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ladytelephagy
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17 janvier 2007

Grosse Poisse

Peut-on réellement apprécier l'humour de Grosse Pointe sans :
- savoir que le créateur en est Darren Star
- savoir que ce dernier a travaillé sur Beverly Hills et Melrose Place
- avoir vu un seul épisode de l'une ou l'autre de ces deux séries ?
Bon, le verdict tendrait à être, selon mon homme : "plutôt oui mais sans plus". Avec un sourire qui signifie quelque chose comme : "une fois ça va, j'ai même franchement ri à deux reprises, mais passons à autre chose".

Dommage, car le pilote est sans doute un des meilleurs épisodes de tout le show. Mais quand dans la même semaine (et on n'est que mercredi matin) on a déjà tenté un Rude Awakening, les deux premiers épisodes d'Action!, et deux Firefly, n'est-on pas forcé de revoir à la hausse ses standards en termes d'humour ?
Bah quand même un peu, si.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Grosse Pointe de SeriesLive.

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17 mai 2009

Guacamole, nouvelle recette

Je n'avais pas vraiment fait attention au fait que TF1 diffusait une saison récente de Law & Order en 712e partie de soirée le samedi. J'en étais restée à Affaires non classées, et comme vous le savez, moi, les séries britanniques... même avec une excellente musique de générique... Alors j'avais pris l'habitude d'éteindre après ma dose hebdomadaire de New York Unité Spéciale.
Grand bien m'a pris ce soir de terminer ce que j'étais en train de faire avant de faire taire ma télévision ce soir.

Comme toutes les séries de la franchise, à la notable exception de SVU que j'adore (même si je me réjouis plus facilement des rediffs que des inédits depuis quelques saisons), la série originale ne fait pas partie de mes priorités. Je n'en suis pas l'actu, ni même les diffusions, et reste assez distante affectivement. Et même si j'apprends quelque chose, ça me rentre par une oreille et ressort par l'autre. Cela ne m'empêche pas de beaucoup aimer son intelligence aiguisée, et notamment le charismatique McCoy, mais sortie de là, je ne suis pas à proprement parler une fan.

D'autant qu'entre elles, les séries de la franchise ont des différences notables : une majorité des épisodes de Law & Order que j'ai vus semblaient faire la part belle plus souvent au côté tribunal, tandis que dans Criminal Intent, c'est complètement l'inverse et d'ailleurs je ne suis même pas certaine qu'ils aient encore un procureur à temps complet dans cette série, non ? Quant à Trial by Jury, je crois le titre suffisamment évocateur pour indique clairement de quel côté penchait la balance. SVU, plus équilibrée ou disons, oscillant plus facilement entre l'un et l'autre de ces aspects entre deux épisodes, m'a toujours paru mieux proportionnée.

Mais ces nouveaux épisodes, de par le départ de M. le Président d'Arthur Branch, donnent tout de même un souffle très différent. McCoy est aujourd'hui devenu District Attorney. Voilà qui le relègue à un rôle plus administratif, de supervision, qui d'ailleurs est extrêmement bienvenu car on en avait marre du toujours obtu Branch, ce carriériste aux idées parfois exagérément réactionnaires. Une fois sur deux, McCoy et Branch avaient pris l'habitude de se prendre le bec sur les questions de fond, parce que leurs valeurs étaient diamétralement opposée, et c'était certes très intéressant, mais au bout d'un moment on avait compris la dynamique. On arrivait à la caricature d'un McCoy toujours droit dans ses bottes et moralement irréprochable, face au vilain patron qui ne pensait qu'aux coups de fil du maire et à faire des exemples à tous bouts de champs, ce qui portaient quand même un sérieux coup à ladite intelligence de la série. Heureusement, les intrigues étaient toujours intéressantes, donc ça n'était pas décourageant pour le spectateur, mais lassant, ça c'est clair.

Voilà donc McCoy promu patron, et comme du coup il faut un nouveau procureur pour profiter du droit de cuissage sur les diverses procureur adjointes, il est remplacé par le procureur Michael Cutter. Lequel apporte donc de nouvelles nuances bienvenues : cette fois, il a relativement les mêmes positions politiques que McCoy, ce qui lui évite d'être systématiquement en opposition avec McCoy sur le fond (et on verra sur le long terme si cela est dommageable à l'échange d'idées qui avait lieu jusqu'alors). Mais ce qui est excellent, c'est qu'il a une interprétation toute personnelle des procédures. Ca renouvelle quand même très largement la dynamique de la série de le voir transgresser le code pour arriver à ses fins, qui finissent par être les mêmes que McCoy puisqu'ils ont, pour ce que j'en vois ce soir, les mêmes opinions.

Voilà qui permet de nouveaux questionnements, aussi. Auparavant, quand McCoy transgressait ces règles, c'était pour passer outre les ordres du vilain méchant Branch, dans l'espoir de ne pas laisser la politique politicienne gagner au détriment de la Justice. Ca faisait un peu chevalier en armure mais bon. A présent, on sent que Cutter va vouloir faire au mieux sans s'encombrer des procédures, juste parce que c'est dans l'intérêt du dossier, mais que ces boulettes vont inévitablement lui poser des cas de conscience, notamment lorsqu'il fait foirer une enquête pour avoir été trop tête brûlée. Et cela met aussi McCoy dans un rôle moins caricatural de patron qui n'est pas foncièrement opposé à ce qu'il veut faire, mais juste à la façon dont il veut le faire.

De nouvelles nuances dans la façon de rendre la justice, ou au moins d'essayer, même quand le système est complexe, même quand le système est mal foutu, même quand des détails techniques peuvent tout gâcher, voilà la promesse de Law & Order depuis ce rafraîchissement de casting. Donc : merci.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Law & Order de SeriesLive.

9 août 2009

ありがとう, Eske-さん

Et d'ailleurs en parlant de dorama japonais, plusieurs de mes fiches ont été postées aujourd'hui par Eske (puisse ses séries favorites être renouvelées à l'infini), donc si ce n'était encore fait, n'hésitez pas à aller voir les fiches de ces séries dont je vous ai déjà parlé :

- Lunch no Joou (fiche SL)
- Yakou no Kaidan (fiche SL)
- Innocent Love (fiche SL)
- The Quiz Show (fiche SL)
- Futatsu no Spica (fiche SL)

Merci à lui pour participer à l'éducation des téléphages français, et rendez-vous avec de prochaines fiches très bientôt !

16 juillet 2009

2009, année stéréotypique

Depuis quelques jours, je cherchais un moment pour tranquillement regarder Drop Dead Diva, et, ne nous voilons pas la face, ma motivation principale était d'y trouver Margaret Cho.

Mais devant le pilote, l'évidence s'est imposée à moi : encore une série pleine de stéréotypes. Plus grave encore, j'ai réalisé que pour 90% des séries que je n'avais pas appréciées cette année, c'était l'abus de stéréotypes qui était à blâmer.
Cette frilosité s'explique sans doute par la grève des scénaristes, qui a laissé des séquelles. Et à mon avis, on va encore en chier quelques années, autant voir les choses en face. Mais même quand on comprend d'où ça vient, on n'en est pas moins frustré par le manque d'originalité qui en ressort. Le principe est donc, pour être sûr de s'en tenir à une prise de risques minimale, de prendre un stéréotype, et de s'y conformer ensuite au plus près, sans chercher à "casser" le moule. Mais surtout pas, malheureux ! Cela pourrait mettre en danger l'équilibre cosmique !
Ce mardi, avec freescully, nous avons testé 10 things I hate about you, et bien que les dialogues se soient montrés drôles, en revanche les situations et personnages étaient une fois de plus dans la caricature. C'est sérieusement fatigant, à force. Au moins, avec Glee, deux des personnages (le prof et le quaterback) tentent un peu de sortir de leur condition stéréotypée et de s'épaissir. Mais dans leur majorité, la plupart des personnages de ces derniers mois se conforment parfaitement à ce qu'on attend d'eux, ou plutôt, à ce que les scénaristes pensent que nous attendons d'eux.

Pour revenir à Drop Dead Diva, mon problème est le suivant : pourquoi mettre en opposition systématiquement la blonde jolie mais avec de l'eau entre les oreilles, et la brune XXL et intelligente mais complètement asociale ? L'une est superficielle, l'autre se contrefiche de son apparence, on passe d'un extrême à l'autre sans demi-mesure.
N'étant moi-même pas blonde (sauf en informatique), je me suis posé la question : est-ce que toutes les blondes seraient comme ça ? Sans doute que non, puisque toutes les brunes ne sont pas comme ça.

Pour ajouter du piquant à Drop Dead Diva, on aurait pu imaginer au contraire les personnages suivants : d'une part, la blonde bien foutue qui veut réssir dans le show business et qui s'y emploie avec ambition et intelligence (peut-être plutôt une sorte d'intelligence qu'on pourrait imaginer être basée sur le sens du contact et l'instinct), et d'autre part, une brune certes replette et compétente (mais éventuellement d'une intelligence plus scolaire et cartésienne), mais capable d'avoir une vie perso et la capacité de se vêtir dignement.
Mais là, non. Blonde = conne. Brune = négligée.
Je désespère.

C'est pire encore sitôt qu'on aborde le rapport à la nourriture : la blonde n'ingère rien passé une certaine heure, la brune est prise de fringales de chocolat à toute heure. Bravo pour le message envoyé à toutes les futures anorexiques et boulimiques de la planète ! Lifetime a beau être une chaîne de femmes, elle persiste à refuser obstinément d'être une chaîne féministe. Une fois de temps en temps, à doses homéopathiques, ça ne la tuerait pourtant pas.

Sur le reste, on ne fait guère plus défaut à la règle : la blonde a un petit ami beau et riche ainsi qu'une amie aussi bimbo qu'elle, la brune n'a que son assistante pour seule amie (Margaret Cho, dans un rôle très en-dessous de mes espérances). Les personnages qui les entourent se conforment eux aussi à leur stéréotypes sans broncher.
Du coup, une fois de plus, cette avalanche de clichés donne une pénible impression de déjà vu, d'autant plus persistante qu'en soi, le pitch n'a déjà rien de bien révolutionnaire. L'une va mourir et être réincarnée dans le corps de l'autre. Et évidemment, ce mélange va donner naissance à une créature hybride type "best of both worlds", avec intelligence et carrière florissante d'une part, et fascination pour le paraitre et âge mentale de 16 ans d'autre part. C'est idéal dans l'esprit des scénaristes, en tous cas.

Il faudra affronter bien des obstacles pour aller au bout de cet épisode : la mort d'un personnage principal (il aurait tout aussi bien été possible de réincarner également Jane dans le corps de la bimbo...), les habituels glapissements d'un ange (interprété par le fils de Scott Baio ?) qui veut qu'on ne dise rien à personne, ce qui n'a que peu de chances de se produire déjà sur 1h30 de téléfilm (où on a déjà vu ce pitch cent fois), alors sur toute une saison n'en parlons même pas, le copain de la bimbi qui va travailler dans la même boîte que Jane, et qui va lui être ravi sous ses yeux par une autre collègue. A ce stade, c'était même pas la peine de tourner de nouvelles scènes, il suffisait de faire un montage avec un tas de téléfilms et séries existants, le dernier élément ayant par exemple une curieuse ressemblance avec le pilote d'Ally McBeal.

Mais le courage que vous saurez réunir ne sera pas récompensé : le ton de l'épisode ne sauve pas les meubles et, en fait, il n'y a pas de ton propre à la série. Humour ? Strict minimum. Emotion ? On se borne à voir Jane fondre en larmes ou faire une crise d'hystérie à intervalles réguliers. C'est ni fait ni à faire. Un exemple tout bête : l'arrivée au "Paradis". Il aurait fallu creuser cet univers, lui apporter du cachet, en jouer, quoi, mince ! Mais rien du tout. Et tout va être comme ça : survolé, impersonnel... Stéréotypé ?
Une comédie peut très bien choisir de jouer sur la personnalité de ses personnages, ou sur le ton employé, ou sur la finesse des dialogues. Quand elle choisit de ne rien faire de tout ça, cela signifie qu'elle choisit de ne pas être drôle. Sauf que ce genre de choix s'assume également. Mais par son défilé de clichés, son survol des personnages, et son pitch impossible à prendre au sérieux, Drop Dead Diva s'interdit d'être une série dramatique.
Quand l'annonce de l'annulation tombera, je n'enverrai ni fleurs ni couronne.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Drop Dead Diva de SeriesLive.

26 juin 2009

Psycho-couac

Les plus anciens parmi vous se rappelleront peut-être des interrogations qui avaient précédé la création de la rubrique Dorama Chick. J'ai en effet longtemps pensé que, hors la fiction américaine, point de salut. Pourtant j'ai toujours regardé des séries venant d'autres contrées (et au début, souvent sans même le savoir, puisque petite je regardais aussi bien du canadien que de l'australien sans même m'en émouvoir), mais plus la téléphagie progressait, plus j'étais devenue un brin obsédée par la fiction américaine. En regardant en arrière, je pense que c'était surtout une réaction allergique à la ficton française.
Sur ce blog et ailleurs, depuis des années, on m'encourage à dépasser ce stade et m'ouvrir à la fiction d'autres pays, et je m'y emploie, comme vous avez pu le voir avec mes posts sur Benidorm, Diplomatic Immunity ou Arslaan. J'ai pas chômé, franchement. Une fois de temps en temps, je fais la rencontre d'un Jekyll, et je me dis que ça valait le coup. Alors je poursuis mes découvertes, encouragée.

Mais là, je suis tombée sur un os.
Comme vous commencez à le savoir, rien n'est plus exotique à mes oreilles que l'accent british, dont je suis finalement très peu familière. Quand je m'attaque à une série britannique, c'est que j'attends d'être récompensée de mon effort. Ici, j'ai surtout envie de me rouler en boule dans un coin en marmonant qu'on ne m'y reprendra plus.

L'objet du délit ? Psychoville. 28 minutes partagées entre l'ennui, l'attente, la stupeur et le dégoût (et quelques tagliatelles à la crème, repoussées au bord de l'assiette, en ont fait les frais).

A l'origine de Psychoville, il y a pourtant un pitch original (c'est comme ça que j'ai été piégée, d'ailleurs), mêlant mystère et burlesque : plusieurs étranges personnages sans lien apparent reçoivent tous la même lettre d'un personnage morbide qui semble ne pas leur vouloir du bien. Et là je dis : "ah bah au moins, ça nous change du poulet".

Sauf que le mystère peine à s'installer en 28 minutes, qu'on n'en peut plus d'essayer d'installer les personnages, et qu'en plus, c'est particulièrement glauque. Souvent juste pathétique, mais globalement salement glauque. A un moment, j'ai même failli gerber (ceux qui ont vu sauront nécessairement de quel passage je parle).
Du coup ce n'est pas mystérieux ou burlesque, c'est juste de mauvais goût, et pis encore, mal écrit, trainant artificiellement en longueur afin de jouer sur l'ambiance, et ne finissant que par barber le spectateur.

Et bien-sûr, tout ça avec un accent british à couper au couteau (ou plutôt à la machette, retenez-moi, je vais faire un malheur), ce qui n'arrange pas mes affaires.

Après ça on s'étonnera que SeriesLive ne se soit pas fendu d'une fiche, eh bah je peux pas les en blâmer.

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16 avril 2009

Krod, Warrior Prince

Quand j'ai découvert Krod Mandroon, j'ai immédiatement pensé à Nakayomi. Quand il va voir ça, il va devenir fou. C'est comme Xena, mais sans lesbiennes (ya un gay, ça compense ?). Le reste : tout pareil.

Je ne sais plus si je vous ai dit, mais bon, Xena, une fois de temps en temps, passe encore. Mais de là à suivre plusieurs épisodes, et à plus forte raison sur plusieurs saisons... non. Juste non. Ce n'est pas assez ma tasse de thé.
Donc j'ai regardé le pilote de Krod Mandroon, oui. Et, brave bête (et surtout parce qu'après une rude journée de boulot j'avais pas le courage de regarder autre chose), j'ai aussi regardé le second.
Bon bah mon verdict reste inchangé : je vois très bien Naka suivre cette série, mais moi, pas.

Les trucs fantastiques, on a déjà établi avec le Siqueur que de toutes façons, j'étais pas tellement amateur. C'est vrai que là, l'humour, ça pourrait aider a priori, sauf que c'est vraiment de l'humour lourd et un peu facile, de la comédie "familiale" en quelque sorte, du moins s'il n'y avait pas de connotations sexuelles (ai-je déjà mentionné Xena ?), bref, pas exactement mon genre d'humour. Comme le savent tous les amateurs de rillettes : nous n'avons pas les mêmes valeurs. Ca veut pas dire que la série n'est pas bien... ça veut pas non plus dire qu'elle est extra mais que j'ai de la merde dans les yeux... c'est potable, quoi.

Et je me dis qu'à la rigueur, je préfère voir à la télé une débilité assumée telle que celle-ci, plutôt qu'une qui s'ignore mais persiste quand même (deux saisons de East Bound and Down, le monde a définitivement basculé dans le chaos) à se faire croire qu'elle est drôle. C'est pas très fin, c'est pas très original, mais bon, ça pourrait être largement pire.

Nan ça y est, c'est tout, vous pouvez disposer. Rien de plus à dire.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Krod Mandoon and the Flaming Sword of Fire de SeriesLive.

30 mars 2009

Je suis une obsédée du quizz, sortez-moi de là !

- On a déjà établi que j'aimais les séries télé. Si, on l'a vaguement évoqué, rappelez-vous.
- On a établi que dépenser mes sous à la FNUC ne me faisait pas peur, et que je ne courrais pas après les bons de réduction pour ça.
- On a déjà établi que j'aime bien jouer, notamment quand j'ai mentionné le jeu video Desperate Housewives ou que j'ai parlé de l'initiative Party Down (cf. tags, je vous remets pas les liens)
La seule chose que peut-être vous ignorez sur moi (sauf si ma frangine me lit), c'est que je raffole des Quizz. Quotidiennement, je vais sur StudioQuizz pour avoir ma dose, quand quelqu'un propose de faire un jeu de société, je choisis toujours soit les jeux de type questions de culture générale (et comme ma soeur a des tonnes de jeux de société, elle finit par ne même plus amener ceux-là pour que les autres gagnent un peu aussi de temps en temps), soit le baccalauréat, bref, les quizz, c'est mon truc. C'est ptet parce que mes parents n'ont jamais jugé utile de m'acheter un Trivial Pursuit et que depuis je cherche à compenser, je sais pas.

Bref.
Alors le quizz mis en place sur SeriesLive depuis plusieurs semaines, c'est juste une torture. Désolée, faut être inscrit. Mais par contre, c'est addictif, mais d'une force !
Donc non, je ne joue pas pour gagner, je m'en fous (d'ailleurs vu que j'avais eu par erreur accès à l'intégralité des questions, la semaine dernière, je me suis effacée pour éviter tout malentendu), je joue pour jouer ! Et c'est horrible !

A chaque fois je me dis : "ok, tu vas jusqu'à 500pts de plus, et après tu arrêtes". Sauf qu'arrivée à la dernière question qui me permet d'atteindre le quota fixé, la question qui apparait alors est super facile. Je suis obligée de répondre, vous comprenez.
Mais du coup ça fait pas un chiffre rond, j'ai 510pts au lieu de 500, et bizarrement dans ce cas-là j'ai comme un toc, le chiffre DOIT être rond, et donc je joue encore un peu en me disant : "allez, tu vas jusqu'au chiffre rond suivant, et après tu arrêtes". Et là étrangement, comme un fait exprès, ya une série de 15 questions tellement faciles qui si j'y réponds pas, je me dis que c'est un peu la honte. Alors je réponds, sauf que la 16e, je me plante, je perds 5pts, et là le compte est vraiment plus rond du tout. Alors je réponds faux exprès à la question suivante, ce qui fait que j'ai donc un chiffre rond moins 10pts, et là je réponds à une autre question et j'ai un chiffre rond. Et là, comme par un fait exprès, la question suivante, mais alors à croire que ce site est paramétré pour piocher dans mon profil la question qu'il faut, porte sur, au choix, Pushing Daisies, Une Nounou d'Enfer, Action!... Et je suis obligée de répondre, par sentimentalisme, et parce que si le site m'a sorti cette question, c'est que quelque part, si j'y réponds pas, c'est un aveu d'impuissance, si vous voulez. Donc je réponds. Et du coup le chiffre n'est plus rond. Et rebelotte.

Donc là, il est 1h45 du matin, et je supppppppplie les gens de SeriesLive de désactiver la fonction Quizz après minuit, s'il vous plaît, ayez pitié.

Par contre je réalise aussi que ce quizz a une fâcheuse tendance à parler de séries qui sont même pas faites aux Etats-Unis, et je trouve ça très insultant quand, rieur, le site me dit "c'est pas çaaaaaa ! parce que la série est australienne et que tu l'as jamais vuuuuuue !". Et pour me venger, je fais 10 questions de plus.

Sortez-moi de là.

27 février 2009

Thank you, Captain Obvious !

En ce moment, je suis soumise à un régime téléphagique inhabituel, parce que je ne suis pas chez moi. Du coup je me retrouve à regarder des Ma Famille d'abord (qu'on faisait regarder aux prisonniers de Guantanamo), des Grey's Anatomy (ça va, c'est pas encore le moment où ça vire au soap à 100%), des Experts Miami (allez-y, chargez la mule, pourquoi se gêner ? ), et des Bones (oui, mon hôte veut ma mort, pourquoi ?). J'y perds ma santé mentale.
Ce soir, c'était donc régime os, et franchement si quelqu'un doit avoir le crâne fendu pendant un épisode, ce sera bien moi, contre le mur du salon.

Je vous refais le dialogue :
"J'aime penser que mon père [mort] me regarde.
- Les morts ne peuvent pas voir", Temperance Brennan dixit.
SANS RIRE ?

Ce personnage de la nana tellement cartésienne qu'elle ne comprend rien aux choses de la vie touche rapidement ses limites sitôt qu'on passe un épisode entier avec lui, ce qui ne m'était pas arrivé depuis... eh bah, quasiment l'ouverture de ce blog, quand même. Là, comme ça, à blanc, on se dit que mettre ce cerveau froid et rationnel en duo avec un type plus que normal (je veux bien-sûr parler de l'adipeux Boreanaz), ça fait un bon tandem et qu'on va bien se marrer.
C'est un peu comme le crétin décérébré qui nous a pondu le concept derrioère NCIS, si vous voulez. Ce sera tellement poilant qu'on ne va pas se rendre compte que ça ne rime à rien.

Sauf que le Dr "ne l'appelez pas" Bones, au lieu de montrer qu'elle est intelligente à sa façon, et là j'aurais envie de dire pourquoi pas, prouve qu'elle est en fait la dernière des demeurée.
Elle n'est pas cartésienne : elle prend tout au premier degré ! Ce qui, vous serez d'accord avec moi, n'est pas exactement la trace d'une intelligence surdéveloppée.

A chaque épisode, je dis bien à chacun d'entre eux, il faut qu'on lui explique par a + b que ceci est une expression, que ceci se fait, que les gens ont des sentiments, qu'on a dit telle chose mais que ça signifie quelque chose de plus profond...

Qu'un personnage à l'intellect ultra-développé soit socialement handicapé n'a rien de nouveau. Des quantités de personnages l'ont fait avant, et le font encore. Gloire à des mecs comme Monk pour en être le modèle parmi les modèles. Mais au moins ces personnages n'ont pas attendu la 3e saison pour apprendre ce qu'une pompom girl fait à un joueur de basket avec la bouche ! Au nom du ciel, elle devrait au moins être capable de comprendre ce qui se dit dans la pièce, même si elle désapprouve la conduite parce qu'elle ne la considère pas comme logique, non ? Non, elle ne suit même pas la conversation ! Bones donne mauvaise réputation aux scientifiques !

Excusez-moi, je... je vais avaler un calmant. Ca devrait m'aider, je... oh mon Dieu, et le troisième épisode qui n'est pas encore terminé...
Sortez-moi de là.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Bones de SeriesLive.

3 février 2009

Miroirs obscurs, et pas qu'un peu

Je le pressentais déjà en voyant le pilote, je le devinais déjà en voyant le deuxième épisode il y a des années de ça, mais c'est devenu criant cet après-midi, au 7e épisode : Christopher Titus s'est servi de la série qui porte son nom pour revenir sur les blessures du passé. Eh, qui suis-je pour juger ? Je ne vais pas lui jeter la pierre pour se servir d'un média à des fins thérapeutiques...
Je crois que c'est ce que j'aime chez Titus, et ce que j'aime d'ailleurs aussi chez Rude Awakening : il ne s'agit pas juste de rire de ce qui n'est pas drôle en réalité, il s'agit de trouver la force de rire de ce qui a fait mal, et de s'en soigner. Quand une série prend une telle valeur, dépassant le stade de l'autobriographie pour entrer dans le domaine de la thérapie, c'est là qu'on commence à toucher à ce qui fait aussi que la télévision sait être un peu plus que du divertissement.

N'importe qui peut rire des coucheries d'une actrice ivrogne qui a raté sa carrière. Et puis un jour on comprend que ce n'est pas écrit par hasard, et que Claudia Lonow sait exactement de quoi elle parle. Elle sait en rire parce qu'elle a su en pleurer. En fait on n'a pas eu besoin de lire des tonnes d'articles et d'interviews pour le savoir, ça semblait évident rien qu'en regardant la série. Les lectures ultérieures ne feront que confirmer. A demi-mot... mais il n'y avait pas besoin de plus.
Quand Christopher Titus, l'acteur et auteur, écrit un épisode où la mère de Christopher Titus, le personnage, fait ses excuses à son fils pour tout le mal qu'elle lui a fait en raison de son instabilité mentale, il n'y a même pas besoin d'aller vérifier si effectivement la mère de l'acteur a passé du temps en hôpital psychiatrique, ça se sent, il émane une telle intensité et une telle sincérité de cette scène que nul n'est besoin d'aller vérifier. Mais si on le fait, on s'aperçoit qu'en effet, c'est vrai. Et on prend toute la mesure de ce qu'on voit épisode après épisode.

Certaines séries ont de la profondeur parce que par la fiction, elles évoquent quelque chose d'universel, et Oz, par exemple, est de celles-là. Et puis certaines séries ont de la profondeur parce que, par la fiction, elle évoquent quelque chose de personnel, et certes ça les rend peut-être moins accessibles au grand public, mais elles n'en sont pas moins extrêmement puissantes.

Quelque part, c'est trop facile d'utiliser des personnages entièrement fictifs pour explorer des réalités qui ne concernent personne en particulier. On regarde New York Unité Spéciale en sachant que les histoires sont plus ou moins adaptées de faits réels, mais on sait aussi que ceux qui écrivent ne sont pas ceux qui ont enduré ces choses atroces, que personne n'est réellement concerné dans le staff de la série, et ça permet certes de prendre du recul, mais ça distancie parfois aussi un peu trop... C'est aussi comme ça que certaines séries s'autorisent des dérapages hallucinants et des sauts de requins à ne plus savoir qu'en faire. Soudainement, Derek Morgan et son sourire adamantin vous sortent une histoire d'abus sexuel sur mineur et on n'y croit pas une seconde. Alors qu'une partie de ces choses sont vraies. Elles sont vraies quelque part, pour de vrai, malheureusement il y a vraiment des enfants à qui ça arrive, mais là on sait que ce n'est pas vrai, on le ressent au plus profond de soi et on se dit que Criminal Minds ne sait plus quoi inventer pour nous surprendre. N'a jamais su.

Mais quand on regarde ces fictions, on sent immédiatement ce qu'ils ont d'autobiographique, et une vraie connexion s'établit instantanément.

Billie Frank se regarde dans le miroir en se demandant ce qu'elle est devenue, et ce qu'elle va faire de sa vie. Elle voit le choix qui s'ouvre à elle, entre sombrer plus profond encore et donner un coup de talon pour remonter au moins un peu, et c'est vrai, il n'y a pas à en douter. Et même si les répliques sont drôles, on sent aussi ce qu'elles ont de réel. Et c'est là que la fiction est transcendée. On ne regarde pas juste une histoire. On vient de pénétrer l'intimité de quelqu'un. On regarde une confession. C'est romancé, mais c'est vrai.

Si j'aime autant qu'une série me parle de choses atroces, c'est bien pour qu'elle me renvoie à certaines choses qui me sont vraies. Alors je crois que c'est aussi pour ça que j'accroche sur des séries comme Titus ou Rude Awakening, parce que je sens qu'elles renvoient à la réalité de quelqu'un d'autre. Et qu'elles permettent de prendre ce fameux recul si nécessaire d'une part, mais qu'elles me plongent aussi le nez dedans, dans ce qui a été une épreuve, pour quelqu'un d'autre, à l'autre bout de la planète, et soudain on fait plus que regarder la télévision. Parce que quelqu'un, à l'autre bout, a bien voulu écrire plus que de la simple télévision.

C'est aussi pour ça que nous sommes plus que de simples spectateurs. Nous n'avons pas les yeux carrés devant l'écran parce qu'il n'y a rien d'autre à faire. Non, nous sommes téléphages parce que parfois, on nous donne cette opportunité d'aller plus loin. Notre passion prend du sens parce que parfois, on nous donne le droit de devenir des introspectateurs.

8 octobre 2008

La mauvaise raison

Il y a plusieurs raisons pour arrêter de regarder une série.
Parce qu'on n'arrive plus à s'y intéresser. Parce qu'un acteur qu'on appréciait est parti. Parce que c'était devenu n'importe quoi. Parce qu'on a trouvé mieux. Parce que nos goûts ont changé.
Mais arrêter de suivre une série à cause d'un mec, c'est vraiment une mauvaise raison.

Je vous explique : dans un passé pas si lointain qu'il n'y parait, j'avais un mec. Je vous en parlais souvent dans le cadre de mes plans machiavéliques de contagion téléphagique, si vous vous souvenez. C'était un mec d'appartement, et on pouvait donc passer pas mal de temps à regarder des séries, et c'est aussi pour ça que je l'avais choisi à l'animalerie, d'ailleurs. Et puis, les choses ont commencé à dérailler : il y a certaines séries qu'on a mises entre parenthèses, parce que, bon, "pas ce soir chérie, j'ai mal à la tête" (du coup on s'envoyait en l'air, c'était très fatiguant). Et puis un jour, pour résumer, il a fini à la SPA (je crois que le prochain, je ne le prendrai qu'une fois qu'il aura été sevré), et je dois dire que les séries que j'avais laissées tomber à cause de lui, bah je les avais totalement oubliées... Je me suis trouvée à regarder d'autres choses, et ça se passait très bien.

Et puis comme vous le savez, en ce moment, j'ai des fringales (ça vaut mieux que les fraises). Alors j'ai envie de dévorer des séries par packs de douze, après tout c'est mon droit le plus strict n'est-ce pas ? Et soudain me revient à l'esprit le fait que, à une époque lointaine (une saison minimum), j'aimais ces séries, et je suis loin d'avoir tout vu !
Mais où avais-je la tête ? J'ai laissé tomber des séries géniales juste pour un mec ?!

Ô, Dieu de la Téléphagie, je ne suis pas digne, je suis insignifiante, c'est ma faute, c'est ma très grande faute, mériterai-je jamais Ton pardon ?! Les foudres divines vont s'abattre sur moi, ça c'est sûr ! Je suis condamnée, mes jours sont comptés, je suis vouée à la damnation éternelle, faite de rediffusions de Ma Famille d'abord, et de 712e saison de la Star Ac !

A moins que... il n'est peut-être pas trop tard. Peut-être que je peux encore m'amender. Trouver la rédemption.
Alors dans les semaines à venir, il se pourrait bien que je revienne à des séries que j'avais adorées et laissées de côté pour une mauvaise raison, comme Dexter,  Boston Justice, Mad Men, ou Heroes... euh, non, ptet pas Heroes. Faut pas pousser. Enfin on verra.

Et alors peut-être que je sauverai mon âme...

21 septembre 2008

The Big Empty Theory

La nature et mon écran ont ceci en commun que tous deux ont horreur du vide.
Après les adieux larmoyants faits à Reba il y a quelques heures, je me retrouve dans cette situation difficile où on se cherche quelque chose à regarder en sachant qu'on va mettre du temps à être aussi enthousiaste pour une autre série.

Déjà, je sais qu'en ce moment, je suis plus encline à regarder des comédies ou disons, au moins, des séries plutôt légères. Ce qui, attention, ne me prive nullement du plaisir d'entendre parler de 4 viols à la suite en un seul épisode de New York SVU, ne confondons pas, simplement je suis en quête d'un remplacement, en ce moment ; je n'ai pas encore atteint le stade où je suis totalement sevrée de mon obsession précédente et j'en suis encore au moment où on cherche la même série que celle qu'on vient d'achever, mais en inédit.
Inutile de dire que c'est pas un défi, c'est une utopie.

C'est exactement la raison pour laquelle j'ai excavé la première saison de The Big Bang Theory, dont le pilote ne m'avait pas fait rire outre mesure lorsque je l'ai regardé il y a des mois de ça. J'ai choisi cette série parce que je sais qu'elle ne comblera pas le vide laissé par mon obsession précédente, et que je ne vais donc pas bêtement passer à côté de quelque chose de bien juste parce que j'ai un déficit en accent texan à combler. D'accord, c'est tordu, mais vous devez bien admettre que ça se tient.
C'est un sitcom, cela dit, et c'est donc ce qui lui donne trois longueurs d'avance sur les quelques autres séries que j'ai à ma portée, qui me semblent trop sombres en ce moment, bien que de toute évidence, nombre d'entre elles soient de bien meilleure qualité. C'est tout le paradoxe de la chose...

Je sais que plein de monde en dit du bien, de cette série ; il y a une semaine encore ma soeur s'exclamait "bah quoi ? c'est super drôle ! toi qui est une geekette tu devrais adorer !". GG, frangine...

Mais au fait, pourquoi je ne trouve pas The Big Bang Theory drôle ?
D'une... oui bon bah ça va, effectivement, je suis téléphage ascendant geekette (mon thème astral n'est pas écrit en 1337 mais presque). Donc ces blagues-là, permettez, sont ultra-éculées.
De deux... Kaley Cuoco. Ne fait sans doute rire que ceux qui sont forcés de la regarder à moins de 50cm de distance, avec sa bille de clown.
De trois... oh je vous en prie ! C'est d'un convenu tout ça ! La blondinette un peu simple, au grand coeur, qui se heurte au monde étrange de tout un tas de nerds, geeks et autres scienteux aux moeurs et tics ridicules... mais combien de fois faudra-t-il voir ça, encore et encore ?
De quatre... même avec un pitch éculé, on peut faire des gags originaux. A condition d'y mettre du sien. D'employer un dialoguiste de talent. De ne pas lire uniquement les blagues Carembar. Mais non, rien à faire, la moitié des gags sont usés jusqu'à la corde.
De cinq... d'épisode en épisode, ce sont toujours les mêmes scènes, interminablement. Cette montée d'escaliers, je la vomis. Je sais pas qui a trouvé le gimmick hilarant dans l'équipe de production mais je veux sa tête sur un plateau.
On va ptet s'arrêter à cinq, vous ne croyez pas ?

Si The Big Bang Theory avait été mon premier sitcom, je ne dis pas, j'aurais peut-être ri aux éclats. Peut-être. Enfin faut voir.
Mais là, rien à faire. Quand un épisode m'a tiré un sourire, c'est déjà énorme. La prévisibilité des gags comme des situations fait peine à voir.
Mais en même temps, c'est ce que j'ai pour le moment sous la main côté comédie, en attendant que ma normalement grasse paie de septembre m'autorise à faire main basse sur la suite de Roseanne, que j'ai en ligne de mire (et la transition avec The Big Bang Theory est finalement toute trouvée !). J'aurai alors juste le temps de m'enfourner une poignée d'épisodes pour faire la transition jusqu'à l'arrivée de la seconde saison de Samantha Who?, début octobre, et on pourra ainsi dire que je suis prémunie contre les effets de manque pour un bon bout de temps, du moins en matière de comédies. Après quoi je ne suis pas à l'abri d'un nouveau coup de coeur qui me permettrait d'aller à nouveau de l'avant, et ainsi de suite.

Reste que The Big Bang Theory n'est pas de ces séries qu'on suit amoureusement : on les regarde, parce qu'on n'a rien d'autre sous la main, parce que ça passait pendant qu'on zappait, qu'importe. Rien d'addictif sur le long terme et, vous me connaissez, je cherche au contraire à remplacer une came par une autre.
Et si je me permets ce jugement aussi tranché, c'est parce que j'ai passé les dernières 24h à m'envoyer l'intégralité de la première saison. Comment ça, ça démolit entièrement ma belle démonstration ? Et alors ? Je suis une téléphage tendance geek, moi, pas une physicienne !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Big Bang Theory de SeriesLive.

19 août 2008

Six degrès et deux ans de séparation

Pour diverses raisons toutes imbriquées les unes dans les autres et donc d'une complexité effarante (que je vous épargne dans ma grande bonté), cela fait plus de deux ans que je n'ai rien pu graver. Ce qui, du strict point de vue du stockage, et considérant à la fois que je suis une téléphage pilotovore, et une Jfan exhaustiviste, a posé des mois durant des problèmes de type casse-tête assez irritants. En contrepartie, je suis devenue une reine dans ce que j'appelle personnellement le Tétris des Octets !
Mais aujourd'hui je suis fière d'annoncer que j'ai des CD vierges ET un graveur fonctionnel ! Plus rien ne peut m'arrêter à présent !!! Enfin, sauf les contraintes de temps.

Donc, depuis quelques jours, je fais du tri dans mon chez moi informatique.
Il y a deux jours, par voie de conséquence, je suis retombée, sur un disque dur gavé jusqu'à la gorge et donc laissé un peu de côté ces derniers temps, sur des dossiers datant d'une à deux saisons, parfois plus. Et ajoutez à cela quelques vieilleries que j'avais collectées et dont l'âge se compterait plutôt en décennies.

Inutile de préciser que depuis que j'ai commence à faire ces excavations d'octets, j'ai un peu perdu la notion du temps. Je trouve des séries que j'ai regardées dans un passé flou et lointain, d'en dégote même que j'avais cagoulées et reportées à plus tard (donc que fatalement je n'ai jamais regardées...), tout ça au point que je commence à ne plus trop savoir quelle série a commencé quand, quelle série est encore en vie, ce genre de choses. Ça me rappelle lorsque j'ai eu la mauvaise idée de lire Angélique Marquise des Anges en même temps que La cicatrice au collège, et que j'ai commencé à penser que Le Roi Soleil était mort pendant la Seconde Guerre Mondiale... ouais, j'ai jamais été très douée en Histoire... ENFIN BREF ! C'est pas l'sujet.

Du coup, la conséquence de tout ça, c'est que j'ai commencé à découvrir ou redécouvrir des séries qui moisissaient dans un coin de disque dur en attendant d'être archivées sur de jolis CD, et comme je suis pas du genre contrariante, bah je les ai regardées.
Mentionnons à titre d'exemple les pilotes de Greg the Bunny (que j'ai déjà brièvement évoquée) toujours aussi drôle, Titus (dont j'ai mentionné un épisode, aussi), Les Rues de San Francisco, la saison 3 de Reba (je vous ai parlé de la première il y a des lunes de ça), et, là où je voulais en venir (ces intros sont de plus en plus longues, ça peut pas continuer comme ça), le pilote de Six Degrees.
Et le second épisode de Six Degrees.
Et le troisième épisode de Six Degrees !
...Et dans ma lancée, je suis allée jusqu'au sixième, mais seulement parce qu'à l'époque je n'avais pas cagoulé plus loin. Vous vous doutez bien à présent que je suis prise d'une furieuse envie d'essayer de remédier à ça !

Le plus incroyable c'est qu'au moment où Six Degrees débarquait, je n'avais regardé que le pilote, qui m'avait juste amusée ; je me rappelle vaguement l'avoir trouvé mignon, mais sans plus. Vu l'effet que m'avait fait le pilote, c'est même très surprenant que j'aie cagoulé le reste.
Mais ils étaient là, juste là, pendant deux ans, à portée de main, et je ne les ai découverts que maintenant, et en fait j'adore. Le côté chassé-croisé, imbrications diverses et variées, et évidemment un certain nombre de personnages sympathiques (avec en tête Laura et Steven) sont en fait des aspects très engageants. Je ne dis pas que dans 10 ans, je parlerai de Six Degrees avec des trémolos dans la voix comme je le fais de certaines autres séries aujourd'hui, mais la série, finalement, a su me charmer.

Peut-être aussi que c'est une question de bon moment.
Il y a deux ans, je n'étais pas spécialement d'humeur à regarder des séries de ce genre. J'ai en fait cagoulé la suite en me disant simplement que, quand les choses auraient changé pour moi, quand l'humeur reviendrait de regarder des séries moins tragiques, je serais contente d'avoir ces épisodes sous la main. Et ma prévenance me touche parce que c'est précisément ce qui s'est produit ! En ce moment, les choses un peu moins tragiques, un peu plus gentillettes (mais pas niaises, attention), me dérangent moins. J'y suis plus réceptive.

Six Degrees parle de quoi, en fait ? D'opportunités. Et c'est ça qui me séduit aujourd'hui. Peut-être parce que je sais y croire à présent.

En somme, Six Degrees vient de me faire réaliser qu'on regarde une série non seulement pour ce qu'elle est, mais pour ce qu'on est au moment où on la regarde.

Et c'est intéressant de se demander, avec le temps, deux ans, ou trois, ou dix, ou plus, quelles séries m'apparaîtraient sous un jour nouveau. Lesquelles trouveraient une résonance en moi qu'il n'y avait pas la première fois que je les ai vues.

Dans mon chez moi informatique, le pilote de Six Degrees date du 29 septembre 2006. Oui, ça fait deux ans, quasiment. Et mon regard a changé en deux ans, parce que ma vie a changé. C'est toujours fascinant quand une passion, comme ici la téléphagie, vous fait réaliser des choses sur vous-même.

Oh et, comble de l'ironie cosmique, aujourd'hui, il s'avère justement que c'est l'anniversaire d'Erika Christensen, l'une des héroïnes de la série... Comme quoi c'est vrai que la vie est faite de petits hasards !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (mais comme je viens de le démontrer, il n'est jamais trop tard pour bien faire) : la fiche Six Degrees de SeriesLive.

15 janvier 2007

A part Clown, c'est pas des clowns

Avant qu'elle ne soit bêtement renommée Marni et Nate, et plus encore bêtement diffusée dans le cadre de KD2A (une véritable aberration), il existait, à une époque, une délicieuse mais trop courte série intitulée Committed. Dans ce modeste sitcom nous présentant un duo d'amoureux au début de leur relation, la véritable force était que non pas l'un, mais bien les deux personnages principaux, étaient totalement barrés ! Ne cherchez pas, il n'y en avait vraiment aucun pour rattrapper l'autre.

Le pilote commence sur une présentation croisée de nos deux protagonistes racontant chacun, à travers leurs espérances pour le blind date qu'on leur a fixé, leurs derniers échecs amoureux : des flashbacks nous montrent Nate se comportant comme un véritable abruti, et Marni évoquant les attouchements de son oncle en riant. Mouais. Pas étonnant que le commun des mortels aie un peu de mal avec eux. Le soir du blind date arrive, et le courant passe à merveille entre ces deux allumés, chacun respectant les TOC ou bizarreries de l'autre (mais en eussions-nous douté ? De toutes façons les spectateurs français étaient avertis : leurs noms étaient au générique, ils ne pouvaient que s'entendre !). Je vous épargne les quelques retournements de situation qui nous attendent dans la suite du pilote et qui ne font que nous conforter dans l'idée que si c'est bizarre, alors ça va les rapprocher. Et qu'ils sont faits pour se mettre à la colle quoi qu'il arrive (parce qu'en plus, ensemble, ils sont mignons à mort).

Dés ce premier dîner, drôle et touchant à la fois, on peut sentir la magie de Committed opérer. Ce qui frappe, c'est qu'avant tout, le couple Marni/Nate ne fonctionne pas sur la structure comique habituelle Auguste/Clown blanc, si chère à de nombreux sitcoms du même genre. Citons les comparaisons les plus faciles : Dharma & Greg, Will & Grace, ou encore Dingue de Toi. Car dans ce couple, l'un ne sert pas de faire-valoir aux extravagances de l'autre. Non, les deux sont complètement azimutés, tenez-vous le pour dit. L'un a certes une personnalité plus expansive que l'autre (Marni ne tient pas en place, tandis que Nate semble terrifié par tout), mais, comme dans un épisode d'un Sex & the City taquin, ils ont simplement trouvé chez l'autre le monstre qui embrassera leurs trois têtes : ils se complètent sans qu'aucun personnage ne soit lésé.

En parlant de clowns, n'oublions pas de citer également les seconds rôles, et principalement Clown (interprété par l'excellent quoique peu bavard Tom Poston). Voilà encore des petits malins qui tirent admirablement bien leur épingle du jeu et qui, même si le personnage de Bowie est plus lisse que les autres, permet là encore de passer d'excellents moments. Mentionnons aussi (pour nous éviter tout problème) l'excellent Todd, irritant mais à dessein, et dont les airs pincés valent tout l'or du monde. Sa haine tenace envers Nate n'en est qu'à ses prémisses dans le pilote !

En dépit de son annulation, je reste fidèle à ce que j'en pensais lorsque j'ai goulûment regardé cette série pour la première fois...
Mahna mahna... Du du dudu du... Oh, à moins que vous ne vouliez faire les Mahna mahna, parce que je peux faire des Du du dudu du !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Committed de SeriesLive.

28 juillet 2007

Du rouge à lèvres sur ton col...

Mon petit doigt me dit que la rubrique Review vers le futur ne va pas chômer pendant un bon moment encore... Aujourd'hui, Lipstick Jungle, la série que si tu lui donnes moins de 20mn pour faire ses preuves, c'est pas gagné !

En dépit du fait que :
a/ j'exècre Kim Raver (mais elle finit quand même par trouver des séries que j'ai envie d'essayer, t'as de la chance d'avoir un bon agent, toi...)
b/ l'intro est saoulante au possible
c/ je n'ai aucune patience en ce qui concerne les pilotes
d/ Brooke Shields a un défaut de prononciation (genre "mon appareil dentaire se décroche") qui s'aggrave avec l'âge
e/ je ne partais pas du principe que Lipstick Jungle avait la faculté de me surprendre, agréablement ou même désagréablement !
...Eh bien j'ai quand même été jusqu'au bout du pilote. Et alors là, je le dis : je suis en progrès. Vraiment, on sent que j'ai fait un travail sur moi-même, un examen de conscience, bref, que je me force à essayer de donner leur chance aux séries qui pourtant manquent de m'endormir de prime abord. L'initiative est louable et j'attends vos applaudissements.

Bon trève de bavardages, encore une fois je ne m'attendais pas à un miracle avec cette série, et effectivement il n'y en a pas eu. A l'occasion il faudra certainement que je termine le post en brouillon depuis trois mois sur "nos attentes vis-à-vis des nouvelles séries et comment elles façonnent notre façon de découvrir de nouveaux titres", mais en l'absence, je dirais qu'effectivement, partir avec un a priori ne m'a pas aidée, mais n'a quand même pas trop aggravé mon cas.

Première remarque : OH MY GOD elles ne sont que trois. Alors, attendez... ça voudrait dire que les femmes ne se déplacent pas que quatre par quatre ? Ca m'en bouche un coin. Ces dernières années, c'est pourtant ce qu'on nous avait fait croire. Mais non, non-non, elles sont bien trois héroïnes au lieu de quatre. C'est sans doute l'innovation majeure du show mais qu'importe...
Car pour le reste, même si c'est moins léger que ce à quoi je m'attendais (je suis certaine que Cashmere Mafia saura faire le nécessaire de ce côté cependant), je n'ai pas vraiment été surprise.

Oui, il y a quelques bonnes scènes (ça me coûte de le dire mais la meilleure c'est Kim Raver qui l'a eue... dans le taxi, pour ceux qui ont vu). Oui, les personnages sont attachants ; un peu caricaturaux mais attachants : il y a l'asiat' de service (c'est marrant Cashmere Mafia aussi a la sienne ! bon d'accord j'arrête avec les comparaisons de séries dont je n'ai vu que le trailer... m'enfin quand même), calquée sur Carrie Bradshaw (ainsi que son intrigue amoureuse avec un muffle richissime...), mais alors, trait pour trait, ensuite il y a la business woman un peu psychorigide qui se rend compte un beau soir que son mari ne la voit plus (c'est ça d'épouser un British, idiote ! si Une Nounou d'Enfer nous apprend quelque chose, hormi le fait que plus les cheveux sont crépés, plus ça contrebalance l'épaisseur des hanches, c'est bien que les British font des maris durs à décoincer), et enfin la nana qui pensait vivre à BisounoursVille, mais qui réalise qu'elle ne peut plus tout avoir : le job génial et prenant, les enfants, le mari... (et pour elle, l'intrigue se flaire dés les premières scènes).

Les quelques bonnes scènes sont donc noyées dans un océan de scènes conventionnelles, et le pire c'est que ça ne décolle qu'au bout de 20 longues minutes assez moyennes.
Et puis alors moi, j'ai surtout une question, et là j'exige une réponse : pourquoi toutes ces nanas vont toujours manger ensemble pour discuter de leurs soucis ? Hein ? Je suis une nana moi aussi, et pourtant vous ne me voyez pas au resto dés que j'ai un pet de travers ! Qu'est-ce que c'est que cette manie ? C'est fou ça quand même... L'héritage du sexandthecitisme, ça, à tous les coups...

On ne sent pas non plus spécialement d'attachement entre les personnages... c'est assez regrettable. Bon d'accord, c'est facile à dire avec le recul et j'ai peut-être besoin de revoir la 1e saison, mais on ne doutait pas un seul instant de la forte amitié des filles de Sex & the City (avec des hauts et des bas). Ici c'est une amitié qui ne transpire pas à l'écran, s'il y en a vraiment une. D'abord parce que même si elles racontent leur vie aux deux autres, chacune des trois héroïnes garde son petit monde à elle sans vraiment vouloir y impliquer les autres, mentionnons comme exemple Kim Raver qui ne dit même pas ce qu'elle a fait à son mari, ou encore Brooke Shields qui crache le morceau sur ses problèmes de couple au bout de plusieurs jours... En plus il manque une grande dose de légèreté aux dialogues, ça manque de second degré... limite si ça se prend pas trop au sérieux. Ce qui est dommage car avec un peu d'humour, ça passerait souvent mieux.

Vous l'avez compris, Lipstick Jungle ne fera pas partie de mon palmarès de l'année. C'est pas chiant à regarder, plutôt bien ficelé, quelques scènes sont dignes d'intérêt... mais disons ce qui est, il n'y a là rien de mémorable, rien d'accrocheur, rien de nouveau. C'est du recyclage, en juste un peu plus sérieux. Je ne prêche pas pour la dramédie à tout prix, attention... au contraire. On peut choisir de faire une véritable série dramatique sur les calamités que vivent des pauvres femmes riches de New York après tout... mais à condition de s'en donner les moyens scénaristiques. Or Lipstick Jungle navigue dans les eaux de la neutralité et se mouille le moins possible, ni dans l'humour, ni dans le drame, et ça, c'est dommage. Alors après, comment voulez-vous éviter les comparaisons dans un sens ou dans l'autre ?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Lipstck Jungle de SeriesLive.

30 mars 2007

Les Ahem! du Bonheur

Ok, j'ai un post à faire aujourd'hui, ça fait deux ou trois jours que je l'ai en tête mais avant de commencer, vous devez me jurer que jamais vous n'en parlerez autour de vous, et que dans les posts à venir, nous ferons comme si celui-ci n'avait jamais existé. Et si vous m'en reparlez, c'est bien simple, je nierai en bloc, ne me mettez pas au défi d'effacer ce post, j'en suis capable.

Donc oui, aujourd'hui, le sujet est : "Les Anges du Bonheur, cette série trop souvent sous-estimée". Mais si. Cessez de rire, ça devient humiliant, là.

Cette drôle de nostalgie s'est insunée en moi il y a deux ou trois jours environ, guère plus, lorsque j'ai remarqué qu'un membre de l'équipe de SeriesLive avait ajouté la fiche Promised Land, spin-off de la série que j'ai déjà citée plus haut, ne m'obligez pas à le répéter. Immédiatement, m'est revenu en mémoire l'épisode de la série d'origine (déjà citée, donc), où le spin-off était présenté au public, épisode cross-over qui a bien été diffusé en France, lui, à la différence du spin-off Promised Land, si vous suivez.
Ou bien était-ce carrément le pilote de Promised Land que M6 nous a vendu comme un épisode des Anges du Bonheur ? Peu importe. (Merde, je l'ai re-dit !)

Toujours est-il que dans cet épisode, on retrouve Major Dad (enfin, oui, bref) qui a perdu son job et qui emmène sa femme et ses trois enfants (en fait le plus jeune est le fils de son frère, mais ils l'ont adopté) dans sa ville natale, là où, comble du malheur, il ne trouve pas de boulot. Mais les anges lui soufflent à l'oreille qu'il doit absolument faire revenir en ville la fille d'Erasmus (le doux ami de sa mère, je crois) en ville, donc il a droit à tout un périple initiatique en bus à travers les Etats-Unis pour aller la voir et la convaincre de revenir au pays et quitter sa vie aisée dans je-ne-sais-plus-quelle grande ville, périple pendant lequel il retrouve la foi et au terme duquel il finit par prendre la décision de parcourir le pays en caravane avec sa famille (son épouse était instit, ça facilite les choses côté éducation), moitié pour répandre la bonne parole, moitié pour se chercher, enfin bref, on sent que c'est initiatique à tous les niveaux. Fort bien.

En fait cet épisode nous prépare à un autre, celui-là étant vraiment épatant, où l'on retrouvait la toute aussi épatante Delta Burke (vous ne la connaissez sans doute pas et pourtant vous l'avez nécessairement déjà vue, par exemple les fans de Loïs & Clark se souviennent sans doute de Myrtle Beech ?) qui découvrait que, le fils qu'elle avait pensait avoir vendu à son mari alors qu'elle n'était qu'une junkie, là, eh bien c'est le fils adoptif des Greene, les héros de Promised Land justement ! Magistral épisode où non seulement nos angelots sauvent Delta de la drogue (et, vraisemblablement, la prostitution), mais ensuite la poussent à s'expatrier à l'autre bout du pays, où elle tombe sur la maison d'Erasmus qui justement sert de point de chute aux Greene, à la suite de quoi elle devient toute douce toute calme (elle met même des pulls en tricot), évidemment c'est le moment choisi par les Greene pour rappliquer pour Thanksgiving, et là tout s'emballe, Delta essaye de se réconcilier avec Dieu et son fils en même temps, le père adoptif (et accessoirement ex-beau frère) lui en veut à mort puis lui pardonne, et puis en plein milieu de la soirée de Thanksgiving ya un orage comme c'est pas permis et pour sauver son fils resté dans la caravane des Greene dans le jardin, Delta n'hésite pas à affronter les flammes pour le sauver, et elle en meurt. Et c'est beau.
Dit comme ça, ça paraît pas, mais je vous jure, bel épisode. C'est juste que c'est viscéral, j'ai du mal à le dire sans avoir l'air cynique. Mais promis, bel épisode.

Bref. Donc du coup, j'ai commencé à me demander : mais alors, si cet épisode (certes rocambolesque, mais touchant et bien mené) a su me séduire, peut-être que d'autres ont été bons, aussi !

Eh bien justement, oui ! Et là me vient en tête l'excellent épisode (ou double épisode ? je sais plus tout d'un coup) qui s'est déroulé en Chine : L'esprit de Liberty Moon. Magistral épisode osant non seulement parler de la situation politique en Chine (c'est dire si l'air de rien la série est parfois sortie de l'esprit bon enfant dans lequel on aime à la classer à la va-vite), mais aussi d'immigration, de torture... Et, avantage non-négligeable, on y retrouve Adrian Pasdar qui a certainement choisi l'un des meilleurs épisodes de la série pour se commettre dedans, preuve qu'il est aussi intelligent que beau (c'était pas ultra-nécessaire de le souligner, mais j'y tiens). C'était pas un de ses rôles les plus puissants mais au moins il n'a pas échoué dans un épisode niais.

Dans cet épisode, on a donc une jeune Chinoise qui a subit la révolution culturelle, et qui y a perdu son mari, et sa fille, dont elle n'est pas certaine qu'ils soient encore en vie mais ça ne l'empêche pas d'espérer. Le love interest de l'affaire (j'ai nommé Adrian Pasdar) fait son possible pour l'aider dans ses recherches, tout en essayant de son côté de faire les affaires pour lesquelles il est en Chine : il s'avère que ça va quand même bien aider à faire avancer les recherches de notre Chinoise, qui finalement, après bien des péripéties que je vous épargne, va se retrouver enfermée en prison, sans passer par la case départ ni toucher 20 000, et que Monica l'angelot accompagne donc pour la guider. Et là, attention : scène de torture. Bon c'est pas insoutenable, mais c'est quand même bien dur, on n'en est pas à des extrêmités à la Oz ou autres mais ça reste très percutant. Et je veux pas vous spoiler, mais ça finit même pas bien pour la Chinoise que même les anges ne peuvent pas sauver. C'est dire si l'épisode sort des sentiers battus.

Alors au final, pourquoi tant de monde (moi y compris la majeure partie du temps) pense que Les Anges du Bonheur est une série peu profonde, complètement initéressante et à but uniquement prosélyte ? Avons-nous tendance à juger une série à l'aune de son public, par exemple ? Ou bien estimons-nous qu'en avoir vu un, c'est les avoir tous vus ?

La seule existence de ces deux épisodes (mais ne croyez pas qu'ils soient les seuls, ce sont simplement les deux dont je me souviens le plus clairement) prouve que, parfois, il faut quand même gratter un peu.

Bon maintenant, de garder en mémoire cette leçon sur "dont judge the Holy Book by its cover" à donner une seconde chance à des séries qui m'ont ennuyées dés les premières secondes du pilote, il y a un pas que je ne franchirai pas. Mais peut-être pouvons-nous parfois réviser notre jugement sur des séries qui ont plus à offrir que les intrigues bidimensionnelles qu'on les soupçonne de nous balancer chaque semaine...

Et puis très sincèrement, je vais continuer mes fouilles pour retrouver l'épisode avec Delta Burke que j'ai, quelque part, sur une vieille VHS, parce que vraiment, ça le faisait.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (Dieu pardonne, moi pas) : la fiche Les Anges du Bonheur de SeriesLive. Et si vous êtes vraiment curieux, la fiche Promised Land de SeriesLive est aussi dispo depuis cette semaine.

27 mars 2007

Les feuilles mortes se ramassent à la pelle...

Commençons la semaine d'un bon pied, avec un pilote ! C'est ce que je me disais hier soir lorsque j'ai lancé October Road. Résultat je n'en ai vu que 20 minutes, et je n'ai regardé la fin que cet après-midi. Manque d'intérêt, tout simplement.

Pas de méprise, je reconnais à October Road plusieurs qualités, la première et plus importante à mes yeux étant son charme esthétique et ses jolies couleurs rousses. Bon, d'accord, avoir de la gueule ça ne fait pas tout, mais quand on n'a pas été capable d'innover beaucoup sur d'autres choses, c'est toujours bon à prendre. Il y a fort à parier que si, dans une sorte de réalité parallèle, je décidais de suivre cette série plusieurs épisodes encore (on n'est jamais à l'abri d'un imprévu après tout), cette qualité tomberait de la série comme les feuilles dorées des arbres, et que le manteau de neige ou l'éclat ensoleillé que prendraient les décors finiraient de me décevoir, car on ne peut pas éternellement préserver cette belle ambiance d'automne qui me plaît tant.
Bon, donc dommage, ma principale raison pour avoir quand même fini le pilote ne tient pas. Me faut-il en trouver une seconde ?

Si tel était le cas, il ne s'agirait pas de la présence de Laura Prepon, dont la façon de jouer est toujours aussi grossière que dans That 70's Show, ce qui ne poserait pas tellement de soucis à la base, sauf que, problème : October Road n'est pas un sitcom potache. Merdouille. Et ce ne serait pas non plus l'extrêmement sous-employé Tom Berenger qui pourrait non plus m'attirer dans les filets de ce show pour plus d'un épisode.

Alors, quoi ? Les intrigues initiées dans ce pilote ? Qui est l'enfant de qui, qui a trompé son mari avec qui, etc... oui mais non. Personnellement, ayant à domicile un adepte des Feux de l'Amûûûr, je sais où trouver toutes ces petites storylines mesquines sans faire l'effort de cagouler une série qui n'est pas encore diffusée en France. Faut pas pousser, quoi.

Que reste-t-il... eh bien, pour ceux que ça intéresse, il reste toujours cette thématique décidément si récurrente du "retour aux sources". Une thématique déjà empruntée, pour ne citer que ces exemples, par Providence, ou plus près de nous, Men in Trees : la vérité est hors des grandes villes ! La vérité que nous cherchons, le sens que nous cherchons à donner à notre vie, les leçons que nous avons besoin d'apprendre, la Paix intérieure que nous sollicitons de tout notre être, se trouve dans une petite ville où tout le monde est plus terre-à-terre que dans les métropoles, plus simple, plus franc... Elle est là où on l'a laissée.

Je dois dire que cette façon de voir les choses, développée si régulièrement dans diverses séries, ne me satisfait pas. Elle rassure sans doute une partie du public qui habite dans ce genre d'endroits et qui aimerait penser qu'aller de l'avant et retourner en arrière tendent vers le même objectif, mais je ne pense pas que cette espèce de retour aux sources soit plus porteuse que lorsque les personnages font l'effort d'aller vers l'inconnu, de prendre le risque de changer leur vie plutôt que d'avoir ce réflexe de se lover dans ce qui leur est déjà connu et tenter de s'y refaire une place. Il y a quelque chose d'oedipien dans cette notion, et je n'ai jamais vu aucune série reposant sur ce postulat qui parvienne jamais à me satisfaire. Peut-être simplement à cause des valeurs que ces séries véhiculent, et qui ne sont pas tellement les miennes. Mais aussi parce que ça me semble contraire à ce qu'une bonne série peut proposer : que le scenario se mette au service de l'évolution intérieure des personnages. Quel genre d'évolution peut se permettre un personnage qui tente de retrouver le monde qu'il a quitté il y a 10 ans et qui espère s'y glisser à nouveau ?

October Road semble compter sur notre souhait à tous de rester dans une sorte de confort sécuritaire, comme si la réponse à ce qui nous préoccupe et ce qui nous blesse était dans une sorte de compromis entre la stase et le retour en enfance. October Road semble s'intéresser à ceux d'entre nous qui auraient voulu ne pas bouger de leur salon depuis ces dernières années. October Road relève d'un certain désir de se refermer sur ce qui est connu plutôt que d'admettre que ce qui a changé doit nous pousser à aller de l'avant. October Road serait-il arrivé sur nos écrans quelques 5 ans trop tard ?

Idéologiquement et scénaristiquement, October Road est aussi stérile que ses belles feuilles d'or.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche October Road de SeriesLive.

17 janvier 2007

Vous reprendrez bien un peu d'souris ?

Tout-à-fait par hasard (je voulais savoir, de V ou Alien Nation, quelle série était la plus vieille création de Kenneth Johnson), j'ai flâné sur IMDb et suis tombée, sur une excellente nouvelle !!! D'accord, ce ne sera sans doute pas nouveau pour tout le monde, mais en ce qui me concerne, j'ignorais que ce projet de reprendre/poursuivre la série V avait finalement vu le jour. Depuis l'temps !

En dépit de la profonde aversion de ma mère pour tout écailleux, et en particulier les lézards et les serpents, voilà bien une des premières séries (et peut-être une des dernières aussi) que j'ai découvertes sous son impulsion, juste avant ou juste après qu'elle ne m'initie à L'Enfer du Devoir. Qui était à peu près aussi jouasse. Lorsque j'ai découvert V, j'étais encore drôlement jeune et impressionnable, mais j'avais déjà développé un goût pour ce type de shows plutôt déprimants, ou en tous cas sombres et pas spécialement encourageants.

Parce que je vous rappelle quand même l'histoire : dans V, des extraterrestres prétendent venir en Paix alors qu'en réalité, ils veulent récupérer toute l'eau de la planète bleue, et utiliser les autochtones comme garde-manger (parce que les souris en apéro ou en quatre heures, c'est bien, mais ça remplit pas l'estomac d'un lézard d'1m80). Et donc nos écailleux ont tôt fait de montrer leur véritable visage (enfin, façon de parler) en organisant un holocauste sur les humains, en créant des sortes de Jeunesses Reptiliennes, et en instaurant leur contrôle militarisé sur toute la planète. Ce qui n'est pas du goût d'une partie des humains qui, n'ayant pas trop envie de se faire boulotter, s'organisent en Résistance.
C'est gai.

Ma mère n'a à l'époque pas perdu l'occasion de profiter du subtext de V pour me faire un cours sur la Seconde Guerre Mondiale, mais c'est marrant, lorsqu'on a Marc Singer sous les yeux, ça passe vingt fois mieux. Car en effet, petite, j'étais totalement amoureuse de Marc Singer (surtout ses yeux bleus et son visage de singe ; je trouvais qu'un acteur avec faciès simiesque, c'était la meilleure idée qu'on ait trouvé pour caster un héros qui combattait les reptiles). Ca devait être un peu avant ou un peu après ma période MacGyver, j'imagine. De toutes façons la bonne nouvelle c'est que Marc Singer est crédité au casting de cette nouvelle mouture. On verra bien si l'âge lui a réussi !

D'où : adoration encore vivace pour la série, que je considère comme l'une de celles qui m'a mis le pied à l'étrier. D'où : enregistrement immédiat de la série dés sa diffusion suivante pendant les années 90 (et M6 nous a en effet gratifié de plusieurs rediffusions). D'où : achat de la mini-série en DVD dés que j'ai eu le mobile et l'opportunité.
Et d'où maintenant forte impatience quant à ce projet, qui depuis des années est inhumé et enterré régulièrement, sans que plus beaucoup de monde ne soit capable d'y croire tout-à-fait.

Je n'ai pas la moindre idée si cette fois, le projet est réel. Le fait qu'il soit indiqué par IMDb comme en production devrait me rassurer, mais comme IMDb est devenu avec les années une sorte de wiki (en plus moche), après tout... ça ne veut rien dire. Peut-être que chaque année, un inscrit d'IMDb fait changer la date de sortie et que l'an prochain, et l'année suivante, et l'année suivante, le projet sera toujours indiqué comme étant en production.
Bon, bah en attendant, ne me gâchez pas le plaisir de me réjouir un peu. C'est quand même pas tous les jours qu'une des meilleures séries de SF des décennies précédentes a une chance de revenir à la vie. En plus la dernière fois que ça s'est passé, avec Battlestar Galactica, ça s'est drôlement bien terminé.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche V de SeriesLive (qui mentionne effectivement, sans que ça fasse l'objet d'une news, qu'une suite serait en préparation).

15 janvier 2007

Friday Night Hormones

Hou ! Des plaquages, des mecs qui crient, des muscles bandés sous des maillots moulants !!! De quoi émoustiller n'importe quelle nana ! N'importe laquelle... mais aux States, sans doute. Parce que Friday Night Lights est une série difficilement appréciable de notre côté de l'Atlantique.
Et en tous cas, cette nana, c'est sûr, ce sera pas moi.

Mais ne fuyez pas ! (pas encore) Il ne s'agit pas pour autant d'un mauvais show ! Au contraire Friday Night Lights est probablement le show sportif le mieux construit que j'aie vu.
Même si, bon, là, tout de suite, je me demande si j'en ai jamais vu... Si, forcément. Arli$$, ça compte ? Non ? Bon alors, Femmes de Footballeurs ? Ah ben merde c'est vrai oui : je ne regarde pas. Euh, alors 15/A ? Il me semble bien avoir vu le pilote de cette teenagerie... dans l'temps... vaguement... quasiment sûre d'avoir vu au moins un trailer en tous cas.
Bon bref, la comparaison avec d'autres séries sportives n'est peut-être pas de rigueur, après tout. Alors comparons avec des émissions non-scriptées sportives (ou prétendues telles) : en fait Friday Night Lights est le fleuron de cette sorte d'émissions. Tout y est : de l'hormone, du spectacle, du suspense, de beaux jeunes gens, des caméras, du pognon, de la pression et un peu de drame pour la fin de l'épisode. Pour faire bonne mesure.

Avec cette série, on n'a pas vraiment l'impression d'assister à une fiction, mais seulement à un documentaire bien foutu sur une équipe de Panthers du Texas. Ce qui, mon visionnage de la 1e saison de Reba avançant, n'a pas manqué de me faire penser à la réfléxion de l'actrice et personnage éponyme dans le second épisode : "Qu'est-ce qui est plus embarrassant pour une école du Texas ? Une ado enceinte, ou une saison perdante ?". L'ado enceinte s'en tire à bon compte. Ici non plus il n'est pas question que l'équipe perde le match, la ville entière respire au rythme des matches et entraînements. C'est pathétique, mais vous voulez qu'on parle de l'autre football ?

Friday Night Lights est légèrement indigeste, donc, pour ceux qui :
- seraient allergiques à ce sport de brutes (aouch le coup d'épaule a pas du faire du bien !)
- seraient allergiques au sport dans son immense globalité (bienvenue au club !)
- seraient allergiques au beurre de cacahuète (c'est pas grave il reste toujours le Nutella)
- seraient allergiques à l'Amérique profonde ('tain merde les gars, pour une fois que ça se passe pas à NY ou L.A. !!!)
- seraient allergiques à l'accent texan (j'vous blâme pas, c'est pour ça que je ne regarde qu'un Reba par jour...)
- seraient allergiques à toute façon peu scrupuleuse de faire passer des vessies pour des lanternes (en l'occurence, nous faire croire que le football, c'est important !)

Bon mais, euh, si Friday Night Lights, c'est pas mal ! J'vous jure ! Là comme ça, ça se voit pas, mais le dernier tiers du pilote était pas mal !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Friday Night Lights de SeriesLive.

20 janvier 2007

A coeur ouvert

De vous à moi, je vous dois bien un petit aveu : hier, j'étais shootée au second épisode de Heroes, et pas tout-à-fait moi-même, lorsque je suis venue faire brièvement part de mon enthousiasme pour cette série sur les coups de 3h du mat. J'étais sans nul doute sous l'emprise des endorphines, ou un truc de ce genre, bref pas du tout dans mon état normal.
Maintenant je vais être tout-à-fait franche avec vous : je suis loin d'avoir dégrisé, et je n'en ai aucune envie.

Je ne vous raconte pas la galère que ça peut être d'avoir une téléphage en pleine crise, dans son lit, au moment d'aller se coucher ou au moins d'essayer. Pour moi, rien de nouveau, mais pour mon homme c'était une première. Et laissez-moi vous dire que rien, dans la vie, ne vous prépare jamais vraiment à ça.
Rien.

Prostrée dans le lit, la tête bloquée entre les genoux en position foetale, me balançant légèrement d'avant en arrière avec un petit gémissement de douleur, parfois entrecoupé de bribes de phrases incompréhensibles de tout être humain normalement constitué. Telles que "la suite... épisode... voiture rouge... Sylar... cheerleader... yatta !" Ca foutrait les chocottes à n'importe qui, mais mon homme est un brave, il m'a même aidée à tenir le coup, m'a encouragée, et finalement m'a aidée à m'endormir vers 6h du matin, aidé de trois comprimés de Stilnox et d'une massue.

Nous autres, téléphages, avons pourtant nos bons moments, lorsque notre vice est alimenté d'un flot régulier de séries, respectant le parfait équilibre entre médiocrité la plus abyssale, et qualité la plus intellectuellement stimulante. Seulement personne n'a repéré que les symptômes se représentaient déjà, après le pilote de Dexter deux jours plus tôt. Si ç'avait été le cas, peut-être quelqu'un aurait-il été en mesure de m'épargner de voir la suite de Heroes, et ainsi attendre que j'aie regardé... je ne sais pas, moi, une rediff de NCIS ou même, au point où on en était, Plus belle la vie, enfin quelque chose de suffisamment atteint de crétinisme navrant pour me permettre de me maintenir à flot.

Mais voilà : devançant tous les spécialistes qui surveillent mon cas avec attention, j'ai regardé ce fichu second épisode de Heroes. Et il ne restait plus, pour calmer ma fièvre et apaiser mes tremblements, qu'à me laisser, le lendemain au réveil, regarder le troisième épisode dans la foulée, pour ensuite m'asséner un puissant comprimé de 2g de Prozac suivi du pilote de Bones dans la soirée, pour piqûre de rappel.

Merci, ça va beaucoup mieux maintenant. Les infirmières disent que, dans quelques jours, je pourrai rentrer chez moi.
Et ça tombe bien parce que j'ai encore jusqu'à l'épisode 11 à voir, et un autre sera diffusé dans l'intervalle...
Gna ha ha.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Heroes de SeriesLive.

14 octobre 2009

Erreur 404 - Ce post n'existe pas

Je voulais vraiment vous parler d'Otomen, et c'est avec toute la bonne volonté du monde que j'avais lancé le pilote. Mais je vais maintenant devoir faire marche arrière : il n'est pas possible pour moi d'en faire un post. Mais comme j'en ai commencé un, je vais plutôt faire un post sur pourquoi je ne peux pas faire de post sur Otomen. J'aime pas laisser perdre...

Le pitch d'Otomen, c'est un jeune garçon avec des loisirs de fille qui tombe amoureux d'une fille.
Et sur le pitch je dis oui ! Voilà une bonne idée ! Une vraie exploration du questionnement sexuel ! Renversons les idées reçus ! Comme ce dialogue entre Fran et son ami Kurt qu'elle croyait gay :
"Fran, je suis hétéro.
- Tu es hétéro ?! Mais... est-ce que ta mère le sait ? Ça a du lui faire un choc quand tu lui as dit !"
Je sais pas pourquoi je pense à ce dialogue d'Une Nounou d'Enfer. Peut-être parce qu'il existe toujours un dialogue d'Une Nounou d'Enfer pour rire de chaque situation désespérée...?
Enfin bref, la bonne idée, c'était de prendre un personnage qu'on nous montrait comme gay et montrer qu'il n'est pas gay du tout, la preuve, il est amoureux d'une fille.

Mais on ne peut pas dire que c'est ça, la thèse d'Otomen ! On ne peut pas ! Parce qu'en fait, bien qu'employant les clichés de l'homosexualité et l'hétérosexualité "typiques", Otomen ne cherche même pas à jouer sur les stéréotypes. En tant que comédie, la série pouvait pourtant se permettre des malentendus, des quiproquos, des situation à double sens, mais pas du tout.
Alors je ne peux pas écrire qu'Otomen est une série qui joue sur l'identité sexuelle. C'est faux. Et je me refuse à catégoriser la fiche dans le groupe "Gay et lesbien" de SeriesLive, aussi. Ce serait honteusement mensonger.

Otomen, bien que se déroulant dans le milieu du kendo, n'est pas non plus une série sur le sport, même si Asuka, le personnage principal, est champion de kendo, et qu'une partie non-négligeable du pilote est consacrée à des combats. Combats opérés, eh oui c'est du kendo, avec de longs sabre de bois ; c'est Freud qui aurait été content. Cette partie de la trame est tellement sous-employée (en fait c'est tout juste un prétexte) que prétendre qu'il y a des éléments sportifs, c'est à peu près comme dire que Buzzer Beat est une série sur le basketball (j'en ai pour des années de thérapie avant de parvenir à effacer Buzzer Beat de ma mémoire, hélas...).

A la grande rigueur, on peut faire mine de dire qu'Otomen est une comédie romantique, mais sincèrement, elle n'en présente pas les éléments habituels. Pour la simple et bonne raison qu'il n'y a rien qui s'oppose à ce que Asuka et sa tendre Ryo finissent ensemble, ce qui est tout de même sensé être la condition sine qua none pour qu'une comédie romantique existe. On est supposés faire semblant de croire (le plus souvent de très bonne grâce) que leur amour est impossible, parce qu'ils se querellent, parce qu'il y a un triangle amoureux, parce que tout les sépare, etc... Bref qu'il y a un truc. Mais là rien.

Alors vous comprenez, je ne peux pas vous parler d'Otomen. Je n'ai rien à en dire ! Il n'y a pas vraiment de thème, pas vraiment d'histoire, pas vraiment de parti pris. C'est juste... une occupation. Voilà, plein de techniciens, d'acteurs et d'auteurs qu'on a occupés le temps de quelques épisodes. Faut les comprendre, c'est la crise et on veut tous mettre du wasabi dans les épinards...
Il n'y a pas de sujet. Il n'y a dans Otomen ni gay, ni trans, ni questionnement sur la sexualité, ni même questionnement sur les sexes (ce qui semblait être un minimum) rien. Pourtant, ce sujet est passionnant. Il peut apporter aussi bien des réflexions captivantes que des blagues savoureuses.

Par contre, si jamais le sujet vous intéresse, je peux vous faire des propositions alternatives : le téléfilm Soldier's Girl, le pilote Pretty Handsome, peut-être même les articles nombreux qui ont fleuri sur la toile suite à l'affaire Caster Semenya, ou encore le dossier transexualité de Rue89. Mais Otomen, non ; passez votre tour.
Donc désolée, rien à faire, il n'y a et n'aura pas de post Otomen sur ce blog. J'avoue mon impuissance.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Otomen de SeriesLive.

19 juin 2009

Yummy business

En prévision du jour où Eske (sa télécommande soit louée) aura le temps de mettre en ligne plusieurs fiches dédiées à des séries japonaises, je me permets de me mettre à l'heure nippone également, en vous présentant une nouvelle série dans la catégorie Dorama Chick.
Enfin... bon, je dis "nouvelle", façon de parler. La série ne date pas d'hier mais elle est suffisamment récente pour que vous n'ayez pas à souffrir d'un choc comparable à celui ressenti devant Kamisama, Mou Sukoshi Dake ou Bokura no Yuuki dont, avec un peu d'effort, vous vous souviendrez que j'ai déjà parlé.

La série du jour se nomme Lunch no Joou (si on veut entrer dans le pointillisme phonétique, on notera que le barbare dernier mot se prononce à peu près "Djo-o", il ne sera pas dit que vous aurai laissé aller au lit aussi bête que vous en étiez sorti), soit, traduit, "la reine du déjeuner". Ô joie de voir alors vos visages s'éclairer : "ah mais dis donc, on avait aussi ce mot-là dans Joou no Kyoushitsu !", certes, mais, dites-donc, est-ce que vous m'avez pris pour une prof de Japonais ? Nan parce que je veux bien vous cultiver un peu m'enfin je ne peux pas TOUT faire non plus.

L'histoire de Lunch no Joou ? Elle repose sur un personnage mignon comme tout : une jeune femme au tempérament de type syndrome prémenstruel permanent qui adore, mais adooooooore, déjeuner. Je déconne pas. C'est son bonheur dans la vie. Bah et alors, zavez jamais vu un personnage épicurien ? Vous demanderez à Thibaut de Saint Maurice, il va ptet en profiter pour vous expliquer que Shasta! est une série sur l'épicurisme...
Et donc, notre jeune femme, qui se nomme Natsumi, est une amoureuse de l'heure du déjeuner. Elle porte même sur elle en permanence un cahier dans lequel elle consigne ses bonnes adresses, les coupures de magazines mentionnant des restaurants qu'elle aimerait tester, et ses impressions sur chaque échoppe ainsi découverte. Et son plat préféré, c'est l'omurice.
L'omurice.
L'OMURICE. Oh nom d'un chien, rien que d'en parler.
L'omurice, c'est l'un de ces plats japonais dont vous avez peu de chances d'avoir entendu parler, nourri à la culture sushi que vous êtes probablement, et qui hélas a beaucoup de mal à parvenir dans nos contrées. Pourtant il n'est pas exagérément exotique dans ses ingrédients, puisqu'en fait il s'agit d'une omelette japonaise assortie de riz cuisiné à la poele avec du poulet, et surtout nappée d'une sauce demi-glace nécessitant des heures de préparation minutieuse.

C'est à ce moment, je pense, que vous commencez à saisir tout l'intérêt de Lunch no Joou : l'univers de la cuisine japonaise. Quand on regarde cette série, et bien que chaque épisode ne consiste certainement pas à apprendre une nouvelle recette, on en a l'eau à la bouche, c'est un vrai plaisir. Loin des poncifs sur la découpe minutieuse de sushi hors de prix, ici, on est dans une cuisine de proximité, soit une découverte pour nombre d'entre nous sur ce que mangent, réellement, les Japonais.
Vous n'imaginez pas combien de fois ma soeur et moi-même avons bavé là-devant. Nous sommes désormais investies de la quête de l'omurice parfait (déjà, y goûter une première fois serait un grand pas en avant), et nous n'avons de cesse de harceler les restaurants japonais que nous dénichons dans l'espoir d'y faire un festin d'omurice.
OMURICE, quoi ! A prononcer avec la langue qui pend et des plic-plic sur les chaussures.

Mais je vous rassure, Lunch no Joou n'est pas une ode de 12 épisodes à la gloire de l'omurice (quoique conceptuellement parlant, ça me conviendrait tout-à-fait). L'idée directrice, c'est que Natsumi est une telle fan de l'omurice qu'un jour, au resto Kitchen Macaroni (est-ce que vous n'adorez pas les noms des établissements nippons ?), elle y trouve le Valhala, l'omurice ultime, et accepte de faire semblant d'être la fiancée d'un des employés du restaurant pour lui rendre service, tellement le goût de l'omurice transcende jusqu'à ses valeurs morales. Bon en fait, chronologiquement, c'est pas exactement comme ça que ça se passe, mais je vais pas tout vous raconter non plus...

Donc Natsumi accepte de rendre service à l'un des employés du Kitchen Macaroni, et se fait donc passer pour sa fiancée. Sauf que Kitchen Macaroni est un resto familial tenu par les Nabeshima : le père, qui tient la maison d'une main de maître et accessoirement cuisine l'omurice le plus génial de la planète, et les fils qui officient quasiment tous à des postes divers et variés du restaurant (serveur, commis de cuisine, cuisto...). Tous, à l'exception du frère qui a demandé à Natsumi de se faire passer pour sa fiancée, et qui s'est carapaté sans demander son reste, oui-oui il est très courageux ce gaillard, la plantant là. En tant que fiancée qui attend que son promis revienne vers elle, il est donc attendu de Natsumi qu'elle intègre l'entreprise familiale car les Nabeshima se doivent de prendre soin d'elle en attendant que l'autre benêt revienne chercher sa dulcinée (qui ne l'est pas, mais la famille l'ignore). Et accessoirement, on attend aussi d'elle qu'elle emménage chez sa future belle-famille... qui sont donc de parfaits inconnus. Vous voyez que le pouvoir de l'omurice est sacrément fort pour réussi à la mettre dans une galère pareille !
S'en suivent bien des péripéties et des quiproquos, là autour de la supercherie, ici autour du caractère pour le moins fougueux de Natsumi, là encore autour des inévitables conséquences qui suivent l'arrivée d'une jolie fille dans un environnement strictement masculin (oui il va y avoir un triangle amoureux, c'est un dorama).

Natsumi, prise au piège (un peu parce qu'elle le veut bien, un peu parce que chacun à sa façon, les frères Nabeshima sont bien attachants), se voit donc souvent dans des situations délicates. Mais d'un autre côté, elle peut manger de l'omurice à volonté. OMURIIIIICE !

Je ne vais pas vous mentir, Lunch no Joou, si vous ne l'aviez pas encore compris, est avant toute chose une comédie. Mais pas lourdingue. On prend assez rapidement la mesure de la profondeur de chaque personnage, et chacun a dans le fond un petit coeur tout fragile comme... l'enveloppe d'un omurice. C'est ce qui évite à la série d'être totalement superficielle et donc rasoir. Sans compter qu'un évènement plus sombre interviendra en cours de route, au moment où vous vous y attendiez le moins... et croyez-moi, ça m'a bien mise à l'envers. Totalement dévastée, la lady.

Plutôt dans la moyenne supérieure des comédies japonaises, Lunch no Joou restera aussi dans l'histoire comme la série qui a permis à de nombreux restaurateurs de se voir vertement répondre : "pfff, pas d'omurice ? Allez viens rei, on va manger ailleurs". Pour l'anecdote, une fois, il y en a un qui a répondu : "désolé, on ne fait que de la cuisine japonaise ici". J't'en foutrais.
Maintenant, rapide petite interrogation écrite : quel était le mot-clé de ce post ?

Et pour ceux qui manquent cruellement d'omurice : la fiche Lunch no Joou de SeriesLive.

18 mai 2009

Pitch Story

Il y a des pitchs dont on a l'impression de les lire partout. Les projets s'accumulent, mais très peu sortent de l'ordinaire. Et même parmi ceux qui se montrent un tantinet originaux, la plupart ne verra de toutes façons jamais le jour. Un bête exemple : regardez les projets annoncés au compte de la FOX en 2009, et regardez la grille qui vient d'être annoncée pour la prochaine saison : 6 nouveautés, pas une de plus. C'est dans l'ordre des choses, certes, m'enfin.

A la faveur d'une insomnie, cette nuit, je faisais tout justement le tour des différents projets pour 2009, tels que fichés sur SeriesLive. C'était plus pour le fun que pour réellement m'attacher à l'un ou l'autre ; ne parlons même pas de pronostics. Mais durant ce petit voyage dans le monde de l'improbablement visible, j'ai été frappée par les ressemblances entre un grand nombre d'histoires présentées sur lesdites fiches-projet.

Alors là, stop, non, je vous arrête tout de suite : on ne va pas entrer dans le débat "un pitch est par définition réducteur, il ne faut pas s'y fier" ; je le sais pour être la première à le dire et notamment lorsque le pitch fait référence à d'autres séries (sur l'air de "la série serait un croisement en Desperate Housewives et Alerte à Malibu", mettons... ça ne veut tellement rien dire que c'était même pas la peine de le lire). Non, vraiment, je parle d'une question de fond. Le nombre de séries en milieu policier, si on prend l'exemple des séries dramatiques, est absolument hallucinant. J'ai vu passer tant d'annonces de projets (sur SL et ailleurs) commençant par les mots "la série s'intéressera à une équipe d'enquêteurs/policiers/agents" que je suis infoutue d'en avoir retenu un seul, en définitive. Côté comédie, c'est l'increvable pitch avec une famille loufoque et/ou difficile à vivre qui a de quoi sidérer.

Ca m'a ramenée à ce post ô combien et comme toujours instructif de Seriocity qui m'avait pour ainsi dire foudroyée sur place, lorsque son auteur, une scénariste confirmée (cf. fiche IMDb), relevait comme tenant de l'exception que certains pitchs ne l'avaient pas effleurée dans la première cuvée de l'année. Et surtout, la démonstration que chaque année, des équipes différentes de scénaristes proposent les mêmes idées les unes après les autres ("We pitch this show every year, and we're not the only ones") m'a paru absolument ahurissante. Ceci impliquant d'autre qu'un pitch n'est jamais vraiment nouveau. Voilà qui remet quand même pas mal de choses en perspective.

Vous vous rendez compte de ça ? Quelle que soit l'histoire que vous portiez en vous, elle a déjà été proposée à un moment ou à un autre à une autre chaîne ! C'est juste qu'elle a été refusée, mais ça, le public l'ignore. Et quand débarque Heroes, tout le monde a l'impression que c'est nouveau, alors que Kay et son staff y ont déjà pensé. Parfois, à force d'insistance, en frappant à diverses portes saison après saison, une série finit par voir le jour, et cela peut être lié à des facteurs ô combien divers : la popularité du scénariste a augmenté (dans l'intervalle, pour vivre, il a en effet pu se faire remarquer sur d'autres shows), la mode est plus propice au genre choisi (pitcher CSI dans les années 90, est-ce que ç'aurait pris ? c'était pas forcément le moment), la réécriture parfois en compagnie de nouveaux collaborateurs a porté ses fruits et le nouveau calibrage contente plus facilement la chaîne, etc...
Je trouve à la fois angoissant et terriblement fascinant de songer qu'aussi loin qu'on réfléchisse (ou presque), l'idée aura déjà existé, été pitchée, écrite, peut-être même qu'elle aura eu un feu vert pour un pilote... et tout ça sans même que le public ne le sache.

Le coeur de la question, c'est en fait que le plus important n'est évidemment pas le pitch. C'est par lui que tout commence mais il ne suffit pas à lui seul. Ce qui importe, c'est le traitement qui en est fait.
Entre deux séries au pitch similaire (et c'est vrai qu'à l'approche de chaque saison, imparablement, on est frappés par les similitudes entre deux, trois voire quatre projets, même contexte, même pitch ou quasiment, on dirait qu'ils ont tous fait de l'espionnage industriel c'est pas possible autrement, eh bien visiblement même pas puisque tout le monde y a pensé avant), ce qui fait la différence, ce n'est pas la situation de départ mais l'angle par lequel la production va l'aborder.

Alors, en cette période où aux annonces de projets en tous genres (auxquels il convient de ne pas s'attacher) succèderont bientôt (ça a donc déjà commencé) les annonces de grilles, mais aussi à une époque où on parle de réduire les budgets, et de restreindre les équipes d'auteurs, il est bon de se rappeler qu'un pitch n'est, en définitive, qu'un élément très limité de la série. On ne peut pas se fier à un pitch.
Vous savez, c'est comme Anatomy of Hope, l'un des rares projets que je surveille du coin de l'oeil, tapie dans l'ombre... sur le papier, l'idée est superbe. Et puis on réalise que c'est J.J. Abrams qui serait aux commandes et paf ! On déchante.

N'oublions pas que de toutes façons, tant que toutes les grilles ne sont pas annoncées (et à plus forte raison en ce moment que les chaînes, ABC en tête mais pas seulement, font les poubelles les unes des autres), rien ne sert de prendre quoi que ce soit pour argent comptant. J'aimerais d'ailleurs bien trouver des statistiques mettant en relation le nombre de pilotes réellement écrits sur le nombre de séries réellements parvenues au bout du chemin de croix. Et ça sans parler des Nikki & Nora, Faceless et autres Pretty Handsome qui sont venues au monde mais sont mortes-nées sans aucune forme de baptême.

D'ailleurs, je sais pas si c'est une impression, mais avant cette année, je n'avais pas senti d'engouement si flagrant pour les projets. Il y a toujours eu des projets en cours, pour les saisons, les mid-seasons, les grilles d'été... mais les annonces semblaient relayées avec moins d'entrain, et suivies avec moins d'assiduité par les téléphages. On retenait quand un "grand" lançait son nouveau projet, ou quand un acteur très connu se préparait à faire son "retour", mais ça s'arrêtait souvent là. J'y vois le signe (mais je peux me tromper) que les spectateurs espèrent la nouveauté comme un ange tombé du ciel (attention à ne pas amortir la chute !), mais c'est aussi, du coup, la garantie que nombreux sont ceux qui se seront déjà attachés à ce pitchs plus ou moins prometteurs, tenant pour acquis qu'on les verra bientôt.
Parce qu'un pitch, ce n'est peut-être pas grand'chose, mais on continue de s'y attacher, à ces petites bêtes !

16 janvier 2009

La vérité, ou le bonheur...

Très petite, et pour des raisons sur lesquelles ni vous ni moi n'avons envie que je m'étende, j'ai pris l'habitude de mentir à tout un tas de gens, et mes meilleurs clients étaient bien évidemment mes parents. C'est ma mère qui me l'a appris, en m'y encourageant, et c'est mon père qui m'y a perfectionnée, en me tombant dessus chaque fois qu'il pressentait que je mentais. C'est comme ça qu'on devient plutôt bon, et qu'on apprend à "bien" mentir.
C'est un peu triste mais c'est une histoire vraie (ou ptet pas, vous ne saurez jamais).

Aussi la découverte des premières minutes de Lie to Me m'ont-elles donné une étrange sensation de déjà vu, mais pas tout-à-fait la sensation de déjà-vu qu'on a quand on découvre le pilote des Experts Reykjavik, 792e spin-off très original où un vieux, un plus jeune, une nana et un geek mènent des enquêtes scientifiques. Non, on ne se dit pas en voyant Lie to Me : "quoi, encore ?!". L'impression de déjà-vu, c'était surtout parce que j'étais en milieu connu.

Vous voyez, premier mensonge (ou second, vous ne saurez jamais) : en fait Lie to Me est la riposte de la Fox envers The Mentalist. C'est bien simple, tout y est.
Mais en plus agréable, j'ai envie de dire.
Le personnage qui a la clé pour déchiffrer les gens et comprendre la vérité (et Simon Baker est moins subtil que Cal Lightman à ce petit jeu), la petite nana bien roulée (et qui osera soutenir que l'actrice Kelli Williams n'est pas suprêment plus jolie que Robin Tunney ?), les rapports entre collègues (et franchement, l'équipe de chez Lightman est beaucoup plus fun, même si en échange il faut apprendre à se passer du très ornemental Owain Yeoman), et puis évidemment les enquêtes (dans le pilote, il y en a deux : une criminelle et l'autre non), vraiment, tout y est.

Le gros tort de Lie to Me, c'est surtout de manquer de finesse dans sa démonstration. Le concept, je le rappelle, c'est que Cal Lightman décèle un mensonge grâce au langage non-verbal de son interlocuteur, et ça, pourquoi pas. On se rappellera qu'Angela's Eyes s'y est cassé les dents il y a pas si longtemps, mais pourquoi pas.
Sauf que chaque fois qu'un personnage ment, ce n'est pas avec un petit clignement d'oeil, ou un vague tressautement des lèvres, non, c'est avec une mimique à effrayer les petits enfants. On pourrait penser que c'est un problème qui vient du choix des acteurs, et c'est peut-être en partie vrai, mais c'est aussi une question de réalisation, parce que sincèrement, a-t-on besoin que la caméra se colle au type qui passe à l'interrogatoire, je réponds que non. Ce manque de subtilité énerve parce que, finalement, Lie to Me avait deux options : soit se la jouer série intelligente qui ne prend pas son public pour un troupeau de gnous, soit se la jouer plus-petit-dénominateur-commun. Ce problème dans la réalisation est ce qui empêche de pleinement profiter de ce pilote qui, sur le reste, s'avère très convaincant.

Et je ne parle pas que du personnage principal, auquel il était assez prévisible qu'un certain soin soit apporté.
Par exemple, la relation entre Lightman et Foster équilibrée : elle ne lui sert pas de faire-valoir et le spectateur n'a pas l'impression d'assister, impuissant, à un remake des premières saisons de New York Section Criminelle, où un équivalent pénible de Goren aurait été le seul à avoir un cerveau fonctionnel. Et elle ne passe pas non plus son temps à gober les mouches en soupirant et roulant béatement des yeux, comme le fait l'agent Lisbon de The Mentalist (enfin, comme elle le faisait la dernière fois que j'ai regardé, en tous cas). C'est un personnage solide, qui a de la répartie, et j'ai beaucoup apprécié son apport tant à l'ambiance de la série qu'aux intrigues.

De la même façon, les seconds couteaux ont aussi quelque chose à apporter : le petit Will Loker, qui passe son temps à dire la vérité telle qu'elle est et même si ça ne se fait pas, est un ajout intéressant et rafraîchissant. C'est probablement grâce à ses façons qu'il a eu le poste, et on a l'impression que Lightman le trouve très reposant, quelque part. Et puis la petite nouvelle (il en faut une !), miss Torres, qui joue les dures mais qui a un don, semble également prometteuse.
Ca fait toujours du bien quand on entoure le vieux de la vieille d'une plus jeune, d'une femme et d'un geek intéressants. Ca change des castings habituels.

Ah, vous m'avez découverte, nouveau mensonge : je ne pense en effet pas que le casting soit original. Mais je maintiens que les personnages le sont quand même.

La question qu'un esprit désaxé comme le mien se pose est : les affirmations sur le langage non-verbal lancées à plusieurs occasions dans l'épisode sont-elles scientifiquement vraies ? Par exemple, j'ai toujours entendu dire que le regard sur la gauche était une façon d'aller chercher le mensonge, et non de faire appel à la mémoire. Mais si Lie to Me dit la vérité à ce sujet, je pourrais bien décider de m'éduquer hebdomadairement à son contact. Sinon, en toute sincérité, il n'y a pas beaucoup plus de raisons de la suivre que pour toute autre déclinaison de la série d'enquêtes qu'on nous sert depuis plusieurs saisons, et dont on attend avec impatience que la mode se tasse.

Quant à savoir à quel moment j'ai menti dans ce post... à vous de deviner.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Lie to Me de SeriesLive.

9 mai 2009

XOXO

La meilleure news de la semaine (ça compense presque l'annulation de Life... juste presque), c'est cet espoir merveilleux : de spin-off de Gossip Girl, il n'y aura peut-être point. Parce qu'il y a quand même un semblant de justice en ce bas-monde, voyez-vous.

Certes, rien n'est officiel à ce stade. Mais quand une rumeur rampe comme ça, en de multiples endroits (ici, ici...), surtout en ces temps troublés où personne n'est à l'abri, et où les investissements se font centime par centime, on n'a pas trop besoin de se poser de questions. Seules les audiences de l'épisode flashback de Gossip Girl devraient servir de confirmation, à ce stade. Si elles n'accomplissent aucun miracle, on sera fixés et je sortirai définitivement mes banderoles "victoire sur la médiocrité" que j'avais soigneusement pliées et rangées dans un tiroir depuis l'annonce de la suppression de Roommates. 'Faut pas jeter, ça peut toujours resservir ; la preuve.

Normalement, je suis du genre à ne pas me réjouir de la mort d'un pilote, surtout avant même qu'il ne voie le jour. M'enfin là, vous admettrez que les circonstances s'y prêtent. Franchement, quand on voit le navet qu'est Gossip Girl, qui figure parmi les plus pathétiques teenageries qu'il m'ait été donné de voir ces dernières années (ex-aequo avec 90210, cela dit, mais pas exactement pour les mêmes raisons), on ne peut qu'avoir le sourire.

D'ailleurs, à l'instar de l'exécution de Roommates dont je parlais plus haut, ces nouvelles sont particulièrement prometteuses : si, en réalité, peu de projets sont réellement originaux et enthousiasmants à l'heure actuelle, au moins, la survie de concepts affligeants est limitée par écrémage. Certes on a une impression d'hécatombe, mais ce n'est qu'une version un peu plus sophistiquée de l'élimination des déchets par voie naturelle. Ne vous inquiétez pas, bonnes gens !

Car la conclusion que je tire de telles décisions, c'est que, même si la saison prochaine ne parvient pas à être meilleure que celle-ci avec son lot d'annulations et de nouveautés fadasses (et le business télévisuel c'est comme tout, il y a des bas et des hauts, les uns succèdent aux autres), au moins elle ne saurait être pire. Consolons-nous de cela en attendant un retour à la normale : les affaires finiront bien par reprendre à un moment, et ce n'est qu'un mauvais moment à passer ! Et voyez, déjà, il y a un peu de lumière au bout du tunnel.

Alors, vu la tournure que prennent les choses, je suis prête à sacrifier un Better Off Ted (hélas hélas, c'est mal barré), si ça nous garantit de n'avoir jamais à voir le spin-off de Gossip Girl. Quoi ? Ça n'a rien à voir ? L'un ne garantit pas l'autre ? Ah, bon, mais, je pensais que ça marchait comme les rituels païens, moi : un sacrifice en échange d'une faveur divine... Zut.

Enfin bon, surveillons la chose, il se pourrait bien qu'on sabre le champagne bientôt.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche... ha ha ha, il n'y aura jamais de fiche !

1 avril 2009

C'était le bon vieux temps !

Ça fait aussi longtemps que ça que je ne vous ai pas parlé de vieilleries ? Depuis mon anniversaire ?! Non mais attention, quand je dis vieilleries, je ne parle pas juste de la toute première saison de Big Love, ou de celle de Life, je parle de remonter bien plus loin dans le temps. Ça m'étonne de moi... Et ça me déçoit de ma part, également. Allez, on va remédier à ça vite fait, et bien fait, en plus.

Et attention, cette fois, d'ailleurs, il y a du concept ! Car j'ai décidé de vous parler de deux pilotes... l'un étant celui du spin-off de l'autre ! Vous suivez ? Ne vous inquiétez pas, on va faire les présentations avant d'entrer dans le sujet, histoire que je ne vous perde pas en chemin. Il ne sera pas dit que je n'ai pas fait ma part d'éducation téléphagique ce mois-ci.

Donc aujourd'hui, attention les yeux, on commence par remonter en 1971 avec All in the Family, une série fétiche des américains mais qui bizarrement, ne parle pas au spectateur français lambda alors que si vous citez ce titre à un américain, il va immédiatement penser au vilain mot, celui qui commence par "cul-". Je veux dire qu'il va penser à culte, rho faut tout vous dire, je sais que c'est le printemps mais maîtrisez-vous un peu, au nom du ciel ! C'est à un tel point côté français qu'il a fallu que j'envoie la fiche à SeriesLive pour cette série, alors imaginez un peu pour le spin-off.

Donc, All in the Family, c'est l'histoire d'une... famille, merci à ceux qui suivent, les Bunker, dont le patriarche Archie est à peu près aussi mal aimable que moi avant mon verre de lait glacé du matin (bah oui du lait parce que j'aime pas le café... pourquoi on parle de ça, déjà ?), pour vous donner une idée. Il est conservateur limite réactionnaire, raciste, mysogine, terre-à-terre, bref tout aurait été parfait dans le meilleur des mondes pour lui s'il n'avait pas percuté de plein fouet la fin des années 60 et, pire, les années 70 qui ont suivi, et qui annoncent de grands changements de société auxquel Archie n'est pas mentalement préparé, et osons le dire, il s'y refuse de toutes façons. Vous voyez le genre.
Mais All in the Family, c'est un sitcom, alors tout va bien et il y a du monde autour de lui pour lui donner la réplique, dont Edith, sa gentille femme toujours compréhensive (il en faut des comme elle pour supporter des comme luià, Gloria, leur fille chérie qui a fait l'erreur fatale de se marier à Michael, un odieux produit des années 60, démocrate, faisant de hautes études, et pourquoi pas pour la mixité tant qu'on y est, et mille autre choses encore dont vous imaginez bien qu'elles ne rapprochent guère le gendre du beau-père.

En fait, j'ai eu un mal fou à regarder All in the Family, où la mauvaise humeur d'Archie reste un gros inconvénient, tout en étant (oui, juste avec le pilote) assez irritée par le fait qu'on passe notre temps à avoir l'impression qu'Archie a et aura toujours tort. On lui prouvera qu'il est à côté de la plaque, plus du tout au fait de ce qui se passe autour de lui, à chaque épisode. Et ça semble assez frustrant.
Effectivement, il est assez impressionnant de voir son voisin black venir lui donner une grande leçon de tolérance interculturelle lorsqu'il le "traite" de juif (que TF1 se rassure, il ne dit pas youpin, après c'est vrai que je n'ai vu que la VO...), et qu'Archie réagit au quart de tour, se décriant d'être juif, jamais au grand jamais, et que son cher basané voisin lui serre la main avec compassion et ave un sourire plein d'amitié, en lui disant que ça ne changera rien à leurs rapports s'il est juif. C'est vrai que sur le coup, on se dit que la démonstration est belle. Mais on sait aussi qu'Archie est trop vieux pour changer et que tous intéressants ou amusants que soient les tours de passe-passe qui se présenteront face à lui, il restera tel qu'il est, et cette perspective est au final assez peu stimulante. Voir un râleur râler... bon, je vis en France, j'ai pas besoin de regarder une série américaine pour ça, 'voyez...

Et puis d'un autre côté, le spin-off, c'est Maude.
Alors, Maude, pour tout vous dire, c'est une série sur laquelle j'ai eu un véritable coup de cœur, et elle m'a en fait poussée à me réintéresser à All in the Family dont je n'avais au départ pas réussi à aller jusqu'au bout du pilote. Le personnage de Maude apparaît dans All in the Family comme étant la cousine d'Edith (moi j'en sais rien, je crois ce qu'on me dit, et je ne m'amuserai certainement pas à me taper toute une saison du premier pour entr'apercevoir les prémisses du second), et n'ayant que des raisons de se fritter avec Archie Bunker : elle est très, très progressiste, féministe, divorcée plusieurs fois, elle n'a pas la langue dans sa poche, elle est pro-choice, enfin bref c'est un festival de contradictions avec Archie. Avec sa fille Carol (divorcée et mère d'un petit garçon, décidément on accumule), elle fait irruption dans la vie des Bunkers mais décroche dés 1972 sa propre série, donc, Maude, si vous avez suivi.

Wikipedia nous dit que Maude a été l'inspiration derrière la série française Maguy, ce qui, je dois l'avouer, m'a semblé frappant dés que j'ai vu le générique et avant même de lire Wikipedia, mais pour autant que je me souvienne très vaguement de ce que j'ai dû voir de Maguy sur Antenne 2 avant Giga (attention là je remonte très très loin dans mes souvenirs, c'est très flou), ça n'était certainement pas avec un personnage aussi politiquement coloré. Je sais que j'ai vu très peu d'épisodes de Maguy, et que je me souviens encore moins d'eux, mais franchement je ne m'en souvenais pas comme d'une série équivalente avec ce que j'ai vu avec Maude. Je peux me tromper. Envoyez-moi le pilote de Maguy et on en rediscutera, si vous voulez.

Maude peut sembler de prime abord être l'opposée d'Archie Bunker, mais en fait, ce n'est vrai qu'au niveau de ses convictions. Pour le reste, soyez assurés qu'elle est aussi têtue que lui, voire même pire.
Je retrouve dans la relation qu'a Maude à sa fille Carol quelque chose qu'on trouvera ensuite entre Sylvia et Fran Fine, d'ailleurs : une relation fusionnelle qui parfois pèse soit à l'une, soit à l'autre, mais est impossible à envisager autrement. Dans le pilote, Maude découvre avec horreur que sa fille voit un psy. Problème : Maude est censée être pour la psychanalyse. Plus gros problème : Maude ne supporte pas l'idée que sa fille préfère se confier à un inconnu plutôt qu'à elle. Ce sera pour elle l'occasion de faire un véritable chantage affectif à Carol (une vraie mère juive, je vous dis ! les sanglots, la main portée au coeur, tout y est), et puis, comme c'est une grande fille cette Maude, elle va se prendre en main et carrément s'arroger un rendez-vous avec le psy en question... je ne vous dis pas comment ça tourne mais je devine que vous avez compris que le caractère fort de Maude a, finalement, des inconvénients aussi, même quand on partage ses idéaux. Envahissante, égocentrique (l'épilogue du pilote est criant à ce sujet), excessive... mais aussi sincère dans tout ce qu'elle fait, et c'est bien là son charme. Et tandis qu'elle se fritte avec sa fille Carol qui, et on la comprend, revendique la même liberté d'action que Maude a arraché à la force du poignet, pendant ce temps, le 822e mari (j'ai perdu le fil mais ça doit à peu près être ça), Walter, joue le clown blanc, et met en exergue les excès de Maude. Un vrai festival où tout le monde se rentre joyeusement dans le lard, pas par méchanceté, même pas parce que les opinions diffèrent, juste parce qu'on ne devrait jamais mélanger certains composants chimiques de nature explosive !

Bref on s'amuse beaucoup plus avec Maude, non seulement parce qu'elle est plus proche de nos valeurs modernes, mais aussi et surtout car personne ne cherche à la faire tourner en ridicule ou en bourrique, et que cette femme de poigne en a, pardonnez-moi l'expression, dans le caleçon.

Alors à partir de là, on va se la jouer Nouvelle Star, mais en version La preuve par trois. Pour un pilote de All in the Family, où vous délecter de la célébrissime mauvaise foi des conservateurs américains, faites le 1, et pour un pilote de Maude, où se réjouir d'un personnage au caractère bien trempé, faites le deux.

Mais ne faites pas l'erreur de ne composer ni l'un ni l'autre car, je l'ai dit, ce sont des classiques. A un tel point que je me suis sentie obligée de faire les fiches...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culte-ure : la fiche All in the Family de SeriesLive, et la fiche Maude de SeriesLive. De rien.

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