Canalblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
ladytelephagy
Publicité
29 août 2012

[#Ozmarathon] 5x05, boys don't cry

Après une longue pause (près de 3 mois), notre "EmCrew" est de retour afin de poursuivre son #Ozmarathon. Alors je ne sais pas si c'est le petit hiatus estival ou l'épisode lui-même, mais je me suis retrouvée plongée dans une série que j'ai trouvée plus sombre que je ne l'avais quittée...

Ozmarathon-5x05

Je vais passer sur les intrigues les plus secondaires, car ce n'est pas ce qui m'a marqué dans cet épisode. Le billet de loto de Rebadow, par exemple, en est une ; c'était touchant mais tellement prévisible que ça n'atteint son plein potentiel (même si le speech de l'officier Murphy sur la responsabilité personnelle était absolument parfait), ou bien le bref passage par la vie sans nuages d'Alvarez (c'est d'ailleurs pas très normal !). Quant à l'intrigue liée au bus, franchement, j'écoutais seulement à moitié, c'était très cliché.

Comme toujours, l'épisode commence par l'intrigue la moins intéressante. Il s'agit une fois de plus de suivre Omar, et autant l'avouer, on n'en a plus rien à faire de ce personnage, qui se traine depuis ce qui semble être plusieurs dizaines de saisons sans jamais réussir à justifier son existence scénaristique. On ignore toujours ce que les scénaristes peuvent lui trouver car il ne nous émeut jamais. Ca doit venir des supplications constantes. C'est insupportable. Et même quand on pense qu'Omar va se ressaisir et redevenir maître de sa Destinée, s'il l'a jamais été, on obtient finalement une intrigue où c'est Kareem Saïd qui nous intéresse, et pas du tout Omar. Dont franchement j'ai jamais retenu le nom de famille.
Saïd est, d'ailleurs, particulièrement touchant dans cet épisode. Ca confine même à la tragédie. On l'a vu dans le meilleur et dans le pire, Saïd, et très honnêtement, le pire se déroule souvent quand il croit être le meilleur, alors on ne s'attend plus vraiment à de grosses surprises venant de l'imam Saïd. Vous savez, quand on a tué le plus gros vicelard de tout Oz, les surprises, on en revient un peu. Encore une fois, Kareem s'était trouvé un protégé, et encore une fois, sa mission allait rater, c'était évident. On ne pensait simplement pas que cela le déchirerait autant. Il savait mieux retomber sur ses pattes, avant.
Mais là, Saïd, qui ne se remet pas vraiment de ses blessures, faut croire, il est à genoux. Il espérait avoir retrouvé un peu de sa dignité, de sa hauteur, et il s'aperçoit que ce en quoi il croit le plus, la conviction qu'il a de sa capacité à s'élever spirituellement au-dessus de la masse, lui a encore fait défaut. Et il est ramené, comme il le dit, à son humanité, celle qu'il passe à fuir en se cachant derrière de divin, et il a encore une fois perdu son combat.
La scène pendant laquelle Saïd se met à pleurer dans le giron de McManus, Seigneur ! Je n'étais pas loin d'aller chercher un ours en peluche et de sangloter en suçant mon pouce. Quelle scène traumatisante, venant d'un homme qui a absolument tout vu, et survécu à tout, et qui semblait avoir retrouvé un semblant de confiance en lui. Je crois que, plus encore que les tortures physiques imposées aux prisonniers, ce sont ces conséquences-là de la vie à la prison qui me semblent les plus dramatiques. Et de mon point de vue, c'est au moins aussi spectaculaire qu'un mec qui se fait saigner vivant.

Du côté de Beecher aussi, l'écrasement est terrible. On parle d'un mec à qui on a tout fait subir. Tout. Supplices physiques, et notamment sexuels, tortures mentales (dont amoureuses). Ce mec, le monde lui est tombé sur la gueule depuis 6 ans maintenant. Et au moment où il pense avoir repris le contrôle, il s'aperçoit qu'on lui nie ce passé. D'abord parce que son protégé le renie. Une amitié entre les deux familles (celle de Beecher et celle de l'étudiant) qu'il tenait en haute estime, et qui faisait partie des rares bagages de sa vie avant la prison qu'il avait conservés. Mais au nom de son homosexualité, le voilà renvoyé à une pauvre pute de la geôle, la lie de la société carcérale, la "bitch" des autres prisonniers. Tout ce qui fait qu'aujourd'hui Beecher est capable de tenir debout lui est soudain renvoyé comme de la merde au visage.
Pire encore, en faisant mine de mettre en pause leur espèce de concurrence par proxy, Schillinger parvient même à essayer de lui faire nier l'importance des abus sexuels subis. Cette enflure de Schillinger réussit en effet en un même mouvement à admettre un tort et à ouvertement annoncer qu'il veut le reproduire ! Et Beecher, parce qu'il espère être un homme digne et compréhensif, ne voit rien passer, jusqu'à être à deux doigts du point de non retour. Sa mine déconfite lorsque Schillinger lui apprend que s'il cède son protégé au nazillon, Beecher aura accès à ce qu'il veut et notamment Keller, c'est atroce. Soudain Beecher comprend qu'il a le choix entre renier un abus passé et ne pas céder un pouce de terrain sur ce qu'il a endurer, mais ne pas retrouver l'homme qu'il aime. De justesse, Beecher fera le choix de la droiture, mais on ne peut que souffrir pour lui à l'idée que pendant un instant, on a failli lui soustraire la reconnaissance des horreurs infligées.

Le cas O'Riley est à mes yeux le pire des trois, mais il relève de la même logique. Ryan tente désespérément de réunir l'argent pour engager un grand avocat qui pourrait sauver Cyril du couloir de la mort. Mais sa famille n'a pas l'air prête à mettre la main au portefeuille...
"There's more. There has to be more to a family than just blood, Ryan. More than Christmas dinners and the birthday cakes, and more than old hurts and unsettled scores. We're not a family. We never have been". Je dois dire que cette réplique m'a totalement flinguée. Peut-être que c'est parce que je m'y suis beaucoup retrouvée, mais j'ai trouvé ça encore plus dur que tout le reste. Ryan, il est comme il est, on va pas redire ce qui a été dit dans les reviews précédentes, pour lui la fin justifie les moyens, c'est le mec qui a un objectif, qui essaye de penser froidement pour l'atteindre, et qui parfois perd son contrôle quand on touche à son sang (et par extension, donc, celui de Cyril). Ce mec-là, il s'est battu seul pendant des années, ensuite il a englobé Cyril, et il a finit par se trouver une maman, un truc totalement inespéré. Ryan, il n'a même pas les liens éthniques pour le tenir, parce que quand il utilise l'argument irlandais, c'est soit pour se définir identitairement lui-même, soit pour utiliser des faveurs. En-dehors des liens du sang, il n'a rien ce mec-là, c'est tout sa vie. Alors, c'est certainement le seul type de la prison à qui on a pas le droit de dire qu'il n'a pas de famille et que les liens du sang ne priment pas sur le reste. C'est le seul gars à qui tu enlèves tout quand tu enlèves ça. Et il essaye désespérément de se battre contre cet argument que lui oppose sa tante Brenda, mais il peut pas, parce que les liens du sang, ça n'a pas de sens quand on est seul à leur prêter de l'importance. Ca ne marche pas.
On ne peut pas forcer les liens du sang sur quelqu'un. Je crois que, plus que la sentence de sa tante qui avance gentillement que, ça se trouve, laisser Cyril être exécuté, c'est ptet pas plus mal, plus que ça encore, entendre que les liens du sang ne valent rien, c'est ce qui brise sa volonté de remonter ses manches et résoudre un problème de plus.
Et franchement, voir O'Riley abandonner, c'est du plus haut déchirant. Il a baissé les bras. Il va voir Cyril et il a laissé tomber.

Et je crois que c'est la raison de plus pour laquelle cet épisode d'Oz compte parmi les plus douloureux à regarder.
Parce qu'au bout du compte, si on met de côté la violence, le sexe, la saleté et les bassesses ; le plus dur, à Emerald City, c'est de devoir accepter de lâcher ce bout de soi-même où on pensait résider, le petit bout d'humanité qu'on essayait de garder précieusement pour pas lâcher la rampe, et de faire cette ultime concession. C'est ce dont l'épisode m'a semblé parler, et vraiment, ça a de quoi me tirer les pires larmes. Heureusement, hors d'Oswald, il est permis de pleurer ; croyez-bien que je ne m'en suis pas privée.

Publicité
27 avril 2010

Miroir sans tain

Deux jours. Il s'était passé deux jours quand j'ai décidé de faire une descente à la FNUC. Je n'avais aucun DVD en vue. Je n'avais même envie de rien. L'idée c'était juste de faire une descente à la FNUC et de me balader dans le rayon DVD séries une demi-heure ou une heure, et ressortir de là apaisée (et forcément moins riche, parce que même quand j'y vais sans rien vouloir acheter, je finis quand même dans la file d'attente de la caisse avec les bras chargés, ne me demandez pas pourquoi). Au moins, me décharger de tout ça pendant une demi-heure ou une heure. Mon rail de DVD pour tenir le coup.

On est des téléphages, je ne vais donc pas vous raconter de conneries : on a tous une liste. Une liste des séries dont on achètera le DVD la prochaine fois que ; la prochaine fois qu'on va à la FNUC, la prochaine fois qu'on a des sous, la prochaine fois qu'il y a une promo sur internet... La prochaine fois que. C'est la liste de DVD qui est agraffée derrière la liste de DVD "urgents", ceux qu'on achète le jour de la sortie ou presque, et qui très franchement, n'est pas vraiment une liste couchée sur papier parce qu'on sait très bien quelles sont les séries sur la liste principale.

Et donc sur ma liste à moi, depuis quelques mois, il y a In Treatment. In Treatment, j'en ai vu le pilote deux fois déjà, une fois de mon plein gré et une autre parce que l'un d'entre vous m'avait recommandé de lui donner une seconde chance ; et les deux fois j'étais incroyablement mal à l'aise par l'ambiance et le côté trop réaliste de la séance que représente ce premier épisode.
Pourtant je ne suis pas non plus la dernière des idiotes et j'ai bien remarqué que, In Treatment, quand on met de côté l'état nauséeux que je ressens systématiquement devant le pilote, c'est une bonne série. Bien écrite. Bien interprétée. Bien filmée. Et donc In Treatment était sur ma liste la prochaine fois que. Sauf que depuis des semaines que je fréquente la FNUC la plus proche et quelques autres, à chaque fois, je tombais sur le coffret de la deuxième partie de la première saison. Et s'il y a bien une chose que je me refuse à faire, c'est acheter un quelconque 2e coffret avant d'avoir même pu acheter le premier. C'est une règle d'hygiène de vie téléphagique, c'est comme ça.

Mais là, ce jour-là, alors que j'étais l'âme en peine dans les rayons de la FNUC en train de me chercher un dérivatif suffisamment puissant pour me faire oublier, une demi-heure ou une heure, l'insupportable, soudain, qu'est-ce que je vois ? Le coffret In Treatment, première saison, première partie. C'était un signe divin. Un coup de coude du Dieu de la téléphagie pour me dire "vas-y, c'est ça qu'il te faut, ça va aider, au moins un peu".
Quelques jours plus tard, l'un de vous me conseillait la série pour m'aider à traverser cette passe difficile, et cette personne ne pouvait pas être mieux inspirée. Sans doute un second coup de coude du Dieu de la téléphagie.

InTreatment

Qui plus est, une semaine passée dans In Treatment, ça vaut 2h30 dans la vie réelle. Une équivalence qui permet de disparaitre hors du temps sans trop en perdre. Tout bénef.

Et après avoir passé 5 heures presque d'affilée dans le monde du Dr Weston, je dois dire que finalement l'antidote au mal être intérieur a fait son effet, au moins un peu. Envolée, l'impression constante de malaise. Sans doute parce qu'il n'était plus dans le pouvoir d'une quelconque série de me mettre dans un état plus désastreux que celui dans lequel je me trouvais après le départ de freescully.
Je me suis contentée d'apprécier la façon dont chaque personnage vient et se confie à Paul tout en se heurtant à sa façon de pratiquer, qui, de l'aveu même du psy, n'est pas toujours au top. C'est rassurant qu'il en soit conscient, même si on aimerait qu'il le reconnaisse devant ses patients plutôt que de chercher à maintenir les apparences du professionnel toujours maître de lui-même...

Arrivée à ce stade de mon visionnage, je suis un peu déçue par le fait que je n'ai réussi à me lier affectivement à aucun patient, ni à Paul lui-même. J'aurais aimé, je pense, réussir à me mettre dans la peau de l'un d'entre eux, mais les personnages tels qui m'apparaissent au bout de deux semaines me semblent trop éloignés de moi, ça me demanderait un trop grand effort. Pourtant je pense que ce pourrait être l'un des avantages de In Treatment : offrir la possibilité d'exorciser quelque chose de vrai via ces thérapies imaginaires. Toujours ma passion pour la catharsis par la douleur dont j'ai beaucoup parlé, plus ou moins directement, ces derniers temps ; avec Gravity notamment.

Mais d'un autre côté, me soucier des problèmes des uns et des autres joue parfaitement son rôle de distraction intelligente pour mon coeur abimé. La série s'attache à décortiquer des choses douloureuses, même si elles ne le sont pas pour moi (et que parfois, je m'en désintéresse totalement, comme par exemple les intrigues d'Alex le pilote de l'Air Force), et ça me permet de baigner dans un univers sombre et complexe sans que cet univers sombre et complexe n'ait de rapport avec le mien. Je suis assise sur le sofa de Paul, à l'écart, et je regarde tout ce petit monde se débattre avec des choses qui ne me touchent pas, mais je me réjouis qu'ils le fassent, par une sorte de plaisir sadique où les personnages souffriraient à ma place pendant une demi-heure. Ou une heure. Ou cinq heures.

Alors In Treatment et moi, ce ne sera jamais le grand amour, mais j'ai pu y trouver une série qui me divertit sans chercher à me faire sourire, et ça, en ce moment, ça n'a pas de prix.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche In Treatment de SeriesLive.

29 mars 2010

[DL] Caprica

Au moment de la découverte, le générique de Caprica surprend, parce qu'un peu comme celui de Battlestar Galactica, il semble complètement à contre-courant de ce qu'on aurait pu en attendre. Il n'a pas la puissance du chant étrange de son aîné, mais ce générique a tout de même beaucoup de charme de par la douceur épique qui en émane.

Caprica1
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

J'aime beaucoup le mouvement imprimé dans la caméra, qui oscille en permanence d'un personnage à un autre. L'effet de transition entre chaque plan est à la fois un peu ridicule (comme dans la série elle-même, on où ne craint jamais d'en faire des tonnes) et extrêmement envoûtant. J'aime ce choix de non seulement n'utiliser aucun extrait, mais en plus de faire se dérouler chaque scène dans un Caprica fantasmé qu'on ne voit même jamais dans la série, comme faisant appel à un imaginaire que de multiples références viennent souligner. Je confesse par contre préférer la version piano (entendue trop brièvement dnas l'épisode 9) à celle du générique (peut-être aussi qu'elle est trop courte), mais plusieurs fois au cours de mon visionnage, j'ai pensé "et euh... il sort quand le soundtrack ?", en tous cas, ce qui est un bon point parce que quand je repère la BO d'une série, c'est que vraiment elle s'est distinguée.

Bon alors par contre, j'ai besoin de réponses sur un point : pourquoi il y a DEUX génériques pour Caprica en l'espace de seulement 9 épisodes ? Quelle est la symbolique de ces scènes scénographiées différemment à partir de l'épisode 5 ?
Vous pouvez le constater en cagoulant la 2e version de ce générique, ou simplement en vous basant sur les captures ci-dessous qui, magie, s'agrandissent.

Jeudes7Caprica_1 Jeudes7Caprica_2

Même passage, mais premier plan différent ; Joseph Adama a commencé par prier au milieu d'un cimetière de robots, ensuite c'est au milieu des ronces. Autre scène concernée, quand le U87 sort de la chaîne de montage ; c'est plus subtil et j'ai dû regarder les deux génériques l'un après l'autre pour m'en apercevoir car ça se passe en arrière-plan cette fois.

Jeudes7Caprica_3 Jeudes7Caprica_4

Il y a peut-être d'autres détails encore, et qui m'ont échappé. Si vous voulez jouer au jeu des 7 erreurs, faites-vous plais' !
Dans tous les cas, faire la démarche de changer le générique doit quand même bien résulter d'une volonté, mais laquelle ? Toutes vos suggestions sont les bienvenues parce que vraiment, ça m'intrigue.

 Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Caprica de SeriesLive.

17 avril 2010

Pas encore folle d'elle

Quand vous voulez vous offrir un divertissement léger mais pas débile, et que vous ne manquez pas cruellement de culture, vous pensez immédiatement à une série asiatique. Aussi, après avoir rejoué hier 4 mariages et 1 enterrement (sans les mariages), j'ai eu envie de me payer une bonne crise de rire, et j'ai opté pour l'une des nouveautés de la saison coréenne : Kaeinui Chwihyang (que les sites occidentaux appellent aussi bien Personal Preference que Personal Taste, écoutez les gars, essayez de vous entendre, ça nous fera des vacances). J'la sentais bien, cette petite comédie.

Eh bien... je n'ai été ni déçue ni ravie. Kaeinui Chwihyang a des moments proprement hilarants (je confesse m'être repassé la scène dans l'ascenseur deux ou trois fois, pour le plaisir) (bon d'accord peut-être quatre) (disons cinq et on n'en parle plus). Mais il y aussi quelques lenteurs franchement désagréables.

On parle quand même d'une série dont le pitch, du moins c'est comme ça qu'on me l'avait vendu, est de faire cohabiter une jeune femme dégoûtée de la gent masculine, et un jeune homme qui se fait passer pour gay. Je voyais arriver d'ici les quiproquos, les excuses bidons et, oh, forcément, au moins une scène où l'un des deux protagonistes serait sorti de la douche et aurait été surpris par l'autre, c'était obligé.

Au lieu de ça, le pilote en rajoute des tartines et des tartines sur la situation de Kae In, qui a misé sur le mauvais cheval, on s'en aperçoit dés le début de l'épisode, et c'est pénible que ça lui prenne autant de temps à s'en apercevoir. Le vrai problème est surtout qu'on nous le dise explicitement aussi vite, en fait ; une maladresse qui rend très fatigantes un certain nombre de ses tergiversations dont on sait qu'elles ne riment à rien et qui n'offrent pas le moindre intérêt dramatique, vu le ton général de la série. Heureusement que l'actrice principale est championne internationale de grimaces, parce que sinon on s'ennuierait presque.
Se débattant misérablement avec son petit ami actuel, Kae In ne prend presque pas la peine de se prendre le bec avec son futur chevalier gayrvant, Jin Ho, qui passe le plus clair de son temps à être agacé par elle, quand il devrait, en toute logique, lui trouver un ou deux bons côtés, vu qu'ils sont quand même amenés à emménager ensemble !

Restons logique, on ne va quand même pas les menacer d'une arme pour qu'ils se lancent dans leur colocation, tout de même ! Faites un effort, chais pas moi !
Déjà, pourquoi dans toutes les comédies romantiques asiatiques, à plus forte raison les coréennes, il faut que les deux futurs tourtereaux (parce qu'on SAIT qu'ils vont finir ensemble, on ne se pose pas sérieusement la question !) se prennent systématiquement la tête ? Mais qu'ils ont mauvais caractère, ces jeunes coréens ! Je sais pas moi, on est quand même en présence d'un pitch qui laisse penser que ces deux-là ont un autre enjeu que le fait de ne pas s'entendre ! On pouvait espérer un peu de changement !!!

Donc bon, vous l'avez compris, Kaeinui Chwihyang est loin d'être la romcom parfaite. On a envie de baffer les scénaristes une fois ou deux, parce qu'ils s'acharnent à repousser l'inévitable. Cette fichue cohabitation, on voit mal comment elle va se faire. Pourtant, elle va se faire, parce que toutes les photos de promo et les posters de la série le disent avec malice et bonne humeur (j'adooooore les promos de la série, vraiment, sans elles je n'aurais même pas tenté le pilote) :

Personal

Mais une fois qu'on sera entrés dans le vif du sujet, j'ai aussi le sentiment que les situations rocambolesques peuvent être prometteuses. Parce que quand même, il y a eu deux ou trois scènes hilarantes (et pas que celle de l'ascenseur) (même si, quand même, c'était la meilleure) (tiens je vais me la repasser un coup...) (ah ah, tout de suite ça va mieux), et qu'on sent que Kaeinui Chwihyang pourrait quand même finir par atteindre son objectif. Un jour. Quand cette histoire de vilain méchant petit ami qui fait rien que d'embêter l'héroïne sera derrière nous.

J'aurais presque hâte, tiens.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Kaeinui Chwihyang de SeriesLive.

9 mai 2010

La vie devant soi

L'embarras du choix. En voilà une expression qui exprime bien mes possibilités en ce moment pour vous parler d'un film en particulier. Oh, évidemment, il y a toujours ce post sur The Breakfast Club que je n'ai pas fini alors que le coup de cœur date de février. Et puis, il y a des millions de films que je connais par cœur et dont je pourrais vous parler des heures.
Bon d'accord, pas des millions. Mais quelques uns.
Vous avez vu Dune par exemple ? Question idiote, tout le monde a vu le Dune de David Lynch dans sa version director's cut de 3 heures, et croyez-moi, si vous ne voulez pas être un paria sur ce blog, il vaut mieux pour vous, soit que ce soit vraiment le cas, soit que vous fassiez semblant le temps de rattraper votre retard pendant que j'aurai le dos tourné.

Bon alors : quel film ? Eh bien pourquoi pas celui que j'ai regardé cette nuit, par exemple... Pourquoi ? Eh bien parce que c'était un bon film, voilà pourquoi. Meilleur que Dune, non. Que The Fall non plus, évidemment. Mais c'était un bon film, alors...

C'est quoi le nom du film ? The Life Before Her Eyes
C'est plutôt quel genre ? Mortel
Qui on connaît là-dedans ? Uma Thurman, que je ne vous fait pas l'affront de vous présenter, et Evan Rachel Wood, principalement connue des téléphages pour Once & Again, et à présent il parait qu'elle est (mais ce n'est pas moi qui irai vérifier) dans True Blood.
Ça date de quand ? 2007, mais date de sortie en 2008
En résumé, de quoi ça parle ? Des conséquences d'un massacre dans un lycée.

TheLifeBeforeHerEyes___1 TheLifeBeforeHerEyes___2 TheLifeBeforeHerEyes___3 TheLifeBeforeHerEyes___4 TheLifeBeforeHerEyes___5

En moins résumé, de quoi ça parle ? Deux jeunes filles : Diana et Maureen. Ce sont les meilleures amies du monde, et pourtant elle n'ont rien en commun : l'une est délurée, l'autre est sage comme une image. Ces différences vont prendre une signification nouvelle alors que dans leur lycée, un élève ouvre le feu sur ses camarades et ses professeurs.
Et ça finit comment ? Comme j'aurais dû le prévoir si je ne m'étais pas laissée berner.

Pourquoi c'est bien ? The Life Before Her Eyes possède une narration bien particulière, qui met en parallèle trois ingrédients : d'une part, l'adolescence de Diana et Maureen, d'autre part, l'une d'entre elles parvenue à l'âge adulte, et enfin, et je pense que ça fait partie du récit, des plans contemplatifs lents et sourds. Cette expérience en trois dimensions est particulièrement intéressante parce qu'en fait elle attire toujours l'attention du spectateur sur un des deux autres axes que celui dont on vient de parler, permettant d'entretenir une sorte de suspense sans employer les ressorts habituels du thriller. C'est très habile, et c'est d'autant plus épatant quand on en est à la fin du film et qu'on se dit que, punaise, on aurait dû le voir arriver. Mais voilà, on est tombé dans le panneau, et pourtant Dieu sait que...!
Pourquoi c'est pas bien ? Narration très habile, on l'a dit. Esthétisme très convenable, pas forcément imaginatif mais très honnête. Excellente interprétation. Mais bon sang, tout le reste ! En fait, une fois arrivée à la fin du film, je me suis demandée si on s'était pas un peu foutu de ma gueule. Quelle est la morale à retirer de tout ça ? Je crains d'en avoir une idée. Le vrai problème de ce film, et j'ai mis un fichu temps à m'en apercevoir... c'est son histoire !

Ah, les joies du cinéma ! Les types qui font les castings sont des gens formidables, le dira-t-on jamais assez. Ils vous trouvent des ressemblances là où vous n'aviez jamais pensé en voir avant ça. Mais là, penser à mettre Evan Rachel Wood et Uma Thurman dans le même film, bon sang, c'est au moins aussi sadique que mettre Rosemarie DeWitt et Mary-Louise Parker dans le même film, vous voyez le truc ? Complètement dérangeant. Les types qui font les castings sont des gens tarés. J'ajoute que si j'étais Evan Rachel Wood, je le prendrais mal, physiquement.
La réplique qui tue : Tout au long du film, les scènes se succèdent pour nous montrer des photographies de l'adolescence de Diana et Maureen, le plus souvent ensemble ; leurs conversations sont alternativement anodines et pleines de petites perles de sagesse comme on a l'impression d'en sortir à 16 ans quand on se pose des questions sur... la condition humaine. Une fois, les deux jeunes filles se promènent près d'arrosoirs automatiques qui font tomber de fines gouttes de pluie sur elles ; Diana dit alors : "Peut-être qu'on est comme la pluie qui s'évapore, et qu'on va retourner dans l'atmosphère ? Regarde toute cette brume... Hm... Je me demande qui on est en train de respirer à cet instant ?".
La scène qui tue :
Je vais demander au moins de 16 ans de sortir de ce post, car la scène qui tue... tue vraiment. C'est la scène de la fusillade et c'est l'acte fondateur de tout le film. Mais ne croyez pas que je vous spoile quand je vous mets cette scène qui, d'ailleurs (et contrairement au nom du fichier), n'est peut-être pas vraiment la scène par laquelle commence le film, mais c'est tout comme. Franchement, cette scène, vous allez la voir trois ou quatre fois pendant le film si vous le regardez, donc sérieusement, il n'y a pas de suspense à ce stade. Chaque mot de ce post est pesé, croyez-moi ya pas l'ombre d'un spoiler dans ce post, et cette affirmation inclut le très violent (psychologiquement) passage ci-dessous. Comparativement, l'affiche en dit plus que moi sur l'issue du film !

TheLifeBeforeHerEyes___Extrait

Une note ? CagoulesCagoulesCagoules
Loin d'être le film qui va vous posséder pendant des semaines comme d'autres le font, The Life Before Her Eyes n'a rien d'un classique du cinéma, mais les critiques sont tout de même dures avec lui car, si on le laisse faire, ce film réussit tout-à-fait son entreprise.
Bilan : Un peu plus haut, je vous parlais de la structure du film. Elle fait partie de ses artifices, ne nous le cachons pas. Mais c'est aussi la grande force de The Life Before Her Eyes, dans le sens où ses trois volets, mis en parallèle, font leur œuvre lentement mais sûrement. Les nombreuses scènes de l'ordre du contemplatif, que j'évoquais, jouent parfaitement leur rôle à la fois de description (le film est l'adaptation d'un livre, après tout) et de plongée dans une certaine ambiance morbide. Bien-sûr que ce film parle de la mort, vous vous en doutiez déjà parce que j'en parle en ce moment, ce qui ne peut être anodin, et également parce que vous avez lu le résumé et que vous n'êtes pas plus bête qu'un autre ! Mais les très nombreuses scènes de ce type s'intercalent dans la narration pour donner une impression de malaise. Ça n'a pas été sans me rappeler les effets similaires dont je parlais dans Le Lagon Bleu, il y a quelques mois, on repose sur le même mode à vous montrer des choses qui en apparence, sont jolies, mais cachent en fait quelque chose de glauque et de sinistre sitôt que l'œil s'attarde. Et l'œil s'attarde. Parce que la caméra s'attarde. Je le disais, c'est habile.
Le film soulève aussi (à dessein) les questions sur la conscience, la culpabilité et d'autres valeurs morales qui semblent, après réflexion, peut-être un peu teintées de religion. Mais ne craignez pas l'endoctrinement, c'est juste mon interprétation... vous me direz ce que vous, vous en pensez.

Publicité
4 mai 2010

Good girls don't...

Eh, je suis pilotovore, et dans une phase de sitcoms, qu'est-ce que j'y peux ? Je suis tombée par le plus grand des hasards sur une mine d'or de pilotes de type "unaired", et parmi eux, il y avait Nice Girls Don't Get the Corner Office. C'était la première fois que j'en entendais parler, mais c'était une comédie et c'était un pilote, et je ne demandais rien de plus. J'ai cagoulé. J'ai vu. Il faut que je vous raconte. Et je me suis dit qu'en faire un post La preuve par trois serait peut-être le bienvenu... vous me direz si j'ai eu raison.

NiceGirlsDontGettheCornerOffice___1
De prime abord, le personnage central de ce sitcom semble être Joy, une assistante de direction. Et comme hier, je suspecte que mon appréciation immédiate du personnage soit due à un peu d'identification, mais passons. La description que Joy fait de son job est claire et honnête (et j'ajouterai : lucide) : "Regardez-moi : j'étais si heureuse à l'époque. J'étais crainte et respectée, et j'avais un tampon avec sa signature. Je ne l'ai jamais volé. Mais c'était agréable d'avoir cette option". Je crois qu'en chaque assistante de direction se cache une Joy. Quelqu'un qui occupe peut-être un poste au prestige modéré, mais qui dans l'entreprise, possède un pouvoir immense. Je confirme ce pouvoir. Je confirme cette satisfaction de se dire qu'on pourrait faire beaucoup de choses avec ce pouvoir. Je confirme qu'une bonne assistante ne s'en sert jamais. Mais ça n'empêche pas de jouir intérieurement à l'idée de tout ce qu'on pourrait faire si on était juste un peu plus mauvaise. Oui, dés les premières minutes, j'ai adoré Joy... alors forcément, ça m'a fait de la peine pour elle de la voir perdre son patron... et donc son pouvoir.

NiceGirlsDontGettheCornerOffice___2
Entre en scène Angela. Vous la remettez ? Voui !!! C'est bien elle ! Et ici Jemma Mays interprète une Angela au moins aussi gentille et adorable et serviable que peut l'être Emma dans Glee. Les TOC en moins. C'est en fait justement le problème d'Angela : elle fait du bon boulot, elle est intelligente, elle a ce qu'il faut d'ambition... mais elle est gentille. Et ça, c'est juste pas compatible avec son ambition. Ce n'est pas compatible non plus avec l'ambition de Joy qui est de retrouver au plus vite son bureau et son pouvoir d'assistante de direction dans les hautes sphères de l'entreprise (et ne plus avoir à partager l'imprimante). Tout le challenge de Joy est donc de faire d'Angela quelqu'un d'un peu moins gentil. Et on parle d'une fille qui donne systématiquement ses idées aux autres, apporte des pâtisseries faites maison le matin et laisse ses subordonnés faire tout ce qu'ils veulent. Et tous ceux qui ont mis le quart d'un orteil dans le monde du travail savent qu'être gentil, ça ne donne jamais rien de bon. Les gens vous aiment bien, mais ne vous respectent pas et surtout, ne vous considèrent pas professionnellement. Angela s'en rend bien compte dans le fond, et l'arrivée de Joy dans sa vie semble finalement providentielle.

NiceGirlsDontGettheCornerOffice___3
Mais en fait, la vraie raison pour laquelle j'ai fait de ce post un post La preuve par trois, avec les trois captures et surtout le petit truc que vous savez à la fin, c'est ça ! Je n'en savais rien en cagoulant ce pilote, mais on trouve Jemma May et Matthew Morrison dans la même série, et ils ont même quelques scènes ! C'est franchement sympa, non ? Morrison fait même semblant de pousser trois notes, je veux dire, c'est le karma ou bien ? Je suis certaine que plein de monde savait avant moi que ce pilote existait, mais de tomber dessus comme ça, de retrouver Jemma Mays que j'aime beaucoup (et ça ne date pas de Glee mais voulons-nous que je parle encore de tartes ? Je me disais bien), de trouver ce thème plein de piquant dans sa façon d'aborder la vie de bureau, et en plus de tomber sur ce duo complètement improbable de deux acteurs de Glee dans des rôles pas si éloignés de ce que la série de la FOX leur fera jouer... vraiment, ça a embelli ma journée. Ce qui, je vous l'accorde, après la boucherie soi-disant médicale dont j'ai fait l'objet, n'était pas difficile.

Donc voilà, c'est cadeau, et vraiment, ça vient du cœur, parce que si comme moi vous n'étiez pas au courant que ce petit pilote adorable existait, eh bien voilà, c'est chose faite. Et pour ces raisons (et toutes les fois où j'ai sincèrement ri), je regrette que cette série n'ait jamais vu le jour. Mais, eh, sans elle, pas de Glee telle qu'on connait la série, pas vrai ? Alors...

Et pour ceux qui... ouais, bah non. Le mieux que je puisse vous proposer, c'est la fiche IMDb.
Favicon

23 mars 2010

L'ennemi sans visage

Il m'a fallu 15 à 20 minutes, au bas mot, pour faire taire cette petite voix qui dans ma tête, pendant le pilote de The Pacific, répétait en boucle "Band of Brothers, Band of Brothers, Band of Brothers"... et comment la faire taire plus vite, en effet, quand tout dans la production de cette nouvelle mini-série persiste à répéter les mêmes ingrédients : les témoignages de vétérans, la musique, le générique... les codes sont intégralement repris.
Dans un premier temps, c'est d'ailleurs assez gênant. D'où cette petite voix lancinante impossible à réduire au silence. Peut-être aurait-il tout simplement fallu assumer le côté spin-off de la chose ? D'autant qu'il est difficile d'oublier l'excellence de l'illustre aîné...

The Pacific met du temps à prendre ses marques et à s'en différencier. Le tournant est pris au moment du débarquement... Alors que le découragement du spectateur est à son comble, enfin, l'épisode offre un retournement inattendu et coupe le cordon. Nous y voilà enfin, il fallait attendre que les Marines aient posé le pied sur leur île du Pacifique.

ThePacific_pilot1

Et quelle île. Contrairement à Band of Brothers qui n'hésitait pas à frapper d'un grand coup avec une ambiance propre aux séries de guerre assez tôt dans le pilote, ici, The Pacific entretient une atmosphère oppressante pour les personnages (et donc pour le spectateur)...
L'ennemi est tout près, mais il semble aussi trop loin. Aucun contact. Un rendez-vous manqué avec l'action. Puis un autre. Et à chaque fois, la perte des rares repères qu'on peut avoir quand on est en guerre à des milliers de kilomètres de chez soi. Même quand ils se battent à quelques kilomètres de la côte, ils semblent invisibles, ces fichus Japs. On craint de les voir partout mais ils ne sont en fait nulle part. On voudrait apercevoir leur éclaireur, mais ce n'est que le vent dans les arbres.

Et quels arbres. The Pacific, c'est aussi, de façon totalement inattendue, une ode contemplative à la nature des îles du Pacifique. Ce qui remplace les filtres incroyables de Band of Brothers, c'est cette fascination authentique pour la verdure environnante. Plusieurs fois, les soldats se trouvent absorbés dans les images un peu hypnotiques que forment les arbres se balançant doucement dans le vent las qu'on imagine tiède et moite. Le tableau ne saurait être complet sans quelques cris d'animaux et d'oiseaux.
La nature semble pure, comme jamais touchée par l'homme, et c'est ce qui rend le voyage si angoissant, car cette nature en apparence vierge amplifie le sentiment de s'aventurer dans l'inconnu. C'est aussi ce qui rend les quelques images d'horreur, fugaces, comme les quelques soldats exécutés en plein milieu de la forêt. On a retrouvé le paradis perdu, et il faut pourtant s'attendre à subir la violence humaine à tout instant.
C'est l'une des grandes forces du pilote de The Pacific, sa plus belle preuve d'éloquence. C'est presque dommage de l'avoir bêtement explicité ensuite dans la lettre.

ThePacific_pilot2

L'explosion de violence sur la fin de l'épisode n'en devient, du coup, que plus terrible.
Jusque là, l'ennemi, c'étaient des injures raciales, des appareils, des ombres furtives qu'on pensait voir entre deux branches. Autant dire un ennemi sans visage. Pendant la scène de combat, aucun corps à corps, tout se fait à distance, chaque camps canardant l'autre au mieux en espérant éviter le combat.

Et puis vient cet homme, ce Japonais. C'est le premier dont on voit le visage. Et ce visage est marqué par la démission. Ce visage dit qu'il y en a marre de ces conneries. Ce visage est celui d'un humain complètement désemparé. C'est là que The Pacific sacrifie à ce qui est le passage obligé de toute série de guerre, l'instant suprême de doute, et le fait avec talent et poigne.

ThePacific_pilot3

La marge de manœuvre de cette mini-série, pour se distinguer réellement de celles qui l'ont précédée, est assez réduite. Mais même sans ça (et au vu de ce pilote, il n'est pas dit qu'on doive s'en passer), The Pacific est la promesse d'une fiction de guerre rondement menée, intelligente et tonitruante à la fois. Une série de guerre comme on les aime, quoi.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Pacific de SeriesLive.

22 mars 2010

God, make me good... but still not yet

Il y a quelques heures, j'accueillais United States of Tara avec joie et frustration, voilà donc l'autre partie de la bonne nouvelle du mois : revoilà aussi Jackie ! Non seulement ces deux séries ont figuré parmi mes rares coups de cœur de 2009, mais les voilà à présent liées l'une à l'autre par les grilles de Showtime, dans lesquelles elles figurent l'une à la suite de l'autre cette saison. Je me sens gâtée. Je le prends comme un cadeau qui m'est fait personnellement. Ravie au plus haut point.

Contrairement à United States of Tara qui entame sa saison dans la précipitation, Nurse Jackie prend son temps. Le résumé de la première saison, qui s'étend au début de l'épisode sur plus de 2mn, est assez éloquent à ce sujet : rien n'est laissé à l'abandon, tout est replacé dans son contexte (ya juste l'histoire du rat que j'ai toujours pas comprise, mais si ça ne figure pas dans le résumé, c'est que vraiment c'était anecdotique !). De sorte que, si vraiment vous avez été négligent, voire stupide, au point de ne pas avoir regardé la première saison, vous avez ici tous, absolument tous les éléments qui l'ont constituée. Et ces 2mn montrent bien que ladite saison n'a pas manqué d'enjeux...

Alors nous y voilà, on prend ses marques progressivement. Jackie est toujours sur la défensive par rapport à Eddie, qu'elle ne voit plus mais qui semble la hanter (on apprend au cours de l'épisode qu'elle ne répond plus à ses appels, ce qui est d'autant plus étonnant que 1/ c'est lui qui était furieux à la fin de la 1e saison 2/ il est censé ne pas avoir son numéro de portable habituel, or Jackie n'a plus qu'un téléphone dans ce season premiere). On a toujours su qu'avec Eddie, c'était plus qu'une simple histoire de sexe, et qu'en parallèle Jackie n'a jamais cessé d'aimer son mari ; c'est l'occasion de le rappeler avec cette première scène à la plage.

Les choses reprennent aussi leur place à l'hôpital, évidemment : Coop est toujours un petit adolescent attardé, Zoey réfléchit au ralentit mais a toujours bon cœur, Ellie est cynique mais toujours aussi attachée à la famille de Jackie, etc... Comme attendu, Momo a disparu du paysage et il n'y sera fait mention que très rapidement, histoire de donner un semblant de justification ; Thor semble en bonne place pour lui succéder dans le rôle du type avec qui on discute dans la chapelle sans trop vouloir en dire.

MakemegoodStillnotnow

Cet épisode très lent est dans la même ligne éditoriale que le pilote : on n'est pas aux pièces, ya pas le feu, occupons-nous tranquillement de placer chaque personnage avant d'aller plus en avant. C'est un rythme que j'aime chez Nurse Jackie, et il n'empêche absolument pas des scènes à la fois hilarantes et bien senties, permettant de jouer sur les problématiques habituelles, et notamment le problème d'abus de Jackie.

Rien dans ce premier épisode ne bouleverse l'ordre établi... avant que n'intervienne, évidemment, la fin de l'épisode. Avec Nurse Jackie, on n'a jamais travaillé à la hâte, et la nouvelle saison est dans la plus pure continuité. Si vous vous attendez à un coup d'éclat incroyable, vous n'avez toujours rien compris à la série et son ton de chronique. Si vous voulez retrouver tout ce petit monde à la fois attachant et détestable là où vous l'avez laissé, alors le début de la seconde saison s'annonce comme les retrouvailles auxquelles vous rêviez.
Moi, en tous cas, je me suis sentie comme en famille.

C'est bon que tu sois de retour, Jackie. Allez, c'est bon, tout est prêt, on peut y aller.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Nurse Jackie de SeriesLive.

11 mars 2010

He's alive ! Alive !

Comme vous le savez, dans la bande des gars de SNL, j'ai une préférence marquée pour Jason Sudeikis (et juste derrière, Kristen Wiig, d'ailleurs ils fonctionnent très bien en tandem). Pour Sudeikis, les raisons se répartissent comme suit : 80% parce qu'il est hilarant, 5% parce qu'il a une voix géniale, 15% parce que j'en ferais mon quatre heures. Soyons honnêtes, sans déc.

Grâce à toutes ces qualités plus ou moins avouables, ou peut-être en dépit de ces mêmes qualités d'ailleurs, il a réussi à accomplir un miracle dans un sketch où Hugh Laurie (Dr House, of course) était l'invité. J'ai vu les deux épisodes où Laurie était hôte, d'ailleurs, ce sont de bons épisodes, avec de nombreux numéros très drôles. On n'apprend pas au vieux singe à tirer la grimace, après tout.

Dans ce sketch, des villageois en colère partent en battue afin de tuer la créature de Frankenstein... mais évidemment, tout ne se passe pas comme on l'imagine. Le rôle de Sudeikis ? Il est finalement mineur (le sketch donne bien plus la part belle à Bill Hader), mais incroyable : il y interprète un vampire.
Et je peux regarder ce sketch, pourtant, encore et encore... suffisamment pour aller jusqu'à vous le sous-titrer.
Alors, j'avais pas promis un incroyable miracle ?

Enfin, vérifiez par vous-mêmes, puisqu'en direct de ladytelephagy, it's Saturday Night Live !

SNL_TheCurseofFrankenstein

Je suis désolée, l'humour de ce sketch est suffisamment accessible pour faire l'unanimité, c'est pas possible autrement. Autant le post de demain, je comprendrai qu'il ne plaise pas à tout le monde, autant celui-là...

23 février 2010

Piégée

Étrange expérience que de regarder le pilote de Lobbyist... arrivée à son terme, je ne suis pas certaine de poursuivre la série, même si l'épisode est parfaitement construit pour qu'on veuille en savoir plus. Mais le problème est précisément celui-là : j'ai l'impression que la structure de ce premier épisode tente de me forcer la main.
Et je pense que pour pouvoir vous expliquer mon dilemme, le mieux, c'est de faire pour ce premier épisode une review un peu plus factuelle qu'à l'ordinaire. Bon, je tente, on verra bien...

Lobbyist s'ouvre une une scène forte en adrénaline, mais dont le spectateur comprend assez mal les tenants et les aboutissants, parce qu'il ignore tout des personnages. Deux otages, un homme et une femme (se nommant apparemment Harry et Maria), sont sur le point d'être libérés en échange d'une forte somme d'argent. Les preneurs d'otage s'expriment en anglais, les personnes apportant la rançon, et accompagnées de militaires armés, partiellement en anglais. Au moment de délivrer les prisonniers, des coups de feu sont tirés et s'en suit une scène d'action et de panique qui remplit pleinement son office. A la suite de quoi, pouf ! On se retrouve dans un tout autre décor, et avec d'autres personnages dont une petite fille de 10 ans, qui a tout d'un garçon manqué. Je ne vous cache pas qu'on est un peu perdu à ce stade. En fait, pas qu'un peu. Du coup, on dévore les scènes suivantes en espérant comprendre ce qui se passe : flashback, flashforward, ou même moment mais un autre lieu ? Pas un seul nom en commun avec les rares à être prononcés pendant la scène d'ouverture. C'est vraiment bizarre.

En cela, Lobbyist sera imité deux ans plus tard par IRIS et son effet de flashback pas du tout explicite, également dans le pilote.
Ah oui ! J'ai oublié de vous dire : Lobbyist est une série coréenne... Bon bah, maintenant que vous êtes arrivés là, autant lire ce post jusqu'à la fin, hein...!

La seconde partie de ce premier épisode de Lobbyist s'attache au contraire à présenter soigneusement ses personnages, et notamment la petite So Young, la gamine de 10 ans qui aime se battre, n'a peur de rien et est un peu têtue. Mais si, avec ses jolies couleurs claires, cette présentation de ce qui semble être l'héroïne offre un contraste visible avec la scène d'action particulièrement violente qui l'a précédée, on va petit-à-petit plonger dans un univers plus angoissant.

So Young habite en Corée du Sud, en bord de mer, et le village découvre un jour avec stupeur que des militaires du nord ont passé la frontière, en arrivant par la mer à bord d'un sous-marin dans lequel ils s'étaient infiltrés. La panique s'empare de la petite localité côtière, l'état d'alerte est déclaré, l'armée est sur les dents, les réservistes sont mis à contribution.
Comme beaucoup d'enfants dans ce genre de situation, So Young ne mesure pas la portée des évènements récents ; avec Joo Ho, un jeune camarade et fils de militaire, qui vient d'arriver dans sa classe, elle s'aventure dans la zone côtière où a échoué le sous-marin, qui attise sa curiosité.

Il y a dans cette suite d'évènements un côté innocent qui est parfaitement retranscrit : imperméables aux peurs adultes, So Young et Joo Ho font des bêtises sans comprendre qu'ils risquent bien plus que d'être grondés. La réalité va les frapper durement quand, un peu plus tard et dans des circonstances similaires, So Young va assister à un assaut au cours duquel l'armée sudiste va exterminer les soldats nordistes cachés dans un corps de ferme. Qui plus est, au cours de ce raid, le père de Joo Ho trouve la mort.

Les deux enfants sont, on l'imagine, bien secoués, notamment So Young qui perd de sa hardiesse et fait des cauchemars. Tous les deux vont être séparés par cet évènement : Joo Ho est envoyé chez une lointaine tante à Philadelphie, aux États-Unis alors alliés de la Corée et pays de cocagne pour nombre de ses ressortissants, et So Young reste cloitrée chez elle... jusqu'à ce que son père ait l'opportunité de faire également émigrer sa famille aux États-Unis, mais à New York.

Bon alors, dites-moi, comment je m'en sors avec les reviews plus linéaires, pour le moment ?

Parce qu'il faut le dire, difficile de parler de Lobbyist sans procéder de la sorte. Probablement parce qu'en tant que spectatrice occidentale, il me manquait des éléments pour situer certains enjeux relatifs à l'histoire de la Corée. Il m'a d'ailleurs fallu un bon moment avant de comprendre que l'enfance de So Young se déroulait dans les années 80, par exemple. Je ne sais pas si c'est capital pour comprendre l'ampleur du traumatisme des deux enfants, mais pour comprendre les réactions des adultes, ça l'est probablement. C'est là qu'on prend la mesure de la pauvreté des cours d'histoire internationale dans un cursus lambda, quand même.

Lobbyist (ah et, tiens, au fait, à quel moment il va être question de lobby, dans cette histoire ? Visiblement après le pilote) s'annonce comme une série dense, c'est clair. Je citais tout-à-l'heure IRIS, c'est vrai que l'ambiance est similaire (l'histoire de la Corée du Sud se mêlant avec l'histoire des protagonistes), bien qu'évidemment l'intrigue soit différente. La réalisation est au moins aussi nerveuse et soignée (on appréciera les couleurs vives du paradis perdu que représente le village, dont la nature idyllique ne semble pas avoir remarqué qu'on a frôlé la déclaration de guerre), le scénario semble savoir où il va et ne rien laisser au hasard, la trame se construit avec précision et intelligence... Mes lectures me confirment d'ailleurs que le budget est à l'avenant et que Lobbyist était une production onéreuse, comme IRIS.

Mais lorsqu'arrive la fin de l'épisode et son trailer pour l'épisode suivant (c'est en effet une particularité asiatique : un trailer de l'épisode à venir est systématiquement proposé après le générique de fin), on comprend enfin que So Young et Maria ne sont qu'une seule et même personne, et de même pour Joo Ho et Harry.
C'est là qu'on se sent comme piégé par la narration. J'aurais sans doute dû le voir venir, mais j'ai quand même le sentiment d'avoir été dupée par un scénario haletant et des éléments cryptiques savamment distillés pour m'empêcher d'avoir toutes les cartes en main. Subitement, je veux savoir comment la petite So Young est devenue l'otage Maria, mais cette envie d'en savoir plus a été provoquée de façon totalement artificielle, par une pirouette scénaristique.

Lobbyist_Generique

Au moins, Lobbyist, ça change des comédies romantiques, dont personnellement je ne suis pas friande (sauf quand il y a des pâtes). Et que même si on se dit qu'on a bien été eu, on sent qu'on a affaire à une fiction intelligente mais aussi parfaitement efficace.
Lobbyist, comme IRIS (je me répète), est la preuve que les fictions coréennes n'ont pas grand'chose à envier à certaines superproductions américaines. Si vous avez le temps d'y jeter un œil, laissez-vous prendre au piège !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Lobbyist de SeriesLive.

23 avril 2010

Profession : résumeur

Tous les téléphages ont, au moins une fois, imaginé exercer un métier dans le milieu de la télévision. A plus forte raison lorsque le téléphage en question est ado et n'a pas encore perdu toutes ses illusions. Il y a ceux qui rêvent d'être acteurs, ceux qui veulent écrire des scénarios, ceux qui veulent décider des grilles des chaînes...
...moi, je voulais travailler à Télé Z. Entre deux scénarios.

Télé Z, à mes yeux, c'était le Valhala.
Déjà on était toujours le premier au courant quand il y allait y avoir un pilote qui allait être diffusé. Et ça c'est quand même le pied, il faut le dire.
Mais pas seulement. Il y avait, niché au fond à droite dans la salle de rédaction de Télé Z telle que je me l'imaginais, un poste en or : résumeur. Imaginez le truc : chaque semaine, il faut rédiger les résumés de l'intégralité des séries (et accessoirement, des films) présentés dans les colonnes du programme. Dans ma tête, cela ne pouvait signifier qu'une chose : il fallait tout regarder. Le Valhala, vous dis-je.

Afin de pouvoir postuler sérieusement à cet emploi, je me suis dit que j'allais regarder comment ça se faisait. J'ai commencé à lire les résumés de Télé Z ; le truc que personne ne fait jamais, osons le dire.
Voici comment j'ai perdu quelques unes de mes illusions, au moins celles qui étaient en rapport avec Télé Z (mais si on ne perdait que ces illusions-là, la vie serait belle, finalement).

Car il est apparu comme évident que jamais au grand jamais le résumeur de Télé Z ne regardait ce qu'il résumait. Et pour une téléphage comme moi, même si à l'époque je n'en étais qu'à mes premiers symptômes, c'était quand même très, très grave.
La révélation m'est apparue avec un résumé de SPACE 2063. L'un de mes épisodes favoris (avec quelques autres) s'appelait Très chère Terre, et il était résumé (de mémoire) comme suit par Télé Z :
"Shane reçoit une lettre de sa sœur. Il est furieux."
Rien de choquant outre mesure, sauf si on a regardé la série et qu'on sait... que Shane est une femme. Bon, déjà on a un problème. Ne pas regarder l'épisode, c'est une chose, mais ne même pas savoir que Shane Vansen est une femme, là quand même, ça démontrait bien que le résumeur n'avait même jamais vu la série ; de là à en conclure qu'il ne voyait pas le reste de ce qu'il résumait non plus, il n'y avait pas loin. Plus tard, bien plus tard, j'ai fait la connaissance d'internet, et j'ai appris que c'était également une pratique courante sur les sites proposant des résumés d'épisodes ; ça me fait penser qu'il faut que je prenne le temps de faire les synopsis pour SPACE 2063, entre autres.

Alors après, évidemment, il y a le problème de la place. Le résumeur n'a que, quoi ? Au mieux, deux lignes pour résumer l'épisode ? A ce petit jeu, c'est tout simplement du tweet avant la lettre. Et je compatis, ça ne doit pas être facile.

Mais certains résumeurs ont en plus une approche vicieuse de leur profession : ils l'exercent avec toute la mauvaise foi dont ils peuvent être capables. A mi-chemin entre "d'façons je n'ai pas vu l'épisode" et "même si on me payait je ne ferais pas mon boulot correctement" (puisque j'ai acquis la conviction que le résumeur n'est autre que le stagiaire non-rémunéré qu'emploie le programme télé), les résumés des publications de ce type, de Télé Z à Télé Loisirs en passant par Télé 7 Jours, et j'en passe, sont finalement une sorte de blague que l'univers nous envoie à nous autres connaisseurs, le truc qui ne fait hurler de rire ou pleurer de pitié que le téléphage, le vrai, celui qui sait de quoi on cause. Une private joke cosmique.

Depuis que mes illusions sur Télé Z et ma profession de rêve sont tombées, et après une saine période durant laquelle il m'a fallu faire le deuil du Valhala, je lis désormais ces résumés avec amusement. Aujourd'hui je n'achète plus de magazine télé, mais les programmes en ligne ne manquent pas de savoureuses occasions d'embrasser répétitivement le bord de son bureau avec le front.

TeleZ

Par exemple, voilà une pièce à conviction lue récemment sur Programme-tv.net
"A Winslow High, le lycée huppé des quartiers chics de Boston, Lipschultz et Harper sont en proie à d'incessants dilemmes existentiels. La jeune Dana devrait-elle être forcée à porter un soutien-gorge sous peine d'être renvoyée de l'établissement ? Doit-on réellement craindre les parents de Jason Harrelsons, qui menacent d'attaquer le lycée en justice si leur fils n'obtient pas la moyenne en histoire ? Et que faire avec le jeune professeur Harry Senate, qui manipule un pistolet en classe ?..."
(Boston Public - 1x01)

Il y a d'un côté les incohérences (quartier huppé des quartiers chics, vraiment ?!) qui tendent à laisser penser que le résumeur n'a pas vu l'épisode, ou qu'au mieux, il ne l'a pas compris... et puis de l'autre, il y a le ton employé pour poser clairement les problématiques de la série. Le résumeur a vraisemblablement tout compris de l'angle de la série. Et surtout, il l'a totalement prise au sérieux. Sur l'air de "genre, ahahah, le prof qui a un flingue et qui tire en classe, et ahahah, un procès contre un lycée, mais quels déconneurs ces américains !".

Et là je me dis... même gratuitement, je ferais un tellement meilleur résumeur que ça. 'Croyez pas ?

18 janvier 2010

Toute histoire a un début... ou parfois, deux

C'est à cause de l'heure. Il ne peut pas y avoir d'autre explication. Si, en fait il peut y en avoir d'autres. Mais majoritairement, c'est à cause de l'heure. Quand on regarde les premiers épisodes d'une série après minuit, on s'expose à n'être pas franchement rationnel.
Si je n'avais pas découvert Heroes à environ deux heures du matin (si mes calculs sont justes), aujourd'hui on n'en serait donc pas là. Je n'aurais sans doute pas acheté le coffret de la 1e saison, et le second ne figurerait pas dans la commande Cdiscount que je dois aller chercher à la Poste (happy birthday to me ♪).

J'ai donc redonné sa chance au pilote de Heroes. 'Stoire de voir. De me tester, si on veut. Comparer avec moi-même.
L'expérience est d'ailleurs assez intéressante parce qu'après trois ans quasiment jour pour jour, il était évident que mon regard allait changer sur cette série. Ne serait-ce qu'à cause de tout ce que j'en avais lu dans l'intervalle, déjà. Et puis aussi parce que, forcément, mes goûts ont évolué depuis, et que c'est amusant d'essayer de reprendre les choses depuis le début (ou en tous cas, essayer) et de constater que...

...que le résultat, en définitive, est complètement différent. Et pas du tout.

Ce qui est radicalement différent, c'est que je suis loin de l'enthousiasme sans borne et de la fringale (osons le dire) que j'ai ressentis après les premiers épisodes de la série, il y a donc trois ans de ça (ce blog était encore en langes, c'est émouvant). Non, après avoir revu le pilote, je n'ai même pas absolument envie de m'enfiler le second épisode dans l'immédiat, bien que, bon, allez, ça va certainement se produire un soir où je serai fatiguée et où j'aurai envie de m'enfiler un truc pas trop compliqué, d'autant que maintenant que j'ai remis le pied à l'étrier... mais ça s'arrêtera là.
Car du coup, ce qui ne sera pas différent, c'est que Heroes n'est pas, et ne sera jamais, la série que je n'aurais jamais dû arrêter de regarder, et que je regrette d'avoir laissé filer.

Cela dit, je ne m'en veux pas pour l'investissement côté DVD. D'autant que j'ai jamais payé le prix fort pour cette série vu que je l'achète toujours avec 50 ans de retard. C'est pas plus mal d'avoir ce genre de série dans ma téléphage-o-thèque, ça change. Ce ne sont pas les dizaines d'euros que j'ai le mieux dépensés mais enfin, c'est pas comme si j'avais acheté un DVD de Son of the Beach, n'est-ce pas ? Ahem.

Bref, le pilote de Heroes m'a finalement rassurée.
Tout va rien, en arrêtant de regarder la série au cours de la première saison, je n'ai pas fait la plus grosse bêtise de ma vie de téléphage.

Et quelque part, maintenant que je sais ça, en fait, je pense que je vais regarder la série beaucoup plus sereinement que si je ne me disais que j'ai loupé (au moins pour la première saison, mettons) l'un des meilleurs divertissements popcorn de ces dernières années.
Je crois que je suis prête pour enfin vraiment découvrir la série. Réconciliée.

Heroes

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (vous me raconterez à quoi ressemble la vie de troglodyte, à l'occasion) : la fiche Heroes de SeriesLive.

11 janvier 2010

Life sentence

Les sitcoms tournés avec plusieurs caméras appartiennent au passé.
Le jeunisme, il n'y a que ça de vrai.
Non à l'hégémonie télévisuelle américaine !
Forte de ces trois préceptes, la production de 18 to Life, série canadienne ayant pour enjeu principal que deux adolescents se marient précipitamment et contre l'avis de leurs parents, a tout simplement lancé un remake de Dharma & Greg.

18toLife

Et le pire c'est que ça marche ! 18 to Life est un rafraîchissant divertissant, porté par un couple central à la fois attachant et frais. Le duo fonctionne bien, et se détache des poncifs réutilisés à partir de Dharma & Greg pour trouver une personnalité propre, pleine de tendresse et de piquant. Ce sont deux adolescents normaux, un peu sages mais pas caricaturaux, plongés dans une situation qui les dépasse un peu mais qui s'accorde finalement assez bien avec leur âge : un coup de tête qui change leur vie. Les portraits comme les réactions sont réalistes, et on peut vraiment dire que Jessie et Tom sont bien écrits ET bien incarnés, ce qui a le mérite de surprendre vu le contexte.

Le blâme est en fait à adresser à... tout le reste. Les parents, principalement. Trop stéréotypés, ils représentent tout ce qui peut énerver dans une comédie : radicalement différents, ils ne s'aiment pas beaucoup (bien que voisins depuis des années) et ne partagent absolument pas les mêmes valeurs. Ils vont pourtant tomber d'accord sur une chose : ce mariage est une mauvaise idée. Le pilote les voit donc comploter afin de décourager leurs rejetons de faire le grand saut.
La situation respective des deux familles est dénuée de toute forme d'imagination et, pire encore (si c'était possible), n'a pas le moindre charme. Si les Finkelstein avaient un grain de folie appréciable même quand il ne servait qu'à produire quelques gags supplémentaires dans un épisode de Dharma & Greg, les Hill manquent totalement de relief en dépit des éléments soi-disant originaux qui servent à les décrire (le mari qui mange du bœuf séché en cachette, le réfugié irakien qui vit avec eux, etc...). Cas similaire chez les Bellow qui se sont collectivement assis sur un objet oblong mais ne sont pas spécialement drôles non plus.

L'origine de ce problème est peut-être à rechercher justement dans le traitement : choisissant de filmer cette comédie avec une seule caméra et dans des décors très variés (peut-être trop ?), la réalisation de 18 to Life s'est éloignée volontairement de la comédie pure, pour aller vers quelque chose de plus nuancé. Mais l'écriture des personnages secondaires n'a pas suivi le mouvement. Du coup, le résultat donne un décalage qui empêche de prendre la série au sérieux.
Peut-être qu'il aurait mieux valu le tourner comme un drame avec de l'humour que comme une dramédie, je ne sais pas.

Concrètement, 18 to Life n'a rien de la révélation, mais en tous cas c'est vaguement amusant, et le couple central donne envie de le suivre. Et puis, ça m'a rappelé mes propres 18 ans, quand, à la suite d'un pari, j'ai moi aussi été fiancée. Grâce à 18 to Life, je vais enfin savoir comment ç'aurait pu tourner...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche 18 to Life de SeriesLive.

25 janvier 2010

[DL] St. Elsewhere

Dans les années 80, apparemment, la plupart des séries commençaient par un générique, et non une scène d'exposition. C'est en tous cas la conclusion que je tire de mes observations de vieilleries en tous genres. Du coup, quand débute le générique de St. Elsewhere, on prend un sacré coup de vieux puisqu'il commence par une image en noir et blanc.
Je veux bien admettre d'avoir pris un an aujourd'hui, et je n'ai en fait aucun problème avec ça, mais de là admettre que l'année de ma naissance, il y avait encore des séries en noir et blanc, c'est hors de question ! Pas pousser. Fort heureusement, les choses s'arrangent rapidement...

StElsewhere
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Eh oui, car St. Elsewhere est apparue en 1982 ! Et si beaucoup de choses ont vieilli dans ce pilote (à commencer par les acteurs ! Ouh punaise, ça, c'est David Morse ?!), globalement il fonctionne relativement bien. Ce qu'on dit est vrai, c'est un excellent prélude à Urgences. On y trouve à vrai dire les mêmes éléments : adrénaline, drame et petites pointes d'humour, la vie de l'hôpital est rythmée mais pas surfaite. L'ambiance est différente, c'est net, mais la paternité est évidente. C'est assez rafraîchissant finalement.
En fin de compte, ça laisse une impression très amusante d'avoir remonté l'arbre généalogique des séries médicales. Je me demande si on peut remonter encore plus loin... Des suggestions ?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche St. Elsewhere de SeriesLive.

7 janvier 2010

Why not regarder Alice

 

ReasonsWhyNot_Alice

Voici les 10 raisons de ne pas regarder Alice :
1 -
Parce que c'est plein d'accents imbitables
2 - Parce que le rapport avec l'histoire originale est réduit quasiment à néant
3 - Parce que Caterina Scorsone
4 - Parce que vous avez vu la gueule du Lapin Blanc ?
5 - Parce que le Pays des Merveilles est censé être rempli, faut-il le rappeler, de merveilles
6 - Parce que la morale à deux balles, ça va bien, même pour Noël
7 - Parce que d'abord Tin Man, maintenant Alice... où la folie du remake littéraire de basse fosse s'arrêtera-t-elle !
8 - Parce que personne ne s'est donné la peine de bien jouer
9 - Parce qu'on a passé l'âge de faire semblant de ne pas voir que Hallmark, c'est pourri
10 - Parce que le suicide n'est pas une solution
Libre à vous d'en ajouter, étant bien entendu qu'il n'y en a aucune à retirer.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Alice de SeriesLive. Faut tout faire soi-même dans ce bled :P

5 novembre 2009

Passé pas simple

Lorsqu'on regarde une fiction, on la regarde pour elle-même. Mais parfois, il arrive qu'on ne puisse s'empêcher de penser à une autre, d'établir la comparaison. Pour une raison qui ne nous apparaît pas forcément de façon évidente, d'ailleurs.
Avec Fumou Chitai, ça a été le cas. Plus l'épisode avançait et plus je pensais à Band of Brothers.

Pourtant, si toutes les deux parlent de guerre, elles n'en parlent pas du tout de la même façon. Pas seulement parce qu'il ne s'agit pas de la même guerre, mais surtout parce que le contexte comme le propos sont fondamentalement différents. Alors, quoi ?

Fumou Chitai raconte l'histoire de l'officier Iki, haut gradé qui reçoit la mission, au lendemain de la reddition sans condition japonaises, d'aller ordonner à des troupes stationnées sur le continent d'y cesser le feu et de se rendre. A l'origine, telle était la mission d'Iki ; ensuite, une fois les troupes rentrées dans le rang (même si ce devait être la tête basse), il ne lui restait plus qu'à rentrer au Japon.

Mais ce n'est pas du tout comme ça que les évènements vont tourner pour lui. En fait, il est amené à se rendre aux Russes, et devient un prisonnier guerre. Ou plutôt, un prisonnier politique, puisque d'une part la guerre est de toute évidence finie, et d'autre part, son incarcération par les Russes a un sens bien particuliers. Ceux-ci veulent en effet poursuivre l'Empereur japonais pour crimes de guerre ; aussi ils font pression sur des officiers tels que notre Iki pour qu'ils révèlent des informations incriminantes.

Mais notre soldat tient bon, ne lâche rien, pas même quand on le ramène sous bonne garde au Japon et qu'on lui donne une chance de revoir sa femme et ses deux enfants. On ne trahit pas pour si peu ! Mais du coup, Iki est envoyé en camps de travail. Et quand je dis camps, je dis mouroir, soyons clairs. Le destin, hélas, de bien des hommes de son époque.

Sauf que Fumou Chitai a un ingrédient bien particulier, c'est que tout cela, Iki se le remémore alors qu'il a bel et bien survécu à 11 ans de goulag en Sibérie, et qu'il est revenu au Japon, dans sa famille. Enfin ! pourrait-on dire. Mais le plus dur reste à faire car il est revenu abimé, physiquement et surtout moralement. Et surtout, Iki comme le Japon doivent désormais se reconstruire. Notre homme va donc intégrer une grande firme privée, puisqu'il refuse de retournée dans l'armée (ou ce qui tenait lieu d'équivalent à l'époque).

FumouChitai_standalone

Bien que sobre visuellement (on est loin des filtres et effets visuels de Band of Brothers), Fumou Chitai est esthétiquement très léché.
Mais surtout, la série décrit les horreurs de la guerre, les vraies, les psychologiques, avec une précision d'horloger. Comment ne pas comprendre l'impression que donne Iki de flotter dans sa vie, une fois revenu chez lui ? Imaginez : 11 années de sa vie ! Il revient et le pays est transfiguré, sa femme travaille (elle les fait même vivre le temps qu'il se retape), son fils ne le connaît pas... Comment pourrait-il trouver sa place dans cette société ?
C'est tout l'enjeu.

Je le confesse, j'aime les fictions sur l'après-guerre. D'ordinaire, les séries prenant le Vietnam pour contexte s'y montrent les plus efficaces pour définir l'ampleur d'un traumatisme d'après-guerre. Ici, on est dans la même optique, et ça m'a plu. L'homme est cassé, inadapté, et pourtant tout son entourage semble voir l'homme du passé, ou peut-être l'homme du futur vu le pari que sa firme fait sur lui...

Une des nouveautés les plus impressionnantes de l'automne 2009, Fumou Chitai a ce petit quelque chose, réservé à un petit nombre de séries : elle laisse une empreinte. Une empreinte dans la neige, où se déroulait la captivité d'Iki en Sibérie, et une empreinte sur le spectateur, qui se souviendra un peu mieux et plus clairement de ce morceau d'Histoire, grâce à une fiction de talent.

Ah, nous y voilà. Maintenant je comprends le rapport avec Band of Brothers.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Fumou Chitai de SeriesLive.

31 octobre 2009

Somewhere...

Sur les recommandations de IWM, je me suis lancée dans la découverte d'une série coréenne. Et je dois bien admettre que, les séries coréennes, je n'y pense pas assez souvent.

Et pourtant... pourtant la fiction coréenne semble avoir beaucoup à offrir, avec des idées qui m'apparaissent comme intéressantes, faute d'être forcément originales. Sans compter que les Coréennes sont bien plus jolies que les Japonaises (ou du moins les canons de beauté me plaisent-ils plus au pays des matins calmes), et c'est une nipponophile convaincue qui vous le dit.
Mais je crains, aussi, hélas, de ne pas avoir du tout l'oreille sensible à la langue coréenne, sans compter mon temps libre qui hélas n'est pas extensible à volonté. Alors quand on me donne l'impulsion nécessaire pour regarder une série coréenne, je me contente de me demander ce que j'ai bien pu attendre, et je me lance sans trop discuter.

Selon mes observations personnelles, en télévision comme en chanson, les Coréens semblent avoir à en remontrer aux Japonais. On dirait que les seconds sont plus dans l'abstrait, l'idéalisé, le fantasmé. C'est la conclusion à laquelle je suis arrivée après une longue étude comparée entre les girlsbands de chaque pays. Et puis franchement les Coréennes ont de bien belles gambettes. Bref, on théorisera sur les idéaux de réussite médiatique des deux pays une autre fois, venons-en à la série de ce post.

Over the Rainbow, pourtant, commençait bien mal, avec une succession de scènes sans queue ni tête, s'attardant à raconter son personnage principal au lieu de raconter son histoire. Si les frasques de la vie de lycée laissent froid, la description du contexte financier avait bien du mérite, mais hélas on ne voyait pas trop ce que la série allait pouvoir trouver à en dire pendant 16 épisodes, à moins de nous la jouer miséreuse, genre "je ne peux pas payer le lycée" et autres "je mange de la viande qu'on garde dans des sacs en plastique".

Concrètement, je ne sais pas combien de temps ça a duré comme ça, mais ça n'a pu être que trop long. Et je l'ai ressenti comme étant interminable. Bien que le portrait de Hyeok Joo soit bien senti et détaillé, donc, je m'impatientais. Il faut préciser que, comme souvent, je n'avais pas jeté le moindre regard à un quelconque résumé avant de me lancer, une méthode qui est de plus en plus fréquemment la mienne. Où voulait-on en arriver ? Et est-ce que j'aurais la patience d'attendre qu'on y soit ? On se rappellera que si, moi, téléphage pilotovore, j'arrête le pilote avant le générique de fin, c'est que c'est vraiment foutu.

Et puis, le miracle s'est produit. Ou plutôt, le personnage féminin est arrivé. Et ça a tout changé. Pas juste parce que les Coréennes sont jolies (bien que l'actrice concernée ait effectivement un charme fou), mais parce que, franchement, les scénaristes l'ont accueillie comme le Messie, structurant mieux leur épisode. En gardant l'aspect tranche de vie, ils ont su enfin donner un cadre à leur narration. Mieux : lui donner un sens.

A partir de là j'étais conquise. En-dehors d'une scène ou deux sans réel intérêt (la scène de la douche, notamment, qui n'apporte strictement rien), j'ai vraiment tout apprécié. C'était quand même étonnant de voir à quel point les deux personnages centraux du pilote étaient traités de façon radicalement différente : lui, avec ses ennuis dans le présent, pas le moindre souvenir à faire remonter, tout semblant difficile et laborieux ; elle, avec sa douleur venue du passé, son optimisme du présent, son élan vers le futur, ses nombreux flashbacks (dont un superbement mis en images, avec un montage impeccablement efficace), et la grâce incroyable de tous les axes du scénario s'y rapportant. Fou.

Noraincangettherainbow

J'ai tout éteint. Le pilote était fini, mais sans vilain cliffhanger ou teasing quelconque. Non, je n'avais même pas envie d'en voir plus dans l'immédiat. Je suis simplement allée me renseigner, et j'ai lu. C'est comme ça que j'ai donc appris qu'Over the Rainbow était une série retraçant le chemin de ces jeunes vers la gloire.

Et j'ai pensé : des jeunes qui veulent devenir des stars ? Laissez-ça à Un, Dos, Tres et consorts. Ou alors il faudrait apprendre à être plus superficiel et inconsistant, à perdre de l'âme, à lâcher les descriptions en relief. C'est pas une de ces séries pour les jeunes qui veulent rêver d'un monde de célébrité et de perfection, ça, c'est d'une autre trempe.
Les séries coréennes, je n'y pense pas assez souvent.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Over the Rainbow de SeriesLive.

11 avril 2009

[DL] Brothers & Sisters

Après vous en avoir mis plein la tête avec cette série, j'avoue avoir un peu arrêté d'en parler... c'est normal, et quand vous serez grands, je vous expliquerai ce qui s'est passé. Mais dés que j'ai eu fini de vous emmerder avec Reba, je me souviens clairement vous en avoir fait plusieurs posts (et m'être enfilé plus de deux saisons en trois semaines). Donc quand même, il faut suivre, un peu ! Et les plus anciens lecteurs parmi vous ont encore moins d'excuses que les autres...

BrothersSisters
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

En même temps je vous avais prévenus, les génériques de notre jeu actuel sont courts. Ne faites pas comme si vous n'aviez pas été avertis. Et j'ai même précisé qu'ils tenaient plus du panonceau que d'autre chose, parfois. Alors ne me faites pas le coup de la surprise, ça prend pas ! Mais franchement, avouez que le génie de ce générique, c'est... euh... qu'il... hé bien... c'est-à-dire... héhé... il... change de couleur ?
Non, vous n'aurez pas une version avec une autre couleur, n'insistez pas. J'ai dit non. Fin de la discussion.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Brothers & Sisters de SeriesLive.

24 avril 2009

[DL] The Old Guys

J'ai peine à croire ce que je vais faire. Je vais vous proposer un générique de série britannique ! Je sais même pas si ça s'est déjà produit dans ces colonnes. Même par pour Jekyll (faut dire que, hein, le générique de Jekyll, bon...). Mais j'ai trouvé qu'il était si bien troussé que franchement ç'aurait été dommage de passer à côté. Et puis il fait partie de mon programme de rattrapage, en plus...

TheOldGuys
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

J'adore la musique, j'adore le style graphique, j'adore le ton qui est tout de suite donné, j'adore la chute... j'adore tout !
Me voir aussi extatique quant à une série britannique vous trouble ? Rassurez-vous, je n'ai pour l'instant eu le temps de regarder que le générique, donc pour la série, je reste sur ma réserve.
On en reparle plus tard si vous voulez ?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Old Guys de SeriesLive.

17 août 2009

Best of both worlds

Toute la semaine, j'ai eu l'impression de découvrir la fiction japonaise ; ça fait pourtant quelques années que j'en regarde occasionnellement, mais jamais de façon aussi intensive que ces derniers jours. Tout a commencé avec Futatsu no Spica la semaine précédente, en parallèle de l'annonce sur le lancement à l'automne du dorama Shoukoujo Seira. Et bizarrement ça a suffi à allumer la mèche.

Un bref bilan sur ce qui a suivi :
- 11 épisodes de 14 Sai no Haha
- 4 épisodes d'Aishiteru ~Kayou~
- 3 épisodes de Kaze no Garden
- 1 rediff de 1 Rittoru no Namida
- 1 pilote pour At Home Dad
- 1 pilote pour Oniyome Nikki
- 1 pilote pour Mei-chan no Shitsuji
- 1 pilote pour Seigi no Mikata
- 1 pilote pour Maid Deka
- 1 pilote pour Kimi wa Pet
- 1 pilote pour Ryoukiteki na Kanojo
- 1 pilote pour Tokyo Friends

L'heure est donc à l'accalmie, du moins juste le temps de prendre un peu de recul.

La fiction nippone soutient-elle la comparaison avec sa consœur américaine ?
On est tenté de se poser la question, parce que de toutes façons, la comparaison, on la fait inévitablement. Sur des aspects techniques mais aussi scénaristiques, sans compter le jeu des acteurs.

Concernant la comédie, le Japon déçoit puisque les siennes ne tirent parti que de grosses ficelles, appuyées par une musique caricaturale (on arguera que ça remplace les rires forcés du public et/ou enregistrés). On est dans un comique de situation reposant souvent sur un jeu physique déluré, plutôt que sur des saillies brillantes.
Concernant les séries que j'ai envie de qualifier d'intervention (policier, médical), on reste beaucoup plus dans les sentiers battus, et c'est alors à double tranchant de constater à quel point les deux pays œuvrent sur le même registre, je pense notamment à Code Blue et BOSS. Parfois ces séries se mâtinent-elles d'aspects empruntés, pourrait-on dire, au séries sentai et à l'animation, auquel cas elles deviennent plus typiquement japonaises (à leurs risques et périls car il s'agit de genres eux aussi particuliers).

Concernant les séries dramatiques, c'est plus compliqué. Les dorama dramatiques japonais ne font pas les choses à moitié, quitte, il est vrai, à verser intégralement dans le pathos, sans laisser au spectateur le répit d'une série américaine, qui a tendance à ménager des espaces plus légers, en quête d'un équilibre. Mais globalement, dans son exploration de l'âme humaine, le dorama est tout de même plus impressionnant, et tient la dragée haute à son homologue américain. Il s'en dégage une sensibilité presque pas feinte, souvent perdue chez la concurrence US qui est légèrement plus superficielle dans son approche. Le regard nippon est plus pertinent, plus nuancé sur l'être humain ; il permet de mettre véritablement les personnages au cœur de l'intrigue, et non de décliner l'intrigue autour des personnages, ce qui représente une énorme différence. Une spécificité due à leur structure, également, le leur permet : les rebondissements n'ont pas besoin d'être inventés afin de perdurer le show ; se concentrant sur une histoire relativement courte, en l'épuisant et en la laissant mourir une fois que c'est fait, on n'a pas besoin de surenchère dans les intrigues. Voilà qui permet d'éviter de se perdre, et laisse la priorité à la pertinence sur le divertissement. Sur les thèmes abordés, on a le sentiment que la diversité est tout de même plus facilement portée par la série américaine (reflet d'une société probablement). Si les pitches japonais apportent du changement à ce que l'Occident nous offre en général, entre elles, les séries nippones conservent de nombreux points communs, dont la caractéristique est de rester très proche du vécu de ses spectateurs ; on ne s'y offre que rarement des destins incroyables (polygame), des vocations spectaculaires (intervenant auprès d'alcooliques et drogués), des univers inconnus (prison), on est dans le réel, un réel que tout le monde peut appréhender. Le respect souvent trop strict, ou en tous cas récurrent, d'un certain nombre de codes, ne se retrouve pas autant aux Etats-Unis, où on s'est affranchi d'un certain nombre d'entre eux (y rendant le stéréotype plus condamnable encore, cela dit).

La question sous-jacente, c'est de savoir si un spectateur occidental, a priori habitué aux séries américaines, peut tenter le défi de regarder un dorama nippon et de s'en éprendre. Ce ne sera probablement réservé qu'à des téléphages capables d'entrer dans une culture différente, et une culture télévisuelle différente. Je pense cependant que les vrais téléphages (par opposition au spectateur dont ce n'est pas la passion) ont déjà cette compétence en eux, celle de s'imprégner d'un univers différent et s'y adapter. Il n'y a pas de raison pour qu'un téléphage passionné ne trouve pas au moins un dorama à son goût.

C'est aussi la raison pour laquelle j'ai envoyé tant de fiches de séries nippones à SeriesLive ces derniers temps : il ne faut pas opérer de scission inutile entre les fictions de ces deux pays. La différence se fait par la diffusion, c'est évident, puisqu'il est plus facile de voir une série américaine, soit à la télé soit par voie de cagoulage (que la langue rend également plus accessible), mais pour le reste, j'aimerais vraiment que le web téléphagique comprenne que le dorama n'est pas un parent pauvre à snober. Donc à mon échelle...

J'invite donc tous les amateurs de séries qui ne sont pas habitués aux fictions japonaises à regarder le pilote de 14 Sai no Haha ou Aishiteru, pour ne citer qu'eux, et à venir me dire sincèrement ce qu'ils en ont pensé. Je suis sûre que ces séries-là dépassent largement le clivage habituel entre les amateurs de culture nippone et les autres.
C'est ça aussi, l'intérêt d'avoir deux écrans !

4 avril 2009

Quand yen a plus...

Ca y est, de haute lutte, j'ai enfin le coffret qui va avec les DVD Pushing Daisies. Ça n'a pas été de tout repos, ça n'aura jamais pris que plusieurs mois, mais ça y est, je peux enfin dire que la première saison est intégralement mienne.

Le repos du guerrier ? Pas pour tout de suite.

Attention les yeux, cet été sort la saison 2 aux Etats-Unis, avec TOUS les épisodes (même si d'ici-là ABC persiste dans son ignominie et sa bêtise), et un nouveau combat s'engagera.

Mais pour l'instant, je savoure cette première victoire, remportée de haute lutte.
Hm, d'ailleurs maintenant que j'y pense, c'est ptet pas plus mal qu'il n'y ait plus d'anniversaire à fêter ni rien en ce qui me concerne en été, comme ça j'ai les coudées franches, ça va être beaucoup plus simple pour tout le monde !

UnDinerPresqueParfait

PS : je remarque cependant que ma mère a dû lire mon post de cette nuit, parce que finalement, il n'y avait pas de DVD Samantha Who? dans le coffret qui m'a été solennellement remis aujourd'hui. Le gag ultime, en quelque sorte.
Vous voyez ? Une bataille se gagne, une autre s'annonce...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Pushing Daisies de SeriesLive.

8 juin 2009

[DL] Dream On

J'avais promis ce générique il y a une éternité, et le pire c'est qu'il était dans mon chez moi informatique depuis au moins tout ce temps, mais voilà, j'avais complètement oublié de vous le filer. Et puis évidemment, vous ne me le rappelleriez pas, vous ?! L'oubli est désormais réparé.

DreamOn
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Bien malin celui qui parviendra à citer tous les titres des fictions qui défilent à l'écran... à moins évidemment de trouver une antisèche quelque part sur internet. Personnellement, à part I Love Lucy... N'empêche que le générique de Dream On, c'est un de ces rares génériques télé qui font l'éloge de la téléphagie (bien que la série emploie en réalité plus d'extraits de films qu'autre chose), et à ce titre : respect. Quelques années plus tard, un autre petit garçon de télévision devait grandir avec les yeux braqués sur le petit écran, et ça ne donnait pas un résultat aussi tendre...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Dream On de SeriesLive.

28 août 2009

[DL] BOSS

Quand je vois BOSS, je me dis qu'il n'y a aucune raison pour qu'un spectateur européen ne soit pas capable d'apprécier cette série.
Le générique est du genre à me conforter dans cette idée. C'est efficace, soigné, et en même temps convivial...
Et je vous avoue que j'ai un faible pour l'interprète de ce générique, Superfly, dont la plupart des sorties sont très sympa. Ah si seulement un site proposait la version longue de cette chanson...

BOSS
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Quelque chose dont je n'ai pas parlé, c'est l'utilisation par la série de gimmick pour son personnage principal. Une fois de plus, c'est un emprunt à d'autres fictions américaines (la sucette de Kojak, les graines de tournesol de Fox Mulder...) qui est utilisé à bon escient. Eriko Osawa consomme donc des M&M's dans chaque épisode (c'est même amusant de voir que la couleur du M&M's lui indique si la journée sera bonne, ou de voir que quelqu'un se sert dans son paquet et elle fronce les sourcils sans rien dire... bref un exemple de plus des petites touches d'humour fugace de la série), et j'aime bien qu'on retrouve rapidement cet élément dans le générique... Si, regardez bien !

Et si vous vous demandez comment la fiche de cette série a pu apparaitre si vite alors que je n'ai commencé la série qu'il y a 48h, eh bien c'est tout simplement que j'ai re-rejoint l'équipe de SeriesLive pour la rédaction de fiches asiatiques. Et encore, ce n'est pas tout, puisque je suis aussi rédactrice pour Critictoo sur le même sujet à présent... où l'on devrait bientôt avoir des nouvelles de BOSS aussi, d'ailleurs.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche BOSS de SeriesLive.

15 août 2009

Il faut sauver le soldat Chasteté

Quand il est sorti, je ne l'ai pas regardé. C'est en fait une bonne chose car je ne lui aurais probablement pas accordé plus d'attention que ça. Mais aujourd'hui, après avoir vu le pilote de The Secret Life of the American Teenager, j'ai trouvé dans le dorama 14 Sai no Haha un intérêt tout particulier.

L'histoire est en fait assez classique : une petite jeune fille de 14 ans, dont les parents n'imaginent pas un seul instant qu'elle puisse être sexuellement active, tombe enceinte. Mais au-delà de ce pitch, la réalisation est bien sentie et surtout on se garde bien de tomber dans un excès ou un autre. Miki se prépare-t-elle des complications dans la vie ? Assurément. Mais il n'y aura pas de mise en accusation par la série elle-même, bien que le fait ne soit pas forcément accepté avec la même vigueur par tous les personnages. Miki n'est pas une vilaine méchante, que ce soit clair.

C'est là que je suis contente de faire la comparaison avec The Secret Life gnagnagna. Alors on y va !

- Dans 14 Sai no Haha, la première fois de Miki (également relation sexuelle fatidique) est montrée avec tendresse ; dans le pilote de The Secret Life, on ne la montre même pas, sous-entendu on parle juste du fait que ça s'est passé, et pas de ce que ça représentait dans l'instant.

- Dans 14 Sai no Haha, tout un épisode tourne autour de l'avortement ; dans The Secret Life, au moins 12 centièmes de secondes y sont consacrées. Il est bon de noter que l'entourage de Miki VEUT qu'elle avorte. Ses parents l'emmènent eux-mêmes à la clinique.

- Dans 14 Sai no Haha, le corps médical est représenté par l'un de ses membres les plus impressionnants ; dans The Secret Life, il est tout juste représenté dans le pilote. Le médecin de Miki (qui l'a aussi mise au monde) est une femme, ça joue peut-être dans les nuances qu'elle est capable d'apporter.

- Dans 14 Sai no Haha, plus on parle de la grossesse de Miki, plus on parle de Miki quand elle était petite ; dans The Secret Life, on essaye de taire les deux au maximum. Notons que c'est la façon que ses parents ont de lui rappeler les circonstances de sa naissance qui vont mettre le bébé à venir au centre du discours, au lieu d'en faire un élément perturbateur.

- Dans 14 Sai no Haha, la grossesse de Miki est peut-être un évènement surprenant et, on peut le dire, terrifiant pour chacun des concernés, mais en tous cas, ce n'est pas la fin du monde. Miki est très entourée (ça va l'aider à faire un certain tri, dirons-nous).

Rappelons que si la société japonaise n'est pas imprégnée de culture chrétienne comme celle, évidemment, des États-Unis, dans l'absolu elle a tendance à préférer ses ados vierges aussi, et la réaction de l'entourage de Miki (notamment à l'école) montre bien que c'est quand même assez mal perçu. Mais la grosse différence, c'est la notion de péché. Ce que Miki a mis en danger, c'est son innocence d'enfant insouciante, et son avenir scolaire donc professionnel. Pas son âme. Le poids religieux n'empêche pas un questionnement moral, mais en tous cas il n'y a pas de réponse absolue. Sous-entendu : si Miki se comporte bien, si elle travaille dur, alors sa vie n'est pas forcément foutue et elle sera même réhabilitée aux yeux de sa société.
J'imagine que ce doit être l'un des avantages lorsqu'on vit dans une société réellement laïque.

Je reviens sur l'entourage de Miki, et notamment des grandes figures féminines qu'elle "rencontre" dans son épreuve : sa mère, son médecin, sa prof. Il y a du génie dans leurs échanges. J'ai donc choisi de traduire pour vous un passage où Miki consulte pour la première fois la gynéco qui l'a vue naître. Pour tout vous dire, quand je vois un dorama d'une telle honnêteté intellectuelle, je reste comme deux ronds de flan...

14SainoHaha
Bon, on a perdu un peu de qualité video avec les superpositions de réencodages, mais c'est pas grave ; merci aux sous-titres anglais de Massuki Fansub sans qui je ne serais qu'une âme errante.

Méditons, méditons, ces paroles pleines de sagesse :
"Si une jeune fille 14 ans a un bébé... est-ce que c'est un péché ?
- Non. Donner naissance à un enfant, quel que soit l'âge, n'est jamais un péché. Mais si une femme donne naissance à un enfant mais sans pouvoir l'éduquer, ne serait-ce pas un péché ?"

Cela dit, le message qu'envoient ces deux séries (pour ce que j'ai vu de The Secret Life, soit le pilote, et de 14 Sai no Haha, soit 5 épisodes), c'est quand même que la sexualité des adolescents, on peut faire ce qu'on veut, mais on n'arrive pas à l'empêcher, et ce quel que soit l'héritage social et/ou religieux. Parents, faites-vous une raison.

Soldat Chasteté ? Tombé au combat !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture trans-Pacifique : la fiche 14 Sai no Haha de SeriesLive.

8 juillet 2009

[DL] Rude Awakening

Ce n'est pas sans frisson que j'écris le titre de ce post. Nous y voilà enfin. Le générique de Rude Awakening. Depuis le temps. Ou plutôt, attendez, mieux que ça encore : les génériques de Rude Awakening.

RudeAwakening_1
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !
Les deux premières saisons ont droit à un générique plutôt enjoué. Les thématiques sont présentes, aucun doute (Billie lève le coude, Billie s'envoie en l'air avec n'importe qui...) mais sont vite atténuées par des grimaces, des grandes gesticulations, et les pectoraux de Dave, ça aide toujours un peu. Personnellement je ne suis pas ultra-fan des onomatopées. Principalement parce qu'elles ne me semblent pas apporter grand'chose. Mais finalement l'opération est réussie, dans le sens où on sent que Rude Awakening plaisante avec des sujets un peu décalés, et c'est finalement l'essentiel. Quelque part, je dois avoir un épisode de la première saison, où normalement si mes souvenirs sont exacts, on voit aussi la meilleure amie de Billie, Jackie. Je fouille, je vous tiens au courant.

RudeAwakening_2
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !
La troisième saison fait un choix radicalement différent. Le ton de la série a changé (ou plutôt, évolué) puisque Billie combat avec beaucoup plus de ténacité son alcoolisme, et tente de construire une relation solide et sérieuse avec Sonny Spoon. La chanson suit le cheminement : de la mélancolie, de la colère émanent de ce générique. On trouve encore à l'image des pitreries, mais on sent que l'univers a changé. Il ne s'agit plus de simplement subir les ravages de l'alcoolisme mais bien d'affronter les coups durs.

Deux génériques pour le prix d'un, non-non, ne me remerciez pas. Ça me fait plaisir. Ô combien.

Et pour ceux dont l'inculture crasse me donne envie d'un scotch : la fiche Rude Awakening de SeriesLive.

Publicité
ladytelephagy
Publicité
Archives
Publicité