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ladytelephagy
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18 janvier 2007

Mais qu'est-ce qu'on va bien pouvoir faire de Brian ?

A priori tout lui réussit à ce garçon : il est gentil, charmant, serviable, plein de bonne foi et en plus il a un job plutôt cool. Franchement, ya pas de quoi se plaindre. Ok, il est est légèrement peu sûr de lui, mais à sa place, vous le seriez aussi si vous deviez en permanence avoir sous les yeux des couples qui ne rêvent que de vous maquer, alors que vous êtes célibataire et incapable de changer la donne durablement.

Et pourtant ya rien à en tirer de ce ptit gars. Brian est franchement le dernier des abrutis lorsque ça concerne les femmes. Il les choisit particulièrement mal, à croire qu'il le fait exprès ! D'abord, il sort avec la pire chieuse que la Terre ait porté, simplement parce qu'elle a la bonne grâce de se trouver là, ensuite il s'entiche de la petite amie de son meilleur pote. Faut vraiment être idiot. Non vraiment, en langage psy on parle d'actes manqués : tout pour éviter de tomber sur une fille avec qui ça pourrait marcher.

Voilà donc le pilote de What About Brian, en quelques mots. Bien qu'on se prenne d'affection pour le héros (ou c'est peut-être de la pitié ?) ce n'est pas facile d'accrocher sur le pitch on-ne-peut-plus léger de la série. Des mecs avec des problèmes de coeur, bon, franchement, chaque sitcom a le sien, et je vous épargne la revue de détail des séries dramatiques qui doit aussi regorger d'exemples. Bien-sûr, vous pourriez me répondre, c'est votre droit le plus légitime, que la série s'apprête à raconter comment Brian va devoir gérer le fait qu'il soit frappadingue de la copine promue fiancée de son meilleur pote, à plus forte raison après lui avoir fait une déclaration. Possible. Plus que problable. Mais vu comme Brian est instable et coeur d'artichaut, franchement, on s'en bat l'oeil. La petite esquive de la promise de son pote qui lui balance une blondinette dans les bras en fin de pilote, histoire de se dédouaner, n'a certainement gagné qu'un léger sursis. Ou pas. Il peut passer d'aventure en aventure (parce que, bon, sinon, on saurait quoi faire de Brian).
Mais en ce qui me concerne, il peut même se taper la femme de son autre meilleur ami (celle qui cherche à tout prix à avoir des relations extra-conjugales pour sortir son couple du marasme sexuel où il se trouve) sincèrement je n'en ai cure.

Reste un joli casting. Bon, d'accord ya Rosanna Arquette, mais je parlais surtout au sens décoratif du terme. Car ne nous y trompons pas, la grande force de What about Brian, c'est Brian : Barry Watson, dont on sait déjà que la tignasse cradingue et graisseuse fait fondre toutes les nanas, y compris les plus réservées (c'est au moins ça que 7 à la Maison nous aura appris : les prudes aiment les cheveux gras). Nous voilà donc en présence, une fois de plus, et pour résumer, d'une histoire proprette, d'un casting au cordeau, et jolis décors ensoleillés et...

Bon, on a fait le tour. Mais qu'est-ce que vous voulez que j'en fasse, moi, de Brian ? J'aime que les cheveux courts !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche What about Brian de SeriesLive.

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14 mars 2007

Des mots pour le dire

Je ne pouvais pas rester, même si le temps me manque pour un long post ce soir, sans signaler quelques mots clés qui, j'en suis sûre, vous permettront de patienter avec le sourire d'ici à ma prochaine note:

- comment être detective comme veronica mars
Merci d'avoir illuminé ma journée.
- BIBLE ET PILOTE POUR SITCOM
C'est marrant j'ai un post en brouillon sur ce sujet.
- numéro de téléphone raven symone
Tout le monde me prend pour un annuaire, on dirait. Donc pour la dernière fois : si je ne vous invite pas aux sauteries avec Jon Tenney et Chris Meloni, c'est pas pour filer les numéros perso de mes potes acteurs. Vu ?
- mort living with fran
Bon, la série est finie, ça va on va pas s'acharner, non plus ?! Pauvre Fran, elle en a pas assez bavé ???

Ca laisse bon espoir sur le public pseudo-téléphage qui hante le net, hein ?

9 novembre 2007

Amen !

C'est vrai ça, de nos jours, ya un Dieu pour tout le monde, non ? Fran Fine pense bien qu'il y a un Dieu des chaussures ! Pourquoi pas un Dieu des téléphages ?

Et s'Il devait avoir 10 Commandements, je pense qu'ils seraient de cet ordre :

1 - Je suis la Télévision, ton seul et unique Dieu (oh, tu peux essayer d'y échapper, mais Je continuerai d'avoir à chaque saison de nouvelles raisons de croire en Moi)
2 - Tu ne connaîtras pas d'autres obsessions que Moi (mais Télé éteinte, tu as droit à un peu de musique, de ciné, et éventuellement internet)
3 - Tu ne prononceras pas Mon nom à l'appui du mensonge (donc ne parlons pas de Télévision quand il ne s'agit que de real tv, sinon gare !)
4 - Observe le jour du samedi (ya souvent des trucs bien le soir dans la Trilogie ; bon d'accord, pas toujours, mais observe quand même, on sait jamais, regarde, le dimanche ça a bien évolué par exemple...)
5 - Honore ta télécommande et ton lecteur DVD (ou magnétoscope si t'es plutôt pour l'Ancien Testament ; une bonne façon de les honorer c'est regarder régulièrement des séries, et en enregistrer en nombre... d'ailleurs à propos des cassettes et DVD, J'ai dit : "croissez et multipliez". Alors tu vois.)
6 - Tu n'effaceras point de VHS (pense aux foudres divines avant d'agir bêtement. Ou à l'absence de rediffusions)
7 - Tu ne commenceras pas à regarder des émissions de variété française (impie ! Déjà que les fictions françaises, c'est limite, faut peut-être pas Me pousser à bout !)
8 - Tu ne voleras point (oui, alors, hm, bon, on est clairs sur celui-là, hein, mais, hm, si tu as une bonne excuse, naturellement on ne peut pas t'en vouloir, Je veux dire, bon, ça dépend des diffusions dans ton pays, des sorties DVD... ahem, après tout Je suis une obsession miséricordieuse, J'ai le pardon en Moi, tu comprends ?)
9 - Tu ne prétendras pas aimer une série que tu as détestée (même si ça fait super bien de dire à la machine à café que 24 c'est trop de la balle et à tes copains que Prison Break c'est trop ouf. On a sa dignité de téléphage, quand même !)
10 - Ta collection de séries exponentiellement grandira (si possible légalement, mais consulter le 8e Commandement en cas de doute)

Moi je suis pieuse, vous savez, et très obéissante. Alors d'accord. Et vous, quels seraient vos Commandements de téléphage ?

8 mars 2007

MST

Depuis maintenant deux semaines, mon homme (car c'est encore de lui qu'il s'agit) ne jure que par Sex & the City. Ca fait pourtant depuis plusieurs mois que nous suivons les rediffusions de M6 le vendredi soir, mais lorsque je lui ai annoncé que nous venions d'entamer la dernière saison, les choses ont soudain changé. Depuis lors, c'est avec une gloutonnerie assez spectaculaire que nous finissons les DVD de la saison 6 (c'est Scrubs qui va en pâtir, mais, quoi, on ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs...), à raison de deux à trois épisodes par jour. Il est tout de même bon de préciser que j'ai en ma possession l'intégralité de la série, et qu'il le sait, mais que nous n'avons commencé à prendre de l'avance sur la rediffusion télé qu'au moment de l'ultime saison... Intéressant, non ? Nous sommes à présent sur le point de regarder les deux derniers épisodes : Une américaine à Paris...

Depuis qu'il sait que la série va finir, il cherche à deviner la fin. D'abord je trouve le concept intéressant : parce que la série va finir, les histoires le devraient aussi ? Comme s'il était logique que la vie des personnages d'une série finisse avec la série en question... Bon bien-sûr, il y a des personnages qui meurent dans les series finale de plusieurs shows, c'est une figure de style récurrente et bien utile, mais pourquoi penser, dans le contexte de Sex & the City, que les personnages auront épuisé leur quota d'expériences au terme de la dernière saison ? Un peu réducteur, non ? Des femmes qui ont passé 6 saisons à butiner, se questionner, tenter de concilier plusieurs aspects de leur vie de femmes... vont prendre une orientation nette et définitive en fin de série ? Et là je ne peux m'empêcher, à la Carrie Bradshaw, de me demander "sommes-nous formatés pour espérer que toutes les histoires doivent finir comme les contes de fées ?" (là-dessus il serait logique que je lève les yeux, et prenne un air dubitatif tout en me mordant la lèvre inférieure, pour rester dans l'ambiance).

Mais, donc, du coup, il cherche à deviner par avance comment tout cela va se finir. Le terme est important parce qu'il revient sans cesse dans ses prédictions. Et pour moi qui ai vu la série intégralement plusieurs fois (et la 6e saison plus que les autres encore car c'est ma préférée), c'est une source d'amusement inédite à l'approche d'une fin de série.

- Pour Carrie, les diagnostics sont les plus changeants : un jour elle doit finir avec Big, le lendemain elle finit seule mais reste amie avec Big, ensuite il avait décrété qu'elle se remettrait avec Berger (cette théorie n'a duré que quelques minutes)... actuellement il parie qu'elle va rester à Paris avec son Russe et que, éventuellement, une ou deux de ses amies vont la rejoindre.
- Pour Miranda, c'était corsé : après avoir distinctement entendu un "ils sont mignons tous les deux" alors que Miranda et Steeve ne s'étaient pas encore officiellement réconciliés, j'ai compris qu'il les voyait bien finir la série ensemble. Il n'a pas vu le mariage venir, non plus que le déménagement à Brooklyn, mais cela semble n'être qu'un détail dans la vie du couple. Que peut-il encore se passer ? Eh bien, au pire, il a évoqué l'idée que Miranda pourrait attendre un second enfant.
- Pour Charlotte, la sans-surprise : bien que, lorsque Harry a quitté la table pour leur premier vendredi soir en amoureux, il ait été étonné, mon homme a bien compris que ces deux-là allaient se marier et rester ensemble dés que le crâne ovoïde de notre potz préféré est réapparu à l'écran. De son côté à elle, il n'y a plus rien à espérer apparemment : elle est casée, n'en parlons plus. Ses problèmes de stérilité ne semblent pas compter beaucoup. A un moment, il a vaguement pronostiqué qu'ils devraient adopter, mais que ça se produise ou non, alors là... il s'en fout comme de l'an quarante.
- Pour Samantha, tout peut arriver : après avoir sous-estimé pendant une bonne moitié de la saison la relation entre Sam et son jeune Smith, mon homme a commencé à se dire qu'ils allaient rester un peu ensemble lorsque Smith a tenté la position de la main, et plus encore parce que Samantha est revenue à lui après avoir fauté avec Richard. Mais sa théorie la plus solide est qu'elle finira par le larguer puisqu'il n'est pas fait pour elle... Le cancer l'a pris au dépourvu, il hésite un peu : va-t-elle avoir une rechute ? Peut-être bien. Va-t-elle y survivre ? Qui sait... Il pense aussi (et ça date même d'avant le cancer) que Samantha va prendre conscience de son âge et qu'elle va mettre de l'eau dans son vin, et probablement finir seule. C'est apparemment à elle qu'il pense lorsqu'il estime que quelqu'un ira vivre avec Carrie à Paris. Mais dans le fond, il attend tout de Samantha qui est, de loin, la plus imprévisible à ses yeux.

Moi, ça fait trois saisons qu'il m'a fait promettre de ne pas le spoiler : je ne dis rien. Mais alors : rien. Si, j'ai juste dit "la fin que j'ai préférée, c'est celle de Miranda". Je sais, je l'aide pas beaucoup, mais j'ai promis. D'ailleurs c'est lui qui m'a fait promettre, même si, lorsqu'il débite ses théories, ça l'énerve un peu...
De mon côté, je savoure doublement, d'abord parce que voir ce non-téléphage être si curieux des épisodes à venir et de les anticiper dans de régulières conversations fait vraiment plaisir à observer. Et puis, cette fin de saison, je n'aurai de cesse de le dire, vaut à elle seule une septième vague d'épisodes, juste parce qu'elle est vraiment idéale. Elle parvient à être drôle, mais avec toujours en fil rouge une somme d'émotions qui souvent étaient masquées par de la comédie dans les saisons antérieures. Pour moi qui n'ai jamais pu considérer Sex & the City comme une série comique/humorisitique, c'est donc l'idéal.
Soyez mignons, ne lâchez rien sur le final dans les commentaires, il lit ce blog... et ça fait partie de l'expérience !

C'est tout de même intéressant de se dire que le simple fait de savoir que la série était sur le départ a complètement changé sa façon de la regarder. De spectateur passif, en position d'attente de l'épisode suivant, il est devenu pressé de savoir la fin. Cette fameuse fin.

Je regarde donc ce que mes expériences de contagion produisent... ses théories, sa curiosité... la façon dont il va réagir aux deux épisodes ultimes. Comment il va gérer le soudain effet de manque après ça... Restez en ligne, je ferai un compte-rendu scientifique rigoureux de ces expérimentations in vivo... Mais d'après ce que j'ai constaté, il faut bien se rendre à l'évidence : la téléphagie est une maladie sexuellement transmissible.
Carrie ne nous avait pas prévenus !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (vous êtes sûrs d'être téléphage ?!) : la fiche Sex & the City de SeriesLive.

26 janvier 2007

Denny...

Mon homme et moi avons une histoire compliquée avec Boston Legal... Les premières minutes du pilote m'avaient laissée froide à un tel point que je n'ai pas eu la curiosité de poursuivre l'expérience au-delà de quelques minutes. Ce jour-là je me suis vraiment dit que, de David E. Kelley ou de moi, l'un de nous deux avait perdu la main. Lorsque TF1 a eu cette épiphanie qui l'a conduite à diffuser la série au printemps dernier (sous le nom de Boston Justice... comme s'il y avait la moindre once de Justice dans cette série !), je n'ai pas tellement fait attention, mais mon homme et moi sommes tombés sur un épisode totalement par hasard.

Moi : - Ah, oui, c'est du Kelley, ça. On va regarder. Il faut que tu aies vu un Kelley dans ta vie !
Lui : - Ah bon. Très bien.
A la fin de l'épisode, je regrettais amèrement (et pour la première et dernière fois) de n'avoir pas donné sa chance à la série la dés que je l'avais vue. Il y en avait un autre qui était encore plus enthousiaste ! A la suite de quoi, lorsque nos emplois du temps nous l'ont permis, nous avons regardé la série, mon homme étant définitivement ravi. Au regard de ce que je venais de voir, je pense que je l'aurais plaqué si ça n'avait pas été le cas !

J'ignore si la diffusion de TF1 a été respectueuse de l'ordre initial des épisodes (vous me direz : ce serait bien la première fois), mais de notre côté, on a fait n'importe quoi. Un épisode par semaine en moyenne (parfois un second, mais alors en se mettant en retard sur les obligations de l'un ou de l'autre), et nous n'avons jamais regardé la fin de la diffusion (la seconde saison nous a en fait échappé en grande partie). C'était sympa.

Je n'en entendais plus trop parler, mais à Noël, mon homme a reçu le coffret DVD de la première saison, et la suite a été orgiaque : épisodes à tous les étages ! On avait raté des épisodes à la télé, mais là, avec le DVD, aucune chance d'y échapper. Et je vous épargne les "Denny Crane" appuyés et suivi de rires gras (à moi, ils n'ont pas été épargnés...) et quelques autres gimmicks de la série qui ont eu tôt fait de s'imprimer dans le cortex de mon homme.

La fantaisie, le brio des plaidoyers, et surtout le tandem Crane/Shore, ont transformé mon homme (qui il y a à peine un an de ça, était désabusé sur les séries télé... et qui avant ça était principalement un X-Phile...) en inconditionnel de la série Boston Legal/Justice !

Du coup, pour peaufiner la culture, j'ai glissé entre deux "Denny Crane, arf arf arf, quel winneur !" un The Practice, histoire de ne pas laisser penser que David E. Kelley se cantonnait à cet univers follet et évaporé, superficiel et hilarant. Car parmi toutes les qualités de Boston Legal, la plus importante (et celle dont l'impact est le plus marquant, au-delà des gags appuyés et des sous-entendus grivois) reste quand même la très haute intelligence desdébats tenus devant la Cour.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Boston Legal de SeriesLive.

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14 janvier 2007

Bordel, mais qu'est-il donc arrivé à Billie Franck ?

Des (trop) rares épisodes de Rude Awakening que j'ai en ma possession, l'épisode Qu'est-il arrivé à Billie Frank?  est résolument le meilleur lorsqu'il s'agit de présenter la série à un néophyte (mon homme, en l'occurence). Après tout et pour autant que je me souvienne, j'ai découvert la série avec cet épisode (gloire à mon enregistreuse de l'époque qui avait Jimmy et n'a pas hésité à se risquer à cette série inconnue). C'est dire son potentiel.

En plus de voir Billie/Sherilyn Fenn dans toute sa splendeur, moulée dans une charmante petite robe (qui, il faut l'avouer, détruit toute crédibilité quant aux remarques assassines relatives à la soi-disant décrépitude de notre alcoolique préférée), on a droit à une sublimissime introduction à la famille de l'héroïne, à sa façon d'envisager sa sobriété, l'amitié, sa propre personnalité et bien-sûr, sa carrière. C'est quand même déjà pas si mal pour un seul épisode.

Comme à chaque fois que je regarde cet épisode, je le trouve parfaitement équilibré même si je suis et reste convaincue qu'il m'aurait bien plus impressionnée en VO. Dans ma téléphage-o-thèque, on trouve en effet aussi bien de la VO que de la VF pour cette série : j'ai enregistré quand j'ai pu et ça dépendait bien souvent de la clémence de Jimmy. Et le contraste est saisissant : si la voix française de Billie la rajeunit quelque peu mais transcrit parfaitement les deux émotions qui la dominent (le désespoir et l'envie d'en rire), la véritable voix de Sherilyn est plus mature, et légèrement plus souple. En prime, les dialogues en français semblent parfois tomber à plat en raison de l'absence de fond sonore, tandis que le manque de B.O. et de bruitages ne se ressent jamais en langue originale.
Et à vrai dire, ce sera toujours l'interprétation de la doubleuse de Jackie qui me perturbera le plus. L'actrice ayant tendance à se placer dans une attitude très graphique et à jouer sur le visuel, la voix aurait dû y aller plus doucement. C'est comme quand on se maquille : on met l'accent soit sur le maquillage des yeux, soit sur celui de la bouche, mais si on essaye de souligner les deux à la fois, on s'expose à avoir l'air d'une pute. Le bon goût est dans l'équilibre. La VF n'avait pas prévu cela.

Mais qu'importe ! Les souvenirs d'enfance de Billie (dont Trudy suggère qu'elle était alors "obèse" : foutaises !) sont ma foi excellents. Ils apportent un contrepoids nouveau aux rixtes d'ordinaire uniquement verbales entre Billie et sa matriarche. Si parfois Billie semble être encore dans une phase de rébellion digne d'une adolescente, on sent qu'il ne s'agit pas que de supporter sa mère qui n'a cure d'elle : le réel malaise dans cette fête d'anniversaire, c'est qu'elle force Billie à dresser un bilan. Et que rien ne semble très rassurant dans ce qu'elle voit, entend, et se souvient. Le portrait que ses parents lui offrent, sensé immortaliser le meilleur moment de sa vie (en fait seulement le meilleur moment de sa carrière...) est le point d'orgue de la débâcle.

Qu'est-il arrivé à Billie Frank? concentre toute la magie de Rude Awakening : rire de ce qu'il y a de plus négatif en nous, plutôt que le nier obstinément comme Trudy. Car finalement, ce n'est pas avec sa famille, ni pas l'amour de Jésus que propose sa belle-soeur, que Billie se sent bien, mais avec des alcooliques et des drogués qui sont capables de prendre soin d'elle, et de la toucher même en plein ratage (la surprise party prévue pour elle par Dave est finie quand elle arrive). Pourquoi s'obstiner à chercher à quitter le côté osbscur quand le simple fait de l'apprivoiser permet déjà de se sentir bien mieux ?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Rude Awakening de SeriesLive.

19 septembre 2008

Noël approche

Désolée, mais c'est vrai. Ah si ! Regardez sur n'importe quel calendrier et ce sera criant de vérité : encore un peu plus de trois mois, et il sera l'heure de célébrer la naissance du petit Jésus. Ou la mort de votre banquier, ça dépend des religions.
Je sais que ce que vous vous dites. Que ce n'est que dans trois mois. Amateurs...!

La préparation d'un Noël de téléphage est longue, fastidieuse. Elle demande mille préparatifs qui prennent un temps fou, et croyez-moi, vous n'aurez pas trop de trois mois ! Ou alors, vous avouez tout de suite que vous ne voulez pas un beau Noël, et c'est réglé, hein...

La première des choses à faire est naturellement de commencer une liste de ce que vous voulez recevoir en cadeau de la part de vos proches (note aux moins de 10 ans : de la part du Père Noël, je veux dire).
Comme vous êtes un téléphage, il est de bon aloi que 95% de cette liste soit composée de coffrets DVD de séries, et l'idée, c'est d'essayer d'en récupérer un maximum avant le début des soldes de janvier, quand vous-mêmes vous irez les acheter au rabais, ou mieux encore, les récupérer d'occasion (Saint Gibert Jeune, priez pour nous). N'oubliez pas ce menu détail : vous aussi vous aurez des cadeaux à faire, c'est fatal, et arrivé début janvier, le remplissage de votre porte-monnaie sera inversement proportionnel à celui de votre estomac. Donc limitons les dépenses quand viendra la nouvelle année, et faisons acheter un max de DVD à ceux qui disent nous aimer (ce sera un bon test...).

A première vue, faire une liste de DVD potentiels semble facile. Sauf que si vous voulez vraiment que l'opération COLLECTION porte ses fruits, il faut être organisé.
D'abord, lancez sur papier une liste, genre 10 titres, maximum, de séries qui vous feraient plaisir. Ensuite rendez-vous en grande surface et/ou grande surface spécialisée, afin de vérifier ce qui est réellement disponible à portée de main du premier des clampins (tout simplement parce que vos proches comptent une proportion non-négligeables de gens qui ne savent pas ou ne veulent pas acheter en ligne, ou qui tout bêtement vont vous acheter votre cadeau en grande surface, vite fait, entre la baguette de pain et la bûche Vienetta, et qu'à ces gens-là il ne faut pas trop leur en demander, mais leur en demander quand même). Il vous faudra peut-être rayer un ou deux titres déjà, d'ailleurs, mais la bonne nouvelle c'est qu'une fois en rayon, vou allez aussi avoir envie d'en rajouter cinq ou six. Ne lésinez pas sur l'encre de votre stylo, listez à en perdre haleine ! Rien n'est impossible ! Noël n'est-elle donc pas la fête de tous les miracles ?
Une fois ceci fait, la bonne idée c'est de compléter la liste de titres un peu moins convenus, légèrement moins grand public mais très enthousiasmants... et peut-être, seulement peut-être, un peu plus difficiles à acquérir. Pour ça je recommande, par exemple DVD Séries, ou si vous n'êtes pas fermé à l'import, TVShowsOnDVD. Eux, ils sauront. Ces sites ont des listings longs comme le bras que, oui, vous allez éplucher lettre après lettre, je n'ai pas besoin de vous le dire, ça viendra tout seul. Et n'oubliez pas que la magie de Noël, c'est parfois aussi se faire offrir le bon de commande d'un DVD qui ne sort que début janvier et qui arrivera dans votre boîte aux lettres au moment de l'Epiphanie, par exemple...

C'est à ce moment-là qu'on distingue le téléphage organisé du téléphage qui tient vraiment à recevoir une paire de chaussettes avec une télécommande brodée dessus pour Noël. Reprennez votre liste de séries en DVD, et à côté, établissez une seconde liste de personnes bien disposées à votre égard, qui peuvent donc vous offrir les titres de la première liste. C'est la partie la plus longue du processus : faire coincider les deux listes entre elles.
Cas pratique : vous voulez le coffret de l'intégrale de Sex & the City ; vous n'allez pas le demander à votre tante supra riche, parce qu'elle est aussi très coincée, et vous n'allez pas le demander à votre cousin qui adore la série, parce qu'il est au chômage. On va rester logique. Donc pensez bien aux cadeaux des années précédentes : qui s'est montré rat ? Qui vous a quand même acheté le truc que vous vouliez même si ça lui déplaisait ? Qui a mis la main à la poche sans retenue ? Oui c'est vénal, mais vous les voulez ces DVD, ou vous vous préférez vous contenter de baver devant les fiches d'Amazon ? On est d'accord. Vous aboutirez donc à une liste de, mettons, 3 à 5 séries par personne. A vous de présenter ça finement, sur du joli papier à lettre pour mamie, dans un mail plein de smileys pour votre petite soeur, en indiquant l'air de rien les prix, et en maintenant l'illusion que vous avez donné une fourchette de tarifs qui laissent le choix (c'est juste que la tante blindée a une fourchette entre 150€ et 99€, et le cousin dans une mauvaise passe a hérité des DVD à 19€ grand maximum, quoi).

La plupart des gens penseraient en avoir fini avec les préparatifs de Noël. Aha, alors ça, c'est typiquement la réaction de quelqu'un qui pense qu'on peut suivre correctement une série tout en faisant la vaisselle ou ses devoirs ! Vous valez bien mieux que ça, donc vous savez que votre liste au Père Noël n'était que la mise en jambes...

On est, à peu près, début octobre, peut-être un peu plus tard si vous voulez beaucoup de DVD (ou que vous avez beaucoup d'amis), et l'étape suivante c'est un petit check up en vue de la période des fêtes. Oui, vous pouvez aller faire vérifier votre tension et votre système digestif chez le médecin de famille, mais je pensais plutôt à ce qui est vraiment important : la santé du lecteur DVD. Faut-il le rappeler ? Chaque année en janvier, ce sont des dizaines de lecteurs DVD qu'on abandonne sur la route avec les objets encombrants, parce qu'on n'a pas su prendre soin d'eux et qu'on les gavés de DVD nouvellement reçus sans vérifier s'ils pouvaient tenir la route. Je m'insurge : un lecteur DVD n'est pas un jouet ! Avec tout ce que vous allez recevoir (si vous avez bien fait votre travail préparatoire, évidemment), votre lecteur DVD a tout intérêt à être au top. Donc adoptez un comportement responsable et allez le faire vérifier, dés le mois d'octobre oui-oui, auprès d'un technicien compétent qui saura s'assurer que tout va bien, qu'il n'y a pas une pièce qui commence à fatiguer, par exemple. Et si vraiment votre lecteur DVD a vu défiler trop de Noël gâtés-pourris et est en fin de vie, vous n'avez pas encore fait vos achats de Noël et vous avez donc un peu d'argent pour en acheter un neuf. Faut penser à ça aussi (ça implique, certes, que finalement votre nièce n'aura pas la maison Barbie dont elle rêvait, mais les enfants de nos jours, on leur offre vraiment de ces cochonneries... elle n'en a pas vraiment besoin). C'est peut-être aussi le moment de lui offrir une nouvelle virginité, genre dézonage. Il aime se sentir choyé, votre lecteur DVD, après tout...

Après ces plus grosses étapes, je vous rassure, le plus dur est fait. Il ne reste qu'à se préparer à accueillir bébé les DVD, en s'assurant que vous avez toute la place nécessaire pour les coffrets ; sinon c'est opération BRICOLAGE qui vous attend en janvier au lieu de pouvoir savourer vos nouvelles acquisitions peinard sur le canapé, et assembler un meuble Ikea quand une pile de DVD vous attend, c'est d'une frustration sans nom. Rappelons d'ailleurs qu'un bon canapé de téléphage est toujours propre, agrémenté de coussins rembourrés et avec un bon éclairage, vérifiez donc que votre marathon de séries post-fêtes de fin d'années se fera dans de bonnes conditions. Nettoyez les housses des coussins, par exemple. Faites l'investissement d'une nouvelle ampoule pour la lampe. Investissez dans un plaid soyeux. Pensez aussi à changer les serrures de votre appartement ou maison, pour qu'un proche inopportun ne se pique pas de venir prendre l'apéro le soir où précisément vous vouliez vous faire une rétrospective Star Trek. Faites piquer le chien s'il aboie trop. Etc...

Ô miracle, vous arriverez fin décembre l'esprit léger, prêt à accueillir, avec amuuur, les beaux joujoux que vous avez vu en rêve pendant tout ce temps. Et c'est là qu'humblement je me retire et vous laisse profiter de votre bonheur nouveau.

Ah si, un dernier conseil quand même. Pensez à louer une fourgonette.

25 juin 2007

Peau d'âne

La vie d'acteur est vraiment, vraiment, vraiment un sacerdoce.
En témoigne cette interview de J.K. Simmons qui nous explique (entre autres choses évidemment) qu'il rentrait chez lui avec ses tatouages nazis pour s'économiser 20 mn de maquillage le matin sur le plateau d'Oz. Vous vous rendez compte ? C'est plus facile d'avoir la haine tatouée à même la peau plutôt que de se lever 20mn plus tôt ! C'est dire si, être acteur, c'est pas facile tous les jours...

Je sais pas, je réagis peut-être plus épidermiquement après avoir vu Mississippi Burning hier soir, je dis pas, c'est possible ! M'enfin je certaine que pas un cachet d'acteur (même en ayant signé pour plusieurs saisons) ne m'aurait persuadée de porter des tatouages de ce type, même fakes, le temps du tournage d'un seul épisode. Alors ramener ça chez soi et l'avoir en permanence à même le corps ? Même pas pour des millions. Apparemment Simmons, ça l'emmerdait pas tant que ça.
Nan mais j'vous jure...

Le genre de propos qu'on lit et qui nous mène à cette conclusion : la floraison des pseudo-scandales de ces dernières années autour des dires des acteurs (tv ou ciné), lorsqu'ils expriment des opinions plus ou moins choquantes, dépend vraiment de leur degré de bankabilité...

Et hop, un acteur de plus sur ma liste dont je ne vais plus me fatiguer à lire les interviews. C'est toujours ça de pris.

5 septembre 2009

D'une tour à une autre

Prévisions : 1 pilote de 57mn = 57mn où je suis injoignable.
Réalité : le pilote de Tokyo Tower de 57mn = 72mn où je suis injoignable.
Mais ça s'explique très facilement, vous allez voir.

Tokyo Tower est l'adaptation de l'autobiographie de Lily Franky, et oui, je sais, ça ne vous dis rien, alors disons pour simplifier qu'il s'agit d'un comédien japonais, de son vrai nom Masaya Nakagawa. Ça ne vous parle pas tellement plus mais faut pas que ça m'empêche de continuer. Et en dépit de l'anonymat à vos yeux de Lily Franky, il s'avère que cette autobiographie a ému les foules au point que l'histoire soit adaptée en téléfilm, en série puis en film, on ne s'en lasse pas apparemment.
Du coup à un moment, quand on prétend regarder des fictions japonaises, il faut bien regarder celles qui ont soulevé un tel engouement, aussi, bien que l'histoire m'inspire peu, je m'y suis finalement mise.

Parce que l'histoire de Tokyo Tower, c'est un type qui a grandi à la campagne et qui part poursuivre ses études à Tokyo. Je veux pas faire mon Droopy, mais l'enthousiasme du spectateur à la lecture d'un tel pitch est forcément modéré.

Pourtant, la surprise vient du traitement. En alternant les (longs) flashbacks et les sursauts dans le présent (un présent qui se situe en 1989 quand Masaya, qui n'est pas encore Lily Franky, quitte le nid familial), Tokyo Tower remplit largement sa mission. Le portrait de ce jeune garçon, qui ressemble un peu à tous les jeunes garçons, et de sa mère, qui ressemble un peu à toutes les mères, est très fin et réussi.

Plusieurs années plus tôt, Masaya s'installait avec sa mère dans la ville natale de celle-ci, après qu'elle ait divorcé du père, un alcoolique notoire qui ne se préoccupe quasiment pas de lui. Alors petit garçon, il était timide, collé à elle en permanence, craintif et peu sociable. Aujourd'hui devenu lycéen, il ne supporte plus l'empressement de sa mère à lui donner des conseils, lui poser des questions, s'occuper de lui... Il rêve de prendre le large, de respirer.
On se reconnaît tous, quel qu'ait été le parcours, dans cet adolescent qui n'est pas certain de savoir ce qu'il veut, mais qui le veut, ça c'est sûr, sans sa mère. Mais qui en même temps, se rend bien compte de ce que sa mère fait pour lui : les deux emplois qu'elle occupe pour le nourrir, le mal qu'elle se donne pour l'aider à être à l'aise dans la vie, les multiples attentions dont elle l'entoure.
Quand plus tard dans le pilote, finalement, Masaya se résout à poser sa candidature pour une école d'art à Tokyo, avec patience et tendresse, et bien qu'on sente que ça lui brise le coeur, sa mère va l'encourager, le soutenir, puis le féliciter lorsqu'il réussit l'examen de passage.

Finalement mère et fils ont toujours une relation fusionnelle, même si Masaya voudrait s'en défaire, on sent bien que sa véhémence n'en est que l'indice le plus récent. Et la fin du pilote est à ce titre révélatrice.

Quand on regarde Tokyo Tower, on est submergé par une vague de simplicité et de tendresse dont on a peine à imaginer qu'elle soit si forte en moins d'une heure d'attachement avec une série. La réalisation est sans fioriture, m'ais d'une grande justesse. On aurait envie de se dire que la mère de Masaya réagit comme toutes les mères. L'espace d'un instant, on se rappelle des vagues similitudes entre elle et votre propre mère. On a envie de croire qu'on connait si bien ce genre de relation, qu'on est passé par là.
L'espace d'un instant, j'ai laissé de côté tous les mauvais souvenirs, et je me suis juste dit qu'il y avait quelque chose que je devais impérativement faire. J'ai essayé mes larmes et...

Prévisions : 1 pilote de 57mn = 57mn où je suis injoignable.
Réalité : le pilote de Tokyo Tower de 57mn = 72mn où je suis injoignable. Coup de téléphone à ma maman inclus.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Tokyo Tower de SeriesLive.

13 août 2009

Celui qui promène son chien est au bout de la laisse

Êtes-vous plutôt chien, ou plutôt chat ?
Bon, personnellement, plutôt chat. J'en ai deux, j'en catsitte actuellement 5 autres, oui, on peut dire plutôt chat. D'une façon générale je trouve les chiens trop simples, et pas assez indépendants, ils sont incapables de vivre leur vie, ce qui les rend dénués de personnalité à mes yeux. Toujours collés à vos basques, il quémandent de l'attention en permanence et ça m'irrite. Les petits chiens, en particulier, m'insupportent. J'ai envie de m'en faire des chaussons. Les plus gros, hm, faut voir. Par exemple, un bon gros bouvier bernois de la taille d'un veau, c'est jouable ; j'imagine qu'une bête aussi robuste doit apprécier d'avoir son espace. Je n'aimerais pas qu'une grosse bestiole comme ça soit sans arrêt dans mon ombre, à ne vivre que par moi.

Évidemment, si je parle de nos amis à quatre pattes, ce n'est pas juste pour vous faire la conversation mais parce qu'aujourd'hui, la série dont je vais vous parler parle aussi d'animal domestique. J'en avais pas mal entendu parler jusqu'à présent, et à la faveur d'une fringale de dorama qui ne vous aura pas échappé, j'ai finalement résolu de lui donner sa chance : Kimi wa Pet.

Son héroïne Sumire est un personnage assez atypique dans les fictions nippones : elle n'est pas vraiment douce et attentionnée, se montre aussi aimable qu'une porte de prison (et les prisons japonaises...), est carriériste, fortement indépendante, et assez froide d'une façon générale. C'est une chance qu'elle soit belle... enfin, même pas, parce que du coup on le lui reproche. J'y reviendrai.
Sumire vient de se séparer avec celui qui était son petit ami depuis deux ans et demi, car celui-ci, se sentant inférieur, avait fini par la tromper avec une jeune fille illustrant plus classiquement le fantasme de la charmante petite amie japonaise. Qu'il a mise en cloques, en plus. Et si en amour, ça ne va pas fort, au travail ce n'est pas la panacée non plus, son tempérament y suscitant la jalousie et/ou la méfiance.

Pourtant, Sumire fait la rencontre impromptue d'un étrange jeune homme qu'elle secourt. Celui-ci s'avère être tout son contraire : très souriant, exagérément chaleureux, attentionné et avide d'attention. Comme il refuse de partir de chez elle depuis qu'elle l'a aidé, elle accepte qu'il reste un peu, à la condition qu'il devienne son animal de compagnie. En effet, la dernière fois qu'elle a pleuré, c'était à la mort de son chien Momo quand elle était plus jeune, et celui-ci n'a cessé de lui manquer.
Un pacte bien étrange, on est d'accord.

Et pourtant il accepte. Devenu Momo, le jeune homme devient donc son animal de compagnie. Mais alors, vraiment : il se fait gratter derrière les oreilles, il demande à être promené...

Derrière le pitch en apparence potache se trouve une série étrange. Le jeu de rôle prend étonnamment bien entre les deux personnages, à un tel point que de notre côté de l'écran, on a tendance à trouver ça un peu malsain. Elle doit lui préparer sa gamelle, il lui fait la fête quand elle rentre... ce qui aurait pu être un jeu innocent se met à ressembler à un jeu de rôles sexuel, une sorte de relation dominant/dominé (mais Lady Heather dirait que le dominé n'est pas celui qu'on croit), et si elle lui achète une laisse dans le prochain épisode, on aura officiellement basculé dans le SM.

Au-delà de cet échange plus que singulier, ce que Kimi wa Pet offre aussi, c'est le portrait d'un personnage sortant très largement des sentiers battus. A travers le tempérament de Sumire, c'est un côté pas très reluisant de la société japonaise qu'on (re)découvre : belle, intelligente, compétente, indépendante, et ne s'embarrassant pas des codes de la soumission qui sont d'usage pour les femmes d'ordinaire, Sumire est méprisée sur son lieu de travail. Si d'un point de vue occidental au moins, on a tendance à considérer qu'elle devrait inspirer de l'admiration à ses collègues féminines, ce sont au contraire elles qui admettent le moins facilement qu'elle sacrifie si peu à ce que l'on attend d'une femme. Côté hommes, ce n'est pas forcément mieux (mais plus variable), son patron l'ayant rétrogradée parce qu'elle ne s'est pas laissée faire lorsqu'il a voulu la tripoter, et son nouveau chef n'ayant que mépris pour les femmes trop compétentes qui ont l'audace de lui répondre avec trop d'intelligence. Personne ne supporte son tempérament indépendant et assuré... Et comme ces mêmes traits de caractère l'empêchent de faire perdurer ses relations, et donc de se marier, c'est quasiment une circonstance aggravante.
Ce portrait de la société japonaise (qu'on aime parfois à imaginer strictement similaire à la nôtre simplement parce qu'on vit dans le même monde technologique) est un rappel intéressant des batailles qui attendent encore les femmes, et d'ailleurs pas forcément qu'au Japon, le plafond de verre étant encore une réalité dans de nombreux pays. S'il est vrai que son apparence insensible la rend peu avenante, il est pourtant évident que Sumire a bon fond, elle s'est juste blindée et on aurait envie de dire que c'est son droit, et que si elle réussit sa carrière sans se laisser marcher sur les pieds, c'est tout à son honneur. Eh bien non. Femme, courbe la tête.

Kimi wa Pet offre donc, en plus d'une comédie légère, un vrai questionnement sur ce que peuvent être, de nos jours, la soumission et la domination. Hélas, au vu des éléments que le spectateur a en main à la fin du pilote, le propos risque de n'être pas spécialement révolutionnaire : il semble assez évident (mais j'aimerais me tromper) que l'objectif de la présence de Momo aux côtés de Sumire soit de la rendre à nouveau joviale et "vivante", pour qu'elle puisse tomber amoureuse de la bonne personne, enfin. La morale que je vois au bout de cette histoire ne me rassure pas tellement, je dois dire. Mais enfin, Kimi wa Pet a le mérite, et c'est déjà ça, de poser les questions qui fâchent, quitte à y répondre en fâchant aussi.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Kimi wa Pet de SeriesLive.

6 juillet 2009

Minuit, le grand soir

Je suis exténuée mais heureuse d'avoir attendu jusqu'à la diffusion des deux premiers épisodes de Minuit, le soir sur France2.

Si vous aviez été une petite souris sur le pas de la porte, ou l'un de mes voisins aux fenêtres ouvertes sur le silence nocturne, vous auriez entendu mes acclamations successives, entrecoupées de rires et de "wow !". Je manquais de vocabulaire, mais il faut dire que je me suis pris une belle claque.

Je m'attendais à un ton pessimiste. En revanche, je ne m'attendais pas à des dialogues aussi fins, et surtout à une gestion aussi spectaculaire des silences. La course-poursuite et l'annonce de la revente, dans le premier épisode, c'était très fort. D'ailleurs c'est dingue à quel point la dernière scène du pilote est ressemblante avec une scène que j'avais écrite il y a des années, m'enfin c'est pas le sujet.

On n'a pas simplement un bon sujet, pas simplement une histoire originale, pas seulement un point de vue bien à part, non, il y a une âme dans cette série, une âme sombre mais une âme quand même, intelligente, subtile et avec un regard bien à elle. Efficace mais pas artificielle, intelligente mais pas bavarde, Minuit, le soir est une promesse tenue.

C'est rare qu'une série ressemble autant à ce dont ses fans nous en avaient dit.

Chapeau bas.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Minuit, le soir de SeriesLive.

13 février 2009

Papounet !

Jekyll aura brisé tous mes préjugés : ceux que j'avais sur la programmation d'arte, ceux que j'avais sur les séries britanniques...

C'était aussi la première fois depuis longtemps que je regardais une série de façon hebdomadaire en sentant les semaines passer de façon aussi concrète. Pourtant on ne peut pas dire que je ne sois pas habituée à attendre qu'une semaine se passe pour avoir ma dose, je le fais pour d'autres séries depuis des années, mais là, l'attente avait un goût particulier... voir arriver le vendredi, rester à l'affût de l'heure, c'était comme avoir des lunettes neuves et voir les choses un peu plus clairement alors qu'on les a toujours eues sous les yeux.
Ce furent donc six longues semaines, et finalement ce n'est pas grand'chose, passées à attendre, à guetter, à se laisser surprendre. Et en-dehors de quelques images d'horreur que je voudrais bien oublier au plus vite, par exemple lorsque je voudrai dormir dans un avenir que j'espère proche (à l'instar de la toute dernière image de la série qui m'a fait allumer toutes les lampes de l'appartement dans un cri horrifié), je pense que c'est une expérience qui va m'impacter durablement.

J'ai eu la sensation, semaine après semaine, que quelque chose de réellement nouveau, et j'ai presqu'envie de dire novateur, s'offrait à moi. Six semaines de surprises, en fait.

Jekyll n'est pourtant pas exempt de défauts, loin de là.
Pour une série qui n'avait que six épisodes devant elle, on y trouve pas mal de remplissage, des scènes prévisibles notamment dans la recherche de l'action pour l'action, et des questions martelées d'épisode en épisode de façon à faire perdurer artificiellement le suspense (allez, on se la refait encore une fois, pour la route : "mais Jekyll n'a pas eu d'enfant ?!"). Par moments, on se dit que quatre épisodes suffiraient à dire l'histoire si on prenait la peine de nous épargner toute cette confiture.
Mais parfois, la série emprunte aussi des raccourcis pour aller droit à son histoire, et du coup, sacrifie des axes qui auraient pu être intéressants, parce que, bah écoutez, on n'avait pas le temps. C'est notamment le cas de la belle assistante (dont je suis infichue de retenir le nom, je confesse) qui, après avoir été le centre de toutes les attentions (et grâce à qui, en fait, j'ai été pour la première fois impressionnée par ce que la série avait à offrir), est mise au rebut, allez hop, avec les deux enquêtrices lesbiennes, à ce tarif-là, moi je dis autant les liquider, à un moment donné il faut assumer. On prend trois nanas au fort potentiel, on les met aux oubliettes au bout de quelques épisodes, on leur offre une scène çà et là histoire de dire, et ce n'est que frustration pour le spectateur. Atteintes du syndrome du boulet, elles sont devenues des poids morts pour l'intrigue... mais c'est pas grave, on les garde.

Mais dans ces reproches qu'inévitablement j'adresse à Jekyll, je remarque aussi tout ce que la série a fait pour m'épater semaine après semaine.
A contrario des trois drôles de dames, le personnage de Claire a pris une saveur insoupçonnée et époustoufflante sans même qu'on le voie venir. Celle qui semblait au départ n'être condamnée qu'à être l'imbécile épouse qui ne comprend rien à rien a eu vite fait de prendre les choses en main. Parmi les scènes qui m'ont donné envie de me proterner devant ma télé, il y a celle où Claire fait la connaissance de Hyde dans la cave, et se montre digne de lui. Elle ne s'en laisse pas compter ni par lui, ni par qui que ce soit d'autre d'ailleurs, faisant la nique à tous les personnages féminins tête-à-claque qui l'ont précédée dans ce genre de rôle. La révélation finale sur son identité (quoiqu'elle aussi juteuse) ne change rien à cet état de fait : ce personnage est simplement grand. Pour sûr, la série aurait aussi bien fait de s'appeler Jekyll & Claire, d'accord, on se serait salement fait spoiler sur pas mal de rebondissements (un peu comme si on avait regardé les bande-annonces d'arte "Jekyll n'est qu'amour" dés le premier soir, ahem...), mais comme tête d'affiche, ça le faisait complètement.
Le personnage de Claire est à l'image de toutes les fois où la série a su prendre une direction imprévisible, sortant des sentiers battus. La prise d'otage, les enfants jumeaux, tout le monde pouvait prédire que ça se passerait à un moment où à un autre, mais même en passant inévitablement par là, la série arrive à nous faire dire "ah bah merde alors, les personnages ne réagissent pas du tout comme je l'avais pensé".

D'ailleurs la qualité numéro un de Jekyll, bah, c'est Jekyll. Ou plutôt non : on a tous, j'en suis sûre, une petite préférence finale pour Hyde, n'est-ce pas ? Ce personnage si charismatique, drôle (épouvantablement génialement formidablement drôle), avec son côté super-héros parce que bon, fallait pouvoir la vendre à des spectateurs des années 2000 cette série, hein, et puis surtout avec son âme d'enfant, ce mec que forcément on veut voir apparaitre pour torturer un grand gaillard de 2m ou décapiter un petit connard trop vantard, dont on guette les apparitions dés qu'une lampe clignote, bref, Hyde, ce demi-dieu. Enfin, l'autre moitié, la geignarde, la mollassonne, n'est sans doute pas si mal non plus, même si son côté pleurnicheur tapait sur les nerfs à plusieurs reprises, il a su lui aussi évoluer... l'homme qui au départ était effrayé par son ombre (au propre comme au figuré) a su ouvrir le dialogue avec lui, et cohabiter totalement, pour devenir plus fort et parvenir à son but. C'est vrai que je ne sais pas trop comment interpréter la fin de l'histoire pour lui : pourquoi fallait-il que ce soit le faible qui survive ? Qu'a-t-il à offrir à présent ? Pour être totalement honnête, il faut aussi saluer bien bas la prestation de Nesbitt dans ce double-rôle. Dés que j'aurai fini l'interminable tournée des films d'Amber Tamblyn, il pourrait bien être ma prochaine victime, tant ce mec est impressionnant et juste de bout en bout.
Ca reste quand même bien fun de se dire qu'à la fin, papa est le nec-plus-ultra de la race humaine, maman est un clone, et les jumeaux son maléfiques. Ptain, dans la famille surenchère, ça se pose là, mais ça a un côté délicieux.

Comme souvent, ce que je retiendrai de Jekyll, ce sera plus facilement ses personnages que ses retournements de situation, en fait. Ils avaient leur piquant, évidemment, mais ce n'était pas l'essentiel.

De ces six semaines vraiment rafraîchissantes dans mon panorama téléphagique, que restera-t-il ? Un thème musical angoissant gravé à même mon cortex, assurément. La conviction qu'une fois de temps en temps, il faut peut-être quand même tenter la fiction british (mais ptet en VF dans un premier temps ?). Et surtout, cette petite question obsédante : "dis, lady, quand est-ce que tu achètes le DVD de Jekyll ?".
Quand je penserai avoir le cran d'affronter la scène finale une seconde fois.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Jekyll de SeriesLive.

4 février 2009

C'est toujours le premier concerné qui est le dernier au courant

"Toi t'es le génie, et moi je suis l'assistante ?!"

Bah, non, enfin, voyons ! Ça se saurait ! Goren, un génie ? Eames, un faire-valoir ? Mais enfin, mais d'où vient cette drôle d'idée ?
Sept ans, il aura fallu sept ans à Alex Eames pour découvrir qu'elle jouait les seconds couteaux dans L&O: CI.

C'est dire si effectivement la pauvre n'est vraiment pas une flèche.

24 décembre 2008

[GAME] Falalalala

C'est les vacances pour plusieurs d'entre nous (pas moi, mais ya pas que mon nombril qui compte), Noël est à quelques heures et... je vous propose la Pitchenette ~Christmas Edition~ ! (c'est joli toutes ces couleurs, on dirait un skyblog)

Ne l'attendiez-vous pas avec impatience depuis des mois... comme le Père Noël ? Eh bien, vous voilà exaucés et, avantage non-négligeable, pas besoin d'aller trifouiller sous le sapin et se planter des aiguilles dans les doigts pour profiter de ce cadeau, ni de devoir aller remercier Tante Gilberte qui pique toujours un peu et exhale une curieuse odeur de vin chaud et de pastilles pour l'haleine (et parvient à quand même puer de la gueule), ni de vous infliger une énième bûche dégoûlinante de crème au beurre... Bref c'est Noël avec rien que des avantages !!!

Pour ceux qui n'étaient pas là cet été, ce jeu consiste à inventer un pitch à partir de quelques éléments imposés, en étant le plus original possible (interdiction formelle de copier une série déjà existante !). Vous pouvez soumettre autant de Pitchenettes que vous le souhaitez, mais une seule survivra ! (les autres ne se feront pas couper la tête, promis)

Voilà donc les ingrédients de cette Pitchenette hors saison :
- il s'agit d'une mini-série
- ça se passe à Noël
- il n'y a ni magie ni élément fantastique d'aucune espèce

Les résultats de cette Pitchenette hivernale seront donnés le 2 janvier, avec, à la clé, un cookie spécial Noël ! Vous avez donc le temps de réveillonner joyeusement ET de concourir...
Joyeux Noël à tous !

4 décembre 2008

Pour plus de posts sur ladytelephagy, faites le 1

Préambule : ladytelephagy, c'est le nom du blog, les petits. Pas de l'auteur. Nan je précise parce qu'en plus à force, les requêtes, là, c'est limite trop facile. Vous ne prenez aucun risque. Comme celui de tomber sur un skyblog, par exemple.

- "ladytelephagy est mon rendez-vous quotidien préféré"
Je sens qu'il y a des gens qui ont pris goût aux posts quotidiens en novembre... Mais bon, quotidien, quotidien... allez, bien parce que c'est vous, j'vais voir c'que j'peux faire. Après, je garantis pas la qualité, du coup. Forcément. Tiens, la preuve.

- "dis ladytelephagy : qu'est-ce qu'on regarde ce soir ?"
Eh bien, on est jeudi et je n'ai pas Canal+ pour regarder Pushing Daisies... C'est donc le jour de la non-fiction avec Envoyé Spécial. Ou alors c'est jour de DVD, c'est selon. D'façons moi je serai pas rentrée pour 21h, et je dois emballer mes cadeaux de Noël, donc ça va être vite vu.

PS : belle brochette de lèche-bottes...

- "brenda farcis"
Mince alors, c'est contagieux. Mon conseil : gratinez à la mozzarella, c'est plus fondant que le parmesan.

- "l'affectif dans les série télé"
Les gars, eh, les gars ! J'ai trouvé un téléphage intelligent ! Pistez son IP, il est peut-être des nôtres et il ne le sait pas encore !!!

- "acteur de cinéma a quoi sert ce metier"
A rien, c'était pour faire avancer le Schimilimilibimliibili...

Avec des posts de cette qualité, pas étonnant que ladytelephagy soit votre blog préféré. A tous les quatre. Quand on pense que depuis presque trois semaines j'ai triplé mes visites et ce sont toujours les mêmes qui causent...

18 novembre 2008

Réapprendre à finir

Vous le savez, je ne suis pas très "cinéma". J'ai un mal fou à tenir devant une même histoire pendant une heure trente (ou pire, pendant deux ou trois heures). J'ai besoin de changement, de diversité, de versatilité même.
On arguera que je peux faire des orgies avec une seule série et m'envoyer plus de deux saisons de Brothers & Sisters en moins d'un mois, et c'est vrai ; mais c'est pas pareil. La structure d'une série fait qu'on a une impression de rupture entre deux épisodes, qu'on peut souffler, et ça, ça n'existe pas dans un film. J'ai même souvent l'impression qu'on essaye de nous emprisonner dans l'histoire pour être bien certains qu'on ne va pas penser à autre chose pendant le temps que dure le film.
Or c'est précisément la raison pour laquelle 45mn, c'est bien, et 45mn avec une pause pub ou deux, c'est encore mieux.

Du coup, je regarde en moyenne deux à trois films par an (parfois quatre, si on compte les téléfilms !). Je le confesse sans grande honte, il y a beaucoup de films que je n'ai pas vus, et que beaucoup considèrent comme des classiques. Je connais les pitches de la plupart des films dont on me parle, et souvent le casting, aussi. Je peux tenir une conversation sur le cinéma et faire illusion... mais j'en ai vu très peu, au final. De temps à autres j'en vois un dont tout le monde m'a parlé pendant des mois voire des années, et je me dis "tiens bon, ma grande, ce sont deux heures un peu usantes à passer, en échange de quoi tu mourras moins bête". Exemple : l'hiver dernier, j'ai découvert The Eternal Sunshine of the Spotless Mind. Jusqu'à ce que je m'endorme, disons.

Il y a aussi quelques films que j'aime bien, je ne dis pas que ce sont les meilleurs au monde, je ne me permettrais pas, mais en tous cas je les regarde (et parfois les re-regarde) avec plaisir. Je n'ose même pas vous dire les titres, tellement la plupart des cinéphiles se moqueraient de moi... En général, les films que j'apprécie n'ont d'ailleurs rien, mais alors rien à voir avec les séries que j'aime. Comme quoi ce sont vraiment deux mondes à part...
Bon, ce n'est pas de mon adoration pour Sh... euh, les films de merde, dont je voulais parler aujourd'hui.

Il y a quelques temps, je vous faisais un post sur la personne de Lee Pace, parce que, chose miraculeuse, j'avais regardé plusieurs films/téléfilms avec lui, et j'étais encore en vie cérébralement pour en parler. L'occasion était trop belle et comme en plus l'acteur avait su m'impressionner...
C'est en voulant préparer un nouvel article de cette même rubrique que je me suis retrouvée à regarder d'autres films. Je ne sais pas si vous vous rendez compte, quand même... trois nouveaux films ! Vous saurez autour de qui ça tournait en temps utile, ne vous inquiétez pas.

Et je crois qu'en tant que téléphage, regarder des films me sert, en quelque sorte, de rééducation.
Parce qu'à force de regarder des séries, on perd de vue quelque chose... LA FIN. Toutes les bonnes choses ont une fin et, quand on suit des séries sur plusieurs années, on en vient à l'oublier, on a l'impression que les choses seront, en quelque sorte, éternelles. Ou alors, quand une série se termine, c'est souvent dans des conditions tragiques qui font qu'il n'y a pas vraiment de fin, juste une interruption définitive de programme.
Mais un film est construit pour avoir un début et une fin (duh ?!), dés le début, et ça a quelque chose de fascinant, quelque part, de savoir que le scénario sait vraiment où il va ; du moins faut-il le souhaiter parce que là, on travaille sans filet, on ne peut pas se rattraper à l'épisode suivant...
Enfin, sauf s'il y a une suite, comme c'est la mode depuis quelques temps.

D'ailleurs c'est tellement plus facile pour moi de suivre un film avec une suite ! J'aime retrouver les personnages un peu plus tard, voir comment les acteurs ont su se glisser à nouveau dans le rôle, comment la continuité a été gérée par le scénario. Je crois aussi, tout simplement, que j'ai du mal à laisser partir les personnages.
Quand on est téléphage, on ne sait pas forcément comment dire "adieu".

14 novembre 2008

Une semaine de boulot

Dans ce que nous dit SeriesLive sur Pushing Daisies, hélas, pas grand'chose de nouveau. Hélas...
...si ce n'est qu'on y apprend que le tournage s'est achevé jeudi !

Et je ne sais pas pour vous, mais je trouve cette idée simplement magique. De savoir quand les séries se tournent.
Quand je lis "le tournage du treizième épisode de Pushing Daisies s'est terminé ce jeudi", tout de suite me vient à l'esprit l'image du plateau du Piehole, avec les techniciens qui rangent leurs câbles, Lee Pace qui effondre son mètre quatre-vingt douze sur une chaise et Kristin Chenoweth qui se masse les pieds douloureusement torturés par des chaussures à talons gisant à ses côtés. Tout de suite. C'est clair dans mon esprit. Comme si j'y étais.

La simple idée de savoir quand se déroulent les tournages, quand ils se finissent, je trouve ça juste magique. Imaginer (sans grand effort en ce qui me concerne) les acteurs au travail, ou en train de prendre une pause, ou se dire au revoir le temps d'un hiatus pour s'aérer la tête avec de nouveaux projets, c'est juste merveilleux à imaginer.

Quand on regarde des séries, on ne sait au juste pas trop quand l'épisode qu'on regarde, ou le dernier en date qu'on a vu, a été tourné. On en a une vague idée, au mieux. On devine bien que, vu ce qu'on sait, la saison a commencé à être tournée à tel moment, ou tel autre, et puis quand la saison est interrompue comme l'an dernier, évidemment on le sait aussi. Mais globalement, on reste dans une certaine distance vis-à-vis de ça. Comme si ça tuait la magie. Moi je trouve que ça en ajoute, que l'idée que le casting de telle ou telle de mes séries favorites bosse en même temps que moi, ça a quelque chose de motivant.

Ça ajoute une forme de proximité de se dire qu'on sait qui fait quoi. Ca ajoute une forme d'intimité. Se dire que pendant que je me tapais le dossier de lundi matin (et je me le suis tapé jusqu'à 20h30, ce soir), eh bien, il se tournait une scène, ça a quelque chose de terriblement proche. Une sorte de domestication.

Bonnes vacances Lee, bonnes vacances Anna, bonnes vacances Kristin, bonnes vacances Chi, et bien-sûr, bonnes vacances Bryan.
Car oui, ce ne peuvent être que des vacances.

Zavez signé ? Un petit autographe, s'il-vous-plait.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Pushing Daisies de SeriesLive.

6 juin 2008

Je sais ce que je vais regarder cet été, moi !

Miam.

Un sujet fort, de grandes possibilités dramatiques, un trailer qui donne envie même si à mon avis faut peaufiner un peu côté qualité sonore (et pourtant Dieu sait que je ne suis pas regardante), et... Grace Paaaaaark ! Hiiii !!!

Ahem. Pardon. Je... je sais pas si vous aviez remarqué, mais j'l'aime bien, Grace Park. Et là elle m'a l'air carrément en beauté... ce qui est bon signe parce que quand on voit le joli brin de fille que c'est !

Bon, bah plus qu'un large mois à attendre. Je me sens comme un lion en cage, subitement...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Cleaner de SeriesLive.

16 octobre 2008

Hiii !

Au beau milieu de la nuit, dans l'obscurité quasi-totale d'une grande ville, un cri retentit, court, aigu, mais presque hystérique. Nonchalant, un chat qui somnolait par là lève la tête, les yeux mi-clos par le sommeil, avant de reposer, d'un air blasé, sa tête sur le flanc de son voisin.

En s'approchant de l'origine du cri, on aborde un immeuble sis au pied d'une voie ferrée, carré et austère, sombre du peu de lumière qui ne filtre que par une fenêtre, située à un étage élevé. Il s'agit d'une lumière bleutée, éclairant une petite pièce qui sent bon le nem à la crevette et le lychee. Une jeune femme, dos à la porte, est assise devant un écran d'ordinateur, et fait fébrilement rouler la molette de sa souris. Sur l'écran défilent des images qui auraient certainement un sens si la video n'était pas en vitesse accélérée, tandis que le coeur de la jeune inconnue palpite. Son attention toute entière est focalisée sur les images, et son regard scrute l'écran avec avidité et curiosité, comme en quête d'un détail vital.

Ah, on dirait qu'un autre son va se produire, tendons l'oreille...

"Hiii ! Kevin Kilner est dans la première saison de Cashmere Mafia !!!"

Ah oui, c'est bien ce que je soupçonnais ; lady vient de plonger le nez dans ses archives. Et ça l'a rajeunie de 10 ans !

7 mai 2008

Si vous ne savez pas quoi faire ce soir

Je vous propose de découvrir une nouvelle série dont le pilote est diffusé ce soir : Dr House !!!

?!

Attendez, cette série n'a-t-elle pas commencé à être diffusée depuis plus d'un an ? N'en ai-je pas vu, pffiuuu, au moins, une bonne moitié ? (ouais, point trop n'en faut) Mais si, mais si, mes amis, mais la raison est simple : un an, deux mois et 6 jours après notre rupture, TF1 a décidé de me prendre par les sentiments.

BAH CA PREND PAS !
Sans blague, comme si c'était si facile de réparer tout le mal qui a été fait simplement en diffusant un petit pilo...
...pil...

Bon, c'est vrai aussi que c'est pas bon pour les nerfs de rester en colère trop longtemps. J'augmente mon risque de contracter une maladie cardio-vasculaire plus tard, et Dieu sait que je ne veux pas en arriver là, je risquerais de tomber entre les mains du Dr House.
Donc euh, ok, juste une fois, parce que c'est un pilote et que je ne sais pas résister à un pilote, de surcroît en prime.

Mais ça ne marchera qu'une fois, vu ?!

Et pour tous ceux qui manquent cruellement de culture (ah dans votre genre, vous n'êtes pas futé, hein ! réussir à y échapper tient de la gageure !) : la fiche Dr House de SeriesLive.

28 septembre 2008

Wo-oh, ce serait le bonheur...

Depuis que je fais de la place dans mon chez moi informatique, j'ai à nouveau la possibilité de cagouler en masse des séries que, pour de strictes questions de place, j'avais dû mettre entre parenthèses. Eh oui, parfois, tout téléphage que l'on soit, on est bien obligé de faire des priorités.
Du coup je redécouvre le charme d'une série que j'avais aimée, mais que j'avais dû laisser de côté : Brothers & Sisters.

Donc oui, je le savais déjà, mais j'adore cette série.
J'adore qu'il n'y ait aucun maillon faible dans le cast. J'adore que la série soit si engagée. J'adore qu'elle soit capable de regarder derrière son épaule pour voir les traumatismes du 11 septembre. J'adore que Rob Lowe y ait posé ses valises. J'adore le duo Kitty/Nora qui fait des étincelles. J'adore le personnage de Justin qui est impossible à aimer, mais impossible à détester. J'adore la relation détonante que la maîtresse du patriarche développe avec la famille. J'adore que les personnages nous offrent chacun la possibilité de suivre un bout de leur vie professionnelle. J'adore que la série s'offre le plus loufoque comme le plus dramatique en un même épisode. J'adore, j'adore, j'adore.

C'est juste que quand j'ai découvert la série il y a deux ans, ce n'était simplement pas le bon moment. Mais là ça y est, je suis prête, balancez toute la famille, il y a de la place dans mon disque dur et dans mon coeur, de la place pour tout le monde, de Paige la petite diabétique à Kevin l'avocat trop tendu, je les veux tous, pendant des heures et des heures.

J'adooooore, j'adore plus que tout, la perspective de voir se développer une famille pendant des saisons et des saisons, voir les pièces rapportées s'intégrer, les enfants grandir, d'autres pièces rapportées s'intégrer, et ainsi de suite encore et encore, créant une dynastie familiale où chacun aura eu sa place, aura eu son moment, aura dû s'éclipser.
Je ne trouve jamais de séries dramatiques satisfaisant durablement mon obsession (quasi-malsaine) pour les familles qui évoluent dans le temps. J'espère que Brothers & Sisters me donnera cela, et je soupçonne que c'est aussi pour ça que j'ai laissé cette série se mettre en retrait : pour qu'elle ait déjà du bagage en arrivant.

Car je dois l'avouer, si je ne me suis pas secoué les puces plus tôt, c'est aussi parce que je sais que j'ai deux saisons à rattraper, et une troisième qui ne va pas tarder, et que c'est une vraie réjouissance que de se dire que j'ai déjà beaucoup, beaucoup à voir, avant d'en arriver au stade où il faudra attendre chaque semaine l'épisode suivant. Je ne suis vraiment pas d'humeur à ronger mon frein et à progresser lentement. Je sais que ça fait aussi partie du charme, et j'y viendrai de toutes façons quand j'aurai épuisé mes réserves, mais là, non. C'est aussi pour ça que j'aime bien regarder les séries quand elles sont finies : je peux me faire des intégrales en quelques semaines.

Je ne veux pas attendre ! (euh, non, attendez, ça c'est une autre série...)

Et pourtant je sais, je sais que la patience est une vertu en matière de séries, et il y en a plein pour lesquelles l'attente n'est pas insurmontable, mais pour Brothers & Sisters, non, rien à faire, je ne veux pas.
C'est peut-être pour ça que j'attendais. Eh bien, c'est bien vrai ce qu'on dit : l'attente rend les choses meilleures. Et j'ai bien l'intention de me régaler sans modération !
Si je voulais être quelqu'un de modéré, je ne serais pas téléphage, pour commencer...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Brothers & Sisters de SeriesLive.

26 août 2008

I'm a survivor

Si Reba était de la morphine, en ce moment je planerais complètement. Pendant mes rangements récents, je suis en effet retombée sur la saison 3... et, vous comprenez, comme je ne me rappelais plus trop à quel épisode je m'étais arrêtée, j'ai préféré, par sécurité, me l'enfiler intégralement. Une fois cette précaution prise et ma mémoire rafraîchie, j'ai évidemment embrayé sur la saison 4. Et c'est là que je suis devenue un peu monomaniaque, je dois dire.

J'ai commencé par ressortir le best of de Reba McEntire « I'm a survivor » que j'avais cagoulé lorsque j'avais découvert la série, et dans la foulée je me suis mise à jour sur la discographie de Reba, avec notamment Every Other Weekend qui tourne en boucle depuis hier, puisqu'il s'avère qu'en plus je suis à l'occasion une amatrice de country. Mais bon, c'est pas pour ça que vous êtes là, pas vrai ?

Bref, depuis environ une semaine, Reba me satisfait télévisuellement, musicalement... si en plus elle pouvait me préparer des milk shakes à la fraise dans ma cuisine, je l'épouserais (parce qu'en plus elle est rousse, ce qui n'arrange rien à mon obsession).

Je cagoule donc la saison 4 (même pas honte) par couple de deux épisodes, et comme je suis en pleine fringale, j'ai même ressorti mes épisodes de la saison 2 pour m'occuper en attendant (disons qu'au départ je cherchais la saison 1 pour tout reprendre depuis le début, mais j'ai pas réussi à remettre la main dessus ; ne vous inquiétez pas, je n'abandonne pas).
C'est marrant que, pas loin d'un an et demi après avoir découvert la série (j'avais arrêté pour de bêtes raisons de place), je me retrouve à présent dans une telle frénésie. Comme au premier jour, en fait... mais avec plein de place cette fois !!!  Merci moua pour ce rangement !

Ce qui me plaît dans cette charmante série (ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit : elle ne révolutionnera pas la télévision ; c'est juste mon obsession du moment, pas une révélation), outre essayer d'imiter l'accent de Reba McEntire, par exemple quand elle prononce « Cheyenne » (oui ça me fait marrer, mais qu'est-ce que j'y peux si je m'amuse d'un rien ?), ce sont les personnages foufous comme Barbara Jean et Van, associés au côté finalement assez tendu, émotionnellement, de la série.

La saison 1 a établi les bases, comme il se doit : Reba, qui jusque là se pensait heureuse en ménage comme en famille, a appris que son mari Brock la plaquait pour son assistante Barbara Jean après l'avoir mise enceinte ; pendant ce temps, sa fille Cheyenne, folle amoureuse de son crétin de copain Van, lui a annoncé être enceinte. Ouch. Le réajustement n'a pas été facile, mais en saison 2, déjà, un certain équilibre s'était installé. Certes, l'animosité de Reba envers Barbara Jean n'était un secret pour personne, et source de répliques... assassines, mais la cohabitation (puisque le couple s'est installé à deux portes de la maison familiale) se passait relativement bien, et Cheyenne et Van commençaient à prendre un peu de plomb dans le crâne, devenant des parents responsables, ou à peu près. Le vrai évènement perturbateur de cette saison a surtout été la rébellion de Kyra, partie vivre avec Brock et BJ (encore une douloureuse scission pour Reba, mais elle a géré).

Mais avec la saison 3, qui a vu le couple Brock/Barbara Jean prendre l'eau, et la saison 4 où ces deux-là tentent la réconciliation maladroitement, pendant que Cheyenne et Van commencent à manquer d'air, je n'arrive cependant pas à me dire qu'il ne s'agit que d'une comédie. Les saisons passées ont su tisser une réelle tendresse avec tout ce petit monde, qui fait qu'on ne se contente pas de trouver ça drôle. Non, évidemment, ce n'est pas une série dramatique, et d'ailleurs sans les gags ça manquerait aussi de charme, mais... les relations fonctionnent parfaitement, elles sont écrites avec beaucoup de crédibilité. Elles se développent sur le long terme, lentement, s'étiolent ou se tissent, mais elles restent compréhensibles, elles n'ont presque pas l'air d'être des ressorts scénaristiques. Ce ne sont pas des prétextes pour caser des blagues, c'est un ensemble cohérent. Un peu comme la vraie vie, mais avec un dialoguiste.

Au point où j'en suis, l'épisode le plus intéressant de la saison 4 est celui où Barbara Jean pousse Reba à aller voir le thérapeute qui s'occupe de rabibocher BJ et Brock. Alors que Barbara Jean s'était montrée plus ou moins réticente aux incursions involontaires de Reba dans son couple, c'est déjà un départ intéressant... quant à Reba n'en parlons pas, elle n'a cessé d'essayer de se dégager de la relation la liant à Brock depuis qu'à la fin de la saison 3, il lui a confessé qu'il pensait que la quitter pour BJ avait peut-être été une erreur (comment ça, « peut-être ? »). Mais, en apprenant que BJ et Brock la tiennent pour responsable de l'échec de leur couple (un comble), et surtout qu'ils y sont encouragés par leur psy, Reba se rend chez celui-ci folle de rage et prête à mettre les points sur les « i ». C'est là que l'épisode glisse de la structure habituelle avec délice.

Depuis des semaines qu'elle encourageait son ex-mari à se réconcilier avec sa seconde épouse, soudain Reba exprime des choses qu'on n'avait pas du tout perçues, du moins certainement pas aussi franchement (quand elle s'était énervée après la révélation de Brock, on se doutait bien qu'elle avait été touchée, mais elle n'en avait rien laissé paraître). Tout dérape, Reba montre des signes de faiblesses, et l'épisode met le doigt sur l'ambigüité de la situation : ce n'est pas si simple de vivre à deux pas de chez son ex et sa nouvelle femme. On comprend mieux pourquoi elle ne semble pas faire d'effort pour faire de nouvelles rencontres : l'omniprésence de Brock l'en empêche.

En véritable furie, volcanique de colère, Reba montre en fait à quel point elle est terrifiée à la fois à l'idée d'avancer et de revenir en arrière. Jusque là, elle avait fait de grands progrès, se montrant moins psychorigide que pendant la première saison, plus ouverte, plus calme (ça se voyait même au niveau de son look, il suffit de regarder son vilain tailleur strict dans le pilote)... mais on la sent bel et bien torturée par la situation. Etant une psychorigide moi-même, je la comprends bien : depuis que Brock a commencé à subir sa crise de la quarantaine (la seconde, selon Reba, puisque la première c'était de la quitter... « tu n'as droit qu'à une seule ! »), la famille avec toutes ses pièces rapportées vit dans le flou ! A commencer par Kyra qui en fait les frais en première ligne. Et ça, l'instinct protecteur de Reba surdéveloppé a forcément encore plus de mal à l'admettre !

Et ce que j'aime avec ce personnage, c'est sa façon de couvrir son trouble par une tempête colérique. Au final, l'épisode permet simplement de poser les choses à plat, et de terminer de remettre Brock sur les rails, sans prêter à autre conséquence (j'imagine assez bien la réaction de Barbara Jean dans le cas contraire !). Mais on comprend bien que les liens entre ex-époux sont plus complexes qu'il n'y parait (et je ne dis pas ça que parce que je regarde le clip de Every Other Weekend en boucle, promis !). Reste que l'épisode a permis au personnage de Reba de gagner en profondeur, avec en prime une excellente scène (où cette chiffe molle de Patrick Duffy fait tâche, mon Dieu, il est encore plus énervant en VO avec sa voix de fausset) finement écrite, loin des poncifs de la comédie, bref comme je les aime.

Heureusement, dés l'épisode suivant, les loufoqueries de Barbara Jean, les moues improbables de Van, la blondeur de Cheyenne et le cynisme perfide de Kyra ont repris de plus belle. Ouf ! Ca reste quand même l'intérêt d'un sitcom... pourvu qu'il y ait encore de la place pour un peu de crise de temps à autres. Mais, vu le méchant spoiler que je me suis pris en me renseignant sur les DVD de la série (bah oui, ya pas que le cagoulage dans la vie), et ne serait-ce qu'au vu de la tournure que prennent les choses pour Van, je ne me fais pas de soucis.

Et aujourd'hui, comme mot de la fin, j'ai envie de vous donner DEUX liens et non pas un :
Pour ceux qui manquent cruellement de culture télévisuelle : la fiche Reba de SeriesLive.
Pour ceux qui manquent cruellement de culture musicale : le clip de Every Other Weekend de Reba McEntire (en duo avec Kenny Chesney), où jouent deux des acteurs de Reba (mais, je l'espère, sans rapport avec la série... pourvu que je ne me sois pas pris un gros spoiler avec cette video !!!)

7 juin 2007

La démission du révérend Camden

D'accord, des guily pleasures où les larmes sont bradées et les rires sont bon marché, j'en ai des tas dans mes réserves, et j'en ai déjà abordés quelques uns ici, mais je n'avais pas encore osé lever le voile sur une de mes pêchés mignons : 7 à la Maison.

Pour ceux qui ne savent pas, 7 à la Maison est l'histoire de deux américains très moyens sûrs de leurs valeurs inébranlables ou presque, et qui décident d'élever un cheptel d'enfants très politiquement corrects qui assureront la survie de concepts aussi ineptes qu'archaïques. Ils commencent la série avec 5 enfants, mais comme les acteurs qui jouent les gosses, et qui grandissent, hélas, en ont vite marre de se faire bourrer le mou par leurs aînés, nos deux éleveurs conçoivent une nouvelle portée amenée à permettre aux mêmes intrigues de se reproduire avec quelques saisons d'intervalle. Le public de cette série-là ayant très peu de mémoire, ou la bonne grâce de faire semblant. Comme moi !

Bref, 7 à la Maison, c'est un peu une photographie d'un monde qui vit hors du monde mais qui essaye vraiment de faire ce qu'il peut pour croire, mais croire très fort, que vraiment, ils comprennent les problèmes de ce même monde, et qu'il y a de fortes chances pour que leur solution permette à chacun d'y vivre mieux. Alors que, répétons-le, ils ne connaissent pas le monde tel qu'il est, car le leur est infiniment aspetisé, et naturellement, stéréotypé à l'extrême. Parfois on se demande même si les scénaristes (un bien grand mot vu la teneur de certains épisodes, ne parlons même pas de bon nombre de dialogues) ne sont pas en train de se moquer de nous. Il m'est arrivé plusieurs fois de me dire "la vision à long terme de 7 à la Maison, c'est de démontrer que ces valeurs-là, elles ne tiennent pas dans la réalité telle qu'elle est, et au final ils vont céder". Mais force est de constater qu'avec les années, 7 à la Maison a tenu bon et n'a pas renié ses beaux principes, s'attachant, encore et toujours, à nous dire qu'avec une bonne dose de foi et en demandant conseil au révérend Camden, tout peut toujours s'arranger au plus près du politiquement correct.

Sauf que non.

Je n'avais pas regardé la série depuis quelques saisons, mais il y a trois semaines, je suis tombée sur la diffusion de TF1 qui, si j'en crois SeriesLive, est la saison 10. Que je regarde encore de temps à autres, parce que ça faisait un bail (je ne m'apesantirai pas sur les raisons qui font qu'une personne ayant tout de même un peu d'estime pour elle-même finisse par regarder assidûment les saisons 1 à 5 de cette série, ce serait revenir sur des années de thérapie qui m'ont permis d'occulter ce lourd passage de ma vie), et que quelque chose a attiré mon attention lorsque j'y ai glissé un oeil amusé il y a donc trois semaines environ.

Dans cet épisode, Ruthie était confrontée à une dure réalité (normal, c'est la structure régulière de cette série) : l'une de ses camarades ne mangeait pas à sa faim. Je vous épargne la scène en plan-séquence où plusieurs élèves du lycée de Ruthie expliquent sur un ton presque documentaire qu'eux non plus n'ont pas à manger et les conséquences que cela a sur leur vie d'ado (c'est dans ces cas-là qu'on regrette de n'avoir pas préparé de pop corn), je passe directement à la scène finale, que dis-je, le feu d'artifice final, où Ruthie, 16 ans et toujours le rôle de la gamine qui sait rien de la vie (rappelons quand même qu'à une époque elle allait dans une classe pour enfants très doués, mais bon, infantiliser c'est toujours de bon ton dans ce genre de séries bien-pensantes), demande à son père avec ses yeux de cockers (mais comme elle a 16 ans, c'est un cocker maquillé comme une voiture volée) : mais comment se fait-il qu'il y ait tant de gens qui aient faim alors que nous vivons dans un pays si riche ? Son révérend de père de lui expliquer : eh bien, oui, mais le monde est mal fait, ce n'est pas simple. Ruthie récidive : mais comment aider tous ces gens ? Papa révérend rétorque : eh bien, c'est difficile de les aider, tu comprends, parce qu'ils ont honte et qu'ils ne veulent pas que ça se sache et donc ils ne veulent pas qu'on les aide, alors tout ce qu'on peut faire c'est prier pour eux et espérer qu'un jour les choses soient plus faciles... (j'ai évité les guillemets car évidemment je ne me suis pas encombrée le cerveau avec les vraies répliques). Bref, frappée de stupeur, j'essaye d'assimiler ce que papa Camden vient d'expliquer à Ruthie : que les gens pauvres ne veulent pas qu'on les aide (bon alors je veux bien que l'assistanat aux States et en France ne soit pas du tout vu de la même façon m'enfin, ne pas vouloir être aidé, c'est pas pareil que d'avoir honte !), et que tout ce qu'on peut faire pour eux, tenez-vous bien, c'est prier ! Rien d'autre ! Peut-être un jour mais là, non, on reste tranquillement à la maison et on attend que les choses changent ! Je ne sais pas moi, que la faim dans le monde, ça n'existe plus. Voilà, c'est tout. C'est simple en définitive !

J'étais sciée. Le révérend Camden venait de déclarer forfait. Trop d'années dans son bureau mal éclairé avaient eu raison de son éternelle bonne volonté, sa croyance qu'on (enfin, surtout lui) peut toujours faire le bien, améliorer la vie des gens... C'était quand même pour cette même dose culottée d'espoir inébranlable que je regardais cette série ! Mais là non, le révérend Camden a rendu les armes. Mais bon, la journée avait été dure (vous avez peut-être remarqué que ces derniers temps, il ne se passe pas un épisode sans que la journée n'ait été dure ? Il vieillit ce pauvre homme) alors admettons.

Hier, je me cale les fesses devant un autre épisode, dans l'espoir de recevoir ma dose de pensées exagérément positives du jour. Hélas, encore une fois, chou blanc. Au menu du jour, un mari épouvantablement volage, un lycéen bientôt père indigne, et un enfant illégitime au bord du suicide.

Procédons par ordre : le mari épouvantablement volage, c'est le mari de Lucy (ne m'obligez pas à retenir aussi lesp rénoms des pièces rapportées), ex-flic devenu père au foyer après s'être traumatisé lui-même en se servant de son arme. Le gentil pôpa va aux réunions de mamans pendant que sa belle travaille à l'eglise avec son père (elle ambitionne en effet de devenir révérend elle aussi... c'est bizarre, papa Camden n'est jamais à l'eglise, il fait en moyenne deux offices par saison, ya déjà à peine du oublot pour un alors pour deux... mais admettons). Bien-sûr Lucy culpabilise comme une folle de ne pas passer plus de temps avec son bout de chou de fille (après tout sa propre mère à elle n'a jamais rien eu d'autre dans sa vie que ses gosses... je n'ai aucun souvenir qu'on lui ait expliqué un jour ou l'autre qu'il existait une alternative et qu'on pouvait être une bonne mère ET travailler). Et comme elle a un caractère de cochon, hypra-jaloux, depuis toujours, elle préfèrerait aussi ne pas être par monts et par vaux toute la journée et garder un oeil sur son mari. Mari qui, eh, c'est un Camden par alliance, aime bien aider son prochain, et là il a eu pitié d'une mère célibataire et donc ils promènent leurs enfants ensemble, et il lui prodigue quelques conseils parce que, bah, elle, elle travaille, donc elle ne sait pas s'y prendre avec son propre gosse. Mais Lucy est bien-entendu furibarde après son mari parce qu'il voit une femme célibataire, et qu'appremment, il compte remettre ça. Furieux, le mari claque la porte (à la Camden) et s'en va demander conseil chez beau-papa révérend, comme tout le monde en cas de panne de cerveau. Et alors là, ya même pas débat : en une phrase, le révérend résoud son problème : tu vas t'excuser auprès de ta femme. Ah bon mais révérend, ai-je envie de dire, qu'en est-il du respect de la vie de chaque époux ? Ces épisodes où vous encouragiez votre propre femme à reprendre ses études et voir du monde en dépit de votre propre jalousie car vous voyiez bien que sans ça elle allait péter un câble ? Non ? Pas un mot à ce sujet ? Ah, bon.

Deuxième étape, l'adolescent qui va être papa. J'ai certainement loupé toutes les étapes pendant lesquelles il a reçu la leçon sur "pas de sexe avant le mariage" (dommage parce que ce running gag là est vraiment leur meilleur), pour en arriver directement au moment où il ne veut rien avoir à faire avec la maman ni le futur-bébé, et où, côté Camden, personne ne lui fait la leçon, en fait la seule qu'il aura viendra de son propre père qui lui dit juste de se comporter comme un homme et faire un choix, ce à quoi l'adolescent en chaleur répond à son père qu'il a été élevé par sa mère et qu'en fait de lui faire la leçon sur être père, son interlocuteur peut toujours parler. Après quoi le pater en question déclare forfait et se tire chez les Camden, panne sèche de matière grise j'imagine. Révérend Camden père et fille s'escriment, en parallèle, à avoir un entretien avec les parents de la future-maman (faut suivre), mais en quelques répliques cinglantes, ils font savoir qu'ils ne veulent rien avoir à faire avec leur fille, ni l'éventuel rejeton de cette dernière. Et que quand il naîtra, pas la peine de les déranger, ils s'en foutent. Papa et fifille Camden laissent faire. Mais enfin quoi ? Pas de réplique sur "vous allez passer à côté de votre propre petit-fils" ? Pas une phrase pour marquer l'importance fondamentale de la famille dans la vie ? Pas même une tentative, même ratée...? Rien ? Ah, bon.

Troisème étape, le summum de la démission. Le révérend Camden apprend qu'il a été conçu hors-mariage. Ce qui lui fout sa journée en l'air, et on le comprend, apprendre ça à 50 ans et de poussières, c'est rude, surtout quand on croît fermement à la chasteté jusqu'au mariage et qu'on s'est crevé ces 10 dernières années/saisons à faire appliquer ce principe à la lettre à sa progéniture (avec un succès plutôt relatif pour certains...). Mais plutôt que de mettre cette expérience au service des intrigues qui l'entourent (sans même parler de remettre en question ses convictions, faut pas rêver), tout au plus aura-t-on droit à une légère petite phrase sur la fin, à notre pauvre adolescent après tout, ya des tas de gens de par le monde qui ont des enfants sans sem arier, et ils ont l'air de ne pas s'en sortir si mal que ça, et ça donne des gens pas si mauvais. Quoi ? C'est tout ? Pas de prêche dans le sens du mariage malgré tout, pas une petite pichenette en direction du bon ordre moral, du bien-être de l'enfant, rien ? Ah, bon.

Mais alors, c'est bien ça, tout concorde. Le révérend Camden a laissé tomber. Ce n'est pas la série qui s'est tirée du politiquement correct, c'est juste le révérend Camden qui se rend. Ce type était de tous les combats ! Ce gars était là pour remettre toute sa marmaille et celle des voisins dans le droit chemin ! Et là quoi ? Et là plus rien. Il n'a plus de jus le pauvre révérend Camden.
Le monde a gagné. Et c'est finalement une victoire bien amère...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche 7 à la Maison de SeriesLive.

15 août 2008

L'important, c'est le chemin

"On sait comment ça finit !" me disait, il y a quelques jours, quelqu'un avec qui je parlais de Boston Justice.
Je crois en fait que la phrase complète était quelque chose comme "tous les épisodes sont pareils, on sait qu'il va gagner le procès à chaque fois, on sait comment ça finit !". De mémoire, hein. Mais vous saisissez l'idée générale.
Il était quelque chose comme 3h du matin, et je crois que mon argumentation s'est résumée à : "mais c'est pas ça l'important, l'important c'est pas s'il va gagner le procès, mais comment il va gagner le procès". Ce qui en soi n'était pas faux, évidemment, mais ce n'était que la partie émergée de l'iceberg.

En fait, ce dont nous parlions à cet instant, ce n'était pas vraiment de Boston Justice, non ça ce n'était qu'un prétexte ; le sujet c'est très certainement ce qui distingue le téléphile du cinéphile : la fin.

Quand on regarde une série télé, on ne la regarde pas pour la façon dont ça va finir ; l'essence-même du concept de série, c'est que ce n'est pas fini puisqu'un autre épisode viendra ensuite, puis un autre, et ainsi de suite. D'ailleurs dans 99% des cas, on ne sait même pas quand la série va finir. On sait quand la saison va finir, certes, mais on ne sait pas combien de saisons il reste (les créateurs n'en savent souvent rien eux-mêmes).
Et même quand on sait que c'est la dernière, ça ne veut pas dire que l'histoire va finir, juste la série. Et là encore ça fait une grande différence.

Et pourquoi regardons-nous tout de même quelque chose qui n'a pas de fin, ou seulement de façon très lointaine ?

Parce que l'important, c'est le chemin.

L'important c'est d'accompagner les personnages, s'attacher à eux, parfois s'en désolidariser, les voir évoluer, voir leur situation progresser... C'est voir aussi comment l'histoire va se développer, comment, d'un épisode à un autre, les choses vont progressivement changer, parfois en bien, parfois moins...
Le cinéphile regarde un film qui doit trouver une conclusion à tout cela en moins de deux heures. Le téléphile, lui, il a tout son temps, rien ne presse, la semaine prochaine, il y aura encore des choses qui se passeront, et la semaine suivante aussi ; l'essence-même de sa passion, c'est la patience, quelque part...
Quant au téléphage, lui, c'est pire, il voudrait que ça ne finisse jamais. Mais le téléphage, c'est un extrémiste de la zapette, un grand malade, comme je vous le démontre régulièrement.

On ne regarde pas une série télé pour savoir "comment ça finit". Soyons sincères, dans le fond des choses, il n'y a pas 36 000 façons pour que ça finisse. En gros, soit à la fin, tout le monde est heureux, soit à la fin, tout le monde n'est pas heureux. Pour schématiser. Le reste c'est de l'ordre du détail. De quelle façon ça finit ? En général, ça finit en nous laissant sur notre faim, de toutes façons (ah non, ça c'est juste parce que je suis téléphage, au temps pour moi).

Effectivement, sur l'axe du temps, un épisode a un début et une fin. Mais la vérité c'est que même pour les formula shows, cette fin n'est qu'éphémère, et nous le savons. Nous regardons l'épisode suivant en ayant de nouveaux éléments tout de même. La semaine dernière, Stabler s'est mis en rogne plus que d'habitude, il a dépassé les bornes, il a pété un câble... cette semaine on ne le voit pas tout-à-fait de la même façon (il est plus sexy en fait ! euh, pardon, c'est encore moi, ça). La semaine dernière, Sarah s'est prise d'affection pour une petite fille... cette semaine elle n'en parle pas, mais nous, nous avons le souvenir de cette expérience. Notre conception du personnage a changé. Un peu.
Ce qui compte, ce n'est pas comment l'épisode a fini, c'est ce qu'il s'y est passé. C'est la façon dont nous accompagnons le show, épisode après épisode, qui fait de nous des téléphiles plutôt que des cinéphiles.
Le concept-même de la série, ce n'est pas qu'il y ait un début et une fin, c'est que nous fassions le chemin avec les personnages, que nous suivions leurs quêtes, leurs déboires amoureux, et toutes les péripéties tordues auxquelles les scénaristes les soumettent, en bons sadiques qu'ils sont. Eux, ils écrivent l'histoire des personnages, et nous, nous écrivons une histoire avec ces personnages.

L'important, ce n'est donc, évidemment, ni de savoir la vérité après laquelle Mulder court, ni de savoir si Joey finira avec Dawson ou Pacey, ni de savoir si oui ou non Carrie va se marier avec Mr Big, ni de savoir si à un moment, ce fichu vieux va perdre l'un de ses procès...
Si vous voulez juste savoir ça, vous passez à côté de l'essentiel de l'expérience que peut vous procurer une série télé.

16 mai 2008

Je requiers la prison !

Et pour rester dans le ton du post précédent, petit post à charge, j'ai fait un tour dans les mots-clé et franchement, vous me désolez.

Déjà, faut voir ce que vous cherchez à télécharger : que des bouses ! Ensuite pour les autres zozios, je sais plus quoi penser de vous.

- zappeur pipe :
Je sais qu'un zappeur peut parfois prêter à confusion dans le noir, lorsque vous avez égaré votre vibro, mais là, faire une pipe à une télécommande, franchement... Enfin bon, sortez couverts.

- a ne pas regarder si vous avez peur des requins :
Yen a qui cherchent les emmerdes. Vous viendrez pas vous plaindre lorsque vous devrez consulter un psy.

- il y a qu a maté  :
De toute évidence, une autre activité exigerait par trop d'efforts à votre unique neurone.

- "patrick benoit" jeux video -zouk :
Tabernacle.

- profession de carrie dans sex and the city :
Ok, je sors pleurer. Vous êtes odieux.
Finalement, je préfèrais les suceurs de télécommandes.

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