaindre", il a un bon pied dans la catégorie "Charlie Crews", c'est-à-dire ni foncièrement bon, ni foncièrement mauvais, ni cherchant à être l'un ou l'autre, juste à se poser les bonnes questions pour trouver son équilibre en dépit des choses qui ne se passent pas forcément bien, ou que le personnage ne fait pas forcément bien.

J'ai trouvé aussi très originale la façon dont été décrite la vie à l'hôpital. Déjà, on n'a pas droit (ou très peu) aux couloirs blancs froids et sans personnalité de la plupart des séries du genre, et ce cadre change beaucoup de choses ; les scènes dans le couloir, ou dans la chapelle, prennent un tout autre relief dans pareille ambiance. Et puis surtout, on ne cherche pas à faire du Urgences-like, et vu que le deuil n'est pas fini, ce n'est pas plus mal. Il ne s'agit pas ici de jouer sur l'adrénaline, et à peine plus sur les cas en eux-mêmes. Ce qui est important, c'est la façon dont ils seront traités non pas sur un plan médical mais sur un plan humain. L'empathie est mise au cœur de la série et c'est un changement vraiment bienvenu.

En optant pour un cast réduit, la série se permet aussi de n'avoir que très peu d'interventions, relativement peu de scènes d'action, et de montrer que tout ce petit monde est une équipe qui a une dynamique très intéressante. A ce titre, la relation qu'a Jackie avec l'infirmier Mohammed, ou celle avec Eleanor, le médecin british au flegme plus vrai que nature, sont des indicateurs de la bonne santé quant à l'effiacité des dialogues. Qui, il me faut le souligner quitte à avoir l'air de jeter des fleurs en tous sens, sont très fins et souvent pétillants.

Ah, une autre qualité encore (oui, encore) : la vie privée de Jackie. Ce qui est intéressant c'est qu'on pénètre son monde alors qu'elle-même ne le remet pas tellement en question. Elle sait qui elle est, ce qu'elle veut et ce qu'elle fait, et c'est très libérateur de voir ce personnage qui accumule les, disons, choix contestables, mais sans culpabiliser et sans que le reste du cast ne cherche à le culpabiliser non plus. Il n'y a pas de place pour le doute chez Jackie, elle sait quand elle fait quelque chose de mal et l'assume, elle se rend bien compte aussi quand elle essaye de faire quelque chose de bien (et alors, le moyen lui importe peu), et c'est finalement une position très brave que de ne pas nous présenter l'éternel repenti. J'ajouterais que du coup, n'avoir pour ma part aucune affinité avec Edie Falco, bah ça m'a pas gênée, parce qu'on ne nous demande pas de la prendre en affection, et encore moins en pitié. L'idée c'est juste de délayer la couleur jusqu'à obtenir un camaïeu aussi précis que possible de sa personnalité, avec ses travers, et on ne vous obligera pas à l'aimer malgré eux, et ses qualités, et on ne vous demandera pas de l'encenser juste parce qu'il y en a. C'est finalement en ça que le personnage de Jackie est profondément humain et facile à suivre, sans attachement superflu mais sans la distance courante chez les personnages mal-aimables, tordus ou machiavéliques.

A partir de là, je ne vous cache pas que, comme Nurse Jackie est une série donnant un souffle nouveau et arrivant à point nommé sur le métier d'infirmière, avec de nombreuses nuances de gris, et une écriture solide et drôle à la fois, je ne vois pas ce que HawthoRNe pourra bien ajouter. Je sens que le timing était très mal choisi pour la seconde série, vu que la première a toutes les cartes en main pour accomplir très intelligemment cette mission, et ce en ayant pris de l'avance.

J'ai fini le preair, je l'ai mis sur une pelote de laine, et j'ai tout de suite été m'ajouter aux amateurs de la série sur la fiche Nurse Jackie.
D'ailleurs, à propos :

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Nurse Jackie de SeriesLive.

7 mai 2009

So play we all

Ma frangine Rei et son homme ont une passion quasi-démesurée pour les jeux de société. A chacun son vice, je ne me permets pas de juger. Le problème, c'est qu'à chaque réunion de famille, quand les jeux sont déballés et qu'il faut choisir, tout le monde sait très bien que je vais voter pour les jeux de type quizz, questions culture générale, pop culture et autres choses du même genre (s'il y avait un quizz de SeriesLive au format jeu de société, vous pouvez être sûre que je voterai pour, les deux mains levées). Pourtant, des jeux où il faut deviner des titres de film, trouver des chansons contenant tel ou tel mot, ou évidemment, citer des séries, c'est fun, non ?

Le gros problème c'est qu'à ce stade, mon père tire la tronche parce qu'il va perdre (ou au mieux, devoir intégrer mon équipe pour n'avoir pas trop l'air de ramer), et que le copain de Rei a d'ores et déjà déclaré forfait parce qu'il ne joue pas pour réfléchir. Allons bon.

Pour remédier à cela, il est déjà arrivé qu'on m'offre de quoi m'amuser à me triturer la cervelle dans mon coin, histoire qu'après je vienne jouer à des jeux pas trop compliqués en communauté avec la sensation d'avoir quand même fait quelque chose de ma matière grise. Je me suis retrouvée par exemple avec un ouvrage pompeusement intitulé Brain Coaching, récupéré dans une brocante (sans le DVD) pour me museler et réussir à jouer au 6 qui prend.

Mais pour mettre ma frangine et même mon futur beau-frère dans mon camps : j'ai un plan.

Les deux lascars m'ont en effet délestée de mon coffret saison 3 de Battlestar Galactica, et semblent s'en donner à coeur joie sur la série (bien que prenant leur temps pour me le rendre). En règle générale, je serais heureuse d'avoir participé à une contagion aussi efficace (deux d'un coup !), mais ici ce qui m'ennuie, c'est que d'une part, c'est mon coffret et que j'ai pas dépassé les 3 premiers épisodes environ, et d'autre part, qu'à un moment ce serait bien de passer à Razor et la saison 4.

Donc, leur offrir ce jeu atteint un double (et machiavélique) objectif : non seulement je les pousse indirectement à me rendre mon coffret saison 3, mais en plus je peux jouer à un truc qui me plaira à la prochaine réunion de famille, ce qui tombe d'autant mieux que... Ah oui parce que, attendez, encore mieux : les anniversaires de Rei et de sa moitié tombent en juin, à quelques jours d'intervalle, et je n'avais pas d'idée cadeau ! Donc je leur offre et, le jour-même, on y joue ! Impec !
Aux prochaines réunions de famille, démocratie oblige, on aura ce qu'il faut de votes pour imposer de jouer à un jeu sur les séries télé ; de quoi traumatiser mon père à vie, certes, mais ce sera jouissif. Pas forcément super intellectuel (quoique le site reste finalement assez obscur à ce sujet), mais au moins, j'aurai remporté une bataille.

Qui sait, ça peut entrainer encore d'autres formes de contagion ? Je me demande si ma mère serait du genre à regarder de la science-fiction, tiens... elle regardait bien V avec moi, quand j'étais petite, alors pourquoi pas ?
Une fois qu'on a réussi à faire regarder Battlestar Galactica à quelqu'un, les horizons s'ouvrent sur des possibilités quasi-infinies, d'ailleurs. Prochaine étape, A la Maison Blanche ! Et peut-être qu'à partir de là on pourrait même envisager de faire cap sur encore plus abstrait, genre OZ ! On peut tout imaginer...

Et tout ça pour un investissement finalement minimal... c'est si beau, une opération de contagion dont tout le monde bénéficie au final !
Enfin, oui, sauf mon père naturellement. M'enfin, personne n'a prouvé qu'il était mon père, si on y pense. Ca expliquerait pourquoi sur lui, mes opérations de contagion restent désespérément infructueuses. Je vous ai déjà parlé de mes opérations de contagion sur lui, je me souviens plus ?

7 avril 2009

Guide de survie à l'usage de gens sans soucis

On a établi récemment que les gens sans problème qui passent un épisode à se faire plaindre, ça commence à me casser les c*uilles (ce qui est d'autant plus douloureux que physiologiquement je n'en ai pas, il faut donc m'en faire poser au préalable, c'est toute une histoire, ya les suites opératoires, bref).
Je me souviens alors, en substance, avoir dit que voir des nanas sans problème donner l'impression qu'elle est trop dure la vie, ça ne mériterait que mépris et rage de ma part (oui je peux faire les deux en même temps). Ça date du pilote de In the Motherhood, donc d'il n'y a pas si longtemps, on était en droit d'espérer que personne ne se ferait prendre à refaire les mêmes conneries tout de suite.
Eh bien, c'est pas d'chance, mais voilà Surviving Suburbia pour entretenir ma rage et mon mépris (je peux même le faire dans l'autre sens, voyez !).

A ce gros inconvénient du "j'ai pas de problème dans la vie mais je vais quand même bougonner pour faire rire les gens comme moi de l'autre côté de l'écran" s'ajoute un gros air de déjà vu : cette saison, le rôle du mâle bourru qui se plaint d'un rien était déjà tenu par Gary Unmarried ! La redite n'aide vraiment pas à faire passer la pillule.
Pire encore, pas une seule fois on ne trouve la moindre once d'originalité : Gary avait le mérite d'être divorcé et d'essayer de refaire sa vie, mais les Pattersons sont vraiment plus passe-partout que passe-partout. Ils n'ont rien pour eux. Et la mère n'essaye même pas de faire de la guitare comme dans Rita Rocks (tiens, autre exemple de comédie sur la vie en banlieue de cette saison ; quel festival).
Bon, si. Il y a juste un point sur lequel je rejoins freescully, c'est que la gamine est adorable. Mais le rôle est tellement bateau que même son charme ne parvient pas à nous arracher un sourire.

Donc d'un geste ample, leste, vif, mais surtout rageur et méprisant, je retourne deux paires de baffes à Bob Saget et on n'en parle plus.
Ça, c'est fait. Suivaaaant !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Surviving Surbubia de SeriesLive.

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12 novembre 2008

J'ai un mot du médecin

Il fait noir. Oh mon Dieu, tout est noir ! J'ai ouvert les yeux et il fait toujours noir ! A l'aide ! Je suis aveugle !!!
En tant que téléphage (et de surcroît avec des oreilles aussi paresseuses que les ovaires de Miranda Hobbes... j'aurais pas dû faire ce test de BuddyTV), c'est mon pire cauchemar, évidemment.

Alors, lorsque mon amie l'ophtalmo m'a gentillement cloué les yeux avec de l'acide (elle dit que c'est pour faire un fond de l'oeil, mais je ne suis pas dupe !), me rendant aveugle pour quelques temps, la panique s'est forcément emparée de moi. "C'est temporaire", qu'elle disait ; et moi, inquiète, je répétais : "Temporaire comment ? Ok nan mais ça fait combien, en épisodes ? Bon, disons qu'on compte en comédies, combien ? Dites, combien ? Un épisode, deux ? Plus ? Combien ?" Elle m'a renvoyée chez moi avec une tape sur l'épaule (mais je suis aveugle, au nom du ciel, ne me relâchez pas dans la rue comme ça, j'ai tout un pâté de maison à contourner !) et un petit sourire... oh je ne l'ai pas vu, le sourire, mais il s'entendait et il était narquois. "Tout va bien aller...". Merci mais ça ne répond pas à ma question.
Ma vue a baissé. Je me rapproche du jour où je devrai me contenter de la radio, comme les vieux. Ah nan, pas ça, ils ne font plus de série à la radio... Si ? Non, je pense que ça n'existe plus. Faudra que je me renseigne, quand même. Pour plus tard. Ou moins tard que je ne le pense. Oh mon Dieu je deviens aveugle !

Je suis rentrée tant bien que mal chez moi, ait laissé mes chaussures dans l'entrée en trébuchant dessus, ait piétiné un chat ou deux (quelle est votre excuse à vous les matous, vous qui pouvez même voir la nuit ?!), me suis allongée toute habillée sur mon lit trouvé en tâtonnant, et les mains jointes sur le ventre, et j'ai attendu que le plafond retrouve sa couleur initiale, passant du noir au blanc. Ou disons qu'il devait l'être il y a 10 ans.
Et j'ai réfléchi.

Ce qui fait l'intérêt d'une série télé par rapport à un feuilleton radio, ce n'est pas simplement de voir, oh les jolis filtres des Experts du Siqueur, oh les décors qui arrachent la cornée de Hidden Palms, oh les formes affriolantes de Shemar Moore (bah, quoi ?). Non, ça va bien plus loin, évidemment.
C'est même au-delà du ravissement sans nom qu'est Pushing Daisies à chaque instant.
C'est bien plus que tout cela. Qui est pourtant déjà pas mal, je vous l'accorde.

C'est voir tout le langage non-verbal, ce qui à mon sens distingue l'acteur-fonctionnaire de l'acteur-artiste.
C'est voir les personnages grandir, vieillir, évoluer.
C'est voir un interprète apprivoiser son personnage. Un styliste en affiner l'apparence, la faire évoluer.

C'est voir la différence d'un demi-millimètre à peine qui réside dans l'oeil d'un acteur qui nuance sa peur en terreur, ou sa colère en rage, ou son amour en passion.

Perdre mes yeux, c'est perdre les yeux de ces centaines de gens qui ont affiné, peaufiné, chaque personnage, pour lui donner sa substance actuelle !

Passant progressivement du noir au gris, puis du gris au presque blanc, les doigts enlacés sur le ventre, je songeais à tout ce que je perdrais si j'étais aveugle. Quand la lumière est réapparue, j'ai foncé chez l'opticien avec ma belle ordonnance, et j'ai supplié pour qu'on me donne le nec plus ultra des lunettes ! Peu importe le prix, j'ai un rein dont je n'ai pas usage de toutes façons...
Je suis allée chercher ma nouvelle paire d'yeux quelques jours plus tard. Je suis rentrée chez moi, éblouie. J'ai allumé l'écran. J'ai retrouvé mes séries.

Ou bien ?
Subitement, j'ai remarqué une ride au coin du regard de Fran Drescher. Une dent légèrement sortie de l'axe, cachée derrière la lèvre inférieure taquine de Lee Pace. Un grain de beauté insoupçonné sur le visage de Christina Applegate. Vous voyez ? Mon regard a déjà changé.

Orgie d'images ! J'ai de nouveaux yeux et je compte bien m'en servir pour tout regarder à nouveau ! Vérifier ce que j'ai raté ! Les détails à côté desquels je suis passée ! Les nuances que je n'ai pas saisies au premier regard !
Et puis, mon ophtalmo me l'a bien dit : "Vous ne pouvez rien faire pour empêcher votre vue de baisser, c'est normal (ç'aurait même dû se produire au moment de l'adolescence). Alors profitez de vos yeux tant que vous les avez".

Eh, si ce sont les ordres du médecin...

13 janvier 2009

Pour ceux qui devaient se lever ce matin...

Après voir râlé parce que l'horaire était ridicule, j'ai mis à profit une brèche dans mon emploi du temps pour jouer les téléphages noctambules, comme au bon vieux temps, et j'ai regardé le pilote de la série britannique Afterlife.
Ouais, comme vous dites.

Bon, alors, tout commence quand une médium du nom d'Allison (comme Allison Dubois de Medium, mais en moins sexy... si-si, c'est possible) s'installe dans une nouvelle maison, espérant apparemment changer de vie. On se demande comment puisque pas un seul instant elle ne cherche un nouveau job pour subventionner ladite nouvelle vie ; en fait, sa seule activité rémunérée sera de participer à une séance de spiritisme... on sent tout de suite la nana qui cherche à tourner la page, hein.

En parallèle, Robert, un prof de psychologie, explique à ses élèves que les médiums sont tous des charlatans. A cette seconde précise, on sait déjà qu'il va rencontrer Allison et se fritter avec elle avant de la suivre dans de trépidantes aventures ; on pourrait presqu'aller se coucher à ce stade, mais dans ce cas, on aurait revu Thelma et Louise pour la centième fois pour rien (c'est vrai que rien ne fait plaisir comme la vision de Geena Davis plongeant tête la première dans le Grand Cañon, mais quand même, cent fois c'est beaucoup même pour un bon film). Mais Robert est bien gaulé et il a de jolis yeux, un peu comme Adrian Pasdar dans Mysterious Ways, mais en moins sexy. D'ailleurs les ressemblances entre les deux séries sont tellement frappantes que j'en ai un bleu. Bref on reste quand même devant Afterlife, on n'est pas resté éveillé à des heures indues pour se pieuter maintenant... pour tenir le coup, j'ai ouvert une bouteille, et je suis restée courageusement devant ma télé.

En fait j'ai menti, ce n'est pas tout-à-fait avec le captivant déménagement d'Allison que l'épisode a commencé, mais bien avec un bon gros poncif du genre : le flashback qui met en situation. On y voit donc une famille mourir dans les gaz de pot d'échappement, à l'exception d'une petite fille qui en réchappe, ce qui est logique sinon il n'y a pas d'épisode. Comble de chance, le monde est vraiment petit, la gamine a grandi et est maintenant l'une des élèves de Bob. Et chose encore plus incroyable, on voudrait le faire exprès qu'on pourrait pas, il va faire rencontrer la petite survivante et Allison, et ce qui devait arriver arrive : Allison réveille les démons du passé en apercevant le fantôme de la mère de la gamine, qui, on s'en souvient, est morte dans les gaz de pot d'échappement. Et on en est tous très surpris.

Cet épisode introductif est surtout l'occasion pour Allison de répéter trois ou quatre fois son petit numéro de médium : elle a l'air décontenancée, elle regarde ailleurs, et pouf, ya quelqu'un dans un coin, vous le voyez vous, moi je le vois. Elle fait donc le coup à plusieurs personnes qui sont toutes très émues, parce qu'évidemment Allison met toujours dans le mille, après tout elle est l'héroîne de la série, il ne s'agirait pas qu'elle soit faillible. Donc elle va faire le coup plusieurs fois : deux fois pendant la soirée de spiritisme dont une fois à la petite survivante, puis chez elle, à Bob, qui, ça alors on l'a pas vu venir, a rappliqué chez elle pour lui dire que ce qu'elle fait c'est rien que des conneries. Hips. Parce que comme Bob est prof à la fac, il a beaucoup de temps libre et il n'a rien trouvé de mieux que l'employer à aller insulter Allison chez elle. Ils sont vraiment payés à rien foutre, ces fonctionnaires.

Donc une fois qu'on a bien pigé le truc ("I see dead people"), on est forcément contents de voir que la petite survivante a pété un câble et va chercher chez Allison la sérénité. Allison et son mascara magique qui donne de la gentillesse dans les yeux lui fait son petit speech, et l'étudiante semble aller mieux. La preuve, elle marche dans la rue et elle sourit. Si c'est pas un signe, ça. Du coup tout va bien dans le meilleur des mondes, mais zut de zut, qu'est-ce qu'on va bien pouvoir faire d'ici au générique de fin. Peut-être qu'il va y avoir un revirement de situation, on sait pas... Il va sans dire qu'à ce stade je me suis sentie très triste parce que j'avais fini ma bouteille de scotch et qu'il restait encore plusieurs minutes d'épisode à se farcir.

Le plus incroyable c'est qu'un revirement de situation se produit : la petite étudiante s'est tranché les veines. Donc du coup on l'emmène très vite à l'hôpital et là, Bob, les amis de la petite étudiante survivante et Allison sont effondrés parce que la gamine a clamsé. Et évidemment Allison se sent très coupable et je crois même qu'elle se prend une giffle, j'ai pas fait très attention j'étais en train d'ouvrir une seconde bouteille. Mais tout va bien parce que la petite a rejoint sa mère et qu'elles sont réunies.
Evidemment Allison en a quand même gros sur la patate, mais le prof vient la voir pour lui dire qu'il va écrire un livre sur elle, et tout de suite elle se sent mieux parce que le livre sera adapté en série télé et qu'elle va se faire des co*illes en or, ce qui est d'autant plus agréable qu'elle en avait marre de donner des séances de spiritismes dans une salle des fêtes de banlieue le jeudi soir. Et puis ce qu'il y a de bien, c'est qu'elle a des péripéties toutes trouvées pour le bouquin, puisqu'elle voit le fantôme du fils de Bob... Angoisse, suspense, à suivre, tout ça.

Mon bilan ? Après de longues heures de réflexion, d'analyse et de rédaction, ma conclusion au lendemain de ce visionnage sera qu'Afterlife, ça donne mal au crâne.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Afterlife de SeriesLive.

6 janvier 2009

Que sont-ils devenus ?

Le net fourmille de cadavres presque exquis. C'est ce qui en fait un endroit si merveilleux. Presque, aussi.
Avouons-le, le temps de présence sur internet est proportionnel au nombre de choses qu'on y laisse. Je suis prête à parier que vous tous, comme moi, vous avez laissé trainer dans un coin un premier site, un premier blog, des conneries... mais qui disent quelques petites choses sur vous. Et en particulier, sur le téléphage que vous avez pu être à l'époque.
En général, c'est là qu'on rigole.
Mais, bon, pas de ça ici, hein, on ne juge pas, ici. La preuve : vous m'avez tous accueillie avec beaucoup de compréhension lorsque je vous ai avoué certains de mes horribles penchants hier, pendant ce qui restera gravé dans les mémoires comme la Journée de la Honte Téléphagique.

On tombe parfois, au fil de nos errances, de lien en lien, sur de vieux sites, de vieux blogs, des conneries... mais ceux des autres.
Ils ne sont pas morts, tous ces gens-là ! Mais dans ce cas, que sont-ils donc devenus ?

Alors laissez-moi vous présenter Laure.
Qu'est par exemple devenue Laure, qui, il y a environ 4 ans encore, était fan de Dawson ?

Laure avait commencé son blog sous divers mauvais auspices : déjà, elle l'avait lancé sur Skyblog, ce qui semble condamnable en soi mais passons. Mais surtout, elle l'avait démarré ledit blog alors que la série était déjà finie aux USA... et en France ! Et on notera qu'avec tout ça, elle n'avait rien à dire dés le second post... Je ne me moque pas, je constate que le blog est parti de loin : certes, en mettant une image par post, c'est pas bien compliqué (vous voyez : là, je médis), mais le blog a quand même tenu sur un an et demi (soit plus de 600 posts si mes calculs sont exacts), autant dire qu'il s'agit ici d'une durée record que sans doute la plupart des blogs conçus par un dimanche après-midi pluvieux ne peuvent qu'envier. A plus forte raison sur cette plateforme.

Laure nous donne cependant un bon indice sur ce qu'elle est téléphagiquement devenue : on peut voir s'opérer une transition vers... une nouvelle teenagerie. C'est là qu'on voit qu'internet est quand même un pays merveilleux... Laure a donc ouvert un nouveau blog (c'est la tradition ; plus encore sur cette plateforme) sur son couple favori dans One Tree Hill et, osons le dire, c'est au moins aussi intéressant que le premier, mais on sent que l'auteur expérimente, on sent qu'il y a des efforts pour créer plus de contenu, avec des extraits de dialogues, des posts qui ne se résument plus à des photos, bref, internet a éduqué la téléphage, ou la téléphage a éduqué son coin d'internet, on ne sait pas trop mais c'est juste beau. Et en fait, ça aussi, c'est un indice sur qui est notre téléphage cobaye.

L'histoire ne finit pas là puisque quelques mois plus tard, Laure laisse tomber ses chouchous de One Tree Hill pour ouvrir un autre blog (encore la tradition) qui a dû servir très brièvement, ou qui a subi un sacré nettoyage de printemps, au choix, à titre non-téléphagique cette fois, et qui renvoie vers un autre blog, perso lui aussi, mais où on distingue nettement un avatar animé de Skins. Retenez votre souffle, ce n'est pas fini, on va essayer de la suivre encore un peu... parce qu'il y en a encore un autre (saloperie de tradition), perso aussi mais cette fois c'est Misha Barton de The OC qui se présente sous nos yeux, dans un layout qu'on sent comme étant plus abouti (surtout vu la plateforme). Et ça a l'air de s'arrêter là... pour le moment ?

Récapitulons ce que nous savons téléphagiquement de Laure (car il n'y a que ça qui nous importe dans ces colonnes) : nous savons qu'elle a aujourd'hui 17 ans, ce qui veut dire qu'elle a commencé sa carrière de bloggueuse téléphage autour de l'âge de 14 ans, par là. Qu'elle était une teenager alors et qu'hélas pour elle, et je compatis, c'est pas encore tout-à-fait fini. Qu'elle regardait des teenageries alors, et qu'elle en regarde encore aujourd'hui.

Et pourtant, quelque chose a changé, vous serez tous d'accord avec moi pour le reconnaître ?

Vous savez comment je connais Laure ?
Je crois bien que je ne la connais pas.
On s'est ptet croisées sur un forum ou un autre ça se trouve, en fait on ne peut pas le savoir, mais dans ce cas précis, j'ai atterri sur son blog sur Dawson simplement parce que j'avais ce concept de post en tête, que j'ai fait une recherche au pif dans Google (skyblog Dawson) simplement parce que je cherchais à trouver un blog d'apprentie-téléphage amourrachée d'une série jugée bien souvent comme peu crédible par les téléphages aguerris que nous sommes, et que j'ai voulu voir. Il m'a suffit de suivre les liens pour la suite. C'est tombé sur elle. Ca aurait pu tomber sur une autre.

Laure et moi n'avons pas le même parcours téléphagique, loin de là. Mais j'ai reconnu quelque chose en elle tout de même, et c'est exactement ce que je suis partie chercher quand j'ai commencé ce post : l'idée d'une évolution de nos goûts, et surtout de la façon de les appréhender.
On commence par se prendre la révélation de plein fouet et on gesticule dans tous les sens pour dire notre admiration, notre enthousiasme, notre envie de partager même si on n'a rien de plus à ajotuer que ce qui a été si parfaitement dit dans la série qui nous a percuté. Et puis on tempère. On intègre un certain nombre de concepts. On a du mal à laisser partir la première série... quelques années plus tard on a parfaitement compris que c'était le cycle de la vie, et on passe à autre chose. Parfois dans le même style, parfois pas vraiment... On a envie de dire plus, et puis au bout d'un moment, cela fait simplement partie du quotidien. On veut dire tout et rien, on apprend à dire un peu moins de rien... On modifie ses exigences. Pas du tout au tout, mais...
Il faut bien reconnaître que de Dawson à Skins, il y a quand même plus qu'un pas : une démarche.

Merci à Laure pour cette grande leçon de téléphagie appliquée, donc.
Laissez-moi vous présenter Virginie...

25 novembre 2008

Trop de morts

On ne pourrait pas trouver le moyen d'enquêter autour d'autre chose ? La mort, toujours la mort... exception notable : les disparitions dans FBI Portés Disparus, et les viols dans New York Unité Spéciale (l'un n'exclut cependant pas du tout l'autre, du coup on en revient au point de départ). Mais tous les autres : des morts. Des meurtres, des accidents, des maladies... des morts, sans arrêt. Au mieux, dans le cas de Dr House, on essaye d'enquêter pour empêcher la mort.

Maintenant qu'on a fait le tour de la question (une centaine de fois, au moins), pourrait-on envisager d'enquêter sur autre chose ? Je sais pas, je ne pars pas avec une idée préconçue ou un exemple tout fait, je voudrais simplement être surprise. Juste une fois, une enquête sur quelque chose d'autre. Mettre à profit tous ces cop shows dans un contexte nouveau.

Bon en fait oui, j'ai des exemples en tête, j'ai toujours des exemples en tête. Tiens, pourquoi pas des enquêteurs spécialisés dans les enquêtes de paternité ? Ce serait génial, yaurait des papas qui apprendraient qu'ils sont pères, ou d'ailleurs qu'ils ne le sont pas, on verrait des marmots à chaque épisode, ce serait mignon comme tout, on aborderait plein de sujets un peu différents de l'ordinaire... on pourrait faire des analyses en labo tout pareil, poser des questions à plein de monde tout pareil, essayer d'inclure des flashbacks tout pareil. Tout pareil, mais différent, quoi, pour une fois.

Avec tous les enquêteurs de tous poils qu'on a eus ces dernières années, je me sens gavée, là. Je saturais déjà avant, mais là j'ai les dents du fond qui baignent. Si vous y tenez vraiment, continuez à nous fourguer des enquêteurs, mais apportez-nous du changement, au moins !

Je vous ai dit que j'avais arrêté de regarder The Mentalist ?

4 novembre 2008

Merci

Criminal Minds est une série avec des tonnes de défauts. Tiens, pour commencer, cette série n'a vu le jour sur CBS que par pur opportunisme. Et puis, tout dans sa construction crie son conformisme, du cast au scénario, en passant par son univers visuel et sonore.
Mais cette série a une qualité : elle n'hésite pas à parler de la perversité humaine. Et ceux qui me connaissent savent à quel point cet aspect est sans prix à mes yeux.

Il y a quelques semaines (et j'ai un témoin), je suis tombée par hasard sur un épisode carrément glacial. Deux hommes avaient été, dans leur enfance, maltraités dans leur famille d'accueil, et commettaient des atrocités ensemble depuis lors. Vers la fin de l'épisode, l'un d'entre eux prenait en otage un adolescent vivant encore dans la famille d'accueil qui les avait traumatisés, mais étonnamment, il le laissait partir sans problème quelques instants plus tard. Il lui avait en fait procuré une arme et comptait sur l'ado pour devenir lui aussi violent, et pour le venger de sa mère d'accueil. Mais le gamin n'avait pas tiré sur la mère d'accueil, juste sur les photos, dans le salon, qui donnaient l'illusion que les enfants étaient heureux ("les photos mentent")... L'ado n'était pas devenu un monstre à son tour ; mais ce n'était qu'un des enfants de la maison. Et les autres ?
L'épisode m'a beaucoup plu, mais je n'ai pas cherché à suivre la série pour autant. Je sais depuis un bout de temps maintenant que sa qualité ne compensera jamais pour tous ses défauts et que je ne peux vraiment pas m'y accrocher. Je le sais depuis le pilote, et ce n'est pas parce qu'une fois de temps en temps, un épisode est bon, que je tombe dans le panneau.

Hier j'avais prévu de me coucher tôt. Mais j'avais les idées noires et, finalement, après m'être tournée et retournée dans mon lit, pleuré un peu aussi, je me suis résolue à faire ce que je finis toujours par faire dans ces cas-là : allumer la télé, m'investir dans une autre histoire que la mienne, prendre 45mn de pause avec moi-même. Je suis tombée précisément au moment du pré-générique de Criminal Minds, alors que l'équipe venait de découvrir un DVD tourné par un sadique tandis qu'il violait une victime, et comprenait qu'un complice filmait la scène.
Je me suis laissée faire, sans me débattre, et j'ai accepté de suivre l'enquête. C'est tout ce que je voulais : quelque chose de pas trop gentillet. Surtout pas.

Mais plus l'épisode avançait, et plus je me suis aperçue que j'allais obtenir bien plus que ce que je n'étais venue chercher, et l'histoire a trouvé une résonnance imprévue en moi. Ce qui m'a plu, c'est que j'ai tout de suite su que le dominant était derrière, et non devant la caméra. Ce qui m'a plu, c'est qu'en la voyant, j'ai tout de suite su que c'était l'épouse la plus perverse. Ce qui m'a plu, c'est que je me suis sentie en terrain connu.
Et finalement Criminal Minds m'a donné ce que je n'étais pas venue chercher, mais dont j'avais bel et bien besoin hier soir : un moyen d'écluser ma peine et ma rancoeur sans avoir à les occulter. De faire l'expérience, de façon extrême et fictive, certes, mais émotionnellement vraie, de ce qui me hante, et de ressentir de l'apaisement.

C'est ça que j'attends de la télévision. Que sa main sorte de l'écran, vienne fouiller mes entrailles, attrape mon coeur palpitant, me l'arrache d'un coup sec et n'y laisse que le calme. Qu'elle me renvoie en moi-même par la fiction, et qu'elle apaise mon trouble en usant d'hyperboles et de métaphores.

C'est ce que je venais chercher en SPACE 2063 il y a 10 ans, ce que je suis venue chercher auprès d'Oz ensuite, ce que je viens chercher chez New York Unité Spéciale chaque semaine : une dose d'horreur véritable, la folie humaine à l'état pur, un moment où l'on regarde les protagonistes avec un haut-le-coeur épouvanté parce qu'on sait qu'ils ont quelque chose de profondément réel, un instant où l'on souffre jusqu'à la moëlle de ce que l'on voit, où l'on prend la mesure de ce que sont les hommes.
Et puis où ça s'arrête.
On s'est fait peur, on s'est fait mal, on a remué la mélasse tout au fond de soi, et puis on sort de là, à la fois meurtri et guéri. De petites scarifications pour l'âme...

Je regarde pas mal de comédies en ce moment, vous le savez, mais cette dimension tragique reste mon shoot de téléphagie favori. Celui qui s'adresse vraiment et profondément à moi. Ce pour quoi j'ai signé. Celui que je n'ai pas oublié, et qui dit que je n'ai pas oublié, non plus. C'est ma façon à moi de vivre ma téléphagie, intimement.

Une fois l'épisode fini, je n'ai plus eu qu'à éteindre l'écran, me retrouver dans le silence et dans le noir, fermer les yeux et m'endormir, libérée.

Merci.

9 mai 2008

Bon maintenant faut arrêter, hein

En mon absence, vous avez continué à me rendre visite et croyez-bien que ça fait plaisir à voir. Mais, sincèrement hein ? Certains d'entre vous sont quand même de gros boulets !

Ca fait depuis juin dernier maintenant (donc presqu'un an finalement !) que nombre de visiteurs débarquent ici depuis Google, à partir de variations autour de la question "sur quoi Berger plaque-t-il Carrie". C'est très gonflant et j'ai déjà donné la réponse deux fois, histoire qu'on en finisse. Mais je ne sais pas à quel jeu vous jouez, les gars, mais depuis un an vous n'avez toujours pas eu l'idée de regarder cet épisode, ceci dit il est vrai qu'on ne peut pas en demander tant de la part de gens qui n'ont même pas essayé de relever un défi plus important qu'un pareil jeu. Allez, consolez-vous, M6 a une fois de plus rediffusé Sex & the City cette saison, et l'épisode ne devrait plus trop tarder à apparaître comme par magie sur vos écrans. J'espère bien qu'enfin, à partir de ce moment, vos tricheries vont cesser et qu'on pourra parler d'autre chose.

Cela étant, certains d'entre vous ne sont plus les bienvenus ici tant l'orthographe de certaines requêtes sur le sujet sont à pleurer. Ainsi,  "sur quoi Bergé plaque Carrie dans Sex and the City" est d'une infâmie sans nom. 'Tain les mecs, non là, non, ça peut plus durer. C'est un peu comme demander si Mr. Bigg et Carrie vont finir ensemble, et d'ailleurs vous mériteriez que je vous spoile pour la peine. Ya quand même un minimum.

Bon, les choses étant (je l'espère ?) réglées, permettez-moi de continuer ce petit tour dans les stats...

- victoria pratt muscle photos :
Genre c'est les muscles que vous voulez voir. Genre. Allez, à d'autres.

- christopher meloni embrasse un homme :
Où ??? Où ??? Oz ou j'ai manqué un truc ?

- combien d'années passent dans les saisons de grey's anatomy? :
A peu près... trois siècles ?

- decrypter twin peaks :
Bon courage.

- écrire à   michelle trachtenberg :
Dans quel siècle vous vivez, vous ? Envoyez-lui un SMS !!!

Vous m'avez manqué, chers visiteurs... Enfin, sauf ceux qui savent même pas répondre à une question simple sur Sex & the City, bien-sûr. Vous, je vous méprise, ça va de soi.

1 octobre 2007

We're the new women

Vous sentez l'extase monter ? Si, si, vous allez voir : Michael Vartan... si, pas mal comme encas, quand même... Christopher Titus... ça vient, là, hein... et enfin, Dylan McDermott... Vous voyez ? Oh oui ! C'est bon, ça ! Encore !!!

Eh oui mais tout se paye dans la vie, les enfants. Et en échange du regard de braise de Dylan McDermott (qui figure depuis une décennie dans ma liste de mecs qui finiraient en quatre heures si l'occasion se présentait) et des tablettes de chocolat de Chris Titus, il y a... Big Shots. Vous voyez bien que tout a un prix.

Sur le principe, jamais vous ne trouverez quelqu'un qui loue plus que moi les avantages d'une série préférant se préoccuper de la gent masculine plutôt que sur les babillages des demoiselles. Jamais vous ne trouverez plus grande fan des quarantenaires que moi. Et si vous êtes capable de nommer qui que ce soit qui sache qui est Christopher Titus, et qui en plus l'apprécie, eh bien... signalez-moi l'existence de cette autre être humain urgemment !
Aussi, sur le principe, je réponds présente.

Malheureusement (encore un post truffé de "malheureusement", "hélas" et autres "mais"... que me conseillez-vous pour moins de négativité en cette rentrée ?) l'Enfer, comme vous le savez, est pavé de bonnes intentions. Parce que dans les faits, Big Shots est vraiment la version masculine de Sex & the City. Ca marche en miroir exactement sur le même modèle (ils sont quatre, ils ont des façons de voir complètement opposées, qui est bon vivant, qui est super coincé, etc...), sans vraiment qu'on ait l'impression qu'on parle de mecs, de types qui feraient moins les chochottes pour un pet de travers... bon, tu trompes ta femme et tu te sens coupable ? Tu devrais sauter Kim Raver dans Lipstick Jungle, tiens, vous feriez la paire !

Enfin, non, même pas. Car Big Shots arrive à être moins fin que Lipstick Jungle que justement j'ai cité (ne parlons même pas de Sex & the City). Tout ça avec un humour pas très recherché (genre les scènes liées au transexuel, c'est digne, au mieux, d'un vilain sitcom), quelques situations vaseuses voire carrément embourbées (genre la maîtresse de notre transfuge d'A la Maison Blanche, blondasse stéréotypée, garce et de surcroît horripilante), ou même simplement, des maladresses (pourquoi cacher le visage de la femme de Chris Titus si on la voit à l'écran ? autant s'arranger pour qu'on ne la voie vraiment jamais si elle veut nous la refaire Morty Fine, mais là c'est juste débile)... vous voyez le tableau.

Ah, et j'oubliais. Le plus irritant dans cette série, c'est le country club. Nom d'un chien si je chope le gars qui a eu l'idée du country club...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Big Shots de SeriesLive.

26 janvier 2007

Un sorcier nommé Harry

Je n'étais pas plus enthousiasmée que ça par le pilote des Dresden Files, probablement parce que le sujet semblait à mi-chemin entre la ressucée de Charmed (sans les décolletés plongeants bien entendu) et les histoires pour effrayer les enfants. La première partie du series premiere n'a pas fait grand'chose pour me détromper, d'ailleurs.

Les premières minutes donnent l'impression de pénétrer dans monde fermé, réservé à ceux qui auraient déjà lu/écouté la série... La seule présence du fantôme est assez déstabilisante : certes, on nous explique deux ou trois trucs, mais globalement, la série commence comme une private joke. En comparaison, j'étais moins désorientée par les références de Battlestar Galactica, et il y avait toute une série derrière, pas juste quelques bouquins !

Mais au moment où il s'est avéré que nous n'avions pas juste droit à quelques flashbacks Dexteresques, mais bien à une réelle intrigue légèrement plus complexe que "sorcier rencontre enfant, enfant demande à être sauvé, sorcier sauve enfant, enfant content, maman heureuse", j'ai commencé à me dire que j'avais bien fait de passer outre cette imperméabilité du début. Laquelle, d'ailleurs, lorsqu'on regarde sous un autre angle (celui du reluquage de Paul Blackthorne, charismatique mais aussi plutôt, hum... décoratif...), ne passe pas si mal que ça. Ce n'est pas non plus comme si on s'ennuyait ferme !

Le pilote démarre donc très lentement (au point que j'aie vérifié plusieurs sources pour voir s'il ne s'agissait vraiment pas d'un season premiere, plutôt !) mais le moins qu'on puisse dire c'est que même si les choses ne prennent du sens que très progressivement, la série baigne dés le début dans une atmosphère bien à elle, esthétique, mais sans surcharge... Les éclairages à eux seuls tiennent du génie. Chaque fois que le surnaturel s'invite dans notre monde, il donne une impression de... naturel. On n'a qu'une seule fois le sentiment qu'on a voulu nous impressionner, au moment où la skinwalker (comment traduire cela élégamment ?) se fait envoyer ad patres. En-dehors de cette démonstration de puissance un peu extrême, tout est en finesse : le regard des corbeaux, les interactions du fantôme avec l'appartement de Harry, le sort de protection... Et ça fait plaisir de voir qu'on n'a pas tenté de nous en mettre plein la vue juste pour la beauté du geste. A vrai dire, cela rend les choses plus prenantes encore, et donne l'impression que ces choses sont possibles. Pour une série fantastique, ce n'est quand même pas monnaie courante. Espérons que la suite ne tombe pas plus dans la surenchère que ce premier épisode.

Maintenant, Harry va-t-il passer son temps à protéger l'enfant ? J'espère bien que non. La mauvaise nouvelle, c'est qu'apparemment, la fliquette aura besoin de lui à l'occasion pour résoudre quelques enquêtes. Je dois dire que, de ce côté-là, j'accroche moins... Avait-on vraiment besoin de mêler la Police à tout cela une fois de plus ? Voilà qui me renvoie à mon indigestion des séries dont la vocation est de résoudre des énigmes par des moyens divers : après les sourds, les aveugles, les scientifiques, les mediums (qu'ils soient vrais ou simulés), les psychopathes... maintenant les sorciers, la prochaine fois, quoi ? Un joueur de fléchettes manchot ???

On verra bien. Si je n'ai pas, avec The Dresden Files, trouvé la série qui m'aura le plus transportée cette année (vous me direz, on n'est qu'en janvier...), en tous cas j'ai bien envie de continuer à la surveiller du coin de l'oeil pour voir ce qu'elle donnera.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Dresden Files de SeriesLive.

18 janvier 2007

Papa est mort

Papa est mort. Ca fait quatre jours qu'il est dans sa chambre et qu'il n'est pas sorti de là. Et alors me direz-vous ?
Attendez, voilà le pire : il n'a même pas de bière avec lui. Vous voyez ? Papa est mort !

Titus fait partie de ces séries que, nom de nom, si seulement on avait eu la bonne chaîne au bon moment, on aurait suivie de bout en bout !!! Le ton cynique du narrateur vaut à lui seul. Lorsqu'il nous lance en ouverture que plus de 60% des américains ont une famille dysfonctionnelle, et que du coup, ce sont les 30% et quelques des autres américains qui ne sont plus dans la norme, on sait déjà qu'on va adorer !

Considérant qu'en prime, j'apprécie assez l'acteur Zack Ward (qui hélas s'est limité avant et après à des seconds voire troisièmes rôles), je ne pouvais qu'applaudir des deux mains cette série grinçante à souhait.

Entre les monologues de Christopher Titus (qui ne sont pas sans rappeler, dans le fond comme dans la forme, les solliloques de Harold Perrineau dans Oz), les dialogues oscillant entre l'absurde et l'amer, et quelques inserts particulièrement bien trouvés (dont Linwood Boomer s'est nécessairement inspiré ultérieurement pour Malcolm in the Middle), tout fan de sitcom trouve son compte, à condition de ne se laisser offusquer par rien, et surtout pas le politiquement incorrect.

Encore une série que hélas aucune chaîne hertzienne ne semble avoir envisagé d'ajouter à sa programmation, pourtant croyez-moi, un vendredi soir après Scrubs, par exemple, ça ne ferait de tort à personne (oh, je suis sûre que la blondasse qui fait la nocturne n'en est pas à 20mn près), et je dirais même que ça permettrait à M6 de regagner ses galons de chaîne pas prise de tête et djeunz', sans prendre de risque.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Titus de SeriesLive.

23 octobre 2009

Le bon roi Tsunayoshi n'avait pas mis sa culotte à l'envers

On parlait de séries historiques... mais ce weekend, Tenchijin n'a pas été ma seule série en costumes. D'ailleurs c'était intéressant de comparer les deux (quand mon cerveau fatigué ne les mélangeait pas, les décors étant, il faut le dire, parfaitement semblables).

Ooku, car c'est de cette série qu'il s'agit, a une longue histoire de présence à l'écran qui remonte à la fin des années 60. Vous comprendrez donc que je n'aie pu découvrir que la 5e et (actuelle) dernière saison. Le concept de la série (qui comme beaucoup de dorama à multiples saisons au Japon, ressemble plus à une franchise) est de se pencher uniquement sur la vie de palais de l'ère Tokugawa, pendant plusieurs périodes de cette époque. Plutôt que d'aborder les éternelles guerres, les conquêtes, etc... Ooku se préoccupe donc des intrigues de cour. Mais sans claustrophobie.

La saison 5 que j'ai donc découverte a pour sujet la cour de Tsunayoshi, un puissant qui n'est pas impuissant, si vous voyez ce que je veux dire. Ses appétits sexuels n'ont rien à envier à ceux de ce bon Henri VIII, de deux siècles son aîné, et comme lui, ce chaud lapin tire dans tous les coins de son palais, et au-delà. En plus d'une épouse (qui ne lui fait pas tellement usage si ce n'est à des fins de représentation), il a également une maîtresse officielle qui lui a donné un héritier (ne vous excitez pas, cette saison d'Ooku est de deux ans antérieure à The Tudors). Et puis, quand il se déplace chez ses vassaux, ils aime bien goûter aux spécialités locales, aussi.

Pendant que l'épouse bafouée au vu et au su de tous est amenée à fermer les yeux devant tous ces batifolages, la concubine et la mère du shogun Tsunayoshi sécurisent l'avenir du rejeton royal, et le roi continue de butiner un peu partout l'air de s'en battre le coquillard comme jamais.

Mais bien des choses vont changer au ooku, lorsque le roi commence à aller rendre visite à l'un de ses vassaux les plus soumis, Makino, au prétexte d'aller y jouer du no (elle a bon dos la culture...). Le soir venu, aaaaah, c'est pas tout ça mais j'irais bien me coucher, oui seigneur, vous prendrez bien une courtisane à emporter, le maître de maison présente donc au prince les plus belles filles de la région ; mais sa majesté n'ayant jamais réussi à la monter et la trouvant encore fraîche, il préfère plutôt l'épouse de son hôte Makino, pas tellement consentante donc qu'il viole séance tenante, là, comme ça ce qui est fait n'est plus à faire. Mais bon, comme le gars, il est un peu shogun si vous voulez, on ne peut rien lui dire, sauf si on a envie de voir sa tête séparée de son corps par une lame trop habile.

Alors, chaque fois que, poussé la passion du théâtre, le souverain pointe son... hm... nez, dans la demeure de Makino, l'épouse de celui-ci doit se plier à son caprice, contente ou pas c'est le même tarif. Sauf que l'humiliation la conduit finalement à se suicider. Notre shogun pas traumatisé pour un sou opte alors pour la solution de secours, et commence à faire de l'œil à la fille de Makino (moi je dis ya un truc freudien là-dessous), mais qu'est-ce qu'ils ont dans cette famille de si érotique ? Makino, tout vassal docile qu'il soit, a quand même un problème avec 1/ le fait que le shogun ait sauté sa femme 2/ le fait que sa femme se soit tuée à cause de lui 3/ un point de détail : sa fille est déjà mariée. Mais Tsunayoshi est d'une implacable logique : suffit qu'elle divorce. Pas con en effet, zut de zut. "Tiens pis, l'a qu'à venir vivre au ooku, pendant que j'y pense", ajoute le bon seigneur qui a de la suite dans les idées. On se doute qu'au bout d'un moment, le kilométrage juste pour s'envoyer en l'air, ça commençait à lui courir sur l'azuki.

Mais tout l'intérêt d'Ooku, c'est que la douce fille a comme des envies de vengeances maintenant qu'on a provoqué la mort de sa mère, le déshonneur de son père et accessoirement le divorce d'avec l'homme qu'elle aimait.

Voilà, Ooku c'est tout ça (et un peu plus), et franchement, avec les mêmes costumes et les mêmes décors que Tenchijin, on est dans une toute autre approche de la série historique, quand même. Le cast à majorité féminine, la lutte des classes, les intrigues de cour, les vengeances, les amours... on est dans quelque chose de plus romancé, plus proche, de la série dramatique que de la série purement historique. Limite soap. Et franchement c'est jouissif. Si j'arrive à mettre la main dessus, j'avoue que je ne serais pas contre l'idée de finir la saison. Voire, soyons fou, en aborder une autre si elle est du même acabit.
Oui, moi, la fille qui n'aime pas les fictions qui se passent dans le passé. C'est vous dire à quel point je me suis amusée.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Ooku de SeriesLive.

22 octobre 2009

Singeries

Jusque là, mes aventures télévisuelles du weekend dernier semblent avoir été très sérieuses. Alors que pas du tout, je me suis aussi beaucoup amusée ! Mais c'est vrai que je ne vous ia pas encore entretenus de Saru Lock. D'façons, je vous l'avais bien dit, mon weekend de pilotes a été si dense que je n'aurais jamais pu tout vous raconter en une fois.

Dans le genre "je sais plus trop pourquoi j'ai regardé", Saru Lock se pose là. Je crois que j'ai dû, encore une fois, cliquer au hasard, ou me dire que comme la série est de 2009 autant tenter le coup, bref, pour des raisons aux conséquences puissamment aléatoires.

Saru Lock s'inscrit en fait dans la lignée de fictions comme Shimokita GLORY DAYS (c'est bon, tout le monde sait se servir des tags ici, je vous montre pas le chemin ?) ou Cupid no Itazura (dont le pire, je l'ai pressenti, était à venir à l'issue du pilote, je ne me suis donné la peine ni de vérifier ni de vous en faire un post, je veux pas être tenue pour responsable). C'est de la comédie coquine, en fait. Le héros a le gourdin qui le démange, et ne rêve que de tâter de la jolie fille, et on traite ça sur le ton de la plaisanterie. Un truc dont je m'apprête à vous expliquer dans les prochains jours que les Japonais aiment bien ça.

Mais autant les deux titres sus-nommés sont finalement assez vulgaires, intellectuellement parlant y compris, autant Saru Lock présente l'avantage non-négligeable d'être réellement drôle, en tous cas d'essayer très fort de l'être. C'est sûr, tous les gags ne sont pas forcément hilarants, mais leur accumulation crée tout de même une vraie atmosphère de loufoquerie.

En fait, typiquement, Saru Lock est la série que j'ai regretté de découvrir seule. J'aurais bien invité quelques copains et une pizza à partagée ma soirée, histoire de tous rire et manger grassement. Pour une bonne rigolade entre gens de bonne (mais familière) compagnie, je recommande Saru Lock. Une série pas complexée de faire du grand n'importe quoi, et qui, à vrai dire, le fait bien.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Saru Lock de SeriesLive.

15 octobre 2009

When you're smiling... the whole world smiles with you

Une conclusion s'impose : les certitudes, c'est totalement exclu en matière de téléphagie. Que ce soit clair une fois pour toutes.

Car si j'ai une aversion immodérée pour Yui Aragaki en tant que chanteuse (je pense très sincèrement que des gens meurent d'ennui en l'écoutant, et vu les ventes de ses CD, l'hécatombe devient inquiétante), pour autant, je suis bien forcée de reconnaître, après avoir vu le pilote de Smile, qu'en tant que comédienne, elle a ses bons moments.
Que je n'avais pas vus dans Code Blue, mais ne soyons pas mesquins.

Pourtant Smile ne manque pas de défauts, le premier (et le pire de tous) étant son incompétence à exploiter un excellent démarrage, le pilote s'embourbant progressivement dans une narration erratique et désorganisée comme j'en ai rarement vu. Non que le pitch soit épatant, mais il avait un mérite (et non des moindres) qui était de nous offrir quelque chose d'un peu différent de la simple histoire d'amour qu'on a tous déjà vu quinze fois, et qu'on verra quinze fois à la saison suivante, et qui me font tant trépigner que je me retrouve à préférer des séries policières, c'est dire. Mais une fois encore, en matière de téléphagie, pas de certitude : ce que j'abhorre dans une langue, je peux l'adorer dans une autre, et vice versa, les dorama m'auront aussi appris ça.

Mais voilà : Yui Aragaki dans Smile, c'est... je ne sais pas... comment vous expliquer ? Il faudrait mettre dix tonnes de barbapapa sur plein de coussins moelleux et doux, du velours peut-être, avec un doux parfum de fleur vanillée, et d'endormir là-dedans, pour comprendre l'effet surprenant qu'a Yui Aragaki dans Smile.
Vous ferez l'expérience chez vous, promis ? Il en va de votre compréhension de ce post !

En-dehors de l'adorrrrrable Yui Aragaki, il y a... une histoire qui commençait bien, donc, mais qui part complètement en cacahuète. Là où on aurait pu parler d'immigration au Japon (grand sujet, pourtant), ou de racisme (corollaire, donc), ou de délinquance (pourquoi pas), de réinsertion professionnelle (ç'aurait été couillu), de procès (genre peu exploité au Japon pourtant)... voire même juste d'amuuuur, à la rigueur... Au lieu de ça Smile parle d'un joyeux bordel d'éléments scénaristiques qui se mélangent les uns aux autres comme dans une soirée échangiste. Bon, la comparaison vaut ce qu'elle vaut, mais c'est un peu ça, le résultat : un truc bâtard où on ne sait pas à qui appartient cette cuisse et à qui appartient cette main, un fouillis d'amourette adolescente, de bandes rivales, de trafic de drogue, de procédure judiciaire, de vie en prison, de dur labeur pour surmonter les problèmes (oui c'est un dorama japonais, vous vous attendiez à quoi ?), et de cochon. Vraiment.

Inutile de dire que toute la barbapapa du monde ne vous permettra jamais de comprendre à quoi sert le pilote de Smile.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Smile de SeriesLive.

25 juin 2009

Leap of faith

La plupart du temps je vous parle ici des séries que je découvre, de ce qu'elles me font ressentir et de ce que j'en pense. Et la plupart du temps c'est assez simple à cerner pour moi. J'ai aimé telle série pour ce qu'elle m'a évoqué, pour ce qu'elle m'a fait ressentir, pour ce à quoi elle m'a fait réfléchir. En apparence les choses semblent plutôt claires. Même quand une série décide de se préoccuper d'un thème en apparence un peu sérieux ou sujet à polémique, je finis par avoir mon avis sur la question. Il vaut ce qu'il vaut, mais c'est le mien. Et la plupart du temps je n'ai aucune difficulté à vous en parler pendant des longues lignes, les posts de ces derniers jours en attestent.

Et puis, il y a les autres fois. Ces fois où on a la tête qui tourne. Parce que c'est tellement plus que de la télé, mais il faut se souvenir que ce n'est que de la télé.

Je pourrais vous raconter ce que j'ai vécu devant The Philantropist, mais sincèrement, si vous lisiez pareil texte pour connaître mon avis sur la série, vous n'en sortiriez pas plus avancé, en ayant lu pourtant une littérature de plusieurs dizaines de milliers de caractères (au bas mot).

Le problème de The Philantropist, c'est qu'elle est clairement à part. Non seulement elle ne sacrifie pas aux canons télévisuels du moment, mais en plus, elle touche à un sujet d'autant plus sensible que rares sont les occidentaux qui en ont un point de vue complet.
Parce que, dans le fond, qu'est-ce que je connais de l'Afrique, moi ? Je suis une blanche, j'ai grandi en France, je n'ai jamais quitté mon continent, tout ce que je sais, on me l'a rapporté d'une façon ou d'une autre, par des livres, des articles, des fictions, mais je n'en ai aucune connaissance bien à moi. Je me posais déjà la questions devant The No. 1 Ladies' Detective Agency, si vous vous souvenez. Comment serais-je capable de dissocier le stéréotype de la réalité ? Comment serais-je capable de me construire une échelle de valeurs qui me permettrait, même si ça semble tout bête, de dire de The Philantropist que c'est une série sur le mythe de l'homme blanc, ou la prise de conscience d'un homme qui par commodité scénaristique a les moyens de faire son pélerinage, ou une série pleine de bonnes intentions, ou une stigmatisation d'une Afrique forcément affaiblie, ou quoi, ou qu'est-ce ?

J'ai passé tout le pilote à passer d'une de ces possibilités à une autre. Est-ce trop "bien pensant", ce thème du riche qui veut donner de lui aux nécessiteux du Tiers-Monde ? Est-ce un effort louable qui s'inscrit dans la foulée de l'arc africain d'Urgences pour ouvrir le spectateur à autre chose que son nombril ? Est-ce une façon de nous emmener ailleurs le temps d'un été, tout le monde prend son sac de couchage, rendez-vous devant NBC pour partir en randonnée ? Je ne sais pas, je n'en sais rien, je n'ai pas les outils pour le dire.

Les ralentis, too much ou nécessaires ? Le background du personnage principal, une facilité ou un indispensable pour comprendre sa démarche ? Les politiciens corrompus, un poncif de plus ou une réalité qu'on n'ose pas assez montrer ?
L'arrivée finale au village, un grand moment de niaiserie télévisuelle, ou une apothéose ?

Ca dépendra, j'imagine, de votre regard. Le cynique n'y verra que grandiloquence inutile. Moi, j'ai finalement laissé l'empathie l'emporter.
C'était un combat contre moi-même et je ne savais pas qui je voulais voir gagner, mais au final, cette quête humaine, je pense que j'avais envie de la prendre comme quelque chose de positif, une expérience que j'avais envie de faire semblant de partager pendant 44 minutes, le rêve de m'ouvrir au monde au moins un peu, même à travers une vision déformée de ce bout de planète, j'avais envie qu'on m'emmène et qu'on me fasse tenter le coup. Je veux y croire, quelque part. J'ai envie qu'on m'emmène en Afrique et qu'on me fasse oublier mes problèmes de riche. J'ai envie qu'on m'ouvre à autre chose, même si c'est par le biais d'une fiction qui emploie des ficelles trop visibles à l'œil nu. J'ai envie qu'on m'apporte quelque chose qu'on ne m'avait pas apporté avant, et ça vaut ce que ça vaut, mais c'est toujours bon à prendre.

Ce que je pense de The Philantropist ? Ah... tout et rien, en fait. Je ne saurais même pas vraiment vous dire si j'ai aimé ! Je ne sais pas encore non plus si j'y reviendrai. Mais j'avais, peut-être, dans le fond, besoin de regarder ce pilote tout de même. C'est aussi confus pour moi que dans ce post, si ça peut vous consoler. Je ne m'explique pas vraiment ce qui s'est passé, ce que j'ai vu, mais...
C'est juste une histoire de foi, dans le fond.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Philantropist de SeriesLive.

14 août 2009

Brûler son soustale, un dorama à la fois

Des histoires de guerre des sexes, encore. Finalement, au Japon comme (presque) partout ailleurs, l'évolution de la société passe aussi par la télé. Aujourd'hui, post du vendredi oblige, je vous propose cependant une présentation un peu différente de ce que j'ai fait le reste de la semaine, puisque c'est de deux pilotes que je vais vous parler ici. Mais bien-sûr, ce ne sont pas les pilotes de deux séries prises au hasard : At Home Dad et Oniyome Nikki ne sont pas étrangères l'une à l'autre ; pour tout vous dire, la seconde est le spin-off de la première.

At Hone Dad et Oniyome Nikki ont plusieurs éléments en commun, et le plus évident est leur contexte : toutes les deux se déroulent dans un quartier résidentiel à l'occidentale, flambant neuf, et relativement huppé. Une sorte de Wysteria Lane vaguement adapté à la société japonaise. On y trouve de larges avenues, des maisons de style moderne, etc... L'autre point commun est un couple de résidents de ce quartier, mais dont je reparlerai plus loin.

At Home Dad commence alors qu'emménage la famille Yamamura, composée de Kazuyuki, un papa qui travaille, de Miki, une maman qui a arrêté de travailler, et de Rie, une petite fille. Et ça par contre, pas de doute, c'est bien japonais. Sauf que le papa se retrouve sans travail, et par la force des choses, son épouse accepte une offre d'emploi et déserte les tâches ménagères (hou, la vilaine). Pour le mâle nippon lambda, qui fait montre d'une parenté insoupçonnée avec le macho méridional bien de chez nous, c'est évidemment très dur à accepter, étant entendu qu'un homme ne peut mettre si facilement sa virilité au rebut (woh l'autre, eh) pour s'occuper de la maison, et remplir les attributions normalement dévolues aux femmes... Des tomates et des œufs pourris sont à votre disposition à côté de ce post, n'hésitez pas, balancez-les lui.

Comme un coup de karma ne vient jamais seul, notre Macho Man nippon a bien pris soin de se moquer ouvertement de son nouveau voisin, Yuusuke Sugio, qui est père au foyer depuis trois ans (autant dire qu'il a perdu tous ses attributs virils). Donc évidemment, il va avoir beaucoup à apprendre à son nouvellement émasculé Macho Man de voisin, et on sera bien vengées, ah, ah, ah ! Girl Power ! Brûlons nous soutien-gorges ! (sauf le violet, j'ai eu du mal à le trouver à ma taille)
Notre Kazuyuki est également sur le point d'apprendre l'importance sociale de la mère au foyer, qui doit faire, en quelque sorte, de la politique à l'échelon très local : entretenir de bonnes relations avec les voisins, plaire à la bitch du quartier qui est aussi présidente de l'association des parents d'élève, être en bons termes avec les intervenants majeurs de la vie du quartier (institutrice par exemple), etc... et la diplomatie, ce n'est peut-être pas son fort à la base, mais il faudra apprendre, c'est non négociable !

At Home Dad est donc une série où hommes et femmes réenvisagent leur place dans la hiérarchie familiale et au-dehors, et ce qui l'illustre très bien, ce sont les échanges entre deux tourtereaux qui commencent à envisager la vie commune. Partage des tâches, égalité et autres réjouissances attendent les jeunes également, puisque se pose la question du poids des traditions et de l'envie de modernité.

Oniyome Nikki reprend le même contexte (banlieue aisée, place des époux dans la maison et donc ailleurs) et va plus loin encore : ce qui compte, ce n'est pas qui travaille comme un forçat et qui glande à la maison (hou ! qu'on l'abatte), mais qui porte la culotte, point barre. Le personnage principal y est en effet tyrannisé par sa femme. Il work hard for the money, et elle dépense tout en égoïste. Il doit obéir à ses caprices, elle ne fait que ce qui lui chante. Il fait tout le travail à la maison, elle récolte les louanges. Ah, de dehors elle est charmante, c'est sûr. Mais quand on vit avec...
Le petit couple de la série At Home Dad fait la liaison : aujourd'hui mariés, ils continuent d'évaluer la place de chacun notamment à la maison, déchirés entre l'envie de bien s'entendre et l'envie d'appliquer le modèle qui les arrange.

La bataille des sexes a donc bel et bien eu lieu au Japon télévisé. Ça fait même quelques années. Mais en regardant aussi bien Kimi wa Pet, At Home Dad qu'Oniyome Nikki, on voit bien que la société japonaise a encore des comptes à régler avec elle-même quand à l'égalité des sexes.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche At Home Dad et la fiche Oniyome Nikki de SeriesLive.

7 août 2009

Le drama, ça suffit pas

Ça commençait à faire quelques temps que je n'avais pas râlé. Tout le monde s'inquiétait. Rassurez-vous, bonnes gens, ma mauvaise humeur se trouve ravivée par une pseudo-affaire qui m'a bien mis les nerfs en pelote.

Accusé, levez-vous ; sur le banc de la défense, The CW s'apprête à plaider la légitime défense. L'accusation porte sur la niaise Mischa Barton, asperge devenue concombre de son état. Les faits ? Mlle Barton cherche tellement à échapper au papparazzi qu'elle stimule leur intérêt en s'en cachant. Le verdict : peut-on rétablir la peine de mort, s'il-vous-plait ?

Il y a des précédents à cette exposition médiatique : le crêpage de chignon en coulisses de Grey's Anatomy, l'addiction de David Duchovny dans Californication, bref, que des choses passionnantes.

Dans le temps, une série se suffisait d'elle-même pour captiver le public. Du moins, j'aime à le croire. Aujourd'hui, lorsque le scénario fait défaut, on ajoute une pointe de drama en-dehors du drama... cherchez l'erreur. Serez-vous étonnés d'apprendre, chers membres du jury, que les séries concernées par ces pseudo-scandales sont le plus souvent des séries dont le scénario pêche par indigence, et qu'on pourrait en conclure que moins l'intrigue est passionnante, plus les ficelles pour y intéresser les spectateurs artificiellement sont grosses et grasses. La rixte sur Grey's Anatomy a commencé à l'automne 2007 et ce n'est qu'avec le départ de TR Knight il y a quelques semaines qu'on y a enfin trouvé une conclusion, c'est vous dire à quel point on pataugeait dans le n'importe quoi.

Pour la saison 2009-2010, il faudra donc s'y résoudre : The Beautiful Life n'aura pas de scénario mais plein de rebondissements !

31 juillet 2009

Le prénom interdit

Concept plus ou moins maîtrisé d'une série à une autre : le prénom interdit. Alors que nous sommes à, pour arrondir, un mois du lancement des festivités de la rentrée (pilotes à foison, changements de cast dans les séries déjà lancées...), le problème va se poser du prénom interdit, avec, fatalement, quelques loupés en la matière.

Ah, alors : qu'est-ce que c'est que cette fameuse histoire de prénom interdit ? Le Petit Téléphage Illustré nous dit, page 236, édition 2008 :
Prénom interdit :  prénom utilisé pour un personnage nouveau, mais qui a déjà été porté par un personnage majeur de l'histoire de la téléphagie par le passé.
Comme toujours, Le Petit Téléphage Illustré vole au secours de l'éducation des masses.

Pour vous en donner un criant exemple : l'année dernière, la palme du prénom interdit est revenue à Veronica de Better Off Ted. A l'effet : "hein ? Veroni-... ah, celle-là !" propre au prénom interdit, s'ajoutait le second effet Kiss Cool, qui fait qu'on associe le prénom à un type de personnage, ici, la blonde cynique.
Avouez que ça va être dur à battre en cette nouvelle saison, tant le syndrome est merveilleusement illustré par le présent exemple.

Certains personnages dotés d'un nom hors du commun sont d'emblée hors de danger : Josiah, Angus, et autres Fox, sont relativement à l'abri, sauf à vouloir explicitement leur rendre hommage (j'ai par exemple des soupçons sur la ressemblance entre Buffy et Sookie).
Il y a aussi les petits flemmards qui ont d'emblée déclaré forfait, et qui optent pour un classique John, Mike ou encore Tom. Cette guerre n'est pas leur guerre, ils ont déjà rendu les armes.

Entre ces deux extrêmes, il y a tout le reste. Les prénoms qu'on espère avoir utilisés avant tout le monde, ou au moins, qui n'auraient pas été utilisés par un personnage marquant ces dernières années ; à cet égard, l'exemple Veronica est criant parce que quand Veronica Mars a déboulé, plus personne ne pensait aux Dessous de Veronica, alors qu'à son arrivée, la Veronica de Better Off Ted débarquait dans un univers où les téléphages pensaient encore à Veronica Mars, et même à l'éventuelle résurrection de cette série en film ; là se trouve la faute qui a fait basculer Better Off Ted dans l'univers parallèle du prénom interdit.
Chaque saison, il faut rivaliser de ruse et renouveler son abonnement auprès du Guide des Prénoms des éditions Atlas pour trouver, miracle, un prénom qui sorte un peu de l'ordinaire, et garantisse d'être protégé du fameux danger du prénom interdit.

Parce que le problème du prénom interdit, c'est qu'il refuse au personnage d'avoir son identité propre, parce qu'il rappelle trop celle d'un autre. Qu'y a-t-il dans un nom ? Tout le personnage, condensé en quelques lettres évocatrices. Et sur ce simple nom repose tout l'affect que le spectateur a placé dans un personnage qui lui est antérieur, et bloque le principe-même sur lequel le succès d'une série se construit : l'attachement. C'est un peu comme quand votre nouveau mec s'appelle comme votre ex, ça ne peut pas se faire sans aléas...

A la rentrée, nous aurons évidemment notre lot annuel de John, Mike, Tom et toute la clique. Et puis il y aura ceux qui auront pris le risque de braver le prénom interdit. Pour un nouveau personnage, c'est un défi en soi, même s'il semble relever du détail.

A plus forte raison parce que chaque spectateur a sa propre liste, toute personnelle, de prénoms interdits. Pour moi, il ne peut y avoir qu'une Fran, qu'une Reba, qu'une Roseanne, et d'ailleurs une seule Dana, aussi. Alors que de toute évidence il en a forcément existé d'autres que celles auxquelles je pense. Ces personnages qu'on peut se permettre de nommer uniquement par leur prénom, participent à la malédiction du prénom interdit.
Tremblez, scénaristes ! Le jour du jugement premier n'est plus très loin...

3 juin 2009

Saturday Night Trop Alive

Hannah Montana ? Déjà has been. La puberté arrive, et avec elle quelques scandales, ça fait plusieurs années que Miley est omniprésente, elle commence à casser les pieds à de plus en plus de monde... la pauvre est déjà sur la pente descendante. C'est toujours comme ça quand on commence sa carrière très vite et très haut.
C'est tout-à-fait par hasard (en lisant une news de SeriesLive) que j'ai appris que ladite Miley Cyrus avait déjà une remplaçante en la personne de Demi Lovato, un nom que j'ai bien dû lire par le passé mais qui ne m'avait pas poussée à plus de curiosité que ça. Mais j'ai fini par tenter le pilote de Sonny with a Chance, parce que, bah, est-ce que vous m'avez déjà vue résister à l'appel du pilote ?

Ah, les séries Disney... c'était quand la dernière fois que j'en ai regardé une sans espérer stériliser la moitié de la population américaine ? On se le demande. Et j'ai l'impression que chaque nouvelle série est pire que la précédente... moi non plus je ne croyais pas ça possible, et pourtant ! Comme, chez Disney, on est les rois de l'innovation, la recette est quasiment la même qu'avec Hannah Montana : on prend une gamine à peine pubère, on la met au milieu d'un cast de faire-valoirs, on la transforme en star à laquelle soi-disant l'adolescent lambda peut s'identifier, et vogue la galère.

Cette fois, à la place de Hannah (ou Carly chez la concurrence d'ailleurs), on a droit à Sonny. Exactement comme celles qui l'ont précédé, Sonny a un sourire à faire s'évanouir un dentiste. Je pense que la pauvre fille à une dizaine de rangées de dents, en fait. Et elle n'hésitera pas à toutes les montrer à la moindre occasion, soit toutes les 15 secondes selon mes calculs, avec un sourire pas du tout forcé. On sent la gamine à peine coachée.
Mais ce ne serait pas si grave si Demi Lovato, toute choupinette qu'elle soit probablement au naturel, ne passait pas son temps à être hystérique. C'est pas une série, c'est une expédition punitive, avec une gamine pareille. Je sais pas, moi, retirez-lui sa batterie, mettez-la sous valium, écrasez son chat, tuez sa grand'mère, faites quelque chose mais faut la calmer. C'est proprement insupportable. Comme son jeu est particulièrement riche et diversifié, dans une même scène elle peut piailler, hurler ou même brailler sur demande, une vraie machine à bruit. Et parce qu'elle est multifonctions, dans le même temps, elle peut aussi gesticuler, remuer ou encore gigoter tout en faisant du boucan, c'est magique, quel talent.

Le pire, c'est que dans Sonny with a Chance, la crise d'hystérie de Demi Lovato dure plus de 20 minutes, et qu'en plus rien ne vient nous en détourner ne serait-ce qu'une minute ou deux. Comme c'est la star du show (à l'écran comme à la vie), elle a le champs libre pour nous en mettre plein les oreilles. C'est épuisant à un tel point que je ne suis plus étonnée que les américains tiennent tellement à leur liberté de porter des armes : c'est pour mieux pouvoir tirer à vue s'ils croisent Demi Lovato. Pas de scénario, pas de dialogues, et deux décors qui se battent en duel : pour un investissement minimum, occupation de l'espace visuel et sonore maximum. Sans compter que comme Demi Lovato n'est pas coachée par le dernier des imbéciles, la production continue de la faire chanter dans la série pour mieux continuer à vendre des albums dans la vraie vie (je n'en ai pas écouté mais je présume qu'il doit s'agir d'une compilation de cris d'adolescente folle furieuse, du genre qu'on entend aux abords des concerts des Jonas Brothers... comme on se retrouve).

Au milieu de tout ça, j'aimerais dire que Sonny with a Chance apporte quelque chose de nouveau, mais ce serait vous mentir. C'est vrai que sur le papier, l'idée que l'héroîne débarque à Hollywood pour intégrer le casting d'une émission à sketches est sympathique, ça fait un peu Saturday Night Live pour les moins de 15 ans (et encore, seulement les plus attardés d'entre eux), mais le cabotinage est si insupportable et les situations si mal gérées qu'on ne voit pas la différence avec le cas Hannah Montana. Gérer la célébrité tout en étant une adolescente normale, c'est toujours la même chose, sauf qu'en plus Sonny n'aura pas besoin des intrigues sur l'identité secrète, ce qui laisse encore moins de marge de manoeuvre. Et le plus dramatique c'est surtout que les sketches sont pénibles. Si encore ils étaient bien écrits, mais même pas. C'est vraiment du travail bâclé histoire de rentabiliser la pauvre Lovato avant qu'une plus jeune et plus chevalline apparaisse, quoi...
En conclusion, la vraie chance, c'est de ne pas voir la série. Maintenant vous êtes prévenus, donc à vos risques et périls.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Sonny with a Chance de SeriesLive. 

16 mai 2009

Les héritiers de la louve

Le choc. J'ai réalisé hier soir qu'en fait, Rome allait débarquer en hertzien dans nos contrées la semaine prochaine. Et je n'ai toujours pas vu. Dans une semaine, je n'aurai plus la moindre excuse. Sauf que la semaine prochaine, zêtes gentils mais moi j'ai une vie, je dormirai quand M6 va diffuser la série. Et c'est apparemment le dernier coup de pied au derrière dont j'avais besoin pour m'y mettre, ENFIN...

Alors : Rome. Alors. Bon. Rome, disons-nous. Bien. Donc, Rome. Hé bien !!! Ça se passe à Rome. Déjà. Ensuite, Rome, c'est... euh, un péplum. Enfin oui et non. Bon, donc disons que Rome... c'est un peu l'histoire de Rome. Quoique, pas exactement non plus. Non. Bon. Compliqué, hein ? Donc. Disons. Rome... Pffiuuuuuulala ! Tout ça.

Parce que blague à part, je conçois, c'est quelque chose à ma portée, que Rome puisse enflammer le cœur de certains téléphages. D'ailleurs il est bon de noter que la série ne m'a pas déplu, en fait, contrairement à ce que mon hésitation du paragraphe précédent pourrait vous faire croire. Non, c'est juste que je suis très mitigée, ce qui n'est pas la même chose.
Car il s'en dégage quelque chose d'un peu contrariant, qui vient, je suppose, du fait que j'ai du mal avec les séries se déroulant dans le passé, comme j'ai déjà eu l'occasion de vous le dire.
Non, en fait, ça ne vient peut-être pas que de là. Je soupçonne qu'il y ait un problème culturel là-dessous, aussi.

Je veux dire que, sur le coup, on vous dit Rome, vous pensez Rome antique, et tout va bien, vous vous pensez au top niveau, eh nan mais je veux dire, on est quand même des héritiers des Gaulois, on a tous lu Astérix à la bibliothèque du collège, et les cours sur la mythologie en 6e c'était du poulet ? Zut à la fin, ce sont pas des amerloques (et encore moins des rosbeefs) qui vont nous faire la leçon sur le sujet.

Alors que, réflexion faite, une fois devant, on s'aperçoit qu'on ne connait rien de rien à tout ça : comment fonctionne la démocratie à la romaine ? Eh oui, avant de se faire tuer par Brutus, César a partagé le pouvoir ! Quels sont les us et coutumes sociaux (sexe, mariage, famille, amis) ? Avouez qu'on ne sait que dans les très grandes lignes (à moins évidemment d'être déjà passionné par cette époque mais la problématique est alors toute autre, et je ne suis même pas sûre qu'un téléphage amateur de l'antiquité se pose vraiment la question de savoir s'il va regarder la série !). C'est d'autant plus désagréable qu'on n'a, en fait, aucun repère, a contrario de séries qui se dérouleraient dans un passé moins lointain, genre années 60 ou 70. Là, vraiment, on ne sait pas. On n'a de cesse d'être surpris par le fait que les moeurs semblent, en définitive, si proches des nôtres. Je m'attendais à une culture bien plus barbare que ça, bien que je ne me considère pas comme ignare en la matière j'ai été surprise du degré de civilisation qui nous était présenté. Est-ce afin de servir la fiction (mais dans ce cas quel est l'intérêt de faire se dérouler la série dans ce passé si éloigné, si c'est pour qu'il reste si proche de notre propre culture ?), ou est-ce à peu près pertinent ? On se le demande à de nombreuses reprises, et d'ailleurs peut-être qu'en fait, le manque de connaissances sur le sujet, alliée au fait que lesi dées reçues sont plutôt mises à mal, font plus de mal que de bien au spectateur. Du coup, on passe beaucoup de temps à essayer d'appréhender cet univers pour avoir les fondations qui permettraient de suivre l'intrigue.

Le gros problème, c'est que l'intrigue ne nous attend pas. Potassez vos vieux bouquins du collège, éplucher Wikipedia, faites quelque chose mais préparez le coup, c'est un conseil d'amie. Car le bon côté de Rome, c'est quand même son côté très "A la Maison Blanche avec des glaives et des sacrifices de bœuf".
Héhé.
(Excusez-moi pour cette interruption de programme, l'image d'un Josh qui se baladerait en toge m'est apparue et m'a quelque peu déconcentrée. Je disais quoi ? Ah, oui.)

A cet égard, Rome dévoile tout de suite sa complexité avec brio : les enjeux sont posés avec beaucoup d'intelligence, les personnages se présentent de façon très accessible en évitant relativement bien les stéréotypes (la fourbe intrigante, le soldat sempiternellement loyal, etc... laissent tout de même espérer en un certain nombre de nuances à venir), etc. J'ai aussi envie de saluer la façon dont tous ces éléments sont mis en place subtilement, noyés sous une tonne d'informations, pour être mis en lumière par Octave bien plus tard dans l'épisode, et qui soudain donne un angle très différent à la perspective qu'en avait jusque là le spectateur. C'est très bien gaulé (si je peux me permettre), et c'est le type d'intelligence aigue que, personnellement, je me suis réjouie de retrouver ici, dépassant la simple reconstitution fictionnelle pour aller vers des intrigues plus abstraites, donc plus faciles à appréhender.

Bilan donc plutôt positif, mais encore très, très retenu de ma part. Je note tout de même que la prod a fait un gros effort pour me mettre dans sa poche en engageant l'altier Ciarán Hinds dans le rôle de César (d'habitude c'est pas ma taille, il a quand même 56 ans, mais on dira que c'est comme pour Lee Pace qui lui est trop jeune, il a droit à une dérogation), une petite attention qui ne m'a pas échappé, je suis touchée, merci. Kevin McKidd y est bien plus charismatique que dans Journeyman, également. Les rôles féminins sont plus irritants (et les nanas souvent moches comme c'est pas permis) mais, heureusement, ils sont moins nombreux pour le moment. Bref ça va, ça se tient, au point que, jugez par vous-mêmes : je tente le second épisode. Je promets rien, mais c'est quand même relativement bon signe.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Rome de SeriesLive.

14 mai 2009

Les premiers seront les premiers

Quand Fabien m'a dit qu'il pensait que First Contact était un bon film de la franchise Star Trek, je n'ai pas pu m'empêcher de me demander, pour savoir que faire de cette information, à quel moment il avait découvert le film dans la chronologie de sa découverte de ladite franchise. Car en ce qui me concerne, First Contact est le tout premier élément de Star Trek que j'aie découvert, comme la première pièce d'un légo géant que je n'ai jamais fini de construire, et je soupçonne que cette première place chronologique lui assure également une première place affective à vie. Quelles que soient les briques de légo qui ont suivi, et qui suivront je pense, ma préférence lui reviendra toujours.

Si je me permets de m'avancer sur le futur, c'est aussi parce que, hein, je me connais. Je sais bien quel genre de téléphage je suis !
Et à l'instar des séries qui nous inoculent le virus de la téléphagie, et que nous ne parvenons jamais à renier (souvent sans même essayer), l'épisode par lequel on commence une série tient à jamais une place particulière. Oh, il n'a pas besoin d'être le meilleur ! Il est juste le préféré.

Je ne sais pas si ça m'est propre, mais c'est en tous cas un comportement assez marqué chez moi. Plusieurs exemples me viennent à l'esprit pour confirmer ce verdict.

Dés les premiers émois de ce blog, par exemple, je vous parlais d'un épisode de Rude Awakening. C'est à la fois le premier que j'ai vu mais aussi le plus ancien que j'ai pu me procurer. Sa structure, il est vrai, est assez particulière, puisqu'à la faveur d'un anniversaire, Billie fait un bilan de sa vie (un exercice qui est toujours très pratique pour qui prend une série en cours de route, il faut bien le reconnaître), mais pour moi, il a valeur de pilote. Si un jour... j'ai dit "un jour"... si un jour je finis par mettre ENFIN la main sur le pilote de cette série (hélas, rien n'est moins sûr ; quel camouflet, quand même !), je pense qu'il ne détrônera jamais cet épisode. Et puis il faut dire qu'en plus je l'ai regardé si souvent, celui-là...!

Dans le même genre, il y a eu l'expérience Titus. J'ai là aussi évoqué très tôt l'un des deux épisodes de la série que je connaissais (quasiment par cœur, en plus), et quand j'ai finalement vu le pilote, eh bien deviné ce qui s'est passé ? Voilà, ça n'a pas raté : bien qu'ayant beaucoup aimé, et bien que continuant ensuite de suivre la série avec délice, Papa est mort reste mon épisode préféré.

Ainsi, le premier épisode vu a toujours une place à part dans mon cœur, et ce, que la série soit feuilletonnante ou non, d'ailleurs.

Alors, de la même façon que parfois on se remet en question sur ses séries favorites, plus par hygiène intellectuelle qu'autre chose, histoire de se prouver qu'on est encore capable de recul sur sa propre consommation téléphagique, je me demande où est l'oeuf, et où est la poule, dans mon cas particulier de téléphage pilotovore.
Est-ce que j'aime plus spécifiquement les pilotes parce qu'ils apportent des éléments précis (construction des personnages, présentation de l'intrigue, introduction des problématiques...), ou est-ce juste par rigueur, pour commencer les choses par le commencement, de façon à ne pas risquer par la suite de penser que le pilote n'est pas si bien que ça ? Mouais, sans doute un peu des deux, dans le fond. Le plaisir de la découverte serait-il le même si je débutais une série par autre chose que le pilote ? Désolée, je ne peux répondre à cette question, ma religion de pilotovore me l'interdit.

Combien de fois est-ce arrivé ? Parce que j'avais découvert la série par le biais d'un épisode ultérieur, je finissais souvent par me dire que le pilote était imparfait, inachevé, bancal, lent, inefficace... Je crois que j'aurai toujours un doute, dans le fond : l'est-il vraiment, souffre-t-il simplement de la comparaison avec les épisodes suivants, ou est-ce carrément mon affection quasi-systématique pour le premier épisode vu qui entre alors en ligne de compte ?
Notez bien cependant que ça ne m'empêche aucunement d'adorer les séries frappées par ce sort mystérieux, comme en témoigne la 3e saison de Titus que je termine d'engloutir (par contre j'en ai marre d'envoyer des résumés d'épisodes qui ne sont jamais validés, entre nous soit dit, je fais grève de ce côté-là en ce moment).

Après tout, quelle est l'objectif premier d'un pilote (et par extension du premier épisode vu) ? Ce n'est pas tant de construire un cadre narratif, ni de décrire les personnages avec précision. Il s'agit avant tout de commencer au plus tôt à tisser des liens affectifs avec le spectateur. Et si le premier épisode accomplit ce miracle, le spectateur en question finira son visionnage avec la pensée suivante "j'ai hâte de voir ce que ça va donner quand ils maîtriseront tout ça et auront le temps de développer". A partir de là, l'affaire est dans le sac. Mais, qu'il manque à sa mission, et la fidélisation du spectateur, pourtant primordiale en télévision, ne tient plus qu'à un fil. Le reste n'est que secondaire de ce point de vue ; les écarts de conduite seront facilement pardonnés par le spectateur si on le tient par l'organe le plus important : le cœur !

Dans la vie de tous les jours (vous savez, celle qu'on a quand on éteint la télé... non-non, c'est pas une légende, il parait que ça se fait parfois), on plaisante souvent sur l'importance de la première impression, mais en y réfléchissant, la télévision est le secteur audiovisuel où elle a le plus d'importance. Vous n'avez pas aimé le début du film ? Pas grave. Non seulement vous êtes enchaîné jusqu'à la fin (ne serait-ce que parce que, vu le prix des places, vous allez rester jusqu'au bout !), mais au pire personne ne vous force à revenir voir le même film la semaine suivante, ni à aller voir son épisode suivant l'année d'après. Mais pour une série, la fidélisation, c'est la clé ! Et la première impression laisse sur le spectateur une empreinte profonde et indélébile.
La meilleure preuve, c'est peut-être à vous de la donner : combien de fois avez-vous changé d'avis sur une série qui vous avait fait très mauvaise impression au départ ?

11 mai 2009

Flou artistique

C'est une news que je viens de lire sur le Twitter de Critictoo (car attention, certaines news sur le Twitter n'apparaissent pas sur le site, et vice versa !), et je l'avoue, je trouve que c'est la meilleure blague du moment.

Attention les yeux, on est partis : les deux producteurs de la série ont quitté le navire. Bon, ça, à la rigueur, ça fait de la peine (si par exemple vous avez un coeur d'artichaut). Mais ce qui fait rire, c'est qu'ils s'en vont pour le sublissime motif des "différents artistiques".

Mais si, vous savez : les différents artistiques ! La version édulcorée du "fuck you" qu'on brandit au patron avant de claquer la porte ! Ce qui est bien c'est que, les différents artistiques, ça peut être absolument tout et rien, en fait.

Dans ce cas précis, ce n'est évidemmennt qu'un grand rien vu que, artistiquement, Gary Unmarried, hein... j'me comprends. Sincèrement, il n'y a vraiment pas de quoi pavoiser. J'aurais honte de qualifier ça d'artistique si je bossais sur le projet. Et pourtant j'aime bien Jay Mohr (si, souvenez-vous, vous le savez, parce que je vous ai parlé d'Action!, déjà. Vous avez ptet regardé la série en DVD depuis, d'ailleurs... je sais pas, ahem.), alors imaginez.

Nan parce que, franchement, s'il y a bien quelque chose qu'on apprend devant cette série, c'est que même quand on prend un comique, habitué au stand-up, qu'on lui fourgue des acteurs de second rang comme faire-valoir et qu'on lui écrit un rôle quasiment sur mesure... le résultat n'est pas garanti pour autant. Les qualificatifs qui viennent à l'esprit sont certainement "rasoir", "ressucé" ou encore "miteux", mais "artistique", non, à aucun moment.
Surtout quand on filme ça comme n'importe quel sitcom de bas étage, alors que même La Guerre à la Maison est une série plus originale (d'ailleurs j'ai découvert le pilote ce weekend, ya de l'idée, hein... c'est juste que c'est pas drôle mais sinon on sent bien que l'intention y est... j'ai même ri. Sur l'aparté de fin, vous voyez ? Si-si, vraiment. Il faut dire que j'adore les procédés narratifs de type aparté, ça fonctionne toujours sur moi), et pourtant on part de loin.

Bref, donc artistiquement, arrivés à la fin de la saison, ils ont des différents, les pauvres petits.
Un peu comme moi depuis le début de l'année, en gros.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Gary Unmarried de SeriesLive.

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