ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

03-12-12

Tout plaquer

Qui n'a pas connu des moments de doute ? Des moments où l'avenir semblait incertain, où aucune décision ne semblait être la bonne, et où chaque route, (jusqu'au plus infime chemin de traverse) semblait bouchée. Il y a eu des moments où, comme chacun, j'ai eu envie de tout plaquer. De fermer boutique et de partir recommencer ailleurs. Je ne sais pas, moi, aller élever des chèvres dans le Larzac ? Même si j'ai horreur de la nature et que j'ai du mal à survivre dans une connexion internet décente, sans compter que je suis incapable de situer le Larzac sur une carte, mais quand bien même : qui n'a pas au moins une fois songé à aller refaire sa vie dans le Larzac ? D'ailleurs si on m'avait donné l'option, ou si on m'avait dit que c'était la dernière option parce que le reste était sans espoir, je suis sûre que je serais partie avec la conviction de pouvoir y vivre un nouveau commencement ; parce que quand on est au bout du bout, on trouve de l'espoir n'importe où, même auprès de chèvres dans le Larzac.
Certains jours, pendant les périodes les plus sombres, je rentrais chez moi tête nue sous la pluie, et j'espérais qu'elle ruisselle sur moi et me lave de tous les doutes et de toutes les peurs ; mais il n'existe pas de telle pluie. Tout ce que j'en ai retiré, c'est des bronchites.

Même quand on pense avoir mis sa vie en ordre, et que les choses vont plutôt bien, on reste sensible à ce moment, je pense. Il reste ancré en soi ; on se rappelle toujours de l'endroit où on n'a pas pied. Et il n'y a pas d'âge pour les incertitudes.

C'est de tout cela dont parle Osozaki no Himawari. La série, avec le don qui est celui des séries japonaises, nous ramène là où on n'a pas pied ; mais nous rappelle aussi qu'on ne croit jamais si fort en l'espoir d'un avenir meilleur que dans ces moments-là, et que le coeur est prêt à s'ouvrir tout grand au moindre petit bonheur et à l'avaler tout cru  on ne sait jamais, ce sera peut-être la dernière bouchée avant longtemps.

OsozakinoHimawari-580

Osozaki no Himawari n'a rien inventé ; ni dans ses personnages, ni dans ses thèmes. Mais ce qu'elle fait, elle le fait remarquablement bien, et avec le supplément d'âme qu'on est en droit d'attendre d'une série qui a choisi de nous emmener loin, loin du bord, loin de là où on a pied. On a besoin qu'elle ne soit pas surprenante parce qu'on sent rapidement qu'elle va être émouvante, ô combien, et qu'on a besoin de lui faire un peu confiance quand même ; c'est dans son degré minimal d'originalité qu'on tire la confiance nécessaire à suivre son pilote sur les routes cahoteuses de Shimanto.

Shimanto, c'est cette petite ville de province où Joutarou et Kahori débarquent un beau jour.
Joutarou vient de perdre son boulot d'intérimaire dans une entreprise tokyoite ; on lui avait dit qu'il aurait peut-être un poste en CDI, mais avec la crise, les postes en CDI, on ne les donne pas, on les supprime... Joutarou avait bien espéré revenir chez ses parents, mais son frère l'a pris de vitesse, alors comme le compte en banque commence à donner des signes alarmants de faiblesse, il faut bien passer du plan B au plan C... Va pour le plan C, comme campagne, et plus précisément Shimanto, donc, là où la vie est moins chère. Là où, d'ailleurs, on cherche désespérément à recruter pour des petits boulots peu qualifiés, parce que les zones rurales se désertifient, les commerces ferment, les jeunes fuient, et ne restent que des petits vieux qui ont besoin de tout et surtout de compagnie. Mais le coin a l'air chouette, sur les photos ; il aura un véhicule, une petite maison planquée sous les arbres, et le samedi, il pourra peut-être aller faire du kayak dans la rivière, alors comment Joutarou pourrait-il ne pas tenter le coup ? Shimanto, c'est son Larzac. C'est le pays de Cocagne.
Kahori est dans le même avion que lui. Puis dans le même train. Puis le même train régional. Mais Shimanto, ce n'est pas son Larzac. C'est là où elle n'a pas pied. Kahori se destinait à travailler sur la recherche sur le cancer, peut-être à intégrer le programme de jummelage d'une grande université américaine, mais Kahori, son directeur de recherches lui a gentillement dit que des diplomés de son niveau, il y en avait des tas. Elle n'irait pas très loin. Alors voilà, tout ça pour ça. Mais c'est quand il lui a suggéré d'aller jouer les médecins de campagne dans son village natal qu'il lui a donné le coup de grâce. La voilà à présent, faisant contre mauvaise fortune mauvais coeur, de retour à Shimanto, le trou paumé qu'elle a voulu plaquer pour l'avenir, et qui l'a tirée par le pied pour la ramener en arrière. Shimanto, là où elle a laissé sa famille et notamment sa charmante grande soeur qui a un gentil mari et deux jolies petites filles, mais qui n'a même jamais posé le pied en ville... C'était pas la vie qu'elle voulait, Kahori, mais voilà, il y a des choix qu'on ne vous autorise simplement pas à faire.
Et voilà, après une saine période d'exposition, Osozaki no Himawari à cheval sur deux thèmes, le retour à la terre et le retour au bercail, l'un porteur d'espoir, l'autre qui signe de la fin du chemin, avec le spectateur qui hésite entre l'optimisme un peu forcé de Joutarou et le pessimisme un brin de mauvaise foi de Kahori.

Est-ce que la vie à Shimanto est si terrible ? Certes pas. Certains y ont vécu toute leur vie et ne s'en portent pas plus mal ; plein de petits vieux y vivent leurs dernières années dans la verdure et ils n'ont pas l'air malheureux.
La petite maison planquée sous les arbres et la petite fourgonnette ont pourtant du mal à dissimuler la déception que représente la nouvelle vie de Joutarou. La vie est peut-être moins chère que dans la capitale, mais elle n'est pour autant pas une partie de plaisir ; il faut sans cesse qu'il sourie, qu'il soit aimable en toute circonstance, serviable à tout instant, qu'il contente tout le monde : n'est-ce pas la meilleure façon de ne pas se contenter soi-même ? Alors dans un moment d'abandon, Joutarou arrête de sourire, d'être aimable, d'être serviable, de contenter qui que ce soit, il va s'enfermer dans sa petite maison planquée sous les arbres... et il ne se le pardonnera probablement jamais. Kahori, elle, qui ne voulait pas être médecin pour soigner les gens, découvre aussi, progressivement, qu'elle ne sait pas comment être médecin pour soigner les gens. Elle va, à son tour, être mise face à ses limites.

Nos deux héros, et plusieurs jeunes locaux de Shimanto, vont découvrir qu'il n'y a pas d'ailleurs, il n'y a pas de pays de Cocagne, pas plus qu'il n'y a de Larzac, pas vraiment. Il y a soi, partout où on va ; on ne peut y échapper. La pluie ne nettoie pas de ça. Il va falloir faire face, accepter le changement, accepter de prendre une voie qui semble sans issue, surtout si c'est un minuscule chemin de traverse au milieu des herbes hautes, et prendre les choses comme elles viennent, au jour le jour. Réapprendre à avoir pied.
Avec son ensemble show porté par deux personnages au parcours à la fois si différent et tellement similaire, Osozaki no Himawari ne promet pas que tout va aller bien, son pilote le prouve. Mais elle promet en revanche, comme en son temps des séries comme Last Friends ou Orange Days, que quelque soit le doute qui vous éreinte, quelque soit l'angoisse des lendemains qui déchantent, et que la décision soit la vôtre ou non, vous pouvez trouver quelques raisons de sourire de temps à autre. Trouver le bonheur dans la résignation, le temps de réapprendre à faire des choix ; exister humblement le temps de guérir des plaies infligées par le monde.
Osozaki no Himawari vous emmène non pas à Shimanto, mais là où, derrière les déceptions modernes, se cache la personne en vous qui saura grignoter quelques gourmandises de vie, en attendant que l'appétit revienne.
...Seigneur ! Ca faisait longtemps que je n'avais plus ressenti ça devant une série. Depuis Buzz Aldrin !

Posté par ladyteruki à 23:07 - Dorama Chick - Permalien [#]

26-03-11

Passe le message à ton voisin

En des temps immémoriaux, vous n'êtiez pas encore internautes, peut-être même n'aviez-vous encore jamais cliqué sur une souris, il existait un truc qui s'appelait "tagger" (orthographe incertaine). Cela consistait à répondre à un questionnaire donné puis proposer aux petits copains d'en faire autant. La réaction en chaîne qui en découlait permettait à plusieurs blogueurs, bien que ne s'exprimant pas sur le même support, de tous répondre aux mêmes questions. Accessoirement, ce mème avant la lettre avait tendance à meubler le contenu des blogs d'une même sphère.
C'est ce petit goût d'antan, cette madeleine de Proust numérique, que je retrouve alors que l'ami Eclair m'a taggée, après l'avoir lui-même été. C'est donc de bonne grâce et même avec une dose de nostalgie que je me plie à l'exercice...

1 / Depuis quand regardes-tu des dramas ? Quel a été ton 1er drama ? Comment as-tu découvert les dramas ?

C'était début 2006 ; à l'époque je tenais un site sur la Jmusic du nom de Teruki Paradise (Paix à son âme), sur lequel une petite communauté francophone se réunissait via les forums United Paradise. Ah, les souvenirs ! Bref comme on s'en doute, plusieurs de mes compagnons étaient coutumiers des séries japonaises (et/ou coréennes), et il n'a pas fallu bien longtemps avant qu'on m'encourage à m'y essayer. Mais c'était voué à se produire, si ça ne s'était pas fait comme ça, il y aurait eu un autre vecteur : passionnée de popculture japonaise, passionnée de séries... ces deux passions se serait forcément retrouvées tôt ou tard. Malheureusement, mon souvenir est plus flou lorsqu'il s'agit de se rappeler du titre de la toute première série que j'ai vue. C'était, au choix, 1 Rittoru no Namida, Orange Days ou... Attention Please (ah ouais tout de suite c'est moins glorieux...). Ca se trouve je m'en souvenais quand j'en ai parlé les premières fois sur ce blog, il y aura donc certainement plus de détails via les tags...

OrangeDays
2 / Si tu ne devais garder qu’un drama, lequel ce serait et pourquoi ?

Ha ha ha, ne regarder qu'un dorama, genre c'est possible ! Ca ne correspondrait probablement pas à ma consommation téléphagique : le format court et fermé de la plupart des séries asiatiques (saisons courtes, pas de renouvellement...) fait que je ne pourrais pas en garder qu'un. Ce serait de la torture. Il m'en faut au contraire plus, toujours plus.
Mais, disons... bon... allez, pour la forme, s'il devait n'y en avoir qu'un... Argh, non, c'est juste pas possible de choisir ! Il y a les raisons sentimentales (Orange Days, Lunch no Joou, Ruri no Shima), les raisons téléphagiques (MotherMousou Shimai, Atami no Sousakan), et les raisons brumeuses mais non moins valables (Kamisama, Mou Sukoshi Dake). Pour toutes ces séries et tant d'autres, l'exclusion de ma liste est impossible. Désolée, je suis incapable de ne choisir qu'un dorama. Peut-être justement parce que je regarde des dorama précisement pour la diversité...

MousouShimai
3 / Si tu devais nommer un drama à éviter absolument, lequel ce serait et pourquoi ?

Là encore la liste est longue, mais déjà j'arrive un peu plus à faire du tri. Disons que les premiers titres qui me viennent feront office de pires élèves de la classe, et tant pis pour tous les autres dorama contre lesquels il faudrait prendre le temps de vous mettre en garde. Mentionnons donc, entre autres : Majisuka Gakuen, Kaibutsu-kun, Shinira Bulriwoon Sanai... Mais je pense vous avertir assez régulièrement du danger qui vous guette avec certains navets, alors restez dans le coin pour ne pas vous faire avoir.

KaibutsuKun
4 / Quel est le drama que tu n’as pas encore vu et qui te tente énormément et pourquoi ?

C'est un problème qui étrangement me touche assez peu, je crois réussir à regarder à peu près tout ce que je veux... Enfin, dans une certaine mesure. Disons que, à part s'ils ne sont pas sous-titrés naturellement, j'arrive à trouver le temps de regarder tous les pilotes des dorama qui m'intéressent. Le soucis, c'est de ne pas trouver ce temps pour suivre la série même quand le pilote m'a plu. Exemple concret : j'ai adoré le pilote de CHANGE, mais impossible de me caler les fesses une heure pour voir le deuxième épisode. Et pourtant j'en crève d'envie, mais voilà : il y a toujours plein d'autres pilotes qui passent. Au final, et c'est pire encore pour les dorama que pour les séries américaines d'ailleurs, j'ai tendance à reporter le visionnage de la suite en me disant que de toute façon il y a peu d'épisodes, donc ça ira vite. Et là, CHANGE, pour reprendre l'exemple, ça fait depuis décembre/janvier que je reporte. C'est le drame de ma vie de téléphage, mais c'est comme ça.

CHANGE
5 / Quel est le drama qui ne te tente absolument pas et pourquoi ?

Un jour, un jour promis je me bloquerai du temps pour tenter le pilote d'un truc comme Nobuta wo Produce, mais rien à faire, pour le moment, ça passe pas. Il faudra certainement la jouer style Orange Mécanique ce jour-là. Je ne suis pas dans la cible et c'est, vue de loin, typiquement la série qui n'a rien pour me plaire. Après effectivement, c'est vu de loin, justement, donc je m'en fais peut-être une fausse idée. Mais je ne me sens pas concernée par une série qui se passe dans un lycée. Ni au Japon ni ailleurs, en fait. C'est un contentieux de genre qui dépasse largement le problème Nobuta wo Produce, mais enfin, un jour, faudra bien combler cette lacune, quand même.

NobutawoProduce
6 / Tes acteurs et actrices préférées ?

Je fais relativement peu attention au cast d'une série. En fait, c'est plus une exception qu'une règle, quand je me réjouis de la présence de quelqu'un au générique. Pour Miki Maya, Yuuki Amami (qui n'a pas le droit de pleurer), Asami Mizukawa et la sublime Michiko Kichise, par exemple, ça a un semblant d'intérêt, et encore. Disons que je me réjouis de les voir mais... bon bah, elles sont là c'est bien, elles sont pas là c'est pas grave. Je ne regarde pas une série parce que ces actrices sont au générique, d'ailleurs (toujours pas tenté Hagane no Onna, par exemple, et pourtant la saison 2 arrive au printemps), mais j'avoue qu'une série qui les engage a tout de suite gagné quelques points de karma supplémentaire avec moi. En gros, si un jour Yuuki Amami et Miki Maya tournent dans la même série (attendez je fais une pause, j'essaye de me rappeler si ça s'est déjà produit...?!), ça ne signifiera pas que je la regarderai forcément (tout dépendra du pitch), mais si je la regarde, je trouverai plein de raisons plus ou moins valables pour ne pas la déprécier.
Etrangement, du côté des hommes, je me tamponne sévèrement le coquillard de qui qui y est et qui qui y est pas. Ca doit encore avoir un rapport avec l'identification, tout ça.

YuukiAmami
7 / Ton meilleur souvenir drama ?

Je sais pas si c'est le meilleur, mais c'est l'un des plus émus. Par contre attention, spoiler inside.
Je venais de commencer les dorama, ça faisait moins de trois mois et j'avais déjà vu deux ou trois titres, et me voilà à démarer Ruri no Shima et Lunch no Joou. C'est à cette période que ma grand'mère a été admise à l'hôpital, et comme c'était compliqué et que je ne pouvais pas aller la voir, j'essayais de tromper mon inquiétude en me goinfrant d'épisodes de ces deux séries. Et puis, le 8 mars, elle est décédée. J'étais effondrée. Quelques jours plus tard, j'ai repris les visionnages. Et, pour ces deux séries, l'épisode suivant... comportait le décès d'un personnage. Jamais je n'ai eu le coeur brisé comme ça par un épisode, de toute ma vie. Mais c'est aussi, je pense, comme ça que j'ai entamé le travail de deuil, finalement, en affrontant le sujet au lieu de l'éviter.
Ce n'est pas forcément un "bon" souvenir, mais c'est un souvenir téléphagique intime, de ceux qui, je pense, comptent le plus en termes de séries, et je pense qu'aucune série américaine que je regardais à ce moment-là n'aurait pu me toucher de cette façon. La meilleure preuve c'est que 5 ans plus tard, je me souviens de ces deux séries et de l'impact qu'ont eu ces intrigues sur moi, mais que je suis infichue de vous dire quelle série américaine je regardais à la même époque.

RurinoShima
8 / Qu’est ce que tu dirais à une personne qui ne regarde pas de dramas pour la convaincre d’en regarder ?

Que c'est DIFFERENT. C'est à la fois l'avantage et l'inconvénient. J'entends très souvent des téléphages, dire qu'on tourne en rond, que les chaînes US passent leur temps à recycler de vieilles idées ou des recettes qui marchent. Je conteste ce diagnostic (en général il résulte surtout d'un manque de connaissance de ce qui passe aux USA pour se focaliser uniquement sur les séries les plus populaires du moment et/ou les annonces de projets, souvent peu alléchants sur le papier), mais il est ce qu'il est. A cela je réponds : vous voulez changer d'air ? Il y a des choses différentes en Asie (et ailleurs, mais ce n'est pas l'objet de ce post...!). C'est une formidable façon de continuer de regarder des séries sans tomber sur tout ce qu'on connait déjà via les séries américaines, britanniques, françaises...
Dans les dorama, ce qui prime, c'est le personnage et son ressenti. C'est différent des séries occidentales parce qu'on y prévilégie l'intrigue, les rebondissements, ou les effets de style... Bien-sûr, dans un sens comme dans l'autre, les généralités sont pièges, mais grosso-modo, l'Asie, c'est une télévision à ressentir. Et, alors que depuis 10 ans on nous sert des séries majoritairement tournées vers le cérébral, l'intellectuel (résolution d'enquêtes, interrogatoires, etc...) via les séries policières notamment, bref, depuis 10 ans qu'il y a une approche essentiellement "cerveau gauche" de la fiction, je trouve que ça fait du bien de se laisser aller à quelque chose qui se rapproche de l'émotion pure.
Les dorama, ce n'est pas pour tout le monde, et il y en a qui n'accrocheront pas. Il y en a beaucoup, à dire vrai. Mais c'est une façon de diversifier son menu téléphagique qui permet de se rafraîchir les idées et d'aborder les choses avec un regard, sinon neuf, au moins ressourcé.
Regarder des séries asiatiques, ça demande du temps parce qu'il faut prendre de nouveaux repères, et apprendre ce qui convient et ce qui ne convient pas à chacun. Moi j'ai mis beaucoup de temps à y venir parce que je voulais éviter les amourettes et/ou les trucs lycéens, je croyais que toutes les séries asiatiques c'était ça. Il y en a, c'est sûr (et j'ai envie de dire qu'il y a plus d'amourettes en Corée du Sud, d'ailleurs, ce qui explique ma préférence pour le Japon où les thèmes me semblent plus divers), mais il n'y a pas que ça, simplement il faut dépasser le cliché, chercher, se laisser recommander des trucs et se laisser le temps de se documenter. C'est comme pour plein de choses : si vous voulez être exigeants, il faut vous en donner le temps.

AtaminoSousakanForever
Voilà, j'ai assez papoté ! Je passe le relai à Nakayomi, qui va certainement nous parler lui aussi de Sailor Moon, et à Nephthys, parce que c'est cool d'avoir l'avis d'une petite nouvelle dans le domaine.

Posté par ladyteruki à 17:53 - Dorama Chick - Permalien [#]

19-11-09

Amer agrume

Ça fait quelques temps maintenant que je ne lis plus tellement les pitchs des séries que je vais découvrir. Parfois on le sait à l'avance, c'est inévitable, et puis parfois, vraiment, on n'en a pas la moindre idée et on tente le coup, comme ça, au hasard, parce qu'on est tombé dessus dans la filmographie de quelqu'un, parce que le pilote s'est offert à notre cagoule, parce qu'on cherchait autre chose et qu'on est tombé dessus, peu importe. Et je dois dire que sur pas mal de choses, cette technique a du bon.
On n'attend pas quelque chose de précis. On se laisse porter. On ne connaît ni surprise ni déception. On découvre et on a le sentiment de juger la série pour ce qu'elle est, et pas pour les espoirs qu'on avait placés en elle.

Au contraire, quand j'ai lancé Daisuki!!, j'étais très réservée, parce que justement j'en connaissais le résumé et que, bon, ça fait un peu redite de 14 Sai no Haha : une jeune fille psychologiquement fragile (ici, pour raison de retard mental) décide d'avoir un bébé contre vents et marées. Mouais. Bon.
Mais une aficionado de Corky telle que moi ne pouvait qu'y jeter un oeil, histoire de voire quel traitement la fiction nippone accordait aux troubles mentaux, pour commencer.

Peut-être que du coup, j'ai trop cherché la parenté avec l'une ou l'autre de ces fictions, parce que de toute évidence, Daisuki!! n'a pas grand'chose à voir avec elles.

Au lieu, comme 14 Sai no Haha, de suivre pas à pas la grossesse de l'héroïne, Yuzu (ce qui certes, avait ses longueurs, mais permettait de n'éluder aucune question de principe sur la grossesse adolescente), Daisuki!! prend le parti, dés le pilote, de s'autoriser des bonds dans le temps. Explorant ainsi très vite à la fois le problème de la grossesse en elle-même, et les problématiques sur l'éducation de l'enfant. Et franchement, ça ne m'était pas apparu sur le moment, mais effectivement je me rends compte après coup que ce regard au-delà de la naissance a manqué à 14 Sai no Haha.

Reste le tabou quant à la sexualité ; les fictions japonaises ont un vrai problème avec ça. Du plus loin que remonte mes souvenirs, ce qui ressemblait le plus à une scène de sexe, c'était dans Orange Days, c'est dire ! Donc de la même façon que la conception du bébé de 14 Sai no Haha avait été un peu romancée et surtout éludée, ici, Himawari pourrait avoir poussé comme une plante en pot, ce serait pareil. Les parents ne se sont jamais touchés, à en croire le pilote. L'immaculée conception.
Du coup, forcément, la (courte) scène de l'accouchement offre un réalisme autrement plus saugrenu.

Histoire de s'éviter les problèmes que 14 Sai no Haha avait rencontrés avec le papa, dans Daisuki!!, celui-ci est éliminé sans autre forme de procès par un très pratique (et très con) accident de circulation. Je l'ai déjà dit mais je le répète : il y a un vrai problème de sécurité routière au Japon. D'après mes observations personnelles, dans les dorama, une mort sur deux est due une voiture, un camion ou un bus. C'est un véritable problème de société, et j'attends le dorama qui brisera la loi du silence, et osera clairement exposer au grand jour cette problématique qui, j'en suis sûre, nous touche tous dans ce que nous avons, profondément, de plus piéton.
Pour info, l'autre moitié des décès est majoritairement due à des maladies graves et incurables. Le Japon semble être un pays de cocagne au vu de ces statistiques...

En fait, le pilote de Daisuki!! est si complet, de par sa chronologie compressée, que c'est à se demander ce que les épisodes suivants pourront bien trouver à dire ! Yuzu perd son amoureux, la famille découvre qu'elle est enceinte de 5 mois (c'est d'ailleurs une véritable curiosité : quel est la limite légale pour avorter au Japon ? Parce que si j'en crois Daisuki!!, c'est open bar !), chose qu'elle-même vivait pourtant jusque là avec beaucoup de sérénité (je salue le système éducatif nippon sur la qualité de son éducation sexuelle auprès des attardés mentaux), elle a son bébé, on menace de le lui retirer, et hop ! L'épisode arrive à son terme et le bébé a déjà deux ans. Mais que diable trouvera-t-on comme rebondissements ultérieurs ?!

Les retournements de situation, si j'en crois le trailer, viendront d'une jeune fille extérieure à la famille qui va venir semer le trouble dans la vie d'une maisonnée déjà bien retournée. A l'instar des déboires financiers de la belle-doche de 14 Sai no Haha, j'ai le sentiment que cet axe va nous éloigner du cœur du sujet, pour créer des histoires là où personne n'était venu en voir.
Au lieu de cela, je préfèrerais largement qu'on explore la problématique de départ avec méthode et précision, en se demandant, par exemple, si Yuzu a la capacité de travailler ET s'occuper de Himawari, ou si la petite accuse elle aussi un retard mental. On est en droit de se poser la question, et jusque là cette crainte n'a pas du tout été abordée.

Daisuki!!, et c'est la bonne nouvelle, n'est pas une vilaine copieuse comme je le craignais. Ce qui a ses avantages comme ses inconvénients. On y trouve de bonnes idées mais, passé le pitch de choc, on a le sentiment à la vue du pilote que la série va se contenter de rester neutre et d'éviter de valeureusement aller affronter son sujet, pourtant louable. C'est dommage, mais d'un autre côté, c'est TBS et pas HBO.

D'ailleurs, le peu de traitement qui en est fait est très naïf. A ce titre, je vous propose la toute première scène du pilote, où Yuzu et son bien-aimé Sousuke sont dans le bus. Autant la scène est d'une remarquable tendresse et montre une complicité touchante, autant c'est d'un angélisme certain, ou alors il faut vraiment que je déménage au Japon vite fait ! Pas un regard de travers dans le bus (alors que les deux amoureux sont assez bruyants), pas une remarque... j'aimerais croire qu'une telle société existe, vraiment. Mais j'ai une sorte de doute, quand même. Ce genre de détails montre bien comme Daisuki!! est prêt à brader son propos pour obtenir de l'émotion, et c'est dommage.

daisuki

Quant à la récompense décernée à l'actrice Karina pour son interprétation, elle qui passe 90% de son temps dans le pilote à hurler "Himawariiiiii !" (les 10% restants étant effectivement convaincants, soit), le sens m'en échappe un peu. Peut-être qu'après un premier épisode si chargé, il est nécessaire de regarder un peu plus la série pour s'en faire une opinion définitive ?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Daisuki!! de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 07:14 - Dorama Chick - Permalien [#]

13-11-09

[DL] Code Blue

Dites, je pense à un truc, là... quelqu'un a regardé Trauma suffisamment longtemps pour voir à quoi ressemble le générique ? J'sais pas pourquoi je pense à ça maintenant.
Bon, allez, générique de Code Blue ! Je vous avoue que pour moi, ce générique cumule absolument tout ce qu'un générique doit précisément NE PAS faire. C'est fantastique de laideur, de grandiloquence, d'insistance inutile sur le visage de Tomohisa Yamashita (sans doute l'une des pires lubies d'adolescente japonaise que j'aie croisées) ; l'usage de filtres est moche comme tout (il donne un air malade aux médecins, un comble), le final où tout le monde regarde passer l'hélico est à pleurer de pitié... n'en jetez plus !

CodeBlue
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Et la musique ! La musique ! Pas de méprise, j'aime Mr. Children (on leur devait déjà, sur le même ton, le générique d'Orange Days... et là ça collait à l'ambiance), mais pour une série médicale d'intervention et d'action, c'est complètement à côté de la plaque. Le manager de Mr. Children mérite une médaille pour avoir réussi à vendre cette chanson comme générique à la prod, c'est sublime. Quand on voit le niveau du pilote (j'ai pas envie de me farcir la suite juste pour confirmer le diagnostic, mais s'il y a parmi vous des suicidaires, ne vous gênez pas pour moi hein, regardez toute la série), on se demande bien ce que cette chanson fout là. A part pour que YamaP prenne ses yeux de cocker amorphe, franchement, ça pose question.

Eh oui, sur ce blog, on ne vous ment pas, chers lecteurs : les dorama japonais, c'est pas toujours de l'or en barre. Ici, s'il y a une barre, c'est celle qu'on se tape en regardant ce générique pathétique.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Code Blue de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 21:48 - Médicament générique - Permalien [#]

21-10-09

Samurai no Waltz

Mais où étiez-vous passés ? Je vous ai dit que je voulais vous raconter mon weekend téléphagique, et vous, vous partez avant la fin ? Ah bah bravo la curiosité, hein !
Surtout qu'en vous parlant de Tenchijin comme je m'apprête à le faire, je vais aborder un nouveau genre télévisuel, aussi bien pour vous que pour moi : le jidaigeki (et plus précisément son cas particulier le taiga).

Tenchijin

Je dois dire que, jusqu'à présent, j'entretenais une relation à la fois de fascination et de méfiance vis-à-vis des séries en costumes made in Japan. Pour ce qui est de la méfiance, elle est à mettre au compte de mon aversion pour les séries historiques en général, quelle que soit leur provenance, The Tudors (et dans une moindre mesure Rome) m'ayant sortie de ma démarche habituelle, qui consistait à voir qu'il y avait une série historique, à constater qu'elle avait l'air très bien foutue, et à faire un détour scrupuleux pour l'éviter soigneusement.
Pour ce qui est de la fascination, elle est le cas particulier de mon admiration envers la capacité qu'on les Japonais à mettre leur passé au présent. Littérature, musique, télévision... ils cultivent leur culture en plus de leur capacité à piocher dans celle des autres pour souvent panacher le tout, et ça ne les choque pas d'utiliser des trucs qui ont des siècles pour divertir le public (tous les publics, d'ailleurs) aujourd'hui. Je prends toujours un exemple musical pour expliquer l'objet de mon enthousiasme à ce sujet. Prenez une chanson récente... mettons, Starlight Waltz. On y trouve 2 DJ electro, une chanteuse de bossa nova, et des arrangements à grand renfort de folklore d'Okinawa. C'est magique ! Si, absolument, c'est magique et je le prouve : c'était quand la dernière fois qu'un artiste français s'est pris à mixer des musiques actuelles avec des airs de bourrée ou avec des gros morceaux de biniou dedans ? CQFD. En France, notre patrimoine historique ne fait ses apparitions dans les sphères télévisuelle ou musicale que lorsqu'on veut brandir l'étendard de la culture. Mais dans la popculture, point, et le divertissement encore moins.

Et Tenchijin ne déroge pas à la règle. Ce n'est pas un casting de vieux croûtons ou d'acteurs sur le retour qu'on y trouve : Satoshi Tsumabuki (Orange Days, Lunch no Joou), Hiroshi Abe (Shiroi Haru), Misako Tanaka (14 Sai no Haha, Aishiteru ~Kaiyou~)... il ya du beau monde, de l'acteur aimé, de l'acteur primé. Bref, quand la NHK a lancé ce projet, elle n'a pas fait ses petites affaires dans son coin pour fournir à trois mémés leur lot de dorama historique habituel, non, la chaîne à pensé à tout le monde, parce que la série historique, ça ne doit jamais être barbant, sinon on a manqué son objectif. Bah désolée, moi, ce genre de démarches, ça me fait palpiter le cœur. Et pendant ce temps, d'aucuns se gargarisent d'exception culturelle...

Alors, bon, après, sortie de ses bonnes intentions, Tenchijin reste (du moins je l'imagine, c'était ma première série du genre) assez conventionnelle. Mais cependant, pas chiante. Bon, juste un peu longue... le pilote d'1h15, personnellement je l'ai senti passer (pis ma cagoule aussi parce que punaise, à 1,35 Go la bestiole...). Je vous trompe pas sur la marchandise, vous voyez.
Mais pas un instant je n'ai eu d'envie suicidaire. Beaucoup des acteurs sont bons (les Japonais ont juste un problème récurrent avec leurs enfants-acteurs, je pense que ce fait est dû à la nature-même de leur industrie télévisuelle, mais en-dehors de ça rien à redire), ce n'était pas filmé à la va-vite, les costumes sont ce qu'on en attend, bref, c'est de la bonne fresque historique.

Et puis, en dépit de son conventionnalisme, Tenchijin reste divertissant, et c'est ce que j'ai envie de considérer comme essentiel. Exacte ou pas sur la réalité historique (et personnellement je considère que ce n'est pas un prérequis), la série présente des personnages solides, je pense par exemple à celui de Hiroshi Abe qui tient très bien la route : c'est un homme de son temps, guerrier et un peu ombrageux, mais en même temps un homme avec des principes et une certaine rigueur morale. La série retraçant son histoire, on s'attend aussi à ce que le personnage du samurai Naoe prenne de la profondeur avec le temps, puisque la série commence alors que le personnage a 5 ans, et que son initiation aux règles de vie des samurai va se faire en parallèle de la construction de son amitié avec son jeune maître.

Tenchijin, avec son cast impressionnant (help ! par où commencer ?), son ambition de retracer plusieurs décennies de la vie de son samurai de héros, et sa distance (car cela reste factuel, on ne cherche pas à démontrer quoi que ce soit ni grandir un personnage), est la définition-même de la fresque historique télévisuelle.
Je soupçonne qu'il y en ait eu d'autres aussi bonnes avant.
Mais j'ai tendance à penser que ça mérite tout de même 1h15 d'attention, quitte, comme j'ai choisi de le faire, à ne pas y consacrer plus de temps ensuite ; il faut dire que 47 épisodes, c'est beaucoup pour l'allergique à la fiction historique que je continue d'être. Mais vous le voyez, je me soigne.

Et pour ceux qui manquent cruellement d'hommes aux cheveux longs : la fiche Tenchijin de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:48 - Dorama Chick - Permalien [#]


20-10-09

Il n'y a pas de plan B

Ah, vous revoilà ! Ça tombe bien, je n'avais pas fini de vous raconter mon weekend. Ce soir je vais vous glisser un mot sur Cat Street, une série au nom un peu étrange, d'ailleurs je n'ai pas très bien compris d'où lui venait ce titre. En général, les titres de séries sont (volontairement) transparents, même pour les titres japonais qui, bien que témoignant d'une démarche un peu différente des séries occidentales, restent cohérents avec le contenu de la série elle-même.

Quelque chose qui m'a frappée à propos de Cat Street, c'est d'abord son actrice principale. Si vous avez vu 14 Sai no Haha (il n'est pas trop tard pour bien faire, les amis...), vous connaissez sans doute Mitsuki Tanimura qui y a interprété le rôle d'une jeune fille brisée par un évènement passé dont elle n'a pas encore cicatrisé, et qui reste en marge de la société.
Je vous le donne en mille : dans Cat Street, Mitsuki Tanimura interprète le rôle d'une jeune fille brisée par un évènement passé dont elle n'a pas encore cicatrisé, et qui reste en marge de la société. Typecasting quand tu nous tiens...!

Mais ici, l'héroïne Keito a vraiment, vraiment morflé. Son choc à elle s'est déroulé à l'âge de 10 ans, c'est sans doute une explication. Mortellement blessée par l'univers du show business, sa vie s'est arrêtée comme une montre défectueuse. Pourtant tout lui souriait, à Keito : elle avait du talent, une maman qui l'encourageait, et l'opportunité unique d'entrer dans la troupe d'une grande comédie musicale, dans le rôle principal. Le hic, c'est que personne ne l'avait préparée à la froideur, voire la brutalité, de ce monde. Et les blessures d'amour propre peuvent y être mortelles...

Le talent de Cat Street ce n'est pas de déposer un dossier à charge contre le monde du show business et ses travers. En définitive, il est probable que, d'ailleurs, Keito aurait été blessée par le même comportement dans d'autres circonstances. Non, Cat Street s'avère avoir l'œil quand il s'agit de dépeindre une personnalité brisée.
C'est comme si le cœur de Keito s'était arrêté de battre ce soir-là et n'avait jamais repris le mouvement en 7 ans ; la série retranscrit formidablement ce qu'on peut ressentir à la fois de colère et de vide après un traumatisme (fût-il jugé bénin par l'entourage), c'est même impressionnant de donner autant de corps à ce sujet. Franchement, chapeau.

Mais Cat Street, c'est avant tout une histoire de renaissance, puisque Keito va être "récupérée" par un proviseur qui, par hasard, tombant sur elle, essaye de la rescolariser, puisqu'elle a totalement arrêté d'aller en cours depuis l'incident qui l'a bouleversée. Ce serait d'ailleurs bien que dans les épisodes prochains (même si je sens bien que ce n'est pas le sujet) on approfondisse un peu cette histoire de lycée alternatif, parce qu'il y a un sujet par-là, quelque chose que j'aimerais pourvoir approfondir. Mais soit. Donc ce lycée permet à des élèves sortis du système scolaire de ne pas tout-à-fait sortir de la société, et d'avoir une chance de compléter leurs études, même si c'est à leur rythme et sans la moindre contrainte (franchement on se demande comment ça peut marcher, moi je demande à voir). Et en fait, les élèves ne sont pas vraiment de grands marginaux, si on regarde bien : il y a celle qui est partie parce qu'elle refusait l'uniforme (qu'elle ressentait comme une négation d'elle-même), il y a celui qui bégaye (ouais, et ça suffit pour se faire sortir du terrain de jeu scolaire, apparemment), il y a aussi celui n'est pas à l'aise en société et préfère la compagnie des ordinateurs (la geekette qui rédige sont post à 23h30 compatit). Vous le voyez, ce ne sont pas des délinquants juvéniles, on est loin de l'école de la dernière chance type Cœurs Rebelles, Cat Street détruit juste le mythe de l'école unique. Tous les élèves ne peuvent pas rentrer dans le moule, mais le système s'en fiche et les expulse. Je vous le dis, cette thématique mérite d'être approfondie.

Bon, hormis les bases du pitch, en fait, on sent que Cat Street a tout de même de grandes chances de se présenter comme une énième série sur l'amitié juvénile, Orange Days mais avec des autistes de la vie au lieu d'une sourde si vous voulez, un petit hymne à la liberté d'être soi (mais pas chanté trop fort), et je ne demande qu'à être surprise mais je pense qu'il n'y a pas lieu de placer mes espoirs trop hauts.
Mais bon, franchement, rien que ces quelques axes donnent une saveur certaine à Cat Street, un petit anticonformisme pas trop remuant qui permet de se sentir un peu hors du monde sans vraiment prendre la porte, et ça suffit aussi, dans le fond. A tous ceux qui avaient un rêve, et qui n'ont pas pu le réaliser, et qui n'avaient pas de plan B, Cat Street permettra de donner un peu d'espoir, et une série qui part du négatif pour aller vers le positif avec candeur, finalement, ça ne se refuse pas, par les temps qui courent.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Cat Street de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:50 - Dorama Chick - Permalien [#]

29-08-09

On n'attrape pas les téléphages avec du miel

Vous savez pourquoi j'aime regarder des pilotes ? Parce que ça me fait découvrir un univers nouveau. Le mot-clé étant "nouveau".
Car j'ai tout de suite un gros contentieux avec les séries qui dés le pilote, ne trouvent rien de mieux à faire que copier d'autres séries sans rien y apporter de personnel. J'imagine par exemple que le génie qui a été vendre Hachimitsu to Clover l'a pitchée comme suit : "ce serait Orange Days mais dans une école d'art". Et là je fronce les sourcils puissance 10 millions.

Orange Days est une excellente série. Était ; elle est japonaise. Ça fait d'ailleurs des plombes que je me jure de vous en parler et que je ne l'ai pas fait, c'est un crime. Il était donc naturel qu'un petit malin arrive par derrière et cherche à la ranimer. Mais ça, c'est quelque chose qui arrive souvent, simplement la plupart des créateurs de séries qui font ça tentent de maquiller leur forfait, et ajoutent quelques éléments pour faire genre "ah nan mais attends, c'est pas du tout pareil parce que tu vois...". S'ils ont du bol, le spectateur fera semblant de les croire.

Mais avec Hachimitsu to Clover, on ne gobe pas un seul instant qu'il s'agisse d'autre chose que d'un repompage en règle. Orange Days se passait à la fac ? Hachimitsu to Clover se passe à la fac. Orange Days suit les aventures de 5 amis ? Hachimitsu to Clover suit les aventures de 5 amis (même population d'ailleurs : 3 garçons / 2 filles). Orange Days a un personnage quasi-muet dont le héros tombe amoureux ? Nan, laissez-moi deviner... Et je n'irai même pas jusqu'à relever qu'un acteur d'une série se retrouve dans l'autre avec quasiment le même personnage.

Alors en soi, ce n'est pas une mauvaise série, certes, il y a des passages drôles (très drôles pour un ou deux) et d'une façon générale, c'est bien réalisé. Mais franchement, ça ne suffit pas à ce pilote pour qu'on développe une addiction à la série. Or, désolée, mais moi je pars du principe qu'il y a suffisamment de poissons dans l'océan pour que je ne me limite pas au menu fretin.
Par contre j'ai très envie d'un sandwich à la sauce miel-moutarde maintenant (alors qu'on n'a pas vu une goutte de miel dans cet épisode, allez comprendre).

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Hachimitsu to Clover de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 20:17 - Dorama Chick - Permalien [#]

18-08-09

Friends with benefits

On aurait pu penser que, bon, vu que j'écoute sa musique, je me serais précipitée sur les débuts d'actrice d'Ai Otsuka, chanteuse japonaise que peu de monde ici ne connait, mais vous savez où vous éduquer. Et pourtant non, ça ne m'a même pas effleuré, et ce n'était pourtant pas faute de savoir pertinemment qu'elle tenait le premier rôle de la petite série Tokyo Friends.

Il faut dire que Tokyo Friends, pour la petite histoire, n'a pas fait grand'chose pour marquer les esprits : seulement 5 épisodes (même pour une série japonaise, c'est peu !), pas de diffusion télé mais une sortie directe en DVD... et surtout, un scénario sérieusement pauvre. Le problème n'est pas tant que l'idée n'ait rien de très nouveau d'ailleurs (des jeunes qui se cherchent et font leurs choix tout en vivant une franche amitié), que le fait de n'avoir rien su en dire de nouveau. La nuance est de taille.

Ai Otsuka interprète donc Rei, une petite provinciale qui en a tellement marre d'habiter le trou du cul du monde, qu'elle se tape 16 heures de transports pour rallier la capitale. C'est dire si l'envie de s'enfuir est tenace. A Tokyo, elle retrouve son amie d'enfance Akemi qui vit dans la grande ville depuis quelques années, y a fait ses études, y cherche un boulot, mais ne semble s'être jamais vraiment acclimatée. A contrario, Rei fait quasiment des étincelles : elle a trouvé un boulot dés son arrivée (oui, c'est une série de science-fiction, on peut le dire), se fait des amis quasiment dans la foulée... et quand Akemi décide de retourner dans leur trou perdu natal, elle hérite même de son petite studio. Franchement, Rei ne s'en sort pas si mal. Mais ce ne sont que les apparences, puisqu'elle n'a aucune idée de ce qu'elle veut faire ensuite. Le job dans le resto, d'accord, pour faire la transition, mais ensuite ? Qui est-elle vraiment ? Que veut-elle faire ?

En fait, le gros défaut de Tokyo Friends, c'est de passer derrière Orange Days qui posait toutes ces questions avec beaucoup plus de finesse. On ne peut pas vraiment s'ôter de l'idée que le scénario est plus un prétexte qu'autre chose quand il s'avère que Rei finit par intégrer, un peu par hasard (c'est toujours par hasard) un petit groupe de musique complètement méconnu, et qu'elle en devient la chanteuse. Oui, la chanteuse est devenue actrice pour interpréter une chanteuse, on sent le rôle de composition. Étonnant d'ailleurs que la chanson FRIENDS qu'on entend à plusieurs épuisantes reprises dans le pilote ne soit pas sortie en single (seulement en face B d'une autre chanson), les Japonais perdent vraiment la main côté marketing...

Du coup, et bien que l'accent d'Ai soit charmant, son jeu relativement solide, et les dialogues pas trop indigents, on reste largement sur sa faim. Complètement le genre de truc sur lequel il faut faire l'impasse, et à laisser aux fans. Ca reste l'exemple parfait de série un peu commerciale (illustration par l'exemple : on en a ensuite sorti un film, où Otsuka, pas prête à tuer la vache à lait, a repris son rôle) dont l'intérêt ne dépassera que rarement les frontières nationales parce que, sortie de la machine à pognon, que vaut cette série ? Pas trois cacahuètes et tout juste deux.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Tokyo Friends de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:55 - Dorama Chick - Permalien [#]

16-08-09

[DL] 14 Sai no Haha

Mon marathon 14 Sai no Haha s'est terminé hier soir, entre deux réinstallations des Sims (ou disons plutôt 4 en fait, mais passons). Un marathon qui en fait n'en était pas un puisqu'il n'avait rien de prémédité, et que je ne pensais sincèrement pas finir la série aussi vite. En fait, à ma grande surprise, ce dorama a complètement pris le pas sur le suivi d'autres séries que je me décidais à regarder en intégralité au début de la semaine (Aishiteru ~Kaiyou~ où l'on retrouve l'une des actrices, et Kaze no Garden), avant que dans un sprint final, 14 Sai no Haha ne coiffe tout le monde au poteau...

Alors je me suis dit que je n'allais pas couper les ponts et comme ça... c'est d'ailleurs le plus difficile avec les dorama, les adieux... et que j'allais finir la semaine  avec un petit générique, parce que personnellement je trouve qu'il est réussi, et pourtant. Non, c'est vraiment ça le qualificatif : "réussi, et pourtant".

14SainoHaha
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Parce que de vous à moi, côté réalisation, on ne s'est pas beaucoup foulé. Mais ça marche à fond. Je me rappelle avoir entr'aperçu un extrait de ce générique il y a des lustres lorsque Shirushi (la chanson-titre) est sortie en single, dans une émission japonaise, je vous passe les détails vous n'êtes pas venus pour ça (sinon je vous lirais aussi commenter sur TP). Déjà à l'époque je m'étais dit "oh dites donc, ça vous attrape le cœur comme un rien, cette video", mais la déception était venue du pénible clip censé promouvoir la sortie du CD. La chanson n'étant même pas marquante (a contrario de celle de Last Friends, avec qui je trouve, ce générique partage son univers à mon sens), j'ai mis un mouchoir dessus et puis c'est tout ; le même groupe avait d'ailleurs produit un titre bien plus attrayant (quoiqu'à peine plus joyeux, et avec une video pas tellement plus ébouriffante) pour Orange Days, du nom de Sign (si le cœur vous en dit).

Mais voir aujourd'hui la version longue de ce générique, franchement, me rappelle à quel point mon cœur est captif de ces images. Je suis abasourdie par l'élégance qui s'en dégage, la façon dont tous les personnages sont représentés et mis sur un pied d'égalité (et tous terriblement beaux). Nan franchement, heureusement qu'ils raccourcissent le générique à mesure que la série progresse, sinon j'en serais encore au pilote.

Rappelons que le générique de début d'une série japonaise est coupé par l'annonce des sponsors, et que ça casse toujours un peu le générique, hélas. Mais cette annonce du sponsor a aussi lieu en cours d'épisode, et c'est ainsi que vers la fin de la série, on trouve ce très rapide encart... bah voilà c'est cadeau.

14SainoHaha_interlude
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche 14 Sai no Haha de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 20:32 - Médicament générique - Permalien [#]

24-06-09

Purple Days

...L'opération "éduquons SeriesLive sur la fiction japonaise" continue.
Gloire donc à Eske (que ses séries favorites soient renouvelées à l'infini) qui a mis en ligne ce soir les fiches suivantes :

- LIAR GAME
- Orange Days

D'Orange Days, je veux vous parler depuis un bon bout de temps. J'y viendrai lorsque j'aurai un moment, surtout maintenant que je sais que la curiosité de certains a été piquée quant à la télvision de l'archipel ! En tous cas patience, d'autres fiches sont encore à publier (et quand ce sera fait, d'autres seront envoyées... on n'en verra probablement jamais le bout et quelque part tant mieux).

En attendant n'hésitez pas à visiter les fiches en question, ainsi que les tags s'y rapportant...

Posté par ladyteruki à 07:05 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]


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