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ladytelephagy
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22 août 2012

Nos voisins les Voronine

SemaineRusse

Hier, nous avons parlé du développement de la série russe Voroniny... mais c'est resté assez théorique. Laissez-moi à présent passer à la phase pratique.

Il a été dit dans ces colonnes, en de maintes reprises, combien le remake de sitcom américain était une hérésie dont les coupables méritaient, à défaut de l'interdiction d'approcher un studio de télévision, rien moins que la peine capitale ; j'exagère à peine. Mais chaque série est un cas particulier et, avec une persistance qu'Einstein aurait probablement assimilée à de la folie, je tente régulièrement des pilotes de remakes étrangers de sitcoms américains parce que, eh bien, je suis masochiste, probablement.
Plusieurs de ces saligauds ont été évoqués dans ces colonnes, je ne vous refais pas la liste globale, mais en particulier, pour la Russie, quelques unes ont pu être évoquées, comme évidemment Maia Prekrasnaia Niania (pour Une Nounou d'Enfer), Maia Liubimaia Vedma (Ma Sorcière Bien-Aimée) ou Kak ia Vstretil Vashu Mamu (How I met your mother). On ne vous demandera pas plus de les prononcer que de les regarder, rassurez-vous !

Mais puisqu'hier, nous avons assisté aux tribulations de Philip Rosenthal alors qu'il allait travailler, aux côtés de l'équipe russe de la série, sur l'adaptation de Tout le monde aime Raymond, je me suis dit que c'était l'occasion en or de comparer le travail avant/pendant/après. C'est-à-dire, en connaissant la série d'origine, en voyant le documentaire Exporting Raymond, et maintenant, avec le pilote de Voroniny.
Pour commencer, je crois que chacun ici a vu au moins un épisode de Tout le monde aime Raymond, non ? Non ? Bon bah allez-y, je vous attends.
...
Donc maintenant, tout le monde a vu Raymond et nous avons tous les bases pour avoir cette discussion.

Comme expliqué dans Exporting Raymond, Philip Rosenthal a suggéré aux auteurs de ne pas commencer par adapter le pilote, mais de plutôt choisir, comme premier épisode pour la série russe, un scénario ultérieur. L'idée est donc de quand même piocher dans les scripts acquis par STS, ce qui signifie que cela reste conforme à l'esprit de la série, mais en rendant le scénario plus accessible au public russe.

La démarche peut surprendre, et en tant que téléphage, j'avoue que l'idée m'a un peu rebutée : un pilote a une raison d'être ! Et si on écrit un pilote correctement, normalement il n'est pas interchangeable avec n'importe quel autre épisode de la série. Le pilote est un exercice de style qui réclame une structure particulière ; l'exposition a son importance. C'est d'ailleurs bien pour ça que j'aime tant les pilotes.
Mais bien-sûr, après réflexion, je me suis dit : après tout, pourquoi pas ? dans le cadre d'une série non-feuilletonnante, c'est moins pénalisant.

Dans Exporting Raymond, Rosenthal suggère d'adapter en guise de pilote pour Voroniny l'épisode "Baggage" ; c'est un épisode de la 7e saison de Tout le monde aime Raymond dans lequel, en rentrant de weekend, le couple laisse une valise dans l'escalier, qui devient l'objet d'un bras de fer pendant des semaines, car aucun des deux ne veut prendre être celui qui rangera la valise.
Cela avait occasionné plusieurs discussions dans le documentaire, car les scénaristes russes ne comprenaient pas les gags ni la dynamique de couple qui était mise en lumière par cette petite situation absurde (l'histoire ne dit pas pourquoi personne n'a pensé à protester que, à des fins de réalisme, la série russe se déroulait dans un appartement... où il n'y a pas d'escalier, donc). Mais on était restés, en fin de documentaire, sur l'impression que c'était tout de même, après bien des explications, l'épisode retenu.
Pas du tout : l'épisode choisi finalement pour ce pilote russe n'est pas "Baggage", car le pilote de Voroniny est finalement l'adaptation de l'épisode "Your place or mine?", le 7e épisode de la 1e saison dans lequel une dispute entre les parents de Raymond pousse la mère de celui-ci à s'installer avec son fils et sa bru, au grand désespoir de cette dernière.

Voroniny

Force est de constater pourtant que, si le coeur de l'épisode est directement adapté, et de façon relativement litérale, ce n'est pas le cas de l'intro ni de l'outro qui ne sont pas présents dans "Your place or mine?". Ces gags indépendants (qu'on retrouve dans de nombreuses séries comiques, et qui est une figure de style que des séries comme Malcolm ont porté au rang d'art dans l'art) n'étant en effet pas liés à l'histoire de l'épisode, on peut ainsi les mélanger à volonté sans que cela n'ait aucune incidence.
Pour le spectateur russe, en fin de compte, la série Voroniny commence alors que Kostya (l'équivalent de Raymond) est devant la télé en train de manger des chocolats, et il n'en reste plus qu'un. Sa fille, débarque alors, repère le dernier chocolat, et espère le manger ; Kostya lui propose de jouer à cache-cache : si elle trouve la friandise, elle pourra la manger... mais en guise de cachette, pendant qu'elle ne regarde pas, il se dépêche de l'avaler goulûment lui-même tout en la guidant avec des "tu chauffes"/"tu refroidis" histoire de l'occuper pendant qu'il mâche. Sauf que, retournement de situation, finalement la petite découvre une boîte entière de chocolat, soigneusement cachée. C'est Vera, la femme de Kostya, qui l'avait mise là pour se les garder et que Kostya ne mange pas tout. Une amusante façon de dépeindre habilement la dynamique de la maisonnée ; mais les connaisseurs de Tout le monde aime Raymond auront remarqué que les grands-parents sont totalement absents de cette introduction, alors qu'ils sont au coeur de la série.
L'outro de l'épisode reprendra d'ailleurs ce petit gag en montrant Kostya dans la cuisine de ses parents, avec son père. Et devinez quoi, il ne reste plus qu'un chocolat ! Kostya essaye de le récupérer mais c'est son père qui le lui arrache des mains comme si c'était la chose la plus naturelle au monde. De retour chez lui, Kostya veut se mettre devant la télé, mais la télécommande a disparu : c'est sa fille qui l'a planquée, et pendant qu'il cherche la télécommande, la petite lui assène des "tu chauffes"/"tu refroidis" narquois...
Nul doute que ces scènes doivent se retrouver dans l'un des 210 épisodes de la série originale (ou au moins dans les quelques dizaines de scripts achetés initialement par la chaîne russe), mais ils ont le mérite de brosser un portrait assez révélateur des dynamiques au sein de la famille, et de la "chaîne alimentaire" de cette petite tribu.

Bon, mais l'épisode lui-même, alors ? En-dehors de ces deux scènes, le déroulement de l'épisode est conforme à l'original américain dans le scénario, au moins dans la structure de l'histoire : les parents de Kostya se disputent, la mère emménage avec Kostya et Vera, commence à traiter Kostya comme s'il était un enfant et à récurer l'appartement de Vera de fond en comble, excédant celle-ci au point de faire son possible pour rabibocher le couple.
Il y a des différences dans le choix des scènes explicitant le déroulement du conflit : certaines scènes ont été écourtées, rendant les réactions de certains personnages plus unidimensionnelles. Ainsi, le soir de la dispute, Vera décide d'aller dîner avec le père de Kostya dans sa maison où elle le sait seul, afin de lui tenir compagnie (et implicitement d'échapper à sa belle-mère, ainsi que dans l'espoir de plaider pour une réconciliation). Dans la version américaine, la scène commence alors que Debra se régale parce que le père de Raymond mange de la junk food et que c'est quand même bien sympa ; même si ensuite le plat principal qu'il a cuisiné lui-même est une horreur. Dans la version russe, on attaque tout de suite le plat dégueulasse et l'expression écoeurée de Vera. Bon, ça apporte moins de complexité aux personnages et à leurs réactions, mais ça relève du détail, dans le fond. Pourquoi pas ? C'est un bon exemple d'appropriation, et du coup, dans le fond ça valait peut-être mieux qu'une adaptation au pied de la lettre.
Qui plus est, en choisissant de commencer par cettte histoire, Voroniny fait aussi un choix dans la façon dont il expose ses personnages : l'épisode, et donc la série, commence sur une dispute, qui montre les parents de Kostya comme des gens très sanguins. C'est notamment l'occasion pour le grand-père de passer pour un colérique, ce qu'il n'est pas exactement "en temps normal" (mais il n'y a pas encore de "en temps normal" pour le spectateur russe). On voit bien, en mettant cette scène en avant d'entrée de jeu, comment la perception des personnages est modifiée.

Mais le plus frappant dans ce pilote de Voroniny, en matière de différences avec l'original, c'est certainement le jeu des acteurs.
Que Philip Rosenthal se rassure : ses prières ont été entendues. Certes, les Russes semblent avoir eu du mal à se départir des rires enregistrés, qui hantent l'épisode (mais de façon moins insupportable que dans Maia Prekrasnaia Niania, qui hante encore mes nuits).
Mais on n'est pas du tout dans les singeries montrées dans Exporting Raymond sur le tournage de la série. Les acteurs russes font preuve d'un grand sens de la mesure, et en fait, à l'exception peut-être des grands-parents qui sont un peu plus expansifs (mais c'est aussi le rôle qui veut ça), ils sont au contraire d'une grande sobriété, tournant l'humour de la série en une festival de répliques pince-sans-rire.
Regarder l'épisode équivalent de Tout le monde aime Raymond renvoie, et c'est finalement une sacrée ironie, une solide impression de surjeu. En comparaison, la plupart des acteurs russes sont d'une grande sobriété, et en particulier l'interprète de Vera, Ekaterina Volkova, bien plus drôle et pourtant bien plus modérée que Patricia Heaton.
Et c'est finalement assez fascinant de voir comment ils incarnent les mêmes personnages, sans aucun doute possible, reconnaissables immédiatement, et répondant aux mêmes caractéristiques, tout en les rendant moins extrêmes, plus naturels.

Au final, il ressort de Voroniny l'impression troublante d'avoir assisté à une version moins théâtrale de Tout le monde aime Raymond. Pour moi qui n'aime pas la série d'origine, c'est un compliment, et pas des moindres, que d'avoir trouvé l'épisode pilote de cette adaptation convaincant, et pas du tout agaçant. L'absence de Ray Romano n'y est pas étrangère, mais n'est pas non plus la seule explication.
En tous cas, preuve est ainsi faite qu'un remake (a plus forte raison de sitcom américain) n'est pas forcément synonyme de merde honteuse ! Et ça, c'est quand même une sacrée bonne nouvelle, non ?

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7 novembre 2011

Hm. Eh bien, ça c'est pas du tout embarrassant.

Awkward

Aaaaah ! Ca y est ! Enfin, j'ai fini le post sur Awkward. ! Et il est presqu'intégralement positif ! Ah, la bonne nouvelle !

Il faut dire que mon histoire avec Awkward. avait plutôt mal commencé : le pilote avait été regardé, comme souvent, dans les heures suivant sa sortie, et rapidement mis de côté.

Certes, ce n'était pas un mauvais pilote, son héroïne m'était relativement sympathique et le ton était moins horripilant que ce à quoi je m'attendais venant d'une série de MTV (j'avais en effet un fort a priori envers MTV, autrefois populaire pour son côté musical, et aujourd'hui plus connue pour Jersey Shore que pour sa politique fictions). Mais voilà, je ne me sentais pas concernée. Je ne me sentais pas concernée voilà 15 ans par les teenageries, alors maintenant, vous pensez. Je m'étais donc séparée d'Awkward. sur l'air de "c'est pas toi, c'est moi", avec l'idée que je n'y reviendrais pas. J'avais gravé la cagoule du pilote dans un coin, et n'y avais plus repensé.

Jusqu'à un soir de septembre. Ce devait être un lundi, je suppose, mais je n'en suis pas sûre. Et je ne suis pas sûre non plus de ce qui a déclenché ça, mais toujours est-il que tout d'un coup, je me suis dit "bah si je m'y remettais ?". Il faut se remettre dans le contexte : j'étais en plein déménagement, mes cagoules étaient dans des cartons, mes DVD aussi, et j'avais pas envie de me prendre la tête après avoir fait une journée de peinture dans le salon. C'est le genre de circonstances qui pourraient vous faire regarder n'importe quoi ; dans mon cas ça a été les 7 premiers épisodes de Rodney et la première saison d'Awkward., voilà tout.

Et puis, en fin de compte, elle se laissait regarder, cette petite série adolescente. Parce qu'elle ressemblait aux séries adolescentes que je regarde avec le plus de plaisir, par opposition aux sempiternels mauvais élèves que je pointe du doigt sur ce blog comme la superficielle Gossip Girl (mais rappelez-vous, j'étais adolescente dans les années 90, évidemment ces séries ne s'adressent pas à ma génération d'ados et j'en suis consciente, simplement je les trouve quand même bien souvent un peu insultantes et simplificatrices pour les ados). Rien ne viendra jamais, je pense, changer mon opinion sur Angela, 15 ans, qui est la seule série adolescente que j'aie aimée quand j'avais l'âge de sa cible, et que j'aime toujours tendrement maintenant (même si ça fait un ou deux ans que je n'ai pas revu d'épisodes je pense), et qui pour moi reste la meilleure. Mais quelque part, Awkward. s'adressait à moi sur le même mode sans vouloir exactement copier cette série, et j'ai reconnu une sorte d'authenticité qui m'a quand même plu.

Parce qu'Awkward. est, de toutes les séries pour ados que j'ai pu voir ces dernières années, et plus encore quand elles comportent des éléments comiques, la plus ouvertement tournée vers l'introspection et, surtout, l'évolution. On a là un personnage qui est pleinement conscient d'être dans une phase où il se façonne et ça m'a plu. Jenna sait qu'elle est une chrysalide. Elle ne sait pas encore exactement ce qu'elle veut devenir, elle sait juste qu'elle doit emprunter la voie du changement, et j'aime ça, qu'un personnage ne compte pas sur les scénaristes pour son character development, qu'il se prenne en charge lui-même, je trouve que c'est toujours un parcours plus intéressant que celui des personnages passifs qui attendent que ce soient les circonstances qui les poussent à changer.
Alors, entre quelques répliques exagérément colorées et des histoires de coeur (encore et toujours), il y avait de la place dans Awkward. pour que la vieille radoteuse que je suis trouve son compte.

Cependant, l'histoire de la lettre anonyme, qui était l'élément principal pour me faire revenir à la série, a rapidement basculé au second plan. C'est là que je vous dévoile pourquoi ce post n'est pas intégralement positif sur la série : quand les retournements de situation se font attendre, que le personnages s'englue dans sa relation amoureuse stérile, et que le gimmick qui pouvait donner de l'élan à la série, la lettre divisée en divers alinéas, est vite oubliée. Bien-sûr, c'est un peu ça aussi, l'adolescence, laisser une relation amoureuse vous faire oublier tout le reste, mais enfin, là, c'étaient les scénaristes aussi qui semblaient avoir perdu de vue l'essentiel.
Fort heureusement, la fin de la saison se ressaisit après l'incontournable bal de promo, et le cliffhanger de fin de saison repart sur la bonne voie.
Pour tout dire, je ne l'ai jamais trouvée vraiment si terrible, cette lettre anonyme. Je crois que c'est un wake-up call qui, sous une formulation un peu dure, cache en fait un véritable enrichissement pour Jenna, et elle l'avait d'ailleurs prise de façon très positive dans le pilote, finalement, tournant avec intelligence ses conseils à son avantage. Je m'attendais à ce que les épisodes suivent la lettre bien plus littéralement, pour voir comment Jenna allait comprendre comment inverser le schéma qui l'étouffait. C'était d'ailleurs une très jolie scène du pilote qui la montrait en train d'utiliser sa notoriété nouvelle à son avantage, se foutant des conséquences, apprenant à s'amuser sans craindre le regard des autres. De vous à moi, rétrospectivement, j'avais en fait bien aimé le pilote, au regard des errances amoureuses que Jenna allait nous infliger ensuite. Qu'importe, même dans des histoires plus bateau, Jenna inspirait suffisamment de sympathie pour qu'on ne l'abandonne pas. Pour que je ne l'abandonne plus.

Car le personnage de Jenna, il faut le dire, est formidablement bien incarné. Et la voix off du personnage ne nous casse jamais les pieds, ses sentiments sont à la fois honnêtes, et ne tombent pas dans la démesure. Elle a un regard relativement critique sur sa vie, son entourage, ses parents ou sa meilleure amie exagérément loufoques, et au final elle m'a été sympathique, la petite Jenna, et c'est grace à son ton ni cynique, ni totalement mélodramatique, que je me suis accrochée pendant les intrigues les plus mineures.

Au final, Awkward. proposait un bon concept, dont elle a choisi de s'éloigner en cours de saison, mais elle l'a fait en conservant un ton relativement intelligent, en s'appuyant sur de la comédie ne tournant pas trop à la farce, et même des personnages secondaires parvenant à s'étoffer avec une forme de finesse (à l'instar de l'odieuse Sadie, souvent grotesque mais qui bénéficie d'un épisode plutôt bien foutu sur son rapport à la bouffe). Et rien que pour ça, Awkward. est agréable à suivre, sans révolutionner la face de la Terre. Toutes les séries ne peuvent pas révolutionner la face de la Terre. De toutes les séries adolescentes de ces dernières années, Awkward. me semble être celle qui s'en approche cependant le plus.

Un dernier point. J'ai vu de nombreux téléphages, notamment sur Twitter, dresser des comparaisons avec Suburgatory. Je ne comprends pas trop ce raccourci : Suburgatory est dans la critique (fut-elle trop peu virulente au goût de certains) d'un univers extrême, où l'héroïne se voit comme un modèle de bon goût comparé aux gens de la banlieue ; Awkward. est au contraire tournée vers l'auto-critique et l'héroïne passe son temps à se comparer à ce que font les autres pour essayer de trouver la bonne mesure entre son individualité et le conformisme. Le personnage du guidance counselor, plusieurs fois évoqué, n'a d'équivalent que sa profession ; celui de Suburgatory est loufoque mais bien intégré dans le lycée, celle d'Awkward. est un genre de loser new-age que personne ne prend au sérieux (et selon mois inspirée de Dharma). Le fait que les deux personnages exercent la même profession, qui entre parenthèses se retrouve dans d'autres séries adolescentes et notamment Glee, n'est qu'un hasard statistique : l'adulte de référence au lycée, pour les ados, a tendance à être plutôt le guidance counselor qu'un prof, ça n'a rien d'étonnant. Mais les deux héroïnes et leurs histoires n'ont, à ce jour de la diffusion de Suburgatory, pas grand'chose en commun, et je m'étonne de ce rapprochement simplificateur entre les deux séries. D'ailleurs la meilleure preuve reste que Suburgatory est une comédie, quand Awkward. est une dramédie.

Et une bonne, avec ça. Ce qui a tendance à m'étonner venant de MTV, mais, vous savez quoi ? Vu ce que propose également Death Valley, on dirait que la chaîne connait une très bonne année. En espérant que 2012 soit aussi riche en bonnes surprises...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Awkward. de SeriesLive.

31 octobre 2011

[DL] Housos

Depuis quelques temps maintenant, je tente de vous donner envie d'aller tenter des séries venues d'ailleurs. On a fait le tour de plein de pays ensemble, et les posts Médicament générique vous donnent l'occasion d'en découvrir quelques images avec, je l'espère, pour conséquence d'aller jeter un oeil à la série elle-même, si le générique a piqué votre curiosité. Et j'ai développé, depuis l'été 2010, quand je me suis penchée sur le cas de ce pays, une grande affection pour les séries australiennes, dont je m'efforce de suivre l'actualité non seulement à cause de SeriesLive, mais par envie personnelle. Et je n'hésite pas à en remettre une couche sur des séries comme The Slap, par exemple. Vous ai-je déjà parlé de Spirited, d'East of Everything, de Crownies, de Winners & Losers, et de bien d'autres (ne serait-ce que Wilfred, tiens !) : oui, et pas qu'une fois. Et j'aimerais tellement que vous tentiez le coup.
De vous à moi, s'il y avait un classement des pays autres que les USA où j'aime le plus regarder ce qui se fait, l'Australie serait ex-aequo avec le Japon. Et le Danemark. Et-... nan mais vous voyez ce que je veux dire. Ca a été une révélation que de me pencher sur le cas de l'Australie. J'aimerais tellement partager ça avec vous. Ecrire des posts pour vous donner envie d'aller voir ce qui s'y passe, si vous ne l'aviez pas encore fait. Vraiment.

Aujourd'hui ne sera pas l'un de ces posts. Aujourd'hui sera plutôt un avertissement, une mise en garde, un signal d'alarme. Aujourd'hui sera un post dans lequel je vais limite vous recommander de fuir, voyez ? NE REGARDEZ PAS HOUSOS. C'est un conseil d'amie.
Evidemment les plus aventureux parmi vous iront quand même vérifier de quoi il s'agit, parce que je suis connue pour ma mauvaise foi dans les parages et que, rho quand même, ça ne peut pas être si terrible que ça. Si. Si ça l'est. Je vous le dis et le répète, fuyez Housos. Vous avez encaissé Angry Boys et vous pensez pouvoir n'importe quelle comédie ras-des-pâquerettes australienne ? Vous vous pensez à la hauteur ? Je vous arrête tout de suite, ce ne sont que des idées que vous vous faites. Pour l'amour du ciel, de la téléphagie et de tout ce qui est sacré en ce bas-monde, ne regardez pas Housos.

Housos
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Si le générique ne vous en dissuade pas, laissez-moi vous éclairer : vous trouvez que la réalisation de ce générique évoque une video Youtube faite avec trois euros six sous ? TOUT LE PILOTE EST COMME CA. Et c'est vraiment moche, en plus d'être idiot. Mais l'idiotie, des fois c'est drôle, pas vrai ? Eh bien pas toujours. Et Housos, en s'attaquant à ce qui semble être l'équivalent australien des Chtis, ne parvient pas à se hisser plus haut que le niveau de ses personnages. Ce n'est pas une question de référence culturelle qui nous est insaisissable, c'est que normalement, la comédie est supposée être drôle, voyez-vous, même quand les héros sont des white trash. Alors je vous en supplie, je vous en conjure, ne regardez pas Housos. A la limite, si vous y tenez vraiment, attaquez-vous à Bogan Pride. Mais pas Housos.
Déconnez pas. Je tiens à vous, l'air de rien.

Et pour ceux qui manquent cruellement de... non, je peux pas dire le mot, j'ai trop honte : la fiche Housos de SeriesLive.
Note : le post de ce soir ainsi que celui de demain ont été programmés à l'avance, faites semblant de rien, je reviens pour un post de première fraîcheur mercredi et lirai vos commentaires à ce moment-là.

2 mars 2012

Larmes de craie

BlackMarch

Cela faisait... pfioulala ! Tout ça ? Eh oui, un an, quasiment jour pour jour d'ailleurs, que je n'avais pas proposé de post Comme au cinéma. Mais Detachment étant le seul film que j'avais cagoulé récemment et pas encore vu, le mois de Black March semblait particulièrement propice à une découverte cinématographique, histoire de changer un peu. Alors allons-y.

C'est quoi le nom du film ? Detachment
C'est plutôt quel genre ? Agonisant
Qui on connaît là-dedans ? Derrière Adrian Brody, qu'on attend de voir un jour dans une série, et par "on" je veux dire moi (si possible sur le câble s'il vous plait merci), il y a un cast bien connu des téléphages, avec Christina Hendricks (Mad Men), Lucy Liu (Ally McBeal, Southland), James Caan (Las Vegas), Blythe Danner (Huff, Presidio Med), et même une ptit bout de William Petersen (Les Experts) et Bryan Cranston (Breaking Bad), essentiellement présents pour la beauté du geste.
Ça date de quand ? 2011
En résumé, de quoi ça parle ? D'un prof remplaçant qui arrive dans un nouveau lycée.

Henry Barthes, narrateur désabusé ou témoin blasé ? Le dernier coup de fil Directrice-caméléon Carnets de correspondance anonymes I go ahead and smile

En moins résumé, de quoi ça parle ? Henry Barthes est un enseignant en littérature qui doit faire un remplacement de quelques semaines à peine dans un lycée. Il est à un moment difficile de sa vie, ce que les joies du métier d'enseignant comme le hasard ne vont rien faire pour arranger.
Et ça finit comment ? Avec un happy end (et pour tout dire on n'y croyait plus).

Pourquoi c'est bien ? Parce que si même dans un film pourri (voir aussi : Splice), Adrian Brody est relativement bon, alors dans un bon film, vous pensez si on se régale ! Et puis surtout parce que le film évite de se percher du haut d'une boîte à savon pour prêcher la bonne parole, et essaye plutôt de nous plonger dans la réalité du métier d'enseignant en nous incitant à l'expérimenter de façon intime, en goûtant au dégoût montant de ses personnages, sans jamais totalement faire passer les étudiants pour des monstres, des étrangers ou des numéros. C'est donc un film profondément honnête ; il a un message, c'est évident, et il y a de la dramatisation, c'est sûr, mais il parvient, notamment parce qu'il joue également sur plein d'anecdotes et de petites chroniques (hélas) ordinaires, à ne pas tomber dans la caricature, ou très peu. Cela tient aussi beaucoup au fait que son personnage ne se prend pas pour Michelle Pfeiffer et ne se met pas en tête qu'il va sauver ses élèves. J'ai également beaucoup apprécié la réalisation, qui a un côté très observateur et neutre un instant, et plonge soudain dans des plans, voire même des effets de style, pour renforcer le côté subjectif de certaines scènes ; et en-dehors de ses tâches rouges comme autant de signaux d'alerte, la photographie reste aussi très sobre et froide. En somme, c'est un film qui parvient admirablement bien à mêler ses deux objectifs, à savoir raconter quelque chose de fictif, et le décrire de façon documentaire.
Pourquoi c'est pas bien ? Personnellement, l'intrigue de Barthes relative à sa famille, je m'en serais passée. Elle était bonne, en un sens, parce que bien écrite et bien menée, émouvante même, mais j'avais l'impression en voyant ces scènes que le script original avait forniqué avec n'importe quel autre scénario de film sur les douleurs de son personnage central, et que dans ces scènes-là, Detachment était leur bâtard. On s'en passerait bien. Ca ajoute de l'épaisseur au personnage bien-sûr, mais, limite, trop. L'histoire avec la jeune prostituée, oui. L'enfance, le suicide de la mère, le grand-père en fin de vie, pas trop, non.

Ah, les joies du cinéma ! Avoir 16 ans, auditionner pour un film se déroulant dans un lycée... et finir pute. C'est ça aussi, les joies du cinéma.
La réplique qui tue : "Some of us believe that we can make a difference. And then sometimes we wake up, and only realize we failed". Et ils reviennent échouer chaque matin. Mais au fait, c'est pas ça, la définition de la folie ?
La scène qui tue :
Il y avait pas mal de scènes de qualité dans ce film, dont j'aurais pu vous fournir l'extrait, avec des passages très pertinents, des analyses intéressantes du sentiment des professeurs, ou simplement des passages gorgés d'émotion (en particulier, une scène avec Lucy Liu m'a énormément touchée), mais finalement j'ai choisi celle-ci. Attention, elle correspond à un SPOILER, vous pourrez pas dire que j'ai pas prévenu. Mais un spoiler minime, je trouve.
La proviseur, Carol Dearden quitte son poste et quelqu'un d'autre va prendre sa place. Elle n'est pas spécialement aimée, ni par les élèves, ni par le corps enseignant qui en a vu défiler d'autres et qui ne croit pas plus en elle qu'en autre chose. Mais à l'heure du déjeuner, elle les a rassemblés dans l'auditorium pour un dernier speech, pendant que dehors, les élèves ont droit à une pause plus longue qu'à l'ordinaire. Alors ils sont là, ramassés dans cette salle mal éclairée, assis en silence, et ils attendent. Et j'ai trouvé ça incroyablement fort de les voir, comme réfugiés dans leur dernier bastion, ensemble, alors qu'on imagine le reste du bâtiment continuer de vrombir de l'activité de ses élèves, et ils sont là, bienveillants quand même, prêts à écouter sans trop y croire un discours supposément fort de cette femme à ses troupes, tel le général qui devrait leur parler d'avenir, ou leur rappeler les batailles menées côte à côte, et qui finit... bah, comme ça. C'est l'intégralité de la scène. Et c'est terrible.

Detachment___Extrait
Bon alors, Black March, machin, tout ça... donc exceptionnellement : Youtube.

Une note ? CagoulesCagoulesCagoules
Comme je n'ai toujours pas créé de demi-cagoule en complément (et, rendons-nous à l'évidence, ça ne se produira jamais depuis le temps que j'en parle), seulement trois cagoules sur cinq pour ce film (parce que sur l'échelle The Fall, il n'en méritait quand même pas quatre). Les quelques choses que j'ai à lui reprocher lui auront cruellement coûté, en dépit de ses grandes qualités.
Bilan : Je me rappelle avoir lu dans Tant qu'il y aura des élèves une réflexion qui en gros disait ceci : tout le monde s'autorise à disserter sur l'école, on se sent tous qualifiés pour en parler parce qu'on y a tous été. Et c'est vrai que les parents d'élèves, les élèves, les voisins, la boulangère, et évidemment les politiques, tout le monde parle de l'école, de l'éducation, du métier de profs, comme si on savait ce que tout cela signifiait. Tout le monde a une opinion.
Mais dans ce concert de doigts pointés et de yakafokons, de grandes réformes magistrales et de petites phrases, la voix qu'on entend de moins en moins, c'est peut-être celle des profs. Pas la voix dans le mégaphone les jours de manifestation (les médisants trouveront qu'entendre cette voix si souvent dans l'année, c'est déjà pas mal), mais la voix un peu éteinte de celui qui retourne faire son boulot tous les matins avec une boule au ventre. Detachment est cette voix-là.
Et ça se sent clairement, d'ailleurs, parce que le film, s'il a évidemment des aspects dramatiques évidents, flirte quand même énormément avec le documentaire, comme je l'ai dit.
Mais à la fin, le titre me pose problème. Détachement ? Pourtant, non, pas vraiment. Désenchantement, découragement, désoeuvrement : c'est certain. L'envie d'essayer de se détacher, peut-être, à la grande rigueur. Mais pas de détachement total. Ils n'y croient plus mais ils viennent encore, ils essayent encore ; certains jours plus que d'autres, certains jours en trainant plus la patte que d'autres, et probablement que ça ne va pas s'arranger avec le temps et les couloirs vides le soir des réunions parents/profs. Mais ce sont tous de braves petits soldats qui continuent de donner tout ce qu'ils ont, même s'ils ont de moins en moins à donner. Ils grognaient, mais ils enseignaient toujours.
Même le personnage de Brody, Barthes, qui semble tellement noyé dans ses propres douleurs et dans les questions qu'il essaye d'éviter de se poser sur ses origines, ne peut s'empêcher de prendre sous son aile une petite ado perdue, ou de consoler une autre qui a vraisemblablement besoin d'être écoutée. De se lancer dans un cours passionné, d'encourager le talent d'une jeune artiste. D'admirer le travail d'une collègue, de se lier à elle. De prendre sa sacoche et de tout recommencer dans un autre établissement dés la mission d'après.
Et non seulement les protagonistes ne sont pas dans le détachement, aucun, mais en plus il est impossible pour le spectateur non plus de ressentir un quelconque détachement. Tant mieux, c'est l'effet recherché. Si bien que le happy end (tout relatif, c'est vrai) du film parait déplacé vu le reste de son contenu. On a trop eu mal, on a trop été découragés, pour vraiment sourire totalement de bon coeur à la fin.

On ne vient pas pour qu'on nous dise que c'est bon, c'est réglé, quelqu'un a trouvé la solution. On vient pour réfléchir pendant une heure trente à ce qu'on sait de l'école, et vous savez quoi ? Bah on n'en savait pas grand'chose. Si, mais en fait, non. Une fois qu'on a ressenti ce désoeuvrement, difficile de revenir à la normale sans y réfléchir encore un peu. C'est en cela que Detachment n'est pas juste un film et que ses emprunts au genre documentaire (la réalisation, les apartés de Barthes...) lui donnent un côté si réaliste et nécessaire.
Mot-clé : nécessaire.

13 juin 2013

Apathique qui, comme Ulysse...

Avec tous ces pilotes dont on s'est régalés dimanche, venus des quatre coins de la planète, on en oublierait presque qu'il y a des choses à déguster par chez nous. Dans le cadre du défi de pilotes avec whisperintherain, et aussi parce que je poursuis ma tentative de réconciliation avec la fiction française (une quête qui ressemble parfois au tonneau des Danaïdes), me voilà donc aujourd'hui à vous parler d'Odysseus, qui commence dans quelques minutes sur arte. Vous avez pile le temps de lire la review, et ça commence ! Alors ne perdons pas notre temps en introductions, voulez-vous ?

Odysseus-arte

Il était grand temps qu'une chaîne française s'essaye à une fresque historique (ou assimilée) de l'ampleur d'Odysseus.
De nombreuses chaînes de par le monde ont bien compris que ces séries ont tous les ingrédients pour séduire divers publics ; en Espagne, des succès comme Hispania montrent qu'il y a énormément de potentiel pour faire une fiction à la fois accessible et intéressante (les Espagnols ayant, il est vrai, élevé la série historique mainstream au rang d'art), et de la Grande Bretagne au Japon, en passant par l'Australie ou le Brésil, il existe assez peu de contrée qui n'ait pas SA grande série historique populaire du moment.
Le concept n'est d'ailleurs pas si nouveau pour arte : en diffusant Rome et The Tudors, elle avait trouvé de plutôt bonnes représentantes de ce qu'il est possible de faire afin de cultiver à la fois une certaine forme de culture... et une forme de ture tout court, disons. En tous cas, sortir des fictions historiques à la papa (ou à la Dayan) proposées par France Télévisions ne pouvait qu'être une bonne idée, et ce n'est pas l'inspiration qui manquait en la matière.
A ces déjà très bons augures (ah, erreur de mythologie, au temps pour moi), encore faut-il ajouter qu'arte se donne énormément de mal pour faire remonter le niveau des fictions parmi les chaînes non-payantes ; Ainsi Soient-Ils était par exemple une bonne surprise de l'automne 2012.
Du coup, Odysseus, de par son ambition intrinsèque, celle, plus large, d'une chaîne et, osons le dire, les espoirs d'un pays tout entier (ne venez pas me raconter le contraire, j'ai vu les pilotes de Tiger Lily et Caïn), avait intérêt à assurer derrière.

Sur pas mal de choses, c'est le cas, d'ailleurs. Le pilote (puisqu'aujourd'hui, je ne poste que ma traditionnelle review de pilote) d'Odysseus est, pour commencer, plutôt pas moche. On peut prétendre que ce n'est pas important, mais s'il y a bien un genre qui ne peut pas avoir l'air cheap et tourné pendant des RTT à la Baule, c'est la série en costumes ! De ce côté-là, Odysseus tient bien ses promesses, même si ce n'est pas forcément de façon ultra impressionnante ; on est fixés assez rapidement, il n'est pas question dans cet épisode d'exposition de nous en mettre plein les yeux pour nous éblouir avec des reconstitutions gigantesques en technicolor. C'est pas Westeros, ici ! L'absence de faste dans les décors souligne, qui plus est, la volonté de dépeindre un royaume en crise. Mais, ponctuellement, notre épisode inaugural nous tout de même offre quelques moments de bravoure, à l'instar de cette séquence dans le temple d'Artémis qui laisse augurer de très bonnes choses pour l'avenir. C'est en tous cas la preuve que le sens esthétique et l'inspiration ne sont pas absents de la série, à défaut d'en être des traits caractéristiques.
D'autre part, fonctionnant comme un ensemble show équilibré, ce premier épisode nous présente des personnages divers ; alors qu'on aurait pu craindre que l'attente du retour hypothétique d'Ulysse nous force à passer le plus clair de notre temps avec Pénélope et Télémaque, il apparait rapidement que les enjeux sont beaucoup plus variés, offrant une vue de la Grèce antique vue aussi bien à travers les yeux des puissants, des citoyens tout-venants, et des esclaves. Aucun axe ne s'annonce, à ce stade, comme particulièrement fascinant, et moins encore inédit, pour la téléphage peu réceptive aux fictions en costumes que je suis, mais il faut admettre qu'on a en tous cas pas le temps de s'ennuyer ; cette partie de la narration souligne, en outre, la volonté de curiosité dont arte s'est toujours réclamée ; quitte à réécrire l'Histoire, autant le faire de tous les points de vue possible.

Mais, hélas, vous le savez, aucune review de pilote n'est jamais dénuée de critique. Sauf celle d'Orphan Black, peut-être. Mais Orphan Black, c'est spécial.
Le premier, et non des moindres, est qu'Odysseus, au stade de son pilote, souffre de quelques défauts tous français, hélas, comme son rythme et la mollesse de certains de ses acteurs. Ces défauts vont de paire mais ne font pas tout à fait un ; il est possible à une série de manquer de rythme et d'avoir pourtant un cast parfait, mais je ne suis pas en mesure de vous dire ça au stade du pilote, pas en vous regardant dans les yeux en tous cas. Tout le monde n'est pas forcément à blâmer, mais le propre d'un ensemble show est que la série est aussi bonne que le plus médiocre des acteurs de la distribution. Et il y a un ou deux acteurs qui m'ont un peu fait serrer les dents, il faut le reconnaître. En face de ça, il y a aussi des personnages bien portés, à défaut d'être forcément les plus riches scénaristiquement, mais le pilote compte quelques minutes épouvantablement longues.
Le blâme en revient, en partie, il est vrai, au propre d'un épisode d'exposition. Tout le monde connaît l'Odyssée, tout le monde connaît l'histoire de Pénélope, et certains éléments pourraient être présentés de façon un peu plus dynamique sachant cela ; d'autres séquences, ayant pour but de poser à plat les motivations de chacun, semblent incontournables sur le fond mais sont totalement dispensables sur la forme. Quand en plus l'acteur a une diction hâchée d'écolier récitant du Prévert, ça devient vite de la torture.

Mais, bizarrement, ce n'est pas ce que je retiendrai de plus contrariant avec ce premier épisode, mais plutôt la façon dont ce premier épisode semble se complaire dans une certaine neutralité. Les mondes antiques seraient d'ordinaires plutôt propices à stimuler l'imagination, mais cela semble dramatiquement manquer à cette présentation presque objective de faits s'alignant les uns après les autres, presque froidement.

Outre le fait qu'Odysseus a fait le choix d'écarter une bonne partie des questions d'ordre sexuel (probablement aux fins de conserver le créneau en primetime), se cantonnant à quelques représentations dénudées de notre nouvel ami Télémaque (un TRES sympathique garçon), il est légèrement déstabilisant de voir que le seul sang qui coulera dans ce premier épisode sera celui d'un sanglier. C'aurait pu être une profession de foi que de décréter qu'il s'agissait de montrer un peuple antique comme aussi civilisé que le nôtre plutôt que comme des brutes répondant à leurs instincts, mais ça semble n'être pas tout-à-fait le cas, sans quoi ces comportements à peu près dignes (bon, ça ripaille quand même un peu, faut bien s'occuper pendant 20 ans) seraient compensés par une certaine élévation intellectuelle ou spirituelle qu'on ne retrouve pas. L'invocation des Dieux, proche du syndrome de Tourette dans ce premier épisode, aurait pu être développée en dévoilant un système de croyances raffiné par exemple, ce n'est pas le cas.
On a l'impression que la volonté de faire quelque chose de diffusable en première partie de soirée a plutôt résulté en des coupes sombres dans le scénario plutôt que débouché sur une vraie réflexion sur la façon dont cet univers fonctionnait.

Mon plus gros reproche s'adressera cependant à l'histoire et au point de vue choisis : le sort d'Ithaque en attendant le retour improbable de son roi. Quelle jolie métaphore à filer que voilà, lorsqu'un period drama peut se piquer de raconter comment un royaume va surpasser une crise à la fois matérielle (il n'y a plus rien à manger, ou presque, sur l'île) et morale (il n'y a plus de roi, plus personne en qui espérer un changement).
Ce n'est pas que j'attende beaucoup de suspense de la part d'une fiction tirée d'une des histoires les plus célèbres au monde, évidemment, et on sait tous ce qu'il advient d'Ulysse, le roi dont tous attendent le retour ou la preuve de la mort. Mais là encore, rien ne laisse présager qu'Odysseus va se saisir de cette occasion pour dire quelque chose. Prendre une position. Faire autre chose que nous dire "sacrée Pénélope, elle a trouvé une super combine". D'ailleurs, on ne se dit même pas "sacrée Pénélope", parce qu'il est assez difficile de sympathiser avec elle, ou tout autre personnage ; l'émotion est, je le répète, assez absente de cette mise en place objective des protagonistes et de leur problématique respective.

Il manque un peu de vie, en somme, dans cette fresque. Mais l'espoir ne fait cependant pas tout-à-fait défaut, aussi nous retrouverons-nous très bientôt pour un post de bilan...

Challenge20122013

Je suis contente de moi, j'ai pas placé ma blague sur le fait qu'il manque ma Zotrienne préférée dans la série ; c'est pas l'envie qui m'en manquait pourtant.

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9 juin 2013

Désignée coupable

Comme promis aujourd'hui je me lance dans un gigantesque #pilotmarathon, histoire de me goinfrer de pilotes jusqu'à atteindre le point où je supplierai ma saison 6 du Cosby Show de cagouler plus vite. On commence donc tranquillement avec quelque chose de pas trop compliqué, histoire de ne pas solliciter le cerveau dés 10h du matin, et tout naturellement, j'ai décidé de lancer une série de Tyler Perry.
C'est triste quand un téléphage en arrive à avoir ce genre de réflexes. Mais peut-être allais-je être détrompée ? Dans le fond, la première saison de For Better or Worse n'était pas si pire...

TheHavesandtheHaveNots

Les reviews de pilotes de soaps sont rares dans les parages ; il faut dire que d'une part, il n'en commence pas non plus tous les matins (un peu par définition !), et d'autre part, je ne parle pas l'espagnol et ne me rue donc pas sur les pilotes de telenovela, ce qui autrement aurait été une option. Mais quand le network flambant neuf de nulle autre qu'Oprah lance des séries, il semble important d'être au rendez-vous et de voir de quelle façon la chaîne commence ses affaires. Voilà donc The Haves and the Have Nots, qui... ah ? On me dit dans l'oreillette que The Haves and the Have Nots est techniquement un primetime soap, diffusé de façon hebdomadaire. Could have fooled me.

Pour moi qui me plains régulièrement que les Américains ne font pas assez attention à ce qui se passe à l'étranger pour renouveler leur propre paysage télévisuel, nul doute que Tyler Perry me met à l'amende avec The Haves and the Have Nots, qui pioche une grande partie de son inspiration dans les telenovelas. Ou quand un producteur célèbre pour avoir trouvé le succès auprès d'une minorité utilise les recettes populaires auprès d'une seconde minorité...
L'histoire est simpliste : une famille riche (blanche) et une famille pauvre (noire) voient leurs vie s'entremêler lorsque la mère de la famille noire commence à travailler comme bonne pour la famille blanche, parce qu'évidemment. L'autre employée de maison est une latina, pour aller plus loin dans les stéréotypes. Mais, histoire de sortir un peu des clichés (mais vraiment brièvement), la famille blanche a des amis noirs riches également, parce qu'on n'est pas racistes, quand même !
Avec ses faux-airs de Downton Abbey ou Upstairs Downstairs modernes, soulignés d'ailleurs par le "générique" un bien grand mot pour un truc de 5 secondes), The Haves and Have Nots va toutefois faire preuve d'assez peu d'originalité à partir de là, les personnages se conformant tous à la caricature dans laquelle ils ont été enfermés dés leur première seconde d'apparition. Cela permet de désigner rapidement une "méchante" qu'on va passer tout l'épisode à faire passer pour la pire des râclures, quand bien même c'est cette même attitude qui la pousse dans ses retranchements (et alors que finalement, beaucoup de choses, sur le papier, auraient plutôt tendance à en faire la victime) : les personnages de Tyler Perry semblent supplier en silence de ne pas se commettre dans des séquences prévisibles au possible, mais on imagine Perry, une main chargée de biftons, l'autre en train de faire danser les fils de ses marionnettes, s'esclaffer de rire et en remettre une couche dans la nullite et le stéréotype.

Non pas que les acteurs soient spécialement vibrants dans leur interprétation des personnages, ne me faites pas dire des choses pareilles ! Déjà parce que le cast fourmille de personnes dont c'est l'un des rares rôles notables (ceux qui ont un semblant de carrière viennent de soaps comme One Life to Live ou Passion, ça impressionne mon chat), hormis John Schneider qui trouve ici une reconversion après l'annulation de Smallville. Donc comme vous le voyez, il y a du niveau. Et ensuite, parce que la réalisation ne leur en donne vraiment pas l'occasion de briller par leur génie dramatique, avec des plans grossiers du style : "attends, on va filmer un plan où tu fais un clin d'oeil à la personne hors-champs, mais on va le faire durer 5 secondes parce que faut que l'épisode dure 40 minutes". Tout dans la subtilité, on vous dit.
Faut-il noter qu'outre la production et l'écriture, Perry est aussi le réalisateur ? J'hésite à mettre tous ces titres entre guillemets.

Le résultat, c'est un pilote qui a de quoi faire se sentir mieux la production de Plus belle la vie. C'est vous dire si on touche le fond.

J'avais dit sur Twitter que si je ne trouvais rien de positif à dire sur The Haves and the Have Nots, j'aurais pour gage de regarder un deuxième épisode. Mais je vous rassure, j'en ai trouvé un : le seul point positif de ce pilote, c'est que j'en suis venue à bout. Ca compte, hein, dites ?

Challenge20122013

26 juin 2011

L'été meurtrier

Il ne fait pas bon être diffusée en été : toute série qui démarre à l'arrivée des beaux jours se voit systématiquement accusée d'être forcément d'une exigence inférieure. Si elle débutait à l'automne, on parlerait de ses qualités et ses défauts, mais puisqu'elle débute en été, alors ce facteur est forcément plus pris en compte que n'importe quel autre. Séries estivales, telle est votre malédiction : une série lancée en été est forcément soupçonnée de l'être parce qu'elle est indigne d'un lancement automnal (et très confortablement on oublie alors de préciser que Mad Men a été lancée par un bel été) ; au Japon, il n'y a pas de saison meilleure qu'une autre par définition, une série est commandée pour ce qu'elle est et pas pour sa date de diffusion ; en Amérique du Nord, si.

Ainsi donc, Combat Hospital démarre avec ce genre de boulet que seuls quelques Emmys font oublier. Si la série n'est pas excellente, elle sera forcément tout juste bonne à être diffusée l'été, il n'y a pas de place pour la demi-mesure.

CombatHospital
Les noms sont immédiatement lancés, avec une certaine nonchalance, souvent feinte, qui consiste à avoir l'air d'être experts. Dans le cas de Combat Hospital, ces noms sont forcément M*A*S*H et China Beach. Je vais être honnête avec vous : même si en général j'aime beaucoup (pas toujours, certes) les séries de guerre, je n'ai jamais voulu tenter M*A*S*H, peut-être à cause de sa réputation, certainement parce que l'angle de l'humour me semble incongru. Quant au pilote de China Beach, je m'y suis frottée quelque part pendant le 2e semestre 2010 et je n'arrive pas à me souvenir avec précision de la totalité, il ne m'en est resté que deux ou trois scènes, même pas forcément épatantes. Telle est mon expertise en comparaison, de pilote à pilote, dans le cas qui nous préoccupe. Je ne sais pas si je suis passée à côté de quelque chose de fondamental avec M*A*S*H, mais China Beach ne m'a, vous le voyez, laissé aucune impression impérissable. Alors je n'attendais pas de miracle de la part de Combat Hospital.

Il ne me semble pas non plus que l'héritage d'Urgences ait été balayé d'un revers de la main. D'autres séries médicales ont bien plus méprisé l'apport de cette série au genre, parmi lesquelles Trauma, Three Rivers ou Miami Medical, bien plus insultantes envers le spectateur que Combat Hospital.

Le rythme est bon, ni trop agité ni trop saccadé, les personnages attirent notre attention (pas tellement l'héroïne, le Dr Gordon, mais les Dr Treng et Marks) sans en rajouter des tartines dans le background sirupeux souvent à l'ordre du jour (le syndrome du background artificiel exposé dés le pilote sera exploré dans un prochain post, d'ailleurs), et pour finir quelques intéressantes problématiques sont effleurées, propres à l'environnement de la série.
Qu'attendre de plus de ce pilote ?

Exactement. Au juste j'aimerais vraiment qu'on me dise ce qu'il y a à attendre de plus de la part du pilote d'une série médicale. Je n'ai à vrai dire jamais vu une série médicale démarrer autrement (à moins de considérer Dr House comme autre chose qu'une série d'enquêtes médicales, et encore) qu'en présentant les particularités du contexte choisi, l'équipe de soignants et des cas médicaux. Le pilote d'Urgences n'a rien fait d'autre.

Mais Combat Hospital a démarré en été. Je soupçonne que ce soit, en fait, la seule raison pour laquelle je n'ai pas lu une seule critique positive à ce jour à son sujet.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Combat Hospital de SeriesLive.

5 juillet 2011

Là où il y a de la gêne...

Puisqu'on en est aux confidences, j'ai toujours eu du mal avec le concept de guilty pleasure, c'est incompréhensible pour moi. Parce que de deux choses l'une : soit on pense que la série est une merde, et on arrête, soit en fait elle a des avantages, même peu nombreux, et la traiter de guilty pleasure est une façon de se couvrir aux yeux du reste de la communauté téléphagique, ou de soi-même si on a vraiment des problèmes d'estime de soi, mais démontre une bonne dose de malhonnêteté intellectuelle.

Aussi, quand je vous dis que je regarde Singles Ladies, il ne me vient pas naturellement l'idée d'y accoler le terme de "guilty pleasure", parce que mon plaisir n'est pas coupable, il est juste inférieur à d'autres que je peux ressentir devant des séries qui me rendent véritablement accro. Le jour où Single Ladies ne m'apportera plus cette fenêtre glamour sur le monde black d'Atlanta, je partirai sans me retourner, on aura passé du bon temps ensemble mais on n'avait pas d'attache, rien ne nous retient. Je ne suis pas obligée de regarder une série, alors si je la regarde, je lui dois (ainsi qu'à moi-même, en fait) d'admettre que c'est parce qu'elle a des bons côtés, même si ceux-ci ne flattent pas forcément mon ego. Mais on parle de quelqu'un qui idolâtre Une Nounou d'Enfer ou Reba depuis des années, alors mon ego...

SingleLadies-Bandeau

Ainsi, j'ai été faible, j'ai re-regardé le pilote de The No. 1 Ladies' Detective Agency suite à une conversation sur Twitter, et j'ai eu un véritable orgasme téléphagique devant la beauté, l'optimisme et l'énergie qui s'en dégagent. Alors à côté de ça, évidemment, je sais que tout est relatif, et que je n'apprécie pas Single Ladies pour être la meilleure série au monde, ce n'est pas parce que je regarde une série que forcément je pense qu'elle a les atouts pour me faire grimper aux rideaux, mais pour ses modestes (et rares) qualités, énoncées précédemment et que vous découvrirez en suivant les tags (mais qu'on peut résumer en un nom : LisaRaye McCoy).
Et surtout j'admets que quand je la regarde, je baisse le niveau de mes exigences, mais pour autant, je ne regarde pas uniquement pour me moquer en la qualifiant plus tard, devant les copines qui me racontent leurs nuits torrides devant Game of Thrones, de guilty pleasure. Il n'y a aucune forme de culpabilité dans ma démarche, et je peux aussi avoir du Game of Thrones tout une nuit si je veux. Et je ne laisse pas ma part au chien, vous pouvez me croire, j'ai dû voir l'épisode de la couronne d'or une dizaine de fois.

On se rappelle tous la première fois qu'on a eu du plaisir devant une série, on se rappelle tous du premier orgasme téléphagique.
Pour moi, la toute première fois, c'était devant Chicago Hope, mes pieds se sont dérobés sous moi, je me suis assise sur la table basse du salon, agripée à l'ignoble napperon en dentelle de mes parents, le nez à 20cm à peine de l'écran cathodique, le souffle court et les yeux humides, et j'ai compris que ce qui s'était cassé en moi à la mort d'Alan Birch était le début de quelque chose. Ce n'était qu'un prélude à la sensation incomparable du premier orgasme téléphagique, des années plus tard, quand je me suis littéralement retrouvée à bout de souffle devant le pilote de New York 911 et son injection brute d'arénaline (que j'ai cherché ensuite à retrouver dans les épisodes suivants et n'ai jamais vraiment su ressentir à nouveau).

Mais quand il n'y a pas d'orgasme téléphagique, quand le plaisir est si faible qu'il nous rappelle un bisou d'amoureux de maternelle, pour autant, devons-nous nous arroger le droit de diminuer la série ? Nous boudons un plaisir moindre et simple par péché d'orgueil, voilà tout.

On sait tous qu'il y a une palette de nuances incroyables dans le plaisir, qui va du bon petit épisode honnête, à la saison qui transcende votre existence et ne vous fait plus rien regarder comme avant (d'ailleurs c'est décidé, dés que j'ai fini Roseanne, je me commande le DVD et me refais une intégrale de SPACE 2063 ; rien que de mentionner la série dans un de mes tweets récemment, j'ai eu un coup de nostalgie terrible). Il y a de la place pour tout et je ne suis pas sûre de vouloir vivre dans un monde où je ne me délecterais que du second cas.

SpaceAboveandBeyond-Bandeau

Alors je ne comprends pas l'emploi du terme guilty pleasure.

Surtout qu'entre nous, tout dépend des circonstances. J'ai pris l'habitude de regarder Single Ladies avec un petit cocktail de ma confection fleurant bon la fraise, et j'apprécie la série pour l'impression qu'elle me donne, une fois par semaine, de me comporter selon mon genre, à m'irradier l'oeil de dorures, de clinquant, de jolies robes, et de nanas parfaitement bien roulées (hm, c'est ptet pas entièrement selon mon genre, à la réflexion). Je ne vais pas la dénigrer pour ça. Le jour où j'ai honte, j'arrête, voilà tout.

Alors si quelqu'un arrive à m'expliquer l'intérêt d'un guilty pleasure, c'est-à-dire un truc dont on pense sincèrement qu'il est nul, mais qu'on regarde quand même, je veux bien qu'on m'explique. C'est comme tirer un mauvais coup pour pouvoir s'en plaindre après alors qu'on n'avait qu'à rentrer avec un type plus doué ou un lapin à 6 vitesses : je ne comprendrai jamais.

22 mars 2011

We're not quite there yet

Des blogs téléphagiques pour vous reviewer le pilote de Breakout Kings, vous en trouverez facilement ; certes, celui que vous avez actuellement sous les yeux n'en a pas fait partie, du fait du rythme de publication hebdomadaire et tout simplement de mes envies. Mais en tous cas, ça n'a pas manqué, et si les 720 news sur le pilote, la commande de la série, le casting, les guests, la diffusion et les trailers ne vous ont pas fait penser à vous intéresser à Breakout Kings, les reviews s'en sont chargées, et nul ne peut ignorer l'existence de cette série. Que vous choisissiez ensuite de regarder ou non vous appartient, mais en tous cas, ce choix est informé. C'est le cas de bien d'autres séries américaines, et on a souvent l'impression de savoir, maintenant, tout ce qui (se) passe outre-Atlantique.

Et pourtant, non. Pour vous parler du pilote d'une série ayant démarré en janvier sur BET, désolée de vous le dire mais il n'y a pas grand'monde. Je ne lis peut-être pas les bons sites/blogs, c'est possible aussi, mais il me semble néanmoins que les téléphages tenant un blog ont, comment dire ? Une sorte de mémoire sélective... C'est un peu le même problème que pour l'information, en fait : on veut bien vous faire des news à la pelle sur les séries que tout le monde connaît, mais hors de question de faire une news sur une série peu connue (exception soit faite des audiences et parfois des diffusions, d'ailleurs encore une fois, on ne le dit pas assez, merci à Critictoo qui s'efforce de laisser moins de poissons échapper aux mailles du filet).

Eh bien pour les reviews c'est pareil. Personne ne peut prétendre à l'exaustivité, mais force est de reconnaître que peu s'y emploient vraiment.

C'est totalement par hasard que je suis tombée sur une cagoule du pilote de Let's stay together. Là où je l'ai trouvée, j'étais venue y chercher tout autre chose. Mais je tombe sur ce lien et je me dis "diantre, un pilote américain récent dont j'ignorais l'existence", et je ne me vois pas ne pas cliquer, voyez-vous, c'est dans ma nature de pilotovore de ne pas résister.
Je sens bien, en regardant la photo de promo, ou ne serait-ce que vu la chaîne sur laquelle cette série est diffusée (BET, pour Black Entertainment Television, on fait difficilement plus explicite), que je ne suis pas dans son public-cible. Je sais aussi que la plupart de ces comédies ne partagent pas... ma conception de l'humour, dirons-nous. D'un autre côté, je suis blanche (et même pas une américaine blanche), alors culturellement ça s'explique. Mais enfin, est-ce une raison ? Alors je clique, enrageant de savoir que ce pilote a été diffusé en janvier et que je n'en savais même rien.

Ah ça, il n'y a pas grand'monde pour reviewer, ne serait-ce qu'au stade du pilote quitte à laisser tomber ensuite, des séries comme Let's stay together, Are we there yet?, Meet the Browns, House of Payne et toutes ces comédies tellement ciblées que, oh bah écoutez, on va pas en parler, on n'est pas concernés (ce qui me fait vraiment penser qu'il n'y a que des blancs dans la blogosphère téléphagique).

Les séries que nous ignorons plus ou moins délibérément en disent sans doute autant que celles auxquelles nous choisissons d'accorder du temps (et de l'espace sur nos sites et blogs), finalement.

LetsStayTogether
Let's stay together est-elle un bijou insoupçonné à côté duquel la communauté téléphagique francophone est tristement passée ? Je vais pas vous raconter des conneries : non, mais elle est définitivement dans la moyenne supérieure comparée à la plupart des séries que je viens de citer (ya que dans ses rêves que TBS est "very funny").
Je partais, finalement, avec un certain a priori négatif dû à mes expériences précédentes, souvent malheureuses comme les tags de ce post en attestent, et je m'attendais en toute sincérité à ne pas rire du tout. Ajoutez à cela que j'étais quand même un peu fâchée par le facteur "il y a les séries dont on veut bien parler, et il y a les autres", et vous avez une idée de mon humeur en lançant le pilote, que je m'apprêtais à regarder sur la seule base du principe que merde, si je ne suis curieuse que pour les trucs alléchants, c'est trop facile, et que c'est pas parce que personne n'en a parlé que je ne vais pas me faire une opinion.

Eh bien, figurez-vous que j'ai souri une fois ou deux, et même ri, une fois. Une seule, d'accord, mais c'était un rire franc, pas un petit rire genre "ouais allez, accordons-leur ça", un peu condescendant, qu'on accorde à une comédie qui se donne du mal, peut-être un peu trop, mais qui n'a pas totalement atteint son but.

Et finalement, c'était au moins aussi "exotique" que de regarder un épisode d'Outsourced ou de The Circuit. On sent un grand attachement à une subculture américaine qu'au bout du compte, à bien y réfléchir, on connait mal, et où les rôles de l'homme et de la femme (puisqu'il s'agit d'une comédie basée sur la vie amoureuse de 5 personnages) sont codifiés de façon différente par rapport aux protagonistes auxquels nous sommes habitués dans d'autres séries moins ciblées.

C'est vrai, c'est le genre de série où les acteurs ont légèrement tendance à surjouer (mais le surjeu, parfois ça peut fonctionner, après tout). Il est bon de noter que : pas tous. Les persos masculins, en particulier, m'ont bien plu, ils avaient quelque chose de moderne pour une comédie de ce genre ; j'ai craint un côté un peu macho qui en fait ne s'est jamais présenté, pas de clownerie exagérée non plus, juste deux personnages masculins pris dans des contradictions - et parfaitement à l'aise avec le fait de les montrer, et donc d'afficher une certaine vulnérabilité sans s'excuser, mais sans les masquer pour paraitre plus viril. C'est quelque chose qui est appréciable même sans parler du public ciblé auquel la série est destinée, et qu'on ne voit pas tant que ça dans un sitcom aussi classiquement réalisé que celui-ci (quand Better With You, par exemple, et que pourtant j'adore pour d'autres raisons, fait régulièrement la gaffe de tourner en ridicule la moindre faille de virilité de ses personnages masculins, et notamment Ben ; c'est une des facilités qui m'agacent un peu chez cette série à l'occasion).
Quant aux personnages féminins, qui sont plus irritants de mon point de vue de nana pas très gonzessifiée, elles présentent au moins l'avantage d'être des modèles différents de ceux qu'on voit dans la plupart des autres séries (un aspect qui, quitte à passer par tous les clichés possibles sur les afro-américains, est récurrent dans ce type de séries, où les femmes ressemblent à des femmes et pas à des mannequins, tout en étant légèrement au-dessus du niveau de la femme de la rue histoire de quand même apporter une touche de glamour). Ce sont d'ailleurs elles qui offrent les plus grosses impressions de fossé culturel, avec l'attention exagérée qu'elles portent à certaines choses, comme dans l'histoire de la bague de fiançailles. Il y a un côté Bridezilla chez la réaction des filles vis-à-vis de cette bague... et en ne tournant pas non plus ces personnages-là en ridicule (une tentation à laquelle Damon Wayans n'aurait pas résisté, tel que je le connais, par exemple), la série valide à la fois ma théorie selon laquelle c'est culturel et donc parfaitement acceptable pour le public regardant la série, et mon impression d'une nuance dans cette série, en tous cas plus que dans la plupart des autres de son genre.

En regardant ce pilote, j'ai donc voyagé dans un endroit des Etats-Unis que je connais mal, où on n'applaudit pas mais où on claque des doigts, où les restaurants sont fréquentés uniquement par des noirs... mais qui est aussi curieusement confortable parce qu'ultra-codifié, tout en s'autorisant quelques petites touches d'innovation et de subtilité çà et là. Et avec, donc, une scène vraiment drôle, ce qui n'était pas garanti au départ, la plupart des autres scènes se contentant d'être sympas, sans plus.

Non, Let's stay together n'est pas une perle. Ce n'est pas la série dont il faudrait que tout le monde parle mais à laquelle pas assez de monde ne prête attention (c'est Portlandia, ça...). Mais quelque part, ça remet les idées en place, ce genre d'expérience. Ca rappelle que même pour se tenir au courant de ce qui se fait aux USA, rien n'est acquis, et il y a encore des angles morts.
Si ce n'était pas une série indispensable, pourquoi m'être donné la peine d'en parler, me direz-vous ? Surtout quand ça me demande de faire un effort dans mon rythme de publication, revenu à "un post chaque vendredi. Minimum". Eh bien... c'était un pilote (raison n°1), un pilote récent (raison n°2), et enfin, un pilote sympathique (raison n°3). Donc ne pas en parler, quelque part, ç'aurait été dommage. Et puis, parfois il n'y a pas besoin d'aller chercher au Brésil ou en Pologne des séries à (faire) découvrir, et c'est pas plus mal de se le rappeler une fois de temps en temps.

Let's stay together, ce n'était pas extraordinairement bon, mais ce n'était pas du tout mauvais. Il fallait simplement le regarder pour le savoir. J'espère vous avoir convaincus d'aller vérifier par vous-mêmes, vu que vous ne pouvez pas compter sur les autres pour vous tenir au courant de tout.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Let's Stay Together de SeriesLive.

28 décembre 2010

Small et vil

SmallEvil

Pour une raison étrange, toute personne qui cite Smallville est immédiatement suspectée d'avoir un QI équivalent au baromètre en ce mois de décembre frileux. C'est sûr que j'ai un sens des priorités téléphagiques bien à moi, et que nous avons tous en tête une hiérarchie qui varie selon nos préférences, mais quand même, ça m'intrigue.

Ça m'intrigue d'autant plus que cette série, que je n'hésiterai pas, bravant les commentaires outrés et/ou injurieux, à qualifier de honteuse sous-merde, en est quand même, si j'ai bien compris, à sa 10e saison. Face à ça, mes séries favorites font rarement le poids, du point de vue strict du nombre. C'est quand même bien qu'il doit y avoir une raison. Mais alors, laquelle...? Je veux dire, les amourettes, les super-héros à la douzaine, les personnages pas trop frileux (eux)... ça va bien une saison, deux, trois... plus la série avançait et plus elle semblait s'encanailler, mais jamais jusqu'au point d'arriver au niveau de gratuité et de fan service d'un True Blood. Un équilibre finalement intrigant, à bien y penser.

Le problème c'est peut-être tout simplement la façon dont je vois les séries en général. Je suis d'accord pour regarder des trucs pas forcément sérieux et intellectuels. Je rappelle que je suis quand même fan d'Une Nounou d'Enfer, si vous aviez un doute sur la véracité de mon propos. Je vous vante des Capitu et des The Circuit, mais bon, je ne regarde pas que des séries cérébrales et/ou poétiques. Mais je refuse tout net de regarder quelque chose "pour me vider la tête". Si je regarde Drop Dead Diva par exemple (je la cite parce qu'elle a été évoquée aujourd'hui via Formspring par un inconnu), c'est parce que j'apprécie certaines qualités... bon, pas le scénario. Mais je guette la représentation du personnage obèse ; idem pour Mike & Molly d'ailleurs (faudra que je vous en reparle de cette série d'ailleurs, je me suis surprise à la poursuivre). Je trouve l'expérience intéressante parce que c'est à la fois la copie et l'opposée d'Ally McBeal.
Mais se vider la tête, essayer absolument de ne pas du tout penser et se goinfrer d'intrigues ridiculement vides, ça, je peux pas.

Et c'est précisément ce que m'évoque Smallville. Quelque part, même NCIS est plus intellectuel (c'est dire).
Je vais pas me faire de nouveaux amis aujourd'hui, c'est clair. Mais je pense quand même qu'on peut exiger un peu plus que ça de notre télévision, non ?

Mais alors, quand un téléphage que j'estime pour ses goûts sûrs commence à RECOMMANDER Smallville, je vous avoue que je ne sais quand même pas trop quoi en penser.

1 novembre 2010

Have fun, will travel

Bon, d'habitude, CuriosityLive c'est plutôt le dimanche, mais bon, c'est pas à quelques heures près non plus, hein ? De toute façon, toutes les news dont vous allez trouver le récapitulatif aujourd'hui sont encore disponibles, donc vous avez largement le temps d'aller y jeter un œil...

Voici donc ce qui s'est dit sur les séries du monde entier cette semaine sur SeriesLive :

Lundi durham_county Ce soir au Canada : dernière saison pour Durham County
En attendant de savoir si elle a remporté les Geminis Awards 2010 dans quelques jours, la série entame ce soir sa toute dernière saison.
  DilSeDiyaVachan_MEA Ce soir en Inde : un classique du soap indien revisité
Fini le crêpage de chignon pour le nouvelle série de Zee TV.

Hispania_MEA Ce soir en Espagne : Spartacus n'a qu'à bien se tenir
Antena3 lance ce soir une épopée historique...

JangnanseureonKiss_MEA Jangnanseureon Kiss revient en websérie
Finalement le téléchargement et le streaming, ça a du bon...!
Mardi Mother_MEA Tokyo Drama Awards 2010 : les résultats !
C'est la 4e fois que ces récompenses sont remises dans le cadre du Japan International Contents Festival.

Riese_MEA Ce soir sur le web : du steampunk pour SyFy
La websérie Riese fait ses débuts sur SyFy.com aujourd'hui, et il y a du beau linge au casting !
Mercredi HaemetHaeroma_MEA Clyde Phillips prépare une série claustrophobe pour HBO
Son premier projet depuis son départ de Dexter est consacré à un remake de série israélienne.

JeulgeowoonNauiJib_MEA Ce soir en Corée : ennemies pour la vie
Amour et meurtre forment le programme de la soirée de MBC.

World En bref : l'actu des télés du monde
L'activité frénétique des télévisions de la planète, c'est le mercredi. Ah bah tiens, c'est aujourd'hui.

AFIAwards_2010 AFI Awards : les nominations !
La 20e édition des récompenses australiennes célèbre l'excellence.
Jeudi NijinoMukouhe_MEA Bee TV fait encore une fois le buzz
La jeune Kii Kitano est l'héroïne du nouveau coup marketing de Bee TV.
Vendredi Aibou_MEA Audiences japonaises : lutte sans pitié
Toutes les séries sont lancées, maintenant, il faut conserver le public qu'on a réussi à attirer...

Inde, Australie, Israël, Espagne, Japon, Corée, Canada... c'était une bonne semaine pour la diversité ! Il y a bien un pays qui vous inspirera cette semaine, non ?
(pis c'est pas comme si vous aviez entendu parler de tout ça partout ailleurs non plus)

24 octobre 2010

World series

Et voilà une nouvelle semaine derrière nous, pleine de découvertes et de curiosités... à condition de faire l'effort surhumain d'essayer de voir un peu plus loin que les pauvres news sur les adolescentes décérébrées qui montrent leur entrejambe ou leur poitrine (ou supposée telle). Mais j'ai bon espoir car vous n'êtes pas du genre à vous intéresser à ce genre de choses, pas vrai ? Alors on est partis pour le récap international de la semaine !

Voici donc ce qui s'est dit sur les séries du monde entier cette semaine sur SeriesLive :

Lundi PyaarKiiYehEkKahaani_MEA Ce soir en Inde : quand Twilight fait des émules
Voilà plusieurs mois maintenant qu'une série se préparait afin de surfer sur la vague Twilight... c'est ce soir le jour J.
Mardi FreeterIewoKau_MEA Ce soir au Japon : Nino se met au boulot
L'un des comédiens les plus populaires du moment débarque dans une série très attendue.

being_erica Erica Strange rêve désormais le mercredi
Changement de case horaire pour la série, quelques semaines après le lancement de sa nouvelle saison.

Daemul_MEA Défilé de problèmes pour Daemul
Mais c'est pas vrai, cette série est vraiment maudite !
Mercredi MurdochMysteries_MEA Murdoch dit merci aux Britanniques
L'enquêteur canadien obtient une quatrième saison grâce à des fonds venus de l'autre côté de l'Atlantique.

Rake_MEA De gré ou de force, vous regarderez Rake !
A quinze jours de son lancement, la mini-série de la chaîne australienne ABC1 met le paquet...

SungkyunkwanScandal_MEA Pas de saison 2 pour Sungkyunkwan Scandal
La série a beau avoir amélioré ses audiences, KBS a annoncé qu'elle refusait de la renouveler.
  World En bref : l'actu des télés du monde
C'est pas fait exprès, mais cette semaine c'est un spécial Europe...
Vendredi Daemul_MEA Audiences coréennes : une politicienne de premier plan
La case du milieu de semaine bouge pas mal, avec une série politique qui commence à s'imposer dans la grille...
Samedi TallandGreenbaum_MEA ABC se met aussi à l'heure israélienne
La chaîne américaine pourrait proposer une nouvelle adaptation de série israélienne prochainement.
Dimanche KoiiroEnbu_MEA Mirai Shida et Haruna Yamaguchi dans une mini-série
Les deux actrices sont pourtant déjà bien occupées cette saison...

Et la série à retenir cette semaine est... Daemul ! Si elle nous la fait "à la boulanger", ça va pas être triste, le mois de novembre !
Donc voilà, vous savez tout, enfin, à condition de cliquer et de lire, naturellement, mais j'ai tendance à penser que le plus dur (c'est-à-dire fournir les infos) est fait. Après, si vous ressentez l'impérieux besoin de donner votre opinion, sachez que je ne vous en voudrai pas.
(Euphémisme : du grec : «Euphemismos», du grec  «phêmi» (je parle) et «eu» (bien, heureusement), est une figure de style qui consiste à atténuer ou adoucir une idée déplaisante en ayant recours à une litote ou une périphrase.)

10 octobre 2010

Et vous pensiez que votre semaine avait été chargée !

Sacrée semaine que celle qui vient de passer, avec beaucoup d'actu et quelques fiches également (mais on va pas commencer à compter les fiches faites chaque semaine !). L'essentiel c'est que vous sachiez que tout est mis en œuvre pour vous fournir des infos sur ce qui se passe sur les télés étrangères, et que vous n'avez plus qu'à les lire. Elle est pas belle la vie ?

Déjà, vous pourrez faire une balade dans 3 pays nordiques :

Danemark_PastriesTV Norvege_IceCube Suede_Design

Ce qui est assez incroyable c'est que, ces pays ont une télévision interconnectée, à cause de TV3 en Suède qui s'est installée un peu partout alentours, sauf que la Suède n'aurait pas eu la télé si le Danemark n'en avait pas eu une, et la Norvège n'en aurait pas eu si la Suède n'en avait pas eu une...
Mais malgré ça, chacune a connu un développement différent. Dans notre esprit, ces trois pays sont souvent un peu confondus (je vous avoue que même après avoir passé plusieurs semaines sur ces articles, j'hésite toujours à placer la Suède et la Norvège sur la carte, j'ai tendance à les intervertir), et il est vrai qu'ils ont de nombreux points communs, mais chaque pays a pris son propre chemin. Ils n'ont pas géré leur télévision publique de la même façon, ils n'ont pas le même rapport à la fiction, etc...
Je trouve que ça relève presque de l'expérience scientifique à ce stade !

A part ça, voici donc ce qui s'est dit sur les séries du monde entier cette semaine sur SeriesLive :

Mardi HeeRaHa_SooJongChoi A la Maison Bleue : un drama politique sur KBS
Vous voulez de la politique ? Oui ! Vous voulez de la romance ? Oui ! Très bien, vous aurez les deux !

InternationalEmmyAwards International Emmy Awards : les nominations
Annoncer ces nominations pendant le MIPCOM fait certainement des heureux...
Mercredi Daemul_MEA Ce soir en Corée : bientôt une femme Président ?
Quand les intrigues politiques se mêlent à la vie privée...

Stokvel_MEA Et de sept pour Stokvel !
La comédie sud-africaine la plus populaire de son temps revient pour une nouvelle saison.
  World En bref : l'actu des télés du monde
Pas de répit pour les télévisions de la planète...!
 Jeudi FACEMAKER_MEA Ce soir au Japon : dites-lui ce que vous n'aimez pas chez vous
Confiez-lui votre visage... au sens propre du terme.
  underbelly Le premier téléfilm de la franchise Underbelly empêché par la justice australienne
Quand un procès interfère avec le bon déroulement d'une fiction...
  NatsunoKoiwaNijiironiKagayaku_MEA NatsuNiji à la conquête du Nikkan Sports Drama Grand Prix
Le magazine Nikkan Sports a donné les résultats des récompenses attribuées aux séries de l'été 2010.
  StockandAwe_MEA Ce soir au Canada : dans les coulisses du pouvoir financier
BNN donne un nouveau sens à l'expression "apprendre en s'amusant".
Vendredi SPEC_MEA Ce soir au Japon : quand "enquêtes" rime avec "valise à roulettes"
Une bien étrange série policière attend les spectateurs de TBS ce soir...
  DrChamp_MEA Audiences coréennes : un peu de bizutage
Ce n'est jamais facile d'être nouveau quelque part...
Samedi PatitoFeo_MEA MTV adapte De tout mon cœur
Près de 2 ans après s'être achevée, la telenovela argentine continue de plaire au public étranger.

Je n'irai pas jusqu'à dire que j'apprécierais qu'outre la lecture, ceux d'entre vous qui ne l'ont pas encore faire passent également (bien que brièvement) à l'écriture... mais je n'en pense pas moins !
(pour nos amis décérébrés regardant TFHein : lâche ton com !)

9 août 2010

Do I care ?

RookiePurple

Si on prend le temps d'y réfléchir, les séries que j'ai testées sans délai cet été, et celles qui sont restées sur le bas-côté, sont finalement assez claires sur mes préférences actuelles : tout, sauf du poulet. La flicaille m'insupporte à nouveau. Et c'est dommage parce que j'avais eu une période pendant laquelle j'avais réussi à dépasser ça.
Vous voyez, je suis fille de flic. Depuis ma plus tendre enfance, j'entends parler de tout un tas d'horreurs, et par-dessus le marché, mon père avait pris la manie de m'imposer la vue de documentaires sur le métier de policier, ce qui avait fini de me gaver jusqu'à la glotte. Téléphagiquement, j'avais tellement bouffé du flic, que je ne supportais plus d'en voir dans les fictions. Et puis, sur la fin des années 90, j'ai commencé à me reprendre, et j'ai accepté d'en voir quelques unes. J'étais en général ultra-sélective, et je n'en faisais pas non plus des orgies. Brooklyn South, New York Unité Spéciale et Cop Rock ont figuré parmi les rares exceptions. Globalement, je trouvais que je tenais le bon bout parce que je regardais des séries assez différentes et que j'y tolérais le niveau élevé de poulet.

Et puis, la mode des Experts est arrivée. Le premier, celui de Vegas, celui par lequel le Mal est arrivé, je l'ai un peu regardé lorsqu'il a commencé à être diffusé sur TFHein, au point d'acheter un premier DVD. J'étais en train de guérir ! Ou du moins le pensais-je. Mais c'est là que la télévision s'est emballée. Les enquêteurs en tous genres se sont répandus plus vite que l'herpès dans Jersey Shore (c'est bon pour mes stats, m'en veuillez pas) et tout d'un coup, on n'a plus vu que ça partout.

Depuis... comment vous dire ? Sur une échelle de 1 à 10 (1 étant ce qui m'indiffère, 9 étant le streaming et 10 étant les vampires), les flics se placent à 8, facile. Je n'en peux plus. Je sature. J'ai des envies de meurtres (mais je me retiens, sinon je me retrouverais au commissariat, et ya plein de flics dans les commissariats, c'est atroce) (voyez, j'ai quand même retenu deux ou trois choses de ces putains de documentaires) (Reportages sur TFHein ? Jamais plus jamais).

Alors en cette saison estivale, ce qui ressemble de près ou de loin à du justicier n'est franchement pas sur ma liste de priorités. Oh, j'ai conscience d'y venir un jour. Par exemple, The Good Guys, c'est sûr que je vais me la tenter un jour cette série.

Quand je me sens courageuse, je me prends donc par la main, car un pilote de série policière reste un pilote, et que pour savoir si les flics me hérissent toujours autant le poil, il faut bien que j'en regarde quelques uns à la télé une fois de temps en temps. Et me voilà donc devant Rookie Blue, qui n'est pas prioritaire mais parfaite quand on a un trou dans l'emploi du temps.

Et la question qui m'a tenue en haleine pendant tout le pilote, c'était ça. Do I care ?
Mais même sans parler de moi. Y a-t-il encore une seule personne qui n'ait pas vécu dans une grotte et qui trouve la force de s'intéresser à une série sur les difficultés des jeunes policiers ? J'ai l'impression de n'avoir vu que ça toute ma vie. J'ai l'impression que chaque fois qu'il y a une série sur les policiers, il y a des rookies. Il y en avait un dans Southland, qui date de 2009. Il y en avait dans New York 911, et c'était 10 ans plus tôt. Et je suis sûre que si on remontait encore de 10 ou 20 ans, on en trouverait d'autres. C'est usant cette habitude de toujours vouloir nous faire nous lier à des personnages juste parce qu'ils sont nouveaux.
Ils ont quoi, ces nouveaux, de si captivant ? Qu'est-ce qu'ils ont de spécial et d'inédit ? Que vont-ils me dire qui n'ait jamais été dit ?

Ils sont 5 (mais déjà un peloton de tête se démarque) et ils semblent avoir des histoires personnelles. Pourquoi, personne d'autre n'a eu d'histoire personnelle avant eux, dans les séries policières ? Personne ne venait d'une famille de flics ? Personne n'a eu envie de bien faire ? Personne n'a eu peur ?
Et combien de temps va durer cette histoire de "rookie" avant que toute cette vaillante flicaille ne soit plus qu'un officier parmi tant d'autres ?

J'ai apprécié certains passages de l'intrigue. J'ai énormément apprécié la scène pendant laquelle... euh... la brune, là... procède à l'arrestation d'un adolescent. C'était une bonne scène.
Mais même bonne, elle était épuisante parce qu'elle ne m'a pas frappée comme étant inédite. Je sais bien qu'au bout de 50 séries policières par an, et même si elles sont au final très peu à proposer le parcours de policiers en uniforme, on commence à manquer de possibilités pour surprendre le spectateur. Mais dans ce cas, qu'est-ce qu'on fait là, tous ? Pourquoi on joue à ce jeu où une chaîne nous fourgue une série correcte mais sans rien de spécial, qu'on va gratifier d'audiences correctes mais sans rien de spécial ? Pourquoi on joue à ce jeu de dupes où on se fait croire mutuellement qu'on est convaincus par la série, jusqu'à ce qu'elle disparaisse avec une tristesse correcte mais sans rien de spécial ?

Dans le fond, ce n'est pas vraiment le genre de la série qui m'agace le plus. Ce qui m'agace, c'est qu'on nous refile indéfiniment les mêmes séries pour remplir les grilles quand on a rien trouvé de mieux. Mais dés son pilote, Rookie Blue démontre qu'elle n'a rien de particulier à dire, mais qu'elle le dira quand même, et oh, elle le dira bien, mais à quoi bon ? Si tout me donne un sentiment de déjà vu, pourquoi on s'amuse à ça ?

Allez, ABC, de toi à moi, si tu y croyais, à ta petite série canadienne, tu ne l'aurais pas programmée l'été, déjà. Mais tu as tellement de mal à trouver des séries pour remplir tes grilles, que tu es prête à y mettre absolument n'importe quoi. Il faut dire qu'à force d'annuler à tours de bras tout ce qui est original et innovant dans ta grille, et à faire durer les shows qui perdent leur saveur, tu ne sais plus à quel saint te vouer, et je te comprends. Mais c'est juste pas sérieux. Quand tu compares avec des séries policières que tu as déjà diffusées, comme NYPD Blue, tu sens bien que tu es en sous-régime, non ? Et je dis ça, alors que je n'apprécie pas spécialement NYPD Blue ! Ca va durer combien de saisons avant que tu te ravises ? Parce que ne nous faisons pas d'illusions, du jour où les audiences déclinent, c'est pas pour les critiques ou les Emmy Awards que tu vas la garder, ta série.
Oh non, c'est certainement pas pour ça.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Rookie Blue de SeriesLive.

20 juillet 2010

Toujours la faute des autres !

Parfois j'ai l'impression qu'on a un peu fait le tour des séries fantastiques et de science-fiction. Je regarde les trucs qui sortent et je me dis : "sérieux, encore ?!". Et les mecs sont sérieux, en plus. Ils vont vraiment nous faire une série sur un bled paumé où se concentrent des phénomènes surnaturels, des vampires qui passent leur vie immortelle au lycée, ou, pire... l'invasion extraterrestre.

Là je suis en train de me prendre par la main pour finir V ; c'est pas que la série soit longue, c'est sûr, et c'est même pas que je ne l'apprécie pas. Mais j'en ai tellement marre de voir toujours les mêmes sujets être tournés dans tous les sens. Bien-sûr, V n'est que la partie visible de l'iceberg, et à la limite, comme c'est un remake, on pourrait arguer que j'ai beau jeu de râler, mais l'exemple ne s'arrête pas à V, ce n'est en fait que la goutte d'eau d'un vase qui n'en finit plus de déborder pour moi.

Toujourslafautedesautres

First Wave, Invasion Planète Terre, Invasion, Threshold... on aurait pu penser que depuis le temps, les séries sur l'invasion (soit pendant, soit après), on en aurait suffisamment vu pour avoir couvert le sujet. Du moins, les bases. Après on peut essayer d'être original, mais sur un tel sujet, ça me semble difficile. Parce qu'à chaque fois qu'il y a une invasion, PAF ! Il faut qu'on s'aperçoive tôt ou tard que les aliens cachent des intentions pas très honnêtes. Parfois on s'en rend vite compte parce qu'ils débarquent tous lasers dehors ; et puis parfois c'est plus insidieux, et je ne dis pas que ce n'est pas intéressant, juste que, ça va, on le sait qu'au final les extra-terrestres sont tous des pourris.

C'est du racisme anti-extraterrestres, tout ça. Et ils peuvent pas se défendre parce qu'ils ont pas de lobby ! C'est vraiment petit.

Bref, si on veut absolument voir comment l'humanité se dirige elle-même vers sa propre perte, faut pas trop en attendre de la télévision. Au cinéma, j'ai l'impression que c'est plus fréquent ; il faut dire que la proportion films/séries de SF doit jouer. Pourtant, si on veut faire dans l'anticipation (vous avez remarqué comme ces séries ont l'habitude de se dérouler juste dans deux ou trois ans, grand maximum ?), voilà un sujet en or.

Mais la science-fiction, à la télé, est totalement déresponsabilisante vis-à-vis de l'humanité ! C'est constamment la faute des autres. C'est la faute des extra-terrestres si on va tous crever ! C'est la faute des extra-terrestres si j'ai menti à ma petite amie ! C'est la faute des extra-terrestres si je trahis mes semblables !
Mouais. 'Zont bon dos, les extra-terrestres.

La science-fiction a toujours été un genre idéal pour explorer l'humanité et ses zones d'ombres, parce que c'est un genre métaphorique parfait pour aborder plein de sujets de société ou de questions sur la nature humaine. C'est encore mieux dans le cas des invasions "propres" à la Invasion Planète Terre ou V parce qu'en plus les extra-terrestres prennent une forme humanoïde qui permet de dire des choses des humains sans que les humains qui regardent la série ne se sentent exagérément concernés. C'est un genre magique, la science-fiction, j'aurais tellement voulu y être plus réceptive, mais j'ai grandi dans une famille qui méprisait la science-fiction et je crois que dans le fond, j'en ai toujours quelques restes, même quand je m'achète des piles de bouquins Star Trek ou que je m'achète un DVD de Babylon 5 par-ci par-là. Dans le fond, je crois que je ne serai jamais à fond dedans.

Mais peut-être aussi qu'effectivement, je ne suis pas aidée. Peut-être que pour traiter de sujets intéressants, il faudrait un peu décoller des thèmes usés jusqu'à la corde.
Pis peut-être qu'il faudrait essayer de se préoccuper des vrais coupables, de temps en temps.

Et c'est là qu'intervient ma découverte coup de cœur de la journée. C'est pas une série. C'est un thème. Je me baladais sur Wikipedia, je cliquais un peu partout et n'importe où, j'ai le droit. Et là, VLAN ! Je tombe sur ça : Mouvement pour l'extinction volontaire de l'humanité. Merde alors.
Ça n'arrivera jamais. Rien qu'à cause des gonzesses qui semblent peupler mon entourage, ça n'arrivera absolument jamais. Il y aura toujours des gens pour vouloir faire des enfants quoi qu'il arrive. Mais c'est pas la question. La question, c'est que ça fait un sujet absolument génial pour une série d'anticipation !

Imaginez : au lieu de nous sortir le refrain habituel sur les vilains extra-terrestres qui nous tombent sur le coin du nez quand on s'y attend le moins, et commencent à essayer de nous effacer de la carte galactique à l'insu de notre plein de gré, eh bien là, gros twist : c'est nous qui essayons désespérément de nous éteindre ! Mais c'est absolument génial ! C'est du jamais vu ! C'est couillu ! C'est plein de bonnes idées sur la façon d'explorer les problèmes de notre société SANS parler de notre société actuelle, c'est le propre de l'anticipation !
Il faudrait suivre la mise en place du processus par les autorités, voir les gens désespérés essayer de quitter la planète pour fonder une colonie ailleurs, là où on pourrait polluer sur plusieurs générations tranquillement, il y aurait des gens qui se serviraient dans les ressources de la Terre comme si demain n'existait pas (et demain n'existerait effectivement pas), les gens se sentiraient coupables quand ils auraient des enfants par faute d'inattention. On pourrait explorer de façon inversée les politiques natalistes de certains pays, et puis ce thème si à la mode qu'est l'écologie.
'Pis imaginez en quoi consisterait l'action de la Résistance...

Bon, je dis pas qu'il faut uniquement cette idée-là pour me charmer, évidemment. Mais les possibilités sont tellement plus vastes que les aliens qui nous colonisent pour nous tuer et/ou nous manger... Bon, plus simple, un truc tout con : on a pensé à ce que les extra-terrestres ne soient pas armés de mauvaises intentions ? Pas depuis Alien Nation, quand même...
Alors bon, quand je vois qu'il y a Falling Skies qui va nous tomber dessus dans quelques mois, je soupire, si vous voulez, parce que je sais bien que je vais regarder (je veux dire, bon, ya Noah Wyle, quoi...), mais sérieusement, là, je pique du nez.

Scénaristes, faites une bonne action, trouvez un truc un peu nouveau à nous proposer.
C'est pas parce que les séries policières des networks ne le font pas qu'il ne faut pas essayer.

28 août 2010

Summer Session!

Si aux Etats-Unis, les sitcoms généralement vont dans la soirée à sitcoms, et les séries dramatiques dans la soirée à séries dramatiques, et ainsi de suite, au Japon, c'est loin d'être aussi systématique. Déjà que les chaînes font leurs grilles un peu n'importe comment (ex : du prime time, mais parfois que pour une seule chaîne, des séries complètement tous publics en 5e partie de soirée, etc...), mais en plus, il n'y a absolument aucune règle en matière de genre. C'est-à-dire que si la saison précédente, il y avait une série fantastique et humoristique (genre Kaibutsu-kun) qui avait bien marché, rien n'empêche de mettre un drame larmoyant la semaine suivante (Mioka dans notre exemple). Et c'est d'ailleurs pareil en Corée, mais bon, restons concentrés.
Une leçon que j'essaye de retenir depuis deux ou trois saisons, mais j'ai pas encore le réflexe.

Au printemps, le samedi soir sur TBS, il y avait Tumbling. Et moi (encore une fois ce maudit réflexe), je me suis dit "ouhlà ! HAMMER SESSION!, derrière, ça va pas être ma tasse de thé non plus". Il faut dire que la série n'avait pas grand'chose pour elle, car en-dehors de la présence de Mirai Shida (à qui j'ai décidé de ne pas tenir rigueur pour Shoukoujo Seira, mais que je ne l'y reprenne pas), le cast comme le pitch me laissaient de marbre. Dés qu'une série se passe dans un lycée, moi, je garde mes distances. Soyons sérieux un instant : les séries sur les années lycée, ça ne me captivait déjà pas quand j'y allais, alors c'est pas 10 ans après que ça va m'attirer.

SummerSession

Et puis quelle drôle d'idée, aussi, que de lancer une série sur les études en plein milieu de l'été ?
Ah, on dirait que c'est l'heure de la minute éducative. Au Japon, si la rentrée scolaire est en avril (en fait c'est la rentrée dans le domaine de la télé aussi, les nouvelles émissions débarquant souvent à cette période, et les habillages étant aussi souvent changés à ce moment-là), il y a effectivement des grandes vacances, qui occupent le mois d'août (donc oui, les grandes vacances tombent entre deux trimestres). Donc HAMMER SESSION!, qui a commencé début juillet, était condamnée à parler scolarité pendant le seul mois de l'année où, théoriquement, les ados japonais peuvent faire un break. D'accord, au Japon les cours d'été c'est autre chose que nos cahiers de vacances, mais c'est plus du soutien scolaire que des cours pur jus (enfin bon, on a dit une minute éducative, pas une heure).
Vraiment, drôle d'idée.

Et puis finalement, HAMMER SESSION!, qui hérite d'une case horaire peu alléchante et propose un pitch assez classique où un type qui n'a rien d'un prof conventionnel va s'avérer être un excellent pédagogue (dans la lignée des GTO et autres Gokusen, que j'avais jusque là soigneusement évités), se montre relativement divertissante sans être lobotomisante.
C'était quand même ma plus grande crainte.

Outre le charisme d'un Mokomichi Hayami complètement déchaîné (franchement, tous mes mauvais souvenirs de Zettai Kareshi sont dissipés), la révélation de ce pilote c'est Hideo Ishiguro, qui a vraiment l'étoffe d'un bon, et dont j'espère qu'on ne va pas le mettre de côté au profit des intrigues en stand-alone qui semblent se profiler. Son personnage d'ado tourmenté était impeccablement écrit mais surtout, impeccablement interprété. J'ai rarement vu un ado sonnant aussi juste dans une série nippone. A ce stade, seule Mirai Shida (qui paye encore l'échec de Shoukoujo Seira visiblement) est franchement peu à son avantage, voire sous-employée, ne servant qu'à souligner l'action de l'un ou de l'autre. Personnage mal écrit dont on voit mal comment il pourrait être bien interprété, du coup.

Le thème de la série est plus nuancé qu'il n'y parait, car il s'agit non pas de discipliner d'horribles petits cancres, mais de comprendre les problèmes actuels que peuvent rencontrer les adolescents, sans caricature ou très peu. Le happy slapping, personnellement, je n'avais encore entendu aucune série en parler (mais c'est très possible que je ne regarde pas celles qu'il faut, puisque je snobe les Experts et consorts depuis plusieurs années, alors que ça ferait probablement un bon sujet pour l'une de ces séries). C'est bien pensé. La relation de l'ado avec sa famille est plutôt réaliste, on est loin de la famille parfaite ou totalement dysfonctionnelle, le juste milieu est bien trouvé.
J'ai bien aimé aussi le fait que le principal soit au courant de l'identité du personnage dés le début. Ça évite les chassés-croisés, et ça pose une relation tout de suite très sympathique entre eux deux, même si à ce stade elle n'est pas tellement approfondie : entre eux, c'est une question de confiance. Ils se sont finalement bien cernés l'un l'autre. Certes, on sent que quelques axes répondent à un cahier des charges (les inévitables sidekicks, l'intrigue amoureuse avec la fille du proviseur...), mais si c'est le prix à payer pour une fiction pour ados solide sans être barbante, je suis ouverte au compromis.

Alors du coup, non, HAMMER SESSION! et Tumbling, pas du tout le même combat. C'est même dommage que la série ait des audiences si pourries, conduisant à l'annulation de la case horaire.
Voilà, comme ça au moins, je ne vais plus me laisser berner, j'ai bien appris ma leçon sur ces histoires de cases horaires.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche HAMMER SESSION! de SeriesLive.

15 octobre 2011

Le blues du businessman

En ce moment, allez savoir ce que j'ai, j'ai envie de comédies. Pas d'incompréhension entre nous : j'aime bien avoir ma dose hebdomadaire de drama, et ne croyez pas que je ne me rue pas sur les épisodes de Homeland ou PanAm lorsqu'ils sortent, en fait j'ai même replongé dans The Good Wife, trop longtemps abandonnée, mais voilà, j'ai envie de comédies. Et les épisodes de Suburgatory ne sont pas diffusés en quotidienne, alors...

...Alors, j'ai ressorti mes vieilles cagoules. Et cet aprem, je me suis envoyé le pilote de According to Bex (j'avais même oublié que je l'avais, cette cagoule-là !), les deux premiers épisodes de Committed, dont je me suis rendue compte qu'elle me fait toujours autant rire (on pourrait qu'avec le temps et les comparaisons, je deviendrais blasée, mais non)... et le pilote de Jake in Progress.
On ne se connaissait pas à l'époque, et je n'ai encore jamais vraiment parlé de cette série, alors, tiens, vous savez quoi ? Pour changer des pilotes de toutes nouvelles séries en arrivage direct des USA, je vais vous causer de Jake in Progress. Et Boss ? Boss, une autre fois.

JakeinProgress
Mon souvenir de la série était, en toute honnêteté, assez flou. Ouais, en gros, je me souvenais de John Stamos, quoi.
Ce n'est pas difficile de s'en souvenir. En gros, John Stamos interprète John Stamos. Un rôle de composition, donc. Il doit avoir l'air charmant, charmeur, même, et... c'est à peu près tout. Mais on ne demande jamais plus à John Stamos, son sourire émail diamant et ses légères pattes d'oies suffisent. Il est ornemental, John Stamos, et dans le bon emploi (celui qui ne lui en demande pas trop), il ne fait pas honte à sa profession. On le met dans une série parce qu'il est agréable à regarder et qu'il ne joue pas mal ; normal, il ne joue pas. Mais au moins il n'est pas mauvais. Et il a ces yeux verts qui font craquer les femmes depuis pas loin de trois décennies, alors...

Donc non, Jake in Progress ne nous fait pas redécouvrir le génie comique méconnu qui se cache sous la peau hâlée de Stamos, c'est certain.

Pour autant le pilote n'en est pas moins agréable, et cela principalement en raison d'un acteur dont je ne comprends pas qu'il n'ait jamais eu son propre show, tant il éclaire systématiquement les scènes de chaque série dans laquelle il se pointe même temporairement : Rick Hoffman. Je me rappelle avoir détesté l'adorer dans The $treet il y a de cela 10 ans, et rien n'a changé depuis. Ce mec est énorme, et même s'il a de bonnes scènes à présent dans Suits, elles ne lui permettent jamais d'accéder à son plein potentiel. Le terme de "scene-stealer" a été inventé pour des gars comme lui, il n'arrête pas. Même quand il surjoue il est génial.
Lui aussi incarne souvent le même genre de personnages, mais il parvient à leur donner une énergie singulière qui fait que même quand ils ont comme point commun d'être des chieurs, on les apprécie à des degrés différents. On peut dire qu'il a une palette d'enfoiriture très subtile, en un sens. En tous cas ça fonctionne à tous les coups.

Hoffman est un peu la star du pilote : ce sont les scènes avec lui qui sont vraiment drôles, notamment quand il est dans sa cage.
Toute la première partie de l'épisode est de toute façon dénuée de toute forme d'humour, en particulier chaque fois qu'Ian Gomez (futur Cougar Town) ouvre la bouche.

Le concept de Jake in Progress, palpable dans cet épisode et perdu ensuite dans les méandres d'une jungle de post-its d'exécutifs, était à la base de montrer en temps quasi-réel le rendez-vous arrangé entre Jake, célibataire endurci, et Kylie, une romantique qui ne croit pas aux histoires d'un soir.
Et ce concept aurait pu marcher... avec un couple intéressant. C'est encore plus patent quand on regarde Committed le même jour : Marni et Nate ont une personnalité débordante (c'est le moins qu'on puisse dire), tandis que Jake et Kylie sont aussi plats que l'électroencéphalogramme d'un scénariste de Whitney (et, non, ceci n'est pas une vanne déguisée à l'encontre des oeufs au plat de Mädchen Amick). Ici, les deux personnages ont un passif (ils ont couché ensemble mais Jake, en bon baiseur en série qu'il est, ne s'en souvient pas), mais pour le reste, il n'y a pas de matière.
C'est sans doute parce qu'à la base, Jake in Progress n'ambitionnait pas d'être une comédie, mais plutôt une dramédie. N'empêche que ça laisse carrément froid de voir ces deux-là interagir.

Alors c'est pas plus mal, du coup, que le concept ait été abandonné ensuite. Ca ôte évidemment de l'originalité à la série qui se contente ensuite d'être "la série où John Stamos fait son John Stamos en attendant l'annulation" (et elle a mis plus de temps qu'attendu à arriver), permettant à l'acteur de faire ses yeux de cocker battu (non, pas n'importe quel chien battu, absolument un cocker) en nous chantant une version moderne du blues du businessman (trop d'argent, trop de top models...), mais au moins Jake in Progress n'est pas une suite de scènes sans intérêt interrompues ponctuellement par Hoffman pour éviter au spectateur de se pendre avec le câble de la télé. Il faut admettre que la série a échappé au pire pour aller se réfugier dans le passable de ce côté-là.

Mais c'est un pilote sympathique, cependant, parce que très rythmé, mais quand même un peu faible. Et puis comme je le disais, quand John Stamos fait son John Stamos, eh bah il bouge, il sourit, il minaude un peu, il fait je sais pas quoi, mais il occupe l'écran. Alors ça passe.
Wow, j'ai toute la première saison sur mes cagoules, dites-donc... Qu'est-ce que je fais, je me l'envoie quand même, ou...?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Jake in Progress de SeriesLive.

19 juillet 2011

Tellement mineur que vous ne saviez même pas que ça existait

On ne parle pas assez des séries de la chaîne IFC. C'est un tort parce que, personnellement, pour Portlandia comme pour Bollywood Hero, j'en avais apprécié la liberté de ton et l'impression de regarder de quelque chose sortant carrément des sentiers battus. Vous savez, pas une série où on écrit dans le post une phrase du genre "et finalement c'est original dans le genre", mais une série où on n'a pas besoin de le préciser tellement c'est évident. Alors après c'est une question de goût, on aime ou on aime pas, mais quand on se plaint d'une certaine répétitivité, d'un certain manque d'imagination voire même d'audace dans les grilles des chaînes américaines, on n'a pas le droit de snober les productions d'une chaîne comme IFC.

Bonus non-négligeable : la série dont je m'apprête à vous parler jouit d'un tandem d'actrices fort sympathique. A mes yeux en tous cas. Imaginez plutôt : retrouver Nicholle Tom (oui, Maggie dans Une Nounou d'Enfer, rien que ça), et l'étrange Laura Kightlinger (toutes les pièces ne sont pas d'origine mais j'avoue avoir un faible téléphagique pour elle depuis que je l'ai repérée ses apparitions dans Lucky Louie), c'est une bien étrange combinaison. Qui plus est, j'avoue que ça fait toujours plaisir de voir Azura Skye, avec sa tronche de travers et son petit air mesquin, et pourtant étrangement adorable, comme elle l'était déjà dans Zoe, Duncan Jack & Jane (mais pas du tout dans Buffy, brr, j'en fais encore des cauchemars).
Ah oui, alors bien-sûr, je suis pas en train de vous dire qu'on a un all star de la comédie américaine (quoique Kightlinger a une petite réputation, l'air de rien), mais que voulez-vous, ya des têtes qu'on aime bien, indépendamment de leur popularité par ailleurs.
Donc, ce soir, petit détour par The Minor Accomplishments of Jackie Woodman, une étrange comédie d'IFC.

MinorAccomplishments
Typiquement, le pitch de The Minor Accomplishments of Jackie Woodman aurait de quoi me mettre en colère d'ordinaire : c'est l'histoire d'une scénariste qui n'arrive pas à percer à Hollywood. Wow, c'est d'une originalité ! Attendez, pourquoi je n'écrirais pas une série sur les trucs fous qui peuvent se passer dans un cabinet ministériel, tant qu'on y est ?

Pourtant, la vraie bonne nouvelle de ce pilote, c'est que Jackie n'écrit quasiment pas pendant cet épisode, c'est simplement que son objectif est d'écrire et que ça va la mener dans un truc totalement délirant qui n'a rien à voir. En l'occurrence, en allant simplement bosser, Jackie et sa meilleure amie Tara (...j'aime bien cette phrase, on dirait que deux de mes héroïnes préférées de Showtime ont sympathisé !) vont avoir un accrochage avec le véhicule d'une quelconque star sur le retour, qui va les embarquer dans un sorte de secte. C'est vous dire si on part de loin quand même.
Résultat, on passe 90% de l'épisode dans cette secte (peuplée de connards de producteurs qui parlent de produire quelque chose qui serait "comme Sex & the City, mais avec des poissons"), et ça n'a plus grand'chose à voir avec les ambitions de Jackie, ou de Tara d'ailleurs puisqu'elle travaille pour une société de production. Et je dis tant mieux.

Alors après, The Minor Accomplishments of Jackie Woodman n'est pas vraiment hilarante. Je n'ai ri qu'une fois. Mais on ne cherche pas forcément à se taper sur les cuisses avec une comédie en single camera, donc en l'occurrence, ça fonctionne parce qu'on sent que c'est grotesque, mais que quelque part, c'est du vécu. C'est une façon de dresser des portraits au vitriol des créatures peuplant Hollywood, mais sans nécessairement en passer par les intrigues du genre Action!. J'adore Action!, mais au moins, ça change.

J'ai en fait surtout eu un problème avec le côté "les épisodes d'exposition c'est pour la populace" de ce pilote. J'adore un pilote original, et ça me plait qu'on décide de ne pas passer par les poncifs du genre. Mais certains d'entre eux ont de l'intérêt. Par exemple, l'amitié entre Jackie et Tara (héhé, j'adore) se sent dés le début, et elle est presque plausible en dépit de l'évidente différence d'âge, mais on nous balance un peu trop abruptement certains autres aspects comme : ce que fait Jackie dans la vie (vu qu'elle se rend au bureau, c'est ennuyeux de ne pas savoir tout de suite ce qu'elle y fait), qu'est-ce que c'est que cette histoire de tante qui faisait de roller-derby (surtout que d'après les résumés, c'est la motivation de Jackie pour écrire), ce genre de choses. On saute directement dans l'intrigue (même simpliste), les "gags" (même si on ne peut pas vraiment en parler en tant que tels parce que l'épisode ne tente même pas de nous faire rire), les dialogues souvent acerbes entre Jackie et Tara ( ^_^ ), et c'est quand même un peu rude.
Mais enfin, bon, au moins, ça justifie d'être sur IFC.

The Minor Accomplishments of Jackie Woodman n'est pas la perle insoupçonnée qu'on voudrait découvrir quand on se lance dans une série méconnue d'une chaîne indépendante, mais c'était quand même sympa. Alors... En fait, le titre est assez explicite sur ce qu'il y a à attendre de la série : elle accomplit deux-trois choses, mais ça reste mineur. Pour autant, c'est un joli véhicule pour Kightlinger. Si vous aimez bien sa tronche refaite, et surtout son type d'humour, ça devrait quand même vous plaire.

Et pour ceux qui... et zut. Quand je vous disais qu'IFC souffrait d'un manque de mise en avant.

10 juin 2011

Il suffit de trouver la combine

A première vue, j'ai eu comme l'impression que mon post sur le pilote de Franklin & Bash allait présenter de curieuse similitudes avec celui que j'avais pu écrire sur The Defenders voilà quelques mois.

Tiens, pendant que j'y pense, d'ailleurs... Comment se fait-il que j'aie arrêté de regarder cette série ? Je n'ai pas fini la saison, et quand elle a été annulée ça faisait même un bout de temps que je n'avais pas vu un épisode... curieux, ça. Ah, oui, ça me revient : quand je me suis lancé dans mon défi The Téléphsage Experiment, la semaine sans cagoulage avait fait passer à la trappe certaines séries, sans autre raison que "loin des yeux, loin du coeur". The Defenders avait ainsi bêtement sombré dans l'oubli.
C'est con, en fait. Je n'avais pas de grief insurmontable envers cette série. Je m'y remettrai peut-être, en fin de compte, si j'ai le temps. Et puis de toute façon, maintenant qu'elle est annulée, ça ne m'engage pas beaucoup.

Ah oui, pardon. Franklin & Bash. Des avocats, donc forcément des petits gars que j'ai plaisir à regarder. Quoique, ça n'avait pas trop marché pour Raising the Bar, comme quoi un acteur sympa et un genre qu'on apprécie, ça ne fait pas tout.

FranklinBash

De toute évidence, l'intérêt de Franklin & Bash réside dans les entourloupes, les effets de manche et les coups bas qui seront utilisés pour gagner... à la condition de ne pas s'apesantir sur le côté justicier vu dans le pilote. Cette phrase condense en fait mon ressenti vis-à-vis de ce pilote. Car si j'aime ce côté bidouilleur que les personnages principaux nous dévoilent rapidement, si j'aime voir des avocats tremper dans la magouille pour remporter une affaire, c'est parce que l'immoralité me semble trop peu développée dans la plupart des legal dramas. Là où The Practice montrait des avocats qui luttent pour rester le plus possible en accord avec leur conscience, là où Ally McBeal nous rappelait que les avocats ne sont pas de marbre et que leurs sentiments les rendent faillibles, là où les Law & Order insistent sur les questionnements sur la société qui font partie de ce métier... assez rares sont, au final, les séries qui admettent qu'un avocat peut aussi être, tout simplement, être vénal et/ou pourri.
Comme pour les séries policières, beaucoup de legal dramas donnent l'impression d'être dans une démarche de réhabilitation plus qu'autre chose (et c'est pour ça que je me demande ce que peut bien avoir fait El Equipo de travers pour s'attirer pareil courroux).

Alors si je dois assister au spectacle déplorable (bien que hautement divertissant) de deux avocats ayant coupé tous les ponts avec la moralité, j'aime autant que ce soit sans réserve !

Dans Franklin & Bash, j'ai donc beaucoup apprécié les artifices déployés pour gagner les procès, les personnages d'ados attardés, les seconds rôles caricaturaux, même. Mais j'espère que la série va se garder d'un excès d'optimisme en faisant de ses héros de gentils MacGyver des tribunaux qui veulent tout de même vaincre les injustices. Il me semble y voir une contradiction, dont il faut se débarrasser au plus tôt.
Pas de coup de coeur, donc, mais l'envie tout de même de voir quels subterfuges nos deux héros vont trouver au prochain épisode. Je vous préviens, j'attends qu'on me surprenne, j'attends qu'on me fasse rire, j'attends des revirements de situations de folie. Voilà, en fait, tout ce que Franklin & Bash devra faire pour ne pas finir comme Fairly Legal, une série qui aurait pu progresser et offrir quelque chose de nouveau, mais qui s'est reposée sur son pitch de départ. Allez les gars, vous pouvez le faire. Vous trouverez bien une astuce.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Franklin & Bash de SeriesLive.

16 avril 2011

D'façon j'aime pas les surprises

Avec la saison japonaise sur le pas de notre porte (plusieurs dorama ont déjà commencé, beaucoup ont prévus de faire de même dans les prochains jours), il était plus que temps que je vous glisse un mot sur les séries les plus attendues de la saison, parce que d'abord c'est la tradition, et parce qu'ensuite, cette saison, ce classement fait plaisir à voir.

Jugez plutôt :

1 - JIN (saison 2)
2 - BOSS (saison 2)
3 - Hagane no Onna (saison 2)
4 - Rebound
5 - Shiawase ni Narou yo
6 - Umareru
7 - Koukousei Restaurant
8 - Majisuka Gakuen (saison 2)
9 - Inu wo Kau to iu Koto
10 - Good Life

Bon alors, je vous l'accorde, ce classement n'est pas 100% le mien, c'est clair, on en est même loin... mais regardez-moi ce trio de tête !
J'ai l'air surprise ? Ah, c'est une erreur : je voulais simplement montrer que je suis ravie. Mais naturellement, l'impatience des spectateurs nippons autour des retours de JIN ou BOSS n'a rien de surprenante. Rappelons que pour JIN, ce sont les spectateurs eux-mêmes qui l'ont réclamée ! Ah, c'est pas cette saison qu'on va se plaindre de l'invasion des séries renouvelées, ça vous pouvez me croire...

JINisback
Quand même, ça met du baume au coeur. Ah, si seulement il existait un endroit où suivre ensuite les audiences de ces séries !
Restez à l'affût...

18 février 2010

Le théorème de "pas encore ?!"

Parenthood

Ça fait des semaines, voire des mois, que tout le monde anticipe l'arrivée de Parenthood... eh bien moi, ça ne commence à prendre que maintenant. Et encore : très lentement. Peut-être que j'ai arrêté d'avoir hâte que telle ou telle série commence. Peut-être que ne plus suivre de très près l'actualité des projets fait que je ne suis plus dans cette boucle où la première news crée une attente qui est entretenue par les suivantes. Peut-être tout simplement que je n'ai plus la moindre confiance dans les pitches.
Toujours est-il que Parenthood, c'est une nouvelle série comme une autre, un pilote que je pourrai bientôt découvrir, comme je le ferais de toutes façons.

Mais déjà, quand Nick a publié les affiches de promo, j'ai commencé à me dire : "tiens mais au fait, c'est que ce serait presque alléchant, c't'affaire !". Drôles, tendres, bien pensées (bien qu'assez éloignées de mes préférences en la matière) ces affiches ont titillé un peu ma curiosité, je suis bien obligée de le reconnaître. Ce qui tombe bien, c'est leur objectif.
M'enfin bon, l'échéance paraissait encore lointaine.

Et puis, quand j'ai ajouté la date du series premiere dans mon petit "Pilot Watch" (z'avez ptet remarqué ce ptit truc récemment ajouté dans la colonne de droite et qui permet de garder un oeil sur les prochains pilotes que je vais dévorer), j'avoue que ça m'a quand même fait un petit quelque chose. Tout d'un coup, le pilote semblait approcher à grands pas. Et j'ai commencé à me dire que cette échéance qui se rapprochait, c'était quand même drôlement chouette.
En d'autres termes, j'ai commencé à anticiper l'arrivée de Parenthood.

Ce n'est pas non plus comme si j'avais eu une révélation quant à l'existence de ce projet. J'ai beau ne pas me frotter à l'actualité de trop près, j'étais au courant de l'arrivée de cette série, j'étais au courant des soucis autour de la santé de Maura Tierney, j'étais au courant de son remplacement par Lauren Graham... Mais je pense que ce qui a participé à l'effet de surprise, quelque part, c'est de voir tous ces visages connus sur les affiches de promo.

Lauren Graham, Peter Krause, Monica Potter, Craig T. Nelson, Bonnie Bedelia, Erika Christensen, Mae Whitman... plein de visages connus (certains plus que d'autres, certes).

Il s'avère que j'ai un théorème personnel sur les acteurs qu'on connait bien et qui se retrouvent en nombre dans une série. Ce n'est pas un théorème infaillible, loin de là, mais enfin, régulièrement elle me donne des preuves de sa justesse, et bien qu'il arrive que le contraire aussi se produise, je garde la conviction que mon théorème est juste. Ledit théorème est donc le suivant :
Quand une nouvelle série est lancée, plus il y a d'acteurs qui ont précédemment connu la gloire dans des séries, plus il y a des chances que la série se plante.

Un casting prestigieux ne me semble jamais être un gage de réussite. Je veux dire : un acteur de renom, bien. Deux, bon, passe encore. Mais les 3/4 du générique, c'est mauvais signe d'office.
Ma conviction, c'est qu'à toutes autres caractéristiques égales par ailleurs, entre deux séries, celle qui a le plus de chances de tenir bon, c'est celle qui a un casting majoritairement peuplé d'inconnus.

Alors après, quand je dis inconnus, je ne veux pas forcément dire que les acteurs sont des débutants qu'on n'a jamais vu ailleurs. Mais il faut que la majorité d'entre eux n'ait pas eu de rôle marquant jusque là. Les rôles précédents étaient des seconds rôles, ou des guests ; et plus le CV est chargé de premiers rôles antérieurs dans des séries ayant marqué les esprits, plus c'est mauvais signe.
J'ai l'impression persistante (mais là encore ce n'est peut-être qu'une impression ; reste que je ne peux m'en défaire) qu'un casting composé de personnes ayant marqué les esprits est une sévère entrave à la réussite d'une nouvelle série. Une nouvelle série doit révéler des talents inconnus de la majeure partie du public. C'est à la fois sa vocation et sa meilleure chance de survie.

Alors quand je vois Peter Krause et son omniprésence à la télé ces dix dernières années (Six Feet Under, The Lost Room, Dirty Sexy Money), Lauren Graham et son front estampillé Gilmore Girls (d'ailleurs dés qu'on lit un article sur Parenthood, c'est terrible, le nom de Lorelai Gilmore revient instantanément quelque part dans le texte), Monica Potter qu'on a vue absolument partout (Boston Justice, Trust Me...), je réprime un frisson.

Parce que, facteur aggravant s'il en est, mon petit théorème se complète d'un axiome complémentaire : plus l'acteur a été vu récemment à la télévision, plus c'est dangereux.
Quand on est un acteur de télévision, il faut savoir faire profil bas pendant une saine période de temps, se faire oublier, et ensuite revenir dans la course. C'est aussi pour ça que Dieu a inventé le cinéma, le théâtre, les apparitions en guest et les économies à la banque : pour laisser passer un peu de temps. C'est la seule option qui permette encore de sauver les meubles : adopter la technique dite "Richard Dean Anderson", et laisser passer quelques années ou une décennie (idéalement deux) sans se faire remarquer avant de reprendre un rôle principal. Et entre MacGyver et Stargate SG-1, la magie de l'axiome complémentaire avait opéré, et personne n'avait l'impression persistante de voir Angus franchir la porte des étoiles en treillis (et c'était, du coup, pas du tout choquant de le voir se servir d'une arme).

Et c'est ça le secret.
Parce qu'autant au cinéma, c'est fatiguant de voir toujours les mêmes, mais pas dangereux pour le succès d'un film, autant repointer le bout de son nez dans un rôle important à la télévision dés qu'on a quitté le précédent, c'est mission suicide pour les audiences.

Il ne faut pas oublier que la caractéristique principale de la télévision, c'est le long terme ; du moins est-ce la règle générale, mettons de côté les annulations intempestives pour les besoins de la démonstration.
Donc, on s'invite non pas 1 fois 1h30, mais 15 ou 20 fois 1h00 dans la vie du spectateur chaque année. Dans l'esprit de celui-ci, il n'y a plus du tout de différence entre le personnage et l'acteur. L'un est nécessairement identifié à l'autre (d'où les acteurs qui se font appeler dans la rue par le nom de leur personnage, ou les cris d'orfraie des spectateurs quand un même personnage est recasté pour remplacer son premier interprète, à raison d'ailleurs). Indissociables pendant plusieurs années !

Puis, la série s'arrête. Le spectateur en regarde d'autres. On ne lui rafraîchit plus la mémoire toutes les semaines à la même heure. Petit-à-petit, les personnages ont le droit à l'oubli. L'acteur a le droit de prendre une seconde peau. Lentement, très lentement. Surtout ne rien brusquer ! Attendre encore. Faire autre chose. Ne pas raviver le souvenir. Tout changer, ou tout faire ailleurs.
Et là, seulement là : revenir.

C'est à ce seul prix qu'une série avec le casting de la trempe de Brothers & Sisters (que Parenthood, dans la configuration de cast, me rappelle beaucoup) peut réussir à ne pas éveiller chez le spectateur un lourd sentiment de "ah non, pas encore ?!". Avec la technique "Richard Dean Anderson", et une saine dose de visages inconnus (ingrédient que Parenthood ne me donne même pas l'impression d'avoir).

J'ai un mauvais pressentiment sur cette série, et je ne souhaite que de me tromper.
Mais je suis désolée, pour Lauren Graham, et pire encore, pour Peter Krause, il n'y pas encore prescription.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Parenthood de SeriesLive.

26 juillet 2009

PLAY THE GAME

C'est au prix ridicule de 9€ que j'ai déniché le jeu video de Desperate Housewives, il y a quelques mois ; une occasion qui, pour tout téléphage bien éduqué, ne se refuse pas. A plus forte raison s'il a aussi des tendances geek. J'ai mis quelques heures à peine à en faire le tour (en ayant testé chaque fin différente, puisque le jeu en propose effectivement plusieurs au moment de son ultime chapitre), et quand aujourd'hui ma frangine m'a offert deux jeux, un pour Urgences (elle ne pouvait mieux tomber !) et un pour Lost, je dois dire que je n'ai pas caché ma joie.

Les jeux video ? Disons que j'ai eu ma période, comme Picasso a eu sa période bleue. Il y a de cela 10 ou quinze ans, mettons, lorsque ma frangine et moi-même nous cotisions afin d'acheter en commun des consoles de salon (la Saturn, c'était le futur !). Depuis, en-dehors d'une poignée de jeux (les Sims, Civilization IV...), ça m'est passé. On notera au passage que je ne joue d'ailleurs plus que sur PC.

Mais il me parait amusant d'essayer quand même les jeux videos tirés de séries télé. Ma lubie depuis quelques temps, c'est d'en essayer un maximum.

Je me souviens vaguement avoir passé un peu de temps sur X-Files sur Playstation, mais c'était absolument assomant, et à plus forte raison sur console. Le gameplay était réduit à sa plus simple expression, l'ambiance n'était pas au mystère mais à la froideur (et la différence est de taille), bref c'était pénible. Je ne sais même pas où il est passé, ce jeu, tiens.
Je me souviens également avoir acheté avec mon copain de l'époque le tout premier jeu video issu des Experts Pampelune. Durée de vie limitée, mais quand même bien sympa. L'ambiance était là, l'intrigue corsée juste ce qu'il fallait, mais pas trop prise de tête non plus, en un mot : fidèle à ce qu'on peut attendre de la série elle-même.
En revanche, le jeu tiré de Law & Order que j'ai récupéré en occasion il n'y a pas si longtemps, bien que réalisé de façon très similaire, est un parfait exemple de portage qui pousse au suicide. Pas de rythme, pas d'enjeu, du coup on se lasse très vite, car ce qui fait que cette franchise est intéressante, c'est aussi son rythme et son intelligence aigue, disparus lors du passage en mode jeu. Qui s'y frotte s'y pique...
Ah, il y a aussi eu Buffy ! C'était quand même bien bourrin ce jeu... le côté console n'aidant pas. Certes l'univers était fidèlement transcrit, mais on restait un peu au ras des pâquerettes côté scénario et profondeur des personnages. Et puis au bout d'un moment, taper du vampire, hein... j'me comprends.
Et ceci sans même reparler du casual game de Party Down, je pense qu'on a déjà bien exploré la question, inutile d'y revenir.

Les caractéristiques du jeu video inspiré d'une série ? Il est évident que chacun (entendre par là : chaque fan) s'attend à retrouver les personnages de ladite série. Le contraire serait décevant mais pas complètement impossible (ex : les personnages principaux ont disparu et l'avatar du joueur doit les retrouver). Cela dit, se limiter à cela est très désagréable, et ne suffit pas.
Si le jeu ne présente pas un univers proche de la série, c'est là aussi un problème : il lui faut reprendre les codes graphiques (c'est tout bête, mais la lettrine, par exemple...), esthétiques si possible, et si en prime l'accompagnement musical est au diapason, c'est carrément le pied. Ne parlons même pas du summum du luxe pour les petits Frenchies que nous sommes : les doubleurs habituels !

Le défi suivant est de trouver un genre de jeu qui corresponde à l'esprit de la série. Pour les séries policières, j'ai envie de dire qu'il n'y a pas tellement de question à se poser, il est vrai. Pour le portage de séries plus axées sur le dramatique (à l'instar du jeu Dexter qui se prépare), là, par contre, on est en droit de se demander comment ça peut tourner. Clic-and-play sur le mode "comme ça c'est jouable pour ceux qui ont un PC qui tourne encore sous Windows 98" ? Baston pure et simple pour se simplifier la vie ? Enigmes plus ou moins originales histoire de donner un semblant d'intrigue ?
Dans ce domaine, on ne s'avance pas trop en prédisant que le studio ira au plus simple. La décision de lancer un jeu video à partir d'une série se fait en général dans des conditions plus mercantiles qu'autre chose, le jeu ne s'adressant alors pas à des gamers mais à des spectateurs, l'originalité est rarement de mise et la rentabilité est la priorité. Fan-milking ? Oh, si peu. Pourtant, même si le soin graphique et/ou la puissance technique ne sont pas au rendez-vous (les jeux videos inspirés de séries étant rarement révolutionnaires par leur gameplay ou le moteur), on trouve des jeux très sympathiques.

Urgences, testé ce soir (qui a besoin de dormir quand on peut jouer à Urgences en regardant Urgences ?! Ce n'est pas raisonnable quel que soit l'angle par lequel on le prend, mais bon) est l'exemple typique de jeu video largement imparfait, à la jouabilité disons... limitée, mais pourtant diablement divertissant de par les éléments que le jeu a su transposer, comme les personnages ou le plan du Cook County. On retrouve l'adrénaline qui fait la série dans ses moments les plus palpitants ; de façon un peu prévisible, les aspects dramatiques semblent plus difficiles à mettre en place. Peut-être passées les deux premières heures de jeu ? A l'impossible nul n'est tenu, cela dit.
Cela dit, il n'est pas garanti que ce soit totalement impossible, et j'en parlais plus haut, mais Desperate Housewives, en dépit de certains aspects techniques laissant largement à désirer (et certaines options qui auraient gagné à être développées, comme la décoration des maisons et des jardins, réduites à des gadgets alors qu'il était envisageable d'étendre la durée de vie du jeu par ce biais), parvient à merveille à rentranscrire l'univers de Wysteria Lane, grâce à l'inclusion très bien gérée de cinématiques où la voix de Mary Alice conte les chroniques de la rue avec le même brio que lors d'un épisode, chaque séquence correspondant de si près au cahier des charges de la série elle-même, qu'elle en pointe du doigt la répétitivité de la structure. Mais à travers ses intrigues et ses personnages formidablement bien campés (même si on regrettera que les voix aient rarement pu être préservées ; pour la défense des comédiens de doublage ayant pris le relais, ils ont beaucoup donné pour tenter d'imiter leurs prédecesseurs), le jeu est une réussite... à condition de ne pas se laisser berner et ne pas oublier qu'on n'a pas la liberté des Sims.

On ne s'attend jamais à ce qu'un jeu video basé sur une série soit extraordinaire, on lui demande juste de prolonger un univers qui nous est familier. En l'occurence, pour la plupart d'entre eux, la mission est accomplie. Je suis même surprise, depuis que j'ai commencé ma collection de jeux videos adaptés de séries, de n'en avoir pas plus rencontré de médiocres, tant on pourrait penser qu'ils sont certainement développés à la hâte. De ce côté-là, je trouve qu'on est moins à plaindre que les portages réalisés à partir de blockbusters du cinéma...

A quels jeux videos de ce type avez-vous déjà joué ?

GAMES

14 mai 2010

Lettre ouverte... à tout le monde

Comment mentionné récemment, il y a une sorte de snobisme parmi les blogueurs téléphagiques lorsqu'il s'agit de séries étrangères. C'est un snobisme rampant qui consiste à ne parler que de séries américaines (souvent la série canadienne anglophone y est assimilée), voire si on a de la chance, les séries britanniques. Les plus aventureux s'offrent parfois un frisson avec une série australienne de temps à autres. Et globalement ça s'arrête là. Je dis snobisme, je pourrais dire fainéantise, ça dépend de mon humeur.
Je connais bien ce snobisme pour l'avoir pratiqué très longtemps, considérant qu'en-dehors de la fiction américaine, point de salut. Alors on me le fait pas.

On connait cette même tendance dans la presse spécialisée dans les séries télé, qu'elle soit au format papier ou informatique, beaucoup de sites pourtant français persistant pendant longtemps à regarder le monde comme s'ils étaient américains, les américains ayant eux-mêmes une ouverture sur le monde particulièrement limitée (c'est d'ailleurs ce qui les pousse à faire des remakes de séries qui sont déjà dans leur langue...). Donc on se prend pour un spectateur américain lambda, si je puis dire, et on se dit que vraiment, la fiction télé, c'est l'Amérique ou ce n'est point.

Et donc ça parle d'actu (américaine), de pilotes (américains), de jolies actrices (américaines), de projets (américains). On fait des dossier et des trucs et des machins, et c'est toujours du même pays qu'il s'agit, la note d'exotisme provenant d'autres pays anglo-saxons que j'ai cités plus haut. Que ce soit pour les choses les plus complexes ou les plus banales (alors que pardon, mais des photos de jolies comédiennes japonaises, c'est pas ça qui manque, surtout qu'elles passent leur temps à faire des photoshoot pour des magazines).

On va être clairs : je n'ai jamais vu qui que ce soit faire un récapitulatif de la saison allemande ou d'une nouveauté en matière de telenovela brésilienne.
Ce sont des pays où, visiblement, il nous apparait comme évident que le seul but de la fiction locale est soit de faire des remakes de séries américaines, soit de nourrir les décideurs américains pour faire leur propre remake (Ugly Betty parvenant d'ailleurs à répondre aux deux caractéristiques). En-dehors de ça, la fiction ne semble pas exister dans ces pays, ni les autres. Si ça ne parle pas une langue anglophone, c'est qu'on n'y fait pas de la télévision. Ça rejoint un peu ce que nous laissent penser les émissions de fin d'année lorsqu'il y a un zapping "télés du monde" et qu'irrémédiablement la seule émission de télé japonaise qu'on y voit, c'est un jeu débile où quelqu'un se casse la figure ou fait un truc décalé, évidemment, sous-entendu : il n'y a rien d'autre à voir chez ces cons de nippons.

Ah, si : le magazine Générique(s) s'est bien encanaillé une fois à parler de séries étrangères, un numéro où à ma grande surprise, nulle mention n'était faite du Japon et de la Corée du Sud, pourtant deux secteurs télévisuels en ébullition, surtout la Corée qui s'exporte incroyablement bien en ce moment, et de la Chine uniquement pour sa version d'Ugly Betty ; mais bon, pourquoi pas, mais c'est bien tout.

Moi-même, ça m'a pris pas mal de temps de m'affranchir d'un tel mode de pensée. Toute sensibilisée que je sois à la culture japonaise depuis mes 15 ans (à l'époque j'ai commencé plutôt par un trip culture traditionnelle et littérature contemporaine, puis il y a eu les mangas et l'animation pendant un an ou deux avant de revenir aux fondamentaux), j'ai mis à peu près 8 ans à venir à la musique japonaise, 10 ans à venir à la télévision du même pays, 12 pour oser m'intéresser à la Corée... je sais bien ce que c'est. J'arrive à bientôt 30 ans et j'en suis encore à pousser les limites de ma propre curiosité (pas encore vraiment touché à Taïwan, par exemple, en-dehors de deux pilotes ; et concernant le reste du monde, j'ai par exemple encore beaucoup de mal avec la Grande-Bretagne).
La curiosité, ça prend du temps, dans tous les sens du terme.

Mais enfin, même sans parler d'Asie, qui est une culture à part et qui ne parle pas à tout le monde...

Pourquoi n'y a-t-il personne pour parler de séries africaines, ou indiennes, ou sud-américaines, ou que sais-je ? Qu'on n'ait pas la même curiosité que moi, je le conçois... Mais qu'on n'en ait aucune ?

Bien-sûr qu'il y a une difficulté pour voir ces séries.
Bien-sûr qu'il y a la barrière de la langue (encore que, tout dépend de vos propres origines... sur tous les foyers possédant un accès aux chaînes du bassin méditerranéen, on ne va pas venir me raconter qu'aucune série du cru n'est diffusée en France ? Sinon comment j'aurais découvert Kasamh Se, d'ailleurs ?).
Et bien-sûr beaucoup de blogueurs téléphagiques aiment la facilité. Sinon comment expliquer les 712 reviews par semaine de Desperate Housewives ? Ce sont des blogueurs et ils aiment leurs statistiques comme n'importe qui d'autre, après tout. Je vois bien les miennes baisser dés que la rubrique s'appelle Dorama Chick (c'est mécanique, pour ainsi dire) et je le conçois, cette rubrique ne s'adresse pas au grand public.
Mais une fois de temps en temps, quand même ? Regarder un peu ailleurs... non ?

Car bien-sûr qu'il y a des séries étrangères ailleurs. Et d'ailleurs tout le monde tombe des nues quand un Un, Dos, Tres ou un Destin de Lisa déchaîne les passions et attire le spectateur, fût-il lambda. "Oh tiens bah merde alors, des fictions européennes ? Que les gens regardent ? Sérieusement ? On l'avait pas vue venir celle-là. On n'y croyait pas vraiment quand on l'a programmée", semblent dire les décideurs devant ces découvertes ahurissantes.

Mais vous croyez que depuis Un, Dos, Tres, l'Espagne ne produit plus de fiction maison ? Vous croyez même que le Destin de Lisa/Bruno/Hilda, c'est tout ce que les scénaristes allemands peuvent faire ?

Regardez-moi le nombre de pays qui produisent potentiellement des séries (et n'attendons quand même pas de Wikipedia anglophone qu'il les recense toutes, bien que le nombre de séries indiennes listées en ses colonnes soit par exemple impressionnant, même si facilement explicable).
Regardez-moi ça !
Et une fois de temps en temps, ça tuerait les blogueurs de choisir un pays ou deux dans cette liste, et d'en parler ? Ça me révolte autant que ça me décourage.

Après, je ne suis pas non plus en train de vous dire qu'aucun blogueur téléphagique ne parle de séries asiatiques. J'ai essayé de les pister, ces gens-là. Ils ne sont pas légion, mais surtout dans leur immense majorité, ils ne parlent QUE de séries asiatiques. Et là c'est l'excès inverse...
En-dehors de ça, peu, très peu de pluralisme auprès des blogueurs téléphagiques. Pour ne pas dire aucun.
Je suis par exemple navrée pour Speedu d'Analyses en séries qui n'a pas réalisé qu'il pourrait coller parfaitement à sa ligne éditoriale avec des séries asiatiques (entre les jambes illusoirement interminables des actrices coréennes, les pitches des séries de TV Tokyo genre Shimokita GLORY DAYS, et les séries d'action genre IRIS...).

Mais surtout, vous savez ce qui me tue ? C'est que toutes les sources d'information en matière de séries asiatiques soient anglophones. Bon, maintenant il y a un peu SeriesLive (où je fais mon possible, c'est-à-dire souvent pas assez vu l'ampleur de la tâche), mais sinon ? Toutes mes news basées sur des infos occidentales, je vais les chercher sur des sites et des blogs anglophones (quand j'ai vraiment du temps je cherche des news en VO, je m'éclate, mais c'est un autre sujet). Et quand je vois ces ressources, je me dis "mais où est l'équivalent français ? où se cache la curiosité des téléphages français ?".
Elle n'est pas dans cette poche. Pas dans celle-là non plus. Je suis pourtant presque sûre qu'elle est quelque part.

J'aimerais bien vous dire que SeriesLive va faire ce bond vers la curiosité, au moins pour ce qui est de l'Asie dont je suis la rédactrice spécialisée.

Il y a eu, en public et en privé, des appels qui m'ont été lancés dans ce sens, des lecteurs de SeriesLive qui ont remarqué les news, les 280+ fiches série (dont il n'existait pas plus d'une trentaine avant que je n'arrive en août dernier, la plupart déjà envoyées par mes soins à Eske et Maxx ; je confesse n'être pas spécialement mécontente du boulot effectué), les incalculables fiches personnalité, les articles de fond, etc... et qui ont appelé de leurs vœux quelque chose de plus franc dans ce domaine. Certains ont proposé un sous-site à part (je ne suis pas favorable à cette idée, mais pourquoi pas), d'autres juste qu'une section "séries du monde" sur le site serait suffisante (j'avoue que cette possibilité me plairait et ouvrirait des horizons). Mais rien. On me dit qu'on va en parler et étudier ça et il n'en sort jamais rien de concret.
Les news, les fiches série, les fiches personnalité, les articles de fond continuent d'être noyés dans la masse, parce que la direction de SeriesLive me donne régulièrement un petit nonos à mordiller, genre "ah c'est bien ce que tu fais, on va te donner tous les accès, on va te permettre de faire des choses", mais le peu qui a été fait il y a quelques mois a disparu rapidement sans explication, plusieurs des accès promis n'ont jamais été donnés, etc...
Mais bon, il y a à intervalles réguliers quelqu'un de l'équipe dirigeante pour me dire que le boulot accompli est visible et qu'on me remercie pour ça, alors je continue d'attendre qu'on me permette de pousser plus loin.
C'est toujours mieux que ce que Critictoo m'a permis : je pouvais faire des reviews (j'en avais déjà envoyée une ou deux, peut-être même trois, qui n'ont jamais été publiées alors qu'après réécriture, elles avaient été jugées conformes) et j'avais été plutôt bien accueillie... à la condition de donner mon prénom. J'ai refusé car j'ai une politique intraitable sur le sujet : j'écris sur internet sous mon pseudo, et rien d'autre. Après cette réponse, plus jamais personne ne m'a adressé la parole, même pas pour me dire qu'on allait arrêter là, parce que sur Critictoo, si tu n'as pas de prénom, tu n'as pas le droit d'écrire de review sur les séries asiatiques, et tu n'as même pas droit à un mail pour te dire que tu es virée. Bon, ils ont maintenant quelqu'un qui s'en charge, quelqu'un avec un prénom, au moins l'Asie n'a pas complètement disparu de Critictoo, c'est déjà ça.

La curiosité, ça prend du temps, je l'ai dit, mais surtout, la curiosité, ça s'apprend. Et à l'heure où internet nous permet de découvrir avec moins de difficultés des horizons insoupçonnés jusque là (je n'ai pas dit qu'il n'y avait plus de difficulté du tout, mais quand même moins que quand j'ai commencé à être une téléphage acharnée dans les années 90), je trouve absolument révoltant que ceux qui ont le pouvoir de rendre les gens curieux, c'est-à-dire les blogueurs téléphagiques et les sites téléphagiques, renâclent tant à tenter l'expérience, surtout quand il existe un vivier de rédacteurs motivés (plus motivée sur la fiction coréenne et téléphagiquement cultivée en général que Livia, par exemple, je ne connais pas tellement).

On continue de rester chacun chez soi, ceux qui regardent des séries asiatiques et ne parlent que de ça, ceux qui regardent des séries américaines et ne parlent que de ça, et un triste no man's land au milieu.

Et comme dans la rubrique Point Unpleasant, j'ai coutume de parler de ce qui ne me plait pas, je pensais nécessaire de signaler que, vraiment, ce comportement me chiffonne. M'attriste. Me révulse. Me révolte.

Si vous ne le faites pas par curiosité, faites-le par dépit : il parait que Desperate Housewives est de plus en plus décevante, et vous ne savez pas encore ce que vous regarderez une fois Lost fini. Alors...?

Eternally

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture, mais qui veulent y remédier : le groupe "Dorama" de SeriesLive. Qui commence un peu à avoir les coutures qui craquent, mais bon, on fait avec ce qu'on a.

5 avril 2010

Le guide du routard téléphagique

Pour une fois, on va parler d'Opération COLLECTION, mais pas de DVD. Me regardez pas comme ça, oui, ça m'arrive de ne pas parler de DVD. Nan mais, allez, dites aussi que je suis obsédée par le rayon séries TV de la FNUC !
...
Je vois ce que vous voulez dire.
Bref, non, aujourd'hui je vais vous parler de bouquins.

Books
Puisque je vais parler de bouquins et de séries, j'ai eu envie de rappeler Mousou Shimai à votre bon souvenir...

Je faisais du rangement et je suis retombée sur de vieux guides. Ça m'a rappelé plein de choses. Pour commencer, le fait qu'à une époque, j'en achetais. Et puis, aussi, le fait qu'à une époque j'avais commencé à en écrire un.
Mes fouilles effectuées, voici donc les guides sur lesquels j'ai remis la main. On ne rit pas s'il vous plait, sinon je vous oblige à donner la liste des guides que VOUS avez achetés. Ha, on fait moins le malin...

Guide_AllyMcBeal
  Ally McBeal
Guide_Farscape
  Farscape
Guide_Friends
  Friends
Guide_SexandtheCity
  Sex & the City

Il y a aussi ceux que j'ai lus mais qui appartenaient à ma frangine :

Guide_Buffy
  Buffy contre   
les vampires
Guide_XFiles
  X-Files

Sans avoir recours au carbone 14, je pense que vous pouvez deviner très facilement de quelle époque il était question un peu plus haut... Par contre je précise que je ne sais plus lequel c'était pour X-Files, parce que des guides, il y en a eu trois douzaines, et que, par définition, les bouquins qui appartiennent à ma sœur, je ne les ai pas chez moi pour faire les vérifications qui s'imposeraient.

Alors, bon, il faut bien le dire, le guide officiel (ou non-officiel, parce que dans le fond on s'en fiche, franchement), c'est typiquement le produit dérivé que vous voulez absolument acheter, absolument dévorer, absolument relire, tant que la série est vivante. Du jour où elle est annulée (parfois même avant), il perd tout intérêt. Or, la plupart des guides sortent alors que la série est encore en cours, ce qui les rend rapidement obsolètes (outre le fait qu'il est impossible à un guide paraissant au cours de la saison 3 de couvrir une saison 5 dont on ne sait même pas encore qu'elle existe).

A ce facteur vient s'ajouter une autre contingence qui me bloquait beaucoup : l'accès à toute cette belle littérature. Je vous parle d'un temps où il ne sonnait pas comme une évidence de commander sur internet (rapport au fait que déjà, tout le monde n'avait pas internet ; je suis entrée dans l'ère numérique avec le début du siècle seulement), et où il fallait donc attendre, d'une part, qu'un guide soit traduit, et d'autre part qu'il atteigne les rayons des magasins les plus accessibles. Inutile de préciser qu'à cette époque-là, on avait plus de chances de trouver un guide X-Files ou Buffy que Les Soprano. Mettons. D'ailleurs si j'ai fait main basse sur celui de Farscape, c'est plus tard, grâce à la boutique Album (et il n'est pas en français ; rapport ou coïncidence ?).

Donc, quel est l'avenir d'un guide sur une série donnée plusieurs années après l'achat ? Je vais être sincère, il n'en a pas des masses. Même par sentimentalisme (mais il s'avère que je ne suis qu'assez peu sentimentale sur les séries pour lesquelles j'avais trouvé des guides).
Pire encore, aujourd'hui, pas loin d'une décennie après, internet a supplanté en grande partie les guides au format papier.

C'est que, pour commencer, le guide des épisodes, est dorénavant disponible en temps réel, et constamment remis à jour, sur une bonne louche de sites internet de nationalités diverses. Déjà, ça, ya plus besoin.
La présentation des personnages, la petite bio des acteurs et/ou du créateur, ça aussi, ça a fait long feu. De vous à moi, je suis quasiment certaine de n'avoir jamais lu la présentation des personnages, sur aucun de mes guides. Faut être logique : si on connaît la série, cette partie ne relève pas du moindre intérêt. Si c'est pour lire que Mulder est un agent du FBI qui a vu sa sœur être enlevée par des extra-terrestres, j'ai un peu l'impression d'être prise pour une buse !

Ce qui reste, une fois qu'internet a prouvé qu'il proposait une alternative plus intéressante pour le lecteur à tout ça, c'est l'analyse.
Or, ces guides n'offrent qu'une analyse très, très succincte, dans le meilleur des cas, voire pas d'analyse du tout. Il faut dire que pour pratiquer une analyse en profondeur sur un épisode de Friends, il faut quand même se lever tôt. Loin de moi l'idée de prétendre qu'il n'y a pas de fond dans Friends, je pense qu'on peut même pousser jusqu'à dire que les personnages sont au contraire suffisamment denses pour permettre un certain nombre de choses, mais enfin, ya pas non plus de quoi se faire des nœuds avec la cervelle, quand même.

Les citations, qu'on trouve à divers degrés (une phrase ponctuellement, ou au contraire, énormément de petites phrases), recouvrent encore un certain intérêt, mais à la condition qu'on lise le guide dans la même langue que celle dans laquelle on a découvert la série. Il n'existe pas, à ma connaissance, de base de données sur des citations de séries suffisamment large pour que cet accessoire soit devenu inutile, par exemple.

Si vous avez du bol, le guide propose aussi une petite visite de la fabrication des épisodes (c'est plus facile pour les séries fantastiques, qui ont recours aux effets spéciaux et/ou aux maquillages divers), qui peut à la limite donner un petit plus produit à ces guides. Mais bon, on ne peut pas dire que ce soit Byzance non plus.

Non je ne vends pas mes guides. J'ai pas encore fini mon post. Vous allez voir qu'en fait il y a du bon à tirer de ces guides plus ou moins officiels. Ou plutôt de certains d'entre eux. D'ailleurs ça se fait encore, preuve que ça doit bien encore avoir de l'intérêt.

Permettez que je reprenne ma documentation, histoire de parler concrètement.
Vous prenez le guide de Farscape. C'est informatif, complet, c'est très bien. Bon, depuis, on a vu la fin de la série, et puis aussi The Peacekeeper Wars parce que le DVD se trouve plus facilement que les saisons elles-mêmes (ah ben non, on avait dit qu'on parlerait pas de DVD !), franchement, à un certain point, on n'en a plus rien à faire de ce qui se dit dans les 3/4 du bouquin. Bikoz tout ce que j'ai dit plus haut.
Vous prenez maintenant le guide Friends. C'est bourré d'anecdotes, synthétique, c'est très bien. On a beau avoir vu ces épisodes cent fois (au moins 5 fois par chaîne du PAF, grosso modo), ça fonctionne toujours parce que le guide est écrit avec humour, on retrouve des petits dialogues, des petits détails amusants, ça se lit sans faim.
La différence tient peut-être aussi au genre, mais pas seulement. La différence, c'est que certains guides peuvent survivre parce qu'ils proposent un équilibre entre la forme et le fond, et font ainsi perdurer un univers. Ne pas trouver d'humour, ou trop peu, dans un guide Farscape est quand même sacrément rédhibitoire. Limite illogique.

Tout-à-l'heure, j'ai évoqué le fait que moi aussi je voulais écrire un guide... c'était sur Une Nounou d'Enfer. Ça m'avait pris un temps de folie. J'avais dû couvrir quelque chose comme la moitié de la première saison, parce que j'écrivais à la fois des transcripts des épisodes en VF, et à la fois le guide lui-même. C'était pas forcément la meilleure méthode mais enfin bon. Le choix de la série était assez évident : j'avais vu tous les épisodes plusieurs fois, grâce aux multiples rediffusions, suivies des enregistrements sur VHS. Aujourd'hui encore, même s'il n'y a pas nécessairement de quoi se vanter, je suis plus facilement capable de vous déclamer des répliques de la série que du Prévert.
Et puis un beau matin, j'ai réalisé qu'à part passer 2 heures par jour sur un tel projet, ça ne servirait à rien, d'autant on ne fait pas publier le guide d'une série qui s'est achevée depuis trois ou quatre ans, en admettant que la publication soit envisageable, à plus forte raison en France. Tout ce que j'écrivais, je le savais déjà, c'était pas la peine de me tuer à la tâche pour écrire un guide qui n'aurait que moi comme lectrice.

Pourtant, cycliquement, l'idée refait son chemin, je suis bien obligée de le reconnaître.
Encore récemment, je me disais que je me lancerais bien dans un guide Pushing Daisies. Mais là encore, à quelle fin ? Internet a peut-être changé ça aussi, on se dit qu'on pourrait plus facilement être lu. Mais au final, quel est l'intérêt d'un guide aujourd'hui ? Le problème reste entier.

Le guide d'une série, ça reste quand même le truc auquel on pense par sentimentalisme, mais qui n'est pas vraiment vital. Avec les guides d'épisodes, les sites de fans et un moteur de recherche, on trouve déjà très largement des informations sur une série donnée.
Pourtant, je ne sais pas, ça me rend toute nostalgique de penser à tout ça...

2 avril 2010

Revisions

Depuis l'année dernière, et son mois de janvier qui a apporté son lot de retentatives téléphagiques (j'ai alors regardé les pilotes de plusieurs séries que je craignais d'avoir jugées trop vite), j'ai pris l'habitude, pourvu d'avoir un peu de temps pour le faire, de donner leur chance à d'autres séries. Avec toujours dans l'idée que, peut-être, quelque chose m'avait échappé la première fois. Tenez, finalement : quand j'ai fini par donner à Big Love un peu plus de temps et d'attention, ça a payé. Partant du principe que, bon, on sait pas, ça peut se produire avec une autre série, je poursuis, dans la limite des stocks de temps disponible, ces réexplorations.

C'est comme ça qu'il y a quelques jours, je me suis remis le pilote de Psych. Psych que j'appelle Psych et pas Enquêteur malgré lui, déjà parce que j'essaye quand même d'éviter le ridicule de temps à autres, et surtout parce qu'avant que TFHein ne déshonore la série avec ce titre abject, j'avais déjà vu le pilote et le nom de la série était resté en VO.

Justement, ça me revient... je l'avais vu avec mon homme de l'époque et ma frangine, ce fameux pilote. On était tous les trois sur le lit (rapport au fait que nous n'avions pas de canapé dans notre studio, histoire de pouvoir y circuler) et on avait regardé ça dans le noir, en silence, et en VO. Je me rappelle qu'il y avait une chaleur moite dans la pièce, qu'on était agglutinés devant l'écran de l'ordi, et qu'on n'avait pas trop discuté pendant l'épisode.
Ma soeur rei, qui n'est pas tellement une adepte des séries qu'on regarde sans sous-titres (ce qui est ma façon diplomatique de dire qu'elle n'en bite pas un mot) semblait comprendre quand même pas mal de choses, et ne posait pas tellement de questions comme elle le fait d'ordinaire (exemple : rei devant le pilote de Reba, avec la VO + l'accent, c'est la garantie de s'interrompre toutes les deux secondes pour traduire ce qui vient de se dire).
Après quoi, si je me souviens bien, on avait tous convenu que c'était sympa mais sans plus.

Ensuite, hormi une ou deux fois où j'étais tombée dessus sur TFHein et avais regardé quelques minutes avec un vague amusement, je n'y étais plus revenue. Concrètement, je pense pouvoir avancer sans me tromper que, à part ce pilote, je n'ai vu aucun autre épisode de la série en entier. Finalement, c'est un peu la même histoire que celle qui est arrivée à Chuck (quoique je pense avoir regardé un ou deux épisodes de Chuck complets ; mais guère plus).

Psych

Voilà exactement une série qui entre dans les critères de mes retentatives, donc. Elle n'est pas mauvaise, elle n'est pas excellente, elle a eu le malheur d'être au milieu et, peut-être, avec le temps, mon opinion à son sujet pourrait-elle changer. Ça s'est déjà vu après tout !

Alors me revoilà, 4 saisons plus tard quand même, à me remettre devant le pilote histoire de voir. Parce que finalement c'est uniquement de ça qu'il est question.

Je ne me rappelais pas avoir autant ri la première fois, et c'est sans doute la bonne nouvelle, finalement. C'est vrai que ça fait plaisir, une fois de temps en temps, qu'un flic ne se prenne pas au sérieux comme CSI Pocahontas, CSI Marsupilami et CSI Ratigan. On dépasse le stade de la comédie policière à la Monk pour aller vers un personnage franchement humoristique. Je le répète, c'est un plaisir.

Alors, effectivement, le pilote était mieux que dans mon souvenir. Si je retombe sur un épisode, à l'occasion, je ne zapperai peut-être pas, cette fois. Mais quand j'essaye de m'imaginer en train de regarder toute une saison... ça reste quand même une série policière, construite vraisemblablement sur des enquêtes indépendantes, et dont les ressorts me semblent assez évidents : il y aura toujours quelqu'un pour suspecter Shawn de ne pas être crédible, mais il finira toujours par résoudre l'affaire... Je ne me sens pas de taille à affronter ça épisode après épisode, même en tenant compte des répliques drôles qui ne manqueraient pas de les ponctuer.
Bon, si, peut-être un épisode ici, ou là, si jamais je m'ennuie dans mon planning téléphagique. Mais ça n'ira jamais plus loin.

Verdict : Psych réhabilitée...
Mais je vais quand même la laisser où elle est.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Psych de SeriesLive.

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