ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

28-08-09

I can't live without you

Depuis quelques jours, ma marotte, c'est BOSS, l'une des séries qui a le plus marché au printemps. Et c'est justement pour ça que je n'y avais pas encore touché, en fait. Il faut dire que quand on voit que des Mei-chan no Shitsuji remportent des récompenses, on développe une certaine méfiance vis-à-vis des séries couvertes de statuettes. Évidemment, j'étais aussi pas mal refroidie par l'idée de regarder une série policière, car comme chacun sait, c'est loin d'être mon violon d'Ingres.

Pourtant, en décidant de sauter le pas, j'ai pris la bonne décision. Comme quoi, même les plus curieux d'entre nous gagnent à se pousser à encore plus de curiosité !
Contrairement à mes craintes, BOSS n'est pas une pâle copie d'un show américain genre Les Experts Santiago, mais parvient tout de même à se démarquer pas mal de séries japonaises d'enquêtes (bien que je confesse avoir plutôt regardé des Maid Deka ou Q.E.D. que des séries strictement policières). L'équilibre se trouve dans le fait que si on y trouve effectivement une équipe de police où chacun a ses compétences techniques, avec passage au labo et tout, en revanche on s'y autorise d'une part des personnalités plus ambivalentes (les personnages sont des ratés, c'est même pour ça qu'on les a regroupés dans la même unité) et un aspect plus feuilletonnant autour des déboires de l'unité pour se trouver une crédibilité.

BOSS parvient également à surprendre dans ses orientations scénaristiques. Les rebondissements surprennent réellement, du moins une bonne partie d'entre eux, et on n'a pas ce sentiment désagréable d'avoir résolu l'enquête avant tout le monde, qui en ce qui me concerne est assez récurrent (sauf quand le scénario fait exprès de me laisser dans le noir, ce qui m'agace au moins autant). Non, ici, quand on entend les conclusions de l'héroïne principale, Eriko Osawa, on se dit "mais ouiiiiii ! je l'avais vu ça en plus ! mais c'est tellement évident !", le genre de réaction que j'aime bien avoir devant une série policière, en fait.

Ce que j'aime aussi, c'est la façon dont la comédie est présente, mais largement moins appuyée que dans des NCIS qui se targuent d'être des comédies policières mais ne font que tartiner indéfiniment les mêmes gags d'épisode en épisode. Non, ici c'est plus subtil. Par exemple dans le pilote, l'assistant d'Eriko, un jeune flic pas bien mature, à qui il faut dire que la porte se tire au lieu de se pousser, ça dure 2 secondes, ya pas de musique débile, on est dans le pince sans rire le plus total, et pouf, c'est déjà oublié, l'enquête suit son cours. Un regard, une phrase, c'est tout. Cette façon de ne pas chercher à faire rire mais juste de ménager des respirations, ça marche à fond sur moi.

BOSS utilise aussi un grand nombre d'effets spéciaux (dont la majorité se trouve être très réussie), d'effets de montage (la caméra donne l'impression d'être perpétuellement en mouvement alors qu'on a juste retiré 1 seconde au plan pour lui donner un effet de rapidité), de jeu sur les musiques (pour l'instant le deuxième épisode a été le plus doué à cette petite technique), bref, les petites idées fusent pour qu'on sorte de la routine télévisuelle, et ça fait un bien fou.

Du coup, moi qui ne suis pas tellement branchée séries policières, vous savez quoi ? En 48h, j'ai déjà regardé 4 épisodes.
Je me prends presqu'à rêver que pour une fois, celle-ci va être prolongée... c'est pas totalement exclu mais hélas c'est quand même trop rare pour que je me berce d'illusions. Dommage, mais du coup je vais savourer les quelques épisodes qu'il me reste à découvrir avec d'autant plus de bonheur.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche BOSS de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 22:41 - Dorama Chick - Permalien [#]

17-08-09

Best of both worlds

Toute la semaine, j'ai eu l'impression de découvrir la fiction japonaise ; ça fait pourtant quelques années que j'en regarde occasionnellement, mais jamais de façon aussi intensive que ces derniers jours. Tout a commencé avec Futatsu no Spica la semaine précédente, en parallèle de l'annonce sur le lancement à l'automne du dorama Shoukoujo Seira. Et bizarrement ça a suffi à allumer la mèche.

Un bref bilan sur ce qui a suivi :
- 11 épisodes de 14 Sai no Haha
- 4 épisodes d'Aishiteru ~Kayou~
- 3 épisodes de Kaze no Garden
- 1 rediff de 1 Rittoru no Namida
- 1 pilote pour At Home Dad
- 1 pilote pour Oniyome Nikki
- 1 pilote pour Mei-chan no Shitsuji
- 1 pilote pour Seigi no Mikata
- 1 pilote pour Maid Deka
- 1 pilote pour Kimi wa Pet
- 1 pilote pour Ryoukiteki na Kanojo
- 1 pilote pour Tokyo Friends

L'heure est donc à l'accalmie, du moins juste le temps de prendre un peu de recul.

La fiction nippone soutient-elle la comparaison avec sa consœur américaine ?
On est tenté de se poser la question, parce que de toutes façons, la comparaison, on la fait inévitablement. Sur des aspects techniques mais aussi scénaristiques, sans compter le jeu des acteurs.

Concernant la comédie, le Japon déçoit puisque les siennes ne tirent parti que de grosses ficelles, appuyées par une musique caricaturale (on arguera que ça remplace les rires forcés du public et/ou enregistrés). On est dans un comique de situation reposant souvent sur un jeu physique déluré, plutôt que sur des saillies brillantes.
Concernant les séries que j'ai envie de qualifier d'intervention (policier, médical), on reste beaucoup plus dans les sentiers battus, et c'est alors à double tranchant de constater à quel point les deux pays œuvrent sur le même registre, je pense notamment à Code Blue et BOSS. Parfois ces séries se mâtinent-elles d'aspects empruntés, pourrait-on dire, au séries sentai et à l'animation, auquel cas elles deviennent plus typiquement japonaises (à leurs risques et périls car il s'agit de genres eux aussi particuliers).

Concernant les séries dramatiques, c'est plus compliqué. Les dorama dramatiques japonais ne font pas les choses à moitié, quitte, il est vrai, à verser intégralement dans le pathos, sans laisser au spectateur le répit d'une série américaine, qui a tendance à ménager des espaces plus légers, en quête d'un équilibre. Mais globalement, dans son exploration de l'âme humaine, le dorama est tout de même plus impressionnant, et tient la dragée haute à son homologue américain. Il s'en dégage une sensibilité presque pas feinte, souvent perdue chez la concurrence US qui est légèrement plus superficielle dans son approche. Le regard nippon est plus pertinent, plus nuancé sur l'être humain ; il permet de mettre véritablement les personnages au cœur de l'intrigue, et non de décliner l'intrigue autour des personnages, ce qui représente une énorme différence. Une spécificité due à leur structure, également, le leur permet : les rebondissements n'ont pas besoin d'être inventés afin de perdurer le show ; se concentrant sur une histoire relativement courte, en l'épuisant et en la laissant mourir une fois que c'est fait, on n'a pas besoin de surenchère dans les intrigues. Voilà qui permet d'éviter de se perdre, et laisse la priorité à la pertinence sur le divertissement. Sur les thèmes abordés, on a le sentiment que la diversité est tout de même plus facilement portée par la série américaine (reflet d'une société probablement). Si les pitches japonais apportent du changement à ce que l'Occident nous offre en général, entre elles, les séries nippones conservent de nombreux points communs, dont la caractéristique est de rester très proche du vécu de ses spectateurs ; on ne s'y offre que rarement des destins incroyables (polygame), des vocations spectaculaires (intervenant auprès d'alcooliques et drogués), des univers inconnus (prison), on est dans le réel, un réel que tout le monde peut appréhender. Le respect souvent trop strict, ou en tous cas récurrent, d'un certain nombre de codes, ne se retrouve pas autant aux Etats-Unis, où on s'est affranchi d'un certain nombre d'entre eux (y rendant le stéréotype plus condamnable encore, cela dit).

La question sous-jacente, c'est de savoir si un spectateur occidental, a priori habitué aux séries américaines, peut tenter le défi de regarder un dorama nippon et de s'en éprendre. Ce ne sera probablement réservé qu'à des téléphages capables d'entrer dans une culture différente, et une culture télévisuelle différente. Je pense cependant que les vrais téléphages (par opposition au spectateur dont ce n'est pas la passion) ont déjà cette compétence en eux, celle de s'imprégner d'un univers différent et s'y adapter. Il n'y a pas de raison pour qu'un téléphage passionné ne trouve pas au moins un dorama à son goût.

C'est aussi la raison pour laquelle j'ai envoyé tant de fiches de séries nippones à SeriesLive ces derniers temps : il ne faut pas opérer de scission inutile entre les fictions de ces deux pays. La différence se fait par la diffusion, c'est évident, puisqu'il est plus facile de voir une série américaine, soit à la télé soit par voie de cagoulage (que la langue rend également plus accessible), mais pour le reste, j'aimerais vraiment que le web téléphagique comprenne que le dorama n'est pas un parent pauvre à snober. Donc à mon échelle...

J'invite donc tous les amateurs de séries qui ne sont pas habitués aux fictions japonaises à regarder le pilote de 14 Sai no Haha ou Aishiteru, pour ne citer qu'eux, et à venir me dire sincèrement ce qu'ils en ont pensé. Je suis sûre que ces séries-là dépassent largement le clivage habituel entre les amateurs de culture nippone et les autres.
C'est ça aussi, l'intérêt d'avoir deux écrans !

Posté par ladyteruki à 21:31 - Dorama Chick - Permalien [#]
  1