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ladytelephagy
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26 octobre 2007

D'oh!

A quel moment beaucoup de Matt Groening, c'est trop de Matt Groening ? La question va finir par se poser, alors que mon homme et moi engloutissons en moyenne deux à trois heures de Simpsons/Futurama par jour.
Oui, vous avez bien entendu : par jour.
Je pensais avoir le summum de l'overdose cet été avec la diffusion bouche-trou de M6, mais avec NT1 et W9, je dois dire qu'il y a de sacrés challengers.

Et pourtant j'ai aussi l'impression de redécouvrir l'humour de ces deux séries, leurs univers si particuliers, leur ton (Moot-Moot peut tenter de reprendre ce ton, ça reste difficile d'être drôle en copiant, quand même...), leur graphisme... Certes, je n'ai jamais beaucoup regardé Futurama, mais j'ai l'impression de réapprivoiser les Simpsons, et que ce soit justement à un moment où j'ingurgite autant d'épisodes, ça m'étonne un peu.

Peut-être aussi qu'actuellement, me prennant la tête avec des détails anodins comme des dossiers de fond, j'ai un furieux besoin de décompresser rapidement, et ces séries sont précisément idéales pour ça. Le simple générique de la célèbre famille jaune est fait pour sauter à pieds joints dans l'univers de la série, puisqu'on guette les variations en habitué, et que donc, on se déconnecte du reste !

Ce que j'aime plus que tout avec les Simpsons, c'est qu'en général, les deux ou trois premières minutes de l'épisode n'ont rien à voir avec la suite. Ca commence dans une cuisine, ça finit sur un stade de football américain, l'intrigue semble s'orienter dans un sens, elle dévie vers le grand n'importe quoi et le tourbillon est tel qu'on ne peut qu'accrocher de bout en bout.
Quant à Futurama, les personnages fonctionnent à merveille et le comique fonctionne encore plus sur les running gags, et franchement, je suis amateur à fond de ce genre de choses.

M'enfin quand même, ça fait beaucoup d'épisodes par semaine. Dois-je m'inquiéter pour ma santé mentale ? A partir de combien d'heures de Groening par semaine les médecins recommandent-ils l'internement ?

Et pour ceux qui manq... quoi, non, vraiment ? Vous déconnez, là, j'espère. Ah non, pas de lien vers les Simpsons, vous êtes trop grands pour ça maintenant !

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25 juillet 2007

Dream of Californication

On a tous été pris, à un moment ou un autre, par la tentation de renouer avec un ex. Me voici aujourd'hui devant vous avec ce difficile aveu : j'ai succombé. David Duchovny, me revoilà !

Autant le dire, Californication, en dépit de son titre particulièrement accrocheur ne se présentait pas exactement sous l'angle le plus alléchant. Retrouver un acteur qui n'a jamais réussi à surmonter son rôle de Fox Mulder et se reconvertir, vieux de 10 à 15 ans de plus, et interprétant un gars lui aussi paumé dans une série de Showtime, ça rend à la fois curieux et méfiant... Et puis, par réflexe sans doute, au vu du synopsis, je m'attendais un peu à une version masculine de Rude Awakening, et je savais que je serais déçue (et sur ce point je l'ai été, comme prévu ; Billie Frank est unique et je sais pas pourquoi j'espère encore).

Ajoutons tout de même que le générique de la série est alléchant derrière David : Natasha McElhone, Evan Handler, et OH MY GOD ! Madeline Zima (et ça pousse vite ces petites bêtes) ! Une raison de plus de céder au vice et cagouler tout ça dés que je l'ai eu dans ma ligne de mire (je devrais avoir honte mais bizarrement, vous avez du mal à vous sentir honteux de quoi que ce soit lorsque vous regardez Californication).

Du sexe, de l'alcool, un peu de vulgarité et... un petit twist sur la fin pour enfin donner un peu d'intérêt à la chose... Passée l'excitation de voir les fesses de Duchovny (et encore, seulement dans la scène d'ouverture, après c'est sans intérêt ya que des nichons), on se demande un peu si tout ça n'est pas un peu creux.

C'est ce seul retournement de situation qui donne de l'intérêt à Californication, je ne vous en dis rien, je suis pas si vache que ça, mais je peux en tous cas vous dire qu'il permet de vraiment lancer une intrigue, et parallèlement de lancer aussi l'implication du spectateur dans la série : immédiatement, on se dit que ce n'est pas légal mais que le pauvre vieux ne pouvait pas le deviner (surtout que connaissant un peu la miss, j'étais à cent lieues de penser à ça), que c'est pas très moral tout ça et que c'est même pas Hank le plus fautif dans l'histoire, qu'il va y avoir du chantage, des entourloupes, de grosses emmerdes en perspectives, qu'on n'arrive même pas vraiment à plaindre le héros puisque d'une certaine façon, il a bien cherché ce qui lui arrive... Bref on ne peut que réagir à la fameuse situation qui vient de se retourner, et c'est finalement un joli coup de la part de la série, parce que forcément ça donne envie de savoir quelle tournure tout ça va prendre.

Cela dit, l'épave David ayant fait naufrage, l'ex-femme étant un peu trop rigide (qui a dit frigide ?), l'ado étant une ado de séries pur jus (c'est Julie Mayer mais en pseudo-rebelle)... on ne s'attend pas tellement par être surpris par les personnages, et à peine par l'intrigue. D'une certaine façon, j'ai eu l'impression que ce retournement de situation était un peu soapesque... non, pas exactement, c'est pas ça, non disons plutôt, voilà j'ai trouvé : Heroesque !!! Un grand coup dans la tronche en fin d'épisode parce qu'on connait son job, mais au final, plus une démonstration d'habileté qu'une preuve que la série va être vraiment bonne. J'attends donc, un peu sceptique. Il me faudra voir plus de fess... d'épisodes pour être définitivement convaincue sur Californication. Et dans l'intervalle, ya encore les Red Hot.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Californication de SeriesLive.

24 septembre 2008

Les saisons aussi sont ailleurs

Je n'ai plus parlé stats depuis quelques temps, croyez bien que je m'en veux, mais en ce moment elles ne sont pas drôles. Du cul (de préférence avec Amanda Tapping !), du téléchargement (de préférence 90210... EH BAH NAN !), de sombres histoires de post-it encore et toujours... rien d'intéressant.
Sauf UNE. Celle-là, je ne pouvais pas passer au travers. Et je m'en voudrais de vous en priver.

- "pourquoi il n'existe pas de saison 6 sur x files"
Elle m'a coupé le sifflet, celle-là. Il n'y a pas de saison 6 ?! Vous voulez dire qu'on passe directement du cliffhanger à la fin de la saison 5, au season première de la 7 ? Sans déconner ? Ou alors elle a existé mais elle s'est fait enlever par des extraterrestres, peut-être ? Sérieusement ça pose question.

Merci d'avoir attiré notre attention sur cette anomalie, cher visiteur.

16 mars 2007

Ronnie à tout prix

Quelle est la dernière invention de la CW ? Renouveler des séries en changeant le contexte, le concept, les personnages... mais en gardant le nom ! Dans n'importe quel autre domaine, ce serait mal vu. Un yaourt aux fraises est un yaourt nature, si on enlève les fraises, les colorants et le sucre. Vendre le second sous le nom du premier serait considéré comme une tromperie du consommateur, ou en tous cas une sacrée pirouette. Mais pas en télévision.

On pourrait se dire que c'est une façon malhonnête de commander une nouvelle série en récupérant quand même les spectateurs de la série originale, ici Veronica Mars. On pourrait se dire que c'est une façon poussive de prolonger une série qui de toutes façons, ne survivra pas. On pourrait se dire que vraiment, c'est une des pires idées de la Terre !!!

Pourtant arrêtons-nous deux minutes pour réfléchir. Oui parce que, c'est vrai, les préjugés négatifs ne sont peut-être pas de mise. Ou alors seulement après y avoir mûrement réfléchi !

Déjà, n'importe qui souhaite qu'une bonne série (qu'on la regarde ou pas n'entrant même pas en ligne de compte) soit renouvelée. Parce qu'on sait toujours ce qu'on quitte, et jamais vers quoi on va. Une série lâche un créneau horaire qu'elle occupait intelligemment, et la saison suivante, le même créneau est occupé par une série plus idiote qu'une production Wayans. Ce sont des choses qui arrivent. Garder une série comme Veronica Mars à l'antenne ne mérite-t-il pas qu'on accepte quelques conditions ?
Bon ensuite, soyons sincères, tant qu'à avoir une nana qui fait des enquêtes, autant que ce soit son job et qu'elle puisse surfer sur la vague des enquêteurs à temps complet, et qu'on n'ait moins de teenageries (même de qualité) pour rameuter un peu du peuple qui regarde les autres blockbusters du genre. Vous avez aimé CSI mais Grissom n'est pas à votre goût ? La blonde Veronica se charge d'arranger ça ! Ah c'est sûr, visuellement ça vaut plus le coup !
Et puis... bah, merde, je crois que c'est tout. Mais le calcul n'est-il pas simpliste de la part de la chaîne ?

Ou alors voilà ce qu'on s'est dit chez la CW : "Veronica Mars on l'adore, mais on pourra pas passer plus de trois ans comme ça, avec des audiences pareilles. Alors voilà ce qu'on va faire : vous vouliez arriver à une certaine évolution de votre personnage ? On va la précipiter. Vous pourrez avoir la conclusion qui a toujours été prévue pour Veronica, mais sans les cinq ou six saisons qu'elle aurait mérité". C'est mieux que rien, non ?

C'est vrai qu'on a peine à croire que le public tombe massivement dans le panneau. Avec d'une part, "Oh, tiens, ça s'appelle pareil, ya la même minette au générique, mais maintenant je vais regarder parce que c'est super différent" ? Non, pas vraiment. Et d'autre part, "Oh, tiens, cette série que j'adore, même titre, même actrice, tout le reste a changé mais je vais quand même regarder" ? Non plus, non.

Bon, ça fera sans doute un season premiere à vous décrocher la mâchoire à tel point que vous aurez probablement des bleus sur les genoux, mais derrière ?

Qu'est-ce qui peut bien pousser une chaîne, à notre époque où pourtant les bonnes séries sortent à foison, que ce type de recyclage peut tout de même contenter des spectateurs plus exigeants (et amenés par la concurrence à mettre la barre plus haut) ?

En lisant cette news, je me suis rappelé avoir lu, dans je-ne-sais-plus quelle encyclopédie des séries, que la série Hill Street Blues avait été prolongée en dépit d'audience très moyennes, simplement parce que la série recevait une critique très positive et que cela améliorait l'image de marque de la chaîne NBC (ça se trouve je mélange avec autre chose, mais c'est ce à quoi j'ia pensé en tous cas). Ca serait pas possible, ça ? C'est sûr ? Ce serait tellement plus simple pour tout le monde...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (pourtant j'en ai déjà parlé, alors il va falloir y mettre un peu du vôtre, hm ?) : la fiche Veronica Mars de SeriesLive.

26 février 2007

Vie privée, vie qu'on nique

On s'attache à certains acteurs. Si, vous le savez bien... cette petite actrice qui n'arrive pas à obtenir de grand rôle mais dont on aime prendre des nouvelles, ou qu'on regarde avec plaisir lorsqu'enfin elle apparait en guest dans un show. Ou ce petit gars à la mine sympathique qui reste méconnu du grand public (ou oublié par lui) mais qu'on aime quand même bien, dans le fond... c'est pas sa faute si son agent a jamais su lui rattraper le coup ! Et puis bien-sûr, il y a ceux qu'on a repérés dans un rôle marquant, lorsqu'ils étaientt en pleine gloire, et qu'on n'a jamais vraiment réussi à lâcher ensuite...

Alors oui, des acteurs comme Tracy Middendorf, Jennifer Finnigan, Chad Lowe, Kevin Kilner... sont des noms, parmi d'autres, d'acteurs qui ont plus ou moins de chances d'avoir leur bouille en couverture de presse, spécialisée ou non, et de devenir les idoles du public. Mais je m'en fiche. Ce sont mes chéris à moi. Quand j'ai appris que Chad Lowe avait obtenu un rôle dans 24, j'ai été plutôt contente. J'ai même sérieusement envisagé, l'espace de quelques minutes, la possibilité de regarder à nouveau cette série pour le voir (faut ptet quand même pas pousser le fandom à ce point, cela dit). Je me sens un peu comme la supporter d'une équipe de foot de seconde division, mais c'est pas grave, je ne ressens pas le besoin de voir mes quelques chouchous accéder au plus haut (ou y accéder à nouveau puisque son rôle dans Corky l'avait quand même bien fait connaître du public américain), je me dis qu'il y a à Hollywood et New York un vivier dense d'acteurs, et que là-dedans, il y a des gens discrets, ou qui de temps à autres arrivent à quelque chose puis redisparaissent, qui ont une vie qui ne ressemble pas à celle des stars qu'on nous montre le plus souvent, avec strass et paillettes ; des gens qui tentent simplement de faire leur boulot, passant d'un contrat à un autre, et qui ont cette sorte de discrétion si charmante, cette sorte de modestie sur eux, qui laisse plutôt imaginer que ces gars sont des types qui ne cherchent pas à récolter la gloire, juste à vivre de leur métier. Bien que ne dédaignant pas, à l'inverse, me réjouir de certaines célébrité du petit écran (et de la transition d'un statut à un autre pour certains des acteurs que je suis depuis un certain temps), je trouve cela touchant et attirant. J'ai cette affection pour eux. Oh, si, je suis sûre que vous connaissez ça.

Avec le temps, ces acteurs deviennent des sortes de rendez-vous. Ils disparaissent un temps, ou font une bouse diffusée sur une obscure chaîne que vous ne verrez jamais, et vous continuez votre vie, votre téléphagie et vos autres passions, comme si l'acteur n'avait jamais existé, sans courir après les potins, les photos lors des soirées people. Après tout c'est pas comme si on se connaissait personnellement ! Chacun a sa vie, quoi. Et puis un jour, vous avez de ses nouvelles, et c'est un peu comme si vous l'aviez toujours gardé dans un coin, et avoir de ses nouvelles fait plaisir. Il a décroché un petit rôle, une apparition en guest, un second rôle, peut-être même un lead. Et c'est vraiment sympa de savoir qu'il va bien ! Et voir s'il a vieilli, ou si elle a changé de coiffure, et si ça colle avec sa filmo précédente... Sur le long terme, il y a cette relation à la fois non-investie et tendre...
Comme certains parrainent des enfants au Guatemala, je parraine des acteurs à Hollywood ! (et quelques producteurs aussi, James Wong et Glenn Morgan peuvent me remercier, je vais voir leurs bouses pour faire rentrer l'argent dans les caisses pour leurs chefs d'oeuvre)

Mais parfois, avoir de ses nouvelles, c'est pas une bonne nouvelle. En témoigne cette interview de Chad Lowe, justement (comme quoi ya un raisonnement sous cet amas de mots !). Dont j'avais appris sur le tard que lui et Hillary Swank avaient divorcé (tu sais pas ce que tu perds, ma caille). Mais bon, c'est même pas comme si j'avais un crush sur lui ni rien, je vais pas me réjouir pour si peu (par contre si Desiree Gruber veut se faire la malle, qu'elle me maile avant). Mais soudain d'apprendre que cette petite traînée a rendu public son problème d'addiction il y a quelques mois (il faut que je me mette à lire Vanity Fair, apparemment il s'y dit des trucs de temps à autres, ahem !), ça me met hors de moi.

Et là, j'enrage ! Avons-nous besoin de savoir tout ça ? Avons-nous besoin de savoir que Chad Lowe a eu ce soucis, surtout s'il est clean à présent ! A-t-il frappé quelqu'un, a-t-il abusé de ses gosses, non ? C'était son problème, personne ne l'a su avant que cette petite garce opportuniste (ça décroche deux Oscars et ça se sent plus pisser, ces bêtes-là, et ça oublie un peu vite qu'elle parlait encore à des cadavres ya dix ans !!!) n'aille mouffeter, personne n'avait besoin de savoir ça !
Pourquoi les gens sont-ils si friands de ces informations qui n'en sont pas ? Pourquoi ne pas lui demander le secret qu'il a pour ne pas sembler vieillir (ma théorie : c'est génétique) ? Pourquoi ne pas lui demander s'il n'a pas envie un jour de tourner avec son frère ? Pourquoi ne pas lui demander si maintenant qu'il est passé derrière la camera, il n'a pas envie de poursuivre dans cette voie ?
Faut-il donc tout salir ?

Alors oui, dans la fin de cette interview, je retrouve l'acteur tel que je l'ai perçu au gré de ses rôles, l'homme simple, lucide et profondément humain. Oui, à la fin de cette interview, nous avons une maginifique conclusion, et une leçon d'humilité comme je les aime. Mais je suis et reste outrée de cette habitude de chercher à rapporter les secrets les plus sombres de chacun. Je suis d'ailleurs convaincue que c'est ce genre de noirceurs qui fait les bons comédiens. C'est leur souffrance qui fait que leur jeu a de la substance. C'est leur remords qui leur permet de ne pas jouer leurs rôles de façon manichéenne. Et nous avons cela en chacun de nous, et certainement je n'aimerais pas que certaines choses soient dites par d'autres que moi, à un moment que je ne voudrais pas. Je suis d'une nature peu friande de secrets, et je n'ai aucun problème à parler de ce que je ressens ou ai pu vivre, mais c'est à moi de communiquer sur ces choses, et pas aux fouille-merde d'aller les raconter alors que j'ai mieux à dire, ou envie de parler de choses plus gaies, ou que mon actualité est loin de se borner à ça. Je ne vois pas en quoi un acteur fonctionnerait différemment. A la base, Chad Lowe est un acteur, et ce n'est pas pour sa personnalité qu'on l'aime, mais pour sa capacité à en endosser d'autres et les investir à sa façon. Pourquoi chercher à savoir s'il est slip ou caleçon ? Du moment qu'il décroche un rôle et qu'il est capable de m'émouvoir, je ne demande rien de plus, et je trouverais normal que ce soit ainsi pour tout le monde.

Mais personne ne se met à la place de Chad Lowe, ou Fran Drescher. On les traite comme des grenouilles qu'on peut disséquer à volonté, et dont on peut ressortir les histoires personnelles de la même façon que si elles étaient fictives. Cette insensibilité me tue.

Je bouillonne encore de rage, mais je sais qu'on n'y peut rien. Je sais que la majeure partie du public préfère cette impression d'entrer dans l'intimité des stars, et tout savoir (parfois aussi pour le sacro-saint principe de vérité), plutôt que de simplement goûter avec plaisir ce que ces personnes, car c'en est, ont à offrir.
Ce doit être dûr de n'avoir pas droit à une vie privée, simplement parce que, par écran interposé, on entre dans celle des gens. Je suis contente d'avoir arrêté les cours de comédie.

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27 février 2007

Plus près de toi... (air liturgique)

- Bonjour, je m'appelle lady, j'ai 25 ans et je suis pilotovore.
- Bonjour lady !

C'est pas facile tous les jours d'être téléphage, mais alors, être pilotovore, c'est un cas particulier (genre maladie orpheline), vraiment pas évident à gérer. Tout a commencé lorsque j'ai développé les premiers symptômes de la téléphagie, il y a une demi-douzaine d'années environ. Jusque là, la maladie ne s'était pas trop déclarée. J'avais eu quelques états alarmants, comme lorsque Canal+ a commencé à diffuser Invasion Planète Terre, et effectivement on aurait pu peut-être établir un diagnostic avancé à ce moment-là, mais non. Mais comme la majeure partie du temps, il n'y paraissait pas, ça restait sans gravité. Mais lorsque vraiment j'ai eu des accès de téléphagie aigue, avec enregistrement quasi-compulsif de tout ce qui me passait sous la main, et que j'ai décrété que j'allais essayer de voir au moins un épisode de chaque série (de préférence américaine) de ce bas-monde, et dans la mesure du possible, faire en sorte que cet épisode soit un pilote... là vraiment, j'ai atteint le point de non-retour.

Bon bah, bilan, plusieurs centaines de VHS à la maison (enregistrées main ou achetées). Plus les coffrets DVD, que je ne compte pas. Ouais, quand même. Indexation perpétuellement en cours. On ne connaîtra sans doute jamais vraiment le nombre exact de séries en ma possession. Et la téléphage gravement atteinte en moi jubile à l'idée que, peut-être, un jour, j'aurai amassé plus de séries que je ne pourrais matériellement en voir.
Nan, j'avais prévenu, quand même. Je suis téléphage. Je vous l'avais dit !
Et donc, téléphage-pilotovore. Restez, ce n'est contagieux que si je vous fais voir certains épisodes.

Si je n'étais que pilotovore, ça irait. Je chercherais avidement un pilote, le regarderais, et passerais au suivant. Or, je suis aussi téléphage, ce qui implique que souvent se pose à moi la question "bon finalement, est-ce que je vais me borner au pilote ?". Dans la plupart des cas, disons, 80%, la question se résoud en quelques minutes : je sais quand j'ai adoré une série, je sais quand je l'ai détestée. Mais il y a aussi une proportion de videos pour lesquelles j'hésite. Les cas où le pilote n'est pas mauvais, il n'est pas excellent, il m'inspire juste la réflexion que la série a beaucoup à dire et que ça ne peut pas se cantonner au pilote, ou, autre possibilité, qu'une certaine somme de choses ayant encore la possibilité de s'améliorer, s'affiner ou se préciser, j'ai besoin de regarder la suite pour me faire une opinion définitive.
Avec les conséquences que l'on imagine pour les problèmes de stockage qui en découlent.

Alors soyons clairs : Close to Home avait un bon pilote. Mais je soupçonnais qu'il m'avait en grande partie plu à cause, non pas de son contexte, ni de sa qualité d'écriture, mais bel et bien à cause de l'affaire sur laquelle il s'ouvrait. Damned.
Et puis aussi parce que (maintenant qu'elle ne joue plus dans des soaps je peux bien le dire), je suis folle du charme de Jennifer Finnigan. Ca reste entre nous, hein.
J'ai donc gardé mon pilote dans un coin, j'ai guetté le second, je l'ai regardé... et zut de zut, je ne sais toujours pas. Là, ce n'est résolument pas le sujet de l'enquête qui m'a eue, parce que franchement c'était bateau. Mais je me sens comme Gina au moment de la fusillade dans A la Maison Blanche : j'ai vu quelque chose, mais je ne sais juste pas quoi.

J'ai peut-être tout simplement vu la lumineuse Jennifer Finnigan. Mais non, je sais pas, il y a définitivement autre chose. Alors me voilà en train de m'apprêter à regarder le 3e épisode. Et ça pue, parce qu'à partir du 3e, les chances que je décrète que maintenant il est trop tard pour arrêter de regarder la série vont se réduire quasiment à néant. Ce qui fait qu'au final, je vais regarder une série honnête mais pas fabuleuse, sans vraiment savoir pourquoi, avec toujours dans un coin de ma tête, la question : mais nom d'un chien, qu'est-ce qui me plaît tant là-dedans ? Pourquoi je regarde ?
Et pourquoi je suis infichue d'effacer mon épisode après ? Oui parce que, oui, je vous ai pas dit, mais j'ai ça aussi, comme problème. Je n'efface que par rage ou par erreur. Je vous raconterai ça une autre fois, là, j'ai mon épisode 3 tout prêt tout chaud.

Combien j'espère qu'il sera décevant et médiocre !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Close to Home de SeriesLive.

26 janvier 2007

We're just like you

Ah, Greg the Bunny... combien j'ai aimé cette série dés le premier jour où je l'ai vue !
En fait, non. Ca a commencé avant cela, lorsque j'ai entendu le générique délirant de la série... En plus de piquer ma curiosité, il a résolument participé à mes recherches sur la série, et à mon envie de faire mon possible pour voir au moins un épisode.

D'aucuns tenteront peut-être de promouvoir la série comme une parabole sur la discrimination, le racisme, et ce que la société peut faire à quelqu'un qui vit en marge des critères de normalité communément admis.
Ces gens-là seraient capables de vous faire passer à côté du meilleur de la série !

Le plus important, dans Greg the Bunny, c'est avant tout l'humour complètement décalé, irrévérencieux et politiquement incorrect (sans chercher à tout prix à choquer le spectateur pour autant) des personnages, et notamment du tandem Jimmy/Greg. Avec, en guise de savoureux bonus, une belle caricature de ce qui se passe derrière nos shows préférés, qui n'est d'ailleurs pas très différente, dans le ton comme dans les moyens, de celle à laquelle on assistait dans Grosse Pointe.

On retrouve d'ailleurs cet humour (poussé bien plus loin, et ce n'est rien de le dire) mêlant univers enfantin et vitriolage aggressif de l'univers télévisuel dans Robot Chicken, série d'animation au générique de laquelle on retrouve, comme par hasard, Seth Green. Prendre des personnages a priori inoffensifs comme des peluches, et les transformer en caricatures bêtes, sales et méchantes de la race humaine, est la pierre angulaire de l'humour des deux séries ! Sauf que Greg le lapin ne milite pas pour le dépistage du cancer de la prostate, et que le comte Blah n'est pas un produit de la real tv bête et méchante... faut ptet pas pousser non plus.

D'un autre point de vue, Greg the Bunny offre une lecture alternative, si l'on décide de voir dans la série les déboires d'une petite chose pelucheuse qui chercher à se faire sa place dans le monde des adultes... le physique d'éternel adolescent de Seth Green joue beaucoup dans cette vision des choses.

Bref, quel que soit le regard que vous porterez sur Greg the Bunny, vous y trouverez votre compte (blah ?) assurément.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Greg the Bunny de SeriesLive.

21 janvier 2007

Hannah vous barbera

En règle générale, je n'ai rien contre les séries non-animées pour enfants. Phénomène Raven est par exemple un show qui a ses bons moments, et sur les trois-quatre épisodes que j'ai vus, je dois reconnaître que les situations arrivent à être drôles sans être forcément ridicules, en dépit de l'extrême redondance des mimiques de Raven-Symoné (ya des enfants stars qui vieillissent résolument mal).

C'est donc sans a priori que j'ai tenté pilote de Hannah Montana, série qui a enflammé les audiences de Disney Channel US l'an passé, et dont je pensais donc qu'elle allait me faire passer 20 minutes agréables. Ce préjugé positif était peut-être aussi dû au fait que la dernière fois que j'avais vu Billy Ray Cyrus à la télé, c'était dans un épisode d'Une Nounou d'Enfer, une série que même si je le voulais, je ne pourrais pas critiquer, et le fait est que je ne le veux même pas.

En dépit de toutes ces ondes positives envoyées à mon écran, ça n'a pas très bien marché. D'accord, Miley est une adorable petite chose, sa copine est plutôt mignonne aussi, et à elles deux, elles n'ont pas l'air de deux ados excessivement vieillies : elles ont ce côté enfantin que d'autres comédiennes dans des séries similaires n'ont plus depuis bien longtemps. Mais l'histoire... nan mais attendez, là, quelle hitoire ? Ce pilote n'a ni queue ni tête, tout n'est que prétexte à des gags vu et revus (ce qui n'aide pas), et il n'y a là-dedans rien de drôle, croyez-moi. Sans compter que le frère de Miley n'est pas drôle, et Billy Ray Cyrus... pas meilleur comédien qu'il y a 10 ans. Ya 10 ans on s'en foutait, mais à présent il n'y a pas de membre du cast qui soit plus charismatique que lui à l'écran pour aider à faire passer la pillule.

Le fait est que Hannah Montana ressemble à ces chewing-gums bas de gamme qui semblent colorés et marrants, mais qui au premier coup de dent n'ont que le goût et la consistance du plastique mou : la série est superficielle et ne fait même pas semblant d'être attachante. Je m'en remettrai, ne vous inquiétez pas. J'ai presque déjà oublié. Je me demande juste ce qui a pu justifier les audiences de cette série.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Hannah Montana de SeriesLive.

14 janvier 2007

Threshold : haut les mains, ceci est une invasion extraterrestre !

Hier soir, M6 diffusait le pilote de Threshold, ainsi que le second épisode.
Rions un peu.

Je partais, en la voyant pour la première fois il y a plusieurs mois, du principe que Brannon Braga était sensé connaître son affaire, hélas il nous prouve que c'est pas parce qu'on a fait du Star Trek qu'on est capable d'écrire de la SF. Triste constat ! Ou alors, il s'est mal entouré... Je me souviens avoir alors regardé le pilote, ou plutôt... les dix premières minutes ! Car si l'idée d'avoir un protocole-type pour dans les cas de grosses paniques internationales est plutôt maligne et originale (elle mériterait une série à elle seule reposant sur ce concept... mais comme il y aurait une catastrophe à chaque épisode, ce serait sûrement une dramédie), l'exploitation de l'idée est pauvre. Ouais, c'est ça : simplement pauvre.

Threshold est le type même de série que, si je n'avais pas eu à la maison un homme aimant la SF et corollaires, je ne me serais pas infligée plus de 10mn (et que je ne m'étais pas infligée plus longtemps la première fois, comme je l'ai dit). Passons sur les explications scientifiques tellement brumeuses que même moi je trouve pas que ça tient la route... il reste aussi les situations invraisemblables (oui parce que si je découvrais que des ondes peuvent affecter le cerveau humain, j'attendrais un peu avant de les diffuser sur un rayon de 5km, non ?), les personnages aussi consistants que de la barbe à papa (avec un love interest pas du tout, mais alors, pas du tout courru d'avance), et des effets spéciaux bricolés sur le PC faillissant d'un infographiste bigleux (je pense notamment au bâtiment de Threshold que même moi je pourrais faire si je me bloquais 15mn sur Photoshop). Sans compter un être assez bizarre et grand méchant de service pour le moment (on n'a pas mieux en attendant les vrais E.T.), qui survit sans broncher à 6 balles dans le thorax, mais est affaibli par une seule balle dans la jambe...

Mais heureusement, il reste le formidable jeu de scène de Carla Gugino qui n'a pas changé d'un iota depuis l'époque de Karen Sisco. C'est bon de voir que certaines choses ne changent pas...

Quelques petits moments m'ont aussi semblé assez lourds avec la double référence au klingon (ça va, on a vu que c'était Brent Spiner, grandissez les gars ! ...enfin, ceux qui peuvent...) et les passages débiles où comme par hasard, Caffrey et Cavanaugh sont en tête-à-tête, y compris au téléphone... notamment (et encore) le moment où la balise émet les fameuses ondes et où, allez savoir pourquoi, les trois geeks (Lone Gunmen ?) sont dans la camionette de surveillance, avec le matos pour gérer la surveillance du périmètre ainsi que la portée des ondes, et les deux amoureux sont dans un poste de surveillance dont la situation géographique dans l'usine n'oa ni queue ni tête et surtout, aucune utilité. Mais comme on s'en doute ce n'était qu'un prétexte, qui permet un petit dialogue sympathique et ridicule comme on les aime (ou pas), notamment avec Cavanaugh qui, n'ayant rien à faire de ses dix doigts, propose de se mettre à la recherche du père de Molly là, maintenant, tout de suite, pour lui faire plaisir (c'est vrai ça, après tout ce mec il a juste l'opération Threshold à soutenir et le monde à sauver !). Ne me demandez pas non plus ce que le Pr. Fenway va faire de son paquet de carottes... j'aime mieux ne pas y penser.

Bref, Threshold est un grand moment de navitude (ouais, moi aussi j'peux inventer des mots en -itude !) qui n'est pas prêt de rendre à la Trilogie ses lettres de noblesse.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Threshold de SeriesLive.

12 septembre 2008

C'est certain, Sookie sucks

Faisant fi de toute tentative de suspense, j'annonce donc clairement la couleur : True Blood ? No pasarán ! Pourtant on ne pourra pas dire que je n'ai pas fait d'effort : devant un preair pourtant risible, je n'ai pas hésité à regarder la version définitive du pilote, au cas où. La triste constatation qui en a découlé s'est faite en plusieurs étapes :

1 - "Eh merde, Anna Paquin marine toujours dans son short !" : remporter un Oscar avant d'avoir perdu toutes ses dents de lait n'implique pas forcément qu'il faille persister dans cette carrière. Ou alors c'est les cheveux blonds qui ont un effet pervers... toujours est-il que la nunucherie est toujours là et bien là, et elle donne des envies de meurtre. Et les jolies filles comme moi, vous savez ce qu'on leur fait en prison ?!

2 - "Est-ce que le pilote de Six Feet Under était aussi décousu ?!" : je me pose de grandes questions sur Alan Ball, la principale étant : ce mec n'est-il pas carrément surrévalué ? Quand on voit la façon dont les scènes se succèdent dans True Blood, passant d'un genre pitoyable à un autre sans la moindre logique, si ce n'est celle de reprendre les recettes qui font les succès des séries Z, franchement, on s'interroge.

3 - "Scenes not missing anymore" : on s'en doutait un peu mais, bon, hein... vu ce à quoi on a affaire, j'ai préféré vérifier. Donc oui, toutes les scènes manquantes ont été ajoutées, et certaines ont été refaites (principalement à cause du point n°4). Avec une classe qui n'a rien à envier à celle de feue Anna Nicole Smith, et la discrétion d'une Paris Hilton ! Prenez par exemple l'une des scènes qui se fout le plus ouvertement de notre gueule, quand le frère de Sookie rapplique dans le bar. Ce mec a eu l'excellente idée de se couper les cheveux entre les deux tournages (avec un petit méchage blond dont ma coiffeuse vous dirait des nouvelles), mais seules certaines scènes ont été retournées, ce qui permet d'avoir une différence énorme d'un plan à un autre. Juste par radinerie. Alors il parait qu'être radin, c'est in, mais là, franchement, on est dans le summum du cheap. Quand on veut avoir l'air de ne pas prendre les spectateurs pour des boeufs, soit on se fend de tout tourner une seconde fois, quitte à mettre la main à la poche, soit on s'arrange avec ce qu'on a. A se demander où est passé le perfectionnisme qu'on appréciait, si-si, je vais le redire, dans Six Feet Under.

4 - "Tara est morte, vive Tara !" : ça c'est quasiment la meilleure nouvelle de ce pilote. L'actrice qui jouait Tara a décampé, vite fait mal fait. Je dis "quasiment" parce que, reconnaissons-le, si la nouvelle Tara ne surjoue pas autant, elle n'est pas pour autant meilleure, non, elle est juste moins mauvaise... Quand au fait que ce changement de casting a induit des coups de ciseaux très malencontreux, j'en ai parlé ci-dessus. Comme quoi, quelque part, au fond de son cœur, Alan a su que j'avais raison...

5 - "La mythologie c'est pour les cons" : ça n'a pas changé, le coup des vampires est toujours aussi mal exploité. Pire encore, un axe du preair a été abandonné, alors qu'il aurait pu donner lieu à une intrigue à peu près intéressante, mais il a été lâchement passé au massicot : il n'y a plus de témoin mystérieux au sauvetage du vampire par Sookie (et donc pas d'intervention pour l'aider à se battre). Peut-être que les mecs se sont dit qu'ils n'arriveraient nulle part avec ça, ou que ça faisait trop pour un pilote, mais c'était quand même la seule vraie indication qu'on allait s'intéresser un peu aux vampires. Là, du coup, tout ce qu'il reste, c'est les coucheries du frère de Sookie qui le font finir en prison, et Sookie qui s'est mis les Thénardiers du coin à dos. Ca valait vraiment la peine de nous faire chier avec les histoires de vampires.

Bon, vous l'avez compris, je passerai mon tour sur cette série, je lui ai quand même offert, en l'espace de quelques mois, un part considérable de mon temps, tout ça pour un rendu pitoyable. Le southern gothic, c'est bien, mais encore faut-il le maîtriser, et ne pas chercher à le mâtiner avec plein d'autres trucs pour faire de l'esbroufe : les idées dans une série, c'est bien, mais comme le dit Fran à propos du maquillage : "quand yen a moins, c'est un plus !".

Mais si jamais je me suis plantée, ça arrive même aux meilleures, n'hésitez pas à venir me dire un petit mot pour m'avertir du miracle, en cours de saison, ok ?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (c'est pas avec cette série que ça va s'arranger) : la fiche True Blood de SeriesLive.

13 juillet 2007

Ca va se savoir

Susan en pleurs au beau milieu de la route, Izzie planquée dans un angle mort avec l'estomac noué... ces héroïnes et bien d'autres font les frais d'un retour de boomerang de leur secret.
Pourtant, elles devraient savoir que tout se sait !

Car oui, dans les séries américaines, tout se sait. Dans un pays qui met la vérité au-dessus de tout, quitte à créer des crises institutionnelles majeures (on préfère se demander si on destitue le POTUS que de laisser passer un mensonge sur sa vie privée...), ce n'est d'ailleurs pas très étonnant... Ainsi, on reprochera plus facilement d'avoir caché une vérité, même déshonnorante ou amorale, que la vérité déshonnorante ou amorale en elle-même !
Il est assez rare, d'ailleurs, que le mensonge soit "pieux", comme on dit chez nous, les séries américaines partant du principe qu'il n'existe pas de "bon" mensonge, et quand bien même un mensonge est prononcé dans l'intérêt d'un tiers, alors cette bonne action ne reste pas impunie et tôt ou tard, la vérité finit par se savoir et ça se retourne contre le menteur. Bref, que des ennuis pour nous conduire à la conclusion que c'est toujours la vérité qui doit triompher.

D'ailleurs, combien de séries nous disent-elles que la vérité prime ? Ah bah alors là, ne vous lancez pas dans des calculs, vous y perdriez le sommeil !!!
Evidemment, X-Files a été de celles qui nous ont réclamé la vérité quoi qu'elle coûte, mais le nombre abracadabrant de séries policières ou pseudo-policières qui s'accumulent depuis quelques saisons est aussi là pour alourdir le bilan. Car chaque fois que Gil Grissom, Jordan Cavannaugh, Gregory House ou Jack McCoy se défoncent pour leur boulot, c'est au nom de la vérité. Il faut que la vérité soit établie - c'est pour eux la seule façon d'accomplir correctement leur tâche, c'est aussi la seule valeur qui prime par conviction personnelle. La vérité à tout prix.
Et puis il y a toutes ces séries où c'est le spectateur qui tente de connaître la vérité, comme dans LOST ou plus récemment The Nine, même si les personnages, eux, ont d'autres soucis au quotidien que de connaître cette fameuse vérité.

Evidemment, la plupart des séries dramatiques (et les soaps) reposent sur les vérités personnelles de chacun : il y a toujours quelqu'un pour avoir un secret qui lui revient dans les dents tôt ou tard, il y a toujours quelqu'un qui a un fait peu glorieux et/ou enfoui dans son passé et qui immanquanblement ressurgit au moment le moins opportun...
D'ailleurs, un soap sans secret, ce n'est pas un soap ! A un tel point que quand il n'y en a plus, on en invente de nouveaux (et c'est ainsi qu'un personnage comme Jill Abbott découvre du haut de ses 60 50  40 ans l'identité de son véritable père...), c'est la loi du genre !

La vérité, c'est donc la valeur suprême !!!
Sauf que, en vérité... est-ce que nous voulons vraiment toujours tout savoir ? Est-ce que nous ne préférerions pas, parfois, rester dans une certaine ignorance ? Avons-nous vraiment envie de connaître les petits secrets de tout le monde ? Et surtout, voulons-nous que les nôtres soient voués à être connus un jour ou l'autre ?
Quelque chose me dérange dans cette quête à tout prix de la vérité, parce qu'elle laisse de moins en moins de place à la vie privée, parce que, aussi, elle attise en nous un côté légèrement voyeur...

Et puis après tout, ai-je réellement envie de savoir pourquoi tout ce petit monde est bloqué sur une île ? Est-ce que ce qui compte, ce n'est pas les personnes qu'ils sont à ce moment-là, leur nature profonde qui se révèle dans les évènements tragiques ou inquiétants ? Est-ce que ça m'importe de savoir pourquoi Zack n'est pas revenu à Wysteria Lane -et est-ce que ça lui permet de revenir pour autant si je le sais ? En vérité, que le coupable soit l'amant ou la maîtresse, ça n'a pas vraiment d'importance... mon épouse est morte et il faudra vivre avec (ou plutôt sans...). Oui, le Président a menti sur sa sclérose en plaques : n'est-il pas pour autant quelqu'un de très intelligent, compatissant et juste ? Qui est le père de cet enfant ? Je crois que le plus important, c'est de trouver comment il pourra être heureux en dépit de ces adultes qui se battent pour lui, non ?
J'ai envie de me demander si ces secrets, énormes ou anodins, ces petits mensonges ou ces grandes conspirations, n'ont pas aussi leur raison d'être, et si on a vraiment besoin de tout savoir et sur tout le monde ? J'ai envie de me demander si parfois, le mensonge ne s'apparente pas à une certaine magie de la vie, si parfois, ne pas savoir la vérité, ne nous fait pas plus avancer que de la connaître, si être confronté à certaines zones d'ombres inexplicables ne fait pas aussi des nous des êtres un peu plus humains... parce que ça, par contre, c'est la réalité : on ne sait pas toujours la vérité, et il faut bien continuer à faire sans !

Ce que les séries nous laissent croire, toutes ces fois où le mensonge, le secret, le passé mystérieux reviennent à la surface, c'est que la vérité finit toujours par se savoir. Et ça, c'est un gros mensonge.

18 août 2009

Where no pitch has gone before

C'est marrant quand même. Autant il y a des pitches qu'on a l'impression de voir en 150 exemplaires à chaque livraison ("c'est un flic pas tout-à-fait conventionnel qui..."), autant il y en a, on a l'impression de n'en voir jamais la couleur.
Vous ne vous êtes jamais dit qu'il y avait de la place pour une histoire qui n'a jamais été racontée ?

Exemple : j'adorerais voir une série à propos d'une secte. Je persiste à dire que si un jour, il y a un spin-off Dharma Project, je serai la première à le regarder (alors que, si vous voulez, LOST, bon, euh...). Voir comment une secte se crée, embrigade ses premiers adeptes, organise sa hiérarchie, étend sa zone d'influence, soigne sa communication auprès des médias et des personnalités politiques... Ou bien le contraire : les dernières heures d'une secte. On peut même imaginer une mini-série sur une secte ayant réellement existé, comme Waco ou Jonestown... Vous imaginez ?

Autre exemple, une série où les personnages principaux seraient des gens du voyage... et qui voyagent, pas comme The Riches. Une histoire de gitans, de forains, ou que sais-je. Ce serait incroyable d'entrer dans cette culture du nomadisme que nous connaissons si mal, et qui est si loin de notre sédentarité. Voyager, se sentir libre d'un grand nombre de contraintes, retrouver l'esprit de clan parce que la cellule familiale ne fonctionne pas en circuit fermé... Vous imaginez ?

Tiens, encore un exemple : une série qui se déroulerait dans le jardin d'Eden. Ce serait d'autant plus fort que j'imagine très bien ça en comédie. Comment vivait le Premier Homme ? Quels étaient ses ennuis avec Eve ? Ca ressemble à quoi une vie absolument parfaite ? D'accord, j'ai peut-être un peu trop lu "Eve, le Brontosaure et le Diplodocus" quand j'étais petite, mais enfin admettez que ce serait sacrément sympa de porter un oeil neuf sur ce thème... Vous imaginez ?

Bah en fait, c'est ça le problème : vous imaginez. Vous n'avez guère d'autre choix. Moi, en lisant un énième pitch de projet quelconque ("c'est un flic pas tout-à-fait conventionnel qui me plong dans un sommeil profond"), j'ai comme une envie de diversité.
Qu'on laisse tomber les idées du passé de peur de paraître has been ou peu original, admettons, mais les idées qui n'ont pas abouti (puisqu'il parait qu'une idée inédite, ça n'existe pas), quand même, ça devrait être possible, non ?

Ah d'ailleurs, avis aux téléphages cultivés : s'il y a effectivement une série comme l'une de celles que je viens de citer, merci d'en laisser le titre en commentaire pour mes recherches ultérieures.
Allez, à vous : quelle histoire à votre connaissance totalement inédite rêvez-vous de voir à la télé un jour ? Vous imaginez...

2 octobre 2009

Non, rien de rien...

...je n'en pense rien ! (air connu)
Vraiment, j'ai eu beau me concentrer, je n'ai rien réussi à retenir de The Middle. Un costume de superhéro, peut-être ? Et encore...

Sur le moment, j'ai eu l'impression d'avoir affaire à un mauvais My name is Earl (ce qui déjà rend les choses douloureusement claires sur ce que ça m'évoque), entre la narration brouillonne, les personnages bêtes à manger du foin et l'histoire pas vraiment captivante d'une mère absolument loser dans tous les domaines, mais qui tente d'en rire, j'ai failli en attraper des boutons.

Je ne sais d'ailleurs pas vraiment ce que les scénaristes eux-mêmes voudraient qu'on pense du personnage principal. C'est la nana qui, comme par hasard, doit tout mener de front, mais qui y échoue lamentablement de toutes façons, et j'imagine que ce devrait entraîner, je ne sais pas, une sorte de tendresse. Mais en même temps, elle est si loin d'essayer très fort (en témoignent les pancakes complètement congelés qu'elle donne à son fils à lécher au petit déjeuner), qu'on a du mal à vraiment se prendre d'affection pour elle. En fin de compte, c'est juste une bonne femme qui pourrait avoir tout ce dont elle rêve si elle faisait preuve d'un peu plus d'organisation et de bonne volonté, et qui n'a qu'à s'en prendre à elle-même. Du coup, la superhéroïne qui se plante, ça ne fonctionne pas vraiment.

Donc en fait, si : j'en ai bien pensé quelque chose. Mais c'est tellement pas probant qu'il vaut mieux ne rien en dire.
D'ailleurs, ma maman me l'a toujours dit : "si tu n'as rien de gentil à dire, ne dis rien du tout". Mais ce blog serait drôlement moins rempli si j'écoutais tout le temps son conseil.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Middle de SeriesLive.

26 août 2009

Prison Fake

C'est pas que j'aie ressenti une certaine pression, mais disons qu'une certaine série m'avait été chaudement recommandée. Quelques jours plus tard, je repêche, noyé dans un océan de pilotes nippons, le premier épisode de Shiroi Haru que j'avais déjà eu le temps d'oublier ; j'en ai donc profité pendant que je le tenais.

Il n'a pas fallu bien longtemps pour que je comprenne d'où venaient les recommandations. En fait, il a suffit que le personnage principal à peine sorti de prison claque tout son pognon dans son premier repas de liberté pour que je sois entière acquise à sa cause. Et qu'il se baffre à s'en rendre malade tellement manger dehors représentait tant pour lui. C'est peut-être un détail pour vous, etc. Il y avait un grand sentiment de "ça, c'est fait" suite à cette scène : Haruo aurait pu faire n'importe quoi, j'étais avec lui. Et plus l'épisode avançait, plus je le trouvais drôle, touchant, tragique, bref, plus je m'attachais (non, pas comme ça, c'est pas mon style les grands tous secs).

Le problème de Shiroi Haru, toutefois, c'est qu'en dehors de l'immmmmmense sympathie qu'on ressent pour son héros, le reste est d'une banalité sans nom.
Gnagnagna je suis un ex-yakuza qui voulait s'acheter une conduite, gnagnagna j'ai tué un homme pour payer les soins de la femme que j'aimais et qui était malade, gnagnagna elle est morte mais je le découvre qu'au bout de 9 ans, gnagnagna elle a laissé une petite fille derrière elle... Plein de gnagnagna partout. Affreux. L'angoisse.
Et pire que tout, il y avait le : gnagnagna la petite fille que je sais pas qu'elle est ma fille et elle non plus, elle m'adore déjà. Ouh pinaise, retenez-moi je vais faire un malheur.

Alors d'accord. Je sais. J'ai tendance à regarder des dorama aussi parce que je trouve qu'on y déniche plein d'histoires touchantes. Entre autres. Mais quand même pas mal pour ça. Par mon téléphagique masochisme, je recherche ce genre de choses. Mais là, c'était juste trop. D'un personnage si bien parti (et si bien interprété), on en arrive à une intrigue dégoulinante de chamallow fondu. Le chamallow fondu c'est bon, hein, sur un ptit feu de bois et tout... mais c'est vite trop. Et après on a mal au cœur. On se sent nauséeux. On regrette le dernier coup de dents. Ohlala, ça va pas passer tout ce sucre.

J'sais pas si c'est supposé s'arranger avec le temps, mais pour le moment, la rédemption du ce grand délinquant tout sec, ça sonne creux pour moi. Ya un côté cheap qui vraiment ne passe pas. Il me faut ajouter aussi que le reste du cast est désespérément transparent. Ce qui n'aide pas.
Trois Television Drama Academy Awards pour Shiroi Haru ? Oh, si Mei-chan no Shitsuji a pu en glaner deux, pourquoi pas, tant qu'on y est... Mais là, non. Sans moi.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Shiroi Haru de SeriesLive.

25 juin 2009

C'est votre dernier mort ?

En toute honnêteté, même en la fréquentant plus ou moins depuis plusieurs années, j'ai toujours pensé que la fiction japonaise était incapable de s'essayer à la création de séries "à concept". Ce n'était d'ailleurs pas un reproche dans mon esprit, juste la certitude qu'il existe là une particularité culturelle. J'avais tort, mais il aura fallu attendre The Quiz Show pour me le prouver. The Quiz Show m'a semblé être un parent de 24, et pourtant, à première vue, on pourrait avoir l'impression de compter les pommes et les oranges. La série américaine repose sur la peur, l'actualité internationale, et compte sur l'adrénaline, tandis que la série japonaise repose sur le divertissement, la culture télévisuelle, et se montre bavarde. Alors quoi ?
Alors, The Quiz Show a l'excellente idée de se dérouler quasiment en temps réel.

Pourtant, les premières scènes de The Quiz Show ne relèvent guère du génie. On a d'une part un étrange bonhomme en proie à un cauchemar, et d'autre part un chanteur populaire qui enregistre une performance live pour une émission musicale. Non seulement le lien entre les deux protagonistes en question reste indéfini pendant de longues minutes, mais ça n'excite guère le spectateur. L'ennui plane, osons le dire.

Mais c'est là qu'arrive notre élément perturbateur en la personne d'un étrange Monsieur Loyal qui vient inviter le chanteur, qui se nomme Andou, à une émission intitulée The Quiz Show (comme le monde est bien fait). Tandis qu'il l'y invite en lui expliquant le principe de l'émission (je vais y revenir), le spectateur a le regard qui brille, oui, la lumière jaillit : en arrière-plan, souriant, sur une affiche géante, Satoru Kamiyama, le jeune homme aux cauchemars. C'est lui le présentateur de l'émission. Les choses se précisent et notre intérêt est ravivé.

The Quiz Show (l'émission) repose plus ou moins sur le principe de Qui veut gagner des millions, à une nuance près mais elle est de taille : au sommet de la pyramide, au lieu d'un gain en argent, c'est un rêve qu'on peut gagner. La production de l'émission promet en effet la réalisation de votre rêve le plus fou, quel qu'il soit. Andou, qui rêve de se produire au Budoukan (la plus importante salle de concert au Japon) avec comme choristes Madonna et Beyoncé, rien que ça, a appris au début de l'épisode que son agence de management le lui refuse. Il voit donc dans cette émission une merveilleuse opportunité d'enfin atteindre le zénith de sa carrière.
C'est là qu'entre donc en scène Kamiyama, le présentateur de l'émission. Et c'est aussi là que commencent les réjouissances de part et d'autre de l'écran. Nous allons en fait assister en direct à The Quiz Show, comme sont censés le faire les spectateurs de l'émission. Mais cela se fera à une différence près : nous allons également avoir un aperçu des coulisses. Le réalisateur Honma, la productrice Saejima, et quelques autres, veillent au bon déroulement de l'émission.

Laquelle se présente comme une copie conforme des émissions japonaises en général : générique, logo, réactions du public dans les gradins, et surtout, présentateur... tous sont d'une ressemblance frappante. En cela, The Quiz Show fait appel à la culture télévisuelle du spectateur japonais (ou la votre si vous êtes un petit curieux), et ce dernier relâche donc sa vigilance de par tous les signaux familiers qui lui sont envoyés. The Quiz Show se présente comme l'une de ces émissions inoffensives de pur divertissement dont on n'a pas besoin d'attendre qu'elle révolutionnent la face de la télvision. Son présentateur (en contraste avec sa première scène dans la série, mais vous êtes le seul à le savoir) est affable, un peu clown sur les bords mais de bonne compagnie, et d'une grande prévenance envers son célèbre invité. Sauf que progressivement, le présentateur comme les questions posées vont se faire plus ambigus. Andou est mis mal à l'aise à mesure qu'il avance dans le jeu. Kamiyama se fait insistant, puis plaisante, puis lui lance une pique particulièrement agressive, si bien qu'Andou a de plus en plus de mal à saisir ce qu'il se passe.

Ce qu'il se passe, c'est que les questions qui d'abord portaient sur la musique en général, et la carrière d'Andou en particulier, se dirigent progressivement vers la mort de l'ancien partenaire d'Andou, un nommé John, avec qui il formait il y a à peine deux ans un duo en pleine gloire. Petit-à-petit, Kamiyama amène Andou à évoquer les conséquences de la disparition de John... et tout doucement, il envient aux circonstances-mêmes du décès. S'il veut obtenir son rêve, Andou va devoir donner labonne réponse aux questions indiscrètes du présentateur...

The Quiz Show tombe parfois dans l'écueil de quelques maladresses prévisibles mais pas dramatique (à mon avis, il était redondant de laisser les scènes d'introduction, c'est-à-dire le cauchemar et l'enregistrement du live, car elles atténuent l'effet recherché), mais on peut lui reconnaître bien des qualités.
D'une part, le présentateur Kamiyama est impeccablement interprété et écrit, par exemple ; l'acteur (membre du groupe Arashi) s'y montre brillant, comme l'est également l'interprète de Honma (qui lui est membre du groupe Kanjani8) qui parvient à nous surprendre une fois ou deux. D'autre part, suivre l'émission en temps réel est une idée brillante et bien exploitée, qui rend bien les enjeux palpables. Enfin, le tout donne une version autrement plus originale de l'éternelle enquête que nous connaissons habituellement sous le format policier ou judiciaire. Ici, la quête de la vérité se fait en plus sous le couvert d'un jeu, un jeu légèrement malsain mais personne ne s'en aperçoit au départ. Voilà finalement un clin d'oeil à la real tv qui vaut son pesant de cacahuète.

Petit paragraphe pour ceux qui ont envie d'en savoir un peu plus sur le fonctionnement de l'industrie du divertissement au Japon (les autres peuvent aller aux louanges du paragraphe final directement)... Le pilote de The Quiz Show a aussi l'étonnante particularité d'entretenir un double discours sur la façon dont musique et télévision cohabitent au Japon. Ainsi, on trouve au générique de The Quiz Show de nombreux chanteurs (j'en ai cité deux, qui ont les rôles principaux, il y a également Aya Matsuura dans un rôle plus mineur), et plusieurs mentions du "jimusho", à savoir l'agence de management artistique qui, il faut le dire, est toute puissante (ainsi le Johnny Jimusho est une agence absolument omnipotente en ce qui concerne les artistes masculins, il y sera fait mention dans les explications des sous-titres). Sauf qu'ici, le jimusho n'est pas du tout considéré comme l'organisme bienveillant qui mène la carrière des artistes avec de la bonne volonté, mais plutôt comme la société tentaculaire qui a droit de vie et de mort, et à qui la production de l'émission doit rendre des comptes si quelque chose se passe mal avec l'un de ses poulains, ici Andou. Bref, le ton n'est pas du tout complaisant, et ces quelques indices sont très, très intéressants pour qui se captive pour le sujet.

The Quiz Show, tel que je vous le présente ici, n'est pourtant pas une nouveauté. Il s'agit en fait, et c'est exceptionnel, de la seconde saison de l'émission. La première (je n'ai pas eu la possibilité de la voir pour le moment) était apparemment différente, cependant, puisque les personnages principaux étaient différents (et interprétés par d'autres acteurs), et le jeu légèrement aussi. Cette nouvelle saison, qui tient donc du spin-off, n'en est pas moins très intelligente par l'emploi qu'elle fait du média, ou plutôt des médias auxquels elle touche. Comme il serait évidemment très mal perçu d'attaquer de plein fouet certaines organisations du milieu médiatique, la série joue de son concept pour dénoncer quelques petites choses sans oublier de mener l'interrogatoire tambour battant, à la fois pour brosser des portraits effrayants des personnages qui gravitent dans ce monde (le chanteur puissant, le réalisateur qui privilégie l'adrénaline au politiquement correct, le présentateur en proie à des hallucinations, la productrice soumise...) et pour servir des intrigues sur un mode relativement nouveau.
En bref, The Quiz Show, c'est bon, mangez-en. Attention aux noyaux, c'est tout...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Quiz Show de SeriesLive.

13 juin 2009

Une série méteencale...

Voici un article qui était prévu pour une autre publication, mais après un impair involontaire mais bien impardonnable de ma part, ça n'aura pas lieu. Je vous l'offre donc, j'aime pas laisser perdre...

Vous vous souvenez quand John Carter est arrivé aux Urgences, avec son menton imberbe, ses grands yeux et son envie de compatir avec les malades (ce qui le rendait souvent hermétique aux enseignements du dur Benton) ? Eh bien je soupçonne que l'inspiration derrière ce personnage se trouve en Doogie Howser, médecin de son état, et plus jeune d'environ une dizaine d'années.
Car si Dr Doogie apparait comme un drama médical, il est avant tout l'objet d'un parcours initiatique.

Doogie, c'est cet ado de 16 ans qui, dés le pilote, ne trouve rien de mieux à faire que sauver une vie au lieu de passer son permis... Il est comme ça, Doogie. La série repose évidemment sur ce paradoxe fort pratique (un petit surdoué qui évolue dans un monde d'adultes) afin de détricoter le passage à l'état adulte pour le jeu garçon pris entre deux feux.

Pour cette petite expérience scientifique, je vais avoir besoin d'un blondinet intelligent et sensible, d'une profession réputée pas facile, et d'un cobaye-témoin en la personne d'un ado lambda.
Car l'impact des expériences de notre héros en milieu médical se mesure immédiatement grâce au meilleur ami de Doogie, Vinnie. En fréquentant toujours son meilleur ami (pour des raisons certes obscures, mais qui suis-je pour vous faire une leçon sur l'amitié ?), Doogie garde donc un repère et peut prendre l'ampleur du chemin parcouru, grâce aux réactions de son ami escaladeur de fenêtres. C'est bien simple, si Doogie avait un ange d'épaule et un diable d'épaule, Vinnie incarnerait plutôt le second... et lorsque notre jeune médecin rencontre des problèmes sur son lieu de travail, il trouve rarement en Vinnie l'éclairage et les conseils qu'il aura réellement envie de suivre. Heureusement, c'est là qu'intervient un autre personnage très important de la série (et souvent sous-estimé ou réduit à un simple gimmick), le journal intime ! Doogie y consigne en effet hebdomadairement ce qu'il a appris... de la vie.

En effet, il ne s'agit pas pour lui d'apprendre son métier : il ne nous est laissé aucun doute sur le fait que notre bon docteur Doogie est compétent et capable sur un plan strictement médical. Ce qu'il doit apprendre, c'est en fait tout le reste : gérer ses relations professionnelles, son approche des patients (il manque souvent de distance ; et cela peut alors avoir de bons comme de mauvais côtés), ses histoires de coeur et, du moins l'espère-t-il parfois, ses histoires de sexe. Sur ces choses-là, il est évidemment comme n'importe quel personnage adolescent, à savoir peu sûr de lui et tâtonnant. Et l'ordinateur, épisode après épisode, est là pour attester des progrès que notre tête d'ampoule préférée fera en la matière.

A travers son médecin compétent mais d'une grande innocence, Dr Doogie fait plus que transposer des intrigues adolescentes en milieu médical. Il s'agit ici de poser des questions (qui fâchent, parfois) sur la relation médecin/patient, sur le poids de ce métier et la façon de le porter en préservant autant que possible son humanité. C'est grâce à l'éducation progressive de son protagoniste éponyme que la série nous éduque, non pas sur les actes de médecine (comme de trop nombreuses séries médicales), mais sur la façon de les pratiquer.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Dr Doogie de SeriesLive.

4 juin 2009

Procrastination à la française

Un village français s'enorgueillissait de plusieurs choses. D'une part, une campagne publicitaire menée tambour battant, avec des publicités sur les bus (au moins de la capitale, en tous cas), des trailers réguliers sur France 3 et d'autres outils du même type, comme un générique emprunté à Band of Brothers, ou par exemple un slogan de killer : "Vivre, c'est choisir". Et jusque là je dis oui.

C'est après que les choses se compliquent, quand Un village français prend un malin plaisir à sacrifier à absolument tous les torts des séries françaises. C'est pénible !
France 3 aussi a donné, dans la collection "j'aurais pu mieux faire mais je ne veux pas", notamment au niveau de la diffusion. Certes, c'est une soirée de lancement, et on veut ferrer le poisson, je comprends bien. Mais les deux premiers épisodes de la série étant espacés d'une douzaine de jours, une diffusion au rythme américain (1 épisode = 1 semaine) aurait été très logique pour entrer dans la chronologie telle que décrite. Ah, les ravages de la précipitation...

Mais revenons-en aux problèmes de la série en elle-même.
Le pilote commence par planter le décor mais ne parvient pas à jouer sur la problématique pourtant intéressante des choix que chacun doit faire en temps de crise. C'était pourtant l'angle que la série avait prétendument choisi d'aborder, mais au final ce premier épisode n'est qu'une redite de ce qu'on a vu cent fois sur les mêmes circonstances. Alors d'accord la guerre c'est mal et les Allemands sont tous méchants, on sait, merci, mais à un moment, il faut s'affranchir de tout ça et se trouver une personnalité propre. Ça fait bien longtemps qu'il n'y a plus aucun doute sur le fait que la fiction française peut faire de la série de reconstitution historique, avec ce qu'il faut d'engins peints en kaki et d'horreurs de toutes sortes, mais à quoi bon nous en fournir une de plus quand justement on en a déjà tant vues ?
Le reproche que je fais à Un village français ne se situe pas tellement au niveau de son cast, relativement honorable bien que composé de talents assez hétérogènes (la blonde qui sert d'institutrice baisse beaucoup la moyenne générale, par exemple). Il ne se fait pas vraiment à la mise en scène, elle aussi très convenable et parvenant à éviter un certain nombre d'écueils. Non, le problème c'est tout simplement... le scénario. Triste comme un jour sans milk shake à la fraise, il ne cherche pas à offrir quelque chose de nouveau. On passe tout le premier épisode à cocher mentalement les poncifs du genre auxquels la série s'attaque, un à un : le mec riche avec une épouse prétentieuse, le médecin qui sauve des vies, le flic droit dans ses bottes, le flic je-m'en-foutiste, et bien-sûr l'attaque du village, l'arrivée des allemands en ville, les premières pertes humaines... Nom de nom, mais on n'arrive à rien ! Tout ça on le sait déjà, on pourrait le présenter, si ce n'est différemment, au moins plus rapidement. Et passer directement au nerf de la guerre (pardon pour le jeu de mot) : les choix.

Parce qu'avec ce concept de choix (déjà pas absolument révolutionnaire), les auteurs d'Un village français, ils tenaient un bon truc. Ils tenaient un angle. Et un angle, c'est une bestiole très rare dans nos contrées. Il ne fallait pas la lâcher dans la nature. Mais rien à faire, en fait d'angle, le premier épisode patine dans la semoule et reste le plus neutre possible. Et on reporte, et on reporte, et on attend que ça vienne, et ça ne vient pas.

J'entends dire que la série espère atteindre une belle longévité, comme par exemple, soyons humbles, 6 saisons. C'est bien, mais il faudrait être autrement plus courageux pour les mériter, ces 6 saisons. Ce qui n'exclut évidemment pas de les obtenir, les spectateurs français lambda étant peu éduqués télévisuellement.

Au deuxième épisode, effectivement, les premiers choix commencent à se faire. Enfin, j'ai envie de dire. Sauf qu'arrivés au deuxième épisode, les spectateurs ont choisi depuis longtemps, eux.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Un village français de SeriesLive.

29 mai 2009

Please go gentle into that good night

Je vous disais récemment de vous méfier des pitchs. J'aurais sans doute dû écouter mon propre conseil... Laissez-moi vous traduire la fiche de DramaWiki : "Shinjuro est un embaumeur, et à travers ses rencontres avec différents cadavres et personnes, il acquiert une plus grande compréhension de la mort, et ce que cela représente réellement de vivre". Bon, moi, je vois un pitch comme ça, je fais quoi ? Bah je regarde, obligé. En plus, la fiche spécifiait aussi "Genre: Psychologique, suspense". Franchement. Hein ? Dites, on est d'accord, j'ai été piégée. Ah, ah, et aussi, il y avait cet avertissement comme quoi les scènes de nus faisaient que la série n'était pas recommandée aux moins de 18 ans. Vous voyez ? Tout était fait pour que je m'attende à une version nippone de Six Feet Under !

Eh bah rien du tout ! Car une fois qu'on se retrouve devant Shigeshoushi, la série dont je vais donc vous parler aujourd'hui, on déchante très vite. On a droit à absolument toute la panoplie de ce qui peut rendre une série nippone complètement indigeste : les personnages grand guignolesques et stéréotypés (le jeune mec qui ne pense qu'à palper de la petite nana bien roulée, la petite nana bien roulée qui ne tient pas à se faire palper... mais qui va finir par y passer dés qu'elle aura réalisé que le mec a un côté plus sérieux), les situations burlesques (et vas-y que je joue au pervers, que je fais l'idiot, que je drague tout ce qui bouge... et de l'autre côté vas-y que je pique des colères toutes les 1mn10, que je prends des airs outrés et que je crie dans tous les sens avec une voix insupportable), sans compter la musique qui est toujours dans l'exagération, avec alternance brutale de violons, de musique soi-disant terrifiante, d'airs vaguement badins, etc... TOUT, tout est au summum du ridicule.

En plus de son accumulation de clichés, Shigeshoushi sacrifie également à tous les travers d'une série prévisible de bout en bout. Dés qu'on aperçoit la meilleure amie de l'héroïne, et qu'on apprend qu'elle réalise simultanément son rêve d'être ballerine et de se marier, on sait qu'elle va crever. Et désolée de vous spoiler, mais ça ne fait pas un pli. 'Fallait pas en rajouter dans la scène devant la boutique de mariages, non plus, ça s'appelle tendre le bâton pour se faire battre !

Shigeshoushi, le dorama japonais qui donne mauvaise réputation aux dorama japonais.
J'hésite même à envoyer la fiche à SeriesLive, du coup.

Mais bon, si, allez, pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Shigeshoushi de SeriesLive.

17 mai 2009

Meunier...

On a déjà parlé maintes et maintes fois de mon aversion pour les séries se déroulant dans le passé, par opposition aux séries ayant été tournées à l'époque en question. Mais on est d'accord que dans le cas Rome, ou encore de The Tudors, c'est pas gagné de trouver des séries d'époque, n'est-ce pas ? Il ne reste donc plus qu'à se taper ces reconstitutions fictives, en prenant sur moi chaque fois que la prod en rajoute pour faire plus authentique, et ça m'énerve prodigieusement mais, au nom de la culture, quand même, merde, quoi. lady, surveille un peu ton langage, diantre !

Ainsi donc... Forte de ma relativement bonne surprise devant Rome, je me suis donc sentie encouragée à tenter The Tudors, qui jusque là m'avait fait l'effet d'une série bien plus caricaturale que Rome, avec du cuissage en veux-tu, en voilà, un roi ayant l'air d'avoir fait les pages centrales de PlayGirl, et autres joyeusetés pour égayer l'oeil mais guère l'esprit.
Mais je lançai le pilote en me disant que ma vision en était forcément erronée, puisque je n'en avais eu qu'un aperçu très distant et détaché.

Mes amis, il n'en est rien. The Tudors m'a offert un florilège de tout ce qui peut me rendre folle de rage devant pareille fiction. Dans les grandes lignes, il ne s'agit que d'un soap : qui couche avec qui, qui ourdit un sombre complot contre qui et avec l'aide de qui, et au milieu de tout ça, un étalage de chair sans aucun autre intérêt que celui d'apâter le spectateur qui aurait peur de trop solliciter son cerveau devant une série en costumes.
La belle affaire.

D'autant que The Tudors a aussi l'irritante particularité d'avoir pour personnage central ce qui s'avère réellement être un mannequin pour sous-vêtements, plus habile à jouer de son regard de gravure de mode que de subtilités dans son jeu, et que la série ne perd pas la moindre occasion soit de détailler sa musculature, soit de le présenter en fort charmante compagnie (et quand ce n'est pas lui, c'est un autre qui lui ressemble).

Les intrigues de la cour, les tractations diverses qui se déroulent dans le dos du roi (car pour aller jusqu'au bout de la caricature, il lui fallait également être gonflé d'orgueil, imbu de sa personne, et quasiment incompétent dans les affaires d'état, ce qui forcément fait que tout le monde peut intriguer dans son dos pourvu de lui faire des courbettes par devant), les histoires de fesses, et évidemment toutes les scènes infligées au spectateurs pour faire plus véridique (parfois longuettes, comme la joute), ne parviennent pas à masquer cet état de fait : The Tudors n'apporte pas d'éléments suffisamment stimulants pour qu'on pardonne les multiples facilités du scénario.
Aussi me pardonnerez-vous, j'en suis sûre, l'extrême facilité de mon titre, mais je le voulais assorti.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Tudors de SeriesLive.

6 avril 2009

Morceaux choisis

Cher Journal,

Ça fait neuf minutes que je regarde Castle. Je ne sais pas encore ce que j'en pense, c'est un peu tôt pour avoir une opinion arrêtée sur le sujet, mais je dois quand même avouer ça n'a pas l'air extrêmement positif pour le moment.
Les personnages ne m'énervent pas trop, mais ils auraient du mal parce que pour cela, il leur faudrait me surprendre dans un sens ou dans l'autre, or ils sont si peu originaux que ça me fatigue puissamment. Les premières minutes sont censées nous présenter l'intrigue et les personnages, et c'est bien ce qui s'est passé, comme prévu, mais justement tout me semble prévisible au plus haut point, et ça me décourage un peu. Rien qu'un peu. Je tiens bon, même si les minutes s'écoulent, et si rien ne vient provoquer chez moi le moindre soubresaut de sourcil.
Evidemment le personnage principal est un arrogant bon à baffer mais au charme ravageur, avec un don qui peut servir à résoudre des enquêtes (le pitch nous avait prévenus mais on avait droit à encore un peu d'espoir, non ?), évidemment l'enquêtrice qui va devoir collaborer avec lui est revêche mais seulement en apparence, évidemment le personnage principal est entouré dans sa vie privée de caractères bien trempés pour réussir à lui donner la réplique mais sans jamais l'éclipser, comme sa mère (qui rappelle Mona de Madame est Servie), sa fille (la sempiternelle ado trop intelligente pour son âge), son ex-femme (à laquelle comme par hasard il est toujours contraint d'être mis en contact et donc avec laquelle il y a échange de piques), etc...

Cher Journal,

Nous en sommes à la vingtième minute de Castle, et rien à faire, je n'ai toujours pas été surprise une seule fois. Je commence à atteindre un stade de désespoir assez affligeant qui, me dit mon entourage, se lit sur mon visage, et ce n'est pas bon signe.
Evidemment, arrivés à la moitié de ce pilote, on a un suspect pour les meurtres, mais de toute évidence, ça ne convient pas au personnage principal, et comme les scénaristes sont dans son camps, et que bien-sûr il reste encore une moitié d'épisode devant nous, on sait qu'il a raison et que les doutes qu'il a émis vont comme par hasard être justifiés. Ce qui poussera probablement la fliquette à devoir faire amende honorable à un moment ou un autre avant le générique de fin. On a tous hâte de la voir faire ses excuses à ce prétentieux plein de muscles, parce que, tant qu'à être prévisible, autant faire le grand Schelem.

Cher Journal,

C'est la vingt-deuxième minute et je constate que j'ai pas eu la berlue, j'ai bien vu le nom de Stephen J. Cannell dans les crédits, en effet il est là, juste devant moi, en train de taper la discut' avec Nathan "take that f*cking shirt off" Fillon. Je crois bien que c'est la première bonne nouvelle de ce pilote.
Sur le fond, on se contente d'expliciter ce que les spectateurs les moins habitués au genre (et pourtant on a tous été bien entrainés ces dernières années, vu le nombre de séries policières qui ont précédé et dans les pas des quelles Castle marche avec une prudence de Sioux) n'auront pas encore compris : non, l'enquête ne s'arrêtera pas là. Nathan n'a toujours pas tombé la chemise (il rajoute même une veste dans la scène suivante), on ne voit plus Cannell, et les choses continuent d'être prévisibles. Dommage, l'espace d'un instant j'ai presque failli être intéressée par ce que je voyais...

Cher Journal,

La trente-troisième minute de Castle est révolue et, comme par hasard, on a un nouveau suspect, avec un nouveau mobile, etc... ainsi que le personnage principal l'avait prédit, mais d'un autre côté que pouvions-nous espérer d'autre vu que la série porte son nom ?
Ce qui semble logique puisqu'on est entrés dans les dix dernières minutes de l'épisode, pendant lesquelles le personnage principal et sa partenaire improvisée continuent de se fritter gentillement alors qu'il est évident à ce stade qu'ils sont compatibles professionnellement... et sur d'autres plans qu'on va prendre le temps d'explorer, à n'en pas douter, dans les épisodes à venir, on a déjà tout ce qu'il faut comme prémisses à ce sujet et c'est pas le tout, maintenant on a une enquête à boucler. Quand elle devra admettre qu'il n'a pas été complètement mauvais sur cette enquête, de toutes façons, on aura les violons, alors bof...

Cher Journal,

C'est exactement au moment où on a passé la trente-huitième minute que j'ai su que c'était mon premier et mon dernier épisode de Castle. Un personnage prévisible, des enquêtes prévisibles, des actions prévisibles, des dialogues prévisibles, rien à faire c'est irrécupérable.
Par un incroyable concours de circonstances qu'on n'avait pas vu venir, parce qu'on vit dans une grotte et qu'on n'a jamais vu une série de CBS (et quand ABC se met à copier CBS, on sait qu'on est vraiment dans le pétrin jusqu'au bout), le personnage principal a retrouvé l'inspiration dont on avait explicité qu'elle lui manquait récemment, et que cette inspiration ne va pas sans un partenariat entre la fliquette et l'écrivain. Permets que je n'exulte pas de joie, hein.

Cher Journal,

L'épisode est fini, Nathan Fillon n'a pas eu une seule fois la bonne idée de retirer sa chemise, ou même simplement se mettre en valeur dans un tissu moulant, on n'a plus jamais revu Stephen J. Cannell et je n'ai pas été surprise une seule fois.
Tu comprendras donc qu'il n'y aura pas d'autre message à propos de Castle dans ces pages.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Castle de SeriesLive.

27 janvier 2009

Aies confiancccce !

C'est pas juste de nous faire des fausses joies, comme ça. Nan parce que, c'est pas la première fois qu'on nous raconte des trucs. D'ailleurs, ce sequel de V, c'est un véritable marronnier, quasiment tous les ans (et quasiment à la même époque, on dirait), on a droit à une petite news pour relancer les espoirs.

De temps en temps c'est Marc Singer qui a signé un truc, des fois c'est Kenneth Johnson qu'on est allé chercher pour écrire un pilote, etc... C'est d'ailleurs assez incroyable que cette série éveille autant de fantasmes de résurrection, après tout ce temps. Enfin, je le comprends, mais je trouve quand même ça épatant. Et ce, sans jamais aboutir ! Les gens ne se sont pas encore découragés, et ils ont bien du mérite...

Parce que ne croyez pas que le fait qu'ABC donne le feu vert au pilote signifie quoi que ce soit ; et j'ai envie de dire : à plus forte raison si ça vient d'ABC ! Car évidemment, ne comptez pas sur moi pour avoir confiance en ABC par les temps qui courent... d'abord la diffusion de la fin de Pushing Daisies, ensuite le respect.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche V de SeriesLive.
PS : trop malade pour des posts plus construits, mais I'll be back...

29 novembre 2008

Ya du soleil et des nanas !

Il y a des séries britanniques dont tout le monde parle. Et puis il y a les autres. Aujourd'hui on va parler de l'une de ces séries outsiders, pour changer.
Alors, aujourd'hui, je vous propose de parler de Benidorm. Mais j'imagine que vous ne savez pas ce qu'est Benidorm, puisqu'avant d'être une série, c'était en fait une ville d'Espagne. On apprenait cette semaine que ladite ville avait d'ailleurs une actu :

La station balnéaire de Benidorm, capitale espagnole du tourisme de masse, a décidé lundi d'interdire lundi les beuveries sur ses plages, dans l'espoir de redorer son blason.
Symbole décrié du modèle touristique "sol y playa" (soleil et plage, ndlr) la ville de Benidorm (sud-est) a adopté 74 mesures réglementant l'usage de ses cinq plages, qui prévoient notamment des amendes pouvant atteindre 750 euros pour la vente ou la consommation d'alcool.
"Au mois d'août, plus de 350 personnes ayant bu de l'alcool ou faisant la fête la nuit sur les plages ont été interpellées" pour des troubles divers à l'ordre public, a expliqué à l'AFP une source de la municipalité andalouse.
Encore village de pêcheurs il y a 50 ans, Benidorm offre désormais un paysage côtier hérissé de gratte-ciel abritant hôtels et appartements bon marché et d'innombrables bars, fast-food et discothèques.
La cité balnéaire est prise d'assaut chaque été par des légions de touristes peu argentés d'Europe du nord, en grande partie britanniques, qui viennent principalement bronzer le jour et boire la nuit.
L'ordonnance municipale adoptée lundi interdit désormais de s'assoir, cuisiner ou allumer des feux de camp à partir de minuit sur les plages, jusqu'à sept heures du matin, afin de permettre aux services de nettoyage de faire leur travail avant l'arrivée des baigneurs.
Une promenade nocturne sur la plage reste licite. Mais il devient également interdit d'y réserver son carré de sable pour le reste de la journée avant sept heures du matin.
"Il y avait des gens qui arrivaient à cinq heures du matin pour planter leur parasol" au bord du rivage méditerranéen, a ajouté le responsable municipal interrogé par l'AFP.
Quant aux jeux de ballons, de jour comme de nuit, ils seront désormais strictement limité aux espaces réservés à cet effet.
Source : AFP


Vous voilà donc merveilleusement éduqués sur ce que représente la ville de Benidorm, notamment dans la culture britannique, et je n'ai même pas encore commencé à parler de Benidorm ! La série étant née en 2007, donc forcément avant cette ordonnance, je pense que vous commencez à vous faire une idée de ce dont il va être question ici, pas vrai ?

Alors, Benidorm, est-ce que c'est une version british des Bidochons à la plage ? Pas forcément mais il faut bien admettre que quand des Anglais décrivent leur classe moyenne, ils n'y vont pas de main morte pour les faire passer pour des ploucs. Du coup, très peu de personnages semblent crédibles au premier abord ; et quelque part c'est tant mieux vu ce qui nous attend.
Mais ne comptez pas sur moi pour vous spoiler à ce stade.

D'ailleurs, vous savez ce qu'on va faire ? Finalement, non, je ne vous dis rien, j'attends de voir si vous êtes curieux, et à ce moment-là je vous offrirai tout simplement un post La preuve par trois, qu'est-ce que vous en dites ?

18 août 2008

Des gens bons

Je me plains régulièrement des stats parfois risibles, parfois lamentables, qui sont ceux de ce blog. Ce n'est pas toujours juste : certaines requêtes pour venir ici sont parfois empruntes d'une douce sympathie. Donc aujourd'hui, en fait, je vous aime.

- regarder sur internet space 2063
Je vous aime d'amour !

- regarder lenfer du devoir
Bah vous aussi, tiens !!!

- zappeur n'est pas peur
Ça sent les vieilles réminiscences de générique vieillot, ça... Juste un petit soucis d'orthographe, et vous aurez votre réponse.

- play mate
...Et puis, de vrais jambons (c'est vrai tiens, je l'avais complètement oubliée cette rubrique, faudrait ptet en faire quelque chose... bon, si vous avez de jolies photos sexys de télécommandes, envoyez-les moi, ok ?). Trois requêtes ces dernières 24h quand même, hein.

15 octobre 2008

L'ignorance est un bienfait

Comme vous le savez probablement si vous avez prêté attention à mes élucubrations estivales, j'attendais avec impatience la reprise de Samantha Who? en cette rentrée. C'est la seule série humoristique, cette saison, que je regarde en pensant qu'elle est vraiment drôle (pour vous donner un exemple du contraire, The Big Bang Theory, c'est juste pour tuer le temps, par contre).
J'avais été peinée d'apprendre les déboires médicaux de l'exubérante Christina Applegate, mais j'étais résolue à ne pas me laisser déprimer par de telles nouvelles, même si les termes de "rémission totale", pour un cancer, semblent un peu précipités à aussi court terme. M'enfin bon, je vais pas me laisser déprimer, j'ai dit !

Mais voilà, force est de constater que, d'une part, cette reprise de saison n'était pas aussi fofolle qu'attendu (pour vous la faire courte et sans spoiler : Samantha s'aperçoit d'un talent qu'elle avait dans sa vie d'avant, elle aimerait le reconquérir, mais n'y arrive pas... bref un schéma très classique pour la série ; on est pourtant en droit d'attendre un season premiere qui tue, et surtout qu'en 2e saison, les choses bougent un peu), et surtout, j'ai passé la majeure partie de l'épisode à me sentir mal à l'aise. Bêtement, sans doute. Mais mal à l'aise quand même.
Pourquoi ? Hé bien parce que dans l'une des premières scènes, Samantha tombe le haut... et je dois bien avouer que j'ai trouvé ça un peu inapproprié.

Je n'ai rien contre un beau lâcher de seins dans une série, notez bien. Je suis hétéro mais pas je sais reconnaître ce qui est beau. Quand ça sert l'histoire ou un bon gag, je ne vois pas le mal non plus. Quand l'actrice est jolie, bon, pourquoi se priver d'une partie de l'audience masculine, aussi. Mais ça devient inconfortable quand il a été fait une certaine publicité autour desdits seins quelques semaines plus tôt, à peine. C'est de mauvais goût, quelque part ; d'aussi mauvais goût que si Fran Drescher jouait une scène de viol à des fins pseudo-comiques, mettons. Ca met vraiment mal à l'aise celui qui regarde ledit spectacle en sachant qu'il devrait en rire, alors qu'il ne parvient pas à trouver ça drôle.

Je peux imaginer que ce soit la façon pour Christina Applegate de dire "regardez, je vais bien, n'y revenons plus !".
Je peux imaginer que ce soit aussi sa façon de se dire "je vais bien !".
Je peux imaginer plein d'explications plus ou moins rationnelles. Mais ça reste un peu... étrange. Le fait de lire certaines choses, que ce soit aussi bien sur des acteurs que sur des séries elles-mêmes, change la vision que nous en avons, et il n'est pas toujours bienvenu d'en jouer.

Le vrai problème, c'est qu'en fait, le parcours d'un téléphage est souvent le suivant :
- au début, il voit des séries à la télé (c'est sympa, mais sans plus)
- un jour, il les regarde car l'une d'entre elles a accroché son attention (on connaitra plus tard cette série sous la dénomination de "série préférée"/"référence"/"série culte", souvent uniquement pour des motifs sentimentaux)
- il commence à chercher à en voir plus à propos de cette série (les épisodes en entier, puis un maximum d'épisodes, puis tous les épisodes...) et éventuellement à propos de quelques autres par effet de contagion/d'appétit
- il essaye d'en savoir plus sur le contenu, et lit des articles (il entre donc dans l'enfer de la presse spécialisée et sa distribution parfois aléatoire), des livres (novellisation ou analyses), sites internet, peut-être fanfictions
- il essaye d'en savoir encore plus, mais cette fois sur le contenant : production, acteurs, chaîne, moyens techniques (pour vous donner un exemple, 3/4 des fans de science-fiction installent un logiciel de 3D pro ou semi-pro pendant cette phase)
Vrai ou pas vrai ? Nous passons progressivement d'un stade de découverte à un stade de surinformation. Osera-t-on me dire qu'on regarde la série de la même façon à chaque phase ? Plus je fréquente internet, et notamment les sites d'information téléphagique, plus je me dis que la dernière étape n'est guère plus enviable que la première, comme un passage du trop froid au trop chaud. Ca doit être pour ça que j'évite de plus en plus les sites informatifs pour me concentrer sur l'aspect subjectif des choses, d'ailleurs... En vérité, s'il est dans la nature du téléphage d'en vouloir toujours plus, un jour, après avoir fait un bout de chemin, nombreuses sont les tentations de s'éloigner de ce qui le passionne au début, à savoir le contenu des séries, au profit de sujets plus périphériques... y compris les divers potins sur les uns et les autres, sur leur vie familiale, amoureuse, médicale ou autre. Avons-nous besoin de le savoir ? Pas vraiment ! Mais plus le temps passe plus nous y prêtons oreille tout de même, ne serait-ce que parce que nous fréquentons des canaux d'information qui couvrent ces sujets, au prétexte qu'ils ont un rapport avec les séries, et qu'il est difficile de ne pas voir ces news au milieu des autres.

Soudain, je ne sais plus si j'ai envie de savoir quoi que ce soit. J'ai l'impression que d'avoir lu des news sur les problèmes de santé de Christina Applegate me retire une part de mon plaisir à la voir évoluer à l'écran. Cela lui enlève une partie de sa liberté. Soudain je ne vois plus Samantha Newly, mais justement Christina Applegate. Et c'est pas juste de me faire ça.
Je me sens lésée d'être informée.

22 septembre 2008

Trop facile

Je perds la boule. Je n'arrive pas à me souvenir si je vous ai déjà parlé de Raising the Bar. Les tags me disent que non (hein que c'est utile, ces bidules ?). Je recouvre un peu de ma santé mentale. Très peu, vu la série dont je m'apprête à vous parler et qui me rend dingue...

Préambule : notez bien que je suis extrêmement bien disposée, sur le papier, à l'arrivée de cette série. Je n'ai qu'une affection modérée pour les séries policières, mais les séries judiciaires ont d'avance toute ma sympathie. J'allais y retrouver la délicieuse Jane Kaczmarek, en plus ! Et puis Gosselaar, même avec le cheveu long et gras, reste Gosselaar... un bon petit eye candy qu'on ne peut décemment pas refuser. Même si son jeu est pourri, il présente bien, quand même !

En dépit de tous ces a priori positifs (ou peut-être justement par leur faute), Raising the Bar a démontré que Bochco ne plaçait pas... non, attendez. Je ne vais pas m'amuser à ça. Pas de jeu de mot sur le titre (lui-même étant déjà un pun), ce serait trop facile. Ce serait entrer dans le jeu de la série. Non, je ne vous donnerai pas cette satisfaction, Môssieu !

Parce que franchement, c'est la raison pour laquelle je n'avais pas parlé de Raising the Bar plus tôt : cette série est simplement pathétique ! C'est une dramédie à la Kelley, mais sans le génie de Kelley... pour autant que je sache Bochco n'a jamais eu son génie lorsqu'il s'agissait d'intégrer dans une même série autant de folie que de raison. Bochco ne sait pas nous éberluer devant la fantaisie de ces personnages, et je le soupçonne d'en manquer beaucoup trop lui-même pour pouvoir faire illusion. Ce type a des qualités mais la démence n'en fait pas partie, or c'était une qualité essentielle si l'on voulait faire de Raising the Bar une vraie réussite.

Non qu'il soit nécessaire d'être Kelley pour faire une série à la fois judiciaire et déjantée, je suis sûre que d'autres peuvent le faire, et pas strictement sur le même modèle d'ailleurs, simplement il leur faudrait la même capacité que lui à sortir des poncifs du genre, et des rigidités habituelles des personnages. A les rendre réellement désaxés. Ici, les personnages de Raising the Bar sont d'une banalité affligeante, ils sont... beiges, oui, je pense que c'est le mot. Tristement passe-partout. Et ce n'est pas d'apprendre les coucheries des uns et des autres sur la fin (surtout que ça ne surprend personne, l'effet est entièrement raté) qui change la donne.
Celui de Jane Kaczmarek, effectivement, retient à peu près l'attention. L'actrice semble s'y donner avec délectation, et l'écriture semble lui offrir les seules opportunités d'originalité, mais tout ça manque de logique. Les personnages d'une bonne dramédie sont bizarres, mais on peut les comprendre ou compatir à leurs tribulations, bref se lier avec eux de façon à leur pardonner leur étrangeté, voire même la voir comme une qualité charmante. Ici rien de tout ça, dans Raising the Bar c'est en fait exactement l'inverse, les personnages sont on-ne-peut-plus normaux, mais ils semblent inconsistants. Comment voulez-vous vous lier avec eux dans ces conditions ? Et si on ne peut pas établir de lien avec toute cette clique, comment les supporter jusqu'au bout de leurs argumentations ? Comment espérer avec eux la relaxe du client ?

Le problème c'est que ni l'émotionnel, ni le rationnel, n'ont d'attrait ici. Les plaidoiries sont fades (bah oui mais quand on passe derrière d'autres séries du même genre, il faut savoir relever le défi !) et sans surprise. Pas un avocat, même Gosselaar qui pourtant semble avoir été désigné personnage principal, avec ce que ça semble comporter obligatoirement d'idéalisme et de passion (Alan Shore me manque...), que tout cela est prévisible, ne se revèle être spécialement brillant devant la Cour. Et c'est le personnage avec le plus de temps d'antenne, alors imaginez le peu de répondant en face ! Non, sérieusement, on essaye de faire quoi, ici ?

Tout cela n'a nullement empêché la série de très bien fonctionner et de faire partie des premiers renouvellements de la saison, pour une raison qui m'échape encore. Ca doit être ce même genre de motivation qui fait que les gens s'intéressent quand même à la suite de True Blood. Comme une sorte de papillon attiré par l'espoir lumineux de finir par voir une amélioration, j'imagine.
Eh bah brûlez-vous les ailes, si tel est votre bon plaisir, mais ce sera sans moi.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Raising the Bar de SeriesLive.

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