ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

03-11-09

Yuuki Amami n'a pas le droit de pleurer

Dorama, frontière de l'infini vers laquelle voyage le blog ladytelephagy. Plus je m'enfonce dans les méandres de cet univers, plus je constate que les Japonais, plus encore que les Américains, ont une fascination sans borne pour la femme célibataire. Après vous avoir parlé de Koushounin, Ohitorisama, Katagoshi no Koibito, Kimi wa Pet et consorts (on va pas se refaire une liste), je m'aperçois que jamais les séries japonaises n'ont l'air d'avoir fait le tour du sujet. Visiblement il y a un public de femmes célibataires au Japon dont je ne soupçonnais pas l'ampleur...

Alors quand j'ai donné sa chance au pilote d'Around 40, je n'en attendais pas grand'chose, partant du principe que ce n'étaient pas trois quasi-quarantenaires qui allaient m'apprendre ce que les tonnes de quasi-quarantenaires auraient éventuellement oublié de dire avant.
GRAVE ERREUR.

Around 40 prend l'éternel postulat de la nana qu'il est quand même temps de marier une bonne fois pour toutes (sinon ses ovaires vont se dessécher...), et qui franchement, n'y met pas beaucoup du sien. Mais ce qui fait toute la différence, c'est le traitement. Et la présence de Yuuki Amami. Yuuki Amami qui est, il faut le dire, est le symbole vivant de la femme qui en impose. C'est mon idole (avec Miki Maya. Non attendez, Miki Maya, je veux juste l'épouser).

Bref, Around 40 se révèle beaucoup plus nuancé que la plupart des autres fictions avec des célibataires, le scénario du pilote ayant juste ce qu'il faut de... de tout. D'intelligence, de comédie, de subtilité, de complicité... A côté de ça, les filles de Sex & the City ont l'air de pauvres greluches superficielles avec de l'eau entre les oreilles (comment ça je pouvais m'épargner la mention "à côté de ça" ?).

Yuukiquirit

J'ai été touchée par l'honnêteté du portrait : une femme avec ses moments de solitude heureuse, et de solitude douloureuse, une femme qui pense qu'elle a encore le temps, et qui constate qu'on ne lui en laisse pas beaucoup, une femme qui recherche l'approbation de ses amies, qui recherche un équilibre intérieur... bref, une femme d'aujourd'hui. Tiraillée entre son envie de modernité féministe et son envie de confort social.

Il y avait ce joli dialogue, par exemple, entre l'héroïne (qui venait d'expérimenter l'un des inconvénients de la solitude) et sa belle-mère :
- Papa... il veut que je me marie, n'est-ce pas ? Il voudrait tenir mon enfant dans ses bras, pas vrai ?
- N'y a-t-il pas quelque chose qu'il veuille plus encore ?
- Quelque chose de plus ?
- Que tu sois heureuse.
J'aime bien cette oscillation qu'effectue l'héroïne (et dans une moindre mesure, ses deux amies) entre ce qu'elle veut et ce qu'on attend d'elle. Elle finit par être surprise par l'un comme par l'autre. Elle pense qu'elle est bien seule... jusqu'au moment où la solitude pèse. Elle pense que tout le monde veut la voir mariée... et finalement son père n'a pas envie de l'y pousser. C'est une façon très honnête de montrer ce qui se passe dans la tête d'une femme à qui on monte le bourrichon sur le mariage depuis des décennies, et qui ne sait plus trop ce qui au juste serait l'idéal.

Et puis, le drame. Alors qu'on pensait qu'en dépit de la pression, le personnage allait tenir bon, brandir son étendard de femme célibataire bravement, et poursuivre sa route à son rythme et à son goût... Voilà Yuuki Amami qui craque, et qui s'effondre sur un banc. Je ne sais pas comment vous décrire la trahison et la tristesse de cet instant. Déjà parce que je n'ai pas vu le personnage, j'ai vu Yuuki Amami pleurer. Or Yuuki Amami, elle est sans doute trop typecastée dans mon esprit, mais elle est inébranlable. C'est un roseau, pas un chêne. Et là j'ai vu Amami, mon Amami, celle que j'ai adorée dans BOSS, Enka no Joou (on en reparle très vite), Joou no Kyoushitsu... un roc ! J'ai vu Amami craquer. De chez craquer. Et je me suis mise à pleurer aussi, parce que si Yuuki Amami pleure, c'est vraiment qu'on est foutues.

Yuukiquipleure

Bon, ne me regardez pas comme ça. Je me suis remise, depuis. C'était dimanche, j'ai eu le temps d'en faire mon deuil. Mais après cette petite expérience, et en ayant en tête la fin du pilote, mais aussi toutes les séries de célibataires que j'ai vues ces derniers temps, japonaises comme occidentales...
...je me demande juste si le féminisme n'a pas définitivement perdu la bataille de la télévision, quand même.

Si ça ne tenait qu'à moi, de toutes façons, Yuuki Amami n'aurait pas le droit de pleurer.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Around 40 de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:53 - Dorama Chick - Permalien [#]

22-08-09

Dorama craze

Rappelons qu'à partir de lundi commence l'étape japonaise du Tour du Monde des Séries, sur SeriesLive, et que dans cette optique, j'ai envoyé de nombreuses fiches nippones à Eske (même si toutes n'ont pas eu le temps d'être publiées), qui auront la "préférence nationale", c'est-à-dire que les points attribués par les votants compteront double.

ERRATUM : l'étape japonaise, c'est dimanche ! Votez nombreux !

Du coup je ne résiste pas à l'envie de vous remettre l'intégralité des séries dont j'ai parlé dans ces colonnes, avec tags, liens, et tout le bazar, pour que vous n'hésitiez pas à donner quelques points bien mérités à ces séries. Le Tour du Monde des Séries, ça sert aussi à ça !

Aishiteru ~Kaiyou~  (tags ladytelephagy / fiche SL)

Bokura no Yuuki (tags ladytelephagy / fiche SL)

Futatsu no Spica (tags ladytelephagy / fiche SL)

Hokaben  (tags ladytelephagy / fiche SL)

Innocent Love  (tags ladytelephagy / fiche SL)

Joou no Kyoushitsu  (tags ladytelephagy / fiche SL)

Kamisama, Mou Sukoshi Dake  (tags ladytelephagy / fiche SL)

Last Friends  (tags ladytelephagy / fiche SL)

LIAR GAME  (tags ladytelephagy / fiche SL)

Lunch no Joou  (tags ladytelephagy / fiche SL)

Maid Deka (tags ladytelephagy / fiche SL)

Orange Days  (tags ladytelephagy / fiche SL)

Ruri no Shima  (tags ladytelephagy / fiche SL)

Seigi no Mikata  (tags ladytelephagy / fiche SL)

Shigeshoushi (tags ladytelephagy / fiche SL)

The Quiz Show  (tags ladytelephagy / fiche SL)

Yakou no Kaidan  (tags ladytelephagy / fiche SL)

Pour le moment, il n'y a pas d'autre dorama qui soit fiché ET dont j'aie parlé ici, mais sachez bien que j'y travaille, Eske en a quelques uns en réserve tandis que je continue de préparer des fiches à mesure que j'en découvre, de sorte que l'an prochain, il y ait plus de choix si cet évènement se renouvelle !
Et d'une façon générale, c'est quand même bien sympa de faire découvrir des choses... personnellement je ne m'en lasse pas.

Donc voilà, maintenant vous n'avez plus d'excuse : vous avez le weekend pour faire vos recherches, le règlement est là, après, il suffit de jouer là ! Et si vous jouez au Quizz de SeriesLive, vous gagnez des points supplémentaires pour voter, donc voilà, vous savez ce qu'il vous reste à faire de votre journée de samedi.

Posté par ladyteruki à 11:22 - Dorama Chick - Permalien [#]

09-08-09

Comedy done right

Il y a plusieurs raisons qui m'ont fait tester Seigi no Mikata. La première, c'est que je souhaitais savoir à quoi ressemblait récemment le jeu de Mirai Shida, qui y tient le rôle principal, puisqu'à la rentrée elle jouera dans Shoukoujo Seira, c'est-à-dire Princesse Sarah, où elle tiendra le rôle-titre. Et puis du coup, en faisant mes recherches sur son parcours, je suis tombée sur la photo promotionnelle de Seigi no Mikata, et alors là, franchement, je l'ai trouvée géniale.

SeiginoMikata_promo

Le problème, c'est qu'une bonne photo de promo, ça ne fait pas tout. Aussi, c'est avec un sens aiguisé du sacrifice que je me suis lancée dans le pilote. Et franchement, en dépit de mes appréhensions (principalement dues à des séquelles de mon visionnage de Joou no Kyoushitsu), j'ai bien ri.

Certes, Seigi no Mikata est assez typique des comédies japonaises, mais au lieu de se contenter de sortir des gags qui ne font plus rire personne tant ils sont codifiés, elle a vraiment mis du cœur à l'ouvrage, et ne se prive d'aucune excentricité. En choisissant de ne pas se limiter à de la comédie gentillette, en allant au bout de son concept, en ne lésinant pas sur ses effets (musique, montage...), Seigi no Mikata atteint son objectif : nous faire rire sans retenue sans pour autant nous prendre pour des spectateurs au Q.I. négatif.

Et pourtant ce n'était pas garanti : l'histoire de cette petite adolescente malmenée par sa sœur à qui tout réussit, ça sentait quand même bien le réchauffé. D'ailleurs au début, entre l'adolescente encore mal dégrossie et l'altière grande sœur d'une perfection sans nom, on fronce un peu les sourcils. Mais fort heureusement, les stéréotypes ne dureront pas. C'est ça qui fait que Seigi no Mikata marche si bien : le personnage de Makiko, la grande sœur, est en fait truffé de vices, et le pilote va s'acharner à les montrer un par un.

On nous présente Makiko comme une personne que tout le monde trouve parfaite, mais en fait son entourage se rend bien compte que la rose a des piquants. Simplement elle inspire bien trop la crainte pour que qui que ce soit le lui fasse remarquer : le père qu'elle appelle par son prénom et dont elle dépense la paie dans de grands restaurants, le patron qu'elle envoie bouler comme le dernier des moins que rien, bref, tous ceux qu'elle juge inférieurs à elle. Et yen a un paquet. Colérique, méprisante, gloutonne, en fait elle n'a rien du tout de la princesse que tout le monde fait mine de voir en elle. Makiko n'a que sa beauté pour la servir. Une beauté qui lui permet de mener tout le monde par le bout du nez, mais qui ne laisse personne durablement dupe.

C'est ce tempérament qui fait du pilote de Seigi no Mikata un régal : la petite sœur Youko n'est pas du tout la seule à voir tout ça, seulement elle est aux premières loges dés qu'il s'agit d'en faire les frais, et s'en plaint plus ouvertement que les autres. En fait, même ses autres victimes n'admettent pas facilement que Makiko a sale caractère, comme s'ils craignaient d'abimer son image. Lors d'une scène où ils se sont réfugiés hors de la maison pour manger une glace, Youko et son père reconnaissent implicitement que la vie à la maison est rendue difficile par la jeune femme ("ça va, tu n'as pas été repérée ?"), mais rien à faire, personne n'agit.

Le pire des travers de Makiko, c'est son égoïsme patent. Chaque scène où elle se sert d'un de ses atouts (beauté, force de caractère, ou tout simplement sa popularité auprès de son entourage), pour qu'on exécute le moindre de ses caprices, est un délice. Par exemple, quand elle a le béguin pour quelqu'un, elle se sert de sa petite sœur Youko comme appât à garçons en lui imposant de se perdre dans la foule, de s'inscrire à des clubs sportifs, ou même... de se fracturer un os (ça, c'était pour le chirurgien orthopédique). Vous voyez le truc ?

Appat

Le plus drôle, et c'est quelque part terrible, c'est de suivre toutes les tortures que Makiko impose à son entourage en général, et sa petite sœur en particulier. On aimerait bien prendre la petite en pitié mais c'est vraiment trop drôle de la voir malmenée en permanence ! Elle pourrait être simplement égoïste, elle est aussi profondément malfaisante, ouais, juste pour le plaisir, elle fait de mauvais coups ou des vengeances mesquines.

L'enjeu principal, c'est de voir si Makiko finira par avoir un retour de karma à un moment où un autre, si le monde va arrêter de la mettre sur ce piédestal, et si enfin elle va apprendre à se regarder un peu moins le nombril. La manipulation aura forcément ses limites... d'un côté ce serait dommage pour le spectateur, mais de l'autre, on ne peut décemment pas laisser ce personnage en liberté à la fin de la série, ce serait contre les lois de la nature.

Voilà qui promet en tous cas 10 épisodes de réjouissance parfaitement rythmée, orchestrée, écrite, et interprétée (Yu Yamada m'a toujours été antipathique, mais là au moins je sais pourquoi), bref, de la comédie bien faite.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Seigi no Mikata de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 13:03 - Dorama Chick - Permalien [#]

22-06-09

New Friends

Oyez, oyez ! Eske (que mille DVD lui soient offerts en sacrifice) a pu mettre en ligne une partie des fiches nippones que j'avais envoyées il y a quelques temps. Dans la prochaine salve, vous trouverez également des séries dont je n'ai pas parlé mais dont le post est actuellement en travaux, d'ailleurs...

Mais pour le moment :
- Bokura no Yuuki
- Hokaben
- Joou no Kyoushitsu
- Last Friends

N'hésitez pas à leur payer une visite, et d'en profiter pour aller relire les tags associés, car il s'agit de séries dont j'ai déjà parlé par le passé. Je crois me rappeler que Last Friends avait fait une adepte, n'hésitez pas à tenter votre chance avec l'une ou l'autre de ces séries !

Après le succès de Lunch no Joou (prochainement fiché aussi), je vais essayer d'espacer un peu moins les posts sur les séries nippones, comme vous avez pu le voir tout à l'heure avec Yakou no Kaidan... que d'ailleurs je dois envoyer à Eske dans un avenir proche. Le pauvre, il n'en verra jamais le bout.

Posté par ladyteruki à 22:30 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

19-06-09

Yummy business

En prévision du jour où Eske (sa télécommande soit louée) aura le temps de mettre en ligne plusieurs fiches dédiées à des séries japonaises, je me permets de me mettre à l'heure nippone également, en vous présentant une nouvelle série dans la catégorie Dorama Chick.
Enfin... bon, je dis "nouvelle", façon de parler. La série ne date pas d'hier mais elle est suffisamment récente pour que vous n'ayez pas à souffrir d'un choc comparable à celui ressenti devant Kamisama, Mou Sukoshi Dake ou Bokura no Yuuki dont, avec un peu d'effort, vous vous souviendrez que j'ai déjà parlé.

La série du jour se nomme Lunch no Joou (si on veut entrer dans le pointillisme phonétique, on notera que le barbare dernier mot se prononce à peu près "Djo-o", il ne sera pas dit que vous aurai laissé aller au lit aussi bête que vous en étiez sorti), soit, traduit, "la reine du déjeuner". Ô joie de voir alors vos visages s'éclairer : "ah mais dis donc, on avait aussi ce mot-là dans Joou no Kyoushitsu !", certes, mais, dites-donc, est-ce que vous m'avez pris pour une prof de Japonais ? Nan parce que je veux bien vous cultiver un peu m'enfin je ne peux pas TOUT faire non plus.

L'histoire de Lunch no Joou ? Elle repose sur un personnage mignon comme tout : une jeune femme au tempérament de type syndrome prémenstruel permanent qui adore, mais adooooooore, déjeuner. Je déconne pas. C'est son bonheur dans la vie. Bah et alors, zavez jamais vu un personnage épicurien ? Vous demanderez à Thibaut de Saint Maurice, il va ptet en profiter pour vous expliquer que Shasta! est une série sur l'épicurisme...
Et donc, notre jeune femme, qui se nomme Natsumi, est une amoureuse de l'heure du déjeuner. Elle porte même sur elle en permanence un cahier dans lequel elle consigne ses bonnes adresses, les coupures de magazines mentionnant des restaurants qu'elle aimerait tester, et ses impressions sur chaque échoppe ainsi découverte. Et son plat préféré, c'est l'omurice.
L'omurice.
L'OMURICE. Oh nom d'un chien, rien que d'en parler.
L'omurice, c'est l'un de ces plats japonais dont vous avez peu de chances d'avoir entendu parler, nourri à la culture sushi que vous êtes probablement, et qui hélas a beaucoup de mal à parvenir dans nos contrées. Pourtant il n'est pas exagérément exotique dans ses ingrédients, puisqu'en fait il s'agit d'une omelette japonaise assortie de riz cuisiné à la poele avec du poulet, et surtout nappée d'une sauce demi-glace nécessitant des heures de préparation minutieuse.

C'est à ce moment, je pense, que vous commencez à saisir tout l'intérêt de Lunch no Joou : l'univers de la cuisine japonaise. Quand on regarde cette série, et bien que chaque épisode ne consiste certainement pas à apprendre une nouvelle recette, on en a l'eau à la bouche, c'est un vrai plaisir. Loin des poncifs sur la découpe minutieuse de sushi hors de prix, ici, on est dans une cuisine de proximité, soit une découverte pour nombre d'entre nous sur ce que mangent, réellement, les Japonais.
Vous n'imaginez pas combien de fois ma soeur et moi-même avons bavé là-devant. Nous sommes désormais investies de la quête de l'omurice parfait (déjà, y goûter une première fois serait un grand pas en avant), et nous n'avons de cesse de harceler les restaurants japonais que nous dénichons dans l'espoir d'y faire un festin d'omurice.
OMURICE, quoi ! A prononcer avec la langue qui pend et des plic-plic sur les chaussures.

Mais je vous rassure, Lunch no Joou n'est pas une ode de 12 épisodes à la gloire de l'omurice (quoique conceptuellement parlant, ça me conviendrait tout-à-fait). L'idée directrice, c'est que Natsumi est une telle fan de l'omurice qu'un jour, au resto Kitchen Macaroni (est-ce que vous n'adorez pas les noms des établissements nippons ?), elle y trouve le Valhala, l'omurice ultime, et accepte de faire semblant d'être la fiancée d'un des employés du restaurant pour lui rendre service, tellement le goût de l'omurice transcende jusqu'à ses valeurs morales. Bon en fait, chronologiquement, c'est pas exactement comme ça que ça se passe, mais je vais pas tout vous raconter non plus...

Donc Natsumi accepte de rendre service à l'un des employés du Kitchen Macaroni, et se fait donc passer pour sa fiancée. Sauf que Kitchen Macaroni est un resto familial tenu par les Nabeshima : le père, qui tient la maison d'une main de maître et accessoirement cuisine l'omurice le plus génial de la planète, et les fils qui officient quasiment tous à des postes divers et variés du restaurant (serveur, commis de cuisine, cuisto...). Tous, à l'exception du frère qui a demandé à Natsumi de se faire passer pour sa fiancée, et qui s'est carapaté sans demander son reste, oui-oui il est très courageux ce gaillard, la plantant là. En tant que fiancée qui attend que son promis revienne vers elle, il est donc attendu de Natsumi qu'elle intègre l'entreprise familiale car les Nabeshima se doivent de prendre soin d'elle en attendant que l'autre benêt revienne chercher sa dulcinée (qui ne l'est pas, mais la famille l'ignore). Et accessoirement, on attend aussi d'elle qu'elle emménage chez sa future belle-famille... qui sont donc de parfaits inconnus. Vous voyez que le pouvoir de l'omurice est sacrément fort pour réussi à la mettre dans une galère pareille !
S'en suivent bien des péripéties et des quiproquos, là autour de la supercherie, ici autour du caractère pour le moins fougueux de Natsumi, là encore autour des inévitables conséquences qui suivent l'arrivée d'une jolie fille dans un environnement strictement masculin (oui il va y avoir un triangle amoureux, c'est un dorama).

Natsumi, prise au piège (un peu parce qu'elle le veut bien, un peu parce que chacun à sa façon, les frères Nabeshima sont bien attachants), se voit donc souvent dans des situations délicates. Mais d'un autre côté, elle peut manger de l'omurice à volonté. OMURIIIIICE !

Je ne vais pas vous mentir, Lunch no Joou, si vous ne l'aviez pas encore compris, est avant toute chose une comédie. Mais pas lourdingue. On prend assez rapidement la mesure de la profondeur de chaque personnage, et chacun a dans le fond un petit coeur tout fragile comme... l'enveloppe d'un omurice. C'est ce qui évite à la série d'être totalement superficielle et donc rasoir. Sans compter qu'un évènement plus sombre interviendra en cours de route, au moment où vous vous y attendiez le moins... et croyez-moi, ça m'a bien mise à l'envers. Totalement dévastée, la lady.

Plutôt dans la moyenne supérieure des comédies japonaises, Lunch no Joou restera aussi dans l'histoire comme la série qui a permis à de nombreux restaurateurs de se voir vertement répondre : "pfff, pas d'omurice ? Allez viens rei, on va manger ailleurs". Pour l'anecdote, une fois, il y en a un qui a répondu : "désolé, on ne fait que de la cuisine japonaise ici". J't'en foutrais.
Maintenant, rapide petite interrogation écrite : quel était le mot-clé de ce post ?

Et pour ceux qui manquent cruellement d'omurice : la fiche Lunch no Joou de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 14:10 - Dorama Chick - Permalien [#]

14-10-07

[DL] Joou no Kyoushitsu

Au Japon c'est le générique de fin qui prime, mais ici c'est vraiment la fin de tout. Voir Mme Akutsu sourire au staff de la série, dégraffer son col, puis enchaîner sur une chorégraphie sur les toits de l'école avec l'autre prof en leader, ça tue toute l'ambiance de la série...

JoounoKyoushitsu_generique_580
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Ajoutez à cela que le choix des EXILE pour interpréter le générique d'une série plutôt sombre, avec des enfants encore jeunes, est assez curieux, puisqu'avec EXIT, on a plutôt un titre enjoué et s'adressant, par ses sonorités R'n'B, à un public ado. Bref, le gars qui a signé les EXILE sur ce coup a un peu mis à côté ce qui n'aide pas. M'enfin...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (bis) : la fiche Joou no Kyoushitsu du Drama Wiki.

Posté par ladyteruki à 18:35 - Médicament générique - Permalien [#]

Oui maîtreeeeesse !

Vous avez l'impression que la rentrée a été difficile ? Vos profs vous en font baver ? Consolez-vous, c'est bien pire pour Kazumi et ses camarades de classe, dont la dernière année à l'école élémentaire s'annonce comme un Enfer à temps complet.

Pourtant l'école primaire, la plupart d'entre nous en garde un charmant et nostalgique souvenir. Et c'était bien l'intention de Kazumi aussi, qui espérait se faire des amis, s'amuser et vivre des expériences positives avant d'entrer au collège. L'arrivée d'une nouvelle institutrice tue dans l'oeuf tous ses rêves : Mme Akutsu n'a pas du tout les mêmes objectifs pour sa classe. Pour eux, le principal est qu'ils aient de bonnes notes pour pouvoir être pris aux concours des collèges privés, et tant pis si ça doit être difficile pour ses jeunes élèves dans l'année à venir.

Parce qu'on commence à suivre Kazumi dés la première scène du pilote de Joou no Kyoushitsu, on se sent immédiatement une certaine affinité avec ce petit bout, adorable petite gamine plutôt normale, mais qui, on s'en rend vite compte, est vite effrayée et intimidée. On voudrait la cajoler et la choyer, parce qu'on sent bien qu'elle est à la torture pendant tout l'épisode, mais le discours de son professeur fait appel à une certaine conscience chez le téléspectateur qui remet un peu les choses en perspective.

Car, non, Maya Akutsu n'est pas une sadique dans l'âme. Si elle interdit à ses élèves d'aller aux toilettes pendant les heures de cours, si elle instaure immédiatement une hierarchie entre eux (basée sur les notes d'un examen qu'ils ont chaque lundi), et si elle transforme la responsabilité de délégué de classe en damnation humiliante et dévouée aux pires corvées, ce n'est pas pour brutaliser ses élèves. Non, s'ils sont traumatisées, c'est juste un bonus...!

Dés leur premier jour, plutôt que de leur souhaiter la bienvenue dans sa classe pour cette nouvelle année scolaire, elle préfère au contraire leur expliquer que la vie est dure, que seulement 6% de la population nippone, qui a beaucoup travaillé pour en arriver où elle est, peut jouir de privilèges dus à une excellente condition sociale. Les 94% restants mènent en revanche une vie laborieuse, où ils doivent travailler beaucoup pour un salaire relativement décent, et payer des impôts lourds.
Le constat social balancé à ces têtes blondes d'à peine 10 ans est déjà peu réjouissant, mais évidemment il est donné dans un but bien précis : faire prendre conscience aux élèves que la vie n'est pas facile, qu'il leur faudra travailler beaucoup et n'espérer aucune complaisance de sa part... Les forts en thème auront des privilèges, les autres vont en chier !

Un discours aussi pragmatique (déprimant, mais réaliste finalement) est un sacré ovni lorsqu'on est habitué aux séries japonaises habituelles, où on reste au maximum dans le politiquement correct, à plus forte raison sur le tissus social du pays. Et surtout le contexte dans lequel il apparait est pour le moins surprenant, puisque la plupart du temps, dans un dorama, un enfant est un être innocent vivant dans un univers protégé du monde adulte, et qu'on essaye de préserver. Là c'est même pas la peine d'espérer, c'est le contraire. Et à travers les reproches du professeur Akutsu à ses collègues, on sent bien que c'est là une autre critique de la société qui s'insinue : on ne prépare pas les enfants à ce que sera leur vie d'adulte. Qu'on soit d'accord ou non avec ce point de vue, force est de reconnaître que ce n'est pas un discours qu'on entend souvent.

Un petit bémol cependant : le jeu des acteurs de ce dorama manque dramatiquement (!) de nuances. La petite qui joue Kazumi n'est pas mauvaise évidemment, elle est plutôt mignonne et assez expressive (même si terrifiée en permanence par la simple vue de son institutrice), mais elle ne parvient pas à sortir d'un certain nombre de poncifs. C'est pire encore pour le clown de la classe, caricatural au possible. Quant à la prof, c'est bien simple, elle ne donne dans ce pilote aucune épaisseur à son personnage (au point qu'on lui conseillerait bien de se trouver un petit copain et décoincer tout ça vite fait, avant de nous courir sur le haricot).
Autre bémol, mais plus léger, la forme est parfois un peu lourde. Sur 57mn d'épisode, il ya bien, allez, disons 15mn consacrées à Mme Akutsu en train de marcher au ralenti dans les couloirs de l'école et faire frissonner de peur la petite Kazumi. Dans le couloir principal. Dans les escaliers. Dans le couloir à côté de la classe. Elle hante l'établissement pendant une moitié d'épisode et c'est assez pesant, surtout qu'en dehors d'une tenue vestimentaire austère, elle n'a franchement rien d'effrayant.

Résultat : si sur la forme, Joou no Kyoushitsu ne révolutionne pas le genre, sur le fond on trouve des idées assez étonnantes. Hélas la mise en pratique, sur le long terme, risque moins de se transformer en revendication politique qu'en déclinaison des divers "châtiments" imposés par le professeur pour apprendre la vie à ses élèves.
Une fois l'étonnement passé, que reste-t-il de Joou no Kyoushitsu ? Une série assez rigide qui ne s'est pas autorisé, ou du moins pas encore, un propos réellement impressionnant, mais qui a surtout un pitch sortant des sentiers battus.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Joou no Kyoushitsu de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 18:30 - Dorama Chick - Permalien [#]


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