ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

09-08-13

Got a secret, can you keep it ?

Vingt ans après la mystérieuse disparition de Fuyuha Onodera, ses cinq amis, Keiko Inoue, Kouji Higashihagi, Takako Kawano, Miya Akiyoshi et Yutaka Sabashima, commencent à recevoir des messages signés Fuyuha...
Si ce pitch vous en évoque un autre, mais que dans votre esprit, les noms sont plutôt à consonnance anglophone et les personnages encore adolescents, alors vous êtes comme moi : vous trouvez que Gekiryuu présente de sérieuses ressemblances avec Pretty Little Liars.

Allez, les exécutifs de la NHK peuvent nous le dire, à nous ! Ce ne serait pas la première fois qu'une série américaine trouverait le moyen d'être revue et corrigée par une série japonaise, l'Archipel ayant développé un art de l'appropriation téléphagique qui nous offre régulièrement de bonnes surprises (...et parfois non. Bon, on peut pas réussir un tel pari à tous les coups).

Gekiryuu
Mais tant qu'on en est à parler d'influences, alors, après visionnage du pilote, j'aurais plutôt tendance à dire que Gekiryuu me rappelle beaucoup Dousoukai, diffusée il y a un peu plus de trois ans. Hm, d'ailleurs j'arrive même plus à me souvenir de comment ça finit, faudrait que je me la refasse à l'occasion cette série... Dousoukai, pour ceux qui ont la flemme de cliquer sur les tags au bas de ce post (honte ! honte à vous !), racontait comment, à la faveur d'une réunion d'anciens élèves, un groupe d'adultes se remettait à remuer le passé, tout en s'interrogeant sur la disparition de deux des leurs le soir-même de la réunion d'anciens. Non vraiment, plus j'y réfléchis, plus je suis à peu près sûre de ne pas avoir vu la fin. Et c'est effectivement ce parfum de nostalgie amère qui embaume tout le pilote de Gekiryuu, avec cette même façon que les souvenirs avaient dans Dousoukai de paraître si tendres, faisant souffrir le présent par comparaison, à plus forte raison parce que le présent n'est pas bien follichon. Ca se trouve il n'y a même jamais eu de sous-titres pour les derniers épisodes et c'est pour ça que je me suis arrêtée... La vraie différence, c'est que le passé de Gekiryuu, bien qu'évoquant une adolescence insouciante qui forcément provoque quelques regrets à des adultes élimés par la vie, est aussi chargé de tristesse. Laissez-moi vérifier ? Ah bah non, ils ont été sous-titrés. J'ai aucune excuse pour le coup. Justement à cause de la disparition de Fuyuha que j'évoquais plus haut.

Cette disparition n'a rien à envier à celle d'Alison : alors que les sept adolescents étaient en excursion scolaire, et visitaient les bâtiments historiques de Kyoto, tous reprennent le bus à la fin de la journée. Et, alors que le bus passe dans un tunnel sans marquer le moindre arrêt... Fuyuha disparaît. Comme ça. Impossible de la trouver. A l'arrêt suivant, ses amis descendent, se mettent à sa recherche, mais rien à faire. Et Fuyuha a disparu pour toujours à partir de cet étrange instant.
...OR HAS SHE ? Car comme vous le savez maintenant, 20 années plus tard, voilà que ses cinq anciens camarades, vivant tous désormais à Tokyo, reçoivent des emails apparemment signés par elle, contenant en tout et pour tout un unique message : "te souviens-tu de moi ?".

Attendez une minute... hein !? Vous avez bien lu "sept adolescents" et "cinq camarades" ! Je sens que je vous ai perdus, là. Laissez-moi donc recompter : la disparue Fuyuha, ça fait 1, ensuite avec Keiko, Kouji, Takako, Miya et Yutaka, ça fait 6... où est donc le 7e larron ?

C'est le premier truc qui m'a chiffonnée dans ce pilote de Gekiryuu : personne ne commence par se dire "hey mais, lors de cette sortie, nous étions quatre filles et trois garçons, si on soustrait la disparue, ça fait trois filles et trois garçons... pourquoi seulement cinq d'entre nous semblent avoir reçu ce courrier flippant ?". Non, au lieu de ça, lorsqu'ils vont reprendre contact les uns avec les autres pour évoquer les curieux emails qu'ils ont reçu, et tenter de donner du sens à tout cela, les 5 amis vont se réunir dans un bar et se demander qui pourrait bien les connaître au point d'avoir leurs adresses mails ET EN MEME TEMPS être au courant de l'affaire Fuyuha, qui s'est quand même déroulée il y a 20 ans et dans une autre ville. Ok les gens, je veux pas avoir l'air de la ramener pour faire ma maligne, mais quelqu'un qui aurait connaissance de la disparition de votre amie et qui y penserait encore 20 ans après... je miserais sur le seul à ne pas sembler avoir reçu de mail dans la bande, non ? Bah apparemment non.
L'épisode va nous montrer des souvenirs de la funeste journée en question, mettre en exergue le fait que les amis sont à nouveau réunis pour la première fois depuis 20 ans... et personne ne va penser à dire "rho merde les gars, pas cool, on aurait pu inviter Jimmy à venir prendre un verre avec nous".
On voudrait nous préparer une grosse révélation pour dans quelques épisodes qu'on ne s'y prendrait pas autrement.

Mais admettons. Disons que le Jimmy (...à mon avis il s'appelle pas Jimmy, c'est même assez certain, mais je suis pas sûre d'avoir retenu son nom, si jamais il a été prononcé dans l'épisode) n'a rien à voir avec tout ça, et que mon instinct me trompe. Mon instinct n'est pas infaillible. Mon instinct m'a fait regarder Last Resort, après tout, donc bon. Reste quand même qu'évoquer ce personnage pendant la réunion informelle d'anciens n'aurait pas été du luxe, ne serait-ce qu'en passant. Là ça fait un peu : "mon Dieu, c'est un évènement tragique qui a marqué l'une des périodes charnières de ma vie... mais j'ai totalement oublié l'existence de l'une des personnes avec qui j'ai vécu ce drame". Hin hin, c'est cela. Nan mais vraiment, à d'autres.

Gekiryuu_Bar"C'est comme s'il manquait quelque chose, mais quoi ?!"

Gekiryuu va en outre, et c'est le deuxième gros inconvénient de ce pilote, se montrer épouvantablement bavard. Oui, plus bavard encore que moi dans mes posts à rallonge, c'est vous dire !
La scénariste Noriko Yoshida (dont c'est la première série que je regarde) va ainsi nous introduire dans le contexte de Gekiryuu non pas avec une voix-off d'exposition, mais avec deux puis trois voix-off ! Plusieurs personnages vont ainsi, tour à tour, raconter leur point de vue sur la découverte de ces emails, ainsi que sur l'étrange concours de circonstance qui fait que certains d'entre eux vont se croiser juste avant de les avoir reçus. C'est fait avec la finesse d'un pachyderme dans un magasin de porcelaine, d'autant que la première narratrice va s'exprimer si longtemps, qu'on va être pris par surprise quand le second va prendre le relai. Puis, pas de voix-off pendant plusieurs minutes... et là pouf, un troisième personnage prend la parole. Pourquoi ? Nul ne sait. Qu'est-ce qui justifie que ceux-là aient droit au chapitre et pas les deux autres ? Aucune idée. On comprend vaguement, par une allusion (une seule), que ça a un rapport avec la façon dont ils se racontent les choses au moment de se retrouver, afin de reconstituer les pièces du puzzle, mais narrativement, c'est très maladroit et mal présenté, en tous cas.
Par-dessus le marché, les passages dépourvus de voix-off sont constitués de très longues conversations (ou de flashbacks) qui rendent le tout épouvantablement longuet et même, par moment, rédhibitoire.
Le passage où les 5 amis vont prendre un verre dans un bar afin de parler des emails est certainement le plus affligeant de tous sur ce point. Avec un soucis supplémentaire, car on dirait que tous se connaissent depuis toujours alors que la plupart ne s'étaient plus parlé depuis vingt ans il y a encore quelques jours en arrière. En-dehors de quelques poncifs, on ne ressent pas du tout l'aspect retrouvailles qui faisait la force d'une des séquences-clés du pilote de Dousoukai, pour reprendre ma comparaison.

Alors, que réussit Gekiryuu dans ce contexte un peu pénible ?
Eh bien, tout l'aspect jouant sur le temps qui a passé et la vie qui leur est passée dessus. "Pour ceux que nous étions à 15 ans, le futur était une route éloignée et longue. Nous pouvons tout faire, nous pouvons devenir qui nous voulons, pensions-nous", sera une pensée évoquée par Keiko alors qu'elle repense à ce fameux dernier jour d'insouciance à Kyoto. Aujourd'hui les choses sont évidemment différentes.
Ainsi, Keiko, qui travaille pour une maison d'édition, est en plein divorce, avec un mari qui l'a trompée, a quitté le domicile voilà six mois, mais qui fait traîner la procédure et repousse sans cesse la médiation qui conduirait à officialiser la séparation. Pire encore, la carrière de Keiko, qui est présentée dans ce premier épisode comme la seule chose de positive dans la vie de Keiko (voire la seule chose tout court !) va prendre un sérieux coup dans l'aile au cours de la première heure de la série.
De son côté, Miya, qui avait arrêté l'école très tôt, est devenue une chanteuse plutôt populaire, avant d'être prise dans une descente aux Enfers qui s'est soldée par une arrestation pour possession de drogue. Désormais vivotant tant bien que mal de sa célébrité passée, elle semble pourtant n'avoir jamais vraiment achevé sa crise d'adolescence et est en perpétuelle rébellion contre tout. On apprend également à demi-mots qu'elle a coupé les ponts avec sa mère.
Kouji a quant à lui l'air de tout maîtriser dans la vie, en dépit de son attitude un peu trop polie voire docile. Enquêteur dans la police, il est essentiellement là pour orienter l'intrigue et fournir du concret quant à certaines (mais sûrement pas toutes !) interrogations de ses camarades sur les fameux emails. Il n'est pas très développé et on en apprend peu sur lui, ce qui laisse à penser que le scénario va essentiellement s'en servir pour faire avancer l'intrigue, mais que sur un plan dramatique il sera assez inutile. C'est pas grave, je le trouve assez irritant.
Yutaka, dit "Saba", est différent. On en sait relativement peu sur lui si ce n'est qu'il travaille dans le secteur bancaire ; il annonce en début d'épisode avoir divorcé et aller à Kobe rendre visite à son fils, et ce sera tout sur sa vie privée jusqu'à la scène de fin de l'épisode. Mais sa présence un peu autoritaire et charismatique, ses interventions intelligentes bien que plutôt rares, donnent l'impression d'un personnage qui complet qui n'a pour l'instant pas dévoilé toute sa richesse, mais avec un grand potentiel. En tous cas, le potentiel de la scène de fin de l'épisode est également parlant sur les désillusions que Saba peut connaître à l'âge adulte.
Mais le personnage le plus intéressant à mon goût est sans conteste la douce Takako. Bourgeoise aux manières impeccables et à la petite fille parfaite, inscrite dans l'école privée parfaite, Takako cache un secret qui en cache lui-même un autre : son mari est au chômage... et pas spécialement pressé, semble-t-il, de se sortir de cette situation. Alors comment Takako gère-t-elle les finances de son foyer...? Je sais pas si je dois vous le dire, mais ça fait son petit effet et c'est fascinant de voir comment Takako s'est adaptée à ce nouvel ingrédient de sa vie. Cela fait d'elle celle qui a sûrement le plus à perdre si jamais cette histoire d'emails dérangeants venait à tourner au vingaigre (et ce serait étonnant que ça ne tourne pas au vinaigre), et cela fait également d'elle le personnage le plus complexe de la série, même si, hasard ou coïncidence, c'est sûrement celui qui est le plus en retrait dans la dynamique de groupe.

Clairement, la majorité de ces personnages n'a pas la vie d'adulte dont tous devisaient avec optimisme 20 ans plus tôt. Et comme souvent dans la société japonaise, le premier réflexe des uns et des autres est évidemment de garder ces réalités pour soi, plutôt que les partager avec les autres, quand bien même ils seraient des amis d'enfance.
C'est là que Gekiryuu fonctionne bien. Et nul doute que, si l'auteur de ces emails morbides s'y prend bien, ces old little liars devraient craindre pour leur vie déjà pas marrante, et voir les choses progressivement empirer si jamais quelqu'un (mais qui donc mais qui donc ?) souhaitait les tenir pour responsables de la disparition de Fuyuha.

Gekiryuu_Fuyuha

Espérons donc que cette disparition se bornera dans les épisodes suivants à servir de prétexte à la scénariste pour torturer un peu les 5 amis. Je suis sadique, mais j'assume ! Et je suivrai leur calvaire avec d'autant plus de plaisir que pour le moment, personne ne semble se perdre dans des histoires d'amour bourrées de clichés, ce qui décuple l'intérêt de Gekiryuu à mes yeux. Ah, attendez, je viens de me rappeler d'un truc qui expliquerait pourquoi j'ai arrêté Dousoukai !

Qui sait, peut-être même qu'à un moment ils vont se souvenir de ce pauvre Jimmy... que je soupçonne quand même sérieusement d'être assis dans une cave sordide et mal éclairée à envoyer des emails signés Fuyuha. Mais ça se trouve, j'ai tort. Et il n'y a qu'une façon d'en avoir le coeur net !

Posté par ladyteruki à 23:46 - Dorama Chick - Permalien [#]

21-07-13

Girls, where are we ?

Vous aussi, vous avez un coup de mou en ce moment ? Vous avez l'impression de n'avoir plus rien à découvrir, d'avoir fait le tour de la question ? Au juste, combien de coups de coeur téléphagiques peut-on avoir dans une vie, après tout ?
Chais pas si c'est l'été, le fait que nos séries habituelles soient en hiatus, ou l'appréhension naturelle qui précède chaque rentrée, laissant craindre que nos meilleures découvertes soient derrière nous et que la prochaine saison nous déçoive (problème de mémoire sélective sur la saison précédente, au passage), mais à peu près tous les étés, BAM ! Ca me retombe sur le coin du nez. C'est ptet que moi, hein, c'est possible ; mais enfin, on en est là.

Et c'est exactement pour cette raison que, quand j'ai un peu le cafard, depuis quelques années, j'ai tendance à me tourner vers deux types de séries : celles que j'aime depuis des années (tant qu'à ne pas trouver quoi que ce soit d'inédit, autant compter sur la nostalgie), et les séries étrangères.
Il y aura toujours une série étrangère pour me rappeler que je n'aurai jamais fait le tour de la question.

Le plus fantastique, c'est que tout cela est vrai... même quand le pitch de départ ne semble pas être très original. Tout est dans le traitement. C'est le cas de LIMIT, série nippone dont je vais vous parler aujourd'hui.

Je sais que cela fait peur à de nombreux téléphages rompus aux codes occidentaux de la fiction de se mettre aux séries japonaises, mais quand je vois LIMIT et la bouffée d'air frais qu'elle m'a apportée, je regrette de ne pas réussir à convaincre plus de monde de sauter le pas. Parce que LIMIT est précisément la preuve qu'on n'a jamais fait le tour, que toute période d'ennui est temporaire, et qu'il y a toujours une série, quelque part sur la planète, capable de nous intéresser.

LIMIT

LIMIT commence alors qu'une classe de lycéens se prépare à faire une excursion de quelques jours avec deux professeurs ; il leur faut pour cela prendre le bus pour se rendre à perpette, en bus, tous ensemble, et après que leurs portables leur soient confisqués. Ce qui est un peu la description moderne de l'Enfer pour un lycéen. Sauf que de l'Enfer, cette classe n'a encore rien vu : lorsque le chauffeur, surmené, prend la mauvaise route puis s'endort au volant, le bus tombe d'une falaise et s'écrase dans une forêt.
Il ne reste que 5 survivants à l'accident, 5 adolescentes que rien n'avait préparé à cela, et que personne ne viendra secourir avant un bout de temps... vu que d'une part, personne ne suspecte qu'il y a eu un accident, et qu'en plus, elles ne sont même pas dans la région où elles devraient être.

Comme vous le voyez, LIMIT ne se caractérise pas par son pitch à couper le souffle. En même temps, des idées originales, on en a tous les ans dans des séries, et voyez ce qu'il est par exemple advenu de Last Resort, hein...

D'ailleurs, LIMIT ne cherche pas spécialement à nous surprendre ; même quand on connaît le thème central de l'histoire, qu'on sait que ce bus finira par basculer dans le vide à un moment du pilote, l'épisode est plus qu'appréciable. Parce que le propos central de LIMIT n'est pas ce bus qui s'écrase, et même pas vraiment la façon dont ces adolescentes vont surmonter l'épreuve.
C'est ce que l'exposition de l'épisode s'ingénie à montrer, en détaillant les relations à l'intérieur de la classe, les dynamiques et les groupes, les petites cliques et les outsiders. Dés le début de l'épisode, la voix-off (celle de l'une des futures survivantes, Mizuki) s'attache à nous présenter son monde, celui d'une lycéenne comme tant d'autres, mais aussi à nous faire prendre le mesure de toute sa futilité. Non parce qu'il est fondamentalement dérisoire d'être populaire : Mizuki nous explique au contraire que c'est important tout au long de la vie, et que cela prédétermine, très tôt dans la vie, la réussite ; le lycée n'étant qu'un échantillon représentatif de ce que sera l'âge adulte. Non, tout cela est vain, parce que dans le fond, on reste égaux devant certaines choses... dont la mort. In the grand scheme of things...

Une grande partie du pilote va donc s'appliquer à nous montrer comment se déroule le quotidien de tout ce petit monde, lorsque les lycéens sont ensemble. A plusieurs reprises, le pilote va nous proposer de longues séquences découpées en plein de petits plans montrant comment chacun vit en collectivité (on partage une même classe, une même cafétéria, un même bus...) et en même temps, replié entre soi (en groupe, avec un ou une amie de façon plus exclusive, ou vraiment tout seul). Comme dans toute société, il y a les forts et les faibles, les premiers n'hésitant pas à jouer de leur pouvoir pour humilier les seconds.
Le regard de Mizuki (qui pour une raison étrange, comme cela arrive parfois, aurait dû appartenir au second groupe mais s'est retrouvée dans le premier) est à la fois celui de quelqu'un qui ne remet pas le système en question, mais qui a conscience de son injustice.

Le travail que fait LIMIT avec ce premier épisode est plus proche du dorama LIFE que d'autre chose. L'idée directrice est de nous faire entrer dans un microcosme qui ressemble à tant d'autres, de nous rappeler, au cas où nous aurions eu le temps de l'oublier, à quel point il est facile d'être blessé par ses pairs à une période charnière comme l'adolescence, à quel point le procédé est admis, et aisé, presque naturel, et pourtant, si violent qu'il ne devrait pas nous apparaitre comme si banal.
Même si certains personnages se présentent de façon un peu caricaturale (comme beaucoup de monde, j'ai été victime de harcèlement scolaire, et je n'en suis pas devenue psychopathe pour si peu !), l'essence de ces lycéens si différents permet de poser le décor très vite.

Car c'est eux, le décor. C'est le seul bagage qu'ils vont réellement emmener dans leur séjour : ce qu'ils sont, et la façon dont ils traitent les autres. C'est le seul élément de contexte dont nous ayons besoin, car c'est ce qui déterminera leur survie ensuite, après la tragédie...

Cette tragédie, justement. Parlons-en.
Je ne dirais pas que c'est la même chose que la scène du pilote de Lost dans laquelle Jack découvre que l'avion s'est écrasé : parce que ce n'est pas le même budget (la réalisation de LIMIT est assez classique pour une série japonaise de qualité décente, de toute façon), et ce n'est pas la même intention non plus. Ici, le pilote veut à tout prix rendre les choses aussi réalistes que possible, depuis le début, et qu'il n'est pas question de jouer sur des effets spectaculaires, qu'ils soient visuels ou sonores, pour retranscrire l'émotion du moment.
Malgré cela, quelque chose rapproche tout de même LIMIT de sa cousine américaine, dans sa volonté de rendre l'expérience aussi traumatisante que possible. A mesure que les survivantes prennent conscience de la tragédie qui vient de se produire, le spectateur, lui aussi, accède par paliers à la réalisation de ce que tout cela signifie.
Que ressentirais-je si j'étais l'une ces adolescentes qui se réveillent au milieu de cadavres ? Si je découvrais autour de moi les corps de mes professeurs ? De mes amies ? Du garçon pour lequel j'avais un faible ? De la fille qui me torture jour après jour ? J'ai eu l'impression l'espace d'un instant de l'avoir su, et c'est tout le talent de LIMIT dans la dernière partie de son pilote.

C'est aussi un talent qui est porteur de bien des promesses. Car même si le pitch de départ laissait penser à une énième version de Battle Royale, on va ici bien plus loin, en invitant réellement le spectateur à partager les émotions des adolescentes, à la fois en tant qu'adolescentes, avec ce que cela implique de meurtrissures typiques de cette période de la vie, et en tant que victimes qui viennent de survivre à un accident atroce. Et il leur sera, bien-sûr, impossible de dissocier les deux, comme le prouve clairement la "chute" de ce pilote (si vous me passez l'expression).

Comme chacun sait (et parfois oublie, moi la première), ce qui fait la qualité d'une série, ce n'est pas simplement l'originalité de son sujet, mais surtout le traitement de celui-ci, la faculté à porter un regard bien précis sur un univers donné, et le décortiquer avec un mélange déroutant d'aisance et d'authenticité. LIMIT remplit précisément cette mission, en mêlant à une narration issue d'un scénario catastrophe une véritable interrogation sur notre nature. Le fait qu'il s'agisse d'adolescentes est assez cosmétique, dans le fond ; c'est une métaphore et une façon d'accrocher plus facilement auprès d'un jeune public (comme souvent pour TV Tokyo). Mais qu'on ne s'y trompe pas : nous pouvons tous reconnaître quelque chose dans LIMIT.
Voyons maintenant jusqu'où l'idée va être poussée...

Posté par ladyteruki à 22:21 - Dorama Chick - Permalien [#]

19-07-13

Nihonjinception

Certains jours on n'a qu'une envie : s'asseoir devant une série qui nous surprenne. C'est une envie compréhensible, surtout quand la lassitude gagne après quelques mois télévisuels en dents de scie, ou quand on a l'impression de tourner téléphagiquement en rond. Mais cette pulsion s'accompagne généralement des deux pires ennemis de la découverte sereine en matière de fiction : d'abord, des attentes démesurées dés lors que se présente un pitch un tant soit peu hors du commun, et surtout, la tendance qu'a alors le téléphage à tenter de trouver à tout prix une série qui va le renverser, qui peut tourner a l'obsession.
Je suis précisément dans cette situation actuellement, et j'espérais beaucoup de DOUBLE TONE, dont le pitch me donnait très envie. Mais c'est aussi une recette quasi-infaillible pour être déçu...

Pas de méprise, DOUBLE TONE est très exactement en train de faire ce que le sujet de départ laissait entendre : la série met en parallèle deux femmes, Yumi Nakano et Yumi Tamura, que deux choses lient, leur prénom, et le fait qu'elles rêvent l'une de l'autre. Le mal ne vient pas de là, mais je vais y revenir.

L'épisode inaugural commence un enchaînement qui sera constant pendant tout le pilote, et vraisemblablement pendant la majeure partie de la série : la vie de l'une des Yumi s'affiche à l'écran, avant d'être interrompue par la sonnerie d'un réveil. L'autre Yumi ouvre alors les yeux, commence sa journée... jusqu'à ce qu'elle soit interrompue par la sonnerie d'un réveil. C'est au tour de la première Yumi de se réveiller à nouveau, et ainsi de suite.

DOUBLETONE

La formule est claire dans l'esprit de la scénariste (Akari Yamamoto, qui a contribué à trois épisodes de Neo Ultra Q l'hiver dernier, et écrit le pilote de Magerarenai Onna)... voire peut-être un peu trop.
Ce qui devrait plonger les protagonistes et/ou le spectateur au minimum dans la confusion, apparaît comme un processus accepté, pour ne pas dire naturel. A-t-il commencé avec le pilote, ou dure-t-il déjà depuis un moment ? Ce n'est pas très clair non plus. En tous cas les scènes (plutôt courtes de surcroît) s'enchaînent sans qu'on ait le temps de se poser de questions, et les Yumi moins encore. Ou quand elles le font, c'est avec une horripilante voix-off et avec des demi-questions qui ne vont pas bien loin ("mon amie est apparue dans mon rêve/la vie de cette autre femme... ça alors c'est étrange") et qui sont rarement suivies d'effet (poser la question à l'amie ? non ? ah bon ok).

Il faut dire que DOUBLE TONE n'a que six épisodes d'une demi-heure pour raconter son intrigue complexe... et du coup, cette exposition est simplifiée à l'extrême pour ne pas perdre de temps. Mais cette confiance limitée dans les capacités intellectuelles du spectateur va porter tort à tout ce pilote, en nous empêchant de suivre réellement le cheminement de pensée des héroïnes. Et surtout, le résultat, c'est que ce premier épisode va trop vite pour qu'on s'investisse émotionnellement dans une vie, l'autre, ou le fait que les deux semblent s'entremêler par rêve interposé. Ce qui est quand même problématique, vous en conviendrez !
La réalisation et le jeu des actrices en rajoute une couche, avec un épisode qui manque d'authenticité, dont les dialogues sonnent creux voire faux, et où le rythme n'est pas au rendez-vous, ce qui là encore, relève de l'exploit quand on voit l'idée de départ et les contraintes... et le twist de fin de pilote, sur lequel, ça va de soi, je ne vais pas m'amuser à vous spoiler.

Mais dans ce qui semble, avec ces premiers paragraphes, s'annoncer comme un fiasco, je suis venue également vous apporter une bonne nouvelle : si DOUBLE TONE se perd autant en chemin, c'est parce qu'elle essaye aussi de dire quelque chose sur le fond, qu'elle essaye à la fois de le dire suffisamment vite pour avoir tout raconter dans 6 épisodes de ça, et qu'elle ne veut pas trop appuyer dessus non plus, comme par peur de paraître trop militante. En cela, elle m'a d'ailleurs rappelé les hésistations de Magerarenai Onna, d'ailleurs.
Ainsi, nos deux Yumi ne pourraient pas vivre des vies plus opposées : Yumi T est une mère de famille qui s'occupe à la fois de son mari Youhei (assez antipathique), de sa petite fille Ami, de sa maisonnée que le mari laisse totalement à sa charge jusque dans les décisions financières, et cumule par-dessus tout ça un emploi (peut-être à mi-temps ?) dans un bureau, où la seule personne avec laquelle elle a sympathisé est sa patronne Ikuko, une amie de son mari. De l'autre, Yumi N est célibataire, vit seule dans une petite routine calme, travaille depuis à peine un an dans un bureau, et jure qu'elle ne veut pas se marier (quand je vous disais que ça me rappelait quelqu'un...!).

Là où, dans tout cela, DOUBLE TONE tente son coup de poker, c'est justement en décrivant la frustration de Yumi T, la façon dont son mari l'ignore et, osons le dire, la prend pour sa bonniche, et où sa fille exige sans cesse son aide, ce qui ne manque pas de la frustrer. Au travail, seule Ikuko semble l'estimer, son supérieur direct ayant assez peu d'interactions avec elle dans le pilote, mais suffisamment pour traduire une certaine animosité ; mais même là, quand elle fait part à Ikuko (qui l'y enjoint) de ses craintes et doutes, elle se fait gentillement rembarrer sur le mode : "ah en fait t'es pas heureuse d'être heureuse, oh bah ça va, je croyais qu'il t'arrivait un truc grave !". Non, non, c'est pas grave. Yumi T nous fait juste un début de dépression, à part ça tout va bien.
A contrario, Yumi N, en dépit du fait qu'elle souffre peut-être un peu de solitude et parle à une photo encadrée (mais de qui est-ce donc le portrait ?), semble heureuse et épanouie. Elle fait gaiement du vélo dans les rues, et surtout, elle est estimée à son travail, où son patron lui demande son avis, et l'écoute, voire l'encourage à prendre des initiatives. C'est très sympa, cette vie que Yumi N mène, et quand elle dit qu'elle ne veut pas se marier et qu'en gros, sa vie lui convient très bien comme ça, on la croit. Au moins à 90%, allez, peut-être 95% (on a vu la photo encadrée). Tout le monde semble perpétuellement tenter de le caser, mais elle ne tient pas à changer les choses, Yumi N, elle a fait son choix finalement.

Et en substance, DOUBLE TONE veut interroger cela : le bonheur d'une femme, où est-il ? Dans une vie de famille stable et conventionnelle ? Au risque de parfois se laisser déborder par les responsabilités et oublier d'exister... Ou bien dans une vie réglée comme du papier à musique mais qui renvoie une image positive de soi, à condition de ne pas se laisser submerger par la solitude et le silence ?
Les deux Yumi sont très conscientes de rêver de la vie d'une femme diamétralement opposée à la leur ; Yumi T, en pleine crise existentielle, le soulignera à quelques reprises à l'oral (et pour que la voix-off le dise...). Yumi N, même si elle est plus dans l'interrogation de ses rêves sous un angle qu'elle devine comme étant occulte (il faut dire qu'elle est plus satisfaite de sa vie), apparait également comme très consciente des différences entre elle est sa "jumelle astrale". C'est la porte sur une autre option que leur ouvre DOUBLE TONE, l'opportunité de se dire : et si j'étais l'autre, serais-je plus heureuse ? Le pilote amorce quelques éléments de réponse, et il est clair qu'en dépit des hésitations et maladresses du scénario, ce sera un sujet central de la série.

Jusque là, je n'avais jamais fait attention si NHK BS Premium, chaîne publique du satellite qui depuis quelques saisons ose de plus en plus de pitches originaux, avait des formats de "science-fiction" d'une demi-heure, comme cela arrive régulièrement à Fuji TV (nous "offrant" ainsi O-PARTS ou Mirai Nikki) ou TBS (avec par exemple Clone Baby ou Soumatou Kabushikigaisha). Si c'est une première, c'en est une qui part un peu du mauvais pied, hélas.
C'est regrettable, car l'idée de départ est bonne. Et surtout, c'est dommage parce qu'à l'instar d'une longue tradition de bonnes séries de science-fiction, l'important n'est pas d'oser impressionner le spectateur, de lui couper le souffle avec des effets spéciaux et/ou des rebondissements inouïs, mais plutôt d'utiliser le genre, métaphorique par excellence, pour poser des questions qui s'imposent à chacun. DOUBLE TONE réussit très modérément le premier objectif, et c'est à la condition que le spectateur éprouve de la curiosité pour le sujet de fond, et fasse preuve de patience, que l'épisode peut finalement porter ses fruits. J'espère quand même que la réalisation (et la direction d'acteurs) va un peu se réveiller maintenant qu'on a passé le stade introductif.

Une chose est sûre : je voulais m'asseoir devant une série qui nous surprenne, et ça ne s'est pas produit. Mais toutes les séries dignes d'intérêt ne sont pas capables de surprendre ; et vice-versa. Jurisprudence Awake, cousine américaine de DOUBLE TONE que j'ai abandonnée au bout de deux épisodes, et qui présente les qualités et défauts inverses exactes. Par contre, l'une des raisons pour lesquelles je regarde des séries, dans l'absolu, c'est précisément pour avoir l'impression de me glisser dans une vie que je ne vivrai jamais moi-même, pour imaginer des points de vue différents sur le monde, pour essayer d'élargir mon expérience sans avoir à devenir moi-même mère de famille au Japon, ou Premier ministre au Danemark, ou consultant pour de grandes entreprises. La mise en abîme quand je me trouve devant DOUBLE TONE est donc d'autant plus saisissante !
Alors, peut-être que DOUBLE TONE ne m'a pas donné ce que je voulais... mais peut-être aussi qu'elle tente de me donner ce dont j'ai besoin. Je le vérifierai avec au moins un épisode supplémentaire, mais je pense que c'est à chacun de se faire son opinion...

Posté par ladyteruki à 21:41 - Dorama Chick - Permalien [#]

14-07-13

Grace under fire

Il est très fréquent, pour ne pas dire systématique, qu'une saison télévisuelle nippone donnée semble avoir "un thème" : deux ou trois chaînes vont soudainement avoir des idées étrangement similaires, et commander des séries dont le pitch est curieusement très voisin. Espionnage industriel ? Effet de mode ? Difficile à dire ; et sans baigner dans l'actualité du pays, il n'est pas aisé de déterminer si des faits divers ou des débats de société y sont pour quelque chose.

Comme on a pu le voir il y a peu, cet été, les parents célibataires semblent être LE sujet dont les séries devaient s'emparer, certes à égalité avec le monde médical. Mais sur ce phénomène, on peut un peu plus facilement trouver des explications.

Il y a quelques mois, en effet, l'équivalent japonais de la Sécurité sociale a commencé à soulever l'idée que les mères célibataires touchaient des allocations trop élevées ; dans un Japon touché par la crise (comme tout le monde, certes), les institutions cherchent en effet à tout prix où des coupes budgétaires pourraient être faites. Alors à qui s'en prendre en priorité ? Eh bien, les mères célibataires semblent être une cible parfaite, puisqu'elles ont tout faux : elles ne sont pas mariées !
Dans un pays où il est de coutume de se dépêcher de convoler dés qu'une femme découvre qu'elle est tombée enceinte hors-mariage, où les enfants n'étant pas inscrits dans le livret familial de leur père subissent des discriminations toute leur vie (accès à l'éducation puis à l'emploi, modalités d'héritage différentes...), et où l'avortement est utilisé comme une méthode contraceptive plus que la pilule (il faut dire que cette dernière n'a été légalisée qu'en 1999, et n'était utilisée, 10 ans plus tard, que par 3% des femmes), avoir des enfants hors-mariage apparait comme une décision irresponsable, pas un choix de vie... et surtout pas quelque chose que l'Etat devrait financer pour tout ou partie. Pour quelques magnifiques échantillons de points de vue japonais sur la question, je vous encourage à lire cet article de JapanCRUSH.
S'attaquer à réduire les allocations d'une population jugée négativement par la société ? C'est presque trop facile !
D'ailleurs, l'idée n'est pas nouvelle : depuis 2008, les allocations accordées aux mères célibataires qui travaillent ont déjà diminué de moitié. Mais ce n'est visiblement pas encore assez.

Ce ne sont sûrement pas ces économies qui sauveraient le Japon de la récession, faut-il cependant noter. En effet, on estime qu'un peu plus de 1,23 million de foyers japonais sont monoparentaux, mais que seulement 115 000 de ces foyers bénéficient d'aides de l'Etat. A vrai dire, 83% des mères célibataires nippones travaillent (en dépit de leur difficile accès à l'emploi, car elles font également face à des discriminations dans ce domaine, et sont de toute façon cantonnées aux jobs à temps partiel), contre 54% des femmes mariées. Pire encore, mais ce n'est visiblement pas le problème de la Sécurité sociale, le taux de pauvreté des foyers monoparentaux, au Japon, est le plus élevé de tout l'OCDE depuis près d'une décennie.
Oh et, le Japon étant un pays très conservateur dans sa conception des rôles genrés, je vous laisse deviner pourquoi je parle indifféremment ici de foyers monoparentaux et de mères célibataires, les pères célibataires étant encore plus minoritaires, limite une anomalie statistique.

En tous cas, et même si en définitive, peu de foyers nippons sont concernés directement par ces problématiques, ce n'est peut-être pas ce qui a inspiré toutes les séries mettant en scène des parents célibataires, cet été, mais une chose semble plutôt claire : cette question d'actualité est au centre de Woman, la nouvelle série de NTV.

Woman

Woman est la réponse de la bergère au berger ; plus encore : c'est un hymne à la force et au courage des mères.
(mais "Mother" était déjà pris... par le même scénariste, Yuuji Sakamoto)

Loin de tomber dans l'écueil du misérabilisme forcené au nom de la pédagogie, Woman est l'une des séries au ton le plus réaliste de ces dernières années au Japon. Et je dis ça alors que je considère le Japon comme un pays beaucoup plus réaliste dans une majorité de ses fictions, surtout si on le compare à la Corée du Sud !

Après avoir raconté la jolie rencontre d'un homme et d'une femme, leur tendre union, et la façon dont ils ont eu deux ravissants enfants, la première partie du pilote de Woman va être intégralement dédiée à nous faire vivre le quotidien aux côtés de son héroïne, Koharu, alors qu'elle mène comme elle peut une vie épuisante. Elle s'occupe en effet de ces deux enfants en bas âge, tout en cumulant au moins deux emplois ; le père, Shin, est décédé... Mais ce n'est, à la limite, pas vraiment la question ici. Woman a d'une certaine façon choisi la facilité en nous parlant d'une veuve, évitant une partie du débat, mais c'est pour mieux écarter tout jugement de la part du spectateur, et l'inviter à entrer sans préconception dans le quotidien de Koharu.

Et ce quotidien quel est-il ? Partir d'un tout petit appartement au bord des voies ferrées avec deux enfants sous le bras, plus les sacs et la poussette, pour les emmener dans un train bondé jusqu'à la garderie. Filer à son premier emploi dans une station service, puis enchaîner sur le second dans une blanchisserie, repartir dans l'autre sens. Faire les courses, le dîner, coucher les enfants, s'occuper des tâches ménagères, faire les comptes... et on recommence le lendemain. Tout ça tout en étant une bonne mère (on ne peut vraiment pas prendre Koharu à défaut là-dessus, elle passe énormément de temps à s'occuper des enfants et leur parler), évidemment.
Ah ça, le pilote de Woman ne donne pas dans le glamour, je vous l'accorde. Et encore, ce n'est pas fini : il faut faire face à la garderie dont les charges augmentent, à un retard qui fait que Koharu se fait virer de la station service, du propriétaire qui refuse qu'elle paye en deux fois... Le surmenage, les factures qui s'accumulent, les repas qu'on prépare plus pour les enfants que pour soi, tout s'empile, et donne une vision cauchemardesque de l'Enfer sur terre. Et quand elle trouve un nouvel emploi dans un restaurant, qui l'oblige ponctuellement à travailler le soir, Koharu est également obligée de laisser les enfants seuls, la nuit, dans l'appartement, avec l'angoisse et la culpabilité que ça implique : ils n'ont que 3 et 6 ans !

Mais l'humiliation ne serait pas totale sans un dernier point que veut aborder Woman ; Koharu se présente au bureau de l'aide sociale, où elle vient demander un peu d'argent, même sous forme de prêt s'il le faut. On lui demande d'abord d'expliciter les circonstances de la mort de son mari (comme si cela avait le moindre rapport !), on lui explique que l'argent ne saurait être dépensé dans des jeux de hasard, avant de lui suggérer de se tourner vers sa famille en premier lieu. Koharu n'a plus de père, et n'a pas parlé à sa mère depuis près de 20 ans ; on lui répond que la procédure exige qu'un courrier soit envoyé à sa mère d'abord, et que si celle-ci accepte d'aider financièrement, l'Etat n'aidera pas Koharu. En attendant, celle-ci est donc contrainte de vendre les quelques biens qui lui restent de Shin... avant d'apprendre qu'elle ne recevra rien, sa mère ayant répondu au courrier de l'aide sociale. Elle a répondu... mais il n'y a pas d'argent, entendons-nous bien.
Après avoir fait la manche auprès d'un employé du bureau, Koharu finit par s'évanouir dans la rue, victime d'anémie, d'épuisement, et de tout ce que vous pouvez imaginer.

C'est alors que commence la deuxième partie de Woman ; sans aller jusqu'à dire que la première n'était que pure exposition, il est clair que l'épisode, en opérant ce tournant, s'éloigne de l'aspect purement factuel de la situation de Koharu. Il s'agit d'apprendre à mieux la comprendre, à mieux ressentir, à ses côtés, ce qu'elle vit.
Car, visiblement furieuse de se voir refuser un prêt par l'aide sociale juste parce que sa mère a répondu à leur courrier, la jeune femme va décider de se rendre là où elle n'est pas allée depuis de nombreuses années... Et là encore, le choix opéré par Woman n'est pas de nous donner des éléments de contexte pour qu'on juge sa décision : la raison pour laquelle elle a cessé de parler à sa mère deux décennies plus tôt est laissée en suspens. Du coup, nous ne sommes pas en droit de décider si sa colère est justifiée ou non : tout ce qui compte, c'est qu'elle fait l'effort aujourd'hui d'y retourner, pour lui demander de retirer son courrier.

Toujours dans la nuance, Woman présente la mère de Koharu sous un jour loin de toute caricature : celle-ci n'est pas une mère indigne. Elle s'est remariée (à un homme que connaît Koharu, donc cela fait un bout de temps) et a une fille (qu'elle appelle "sa fille"... et non l'une de ses filles), et mène donc une vie de famille classique, tout en travaillant à côté.
Koharu, venue avec ses deux enfants, est d'ailleurs plutôt bien reçue, invitée à déjeuner même (c'est elle qui refuse de toucher la nourriture), et entendue par son beau-père puis sa mère sans la moindre difficulté. La scène entre les deux femmes, bien que longuette (environ un quart d'heure !), est poignante, et montre que le poids des ans ne facilite pas la conversation, mais qu'aucune partie n'est foncièrement mal intentionnée.

Cette visite sera aussi l'occasion, deux ans plus tard, de comprendre certaines choses sur les circonstances de la mort de Shin. Une semi-révélation qui n'est pas traitée comme un basculement, mais plus comme une façon de renforcer les dynamiques déjà existantes. Il ne ressortira rien de cette rencontre qui puisse changer la donne ; ce n'est pas le propos de Woman.

Woman accomplit un travail formidable pour nous faire entrer dans les réalités quotidiennes, et difficiles, de Koharu et ses deux enfants, sans pour autant chercher à nous tirer des larmes. C'est sûr que les amateurs de séries "à enjeux" en seront pour leurs frais : prévue pour 6 épisodes, Woman ne semble pas décidée à raconter "une histoire", avec une structure narrative classique, mais plutôt à raconter l'histoire de quelqu'un, son quotidien ordinaire, quelques mois de sa vie à passer à ses côtés.
Personnellement je suis très friande de ce genre de choses, j'aime avoir cette possibilité de faire plusieurs kilomètres dans les chaussures de quelqu'un d'autre, c'est l'une des raisons essentielles pour lesquelles je regarde des séries, à vrai dire, et à plus forte raison étrangères (même si on sera tous d'accord sur l'universalité des problématiques rencontrées par Koharu ici).
Le résultat est d'autant plus précieux que Woman repose sur la performance de Hikari Mitsushima dans le rôle-titre, et que celle-ci est absolument incroyable de sincérité et d'humilité. C'est grâce à sa présence toute particulière, son sens de la retenue, sa délicatesse, que le personnage de Koharu parvient à ne pas susciter la pitié comme dans un dorama-dramatique-qui-fait-pleurer, mais à plutôt inviter le spectateur à partager ses joies et ses peines, à s'imaginer à sa place et prendre la mesure de ce qu'elle vit ; pareille prestation est indissociable de la réussite d'une fiction-chronique comme celle-ci.

Il faudra voir ce qu'accomplira Oh, My Dad!! sur un sujet similaire, mais avec un père notoirement irresponsable (sans parler de STARMAN qui va probablement partir dans une autre toute autre direction) ; pour le moment, Woman exécute en tous cas un sans-faute sur le thème abordé. Avec un peu de chance, la série fera un peu changer les mentalités ?

Mais même si ce n'est pas le cas (à l'impossible nul n'est tenu, et les audiences ne sont pour le moment pas mirobolantes), on aura gagné 6 heures de bonne télévision, et c'est déjà pas si mal. En tous cas, c'était une parfaite façon de lancer la saison en ce qui me concerne ! Prochain arrêt : DOUBLE TONE... espérons que cette saison qui semblait si alléchante poursuive sur sa lancée !

ERRATUM : il semblerait qu'il y ait plus de 6 épisodes, contrairement à ce que j'avais initialement lu. C'est pas moi qui m'en plaindrai.

Posté par ladyteruki à 17:28 - Dorama Chick - Permalien [#]

05-07-13

Terebi matsuri

Le mois de juillet est arrivé, c'est donc le moment de faire notre point trimestriel sur les séries nippones de la saison. Les festivités estivales ont commencé depuis quelques jours, l'occasion de faire le point sur tout ce que vous pouvez découvrir dés maintenant... Enfin, moyennant sous-titres naturellement.
Mais de toute façon, rassurez-vous : la plupart des dorama de l'été ne démarrent qu'à partir de lundi, ce qui signifie que nous sommes parfaitement dans les temps pour ce petit aperçu de ce que la télévision japonaise nous réserve pour les trois mois à venir.

En quotidienne  
   

AsunoHikariwoTsukame-saison3-300

- Asu no Hikari wo Tsukame / 明日の光をつかめ (Fuji TV) - saison 3
L'histoire : pour le troisième été (certes non-consécutif), retour dans le centre/la ferme qui accueille des jeunes ayant des problèmes à régler.
L'avis : ça devient une jolie petite tradition, cette série. Je commence à avoir des remords de n'avoir jamais essayé d'y jeter un oeil.
> Depuis le 1er juillet à 13h30
   
Lundi  
   

NamonakiDoku-300

- Namonaki Doku / 名もなき毒 (TBS)
L'histoire : un homme qui travaille dans l'agence de relations publiques de son beau-père, doit gérer un dossier délicat quand le chauffeur de le paternel décède dans d'étranges circonstances.
L'avis : si vous êtes comme moi, votre intérêt est passé de "wow" en début de phrase, à "déception pénible" en fin de descriptif. On the plus side, Miki Maya est au générique.
> A partir du 8 juillet à 20h
   

SUMMERNUDE-300

- SUMMER NUDE / サマーヌード (Fuji TV)
L'histoire : 3 ans après avoir été plaqué par celle qu'il croyait être l'amour de sa vie, une photographe à succès a tout plaqué et vit dans une petite ville côtière où il bosse sur des mariages. C'est là qu'il assiste à la façon dont une jeune mariée est plaquée devant l'hôtel.
L'avis : ah, chouette, une romance entre deux personnes que rien n'était supposé lier, ça c'est original. Avec un triangle amoureux en sus, vous l'aurez compris au vu de cette affiche.
> A partir du 8 juillet à 21h
   

TenmasangaYuku-300

- Tenma-san ga Yuku / 天魔さんがゆく (TBS)
L'histoire : un froussard patenté a le don de voir les esprits, ce qui ne l'arrange guère. Les choses empirent quand il hérite de l'agence spécialisée dans l'extermination de fantômes, mais il développe sa propre technique pour gérer ses affaires...
L'avis : who you gonna call ? En ce qui me concerne, je ne décrocherai pas le téléphone.
> A partir du 15 juillet à 00h28
   
Mardi  
   

KyuumeiByoutou24Ji-300

- Kyuumei Byoutou 24 Ji / 救命病棟24時 (Fuji TV) - saison 5
L'histoire : suite de la série médicale certainement la plus proche de mériter le titre de "Urgences japonaise". Cette saison, c'est aux problématiques liées au don d'organes (et notamment une nouvelle loi, passée en 2010, après la saison 4 diffusée en 2009) que la série s'attaque.
L'avis : un jour je trouverai des sous-titres pour le pilote de cette série. Un jour. En attendant, je continue d'entretenir une relation d'amour-haine avec sa page Wikipedia.
> A partir du 9 juillet à 21h
   
   

Starman-300

- STARMAN / スターマン (Fuji TV)
L'histoire : abandonnée par son mari car jugée trop instable, une mère de trois enfants les élève seule, jusqu'au jour où elle tombe sur un inconnu souffrant d'amnésie, dont elle tombe éperdument amoureuse. Elle lui annonce alors qu'il est son mari et qu'il doit élever leurs enfants avec elle.
L'avis : normal, vous feriez pareil. J'aime bien la douce dinguerie de cette histoire sur le papier, même si je crains que ça ne finisse en romance bête et simple. Faut voir.
> A partir du 9 juillet à 22h
   

Gekiryuu-300

Gekiryuu / 激流 (NHK)
L'histoire : 20 ans après la disparition d'une de leurs camarades pendant une expédition scolaire, 5 amis d'enfance se retrouvent suite à un mystérieux email qu'elle leur a envoyé...
L'avis : eh, si une série japonaise me propose une version adulte et bouclée en un trimestre de Pretty Little Liars, que les choses soient claires, je ne vais pas bouder mon plaisir.
> Depuis le 25 juin à 22h
   

Mercredi

 
   

KeishichouSousaIkka9Gakkari-300

Keishichou Sousa Ikka 9 Gakkari / 警視庁捜査一課9係 (TV Asahi) - saison 8
L'histoire : série policière - blablabla - nouvelle saison - trucmuche.
L'avis : n'insistez pas, vous savez tout ce qu'il y a à savoir.
> A partir du 10 juillet à 21h
   

Shomuni2013-300

- SHOMUNI 2013 / ショムニ 2013 (Fuji TV) - saison 4
L'histoire : Shomuni est le nom du service-dépotoir où les assistantes qui ont été jugées inefficaces par l'entreprise Manpo finissent par échouer. Alors que les entrerprises sont en pleine mutation à cause de la crise, l'une des assistantes emblématiques du Shomuni revient...
L'avis : cela faisait 11 ans que les spectateurs nippons n'avaient pas vu Shomuni. Il s'agit ici à moitié d'un reboot, mais à moitié seulement, car il reprend la même héroïne. Je me demande s'il faut absolument avoir vu le début ?
> A partir du 10 juillet à 22h
   

Woman-300

- Woman / Woman (NTV)
L'histoire : après la mort de son époux, une femme élève seule, bien que difficilement, ses deux enfants. C'est le moment que choisit la grand-mère pour réapparaitre dans leur vie, 10 ans après avoir fui avec son amant.
L'avis : il se passe quoi avec les parents célibataires, cette saison ?
> Depuis le 3 juillet à 22h
   

KodokunoGourmet

- Kodoku no Gourmet / 孤独のグルメ (TV Tokyo) - saison 3
L'histoire : retour du VRP le plus jalousé de la télévision nippone. Qui aurait cru que la profession aurait fait tant rêver ?
L'avis : faaaaaaim.
> A partir du 10 juillet à 23h58
   
Jeudi  
   

KyotoChikennoOnna-300

- Kyoto Chiken no Onna / 京都地検の女 (TV Asahi) - saison 9
L'histoire : après avoir passé des années à travailler sur des affaires avec son bon sens de mère de famille, un procureur voit l'oisillon quitter le nid, remettant en question la façon dont elle va gérer ses dossiers...
L'avis : une intéressante idée pour donner un nouveau souffle à la série, mais comme je ne la suis pas (et à mon avis vous non plus), je ne sais pas si ça compte pour grand'chose.
> A partir du 18 juillet à 20h
   

DOCTORS-saison2-300

- DOCTORS / DOCTORS (TV Asahi) - saison 2
L'histoire : deux ans après avoir révolutionné les mentalités à l'hôpital Dogami, le chirurgien Sagara doit gérer de nouveaux défis alors que la direction de l'établissement est sur le point de changer de main.
L'avis : il semblerait que les chaînes fassent la part belle aux hôpitaux cette saison, ce qui nous change du poulet. Je les en remercie donc.
> A partir du 11 juillet à 21h
   

Pintokona-300

- Pintokona / ぴんとこな (TBS)
L'histoire : deux adolescents évoluant dans le monde du kabuki rivalisent sur scène pour les beaux yeux d'une jeune fille éprise pour ce genre théâtral.
L'avis : je suis toujours admirative des multiples façons dont les arts traditionnels parviennent à ne pas être "un truc ringard de vieux" dans de nombreux pays, dont le Japon. Après, je ne mise pas ma chemise sur les scénarios de cette dramédie, mais qu'importe dans le fond.
> A partir du 18 juillet à 21h
   

OhMyDad-300

- Oh, My Dad!! / オー・マイダッド!! (Fuji TV)
L'histoire : à 42 ans, Kenichi se dédie à la recherche, négligeant tout le reste en espérant retrouver la gloire internationale qu'il a connue à l'université. Résultat : sa femme l'a quitté, le laissant élever seul leur fils de 5 ans. Sauf qu'il se débrouille si bien qu'ils deviennent SDF.
L'avis : j'aimerais qu'on fasse plutôt des séries sur ces parents qui se barrent parce que leur conjoint est instable... ET QUI LAISSENT LES GOSSES. Cela dit, ça fait effectivement un beau sujet de série (en dépit de quelques traces de romance bateau pour sauver le tout par la force de l'amuuur).
> A partir du 11 juillet à 22h
   

MachiIshaJumbo-300

- Machi Isha Jumbo!! /町医者ジャンボ!! (NTV)
L'histoire : le médecin d'une petite bourgade décède subitement, laissant sa fille, infirmière fraîchement diplômée, lui chercher un remplaçant. C'est alors que débarque un enfant du pays, parti depuis 10 ans, qui prétend que la clinique lui appartient. Mais quelles sont ses véritables raisons pour revenir maintenant ?
L'avis : c'est pas l'originalité qui nous écrase.
> Depuis le 4 juillet à 23h58
   

AkuryouByoutou-300

- Akuryou Byoutou /悪霊病棟 (NTV)
L'histoire : une jeune femme qui a toujours été sensible au paranormal commence à travailler dans un hôpital où des phénomènes étranges se déroulent. Pire : elle est accusée d'en être la cause.
L'avis : difficile de ne pas penser (avec un frisson de terreur) à COMA. C'est une bonne chose... sauf si comme moi vous êtes froussard.
> Depuis le 4 juillet à 00h58
   
Vendredi  
   

YoidoreKotoji-300

Yoidore Kotoji / 酔いどれ小籐次 (NHK BS Premium)
L'histoire : un guerrier vieillissant est attaqué par un assassin qui avait emmené avec lui un jeune enfant pour tromper sa vigilance. Après avoir tué l'assassin, le guerrier se retrouve avec l'enfant, qu'il décide d'éduquer.
L'avis : une jolie variation historique sur le thème décidément très à la mode cette saison du parent célibataire.
> Depuis le 21 juin à 20h
   

NaruyouniNarusa-300

- Naruyouni Narusa. / なるようになるさ。 (TBS)
L'histoire : un homme d'affaires prend sa retraite, et sa femme désire prendre enfin le temps de monter le restaurant qu'elle a toujours rêvé de créer. Alors qu'il la regarde gérer le personnel qui a plein de difficultés hors du travail, notre homme réalise qu'il a encore beaucoup à apprendre.
L'avis : pourquoi a-t-on besoin de vivre cette histoire à travers les yeux de l'homme, et non de son épouse qui lance un restaurant arrivée à l'âge de la retraite ? C'est elle qui gère le personnel, leurs histoires, et c'est quand même l'homme le héros ?
> A partir du 12 juillet à 22h
   

KeibuhoYabeKenzou-300

- Keibuho Yabe Kenzou / 警部補 矢部謙三 (TV Asahi) - saison 2
L'histoire : il est stupide, vraiment stupide, mais pour une étrange raison, ce flic parvient à régulièrement sauver la veuve et l'orphelin.
L'avis :ça doit captiver ceux que ça intéresse.
> Depuis le 5 juillet à 23h15
   

LIMIT-300

- LIMIT / リミット (TV Tokyo)
L'histoire : lorsque leur bus a un accident et qu'elles se retrouvent perdues dans les montagnes, un groupe de filles populaires doit tenter de survivre. C'est alors que leur vraie nature ressort...
L'avis du scénariste : "euh, oui, j'ai vu Battle Royale et The Hunger Games, pourquoi cette question ?". Hin-hin.
> A partir du 12 avril à 00h12
   

Taberudake-300

- Taberudake / たべるダケ (TV Tokyo)
L'histoire : une beauté n'est intéressée que par la nourriture. Bien qu'elle ne consacre pas son attention aux autres, pour une étrange raison, on se sent toujours bien en sa compagnie.
L'avis : what the flan au caramel ?!
> A partir du 13 juillet à 00h52
   

Samedi

 
   

SaitouSan-Saison2-300

- Saitou-san / 斉藤さん (NTV) - saison 2
L'histoire : une mère de famille qui tient tête à tous ceux qui ne se suivent pas les règles de la société emménage dans un nouveau quartier alors que son fils entre à l'école primaire.
L'avis : et devinez quoi ? Non, elle n'est pas mère célibataire. Mais tout comme, puisque son mari bosse tellement qu'il n'est jamais à la maison.
> A partir du 13 juillet à 21h
   

Dorama-NoPhoto

- Nanatsu no Kaigi / 七つの会議 (NHK)
L'histoire : l'employé d'un sous-traitant travaillant pour un grand groupe soulève un lièvre lorsqu'il découvre la vérité qui a été camouflée par sa hiérarchie sur un produit rappelé.
L'avis : maintenant que NHK a découvert qu'on pouvait décliner les pitches à la Soratobu Tire indéfiniment, plus personne ne peut les arrêter. A moins qu'un employé de la chaîne découvre la gigantesque machination qui se trame derrière ces séries...?
> A partir du 13 juillet à 21h
   

Dorama-NoPhoto

- Meoto Zenzai / 山田くんと7人の魔女 (NHK)
L'histoire : dans les années 20, une jeune femme, contre l'avis de ses parents, décide de se sortir de la pauvreté en devenant geisha. Elle devient très populaire, et cela lui permet de rencontrer de potentiels bons partis...
L'avis : j'essaye de réfléchir si j'ai déjà regardé des séries sur les années 20 au Japon. Et non. Donc ce sera à tenter.
> A partir du 24 août à 21h
   

YamadakuntoShichininnoMajo-300

- Yamada-kun to Shichinin no Majo / 山田くんと7人の魔女 (Fuji TV)
L'histoire : la première de la classe et le rebelle du lycée se retrouvent, tout-à-fait par hasard, l'un dans le corps de l'autre. Ils découvrent qu'il leur suffit de s'embrasser pour procéder à l'échange aussi souvent qu'ils le souhaitent. Sauf que chaque baiser invoque des sorcières...
L'avis : j'ai les yeux tellement écarquillés qu'ils viennent de rouler par terre.
> A partir du 10 août à 23h10
   

DoubleTone-300

- DOUBLE TONE /ダブルトーン (NHK BS Premium)
L'histoire : chaque nuit, deux femmes qui ne se connaissent pas, mais répondant toutes deux au nom de Yumi, rêvent l'une de la vie de l'autre. De plus en plus intriguées et effrayées par certains éléments, craignant qu'il ne s'agisse de rêves prémonitoires, elles commencent à tenter de trouver du sens à ces rêves, et pour cela, remontent la piste de la vie de l'autre.
L'avis : on peut difficilement faire plus alléchant comme pitch. Comme le veut l'expression consacrée : want.
> Depuis le 29 juin à 23h10
   

KamenTeacher-300

- Kamen Teacher / 仮面ティーチャー (NTV)
L'histoire : Kamen Teacher est le nom d'un programme qui consiste à masquer les professeurs et les encourager à punir corporellement les élèves. L'un des profs les plus prometteurs, Gouta Araki, commence à remettre ce procédé en question ; il est muté dans une nouvelle classe difficile qui va le mettre au défi.
L'avis : ça devait arriver : à force d'imaginer des profs toujours plus originaux, les scénaristes japonais ont fini par en faire des personnages sortis de Kamen Rider. N'imp.
> A partir du 6 juillet à 00h50
   
Dimanche  
   

HanzawaNaoki-300

- Hanzawa Naoki / 半沢直樹 (TBS)
L'histoire : Naoki Hanzawa, l'employé atypique d'une banque, reçoit l'ordre d'organiser un prêt non-sécurisé d'une somme indécente à une compagnie qui a des soucis financiers. Cette dernière met la clé sous la porte peu après ; Hanzawa est accusé d'être responsable de la perte de cette somme par la banque. A lui de réussir à démêler cette sombre affaire financière pour prouver son innocence...
L'avis : après WOWOW et NHK, si TBS s'y met aussi... eh bah, euh, tant mieux.
> A partir du 14 avril à 21h
   

Casteilla-300

- Casteilla / かすてぃら (NHK)
L'histoire : dans les années 50, la famille Sano, qui vivait de façon aisée, connait un revers de fortune qui la force à déménager et abandonner la plupart de ses habitudes. Mais, entouré de sa famille aimante, le jeune Masashi va tout de même tenter de vivre son amour pour le violon malgré les difficultés...
L'avis : NHK a parfois de riches idées ; et puis parfois, elle lance des séries dont tout le monde sait que ce ne sont pas des succès. Je vous laisse deviner...
> A partir du 7 juillet à 22h
   

FurueruUshi-300

- Furueru Ushi / 震える牛 (WOWOW)
L'histoire : un flic décide de rouvrir une affaire trop vite classée à son goût, sur un braquage qui a conduit à la mort d'un gangster et d'un vétéran en apparence sans relation. La maison du vétéran a été cambriolée peu après, et le gangster semblait lié à une entreprise de boucherie. Il est aidé pour cela par une journaliste qui enquête sur les problèmes sanitaires de la boucherie...
L'avis : il y a vraiment de tout dans ce pitch. Presque trop. Gardez-en pour d'autres séries, les gars !
> Depuis le 16 juin à 22h
   

PANtoSOUPtoNekoBiyori-300

- PAN to SOUP to Neko Biyori / パンとスープとネコ日和 (WOWOW)
L'histoire : après la mort de sa mère, une jeune femme reprend la modeste brasserie que celle-ci tenait. Elle n'y sert que deux choses : du pain, et de la soupe. Elle est progressivement adoptée par un chat qui s'installe dans le restaurant, et par les habitants du coin.
L'avis : une présentation atypique qui laisse espérer quelque chose d'original... mais pas forcément très rythmé. C'est bien, j'ai tout mon temps. *s'assied*
> A partir du 21 juillet à 22h

Outre ces nouveautés, rappelons qu'Amachan et Yae no Sakura, sur la NHK, poursuivent leur diffusion. De façon intéressante, WOWOW diffuse également une série chinoise historique se déroulant 2 siècles avant JC, Chu Han Chuan Qi (sous le titre Kouu to Ryuuhou King's War) ; j'avais déjà vu des séries sud-coréennes sur cette chaîne du câble, comme c'est le cas depuis mai pour la série d'investigation Yoo Ryung ; mais une série chinoise, c'est la première fois que j'en remarque une. 'Puis vaut mieux pas se louper, il y en a pour 80 épisodes ! Enfin, voilà, juste pour dire : tiens, tiens.

LIMIT

Bref, en-dehors de ça, je trouve que c'est l'une des saisons les plus équilibrées depuis longtemps. Mais j'admets avoir un biais favorable envers toutes ces séries médicales qui, tout d'un coup, se retrouvent brutalement considérées comme populaires ! Il y a souvent de bonnes choses dans les séries médicales, que les séries policières ont du mal à égaler ; ce n'est peut-être pas très juste d'opposer deux genres de cette façon, mais enfin, c'est le ressenti général que j'ai à la lecture de ces grilles. Après, on peut discuter.
Qui plus est, la saison semble avoir trouvé un juste milieu entre les séries renouvelées (souvent alors qu'elles n'ont pas vu de diffusion depuis au moins deux ans ou plus), et les séries totalement inédites. Il y en a vraiment pour tous les publics cet été, ça fait vraiment plaisir à voir.

Si bien qu'on ne sait plus où donner de la tête ! Entre les séries fondamentalement alléchantes, comme Akuryou Byoutou, LIMIT, Gekiryuu ou DOUBLE TONE, et celles au charme plus subtil comme Oh, My Dad!!, PAN to SOUP to Neko Biyori, Hanzawa NaokiNanatsu no Kaigi, Furueru Ushi, Woman, STARMAN, plus quelques séries pour lesquelles c'est un peu le coup de poker, style Namonaki Doku ou SHOMUNI 2013, on aura pas trop de tout un été pour découvrir tous les pilotes qui nous tentent !
Et vous, qu'est-ce qui vous a mis l'eau à la bouche ?

...Je veux dire, à part la mention de Kodoku no Gourmet ? D'ailleurs je pense que, rien que d'en parler, ce soir ça va être menu japonais.

Posté par ladyteruki à 20:31 - Dorama Chick - Permalien [#]

09-06-13

J'aurais dû écouter ma mère

Il y a des choses immuables dans la vie : le soleil se lève tous les matins, les grilles nippones se renouvellent tous les trois mois, et les séries japonaises mettent l'emphase sur le respect des traditions. Impossible de se tromper, on peut miser sa chemise dessus, ces choses-là ne changeront jamais.
Alors quand Kamo, Kyoto he Iku., la nouvelle série de ce #pilotmarathon, a commencé, j'avoue que j'ai soudain commencé à ressentir un peu d'espoir.

Un peu seulement. Car sur la forme, Kamo, Kyoto he Iku. n'est pas exactement révolutionnaire, loin de là. On est clairement dans une fiction très grand public (inversement proportionnel au budget, ai-je envie de dire), filmée sans trop de recherche, avec un montage haché, un casting peu enthousiasmant (seule l'héroïne Kamo, incarnée par Nao Matsushita, fait preuve d'un relatif charisme), et une histoire cousue de fil blanc, dans laquelle une jeune femme moderne hérite en 5mn d'épisode, montre en main, d'une auberge traditionnelle (ou ryokan) qu'elle veut à tout prix changer de la cave au grenier (bon, sauf que comme la plupart des demeures traditionnelles japonaises, elle n'a ni cave ni grenier, mais vous saisissez l'idée). Résultat, pas de quoi grimper aux rideaux. Qui, euh, là non plus, n'existent pas. Bref.
Et encore ! Je ne vous ai pas encore parlé de l'horrible habillage musical, du générique de début jusque dans la musique de fond de la plupart des scènes, qui confine au grotesque et garantit une migraine à coup sûr.

Alors, quand le message habituel du "les traditions c'est bien, il ne faut rien changer" a tardé à être véhiculé par le pilote de Kamo, Kyoto he Iku., je le reconnais, j'ai été assez enthousiaste. Enfin une série qui a envie de dire autre chose !!! De l'espoir !
...Ce n'est pas que j'aie une dent contre les traditions, mais si toutes les séries répètent toujours la même leçon, ça ne sert à rien d'en sortir une nouvelle tous les trois mois, pas vrai ?

KamoKyotoheIku

Mais hélas il y a quelques choses immuables dans la vie, parmi lesquelles le soleil qui se lève tous les matins, les grilles nippones qui se renouvellent tous les trois mois, et les séries japonaises qui mettent l'emphase sur le respect des traditions.

Les enjeux de Kamo, Kyoto he Iku. devront donc être ailleurs. Du moins faut-il l'espérer. En introduisant une relation houleuse avec la défunte mère de l'héroïne, le pilote tente légèrement de pousser dans cette direction, à l'aide de quelques flashbacks grossièrement amenés. On peut saluer l'effort (pour une fois dans un dorama qu'une mère n'apparait pas comme maléfique si elle n'est pas nourricière...), mais pas vraiment la méthode. Pire encore, l'émotion est totalement absente du résultat, la froideur de Kamo n'aidant pas à partager son traumatisme.
Pire encore, en donnant raison, bien que post-mortem, à feue la mère de Kamo, Kamo, Kyoto he Iku. perpétue l'idée que les parents ont toujours raison, même quand ils ont cent fois tort, rendant presque effronté le fait que Kamo n'ait pas que du bien à dire de sa mère. Ah, heureusement qu'elle va se réconcilier avec celle-ci par-delà la mort ! La morale est sauve ! Mon mal de crâne, lui, ne s'arrange pas.

Que reste-t-il dans tout ça ? La conviction d'avoir affaire à une sorte de sous-dinner, dans laquelle un business familial doit absolument être sauvé de la faillite alors qu'il repose sur des traditions qui doivent à la fois être remises en questions... et préservées. On n'en est pas à un paradoxe près. Là où dinner mettait l'accent sur son cadre particulier, ses personnages hauts en couleurs et l'amour du travail bien fait, toutefois, Kamo, Kyoto he Iku. semble n'avoir retenu que le désir de promouvoir des traditions rigides, un peu étouffantes, et dont on comprend mal comment elles sont supposées survivre à une crise financière. La métaphore est intéressante, mais je doute qu'elle aille beaucoup plus loin tant Kamo, Kyoto he Iku. est dans la simplification. D'autant que les personnages secondaires sont d'une transparence à faire peur (en-dehors de quelques piques subtiles d'un personnage qui de toute façon se fait virer avant la fin du pilote en raison des coupes budgétaires), là où ceux de dinner permettaient de donner un peu de piquant dans le sauvetage de l'entreprise (parfois en détournant même les scénaristes de leur mission autour du restaurant, mais un jour je finirai bien par vous écrire cette review de la saison de dinner et on y reviendra plus en détail). En particulier, le méchant consultant de Kamo, Kyoto he Iku., qui veut à tout prix reprendre le ryokan et espère que Kamo va se planter en beauté, est aussi subtil qu'un Iznogoud en costard-cravate.

C'est fou quand même : j'ai failli espérer quelque chose de Kamo, Kyoto he Iku., je devrais savoir pourtant, qu'il y a des choses immuables, comme le...
Oh pardon, je me répète ? Pour ma défense, certaines séries japonaises aussi.

Posté par ladyteruki à 15:29 - Dorama Chick - Permalien [#]

29-03-13

Teriyaki season

L'arrivée du mois d'avril s'accompagne, comme c'est la tradition, d'une nouvelle saison télévisuelle nippone. Joie et allégresse ! En conséquence, c'est l'heure du tout aussi traditionnel post récapitulatif des nouveautés de la saison, qui, comme chacun sait, se veut long mais ne saurait prétendre à une parfaite exhaustivité, l'erreur étant humaine et toute cette sorte de choses.
Le coup d'envoi a été donné dimanche avec une série du câble, Sodom no Ringo, mais les festivités ne devraient réellement commencer d'ici une huitaine de jours. On est donc carrément dans les temps.

Sans plus attendre, voyons donc ce que nous réserve la télévision nippone pendant les 3 prochains mois !

En quotidienne  
   
Amachan_300 - Amachan / あまちゃん (NHK)
L'histoire : dans la région de Touhoku (n'est-ce pas), une adolescente devient progressivement le symbole de la renaissance de son patelin alors qu'elle se dédie à la pêche aux coquillages.
L'avis : une série quotidienne écrite par le scénariste Kankurou Kudou, 'scusez du peu. Ca compense... vaguement !
> A partir du 1er avril à 8h15
   
HakuinoNamida_300 - Hakui no Namida / 白衣のなみだ (Fuji TV)
L'histoire : un daytime drama en trois volets (un par mois) dans la 1ere partie duquel une femme enceinte développe un cancer du sein, laissant à son mari la charge de la maisonnée.
L'avis : apparemment les 2e et 3e parties seront annoncées ultérieurement, je me demande si la série sera plutôt anthologique ; ça serait une innovation intéressante.
> A partir du 1er avril à 13h30
   
Lundi  
   
Kakushou_300 - Kakushou / 確証 (TBS)
L'histoire : une nouvelle série policière dans laquelle l'enquêtrice d'une division de 3e zone décide de s'emparer d'affaires destinées à une unité plus performante.
L'avis : cop overdose.
> A partir du 15 avril à 20h
   
Galileo_saison2_300 - Galileo / ガリレオ (Fuji TV) - saison 2
L'histoire : 5 ans après la saison 1, la série d'enquêtes menées par un physicien et une détective fait son retour.
L'avis : Yaaay.
> A partir du 15 avril à 21h
   

Dorama-NoPhoto

- Houkago GROOVE / 放課後グルーヴ (TBS)
L'histoire : une jeune femme qui avait lâché ses études et intégré un gang retourne dans le droit chemin et devient enseignante avec une vision pédagogique bien à elle... mais la matière dont elle est chargée est sa pire terreur.
L'avis : une tentative courageuse d'apporter des variations à un pitch vu cent fois. Pas sûre que ça suffise.
> A partir du 22 avril à 00h20
   
Mardi  
   
KamoKyotoheIku_300 - Kamo, Kyoto he Iku. / 鴨、京都へ行く。 (Fuji TV)
L'histoire : une jeune femme carriériste travaillant pour le Gouvernement à Tokyo hérite de sa défunte mère... d'une auberge traditionnelle en bien mauvais état à Kyoto.
L'avis : ces histoires de femmes qui réapprennent le plaisir de gérer une maisonnée (fut-elle un hôtel) au lieu de mener une carrière ambitieuse, ça vend vraiment du rêve.
> A partir du 9 avril à 21h
   
   

KasukanaKanojo-300

- Kasuka na Kanojo / 幽かな彼女 (Fuji TV)
L'histoire : un prof peu passionné par son métier, et capable de voir des fantômes (qu'il n'aime pas non plus) va progressivement changer au contact d'une revenante pas comme les autres.
L'avis : bah oui mais s'il avait fait partie d'un gang dans sa jeunesse, il verrait la vie autrement. Aussi.
> A partir du 9 avril à 22h
   

DainiGakushou-300

- Dai ni Gakushou / 第二楽章 (NHK)
L'histoire : deux femmes qui se destinaient à une carrière dans la musique classique se retrouvent par hasard 17 ans après avoir joué dans le même orchestre. Elles ont des vies radicalement différentes... et sont cruellement jalouse de l'autre.
L'avis : ç'aurait été intéressant si, cliché parmi les clichés, la série ne promettait pas de baloter l'époux de l'une là-dedans.
> A partir du 16 avril à 22h
   

Mercredi

 
   

IryuuSousa-300

- Iryuu Sousa / 遺留捜査 (TV Asahi) - saison 3
L'histoire : l'enquêteur lisant la vérité dans les objets inanimés est de retour, et c'est à toute la téléphagie que ça joue un mauvais tour.
L'avis : et tuer la poule aux oeufs d'or ?! Soyons sérieux. Bon, d'accord : aux oeufs d'argent, mais quand même.
> A partir du 17 avril à 21h
   

KazokuGame-300

- Kazoku Game / 家族ゲーム (Fuji TV)
L'histoire : l'arrivée d'un tuteur dans une famille dysfonctionnelle, qui leur change la vie.
L'avis : apparemment l'adaptation TV/le remake du film éponyme de... 1983. Rien, pas même les décennies, n'arrête les repompeurs des chaînes, et c'est un fait universel.
> A partir du 17 avril à 22h
   

KumonoKaidan-300

- Kumo no Kaidan / 雲の階段 (NTV)
L'histoire : sur un îlot déserté de l'archipel, il n'y a plus de médecin. Un homme va commencer à exercer la médecine illégalement pour rendre service aux derniers habitants.
L'avis : j'ai vraiment un truc avec les histoires de périphérie abandonnée. Ca date de Ruri no Shima, je pense. Dommage qu'on nous prépare aussi un triangle amoureux plus classique outre cette douloureuse question.
> A partir du 17 avril à 22h
   

MeshibanaKeijiTachibana

Meshibana Keiji Tachibana / めしばな刑事タチバナ (TV Tokyo)
L'histoire : les aventures, adaptées d'un manga éponyme, d'un flic qui est incollable sur la cuisine populaire.
L'avis : un autre de mes péchés mignons ? Les séries de bouffe. Même s'il est suprêmement pourri, rien ne se mettra entre un pilote de série de bouffe et moi. RIEN, vous entendez.
> A partir du 10 avril à 23h58
   
Jeudi  
   

Keiji110kg-300

Keiji 110 kg / 刑事110キロ (TV Asahi)
L'histoire : un petit planton sans importance, mais doté d'un 6e sens lorsqu'il s'agit de comprendre de quoi ont besoin les gens, est subitement promu chef d'une division d'enquêtes.
L'avis : c'est bien, ça nous change de euh non pardon.
> A partir du 25 avril à 20h
   

Doubles-300

- Doubles / ダブルス (TV Asahi)
L'histoire : une nouvelle unité d'élite est créée afin de gérer les crimes les plus violents du district le plus soumis à la criminalité, mais ce pourrait aussi être un simple coup médiatique. Deux hommes y sont affectés et tentent de surmonter leur différence pour résoudre des enquêtes.
L'avis : le nombre de fois où des chaînes nippones ont tenté de nous ressuciter BOSS sans ressuciter BOSS, avec quelques menues variations (ici buddy cop show), je compte même plus.
> A partir du 18 avril à 21h
   

SennyuuTanteiTokage-300

- Sennyuu Tantei Tokage / 潜入探偵トカゲ (TBS)
L'histoire : après une tragédie dans laquelle il pense avoir une responsabilité, un enquêteur de talent s'est retiré de la police, devenant détective privé en dilettante. Aidé de son assistante, il finit pourtant par aider à nouveau la police.
L'avis : Monk... sans les TOCs. Qu'est-ce qu'on s'éclate.
> A partir du 18 avril à 21h
   

LASTCINDERELLA-300

- LAST CINDERELLA / ラスト シンデレラ (Fuji TV)
L'histoire : une jeune femme qui ne cherche ni à être belle ni à trouver l'amour va quand même finir par changer d'avis.
L'avis : parce que nan mais ho. Et aussi parce qu'elle se comporte tellement comme un garçon qu'il lui pousse une barbe. I SHIT YOU NOT. Vous la sentez arriver, la review féministe outrée ? Moi aussi, donc rendez-vous est pris.
> A partir du 11 avril à 22h
   

DetarameHero-300

- Detarame Hero / でたらめヒーロー (NTV)
L'histoire : un bon à rien se retrouve, à la mort de sa soeur, responsable de son neveu qu'il ne connait pas, mais qui possède des bonbons magiques qui donnent des superpouvoirs à notre incapable. Avec l'aide d'un ami policier, il devient donc un vigilante...
L'avis : "tu regardes toujours tes séries japonaises débiles ?"/"rha, mais elles sont PAS déb-... ahem, nan tu sais quoi, oublie".
> A partir du 4 avril à 23h58
   
Vendredi  
   

TsumawaKuno-300

- Tsuma wa, Kuno / 妻は、くノ一 (NHK BS Premium)
L'histoire : dans ce dorama historique, un astronome jusque là rêveur tombe sous le charme de la compagne qui lui est attribuée. Mais peu après leur mariage, elle disparait dans d'étranges circonstances.
L'avis : un homme passionné par les étoiles, une femme ninja... les séries historiques nippones remontent dans mon estime ces derniers temps, et celle-ci participe au mouvement.
> A partir du 5 avril à 20h
   

TAKEFIVE-300

- TAKE FIVE / TAKE FIVE (TBS)
L'histoire : il y a 20 ans, Masayoshi Homura et son équipe de voleurs, surnommés les "TAKE FIVE", ont décidé de se ranger. Mais voilà que Homura, devenu professeur, reçoit une étrange incitation à voler une célèbre toile...
L'avis : hm, si ça n'est pas procédural, ça pourrait être intéressant d'assister à un Ocean's 5 en version japonaise...
> A partir du 19 avril à 22h
   

OtenkiOneesan-300

- Otenki Oneesan / お天気お姉さん (TV Asahi)
L'histoire : une météorologue surdouée (elle a eu son diplôme à 11 ans) utilise sa connaissance de la météo, du climat et même de l'astronomie pour résoudre des enquêtes.
L'avis : laissez-moi réfléchir...
> A partir du 12 avril à 23h15
   

VampireHeaven-300

- Vampire Heaven / ヴァンパイア・ヘヴン (TV Tokyo)
L'histoire : deux femmes vampires mises au rebut de leur vampirique société tombent toutes les deux sous le charme d'un humain. PAR CHANCE ! Quand elles jouent de la musique, l'envie de lui aspirer le sang disparait.
L'avis : il y a contradiction dans les termes.
> A partir du 12 avril à 00h12
   

MinnaESPerDayo-300

- Minna! ESPer Dayo! / みんな!エスパーだよ! (TV Tokyo)
L'histoire : un lycéen se réveille un jour en découvrant qu'il a des pouvoirs de télépathie. En fait, il réalise que tout son patelin a des pouvoirs surnaturels...
L'avis : adaptation d'un manga dont je me demanderais bien ce qu'il vaut, si l'heure de diffusion de la série ne me donnait déjà une idée de la réponse.
> A partir du 12 avril à 00h52
   

Samedi

 
   

Dorama-NoPhoto

- Ooka Echizen / 大岡越前 (NHK BS Premium)
L'histoire : un biopic retraçant la vie du magistrat éponyme qui a géré les affaires administratives et judiciaires d'Edo au 18e siècle. Son humanité et son sens de la justice en ont fait une légende.
L'avis : à noter qu'une série du même nom (et forcément avec le même sujet) avait été diffusée par TBS entre 1970 et... 1999 ! L'un des jugements de ce personnage historique est absolument délicieux : à un marchant qui prétendait que sentir ses plats était du vol, Ooka Echizen a réclamé le paiement de l'odeur de ses plats par le son des pièces équivalant à son prix. Perfection.
> A partir du 30 mars à 20h
   

35SainoKoukousei-300

- 35 Sai no Koukousei / 35歳の高校生 (NTV)
L'histoire : une femme de 35 ans reprend, étrangement, le chemin du lycée. Si elle tente de se fondre dans la masse, c'est évidemment impossible, d'autant qu'elle semble richissime.
L'avis : une nouvelle variante de l'adulte qui intervient dans les problèmes d'ados, puisque la chose qui fait sortir notre lycéenne ménopausée de ses gonds est la violence et le harcèlement.
> A partir du 13 avril à 21h
   

GoenHunter-300

Goen Hunter / ご縁ハンター (NHK)
L'histoire : après s'être consacrée à sa mère et à son travail, une célibataire de 40 ans mise à la porte par ladite mère (qui se remarie) remet en question sa valeur sur le marché du mariage. Mais son esprit de compétition reprend vite le dessus...
L'avis : j'vous préviens, encore un pitch comme ça, et je commence à tuer des chatons. Mais des chatons célibataires, alors ça va.
> A partir du 13 avril à 21h
   

SodomnoRingo-300

- Sodom no Ringo / ソドムの林檎 (WOWOW)
L'histoire : choquée par le suicide de son ex, une éditrice découvre qu'il avait une autre femme dans sa vie, et qu'elle est accusée de son meurtre. En remontant dans le passé de l'étrange créature, l'éditrice fait de curieuses découvertes...
L'avis : je sais pas pourquoi, j'ai une sorte d'Atami no Sousakan feeling sur ce coup. Vous vous souvenez d'Atami no Sousakan ? Au pire, je me referai une intégrale, tiens.
> Depuis le 23 mars à 22h
   

Dorama-NoPhoto

- Machigawarechatta Otoko / 間違われちゃった男 (Fuji TV)
L'histoire : lors d'un casse dans un restaurant de sushi, deux voleurs médiocres sont pris pour des sommités de la cuisine. Impossible de s'enfuir !
L'avis : maudites séries de bouffe, elles auront ma perte. Et ce sera délicieux.
> A partir du 13 avril à 23h10
   
Dimanche  
   

SoratobuKouhoushitsu-300

- Soratobu Kouhoushitsu / 空飛ぶ広報室 (TBS)
L'histoire : une journaliste insistante et douée en interviews explosives se voit confier contre son gré un reportage informatif sur les forces de défense, où elle va susciter des réactions épidermiques, notamment auprès d'un pilote.
L'avis : amis Japonais, n'avons-nous rien appris de TOKYO Airport sur l'intérêt des avions dans les séries ? Rien ?! ...Et pourtant, j'ai envie de laisser le bénéfice du doute.
> A partir du 14 avril à 21h
   

KogureShashinkan-300

- Kogure Shashinkan / 小暮写眞館 (NHK)
L'histoire : après avoir, avec sa famille, emménagé dans un vieux studio photo qui n'avait pas servi depuis 50 ans, un jeune garçon découvre la photographie de ce qui ne peut être qu'une femme-fantôme, et, intrigué, tente de comprendre ce qui se cache derrière cette étrange histoire...
L'avis : une histoire un tantinet originale qui peut fournir le pire comme le meilleur, en tous cas ma curiosité est piquée.
> A partir du 31 mars à 22h
   

MayonakanoPanyasan-300

- Mayonaka no Panya-san / 真夜中のパン屋さん (NHK BS Premium)
L'histoire : l'histoire d'un étrange boulanger débutant dont l'échoppe n'ouvre qu'à minuit...
L'avis : après un peu de flou, la série s'est enfin trouvé une date de diffusion. Reste à voir si elle partage autre chose qu'une vague parenté avec Shinya Shokudou. Vous vous souvenez de Shinya Shokudou ? Au pire, je me referai une intégrale, tiens.
> A partir du 28 avril à 22h
   

HaitatsuSaretaiWatashitachi-300

- Haitatsu Saretai Watashitachi / 配達されたい私たち (WOWOW)
L'histoire : un homme en pleine dépression décide qu'avant de se suicider, il délivrera les 7 lettres jamais distribuées qu'il a trouvées par hasard dans un bâtiment abandonné, ignorant qu'il va changer des vies au passage.
L'avis : si WOWOW ne tombe pas dans l'exagérément larmoyant, on tient ptet le bon bout. Et vu que justement, on parle de WOWOW...
> A partir du 12 mai à 22h
   

BADBOYSJ-300

- BAD BOYS J / BAD BOYS J (NTV)
L'histoire : adapté du manga BAD BOYS, la vie de 3 bikers qui sillonnent la région de Hiroshima afin de s'imposer comme le gang le plus important.
L'avis : et dans le fond il était temps. Avec tous ces bikers reconvertis en professeurs peu conventionnels, passer un peu de temps dans la (puissante) culture motorisée japonaise ne serait pas du luxe.
> A partir du 6 avril à 00h50

Outre ces nouveautés, rappelons que Yae no Sakura, sur la NHK, entame son deuxième trimestre de diffusion.

Oh. Bon. Bof... je sais pas si c'est moi, mais j'ai l'impression qu'il y a quand même beaucoup de poulet cette saison. Vous trouvez pas ? Il en va se nicher même dans les séries culinaires ! Si on peut plus manger autre chose que de la poularde, je ne m'amuse plus tant que ça... Bon, j'exagère évidemment, car il n'y a quand même pas QUE des séries policières cette saison, mais c'est un peu déprimant, comme panorama. Sans compter que quand il ne s'agit pas d'enquêtes, les personnages sont presque tous masculins, cette saison ! Je ne sais pas ce qu'il se passe tout d'un coup, mais ça fait bizarre. Bon alors, oui, il y a par exemple LAST CINDERELLA et Goen Hunter mais, hm, bon, occultons-les tout-à-fait afin de m'éviter une énième poussée d'urticaire face au sexisme des séries japonaises.
Et dans la foulée, on fera de la psychologie de comptoir à propos du Japon un autre jour. Mais sérieusement, entre les flics chargés de crimes à longueur de saison, les femmes célibataires avec une date de péremption, et les populations jeunes à problèmes, j'ai quand même envie de prescrire du Xanax à tout l'archipel, ils me font de la peine à voir comme ça.

Rares sont les idées, vous l'aurez compris, à m'avoir enthousiasmée. Après on est d'accord qu'il n'y a rien de plus imprévisible qu'un pitch de série nippone, mais enfin, là, j'ai autant de me ruer sur des pilotes japonais du printemps que de choper la dysentrie. Il faudra attendre de voir le traitement des pilotes qui nous passeront à portée de main pour, peut-être, découvrir des perles, mais là tout de suite, dorama, dysentrie, dorama, dysenterie... ouais, définitivement la dysentrie.

Que reste-t-il à dire encore ? Eh bien, ce que VOUS, vous pensez de cette nouvelle saison japonaise, ça serait pas mal. Allez-y, dites-moi tout, je vous écoute : quelles sont les nouveautés qui vous font envie plus que d'une dysenterie ?

Posté par ladyteruki à 21:12 - Dorama Chick - Permalien [#]

20-02-13

Shopping

Shinryouchuu

"T'as combien sur toi, là ?
- Attends, je regarde... mouais, même pas 2 millions. Et ptet un peu de monnaie dans ma veste, faudrait que je vérifie.
- 2 millions ?! ...Mais tu parles en yen ou en shekel ?
- Bah ! En yen.
- Ouais donc c'est mort, quoi.
- Pourquoi, qu'est-ce que tu as vu ?
- Le stand, là-bas... ils vendent les droits d'adaptation d'une super série, et tous les scripts de la première saison !
- Quoi, eux ? Laisse tomber.
- Pourquoi ?
- Parce que, c'est complètement hors de prix. Tu devrais voir ce que les Québécois ont raqué il y a pas si longtemps, on n'aura jamais le budget.
- Mais c'est génial, leur concept avec le psy et tout !
- Bien-sûr que c'est génial, pourquoi tu crois que la moitié de la planète en fait des remakes ?
- On fait quoi alors ?
- Bah on pourrait avancer dans l'allée et faire un tour près du stand Globo, si tu veux, histoire de rigoler devant les affiches des telenovelas ?
- Chais pas, j'en ai marre, on a encore rien acheté au MIPTV, c'est la loose, en plus j'ai mal aux pieds, je veux rentrer à l'hôtel...
- Booon, bah on rentre à l'hôtel.
- Sérieux, ça t'ennuie pas ?
- Non, c'est pas grave, on va rentrer bredouille, on fera trois-quatre courbettes piteuses devant le patron, et puis comme d'hab on expliquera que les scénaristes doivent trouver le moyen d'adapter une série étrangère sans en avoir l'air.
- C'est vrai que jusque là, ça a toujours marché.
- Exactement ! Pourquoi tuer la poule aux oeufs d'or ? Au pire on mettra "inspiré par BeTipul" quelque part, et puis ce sera réglé !
- Nan mais c'est vrai, si on est réalistes, depuis quand les chaînes japonaises ont besoin d'acheter les droits d'adaptation de quoi que ce soit ?
- Aha, t'es con, dis pas ça, ça nous fait une semaine de vacances à Cannes chaque année !
- Allez, viens, on va mater les affiches des telenovelas avec les pétasses sud-américaines à gros seins.
- Oho, ouais ! 'Pis regarde ce que j'ai trouvé dans ma veste : une flasque de rhum que j'avais achetée en duty-free.
- Eh bah j'ai plus mal aux pieds, moi !"

Posté par ladyteruki à 22:58 - Dorama Chick - Permalien [#]

14-02-13

Indigestion

On peut se demander si une série qui en plagie une autre ostensiblement est coupable d'emblée de haute trahison téléphagique. Parce que, de la même façon qu'un remake peut parfois être de grande qualité, condamner d'avance une série simplement parce que son pitch est très largement inspiré d'un autre semble un peu extrême. Dans le fond, il est tout-à-fait possible qu'un même pitch soit traité de façon différente par deux séries, et il est possible qu'un scénariste, inspiré par une série à succès donnée, se dise qu'il pourrait dire quelque chose de totalement différent à partir des mêmes éléments. C'est, à bien y réfléchir, une question qui nous pousse à nous interroger sur ce qu'est vraiment l'originalité en télévision !
On peut se le demander... mais ça reste purement théorique. Parce que dans la pratique, prétendre qu'une série qui part d'un pitch sans imagination peut faire preuve de trésors d'originalité reste quand même une jolie façon de se mentir : ça ne donne jamais rien de bon.

Le recyclage, c'est honteux, quand bien même on voudrait parfois avoir l'esprit ouvert et donner leur chance aux séries qui semblent le mériter le moins. Et je m'apprête aujourd'hui à vous en donner la preuve par l'exemple avec Nobunaga no Chef.

NobunaganoChef

Si vous avez déjà un peu trainé dans le coin, ou tout simplement qu'il vous arrive de vous intéresser aux séries nippones, vous ne pouvez pas ignorer l'existence de JIN, une série qui, l'espace de ses deux saisons de diffusion, a connu un immense engouement dans son pays natal, et s'est attiré énormément de récompenses et de critiques élogieuses. Méritées, d'ailleurs.
JIN, c'est l'histoire d'un neurochirurgien qui se retrouve soudain envoyé dans le Japon féodal, et qui va rencontrer des personnages historiques, notamment le fameux Ryouma Sakamoto. A charge pour Jin à la fois de survivre dans le passé, et de tenter de trouver un moyen de revenir dans son présent, tout cela en continuant, dans l'intervalle, de pratiquer la médecine telle qu'il la connaît, à la grande surprise de ses nouveaux contemporains. Heureusement, il peut compter sur l'aide de de Saki, une jeune femme qui, bravant les conventions, va l'assister.

Avec ces éléments en tête, voici maintenant le pitch de Nobunaga no Chef, et je vous propose de jouer aux jeu des 7 erreurs.
Nobunaga no Chef, c'est l'histoire d'un chef cuisinier qui se retrouve soudain envoyé dans le Japon féodal, et qui va rencontrer des personnages historiques, notamment le fameux Nobunaga Oda. A charge pour Ken à la fois de survivre dans le passé, et de tenter de trouver un moyen de revenir dans son présent, tout cela en continuant, dans l'intervalle, de pratiquer la cuisine telle qu'il la connaît, à la grande surprise de ses nouveaux contemporains. Heureusement, il peut compter sur l'aide de de Natsu, une jeune femme qui, bravant les conventions, va l'assister.
...Ne cherchez pas sept erreurs, il n'y en a qu'une : l'existence-même de Nobunaga no Chef.

Car non contente de pomper allègrement le pitch d'une des séries japonaises les plus aimées et les plus regardées de son temps, Nobunaga no Chef a aussi résolu de le faire avec aussi peu de finesse et d'intelligence que possible. C'est bien simple : en moins de quatre minutes, Ken va se retrouver dans le passé (en fait ça se produit même en moins de trente secondes), va assister à un combat du grand Nobunaga, devoir sauver sa peau, découvrir qu'il n'est pas le seul à être dans cette situation, réaliser qu'il a perdu la mémoire, apprendre qu'il vient du futur, rencontrer une jeune femme qui va lui sauver la vie, et... et non, quand même, on s'arrête là, ça fait cinq minutes.
La finesse de la succession de ces évènements a de quoi laisser pantois. C'est clair qu'on a affaire à un scénariste qui ignore le mot "exposition", et ce n'est rien de le dire. Et le pire, c'est qu'en fait ils sont deux à avoir écrit ce torchon.

Mais non content de balancer leur histoire avec le plus grand des naturels (après tout, ça va, hein, pourquoi se faire chier à mettre les choses en place, puisque tout le monde connait JIN !), on a aussi affaire à des scénaristes qui écrivent avec un bandeau sur les yeux. Ainsi, les personnages sont totalement inconsistants (et le pire c'est que même les autres personnages s'en rendent compte), disant une chose puis son contraire juste parce que comme ça, ça fait vaguement avancer l'intrigue, ça façonne un suspense artificiel, ou ça crée des retournements de situation quand le public commence à s'endormir. Leur réaction n'ont aucune logique, aucun fil rouge, ce qui s'assortit plutôt bien avec leur manque total de personnalité, notamment pour le personnage principal, Ken, qui ne pourrait être plus transparent. A cela encore faut-il ajouter un cast absolument pénible, soit dans le surjeu, soit dans l'apathie la plus totale.

Le pire n'est pourtant pas là. Car outre la question du retour dans le passé, désormais un gros cliché, et le cours magistral d'histoire que cela implique (oui, Nobunaga no Chef se veut pédagogique par-dessus le marché), le pire dans toute cette sombre affaire, c'est que la cuisine s'en mêle.
On assistera donc à un concours entre Ken et le chef de Nobunaga (sans grande raison si ce n'est qu'il fallait meubler dix minutes d'épisode) qui consiste à cuisiner le meilleur plat ; le perdant y perd quand même la vie, hein. C'est absolument ridicule, bien-sûr, mais bon. Alors pendant cette séquence, les personnages secondaires vont commenter l'action un peu comme dans un match de foot : "oh non, il a cuisiné un plat étrange, il va perdre !"/"non, attendez, le seigneur Nobunaga a l'air d'aimer") et l'interprète de Nobunaga va faire toutes sortes de grimaces tout en mastiquant. C'est absolument captivant.
Et c'est supposé être la plus-value de Nobunaga no Chef, visiblement, puisqu'une fois que Ken va faire ses preuves sur un plan culinaire, il devient évidemment le nouveau chef des cuisines du grand Nobunaga (qui n'a visiblement pas grand'chose à penser à part choisir le chef de ses cuisines), et doit réitérer ses exploits culinaires avec un invité de marque, parce que, je cite, cela peut être déterminant pour les affaires de Nobunaga. Punaise, c'est du lourd ! D'après le trailer de fin d'épisode, les conneries continuent sur le même mode dans l'épisode suivant, sauf que cette fois Nobunaga et son armée partent en campagne (...avec le chef sous le bras, donc ; normal).

Vraiment, les mots peinent à décrire le marasme scénaristique que tout cela représente. Et je vous dis ça, sachant que j'ai quand même un énorme biais envers les séries culinaires, quand même ; on a eu le temps de l'évoquer avec dinner il y a quelques jours.
Donc quand je vous dis que Nobunaga no Chef est une poussive merde télévisuelle, je ne le dis pas à la légère. Il n'y aucune excuse pour son existence, et dorénavant j'utiliserai les références à Nobunaga no Chef uniquement pour l'utiliser comme exemple absolu du pitch paresseux, copié sur un succès qui n'avait pas mérité pareil déshonneur, et servi par un scénario honteux. Pour que nous n'oublions jamais qu'une série qui en plagie une autre ostensiblement est coupable de haute trahison téléphagique...

Posté par ladyteruki à 23:58 - Dorama Chick - Permalien [#]

09-02-13

You had me at "ristorante"

Il y a peu de souvenirs de mon enfance que j'aimerais pouvoir revivre ou recréer ; mais quelques uns de mes moments préférés ont été passés dans la cuisine de mes parents. J'ai passé de nombreuses heures, assise sur une des chaises en bois, évitant d'être dans le passage, à simplement regarder ma mère préparer le déjeuner, le dîner, ou à faire de la pâtisserie. Existe-t'il quelque chose de plus agréable que d'être dans la chaleur de la cuisine, avec toutes les bonnes odeurs de nourriture, et à regarder quelqu'un s'affairer ? Sentir le feu des casseroles, entendre le clapotis d'une sauce portée à ébullition, déceler l'ingrédient qu'on n'a pas encore goûté mais qui embaume toute la pièce, voir les vitres se couvrir d'une buée qu'on devine gorgée de sel et d'épices... autant de sensations, avec quelques autres, qui sont pour moi restées incomparables.
Ce n'est pas que ma mère était une cuisinière exceptionnelle ; en fait, même avec toute mon ignorance enfantine et mon palais peu éduqué, je n'aurais jamais prétendu une telle chose, même à l'époque. Nos dîners familiaux n'étaient pas de la grande cuisine, et aucun de nous n'était un gourmet, ni n'en avait seulement l'ambition. Plus tard, bien plus tard, j'allais découvrir dans la famille de l'un de mes petits amis un vrai gastronome, du genre à faire ses courses à quatre endroits différents chaque weekend juste pour avoir de vrais, de bons produits ; chez nous, c'était chipolatas Carrefour mais ça m'était égal. Ce n'était pas ça l'important. C'était simplement qu'il est terriblement agréable de regarder quelqu'un cuisiner. A la limite, peu importe le résultat, pourvu que les casseroles fassent du bruit et que la cuisine soit plusieurs degrés plus chaude que le reste de la maison !

C'est un sentiment qui ne m'a jamais quittée. Encore aujourd'hui, j'ai cette fascination pour les gestes à la fois mécaniques et absorbés que requièrent la cuisine et la pâtisserie. Evidemment, la perspective d'ensuite goûter les plats ainsi préparés ne gâche pas le plaisir, ne nous mentons pas ; mais celui-ci tient quand même essentiellement dans le ballet de mouvements, de sons et d'odeurs qui rendent une cuisine vivante. Et parfois, dans le secret de ma propre cuisine, je voudrais m'asseoir et regarder quelqu'un d'autre salir des casseroles ; c'est le seul moment de mon enfance auquel je pense avec une nostalgie émue.

Je n'ai jamais vraiment quitté ma chaise en bois, quand j'y pense. J'aime toujours trouver le point de vue imprenable qui me permet de regarder quelqu'un cuisiner pendant des heures.

dinner

C'est en passant quelques heures devant Raw (car hélas j'ai bientôt fini la courte saison 1, et je ne suis pas sûre de trouver la saison 2 très vite) que je me suis souvenue que, cette saison, le Japon avait également une série sur la cuisine à me proposer. dinner, c'est son nom, a commencé depuis un mois, et il était plus que temps que je m'attèle à son pilote.

Et comme j'ai bien fait, oh oui ! dinner est définitivement dans la moyenne supérieure des séries sur la cuisine, et Dieu sait qu'il y en a quelques unes en Asie. L'histoire est pourtant relativement classique ; laissez-moi vous la raconter.
dinner se déroule dans le prestigieux ristorante Roccabianca, tenue par le chef Hideo Tatsumi avec l'aide de sa fille Saori. Tatsumi est un nom particulièrement respecté dans le milieu ; il se murmure que l'homme serait le seul Japonais à avoir pu travailler au Teresa, un restaurant italien qu'on dit être d'une telle exigence que seuls les plus grands chefs peuvent y travailler. Bon, il se murmure aussi qu'en réalité, un second Japonais y aurait fait ses classes, mais ça n'a jamais été prouvé. Et c'est ce qui permet à Tatsumi de jouir d'une si parfaite réputation, au point que l'un de ses plus gros clients n'est autre que la femme de l'ambassadeur d'Italie, excusez du peu. Au Roccabianca, la salle ne désemplit pas, on ne prend des réservations que pour dans trois mois, les compliments pleuvent, et parmi l'équipe, on aime bien penser que cela vient du fait qu'on cuisine avec le coeur.
Seulement c'est aussi le coeur qui va poser problème, quand, victime d'un infarctus, Tatsumi va s'effondrer un beau soir, alors qu'il venait d'accepter une invitation dans la plus prestigieuse émission de cuisine du pays (une consécration) ; en à peine un mois, le Roccabianca va connaître la débâcle. La salle se vide, les réservations ne se bousculent pas, voire même, s'annulent, et les assiettes reviennent de moins en moins souvent vides. Que se passe-t-il ? Le restaurant va-t'il devoir fermer ses portes ? C'est ce que craint Saori, qui, faisant les comptes, commence à réaliser qu'elle ne pourra bientôt plus payer tout le monde si les choses continuent ainsi. Elle a beau pouvoir compter sur le soutien de toute l'équipe, à commencer par le sous-chef Imai, dans les faits, le restaurant commence vraiment à être en danger...
Fort heureusement, elle sait que son père n'est pas le seul Japonais à avoir fait ses classes au prestigieux Teresa, et qu'un autre chef de talent pourrait reprendre le Roccabianca pour lui redonner le lustre perdu en quelques semaines. Cet autre chef, c'est Motomu Ezaki, mais sa philosophie est très différente de celle de l'équipe du Roccabianca. Pour lui, la seule chose qui importe, c'est la technique et les ingrédients, et mettre du coeur dans la cuisine, ça n'a jamais eu aucun goût... il faut donc s'attendre à quelques frictions au sein de la cuisine quand il accepte le poste de chef du Roccabianca !

Vous le voyez, rien que de très classique dans ce pitch, qui en évoquera quelques autres similaires. Alors qu'est-ce qui fait que dinner fonctionne, au point de me soutirer de nombreuses salves d'applaudissements ?
Eh bien d'abord, il faut saluer la façon dont le pilote prend vraiment le temps de l'exposition ; c'est d'autant plus rare que beaucoup de séries nippones, sachant leurs jours comptés, ont tendance à préférer une certaine efficacité, voire même, dans les pires des cas, l'accumulation de clichés, afin de poser très vite les bases de l'histoire pour avancer vers le coeur de l'intrigue sans attendre. Ce n'est pas le cas de dinner, qui va vraiment prendre tout le temps nécessaire pour que la cuisson de l'exposition se fasse à point. On prend vraiment la température du Roccabianca, on apprend à en apprécier à la fois l'activité et l'âme, à se familiariser avec les membres de son équipe, à en sentir l'énergie unique. Ce n'est pas simplement un restaurant de grande qualité où oeuvrent des professionnels ; c'est aussi une équipe soudée, unie, où pourtant chaque personnalité s'exprime. Rarement autant que dans dinner on aura pu sentir l'atmosphère d'une cuisine professionnelle (chose que même Pasta, qui pourtant ambitionnait parfois de le faire, n'aura pas réussi à dépeindre de façon réaliste). On prend vraiment le pouls de ce restaurant, et l'immersion dans cet univers n'a rien de précipité ni de surfait, ce qui permet au spectateur, lui aussi, de se prendre d'affection pour le Roccabianca et ses protagonistes.
En définitive, l'intervention du chef Ezaki ne se produira qu'à la toute fin de l'épisode, posant assez clairement les enjeux qui le concernent, mais démontrant aussi que le propos de dinner n'est pas juste dans son opposition au reste de l'équipe du restaurant. Avant toute autre chose, dinner communique l'activité fébrile du restaurant et la passion pour la cuisine. Le reste n'est que littérature.

Pour nous plonger dans l'ambiance du Roccabianca, dinner fait aussi un effort assez rare en ce qui concerne son esthétisme.
Il faut, d'abord et surtout, saluer le décor. Contrairement à la plupart des restaurants de télévision, il donne une incroyable impression de réalisme grâce à son utilisation des volumes, de la perspective et des niveaux. Le travail effectué lors de la conception des décors relève d'un sens du détail qui aide énormément l'immersion. J'ai pris le soin de vous faire quelques captures de l'endroit sous divers angles et éclairages, je crois que vous pouvez voir à quel point le Roccabianca est un lieu qui a une vraie personnalité ; même ses cuisines, étroites et toutes en longueurs, témoignent de l'ambiance qui a été imprimée à l'endroit. Le restaurant devient un personnage à part entière de la série grâce à tous ces éléments.

Il faut également souligner à quel point dinner fait un effort sur un plan musical. Exit, les musiques interchangeables dans lesquelles beaucoup de dorama nippons ont vite tendance à se réfugier. En jouant à 200% la carte italienne, et avec de nombreux titres orchestraux, la série s'offre non seulement un cadre musical parfaitement cohérent avec l'identité de son restaurant, mais surtout, elle se permet quelques moments intenses, soulignés par une musique qui sublime certaines scènes, à l'instar de l'effort collectif lors d'une grosse commande, en fin de pilote, qui ne peut qu'attirer des jurons émerveillés, et dont la montée en puissance est parfaitement servie par le soundtrack. J'ai rarement vu une série nippone se donner autant de mal pour son atmosphère, mais dinner remporte complètement son pari sur ce plan-là également.

Au final, je serais presque tentée de dire qu'il y a un coup de coeur à se prendre avec dinner. Presque ? Non, en fait, à bien y réfléchir, tous les ingrédients sont là ! Sans révolutionner le genre, ce que ce pilote fait, il le fait fichtrement bien, avec un sens aiguisé du détail, des personnages plutôt solides, et une ambiance qui instinctivement donne envie de se passionner pour le sort du Roccabianca. L'introduction de la série se fait avec énormément d'attention et de bon sens, il y a de nombreuses scènes particulièrement réussies, et l'écriture est fine en dépit du sujet peu original ; il suffit d'entendre l'excellente métaphore de l'un des clients fidèles tentant d'expliquer pourquoi le restaurant se vautre en l'absence de son chef, pour sentir que dinner est doté de suffisamment de sens de la mesure et de subtilité pour se rendre agréable au spectateur.

Du coup, ne vous étonnez pas du bruit : je suis simplement en train de tirer une chaise en bois pour m'asseoir devant mon écran.

Posté par ladyteruki à 22:01 - Dorama Chick - Permalien [#]