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ladytelephagy
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29 novembre 2010

[DL] Afinal, o Que Querem as Mulheres?

A la demande générale (de 2 personnes, mais comme en ce moment, côté commentaires, vous êtes gelés...), voici le générique de la série brésilienne Afinal, o Que Querem as Mulheres. Je vous le dis tout net : comparé à ceux de Capitu ou A Pedra do Reino, franchement, c'est décevant. Si. Si, quand même. Mais si, comparez par vous-mêmes.

Afinal
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Ce qui me déçoit, soyons clair, ce n'est pas vraiment le générique en lui-même. Il est bien fichu. Une fois encore, on joue sur le découpage, les couleurs, les matières... c'est très bien sur le papier (c'est le cas de le dire). Mais dans le fond, contrairement aux autres séries que j'ai citées, on est dans quelque chose de tellement éloigné de l'univers de la série que c'en devient décevant.
Vous me direz ce que vous en pensez (surtout que vous l'avez demandé, héhé), mais franchement, quand on a vu la série, comme j'ai suffisamment insisté, je crois, pour que vous le fassiez, on a du mal à concevoir que ce soit ce générique qui va avec cette série...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Afinal, o Que Querem as Mulheres? de SeriesLive.

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27 novembre 2010

[DL] Mirador

Ce que j'adore dans mes attributions sur SeriesLive (et qui compense une partie des inconvénients), c'est le cercle vertu-... vici-... le cercle qu'entraine le newsmaking. Le truc dont je ne raffole pas mais qui me donne plein d'idées de trucs à regarder. Je tombe sur une news de récompenses ? Ah, ce sont mes préférées, ya plein de titres à glaner. Je tombe sur une news de renouvellement ? Pif, paf, une série dont j'ignorais l'existence.
La preuve par l'exemple avec Mirador, je savais pas que ça existait ya 24h, et là j'ai vu le pilote et je cagoule déjà la suite. J'ai bien envie de vous en parler un peu plus mais vu l'état des commentaires, chuis pas motivée, alors ça dépend de vous.

Mirador
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

L'opportunité pour moi d'aborder un truc que j'ai découvert assez récemment, par exemple avec Downton Abbey ou Misfits, qui consiste à imbriquer la musique du générique dans l'épisode-même. Ça s'est certainement déjà vu mais ça ne m'avait jamais frappée avec autant d'insistance que ces derniers temps. J'avoue que je perçois la logique qui est derrière mais que c'est très énervant, d'une part pour identifier réellement ce qui constitue le thème musical (on ne le dira jamais assez : le générique, c'est l'identité d'une série, il doit être reconnaissable entre mille), et d'autre part, pour qui, comme moi, collectionne les génériques depuis plusieurs années maintenant (pis maintenant au lieu de deviner la série, je dois deviner le pays !), c'est franchement un casse-tête pour les découper, et pire encore pour les écouter tranquillement ensuite au sein d'une playlist.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Mirador de SeriesLive.
Toute fraîche de ce matin.

26 novembre 2010

Méfaits bien faits

Il y a longtemps, sur ce blog, il y avait un post en brouillon sur Skins. C'était il y a plus de 2 ans, donc ne vous excitez pas. Et il commençait ainsi :

C'est vrai que je suis sectaire. Nan mais je l'avoue sans honte, hein, je m'en rends compte et ne m'en cache pas : je suis sectaire. Je méprise instinctivement les séries européennes, par exemple. Ou les teen shows.
Alors du coup, quand on me dit "on ne sait jamais ; tente quand même Skins", je réprime un frisson et je me dis que c'est mal barré de toute façon.

C'est mignon à relire avec le recul....
Le reste du post était dédié, en substance, à la fois à chanter les louanges et mépriser le pilote, rapport au fait qu'effectivement, c'est toujours cent fois mieux pour un ado de regarder Skins que Gossip Girl (faire de cette série le porte-drapeau des teen shows que j'abhorre ruine probablement ma page de tags mais bon), mais que quand même, tout ça me semble bien excessif.

Il est probable que mon contentieux avec les teen shows ne se résoudra d'ailleurs jamais car mon adolescence a été franchement éloignée de toute forme de sortie, fête et/ou beuverie, ce qui explique, quand on va au fond des choses, le fait que je trouve ces séries peu représentatives, tout simplement parce qu'elles n'ont aucune chance de refléter ma propre expérience de cette période de la vie. Reste quand même que je voudrais bien qu'on arrête de montrer les jeunes dans les séries comme des personnages aussi excessifs car ce n'est quand même pas la norme que d'être un personnage de Skins ou de Gossip Girl. Et j'ai beau admettre que j'ai eu une adolescence franchement terne, vous ne me ferez pas dire, jamais, que ces séries représentent leur cible.

MisfitsBienFaits

Mais il y avait avec Skins quelque chose que j'ai retrouvé en début de semaine dans Misfits, c'est-à-dire une façon de dépeindre les portraits adolescents avec plus de justesse, à défaut de le faire également avec les situations dépeintes. En fait, s'il y a une nationalité qui jusqu'à présent me semble la plus à même de dresser des inventaires intéressants de la jeunesse, c'est certainement la Grande-Bretagne, ce qui nous ramène à l'idée de proximité évoquée précédemment.

Pourtant, les adolescents de Misfits sont extrêmes. Mais derrière les coucheries et les abus, il y a quelque chose de tout de même largement plus accessible pour moi, une fenêtre sur cette période où il me semble retrouver quelque chose de plus tangible que dans les séries précédemment citées... et toutes les autres, que nous regrouperons par commodité sous la bannière CW. Je retrouve dans Nathan le fanfaron quelque chose de vrai, tout comme dans les hésitations agressives de Kelly, le trop-plein d'assurance d'Alisha ou la réserve pathologique de Simon (désolée Curtis, tu es franchement le personnage inutile de la série).
Ce qui est formidable c'est que je ne regarde pas Misfits pour ses portraits adolescents. C'est un bonus. Mais quel bonus !

21 novembre 2010

[DL] The Walking Dead

A part le masochisme, je ne sais pas du tout pour quelle raison je continue de regarder cette série. Après j'en ai pour une ou deux nuits à rêver de zombies (bon, je reconnais qu'il est arrivé une fois ou deux que les zombies aient le beau rôle dans mes cauchemars lorsqu'il y avait des vampires), vraiment ce n'est pas sain. Aucune, mais alors aucune idée de la raison pour laquelle je suis devant le troisième épisode, et pour laquelle je vais, ça va pas faire un pli, cagouler un nouvel épisode demain.
C'est pas comme si la série était un bijou. C'est même pas comme si le troisième épisode était à la hauteur du premier, qui n'était même pas vraiment un coup de cœur. Je sais pas quoi vous dire. Je me comprends pas moi-même.

TheWalkingDead
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Même le générique est bof. C'est comme dans la série : on dirait qu'il y a un potentiel qui ne veut pas se déclarer.
L'idée de montrer tous ces endroits vides, plutôt que de banquer sur les zombies, c'est pas mal, mais franchement, on ne peut pas dire que ce soit transcendant ; disons qu'en gros, vous n'avez pas le droit de trouver que The Walking Dead a un bon générique si vous avez adressé des critiques au générique de Persons Unknown (qui m'apparait comme assez voisin). Pis musicalement c'est pas le thème de l'année non plus.
Sérieusement, tout ça parce que j'ai bientôt fini la saison 5 de Doctor Who, je me cherche des trucs à regarder ? Je vous le dis, ça craint. Je vais sérieusement avoir besoin d'un nouveau coup de cœur d'ici la fin de la semaine.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Walking Dead de SeriesLive.

17 novembre 2010

[DL] Accused

Lundi, yavait deux séries britanniques dont une saison commençait, bah vous allez pas me croire mais j'ai regardé les deux. Ouais, moi aussi je m'étonne. Toujours est-il qu'outre Miranda (que sur les bons conseils de Critictoo j'ai dévoré le weekend dernier en vue d'attaquer le season premiere), je me suis assez naturellement mise devant Accused, que j'attends de pied ferme depuis... que je suis tombée amoureuse de Doctor Who.
Ouais c'est ça : depuis moins de 15 jours.
N'empêche que suivre des séries britanniques en parallèle de leur diffusion, je ne l'ai jamais fait de ma vie. Un nouveau pallier a été franchi dans mon ouverture aux séries britanniques !

Accused
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Hm. Je sais pas si c'est fait exprès de la part des créatifs, mais le générique cherche un peu à me vriller les nerfs. Déjà, bon, n'ayons pas peur des mots, musicalement et visuellement, c'est pas vraiment une claque, hein. Mais surtout, soyons honnêtes : je regarde la série pour Christopher Eccleston (duh !), donc le mettre tout à la fin comme ça, c'est un jeu dangereux. Le genre de truc qui me met pas dans de bonnes dispositions, voyez ? Ouais. Bon. Ptet que la semaine prochaine, comme l'épisode ne sera pas centré sur lui, ce sera différent, on verra. D'ailleurs, faut que je me bloque une minute pour vous parler de tout ce que j'ai vu ces derniers temps, mais bon, c'est une semaine pas comme les autres alors...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Accused de SeriesLive.

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7 novembre 2010

Follow the sun

La fin du weekend approche et vous vous attendiez probablement à un dernier post dans cette rubrique. Sinon, tant mieux pour vous, ça fait une bonne surprise supplémentaire !

Il y a environ une semaine, je vous parlais de The Circuit, une découverte australienne (et elles ont tendance à se succéder depuis que je me suis promis, cet été, d'accorder plus d'attention à ce pays). Il y a eu quelques appels du pied pour que je vous aide à découvrir cette série à votre tour, et comme elle n'est pas facile d'accès (merci, une fois de plus, à Sowey pour son coup de main), le moyen le plus simple, et aussi, sans aucun doute possible, le plus convivial, de vous permettre de le faire, c'est encore les posts La preuve par trois. En espérant qu'ensuite, vous viendrez partager ici vos impressions, et que, peut-être, vous parlerez de la série autour de vous. C'est comme ça que ça commence, vous savez. Sans vous, je ne serais pas tombée sous le charme de Doctor Who après de nombreux épisodes de persistance. J'espère que je vous rends ainsi la pareille, au moins un peu...

TheCircuit_1
"You are going to get frustrated. And depressed by the relentlessness of this situation". Voilà, comme ça c'est dit. Considère-toi prévenu, petit avocat qui débarque sur le circuit, ça ne va pas être une partie de plaisir. On n'est pas bien sûr de la raison pour laquelle Drew s'est engagé dans cette aventure, mais une chose est sûre, il ne peut pas dire qu'il ne sait pas en quoi elle consiste. Et ça ne motive pas forcément un petit nouveau, mais le petit speech de l'une de ses collègues a au moins le mérite d'appuyer sur le sacerdoce que représente le circuit pour toutes les personnes qui s'y impliquent : avocats, greffiers, juges... ils savent que le principe-même du tribunal itinérant, mais aussi les problèmes rencontrés, ne peuvent les laisser de marbre. Ce sera difficile, douloureux, mais... mais j'aime bien l'honnêteté d'Ellie quand elle cite l'avantage qu'elle tire de ce métier difficile. D'une façon générale, The Circuit table sur la sincérité, et ne s'encombre pas vraiment de personnages paradant avec des artifices. Ils posent tous carte sur table et c'est d'ailleurs tant mieux pour Drew comme pour nous.

TheCircuit_2
Où l'on découvre un système judiciaire bien différent des parquets cirés et des perruques (tels qu'on a pu les découvrir dans Rake, par exemple). La réquisition de salles communes des villes où le tribunal passe, leur aspect (et encore, il y aura pire), leur public tassé sur des chaises et devant les portes, les conditions difficiles dans lesquelles les avocats doivent faire leur job... on peut dire qu'Ellie n'avait pas menti ! Oui, ce boulot sera difficile, et on ressent bien à la fois l'atmosphère pour les prévenus et pour la cour itinérante dans ce premier défilé d'affaires. Les choses vont vite, et on s'aperçoit que Drew n'est pas vraiment équipé pour travailler dans ces conditions. Il apprendra sur le tas, nous offrant une plongée incroyablement palpitante et déchirante à la fois dans la réelle signification de ce circuit judiciaire. Il n'y a le temps pour rien. Rend-on vraiment la Justice dans ces conditions ? Le bal des petits délits donne pourtant l'occasion au juge Lockhart de nous montrer à quel point il est attentif au moindre détail, tout en restant dans son rôle de juge qui n'a pas toute la nuit pour juger une affaire. Il se montre très impressionnant, à la fois patient et ferme dans toutes ses interventions...

TheCircuit_3
Que ce soit bien clair : j'étais déjà sous le charme de The Circuit avant cette scène. Mais lorsqu'elle est venue, je suis passée au stade téléphagique suivant, celui où on est pris de la subite envie de se prosterner devant son écran. Jusque là on n'avait pas vraiment compris le cœur de cette affaire, mais elle se dévoile devant nous en même temps que Drew tente d'en démêler l'absurdité. On comprend à cet instant d'où peut venir la frustration et la dépression évoquées plus haut. C'est un combat qui semble soudain ne jamais se gagner vraiment, parce que ce n'est pas une question de justice, dans le fond. En quelques minutes, on touche des problèmes trop gros pour de simples avocats, pour une simple cour itinérante. On croyait l'avoir compris, mais on ne le réalise que pendant cette scène où Drew semble, lui aussi, toucher quelque chose qu'il n'avait fait qu'effleurer jusque là. Et puis, il y a tout un symbolisme pour lui, vis-à-vis de son père, et je l'ai ressenti comme une charge émotionnelle dépassant le seul cadre de cette affaire, comme si ça le renvoyait ailleurs. A cet instant, tout est inversé : le temps ralentit pour ressentir chaque seconde de ce procès, Drew n'est plus perdu mais très sûr de lui, et soudain, le juge n'est plus tant un allié qu'au premier abord. Pour autant, le monde n'est ni noir ni blanc, et c'est aussi là que The Circuit nous emmène, dans un endroit où personne n'a vraiment tort, en définitive, de faire ce qu'il fait. Chacun fait ce qu'il a à faire, voilà tout. Et ça semble finalement être encore trop peu... D'ailleurs je serais curieuse de savoir ce que le journaliste fera de tout ça, ensuite.

Ne me laissez pas vous tenir la jambe plus longtemps. C'est à vous de regarder le pilote de The Circuit. Vous voulez vous faire une faveur ? Ne m'écoutez pas en chanter les louanges plus longtemps, et faites-vous une opinion par vous-mêmes. Vous ne pouvez pas croire quelqu'un qui s'est mis intérieurement à pleurer rien qu'en lisant le pitch de cette série, après tout...
D'ailleurs, si ce weekend a été dédié à des posts La preuve par trois, c'est bien pour que vous fassiez vos propres expériences. Moi, je me charge de vous apporter les pistes. La suite du chemin, c'est vous qui la faites.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (mais qui se soignent) : la fiche The Circuit de SeriesLive.
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4 novembre 2010

Principe de réalité

Avant, quand on lançait le visionnage d'une série japonaise mettant en scène un jeune entrant dans le monde du travail, on savait dans quoi on mettait les pieds. C'était simple : animé du désir de bien faire et de s'intégrer à la société, le personnage (non sans quelques embûches, ça va de soi) trouvait sa place. Il en émanait, c'est sûr, quelque chose d'idéaliste et même, dans certains cas, d'un peu bien-pensant, mais une fois de temps en temps, ça faisait quand même du bien. Bien-sûr, les exceptions ont toujours existé, comme Okane ga nai! qui évoquait aussi les working poor, mais on s'y retrouvait, généralement.
Avec Nakanai to Kimeta Hi et maintenant Freeter, Ie wo Kau., j'ai l'impression d'assister à des fictions de plus en plus désabusées sur le monde du travail. La première parlait de maltraitance au travail, la seconde s'attarde sur l'entrée dans la vie active aujourd'hui. Et si à la clé, on devine qu'il y a de grandes chances qu'on trouve une forme de réconciliation avec la valeur travail, pour autant, l'idéalisme forcené n'est plus de mise. J'aurais certainement dû vous faire un post sur Nakanai to Kimeta Hi lorsque j'ai vu le pilote (hélas, même à raison d'un post par jour, il n'y a pas suffisamment de temps pour parler tout dans ces colonnes), mais je vais quand même prendre le temps de me pencher sur Freeter aujourd'hui.

C'est vrai qu'a priori, le pitch semblait dans la droite lignée de la tradition bon enfant que j'ai citée plus haut : un jeune homme qui vit au jour le jour, et qui commence à se mettre au travail après un déclic. C'est le traitement qui fait toute la différence : l'optimisme aveugle est loin. Seiji, le héros de Freeter, est déjà, à 24 ans, complètement désenchanté par le monde du travail, il n'est pas prêt à tout accepter pour obtenir son confort, et ne supporte déjà plus : le chef trop con, les collègues lèche-culs, les soirées où il faut aller se bourrer la gueule avec tout le service parce que c'est dans la culture entreprise, et tout ça en y étant de sa poche. Seiji considère qu'il y a des limites, et un jour pas comme les autres, il décide purement et simplement de démissionner. C'est tout bête, c'est juste qu'il attend un peu plus dans la vie.
Sauf qu'à ma grande surprise, cette démission n'est pas du tout vécue comme une libération, ou un nouveau départ. C'est l'angoisse. Il faut bien qu'il fasse quelque chose... mais trouver un autre emploi, ce n'est pas du tout facile. L'enfer des entretiens, des refus de candidature, et même de l'agence pour l'emploi, tout ça est d'une violence sourde, devenue banale, mais prégnante. Et la réaction de son père n'aide pas spécialement à vivre les évènements sereinement : puisque Seiji vit encore avec ses parents, et qu'il approche gentillement des 25 ans, le paternel se désespère de ce rejeton bon à rien qui n'a pas compris les règles du jeu. Il l'exhorte à se mettre dans le crâne que le boulot, même si ce n'est pas marrant tous les jours, eh bah on serre les dents et on y va tout de même. Comme si le fait de l'insulter violemment et de culpabiliser sa mère (forcément responsable pour avoir trop couvé Seiji) allait faire prendre du plomb dans la tête au jeune homme.

Quand on n'a même pas 25 ans et qu'on mange encore la cuisine de maman, le plomb dans la tête ne vient qu'en faisant ses propres expériences, et il va se passer toute une année pendant laquelle Seiji va se laisser flotter, d'un job précaire à l'autre, attendant le super post (dans le design) qui le motiverait, et supportant cette existence de salle d'attente avec un fatalisme grandissant. Chez le père comme le fils, "frustration" est le maître-mot, en attendant que peut-être quelque chose se produise qui rompe la spirale.
Et hélas, quelque chose se produit. Voilà donc Seiji, sous le choc, qui accepte le premier job venu, un job loin de ses espérances et pas vraiment dans ses cordes, mais qui va peut-être tout de même lui mettre le pied à l'étrier.

Entretien

Freeter, Ie wo Kau., c'est définitivement plus qu'une énième chronique gentillette de l'entrée dans la vie active, ou même simplement l'âge adulte. C'est d'abord et avant tout le constat désillusionné d'une génération prise entre deux feux, avec un dilemme déchirant : accepter l'inacceptable au nom du confort, comme la génération précédente l'avait fait, ou bien galérer péniblement pour exister dans la vie adulte dans des conditions plus saines. Tout ça en supportant le poids du regard gorgé d'incompréhension des actifs de la génération précédente, pour qui le choix semble tout fait.

Le plus fou c'est que, si Freeter s'inscrit parfaitement dans la culture nippone, avec le culte de la vie de salaryman qui y a longtemps eu cours...
... elle s'avère également être une série incroyablement proche de nos préoccupations de jeunes occidentaux, nous qu'on surnomme la "génération sacrifiée".

Du coup, je ne m'étonne plus des audiences de la série, c'est normal qu'elle fasse partie des plus regardées de la saison. Elle touche un point sensible, et le fait avec une grande justesse. Certes, on ne l'empêchera pas de faire un peu plus de sentiment sur certains points de ce pilote (notamment vers la fin), car Freeter reste une série grand public et se doit de conserver un minimum d'optimiste. Mais il faut tout de même reconnaître que la série possède une bien meilleure maîtrise de son sujet qu'attendu... voyons l'usage qu'elle fera de cette maîtrise. Après tout, on peut encore être surpris.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Freeter, Ie wo Kau. de SeriesLive.

18 octobre 2010

La cité a des yeux

Si je m'étais écoutée, j'aurais regardé le pilote de Kommissarie Winter deux fois ce weekend à l'occasion de Scénaristes en Séries. Le programme le permettait, en plus. Pendant ce weekend à tendance nordique (mais pas que, j'y reviendrai), il y avait des séries de toutes sortes, mais c'était réellement l'une des deux plus impressionnantes à avoir été projetées devant mes yeux. Je ne manquerai pas de vous parler de l'autre mais pour l'instant, souffrez un post où je ne parle que de cette série, mais quelle série !
Il faut dépasser son titre et son pitch assez peu originaux, pourtant, car derrière ses apparences de série policière banale se cache une perle dramatique et imprégnée de critique sociale.

En fait, le pilote n'en fait pas un mystère : sa scène d'ouverture annonce tout de suite la couleur, entre réalisation soignée, montage acéré et images percutantes (avec notamment un plan rapide mais glacial d'une victime se faisant littéralement exploser le visage au fusil à pompe sous nos yeux). Passé l'électrochoc, Kommissarie Winter est prêt pour sa lente exploration des ténèbres.
Plus qu'une enquête sur quatre meurtres, la série va s'attacher à dépeindre son contexte : une immense cité faite de barres de béton, qui n'est pas sans résonance avec ce que le spectateur français peut voir par-delà le périph'. Bloc d'appartements anonymes qui ne forment qu'une communauté d'yeux, la cité voit tout, mais la cité ne dit rien, et surtout pas aux flics qui ne sont pas les bienvenus, mais dont on tolère une partie des allers et venues tant qu'on maîtrise ce qu'ils peuvent voir et entendre. La cité devient un organisme vivant dont chacun fait partie, qu'il le veuille ou non, et qui présente une résistance sourde aux investigations de Winter et son équipe. Ou quand le béton se transforme en miroir sans tain...

Les questions que se posent les enquêteurs ne trouveront pas de réponse dans le pilote, car Kommissarie Winter n'est pas un formula show, contrairement à ce que son principe policier pourrait laisser penser. Attirés par le mystère insondable de la cité, les enquêteurs, et surtout Winter, reviennent inlassablement pour faire parler le silence.

KommissarieWinter

 

Kommissarie Winter est avant tout une série qui fonctionne sur l'empathie. Winter s'immerge dans son ressenti, tente d'absorber celui des familles des victimes, des témoins, des gêneurs, il écoute avec une ferveur obsessionnelle la dernière chanson qu'écoutaient les victimes cette nuit-là... Peut-être que son collègue a raison et qu'il perd de vue l'enquête (et les pistes d'un mobile racial), mais en tous cas, à mille lieues des froids enquêteurs qui aiment à garder leurs distances dans les innombrables séries policières du moment, il se plonge dans le vécu de ceux qu'il croise, il s'immerge dans les émotions des autres, et refuse d'en sortir indemne. Ce serait trop facile. Comprendre qui a tué qui n'aide pas à comprendre la situation dans sa globalité, or c'est ça qui l'intéresse.
Comble de l'ironie, à chaque fois qu'il s'autorise à prendre de la distance, c'est là que la main invisible de la cité frappe, donnant lieu à deux scènes d'intense contraste entre l'insouciance éphémère de Winter et le chaos de la forêt d'immeubles.

Je ne vous cache pas que Kommissarie Winter me plaît plus par son abord dramatique que pour son enquête (c'est une constante dans mon rapport aux séries policières, ce qui explique que j'aie tant de mal avec les Experts, Bones et tutti quantico...), mais cela rend d'autant plus déchirante cette incertitude de ne pas voir la suite (ou en tous cas, vous pensez bien que je peux la trouver, encore faut-il dénicher les sous-titres, aventure qui exigera sans doute un peu plus que les 24h que j'ai eues depuis mon retour). Evidemment, ça n'arrive que quand on a un coup de cœur, des coups comme ça !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Kommissarie Winter de SeriesLive.
A vot' bon cœur, M'sieurs-Dames.

28 octobre 2010

Mere piya...

Il y a quelques temps, je faisais une news pour SeriesLive ; un acte aujourd'hui devenu en apparence anodin, je suppose. Ce n'était pourtant pas une news comme les autres puisqu'il s'agissait d'annoncer l'arrivée prochaine d'une série produite par Lorne Michaels (SNL), conçue par Fred Armisen (SNL) et où Kyle MacLachlan est amené à apparaitre régulièrement. A part à napper le tout de milkshake à la fraise, il n'y avait rien à ajouter, tout était dit pour attirer mon attention. On fera le bilan en 2011 si quelqu'un à la bonne idée de mettre la cagoule à disposition quelque part où je peux la trouver.
Ce jour-là, j'avais fait mes devoirs et découvert que la chaîne IFC n'en était pas à son coup d'essai, et qu'une mini-série du nom de Bollywood Hero avait vu le jour environ un an plus tôt. A la lecture du pitch, je m'étais dit qu'il faudrait y jeter un œil à l'occasion. Et puis j'étais retournée à ma trépidante série d'articles hebdomadaires.

Il y a quelques jours, je ne sais plus comment ni pourquoi, j'ai repensé à Bollywood Hero. Et si vous aviez l'impression que j'étais mal lunée cette semaine, et que j'avais été négative envers toutes les séries traitées, eh bien ça pourrait bien être la faute de Bollywood Hero dont le pilote est tout simplement mon coup de cœur du moment. Oui, une série avec Chris Kattan. On me l'aurait dit ya quelques semaines de ça, je ne l'aurais pas cru non plus, je vous rassure.

BollywoodHero

Voilà tout-à-fait le genre de série dont personne ne vous parle alors que c'est d'une part vraiment original, et d'autre part très, très sympa : dans Bollywood Hero, Chris Kattan (dans son propre rôle) sent bien que sa carrière tourne en rond, voire pire. Un ultime rôle débile et mineur dans une série cheap lui donne l'impulsion nécessaire à accepter la proposition d'un jeune réalisateur indien venu à Los Angeles afin de recruter une célébrité américaine pour son prochain film. Voilà Chris qui s'envole pour l'autre bout du monde, convaincu d'avoir décroché le rôle principal d'un long métrage qui va tout changer...

Le problème c'est que d'une part, Monty, le réalisateur, est un débutant, héritier d'un grand cinéaste indien qui n'a laissé que sa légende derrière lui, et d'autre part la productrice est la sœur de Monty, Priya, une femme au caractère bien trempé qui a vite compris que Chris Kattan (1m68, chétif, une tronche de traviole et essentiellement célèbre pour son personnage de Mango...) n'est pas exactement l'acteur dont on rêve pour un rôle d'enjeu masculin dans un film bollywoodien, où en plus il faut chanter et danser. Mais Chris s'accroche au projet. Alors qu'il était parti sur un coup de tête, il a envie de s'impliquer. Et le voilà en train d'essayer de devenir le rôle masculin dont tous les films bollywoodiens pourraient rêver. Pas gagné quand on a réussi à braquer la star féminine du film et que celle-ci refuse de tourner avec lui.

La partie qui se déroule à Los Angeles est assez classique pour une fiction se déroulant à Hollywood : Chris erre l'air malheureux dans les lieux typiques du gratin, accompagné de Maya Rudolph (elle aussi dans son propre rôle), et se confrontant à Keanu Reeves (jouant une version snob et orgueilleuse de lui-m... hm, dans son propre rôle aussi). La frustration monte de part et d'autre de l'écran parce qu'on sait très bien que l'essentiel du film n'est pas là, mais sans réel agacement, plus parce que la mise en place n'est pas très originale. On tolère néanmoins ces longueurs en découvrant Chris sous un jour très humain, parfois un peu colérique mais visiblement blessé par la trajectoire qu'a effectuée sa carrière.
Mais c'est évidemment le voyage en Inde qui fait tout l'intérêt de Bollywood Hero. N'espérez d'ailleurs pas une image idyllique de l'Inde : Chris découvre d'abord les rues peuplées et pauvres avant de découvrir les superbes studios et les grandes maisons de style. En fait, les décors de l'Inde sont un très bon reflet de ce que Kattan diffuse également : un bon équilibre entre l'image qu'on s'en ferait a priori, et une autre moins spectaculaire mais plus intime. Kattan s'ouvre, se laisse aller à une certaine vulnérabilité, et l'Inde fait la même chose en toile de fond.

On n'est bien-sûr pas dans le constat social, ce n'est pas le propos. Mais alors qu'on pourrait s'attendre à ce que Bollywood Hero ne soit qu'une comédie prenant pour prétexte l'univers des film indiens pour déconner à fond, on découvre au contraire, au fur et à mesure, une sorte de Lost in Translation indien sur fond de cinéma. Certaines scènes donnent vraiment l'oeil humide, à l'instar du passage de total désœuvrement de Chris qui vient de se faire virer du film par Priya, et dont la carte de crédit a été bloquée. Expulsé de son hôtel, errant dans les rues populaires de la ville, on le sent complètement abattu...
Et c'est là, au bout de, je ne sais pas, moi, 30 minutes peut-être ? Qu'intervient la toute première chanson de l'épisode. On ne l'attendait plus. On avait fait une croix dessus. Et c'est une excellente surprise parce qu'elle n'est pas tape à l'œil, s'intègre bien dans le passage, et n'est pas trop longue. Le deuxième grand moment musical viendra à la toute fin de l'épisode, soit une autre demi-heure plus tard, et sera beaucoup plus proche de ce qu'on attend d'un film bollywoodien, mais là aussi parfaitement liée à l'histoire.

On se retrouve avec une fiction qui ne cherche pas à vous faire croire que vous regardez un film bollywoodien, mais capable de reprendre les éléments de ce type de films avec beaucoup d'enthousiasme, et en se concentrant sur son histoire et son personnage central. Il en ressort quelque chose d'authentique, comme dirigé par la passion avant tout et non par l'envie de surfer sur une vague qui effectivement peut sembler légèrement opportuniste maintenant que Slumdog Millionnaire a ouvert la voie. Toute l'équipe et, à ma plus grande surprise, Chris Kattan le premier, est confondante de sincérité, sans mettre le divertissement de côté. On rit, on larmouche un peu, et à intervalles réguliers (mais espacés) on a une folle envie de danser. Tout ça avec une histoire sympathique même si légèrement cliché.

BollywoodHero_Cap_1 BollywoodHero_Cap_2 BollywoodHero_Cap_3

Moi qui n'avais pas beaucoup d'intérêt pour Chris Kattan, je le découvre sous un angle qui me le rend très sympathique. Son interaction avec le reste du cast transpire l'honnêteté, sa scène d'entrainement à la danse avec Beeji est drôle mais donne l'impression d'une vraie rencontre, il ne cherche pas à être comique (alors que ce serait facile pour lui), et globalement on a vraiment l'impression qu'il y a une vraie histoire en Kattan et l'Inde (n'oublions pas qu'il est l'un des créateurs de la série ainsi que le producteur exécutif). Ça fait donc vraiment plaisir à voir.

Dans ces conditions, vous imaginez bien qu'à l'heure où nous parlons, je suis déjà en train de cagouler la suite... il me reste seulement deux épisodes à découvrir, c'est presque de la torture. En attendant je n'ai pas manqué de me découper les deux passages musicaux principaux, et vous imaginez sans peine qu'ils sont en train de tourner en boucle en ce moment-même, me connaissant...
Bon, et vous savez quoi ? La télévision indies (et hindi, pour le coup), ça vaut vraiment le coup de tenter. Vivement Portlandia, tiens.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Bollywood Hero de SeriesLive.

12 octobre 2010

Que quelqu'un appelle le Docteur !

Quand vous voulez vraiment me convaincre, vous ne le faites pas à moitié ! Alors que pour The Guild, vos réactions d'encouragement n'étaient qu'à moitié sincères (si-si, je l'ai bien senti) et en tous cas pas tellement chaleureuses, cette fois, à propos de Doctor Who, vous n'y êtes pas allés de main morte. Résultat : c'était beaucoup plus facile de me décider, et j'ai effectivement regardé le pilote de la série de 2005.

DoctorWoohoo
Vous êtes généraliste, ou vous faites la gynécologie aussi ?

Alors je sais bien : justement, plusieurs d'entre vous m'avaient recommandé de ne précisément pas commencer par là. Mais puisque je ne pouvais rien cagouler d'autre, et que, en plus, il s'avère que je ne l'ai jamais mentionné mais je suis pilotovore, j'ai quand même persisté à découvrir Doctor Who par cet épisode. Et puis, c'est aussi une question de conviction : je trouve normal de commencer comme les spectateurs d'origine (ici, les Britanniques) ont commencé, en découvrant dans des conditions similaires ce premier épisode, quoi qu'il vaille.

Et finalement vous êtes tous de gros tragédiens parce que ce n'est pas si terrible que ça. Bon, je ne dis pas que je suis fan de la série rien que sur cet épisode (des mannequins en plastique agressifs, seriously ?), mais franchement c'est pas aussi nul que vous aviez bien voulu me faire croire.

Ah, alors effectivement, les plus grands points forts de la série, à ce stade, sont l'humour, l'humour, et l'humour. Ça, on va pas se mentir. Concrètement ça me suffirait presque s'il n'y avait que ça. Presque, parce que... j'ai vu le trailer de fin d'épisode. Et là je vous le dis franchement, ma mâchoire est tombée sur mes genoux et je me suis dit que, sérieusement, j'avais un tout petit peu trop tardé avant de donner sa chance au Docteur. Docteur que je trouve fort sympathique, et c'est un euphémisme. J'en suis pas à avoir le béguin mais c'est un efficace produit d'appel, dirons-nous. Il est désinvolte, drôle, et... je ne cache pas que j'aime bien son nez (c'est comme ça) (Freudien, peut-être) (bref).
Par contre c'est certain que j'ai très peu d'atomes crochus avec Rose. Il faut dire que je n'en ai pas plus avec Billie Piper (ni avec, si sans l'option joues, d'ailleurs). De ce côté-là, franchement, si on était censés s'identifier ou quoi ou qu'est-ce, c'est raté. On sent bien qu'on va pas y couper, qu'elle va coller le Docteur et tout, que c'est parti pour vivre de folles aventures ensemble, mais sérieusement, elle me casse les pieds. Je sais bien qu'elle est blonde mais c'est pas la peine de forcer le trait. Elle est complètement à la ramasse la pauvre louloutte, attendez, je suis comme elle, j'ai jamais vu la série et pourtant j'avais percuté l'histoire du bras en plastique. Faut quand même pas avoir fait ses études à Oxford pour comprendre que ça servait à rien de ramener un souvenir à la maison. Et ton copain qui se la joue en mode automate, non, tu vois rien ? Wow, sans déconner, wow. Et puis gnagnagna j'ai ma maman et mon copain, et deux secondes plus tard les cheveux dans le vent vers le Docteur, nan mais ça servait à quoi de te faire désirer ?
Non, elle m'agace, ça c'est net. Et vu qu'elle occupe l'écran en permanence (mais bouge, putain, la série porte pas ton nom que je sache ?!), c'est un tout petit détail qui peut gâcher un peu le plaisir du visionnage.

Mais je crois qu'avant de voir cet épisode, je n'avais pas vraiment compris dans quelle gamme se trouvait Doctor Who. Je veux dire que je savais qu'il y avait des éléments fantastiques (je lis La Sorcière, donc ce serait le minimum), mais j'avais pas l'impression qu'il y aurait cet aspect "monster of the week" qui se dégage un peu du truc. Et ça, ça me refroidit. Mais après je repense au trailer de fin d'épisode...

Donc bon, je dis pas que je vais en faire des orgies, mais ptet qu'un épisode ici ou là quand je m'ennuie, ça peut s'envisager.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Doctor Who de SeriesLive.

28 août 2010

Oui-oui, ça va, moi aussi j'ai vu Dr House

GMOdoreDoctor

TBS n'a pas réussi à obtenir les droits de Dr House (ravis par NTV) et on sent que ça frustre beaucoup la chaîne, parce qu'elle a tout simplement décidé de sortir sa propre version de la série.
Je caricature mais, oh, à peine. Vraiment, si peu.

Alors bien-sûr, il ne s'agit pas tant d'une copie conforme que d'une démarche destinée à nipponiser la série.
Jugez par vous-mêmes : la musique, la dynamique, les dialogues, les personnages... pas la peine de chercher bien loin pour trouver là la marque des dorama du même genre. Mais au final, même si l'on n'assiste pas à un diagnostic différentiel, avec liste des symptômes sur le tableau et tout, et que les personnages sont différents, on tombe quand même pas loin de ce que la fameuse série américaine peut proposer.

C'est exactement le genre de séries que j'ai envie de recommander à ceux qui ne connaissent pas les séries japonaises, et à la fois d'ardemment déconseiller.
Exactement pour les raisons évoquées ci-dessus.

Parce que si, sur un plan médical, on est effectivement dans un pur Dr House-like (avec l'apparemment inévitable structure en "j'ai le diagnostic ! / mais c'est pas le bon / ah si ça y est / mais les tests le contredisent / enfin la bonne solution !"), en revanche, le ton et le personnage principal sont des clichés ambulants de ce que la fiction japonaise ne fait pas, vraiment pas, de mieux.

Parce que figurez-vous que le Gregory House japonais est en fait... un danseur. Oui, la médecine de haut niveau, c'était son plan de secours. Donc au lieu d'avaler des comprimés, il danse. Non je déconne pas, est-ce que je me suis déjà moquée de vous ? Il danse. Et par-dessus le marché, notre danseur est entouré de bras cassés (à côté, les mecs de BOSS sont des génies), ce qui fait qu'il est en plus le seul à avoir une quelconque valeur pour faire avancer l'intrigue médicale. Comme beaucoup de personnages centraux de séries japonaises "légères" (je n'ose utiliser le terme "comique" tant il est difficile de déterminer si c'est volontaire), il est de surcroît épouvantablement surjoué, et le scénario comme la réalisation en font des tonnes.
Non, vous conseiller GM ~Odore Doctor, c'est inconcevable dans ces conditions.

D'façon ça fait des posts et des posts que j'essaye de vous parler du haut du panier nippon, de sortir des stéréotypes sur la fiction japonaise et de vous montrer qu'on y trouve des perles, alors c'est pas pour recommander cette plaisanterie.
En fait, à choisir, je ne me la recommanderais même pas à moi-même ! Mais bon, le mal est fait...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche GM ~ Odore Doctor de SeriesLive.

5 septembre 2010

[DL] Mioka

Pour bien souligner l'ambiance de demi-pathos de Mioka, où l'on vous demande bien gentillement de pleurer mais pas trop, le générique joue littéralement sur l'idée de pleurer seulement à moitié, avec des personnages qui pleurent en souriant. Ou qui sourient en pleurant, on ne sait pas trop. C'est un peu étrange comme concept, mais on comprend bien l'idée, au moins.

Mioka
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Tout cela entrecoupé de plans de Mioka qui s'ébat joyeusement dans une sorte de paradis blanc et ouaté, avec la voix un peu abimée de Masaharu Fukuyama qui, non content de jouer dans le jidaigeki de NHK pendant toute l'année 2010 (Ryoumaden, pour ceux qui ne suivent pas), a apparemment aussi le temps de sortir un single.
Certaines parties de ce générique me font un peu penser à celui de 14 Sai no Haha, c'est juste moi ?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Mioka de SeriesLive.

3 février 2012

[#Ozmarathon] 4x06, les mains propres

Eh bah je sais pas pour vous mais, si on fait une moyenne, c'est quand même une putain de saison et je m'éclate comme une petite folle !
D'accord, la saison 4 d'Oz n'est pas révolutionnaire sur le fond ni la forme, elle ne choque plus autant qu'avant et ne retourne plus notre univers comme au tout début de la série, mais bon sang, c'est quand même hyper bon ! Le Ozmarathon continue donc dans la joie, l'allégresse et la mort violente, comme Dieu l'a voulu !

Ozmarathon-4x06

Derrière le propos badin et pédagogique des monologues de Hill, se cache un épisode sur la responsabilité.

A l'image des Muslims où Saïd tente désespérément de faire prendre conscience à Arif de ses responsabilités, et finit par monter lui-même au créneau pour essayer de régler les problèmes grandissants d'Em City. Oh, il y règne le calme plat et la violence en est absente, mais le quartier devient un véritable ghetto et cela inquiète de plus en plus du monde. Quand Arif tente d'intervenir, il est trop tard, il a été exclu du processus il y a bien longtemps, s'il en a jamais fait partie, et il n'a plus aucun poids.
A travers cette intrigue, on sent à la fois que le leadership de Kareem Saïd était finalement un mal nécessaire : oui, cela lui donnait de trop nombreuses occasions d'exprimer son amour fou pour son ego, oui, ses choix étaient parfois contestables, mais son charisme et son sens des responsabilités vis-à-vis de la communauté étaient des valeurs sûres. Allez, on sait tous qu'Arif va demander à Saïd de revenir dans la course, fais donc pas tant d'histoires mon petit, sois beau joueur, cède la place au leader naturel.

En prenant lui aussi la responsabilité de ses actes, Mobay est surprenant. Il a touché le fond, ment comme un arracheur de dents aux autorités qui lui posent des questions sur la mort du prisonnier qu'il a lui-même tué (pendant que Hill pissait probablement de frayeur sur sa chaise), a trouvé instinctivement un super moyen de consommer de la drogue sans avoir l'air d'y toucher... et le voilà qui débarque chez Sister Peter Marie pour y déballer une confession sincèrement touchante, avec une lucidité folle sur ses actions. Voilà, pile quand il ne restait plus grand'chose de réellement captivant à faire avec sa plongée en Enfer, le personnage de Mobay vient de faire un volte-face qui va pouvoir nous intéressant. Bien-sûr, pour le moment il est protégé par le secret professionnel, mais son ambivalence va être captivante, bien plus que si elle l'avait été dés son arrivée à Oz.

Nat Ginzburg aura été un sacré personnage. Après avoir été l'outil qui a éliminé Nappa, il aurait pu disparaitre comme tant d'autres prisonniers qui n'ont été que de passage. Au lieu de ça, il a intégré le couloir de la mort, tenu compagnie à Shirley Bellinger et... et a eu droit à un superbe épisode de mort, plein de surprise et de tendresse, avec des petits morceaux de sagesse dedans. Notre prisonnier décide donc d'aller au-devant de la mort et de prendre la responsabilité de mourir plus tôt, avec l'aval de Sister Peter Marie, fort à propos. La réflexion sur l'euthanasie et la peine de mort était par exemple très intelligente (et sans repasser par l'habituel laïus de Sister Pete sur sa crise de foi), et sans s'apesantir 3h sur cette question, l'histoire de l'exécution de Nat est l'une de ces indications qu'Oz a encore plein de choses futées à dire et de questions à soulever, sans effort mais avec de bons résultats. Tout ça avec une conclusion qui m'a émue aux larmes, mais avec un sourire attendri. Vraiment du joli boulot. Adieu Nat, on va te regretter, et on n'aurait pas cru.

Bien-sûr, un épisode d'Oz ne serait plus un épisode d'Oz sans une querelle d'amoureux entre Beecher et Keller. Beecher réalise que Keller n'est pas responsable de la mort de son fils, alors Keller retrouve la rédemption à nos yeux... pour quelques minutes à peine puisqu'il confesse ensuite à Ray Mukada le meurtre de plusieurs homosexuels. Là encore, excellentissime scène pour le ptit Père Mukada qui refuse, tremblant de peur, dans une scène absolument glaciale de rage contenu des deux côtés, d'absoudre Keller tant qu'il ne se sera pas livré aux autorités pour payer ses crimes. Et Keller, qui était tout-à-fait prêt à prendre la responsabilité de ses actes devant Dieu, qui refuse de la prendre devant la Justice, c'était extrêmement bien trouvé, une réaction fidèle à lui-même. Beecher, qui ignore tout de ses aveux, continue d'être noyé dans ses tourments amoureux et décide là-dessus de tromper Keller sous ses yeux. C'est Dallas, mais on s'en fout parce que c'est superbe, cette façon qu'ils ont de s'autodétruire alors que strictement rien ne les y pousse, si ce n'est leur absence totale de confiance l'un en l'autre...

Pour la séquence humour, on a droit au retour de Rebadow-le-tueur. C'est à hurler de rire : les petits regards par en-dessous, les fantasmes de tuerie dans la cafeteria de la prison, les abdos... Rebadow a décidé qu'il était mauvais et il est à fond dedans, mais ne se rend pas compte à quel point il est peu crédible en tueur à gages. Et surtout, il vise trop petit : alors qu'il obtient la protection d'un des trois pontes d'Em City, il décide d'exécuter... Busmalis. Sérieusement, Rebadow ? Il n'empêche que son séjour au mitard risque de le conforter dans sa vocation nouvelle plus qu'autre chose. Rebadow peut-il être une véritable bombe à retardement ? Saura-t-il ensuite regarder ses actions et les assumer, quand le délire sera passé ?

La pièce de résistance, enfin, nous est offerte par Ryan O'Riley. Toujours aussi grandiose, ce Ryan. Il trouve le temps dans cet épisode à la fois de nous offrir une performance torturée lorsqu'il s'inquiète du sort de Cyril (qui a fait une overdose de médicaments grâce aux "bons" soins de Gloria Nathan), de faire échouer une nouvelle fois la tentative de Stanislofsky de lui nuire (il a perdu le portable dans la manoeuvre, mais il a échappé au pire et c'est l'essentiel), et surtout, de faire ce que tout le monde savait qu'il ferait : se débarrasser du violeur du Dr Nathan.
Sauf que les histoires de combines, de manipulations et de mains propres, c'est fini. Quand il s'agit de venger le viol de Nathan, Ryan se salit les mains, il veut pouvoir le faire lui-même, parce que cette fois, c'est personnel. Jusque là quand il a fait quelque chose d'atroce, c'était par calcul, parce qu'il a une colonne pertes et une colonne profits en permanence dans la tête, et que quand ses fesses et celles de Cyril sont en cause, la fin justifie les moyens. Mais ici, ça n'a plus rien à voir. Il fait une exception. Sa scène de prédation, avant d'exécuter (il n'y a pas d'autre mot) le violeur de sa bien-aimée, est parfaite. On sent la tension monter, on sait que cette fois il va y aller lui-même, que ça va être atroce, ça ne va pas louper, il va le-... ouh punaise, la brute. Qui eut cru que Ryan avait cette bestialité en lui ? Finalement je le préfèrerais presque en salaud aux mains propres. Ce qui se passe dans la tête de Ryan est parfois extrêmement flippant.
Comme attendu, O'Riley va ensuite faire le beau devant Glorian Nathan, et lui envoie un trophée, fier de lui, fier de son acte atroce. Lequel trophée est accueilli à juste titre avec dégoût et... et quelque chose d'autre. Le Dr Nathan quitte Oswald, mais la ballade de Ryan et Gloria est-elle si vite finie ?

25 juillet 2010

[DL] Rizzoli & Isles

Pour le pilote, zéro pointé ou presque. Pour le générique, vingt sur vingt. Rizzoli & Isles nous sert un thème irlandais percutant et mémorable, un vrai bonheur. C'est cadencé, efficace, tout pour plaire.

RizzoliIsles
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Alors bien-sûr, autant on comprenait tout de suite ce qu'un thème aussi marqué venait faire dans Preuve à l'appui, en revanche, pour cette série-là, on ne comprend pas très bien d'où ça vient. Moi en tous cas, je ne vois pas trop, mais je refuse pas de me le faire expliquer.

En fait c'est même limite contre-productif, si on y pense, parce que ça atténue beaucoup de le côté Amicalement vôtre de la partie visuelle du générique, à part sur le panneau de fin, quand la musique est finie (un comble). Ce qui prouve bien que même dans ses meilleurs moments, la série a quand même un mal fou à se trouver une personnalité propre, et compose avec des idées qui sont bonnes si elles sont prises séparément, mais qui ensemble forment surtout un truc impersonnel et peu original. C'est le fameux effet "best of" qu'ont beaucoup de séries cet été. Dommage.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Rizzoli & Isles de SeriesLive.

22 août 2010

Telephage from Ipanema

Dans le tour du monde de cet été, il y a des pays qui me plaisent un peu plus que d'autres. A ma grande surprise, les pays qui me plaisent le plus ne sont pas ceux sur lesquels j'aurais misé ma télécommande, pourtant, mais les faits sont là. Israël, naturellement, a été une grosse claque, parce qu'il s'y passe plein de choses et que la fiction y semble aussi diversifiée qu'en Occident (ce n'est pas pour rien que les USA viennent de plus en plus y piocher, d'ailleurs les gars, l'adaptation de Hatufim, ça avance oui ou non ?). J'ai aimé le peu que j'ai pu voir de l'Afrique du Sud, sur un autre registre d'ailleurs, et j'espère pouvoir en découvrir plus quand j'aurai un peu plus de temps, une fois ce tour du monde terminé, même si, avec le planning qui est prévu, ce n'est pas pour tout de suite. Et puis, là, cette semaine, grosse claque dans la gueule avec le Brésil.

Et là on peut dire que je ne m'y attendais pas, probablement parce que comme tout le monde j'imagine (sauf quelques téléphages déjà cultivés, qui se sont dans ce cas bien gardés de partager leurs trouvailles...), pour moi, Brésil = telenovela.
Ce n'est évidemment pas faux. Mais c'est tellement plus.

Le Brésil est un pays qui semble décidé à ne rien faire comme ailleurs : les chaînes publiques sont arrivées tard, très tard ; la première chaîne du pays a aujourd'hui disparu ; la chaîne la plus puissante n'est pas la plus ancienne ; le câble et le satellite restent très minoritaires... Tout ça et plus encore, c'est dans l'article de la semaine, bien évidemment.

Bresil_CopacabanaTV
O televisor redentor : la télévision brésilienne pour les nuls

Au-delà de ça, le dynamisme de la télévision brésilienne a de quoi en clouer plus d'un sur son sofa. Parce que non content d'être un énorme exportateur de fictions, le Brésil est aussi en pleine effervescence en matière de création. Le renouvellement, il est là. Vous cherchez un endroit où les séries explorent l'inconnu ? Sans nul doute, le Brésil.

Le suave Mandrake, par exemple, est un petit bijou moite et sombre. On a l'impression de revivre les meilleurs polars du monde, à la fois sordide et sensuel, baignant dans une musique onctueuse et avec un personnage désabusé à souhait (dommage que le doublage soit à la ramasse ; je commence à suspecter qu'il y ait des langues plus difficiles à doubler que d'autres, parce que ça semble récurrent pour tout ce qui concerne l'Amérique latine, quand même...).
Mon coup de cœur de la semaine reste quand même Capitu. Loin des productions à la chaîne de telenovelas filmées au mètre qu'on se figure provenir du Brésil, c'est une merveille où la recherche esthétique et poétique arrache des soupirs émerveillés régulièrement. Encore une fois, le manque de sous-titres ou au pire, de doublage, nous prive de bien des trésors...

Bon sang, même à raison de deux posts par jour sur ce blog, je n'arrive pas à trouver le temps de vous parler de tout, c'est terrible. Ces séries méritent plus qu'un paragraphe chacune.

Enfin voilà, une semaine de plus à explorer la télévision étrangère et découvrir ce qui se cache au-delà du cliché. Moi qui pensais que la tournée latine n'allait pas être la plus captivante ! Moi qui craignais l'ennui ! Moi qui pensais même que c'était un moment à passer en attendant les pays suivants !
Où je vous emmène la semaine prochaine, à votre avis ? Il n'y a qu'une seule personne qui connaisse mon programme...

16 août 2010

V'en pire

C'est pas parce qu'on ne regarde pas une série qu'on refuse d'en entendre parler. En l'occurrence, comme il n'y a vraiment aucune, mais alors, aucune chance que je regarde True Blood, mais qu'apparemment ça continue d'être une sorte de phénomène pour des raisons qui m'échappent complètement (si ce n'est que leur promo à coups de gourdin semble marcher), je veux bien qu'on m'en parle deux minutes, là, comme ça, histoire de se tenir au courant.
Sans montrer de dent, merci d'avance.

Venpire

Mon problème, c'est que l'information qui me parvient sans que je fasse le moindre effort est un peu toujours la même. J'entends deux sortes de news : d'une part, les news sur le casting, d'autre part, les news sur les nouveaux trucs chauds que vont faire les personnages.
De là où je suis, c'est-à-dire à une distance plus que respectable, on dirait que True Blood est, en gros, une série de cul. Je caricature, mais à peine.

Je vous avoue que quand j'avais vu le pilote (en fait le pre-air et le pilote, ce qui fait de moi, à mes yeux en tous cas, une survivante de l'extrême), j'avais effectivement repéré cette tendance à en rajouter dans les scènes de cul pour meubler, mais ça semble dépasser toutes mes prédiction, à ce stade. En fait c'est bien simple, en volumétrie, je dois entendre parler de True Blood en termes de scènes chaudes à peu près 80% du temps.
De là à dire que je ne suis pas étonnée quand je vois, depuis le lancement de la saison 3, des gens indiquer sur Twitter que, "ça y est, cette fois j'arrête True Blood", il n'y a pas loin.

Les infos que j'ai de True Blood ne sont donc guère rassurantes sur sa qualité. Parfois j'aimerais bien qu'il y ait des retours qui me fassent regretter d'avoir lâché la série très tôt, comme c'est le cas pour d'autres. Ou au moins, qu'à la lecture des news, j'ai la vague impression que ce n'est pas parce que je ne regarde pas cette série qu'elle est forcément nulle. Tenez, j'ai arrêté de regarder Lost... ça ne voulait pas dire que la série ne valait rien, juste que nos chemins s'étaient séparés.
Et j'ai toujours cet espoir pour True Blood parce que d'une part, j'ai envie de croire que mon biais anti-canines est la raison principale pour laquelle je boude la série, et surtout, j'ai envie de croire en Alan Ball.
Mais True Blood semble se refuser obstinément à renvoyer une bonne image de ce qu'elle a à offrir à ceux qui ne la regardent pas.

Ça pose la question de l'information résiduelle (je ne sais pas comment la qualifier autrement), c'est-à-dire l'information sur la série qui filtre lorsque les gens qui la regardent en parlent entre eux, mais sont disponibles là où de non-connaisseurs peuvent les lire. Car évidemment, les informations que je lis ne sont pas la totalité des informations qui sortent sur la série, étant donné que je ne vais pas sur des forums consacrés à True Blood, je ne lis pas les reviews et je ne suis pas l'actu de cette série de près. L'information résiduelle, c'est donc ce qui me parvient quand même, ce qu'il reste quand on n'est pas un connaisseur mais qu'on ne refuse pas non plus obstinément de lire une news si elle se présente sur un site généraliste.

Et ce qui me parvient, c'est uniquement des références sur qui va coucher avec qui. Ou qui a couché avec qui. Ou comment. Une part de moi se dit que, nécessairement, la série ne peut pas se limiter à ça. Mais l'autre trouve quand même que l'information est peut-être résiduelle, mais elle est sacrément persistante.

Le telambda, c'est-à-dire le premier venu qui n'est pas forcément un forcené de la télévision, n'a en général que l'information résiduelle. Il ne va jamais chercher les autres infos, donc il n'entend que celle-là. C'est là que c'est intéressant : ce que les non-connaisseurs entendent des informations échangées entre non-initiés. Et franchement, les gars, ce qu'on entend sur votre série... la vache ! Ça donne pas envie.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche True Blood de SeriesLive.

14 août 2010

Tout le monde a droit à un JOKER

Ça semble se confirmer : autant aux États-Unis, un bon générique est souvent un indice sur la qualité d'une série (avec seulement quelques exceptions pour confirmer la règle), autant au Japon, c'est plutôt l'inverse. Vous vous souvenez comme j'étais ravie par le générique de JOKER ? Bon bah voilà, tout est dit.

ToutlemondeadroitaunJOKER

Non ? Booooon. D'accord, je vais développer. Bande de sadiques.

Alors, d'abord, récapitulons : JOKER, c'est l'histoire d'un flic qui en apparence est toujours gentil avec tout le monde, limite bonne poire, et qui, quand une injustice est commise et que la police ne peut plus rien, sort lui-même dézinguer les méchants.
Toute ressemblance avec une autre série serait purement fortuite.

JOKER, c'est donc l'histoire d'un gars qui a une tête de rigolo, qui fait des moues pas possibles, et qui a l'air de toujours tout laisser glisser, mais qui en réalité, a commencé très jeune à tuer et ne s'est plus jamais arrêté.
Toute ressemblance avec une autre série serait purement fortuite.

JOKER, c'est une série sur un mec qui a un bateau et qui emmène les criminels dessus quand il n'en a pas tout-à-fait fini avec eux.
Toute ressemblance avec une autre série serait purement fortuite.

Cette fois n'insistez pas, je n'en dirai pas plus. Je vais regarder le 2e épisode d'Atami no Sousakan, et si jamais il me vient l'envie de voir à l'écran un tueur qui exécute des criminels qui n'ont pas été puni par le système judiciaire, Dexter me suffit, merci.

Parce que JOKER, c'est la série qui a le culot de commencer par un panneau expliquant que "ce dorama est purement fictif. Toute ressemblance avec de véritables personnes, lieux ou évènements est purement fortuite. Mais vous pouvez décider de prendre ceci comme une histoire entièrement inventée, ou vous en servir pour prendre la mesure des ténèbres de notre monde moderne". Finalement, et contrairement à mon impression devant la série, les mecs derrière JOKER ont vraiment de l'humour.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche JOKER de SeriesLive.

27 janvier 2012

Sa plus grande fan

Il se passe un truc drôlement chouette avec Apparences, et comme il n'y a pas grand monde pour se dévouer et vous en parler, bah je me sacrifie ! Nan mais, vous me connaissez, le sens de l'abnégation, tout ça...

Pour vous résumer mon impression, désormais chaque semaine je me lamente à l'idée qu'il soit impossible de voir des séries québécoises en France. Il n'y a simplement AUCUNE excuse ! Sur un plan linguistique, c'est pas pour quelques expressions un peu exotiques et un accent tout en rondeurs qu'on a le droit de faire la fine bouche... et au pire ça n'a jamais tué personne d'entraîner son oreille. La prochaine fois que je vois le mot "francophonie" dans un communiqué du ministère de la culture, je mords. C'est simplement indigne d'avoir une télévision (par exemple de service public) qui soit incapable de nous permettre d'accéder à des fictions comme celle-ci. Je sais bien que France2 nous a autrefois permis de voir Minuit, le Soir (en version doublée, en plus, on peut pas dire que ça ait choqué l'oreille du spectateur français !), mais je ne comprends pas comment ni pourquoi on s'est arrêtés là. Vraiment c'est révoltant de devoir passer par le téléchargement (surtout quand ça devient un peu plus difficile chaque semaine de s'approvisionner) ; encore, quand je regarde des séries asiatiques (d'ailleurs faites-moi penser à vous parler de la saison 2 de Shinya Shokudou), je peux comprendre qu'une chaîne craigne l'absence d'identification et le fossé culturel, mais là ?
Voilà, c'était une petite parenthèse coup de gueule, je passe au vif du sujet.

Apparences3

Je crois qu'une partie de mon admiration grandissante pour cette série tient au fait qu'il s'avère que j'ai tendance à m'ennuyer assez vite devant les thrillers, en général. C'est comme ça. Je les trouve facilement prévisibles, ils me semblent toujours suivre le fil le plus évident, parce que sous prétexte de nous filer des frissons et nous amener à nous asseoir sur le bord de notre fauteuil, il ne faudrait quand même pas qu'on nous donne de quoi réfléchir, je suppose. Du coup, quand le pilote d'Apparences m'a fait si bonne impression, plus tôt ce mois-ci (je vous le disais, on a un très bon mois de janvier téléphagique de par le monde), ma curiosité s'en est trouvée éveillée... et ma méfiance un peu aussi.

Mais au terme de son troisième épisode, Apparences confirme qu'on est dans le très haut du panier en matière de thrillers, mais aussi de séries dramatiques.
La série repose sur la disparition d'un de ses personnages, et dans ce type de configurations, en général, la victime est le personnage le plus creux de la fiction, tout simplement parce que la trame est toute entière tendue dans le seul but de pouvoir retrouver ladite personne (ou, si elle connaît un destin fatal, coffrer son ravisseur).

Ici c'est tout le contraire. Apparences a passé le pilote à rassembler la famille de Manon, inquiète de l'absence de cette dernière, pour mieux pointer du doigt les rapports difficiles que ses membres entretiennent les uns avec les autres... la disparue étant la seule à qui personne n'a rien à reprocher. Cela correspondait parfaitement à son statut de victime-de-thriller. Sa soeur jumelle, une actrice n'ayant pas mauvais fond mais quand même un peu distante de par sa vie trépidante, occupait alors la place centrale de l'épisode afin de dresser le portrait, en creux, de la disparue, une personne en tous points irréprochable donc. Cela justifiait l'inquiétude de chacun vis-à-vis de la disparition, et permettait de s'intéresser au déroulement à la fois de l'enquête (mais Apparences n'a pas vraiment un but policier et ça se sent dés son épisode inaugural, je vous invite à relire mon premier post à son sujet).

Le second épisode prend une orientation toute autre ; en accord avec l'orientation très modérément policière de la série, et avec les dynamiques familiales décrites dans le premier épisode, Apparences décide d'explorer la psyché de la disparue. Elle n'est pas là mais elle est partout. Et ce qui est véritablement intéressant, c'est qu'elle se révèle très surprenante, comme le suggérait le cliffhanger du pilote.
Tout l'épisode sera consacré à apporter énormément de nuance à ce personnage. Si la thèse de la disparition ne bouge pas (l'enquêteur suspecte l'un des membres de la famille ; il n'est d'ailleurs pas tenu au courant des découvertes sur la personnalité de la victime), en revanche, le profil de la Manon devient moins monochrome. Et c'est ainsi que tout en poursuivant ses efforts de reconstitution des faits, tout en détaillant sa peinture de cette famille cachant habilement ses zones d'ombres, et bien-sûr tout en poursuivant le fil de l'enquête, Apparences continue à piquer notre intérêt sur le plan dramatique.

Apparences4

Mais le troisième épisode va faire mieux que ça encore.
Car Apparences ne veut pas simplement explorer le personnage "manquant" de son ballet un peu maussade de membres de la famille Bérubé. La série veut nous effrayer, de cette peur intime et pourtant si vague qu'on ressent quand on découvre qu'on ne savait rien d'un proche, et que tout d'un coup, tout est possible.

Toujours avec cette réalisation pleine de tact, reposant sur le non-dit des personnages présents et sur les aperçus très parlants, mais elliptiques, de la vie "véritable" de Manon, le troisième opus va donc s'adonner avec un talent un peu vicieux à un étrange sport : rendre la victime non seulement complexe, mais aussi totalement inquiétante.
Et c'est là que se justifie, naturellement, le titre de la série. Car Manon est bien plus une actrice que ne le sera jamais sa célèbre soeur. Elle a réussi à cacher sa véritable nature, la moindre de ses motivations, la totalité de ce qui la trouble, à tout son entourage. Elle a parfaitement fait illusion. Et maintenant qu'on fouille dans sa vie, le masque ne tombe même pas totalement, mais sa jumelle tombe des nues. Derrière la gentille fée parfaite qui est une éternelle célibataire consacrant sa vie à l'enseignement, il y a en réalité une inconnue et c'est là que le thriller surprend, et pourtant fonctionne totalement, parce qu'il s'appuie sur une vision très sensée des personnages et de leurs relations ; pour ça, on peut remercier le pilote.

J'ai essayé de préserver ce post de tout spoiler néfaste en ne vous parlant vraiment que de la structure des épisodes, et j'espère que j'ai à peu près accompli ma mission.

A présent j'ai quelques théories, et même quelques espoirs pour les épisodes futurs. C'est assez rare pour les thrillers télévisés, comme je l'ai dit, et je me réjouis du mélange des genres qu'Apparences parvient à accomplir ici ; c'est comme du sur-mesure.
Ce qui m'impressionne le plus, c'est cette capacité à tenir la distance en apportant des "retournements" tout en ne négligeant jamais l'angle dramatique, avec des personnages terriblement réalistes dans une histoire à la fois banale et incroyablement sordide. Si vous avez l'opportunité de vous lancer, n'hésitez vraiment pas, cette série vaut son pesant d'or.

Bonus : si vous regardez la série, vous aimerez le tumblr.

15 janvier 2012

Mr. Dismissed

Il sera dit que ce dimanche sera canadien ! Mais cette fois, on va changer de registre et s'intéresser à une comédie, Mr.D, qui a débuté en début de semaine. Pour être honnête, la teneur du post va également changer de ton par rapport aux deux précédents.

MrD
"Mr. D", en fait Mr. Duncan, c'est un prof de sport qui a assuré plusieurs remplacements, mais qui n'a trouvé de post permanent qu'en tant que prof d'Histoire. Il intègre la Xavier Academy, un collège privé, dans un domaine où il est donc totalement incompétent. Il se retrouve également à coacher l'équipe junior de basket féminin, nous permettant de constater ses ravages aussi bien en salle de classe qu'en salle de gym.

Le problème, c'est que Mr. D est un pauvre con. Sérieux, ya pas d'autre mot. Il est arrogant, il se prend pour le copain des élèves, le mec super cool de la salle des profs, l'expert en sport, le beau gosse... il a tous les travers. Il est insupportable. Son comportement est systématiquement du style tête à claques.

Le pilote est donc entièrement dédié à un seul objectif: vous le faire détester. Pas une seule fois il ne se montrera touchant, comme peuvent l'être d'autres personnages écrits pour être détestables, non, le but est uniquement d'agacer le spectateur un peu plus à chaque nouvelle scène, dans l'espoir paradoxal qu'il n'éteigne pas sa télé avant la fin de l'épisode mais qu'il lui vienne quand même une grosse envie de meurtre.
Je vous avoue que c'est vraiment quelque chose qui échappe totalement à ma compréhension. On n'est pas tout-à-fait dans un système humiliant comme dans des séries du type The Comeback, dont j'ai déjà pu parler, mais la dynamique est quand même assez proche puisqu'il est absolument impossible d'apprécier le héros de quelque façon que ce soit, et qu'il n'offre aucune forme d'aspérité à laquelle on puisse s'attacher. Ca me rappelle un peu mes souvenirs brumeux du pilote de The Office, sauf que là on n'arrive à le trouver pathétique, au mieux, que dans les "bons" moment. La grosse différence étant qu'on n'est pas dans une logique de mockumentary ce qui a au moins le mérite d'être original.

Au final, Mr. D est surtout le portrait d'un pauvre gars qui va persister dans sa bêtise, avec en plus, assez peu d'occasions pour les personnages l'environnant de vraiment exprimer l'exaspération du spectateur. Les rôles secondaires pourraient en effet être intéressants (le surveillant psychorigide, la prof sérieuse qui a des vraies angoisses de prof, la secrétaire du collège qui flirte avec tout ce qui bouge...) mais n'ont pas l'opportunité de vraiment se développer, et ne réagissent que de façon assez brève à leur insupportable interlocuteur, sans lui river le clou ni vraiment le mettre face à ses défauts (ce qui, en l'occurrence, constituerait l'humiliation, quasi-absente de cette étrange comédie comme je l'ai dit). Une curieuse comédie, vraiment.

C'est vraiment le genre de série que je recommande à ceux qui aiment les séries susmentionnées. Sans quoi... sans quoi eh bien, vous êtes un peu comme moi, et ça va vous mettre mal à l'aise. Zetes prévenus.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : pas de fiche. Pour changer.

17 janvier 2012

[#Ozmarathon] 3x07, rien ne va plus

Avouez, notre Ozmarathon vous avait manqué. Mais ô joie, le revoilà et, d'ailleurs, le season finale devrait être pour la fin de la semaine, donc ne vous éloignez pas.

Ozmarathon-3x07

En attendant c'est un bien étrange épisode qu'on a là, surtout si on le compare à la façon dont les deux saisons précédentes ont préparé leur final. Il faut dire que la saison a elle-même été assez différente des précédentes, avec assez peu de scènes choc, et des intrigues essentiellement dramatiques mais moins radicales que pendant la saison 2.

L'épisode n'en est pas moins bon, pourtant. Et cela en raison de 3 ingrédients majeurs : d'une part, la conclusion de plusieurs intrigues dont on avait besoin qu'elles cessent d'occuper le terrain ; d'autre part, des échanges intéressants mettant en lumière l'évolution d'un grand nombre de personnages ; et pour finir, et on peut dire que le meilleur était littéralement à la fin, une excellente scène pleine d'émotions et d'adrénaline qui donne envie de revenir.

Les intrigues mineures, ou devenues telles à force de trainer en longueur, je ne m'attarderai pas tellement sur chacune pour des raisons évidentes : la plupart, on est contents qu'elles parviennent à leur terme.
La confrontation Alvarez/Rivera fait pschitt, par exemple, parce qu'on s'attendait à ce qu'elle surprenne. Mais elle ne manque pas d'émotion : Alvarez confessant subitement à ce parfait inconnu qu'est Rivera ce qui le tourmente, sans jamais afficher l'air contrit qu'il a si souvent arboré, était en fait assez touchant de franchise et même libérateur. Miguel vient peut-être d'en finir avec son schéma de victime, d'ailleurs... Bon, espérons que la porte n'est pas trop grande ouverte pour une seconde entrevue, on a vu à peu près tout ce qu'il était possible d'en tirer.
J'ai eu la sensation que les divers quoique rapides échanges entre Ryan et Cyril O'Riley autour de la question de la boxe ont été, quelque part, réglés. Certes, la finale des matches eux-mêmes est prévue pour la prochaine fois, et je me languis de voir ces scènes disparaitre car elles ont rarement apporté un grand plus. Mais dans la conversation entre les deux frères, il était incroyablement touchant de voir Ryan faire une fois de plus son serpent, attrapant au vol la moindre occasion de gagner du fric (et donc d'améliorer la vie des O'Riley à Em City), et de réaliser que Cyril n'avait jamais voulu que l'imiter, comme un petit garçon copie son grand frère. C'était une jolie conclusion, il m'a semblé, à leurs diverses prises de bec, et une façon de solidifier encore le ciment de leur relation, si prenant depuis l'apparition de Cyril dans une saison précédente, et qui s'exprime de façon si fugace d'ordinaire (on le verra dans la scène de fin de l'épisode).
La partie de chasse de Chris Keller avec Sister Pete trouve également une conclusion, et une bonne. Après avoir été quasi-infaillible pendant près de 3 saisons, notre chère soeur aura finalement trouvé une façon intéressante d'évoluer. La scène avec le père Mukada était très puissante, même si sa conclusion était (comme cela arrive dans Oz) légèrement théâtrale.
Encore plus important, le pseudo-mystère autour de la mort du père de Clayton Hughes est enfin résolu. Avec toujours aussi peu de panache que dans la plupart des intrigues liées à Leo Glynn dont le seul point fort avec les saisons est vraiment d'être l'arbitre entre McManus et Devlin. Ca n'avait pas le moindre intérêt et on nous a quand même bien baladés avec cette intrigue, donc bon débarras.
Adieu, également, mais sur une note plus nostalgique, à Nappa, le seul à avoir su redonner aux Italiens de la classe, et qui se voit abandonné par les siens de la plus cruelle façon qui soit. C'est triste, mais d'un autre côté c'est la conclusion logique de l'épisode précédent, et ce n'est pas plus mal que l'épisode ne s'attarde pas là-dessus.

Heureusement, il y a des choses autrement plus captivantes dans cet épisode. Et notamment, des confrontations directes ou indirectes qui ne manquent pas de piquant.

Dans son parcours laborieux pour essayer d'expliquer à la Terre entière que, non, il n'est pas dirigé par ses organes génitaux (et je dois dire que je suis moi-même moyennement convaincue après la déclaration nullissime qu'il nous sort dans les vestiaires), Tim McManus nous gratifie d'une succession de scènes en apparence totalement inintéressantes. Le palot ridicule roulé par Diane Wittlesey à Timmy en est l'illustration : ces histoires-là ont vraiment été pénibles depuis toujours dans la série, et la ballade de Diane et Tim compte probablement parmi les love stories les plus insupportables d'Oz. Mais ce qui est intéressant, c'est plutôt ce que cette intrigue insupportable porte en son... sein.
On a d'une part un Tim McManus qui a totalement perdu la confiance de Glynn. On parle d'un mec qu'on n'a jamais vu devoir supplier pour retrouver son cher Em City après l'émeute, qui a quand même été, dans les grandes lignes, majoritairement soutenu par le directeur de la prison, et qui, là, comme ça, d'un coup, vient de perdre toute crédibilité aux yeux de Glynn. C'est très très fort comme déchéance, bien plus que la question de la presse.
Et pourtant cette question de presse est fondamentale. Parce qu'elle exprime aussi les promesses d'Adebisi, qui s'était juré de renverser McManus, et qui a trouvé une excellente façon de le faire. Une fois de plus, notre brute épaisse nous rappelle qu'elle a un cerveau en parfait état de marche ! Adebisi est vraiment la révélation de cette saison, son parcours est incroyable quant on voit quelles ont été ses fonctions au début de la série, et ce plan machiavélique pour utiliser les accusations de Claire Howell contre McManus et de les reprendre à son compte, tout en mettant Wangler en péril plus que lui si le mensonge venait à être découvert, c'est de la trempe d'un plan de Ryan O'Riley, rien de moins. Magnifique.
Dans ses errances, McManus va nous apporter une dernière scène intense. Depuis son arrivée, Shirley Bellinger s'est distinguée par sa duplicité étrange, jamais vraiment malfaisante, jamais totalement innocente. Son attachement à Richie Hanlon (qui lui manque apparemment autant qu'à moi) et son étrange relation à distance avec Adebisi, ses névroses nymphomanes et sa sincère gentillesse désintéressée avec de nombreux personnages, ont fait d'elle l'un des meilleurs personnages de la série en très peu de temps. Fascinante, la créature étrange s'est imposée dans le panorama pendant cette saison en ayant au moins une scène d'interactions avec la moitié des personnages intéressants d'Oswald ! La voilà qui rencontre Tim McManus en plein scandale sexuel, et on ne doute pas un instant, en retenant notre souffle, que cela va être épique. Et ô combien, en vérité, même si ce n'est pas du tout pour les raisons qu'on aurait pu imaginer. Jouant comme toujours de sa féminité caricaturale, de son goût prononcé pour tout ce qui tactile, et de sa voix douce, elle attrape Timmy dans ses filets en un rien de temps. Je ne crois pas un spectateur de la série capable à ce stade de ne pas parier qu'elle aussi va conduire McManus dans une situation embarrassante. Et pourtant, au milieu du bordel que constituent leurs vies respectives, étonnamment, Shirley Bellinger et Tim McManus se sont trouvés. Pas à un niveau amoureux, mais clairement, ce sont deux âmes qui se connectent immédiatement. Les interrogations de Bellinger sur son mode d'exécution, posées avec la candeur dérangeante qui lui est propre, sont reçues avec un rire, et une réponse toute aussi désarmante de spontanéité tordue par McManus. Leur échange est déroutant au possible dans la façon dont ces deux-là échangent, subitement, alors qu'ils se voient pour la première fois, sur les diverses façons de mourir. Tim McManus lance ses propositions comme on suggèrerait une idée de resto pour une soirée, Bellinger boit ses paroles et répond sur le même mode, et en réalité, je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais j'aurais regardé cette conversation pendant des heures, et en même temps j'avais des noeuds dans l'estomac et espérais qu'elle se finisse vite. Perturbant au plus haut point. La conclusion de cette entrevue me rend malade, par contre, pour d'autres raisons, que j'aurai hélas tout le temps d'expliquer ultérieurement...

Mais surtout, LE grand évènement, c'est les suites de la confrontation entre Beecher et Schillinger. A la façon d'Alan Kriegman et Kennedy Smith dans The War Next Door, ces deux-là ne finissent jamais leur éternelle danse de la mort. ET C'EST TANT MIEUX.
Sauf que désormais, Beecher n'est plus seul. Et je crois qu'il ne l'avait lui-même encore jamais vraiment réalisé.
C'est d'abord en s'associant avec Kareem Saïd, devenu un exclu, un outsider, qu'il s'est trouvé un partenaire magnifique. Quand je compare avec la première saison qui, vous vous en souvenez peut-être, m'avait tant fait piaffer d'impatience, j'admire l'évolution de Beecher. Il a, en cette fin de saison, atteint un stade absolument superbe, un mélange d'imprévisibilité dangereuse et de sagesse confondante. Brisé plusieurs fois, toujours remis sur pieds, Beecher est un phénix incroyable qui m'impressionne énormément dans sa quête de spiritualité qui, si elle s'est déclarée tard dans la saison, est totalement cohérente, et lui permet de nouer des relations avec un homme aussi fou et avisé que lui, Kareem Saïd, le prophète déchu. Le tandem marche incroyablement bien. Il n'y a rien à jeter dans les regards, la complicité silencieuse, le respect visible que les deux hommes échangent. Ils sont véritablement à pied d'égalité, Kareem ne cherche pas à tout crin à avoir de l'ascendant sur Beecher et Beecher accueille sa présence comme un ermite accepte la présence d'un autre. A certains instants dans l'épisode, j'ai juste envie de les regarder interagir et deviser pendant des heures et de mettre en pause tout le reste.
Mais ce n'est pas le cas et au bout du compte, je ne m'en plains pas. Car leur connivence les enferme dans une bulle fragile que tout le monde a pu remarquer. Beecher repousse l'aide de Chris Keller comme s'il se fichait totalement de ce que pourrait donner une agression qui semble vouée à se produire, et c'est la preuve d'une inconscience totale autant qu'une phénoménale capacité à accepter les coups du sort.
Beecher et Saïd vont donc, à parts égales, s'inciter l'un l'autre à aller chercher la rédemption en offrant et demandant pardon, et ce sont ces actes gratuits qui vont, paradoxalement, déclencher la séquence finale de l'épisode. Ou comment chacun trouve sa place, tant bien que mal, dans une configuration nouvelle.
La confrontation entre Beecher, venu en Paix, et Schillinger, qui a cette incroyable faculté à toujours se libérer mentalement de la responsabilité de ses actes (en l'occurrence en tenant Beecher pour responsable de la mort d'Andy), donne une immense bagarre dans laquelle, instantanément, interviennent les Muslims, les Aryens, mais aussi un Chris Keller qui, bien qu'une fois de plus repoussé par Beecher une scène plus tôt (il était temps que leur relation soit adressée sous cet angle, d'ailleurs), nous prouve que son petit coeur tordu bat la mesure au rythme de celui de Beecher, et nous arrache un sourire ému. De toutes les histoires amoureuses d'Oz, la ballade de Beecher et Keller est, elle, sans défaut, parce que ses personnages sont impressionnants pris à part, et surprennent en permanence dans leurs choix et leurs interactions.
Au final, comble de l'ironie, Beecher et Schillinger se retrouvent avec des blessures jumelles, traités côte à côte à l'hôpital de la prison. A qui le prochain coup, et comment ?

On sort de l'épisode troublé à l'idée de ne pas trop savoir ce que nous donnera la conclusion de la saison dans pareilles circonstances. Il semble presque clair que tout est dit, tout est parfait en l'état. Alors, à ce stade, le season finale ne peut que nous surprendre.
Rendez-vous dans quelques jours pour le grand final, donc.

9 décembre 2011

Un presque bon moment à passer

Deux pilotes avec Anna Friel en une semaine. Soit trois fois plus que la dose maximale prescrite.
Après Neverland, voici maintenant l'occasion de tester Without You, une série en projet depuis quelques temps maintenant (souvenez-vous) et dont je n'avais même pas réalisé la diffusion avant de lire un tweet hier aprem dans ma timeline Twitter. D'ailleurs la fiche imdb n'a été mise à jour avec le titre définitif qu'après la diffusion du pilote hier soir, et n'apparait même pas dans la filmo d'Anna Friel.

WithoutYou

Anna, qui autant vous prévenir ne quittera même pas l'écran le temps d'une pause-pipi, est donc l'héroïne de cette mini-série dramatique qui commence lorsque son personnage, Ellie, perd son mari (Marc Warren, qui d'après mes calculs apparait dans 80% des séries britanniques) dans un accident de voiture. Jusque là tout va, euh, non, ça ne va pas bien mais c'est assez classique. Ellie passe donc par les phases habituelles du deuil dans une fiction : elle pleure, elle est choquée, elle discute avec le fantôme de son mari, la routine, quoi.
Sauf qu'Ellie a aussi appris qu'au moment de la mort de son mari, une femme était à ses côtés ; or, elle ne connaissait pas du tout cette femme. C'est là que l'intrigue démarre vraiment.

Parce qu'étrangement tout le monde dans son entourage est quand même super prompt à accepter la thèse selon laquelle le gentil mari la trompait avec la mystérieuse femme. Il faut dire que celle-ci est blonde et répond au nom de Milena, ce qui apparamment en Grande-Bretagne est le prénom qu'on donne à toutes les maîtresses.
Ce qui n'arrange rien, c'est que Milena était mariée, que son veuf a plutôt l'air furieux que triste, et qu'il refuse obstinément de se comporter comme un veuf, genre il pleure pas, il est pas choqué, et ma main à couper qu'il papote pas avec le fantôme de son épouse, non plus. Et ça c'est nécessairement suspect.

Avec ce petit côté obsessionnel qu'ont toutes les personnes dont un proche vient de mourir (peut-on le leur reprocher ?), Ellie va donc commencer à se poser des questions sur les circonstances du drame, d'autant qu'un juge a décrété que c'était un accident et que ce ne sont donc pas les autorités qui vont s'en charger. D'ailleurs je ne me doutais pas qu'il fallait réunir les témoins, les enquêteurs et les familles des victimes se retrouvent devant un juge qui prononce la mort accidentelle ; c'est une originalité du système britannique, je suppose, en tous cas c'était une scène un peu irréelle (et pas juste parce que tout d'un coup Ellie est en état de choc) pour moi qui pensais que le propre d'une mort par accident était qu'on n'avait pas besoin d'en passer par le processus judiciaire.

Dans la peau d'Ellie, Anna Friel n'est pas vraiment mauvaise. Mais il y a deux problèmes, et non des moindres : d'une part le déroulement de son deuil, dans la plus grande partie de l'épisode, est profondément cliché (avec ce qu'il faut de gens qui lui tapotent l'épaule et qui, dés qu'elle pleure, lui proposent de l'eau (wtf ?)), et de l'autre, le fait qu'Anna Friel n'est pas sympathique. Plus le temps passe plus je m'aperçois qu'en réalité Anna Friel n'est pas du tout sympathique, en fait, même quand elle est supposée l'être, elle a ce petit quelque chose d'irritant, de hautain et de fruste qui devient rebutant à la longue, et son omniprésence n'aide pas.
Ce n'est qu'à la toute fin de l'épisode qu'Ellie se sort de son côté pathétique/antipathique et se remue un peu.

Pourtant, on se doute bien qu'elle va découvrir quelque chose ; sa quête de vérité est trop méticuleuse, trop poussée, trop détaillée pour qu'elle ne donne rien, et elle va probablement passer les deux épisodes qu'il lui reste à découvrir que les choses sont plus complexes qu'il n'y parait ; Without You ne cherche pas vraiment, en réalité, à donner dans la surprise, de toute évidence (ce qui serait vraiment surprenant, ce serait que son mari se soit réellement tapé Milena et qu'elle se raconte des histoires). Les scènes supposées être "émouvantes" du pilote le prouvent, l'originalité n'est pas son fort. Mais ça se laisse regarder. A condition d'avoir pleinement conscience qu'on ne va, à aucun moment, se lier émotionnellement au personnage central, et que les autres ne sont pas là pour ça non plus.
On a connu des thrillers plus excitants, du coup, mais vu que Without You ne durera que trois épisodes, ce n'est pas gravissime...

Accessoirement, cela me rend encore plus admirative envers Pushing Daisies qui avait réussi à ne pas me rendre Anna Friel totalement antiphatique. Il y a définitivement quelque chose de magique dans cette série, ça se confirme.

Et pour ceux qui... hm. Bon.

5 décembre 2011

Vous souvient-il ?

Tous les téléphages ont expérimenté une forme ou une autre de nostalgie.
Parfois, cela prend la forme d'une série devenue, au gré des années puis des décennies, fondatrice de tout le rapport que le spectateur a aux fictions télé dans leur ensemble. Ou bien, moins glorieux, parfois cette nostalgie se transforme en une forme de passéisme qui incite à dire, souvent à tort, que les séries, c'était mieux avant. Parfois c'est tout simplement se souvenir du détergent au citron quand votre mère passait la serpillère le dimanche soir, et que vous leviez les pieds d'un air absorbé, tout en regardant le Disney Channel. Parfois c'est le souvenir encore vif d'un épisode qui vous a ému sincèrement, et vous pouvez presque décrire la densité de l'air autour de vous au moment précis où vous l'avez regardé. Parfois c'est un souvenir doux, d'autres fois plus amer.
La nostalgie, quel que soit le degré de facilité avec lequel nous lui cédons, est une part de notre parcours à tous.

Je regardais un calendrier cet après-midi, et j'ai ressenti une bouffée soudaine, presque violente, étouffante, de nostalgie. J'ai regardé ce calendrier et réalisé que le mois de novembre s'était échappé si vite, et que j'avais essentiellement passé ce mois de novembre à avoir le coeur qui bat pour une série britannique, Threesome, à laquelle il faut une solide dose de volonté pour échapper si on lit ce blog de façon régulière. Une autre a d'ailleurs pris la relève, The Café, qui vraisemblablement sera mon coup de coeur du mois de décembre, sauf surprise (et après tout, il y a TOUJOURS des surprises dans mon quotidien téléphagique). C'est alors que j'ai eu un petit pincement au coeur à l'idée que, l'an dernier, mon mois de novembre avait également été très britannique.
Novembre 2010. Le mois où j'ai découvert, puis dévoré, puis délaissé, les 5 "premières" saisons de Doctor Who.

C'était il y a à peine un an.
Et cela fait une éternité.

Depuis que j'ai découvert la série, mon Docteur est parti, un autre a pris sa relève avant de disparaitre à son tour et céder la place à un nouveau. J'ai regardé, depuis, la 6e saison au même rythme que le reste des Whovians, avec ses deux parties, et ses épisodes parfois éprouvants en termes d'action surboostée ou d'émotions décuplées.

Et pourtant, tout-à-l'heure, devant mon calendrier, en repensant au mois de novembre 2010 et à ce mois de découverte, avec ce que cela inclut de hauts et de bas, de bons souvenirs et d'autres moins bons, bref, de sentiments mêlés comme on n'en vit qu'avec des intégrales auxquelles on se lie, devant mon calendrier, cet après-midi, je me suis surprise à murmurer...

"Ah, tiens, mais au fait, qu'est-ce qu'elle devient cette série ?"

Comme si ce n'était pas elle que j'avais suivie au printemps et à l'automne. Comme si j'attendais son retour depuis près d'un an. Comme si soudain je réalisais que je l'ai délaissée et que les épisodes sont sans doute quelque part, n'attendant qu'un clic de ma part pour corriger cet égarement.

Soudain tous les souvenirs remontent. Fichue nostalgie.
Le Docteur danse, le Docteur faire une promesse qui se perd dans le crépitement d'un feu de cheminée, le Docteur enregistre un message fragmentaire, le Docteur s'extasie devant la fin du monde, le Docteur court dans la bibliothèque silencieuse, le Docteur hurle de rage envers les Daleks, le Docteur s'illumine à l'idée que tout le monde a survécu, le Docteur va applaudir Shakespeare, le Docteur dit adieu sur une plage... Les grands moments, les petits moments, les petites joies, les grandes peines, tout me revient, comme appartenant à une autre époque, une autre ère, et le Docteur me manque, sous presque toutes ses formes, il me manque terriblement, et je ne sais plus vraiment ce qu'il est advenu de sa série.
J'ai une envie terrible d'aller revoir ces épisodes, ou mieux encore, d'en découvrir de nouveaux...

...Avant de me raviser et réaliser que je les ai vus, les nouveaux épisodes. Je les ai vus. Et ce n'est plus vraiment la même chose. Je n'ai pas de nostalgie. Je n'ai pas de lien affectif. C'est une série que je regarde mais c'en est une autre. Il y a des bons moments, évidemment, quelques uns. Mais ce n'est pas la même série, non, on parle d'une autre, moi je parle de Doctor Who vous comprenez ?

J'ai senti mes doigts se crisper sur le calendrier, et mon coeur se serrer brièvement comme quand j'apprends l'annulation d'une série qui me plaisait bien et avec laquelle je pensais vivre encore quelques aventures.

"Ah, tiens, mais au fait, qu'est-ce qu'elle devient cette série ?"

Quelle misère.

VousSouvientIl

15 janvier 2012

Halte aux complexes

Canada, you're on fire !
Après Bomb Girls, et dans une moindre mesure Apparences et Arctic Air, la mid-season s'annonce très convaincante pour les Canadiens. Et si The CW vient d'acquérir les droits de la série The L.A. Complex, c'est parce que la chaîne américaine aimerait être capable de proposer des séries maison de cette trempe et qu'il n'y avait tout simplement pas de question à se poser.

Complex

The L.A. Complex a réussi à capturer tout ce que j'aime dans le mythe hollywoodien, sans aboutir à un résultat qui manque de sympathie ou de "réalisme", et surtout pas de chaleur humaine. Les héros de la série sont, certes, tous frappés du sceau du tout-le-monde-il-est gentil (le côté tout-le-monde-il-est-beau était sous-entendu par le sujet de départ), mais il ne s'agit pas de raconter des parcours qui vont nécessairement bien se dérouler, ou conduire à la gloire, ou rendre heureux. C'est comme ça que j'aime mes histoires sur le monde du show business.

Il y a quelques semaines, je vous parlais de ma déception en réalisant qu'il m'était impossible de trouver une série qui parle de la vie des danseurs comme le fait A Chorus Line. Il y a une danseuse dans The L.A. Complex, d'ailleurs. Mais sans se limiter à la danse, je retrouve dans la série retranscrit plutôt bien l'ambiance que je cherchais dans ce style de fictions ; la somme de travail, d'espoirs, de désillusions, d'échecs que cela représente que de chercher à percer dans cet univers, trop souvent dépeint, dans les séries adolescentes notamment, comme un milieu où comme par hasard on va venir vous chercher parce qu'on a découvert ce que vous valez (parfois alors que vous-même ne le saviez pas !).
Sans pour autant être une série déprimante, sombre et glauque, The L.A. Complex tire admirablement partie des éléments négatifs de la vie de ces jeunes (et moins jeunes). Il en résulte à la fois l'illusion du réalisme et l'impression d'une certaine fraîcheur, puisque l'idée n'est pas non plus de s'écarter trop d'un esprit de camaraderie (typique des séries destinées à cette tranche d'âge) entre les différents personnages.

Peut-être que, dans le fond, le rêve hollywoodien, ce ne sont pas les séries américaines qui peuvent en parler le mieux. Souvenez-vous de The Assistants (ou glissez un oeil dans les tags et prenez un air intelligent) : c'était un peu le même topo. Dans ces deux séries canadiennes, même si la forme varie beaucoup, l'idée reste la même de montrer un envers du décor à la fois sympathique, enjoué et coloré, et de tout de même rappeler ce que c'est que de s'escrimer à survivre dans ce milieu quand on vient de débarquer, plein d'espoirs prêts à se faire écraser.
C'est sans doute un peu sadique de ma part, mais c'est exactement ce que je cherche dans une fiction qui s'apprête à me parler d'un milieu supposément glamour comme peut l'être l'industrie du divertissement.

Oui, peut-être que ce sont ceux qui cherchent à percer à L.A. qui parlent le mieux de ce qu'on peut ressentir quand on est un outsider qui essaye d'entrer dans la boucle hollywoodienne. Après tout, la série est canadienne, et elle ne s'appelle pas The L.A. Complex pour rien.

Et pour ceux qui... eh non.

11 novembre 2011

Est-ce que tu t'entends parler ?

Il m'arrive, totalement par accident, de recommander des séries aux téléphages les plus curieux. Vous me connaissez, je ne le fais pas exprès.

Mais parfois, je m'aperçois de la façon que j'ai de présenter les choses, notamment sur Twitter où les caractères sont limités. Et il faut quand même avouer que ce qui semble un pitch intéressant, original ou un peu fou au premier abord... eh bien, peut parfois un peu faire peur.

Ainsi, pour Death Valley, j'ai tenu un discours assez incompréhensible du genre de "il y a des vampires, des zombies et des loup-garous, ça me fait peur mais c'est cool !", et sur Threesome, un pitch qui peut faire peur, "trois amis couchent ensemble et la fille tombe enceinte". Imaginez un peu l'effet sur quelqu'un qui ne s'y attend pas...

DeathValley-cast
Alors forcément, ça fait réfléchir. Quand l'un de mes collègues, le lundi matin, me demande ce que j'ai regardé et que je lui dis, en quelques mots pendant que je diffuse la revue de presse, que c'était "une série norvégienne sur un mec qui revient dans son patelin natal" ou que je me suis envoyé l'intégrale d'une série "où la femme d'un politicien est trompée par lui et reprend son métier d'avocate", ça fait pas envie, forcément. (Reconnaitrez-vous les séries en question ?) Peut-être que je suis nulle pour résumer une série ; peut-être aussi que l'exercice de recommandation demande un peu plus qu'un simple résumé du pitch et qu'on ne peut pas faire ça en quelques mots.

Mais du coup je me demande si ce n'est pas aussi ça, parfois, qui fait que j'échoue à vous donner envie de regarder certaines séries que j'ai appréciées. Evidemment, on ne peut pas dire que je me limite dans le nombre de caractères sur ce blog, et d'ailleurs, dans le podcast de SeriesLive non plus on ne peut pas dire que je sois silencieuse, mais peut-être que c'est la façon de tourner les choses qui ne facilite pas la contagion.
Peut-être aussi qu'il faudrait que je résume plus. Je me suis aperçue à travers mes reviews de The Slap que je résume en fait assez peu les intrigues et que, pour une fois que je faisais des reviews épisode par épisode, je décrivais des passages entiers et ça m'était en fait très peu familier, comme procédure. J'ai plutôt tendance à parler de mes impressions que de ce qui se passe ; c'est bien dans le sens où ça vous évite les spoilers, mais d'un autre côté, peut-être qu'en réalité les posts vous sont un peu imperméables parce qu'ils ne prennent du sens qu'une fois qu'on a vu l'épisode aussi, or pourquoi regarderiez-vous un épisode sur la base seule de mes impressions quand son résumé vous est si opaque ?

Pas facile de trouver un équilibre, et c'est pour ça que les fiches de SeriesLive sont d'un grand soutien. Parce que dans ce contexte purement objectif, je suis obligée de me poser pour essayer de résumer l'histoire le plus clairement possible au lieu de la mêler à mes impressions vis-à-vis de la série.
Depuis la création de ce blog, j'ai toujours lié mes posts aux fiches de SeriesLive, principalement parce que je fréquente et contribue "activement" à ce site depuis... fin 2004, ça ne nous rajeunit pas. Ces derniers temps, je voyais les news comme un moyen d'attirer votre attention sur les séries, en dépit du fait (et ça se confirme quand je fais des bourdes comme ce soir) que je ne suis pas une newsmakeuse dans l'âme. Ptet que finalement, c'est sûr les fiches que je devrais reporter le gros de mon attention...

7 février 2012

[#Ozmarathon] 4x07, best sitcom ever

Allez savoir si j'étais, au départ, d'humeur badine, mais ce nouvel épisode de notre Ozmarathon m'a semblé être une gigantesque et hilarante blague. Tout prêtait à sourire ou même à rire. Oz peut tout faire... même de la comédie !

Ozmarathon-4x07

Quoique l'épisode a plutôt commencé comme un film d'horreur. Pour une raison qui m'échappe, Ryan O'Riley se tape... j'ai peine à croire que je vais le mettre blanc sur violet mais... il se fait Claire Howell. En fait non, la raison ne m'échappe pas. C'est du Ryan tout craché : il a calculé les bénéfices immédiats (il peut se taper l'une des rares femmes d'Oswald) et sur le long terme (il a un CO dans la poche et peut lui demander des services, et c'est mieux que jouer sur la fibre patriotique de Murphy), et il en a conclu que, ouais, en essayant de se concentrer et d'imaginer que c'est Gloria à la place, c'est jouable.
En toute sincérité, je me rappelais que Howell se tapait un prisonnier, mais j'avais oublié lequel. Ca m'a fait un choc. Mais évidemment, voir Stanislofsky mourir quelques minutes plus tôt m'a redonné le sourire...

Pour prendre le relai et s'enfoncer plus loin encore dans la comédie, on a droit au cas Zabitz. Ce personnage sans grande envergure, qui n'a été là que pour relancer la guerre entre Beecher et Schillinger (ce dernier l'avait payé pour dire que Keller était coupable de l'enlèvement des enfants), et qui passe son temps à parler des dents pourries de sa fille, était voué à retourner dans la masse des prisonniers anonymes aussi vite qu'il en était sorti. C'était sans compter sur le désormais légendaire sadisme des scénaristes, qui décident de lui donner une porte de sortie plus officielle et de nous montrer un Chris Keller bien décidé à lui faire manger les pissenlits par la racine. Pendant ce temps, Schillinger convient que Zabitz est devenu gênant et qu'il faut l'éliminer.
La scène de l'exécution est surréaliste : Keller et Robson se disputent la proie... tout ça pour que celle-ci fasse une attaque cardiaque. C'est hilarant et absurde. Insérez les rires enregistrés ici.

Mais le fun ne s'arrête pas là puisque Keller a ensuite toute une scène pendant laquelle il humilie le père Mukada avec la même technique qu'il avait utilisée pour destabiliser Sister Peter Marie lors de leurs sessions. Et c'est non seulement dingue de voir à quel point il est doué pour ça, mais aussi de prendre deux secondes de recul et de se dire que c'est B.D. Wong qui fait mine d'être effaré par la perspective dégueulasse de se livrer à des actes homosexuels. Difficile de ne pas voir l'ironie de la chose ici.

C'est ensuite au tour de Beecher de nous divertir. Ici on est moins dans le rire à gorge déployée que l'expression cynique d'un humour noir de mauvais goût. Après avoir bouclé le clapet de Sister Pete et de Kareem Saïd, Beecher décide de devenir méchant et de payer pour faire tuer Hank Schillinger. On aurait presque pu s'en tenir là : faire exécuter le même jeune homme qui devait être la personnification de son rachat karmique était déjà plutôt drôle. Mais qu'en plus, Beecher change d'avis, aille annuler sa commande, pour apprendre qu'il est trop tard, c'est terriblement... pas marrant, non, mais avouez que c'est vraiment le revirement qui tue. Plus c'est gros, plus ça passe, cela dit, et c'est bien dans l'esprit de cet épisode.
Il ne fait pas vraiment de doute dans mon esprit, dans les prochains épisodes, on ne trouvera plus ça très amusant. Mais pour le moment, c'est juste énorme.

Puisque décidémment c'était l'intrigue du n'importe quoi, l'affaire Rebadow rebondit. Notre tueur-né a soudain des regrets, une fois sorti du trou. Il tente de faire des excuses à Busmalis et c'est bien-sûr l'instant précis que choisit une tumeur dans son cerveau pour pousser. Bon, pas tout-à-fait, mais il faut quand même reconnaître que l'enchaînement de situations de cette intrigue vire au grand-guignol, surtout étant donné le talent de Busmalis pour être piteusement drôle en toute situation, et avec en prime l'obstination de Querns à lui refuser de voir son ami, on ne sait pas d'où ça vient, mais ça dédramatise complètement la situation de le voir jouer au salaud comme ça. On devrait s'inquiéter pour Rebadow mais vu le contexte, on n'y arrive pas.

Les scénaristes se désintéressent quant à eux lentement de l'intrigue de Mobay (et ils ont raison). On est donc dans le n'importe quoi aussi ; alors que pour la première fois, Mobay vient demander conseil à Glynn (il est bien temps !), lequel nous sort des conneries quasi TwinPeaks-iennes sur son obsession envers la campagne électorale et balance une réponse à la con aux problèmes de Mobay. C'est totalement ridicule, sa suggestion, d'ailleurs : comme si introduire un prisonnier que personne n'a jamais vu pour acheter de la drogue à Mobay allait permettre à ce dernier d'acquérir une quelconque crédibilité ! Et pourtant, croyez-le ou non, Mobay s'exécute. Sauf qu'Adebisi n'est pas d'humeur à la rigolade, et qu'il continue d'avoir des doutes envers Mobay. Ca va mal finir.
En intrigue annexe, je pourrais également citer Hill, qui se fait cuisiner au sujet du meurtre auquel il a assisté. La scène est là aussi un rien décalée, avec l'enquêtrice sûre de son coup qui a deviné, on ne sait comment, que Hill sait quelque chose. J'avais envie de me rouler par terre.

La fin de l'épisode est, en apparence, plus sérieuse. En apparence seulement. Pendant qu'Adebisi a fait de sa piaule à Em City un véritable nightclub, qu'il se débarrasse nonchalamment de Pancamo et Morales, et qu'il trouve le moyen de faire de la couenne tout en tapant la discut' avec Kareem Saïd, ce dernier reprend la tête des Muslims (on savait tous qu'Arif n'avait pas ce qu'il fallait et qu'il ne tiendrait plus très longtemps). Il essaye d'intéresser McManus au sort d'EmCity, lequel est quant à lui mis face à l'autre vérité derrière la création d'un EmCity entièrement noir : l'unité B est en train de drôlement pâlir en contrepartie. Derrière les développements de cette histoire pour Adebisi, Saïd, McManus ou Schillinger, il y a l'officialisation de la guerre raciale qui est déclairée à Oswald, jusque là sournoise, désormais inévitable. C'est une intrigue qui après tout, a besoin d'éclater, c'est le moment. Mais c'est totalement absurde, une fois de plus, de voir comment le plan de Kareem Saïd le pousse à pactiser avec Adebisi, lequel lui fait une déclaration hallucinée et se met à danser en plein milieu d'EmCity.

Je crois qu'il est temps de placer les scénaristes en désintox : pour cet épisode, ils avaient vraiment abusé. Mais avec ce qui se prépare, rira bien qui rira le dernier encore en vie... parce qu'à mon avis, ça va se corser.

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