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ladytelephagy
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13 février 2012

[DL] Rita

Les médicaments génériques s'étaient faits rares après la disparition de MegaUpload. Je suis parfaitement consciente que les 300+ génériques que j'avais mis à votre disposition ne vous sont ainsi plus accessibles. Aussi, je vous encourage, en passant par le flacon, où tous les génériques présents sur ce blog sont répertoriés, à aller dans les commentaires des génériques qui éventuellement vous intéressent, et à vous déclarer si vous voulez des reuploads. Je procèderai à une grande campagne de reupload ce weekend, donc c'est le moment de vous déclarer. Sachez simplement qu'il y en a un ou deux que j'ai perdus quand l'un de mes disques durs a crashé, genre Inconceivable.

Du coup, ce soir je vous propose le générique de Rita, dont j'ai parlé pas plus tard qu'hier. Ceux qui ont pu le voir lui trouveront probablement un lien de parenté avec le générique de Lykke, en tous cas ça m'a semblé assez frappant, comme air de famille.

Rita
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !


En-dehors de ça on a typiquement un générique pas compliqué à faire, donc pas coûteux, ce qui n'est quand même pas un détail quand on sait combien les productions sont aujourd'hui regardantes sur leur générique. Et pourtant le résultat est dynamique et sympa, il met bien dans l'ambiance scolaire, pose bien le personnage central...
Bref, c'est le genre de générique qui n'entre pas dans l'histoire mais qui pour autant ne manque pas de mérite.

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24 août 2013

Il n'est jamais mitard pour bien faire

Retour au challenge de la saison 2012-2013, alors que la suivante va bientôt prendre le relai ! Il est en effet hors de question de ne pas regarder tous les pilotes de l'année écoulée, conformément au challenge relevé par whisperintherain et moi-même. Et c'est un pilote qu'on m'a TRES chaudement recommandé que j'aborde ce soir ! Vous l'aurez compris, dans la continuité du post d'hier sur les séries carcérales féminines, voici ma review du premier épisode d'Orange is the new black.

Orangeisthenewblack-cast

Autant le dire tout de suite : le buzz, pour ce que j'en vois dans ce pilote, est justifié. Bien qu'employant de nombreux ressorts de la boîte à outil women in prison, faisant par moments regretter qu'on passe toujours par certains poncifs, Orange is the new black parvient à se montrer intéressant et même plutôt original, toutes proportions gardées.

Parlons d'abord des choses qui fâchent : le personnage central. Cela m'a agacé qu'il soit en quelque sorte "repentant". Ecoute, jeune fille, à partir du moment où tu as volontairement transporté une valise remplie à ras bord de l'argent de la drogue pour ta petite amie lesbienne, non, je suis désolée, tu n'as pas le droit de te poser en victime. Admettre devant l'officier chargé de son dossier "je l'ai fait... une seule fois... ya dix ans" n'est pas vraiment endosser la responsabilité de la chose. Je comprends qu'il y a différents problèmes derrière cette posture : il faut permettre au spectateur de rentrer en prison avec un personnage auquel il s'identifie le plus possible (et quelqu'un de naïf et innocent, au moins moralement si ce n'est légalement, est la meilleure option que puisse proposer une série carcérale), il faut lui donner des circonstances atténuantes. Les anti-héros, dans une série carcérale, n'ont jamais le rôle introductif dans un ensemble show : ça crée beaucoup trop d'inconfort. Mais puisque, pour une fois, l'héroïne a vraiment fait quelque chose de mal : ce n'est pas de la légitime défense, par exemple.  J'aurais aimé qu'on aille jusqu'au bout de la logique.
Au lieu de ça la voilà d'une part à se constituer prisonnière et admettre partiellement qu'elle a fait quelque chose de mal, et d'autre part à se mettre en posture de victime, dont le spectateur finira par se dire qu'elle n'est pas à sa place. On ne va pas en plus trouver dommage qu'elle ait échappé à la Justice pendant 10 ans, au lieu de 12 ce qui l'aurait mis à l'abri du fait de la prescription ! C'est finalement encore plus perturbant que dans le cas de la légitime défense parce qu'ici le crime a vraiment été commis sans autre motif que "je suis jeune et amoureuse". Pas franchement une légitimation à laquelle je peux adhérer spontanément.

Voilà donc Chapman qu'il nous faut en quelque sorte prendre en pitié malgré les circonstances, juste parce qu'elle est blonde et angoissée par ce qui lui arrive. Juste une fois j'aimerais bien qu'on montre qu'il n'y a pas que les filles bien qui ont du mal avec la perspective d'aller en prison. La prison, ce n'est un plaisir pour personne.

Mais admettons. Car grâce à elle, nous allons avoir la possibilité de rencontrer des personnages épatants ! J'avais lu cette interview de Jenji Kohan (oui parfois je fais les choses à l'envers, je lis les interviews avant de regarder les pilotes !) expliquant que sans héroïne blanche, impossible d'aborder tous ces personnages plus "marginaux" dans une série d'ordinaire. Je le crois volontiers, et je crois également que ces personnages sont bien mieux écrits que le "cheval de Troie" de Kohan. Ils apportent une réelle bouffée d'air frais à la série, ils en sont la richesse essentielle. D'abord parce qu'aucun de ces personnages de détenues n'est là où on pense qu'il va être, apportant de la surprise tout au long de l'épisode en plus d'une légère touche d'humour pince sans rire. Et surtout, parce que très vite se dessine une galerie de portraits qu'on devine immédiatement comme pleine de surprises.
Par exemple, ce qui est accompli en à peine une minute sur le personnage de Diaz, gifflée par sa mère est absolument génial ; ce qui se suggère en quelques secondes par cette claque, puis par les deux répliques de la jeune femme dans la chambre, est absolument énorme. On devine énormément de choses, et on veut en même temps en savoir plus. Autant l'interprétation que l'écriture laissent entrevoir un immense potentiel de ce côté-là. Au point de préférer que Chapman passe au second plan rapidement, si possible.
Je m'aperçois en fait que c'est de plus en plus fréquent pour moi de préférer au personnage principal les secondaires voire les tertiaires, mais avec des séries comme celle-là, comment voulez-vous faire autrement ?

Mais au sujet de l'écriture, le meilleur tour de force est l'utilisation des flashbacks. On n'a vu que ça, des flashbacks, depuis environ 10 ans ; on avait l'impression d'en avoir fait le tour et d'avoir tout vu cent fois. Et pourtant, Orange is the new black parvient à trouver une façon très élégante de l'intégrer dans la narration, en les utilisant à la fois pour expliquer le background de son héroïne, mais aussi pour servir de métaphore, ou encore servir de transition entre deux séquences plus classiques de l'arrivée en prison de Chapman. On a l'impression non seulement que ces flashbacks sont là pour nous expliquer des choses, mais aussi, voire surtout, pour comprendre ce qui traverse la tête de son héroïne (dont la tête est "encore à l'extérieur", ainsi que le dira un gardien) pendant les passages les plus clichés des séries carcérales comme par exemple la fouille.
Cette façon de nous prendre pour des spectateurs intelligents est franchement une rareté en matière de flashbacks. Certaines scènes de ce type se permettent ainsi de déjà orienter l'épisode vers quelque chose de dramatique, permettant au pilote d'Orange is the new black de ne pas se limiter à une simple exposition. C'est un vrai plaisir d'assister à une telle finesse. La valeur de la rareté, sûrement.

Même si je regrette certains ingrédients de ce pilote (sa dernière minute est légèrement trop hystérique pour moi), il est clairement solide et je comprends l'enthousiasme que peut générer la série ; je n'ai qu'une envie, me dépêcher d'en voir la suite. Mes craintes d'assister à une redite des séries carcérales déjà regardées pendant la saison écoulée, comme Unité 9 qui a clairement été l'un de mes coups de coeur, sont totalement apaisées ; c'est rare qu'un premier épisode remporte pareil défi haut la main !

Il y a des séries comme ça, qui semblent rencontrer l'unanimité ; au moment de s'y attaquer, on a toujours des appréhensions, craignant d'être déçu et que le buzz ait gonflé artificiellement nos attentes... mais il faut simplement se rendre à l'évidence : il y a toujours d'excellentes séries qui nous tombent dessus, quand bien même on persiste à entendre des "ya rien de bien cette saison" cycliquement.
Soit ça, soit je suis entourée de personnes de très bon goût.

Challenge20122013

26 juillet 2013

La fin d'une ère

Dans de nombreux pays, le hiatus estival implique que l'actualité télévisée porte en fait généralement sur l'automne. Quelles séries se préparent à revenir, quelles nouveautés vont débuter dans quelques semaines...
Cela implique que je vous prépare plusieurs posts Love Actuality dans le même ordre d'idées, et qui, dans les semaines qui viennent, nous permettront de faire les présentations avec une série qui vous semblera étrangement familière en Russie, une seconde au concept totalement improbable en Colombie, et quelques autres encore que vous découvrirez en temps voulu cet été, ne gâchons pas la surprise.

Mais pour commencer, je vous invite en Turquie, avec la série que désormais vous connaissez tous pour m'entendre en parler depuis deux ans maintenant : Muhteşem Yüzyıl.
Si jamais vous êtes exposé au soleil plus que de raison et qu'une insolation vous a causé une amnésie temporaire, ne craignez rien ! Vous pouvez aisément vous rafraîchir la mémoire en lisant mon post sur le pilote, celui sur la controverse entourant la série, ou tout simplement en suivant le tag à la fin de cet article pour éplucher toutes les archives de ce blog au sujet de la série. Promis, je ne jugerai pas.

Muhteşem Yüzyıl, qui met donc en scène le désormais internationalement célèbre sultan Süleyman Ier, aura connu une existence pour le moins chaotique, ce qui n'a nullement fait entrave à son énorme succès à la fois en Turquie et à l'étranger ; c'est une plutôt bonne nouvelle si on y pense.
Entre la polémique entourant régulièrement la série (généralement en raison de réactions de conservateurs), la mort de sa créatrice Meral Okay l'an dernier, les problèmes rencontrés par certains membres du cast (et non... des... moindres), et tous les trucs auxquels je ne pense pas là tout de suite, on peut dire sans trop se tromper que tout n'aura pas forcément été facile pour la série historique, en dépit de ses très bonnes audiences et de ses ventes de droits pléthoriques à l'international.

MuhtesemYuzyil-FinalSeasonSüleyman 1er, un homme au goût sûr en matière de femmes. De chapeaux, un peu moins.

Seulement voilà : toutes les bonnes choses ont une fin. Et Star TV, qui diffuse actuellement la série depuis qu'elle l'a rachetée l'an passé à Show TV (qui l'avait initialement lancée en 2011), a prévu que Muhteşem Yüzyıl s'achève à l'issue de la saison 4, laquelle commencera à être diffusée pendant la première quinzaine de septembre, et ce jusqu'au printemps. Ca laisse un peu moins d'un an à Star TV pour trouver avec quoi remplacer cet énorme succès dans ses grilles...

Il y en a en revanche qui n'ont pas attendu que le corps soit froid pour s'activer. La chaîne Kanal D a en effet annoncé avoir mis en projet une nouvelle série, Fatih, dont on ignore pour le moment quand elle sera lancée.

Mais ça se trouve c'est une totale coïncidence, vous allez me dire ce que vous en pensez : Fatih retracera l'histoire d'un sultan de l'Empire ottoman, Fatih Sultan Mehmed (ou le sultan Mehmed pour les intimes), qui a vécu au milieu du 15e siècle et qui est considéré comme l'un des deux plus importants sultans de l'histoire turque... je vous laissez deviner qui est l'autre. La différence résidant essentiellement dans le fait que Süleyman, techniquement son arrière-petit-fils, a vécu 23 ans de plus que Mehmed, et tient le record du règne le plus long de l'Empire ottoman.

Point Histoire : Mehmed II est en particulier entré dans l'Histoire pour avoir pris Constantinople aux Byzantins et fait de la ville la capitale de son empire ; rappelons qu'elle est encore aujourd'hui la plus grande métropole turque sous le nom d'Istambul. Par-dessus le marché, Mehmed était un homme très lettré : il parlait plusieurs langues dont le latin, organisait des débats théologiques dans son palais, s'entourait d'artistes européens et arabes, a fait ouvrir une université, était passionné par les mathématiques, l'astronomie et la poésie, et était plutôt laïc puisqu'il autorisait ses sujets à pratiquer la religion de leur choix tant qu'ils se soumettaient à son autorité. Il a régné deux fois, d'abord à l'âge de 12 ans lorsque son père lui a cédé son trône (une période de deux ans, pendant laquelle il a contré avec succès une croisade, quand même), puis son père a repris le pouvoir, et ensuite, une seconde fois, à partir de 19 ans et jusqu'à sa mort, deux décennies plus tard. Au privé, il s'est marié 7 fois (dont une fois à une ancienne esclave), a eu 5 enfants, et certains historiens occidentaux prétendent qu'il était bisexuel (mais je doute qu'on retrouve ce dernier point dans la série !).
Guerrier émérite, homme de culture et vie personnelle trépidante ? Un personnage intéressant dont on imagine toutes les possibilités qu'il offre sur un plan scénaristique...

Ce n'est évidemment pas la première fois que la vie de ce grand homme est portée à l'écran, vous pensez bien. Début 2012, Fetih 1453 était LE film du box office turc, et reste le long-métrage le plus coûteux de l'histoire du pays (jusqu'au prochain, quoi). Du coup je vous ai mis l'affiche ci-dessous, pour vous faire une idée. N'allez pas croire d'ailleurs que Fetih 1453 n'a été lancé que pour profiter du succès de Muhteşem Yüzyıl, puisque la production du film a duré plus de trois ans. On peut en revanche débattre sur l'idée que le succès final du film en salles peut éventuellement être lié à l'engouement pour l'empire ottoman, que connaît à nouveau le public turc depuis plus de deux ans.

Fetih1453La biographie de Mehmed II ne mentionne rien à propos d'un éventuel sens de humour.

Kanal D semble donc avoir trouvé avec Fatih un projet parfait, jouant à la fois sur le regain d'enthousiasme du public envers les fictions historiques, et l'appel d'air provoqué par l'annulation de Muhteşem Yüzyıl.
Mais comme on l'a vu avec Veda, dans le monde de la télévision, rien n'est jamais totalement certain. Pour peu que les spectateurs ait l'impression d'une redite, ou que le budget soit trop pingre, ou tout autre phénomène jusque là imprévisible, Fatih pourrait aussi bien être le prochain gros bide de la télé turque.

On va donc patiemment attendre de voir ce que donnera cette nouvelle fiction avant de décréter que la relève de Muhteşem Yüzyıl est assurée. Ca pose dans tous les cas plein de questions sur le futur de la fiction turque, puisque beaucoup de dramas historiques avaient vu le jour suite au succès des aventures de Süleyman 1er, et que l'exportation de séries avait connu un boom dont Muhteşem Yüzyıl était le cheval de tête. Nul doute qu'on aura encore beaucoup de mutations à observer, dans un panorama qui n'en manque pourtant pas.

En attendant, mon prochain post vous emmènera en Australie, au Cambodge et à Singapour... en une seule fois !

23 juin 2013

Besoin de rien, envie de gloire

A l'heure du déjeuner, il était temps de relâcher un peu la pression dans ce #pilotmarathon (d'un autre côté, on ne peut pas dire que Reef Doctors ait été très accaparante, c'est vrai). J'ai donc opté pour une comédie, avec Zach Stone is gonna be famous, une série qui ne payait pas de mine mais dont j'espérais que le concept compenserait.
Eh bien, j'ai une mauvaise nouvelle...

ZachStoneisGonnaBeFamous

Peu de choses m'horripilent autant, sur le sujet de la télévision, que la télé réalité. Je suppose que ça fait de moi une vieille conne. J'y suis tout simplement allergique ; dans la majorité des cas, elle me semble reposer sur le principe d'une humiliation (souvent couplée à du voyeurisme, mais ce n'est même pas mon problème essentiel, paradoxalement) et j'ai énormément de mal avec l'idée de regarder quelque chose juste pour y voir des gens s'humilier ; j'ai énormément de mal avec l'idée qu'on considère que je me divertis de l'humiliation des autres, et que ça suffit pour me maintenir devant mon écran (et les écrans publicitaires), j'ai aussi énormément de mal avec l'idée qu'on puisse regarder quelque chose qu'on méprise, soi-disant au second degré, pendant plusieurs mois d'affilée. Une fois, peut-être. Pendant toute une saison, et même pendant plusieurs saisons, non, désolée, on ne trompe personne. Et le pire, c'est que des dizaines de parasites font (plus ou mons durablement) fortune en s'humiliant à la télévision semaine après semaine, saison après saison, pendant que tout le monde les critique et les enrichit dans le même mouvement, et qui ne vivent que grâce à ces deux éléments.
Comme d'habitude ce n'est que mon opinion, je ne cherche à rabaisser personne et chacun fait bien ce qu'il lui plait, mais sur le sujet, elle est inébranlable, et rien ne me fera changer d'avis.

Cela explique d'ailleurs aussi pourquoi j'ai du mal avec le mockumentary, en fait, dont la mission première est de souligner la dichotomie entre les paroles d'un personnage qui se sait filmé, et sa réalité, celle qui tente de ne pas apparaitre devant les cameras. Ce genre, là encore, me semble reposer sur l'humiliation ; mais cette fois c'est l'humiliation d'une personne imaginaire, ce qui, je suppose, permet à la fois plus de choses et en même temps, en permet peut-être parfois trop parce qu'on est certain de ne blesser personne. Le mockumentary a, en outre, la faculté assez incroyable de systématiquement me sembler très caduque : qui veut voir, encore et encore, les mêmes personnages prouver, saison après saison, ce qu'on sait déjà, à savoir qu'ils ne parviennent pas à être ce qu'ils voudraient paraître ? Préserver désespérément les apparences semble un gag vite usé au bout d'un épisode, pour moi.

Zach Stone is gonna be famous partage assez naturellement un peu de ces deux univers. On y découvre un adolescent, Zach Stone donc, qui a décidé qu'il deviendrait célèbre parce que. Il a donc décidé de passer tout son argent dans une équipe de télé réalité qui va le filmer 24 heures sur 24 dans sa vie très banale, espérant que cela suffira à le faire remarquer.
Que MTV diffuse pareille série prête à sourire. Malheureusement, l'épisode, pas tellement.

On y retrouve l'habituel numéro du personnage qui voudrait paraître (fun, talentueux même s'il ne sait pas trop en quoi, etc...) et qui n'a même pas encore commencé à être. Les quelques passages supposés hors-camera (un principe hypocrite puisqu'évidemment, si c'était hors-camera, le spectateur n'en saurait rien) tentent de nous faire croire, par brefs moments, qu'il y a aussi quelque chose d'authentique chez ce garçon, un peu blessé aussi. On aimerait y croire et on aimerait fouiller ces passages, et sincèrement ils sont plutôt bons, mais la structure-même de la série et son principe l'interdisent et on se retrouve bloqués avec une série qui humilie son personnage principal avec l'énergie du désespoir.

Oui, j'aimerais une série qui me parle de cette quête de célébrité qui est devenue la norme (merci à la fiction moderne pour l'encourager dés le plus jeune âge, d'ailleurs), mais la formule choisie par Zach Stone is gonna be famous ne le permet pas. Il aurait fallu, sûrement, trouver une méthode qui montre à la fois les prouesses de Zach devant les cameras qu'il paye à le suivre, et entendre ce qui se dit de lui pendant qu'il fait le pitre. Hénaut Président avait, en cela, trouvé une formule très efficace, en mettant plutôt les commentateurs près de la camera, plutôt que la fame-whore elle-même.
Pour que j'en arrive à préférer une série française, c'est vraiment que je me fais vieille !

Challenge20122013

23 juin 2013

La série qui semblait ne pas vouloir de moi

"Cher journal,
Ca fait maintenant 41 jours que la série The Fall a débuté sa diffusion, et chaque fois qu'on en parle, je continue de penser au film. Je crois que c'est ce qui me retient de commencer la série : tout le monde en dit du bien, et je crains que, si je n'apprécie la série, ça diminue la force évocatrice des mots "The Fall" pour moi. Et puis, j'en ai marre des serial killers. J'en ai marre des enquêtes. J'en ai marre des enquêtes sur les serial killers. Cher journal, je vais commencer The Fall parce qu'à un moment il le faut bien, et précisément parce que tout le monde en dit du bien. Mais toi et moi ne sommes pas dupes, n'est-ce pas ? Il n'y aura jamais qu'un The Fall à mes yeux".

TheFall-TVseries

Tarsem Singh peut dormir sur ses deux excentriques oreilles : ce n'est pas aujourd'hui que je vais lui préférer une série. Si je ne doute pas que The Fall ait de quoi en intéresser plus d'un, je m'y suis sentie comme étrangère.

L'ambiance froide de ce pilote, évidemment, y est pour quelque chose ; sa lenteur, aussi. Dans The Fall, on n'a pas du tout l'intention de faciliter les choses au spectateur, et en un sens, c'est une sage décision, qui indique tout de suite que The Fall se veut exigeante, fine et intelligente, en gros, tout le contraire de ce qu'on a vu ce matin avec des séries de l'engeance de King & Maxwell. On est ici à l'opposé du spectre, avec une série qui veut prendre son temps, quitte à parfois en gaspiller un peu, ce n'est pas comme si c'était une denrée rare : on a 5 épisodes, tout le temps du monde.
Cette approche quasiment chirurgicale de l'exposition, des personnages ou des enjeux eux-mêmes participe à l'ambiance glaçante de la série, la construit progressivement. Et c'est loin d'être un tare. La patience est un atout avec The Fall. C'est sa force, car derrière cette apparente froideur, cette lenteur accentuée, ce détachement feint, il y a une façon toute en subtilité de faire monter, cran par cran, la sensation d'étouffement.
La seule exigence de The Fall, en retour, c'est que vous attendiez patiemment votre heure, vous aussi, comme le plus méticuleux de ses protagonistes.

Mais, je ne sais pas si c'est moi qui manque de patience (c'est très possible), ou si c'est simplement parce que je ne vois pas l'intérêt de suivre une enquête de plus (notez bien que les deux hypothèses ne sont pas nécessairement mutuellement exclusives), mais cette application à essayer de faire monter l'angoisse progressivement m'a plutôt ennuyée. A la longue, j'ai peut-être fini par développer une resistance à toutes ces histoires d'enquête, après tout, comme se développe une résistance microbienne. Je n'arrive plus totalement à m'y intéresser. Je la regarde et j'essaye sincèrement de me plonger dedans, mais rien à faire.
La façon dont, lentement, à grand renfort de silences, et avec toute la retenue du monde, The Fall tente de suivre ses deux protagonistes majeurs (l'enquêtrice et le tueur) a plutôt l'effet d'un répulsif. Et finalement, comment pourrait-il en être autrement ? Je ne m'imagine pas répondre autrement que par l'indifférence quand une série tente exactement de me tenir à distance de ses personnages.

Pour preuve, Stella Gibson est l'un des personnages les plus fermés que j'aie vus ces dernières années ; l'accumulation de scènes anodines au cours du pilote ne nous invite pas à entrer dans sa vie et moins encore dans sa tête, au contraire, nous en sommes tenus à l'écart par tous les moyens possibles. C'est comme si The Fall insistait pour nous faire partager plutôt l'état d'esprit du criminel que du policier. Ce faisant, nous ne sommes pas invités à mener l'enquête avec elle ; nous ne sommes pas non plus invités à lui souhaiter de réussir à arrêter le tueur.
Non que l'opposé se produise : nous ne sympathisons pas non plus vraiment avec celui-ci, mais nous comprenons progressivement qui il est, comment il fonctionne ; cela nous est totalement interdit avec Stella.
Je ne demande pas à m'identifier à une héroïne à tout crin, mais au moins à avoir envie de faire le chemin avec elle. Ici, nous avons un personnage qui n'est incarné que parce que c'est Gillian Anderson qui lui prête ses traits ; une actrice moins charismatique aurait sûrement laissé Stella Gibson comme elle l'aurait trouvée : inerte, résumée à quelques mots glacials sur les pages d'un script. Stella Gibson donne dans ce pilote tous les signes d'un personnage au mieux fermé, au pire, pas du tout achevé. Quand tout d'un coup, elle fait montre d'une volonté propre, celle-ci surprend et destabilise. Mais ce n'est même pas tout-à-fait une bonne surprise...

Quant au tueur, je me sens mal à l'aise à l'idée de suivre ses moindres faits et gestes, quand il est rapidement évident qu'il est, en effet, le tueur, et qu'il a une proie. Qu'il soit ou non un tueur en série importe en fait assez peu au regard d'une réalité, et une seule : il va bientôt tuer. Qu'importent les victimes précédentes, au coeur de l'enquête ? A elles non plus, The Fall ne veut pas nous lier. The Fall ne veut décidément nous intéresser à rien, et c'est la raison pour laquelle il m'a été si difficile de le faire.

Qu'on vu les autres spectateurs dans cette série qui leur ai donné envie de poursuivre ? Qu'a à dire ce pilote qui attire l'attention ? Que veut-il nous dire, d'ailleurs ? En-dehors du lent découpage des évènements, qui sonnent presque comme un compte à rebours, The Fall semble presque manquer de substance. J'ai forcément loupé quelque chose au vu des critiques que j'ai lues. Mais The Fall a passé un peu moins d'un heure à me repousser de toutes ses forces.
Si structurellement, il change la donne sur pas mal de choses (il ne commence pas par la découverte d'un cadavre ni sur un meurtre, à la Law & Order), et si le ton est radicalement différent de bien des séries du genre, j'espère qu'il existe un juste milieu.
En tous cas, dans ces conditions, même 5 épisodes me semblent être 4 de trop.

Challenge20122013

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9 juin 2013

Sans honte aucune

On ne peut quand même pas tester des pilotes de chefs d'oeuvre tout le temps. Et tant mieux ! Après tout, qui voudrait sans cesse tomber sous le charme d'une nouvelle série ? Bon, si, oui, sûrement que dans les premiers temps ce serait chouette. Mais après ? Après ça deviendrait lassant. Après on se plaindrait qu'on ne peut plus mitrailler un pilote en plein vol. Après ça serait tellement toujours bon qu'on finirait par s'ennuyer. Un peu comme moi devant la deuxième saison de Game of Thrones, par exemple, tiens.
Je sais pas pourquoi je parle de Game of Thrones parce que, comme vous allez voir, avec cette nouvelle série du #pilotmarathon, on est un peu à des années-lumière...

HittheFloor

Il y a deux étés de ça, ce qui ne nous rajeunit pas, je vous parlais avec emphase et joie du pilote de Single Ladies.
Attendez, non. Je suis en train de réécrire l'histoire, là. La vérité c'est en tous cas que je vous en parlais. Juste un peu. Bon d'accord, beaucoup. Pas à la folie, mais presque. Et plus je regardais, plus je me marrais comme une petite folle devant les répliques de Keisha, perpétuellement over the top. Le sens de la formule qui atterrira dans un gif sur tumblr dans quelques heures : c'est ça, le génie d'une série originale de VH1. Et à partir du moment où on le sait, pourquoi pas ?

Hit the Floor va en réalité plus loin que Single Ladies. Là où cette dernière se contentait d'allumer gentillement avec quelques scènes légèrement sensuelles (en tous cas, en début de première saison, ça s'est ensuite pas mal assagi), Hit the Floor montre des filles qui se trémoussent en short minuscule et ultra-moulant.
Quand une série circule avec les feux d'allumage en mode plein phare, on se doute qu'elle ne va pas faire dans la dentelle ; Hit the Floor ne prétend pas avoir inventer la weave à couper le beurre. C'est tellement assumé qu'on ne voit pas de raison de bouder son plaisir. Et surtout, les performances sont quand même suffisamment à la hauteur pour qu'on n'ait pas l'impression d'assister à un spectacle de danse exotique ; techniquement, c'est même vachement impressionnant par moments, même si clairement, certaines actrices sont visiblement des danseuses de formation, et pas d'autre (et encore, certaines sont plus ballet, d'autres plus hip hop). Ca donne un spectacle qui a de la gueule, voilà la vérité.
Et après tout, si elles sont contentes de se trémousser en short minuscule et ultra-moulant, qui suis-je pour leur contester ce droit ?

Alors, après, je confesse bien volontiers que j'ai vu A Chorus Line trois fois depuis dimancher dernier (pendant l'un de ces visionnages, ma soeur a gentillement glissé un "et pourquoi t'avais arrêté la danse, déjà ?", c'est ça, remue le couteau dans la plaie), que je suis un peu en manque de Single Ladies parce que je n'ai toujours pas trouvé de date pour la diffusion de la saison 3 (en fait Hit the Floor a l'air d'avoir récupéré la case cet été, ça pue méchamment), et toutes sortes d'autres raisons qui font que le pilote avait ses chances de fonctionner sur moi. Plus les phrases over the top, genre celle-ci. Un régal pour votre serviteur !

J'aimerais dire que j'ai honte ; j'aimerais, sincèrement, passer pour une téléphage de bon goût auprès de tous en permanence. Mais en même temps je m'en fiche un peu de votre opinion, parce que je me tape sur les cuisses pendant que des danseuses pas fâcheuses à regarder se regardent en chiens de faïence et s'organisent des dance battle pour un oui, pour un non.
Et puis, ça serait lassant. Dans mon menu, il y a de la place pour du Orphan Black comme du Hit the Floor. D'ailleurs ça ne vous ferait pas de mal, à vous non plus, tiens ! Allez, zut à la fin, c'est l'été après tout. Ne regardez pas par la fenêtre, continuez de me lire. Et l'été, c'est le moment de se détendre un peu, que diable ! Alors Hit the Floor pour cet été ? Adjugé.

Challenge20122013

3 mai 2013

There's gotta be more to Life

C'est le retour des reviews de pilote, cette grande entreprise dans laquelle je me suis lancée cette saison avec whisperintherain... Après quelques semaines, bon d'accord mois de pause, me revoilà donc à reprendre progressivement la consommation de pilote que j'avais, un temps, mise de côté. Dans le cas de Rectify, c'était sous l'influence de Pierre Langlais qui, à l'occasion de Séries Mania, avait chanté les louanges de la série, qu'il a eu l'heur de voir en intégralité avant sa diffusion ; souvenez-vous, je l'évoquais dans le compte-rendu de la table ronde Allociné. Mais du même coup, c'était un challenge : entendre quelqu'un dire tant de bien d'une série, ça peut fausser la vision qu'on en a au moment de la commencer...

TheresGottaBeMoreToLife

Qu'on se rassure vite : parfois, les déclarations d'amour dithyrambiques sont fondées.

Impossible de ne pas tomber sous le charme de Rectify : c'est tout ce que j'avais adoré chez Life (et j'avais adoré Life, souvenez-vous, c'était il y a des lustres), sans ce que je n'avais pas trop aimé chez Life (car il y en avait un peu pour l'allergique au policier que je suis). On est dans le même thème de la reconstruction, un thème qui m'a toujours séduite et qui est ici, de surcroît, traité avec énormément d'intelligence. Le sujet s'y prête, en toute sincérité.

Lorsque Daniel Holden est innocenté par un test ADN, il a déjà passé 19 ans dans le couloir de la mort, attendant une exécution décidée suite à sa condamnation pour le viol et le meurtre de sa petite amie. Sa sortie est, évidemment, une affaire médiatique, aussi bien pour les opposants à la peine de mort que sur la "simple" affaire du meurtre, qui du coup n'est pas résolue. Mais le pilote de Rectify s'intéresse, en définitive, assez peu à cette partie de son univers, bien qu'il ne fasse pas l'erreur de la mettre totalement de côté (ce qui donnera une scène glaçante en fin de pilote).
Ce qui intéresse cet épisode inaugural, c'est surtout de vivre cette expérience aux côtés de Daniel ; des minutes précédant sa libération, à ses premières heures de liberté, nous allons suivre son retour à la vie civile. Et bien que, en tâche de fond, on puisse noter les conséquences du regard des autres sur sa situation, c'est avant tout son vécu, et celui de sa famille, qui vont occuper la majeure partie de l'épisode. Daniel est en effet entouré, même après ces deux décennies d'enfermement, et malgré les difficultés que ça a pu, ou peut encore, présenter pour ses proches ; ainsi, sa soeur Amantha est sa plus fervente supportrice, et, on le devine, une complice de toujours ; Janet, sa mère, a eu le coeur brisé à bien des égards, mais son amour pour son fils semble intact. Les choses sont plus compliquées avec son beau-père (maman s'est en effet remariée) et le fils de celui-ci, et dans une moindre mesure, le fils qu'a eu sa mère avec son second époux. Mais globalement, Daniel est plutôt bien accueilli parmi les siens pour ce premier jour de liberté.

Alors où est l'intérêt, me direz-vous ? Il n'est pas dans une dramatisation à outrance, ou la création d'enjeux extravagants, mais le simple pari que nous pouvons nous glisser dans les chaussures de Daniel, et vivre cette libération avec lui, comme une expérience intime et sensorielle que nous ferions totalement nôtre.

Rectify accomplit cela sans passer par une multitude de flashbacks : au contraire, il commencera à en apparaître seulement une fois que le spectateur sera bien rôdé ; il ne s'agit pas de se servir des souvenirs de Daniel pour expliquer ce par quoi il est passé dans les moments difficiles, mais au contraire, d'employer les flashbacks comme des îlots de calmes et de douceur, principe que je trouve noble et dont beaucoup de scénaristes gagneraient à tirer des leçons. Pas de violence carcérale, pas de traumatismes sur l'enfermement... Chaque fois que Rectify montre la vie de Daniel dans le couloir de la mort, il en ressortirait presque quelque chose de positif, de serein.
Pour autant cela ne signifie pas que Daniel n'est pas abîmé : c'est même tout l'intérêt de ce premier épisode et, à mes yeux, des promesse que fait la série avec lui. Mais par une opération dont le secret est aussi bien gardé qu'un tour de magicien, le scénariste Ray McKinnon parvient à ne jamais tomber dans une explicitation banale, pour ne pas dire triviale, du traumatisme vécu par Daniel, tout en poussant le spectateur à l'imaginer de lui-même. Ce qui fait la force de Rectify, c'est sa puissance évocatrice : quand par exemple un gardien propose à notre amnistié de l'aider à nouer sa cravate avant de retrouver sa famille (et la liberté), Daniel pose sur lui un regard silencieux, et presque indéchiffrable, mais qu'on interprète comme lourd de sous-entendus et de souvenirs sur la façon dont les gardiens (y compris peut-être ce gardien) ont pu le traiter pendant presque 20 années en tant que condamné à mort pour viol et meurtre d'une adolescente. Difficile pour le spectateur de ne pas faire le lien, chaque fois, entre l'avant et l'après de cette libération, et cela, sans que jamais l'épisode ne s'y attarde ni ne l'explicite. Cela aide énormément à entrer dans la tête du héros, et paradoxalement, moins il communique, plus il est possible de le faire. Où commence l'écriture fine de Rectify et où finit le simple transfert ? Difficile à déterminer pendant ce premier épisode, mais le simple fait qu'il subsiste un flou quant à cette frontière, dit combien la série, dans ce premier épisode, démontre sa finesse et son intelligence.
Reste qu'avec son art du non-dit, Rectify opère un vrai coup de maître, et s'arroge l'attention indivisible du spectateur, qui se retrouve captif du moindre regard que porte Daniel sur les choses et les gens pour prendre la mesure de ce que vit cet homme. Considérez l'ironie de la chose...

Pas à pas, Daniel se réapproprie le quotidien (comme Charlie Crews, il va se reconnaître quelques soucis avec la technologie, par exemple), mais sans, là encore, sans appuyer sur les évidences avec trop d'empressement. Ce n'est pas juste le décalage de 2 décennies avec le reste du monde que Rectify veut pointer du doigt. La sortie de prison de Daniel, sa très belle relation à Amantha (je n'avais jamais vu Abigail Spencer comme ça, après c'est vrai que j'avais vu Angela's Eyes... forcément), ce qui se tisse avec son jeune demi-frère... il y a de très beaux instants dans ce pilote, empreints à la fois d'une grande douleur et d'une grande douceur. Je soupçonne que ce soient les plus belles promesses de ce premier épisode pour l'avenir.

Le seul défaut de Rectify est peut-être logé dans ses dialogues. Rien d'insurmontable je vous rassure tout de suite, mais ils paraissent parfois trop écrits, trop littéraires ; l'exemple le plus marquant est la déclaration de Daniel à la presse au moment de sa sortie, un peu verbeuse. On peut se dire (surtout rétroactivement, à mesure que l'épisode progresse) que cela fait partie intégrante de la façon dont Daniel a vécu son expérience en prison, mais il reste un petit arrière-goût tout de même, comme si, par contraste avec l'élégance de ses scènes les moins loquaces, les dialogues soutenaient mal la comparaison. Mais comme je le disais, ce n'est pas insurmontable, et ce n'est pas gravé dans le marbre non plus, et peut tout-à-fait évoluer avec les épisodes (retranscrivant, alors, peut-être, pourquoi pas la façon dont la vie quotidienne redevient progressivement plus naturelle pour son héros). Et si Rectify finit par tourner son seul défaut en qualité, alors là, je ne réponds plus de rien !

Résultat ? Eh bien résultat, je suis conquise. A ce niveau-là, j'ai presque eu l'impression d'enfiler du sur-mesure, aussi sûrement que si un tailleurs avait cousu la série sur mes attentes de téléphage.
Et maintenant, vous allez me dire : "mais après un post si dythirambique, comment ne pas avoir nous aussi une vision faussée de Rectify ?", et c'est de bonne guerre, mais à cela une seule solution : testez, et vous saurez. Mais je doute que Rectify puisse déplaire.

Challenge20122013

Ah, et vous savez, quand je vous ai dit que je repassais à un rythme hebdomadaire ? Oui. Bon. Ca voulait dire : "à un rythme hebdomadaire. Minimum"...

26 février 2013

For the win

Changement de programme. J'étais en train de mettre la dernière touche à mon post à vocation cinématographique du jour, mais là, pardon, j'arrête tout, je repousse la publication, et je diffuse à la place un message d'utilité publique.

LeePaceFTW

Lee Pace vient de signer pour le rôle principal d'un pilote d'AMC, Halt and Catch Fire.

A n'en pas douter, un tag dont je vais user au moins autant que de The Miraculous Year. Surtout si, contrairement à HBO, AMC me fait le plaisir de commander non seulement un épisode pilote, mais aussi une douzaine de petits frères. Punaise, imaginez ça : dans un an ou deux, ça se trouve, on en parlera comme du nouveau Mad Men (ou, connaissant les téléphages, comme de la série qui voudrait être le nouveau Mad Men, on est des coriaces).

Sur ce, je m'en vais piocher dans ma leepaceotheque un film à regarder pour célébrer l'occasion. Bon finalement, la soirée s'achèvera quand même sur un film, à bien y réfléchir ! Enfin, sauf pour vous. Pour vous, rendez-vous demain.

27 janvier 2013

5 films que vous ne trouverez pas dans le Secret Diary... (Part. 2)

Dans le Secret Diary of a Secret Cinephile, il manque des "classiques". Des films dont tout le monde parle, et que tout le monde a vus (ou que tout le monde fait mine d'avoir vu... parce que, hein, z'allez pas me faire croire). Sauf moi ? Ah, mais peut-être vont-ils s'ajouter ?
Certains, oui. D'autres, même pas en rêve. Voyons donc quelques uns des films que, non, je vais pas m'amuser à regarder, c'est pas la peine d'insister. J'y ai mûrement réfléchi, vraiment, et tout bien considéré... non. Et tant pis si ma culture cinématographique doit se révéler incomplète.

Ce soir :
5 films que vous ne trouverez pas dans le Secret Diary...
parce que n'y pensez même pas

NoSecretDiary-NoWay-TheExorcist

The Exorcist - Levez la main, ceux qui sont surpris ? Mouais, je m'y attendais un peu. C'est sûr que je n'ai pas commencé par le moins évident, je vous le concède bien volontiers. Le truc c'est que, pendant 30 années, les films d'horreur, j'ai bien tenu mes distances avec, et il me semble, je peux me tromper hein, mais il me semble que c'était pas forcément la plus mauvaise de mes idées, voire, peut-être, que c'était mon instinct de survie qui se manifestait. Le peu que je sais de ce film ne m'encourage pas vraiment à me mettre devant. Il faut dire que je n'ai qu'un goût trrrès modéré pour tout ce qui peut me filer les chocottes (on l'a vu avec les vampires et les zombies), surtout dés qu'on effleure le domaine fantastique (parce que par contre, avoir le sang glacé devant un drame où l'horreur prend un visage on-ne-peut-plus humain, là par contre, là oui, avec "plaisir"). C'est pas vraiment que je craigne le vomi de soupe, soyons clairs, mais enfin, niveau ambiance, torticolis et tout le tremblement, je le sens pas du tout, ce film-là. Après je pourrais me forcer, hein... mais je crains ensuite de ne plus dormir pendant un mois et de faire quotidiennement dans mon froc en attendant qu'on m'interne. Alors bon, on va dire que The Exorcist, on va passer.

NoSecretDiary-NoWay-TheGodfather

The Godfather - Je me rappelle avoir écrit quelques posts sur des séries en rapport avec la mafia, dans le cadre de la préparation d'un SeriesLive Show (c'était il y a des lustres), et vous avoir dit, en substance, que les histoires de mafia, j'en avais rien à carrer. Ca n'a jamais vraiment évolué ; oui, je suis allée au bout de The Black Donnellys, mais vraiment à reculons à certains moments (et par certains moments, je veux dire beaucoup de moments)... et ce n'était même pas une série où il est question de mafia non-stop ! Vous me mettez devant le pilote des Soprano, je ne tiens pas, par exemple ; je l'ai vu une fois, je n'y reviendrai pour rien au monde, rien. Alors, au risque de vous désespérer de mon cas, une triologie de films sur un parrain, non, ça ne va pas être possible. Ou alors ça va faire comme avec certains films que je me force à voir, ou qu'on me force à voir, et je vais piquer du nez au bout de 10 minutes et alors là on aura tout gagné. Alors bon, on va dire que The Godfather, on va passer.

NoSecretDiary-NoWay-PulpFiction

Pulp Fiction - Je ne me sens aucun atome crochu avec la filmo de Quentin Tarantino. Je me souviens qu'avec l'un de mes ex, je m'étais tapé les deux volumes de Kill Bill, c'est un vrai souvenir de bonheur intense... surtout si on remplace le terme "bonheur intense" par "grosse purge". Donc comment vous dire ? La perspective de retrouver à la fois Tarantino ET Thurman dans Pulp Fiction, ça ne m'électrise pas des masses, je ne vais pas vous pipeauter. Quelque part, dans le fond, je suis consciente qu'il est tout-à-fait possible que ces deux films n'aient pas grand'chose ou rien à voir, mais je ne le sens pas du tout. Et d'ailleurs, le bloquage se fait à un tel niveau que, quand je joue à des trucs comme le Trivial Pursuit, ou WhatTheMovie (un petit jeu que j'aime bien parce qu'il me donne plein d'idées de film à tenter), même quand je sais reconnaître qu'on parle de Pulp Fiction, je ne me souviens jamais du titre. A chaque fois, il faut que j'aille voir la filmo de Thurman ou de Travolta sur Wikipedia, et là, là oui, j'ai le titre, ok. Et ça dure comme ça depuis des années, je passe mon temps à oublier, sitôt réapprise, l'existence de ce film aussi sec ; à la rigueur, ptet qu'un jour je tenterai quelque chose comme Inglorious Basterds, parce que, enfin non chais pas, on verra, je veux pas m'avancer... mais Pulp Fiction, je ne le sens vraiment pas. Alors bon, on va dire que Pulp Fiction, on va passer.

NoSecretDiary-NoWay-DieHard

Die Hard - Quand j'étais petite et que je ne voulais pas prendre une bouchée de nourriture avec un couvert qui avait déjà été utilisé par un autre membre de ma famille, ma grand'mère avait coutume de dire que j'étais "narreuse". J'avais toujours pensé que ça voulait dire "faire la difficile", en fait ça voulait dire "facilement dégoûtée" ; et maintenant que je le sais, je suis prête à endosser pleinement cette étiquette : oui, en matière de films, je suis vachement narreuse, comme fille. Les films d'action, moi ça me dégoûte. C'est pas le même dégoût que devant un film un peu gore, évidemment, mais c'est, disons, un dégoût intellectuel ; similaire à celui que je ressentais quand je tombais sur TFHein à l'époque où j'avais encore la télé, pour vous donner un repère. Il y a quelque chose qui me répugne dans les films d'action : l'impression qu'on nous prend pour de parfaits benêts uniquement capable de comprendre des one-liners à la con et des grosses explosions. Dans ce contexte, je ne pense pas m'avancer beaucoup en disant que la franchise n'est pas du tout faite pour moi. Trop narreuse (pis quand même, manger dans des couverts utilisés par quelqu'un d'autre, bah c'est dégueu, merde, famille ou pas famille). Alors bon, on va dire que Die Hard, on va passer.

NoSecretDiary-NoWay-Rashomon

Rashoumon - Dans le fond, je ne sais même pas pourquoi on dit que les gens ont un "talon d'Achille", parce qu'en réalité, tout le monde en a deux, des talons ; et moi c'est le cas, j'en ai bel et bien deux en matière de cinéma : les vieux films, et les films étrangers (nan mais en vrai, je connais l'histoire d'Achille, hein, c'est juste pour la blague). Ce qui est original, parce que je suis la première à bondir vers des séries étrangères, et pour tout vous dire je ne suis pas non plus à la traine lorsqu'il s'agit de mater une vieille série (tenez, hier aprem, je me suis fait le pilote de K2000 ; on déconne, on déconne, mais il a déjà 31 ans, ce pilote), mais il n'est plus à prouver que mes standards en termes de séries sont très différents de ceux qui sont les miens, ou qui, disons, commencent progressivement à être les miens, en matière de longs métrages. Et c'est d'ailleurs quelque chose que j'ai aussi envie d'interroger pendant le défi de cette année, et on y reviendra... Mais soyons clairs : un film de 1950 en noir et blanc tourné au Japon, c'est un énorme répulsif pour moi. Mais encore, bon, à la limite, je pourrais envisager de regarder un film nippon qui a plus d'un demi-siècle dans la poire, s'il ne s'agissait pas en plus d'un film en costumes. Je veux dire : y a-t-il UNE seule chose attrayante dans ce film pour la pauvre cinéphile en formation que je suis ? Alors bon, on va dire que Rashoumon, on va passer.

Répétons pour la forme que ce ne sont que des exemples, et qu'il y a d'autres films dans le même cas (ne serait-ce que ceux appartenant à la filmo de Jake Gyllenhaal, comme on a eu l'occasion de le dire dans la première partie ; c'est bon, j'ai vu ce que ça donnait, on n'y reviendra plus). Mais avec ces cinq-là, on a quand même une bonne vue d'ensemble des films que, bon, vous pouvez me suggérer, hein, on est en démocratie et tout, mais je les regarderai pas. Je vous le dis comme je le pense : ça n'arrivera pas. Au moins on joue franc-jeu !

Bon, et puis, j'avais dit "deux volets", mais en y réfléchissant, je me suis rendue compte qu'il y a une autre catégorie de films que vous ne trouverez jamais dans le Secret Diary. Il y en a plus, qu'est-ce que je fais, je vous le mets ?

19 janvier 2013

Message d'avertissement

Comme vous le savez maintenant, parce que ça fait quelque chose comme six mois, whisperintherain et votre serviteur s'aventurent à tester tous les pilotes de la saison, puis à venir les reviewer pour vous, histoire que vous sachiez dans quoi vous mettez les pieds quand vous n'avez pas décidé si vous alliez les regarder à votre tour. J'aime voir ça... comme une mission de salut public. Dans le fond, nous sommes des veilleurs, et nous sommes là pour tirer le signal d'alarme quand un pilote est réellement mauvais. Je ne sais pas pourquoi je parle de mauvais pilote, d'ailleurs.
Ah, si, ça me revient : je voulais qu'on parle de Legit ce soir.

Legit

Parfois il m'arrive d'avoir l'illusion d'être bon public en matière d'humour trash. C'est une croyance que j'ai héritée de quelques visionnages de trop de séries comme Action!, et hélas, j'entretiens cette auto-fiction depuis lors. J'en suis la première victime, croyez-moi. Parfois je lance un pilote où l'humour est franchement de mauvais goût, et je m'attends à aimer, mais pas du tout. Parfois ça marche encore, cependant, alors ça fait perdurer le mythe et c'est encore pire.

Avec Legit, curieusement, j'étais dans les deux situations. A certains moments, j'étais tellement mal à l'aise que j'étais à un clic d'éteindre l'épisode et juste oublier que j'avais vu ce pilote. Et d'autres fois, j'ai sincèrement ri.

Le passage le plus difficile de ce premier épisode a été... le début. Un début de pilote, c'est un moment important, qu'il ne faut pas rater ; quand un début de pilote est raté, il faut le dire, et c'est le cas de Legit. C'est lamentable. La scène au service de l'immigration traine en longueur et n'est pas drôle.
Clairement, l'épisode a commencé volontairement sur cette scène histoire d'annoncer la couleur tout de suite, et de frapper un grand coup, indiquant ainsi dans quel type d'humour on était. Sauf que ce n'est pas juste une blague de mauvais goût, c'est une blague de mauvais goût pas drôle... Ce sont les pires.

Fort heureusement, à partir du moment où Jim commence à s'occuper de Billy, le frère de son meilleur ami Steve, les choses commencent à s'arranger. Enfin, disons... ponctuellement. Il y a des passages où la blague continue d'être de mauvais goût et pas drôle, mais il y a aussi des moments sincèrement drôles, notamment parce que Billy est joué par D.J. Qualls qui derrière son apparence maladive (ainsi que le prouve son CV) cache un solide comique.

Il y a dans le seul pitch de cet épisode beaucoup de choses qui sont douteuses ; après tout, il s'agit d'emmener un paraplégique sur le point de mourir dans un bordel afin qu'il se fasse dépuceler avant de rencontrer son Créateur. Pas très classe, il faut l'admettre. Mais étrangement, le road trip qui s'en suit est à la fois drôle et touchant, et il y a de vrais bons moments même pendant la séquence avec les prostituées... même si tout cela est en minorité, noyé dans un épisode pas franchement futé. Et quand c'est drôle, c'est essentiellement parce que, même quand Jim Jefferies met à côté, les moues de D.J. Qualls remettent tout de suite la bonne ambiance (un peu aidées par le montage, certes).
En fait, plus j'y pense, plus c'est à Qualls et non à Jefferies qu'il faudrait offrir d'avoir son propre show, mais bon...

Alors on passe l'épisode dans une situation d'inconfort, avec, parfois, un rire qui s'échappe, dont on aurait presque honte, pour un peu. Mais personne ne nous regarde, alors ça va.

Même quand on a traversé tout ça, au final, Legit reste assez peu claire sur ses intentions. On sait juste que Jim est un connard fini qui veut vaguement essayer d'être un chic type (il le fait parce qu'il espère que ça lui permettra de faire tomber les filles, bon, c'est une raison qui en vaut une autre...), mais l'épisode n'est pas très clair sur la structure à attendre derrière : va-t-il dorénavant uniquement être bon vis-à-vis de Billy (et tirer partie de son statut de paraplégique pour attendrir les femmes) ou essayera-t-il d'aller au-delà ? En tous cas on n'est clairement pas dans un épisode de My Name is Earl, ça c'est clair ; le personnage n'est pas spécialement motivé pour améliorer ses actions, il n'y a ni évènement déclencheur qui l'y pousse initialement, ni vague gimmick pour lui rappeler sa bonne résolution ensuite, et puisqu'on en est à faire des comparaisons, le personnage n'a rien de sympathique et son meilleur ami Steve n'a rien d'un sidekick amusant non plus.

Au final, en dépit d'un très mauvais démarrage, et de passages parfois tombant à côté de la plaque, le pilote de Legit est... regardable. Tout juste. Disons qu'il y a deux, peut-être trois scènes qui méritent d'être vues. Mais je ne continuerai pas à regarder la série, ça c'est sûr. Qu'on soit bien clairs : les termes du défi, c'est juste regarder le pilote ! Hors de question que je m'en inflige plus.
Vous voilà prévenus.

Challenge20122013

17 janvier 2013

L'expérience interdite

Il y a des soirs où on a envie de regarder quelque chose de différent ; on ne sait pas ce que ça désigne précisément, mais on sait très exactement tout ce que ça ne désigne pas... Et rien qu'à son nom, je sentais qu'Utopia ne me décevrait pas. Je n'avais pas idée !
Il apparait que, dans le cadre du challenge avec whisperintherain, consistant à tester tous les pilotes de la saison pour vous en parler ensuite, Utopia se pose comme un défi en soi. Prêts à le relever avec moi ? Accrochez-vous, on est partis... et j'aime autant vous prévenir, ça va être chaotique.

Utopia

Pour vous parler d'Utopia, il faut probablement commencer par le plus évident : son ambiance. Et quand je dis que c'est le plus évident, en réalité je veux dire que c'est la seule chose qui apparaisse de façon évidente ! La série britannique frappe immédiatement par son esthétisme à la fois froid et coloré ; aux nombreuses couleurs pop s'oppose l'éclairage glacial et étouffant, conférant immédiatement à l'épisode une personnalité bien à part, et qui s'intègre parfaitement dans le récit. A ses apparences branchées mais angoissantes, Utopia ajoute un soundtrack génial, composé en grande partie de musiques ostensiblement artificielles (régulièrement à contre-courant de l'action d'ailleurs), mais laissant aussi une large part à des bourdonnements se faisant passer pour des silences. En général, ce n'est pas le genre d'univers musical que j'apprécie, mais dans le contexte d'Utopia, ça fonctionne incroyablement bien !
Avec ces deux ingrédients essentiels, et parfaitement maîtrisés, le pilote se pose immédiatement comme une oeuvre raffinée, moderne, unique.

Mais ça ne nous dit pas du tout de quoi ça parle... je soupçonne que ce soit à dessein.

Utopia commence dans un magasin de bande-dessinées dans lequel deux hommes étranges apparaissent. Avec le plus grand détachement, ils vont commencer à tuer quelques uns des hommes présents dans la boutique, lesquels, abasourdis, se laissent docilement faire ! Une seule chose intéresse nos deux tueurs : poser des questions à propos d'un manuscrit nommé Utopia, et d'un nom : "Jessica Hyde". Et tout cela se fait dans le calme, avec de jolies couleurs éclatantes et une petite musique comme venue tout droit d'un épisode de Portlandia ! Totalement absurde !
Ca n'a aucun sens pour les personnages présents ni pour le spectateur, et l'épisode va procéder de cette façon pendant une grande partie de son déroulement, mettant énormément de temps à faire sens à la fois de cette scène d'ouverture, et de son sujet en globalité. Des scènes décousues vont se succéder, semblant n'avoir aucun lien entre elles, et souvent assez longues. Qu'ont donc en commun ces personnages qui défilent à l'écran ? Quand plusieurs d'entre eux prennent contact via un forum consacré à la bande-dessinée The Utopia Experiments, justement, les choses sont à peine plus claires. Sur eux, on ne sait rien d'ailleurs. Ils ont simplement lu l'oeuvre, et semblent intrigués par elle... Même eux, en décidant de se rencontrer, ne semblent pas tout-à-fait certains de savoir dans quoi ils s'engagent.
Et comment le pourraient-ils ? A intervalles réguliers, notre tandem de tueurs tranquilles débarque, et quiconque semble en savoir trop meurt... non sans que le nom de "Jessica Hyde" ne soit évoqué au préalable, car résolument notre duo apathique est très intéressé par cette femme. Mais le spectateur continue d'être tenu hors de la confidence, et ignore qui est cette Jessica.

Lentement, très lentement, Utopia se révèle être une histoire mêlant science-fiction et conspiration. Les deux tueurs veulent visiblement étouffer quelque chose en rapport avec The Utopia Experiments, un graphic novel qui en réalité compte deux tomes, et non un seul comme le pensent la plupart de ses lecteurs ; ceux dont nous avons fait la connaissance dans ce premier épisode, et qui ont décidé de se réunir, ne connaissent donc pas, eux-mêmes, toute l'histoire qui les fascine. Surtout que visiblement, les autorités telle que la police participent activement (mais sans avoir connaissance des tenants et aboutissants) à compliquer la vie de ceux qui s'approchent trop près de la vérité sur Utopia, ce qui n'arrange rien !
Et pendant que les lecteurs essayent de donner du sens à tout cela, un homme qui semble n'avoir aucun point commun avec eux participe à une immense machination dans le milieu pharmaceutique, poussant son supérieur à commander des vaccins en surnombre pour soigner la grippe.
Fasciné autant que dérouté, et commençant à repenser aux titres des journaux de ces dernières années, le spectateur continue de regarder, mais tout cela est complètement tordu...

Les quelques révélations sur The Utopia Experiments qui nous seront faites au cours de l'épisode sont trop précieuses pour que je les dévoile ; je pense qu'à ce stade, vous l'aurez compris : savoir quelque chose sur l'oeuvre fictive permet de comprendre la série elle-même. Mais entendre ces quelques explications permet de mesurer la complexité de l'intrigue à laquelle la série Utopia s'attèle.
Si la série tient ses promesses, il y a de grandes chances pour qu'on tienne l'ovni le plus génial de l'année. Or, ce qui est absolument fou, c'est que pour le moment, seuls 6 épisodes d'Utopia ont été commandés par Channel 4 ! Comment la série va-t-elle réussir à explorer son thème conspirationniste, sa trame politico-financière, et même les relations interpersonnelles entre ses protagonistes, tout en préservant son ambiance unique ?!

L'ambition d'Utopia a de quoi électriser le plus blasé des téléphages, et on n'a même pas encore toutes les pièces du puzzle ! A cet égard, la série m'a rappelé Black Mirror, dont le ton unique a su prendre le spectateur au dépourvu, à la fois de par sa maîtrise de la narration et par des scènes d'une grande violence pour le spectateur. Car il y en a. Oh oui, il y en a une qui inoubliable...
Utopia est difficile à regarder, difficile à comprendre, et difficile à expliquer. Mais on sent pourtant, instantanément, que tous les efforts seront récompensés, car Utopia respire, paradoxalement, la cohérence, et met le spectateur en confiance.

Si vous vous sentez d'attaque pour une série qui ne va sûrement pas vous prendre par la main, et que vous pensez tolérer n'importe quelle scène choquante (parce qu'il y en a une bien gratinée vers la fin de ce pilote), je ne saurai que vous conseiller de tenter le coup. Une fois que vous serez un peu dans la confidence, on en reparlera entre nous...

Challenge20122013

21 décembre 2012

On verra si on est devenu des grands hommes

Cette fois, c'est la bonne !!!
Ca fait bientôt trois années que je me promets d'entamer un marathon Jack & Bobby. Ce n'est pas comme si la série était longue ; ce n'est pas comme si je ne savais pas où la trouver, mais il y avait toujours quelque chose pour m'arrêter. Il faut dire que je fonctionne essentiellement au coup de tête et à l'envie, et que, pour des raisons idiotes, je peux mettre en pause certains visionnages au profits d'autres, sans être capable de le justifier même auprès de moi. Je n'ai aucune excuse, simplement Jack & Bobby n'est jamais prioritaire. Et j'ai passé près de trois années à me répéter combien c'était dommage.
Alors que j'étais en train de me tâter pour voir si je ferais le désormais célèbre Challenge Séries 2013 de Hellody (je ne me suis pas encore décidée à ce sujet, d'ailleurs, pour de multiples raisons), j'ai en tous cas pensé que ce challenge serait idéal pour finalement me mettre le coup de pied à l'arrière-train qui m'a manqué depuis trois ans.

Alors ce soir, puisque j'y étais, j'ai revu le pilote de Jack & Bobby.

JackandBobby

Surtout qu'une fois qu'on se retrouve devant le pilote, c'est tellement évident que cette série est faite pour moi.

Il me faut à ce stade préciser que je suis extrêmement friande d'autobiographies (quand il me reste quelque chose que mon budget DVD n'a pas encore aspiré, ça passe dans le budget autobiographies ; d'ailleurs ma lecture de la semaine prochaine devrait en être une sauf revirement de situation). J'aime qu'une personnalité plonge dans ses souvenirs et, plus encore, soit capable de prendre du recul sur ce qui l'a mené(e) à être la célébrité que nous connaissons tous aujourd'hui ; à ce titre, Lucky Man: A Memoir de Michael J. Fox est certainement le plus abouti que j'aie lu jusqu'à présent, et je le recommande donc plus que chaudement.
Plus que connaître les bêtises qui faisaient enrager leurs parents ou l'âge à laquelle ils ont perdu leur virginité, ce qui m'intéresse, c'est que ces personnages (plutôt) importants soient capables de refaire le chemin à l'envers et de dire que, oui, sans tel évènement, ils ne seraient pas la même personne. Quand dans Bossypants, Tina Fey raconte son expérience dans le théâtre d'improvisation, elle le fait avec énormément de sincérité et de franchise (ce qui tranche dans un ouvrage essentiellement humoristique et d'une immense pudeur) parce qu'elle est consciente, et veut l'expliciter pour ses lecteurs, que ce qu'elle a appris pendant ces années formatrices à bien des égards a modelé sa personnalité et sa vision du monde. Et c'est merveilleux d'avoir l'opportunité d'explorer cela, de comprendre comment quelqu'un est devenu cette personne, et comment cette personne est devenue, à sa façon, extraordinaire.
Du fait de mon goût pour les autobiographies (ou peut-être que ce goût en est en réalité la cause), quand j'admire quelque chose, surtout dans le domaine artistique me vient immédiatement la brûlante question : comment on devient la personne capable de créer cette chose ? L'éducation est évidemment une immense part de cela ; mais aussi les rapports qu'on entretient avec sa famille, ses amis, et ainsi de suite. Devenir quelqu'un est le résultat d'une multitude de facteurs qui ne sont pas tous identifiables ; il suffit d'un détail pour que le destin d'un enfant change pour devenir un adulte différent...
Hélas, David E. Kelley se refusant pour le moment à écrire son auto-biographie, nous ne savons pas avec précision comment est né l'un des plus grands esprits de la télévision américaine contemporaine, mais on se consolera en se disant que, fort heureusement, Snooki en a écrit un ! Oui, le monde est injuste, je suis navrée que vous le découvriez de cette façon.

Jack & Bobby se propose précisément de répondre à cette question. La série n'a évidemment pas de valeur autobiographique, car les personnages de Jack et Bobby McCallister sont fictifs (bien que s'inspirant apparemment, comme je l'ai appris récemment, je crois via Twitter, de Jack et Bobby Kennedy). Elle n'a pas non plus valeur de narration à la première personne, car elle est tournée à la fois comme une fiction et comme un documentaire rassemblant des images d'archives et des interviews des proches du Président McCallister.
Oui, le Président. Car Jack & Bobby est également une série politique. Mais une série politique telle qu'on l'a rêvée au cours de certains épisodes d'A la Maison Blanche, comme dans Two Cathedrals, quand on essayait de comprendre comment Bartlet était devenu Bartlet ; une série politique qui essaye de plonger dans ce qui a façonné l'homme politique, et non dans ses décisions du présent.

Le Président McCallister est donc encore jeune quand commence la série ; le pilote va à vrai dire maintenir le mystère pendant presque toute sa durée quant à l'identité du Président : s'agit-il de Jack, ou s'agit-il de Bobby ?
Chacun a ses forces et ses faiblesses. Jack est un adolescent mature, mais qui s'est endurci, sans aucun doute, plus que nécessaire. Il refuse de s'occuper de son petit frère qui vient d'entrer au lycée, parce qu'il a une image plutôt cool et que le petit frère est justement tout sauf cool. Il commence également à s'intéresser aux filles, et dans le pilote, il n'aura d'yeux que pour l'une d'entre elles. Bobby est plutôt un pré-ado, avec de grands yeux naïfs et des réflexes encore enfantins, un peu geek sur les bords, et qui plus est atteint d'asthme ce qui n'aide pas. Mais c'est aussi un garçon très intelligent, et armé d'une volonté de fer.
Alors, lequel deviendra Président des Etats-Unis d'Amérique ? Eh bien... il vous faudra à votre tour regarder le pilote pour le savoir. Sachez simplement que dans l'épisode, on rapporte que le Président McCallister aurait dit que ce n'était pas le bon frère qui avait été élu... tout un programme.

Car il ne s'agit pas tant de mettre les deux frères en concurrence. Il s'agit aussi de voir comment le Président est façonné par son entourage pour devenir un grand homme. Par son frère, d'abord, qui visiblement l'inspire, et puis, par sa mère.
Grace McCallister est, de l'avis de tous, une force de la nature. Femme d'une intelligence aigue, cultivée et fière de l'être, elle est professeur d'université et ne perd pas une occasion d'essayer de stimuler intellectuellement ses garçons, ou plutôt, l'un d'entre eux précisément. On sent d'ailleurs confusément, dés l'introduction de la série, qu'il existe un fils préféré, ou au moins un sur lequel plus d'espoirs reposent que sur l'autre. L'épisode commence en effet alors que c'est l'anniversaire d'un des garçons, et que celui-ci veut une télévision ("Of course, the idea that we're stupid because we sit around watching TV all the time is just as simplistic as the idea that kids shoot other kids because they witness violence in the medias", explique Grace dans sa toute première réplique qui sonne comme du Sorkin, "but what is clear, is that the majority of television caters to the majority of Americans, and is, as a result... garbage"). Mais au moment de laisser son fils choisir son cadeau, Grace s'enthousiasme pour un synthétiseur sur lequel, prétend-elle dans une vague d'excitation, il pourrait composer toute une symphonie ! Cédant devant la fièvre d'ambition de sa mère qui le voit déjà grand pianiste, alors qu'elle s'est toujours estimée trop vieille pour apprendre le piano, le garçon accepte donc à contre-coeur d'échanger la télévision contre le synthé. Clairement, Grace est en train de fabriquer de toutes pièces le génie dont elle rêve (le génie qu'elle aurait probablement aimé être), et conçoit toute son éducation en ce sens ; un peu comme le fera d'ailleurs GOLD. Mais ce n'est évidemment pas si simple, d'abord parce que c'est lourd de connotation pour son autre fils (il le lui fera d'ailleurs remarquer pendant l'épisode), et ensuite parce qu'on ne peut pas vraiment façonner de A à Z un être humain pour qu'il devienne un idéal.

Entre son frère et sa mère, entre son désir de faire ce qui le passionne et son envie dévorante d'être aimé (et d'être aimé par tous, le rejet le meurtrissant plus que tout), le futur Président McCallister va avoir sur sa route bien des obstacles avant de devenir un grand homme. C'est son parcours que Jack & Bobby se propose de suivre, en étudiant la complexité de son milieu familial (dans lequel il n'y a pas de figure paternelle, notamment, mais aussi alors que Grace fume de la marijuana pour se détendre quand sa vie devient trop stressante), en renvoyant en permanence l'idée de ce que deviendra le Président McCallister, au travers de flashforwards détournés, à savoir les interviews de ses proches dans les années 2040, face camera.
Le procédé relève d'ailleurs du génie, parce qu'au lieu de simplement nous dire : ce jeune deviendra un homme immensément respecté (il sera plus tard surnommé "The Great Believer"), et nous montrer son présent, on a un renvoi constant entre sa croissance de nos jours, et ce que l'on dira dans plus de 40 ans d'un des grands hommes de la nation, sur un plan politique mais aussi et surtout humain.
Quelle immense promesse !

Maintenant que j'ai commencé à re-voir la série, je me souviens à quel point il était important qu'elle reste sur ma liste des revisionnages et que je ne l'oublie pas ; à la différence qu'elle n'aurait pas dû y rester trois ans !
Alors cette fois, c'est la bonne : je me fais un marathon. Notez bien ce que je vous dis : avant la fin de l'année 2012, j'aurai vu l'intégralité de la série !

25 juillet 2011

[DL] The Yard

Pour une petite série canadienne méconnue, c'est quand même pas mal ! The Yard se positionne à la 8e place cette semaine dans le classement hebdo de SeriesLive. En entrant directement se placer devant Castle, notre petit chouchou (hein les gars que j'ai raison ?) fait quand même une joli prouesse, là où tant de séries ont bien des fans actifs.
L'occasion de vous encourager, si ce n'était fait, à donner une chance à la série, qui a visiblement plu à tous ceux qui l'ont vue.

TheYard
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

En plus, c'est vraiment un bon générique. Musicalement, il est très percutant, pour ainsi dire inoubliable. Et visuellement il reprend la charte graphique de la série en jouant un petit peu sur les balances de couleurs, et un petit peu sur la saturation, sans pour autant en faire des tonnes, parvenant à un univers à la fois gris et coloré qui fait merveille et souligne parfaitement l'ambivalence de la série.

Pour moi ce générique va directement se placer avec celui de Oz, ils ont le même attrait envoûtant et rude à la fois, le sens du rythme, le tempo qui se tatoue dans votre cortex. Et pourtant tout en ayant ce rythme, j'ai l'impression qu'il y a un côté, comment vous dire ? "Nanananère". J'entends vraiment ça, je ne sais pas comment vous expliquer. Ca me manque d'ailleurs, parce qu'à l'heure où ce post sera mis en ligne, je serai convalescente d'une intervention à l'oreille et que je ne pourrai rien écouter. Faites-moi plaisir, faites tourner ce générique au moins une fois en mon nom ce soir.

Maintenant, ce que je vous propose, cette semaine, c'est de voter à nouveau massivement pour la série cette semaine, en espérant que d'autres viendront découvrir cette petite merveille de HBO Canada. Soyez pas timides. C'est pour la bonne cause.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Yard de SeriesLive.

21 juillet 2011

Sans faute

Attendez-vous d'une dramédie :
1/ qu'elle possède un concept absolument dément et totalement inédit
2/ qu'elle mette en valeur des acteurs super-connus
3/ qu'elle montre des personnages sympathiques sous des angles variés et fasse passer un bon moment
Si vous avez répondu 3 à cette question, alors vous gagnez le droit d'essayer Nothing Trivial, la série néo-zélandaise qui a commencé hier soir et qui, si elle ne réussit pas à correspondre au 1, et aurait du mal pour nous autres spectateurs français à valider le 2, a tout de même beaucoup de charme.

Mais évidemment, mon regard était forcément biaisé : quand j'ai su qu'il serait question de pop quiz, j'étais conquise. Je raffole de ce genre de jeux et manque cruellement d'occasions de m'y adonner. Par contre j'ignorais complètement qu'il existait des "pub quiz" (à part dans Better With You mais j'avoue que l'intrigue sur le base ball m'avait un peu endormie ce jour-là), et ma curiosité est d'autant plus piquée.

NothingTrivial
Alors c'est vrai, Nothing Trivial n'est pas vraiment bluffante. Partir du principe que les 5 personnages principaux vont se retrouver toutes les semaines dans un bar pour tester leur culture générale et, au passage, parler de leur vie privée, ne se traduit pas de façon hautement conceptuelle. Par exemple je m'attendais à ce que la série se passe intégralement dans le bar, ce qui aurait été franchement original, et au lieu de ça l'épisode est bourré de flashbacks. Certes ces flashbacks n'ont rien d'irritant comme ils peuvent l'être dans d'autres séries, mais c'est pas l'idée du siècle, du coup. Par contre c'est vrai que ça met une bonne ambiance et qu'au moins les personnages ne se retrouvent pas juste pour picoler, il y a quelque chose derrière leurs retrouvailes hebdomadaires qui, à défaut de provoquer une série renversante, permet de lui donner sa propre personnalité.

De la même façon, les personnages ne sont rien qu'on n'ait déjà vu avant. Il y a le type que sa femme quitte, celle qui divorce, celle qui a 40 ans et n'a toujours personne, la petite chose fragile qui sort d'une rupture avec un type étouffant, et un célibataire endurci. Là encore, rien d'absolument palpitant à première vue. Sauf que les acteurs incarnent vraiment leur personnage avec beaucoup d'intelligence. Là où Catherine aurait pu passer pour une insupportable frigide snob et distante, on obtient une femme toute en nuances et pleine de charme, avare de ses mots et pas nécessairement habituée à avoir une vie sociale, mais en tous cas vraiment attachante. Le seul personnage encore en retrait est celui d'Emma, qui pour l'instant est trop timide (et un peu benet) pour se faire remarquer, mais à coup sûr ça pourra se faire par la suite.

En un peu moins de trois quarts d'heure, Nothing Trivial propose avant tout de nous donner l'impression de partager un moment avec cette bande, rien de plus, rien de moins. C'est quelque chose que Go Girls proposait déjà, d'ailleurs, à sa façon, et j'ai un peu le sentiment que c'est assez récurrent chez les dramédies néo-zélandaises, mais on en reparlera quand j'en aurai testé un peu plus. En tous cas il n'y a pas d'autre ambition que d'être une série chaleureuse qu'on a envie de suivre pour ses personnages, et, en ce qui me concerne, pour me tester aussi en matière de littérature, cinéma ou histoire, au passage. Mais d'un autre côté, le pilote n'a strictement rien à se reprocher.
Rien de tout cela ne fera entrer Nothing Trivial dans les annales de la télévision. Mais l'épisode propose un moment plein de charme, d'énergie et de divertissement. Eh, c'est pas un gros mot, après tout.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Nothing Trivial de SeriesLive.

27 juin 2011

Two beautiful minds

Immeuble interminables de verre et de chrome, bureaux immaculés, couloirs constellés de lampes... L'univers des avocats de prestige, vous le connaissez, je le connais ; on l'a tous déjà arpenté, posé nos pieds sur la moquette fine omniprésente, passé la main sur les surfaces planes qui semblent y règner en maîtres, poussé ses portes transparentes et toujours impeccablement propres. Téléphagiquement en tous cas.
Quand une série se pique d'aller s'y installer, on a déjà nos repères. Cette esplanade avec son vendeur de hots dogs. Cet ascenseur au ballet imperturbable. Tout y est.

Bien-sûr, régulièrement, il vient une série du genre The Defenders pour nous rappeler que le monde des avocats n'est pas toujours glamour, et c'est parfait : il en faut. Mais concrètement, les bureaux des avocats, ils en jettent, et on en est ravis.
Parce qu'il faut que le décor soit luxueux et moderne pour s'accorder avec le raffinement intellectuel de ses occupants.
En théorie du moins, puisqu'on s'attend à ce qu'ils soient intelligents théoriquement, mais nuls humainement.

Suits

Suits nous offre précisément cette plongée dans l'élite téléphagique : le monde juridique. Un monde où la répartie fait systématiquement mouche, et où l'éclat des répliques n'a d'égal que celui des stylos hors de prix. C'est dans le cahier des charges : dans un legal drama, les personnages sont d'une intelligence aiguisée, et leur boulot, c'est de le prouver épisode après épisode. Une série légale où les personnages sont dénués d'intelligence, c'est bien simple, ça n'existe pas. C'est pourquoi les séries légales seront toujours supérieures aux séries policières.

Ainsi sont les deux personnages centraux de la série, Mike et Harvey, parfaitement conscients d'être plus intelligents que la moyenne, et l'enjeu est précisément celui-là : vivre en étant intelligent. Pour Mike, le défi est de réaliser son potentiel après avoir tout gâché une fois. Pour Harvey, la problématique est simplement de profiter de tous les avantages sans jamais en connaître les inconvénients (et dans le pilote, il donne l'impression d'y réussir plutôt bien). Ces deux-là vont se trouver et, parce qu'ils sont intelligents, réaliser rapidement qu'il serait bête de se séparer maintenant.

D'autant qu'à eux deux, ces brillants cerveaux sont capables de plutôt bien mener leurs affaires... si ce n'était leur goût un peu vicieux pour l'échec (dans le cas de Mike) et pour la vantardise (dans le cas de Harvey).
De fait, leur pire ennemi, c'est eux.

Bien-sûr, Suits ne transcende pas le genre et ne propose pas de série légale révolutionnant la face de la télévision. C'est plutôt une invitation à se mettre à l'aise avec des personnages intelligents qui ne vont pas louper une occasion de nous le prouver : on l'a dit, c'est leur job. Les enjeux viennent essentiellement de ce que le comportement de nos deux cerveaux afûtés provoque chez ceux qui sont juste un peu moins gâtés intellectuellement, et notamment la jalousie de Louis Litt (celui qui voulait être calife à la place du calife, porté par un Rick Hoffman aussi succulent qu'à l'ordinaire dans son rôle de méchant raffiné mais obstiné), fermement décidé à avoir la peau de Harvey quoi qu'il en coûte : pas de surprise de ce côté-là non plus.

Mais le gentil Mike et le pédant Harvey nous font un tel numéro de duettistes qu'on se fiche bien d'avoir déjà vu ce tandem mal assorti mais dynamique une fois ou deux par le passé (...peut-être sur la même chaîne), et qu'on a juste envie d'assister à leurs échanges, simplement parce que c'est là que se joue le nerf de la guerre, le coeur du show, l'âme de la série : dans les discussions à cent à l'heure de deux personnages qui sont très intelligents, qui apprécient cela l'un chez l'autre, mais qui aimenraient juste prouver une fois pour toutes qu'ils le sont quand même juste un peu plus.

Ajoutez à cela des intrigues légales avec moults revirement de situation (toujours bien amenés, c'est l'essentiel dans ce type de fictions), une gent féminine prête à asticoter ces hommes un peu trop sûrs d'eux et à se pavaner dans des tenues à la fois professionnelles et sexy, et vous obtenez une série prête à personnifier ce que le grand public peut aimer dans les legal dramas.
N'ayons pas honte de le dire : le grand public aura raison.

D'ailleurs ce sont des séries comme ça, bien conçues mais pas élitistes, intelligentes mais pas stratosphériques, que M6 devrait tenter de diffuser le jeudi soir en prime avant de se lancer dans les grosses pointures du genre de The Good Wife.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Suits de SeriesLive. Toute chaude sortie du four.

19 janvier 2011

En grève

Aujourd'hui on est mercredi, et comme tous les mercredis, je suis supposée faire ma news "En bref : l'actu des télés du monde" du mercredi pour SeriesLive, celle où je parle de ci, de ça, de ce que vous n'avez pas entendu ailleurs, des pays pour lesquels je me ferais lyncher si j'en faisais une news à part, des infos qui ne tiendraient pas plus d'un paragraphe, etc...
C'est un travail qui me prend une ou deux heures chaque semaine, et je n'inclus pas le travail de sélection qui a lieu les six autres jours afin de choisir attentivement l'actu qui pourrait s'y trouver.

Mais seulement, voilà, aujourd'hui, il n'y aura pas de brève hebdomadaire sur SeriesLive, pour la première fois depuis septembre.

World

D'ordinaire je ne lave pas mon linge sale avec SeriesLive en public, mais voilà, j'ai l'impression que si je n'explique pas ce qui se passe, on se dira simplement que j'ai eu la flemme, ou que j'ai eu les yeux plus gros que le ventre avec ce projet, ou je ne sais pas quoi d'autre. Alors, pour ceux qui vont peut-être ce soir faire un tour sur SeriesLive et, peut-être, je n'en sais rien, remarquer que la news n'a pas été faite, voilà exactement ce qui se passe, la raison pour laquelle j'ai atteint la limite.
La raison pour laquelle je suis en grève.

Il y a maintenant presque un an et demi, j'ai réintégré l'équipe de SeriesLive. C'était pendant la coupe du monde des séries, je crois, qu'on m'avait encouragée à me manifester pour m'occuper des séries asiatiques, et à redéposer ma candidature. Je l'ai fait et on m'a accueillie les bras ouverts. J'ai fiché à fond, je me suis mise à écrire des articles, et quelques news aussi, et on m'a encouragée à en faire plus, et je l'ai fait de bonne grâce parce que, vous savez quoi ? C'est agréable de voir que ce qu'on fait plait. Pendant des mois, j'ai donc intensifié le rythme, progressivement.

Jusqu'à ce que fin juin, un membre de l'équipe dirigeante vienne me voir pour me proposer une rubrique dédiée à ce que je faisais. Le développeur, sans doute de crainte que la rubrique ne serve pas, m'avait alors demandé si j'étais capable de poster des news régulièrement voire quotidiennement, et j'ai encore intensifié parce que j'en étais capable, mais que je ne savais jamais clairement si c'était bienvenu. Malheur à moi, l'intensification des news avant que la rubrique ne voit le jour a heurté la sensibilité des lecteurs de SeriesLive qui se sentaient obligés de cliquer sur des titres de news mentionnant des séries au nom exotique et qui découvraient qu'ils ne les connaissaient pas et ne s'y intéressaient pas.
Prise de doute, nous étions au mois de juillet, j'ai alors demandé au membre de l'équipe dirigeante qui était venu me voir s'il fallait que je continue. La réponse a été franchement positive, avec la promesse que la rubrique dédiée permettrait une meilleure lisibilité et, donc, empêcherait ce genre de désagrément à l'avenir pour les lecteurs, qui ne pourraient alors plus dire qu'ils n'étaient pas prévenus. Ayant fait un article sur la télévision coréenne, ce même membre de l'équipe dirigeante m'a également encouragée à faire des articles sur d'autres pays, et je me suis dit, mais oui, je peux faire l'Inde, et tiens, si je continuais avec d'autres pays ! C'est comme ça que ça a commencé, ce défi d'un article par semaine. C'était franchement sympa, ne nous le cachons pas.

En parallèle de ces articles, de l'intensification des news (désormais accompagnée d'un suivi des audiences coréennes), l'été 2010 a donc été consacré à plancher sur cette rubrique avec le développeur, et à l'étoffer au niveau du contenu, notamment en élargissant à des pays jusque là (injustement) maltraités par SeriesLive, comme le Canada et surtout l'Australie, quasiment dépourvue d'info et pas à jour sur la plupart des nouveautés.
Mais pour la rubrique elle-même, les choses n'avançaient pas très vite. C'est le vacances, me disais-je... alors je prenais mon mal en patience. Mais très bientôt, la date évoquée d'une ouverture de la rubrique pour la rentrée a été reportée. Allez, 1er Octobre, promis. Mais voilà, le mois de septembre ne fut pas beaucoup plus productif. Et tandis que, toujours encouragée à en faire plus, je me lançais dans une news hebdomadaire pour récapituler l'actu de plusieurs pays, tout en ajoutant le suivi des audiences japonaises, j'ai réalisé qu'il y avait un vrai soucis avec le développement de la rubrique. J'étais encouragée à en faire plus par le membre de l'équipe dirigeante, mais le développeur n'était pas beaucoup poussé, par contre. D'ailleurs j'étais tellement encouragée qu'on m'a envoyée à la mi-octobre à Scénaristes en Séries : le planning des articles du monde a été étudié dans ce sens avec le membre de l'équipe dirigeante, et la rubrique devait ouvrir à cette occasion, afin de pouvoir parler des séries scandinaves.

C'est là, je pense, que j'ai commencé à donner les premiers signes de fatigue ; déjà pour des raisons financières, parce que j'ai dû intégralement avancer l'argent de mon voyage (et le réserver à H-48, le responsable n'ayant pas fait sa part à temps), et que j'ai trouvé ça franchement fort de café vu la somme engagée.
Et surtout, parce que si j'ai assuré au niveau des news hebdomadaires, et tenu mes engagements sur l'évènement en courant d'une interview à l'autre, au final, j'ai trouvé qu'il y avait abus quand on m'a indiqué que l'ouverture de la rubrique serait encore reporté... on dit 1er novembre ? Alors, finalement, je n'ai publié qu'une interview sur huit réalisées (celle d'Astier), laissé de côté les exclus (sur les acquisitions par arte de The No. 1 Ladies' Detective Agency et Borgen, évoquées uniquement via mon compte Twitter), et j'ai laissé tomber les reviews de pilotes qui étaient prévues pour le site. Et j'ai commencé à sérieusement m'agiter.

C'est comme ça que je suis devenue une emmerdeuse. Arrivée au 1er novembre, toujours pas de rubrique mise en ligne, je suis probablement devenue le pire cauchemar d'un développeur en me manifestant de façon insistante, répétée, et plus du tout subtile. Il faut dire que j'en avais marre de me faire poser des lapins sur Skype, qu'on ne réponde jamais à mes questions, de voir qu'on me posait plusieurs fois les mêmes questions sans que mes indications trouvent effet, et que concrètement, on me dise oui d'un côté mais que rien ne se passe. Mais le membre de l'équipe dirigeante continuait de me promettre monts et merveilles, de compatir devant l'absence de réaction du développeur, et de me jurer ses grands dieux qu'on ferait au plus vite. Et je pensais que ça allait bien finir par arriver. C'était un membre de l'équipe dirigeante, après tout, et l'un des rares encore actifs sur le site. Il avait forcément du poids, n'est-ce pas ?

Au bout du compte, et après avoir truffé le topic de travail de posts restés sans réponse, et/ou d'échanges véhéments, courant novembre, la rubrique s'est trouvée mise en ligne de façon bâtarde, comme pour se débarrasser : les news sont devenues accessibles en page d'accueil, ce qui permettait d'avoir accès à certaines pages, mais tout n'était pas fini d'être codé, et qui plus est, contrairement à toutes les autres rubriques du site, la rubrique n'avait pas d'onglet pour y accéder directement.
Et quelque part entre les news nombreuses en accueil et le débat de savoir si tel pays devrait ou ne devrait pas apparaitre sur la rubrique (alors que la rubrique était à l'étude depuis juin, quand même !), soudain, tout s'est emballé : accusée de prendre en otage la page d'accueil avec mes petits points turquoises, j'ai dû négocier le nombre de news à afficher en page d'accueil du site. Sans qu'il ne soit pour autant rendu possible d'accéder à la rubrique Séries du Monde...
Ce nombre, fixé à trois news en accueil (mais autant que je voulais dans la rubrique à laquelle on ne pouvait pas accéder !), s'est accompagné d'une proposition du développeur qui m'a invitée à l'aider à penser divers aspects du site avec lui. Et moi, naïve, je me suis dit : s'il me propose ça, c'est qu'on va bientôt sortir la rubrique, enfin ! Et on passera à autre chose, enfin ! Je vais prendre le rythme des news, et ne plus m'occuper de développer cette rubrique que je traine comme un boulet depuis le début de l'été, enfin !

Pensez donc. Après cet accord, a suivi un silence radio de plusieurs semaines de la part du développeur. Pas tellement plus bavard, le membre de l'équipe dirigeante, d'ailleurs. En gros, j'ai eu l'impression que le développeur avait eu ce qu'il voulait (limiter ma présence sur la page d'accueil), et que maintenant il n'en avait plus rien à foutre de finir la rubrique.
Et pourtant, j'ai continué. Parce que je m'étais engagée à le faire, et parce que ça me plaisait de parler de l'actu des télés du monde... n'était-ce pas d'ailleurs cette dernière qui était la meilleure des raisons ?

Mais en décembre, les messages sans réponse, les vents sur Skype et les choses qui n'avançaient plus ont eu raison de moi. J'ai arrêté les news portant sur le suivi des audiences asiatiques. Puis, j'ai décidé d'attendre avant de poster le bilan de la saison (qui actuellement avance à la vitesse d'un escargot de Bourgogne). Et pour finir, j'ai juste décidé de ne plus fournir que le minimum, soit quelques news et surtout la news du mercredi, devenue un vaste fourre-tout rédigé sans grand entrain.

C'était un projet qu'on m'avait proposé, pas l'inverse. Dans lequel on m'avait encouragée à m'engager toujours plus loin et, contrairement à ce que beaucoup de bénévoles feraient, je me suis engagée sans jamais demander d'autre contrepartie qu'une rubrique fonctionnelle et au même niveau que les autres.
Je ne l'ai jamais eue.

Ce soir, je suis donc en grève. J'ai tenté de me motiver à faire quelques news depuis le début du mois, mais je ne vois plus l'intérêt. De toute façon, la rubrique  n'est même plus accessible par la navigation puisque, avant, quand on cliquait sur une news "Séries du Monde", on pouvait voir la navigation de la rubrique (inachevée, mais tout de même), alors que maintenant on peut juste passer d'un type de news à un autre (pour chacune des rubriques qui, elles, ont bel et bien un onglet permettant un accès direct).

Les questions que je me pose, c'est pourquoi m'avoir proposé de faire cette rubrique si c'était pour ne jamais la faire sortir de terre ? Pourquoi m'avoir encouragée à en faire plus si c'était pour me limiter le nombre de news visibles ? Pourquoi avoir piétiné mon enthousiasme au lieu de simplement me laisser continuer les choses humblement ?

Ce soir je suis à deux doigts de la démission. J'aime beaucoup SeriesLive, j'y ai passé beaucoup de temps, m'y suis fait un certain nombre de contacts très appréciables (dont ledit membre de l'équipe dirigeante, d'ailleurs, qui outre mesure a toujours été charmant avec moi). J'ai toujours été fidèle à ce site. Même quand je n'y officiais pas (ayant privilégié le défunt Teruki Paradise), je n'ai jamais manqué d'y faire référence (ce blog m'en est témoin), d'en parler, je n'ai jamais fait partie de ceux si prompts à prédire son déclin, je n'ai jamais trouvé révoltant de ne pas être payée pour contribuer (même si je ne crache évidemment pas sur l'unique petit chèque cadeau annuel), et surtout, je n'en ai jamais, jamais, jamais, dit du mal que je n'aie dit bien en face aux dirigeants. La langue de pute en douce, ça n'a jamais été mon genre.
Mais voilà, j'ai été menée en bateau, et je ne comprends pas à quoi ça rime. Qu'y avait-il à gagner ? Pourquoi m'avoir fait miroiter tout ça si l'intention n'a jamais été de mettre en valeur le travail accompli ?

Séries du Monde, ou l'histoire d'un bénévolat qui a tout de même fini par être trop cher payé.

Je ne sais pas. Je ne sais sincèrement pas. Devrais-je juste partir et recommencer ailleurs (peut-être seule ?) ce que j'avais entamé sur Séries du Monde ? Devrais-je au contraire insister parce que ce serait du gâchis de tout laisser en plan, et entreprendre une action quelconque ? Vraiment, je ne sais pas.
Devrais-je vous encourager à aller manifester votre soutien ? Je ne sais pas si ça aiderait. Je ne sais pas si ça vaut le coup. Je ne sais pas si vous le feriez.

J'ai cru de tout mon cœur que je n'aurais pas besoin de baisser les bras. Six mois après qu'on soit venu me chercher pour lancer ce projet, je ne crois plus en rien.

24 avril 2011

Parlez-moi de mort, redites-moi des choses tendres...

Ne partez pas sans avoir résolu ce qui vous fait fuir. Vous seriez contraints d'une façon ou d'une autre à revenir.

Combien de fois avons-nous entendu ce refrain ? Et combien de personnages ont dû admettre qu'il fallait rentrer à la maison pour mieux la quitter ? De Six Feet Under à, plus récemment, Koselig Med Peis, on découvre régulièrement dans les séries qu'il ne sert à rien de quitter le foyer familial, on finit toujours par y revenir.
East of Everything ne fait pas exception.

Pourtant il y a dans ce pilote une telle grâce, et une telle gravité, employées à remonter le chemin des souvenirs, que je mets au défi quiconque regardera les première minutes de n'avoir pas le coeur à la fois serré et exalté devant ce qui se dégage de la série.

Art Watkins s'est enfui, lui aussi. Sans doute plus loin que tous les autres personnages qui l'ont précédé ou suivi : il n'a pas simplement quitté Broken Bay, il a carrément quitté l'Australie, et parcourt le monde en quête d'endroits fabuleux dont il pourrait faire des guides de voyage. Alors bien-sûr, plus l'homme va loin, plus on peut se demander ce qu'il fuit. C'est lorsqu'il reçoit un message de son frère Vance, lui apprenant que leur mère Nancy est sur le point de décéder de son cancer ; malheureusement, à l'aéroport, sur le chemin du retour, il reçoit un second message lui indiquant qu'il est trop tard. Retournant dans le petit patelin de Broken Bay pour les obsèques, il va, nécessairement, devoir faire face à tout ce qu'il a laissé sur place : son frère Vance, bien-sûr, amer au possible d'avoir dû s'occuper de Nancy pendant qu'Art voyageait Dieu sait où, mais aussi son premier amour, Eve, et même son fils qu'il n'a pas vu depuis 10 ans, Josh. Oui, 10 ans. Il a couru loin, et il a couru longtemps, aussi, notre Art. Et tout ce petit monde, ce sont des gens avec qui il y a beaucoup de choses laissées en suspens...

EastofEverything
Mais le moment n'est pas seulement aux retrouvailles. Car la propriété de Nancy, une ex-hippie qui, d'après les propres termes d'Art, ne s'est jamais consolée de la fin des 70s, a l'air abandonnée, mais c'est un énorme terrain qui pourrait aussi être valorisé en un magnifique et lucratif projet immobilier. Quelque chose qui n'a pas échappé à Melanie, la fiancée de Vance qui, bien que fasciné par le bouddhisme et la musique indienne, n'est pas une hippie, elle, mais un agent immobilier avec de la suite dans les idées. Et l'héritage de Vance, elle compte bien dessus. Sauf que ça ne va pas exactement se passer comme prévu parce que Nancy n'a pas légué la propriété à Vance, comme ce dernier le pensait, mais bien à ses deux fils...

Non, sur le papier, East of Everything n'a donc rien inventé. Pourtant il se dégage quelque chose de très particulier de la série, peut-être parce qu'on sent le côté un peu hippie, et que la maison familiale est une espèce de taudis plein d'arc-en-ciels et d'objets en macramé, ou peut-être parce que, derrière tout ça, on sent une certaine spiritualité. La scène de l'aéroport est certainement ce qui déclenche cette impression, mais elle est persistante, notamment parce que le cadre de Broken Bay est absolument paradisiaque, au coeur d'une forêt tropicale et à quelques pas d'une plage de sable fin, la famille Watkins va régler ses comptes tout en profitant d'une nature verdoyante qui a quelque chose de réconfortant.

Au retour aux sources d'Art, et aux enjeux sur l'héritage (traités de façon extrêmement plus subtile qu'anticipé), s'ajoutent les intrigues secondaires de deux personnages, en apparence déconnectés de la vie des Watkins, mais qu'on va apprendre à connaître et dont on va également apprécier la quête initiatique pour se trouver, puisque c'est de cela qu'il s'agit naturellement.

Avec ses ondées et sa nature pleine de fraîcheur rassurante, East of Everything raconte bel et bien comment des personnages torturés vont trouver la paix, enfin, avec leurs proches et donc avec eux-mêmes. Il y est pas mal question de mort (pas seulement à cause de Nancy) et pourtant l'espoir n'a pas disparu.
East of Everything n'a donc rien inventé, certainement pas. Mais elle a su se mettre en images avec à la fois une grande émotion et une rugosité toute australienne, sans en faire des tonnes. East of Everything, ça fait du bien là où ça fait mal.
Donc pour répondre à votre question, oui, je cagoule le deuxième épisode pendant que nous parlons.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche East of Everything de SeriesLive.

10 octobre 2010

The Telephsage Experiment : l'accalmie

Jour4

Comme aujourd'hui a été une journée studieuse, je n'ai pas eu beaucoup de temps pour me préoccuper de mes problèmes de manque. Oh, on m'a bien fait remarquer que je tape beaucoup plus du pied depuis quelques jours, que j'ai tendance à me répéter nerveusement et que je ne me concentre pas du tout sur les conversations, à part ça, je vais très bien, je vais très bien, je vais très bien.

Nan mais, en fait, ce qui s'est passé, c'est que ce weekend, j'avais des articles à pondre. Je promets pas que je ferai 3 articles d'un coup tout le temps non plus (c'était une expérience, on va dire), mais là ça tombait bien, quand même.
Et quand j'en avais marre, je regardais de vieux épisodes des Craquantes, vu que je me suis replongée dedans sans le faire exprès, j'ai eu envie de revoir certains épisodes. Vraiment, je le vis bien. Je m'attendais à bien pire. A bien pire. A bien pire.

Alors maintenant que j'ai passé le cap du dimanche, quelque part, je me dis que ça va être plus facile. Je me dis aussi que je pourrais me mettre à Boardwalk Empire, ça ne me tuerait pas, mais je ne sais pas, j'en lis tant de bien (enfin, j'essaye d'éviter les reviews pour pas me faire spoiler, mais les retours sont quand même bons), et j'ai l'impression que me lancer maintenant, en période de manque, ce n'est pas bon. En vérité je me saisis de n'importe quelle excuse pour ne pas m'y mettre mais c'est un autre sujet. Je sais pas, j'appréhende, c'est comme Gichalbirok.

Nan mais, ça va. A l'aise. Vraiment. Je me suis même envoyé le pilote d'une série japonaise que je devais regarder depuis des siècles, alors vraiment, tout baigne. Tout baigne. Tout baigne.

Mais bon, ce n'est qu'une expérience d'une semaine, après tout, ça va aller.

4 mars 2011

Memory of a color

Il y a des rubriques de ce blog qui semblent fourmiller de posts à longueur d'année, et d'autres, on ne sait pourquoi, qui tombent parfois un peu dans l'oubli. Ah, l'oubli... C'est marrant que vous abordiez ce sujet, parce que justement on va parler de mémoire, avec le premier post Comme au cinéma de 2011, et le premier depuis pas loin d'un an. Ce qui est un comble vu que je n'ai jamais vu autant de films que depuis un an, justement. M'enfin, faire un post dans cette rubrique, il s'avère que j'y pense puis j'oublie...
Bon allez, inutile de faire durer le suspense, le film du jour est...

C'est quoi le nom du film ? Memento
C'est plutôt quel genre ? Déstabilisant
Qui on connaît là-dedans ? Bah c'est malheureux à dire, mais j'ai plus facilement reconnu Joe Pantoliano (FBI Opérations Secrètes) et Carrie-Ann Moss (Models, Inc. ou plus près de nous Pretty Handsome) que Guy Pearce, rapport à ma culture plus téléphile que cinéphile (absolument, ce paragraphe n'existe que pour que je puisse placer des tags de l'impossible !)
Ça date de quand ? 2000
En résumé, de quoi ça parle ? D'un type qui veut venger la mort de sa femme.

  Memento___1 Memento___2 Memento___3 Memento___4 Memento___5

En moins résumé, de quoi ça parle ? Un homme qui, depuis une tragédie qui a coûté la vie à son épouse, a perdu toute capacité à avoir une mémoire immédiate, et n'a des souvenirs qu'antérieurs à ce drame, décide de se mettre en quête du violeur et assassin de sa femme. Ce qui n'est pas une chose facile quand on ne sait jamais ce qu'on a fait 5mn auparavant.
Et ça finit comment ? Par le début.

Pourquoi c'est bien ? Parce qu'on ne va pas se mentir : c'est là un excellent film. D'abord parce qu'il propose une narration absolument renversante, qui raconte la même histoire prise par deux bouts : le début, et la fin. Deux types de scènes, l'un en couleurs, l'autre en noir et blanc, qui s'intercalent et parviennent à nous donner deux vues différentes sur l'histoire sans en donner la clé. C'est clairement le point fort du film. Mais Memento est aussi brillant dans sa façon de jouer avec notre perception. C'est la conséquence à la fois de la narration et de l'exploration de la maladie du personnage central, incipable de se souvenir de quoi que ce soit de récent. Le film joue en permanence avec les habitudes qu'il prend pour essayer de tout de même ne pas perdre le fil de sa propre vie, tout en étant victime, en permanence, du black out qui ne manque pas de se produire en permanence dans son cerveau. C'est certainement la partie la plus troublante du film, au final, celle qui laisse une impression des plus durables.
Pourquoi c'est pas bien ? Soyons honnête deux quarts de secondes : sans sa narration alambiquée, le film ne vaudrait pas tripette. Concrètement c'est cet accessoire, j'allais dire ce gadget, qui fait tout son intérêt. L'histoire est banale et le twist ne fonctionne qu'à cause de la narration anti-chronologique. Les personnages n'ont rien de spécialement original, et le héros ne vaut que pour sa maladie, qui ne prend son sens que... grâce à la narration. En gros, sans la narration, c'est bateau. Mais je vous rassure, la narration, on ne peut pas lui échapper pendant ce film, alors ça fonctionne. C'est la raison pour laquelle le film est, au final, particulièrement bon.

Ah, les joies du cinéma ! Wikipedia nous apprend que le tournage a duré 25 jours (pour tourner quelque chose qui semble ne pas s'étendre sur plus de 24 heures, d'ailleurs). Incroyable, j'aurais imaginé beaucoup plus ! Comme quoi ce film aura vraiment joué avec ma conception du temps jusqu'au bout.
La réplique qui tue : "But even if you get revenge you're not gonna remember it" ; ce qui est terrible c'est donc que Lennie se consacre tout entier (corps et âme, on peut le dire !) à une vengeance qui va forcément n'avoir un effet qu'à court terme. Lorsqu'on entend cette réplique, on frissonne devant l'absurdité triste de tout cela, et pourtant...
La scène qui tue :
Je vous ai parlé des différents types de scènes, en couleurs ou en noir et blanc, qui constituent le récit. Les scènes en noir et blanc, c'est-à-dire celles qui se déroulent dans l'ordre chronologique, sont aussi celles qui servent le mieux à expliquer la mythologie du film, à savoir la maladie du héros, la tragédie qu'il a vécue, ou encore le fonctionnement de ses techniques pour pallier à ses oublis. C'est très pédagogique, en un sens, et pourtant les scènes ne se précipitent pas. Voici l'une d'entre elles, qui a également le mérite de retranscrire l'ambiance claustro du film. Et tout ça pour moins d'une minute, que demande le peuple ? Des sous-titres ? Ouais nan mais quand je vous sous-titre un truc vous commentez même pas, alors...

Memento___Extrait

Une note ? CagoulesCagoulesCagoulesCagoules
Que Memento soit un très bon film (entre autres grâces à des trouvailles narratives), ça ne se discute pas, en tous cas pas par moi. Il lui manque trois fois rien pour mériter une 5e cagoule, pourtant.
Bilan : Avec sa narration soigneusement détricotée pour mieux nous perdre, Memento transforme une classique histoire de vengeance, thème usé s'il en est, en un véritable thriller étouffant. Et pourtant, ce n'est pas l'intrigue qui captive le plus, mais son incroyable capacité à jouer avec notre propre perception du temps. Ce qui est fou, c'est que plusieurs heures ont passé après le film pendant lesquelles je continuais d'avoir l'impression de vivre par séquences courtes, à consulter instinctivement des repères (horloge, calendrier...) pour me rappeler où j'en étais dans ma propre chronologie. Je faisais quelque chose et, quelques secondes plus tard, je craignais d'avoir eu un blanc... exactement comme Leonard. C'était assez angoissant comme sensation, mais aussi terriblement excitant parce que ça signifiait que le film avait réussi quelque chose que très peu parviennent à faire : s'insinuer dans le mental du spectateur pour altérer sa perception des choses. Ca n'a pas duré très longtemps, heureusement, mais c'était un phénomène intéressant à observer parce que, de la même façon que Lennie s'oblige à créer des réflexes (prendre des photos, écrire au dos ce dont il doit se souvenir, consulter ses tatouages...), j'avais moi-même été conditionnée pour penser, juste quelques temps, comme ce personnage. Il y a quelque chose de pavlovien là-dedans qui prolonge l'expérience du film.
Et puis, pour finir, Memento brille par son character development. Celui-ci repose à la fois sur la résolution de l'intrigue principale (qui est John G. ?) et sur la véritable nature des personnages qui entourent Leonard, dont il se méfie. Alternant le délire paranoïaque et les preuves qu'il ne peut vraiment faire confiance à personne dans cet étrange journée sans fin, les questions de Lennie ne semblent pas trouver de réponse, et pourtant la réponse, c'est tout simplement les portraits qui se détaillent au fur et à mesure du film. Plus qu'aux faits, c'est aux indices sur la personnalité des protagonistes qu'il faut porter notre attention. Et Memento joue, en plus, de la perception initiale que nous avons de ces personnages, en nous démontrant que nous avions un préjugé sur eux et que nous ne devrions pourtant pas le tenir pour acquis (chose absolument impossible pour Lennie, d'ailleurs, qui les rencontre pour la première fois à chaque rencontre). Sans vouloir dévoiler la fin (si, comme moi, vous manquiez cruellement de culture cinématographique), c'est un stratagème absolument bluffant, parce qu'il joue même avec notre perception des personnages les plus inoffensifs. Et quand Leonard se livre à des actes borderline, voire franchement vicieux, nous avons même tendance à être choqué et/ou tolérant, parce qu'en tant que malade, nous ne le concevons qu'en victime, aidés par les confessions intimistes, désarmantes, qu'il fait lors des scènes en noir et blanc. Et ça, c'est franchement brillant. Tout est à l'image de cette déconstruction progressive des personnages : Lennie est-il manipulé par Teddy ? Par Natalie ? Le film avance, l'histoire remonte dans le temps, et on découvre que rien n'est si simple. Et que personne n'est réellement innocent, non pas par rapport à la quête de vengeance de Leonard, mais simplement parce que chacun a un brin de perversion en lui...

Pour quelqu'un qui blâmait Inception, il y a quelques jours encore, pour son manque de courage dans l'abord du monde du rêve, Memento apparait comme une bien meilleure approche d'un thème assez proche. Ces deux films ont en commun de traiter à la fois de la perception et de l'insaisissable ; de ce qui passe, en substance, dans nos cerveaux, bon gré mal gré. Peut-on contrôler ce que nous percevons ? A quel point sommes-nous maîtres de nous-mêmes... Les réponses des deux films sont bien différentes, et j'ai préféré, et de loin, les pistes de réflexion posées par Memento, que les mystères cosmétiques d'Inception.

9 décembre 2010

Communauté de pas bien

Ça va, ça va. Je m'y mets. Pas la peine de devenir désagréable. C'est toujours pareil avec les reviews de séries qui franchement m'ennuient : je reporte, je reporte, et puis au final il faut m'engueuler pour que je m'y mette. C'est pas comme quand j'ai de la matière pour faire un truc vraiment méchant, ou au contraire quand j'ai un coup de cœur. Non, quand je m'emmerde, bah j'y peux rien, je traine en chemin.
Ça me rappelle un peu l'époque où j'avais des devoirs à faire. Dieu merci aujourd'hui, j'ai un travail qui me libère de ce genre d-... ah, non, tiens.

Ouais, alors donc, voilà : j'ai fini par regarder le pilote de Community. Encore.
La tonalité de cette intro devrait vous avoir donné une bonne idée de mon ressenti, mais non, je vais en rajouter une couche. Parce que maintenant que je m'y suis mise, à ce post, vous allez avoir droit à la totale. Nan mais.

Community

Rappelez-moi pourquoi j'ai regardé Community, déjà ? Ah oui. Parce que la majorité d'entre vous (mais pas tous, et je dois dire que ça me rassure) me l'aviez recommandé. C'est quand même la base du principe de la rubrique, et disons que globalement, si ya des réactions pour, j'ai tendance à les suivre, partant du principe que si vous avez daigné poster un commentaire, contrairement à vos habitudes (ahem), c'est qu'il doit bien y avoir une raison. Si vous trouvez que c'est un raisonnement pervers c'est très simple, il suffit de commenter sous d'autres posts que ceux de la rubrique La une est à VOUS.

Le problème, c'est que, vous voyez, j'ai vu ce pilote il y a quelques semaines à peine (une fringale de Doctor Who est passée par là avec une intégrale, puis repartie, bref il y a un mois, même pas), et que je l'ai déjà oublié. C'est vraiment symptomatique d'un problème, en ce qui me concerne, parce que je rappelle quand même l'air de rien que je suis capable de vous résumer quasiment scène par scène des pilotes absolument anonymes du genre de The Trouble with Normal des années après, et en n'ayant vu l'épisode concerné qu'une fois (et même de me souvenir d'une tirade ou deux, mais je triche, relire le cahier vert de temps à autres doit quand même aider sur ce dernier point), alors que Community, regardé deux fois depuis sa diffusion, dont une ya un mois, eh bah je suis infoutue de me rappeler de quoi que ce soit.

Si ce n'est ceci : les personnages me font légèrement braire. Le stéréotype m'use juste un tantinet. Il y a légèrement foutage de gueule, et ce n'est même plus tout-à-fait vraiment drôle.
J'essaye d'euphémiser la violence de mon ennui total devant ce recyclage, je sais pas si ça marche, vous me direz.
C'est épuisant de voir, encore et encore, les mêmes choses revenir. Je me souviens d'ailleurs que ma source d'énervement numéro un pendant la rentrée de la saison 2009-2010, c'était justement que ma résistance au stéréotype s'était largement amenuisée, voire atteint un record d'inexistence

Le problème, en fin de compte, c'est que Community revêt tellement peu d'intérêt, semble n'avoir aucune caractéristique particulière, que ça me met de mauvaise humeur de ne rien ressentir devant le pilote.
Je veux bien ressentir de la colère parce que le scénario est bidon, ou les personnages incroyablement outranciers, ou parce que les gags sont miteux. Je l'ai ressenti avant et je le ressentirai encore, je pense, pendant les saisons à venir, chaque fois qu'une série sera franchement médiocre, de la même façon que je ressens cette même colère chaque fois que la CW sort une nouvelle série (c'était gratuit, j'avoue). Mais quand je m'ennuie, c'est encore plus insupportable que quand une série fait insulte à mon intelligence. L'ennui, c'est résolument le pire. Avec les vampires.

Certes, c'est mon ressenti au vu de ce seul pilote, j'en conviens. Mais ne revenons pas sur l'éternel débat des vertus de la patience en téléphagie, il me semble avoir déjà plusieurs fois expliqué mes arguments, qui tiennent finalement en une maxime, à bien y réfléchir : je veux bien persévérer, mais encore faut-il que j'entrevoie du potentiel à le faire. Or, là, nenni. Je veux bien me forcer devant un Doctor Who, l'expérience a prouvé que j'y avais vu des points positifs et que donc ça ne m'a demandé, finalement, qu'un peu d'effort. Mais si je dois me forcer à continuer un peu Community alors que je traine lamentablement les pieds rien que pour en faire un post, et que j'ai toutes les peines du monde à me rappeler d'un seul gag, d'une seule tirade, d'une seule scène (bon, si, ya un moment où ils sont dans la bibliothèque, mais alors ce qu'ils s'y disent et ce qu'ils y font...?), c'est quand même la limite de ma bonne volonté.

Je ne dis pas que Community est une mauvaise série. Je m'en garderais bien, vu que je suis incapable de me souvenir du pilote après l'avoir vu deux fois.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Community de SeriesLive.

29 septembre 2010

Should I date your avatar ?

Voilà des années que j'en entends parler, des années qu'on me bourre le mou avec Felicia Day (même Whedon s'y est mis), bref, à un moment ou à un autre, il faudra s'y mettre. Enfin, peut-être ; c'est à vous de me le dire, en fait.

Dois-je regarder The Guild ?
TheGuild

Les pour :
- Je sais où trouver le pilote (c'est un peu un pré-requis de cette rubrique, d'ailleurs)
- J'ai vu la video pour "Do you wanna date my avatar" et je l'ai trouvée marrante, même si je présume qu'elle ne donne pas un aperçu fiable de ce à quoi m'attendre côté épisodes
- C'est court. Si le pilote ne me plait pas, en moins de 5mn je plie mes cannes et je m'en vais, sans pour autant avoir le sentiment d'avoir lâché en cours de route.

Les contre :
- La culture geek (ou soi-disant geek) m'énerve lorsqu'elle est employée dans la fiction, j'ai l'impression que ce sont toujours les mêmes clichés qui finissent par revenir. Est-ce que The Guild proposera d'aller plus loin que les mœurs virtuelles d'une bande de joueurs ?
- Je ne suis pas très webséries. Je ne sais pas trop ce qui me bloque au juste, mais je sais pas, je ne suis pas attirée par le principe. Souvent, je crains l'amateurisme (à cela s'ajoute une horreur absolue dés qu'on me parle de streaming, naturellement), je suppose, mais quand une série s'y essaye pendant plusieurs années avec le succès d'estime de The Guild, cette crainte est-elle toujours justifiée ?
- Felicia Day : je ne l'aimais pas dans Doctor Horrible’s Sing-Along Blog, et j'avoue que je ne comprends pas le hype. Mais qu'est-ce que tout le monde lui trouve ?

Donc, maintenant, si je dois regarder le premier épisode de cette série, c'est à VOUS de me le dire !

EDIT : voir le post sur le pilote ici.

26 décembre 2010

Fight de Noël

L'après-Noël. L'heure du bilan, qu'on l'admette ou non.
A quel point cette année mes parents se sont-ils moqués de moi ?

On se souviendra par exemple de la déception qui avait suivi Noël 2008 lorsque mes parents n'avaient pas voulu m'offrir la 1e saison de Pushing Daisies en dépit d'une campagne pourtant soutenue. L'obstination s'était poursuivie l'année suivante avec mon anniversaire, lorsque la mascarade a pris des proportions épiques. Mes parents sont donc, c'est un fait établi, particulièrement mauvais avec les cadeaux. Ils se font une règle d'essayer de rendre l'échange de cadeau aussi désagréable et frustrant que possible.
Cette année ils avaient battu tous leurs records en ayant le culot de m'annoncer qu'il refusaient que sur ma liste figurent DVD, CD ou livres. Retenez bien cette instruction, elle aura son importance pour la suite de ce post.

Pas de DVD, CD ou livre ? Est-ce qu'on s'est déjà rencontrés ? On se connaît ou...? Je ne veux pas dire que je ne veux que ce genre de choses, mais le simple fait d'interdire leur présence sur une liste de Noël donne un goût sacrément amer dans la bouche : si un cadeau de Noël ne sert pas à faire plaisir aux gens qu'on est censés aimer, alors à quoi bon ? Aussi avais-je indiqué de façon très sèche : RIEN. Je ne veux rien. Si vous voulez à ce point éviter de me faire plaisir, alors économisez-vous quelques euros, ne m'achetez rien.
"Les gens qui veulent me faire plaisir n'ont pas besoin de liste, et ceux qui ne veulent pas me faire plaisir n'ont pas besoin de m'offrir quelque chose", avais-je en substance indiqué dans un SMS cassant.

Mais pour mes parents, ne rien offrir était un aveu d'échec. Il ne serait pas dit qu'ils seraient ceux qui n'offriraient rien. Mais cette fois, ils étaient seuls sur ce coup, pas de liste sur laquelle s'appuyer... le bras de fer pouvait commencer.

Alors, voici comment les choses ont fini hier soir :
- de ma sœur et mon beau-frère, une énorme boîte de pain d'épices au chocolat et la saison 3 des Tudors
Verdict : sans faute. Et sans liste.
- de mes parents... suspense... un livre !
Mais attention, pas n'importe quel livre ! Un livre qui ferait plaisir à tout le monde par les temps qui courent... sauf moi.

WolfsbaneandMistletoe

Et non contents de m'offrir le truc le plus bateau au monde, ils m'ont offert un truc qui parle de dents.
J'attire tout particulièrement votre attention sur le petit sticker qui prouve combien ils me connaissent bien :

Sookie

Voyant bien qu'ils avaient largement perdu la partie à Noël, ma mère m'a demandé une liste pour mon anniversaire... et j'ai le droit d'y inclure des DVD, CD et livres, vraiment, ce que je veux...
Ça va saigner : j'ai commandé ceci. Et. C'est. Tout.

Bilan du retour de la vengeance dans très exactement un mois !

12 décembre 2010

OMFG

Feuten

Comme je cherche encore les sous-titres (et je ne suis pas certaine d'en trouver, mais je me dis qu'avec un peu de persistance...), je ne vous parlerai pas du pilote de Feuten, la série néerlandaise que j'ai cagoulée ce weekend et regardée en diagonale. Ce qui m'intéressait dans cette série, ce n'était d'ailleurs pas tant de la regarder que d'essayer de comprendre le phénomène qui l'entourait. Et comme apparemment, si je ne m'en charge pas, personne d'autre ne vous en parlera, permettez que j'y consacre ce post, quitte à parler d'une série dont je n'ai regardé le pilote qu'en avance rapide et dont je n'ai lu que des articles traduits à la bite et au couteau. Dommage, j'aurais bien aimé que quelqu'un qui parle le néerlandais s'en charge, mais j'ai personne sous la main, là. C'est un risque à prendre, j'ai envie de dire.

Ce qui m'a fascinée quand j'ai entendu parler de Feuten, c'est avant tout la chaîne qui la diffuse : BNN. Je ne connaissais pas BNN, et au premier abord, j'ai cru que c'était une chaîne pour jeunes comme il y en a plein, comme il y a la CW par exemple. Et c'est le genre de comparaison qui, pour un téléphage, ne met pas spécialement dans de bonnes dispositions. Seulement voilà, appelez ça une déformation professionnelle, du vice, ou une heure de mon weekend à perdre, mais je ne me suis pas arrêtée à pareille description, et j'ai essayé de lire deux ou trois trucs sur le programme de cette chaîne.
Le halo médiatique qui entoure Feuten n'est pas moins polémique que celui qui peut accompagner Gossip Girl. On sent à la lecture des articles, des blogs, des réactions, que la série a déclenché sa propre petite tempête dans un verre d'eau, qu'elle en remue plus d'un, qu'elle suscite la désapprobation. J'ai donc encore creusé, intriguée.

Et c'est comme ça que j'ai découvert que Feuten était une série mettant effectivement des jeunes gens bien faits de leur personne dans une université d'élite. Mais que son propos était bien autre.

C'est là qu'il est enrichissant de chercher à savoir ce qui se passe ailleurs. C'est là que la curiosité téléphagique que j'ai poussée toujours plus loin ces derniers mois me semble la plus utile. C'est quand on se rend compte qu'il existe des choses, ailleurs, et qu'on n'a pas nécessairement besoin de les voir (même si ce serait quand même mieux) pour élargir ses horizons.

Alors je récapitule : Feuten, diffusée sur une chaîne à destination de la jeunesse, avec une réputation au parfum de scandale, et des personnages jeunes et pas spécialement frileux, a tous les éléments pour être une série pour ados choquante parmi tant d'autres. Sur le papier, tous les éléments sont là, sauf quand on connait un détail : Feuten est une série qui consacre ses 8 épisodes au bizutage de ses élèves.

Ce qui choque dans Feuten, ce n'est pas vraiment que des filles enlèvent le haut, ce n'est pas (dixit la bande-annonce) la perspective des quelques histoires de coucheries, c'est qu'on y décrit des pratiques qu'on n'avait pas spécialement envie d'expliciter à la télévision, et qu'on se demande si derrière la dénonciation, il n'y a pas un peu d'apologie, ou bien si c'est l'inverse.
Et moi, je me dis que de savoir qu'il y a des chaînes comme BNN qui osent ça, qui osent utiliser les ingrédients d'une série comme Gossip Girl pour les pervertir et faire quelque chose de polémique, non pas juste pour faire parler de la série (bien que c'est sûr, ça aide), mais bien pour avoir un vrai propos, fût-il outrancier, je trouve ça quand même génial. Je me dis que rien que de le savoir, ça rend l'existence de Gossip Girl (je garde toujours le même exemple pour les besoins de la démonstration, ça permet de ne souiller le blog qu'avec un tag, mais les titres que je pourrais citer ici sont bien plus nombreux) un peu, juste un peu plus supportable. Parce que quelque part, certes, là où j'ai peu de chances de la voir pour le moment, mais quelque part, il y a une série qui ne prend pas son public-cible pour des cons, et fait de la provoc' avec plus d'une idée derrière la tête.

Naturellement, j'aimerais regarder Feuten et comprendre ce qu'il s'y dit, mais à défaut, je suis quand même bien contente de savoir que toutes les chaînes pour ados du monde ne fournissent pas forcément des fictions sur le même modèle. Et qu'accessoirement, pour se le prouver, il est inutile d'aller regarder dans des pays ultra- conservateurs, d'ailleurs.
Je n'ai pas eu le plaisir de regarder vraiment la série, mais savoir qu'elle existe, ça me fait déjà un bien fou.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Feuten de SeriesLive.
Si vous parlez néerlandais et que vous avez envie de vous rendre utile au monde téléphagique, je ne refuse pas des sous-titres vite faits bien faits. Je suis prête à m'engager à vous faire le timing si vous faites la traduction.

2 décembre 2010

Contact prolongé

Au juste, je ne me rappelle plus trop bien pourquoi je n'étais pas allée au bout du pilote d'Untouchable. Certainement parce qu'au vu des premières images, j'avais eu l'impression de signer pour l'un de ces procedurals où l'ont remplace le fic par autre chose, histoire de faire genre "moi ? une série policière ? ah bah non, non alors, regardez, la preuve : mon personnage principal est une journaliste !". Ne riez pas, ça s'est déjà vu, hein. Donc en cherchant bien, je pense que l'explication est à chercher par là.

A la faveur d'un rangement, me voilà à me poser la plus épineuse question qui soit pour un téléphage atteint de collectionnite aiguë comme moi : je grave ou je jette ? Certes, dans 99% des cas, la réponse n'est pas favorable à la poubelle. Mais pour prendre une décision éclairée, ne valait-il pas mieux, au moins, regarder le pilote jusqu'au bout ? Ce qui fut dit fut fait, et me voilà, près d'un an après la diffusion de la série, devant le pilote pour une deuxième fois, celle-ci décisive, normalement.

Untouchable

Vous savez quoi ? Il n'est pas si mal, le pilote d'Untouchable. Je n'irai pas jusqu'à dire qu'il est parfait mais il est globalement prometteur.

Deux bons côtés, en essence :
- d'une part, le personnage de Ryouko Narumi n'est pas aussi prévisible qu'il n'y parait. C'est un peu énervant ces personnages gauches, gaffeurs, toujours dépassés par tout ce qui leur arrive. Finalement, notre journaliste n'est pas si empotée que ça, elle est même carrément dégourdie quand il le faut. Et puis, elle est sacrément butée, surtout. L'interprétation de Yukie Nakama n'est pas franchement mirobolante, mais tout compte fait, le personnage est bon ;
- d'autre part, et c'est certainement le plus important de ces deux points, le pilote d'Untouchable dépasse largement le seul domaine de l'enquête déguisée en reportage. C'est une vraie série sur le rapport entre la société japonaise et ses médias.

Je ne sais pas si les épisodes suivants seront aussi bons, parce que ça tenait en grande partie au sujet du premier épisode, dans lequel une femme médiatique tenant une chronique à la télévision annonce des catastrophes qui ont la curieuse faculté de se réaliser, et qui sont en rapport avec une entreprise de construction. L'épisode passe une partie du temps à hésiter entre dénonciation des abus de certaines entreprises peu scrupuleuses, et à soupçonner la chroniqueuse d'organiser des accidents mettant en difficulté la société de construction, dans le seul but de faire monter sa côte d'amour médiatique. Au bout du compte, ce ne sera pas aussi simple que ces deux axes semblent l'annoncer...
Mais surtout, les graines d'un arc mythologique sont semées avec brio, de façon à permettre au spectateur d'en deviner une partie, tout en lui donnant l'occasion de s'exclamer sur la fin : "mais c'est pas vrai, c'était là, sous mon nez !", bref, histoire à la fois de construire quelque chose de fin et en même temps de ne pas s'interdire quelque chose de plus classique, voire grand public.
Quand se croisent plusieurs zones d'influences, forcément, on n'est pas loin des thèmes conspirationnistes, mais avec la presse en toile de fond, c'est franchement prometteur.

Au passage, l'éthique (journalistique ou autre), la religion et les connivences entre cercles de pouvoir en prennent pour leur grade, l'air de rien, sans dénonciation frontale d'une pratique ou d'une autre, simplement par quelques situations au cours desquelles l'attention du spectateur n'est pas braquée sur l'aspect critique, mais plus sur l'action. Les séries japonaises, lorsqu'elles s'y risquent, sont très fortes à ce petit jeu qui consiste à souligner les travers de la société nippone sans froisser personne ni même pointer quoi que ce soit du doigt trop ostensiblement. Et c'est, au final, bien plus fin, comme procédé.

Au bout du pilote, Untouchable n'est pas une révolution, mais c'est le genre de dorama qui répond parfaitement à l'expression "divertissement intelligent". Un peu dans le genre de Hanchou, elle aspire en même temps à quelque chose de pointu et à une vocation mainstream, tout en pratiquant, comme l'a fait The Quiz Show, une sévère radiographie des médias japonais. Tout ça en restant accessible et pas prise de tête.
Rares sont les séries trouvant le bon équilibre. Untouchable y parvient plutôt bien.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Untouchable de SeriesLive.

4 novembre 2010

L'accident con

BroadBoard

Reconstitution.
Ah bah tiens, si je regardais quand même le 2e épisode de Boardwalk Empire ? Bon d'accord, le pilote n'était pas absolument ébouriffant, mais c'est pas non plus une mauvaise série, c'est juste que je m'attendais à être soufflée, bon, c'est pas le cas, mais c'est pas une raison pour bouder. Allez, si, ok, c'est bon, je lance le 2e épisode. Qu'est-ce que ça coûte, hein ? Allez, pour culture perso.
Faudra que je touche un mot du générique sur phagy, d'ailleurs.
Ah bah voilà, c'est toujours quand on a lancé un épisode que le téléphone sonne. Hop, en pause au bout de pas 10mn, qu'est-ce que ça m'énerve ça... Ya intérêt que ce soit pas encore l'autre emmerdeuse qui-... ah bah voilà. Salut maman.
Fast forward.
Allez, hop, je clique, et je reprends mon épisode. Comment ça, c'est déjà la fin ? Il peut pas ne durer que 20mn, on n'a jamais vu ça, j'ai mal cagoulé l'épisode ou quoi ? Bon, je vais relancer l'épisode et voir sa durée totale... eh bah non, il dure quasiment une heure, mais qu'est-ce qui s'est passé ?
...
Et merde. A tous les coups, quand j'ai relancé, j'ai dû cliquer quelque part sans m'en rendre compte et faire avancer le curseur 10mn avant la fin.
Fin de la reconstitution.

Bah oui, mais voilà. Maintenant, le mal est fait. Qui veut revoir un épisode dont il a déjà vu les 10 premières et les 10 dernières minutes ? Qui a envie de supporter pareille frustration ? Du coup, le 2e épisode de Boardwalk Empire, je ne l'ai pas vu en entier, je n'ai pas le courage de le revoir en intégral, et donc je ne vais pas regarder le 3e. Et donc c'est foutu avec cette série.
Bon sang, si je n'avais la preuve de l'appel téléphonique de ma mère, j'appellerais ça un acte manqué, dis donc.

Dans la collection "rendez-vous raté", je crois que Boardwalk Empire vient de rejoindre les Sons of Anarchy et autres Dexter dans le rang des séries que je regarderais bien si les faits n'étaient pas contre moi. Mais les faits sont contre moi, et ils sont têtus, les bougres.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Boardwalk Empire de SeriesLive.

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