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ladytelephagy
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3 avril 2009

Dans les parties

Ça vous arrive, à vous, d'être bavard à un tel point que quand vous finissez une phrase, c'est sur un thème à mille lieues de là où vous l'aviez commencé ? Eh bien moi je suis comme ça. Et quand la semaine dernière, je vous ai dit que j'avais plein de choses à vous raconter, dans l'intervalle je vous ai parlé de plein de trucs, mais j'ai dévié sur All in the Family et Maude (les votes sont ouverts jusqu'à mercredi, on va dire, pour les retardataires), entre autres.

Bon, à la base, je voulais aussi vous parler de Party Down, même si évidemment ce n'était clairement pas la nouveauté la plus attendue de la mi-saison, mais bon. C'est vrai aussi que les nouveautés attendues, bon bah elles étaient tellement attendues qu'elles ne nous ont rien apporté de très extraordinaire, et par exemple Dollhouse dont on nous rebattait les oreilles à volonté a des audiences qui sentent bien le moisi. Et même les séries dont on n'attendait, en définitive, pas grand'chose, nous ont offert bien moins que ça, j'en veux pour preuve The Listener, dont on retiendra les yeux bleus et... les yeux bleus. Bon.

Mais finalement autour de quoi se fabrique cette attente que nous avons des séries qui arrivent par vagues plus ou moins régulières ? Evidemment ça se fabrique, la demande, la télé c'est un business et la promo très prématurée de certaines séries fait que plus on entretient notre curiosité à son sujet, plus on a l'impression que la série est "attendue", mais je me demande si ça leur rend tellement service au bout du compte. Avec Dollhouse, tout le monde attendait le retour de Joss Whedon et finalement, hein ? Eh bien Joss Whedon n'est pas toujours capable de bluffer tout le monde, apparemment. Je parlais aujourd'hui avec un ami qui a été, mais alors, vous n'imaginez pas, mordu de Buffy comme c'était pas permis. Et avec qui on a englouti du Angel à qui mieux-mieux. Et qui ne pouvait que regarder Dollhouse. Et puis il m'a finalement confié qu'il lui a fallu bien quatre épisodes pour commencer à apprécier la série. Ce qui prouve bien que ça ne veut rien dire !
Alors quand une série est soi-disant attendue, finalement, ça ne présage de rien du tout.

On peut donc conclure sans trop s'aventurer que la réciproque est vraie. Quand une série n'a pas eu de battage médiatique exagéré des mois avant ses débuts, qu'elle se contente d'un peu de promo et surtout de ses qualités propres, eh bah tout de suite, ça va mieux.

Mais d'un autre côté il y a des séries sans promo tapageuse, et sans qualité extraordinaire pour autant, bref qui n'ont ni de grandes promesses à nous offrir, ni de surprise extravagante à nous faire. Et finalement, ces séries-là sont sans doute les plus nombreuses.
Ces séries sont-elles forcément vouées à l'annulation ? C'est pas dit. Il y a des séries dont on ne saurait expliquer pourquoi, mais qui parviennent à survivre malgré ces inconvénients. On ne sait pas trop comment ni pourquoi, mais ces trucs survivent, et personne ne saurait l'expliquer ni par les audiences, ni par l'écriture, ni par le casting, rien. Ca arrive, n'est-ce pas ? Et on n'a aucune idée de pourquoi. Après le pilote vient un autre épisode, puis un autre, et c'est comme ça, même si on ne parvient pas à se l'expliquer, la série est là. Dollhouse n'est pas encore annulée par exemple. Espérons que Better Off Ted en soit loin, en contrepartie. C'est comme ça. Finalement tout ne s'explique pas forcément par une sorte de mécanique prévisible conditionnée par une promo faite à l'avance ou par justement l'effet de surprise.

Eh bah voilà, ça recommence, zut de zut. Avec tout ça, j'ai de nouveau oublié de parler de Party Down.
Ou bien ?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Party Down de SeriesLive.

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11 juin 2007

Desperate Staterwife

Certaines séries ont le défaut de tout de suite vous en évoquer une autre. Cette année, ce n'est pas étonnant outre mesure qu'on ait des relents de Desperate Housewives régulièrement, toutes les chaînes ont leur remake dans la grille. D'ailleurs je vous ai déjà parlé de Army Wives... eh bien voilà, tout le monde a sa variation sur le même thème. La bonne nouvelle, c'est que la ménagère de moins de 50 ans américaine va enfin se reconnaître dans les séries de cette saison, où le jeunisme prend un sacré uppercut.

C'est Debra Messing qui se commet dans The Starter Wife, objet du post d'aujourd'hui. Arrêtons-nous d'ailleurs sur ce choix de casting : Debra est une plutôt bonne comédienne, et surtout elle est bien bankable, du coup voilà un show taillé sur mesure pour elle. D'abord parce qu'il est léger : nous n'avons pas trop de scènes exagérément dramatiques, même quand elles seraient en droit de l'être, vu que Debra est plus douée dans l'humour (il suffit de voir sa prestation déplorable dans Prey) que dans la tragédie. Ensuite, pas de gags : le temps perdu à refaire inlassablement les prises d'une série qui n'est pas tournée en public est ainsi gagné, et ce, juste parce qu'elle fait partie de ces comédiennes incapables de dire une tirade drôle sans exploser de rire (c'était évident dans Will & Grace mais aussi dans Ned & Stacey). Que reste-t-il ? Un rôle doux-amer qui lui va comme un gant, donc, et qui lui permet d'être efficace.

D'ailleurs bien des choses sont efficaces dans The Starter Wife : le scénario, qui en dépit d'un pilote d'1h30, ne possède pas un temps mort, pas une petite digression ; les dialogues, dont on ne peut pas dire que la prod' ait fait son soucis majeur, du coup au lieu d'être excellents, ils sont efficaces... et enfin les acteurs, qui rentrent tous sagement dans leurs petites boîtes, sans chercher à nous épater, juste à servir l'histoire. Bref, une bonne machine bien huilée qui prouve que devant et derrière la caméra, tout le monde sait ce qu'il fait. C'est du travail bien brossé.

Inutile de vous faire une dessin : il manque donc un éclair de génie à cette série, le truc qui crée le coup de coeur, la seule raison pour laquelle vous allez accrocher à la série plutôt que de simplement la regarder si vous tombez dessus en zappant. The Starter Wife n'est pas une série qui vous fait tomber en pâmoison, c'est juste une bonne série, ce qui, certes, est déjà pas si mal. Elle ne possède pas un casting à tomber raide, juste un bon casting. Son générique n'est pas épatant, juste marrant. Sa bande son n'est pas amusante, elle est... ah bah non, là c'est pire, c'est la B.O. de Desperate Housewives. On oublie la musique.

Alors, pourquoi regarder The Starter Wife ? La réponse n'est pas une énorme affirmation enthousiaste, du genre de "oh mon Dieu c'est trop génial il faut absolument regarder c'est énorme", en fait c'est plus subtil que ça, et c'est la raison pour laquelle The Starter Wife n'aura sans doute pas le succès du DH dont elle s'est si visiblement inspiré.
Je pense que le charme classieux de Debra Messing (toujours sublimissime et altière, c'est le rôle qui le veut mais on a la classe ou on l'a pas), les décors hollywoodiens (cette maison sur la plage, je pourrais tuer pour y emménager vous savez ???), et les mille petites intrigues des uns et des autres (certaines commençant assez tardivement comme les problèmes d'argent du quota gay) ont leur intérêt, leur charme, et peuvent toucher une partie du public qui appréciera cette sobriété et cette sorte de subtilité. En plus, ces éléments peuvent gagner en impact à mesure que la série vieillira et larguera les amarres.

Et puis, quand bien même de nombreux éléments de la série sont très conventionnels, scolaires pourrions-nous dire éventuellement, on ne peut que se prendre d'affection pour le personnage de Molly : c'est un personnage extrêmement attachant, finement drôle (pour les raisons énoncées plus haut, elle ne fonctionne pas par tirades étincelantes mais par l'accumulation de petites attitudes charmantes et amusantes), bref plein de qualités que toutes les Desperate Housewives, non plus que beaucoup de leurs clônes, n'ont pas à ce point, optant plus souvent pour la comédie franche. Un équilibre très féminin, pas du tout caricatural, finalement assez naturel : voilà la force de ce personnage, et donc de la série.

Arriverai-je à me préoccuper des déboires de Molly pendant longtemps ? Déjà, 1h30, ça ne m'a pas semblé si long que ça, c'est déjà bon signe, surtout venant de quelqu'un qui est paramétré pour avoir envie de zapper au bout de 45mn. Certains personnages de second ou troisième rang ont piqué ma curiosité aussi, certaines interactions de Molly avec ces personnages sont intéressantes, le final est touchant sans jouer les violons, bref il y a finalement des raisons... comment dire ? Raisonnables ? De donner sa chance à The Starter Wife. Au moins une chance. Vous aviserez ensuite.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Starter Wife de SeriesLive.

30 mai 2008

Des inconvénients de n'avoir pas cédé à la facilité

Car voilà bien le problème.
Le concept de ce blog, ça a toujours été de ne pas faire de reviews. Je dirais bien que je n'ai aucun talent pour les reviews si je pouvais dire que j'ai essayé d'en faire par le passé, mais ce n'est pas le cas. Simplement ça n'est pas mon truc, voilà.

Du coup, comment fonctionne ce blog (quand il fonctionne diront les mauvaises langues, et elles auront relativement raison), depuis son ouverture ? J'y parle très rarement deux fois de la même série.

Quand mes confrères (et ça n'ôte rien à leur mérite) choisissent quelques séries qu'ils suivront une saison durant, et vous racontent leur expérience épisode après épisode, ils ont un contenu tout trouvé pour les posts, de sorte que, s'ils ne publient pas récemment, on leur en veut un peu puisqu'en dehors d'une grève tous les 20 ans, ils n'ont que peu d'excuses.
Mais quant à moi (et ça n'ajoute rien à mon rachitique mérite), j'ai choisi de ne pas vous raconter UN épisode, et surtout pas ceux qui suivent, mais bien de vous parler d'une série. Ou de plusieurs en même temps. Ou de ma façon de vivre ma téléphagie. Et du coup, il arrive cycliquement, comme là, cette semaine (puisque j'ai promis un post par semaine. Minimum.), du fait de raisons plus ou moins bonnes (c'est facile de se décharger sur un boulot très prenant, mais j'ai quand même 15 heures de transports en commun par semaine, où je pourrais m'atteler à la tâche, et ça s'est déjà produit, de vous concocter un post à peu près digne), eh bien je n'ai regardé aucune série. Rien. Pas l'ombre d'une.
Cette semaine, mon écran de télé est resté aussi vide qu'un épisode de Bones, dont j'ai l'immense vacuité sous les yeux en cet instant même où je vous parle. Mais on a déjà abordé le sujet...

Je ne dirais pas que je n'ai pas pensé à vous, au contraire.
En fait j'avais même une piste d'un post pour la catégorie "Série de valeurs", une fois n'est pas coutume. il était vaguement question des genres de séries, enfin, bon, j'avais l'impression de tenir quelque chose... mais je me suis endormie, réveillée trois villes trop loin, et j'ai un peu laissé échapper le filon. Je suis sincèrement désolée.
J'avais aussi envie de vous faire un post sur le déplorable Mop Girl, découvert quasi-simultanément avec Hokaben et Last Friends dont je vous ai parlé précédemment (et un peu plus précédemment encore). Mais justement, j'aurais dû écrire tout de suite mon post, parce que du coup je n'ai plus les idées très fraîches, embrouillée que je suis par de vilaines contingences imposées par mon tortionnaire de patron.
Ah et puis, il y a aussi ce post sur le coffret DVD d'Action que j'ai commencé et qui me semble plus compliqué à finir dignement que prévu. C'est que la dignité, dans Action, faut bien la chercher, quand même...

Bon, bref, je suis pitoyable et je ne mérite que vos sifflets.
Evidemment, tout serait plus facile, tellement plus facile, si je me contentais de vous parler uniquement de ce dont je vous ai déjà parlé. Bah oui, si j'ai su le faire une fois, les chances sont immenses que ce soit très facile de recommencer. Qui veut un post sur Rude Awakening ? Oh, je peux en distribuer quasiment à volonté, pas de problème. Vous voulez un résumé de mon expérience OZée d'il y a deux semaines ? Un petit compte-rendu, épisode par épisode ? Hein, dites ? Simplissime, ça, en plus yen a que huit dans la saison que j'ai achetée.
Oh, ou alors, je peux aussi vous faire un truc avec plein de captures, vous savez, je prends 200 captures, et je divise par 10 pour décider du nombre de mots que j'écris en-dessous. Genre "trop mignon" ou "je le voyais carrément venir", vous voyez ? Ca serait facile ! Je peux, si vous voulez ! Surtout si par exemple je prenais pour cible une série un peu simplette.

Mais je ne serais pas très satisfaite, et je pense que vous non plus.

Bon, vous savez quoi ? On va faire un deal, vous et moi. On dit que le post du vendredi, cette semaine... bah je vais le faire la semaine prochaine. Juste une fois.

Comme ça, vous ne serez pas obligés de vous contenter d'un post débile aussi débile qu'un épisode avec plein de flashbacks.

28 février 2007

Idée générique

Ca semble être apparemment une nouvelle mode que de proposer à un pays d'avoir son propre générique au moment de la diffusion d'une série. C'est en tous cas le sentiment que j'ai après que la japonaise Yuna Ito se soit occupée du générique de fin de LOST, et que Faf la Rage (pour la France) et le groupe EXILE (au pays du Soleil Levant) apportent leur univers à celui de Prison Break. Je suis sûre qu'il doit y avoir d'autres exemples. Et peut-être même moins récents.

Faut-il en conclure que le générique est devenu une des armes de guerre marketing ? Bah pourtant non, puisque de nombreuses séries (LOST en tête, justement), réduisent le générique à sa plus simple expression, lorsqu'il ne s'agit pas de purement et simplement le sucrer (lire le très bon post du blog de SeriesLive à ce sujet). Disons que ce n'est pas non plus une règle qui s'applique à toutes les séries à présent.

Alors dans ce cas, faut-il penser que ce sont les Japonais qui aiment bien changer le générique d'une série pour se l'approprier ? Ne me faites pas rire, nous n'avons pas toujours eu le même générique que la version originale non plus, et on n'est même pas passés par la francisation. Ne me relancez pas sur le changement de générique de LAX au moment de son atterrissage sur M6, par exemple.

Mais peut-être, quand même, que certaines séries (à défaut que toute une génération de shows développent la tendance) vont décider d'utiliser le générique au maximum de son potentiel. Après tout, l'idée de le rentabiliser comme goodies à temps complet n'est pas nouveau, en témoignent les incursions de ces mêmes génériques dans les charts (n'est-ce pas SMALLVILLE qui a ouvert la marche en sortant en single ?). En fait, demander à un artiste (qu'il soit connu ou non) de réinterpréter un générique, c'est juste une façon différente de faire positionner un générique dans les charts locaux. En témoignent les excellentes ventes de Faf la Rage (toujours pas eu le temps de l'écouter en entier mais d'un autre côté, toujours pas eu le temps de m'intéresser à Prison Break en entier...). Et donc, par ce biais, de s'assurer une publicité parallèle, celle opérée par un pan des medias qui ne s'occuperait pas de séries, mais qui est obligé de l'évoquer parce que ça touche à la musique.

Vous allez me dire ; oui mais, Faf la Rage fait un titre de rap, et les EXILE font du R'n'B teinté de rock, ce n'est pas le même univers ! (tiens, vous connaissez les EXILE ? devenons amis !) Certes, c'est vrai : et puis ? Imaginez que, d'ici une saison ou deux, les génies publicitaires en charge de la série sortent la B.O., on pourrait écouter, au lieu d'avoir simplement les pistes insérées 30 secondes dans le 10e épisode de la 2e saison, la totalité des génériques créés pour le monde entier ! Imaginez ça : une compilation de tous les univers Prison Break dans le monde, avec chacun, une façon de mettre en lumière un aspect différent de la série ! Ne serait-ce pas une idée follement sympa ?! Diantre, je signe de suite.

La première fois que j'ai su qu'aux States, en France et au Japon, il y avait eu une chanson différente pour le film "Le jour d'après" (on n'en rira jamais assez : la B.O. pour la version japonaise était interprétée par un groupe nommé Day After Tomorrow, ça ne s'invente pas), j'ai été étonnée, je ne le cache pas. Mais dans le fond ça n'était pas idiot. Les films font en fait ça très souvent, et bien-sûr, l'animation, aussi. Phil Collins chantant les titres du Tarzan de Disney en français, ça vous évoque des souvenirs ? Toutes les versions françaises des productions nippones revisitées par le Club Do et ses acolytes ?
Alors pourquoi les séries ne se positionneraient-elles pas aussi de cette façon ?

Et puis, l'industrie de la série télé n'a plus rien à envier à celle du cinéma. Que ce soit dans la réalisation, dans le casting, dans les moyens mis en oeuvre... et même dans les efforts de promotion (même si beaucoup de séries s'auto-proclament "cultes" -mon Dieu ce que ça peut énerver, pas vrai ?- elles ont maintenant une promotion décente même dans nos contrées élitistes), le cinéma n'a plus grand'chose à nous apprendre. Alors pourquoi pas exploiter les techniques qui ont fait sa grandeur (qui a dit "et sa décadence" ???) et permettre ainsi de harponer plus de monde ?

Demain, peut-être, Leslie interprètera le générique français de Heroes, ou les No Angels la version allemande de Jericho, ou Natsumi Abe fera-t-elle la promotion nippone Brothers and Sisters... ça fait rêver.
Et puis, entre nous, si ce type de manoeuvre marketing peut assurer la pérennité du générique dans les années à venir, je ne vois vraiment pas le soucis. On demande aux pontes des industries media d'accepter le changement et de s'y adapter, peut-être le pourrions-nous aussi.

19 janvier 2007

Super Hiro !

Là, remontant dans mon dos, glissant sur mon cou... c'est bel et bien un frisson !
Je ne sais pas où j'avais la tête ces derniers mois. Après avoir vu l'excellent pilote de Heroes, je n'ai même pas pensé à regarder les suivants. Pourtant me voilà cette fois curieuse d'y jeter un oeil, comme prise d'une lubie... Que je sois damnée si je m'arrête là !!!

En plus d'excellentes scènes portées par un excellent cast (Hayden Panettiere, qui est vraiment à son avantage, est devenue une actrice moins linéaire que lors de son époque Ally McBeal/Malcolm) et d'une histoire qui parvient à faire semblant d'avancer même si ce n'est pas le cas (on n'en est jamais qu'au second épisode, en même temps !), les personnages sont vraiment explorés avec brio, et leurs dons ont chacun un rendu à la fois réaliste et merveilleux.

Le policier Matt Parkman, par exemple (même si à son âge c'est étonnant qu'il n'ait pas eu de manifestations antérieure de son don... sans doute quelque chose qui nous sera expliqué ensuite, du moins faut-il l'espérer), est un personnage auquel on s'attache immédiatement. Comme d'habitude, on a tendance à attacher à Adrian Pasdar des sentiments ambigus, alors que son personnage du frère Petrelli est pour le moment plutôt franc, même si un peu sombre (on est loin de Mysterious Ways, mais dans le voisinage de Feds et Profit !). Et que dire de l'excellent Hiro Nakamura/Masi Oka qui porte le show sur ses épaules (je comprends mieux pourquoi on le voit tant dans les promos de la série) ?

Voilà bien une série qu'il faut impérativement avoir vue cette année ! Si pour le moment elle offre principalement du divertissement de haut niveau, on lui sent le potentiel d'offrir de très bonnes histoires, solides et intéressantes.
Ca fait bien chier de devoir aller se coucher, mais parfois, on n'y peut simplement rien, il faut s'armer de patience pour voir ce que les choses vont donner.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Heroes de SeriesLive.

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28 août 2009

I can't live without you

Depuis quelques jours, ma marotte, c'est BOSS, l'une des séries qui a le plus marché au printemps. Et c'est justement pour ça que je n'y avais pas encore touché, en fait. Il faut dire que quand on voit que des Mei-chan no Shitsuji remportent des récompenses, on développe une certaine méfiance vis-à-vis des séries couvertes de statuettes. Évidemment, j'étais aussi pas mal refroidie par l'idée de regarder une série policière, car comme chacun sait, c'est loin d'être mon violon d'Ingres.

Pourtant, en décidant de sauter le pas, j'ai pris la bonne décision. Comme quoi, même les plus curieux d'entre nous gagnent à se pousser à encore plus de curiosité !
Contrairement à mes craintes, BOSS n'est pas une pâle copie d'un show américain genre Les Experts Santiago, mais parvient tout de même à se démarquer pas mal de séries japonaises d'enquêtes (bien que je confesse avoir plutôt regardé des Maid Deka ou Q.E.D. que des séries strictement policières). L'équilibre se trouve dans le fait que si on y trouve effectivement une équipe de police où chacun a ses compétences techniques, avec passage au labo et tout, en revanche on s'y autorise d'une part des personnalités plus ambivalentes (les personnages sont des ratés, c'est même pour ça qu'on les a regroupés dans la même unité) et un aspect plus feuilletonnant autour des déboires de l'unité pour se trouver une crédibilité.

BOSS parvient également à surprendre dans ses orientations scénaristiques. Les rebondissements surprennent réellement, du moins une bonne partie d'entre eux, et on n'a pas ce sentiment désagréable d'avoir résolu l'enquête avant tout le monde, qui en ce qui me concerne est assez récurrent (sauf quand le scénario fait exprès de me laisser dans le noir, ce qui m'agace au moins autant). Non, ici, quand on entend les conclusions de l'héroïne principale, Eriko Osawa, on se dit "mais ouiiiiii ! je l'avais vu ça en plus ! mais c'est tellement évident !", le genre de réaction que j'aime bien avoir devant une série policière, en fait.

Ce que j'aime aussi, c'est la façon dont la comédie est présente, mais largement moins appuyée que dans des NCIS qui se targuent d'être des comédies policières mais ne font que tartiner indéfiniment les mêmes gags d'épisode en épisode. Non, ici c'est plus subtil. Par exemple dans le pilote, l'assistant d'Eriko, un jeune flic pas bien mature, à qui il faut dire que la porte se tire au lieu de se pousser, ça dure 2 secondes, ya pas de musique débile, on est dans le pince sans rire le plus total, et pouf, c'est déjà oublié, l'enquête suit son cours. Un regard, une phrase, c'est tout. Cette façon de ne pas chercher à faire rire mais juste de ménager des respirations, ça marche à fond sur moi.

BOSS utilise aussi un grand nombre d'effets spéciaux (dont la majorité se trouve être très réussie), d'effets de montage (la caméra donne l'impression d'être perpétuellement en mouvement alors qu'on a juste retiré 1 seconde au plan pour lui donner un effet de rapidité), de jeu sur les musiques (pour l'instant le deuxième épisode a été le plus doué à cette petite technique), bref, les petites idées fusent pour qu'on sorte de la routine télévisuelle, et ça fait un bien fou.

Du coup, moi qui ne suis pas tellement branchée séries policières, vous savez quoi ? En 48h, j'ai déjà regardé 4 épisodes.
Je me prends presqu'à rêver que pour une fois, celle-ci va être prolongée... c'est pas totalement exclu mais hélas c'est quand même trop rare pour que je me berce d'illusions. Dommage, mais du coup je vais savourer les quelques épisodes qu'il me reste à découvrir avec d'autant plus de bonheur.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche BOSS de SeriesLive.

22 juin 2009

New Friends

Oyez, oyez ! Eske (que mille DVD lui soient offerts en sacrifice) a pu mettre en ligne une partie des fiches nippones que j'avais envoyées il y a quelques temps. Dans la prochaine salve, vous trouverez également des séries dont je n'ai pas parlé mais dont le post est actuellement en travaux, d'ailleurs...

Mais pour le moment :
- Bokura no Yuuki
- Hokaben
- Joou no Kyoushitsu
- Last Friends

N'hésitez pas à leur payer une visite, et d'en profiter pour aller relire les tags associés, car il s'agit de séries dont j'ai déjà parlé par le passé. Je crois me rappeler que Last Friends avait fait une adepte, n'hésitez pas à tenter votre chance avec l'une ou l'autre de ces séries !

Après le succès de Lunch no Joou (prochainement fiché aussi), je vais essayer d'espacer un peu moins les posts sur les séries nippones, comme vous avez pu le voir tout à l'heure avec Yakou no Kaidan... que d'ailleurs je dois envoyer à Eske dans un avenir proche. Le pauvre, il n'en verra jamais le bout.

27 mai 2009

Fiching

Un quatrième post aujourd'hui (quelle santé, quelle jeunesse !), mais plus mineur que les précédents, un tout petit 3615 My (So-Called) Life, histoire de tirer mon chapeau à Eske pour sa patience. Il a en effet mis en ligne sur SeriesLive une partie des fiches que je lui avais envoyées, et qui sont les suivantes :
- Dante's Cove
- Guiding Light
- Noah's Arc
- Space Precinct
- The DL Chronicles
- The Lair

Evidemment, les posts sur ces séries ont été mis à jour, et si ce n'était encore fait, vous pouvez aller y jeter un oeil en suivant les tags... Quelle petite machine bien huilée, tout ça !
Prochaine fournée dans quelques jours, avec cette fois les fiches de séries nippones que j'ai envoyées...

Et tant que j'en suis aux messages personnels, félicitations à rei, ma frangine, qui s'est hissée à la 4e place du quizz de SeriesLive cette semaine. Bravo soeurette ! Continue à tenter de ramener les biffetons à la maison, je suis toujours en désintoxication...

22 avril 2009

Un peu cloche

"Une nouvelle série de David E. Kelley !!! Je vais me jeter dessus !"
Ce serait une réaction plutôt logique de ma part quand on sait à quel point j'aime The Practice (c'est vrai aussi que je n'ai vu que les premières saisons mais c'était pour des raisons purement circonstancielles), ou combien je peux prendre plaisir à un bon Boston Justice ou Boston Public (mais pas Boston Common, rien à voir avec la choucroute). Eh bah pourtant, ça ne m'a pas cet effet il y a deux ans quasiment tout pile quand a surgi The Wedding Bells, preuve que vraiment, c'est pas mon genre de suivre les oeuvres de telle ou telle personne à la trace (il suffit de voir le temps que ça me prend pour vous vendre Amber Tamblyn pour le vérifier, cela dit). Je vous avais bien dit que j'étais pas du genre à être fan...

Mais comme le quizz de SeriesLive m'a mise au pied du mur, m'humiliant une fois de plus en me retirant 5 points à une question insidieuse, pour ne pas m'énerver devant mon PC devant certaines questions finalement simples si on prend la peine de s'informer, me voilà un peu contrainte et forcée de me cultiver un peu. Ce quizz me rendra folle, mais ça on l'a déjà établi dans le post précédent. Et je n'ai pas fini de vous le prouver, d'ailleurs.

Alors me voilà hier en train de m'envoyer le pilote de The Wedding Bells, sans effet "waouh c'est un nouveau Kelley", et sans non plus l'extrême inverse genre "si j'ai pas regardé à l'époque c'est que je devais avoir une bonne raison" ; juste en attendant de voir ce que ça peut bien donner.

En plus, à la base, The Wedding Bells est un peu plus originale que la moyenne, ce qui fait du bien. C'est aussi bien une idée nouvelle en général que dans le cas de Kelley en particulier, donc que des raisons de s'en réjouir ! Ce n'est pas une série policière de plus dans les grilles, et ce n'est pas une série judiciaire de plus pour le créateur. A la limite on ne s'étonnera pas que ça n'ait pas marché, en fait.

Pour ceux qui comme moi ont apparemment loupé un épisode (ou plutôt 5), voilà un petit cours de rattrapage : les soeurs Bells ont repris l'entreprise familiale gérant le Wedding Palace (d'où le titre de la série, mais où vont-ils chercher des jeux de mots si subtils ?), où sont organisés, je vous le donne en mille, des mariages, c'est bien votre cas n'est pas tout-à-fait désespéré en anglais. Sauf qu'évidemment les mariages ont tendance à poser problème, et il en va de même pour les tempéraments des trois sœurs ainsi que des trois mâles de l'entreprise, à savoir le photographe (qui, si ce n'est encore fait et ça m'étonnerait de lui, donnera envie à Nakayomi de découvrir la série), le chanteur du groupe qui anime les soirées de mariage, et le mari de l'une des trois sœurs (qui fait à peu près tout ce que les autres ne veulent pas faire). Rien à voir avec le pouvoir des trois : rien ne sauvera jamais un mariage de la débâcle, ni les sœurs de la discorde, puisqu'elles se cherchent en permanence des poux dans la tête (mais n'est-ce pas là la définition d'une frangine ? Spéciale dédicace à la mienne !).

On partait donc d'un petit pitch sans prétention mais quand même bien rafraîchissant dans le contexte ambiant.
Le cast est en plus relativement appréciable. Bon, personnellement je n'ai pas autant de louanges à chanter sur Michael Landes que d'autres personnes de ma connaissance, et Teri Polo ne m'est pas spécialement sympathique, mais l'ensemble fonctionne bien, c'est léger, drôle, et les guests (en tous cas pour le pilote) sont plutôt bien choisis (même si j'ai été infoutue de trouver Renée Taylor qu'IMDb m'avait pourtant promise, ya eu arnaque ; mais au moins les sœurs Tom formaient un super tandem, Brandon Quinn vieillit de façon presque potable, et surtout j'ai bien été contente de retrouver Delta Burke, plus hautaine que jamais).
Bref c'est très vivant et enlevé, le rythme est impeccable, les sœurs sont pétillantes, les situations rocambolesques mais les gags (si on peut parler de gags, vu que ce n'est quand même pas un sitcom) fonctionnent bien, et à un moment c'était presque pertinent ces regards sur le mariage, même si ce n'était pas absolument révolutionnaire. C'est pas ce que Kelley a pu faire de plus profond, mais en tous cas c'est pas un ratage complet.

J'ai même envie de dire que certains personnages tirent très finement leur épingle du jeu, sortent légèrement des poncifs du genre sans non plus révolutionner la face du monde (j'adore la façon dont systématiquement le photographe parvient à dénouer toutes les tensions dans la clientèle, c'est juste magique). Et puis pour une fois qu'on parle de mariage sans se contenter de sortir bêtement les violons, en prenant ça à l'humour (ça m'a rappelé un épisode de Gilmore Girls à un moment !), ça faisait franchement du bien, plutôt que les tartines de "c'est le plus beau jour de ma vie gnagnagna" (je pense à peine à Charlotte York et son Trey), non, sérieux, en fait plus j'y pense plus je me suis amusée. Zut alors !

Du coup, me voilà à me dire : tiens, et si je regardais la suite ? Quatre épisodes, ça ne peut pas me tuer... sauf si mettre la main dessus me prend trois plombes, c'est vrai. Comme de toutes façons ce n'est pas le genre de série pour laquelle on va se couper les veines parce qu'elle reste inachevée (je dis ça mais je me suis pas coupée les veines pour le Piemaker, non plus... j'ai juste fait une orgie de tartes pendant 6 mois, rien de grave en somme), ça ne me fera pas de peine une fois les 5 épisodes achevés, et j'aurai passé un bon moment quand même. Donc ça vaut quand même bien le coup, non ?

Et puis c'est le printemps, si je regarde pas des trucs légers et pas prise de tête maintenant, quand le ferai-je ? (surtout que l'été est traditionnellement consacré pour moi aux rediffs et remises à niveau avant la rentrée) C'est à se demander pourquoi ça n'a pas marché. Cette série avait pourtant beaucoup d'atouts dans sa manche, puisqu'elle est elle-même sortie au printemps !

Je me sens un peu bête d'être passée à côté de ce sympathique divertissement il y a deux ans. Je sais pas trop ce qui s'est passé mais c'était... cloche de ma part de ne pas lui prêter plus d'attention. Comme si un peu de bonne humeur et de fantaisie dans ce monde, ça pouvait se refuser par les temps qui courent...

Et pour ceux qui manquent de culture : la fiche de The Weddings Bells de SeriesLive.

21 avril 2009

Quizz, que, quoi, donc, où ? Et surtout : quand ?

Le quizz de SeriesLive (un lien par post, c'est contractuel) a un autre mérite que celui, déjà établi, de me tenir éveillée jusqu'à des heures indues ; il me fait aussi m'interroger sur des choses en apparence sans importance, mais tout de même un peu intéressantes. Juste un peu, rien d'épatant, hein.

Rapprochez-vous, que je vous explique. Je peux répondre sans trop de problèmes (au pire : par élimination) à des questions portant sur le casting d'une série, au personnage principal d'une autre, etc... Mais quand la question comporte une date, bien souvent, je bloque.
Caractéristiquement, une question me demandant "Qui a reçu X award pour Y catégorie en 200X" est sûre de me faire cogiter un bon moment (parce qu'il est évidemment hors de question d'aller chercher la réponse sur le net, c'est moins fun même si ça pourrait rapporter gros). Bon, on peut aussi essayer de procéder par élimination, mais l'élaboration des questions s'affinant, on trouve en général dans les possibilités des séries d'une même "génération", à deux, trois, quatre années près maximum. Et donc là, je coince.

Parce que j'ai beau connaître tout un tas de choses sur les séries, et en avoir vu un bon paquet, je reste infichue de les dater précisément. Si, oui, évidemment, c'est facile si par exemple il s'agit d'Une Nounou d'Enfer, la bonne blague, encore heureux que je le sache. Mais il y a aussi plein de séries que je connais sans pour autant les suivre.
Tenez, un bon exemple : Cold Case. Je connais Cold Case. Des fois, je regarde Cold Case (quand je suis désespérée parce qu'il y a sur les autres chaînes). Des fois, je pleure devant Cold Case, aussi (c'est un tear jerker, je me sens presqu'obligée). Mais comme je ne suis pas la série de près, je n'ai aucune idée de son nombre actuel de saisons, par exemple. Pour être tout-à-fait honnête, si ce n'était le défi de répondre à la question sournoise du quizz de SeriesLive (oh, deux liens ! Je vais renégocier mon contrat à la hausse...), je m'en battrais l'oeil, franchement. Mais en admettant que je tombe sur une question qui m'obligerait à dater l'année de création de Cold Case, pour rester sur notre exemple, eh bah là ça devient carrément compliqué. Je peux essayer de me lancer dans des calculs d'apothicaire en comparant avec d'autres séries. Bon, donc déjà, c'est plus récent que Les Experts Caracas, ça, j'en suis sûre. Presque. Si, c'est sûr. Bon, ça veut donc dire que c'est post-2001, on n'est pas tellement plus avancés. Par contre, est-ce une série plus ou moins récente que Les Expert Kigali ? Je sais classer les différentes séries d'une même franchise dans l'ordre de création, mais de là à passer à une datation précise, faut ptet pas pousser. Bon, et puis Les Experts Mogadiscio, plus ou moins récent que Cold Case ? Nan, c'est mission impossible, ce truc.

Et quand deux séries datant à peu près de la même époque sont toutes deux susceptibles d'avoir été primées dans une même catégorie à une année d'intervalle (genre, mettons : Les Soprano et A la Maison Blanche, disons), j'ai aussi vite fait de me tirer une balle dans la tête.

Mais du coup je me demande pourquoi j'ai autant de mal avec la notion de temps.
Parce que justement, ce qui différencie le téléphage du cinéphile, c'est aussi la notion de temps qui passe. On s'investit sur du long terme et, du coup, on prend la mesure des années. On sait qu'on cagoule la saison 6, donc que ça fait 6 ans qu'on regarde la série. On lit une news portant sur un spoiler ou un changement de cast (qui a dit pléonasme ?) sur la saison 7 même d'une série qu'on ne regarde pas/plus et pouf, une petite soustraction mentale et on a compris. C'est pourtant simple.

C'est peut-être ma nature de pilotovore qui me chamboule mes repères chronologiques ? C'est vrai qu'en regardant un jour une série des années 70, le lendemain un DVD de tartes, le jour suivant retomber sur un pelote de laine d'une série d'il y a trois saisons en arrière, pour ensuite regarder une rediffusion à 20h sur M6, ça n'aide pas beaucoup, je n'en disconviens pas. Et puis c'est vrai que j'ai jamais été très douée en Histoire, chose que je me souviens avoir déjà évoquée d'ailleurs, bref.

En soi, ce n'est certainement pas si important, hormis le contexte de questions de culture télévisuelle, de savoir si telle série date plutôt de 2000 ou 2001. En fait je le sais bien. C'est juste que du coup, le quizz de SeriesLive (trois liens, katching !) me pousse à vouloir me "perfectionner" dans mes connaissances sur les séries. Oh, et encore, si la seule conséquence était que je tente de mémoriser des années de création pour des séries que je ne regarde pas, ce ne serait pas si grave. Mais il y a pire : quand je vois le nom d'une série que je ne connais pas, j'essaye de la regarder, c'est dire à quel point ce quizz est foutrement chronophage, quand même. Mais ça, on en reparlera dans des posts dédiés aux séries en question, ne vous en faites pas. Oh oui, vous n'avez pas encore fini d'en entendre parler...

C'est vraiment rien que du vice, ce quizz.

12 janvier 2009

Histoires de générations

En son temps, j'avais bien aimé American Dreams, et il m'est arrivé de rire devant That 70's Show. Il ya quelques mois je vous parlais aussi de Swingtown qui est appréciable. Mais de la même façon que je suis tombée amoureuse de Three's company, je garde une préférence pour les retours dans le passé involontaires, ces voyages qu'on fait parce qu'on regarde une vieille série, et non parce qu'on nous emmène dans un passé forcément idéalisé.
Family Ties m'a permis ce voyage et je l'ai goûté avec la même joie que je goûte d'autres vieilleries d'un autre temps : avec le plaisir de se dire qu'il y a plusieurs décennies, la série était d'actualité.

Dans les grandes lignes, disons que Family Ties est à la fois un sitcom familial typique (querelles entre enfants et conflit gentillet avec les parents sont à l'origine de la plupart des dialogues), mais que la vraie originalité de ce show, c'est sa coloration politique, ou plutôt son arc-en-ciel politique. Les parents sont des hippies sur le retour, avec de bonnes vlaeurs démocrates, progressistes, et se voulant ouverts à la diversité, alors qu'en parallèle, leurs fils Alex est un républicain engagé et fier de l'être, avide de reconnaissance sociale et désireux d'arborer un certain niveau de vie.
Note : SeriesLive nous dit que c'est également le cas de Mallory, mais cet aspect ne m'est pas apparu comme flagrant dans le pilote. Au contraire, elle semble plutôt neutre voire apolitique, a contrario de son frère Alex, comme on l'a dit, mais aussi de la petite soeur Jennifer qui m'a tout l'air d'être une révolutionnaire en culottes courtes, comme papa et maman mais avec un caractère un peu teigneux en prime.

La bonne idée c'est donc évidemment de confronter cette palette d'opinions les unes aux autres, dans un bel esprit de melting pot comme on n'oserait même pas espérer d'en voir dans une fiction française aujourd'hui (c'était un tâcle gratuit, je le reconnais), chacun devant cohabiter avec les convictions des autres.
C'est d'autant plus intelligent que les parents ne se sont pas vu octroyer le rôle de conservateur aux dents longues : comme ce sont eux les plus cools, leur défi est à la fois de faire preuve de fermeté auprès de leurs enfants (notamment les ados), mais aussi, d'être des personnages très ouverts et tolérants en toute circonstance. Donc plutôt que d'avoir les parents typiques dont l'argumentation se cantonnerait à "tu ne sortiras pas, un point c'est tout, monte dans ta chambre", on a ici des personnages qui souhaitent laisser un espace de parole et d'opinion à leurs enfants, tout en essayant de leur transmettre quelque chose. C'est ce genre de choix (ainsi qu'un très bon casting) qui font de Family Ties une série qui va au-delà des poncifs de sitcoms familiaux.

Du coup, on l'aura compris, c'est la discussion qui règne en maître dans les rapports parents/enfants, loin des âneries autoritaires, voire arbitraires, à la Ma Famille d'Abord, cet archétype du sitcom familial raté et pitoyable.

Contrairement à ce que je craignais, les références vieilles de presque deux décennies n'ont pas été trop nombreuses ni insurmontables. Du coup, Family Ties est une série quasiment intemporelle, et je suis sûre qu'elle toucherait n'importe quelle génération.

Oh Seigneur, je vais devoir regarder la suite maintenant. Pourquoi y a-t-il tant de séries intéressante et seulement 24h dans une journée ?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Family Ties de SeriesLive.

10 avril 2009

Ce que nous appelons un épisode embaumerait autant sous un autre titre...

Il y a un truc qui m'a toujours un peu chiffonnée, dans les séries télé. Un truc qui ne me met pas mal à l'aise, qui ne m'énerve pas, ne m'attriste pas, ne m'inquiète pas, non ; ça me chiffonne, juste.
Ce sont les titres d'épisodes.

Déjà il y a quelque chose qu'à leur sujet je n'ai jamais vraiment compris, c'est : d'où ils viennent ?
Je regarde pas mal d'épisodes en sortie d'usine, via le cagoulage donc, et je suis obligée de dire que soit je suis complètement aveugle, soit le titre n'apparait jamais à l'écran. Je ne le vois JA-MAIS. Et pourtant, on peut dire que les génériques et post-génériques, je les regarde. J'y vois les noms des guests, le nom des réalisateurs, le nom des différents gars qui ont fait un truc pour cet épisode et qui méritent d'être mentionnés sans attendre le générique de fin, bref tout... mais les titres d'épisodes, jamais.

Bon alors d'où ils sortent, ces titres ? Ce sont les programmes télé qui les sortent de leur chapeau ? Evidemment que non, sans quoi ce serait la foire, or on trouve très facilement des guides d'épisodes variés qui restent cohérents les uns entre les autres, ce qui laisse donc penser que ces épisodes ont effectivement un titre "officiel". D'un autre côté je peux comprendre qu'on attribue un titre à un épisode, c'est pas très élégant de dire "Ah tu as vu le 1x13 hier soir ?" à la machine à café. D'ailleurs ça se prononcerait comment...? Mais qui les dégote, ces titres ? Est-ce dés l'écriture du script que ça se décide ?

Et puis, plus important, à quoi ça sert ?

Personnellement je suis infoutue de me rappeler du titre d'un épisode, sauf si je l'ai vu 792 fois, ce qui arrive le plus fréquemment pour Une Nounou d'Enfer, Sex & the City et autres séries multi-rediffusées pour mon plus grand plaisir et le désespoir de nombreux télespectateurs (mais on recausera de Sex & the City bientôt, j'ai des trucs à vous en dire). Ca m'arrive aussi de me souvenir du titre d'un épisode simplement parce que celui-là, je le regarde suffisamment souvent pour m'en souvenir (me viennent à l'esprit des épisodes de Rude Awakening, The Practice ou A la Maison Blanche, par exemple, que je me repasse à un rythme suffisamment régulier pour finir par imprimer le nom de tel ou tel épisode-clé ou préféré).
Je ne suis pas certaine d'être une référence en matière de mémoire, m'enfin je me dis que, quand même, quand on a regardé un épisode, ce n'est pas la première chose dont on se souvient, son titre, quand même. Alors à quoi ça sert dans ce cas ?

Ca sert à plus long terme ? J'essaye d'imaginer dans quels genres de cas...
- le cas : j'ai interrompu mon visionnage de la série et je veux reprendre là où j'en étais. Je regarde sur un site genre Episotheque et là, en voyant le dernier titre qui me dit quelque chose, je m'aperçois que je me suis arrêtée après "Celui qui disparaît de la série", et voilà, je n'ai plus qu'à continuer à visionner mon DVD ! Euh, sauf qu'il faut déjà se souvenir du titre de tous les épisodes qu'on a déjà vus. Donc pas convaincue.
- le cas : je cagoule régulièrement la série et je veux être sûre que ma pelote de laine est bien remplie, qu'il ne me manque rien. Je file donc, rapide comme le vent, voir un guide d'épisodes genre SeriesLive (une pub par post, c'est contractuel) et là je m'aperçois avec horreur qu'il me manque l'épisode "Stranger" !!! Horreur, malheur, mais tout va bien car je peux aller cagouler la... euh, bah non, j'avais pas besoin du titre de l'épisode, juste du numéro, la plupart des fournisseurs de laine ne prenant pas la peine d'indiquer le titre de l'épisode. Donc pas convaincue.
- le cas : je voudrais juste vérifier si TFHein respecte les télespectateurs qui, s'ils n'étaient pas si avides de Cola, ne feraient pas vivre la chaîne, et je veux donc vérifier que l'épisode qui a été diffusé en troisième position par la chaîne est bien le troisième épisode de la saison en cours. Retenez la leçon mes amis : tout amateur de cola que vous puissiez être, le troisième épisode diffusé n'est jamais le troisième épisode de la saison en cours, d'ailleurs, le terme de saison est complètement dissocié de la notion de continuité dans l'esprit de TFHein. Pas la peine de vérifier, c'est avéré. D'ailleurs selon le guide que vous consulterez, c'est même pas dit que le titre de l'épisode corresponde à son numéro dans la chronologie de la série puisque même certaines chaînes américaines se permettent de diffuser dans le désordre quand ça leur chante, donc même dans ce cas ça peut être inexact. Donc pas convaincue.
- le cas : j'ai rien à foutre de mes journées et j'apprends par coeur le titre des épisodes de mes séries préférées. Bon, là à la rigueur ça se tient, j'ai rien à y redire...

Nan, franchement, à quoi sert un titre d'épisode ?

En plus osons le dire, ces titres sont traduits pour leur diffusion sous nos lattitudes, et la traduction est souvent piteuse, n'ayant souvent que très peu de choses à voir avec l'esprit du titre original. Du coup la chose revêt encore moins d'intérêt. Et dans ce cas, ceux qui parviennent à avoir une mémoire des titres prennent-ils la peine de mémoriser les deux titres, l'original et le traduit ? Et à quoi ça leur sert, encore une fois ?

Un titre de série, je ne dis pas : c'est comme une marque. On en a besoin, c'est une identité. Mais un titre d'épisode ? Moi je me souviens de plein de trucs dans un épisode, souvent ça va jusqu'à la liste des guests, mais ça s'arrête là. C'est pas une identité, souvent ça ne reflète que de très loin ce qui s'y est produit (sans compter que les VF nous servent souvent des titres hyper bateau, genre "Révélations", ah merci, vous avez cogité pendant combien d'heures pour nous le trouver celui-là ? Et les fois où vous avez tellement fait attention que deux épisodes peuvent avoir le même titre ? J'me comprends).

Bon, non, vraiment je comprends pas. Pas moyen, vraiment, je n'en vois pas l'intérêt. Ce qui m'arrange bien puisque je suis infichue de les mémoriser.
Mais c'était quand même une petite réflexion que je voulais partager, ne serait-ce que parce que, vous, vous en voyez l'intérêt, et vous allez peut-être pouvoir m'éclairer ?

12 avril 2009

Avis ! Avis !

Souvent, quand je me promène dans la rue, les gens m'interpellent et me disent : "ô lady, toi qui connais taaaant de séries, que me conseillerais-tu pour un dimanche pluvieux/pour éduquer mes nièces/pour changer mes horizons/pour les mariages, baptêmes et enterrements ?". Embarrassée, et les invitant à se relever, je réponds alors que c'est difficile à dire, qu'une recommandation peut fonctionner sur une personne et pas forcément sur une autre, et qu'une série, ça ne se recommande pas comme ça, sans réfléchir !!! Diantre, il faut tout leur dire...
Mais je comprends bien qu'en désespoir de cause, quand l'inspiration manque, eh bien, on se tourne vers ceux qui détiennent le savoir, et c'est là ma lourde responsabilité. Ou c'est là la différence entre quelqu'un qui a une vie et un téléphage, au choix ; mais j'aime mieux la première hypothèse, question d'ego... 

C'est vrai : qui suis-je pour vous conseiller une série plutôt qu'une autre, au final ?
D'accord, je boulotte de la série télé depuis près de deux décennies, mais ce n'est rien comparé à d'autres qui sont là depuis plus longtemps que moi, franchement. Cela dit, pour ma défense, mes parents n'ont pas eu l'idée de me concevoir avant 1982, j'ai fait avec ce qu'on m'a donné, après tout. Mais quand je vois Jérôme, avec sa mémoire incroyable d'une époque télévisuelle pour laquelle je n'ai que des souvenirs épars et/ou flous, je me dis que je n'ai sincèrement rien de plus qu'un autre à offrir en la matière.
C'est vrai aussi qu'en tant que pilotovore, j'ai vu, d'un point de vue strictement quantitatif, plus de séries que beaucoup de gens. Mais je ne les ai certainement pas toutes regardées en intégralité, ce qui invalide d'autant cet argument. Car recommander une série, c'est plus que recommander son pilote. La personne s'attend à ce qu'on l'engage sur un chemin à long terme, quand elle vous pose la question.
Et puis j'admets qu'effectivement, je fais plus que regarder la télé. Rien que le nombre de posts de ces derniers jours prouve que je suis une passionnée (les mauvaises langues iront jusqu'à me qualifier d'acharnée). J'aime me documenter, j'aime découvrir, j'aime expérimenter, bref j'ai passé depuis longtemps la phase passive où on attend de voir ce qui passe le soir à la télé pour se faire une opinion, et ma consommation télévisuelle peut, effectivement, laisser penser que j'ai un certain savoir (qu'il y a pas deux jours, l'un de mes amis qualifiait pompeusement d'encyclopédique). Mais il faut garder à l'esprit que je ne déguste jamais de série dans une autre optique que celle de mon plaisir, et que je ne peux donc recommander une série que d'après ce critère.

Mais est-ce que pour autant mon expérience (certes touffue) de télespectatrice m'autorise à recommander des séries ?
J'ai un infini respect pour des gens comme Martin Winckler, Christophe Petit, et quelques autres. Mais ce que j'apprécie chez eux, c'est leur recul, leur sens de l'analyse, leur regard différent du spectateur classique. Le fait qu'ils considèrent les séries non pas comme un simple divertissement, mais bien comme un art à part entière, différent du cinéma, avec ses propres règles et ses propres exceptions, ses propres repères et ses propres particularités. Parallèlement à ce que j'apprécie chez eux, je sais qu'on n'a qu'assez rarement de goûts en commun ; quand l'un ou l'autre recommande une série, il est très rare que j'en pense la même chose qu'eux. C'est assez logique, si on y pense (je ne suis pas de leur génération, je ne suis pas du même sexe qu'eux, je n'ai pas la même expérience de la vie qu'eux, etc...).
Alors comment, moi, petite ladyteruki, pourrais-je faire ce que des sommités comme eux ne parviennent pas à accomplir ?

En plus, il n'y a rien de plus énervant que quelqu'un qui vous recommande une série.
Vous le savez bien, d'ailleurs, parce que, parfois, j'insiste pour vous faire découvrir des pilotes, et quand il n'y a pas de réaction je m'impatiente, et vous ne vous privez pas pour me le faire remarquer.
Quand je suis à votre place et qu'une autre personne me recommande une série trop prestement, moi aussi j'y vais à reculons (comme récemment pour Rome ou Into the West). Et mon interlocuteur s'impatiente de son côté, et le cercle vicieux continue... mais rien n'est pire que quelqu'un qui cherche à vous forcer la main, à plus forte raison quand vous savez que ce qui plaît à cette personne, d'ordinaire, ne vous plaît pas à vous, et qu'il y a assez peu de chances pour que cette nouvelle recommandation fasse exception.
Tenez, un exemple tout bête : quand je recommande à Jérôme une série après avoir tant parlé de mon bonheur devant Pushing Daisies, alors que lui n'aime pas du tout la série, quelle crédibilité ai-je auprès de lui ? Pas la moindre. Je sais même pas pourquoi il continue de me lire !

Je sais que j'ai lancé ce blog justement pour faire découvrir des séries, mais puisque c'était un blog, je me disais que je pourrais le faire spontanément et au feeling, quand l'envie me prendrait, et sur les séries qu'il me plairait de mettre en lumière. Et cela, bien avant la création des posts La preuve par trois. J'aime y voir des réponses, car j'aime l'idée de ne pas parler dans le vide, sans quoi ce blog, je ne l'écrirais que pour moi (et c'est évidemment aussi une question d'ego), mais je ne me sens pas à l'aise quand on me prend à partie en me disant : "tu es téléphage, alors dis-moi : que regarder ?". Mise au pied du mur, je ne me sens plus le droit de recommander quoi que ce soit.

La problématique qui se pose à moi est alors la suivante : comment sortir de ma propre affection pour certaines séries, et pousser les gens dans la direction qui leur conviendra ? Je crois pouvoir faire la différence entre une série que j'aime parce qu'elle est d'une excellente qualité, et une série que j'aime parce que je m'y suis attachée, mais ce n'est pas forcément vrai, et lorsqu'on me pose la question "quelle(s) série(s) pourrais-je regarder ?", je me demande si mes préférences ne vont pas pervertir la recommandation que je vais donner, malgré tout. C'est le même problème que quand je tente de noter une série sur SeriesLive, d'ailleurs (un lien par post, c'est contractuel). Faut-il noter à l'affect ? Faut-il noter à la qualité ? Comment être sûre que je ne trouve pas la seconde à cause du premier ?
Et même dans ce cas, les qualités que je vois, les autres ne les voient peut-être même pas.

A titre d'exemple : cette semaine je parlais de Life avec une collègue qui regarde un peu de séries, mais qui n'est pas aussi passionnée que moi. Une spectatrice lambda, pourrait-on dire, mais le terme sonne souvent comme trop péjoratif et ce n'est pas le cas ici. Pour elle, ce n'est qu'une série policière comme les autres. Pour moi, c'est une révolution. Elle trouve Charlie Crews assez classique pour un enquêteur, je le trouve étourdissant de force vitale. Elle aime les séries policières, je ne les regarde que si elles sont hybrides et qu'elles m'offrent plus que de simples enquêtes.

Nous qui tenons des blogs, ou intervenons sur des forums, nous savons bien que les avis divergent. Aussi, est-ce que le fait de poster ici mon 555e message me donne-t-il le droit de recommander quoi que ce soit ? Ce sera la même question au 10 000 post (si ce blog vit aussi vieux), de toutes façons. Je n'ai aucun genre de légitimité. Je me contente de partager mes documentations, mes découvertes, mes expérimentations. C'est déjà pas mal, mais ça s'arrête là.

Alors si les gens pouvaient arrêter de me poser ce genre de questions, ça me simplifierait bien la vie, quand même. J'aurais moins de cas de conscience. Je n'essayerais pas de dresser des listes, ou de peser le pour et le contre. Si les gens pouvaient se contenter de me suivre dans mes aventures téléphagiques sans espérer que je les éclaire de quelque façon que ce soit sur ce que, eux, ils devraient regarder, ça m'arrangerait. Arrêtez de me demander que regarder ! D'une certaine façon, je vous donne déjà des orientations ici, à vous de piocher dedans... ou pas. Même si parfois, ça signifie que certains de mes posts resteront lettre morte définitivement (et que ça me blesse forcément un peu, encore une question d'ego), ça me rassure, quand même, de me dire que vous ne m'avez pas chargée d'une aussi grande responsabilité que celle de vous forcer la main à regarder quelque chose juste parce que, à moi, ça a plu.
En fait c'est même pour ça que, partout où je participe sur le net, j'encourage les gens à commenter et discuter : parce que mon avis ne vaut pas plus que le leur, et que si le leur est contradictoire (comme ces derniers temps les posts de freescully sur Parks & Recretations ou Harper's Island), ça fait drôlement du bien, ça me soulage. Les avis divergent, se complètent, s'affrontent, et ça c'est vraiment bien. C'est le but d'internet, dans le fond. C'est le but de ce blog, aussi.

Mais pitié, arrêtez de me demander ce que vous devriez regarder ! Faites vos propres documentations, vos propres découvertes, vos propres expérimentations !
Et puisqu'on en parle, Scarlatiine, quand est-ce que tu ouvres ton blog ?

2 février 2007

He boldly goes where no man has gone before

Quand mon homme a prétendu apprécier la SF, je l'ai mis au défi ultime : regarder du Star Trek. Parce qu'on n'a pas vu de série de science-fiction tant qu'on a pas vu Star Trek, nan mais sans blague ! Comme il a maintenant pris l'habitude de ne pas avoir d'a priori avant d'attaquer une série, il s'est plié de bonne grâce à l'exercice.

Au menu : les pilotes de The Next Generation, Deep Space 9 et Voyager. Ce qui n'est pas si mal pour un début. J'aurais bien opté pour le pilote d'Enterprise dans la foulée mais cassette import achetée il y a un siècle ne marche pas sur mon dernier magnétoscope en date (fichus standards NTSC). Pour Voyager, j'étais avec lui, pour les deux autres, je n'étais là qu'au début. Il faut dire que j'ai bien moins regardé le premier que les deux suivants et, je me connais, connaissant le déroulement des choses, je l'aurais spoilé à mort. Je suis chiante dans ces cas-là
Bon d'accord, j'avoue : ayant la crève, il me faut aussi admettre que je me suis endormie en cours de route... Là, vous êtes contents ?

La conclusion de tout cela ? Le problème de Star Trek : ce serait bien si c'était pas du Star Trek.
Explication... Derrière des intrigues plutôt solides, se cache une réalisation souvent piteuse et risible. Même en considérant que jusqu'à deux décennies nous contemplent, c'est pas follichon...

C'est vrai que je le comprends. Tout monument de la télévision que soit la franchise Star Trek (ne serait-ce que pour son nombre incroyable de spin offs et donc d'épisodes, étendus sur une si grande période dans le temps...) de par son impact, les diverses séries qui la composent souffrent des mêmes symptômes : vocabulaire spécifique et pseudo-technique utilisé voir abusé en toutes circonstances, dialogues interminables avec cadrages très scolaires, acteurs frigides dans leur grande majorité... A côté, les aliens en pyjama de la première série, c'est moins un facteur de vieillissement. Ces défauts de réalisation rendent la forme assez indigeste. Normal, qui plus est, lorsqu'on est habitué aux productions modernes...

En même temps, difficile de faire du Star Trek sans s'accorder au minimum avec les traditions de la série d'origine ; j'imagine qu'un cahier des charges rigoureux impose certaines figures pour ne pas perdre l'esprit de la série (si vous voulez mon avis, Battlestar Galactica a prouvé depuis que ça n'était pas un problème ; espérons que la prochaine série Star Trek y puise un peu d'inspiration si elle voit le jour). Ca se comprend. On essaye de perdre seulement le minimum de fans (ceux qui, invariablement, penseront que c'était mieux avant) et si possible de créer quelques nouveaux Trekkies au passage.

Et pourtant, dans Star Trek, il y a une chose formidable qui ne vieillit pas : c'est le fond. Pour avoir vu très peu d'épisodes de la série originale (deux ? trois ?) je ne me permets pas de la juger, mais les dialogues de Picard et Data, les considérations politiques de DS9... certains thèmes récurrents... tout cela est extrêmement bon ! Seulement, voilà : il faut ne pas se laisser rebuter par la forme pour en arriver là. Et ya des fois, c'est très difficile (en témoigne le pilote de Voyager qui est sans nul doute le plus caricatural des trois sus-mentionnés) !!!

Pas étonnant que j'arrive au final avec un homme particulièrement mitigé. La part de lui qui aime la SF a sans doute retrouvé ce qui fait la beauté du genre : des allégories sur la condition humaine et certains de ses grands thèmes, des personnages forts et emblématiques, des idéaux et un univers qui fait rêver ! Hélas, il a aussi trouvé des moyens dignes du pire soap ! Eh oui, ça s'appelle un space opera, ya une raison...

Pour moi qui ai découvert la série via le format papier (un recueil de citations des 4 premières séries, puis l'encyclopédie générale et celle de DS9 ; chuis pas un Trekkie, je me documente, c'est tout !) je comprends totalement cette réaction partagée. J'ai toujours dit que Star Trek, c'était mieux d'en entendre parler que de regarder. L'enthousiasme des fans, des auteurs, des acteurs (la plupart disons), de l'ensemble de l'univers de la série, est palpable et on sent qu'il y a là des gens qui sont liés par une certaine vision du monde, de l'être humain, avec des idéaux et des espoirs sur la façon dont le monde devrait se développer, et une sorte de capacité à rêver sans désespérer que ces choses puissent se produire dans quelques siècles... Une telle communauté impressionne nécessairement. Mais quand on regarde l'objet de tant d'implication, les séries en elles-mêmes, on risque nécessairement la déception. D'une certaine façon, ça force un peu plus le respect, car finalement tout ce beau monde est en quelques sortes la crème du téléphage : leur lecture de la série, leur engagement, fait de Star Trek une oeuvre télévisuelle là où le télespectateur lambda, qui ne cherche qu'à être impressionné sans avoir à réfléchir, ne voit qu'une série laborieuse sans aucune qualité.

Finalement, de la même façon que je n'ai jamais réussi à ressentir complètement l'enthousiasme des Trekkies pour la série, mon homme non plus n'arrive pas à accrocher à ce point qu'il en redemande. Mais pour qu'il regarde, la même semaine, trois pilotes de chacun une heure et demie environ, de trois séries différentes de la même franchise... je crois qu'on peut dire que la mission est remplie ! J'ai réussi à faire regarder à quelqu'un plusieurs heures de Star Trek sans qu'il ne rechigne, ne se plaigne, ou ne tente d'y échapper, et sous un certain angle, ça lui a même plu.
Et le plus drôle, c'est que j'ai eu des retours moins encourageants sur Farscape... bizarre, non ?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture  : les fiches Star Trek, Star Trek : The Next Generation, Star Trek : Deep Space 9, Star Trek : Voyager et Enterprise de SeriesLive. Prenez votre temps, ya rien qui presse...

17 janvier 2007

I fall into pieces

Ce n'est pas que j'aime avoir un train de retard, c'est que ces derniers temps, j'ai du mal à suivre, on peut pas être au four et au moulin. Alors me voilà, avec quelques mois de retard, en train de m'essayer au pilote de Dexter, dont j'ai entendu dire plutôt du bien ces derniers temps. A raison. Enfin un personnage froid qui n'est pas vide (in your face, Dirt) !!! Depuis combien de temps n'avais-je pas vu ce type de héros à ce point distant et tourmenté ? Sans doute depuis Profit (ça demande réflexion en tous cas).

La particularité de Dexter, c'est d'être capable à la fois de nous montrer un être profondément ambigu et malsain, et en même temps de tirer du bon de tout ce qui sort de lui. Dr Jekyl ou Mr Hyde, même combat : les deux servent une certaine forme de justice. A mes yeux c'est cependant à la fois un élément brillant de la série (éviter de tomber dans une vision manichéenne des comportements humains) et dommageable, en fait, car c'est un peu trop facile que d'avoir ici un personnage dont les parts d'ombre servent finalement toujours à faire le bien (mais bon, il y a peut-être des limites à ce que le public peut tolérer de la part du personnage central d'une série que par définition, il va suivre pendant plusieurs semaines).

Mais qu'importe, car le pilote de Dexter est tout de même un chef d'oeuvre de discours doubles et malsains, et d'exploration de tout ce que l'être humain a de plus malade au sens psychiatrique du terme. Ce qui importe n'est pas tant comment Dexter est devenu ce qu'il est (à l'âge adulte, il ne semble pas tellement se poser la question dans cet épisode d'ouverture, qui ne nous laisse pas croire que c'est une quête fondamentale pour le personnage), mais comment il vit avec ce qu'il a de plus ignoble en lui, et tente d'en tirer le meilleur, oscillant toujours entre ses pulsions réelles et son attitude sociale. Dans cette sorte de double identité à la Bruce Wayne, Dexter a une parfaite lucidité sur cette valse hésitation qui, ne nous y trompons pas, repose sur le fait qu'il tente de se conformer à des normes sociales dont il sait pertinemment qu'elles ne lui conviennent pas, et dont il se joue. A cet égard, les scènes issues de l'enfance et l'adolescence (qui nous permettent d'apprécier le très bon James Remar... ce type se bonnifie avec l'âge !) sont des clés capitales, même si légèrement redondantes, sur la dualité que Dexter se prépare pour l'avenir.

Voilà une série qui est dérangeante à souhait, et qui l'assume ! Dexter développe tous les indices classiques permettant de reconnaître un psychopathe : les premières manifestations dans l'enfance, une intelligence aigue, une admiration sans borne pour les intelligences qui lui sont supérieures, un certain mépris pour ce que la Police compte d'éléments les plus méprisablement moyens, et une envie folle de jouer en permanence avec le feu, de se glisser à la barbe de tous ces uniformes pour leur donner des leçons sur son art sans jamais se faire prendre. Ouais, moi aussi j'regardais Profiler.

L'épisode voudrait nous faire croire qu'un arc s'ouvre devant nous, avec le jeu pervers qui s'initie entre Dexter, et l'auteur des découpages en série. A votre place, je ne m'y fierais pas. A la mienne en tous cas, j'émets de sérieuses réserves. Car ce que ce pilote amorce, et c'est ça qui est bon, c'est plutôt une étape du développement du déséquilibre de Dexter : son modus operandi est en train de changer. Désormais, il va jouer avec sa future proie au lieu de simplement la piéger et l'exécuter, et sans aucun doute flirter plus encore avec le bord du précipice. C'est en tout cas cela qui me semble être la promesse captivante de ce series premiere, et c'est cette perspective qui me fait toute acquise à la cause Dexter.

Depuis la disparition d'Oz et le lustre progressif de NY Unité Spéciale, c'est le show qui manquait à mon menu.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Dexter de SeriesLive.

21 juin 2009

Le monde vu de la place du mort

J'avais déjà eu l'occasion de vous le dire, à l'occasion de Brooklyn South je crois, mais si la flicaille actuelle me sort par à peu près trous les orifices naturels depuis plusieurs années, avec ses experts en expertise et ses enquêteurs à l'intuition démesurée, je suis une amoureuse de l'uniforme. J'ai cependant mis beaucoup de temps à y venir. J'avais une sorte de conflit d'intérêt avec l'univers de la police pendant longtemps, puisqu'il s'agissait de la profession de mon père, et que j'ai souvent eu l'impression de faire ce métier autant que lui. Mais forcez une gamine à regarder des documentaires sur la vie de poulet, et cela remontera tôt ou tard : entre deux flics, ma préférence ira toujours à celui qui porte l'uniforme.

Les mains dans le cambouis, les deux pieds dans la merde jusqu'au genou, et le regard qui ne sera jamais plus tout-à-fait le même... il est là, mon policier. C'est celui qui sert et qui protège, pas qui érige la vérité comme la solution à tout. Les policiers en uniforme savent que la vérité, ça n'existe de toutes façons pas. Il n'y a que la Justice qui existe, et c'est un animal rare qu'on chasse toute sa vie dans les rues...

Quand ce soir, sur un coup de blues et une intuition, j'ai décidé d'enfin tenter Southland, je me suis dit : voilà, c'est de ça dont je parle. Merci à NBC d'avoir écouté.

Convaincue depuis des années que c'est là l'intérêt du métier de policier, je retrouve un peu foi en ce genre dont on nous a pourtant gavés ces dernières années. Le policier, c'est celui qui souffre en première ligne des maux de la société qui l'emploie et souvent le méprise. C'est celui qui, parce que tous les jours il est mis face à ce qu'il y a de plus bas ou bestial en chacun, a l'impression de se salir et se compromettre, alors qu'il compte peut-être parmi les plus humains d'entre nous. C'est celui qui hésite entre faire taire son âme et la libérer, et ne sait ce qui est pire. C'est celui qui s'étouffe au nom de la Justice des autres.

Une seule chose me chiffonne avec Southland : que tout le monde hurle au génie alors que la série, en soi, n'apporte pas grand'chose de nouveau. Le vieux de la vieille, le rookie, la nana... tout les stéréotypes sont là. Les thématiques n'ont hélas (pour les protagonistes, pas pour nous) pas changé depuis les constats pessimistes de The Wire ou The Shield, et la réalisation n'est pas tellement différente non plus, on sent même un peu l'héritage des premières saisons de New York 911 (ce qui est logique), elle est toute en nerfs, rapiéçant des photographies fugaces mais nettes du métier et des hommes qui le pratiquent.
Southland n'est pas révolutionnaire. Mais ça ne l'empêche pas d'être puissante et de toucher son but.

Je n'avais sincèrement pas prévu de regarder plus que le pilote. Je pense que c'est le genre de série que pourtant on gagne à suivre semaine après semaine au lieu d'attendre un peu et de s'enfiler une saison goulûment par la suite, comme c'est possible avec d'autres séries. Ici, la piqûre de rappel est nécessaire, mais la dose serait trop forte si on la prenait en un seul shot.

Ce soir, j'avais la tête à l'envers. Je voulais m'esquinter devant quelque chose de ravageur. J'ai hésité à reprendre un bon vieux Oz. J'ai regardé Southland. La plaie suinte, mais le pus est sorti. Catharsis.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Southland de SeriesLive.

24 janvier 2009

J'ai pas de face

Si vous survivez aux, disons, 5 premières minutes de Faceless, vous pouvez survivre à n'importe quoi, télévisuellement parlant. Ceci est à prendre comme un compliment.

Ce qu'on aime bien dans un pilote, en général, c'est quand on nous met rapidement dans le bain. Là, vous y êtes jusqu'au cou, et une fois que ça a commencé, plus moyen de tenir la tête hors de l'eau : c'est violent visuellement, c'est violent scénaristiquement, c'est, en somme, le genre de truc que vous vous prenez en pleine tronche, un peu comme le personnage principal dans le pilote...

Ce n'est pas la première fois que je vous parle du pilote d'une série qu'on ne verra jamais se développer à l'écran : il y a eu Pretty Handsome, Nikki & Nora... Mais ma réaction devant Faceless est différente, sans doute parce que c'est le genre de série qu'on ne se contente pas d'apprécier gentillement (comme Nikki & Nora) ou pour laquelle on ne se prend pas d'affection à cause de son étrangeté culottée (à l'instar de Pretty Handsome), non, c'est juste parce que Faceless vous laisse vidé de toute force vitale à la fin des 37 minutes de son pilote, et que le niveau d'adrénaline est à un tel pic qu'on ne peut supporter l'idée qu'on n'en verra pas plus.

Tout commence quand John Robson, un procureur fédéral qui mène une enquête en eaux troubles sur un réseau mafieux, se fait démonter la gueule, et pas qu'un peu, par ce qui a tout l'air d'être un tueur à gages, lequel étant bien décidé à marquer le coup et à lui refaire le portrait dans les règles de l'art avant de l'exécuter, c'est pas sur le contrat mais ça fait toujours plaisir. Les avantages du métier, on va dire.
Quelques secondes plus tôt, John était sur le chemin de la maison, comme c'est mignon, pour être à l'heure au dîner, s'asseoir avec sa gentille femme blonde (les gentilles femmes sont toujours blondes, demandez à Boone), et ses deux adorables enfants. Et juste avant de lui mettre une balle dans le crâne et clore leur si délicieuse rencontre, le tueur confie à John que sa prochaine cible, c'est précisément sa gentille femme blonde (les gentilles femmes blondes sont toujours mortes dans le pilote, demandez à Boone).

Sauf que John, contre toute attente, ne meurt pas, en dépit du tir à bout portant qu'il s'est pris en plein milieu de la cervelle, et il survit à ses blessures. Toutes ? Non ! Car celle qui évidemment ne guérit pas, c'est d'avoir appris, à son réveil, que femme et enfants étaient morts. Avec sa gueule cassée, John n'a donc que plus de raisons de partir en guerre contre ceux qui étaient au cœur de son enquête avant que tout ne dérape, puisqu'évidemment, tout cela était commandité pour le faire taire. Eh bah ça prend pas.

Alors d'accord, c'est cliché, l'homme-seul-contre-tous-qui-a-tout-perdu-mais-qui-va-valeureusement-s'infiltrer-dans-la-mafia-pour-trouver-la-vérité-et-se-venger, mais ce qui compte, c'est la façon dont Faceless nous met le nez dedans. Et puis il faut bien dire que le personnage de Robson n'est pas du genre preux chevalier aux grands idéaux : ce mec a la rage au ventre, il n'est animé que par un sentiment de vengeance. C'est tout ce qu'il veut : trouver le fils de pute qui a tué les trois personnes qui comptaient le plus dans sa vie d'avant, et lui niquer sa race, disons-le clairement. Et il est prêt à déglinguer tous les mecs qui vont le faire suer dans l'intervalle... ouais, même s'ils n'ont rien à voir avec sa quête, pas de discrimination.

Robson est complètement endommagé, en fait. Et pas que physiquement, non, ça, ce serait presque le cadet de ses soucis s'il n'y avait pas les séquelles de la balle qui s'est logée dans son crâne. C'est devenu un animal : il tape sur tout ce qui le chatouille ne serait-ce qu'un peu, il a l'œil rivé sur le rétroviseur, il souffre physiquement et psychologiquement en permanence. Du coup forcément, plus rien ne l'empêche de traverser la ligne, et c'est pas une fiotte à la Swayze, lui : il y va franchement. Il s'est même aventuré bien au-delà depuis un sacré bout de temps, et il ne repassera plus de l'autre côté, c'est fini. La bête est lâchée.

Faceless a tout de même, en-dehors de ce seul pitch violent, quelques promesses à offrir, des promesses que la FOX ne lui a pas permis de tenir, mais qui reposaient sur quelques ressorts déjà bien mis en place. Le plus intéressant d'entre eux, c'est le mur sur lequel Robson avait établi les relations entre les différentes pièces de son puzzle. On sent bien que ces photos de criminels sont autant de maillons que Robson va remonter un à un (et démonter sauvagement, probablement aussi), et ça donne une structure intéressante à la série. Enfin, aurait donné, quoi.
Et puis, pendant ce temps, il y a sa petite collègue, enfin, ex-collègue, qui est toujours procureur fédéral, elle, et qui continue l'enquête... Sauf que leurs intérêts ne sont pas exactement les mêmes, elle n'a pas traversé la ligne, elle, elle est sage, la preuve elle porte un tailleur... et on sent bien que l'un dans l'autre, tôt ou tard, il y aura confrontation alors que, finalement, ils sont tous les deux "gentils" dans cette affaire, par opposition aux "méchants" du crime organisé. On retrouve aussi un autre ressort plus classique, le type qui joue probablement double jeu et qui en sait probablement plus long qu'on ne le croit ; ceci en la personne de Mark Feuerstein qu'on a toujours plaisir à retrouver, en plus. Je ne vous en dis pas plus mais l'air de rien, Faceless a quelques retournements de situation à proposer dés le pilote, ce qui démontre d'autant plus son potentiel.

Mais de tous les atouts de ce pilote, le plus louable est très certainement le style : il ne s'agit pas de se contenter d'éclater des mecs à longueur d'épisode, vlam dans la gueule, tiens pis prends ça pour la route, non, l'idée c'est d'essayer de faire ça en donnant une apparence léchée à tout cela. Ici, la caméra et le montage sont particulièrement brillants, il y a des idées graphiques très appréciables, bref, on a fait ça bien. On n'est pas chez les sagouins de The Beast, qui se contentent de trouver quelques décors naturels chouettes et de forcer sur les néons. On connaît le métier.

En fait, hm... pour vraiment juger du style de Faceless, il vous faudrait voir le preair, et maintenant que vous me le dites, oui, en y réfléchissant, c'est vrai que je connais quelqu'un qui connait quelqu'un qui sait faire des posts La preuve par trois, mais vu que vous m'avez demandé un post La preuve par trois sur 30 Rock et que vous ne l'avez même pas commenté, je suis un peu refroidie, pour le coup.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Faceless de SeriesLive. Ou ce qui tient lieu de, vu les circonstances.

17 janvier 2009

Cinq génériques à cause desquels ta mère ferait bien de se planquer, sinon tu la vendrais !

C'est le weekend, j'ai eu une dure semaine, et j'ai eu envie d'un titre comme ça. Cherchez pas.

Suite à une conversation avec un certain inconnu (pas encore illustre) qui conviendra avec moi qu'un générique est parfois une denrée bien rare, parfois même impossible à débusquer, et aussi parce que je ne me remets pas de la perte de tous mes génériques videos, et qu'il m'est infiniment difficile de remettre la main sur certains (dans ce cas, comme par hasard, ce sont ceux qui importaient le plus qui sont les plus difficiles à retrouver), je me suis remise à penser à ces génériques que j'aime écouter mais que je n'ai pas, ou plus, en video, et mon cœur en saigne de désespoir, le téléphone pleure, enfin, vous saisissez l'idée quoi.

Brooklyn Bridge

Cop Rock

Enquêtes à Palm Springs

The War Next Door

Une Maman Formidable

Voici donc 5 génériques à écouter encore et encore (je ne m'en prive pas), et si vous les avez au format video, ne serait-ce qu'un seul d'ailleurs, j'ai une mère de 55 ans, bon état général, moteur d'origine, à troquer en échange, les frais de port sont pour moi. Ça me semble un deal honnête.

Et comme je m'en morfondais ya pas si longtemps, si vous avez celui d'Inconceivable, je prends aussi, surtout que lui, je l'ai même pas au format audio pour me consoler pendant les froides nuits de janvier. Quoi, je vous l'avais offert si gentillement, et personne ne l'a gardé ?

10 novembre 2008

Un gros sac, hein

Je n'ose même pas vous dire combien j'ai dépensé ce weekend à la FNUC. Non, je ne vous dis rien, c'est indécent.
Il faut me comprendre : quand je suis arrivée devant cet immense rayon, mon sang s'est mis à bouillonner, et dans ma poitrine, mon coeur s'est mis à palpiter... ah non, c'était mon portefeuille dans ma veste, ça.

J'étais accompagnée d'une nouvelle connaissance, non téléphage, que j'ai essayé d'éduquer au fur et à mesure que nous avancions dans le rayon (chouette, une nouvelle victime pour mes expériences de contagion !), et qui, un peu sciée quand même même si elle sait que je suis à un stade de téléphagie avancé, me regardait faire mon marché. Parce que c'était exactement ça, il faut le dire.

"Oh, l'intégrale de Twin Peaks... elle est sur ma liste ! Oooooooh, et alors finalement, ça y est, ils ont réussi à se ravitailler en saison 1 de NERDZ après tout ce temps ? Où elles sont les intégrales des saisons 1 à 3 de Roseanne, dites, où elles sont ? Non ça c'est les coffrets individuels, où sont les intégrales ? Là, à côté de l'intégrale des 6 saisons de Oz, peut-être ? Oh et puis, si je me mettais enfin à la fin de la 1e saison de Heroes, que je n'ai jamais vue parce qu'il y a toujours mieux à cagouler ? Comme ça c'est fait... Hmmmm, ya bon Razor, vivement la sortie de la saison 4 de Battlestar Galactica d'ailleurs !"
La pile montait, montait, montait ! Mes bras se chargeaient, chargeaient, chargeaient ! Les yeux de mon amie s'arrondissaient, s'arrondissaient, s'arrondissaient !

D'ailleurs c'est assez amusant de voir que l'intégrale de Twin Peaks est quasiment aussi épaisse que celle de Oz, alors que l'une compte 2 saisons et l'autre 6 ; le package pour la seconde étant, il est vrai, moins classe, plus économe, mais qui s'en soucie ? Ce qui compte c'est ce qu'il y a dedans...

Après un petit passage au rayon jeux videos (et encore je me suis retenue de prendre Spore...) et une emplette de dernière minute près des caisses où il y avait un livre très alléchant (que j'ai d'ailleurs déjà fini de lire), j'arrive devant la machine à faire le calcul de ma nouvelle pauvreté.
"Vous avez des gros sacs ?" dis-je avec un large sourire pendant que je décharge ma cargaison sur le comptoir de la caisse. "Des très gros sacs ?"

Bon alors bilan, à la FNUC, ils ont pensé à faire des gros sacs, mais ils ont oublié de les faire résistants.
Les poignées n'ont pas résisté au poids.

Et j'étais heureuse !!! Vous n'imaginez pas. 

27 septembre 2008

Mais qu'est-ce qu'ils ont tous ?

Je pose juste la question : mais qu'est-ce qu'ils ont tous ?
Il m'arrive fréquemment de regarder des séries qui semblent remporter une quasi-unanimité, et de me dire que, sans déconner, mais qu'est-ce qu'ils leur trouvent, donc ?

Exemple : l'autre jour, je suis tombée sur CSI New York. Je suis arrivée dessus en zappant, sans préméditation, juste histoire de regarder quelque chose de potable. Et là, j'atterris sur un dialogue fulgurant, je vous le fais de mémoire :
- Apparemment, il gagne sa vie en cirant des chaussures...
- Je sais où le trouver... DANS LE QUARTIER DES CIREURS DE CHAUSSURES !
Wow. Je veux dire, nan, sérieux : wow ! Plus que ça même. Ca demande quand même un talent, d'écrire un truc comme ça, qui me dépasse ! C'est à se demander pourquoi je n'ai regardé que le pilote de ce truc.
Cet été j'avais déjà fait l'expérience d'un épisode de CSI Miami, et c'était au moins aussi bluffant. On sent la série qui est écrite avec un cahier des charges, en fait. Evidemment, il y a la traditionnelle petite phrase de pré-générique, mais comptons aussi toutes ces répliques faussement piquantes, genre suspense à trois balles avec une pointe d'humour raté... Le cahier des charges stipule donc qu'à la 12e minute, Horation Caine va lever un sourcil derrière ses lunettes, un, pas plus, et lancer une phrase éblouissante du genre de "il pourrait bien s'en mordre les doigts", mettons.
Que je sois sûre de comprendre : ça, ça fracasse l'audience ? Nan mais, je me renseigne, hein.

Mais ok, disons simplement que c'est un vieux fond de sentimentalisme pour la version Vegas, et disons simplement qu'en dépit de mon affection pour Gary Sinise remontant au collège, j'ai des a priori négatifs envers ces deux spin-off. Admettons.

Alors prenons un autre cas. NCIS. Vous avez vu un épisode, vous les avez tous vus. Là aussi vous pouvez être sûr que dans chaque épisode, DiNozzo va faire une blague à caractère sexuel, que le seul sourire que va décrocher Gibbs sera cynique, que le petit rondouillard va se faire mépriser en dépit de son efficacité, que Zyva va tenter d'à la fois castrer et allumer DiNozzo en une seule phrase, que le vieux papy va parler aux morts, et que la petite fée gothique dans son antre va avoir un verre de liquide fluo dans la main. Sublimissime. Evolution du personnage ? Connaît pas. Le popcorn à son apogée.
Et donc ça, ça dame le pion à la Star'Ac ? Je sais pas si je dois en rire ou en pleurer.

Vous dites ? Ce n'est pas mon genre de séries ? Vrai. Alors prenons le genre de série qui serait d'ordinnaire le mien : le drame. Ah ! Là on ne peut décemment pas m'accuser de partir du pied gauche, pas vrai ?
Alors qui m'explique le hype autour de Damages ? C'est complètement creux ! Superficiel, bourré d'effets de style, et au final pour quoi ? Pour construire un pseudo-suspense complètement prévisible, en espérant nous faire frissonner un peu sans s'en donner les moyens scénaristiques. Ah ils sont jolis les effets de filtres, les plans serrés, je dis pas le contraire. Mais on regarde quoi, au juste ? Un clip ? Nan, mais quand même, quoi. Et j'arrive pas à trouver une seule personne pour en dire du mal. Je ne comprends juste pas.

Eh, oh, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit.
Je ne dis pas, par exemple, que c'est populaire et donc mauvais. Il y a un public pour tout. Comme je dis toujours, s'il y en a eu un pour près de 10 ans d'Alerte à Malibu, tout est possible. M'enfin de là à motiver autant les foules, ça m'épate. Faire des cartons d'audience avec ça...? Je ne comprends pas.
Ce que je ne dis pas non plus, c'est qu'on ne devrait regarder que des séries d'un certain genre, par exemple d'une exigeance hors du commun, hyper écrites, ou à l'univers à part. Elles ne sont pas faites pour tout le monde pour commencer. Une partie du public, par exemple, ne veut pas se prendre la tête, et c'est son droit le plus strict. Moi-même ces dernières semaines, je n'ai pas spécialement opté pour ce genre de séries, avec mes Reba dont vous ai rebattu les oreilles, pas vrai ?

Non, en fait ce qui me pose question, c'est que tout le monde regarde ces séries-là.
Parce que des séries de ce type, dans le fond, yen a des tonnes. Chaque saison, yen a des nouvelles. Certaines saisons plus que d'autres, d'ailleurs. Elles valent ce qu'elles valent, c'est comme ça.
Mais d'une série si moyenne à une autre série si moyenne, il y en a sur laquelle le public, américain comme français, fond comme un nuage d'éperviers, et puis il y en a, qui n'ont pas plus de mérite, et pas vraiment moins non plus, qui crèvent sur place.

On est fin septembre. Les premiers renouvellements ont déjà été annoncés. Les premières annulations suivront pas loin derrière le très pénible Do Not Disturb. On va, c'est fatal, voir disparaitre des séries qui ne sont ni meilleures ni pires que Les Experts Kuala Lumpur, NCIS ou Damages. Yaura peut-être, à la rigueur, moins d'argent investi dedans. Parfois même pas. La différence sera infime. Mais elles, elles crèveront, pendant que d'autres du même tonneau survivront.
Et ça me pose question, parce que je me dis : y a-t-il une sorte de phénomène grégaire qui pousse les gens à regarder les mêmes séries, même si à côté il y a strictement la même chose, et à sauver du naufrage des séries qui en soi n'ont rien d'extraordinaire, en leur offrant des audiences respectables voir exemplaires ?
A quel moment, du côté de la promo, du bouche à oreille, ou quoi que ce soit d'autre, y a-t-il quelque chose qui intervient et fait la différence ?
Je n'en suis même pas à me dire que certaines séries mériteraient plus ces chiffres, même pas. Je dis juste qu'entre deux productions similaires à bien des égards, certaines acquièrent une longévité et d'autres pas.
Et ça, vraiment, je comprends pas.

25 juillet 2008

Guerre interne

Des séries de guerre, il faut bien reconnaître qu'il y en a moins que, mettons, des séries sur les ados (certains argueront que les deux reviennent au même ; ceux-là auront trop écouté Whedon parler de Buffy). Et il y en a moins qu'il n'y a de films de guerre, aussi. Il faut dire que sur le principe, c'est moins déprimant pour le spectateur de regarder 2h de carnage une fois, que 45mn de carnage chaque semaine pendant plusieurs mois, je le conçois parfaitement.

Et pourtant, la première série qui m'ait marquée, celle par laquelle je pense que tout a commencé, c'est L'Enfer du Devoir. J'avais moins d'une dizaine d'années alors, mais c'est elle qui a semé les germes de ma téléphagie d'aujourd'hui ; laquelle se caractérise, dans 90% des cas, par une quête des situations les plus déprimantes et/ou douloureuses, précisément. C'est après L'Enfer du Devoir que je suis devenue téléphile. Le problème c'est que j'avais un mal de chien, par la suite, à trouver ailleurs les mêmes sensations. La difficulté était double : d'une part, en tant que petite fille, une partie des programmes qui auraient pu me plaire m'étaient inaccessibles, et d'autre part, je n'avais pas, au début des années 90, les moyens d'information qu'on a maintenant et qui permettent de chercher des renseignements ou des références sur un thème spécifique ou des critères précis.
Et puis, pas loin de 10 plus tard, SPACE 2063 est arrivée. Ma quête a trouvé là, à la fois, un aboutissement et un élément déclencheur : je savais que j'avais trouvé de quoi faire battre mon coeur, et en même temps, j'ai su que plus jamais cette soif de souffrance par procuration ne s'apaiserait. Et c'est donc comme ça que je suis devenue téléphage.

Ainsi donc, deux des séries fondatrices de mon parcours téléphagique se déroulaient en temps de guerre.
J'ajouterai qu'il y en a eu une troisième, qui, elle, m'a fait découvrir le monde de l'internet téléphagique : Band of Brothers. C'était quasi-orgasmique, une telle série, pour moi !

Aussi, lorsque se présente une nouvelle série du genre, je n'ai pas besoin de réfléchir à deux fois pour décider de l'essayer ; c'est instinctif, ça me donne envie.
Ce que je préfère, ce n'est évidemment pas de voir des mecs se faire dézinguer à longueur d'épisode (non ça c'est juste un bonus). Ce sont les vivants qui m'intéressent, ceux qui, dans toute bonne fiction sur la guerre, se posent des questions sur son utilité (et qui bien souvent ne lui en trouvent pas). Oui, on pourrait dire, en un sens, que j'aime les séries de guerre parce qu'elles n'en font justement pas l'apologie, paradoxalement !

Mais dans tout genre donné, il y a des moutons à cinq pattes. Et aussi surprenant que ça puisse paraître, de la même façon qu'il existe quelques bonnes séries pour ados, il existe aussi quelques mauvaises séries de guerre.

Ma première déconvenue a été avec Over There. C'est rageant : je n'ai jamais pu aller jusqu'au bout du pilote. Pas faite de lui avoir donné sa chance par trois fois, pourtant. A chaque nouveau visionnage, je réussissais à tenir une minute de plus, grand maximum. Je trouvais le langage ordurier "trop facile", les scènes d'action trop présentes. Ni dans un sens, ni dans un autre, je ne trouvais de message. En un mot, Over There m'a paru vide. Je me suis souvent demandée, depuis, si en persistant j'aurais changé d'avis, et/ou découvert des qualités insoupçonnées, au moins au pilote. Mais rien à faire, ça ne passe pas. "Pas de panique", me suis-je alors dit, "c'est simplement Over There qui ne passe pas". Après tout ça arrive !

C'est donc avec délice et appréhension que j'ai abordé Generation Kill. Je revenais d'une expérience assez négative, mais néanmoins, je me disais que je ne pouvais que trouver là une série plus... je ne sais pas. Plus, quoi ! Plus intéressante. Plus accessible. Plus touchante ? Plus mieux, en somme.
Fatalitas ! Pas du tout. Rien à faire là non plus : Generation Kill n'a pas su m'atteindre. Je lui reconnais cependant des qualités que je n'avais pas pu concéder à Over There sans piétiner mon honnêteté intellectuelle. Le travail de photographie me semble par exemple plus abouti. Le rythme est mieux maîtrisé. Cependant, tout réussi que soit, finalement, le contenant, le contenu m'a une fois de plus paru lacunaire. Certains personnages parviennent à revêtir un vague intérêt, mais il reste négligeable. L'intrigue est surtout sans saveur, on ne ressent pas d'enjeu.

Je m'interroge. Peut-être faut-il alors marquer une distinction entre les séries de guerre (Over There, Generation Kill...) et les séries sur la guerre (Band of Brothers, L'Enfer du Devoir...). Le sang gicle dans les deux cas mais le second propose un peu plus de recul et de profondeur que le premier.
Je me demande aussi si l'intérêt d'une série de ce genre n'est pas proportionnel à la charge émotionnelle qui nous lie à la guerre dont il est question. Par exemple, j'ai été très tôt sensibilisée à la Seconde Guerre Mondiale et, dans une moindre mesure, au Vietnam, de par l'histoire de ma famille. Ce n'est pas du tout le cas du Moyen-Orient. Je n'ai par contre pas d'explication pour le cas de SPACE 2063...!

Peut-être aussi que nos goûts changent, mais ça, je refuse de l'admettre. Non, c'est pas possible.
Bon en fait, vous savez quoi ? Je vais lui donner une autre chance, à ce pilote de Generation Kill. On n'abandonne jamais un Marine tombé au combat (c'est SPACE 2063 qui me l'a appris).

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Generation Kill de SeriesLive.
Bonus : les fiches L'Enfer du Devoir, SPACE 2063, Band of Brothers et Over There. Où j'ai mis le somptueux générique de Band of Brothers, moi ?

7 juillet 2008

Attention, c'est du lourd !

Mouais... c'était pas mal. Ya eu quelques commentaires, effectivement. Mais c'est pas encore ça, hein. J'ai pourtant du mal à croire que 90% de mon lectorat ne sache pas écrire, mais passons.
Chose promise, chose due, donc : voici un post sur Roseanne. Une fois n'est pas coutume, ce n'est pas un mais deux épisodes qui m'ont servi pour me (re)faire une opinion sur la série. Ouais, rien que ça, et je ne regrette rien, et si c'était à refaire, je le ferais, parfaitement !

De Roseanne, dont j'ai quelques vagues réminiscences, je n'ai gardé qu'un souvenir finalement plutôt vague : le générique (version partie de poker, donc... le plus fou, c'est qu'en deux épisodes, j'ai déjà vu deux génériques différents !), le décor, dont j'avais plutôt bien mémorisé la configuration (allez savoir pourquoi), et bien-sûr le couple formé par Roseanne Barr et John Goodman.

Alors déjà, non, hein, stop, je vous arrête tout de suite : non, je ne m'en souvenais pas parce qu'ils étaient gros. Nan mais merci, quoi, ya quand même un peu plus à retenir de ces personnages ! En plus c'est même pas comme s'ils se revendiquaient de la Size Acceptance.
Moi, ce qui me frappait chez eux, et me frappe encore, c'était leur naturel.

Je vous rappelle quand même, l'air de rien, qu'il n'y a pas si longtemps, les sitcoms, sur M6, c'était plutôt le Cosby Show et Madame est Servie, quand même. Alors, bon, d'accord, c'était drôle (aurions-nous eu la délicieuse Une Nounou d'Enfer s'il n'y avait pas eu Madame est Servie ? Même moi j'en doute), mais on ne peut pas dire qu'il y avait un fort facteur d'identification. On avait plutôt le choix entre un personnage à gimmicks comme Cliff Huxtable, et de l'autre côté, une situation plus qu'incongrue (c'était même le but du jeu).
Alors que dans Roseanne, et c'est d'ailleurs ce que les différents génériques illustrent si bien, on est dans "la vraie vie". Pas de pitch improbable (pas de pitch du tout...), pas de personnages caricaturaux, non juste une famille. Au quotidien. Le vrai quotidien.
On a tous dans notre fratrie (ou, si vous êtes enfant unique, parmi les proches cousins) un frère et/ou une soeur qui ressemble à l'un des enfants Conner ! Becky la bêcheuse, Darlene l'impertinent garçon manqué, ou le petit dernier dont personne ne retient jamais le nom parce qu'il a encore le nez enfoui dans les jupes de sa mère !
Les enfants sont turbulents, bruyants, ingérables... ils nous ressemblent. Il y a des bêtises dans chaque épisode, ils répondent à leurs parents, ils mentent... c'est pas comme Sam qui était toujours toute mignonne et polie !

Et puis, bien-sûr, il y a le couple Roseanne/Dan. Evidemment, les meilleures répliques sont pour eux ! Enfin, bon, laissez-moi préciser : si Roseanne Barr n'a pas un jeu aussi riche que John Goodman (mais qui peut rivaliser avec John Goodman ?), du moins a-t-elle droit aux phrases les plus drôles. Mais en même temps, hein, c'est qui le patron ici ?

Comme je vous le disais, il n'y a pas vraiment de pitch : à l'instar d'un grand nombre de sitcoms, l'intérêt c'est d'avoir des personnages, les situations viendront ensuite.
Pour vous la faire courte, Roseanne travaille à l'usine, tandis que Dan... il est entre deux emplois, dirons-nous. Et ça aussi, ça semble absolument génial : Roseanne n'est pas une femme au foyer, sans toutefois avoir un métier de folie à la Clare Huxtable ou Angela Bower. Avocate, publiciste... et pourquoi pas chirurgienne, aussi ?!
C'est donc elle le soutien de famille, d'autant que Dan, bon, c'est pas un mauvais bougre, mais c'est un peu une feignasse, quand même (qui a dit "grosse feignasse" ? on avait dit qu'on parlait pas du physique !). Et ça, ça lui permet d'être à la fois dans la position de la mère de famille qui fait tourner sa maison (pas comme Angela qui se reposait sur Toni) tout en revendiquant une certaine dose de girl power !!! Il faut la voir, dans le pilote, tenir un discours ultra-sexiste (du sexisme anti-mâle, j'entends) pour comprendre que le personnage de Roseanne... bah, il en a dans le pantalon.

Entre Roseanne et Dan, on sent aussi une sincère complicité (étonnant, d'ailleurs, de constater à quel point elle est patente dés le pilote), de celle que partagent deux personnes qui, après, quoi ? 15 ans de mariage ? Par là... Eh bien, c'est la complicité de deux personnes qui s'apprécient toujours mais qui n'ont pas besoin d'en faire des tonnes. Mais si, vous en connaissez plein, dans les séries, des couples de fictions qui ont 10, 20, parfois 30 ans de mariage, et qui sont écrits et/ou joués comme si c'était leur premier jour ! Ou pire : qui ne le jouent pas du tout (sur l'air de "bah c'est marié dans le script qu'on est mariés, de toutes façons, alors à quoi bon ?"). Ils se charrient mutuellement, se lancent des piques, mais ça n'a rien de méchant ; on n'est pas dans le registre "je t'aime, moi non plus pétasse" de Al Bundy par exemple. Non, il en ressort une impression de tendresse véritable, comme deux personnes qui partagent réellement leur quotidien ensemble, sans que la série cherche à le fantasmer dans un sens ou dans l'autre. C'est un couple dans lequel il n'est pas tant question d'Amour avec un grand A, mais d'humour, et c'est déjà bien quand on traverse plus d'une décennie de galères avec quelqu'un.

Et il en faut, de l'humour, parce que les galères, elles ne se privent pas pour arriver. Et quand on élève trois enfants avec presque pas d'argent, il vaut mieux savoir en rire. L'air de rien, on est dans la seconde partie des années 80, et on ne le repère pas seulement à la toison permanentée de l'héroïne, mais aussi à ce que cela sous-entend d'une certaine morosité économique (la série date de 88, une période de récession avait été entamée l'année précédente, si mes souvenirs de collégienne sont exacts). Et c'est encore pire pour une famille d'extraction modeste, on s'en doute. Donc, la vie n'est pas simple, on compte les sous... et d'ailleurs dans le second épisode, c'est visiblement le nerf de la guerre. On y voit Dan ramener la somme providentielle de 500$, ce qui forcément réjouit tout le monde ; devant l'enthousiasme de ses enfants, Roseanne, explique qu'il y a d'abord des factures à payer, mais que, promis, avec l'argent qu'il restera, ils feront construire une piscine... Et d'argent bien-sûr, il ne va rien rester (ou alors si mais je ne vous explique pas tous les tours de passe-passe que Roseanne opère pour en arriver là !). Dans cette maison pas absolument propre, un peu chaotique, chaque dollar compte, même si parfois on aurait bien envie de se faire plaisir aussi...

En fait, je m'aperçois que les similitudes avec une série que j'adore, plus vieille de 5 ans, Une Maman Formidable (ok, son titre français est particulièrement inepte), sont très nombreuses : Grace a également un mari bon à rien (mais elle, dans le pilote, elle s'en débarrasse), elle a trois enfants intenables, un job dans une usine (où elle n'a pas la chance d'avoir autant de collègues féminines que Roseanne, et fait donc face au sexisme ambiant)... D'ailleurs ça me fait penser que je voulais vous faire un post sur cette série, je me demande bien quel épisode de ma telephage-o-theque je vais choisir pour ça...? On verra. Ca dépendra aussi de vous.

Enfin, bref. Regarder Roseanne m'a aussi rappelé tout un tas de choses. Roseanne, en fait, c'est un peu mon enfance, moi qui avais 6 ans en 1988, je reconnais bien là les horribles pulls en tricot, les permanentes improbables et même les contingences financières de la famille Conner.
A une époque où les revivals font fureur, je m'étonne que personne n'ait eu l'idée de nous rappeler cette décennie dont nous avons miraculeusement réchappé, nous, les enfants des années 80. C'est vrai que quand on voit d'où on est partis, on se dit qu'on en a fait, du chemin...

 

Allez, tous avec moi : femme des années 80...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Roseanne de SeriesLive.

20 janvier 2007

Petite liste

Ca ne coûte rien de rêver. Et puis on sait jamais...
Mon anniversaire tombe dans maintenant 5 jours, je serai vieille, je mérite une compensation. Ayez pitié, c'est l'année des Catherinettes.

Donc, j'ai décidé de me faire une petite liste des DVD que je rêve d'avoir... Je sais qu'ils existent ! Mais ptet pas tous dans notre pays. Peu m'importe. De toutes façons pingres comme vous êtes, vous allez sans doute ne rien m'offrir. Je tente quand même :
- A la Maison Blanche : je n'ai toujours pas trouvé le temps ni les moyens de faire main basse sur la saison 6. C'est emmerdant. J'ai aussi la 1e saison en vieilles VHS et elles gagneraient à trouver du repos en étant remplacées par des DVD.
- Action! : cette épatante série d'humour trash, vitriolant Hollywood et nous permettant de mater Jay Mohr (maintenant qu'il est marié à Nikki Cox de Las Vegas, vaut mieux faire une croix dessus et se rabattre sur les DVD) n'a pas son égale... et hélas peu de chances d'atteindre un jour un quelconque créneau d'une chaîne hertzienne. Une seule saison, c'est quand même pas la mort.
- Farscape : j'ai bien la première partie de la première saison (soit un centième de huitième de la série... non attendez, un dixième de la moitié... non c'est pas ça...) mais franchement, je suis bien plus tentée par l'acquisition rapide et la moins coûteuse possible de la série dans sa totalité. Si vous arrivez à faire ça, je vous offre la première partie de la première saison pour votre peine.
- NY Unité Spéciale : de vous à moi, même si la série devient lisse avec l'âge (comme la peau de Mariska Hargitay : hasard ou coincidence ?), ça reste une formidable série ! Ca me fera gagner une place folle sur mes diverses VHS de mauvaise qualité, où en plus je suis loin d'avoir réussi à avoir tous les épisodes. Il me manque même celui où Sherilyn Fenn est une belle-mère incestueuse, imaginez mon désarroi.

Liste non exhaustive.
Bon, si vous n'avez vraiment pas les moyens, vous n'avez qu'à prétendre que je n'ai pas communiqué mon adresse postale sur ce blog, et que tout ce que vous pouvez faire, c'est me montrer une photo de la cover de l'un ou l'autre des coffrets sus-cités. Je vous en voudrais pas. Pas trop...

Sinon en Belgique, la première saison de Oz est sortie cette semaine, aussi. Pour pas cher... J'dis ça... j'dis rien.

23 janvier 2007

Caisse spéciale moins de 10 rires

TBS s'autoproclame chaîne très drôle.
Moi je veux bien, cela dit ce n'est pas tout de le dire, il faut le prouver aussi. Espérons que la série que j'ai testée aujourd'hui ne soit pas le fer de lance de la chaîne (qui, il est vrai, n'a cette saison que deux séries originales dans sa grille, le reste reposant sur des rediffusions de formats courts des autres chaînes : Tout le monde aime Raymond, Sex & the City, ou encore le roi de la rediff Friends...)

Au départ, la sitcom 10 items or less a une foule de qualités : pas d'acteur très connu au compteur (donc personne qui ne soit là pour faire son show et voler la vedette à tout le monde ; j'y ai par contre retrouvé un acteur de Lincoln Heights), un cadre un peu inhabituel (et s'il y a une seule chose à retenir de Malcolm in the Middle, c'est que les magasins, c'est plein à craquer de ressorts comiques potentiels), un sens de l'humour un peu absurde, et un personnage central nullissime, et tout-à-fait prêt à l'assumer. Bref je partais du bon pied.

Eh oui, mais. Car il y a un "mais"... (eh oui, si je me plaignais pas ce ne serait pas un blog)

La plupart des acteurs n'y croient pas une seule seconde ! Seuls deux ou peut-être trois d'entre eux sont vraiment à fond dedans, les autres sont là pour pouvoir manger, mais n'ont pas la moindre conviction. Je comprends bien qu'une série comique de TBS, c'est pas la même chose qu'un drama en primetime sur un network, mais quand même ! Mettez-y du coeur, quoi !
Mention spéciale à l'interprète d'Amy, qui non seulement a de quoi se faire détester pour son rôle de garce, mais en plus est vraiment là en touriste ! Comment une comédienne a pu passer la barrière des castings, je pose la question ?! Elle a couché avec qui, au juste ?

Moi qui me demande souvent comment on distingue le mauvais acteur du personnage mal écrit, je crois que j'ai trouvé en 10 items or less ma référence en la matière. Ce qui est dommage, en fait, car il y aurait eu de quoi rire à pleins poumons s'il n'y a avait pas eu de quoi bâiller aux corneilles.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche 10 Items or Less de SeriesLive.

26 janvier 2007

...Crane

Arrivant à la fin de la première saison de Boston Legal, je ne peux m'empêcher de faire un constat : s'il y a bien une thématique récurrente chez David E. Kelley (en-dehors de la plus évidente, à savoir l'exploitation des débats juridiques comme exploration de la société américaine, et de l'autre, plus superficielle, de chérir les actrices les plus maigres de la création), c'est bien la peur de perdre ses facultés, intellectuelles en particulier. Je ne vais pas chercher à psychanalyser ce monsieur que j'estime infiniment par ailleurs, mais à mon avis, il y aurait matière...

Ce thème se retrouve pour ainsi dire dans chacune de ses séries, quoique je vous accorde ne pas toutes les avoir vues (tenez, Girls Club, par exemple...). Citons naturellement, mais je ne cherche nullement à être exhaustive, le professeur Lipschultz, de Boston Public cette fois, qui se trouve être un fabuleux prélude à Denny Crane.

Invariablement, le questionnement sur la capacité à pouvoir continuer à exercer sa profession se pose... mais d'abord par le biais de l'entourage. Jamais vous ne verrez un personnage atteint de sénilité ou autre source de diminution, se remettre en question (alors que, curieusement, la plupart des personnages de Kelley sont justement très doués pour la remise en question). Non, le doute émane d'abord des proches, ou en tous cas de ceux avec qui le sujet travaille. C'était par exemple le cas dans la première saison de The Practice, où un avocat faisait appel à Bobby Donnell pour pallier à ses difficultés dans une affaires. Une occasion pour notre cher Bobby d'être confronté à ce qui était autrefois un modèle pour lui, et qu'il doit mettre sur la touche pour préserver les intérêts de son client.

Dans Chicago Hope, je me souviens aussi (plus vaguement, je n'ai vu la série que brièvement lorsque TF1 l'a diffusée en matinée il y a certainement une décennie) que le directeur de l'hôpital ne pratiquait plus parce qu'il n'était plus capable. Il y a également eu des occurences dans Ally McBeal à propos d'un juge (d'ailleurs, Ally elle-même, lorsqu'elle craint d'être folle, fait l'expérience de ce questionnement).

Dans Boston Legal, la question de mettre Denny Crane sur la touche est évoquée, bon, disons, un épisode sur deux, et je suis gentille. Qu'il s'agisse de son âge, de sénilité, d'Alzheimer, de Creutzfeldt-Jacob, ou de n'importe quelle autre explication (sur ce sujet, la saison 1 est tellement floue qu'on se demande si ces "diagnostics" ne sont pas des inventions successives de Denny Crane), le fait est que l'homme est diminué. Et que tout le monde se demande s'il est bien raisonnable de le laisser exercer encore.

Bien entendu, ce ne serait pas drôle si Denny se retirait. D'abord, n'oublions pas que l'homme possède encore une intelligence phénoménale dans son domaine (à la fin de la saison 1, il n'a perdu aucun procès de sa carrière !)... bien qu'elle ait ses failles évidentes, elle a aussi ses bon côtés. Et puis surtout c'est le biais par lequel la série peut exprimer à fond sa fantaisie, et ça, on ne saurait s'en priver.

Cette ambivalence (il n'est plus ce qu'il a été, mais ce qu'il est à présent fonctionne quand même drôlement bien sous un certain angle) est plutôt courante chez du Kelley, donc. D'ailleurs assez ironiquement, la première fois que j'ai vu ce thème être exploité dans une série, c'était dans une rediffusion de L.A. Law sur France 3 il y a 5 ou 6 ans (cela concernait également un avocat cette fois-là), série à laquelle, justement, Kelley a collaboré avant de se lancer en solo. Si je retrouvais le titre de l'épisode, je serais curieuse de savoir si Kelley a justement travaillé sur cet épisode.

Cette thématique récurrente, à plus forte raison dans des séries de qualité (du moins, sur une majeure partie de leur parcours) fait penser à une sorte d'immense métaphore filée, ou peut-être à une préoccupation sur le long terme. Comme je l'ai dit, je ne chercherai pas à analyser l'homme à travers les oeuvres. Mais c'est tout de même drôlement intriguant et en prime, cela donne une cohérence supplémentaire à l'univers...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (vous cherchez les embrouilles ?) : la fiche Boston Legal de SeriesLive.

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