Canalblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
ladytelephagy
Publicité
17 septembre 2010

To be continued... Glee

Bon, avec leurs histoires de diviser les saisons en deux, d'en coller un peu partout et de reprendre ensuite la saison 2 quelques mois plus tard, les chaînes américaines me fatiguent un peu, je suis bien obligée de l'admettre. Ça devient du sport de réussir à en suivre une ! Fort heureusement, c'est la raison d'être de la rubrique To be continued..., aussi va-t-on profiter de ses bienfaits et se rappeler de la 1e saison de Glee, qui a eu droit à un morcèlement peu pratique.
Ça va un peu faire rediff, mais la FOX ne nous laisse pas vraiment le choix...

Glee___1x01
1x01 - Ressusciter le glee club, ou comment confirmer le proverbe qui dit que l'Enfer est pavé de bonnes intentions.

Glee___1x02
1x02 - Histoires d'amour, show sulfureux et abstinence : au glee club, ce sont les hormones qui travaillent le plus dur.

Glee___1x03
1x03 - Will Shuester se prend pour Justin Timberlake et pendant ce temps, le glee club patauge.

Glee___1x04
1x04 - If you liked it then you should have put a ring on it !

Glee___1x05
1x05 - April en septembre, c'est un peu moins de 45mn de pur plaisir.

Glee___1x06
1x06 - Pour (officiellement) subvenir aux besoins de l'enfant qu'elle n'attend pas, Terri met en pratique le diplôme d'infirmière qu'elle n'a pas.

Glee___1x07
1x07 - Que vois-je... mais oui, à l'avant du peloton, il y a du mouvement : de parfaite petite bitchasse blonde, Quinn vient de prendre la tête, devenant le personnage le plus intéressant de la série !

Glee___1x08
1x08 - Popularité et paternité ne sauraient faire bon ménage.

Glee___1x09
1x09 - Accrochez-vous à vos télécommandes, les enfants, l'intrigue de cet épisode a défié toute gravité.

Glee___1x10
1x10 - Rachel change de béguin comme de chemise, mais Quinn s'apprête à sceller son destin.

Glee___1x11
1x11 - Il se passe beaucoup de choses dans cet épisode, mais tout le monde n'en retiendra qu'Imagine.

Glee___1x12
1x12 - Outre une excellente interprétation du générique de MR. BRAIN (bah, quoi ?!), cet épisode propose un superbe dénouement à l'intrigue domestique des Shuester...

Glee___1x13
1x13 - Les sectionals sont là, et avec eux un bouquet final... en attendant la suite.

Glee___1x14
1x14 - Hello, am I the plot twist you're looking for ?

Glee___1x15
1x15 - Vous trouvez que j'exagère si je dis que cet épisode contient le meilleur numéro musical de la saison ?

Glee___1x16
1x16 - Oh, April, tu ne pourrais pas tout simplement rester ?

Glee___1x17
1x17 - La plupart des spectateurs de Glee n'étaient même pas nés quand la chanson est sortie...

Glee___1x18
1x18 - Kurt se retrouve, encore et toujours, avec le meilleur (le seul ?) character development.

Glee___1x19
1x19 - Cette 2e partie de saison est décidée à s'emparer du plus petit phénomène de buzz pour en devenir un également...

Glee___1x20
1x20 - Exactement comme dans un clip de Gaga : tout dans la forme, rien dans le fond.

Glee___1x21
1x21 - VOILA pourquoi Glee est une comédie (parfois à son insu).

Glee___1x22
1x22 - Difficile de faire mieux que les sectionals, et justement, ça n'a pas été le cas.

Nan mais, on a intérêt à suivre, hein, parce qu'il y en a pour au moins 3 saisons, alors... Bon, après je vous l'accorde, c'est pas le scénario qui est difficile à comprendre, mais enfin, vu le phénomène qui a été fait de cette série en l'espace de quelques mois, il vaut quand même mieux savoir de quoi on parle... surtout si on veut ensuite pouvoir critiquer certains choix. Et à n'en pas douter, vu le tour que Glee prend, on va en reparler.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Glee de SeriesLive.

Publicité
10 septembre 2010

To be continued... Life Unexpected

Pour une fois que je pense du bien d'une série de The CW (n'est-ce pas), franchement, ne boudons pas notre plaisir. Ah, je ne dis pas que c'est la meilleure série au monde, mais de ce network, si, quand même (cela dit j'ai toujours dans un coin de ma tête l'idée, instillée par les posts de La Sorcière, que j'ai loupé quelque chose dans Supernatural). Bref, revoilà Life Unexpected, qui nous revient mardi... elle n'est pas la seule mais, bon, vous savez quoi ? Procédons dans l'ordre et la discipline, histoire de bien prendre le temps de tout se remettre en tête.

LifeUnexpected___1x01
1x01 - On en trouve, de ces choses, sur le pas d'une porte... des enfants dont on ignorait l'existence, par exemple.

LifeUnexpected___1x02
1x02 -
Ils avaient un plan.

LifeUnexpected___1x03
1x03 -
La clause en petits caractères, quand on a une famille, c'est qu'il faut se taper les dîners de famille.

LifeUnexpected___1x04
1x04 -
Elle ne sera contente que quand elle aura complètement bouleversé leurs vies.

LifeUnexpected___1x05
1x05 -
C'est parce qu'elle est un brin égoïste et qu'elle cause des problèmes normaux qu'elle me plaît bien, la ptite Lux.

LifeUnexpected___1x06
1x06 -
La vérité est une chose toute relative...

LifeUnexpected___1x07
1x07 -
On aura mis du temps à crever l'abcès.

LifeUnexpected___1x08
1x08 -
Ça porte effectivement malheur.

LifeUnexpected___1x09
1x09 -
Let's talk about sex, baby... or not.

LifeUnexpected___1x10
1x10 -
De toute façon, ça fait depuis le début de la saison que tout ce beau monde suit une thérapie informelle...

LifeUnexpected___1x11
1x11 -
Lux ne nous laisse pas oublier ce par quoi elle est passée...

LifeUnexpected___1x12
1x12 -
Ça fait vraiment un choc de trouver que Nate est le meilleur père de la série !

LifeUnexpected___1x13
1x13 - Cette fin de saison légèrement cliché, c'est aussi une garantie pour la suite.

Eh oui, une fois arrivés là, ça ne peut qu'évoluer. Il semble difficile, à ce stade, de persister dans le côté yo-yo de la saison 1 (qui à mon sens était son seul défaut), donc la bonne nouvelle, c'est que maintenant, ou plutôt à partir de mardi, le reste, c'est que du bonus. Vous avez tout ce qu'il vous faut pour en profiter, en tous cas !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Life Unexpected de SeriesLive.

20 août 2010

Vautours !

Cas d'école.
Je surveille, comme à peu près tous les jours quand le Dieu de la Téléphagie me le permet (mais le Démon du Travail intervient parfois...), mes sources habituelles de news. Aujourd'hui ne m'a pas demandé d'effort particulier, car pour ainsi dire tout le monde en parle. Même JMM, c'est dire.
Me voilà donc à préparer une news sur une série égyptienne qui fait débat, et dont il me semble intéressant de souligner qu'elle présente un certain intérêt dans le contexte politique du pays, outre le fait qu'il est assez rare qu'une série s'intéresse à l'histoire contemporaine. Quel que soit le pays, ça semble plus facile de s'intéresser à quelque chose qui commencerait à dater d'il y a plusieurs décennies, voire si possible plusieurs siècles, plutôt que de heurter quelques susceptibilités. Je trouvais ça intéressant et après avoir pesé le pour et le contre (parce qu'avec les réactions de certains, cette démarche de 10 minutes est devenue obligatoire et conduit dans 70% des cas à une auto-censure un peu agaçante...), je me suis dit que je ne serais pas la seule. L'un des intérêts de la téléphagie, ça reste quand même bien quand elle nous permet de réfléchir à quelque chose de plus large...

AlGamaa

Al Gama'a, c'est son nom, est donc une série qui fait polémique et si vous tentez une petite recherche sous Google avec son titre, vous ne pouvez pas la rater.
C'est là mon problème.

Car quand on recherche Al Gama'a, on ne tombe que sur divers échos (plus ou moins pompés les uns sur les autres) de cette polémique. Écoutez bien : j'ai même été infoutue de trouver exactement sur quelle chaîne la série est diffusée. C'est vrai que je fais mes recherches depuis le boulot, d'un endroit sensible, en plus, où je ne suis pas certaine que trouver "al gama'a al islamiya" dans mon historique soit bien vu, mais le fait est que je n'ai pas trouvé. J'ai mes soupçons, pour m'être intéressée à la télévision égyptienne voilà quelques semaines, mais pas de confirmation. A vrai dire, si ce n'était pour la seule photo légendée que j'ai trouvée, je ne saurais même pas vous dire qui joue dedans. Quant à savoir qui la produit, c'est simplement hors de question.
Et ça me chagrine, que voulez-vous, parce que par nature je suis du genre à aimer fignoler mes fiches, et qu'étrangement je n'ai pas ce problème pour des quantités de séries, diffusées dans des langues que je ne comprends pas plus que l'arabe.

Étrangement, quand une série égyptienne (ou libanaise, ou peu importe) fait débat, là, tout le monde se rue dessus. Mais si elle c'est une comédie, ou une romance, ou le biopic d'une star locale, ou une saga historique gentillette, là tout d'un coup ya plus personne.

Bande de vautours.
Dés qu'il y a quelque chose de négatif à faire ressortir (ici, les récriminations d'une organisation islamiste dont les procédés ne semblent pas vraiment faire l'unanimité, pour dire les choses avec diplomatie), on y va ! Ah ça, si on peut expliquer que le pauvre scénariste est seul contre tous, même si son regard est, bon, peut-être partial dans le fond, là c'est bon, là ça cause.

Et toutes les autres séries, messieurs les journalistes ? Toutes les autres, celles qui permettent de relativiser ? Imagine-t-on ne parler que de 24 pour aborder la fiction des États-Unis ? Ah mais pardon, ce sont les Américains, ils ont des laisser-passer à l'année sur nos chaînes nationales, pour eux on veut bien apporter de la nuance...

Je suis Française, je suis agnostique, et ça me choque. Je n'imagine même pas ce que je ressentirais, en tant que téléphage et en tant que rédactrice sur SeriesLive, si j'étais d'origine arabe ou de confession musulmane. J'aurais probablement tendance à le prendre encore plus mal que là. Je trouve ça d'une hypocrisie inouïe. Ça en dit long sur nos mentalités occidentales. Bon, je ne suis pas en train de dire que je vais apprendre l'arabe juste pour changer ça, parce que j'ai déjà le Japonais sur le feu, et que j'ai toujours ce rêve de consacrer du temps à l'apprentissage du Suédois, mais sachez que l'idée m'a traversée, c'est peut-être extrême mais j'ai eu une telle réaction de dépit, de dégoût et de lassitude que franchement, je me suis dit qu'il fallait y faire quelque chose.

Parce qu'en tant que téléphage à peu près curieuse, ça va, je pense que j'arrive à faire la part des choses. Quand je passe des heures pour trouver des infos sur UNE série égyptienne, syrienne, algérienne... quelque part, je me mets hors de danger. Hors du danger de penser de façon systématique que toutes les séries égyptiennes ont forcément ce goût de polémique, voire de provocation. Mais les autres ? Les téléphages peu curieux ? Les télambdas ? Pire, les gens qui n'en ont rien à faire et qui tombe sur cette info parce qu'elle est relayée par le Figaro ou le Nouvel Obs ? Quelle peut être leur vision de l'Égypte ? Quelle est l'information résiduelle qu'ils en ont ? Forcément déformée, plus encore que pour moi qui tente de m'intéresser à une partie minuscule de ce qui se dit en Égypte, via la télévision.
Ça me révolte, je ne vous le cache pas.

Bon, j'avais déjà effleuré ce sujet, mais je ressentais le besoin de revenir sur ce petit scandale, quand même. Comme je le disais, parler de notre rapport aux séries arabes ne me semble pas tout-à-fait anodin...

23 janvier 2012

Au creux de mon oreille

Aujourd'hui, une petite anecdote sans conséquences, parce que je n'arrive pas à me résoudre à écrire un post sur Alcatraz (que j'avais déjà du mal à me résoudre à regarder...).

Il y a environ une quinzaine d'années, je ne connaissais que les versions françaises des séries que je regardais. C'était avant l'arrivée du 21e siècle, avant d'avoir accès à mon premier ordinateur doté d'une connexion internet, avant de pouvoir regarder d'autres chaînes que le hertzien, avant de pouvoir acheter des DVD, quoique les VHS de Will & Grace comportaient de la VOST. Une époque où je n'avais tout simplement pas le choix.

Quand j'ai commencé les séries en VO, j'avoue que j'avais du mal. Mon contentieux avec les versions non-doublées tenait non pas à ma difficulté à suivre ou à la qualité des sous-titres... mais simplement au fait que j'avais l'impression que les voix d'origines se ressemblaient TOUTES.
Pour mon oreille peu entrainée, en tous cas. Il faut dire que c'est une fois que j'ai fait la découverte des séries sous-titrées que j'ai commencé à m'améliorer dans ma compréhension de l'anglais, et que du coup, quand je suis passée à la VO, je me concentrais plus sur la compréhension des mots que sur les voix ou les tons.
Les voix françaises me semblaient plus facile à distinguer, à différencier les unes des autres, à repérer. On a tous, je pense, fait ce jeu en regardant une série, un film, un téléfilm, un documentaire même, d'essayer de se souvenir du plus possible de personnages ayant la même voix : il semblait facile de faire le tri entre qui était doublé par X et qui était doublé par Y.

C'est amusant de repenser à cela aujourd'hui, alors que je n'ai plus vu une série en VF depuis environ 1 an et demi (ce blog me permettant d'en garder la trace, je peux même le dater au jour près).

Debra
Désormais de nombreuses voix d'acteurs américains, mais aussi canadiens, australiens... me sont devenus familières. Pour rester dans l'exemple Will & Grace, rien ne ressemble plus aujourd'hui à la voix de Debra Messing que la voix de Debra Messing, si bien que j'en ai oublié celle d'Emmanuelle Bondeville que j'adorais pourtant, et trouvais si classe.
Et maintenant que ma compréhension de l'anglais (principalement américain mais je tente de progresser sur le front britannique) ne pose plus problème, et que j'ai passé la dernière décennie à découvrir mes séries en VO (la VF étant accidentelle et/ou à titre de rediff), je trouve au contraire que chaque voix originale est unique, et intantanément identifiable. Sympathique, même.
Il ne me viendrait plus à l'idée d'écouter Debra Messing autrement qu'avec sa voix originale. Et quand je l'entends, je l'assimile immédiatement à elle, et personne d'autre.

Aujourd'hui, le jeu du "mais à qui d'autre appartient cette voix ?" a disparu, car chaque voix n'appartient qu'à une personne.
Mais je n'ai aucun regret. Juste, parfois, une légère nostalgie.

21 janvier 2012

[#Ozmarathon] 4x02, échec et mat

Ah, eh bah ça fait du bien de revenir aux sources ! La saison 4 de notre Ozmarathon progresse et le moins qu'on puisse dire, c'est que, sans renier ce qui a été exploré pendant la saison précédente, et qui a permis de développer certains personnages et de nombreuses dynamiques, on assiste à une volonté visible de revenir à des recettes plus traditionnelles pour la série, plus proches de la saison 2. Sans plus attendre, parce que quand c'est bon, il faut déguster chaud, passons donc à la review de ce nouvel épisode !

Ozmarathon-4x02

Clairement, la saison 2 n'était pas parfaite, mais de toute évidence, les scénaristes en sont venus à la conclusion qu'elle était meilleure que la saison 3, et ça se sent dans la façon dont tant de choses se trouvent ici ranimées.

Et pourtant il ne s'agit pas non plus d'un retour en arrière : McManus est viré d'Em City, ce qui n'est quand même pas exactement un retour à la case départ bien au contraire ; les investigations du flic des stups infiltré, Mobay, se poursuivent et on sent vaguement que ça ne sera pas sans conséquences ; sans compter le génial petit twist de fin d'épisode, qui, enfin, donne du concret aux tentatives d'évasion passées.

Mais en dépit de ces intrigues qui vont résolument vers l'avant, augurant de changements profonds dont on est, c'est sûr, loin d'avoir vu le bout, on retrouve donc un certain nombre d'histoires tirées directement des saisons antérieures d'Oz.

Kareem Saïd, par exemple, se rapproche de Tricia Ross, notamment dans le cadre du procès portant sur l'émeute. Enfin, bon, bien-sûr (et comme pour toutes les intrigues avec lesquelle nous renouons depuis le début de la saison) l'idée est de prétendre qu'en réalité ils n'ont jamais rompu le contact. Leur querelle arrive quand même un peu tard (idéalement, elle aurait dû se produire quand Saïd a commencé à être désapprouvé par ses disciples), mais est parfaite en cela qu'elle souligne bien la complexité de leur relation, les contradictions vécues par Saïd et l'attachement réel qu'ils éprouvent l'un pour l'autre.
Et du même coup, Saïd se trouve à nouveau poussé par ses envies de justice vengeresse. Il parvient, dans un acte manqué qui ne fait illusion qu'à ses yeux, à manquer de tout foutre par terre du fait de son ego incroyable. Beecher lui rivera d'ailleurs magnifiquement son clou à ce sujet, renvoyant aux travers bien connus de Saïd, tout en utilisant la relation que les deux hommes ont construite précédemment. Si une intrigue devait cristalliser mon propos sur la façon d'employer la saison 3 pour poursuivre les intrigues de la saison 2, ce serait vraisemblablement celle-là.
Ce cher Saïd, qui rappelait à qui voulait l'entendre que sa soif de pouvoir s'était dissipée, est donc à nouveau animé par l'envie de briller en société et d'en remontrer au "système", et il se trouve comme par hasard que quelqu'un va venir demander ses services, de la même façon qu'Augustus Hill et Poet avaient pu, par le passé, avoir affaire à lui. Comment après tant d'échec y a-t-il encore des gens pour venir demander une quelconque aide juridique à Saïd (surtout qu'il y a un vrai avocat à 2m de lui), ça me dépasse, mais ça me dépassait déjà en saison 2 et ça apportait de bonnes intrigues, alors d'accord.

De son côté, Shirley, la grâcieuse Shirley, la terrifiante Shirley, qui continue de s'envoyer en l'air avec un mystérieux veinard (vraisemblablement un gardien, sinon ce serait vraiment tordu ; je commence à avoir une théorie cohérente avec ses anciennes convictions, on verra bien...), est aussi à deux semaines de son exécution. La façon qu'elle a d'accepter son sort avec autant de bonne volonté lui ressemble terriblement et, en même temps, a de quoi effrayer une fois de plus à son propos. Cela ne peut pas être net. Shirley, comme Alvarez, semble être absolument indestructible même en ayant vu un certain épisode ultérieur.

Car Alvarez est devenu, à son corps défendant, un gimmick à lui seul. Il est véritablement increvable, comme le soulignait Hernandez dans l'épisode d'ouverture de la saison. Il échappe ici, par un miracle, osons le dire, à une mort certaine. On dirait que la trame de l'épisode qui lui est dédiée n'est constituée que de preuves qu'il n'y a pas de raison qu'il y coupe cette fois, et au final, Alvarez, littéralement, échappe à son Destin. C'est à la fois tordant (pour autant qu'Oz fasse dans le tordant) et incroyablement libérateur parce que cela ouvre des perspectives nouvelles pour lui. Le cercle est-il véritablement brisé ? On verra bien...

Pendant ce temps, Sister Peter Marie continue de préparer la future confrontation entre les frères O'Riley et les proches de Preston Nathan, ce qui est totalement inintéressant à ce stade, mais pourquoi pas.
Cela dit, c'est surtout l'autre intrigue se rapportant aux O'Riley qui est véritablement le clou du spectacle dans cet épisode. Cette enflure de Stanislofsky (à qui je n'ai toujours pas pardonné la mort de Richie Hanlon) et cette anguille de Ryan se livrent en effet un savoureux duel qui a de quoi me faire jubiler à chaque seconde. C'est du grand Oz.
Le jeu du chat et de la souris autour d'un objet en apparence aussi anodin qu'un malheureux téléphone portable les pousse à se tourner autour, de façon absolument civile et propre, sans que ni l'un ni l'autre ne montrent le moindre signe extérieur d'hostilité. Ryan a trouvé ici un ennemi à sa mesure (il le réalisera en cours de route), ce qui le change des butors avec qui il a l'habitude de frayer. Mais on devine que le challenge l'excite sans doute aussi un peu, car Ryan, on en a plusieurs fois eu la preuve au fil des saisons précédentes, garde son propre intellect en haute estime, et c'est le genre de mecs qui apprécie l'intelligence chez autrui autant qu'il l'apprécie chez lui. C'est un défi, voilà tout. Et on sent à son regard, sitôt que Cyril lui parle du portable, que l'objet du duel n'est pas autant important que la confrontation. En définitive, il n'a pas BESOIN d'un portable, mais il a décidé qu'il l'aurait et il est content d'avoir un petit camarade avec qui jouer.
Et à ce petit jeu, Stanislofsky s'avère très fort, d'ailleurs. Si fort qu'il emploie, en réalité, les mêmes méthodes que Ryan O'Riley ; non seulement tous les deux sont aussi intelligents l'un que l'autre, mais ils sont aussi très similaires dans leur façon de réfléchir et de pratiquer le coup de pute tout en allant cirer les pompes des patrons locaux (ici Pancamo). L'un des prisonniers arrivés dans le season premiere en fera ainsi les frais, ce qui confirme qu'il n'était qu'un redshirt. Admirons au passage la technique de Jaz Hoyt qui est capable d'exécuter une commande de façon incroyablement propre ; ce mec ne sera sans doute jamais l'un des personnages majeurs de la série, mais je l'adore quand même.
Entre les formidables coups de maître de cette partie d'échec mesquine et les crises de rire en voyant les uns et les autres s'engager dans cette sordide compétition sans gagnant, on ne peut que souhaiter que Ryan et Nikolai se lancent, eux aussi, dans une éternelle danse de la mort. Ce serait sans doute moins impressionnant que celle de Schillinger et Beecher, mais ce serait diablement divertissant !

Au milieu de tout ça, l'intrigue se rapportant à la question raciale à Oswald est pour le moment mise en sourdine, mais il ne fait aucun doute qu'elle ne va pas s'arrêter si vite. On en reparlera, c'est certain, à l'occasion de notre prochaine session du Ozmarathon.

Publicité
16 décembre 2011

[#Ozmarathon] 1x04, en attendant la mort

Le marathon se poursuit mais, contrairement à l'épisode visionné pendant la nuit dernière, on ne peut pas dire qu'on se marre...

Oz nous entraine cette fois dans une sorte de mélange de deux des thèmes précédemment évoqués : la religion et la mort. Bien-sûr il ne s'agit pas, dés le 4e épisode, de se lancer dans une redite, mais plus d'aborder ces deux sujets sous l'angle évidemment particulier de la peine de mort. Des fois que vous doutiez encore qu'Oz soit un manifeste politique...

Ozmarathon-1x04

Le problème c'est que, pour la première fois depuis le début de ce marathon, je ne ressors pas de l'épisode avec une impression positive, au sens où l'épisode ne m'a pas paru aussi fort qu'il aurait dû l'être.

D'une façon ou d'une autre, on n'a pas le droit de parler de peine de mort sans remuer tripes et boyaux du spectateurs. On a le droit d'être pour (mais qui oserait ?), on a le droit d'être contre, on a le droit de vouloir montrer des points de vue différents, on a le droit de jouer sur les émotions, on a le droit de se baser sur un discours intellectuel ; à mon sens les meilleurs épisodes sur le sujet parviennent à faire tout cela en même temps (je vais donc citer à nouveau L'Esprit de l'Amérique de The Practice, qui en est l'exemple le plus réussi). Ce qu'on n'a pas le droit de faire, c'est rater son coup. Ca a tendance à me mettre très en colère.
Jefferson Keane est donc condamné à mort, sans surprise vu que cette enflure de Devlin ne vit que pour sa politique démagogique et son temps de parole dans les médias, et qu'il a rétabli la peine de mort dans l'épisode précédent. Le problème qui se pose, c'est qu'à peu près tous les "proches" de Keane en prison sont travaillés par cette perspective... mais pas lui. Ainsi, le père Mukada (qui gagne ainsi un tout petit peu en épaisseur), Sister Pete, Kareem Saïd, Tobias Beecher, mais aussi dans une moindre mesure Tim McManus et Leo Glynn, vont tenter de vivre ce bouleversement du mieux possible. On ne peut pas dire qu'ils gèrent tous très bien l'évènement.

Comme c'est désormais la tradition, le premier tiers de l'épisode tourne autour de Beecher, qui commence à un peu moins subir la prison, et se retrouve une vocation d'avocat ; il n'est peut-être plus membre du Barreau mais son sens de la Justice renait de ses cendres, et il essaye désespérément de sauver Keane, osant défier Schillinger (même brièvement, c'est quand même une victoire) et prenant de la distance avec O'Reily. La tentative échouera mais force est de constater que Beecher évolue de façon splendide.
Du côté des religieux, la scène qu'on attendait tous, enfin moi en tous cas, c'était celle qui nous permettrait de voir les nuances entre le père Mukada et Sister Peter Marie ; on devinait qu'ils auraient des différences de point de vue, ça fait du bien de les explorer. Sister Pete veut protester contre la peine de mort, et démissionne/se fait virer ; Ray Mukada est quant à lui plus docile et décide d'accompagner les prisonniers au bout de leur voyage, quoi qu'il lui en coûte. Il devra faire face à un autre décès pendant l'épisode, celui du petit garçon d'Alvarez, dans une scène légèrement over the top mais tout de même très émouvante. Kareem Saïd, s'il accompagne Keane, est rapidement mis hors-jeu par une sorte d'attaque cérébrale sur laquelle on attend d'avoir plus d'informations pour savoir que faire de cet évènement ; il reste relativement en retrait pendant l'épisode, et contrairement à ses habitudes, ne tente pas d'interférer, se limitant à un rôle strictement religieux. Cela fait un joli écho à la mission similaire que s'est fixée Mukada.

La réaction la plus surprenante vient probablement de notre crevette McManus. En quatre épisodes à peine, il s'est quand même envoyé déjà deux autres employées de la prison ! La séquence pendant laquelle il se tape la surveillante Wittlesey fait partie de celles qui renvoient au mélange sexe/mort de l'épisode 2 le plus explicitement. Il n'y a aucune sensualité dans leur copulation, et la rapidité avec laquelle ces deux-là décident de s'envoyer en l'air montre bien qu'il s'agit plus d'un réflexe désespéré, vu le contexte, que d'un véritable désir sexuel.

Dans tout ça, on peine à trouver de l'intérêt à l'intrigue Keane elle-même qui finit de façon assez fade... pour passer aussi sec à une autre intrigue de peine de mort. Et c'est de là que vient ma déception vis-à-vis de l'épisode. Personnellement j'avais totalement oublié Richard L'Italien et sa petite tactique perverse pour tenter de gagner du temps. Probablement parce que la première fois, j'avais dû tout autant n'en avoir rien à battre. Rarement Oz aura introduit un personnage "redshirt" avec aussi peu de panache. La série connaitra beaucoup de personnages de passage, mais je ne me souviens pas que l'un d'entre eux ait fait l'objet d'aussi peu de soin dans la pénible introduction comme au moment de l'élimination. Richard manque cruellement de perversion, qui aurait été une excellente façon d'explorer les réactions de Mukada ; on sent que celui-ci vit une sorte de culpabilité de ne pas se sentir totalement triste pour l'étouffeur en série, mais Richard est, à la vérité, un gros con. Personne ne se sentirait coupable à cause de lui ; alors que s'il avait été plus ambivalent, un peu plus malade peut-être, on aurait mieux compris l'ambivalence de Mukada lui-même vis-à-vis de la perspective de la peine de mort. L'exécution de L'Italien apparait en plus comme assez vaine, la scène manque de force, on n'est ni désolé ni satisfait, en somme, émotionnellement, on n'a pas vraiment réagi. Peut-être que j'ai loupé l'intérêt de ce passage, pour moi il était déterminant pour montrer que Mukada voulait aider les condamnés et avoir pitié d'eux, quitte à s'apercevoir parfois que tous ne le méritaient pas, mais peut-être que ce n'était pas vraiment ça le propos, auquel cas je ne sais pas de quoi il s'est agi.
Quant au discours final de Hill, il était sans doute joli sur le papier, mais il a fini par apparaitre comme exagérément moralisateur et sirupeux à la fin de l'épisode. La citation aurait certainement dû intervenir beaucoup plus tôt dans l'épisode pour atteindre sa puissance maximale, mais c'était néanmoins une bonne trouvaille, simplement pas aussi bien employée qu'elle n'aurait pu l'être.

Un petit mot sur le directeur Glynn, pour finir. C'est un personnage actuellement très en retrait, ce qui est une force quand on y pense. Il a finalement assez peu de scènes, mais je trouve assez remarquable sa détermination à essayer d'être, sinon juste, au moins neutre (même si pendant la conférence de presse de Devlin, il a un peu de mal à conserver son tempérament suisse). C'est un personnage assez subtil et ça me plait énormément dans une série où la plupart des personnages sont quand même assez transparents quant à leurs motivations.

Je suis probablement un peu dûre vis-à-vis de ce quatrième épisode. Je ne lui au pourtant pas trouvé que des défauts, et j'ai notamment aimé la scène pendant laquelle ce rat de Ryan O'Riley parvient à piéger le second de Schibetta tout en allant prendre sa place d'un air docile. Quelle enflure. Je l'adore. De la même façon, Beecher se rapprochant encore un peu de Rebadow, et faisant équipe avec lui pour découvrir la vérité sur le meurtre de Martinez, avec la complicité de ce tordu de Groves, c'était à la fois drôle, touchant et intéressant sur la façon dont ces outsiders se lient, formant une nouvelle sorte de clan entre les murs d'Oswald. Enfin, les nouvelles scènes impliquant l'intrigue autour du frère de Keane étaient plutôt bien vues, avec l'avantage de ne pas être trop lourdes vu qu'avec la mort de Keane, on ne les approfondira probablement pas.

Il est bon de noter que l'épisode est moins pesant, aussi, parce que l'atmosphère de ras-le-bol des prisonniers est moins palpable. C'est sans doute l'axe qui me captive le plus dans cette saison, et j'ai hâte qu'on y revienne. Ca ne fera pas un pli, je vais donc ne pas en vouloir à Oz pour ce petit contretemps. D'autant que des exécutions émouvantes, si ma mémoire ne me trahit pas, on aura l'occasion d'en voir à l'avenir...

28 décembre 2011

[#Ozmarathon] 2x04, fatal attraction

Alors que notre Ozmarathon se poursuit et que nous sommes toujours plus nombreux à le suivre de façon synchronisée (alors d'accord, c'est pas la partie la plus facile à organiser, mais c'est sacrément convivial et sympathique comme expérience), nous attaquons une partie de la série qui pour moi est mythique, puisque comme je le disais récemment, j'ai en fait découvert la série au moment de la diffusion de la saison 2 sur Série Club. Alors forcément, pour moi, ces épisodes sont cultissimes, et l'arrivée de Chris Meloni n'y est d'ailleurs pas étrangère. Mais procédons par ordre, voulez-vous ?

Ozmarathon-2x04

Car je vais commencer plutôt par les questions qui fâchent. Certes, dans cet épisode, on ne nous en a pas remis une couche avec le petit mystère "mais qu'a donc Schibetta Junior contre le directeur Glynn" (et j'en suis particulièrement reconnaissante), mais on nous ramène une autre sorte de petit mystère à la con, et de vous à moi, ce genre de pratiques m'énervent. On le verra une fois de plus à la fin de l'épisode, les cachotteries, ce n'est pas un truc dans lequel Oz se complait d'ordinaire : ses personnages ont tendance à afficher leurs motivations clairement, au moins au spectateur, et globalement on n'a pas d'axe à suspense, ou rarement, qui nous force à nous demander ce que signifie telle ou telle parole. La série brille, en fait, par son sens de l'immédiat, y compris dans sa réflexion, où il s'agit plus de montrer un cheminement pour nous conduire à penser aux même thèmes, que de nous forcer à nous creuser pour connaître la signification cachée de tel ou tel évènement, mais plutôt sa portée aussi bien morale, philosophique, qu'évidemment dramatique pour les personnages concernés.
Pour moi, ce n'est tout simplement pas la vocation de la série que de faire durer un mystère, et en l'occurrence, l'étrange prisonnier qui s'exprime par devinettes me tape sur les nerfs alors que sa première scène, dans l'épisode précédent, était brève. Mais la seconde n'en est que la longue et douloureuse répétition, et c'est là que le bât blesse. Si, comme cela a été insinué lors de l'épisode précédent, c'est en lien avec le passé personnel de Sister Peter Marie, pourquoi pas ? J'avoue que je ne me souviens pas de cette intrigue (elle a dû m'agacer aussi la première fois) et que je suis ouverte à l'idée qu'elle soit liée à l'époux que la bonne soeur avant qu'elle n'entre dans les ordres. Mais ça dure et c'est pour moi insupportable de lenteur.

Surtout quand il se passe tant d'autres choses par ailleurs. Et une grande partie de l'épisode est justement foisonnante, même si on en revient de façon cyclique à Kareem Saïd en fin de compte.
Nous voilà donc au moment tant redouté (et voyez comme ça n'a pas trainé), alors que Hill passe en commission dans l'espoir que le verdict de son procès soit invalidé. Kareem Saïd l'y représente avec fougue mais, hélas, il lui manque la compétence (ainsi que les moyens technique d'enquêter sur certains aspects de l'affaire) pour briller. Résultat, on a une très jolie mais triste conclusion, avec Augustus Hill qui finit par dire à Saïd qu'Oz, c'est chez lui. C'était touchant. Et ça contribuait à appuyer l'idée que Hill et la prison ne font qu'un, ce qui donne plus de pouvoir encore à ses attributions de narrateur ; j'aime le côté fusionnel que cela dévoilait, bien que pudiquement, entre Augustus et la prison. Qu'il voie ses espoirs brisés n'était rien face à la confession de son attachement à Oz, c'était plus que de la résignation (ce qu'on aurait tiré de tout autre personnage dans la même situation) et du coup c'était vraiment une belle scène.
Et alors qu'on pensait qu'on allait changer de sujet, comme c'est souvent le cas dans Oz où les épisodes sont divisés en intrigue se chevauchant peu, on reste en fait dans le sillon de Kareem Saïd. L'Enfer est réellement pavé de bonnes intentions, puisqu'après avoir échoué à faire d'Augustus Hill le porte-drapeau de sa cause (celui-ci ayant révélé préférer être un vulgaire être humain...), il se tourne vers un homme plus fragile, amateur de concepts brumeux et de grandes phrases... j'ai nommé le Poet. Poet est présent depuis le tout début de la série, j'ai encore en mémoire son excellent poème sur les cigarettes, et j'avais été impressionnée par sa façon de composer ses poèmes. En bref, un personnage qui, comme beaucoup d'autres à Em City, fait partie des visages que l'on connaît, et qui prend maintenant assez naturellement une position plus centrale dans les épisodes. Poet, donc, a accepté l'aide de McManus, et apprend à véritablement lire et écrire ce qui est déjà une démarche fascinante en soi. McManus a même entrepris d'enregistrer ses poèmes pour l'aider à se faire éditer, mais Kareem Saïd (confirmant ainsi qu'il est effectivement diablement égocentrique, si jamais nous l'avions oublié) se mèle de tout et décide de faire de Poet son nouveau projet. Et il a même réussi à trouver cette fois une victime plus consentante que ne l'était Hill. En voyant Poet se faire manipuler ainsi, tant par Saïd que par sa passion pour la coke, on ne peut qu'éprouver la crainte que le talent de Poet finisse comme celui de Dobbins...

L'intrigue sur les coulisses du pouvoir à Em City fait plaisir à voir, dans cet épisode. Alors qu'O'Reily est toujours occupé par sa santé (on va y revenir), Adebisi et Schibetta Junior sont livrés l'un à l'autre, et une chose est sûre, sans Ryan pour faire tampon, ça ne marche pas. Et ça fait un bon petit changement, car au lieu d'avoir Adebisi et le rat irlandais en train de comploter dans un coin, on a une toute nouvelle dynamique qui se met en place, tout en étant parfaitement cohérente avec le début de la saison. Ainsi, Adebisi et Schibetta vont tous les deux tenter de faire appel à Alvarez l'un pour buter l'autre, et vont, dans une excellente scène, s'observer mutuellement en attendant de pouvoir éliminer l'autre. Ce qui est brillant, c'est qu'en plus de ce bras de fer silencieux, se joue aussi autre chose : Alvarez est vraiment sous son meilleur jour. Juste quand on commençait à le trouver inoffensif et mignon (au sens "puppy" du terme) et tout ce qu'on veut, le voilà en train de faire montre d'une intelligence fulgurante dans ce qui se trame. Oui, il va juste attendre que les deux forces en puissance s'annulent, plutôt qu'intervenir pour de bêtes questions de fierté ou de cupidité... Sa réaction était vraiment brillante. On ne voit peut-être jamais Alvarez sous un jour qui soit en sa défaveur, mais en même temps, on le montre sous un angle moins vulnérable que depuis son arrivée, il assume vraiment son rôle de leader des Latinos, et ça fait plaisir à voir. Ca va swinguer !

Evidemment, pour nombre d'entre nous, moi y compris je ne vous le cache pas, l'évènement de l'épisode, en attendant, c'est quand même l'arrivée de Chris Keller, incarné par un Chris Meloni relativement en forme physiquement, mais nous offrant pour le moment un personnage peu incarné (ça viendra, sans vouloir vous spoiler) qui pique même des expressions faciales à McManus.
Mais le plus important reste que le personnage est déjà délicieux, simplement par la façon dont il est écrit. Pervers d'entrée de jeu, mais pas pour les raisons qu'on croit, on le voit jeter un coup d'oeil à Beecher avant d'attaquer Mack, on le sent à l'affût de ce que fait Beecher, et la révélation finale de l'épisode, si elle n'est pas bluffante pour qui a vu cet épisodes et les suivants, a le mérite de coller tout de même une belle mandale au spectateur qui n'en attendait pas tant, surtout étant donné le subtext érotique de plusieurs scènes. L'idée était de nous conduire sur une autre piste pour pouvoir mieux nous surprendre, mais sans attendre trop longtemps. Cela participe à mettre le spectateur dans la confidence sans chercher à faire durer l'intrigue et c'est précisément l'une des qualités que j'apprécie dans la série. L'idée n'est pas de semer le doute sur ce que veut Keller : à la fin de l'épisode, ce sera dévoilé, et on commence maintenant à trembler pour Beecher. C'est bien plus excitant !

En parlant d'excitation, mais d'un tout autre ordre, je dois admettre qu'Oz, bien plus qu'à ses débuts, sombre ponctuellement dans une forme de gratuité. Je suis une femme et donc je ne vais pas me plaindre, mais quand même, ça faisait beaucoup de scènes de douche pour un seul épisode. La série est en cela fidèle à sa réputation et ne se prive de rien, ni des gros mots les plus odieux (on avait l'impression de palper une certaine jouissance à répéter le terme "cunt" pourtant honni aux USA) ni les scènes de nudité les plus crues (ya que moi qui ai repéré le grain de beauté géant ? Vraiment ? Oh ne me faites pas croire que je suis la seule à regarder là pendant les scènes de douche...). Si parfois cela sert la violence ou la vulnérabilité d'une intrigue ou d'un personnage, c'est bien, mais parfois, cela semble un peu outrancier et je le regrette. Enfin, juste un court instant, pour avoir ma conscience pour moi, et ensuite je profite du spectacle, hein, c'est pas poli de refuser.

O'Reily, par exemple, se montrant torse nu dés qu'il fait des avances au Dr Nathan, est assez symptômatique du problème. On a une relation qui pourrait être intéressante, un personnage qui l'a toujours été, mais l'esprit de l'intringue est diminué par la volonté d'ajouter de la peau dans les scènes. C'était pourtant intéressant de le voir se rapprocher du Dr Nate après avoir dit tant de belles choses sur sa relation avec son épouse ; cela, bien plus, aurait mérité d'être exploré, plutôt que de voir Nate pratiquer le palper-rouler sur le torse de Ryan.
En revanche, j'ai énormément aimé les difficultés de ce dernier à revenir à Em City. Sans même que soit évoqué son cancer du sein, on sent que, conformément à sa prédiction, la moindre trace de faiblesse est retenue contre lui. Connaissant Ryan, ce sera un pouvoir qu'il lui faudra reconquérir ultérieurement, et j'ai déjà hâte.

Pour finir, mon vrai regret, pour cet épisode, est le peu de cas qu'on fera de Hanlon, un prisonnier que je trouve sympathique sans trop savoir pourquoi, peut-être parce que pour la première fois on a un vrai gay sur le devant de la scène et que je le trouve très équilibré (par opposition aux folasses qui trainent dans le fond des épisodes régulièrement, où aux prisonniers qui deviennent gays à l'insu de leur plein gré, pour dire les choses gentillement). J'ai aimé qu'il tienne tête aux Aryens, et la façon dont il l'avait fait. Quand il a été envoyé au trou (on voit vachement le mitard depuis quelques épisodes, c'était pas à ce point au début de la saison 1), et qu'il a reçu la visite d'un gardien aryen, j'ai réellement pensé que son intrigue allait trouver une conclusion plus satisfaisante, en cela qu'il allait tenter de dénoncer le garde, ou autre chose. Là, on dirait que son sort est scellé. Je suis à peu près convaincue, du fait des quelques souvenirs que j'en ai, que c'est le cas, et ça me rend triste, même si je sais qu'on n'a pas fini pour autant de le voir (après tout, il y a quelqu'un qui l'attend dans le couloir de la mort, non ?). Mais c'était vraiment dommage de l'utiliser comme fusible de cette façon. Pauvre Hanlon, je t'aimais bien, mais tu étais l'équivalent du redshirt dans cet épisode...

Car évidemment, la tension monte autour de Shirley Bellinger. Façon de parler puisque la créature n'a toujours pas dit un mot, mais on en apprend plus à son sujet (notamment avec une scène de reconstitution effarante de calme, et d'une froide violence), et on sait déjà qu'elle va se comporter en nympho dans la prison, ce qui, vu la tonalité générale de l'épisode, est plutôt bon à savoir. En bref, le peu qu'on sait d'elle est désarmant, et pourtant on a du mal à ressentir autre chose que de la fascination. Ca doit être cette lumière qu'elle a dans les yeux...

1 janvier 2012

Quit being a wussy

La semaine dernière, quasiment tout le monde au boulot avait pris sa semaine. Après avoir souffert une saine période de temps à supplier le téléphone de sonner, j'ai fini par ramener mon propre équipement. Résultat, je me suis lancée dans une nouvelle intégrale de Titus, et le premier qui dit qu'il n'est pas innocent de se relancer dans la série alors que je passais pour la première fois les fêtes de fin d'année sans adresser la parole à mes parents... eh bien, euh, devrait envisager des études en psychologie, c'est bien vu.

Ca fait donc moins d'une semaine et j'ai presque fini la saison 3. Bien bien bien.

Titus

La différence c'est que cette fois (et je ne m'explique pas avoir autant trainé pour le faire), je me suis aussi envoyé deux spectacles de stand-up de Christopher Titus que j'ai trouvés en video (j'avoue que le stand-up au format audio ne me provoque pas d'élan naturel même si ça m'arrive en désespoir de cause, parfois). On peut le dire, je suis dans l'une de ces phases monomaniaques, en gros (même si il y a évidemment, ces derniers jours l'ont prouvé, encore de la place dans mon coeur pour le Ozmarathon).

Car dans le fond, rien ne respecte plus l'esprit de fêtes de fin d'année que de la maltraitance parentale et des souvenirs traumatiques, non ?

Alors si jamais vous avez envie de tenter l'aventure aussi, j'en profite pour vous rappeler qu'il y a eu un post La preuve par trois (donc avec des choses cliquables) sur le pilote il y a fort longtemps. Si vous n'êtes pas un wussy, vous tenterez le coup.
Ah et, au fait... bonne année !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Titus de SeriesLive.

13 décembre 2011

[#Ozmarathon] 1x01, plongée en Enfer

Première étape de notre marathon : le pilote, évidemment. Outre le fait que c'est le lancement d'un défi de 56 épisodes, c'est évidemment, pour la pilotovore que je suis, un passage déterminant de notre périple.
Si vous avez envie de rejoindre notre marathon, il est d'ailleurs encore temps de vous y mettre et, comme Whisper qui est SBF (sans blog fixe), de commenter les posts de la rubrique Plus on est de fous au fur et à mesure de leur publication, pour participer à notre voyage au bout de l'Enfer. Ce sera sans doute moins douloureux si on emprunte le chemin à plusieurs et au même rythme !

Ozmarathon-1x01

Oz. On a beau avoir déjà vu des épisodes de la série (un bon paquet dans mon cas, à vrai dire, mais hélas pas tous, pas encore), on a beau connaître la "légende", l'aura incroyable qui entoure la série, on a beau avoir conservé le souvenir de son excellence... on oublie à quel point la série est incroyable tout de même.
Je me souvenais de ce pilote, que j'ai déjà vu une demi-douzaine de fois, certes pas depuis deux ou peut-être trois ans mais tout de même, et pourtant je l'ai redécouvert dans le cadre de notre marathon, et ça a été une claque.
Je ressors de ce visionnage avec une sensation d'étouffement que j'avais oubliée, au point que pour un peu j'aurais envie de me recroqueviller dans un coin de la pièce et me balancer lentement en attendant que ça passe. Parce qu'outre l'excellence, certaine, dés ce premier épisode, de la série, je me réhabitue lentement à son ambiance, à respirer l'air vicié qui tourne en circuit fermé dans ses cellules, et j'avais oublié la sensation qui en résulte.
En 53 minutes, le pilote d'Oz vous rappelle ce qu'est l'humilité. Parce que l'écriture est intense, et couvre en une heure à peine une variété incroyable non seulement de personnages mais aussi de situations, et donc autant de thèmes. Parce que la musique, ou plutôt l'accompagnement sonore, avec ces cuivres qui s'étranglent et ce râle étouffé, sortent totalement des sentiers battus. Parce que les performances sont instantanément pétrifiantes. Comment j'ai pu ressortir indemne de mes visionnages précédents de la série, au point de serrer les mâchoires et les poings comme aujourd'hui ?

Le pilote n'est pourtant pas exempt de défauts, comme tous les pilotes, et même celui d'Oz ne pouvait faire exception : certains passages semblent presque chorégraphiés tant ils manquent de naturel, par exemple, et à l'occasion, un dialogue ou deux a l'air un peu artificiel. Cela donne un aspect parfois irréel à l'épisode, presque comme dans un comic book. Mais globalement, tous les ingrédients sont présents pour réjouir le téléphage exigeant ; après tout, on peut parvenir à l'excellence sans atteindre la perfection.

La structure des épisodes d'Oz m'a toujours fascinée. Ca va paraitre ridicule, mais elle m'a toujours rappelé celle des Simpsons : on part de quelque chose, un sujet, un personnage, on pense qu'on va explorer ce sujet ou ce personnage pendant l'épisode, mais non. C'était une sorte de prétexte introductif, le reste n'aura rien à voir, va partir dans quelque chose de totalement différent. Avec l'arrivée de Beecher à Em City et ses premiers malheurs, on pouvait penser que le pilote reprendrait la construction si familière de tant de pilotes qui insèrent un nouveau personnage pour aider le spectateur à se plonger dans l'univers nouveau de la série. Oz donne un temps dans ce registre ; un temps seulement, et abandonne rapidement Tobias Beecher pour Dino Ortolani. Et d'un personnage qui tente d'échapper à sa perte de liberté, on passe à un autre qui tente d'échapper à sa perte d'humanité. Les deux échouent, sans vouloir vous spoiler...
C'est une plongée bien plus cruelle que ne l'aurait été celle, plus introductive et donc plus soft, de Beecher, si elle avait duré une heure.

En fait j'avais oublié à quel point, derrière les textes solides et les idées incroyables, Oz pouvait aussi être un drama éreintant. On vous dit que c'est une excellente série, et vous le savez, mais quand vous revoyez les épisodes, vous avez beau les connaître par coeur, vous trinquez quand même pas mal.
A présent ils sont tous là, au garde à vous, attendant de surgir dans les épisodes : Beecher, Schillinger, Saïd, Adebisi, O'Reily, McManus, Sister Pete et tous les autres. "Et maintenant que vous les connaissez tous, ils vont pouvoir vous jouer leur histoire", pourrait déclamer le coryphée Augustus Hill dans sa boîte, comme au début d'une tragédie grecque.
J'ai hâte, et j'ai peur. Ce ne sera pas un marathon de tout repos... mais il promet d'être passionnant.

30 décembre 2011

[#Ozmarathon] 2x06, bedbugs

On a parlé de l'amour familial, de façon plus ou moins détournée, dans l'épisode d'hier, cette fois il est l'heure d'attaquer les choses sérieuses. Des mois et des mois après avoir parlé de sexe, il sera donc question d'amour. Parce que visiblement, Oz est pris de la maladie d'amour, et l'épidémie est rapide...

Ozmarathon-2x06

Manque de chance, la connexion du "thème" de l'épisode avec un grand nombre d'intrigue est quasi-inexistante, même en cherchant du côté de la métaphore. Ainsi, la conclusion de l'intrigue Saïd/Schillinger se dégonfle ; idem pour celle de Sister Peter Marie qui se finit sur un grand air de "tout ça pour ça". Alvarez s'installait à peine dans son rôle de caïd en chef que déjà son statut lui est ravi (et sans grande explication, juste vite fait en passant). La lutte entre Adebisi et Schibetta junior trouve une conclusion simpliste (cohérente, certes, mais simpliste). Quant à l'affaire autour de Devlin, ça n'avait strictement rien à voir avec l'amour et il s'est simplement agi de lui faire encore avoir le dessus sur tout le monde (oh, ou alors, peut-être que c'était une métaphore pour dire qu'il avait entubé tout le monde ?). Bref, le thème choisi par Hill dans ses solliloques est franchement focalisé sur quelques intrigues de l'épisode seulement.
Ce qui tombe bien car ce sont les meilleures !

A commencer par la belle Shirley Bellinger qui s'est trouvé un admirateur secret ; sa nymphomanie étant établie, elle signe un chèque en blanc sitôt qu'elle trouve un message d'amour anonyme dans son déjeuner. La scène est mignonne, quelque part : cet échange de missives fait sourire. Mais connaissant les deux protagonistes de cette jolie love story, on a un goût amer dans la bouche. Bellinger est quand même sacrément dérangée, et Adebisi... Adebisi viole Schibetta dans ce même épisode juste pour lui prouver qu'il l'a vaincu, quoi. Ne m'obligez pas à réciter tout son CV, il a fait ses preuves. D'ailleurs dans sa méchanceté proverbiale et sa violence légendaire, Adebisi est plus attachant lorsqu'il se bat bravement dans sa cuisine pour défendre sa vie, que lorsqu'il dissimule un billet doux de Princesse Salope dans son bonnet. La romance n'en est qu'à ses balbutiements mais elle s'annonce déjà prometteuse, essentiellement parce que depuis son arrivée, Bellinger a eu tout loisir d'être dépeinte comme la pire des raclures perverses, et que ces deux-là... mon Dieu, ils sont faits l'un pour l'autre, en fait. Ce sera sympathique surtout si mes souvenirs ne me trompent pas, on ne devrait pas être déçus par la confrontation !!!

Mais il y a encore plus allumé, et je veux bien-sûr parler de Ryan O'Reily qui a complètement pété une durite. Voilà, on l'a perdu, c'est foutu. Quand l'inévitable se produit, que son frangin Cyril se fait prendre et confesse (évidemment, c'était Cyril, à quoi s'attendre d'autre ?), et que la vérité parvient aux oreilles du Dr Nathan, celle-ci vient le confronter et cet abruti, c'est donc vrai que l'amour rend les garçons complètement cons, ne cherche même pas à s'expliquer. C'est tellement évident pour lui que c'en devient effrayant. Vivement qu'il en finisse avec la chimio, moi je vous le dis. Rien que la façon dont il renvoie (littéralement) sa femme Shannon, ça envoie du lourd !
Ryan, je peux pas cautionner, merde. Ta femme a été jusqu'à menacer un médecin pour toi, si c'est pas de l'amour je sais pas ce que c'est, et toi tu la laisses en plan, pas cool mec. L'ironie du sort c'est que tu la quittes précisément pour ce médecin.
A mon sens on a sauté le requin en matière d'intrigues tordues pour O'Reily. Un retour à la "normale" est envisageable mais faut que les scénaristes arrêtent de fumer du crack et intègrent le programme de sobriété de Sister Peter Marie.

Tiens bah, en parlant de sobriété. Le coup de génie de l'épisode, c'est l'intrigue de Beecher. OK, maintenant avec lui je m'éclate vraiment, même si le pauvre déguste quand même salement. Entre sa relation avec ses enfants qui le travaille (certes aidé par Chris Keller), sa sobriété qui est mise en danger (merci Chris Keller), et ses questionnements sexuels (le coupable est tout désigné...), le pauvre morfle à fond, et pendant ce temps, Schillinger piaffe d'impatience. Visiblement le plan de ce dernier, d'ailleurs, n'a pas toujours été de viser le coeur, mais surtout de s'attaquer au self-control de son pire ennemi ; une fois plus Chris Keller domine l'univers en prouvant qu'il a parfaitement compris où il menait Beecher, et confirme que lui, par contre, a bel et bien l'intention de le séduire. Pour mieux l'écraser ensuite.
Pendant toutes ces séquences, on n'en peut plus. Beecher, fais pas le con, il fait exprès de te frôler. Beecher, tu fais chier mec, essaye de prendre ta douche tout seul de temps en temps. Beecher, ouvre les yeux, comme par hasard il se fritte avec Vern quand tu entres dans la salle de gym. Beecher, écoute merde, vide cet alcool dans l'évier, joue pas au con !!!
En vain, hélas. La jouissance perverse que provoque l'intelligence aigüe de Keller n'a d'égale que la terreur d'assister à une nouvelle descente aux Enfers pour Beecher. Et cette fois il ne le sent même pas arriver. Ca va faire mal, Toby, très très mal...

Heureusement que ces trois intrigues nous agitent un peu parce que ce qui est sûr, c'est que pour le reste, on s'emmerde grave. Je n'ai aucune honte à dire que cet épisode m'a, par plusieurs fois, ennuyée. Il a manqué de substance, de cohérence et même d'images choc (ce qui est un pis-aller et j'en suis consciente, mais vaut mieux ça que rien justement). Aussi n'ai-je pas honte d'en finir, déjà, avec ma review. Nan, limite j'ai envie de bouder. Que ferait-on sans le génie machiavélique de Keller, je me le demande ?

29 novembre 2011

C'est comme ça qu'on sait que c'est du sérieux

Etant malade en ce moment, je m'attendais à faire ce que je fais téléphagiquement chaque fois que j'ai une bonne crève : regarder des merdes. Et, plus spécifiquement : regarder 30 Rock. Par un curieux hasard, chaque fois que j'ai été malade jusque là, je me suis envoyé une à plusieurs saisons de 30 Rock.

30ontheRocks
Mais non, rien. J'ai pourtant une bonne partie de la saison 5 en retard (depuis ma dernière crève, donc), mais rien à faire. Je n'en ai même pas envie. Si une série pas drôle ne peut même plus compter sur un état fievreux pour s'intercaler dans le planning d'un téléphage, mais où va-t-on ?!

Donc, comme j'ai un peu de mal à me débarrasser de ma rhino-pharyngite et que ça va encore me mettre KO quelques jours, si quelqu'un a une série pas trop conne, mais pas trop bonne non plus, à me suggérer en attendant que ça aille mieux, je suis preneuse.

23 décembre 2011

Home away from home

Eh bien voilà. The Café s'est conclue... sans vraie conclusion, d'ailleurs. D'une façon qui lui ressemblait bien, finalement. Difficile de vous dire combien cette séparation m'est difficile. Ces derniers mois, je me suis attachée à des séries assez variées, mais jamais à ce point ; en fait c'est un peu toujours le cas, mes découvertes téléphagiques sont souvent les unes aux antipodes des autres et c'est ce que je recherche d'ailleurs, mais je crois que The Café faisait vraiment figure d'ovni dans le paysage.

LeavingTheCafe
Imaginez un peu. Des accents imbitables. Une série sans histoire ni fil rouge. Seulement 6 épisodes. Et surtout, ce ton contemplatif, et cette ambiance si banale...

Mes lectures comme certains de mes contacts sur Twitter ont souligné les liens de parenté entre The Café et The Royle Family. Je vous avoue qu'après avoir vu le premier épisode de The Royle Family, j'ai quand même du mal à trouver le point commun. Nan, si, évidemment, il y en a, mais disons que ce n'est pas ce qui a fait que je me suis attachée à The Café. Il manquait dramatiquement au pilote de The Royle Family l'atmosphère de rêverie, l'atmosphère de convivialité... ce petit truc qui fait que je me suis tout de suite sentie au chaud avec The Café, que j'ai voulu m'y installer semaine après semaine et regarder moi aussi la vie des gens se dérouler tranquillement, presque l'air de rien.
C'était vraiment une expérience que je n'ai pas retrouvée avec The Royle Family. L'impression d'être à la fois hors du temps et dans la vraie vie, de partager réellement des joies et des peines, le quotidien, d'avoir rendez-vous avec une communauté accueillante, même si personne n'avait rien de spécial et qu'il ne leur arrivait rien de spécial. J'ignore ce que cela dit de moi, mais le rythme lent des épisodes, les dialogues à la fois tendres et anodins, les personnages anonymes et tellement proches...

Non, The Café n'est pas très excitante à première vue, elle n'a pas les fameux "enjeux" qui sont devenus si importants de nos jours aux yeux des spectateurs affamés de sensationnel, c'est juste le fil de la vie de quelques personnages qui se déroule sous nos yeux. Un endroit où on se sent dorlotté, où rien de mal ne peut arriver, où en fait rien n'arrive vraiment si on veut pousser un peu, où on peut juste mettre l'univers en pause et savourer le moment en bonne compagnie.
J'étais bien, à Weston-super-Mare. J'étais vraiment bien, vous savez. Je voudrais y rester. En fait, je vous avoue que j'ai même commencé à regarder comment je pourrais y aller vraiment...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Café de SeriesLive.

20 décembre 2011

[#Ozmarathon] 1x08, you animals

Tout ceux qui suivent notre Ozmarathon, une fois parvenus au final de la première saison, passeront probablement par un stade similaire à un état de choc ; le contraire semble impossible.

A l'heure où je tape ces mots, j'ai une méchante envie de vomir, par exemple ; seuls Oz et le roman Arrachez les bourgeons, tirez sur les enfants sont capables de déclencher pareille réaction physique à une "simple" oeuvre de fiction.
Alors je ne sais pas. Là tout de suite, tandis que je tente de respirer calmement et que je sens bien que j'ai les nerfs en pagaille, j'ai l'impression que je me suis sérieusement ramollie, que je l'ai vécu plus mal que la fois précédente, et la fois d'avant, et même la toute première fois. Je suis peut-être fatiguée. Je suis peut-être plus sensible que d'habitude. Ou bien peut-être que chaque fois que je regarde le final de la première saison de Oz, j'ai envie d'agripper tout ce qui bouge en hurlant de terreur, mais que je l'oublie en me disant que j'avais probablement mieux pris la fois d'avant. Là, je suis dans tous mes états, ce qui est précisément ce que j'étais venue chercher dans ce marathon si on y pense, on ne revient pas à Oz sans une petite pointe de masochisme, mais ce qui n'est tout de même pas la configuration idéale pour écrire une review.
Défi relevé.

Mais il est impossible pour moi, ce soir, après pareil visionnage, de vous sortir un compte-rendu circonstancié de mes impressions personnage par personnage, axe par axe, chapitre par chapitre. Je suis, à l'image d'Em City, bien trop en état de siège pour pouvoir penser posément de la sorte...

Ozmarathon-1x08

On y est donc. On le savait depuis le pilote que la tension montait. On a senti chaque petite barrière tomber, une à une, c'était prégnant, quasiment à chaque épisode un peu plus. La colère était palpable et les digues se rompaient une à une. Tout était en place pour l'apocalyspe. Les signaux ont été nombreux, les avertissements, les prophéties auto-réalisatrices, les mises en garde, et pourtant Em City sombre, implacablement. Le désespoir est total.

Et il est total parce qu'en retirant, une à une, les petites poussières d'humanité dans les prisons de verre d'Em City, en aspirant leur âme un peu plus à chaque interdiction, l'administration a fait de ses prisonniers des animaux. Alors, les animaux ont agi comme tel.
A bien y réfléchir, il y a des quantités de choses que nous avons vues se dérouler pendant la saison, que nous avons tenues pour acquises, si ce n'est normales. Tenez, par exemple, plusieurs personnages ont été jetés en isolation, et pas un de nous, dans nos commentaires au cours de ce marathon, n'a relevé la dégradation que cela représentait pour eux d'être non pas enfermés seuls, mais d'être enfermés seuls ET NUS. Comme des animaux. Et à chaque petite humiliation, c'est l'animal qui se révèle, et c'est normal, que pourrait-il en ressortir d'autre ? Beecher en est la preuve vivante, atroce, la révélation que la prison prend des criminels, et les transforme en bêtes. Alvarez soulignera indirectement ces dégradations permanentes en tendant un seau aux ex-gardiens devenus otages. Ils ont tous été rabaissés au stade d'animal, on ne peut attendre d'eux qu'ils se comportent totalement en êtres humains.

Ce n'est pas vraiment la faute d'Em City. Ce n'est pas la faute d'Oz. C'est la faute du système. Si notre idéaliste McManus avait pu partir sur une île et créer sa prison de rêve, loin des médias, loin de la hiérarchie, loin de l'opinion publique, et des interactions entre cette trinité du chaos, peut-être, je dis bien peut-être que son expérience aurait eu une chance. A condition d'écouter les prisonniers qui lui parlaient vraiment, à condition de laisser sa queue à l'entrée, à condition de ne pas être un petit employé frustré. Oui, dans d'autres conditions, peut-être.
Mais la messe était dite dés le début, du moment où il a eu à répondre devant un politicien de ses décisions, du moment où les journalistes ont commencé à camper devant la prison, et implicitement quand le reste des citoyens, les "bons" citoyens, a commencé à regarder ce cirque.

Alors, le final de la première saison, bien plus que l'épisode précédent qui en portait pourtant le titre, c'est véritablement la ferme des animaux, sans ferme à exploiter. C'est sa majesté des mouches, sans l'ombre d'un palmier. C'est la préhistoire, mais entre quatre murs dont deux de verre. Quelles que soient les exigences des prisonniers, ils n'échapperont jamais à cette vérité : ils sont des animaux parqués dans Em City. Ils ont peut-être pris possession de l'espace, mais il est confiné. Ils n'ont peut-être plus de surveillants, mais ils n'ont pas la liberté. Et surtout, ils y sont ensemble.

Certains personnages s'accrochent désespérément à leur humanité, du moins ce qu'il en reste. Ce sont ceux pour lesquels on se fait le plus de soucis : Rebadow, Hill, Alvarez... Plus que jamais, la moindre hésitation, le moindre scrupule, peuvent les mener à leur perte.
La prison n'appartient pas à ceux qui préservent leur âme, pendant l'émeute. Elle n'appartient pas non plus aux animaux : les animaux ne possèdent rien, après tout. Elle appartient aux rares prisonniers d'Em City qui ont la faculté de garder la tête froide. Et on sait très bien de qui il s'agit : Kareem Saïd, Ryan O'Reily, peut-être Scott Ross. Vern Schillinger, aussi, dans un bon jour, sauf que celui-ci est sous le coup d'une terrible révélation personnelle : il a besoin de sa libération sous parole pour sauver ses fils de la drogue. Il ne reste donc bel et bien que Saïd et O'Reily, vaguement Ross bien qu'il ne se soit jamais imposé jusque là comme autre chose qu'un conspirateur, et ils vont tenter d'organiser le chaos et gérer les égarements du reste du bétail, les bêtes déchaînées qui piétineront tout même si ça doit les conduire à leur perte, tel le colosse Adebisi dont l'addiction est l'argile. Leurs tentatives de se concerter en bonne intelligence sont vouées à l'échec d'emblée. Leur révolte est le fruit de la colère mais ses conséquences n'ont, pour la même raison, pas totalement été mesurées. Les émeutiers n'ont aucune carte dans leur jeu...

Dans l'épisode, l'émeute ne dure en elle-même qu'une dizaine de minutes avant de passer à ses conséquences. Mais dés cet instant où tout bascule, il est très clair que plus rien ne sera jamais comme avant, que chacun prend le risque de mourir tant que de tuer (certains avec les mains plus propres que d'autres, cependant, pas vrai Saïd ?), et qu'il n'y a pas de retour possible.
Et aussi sûrement que l'émeute était prévisible, que dis-je, était prévue, dés le pilote, son issue est tristement écrite d'avance. Comme le parfait petit connard qu'il est, Devlin ne pense qu'à son image dans les médias, à la posture qu'il doit tenir sans même préter attention aux demandes des prisonniers, à la réaction marquante et pro-active qu'il doit absolument lancer dés que possible. Et il donne l'assaut.

Il donne l'assaut.
Je ne sais pas si vous mesurez bien la portée de cet acte avant de le voir se dérouler sous vos yeux. Moi-même je l'ai déjà vu plusieurs fois et je ne m'y suis toujours pas faite.

Le sort de chacun reste une inconnue à la fin de ce final sinistre. Ce n'est qu'en saison 2 que nous saurons l'ampleur de la boucherie.
Le plus fou, c'est qu'il me tarderait presque d'y être. Et de me remettre à Capadocia, accessoirement.

21 novembre 2011

On air

Tiens, voilà une comédie dont on aurait pu parler dans le SeriesLive Show de vendredi si j'avais seulement su que cette série existait !
Enfin, websérie devenue série, plus précisément (mais parle-t-on vraiment des autres ?), puisque Goodnight Burbank a ainsi démarré sa carrière, avant d'être rachetée par HDNet qui apparemment est une chaîne du câble, je découvre comme vous hein.
Et qu'est-ce que ça vaut ? Bah...

GoodnightBurbank

C'est assez chiant, en fait.
Le sujet est pourtant sympathique : il s'agit de s'intéresser à une petite émission d'information en soirée à destination de la zone de Burbank qui se tourne... dans un garage (bah ouais, le studio a brûlé). Ou comment trouver une super bonne excuse pour tourner dans les mêmes conditions que les personnages, c'est-à-dire avec pour simple décor une toile verte pour les scènes en intérieur, et un parking pour les extérieurs.

Les personnages en question sont plutôt sympas : il y a les deux présentateurs, elle, une républicaine dure tendance xénophobe ("Ann Coulter avait raison"/"Sur quoi ?"/"Tout.") mais un peu stupide, lui, un journaliste plus libéral qui espère surtout bouger de cette petite station pourrie et qui ne supporte pas sa collègue ; il y a le producteur, qui comme tous les producteurs ment comme un arracheur de dents et qui a les siennes qui rayent le parquet ; mais il y a aussi le chef de plateau baba cool, la maquilleuse, une musulmane qui porte le voile mais qu'il faut ptet voir à pas prendre pour une demeurée, la journaliste atteinte du syndrome d'Asperger qui ne peut pas regarder les gens qu'elle interviewe dans les yeux, la technicienne complètement maladroite et illuminée...

Alors qu'est-ce qui cloche ? Les dialogues. Le rythme. Le déroulement de l'épisode dans sa totalité. Tout ce qui compte quand même un peu dans une comédie.

Si certains passages sont décents, le reste est surtout très embarrassant parce que les gags ne sont pas nouveaux, et que les dialogues manquent de mordant. Avec des personnages aussi hauts en couleur, on était en droit d'espérer quelque chose de plus barré. Peut-être que le problème vient de l'héritage de l'improvisation, qu'on peut sentir dans certaines interprétations et qui signifie probablement que le script laisse une grande liberté aux interprètes ; or, l'impro, en tous cas de mon point de vue, fonctionne très mal dans une série. Pour une émission de divertissement, sans aucun doute : les sketches sont souvent courts, il y a un public, on garde les mêmes recettes que pour un spectacle de théâtre, bref ça fonctionne. Mais là, ça tombe à plat. Ce sont un peu les mêmes problèmes que ceux que je me souviens avoir cru déceler dans Big Lake, en fait.
D'autant que Goodnight Burbank est tournée en single camera.
Donc problème de rythme, donc problème de dialogues, tout ça tout ça, ce sont des conséquences assez logiques.

Reste que l'idée n'est pas mauvaise, que les personnages sont sympathiques, et que j'aimerais voir ce que donne Goodnight Burbank dans quelques mois, en lui donnant le temps de mûrir. D'ailleurs il parait que la série a ensuite été retravaillée, ça pourrait valoir le coup d'y jeter un oeil pour voir si les défauts d'origine ont été gommés.
Je crois que j'avais vraiment envie de rire devant Goodnight Burbank, probablement parce que les coulisses d'une émission de télévision, fut-elle toute pourrie, c'est le genre de sujets qui m'attire. Alors je lui redonnerai probablement une autre chance si je tombe sur les "nouveaux" épisodes.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche... que j'ai pas encore faite.

3 décembre 2011

Dilemme

Voilà plusieurs semaines que je suis en lutte avec moi-même au sujet de Hell on Wheels. La joute verbale donne à peu près ça :
"Vas-y, regarde le deuxième épisode !
- Nan.
- Pourquoi ?
- J'ai pas envie...
- T'es chiante... alors écris ton post sur le pilote dans ce cas !
- Nan.
- Pourquoi ?
- On sait jamais, des fois que je finisse par regarder le deuxième et que je change d'avis.
- Bon bah alors, regarde le deuxième épisode !
- Nan. J'ai pas envie.
- Alors écris ton putain de post.
- Nan."
Et ça peut durer des heures.
Il faut avouer que les torts sont partagés : je sais très bien que j'ai été particulièrement déçue par le pilote et que c'est ridicule de me pousser à regarder la suite dans ces conditions, mais en face, il faut dire que j'y mets de la mauvaise volonté et que dans ce cas j'ai qu'à écrire mon post sur le pilote. Mais rien à faire, je n'arrive pas à trouver un accord avec moi-même.

Le fond du problème, c'est que ce qui m'a irritée pendant le pilote est, finalement, assez superficiel. C'est le son. Quand l'entrepreneur et le parlementaire parlaient de pots de vin et que le bruit de fond est coupé chaque fois qu'ils parlaient, parce la prod a, je suppose, décidé de doubler cette partie-là en studio, ça m'a rendue dingue. Quand la blonde et son mec cartographe discutaient dans le champs et que la même chose s'est produite à nouveau, à peine quelques minutes plus tard, j'ai trépigné de rage. Même moi qui suis peu regardante niveau bande sonore j'ai trouvé ça anti-professionnel, ridicule, grossier et franchement insupportable. Si encore ces scènes ne duraient que quelques secondes, mais ce sont de longs échanges où la coupure régulière finit par avoir le même effet que des ongles sur un tableau. Le fait est que ça n'a pas lieu à chaque dialogue, mais ça a lieu suffisamment souvent pour avoir un effet répulsif.
Je m'en veux d'en vouloir au pilote de Hell on Wheels juste pour ça (ou presque). Mais d'un autre côté j'ai peine à croire que les mecs aient eu le culot de diffuser un pilote aussi mal ficelé techniquement, au point que même moi ça me heurte.

Après on est d'accord que l'histoire de vengeance ne m'a pas intéressée non plus. Mais il y a eu de bons moments et j'étais réellement assise au bord de mon fauteuil en regardant la scène de combat dans la forêt entre la blonde et l'indien, c'était une scène bien foutue qui m'a tenue en haleine et qui m'a forcée à désincruster mes doigts de mes accoudoirs ensuite.
Mais le reste m'a semblé copieusement bateau ; la partie qui m'intéressait le plus (les magouilles de notre entrepreneur) ayant été largement minoritaire dans l'épisode, et la conclusion de ce pilote étant relativement absurde (écoute mec, si tu fais pas confiance à ton contremaître, le mieux est encore de ne pas commettre de meurtre devant lui, non ?).

Colm
Alors je sais pas. Peut-être que je devrais donner une chance supplémentaire à Hell on Wheels au nom de Colm Meaney que j'aime beaucoup, de l'esthétique de la série qui est pas mal, de ce personnage féminin qui m'a presque donné envie de la suivre, de l'histoire de la reconstruction des chemins de fer, ou du plutôt bon générique... Ou peut-être que cet amateurisme dans la bande-son et cette intrigue centrale peu captivante sont autant de preuves indiquant que ça ne sert pas à grand'chose d'insister.
Ne prenez donc pas ce post pour une critique du pilote : je n'ai pas encore décidé si je regarde la suite.
Ou peut-être bien que si, en fait.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Hell on Wheels de SeriesLive.

12 octobre 2011

Ne nous fâchons pas

DylantheRapist
Le pilote d'American Horror Story nous pose une difficile question, reprise ce matin sur Twitter par Florian et Tony, mais avant d'en parler, je voudrais qu'on procède dans l'ordre et la discipline. Alors, ceux qui n'ont pas encore vu le pilote, je vais leur demander de faire un clic de cote (par exemple vers la droite) et de lire un autre post (disons, celui sur The Slap, mettons, j'dis ça...), et ceux qui l'ont vu, faites pas les malins, parce que c'est pire : je vais vous demander d'etre raisonnables. Ah ça rigole moins, hein.
C'est fait ? Bien.

Parce que ces derniers mois, le meme débat, dans un autre contexte, a mené à des débordements parfois à la limite du supportable, la question que pose American Horror Story est sensible : Vivien s'est-elle faite violer ? La paternité de son foetus en dépend...

Derrière cette question il y en a deux :
- Vivien est-elle consentante ? Si elle ne l'est pas ça règle le problème !
- qui était dans la seyante combinaison de latex ?
Vu que Vivien prend son air coquin pour dire "ah tu veux remettre le couvert ?!", le consentement est clair. Mais c'est un consentement avec son mari, dont elle pense qu'il est dans le costume. Qu'arrive-t-il si ce n'est pas son mari dans la combinaison ? C'est là qu'on arrive en terrain miné.

Parce qu'en fait, tout dépend de la façon dont vous avez reçu et interprété la séquence. Personnellement, je suis convaincue qu'American Horror Story veut qu'on se pose la question mais pas forcément pour y apporter la réponse la plus évidente. Son climat est celui d'une maison terrifiante et qui semble hantée, mais l'est-elle ? Ce qui m'a plus dans le pilote, c'était au contraire d'avoir l'impression d'avoir affaire à mon type d'horreur préféré : celui qui n'est pas fantastique. Les monstres sont à l'intérieur. Pas de la maison. DES GENS.
Donc pour moi, il semble évident que c'est bien son mari dans la combinaison ; je pourrais reconnaitre les yeux de Dylan McDermott n'importe où. Si c'est lui, problème réglé : elle veut coucher avec, et elle couche avec. Ce n'est pas un viol.

Par contre, si vous faites partie de ceux, et je le conçois totalement, qui interprètent la présence du plan sur les cachets, ou le parallèle avec Dylan McDermott en train de faire du somnambulisme dans la cuisine, comme une preuve que Vivien n'est pas du tout en train de coucher avec son époux comme elle le pense, là vous avez raison, c'est un viol.

Et c'est là qu'on voit que le pilote est totalement ouvert à l'interprétation.

Pour moi, Vivien a certes pris des cachets, mais rien n'indique que son mari soit dans son état normal : il est quasiment en état second, en train de faire du somnambulisme dans la cuisine, et je ne fais pas plus confiance à ce qu'il voit que vous ne faites confiance à l'impression qu'a Vivien de faire l'amour avec son mari. Ca se trouve, tous les deux ont une illusion.
Il n'y a pas, à mes yeux, beaucoup de surnaturel dans ce pilote ; je ne pense meme pas qu'il y ait un esprit, un fantome, ni meme un désaxé qui a envie de se taper la maitresse de maison ni vu ni connu. Je ne pense pas que la maison leur veuille du mal, non plus. Je crois que la maison a juste une propriété surnaturelle : elle permet à ceux qui la visitent de voir se concrétiser quelque chose qu'ils avaient au fond d'eux. Ca peut etre le désir refoulé d'une relation sexuelle un brin déviante, ou une pulsion de mort exacerbée par la rencontre avec un tiers. Les monstres sont à l'intérieur...

Après, entièrement libre à vous d'en faire une interprétation différente. De penser, c'est votre droit le plus strict, que la maison envoie cet homme couvert de latex violer Vivien pendant que son mari subit les effets hypnotiques de la maison à cote de la gazinière. Pourquoi pas ? C'est aussi possible que ma version. A ce stade, votre opinion vaut autant que la mienne. Qui peut dire ce que cette série basée sur le mystère, le suspense et les énigmes nous réserve ? Murphy le sait-il seulement lui-meme ou veut-il d'abord jouer avec son concept ? Trop tot pour le dire, naturellement.

Dans un monde, celui d'internet, où la plupart des débats sont menés uniquement dans l'espoir de prouver que notre point de vue est le bon (ouvrez les commentaires de n'importe quel site d'information pour le vérifier...), je crois que ce que j'aime le plus, c'est quand les discussions se font avec, à l'esprit, la conviction que personne n'a raison, personne n'a tort, tout est une question de point de vue. Dans le cas des séries plus encore que dans n'importe quoi d'autre.
Le sujet est évidemment sensible, mais il se rapporte à notre conception du pilote tout entier.

Rréponse dans l'épisode de ce soir.
Nan, j'déconne, on va quand meme pas avoir des réponses dés le deuxième épisode ! De cela, et de cela seulement, nous pouvons etre certains...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche American Horror Story de SeriesLive.

11 octobre 2011

A new start

On peut très bien regarder un épisode et l'aimer à la folie, tout en étant parfaitement conscient de ce que d'autres pourraient en dire. Je me rappelle m'être fait cette réflexion devant The Big C, par exemple ; série à laquelle il m'est impossible de ne pas faire référence aujourd'hui. C'est un cas typique de "si on n'est pas dedans, ça semble too much". Et quelque part ça me rend triste pour ceux qui n'ont pas pu se laisser faire par l'émotion et qui jugent de façon purement cérébrale.
Parce que dit comme ça, oui, une femme qui apprend qu'elle a un cancer et qui décide de changer les choses, et notamment elle-même, pour vivre mieux, ça peut paraitre ridiculement niais comme idée, genre téléfilm de l'après-midi. Mais en réalité, et ceux qui regardent The Big C le savent, ça va bien plus loin.

Alors de la même façon, Enlightened, je peux concevoir qu'on se dise que c'est un peu niais. Que cette bonne femme qui veut du changement dans sa vie, qui tout d'un coup veut être zen, et heureuse, et intérieurement bio, c'est trop gros, ou trop Bisounours, ou trop ridicule, ou que sais-je.
Et ça me rend triste pour ceux qui jugent Enlightened de façon purement cérébrale.

C'est peut-être parce que dans la vie, je crois qu'il y a deux sortes de personnes, et qu'à l'échelle téléphagique, oui, il y a deux sortes de spectateurs : ceux qui reconnaissent un élan dans Enlightened, fut-il porté à l'écran de façon outrancière pour des raisons dramatiques et comiques, et ceux qui n'y voient qu'une histoire parmi tant d'autres. Il y a ceux qui croient au changement, et il y a les autres.
J'avais un ex qui ne croyait pas qu'on ait une âme (j'ignore s'il le pense toujours), tout était chimique et mécanique. C'est en parlant de ça avec lui que j'ai compris qu'il y a des êtres que certaines choses ne toucheront jamais. C'était contraire à tout ce à quoi je croyais, et ça l'est en fait encore, et pourtant quelqu'un était convaincu que l'âme n'existe pas. Enlightened suscite le même genre de réaction chez moi : il y a ceux qui comprennent parce que ça touche à leur façon de voir la vie, et ceux qui sont extérieurs à ça. Ceux-là me trouvent sans doute stupide quand je pleure en souriant devant le pilote d'Enlightened. Moi j'ai l'impression qu'une de mes larmes est pour eux parce que je trouve triste que ça ne les touche pas. On ne se comprendra jamais, sur ce sujet, je présume. ils ne veulent pas vraiment me comprendre parce que ça leur semble trop ridicule. Je n'ai pas envie de les comprendre parce que j'aurais peur de me vider d'une certaine forme de sève. Le fossé est infranchissable parce que chacun de notre côté, nous regardons l'autre bord en hochant la tête...

Je crois au changement, parce que je n'ai appelé que ça de toute mon âme pendant 3 décennies. Et c'est un sacré hasard que le changement et Enlightened se produisent au même moment, mais cette étrange alignement d'étoiles ne fait que renforcer mon émotion devant la série, bien-sûr.

Dans une certaine mesure, depuis environ deux mois, je suis dans une phase où je suis comme Amy, avec un regard différent sur les choses ; une envie de me comporter différemment pour que mon regard neuf ne se ternisse pas ; la conscience aigüe que ce n'est qu'une question de point de vue, que les choses ne sont pas parfaites juste parce que j'ai décidé que je le voulais ; l'abrupte réalisation que ce n'est pas parce que je veux pousser le changement aussi loin que possible, que le monde autour est réellement différent.
C'est juste moi, juste mon regard, juste la façon dont j'ai soudain des lunettes qui me font voir le monde avec un filtre différent, mais c'est le même. Ce ne sont jamais que des lunettes qui changent mon regard, et jamais mon regard qui change le monde...
Ainsi, je regardais Amy se débattre avec sa nouvelle paire de lunettes, et je ressentais tout ce qui devait se passer en elle, comment les gens ne changent pas juste parce qu'elle a changé elle, comment on ne peut pas reprendre certaines choses à zéro et espérer que les autres étaient capables d'oublier aussi facilement qu'elle veut se convaincre d'avoir oublié. Comment les lunettes ne changent pas, pas vraiment, ce qui est à l'intérieur.

La lutte d'Amy contre elle-même, contre son entourage et contre le monde me touche, tout simplement parce que je crois au changement mais que j'ai aussi appris qu'il y a des limites à ce qu'on peut changer.
Depuis quelques semaines, j'ai chaussé mes propres lunettes, et je m'efforce moi aussi, de toute mon âme, de continuer à voir les choses avec ce regard-là, parce que comme Amy, j'ai aussi besoin d'y croire.

C'est un joli combat que va mener ce personnage, même si on peut penser qu'il est perdu d'avance. Et quand en plus on a l'impression de marcher au même pas que le héros, c'est une expérience inouïe.

Jamais auparavant je ne m'étais "identifiée" à un personnage. Ici, je ne m'identifie pas tant à Amy (j'ai réglé la majeure partie de mes probkèmes de gestion de la colère il y a plusieurs années maintenant) qu'à son parcours, et rien que ça, c'est déjà nouveau pour moi.

J'ai de la peine pour ceux qui ne croient pas à l'existence de l'âme, qui ne croient pas au changement, qui ne croient pas aux beautés d'un voyage comme celui que dépeint Enlightened. Mais plus encore, j'ai de la peine pour mon petit coeur quand je réaliserai avec Amy que ce ne sont que des lunettes. Pourtant je suis contente qu'une série m'offre de prendre ce chemin, et me propose de grandir avec moi pendant une période charnière de ma vie.

Parfois une série est bonne, et je vous recommande tout simplement de la regarder pour ce qu'elle est. Parfois j'ai conscience que tout le monde n'est pas moi, et que tout le monde n'aimera pas Enlightened, parce qu'une série n'est pas toujours qu'une série et que ce qui se passe à l'écran est au moins aussi important que ce qui se passe dans le téléphage. Aujourd'hui est l'un de ces posts. Enlightened n'est pas pour tout le monde.
Mais jamais aucune série n'a été autant pour moi.

OperationNewStart
Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Enlightened de SeriesLive.

6 novembre 2011

Une claque pour... Connie

Après un weekend de pause, on retourne en Australie en ce dimanche pour retrouver nos protagonistes de The Slap, la mini-série dont, hélas, avec ce quatrième post, je vous annonce que nous avons déjà vu la moitié. Le temps passe vite, n'est-ce pas ?

Cette fois, nous allons adopter un regard totalement différent sur la fameuse affaire de la giffle, puisque nous accompagnons Connie, une jeune fille de 17 ans. Rappelons que dans le premier épisode, elle n'a pas vu la giffle parce qu'elle était trop occupée à flirter avec le maître de maison, Hector, un homme marié... Et puis, ce n'est pas encore tout-à-fait une adulte, et contrairement aux protagonistes précédents qui étaient tous mis, d'une façon ou d'une autre, face à la parentalité, Connie vit tout de même dans un autre monde que les personnages que nous avions suivi jusque là. Alors, où The Slap va-t-il nous mener avec ce personnage ?

TheSlap-Connie
Ah, 17 ans, c'est le bel âge, n'est-ce pas ? Nous regrettons tous de ne plus avoir 17 ans, l'époque où la vie était si simple... En fait non, pas tous, loin de là. Parce que 17 ans c'était aussi l'époque où les choses semblaient si compliquées, si douloureuses parfois, même. On va donc entrer dans l'univers à la fois simple, compliqué et douloureux de notre adolescente, Connie. Charmante petite créature qui jusque là semblait totalement inoffensive, reconnaissons-le.

Et si, dans son genre, Connie a une forme d'innocence certaine, elle est aussi dirigée par ses pulsions et peut causer beaucoup de tort. Aussi la verra-t-on dans cet épisode allumer méchamment Hector (lequel ne fera cependant pas grand'chose pour se défender dans un premier temps) et même manigancer pour se retrouver seule avec lui un soir, en l'absence d'Aish.
Son rapport au couple Hector/Aisha est d'ailleurs bien transcrit : elle les adore l'un comme l'autre. Elle n'éprouve aucune haine pour Aisha bien qu'elle souhaite avoir Hector pour elle seule, elle voudrait vivre dans un monde où elle pourrait avoir ce qu'elle veut (l'amour de Hector, notamment) sans blesser personne et surtout pas Aisha qu'elle admire et avec qui elle se sent en confiance. Cette contradiction se sent bien, même si elle est moins soulignée que dans le livre, mais en tous cas, on peut dire sans se tromper que Connie ne déteste personne.

Personne ? Pas tout-à-fait : elle éprouve un certain mépris pour Harry. Et l'air de rien, c'est la première fois que The Slap nous emmène pour suivre un personnage qui réprouve la giffle. Jusque là, Hector n'a pas vraiment pris position (pris entre son sens de la famille et son devoir envers Aisha), Anouk approuvait le geste (mais à nouveau, par égard pour Aisha et Rosie, a refusé de témoigner), et Harry n'a montré aucun regret (même quand il est allé s'excuser sur recommandation de Hector et Sandi). Du coup pour la première fois, on entend des arguments anti-giffle sans aucune forme de nuance, même s'ils ne sont guère développés ; il faut dire que Connie les exprime face à Rosie et qu'elle ne risque pas de trouver contradiction. Connie a donc pris son parti, et d'ailleurs en babysittant le petit Hugo, elle montre bien de quel côté elle se trouve. L'air de rien, dans l'histoire de la série, c'est une vraie nouveauté.
Mais la giffle tiendra un rôle assez secondaire, comme on pouvait l'anticiper, dans cet épisode.

Au lieu de ça, on est en train d'assister un accident sans rien pouvoir faire pour l'empêcher. Il se trame quelque chose de bien plus grave que la giffle et quand on s'en rend compte, il est trop tard. La déclaration de Connie à Richie a de quoi nous coller au siège, surtout vu le naturel avec lequel la petite débite son mensonge. Et pendant que les adultes s'écharpent à cause d'une baffe, une véritable tornade est en train de naître là où personne ne le soupçonnait, tant Connie est serviable, bosseuse, charmante et toujours de bonne nature.
Et pourtant... on a tout vu, Connie, on a tout vu dans une scène d'ailleurs remarquable où tu ne cessais de sourire et de repenser à ce qui s'était passé ! Comment peux-tu mentir de la sorte vu ce qui est en jeu ? Elle ne se rend pas compte, parce qu'elle a 17 ans. Elle vit dans son monde. Même pas sûr qu'elle veuille vraiment faire du mal à quelqu'un, d'ailleurs, elle a juste voulu éviter de justifier ses larmes, c'est un petit mensonge idiot. Mais qui peut faire beaucoup de mal.

A l'instar du précédent qui déjà se distinguait par son talent pour la contemplation, cet épisode est magnifiquement réalisé, c'est une véritable merveille. Plus encore que dans l'épisode de Harry, on retrouve bien la patte qui faisait la puissance de Cloudstreet, ce qui a du sens puisque c'est le même réalisateur qui en est à l'origine, Matthew Saville. Je vous donne son nom pour que vous puissiez vous le faire tatouer à même la peau et ne plus jamais l'oublier, j'ai moi-même déjà pris rendez-vous. Avec des réalisateurs comme ceux-là, les dialogues deviennent absolument inutiles. Le mérite n'en revient pas exclusivement à Saville, cependant, car la ravissante Sophie Lowe incarne une adolescente magnifique, fragile, complexe, intense, le genre qu'on rêve tous de voir à la télévision, le genre qui devrait peupler les teen shows.

Ce quatrième épisode est aussi le plus fidèle au roman original à ce jour, bien qu'il s'octroie quelques libertés comme avaient pu le faire les précédents. Absolument tous les fondamentaux sont présents, tout ce qui faisait l'essence-même de Connie. Evidemment c'est un peu dommage de n'en savoir pas plus sur son histoire familiale, mais il est évident que la longue explication de son parcours, de qui étaient ses parents, et surtout son père, à travers les lettres, n'avait pas sa place dans un épisode de 56mn déjà extrêmement rempli. Si votre curiosité a été, ne serait-ce qu'un peu, piquée par l'étrange papa de Connie qui lui a appris à mettre de l'eye liner et qui n'avait rien contre les substances illicites (c'est, pour ceux qui ne l'auraient pas compris, ce que veut dire Tasha lorsqu'elle encourage Connie à manger quelque chose avant de partir faire la fête), n'hésitez pas à lire The Slap, si ce n'est pour le reste, faites-le au moins pour la si jolie histoire du papa de Connie, extrêmement touchante.

Mais pas tout de suite. Pour le moment, nous allons nous intéresser au chapitre que beaucoup d'entre vous, j'en suis sûre, attendaient, pour bien des raisons... celui de Rosie.
C'est le point culminant de notre histoire de claque qui se prépare.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Slap de SeriesLive.

9 octobre 2011

Le salaire du deuil

Sur les dorama, cette saison, je suis carrément à la bourre. Il faut dire que mon mois de septembre a essentiellement été partagé entre l'abondance de pilotes américains et le déménagement, et que du coup, bon, c'était prévisible, je n'ai pas encore eu le temps de vraiment me pencher sur les nouveautés nippones de la saison. J'ai bien l'intention de le faire dans les prochains jours, mais en attendant, voici un post sur l'un des pilotes de cette nouvelle saison, cagoulé un peu au hasard pendant que j'allais récupérer le dernier épisode de Yuusha Yoshihiko to Maou no Shiro, que je n'avais pas vu pour les mêmes raisons que celles évoquées ci-dessus.

Last Money ne paye pas de mine. Visuellement, il n'y a pas de quoi être impressionné, son cast ne fait pas non plus rêver, et son sujet n'est pas très sexy. Vous l'aurez deviné, c'est un dorama de la NHK !
Pourtant le pilote, s'il met un peu de temps à prendre ses marques, finit par se montrer très intéressant, et fournir en un peu moins d'une heure de nombreuses pistes pour les épisodes à venir, ainsi que pas mal de bonnes idées.

LastMoney
Mais d'abord, il faut en passer par cette étrange manie qu'ont prise les séries d'un peu tous les pays de commencer par une scène qui implique ensuite de procéder à un retour en arrière. C'est très irritant comme procédé, et ça s'est généralisé au-delà du supportable ces dernières années. Certaines le maîtrisent plus que d'autres, toutefois, et Last Money ne nous inflige pas l'incroyable supplice de nous dévoiler la fin avant de raconter le début, et réussit presque à instaurer une forme de suspense. C'est assez rare pour être noté parce que, étrangement, plus les séries commencent par une scène qui conduit ensuite à un "un mois plus tôt", moins elles parviennent à éviter l'impression douloureuse de se faire spoiler par la première scène du pilote. Last Money, donc, y parvient à peu près.

Hélas les scènes d'installation qui suivent sont assez lentes. La série porte sur un enquêteur en assurances qui doit déterminer si sa compagnie va effectivement verser la prime d'assurance au bénéficiaire, et si oui, lequel. Il faut donc en passer par un premier cas complètement anecdotique pour nous présenter cette activité et les difficiles choix qu'elle implique pour le héros, mais comme on commence à peine la série, on ne s'attache pour le moment à personne et, du coup, on se contrefiche un peu des tenants et aboutissants de cette petite affaire dont on ne voit, en réalité, que la conclusion. Là encore, ça ne joue pas en la faveur de Last Money sur le plan émotionnel, mais les scènes ont le mérite de poser assez bien le personnage central, l'un de ces héros nippons qui ne montrent pas d'émotion, il y en a des tonnes notamment dans les procedurals comme celui-ci, et le plus dur est certainement de s'attacher à cet archétype du gars pas bavard, qui n'est pas mauvais dans le fond, mais qui garde le regard vague et impénétrable.
Bon, vous le savez, je suis infoutue de me rappeler du nom des protagonistes d'une série avant au moins trois épisodes (plus souvent cinq), donc à des fins de compréhension dans la suite de ce post, j'appellerai notre héros Lucky Luke, rapport au fait que les deux personnages fument autant l'un que l'autre.

Au bout de 10 minutes, tout cela se finit enfin et on passe au nerf de la guerre : la réelle enquête de ce premier épisode. Je ne pense pas que cette affaire ait pour vocation d'aller au-delà du pilote, et elle me semble bien résolue à la fin de celui-ci, mais force est de constater qu'elle propose suffisamment de questions morales et de (relatif, vu qu'on parle de primes d'assurances) suspense pour montrer ce que la série a dans le ventre. Lucky Luke hérite d'une douloureuse mission : une voiture qui transportait 5 personnes, la grand'mère maternelle, les parents, et les deux petites filles, se renverse, et la vieille dame est la seule survivante. La police d'assurances du père doit normalement bénéficier à sa femme ; puisque celle-ci est décédée, ainsi que les enfants, la somme (60 millions de yen) (vous excitez pas, ça fait quelque chose comme 580 000 euros) revient aux parents de l'épouse, dont la grand'mère survivante. Vous suivez ? Sauf que les parents du père, indignés, tentent de récupérer cette somme et demandent à l'enquêteur de la compagnie d'assurance de vérifier s'il n'y a pas une chance pour que ce soit eux qui récupèrent le pognon. Et effectivement il y a une faille : dans le cas de figure que je viens d'expliquer, la somme revient aux parents de la femme parce qu'on part du principe que tout le monde est mort simultanément. Mais, s'il est prouvé que le mari était encore en vie quand sa femme est morte, alors sa police d'assurances profite à ses parents à lui et non à ses parents à elle. Vous suivez toujours ? C'est remarquablement compréhensible dans la série, pourtant, désolée.
Donc voilà, c'est glauque, mais il va falloir prouver qui est mort en dernier. C'est ça son job, à Lucky Luke. Sympa, non ? Très. Même accompagné de l'enquêteur un peu bizarre (le toujours génial Yutaka Matsushige) et du petit nouveau, qui mettent un peu d'énergie, quasiment de l'humour, dans les scènes, ça reste très dur.
Et le fun n'en finit pas puisqu'il faut même aller visiter la grand'mère qui a survécu pendant qu'elle se remet de l'accident, et lui refaire vivre les évènements pour obtenir son témoignage. Quand on vous dit qu'on s'amuse dans les assurances.
Les deux couples de grands parents se renvoient donc la balle pendant un bon moment, rappelant l'indécence de la situation.

En parallèle, Lucky Luke est resté profondément blessé par l'une des affaires sur lesquelles il a autrefois travaillé, et où il a également eu à faire un choix difficile qu'il se reproche encore, et l'un des collègues et amis de Lucky Luke, qui entretient une maîtresse, se retrouve lui aussi à contracter une police d'assurance ; ces deux axes, c'est la partie feuilletonnante de la série et, même si la fin de l'épisode semble assez évidente, je pense qu'au fil des 7 épisodes, elle pourra nous surprendre tout de même, sans quoi ce serait trop facile...

Mais ce n'est pas tout. Last Money, et c'est sans doute là qu'elle réussit le mieux, s'intéresse aussi à ce qui se passe à plus grande échelle. Lorsqu'on parle de la façon dont la compagnie de Lucky Luke fonctionne, là on sent que la série a décidé de se pencher sur tous les aspects de l'assurance. Ainsi, plus que d'offrir une nouvelle forme de série procédurale, Last Money veut vraiment dire quelque chose sur les assurances, sur un ton tout-à-fait courtois et pas du tout dénonciateur qu'ont beaucoup de séries au Japon qui tentent de dire quelque chose de pas spécialement sympa sur le fonctionnement de la société, mais sans froisser personne. Et le conseil d'administration de la compagnie d'assurances, c'est juste impeccable de cynisme presque pas apparent. Ah, le tact des scénaristes japonais me charmera toujours. Il n'y a qu'eux pour trouver le parfait équilibre entre pointer du doigt et ne pas fâcher leur cible, tout en faisant réfléchir le spectateur. C'est vraiment un art que seuls les scénaristes nippons maîtrisent totalement.

Et du coup, entre son portrait de Lucky Luke, l'intrigue de son ami, le business des assurances et les enquêtes, on a là une série très complète, qui a vraiment décidé d'exploiter son sujet de fond en comble. Il n'y a, si on regarde bien, pas une seule intrigue qui ne soit en lien avec le sujet choisi, mais chacune en parle différemment. Si le dorama avait décidé de ne parler que d'un ou deux de ces points de vue (genre que les enquêtes avec l'enquête passée qui torture Lucky Luke, ou bien que les enquêtes et l'intrigue de l'ami), Last Money aurait pu sembler un peu faible. Mais là, on en a vraiment pour notre argent.

...Enfin, quoique. Pendant quelques semaines, jusqu'à ce que je finisse la série, j'aimerais mieux qu'on évite les sujets d'argent. Après le visionnage de cet épisode, c'est un peu un thème qui me met mal à l'aise. Regardez, vous comprendrez pourquoi.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Last Money de SeriesLive.

8 octobre 2011

Room for improvement

Des listes, je n'en fais pas assez souvent. Pourtant j'aime bien ça, ça permet de fixer correctement ses idées. Ou d'établir des objectifs clairs, dans le cas qui nous préoccupe.
Car ce soir, je vous propose les 10 choses qui pourraient rendre Terra Nova intéressante. Vous savez, juste pour qu'on n'ait pas l'impression chaque semaine d'assister à un remake de Jurassic Park. Pour faire quelque chose de vraiment original, quoi.

Alors, voilà, je m'intéresserais beaucoup plus à Terra Nova...

10 - si les acteurs commençaient à jouer.
9 - si les scénarios commençaient à être moins linéaires.
8 - si les Sixers faisaient vraiment un truc dangereux pour Terra Nova, et pas juste venir demander des médicaments.
7 - si des personnages (par exemple des Sixers) renvoyaient des dinosaures dans le futur, comme ça, juste pour voir.
6 - si on apprenait que les dinosaures sont en fait aussi intelligents que les humains, genre ils peuvent s'envoyer dans le passé pour tenter d'éviter leur extinction.
5 - s'il devenait impossible d'envoyer de nouveaux humains dans le passé et que ceux-là doivent se débrouiller pour se multiplier ou ce qu'ils veulent.
4 - si les humains arrêtaient d'avoir de la technologie illimitée.
3 - si tous les adultes mouraient et que les gamins devaient tenter de survivre à Terra Nova, Jeremiah-style.
2 - si les humains se mettaient à chasser les dinosaures, par exemple pour leur viande ; c'est vrai, pas toujours les mêmes, quoi.
1 - si les mecs de Terra Nova apprenaient à dompter les dinosaures.

DinoRiders
D'accord, pour la plupart d'entre nous, le point n°10 est le plus important, mais je pense que si la série répondait à un autre de ces points, je saurais me dispenser du n°10, et peut-être même du 9, pas vous ?

25 octobre 2011

Une claque pour... Harry

Retour à notre octalogie australienne ! Les reviews épisode par épisode continuent sur The Slap, et ce ne sera pas inutile vu que les évènements s'y précipitent. Nos yeux seront cette fois braqués sur Harry, celui par qui le scandale arrive puisqu'il est l'auteur de la fameuse giffle : un point de vue indispensable à notre histoire, et qui a le mérite d'arriver finalement assez tôt dans notre mini-série.

TheSlap-Harry
En ce qui me concerne, j'ai toujours regretté que Harry soit dépeint de façon si manichéenne : pour avoir frappé Hugo, c'est forcément qu'il a des pulsions de violence par ailleurs. Je pense que ç'aurait mieux participé au débat, puisque débat il y a, si par ailleurs Harry avait été un type totalement ordinaire.
Mais en tous cas ces pulsions sont très bien rendues dans l'épisode ; en fait, c'est certainement le mieux réalisé à ce jour, la voix-off était parfaitement à sa place, et les plans toujours parfaits. Quant à Alex Dimitriades, il était absolument impeccable ; ça faisait des années que je ne l'avais pas vu à l'oeuvre et je suis réellement impressionnée. On assistera d'ailleurs à une petite reunion entre acteurs de Hartley, coeurs à vif, mais je ne vous en dis pas plus.

Impossible de ne pas éprouver une certaine fascination malsaine pour Harry, qui est tellement à l'aise dans son rôle de mâle alpha, ou du moins est-ce ce qu'il voudrait penser. Harry avec sa femme splendide, son jeune garçon sage peut-être même un peu trop, sa maison immense, sa voiture de sport, son affaire qui roule, sa maîtresse parfaite, est effectivement le roi du monde, non ? On le suit dans les différents univers qui constituent son royaume et, chaque fois, il y est le maître incontesté.
Et c'est sans doute la raison pour laquelle il réagit si mal à l'affaire de la claque, car pour la première fois depuis ce qui semble être une éternité, il est remis en question. Par Gary, le père de Hugo, un peu ; mais surtout par Rosie... et sa vision des femmes, supposées être soumises (mais pas bêtement soumises, comme le montre sa relation avec Kelly dont il apprécie qu'elle sache aussi prendre les choses en main), en prend forcément en coup. Rosie ne tient pas son gamin, ni sa maison, ni elle-même ; pour Harry si attaché aux apparences, c'est quasiment un crime. On sent que ces deux-là ne s'entendront jamais, et quand Hector et Sandi incitent Harry à aller faire ses excuses pour que l'affaire puisse se tasser, on ne croit pas vraiment que les choses puissent s'arrêter là.
Plus que jamais les différences entre les personnages s'expriment. Je vous le disais quand j'ai commencé à parler de The Slap : ce qui est criant, c'est que ces personnes font toutes partie d'un même réseau de proches, mais en réalité, ce qui les sépare, c'est leur éducation, leur milieu socio-économique, leur vision du monde. Et entre Harry le roi du monde et Rosie la hippie blonde, il ne pourrait y avoir plus de différences. Ces deux-là sont voués à ne jamais se comprendre.

Les choses s'emballent, donc.
Rosie et Gary ont fait appel à la police et, plus tôt dans l'épisode, des inspecteurs commencent à visiter les témoins du barbecue pour recueillir leur témoignage, ce qui ne sent pas bon. Jusque là très confiant sur la tournure des choses, Harry commence à s'inquiéter et, pour ce personnage nerveux et violent, l'inquiétude ne fait rien de positif. Voilà donc Harry poussé dans ses retranchements, encore plus ulcéré par le fait que tout le monde ne se rallie pas à sa cause, en premier lieu son cousin Hector qui tente de temporiser (lui-même sous la pression d'Aisha), et qui heurte les valeurs de Harry pour qui la famille est supposée être un rempart contre l'extérieur. Harry est supposé mettre de l'eau dans son vin, mais en réalité il est trop ivre de rage contre tout le monde pour y parvenir. On n'imagine pas vraiment le mâle alpha allant s'exécuter de bon coeur devant cette femme qu'il méprise...
Pour toutes ces raisons, la confrontation avec Rosie sera un grand moment de l'épisode (qui cependant n'en comportera pas de médiocre). Si vous attendiez ce passage, vous ne serez pas déçu.

Derrière le personnage si incroyable de Rosie, qui a lui aussi quelque chose de malsain (mais on a pu le remarquer depuis le pilote), on a aussi l'occasion de voir se dessiner le personnage de Gary, et la façon dont il se sent obligé de suivre Rosie dans son délire de persécution, tout en désapprouvant sa véhémence.

Dans la collection "les petites différences qui comptent", cependant, cet épisode fait à nouveau des siennes. Par exemple, on trouve la discussion sur le clip de rap américain un peu transformée (une autre conséquence du choix de caster Sophie Okonedo) alors qu'elle était parlante sur la relation entre Harry et son fils Rocco ; de la même façon, la rencontre avec Anouk est pour autant que je me souvienne une nouveauté, qui semble être, comme l'était la semaine précédente la scène dans le bar, une façon qu'a trouvé la série d'interconnecter encore plus les personnages entre eux. Au lieu de former une sorte de chaîne, comme dans le livre, The Slap a choisi de faire former une immense toile à ses personnages. C'est un choix qui ne dénature pas l'histoire et dont la série peut jouer pour augmenter l'effet de fractionnement entre les points de vue de nos protagonistes, alors pourquoi pas ? Après tout, Anouk, nous l'avons vu la semaine précédente, ne désapprouve pas la giffle, et c'est intéressant de la voir réagir à la demande de harry de témoigner pour lui.
Le plus gênant, c'est ce qui arrive à Rocco dans cet épisode ; un peu comme le cancer de la mère d'Anouk, c'est l'occasion pour les scénaristes de s'inventer une petite mélodramatisation parallèle à la sève des personnages et à l'intrigue principale. Ce n'est pas aussi long que pour la déviation qu'avait empruntée Anouk mais je ne suis pas certaine de comprendre ce que ce passage apporte de plus.

Finalement, l'épisode se conclut à l'opposé du chapitre de Harry dans le livre. Et pourtant, ce n'est pas nécessairement une mauvaise chose, simplement cela influera, nécessairement, sur le déroulement des autres chapitres et évidemment celui de Rosie.
En parlant de chapitres à venir, j'étais contente de retrouver Koula et Manolis, qui jusque là n'ont pas encore eu l'occasion de vraiment se manifester à leur plein potentiel, mais, fort heureusement, on n'a pas fini de les voir et c'est un des chapitres que j'avais le plus aimés, d'ailleurs. Ah Manolis, j'ai hâte de passer du temps en ta compagnie... Mais ne précipitons rien. En tous cas les liens de la famille grecque sont parfaitement retranscrits ; comme tant de familles méditerranéennes, on est à mi-chemin entre l'étouffement et la confiance la plus absolue dans l'opinion de la famille. C'est vraiment quelque chose qu'il ne fallait surtout pas changer et on garde bien l'esprit qui se dégageait du livre.
En attendant, dans le prochain épisode, ce n'est pas tant l'intrigue de la giffle qui devrait se développer (après tout ça a beaucoup été le cas cette fois-ci) que des intrigues personnelles, puisqu'on entrera dans la vie de Connie, notre petite adolescente. D'une autre façon, j'ai hâte aussi.

En tous cas, cet épisode "dans la tête du tueur" était absolument nécessaire au récit de l'incident. On sait bien pourquoi Harry a retourné une beigne à Hugo, mais le voir s'en justifier offre tout de même une dimension supplémentaire à cette histoire de claque. Après avoir vu comment Harry considère l'incident et traite son entourage, votre opinion vis-à-vis de la baffe a-t-elle changé, au fait ?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Slap de SeriesLive.

19 octobre 2011

Une claque pour... Anouk

Suite de nos aventures australiennes avec ma seconde review de The Slap. Je vous accueille pas en vous claquant la bise, hein, je crois que vu les circonstances ce serait malvenu.

Cette semaine, nous avons rendez-vous avec une femme, Anouk, dont très franchement l'existence se trouve à mille lieues de celle de Hector que nous avions découverte la semaine précédente.
Femme célibataire, sans enfant, travaillant comme scénariste sur un soap dont elle se tape l'un des acteurs principaux, c'est une femme indépendante, affranchie, et de vous à moi, un peu le genre de vie qui ne semble pas déplaisant de prime abord. Et c'est là l'objet du délit, en fait.

TheSlap-Anouk

L'épisode se perd dans pas mal de choses que, de deux choses l'une, soit j'ai mal comprises, soit j'ai déjà oubliées alors que je les ai lues ya genre un mois, un mois et demi.
Le coup du cancer de sa mère, et de tout ce qu'il y a autour surtout... wow, d'où venait cette scène pendant laquelle sa mère se pisse dessus avant de supplier qu'on l'euthanasie si ça devient plus dur ? J'ai dormi sur cette page-là ou quoi ?

Moi qui avait tellement apprécié Anouk dans la version papier, je me suis retrouvée avec un personnage qui semblait beaucoup moins blasé et léger que dans le livre. C'est un personnage qui ne se prend, à la base, pas la tête, qui se contente de prendre de la distance avec tout, y compris avec l'homme qui partage sa vie et qui est de toute évidence fou d'elle, or ici Anouk, bien que fière, indépendante et tout, est quand même pas mal plombée par tout ce qui concerne sa vie familiale.
Son côté (étrangement) maternel vis-à-vis de Connie et Ritchie était assez nouveau également pour moi, mais cela renforçait l'impression d'interconnexion des personnages, ce qui était déjà ça. J'ai d'ailleurs bien aimé la scène de la fête, qui me laisse bon espoir pour le chapitre final de la série ; dans le livre, ce chapitre m'avait énormément émue, notamment une scène (par sa qualité d'écriture qui retranscrivait une très belle ambiance), et je crois que ce ne devrait pas être impossible d'espérer la trouver joliment (même si infidèlement) traduite en images.

L'intrigue qui pour moi était capitale dans son chapitre n'était pas là, mais elle ne s'explicitera que très tard dans l'épisode. Et là encore, j'ai dû trop peindre mes murs et inhaler des trucs pas nets, parce que j'ai carrément rêvé le fait qu'Anouk partage ça avec Rosie et Aish.
Sans compter que cette intrigue, bien plus que le cancer de sa mère, avait du sens au sein de l'affaire de la claque. Bien-sûr l'éclairage de l'état de dépendance de sa mère n'est pas totalement anodin, mais on ne ressent pas franchement les causes de l'énervement d'Anouk dans l'affaire.
Si dans les faits, Anouk ne change pas de décision dans la version filmée (il n'aurait plus manqué que ça), reste que la conclusion est vraiment différente et tourne au mélodrame. Ce qui ne cadre tellement pas avec l'idée que je me faisais d'Anouk...
De ce côté-là on pourra vraiment dire qu'elle comme moi nous sommes pris une méchante baffe.

Ah tiens, justement. Ce qui reste identique au roman, en revanche, c'est la position d'Anouk vis-à-vis de la fameuse claque (même si cette position s'explique très différemment). C'est certainement le personnage qui exprime le mieux ma façon de concevoir l'incident à la base, d'ailleurs. Elle est très dure vis-à-vis de Rosie et de sa façon d'élever Hugo avec laxisme, alors qu'elle et Aisha sont des amies d'enfance (comme l'explicitera la jolie scène finale) et qu'on pourrait s'attendre à ce qu'elle aussi prenne instinctivement le parti de son amie. Mais non, elle condamne sans retenue Rosie, Gary, et les poursuites entamés par eux contre Harry.

C'est d'ailleurs comme ça qu'on prend la mesure du dérapage.
Les choses ne se sont pas arrêtées avec cette maudite journée barbecue. De vous à moi, dans la vraie vie, je me dirais qu'une fois que tout le monde a pris le temps de réfléchir posément, il serait naturel que les choses se tassent (de ce côté-là, je suis limite de l'école Manolis, mais on aura l'occasion d'en reparler). Or pas du tout.
L'incident continue d'agiter encore les parents du petit Hugo, surtout Rosie dont le vocabulaire est assez parlant sur la violence qu'elle a ressentie à travers la claque et qui est en permanence aux bords des larmes ; on apprend donc qu'ils ont décidé de porter plainte contre Harry (et Sandi son épouse, du coup). Anouk s'oppose tellement à cette réaction disproportionnée qu'elle annonce à Rosie son intention de témoigner en faveur de Harry... bien qu'en réalité elle n'ait rien vu, comme en atteste le visionnage du pilote et comme le souligne Aisha, qui elle est visiblement du côté de Rosie.

On sent donc les premiers vrais clivages se faire, ce qui n'est pas innocent au sein de ce trio si soudé avant l'incident. Ce ne seront pas les derniers, mais ici ils ont le mérite de bien poser les deux camps.
Car à partir de là, ça va être quand même beaucoup ça : deux camps qui ne se comprennent pas. D'où le slogan : et vous, de quel côté êtes-vous ? A vous de me le dire. Votre opinion a d'autant plus d'intérêt que vous n'avez pas, justement, lu le livre.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Slap de SeriesLive.

14 octobre 2011

Réflexe de survie

LastManStanding

Qu'est-ce qu'il y a, les garçons, vous vous sentez en danger ? C'est à cause de quoi ? Des héroïnes fortes qui dominaient le petit écran il y a 10 ans ? C'est ça qui conditionne cet espèce de réflexe d'auto-défense ? Nan parce qu'on peut pas dire qu'on vous agresse, non plus. C'est vous qui avez les séries les plus chouettes, hein. Alors faudrait voir à arrêter avec le sentiment de persécution.
Après How to be-... ah, non, on avait dit qu'on ne le mentionnait plus, ce pilote-là... voilà que c'est au tour d'ABC de sortir une comédie grosse tatanes sur ce que c'est que d'être un mec, et pire encore, ce que c'est que d'être un mec dans un monde de filles.

Et je plains jusqu'au dernier gars qui croit que Last Man Standing a quoi que ce soit d'actuel, dans quoi on puisse se reconnaître. Parce que, les mecs, laissez-moi vous dire : de tous temps, être un mec parmi des gonzesses, ça n'a JAMAIS été facile, surtout si on ne voulait pas s'en donner la peine. Le père de n'importe quelle famille constituée à majorité ou intégralité de filles pourra en attester ; le mien, par exemple, si je lui parlais encore, le confirmerait, et j'étais adolescente dans les années 90... Donc arrêtez de nous faire croire que c'est devenu horriblement difficile d'être en phase avec ses filles. Ça l'a toujours été... pourvu d'être intellectuellement limité. Et le personnage de Tim Allen répond prodigieusement bien à ce critère.
Contrairement à ce que cette série veut nous faire croire, les filles ne sont pas des créatures étranges à la psychologie impénétrable. Ce sont des êtres humains et, comme le souligne sa femme, pourvu d'écouter, on les comprend. Mais voilà, faut les écouter, or ce sont des filles (beuh, dégoûtant !). Ce serait la même chose avec des garçons, mais au nom de la différence de sexe, le père ne tente même pas d'être proche, il est bien trop occupé à les juger selon une grille biaisée, trop accroché qu'il est à son espèce de "culture Cromagnon".
Comme si aimer la pêche, la chasse et le plein air était incompatible avec un cerveau fonctionnel.

Last Man Standing me fait penser à la tentative d'un mec mal dans son slip de remettre chacun à sa place... parce qu'il n'en a jamais eu dans sa propre famille. Instaurons un ordre imaginaire entre ce que sont les hommes et ce que sont les femmes ! Ça rendra les choses plus faciles à appréhender pour les types complètement largués par leur propre existence.

Allez, spectateurs d'ABC, ne vous laissez pas avoir. Je sais que vous valez mieux que ça. Enfin, un peu, quoi.

Et pour ceux qui manquent cruellement de... oh, et puis à quoi bon, vous savez même pas vous servir d'internet, les gars... Si ? Bon, c'est bien parce que c'est la tradition : la fiche Last Man Standing de SeriesLive.

25 septembre 2011

Doué d'intelligence

Gifted

Juste quand je commençais à me dire que la saison manquait de vrai dramas, A Gifted Man est apparu. A point nommé parce qu'en plus j'avais besoin de regarder quelque chose d'un peu touchant.
Pour l'instant, on n'a pas encore atteint le point où je me dis que j'ai trouvé ma série de l'année, celle sur laquelle je pourrai compter pour m'émouvoir et me permettre de verser une obole salée à chaque épisode (car ne nous mentons pas, c'est ce que je cherchais en lançant le pilote), mais A Gifted Man connait un bon début avec cet épisode inaugural, assez conventionnel étant donné le sujet.

Il faut dire que Patrick Wilson parvient dés ses premières scènes à rendre son personnage à la fois antipathique et extrêmement touchant. Ce n'est pas simplement un connard caractériel du genre de Dr House, avec un petit côté faillible pour le rendre appréciable par les spectateurs et les membres de son entourage les plus patients, mais un personnage réellement humain. J'ai apprécié sa lucidité (explicitée par un échange avec sa patiente, une jeune tenniswoman) quant à la raison pour laquelle il est relativement fermé au contact humain ; mais dans le même temps, savoir qu'il a un ami, et surtout le voir aussi joyeux avec son ex, le rendent moins caricatural qu'un House, justement. Le personnage a une carapace, mais ce n'est pas une forteresse inviolable, et surtout pas quelque chose qu'il feint en dissimulant la moindre émotion derrière le sarcasme ou des insultes. C'est plus facile de se lier à lui qu'à tous ces types antipathiques qu'on a vu fleurir dans les séries il y a quelques années parce qu'ils étaient totalement déconnectés de leurs émotions 80% du temps, et qu'on était supposés les aimer pour les rares 20% restants.

Et justement, c'est une jolie relation que Michael entretient avec son ex-femme Anna. Ils ne se sont pas parlé depuis 10 ans mais son affection est sincère et tangible et leurs retrouvailles sont réellement joyeuses et touchantes. La douceur d'Anna peut sembler un tout petit peu exagérée, mais leurs premières scènes ensemble sont vraiment bonnes, ils ont une bonne énergie ensemble. Cela augure de bonnes scènes par la suite.

A Gifted Man fait aussi un bon travail en mettant en avant aussi bien le côté rationnel que l'inévitable côté surnaturel de son sujet, le personnage de Michael Holt tentant de trouver un équilibre entre les deux, et ce n'est probablement qu'un début. Il cherche une explication scientifique mais il accepte aussi l'autre explication, au lieu d'être borné et passer tout le pilote à refuser l'évidence. Ca nous le rend sympathique, et c'est plus facile de le suivre que s'il s'obstinait bêtement à camper sur ses positions, ou s'il se convertissait tout de suite à l'idée qu'un fantôme est en train de le visiter. Sa résistance à cette étrange nouvelle donnée dans sa vie est naturelle, mais elle ne fait pas obstacle à l'évolution des choses, notamment avec la scène "d'extraction" qui m'a semblée intéressante parce que, cette fois, il y a résiste pour une autre raison que son envie de rester rationnel.

Tout le principe d'A Gifted Man est, naturellement, de nous monter le Dr Holt commençant à travailler pour d'autres patients que ceux qui peuvent payer ses honoraires exorbibants, mais là encore, on n'a pas affaire à un médecin au coeur de pierre qui va refuser d'aider obstinément et à qui il faudra forcer la main pour lui apprendre à être généreux. Il ne fait pas vraiment d'histoires quand Anna lui suggère que la clinique va prendre en charge gratuitement les patients qu'il a ramenés, sans vraiment y réfléchir, de la clinique gratuite. En gros j'ai l'impression que sa leçon n'est pas celle du riche médecin qui va s'ouvrir aux problèmes du monde, que peut-être il méconnait mais qu'il n'insiste pas pour ignorer. C'est plutôt une aventure humaine qui l'attend, qu'une aventure sociale. Même si je serai contente de regarder cette aventure humaine se dérouler au fil des intrigues sociales qui ne vont pas manquer d'apparaitre dés qu'il devra se repointer dans la clinique gratuite.

La réplique qui m'a frappée, dans ce pilote, est celle que lance Holt après qu'Anna lui ait dit qu'elle était heureuse de le voir heureux. Sans amertume, il répond simplement : "qui a dit que j'étais heureux ?", et ce n'est même pas comme s'il le réalisait à cette instant, il en est conscient et semble décidé à s'en accomoder. C'est cette lucidité qui me donne bon espoir pour la suite parce que notre héros ne va pas se transformer contre son gré grâce à l'intervention d'Anna, il ne va pas découvrir qu'il est malheureux, il y a quelque chose d'infiniment nuancé dans la façon dont il considère sa façon de vivre, quelque chose de plus touchant que tous ces types à qui il faut absolument enfoncer dans le crâne qu'ils sont malheureux pour qu'ils le réalisent et se acceptent qu'on les change. Michael Holt semble ouvert au changement, et en même temps il est à l'aise avec son manque de bonheur. Pour moi, c'est le signe d'un parcours qui pourra être intéressant à suivre.

Je dis souvent qu'un pilote est déterminant pour moi. Que si le pilote ne me plait pas, je tourne les talons sans regret. Mais que cependant, je n'attends pas d'un pilote qu'il soit parfait, mais qu'il montre du potentiel ; je n'exige pas le coup de foudre en 45mn pour poursuivre une série.
A Gifted Man est exactement ça : un premier épisode bourré de potentiel. Le personnage central est bon, il a une bonne dynamique avec son fantôme, la série est construite de façon à éviter la caricature. Le pilote n'est pas parfait, manque peut-être un peu d'émotions là où on s'attendrait à ce qu'il y en ait, propose un personnage secondaire un peu irritant avec la frangine et son fils à problèmes (j'ai adoré le moment où elle lui dit que la seule fois où il ne s'est pas comporté en enflure, c'était quand il était avec Anna ; eh connasse, l'enflure vient de te payer ton loyer !) bien que j'aie apprécié qu'elle ne se montre pas sceptique, l'infirmière ou chais pas quoi qui surprend à deux reprises Holt en train de parler seule me semble être un futur élément perturbateur prévisible... Mais en tous cas j'ai aimé ce que j'ai vu et je serai de la partie.
On va être honnêtes, pour le moment, des séries que j'ai réellement envie de poursuivre après le pilote, il n'y en a pas non plus eu des tonnes en cette rentrée. Mais je vous l'accorde, il y a encore pas mal de séries qui doivent démarrer.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche A Gifted Man de SeriesLive.

25 décembre 2012

Déballage de cadeaux

Ce soir, je ne suis pas spécialement en état de vous écrire un post, et je suppose qu'entre les victuailles dont vous vous êtes empiffrés, les litres d'alcool ingurgités (bon peut-être pas des litres), et les cadeaux que vous avez envie de déballer/étrenner, vous n'êtes pas plus à même que moi de vous lancer dans un post du genre du bilan de Scrubs (Timekeeper m'a dit que la lecture de ce post lui avait pris près d'une heure... et vous, quel est votre record ?).

Aujourd'hui, pas de grand discours, donc, juste un cadeau : le premier épisode de la série néerlandaise Overspel (avec sous-titres anglais).

Overspel-promoMiroir sur Uploaded

...Mais pour ceux qui manquent cruellement de lecture, il est toujours possible de lire mon post sur le pilote, et même de le commenter si vous voulez ajouter votre point de vue sur l'épisode après visionnage.
Je rappelle que le DVD d'Overspel est disponible avec sous-titres anglais, comme en témoignent les liens dans le post sur ledit pilote, donc si vous voulez voir la suite, vous savez quoi faire, et même comment.

Voilà, ça me fait plaisir, et ça ne m'a demandé aucun effort. Tout le monde est content !
Joyeux Noël !

Publicité
ladytelephagy
Publicité
Archives
Publicité