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ladytelephagy
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11 février 2012

[#Ozmarathon] 4x08, game changer

Avec cette saison 4 plus longue que les précédentes, on aurait pu se dire qu'Oz présenterait quelques longueurs. Mais rien du tout ! Nous voilà arrivés au milieu de la saison, et non seulement on n'a pas vu le temps passer, mais en plus on s'en prend plein la tronche. Après un épisode un peu rocambolesque, cette fin de mi-saison reprend du poil de la bête pour finir par nous laisser sur les rotules. Le Ozmarathon n'en finit pas de nous épater !

Ozmarathon-4x08

La saison 4 avait pris le parti de ressuciter certaines intrigues anciennes, histoire de se remettre en bon ordre de marche après une saison 3 à propos de laquelle on sera tous d'accord pour dire qu'il y avait une certaine marge d'amélioration. Il est temps maintenant de fermer ces intrigues.

Ainsi, Mobay tombe le masque et se rend aux autorités. C'est une fin logique pour notre flic des stups, mais elle ne manque pas de cruelle ironie : Mobay confesse le meurtre (et, implicitement, le reste de ses actions erratiques) parce qu'il ne veut pas être comme les prisonniers d'Oswald. Or il est devenu exactement comme eux. Pire encore, en confessant un meurtre, il est quasi-assuré de réellement devenir prisonnier dans une cellule quelque part. Une terrible conclusion sur le cercle infernal que représente la prison : si même un représentant des forces de l'ordre s'y perd, qui peut réellement sortir de prison en étant prêt à réintégrer la société ? Ne cherchez pas les exemples dans Oz, il n'y en a pas.

L'héroïne du jour est Sister Peter Marie. Alors elle, je ne sais pas ce qu'elle a pris au début de l'épisode, mais ça lui réussit. Elle règle ses comptes avec tout le monde, en montre aussi bien à Querns, McManus que Lopresti, et trouve même le temps de faire un câlinou avec le père Mukada avant d'aller se livrer à des échanges hautement métaphysiques avec Cyril O'Riley et Chris Keller. Ne cherchez pas, Dieu, c'est elle ! Qu'elle soit en colère, à bout de forces, ou au contraire totalement ranimée, elle est sublime.
D'ailleurs, Rita Moreno est si lumineuse que même sans maquillage, elle parait plus jeune que jamais.
En particulier, l'échange avec Keller confine au sublime. Oz nous a souvent proposé des réflexions sur la foi, et ce n'est certainement pas Sister P qui dira le contraire, mais ils ont rarement été aussi explicites et détaillés, préférant l'art de la métaphore ou s'appuyant simplement sur quelques elliptiques déclarations laissées à notre interprétation. C'est ici, au contraire, l'occasion pour Keller de se montrer plus touchant qu'il ne l'a jamais été, et de retrouver cette flamme bienveillante et confiante dans les yeux de Peter Marie. De quoi couper le souffle, réellement.

On fera un petit détour par le cas O'Riley, parce que c'est syndical. Il n'y a rien de plaisant dans cette intrigue : ni sa brièveté (mais après avoir éliminé Stanislofsky avec tant de brio, il était normal que Ryan semble en petite forme), ni le fait qu'elle nous inflige la vue de Claire Howell, ni son revirement de situation. Ryan levant la main sur Cyril (même en retenant son geste avant de commettre l'irréparable) est tout simplement incompréhensible après tout ce qu'on a pu voir auparavant ; si par contre, le coup d'aller ruser et tenter de faire droguer Cyril est assez son genre, on a quand même du mal à accompagner ce changement si brutal de comportement. Tout ça pour protéger sa relation abusive avec Howell ? J'avoue que j'intègre mal cette partie. Mais la menace prononcée par Howell est, paradoxalement, ce qui rend les possibilités futres de cette intrigue si intéressantes. Quelqu'un qui a de l'ascendant sur O'Riley ? Ce n'est pas courant... et qui s'y frotte s'y pique !

Passons rapidement, aussi, sur le retour de Rebadow, indéboulonnable (et c'est tant mieux), la petite histoire de Busmalis avec Miss Sally, plutôt mignonne, ou le passage dans le couloir de la mort, assez triste dans sa conclusion mais quelconque dans son déroulement. Le couloir de la mort se vide à une vitesse impressionnante, un peu plus et ce décor pourrait bien disparaitre de la série pour plusieurs épisodes... Je trouve en revanche intéressant, et ce même si ça n'a pas beaucoup été souligné, de la part de Moses de souligner, en tuant Miles quasiment de sang-froid (c'était en tous cas nettement prémédité), qu'il n'a plus rien à perdre. Plus encore que les prisonniers à vie, les condamnés du couloir de la mort n'ont plus vraiment à se soucier des conséquences de leurs actes, et c'est une perspective assez effrayante. En tous cas, voilà Moses seul à présent, et c'est finalement tout aussi terrible de rompre ses rares liens humains quotidiens et de l'enfermer seul de la sorte. C'est idiot, mais j'ai même trouvé ça triste que le miroir de Shirley soit brisé... surtout par ce connard de Lopresti.

Mais surtout, la grogne relative à la guerre raciale à Oswald va trouver sa conclusion, ou ce qui y ressemble bigrement. L'occasion pour McManus de récupérer son Em City, pour Querns de débarrasser le plancher (il n'aura vraiment rien accompli, celui-là) et pour Adebisi de rencontrer son créateur.
J'assimile très mal cette donnée. Adebisi était une brute épaisse qui semblait pouvoir résister à tout, pendant 4 saisons, convaincu d'être un esprit libre, et développant au fil des épisodes cette croyance incroyable qu'il pouvait accomplir quelque chose de grand et devenir, à sa façon, puissant. Adebisi était à mes yeux increvable. J'avais beau le savoir intellectuellement, j'avoue que je ne conçois pas trop Oz sans lui.
Pourtant, du jour où il réalise qu'il est enfermé et le sera toujours, il meurt. Ce n'est évidemment pas un suicide, mais il avait quand même bien baissé les bras. C'était certainement le plus triste à voir, dans cet épisode, la façon dont il ne semblait plus vraiment s'amuser pendant ses fêtes décadentes, la façon, surtout, dont il a donné à Saïd toutes les armes pour que son ascension soit stoppée.
Et Saïd, en parfait incapable, a fait exactement tout ce qu'il ne fallait pas : d'abord il a attendu que Keller et O'Riley lancent des hostilités pour se réveiller, ensuite il a cherché à jouer au plus malin avec Adebisi, et surtout, il n'a pas fui à toutes jambes quand il a vu qu'Adebisi n'était pas bien dans sa tête. Au lieu de ça, Saïd, bien qu'en état de légitime défense sur le principe, s'est fichu dans un sacré pétrin. C'était cependant émouvant de voir Arif s'inquiéter pour lui, vu leur passé commun.

En tous cas, nous y voilà : McManus a récupéré Em City, Adebisi est mort, Saïd est un meurtrier, la prison toute entière est en bordel, et Schillinger va avoir un petit-fils... Le monde est à deux doigts de basculer dans le chaos, et la série ose nous laisser en plan pendant plusieurs mois ?!
Fort heureusement, notre Ozmarathon n'attendra pas si longtemps pour découvrir ce qu'il advient du bon peuple d'Oswald...

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21 janvier 2012

[#Ozmarathon] 4x01, all according to plan

On a beau dire : quand notre Ozmarathon reprend dans une effusion de sarcasme, de coups fourrés et de violence, on est quand même bien contents. La série semble reprendre, avec cette nouvelle saison, les recettes qui font son succès et qui lui permettent de rester de façon intemporelle dans les mémoires. La saison 3 de transition nous a préparés à ce très bon season premiere, et les affaires reprennent donc...

Ozmarathon-4x01

De nombreux changements sont donc sur le point d'intervenir, et nous avons eu tout le temps pendant la saison 3 de nous y préparer, presque de les appeler de tout notre être. Et du coup, même si ces changements peuvent s'avérer radicaux, à aucun moment on n'est heurtés par leur arrivée.

A commencer par la disparition de Diane Wittlesey (Edie Falco quittant la prison pour entrer dans la mafia), qui nous fait le coup du "j'ai eu un truc qui s'est passé pendant l'été", sauf que la saison 3 s'est achevée 2 semaines avant le début de l'épisode, mais on s'en fiche, on est débarrassés, hourra ! Les intrigues amoureuses de McManus devraient bientôt appartenir au passé. D'ailleurs Wangler aussi a rétracté sa plainte pour harcèlement sexuel, on peut enfin changer de sujet. Je dansais sur ma chaise, en toute honnêteté.

De la même façon, comme c'est désormais le cycle maintenant (Em City > isolement > hosto, et on recommence), Alvarez fait un nouveau voyage vers l'infirmerie, ce qui nous garantit que, non, notre puppy ne va pas passer le reste de sa vie en confinement et, donc, ne sera pas abandonné par les scénaristes.
J'ai d'ailleurs adoré la réplique d'El Cid qui le compare à un chat, vu qu'effectivement, Alvarez est absolument increvable. Il passe son temps à s'en prendre plein la tronche, mais il est effectivement impossible à tuer.

Après avoir tant insisté sur le lien incroyable entre les frères O'Riley, nous abordons maintenant une sorte de retour à l'intrigue antérieure sur le meurtre du mari du Dr Nathan. A la lecture de mes posts sur la saison 2, vous n'avez pas pu ignorer que cette relation amoureuse ne faisait pas partie de mes meilleurs souvenirs, ni des intrigues les plus palpitantes. Qui plus est, la confrontation entre Alvarez et Rivera dans la saison précédente, suivant ainsi le programme de Sister Peter Marie, n'a pas vraiment donné des résultats probants. C'est donc avec un peu d'anxiété qu'on voit le sujet être abordé, mais il l'est de façon extrêmement bien amenée, donc pour le moment, j'attends de voir.

Le triangle Beecher/Schillinger/Keller refait également des siennes. Le statu quo était inenvisageable, évidemment. L'éternelle danse de la mort reprend alors que le couple Beecher / Keller n'a rien de la romance idyllique, étant donné le lourd passif de chacun des protagonistes, et alors que l'ombre du duel entre le nazi et le cinglé plane une fois de plus. On ne doute pas de l'attachement trouble des deux amoureux, et que la haine féroce des deux ennemis, va apporter bien des rebondissements pas forcément aussi simples qu'ils ont pu l'être pendant la saison 2. C'est tant mieux. Les choses ont eu le temps d'être approfondies et expliquées et on peut s'attendre à des confrontations mémorables.

Shirley Bellinger est également de la partie. Revenue de son asile d'aliénés où elle était supposée être emprisonnée à vie (sa peine de mort a été rétablie après une "mystérieuse" fausse couche qui arrache un sourire cynique au spectateur), elle retourne donc dans le couloir de la mort, dans une scène qui nous rappelle cet étrange sentiment d'inconfort qui est si souvent le nôtre lorsqu'elle apparait à l'écran, à la fois parce qu'elle est dérangée, et parce qu'elle est charmante (alors qu'elle est dérangée). La scène est d'ailleurs, comme quelques autres dans ce season premiere, proprement hilarante, ce qui apporte une fraîcheur bienvenue après que la série se soit énormément prise au sérieux précédemment.

Même Augustus Hill est en forme, et offre de petites interventions qui n'ont pas forcément autant de force que certains monologues philosophiques qu'il a déjà tenus, mais qui sont extrêmement pertinents. Et drôles, donc.

En plus de tout ces petits éléments parfaitement huilés qui prennent impeccablement place dés ce commencement de saison, le plus fabuleux, c'est qu'on est préparés à un coup d'éclat, qu'on l'attend, qu'on l'espère, qu'on le guette, et celui-ci prend deux visages pas tout-à-fait déconnectés et qui ne manquent pas de nous ravir.

Il y a d'abord la course à l'élection au poste de gouverneur. Souvenez-vous, c'est un thème qu'on avait abordé au début de la 2e saison, qui avait depuis été mis au fond d'une poche avec un mouchoir dessus, et hop, voilà que shit just got real. Devlin est donc lancé dans la course électorale, ce qui est parfait puisque visiblement Alvah Case aussi, et qu'en plus Leo Glynn va également y prendre part : il sera l'alibi Black (potentiel) de la campagne de Devlin, un rôle qu'il endosse sans broncher, au moment même où Oswald est encore une fois en lockdown pour une raison de guerre potentielle entre les blancs et les Blacks.

Du coup, cette lutte qui jusque là a été relativement discrète, et ne s'est vraiment manifestée que dans le season finale d'hier sous l'impulsion d'Adebisi, prend une importance double. Les ambitions d'Adebisi n'ont jamais semblé aussi près de se concrétiser, et son plan est incroyablement bien huilé (et, même si ça n'est pas explicité, est soutenu par ce rat de Ryan O'Riley qui intrigue en tous cas dans le "bon" sens).
Il est à ce stade évident que cette guerre raciale va avoir des répercussions immenses. La tuerie par laquelle elle se concrétise, l'une de ces scènes de violence dont Oz a le secret, ne laisse aucun doute là-dessus : comme chaque fois qu'un incident en apparence isolé se produit, il met en péril tout l'équilibre d'Em City, et il va être difficile pour Glynn d'ignorer les faits.

On est donc plongés trèsefficacement, avec cette nouvelle saison, dans de nouveaux enjeux captivants, fidèles à la "mythologie" de la série, et en même temps savamment construits pendant la saison précédente. On se prépare une saison vraisemblablement très prenante.
Ca tombe bien, je ne l'ai jamais vue en intégralité, j'attends donc impatiemment la suite.

11 janvier 2012

[DL] Arctic Air

Je m'aperçois qu'il y a quand même assez peu de génériques canadiens dans le coin, il faut dire que je regarde, on l'a établi, assez peu de séries canadiennes, et qu'en plus elles n'en ont pas toujours. D'ailleurs j'aimerais pouvoir vous en promettre un pour Bomb Girls mais quand une saison n'a que peu d'épisodes et que le pilote n'a pas de générique, il y a en général peu de chances que ça se produise ensuite ; on verra bien, je garde un oeil dessus de toute façon, mais dans le cas du générique je suis pessimiste. Du coup, forcément, je vous le propose quand j'en trouve un, d'où celui-ci !

ArcticAir
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Le générique d'Arctic Air est un gros cliché. Difficile de faire plus cliché, en fait. Mais d'un autre côté le pilote lui-même n'était pas d'une grande finesse. En même temps, à quoi bon ? L'idée est simplement d'offrir un vague petit frisson d'aventure avec des personnages relativement sympathiques. Rien qui passera à la postérité.
Dans ce générique non plus, donc, rien d'extravagant ni de mémorable, mais de jolies images, une musique à la fois anodine et vite obsédante de par sa répétitivité... et un cast pas forcément épatant (je ne supporte pas Adam Beach, à dire vrai), mais pas non plus repoussant. A apprécier en connaissance de cause, donc.

Bon et, demain, je reviens avec un post pas programmé à l'avance, ce sera plus sympa, vous verrez.

Et pour ceux qui pensaient que je me tournais les pouces en ce moment, vous avez raison : ya pas de fiche.

20 janvier 2012

[#Ozmarathon] 3x08, something to look forward to

Pendant cette nouvelle saison, notre Ozmarathon nous aura pas mal baladés. Des intrigues dont l'intérêt était parfois difficile à cerner s'intercalaient avec d'autres à vocation plus mythologique, sans qu'on s'aperçoive de l'importance de ces dernières. L'heure est donc au bilan avec cet épisode qui sert, en fin de compte, plutôt de trailer pour la 4e saison.

Ozmarathon-3x08

Eh oui, ça n'a rien de choquant : vu que la plupart des intrigues ont trouvé une conclusion (ou conclusion partielle) dans l'épisode précédent, ce n'est pas vraiment une grande surprise, mais ce final apporte une sorte de prolongation à la saison en vue de préparer la suivante. Et finalement c'est une idée qui, si elle est peut-être un peu déstabilisante sur le plan de la structure globale de la saison, a au moins le mérite de fournir une conclusion à ce cycle qui soit dénuée de toute scorie inutile. La conclusion n'est donc pas spectaculaire, mais elle est réussie.

Alvarez donne le top départ ; pour lui qu'on a si souvent vu être réduit au statut de victime, le voilà qui prend résolument son Destin en main. Et grâce à son évolution tout au long de la saison, il a désormais tout les éléments en main pour prendre sa décision finale, la plus tragique mais aussi la plus responsable. Miguel, on l'a dit, on l'a répété, est un jeune homme intelligent, de cette intelligence instinctive qui lui permet de sentir bien des choses qui échappent à d'autres, mais le sort s'acharne contre lui. Cette intelligence aigüe, il l'aura donc utilisée pour surmonter sa grande angoisse de la solitude et de la folie, pour confronter ses actes passés, et finalement, pour dompter jusqu'au dernier de ses démons. Adieu le Miguel Alvarez qui pleure et qui supplie et qui ne sait pas quoi faire, et du coup s'enfonce toujours plus loin dans la spirale. Face à Sister Peter Marie, il est calme, lucide, ferme. Et du coup, il choisit l'enfermement en toute connaissance de cause et c'est magnifique. Bien-sûr, la solitude de l'isolement aura, passé cette décision, des effets sur son mental, et c'est normal. Mais Miguel, pour la première fois, n'est plus victime, et c'est vraiment magnifique. Il aura sublimement évolué, et nous offre de magnifiques perspectives.

Une autre évolution, plus secrète, plus intime, est celle de Beecher. On a beau savoir que Chris Keller peut se montrer, à bien des égards, dangereux pour lui, il nous est absolument impossible de ne pas apprécier le tour que prend la ballade de Beecher et Keller quand ceux-ci finissent, après une saison entière de chassés-croisés, par consommer leur amour.
Il a beau arborer aujourd'hui la même coupe, il a beau avoir l'air incroyablement calme et même inoffensif, Beecher est un homme bien différent de celui qui est entré à Oswald voici 4 ans. Là encore, c'est une belle évolution, et elle s'est faite en douceur, en bonne intelligence avec les vraies problématiques (loin des problèmes posés la saison précédente par Schillinger), et au final, on a quelque chose d'incroyablement nouveau et porteur d'intrigues incroyables : une relation amoureuse sincère au sein d'Em City.

Nous avions rencontré Shirley Bellinger et avions été frappés par sa maîtrise d'elle-même et des autres, sa capacité à être à la fois d'une honnêteté désarmante et à se révéler être une manipulatrice trouble. Là voilà pourtant, ébranlée par son insuccès en appel, la disparition de Richie Hanlon et, probablement, sa liaison en prison (on tombe franchement des nues lorsqu'on apprend, dans l'épisode précédent, qu'elle est enceinte), qui rompt l'impressionnante digue derrière laquelle elle se protègeait si bien. Elle finit par déballer des aveux qui nous laissent pantelants. Shirley Bellinger aura passé tout son temps à nous faire nous demander si elle est extrêmement intelligente, ou extrêmement folle, et je vous avoue que même après son incroyable confession à Sister Pete, je suis toujours incapable de trancher sur la question, même avec de nouveaux éléments pourtant assez parlants. Et même si sa prédiction a de quoi faire lever les yeux au ciel en cette veille de nouveau millénaire, on est tellement fascinés par Bellinger depuis le début qu'on est convaincus qu'elle n'a pas tout-à-fait tort : sa prophécie, en cette veille de nouveau millénaire, semble peut-être tirée par les cheveux, mais quand on voit le reste de ce qui se passe à Oswald, on ne doute pas tout-à-fait qu'elle ait raison. Tu vas nous manquer, Shirley...

Car la saison 3 a été celle d'Adebisi, et celle de Kareem Saïd, chacun à sa façon. L'un est devenu un démoniaque conspirateur, remuant les pires fantasmes de vengeance parmi ceux qui partagent ses origines, tandis que l'autre s'est, en abandonnant ses rêves de grandeur, lentement converti en saint malgré lui. Le combat du Bien contre le Mal a, dans ces conditions, une issue bien prévisible. Adebisi a appris avec les meilleurs (n'a-t-il pas pendant si longtemps été la main qui exécutait les plans tordus de Ryan O'Riley ?) et aujourd'hui, il sait manipuler qui bon lui semble pour arriver à ses fins. Il a désormais pris le pouvoir à Em City et c'est criant. Sauf que, trois ans plus tôt, quand Kareem Saïd était décidé à renverser le pouvoir en place, il le faisait avec un semblant de conscience, chose qui est totalement absente de l'esprit machiavélique et obsessif d'Adebisi. Outre la référence explicite de Kareem à l'émeute lors d'une discussion avec Beecher, un autre élément nous renvoie d'ailleurs à cette période tragique de l'histoire d'Em City : le fait qu'à la fin de l'épisode, Adebisi est en possession d'une arme à feu, qui n'est pas sans rappeler que Saïd lui aussi était le seul à être armé pendant l'émeute. Cela n'augure de rien de bon.
Pendant ce temps, ce même Saïd, après être passé par une période de déchéance, puis de mise au ban, et enfin de retrait volontaire, a retrouvé la grâce. Il s'est même, au final, retrouvé un disciple en la personne d'Arif, avec qui on le voit, à la fin de l'épisode, prier un sourire aux lèvres. Enfin, Saïd est un chef religieux qui semble avoir abandonné la politique. Il lui fallait bien tout cela pour se déparer de son ego. Mais c'est ainsi qu'il est devenu un personnage qui inspire un véritable respect.
Les deux personnages ont, dans les évènements qui se prépare maintenant de façon si explicite, leur rôle à jouer à l'avenir. Désormais, les forces destructrices d'Adebisi n'ont une chance de s'arrêter que face à la volonté positive d'un "frère", et Kareem est cet homme.

...
Mais, en dépit du fait que cette intrigue soit si forte sur un plan symbolique et narratif, je ne peux m'empêcher de vous avouer que l'intrigue qui m'aura le plus remuée est certainement celle qui a le moins de valeur sur le long terme, au sens où elle ne prépare rien pour la saison suivante. C'était pourtant la scène la plus importante pour moi, parce qu'elle en a appelé à de véritables émotions, délaissant le côté cérébral pour me prendre par surprise et me laisser vidée de toute énergie. Les interactions entre Ryan et Cyril O'Riley sont, avec la conclusion de la compétition de boxe, à leur apogée. On a ici une intrigue qui n'en est pas une, en fait, mais plutôt l'exploration de leurs sentiments respectifs, de leur magnifique relation ; les choses ne sont pas amenées à changer, juste à être explicitées magnifiquement.
Voilà donc Ryan qui fait la seule chose que Ryan sache faire : manipuler pour parvenir à ses fins. Mais ses fins, on l'a toujours su mais on avait besoin d'une piqûre de rappel, n'ont pour objet que de lui permettre de survivre ; avec l'arrivée de Cyril, ce but ne s'est pas modifié, simplement cette survie implique la cellule familiale O'Riley et pas que le petit cul d'Irlandais de Ryan.
De la même façon que Ryan a toujours utilisé ses facultés pour suivre son objectif, il utilise donc la force de Cyril pour gagner des matches. A mes yeux, cette saison a juste prouvé qu'il était dans une relation fusionnelle avec son frère, qu'il traitait à la fois comme un égal et avec la parfaite conscience de ses limites. J'ai toujours trouvé cela magnifique chez Ryan de le traiter à la fois comme un petit garçon, et comme un soldat ; pour Ryan qui estime que la fin justifie toujours les moyens, c'était complètement cohérent et ancré dans le personnage. La présence de Cyril en prison ne fait pas de lui un homme qui se bat pour deux, elle fait de lui un stratège qui mesure les forces et les faiblesses de sa minuscule armée et l'utilise pour essayer de naviguer au mieux dans les eaux troubles de la prison. Quand je me mets dans les chaussures de Ryan, je comprends complètement qu'il envoie Cyril sur un ring ; d'ailleurs on a bien vu qu'il droguait les opposants de son frère non seulement pour gagner, mais aussi pour éviter des blessures à son frère. Encore une fois, je trouve ça énormément cohérent avec la façon de fonctionner de Ryan. Il ne pense pas à mal. Mais il ne voit pas le problème à employer des moyens parfois douloureux pour parvenir à son but. Avec lui, tout semble toujours est une question de balance et de calcul, perdre un peu pour gagner beaucoup, tout est dans le risque calculé. Ca a toujours été le cas.
Aussi, ce n'est pas très surprenant de le voir utiliser la douleur de Cyril vis-à-vis de leur enfance pour qu'il survive sur le ring. Risque calculé. C'est pénible au possible à regarder, mais c'est aussi sublime.
Mais, on le voit dans la conclusion de leur intrigue, quand Cyril pète un câble et exprime sa douleur sur lui, Ryan n'a pas le moindre réflexe de violence, pas même réprimé. Il se laisse bastonner sans rien dire, sans exprimer la moindre colère.
C'est sûr, Ryan n'est pas parfait. Mais c'est un grand frère incroyable vu les circonstances. S'il n'était pas si exigeant avec Cyril, l'un comme l'autre auraient de sérieuses failles qui les handicaperaient dans leur vie à Oswald. Et c'est, véritablement, l'axe qui m'a le plus touchée dans cet épisode, émue aux larmes. Oz, c'est aussi ça, et ça fait du bien quand ça fait mal.


Cette saison 3, avec ses irrégularités, ses longueurs et sa quasi-absence de scènes choc, apparait à ce stade comme une saison de transition. Peut-être que finalement, toutes les petites intrigues qui ont parfois pu nous irriter n'étaient là que pour nous faire patienter, pendant que se mettaient en place les autres maillons majeurs, lentement mais sûrement ?
En tous cas, si la saison s'achève sans grand frisson d'horreur, elle se finit tout de même en ayant accompli sa mission : on a vraiment envie de revenir.

5 janvier 2012

[#Ozmarathon] 3x04, criminal minds

Sans compter parmi les meilleurs épisodes de la série (vu le niveau de certains épisodes, ça semble difficile), le Ozmarathon reprend des couleurs avec ce nouvel opus. On est résolument dans la phase ascendante de la saison, après un démarrage lent voire parfois inquiétant. Certes, j'ai encore quelques soucis avec les laïus d'Augustus Hill (et je trouve, pour la 3e fois consécutive, révoltant de le voir se lever), mais globalement ça s'arrange.
Ne trainons donc pas, et réjouissons-nous de toutes les émotions de ce nouvel épisode.

Ozmarathon-3x04

Pourquoi cet épisode était une partie de plaisir ?

Eh bien d'abord... il ne l'a pas été tout du long. Je ne suis pas sur le point de me plaindre de la qualité de l'épisode, mais bien de sa tournure : oui, même après plusieurs visionnages (celui-ci fait partie des premiers que j'ai eus en VHS), j'ai toujours le secret espoir que Richie Hanlon reste en vie. C'est vraiment idiot de s'attacher à des personnages secondaires dont on sait qu'ils ne sont que de passage, mais voilà, Richie je l'ai à la bonne, je le trouvais classe, quelque part, j'adorais son couple avec Shirley Bellinger, bref, non, pas Hanlon, pourquoi Hanlon, prenez-moi plutôt !
Je m'égare. En tous cas la scène est vraiment terrible parce que Hanlon est euphorique du fait que la condamnation à mort ait été révoquée, et là vlan, cette enflure de Stanislofsky lui tombe sur le râble (en lui disant qu'il a menti, alors qu'en réalité ce n'est jamais à lui qu'il a raconté qu'il détestait Vogler... à mon avis, Niko, faut arrêter la vodka). C'est nul, voilà. Je boude.

Enfin pas trop longtemps. Parce qu'il faut le dire, cet épisode est un festival de coups machiavéliques, et rien que pour ça, c'est quand même bien jouissif. Par où commencer ?

Ryan O'Reily, bien-sûr, celui qui a inventé le coup foireux à Em City, et lui a donné ses lettres de noblesses. Il continue ses magouilles pour pouvoir gagner des sommes indécentes en pariant sur les matches de boxe, et poursuit son entreprise d'empoisonnement de masse. C'est bien vu même si c'est un peu moins discret que d'autres fois.
C'était d'ailleurs fort sympathique de le voir pousser Cyril à se lever, s'entrainer, etc... presque comme une relation "saine", ou disons, "normale", entre un grand frère et un petit frère. On en oublierait presqu'il s'agit de prison quand ces deux-là ont leurs échanges, ils sont totalement dans leur bulle fraternelle, ça fonctione extrêmement bien. Le fait que les frères O'Reily soient interprétés par de véritables frangins aide, d'ailleurs.

Le soucis, quand on a des personnages préférés, c'est que tout se passe bien jusqu'à ce que le bonheur de l'un fasse le malheur d'un autre. Ici, c'est Alvarez qui se retrouve à biberonner sans le savoir des médicaments volés, et je suis obligée de reconnaître que je me suis inquiétée. Evidemment, avec les choses qui s'arrangent pour Miguel, notamment avec la confrontation face à Rivera, qui se précise, on est en droit d'espérer qu'il va quand même essayer de passer deux ou trois épisodes à Em City sans être envoyé en isolement ou à l'hôpital, mais avec Oz, on n'est jamais sûrs de rien. Mais bon, au final tout va bien, seule la fierté du puppy a été touchée.
C'est d'ailleurs intéressant de le voir, enfin ! Tenir tête aux autres Latinos, comme il le fait dans les douches lorsque les autres viennent lui chercher des noises. On sent bien que finalement, ces enflures n'ont jamais eu l'intention de l'intégrer, il s'agissait de se débarrasser de lui d'une façon ou d'une autre ; Miguel aurait fort à gagner de se rapprocher des Outsiders, les Latinos ne le considèreront probablement jamais comme l'un des leurs.

Les Outsiders, justement, en sont arrivés à un stade assez fascinant de scission, avec d'un côté, les vieux Rebadow et Busmalis, avec Hill, qui accueillent Satislofsky, et de l'autre (oui, le temps du "4 représentants par groupe" est oublié), Beecher et Keller qui, on ne sait trop par quel miracle, sont entièrement synchro maintenant, et qui complottent avec cette anguille d'O'Reily pour faire un coup tordu à Schillinger, qui ne l'a pas volé (d'autant qu'avec la mort de Hanlon, pas sûr qu'il soit jugé pour la mort de Vogler). Comme prévu, c'est via son fils que la vengeance va se dérouler, et c'est d'ailleurs très finement observé de la part de Beecher que d'y aller en traitre, exactement comme lui l'a vécu, entre parenthèses, avec d'un côté O'Reily et Keller qui affichent clairement leur agressivité, et de l'autre Beecher qui fait ami-ami avec le petit con afin de le conduire à sa perte. Même McManus n'y voit que du feu. Il devrait pourtant croire en son instinct.

Mais McManus a l'esprit encombré par d'autres problèmes. Car dans le genre génie du crime, cette pétasse de Claire se pose là. Je vous le disais dans l'épisode précédent, McManus aurait dû immédiatement entamer des sanctions contre elle après leur altercation (la première), il ne l'a pas fait non plus à la seconde, eh bien devinez quoi, elle y a pensé pour lui. Elle l'accuse de harcèlement sexuel, allez zou ! Impossible pour lui de tenir sa défense, on s'aperçoit que la femme a d'emblée le bénéfice du doute dans l'affaire (il faut dire que, implicitement, la relation passée de McManus avec Diane joue contre lui aussi), et voilà qu'au final, Claire est réintégrée quasiment avec des excuses. Et elle trouve le moyen de menacer McManus dés son retour... Eh bah ça promet.

Dans le même genre, je suis ravie d'avoir assisté aux scènes entre la soeur de Ross et Kareem Saïd (je savais bien qu'on n'en avait pas fini avec eux !). Plutôt que de montrer le désaccord des Muslims de la prison, cette fois c'est à titre non pas de musulman mais de Black que Kareem est confronté à ses sentiments par le truchement de sa soeur qui vient lui faire la morale. Et c'est justement là que Kareem a une révélation pas tellement religieuse : il va assumer ses sentiments.
Et alors là c'est la porte ouverte à tout, c'est incroyablement libérateur pour ce personnage qui s'est si longtemps enfermé dans un cercle extrêmement étroit de vertu extrême. Que lui prenne la décision de lâcher du leste, c'est absolument magique. La suite ! La suite !
Une intrigue qui ne manque d'ailleurs pas d'esprits machiavéliques, car dans le fond, la soeur de Scott Ross est quand même pas mal dans son genre : ah, Kareem (ou devrais-je dire Goodson) ne veut pas lui répondre ? Elle va carrément aller relancer sa soeur ! Cette femme n'est pas du genre à se laisser distancer, good girl !

Quelqu'un qui pour une fois ne s'en tire pas mal en termes de préméditation vicelarde, c'est Kenny Wangler. C'est émouvant de se dire que notre Homeboy a 18 ans maintenant ! On se souvient encore lorsqu'il est arrivé et qu'il servait de laquais à Adebisi... aujourd'hui il se prend pour un caïd, s'affuble d'un pseudo ridicule (Bricks), et passe son temps à repousser les affrontements pour continuer à se la jouer. Du coup on ne l'a jamais pris au sérieux, et pourtant, touchez à son gamin, et Kenny devient diablement efficace. Commanditer le meurtre du mec avec lequel sa nana s'envoie en l'air, bon... mais le sang-froid avec lequel il ajoute que sa gonzesse aussi peut y passer dans la foulée, terrible. Finalement il sait être un homme d'action plutôt organisé, quand il a une bonne raison, même si on se risque à un pincement de coeur en le voyant expliquer au téléphone à sa mère qu'elle doit aller récupérer le petit sans poser de question.
Sans le savoir, il vient en effet de faire de son fils un orphelin...

...Car évidemment, l'esprit le plus machiavélique du jour, c'est Adebisi. Il est futé, ce mec, l'air de rien, et pourtant pendant 2 saisons, il nous l'avait diablement caché ! Après s'être débarrassé de Nappa (ce dernier aura d'ailleurs droit à une très touchante scène avec le père Mukada), le suivant sur sa liste pour se venger du meurtre de son mentor, c'est évidemment Kenny Wangler. Encore une fois, c'est par la flatterie et une humilité feinte qu'Adebisi va obtenir le feu vert pour buter ce petit connard, en allant lécher les bottes de Pancamo (devenu Nappa à la place de Nappa ; depuis le temps qu'il jouait les seconds couteaux, nul doute que ça doit bien lui faire plaisir), puis même aller chercher la bénédiction des Latinos, histoire d'être vraiment protégé de tous les côtés.
Moi, à ce stade, j'attends une confrontation entre O'Reily et Adebisi. Ryan s'est désengagé du devant de la scène mais quand les combats de boxe seront finis, il pourrait bien vouloir revenir aux affaires et y trouver un Adebisi autrement moins manipulable que par le passé. C'est vraiment un clash qui pourrait donner de belles choses en termes de perversion fourbe.

Eh oui, il faut le dire, Oz, c'est vraiment bon quand tout le monde est mauvais !

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10 janvier 2012

[#Ozmarathon] 3x05, mind games

Après quelques jours de pause, les retrouvailles avec notre Ozmarathon relèvent de la jouissance la plus totale. Impossible de ne pas jubiler au moins une fois devant cet épisode qui conclut un certain nombre d'intrigues. Serait-ce déjà la moitié de saison ?

Ozmarathon-3x05

Mais d'abord, laissez-moi commencer par une ode à Andrew Schillinger, car à tout seigneur, tout honneur. Jeune homme, bravo : c'est à vous que revient la palme du meilleur monologue de l'épisode. On n'est pas tombés dans le misérabilisme : fiston mentionne effectivement que son père lui a mené la vie dure, mais plutôt que de le saquer en tant que père violent et/ou négligent, il opte pour le saquer en tant que nazi, de l'atteindre dans ses convictions-même. Eh oui connard de pseudo-schleu, la seule haine que ton fils ressent à présent, c'est contre toi qu'elle est dirigée, et ça, ça fait mal, hein. Surtout quand il est si proche de Beecher, qui se délecte de l'ironie de la chose. C'était une scène énorme, car Andrew a réussi à toucher son père de la seule vraie façon qui faisait mal.
Et la plus belle vengeance de Beecher, et elle est là : dans le fait que pas une fois elle se sera manifestée par de la violence envers Andrew. Et en cela c'est encore plus horrible, si on y pense, de voir comment Beecher a réussi à atteindre son ennemi de toujours sans faire le moindre mal, juste en lui volant son fils et en le cajolant comme jamais ; c'est terriblement pervers et seul lui pouvait penser à un stratagème aussi dérangé et inhumain (il a été à bonne école). Tout en faisant croiredans un premier temps à Vern qu'il allait simplement reproduire avec fiston ce que lui-même avait subi, il avait en réalité trouvé un plan infiniment plus efficace et diabolique, et le voir savourer sa victoire rend à la fois terriblement euphorique (sacré Beecher, t'as trouvé le moyen de vaincre comme un roi) et terriblement mal à l'aise, car c'est une victoire ignoble comme seuls les protagoniste d'Oz nous en fournissent. La réponse de Vernounichou ne se fera pas attendre, elle est aussi sordide que l'a été toute l'affaire Andrew, et elle nous rappelle qu'entre Schillinger et Beecher, le niveau de haine est si élevé que cette dernière transcende tout le reste.
Ce qui fait qu'à la place de Keller, bah je me sentirais pas tranquille, si chacun des deux opposants est prêt à tout sacrifier pour que l'autre n'ait pas le dessus...
And the eternal dance of death continues ! Allez, Vern, à toi le prochain coup.

Mais d'autres esprits malfaisants rôdent à Oswald, et croyez-moi ils ne sont pas en reste.

A commencer par Kenny Wangler. Pardon, Bricks.
D'accord, au début, je ne comprenais pas trop comment, à l'issue de l'épisode précédent, il pouvait être encore en vie. Un scénariste a changé d'avis au dernier moment ou quoi ? Mais admettons. Car le voir jouer la comédie face à McManus qui arrive avec sa face de cocker spaniel pour annoncer un tragique évènement (que Kenny a commandité), c'était royal. On a rarement eu l'occasion de voir Wangler dans une position trouble comme celle-là, tant il a semblé, pendant longtemps, si monochrome, mais le voilà qui fait preuve d'une certaine perversion et d'un sens aigu de la délectation du malheur qui lui sied formidablement bien.
Ne pensez pas pour autant que la baston soit fini du côté d'Adebisi, car en matière d'esprit tordus, il a lui aussi pas mal progressé ces derniers temps. Son regard en biais lorsque Wangler part aux funérailles de feue sa chère et tendre nous a d'ailleurs vite indiqué qu'il n'attendrait pas plus longtemps pour se venger des Homeboys. La cuisson à point de Poet et Pierce, qui m'a fait littéralement hurler d'horreur (c'est fréquent dans cette série et pourtant on ne s'y fait jamais) tombe comme un terrible avertissement à Wangler. Il est le suivant sur la liste, ça ne fait aucun doute. J'apprécie la façon dont Adebisi avance ses pièces tout en prenant son temps...

Dans un autre registre de perversion, Chris Keller se défend bien en solo également. La première fois qu'il a retourné les questions de Sister Pete contre elle, je me suis demandé pourquoi il essayait de la manipuler de la sorte. Mais là c'est clair : en fait, il ne cherche pas à la manipuler ou lui faire peur, il l'allume sauvagement ! J'ai bien cru que Sister Pete allait s'allumer une clope après leur entrevue ! Mais en tous cas il est clair que ce mec est un aimant à gonzesses, qu'il le sait, qu'il en use et abuse, et que ça lui donne un côté borderline différent de celui qu'on lui a vu avec Beecher, tout en n'étant pas tout-à-fait sans rapport. Mais c'est qu'il chasse pour le plaisir, ce con !

Sister Peter Marie n'en garde pas moins la tête froide lorsqu'il s'agit de conduire les entretiens préparant la rencontre Alvarez/Rivera. On sait tous que ça ne donnera rien de bon, puisqu'on a d'un coté un Alvarez qui se saborde s'il mouffte, et de l'autre une victime qui déborde (à raison) de rancoeur. Comment voulez-vous que cette rencontre aboutisse à quoi que ce soit de positif ? Il faudra bien plus que la patience de notre chère soeur pour accomplir ce miracle.

Pour rester dans le domaine du sacré, on a droit à un rapide petit détour du côté de Kareem Saïd et de ses intrigues amoureuses. Lesquelles commencent à donner un sérieux plomb dans l'aile à son street cred, surtout maintenant qu'il a été affiché devant l'intégralité des prisonniers. Mais pour la première fois, et c'est magnifique, Saïd met de côté son ego, sa soif de pouvoir, ses belles paroles, et choisit la femme plutôt que la cause. Certes, il n'est pas prêt à servir de paillasson aux autres Muslims, ni à qui que ce soit d'autre, et ne l'envoie pas dire à ceux qui envisageraient de causer du tort, mais il fait un choix qu'en toute franchise, on n'attendait pas de lui.

On ne peut pas dire non plus que les échanges entre Ryan et Cyril O'Reily soient très approfondis non plus dans cet épisode, et ça tombe bien parce que la boxe commence à être un sujet légèrement réchauffé. C'est intéressant de voir comment Cyril tente de s'affirmer face à l'autorité de son frère, et comment Ryan, fidèle à lui-même c'est-à-dire entier et pragmatique, va trouver la solution pour arriver à ses fins, nom de nom, c'est pas une saloperie de catho bourreau d'enfant qui va faire la loi ! J'aime toujours autant leur dynamique, elle souligne à la fois la façon dont Cyril est toujours en position un peu enfantine, et aussi comment Ryan le voit. D'accord, Ryan a quelque chose à gagner des combats de Cyril, ne pas en tirer profit serait épouvantablement hors-personnage ! Mais il y a aussi quelque chose d'attendrissant dans la façon dont il a totalement intégré le fait que son frère se comporte comme un enfant, et le traite comme tel. Sans l'humilier, sans lui hurler dessus, il lui annonce qu'il a raison d'écouter le catho, et là-dessus va tout simplement demander au dit catho, à coups de Bible sur la tête, de dire à Cyril ce que Ryan veut qu'il entende. Je sais que les spectacteurs de ce Ozmarathon ne sont pas tous d'accord avec ma façon de voir le tandem O'Reily, mais pour moi c'est vraiment un gros plus, cette façon qu'a Ryan de gérer les choses.
Bon, et ne revenons pas sur le coup du tatouage, car j'ai là encore hurlé devant l'acte comme devant le visage impassible de Ryan sous la douleur. Vous voyez la tête de Saïd ? Bah la même, tout en répétant "omandieumandieumandieu".

Enfin, un petit mot sur McManus et son affaire de harcèlement. S'il m'avait écouté depuis le début, il aurait tout de suite signalé le comportement de Claire et on n'en serait pas là. Mais nooooon, il fallait qu'il laisse filer, et maintenant c'est lui qui est dans la panade. Humilié par la façon dont l'administration a réglé la plainte de Claire à l'amiable, il envisage donc de porter l'affaire devant les tribunaux, mais découvre, effaré, que ça alors, coucher avec les deux femmes baisables d'Oswald ne joue pas en sa faveur. Je comprends complètement qu'il se sente trahi par Gloria Nathan lorsqu'elle se montre incapable de lui dire qu'elle témoignera en sa faveur dans le cas d'une enquête de probité. C'est humiliant au possible qu'elle cherche à se réfugier derrière une semblant d'objectivité ; il lui demande de dire ce qu'elle pense de lui, et en gros elle lui répond "euh, faut voir, je vais d'abord écouter ce que Claire a à dire". C'est infâmant et je comprends sa colère, il lui parle de ce qu'il est, elle lui parle de ce qu'il a pu faire ou non. Par contre, la même conversation avec Diane tourne étonnamment bien. C'en était presque touchant.

Pour conclure ce post, je voudrais souligner quelque chose qui, de par sa nature-même, n'a jamais été abordé jusque là dans mes compte-rendus de visionnages, mais qui a une importance capitale dans cette série : le langage non-verbal de ses protagonistes. On le sait, Oz est une série exceptionnelle en termes d'écriture (d'ailleurs, net mieux du côté des soliloques de Hill dans cet épisode), de réalisation, de performances d'acteurs... on a déjà évoqué tout ça. Mais la façon dont certains plans sont chorégraphiés de façon à nous laisser entrevoir un regard, un geste presque invisible, en une fraction de seconde, pour attirer notre attention en permanence sur des détails formidables, restait à souligner. Précédemment, par exemple, l'un de ces plans qui m'a impressionnée a eu lieu pendant une bagarre à Em City, quand l'officier Murphy a jaugé la situation en un coup d'oeil avant de décréter le lockdown. On a senti en une oeillade tout le talent de cet officier émérite, son sens du discernement et son sang-froid. Ce sont ce genre de plans à la fois rapides et essentiels qui donnent tant de force à certaines scènes. Ici, même chose : le bref instant pendant lequel Ryan O'Reily a écarté Cyril de la cuisine pour qu'Adebisi et les Latinos se lâchent sur Poet et Pierce était grandiose. On a senti à la fois dans cette scène l'essence de la relation entre les deux frères, et en même temps, eu la possibilité de sentir avec les prisonniers l'un de ses signes avant-coureurs des grandes catastrophes de la prison, ces indices fugaces, quasiment imperceptibles, qui nous indiquent que tout va basculer, et qui jouent un rôle si grand dans l'ambiance étouffée de la série. Pour toutes ces fugitives images de génie passées et à venir, je voulais dire un mot, parce que ce qui est fait dans ces moments-là relève de la pure magie télévisuelle...

24 décembre 2011

[#Ozmarathon] 2x02, turn the cards slowly

On savait que la donne allait changer en entamant la deuxième saison de notre Ozmarathon. On n'avait pas idée à quel point, cependant, tant tout change entre le season premier et ce nouvel épisode.

Ce qui m'a marquée, cependant, c'est qu'au fur et à mesure que tant de dialogues que je connaissais par coeur s'accumulaient à l'écran, j'ai réalisé que cet épisode est le tout premier que j'ai découvert de la série, lorsque l'une de mes amies de l'époque m'enregistrait des épisodes au hasard sur le câble et que je découvrais des séries en les prenant, alors, en cours de route. C'est comme ça que ma passion pour les pilotes est née, d'ailleurs.
Alors je vous l'avoue, à bien des égards, c'était un épisode important.

Ozmarathon-2x02

Mais disons les choses comme elles sont : il a de quoi surprendre. En effet, près d'une année s'est écoulée depuis le season premiere, un choix peu courant mais qui est très cohérent avec l'univers complexe de la série, peu amateur de facilités scénaristiques. J'ignore comment cette saison s'est goupillée en coulisses, si c'était volontaire ou dû à un quelconque impondérable, mais dans tous les cas, même si la décision surprend, sa mise en oeuvre ne choque pas du tout.
On retrouve donc notre McManus revenir à sa console centrale, et rallumer les néons d'Em City d'un air décidé pour tout reprendre à zéro.

C'est que, McManus aussi a fait peau neuve. Il a l'air moins au bout du bout, déjà. C'est définitivement un homme résolu, surtout, qui a mis sa petitesse de côté, qui cherche la rédemption. On ne sait que trop bien de quoi de quoi il s'accuse, mais visiblement, le temps de l'auto-flagellation est fini pour lui. Il fait preuve d'une tenacité et d'une énergie obstinée qu'on ne lui connaissait pas vraiment. L'ancien Tim McManus était un être médiocre, un idéaliste qui avait dû s'asseoir sur ses convictions, un fonctionnaire mal embouché qui avait perdu toute vision, un homme qui s'accrochait aux femmes pour de mauvaises raisons ; le nouveau est un modèle plus robuste, plus têtu, plus bosseur, et visiblement, moins dirigé par son besoin impérieux d'exister à travers sa queue. Il impressionne par sa faculté à ne plus baisser la tête comme si souvent (sa façon de revenir à la charge auprès de Saïd le montre bien), par son envie dévorante de vraiment changer la façon dont "sa" prison va fonctionner et modeler l'univers carcéral dont il rêvait depuis si longtemps ; il ne s'arrête plus aux règles, aux codes, et on le sent moins fragile face à Wittlesey, aussi. Il veut changer véritablement la donne.
D'ailleurs, sa façon de prendre en charge le petit Wangler et de se pencher sur la frange éducative de sa prison, c'était une façon intelligente de nous montrer qu'il avait vraiment réfléchi à son projet. Effectivement, les discussions avec Glynn ont été longues pour pouvoir rouvrir l'endroit, ça semble évident au bout de 11 mois d'attente, mais elles ont été menées avec une vraie idée derrière la tête, et pas juste parce que l'orgueil de McManus lui dictait de préserver son bébé comme on a pu le sentir dans la première saison. Bien-sûr, il joue toujours à Dieu d'une certaine façon, mais on le sent animé, dans tous les sens du terme.
En gros, on a une méchante envie de lui taper l'épaule d'un geste d'encouragement.

Et alors, cette redistribution de la donne, elle ressemble à quoi ? Eh bien pour commencer, Em City se voit dotée d'un système de quotas. Autant du point de vue de la dynamique des personnages que sur le fond, cette mesure a énormément de sens : il est évident, quand on se remémore les scènes de prières des musulmans dans la première saison, que ces derniers étaient en surnombre, par exemple. Vu le peu de confiance accordée à Kareem Saïd, c'était un peu aberrant, et on réalise maintenant que cette volonté d'établir des groupes clairs, avec une population de 4 représentants par groupe, est infiniment plus sage. Et puis surtout, elle permet de tout de suite bien montrer les forces en présence, et ça, le début de l'épisode s'en charge admirablement bien, chacun s'épiant depuis son coin vitré d'Oz en se promettant qu'il aura le dessus sur le voisin. Mais ce qui est certain, vu que la population d'un groupe restera stable, c'est que cette domination ne s'obtiendra pas par le nombre. Ca ouvre la voie à des perspectives intéressantes.
Ces clans existaient plus ou moins déjà, mais ce qui est intéressant, c'est leur officialisation, avec notamment la formation d'un conseil réfléchissant avec McManus à des décisions pour Em City (preuve qu'il a appris quelque chose de l'émeute, héhé), notamment du côté des Irlandais ce qui donne une véritable marge de manoeuvre à Ryan O'Reily qui a désormais son propre groupe (rouquin inclus !), et surtout, la création d'une mini-bande d'outsiders incluant Hill, Rebadow et Beecher, ainsi qu'un "nouveau", Busmalis, qui en trois phrases s'annonce déjà comme un très prometteur remplaçant pour l'extravagant et (étrangement) regretté Groves.
La hiérarchie qui se met en place ainsi est très lisible, et soulignée par notre inénarrable Schillinger qui va lentement descendre toute l'échelle sociale d'Em City pour trouver quelqu'un prêt à lui rendre un service.

Ce service n'est nul autre que le meurtre de Beecher ! Eh oui, la corrida commence : ces deux-là ne pourront plus jamais cohabiter dans le même quartier de la prison, c'est sûr, et pourtant voilà que McManus a décidé de tenter le coup. Car si Beecher semble avoir mis de l'eau dans son vin, on repère immédiatement qu'en présence de Schillinger, il n'est quand même pas franchement clair, qu'il a ce petit transistor pété qui lui fait des court-circuits, c'est plus fort que lui, et c'est imparable, ça va donner lieu à des rapports de force dantesques. Le bras de fer indirect entre ceux deux-là dans l'épisode est magnifique : entre Beecher qui joue vraisemblablement avec les nerfs de son ex-tortionnaire, et celui-ci qui cherche absolument à s'en débarrasser sans se salir les mains, la partie est serrée. On se doute que, même si Vern a été mis en échec pour cette fois, ce n'était pas la dernière partie jouée. La conclusion de Beecher est d'ailleurs assez désarmante, parce qu'elle traduit à quel point désormais, il se fiche des conséquences de ses actes, même s'il a repris le contrôle de ceux-ci.

Une autre confrontation indirecte est celle, pour des motifs bien différents, entre Leo Glynn et Miguel Alvarez. C'était d'ailleurs le moment idéal pour, enfin, nous montrer un directeur Glynn moins parfait, moins droit, moins juste, moins réfléchi enfin, qu'à l'ordinaire. Il s'en prend à Alvarez pour les mauvaises raisons, de façon répétée, et c'est une chance qu'il se soit attaqué plutôt à lui qu'à certaines autres brutes de la prison, qui auraient été bien moins patientes avec cette injustice ; il a du flair, quelque part, de se lâcher avec notre chiot hispano plutôt qu'avec quelqu'un qui se serait rebiffé méchamment, plus vite, plus violemment, et peut-être même contre la pauvre petite secrétaire de Glynn à qui pourtant ça pendait au nez.
Certes, on n'a pas trop de mal à deviner ce qui ne va pas chez Glynn, avant même qu'il n'explique la situation à Sister Peter Marie, ce qui rend les choses un peu transparentes, mais la façon dont l'intrigue est traitée (avec, qui plus est, une excellente scène dans le bureau du directeur pendant laquelle Alvarez sent l'exaspération monter) est efficace.

Un angle que j'attendais beaucoup, c'était celui autour d'O'Reily. Je n'ai jamais caché que c'était l'un de mes personnages préférés...
D'abord, il y a toute l'intrigue autour du fils de Nino Schibetta (eh oui, le revoilà !) qui tente de prendre le contrôle de la cuisine à peine arrivé à Oswald ; on se demande d'ailleurs bien ce que ce petit enfoiré a contre Glynn pour avoir autant de levier sur lui, mais passons. En tous cas c'est absolument succulent, notamment parce qu'Adebisi est parfait avec son rat en broche (ah, mais Adebisi, du moment où O'Reily est entré aux cuisine, il y a toujours eu un rat !), et qu'en plus on a le plaisir, pour moi incomparable, de voir O'Reily refaire sa parade du petit travailleur docile qui vient lécher les pompes du nouveau maître de la maison, proposant ses services avec son sourire d'hypocrite, et là moi, je dois dire, je me régale, mais quelle salope ce Ryan, de vendre Adebisi sans même y songer deux fois !
Naturellement, le plus touchant, c'est que Ryan O'Reily, maître ès trahison, soit trahi par son propre corps. L'ironie suprême, quand même. Et la maladie frappe comme lui le ferait : avec beaucoup de perversion. Ryan se récupère donc un cancer du sein, ce qui donnera lieu à l'une des répliques de l'épisode qui m'avait le plus marquée ("I don't got any breasts, I got a chest !" avec son petit phrasé chuintant...) et à une scène dans laquelle, pour la première fois, il va se montrer vulnérable, ce qui n'est pas de trop tant il a magnifiquement bien mené sa barque jusqu'à présent, comme lui-même le souligne face au docteur Nathan. Un axe que j'ai hâte de pouvoir suivre à nouveau...

Les intrigues d'Alvarez et O'Reily seront aussi l'occasion de voir qu'un autre personnage de la série s'est acheté des burnes pendant l'année de pause d'Em City : le père Mukada. Avec son blouson de cuir et surtout, son regard durci, le petit père est devenu plus complexe. C'est toujours un religieux, il a toujours cette gentillesse sur lui qui est, eh bien, partie intégrante de son job n'est-ce pas, mais il est clair qu'il y a quelque chose qui a changé chez lui, aussi bien quand il coupe court à la tentative de Miguel de s'expliquer sur l'émeute, que quand il décide de parler d'homme à homme à Ryan. J'aime bien ce changement en lui, il est à la fois subtil et bien perceptible, il fait suite à la façon dont il a expliqué son expérience dans l'épisode précédent.
A l'inverse, Sister Pete est fidèle à elle-même, elle comprend tout, elle voit tout, elle parle de tout, elle est géniale mais j'aimerais qu'elle se calme un tout petit peu et qu'elle nous offre, à son tour, quelque chose d'un peu moins monochrome, même si franchement elle a un bagout incroyable et qu'elle apporte résolument de la vie à ce petit univers gris.

A travers ces intrigues, et bien-sûr à travers la chronique sordide de l'extinction des Aztèques que nous offre Hill dans sa loge de verre, cet épisode nous montre clairement qu'on va passer d'un univers à l'autre, qu'on est dans une transition, une mue, un déchirement qui doit conduire à quelque chose de nouveau. C'est un terrain glissant : pas toujours facile d'apporter des changements aussi radicaux dans une série. Mais quand on s'appelle Oz, on n'a peur de rien, on fonce et... ça donne une excellent épisode comme celui-ci, parfait en tous points.

2 janvier 2012

[#Ozmarathon] 3x01, le jeu des 7 erreurs

A propos du Ozmarathon, je pense vous avoir dit l'année dernière (on s'en lasse pas) que mes souvenirs étaient embrouillés. Ils le sont. En général. Devant cet épisode pourtant ils l'étaient beaucoup moins. Je me rappelais de chaque ligne de dialogue, de chaque enchaînement de scènes. Pour quelqu'un qui a une mémoire aussi pourrie que la mienne, c'était perturbant.
Mais l'effet de déjà vu avait peut-être d'autres raisons que le simple fait que je l'aie si bien gardé en mémoire.

Ozmarathon-3x01

D'ailleurs l'épisode le montrera assez bien en mettant en parallèle deux scènes hautement répétitives dans le contexte de la série : l'arrivée de nouveaux prisonniers ("on vous dira quand manger, quand dormir...") et des nouveaux gardes ("j'ajouterais juste un conseil..."). La vérité c'est qu'on a déjà assisté plusieurs fois à des scènes similaires, mais jamais dans le même épisode ; l'effet est donc le même et tout autre.
Et puis, il faut préciser que l'épisode ici présent s'est fait une joie, d'entrée de jeu, de nous mettre en garde : tout change, et rien ne change. A l'instar du nom du pénit-.... centre correctionnel d'Oswald, ce début de saison nous replonge dans le bain avec un minimum de changements, mais bon, évidemment on ne va pas totalement se répéter. Et pourtant les choses ont changé. Passons donc en revue les 7 erreurs ; on va voir si vous les avez toutes repérées.

Avant, Miguel Alvarez était un pauvre chiot maltraité par tous. Ensuite il s'est rebellé pour maintenir un semblant de place dans la chaîne alimentaire, et a crevé les yeux d'un gardien. Maintenant ? Miguel Alvarez est un pauvre chiot maltraité par tous MAIS il est en isolement.
Comme observé pendant la saison précédente, Miguel a un don dés lors qu'il s'agit d'être malheureux. Il est de ces personnages qui brillent dans ce domaine, il nous émeut, il nous attendrit, il ne peut rien faire d'impardonnable. Il a pris en otage le père Mukada et celui-ci vient lui proposer des osties sans sourciller un instant. On ne peut pas détester Alvarez et je pense qu'aucun de nous n'a jamais essayé. Simplement il fallait que la configuration change, et le voilà maintenant uniquement victime des gardiens, du système, des nouveaux tours de passe-passe budgétaires de Devlin. On est d'accord, la scène est déchirante (petit ralenti inclus), simplement elle ne change pas grand'chose dans le fond.

Avant, le gouverneur Devlin était justement un enfoiré qui n'avait rien à foutre du bien-être des prisonniers. Ensuite il a essuyé une émeute, s'en est miraculeusement sorti sur le plan médiatique, et avait même opté pour un relatif statu quo. Maintenant ? Devlin est un enfoiré qui n'a rien à foutre du bien-être des prisonniers, mais il se décharge des décisions difficiles et/ou mal vues en sous-traitant le volet médical d'Oswald au privé.
L'air de rien, Devlin refait les mêmes erreurs que dans la première saison, à savoir faire passer son image et son budget avant les considérations à long terme. Cette fois c'est le Dr Nathan qu'il chatouille avec ses décisions à la con, et celle-ci va vite découvrir l'absurdité d'une telle décision, alors que les considérations budgétaires prévalent sur le sort des prisonniers. Oh c'est nouveau, vraiment ? On peut reparler du choix de l'opération d'O'Reily, si vous y tenez, par exemple. Des considérations froides et marchandes primant sur les décisions humaines, on en a déjà vu plusieurs... Là aussi, sur le fond, peu de changement à bien y réfléchir.

Avant, Tobias Beecher était complètement frappadingue. Ensuite il s'était repris, avait commencé à retrouver le calme et la sérénité grâce à l'amour, et avait même trouvé le moyen de devenir totalement vulnérable. Maintenant ? Beecher revient d'un nouvelle parenthèses hors d'Em City, il a des envies de violence, de vengeance et d'humiliation, et... devinez quoi ? A peine revenu il s'empresse d'y céder à la moindre occasion. Par contre, j'admets que cette fois il n'a pas chanté.
On peut discuter sur le fait que Beecher était franchement flippant à son retour d'isolement la fois précédente (il avait arraché le... oui enfin on s'en souvient tous) tandis qu'ici sa colère est plus rentrée, plus maîtrisée. Ah c'est sûr qu'avoir quatre membres brisés ça vous change un homme, mais quand même, la partie d'échec grandeur nature avec Schillinger suit toujours un peu le même modèle, un coup l'un, un coup l'autre, Schillinger reste maître de lui-même et Beecher dégringole d'un pallier de plus sur l'escalier de l'évolution. Là franchement, rien n'a changé, osons le dire.

Avant, Ryan O'Reily était un petit magouilleur prêt à lécher les bottes de n'importe qui pourvu de n'avoir pas à se salir les mains (ni le fondement). Ensuite il avait été frappé d'un cancer du sein, était tombé amoureux de son médecin et n'avait plus fait montre de la moindre subtilité pour se débarrasser du mari de sa bien-aimée. Maintenant ? Ryan O'Reily manipule un biker (Hoyt, en l'occurrence) pour tenter de se venger de Schillinger, suite au viol de Cyril par celui-ci dans la saison précédente.
Dr Nathan ? Complètement oubliée. Notez que je ne me plains pas tant l'intrigue avait pu être outrancière par moments, mais du coup, retour à la case départ, simplement au lieu de vendre de la drogue, Ryan fait ses petites affaires au nom du frangin. Ne vous méprenez pas. J'exulte toujours comme au premier jour en le voyant balancer l'air de rien "ah ouais t'as vu comment Schillinger t'a balancé, hanlala, moi j'aimerais pas !", c'est de l'or en barre, c'est ce que j'adore chez Ryan, c'est... du déjà vu, admettons-le quand même.

Avant, Simon Adebisi était un homme totalement imprévisible. Ensuite il a arrêté la drogue, s'est mis à entendre des tams-tams dans sa tête et a vu son nouveau mentor mourir dans ses bras. Maintenant ? Il sort de la section psychiatrique (où il a séjourné "après avoir changé de chapeau") avec un calme olympien dont on se doute qu'il cache quelque chose.
Adebisi a peut-être troqué la violence brute et décérébrée contre une certaine forme de perversion soigneusement planifiée qu'on ne lui connaissait pas. Mais globalement, on sent bien que les coups de pute ne sont pas finis, que son adoubement par Nappa ne tiendra pas, et que même sa volonté d'arrêter la drogue est suspecte. Quoi qu'il prépare, ça ne sera pas beau à voir, c'est une garantie. Comme chaque fois qu'il prépare un coup, et j'ai encore des images de Nino Schibetta expulsant du sang par tous ses orifices pour m'en assurer.

Avant, Tim McManus était un homme petit (pas un petit homme : un homme petit). Ensuite il s'est pris des balles dans le buffet, est remonté en selle pour remettre Em City sur le droit chemin, et a tenu tête à tout le monde. Maintenant ? Il a besoin que le vieux Rebadow lui dise d'aller régler son compte à Metzger pour s'en charger.
Alors moi, ok, je suis bonne pâte, je veux bien faire semblant de croire qu'il avait remarqué que Metzger était un sale nazi violent et tout, mais j'ai quand même des doutes. McManus n'a pas pipé un mot quand les deux Aryens sont morts dans le tunnel et pourtant là il y avait matière. Ne serait-ce que dire à Metzger : "ah ouais, au fait, maintenant je veux bien que tu me dises pourquoi tu voulais les changer de pod, ces mecs ?". Non, rien, pas un seul regard en coin. Et là, Rebadow, dont je persiste à croire que Dieu lui parle réellement parce que c'est pas possible d'être aussi observateur, lui fait lourdement remarquer que ya anguille sous roche, Timmy prend son air le plus arrogant ("nan mais ça va je suis pas con"), et là-dessus il se dépêche d'aller envoyer trois vannes à Metzger. MAIS GENRE, QUOI. Pire encore, ce mec qui a été, pendant la première saison, entièrement asservi par sa dépendance à l'affection des femmes, trouve le moyen d'accepter un rancard avec la première gardienne venue. Euh, mec. Non quoi. On dirait que le coup avec Diane ne t'a rien appris. Si tu dois absolument te taper quelqu'un, sors de la prison pour le faire merci.

Avant, Augustus Hill était enfermé à Oz pour longtemps. Ensuite il a monté un dossier avec Kareem Saïd, a perdu son appel, et a tenté de s'échapper en s'enfermant dans un cercueil. Maintenant ? Il est là, en plein milieu d'Em City, comme si de rien n'était.
I rest my case.

Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. Quelques axes de cet épisode de rentrée sont prometteurs, dont la friabilité de Kareem Saïd, précisément, qui se met en place de façon intéressante dans le regard de ses suiveurs ; ou bien dans l'arrivée d'un étrange petit gardien de péniten-... centre correctionnel qui a l'air à la fois tout doux et étrangement décidé. Et bien-sûr, dans la jolie bien qu'étrange relation qui se met en place entre l'envoûtante Shirley Bellinger (même les gays ne résistent pas à sa volonté) et l'adorable Richie Hanlon qu'on retrouve enfin.
Mais il ressort de cet épisode une étrange sensation, celle de manquer un peu de palpitations. On a eu plus de décharges d'adrénaline avec la série par le passé. On a hâte que ça revienne.
Moquez-vous si vous voulez, mais je crois que j'étais en manque, et je n'ai pas eu ma dose avec ce season premiere.

18 décembre 2011

[#Ozmarathon] 1x06, mind over matter

A la lumière de ce marathon, il apparait que, contrairement à ce que je pensais, sans mes souvenirs brumeux de téléphage honteuse qui ne s'est jamais envoyé les épisodes sous la forme d'une intégrale, Oz ne se contente pas de reposer sur la structure 1 épisode = 1 thème.
Après avoir posé les bases, la série a embrayé, c'est encore plus visible avec ce 6e épisode, sur une structure qui superpose un nouveau thème à ceux déjà étudiés, une heure après l'autre. C'est vraiment fascinant de la voir utiliser ses sujets précédents comme autant de jalons pour marquer la progression de sa réflexion.

Ozmarathon-1x06

Car après la mort et la drogue, on va donc parler de santé. Ou plutôt absence de, contexte oblige, puisque la prison d'Oswald est à la fois un endroit où on vit dangereusement (l'aggression de Rebadow d'entrée de jeu le prouve bien) et où on vit, tout simplement, ce qui implique inexorablement vieillesse et/ou maladie.

Mais d'abord, voyons un peu où nous en sommes avec Beecher. A mon grand désarroi, son axe a régressé : de la fin de l'épisode précédent, il occupe cette fois le milieu. Pour moi, la position de l'intrigue de Beecher est assez représentative de son intérêt : on est revenus à un stade assez décevant où Beecher prolonge sa descente aux Enfers, alors qu'un peu plus tôt il avait donné des signes de rébellion (même moyennement couronnés d'effet).  Évidemment, loin de moi l'idée de dire qu'il est docile dans cet épisode, au contraire on marque un tournant, mais son coup de sang contre Schillinger est dû plutôt à la drogue et à une impulsion, qu'à une réelle prise de conscience et une progression psychologique. Comme le fait très bien observer Sister Pete, il ne contrôle plus rien, il ne s'appartient plus, il est victime perpétuellement du sens du courant. J'avais eu le sentiment précédemment qu'on affleurait la prise de conscience mais on n'y est pas du tout. En fait, ici, c'est plutôt l'animal qui est lâché, au contraire.
En réalité je suis déçue, car Beecher est un personnage intelligent et attachant, mais pour le moment il a surtout l'air de passer par tous les stades "normaux" du personnage qui arrive en prison et qui subit tous les clichés du genre. La première fois qu'il a traversé l'écran en drag, dans une version défaite de son déguisement de l'épisode précédent, j'ai laissé échapper un coup de sifflet atterré, du genre "ouh, il a morflé", mais la suite des évènements n'était plus aussi impressionnante. Je crois que je suis tout simplement impatiente de le voir se prendre en main, mais c'est normal, je suppose, qu'on assiste à sa déchéance d'abord, remords inclus. Simplement ce n'est vraiment pas une intrigue qui me captive, même si elle est fondamentale pour ses évolutions futures.

Bon, cela étant posé, on va passer à mes personnages favoris. Rebadow, d'abord, qui commence à avoir des envies d'évasion. C'est à la fois amer et drôle de le voir ainsi espérer passer du temps dehors avant de mourir, parce qu'évidemment, avec sa tête inoffensive, Rebadow fait un peu rire quand il dit qu'il va s'évader, mais d'un autre côté, quand il essaye, eh bien ça fait mal au coeur de le voir échouer. Je constate d'ailleurs que Groves est vraiment un chic type, heureusement qu'il est enfermé pour un motif complètement barge parce que sinon il se ferait manger tout cru ; heureusement, tout le monde a peur que ce soit le contraire. Sa réputation le sauve, en fait. Enfin, sauf quand il s'agit du dentiste... Une scène proprement hilarante d'ailleurs.
Alvarez, ensuite, commence à sortir un peu de son intrigue de bébé, ce qui fait du bien car même si c'est une histoire bien menée, on commençait l'air de rien à en faire le tour. Alors juste à temps, on repart à l'autre bout de son arbre généalogique, ce qui offre des scènes solides, dont une, touchante, où son père et lui donnent le bain au grand-père (j'ai un truc avec les vieux qu'on torche, je crois, parce que le même type de scène dans la dernière saison de Sex & the City me tire des larmes aussi). Sa discussion avec Sister Peter Marie est d'ailleurs une bonne façon de saisir ce qui se passe dans sa tête quant à son futur. Il est intéressant de noter qu'il n'a pas cette conversation avec le père Mukada, et je trouve ça assez clair sur l'impact que ce dernier a, dans les faits, sur les prisonniers ; ou plutôt l'impact qu'il n'a pas. Mukada était là pendant toute l'histoire du bébé, et pourtant ce n'est pas à lui qu'Alvarez va confier sa vision bouchée de l'avenir... il faudrait que le ptit père Ray se réveille, sa transparence ne rend service à personne.

Dernier et non des moindres de mes personnages favoris à l'oeuvre dans cet épisode : Ryan O'Riley. Cette crevure a encore trouvé un moyen de pactiser avec encore plus de monde pour avoir encore plus les miches au chaud, tout en grapillant encore un peu de pouvoir. Ce mec est définitivement mon héros !
Après avoir bien léché le c*l du vieux Schibetta, obtenant ainsi la direction des cuisines, il va donc lui planter un poignard dans le dos sans même sourciller, en s'alliant à Adebisi. Ce dernier n'est pas une flèche, mais il a vite compris que s'allier à Ryan était dans son intérêt. C'est vraiment un tandem qui marche du feu de Dieu, parce que ni l'un ni l'autre n'ont la plus petite parcelle de conscience pour les empêcher de faire du mal. Oswald leur appartient, pour tout dire.
En contrepartie c'était une bonne idée de voir Ryan s'entretenir avec Sister Pete (encore elle), pour expliquer pourquoi il fait tout ça. A mon sens, c'était palpable depuis le début qu'O'Riley n'a pas le vice dans la peau (il a quand même une étonnante facilité à trouver des moyens tordus de tuer les gens, on peut pas lui retirer ça, mais enfin c'est pas par méchanceté), il veut juste s'en tirer à moindre frais. Mais ça va mieux en le disant, et expliciter son envie de vivre, au milieu de tous ces morts et tous ces problèmes de santé, c'était même une sorte de petit rayon de soleil. On le savait déjà humain, mais le voir évoquer les voyages qu'il pourrait faire avec Sister Pete était réellement touchant. Mon ptit Ryan, tant que tu te débrouilles aussi bien, ça va, mais malheureusement il y a certains impondérables que même le meilleur des comploteurs ne peut pas éviter...

Le prix de l'intrigue la moins intéressante de l'épisode revient au joueur de basket professionnel (j'ai même pas retenu son nom) qui rejoint la prison. Déjà j'ai pas compris, au vu de la reconstitution, comment il a pu être jugé de viol, mais en plus, son personnage est, pour le moment, sans intérêt, si ce n'est qu'il déclenche chez Hill une très mauvaise réponse. Jusqu'au dernier moment j'ai espéré que Hill ait le courage de s'éloigner de l'influence du sportif, mais non.

En tous cas l'épisode, à travers la maladie et la santé, est là pour nous parler de notre rapport au corps. C'est quelque chose qui m'a rendue mal à l'aise parce que, bon, déjà à titre perso, et ensuite parce que le rapport au corps était plus exploré pendant les commentaires de Hill que par les images. Rebadow, par exemple, ouvre l'épisode en atterrissant à l'hôpital mais la vérité, c'est que sa santé ne le préoccupe pas vraiment. Le grand-père d'Alvarez, pour des raisons évidentes, ne se plaint pas non plus de son état de santé. L'affaire du dentiste n'est là qu'à titre de comic relief. Le plus dingue, c'est que toute l'histoire de Beecher depuis que ce dernier a commencé à consommer de la drogue consiste à le voir poursuivre un détachement de son propre corps, pour des raisons évidentes. Naturellement, la scène de rêve/trip de Hill est entièrement dédiée, au propre comme au figuré, à le voir sortir de sa condition physique. Enfin, Kareem Saïd a passé tout l'épisode à faire semblant d'avoir un esprit plus fort que la matière, et il faudra attendre la toute fin dudit épisode pour qu'il découvre que ça ne marche pas comme ça (après, une fois de plus, un entretien avec Sister Pete, décidément très en forme dans cet épisode, mais par contre, peut-être pas aussi convaincante qu'elle le souhaiterait).
Alors du coup, j'étais plus intéressée par le fait que McManus et Glynn se retrouvent au gymnase de la prison (déjà parce que c'est quand même incongru qu'ils utilisent l'équipement de la prison, et ensuite parce que c'est pas vraiment les gars qu'on se figure être les plus attentifs à leur physique...), et j'aurais pensé qu'on verrait aussi des gars comme Adebisi prendre soin de leurs biceps. Il y a cet autre versant du rapport au corps qui n'était pas évoqué, et du coup ça m'a laissé un goût un peu amer sur l'épisode. Peut-être tout simplement que le thème du discours de Hill n'était pas entièrement en adéquation avec les intrigues en cours, parlant du fait que le corps et l'esprit ne font qu'un pendant qu'on voyait surtout les personnages s'efforcer de fuir leur corps, je ne sais pas.

Mais comme dernière note positive, je voudrais insister sur le fait qu'on aura assisté dans cet épisode à deux scènes marquantes du point de vue des dialogues, aussi : le fameux laïus d'Augustus Hill expliquant que sa nouvelle addiction est de rester clean (que justement j'évoquais dans le post précédent), et un excellent dialogue entre le directeur Glynn, Sister Peter Marie et le père Mukada, sur les vieux en prison, plutôt du côté de l'humour cette fois, mais apportant aussi un aperçu des échanges en coulisses, moins guindé que lors de leurs réunions, et plus sincère, aussi (Glynn trouvant même le moyen de faire une blague sur sa belle-mère). C'étaient deux séquences dont je me rappelais avec une grande précision, et j'ai été contente de les retrouver. L'un dans l'autre, un bon épisode, mais peut-être un peu maldroit par moment.

17 décembre 2011

[#Ozmarathon] 1x05, addicted to you

On a presque passé 24h sans parler de notre Ozmarathon, ce qui est sûrement un record vu la voracité avec laquelle nous allons passer le weekend... Et ça tombe bien de réattaquer avec ce 5e épisode, parce que la série est certainement ici au mieux de sa forme.

Ozmarathon-1x05

La drogue. Sujet important dans la série s'il en est, mais l'épisode ne va pas se limiter à ce problème, puisqu'il sera question de l'addiction sous un maximum de ses formes, certaines plus insidieuses que d'autres. Certaines nous concernant plus directement que d'autres. Et vous le savez, sur ce blog, l'addiction a toujours eu une place de choix, comme le prouve l'importance de Rude Awakening dans ces colonnes, notamment.

Preuve de l'évolution de Beecher dans l'épisode précédent, ce n'est pas lui qui va ouvrir l'épisode. Il va au contraire le clore, alors qu'il paye le prix de ses tentatives d'indépendance vis-à-vis de Schillinger, qui n'allait pas laisser pareils embryons d'affront passer. La connivence avec O'Reily est également plus présente, même si elle se borne à partager de la drogue avec lui, mais c'est déjà pas mal. Mais surtout, c'est sa relation avec Sister Pete qui prend de l'ampleur, et ça me fait plaisir parce que j'ai de bons souvenirs de leurs échanges, et l'attention qu'elle lui porte est touchante. Elle ne l'a jamais dorlotté jusqu'à présent, elle n'a jamais fait preuve de favoritisme, mais elle sait qu'il n'est pas comme les autres et elle ne veut pas qu'il dérape. Ses tentatives sont ce qu'elles sont : du raccommodage. Sister Peter Marie ne résout pas le coeur des problèmes de notre blondinet avocat, mais elle a le mérite de le traiter encore en humain, et il n'y a plus grand'monde à Oswald pour lui offrir autant. C'est vraiment quelque chose que j'apprécie de voir, quand le personnel se lie aux prisonniers.

Et puis, il y a le personnel qui se lie au personnel... On a vu dans l'épisode précédent une scène assez déplaisante de sexe sans âme entre McManus et Wittlesey, visiblement celui-ci s'est déjà attaché, vu qu'il fait des déclarations d'amour à la surveillante. Problème : celle-ci a des préoccupations bien plus terre à terre, et surtout, quand le pot aux roses est découvert par les autres employés de la prison (et en premier lieu cette enflure de Healy qui s'est jusque là fait remarquer par son absence de scrupules), elle rompt avec lui.
C'est l'occasion d'explorer l'addiction de McManus : il est accro au pouvoir qu'il pense avoir dans sa prison (pas de chance, il va s'apercevoir que Glynn lui a fait un bébé dans le dos), il est accro à l'attention que lui portent les femmes (on le voit à la rapidité avec laquelle il s'est impliqué dans sa relation avec le Dr Nathan et maintenant à la façon dont il veut déjà rencontrer la fille de Wittlesey), et il est accro, on le verra en toute fin d'épisode, à la marijuana... en dernier recours. Une douce ironie qui vient souligner l'absurdité du combat contre la drogue qu'il mène à l'intérieur des murs d'Em City, mais qui est aussi la triste conclusion à son impuissance dans les autres domaines de sa vie.

Du côté des autres séquelles de l'épisode précédent, on a une intrigue un peu décevante, qui vient expliquer l'évanouissement de Kareem Saïd. Apparemment il fait de l'hypertension, le pauvre petit... Quand on compare à d'autres cas médicaux passés (ou futurs) de la série, ça fait un peu ricaner. Je ne le prends probablement pas assez au sérieux mais il semblait assez anodin qu'il décide de ne pas prendre de médicaments et se paye du coup ce qui a l'air d'être une mauvaise migraine. Son échange avec Rebadow (l'un de mes personnages favoris, d'ailleurs) était intéressant, en cela que sa perfection s'effritait, et que sa réaction à la mort de Keane était joliment étudiée, mieux que dans l'épisode de l'exécution lui-même d'ailleurs. Mais globalement, qu'il refuse de prendre les médicaments qui n'ont pas l'air d'avoir beaucoup d'avantages vu le peu de gravité apparent de sa maladie, ça n'était pas très impactant pour le spectateur ; la tentative reste toutefois louable pour nous rappeler que les médicaments peuvent aussi être des drogues (le vocabulaire anglais favorisant ce rapprochement). Mais en tous cas, je m'attendais à quelque chose de plus frappant que cette hypertension. Il y avait donc une raison pour laquelle je ne me souvenais pas de cette intrigue : elle est vraisemblablement mineure dans tous les sens du terme.

Les magouilles au coeur d'Em City continuent de plus belle. Schibetta, affaibli par McManus qui a transféré tous les Italiens du bloc, se tourne vers les Blacks pour avoir de l'aide sur le trafic de drogue. La conséquence directe est qu'une nouvelle tête va tomber à la tête des Blacks, faisant de la place, enfin, pour Adebisi. La noirceur (pun not intended) de ce personnage m'a toujours fascinée et j'apprécie de voir monter, lentement mais sûrement, cette brute dans l'échelle sociale d'Em City. Son pacte avec Schibetta était à la fois drôle et intéressant, et prenait encore plus de valeur sous l'oeil attentif de cette belette d'O'Reily.
Ce dernier a d'ailleurs droit à de courtes, mais excellentes scènes, que ce soit lorsqu'il tente de prendre part aux combines de Schibetta, ou quand il finit par planter Healy. Comme d'habitude, cette raclure a réussi son coup sur tous les tableaux, et j'ai eu du mal à me retenir d'applaudir la façon qu'il a eue de satisfaire aux exigences de tout le monde autour de lui. Si je me trouvais en prison, je voudrais Ryan dans mon camps. Pour finir, c'était une courte mais superbe performance que nous offrait Dean Winters quand O'Reily est envoyé au trou (un petit prix à payer pour avoir réussi tout le reste).

Parmi les axes secondaires, on continue de suivre le puppy Alvarez, qui, partageant sa cellule avec Groves, va découvrir que son compagnon d'infortune a plus de ressource qu'il ne le pensait ; sur une note plus sérieuse, au final, le bad trip d'Alvarez est aussi déchirant que le sont la plupart de ses intrigues à ce jour.
Les trois personnages introduits dans l'épisode sont assez peu intéressants au présent, mais j'ai aimé leur reconstitution. Ce sont, il faut le dire, souvent de bonnes scènes, que la série réussit presque toujours, mais la première, l'incendie criminel, était savoureuse de par sa bonhommie insouciante, et la seconde était réussie, de par son ambiance évidemment rétro (elle se déroule en 45). La troisième, celle de Ross, était moins intéressante aussi bien par la forme que le fond, mais en échange le personnage fait partie des axes qui exigent probablement du temps pour prendre de l'intérêt. Prendre Wittlesey au piège de l'un des trafics internes de la prison (les cigarettes, puisque ce con de Devlin a interdit même ça) est sans aucun doute une bombe à retardement qui ne nécessitait pas d'être plus explorée dés l'introduction de l'intrigue, et le protagoniste servant de déclencheur probablement non plus.

Parmi les répliques marquantes d'Oz sur l'addiction, il y en a une autre qui m'avait marquée que les (excellentes) réflexions sur la drogue que tient Hill dans cet épisode. Globalement, repenser à cette réplique (sur le fait que l'addiction de Hill, maintenant, c'était de rester clean) ou retrouver des éléments aussi géniaux de la série (la politique interne, le mitard, qui toujours l'occasion d'excellentes scènes, comme ce sera le cas plus tard avec Alvarez) m'a plongé dans une certaine forme de nostalgie qui ravive l'intérêt que j'éprouve envers la série, étrangement. Vivement la suite ! Je crois que je suis accro...

15 décembre 2011

[#Ozmarathon] 1x03, Dieu m'a donné la foi

Notre marathon continue donc et, si jamais vous avez envie de nous rejoindre, il n'est pas trop tard !

Après deux premiers épisodes oppressants, Oz s'offre une récréation. Une récréation à la Oz, toutefois : il n'est pas question de se taper un gros délire, mais seulement de relâcher un peu de pression, et encore, certainement pas pendant tout l'épisode.

Ozmarathon-1x03

La structure de l'épisode commence d'une façon qui nous est désormais familière : on prend le pouls de Beecher avant d'embrayer sur quelque chose d'autre. Mais, alors qu'on pourrait craindre que notre avocat propre sur lui s'est enfermé dans un cycle macabre de domination, on va découvrir que Beecher commence à se trouver des moyens de s'évader. Pour le moment ceux-ci ne sont pas la clé de ses problèmes (dont on va d'ailleurs apprendre qu'ils ont empiré après la visite conjugale de l'épisode précédent, puisque sa femme demande le divorce), mais ils lui offrent la possibilité d'échapper à Schillinger qui en est tout décontenancé, à croire que ses prags précédents ne lui ont jamais fait un petit coup de révolte. Cette échappatoire est d'ailleurs assez littérale puisqu'il s'agit de fumer un pétard avec O'Reily, ce qui a pour conséquence sur Beecher à la fois de ranimer sa foi éteinte, et de le faire sincèrement sourire pour la première fois depuis qu'il est pris entre les murs d'Oz.

O'Reily, justement, s'impose comme l'homme de toutes les situations. C'est, on le voit bien, à la fois un observateur attentif, un manipulateur relativement fin, et un petit combinard qui survit essentiellement parce qu'il est prêt à faire copain-copain avec tout le monde, pourvu d'avoir son petit cul à l'abri. Ryan est un personnage que j'ai toujours apprécié, notamment parce que la force brute, il laisse ça aux autres, et ne s'en sert qu'indirectement. C'est un lécheur, un hypocrite, un calculateur, et souvent un lâche, mais il a quelque chose d'éminemment sympathique de par toutes ses magouilles. Et on le voit bien, il tisse sa toile ici avec beaucoup d'aisance. Il est du côté de tout le monde... principalement parce que comme ça il n'a personne contre lui, mais aussi parce que quand il a besoin de se débarrasser de quelqu'un, il n'hésite pas à balancer les petits copains. Il a l'amitié très volatile, O'Reily...
L'autre homme de la situation à Em City, c'est définitivement Kareem Saïd, le leader charismatique des musulmans. Et à la vue de cet épisode, ma fascination envers ce personnage est revenue, aussi forte qu'au premier jour : Saïd est un beau parleur, un homme qui manipule les mots et donc les âmes, avec une conscience plus ou moins variable de la perversion qui se cache derrière son jonglage verbal ; la plupart du temps, ses intentions sont nobles mais il a la langue si habile qu'on ne peut s'empêcher de le redouter un peu. il pourrait faire absolument ce qu'il veut de ses hommes, et il en est conscient bien qu'il ne s'en serve pas et qu'il continue, patiemment, à essayer de ramener dans le droit chemin toujours plus de brebis égarées. Le problème c'est que ses paroles relèvent aussi d'une forme d'endoctrinement. Ca ne marche pas toujours, comme le prouvera sa tentative avortée de prendre le jeune Kenny sous son aile, mais force est d'admettre que son pouvoir est immense sur les esprits. La meilleure preuve, c'est qu'il n'est dans les murs que depuis quelques semaines, et il est déjà convoqué, aux côtés de Schibetta et Keane, dans le bureau du directeur Glynn pour participer aux discussions menées afin de préserver la quiétude d'Oswald.

Saïd n'est pas le seul homme de foi à prendre la parole dans l'épisode. Outre Sister Peter Marie, qui malheureusement ne trouvera pas auprès de Beecher le même genre d'écho que Saïd auprès de Keane, on a aussi l'opportunité de découvrir un peu plus en avant le père Mukasa, un homme parfois un peu transparent mais donc le rôle est primordial au sein de la prison. Entre les messes hebdomadaires et l'organisation d'un confessionnal, c'est un saint homme bien occupé.
Vous l'aurez compris, la religion, la foi, la perte de celle-ci, et Dieu, sont au centre de cet épisode. Un épisode qui, pourtant, est certainement le plus léger à ce jour.

Absolument chaque fois que Hill joue les narrateurs, il le fait avec un ton rieur, un air goguenard et énormément de moquerie. Dieu est partout, mais il n'y a plus grand monde à Oz pour croire en lui, et certainement pas notre philosophe handicapé, dont le langage devient encore plus familier que d'ordinaire, plus sarcastique encore qu'à l'accoutumée. La cellule hors du temps, de l'espace et de la gravité d'où il nous parle va même jusqu'à se parer de couleur, ajoutant à l'atmosphère étrangement légère d'un grand nombre de ses interventions.
Et c'est normal. Le sujet est tellement sensible que le traiter trop sérieusement aurait vite conduit à l'indigestion. Cela montre aussi bien que, même si les hommes (et femmes) du culte s'expriment énormément dans l'épisode, la majorité des prisonniers ne les prennent pas au sérieux, à l'instar des insupportables suprémacistes qui singent les prières musulmanes. La religion est l'objet de tensions entre les abstinents et les consommateurs de drogue, également, et ne pas le traiter par l'absurde aurait été franchement pesant.

Malgré tout, ce troisième épisode ne vire pas à la bouffonerie. C'est même l'occasion de passages franchement émouvants, à l'instar des tentatives, visiblement sincères, de Saïd pour aider Jefferson et Kenny, ou de ce cher Alvarez (l'un de mes chouchous de la première heure, n'ayons pas peur des mots) qui a découvert brutalement que la grossesse de sa copine, qu'il traitait par-dessus la jambe à peine un épisode plus tôt, l'a transformé. Et à quel point.

Comme toujours, Oz ne saurait se contenter "simplement" d'introduire et approfondir sans cesse ses personnages, perfectionner la toile de leurs relations, poursuivre ses questionnements sur la nature humaine et développer ses intrigues dramatiques. Pour une série telle qu'Oz, c'est uniquement le minimum syndical.

La critique politique s'accentue donc, ouvertement, à l'occasion de l'arrivée du gouverneur Devlin dans les locaux, suite à l'escalade de violence qui a commencé avec Dino Ortolani. L'air de rien, et en à peine trois épisodes, il est vrai que les meurtres se sont succédés à un rythme effreiné : l'euthanasie de Sanchez, la crémation de Dino Ortolani, l'exécution de Johnny Post, et enfin, la mort d'un dénommé Martinez lorsque Keane se défend comme il peut dans un piège qui lui a été tendu. Et c'est sans compter l'aggression du frère de Keane et les mille autres "mini" actes de violence. On peut comprendre que ça puisse vriller les nerfs de McManus, Glynn, et Devlin !
Placée sous surveillance policière accrue, la prison d'Oswald est donc officiellement en état d'alerte, et en parallèle, une enquête est menée pour comprendre comment cela a pu se produire. Et pour une raison que j'ignore, c'est le quasi-évangélique McManus qui est suspecté, ce qui confine à l'absurde alors que tant de gardes pourraient être soupçonnés de connivence avec les prisonniers ; quel serait le motif de McManus pour favoriser ce bain de sang, après tout ? C'est quand même bien "son" Em City qui est en première ligne dans cette affaire... Toujours est-il que la confrontation des trois (McManus, Glynn et Devlin) offre une savoureuse scène aux accents de manifeste politique. Explicitement, et c'est la première fois que c'est aussi clair, le message de l'épisode est que le tout-répressif est ridicule, et jusque là la politique du gouverneur Devlin a vraiment joué uniquement cette carte. A l'interdiction des cigarettes et la fin des visites conjugales, il faut en effet ajouter le rétablissement de la peine de mort.
Avec tous ces éléments en main et la tension qui monte, la même menace, encore et toujours, plane au-dessus des têtes, mais Devlin ne veut rien entendre. A ce stade, il est devenu impossible, pourtant, d'ignorer qu'on est entrés dans une spirale incontrôlable.

Alors, même quand Oz est décidée à se faire plus légère, elle ne perd donc pas de vue un seul instant ses thèmes les plus sombres. L'épisode s'achève d'ailleurs avec une scène de mutilation littéralement déchirante...

18 décembre 2011

[#Ozmarathon] 1x07, la dernière seconde

Le marathon continue ; Whisper et moi-même avons été rejoints par Aurore et LL qui suivent également notre Ozmarathon (avec un léger différé pour le moment), et désormais tous les rouages sont bien huilés. Tout est prêt pour le grand final de la saison.
Tic tac. Le compteur est en marche. Plus qu'un épisode.

Ozmarathon-1x07

Tic tac. La bombe à retardement Beecher a enfin explosé. C'est le moment que j'ai attendu pendant 6 épisodes, et je n'étais même pas convaincue qu'il ait réellement été déclenché lors de l'épisode précédent. Le passage à l'acte est venu avant la prise de conscience, en réalité : Beecher, mis en isolement pour son agression envers Schillinger, se révèle enfin à lui-même. Je ne sais pas s'il découvre, comme le prétend le monologue d'Augustus Hill (un peu en petite forme dans sa cage, d'ailleurs), sa nature profonde, mais en tous cas il fait définitivement peau neuve. Son acte si symbolique de détruire ses lunettes l'est à bien des égards : bien-sûr, il brise ce qui le liait à son ancienne identité, frêle et intellectuelle, mais le fait que ce soit le verre qu'il mettait devant ses yeux renvoie aussi à la nature-même de son agression sur son tortionnaire. Toujours est-il qu'on a enfin franchi le pas, celui où Beecher n'est plus une simple victime d'Em City et du système carcéral, il est enfin entré dans la chaîne alimentaire. Et c'est avec panache qu'il va aller clouer un dernier clou au cercueil de l'ancien Beecher en laissant, à la fin de l'épisode, toute liberté à sa colère et son ras-le-bol. Beecher déborde. Beecher n'est pas le seul...

Tic tac. O'Reily et son compère Adebisi continuent d'attendre que le vieux Schibetta casse enfin sa pipe. Confetti de verre après confetti de verre, ils guettent les signes, lui servant son plateau tout sourire, faisant mine d'accommoder le moindre de ses désirs, tapis dans l'ombre en attendant qu'enfin le réseau de drogue de l'Italien soit à eux. Ils ont tout leur temps, mais ils ont hâte. Alors en attendant, ils sont comme des enfants impatients, ils tournent dans tous les sens et cassent les couilles de tout le monde, y compris Kareem Saïd qui a pourtant ses propres problèmes.

Tic tac. Saïd revient en effet d'entre les morts : il a survécu à sa crise cardiaque. Et il revient habité d'une rare colère, qu'il dirige contre celui qui a bien failli le laisser crever la bouche ouverte dans sa cellule. Je n'ai toujours pas retenu le nom dudit traître, mais ce n'est pas grave : après avoir été mis au ban de la communauté musulmane d'Em City, ce dernier, abandonné par les siens (et donc, pense-t-il par une étrange association d'idée, mais il est vrai que je suis athée) par son Dieu, va se suicider dans sa cellule hors des vitres d'Em City. Le pouvoir de Saïd sur sa communauté, mais aussi sur tous les prisonniers de la prison, s'étend, s'étend, s'étend... La scène des petites cuillers au réfectoire le montre gorgé du même orgueil qu'il reprochait quelques instants plus tôt à McManus, celui d'avoir droit de vie et de mort sur les prisonniers au nom d'un idéal devenu illusion de grandeur. On peut presque lire dans ses yeux la soif exponentielle de puissance que cela nourrit, les idées qu'il se fait sur la façon dont il pourrait conduire ces hommes. Vers quoi ? On n'entrera pas dans la tête de Kareem Saïd à ce point, et les scénaristes ne nous laissent que les rumeurs pour alimenter notre imagination. Mais une chose est sûre, Saïd n'est pas homme à refuser de mener les autres et à faire preuve d'humilité. Et c'est un homme dont la colère a, depuis son arrivée à Oswald, été décuplée, pas toujours pour les raisons qu'il brandit. Pas sûr que ce grand pouvoir implique des responsabilités qu'il puisse tenir.

Tic tac. Impressionné par les discours de Kareem Saïd, dont la rhétorique mais aussi le charisme naturel, ainsi que maintenant le pouvoir d'emprise sur la colère de ses co-détenus, ont sans cesse plus d'effets, le pauvre Groves déclenche d'apocalypse sans le vouloir. Il pensait que le mieux, c'était de tuer Leo Glynn, dans une logique qui n'appartient qu'à lui. Il tuera dans sa précipitation un gardien, déclenchant la violence chez le personnel de la prison.
C'est, entre parenthèses, une suite de scènes sur la peine de mort qui avaient manqué au 4e épisode, et l'erreur est parfaitement réparée avec les demi-remords d'un Groves totalement perdu, l'intervention de la mère de la victime, l'exécution à la fois déchirante pour le prisonnier et pour les bourreaux, l'installation du doute, les regrets de Mukada, l'intervention une fois de plus brutale du gouverneur Devlin... C'était une très belle mort, l'une des plus belles pour le moment. Le dernier rayon de soleil, à bien des égards.

Tic tac. Suite à ce meurtre, la descente aux Enfers de la prison est généralisée, personne ou presque ne sera épargné. Les actes de brutalité se succèdent, à un rythme qui vient embrouiller notre impression du temps qui passe entre les murs d'Oswald, et les gardiens sont sanctionnés les uns après les autres, sans effet. Il faut que la frustration s'exprime, que la colère trouve un dérivatif, que la violence subie soit rendue, et la direction de la prison ne peut rien contre cela. Comme l'expliquera à demi-mots Burrano, ce n'est pas quelque chose qu'on peut empêcher ni même sanctionner ; le sous-entendu, c'est que la rage du personnel, pour l'instant, ne se retourne que contre les prisonniers... et que c'est un moindre mal.

Tic tac. McManus a perdu le contrôle. Glynn le force à organiser un "shakedown", une fouille approfondie d'Em City. Il ne peut rien en sortir de bon, et la quantité de substances prohibées et d'objets dangereux saisis le prouve. Il a perdu le contrôle, si tant est qu'il l'ait jamais eu, et punir ses petits rats de laboratoire n'y peut plus rien (d'ailleurs quelques minutes plus tard, on les verra tout de même regarder la télé, c'est dire si ses sermons sont sans effet). Ils lui ont définitivement échappé. Il ne s'est même pas aperçu qu'il a introduit, en suspendant les gardiens trop violents, un loup dans la bergerie, en laissant entrer à Em City des gardiens peu expérimentés, et ayant des connexions avec certains prisonniers. Comment cela pourrait-il bien finir ? C'est impossible.

Tic tac. Ils ont mis 7 épisodes à se mettre, lentement, inexorablement en place. Les acteurs sont désormais prêts pour leur grande tragédie. C'était le dernier souffle, le silence d'un temps, juste avant la grande symphonie.

Tic tac... BOOM !

29 octobre 2011

[DL] The Fades

Il parait que ce weekend, c'est Halloween. Pardon si je ne saute pas de joie à l'idée que se trimbalent dans les rues de hordes de vampires et de zombies, hein...
Enfin bref, il semblait donc naturel d'attendre ce weekend maudit entre tous pour commencer The Fades, dont la première saison vient de s'achever outre-Manche, partant du principe que tant qu'à se filer les jetons bêtement devant une série, autant le faire en une seule fois.

TheFades
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Déjà, rien qu'avec le générique, j'étais servie. On a droit à la panoplie complète des trucs qui filent les chocottes, surtout côté musical où on jurerait avoir déjà entendu cet air dans à peu près n'importe quelle anthologie fantastique des années 90.
Mais plus angoissant encore, certaines images sont flippantes au dernier degré. Pas uniquement parce que la créature qui jaillit de Dieu sait où nous ramène à quelque peur instinctive et primale, mais bien parce que ces bestioles sont absolument répugnantes, et jaillissent de quelque chose d'organique qui instille immédiatement une vraie sensation de malaise.

Le générique de The Fades lui sert extrêmement bien de carte d'identité, car on retrouvera dans le pilote ce sentiment de malaise mêlé à l'horreur qui n'est pas accessible par la plupart des séries tentant de nous faire peur (sauf si on ressent un gros malaise devant l'obstination de The Walking Dead à insister sur son triangle amoureux, mais il sera d'un autre ordre je pense). Bien-sûr on n'y trouve pas le même quota de créatures de cauchemar au mètre carré, mais le sentiment général reste le même...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Fades de SeriesLive.

20 novembre 2011

Par un prompt renfort

Aujourd'hui je mêle l'utile à l'utile puisque je poursuis sur ma semaine spéciale comédies, rapport au fait que j'ai bouffé de la comédie matin midi et soir pour préparer le dernier SeriesLive Show en date, et que je vous parle aussi d'une comédie du câble sud-coréen.
Pourquoi le câble sud-coréen ?
Parce que, mes amis, après de longs mois d'absence, la rubrique Séries du Monde accueille un tout nouvel article aujourd'hui :

Cenestpasdelatelvisioncoreenne-cable
Ce n'est pas de la télévision coréenne... c'est le câble !

Vu que j'étais un peu hors du coup en matière de séries coréennes (ça s'est vu d'ailleurs), me limitant à suivre les audiences depuis cet été parce que j'essaye de donner un coup de main pour les séries US et que du coup on peut pas être au four et au moulin, ça a été un vrai plaisir de me replonger dans les coulisses de la télévision sud-coréenne, surtout alors qu'elle va aborder de grands changements dans les prochaines semaines. C'est le genre de révolution qu'il est rare de pouvoir observer en direct tant de nombreux pays sont dans une situation de statu quo actuellement, les chaînes s'ajoutant et disparaissant des grilles sans que cela ne fasse de vagues.

Pour l'occasion, je vais donc vous infliger une mini-review de Kkotminam Ramyeongage, et si je peux promettre qu'elle sera courte (surtout venant de moi...), c'est pour une bonne raison : j'ai détesté.
En même temps, c'est normal, c'est une comédie romantique. Hélas tvN, la chaîne câblée qui en est à l'origine, a tout compris des mécanismes des séries des networks, et on en retrouve tous les travers horripilants, en particulier les acteurs qui surjouent (faudra que je m'essaye à une romance moins humoristique, pour voir si ça me réconcilie). Les chassés-croisés ne m'intéressent pas parce que j'ai toujours l'impression de savoir comment ça finit, même si de toute évidence je ne le sais pas.
J'avais cru comprendre cependant que l'humour de Kkotminam Ramyeongage était, sinon outrancier, au moins très accentué. Mais j'aurais préféré de l'humour drôle, à choisir. Les situations sont vues et revues, c'en est pénible.

Alors en conclusion (oui c'est déjà la conclusion, je crois que vous avez saisi l'idée directrice de toute façon), je dirais que la bonne nouvelle, c'est que le câble est capable du pire comme du meilleur, il ne faut pas en attendre un miracle. Mais qu'il y a toujours eu un public en Corée pour des séries du genre de Kkotminam Ramyeongage et que, ça explique ses audiences d'une part, et d'autre part, c'est un bon présage pour la suite des évènements. Ces derniers temps, vu mon humeur vis-à-vis de la majorité des séries coréennes (pas toutes, faut que je me pose pour vous reparler de White Christmas d'ailleurs), j'ai presque envie de dire que si la série ne m'a pas plu, alors ce sera une réussite dans son pays natal, mais déjà là je sens bien que je commence à être mauvaise langue.
Et surtout ce qui me met en joie, c'est qu'on va visiblement avoir énormément de choix à travers les chaînes qui apparaissent en cette fin d'année, qu'elles se prennent pour un network ou bien qu'elles cultivent leur particularité. Peut-être que les comédies de MBN vont me plaire. Ou les programmes de Channel A ou E Channel. Ou que je vais rester fidèle à tvN et OCN. On verra. Mais ce qui est génial, c'est qu'on va vraiment avoir une opportunité géniale de voir tout cela évoluer sous nos yeux.

Cet article est d'ailleurs aussi une bonne résolution : je me remets à suivre l'actu sud-coréenne de plus près. Ce serait trop bête de laisser passer cette opportunité d'observer toutes ces mutations.

17 novembre 2011

This place really sucks

Cela fait littéralement des années que je vous parle de cette série. Ses épisodes ont longtemps été introuvables sur le net, comme peuvent encore l'être, hélas, ceux de The War Next Door. Mais un jour, Dieu créa Hulu. Le reste est entré dans l'Histoire. Enfin, dans mon ordinateur en tous cas. Et donc, ce soir, je vous propose le pilote de Manhattan, AZ, l'une des comédies méconnues qui m'ont fait tomber en téléphagie lorsque l'une de mes amies avait Jimmy, voilà déjà quelque chose comme 10 ans.

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La voix-off, c'est un procédé dont on a soupé depuis quelques années. Alors pourquoi Manhattan, AZ est-elle différente en dépit du fait qu'elle utilise elle aussi cet outil ? Parce que la voix-off, qui est celle du héros le Shérif Henderson, est en total décalage avec les images. Ainsi, le pilote s'ouvre sur notre bon Shérif nous expliquant comment était sa vie avant, et surtout, quel est le drame qui l'a décidé à partir pour Manhattan, Arizona : le décès de sa femme. Et alors qu'il nous raconte combien il était atteint par cette tragédie, on le voit par exemple regarder un match à la télé... C'est juste un exemple. Mais c'est, surtout sur le long terme, ce qui rend l'intro de Manhattan, AZ hilarante à mon sens, l'impression que le héros est un abruti fini au regard exagérément positif sur la vie, ce qui l'empêche d'être atteint par les mauvais côtés, profondément naïf alors qu'il est quand même flic, et je trouve que de ce côté-là, le pilote fait un travail admirable sur ce plan. Ce monologue d'intro est certainement le meilleur de toute l'histoire des monologues en voix-off. Rien que pour cette intro, il faut avoir vu Manhattan, AZ.

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Mais pas seulement, car le pilote propose aussi une galerie de personnages autour du Shérif Henderson qui sont tous savoureux. Le maire imbu de sa personne, Jake Manhattan (oui, il a nommé la ville d'après son propre nom, ça vous donne une idée de la taille de son ego), est délicieux de cynisme ; c'est un homme qui ne pense qu'à lui, son confort perso, sa gloire perso, et après lui le déluge ; mais tout cela derrière une attitude en apparence sympathique, détendue et franche. D'ailleurs il ne s'en cache pas et c'est aussi ça qui lui donne toute sa saveur : il est malhonnête, mais d'une manière étrangement sincère... Il y a aussi Atticus, qui est un ado rebelle mais qui est en même temps un certain repère de normalité dans cet univers déjanté. La phrase de la fin du pilote, "This place really sucks", est d'ailleurs l'une des citations "cultes" de la série, un gimmick à elle seule. Mais surtout ce sont des personnages plus intelligents que Henderson, comme à peu près tout le monde à Manhattan y compris les cactus, et cela accentue encore l'humour qui émane de la façon dont Henderson raconte les histoires, généralement en comprenant l'inverse de ce qui se passe, ou en prêtant systématiquement de bonnes intentions à chacun.

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Si Manhattan, AZ est aussi un festival de mauvaise foi, c'est pour sa scène finale, juste avant le générique. A l'image de certaines séries des décennies antérieures, les acteurs s'y succèdent pour expliquer la "morale" de l'histoire, jouant alors leur propre rôle. Le comble du bonheur, c'est quand Brian McNamara s'en charge lui-même, parce qu'au lieu du bénêt positif qu'il interprète dans le reste de l'épisode, il devient alors outrageusement condescendant envers le public, et le contraste est une fois de plus délicieux. C'est le moment pendant lequel les acteurs nous expliquent la vie, en général une morale incroyablement évidente, genre Disney (ici "il ne faut pas couper les appendices des animaux de compagnie"), mais avec un ton puant et des remarques qui rappellent quel milieu décadent Hollywood peut être. Mais ce laïus se finit, invariablement, par les mots "Nous le savons parce que nous travaillons à la télévision. Nous savons mieux que vous".

Dans ce festival de second degré, de doubles-sens, d'absurde et de mauvaise foi, il est impossible de ne pas être hilare. Et ce, en dépit de l'absence quasi-totale de gags à proprement parler. Pour avoir vu la série en intégralité à l'époque où j'avais un accès quasi-illimité à Jimmy (il est vrai qu'elle n'a duré qu'une saison), je vous assure que c'est un bijou dans son genre. Tout téléphage un peu curieux se doit de tenter le coup tant son ton est différent de la plupart des comédies, même en single camera.
Croyez-moi. Je sais mieux que vous.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Manhattan, AZ de SeriesLive.
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14 novembre 2011

Le Dr Spock peut se rhabiller

J'ai ptet des siècles de retard quand je le fais, mais je tiens toujours mes promesses. Et en l'occurrence j'avais promis sur Twitter que si vous trouviez le titre de la vieille comédie que je m'envoie en ce moment, je vous posterais le pilote, et bah voilà, 12 épisodes plus tard je concrétise.
En l'occurrence, cette comédie, c'est le Cosby Show, l'une des comédies que vous avez forcément vues si vous êtes un enfant des années 80 et que vous aussi vous avez biberonné du M6 soir et matin, ou, pour être plus exacte, soir et midi, ce qui était mon cas dés que je parvenais à atteindre la télévision.
Alors hop ! Retour des posts La preuve par trois avec le pilote en question !

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Le pilote commençait pourtant bien mal. Je ne pense pas avoir déjà vu le pilote (mais quand on est encore une téléphage haute comme trois pommes, on enregistre moins bien ce genre de choses) mais je gardais de la série, globalement, un plutôt bon souvenir. Et là, après une scènes entre Clair et les enfants, on voit débarquer Cosby qui se met à danser, et si vous êtes un enfant des années 80 vous savez combien regarder Cosby en train de danser est une expérience particulière, et la scène s'arrête à ça. On ignore pour quelle raison on entend des rires à cet instant. Et ça fait presque 3 minutes qu'on est là. Et je suis consciente qu'en vous disant ça, je ne vous donne pas envie de cliquer sur le petit icône en bas de post. Mais après, ça s'arrange, fort heureusement. Libéré du besoin de faire le clown, Cosby se retrouve face au mari d'une patiente, et là, il est véritablement drôle. La morale de cette histoire, c'est qu'il faut impérativement empêcher Cosby de faire de la comédie physique, au profit d'anecdotes parce que dés qu'il raconte des anecdotes, on reconnait son style, son humour, et ça fonctionne à fond. Cette note étant prise, on peut poursuivre.

ThecosbyShow-2
Pour moi qui suis en ce moment Reed between the Lines, c'est à la fois un plaisir et un choc que de retrouver Malcolm Jamal Warner dans cet EXCELLENTISSIME tête-à-tête avec Cosby. Essayer de donner à Theo un embryon de sens des réalités a toujours fait partie de mes meilleurs souvenirs de la série (la vérité c'est que j'essaye désespérément de me rappeler dans quel épisode il rêve que Cliff et Clair lui font payer un loyer et le traitent comme un étranger, parce que quand je l'avais vu cet épisode m'avait beaucoup marquée), et là j'étais vraiment à la fête. Cliff est le type de paternel qui, tout en étant sympa et marrant, va toujours essayer d'avoir raison pour pouvoir parvenir à ses fins éducatives. On le voit bien avec l'affaire du salaire : Theo pense que plus tard, son salaire sera de 3000$ par semaine, Cliff ne bronche pas et poursuit sa démonstration avec brio quand même.

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Rassurez-vous, il n'y en aura pas que pour Theo. Ce pilote est l'occasion de retrouver les 3 autres enfants Huxtable (dans ce pilote, il n'y a en effet que 4 enfants, et Clair est une femme au foyer ; ce sera rectifié dés le 2e épisode), à savoir la délicieuse Rudy dont le rire enfantin est des plus adorables, la sassy Vanessa, dont l'accent en VO lui donne une personnalité à la fois plus chiante et plus impressionnante, et enfin Denise, l'adolescente un peu délurée (toutes proportions gardées), qui auront chacune, à leur façon, l'occasion de briller un instant ou un peu plus, notamment en faisant tourner leur père en bourrique chacune son tour alors qu'il tente déjà de gérer le cas Theo.

Il se dégage de ce pilote une énorme bouffée de nostalgie. Peu de séries arrivent si bien à nous replonger dans les années 80, et personnellement je ne saurais que trop recommander le visionnage de ce pilote à ceux qui ne les ont pas connues. Pourtant, en-dehors de la scène d'introduction, on s'apercevra bien vite que la série n'a pas vieilli sur le plan de l'humour, et qu'elle possède toujours cette malice qui lui permet d'être regardée à la fois par les parents et par les enfants. Une qualité devenue bien rare pour la plupart des comédies du moment, comme j'ai déjà pu vous le dire, et personnellement je me régale de chacun des épisodes que j'ai pu regarder depuis, à la faveur d'un trou téléphagique dans mon planning.
Je ne sais pas encore si j'irai jusqu'au bout des 200 épisodes du Cosby Show, pour cette fois je ne me suis pas lancée avec l'idée d'aller au bout de l'intégrale et j'attends de voir venir, mais en attendant que je me décide, je prends énormément de bon temps. Je vous en souhaite tout autant devant ce pilote.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche du Cosby Show de SeriesLive.
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13 octobre 2011

Ça, pour être mort...

Pis personne ne me le rappellerait, hein. J'avais dit que je vous préparerais un post une fois le visionnage du pilote d'Un Homme mort passé, et...? Et j'ai oublié, et vous ne me l'avez pas rappelé. Je suis à deux doigts de penser qu'au fond de vous, vous n'aimez pas tant que ça Karine Vanasse de PanAm. Et du coup, vous descendez drôlement dans mon estime.
Mais je suis pas rancunière, alors voilà.

Comme prévu, Un Homme mort nous parle d'un type qui clamse. Bon là je vous spoile pas trop, mais dans les paragraphes suivants, si, alors décidez d'abord si vous voulez voir cette série avant de poursuivre votre lecture.
Sûr de sûr, hein ?
Ouais, prenez le temps de la réflexion, ça vaut mieux.
Bon, j'aime autant.

Parce que notre bonhomme, il ne meurt pas d'une crise cardiaque, il ne meurt même pas de coups de poignard répétés dans le dos (clin d'oeil, clin d'oeil), et de vous à moi, les armes à feu, c'est cliché. Non. Notre homme meurt pour finir comme ça :

PrenezSonPoulsAuCasOu
Et là vous sentez qu'Un Homme mort est quand même plus glauque que vous ne l'auriez cru. Mais je vous rassure, vous ne seriez pas le premier à penser d'emblée que les séries québécoises sont complètement inoffensives, j'ai remarqué cette propension chez plusieurs de mes interlocuteurs, bien que n'ayant pas encore totalement déterminé d'où elle provient.
En tous cas, comme le dit la blague : "c'est le suicide le plus atroce que j'aie jamais vu".

Mais le pilote ne se borne pas à l'enquête autour de la mort de ce type, retrouvé en trois morceaux dans un appartement à louer, son portefeuille permettant de l'identifier à côté de lui. En fait, loin de là.
Le pilote commence avec un homme qui apprend qu'il va mourir. Que son foie l'a lâché, c'est fini.
Le pilote continue avec une jeune femme qui est depuis 3 mois dans sa banque et qui stresse un peu d'être convoquée par le PDG.
Le pilote prend en fait un malin plaisir à ne pas beaucoup nous parler de cet homme mort.

Les premières dix minutes sont donc, naturellement, introductives, mais exposées à un rythme d'enfer, souligné par une réalisation qui cherche à tout prix à dynamiser les séquences, les dialogues, et les présentations des personnages. Parfois c'est un peu trop : effets sonores, passage au noir et blanc, plans monochromes rouges, avance rapide, image en pause, ralenti, split-screen, musique quasi-constante... la panoplie complète de tout ce qu'il est possible de faire à moindre frais pour que ça ait l'air de bouger non-stop.

Des "gentils", des "méchants", des "gens dont il faut se méfier", commencent à émerger lentement, et il ne faut probablement pas s'y fier. Pendant ce temps, l'homme qui apprend qu'il va mourir, qui est flic, enquête sur la mort pas vraiment accidentelle de notre défunt, et que notre jolie banquière apprend qu'elle a été nommée vice-présidente, mais très vite, elle commence à se demander où est passé Michel, l'un de ses amis, qui ne donne pas signe de vie et lui a au contraire fait parvenir un colis étrange. Or, les bouts de cadavre s'appellent précisément Michel...

Où va nous mener ce pilote rempli jusqu'à ras bord ? C'est une bonne question. Rien que dans le pilote, il y a déjà deux morts, au moins un suspect, une héroïne au profil d'oie blanche mais qui se comporte elle-même de façon suspecte (genre je planque des preuves, je prends la fuite quand je découvre un cadavre...), et en arrière-plan, des thèmes autour du comportement des banques, des entreprises vis-à-vis des banques, des connivences à tous les niveaux, etc...
On a un peu une impression de fouillis, que j'ai essayé de retranscrire au mieux dans ce post ; certaines scènes sont meilleures que d'autres (l'appel de notre héroïne à la police étant la seule totalement risible, le reste étant plutôt bien troussé en dépit de la surcharge d'effets mentionnée plus haut), mais on a l'impression de tenir un divertissement à la fois trépidant, dense, et adulte, sans pour autant vouloir taper dans l'élitiste et le "trop" haut de gamme.
A poursuivre, donc, pour voir comment l'affaire se poursuit.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Un Homme mort de SeriesLive.

26 octobre 2011

L'objectivité, c'est pas patriotique !

NankyokuTairiku

Rarement une série nippone aura parlé aussi frontalement de la position du Japon après la Seconde Guerre Mondiale que Nankyoku Tairiku : la série s'ouvre sur un constat de défaite, de déshonneur, d'échec amer et de populations en déroute. D'un ton misérabiliste, le pilote de cette grande fresque va avant tout nous parler de l'honneur perdu du Japon, et de comment une expédition au Pôle Sud va lui permettre de le retrouver.
Le premier épisode ne recule donc devant aucune façon de nous montrer à quel point le Japon est un pauvre pays méprisé par le reste de la planète, plongé dans une crise touchant à la fois ses finances et son moral. S'il y a, certes, une indéniable vérité historique derrière cela, le ton victimisant d'une bonne partie de l'épisode a de quoi faire sursauter plus d'une fois tant la déformation est patente.

Car Nankyoku Tairiku ne veut pas vous raconter une histoire à la Croc-Blanc et vous émouvoir en tant que spectateur, comme, je l'avoue, je l'avais cru au départ. Nankyoku Tairiku veut vous parler en tant que Japonais. Pour le spectateur étranger, le gaijin, qui a forcément un peu de recul vis-à-vis du patriotisme nippon (du moins faut-il le lui souhaiter), l'expérience est forcément un peu déroutante de se retrouver pris dans ce récit bourré de parti-pris. Un bon exemple, c'est la convention à Bruxelles qui est supposée déterminer quels sont les pays qui feront partie de l'expédition internationale au Pôle Sud : les Occidentaux présents sont tous méprisants et/ou ouvertement insultants, les pauvres Japonais y sont tournés en ridicule puisqu'ils ont eu le culot de venir... au final, la scène s'arrêtera là et la narratrice se contentera de dire que, finalement, l'équipe japonaise fera bien partie de l'expédition. Comment ? Pourquoi ? On l'ignore, mais la scène d'humiliation préalable a été longue et éloquente. Je suspecte des pratiques pas très reluisantes pour faire accepter à la communauté internationale la participation du Japon à cette aventure, sans quoi on peut être sûrs que l'épisode aurait passé 10 bonnes minutes sur les discours pleins de passion des protagonistes prouvant qu'ils sont animés de nobles intentions et qu'au final ils méritent qu'on les laisse se lancer dans cette noble expédition.
N'ayez pas de regret : des speeches dans ce genre, on en aura quelques uns dans le (long) pilote de Nankyoku Tairiku, chacun nous rappelant à chaque fois combien il a fallu de courage, d'abnégation et de fort sentiment patriotique pour en arriver là. Là encore, l'envie est très forte de lever les yeux au ciel devant pareil étalage d'intentions dégoulinantes de beauté.

A cela vient s'ajouter une musique grandiloquente, soulignant le moindre geste comme un acte d'un héroïsme inoui. L'omniprésence de la musique "à la Disney" est là pour renforcer les scènes faibles (elles sont nombreuses) et donner envie au spectateur japonais de gonfler le torse sur son canapé.

Mais les pratiques disneyennes ne s'arrêtent pas là. Tout est fait pour vous tirer des larmes et rendre les choses plus tragiques encore. On trouvera donc des références aux Japonais (civils ou non) morts pendant la guerre, avec une utilisation vraiment trop évidente du Yamato, des histoires à faire pleurer dans les chaumières sur le courage du papa du héros, un cuisant échec qui hante ledit héros, des ouvriers qui travaillent sous la pluie, et bien-sûr un chien mort (c'était ça ou un chaton, mais vu le contexte...),  plein de chiens bien kawaii qui tirent la langue à qui mieux-mieux, des enfants pauvres qui donnent leur maigre sou pour soutenir l'expédition, et des enfants qui laissent partir leur chien au Pôle Sud "parce que c'est ce qu'il veut" alors qu'ils le considéraient comme leur père (I kid you not). Putain, c'est beau.

Non. Non-non. Ce n'est pas fini. Le bilan est déjà bien lourd mais il n'est pas encore exhaustif.
Il faut aussi mentionner le VILAIN MECHANT. Un vrai de vrai, avec le regard en biais et les cheveux gominés, qui veut absolument causer du tort au héros, et donc à l'expédition, et en fait au Japon tout entier. Trahison !!! On aura sans doute le temps plus tard de le perdre sur la banquise (...ce con de héros est bien fichu de le sauver) mais pour le moment, en 1h46 de pilote (je vous le disais, il est long), impossible de s'en défaire ; alors qu'il est fonctionnaire au ministère des Finances, il va trouver le moyen de se taper l'incruste dans l'expédition. C'est apparemment une version voyage du VILAIN MECHANT habituel : où que vous alliez, il vous suit et vous pourrit la vie.

Je ne passe pas à la conclusion sans évoquer aussi le love interest, la soeur de la défunte femme du héros (car bien-sûr sa femme est morte pendant la guerre, qu'est-ce que vous croyez ?), qui bien-sûr n'a jamais eu l'idée d'ouvrir sa bouche pour dire qu'elle était amoureuse de lui, et à qui, lui, n'a jamais eu les tripes d'aller dire qu'effectivement il l'aime bien. Comme par hasard. Et maintenant que le héros est parti au Pôle Sud, la jeune femme, qui est institutrice et gentille et douce, va hériter de la si enviable position de la nana qui attend et qui s'inquiète, le truc qu'on adore voir dans une série, eh bah là elle en a pour plusieurs épisodes, jusqu'à ce qu'il revienne, et qu'il reparte, et qu'il revienne... Vous saisissez le concept. Alors comme Haruka Ayase est une aussi grande actrice que je m'appelle Cunégonde, l'essentiel des fonctions du personnage féminin est donc d'avoir l'air inquiet et d'entrouvrir la bouche pour dire quelque chose dont on sait qu'elle ne le dira pas, en réalité, avant plusieurs heures de la série.

On arrive donc au moment où je conclus sur le pilote, et là vous pensez que tout est dit. Mon Dieu, qu'est-ce que ce doit être s'il en reste !? Eh bien figurez-vous qu'en dépit de mon mauvais esprit, je n'ai pas détesté Nankyoku Tairiku. Simplement, il faut beaucoup se concentrer pour ne pas voir tous ses travers, et ça n'a pas été chose facile pendant le visionnage de ce pilote.
Mais des séries qui mettent en valeur des actes (plus ou moins) héroïques avec une touche patriotique plus ou moins prononcée, on en a déjà vu, y compris voir surtout aux USA. Alors du coup, je suis un peu rôdée. Et personnellement, eh bien, certes, je ne me laisse pas aussi facilement emporter par le sentiment patriotique d'un pays où je n'ai jamais posé un orteil, mais ça ne m'empêche pas de passer un bon moment, pourvu de mettre au maximum mes sarcasmes de côté.
Avec son cast indigent (seul Takuya Kimura brille avec le brio qui est le sien), l'histoire cousue de fil blanc, les dialogues gorgés de guimauve jusqu'à la nausée et, ah oui, j'ai failli oublier les effets à la con (genre quand l'un des chiens mord la main du héros et qu'on voit pas DU TOUT que c'est une vulgaire main en plastique), il s'avère que Nankyoku Tairiku est quand même une bonne fresque familiale, regardable par le plus grand nombre, petits et grands, un vrai rendez-vous grand public.
Et qui fonctionne quand même vachement mieux pourvu d'être Japonais et d'avoir envie de se faire caresser dans le sens du poil...

A vrai dire, je crois sincèrement que le pilote de Nankyoku Tairiku était ce que la série pourrait nous faire de plus pénible : maintenant qu'à la fin de l'épisode, l'expédition est en route (mais en doutiez-vous ?), il va falloir que notre héros, ses toutous, ses amis et son vilain méchant de voyage, bravent le froid, la neige et la glace, comment ça je me répète, et il y a de fortes chances pour que tout le monde n'en revienne pas. Et là, les beaux discours, ça ira bien 5mn, mais c'est tout. Et donc, cette partie-là devrait être intéressante. Je l'espère. Je ne reste que pour ça.
Mais si vous ressentiez déjà des poussées d'urticaire simplement devant Band of Brothers (ça s'est vu), franchement, ne tentez pas Nankyoku Tairiku, ça pourrait avoir des conséquences dramatiques.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Nankyoku Tairiku de SeriesLive.

18 septembre 2011

Emmy X'Mas !

Vous n'ignorez probablement pas l'affection que j'ai pour la cérémonie des Emmy Awards. Bon d'accord. Adoration. Et je crois que chaque année, j'esquisse une tentative d'ode à cette soirée sans jamais parvenir à lui rendre tout-à-fait hommage comme je voudrais.

Cette année je ne vais même pas essayer.
Cette année c'est différent.

EmmyXMas
Pour la toute première fois, je vais regarder les Emmy Awards en direct. C'est une grande première parce que jamais auparavant tous les facteurs n'étaient réunis (j'y avais veillé...) pour que je puisse le faire, et aussi parce que, ce soir-là, et ce soir-là seulement, j'accepte d'arrêter de snobber le streaming que d'ordinaire je déteste tant. Bon d'accord. Exècre.

J'ai donc pris un jour de congès (prolongation certes logique d'une semaine de "vacances" passée à déménager des affaires et peindre des murs, mais il n'empêche), complètement aménagé mon nouveau bureau pour pouvoir être à l'aise, fait les courses en conséquence et décrété que ce soir, c'était la bonne.

Depuis des années, les Emmy Awards, c'est comme Noël. Cette année, je guette le traineau...

Oh, ça ne m'empêchera pas, quelques heures plus tard, de cagouler une version en bonne définition de la cérémonie et la regarder deux à trois fois dans l'année qui vient (et si certains passages me plaisent, peut-être me les découper et me les repasser plus souvent encore), mais en tous cas j'attends le Père Noël, ce soir.
Enfin, plutôt la Mère Noël dans ce cas précis.

MereNoel
La seule fois où j'avais fait quelque chose d'équivalent, c'était en 2005, si je me souviens bien. J'étais restée debout jusqu'au petit matin pour faire la news pour SeriesLive. Mais à l'époque, soit je ne savais pas qu'on pouvait le faire, soit je ne savais pas comment le faire, mais je me contentais de guetter les news un peu partout (et on n'avait même pas encore Twitter pour nous envoyer des infos en temps réel de tous les coins de la planète).
Cette fois, la même, mais en ayant vu la cérémonie ! Ah, comme j'ai hâte, vous n'imaginez pas, je sautille d'impatience sur mon fauteuil de bureau neuf ! Bon d'accord. Dans toute la pièce.

...Et l'an prochain, j'inviterai quelques téléphages de mes amis et on se fera notre réveillon à la maison !!!

Emmy X'Mas à tous !

31 août 2011

On hiatus (almost)

Ici, ça a toujours été un blog sur les séries. La notion de blog m'est importante, par opposition à un site, parce que ce que je fais ici, ce que j'ai toujours fait ici depuis le début, ce n'est pas juste écrire sur les séries, c'est écrire sur la façon dont je regarde les séries, puis comment je les vois, et d'essayer de partager ça.
Mais en tous cas, j'ai évité chaque fois que je l'ai pu de faire quoi que ce soit d'impersonnel parce que, pour l'impersonnel, l'objectif et l'informatif, il y a d'autres endroits pour ça, et j'aime bien celui que je me suis trouvé à SeriesLive pour le faire, j'aime avoir d'un côté le monde de l'info, de l'observation et de la rigueur sur le site, et sur ce blog, de l'autre côté, celui de l'émotion, de la mauvaise foi et de l'insistance lourde lorsque j'ai un coup de coeur et que je ne suis pas décidée à lâcher prise tant que d'autres auront tenté d'explorer des séries qui m'ont touchée.
Sur ce blog, je peux parler de choses personnelles, parce que c'est un blog, justement, et parce que je considère qu'il est difficile de ne pas s'ouvrir quand quelque chose vous touche intimement, d'une intrigue émouvante à un souvenir d'enfance. Et la télévision, si elle offre de la matière pour des analyses froides et des études sociologiques captivantes, c'est aussi ça. C'est pour cette raison que sur ce blog, la rubrique 3615 My (So-Called) Life compte probablement parmi les plus remplies de toutes, pour chaque fois où j'ai parlé de moi au travers des séries, ou peut-être l'inverse certains jours.

Alors que l'été s'achève et qu'à compter du 1er septembre, je vais partager mon temps entre des travaux dans mon nouvel appartement, des cartons dans l'ancien, des démarches pour avoir internet le plus vite possible (je ne veux surtout pas rater les Emmy Awards, comme vous le savez), et plein d'autres choses encore, j'avoue que j'ai un peu de mal à me dire que je vais devoir prendre un "congé" forcé du blog et de son atmosphère si intime.
Ici, j'ai la sensation de pouvoir réellement parler de la façon dont je vis les choses, avec les hauts, les bas, les moments d'inspiration et les autres pendant lesquels je tâtonne dans le noir à la recherche de quelque chose qui fasse bondir mon coeur, les moments où je n'ai qu'une série en tête et ceux pendant lesquels j'ai envie de papillonner de pilote en pilote en quête d'émotions fortes, les fois où je suis furieuse à cause de la qualité déplorable d'une nouveauté ou les instants de grâce quand je découvre une perle qui commence à dater...
Je dois préparer des posts à l'avance pour le vendredi et ça me rend un peu triste ; parce que même si ce sera forcément de "vrais" posts sur ce que je pense d'une série donnée, il manquera cette spontanéité due au suivi de mes humeurs téléphagiques.

Mais en même temps, c'est bien aussi de prendre un peu de recul et de voir comment les choses ont évolué depuis que je l'ai ouvert, ce fameux blog. De voir à quel point j'étais pro-séries américaines (bien qu'occasionnellement parlant d'autres séries), puis comment j'ai hésité à évoquer les séries nippones que pourtant je regardais, comment j'ai évolué vers d'autres pays, comment je suis revenue à certains... comment j'ai découvert, aussi, des contrées télévisuellement inconnues où tout d'un coup j'ai pris un repère ou deux, suffisamment pour me réjouir de certaines nouvelles.
C'est vraiment un blog, aucun doute là-dessus. Ce n'est pas un outil pour écrire des reviews, ce n'est pas une vitrine de mon talent en espérant m'en servir comme référence, ce n'est pas un média pour parler des news, c'est, de toute évidence, un endroit qui respire en même temps que moi, qui suit mes propres expériences en la matière.
C'est une aventure, et c'est bien de se laisser souffler entre deux aventures, après tout.

Je discutais avec un collègue cet après-midi de ce que je fais sur Séries du Monde. Je lui disais que "seulement quelques centaines de personnes lisent les news chaque jour, ce que je fais n'a pas d'impact", rien de commun avec la plupart des séries US de SeriesLive (y compris quand c'est moi qui les rédige, ce qui exclut tout complexe éventuel de persécution). "Mais c'est déjà plusieurs centaines !", s'écriait-il (il trouve que je suis toujours trop négative...), "moi quelle influence j'ai sur les gens, personne ne me lit", bah oui mais d'un autre côté tu n'écris pas, "eh bien justement !". Ca donne à réfléchir. Je ne l'avais pas vu comme ça. J'étais simplement sur le point de me plaindre que sur les quelques centaines de lectures, il y avait si peu de commentaires que j'avais l'impression de parfois parler dans le vide, jusqu'à ce qu'un commentaire arrive soudainement pour dévoiler que quelqu'un a tout lu ou presque, avec attention, et que ça a créé des envies téléphagiques, enfin !
Je l'ignorais mais, à cet instant ou à peu près, dans ma boîte mail, arrivait un message relatif à ce blog, qui aurait dû me donner une excellente image de ce que je fais ici. Et au contraire je me suis dit que c'était tellement étrange, car ce que je fais ici n'a rien d'important. C'est mon espace, mon terrain de jeu, mon laboratoire, mon déversoir, ce que vous voulez, mais certainement pas quelque chose d'important pour quiconque d'autre que moi. De la même façon que mon blog perso me sert à parler de ce qui me préoccupe ou me questionne dans ma vie personnelle, ce blog a ce même usage sitôt qu'il s'agit de séries (et parfois de films). Je ne fais rien d'important, je ne le fais pas pour les stats que je ne consulte même pas (je regarde uniquement les sites de provenance et les mots-clés), je ne le fais pas pour l'argent, sûrement pas pour la gloire sinon je ne tiendrais pas autant à mon anonymat, et tout ça pour quoi ? Pour que 10 personnes regardent The Yard et que 3 tentent Shinya Shokudou. Et si j'essaye de mettre de côté le fait que je suis déçue pour les gens qui ne le tentent pas, parce que moi, je sais à côté de quoi ils passent ; si j'essaye de me concentrer sur l'aspect statistique de la chose, non, ce que je fais ici n'a pas d'importance ni de grande influence.
Et ce que je fais sur SeriesLive est certainement plus lu, par contre il y a moins de retours sur l'impact ou non que ça a pu avoir.

Je devrais peut-être vouloir qu'on ME lise plus, qu'on M'écoute plus, qu'on ME suive plus. Mais je n'arrive pas à le regretter, au-delà du fait que si seulement 10 personnes ont regardé The Yard, je ne peux parler de The Yard qu'avec 10 personnes (si elles pensent à me dire qu'elles ont regardé The Yard). Je n'arrive pas à le voir en tant que "je n'ai pas plus d'influence que sur 10 personnes" pourtant. C'est peut-être un manque d'ambition, je ne sais pas. Ou peut-être que je me dis qu'être l'une des voix qui recommandent des séries à un grand nombre de personnes, ça demande plus de temps : quelques années de plus, probablement une professionnalisation... alors pourquoi se compliquer la vie aujourd'hui avec ça ? Je continue à faire ce que je fais, en essayant de faire mieux, de faire un peu plus quand j'en ai envie, et d'y mettre ce que j'ai, ni plus ni moins, et puis j'essaye de faire en sorte que, la prochaine fois, 11 personnes découvrent mon prochain coup de coeur.

Par contre ce qui m'importe, c'est que les 10 ou 11 personnes viennent raconter ici, ensuite, ce qui leur a plu ou pas dans ce que je leur ai fait découvrir, et ça c'est important parce que, vous savez, moi je sais déjà ce que j'en pense ! L'idée, c'est que d'autres m'apportent leur vision des choses à partir de ce que je propose, et dont on ne vous a pas forcément parlé ailleurs.

Quand j'ai ouvert ce blog, j'étais au chômage, je vivais dans 14m² et ma vie était bien différente de ce qu'elle est en train de devenir pendant ce mois de transition.
Pour être sincère avec vous, ce blog fait partie des rares choses de cette époque qui vont faire le voyage avec moi dans ma nouvelle vie. Parce que j'aime la liberté que j'ai ici, et parce que je veux, dans cinq autres années, pouvoir regarder le chemin parcouru. Je me demande bien où je serai à ce moment-là, quelles découvertes j'aurai faites, les horizons que j'aurai explorés, les choses qu'aujourd'hui je ne connais pas et qui seront mes coups de coeur d'alors. Ce sera une nouvelle aventure, que je vivrai parmi d'autres nouvelles aventures. Pour prendre la mesure des choses qui changent, il en faut certaines qui changent un peu moins ; j'ai l'idée d'un blog qui couvre toutes ces périodes différentes de ma vie, parce que nécessairement, mon regard change à mesure que ma vie change.

Alors voilà.
Je crois que c'est ma façon de vous dire au revoir, temporairement du moins, puisque les deux prochains vendredis, et peut-être le troisième aussi (en espérant n'avoir pas à aller jusqu'à un quatrième), il y aura des posts, mais des posts un peu hors du temps.
Des stand-alones.

Hiatus
...Vivement la fin du hiatus.

25 août 2011

Série culte

CultFavorite

Laissez-moi insister sur l'importance de savoir qui m'a recommandé The Cult : le pilot était bien trop bon pour que je ne laisse cette bonne action impunie.
Apparemment, The Cult, dont j'ignorais jusqu'à l'existence voilà quelques jours, a coûté plusieurs millions de dollars et est ce qui se rapproche le plus d'une superproduction. Des comparaisons avec Lost ont été lancées sur plusieurs des sites que j'ai consultés ; dans ce cas, c'est un compliment pour Lost.

Le premier épisode a en effet de nombreux points en commun avec la fameuse série d'ABC, la plus évidente étant cette forêt sombre et moite dans laquelle se déroule la majorité de l'intrigue. Et puis, bien-sûr, il y a cette atmosphère de mystère, savamment entretenue par un scénario qui trouve le moyen à la fois d'aller très vite, et d'en dire le moins possible. Ainsi, tous les lieux communs qu'on aurait rencontrés dans une production moins scrupuleuse sont écartés : le héros, père de deux fils adultes (ou jeunes adultes, j'ai eu du mal à déterminer leur âge), et en moins de 10 minutes, il a déjà compris où étaient ses fils et que l'organisation qui les abrite est plus que suspecte, en plus de s'être déjà trouvé des compagnons d'infortune qui partagent une expérience similaire.
L'épisode aurait pu prendre le temps. Ca s'est vu dans d'autres fictions du même genre : je réalise qu'il y a un soucis, je me mets en quête de réponses, je découvre qu'il y a d'autres personnes dans mon cas sur internet, on met en place une expédition. Sans que ça ne ralentisse l'intrigue trop fortement, on aurait très bien pu imaginer que ce soit plus détaillé dans le pilote. C'est un épisode d'exposition, on ne le lui aurait pas reproché.

Pour autant, ce n'est pas l'extrême inverse : ces passages de l'intrigue ne sont pas passés sous silence pour accentuer l'effet de suspense, ni remplacés par des scènes d'action, bref, ce qu'une série américaine aurait été un peu tentée de faire, avouons-le, dans la majeure partie des cas. De la même façon, on voit également ce qui se passe à l'intérieur des murs du camps de cette étrange secte, c'est même ce qui nous éclaire sur sa nature car de l'extérieur, personne ne semble savoir de quoi il s'agit au juste. L'endoctrinement est explicitement montré sans chercher à nous faire nous demander ce qui se passe ou ce que le gourou peut vouloir. C'est vite évident et on ne cherche pas à maintenir artificiellement le mystère.

Le choix de The Cult est visiblement de ne pas perdre de temps dans les poncifs, et d'aller directement à son intrigue, sans nous prendre pour des benêts. La preuve en est : on comprend très bien ce qui se passe sans ça, en fin de compte.

Et du coup les faits sont là : l'intrigue avance rapidement. Sans que ce soit précipité néanmoins. Et on le remarque au fait que la donne change rapidement : au départ on avait un homme seul qui courait après ses fils qui étaient dans le camps. A la fin de l'épisode, plus rien de tout cela n'est vrai. Et les revirements de situation attendus (il y a probablement une taupe dans le groupe, les frères ne sont pas en sécurité dans le camps, on cache des choses...) sont vite exploités, au lieu de durer. C'est vraiment appréciable, et je ne suis pas sûr que le mérite en revienne uniquement au fait que The Cult soit bâti comme une mini-série.

C'est le genre d'expérience qui donne foi en la fiction télévisée. Parce qu'on a l'impression que la série se donne du mal pour faire quelque chose de personnel, au lieu de suivre, ce qui serait pourtant si commande, les codes éculés de son genre. Un thriller sombre avec une organisation mal intentionnée ? Ca semblait super facile de nous trimbaler un peu. Mais The Cult est réellement intelligente, et considère que ça nous conviendra très bien comme ça, sans jamais devenir pompeuse, en gardant une saine dose de questionnements et d'action, mais sans abuser jamais ni de l'un, ni de l'autre.

Le seul problème de The Cult, en somme, c'est qu'un épisode mette plusieurs jours à cagouler, ce qui est vraiment frustrant. Mais je pense pouvoir vivre avec cette frustration pour les épisodes restants, si c'est le prix à payer pour une aussi bonne série.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Cult de SeriesLive.

29 mars 2012

Practice makes perfect

BlackMarch
Au cours de ma carrière de téléphage, j'ai assisté à des performances terriblement mauvaises. Plein. On a tous vu notre lot d'horreurs. Il y a, au contraire, des performances qui m'ont parfois coupé le sifflet, et même si assez souvent je me demande où commence le mérite de l'acteur et où finit le brio du scénario, il y en a eu pas mal, reconnaissons-le. Et dans ces cas-là je vous l'ai fait savoir d'ailleurs, par exemple quand j'ai consacré un post au talent de Lee Pace, qui m'a impressionnée (et pas que moi à en croire ses nominations et récompenses) dans Soldier's Girl, puis The Fall, entre autres.

Lee Pace, qui a démarré sa carrière à la télévision il y a très exactement 10 ans aujourd'hui, en mars 2002 donc, alors que l'épisode Guilt de New York Unité Spéciale dans lequel il tenait un petit rôle était diffusé par NBC.
C'est un acteur qui m'a plusieurs fois épatée, je l'ai dit, et le répèterai souvent encore, mais quand j'ai découvert, il y a quelques temps, cet épisode, je vous avoue que les bras m'en sont tombés.

Il est simplement MAUVAIS.
Nan vraiment. On peut chercher des qualificatifs pour cette prestation, mais ils seront toujours synonymes de MAUVAIS. C'est risible. Personnellement je regarde cette video de temps à autres pour me mettre de bonne humeur, parce qu'elle me fait toujours marrer. Ca ne prête pas à conséquence puisque je sais de quoi l'acteur a été capable ensuite, ça ne diminue en rien l'opinion que j'ai de lui, mais enfin, c'est MAUVAIS, quoi. Alors j'ai voulu partager cet extrait avec vous pour célébrer, ensemble, les vertus du travail, de l'acharnement, et sans doute aussi, du temps. Certains acteurs deviennent meilleurs avec le temps. Comme le bon vin. Et certains fromages. Et les hommes. Je me comprends.
Comme c'est encore le Black March, nous allons opter exceptionnellement pour le streaming mais, dans un peu plus de 48h, je corrigerai cette infamie.

Mon Dieu, je commence par quoi ? On sent le mec qui jusque là n'a jamais joué que sur une scène de théâtre, déjà. Le phrasé est atroce et anti-naturel au possible ; mais il serait parfait dans la plupart des fictions françaises que j'ai vues. Il est supposé être un pédophile qui a autrefois été lui-même violé, et on a l'impression qu'il récite sa liste de course, quand même... D'ailleurs on constate combien il a changé sa diction depuis (quel coach de génie lui a d'ailleurs fait remarquer qu'il irait loin en parlant légèrement sur le côté comme il l'a adopté ensuite ?). Le jeu avec les mains met lui aussi totalement à côté ; c'est un tic récurrent chez Lee Pace (et c'est toujours la main droite, d'ailleurs) mais je ne l'avais jamais vu aussi prononcé ; tant mieux, j'ai envie de dire. Même le plus petit haussement d'épaule sonne faux. Ne parlons même pas du fait qu'il a le regard tellement mort que même le Piemaker ne pourrait le ressuciter (et pas le plus petit haussement de sourcils : il n'avait pas encore trouvé "son truc" de toute évidence). On n'y croit pas un seul instant. Ca s'améliore vaguement sur la fin mais ça reste MAUVAIS.

Face au jeu de ce qui restera comme le meilleur trio de l'histoire de la série (Meloni-Hargitay-March), parfaitement dans la bonne tonalité, il est totalement à côté de la plaque, pas du tout sur le même registre. Obligé, les mecs en face ne sont pas simplement impassibles du fait du témoignage de mauvaise foi du personnage (le langage corporel des acteurs en début de scène est parlant), ils sont en train de se demander quel abruti a fait passer les castings, et se disent "euh, il a couché avec qui pour avoir le rôle, ce petit ? Tu veux pas retourner servir des cafés au Starbucks du coin plutôt ?", et je ne saurais le leur reprocher (fact : Lee Pace n'a jamais eu à servir de cafés, mais ça m'étonnerait que Stephanie March l'ait su). Un instant on croit que ça vient du personnage qui jouerait la comédie, mais pas du tout. Quand on pense qu'il joue dans cette scène face notamment à Christopher Meloni, qui vient d'Oz où il a balancé quelques unes de ses plus magistrales prestations, on se dit que ce petit ne fait pas le poids.

C'est la seule scène de l'épisode dans laquelle on verra Lee Pace. Dieu merci.
Son rôle suivant sur un écran, éblouissant, sera en 2003 dans Soldier's Girl. Au cours de ma carrière de téléphage, j'ai assisté à quelques miracles. Celui-là en est un.

Joyeux anniversaire de carrière audiovisuelle, Lee. C'est une magnifique leçon de persistance... On se donne donc rendez-vous dans 10 ans pour noter la progression.
Je te préviens, je retire des points d'office à cause de Twilight, et j'ai pas l'intention d'aller vérifier si c'est injuste ou non.

15 novembre 2010

[DL] A Pedra do Reino

D'une façon ou d'une autre, les questions trouveront des réponses. Dans l'intervalle, et parce que je suis pas mécontente d'être tombée dessus aussi, je voudrais vous proposer le générique d'une série brésilienne. Non, ce n'est pas Afinal, o Que Querem as Mulheres, mais pas loin, puisque c'est encore une fois le même réalisateur de génie qui a signé A Pedra do Reino voilà quelques années. Et vous allez dire que je me répète, mais... PUTAIN. C'EST BEAU.

APedradoReino
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

C'est le générique porté au rang d'art, tout simplement.
On n'est pas là pour donner les noms des gens, on n'est pas là pour présenter les acteurs, et on ne peut même pas vraiment dire qu'il s'agisse de présenter beaucoup l'histoire. L'idée, c'est de poser un univers, une ambiance, de créer quelque chose qui soit propre à la série, absolument unique et reconnaissable entre mille, et qui envoûte immédiatement celui qui regarde. Une suite époustouflante d'images superbes et d'idées visuelles ingénieuses, une musique incroyable, et juste le titre à la fin. C'est tout. Et c'est sublime.

Après ça, n'allez pas me raconter que vous n'avez pas le temps/l'envie/que sais-je de donner une chance à Luiz.
Regardez-moi ça, chassez le naturel, il revient au galop.

18 août 2011

[DL] The Munsters

Comme ce soir, je suis partie fêter une excellente nouvelle (la meilleure, probablement, depuis des années), je n'ai pas eu le temps de vous concocter un post détaillé sur le 2e épisode de The Munsters, puisqu'il s'avère que, cédant à la curiosité et à ma bonne impression du pilote, j'ai tenté de poursuivre la série.
Alors du coup, pour faire bref, disons simplement que ce que je craignais de voir dans la série, et que je n'ai pas vu dans le pilote avec grand soulagement... eh bien on le trouve dans le deuxième épisode, ce qui me laisse circonspecte. Peut-être qu'il faudra un troisième épisode pour départager tout ça.

TheMunsters
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

En attendant, le générique de The Munsters est assez typique de son époque. La musique, bien-sûr, n'est pas un thème très travaillé, et insiste à la fois sur le côté comédie et sur le côté soi-disant horrifique de la famille Munster (pourtant, je lui trouve beaucoup de charme, à cet Herman, moi...). Pour ce qui est de son déroulement, en fait, on est un peu devant l'ancêtre de Mariés, Deux Enfants, avec un personnage au centre et les autres qui défilent pour le voir tout en interagissant de façon conforme à leur personnalité, et pour faire un peu rire ; à notre époque, tout cela est tellement vu et revu qu'on se contente au mieux de sourire, mais peu importe. C'est vrai qu'assez peu de génériques de l'époque étaient particulièrement recherchés, quand même. En fin de compte, le générique est un peu dans l'esprit de la série, dans le sens où il n'est pas ahurissant d'audace et d'originalité, mais il est sympathique et remplit son office humblement.

A vrai dire, et malgré le noir et blanc, quand je me retrouve devant la série et donc devant le générique, je n'ai pas vraiment l'impression d'assister à une vieille série. Les gags ne sont ni plus ni moins ceux qu'on peut voir dans des comédies simplistes de nos jours et le jeu des acteurs est à l'avenant. Pour moi, de moins en moins de choses datent, si ce n'est la musique et le jeu de certains acteurs (le grand-père, surtout).

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Munsters de SeriesLive.

2 janvier 2011

[DL] Sherlock

Le premier générique de l'année sera donc britannique (que de chemin parcouru !). Pas forcément le meilleur générique que j'aie vu, mais un bon générique quand même, essentiellement grâce à son thème musical vu que, visuellement, c'est pas absolument sublime. En fait j'aime bien ce qui se dégage des plans de façon individuelle mais, ensemble, ils forment quelque chose d'un peu brouillon et déstabilisant. On ne sait, au juste, pas très bien à quoi s'en tenir avec cette série si on ne l'a pas encore vue.

Sherlock
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Étrangement, je ne sais pas trop pourquoi au juste parce que ça n'a pas grand'chose à voir, mais le générique de Sherlock me fait regretter qu'il n'y en ait pas pour Party Animals (ça doit être le plan du titre, allez savoir). Il y a des séries auxquelles on aimerait bien pouvoir repenser avec un petit générique dans les oreilles, Sherlock a cette chance (et en a besoin vu la distance qui séparera les deux saisons), Party Animals ne l'a pas. Voilà, c'était le paragraphe mélancolique du jour, mais vraiment, ces séries britanniques, elles ont des saisons trop courtes et pas assez de génériques. C'est dit.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Sherlock de SeriesLive.

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