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ladytelephagy
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24 juin 2009

Purple Days

...L'opération "éduquons SeriesLive sur la fiction japonaise" continue.
Gloire donc à Eske (que ses séries favorites soient renouvelées à l'infini) qui a mis en ligne ce soir les fiches suivantes :

- LIAR GAME
- Orange Days

D'Orange Days, je veux vous parler depuis un bon bout de temps. J'y viendrai lorsque j'aurai un moment, surtout maintenant que je sais que la curiosité de certains a été piquée quant à la télvision de l'archipel ! En tous cas patience, d'autres fiches sont encore à publier (et quand ce sera fait, d'autres seront envoyées... on n'en verra probablement jamais le bout et quelque part tant mieux).

En attendant n'hésitez pas à visiter les fiches en question, ainsi que les tags s'y rapportant...

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10 août 2009

Des mots sur l'indicible

Avec un peu d'obstination, quelques outils techniques et beaucoup de patience, j'ai fini par voir Aishiteru ~Kaiyou~, une série dont le pitch m'obsédait depuis des semaines, et plus important encore, voir le pilote avec une traduction. En général, quand un pitch est aussi appétissant, la série aussi difficile à trouver, et l'effort long et douloureux, on finit par s'apercevoir que ça n'en valait pas du tout la peine. Aishiteru ~Kaiyou~ est l'exception qui confirme la règle.

Je rappelle pour ceux qui ont la flemme de cliquer sur les tags (mais à leur place je ne m'en vanterais pas) que ce dorama, sorti ce printemps au Japon, suit la vie de deux familles qui doivent surmonter une terrible épreuve : le petit garçon de l'une a tué le petit garçon de l'autre. Inutile de vous dire qu'une histoire comme cella-là ne laisse aucune place à l'échec. Et il n'y en aura justement pas, autant tout de suite annoncer la couleur.

Si l'introduction du pilote, une fois de plus, sacrifie à un certain conventionnalisme dans la présentation des faits (c'est dommage, mais éphémère), le reste se montre d'une incroyable justesse. En toute honnêteté, je recommande tout simplement de zapper cette intro, elle n'apporte rien à personne. Je sais que normalement ça ne se fait pas, et d'ailleurs je ne dis pas ça souvent, mais ce serait certainement salvateur (un peu comme pour celle de The Quiz Show - il y aurait de toutes façons long à dire du pénible effet de flashback qu'utilisent de nombreuses séries de part et d'autre du Pacifique), vu que l'effet des passages suivants s'en trouve un peu amoindrit. Mais enfin bref, que vous commenciez par le prologue ou non, ce à quoi vous allez être confronté, c'est à deux vies épouvantablement normales.

On se lève, on fait partir les enfants à l'école, les parents partagent la lourde tâche d'éduquer et subvenir aux besoins du foyer, ont leurs amis, leur famille... tout est normal. Tout se passe comme n'importe où ailleurs. Les enfants sont adorables mais causent du soucis, les mamans sont gentilles et un peu possessives, les papas sont stoïques et un peu en retrait... Ce n'est pas parfait, c'est juste normal.

Et puis l'horrible se produit. L'un des petits garçons disparait. Et le pire c'est qu'il disparait de façon atrocement anodine. La maman s'inquiète. Les parents s'inquiètent. La famille s'inquiète. Et puis à un moment la police s'inquiète. Jusqu'à ce qu'on retrouve le petit corps plein de sang. C'est atroce, mais ça arrive. Le drame est entré dans l'une des familles et n'en ressortira plus. La soeur fait une crise de nerfs. La mère se sent coupable. Le père tente de tenir bon. La police est désemparée devant la douleur de la famille. Que voulez-vous dire ? Que voulez-vous faire ? De toutes façons, sans un mot, la mère a tout compris.

Les adultes s'inquiètent. On cherche le meurtrier d'un petit garçon. On emmène soi-même les enfants à l'école, on les incite à plus de prudence, on a le coeur serré lorsqu'ils sortent de la maison. Vous avez entendu parler du meurtre ? Il y a un monstre dehors, vous vous rendez compte ? Il faut trouver l'auteur d'un crime aussi odieux, pensez donc, un petit gosse de 7 ans... Heureusement qu'on a encore nos enfants, nous.
Et puis il s'avère, mais personne n'ose y croire, que le dernier à avoir vu la victime, c'est un autre petit garçon, qui n'a aucun mal à avouer ni à donner, résigné mais étonnamment lucide, l'emplacement des preuves qui peuvent l'incriminer. Il ne fait aucun doute que ce petit garçon est le tueur. Mais personne n'arrive à l'accepter.

La police semble hésiter à vraiment enclencher la procédure (l'interrogatoire est reporté sans problème). Les parents du petit tueur de 10 ans sont démunis. Ce ne peut pas être lui, dit la mère, c'est un bon garçon, ce n'est pas possible. C'est de ta faute, tu ne l'as pas assez surveillé, dit le père, on aurait mieux fait de ne pas l'avoir. C'est juste inconcevable pour les adultes. Un petit garçon vient de saboter toutes leurs certitudes.
Pourquoi a-t-il tué ce petit garçon ? La question n'est même pas là. Tous ces adultes habitués à voir les enfants comme l'innocence-même, à envisager que tout l'univers peut se ranger dans des petites boîtes bien propres, ne parviennent même pas à réfléchir aussi loin.

Chacune de ces scènes pleines de silences, de sous-entendus, de larmes, est d'une perfection assez incroyable. Tout le monde est désorienté à propos de ce meurtre, pour ce qu'il représente de totalement inconcevable. Le principe de réalité a pourtant bel et bien rattrapé la proprette petite société japonaise qui se plaît à vivre dans des maisons aux parquets cirés en pensant que ça les protège de l'indicible.
Sauf que ne pas mettre de mots sur le mal ne l'empêche pas de se produire.

Vous l'avez compris, je suis tombée sous le charme terrible de Aishiteru ~Kaiyou~, et j'ai hâte de voir la suite de cette autre exploration de l'inconnu. A côté, les astronautes de la semaine dernière, c'étaient des rigolos.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Aishiteru ~Kaiyou~ de SeriesLive.

21 juillet 2009

De l'eau bénite dans son vin de messe

Comme je ne suis, finalement, qu'une proportion très limitée des séries que je teste, je dois avouer qu'il y a plein de choses que j'ignore sur un grand nombre d'entre elles une fois que je les laisse vivre leur vie sans m'y attarder. Il y a celles dont, inévitablement, on entend parler, dont on sait quel rebondissement ou quelle nouveauté elles ont prévu d'apporter à leur ligne directrice, parce qu'un flot quasi-constant de sites, blogs, et magazines, s'en fait l'écho. Et puis il y a les autres.

Ce matin, sous la douche, un exemple. Les cheveux moussant dans le shampooing, je me suis demandé : "mais au fait, qu'est-ce qu'ils peuvent bien faire dans la saison 2 de The Secret Life of the American Teenager ?". Parce que dans la collection concept à la con qu'on ne voit pas durer plus d'une saison, ça se pose là. Il y a aussi ceux qui disent qu'on voit mal la série durer plus d'un épisode, mais je me refuse à entrer dans ce débat une fois de plus, tous mes arguments sont dans mes posts précédents sur le sujet.

Donc voilà, le pitch, c'était qu'une ado de 16 ans tombe enceinte et qu'il lui faudra gérer. Je crois qu'au bout d'une saison, on a déjà bien dû faire le tour des problèmes de la grossesse, quand même, non ? J'irai même jusqu'à avancer qu'à un moment, si on veut un tant soit peu de réalisme, il faut passer à l'étape suivante tôt ou tard. Donc question : combien de temps peut durer une série avec un pitch caduc en moins d'une saison . D'après mon expérience, plusieurs saisons, les exemples ont le malheur d'être multiple.

Je me doute bien qu'après une saine dose de "ouhlala, c'est pas bien, elle est enceinte à son âge", on va tomber dans le "ouhlala, c'est pas bien, elle a un enfant à son âge", ça semble en tous cas plutôt logique à moins d'un retournement de situation énormissime. Cette progression que j'imagine donc être inéluctable doit certainement s'accompagner de déchirants dilemmes sur le mode "dois-je voir mes amis ou rester à la maison pour torcher bébé ?", "comment avancer dans mon cursus scolaire avec un chiard à la maison ?" ou encore "les garçons, c'est hors de question, jamais plus jamais". J'imagine, hein.

Mais ce qui pique ma curiosité, c'est combien de temps une série avec un certain point de vue (et là encore, je me borne à constater qu'il y en a un, pas à le juger), avec une analyse conservatrice de la situation, peut durer. Combien de temps la petite ado va-t-elle être mise scénaristiquement dans la panade ? Il y a un moment où elle saura forcément gérer tout ça, où il faudra bien arrêter de chercher à en dire quelque chose. De toutes façons et pour commencer, la petite ado ne sera pas une ado éternellement. Elle quittera le lycée, se lancera dans la vie, et plus personne n'aura rien à carrer de l'âge auquel elle a eu son gosse.
D'ailleurs si ma boulimie de Reba, l'été dernier, m'a bien appris quelque chose, c'est que justement, on peut faire confiance à la vie pour transformer une fille-mère bien entourée en mère tout court. On ne peut pas trainer le boulet indéfiniment.

Donc, les doigts massant mon cuir chevelu sous la mousse, je me suis dit ce matin : peut-être que The Secret Life of the American Teenager va bientôt devoir réhabiliter son propre personnage principal, et montrer qu'à un moment, ce n'est plus crédible de mettre certains personnages dans la position du tort perpétuel. Passées les premières hésitations et le sentiment de catastrophe imminente, en fait, ce n'est pas si grave d'avoir un enfant tôt.
C'est vrai aussi que j'ai longtemps eu la croyance intime et profonde que le principe à long terme de 7 à la Maison, c'était que les Camden se rendraient compte tôt ou tard qu'ils avaient une vision tronquée du monde, donc bon... je suis sans doute une incurable optimiste sitôt qu'on parle de ces fictions qui n'appartiennent pas à mon mode de pensée. Je me dis qu'on ne peut pas persister dans la caricature indéfiniement et c'est sans doute faux.

Mais comme je ne regarde pas du tout The Secret Life of the American Teenager, je garde espoir. Oui, je pense toujours qu'avec le pitch qu'elle a choisi, cette série ne peut que succomber au principe de réalité.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Secret Life of the American Teenager de SeriesLive.

27 juin 2009

Sex & the City Hall

Me voilà confrontée à un nouveau cas de conscience : un drama coréen peut-il être rangé dans la catégorie Dorama Chick ? Je vais pas en dormir de la nuit...
Un peu dégoûtée de la fiction anglophone pour quelques heures, j'ai décidé de me tourner vers la solution de facilité : l'exotisme. Mais plutôt que de revenir une fois de plus à mes amours nippones, je me suis dit "tente le coup pour une série coréenne, ça te changera". D'ailleurs ce n'était pas juste une question de changement d'horizons mais aussi une petite expérience pour un post à venir. 'Verrez.
Des dramas coréens, jusqu'à aujourd'hui, je n'en avais vu aucun. Mais j'avais entendu parler de quelques uns d'entre eux et, ma priorité, c'était d'éviter les niaiseries romantiques à tout prix, ou alors à la condition que la série n'ait pas que cela à offrir. Mon choix s'est donc porté sur City Hall, un série empruntant à la fois à la comédie d'amuuuur, et à la série politique. Bah tant qu'à faire, hein.

Je ne m'attendais pas à trouver avec City Hall une version matin calme d'A la Maison Blanche, et c'est tant mieux car la finesse du second n'est guère présente dans le premier. Je dois dire que j'ai même levé un sourcil sceptique à plusieurs reprises et notamment devant une scène interminables aux relents scato. Oui, vous aussi, hein ? Et encore, moi, j'ai vu cette scène. Il me faudra vivre avec...

Cependant, je dois bien admettre que j'ai été surprise. Surprise parce que le portrait de la vie politique à la mairie d'Inju était dépeinte avec une certaine sagacité. D'une façon générale, les scènes touchant au monde politique ne sont pas dénuées de pertinence, comme l'excellente scène d'ouverture qui montre le déroulement d'une élection locale et qui est entrecoupée de citations particulièrement bien trouvées, et qui, si elles cassent un peu le rythme de l'intro, ont au moins le mérite de tout de suite démontrer que la politque est aussi boîteuse du côté des élus que des votants. Un propos qui a le mérite de l'honnêteté, nous évitant de tomber dans la caricature.
Les personnages qui hantent les couloirs de la mairie sont d'ailleurs un peu dans le même discours : il y a les pourris, les arrivistes, les intègres, et aussi ceux qui sont là non pas par conviction ou ambition, mais parce qu'il faut manger, et être fonctionnaire, c'est quand même bien confortable.

A ce titre, l'héroïne Shin Mi Rae est absolument délicieuse. La politique, elle n'en a rien de rien à faire. Si l'intro nous montre une jeune femme qui n'aime pas se décider entre deux options (politiques, mais aussi culinaires par exemple), on comprend bien vite que ça ne l'empêche absolument pas d'être une grande gueule, un peu à contre-courant, et pas tellement adepte du politiquement correct, c'est le cas de le dire. Mais on s'aperçoit aussi progressivement qu'elle n'est pas juste une chieuse, c'est simplement une nana avec un passé complexe qui a les pieds sur terre et ses propres problèmes, probablement un peu trop pour se préoccuper des magouilles politiques des uns et des autres. Une nana normale, quoi. Mais vraiment normale. Pas avec des travers charmants, non, des vrais défauts. C'était rafraîchissant.

City Hall n'est pas la série ultime que je recommanderai encore dans 5 ou 10 ans. Elle a des faiblesses assez difficiles à surmonter pour qui est habitué aux séries américaines, notamment au niveau rythme, par la multiplicité de personnages secondaires pour le moment particulièrement inutiles, sans compter que le pilote dure une heure avec des scènes parfois interminables (notamment celle qui est si grotesquement stupide que je cherche à l'effacer de ma mémoire). Mais il reste que cette plongée dans le monde de la politique coréenne, avec ses personnages tous plus imparfaits les uns que les autres, a quand même pas mal de charme. On pressent bien comment critique de la politique politicienne et comédie romantique vont se mêler, et les choses sont relativement prévisibles, mais ça n'en est pas moins agréable.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture coréenne : la fiche City Hall de SeriesLive.

20 mai 2009

C'est pas que je ne veux point, c'est que je ne peux point

Depuis quelques semaines, je guette une nouvelle série, arrivée sur les écrans de NTV ce printemps, et intitulée Aishiteru ~Kaiyou~ (qu'on pourrait traduire par Amour et pardon, par exemple, voire même mieux si on avait le talent qui me manque pour inventer des titres).
Pourquoi cette série-là plutôt qu'une autre ? Tout simplement pour le choix de son sujet : un petit garçon de 10 ans en a tué un autre de 7, et les familles des deux enfants vont devoir vivre avec ce drame. Vous êtes déjà en train de m'imaginer me frotter les mains ? Normal, ça veut juste dire que vous commencez à cerner mes goûts.

Le problème, c'est que cette série, même avec toute la bonne volonté du monde, je ne peux pas la regarder. Pourquoi ? Eh bien pour une bête question de sous-titres, puisque je ne parle pas japonais (ou alors comme une vache espagnole, ce qui est d'autant plus contrariant que je n'ai jamais étudié l'espagnol de ma vie). C'est là que je prends la mesure de ce que ce doit être pour les téléspectateurs non-anglophones que d'attendre désespérément qu'une bonne âme fournisse les sous-titres d'une série méconnue venue des States ou autre. Je ne me rends pas compte de ma chance parfois.

Ce genre de circonstances me fait réaliser aussi combien il est difficile et peu encouragé d'être curieux culturellement parlant. Vous voulez regarder des séries ? Ne vous contentez surtout que ce qui est diffusé et/ou distribué dans vos contrées. Tant pis pour vous si la série qui a piqué votre curiosité, ou le genre que vous préférez, n'a pas les honneurs des attentions françaises. Pire encore, sitôt qu'on sort des pays habituellement fournisseurs de fictions (USA, et dans une moindre mesure Canada, Royaume-Uni, Allemagne, et encore plus loin derrière l'Italie), circulez, ya rien à voir. Vous avez décidé de donner leur chance, ne serait-ce qu'une fois, aux séries issues de pays africains, arabes, slaves ou asiatiques, tant pis pour vous. On ne vous donnera pas la moindre aide en ce domaine. Vous mourrez idiot s'il le faut.

Il existe des moyens de trouver des dorama (pas tous hélas) sous-titrés à partir du japonais, du coréen... j'ai de gros doutes en ce qui concerne d'autres nations. Pourtant chaque pays ou presque a sa production nationale, mais rien à faire, vous ne parviendrez pas à mettre la main dessus, ou alors en n'en comprenant pas un mot (voir aussi : Arslaan). Voilà qui me met absolument hors de moi. Hors de ce qui est considéré comme rentable par les diffuseurs ou les distributeurs, point de salut. Et point de légalité non plus...

Je sais bien que la découverte de séries congolaises, danoises ou russes n'intéresse qu'une partie extrêmement marginale de la population, y compris de la population téléphagique. C'est tout aussi vrai pour le cinéma, la musique ou la littérature. Mais pour ceux qui n'ont pas les moyens commerciaux, il n'y a ni les moyens légaux ni mêmes les moyens illégaux, de faire des découvertes, d'élargir leurs horizons, de tâter un peu ce qui se passer ailleurs, prendre le pouls culturel de la planète, avec ce que cela pourrait apporter de captivant comme de pitoyable, ya pas de raison, mais au moins on se ferait une idée.

On ne peut évidemment pas reprocher aux teams de fansub de ne pas traduire TOUTES les séries nippones/coréennes/peu importe de la création. Si je prends l'exemple du Japon, cette ambition serait de toutes façons invivable puisque les séries sont conçues pour être courtes et remplacées environ à chaque trimestre par une nouveauté, les prolongations sur plusieurs saisons tenant plus de l'exception que de la règle.
Mais dans ce cas que reste-t-il ? Quelle est l'alternative de ceux qui n'ont pas une vision simpliste de la culture, qui ne veulent pas juste se contenter de ce qu'on leur jette comme de la viande à des chiens affamés, et qui sont curieux ? Rien. Il ne reste rien.
Sinon l'investissement dans de la littérature Assimil.

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22 juin 2009

Le mieux est l'ennemi du bien

Je vous ai déjà parlé de ma déconvenue du moment en matière de télévision japonaise, qui consistait à dépérir en attendant qu'une bonne âme ait l'idée de sous-titrer en anglais Aishiteru ~Kaiyou~. En l'absence de pareil miracle, mon attention se reporte (à grand'peine) sur d'autres nouveautés du printemps. Aujourd'hui, je me suis donc prise par la main, et j'ai donné sa chance à Yakou no Kaidan.

L'impression générale qui ressort de cette série est avant tout la dispersion. A force de vouloir en rajouter dans le scabreux, le pilote finit par partir dans tous les sens et c'est particulièrement désagréable de se rendre compte, au bout d'environ 45mn, que vous n'avez aucune idée du thème de la série.

S'agit-il d'une critique de l'ambition ? C'est vrai que le personnage principal de Yakou no Kaidan est rongé par une ambition malsaine. Il souhaite en effet réussir dans le milieu de l'esthétisme, et n'hésite pas à jouer les gigolos auprès de vieilles peaux pour cela pour se faire subventionner son propre salon de beauté (j'ai eu une pensée pour Christian Troy). Michio Sayama souffle le chaud et le froid sur son actuelle bienfaitrice, et se montre manipulateur à chaque instant, jusque dans sa façon de la toucher. A elle seule, cette idée assez perverse était largement suffisante pour donner de l'intérêt à la série, et pourtant...

S'agit-il d'une enquête policière ? Le pilote s'ouvre sur la reconstitution d'un meurtre ayant eu lieu 5 ans plus tôt. Le meurtre est brutal et l'accusé principal est maintenant décédé, mais l'enquêteur responsable a des doutes et soupçonne qu'un autre homme est à l'origine du meurtre en question. Il a juste mis beaucoup de temps avant de comprendre les circonstances exactes du meurtre. Maintenant, il va tenter de démasquer celui qu'il pense être à l'origine de cet acte impardonnable, en demandant à sa fille d'approcher le suspect, qui s'avère être Michio, pour le tenir à l'oeil sans éveiller sa méfiance. Ce second axe est effleuré à grand'peine à mesure que l'épisode avance, et surtout on ne comprend pas très bien pourquoi il se superpose au premier, et pourtant...

S'agit-il d'une histoire de rédemption ? Michio semble jouer au chat et à la souris avec sa propre nature. Gigolo, tueur, amant, artiste, il est un peu tout cela à la fois mais se laisse porter par ses pulsions au lieu de les dominer pour qu'elles servent ses ambitions. Pourtant, son âme est visiblement torturée par ses actes, et la rencontre avec Sachiko Edamura, qui allie à la fois une certaine perversité elle-même, une reconnaissance sociale marquée, et en plus une beauté sophistiquée, ne semble que raviver ces blessures. Il met en danger son ambition dévorante, sa relation avec sa protectrice, son travail, et surtout son secret, en décidant de la fréquenter. Espère-t-il devenir meilleur, ou au moins être lui-même sans avoir à manigancer pour cela ? Le doute subsiste.

Le problème de ces trois axes est avant tout qu'au lieu d'ajouter de la profondeur, ils n'ajoutent que du flou. La complexité du personnage central de Michio ne nécessitait absolument pas cette surenchère de trames scénaristiques, qui s'emmêlent au lieu de parvenir à se donner du sens les unes aux autres. Pourquoi tuer (et s'en vanter auprès de sa mécène) si Michio souhaite évoluer dans les hautes sphères de la société ? A quoi a bien pu lui servir le premier meurtre ? Pourquoi passer autant de temps à exécuter des travaux d'approche minutieux avec Sachiko si c'est pour finir l'épisode de la sorte ?
Au lieu d'être intrigantes, les contradictions de l'épisode sont hautement irritantes.

A trop vouloir en faire, on finit par ne plus réussir à accomplir grand'chose. Pour un cas d'école, tentez Yakou no Kaidan.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Yakou no Kaidan de SeriesLive.

21 juin 2009

Souris des villes, souris des champs

La raison pour laquelle je me suis lancée dans le visionnage de cette série reste mystérieuse pour moi. Masochisme, à tous les coups. Ce n'était en tous cas pas une question de sentimentalisme puisque je ne me rappelle pas l'avoir vue durant mes jeunes années. Ou alors... j'ai occulté ; le cerveau humain est résolument une chose formidable ! Bref. Je me suis néanmoins lancée dans le pilote de Perfect Strangers, connue (ou à peu près) sous nos latitudes comme Larry et Balki.
Ce seul préambule devrait normalement vous laisser imaginer sans trop de risque ce qui vous attend dans ce post, mais les plus courageux d'entre vous tiendront bon et liront tout.

Pour les incultes, dans le fond (c'est pas grave, on va arranger ça), rappelons que Larry et Balki est un sitcom des années 80 sur le principe usé jusqu'à la corde des deux personnages que tout oppose, mais que les scénaristes ont quand même décidé de mettre à la colle, et ce bien que cela aille à l'encontre de toute logique. Mais si un scénariste était logique, il deviendrait dictateur, pas scénariste. On y reviendra.

Le générique (qui vous sera livré au prochain post, finissez d'abord vos légumes) présente d'ailleurs très bien la situation. D'une part, on a Larry (mais absolument), qui vient d'une famille américaine typique, et s'en va vivre tout seul dans la grande ville de chicago. Toute une aventure en soi, on a vu des séries basées sur ce seul principe après tout. Notre brave gars s'est donc trouvé un boulot, un appart, enfin tout le confort d'une petite vie tranquille qu'on aurait presqu'envie de qualifier de normale. C'est donc là qu'intervient son comparse, j'ai nommé Balki (vous aviez deviné ? vous êtes fort !) qui a grandi en Europe dans une famille de bouseux typiques, et s'en va donc vivre sa vie dans le pays où tout est possible (même tenir un accent improbable pendant 8 saisons). Pour lui c'est évidemment la grande aventure car, comme chacun sait, l'Europe, c'est le Tiers Monde, les charrettes à fumier en prime. Eh oui, bienvenue dans les années 80 : le propos sous-jacent, à peine dissimulé, est de tirer à vue sur le communisme, et reprendre le mythe américain au pied de la lettre (c'est tout juste si Balki a vu un téléphone, le pauvre, il ne vivait la "vraie vie" que via la pop culture...).

La bonne idée dans tout ce fatras, ça reste la personnalité de nos deux protagonistes. Larry est à première vue blasé, mais c'est surtout un grand introverti. Balki à l'inverse est expansif et émerveillé en permanence (par les gratte-ciel, les voitures, la chasse d'eau, etc... j'exagère mais à peine). Heureusement que les personnages se présentent ainsi, car dans le cas contraire (l'américain sûr de lui donc arrogant, et l'immigré totalement largué donc inadapté à la vie moderne), la série aurait été absolument invivable.
Comme ici, les deux personnages ont leur part d'humilité, la comédie gentillette (mais sans génie) ne vire pas à la propagande de mauvais goût. Les deux cousins ont au contraire tôt fait de bâtir une relation plutôt adorable, où Larry, bien que pas toujours avenant, est bien forcé d'admettre que le cousin éloigné qui a posé ses valises chez lui a importé de nombreux bons côtés à son existence.

La force de Larry et Balki, c'est en effet Balki, et plus particulièrement son interprète (que les habitués des 20h de M6 dans les années 90 connaissent bien pour l'avoir vu à l'oeuvre dans Notre Belle Famille), j'ai nommé Bronson Pinchot. Alias le maître des accents pourris. C'est pourri, mais ironiquement c'est ce qui fait le charme de son personnage, et par extension de la série.

C'est tout de même vous en dire long sur le fait que ça tient à peu de choses.
Alors bon, là, comme ça, tout de suite, vous vous dites : "eh bah je sais déjà pourquoi je vais pas regarder !". Et d'un côté c'est vrai. Et de l'autre, c'est dommage. Allez, tentez quand même.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Larry & Balki de SeriesLive.

15 mai 2009

L'expérience interdite

Aujourd'hui, je vais témoigner à visage couvert. On n'a qu'à dire que vous ne savez pas qui je suis.
Car ce soir, j'ai regardé une série française. Ouh pinaise, qu'est-ce que je vais prendre, encore, moi, à dire des trucs comme ça...

Tout a commencé de façon assez bouleversante quand j'ai réalisé que, devant un trailer pour PJ, j'avais pensé "tiens, ça donnerait presqu'envie de regarder". Une idée bouleversante en soi. Une mini-révolution, même, autant le dire.

Il faut dire que ma curiosité avait été piquée par le fait que le thème principal de l'épisode était l'immigration. Les yeux arrondis par la surprise qu'un sujet si peu consensuel puisse faire l'objet d'un épisode en prime sur une chaîne publique, j'ai hésité pendant plusieurs jours... Surtout que le souvenir que j'ai de PJ, c'est pas vraiment la panacée. Je passe sur le générique à l'accordéon, et les acteurs pas vraiment époustouflants dans leur grande majorité, mais les enquêtes m'avaient semblé ne pas sortir des sentiers battus les rares fois où j'avais regardé.

Et puis me voilà à me souvenir que ce soir, sur M6, c'est de toutes façons Pékin Express, le Dieu de la Télécommande m'en préserve. Mais j'avais quel choix, moi ? Hein ?! Dites-moi : je pouvais faire quoi ???

Ce que je trouve assez rassurant, c'est que l'épisode laisse place à des avis suffisamment variés au sein même des équipes de police. Depuis le temps que je ne tombe que sur des fictions de TF1, principalement du côté des séries policières, voilà qui brise quelques uns (mais pas tous)  de mes préjugé à ce sujet. Et vu l'ambiance politique du moment, on appréciera que les personnages enclins à être complaisants envers l'immigration clandestine ne soient pas taxés de qualificatifs exagérés (gauchiste, bisounours, etc...), non plus que les personnages plus, dirons-nous, pragmatiques, ne soient pas non plus affublés de traits de caractère outrancier (fascite, nazi, etc...). Le champs reste relativement libre pour le spectateur de se positionner, même si la tribune m'a semblé un poil plus longuement accordée au premier camps.

Reste qu'en n'assénant pas de morale toute faite à son histoire, en présentant des personnages principaux capables d'échanger des idées, des arguments et surtout des expériences de façon plutôt intelligente, PJ m'a surprise.
HOP ! On ne s'excite pas, ça ne m'a pas surprise au point de me river dorénavant à France2 le vendredi. Mais il faut bien admettre que l'effort était louable sur le fond. La forme, par contre, a encore, hm, disons, une grande marge d'amélioration.

L'expérience était donc intéressante, surprenante et pas dans le mauvais sens pour une fois, je tiens donc à tirer mon chapeau à PJ, oui, une série française, c'est pas souvent que ça arrive, profitez-en. Et si l'un de vous se moque, j'efface ce post.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche PJ de SeriesLive.

5 février 2009

Canal+ est une chaîne cryptée

Oui, ce post commence par un scoop, et pas qu'un peu : Canal+ est une chaîne cryptée. Parce que ladytelephagy, votre première source d'info télé sur le net, c'est mon nouveau slogan, voyez-vous. Et si j'ai décidé de vous en informer, c'est parce que, après réflexion, je pense qu'en fait tout le monde n'était pas nécessairement au courant.

Par exemple quand je regarde Le Grand Journal (la quotidienne access primetime de Canal+, donc... oui j'ai aussi une fonction programme télé, maintenant), et que je tombe, oui-oui en clair, sur un trailer de la saison 2 de Dexter avec des gros morceaux de spoiler dedans... j'ai envie de hurler "mais vous êtes cons ou quoi ?".
La réponse étant bien évidemment : ou quoi. Eh, je ne me permettrais pas !

Donc voilà, super, merci, j'ai pas encore vu la fin de la 1e saison de Dexter, et en toute logique, si je ne suis pas abonnée à Canal+ et que je suis une gentille fille, je n'ai aucun moyen de l'avoir vue. Bon, si, il y a éventuellement l'import belge, bon. C'est pas une garantie pour autant. Je me demande bien qui achète le DVD import belge de Dexter s'il ne connaît pas un peu la série, effectivement, mais ça n'implique pas forcément que ledit acheteur ait forcément vu toute la première saison. Je peux citer plein de cas...ouais, ou, euh, disons, au moins le mien.
Mais posons qu'il est plus que probable que des gens regardent Canal+ en clair alors qu'ils ne l'ont pas en crypté, et que ces gens n'aient donc pas vu la 1e saison de Dexter, qu'ils attendent que TF1 se décide à la diffuser, parce que TF1 n'est pas une chaîne cryptée (autre scoop, c'est un festival). On est d'accord que ça peut se produire.

Je vous situe la scène : je suis vierge, blanche, innocente comme le téléphage qui vient de naître, je regarde Le Grand Journal, c'est mon droit, et là, paf ! Gros spoiler dans ma tronche, en même temps c'est ma faute, pourquoi je regarde Denisot ?
Merci, merci beaucoup.

Non mais en vrai je sais que la réponse à "mais vous êtes cons ou quoi ?" est en fait : "non, on veut juste vous décourager d'aller regarder TF1", et ça part d'une attention louable. Mais là, non, franchement. Je suis fâchée.

29 janvier 2009

One More Time, One More Chance

En préambule de ce post, je tiens à dire que, tout ça, c'est la faute de Nakayomi.
Oui, toi ! A cause de toi, j'ai replongé dans mes premières reviews de dorama, mes premières amours pourrait-on dire, et donc à cause de toi, j'ai revu le pilote de Kamisama, Mou Sukoshi Dake. Je ne te dis pas merci, parce que franchement on a connu plus joyeux...

Kamisama, Mou Sukoshi Dake, pour ceux qui parmi vous ne pratiquent pas le japonais (et j'en suis, à vrai dire), signifie grosso-modo : "Mon Dieu, donnez-moi un peu plus de temps". Tout de suite, ça donne le ton, non ?

Pour ceux qui sont habitués aux dorama bon enfant, aux gentilles comédies adolescentes et autres séries où l'enjeu est que le personnage A entame une nouvelle carrière dans un métier peu excitant tout en tombant amoureux du personnage B et finit par vaincre l'adversité... Kamisama, Mou Sukoshi Dake est là pour remettre les pendules à l'heure, et rappeler que parfois, le pitch d'un dorama peut avoir des couilles.
Et donc, à série exceptionnelle, post exceptionnel : je m'essaye aujourd'hui à la review factuelle d'un épisode.
Je suis comme vous : j'ignore ce que ça va donner. Mais on tente !

L'histoire est la suivante : d'une part, on a une adolescente, Masaki, dont la vie est extraordinairement quelconque et fade. Et d'autre part, on a Keigo, un talentueux producteur et auteur de chansons, à qui tout semble en apparence réussir. Deux personnages qui à la base, n'avaient rien en commun. Mais qui ont, étrangement, ceci de similaire : ils se sentent incroyablement vides.

Masaki tente de remplir sa vie comme elle le peut en sortant avec ses amis après les cours, chaque après-midi, mais la seule chose qui parvient à faire battre son coeur, ce sont les paroles des chansons de Keigo, qui la touchent véritablement. Nul doute que ces paroles touchent n'importe laquelle des milliers d'autres adolescentes en son genre qui sont elles aussi fans de Keigo, et dont la vie morne est rythmée par les sorties avec les copines après les cours, mais voilà, Masaki, elle, elle a conscience, en tous cas vaguement, du vide de son existence, et il lui pèse de plus en plus même si elle ne sait pas quoi faire pour le combler.
Keigo, lui, prépare le dernier concert au Japon de la chanteuse qui interprète ses chansons, avant de partir en tournée aux USA pour plusieurs mois, mais à vrai dire le coeur n'y est pas. Le coeur n'y est d'ailleurs plus depuis bien longtemps, et l'homme n'a pas été fichu d'écrire une seule nouvelle chanson depuis des lustres. Tout sonne creux pour lui. Il fait des accès de mégalomanie, il pique des colères, il est tyrannique... mais même ce genre de choses ne parvient pas à le tirer du silence sourd de son âme.

Ignorant complètement l'état dans lequel se trouve son idole, et ce pour des raisons assez évidentes, Masaki est toute à la joie d'avoir réussi à obtenir une place pour le tout dernier concert de cette année au Japon, et projette d'y aller avec une amie. Mais par un malheureux concours de circonstances, elle oublie son portefeuille dans une cabine téléphonique, et celui-ci contenait les entrées au fameux concert. Seule solution : acheter un billet sur le marché noir, à l'entrée du concert, mais évidemment, ça va coûter les yeux de la tête.
Masaki et son amie entreprennent donc de trouver un moyen rapide de se faire de l'argent. Une chose est sûre : elles ne vont pas coucher avec un vieux porc pour ça ! C'est peut-être ce que font pas mal de leurs copines pour mener la grande vie, mais ça, c'est hors de question. Or, les temps sont durs, et les vieux porcs n'acceptent plus de payer juste pour leur joli sourire... Et, si elles pensent trouver un pigeon à qui tenir compagnie au karaoke en échange de quelques billets, elles vont vite s'apercevoir que ledit pigeon a la ferme intention d'en avoir pour son argent : Masaki échappe de justesse à une tentative de viol. L'odieux personnage prend la fuite, sans oublier d'emporter avec lui le portefeuille de l'amie de Masaki. Cette dernière promet donc à sa camarade de trouver l'argent toute seule pour payer les deux billets de concert ; quand faut yaller...

On va s'arrêter un instant sur ce sujet, qui peut sembler incongru. Ce n'est pas le cas. Wikipedia nous apprend d'ailleurs qu'en 1996, soit à peine deux ans avant que ne naisse la série, une étude sur le sujet indiquait qu'un tiers des cas de prostitution impliquaient des adolescentes au Japon. Employer ce sujet dans le cadre de ce dorama n'est donc pas simplement un artifice scénaristique : il existe une vraie proportion de lycéennes qui monnayent leur temps libre, et parfois même tout simplement leurs faveurs. Se faire entretenir par un papy gâteau libidineux, c'est apparemment plus facile que de demander de l'argent de poche à maman... Donc quand Masaki et son amie entreprennent de se faire payer pour passer un peu de temps au karaoke avec un vieux cochon, mais en se jurant que là est leur limite, ce n'est pas spécialement surprenant.

Le problème, c'est qu'à la suite de ça, Masaki se retrouve face à un type qui est prêt à lui offrir une somme très rondelette pour passer un peu de temps dans un love hotel avec elle, et que ce concert, c'est la seule chose qui compte dans sa vie. Et puis en plus, il lui fait pitié, ce mec... Alors elle couche avec, elle en tire 5 billets, et elle peut s'acheter son ticket de concert, et finalement, c'est un peu humiliant, mais ça en valait la peine, parce que ce concert, c'est la seule chose d'à peu près excitant qui pouvait lui arriver.
Oui, le personnage de Masaki est un peu pathétique, mais le plus grave c'est sans doute que la jeune fille s'embourbe autant dans la plus banale des médiocrités, qu'il ne semble pas vraiment y avoir de moyen pour la sortir de là. La petite est désespérée, donc elle fait des choses désespérées, et le cycle continue encore et encore.

A la fin du concert, le taxi des deux filles croise la route, à un feu rouge, de celui de Keigo. Un Keigo blasé qui n'arrive même pas à être satisfait de ce concert. Et là, sans trop savoir pourquoi, Masaki sort du taxi, court sous la pluie après la voiture de Keigo, et dans un geste de désespoir un peu insensé, brandit la bannière à son nom qu'elle avait amenée pour le concert.

Cette scène est assez incroyable, d'ailleurs. Dans la voiture, Keigo regarde d'un air blasé cette petite jeune fille comme il y en a des centaines, et qui l'idolâtre vraisemblablement, et ça ne l'émeut pas plus que ça. Et Masaki, elle, on sent qu'elle a l'impression de jouer sa vie, qu'elle espère que quelque chose se passera sans savoir trop quoi, et puis... et puis rien. Il ne se passe rien. Elle rentre donc sous la pluie...
Et c'est là que Keigo, mû par on-ne-sait-quel étrange caprice, a décidé de l'intercepter. Et voyant qu'elle est trempée, il propose de la ramener chez lui, ah, nous y voilà, je me disais bien aussi.

C'est vrai que ce stade de l'histoire fait un peu... fantasme de Mary Sue. On a du mal à le croire, mais oui, la gamine quelconque va passer la nuit avec le producteur à succès. Et plus incroyable encore, en rentrant de sa tournée aux Etats-Unis, plusieurs mois après, il va la rappeler.
Sauf que Masaki, elle, elle apprend à ce moment qu'elle est séropositive...

La noirceur des personnages, leur côté dépressif, et ce thème qui se profile... je pense que maintenant vous comprenez pourquoi Kamisama, Mou Sukoshi Dake joue dans la cour des grands. Tout ce qu'il vous reste à faire, c'est donc aller découvrir cette série sur le champs.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Kamisama, Mou Sukoshi Dake de SeriesLive. Merci Eske pour ton aide !  

19 janvier 2009

Humour gras ? Oui, merci, avec du fromage.

Je voulais ce soir découvrir le pilote d'une série que j'ai fugacement regardée il y a plusieurs années... mais j'ai dû m'arrêter en cours de route, étant dans l'impossibilité de poursuivre. Je vous raconte ça dans un instant.

Laissez-moi d'abord vous situer la série. Ça se passe à Cleveland (mes visiteurs les plus cultivationnés auront donc tout de suite compris de quoi il s'agit), et c'est plein d'humour gras dispensé par des personnages lourdauds.
La découverte s'est passée par un bel été, on devait être en 2000 ou 2001, alors que mes parents étaient partis en vacances pour quelques semaines, et m'avaient chargée de surveiller leur maison, leurs plantes et leur chien (dans cet ordre). Mes parents avaient récemment fait l'acquisition d'un abonnement au satellite, et j'ai donc immédiatement accepté de les aider, puisque de toute évidence je suis une fille dévouée.

Sur Comédie, le soir, je me saisissais d'un paquet de boules soufflées au fromage, je me mettais devant l'émission de Letterman et ensuite en nocturne si je me souviens bien, la série était rediffusée en VF par paquets de trois ou quatre épisodes. Et je restais là jusqu'à, je sais pas, 2 ou 3h du matin, à me sentir... très couch potatoe.
C'était indissociable : les boules au fromage, Letterman... et le Drew Carey Show.

Et puis mes parents sont rentrés de vacances (les imbéciles), et j'ai laissé tombé le Drew Carey Show, Letterman... mais pas les boules au fromage.

Hier, j'ai grignoté quelques boules au fromage devant mon tout premier Saturday Night Live (je ne comprends pas que j'aie traîné aussi longtemps pour enfin en regarder un en entier), et j'ai trouvé qu'il manquait un truc. Mais quoi ?
Evidemment qu'il manquait un truc, cette question, il manquait Drew !
J'ai donc filé cagouler le pilote, qu'en plus je n'avais jamais vu puisque j'étais arrivée dans la 6e saison : l'un des premiers épisodes que j'avais vus, c'était un épisode d'erreurs volontaires où toute une scène se déroulait dans l'univers des Sims ! C'est dire si j'étais obligée de tomber amoureuse de cette série... fallait être complètement barré pour faire des trucs pareils. C'était pas très fin, mais qu'est-ce que c'était drôle !

Donc itôt dit, sitôt fait. Mais rien à faire, quelque chose m'a immédiatement bloquée : la voix originale d'Oswald. Mais c'est une tuerie, la voix de ce mec ! Sa fiche IMDb dit que l'acteur a depuis opéré pour le doublage du personnage de Batman, franchement, ouais, ça m'étonne pas, et je suggère qu'il enregistre aussi des CD de dialogues pornos parce que punaise, c'est pas possible d'avoir une voix pareille et ne pas s'en servir pour faire plaisir aux femmes. C'est limite un crime !

Bon, quelqu'un sait où je peux trouver les épisodes en VF ? J'arrive pas à me concentrer sur ce qui se dit... avouez que c'est emmerdant, pour un sitcom.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Drew Carey Show de SeriesLive.

13 décembre 2008

La double vue courte...

Chaque fois que je tombe sur Medium, je m'aperçois que la série se concentre étrangement sur Ariel, la fille aînée des Dubois, au lieu de continuer à se préoccuper de, mon Dieu, comment elle s'appelle, déjà, leur héroïne ? Allison, voilà !

En général, dans une série, quand on choisit d'introduire et/ou mettre en avant un personnage plus jeune, surtout si c'est une fille, il y a deux explications à cette nouvelle direction :
- on a épuisé toutes les intrigues possibles avec le personnage principal et on espère redonner un coup de fouet à la série avec cette nouvelle orientation (ex : Buffy)
- on met en place une mythologie qui nous prépare, en fait, pendant plusieurs saisons, via la mère, à affronter les capacités encore plus grandes de la fille
Lequel vous semble le plus probable ?

Dans une excellente série, je n'aurais pas tellement de difficulté à me dire que nous sommes dans une phase transitoire, et que les capacités d'Ariel vont devenir quelque chose d'impressionnant. C'est vrai aussi que très tôt dans la série, on nous a préparés à ce que les filles Dubois aient également les pouvoirs psychiques d'Allison, on ne peut donc pas blâmer la prod d'avoir fait un volte-face désespéré et soudain. Cependant, dans une bonne série comme Medium, et surtout quand on connaît son étonnante capacité à ne, surtout, jamais surprendre le spectateur, on a quand même du mal à se dire que cela fait partie d'un plan à long terme. Non que les histoires soient sans intérêt, mais on sent bien que ça ne portera pas à grandes conséquences.
D'autant que cet axe, déjà, n'est pas nouveau, et semble déjà s'embourber en lui-même.

Des séries comme Medium, de toutes façons, on se demande ce qu'on est censés en faire sur le long terme. Je fais partie de ceux qui avaient aimé au début, mais comment ne pas se lasser ? Il n'y a, pour ainsi dire, aucun enjeu. Ou plutôt si, mais seulement des enjeux à court terme. Ceux pour lesquels on n'a pas d'intérêt au-delà d'une semaine.
Que nous propose, finalement, Medium, sur le long terme ? Très logiquement, il fallait qu'on en vienne aux filles, mais d'un autre côté, que feront-elles de plus qu'Allison de leur pouvoir, en étant en plus si jeunes ?

La grande question, en fait, c'est juste : où va-t-on ? Et chaque fois que je tombe sur Medium, je me dis : pas bien loin.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Medium de SeriesLive.

6 octobre 2008

En plein coeur

L'an dernier, il y avait le risible Cavemen. Cette année, je ne sais plus où donner de la tête !

Je ne sais pas, il y a un concours dont je ne suis pas informée, quelque chose ? Vous savez, c'est vraiment dommage que les Emmies ne récompensent pas les séries les plus méprisables et pitoyables de la saison aussi, parce que d'une part ça permettrait à plein de séries prématurément exterminées de quand même avoir une chance aux Emmies, et surtout ça servirait de leçon à tous ceux qui se pointent avec des concepts comme, mettons, je ne sais pas moi, au hasard : Valentine.

Parce qu'en dépit de tous les défauts de cette série (et, mon Dieu, par où commencer ?), il y a quand même une raison pour laquelle elle mérite que je lui tire mon chapeau : le pilote est exactement ce que le pitch laissait présager. Et c'est déjà une belle prouesse que de ne pas nous avoir déçus.

Nan mais, attendez, le concept c'est peut-être ça après tout : essayer d'attirer la pitié des spectateurs via une série kitschissime et ridicule. Bon, ça ne marcherait pas sur moi, mais quand on est spectateur de la CW et qu'on se fait laver le cerveau depuis quelques temps, je sais pas, ça peut peut-être prendre, hein...

Pour le reste, je n'ai qu'une chose à dire : Polaha est au générique. Cette série est donc condamnée de toutes façons. Dommage pour le retour de Christine Lakin qui avait mis des années à refaire surface, mais bon, si on n'achève plus les canassons qui boîtent, on ne va jamais s'en sortir sur la CW !
Déjà que...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (ça ne risque pas de s'arranger) : la fiche Valentine de SeriesLive.

22 novembre 2008

Stop ou encore ?

Il y a des jours comme ça, où je me demande à quoi tout cela sert. A quoi sert d'alimenter ce blog, quotidiennement (je voulais voir si je pouvais tenir un mois et, je vais vous dire, quand vous êtes en arrêt maladie, c'est grave facile parce qu'on n'a que ça à foutre, penser au post suivant...). A quoi sert d'alimenter aussi le podcast de SeriesLive On Air, dans une moindre mesure. A quoi sert, d'une façon générale, d'alimenter ma téléphagie.
Il y a des jours comme ça où, merde, quel est juste l'intérêt ? Est-ce qu'en fait on ne se crée pas des obligations et des complications qu'on pourrait aisément éviter ?

L'une de mes amies m'appelle cet après-midi et me raconte, horrifiée, que depuis qu'en allant à la FNUC avec moi l'autre jour, elle joue au jeu video qu'elle a alors acheté (quand je pense que je pouvais lui prêter la démo, elle l'a cherché quand même). Alors du coup elle s'impose des sorties pour se changer les idées, sinon elle passe des heures devant et ça la terrifie.
Je ne fais même pas cette effort puisque je réponds à l'appel des sirènes, moi. Je ne suis pas sûre au juste que ça me fasse du bien.

C'est vrai, j'ai fait une rechute de téléphagie, il faut bien le dire, et comme toute rechute sur le moment ça semble bien, mais est-ce que ça n'entraîne pas avant tout des effets indésirables ? Comme par exemple devoir rendre des comptes à des gens pour tout ce qu'on fait parce qu'on s'est engagé sur un projet ? Comme par exemple devoir poster le vendredi (minimum) parce qu'on s'est engagé à plus de régularité ?

J'étais carrément triste hier, à l'idée que Pushing Daisies, certainement l'une des séries que j'ai le plus investies ces dernières saisons, était annulée, mais finalement n'est-ce pas l'investissement en lui-même qui est coupable ? Ressentir de la tristesse pour une série, ressentir de la colère envers des gens qui en exigent trop de vous, est-ce qui finalement ce n'est pas dépasser la limite ?

Je ne serais pas plus heureuse, par hasard, si je ne me lançais pas avec tant d'enthousiasme dans tout cela ? Si je laissais tomber les projets où au moindre soucis je suis traitée en coupable, par exemple ? Si je laissais tomber les séries pour me contenter de films, comme ça j'y passe 2 heures tout au plus et je suis libre comme l'air ? Si je laissais tomber ce blog pour, je ne sais pas moi, ne pas m'imposer d'écrire régulièrement et gagner du temps sur ma propre vie ?

Passion = poison.

11 novembre 2008

Ils sont pas débrouillards, ces inspecteurs, aussi !

lady devant Esprits Criminels, à l'instant, ça donnait ça...

La blondasse qui était dans Cœurs Rebelles, consultant le dossier d'un criminel : "Hé, ça pourrait être ce gars !"
lady : "Bah montre sa photo, je vais te le dire, est-ce que c'est Jason Wiles ?"

Message personnel : c'est possible d'arrêter de donner la liste des guest stars au début des épisodes ? D'avance merci.

7 novembre 2008

On va traire les vaches ?

Enfin, je ne sais pas trop si ce sont les vaches qui se font traire sur ce coup. Mais ça devient franchement ridicule. Et pourtant je suis lactolique.
Sex & the City devient vraiment un mauvais coup.

On dit que la télévision américaine patauge un peu dans la semoule depuis quelques temps, mais apparemment le cinéma aussi ne sait plus que faire pour faire venir les gens en salle, puisque maintenant le moindre succès donne irrémédiablement naissance à des suites à n'en plus finir, histoire de vraiment presser le citron jusqu'à la dernière goutte.
Et quand l'industrie du cinéma fait ça avec une série télé, là on sait qu'on a touché le fond.

Pendant ce temps, le film de Dead Like Me, on l'attend pour février 2009 et on en cause depuis je ne sais combien d'années ; et encore, je le croirai quand je le verrai.

Merci, hein, Hollywood, vraiment.

20 octobre 2008

Push it

Pendant ces très longues heures de déconnexion avec le monde (des heures pendant lesquelles j'ai dû me rendre avec mes jambes jusqu'à la librairie, appeler des vrais gens et même, allumer une vraie télé... pour avoir ma dose d'informations ; c'était horrible, j'ai cru mourir !), j'ai réalisé un truc : ces histoires de monomaniaquerie, mais si, vous savez, quand je me goinfre de toute une saison en quelques jours, ça a plein de bons côtés que je pense déjà avoir exposés, mais ça a aussi un gros inconvénient : je perds totalement de vue... eh bien, le reste.
Non, pas manger, pas dormir ! Tout téléphage sensé sait que c'est complètement optionnel voire superflu. Non, le reste comme : les autres séries.

Je me suis aperçue que je n'avais encore regardé aucun épisode de la seconde saison de Pushing Daisies. Je n'ai aucune idée de la raison pour laquelle je n'y avais pas pensé, mais c'est probablement la faute de Brothers & Sisters (mais que met ABC dans ses séries ?!). Je dirais bien que c'était à cause de la grève mais ce serait un honteux mensonge puisque je me suis fait une rétrospective de la première saison cet été...
Ptet que la perspective de voir des abeilles dans le premier épisode de la saison m'avait freinée ? Ouais, possible. M'enfin, c'est Pushing Daisies ! L'une des séries les plus [insérez cent adjectifs flatteurs ici] de ces dernières années !

Mais bon, je suis contente des trois épisodes que j'ai regardés ce weekend, ils ont ranimé la magie et c'était finalement une bonne expérience que de sentir cet enthousiasme se regonfler, une sorte de bourrasque sentant la pâte à tarte, le miel et le tournesol, qui s'engouffrait dans mes poumons. Cette série est un enchantement à tous les niveaux : visuel (et je ne parle pas que de Lee Pace), sonore (chaque épisode a son propre univers), scénaristiques...
A vous, je peux bien le dire : j'ai passé mon temps à m'écrier à quel point c'était mignon, inventif et amusant, battant des mains, et remuant les jambes sous ma chaise alors que soudainement elles ne touchaient plus le sol.

Pushing Daisies vous fait vous sentir comme un enfant, comme si le monde dehors n'était fait que de merveilles légèrement perverses (relisez vos contes de fées, vous verrez que cette magie malsaine est déjà là), sans pour autant vous prendre pour le dernier des mioches de la voisine (parce qu'ils sont bêtes à manger du foin, les mioches de la voisine !), et sans brader pour autant ses histoires ni ses personnages.
Une féérie pour adultes qui veulent encore rêver le monde !

Et j'ai osé passer à côté de ça ? Mais comment ai-je pu ?! Le monde n'est-il donc pas assez sombre sans qu'en plus je m'inflige pareil traitement ?
Une fois qu'on y a goûté, peut-on de bonne foi faire exprès de se passer du petit haussement d'épaules de Ned, des battements de cil de Chuck, des grognements d'Emerson, du large sourire d'Olive et j'en passe ? De ce délice de couleurs, de musiques... et même de saveurs et d'odeurs qui tourbillonnent à chaque épisode ?
Voilà, c'est ça le vrai sadisme ! Savoir que Pushing Daisies existe, et s'en passer ! Pire : choisir de s'en passer !

Du coup, quand je lis sur SeriesLive qu'enfin la série débarque sur Canal +, je ne résiste pas à l'envie de braver les interdits et, en dépit de mes problèmes de connexion, venir depuis le boulot vous dire qu'il faut, oui il faut regarder Pushing Daisies. Sinon je ne veux plus de vous sur mon blog, vu ? Attendez, si vous n'êtes pas téléphage pour des séries comme celle-là, pour quoi pouvez-vous l'être, franchement ?
D'ailleurs dés que je retrouve ma connexion, on va en parler un peu plus...

Et dire qu'il y a des gens qui achètent à prix d'or des pilules du bonheur pour obtenir cet effet-là... tss tss tss !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (je vous préviens, je bannis votre IP) : la fiche Pushing Daisies de SeriesLive.

21 juin 2008

Pretty Awesome !

Les qualificatifs me manquent pour faire l'éloge du pilote de Pretty Handsome, pilote au générique fabuleux qui plus est : Ryan Murphy à la barre, Joseph Fiennes et Carrie-Ann Moss devant la camera... Mais ça ne s'arrête pas là, croyez-moi, voilà une série qui a bien mieux que son affiche à offrir, et il ne faut pas deux minutes pour s'apercevoir qu'on tient là un des meilleurs pilotes du moment.

On aurait pu penser que regarder pendant plus d'une heure un personnage se questionner à propos de son identité sexuelle serait assez difficile à suivre pour le commun des mortels, et je craignais de souffrir du manque d'identification, vu qu'il s'agit d'un sujet très particulier. Mais pas du tout. Le brio de Pretty Handsome, c'est de mettre en parallèle de la crise identitaire de Bob celle de tous ses proches... et en particulier des autres hommes de la famille.

Là où la série est à la fois cruelle et truculente, c'est lorsqu'elle dénonce quelque chose qu'elle déploie en parallèle : Bob voudrait qu'on ne le regarde pas comme un homme, mais il ne parvient pas à trouver le courage de se montrer tel qu'il est. Il vit une blessure parce qu'il a l'impression de vivre caché. Mais par contre, il attend que ses fils soient parfaitement conformes à l'idée qu'il se fait d'eux et ne les voit pas non plus tels qu'ils sont. Ce qui ronge Bob s'apprête à ronger ses fils exactement de la même façon : être soi en cachette... quitte à vivre dangereusement.
Qui mettra Bob face à sa vraie contradiction ? Pas sa femme ni sa mère qui ne semblent rien voir. Ici, la seule femme qui a le beau rôle... c'est Bob.

Et qu'il est beau et puissant, Joseph Fiennes, lorsqu'il fixe son regard dans le miroir et tente d'y voir tantôt ce qu'on attend de lui, tantôt ce qu'il voudrait être ! Si Pretty Handsome avait été tourné au temps du cinéma muet, les scènes de Fiennes auraient eu l'exact même effet qu'ici. Qui a besoin de dialogues quand on a un excellent acteur ? Il porte le show sur ses épaules, et le fait à la perfection. En dépit de la multiplicité des scènes qui nous font entrer dans le monde torturé de Bob, on n'a pas un seul instant l'impression d'une redondance quelconque, chaque scène atteint sa cible. En plein coeur !

Plusieurs scènes sortent encore plus du lot : les entrevues de Bob avec le couple de transsexuels, d'une sincérité rare, les quelques interactions de Bob avec ses fils où subitement, notre homme se comporte avec un poil de machisme ce qui n'apporte que plus de nuances au personnage, et évidemment, le moment où chacun se révèle à lui-même, l'apogée de ce pilote... rha non, je ne veux surtout pas vous spoiler sur ce coup, c'est trop énorme. Sachez juste que si Pretty Handsome finit par se trouver une saison à mettre derrière ce pilote (et hélas je n'ai pas trouvé beaucoup de bonnes nouvelles allant en ce sens), il faudra vraiment être un putain de génie pour surpasser cet instant d'une frénésie, d'une intensité et d'une perversité déconcertantes.

Mon esprit malade sans cesse en quête de séries dérangeantes sans taper dans le provocateur (et Dieu sait que c'est exactement ce que la plupart d'entre nous attend très exactement de Ryan Murphy d'ordinaire... attendez-vous à revoir votre opinion sur lui à la hausse), où la dureté se trouve dans la forme tant que dans le fond, a vraiment été ébloui, et maintenant, il lui faut la suite. Fallait pas commencer, aussi...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Pretty Handsome de SeriesLive.

12 juillet 2008

A l'ouest

On va la faire courte : East Bound and Down est une sous-merde de 30mn, sans humour, et vulgaire, dont l'intérêt scénaristique est tout simplement négatif, et qui ne fait que confirmer la théorie de la déchéance de HBO. J'ai fait l'effort d'aller jusqu'au bout en pensant qu'il se passerait quelque chose, mais ce sont 30mn de ma vie que je ne reverrai jamais.

On part d'un concept éculé (la star déchue qui a besoin de se faire une nouvelle vie), on y ajoute un personnage ordurier et ridicule de bout en bout, on plaque quelques scènes ultra-convenues, filmées de façon scolaire, et on espère ainsi créer une sorte de divertissement populaire, où les doigts d'honneur et les grossièretés sont sensées être super osées, alors qu'elles ne sont qu'une démonstration d'impuissance.

Pas de méprise : je jure moi-même comme un charretier, et ne recule jamais devant une bonne blague de cul, même grasse. Mais je pense le faire soit avec humour, soit avec finesse, pardonnez l'immodestie. Je ne me chose pas d'une série qui serait libre dans le ton comme dans le choix de vocabulaire, mais à condition qu'elle n'ait pas qu'une liste de gros mots à débiter, et qu'elle offre, sinon une histoire, au moins de bons dialogues, ou des personnages intéressants.

Je ne connais rien de moins bandant qu'une série qui se contente de tester les limites de la censure (et sur HBO les limites sont très larges comme chacun sait, alors imaginez le festival) sans avoir de vrai propos derrière, ou, à défaut, sans avoir le talent de faire rire. A mon avis, East Bound and Down a été écrite pendant la grève des scénaristes par un livreur de pizza, et encore. Chacun des piètres acteurs commis dans cette fiente télévisuelle mérite de devenir un paria, et s'il y a un Dieu, leur carrière est finie.

Des séries comme ça me replissent d'une haine indicible envers la télévision.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche-projet East Bound and Down de SeriesLive.

24 juin 2008

Comme une ombre blanche

Ami téléphage, je sais que tu viens aussi me rendre visite pour entendre parler de séries dont personne d'autre ne parle. Alors tu vas être à la fête : aujourd'hui j'ai choisi de te présenter une série qui n'est (pour autant que je sache) jamais passée en France, qui a pourtant duré 3 saisons... et qui date de 1978 ! Je sais que ça te plaît, ami téléphage (et pas qu'à toi si j'en crois mes stats), et ça me fait plaisir aussi, alors pourquoi se priver ?
Avant Coeurs Rebelles la série, avant Esprits rebelles le film, il y avait donc The White Shadow, et tu n'en savais rien. Mais lady est là pour te tirer de ton ignorance.

Le héros de cette série, c'est Ken Reeves, et, comment te dire ? Ken Reeves, c'est un peu le fils que ta mère aurait voulu avoir. Oui, elle t'a toi, mais elle aurait préféré Ken Reeves. Mets-toi à sa place : le sourire adamantin, la mèche blonde savamment ondulée sur le côté, de l'énergie à revendre, un solide sens de l'humour... tu ne fais pas le poids.
Et puis c'est quand la dernière fois que tu as joué avec les Chicago Bulls ? Allez, sois beau joueur, cède ta place, ça fera plus plaisir à ta maman que les fleurs que tu lui as offertes pour la fête des mères.

Le pilote s'ouvre sur plus de 3mn sans la moindre ligne de dialogue, et je te prie de me croire, ça impressionne. On y suit la brillante carrière sportive de Ken Reeves, son accident, sa blessure au genou, sa lente rééducation, et son retour dans l'équipe. Seulement il faut se rendre à l'évidence, passé la trentaine, avec un genou encore fragile, revenir sur le devant de la scène, c'est pas gagné pour le gentil Ken. C'est du moins ce que son ami Willis, proviseur d'un lycée pas super bien fréquenté (ç'aura une vague importance par la suite), lui dit afin de préparer le terrain pour la proposition qu'il a à lui faire : "tu plaques ta carrière professionnelle, tu laisses tomber la gloire, tu oublies aussi l'argent, et en échange, je t'offre... un poste de coach dans mon lycée pas super bien fréquenté". C'est cadeau.

Une offre qu'on ne peut pas refuser, mais comme Ken Reeves, il est le fils idéal, on l'a dit, eh bien tout naturellement il décide de tenter le coup, et en moins d'un pilote, il prend son boulot très à coeur.

Parce qu'être coach, surtout dans un lycée par super bien fréquenté, ce n'est pas une sinécure, et il ne s'agit pas que de sport. Il s'agit d'éducation. Et la bande de lycéens rebelles, je-m'en-foutistes et un peu délinquants sur les bords, elle a bien besoin d'une éducation solide, avant qu'il ne soit trop tard. Et ça, Ken Reeves le magnifique, il a tout de suite capté. Je te l'avais dit qu'il était meilleur que toi, on peut pas lutter contre un mec pareil. Surtout s'il fait près de deux mètres.

Comme la série est née avant toi, ami téléphage, on ne se permettra pas d'en dire qu'elle est super convenue, qu'on a déjà vu le pitch cent fois et tout, parce que ce serait plutôt l'inverse. Aux Etats-Unis, The White Shadow a quand même marqué son temps, bon pas autant que d'autres, mais le fait d'être la première série avec un cast à majorité colorée (blacks et hispanos forment la majorité des rangs indisciplinés de l'équipe de basket ball) a quand même laissé un certain souvenir.

Et pourtant, pour une première incursion dans le genre "école pas super bien fréquentée avec des minorités en situation d'échec", The White Shadow a su éviter un certain nombre de clichés, permettant aux jeunes lycéens d'être sympathiques et pas caricaturaux. Ce qui est bizarre c'est que, les clichés, on en voit dans des séries d'aujourd'hui alors que celle-ci a ouvert la voie. Va comprendre.
Le pilote est assez classique, c'est vrai, Ken Reeves est tellement parfait que c'en devient un peu trop facile, et ce contre quoi il doit lutter (indiscipline, absentéisme, problèmes financiers de ses élèves...) ne vous remuera pas les tréfonds de votre âme. Mais la série est très plaisante à regarder, avec un univers saturé d'hormones mâles chaleureuses (hou ! parfait pour moi) qui font rapidement corps, et créent une vraie ambiance d'équipe. Tout le monde l'a bien vite adopté, ce bon coach, et tant mieux puisqu'on se serait puissamment ennuyés s'il avait dû batailler pendant toute une saison pour s'imposer : Ken Reeves, l'essayer c'est l'adopter, demande à ta maman.
L'univers de la série ne tourne rien exagérément au dramatique, mais les personnages ont quand même de la crédibilité... l'équilibre est donc bon.

Avec fermeté mais tendresse, Ken Reeves s'apprête à aider ses élèves à progresser, au basket comme dans la vie, et à les suivre pas à pas... comme une ombre blanche. J'y peux rien, ça m'a touchée.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The White Shadow de SeriesLive.

2 juin 2008

Son of the b...

Han, le truc de fou. Je faisais un peu de rangement... non c'est pas ça le truc de fou, merci... je faisais un peu de rangement, donc, et je retombe sur un DVD qui... un DVD... Huh ?

Je me rappelle vaguement l'avoir acheté. Je ne me souviens plus des circonstances mais, oui, c'est bien de mon fait.
Vous savez, certains matins, on se réveille, encore sonné, la tête dans le coton, une méchante barre au-dessus des yeux, le cou largement trop raide et les souvenirs plus très clairs, on tourne la tête et on s'aperçoit qu'on a passé la nuit avec un coffret Mutant X (voire pire). Ça nous est tous arrivé, hein... on se dit que c'est une erreur de jeunesse, qu'on a encore dû faire une sacrée crise téléphagique la veille, et que dans ces cas-là, on regarderait n'importe quoi. C'était probablement drôle sur le coup mais on va pas aller s'en vanter. Ce serait carrément la honte.

Eh bah là, pendant mon rangement, je peux bien vous le dire puisqu'on est entre nous, je suis tombée sur un DVD Son of the Beach. Oui parfaitement. J'ai chez moi toute la première saison de ce truc, et je m'en souvenais même plus.
Pour tout vous dire, plus j'ai les idées claires plus, j'ai l'impression que je ne l'ai même jamais regardé.

Je ne dis pas ça simplement pour sauver l'honneur, hein, notez bien. C'est juste un truc tout con qui m'a mis la puce à l'oreille : c'est un DVD import zone 1. Que donc, mon lecteur DVD ne lit pas. Et qui est apparemment protégé pour ne pas être lu sur PC (je viens de vérifier).

Ainsi donc, j'ai chez moi le coffret DVD d'une odieuse merde, une saison complète, payée de ma poche, que je n'ai jamais regardé.
Des fois je me dis qu'il faut vraiment que j'arrête mes conneries.

Et pour tous ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Son of the Beach de SeriesLive.

16 novembre 2007

Ballot-otage

Avec ce qui se passe en ce moment (ou plutôt : avec ce qui ne passe pas dans les gares en ce moment !), j'ai bien failli ne pas pouvoir vous livrer mon désormais traditionnel post du vendredi. Avouez : ça vous aurait fait de la peine... euh, bon, mentez s'il le faut.

Pourtant cette semaine, yavait du pilote en quasi prime. Du pain béni. Enfin, je l'espérais en tous cas.
Déjà, il fallait bien surveiller parce que, sur M6, la pause pub tout d'un coup, ils ne connaissaient plus. Et qu'en plus, si on voulait faire son boulot correctement, il fallait boulotter trois épisodes à la suite, ce qui m'a semblé un peu abusif quand même.
Mais ça, c'est un détail, car en fait il faudrait surtout parler de la série. Bon ! Puisqu'il le faut ! J'ai promis après tout, non ?

Kidnapped multiplie les maladresses. C'est ce que nous apprend le pilote, qui utilise les techniques habituelles pour nous présenter un personnage, Virgil, qui nous permet de faire nos premiers pas dans le pilote... mais celui-ci finit en fait par tenir un rôle complètement anecdotique pendant les trois premiers épisodes. Première bourde. Première d'une longue série.

Avec un sujet aussi classique, on aurait pu s'attendre à ce que la série essaye soit de miser sur l'adrénaline, soit sur l'originalité de son intrigue. Je n'ai encore vu la couleur ni de l'un, ni de l'autre. Les choses mettent un temps fou à se produire, même en tenant compte du traditionnel délai de temps d'exposition. En fait chaque fois que quelque chose peut surprendre, on en passe à quelques centimètres mais rien à faire, on n'arrive pas à être pris au dépourvu. L'opposition entre l'enquêteur privé et le FBI est également balayée d'un revers de la main, les personnages manquent d'épaisseur en dépit d'efforts désespérés pour les rendre un peu plus multicouches... bref ça patauge. Ce n'est pas faute d'intention, c'est faute d'efforts. Comme si le scénario allait au maximum à la facilité.

C'est assez désolant de voir également quelqu'un comme Jeremy Sisto se débattre péniblement dans un rôle étriqué. Knapp aurait pu être un personnage intéressant si on avait poussé le concept jusqu'au bout, c'est exactement comme le reste... La violence et l'absence de méthode du personnage auraient pu s'inspirer de personnages réellement trash, mais personne ne s'y est autorisé et on a l'impression de voir Sisto faire des aller-retours entre un registre et un autre, semblant aussi de temps à autres carrément abandonner la partie et fournir le strict minimum en désespoir de cause. La scène où il intimide l'ami d'Aubrey aurait pu être très impressionnante, de par la violence réprimée qu'elle exprime dans le personnage de Knapp, mais rien à faire, au milieu de scènes trop neutres, elle ne convainc qu'à moitié.

Comme je l'ai dit, une telle série repose soit sur l'adrénaline, auquel cas on a de l'action pure à la 24 et on sait à quoi on a affaire, soit d'autre part on essaye d'avoir une vraie intrigue. Sauf que la mythologie met un temps fou à s'installer, on ne comprend pas bien certaines interconnexions... mais pas dans le sens où c'est trop mystérieux, simplement dans le sens où c'est bordélique. L'action reste aussi assez limitée, entre un vol plané dans des poubelles et Terry Kinney se balançant, hilare, au sommet d'un building, on a l'impression de se faire un peu fourrer.

Kidnapped se consomme donc comme une série sans prise de tête à regarder alors qu'on en a bavé dans les transports, par contre, de là à se morfondre d'avoir raté des épisodes, ça m'étonnerait beaucoup. Pour ma part je n'ai pas l'intention de rater un seul épisode puisque je ne projette pas d'en voir plus...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Kidnapped de SeriesLive.

28 septembre 2007

K.O.-Ville

Et là, je le sens, vous vous dites : "elle nous a annoncé un post ya 24h à peine, elle bosse sur le podcast, ce vendredi, le post, on peut encore se le carrer où on pense". Bah même pas. Zavez vu comment vous êtes, un peu ?
Ce soir, après la bonne humeur du podcast, j'opte pour le post déprimant avec K-Ville. Il en faut, mes amis. Il en faut.

Et sur cette série, il vaut mieux se poser la question dans les bons termes. Si vous vous demandez si K-Ville est une bonne série, vous prenez le sujet par le mauvais bout. Si vous vous demandez si K-Ville est intéressant, là encore il y a un défaut dans votre approche. Par contre, si votre préoccupation est de l'ordre de : est-il humainement tolérable de regarder K-Ville ? Dans ce cas, la réponse est : seulement si vous y êtes contraint par la force, mais c'est jouable.

En soi, la série n'est pas mauvaise, pourtant. Disons que sur le papier, ça pouvait revêtir un certain intérêt, déjà, et qu'une ou deux choses n'étaient pas trop horripilantes. Mais globalement, c'était sans compter sur le fait que K-Ville serait avant tout un mauvais cop show (pour quelqu'un qui a grand'peine à en trouver qui soient bons, c'est dire). Et ça, ce truc qui tue tout, surtout en ces périodes de vaches pas assez maigres côté uniformes.

Dans ce pilote, l'intrigue est effectivement liée de plein fouet à l'ouragan Katrina, avec un côté légèrement dénonciateur d'une réalité pas très jouasse, et qu'on anticipait forcément (s'il n'y avait pas eu un minimum de dénonciation, cette série n'aurait vraiment pas valu tripette), toutefois, rien de captivant en soi. Les coupables et les victimes sont désignés, chacun attend sa sentence... ce pilote ressemble un peu à l'ouverture de l'Antigone d'Anouilh, tout le monde attend que ça commence et chacun sait quel rôle il a à jouer, et il le jouera jusqu'au bout. Mais tout cela, sans être un classique de la tragédie, hélas.

Au milieu de tout cela, nous avons notre flicaille. C'est contractuel, il en faut dans toutes les séries maintenant. Avec au menu, Anthony Anderson ne cherchant pas à repousser ses limites (pourtant j'l'aime bien ce ptit gars ; ça me fait de la peine et ça me fait plaisir en même temps, de le voir dans ce premier rôle), et Cole Hauser qui lui non plus ne se défonce pas tellement... C'est triste comme un jour sans pain, quoi. Evidemment l'un est un vieux de la vieille et l'autre la bleusaille, le premier ayant perdu son partenaire le second doit gagner sa confiance, mais heureusement il est observateur et compétent, blah blah blah...

Heureusement et malheureusement, sur la fin de l'épisode, se trouve un petit twist sympathique... mais le drame c'est qu'on a déjà jeté l'éponge depuis longtemps quand arrive ce petit retournement de situation, et plus dramatique encore, on voit très mal comment va s'intégrer cette histoire dans les épisodes à venir.

Au final, on ressort de K-Ville avec une impression de malaise, pas très solides sur ses deux jambes, et la tête légèrement bourdonnante. Le style visuel est remuant, les dialogues proprement impardonnables de banalité, les scènes d'action en provenance directe des années 90 (voir 80), les quelques scènes presqu'intéressantes bâclées (notamment sur la famille Boulet... j'déconne pas c'est leur nom ET leur fonction), l'intérêt au ras des pâquerettes sur la minute de fin, en baignant dans une sordide ambiance à la 7 à la Maison où tous les voisins ont subitement décidé que la Nouvelle Orléans, c'est super sympa comme coin à habiter et où se faire des cadeaux, etc... Pourri jusqu'à la moëlle, donc.

Mais ce ne serait pas si dérangeant pour toute autre série de dire que c'est une série pénible. Car le problème, c'est que c'est K-Ville, une série qui parle d'un sujet grave, offrant des possibilités dramatiques (pour l'instant à peine effleurées dans deux flashbacks) de folie, et un sujet fort. Alors on s'en veut un peu de n'avoir pas réussi à aimer. On s'en veut de n'avoir pas trouvé les qualités. On s'en veut de ce rendez-vous raté. Pourtant, j'y suis pour rien moi, s'ils ont mis à côté !

Ce qui est énervant c'est que le sujet, même mal traité (et osons le dire : maltraité) reste dérangeant. C'est qu'on a envie, puissamment envie, qu'une série parle de ce qui s'est passé, de la façon dont les gens ont dû survivre, de la façon dont la ville tente de se reconstruire, de la façon dont tout n'est que désolation encore deux ans après. Et c'est génial d'avoir une série avec un tel potentiel sans qu'on ne soit dans l'anticipation, la SF ou le fantastique. Mais rien à faire, ça ne prend pas. Ils ne se sont pas donné les moyens dramatiques d'aller au fond des choses, à plus forte raison dans ce pilote où justement c'était l'occasion de nous prendre aux tripes. Mais ni les scénaristes ni les acteurs ne vont au bout.

Le sujet est fort, la série ne l'est pas du tout. Ca sent la précipitation et, quelque part, on se demande si cette série, qui aurait pu être une formidable aventure, n'aurait pas gagné à être plutôt la seconde à parler de Katrina, plutôt que la première, cédant le passage à une exploitation plus fine de la question.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche K-Ville de SeriesLive.

15 janvier 2007

Take my love, take my land, take me where I cannot stand...

Bon sang ça fait du bien ! Ca faisait un peu plus d'un an que je n'avais pas regardé d'épisode de Firefly, et revoir le pilote était une bouffée d'air frais...!

Toutefois, ce pilote est à l'image de la série, et de ce qui selon moi l'a torpillée : l'épisode va beaucoup trop vite, se bornant à une façon superficielle d'aborder les choses et notamment l'univers de la série, pourtant conçu, ça se sent, de façon complexe. C'est quand même plutôt emmerdant pour un pilote, justement ! Là où Farscape avait par exemple très bien réussir à inclure son propre vocabulaire, Firefly se vautre complètement, avec deux phrases en langue étrangère totalement plaquées, et deux mots arrivés d'on ne sait où, qui trouvent, de surcroît, assez peu d'explication dans le contexte où ils sont prononcés. On nous balance aussi quelques noms techniques avec très peu d'explication, et même si on comprend visuellement à quoi, par exemple, correspond la base du vilain méchant pas gentil de notre affaire, on sent confusément une sorte de hâte fort regrettable.

Joss Whedon savait-il que ses épisodes lui étaient comptés ? On peut se le demander. Certainement que ce pilote a été conçu initialement pour durer plus de 45mn. Les éllipse temporelles ne sont pas tellement le problème : c'est surtout cet empressement à monter vite à bord des aventures du vaisseau sans laisser le temps de s'installer dans l'univers de la série.
Imaginez un peu l'incongruité de l'enchaînement : dans la première scène, Malcolm & co se frittent avec des locaux à cause de la fête de l'indépendance. Au programme : action, bonnes répliques, et démonstration de force. Là-dessus, générique, et hop ! On passe à notre doc et sa frangine River qui parlent d'une Académie dont on ignore tout, mais qui ont un tel naturel à en parler, sans aucune forme d'explication, qu'on a tôt fait de se demander si on n'a pas loupé un épisode ! Non-non, c'est normal, il a fallu faire des coupes... hélas on ne sort pas tellement de cette façon de fonctionner jusqu'à la fin du pilote. On comprend évidemment un certain nombre de choses sans se faire tenir la main, et il est évident que certaines explications/révélations appartiennent aux épisodes à venir, mais Firefly reste le type-même de pilote qui aurait supporté de prendre un peu plus son temps.

Quand je pense qu'après avoir boulotté la série lors de sa diffusion sur Serieclub, je ne me suis même pas donné la peine de regarder le film... faudra quand même que je me bouge un jour.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Firefly de SeriesLive.

28 juin 2007

Grey's Autopsy

Je ne reste pas longtemps. Après tout, inutile de chercher les mots pour dire ce que Speedu dépeindra à la perfection dans quelques posts, dés qu'il aura reviewé les épisodes de Grey's Anatomy de cette semaine. Ses résumés de la série sont en tous points conformes à ce que j'en dirais si j'avais son talent pour reviewer épisode par épisode. Donc, pour lire mon avis, lisez ses posts. Je ne suis pas toujours d'accord pour tout évidemment, mais pour Grey, on en est au même stade, à la virgule près. Et j'en profite pour dire que j'anticipe ces mêmes résumés avec délectation, même si je suis quasi-certaine d'en mouiller ma chaise tellement je vais être pliée de rire. Mais l'humiliation vaut le coup.
(Note : il est aussi la seule raison pour laquelle je lis encore des textes comportant les mots SMALLVILLE et LANA).

M'enfin quand même, je tenais à souligner le gâchis que c'est que d'avoir une série qui avait si bien commencé et qui aujourd'hui s'embourbe puissamment dans des intrigues soapesques et un ton de moins en moins équilibré entre comédie et dramaturgie. Il y avait de bonnes idées dans le cataclysme du ferry, notamment avec Karev, mais irrémédiablement elles se trouvent mises au second voir troisième plan pour pouvoir souligner les coucheries (qu'elles soient en suspens ou déjà à l'oeuvre). La plupart des personnages sont devenus des héros de sitcom tant ils sont inconsistants et ça me ferait rire si ce n'était pas si tragique (ou bien l'inverse).

Lorsque Christina, qui n'avait rien glandé de tout le double épisode sur la noyade de Meredith, s'est avancée pour aller la voir sur son lit de mort, et que c'est naturellement le moment que Grey a choisi pour revenir de l'au-delà (ce qui en plus était à peine prévisible puisqu'elle n'avait rien glandé en 1h30 !), j'ai su que rien n'allait plus, et que désormais, la série jouait à une variante de saute-moutons : saute-requins. C'est pathétique mais si même ce perso ne tient plus, qu'est-ce que je fais encore là ?

Bon allez, circulez ya rien à voir, ou peut-être que si après tout : je vais enfin redécouvrir qu'il existe d'autres chaînes que TF1 le mardi soir (France Télévisions et M6, c'est votre chance, cette série pique du nez, programmez quelque chose de valable en face !). Pour une fois que je ne déserte pas TF1 à cause de leur programmation mais bien d'une série sur laquelle il n'ont aucune influence créative, il faut tout de même le souligner, mais c'est quand même pas de bol. Quoique, la question reste entière : est-ce que la série me semblerait aussi risible si je n'en voyais qu'un épisode par semaine ? Bon allez on s'en fout, zou, moi, j'passe à autre chose. Je leur ai donné une demi-saison pour s'acheter une conduite, après tout.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (mais je ne saurais vous en blâmer à présent) : la fiche Grey's Anatomy de SeriesLive.

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