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ladytelephagy
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11 avril 2009

ABC et FOX sont dans un bateau...

...Pushing Daisies et Dollhouse tombent à l'eau, qui est-ce qui reste ?

Réponse : pas les spectateurs.
Arrivés à un certain point, faut arrêter le foutage de gueule.

Non parce que nous, en bons petits français, on se plaint de nos chaînes cocorico, soi-disant qu'elles ne respectent rien, que c'est indigne, etc... Bon, ça ne retire pas leurs torts à TFHein et consorts, mais sachons admettre que parfois, les chaînes américaines ne font pas mieux.

Cette fois c'est donc la FOX qui, ô surprise, vient d'annoncer qu'elle opérait un largage de Joss Whedon en pleine mer(de). Ce type doit vraiment avoir un contrat en béton avec le network, parce que sinon c'est du pur masochisme et il faut se faire traiter urgemment par les autorités compétentes, mon grand. On t'a déjà fait ce genre de sale coup combien de fois, en fait ?

Bon, c'est pas que je sois fan de Dollhouse. J'ai même pas du tout suivi l'affaire, donc vraiment n'y voyez là aucune sorte de biais. C'est juste que je suis téléphage. Que je trouve qu'on mérite le respect. Parce qu'on fait vivre tous ces gaillards (d'accord, sauf quand on cagoule, mais je me comprends). Merde à la fin. Si même les amerloques font n'importe quoi (et cette saison c'est une véritable épidémie), je sais pas comment on va réussir à dresser nos chaînes locales.

Et que je subodore que ce genre de choses soit de plus en plus fréquent, pour fourguer du DVD plus facilement. Mais dans ce cas, j'ai envie de dire à la FOX, et à toutes les autres chaînes d'ailleurs, et soyons chiches, dans tous les pays : si c'est juste pour teaser le télespectateur et ensuite tout laisser tomber au premier coup de grisou, je sais pas si ça vaut pas la peine d'instaurer carrément un circuit de direct to DVD pour les séries aussi, comme ça existe pour les films, et comme ça on sait exactement à quoi s'attendre, hm ? La plupart des chaînes ont aussi un organe de distribution alors allez-y, ne vous privez pas, et comme ça en prime, on n'a pas à attendre des mois avant de voir la fin d'une série.

Bon et puis, toi, Joss, c'est un peu ta faute aussi. Je suis sûre que l'expérience Doctor Horrible t'a appris que t'étais pas obligé de passer par un network pour vivre... et que même si internet c'est moins rentable, ptet qu'il va falloir commencer à songer au moins au câble, d'accord ? Chais pas, fais quelque chose, mais à un moment tu commences à faire pitié, mon grand.

Cancel me once, shame on you, cancel me twice, shame on me.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Dollhouse de SeriesLive.

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29 janvier 2009

Nurse Jackie soigne-t-elle les insomnies ?

Je ne m'étais pas spécialement intéressée à Nurse Jackie jusqu'ici. Contrairement aux séries dont on nous rebat les oreilles à la moindre promo sur tous les sites et blogs, il ne faut pas compter sur le petit peuple d'internet pour se prendre de passion pour ce projet, apparemment.
Depuis je me suis aperçue que Critictoo en a parlé, cela dit, et ya un bout de temps apparemment. Mais les autres (moi y compris, hein) ne se sont pas bousculés. SeriesLive n'a même pas encore percuté que le projet était signé, il n'y a pas de fiche, leur seule news est antédiluvienne, et, chose encore plus étonnante venant d'eux, pas de trace de video alors que cette facette du site est en plein boom ces derniers temps.

C'est en effet en me promenant sur le site de Showtime pendant une insomnie, cette nuit, que je me suis aperçue qu'il existait une video de promo. Mais sans plus en dire, je vais parler deux secondes du site de Showtime avant de parler du trailer, cela dit...

Parce que Showtime, c'est des pourris. Nan, je tiens à le dire. Il y a encore quelques années, c'était impossible pour un petit Frenchie de mettre le pied sur leur site : il était interdit aux non-amerloques. Paaaartout. Même la page d'accueil. Ne parlons même pas des sites officiels de leurs séries. Or c'était précisément l'époque où on manquait de sources, et où les sites officiels, c'est à peu près tout ce qu'on avait, à plus forte raison pour le matériel promotionnel. Oui, tout-à-fait, je parle de Rude Awakening, la rage au ventre et le coeur plein d'amertume, et avouez que ça faisait longtemps que je ne m'étais pas plainte à ce sujet... Pour trouver le moindre truc sur cette série, il faut se lever tôt, croyez-moi ! Et donc, maintenant que, il faut le dire, ça ne sert plus à rien d'aller mendier des gadgets sur les sites officiels parce que ces trucs-là se propagent de partout sans se fouler, paf ! Showtime se réveille... Mais franchement, quand on voit la gueule de Toni Collette, on se demande qui voudrait un fond d'écran à son effigie, quand même. Sherilyn Fenn, c'était autre chose ! Eh bah non, Showtime a un train de retard ! Ou plutôt 10 ans...
Mais non je suis pas rancunière. Pourquoi vous dites ça ?

Donc, revenons à notre sujet, à savoir Nurse Jackie.
Un casting de rêve, cette série. Disons : pour n'importe qui d'autre que moi. Edie Falco, ouais, super. Jamais pu l'encadrer cette nana. Peter Facinelli, mais oui bien-sûr, si mes souvenirs de Fastlane sont justes, il a autant de nuances dans son jeu qu'Ice-T... et puis Anna Deavere Smith, c'est la nana qui a fait toutes les séries de son époque, mais ne s'est rendue inoubliable dans aucune. Laura Harris ? Allez, merde, cette nana a le charisme de mon ongle d'orteil. J'ai l'ongle d'orteil charismatique, mais ça reste relatif, quand même... Je continue ? Joli générique, je vois ça d'ici.
Donc effectivement, l'enthousiasme me manque un peu.

Mais je suis bien contente de découvrir cette video parce que, l'un dans l'autre, même si ce n'est pas le trailer du siècle, ça donne quand même un peu envie et, oh tiens dis donc, mais qu'est-ce que c'est que ça ? Pendant quelques secondes, je n'ai pas détesté Edie Falco.
On est en progrès !
Ya plus qu'à.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (comme moi ya quelques heures) : la fiche-projet de Nurse Jackie.
EDIT : et hop, la fiche Nurse Jackie de SeriesLive !

28 décembre 2008

On l'a perdu pour de bon

Vous le savez, Jay Mohr est le seul acteur blond que j'accepte de regarder sans avoir un sac en papier à portée de main.
Vous le savez peut-être aussi, mais cet imbécile s'est cru obligé d'épouser ce truc, pensant vraisemblablement faire une affaire sauf qu'il était arrivé 10 ans trop tard et que le produit s'était très largement défraîchi dans l'intervalle.

Donc là, on se dit : "ok, il est cinglé, mais ça va s'arrêter là".
Non. Ce n'était pas encore assez.

Il a fallu ensuite qu'il aille se commettre dans Ghost Whisperer (où il a ramené son ersatz d'épouse d'ailleurs, comble de l'horreur), puis dans Gary Unmarried... et on pensait qu'il ne descendrait pas plus bas.

Jusqu'à ce qu'on apprenne ça.
Ça y est, on l'a perdu pour de bon. Jay Mohr est bon pour l'asile. Sans espoir de rémission.

PS : oui, les posts sont light en ce moment, falalalala, tout ça tout ça... Pis personne ne commente le pilote de SPACE 2063, donc je vous snobbe.

10 novembre 2008

Yatt... uh ?

Pourquoi, mais pourquoi j'ai acheté la 1e saison de Heroes, alors que j'ai interrompu mon visionnage au cours de la 1e saison, et que je ne l'ai jamais repris depuis ? Et qu'en plus c'est pas vraiment la série du siècle. Et qu'en plus, de notoriété publique, la saison 2 est lamentable. Et la 3e pas vraiment mieux. Et que Kring n'en finit plus de s'excuser.
Bon alors, pourquoi ?

Eh bien exactement pour toutes ces raisons, en fait.

- Heroes était très marrant au début. Cette série est super bien gaulée, c'est du popcorn pur beurre ! C'était une série parfaite pour suivre avec mon homme de l'époque mais justement, quand l'homme est sorti de ma vie, Heroes aussi.
- Heroes est une série popcorn, je l'ai dit. Et je n'ai qu'une affection modérée pour le popcorn. Alors très vite, j'ai trouvé des choses bien plus passionnantes à cagouler, du moins quand j'avais la place technique de le faire. Et puis les diffusions à la télé ne tombaient jamais au bon moment. Et puis je suis amoureuse de la voix de Pasdar. Tout ça tout ça. Nan, le DVD, c'était la seule solution.
- Heroes s'est embourbé jusqu'au cou avec sa saison 2, il parait. Bah je veux vérifier par moi-même. Mais pour ça j'ai besoin, déjà, de me rappeler à quoi ressemblait la première saison, et puis quand même d'avoir des réméniscences à peu près claires de l'histoire. Donc bon, la saison 1, c'est déjà un début.
- Heroes a été très pénible pendant la saison 2, qu'il se dit. Sauf que je lis des magazines, moi (oui j'ai du fric à claquer, je vous l'avais déjà dit peut-être ?). Et que dans Générique(s), eh bien le propos était plus nuancé. Apparemment, le rythme se ralentit mais peut-être finalement à bon escient, gagnant un peu de substance. Bon bah moi, je veux voir un Heroes qui gagnerait en profondeur. Ca doit faire bizarre.
- Heroes pédale dans la semoule avec sa 3e saison, à ce qu'on dit. Bah oui mais ça aussi je veux le voir de mes propres yeux. Quand on part d'une première saison d'une efficacité désarmante, un pur produit tiré au cordeau et tout, je me demande comment on peut se planter autant ensuite. A des fins documentaires, à des fins pédagogiques, même, il faut vraiment que je voie ça.
- Heroes est un produit devenu tellement honteux que son créateur Tim Kring s'est excusé plusieurs fois à son sujet. Outre le fait qu'il faudrait commencer par s'excuser pour Preuve à l'appui, et qu'après on pourrait éventuellement discuter, je trouve ça tellement fort de café que j'ai bien envie de charger la mule moi aussi, et pour ça il faut que je voie de quoi il s'agit. Surtout qu'on en parle dans le podcast de SeriesLive On Air demain, quand même... merde, c'est pas sérieux.

Voilà, maintenant vous savez pourquoi.
J'ai pas dit que c'étaient de bonnes raisons, juste que ce sont mes raisons...

21 septembre 2008

Les deux font deux paires

Ne cherchez pas la fiche de Nikki & Nora sur SeriesLive, n'essayez même pas sur tv.com : la série n'a existé que le temps d'un pilote, et encore, ce dernier n'a jamais atteint les écrans... mais il semble, si j'en crois mes recherches, alimenter l'imagination de bien des gens, des années plus tard.
Ce n'est que l'un de ces nombreux projets avortés dont on ne sait pas grand'chose, voire moins que ça, et sur lesquels nous sommes bien obligés de faire une croix, même quand ils semblent prometteurs. De temps à autres, un Nikki & Nora, un Pretty Handsome, s'échappent, mais combien de merveilles insoupçonnées sommes-nous voués à rater ?

Alors, de quoi parle Nikki & Nora, pour commencer ? Si l'on en croit la plupart des présentations que j'ai pu lire, il s'agit de deux lesbiennes qui travaillent dans la police de la Nouvelle Orléans. Si on vous le demande, ma version serait plutôt la suivante : il s'agit de deux femmes-flic de la Nouvelle Orléans, qui s'avèrent être lesbiennes.
Non que leur homosexualité soit implicite, loin de là. Non que leur histoire d'amour ne fasse pas l'objet d'un peu d'attention scénaristique, non plus. Simplement c'est loin d'être l'axe central de ce pilote.

En fait, le badinage entre Nikki et Nora (l'auriez-vous deviné, ce sont elles les héroïnes de cette série) dans les rues de la Nouvelle Orléans m'a rappelé celui de Flic de mon coeur. Wow, j'adorais cette série ! Bon, cela dit, je ne me rappelle pas de scène de bain entre Remy et sa blondinette collègue... un point pour les lesbiennes, donc.
J'ai eu l'impression qu'il y avait le moins possible de voyeurisme, et que la façon qu'ont ces deux-là de s'asticoter gentillement (je veux parler de piques verbales, bande de gros cochons !) reste suffisamment secondaire pour qu'on ne se dise pas, comme c'est si souvent le cas, que leur condition d'homosexuelle est un élément purement raccoleur. C'est juste une relation amoureuse, et il s'avère que c'est entre deux femmes, et on n'en fait pas tellement plus que pour tout autre couple de télévision hétéro qui bosserait ensemble.

Le vrai hic, c'est... à peu près tout le reste. Un peu comme si l'équipe derrière Nikki & Nora s'était donné tant de mal pour en faire un couple équilibré, que le reste avait été expédié à la va-vite. L'intrigue policière n'est vraiment pas convaincante. Les personnages masculins secondaires n'ont pas grand'chose à se mettre sous la dent (une fois, juste une fois je voudrais être bluffée par Shemar Moore pour autre chose que sa constitution physique). Les clichés sur la Nouvelle Orléans sont d'une banalité désoeuvrante (mais ce qu'il y a de bien c'est qu'on peut s'en servir à titre d'archives documentaires, maintenant... quoi ?! depuis quand on n'a plus le droit à l'humour noir ?!).
Bref, ces faiblesses provoquent très exactement ce qu'il était prévu d'empêcher : la seule chose revêtant à peu près de l'intérêt dans cet épisode, c'est le couple central. C'est ballot quand même !

Heureusement, Christina Cox et Liz Vassey portent formidablement bien leur rôle. Vassey, en particulier, est toute en finesse, en taquineries, bref, charmante de bout en bout. Cox est... disons... fidèle à elle-même. Ce n'est pas une mauvaise actrice mais depuis, quoi, dix ou quinze ans que je la vois opérer ici ou là, on dirait qu'elle ne s'interprète jamais qu'elle-même. En l'occurence ça colle au personnage, mais c'est un peu fatigant à la longue.

Donc oui, il y a Cox et Vassey dans ce pilote, le torse de Shemar Moore aussi, qu'on se le dise, une façon plutôt intéressante de montrer les flashbacks concernant la scène du meurtre (la première salve de flashbacks montrant un viol avait même quelque chose d'à la fois suggestif et très violent), et puis la Nouvelle Orléans, une des villes sur lesquelles j'ai fantasmé pendant des années dans mon adolescence, ce qui, avouons-le, joue pas mal à mes yeux... mais ça ne rattrape pas les multiples imperfections dont ce pilote est constellé. On ne s'étonnera donc pas tellement, du coup, que la série n'ait pas été retenue par UPN.

Plus que le pilote lui-même, c'est finalement son retentissement qui a le plus d'intérêt, en fait. On apprend par une interview de la créatrice sur AfterEllen (traduction sur Univers-L pour les non-anglophones) que le processus pour faire aboutir le projet a duré deux ans, par exemple, mais son impact s'est finalement étendu bien au-delà, notamment dans la communauté gay comme on peut se l'imaginer, qui s'est réjouie de ce projet, même abandonné en cours de route. J'ai trouvé des projets de fanfiction, divers articles, et même des propositions de revente du pilote, pourtant jamais diffusé à la télévision (c'est encore moins légal que d'avoir mis la main dessus, les gars !).
N'est-ce pas le genre de situation qui tombe typiquement sous la rubrique "culte", des fois ?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture... je ne pense pas que SeriesLive accepte les fiches pour ce genre de cas, pour être honnête, mais je me renseignerai à l'occasion.

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27 août 2008

Lady Madonna

Il y a quelques années (j'étais alors une téléphage bien moins raisonnable qu'aujourd'hui), je passais une à deux heures, chaque semaine, à éplucher mon cher Télé Z, et à surligner les programmes que j'allais regarder (chose que j'ai déjà évoquée, je pense). C'est en tous cas ce qui m'a permis, à l'époque, d'éviter l'odieuse frustration de louper les pilotes des nouvelles séries, frustration ô combien démultipliée par ma condition de pilotovore. Ainsi ai-je pu découvrir Une Maman Formidable dés le début, lors de sa diffusion sur France 3 en semaine vers 11h. Et s'il manque les 20 premières secondes du pilote sur ma VHS, c'est uniquement parce que mon magnétoscope de l'époque souffrait de surmenage.

Je suis tombée sous le charme de cette série dans l'instant, dés que Grace a comparé son ex-mari Jimmy à un singe, à un bébé, à Hitler puis au Diable, tout cela simplement en montrant une photo de mariage sur laquelle elle changeait la tête de Jimmy. C'était ça, la scène d'ouverture d'Une Maman Formidable, et c'est comme ça que j'ai compris comment les traducteurs en étaient arrivés à l'idée de ce titre pour la VF (pour "vraiment formidable", évidemment !).

En matière de sitcoms, comme vous le savez peut-être, j'ai tendance à être bon public sur le moment, mais à oublier très vite ce que j'ai vu ensuite. Pour qu'un sitcom me marque durablement, il faut vraiment que quelque chose se très spécial s'en dégage. C'était le cas ici.

Grace Kelly (oui, comme Grace Kelly, mais sans les Oscars et dans un palais beaucoup plus petit) n'est pas juste drôle : elle est grinçante. Son humour noir, qu'elle assène en pince-sans-rire, fait mal en même temps qu'il fait rire. C'est vrai qu'en tant qu'ex-alcoolique, ex-femme battue, mère divorcée de trois enfants et désormais ouvrière dans une raffinerie, elle n'a pas eu que des raisons de rigoler dans la vie ; et les cadeaux qu'elle n'a pas reçus, elle ne nous les fera pas non plus. Aucun sujet n'est trop sérieux pour Grace, il n'y a aucun tabou : toute vérité est bonne à dire, pourvu d'y mettre les formes et de le dire avec le mot pour rire.

Heureusement, pour que le spectateur ne soit pas pris d'une violente pulsion de suicide, un personnage rétablit l'équilibre : il s'agit de Nadine, la meilleure amie et voisine. D'une candeur à toute épreuve, toujours indéfectiblement positive, mais jamais complètement à côté de la plaque, Nadine en est à son 4e mariage, mais idéaliste comme une adolescente. Et surtout, elle est d'un soutien sans faille pour Grace, elle et son mari Wade aidant souvent à garder les enfants lorsque nécessaire. Nadine et Grace fonctionnent comme un couple bien huilé, l'une compensant les travers de l'autre. Le binôme fonctionne à la perfection et donne lieu à des dialogues savoureux. Evidemment, Grace a le plus beau rôle, la série porte quand même son nom, après tout (du moins dans la VO : Grace Under Fire), mais l'une sans l'autre, elles n'offrent que des scènes sympas, quand leurs scènes ensemble sont réellement drôles, fines, et souvent touchantes de vérité à la fois.

Contrairement à beaucoup de sitcoms en milieu familial, il ne s'agit pas ici de mariner dans les bons sentiments. Si Grace doit effectivement élever ses trois enfants seuls (Quentin, Libby, et le bébé Patrick), la série ne s'attache pas particulièrement à montrer combien Grace est une bonne mère. La série joue au contraire à fond la carte de la famille dysfonctionnelle, et évite le piège de la pédagogie gentillette ("tu dois faire ci parce que"/"tu ne dois pas faire ça parce que") arrosée de quelques gags, comme on en trouve tant (je pense au très pénible Ma Famille d'abord, ou au simpliste La Guerre à la Maison, par exemple), non il s'agit ici plutôt de montrer comment Grace affronte la situation avec son regard tout particulier. Quitte à parfois ne pas donner une éducation conventionnelle aux enfants... Ainsi n'hésitera-t-elle pas à dire ouvertement à ses enfants quand ils lui tapent sur les nerfs, ou bien emploie-t-elle des méthodes  toutes personnelles pour les discipliner et éviter qu'ils ne fassent les mêmes erreurs qui l'ont conduite à mal tourner à un moment de sa vie.
Il y a par exemple un épisode où Libby (d'habitude un adorable petit angelot toujours sage) se pique de voler une gourmandise dans la pharmacie de Russell, et où Grace lui fait la leçon sans passer par les poncifs moralisateurs du genre.

- Elisabeth, j'ai trouvé ça dans la poche de ta chemise, aujourd'hui.
- Je te jure que j'ai rien fait de mal.
- Oh. [Grace hausse les épaules puis sort de la chambre, pour revenir avec un calepin] Libby, tu me déçois beaucoup tu sais.
- Oh Maman, je suis toujours gentille ! Quentin, il...
- Ah, je t'interdis de mêler ton frère à cette histoire ! Ecoute, il y a longtemps, quand vous étiez tous petits, j'ai écrit un tas de beaux discours sur les bêtises que les enfants font des fois, comme ça, quand vous les feriez, je n'aurais qu'à lire dans le calepin et être la plus cool des mamans, d'accord ?
- D'accord !
- Allez, c'est parti... "Si jamais tu oses !!!" ah non ça c'est pour le meurtrer, attends... Voyons-voir : V-Viol-Violence... ça y est on va y arriver, voilà : VOL A L'ETALAGE. Ahem. "Je ne vais pas crier ni hurler, comme ma mère l'a fait pour moi. Je comprends pourquoi tu as volé, tu testais tes limites, chérie, tu t'es dit que ce serait excitant de voir si tu réussissais sans te faire piquer. Mais de voler c'est vilain ! C'est vilain, parce que..." Oh, Libby... c'est archinul ! En vérité je suis très fière que tu aies volé !
- C'est vrai ?!
- Oui, tu sais, chaque fois que je vais dans sa pharmacie, je dépense 15 ou même 20$, et ce que tu as piqué aujourd'hui ça coûte 50c, j'ai économisé un peu d'argent grâce à toi, merci !
- Bah... de rien, maman !
- Tu sais ce que tu as fait de mal ?
- Je pensais le savoir...
- Je vais te le dire : tu as visé trop petit ! Alors la prochaine fois, je te donnerai une liste, et j'irai discuter avec Russell pour le distraire pendant que toi, tu rempliras tes poches avec tout ce que tu voudras ! Et comme ça, maman sera très heureuse et fera des économies !
- Mais si je me fais coincer ?
- Ah, on lui dira que c'était une blague, c'est tout ! Bien-sûr ça ne marchera pas longtemps, parce qu'on volera dans toute la ville...
- Ah bon ?
- Oui ! On commencera doucement... genre vêtements, nourriture, et puis on passera à la vitesse supérieure : les stéréos, les voitures, on deviendra très célèbres, on vivra à 100 à l'heure, on passera à l'émission des grands criminels !!! Qui est-ce qui pourrait jouer ton rôle ?
- Je veux pas aller à l'émission des criminels et qu'on joue mon rôle !
- C'est vrai ? Qu'est-ce que j'aurais aimé que Julia Roberts joue mon rôle...
- Non, maman ! Je veux plus voler quoi que ce soit, ne me force plus à voler, je t'en supplie maman !
- Oh zut, et moi qui comptais sur toutes ces provisions à l'oeil...
- Mais c'est maaaaal !
- Aaaaah voui ? ...Oh mais il faut que je te punisse alors, privée de télé pendant un mois !
- Eh !!! Tu m'as roulée, maman !
[Grace recommence à lire son calepin]
- "Tu me remercieras plus tard."

En fait, Grace croit avant tout à l'apprentissage par l'expérience. Elle-même multiplie les expériences au long de la série, cherchant à la fois à progresser dans sa vie professionnelle, mais aussi à s'épanouir intellectuellement, ou encore à rencontrer des hommes avec qui elle pourrait envisager de refaire sa vie.

Sur ce point, il est d'ailleurs sympathique de noter que Grace, en bonne fille du Sud ("Nadine, chez moi en Alabama, il n'y a pas beaucoup de filles de 16 ans qu'on n'a... qu'on n'a pas embrassées", glisse-t-elle dés le pilote d'un air entendu et à mots couverts devant Patrick), n'a pas froid aux yeux, et va de rencontre en rencontre sans s'effaroucher, parfois les choses durent, parfois non, et elle ne s'en formalise pas outre mesure. Ce qui lui vaudra plus tard dans la série, lorsqu'elle s'installera à demeure, des réactions courroucées de la part de sa belle-mère, Jean :

Jean - Le sexe sans le mariage va à l'encontre de Dieu, et des hommes !!!
Grace - ...Ou de ceux qui en sont privés.

Ce personnage très libre, à l'humour très fin et, en dépit de son extraction très modeste, très cultivé, est un véritable bonheur. D'autant qu'elle ne se prend pas un instant au sérieux et n'hésite pas à porter sur son histoire ou sa condition un regard plein d'autodérision...

Et c'est justement ça qui m'inspire dans Une Maman Formidable : que la route soit longue et cahotante, parfois même douloureuse (comme Grace qui a eu un premier enfant quand elle était adolescente, qu'elle a fait adopter, et qui le voit réapparaitre dans sa vie), mais qu'on l'aborde en remontant à la fois les manches et les commissures des lèvres.

Comble du bonheur, j'ai appris récemment que la première saison sortirait en DVD zone 1 à l'automne ! Je vais ptet finir par le trouver, ce générique !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Une Maman Formidable de SeriesLive.

12 août 2008

1h30 in a Lifetime

J'ai passé les deux derniers jours à glander devant les téléfilms American 60s et American 70s. (Punaise que c'est bon d'avoir quelques jours de vacances !)
Non, l'un n'est pas la suite de l'autre. Enfin c'est sans doute la volonté qu'il y avait à la base mais franchement, rien à voir. On se prend très vite d'affection pour la famille du premier, alors qu'on n'en a rien à carrer des petits péteux du second.

Ça doit être au moins la 10e fois que je vois American 60s et à chaque fois je trouve ce téléfilm super bien conçu. C'est équilibré, bien écrit, bien réalisé... l'utilisation des images d'archives, mêlées au noir et blanc, à l'utilisation de la télévision (par exemple pour l'assassinat de Kennedy)... le mélange est super harmonieux et efficace. Je ne vais pas dire qu'on s'y croirait, mais, le rendu est bon.
En comparaison, American 70s n'est qu'un téléfilm sirupeux et sans rythme, où les situations semblent rocambolesques (sur la fin, quand Amy Smart décide d'entrer dans une secte, c'est parfaitement énorme... et puis alors après, pour la déprogrammer, c'est le festival du n'importe quoi) et arrivent sans aucune logique. La continuité ? Connaît pas.
Et puis pour tout vous dire, American 60s fourmille d'acteurs tous plus sympathiques les uns que les autres (oui, même Marc Blucas qui a vraisemblablement été coupé au montage plus souvent que prévu), avec suffisamment de charisme pour permettre l'authentification immédiate. Et pourtant, ce n'était pas un pari gagné que de s'identifier à des personnages aussi différents, vivant dans une autre décennie...

A une époque, j'étais fan de tous ces téléfilms qu'on voit à 13h30 sur M6. C'était mon plaisir coupable à moi : passer 1h30 à pleurnicher devant un téléfilm cheesy, comme une ménagère de 50 ans... Je n'ai jamais su regarder les teenageries, mais un bon téléfilm pour mémère, là d'accord. Il y a du bon et du largement moins bon, évidemment, mais on y voit passer tellement d'acteurs de série télé, de petites histoires amusantes, qui feraient des prémices intéressantes pour des séries parfois, et on s'amuse tellement à jouer les gonzesses éplorées (le premier qui me fait remarquer que je suis effectivement une gonzesse, je le mords), qu'au final c'est un vrai plaisir.

Et puis je vous avouerai que j'ai jamais su résister à tous ces téléfilms où on suit l'histoire de toute une famille, sur plusieurs années. Mais si, vous savez, au début tout la famille est réunie dans une jolie maison avec une clôture blanche... et puis il se passe un drame, et/ou les enfants grandissent, et les choses changent...
...D'ailleurs dans la même veine qu'American 60s, sur ce point, il y a We were the Mulvaneys (et si je me souviens du titre en VO c'est parce que je confesse avoir été consulter la fiche imdb et qu'elle est encore dans mon historique...), avec pareil, une famille qui éclate, et chacun qui vit sa vie...
...Et évidemment à la fin tout le monde (ou presque) se retrouve et ce sont les grandes embrassades et tout le toutim.
Et là je chiale et j'ai eu ma dose de bons sentiments pour 6 mois.

Mais même ce genre de trucs, il faut que ce soit bien fait. Et pendant quelques années, j'en ai vu passer des dizaines et je peux vous dire que pour faire un bon téléfilm de ce genre, il faut impérativement des acteurs de série télé chevronnés, mais, si possible, un peu sur le déclin (qui aurait osé faire un téléfilm dans les années 90 sans Jaclyn Smith ou Jane Seymour ?! enfin, quand Melissa Gilbert n'était pas libre, je veux dire...). Dés que vous prenez des petits nouveaux, c'est voué à l'échec (c'est souvent le contraire pour les séries, d'ailleurs : sitôt qu'on bâtit un téléfilm sur un nom bankable, ça fonctionne, alors que quand on fait ça sur une série, le résultat est souvent sans âme).

Et puis après, pour le reste, l'histoire ou ce qui tient lieu de, vous pouvez vous lâcher, tout est permis.

Ce qui fonctionne bien, ce sont les histoires de bébés. Ya rien qui fait mieux chialer qu'un bébé qui naît gravement malade (si possible alors que les parents ont eu du mal à l'avoir). Yen a un, comme ça, avec Michele Greene et Ann Jillian (oui je retiens les noms, et puis ?), archétype du genre : deux bébés ont des problèmes de santé qu'on pourrait qualifier de complémentaires, et on se doute que l'un finira par donner un organe à l'autre, mais le téléfilm les voit un peu grandir avant... pure merveille du genre (évidemment à la fin la maman de celui qui est mort va voir celui qui a survécu grâce à l'organe donné, c'est cheap, donc c'est merveilleux).
Dans le genre thriller il y a évidemment les bébés échangés, ou mieux, le bébé volé, ou on n'est pas sûr, mais ça fait moins pleurer ce genre de trucs, je conseille pas. Et puis alors les thrillers à la mord-moi-le-nœud, genre la petite nana est bloquée dans une maison vide et ya un méchant qui rôde, ou bien, variante, Alyssa Milano est bloquée dans une maison avec des voleurs qui ont décimé toute sa belle-famille le soir de Thanksgiving... ou encore une mère est bloquée dans une maison avec une locataire machiavélique... mais j'ai jamais accroché là-dessus. De toutes façons, si vous voulez jouer les nénettes devant un téléfilm à la Lifetime, allez-y carrément, ne faites pas les chochottes !
Je sais pas, optez pour un de ces téléfilms super tragiques où la mère a un cancer du sein, ou bien où la fille est atteinte d'anorexie (celui où Amy Jo Johnson est une gymnaste qui ne se nourrit pas est pas mal par exemple), et où ya des morts ! Les morts c'est chouette !!! Vous le connaissez, celui où Scott Bakula est marié à Cynthia Nixon, ils vivent au 19e siècle et Nixon est super malade, alors il lui construit une maison toute en verre pour qu'elle puisse être isolée mais quand même voir ses enfants, et puis elle finit par quand même clamser et il est inconsolable et il refuse de fêter Noël avec ses enfants ? Immense !
Qui le croirait, mais il y a aussi des téléfilms fantastiques ! Il y en a notamment un avec Sherilyn Fenn que j'ai jamais vraiment compris... il était question de mondes parallèles et de retour dans le passé... son mari c'était Thomas Gibson et des fois il était largué par ce qui arrivait à Sherilyn, d'autres fois il était inquiétant... jamais rien pigé.
Il existe aussi un certain nombre de téléfilms sur les couples impossibles, où évidemment les deux personnages passent leur temps à se rater, ou à s'engueuler pour des broutilles, mais à la fin ils réalisent que... bon, vous voyez le tableau. Ça c'est quand même le summum du scénario de pacotille et je laisse aux amateurs. No fun. Enfin, si, il y a bien cet adorable téléfilm qui doit dater du début des années 90, où une jeune fille grosse qui s'appelle, je crois, Stéphanie, rencontre un beau chauffeur de métro, et ils tombent amoureux, mais le mec est fiancé à une pétasse richissime, alors ça se passe pas super bien, mais évidemment à la fin il choisit la grosse qui aime s'éclater au pieu, et manger des ours fourré à la guimauve... ça changeait un peu et la fille qui jouait la grosse était plutôt émouvante, dans le genre.
Par contre il y a tous les téléfilms de Noël et là c'est souvent un vrai régal. Au dernier Noël, je travaillais, donc j'en ai vu très peu (et que des nuls...), mais on en trouve des très mignons et larmoyants.
Et puis enfin, il y a ceux auxquels on ne s'attend pas : les comédies grosses tatanes ! La première fois que je suis tombée dessus, j'étais sur le train arrière. Et j'y ai repensé l'autre jour en voyant le pitch d'une série de la saison prochaine : Valentine. C'était un téléfilm où Cupidon était envoyé sur Terre pour que deux amoureux finissent par se tomber dans les bras l'un de l'autre, mais c'était un Cupidon ballot et ça marchait pas tout de suite ; et les costumes étaient ultra-ridicules, on voyait sa mère Aphrodite dans une vilaine toge et avec une perruque bouclée qui faisait des apparitions, et Cupidon vivait en haut d'une horloge à Manhattan ou un endroit de ce style, hilarant. Il y a aussi cette comédie avec Charisma Carpenter, vous savez, quand elle avait pris du lard... où elle joue une célibataire chiante qui essaye de se trouver un mec à temps pour aller au mariage de je-ne-sais-quelle cousine, et tous ses rendez-vous sont foireux évidemment, mais ya ce mec auquel elle ne pense jamais et avec lequel elle finit... très bien foutu, drôle et ridicule à la fois !

Vous voyez, je ne vous ai pas trompés, je connais vraiment un grand nombre de ces cochonneries. Il m'est arrivé de décaler des rendez-vous pour voir la fin de ces trucs !

Allez, avouez... ya pas un ou deux téléfilms qui vous ont marqué ? On est entre nous là...

15 octobre 2008

On s'est retrouvés, on s'est réchauffés, puis on s'est séparés...

Hier soir, en zappant, je suis tombée sur Desperate Housewives. Et ça devait bien faire une saison, peut-être même plus, que je n'avais pas regardé un épisode en entier.
Ce soir, voilà que j'atterris sur Grey's Anatomy et que je... ne zappe pas !

C'étaient pourtant deux séries que j'avais arrêtées de regarder il y a pas loin d'un an maintenant, et cette fois pas à cause d'un humain de sexe mâle, mais bien parce qu'elles m'avaient ennuyées profondément. Vous savez bien : il y a l'ennui "ouais, bon, et alors ?", l'ennui "borrrrrf", et l'ennui "Zzzzzzzz". Eh bien là j'en étais carrément arrivé au troisième, c'était même assez insultant de me retrouver le menton coincé entre les seins quand résonnait le générique de fin. Je ne m'étais plus endormie aussi brutalement depuis la fois où j'avais essayé de regarder un Derrick en entier.
Et puis franchement, Grey's Anatomy, ça a perdu son peu de saveur pendant la 2e saison, et je suis large. J'ai lutté pendant la 3e, mais j'ai arrêté les frais ensuite.

Alors c'est assez étonnant que je tombe dessus, et que je regarde, et que je rie ! En fait je m'amuse !
Bon alors, on est d'accord, je regarde ça d'un oeil distant, simplement parce qu'il y a des visages connus (dont un ou deux que j'apprécie), que ce n'est pas bien difficile de reprendre en cours de route et que je sais que la semaine prochaine, je ne tenterai rien pour suivre les épisodes suivants.

Je suis en train de découvrir pourquoi les séries popcorn marchent si bien... et le pire, c'est que le popcorn, c'est agréable. Je me dégoûte, tiens.
Bon, personne n'a une série de 30 saisons à me conseiller histoire que j'arrête de me bourrer de maïs soufflé pendant ma période de fringale ?

25 juillet 2007

Il était une fois...

C'est à l'âge de 25 ans, 6 mois, 29 jours, 20 heures et 6 minutes que j'ai pu découvrir Pushing Daisies et, bon, d'accord, je partais avec un a priori plus que positif (j'étais déjà complètement acquise, oui ! vous aviez vu ces merveilleux trailers ???) mais je suis vraiment aux anges. En fait c'est à un tel point que je prépare déjà mon matériel pour la saison prochaine -ah ça, je vous prie de me croire, ça va cagouler !

C'est l'ambiance de la série qui tranche avec ce qu'on a l'habitude de voir : c'est bien simple, depuis le premier jour ça me faisait penser à Big Fish, eh bien c'est exactement ça ! Un univers coloré, légèrement désuet, enfantin, envoûtant, légèrement magique... Pas tant le don du héros mais surtout le point de vue que la série offre sur le monde, à un tel point qu'on se demande à quelle époque ça se passe par moments. La narration fait également son oeuvre. Les voix off, je commençais à en souper personnellement (j'ai atteint mes limites avec Burn Notice qui cumule tout ce que les voix off ont de ronflant et irritant ces dernières saisons), mais là, ça participe pleinement à l'ambiance, parce que cette narration donne l'impression d'entrer dans un conte, bon, d'acord, un conte un peu malsain par moments (ya quand même des gens qui crèvent... parfois plusieurs fois) mais un conte tout de même. D'ailleurs si vous vous souvenez bien, les contes sont souvent malsains (demandez un peu à la reine de Blanche-Neige qui bouffe des coeurs, hein ?)... mais toujours avec un aspect merveilleux pour faire travailler l'imaginaire et se retrouver dans un autre monde. Pushing Daisies, c'est exactement ce type d'univers, un pur délice.

Si vous cherchez de la "valeur ajoutée", alors elle est principalement là : dans cet univers un peu baroque et vieillot (mention spéciale aux tantes de Chuck), du jamais vu sauf au cinéma (il parait que ça sens le Barry Sonnenfeld, moi je trouve que ça fleure bon le Tim Burton, vous me direz où vous vous situez dans ce débat...), et c'est d'ailleurs assez étonnant de voir une série avec une si forte identité visuelle (surtout qu'il faut bien le dire, elles ne sont pas légion ces derniers temps à oser l'originalité). Visuellement on en prend plein les yeux, et dans le bon sens du terme, le meilleur sens du terme. Les couleurs vives, notamment, sont un véritable régal. Meilleur qu'une bonne tarte aux fraises...

Côté intrigue, bon, faut dire ce qui est, sur le coup on se réjouit de ce qu'on voit, mais après coup il faut bien admettre qu'on a du mal à savoir où ça nous mène. Notre amateur de tartes et héros sauve son amour d'enfance d'une mort certaine (vraiment certaine puisqu'elle était déjà morte), au mépris de tout ce qu'il a appris sur son don (à savoir qu'épargner une vie en ressucitant quelqu'un, c'est prendre celle de quelqu'un d'autre), parce que son coeur est pur et qu'ils s'aiment, ces deux-là, comme lorsqu'ils avaient 10 ans... C'est mignon mais on se demande bien jusqu'où les chassés-croisés peuvent bien nous mener. L'alternative à éviter l'ennui, ce serait que Ned découvre alors d'autres choses sur son don : il sait déjà qu'en ressucitant quelqu'un plus d'une minute, cela prend la vie d'un autre, mais peut-être qu'au-delà d'une semaine, un mois, un an... ça a aussi des effets. Est-ce qu'il a déjà tenté, après tout ? Bon, par là ce pourrait être intéressant. Ou bien qu'il finisse quand même par se demander d'où lui vient ce don (mais ce serait alors difficile de préserver l'ambiance magique de la série). Enfin il y a plein de possibilités mais pour le moment, j'attends sans trop réussir à m'en faire une idée... Après tout, ça a aussi son charme de ne pas être capable de prédire l'orientation d'une série !

Enfin, un petit mot sur le cast et les personnages : Ned est le gars qu'on aurait pensé être super réglo, mais qui en fait n'est pas aussi psycho-rigide qu'on le penserait (il s'accomode fort bien de ses petits arrangements avec la mort), et son interprète, sans être extrêment expansif, arrive à être expressif et touchant. Cette sobriété est tout à son honneur mais elle participe aussi à l'impact de la narration puisqu'alors il n'y a pas redite avec ce qu'explique la voix off (ou très peu). Chuck est pétillante, un peu barge mais très sympathique, on n'a aucun mal à s'approprier le personnage, même si le contexte peut paraître vraiment tordu de prime abord (cela vient aussi peut-être du fait que le jeu de l'actrice m'évoque Amy/Mary-Lousie Parker dans A la Maison Blanche). Et puis enfin, il y a Chi McBride (je fais des efforts mais je n'arrive jamais à détester une série où il se trouve !), un peu à contre-emploi de ses récents rôles plutôt sérieux où son personnage est pince sans rire, et même si pour le moment il a plutôt l'air d'un alibi (l'alibi "je-lance-l'intrigue-principale" et l'alibi "je-vais-donner-du-contenu-aux-intrigues-des-épidoes-à-venir", plus évidemment l'alibi de couleur, hélas...) son rôle me plaît vraiment, c'est un cynique dans un monde magique !!!

Bref, sitôt qu'on se laisse emporter dans l'ambiance décalée de la série, le reste devient complètement secondaire. Pour un pilote, c'est un délice, c'est merveilleux... je l'ai déjà dit mais ya pas de mal à répéter. Là où effectivement on peut avoir quelques doutes, c'est sur la façon dont tout ça va scénaristiquement se tenir par la suite... il ne faudrait pas que la forme l'emporte sur le fond. Mais si l'écueil parvient à être évité, j'ai trouvé ma série de l'année.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Pushing Daisies de SeriesLive.

7 septembre 2008

Encore, oh oui, encore !

J'ai fait un test, vendredi soir. Ou plutôt le test a commencé le vendredi précédent : M6 diffusant l'avant-dernier épisode de Sex & the City, et moi n'ayant aucune sorte de patience, j'ai embrayé directement sur l'épisode final grâce à mon précieux DVD (c'est curieux, il était déjà à côté du lecteur DVD, comme s'il faisait partie des 40 dernières videos que j'ai regardées ces dernier temps... on dirait presque que j'aime cette saison 6, pour un peu).
J'ai évidemment tressailli pendant tout le temps qu'a duré cet épisode final qui, je l'ai déjà dit mais c'est pas une raison, est d'une perfection sans nom.
Le but de l'expérience était donc, ce vendredi, donc une semaine à peine plus tard, de regarder tout de même la diffusion de ce même final sur M6.

Résultat de ce test scientifique : même à une semaine d'écart, les émotions sont les mêmes.

On est quand même foutrement irrécupérables, nous autres les téléphages, non ? Non seulement on regarde volontiers ce qu'on a déjà vu, nous préparant nos propres rediffusions comme s'il n'y en avait pas assez dans les grilles des chaînes, mais en plus sommes-nous incurablement capables de ressentir, revisionnage après revisionnage, les mêmes émotions, ou quasiment.

Comment expliquer que ne nous désensibilisions pas ? Comment déchiffrer cette propension à rester attachés, dans la plupart des cas, à ce que nous avons déjà vu ?
J'ai en fait des dizaines d'anecdotes sur ce modèle ! Et sans doute que vous aussi ! Certes, il y a les quelques contre-exemples qui confirment la règle, mais globalement, non seulement nous regardons encore et encore les même épisodes qui nous ont plu, mais encore continuent-ils de nous plaire.

C'est à n'y rien comprendre.

Et le pire c'est que ça m'aurait presque donné envie de m'enfiler la saison 6 à nouveau, si seulement je n'étais pas en train... de me rediffuser du Reba. Consternant...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (eh bah ! vous êtes de sacrés cas quand même !) : la fiche Sex & the City de SeriesLive.

22 août 2008

J'ai déjà fait ce rêve étrange et pénétrant...

Ce matin, je me suis réveillée avec un générique en tête.
Ce qui m'intrigue le plus, ce n'est pas de me lever en ayant une chanson en boucle dans la boîte crânienne de bon matin, non, ça, ça m'arrive souvent. Mais ça m'arrive plus facilement avec des chansons qu'avec un simple générique. Et surtout, le plus épatant, c'est de savoir de quel générique il s'agit.

Il ne m'a pas fallu longtemps pour l'identifier, d'autant que les paroles du générique, c'est tout justement le titre de la série : Teen Angel (ça fait donc : Teen Angel, Teen Angel... woooOOOoooo ! Oui là j'ai un peu mal à la gorge donc ça s'entend pas bien, mais c'est à peu près à ça que ça ressemble).
Et là franchement, le choix de la série par mon subconscient me laisse circonspecte.

Je n'ai pas vu cette série depuis presque deux décennies ! Je me rappelle que ça passait le dimanche ; dans Disney Parade, ça se trouve, même. Je me rappelle de Jason Priestley (quelques années plus tard, ça m'a permis de me vanter déjà le connaître quand mes contemporaines se sont enflammées pour Beverly Hills), d'une cadillac de couleur pastel (ou ptet une mustang, et ptet pas en fait), et du générique. Et vaguement du pitch, bien entendu. En gros, mes souvenirs pour cette série sont à peu près aussi nets que, mettons, ceux sur Bomber X, autre série de mon enfance dont je n'ai conservé qu'un très lointain souvenir.
Et après cela, je n'ai plus jamais vu un épisode, aucun extrait video, je n'ai pas le générique audio à la maison (et pourtant c'est pas ça qui manque !), je n'y ai même pas songé depuis des années ! Rien du tout ! Je n'aimais pas plus que ça la série, je n'y suis pas restée nostalgiquement attachée.
RIEN.

Et pourtant, pas loin de vingt ans après, je me réveille avec le générique en tête.

La téléphagie est résolument une chose merveilleuse.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (vous vous doutez bien que la première chose que j'ai faite, c'est proposer une fiche à Eske mais elle n'a pas encore été publiée) : la fiche Teen Angel de SeriesLive.

17 juillet 2008

Lacérée

...à coup de tessons de bouteille. C'est ainsi que je me sens après avoir vu The Cleaner, la série dont, vous le savez, j'attendais beaucoup, et dont j'ai presque tout reçu.
Vous êtes conscient que dans cette rubrique, vous allez bouffer du spoiler, pas vrai ? Alors on y va.

Je plaisantais un peu plus tôt ce soir sur l'addiction, sans avoir spécialement calculé mon coup, d'ailleurs, mais la vérité c'est que je suis extrêmement sensible à ce genre de problématiques (ce n'est pas pour rien que Rude Awakening, si longtemps après, fait toujours partie de mes séries favorites). Et effectivement, l'addiction est relativement bien décrite dans The Cleaner, avec ses phases de rémission, parfois pleines d'euphorie, et ses pentes raides plongeant dans les ténèbres. Et puis l'impression de patauger dans la mélasse mais de tout faire pour s'en sortir, sans être jamais sûr de bien s'y prendre ni de vraiment réussir à se sauver. Se sauve-t-on d'une addiction ? Je suis de ceux qui pensent que non, jamais complètement. A ma façon, je sais ce que c'est, et j'ai trouvé suffisamment de résonance dans ce pilote pour le trouver crédible.

Ce que j'attends le plus dans les épisodes suivants, c'est de voir les premières heures d'une désintox, par exemple (ça me fait saliver depuis que je connais le pitch de cette série), et quelques autres passages plus durs de la vie d'un addict, qu'il le soit de l'alcool, la drogue ou autre chose. J'espère qu'on dépassera cette phase un peu simplette de l'enlèvement et qu'on ira plus loin dans le processus. Ç'a été ma déception majeure dans ce pilote, mais vu la tournure que prennent les choses, je ne pense pas qu'on soit à l'abri de progressions dans ce sens. The Cleaner a déjà toutes les cartes en main pour vraiment nous écorcher vif, mais rien ne l'oblige à toutes les jouer tout de suite : bons acteurs (dont un qui m'a épatée en peu de temps, hélas en pure perte), bons dialogues, jolie photographie (malgré un usage un peu abusif des filtres orangés), bon sens du rythme (et du cassage de rythme), et intrigue de fond bien écrite... ça viendra, je ne m'en fais pas. On va en chier, mais plus tard. Et déjà je dois vous dire que dés le pilote, vous allez vous faire déchiqueter le cœur joyeusement. Ç'a été mon cas.

Et je hais, je hais sincèrement ce qui vient de se passer ce soir. Je hais me dire "wow, untel joue super bien, il a peu de scènes mais qu'est-ce qu'il exprime bien tout ça", je hais être prise à la gorge par l'expression parfaite, la scène parfaite... pour m'apercevoir quelques minutes plus tard qu'un scénariste sadique a joué avec ma confiance.
La plupart du temps, je repère ces trucs-là, la plupart des morts de série sont faciles à prédire surtout à 45mn d'échéance, mais c'est rageant de voir qu'on peut encore se faire surprendre. En quelques minutes, j'avais déjà tissé des liens avec ce personnage et j'ai été choquée de le voir disparaître. Je déteste quand ça arrive. Je déteste me mettre à hurler devant mon écran en voyant le regard de celui qui découvre la mort se ternir. Je déteste m'effondrer en pleurs devant mon écran en répétant bêtement "non, non, non c'est pas possible". Je déteste avoir le souffle coupé devant la violence implicite d'une telle scène.

En fait si, je mens : j'adore ça. C'est mon fix à moi, maintenant. Moi aussi j'ai troqué un fix contre un autre.
Ironie du sort, j'étais contente de retrouver la délicieuse Grace Park avec cette série, et ce sont d'autres retrouvailles (suivie d'une déchirure) qui me laissent le souvenir le plus marquant de ce pilote.

Avec quelques scènes bien senties, The Cleaner a donc su capter mon attention, et déchaîner les passions ; je suis en colère, je suis mortellement blessée, je suis hyper contente d'avoir passé 51 bonnes minutes de télévision, j'ai eu mon content, je sais que je reviendrai en demander.
Et que je voudrai augmenter les doses, évidemment.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Cleaner de SeriesLive.

8 juillet 2008

Et puis, pourquoi s'arrêter là ?

Je n'avais prêté qu'un oeil distrait aux mots-clés qui vous conduisent à ce blog, ces derniers temps, mais force est de constater qu'il y en a qui cherchent à se faire remarquer...

- "personnage parfait"+livre+vice+vie
Qu'on parle de personnages parfaits, de vies et de vices ici, oui, mais tant qu'il restera un souffle de vie en moi, de livre, JAMAIS !

- ladytelephagy gossip girl
Je constate qu'il y a des gens qui me détestent et qui veulent rire de mes malheurs...

- que sont devenue les acteurs de la serie ma famille d'abord aujourd'hui
Où qu'ils soient, ils y sont mieux que devant une caméra.

- lost-room moitié traduit
Heu, quelqu'un m'explique ?

Et puis, mon préféré...
- comment avoir les memes sourcils que sherilyn fenn?
Ne vous arrêtez pas en si bon chemin, faites-vous aussi une mouche près de l'oeil et puis ensuite, essayez d'avoir le même petit nez (merci Dr Weinstock), etc...

Vous êtes impayables...!   

22 juin 2008

Machine à popcorn

La question qui m'étreint après avoir vu le pilote de Fringe (puisqu'apparemment il fallait en passer par là), c'est : à quoi sert Joshua Jackson ? J'aimerais bien avoir la réponse. A part à rameuter les ex-fans de Dawson qui ont aujourd'hui grandi (et sont donc pile dans la tranche d'âge pour regarder la série), je ne vois absolument pas ce qu'il vient faire là.

En fait c'est bien simple, on nous a présenté Fringe comme une série tournant autour de ce petit génie, mais la vérité c'est que c'est la (très) belle Anna Torv qui mène le jeu, aussi bien sur le plan scénaristique puisque le show entier dépend de son personnage, qu'au niveau du jeu puisqu'il n'y a pas une scène où son regard vert ne détourne notre attention de ses partenaires. Ya même eu un moment où je ne me suis pas réjouie de la présence de Kirk Acevedo (mais ça n'a pas duré, je vous rassure).
Complètement anecdotique (plus l'épisode avance et plus on se dit qu'il est juste l'enjeu masculin obligatoire de toute série dont le personnage central est une femme), son rôle ne prend un petit peu d'intérêt que vers la fin quand il a une idée pour compléter celles de son génie de père, et faire guérir John. Le reste du temps, il n'est qu'un passeport vers son patriarche, lequel est un personnage déjà suffisamment riche, et n'avait pas besoin d'être mis en retrait par la présence du petit grassouillet (je suis la seule à avoir ri ?).

En-dehors de cette interrogation qui, je dois le dire, me tord le cerveau en tous sens, il n'y a pas grand'chose à dire de Fringe. La qualité première de ce pilote, c'est son efficacité. Non, pas vraiment, puisque cet épisode fait en 1h20 ce que je suis sûre qu'on aurait pu faire en 1h, voire peut-être même encore moins, avec juste un peu plus de rythme, et moins de plans sur la lingerie noire d'Anna Torv (les Anna sont en chaleur en ce moment !).
Ce qui est rassurant, c'est qu'au moins, cette première rencontre avec Fringe affiche clairement la couleur : quand on voit qu'il faudra attendre très exactement 58 minutes pour qu'enfin on mette en place les éléments de la mythologie à venir, on sait qu'on a affaire à un nouveau X-Files qui fera hurler les impatients et délectera ceux qui aiment regarder un épisode qui ne leur en apprendrait pas plus que le précédent.

Donc, la qualité première de ce pilote, ce serait... sa propreté. Je ne trouve pas d'autre terme. Ah ça, c'est pas du travail de cochon : esthétiquement c'est pas mal foutu, les dialogues fonctionnent à tout moment (même si la langue de bois typique aux séries à complot fait rapidement son entrée dans le vocabulaire des protagonistes), ya de l'action à rythme régulier et tout et tout. On sent que celui qui est derrière cette série (et son simple nom suffit à intéresser les foules, la preuve par l'exemple : JJ Abrams... hop vous voyez, tout de suite, vous êtes déjà plus attentif à ce que je dis !) maîtrise son art, simplement en l'occurence, comme un peu souvent ces derniers temps, la série manque dramatiquement d'âme. Tout cela est bien propre, mais ça l'est trop.

A un moment, quand même, on a l'impression de patauger dans une grosse flaque de n'importe quoi : précisément lorsqu'entre en scène la vilaine méchante firme suspecte dont on aimerait bien connaître les secrets, mais on peut pas, puisque c'est le pilote. On se retrouve tout d'un coup dans un univers futuriste, là, comme ça, on a pas compris ce qui nous arrivait, et personne ne semble s'en émouvoir. Mais si du coup, Fringe est une série d'anticipation, comment se fait-il qu'on ne nous l'ait pas dit plus tôt ? Tout d'un coup, on se retrouve dans un univers où la technologie est super avancée, et on n'en savait rien ? N'y a-t-il que pour moi que ç'ait été déconcertant ?

Ouais, alors, bien-sûr, vous allez me dire que je suis encore en train de dire du mal d'une série. Mais pas du tout. Je ne dis pas que Fringe est mauvais. Je dis que Fringe est... popcorn.
Vous regardez ça pour vous donner une saine dose d'adrénaline, sans avoir à trop réfléchir ni trop vous mettre à l'épreuve, le genre de truc qu'on peut mater une semaine sur deux sans problème puisque de toute façon l'intrigue n'avancera pas d'un iota dans l'intervalle, c'est bien, voilà une série qui n'exigera rien de vous, mais il n'y a pas de quoi être absolument fan, ni sentir son univers bouleversé par ce qu'on vient de voir.
Ya des gens qui aiment bien ça, remarquez, regarder une série pour le divertissement pur, par exemple le soir en rentrant du boulot, pour s'abrutir gaiement. Et il n'y a rien de mal à ça. Mais chacun sa came, et moi c'est pas la mienne. J'attends un peu de stimulation de la part de ce que je regarde, fût-elle intellectuelle ou émotionnelle. Mais côté émotion on ne se prend pas au jeu ne serait-ce qu'un court instant, puisqu'il est visible comme le nez au milieu du visage qu'il n'y a aucun enjeu.

Si parmi vous, il y a des fans de popcorn, je vous laisse ma part, c'est de bon cœur. Toutefois attention, on a vite fait de passer au coca après... et le cerveau perd l'habitude d'être sollicité.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Fringe de SeriesLive.

27 juillet 2007

Damned Last

Bilan plutôt mitigé pour Reaper en ce qui me concerne. Je ne pense pas que ce soit attribuable uniquement à la présence de Tyler Labine, mais je n'ai pas arrêté de penser à Dead Last (au moins au pilote puisqu'il ne me semble, de mémoire, n'avoir vu que deux épisodes de cette série, pilote inclus), qui m'a semblé avoir le même humour... et une réalisation peut-être légèrement plus amateur mais c'était il y a quelques années, peut-être ma mémoire déforme-t-elle les choses.

Mon homme, quant à lui, s'est marré comme un bossu. Voir un pompier luisant de sueur se transformer en MagmaMan, lancer des torrents de feu d'un coup de talon, et détruire des toitures, bizarrement, c'est son truc (dois-je m'inquiéter ?). Car ce que Dead Last n'avait pas, c'était des scènes aussi impressionnantes (comprenez : bourrines) que celle-ci, et donc le budget d'effets spéciaux assorti. Pendant qu'il riait aux éclats comme un ressortissant de la gent masculine qu'il est parfois un peu trop (excès de The Shield ?), je me disais que c'était vraiment une série pour mecs, et ce dans le sens le plus péjoratif du terme possible...

Pour le reste, la tuile maléfique qui tombe sur le coin du nez d'un pauvre gars, l'humour potache, la pseudo-intrigue amoureuse qui n'intriguera personne et tutti quanti, rien de nouveau sous le soleil ! Vous ne trouverez certainement pas en Reaper la série qui transformera votre univers, qui révolutionnera votre saison... et à peine qui vous fera marrer un bon coup quelques minutes par semaine. Pour moi elle fait partie des séries anodines qui arrivent le temps d'une saison ou deux, un peu en bouche-trou, mais dont on ne se souvient plus du tout ensuite. D'ailleurs en ce qui me concerne, c'est bien simple, c'est déjà oublié.

Et pour ceux qui... bof, peut-on parler de culture ? Bref : la fiche Reaper de SeriesLive.

10 juillet 2007

Addy McBeal !

Elle est un peu plus rousse, elle s'est remplumée, elle n'a pas de chiottes mixtes où passer ses journées, mais à n'en pas douter, elle est de retour : Ally McBeal connaît une nouvelle incarnation !

Pour tous ceux qui attendaient (au tournant) le spin-off de Grey's Anatomy, je me veux ici rassurante : Private Practice n'aura pas grand'chose en commun avec la série qui l'a vue naître, non, elle tient tout d'Ally McBeal et c'est une drôlement bonne nouvelle ! Les blagues graveleuses, les rendez-vous au bar après chaque journée de travail, les coucheries et divorces au sein d'une même entreprise, des délires de toutes sortes et un personnage principal attachant et drôle à souhait, tout est là pour faire revivre ce classique des années 90 à la rentrée.

C'est en tous cas la conclusion que je tire de cette incursion que TF1 nous a permis de voir ce soir, et qui a certainement fait que je viens d'assister aux deux meilleurs épisodes de la saison.
C'était d'ailleurs assez flagrant de passer des dialogues mous et sans substance à Seattle, à ceux, légers et rythmés de L.A. ! Le contraste était saississant, comme si c'était déjà une série bien à part avec d'autres scénaristes, d'autres dialoguistes... Ajoutons à cela que le cast est simplement parfait (crotte au remplacement de Merrin Dungey d'ailleurs... mais bon, s'il n'y a que ça qui change à l'arrivée de Private Practice, alors c'est pas si grave) et qu'en Californie, on voit la vie en couleurs (ce qui est loin d'être le cas à Seattle où tout est délavé et bleuâtre...).

Bref je suis plus enthousiaste que je ne l'ai jamais été pour ce spin-off, je partais avec l'a priori que Private Practice allait être une odieuse vache à lait mais au contraire, le rejeton a plus de piquant que la maman. C'est donc avec deux fois plus d'impatience (mais cette fois, entièrement positive et sans arrière-pensée) que je vais guetter l'arrivée du pilote de cette série si prometteuse...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Private Practice de SeriesLive.

6 juillet 2007

Poker menteur

Allez, je me soumets à mon Destin. On ne passe pas une décennie à se préoccuper de culture populaire japonaise sans en assumer les conséquences : voici donc le premier dorama de ce blog, et vraisemblablement, il y en aura d'autres.

Je n'ai pas regardé LIAR GAME au hasard : j'avais envie de changement. Par le passé, les quelques dorama que j'avais vus n'étaient pas vraiment des comédies, mais bien que s'attachant à décrire des histoires parfois tristes ou nostalgiques, ils me semblaient encore trop légers. Avec LIAR GAME, la promesse d'un thriller (comportant une intrigue, donc !) était donc idéale pour changer mes horizons.
Grosso-modo, l'idée c'est qu'une jeune femme assez naïve se retrouve embarquée dans un jeu de dupes : on vous donne 100 millions de Yen, et à vous de les garder pendant 30 jours. Le petit hic, c'est qu'un adversaire vous est désigné, qui a également 100 millions de Yen : à lui de tenter de vous prendre votre pactole, et réciproquement. Si vous perdez tout ou partie de ce butin, vos êtes redevable de la somme perdue à la société qui organise le jeu. A l'inverse, et là bien-sûr ça devient plus intéressant, vous gardez tout excédent à cette somme de départ, à savoir ce que vous pourriez dérober (par quelque moyen que ce soit) à votre adversaire... Et comme notre héroïne, Nao, est une charmante cruche qui croît tout ce qu'on lui dit, ce jeu est, nécessairement, une sacrée tuile. Tu m'étonnes.

Au niveau de la réalisation, la première partie du pilote est simplement impeccable : bande-son électrisante et efficace, effets de lumières et de couleurs, etc... Tout était là pour créer une ambiance soignée. Hélas la seconde partie est beaucoup plus banale, et les efforts, bien qu'encore présents notamment au niveau des couleurs, sont moins soutenus. C'est d'ailleurs assez étrange de voir la qualité de la réalisation baisser à mesure que l'intrigue s'intensifie... Mais qu'est-ce qu'une réalisation tape-à-l'oeil lorsqu'on a d'excellents personnages ?!

Ah, hm, oui, il y a ça aussi. LIAR GAME nous propose des personnages extrêmement faiblards. Leur consistance tient pour beaucoup du papier de cigarette. Nao, pour commencer, est vraiment la dernière des potiches ; c'est bien simple, être naïve et honnête à ce point ça s'appelle avoir un QI négatif. Son compère M. Akiyama est plutôt le genre de beau gosse frigide qu'on voit souvent dans les dorama, il a la mèche rebelle et le visage fermé, il est mystérieux et parle avec parcimonie, et potentiellement, c'est un love interest même si on voit mal comment ces deux-là pourraient finir ensemble (faut peut-être que j'arrête de regarder Les Feux de l'Amuuuur avec mon homme, ça ne me fait pas de bien, je vois des couples partout). Quant au premier opposant de Nao, c'est le stéréotype du pauvre gars, et il n'y a pas grand'chose à dire du jeu du comédien qui a écopé de ce rôle de toutes façons peu glorieux, où ce sont les glandes sudoripares qui font tout le boulot.

En dépit de cette faiblesse, j'ai apprécié LIAR GAME au point d'avoir vu le pilote dans sa totalité sans me demander si je n'avais pas mieux à faire, et même d'envisager sérieusement de regarder le second épisode. Ce qui venant de moi, est déjà un signal fort d'adhésion, beaucoup d'autres séries, dorama ou pas, ne peuvent pas se vanter d'avoir su tout de même attirer mon attention au-delà du pilote ! En fait, j'ai l'impression que la série va se découper un peu comme un jeu video, par "niveaux" : une fois le premier adversaire éliminé, le jeu va se poursuivre par un opposant un peu plus coriace, et ainsi de suite. Ce qui devrait donner de belles confrontations et autres petits jeux de nerfs sympathique, à l'image de la première tactique pour récupérer le pognon qu'on voit dans le pilote. En cela, ça peut être assez amusant.

Mais pour être honnête, pas un seul instant on n'a le sentiment que Nao est vraiment en danger d'une façon ou d'une autre. Il est évident que M. Akiyama va la tirer de là à maintes reprises avant, sans doute, de chercher à la mener en bateau elle-même ou que sais-je. Ou peut-être pas s'il est vraiment un love interest... peu importe, à la rigueur. Dans tous les cas, je n'ai aucun doute sur le fait qu'elle s'en tirera au bout du compte, pire que dans un épisode de 24 !!! Plus qu'un thriller, LIAR GAME est finalement plus une sorte de vaudeville vaguement inquiétant. Mais bon, c'est pas grave. J'ai regardé pire !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture... Je me demande quelle est la politique officielle de SeriesLive sur les dorama ? Je sais qu'ils en ont quelques uns, mais dans quelle mesure peut-on leur en soumettre ? Je tâte le terrain et, si je peux, je leur fais une fiche, ok ?

EDIT : et pour ceux qui ont été très patients, la fiche LIAR GAME de SeriesLive.

6 juillet 2007

Nine Lives

Ce week end, je n'avais pas le net, alors pardonnez le retard... Pourtant il s'est passé quelque chose ! Ce week end, j'ai découvert The Nine !!!

Même quand on cagoule en avant-première, il faut parfois faire des choix. Depuis deux ans, j'ai tellement de mal à suivre le rythme que, hélas, j'ai appris à faire des choix. En l'occurence et si je me souviens bien, je crois que c'est Heroes qui a fait une queue de poisson à The Nine, et je suis passée à côté de cette série lorsqu'elle est apparue.

Alors, voilà ce que j'en aurais dit il y a plusieurs mois : GENIAL !!! Un peu d'action (pas trop), mais surtout d'excellents personnages, des intrigues intriguantes (sic), et de très bons éléments comme par exemple le lien étrange qui se tisse entre les ex-otages... Tout ça m'a beaucoup plu.

Oui, mais voilà. Toute à la pointe que soit France 2 qui s'est montrée plutôt réactive sur ce coup-là, The Nine n'est plus une bonne série, c'est une série annulée. Alors voilà ce que j'en dis aujourd'hui : pourquoi regarder une série dont on sait qu'on ne connaîtra pas la fin ? Pourquoi se poser les questions qu'on veut que le spectateur se pose (pourquoi un tel volte-face de la part de Lizzie ? pourquoi Felicia a perdu la mémoire ? pourquoi se sent-elle si proche d'un des braqueurs ? et j'en passe...) si on sait qu'on n'aura pas les réponses ?
Aussitôt le second épisode achevé, la tension retombée, j'ai instinctivement pris de la distance avec la série. C'était pour mon bien. Oui, elle est bien, mais j'hésite à regarder la suite.

Evidemment, loin de moi l'idée de blâmer France 2 à ce sujet puisqu'il y a de fortes chances que la chaîne ait fait l'acquisition de la série avant même qu'elle soit annulée... difficile de lui reprocher de ne pas garder la série dans ses cartons (surtout qu'elle est bonne. Pas extraordinaire, ce n'était pas la série du millénaire, mais ça restait très bon) non plus. On va quand même pas demander aux chaînes de se tirer dans le pied !
Mais il reste que cette diffusion met la chaîne comme le spectateur dans l'embarras (pour des raisons différentes, of course).

Finalement, j'aurais suivi The Nine de façon extatique si j'avais cagoulé dés la première diffusion, et c'est même là toute l'ironie, c'est qu'elle aurait quand même été annulée, et j'aurais été frustrée... Bref en gros, le résultat serait le même. Mais à présent mon enthousiasme est entamé, et j'hésite. J'ai vraiment aimé ce que j'ai vu, mais je sais que je serai aussi très déçue de ne pas avoir de véritable dénouement à cette série, et frustrée quand je verrai les épisodes avancer en sachant pertinemment qu'ils ne mèneront nulle part. Pour d'autres séries qui sont amputées trop tôt d'une fin de saison, ça n'est pas toujours grave, mais ici, la structure-même de la série est forcément mise à mal.

Ce doit être pour cela qu'aux Etats-Unis, ce genre de série n'est finalement jamais rediffusée, contrairement à la France (je me rappelle encore du traitement qui a été fait de The $treet, pour ne citer que celle-là). Pour ne pas entretenir la frustration.
Mais bon, peut-on décemment militer pour la réincarnation de cette série à la télévision, alors que justement on ne s'y attache pas pour les raisons énoncées plus haut, ce n'est pas très réaliste non plus...
Quel gâchis.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Nine de SeriesLive.

20 janvier 2007

Os, misère...

Bones (ne l'appelez pas Bones !!!) est la série que M6 a décidé de nous infliger maintenant que NCIS est voué aux rediffusions pour quelques temps. Ce qui signifie en un mot comme en cent que la chaîne espère récupérer les audiences tout en bradant sur la qualité et l'originalité de son programme. Mais on commence à savoir que dans les grilles de M6, ce genre d'alternance mauvaise série/épouvantable série sur certaines cases maudites est devenu un leitmotiv.

Dans Bones (ne l'appelez pas Bones !!!), nous suivons une équipe tournant autour d'un beau gosse un peu sur le retour et d'une experte en quelque chose, cette fois ce sont les os (c'est gai).
A distinguer de l'occupant précédent de la case, où on avait droit à un vieux beau sur le retour, d'un trublion au Q.I. négatif, d'une éternelle bleusaille, du quota de nana dont une experte en tout, sauf en médecine légale où là on avait un autre expert bien moche. Vous comprenez donc combien nous avons perdu au change.
Mais il s'agit aussi de dissocier Bones (ne l'appelez pas Bones !!!) de l'autre série tournant autour d'un gars qui n'a jamais été beau gosse et de son frère, expert en chiffres et calculs abracadabrants.
Ne pas confondre, je vous prie, avec cette autre série avec un vieux beau sur le retour, entouré d'experts en un peu tout.
Et ne pas mélanger avec cette série avec ce vieux roux sur le retour, entouré d'experts en un peu tout aussi.
Et pour faire bonne mesure, faites bien la différence avec cette encore autre série, avec un encore autre vieux, entouré d'encore autres experts.
Et ceci sans faire d'amalgame avec cette série avec un vieux vraiment pas gâté par la nature, entouré de légistes et notamment d'une qui fait jamais que le contraire de ce qu'on lui dit de faire.
Ceci sans même mentionner cette toujours autre série, avec un vrai beau gosse sur ses dernières années, entouré d'experts en un peu tout mais surtout en trucs bien flippants comme les épidémies ou la Star Ac.

Si vous voyez une constante, vous me prévenez.

Laissez-moi deviner l'autre constante : les audiences. Malgré le fait que ces dernières années (et tout ça c'est la faute de Grissom, c'est lui qu'a commencé !) on nous gave comme des oies du Périgord de séries avec des gens super intelligents qui prouvent des tas de trucs en un temps record avec des techniques scientifiques de pointe et des tas de mots compliqués, les gens continuent de regarder. C'est épatant quand même. A croire que si sur les chaînes hertiziennes, on décidait subitement de varier le menu et diffuser d'autres types de séries en prime, le monde s'écroulerait. Ou les audiences.

Parce qu'aussi difficile que ce soit à croire pour nous français, il n'y a pas que les séries policières/d'enquêtes dans la vie. Et tragiquement nous semblons être entrés dans une phase où ce n'est pas tant l'humain qui prime, mais une façon froide et cérébrale d'envisager les crimes. Les dénaturant totalement, car ce que ces séries oublient toutes, c'est que le meurtre est le propre de l'humain, et que sans comprendre la psychologie, les preuves, elles n'avancent personne à comprendre ces crimes.

Ironiquement, pour nous rappeler à cette réalité, il nous faudrait regarder Battlestar Galactica (oui, une série de SF !), mais... bien que nous ayions un vieux (deux, même), des petits jeunes, des quotas éthniques et des quotas féminins, et ce que le monde peut espérer de mieux de technologie de la part des Cylons... ces imbéciles n'ont pas l'idée d'utiliser leur technologie pour prouver que la tache de sang, là, elle vient bien d'une lime à ongles achetée en 1993 et qui a servi à poignarder sauvagement la victime. Désespérant, quand même, comme une série peut passer à côté de l'essentiel, finalement.

Bones (ne l'appelez pas Bones !!!) est une série navrante qui enfonce une porte grande ouverte, et que j'ai hâte de voir être claquée par la prochaine vague. Dans l'attente, jouons à un petit jeu : de quel genre d'expert n'avons-nous pas encore hérité dans ce type de séries ? Creusez-vous un peu...
Et si on inventait une série sur un nécrophage qui saurait dater la mort des gens rien qu'en mangeant leur foie, et qu'on libèrerait de prison pour travailler aux côtés du FBI ?! Oh ouais, super, j'écris une lettre de suite aux networks !

Ne l'appelez pas Bones. Ne l'appelez pas du tout.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Bones de SeriesLive.

20 janvier 2007

Et une série toute chaude pour la table 3 !

Ca fait toujours du bien de se remettre quelques épisodes d'une série qu'on a appréciée... même si parfois on a bien l'impression d'avoir été la seule. Pourtant Kitchen Confidential semblait être un pari gagné d'avance : un thème peu convenu, un cast aux petits oignons (Bradley Cooper s'étant illustré dans un nombre important de séries avant d'y obtenir le rôle principal, mais aussi Bonnie Somerville, Nicholas Brendon... et des guests au moins aussi connus des téléphages), une production assurée par Darren Star...

Et pourtant, allez comprendre !

Certes, Kitchen Confidential ne misait pas sur des dialogues de haut vol, mais la série s'essayait dans cette nouvelle forme de séries comiques qui plaît de plus en plus aux chaînes, c'est-à-dire en single camera, pas de public, pas de rires enregistrés. Bref, une forme d'humour un peu moins rentre-dedans, et beaucoup plus agréable à suivre, qui peut se passer de dialogues au mot près, et se permettre des gags visuels, des ellipses temporelles, et des flashbacks/inserts de tous poils (figure de style dont je raffole, pour ceux à qui ça avait échappé).

Apparemment, il n'y avait pas grand'monde pour regarder, puisque la série a été sucrée avant même la fin de la première saison, menant même à une diffusion erratique qui à l'époque m'avait rendue folle, qui nous a privés d'un certain nombre d'épisodes en plein milieu de la série, histoire de quand même diffuser, avant l'extinction, celui avec le guest le plus important : Michael Vartan (à l'époque, ALIAS n'était pas encore devenue "l'autre série du créateur de Lost").

Pourtant les deux premiers épisodes de Kitchen Confidential sont vraiment épatants ! Et je ne dis pas ça parce que le monde de la grande cuisine me fascine. Pas seulement, disons. Bien que ne possédant pas le grain de folie de certaines autres séries jouant dans la même catégorie, elle aurait dû trouver son public ! Le rythme est soutenu, les situations toujours drôles et inattendues, les personnages ont chacun leur petit plus qui les rend drôles... et bien-sûr au milieu de tout cela, Bradley Cooper se donne vraiment à 100%, s'attachant à donner à son personnage à la fois un côté drôle et volage, mais aussi une facette plus profonde et sérieuse.
C'est vraiment du gaspillage que d'avoir laissé cette série sur le côté de l'assiette télévisuelle pendant le début de la saison 2005-2006. Moi, pourtant, j'en reprendrais bien un bout une fois de temps en temps.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Kitchen Confidential de SeriesLive.

10 juin 2007

Dommage collatéral

 Sur le papier, Traveler semblait assez classique : deux étudiants sont pris en chasse par le FBI pour un attentat dont ils ne sont pas responsables, mais dans lequel leur meilleur ami les a impliqués avant de passer de vie à trépas. Vous connaissez certainement autant de références que moi sur le thème du présumé coupable jusqu'à preuve du contraire qui s'enfuit tout en essayant d'établir son innocence, alors je vous épargne la liste de lecture ! M'enfin, que ça ne vous empêche pas de vous cultivationner un peu, hein ?!

Pourtant à bien des égards, c'est très osé, dans une Amérique encore traumatisée par le 11 septembre (oui je vais ressortir le couplet sur les traumatismes du 11 septembre !), de traiter de terrorisme, et détail morbide, de terrorisme à New York. Et dans le traitement de ce thème, Traveler s'aventure là où pas un de ses nombreux prédecesseurs sur le sujet ne s'était risqué, en affirmant comme postulat de base, que le terrorisme fait d'autres victimes que celles auxquelles on érige des stelles : ceux qui en sont accusés à tort, et qui subissent le climat de peur ainsi que la paranoïa qui de nos jours, fait irrémédiablement suite aux évènements graves. Jay et Tyler sont, à ma connaissance, les premières victimes télévisées avérées du dommage collatéral exercé par le terrorisme.

Jusqu'ici, les terroristes, bouh c'était pas bien, et le FBI, c'étaient les gentils.
Ca c'était avant. Dans Traveler, ya pas de méchant. Bon alors disons plutôt : pas encore. Enfin si, d'accord, il y en a un dont on est plutôt sûrs qu'il soit pas un gentil, mais il est cramé, comme ça c'est réglé. Alors qui est-ce qui reste ? Chacun est intimement convaincu d'être dans son bon droit.
Et en fait techniquement, tout le monde l'est. Peut-on reprocher à Tyler de chercher à parlementer avec le FBI en espérant dénouer le problème ? Peut-on blâmer Jay de penser immédiatement à la fuite ? Peut-on en vouloir aux gars du FBI de chercher à être efficaces ? Peut-on même leur en vouloir de faire du zèle lorsqu'il s'agit de brutalité vis-à-vis de terroristes ? Peut-on imaginer que le père de Jay ne fasse pas son possible pour que son fils s'en sorte ? Mais non, rien de tout cela. Chacun des protagonistes de notre affaire a sa conscience pour lui, en fin de compte.

Il n'est pas rare qu'un téléphage, surtout ces dernières années, soit heurté par la tournure manichéenne que prennent vite les séries se frottant de près ou de loin à pareils thèmes, à plus forte raison lorsqu'elles sont américaines (et en la matière, elles le sont toujours de toutes façons, vu qu'en France, on n'a encore rien compris à l'intérêt de la fiction). La seule qui à ma connaissance s'en soit tirée dignement, c'était A la Maison Blanche dans leur épisode spécial 11 septembre, mais ce n'était jamais qu'un seul épisode et puis bon, c'était assez rhétorique. Le reste du temps, sitôt qu'il s'agit de sécurité nationale, tout est permis, et le télespectateur n'est pas encouragé à prendre du recul et réfléchir à la situation et ce qu'elle implique d'un autre point de vue. Après tout, il faut soutenir le héros, c'est-à-dire, invariablement, celui qui agit au nom des victimes du terrorisme.

Tenez, dans Battlestar Galactica, sous prétexte que c'est la guerre, les têtes pensantes de la flotte des survivants ont un peu tendance à confondre état d'alerte et prise de décision exagérée. Ca ne les dérange pas de torturer, d'exécuter, de manigancer sous couvert de l'intérêt général. Et, l'attachement aux personnages ainsi que la pulsion naturelle qui pousse le télespectateur à espérer que les colons survivent au massacre perpétré par les Cylons, font qu'il est ultra-rare de se lever et dire : "bah merde alors, qu'est-ce qui est pire, déplaire à un Cylon ou à Adama ?!". L'état d'urgence ? La loi martiale ? Certes nécessité fait loi, mais les droits de chacun devraient réussir à être respectés, et ce n'est pas toujours le cas. Ce qu'on observe dans Battlestar Galactica dans ces cas-là, et sans réelle dénonciation de la part des scénaristes mais plutôt une certaine application à poursuivre dans cette voie et y "encourager" les personnages, c'est qu'en cas de panique, certains verrous sautent et que, la société se sentant en danger, elle se sent autorisée à prendre certaines libertés avec les règles qui la régissent et font d'elle une civilisation évoluée et juste. En cas de panique, tout semble soudain permis, sans restriction, sans faire de quartiers, sans poser de questions, sans se remettre en question. Le coup d'état militaire en saison 2 était même plutôt traité de façon flatteuse, voire normalisante !!!

Alors voir Traveler nous dire, ou en tous cas poser les éléments et amorcer un discours allant dans le sens de montrer que la chasse au terroriste ne terrorise pas que les coupables, c'est osé, et c'est très bien. C'est un peu ce qui manquait dans le panorama télévisuel : une série pour dire aussi que la peur ne simplifie pas les problèmes, elle en crée injustement à ceux qui n'ont normalement rien à se reprocher, et elle ne fait que rassurer illusoirement ceux qui ne tombent pas sous les coups durs aléatoires qu'elle provoque quand un évènement se produit.

En plus d'avoir un énorme autre inconvénient. Parce que, pendant que Jay et Tyler s'enfuient, mobilisant tous les efforts des cellules anti-terroristes, eh bien le vrai poseur de bombe, lui, on n'est pas sur son dos. Qui a monté cette machination, puisqu'apparemment des personnes haut placées sont dans le coup ? Eh bien personne au FBI n'a le temps de se poser la question puisque les étudiants ont été décrétés coupables ! Et c'est aussi ça que se dit le télespectateur pendant ce temps, que tous ces efforts, cette diplomatie, cette efficacité de la part du FBI pour arriver à mettre la main sur nos deux fugitifs, c'est bien, mais ce n'est pas le coupable qu'on pourchasse comme une bête, et que la lutte contre le terrorisme, elle se tire dans le pied !

Evidemment, Traveler fait aussi la part belle à l'action, avec des courses-poursuites (ce qui est plutôt logique pour des fugitifs) dans les rues de New York (avec quelques plans urbains très sympathiques), quelques flashbacks dont ce n'est forcément que le début, un peu de théorie du complot et ce qu'il faut de mystère et de suspense (combien de fois on vous a dit de ne pas faire confiance à William Sadler, c'est un monde ça, il a toujours été hautement antipathique pourtant, ça ne met la puce à l'oreille de personne de voir le sheriff Valenti simplifier la vie de son petit monde ?)... Bref, Traveler n'est pas à proprement parler une série sur le terrorisme, elle ne propose pas de mise en garde, elle ne traite pas du sujet de façon abstraite ou militante, elle ne donne pas de leçons. Mais son plot est, à la base, conçu sur le mode de la contradiction en ce qui concerne nos certitudes habituelles sur la place de la justice dans un monde où le terrorisme fait parler de lui chaque jour. Non, la lutte contre le terrorisme ne justifie pas tout, et si son but est nécessairement louable (quel pays veut que ses musées explosent à tous bouts de champs ?) ses moyens sont eux souvent contestables.

Traveler est certainement de ces séries dont l'intérêt mythologique est moindre (qui tire les ficelles, l'homme à la cigarette ???) et dont les rebondissements, bien que pour le moment limités à une poignée d'épisodes, ne sont pas exactement novateurs (un inconnu aide nos fugitifs mais ne leur explique rien... Mr.X où êtes-vous ?) mais qui sur le fond, a au moins cet avantage de ne pas avoir cédé... à la terreur. Et pour une série traitant aussi de terrorisme, c'est quand même pas trop tôt.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Traveler de SeriesLive.

2 juin 2008

V'nez frapper à notre porte !

Chose promise, chose due : la tant attendue (au moins par mon chat... pensez, ça faisait plus d'un an que j'en avais parlé) critique de Three's company.
Bon, rappel des faits : j'étais émue à l'idée de penser que cette série était antérieure à ma naissance, qu'on y trouvait Suzanne Somers avant sa période aérobic, John Ritter avant la période où il n'était plus, et plein d'autres bonnes choses encore. Choses qu'on ne soupçonne pas nous autres, téléphages français, qui sommes passés à côté de cette série pour une raison tout-à-fait floue en ce qui me concerne, si une chaîne arrive à trouver une justification qui tienne la route, je veux volontiers l'entendre.

Bon, mais hormi ce doux sentimentalisme, qu'est donc Three's company ? Encore une histoire de triangle amoureux ? Une vulgaire comédie sur les rapports de bons voisinages ? Une ode au papier peint maronnasse ?

Vous n'y êtes pas du tout. Three's company est avant tout une série sur la libération des moeurs. Eeeeeh ouais !

Tout part dans le pilote d'une beuverie au cours de laquelle Eleanor, l'une des trois co-locataires du délicieux logement où se déroule l'intrigue (cf. papier peint maronnasse) enterre sa vie de jeune fille alors qu'elle est enceinte jusqu'aux yeux. Du moins l'apprend-on dans l'épisode car la série commence sur le lendemain de la fête. L'alcool n'a pas été parcimonieusement versé, les maux de crânes sont légion, et il y a un homme qui dort dans la baignoire. Nos délurées co-locataires restantes vont donc apprivoiser le bonhomme, qui, miracle, sait cuisiner (pas elles) et semble être un remplaçant parfait à Eleanor.

Ah oui ya quand même un hic, et il n'est pas juste dû aux lendemains de fête, c'est que le propriétaire des filles est un peu de la vieille école, alors l'emménagement d'un garçon ne serait pas super bien vu. Qu'à cela ne tienne, elles vont le faire passer pour gay ! Elles ont juste oublié de le prévenir. Ce qui ne l'arrange pas, vu qu'il craque volontiers pour l'une d'entre elles...

Ce qui est bon, dans Three's company, bon déjà ça ne risque pas d'être la déco (glurps), mais c'est qu'on est dans les années 70, et qu'on y est vraiment. Ce n'est pas une série qui essaye de revenir à l'époque des pattes d'eph artificiellement (voir aussi That 70s show), en essayant de recréer dans un tube à essai audiovisuel l'atmosphère d'une époque et de ses moeurs, non Three's company est une série qui a débuté en 1977 et qui est tout simplement de son temps ! Et là c'est intéressant !

C'est intéressant de voir des filles célibataires tentant de vivre ce qu'on qualifierait aujourd'hui de "normalement". De voir une autre femme, Mme Roper, qui en dépit des apparences, est également plus libérée qu'il n'y paraît de prime abord lorsqu'on voit la vie qu'elle mène, et qui affiche une liberté de ton assez incroyable. Il y a aussi, bien-sûr, Jack, qui se retrouve dans la situation compliquée de devoir se faire passer pour gay en permanence auprès de M. Roper, et qui...

Oui, ça c'était puissant aussi. Pour paraître gay, Jack... ne fait rien. Il ne fait pas le maniéré. Il n'en rajoute pas dans les stéréotypes (ou très rarement). Il ne change rien, en fait, à celui qu'il est. Et, ce qui est dingue, c'est que la plupart du temps, le proprio n'en conclut rien ! Il essaye au contraire de respecter Jack pour ce qu'il est (enfin, ce qu'il n'est pas, quoi), et même s'il a vraisemblablement une opinion bien à lui sur l'homosexualité (parce que de la génération précédente), M. Roper n'hésite pas à le traiter d'égal à égal, sans trouver étrange que sa propre nièce embrasse goulûment Jack un soir dans son salon ! C'est sans aucun doute lui la pauvre victime... Ca vous fait pas du bien, à vous, de vous dire que dés les années 70, on pouvait être un homosexuel de télévision (même si là, c'était à temps partiel pour le personnage de Jack) sans en faire des tonnes et être spécialement flamboyant ?

Eh bah moi j'ai trouvé que ç'avait ajouté au plaisir de mon visionnage de la série. Sincèrement, ça a donné du corps à ce petit sitcom... qui autrement était quand même bien troussé, avec des dialogues souvent très finement écrits, ce qui ne gâche rien. Avec des comédiens très sympathiques, en plus ! Vraiment tout bon !

Bref, Three's company, c'est bon, mangez-en, allez-y de ma part... même si pour ça il faudra peut-être enfiler votre cagoule.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Three's company de SeriesLive.

3 avril 2007

Bas les cagoules

Imaginez... moi, hier soir. Béate, dépourvue de toute force vitale, les cheveux répandus en rivière sur mon oreiller, je regardais le plafond en savourant encore les rires de ma soirée d'hier, avec délice. Au menu pour moi : le pilote du Brady Bunch, et la fin de la 1e saison de Three's company.
Les posts rendant hommage à chacune de ces séries viendront en leur temps, ne vous inquiétez pas.

Toujours est-il que dans cet état d'extase typiquement téléphagique, j'en suis venue à me dire "je peux découvrir des séries antérieures à ma naissance bien que les chaînes françaises s'en désintéressent totalement".
Et ça m'a frappée.

L'une de ces séries date de 1969, l'autre de 1977. Et c'est vrai que pour espérer une diffusion, à plus forte raison sur une chaîne à laquelle moi, qui suis sans revenu pharaonique, j'aie accès, je peux toujours compter dessus, jusqu'à preuve du contraire. Je ne demande qu'à, en plus. Mais la vérité c'est que les séries plus anciennes, à plus forte raison si à l'époque de leur apparition outre-Atlantique elles ne sont pas arrivées en France (là encore : à ma connaissance), un téléphage français désireux d'élargir sa culture télévisuelle et regarder ce qui pourrait être considéré comme des classiques (j'irai pas jusqu'à l'appelation "culte" si galvaudée, mais je crois que l'une de ces deux séries le mériterait) n'a, pour ainsi dire, aucune chance d'y avoir accès. Alors que reste-t-il ?

Alors, oui, ce soir, je fais fi de ma cagoule de vilaine fille, et je le crie à la face du monde : oui, merci au téléchargement illégal. Dans des cas comme celui-ci, oui, il faut impérativement avoir accès gratuit à des séries anciennes que les chaînes françaises nous refusent. Parce que la vérité, c'est que l'accès à la culture est un droit. Et qu'on n'a pas à être tributaires des grosses chaînes, qui font de grosses attributions, toujours récentes, et qui ne rediffusent que leurs valeurs sûres quand elles n'ont plus leurs chères nouveautés onéreuses à nous refiler par paquets de douze en un mois ou deux à peine.

Evidemment, avoir accès à de vieilles séries télé, ce n'est pas primordial dans la vie. Mais la culture ça commence par toutes ces petites choses. C'est pouvoir entendre Mike Brady qualifier sa famille "recomposée" de moderne, c'est voir l'acteur John Ritter participer à l'imagerie gay à la fin des années 70. Tout cela participe à la culture, d'une certaine façon.

Jusqu'à la fin de la semaine dernière, cette part de la culture m'était interdite. Il m'a fallu la prendre autrement.

Au-delà du cagoulage intensif qui a lieu aujourd'hui sur de grands titres dont nous savons déjà que des chaînes françaises ont acheté les droits de diffusion, ou même qui commencé la diffusion sous nos lattitudes, qui se justifie difficilement sous ce strict angle, le téléchargement de séries tout illégal qu'il soit est hélas nécessaire lorsqu'on est tout simplement curieux. Il fait aujourd'hui partie de la logique de contestation face aux techniques de diffusion contemporaines.
Nous savons tous que sans la promesse d'audiences florissantes, les chaînes ne prendraient pas la peine d'acheter autant de séries. Et que même lorsqu'elles achètent d'excellents titres, leur diffusion est erratique et relève de l'ignorance et de la bêtise les plus hallucinantes. Ce ne sont que les nouveaux produits à succès dans lesquels tout le monde investit, mais il n'y a derrière aucun respect du "produit culturel", pour le moins. De l'oeuvre de fiction, devrait-on pouvoir dire.

Télécharger, c'est illégal. Mais ce n'est pas toujours mal.

Je vois déjà débouler les objecteurs de tous poils prêts à me faire la leçon : pourquoi ne pas acheter les DVD de ces séries, quitte à les acheter en import ? Pourquoi ? Parce qu'ils n'existent pas toujours ! Et que, lorsqu'ils existent (ce qui est le cas des deux séries citées plus haut), on ne peut pas se les offrir pour autant. Non, tout le monde n'achète pas sur Internet, et non, tout le monde n'a pas nécessairement les moyens de s'offrir tout ce qui pique sa curiosité.

Vous autres, téléphages déjà atteints par la cagoulomanie, vous savez ce que c'est. J'enfonce probablement pour vous des portes ouvertes. Mais il y a aussi tous ceux qui pensent que nous devrions nous satisfaire de ce qu'on nous diffuse même si c'est mal diffusé, et restreint uniquement à une poignée de séries. Et à ceux-là, je dis : je renfile ma cagoule, et je continuerai. C'est illégal, mais si ça touchait votre passion, vous en feriez autant. Si vous avez une meilleure solution...?

11 février 2007

BETTY BEAUTY

Au risque de passer une fois de plus pour aussi sectaire que je le suis : j'aurais dû m'en douter, la version allemande est bien au-dessous de la version américaine. Mais naturellement !!! Ca allait sans dire !

Cette semaine, en tombant sur un épisode (en fait un et demi) du Destin de Lisa sur TF1, je me suis soudain décidée à regarder le pilote d'Ugly Betty. Comprenez-moi bien : c'est pas que j'aie des a priori d'aucune sorte que ce soit (moi, du moment que c'est américain, je suis pleine de bonne volonté...) mais c'était une des séries de la rentrée que je ne me résignais pas à tester. Peut-être parce que je savais que c'était adapté d'une série brésilienne à l'origine, ou peut-être parce que voir tout le foin qu'on en faisait m'a découragée... ou peut-être parce que les prémisses de la série me faisaient un peu trop penser au livre/film Le Diable s'habille en Prada. Allez savoir. C'était simplement au-dessus de mes forces.
Oui donc, ok, j'avoue : j'avais de multiples a priori. Et alors, ça vous arrive jamais, à vous, peut-être ???

Effectivement, pendant un bon tiers du pilote, on retrouve les éléments du livre/film sus-nommé, c'est un peu pesant mais les décors somptueux du magazine MODE aident grandement à faire passer la pillule. Le harcèlement dont Betty se trouve ensuite être la victime désignée donne un ton tout autre à la série : au lieu de faire passer notre miss pour la dernière des gourdes (prends ça, Lisa !) elle acquiert un côté très touchant, et se révèle juste être quelqu'un de simple (au sens le moins péjoratif possible du terme) dans un monde puant. Ne pas simplifier à l'exagération les choses est exactement ce dont on a besoin pour accrocher sur Ugly Betty tout en étant capable de prendre certaines choses à la légère comme il se doit.

La relation patron/employée qui se tisse est également un grand moment de cet épisode ; plus que la base sur laquelle repose la série allemande (pour ce que j'en ai vu), elle donne réellement envie de voir comment les choses vont tourner ensuite, comment le boss complètement nul et incapable, et infichu de bosser, va, sous l'impulsion de notre Betty, commencer à faire quelque chose de sa vie, et donc de son magazine... et donc de Betty ! Du moins est-ce l'une des ouvertures de ce pilote. Ca, et bien-sûr les multiples jalousies que leurs deux postes suscitent, chacun à leur niveau.

Voilà donc une bonne surprise, et même, elle est double, puisque d'une part je ne m'attendais vraiment pas à une série de cette qualité (surtout après avoir vu cette fiche version allemande), et d'autre part, même en profitant de la comparaison, avec ces éléments, le résultat n'était quand même pas garanti. En prime, petit cadeau pour la fan de Gina Gershon qui se cache en moi (bien cachée, mais pas suffisamment pour m'empêcher de regarder inlassablement Showgirls), la présence de celle-ci, en caricature physique d'elle-même, et avec un accent pourri hilarant. Merci pour le bonus !

Et merde, encore une série sur laquelle il me faudra tenter de rattrapper mon retard... Fais chier tiens. Au moins, Le Destin de Lisa ne me laisse aucune sorte de cas de conscience.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Ugly Betty de SeriesLive.

20 février 2007

Les dessous de Veronica

J'avais été charmée, ravie, enchantée par le pilote de Veronica Mars lorsque je l'avais vu. Le personnage m'a plu, l'intrigue m'a plu, bref, je me pensais acquise à la cause. Et d'ailleurs je l'ai été assidûment lorsque j'ai regardé les, disons, douze premiers épisodes ? Quelque chose comme.

Et puis, le drame s'est produit : j'ai été dans l'impossibilité (technique) de regarder la suite pendant plusieurs mois. Et comme on s'y attend, lorsque j'ai pu le faire, l'envie m'en était totalement passée. D'autres séries étaient arrivées depuis certes, mais surtout, bien que ne revenant pas sur les qualités que je lui avais trouvées, Verocynica ne m'attirait plus tellement. Je n'ai jamais rattrapé vraiment mon retard. Comme 24 ou LOST, cette série est sans doute perdue pour la cause à présent que j'ai décroché, ce ne sera plus jamais pareil. Je n'essaye même pas de recoller les morceaux, je sais que c'est peine perdue.

Il y a trois mois environ, j'ai quand même dépoussiéré mes archives pour montrer le pilote à mon homme. Il n'était pas spécialement enthousiaste. Ironiquement, je n'ai pas compris comment il a pu ne pas en exiger un second épisode et se contenter d'un "ouais, pas mal", puis passer à autre chose. Mais je n'allais pas insister, vu que moi-même, je n'étais plus capable d'en penser autre chose à présent.

Pourtant aujourd'hui, le voilà qui saute sur ses deux pieds à 18h50 tapantes "eh, ya le second épisode de Veronica Mars !". Moi, circonspecte : "euh, c'était pas ya une heure ?". Puis : "tu te rappelles du pilote au moins ?". Mais il a insisté. Et c'est vrai que c'est sympa. Mais la magie est partie.

Je vois à présent la série sous un autre angle. Regarder cette pauvre Veronica, réduite en esclavage par son père qui lui donne des missions sans la rémunérer, à effectuer sur ses heures de cours, en plus, voilà un exemple flagrant que la magie m'a lâchement abandonnée ! On est quand même en train de cautionner le travail des enfants, d'une certaine façon ! Alors oui, à partir de 16 ans, les jeunes font des petits boulots, vaut mieux être détective privé que serveuse au fast food, mais là encore, j'insiste, elle touche pas un rond, la petite ! Et pour être détective privé, faut quand même un certain nombre d'accréditations, tout ça... Mouais, finalement, elle est pas claire, cette série !

Ca ne me dérangerait pas de regarder les épisodes suivants, mais je crois que la diffusion de M6 est à l'image de la consommation que j'en ferais : regarder régulièrement, oui, mais il n'est plus question pour moi de ressentir tellement d'enthousiasme à propos de la série et d'en faire un rendez-vous majeur de ma téléphagie. C'est assez dramatique parce que la plupart des gens qui regarderont Veronica Mars en quotidienne sur M6 n'auront pas déjà vu la série auparavant... j'espère donc que tout le monde n'aura pas le même regard désabusé que moi sur ce "petit divertissement" sympathique, mais sans plus, regard que la diffusion actuelle n'aide pas à changer. Certes, la VF est à classer parmi les ratées du genre (voix mal choisies, notamment pour le rôle titre et son pater, doublage extrêmement peu rythmé, impression de vide que n'avait pas la VO...) mais ça n'est pas tout.
Y a-t-il ou aura-t-il des spectateurs capables de s'enflammer pour Veronica Mars dans ce contexte ? Pour tomber sous le charme de la série et ne manquer aucun épisode, follement intéressé par les répliques cinglantes, essayer de comprendre le meurtre de Lilly Kane, de rire des enquêtes souvent bizarres menées par l'agence Mars ? (j'ai encore en mémoire celle qui se déroulait dans une secte...) J'avoue que je ne sais pas trop comment c'est possible. J'ai oublié comment on fait. Pourtant je sais que ç'a été mon cas à un moment...

En tous cas, mon conseil : ne laissez pas passer une épisode. Vous risqueriez de descendre du train en marche.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Veronica Mars de SeriesLive.

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