ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

16-06-12

Eien no natsu

Le printemps ne nous aura pas forcément comblés, en matière de séries japonaises, mais fort heureusement, l'avantage avec le système nippon, c'est que tous les trois mois on remet les compteurs à zéro et on repart pour une nouvelle saison pleine de nouveautés prometteuses ! Ce sera le cas au mois de juillet, alors que de nombreuses séries vont débarquer dans les grilles de l'archipel.

Voici donc un aperçu de ce que nous réserve l'été 2012 en matière de dorama... que j'ai essayé de faire le plus complet possible.
Vous allez aussi voir que j'ai tâché de le faire moins rébarbatif que les précédentes fois, vous me direz si ça vous convient comme ça !

En quotidienne  
   

BokunoNatsuYasumi

- Boku no Natsu Yasumi (Fuji TV)
L'histoire : un frère et une soeur passent l'été chez leurs grands parents pendant que le divorce de leurs parents est finalisé. L'occasion pour eux d'apprendre ce que c'était que d'être enfant en 1944...
L'avis : un cast étonamment jeune (le héros a 13 ans, un record) et une histoire forcément mélancolique font de ce dorama un projet assez à part. Je reconnais être sincèrement curieuse, c'est rare pour une série quotidienne.
> A partir du 2 juillet à 13h30
   
Lundi  
   

NaniwaShounenTanteidan

- Naniwa Shounen Tanteidan (TBS)
L'histoire : une jeune institutrice dotée d'un grand pouvoir de déduction mène des enquêtes avec l'aide de ses élèves de primaire.
L'avis : tous les enquêteurs de télévision ont de "grands pouvoirs de déduction". Mais les élèves de primaire, c'est relativement nouveau, si l'on occulte la ressemblance avec une série de la saison précédente ! Du coup, c'est plus tellement nouveau.
> A partir du 2 juillet à 20h
   

RichManPoorWoman

- Rich Man, Poor Woman (Fuji TV)
L'histoire : un homme, bah, riche, embauche une femme, euh, pauvre. Au début ils s'engueulent, mais progressivement...
L'avis : à mon avis c'est l'adaptation qui ne dit pas son nom d'une comédie romantique sud-coréenne. On va voir ce qu'en pensent les spectateurs nippons, mais je ne suis pas dupe.
> A partir de juillet à 21h
   

SoumatouKabushikigaisha

- Soumatou Kabushikigaisha (TBS)
L'histoire : imaginez qu'une entreprise possède chaque moment de votre vie sur DVD. Imaginez maintenant qu'on vous donne ces DVD, par l'entremise d'une mystérieuse guide pour les visionner... se pourrait-il que vous y découvriez quelque chose ?
L'avis : oh mon dieu, la série que je réclame depuis des années sur The Final Cut, ils l'ont fait !!!
> A partir du 16 juillet à 00h
   
Mardi  
   

IkimoDekinaiNatsu

- Iki mo Dekinai Natsu (Fuji TV)
L'histoire : deux êtres à la dérive (une jeune fille de 19 ans qui découvre le secret de ses origines, et un journaliste dans la quarantaine brisé par un lourd passé) se rencontrent et se raccrochent l'un à l'autre...
L'avis : les personnages ont l'air salement amochés, ce qui rachète quasiment à mes yeux cette romance assez classique. Peut-être le dorama-dramatique-qui-fait-pleurer de l'été ?
> A partir de juillet à 21h
   

GTO-2012

- GTO (Fuji TV)
L'histoire : autrefois légendaire biker, Onizuka devient un professeur pas comme les autres, aidant ses élèves dans leurs problèmes personnels.
L'avis : remise au goût du jour, cette nouvelle version (la première datait de 1998) ne flaire pas trop la prise de risques.
> A partir du 3 juillet à 22h
   

TsurukameJosanin

- Tsurukame Josanin (NHK)
L'histoire : peu de temps après son mariage, l'époux de Mariya disparait mystérieusement, et elle se lance à sa recherche. Ailleurs, au Japon, une sage-femme épuisée par la mentalité de la ville gagne à la loterie et entame un tour du monde. Elles vont se rencontrer par hasard à Okinawa, sur une petite île en forme de coeur, et se lier d'amitié.
L'avis : you got me at "Okinawa".
> A partir du 28 août à 22h
   

DragonSeinendan

- Dragon Seinendan (TBS)
L'histoire : lorsqu'un dragon apparait, une poignée de jeunes gens découvre qu'ils pourraient bien être les seuls capables de l'arrêter...
L'avis : mélanger de la fantasy avec de l'humour n'a aucune raison de rater, mais je dis peut-être ça à cause de Yuusha Yoshihiko to Maou no Shiro.
> A partir du 17 juillet à 22h55
   

Mercredi

 
   

KeishichouSousaIkka9Gakkari

- Keishichou Sousa Ikka 9 Gakkari (TBS) - saison 7
L'histoire : des flics et des enquêtes.
L'avis : à quoi voit-on que c'est l'été ? Eh bah, la subunit 9 revient.
> A partir du 4 juillet à 21h
   

Tokkan

- Tokkan (TBS)
L'histoire : une jeune femme désireuse d'obtenir la sécurité de l'emploi devient fonctionnaire. Sauf qu'elle a hérité du pire boulot au monde : elle est chargée d'aller récupérer des sommes dues par des gens n'ayant pas réglé leur impôt. Ah et son supérieur est surnommé le "Dieu de la mort".
L'avis : sur NTV, on a apparemment regardé Tricky Business...
> A partir du 4 juillet à 22h
   
Jeudi  
   

KyotoChikennoOnna-Saison7

- Kyoto Chiken no Onna (TV Asahi) - saison 7
L'histoire : pour la 7e saison, la procureur de Kyoto revient pour de nouvelles affaires.
L'avis : les procedurals, plus on en tue, plus il en vient.
> A partir du 5 juillet à 20h
   

IryuuSousa

- Iryuu Sousa (TV Asahi) - saison 2
L'histoire : retour de l'homme qui murmurait aux oreilles des objets inanimés...
L'avis : est-ce le début d'une nouvelle franchise policière au Japon ? Je suis curieuse de voir si la série saura attirer autant de public que l'an dernier. Si c'est le cas, il faudra sans doute compter sur elle l'an prochain aussi.
> A partir du 12 juillet à 21h
   

jaiditjpegmaisenfaitcestun

- Beginners! (TBS)
L'histoire : un jeune homme dont le père était flic est devenu déliquant à sa mort. Se ravisant, il a fini par entrer à l'école de police où il est à nouveau découragé par des tâches subalternes, avec plusieurs de ses camarades qui passent leur temps à nettoyer les locaux.
L'avis : et dire que certains s'étaient plaints de NYC 22, mais à côté de ça même Rookie Blues a l'air plus captivant !
> A partir de juillet à 21h
   

HigashinoKeigoMysteries

- Higashino Keigo Mysteries (Fuji TV)
L'histoire : adaptée des nouvelles de Keigo Higashino, cette série d'anthologie s'intéresse à des mystères et des meurtres étranges...
L'avis : les anthologies, au Japon, c'est rare. Et comme en plus l'auteur ici adapté a déjà donné quelques bonnes histoires à la télévision (dont Ryuusei no Kizuna), eh bah on va regarder, ya pas trop le choix. Surtout vu le nombre d'acteurs qu'on va y trouver...
> A partir de juillet à 22h
   

Vision

- Vision (NTV)
L'histoire : une jeune mannequin reçoit d'étrange visions de meurtriers. Un flic mis sur la touche va profiter de ce don pour résoudre des enquêtes.
L'avis : j'en ai marre, des enquêtes, j'en ai maaaarre !
> A partir du 5 juillet à 23h58
   
Vendredi  
   

Hakuouki

- Hakuouki (NHK BS Premium)
L'histoire : la trajectoire épique d'un homme qui a perdu sa femme, sa famille et un bras dans un combat d'honneur, et qui devient un guerrier maniant l'épée d'une main...
L'avis : espérons qu'on puisse espérer de la chaîne câblée quelque chose d'un peu plus enthousiasmant que ce que le pitch laisse présager...
> A partir du 13 juillet à 20h
   

YorunoOnnaKyoushi-2

- Yoru no Onna Kyoushi (TBS)
L'histoire : professeur de chimie le jour, justicière la nuit. Une enseignante résout les problèmes qui rongent son établissement (harcèlement, drogue, sexe...) avec des méthodes bien à elle.
L'avis : pauvre lycéens japonais qui sont en vacances d'été et que la télévision veut absolument ramener à leur problèmes scolaires...
> A partir de juillet à 22h
   

BoysontheRun

- Boys on the Run (TV Asahi)
L'histoire : un jeune homme de 27 ans qui n'a jamais eu aucune expérience avec une femme se retrouve coaché par l'un de ses collègues qui lui permet de progresser avec la jeune femme qu'il convoite.
L'avis : adaptation d'un manga éponyme, cette série promet des nuits d'été moite...
> A partir du 6 juillet à 23h15
   

Samedi

 
   

GhostMamaSousasen

- Ghost Mama Sousasen (NTV)
L'histoire : elle était flic, elle est morte, et aujourd'hui elle apparait à son fils de 5 ans avec lequel elle résout les affaires de défunts qui ne peuvent pas quitter ce monde.
L'avis : eh alleeez, l'invasion de mioches continue. Merci pour rien, Mana Ashida.
> A partir du 7 juillet à 21h
   

MaketeKatsu

- Makete, Katsu (NHK)
L'histoire : Shigeru Yoshida était un Premier Ministre japonais entré dans l'Histoire pour avoir tenu tête à MacArthur, ce qui l'a conduit en prison, puis avoir ensuite avec lui travaillé à la reconstruction du Japon après la Guerre.
L'avis : une petite mini-série historique (5 épisodes) au sujet original, qui permettra d'avoir un angle différent sur un sujet usé jusqu'à la corde.
> A partir de septembre à 21h
   

DesBisousDesGentilsDesToutDouxDesGeantsDesToutFous

- Omoni Naitemasu (Fuji TV)
L'histoire : la beauté d'Izumi est sa plus grande tragédie. Non seulement personne n'ose l'approcher, mais en plus elle est la muse et maîtresse d'un peintre, qui ne la rémunère pas pour ne pas être pris sur le fait par sa femme qui gère ses finances.
L'avis : j'ai hâte de m'efforcer de compatir aux tourments de la plus belle femme du monde. Vraiment, ça me brise le coeur par avance.
> A partir du 7 juillet à 23h10
   

Sprout

- Sprout (NTV)
L'histoire : lorsque le père de Miku décide de monter son propre internat, l'adolescente est opposée au projet, surtout quand un de ses camarades de classe emménage sous son toit. Et que, pire encore, il a déjà une petite amie.
L'avis : désolée, j'arrive pas à taper et faire un facepalm en même temps.
> A partir du 8 juillet à 00h50
   
Dimanche  
   

BeautifulRain

- Beautiful Rain (Fuji TV)
L'histoire : un veuf qui vivait avec sa petite fille commence à souffrir d'Alzheimer... comment la petite fille qui a déjà bien morflé et le paternel qui s'est pas non plus marré vont-ils vivre cette épreuve ?
L'avis : sortez les mouchoirs.
> A partir de juillet à 21h
   

SummerRescue

- Summer Rescue (TBS)
L'histoire : un jeune chirurgien est envoyé par son supérieur acquérir un peu d'expérience dans les interventions urgentes en haute montagne.
L'avis : cycliquement, les chaînes nippones nous font un trip Medicopter. Vous croyez que ça va nous faire un succès comme Code Blue ?
> A partir du 8 juillet à 21h
   

RenaiKentei

- Renai Kentei (NHK BS Premium)
L'histoire : une mini-série en 4 épisodes dans laquelle un Dieu de l'amour est envoyé sur Terre pour aider les célibataires à la recherche de leur moitié.
L'avis : cycliquement, les chaînes nippones nous font un trip Cupid. Vous croyez que ça va nous faire un succès comme... euh... je crois que je viens de répondre à la question.
> Depuis le 3 juin à 22h
   

PasdePubliciteMensongereIci

- Takahashi Rumiko Gekijou (NHK BS Premium)
L'histoire : une anthologie basée sur l'oeuvre de la célébre mangaka.
L'avis : ça vaudra très certainement le coup d'oeil pour les amateurs de manga.
> A partir du 1er juillet à 22h
   

Magma

- Magma (WOWOW)
L'histoire : chargée de redresser les finances d'une douteuse filiale spécialisée dans la géothermie, une jeune femme met le doigt dans un engrenage qui la dépasse.
L'avis : WOWOW. Politique. Société. Vendu.
> Depuis le 10 juin à 22h
   

LePlaisirEtaitPourMoi

- Platinum Town (WOWOW)
L'histoire : en revenant dans son patelin natal, un homme découvre combien la ville a trinqué pendant la crise. Il décide d'en devenir le maire et de la remettre sur pieds. Pour cela, il envisage de construire un parc d'attractions... pour personnes âges.
L'avis : c'est pas le genre de WOWOW de nous faire des comédies débiles, donc l'autre option fait que cela pique ma curiosité !
> A partir du 19 août à 22h

A savoir qu'en plus de ces séries, les séries de la NHK, à savoir l'asadora Umechan Sensei, et Taira no Kiyomori, seront évidemment de retour.
Apparemment la chaîne publique a également une série intitulée Akai Hanabata quelque part dans ses cartons, mais j'ai trouvé trop peu d'infos pour l'ajouter à ce tableau. Tout ce que je sais c'est qu'elle portera sur des ossements retrouvés dans un pot de fleur, et qui pourrait expliquer la disparition d'une adolescente. Voilà, vous en savez autant que moi.


En-dehors des projets de WOWOW, qui sont tout simplement incontournables à ce stade et je pense qu'on est tous très au fait de cette évidence, les séries à attirer le regard ne sont pas forcément légion, il faut le dire. C'est marrant parce que, un peu comme pour la télévision américaine, tout ce qui m'intéresse est en début de semaine ! Jugez plutôt : Soumatou Kabushikigaisha (qui est un peu Noël en avance !) évidemment, et Tsurukame Josanin qui m'évoque l'émotion de Ruri no Shima ; il y a aussi dans une moindre mesure Iki mo Dekinai Natsu si le ton est bien trouvé, et le marrant Dragon Seinendan, peuvent aussi valoir le coup d'oeil. J'ajoute que chaque saison ou presque, je dis que je vais ptet filer un coup d'oeil à une série quotidienne, eh bien pour la première fois avec Boku no Natsu Yasumi je trouve une vraie raison de surveiller les sous-titres.
Et vous alors, qu'est-ce qui vous tente cet été ?

Posté par ladyteruki à 22:12 - Dorama Chick - Permalien [#]

16-06-11

Everything you always wanted to know

Tout le monde s'y met, c'est le concept d'une chaîne, voilà donc mon tour pour les Kreativ Blogger Awards, le truc dont on ne sait pas trop d'où il vient ni d'où il tient son nom, mais c'est pas une raison pour être impolie et bouder, pas vrai ?
Merci donc à Lorna qui m'a taggée.

Kreativ
Pour ceux qui n'ont pas déjà lu vingt fois les règles du jeu, un petit récapitulatif ; quand vous recevez ce tag, vous devez :
1. remercier la personne qui vous a donné ce prix
2. mettre le logo sur votre blog
3. mettre le lien vers la personne qui vous l’a envoyé
4. dévoiler 7 choses sur vous
5. nommer 7 blogs qui devront faire comme vous
6. mettre le lien des 7 blogs
7. prévenir les personnes concernées

Voilà alors ça part mal, j'ai pas procédé dans l'ordre vu que j'ai mis le lien avant de mettre le logo ; et allez ça commence, c'est déjà n'importe quoi !
Bon. Je vous avoue en plus que vu le blindage de ma page Formspring, je ne sais pas si je vais trouver 7 choses que vous ne savez pas sur moi, mais on va tenter. A vos risques et périls, hein. De quoi ? Ces 7 choses doivent être de l'ordre du téléphagique ? J'vais voir ce que je peux faire, mais je vous promets rien. Alors...

1 / J'ai régulièrement l'envie de migrer ce blog sous Wordpress, pour à la fois pouvoir sauvegarder les textes (car on va être clair, tout perdre me ferait franchement flipper et je pense que ce jour-là, si ça devait arriver, je plaquerais vraiment tout), et pour pouvoir aussi faire des choses qu'actuellement je ne peux pas faire, ou moins bien. Les albums qui servent pour la rubrique Cagoulage, par exemple. Ou bien pour rendre le Pilot Watch plus agréable à la mise à jour comme à l'utilisation. Mais aussi des articles "de fond" voire des tutos pour mieux utiliser ce blog parce qu'il y a encore des tas de requêtes genre "ladytelephagy [nom de la série]" alors qu'il suffit d'utiliser les tags, moi je n'utilise que ça pour faire mes liens ! Le problème c'est que je ne me fais pas confiance pour gérer ça toute seule et du coup je n'ai de cesse de reporter. J'ai déjà installé Wordpress plusieurs fois sur divers hébergements, à titre de test pour telephagy ou pour Teruki Paradise, donc voilà, et je sais même qu'il existe un module pour importer depuis Canalblog, mais seule, je crains de me lancer là-dedans et qu'au final, le mieux soit l'ennemi du bien. Alors voilà. Je reste sur Canalblog. Et souvent ça me frustre.

2 / Je suis épouvantablement fidèle sur internet. Ca me demande un effort intellectuel intense de faire la démarche d'aller, mettons, cliquer sur Allociné. Ce n'est pas que je trouve que SeriesLive est le meilleur site de la planète, mais c'est mon alma mater et, même quand quelque chose m'y déplait, je pars du principe que ça peut être changé (à force de beaucoup d'insistance, certes) et que changer de crèmerie ne résoud rien. Je suis arrivée sur ce site fin 2004, il y a eu les périodes où j'étais dans l'équipe (presque dés mon arrivée) et où je n'y étais pas (quand je me suis concentrée sur le défunt Teruki Paradise), mais ça a toujours été le site que je consulte quoi qu'il arrive et je pense que ça ne changera jamais, quoi qu'il arrive. Je dis souvent pour déconner qu'un lien vers SeriesLive par post, sur ce blog, c'est contractuel, mais en réalité même quand je ne faisais plus partie de l'équipe, que j'avais peu de temps à consacrer à ce site voire pas du tout, et même, pendant quelques mois, quand j'étais fâchée avec l'équipe dirigeante, je continuais à lier. Là en ce moment je suis en train de réfléchir à une meilleure façon de présenter les récap du Monde du dimanche, mais dés que j'aurai trouvé une formule qui me plaise plus que l'actuelle, vous pouvez être sûrs que la promo va reprendre de plus belle. C'est un site bien, et je fais mon possible pour qu'il se porte le mieux possible, et si je suis la première à reconnaitre qu'il n'est pas parfait et que certaines choses demandent des corrections ou du travail, vraiment, c'est un site incontournable pour moi.

3 / Je n'ai jamais été shipper. C'est vraiment une notion abstraite pour moi parce que concrètement, la romance dans les séries, je m'en suis toujours remarquablement bien passée, et suis infiniment plus sensible aux histoires d'amitié et/ou aux histoires qui finissent mal, deux types d'intrigues qui se mêlent tout de même rarement à la romance. Et accessoirement c'est aussi ce qui explique que je sois plus imperméable à la fiction coréenne qui, bien souvent, tourne essentiellement autour de ça. Parfois j'ai l'impression de complètement passer au travers des préoccupations de téléphagiques de beaucoup d'entre vous et ça me fait de la peine, parce que c'est vraiment une émotion qui m'est inconnue. De la même façon, je n'ai pas un tempérament de fan. Pas par rapport à des personnes en tous cas, sauf évidemment quelques rares exceptions genre Fran Drescher (un nom qu'évidemment vous relirez très bientôt dans ces colonnes). Il y a des gens qui portent des T-shirts Joss Whedon, moi je vois pas trop pour quoi faire. Les rencontres avec les célébrités m'attirent rarement, et m'émeuvent peu quand elles se produisent, que ce soit dans le cadre de mes attributions sur SeriesLive (je pensais vraiment avoir au moins une petite faiblesse dans les jambes quand j'ai rencontré Alexandre Astier, en fait j'étais plus nerveuse à l'idée de rater l'interview, qu'à l'idée de parler à quelqu'un que j'estime beaucoup, allez comprendre) ou dans le cadre de mon boulot où les personnalités ne sont pas rares non plus. J'étais contente de causer à la belle Kandyse McClure l'an dernier, vraiment, mais j'étais pas hystérique ni rien, et là encore c'était presque décevant. J'ai mes têtes, c'est sûr. Mais j'arrive pas à être fan. Si, j'arrive à être réellement hardcore fan de certains personnages, et faire des fixations monomaniaques sur des séries. Mais sur des gens, vraiment rarement. Et pour Fran Drescher, ça vire pas franchement à l'hystérie, c'est plus de l'admiration inconditionnelle. Vraiment, j'ai l'impression de passer à côté d'un truc.

4 / J'ai l'immense vice de ne jamais rien effacer. Ni ce que j'enregistrais, du temps de la VHS, ni ce que je cagoule aujourd'hui que cette pratique a remplacé l'enregistrement des programmes télé. Mes bras m'en remercieront, d'ailleurs, le jour du déménagement. Mais parfois, je le fais. Parfois, quand la place vient à manquer, je commets cet acte qui pourtant me répugne au plus profond de mon être (ne serait-ce que parce que c'est comme ça qu'on perd des épisodes qu'il devient impossible de retrouver), aussi j'ai une espèce d'algorythme mental qui me fait calculer le rapport intérêt/rareté de chaque épisode que je m'apprête à supprimer. La logique voudrait que je grave tout ça mais sérieusement, je ne connais rien de plus usant. Il faudrait un jour que je me bloque un aprem pour graver des séries mais pardon de le dire, ça me fait chier. Alors ça traine et j'en viens à supprimer le pilote de Capadocia. Un jour je vais m'en mordre les doigts.

5 / Au fur et à mesure que j'achète des DVD, il y a des cagoules que j'avais gravées qu'il ne devient plus nécessaire de conserver. Pourtant là encore, impossible de le jeter, ça me fait trop mal au coeur. Je garde donc tous ces doublons en me disant que si je les donne à quelqu'un, c'est encore pire aux yeux de HADOPI (ne parlons même pas de recevoir un dédommagement), mais qu'en même temps c'est vraiment trop con. Le seul truc qui pourrait résoudre mon problème, c'est si un jour ces rondelles disparaissaient par magie de mon bureau. Je ne poserai pas de question, je me dirai simplement que ces cagoules sont parties vers un monde meilleur où elles contribuent à l'éducation des téléphages les plus démunis.

6 / En ce moment, quasiment un jour sur deux, je reçois dans ma boîte aux lettres des commandes relatives à l'univers des séries (je vous raconte pas quel aura été mon budget séries ces dernières semaines, c'est indécent). La dernière en date n'était pourtant pas un coffret DVD mais un petit ouvrage de François Jost intitulé "De quoi les séries américaines sont-elles le symptôme ?". Je recommande parce que c'est pas cher (4€), très court (62 pages), et que les éditions du CNRS livrent par la Poste. Il y a des erreurs factuelles ("la même année", Profiler, The Inside et Medium, vraiment, ya pas comme un intrus ?) et l'analyse semble parfois pousser un peu loin certaines choses, mais l'un dans l'autre c'est pas mal du tout et au moins ça change un peu des autres bouquins francophones sur les séries, qui finissent toujours par vouloir réhabiliter le genre plus que l'étudier.

7 / Ca fait 10 ans que je veux apprendre le Suédois ; ça, vous le saviez déjà. Ce que je n'ai pas encore dit c'est qu'au début du mois, je me suis commandé ma toute première méthode pour m'y mettre, lentement mais sûrement. Et ça m'attriste beaucoup parce qu'évidemment, vous le devinez, je vais être obligée de regarder des séries suédoises pour m'améliorer... Quand j'avais cagoulé Himmelblå il y a quelques temps (que j'ai pas reviewé parce qu'on va le dire sincèrement, je l'avais vu à cause des retours qui semblaient bons et de la nomination aux Gullruten, et que j'ai fini par découvrir une version norvégienne de Ruri no Shima, et qu'en plus c'est Koselig Med Peis qui a gagné), j'avais eu le plaisir de découvrir que le fichier comportait des hardsubs sous-titrés en norvégien ; j'espère pouvoir en trouver aussi pour des séries suédoises. C'est un changement vraiment important pour moi parce que c'est un pas que je n'ai jamais franchi auparavant pour les séries étrangères... Une drôle d'aventure s'annonce.


Bon, pour le dernier point... Je vous avoue qu'à part La Sorcière (que je n'ai encore jamais vue répondre à un tag), Shoone (s'il me lit), et Scarlatiine (qui a dit que sur son blog elle parlerait parfois séries, donc tentons), tous les blogs que je lis de près ou de loin ont déjà répondu à ce tag ou s'apprêtent à le faire. Du coup, si vous voulez, prenez donc, et dites que c'est de ma part !

Posté par ladyteruki à 19:21 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

26-03-11

Passe le message à ton voisin

En des temps immémoriaux, vous n'êtiez pas encore internautes, peut-être même n'aviez-vous encore jamais cliqué sur une souris, il existait un truc qui s'appelait "tagger" (orthographe incertaine). Cela consistait à répondre à un questionnaire donné puis proposer aux petits copains d'en faire autant. La réaction en chaîne qui en découlait permettait à plusieurs blogueurs, bien que ne s'exprimant pas sur le même support, de tous répondre aux mêmes questions. Accessoirement, ce mème avant la lettre avait tendance à meubler le contenu des blogs d'une même sphère.
C'est ce petit goût d'antan, cette madeleine de Proust numérique, que je retrouve alors que l'ami Eclair m'a taggée, après l'avoir lui-même été. C'est donc de bonne grâce et même avec une dose de nostalgie que je me plie à l'exercice...

1 / Depuis quand regardes-tu des dramas ? Quel a été ton 1er drama ? Comment as-tu découvert les dramas ?

C'était début 2006 ; à l'époque je tenais un site sur la Jmusic du nom de Teruki Paradise (Paix à son âme), sur lequel une petite communauté francophone se réunissait via les forums United Paradise. Ah, les souvenirs ! Bref comme on s'en doute, plusieurs de mes compagnons étaient coutumiers des séries japonaises (et/ou coréennes), et il n'a pas fallu bien longtemps avant qu'on m'encourage à m'y essayer. Mais c'était voué à se produire, si ça ne s'était pas fait comme ça, il y aurait eu un autre vecteur : passionnée de popculture japonaise, passionnée de séries... ces deux passions se serait forcément retrouvées tôt ou tard. Malheureusement, mon souvenir est plus flou lorsqu'il s'agit de se rappeler du titre de la toute première série que j'ai vue. C'était, au choix, 1 Rittoru no Namida, Orange Days ou... Attention Please (ah ouais tout de suite c'est moins glorieux...). Ca se trouve je m'en souvenais quand j'en ai parlé les premières fois sur ce blog, il y aura donc certainement plus de détails via les tags...

OrangeDays
2 / Si tu ne devais garder qu’un drama, lequel ce serait et pourquoi ?

Ha ha ha, ne regarder qu'un dorama, genre c'est possible ! Ca ne correspondrait probablement pas à ma consommation téléphagique : le format court et fermé de la plupart des séries asiatiques (saisons courtes, pas de renouvellement...) fait que je ne pourrais pas en garder qu'un. Ce serait de la torture. Il m'en faut au contraire plus, toujours plus.
Mais, disons... bon... allez, pour la forme, s'il devait n'y en avoir qu'un... Argh, non, c'est juste pas possible de choisir ! Il y a les raisons sentimentales (Orange Days, Lunch no Joou, Ruri no Shima), les raisons téléphagiques (MotherMousou Shimai, Atami no Sousakan), et les raisons brumeuses mais non moins valables (Kamisama, Mou Sukoshi Dake). Pour toutes ces séries et tant d'autres, l'exclusion de ma liste est impossible. Désolée, je suis incapable de ne choisir qu'un dorama. Peut-être justement parce que je regarde des dorama précisement pour la diversité...

MousouShimai
3 / Si tu devais nommer un drama à éviter absolument, lequel ce serait et pourquoi ?

Là encore la liste est longue, mais déjà j'arrive un peu plus à faire du tri. Disons que les premiers titres qui me viennent feront office de pires élèves de la classe, et tant pis pour tous les autres dorama contre lesquels il faudrait prendre le temps de vous mettre en garde. Mentionnons donc, entre autres : Majisuka Gakuen, Kaibutsu-kun, Shinira Bulriwoon Sanai... Mais je pense vous avertir assez régulièrement du danger qui vous guette avec certains navets, alors restez dans le coin pour ne pas vous faire avoir.

KaibutsuKun
4 / Quel est le drama que tu n’as pas encore vu et qui te tente énormément et pourquoi ?

C'est un problème qui étrangement me touche assez peu, je crois réussir à regarder à peu près tout ce que je veux... Enfin, dans une certaine mesure. Disons que, à part s'ils ne sont pas sous-titrés naturellement, j'arrive à trouver le temps de regarder tous les pilotes des dorama qui m'intéressent. Le soucis, c'est de ne pas trouver ce temps pour suivre la série même quand le pilote m'a plu. Exemple concret : j'ai adoré le pilote de CHANGE, mais impossible de me caler les fesses une heure pour voir le deuxième épisode. Et pourtant j'en crève d'envie, mais voilà : il y a toujours plein d'autres pilotes qui passent. Au final, et c'est pire encore pour les dorama que pour les séries américaines d'ailleurs, j'ai tendance à reporter le visionnage de la suite en me disant que de toute façon il y a peu d'épisodes, donc ça ira vite. Et là, CHANGE, pour reprendre l'exemple, ça fait depuis décembre/janvier que je reporte. C'est le drame de ma vie de téléphage, mais c'est comme ça.

CHANGE
5 / Quel est le drama qui ne te tente absolument pas et pourquoi ?

Un jour, un jour promis je me bloquerai du temps pour tenter le pilote d'un truc comme Nobuta wo Produce, mais rien à faire, pour le moment, ça passe pas. Il faudra certainement la jouer style Orange Mécanique ce jour-là. Je ne suis pas dans la cible et c'est, vue de loin, typiquement la série qui n'a rien pour me plaire. Après effectivement, c'est vu de loin, justement, donc je m'en fais peut-être une fausse idée. Mais je ne me sens pas concernée par une série qui se passe dans un lycée. Ni au Japon ni ailleurs, en fait. C'est un contentieux de genre qui dépasse largement le problème Nobuta wo Produce, mais enfin, un jour, faudra bien combler cette lacune, quand même.

NobutawoProduce
6 / Tes acteurs et actrices préférées ?

Je fais relativement peu attention au cast d'une série. En fait, c'est plus une exception qu'une règle, quand je me réjouis de la présence de quelqu'un au générique. Pour Miki Maya, Yuuki Amami (qui n'a pas le droit de pleurer), Asami Mizukawa et la sublime Michiko Kichise, par exemple, ça a un semblant d'intérêt, et encore. Disons que je me réjouis de les voir mais... bon bah, elles sont là c'est bien, elles sont pas là c'est pas grave. Je ne regarde pas une série parce que ces actrices sont au générique, d'ailleurs (toujours pas tenté Hagane no Onna, par exemple, et pourtant la saison 2 arrive au printemps), mais j'avoue qu'une série qui les engage a tout de suite gagné quelques points de karma supplémentaire avec moi. En gros, si un jour Yuuki Amami et Miki Maya tournent dans la même série (attendez je fais une pause, j'essaye de me rappeler si ça s'est déjà produit...?!), ça ne signifiera pas que je la regarderai forcément (tout dépendra du pitch), mais si je la regarde, je trouverai plein de raisons plus ou moins valables pour ne pas la déprécier.
Etrangement, du côté des hommes, je me tamponne sévèrement le coquillard de qui qui y est et qui qui y est pas. Ca doit encore avoir un rapport avec l'identification, tout ça.

YuukiAmami
7 / Ton meilleur souvenir drama ?

Je sais pas si c'est le meilleur, mais c'est l'un des plus émus. Par contre attention, spoiler inside.
Je venais de commencer les dorama, ça faisait moins de trois mois et j'avais déjà vu deux ou trois titres, et me voilà à démarer Ruri no Shima et Lunch no Joou. C'est à cette période que ma grand'mère a été admise à l'hôpital, et comme c'était compliqué et que je ne pouvais pas aller la voir, j'essayais de tromper mon inquiétude en me goinfrant d'épisodes de ces deux séries. Et puis, le 8 mars, elle est décédée. J'étais effondrée. Quelques jours plus tard, j'ai repris les visionnages. Et, pour ces deux séries, l'épisode suivant... comportait le décès d'un personnage. Jamais je n'ai eu le coeur brisé comme ça par un épisode, de toute ma vie. Mais c'est aussi, je pense, comme ça que j'ai entamé le travail de deuil, finalement, en affrontant le sujet au lieu de l'éviter.
Ce n'est pas forcément un "bon" souvenir, mais c'est un souvenir téléphagique intime, de ceux qui, je pense, comptent le plus en termes de séries, et je pense qu'aucune série américaine que je regardais à ce moment-là n'aurait pu me toucher de cette façon. La meilleure preuve c'est que 5 ans plus tard, je me souviens de ces deux séries et de l'impact qu'ont eu ces intrigues sur moi, mais que je suis infichue de vous dire quelle série américaine je regardais à la même époque.

RurinoShima
8 / Qu’est ce que tu dirais à une personne qui ne regarde pas de dramas pour la convaincre d’en regarder ?

Que c'est DIFFERENT. C'est à la fois l'avantage et l'inconvénient. J'entends très souvent des téléphages, dire qu'on tourne en rond, que les chaînes US passent leur temps à recycler de vieilles idées ou des recettes qui marchent. Je conteste ce diagnostic (en général il résulte surtout d'un manque de connaissance de ce qui passe aux USA pour se focaliser uniquement sur les séries les plus populaires du moment et/ou les annonces de projets, souvent peu alléchants sur le papier), mais il est ce qu'il est. A cela je réponds : vous voulez changer d'air ? Il y a des choses différentes en Asie (et ailleurs, mais ce n'est pas l'objet de ce post...!). C'est une formidable façon de continuer de regarder des séries sans tomber sur tout ce qu'on connait déjà via les séries américaines, britanniques, françaises...
Dans les dorama, ce qui prime, c'est le personnage et son ressenti. C'est différent des séries occidentales parce qu'on y prévilégie l'intrigue, les rebondissements, ou les effets de style... Bien-sûr, dans un sens comme dans l'autre, les généralités sont pièges, mais grosso-modo, l'Asie, c'est une télévision à ressentir. Et, alors que depuis 10 ans on nous sert des séries majoritairement tournées vers le cérébral, l'intellectuel (résolution d'enquêtes, interrogatoires, etc...) via les séries policières notamment, bref, depuis 10 ans qu'il y a une approche essentiellement "cerveau gauche" de la fiction, je trouve que ça fait du bien de se laisser aller à quelque chose qui se rapproche de l'émotion pure.
Les dorama, ce n'est pas pour tout le monde, et il y en a qui n'accrocheront pas. Il y en a beaucoup, à dire vrai. Mais c'est une façon de diversifier son menu téléphagique qui permet de se rafraîchir les idées et d'aborder les choses avec un regard, sinon neuf, au moins ressourcé.
Regarder des séries asiatiques, ça demande du temps parce qu'il faut prendre de nouveaux repères, et apprendre ce qui convient et ce qui ne convient pas à chacun. Moi j'ai mis beaucoup de temps à y venir parce que je voulais éviter les amourettes et/ou les trucs lycéens, je croyais que toutes les séries asiatiques c'était ça. Il y en a, c'est sûr (et j'ai envie de dire qu'il y a plus d'amourettes en Corée du Sud, d'ailleurs, ce qui explique ma préférence pour le Japon où les thèmes me semblent plus divers), mais il n'y a pas que ça, simplement il faut dépasser le cliché, chercher, se laisser recommander des trucs et se laisser le temps de se documenter. C'est comme pour plein de choses : si vous voulez être exigeants, il faut vous en donner le temps.

AtaminoSousakanForever
Voilà, j'ai assez papoté ! Je passe le relai à Nakayomi, qui va certainement nous parler lui aussi de Sailor Moon, et à Nephthys, parce que c'est cool d'avoir l'avis d'une petite nouvelle dans le domaine.

Posté par ladyteruki à 17:53 - Dorama Chick - Permalien [#]

25-06-09

La vie, la mort, la mer

Imaginez du bleu à perte de vue. Au beau milieu de cet océan de bleu, un petit point vert. Et sur ce point, quelques points plus petits encore qui s'agitent.
Voilà un peu ce à quoi ressemble Hatomijima depuis le ciel. Hatomijima est le nom de l'île fictive où se déroule Ruri no Shima (littéralement : l'île d'azur ou l'île de Ruri), la série dont je vais vous parler aujourd'hui.

Hatomijima est absolument paradisiaque. Si vous ne connaissez rien d'Okinawa (la région sud de l'archipel nippon) et de son ambiance un peu sauvage, attendez-vous à tomber amoureux. De l'île, on ne distingue rien d'autre que l'océan à perte de vue. Et l'île elle-même n'est que rochers, sable et verdure. Dire que jusque là vous pensiez que Hawaii était une destination de rêve...!
Mais ce qui fait la beauté de Hatomi a aussi causé sa perte : isolée de tout, et notamment de l'administration, elle vit un dépeuplement que rien ne peut arrêter. Avoir préservé sa nature sauvage, et donc pas toujours adaptée aux ambitions de confort moderne, a découragé progressivement ses rares habitants. Dernier bastion de la civilisation, l'école apprend que le dernier enfant qui fréquentait sa classe unique est sur le point de quitter l'île. Il ne lui reste donc plus qu'à fermer. Voilà qui sonnerait la mort de l'île et de ses habitants, dont la moyenne d'âge tourne autour de 60 ans et dont le renouvellement n'est plus du tout assuré. Au mieux, il leur faudrait quitter l'île qu'elles ont protégée des décennies durant, et c'est de toutes façons hors de question.

Comme les derniers habitants de Hatomi ont le sens pratique, plutôt que de manifester, lancer une pétition ou rameuter les médias, ils entreprennent de prendre le problème à la source en essayant de repeupler l'école, un enfant à la fois. Ainsi, Yuzou Nakama retourne sur le "continent" afin de demander à sa fille de pouvoir prendre en garde son petit-fils, afin que celui-ci prenne ses cours sur Hatomi. Devant le refus de cette fille indigne, il est forcé d'opter pour le plan B, et essayer d'adopter un enfant. La chose n'est pas facile mais le hasard veut qu'il fasse la rencontre de Ruri, 11 ans, fleur de bitume, qui n'est pas orpheline mais dont il obtient la garde, au moins temporairement.

On imagine que le choc des cultures va être rude. Entre le centre et la périphérie du Japon, la ville et la campagne, l'indépendance urbaine à l'anonymat confortable et l'île au format familial un peu étouffant, Ruri menace à plusieurs reprises de prendre ses cliques et ses claques. Cette seule enfant porte les espoirs de toute une île (si minuscule soit-elle vue du ciel)... vous imaginez la pression ?

Ruri no Shima enchevêtre aussi bien la végétation que les thématiques. Avec son plaidoyer pour la préservation de la périphérie et ses particularités (une vraie question de société sur l'archipel), elle ne se contente pourtant pas de lever le poing pour éveiller les consciences. Elle donne surtout l'occasion de peindre des portraits de personnages que le temps (même en seulement 11 ans) a eu le temps de durcir, pour différentes raisons.

Si au départ, Ruri donne l'impression d'être juste une sale gamine insupportable immergée dans une micro-société vieillissante (et tout jeune corps plongé dans un environnement de vieux a tendance à faire des vagues... un ressort habituel pour de nombreux scénaristes), on prend le temps de faire sauter un à un les verrous de sa cuirasse, pour découvrir l'âme d'animal blessé qu'elle a dissimulée dessous. Un peu contre toute attente, au lieu de sauver l'île, c'est l'île qui va la sauver. En trouvant sur Hatomi, parmi les locaux mais aussi les quelques visages de passage, une oreille attentive, Ruri va polir le coeur qui lui sert de pierre et découvrir qu'une lazurite brillait dessous. Elle n'en aurait sans doute jamais découvert les scintillements bleus sans les couleurs de Hatomi pour les révéler...
Etrangement, dans cette nature indomptée par l'homme, et où la plupart des habitants vivent de façon assez simple, c'est finalement Ruri, la gamine de la ville, qui sera le petit enfant sauvage à apprivoiser. Elle mordille un peu (notamment son institutrice), mais elle finit par admettre que c'est pour son bien. Ce n'est pas toujours facile de voir qu'on a sa place dans un lieu totalement étranger, mais Ruri no Shima, c'est aussi l'histoire d'un greffon qui prend étonnamment bien, il suffisait de lui en laisser le temps. Quand on donne l'environnement dont il a besoin à quelqu'un, on ne se trompe jamais vraiment, même si le premier concerné n'en a pas forcément conscience...

Ce dont parle Ruri no Shima, c'est donc de vie. De l'étincelle de vie qui permet à une communauté, même minuscule, de ne pas s'éteindre. C'est l'attachement à une certaine vision de leur identité qui pousse les habitants de Hatomi à ne pas succomber au progrès, pour maintenir ce qui est tel que cela a toujours été.
Mais Ruri no Shima est aussi une histoire de mort. Plusieurs. La mort de l'enfance, dont Ruri pensait avoir fait le deuil. La mort d'une relation avec sa mère, qui la maintient à distance sans jamais l'avoir libérée. La mort tout cours, aussi, mais à vous de découvrir qui, comment, et surtout suivie de quel effet. Et puis, la mort d'un secret dont on ne savais même pas qu'il existait.

Seuls sur leur île coupée de tout, comme s'ils étaient les derniers êtres humains sur Terre (on pourrait s'estimer heureux si nos derniers représentants étaient de cette trempe au moment de la fin du monde), les habitants de Hatomi vivent d'amour, d'eau salée, et du pouvoir guérisseur qu'on les hautes herbes sur l'âme.

Je vous brosse un portrait idyllique de Ruri no Shima, et je m'en aperçois bien. C'est un tort car la série n'est pas exempte de défauts (côté interprétation par exemple). Certaines histoires secondaires se révèlent un peu parasites, parfois. Mais cette mise en garde n'est là que pour vous éviter d'attendre de la série un pur chef d'oeuvre. Elle ne relève pas du génie. Mais ça ne l'empêche pas d'être formidable.
En ce qui me concerne, j'ai aimé aussi bien la beauté que la rudesse parfois mal dégrossie de Ruri no Shima. Peut-être que c'est ça, l'esprit d'Okinawa...?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Ruri no Shima de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 21:03 - Dorama Chick - Permalien [#]

20-06-09

Assaisonné

Bonjour bonjour ! Quel temps fait-il par chez vous ? Ici il fait pas beau, c'est déprimant... Quand il fait gris comme ça, ça donne pas envie de sortir. Dire que l'été commence normalement demain, ça me flanque le bourdon. Faut que j'aille à la FNUC cet aprem, je pense que je vais devoir emmener mon pépin... Euh, bon, on va passer au vif du sujet.

A sa demande, j'ai essayé d'inculquer les bases de la jpopophilie à l'une de mes amies qui, après avoir entendu trois chansons sur mon portable, m'a invitée chez elle pour lui en faire découvrir plus. Encourager la curiosité ? C'est une mission pour superlady !!!
Comme on se doute, j'ai débarqué avec un "échantillon" de presque 2Go de chansons...

Je lui expliquai donc, au fur et à mesure que les premières chansons passaient, le contexte des chanson : "ça, c'est un titre estival qui est sorti l'an dernier", "ça c'était sa ballade de Noël en 2005". Après quelques sorties de ce type, elle a alors tourné ses grands yeux bleus innocents vers moi, façon Bambi, et m'a dit : "ah bon, ils ont des saisons pour les ballades ?". Hmmmmais non. Ya des ballades toute l'année. Elles n'ont juste pas le même style selon la saison. Des grelots en décembre, par exemple.
Ça l'a laissée de glace.

Pourtant ça me semblait tellement logique... J'ai longtemps ruminé la question. Avais-je passé trop de temps dans l'univers de la Jmusic pour me rendre compte de certaines incongruités qu'on y rencontre ? Je vous rassure, à un moment, je vais parler de séries.
Et puis l'idée ma percutée : et si je faisais la comparaison avec un univers sans rapport aucun avec l'industrie de la musique nippone ? Et, bizarrement, je comprends pas pourquoi, le sujet de la télévision s'est imposé à moi.

Pour commencer, l'emploi du terme "saison" ne peut pas être un hasard. Et puis, l'adéquation de nombreuses séries, au long de leur parcours, avec le calendrier (épisode de Thanksgiving, de Noël, de Saint-Valentin... tous de puissants marronniers) est une démonstration assez évidente que ce phénomène existe également dans le milieu des séries.

Mais il y a plus encore : les nouveautés se conforment également à la couleur du ciel. Un exemple récent ? Mais certainement : en témoigne récemment Royal Pains, dont le générique vous convaincra, et ce même si vous n'avez pas encore regardé la série en elle-même, de son opportunisme saisonnier. On parle d'ailleurs de "séries d'été", comme si elles bénéficiaient de plus de mansuétude que les séries de l'automne ou la midseason. Être une "série estivale" excuserait les faiblesses du scénario, ou l'abus de décors ensoleillés. "C'est l'été, on ne cherche pas la complication", s'exclament les défenseurs du cerveau éteint un trimestre par an (et bien qu'étant d'une mauvaise foi proverbiale, je ne dirai pas qu'ils éteignent leur cerveau le reste de l'année aussi).

Bien-sûr, la pratique n'est systématique ni en matière de séries, ni en matière de Jmusic. Des rebelles continuent de sortir en pleine canicule des Mad Men, d'autres nous sortent des Uragiri Gomen, bref se refusent à jouer le jeu, pour notre plus grand bonheur.
Est-ce que j'approuve ces pratiques ? C'est un autre débat. Mais le fait est qu'elles existent et que, quoi que nous fassions, nous sommes enchaînés au rythme des saisons... même quand, en dignes téléphages, nous n'avons pas mis le nez dehors depuis six mois. Mais le jour où les télés pousseront dans les arbres, on en reparlera.

Du coup c'est à se demander si les séries ne cherchent pas à imprimer un rythme en nous. Un rythme qui suivrait les saisons, mais aussi les rites sociaux qui les accompagnent... Faut-il avoir peur que notre rapport au temps soit conditionné par les séries ?

C'est le principe-même de la série de nous inculquer un rapport au temps : dans 45 minutes la fin de l'épisode, dans 1 semaine l'épisode suivant, dans 24 épisodes la fin de la saison, dans 4 mois la saison suivante, dans 2 ans la fin annoncée de la série, etc... Et ce rapport au temps est justement un élément propre au genre qui lui donne son intérêt, et crée de l'attachement. Mais ça, c'est parce que nous le voulons bien. Il y a après tout un tas de gens qui ne supportent pas de devoir revenir semaine après semaine et pour qui un bon film d'1h30 ou 2h suffit amplement, sans autre forme d'addiction (ces gens-là ont l'air de penser que commencer une série c'est forcément s'obliger à la suivre ad vitam aeternam, mais c'est un autre problème).

C'est vrai que si l'on s'en tient à une consommation strictement française de la télévision, nous ne connaissons pas le système de la saison tel qu'il a été conçu aux Etats-Unis. Dans le sens où nous savons qu'un bloc d'épisodes donné correspond à la 3e saison par exemple, mais que nous n'avons pas les repères nécessaires pour situer cette saison dans le temps. Une saison d'une série peut commencer en septembre, ou durant l'été, ou repasser en quotidienne pendant des mois (à la Urgences) et bouleverser en permanence le cycle de saisons. Les chaînes françaises se font d'ailleurs une spécialité de diffuser leurs séries de telle façon qu'au moins une fois, chaque série  connu son épisode de Noël diffusé en mars ou en juillet. Je pense que le CSA a dû faire passer une ordonnance pour ça, c'est pas possible autrement. Bref, la saison nous échappe quelque peu, à nous, en France.

C'est le contraire en pire au Japon où une saison correspond... à une saison ! Les séries font dans leur immense majorité 12 ou 13 épisodes, et très souvent une seule saison aussi. Une série sera donc encore plus soumise à l'état des arbres dans le jardin. On imagine par exemple très mal Ruri no Shima (on y reviendra) diffusée en décembre. Ainsi, si vous avez déjà eu la curiosité de cliquer dans la colonne de droite sur le lien pourtant incontournable du Tokyograph, vous vous rendrez compte que tous les trois mois arrivent de nouvelles séries amenées à remplacer celles du trimestre précédent, selon le modèle suivant :

SEASONS

Pourtant, que se passerait-il si... soyons fous... on décidait de regarder Royal Pains en plein hiver ? Y serions-nous forcément plus insensibles ? L'humour nous semblerait-il moindre ? Les personnages moins amusants et/ou attachants ? J'ose espérer que non mais ce serait une expérience à tenter.

Le temps qu'il fait et ses influences sur la pop culture...
Décidément, impossible d'échapper à ce lieu commun.

Posté par ladyteruki à 10:54 - Série de valeurs - Permalien [#]