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ladytelephagy
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21 juin 2012

[DL] Kaboul Kitchen

Il y a assez peu de génériques français dans ma collection, et moins encore sur ce blog ; on peut donc voir un symbole à l'apparition de celui-ci dans ces colonnes. Ce n'est pas tant, j'imagine, que les bons génériques français manquent, mais surtout que je n'en ai pas souvent vus ces dernières années ! Mes repères en la matière datent probablement des vendredis policiers de France 2... et encore.
Bon, il y a aussi le fait que les séries françaises, je les cagoule rarement, étant donné que elles-passent-à-la-télévision-et-non-mais-ça-va-bien-je-vais-pas-me-faire-chier-à-télécharger-des-merdes-françaises. Ah, je vous ai jamais cachés être une grosse raciste en puissance, hein. Du coup, j'ai bien le générique de Hénaut Président quelque part, il est sympa mais faut ripper le DVD ; tout ça, ça fait beaucoup de manoeuvres (et d'espace à libérer sur mon disque dur) pour pas grand'chose.
Alors du coup, voilà comme je me retrouve avec ce générique sous la mimine, rapport au fait que je fais des efforts moi Môssieu et que je tente de m'ouvrir à des séries françaises. Et donc : Kaboul Kitchen.

Il me faut maintenant vous dévoiler une nouvelle facette sombre de ma personnalité : j'ai tendance à penser que les génériques français sont au moins aussi lamentables que les séries elles-mêmes. De mémoire, le seul qui trouve grâce à mes yeux est celui de Maison Close, qui tourne parfois dans ma playlist de génériques. Les autres, je les occulte avec la plus grande joie.
Oui, je dis souvent que la fiction française sera ma prochaine aventure téléphagique, mais je commence vraiment de loin, comme vous le voyez.

KaboulKitchen
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

En l'occurrence, je suis bien obligée de reconnaître que je trouve le générique de Kaboul Kitchen un peu miteux sur les bords, et ne va pas spécialement tourner en boucle chez moi. Déjà parce que la chanson m'insupporte : elle est "antipathique", pour autant que ce soit possible pour une chanson. Ca vient de la diction du chanteur, probablement.
Mais le pire est probablement le peu d'efforts que fait ce thème musical pour s'accorder avec les images, ou le thème de la série, ou quoi que ce soit. On a l'impression que la musique n'a été choisie que pour ses deux derniers mots, et c'est d'autant plus navrant que Kaboul Kitchen parle quand même, en définitive, assez peu de cuisine française. Ca fait un peu : "oh, hey, les mecs, ça se passe dans un resto français, faut trop qu'on mette cette chanson ! C'est super ironique !". OK d'accord, je suis peut-être de mauvais poil, et mon avis est peut-être biaisé, mais mon Dieu, quelle chanson atroce.

Là où par contre ça va à peu près, c'est au niveau des images, mais leur traitement fait un peu trop "tourné à la va-vite" pour être réellement bon. Si cela fait partie du stock d'images tournés à Kaboul-même par la production (j'ai lu quelque part que ces images avaient été tournées vite fait et sans autorisation), passe encore, mais je vois pas ce qui empêchait de faire un produit fini un peu propre, avec des filtres ou bien une façon originale de les mettre en scène, de façon à éviter l'aspect documentaire qui ne fait pas honneur à la série, ni ne rend justice à son ton.

En gros, Kaboul Kitchen me rappelle exactement pourquoi je n'ai aucune foi dans les génériques français. Je sais, je sais, il n'a pas fallu grand'chose pour m'en convaincre. Mais admettez : il est pas génial, ce générique, quand même !

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10 juin 2012

Rien à sauver

Le défi était grand, en entendant parler pour la première fois de Saving Hope, de ne pas faire de rapprochement avec Grey's Anatomy. Personnellement je n'ai jamais réussi à m'ôter de la tête combien il ne pouvait être un hasard que des histoires de coeur se déroulent dans un hôpital ; le twist du personnage en état de locked-in syndrome étant à mes yeux plus un point de vue qu'un véritable axe narratif. Sans compter que j'ai toujours trouvé un petit air de ressemblance entre Durance et Pompeo.
C'est le problème que j'ai quand je suis un projet depuis longtemps : je forme des idées préconçues à son sujet. Vous comprenez mieux pourquoi j'essaye de me tenir à distance de ce genre de choses, à présent !

Alors du coup, le pilote de Saving Hope n'était pas franchement celui que j'attendais le plus cet été. Mais c'était un pilote, alors... ce qui devait arriver, arriva.

SavingHope

Le problème c'est que Saving Hope a l'air de vouloir faire son maximum pour me détromper, sans vraiment trop savoir comment faire.

Et ça se voit dés l'entrée en matière du pilote, qui après nous avoir montré l'accident qui va plonger l'un de ses personnages centraux dans le coma et l'autre dans la tourmente, décide de faire marche arrière pour nous ramener 12 heures plus tôt, dans une sorte de compte à rebours avant... avant ce qu'on a déjà vu, et plus encore. Si encore la scène d'ouverture de Saving Hope s'était contentée de montrer le début de l'accident de voiture, sans nous dire tout de suite qui en réchappait indemne ou pas, bon, passe encore (quoique très franchement, combien de téléspectateurs se calent les fesses devant le pilote d'une série sans en connaître au minimum le pitch ?).
Mais là où est le suspense ? En admettant que parfois, ce retour en arrière ait encore une utilité véritable au-delà de son aspect gadget (et après tout ça se produit encore), à quoi cette petite boucle narrative est-elle supposée servir à Saving Hope en particulier ? Qu'est-ce qui empêchait de raconter le déroulement des choses dans leur chronologie réelle ? Non seulement le rewind est un outil totalement suremployé dans de nombreux pilotes, mais en plus dans celui-ci, il n'apporte rien du tout, ni d'un point de vue émotionnel, ni d'un point de vue narratif.

Qui plus est, après que l'héroïne principale se trouve prise dans une telle zone de turbulences, il devient impossible de s'intéresser aux cas médicaux. D'un autre côté, vous me direz qu'ils n'ont rien de captivant ; mais de toute manière je ne suis pas sûre qu'on puisse encore beaucoup innover, après 15 années d'Urgences, dans le domaine. Le véritable problème c'est que chaque fois qu'Alex s'approche d'un patient, ou même de son ex, qui bien évidemment est réintroduit en grandes pompes dans sa vie, on a envie de lui hurler qu'elle a quand même d'autres choses dont se préoccuper.

Pendant ce temps, son cher et tendre, Charlie, arpente les couloirs de l'hôpital en nous affligeant d'une voix-off qui, là aussi, est un procédé suremployé dont on a déjà bien soupé ces dernières années. On ne peut pas dire qu'il apporte quoi que ce soit aux intrigues, que ce soit lorsqu'il rencontre un patient décédé dans un couloir ou bien lorsqu'il commente l'aspect professionnel du métier de chirurgien, exactement comme un certain docteur Grey de notre connaissance (oh, c'est donc là que se loge l'originalité, ce n'est pas la nana qui officie comme narratrice ! Brillant ! Révolutionnaire !).

Pour beaucoup de séries nord-américaines, on a tendance à aborder le pilote en ayant, plus ou moins consciemment, la curiosité de savoir comment le pitch peut être étiré sur plusieurs saisons, parce que nous avons été éduqués à penser qu'une série se doit de se prolonger sur le très long terme. Les networks ont d'ailleurs la fâcheuse manie de ne pas savoir lâcher un succès et à le faire artificiellement durer en raison des exacts même réflexes. Je trouve souvent que c'est un tort, peut-être en raison d'une déformation due à de nombreuses séries asiatiques n'ayant vécu qu'une saison et ne s'en portant pas plus mal.
Ici, la question n'est pourtant même pas de définir comment Saving Hope peut durer plusieurs saisons. Dans le cas ici présent, la problématique est pire encore : même avec l'aide de la bande-annonce de l'épisode suivant, j'ai du mal à me figurer comment tout cela peut nous tenir pendant 13 épisodes. Toute une saison comme ça ?
En faisant abstraction de l'omniprésence des filtres de couleur (que ne renieraient pas les célèbres séries produites par Bruckheimer), de l'effet de lens flare permanent (et réellement aveuglant de mon point de vue, j'en arrivais à regarder certaines scènes en plissant les yeux), et des intrigues médicales vides, que reste-t-il à Saving Hope qui justifie de tenir l'antenne pas moins de 13 semaines ? Comment jouer sur le pathos suffisamment longtemps sans perdre ses derniers lambeaux de crédibilité ?

Alors, à part le plaisir de retrouver Michael Shanks à l'écran, il n'y a pas la moindre bonne raison pour poursuivre Saving Hope au-delà du pilote... A moins de vraiment avoir très peu d'estime de soi, et d'estimer que regarder une série qui ne fonctionne que par l'utilisation de poncifs soit divertissant, auquel cas je ne peux plus rien pour vous.

17 juin 2012

Notre père qui êtes odieux

Ce soir à 19h45, la chaîne Eurochannel vous propose de découvrir (sous le titre Esprit Norvégien) le premier épisode de la série Koselig Med Peis ! Je vous ordonne donc à tous de regarder !!!

...Je vois ce que c'est. Personne ici n'a souscrit à Eurochannel. Bien. Bon. Hm. Voyons ce qu'on peut faire pour cette chaîne qui, comme nous avons déjà eu l'occasion de vous le dire dans le SeriesLive Show pour Lulu og Leon en février, puis Klass: Elu Pärast plus tôt ce mois-ci, mérite pourtant quelques uns de vos deniers si vous vous intéressez à la télévision européenne.

Voilà donc le retour des posts La preuve par trois, et si vous êtes malins, vous saurez en tirer le maximum !
Pour rappel, parce que c'est vrai que ça fait un bout de temps qu'il n'y a pas eu de post de ce type, cette rubrique a pour objectif lever le voile sur un épisode (généralement un pilote) en ne soulignant que 3 passages, et 3 seulement, qui méritent un peu plus que les autres votre attention. J'espère ainsi piquer suffisamment votre curiosité pour vous intéresser au sort de cette série norvégienne qui m'avait conquise quand je l'ai découverte l'an dernier ; d'ailleurs à l'époque, j'avais regardé le premier épisode en VOSTM avant de me ruer sur le coffret DVD, puisque NRK a eu la bonne idée d'y joindre des sous-titres anglais. Du coup, pour trouver des excuses pour ne pas regarder la série, entre la diffusion en France et la sortie DVD, il faudra se lever tôt, les amis.

KoseligMedPeis-1

Koselig Med Peis est avant tout une histoire de paternité (la programmation du pilote en ce jour de fête des pères par Eurochannel n'en est que plus finement vue !). Dans le pilote, cette paternité est celle que souhaite le héros, Georg. D'une part parce qu'il s'imagine parler à son fils qui n'est pourtant pas né. Et puis d'autre part, de par celle qu'il "subit", puisqu'il lui est cruellement rappelé qu'il a un père, aujourd'hui diminué, et extrêmement difficile, et qu'il ne peut se soustraire à sa responsabilité vis-à-vis de celui-ci. Bien que Georg ne fasse pas nécessairement le rapprochement direct entre ces deux parties de sa vie qui se retrouvent mises côte-à-côte au même moment, il est impossible de ne pas y voir une forme de logique, voire une certaine ironie sordide. Le problème c'est que ces retrouvailles n'ont rien de chaleureux : le père de Georg ne veut absolument pas delui (ni personne d'autre) dans sa maison, ce qui apporte un éclairage contrasté sur ladite question de la place du père.

KoseligMedPeis-2

Georg retourne donc dans la maison qui l'a vu grandir, et le moins qu'on puisse dire, c'est que Koselig Med Peis fait dans ce premier épisode un travail absolument fantastique dés lors qu'il s'agit à la fois de montrer la nostalgie inhérente à la démarche, mais aussi ce que c'est que d'avoir grandi et mis une grande partie de son enfance derrière soi ; la séquence pendant laquelle Georg et son frère Terje pénètrent à pas de loups dans leur vieille maison est à ce titre parlante. Je l'ai dit et le répète, le décor de cette maison figée dans le temps alors que ses habitants ont changé, c'est l'une des grandes forces de la série. Mais pas seulement, puisque tout le monde n'a pas pris la même distance : ainsi, Georg est parti faire sa vie dans une grande ville, alors que Terje vit encore dans la même ville. Les deux frères sont comme le jour et la nuit, et pourtant, il y a clairement entre eux un lien entre que l'éloignement et les différences ne peuvent totalement faire disparaitre. Ce lien est formidablement bien dépeint, et la relation entre les deux frères est probablement l'une des plus réalistes que j'aie pu voir dans une série, toutes nationalités et époques confondues.

KoseligMedPeis-3

Avec son humour décalé et pince sans rire, et son talent pour incorporer avec le plus grand des naturels des séquences fantasmées, Koselig Med Peis aurait aussi bien pu voir le jour sur HBO. La séquence finale de cet épisode, justement, nous montre un personnage qui a perdu ce qui comptait tant à ses yeux, qui se retrouve bloqué avec son père comme s'il était ramené en arrière, et qui pourtant semble se réfugier dans une forme de maladie qui pose, là encore, question sur le sujet de l'hérédité...

Ce que ne vous dit pas ce pilote, cependant, c'est que Georg ne va pas toujours être le focus des épisodes, et que le reste de la famille va ainsi danser autour des questions de la paternité et de la famille au sens large. Une exploration pleine de finesse et pourtant jamais ennuyeuse de thématiques qui sont ici abordées parfois sous l'angle de l'absurde, parfois avec sensibilité, forment le charme incomparable (mais parfois légèrement étouffant) de Koselig Med Peis.
Je vous recommande donc, pour au moins la centième fois, de donner sa chance à cette série. Evidemment il est trop tard pour souscrire à Eurochannel avant 19h45, et c'est pourquoi ce post est un post La preuve par trois, mais j'espère avoir réussi à vous mettre suffisamment l'eau à la bouche pour que vous prenne l'envie d'aller ensuite au-delà de ce premier épisode ; ce ne sont pas les moyens [légaux] qui manquent, comme on l'a vu en ouverture de ce post. La série en vaut vraiment la peine, et, ainsi que je le disais, en ce jour de fêtes des pères, elle a toutes les raisons de capter votre attention. Quelles que soient les relations que vous entreteniez avec votre paternel, il y a quelque chose pour vous dans cette série...

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1 juin 2012

[DL] Gran Hotel

Bon, je sais bien que pour ce soir, vous n'avez qu'une idée en tête : écouter le nouveau SeriesLive Show. Après tout, il faut en profiter tant que ça dure.
Pourtant ce soir, il y a un autre mini-évènement : le lancement par Téva de la série espagnole Gran Hotel (astucieusement rebaptisée Grand Hôtel, mais où vont-ils chercher tout ça ?). Comme ce n'est quand même pas tous les jours qu'une série espagnole est diffusée en prime time dans notre beau pays, je voulais marquer le coup et vous proposer un léger aperçu avec le générique de la série, qui mélange habilement un univers proche de celui de Downton Abbey avec un côté légèrement plus classique d'enquête au sein d'un hôtel luxueux.

GranHotel
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Le générique, de toute évidence, s'inspire énormément de celui de Downton Abbey (à toutes fins utiles, je l'ai d'ailleurs reuploadé, comme ça vous pourrez juger sur pièce), à la différence que la série britannique prenait grand soin de ne montrer aucun visage, quand celui de la série espagnole en fait au contraire son objet, parce qu'il se repose sur des photographies d'époque.
Mais on retrouve le même côté Upstairs, Downstairs dans les deux séries, à vouloir retranscrire la vie dans un même espace où deux classes sociales se croisent et évoluent sans vraiment cohabiter, et de ce côté-là, le rendu de Gran Hotel est très bon aussi.

Pour ce qui est des intrigues elles-mêmes, bon déjà ce n'est pas l'objet de ce post, et ensuite ne pratiquant pas l'Espagnol, j'aime autant ne pas m'avancer. Comme ça, vous savez quoi ? Vous irez vérifier par vous-mêmes ! Gran Hotel, deux épisodes ce soir à partir de 20h40 sur Téva, organisez-vous en conséquence.

21 mai 2012

[DL] Reguły Gry

Parce qu'on a tous besoin de rire un coup, je vous propose ce soir le générique de Reguły Gry, un sitcom polonais inspiré de Rules of Engagement qui a démarré un peu plus tôt cette année. Je ne suis pas spécialement fan de Rules of Engagement dont à tout prendre j'ai dû voir deux épisodes, et vous savez ce que je pense des remakes de sitcoms américains, mais justement, si avec tout ça on ne trouve pas le moyen de rire (s'il le faut aux dépens de la série), je ne sais plus trop à quel Saint me vouer.

Cela étant j'attends toujours de trouver une série polonaise qui m'enthousiasme autant que le pilote de Naznaczony. Trouver des sous-titres pour les épisodes de Naznaczony pourrait d'ailleurs me faire déjà pas mal d'effet... M'enfin. En tous cas l'appel est lancé.

RegulyGry
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Ce qui est intéressant ici, c'est que même le générique de Reguły Gry est un remake. Outre le logo de la série, ici le générique est copié quasiment plan par plan ! On peut jouer au jeu des sept erreurs, si vous le voulez. Pour ce faire, et puisque je ne vous l'avais jusque là jamais proposé, voici le générique de Rules of Engagement.

Mais un ingrédient a bel et bien changé, toutefois, et difficile de prétendre qu'il est anodin : la musique. Il y a un côté plus ballade dans la version polonaise, quand la version américaine est franchement plus rythmée, essentiellement de par l'omniprésence de la guitare. Vous en tirez les conclusions que vous voulez...

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15 mai 2012

[DL] Tricky Business VS Bikie Wars

Cette semaine, ce sont donc deux séries australiennes qui ont débuté sur les écrans des antipodes : Tricky Business, qui a démarré hier, et Bikie Wars, dont le pilote a été diffusé voici quelques heures. Comme cette semaine est, en ce qui me concerne, placée sous le signe du chaos, je n'aurai probablement pas le temps de vous parler de ces pilotes avant, ouhlà ! Au moins vendredi. Ce qui comme chacun sait est une éternité en termes de review. Et encore, à ce moment-là, je n'aurai sans doute le temps que pour une seule de ces séries, la suivante devra attendre quelques jours.

Il faut donc prioriser. Et c'est vous qui allez le faire à ma place en votant pour le pilote qui vous intéresse le plus sur la base des génériques de ces deux séries. C'est un critère qui en vaut un autre, non ?

TrickyBusiness  BikieWars
Note : liens valables 30 jours minimum. Je reuploaderai si l'un des liens est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Deux séries à l'univers clairement différent, donc. Et c'est à vrai dire la raison pour laquelle il ne m'est pas facile de choisir : si encore ces séries concouraient dans la même catégorie, l'une aurait l'air plus intéressante, plus aboutie, plus originale. Mais ici, deux séries radicalement opposées démarrent à 24h d'intervalle ! Cornélien.

Et pourtant, ces deux génériques ont également leurs défauts. Tricky Business est peu bavard sur son sujet (une famille qui travaille dans le recouvrement de dettes) et peut-être un peu trop enlevé. En face, Bikie Wars souffre des comparaisons incontournables avec Sons of Anarchy, et se montre violent aussi bien d'un point de vue visuel, avec certaines images brèves mais très impactantes, et une musique qui ne caresse pas franchement l'oreille !

Les votes sont donc ouverts jusqu'à ce jeudi 17 mai à 23h59. Mon weekend dépend de vous. Votez en votre âme et conscience.
PS : vous aurez noté, j'en suis sûre, l'énorme incongruité du générique de Bikie Wars Je ne me l'explique pas.

18 juin 2012

This one's for the girls

Et donc, Girls.
Ca fait 10 semaines que je reporte, mais faudra bien en parler un jour. Du coup : Girls.

Girls

Pourquoi avoir tant repoussé la rédaction de ce post ? Tout simplement parce que je suis toujours incapable de dire ce que j'en pense. Ou plutôt parce que j'en pense une chose différente à chaque épisode. A chaque scène. A chaque minute.
Je ne sais pas si c'est supposé souligner combien la série est futée, drôle ou perspicace, ou autre chose. A dire vrai, toutes ces qualités que de nombreuses reviews et d'encore plus nombreux tweets ont semblé encenser, j'ai souvent du mal à les trouver dans un épisode. Pendant le pilote (qui est certainement l'épisode de la série sur lequel mon point de vue est le plus tranché : je suis certaine d'y avoir été totalement insensible, au sens le plus froid possible du terme), je me souviens avoir entamé le visionnage avec un esprit aussi vierge que Shoshanna, mais ça n'a pas duré ensuite, le déluge de compliments s'est abattu sur Girls et j'ai eu l'impression de passer le plus clair de mon temps à essayer de voir où se logeaient ces qualités.

Parfois ça me manque, l'époque où en l'absence d'un accès à internet, notre rapport à une série était pur et dénué de toute idée préconçue ; aujourd'hui, dés qu'une série fait du buzz, l'effet social TV balaie tout.
Peut-être que si je n'avais pas lu autant de réactions extatiques, je ne me serais pas lancée dans cette quête frénétique de la qualité rédemptrice de Girls et y aurais pris un plaisir plus simple. Peut-être aussi que sans ces retours positifs, je n'aurais pas poursuivi la saison dans l'espoir de trouver la clé de son succès critique. C'est à double-tranchant et je ne saurais jamais quelle aurait été ma réaction à Girls dans un contexte "sain" et sans interférence extérieure. Pas sûr que ce soit une expérience qu'on puisse encore connaître de nos jours...

En tous cas, je serais bien en peine de dire si Lena Dunham est la voix de sa génération (ni même une voix d'une génération). Ce qui est certain c'est que si c'est le cas, nous n'appartenons clairement pas à la même génération. Je n'ai a priori que quelques années d'écart avec les héroïnes, mais il était clair dés le pilote pour moi qu'on ne parlait pas du même monde. Probablement que c'était en partie dû à mes problèmes d'identification en général, mais même en faisant de gros efforts de mémoire, voire même de documentation (vieux journaux intimes, blog, etc...), impossible de trouver où Hannah et moi pouvions être liées de quelque façon que ce soit ; c'est d'autant plus perturbant que j'ai eu la sensation que c'était l'une des choses qui fonctionnait le mieux pour Girls : l'impression donnée d'avoir saisi quelque chose de vrai sur ses contemporains. Il faut dire qu'elle se donne un mal de chien pour paraitre la plus authentique possible. L'ironie de la chose n'a pas su m'échapper, et cela a régulièrement gâché mon plaisir.

Là où, sans conteste, Girls réussit, c'est en posant de personnages plutôt réalistes, avec énormément de défauts, Hannah en tête. C'est clairement un travail d'autocritique puissant qui a été accompli ici, et réalisé avec très peu de complaisance. Les portraits sont cinglants d'héroïnes insupportables, mais convaincues d'être dans leur bon droit, et ostensiblement pointées du doigt pour cela, à la différence de beaucoup de séries où les scénaristes semblaient faire preuve parfois d'une inouïe indulgence, au nom du sacro-saint dogme selon lequel un personnage devrait attirer la sympathie, être likeable d'une façon ou d'une autre, pour que nous nous intéressions à son sort sur le long terme. Sex & the City, avec laquelle tant de comparaisons ont été tracées (parfois à raison), faisait partie de ces fictions où quoi que faisaient les héroïnes, elles semblaient voir leurs décisions, même les plus contestables, complètement validées par les scénaristes. Lena Dunham juge ses personnages autant que Hannah juge les gens, et c'est une qualité assez courageuse pour une série s'adressant à une tranche d'âge si particulière.
Girls n'est pas la première série à offrir des personnages centraux ouvertement exécrables, mais elle est certainement celle qui en met le plus sur le devant de la scène d'un coup ; la plupart du temps, il n'y en a, comme on dit, pas un pour rattraper l'autre.

Il y a cependant beaucoup de narcissisme dans Girls ; c'était à prévoir vu l'omniprésence de Lena Dunham (écriture, production, interprétation, et plusieurs fois, réalisation), et dans les phases où la série me tapait vraiment sur les nerfs, elle ne le faisait pas à moitié. Car après tout, ce que Girls dépeint est une maladie dont Dunham est évidemment frappée : son univers est extrêmement restreint.
Alors qu'il s'agit probablement de l'âge de la vie où les gens font le plus d'expériences qui les ouvrent sur l'extérieur, lâchés qu'ils sont dans le monde après avoir connu des enclos rassurants bien que progressivement plus larges (d'abord la maison, puis la petite ville de province, puis l'université...), Girls fonctionne en circuit fermé. Ses héroïnes passent 90% de leur temps à se mater le nombril.
C'est assez tragique que les personnages aillent si peu de l'avant alors qu'ils vivent certainement dans les circonstances les plus favorables pour cela : outre le contexte éminemment cosmopolite de New York (et c'est dit sans réitérer le procès d'intention d'ordre racial, mais tout simplement parce que statistiquement, une métropole offre plus de possibilités de rencontres), le fait que Hannah se retrouve plongée au tout début de la série dans le grand bain par ses parents qui lui coupent les vivres, devrait induire des changements plus profonds dans son comportement. Peut-être que la première saison n'était qu'une façon de progressivement préparer ces changements et qu'ils interviendront plus tard, mais j'ai trouvé que cela manquait cruellement. Ce qui devrait être une expérience poussant Hannah, sinon dans l'âge adulte, au moins hors de l'adolescence, ne porte pas totalement ses fruits. Or en de nombreuses occasion, elle comme ses amies se comportent exactement comme si elles avaient encore quinze ans. Leur immaturité personnelle et amoureuse s'accompagne aussi d'une grande immaturité sur tout le reste, et notamment sur un plan professionnel, et c'est un aveuglement insupportable quand on voit ce sur quoi repose le pilote. J'espérais vraiment que la série nous offrirait un accompagnement plus intéressant que cela sur l'obligation de grandir imposée à Hannah, et ça n'est jamais venu.

Girls-Jessa

Toutefois, je n'ai pas que des reproches à adresser à Girls. Non, ce serait trop facile. Comme je le disais, il y a des moments où j'en ai pensé du bien, et pas qu'un peu.

En particulier, mais pas seulement, deux passages (logés dans le même épisode, qui m'a alors semblé touché par la grâce) ont réussi à m'émouvoir sincèrement. Vu mon visionnage en montagnes russes de la série, on peut parler d'exploit, car ce sont deux moments pendant lesquels il y avait suffisamment de puissance tant dans l'écriture que l'interprétation, que c'est le coeur qui a eu son content et non plus la tête. Dans une série aussi cérébrale que Girls, où tout est over-analysé en permanence (parfois aux confins du ridicule, de par l'égocentrisme de ses personnages) et où Hannah, en particulier, semble toujours vouloir tout verbaliser même quand elle semble inventer des sentiments et des excuses pour se justifier de telle chose ou telle autre (comme on l'a dit, heureusement, le spectateur n'est jamais vraiment laissé dupe), céder la place à une émotion vraie tenait de la gageure.

Le premier de ces passages, qui sur le coup semblait d'ailleurs totalement anecdotique, se déroule avec Jessa, lorsque son ancienne patronne décide de venir la voir dans son appartement et lui parler d'elle, de son comportement, de son avenir. C'était une séquence tellement jolie que c'était à se demander ce qu'elle faisait là. Ce n'était presque pas du Girls (ce qui dans mon esprit joue comme un compliment pour la série, mais après vous en faites ce que vous voulez) tant la conversation était dénuée de tout blabla inutile et pontifiant, qui lui est si caractéristique chaque fois que ses héroïnes ouvrent la bouche.
Jessa, soudain redevenue une petite fille plutôt que l'arrogante hipster qu'elle se donne tant de mal à paraître, a réussi pendant ce moment à donner l'accès à un autre personnage, venu la toucher et lui parler à la fois comme à une enfant et comme à une adulte, et le résultat donnait quelque chose de sincèrement magnifique, notamment avec ce plan soutenu sur les yeux de Jessa qui pour la première fois, semblait écouter avec l'esprit ouvert, et pas juste en faire à sa tête. Les conséquences de cette discussion ne sont sans doute pas celles qu'on pouvait imaginer, mais il était agréable de découvrir dans le series finale que cette conversation avait eu autant d'impact sur Jessa que sur la spectatrice que j'étais. C'était probablement ce que j'attendais le plus de Girls en matière d'évolution d'un personnage immature. Et c'était d'autant plus surprenant que ça arrivait à Jessa, qui n'avait jamais semblé être celle qui avait le plus besoin d'un tel moment de vérité.

Girls-Fight

L'autre, bien-sûr, est celui dont à peu près tout le monde a parlé, cette longue et pénible confrontation entre Hannah et Marnie. C'est sans doute la scène qui d'ailleurs encapsule le mieux les défauts comme les qualités de la série, mais parvient à les dépasser et même les sublimer, pour offrir un grand moment de vérité (même si aucune des deux protagonistes ne saisit tout-à-fait cette dernière). D'une part, la longueur de cette scène joue énormément en sa faveur (c'est d'ailleurs assez rare qu'une scène s'étire autant dans ce format d'une demi-heure, mais comme le dit Dunham elle-même, ce n'est pas le genre de considération qu'elle prend en compte et apparemment il y a plus long, même !). Mais surtout, ses dialogues font certainement partie de ce que les héroïnes auront dit de plus vrai et de plus authentique de toute la série. Aussi empêtrées soient-elles dans des troubles qui ressemblent étrangement à une noyade dans un verre d'eau, leur façon de se confronter l'une au nombrilisme de l'autre, et de constater qu'elles ont besoin d'autre chose que ce que leur colocataire et amie peut (et veut) apporter actuellement a eu une vraie résonance. Ca ressemblait à une VRAIE dispute ; en dépit du nombre de confrontations télévisuelles qu'on voit chaque année sur les petits écrans, c'est pourtant une qualité rare.
Ce qui est sans doute le mieux vu dans cette dispute est la façon dont chacune énonce des vérités précises et cinglantes, que l'autre n'est pas prête à entendre. Cela se sent dans l'épisode suivant, alors qu'aucune n'a vraiment pris en compte ce qui s'est dit dans sa façon d'être. En cela, la dispute est d'autant plus réaliste, autant que faire se peut.

Ces deux qualités, en plus d'être rassemblées à quelques minutes d'intervalle dans le même épisode, ne sont pourtant pas très représentatives de Girls sur la longueur de sa première saison. Sans doute que si j'y avais trouvé plus de scènes de ce genre, sincères et brutes, mon avis sur la série serait sans doute plus positif dans l'ensemble.

Girls-Adam

Le plus surprenant, sur l'évolution à long terme de cette première saison, reste que le personnage le plus intéressant d'une série appelée Girls s'appelle Adam. De l'éternel connard auquel toutes les filles ou presque ont l'impression de se retrouver confrontées un jour ou l'autre, au mec incroyablement sympa et même plus impliqué dans sa relation que Hannah.

Cela en dit long sur celle-ci, d'ailleurs, de voir la façon dont cette relation se transforme avec le temps ; de l'adolescente convaincue qu'elle a affaire à un type qui ne la traite qu'en objet, à la réalisation cruelle que c'est elle qui ne s'impliquait pas autant qu'elle le croyait... et que d'ailleurs elle n'est pas certaine d'en avoir envie. J'ai passé les premiers épisodes à hurler devant mon écran qu'elle devait le quitter et se tirer de là ; et à partir du 6e et surtout 7e épisode, je le suppliait de planter cette gourdasse et de prendre les jambes à son cou. L'idée directrice était donc que cette relation est un supplice à regarder ; mais son évolution a su ouvrir la voie à un personnage très complexe et que j'ai pourtant trouvé très "actuel", autant que faire se peut.
Quand on connnait le nombre de personnages masculins adolescents ou jeunes adultes de la télévision, et qu'on voit combien ils sont surtout idéalisés (comme vus uniquement d'un point de vue féminin qui souhaite y trouver soit un parfait salaud ou un prince charmant ; et presque rien entre les deux), Adam se montre certainement comme l'un des héros télévisés de sa génération les plus concrets. Il a droit au même degré de complexité et d'imperfection que Hannah, sinon plus, et cela sans jamais basculer dans l'exagération, même que les situations dans lesquelles il est mis sont exagérées, mais à ce titre il est logé exactement à la même enseigne que n'importe quel autre personnage.
Si Girls n'atteint qu'une fois une forme de prétendu réalisme dans l'écriture d'un personnage (ce à quoi la série aspire visiblement sans vraiment l'accomplir tout-à-fait avec ses quatre héroïnes), c'est bien celui-là ; mais l'interprétation d'Adam Driver n'est pas en reste et j'avoue être assez curieuse de ce que cet acteur a pu faire d'autre par le passé.

Sans aller jusqu'à parler de révolution, de série de l'année (et encore moins de comédie, mais la catégorie dramédie commence à vraiment se laisser désirer dans les palmarès des différentes cérémonies de récompenses), Girls a quelques qualités qui font qu'elle mérite plusieurs des compliments qui lui ont été adressés. Mais certainement pas tous. Pour commencer, c'est assez étonnant que tant de gens, moi sans doute y compris, tentent désespérément d'y trouver une universalité qui ne fait absolument pas partie de ses intentions.
Et puis, à l'instar de ses héroïnes, Girls est encore une série assez immature, où parfois, les frivolités d'écriture font mouche, et où parfois, un peu de conformisme dans la structure permettrait d'accomplir de plus grandes choses que ce que cette première saison fournit, non seulement en termes de character development, qui fait cruellement défaut pendant une bonne partie de la saison, mais aussi tout simplement pour rendre les intrigues un peu plus épaisses (le pitch de nombreux épisodes semblant être : mettons des personnages ensemble dans une situation superficielle mais qui semble extrême, et voyons ce que ça donne).
Alors du coup, j'ai envie de dire que si une série mérite de gagner une deuxième saison pour acquérir de la maturité, c'est forcément celle-ci...

26 mars 2012

For future reference (yeah, cool)

BlackMarch
Quand il a été clair que, non, ce soir, entre la rhino, la sinusite, le changement d'horaire et la reprise du boulot, je n'étais pas en état de regarder un épisode de mon Piemarathon et de l'apprécier pleinement, ce qui reste une donnée essentielle d'un marathon bien mené, il ne restait plus qu'à aller se coucher à 21h.
Aha, non, je déconne. Sans rire, le jour où je vous dis que je vais me coucher à 21h, envoyez les secours.

Que faire, donc, que faire ? Tout travail intellectuel étant évidemment hors de question, je me suis naturellement orientée vers le cinéma.
Oh, oh non, pas de cris d'orfraie avec moi, hein. Soyons sincères, devant une série, le simple fait d'enregistrer des informations pour s'en servir à l'épisode suivant, ou le simple fait de faire appel à des informations déjà emmagasinées pour comprendre ce qui se passe, demandent un travail considérable, bien au-delà de mes capacités ce soir. Et si j'avais écarté la possibilité de m'envoyer un délicieux épisode de Pushing Daisies, c'est bien que même une simple rediffusion était hors de propos.
Sans compter que des films ne faisant pas appel à la moindre faculté de concentration, ce n'est pas ça qui manque.

Black March oblige, le cagoulage était impossible, et parce que mes réserves ne sont pas pensées pour ce type de situations, le choix se montrait éminemment restreint : un DVD d'un film français avec Dany Boon, prêté par une collègue qui visiblement ne me connaît pas si bien que ça et me prête une bien plus grande ouverture d'esprit que celle qui est la mienne, OU ALORS une vieille cagoule, délaissée depuis des mois, d'Iron Man.
Et j'ai envie de penser que c'est dans ce genre de situations qu'une bonne décision fait toute la différence entre la survie et la vie.

IronMan

Je pourrais faire un post Comme au cinéma sur Iron Man mais, en gros, il se résumerait à deux mots : "yeah, cool".
A partir du moment où mes attentes étaient, au mieux, humbles, je ne pouvais pas être déçue par les trous d'air béants dans le scénario, le personnage principal absolument factice, son entourage caricatural au possible, et les revirements de situation prévisibles. Ne parlons pas des scènes d'action pléthoriques, qui sont si peu ma tasse de thé. Et si je ne pouvais pas être confrontée à la déception, c'est parce qu'à intervalles quasi-réguliers, je sirotais mon infusion au jasmin en me disant "ah, ça c'est cool, ah, là ce qu'il fait est super cool, ah, cool le petit mouvement qu'ils ont imprimé à l'exosquelette, ah, trop cool le robot à la con", etc. Parce que quand un truc est minable, mais bien fait, il faut savoir le reconnaître.
Ouais, je suis quand même en état d'utiliser l'expression "imprimer un mouvement à un exosquelette", je suis quand même pas en état de totale mort cérébrale, faut pas pousser.

L'objet de ce post est donc le suivant : chanter un hymne qui, à la faveur d'un revirement dans mon état de santé, risquerait d'être autrement vite oublié. Voire même, volontairement rayé de ma mémoire.

Toute l'année, je me plains des productions, qu'elles soient cinématographiques ou bien-sûr télévisuelles, qui sont abyssales de par leur degré d'exigence intellectuelle. C'est pour ça que je n'hésite pas à sauter à pieds joints dans la moindre opportunité de médire sur Whitney, par exemple, comme un enfant dans une flaque d'eau. Je m'énerve toute l'année parce qu'on nous prend pour des abrutis finis, et que des gens se font des burnes en or en partant du principe que notre cerveau va se contenter de pauvres merdes dénuées de tout intérêt et ne jamais exiger plus.
Ce soir est donc l'occasion de chanter un hymne à ces productions miteuses qui nous prennent pour des amibes, et de dire : "c'est ptet con, mais n'empêche. C'est cool".

Et quand vient ce jour de l'année où, entre la rhino, la sinusite, le changement d'horaire et la reprise du boulot, c'est juste pas possible d'aligner deux neurones dans l'ordre et la discipline pour ne biter ne serait-ce qu'un film contenant moins de 45% d'explosions, alors ce jour-là, on est bien contents de trouver un film comme Iron Man.
OK, mais juste ce jour-là, alors.

24 mars 2012

[DL] 30° i Februari

BlackMarch

L'une des séries dont j'aurai eu le plus de mal à me passer pendant le Black March est la toute première que j'avais décidé de regarder intégralement en VOSTM, un procédé jusque là réservé aux pilotes (mais la structure de la série, qui emploie pas moins de 3 langues au long de ses épisodes, permet peut-être cela plus facilement que d'autres). 30° i Februari est un véritable coup de coeur, et même si nous avons été séparées alors que je n'ai eu le temps de cagouler que 3 épisodes, je sais déjà que cette série compte. Et pas uniquement parce que je me suis arrêtée sur un sacré cliffhanger.
Alors, outre les premiers épisodes, que je me suis refaits depuis mon lit de mort (ouais, j'ai toujours une crève d'enfer), je vous avoue que j'ai eu tendance à regarder le générique de la série juste un peu plus souvent que la moyenne, ce mois-ci.

30GraderiFebruari
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Dés que j'ai progressé en Suédois, vous pouvez être sûrs que je fais de 30° i Februari mon premier projet de sous-titrage. C'est peut-être dans longtemps, mais c'est une promesse. Parce qu'hélas personne ne semble s'en charger, et qu'il faut apparemment qu'une série suédoise penche du côté de la science-fiction pour que les gens s'y intéressent (bien-sûr que je suis contente d'avoir parlé d'Äkta Människor autour de moi et d'avoir trouvé des gens réceptifs dans mon entourage téléphagique, mais que voulez-vous, ce n'est jamais assez). Je trouve ça très triste ; j'aimerais connaître la formule magique qui permet de faire prendre la mesure aux gens de ce qu'ils ratent, mais comme par définition ils le ratent, eh bien...
En attendant je savoure la douce mélancolie de ma série suédoise préférée du moment (et pourtant, Dieu sait qu'entre Äkta Människor, dont j'ai hâte de découvrir le final, et Kommissarie Winter sur arte, je suis gâtée !). Tant pis, pour le moment je n'ai personne avec qui partager mon enthousiasme.

15 mars 2012

Hold your horses

BlackMarch

Un petit mot sur l'annulation de Luck parce que je suis encore debout et que je vois les annonces tomber.
Et que demain j'aurai oublié, rapport au fait que je n'ai jamais spécialement accroché sur la série.

C'est quand même incroyable cette histoire. C'est le genre d'annulation qu'on se racontera dans 10 ans en ricanant dans un podcast (ou ce qui aura remplacé les podcasts), parmi une liste d'annulations improbables évoquant vaguement l'esprit des Darwin Awards : "oh, dites, hey, et la série qui s'est annulée toute seule parce qu'il y avait des canassons qui mourraient, vous vous en rappelez ?". On rira un brin et on passera à l'annulation bizarroïde suivante.

UnLucky
Je comprends tout-à-fait que la mort de chevaux soit un soucis pour Luck. D'abord parce qu'il y a une question d'image, comme en a témoigné la réaction de PETA (sans vouloir discuter de la palette de réactions plus ou moins bien fondées de PETA ici). Ensuite parce que ça coûte cher, de racheter des chevaux toutes les semaines, je suppose, d'autant qu'on ne peut probablement pas prendre le premier équidé venu pour faire la course plusieurs fois devant une caméra pour faire toutes les prises dont on a besoin. C'est de la logistique, de prendre des bêtes un peu entraînées, j'imagine. Et enfin parce que j'ai envie de me dire que si on a envie de faire un drama sur les courses hippiques, c'est qu'on aime un peu ça, et qu'on n'a pas vraiment du baume au coeur quand un cheval doit être achevé juste parce qu'on a voulu faire une bonne série sur les courses hippiques ; ça doit sembler un peu dérisoire dans le fond.

Ce que je ne comprends pas, c'est : comment en arrive-t-on à purement et simplement annuler la série ?
Dans les secondes qui ont suivi l'annonce officielle de HBO, les sarcasmes ont fusé, mettant la tournure des évènements plutôt en corrélation avec les audiences qu'autre chose, et c'est sûr, ça a probablement joué. Mais enfin, je suis un peu ébahie.

Comment est-il possible qu'une série sur les courses hippiques n'ait pas songé sur la façon dont elle pourrait survivre sans tourner ses propres courses de chevaux ? Pourquoi n'y avait-il pas de plan B en matière d'effets spéciaux ? Pourquoi personne ne s'est dit : "ok bah si ça marche pas, on filmera de vraies courses et on jouera avec le montage et la post-prod pour que ça colle à nos besoins" ? Pourquoi ne pas pouvoir éliminer les scènes mettant les chevaux en danger pour ne les garder que dans des scènes où les chevaux sont paisiblement dans leur stalles et bricoler le reste autour ? Je n'ai vu que le pilote, je sais bien, mais ça ne semblait pas complètement impossible.
C'était un sacrifice, certes, pour une production qui était vraisemblablement puriste, et qui faisait de ce purisme à la fois sa force (c'était un témoignage de son exigence de qualité) et sa faiblesse (le néophyte s'en sentait exclu).
Mais plein de séries font des sacrifices. Parfois ça fait même de jolies histoires de télévision, comme I Love Lucy qui a inventé le sitcom tel que nous le connaissons aujourd'hui parce que c'était plus pratique, pas parce que c'était innovant. Il fallait jouer autour des impératifs de l'équipe, jongler avec les contigences, et ça a donné une vraie belle histoire de télévision, par accident et par contrainte. La contrainte préside aux choix de nombreuses productions qui ne ferment pas boutique pour autant...

Pourquoi la production de Luck n'a pas pu réfléchir à tout cela dés la mort du premier cheval sur le tournage ?

On parle d'une série qui avait quand même un cast de folie (et après pareille expérience, je ne suis pas sûre qu'un gars comme Dustin Hoffman revienne à la télé de si tôt), une bonne équipe à la réputation solide tant à l'écriture qu'à la réalisation... Et justement, comment se fait-il que personne ne se soit posé les bonnes questions plus tôt ? Des mecs si professionnels... ils se sont incroyablement documentés sur les courses de chevaux, sans savoir que des chevaux meurent tous les jours dans ces mêmes courses et que la question allait peut-être se poser ?
Comment en arrive-t-on à un tel gâchis ?

Le plus impressionnant, c'est probablement que les annulations de ce genre, brutales, radicales, on est plutôt habitués à les voir sur des networks que sur des chaînes du câble. Il est évident que la série avait été renouvelée trop tôt par HBO, un peu trop sûre d'elle sur ce coup, mais c'est devenu une pratique courante chez les chaînes du câble (peut-être parce qu'elles pensent que ça va entraîner un cercle vertueux, je ne sais pas). Boss n'a-t-elle pas été renouvelée avant même le début de sa diffusion ? Clairement on est dans une logique de tout l'un ou tout l'autre.
Cela fait quelques années maintenant, et c'est un euphémisme, que je m'intéresse à l'industrie de la télévision, et j'avoue qu'il y a encore des éléments qui m'échappent totalement dans la façon dont certaines décisions sont prises.
Je n'aimais pas vraiment Luck, mais j'ai l'impression qu'on vient quand même d'assister à un truc vraiment absurde.

22 mars 2012

Les pages manquantes

Il y a ce programme, sur mon ordinateur, qui s'appelle adsltv. Je l'ai installé il y a au moins 2 ans maintenant, depuis que je ne regarde plus la télé ou presque. Il est supposé me donner accès aux chaînes de mon abonnement Freebox de base, c'est-à-dire qu'il n'y a même pas la TNT. Je ne le mets jamais à jour, non plus. Je l'allume une fois l'an (en 2011, c'était pour m'aventurer un dimanche soir sur ules chaînes arabes, c'est comme ça que j'avais tenté Lahazat Harega) et à chaque fois je me dis "à quoi bon le mettre à jour, je le rallume dans un an, au mieux !". Je pourrais regarder plein de choses à la télévision, en fin de compte, mais je n'y pense jamais bien que le petit logo soit dans ma barre de lancement. Pauvre adsltv qui pourrait être tellement mieux mis à profit, mais que je délaisse...
Pourtant ce soir ce petit programme compte parmi les choses les plus précieuses de mon ordinateur. Grâce à lui, j'ai pu voir la seconde partie de "Vänaste Land", la première enquête de ce cher Kommissarie Winter. Plus d'un an et demi après être tombée amoureuse de la première.

Wintercameback

J'ai enfin la résolution de l'enquête, la clé qui permettait de comprendre ce que signifiaient les silences, les visages fermés, les yeux de verre et de béton. Ca m'aura pris du temps, mais ça y est.
Et la semaine prochaine, vous pouvez être sûrs que je serai là, au rendez-vous. Deux fois le même mois, adsltv va pas comprendre ce qui lui arrive, là.

Naturellement j'ai aussi revu la première partie, avec l'émotion des retrouvailles et l'angoisse de ne pas ressentir la même chose que lorsque j'avais vu le pilote pendant Scénaristes en Séries, puis quand je l'avais cagoulé, quelques heures après mon retour. Peut-être que c'était de voir l'épisode sur grand écran qui rendait les choses plus percutantes. Peut-être que comparé à En God Nummer To, n'importe quel épisode aurait paru incroyablement fantastique. Peut-être qu'ensuite, avec le temps, j'avais idéalisé les choses, c'est si vite arrivé...

Et pourtant ce soir, je me suis repris la même claque, les mêmes émotions, la même vague d'admiration dans la figure. Cette introduction violente mais presque intégralement plongée dans le silence, par exemple. Ce thème musical incroyablement doux, aussi. Le visage tordu et dur de Winter. Les contrastes entre sa vie heureuse, avec les siens, et la brutalité du monde où il enquête. Refaire le chemin une fois de plus, et reconnaître la moindre scène, le moindre plan... Jusqu'au moment où le deuxième épisode est un inédit et où on se laisse à nouveau porter par la puissance de la réalisation, la force des errances, la dureté de l'environnement, et où on tente de comprendre.
Et cette fois j'ai compris, cette fois j'ai enfin vu la fin de cette enquête. Et je peux le crier sans craindre d'avoir été influencée par une suite de circonstances atténuantes : oui, Kommissarie Winter est une série incroyable, forte, émouvante, intelligente, dure, magnifique. J'ai le coeur qui déborde d'avoir pu retrouver l'épisode que j'ai tant aimé, et plus encore de découvrir le suivant et d'y avoir trouvé les mêmes qualités.

Vivement la semaine prochaine pour une nouvelle soirée.
Vivement aussi que, d'une façon ou d'une autre, je dégote des DVD avec des sous-titres français ou anglais, et que je revive cette expérience encore plusieurs fois dans ma vie, de fêter des retrouvailles intenses avec une série de qualité qui me chavire de cette façon.

Kommissarie Winter m'a tout l'air sur le point d'entrer très officiellement dans mon panthéon personnel.

16 février 2012

En français dans le texte

En général, je suis quelqu'un de plutôt ouvert. En quelques années, je me suis totalement débarrassée de ce réflexe (inné ou acquis ?) d'avoir un mouvement de recul à l'idée de commencer une série non-américaine, et plus encore, disons, une série polonaise. La plupart de mes préjugés sont tombés ou, quand j'en ai, ils sont même devenus positifs ! Chouette, me dis-je, une série russe, je n'ai pas souvent l'occasion d'en trouver. A cela s'ajoute une curiosité débordante à l'égard de pays pour lesquels je ne demande rien de mieux que de trouver un pilote ou deux, enfin ! Afin de me faire une idée du niveau de production.
Et pourtant.

Je le dis souvent, ma prochaine grande aventure téléphagique, ce sera de donner sa chance à la fiction française.
Permettez que je digresse mais avez-vous remarqué combien le terme "fiction française" est lourdement connoté ? Fiction turque, fiction japonaise ou fiction canadienne ne renvoient pas la même impression de défi tant pour l'industrie elle-même que pour le spectateur. Ou bien ce n'est que moi.

Ponctuellement je le fais, d'ailleurs. Je me lance dans un pilote, je ne me ferme pas à l'idée d'en regarder un de temps à autres. Et quand, à l'instar du Visiteur du Futur, j'y prends du plaisir, une partie de ce plaisir, reconnaissons-le, vient du fait que c'est une petite victoire sur mes idées reçues et mon instinctive méfiance à l'égard des séries françaises. Mais ça reste un effort. Une tâche à laquelle m'employer quand je serai d'humeur. Un challenge loin d'être gagné d'avance ; ce qui est toujours mieux que s'il était perdu d'avance, mais tout de même.

C'est, à vrai dire, désagréable même pour moi.
Lancer un pilote de série française n'est pas excitant. C'est toujours un moment pendant lequel, instinctivement, je me répète d'essayer d'être ouverte : ne te braque pas contre le jeu des acteurs et leur diction terne, ignore les dialogues sans saveur et concentre-toi sur l'intrigue qui, nan mais on sait pas, commence pas, ça se trouve, sera bonne, et pas du tout bateau, pourquoi ce serait bateau juste parce que c'est français, c'est vraiment stupide comme idée, tu as pourtant testé des séries philippines sans a priori (par contre a posteriori...), pourquoi t'es infichue de partir du principe que, ouais, c'est possible de passer un bon moment, c'est chouette un pilote, comment tu peux ne pas te réjouir de lancer un pilote ?! Mais t'es une grosse raciste en fait, hein ?
Et au final je suis dans un tel état de crispation, non pas vis-à-vis de la série mais vis-à-vis de moi-même parce que justement je ne voudrais pas être crispée, que les pilotes de séries françaises ont moins de chances que les autres de me séduire, c'est clair.

Ce soir, j'ai lancé trois fois le pilote d'une série française en essayant de me motiver. A chaque fois, il se passe un truc. Un mail qui arrive et qu'il faut que je lise maintenant, ou, ah oui euh, je vais juste jeter un oeil à ma timeline sur Twitter et, nan mais tu sais quoi, je vais me faire un thé d'abord, tiens, ça va me détendre.
Je n'ai absolument rien contre cette série. J'ai juste 25 000 trucs que je préfèrerais voir à la place. Il y aura toujours 25 000 choses que je préfèrerais regarder qu'une série française, en réalité, et ça me rend triste parce que je suis certaine que ça me fait passer à côté de bonnes choses.
Et c'est comme ça que je lance le pilote de la série Des soucis et des hommes, ce qui signifie que pour la quatrième fois je me suis interrompue dans ce que je voulais regarder ce soir, et je me dis... nan mais vraiment, ya rien à faire, quel que soit le bout par lequel je le prends, dés que c'est français, j'ai l'impression de subir invariablement le même jeu d'acteur, la même diction morne, les mêmes dialogues sans panache, les mêmes intrigues prévisibles. Ca me met très en colère contre moi-même. Ou contre la fiction française. Ou les deux.

Enfrancaisdansletexte

Tiens pis merde, je laisse tomber pour ce soir, je vais regarder la suite d'Apparences.
C'est pas ma guerre, faut croire.

15 février 2012

Anticipation

Anticipation_SVT Anticipation_Showtime Anticipation_HBO

Lorsqu'on aborde un épisode, c'est toujours avec des attentes, souvent positives (sinon pourquoi se mettre devant), parfois négatives (ça m'arrive plus particulièrement avec certains pilotes, par exemple, dont je n'attends pas grand'chose de brillant et/ou dont je n'ai rien entendu d'appétissant). A mesure qu'on progresse dans le visionnage d'une série, cette anticipation est supposée grandir. C'est normal de ressentir cette gourmandise de découvrir de nouvelles aventures de nos personnages préférés, de les voir sortir des répliques qu'on va applaudir et mémoriser.

J'ai réalisé que ces dernières années, je pouvais déterminer quelles étaient mes attentes à partir d'un élément très clair : quand je vois le jingle de la chaîne s'afficher. C'est un instrument de mesure extrêmement précis, pour peu qu'on prête attention à l'état dans lequel il nous met.

En réalité cet indicateur ne date pas d'aujourd'hui. Pour moi, voir s'afficher le logo de HBO avait une symbolique forte, quand j'ai commencé à découvrir des séries de la chaîne, il y a environ 10 ans. Pendant longtemps, ce son et ce visuel, liés dans mon esprit à Oz ou Sex & the City, devaient impérativement être suivis de l'un ou l'autre de ces génériques. Au point que, parfois, lorsque ce jingle s'est affiché et que d'autres génériques ont pris le relai, j'ai éprouvé une certaine déception.
Mais ce que ce phénomène indiquait alors, c'était : "j'ai hâte de retrouver mon épisode de Sex & the City, ou mon épisode de Oz, après le jingle".

Avec le temps ce signal a évolué. Désormais, voir le jingle s'afficher signifie essentiellement : "j'ai hâte de voir l'épisode d'une série de qualité commencer après le jingle".

Je ne regarde certainement pas toutes les fictions d'une chaîne donnée. Mais le jingle me met instinctivement en confiance, et dans de bonnes dispositions.
Et il est, surtout, devenu cet bref instant de quelques secondes pendant lequel l'épisode a été lancé, mais n'a pas encore commencé. Et où toutes mes attentes se concrétisent en des gestes extrêmement parlants : m'enfoncer dans mon fauteuil, pousser un soupir de contentement, rire ou battre des mains, même !

Hasard ou coïncidence, les séries de network n'ont pas de jingle au début de l'épisode. Et j'en regarde moins. C'est comme les génériques, je ne saurais trop dire si le fait qu'il n'y en est pas est l'un des facteurs qui fait que j'ai plus de mal à m'attacher à une série, ou si c'est simplement une preuve parmi tant d'autres que la série n'a pas fourni assez d'efforts. Mais c'est définitivement un point de repère.

Toute l'anticipation que j'éprouve à l'idée de lancer un épisode (comme ce soir, Äkta Människor, épisode 4) se matérialise pendant cette fraction de seconde pendant laquelle mon cerveau commence à émettre ses premières endorphines.
Le bonheur se loge vraiment dans les petits plaisirs de la vie, n'est-ce pas ?

5 janvier 2012

Pas mauvaise, juste dessinée comme ça

C'est forcément un peu sectaire, mais quand je lance une série clairement adressée à la tranche ado et/ou préado, je ne me dis pas que je vais regarder de la grande télévision. Si, la fois où, nostalgique, j'ai regardé le pilote de L'Odyssée imaginaire, ce genre de choses, et encore. Mais que ça vienne de Disney, teen nick, The CW ou ABC Family, mes attentes sont immédiatement revues à la baisse. C'est une question de survie.

Quand a commencé le pilote de Jane by Design, je n'avais donc pas en tête l'idée que je pouvais être bluffée.
Et ça ne s'est pas produit.

JanebyDesign
Mais je me rends compte que je suis bien cruelle. Jane by Design n'est pas une mauvaise série ; je la donnerais plus volontiers à regarder à un téléphage en herbe que la plupart des calamités Disney que j'ai pu tester.

Bien que l'héroïne soit irritante (pas par nature mais essentiellement à cause de son interprète, assez insupportable), on rentre facilement dans cette histoire de double vie mignonnette. Les personnages secondaires sont un peu caricaturaux, mais ils ont encore quelques chances d'être exploités de façon sympathique, à défaut d'être originale. On ne verse ni excessivement dans le pathos, ni dans la comédie grosses tatannes ; globalement, en-dehors du halo lumineux autour des acteurs (plus insolent dans certaines scènes que d'autres il est vrai), la série n'abime pas la rétine ; on y trouve évidemment des fringues en pagaille, mais c'est fait avec une certaine candeur (à l'instar de la scène où Jane essaye la garde-robe de sa patronne en découvrant le dressing hypra-fourni de celle-ci) et pas avec l'impression qu'on peut avoir dans d'autres séries qu'il s'agit de vendre une ligne de vêtements ou de lancer une mode (d'ailleurs une des robes d'India de Beaufort est déjà apparue dans une autre série, je me rappelle m'être fait la même remarque : c'est moche mais nécessaire quand on n'a pas de hanches ; si vous avez meilleure mémoire que moi, éduquez-moi, je parle de la grise à la fin).

Et puis surtout, derrière cette série, il y a une idée qui me plaît bien et que j'ai déjà évoquée : l'entrée dans le monde du travail. Et sous un angle positif.
Adieu les ados ou universitaires qui souffrent au fast food le plus proche, ici on a une jeune personne qui, certes, a également des raisons financières de se lancer dans ce métier, mais qui avant tout est fascinée par un univers professionnel, et qui l'aborde avec positivitude, même si évidemment il y aura des déconvenues (dés le pilote, à vrai dire), des imprévus et des moments pas marrants. On passe réellement par le genre de stades que je voudrais voir plus souvent dans des séries, c'est-à-dire une façon plus nuancée de montrer le travail quand on débarque : un endroit où on peut à la fois trouver des gens très sympas (l'assistante qui reçoit Jane et le gay-de-service sont sympatoches comme tout), et des supérieurs hiérarchiques plus ou moins sympathiques (la patronne de Jane, le design, etc...).
Evidemment que penser que le patron est systématiquement un con et/ou un emmerdeur a des vertus pour se vider la tête, mais ça n'a pas besoin d'être systématique comme ça l'est devenu dés qu'une série parle de boulot. Jane by Design est l'une des rares séries récentes à s'approprier le monde du travail sans a priori négatif ; c'est regrettable que ce soit une série adolescente qui le fasse, ça donne l'impression d'une démarche quasi-pédagogique, mais pour une fois que le travail n'est pas désigné comme le 10e cercle de l'Enfer, je vais quand même pas me plaindre.

Jane by Design n'est pas la révélation de l'année. Mais ça me semble infiniment plus regardable qu'une énième fiction où l'héroïne veut devenir chanteuse. Evidemment on parle toujours d'un univers relativement glamour, on n'en est pas encore au point où une héroïne de teen show voudra être infirmière ou championne de lutte, mais je trouve qu'il y a quelque chose d'à la fois honnête et rêveur dans son propos, au sens où les robes et les bijoux, les intrigues amoureuses et les identités secrètes, ne virent pas au miroir aux alouettes. Une part de rêve à paillettes, mais aussi une part de réalisme terre-à-terre, confèrent à la série une véritable sympathie. Même si on ne s'en souviendra probablement pas sitôt qu'elle sera annulée car elle se montre assez anecdotique dans ses intrigues pour le moment.

D'ailleurs pour toutes ces raisons, j'ai envie de dire à ceux qui n'ont pas détesté Jane by Design qu'ils sont prêts pour apprécier un dorama nippon sans prétention du style de Real Clothes, pour rester dans la même thématique. L'appel est lancé.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Jane by Design de SeriesLive.

29 décembre 2011

[#Ozmarathon] 2x05, les liens du sang

Contrairement aux apparences sur ce blog, poursuivre un Ozmarathon ne m'empêche nullement de regarder d'autres choses. Par un curieux hasard, il s'avère que depuis trois jours, je me refais une intégrale de Titus, et que, pour je ne sais quelle raison, pour la première fois, j'ai décidé de tenter ce matin l'un des spectacles de stand-up de Christopher Titus, Norman Rockwell is bleeding, qui reprend en grande partie des textes issus de la série Titus, et où il est question d'enfance détruite, de parents alcooliques ou suicidaires, de relations amoureuses violentes...
Par un curieux hasard, donc, il fallait que notre Ozmarathon tombe le même jour sur un épisode portant sur la famille et l'amour au sens large. Ca ne s'invente pas.

Ozmarathon-2x05
Une fois n'est pas coutume, c'est avec les interventions d'Augustus Hill que je veux commencer. Depuis le début de la saison 2, ses interventions ont semblé moins ancrées dans les intrigues de la série. Le rapport avec ces dernières existait, bien-sûr, mais de façon plus lointaine. Ce n'était pas toujours un mal : ses interventions, détachées du simple commentaire, prenaient une dimension universelle, plus profonde. Presque des axes à part entière. Ici, cette configuration eest sublimée tout en se réconciliant avec sa vocation première, le commentaire des intrigues "réelles" ; là où très peu des histoires de l'épisode vont explicitement tourner autour de la famille (et de ses séquelles), se contentant bien souvent de les mentionner au sein d'une histoire plus complexe, Hill va leur donner du liant, en rappelant que derrière ce qui se dit et se fait, se trame effectivement quelque chose qui a un rapport avec la famille, ou l'amour que peuvent procurer des liens similaires. Mais dans le même temps, la mise en scène outrancière des monologues de Hill, son surjeu et la thématique familiale, telle que jamais encore abordée dans la série, en font réellement une thématique à part, parce qu'extrême, de l'épisode. Je pensais d'ailleurs que c'était dans cet épisode que j'allais retrouver l'une des répliques qui m'a le plus marquée dans Oz (trop longue pour que je la reproduise ici, mais qui en substance rappelait qu'il est facile d'expliquer son comportement parce qu'on a, par exemple, été battu quand on était enfant, et de se décharger ainsi de ses responsabilités). Preuve que même avec tout ça, on est loin d'avoir vidé l'abcès.

Alors ces histoires de famille, quelles sont-elles, au juste ?
On a d'un côté ce qui semble être la conclusion de l'affaire Poet. Jusqu'à la fin, on aura d'ailleurs retenu notre souffle : va-t-il ou ne va-t-il pas réussir à partir ? La jalousie de Wangler me faisait redouter qu'il se prenne un coup de poignard si près du but... Oh mon Dieu, qu'au moins un d'entre eux puisse s'en tirer, d'accord ? Pitié, on en a tous besoin, à ce stade. Et effectivement, Poet s'en va, disparait, s'échappe, la poésie l'a libéré. C'est une belle image qui inspire le petit Wangler qui (et c'est là qu'on s'y retrouve) commence à se dire qu'il a sacrément déçu maman pendant toutes ces années, et qu'il est temps de se remettre dans le droit chemin. Venant de quasiment n'importe quel personnage, ce serait un peu gros ; mais Kid Wangler, lui, est entré en prison à 16 ans, il a encore ses grands yeux de Bambi, et du coup ça marche du feu de Dieu de voir qu'il est tout triste de ne pas aller à sa cérémonie de remise de diplômes parce qu'il a merdé une fois de trop aux yeux de McManus.
Mais comme je l'ai dit, la famille ne sera pas le focus de cette intrigue pour autant. Car McManus, justement, va intercepté cette histoire pour nous ramener dans le domaine politique. Cette enflure de Devlin, qui pour une raison qu'on ne s'explique pas, parvient à sortir d'Oswald en un seul morceau à chaque fois qu'il s'y présente, a décidé de couper les crédits du programme éducatif... au profit du tout répressif, à savoir l'embauche de nouveaux gardiens. Plus clair quant au propos politique d'Oz, on ne peut pas, hein. McManus pense le piéger en l'affichant devant les médias venus à la cérémonie de diplômes, mais manque de chance, Oz, ce n'est pas juste un manifeste politique sur l'administration carcérale, c'est une fiction qui se veut la moins idéaliste possible y compris en politique, et on comprend vite que les efforts de McManus ne seront pas récompensés, et que Devlin est, en l'état actuel des choses, toujours tout-puissant même quand il essuie un petit échec... Brutal.

Après cette jolie interception de McManus, retour aux affaires familiales. Car le départ de Poet signifie aussi autre chose : Kareem Saïd a de nouveau perdu son joli étendard tout neuf. Et alors que, une fois n'est pas coutume, il ne cherche pas à trouver une autre tête de gondole pour sa cause, voilà qu'il en vient une qui se présente d'elle-même... Schillinger ! Inutile de dire que ces deux-là sont comme l'eau et l'huile, et pourtant, ils ont tous les deux quelque chose à tirer d'une collaboration sur le cas judiciaire de Schillinger. Pendant que Kareem pourra en tirer une immense gloire qui l'auréolera tout comme il aime (confirmant qu'il emprunte une pente savonneuse, et n'a pas tiré les conséquences de l'émeute comme l'a fait McManus), Schillinger pourra ainsi, ce n'est pas mentionné dans l'épisode mais on nous l'a suffisamment répété lors des précédents, se mettre en quête de ses fils. Voyez, la famille n'est jamais loin.

Vous pensiez qu'on en avait fini avec McManus ? Eh bien non. Le revoilà en train de fouiller sa mémoire pour repenser à l'émeute. C'est qu'on commençait presque à l'oublier, cette émeute, au prétexte qu'elle s'est déroulée voilà plus d'un an, sauf que ce n'était que 6 épisodes plus tôt ; du coup ça fait du bien d'en reparler quand même un peu. Et en l'occurrence, c'est le cas Scott Ross qui l'intrigue, du fait des accusations de Schillinger envers Diane Wittlesey (tout est bel et bien lié, en l'occurrences). Cela va le conduire à choisir entre une famille potentielle (Diane veut, enfin, lui présenter sa fille... ça ne fait qu'une saison qu'il lui a offert de le faire, après tout, hein, faut pas s'affoler) et sa véritable famille, Em City. En l'occurrence, vu que McManus ne pense plus avec son gourdin, le choix est assez évident, et cela nous conforte dans l'impression qu'il a vraiment repris les choses en main dans tous les domaines de sa vie. Entre nous soit dit, cela confirme aussi la croyance populaire selon laquelle une femme ne s'intéresse à vous que quand vous commencez à l'ignorer et être froid avec elle.

Leo Glynn fait d'ailleurs le même choix. On a ENFIN la conclusion de cette sordide affaire de chantage qu'on devait tolérer depuis plusieurs épisodes, et on arrive à quelque chose de bien plus ridicule qu'espéré ; je pensais que ç'allait avoir un rapport avec le viol de sa fille (même si chronologiquement ça ne collait pas nécessairement mais bon), et là on nous sort du bois un personnage dont on n'a jamais entendu parler, le frère de Glynn, qui se serait rendu coupable de meurtre. Personnellement, j'ai trouvé l'histoire en elle-même bateau, le laïus de Glynn (le directeur) à Glynn (le futur taulard) était assez classique, mais au moins on en a fini avec ces messes basses et je dis tant mieux. Si par-dessus le marché, le frère Glynn intègre réellement Oz voire Em City, ça peut donner une intrigue intéressante. Sinon, bon débarras et n'y revenons plus. Plus jamais.

De la même façon, ah merveille, enfin on en sait plus sur Sister Peter Marie et le prisonnier atteint de monosyllabie aigüe. Je dis plus, mais l'intrigue n'est pas finie. On a surtout la confirmation que, oui, c'est bien du défunt mari de Sister Pete qu'il est question, ça ne fait jamais que deux épisodes qu'on nous l'avait suggéré, mais au moins c'est fait. J'apprécie cependant que, pour une fois, la chère soeur ne capte pas trop vite ; elle a eu la mauvaise manie jusque là de toujours tout percevoir, tout comprendre, tout discuter franchement ; on la verra d'ailleurs exercer à nouveau sa magie sur l'affaire O'Reily (j'y reviens, n'en doutez pas), et c'est sympathique qu'elle ait l'air de buter, mais que l'intrigue, elle, avance un peu. Un peu seulement, mais c'est toujours bon à prendre. L'essentiel c'est quand même que mes plaintes aient été entendues (je suis consciente du paradoxe temporel qu'implique cette phrase).

Ah ! On en vient aux choses sérieuses. Une petite scène brève mais intéressante nous amène à nous intéresser encore un peu plus à cette étrange Shirley Bellinger. Elle est toujours aussi effrayante. Cette fois elle parle un peu, de cette voix exagérément douce et minaudande et vulnérable qu'on ne parvient pas à croire même si on aimerait bien (elle apparait en fait comme une caricature de femme, et n'en a pas besoin dans un milieu où la plupart des femmes font tout pour gommer leur vulnérabilité). Et surtout, elle entreprend le pauvre Père Mukada... Elle n'est d'ailleurs pas très fine : dés qu'il était apparu devant sa cellule, on sentait bien qu'elle était en terrain conquis mais, trop prompte, elle l'a effrayé. En tous cas on a un nouvel aperçu, non seulement de sa nymphomanie qui se confirme, mais aussi de son étrange disposition mentale. Est-elle réellement convaincue que la mort de son enfant est accidentelle, ou est-elle tordue au point de mentir même dans le couloir de la mort ? Bellinger, c'est mauvais pour ma santé, mais tu me fascines...

Je déclare que la 2e meilleure intrigue de cet épisode est celle consacrée à Beecher. Ce n'est pas sans une bonne dose de perversion que la caméra suit, subtilement mais assez clairement, comment Chris Keller tisse sa toile. Il est devenu en quelques semaines un camarade de chambrée, puis un pote, puis le meilleur ami de Beecher, et rien que pour ça, Keller est mon héros. Son intelligence est assez fine, et on le voit magnifiquement bien dans sa façon de mener le combat de lutte (mon Dieu, peut-on faire plus gay ?!), à coup de "je perds un round pour te faire plaisir" et de "il fait chaud non ?", l'air de rien, sous l'oeil (oui, un seul, forcément) amusé et attentif de Schillinger.
Keller a senti qu'il avait vaincu lorsque McManus (décidément au top de sa forme) est venu annoncer une nouvelle à Beecher : ce dernier a laissé Keller assister à l'entretien sans hésiter. Là, on a tous, je pense, senti que Keller avait atteint sa cible, à la fois avec une certaine délectation (et en l'absence des filouteries de Ryan O'Reily, ça fait du bien d'avoir ce genre de manigances à observer) et avec horreur, car Beecher n'a même pas senti le piège se refermer sur lui.
Mais qu'en plus Schillinger ait fait tuer la femme de Beecher (enfin c'est ce que je suppose mais j'ai des souvenirs, hm, fumeux, de cette part de l'intrigue), c'est tout simplement brillant. Et terrible. Et brillant. On n'en peut plus, c'est trop bon, oh oui encore, bande de salauds !
Et donc, on en revient à la famille une fois de plus : la famille qu'on se crée entre les murs d'Oswald (en l'occurrence, Beecher adoptant rapidement Keller sans savoir que ce dernier n'est là que pour mordre la main qui le nourrit), et celle qu'on a laisséee en-dehors. Le "suicide" de l'épouse de Beecher est prétexte à ramener ses enfants et sa belle-mère, dans une scène poignante où le prisonnier refuse de lui-même d'aller voir ses enfants pour ne pas ajouter à leur traumatisme. C'était une bonne façon de nous rappeler quels sont les rapports des détenus avec ceux restés dehors, mais aussi une nouvelle façon pour Beecher de s'isoler encore un peu, le rendant plus vulnérable au coup qui ne manquera pas de tomber quand Keller va lui dévoiler ses réelles motivations...

Bon. Bien bien bien. Allez, c'est pas le tout, venons-en au plus important, LA meilleure intrigue de l'épisode de par son déroulement.
Parce qu'avec tout ça, on n'a pas encore parlé de Ryan O'Reily, et je me demande bien comment envisager d'écrire un post sur Oz sans mentionner Ryan O'Reily. Sa santé lui cause moins de soucis mais, des tourments de son sein droit, on est passé à ceux de son sein gauche : son obsession pour le Dr Nate va grandissant, au point de la harceler sans même avoir à l'approcher ("l'appel vient de l'intérieur de la prison, mwahaha !"). Malgré un fort à propos rappel de McManus (encore lui) sur le fait que, hé ho, mon ptit Ryan, elle est mariée je te rappelle et au fait toi aussi, rien à faire, notre Irlandais ne parvient pas à se faire à l'idée que le docteur Nathan ne l'aime pas, ni à se l'ôter de la tête. Et c'est vrai qu'elle ne semble pas s'être convaincue elle-même de ne pas être intéressée par lui, pour être tout-à-fait sincère.
Et là, on assiste à une intrigue comme Oz sait les traiter avec brio. On pense ce qu'on veut de cette romance carcérale (personnellement je suis de l'avis d'Alvarez : l'amour, à Oz, ce n'est pas sain), mais en tous cas elle ne stagne pas. Elle a été établie sans précipitation, mais on ne va pas nous jouer les violons 712 ans ; ainsi, le rappel de McManus n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd, mais hélas les conséquences ne sont pas celles qu'il espérait : McManus a en fait, sans le vouloir, donné l'idée à Ryan d'éliminer le mari de Gloria Nathan avant la fin de l'épisode ! L'occasion de surcroit d'impliquer son frère Cyril (il nous manquait déjà). Bref, en termes de lien du sang, on fait difficilement mieux

Bon alors, j'ai l'air de déconner, mais l'air de rien cet épisode m'en a foutu un coup. C'était même pire avec le ton goguenard de Hill dans son berceau. J'espère que le suivant me mettra moins mal à l'aise.
Et en même temps, pour quelle autre raison regarder Oz que l'envie masochiste d'être mal à l'aise à cause d'une série intelligente ?

7 décembre 2011

Me and my shadow

Après deux semaines de fièvre, de mal de gorge, de toux, de maux de crâne, de courbatures, dans cet ordre PUIS dans le désordre, je suis obligée d'admettre que mes capacités de concentration sont devenues carrément aléatoires. Aussi, c'est avec un certain soulagement que j'ai reporté la plupart des mes autres activités (y compris les posts sur The Slap, plusieurs fois reportés déjà) à l'occasion de la diffusion de Neverland.
J'ai pratiqué le visionnage en deux fois, lundi et aujourd'hui, et je ne sais pas si ça signifie que mon état était préoccupant en début de semaine, mais j'ai trouvé le second épisode largement inférieur au premier.

Après l'image, j'aime autant vous prévenir, il va être difficile d'échapper aux spoilers, mais en même temps, comment faire autrement quand on parle d'une mini-série qui n'a duré que deux épisodes ?

Neverland-1

Pendant cette première partie, l'effet cheap typique de ces productions (le pénible Alice en était un frappant exemple) restait discret, essentiellement parce que le (long) passage historique permettait de limiter les dégâts : il y avait ainsi l'opportunité d'avoir des costumes et un monde éloigné du réel, ce qui est le but recherché par les séries Hallmark, sans avoir besoin de recourir excessivement au fantastique. C'était donc bien joué et, même si sur Neverland, les décors semblaient faits de polystyrène et de carton même quand ils avaient en réalité été imaginés par ordinateur, on continuait de bien le vivre parce qu'on était dans de bonnes conditions. Les Indiens étaient sympathiques, l'intrigue avait un bon rythme et les choses se passaient bien.

Et elles se passaient bien en raison d'une autre amélioration visible des pratiques Hallmark : une véritable intégration dans la tradition de science-fiction de SyFy, car oui, à une lointaine époque, SyFy donnait dans la SF, la vraie. Le premier chapitre de la mini-série avait réussi à faire de Neverland une véritable planète. Dans mon imaginaire et celui, je pense, de la plupart d'entre nous, Neverland était juste "un endroit", au mieux "un monde" ; un peu comme dans L'Histoire Sans Fin, sa nature fantastique lui permettant de n'avoir pas à se justifier de ses caractéristiques géographiques ou physiques. Neverland n'est pas un pays, ce n'est pas un point sur une carte, on y accède essentiellement en volant, mais ce n'est pas un astre ; il y a une raison à cela, Neverland est imaginée à l'origine comme l'équivalent d'un paradis pour les enfants, et personne n'irait demander de situer le paradis sur un mappemonde ou une carte du ciel. Neverland EST, c'est tout.
Neverland devient dans la mini-série du même nom une planète à la fois au centre et aux extrêmités de l'univers, et pourtant ça semble incroyablement cohérent avec l'univers de Barrie, et cohérent avec les exigences qu'on peut avoir envers SyFy. C'était un passage intéressant qui ouvrait la porte à une lecture intéressante de l'histoire de Peter Pan. Sans compter que l'utopie du Professeur Truc était intéressante, et une jolie métaphore sur la nécessité de cultiver son âme d'enfant pour faire évoluer l'humanité...

Si l'on cherchait un divertissement intéressant, merveilleux et sans complication, Neverland accomplissait sa mission avec brio lors de son premier épisode, donc.

On aimerait pouvoir en dire autant du second.
Déjà, l'utopie du Professeur Bidule est entièrement balayée, ce qui pose la question de savoir pourquoi l'angle avait été introduit dans le premier épisode. Mais ce n'est pas le pire, car le pire est à chercher dans les effets spéciaux. En fait, du moment où Peter apprend à voler, on comprend que la partie est perdue de ce côté, si tant est qu'elle ait vraiment été jouée ; on verra clairement les câbles qui lient le jeune acteur à au moins une reprise, et l'effet est si mal géré en général (le pauvre garçon se balance devant les acteurs auxquels il donne la réplique d'un air mal assuré) qu'on n'y croit pas un seul instant. Peut-être que je suis devenue une grande personne, et que c'est moi qui ne sais plus rêver, mais j'ai besoin d'un peu plus que ça dans une série fantastique, et arrivée en 2011, j'estime que nous avons atteint le niveau technologique permettant d'éviter les grues et les poulies, pour un résultat plus soigné.

A cela il faut ajouter les questions sur les relations entre Peter et son mentor James Hook, qui de plutôt touchantes dans la première partie deviennent une excuse pour pleurnicher et crier à tous bouts de champs ; c'est tellement hystérique que ça pourrait être un téléfilm français (oh la méchante) ! Sans compter que Hook passe son temps à vouloir sauver Peter, mais aussi à vouloir sauter la chef des pirates, mais quand même à vouloir sauver Peter, et on finit par avoir peur qu'il ne se trompe d'une lettre à un moment. Ma phrase ne fonctionnerait hélas pas si j'écrivais ce post en anglais.

Au bout d'environ 30 à 40 minutes, je ne regardais plus que d'un oeil et me concentrais plus sur le pain d'épices que sur l'intrigue. Peter passe son temps à être blessé et/ou frappé, mais l'animal semble increvable. Il va sans cesse à la confrontation avec Hook mais cela se fait sans panache. Aaya prend un air désolé/triste/inquiet/fatigué à intervalles réguliers. Les enfants perdus n'ont visiblement pas reçu une copie du scénario. Et il y a une araignée géante qui en fait est un scorpion. Normal.

Ce que l'on attend vraiment d'un prequel, ce sont les raisons qui font que les personnages sont tels qu'ils sont au moment de débuter l'histoire qu'on connait déjà. Neverland aurait pu arriver à quelque chose dans ce domaine, tout en offrant un univers complémentaire à l'oeuvre de Barrie de par son côté SF, si la mini-série avait suivi les pistes du premier épisode.
Mais le second n'est en fait qu'une longue salle d'attente pour nous conduire à l'affrontement final dans lequel, évidemment, Hook va perdre la main, et Peter va rester un enfant insouciant. Les tourments et les péripéties se montrent alors totalement cosmétiques, n'ajoutant rien qu'on n'ait déjà compris de longue date, et ne proposant rien de plus que l'affrontement final pour arriver à la situation que nous connaissons tous : Hook avec un crochet, Peter Pan sans son ombre, les Enfants Perdus vivant mille aventures à Neverland, etc...
La conclusion apportée sera d'ailleurs, comble du comble, assez brutale, presqu'un cliffhanger. De la part d'une fiction parfaitement écrite et conduite, cela aurait pu être intéressant (sous-entendant qu'il est temps pour l'histoire originale de prendre le relai), mais venant d'une mini-série déjà fort pourvue en défauts, cela n'aide pas à sortir du visionnage avec un avis positif.

Afin d'enfoncer un dernier clou dans le cercueil de Neverland, je me dois de parler des personnages féminins. Certes, la direction d'acteurs manque quelque peu de rigueur en général, mais concernant les personnages féminins c'est véritablement la cata. Q'orianka Kilcher, toute ravissante qu'elle soit, a une diction épouvantable et n'est pas aidée par le fait que son jeu ne lui permettrait d'obtenir que deux noms d'Indien : Face-de-Totem-Imperturbable et Douloureuse-Crise-de-Cystite. Ne parlons pas de l'inexpressive Clochette, campée par une jeune beauté constipée passée à la bombe de peinture argentée, pour passer à la pire coupable de toutes : Anna Friel. Ne croyez pas un instant que j'éprouve une quelconque affection pour elle : j'aimais bien Chuck, c'est un fait, mais c'est une actrice épouvantablement antipathique dont il émane quelque chose de mal dégrossi, limite vulgaire, en dépit de ses tentatives plus ou moins subtiles de passer pour une créature sensuelle et/ou mignonne selon les occasions (Neverland n'a été que l'occasion de la première possibilité, et encore). J'ai accueilli la mort de son personnage comme un soulagement parce qu'elle était irritante au possible. D'accord, les rôles féminins ne sont pas spécialement bien écrits (les rôles masculins le sont à peine plus), mais il y a un facteur aggravant dans le choix des interprètes et leur direction.
Cela dit, l'oeuvre de Barrie n'a jamais été idéale pour les personnages féminins, on peut donc dire qu'en cela Neverland s'est montrée fidèle à l'original !

Nan mais vous savez ce que je vais retenir de Neverland ? Le premier épisode. On va dire que ça s'arrêtait là. En fait, plus important encore, maintenant j'ai vraiment envie de revoir Hook. Deux décennies plus tard, voilà une oeuvre qui n'a pas vieilli. Bangerang !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Neverland de SeriesLive.

8 décembre 2011

Go back to your life, I dare you

Vous est-il déjà arrivé de trouver un pilote trop bon ? Au point de sincèrement vous demander si vous allez regarder le deuxième épisode ?
Je ne vous parle pas d'une sensation de délice et de perfection telle que vous vous dites que jamais la suite ne pourra faire encore mieux que l'épisode que vous avez vu. Je vous parle d'un pilote dont la forme est impeccablement aboutie et pensée, permettant au fond de s'exprimer parfaitement... sauf que le message de l'épisode vous rend physiquement malade. C'est le cas pour le pilote de Black Mirror. Le commentaire est sans appel, la forme est implacable, la sensation de malaise est authentique. Une fois que vous l'avez vu, vous n'avez envie que de l'oublier ; il a été trop efficace.

Un drama qui vous prend aux tripes, pourtant, ça n'a rien de nouveau. Plus tôt en cette saison, Homeland ou Boss ont su y parvenir. Mais nous sentons-nous concerné par Homeland ou Boss ? Non. Parce que leur intrigue ne nous touche que parce que nous nous lions aux personnages et que nous nous plongeons dans l'intrigue. Mais combien des spectateurs de ces séries que j'ai prises en exemple travaillent réellement sur des questions de terrorisme ou une campagne électorale ? Une fois l'écran éteint, nous retournons à nos vies.
C'est une chose bien difficile à faire après avoir vu le pilote de Black Mirror. Parce que les héros du pilote de Black Mirror... c'est nous.

BlackMirror
A la fin de cet épisode, allumer une chaîne d'information, ou aller sur Twitter, n'a plus rien d'innocent (si tant est que...). Vous le faites uniquement avec la conscience aigue de votre part de curiosité malsaine, de voyeurisme, d'exhibitionnisme ; avec la douloureuse sensation que rien de ce que vous lirez ou verrez alors ne vous touchera plus vraiment parce que vous n'aurez fait que consommer une information, au mieux, ou des flux sans le moindre intérêt, la plupart du temps. Des mots, des sons, des gestes, que vous allez lire, écouter, observer, mais dont soudainement, à cause de Black Mirror, vous saisissez la vacuité.
A la fin de cet épisode, vous vous détestez parce que vous aussi vous auriez regardé la première video, twitté à son sujet, guetté les informations, et peut-être même regardé la deuxième video. Vous ne pouvez pas dire le contraire après avoir suivi plusieurs autres évènements de cette façon, l'expérience parle pour vous en tant que spectateur et utilisateur des réseaux sociaux et, à travers cela, en tant qu'être humain.

Il vous faut plusieurs heures pour admettre d'aller en faire un post sur un blog ; vous les passez à relativiser, à vous dire que ce n'est qu'une série, qu'un seul épisode de cette série d'ailleurs, qu'il serait ridicule de plaquer tout ce que vous aimez (découvrir des choses, partager ensuite, écrire...) simplement parce qu'un scénario a réussi à vous remettre en question. Et de toute façon, quelle est l'alternative ? Tout arrêter simplement parce que le pilote de Black Mirror a vu juste sur vous et les millions d'autres internautes de la planète ? Peut-on échapper à notre propre époque et tourner le dos à la société d'information ? Ou ne nous reste-t-il plus qu'à rejoindre les rangs de ceux qui consomment sans plus jamais prendre de recul, pris dans les flux de mots, de sons, de gestes, et accepter que nous sommes devenu cela, non pas à titre individuel mais en tant que civilisation ?

Miroirs obscurs, assurément. Mais quand c'était Martin qui en parlait, on le vivait quand même mieux.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Black Mirror de SeriesLive.

1 novembre 2011

Avec assurance(s)

Ca faisait des mois que je voulais tenter Crash & Burn, mais vous savez ce que c'est. Pourtant, quand j'ai regardé Last Money, j'ai décidé que je n'avais que trop attendu, et je me suis lancée.
C'est d'ailleurs une chose curieuse, parce qu'on pourrait penser que les assurances, c'est pas franchement sexy du point de vue des scénaristes, et finalement on se retrouve avec deux séries, chacune d'un côté du Pacifique, qui s'y intéressent à quelques années d'écart (Crash & Burn a démarré en 2008). Mais sous un angle très différent.

CrashandBurn
Jimmy Burn, le héros de Crash & Burn, ne paye pourtant pas de mine. C'est un homme parmi tant d'autres dans un métier petit, dont les pratiques sont petites. Un type ordinaire dans un job médiocre, pourrait-on dire.
Donc bien-sûr il a un secret, mais le pilote ne part pas du principe qu'il va bâtir son suspense là-dessus, ce qui fait un bien fou. Cela se découvre par petites touches très légères qui permettent de ne pas empiéter sur le vrai propos de Crash & Burn : dans les assurances, si on veut réussir, il faut être un peu pourri quelque part. L'épisode va nous servir d'introduction à ce monde peu reluisant avec une affaire qui commence bien mal.

Car à l'instar de beaucoup de séries policières procédurales, Crash & Burn commence par nous présenter le déroulement de l'accident qui va requérir les services de Jimmy : la voiture d'un petit vieux se fait emboutir une autre. Sauf qu'au volant de l'autre voiture, il n'y avait personne : son occupant était trop occupé à s'envoyer en l'air avec sa copine, actionnant ainsi malencontreusement le frein à main. On attend donc de savoir comment Jimmy va mener l'enquête pour conclure que le tort vient de ce conducteur et non du petit vieux (le conducteur prétend que son frein a lâché), puisque sur le moment les deux assureurs, à savoir Jimmy et celui de l'autre conducteur, partent du principe qu'il vont chacun indemniser leur client. Sauf qu'au lieu de se battre pour faire tout payer à l'assureur d'en face, Jimmy ne va pas du tout remonter la piste de ce mensonge. Et là encore, ça fait un bien fou.
Je vous avais prévenus, les assurances, ce n'est pas sexy et ça ne l'a jamais été ! Mais au moins le sujet est original, et change du point de vue légal ou policier qui nous ont nourri ces dernières années dés qu'il se passe quelque chose.

Tout en continuant d'essayer de s'arranger pour que sa compagnie d'assurances paye le moins possible pour l'accident, Jimmy va devoir faire face aux autres réalités de son métier : il n'a pas qu'une seule affaire sur le feu. Et on découvre le lieu de travail peu chalereux qui est le sien, et qui rappelle celui qui est dépeint dans de nombreuses séries pour les vendeurs de voiture : chacun pour soi et Dieu pour tous, pourvu de faire du chiffre, ou, dans le cas des assurances, pour essayer d'éviter d'en faire. L'atmosphère de bureau est d'autant plus tendue que très tôt, le boss annonce la couleur : il va devoir virer du monde. Et Jimmy, qui n'est là que depuis un an dans la boîte et dont les résultats ne sont pas mirobolants, est donc parmi les premiers visés.

Le pilote de Crash & Burn va donc pas mal exploiter cet axe, l'affaire initiale prenant alors une importance secondaire. C'est que, Jimmy a besoin de son job : il veut se marier avec sa copine, ou, comme on le comprend assez vite, se marier avec la famille de sa copine. Le grand secret de Jimmy Burn est quelque part par là, dans son envie d'avoir une famille normale, une vie normale, des revenus normaux ; on sent que ça a quelque chose à voir avec le fait qu'il ait grandi en foyer d'accueil et n'ait pas vraiment de famille. Ce ne sera pas vraiment explicité, mais la piste apparaita de façon plus claire en toute fin d'épisode, et là encore, ça fait un bien fou de voir cet axe, a priori feuilletonnant, ne pas nous être balancé à des fins de dramatisation brute, genre "ohlala en fait Jimmy n'est pas celui qu'on croit". Et c'est ce qui permet de voir que Jimmy n'est ni tout-à-fait fier, ni tout-à-fait honteux du métier qu'il fait, et d'ailleurs, de l'avis de tous y compris du sien, il le fait bien. Il y a une raison à ça et elle n'est pas présentée comme un mystère à décortiquer, mais simplement comme une piste de réflexion. C'était bien amené.

Ainsi donc, Crash & Burn et Last Money parlent de la même chose, mais différemment. Il s'agit toujours de polices d'assurances, de rencontrer les clients assurés par la compagnie pour essayer de verser la "bonne" somme, mais c'est la définition de ce qui est bon qui varie. Dans Last Money, on veut que l'argent aille à la personne à qui il revient légalement et si possible moralement, c'est la question de la qualité. Dans Crash & Burn, on veut que la somme soit la plus petite possible, c'est la question de la quantité. Forcément, le second est plus adapté au cynisme occidental que l'autre.
Pour ceux qui ont vu Call Me Fitz, Crash & Burn rappellera (même si en réalité ce devrait être dans l'autre sens, chronologiquement parlant) un certain nombre de thématiques sur la déchéance morale et la rédemption. Mais Crash & Burn n'est pas drôle du tout, quand Call Me Fitz est une dramédie un peu loufoque.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Crash & Burn de SeriesLive.

10 octobre 2011

[DL] Un Homme mort

Faut que je vous raconte combien l'épisode de Pan Am d'hier était une merveille ! Des coups à vous donner des regrets de ne pas faire de review épisode par épisode (même si j'y viens, semble-t-il). A la fois très rythmé et divertissant, et pourtant, un morceau de bravoure, tombant justement sur le personnage et l'actrice que je préférais, donc vraiment parfait, un excellentissime moment de télévision.
C'est donc le moment où je confesse que depuis maintenant trois dimanches, j'ai un méchant béguin en tout bien tout honneur avec l'absolument charmante Karine Vanasse, et que ça ne s'est sûrement pas arrangé avec le dernier épisode en date. Et dans ces cas-là, ce qui se passe, c'est que je remonte la filmo, si possible en quête d'une série parce que comme vous le savez, moi, les films, voilà quoi. Et là, émerveillement : la jolie Québécoise a bien bossé avant de venir, elle m'a laissé plein de séries à découvrir. L'une d'entre elles s'appelle Un Homme mort, je n'ai pas la moindre idée de quoi ça parle, mais je l'ai cagoulée et je le regarde demain.
Tout ce que j'en sais à ce stade, c'est son générique.

Alors pour ceux qui ont également craqué pour le charme, l'énergie et le talent de Karine Vanasse, c'est cadeau, ça me fait plaisir. Pis ça reporte encore le post sur la nouveauté nippone mais j'en étais plus à 24h près, hein.

Unhommemort
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

J'ai vaguement vu qu'Un Homme mort parlait d'un homme... mort (sans rire), mais aussi de banque, et comment l'un et l'autre vont finir connectés, j'ai l'impression, par l'enquête qui s'en suit (Karine joue la banquière). Et ça pique ma curiosité. Mais ça ne se sent pas trop dans ce générique résolument axé autour d'une tonalité de thriller, orienté vers le policier de toute évidence, mais allez faire un générique sur des crimes en cols blancs ! Hm. Bref, je me comprends.
Donc là, tout de suite, je suis honnête avec vous, ça rend pas absolument extatique (c'est pas le générique de, je sais pas moi, The Circuit, disons... vous pouvez aller comparer avec les tags) mais enfin, le sujet est intéressant et visiblement la série est forte en rebondissements. Et Karine semble porter un uniforme Pan Am délavé (je dis ça, je dis rien).

Pour le VRAI post sur Un Homme mort, rendez-vous demain, donc. Pour l'instant, je juge sur la seule base d'un générique. Mais je me suis dit que j'allais faire tourner en attendant quand même, parce que je suis partageuse, comme fille...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Un Homme mort de SeriesLive.

3 octobre 2011

Il ne peut y en avoir qu'un

A chaque saison, il y en a une.
Vous vous souvenez certainement de vos années de lycée (... si vous n'y êtes plus), quand venait ce jour de l'année où un prof, un surveillant ou un membre de l'administration, excédé, tentait de rétablir l'ordre dans le chaos en vous culpabilisant un peu, et en lâchant cette phrase : "de toutes les classes que j'ai eues, vous êtes la pire". Et bizarrement, l'année suivante, un prof, un surveillant ou un membre de l'administration lançait cette même phrase dans un effort désespéré d'en appeler à votre raison. Vous aviez fini par croire (mais avec un certain je-m'en-foutisme) que chaque année, les classes étaient plus dures. Et que la classe qui repoussait les limites de l'horreur, c'était immanquablement la vôtre.
Eh bien en télévision c'est pareil. A chaque saison, il y a la série indisciplinée qui refuse obstinément d'être regardable, la mauvaise élève, celle qu'on va pointer du doigt chaque fois qu'on voudra expliquer qu'avant, les séries étaient plus sympathiques et que maintenant, à chaque rentrée, c'est pire. Mais la vérité c'est que ce n'est pas pire. C'est juste que le pire des élèves semble toujours nous mener au bord de nos limites nerveuses.

Jusqu'à présent je pensais en toute bonne foi que cette série était Whitney. C'était avant de découvrir le pilote de How to be a Gentleman. Enfin, pilote... les 15 premières minutes.
Car à chaque saison, il y en a une : une série dont on n'arrive même pas à finir le pilote tellement c'est mauvais.

Pourtant j'aimais bien la séquence qui ouvrait l'épisode, totalement dénuée de rires, plutôt rigolote et assez bon enfant. J'aimais que le héros soit ce petit mecton classe et poli, même si on se doutait bien que ça ne pouvait pas durer, pour son bien. Pour rester sur une bonne impression, j'aurais tout simplement dû m'en tenir à cette séquence.
Finalement, pour Whitney, au moins, j'ai réussi à regarder tout le pilote ; Chris D'Elia et ses vannes envers l'héroïne m'ont aidée à tenir, d'une part, et puis, au moins, en regardant le pilote en entier, j'étais sûre d'être d'avoir ma conscience pour moi lorsque je commencerais à méchamment lyncher l'épisode sur Twitter et ce blog.

HowtobeaFailure

Chris D'Elia n'apparait pas dans How to be a Gentleman mais même lui ne saurait sauver cet épouvantable sitcom sans humour. Très vite, le mecton poli et charmant devient un loser, quasiment un gros geek, comme si cet homme courtois et éduqué était incapable d'avoir la moindre vie sociale. Ridiculement extrême.
J'ai très exactement coupé l'épisode quand le coach de gym a commencé à boire le lait au goulot : premièrement j'ai eu une subite envie de milkshake, et surtout, c'était un autre cliché : on peut être viril sans être un porc sans éducation.
Tout cela en tentant de définir ce qu'est (ou devrait être) "l'homme", comme s'il y avait UNE façon d'être un homme, ce qui est aussi ridicule et sexiste que de prétendre qu'il y a "la femme". Rarement une série sexiste aura fait du tort aux hommes, mais voilà, on y est. On a l'égalité ; vous êtes contents, messieurs ?

Donc voilà, profitez bien de ce post, c'est le seul qui traitera de cette série, je n'approfondirai pas la question alors que j'en ai eu le courage avec Whitney.
Puisqu'il faut choisir, à mots doux je peux le dire, sans contrefaçon... How to be a Gentleman était le plus con.
Quand je pense que j'ai fait l'impasse sur le 2e épisode de Harry's Law pour ça.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche How to be a Gentleman de SeriesLive.

23 septembre 2011

Dans la cible

Sans même m'en rendre compte, je partais avec de gros préjugés sur Person of Interest. Je n'ai pas la moindre idée d'où ça venait puisque j'avais juste lu le pitch, sans regarder la moindre promo.
Du coup, je crois que je sais d'où ça me venait.
Un justicier qui combat le crime, ça n'avait pas beaucoup de chances de me plaire.

Et effectivement, je ne vais pas vous raconter de bobards, pendant les 3/4 du pilote, je m'ennuyais ferme devant Person of Interest. L'impression de beaucoup d'action pas très maligne (je ne pense pas qu'on puisse se plaindre des scènes téléphonées de Charlie's Angels ET trouver que celles de Person of Interest sont tellement mieux conçues), d'un personnage secondaire sans le moindre intérêt (mais il fallait une nana, il fallait une fliquette, si possible il fallait une black, et une fois de temps en temps faudra qu'on ait peur que nos deux gaillards sont sur le point d'être découverts, alors vogue la galère), et d'un héros aussi monolithique que possible. J'ai presque honte d'avoir apprécié Caviezel dans The Final Cut.

PersonofInterest

Et là, je vous sens consternés. Si, si, je le sens bien. Vous vous dites que je vais encore cracher sur une nouveauté de la rentrée, que hormis Homeland point de salut, et que si j'aime pas la rentrée US j'ai qu'à attendre la rentrée nippone et me taire (rigolez pas, j'ai même pas encore eu le temps d'y jeter un oeil, c'est doramatique) (ha ha).

Mais pas du tout, et d'ailleurs c'est marrant que vous citiez Homeland parce que j'allais faire des parallèles, et notamment un et qui est, évidemment, le 11 septembre. Même quand une série n'en parle pas, cette année, on dirait qu'elles y pensent toutes. Bon d'accord, pas toutes. Et celle-là en parle. Mais en regardant certaines scènes du pilote de Person of Interest c'était vraiment l'impression que j'avais. Et pas dans le mauvais sens du terme, mais plus à voir comme une marque du temps qui passe, et un indice sur l'état d'esprit de l'autre côté de l'Atlantique, où l'anniversaire est de toute évidence dans les esprits un peu plus cette saison que la précédente, par exemple. Du coup, en tirant une partie de son background explicitement dans les évènements du 11 septembre (MAIS sans verser dans les intrigues terroristes), Person of Interest a marqué des points. Avec d'autant plus d'intelligence que la façon d'utiliser des thèmes du 11 septembre pour parler de videosurveillance (pardon : il faut dire videoprotection) a un petit côté un peu à contre-courant, même si ce n'est qu'en apparence parce que n'importe qui peut lever la tête 10 ans après et dire "ah ouais mais au fait c'était pas très clair ce truc-là". Ce n'est peut-être pas bien brave de commencer à parler de l'espionnage des Américains une fois que le Président a changé, et le parti avec, et que l'eau a coulé sous les ponts, mais au moins ça confère tout de suite une aura à la série, un thème solide sur lequel s'appuyer, c'est c'est quand même déjà bon à prendre.
Ce que je me dis, c'est que la série aurait tout-à-fait pu ne pas chercher plus loin que deux personnages n'ayant plus rien à perdre et tentant de redresser des torts. Là il y a quand même un peu de fond.

Là où vous avez raison c'est que, malgré cela, je ne suis pas sur le point de vous dire que j'ai aimé Person of Interest. Trop de scènes d'action, trop de seconds rôles barbants, trop d'expressions monolithiques. Et pendant les 3/4 du pilote, ça fait quand même beaucoup.
Mais, contrairement à ceux qui choisiront de suivre Charlie's Angels, je ne regarderai pas les spectateurs de Person of Interest avec mépris ; je me contenterai de leur dire que ce n'est pas du tout ma tasse de thé.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Person of Interest de SeriesLive.

19 septembre 2011

Insupportable

Beaucoup de mal a été dit de Whitney, et je ne suis pas certaine que ça s'arrangera avec les épisodes, si tant est que NBC ait le culot du pluriel. Et ce n'est pas ici que vous trouverez un son de cloche bien différent...!

Certes, il est rare que le pitch d'un sitcom soit très recherché, mais celui de Whitney relève vraiment du dénuement le plus total, puisqu'il s'agit uniquement de faire un sitcom sur Whitney Cummings. Voilà, c'est le pitch. On arguera que construire toute une série sur un acteur, à plus forte raison une comédie s'appuyant sur un humoriste, n'est pas exceptionnel, loin de là, c'est ce qu'on appelle un vehicle. La différence réside d'une part dans la renommée de cette personne (or personnellement je n'avais jamais entendu parler de Cummings avant que ce projet n'aboutisse, et sa fiche IMDb me confirme que ça n'a rien d'etonnant ; et d'ailleurs normalement ladite personnalité n'a pas besoin de garder jusqu'a son nom de famille dans la série...), et d'autre part dans son charisme. Ce genre de sitcom se base sur le postulat que sa star va tellement déborder d'energie qu'elle va nécessairement, entre autres, éclipser le reste du cast.

Whitney
C'est la que j'en viens à la SEULE raison de regarder Whitney sans vous pendre avec votre câble ethernet : Chris d'Elia. A la base, on sent que son personnage est l'éternel type "normal", supposé rendre Whitney plus folle, originale et drôle (par comparaison) ; mais personne n'est à la mesure d'un tel challenge. Cependant la présence de Chris/Alex donne un résultat finalement appréciable même si de toute évidence ce n'etait pas le but d'origine : ses sarcasmes le rendent infiniment plus drôle qu'elle. En fait, chaque fois que Whitney fait un truc écrit pour nous faire rire, échouant misérablement, il la casse immédiatement, et/ou démoli le gag foireux qu'elle vient de commencer.
La seule fois ou j'ai souri dans le pilote, c'est ainsi dans un de ces passages typiques ou Alex voit Whitney faire l'imbecile pour faire rire, ne trouve pas ça drôle et la vanne allègrement : Whitney fait un truc typique, elle mange des cupcakes qui composaient la pièce montée au mariage auquel ils assistent, et quand la mariée le découvre, les scénaristes ont du écrire quelque part dans leur script que hilarity ensues. Le spectateur, qui regarde l'épisode caché derrière ses doigts dans une position de facepalm affligée, ne rit pas du tout au gag vu et revu cent fois. Et c'est la que Chris/Alex, au lieu de faire un "oh, Whitney" quelconque pour souligner qu'elle est impossible/drôle/embarrassante (toutes les mentions étant inutiles dans le cas présent), écarquille légèrement les yeux et la gourmande : "t'es en feu ce soir, t'as prévu de finir sur quoi, du blackface ?".
Et la je dois à la vérité de dire que j'ai souri... Pour la première fois de cet épisode, je n'ai pas montre les dents par colère mais par amusement.

A travers ses interventions, le personnage d'Alex calme un peu les gags pas drôles de Whitney sa copine, et l'acteur Chris semble lui-même vouloir dire à Whitney sa collègue que son numéro n'est pas drôle. Ce faisant, il devient notre sauveur. J'ajoute que je n'avais jamais fait gaffe à cet acteur avant, mais son phrasé est parfait et j'aime son sens du timing. Quand sa carrière se relèvera du fiasco de ce sitcom, j'ai hâte de suivre la suite de ses aventures. On se donne donc rendez-vous dans une semaine.

Voilà, c'est tout ce qu'il y a à sauver dans Whitney. C'est mieux que rien, mais ça ne suffit pas à m'inciter à poursuivre la série. Il paraît que Whitney Cummings est l'une de ces nouvelles têtes sur lesquelles il faudra compter (elle bosse aussi sur 2 Broke Girls cette saison, cette fois en restant hors-camera), et je veux bien le croire si elle se contente d'ecrire et qu'elle laisse tomber l'interpretation. Son jeu me rappelle celui de l'actrice qui joue dans le remake polonais d'Une Nounou d'Enfer (car j'irai jusqu'a prétendre que l'actrice de la version russe est plus subtile que Cummings), et, oui, c'est aussi insultant que ça en a l'air.

Ah, oublions vite que Whitney a jamais existé ! Car je ne voudrais pas me trouver prise au piège et regarder cette abomination uniquement parce que Chris d'Elia y fait figure de génie comique... par comparaison. Par désespoir, si vous voulez. Vite, vite, une meilleure comédie a découvrir !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (c'est votre seule opportunité de la visiter, après il n'y aura plus de raison d'y revenir) : la fiche Whitney de SeriesLive.

16 septembre 2011

Amitié israélo-américaine

Pourquoi il ne faut surtout pas dire que Homeland est le remake de Hatufim, mais plutôt une adaptation ? Quand on compare de pilote à pilote, ce que je m'apprête à faire, c'est assez net. On peut sentir les idées qui ont plu dans le pilote d'origine, et qui ont été réemployées, parfois sans la moindre envie de les transformer. Et puis on peut sentir celles qui n'appartiennent qu'à Homeland. Hélas, cent fois hélas, il y a peu de chances pour que Hatufim soit un jour diffusée là où vous puissiez la voir (et dans une langue que nous comprenions tous), bien que je sois intimement persuadée que la série collerait parfaitement à la ligne d'arte voire de France 2 ; et a contrario de Mesudarim, impossible de trouver de DVD avec des sous-titres anglais.
Alors, le mieux que je peux vous proposer, c'est un petit post comparatif, avec ce que j'ai vu, et le peu que j'ai compris. Mais à force de regarder des pilotes dans des langues que je ne parle pas, je réalise que les dialogues ne sont pas toujours si indispensables que ça. Mais c'est un autre sujet pour un autre post...

Du coup, si vous n'avez pas encore regardé le pilote de Homeland (genre si vous attendez la diffusion parce que, je ne sais pour quelle raison, vous vous méfiez des preairs, ce qui à mon avis peut se comprendre sauf dans le cas de Showtime où ils se sont toujours avérés fiables), ne lisez pas ce post, filez, chais pas moi, allez commenter les précédents, regardez le pilote de Whitney même, si vous vous détestez, mais ne venez pas vous prendre bêtement des spoilers !

L'héritage de Hatufim, on le retrouve dans Homeland dans la façon de ramener le soldat au pays, même si les conditions de ce retour sont loin d'être les mêmes.

Dans ce qui restera comme l'une des meilleures scènes d'introduction que j'aie pu voir de toute ma carrière de téléphage, Hatufim commence en effet dans le silence, alors que les deux camps négocient, chacun dans une chambre d'hôtel, dans le secret, les conditions de libérations des soldats/prisonniers. Pas d'héroïsme ici comme Homeland, qui préfère capturer la scène de la libération du prisonnier par d'autres soldats, le découvrant lors de l'assaut d'un repère ennemi. Le conflit tel que le vivent les USA est forcé moins larvé qu'en Israël, et ça s'explique par des tonnes de raisons, mais on perd largement en subtilité dans la démarche. Et il est tout aussi émouvant d'assister à cette rencontre silencieuse (suivie d'une embarrassante scène dans le couloir de l'hôtel) que de découvrir un Américain dans les décombres d'une planque. En fait, Hatufim refuse de montrer l'état dans lequel les prisonniers sont retrouvés, et je crois que c'est aussi une précision qui a son importance.

HatufimHomeland_Liberation_2 HatufimHomeland_Liberation_1

Alors quel est donc cet héritage dont je parlais ? Il se retrouve essentiellement dans la façon dont les soldats, retournés à la vie civile qu'ils avaient quitté depuis plusieurs années (17 pour Hatufim, 9 pour Homeland, là encore ça s'explique historiquement), retrouvent leur famille. En fait, tout y est, dans les moindres détails. La seule différence, c'est qu'au lieu de suivre trois familles et deux ex-prisonniers, dans la version américaine on n'en suit qu'une, et forcément, comme je vous le disais lorsque j'ai parlé pour la première fois du pilote de Homeland, ça finit par faire un peu cliché puisqu'on retrouve VRAIMENT tous les éléments de Hatufim : l'épouse qui a repris sa vie avec un autre homme (qui évidemment est un proche du soldat ex-détenu), le fils qu'il n'a jamais connu, la mère qui est morte pendant qu'il était en captivité, le soldat qui n'est pas revenu et sur lequel la famille se pose des questions... Forcément, quand on condense les intrigues d'autant de personnages, ça finit par faire beaucoup. Si je ne savais pas que tous ces éléments se retrouvent, scène pour scène (comme la terrible, terrrrrrible poignée de main du fils à son père), dans Hatufim, j'accuserais Homeland de donner dans l'exagération. Mais en fait j'y vois plutôt un magnifique hommage à ce que tout ce que le pilote de la série israélienne est capable de faire passer (et sans parler hébreu, la scène de l'aéroport, je vous jure que j'étais en larmes en la voyant dans la version originale ; la version américaine ne démérite pas, d'ailleurs, sur ce passage).

Petit clin d'oeil : je n'ai pu réprimer un sourire en voyant la robe rouge. Elle m'était apparue comme très symbolique dans le pilote de Hatufim (essentiellement parce qu'il est visuellement très léché, avec beaucoup de couleurs oppressantes et froides, et que le rouge tranchait énormément dans cette ambiance), et j'ai beaucoup apprécié de voir l'épouse revêtir une robe presque identique dans Homeland.

HatufimHomeland_LadyinRed_2 HatufimHomeland_LadyinRed_1

Tout le long du pilote, Homeland va décider de traiter le côté émotionnel avec une grande fidélité au pilote original, s'autorisant tout au plus d'aller plus loin dans la scène de la première nuit, absolument poignante aux États-Unis, et largement plus soft dans le pilote de Hatufim qui, sans éluder la question sexuelle, oriente sa conclusion différemment, mais avec le même ton pessimiste.
Visiblement, la partie "drama" a plu à la prod américaine dans la série originale, plus que les enjeux politiques (on retrouve dans Homeland la conférence de presse de Hatufim, sauf que cette fois le soldat miraculé est présent devant les caméras, ce qui n'est pas le cas dans le pilote israélien).

Surtout que la plus grande différence est dans l'obstination de Homeland à vouloir s'intéresser à autre chose que ce retour, preuve que le drama, ça ne lui suffit pas. Et c'est à la fois la plus grande déception de ce pilote, et sa plus grande promesse, car c'est là que la série s'éloigne du support d'origine, et bâti sa propre mythologie. Le personnage de Carrie n'existe absolument pas dans le pilote de la série israélienne, et je doute sincèrement qu'il apparaisse par la suite, ou s'il le fait, certainement pas à un tel degré. Entièrement neuf, ce personnage est très bien construit dans Homeland mais incarne l'obsession de la série pour les complots et le terrorisme. Je n'ai pas vu la suite de la série Hatufim (même pour une folle pour moi qui regarde des pilotes dont elle ne comprend pas les dialogues, ça semblait exagéré d'aller plus loin) mais de toute évidence ce n'est pas le propos de la série, qui voulait surtout explorer le traumatisme des familles, des ex-prisonniers, et essayer de reconstituer la captivité de ceux-ci pour comprendre ce qu'ils avaient vécu (la mort d'un des soldats captifs étant l'outil pour le faire). Mais Homeland est en cela très américaine qu'elle veut absolument sauver quelque chose, pas simplement fouiller le passer pour comprendre ce qui s'est passé. On a également un collègue décédé mais le pilote met tout de suite les choses au point en dévoilant vers la fin que c'est le soldat qui a tué son ami et partenaire. Je pense que, si Hatufim arrive peut-être à cette conclusion par la suite de son intrigue (ce que je crois au vu du pilote), l'idée n'est pas d'employer ce crime comme une preuve de trahison mais plutôt d'explorer l'horreur vécue, les dilemmes moraux endurés pour la survie, ce genre de choses.

Mais comme je l'ai dit, c'est cette différence qui déterminera aussi la grandeur de Homeland, et parce que pour le moment, la série est bien écrite, bien filmée et bien interprétée, je crois qu'il est possible que cet axe si américain de l'intrigue donne quelque chose d'intéressant. Et vu que j'ai réellement eu un coup de coeur pour ce pilote, le premier en cette rentrée, je n'aurai aucun problème à le vérifier pendant la saison.
Simplement, je crois que, aussi étrange que cela puisse paraître vu les circonstances... j'avais encore plus aimé le pilote de Hatufim, pour son registre plus ouvertement dramatique.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Hatufim et la fiche Homeland de SeriesLive.

13 septembre 2011

Bienvenue chez moi

Dans le Top des séries que j'attends en cette rentrée, le numéro 1 est Homeland. Et pour tout vous dire, à partir du numéro 2, les titres ne coulaient pas de source et ont nécessité de la réflexion de ma part. Cela fait un an que je guette le projet, à cause du pilote de Hatufim, qui m'avait marquée. Pour quelqu'un qui se fait une règle d'or de ne jamais suivre les projets, ça en dit long.

Je reviendrai plus en avant sur la comparaison entre la série israélienne et son adaptation américaine (certainement pas remake) dans un post ultérieur, mais alors que je suis encore sous le coup du pilote, un peu tremblante et nerveuse, je dois dire, je tiens à vous dire ceci :

PREMIER COUP DE COEUR DE LA SAISON.

Homeland
Ce n'était pas une surprise, mais ce n'était pas gagné pour autant car le défi était grand. C'était donc un soulagement d'aimer autant ce premier épisode à peu près autant que je l'espérais.
D'ailleurs Homeland est pleinement consciente de sortir 10 ans pile après le 11 Septembre, ce qui prouve qu'elle avait connaissance du danger des axes empruntés. Certains relèvent un peu du cliché (mais ils sont dû au matériau d'origine, je pense, et donc j'y reviendrai). D'autres relèvent du génie et m'ont, litéralement, coupé le souffle.

Je raffole déjà du personnage de Carrie, dont j'apprécie qu'elle soit une vraie psychotique et pas une nana vaguement psycho-rigide. Je suis, comme toujours, follement amoureuse de la façon dont Damian Lewis dépeint le portrait d'un homme à la fois opaque et dont la fragilité nous semble offerte de façon presqu'indécente. J'aime le regard intelligent de Mandy Patinkin, toujours égal à lui-même. Et Morena Baccarin est splendide, plus qu'elle ne l'a jamais été, et montre, dans une terrible scène d'intimité, que l'expérience V ne l'a pas gâchée, peut-être même au contraire.
Tout le monde est en grande forme dans ce casting : merci, merci, merci, c'est un sans faute. Merci du fond du coeur de n'avoir pas loupé ça, d'avoir bien dirigé tout le monde, d'avoir parfaitement écrit les personnages pour que les acteurs s'y sentent à l'aise, c'est palpable, autant le jeu électrique de Danes n'appartient qu'à elle, autant le mutisme docile de Lewis est quasiment sa marque de fabrique ; chacun est parfaitement dans son rôle (à moins que ce ne soit l'inverse) et ça dépasse toutes mes espérances en la matière. Tout est en place pour que les performances soient épatantes (elles le sont déjà à quelques reprises) parce que les acteurs sont dans du sur-mesure. S'il n'y a pas un nouvel Emmy pour Danes à la clé alors je ne crois plus en rien.

Le scénario ne surprend pas trop pour le moment ; il y a deux sortes de pilotes, ceux qui innocent et ceux qui suivent les règles du jeu, mais c'est pour son bien que le pilote de Homeland suit précautionneusement le parcours balisé de l'épisode d'exposition, car dans le cas d'une conspiration, toute forme de précipitation décrédibilise l'histoire. On marche sur des oeufs et ça se sent dans certaines scènes. Dans d'autres, et parce que les personnages sont bien écrits, on sent un fort potentiel, mais dont la vocation n'est pas d'être développée maintenant.

Voilà. J'ai juste envie de vous dire ça, ce soir. Si j'en dis plus, je me répète, en variant éventuellement les qualificatifs élogieux, et encore. Parce que je suis encore sous le coup de l'émotion. Promis, au prochain post sur Homeland, j'écrirai avec mon cerveau.
Ah ah ah ! Dit-elle en se frottant les mains. Quelle saison épatante on va avoir !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Homeland de SeriesLive.

11 septembre 2011

Brand new day

Vous allez dire que c'est idiot, hein, que j'ai des préjugés et tout, mais quand même, moi, la comédie New Girl, bêtement, je pensais qu'elle allait être drôle.
C'est vous dire l'ampleur de ma déception.

NewGirl
Pourtant, la série a des qualités, quelque part, en cherchant bien, mais si, mais si ; ce qui lui porte préjudice, c'est qu'elle se sente obligée de faire rire régulièrement (et donc grossièrement) là où un charme simple de dramédie ferait aussi bien de l'effet. Parce qu'en plus ses gags ne sont pas vraiment drôles. C'est le reste qui a du charme. Un peu.

Ma plus grosse surprise vient de Zooey Deschanel, que je connaissais finalement assez peu et dont le timbre grave m'a surprise. Il présente un assez gros décalage avec son personnage pourtant si sympathique de nana pas trop girly, voire même pas du tout, et pourtant si cliché de la gonzesse émotive. Au milieu de ces mecs "normaux", c'est Jess la geekette, et c'est un joli contraste avec une série comme The Big Bang Theory, par exemple. On a un peu de mal à s'attacher mais il faut quand même admettre que le personnage n'a rien de commun avec celui qui vivait un peu la même aventure dans My Boys, dont je me souviens lointainement avoir vu le pilote il y a de cela quelques siècles (enfin, je me souviens surtout d'une nana qui emménage avec des mecs un brin dégueulasses et qui repeint sa chambre en rose, et je vous avoue que je suis en fait pas très sûre de ne pas confondre avec une autre série parce que j'ai aussi un vague souvenir de fac) (en fait c'est quasiment sûr que je confonds) (rendez-moi service, oubliez cette référence à My Boys et/ou éduquez-moi en me rappelant à quel pilote je fais référence).
L'idée n'est pas de féminiser les garçons. L'idée est de féminiser la fille.

Du coup on en vient à mon véritable problème, qu'aucun gag ne saurait atténuer : sitôt qu'on a une rencontre garçons/filles dans une comédie, on donne dans le stéréotype. Je ne suis pas l'une de ces féministes enragées qui montrent les dents dés qu'on parle de genre et/ou de sexe, mais l'idée d'essayer de faire de Jess une jolie petite nana répondant aux clichés sur la fille sortable, alors qu'elle est tout-à-fait craquante telle qu'elle est (sans quoi elle n'aurait pas eu un copain, après tout, même si ensuite il l'a trompée), m'a un peu irritée. Il y a un sous-entendu assez déplaisant derrière cette idée de la nana qui se comporte comme une nana (elle regarde Dirty Dancing en boucle) mais pas encore assez pour vivre parmi les hommes, qui préféreraient à n'en pas douter que ce soit sa copine mannequin, Cece, qui partage l'appart (alors que de toute évidence celle-ci a un tempérament d'épouvantable dragon).

Et si les garçons arrêtaient de choyer Jess parce qu'elle est une fille, de coacher Jess parce qu'elle n'est pas une fille assez fille, et de tout rapporter à cette question de genre ? Et s'ils se préoccupaient juste de sa personnalité ? Ça serait moins déplaisant à mes yeux.
Il y a vraiment quelque chose de dérangeant dans le fait qu'on sente de façon assez diffuse qu'au moins l'un de ces garçons (bon, pas celui interprété par le Wayans parce qu'il décarre au bout d'un épisode, cf. photos de promo d'ailleurs...) va finir par tomber amoureux d'elle. O. Bli. Gé.

Pour finir mais à la limite c'est moins grave, j'ai eu l'impression d'un petit problème de rythme (et d'une absence assez criante de musique, un comble vu la bestiole qui nous tient lieu d'héroïne), et comme il parait que c'est la version définitive du pilote qui a filtré en amont de la rentrée, je suis assez pessimiste. Vite regardé, vite oublié ; enfin, il faut dire que j'accèlère le processus à dessein, aussi.
En fait, j'aurais aimé entamer la saison avec un pilote plus prometteur. Je ne demandais pas grand'chose. Juste de rire. C'est idiot, hein ? Nan mais je vous avais dit que c'était idiot.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche New Girl de SeriesLive.

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