Canalblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
ladytelephagy
Publicité
28 juillet 2007

[DL] Drive

Le pilote n'était pas mal, mais je n'aurais pas forcément signé pour la suite... si mon homme n'avait pas, lui, trouvé ça assez sympa. Alors autant que je m'habitue au générique, je risque de le voir encore plusieurs fois...

Drive_generique_580
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Lorsque je vois ce générique, je pense à Boomtown, c'est grave docteur ? Enfin, visuellement, en tous cas, parce que musicalement c'est insultant pour Boomtown...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Drive de SeriesLive.

Publicité
20 septembre 2008

[DL] Tabitha

Ben oui, parce que figurez-vous que Tabatha s'appelle en fait Tabitha en VO ; de la même façon, j'imagine, que Darren était devenu Jean-Pierre en traversant l'Atlantique... on en apprend des choses, ici, non ?
Donc voilà le spin-off qu'on n'a, à ma connaissance, jamais vu en France (alors que pourtant, on en a bouffé, de la série originale), et très franchement, j'aimerais bien faire main basse sur le pilote, ça ne doit pas être triste vu la gueule du générique !

Tabitha
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Je sais que ça vous fera de la peine, mais, non, ce n'était pas Lisa Hartman qui jouait la petite chose blonde de Ma Sorcière Bien-Aimée... mais à l'époque, Erin Murphy était encore trop jeune pour jouer ce rôle de jeune adulte.
Bon, allez, c'est pas le tout, il faut que j'aille frotter de la peau de chamois magique sur ma coccinelle, moi aussi.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture... va-t-il donc falloir que j'envoie 3 fiches par semaine à SeriesLive ?!

11 août 2008

[GAME] Huit ça suffit ! (ou plus)

Vous étiez en forme la semaine dernière ! Voilà, c'est comme ça que je vous aime : enthousiastes et prolifiques ! Vous pouvez vous relire, d'ailleurs, si vous avez la mémoire courte.

Bon, là il faut que je vous confesse la vérité vraie : au départ, mon pitch préféré n'était pas celui qui a reçu le cookie final. Mais le problème, c'est que j'ai relu les ingrédients de la pitchenette, et hélas, je n'ai pas vu en quoi c'était une série d'action... c'est une série dramatique, d'accord, mais les mecs de la DRT arrivent une fois que la catastrophe est passée, vous voyez ? Bon, ça mériterait quelques miettes de cookie, quand même, parce que l'idée me plaît beaucoup, c'est même complètement mon genre (de la mort, de la désolation... mon trip habituel quoi !), mais un cookie entier, je ne pouvais pas, en toute honnêteté. Désolée freescully...

Le pitch qui a donc remporté le cookie est celui de Jérôme. J'avais essayé de vous inciter à éviter l'usage d'armes dans la série d'action, et là on est en plein dedans, avec ce qu'il faut d'adrénaline. C'est juste dommage de nous livrer la fin *sniff* elle est morte loser alors ?

cookie_jerome

Bravo ! Second cookie d'affilée, quel appétit ! Tu penses pouvoir en gagner un troisième ? Et les autres, vous allez vous laisser battre ?!

Voilà en tous cas mes pitchs de la semaine, à vous de me dire si j'ai droit à un cookie à la myrtille :
- Janine, Bretonne avec de l'eau salée dans les veines, s'inscrit à sa première transatlantique en solitaire ; elle espère achever la course que son frère n'a jamais pu finir, disparu en mer quelques années plus tôt. Tandis que les trimarans rivalisent sur l'eau en dépit des tempêtes et des avaries, sur la terre ferme, les sponsors se livrent eux aussi à des rixtes d'un autre genre...
- Après la mort de sa fille de 13 ans, torturée et violée par un sadique qui n'a jamais été attrapé, Claire Harper décide de surveiller les pédophiles sur internet, et de les traquer dans la vraie vie pour aider la police à les coffrer. Quelques années après avoir commencé sa chasse, un soir, sur un chat, elle fait la connaissance d'un homme qui prétend savoir qui elle est... et qui lui assure être le tortionnaire de sa fille. Commence une nouvelle course-poursuite, moitié sur internet, moitié sur les routes.
- Dolores Parker est une vieille infirmière auprès de l'armée américaine, en 1836. Un soir, elle apprend par inadvertance que toute une tribu Cherokee est sur le point d'être déportée dans des conditions bien-entendu atroces ; ce qui ne lui poserait pas tellement de problème si elle ne s'était prise d'affection pour deux des enfants de la tribu, qu'elle choie comme s'ils étaient ses propres petits enfants, lorsqu'elle va apporter des soins dans le fort où ils sont retenus prisonniers. Elle décide donc de les sauver de la déportation et de leur éviter la Piste des Larmes... et pour cela, elle doit déserter.

Vous m'excuserez pour le dernier, hein, mais étant la fille d'une inconditionnelle de la culture amérindienne, forcément, ça laisse des traces. Non, rien à voir (ou si peu) avec Dr Quinn. On a dit série d'action, n'est-ce pas !
A vous de me dire si j'ai mérité un cookie !

Allez, voilà le moment que vous attendez tous, celui où je vous livre les ingrédients de la prochaine Pitchenette... à vos ustensiles de cuisine !
- Il s'agit d'un sitcom.
- Il y a beaucoup d'enfants, mais pas/plus de maman.
- Le père a une profession peu ordinaire.
Rions un peu ! Enfin, faites-moi rire, plutôt...

24 septembre 2008

Un autre regard

Telle que vous ne me voyez pas, là, j'ai les mains qui tremblent, et la larmouchette à l'œil. Il est de notoriété publique que j'aime bien chialer devant ma télé, mais ça n'arrive plus aussi souvent qu'autrefois. Je me suis endurcie, sans doute. Et puis je me mets peut-être aussi moins en danger qu'autrefois...
Mais je ne suis pas seulement sous le coup de l'émotion, je me déteste aussi sincèrement.

Vous le savez, je suis une grande pilotovore devant l'Eternel. Mais du coup, je suis devenue quelque peu expéditive. C'est tout de suite, maintenant, dans la première minute ou presque, qu'il faut me conquérir, me persuader de me laisser faire, me laisser emporter, me laisser charmer. Je ne dis pas tout-à-fait que je veux l'excellence dés l'ouverture du pilote, mais je veux croire rapidement qu'elle est possible, en tous cas. Je crois au coup de foudre téléphagique.
Jusque là, je n'avais eu à le regretter qu'une seule fois. Depuis plusieurs années que je suis pilotovore, c'est quand même pas si mal... Boston Justice était l'objet du délit, et grand bien m'a pris, un peu plus tard, de lui redonner sa chance, puisqu'aujourd'hui elle fait partie de mon top 10. Bon d'accord, 25. Bon ok, j'avoue, 50, mais pour ma défense ce sont 50 séries ex aequo.
Aujourd'hui, voilà un second cas de précipitation dont j'ai à me repentir.

C'est vrai que j'ai jugé Side Order of Life un peu rapidement, je le reconnais sans problème, je ne lui ai donné que six minutes pour m'apâter. Il lui en fallait un peu plus, c'est comme ça, ça arrive. Je n'ai pas su attendre.
Cette fois-ci, par curiosité (qui a dit "par ennui" ?), j'ai repris le pilote, et je suis courageusement restée au-delà des fatidiques six minutes. Je maintiens ce que j'ai dit : elles ne sont pas convaincantes. Néanmoins, la suite commence à prendre une excellente tournure... Ce qui a tout changé ? Je vous explique ça en trois captures, pas une de plus. Eh oui, c'est un post La preuve par trois !

SideOrderofLife_1
"I have cancer". Jusque là, on n'en avait pas grand'chose à faire des tribulations de cette blondinette. Une blonde qui s'appelle Jenny, en plus. Plus cliché tu peux pas. Et puis, voilà Vivy, Vivy avec sa robe de demoiselle d'honneur, ses cheveux dans tous les sens, son dessert en entrée et cette franchise dans les yeux, et on sent qu'on tient quelque chose. Tu m'étonnes. Et là on est à 200% avec Vivy, tout en compatissant franchement à l'anéantissement qui s'abat sur Jenny. Tout est dans les deux regards, vous voyez ? Ya un truc qui se passe. "I have cancer !". Et on rit, on pleure, tout en même temps, l'auriez-vous deviné, on est sur Lifetime.  Talk about a tear jerker.

SideOrderofLife_2
Ce qui est précieux dans cet épisode, c'est que tous les personnages secondaires sont impeccables. On aboutit à des scènes très vraies, très puissantes, et bien mises en image ce qui ne gâche rien, sans s'embourber dans les présentations. Ainsi, la scène où Jenny fait connaissance avec les trois maris de l'héroïne de son photo-reportage est hallucinante de camaraderie, de naturel. Pour une fois qu'il se passe quelque chose de touchant au Seattle Grace Hospital ! Et au moment où on a le sourire aux lèvres, bam ! C'est là que Jeff Perry, sans un mot, nous brise le coeur. Je ne sais pas comment tout ce petit monde a accompli ce miracle tant, dans tellement de séries, il est d'usage de laisser à chacun le temps de s'installer, sans quoi on tombe dans la superficialité. Mais ici, rien de tout ça. Des espèces de chrirurgiens de la télévision, tous ces acteurs. Chacun est précisément à sa place. C'est ce qui fait aussi l'efficacité de ce pilote.

SideOrderofLife_3
C'est pour des moments magiques comme celui-là que la vie est belle. Je défie quiconque de ne pas être saisi, en voyant cette scène, d'une envie soudaine d'aller se promener dans un endroit calme, un appareil photo en main, pour essayer de saisir ce genre de miracle anodin. On est rendus au bout du pilote, à présent, ou presque, et on a déjà plein de raisons de penser du bien de Side Order of Life, mais c'est typiquement le genre de scène qui vous dit que ça va être un délice d'en découvrir davantage. Il y a à la fois du mystère et du naturel dans tout ça. C'est simplement la vie, une rencontre, comme ça, plus ou moins au hasard, deux personnes qui au lieu de se croiser sans se voir, ont pris le temps de se parler, et c'est ça qu'on devrait tous faire ! On devrait tous sortir de chez nous, maintenant, et aller parler à des inconnus !
J'en fais trop ? Peut-être. Mais c'est ce qui fait tout le charme de cette série, cette sensation de proximité. Avec, avouons-le, un sens graphique qui de temps à autre, pointe son nez, et permet des scènes comme celle-ci. Devant des séries comme celle-là, on n'est vraiment pas à plaindre...

Bon, j'aurais évidemment voulu vous en dire plus, mais puisque c'est la règle, il ne sera pas fait mention des appels anonymes, ni du dîner consacré à Vivy, ni des superbes opportunités offertes à Debra Christofferson de faire démonstration de sa beauté et son talent (et dont elle s'est saisie avec l'humilité qui est si souvent la sienne). Mais sachez que je n'en pense pas moins.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Side Order of Life de SeriesLive.
favicon

22 août 2008

[DL] Hot Properties

Aidez-moi ! La chanson de ce générique m'en rappelle une autre, mais impossible de me rappeler de quoi il s'agit ! Rha la musique des génériques et moi, en ce moment, c'est vraiment toute une histoire...

HotProperties_580
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Ah, oui, faut-il le préciser, Hot Properties fait partie des séries qui moisissaient douloureusement dans un coin de disque dur, et que j'ai exhumées ces derniers temps (voir l'intro de mon post sur Six Degrees). Et, bon, c'est légèrement amusant, effectivement... j'ai souri, deux ou trois fois (et encore, je vous dis ça, c'est sur DEUX épisodes...), mais effectivement, en voilà une qui a mérité son annulation. Je ne regretterai que le générique. Lui il est vraiment sympa, je trouve...

Rha, mais qu'est-ce que ça me rappelle, nom d'un chien ?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Hot Properties de SeriesLive.

Publicité
22 juin 2007

Joyeuse Pagaille

Ca fait quoi, trois siècles que je devais en parler ? Voilà enfin le post sur The Brady Bunch !!!
Et en plus, dans La preuve par trois, ce dont les plus fins observateurs d'entre vous sauront se réjouir...

Bienvenue, donc, au royaume du kitsch ! The Brady Bunch est quand même une série qui nous emmène presque 40 ans en arrière... Rien que ça ! Pour vous resituer le contexte, on était à l'époque en plein dans la 6e saison de Ma Sorcière Bien-Aimée au moment du changement d'acteur pour Jean-Pierre/Darrin... D'ailleurs la bande-son est là pour nous remettre dans le bain ! L'humour est globalement le même que la série sus-mentionnée d'ailleurs, c'était de vraisemblablement de rigueur pour les sitcoms : c'est plutôt gentillet, parfois un peu gros, et même hystérique à un point du pilote, m'enfin, bon, il y a quarante ans, vous n'étiez sans doute même pas encore téléphage, alors ne la ramenez pas !

Voici donc les 3 captures à retenir pour le pilote dudit Brady Bunch...

TheBradyBunch_pilot_1
J'ai toujours adoré ce générique, que j'ai longtemps écouté avant de le voir ! C'est simple, mais efficace. En plus c'est un charmant résumé de la situation, qui, en lançant le pilote, permet de passer directement à l'action : les scènes d'exposition sont réduites au minimum, et le pilote gagne ainsi en rythme, s'autorisant quand même trois actes très différents en 25mn. Joli effort ! La bonne idée que voilà... Et dire que la plupart des pilotes se passent de générique, imaginez les possibilités !

TheBradyBunch_pilot_2
Evidemment il y avait plein de choses à capturer pendant la cérémonie de mariage, mais le révérend Alden, c'était quand même incontournable !!! Un cookie au premier qui est capable de me dire qui est le révérend Alden, pour voir si vous maîtrisez la culture pré-80 ? Toujours est-il que cette cérémonie est certainement le passage le plus irritant du pilote. Que pourtant j'ai aimé. Mais la course-poursuite à travers les convives, les cris des gamines... c'était ridicule, il faut le dire. La chute de l'acte est cependant plutôt mignonne.

TheBradyBunch_pilot_3
D'accord, de prime abord, The Brady Bunch a l'air d'une série familiale bon enfant, sans aucune prétention. Ca, c'est quand on regarde avec les yeux du présent. M'enfin, ce n'est finalement vrai qu'en partie, car voilà quand même une série qui ose (peut-être même la première, mais je n'ose le présumer sans recherches plus approfondies) présenter une famille recomposée. Et la chose semble compliquée, et même légèrement choquante, pour ce bon gérant de l'hôtel où les Brady vont passer leur lune de miel. Admirable, finalement, de voir que Mike Brady qualifie sa famille de moderne ! Bien que n'étant pas divorcés, mais simplement veufs, il semble balayer du revers de la main une sorte de tabou. On se rend compte que la chose ne tombe pas sous le sens pour leur interlocuteur, mais justement, Mike ne tente même pas l'explication ! En trois coups de cuiller à pot, il donne finalement le ton : notre famille est moderne ET ce serait anormal de s'en justifier auprès de qui que ce soit. On a un peu l'impression d'assister à l'avènement d'une nouvelle ère où chaque famille a son histoire au lieu d'être sur le moule habituel... et où ladite famille se met le télespectateur dans la poche. Obligé de trouver ça normal sous peine de passer pour un grincheux comme ici !

L'exercice était difficile, car ce pilote fourmille de petits moments attendrissants ou carrément ridicules (parfois les deux à la fois), qui méritent plus une capture qu'une véritable bafouille, alors, à regret, je ne mentionnerai pas les deux quenottes du benjamin Brady, les couettes blondes de la petite Cindy, et la pagaille dans les escaliers de l'hôtel. Voilà, c'est pas dit, découvrez tout ça par vous-mêmes.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture... hou nom d'un chien c'est ça que j'ai oublié de faire : la fiche pour SeriesLive ! Je reviendrai mettre le lien à jour lorsque ce sera fait, promis : la fiche The Brady Bunch de SeriesLive.
favicon

11 juin 2007

[DL] Traveler

Retour du médicament générique !

Musicalement ça ne vaut pas tripette (normal, pourquoi se faire chier à composer un générique pour huit malheureuses secondes ?), par contre je suis sûre qu'au bout de plusieurs visionnages, on doit trouver plein d'images sympas quasi-subliminales, à l'image de l'incrustation fugace mais visible de la première ligne de la Constitution : "We the people". Ce qui en soi donne déjà toute sa saveur à ce générique, et confirme ce que je pense de cette série.

Traveler_generique_580
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Dans la série "vous y tenez tant que ça à votre générique ?", voilà un bel exemple de mauvaise foi. A mon compteur : huit secondes de générique. C'est pas lourd, hein !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (oui enfin bon, ya déjà eu un lien, hein...) : la fiche Traveler de SeriesLive.

24 février 2007

[DL] Century City

Un thème entre le futuriste et le tribal (brillant), un générique monté avec punch, et peu avare de couleurs, et un putain de casting : mais que faut-il donc au public pour reconnaître l'excellent générique d'une excellente série lorsqu'il en a un parfait exemple sous les yeux ?!

CenturyCity_generique
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (là je commence à vous en vouloir, quand même) : la fiche Century City de SeriesLive.

17 janvier 2007

[DL] Good Girls Don't

Vous ne connaissez pas cette série (ou alors je vous tire mon chapeau) mais elle mérite pourtant le coup d'oeil. Good Girls Don't est, en quelques sortes, la version adolescente de Rude Awakening. Elle ne bénéficie certes pas d'actrices aussi charismatiques que l'irremplaçable Sherilyn Fenn, mais elle a ses qualités.

Comme je n'ai malheureusement pu voir que le pilote de cette série, diffusée sur une obscure chaîne de câble américain (Oxygen), j'ai décidé d'opter pour la version la plus longue possible du générique, même si je pense avoir en fait aussi inclus l'intro là-dedans. Bah, c'est aussi très sympa, allez, pourquoi se priver ?!

GoodGirlsDont_generique
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Good Girls Don't de SeriesLive.

23 mars 2007

[DL] L'Enfer du Devoir

Voici l'une de celles qui m'a mis le pied à l'étrier en matière de téléphagie... Je suis loin de me souvenir avec précision des épisodes vus à l'époque, mais je me souviens de mes émotions en les voyant, et de l'empreinte laissée sur moi, même si aujourd'hui, dans ma téléphage-o-thèque, il n'y a que le pilote à ma disposition. Hélaaaas.

Difficile de résumer en quelques mots la fascination qu'exerce encore sur moi cette série, et notamment son générique. Je bondis chaque fois que ce titre des Rolling Stones passe à la radio. Des frissons me parcourent la chair à tous les coups. Côté mise en image on a un condensé absolu de la série, efficace, touchant parfois, c'est absolument parfait.
Moi, partiale ? Oui. Et puis ?

LEnferduDevoir_generique
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Qui pense que Band of Brothers a repiqué l'idée du dernier plan pour son propre générique ? Levez la main !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (c'est quand même un classique, bon sang !) : la fiche L'Enfer du Devoir de SeriesLive.

21 juin 2012

[DL] Buzz Aldrin

Le générique de Buzz Aldrin, hvor ble du av i alt mylderet ? est, un peu à la façon de celui de Homeland, avant tout une façon de prolonger le récit, plutôt qu'un étendard permettant d'identifier clairement son style. Du coup, quand on connait le charme de la série, son rythme, son esthétisme, impossible de regarder le générique comme un rappel de cet univers : ce n'est pas son rôle.

BuzzAldrin
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Ici le but du jeu est donc de raconter la naissance du personnage principal, à laquelle il est très brièvement fait allusion dans la série ; c'est aussi ce qui permet par la même occasion indirectement rappeler le lien fort entre Mattias et son héros Buzz Aldrin.
Cela n'étonnera du coup personne que l'image du générique ait une apparence si vieillotte, étant donné la date de naissance de Mattias. Dans une série dont le plus ancien flashback se déroule dans les années 90, le choix d'un tel générique peut surprendre, mais il est certain qu'il dépasse largement la mission initiale du genre (musique et noms des professionnels impliqués), pour aller offrir une clé de compréhension complémentaire au spectateur.

Du coup, lorsque Buzz Aldrin me manque, j'avoue éprouver une certaine réticence à regarder le générique pour le plaisir de la nostalgie émue, tout simplement parce que je n'y retrouve pas exactement ce que j'ai ressenti devant la série. C'est un peu triste parce que je pense que j'aimerais pouvoir retrouver l'ambiance des épisodes, mais si on se sort de ce simple aspect émotionnel, c'est finalement une excellente chose.
Le générique de Buzz Aldrin, avec son thème étrange et ses images totalement hors contexte, rappelle aussi que tous les génériques ne sont pas conçus pour fonctionner de la même façon et qu'il est encore possible d'innover. C'est une expérience intéressante qui mérite d'être vue, et qui, au passage, peut vous inciter à donner sa chance à la série même si le générique, en définitive, ne vous donne aucune idée de ce à quoi vous devez vous attendre si vous voulez vous y mettre.

14 juin 2012

One day you're smiling again

Aujourd'hui, avec la diffusion toute fraîche du retour de Dallas sur les écrans, c'est un peu comme si soudain le monde entier se rappelait avoir passé de bons moments devant la télévision dans les années 80.

Eh bien c'est très exactement ce que j'ai fait cet après-midi ! Sur un coup de tête, j'ai décidé de moi aussi retomber en enfance et de m'offrir le pilote de Punky Brewster. Disons que c'est parti d'un article que j'ai lu récemment (et sur lequel je compte bien revenir dans un prochain post), et que tout d'un coup je me suis mise à réfléchir aux séries qu'on regarde lorsqu'on est enfant, pour lesquelles on garde une grande affection mais dont en réalité on est bien infichus de se souvenir avec précision.
Dans le cas de Punky Brewster, j'avais trois ans lors de la première diffusion en France et il y a de fortes chances pour que les souvenirs les plus clairs que j'aie conservés soient en fait provoqués à moitié par la nostalgie, à moitié par la lecture effectuée depuis. Ajoutez à cela le fait que le générique fasse partie de ma playlist, et vous obtenez une image bien déformée de la série. Je me suis donc mise en tête de regarder le pilote, et, découvrant que le pilote était en fait en trois parties, j'ai tout simplement pris sur moi de regarder les 3 premiers épisodes. Du coup, après un visionnage d'une heure totalement impromptu, je me suis dit que le mieux était encore d'en faire un post.

D'ailleurs cela pose la question de l'exercice critique dans ce contexte. Je ne suis pas certaine de pouvoir traiter le pilote de Punky Brewster comme un pilote normal, en mettant de côté le fait que j'étais déjà toute émue en voyant le générique s'afficher ou bien parce que j'ai attendu pendant trois épisodes que Punky se raffistole une chambre colorée que je puisse lui jalouser (sérieusement, on est tous passés par là, non ?). C'est-à-dire qu'il est très possible que je n'aie jamais vu ce pilote et que pourtant je lui voue déjà un culte. Un peu comme pour la nouvelle version de Dallas, que peu de gens ont vu, notamment parmi le public téléphage (qui n'était en grande majorité pas né en 1978), et que pourtant tout le monde attend, le visionnage nostalgique devient autant un atout qu'une gageure.
Ces considérations étant posées, l'expérience peut donc commencer. On verra bien.

PunkyBrewster

L'histoire de Punky Brewster, à peu près tout le monde la connait : une petite orpheline se prend d'affection pour un vieux grincheux, et décide de le prendre sous son aile en s'installant chez lui, histoire de le dérider un peu. L'exposition a l'air d'être longue, a priori : trois épisodes de 20 minutes pour poser la situation, ça peut paraitre un peu long.
Sans perdre de temps, pourtant, le pilote commence presque immédiatement par la rencontre de nos deux personnages centraux, alors que Punky squatte un appartement vide dans l'immeuble dont Henry est le gardien, et qu'il la prend sur le fait. Le premier des trois épisodes servant à poser l'intrigue démarre donc au quart de tour, histoire de tout de suite nous entrainer dans la problématique et bien nous faire sentir qui sont les héros, mais insérant cependant des personnages secondaires qu'on ne reverra pas dans les deux autres volets, à l'instar de Cherie Johnson, une autre petite fille qui vit avec sa grand'mère dans ledit immeuble.
Le temps d'exposition est donc à la fois très long (la décision finale permettant à Punky de rester vivre chez Henry ne sera prise qu'à la toute fin du troisième volet), et en même temps très rapide, puisque c'est en réalité une fois que les deux personnages sont déjà ensemble qu'on explique qui ils étaient avant cette rencontre. Ca n'a l'air de rien comme ça, mais préférer les voir se raconter leur vie l'un à l'autre plutôt que de l'exposer en préambule est un choix judicieux qui permet non seulement de tout de suite faire démarrer l'histoire, mais surtout d'expliquer pourquoi ces deux-là se lient instantanément l'un à l'autre.

Comme de nombreuses séries "familiales" des années 80, le ton n'est pas au misérabilisme : Punky est pleine d'énergie et de bonne humeur. C'est une petite fille vive mais surtout un peu culottée qui, bien que pleinement consciente que ce qui lui arrive n'est pas exactement une super aventure marrante, ne se plaint pas pour autant. Il ressort de ce petit bout de gamine une grande impression de candeur mêlée de maturité, qui fonctionne très bien. Cela permet au passage aussi d'éviter d'adopter un ton niais.

Le ton est en effet très important. Punky Brewster, et c'est quelque chose que j'avais totalement oublié, est en effet ponctuée de rires. On ne peut pas dire que leur existence apporte quoi que ce soit, mais cela tendrait à signifier que la série était conçue comme une comédie. Or, impossible de trouver de "gag" à proprement parler dans cet arc de trois épisodes. Si la série est conçue pour être regardable par les enfants, elle ne se montre à aucun moment insupportable pour l'adulte. Au contraire, les dialogues sont plutôt bien troussés, sans trop de lourdeur, et il faut quand même reconnaître que pour une actrice de 8 ans, Soleil Moon Frye se défend plutôt bien en tant que comédienne. Vu qu'elle officie face à quelqu'un qui connait également son boulot, en la personne de George Gaynes, ça donne un tandem solide qui participe à l'impression d'intelligence générale.

Parce que c'est bien d'intelligence qu'il s'agit : personne ne prend la petite Punky pour une idiote, et du coup on a l'impression (mais peut-être est-ce parce que je n'arrivais pas à m'ôter de la tête que j'ai à peine quelques années d'écart avec elle) que le spectateur non plus n'est pas pris pour une buse.

Le passage peut-être le moins captivant est celui à l'orphelinat. Punky, à qui on avait pourtant promis qu'elle n'aurait pas à y aller, y sympathise tant bien que mal avec ses deux camarades de chambre, et tente d'élaborer un plan pour s'enfuir. On est là dans un humour plus visuel, et les deux petites actrices jouant ses amies (dont l'une est interprétée par Robyn Lively) ne sont pas franchement épatantes, poussant laborieusement leurs tirades sur un ton scolaire et automatique. Le twist de fin permet de se sortir de là (littéralement) avec le sourire, mais enfin, bon, ce n'est pas épatant.
Cela reste cependant un passage n'occupant, tout cumulé, qu'une dizaine de minutes environ, sur la durée totale des trois épisodes (soit, d'après mes calculs savants, 72 minutes), ce qui reste dans le domaine du raisonnable.

En-dehors de ce léger accident de parcours, Punky Brewster nous offre un démarrage sympathique, tendre et à l'occasion touchant. On se prend immédiatement d'affection pour ses personnages (bon d'accord, je triche) et surtout, on croit immédiatement à celle qu'ils éprouvent l'un pour l'autre, qui n'a rien de plaqué ou d'artificiel. Les personnages secondaires, qui ne sont pas tous forcément là pour rester à l'instar de l'assistante sociale Randy, apparaissent quasiment comme superflus vu la force de la relation entre les deux protagonistes centraux que sont Punky et Henry.

A l'image du générique que nous connaissons tous par coeur, Punky Brewster est une sorte de petite comédie un peu mélancolique qui étrangement réussit à faire chaud au coeur. Evidemment ce n'est pas une série d'une grande complexité, et il y a fort à parier que tous les épisodes ne se valent pas (l'aspect plus formulaic étant à prévoir pour la suite), mais c'est une série qui vit plutôt bien au test du temps. Guess we just waited and saw.

Bon, et là-dessus, je vais m'envoyer les deux premiers épisodes du nouveau Dallas sans regarder la série originale, parce qu'il faut pas déconner quand même.

4 juin 2012

[DL] Nevelot

Les Américains l'ont bien compris, ce qui se passe à la télévision israélienne est particulièrement intéressant. J'aimerais pouvoir vous dire que l'accès à ces fictions est aisé, cependant, mais c'est encore un bien difficile combat. Au mieux, quelques DVD sortent avec des sous-titres anglais, mais généralement à des prix prohibitifs (heureusement il y a quelques exceptions), ce sera d'ailleurs le cas cet été de Hatufim, mais globalement c'est encore un peu compliqué si on ne parle pas l'hébreu (et/ou qu'on ne s'appelle pas Ben Silverman, qui vu le nombre de concepts israéliens qu'il achète, tant scripted qu'unscripted, doit probablement recevoir des DVD toutes les semaines).

Ne reste donc, pour prendre le pouls de la fiction israélienne, que la VOSTM, encore elle, et je dois dire que même si c'est plus difficile avec l'hébreu que des langue latines ou scandinaves, le pilote de Nevelot s'est laissé regarder.
Il était même très réussi, soyons clairs.

Nevelot est une mini-série diffusée en 2010 sur la chaîne câblée HOT, qui a remporté en août 2011 le prix du meilleur téléfilm ou meilleure mini-série lors des Israeli TV Academy Awards.

Les 5 épisodes durent environ une quarantaine de minutes chacun, et ont pour héros Ephraïm, un vieil homme qui fut autre fois soldat, et qui aujourd'hui porte sur la jeunesse de son pays un regard désabusé, voire écoeuré, alors qu'il constate comment les personnes âgées sont traitées par ces jeunes gens qui ne réalisent pas tout ce que sa génération a fait pour Israël.
Dans un premier temps, Ephraïm n'est qu'un petit vieux parmi tant d'autres ; il râle quand les jeunes voisins font la fête, il passe le plus clair de sa journée au café ou sur un banc, et il ne voit plus sa femme que comme faisant partie des meubles. Pourtant, progressivement pendant l'épisode, ce portrait assez banal d'un homme usé par le temps va glisser et marquer un dégoût encore plus marqué que la moyenne, sans doute, alors qu'il considère que cette jeunesse ingrate est en plus bien vulgaire à son goût. La mort accidentelle d'une vieille dame qui fut autrefois son grand amour, et qu'il avait perdue de vue, sert en quelque sorte de choc ultime, soulignant le contraste avec un passé qu'il voit comme nostalgique (aussi difficile ait-il été) et la cruauté du monde telle qu'il a ressent à présent. D'autant que la petite-fille de cette vieille dame, croisée à l'hôpital, est son portrait craché, à la différence qu'elle a l'air sacrément à la dérive, ce qui heurte d'autant plus les souvenirs d'Ephraïm.

Le basculement n'est donc plus loin et, un soir qu'Ephraïm et son meilleur ami profitent de l'air frais du large sur une plage, un jeune plus agressif que les autres leur manque de respect, le ton monte, et nos deux petits vieux finissent par l'agresser, ainsi que le copain qui l'accompagne. De cette action d'une très, très grande violence (les deux jeunes gens mourront sur le sable), va en quelque sorte remonter le goût du sang. Désormais incontrôlables, les deux anciens soldats vont laisser libre cours à leur pulsion de vengeance intergénérationnelle...

Dotée d'une excellente réalisation (le passage des flashbacks au présent est notémment très réussi), d'une voix off omniprésente mais qui fonctionne particulièrement bien dans ce contexte, et surtout d'un thème peu commun, Nevelot a effectivement de quoi accrocher le public. Alors, comme il ne sert pas à grand'chose de vous proposer l'épisode vu qu'il n'existe à ma connaissance aucun sous-titre, j'ai choisi de vous montrer aujourd'hui son générique, qui n'est pas totalement dénué d'intérêt, comme vous allez le voir.

Nevelot
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Le générique de Nevelot est d'une désarmante simplicité (mais pas autant que son logo, je vous rassure), et pourtant il m'a rappelé, sans doute en partie par association d'idées, celui de Hatufim (souvenez-vous) ; mais loin de porter autant d'espoir, Nevelot est au contraire la promesse de quelque chose de terrible se préparant. C'est très efficace, mais ce n'est pas le genre de générique que vous allez regarder ou écouter tous les quatre matins pour le plaisir. Trop étouffant.

A côté de ça, le logo ci-dessus, qui conclut ce générique, peut paraitre un peu trop simpliste au premier regard, mais ce qui fait toute la différence, c'est cette oiseau, dans le coin. Qui n'est pas n'importe quel oiseau mais un charognard, ce qui est très justement la traduction, semble-t-il, du terme "nevelot".

Tout est donc dans la symbolique, ce qui finalement colle plutôt bien à l'identité de Nevelot. Le genre de série qui mériterait de bénéficier d'une meilleure exposition (voire même d'une adaptation, ça a plutôt bien tourné pour Hatufim dans le fond), car ses thèmes pourraient trouver échos notamment en Europe, où les parallèles avec la Seconde Guerre Mondiale pourraient rendre cette histoire finalement assez universelle...

6 juin 2012

Difficile à justifier

On aurait pu espérer que du Kentucky au Wyoming, il n'y aurait pas loin (au moins téléphagiquement parlant).
Eh bien non, Longmire n'est pas un nouveau Justified. Loin de là. Les comparaisons sont difficiles à éviter, et pourtant elles se font systématiquement au détriment de la nouveauté d'A&E, qui peine à s'installer dans un paysage audiovisuel auquel elle n'a rien à apporter.

Ce n'est pas que le pilote soit mauvais. C'est simplement qu'il n'est pas bon ; et on ne peut pas se permettre de ne pas être bon quand la concurrence a déjà réussi à faire cent fois mieux.

Longmire-Pilote

Le plus gros tort de la série vient de son format (forcément) policier. Or l'enquête de ce premier épisode n'est pas très originale, voire même franchement stérile, à un tel point qu'on ne voit pas trop comment cet angle de la série pourrait s'arranger avec le temps. Les éléments de l'enquête sont, à dessein, disséminés avec une lenteur insoutenable, pour éviter que la résolution ne se fasse trop vite, et ainsi légitimer la durée de l'épisode, au lieu de l'exploiter.
Alors soit, Longmire ne veut pas jouer sur une dominante policière, c'est tout-à-fait respectable et ce n'est pas moi qui la blâmerai. Mais qu'en est-il du reste ?

C'est là que se logent les bons points de ce pilote. Grâce à cette affaire dépourvue de tout intérêt précédemment évoquée, Longmire parvient tout de même à donner la substance de son contexte, et en tirer quelques qualités qui lui évitent le ravin.

Ainsi, le personnage de Walt Longmire, s'il est assez classique dans son comportement de cow boy solitaire qui estime que les actions sont plus parlantes que les mots, possède une blessure qui le rend, à défaut de sympathique, au moins intéressant, à plus forte raison lorsque cette blessure s'exprime dans des moments inappropriés.
La mort sur laquelle il travaille permet également d'apprendre à connaître les forces en puissance, avec la réserve indienne d'un côté, et l'ennemi intérieur que représente Connally, l'un des membres de sa propre équipe. De la même façon, son amitié avec l'Indien Henry Standing Bear est l'occasion de quelques interactions qui ne sont pas dénuées d'intérêt.

Le problème est tout justement là, dans le fait que rien ne vous tirera de rire narquois en vous disant que vous êtes tombés sur une grosse bouse ; mais comment prendre au sérieux Longmire quand tant de choses semblent n'être que le recyclage d'ingrédients qu'on connaît si bien ? La série n'a aucune forme d'originalité à apporter aux thèmes cent fois vus et revus, et qui justement ont trouvé une nouvelle jeunesse avec Justified.
Les dialogues pas trop mauvais, la réalisation pas trop mauvaise, le cast pas trop mauvais, tout ça ne donne pas très envie de poursuivre, et pourtant bien malin celui qui trouvera un reproche concret à formuler à la série.

Le seul espoir de Longmire est probablement d'emprunter une route aussi feuilletonnante que possible, étant donné les éléments installés dans cet épisode inaugural.
Mais à ce stade, difficile de déterminer à ce stade si la série penchera plutôt du côté procédural, ou tirera partie des pistes lancées pour en faire le coeur de son intrigue. Ou pire, si elle décidera de s'en servir comme d'un pseudo-fil rouge, comme il est si tentant de le faire pour beaucoup de séries, à plus forte raison si elles sont diffusées pendant la période estivale, réputée (à tort ou à raison) d'une exigence inférieure.

Longmire n'entrera pas dans les annales, c'est sûr, mais il ne tient qu'à elle d'éviter de faire mourir son public d'ennui en accentuant son côté dramatique. Pari lancé, je tenterai au moins le deuxième épisode avant de déterminer quel sort lui réserver. Mais au-delà, si elle poursuit sur cette lancée sans corriger le tir, continuer à regarder la série va devenir difficile à expliquer.

1 juin 2012

Chien perdu

Hounds

Il y a quelques heures débutait en Nouvelle-Zélande la dramédie Hounds, qui comme son nom le suggère se déroule dans l'univers des courses de lévriers. Voilà bien un contexte à la fois étrange et fascinant, qu'on n'a pour le moment pas eu l'occasion d'explorer à la télévision.

Tout commence... et c'est fort à propos, quand on connait le sujet du SeriesLive Show de ce soir... alors que David, propriétaire de l'un de ces lévriers, meurt à la fin d'une course, visiblement d'une crise cardiaque. Il laisse derrière lui une immense maison, Lily, une jeune adolescente déjà orpheline de sa mère (une asiatique), et Lundy Dixon Watson, son chien ; l'entraîneur de celui-ci, Marty, vit avec eux. David avait également un fils plus âgé, Will, qui a quitté la maison il y a bientôt deux décennies maintenant, poursuivant sa vie d'avocat sans trop regarder en arrière. Or, dans son testament, David confie Lily à la garde de Will ; sauf que ces deux-là n'ont pas la même mère, et ne se sont jamais rencontrés, ce qui rend la situation inconfortable.

En dépit de ce pitch un peu déprimant, Hounds commence pourtant de façon très drôle, voire hilarante. C'est plutôt l'ambiance générale de la série, un peu décalée et absurde mais pleine de finesse, ainsi que ses dialogues pince-sans-rire, qui fonctionnent parfaitement. La scène des funérailles de David est l'occasion d'apprécier, en particulier, la forme d'humour choisie par la série. Si un lien de parenté devait être établi à des fins de repères, on serait plus dans un humour proche de certaines comédies/dramédies du câble américain, que dans des single camera déjantées ou des sitcoms de networks. Mais personnellement j'ai rapidement accroché.

Tandis qu'il veut régler les détails de la succession, Will s'installe donc temporairement avec Lily, Marty et Lundy Dixon Watson, embarquant avec lui sa petite amie du moment, une écervelée de 19 ans. Je dis "temporairement" parce que l'une des premières choses que Will vérifie, c'est la valeur de la maison de son père, dont certes Lily a hérité de la moitié, mais dont il espère pouvoir la revendre (il ne reste en effet pas d'argent, tout ayant été dépensé dans les funérailles, et avec quel bon goût !). Lily lui en garde d'ailleurs un chien de sa chienne.

En vérité c'est certainement Lily qui est le personnage le plus délicieux de ce pilote. Sa façon de rembarrer subtilement son demi-frère, ses observations sur diverses choses (notamment la petite amie de Will, qui en tient une sacrée couche), et ses réactions en général, font d'elle, sans hésitation, la véritable héroïne de ce pilote, sans que l'épisode ne tente d'en faire sa star (comme ça peut être le cas pour Suburgatory, mettons). Bien que frappée du syndrome de l'adolescente mûre pour son âge, elle ne se montre jamais insupportable, et réagit tout de même en adolescente "normale" à plusieurs reprises. On ressent aussi de façon très vive à la fois son attachement envers son père, même si elle n'a en définitive aucune scène avec lui, et l'affection profonde qui la lie à Marty, qui d'ailleurs espérait être son tuteur avant d'apprendre que le testament de David en avait décidé autrement. Leur petite mécanique semble bien huilée ; comme cette séquence où c'est elle qui conduit la fourgonnette, parce que ça a toujours été elle qui conduisait son petit monde aux courses, et qui montre une grande connivence, s'imposant avec une sorte d'évidence tranquille, entre l'adolescente et l'entraîneur.

Quant à l'univers canin, la façon de l'aborder n'est pas de nous y plonger tête la première en insistant sur le déroulement des courses ou ce genre de choses. Au début de l'épisode, c'est plutôt son aspect communautaire qui est évoqué, avec ces maîtres et ces chiens présents à la cérémonie, ces gens qui s'épaulent parce qu'ils partagent un intérêt commun, et qui vivent les soirées de courses plus comme une sortie et un plaisir que comme un enjeu vital. C'est vraiment une façon de dépeindre ce milieu qui lui confère immédiatement beaucoup de chaleur et d'humanité ; la dernière partie de l'épisode se déroulera pendant l'une de ces soirées de courses, où la moitié du plaisir vient de ce qu'on passe du temps au bar à suivre la course un verre à la main. Le peu de compétition qui s'y déroule entre les propriétaires de chiens est même montré sous un angle ridicule, même pour ce monde légèrement ringard, soulignant qu'on n'est pas tellement là pour remporter des prix. Je suppose cependant qu'on aura le temps d'aborder d'autres thèmes sur les courses ultérieurement, et que cela peut changer plus tard.

Dans tout ça, je suis un peu plus partagée quant à Will ; s'il est un peu perdu dans ce monde qu'il n'a jamais cherché à connaître, il n'a pas trop l'effet "fish out of the water" qu'on aurait pu attendre, et c'est définitivement un bon point. Mais son personnage n'apporte pas grand'chose, ni humoristiquement, ni dramatiquement. Quant à sa vie professionnelle, la scène au cabinet d'avocats où il travaille, sans manquer d'être drôle avec ce boss étrange qui a tendance à se désaper devant ses employés et y prend un plaisir malsain, n'apportait pas grand'chose. A moins que cela n'offre des possibilités insoupçonnées par la suite, je ne vois pas trop ce que ça peut donner de savoir comment Will vit sa vie au loin, puisqu'elle n'est ni fondamentalement désagréable (ce qui aurait servi à le convaincre de faire sa vie dans le milieu des courses), ni totalement géniale (c'est d'ailleurs bien vu, moins caricatural, que son cabinet ait l'air assez modeste).

Mais l'avantage principal de Hounds réside, c'est net, dans son ambiance, son ton, ses dialogues sans lourdeur, et sa capacité à trouver le moyen d'être drôle sans se construire autour de "gags" à proprement parler. Il se dégage en plus une telle impression de sincérité et de tendresse de ses personnages, et l'univers absurde des courses est si bien rendu.
Reste à voir comment la saison, prévue pour un total de 6 épisodes, évoluera à partir de là, car bien malin qui peut prédire à ce stade comment les choses vont tourner... Et c'est finalement un bon point en faveur de cette dramédie.

A moins que Hounds ne soit annulée si 3 lévriers meurent sur le tournage ? Mouais, à surveiller...

14 mai 2012

Toutes les très bonnes choses...

"Je suis désolé. C'est fini...
- F-fini ? Si vite ?
- Je suis vraiment désolé. On n'a rien pu faire.
- Mais, je ne comprends pas... Comment est-ce possible ?
- Ce sont des choses qui arrivent, vous savez.
- Je... euh... Il n'y avait pas moyen de...?
- Non, on est arrivés trop tard, ça n'aurait rien changé.
- Mais elle avait encore tant d'histoires à raconter... Si tôt, si jeune... C'est tellement tragique !"

Eh oui, j'ai fini mon marathon Angela, 15 ans et je vous avoue que certains jours, ça fait un peu chier de regarder des bonnes séries.

Angela15ans

19 mai 2012

Haute fidélité

L'un de mes pilotes favoris à la rentrée était Suburgatory. Sans mentir, j'ai dû le voir une bonne douzaine de fois depuis sa diffusion initiale. C'était en partie parce qu'étant donné les circonstances (j'étais en plein déménagement), je n'avais pas autant de choix qu'à l'ordinaire, et en grande partie, parce que ce pilote était vraiment bon. Hilarant. Formidable. Limite irréprochable.

Avec ses couleurs pétillantes, son excellent sens du rythme, ses personnages barrés, le pilote de Suburgatory semblait tout droit issu d'un manuel répertoriant les impératifs d'une comédie en single camera qui tenterait de me plaire. Alors la série s'est, forcément, rapidement arrogée le statut de "nouvelle comédie préférée de la rentrée" dans mon planning. Comment faire autrement ? Tout y était génial.

Suburgatory

Un avis qui n'avait, cependant, pas semblé être unanime. Suburgatory manquait de mordant pour beaucoup ; apparemment, quand on parle de banlieues pavillonnaires américaines, il faut systématiquement les passer au vitriol. Personnellement je trouvais beaucoup plus attirant ce parti pris de choisir l'absurde plutôt que la satire ; l'approche me semblait moins aggressive et bien plus porteuse de rire.

Aussi, après le pilote, mon coup de coeur ne s'était-il pas laissé perturber par les critiques. Pourtant les critiques ont commencé à changer de bord. Je commençais à lire des choses négatives même parmi ceux qui avaient aimé la série à son apparition.
Des choses que, par un procédé que je ne m'explique pas vraiment, j'ai décidé d'ignorer. Mais vraiment. Pas juste en me disant que je n'allais pas les prendre au sérieux, ou ne plus lire ces reviews ou tweets, mais en décrétant inconsciemment de ne même pas essayer de me rappeler que les critiques existaient, ou avaient existé... ou avaient une raison d'exister. J'ai poursuivi la saison en riant en moins mais en refusant obstinément de l'admettre. C'était juste un moins bon épisode que la dernière fois.
Chaque semaine.

Il aura fallu attendre l'arrivée du personnage d'Eden pour que je regarde les choses en face, et me fasse un aveu : je ne prenais plus vraiment de plaisir à regarder Suburgatory. Ce n'est pas que j'ai commencé à me dire à ce moment-là que la qualité de la série baissait ; c'est que je n'ai bien voulu penser à voix haute qu'à ce moment-là : "eh bah, c'est vraiment devenu fade".

Qu'était-il arrivé à Suburgatory ? Difficile à dire. Quelque part pendant la saison (peut-être alors que sa commande initiale touchait à sa fin, peut-être juste après ?), la série a cessé de parler de la banlieue, de ses étranges travers, de ses coutumes absurdes, de ses habitants aux lubies démesurées, pour ne finalement que virer au soap vaguement vaguement comique. Par on ne sait quel miracle, la série qui avait vu le jour essentiellement parce qu'elle prenait le contrepied de ce qu'était devenu Desperate Housewives était devenu une copie en 20mn de cette série. Le contexte adolescent en plus.

Les pistes qui me plaisaient le plus avaient progressivement été mises de côté, et abandonnées.
George et Dallas se tournaient bêtement autour quand ils avaient été proches si vite dans le pilote ; il a fallu inventer des petites amies à George, un divorce à Dallas, et même une dispute, pour éviter que les choses n'avancent entre eux. Les personnages les plus excentriques ont soit mis de l'eau dans leur vin (Noah, par exemple, noyé dans ses problèmes de couple, mais aussi Mr Wolfe et même Dallas elle-même), soit carrément disparu (à l'instar de la serveuse Jocelyn, que je n'appréciais pas mais qui participait énormément à la loufoquerie de la série). Ceux qui sont restés fidèles à eux-mêmes ont été sous-employés, à l'instar de Sheila Shay. Pire encore, finalement, le tandem Lisa/Tessa n'a jamais fonctionné, et n'a d'ailleurs pas été entretenu, les contacts entre les deux adolescentes étant cantonnés au strict minimum humoristique.
Mais la plus haute des trahisons venait du regard sur la banlieue cossue de Chatswin. L'endroit n'était plus absurde. Il était devenu le milieu naturel de la série.

Il y avait encore quelques morceaux sympathiques (ceux auxquels je me suis raccrochée pour nier l'évidence), souvent situés dans les cold open des épisodes, mais la magie était partie. J'avais ri aux éclats devant le pilote (et à vrai dire, j'ai revu ce dernier peu après le season finale, et ses effets sont toujours là), mais progressivement la série avait cessé même de me faire sourire. C'était léger, inconséquent, sympathique... mais plus drôle.

Quand j'ai accepté le fait que cela faisait plusieurs épisodes que Suburgatory ne me ravissait plus, et même, ne me plaisait plus, alors quelque chose s'est un peu cassé, je l'admets.

Je ne sais pas trop pourquoi j'ai tant tenu à rester fidèle à Suburgatory toutes ces semaines, mais j'ai l'impression que j'ai passé la saison à refuser de lâcher prise. Et là, je crois que... ça y est... je peux desserrer les doigts.
Adieu Chatswin.

GoodbyeSuburgatory

Et le pire, c'est qu'elle va me manquer, cette série.

11 mai 2012

Un bon numéro deux

Demain seront annoncés les résultats des Gullruten 2012, l'une des cérémonies télévisuelles étrangères que je surveille pour deux raisons : d'abord parce que je le peux (et ça fait une sacrée différence), et ensuite parce que la Norvège est certainement le pays dont les fictions sont les moins médiatisées en cette période de "vague scandinave" où le Danemark et la Suède monopolisent l'essentiel des gros titres.
Sans compter que depuis Koselig Med Peis, j'ai pour ce pays une tendresse toute particulière et ces choses-là ne s'expliquent pas.

Au moment des nominations aux Gullruten, souvenez-vous, une série avait en particulier attiré mon attention. Et parce que je devais avoir un bon karma, je sais pas, cette même série, Buzz Aldrin, hvor ble du av i alt mylderet ?, est sortie en DVD avec des sous-titres anglais. M'était donc ouvert un boulevard pour découvrir cette mini-série en 4 épisodes, et du coup, eh bah c'est très exactement ce que j'ai fait.
Voici donc mon post sur la mini-série Buzz Aldrin, hvor ble du av i alt mylderet ?, une série vraiment pas comme les autres que, par égards pour mes tags et mon accent norvégien pitoyable, je vais simplement nommer Buzz Aldrin à partir de maintenant.

BuzzAldrin-Title

Notre héros s'appelle Mattias, et il est né le 20 juillet 1969 : le jour où le premier homme a marché sur la Lune. Et le second, aussi ; c'est lui que Mattias va admirer en grandissant. Buzz Aldrin était deuxième, et cela lui convenait très bien. Comme lui, Mattias n'aspire pas à être le meilleur dans quelque domaine que ce soit.
Mettre en place pareil personnage relevait l'air de rien de la gageure : avec juste un peu moins de subtilité que n'en a Buzz Aldrin, Mattias aurait eu vite fait de passer pour un loser. Mais la mini-série a de la nuance à revendre, et Mattias se montre immédiatement comme un personnage complexe. Il n'est ni un pauvre type, ni un mou, ni même un gars perdu : il aspire simplement à une vie simple et anonyme. Le problème c'est que les choses ne vont pas se dérouler selon ses humbles plans.

Le pilote est ainsi consacré à la fois à l'exposition nécessaire de ce personnage complexe et de sa fascination pour Buzz Aldrin, mais aussi à divers signes avant-coureurs qui indiquent que le ciel va bientôt lui tomber sur la tête.
Buzz Aldrin a l'originalité, d'ailleurs, de ne pas dérouler au présent : outre le générique, qui nous permet d'assister à la naissance de Mattias en 1969 (très réussi, d'ailleurs), plusieurs scènes nous permettent de retourner dans l'adolescence de Mattias, dans les années 80, quand il rencontre sa petite amie, tandis que sa vie à l'âge adulte se déroule au moment de la guerre du Kosovo, et donc aux alentours de 1999. Du coup on a vraiment une impression constante de décalage, même quand aucun effort particulier n'est fait pour nous rappeler la distance qui nous sépare du "présent" de Mattias. C'est tellement agréable, d'ailleurs, que si peu d'efforts soient déployés pour nous remettre dans le contexte tout en préservant la distance temporelle ! Cela confère vraiment une aura particulière à la série, très intimiste et authentique.

Le premier épisode mélange donc tous ces éléments avec brio, avant d'opérer un grand virage dans la vie de Mattias, lorsqu'effectivement tout bascule et qu'il perd, en l'espace de quelques heures, sa petite amie et son boulot.
Une ultime originalité de ce pilote est qu'il fonctionne en circuit fermé : la séquence qui l'ouvre est également la séquence qui le ferme. Ce flashforward d'entrée, qui aurait pu être un atroce poncif, fait partie de ces quelques fois où ça fonctionne dans un pilote, sans doute parce qu'il n'est pas employé pour nous indiquer comment va finir la mini-série, mais au contraire comment son histoire va vraiment démarrer... J'essaye de ne pas trop vous en dire afin de n'en pas gâcher l'effet, fort réussi.

 

Car la vie de Mattias dans son patelin natal, avec ses parents aimants, sa copine qui s'est barrée (parce qu'elle attendait plus de lui) et sa boîte qui a déposé le bilan, ce n'est pas l'objet de la série. Buzz Aldrin veut nous emmener dans les îles Færoe où Mattias va arriver un peu par hasard, complètement paumé et salement abîmé. C'est là qu'il va être recueilli par Havstein, un psychiatre du nom de qui gère l'Usine, une sorte de refuge pour ceux qui sortent du circuit psychiatrique et tentent de reprendre progressivement une vie normale. L'Usine a trois pensionnaires : la mystérieuse Ennen (pour NN, "no name"), Palli qui ne vit que pour le golf qui lui permet de tenir ses angoisses à distance, et Anna, terrifiée par des apparitions qu'elle tient à distance en tricotant des pulls.
Les pensionnaires de l'Usine ne sont pas aussi caricaturaux qu'il parait. D'ailleurs, comme pour permettre au spectateur de gommer au maximum leurs éventuelles bizarreries, Mattias réagira très peu à leurs spécificités. Il faut dire qu'il devient vite un pensionnaire parmi les autres, acceptant sans protester que Havstein contacte ses proches pour les prévenir qu'il s'installe pour quelques temps à l'Usine, et se laissant traiter comme un patient.
La reconstruction de Mattias n'est, en réalité, pas la seule motivation de notre psychiatre : les cordons de la bourse sont serrés, et la mairie menace, d'abord à mots couverts puis très explicitement, de fermer l'Usine, devenue inutile. Mais si le nombre de pensionnaires augmente, sa nécessité est prouvée et son existence prolongée...

Mais grâce à l'Usine et au décor incroyable des îles Færoe, à la fois austère et luxuriant, entre roche et verdure, Mattias va petit à petit se reprendre en main. On sent qu'il est bien, ici, et à vrai dire on ne saurait le lui reprocher tant le coin ressemble à un paradis terrestre (du moins si vous êtes comme moi, et que vous estimez que les températures au paradis terrestre ne devraient jamais excéder 12°C).
Il est vraiment là, le propos des deux épisodes qui suivent le pilote : dans la façon dont Mattias va trouver la paix après l'épreuve qu'il vient d'affronter. Et c'est ce qui rend le visionnage de Buzz Aldrin si agréable : ce n'est pas qu'il ne se passe rien, mais ce qui se passe est d'un calme et d'une sérénité incroyables. A travers la formidable exploration de son personnage central, une faculté incroyable à capture la beauté rude de l'endroit dans des prises de vue magnifiques mais jamais stériles, et un sens du rythme parfait permettant à la fois qu'il ne se passe pas "rien" mais que rien ne soit jamais précipité non plus, la série offre une aventure humaine dépaysante au possible, du genre de celle que les amateurs de fiction japonaise ou britannique connaissent bien : on y explore une multitude de sentiments sans jamais brusquer les personnages ou précipiter les intrigues avec des évènements ou des retournements de situation artificiels.

Peut-être un peu trop enclin à se fondre dans le décor (après tout, comme Buzz Aldrin, il n'aspire pas à être mis en avant), Mattias va donc vite se faire une place dans sa petite communauté, trouver du travail grâce à Havstein, et se détendre, de la même façon que le spectateur apprécie la balade humaine. Mais à la fin de l'épisode 3, à nouveau, les choses changent, poussant Mattias à se réveiller de sa tendre routine, et quitter les îles Færoe où il avait pourtant trouvé la sérénité...

BuzzAldrin-Mattias

...Problème : le fabuleux monde d'internet ne fournit que les 3 premiers épisodes de Buzz Aldrin avec des sous-titres anglais. Imaginez ma frustration ! Donc j'ai commandé le DVD, du coup. Vous feriez pareil dans mon cas. D'ailleurs, il est encore temps.
On se retrouve donc pour un bilan complet quand j'aurai reçu mon DVD de Buzz Aldrin, hvor ble du av i alt mylderet ? !

6 mai 2012

The sign of the six

C'est extrêmement déplaisant, ces saisons courtes. Alors d'accord, proportionnellement parlant, ça donne l'impression de plus de génie à la minute que si la saison était plus longue, mais trois épisodes par saison, Seigneur, c'est insupportable. Bien contente d'avoir attendu un peu et de m'en être enfilé deux en une semaine parce que je ne vous raconte pas les effets de manque et de frustration sans ça. Limite j'aurais ptet encore dû attendre un peu, tiens.
Eh oui, rappelez-vous, le weekend dernier, c'était le bon temps ; je n'avais vu qu'un seul épisode de Sherlock. Et maintenant, le temps a passé, les saisons se sont écoulées, et j'ai tout rattrapé. Tout cela ne nous rajeunit pas. Je vais donc à présent me joindre en parfaite connaissance de cause au flot intarrissable de compliments sur la série, et je ne suis au juste pas certaine d'avoir quoi que ce soit à ajouter qui n'ait déjà été dit cent fois mais... comme disent les British : it bears repeating.

IntimateSherlock-1

Sherlock est, comme son nom l'indique, un hymne au célèbre détective. Le portrait n'a rien de flatteur, car sous les apparences de l'acuité et de l'intelligence se cache le profil d'un grand malade. Si ce n'était pas très grave, voire même franchement classe, d'être un homme, disons, distant, à l'époque de Sir Arthur Conan Doyle, à l'ère de la socialisation constante, c'est le plus grave des défauts, et la série se délecte de cet élément, l'incorpore aussi bien dans ses dialogues les plus légers que dans ses axes les plus dramatiques. Le final de la saison 2 tient justement au fait que Sherlock ne maîtrise aucune des normes qui lui permettraient de vivre en société, John agissant comme son interface avec le monde, son traducteur, sa zone tampon, son auxiliaire de vie... parfois au sens le plus strict du terme quand Watson en est réduit à sortir le téléphone de la poche de Sherlock à sa place. On fait ici plus que flirter avec l'idée que Holmes est totalement inadapté...

Mais à l'instar du docteur Watson qui s'attache à ce personnage pourtant souvent insupportable (au point de le frapper avec tout son amour dans le début de la deuxième saison), nous aussi apprenons à aimer ce grand bonhomme détestable. C'est un procédé pourtant cent fois employé, surtout ces dernières années, pour rendre l'antipathique sympathique, et pourtant cela fonctionne, grâce à la seule chose qui différencie Sherlock Holmes de tous les génies désagréables de la télévision moderne (et il y en a). Parce qu'admettons-le, tout comme Watson, nous sommes fascinés par la créature brillante qu'est Sherlock. Comment ne pas tolérer tout de ce personnage à l'esprit absolument génial ?
C'est la plus grande réussite de la série, au fond : réussir à écrire un personnage dont l'intelligence ne soit pas qu'une caractéristique, mais un véritable trait de la personnalité du protagoniste, s'exprimant constamment et de façon plausible. On réfléchit avec Sherlock et on s'attend à ce que ses fulgurances aient du sens, même quand on n'est pas capable de le devancer (une fois de temps en temps, le scénariste a pitié et nous laisse cependant prendre une scène ou deux d'avance sur lui). Contrairement à tant d'enquêteurs de sa génération télévisuelle, Sherlock réfléchit en temps réel, et ne nous met pas face à des épiphanies cosmétiques qui ne sont là que pour faire avancer la trame ; l'intelligence du personnage est réelle, et elle est humaine. C'est en choisissant de nous faire entrer dans sa tête, et non dans son coeur, que Sherlock parvient à construire un personnage réellement envoûtant, pas en lui inventant des failles ou en décrétant qu'on l'aimerait malgré tout.

IntimateSherlock-3

Le mérite n'en revient pas tout-à-fait exclusivement à l'écriture, bien-sûr. La prestation de Benedict Cumberbatch est à peu près tout ce qu'on vous aura dit qu'elle serait : fine, passionnante, magnétique. Tout, sauf sexy car, pardon, mais quand je vois Cumberbatch dans la peau de Sherlock Holmes, je vois un serpent. Depuis le début, mais encore plus depuis le plan ci-dessus.

Souvent extrêmement intériosé, parfois plutôt excentrique, limite outrancier, le Sherlock de Cumberbatch dont la force réside dans le regard, constamment en mouvement. Avec lui, tout se joue dans les yeux et c'est assez terrifiant, le regard de cet acteur qui suit le cours des pensées de son personnage et leur donne vie pour mieux vous aider à accompagner la progression de l'épisode. Feindre une telle intelligence avec succès, tout en assurant le show au propre comme au figuré, n'est pas à la portée de n'importe qui, et il faut admettre que je ne vois pas beaucoup d'autres acteurs britanniques capables d'apporter autant de substance à ce personnage, sans jamais tenter de le rendre un seul instant plus charmeur.

IntimateSherlock-4

Et après tout, le charme, c'est ailleurs qu'il se joue. C'est John Watson, alias Martin Freeman, qui en est le dépositaire. Il est l'atout coeur de la série et joue de son côté ours en peluche (ou hérisson, me dit-on) pour nous donner notre dose de soupirs attendris. John Watson est sa mine déconfite, John Watson l'homme à femmes, John Watson le pauvre laquais sous-évalué.

En dépit de cela, John Watson est cent fois plus pervers que Sherlock. C'est un fait établi dans le pilote, en tous cas, même ses manifestations sont plus variables par la suite. Watson n'a pas l'intelligence de Sherlock, il n'a pas son don d'observation, et très honnêtement, il ne sert pas à grand'chose dans le domaine médical non plus puisque les quelques rares passages en laboratoire sont toujours exécutés par le maître lui-même. Mais il se repaît de l'intelligence de son comparse. Il assiste à ses performances et s'en régale, et se faire traiter comme un larbin n'est pas cher payé. D'ailleurs Watson essaye à intervalles régulier de se faire remarquer, mais ce n'est visiblement pas pour son intellect que Sherlock le garde à son service. On est dans une superbe relation voyeuriste/exhibitionniste.

Son attachement grandissant envers son idole, bien-sûr, sera une autre raison de suivre Sherlock. C'est une jolie et tendre histoire d'amitié qui se joue ici (mais il est vrai que je n'ai jamais eu un tempérament de shipper) et qui s'exprime de multiples façons. La loyauté de Watson, parfaitement caractéristique, nous donne l'opportunité de pardonner à Sherlock les pires des excès, qu'en tant que spectateurs nous aurions pu trouver agaçants sans le regard complaisant du docteur.

IntimateSherlock-6

Tout grand héros a besoin d'une puissante némésis.
Ma première rencontre avec Sherlock Holmes, comme, je pense, pas mal de téléphages de ma génération, a été par le biais d'un dessin animé qui mettait énormément en avant l'opposition avec Moriarty. J'attendais énormément de ce personnage, et ne vous cacherai pas que la mention de son nom, la toute première fois, a déclenché un tonnerre d'applaudissements de mon côté de l'écran (le premier d'une longue série, pas forcément en rapport avec ce génie du mal d'ailleurs).

Mes attentes ont été comblées, et bien plus encore. James Moriarty est un personnage nerveux, imprévisible, en apparence chétif, et à la drôle de voix, mais il s'avère être exactement l'opposant qu'on attend de lui. En fait, le portrait de ce criminel dérangé et dérangeant est si incroyable, qu'on en vient presque à lui en vouloir à la fin de la deuxième saison de commettre l'impardonnable.
Moriarty est le Hyde derrière le Jekyll de Holmes, l'autre facette d'une même pièce, un message d'avertissement. Rarement deux entités prévues pour être similaires mais en opposition auront été aussi bien dépeintes dans une série.
Plus incroyable encore, grâce à l'interprétation parfaite d'Andrew Scott, Moriarty vole régulièrement la vedette ; on le guette, on l'attend, on se régale de chacune de ses apparitions pourtant de mauvais augure.

IntimateSherlock-5

Le danger, quand on s'attaque à un individu aussi célèbre que Sherlock Holmes pour l'intégrer dans le monde moderne, c'est de vouloir faire trop daté ou trop moderne. Sherlock parvient, et c'est à la fois surprenant et naturel quand on connait le talent de son équipe créative, à trouver parfaitement le juste milieu.
Le look de ses protagonistes ou de leur garçonnière a un côté intemporel. Et pourtant, rarement une série aura utilisé avec autant d'intelligence les outils modernes, et en premier lieu les SMS. De ce côté-là, c'est la réalisation qui fait toute la différence. Le choix de rarement montrer des écrans, mais de ne pas nous priver des messages envoyés, et donc de trouver des façons d'intégrer les textes aux images de l'intrigue (ils tournent dans l'espace, s'affichent sur les murs, s'échappent de multiples façon), est parfaitement calculé pour n'être jamais ni en décalage, ni ridicule. C'est un cas particulier qui illustre en réalité la tendance générale de la série à parfaitement se montrer moderne sans jamais l'être de façon ostentatoire. Pas de démonstration de force ici, pas d'envie de prouver qu'on est moderne, juste une façon d'employer naturellement des outils. Sherlock Holmes est un homme de notre époque, même si ses goûts en matière de papier peint pourraient nous faire penser le contraire. Et chaque fois que la série emploiera le plus petit bout de technologie, ce sera toujours avec bon sens et mesure.
D'ailleurs la réalisation est impeccable en toutes circonstances. C'est fou ce qu'on arrive à faire avec la bonne équation de talent, de budget et de talent, non ?

IntimateSherlock-7

Alors forcément, seulement six épisodes comme ça, même un peu longuets (j'ai du mal avec le format 90 minutes, je ne vous le cache pas ; il y a plusieurs raisons pour lesquelles je ne suis pas cinéphile, la durée en est une), ça a quand même un sévère goût de trop peu.

Du coup, au lieu d'être indignée par le projet Elementary, je vous avoue que je n'ai qu'une hâte, c'est voir une autre série se frotter au mythe de Sherlock Holmes. Je ne sais pas si c'est parce que je n'ai pas eu envie d'ériger une statue en l'honneur de Benedict Cumberbatch, ou simplement parce que la nuance d'un Watson au féminin me laisse penser qu'on n'aura pas qu'un simple remake officieux de la série britannique, mais je suis toute disposée à être surprise par cette nouvelle vision du personnage et de ses enquêtes, sans lui faire de procès d'intention.
Hey, après tout, c'est bien ce que vous m'avez poussée à faire avec Sherlock, hein. Et je n'ai pas eu à le regretter une seule seconde.

...En tous cas, pas jusqu'à ce que je me retrouve dans l'épouvantable situation de devoir attendre les prochains épisodes.

5 mai 2012

Beta go !

Outland-Final

Dans cette affaire de Black March, je vous avoue que ma plus grosse frustration, ça a été en réalité le mois d'avril. Il fallait "rattraper" tout un tas de séries, sauf qu'entre mes besoins de pilotovore, mes préparations de podcast pour le SeriesLive Show, ma nature toujours un peu volage, et la saison qui ne se mettait pas en pause pour me laisser le temps de retomber sur mes pieds, ça m'a demandé un effort insoupçonné. Résultat, j'ai fait preuve pas mal de rigueur et d'organisation, et surtout, je me suis forcée à établir des priorités. Tout un tas de qualités par lesquelles je ne brille pas spécialement d'ordinaire.
Lentement mais sûrement, j'ai remonté ma liste de séries à rattraper, et à chaque fois que j'en cochais une et abordais la suivante, je me maudissais de l'avoir laissée en plan. C'est vraiment pas une sensation que je souhaite à quelqu'un d'autre, cette impression que tout devrait être prioritaire et que ça ne l'a pas été.

Alors ça y est, j'ai rattrapé Outland, une série australienne gay et geek dont vous vous rappelez peut-être que je vous ai parlé du pilote. Si ma review était alors mitigée, je suis obligée de reconnaître qu'en 6 épisodes, la série m'est devenue très sympathique, et que je me suis mise à vraiment apprécier la compagnie des personnages.

Et c'est son plus grand défaut, en réalité. Car la première (et, au vu des audiences, vraisemblablement dernière) saison d'Outland n'est pas tant fondée sur la comédie que sur l'exposition de ses personnages, qu'on apprend à apprécier juste à temps pour en être séparés. Si Outland ne me paraissait pas hilarante dans le pilote, c'est parce qu'elle n'est, en réalité, pas vraiment destinée à vous faire rire à intervalles réguliers, mais simplement à développer ses personnages dans une situation parfois un peu extravagante, mais jamais à proprement parler comique. C'est vraiment son principe de base, et il se matérialise sous la forme d'une formule à la fois simple et intelligente : à chaque épisode, le club de geeks se retrouve dans l'appartement d'un de ses membres. On ne les voit jamais vraiment profiter de leur activité (qui consiste en général à regarder un DVD ensemble), mais uniquement arriver dans l'univers de ce membre, et faire plus ample connaissance avec lui à travers le milieu dans lequel il vit. Vous le voyez, c'est donc bel et bien l'approfondissement du personnage qui prime sur les intrigues et les gags.
En fait Outland est probablement mal vendue si on dit d'elle qu'elle est une comédie. Dramédie serait probablement plus juste, et encore.

Chez Max Chez Rae Chez Andy Chez Fab Chez Toby

Mais cette façon de mettre en avant les personnages et de les exposer pendant chacun un épisode de la série est, une fois qu'on a compris que c'était le principe, parfaitement réussie. Cela se traduit d'ailleurs par un effort appréciable de travailler énormément sur les décors choisis (je crois que tout le budget de la série est passé dedans), et le résultat, vous le voyez dans les captures ci-dessus, donne un travail très abouti où chaque personnage a un univers bien à lui. Plus qu'une volonté de décorer à la perfection les décors changeants (ce qui, comme vous le savez, aurait pu suffire à me ravir), cela met en valeur les personnalités des protagonistes de la série, et les mini-intrigues de l'épisode n'en deviennent que plus appréciables. Chaque épisode de découverte de l'univers du personnage du jour devient une rencontre, toujours un peu fantasque de par les évènements, mais vraiment touchante, dans le fond.

Cependant, le vrai atout d'Outland (et la série le saisit assez bien de par l'intrigue en fil rouge de ses trois derniers épisodes), c'est le personnage de Toby. Je le trouvais attachant dans le pilote, mais je n'avais rien vu. C'est certainement le personnage le plus adorrrable de l'histoire de la télévision. Constamment émouvant, Toby est une véritable force vive de la série, et du groupe aussi même s'ils ne s'en rendent pas compte ; pour toutes ces raisons, son épisode (l'avant-dernier de la série) est le plus réussi. Je vous mets au défi de ne pas craquer totalement pour son personnages qui tient à la fois du chaton duveteux et de la licorne.

Mais ? Au fait ? S'il n'y a que 5 personnages, et un épisode par personnage, que se passe-t-il dans le 6e épisode ? Eh bien c'est là qu'Outland prend son envol et en finit avec l'exposition. Nous montrant à la fois une conclusion solide de ce que la série a très bien construit, jalon après jalon, et ouvrant la porte à ce qui devrait en réalité être le début des intrigues à proprement parler, cet épisode aurait été le parfait lancement d'une seconde saison plus feuilletonnante. Hélas, il n'y aura probablement pas de seconde saison.
Comme je vous le disais, c'est quand on commence à vraiment aimer les personnages, individuellement et semble, qu'Outland tire sa révérence. Mais si ça ne vous fait rien de prendre méchamment les protagonistes en sympathie pour mieux leur faire vos adieux, alors je recommande cette série qui, jusqu'au bout, n'aura vraiment pas été comme les autres.

8 avril 2012

[#Ozmarathon] 5x01, thanks for the ride

La fin du Black March signifie aussi le retour du Ozmarathon, puisque tous les participants n'avaient pas forcément la chance de suivre la série en DVD. Enfin ! La saison 5 commence, et c'est avec entrain, espoir et appétit que nous nous lançons...

Ozmarathon_5x01

L'épisode va pourtant commencver sur une grosse maladresse, probablement rendue plus insupportable avec le recul maintenant que 90% des séries nées depuis lors ont utilisé le stratagème : l'intro qui donne la conclusion de l'épisode, suivie immédiatement d'un retour dans le passé. Ce n'est pas exactement un flashback, c'est juste une façon très gauche de plaquer un enjeu sur cet épisode : attention, à la fin, voilà ce qui attend tout le monde, et ils n'en savent rien. Le problème c'est qu'on est loin d'avoir de quoi se rassasier dans l'intervalle.
Pour être plus précise, l'idée de faire se crasher le bus, je dis oui. L'idée de voir comment les prisonniers ont hâte de retrouver des visiteurs à l'issue des mois de travaux qui les ont coupés de l'extérieur, ok. Mais les discussions dans le bus ! Seigneur, c'était interminable. Evidemment ça accentue la dramatisation, humanise les personnages qui sont condamnés à mort, et propose, chose quand même vachement inédite l'air de rien dans la série, de longues scènes hors de la prison, et avec, donc, un regard extérieur sur les maux qui rongent les prisonniers. Mais c'est vraiment longuet quand même.

Pendant ce temps, loin de se douter de ce que les scénaristes vont bientôt leur infliger, lesdits prisonniers continuent leur petite vie, ou plutôt la retrouvent, dans une prison d'Oswald qui semble avoir été retapée de la cave au grenier (mais très franchement, ça ne saute pas à l'oeil nu) et où ils peuvent enfin réintégrer leurs quartiers ou la cantine. Par-dessus le marché, les prisonniers en isolement vont aussi pouvoir se remélanger à nos amis d'Em City sous un prétexte fallacieux.

Et c'est donc le moment où les groupies d'Alvarez sautillent sur place comme des adolescentes des années 90 devant un poster de Rock Voisine. On n'y croyait plus ! Dans la saison précédente, camoufler l'absence de Kirk Acevedo avait été fait avec autant de subtilité que le maquillage de la grossesse de Lauren Lane dans Une Nounou d'Enfer, la volonté d'en faire des tonnes pour pouvoir en rire en moins. C'était affligeant mais, l'air de rien, on avait fini par s'habituer à cette masquarade. Alors ça fait tout bizarre de le retrouver, étrangement imposant physiquement, et surtout, complètement loco. Ah, c'est fini, les yeux de chiot : maintenant Alvarez mord. Peut-être en se vantant juste un tantinet trop d'en être capable, de sorte qu'il va prendre une petite leçon d'humilité (de la part de Giles, en plus !), mais enfin, il est en forme, il pète le feu, on dirait qu'Acevedo lui-même est soulagé d'être revenu.

Retour aux affaires également pour Kareem Saïd. Peut-être pas comme on l'aurait imaginé, mais retour quand même. Après avoir libéré l'Adebisi qui sommeillait en lui, Kareem semble ne pas avoir tout-à-fait choisi comment il allait vivre à partir de maintenant. Le démon n'est pas tout-à-fait lâché, comme j'aurais pensé ; mais pour autant il n'est pas totalement sous contrôle, et d'ailleurs, le self-control de l'imam a disparu, comme le montrera sa rapidité à montrer aux Aryens tout le bien qu'il pense d'eux, à peine relâché. Il participe toutefois de bonne volonté à la petite discussion mise en place par Sister Peter Marie, avec Beecher et Schillinger. Le beau trio que voilà.
Et alors, Sister P, il faut qu'on cause. Ca ne va tout simplement pas être possible. On se demande comment l'administration peut continuer de vous payer à organiser des sessions entre des gens qui se haïssent, de les voir échouer et recommencer avec un défi encore plus ridicule la fois suivante. C'est perdu d'avance. Déjà parce qu'entre Beecher et Schillinger, la dernière fois, ça a échoué. Et maintenant en venant y ajouter Saïd ? Faut vraiment rien avoir à faire de sa journée. Tout ce temps que vous pourriez passer en expertises psychiatriques sur, chais pas moi, Alvarez par exemple ? Alors je dis pas, ça va nous faire du sport, c'est bien, et d'ailleurs ça commence plutôt bien, parce que Beecher est un personnage en or (pas pour rien qu'il a attendu près de la moitié de l'épisode avant de pointer son nez) et que toute scène avec lui vaut forcément cent sous de plus, mais on sait tous comment ça va finir. Mal.

Entre Ryan O'Riley et Gloria Nathan, ça ne va pas très bien non plus. Pas vraiment de querelle d'amoureux mais, comme on avait pu le voir en fin de saison précédente, Nathan prend ses distances et ça fait tout drôle à l'Irlandais d'être repoussé sans vraiment savoir trop pourquoi (il faut dire qu'il n'a jamais été très malin quand il s'agissait de Gloria).

C'est aussi l'occasion de remettre le meurtre de Keenan sur le tapis, j'avoue que j'ai pas trop compris pourquoi sinon qu'Arif est long à la détente et est allé caffeter.
Il me souvient de l'époque où les intrigues d'Oz avançaient. C'était une ère faste et bénie qu'on appelle la première saison, et ça s'est étendu dans la seconde, aussi. En fouillant votre mémoire, vous devriez pouvoir vous rappeler qu'on ne convoquais pas d'intrigues anciennes en permanence. Eh bien cette époque est vraiment finie.
En réouvrant le dossier du meurtre de Keenan, on fait appel à une vieille, vieille affaire, qui n'avait même pas forcément été la plus palpitante de la série (vous me remettriez un trio Beecher/Schillinger/Keller, là je dis pas... on a vécu de grands moments avec ces enfoirés-là !), et de la faire revenir pour ce qui semble être la énième fois au nom d'une résolution. Mais que peut-elle nous apporter ? Voyons les choses autrement que sous l'aspect strict de l'enquête que mène Glynn : sur un plan dramatique. Cela oblige Gloria à choisir son camps : dire la vérité, ou protéger Ryan. C'est franchement un dilemme qu'elle a suffisamment exploré la saison précédente, et maintenant qu'elle prend ses distances avec lui, visiblement en toute connaissance de cause, voilà qu'elle cache ce qu'elle sait à Glynn ? Ca donne vraiment l'impression de faire un pas en avant, un pas en arrière. Pourquoi ne collabore-t-elle pas totalement avec O'Riley dans ces conditions ? J'aimerais énormément voir Gloria la psychorigide en bad girl, ce serait bien plus riche en possibilités.
Heureusement cette petite enquête pas très originale est aussi l'opportunité pour Ryan, pendant ses quelques minutes de présence à l'antenne, de faire... son Ryan, et d'intriguer de son mieux pour couvrir le meurtre. Il faut admettre qu'il s'en sort pas mal, mais on n'en attendait pas moins de lui. J'ai par contre été intriguée et surprise par sa façon de parler à Cyril... se pourrait-il que le divorce soit consommé entre ces deux garçons dont Ryan a découvert récemment qu'ils n'étaient pas issus de la même mère ? Ce serait intéressant aussi, mais peut-être plus dur à avaler après tout ce que la série nous a montré sur le lien qui les unit. Je suis prête à me laisser séduire par une telle intrigue quand même, si tel est vraiment le cas.

Et puis, quand franchement on ne s'y attendait plus, LA scène arrive. Et elle s'avère bien plus émouvante que je ne m'y attendais.
Le bus effectue sa chute, le père Mukada se tire miraculeusement du véhicule, Glynn annonce aux prisonniers ce qui s'est passé... C'était très bon, très puissant, et pas uniquement à cause de la musique un peu over the top mais bien parce qu'on redécouvrait l'aspect le plus fort, le plus sacré, le plus indispensable de la série : son humanité. Malgré toutes les horreurs que ces hommes commettent (assez peu représentées pendant cet épisode, en-dehors de l'état de Cloutier qui a de quoi retourner les estomacs les plus accrochés), ils restent des hommes pour qui les proches, la famille, tout ça, c'est vital. Cela faisait longtemps que la série n'avait plus abordé ces choses-là de cette façon-là. N'ayant pas vu la saison 5 (je n'avais pu reprendre la série que lorsque la 6e était passée sur Série Club), j'ignore si cela avoir un impact durable sur la saison, mais je le souhaite.
C'est sadique... mais c'est très Oz, non ?

3 avril 2012

La vérité toute nue

House of Lies avait commencé comme une dramédie trash ; je peux concevoir que cela ait pu rebuter une partie de mon entourage téléphagique ; au sein de l'équipe du SeriesLive Show, par exemple, les avis étaient contrastés, ce qui est une façon polie de dire qu'il y avait d'un côté le mien, positif, et d'un autre côté les autres, franchement pas charmés.
Pour être honnête, elle n'a jamais totalement cessé d'être trash, mais House of Lies a vraiment dépassé les clichés accrocheurs (ou voulus comme tels, mais ça n'a pas fonctionné sur tout le monde visiblement) pour offrir une série d'une densité incroyable. Mais cela, nombre des déçus qui avaient baissé les bras après le pilote ne le sauront jamais. Ce sont les règles du jeu, c'est certain, et moi-même je ne reste jamais dans les parages quand une série me déçoit au moment du premier épisode, après tout. Simplement j'ai le sentiment que les manifestations les plus trash de son pilote, ainsi que le fameux effet "freeze", sont les seules choses que nombre des gens dont j'ai pu lire l'avis ont remarqué. Comme s'il ne se disait rien d'autre. Et c'est justement là que tout le génie de House of Lies s'est déployé.

Le plus fort c'est que pendant les premiers épisodes, je ne m'intéressais pas vraiment aux troubles de son personnage central, Marty Kaan, dont les déboires me semblaient bien peu captivants comparés à l'incroyable dynamique de son équipe. Pour moi le point fort était vraiment dans leurs échanges à la fois intelligents et foncièrement cyniques, teintés de cette sorte d'agressivité dénuée de toute méchanceté propre à certains milieux professionnels. Les intrigues liées au travail de cet équipe semblaient aussi une façon incroyablement brutale et subtile à la fois de parler de l'état de notre société en ces temps de "crise".
C'est ainsi que le pilote permettait à Kaan de faire la démonstration de tout ce que sa profession implique d'odieux et de réaliste à la fois, en offrant au patron d'une énorme corporation bancaire de faire un geste qui semblerait être généreux et en réalité ne le serait pas. La démonstration était incroyablement perverse et pourtant parfaitement objective de la réalité de bien des milieux.

L'intrigue qui allait se développer à partir de là, avec cette fameuse histoire de fusion/acquisition, est la meilleure preuve du regard aiguisé que House of Lies pose sur l'actualité, et dépasse le cliché du "personnage névrosé dans une dramédie excessive" qui colle à la peau de plusieurs séries de Showtime.

House of Lies s'intéresse donc à une radiographie de la façon dont les finances de nos sociétés (dans tous les sens du terme) nous conduisent à notre décadance morale. A bien y réfléchir, tout est absurde dans ce monde-là. L'Ouroboros se mord effectivement la queue : on fait de l'argent en mentant sur la façon de faire plus d'argent, et on vit dans un status quo où on a l'illusion qu'on fait tourner la machine.
On brasse du vent pour mieux brasser de l'argent, à moins que ce ne soit le contraire.

Le sujet n'est pas facile et en réalité, les névroses du personnage agissent comme une personnification des dérives du système. J'ai l'impression que cela souvent été interprété comme l'inverse, et encore, au mieux. Mais à mesure que cette histoire de fusion/acquisition monte en puissance, il devient difficile de nier que le mode de vie déglingué de Marty Kaan va bien au-delà de la formule habituelle de Showtime, notamment grâce à Jeannie et son parcours également erratique.

HouseofLiesFINAL

Qui plus est, House of Lies propose autant de scènes-choc, souvent jouissives il est vrai, que de scènes authentiquement dramatiques. En faisant tomber le quatrième mur, Marty Kaan partage bien entendu ses commentaires blasés sur son travail ou ses collègues, mais plus encore, il emploie ce procédé dans sa vie personnelle. Il nous invite à partager aussi les moments les plus sombres qu'il traverse, par contre, contrairement à son monde professionnel, cela se fait toujours en silence. Son regard est chargé d'émotions qu'il nous inflige directement, difficile parfois de résister à la tentation de détourner les yeux pour y échapper ; plusieurs épisodes se finissent sous son regard accusateur, alors qu'il partage son angoisse autant qu'il cherche à nous rappeler qu'elle n'est probablement pas différente des nôtres. L'échange qui a lieu à ce moment-là est terrible, implacable.
Ce n'est pas simplement impressionnant parce que Marty Kaan est interprété par Don Cheadle, qui apprend progressivement à maîtriser son personnage, c'est aussi tout simplement parce que rares sont les personnages à partager autant. Et que souvent, ceux qui le font sont des femmes (c'est après tout là la réputation de Showtime), et pour la première fois depuis bien longtemps, un personnage masculin se dévoile avec toutes ses fragilités. Marty Kaan est sans nul doute le personnage le plus vulnérable que j'aie vu depuis bien longtemps.

Pour une série qui se déroule dans un milieu où, si l'on est beau parleur, on peut se remplir les fouilles, House of Lies repose donc énormément sur les silences. Et si bien des séries savent à l'occasion utiliser le silence, produire un tel résultat sur 12 épisodes est plus rare, et laisse... sans voix. Oui, les protagonistes de House of Lies sont de grands bonimenteurs... mais ils sont toujours honnêtes avec eux-mêmes, et donc avec nous. C'est assez rare pour être souligné, quand dans de si nombreuses séries, le spectateur doit d'abord faire l'effort de comprendre les motivations du personnage avant de les partager. Ici, Marty ou dans une moindre mesure Jeannie sont dans la nudité la plus complète.

Il y a d'ailleurs beaucoup à dire de la performance de Kristen Bell. Je n'ai jamais eu une sympathie très poussée pour l'actrice, elle est sympathique mais pas incontournable ; et surtout, je n'ai pas vraiment gardé un souvenir impérissable de Veronica Mars. D'ailleurs peut-être que tant mieux, ça m'évite d'aborder sa performance avec une attente trop précise. Mais au fur et à mesure de la série, elle va se révéler comme un pillier des intrigues, se développant plus qu'on n'aura pu l'espérer pour Clyde ou Doug (deux éléments que j'apprécie énormément par ailleurs, mais certainement pas pour les mêmes raisons, leur utilité se bornant aux axes plus légers des épisodes). La progression est lente, mais cohérente pour Jeannie ; à partir du moment où elle signe un pacte avec le diable, les choses se précipitent, laissant à Kristen Bell toute latitude pour nous épater. Mais vraiment.
C'est là que je me suis rappelé de l'incroyable prestation de Bell dans le pilote de Veronica Mars et de mon émotion face à la scène du "lendemain" du viol de Veronica. Soudain je révise mon opinion de l'actrice à la hausse. Il y a des Emmys qui se perdent, à vrai dire.

Soyons sincères, deux autres femmes se débrouillent incroyablement bien pendant leur temps d'antenne pourtant limité : Dawn Olivieri, incroyable en femme à la fois venimeuse et perdue dans une spirale de haine de soi, Megalyn Echikunwoke (j'ai dû copier/coller) se montrant parfaitement charmante mais aussi terriblement humaine. Quand tant de séries ont tendance à écrire les rôles féminins au détriment des rôles masculins, ou l'inverse, la présence de ce cast de charme formidablement bien servi par une écriture très tendre fait un bien fou.

Et au final, voilà comment on part d'une dramédie en apparence légère, trash, et pas forcément très profonde, à l'une des meilleures séries de ce début d'année. House of Lies n'est pas juste un coup de coeur, c'est un travail bien plus profond que cela qui parle à ce qu'il y a de plus fragile en nous, tout en nous servant une vision très sensée des organes financiers de notre monde, et des passages excessifs mais jamais totalement gratuits.
Alors c'est vrai que mon avis vaut ce qu'il vaut puisque ça doit être la dixième série qui m'impressionne en ce début d'année. Mais ça veut aussi dire que, les amis, le crû 2012 est absolument épatant. On a une chance de folie d'être téléphages en ce moment. On ne s'en rend probablement pas compte, mais le monde nous envoie de toutes parts des productions d'une exceptionnelle qualité. House of Lies en est une, et ça va être une torture d'attendre jusqu'à la saison prochaine.

12 mars 2012

[#Piemarathon] 1x06, laisse

BlackMarch
Je vais être honnête avec vous, cette histoire de Piemarathon est en train de déraper (mais dans le bon sens du terme).
Je veux dire, bon, je me suis lancée il y a seulement 4 jours et j'en suis déjà à aborder la fin de la première saison... Alors soit, elle n'est pas longue, il y a eu un weekend, je n'ai pas travaillé cet après-midi, certes. Mais quand même, euh, ça devient un peu compliqué. Pis je vous raconte pas le méchant effet de manque dés que je m'éloigne de mon DVD. Heureusement que j'ai le soundtrack sur mon smartphone sinon ça pourrait devenir dangereux pour mon entourage.

C'est d'ailleurs assez fou de retomber amoureuse d'une série qu'on connait (presque) par coeur. C'est une sacrée chance, aussi, parce que j'ai réussi à me laisser surprendre une ou deux fois, notamment dans l'épisode qui nous occupe ce soir, et je ne sais sincèrement pas si je serais capable de me laisser faire comme ça par d'autres séries. Devant Une Nounou d'Enfer, par exemple, je récite les dialogues comme des psaumes, ça n'a rien à voir. Là, je suis dans un état d'esprit particulier où j'arrive à prendre de la distance avec mes souvenirs pour profiter du spectacle, ce qui me permet de ressentir plein de choses, et pas juste l'impression de confort qu'on expérimente devant une série qu'on connait très bien et qu'on adore retrouver. C'est un vrai bon marathon, j'en savoure chaque seconde, même si je commence à baliser à l'idée qu'il me prendra probablement moins longtemps que prévu.
Nan mais voilà, c'est tout, je voulais juste partager ma joie, parce que je parle des épisodes, et truc, et bidule, et très franchement, les marathons bloggés en temps réel je commence à prendre lentement l'habitude (pour moi qui, il y a encore quelques mois, n'était pas coutumière des reviews épisode par épisode), mais du coup j'en oublierais presque de vous dire combien je me régale et combien ça me fait plaisir de me replonger dans la série. C'est donc chose faite.
Sachez que c'est une vraie kermesse. Et que je ne veux pas descendre du manège.

Piemarathon_1x06_Title

L'épisode commence alors qu'Olive accomplit son premier acte de bravoure de l'épisode : elle confesse d'elle-même à Chuck avoir embrassé Ned dans l'épisode précédent. Dans à peu près n'importe quelle autre série, ce serait soapesque. Mais ici, c'est une façon magnifique à la fois d'approfondir encore le personnage d'Olive, qui devient lentement mais sûrement le plus touchant de la petite bande du Piehole, mais aussi de faire avancer sa relation avec Chuck. La fille morte prend en effet les choses plutôt bien et toutes les deux parlent très ouvertement de la relation entre Chuck et Ned, comme de vraies amies, de vraies complices. Olive montre alors qu'elle a une très, très bonne nature, en s'inquiétant réellement des problèmes de contact (ou absence de) entre les amoureux, même si elle est encore un peu blessée par le rejet qu'elle vient de subir. Sans le savoir, Chuck vient ainsi de lui ouvrir la porte du petit groupe qu'ils forment, ne se sentant pas menacée par le contact entre Ned et Olive alors qu'elle-même sent bien que ça reste un vrai problème entre eux.

Et il est là, le coeur du problème : plus que de devoir éviter de se toucher, les amoureux continuent de devoir accepter ce fait, et ils ont du mal. Chuck n'est plus vraiment en danger d'être touchée par hasard et de mourir définitivement, que de ne justement pas pouvoir toucher son Piemaker et de perdre son affection (à moins que ce ne soit l'inverse).
Il faut dire que le rêve érotique, ou plutôt le cauchemar de celui-ci a de quoi en troubler plus d'un. Je me souviens encore de l'horreur que j'avais ressentie la première fois que j'avais vu cette scène, cet instant terrible, lorsque Chuck lui tombe dessus et qu'il y a cette petite seconde pendant laquelle le temps est suspendu, mon Dieu, c'est arrivé, il l'a touchée, elle est partie pour de bon cette fois... et puis finalement non et c'est en fait là que commence le véritable cauchemar. Evidemment, difficile de ressentir ce bref désespoir et de croire Chuck disparue avec les visionnages suivants, mais force est de constater que le passage reste déchirant et qu'on comprend bien que cela dérange autant le Piemaker ensuite. On le comprend bien, mais on rit avec Emerson tout de même, hein, l'un n'empêche pas l'autre...

Piemarathon_1x06

L'épisode va continuer d'explorer divers sujets relatifs aux relations amoureuses avec l'étrange cas d'un polygame éleveur de chiens qui a été tué de bien curieuse façon. Outre le crime lui-même, qui s'avère n'être pas celui qu'on croit, c'est la quête du tueur qui va les occuper, leur donnant tout loisir de se frotter aux différentes épouses de la victime (pour Emerson, un peu plus près que pour les autres). Aussi bien en ce qui concerne l'intrigue que dans le domaine de l'univers visuel et sonore, on n'est pas exactement dans le meilleur épisode de la saison. L'idée est vraiment de pousser au maximum Ned et Chuck à se poser des questions sur la durabilité de leur tendre amour, et pas vraiment de nous offrir un moment enchanteur. Heureusement qu'il y a toujours les excellents dialogues et l'air empoté pathologique du Piemaker pour nous distraire comme à l'accoutumée.
On notera aussi qu'il n'y a pas de tantes en vue dans cet épisode, pour la seconde fois consécutive, et qu'il n'y est même pas du tout fait référence. Ce n'est pas une mauvaise chose : on ne peut décemment pas les intégrer à chaque fois. Mais elles m'ont quand même un peu manqué.

Alors qu'on commençait un petit peu à trouver que cet épisode manquait de chien (ha ha ha), voilà que le Piemaker et la fille morte se regardent de nouveau dans le blanc de l'oeil pour discuter de leurs problèmes, et que, plus que jamais jusque là, la souffrance de Ned devient très palpable. Il a passé l'épisode à être embarrassé, maladroit, gêné, effondré, catastrophé, mais là, il cesse de faire le clown triste et on peut presque ressentir son pincement de coeur lorsque Chuck enlace Digby à sa place. Ned prend toute la mesure de l'absence de contact à cet instant, on dirait, et l'accepte en même temps. Ca fait une plutôt jolie scène...
...Vite éclipsée par la suivante. Pour la seconde fois dans cet épisode pourtant pas très joyeux, Olive va nous arracher un soupir de chagrin et d'amiration.
Car elle est impressionnante, Olive, quand elle laisse partir son Piemaker. Elle tient à lui mais elle accepte de n'être jamais qu'Olive la serveuse. Elle a ce regard incroyable quand il lui fait ses excuses, comme si elle ne voulait pas l'affliger LUI avec son trouble à elle.
Elle a raison, notre petite chose blonde : elle est vraiment grande.

11 mars 2012

[#Piemarathon] 1x04, pigeon

BlackMarch

On revient dans ce nouvel épisode à un mystère plus "normal" dans son déroulement (victime, puis passage à la morgue, puis découverte du criminel...), mais original dans son dénouement, tout en poursuivant l'exploration des problèmes de couple de Ned et Chuck. Tout ça pendant qu'Olive compte sur un pigeon pour séparer les tourtereaux...

Piemarathon_1x04_Title
Pauvre, pauvre Olive, qui est passé à peu de choses d'arriver à ses fins dans cet épisode, et qui est trahie par son petit coeur. Au lieu que son plan, échafaudé afin de mettre Chuck face à son secret, ne réussisse, voilà qu'elle s'aperçoit qu'elle a passé un peu trop de temps avec les Darling Mermaid Darlings et qu'elle s'est prise d'affection pour elles... Qui peut la blâmer ? La petite chose n'a jamais personne à qui parler si ce n'est un chien, d'ordinaire, alors pour une fois que des gens se lient avec elle, Olive n'allait quand même pas tout gâcher. C'est ainsi qu'en une fraction de seconde, Olive prend la décision de laisser Chuck garder son secret, et entre dans la confidence.

Et tant mieux. La jalousie d'Olive, si elle se conçoit, ne pouvait pas la maintenir trop longtemps dans une situation de "méchante" dont les plans allaient constamment mettre en péril le bonheur de Ned et Chuck. C'est par une jolie pirouette que la blondinette entre en connivence avec eux, sans pour autant cesser de couler des regards enamourés à son Piemaker.

C'est réellement l'épisode le plus triste à ce jour (considering). Aussi bien pour Olive, qui doit mettre de côté sa poursuite impossible de l'éviction de Chuck (même si on peut débattre de l'efficacité de son plan : ce n'est pas parce que Chuck serait dans la panade vis-à-vis de ses tantes qu'elle disparaîtrait du Piehole, ou que Ned l'aimerait moins) que pour les tantes de l'ex-défunte.
D'ailleurs plus on passe du temps avec ces dernières, plus on trouve leur tandem aussi cafardeux que bizarre ; certes, elles ont leurs névroses qui les rendent excentriques, mais on prend vraiment la mesure de leur peine. Qu'il s'agisse de voir Lilian pleurer ou Lily faire la tête, on sent que les deux femmes sont réellement affectées. On pourrait dire en somme qu'elles sont atteintes aussi bien mentalement qu'émotionnellement.

Piemarathon_1x04
Du côté du Piemaker et de la fille appelée Chuck, il y a de l'eau dans le gaz. La dangerosité du contact entre ces deux-là étant bien établie dans les épisodes précédents, on s'attaque aux côtés les moins romantiques de cette interdiction de se toucher quand Chuck est attrapée au vol par un homme qui, lui, peut se servir de ses mains. La jalousie du Piemaker n'est pas bien jolie à voir, ses manifestations devenant même plutôt mesquines au cours de l'épisode (m'est avis que Ned est aussi rancunier que jaloux), mais elle se comprend, parce qu'il réalise que la situation va quand même poser problème sur le long terme ; implicitement, Pushing Daisies nous rappelle que ses héros ne sont pas faits de bois et que la romance a ses limites : tout ça c'est bien gentil mais euh, hein, on se comprend.
Comparativement, le début de l'épisode, dans lequel Digby, chien fidèle (et particulièrement intelligent), va retrouver son jeune maître, est moins triste ; et pourtant je mets au défi quiconque de rester de marbre devant le passage où tous les deux se retrouvent, joyeux, avant de réaliser qu'ils ne pourront jamais se toucher non plus. Ned trouve immédiatement une branche (plus tard il aura un outil plus perfectionné) pour pallier à ce petit inconvénient, mais Digby aime son maître sans trop regretter le manque de contact. Ce n'est pas le cas de Chuck qui ressent le besoin qu'on lui prenne la main. Elle s'imagine que c'est la main du Piemaker, mais la vérité c'est qu'elle ne peut pas se passer de contact... Quand on y pense, c'est pire vu que Ned fait son possible depuis des années pour éviter le contact avec tout le monde depuis des années. Ca ne fait que 4 épisodes qu'elle est morte et elle s'amuse déjà à tenir la main du premier venu !

Bien-sûr, la romance de conte de fée n'est jamais totalement absente de Pushing Daisies : une histoire d'amour se met en place entre deux des protagonistes secondaires de l'épisode, racontant une autre histoire d'amour en filigrane, et d'ailleurs en fin de compte, le Piemaker et la fille morte finissent par danser romantiquement enlacés sur le toit du Piehole. Mais en dépit des apparences, Ned et Chuck viennent quand même de se prendre un méchant revers dans leur relation ; ils vont y survivre, mais en même temps, plus que de craindre la mort de Chuck, ils craignent ici la séparation et c'est pire, bien pire.

Assez peu d'humour, donc, dans cet épisode (qui n'en est cependant pas totalement dépourvu), et un Emerson également un peu en retrait, mais c'est normal vu la place prise ici par Olive et les tantes.
On a pourtant droit à une scène absolument tordante (bien qu'un peu longue) lorsqu'un pigeon vient s'écraser contre une vitre du Piehole et qu'il est ressuscité par Ned (à son corps défendant). Le Piemaker et Emerson guettent avec anxiété qui sera alors la proie de remplacement du destin, et entre la terreur d'Emerson (sa couardise n'est pas son trait de caractère le plus attrayant !) et la tristesse de Ned qui est certain qu'un écureuil qui passait par là va vraiment y passer, il y a de quoi se plier de rire. Ce sera franchement la seule scène aussi légère de l'épisode : il y a des bonnes répliques, comme toujours (les dialogues sont émaillés de perles absolues), mais ça reste plus ponctuel.

C'est vraiment agréable, cette façon dont les épisodes changent de ton, je ne me souvenais plus de cette amplitude (curieusement, je n'avais retenu que la partie la plus légère de ces intrigues). J'apprécie les moments comiques, qui admettons-le ont la chance de reposer sur des dialogues d'orfèvrerie débités avec une rapidité n'ayant rien à envier à Gilmore Girls, mais le côté émotionnel n'est pas absent. Peut-être que les fois précédentes, j'avais été un peu éblouie par la forme de la série pour m'en apercevoir, ou peut-être que sitôt le marathon terminé je vais oublier ces avantages-là (me repasser en boucle la BO de la série cycliquement n'aide probablement pas à en fixer une image fidèle non plus), mais ça fait bien plaisir. Vite, la suite !

23 février 2012

Le dormeur doit se réveiller

Awake-Promo

Pas facile de parler d'Awake. Sur le papier, je devrais être ravie (uh oh) mais en pratique, les choses ne sont pas aussi simples.
Le concept d'Awake relève du fantastique mais prend ancrage dans une trame dramatique. C'est ce qui devrait me rendre extatique, puisque, si j'aime le mélange des genres, un mélange avec le drame a toujours ma préférence. D'ailleurs c'est la raison pour laquelle j'étais tombée si éperdument sous le charme de Touch au terme de son pilote, le mois dernier.

Etant donné mon coup de coeur pour Touch et les réactions lues sur Twitter, je m'attendais un peu à être frappée par la foudre devant Awake également, d'autant que c'est l'un des rares projets que j'avais repérés en amont de son lancement, alors qu'elle n'était qu'à l'état de projet, et vu le peu de place que je fais aux projets dans ma mémoire (à dessein), c'était significatif.

Et pourtant, loin d'être la claque attendue, Awake me laisse un peu de marbre. Le concept de la double-vie est si bien expliqué et rendu dés le début de l'épisode que j'ai même trouvé le pilote exagérément long. Je m'attendais à ce que cet effet de bascule entre la réalité et la réalité, ou le rêve et le rêve, mène à un revirement de situation à la fin du pilote mais la série ne mange pas de ce pain-là qui relève, c'est vrai, plus souvent des productions qui cherchent trop à en faire que des productions sincères. Mais sincèrement, je m'attendais à ce que l'épisode se conclue sur une troisième réalité dans laquelle ce serait Britten qui serait dans le coma, sa femme et son fils étant bien vivants et le regardant se débattre avec son inconscient. Quelque chose de "too much", au pire, mais quelque chose tout de même. Ou même une simple révélation partielle, même pas forcément un gros coup.
Là vraiment, la démonstration semblait si bien faite dés les premières minutes, et si lourdement appuyée ensuite, que l'épisode m'a fait l'effet de finir totalement à plat. Du coup, difficile d'imaginer passer plusieurs épisodes dans cette dynamique si l'ennui guettait dés le pilote.

Ce qui n'aide certainement pas, c'est l'angle policier. C'était assez prévisible : ce côté-là n'allait pas me ravir. Ca n'a pas manqué, même si je trouve les deux partenaires de Michael plutôt bons (mais qui ne prendrait pas un pied monstrueux à retrouver Steve Harris sur son écran ?). Peut-être que j'aurais voulu que les deux enquêtes ne se répondent pas de cette façon : au lieu de se compléter, j'aurais sans doute préféré qu'elles soient plus semblables. Ca aurait accentué le trouble de Michael, je pense, et probablement le nôtre aussi.

En revanche j'aime énormément la confrontation par patient interposé des deux psys et c'est certainement, à vrai dire, ce qui m'intéresse le plus sur le long terme. J'aime qu'ils soient si différents et que pourtant ils aient tendance à avoir un message similaire. Si ça ne tenait qu'à moi (et malgré l'incongruité que représente le fait que Michael semble aller en thérapie CHAQUE JOUR QUE DIEU FAIT), la série se déroulerait uniquement dans ce double huis clos.

Il manquait un peu de panache à ce premier épisode où pourtant tout n'était pas à jeter. Un peu d'originalité, paradoxalement, parce que le pilote m'a semblé un peu scolaire dans sa façon d'exposer la situation sans lancer vraiment d'enjeu : est-ce si grave si Michael Britten continue d'osciller entre ses deux mondes jusqu'à la fin des temps ? Personnellement j'ai eu du mal à voir où était le problème.
Il faudra probablement un à deux épisodes de plus pour que je me fasse une opinion définitive sur la série, mais pour le moment, je ne suis pas aussi enthousiaste qu'anticipé, puisque devant cet entrée en matière, je me suis presque... endormie. Une ironie que j'ai bien failli ne pas mentionner tant le cliché fait de la peine : s'endormir devant Awake, un comble.

Publicité
ladytelephagy
Publicité
Archives
Publicité