ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

23-01-13

Du bleu pour les filles

Avec un petit effort de mémoire (ou d'imagination, selon votre âge), vous pouvez peut-être vous souvenir ce que c'était que de ne pas être complètement innondé de séries policières. Je vous l'accorde, ça exige une petite gymnastique intellectuelle de nos jours, mais je suis sûre que vous pouvez le faire. C'était une époque pendant laquelle on n'avait pas encore atteint le stade où on a l'impression d'avoir tout vu ; mais avec l'année 2000, ça allait changer.
La première semaine d'octobre 2000 a vu apparaitre sur les écrans américains la série Les Experts ; une équipe dédiée à une seule tâche, trouver LA preuve qui permettra de confondre les criminels chaque semaine, tout cela sous une profusion de filtres colorés. Eh bien figurez-vous que, la première semaine d'octobre 2000 a également vu apparaitre, cette fois sur les écrans danois, une série répondant étrangement à la même description : Rejseholdet. C'est de cette dernière dont nous allons parler ce soir, puisque je viens d'en regarder le pilote.

Rejseholdet

Les ressemblances entre les deux séries ne s'arrêtent pas à la description succincte que je viens d'en faire. Comme Les Experts, Rejseholdet emploie un procédé un peu tordu pour à la fois présenter son contexte et y apporter presqu'immédiatement un élément perturbateur, à savoir la mort d'un membre de l'équipe ; sauf qu'ici, c'est le chef de l'unité, Torben Rønne, qui va être retrouvé mort.

Promue par le concours de circonstances à sa place, Ingrid Dahl, une inspectrice jusque là en charge des affaires internes, va prendre la tête des opérations afin de comprendre ce qui s'est passé et trouver le responsable. Elle doit naturellement faire face aux réactions de l'équipe de Torben, lesquels n'accueillent pas tous son arrivée de la même façon, et ce avec d'autant plus de difficultés qu'ils doivent aussi faire le deuil de leur patron ; mais Dahl va aussi découvrir qu'elle va devoir composer avec son supérieur Ulf Thomsen, qui très sincèrement ne la voyait pas pour ce poste et auquel la directrice de la police a légèrement forcé la main.
L'enquête va suivre son cours de façon assez "classique" (ce n'était peut-être pas forcément aussi classique il y a douze ans, mais le téléphage d'aujourd'hui aura du mal à en être tout-à-fait convaincu...), avec la structure habituelle : il y a une piste/c'est une fausse piste/une nouvelle piste/confession. Emballez, c'est pesé.

Pourtant, derrière les apparences peu originales de Rejseholdet, se cache un pilote qui a beaucoup à dire... mais pas sur son intrigue policière. Une grande partie de l'épisode sera en effet consacrée à suivre les relations d'Ingrid Dahl avec ses collègues et sa hiérarchie. Mais on n'est pas dans la figure classique du flic-contre-tous, par exemple. Rejseholdet s'est choisi un thème bien spécifique pour son épisode inaugural.

Au début de l'épisode, Torben et son équipe reviennent d'un déplacement, et s'apprêtent à célébrer une énième enquête couronnée de succès. On découvre d'entrée de jeu combien l'atmosphère y est à la fois joviale (ils sont contents d'avoir résolu leur affaire, normal) et extrêmement violente et sexiste. Torben et Ulf échangent des blagues pas franchement fines en sa tapant l'épaule, on ironise sur la vie conjugale des uns, et ainsi de suite. L'atmosphère est visiblement très joviale, mais aussi plutôt virile, en dépit de la présence au sein de l'unité d'une jeune femme blonde qui, dés qu'elle ouvre la bouche, est renvoyée dans ses cordes comme par habitude ("tu devrais pas être en train de te faire les ongles ?"). Tout cela sous le regard d'Ingrid, qui a croisé tout le monde dans le parking, et qui jette sur cette dynamique un regard navré.
La façon qu'a cette scène d'exprimer un sexisme très ordinaire, sous les yeux d'une femme qui n'est ni blasée ni vraiment révoltée par ce qu'elle entend (ce qui m'a d'ailleurs un peu rappelé, même si c'est en fait anti-chronologique, Koushounin), est en réalité à la racine des meilleures scènes de l'épisode.

Le pilote de Rejseholdet va en effet se faire fort de répéter régulièrement ces ingrédients tout au long de son intrigue ; par exemple, Ingrid décrochera le poste parce que la directrice de la police a suggéré son nom à Ulf. Discrimination positive ? C'est ce que suspecte Ulf, lequel proteste qu'il ne voit pas son équipe travailler sous les ordres d'une femme ; la directrice ne confirmera ni n'infirmera son intention, mais notera qu'il est grand temps qu'une femme ait cette responsabilité ; clairement, le fait qu'Ingrid soit une femme n'est anodin pour personne, dans un sens comme dans l'autre. Le fait qu'elle ait eu la promotion au lieu du second de Torben devrait être un facteur aggravant, au moment de son arrivée dans l'équipe, mais l'épisode va au contraire se défausser rapidement de cette piste pour explorer plutôt la question des genres.
Au cours de l'épisode, Ingrid explicitera toute la problématique qui se cache derrière son accession au poste : "je veux être promue pour mes qualifications, non mon genre". Le soucis c'est que son genre est aussi précisément ce qui empêchait Ulf de la considérer sérieusement pour ce poste, en dépit de ses qualifications... Rejseholdet semble bien décidée à explorer cette question, et s'en tirera plutôt bien dans un pilote qui a aussi pour vocation de mener une enquête de bout en bout, plus, bien évidemment, l'exposition de ses personnages (même si certains seront mieux servis que d'autres à ce stade).

Toute la question est de savoir si cet axe sera également exploité par les épisodes suivants ; j'avoue qu'à ce stade, j'ai l'impression qu'une telle énergie a été consacrée à ce thème dans le pilote, qu'il semble difficile de nier que Rejseholdet a l'intention de questionner divers problématiques féministes (on aura aussi, plus brièvement, droit à un questionnement sur la façon dont Ingrid peut concilier sa vie professionnelle et sa vie de mère), mais je vois mal, d'un autre côté, comment il peut être possible d'aborder le sujet sans tomber dans la redite de ce qui a été dit dans le pilote. Ca m'intrigue vraiment.

Mais heureusement que cet aspect des choses m'intéresse, parce que pour le reste, Rejseholdet n'est pour l'instant pas d'une folle originalité sur un plan strictement policier.
Il faut aussi ajouter que, si j'ai dressé une comparaison avec Les Experts, elle n'a absolument pas lieu d'être étendue à la question budgétaire : clairement, la série danoise est sur un budget serré. On peut d'ailleurs la comparer à des séries danoises (ou scandinaves en général) plus récentes, et voir le chemin parcouru en une dizaine d'années en termes de production value ! C'est édifiant... Malgré quelques efforts de camera, on sent quand même que Rejseholdet n'est pas exactement un bijou de réalisation, et certaines performances d'acteurs sont d'ailleurs à l'avenant.

Mais qu'importe. J'apprécie que la série ait eu envie de dire quelque chose, de ne pas simplement se consacrer à ses enquêtes policières, d'avoir un sujet. Le fait que ce sujet soit le féminisme (ou semble l'être) ne gâche évidemment rien à mes yeux, mais Rejseholdet pose plus de questions qu'elle ne semble y répondre sur ce sujet de toute façon.
Vu mon aversion envers les séries policières en général, et à plus forte raison si elles sont procédurales, je ne vais sans doute pas finir en quelques jours mon coffret de Rejseholdet nouvellement reçu. Mais je suis contente d'y découvrir un angle dramatique qui la rendra plus facile à regarder. N'hésitez pas à y jeter un oeil... à ce stade de mon visionnage, je trouve que Rejseholdet a l'air bien partie pour mériter ses deux International Emmy Awards !

Posté par ladyteruki à 23:51 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

12-01-13

Guts lacking

Bon alors, je vous la refais brièvement : défi avec whisperintherain, regarder tous les pilotes, review systématique. J'oublie quelque chose ? Non, je crois qu'on a tout. Mais sincèrement à ce stade, vous connaissez l'histoire. Rappelons quand même, parce qu'on est entre gens civilisés, qu'au bas de ce post se trouvera très bientôt un lien vers le post équivalent de mon camarade whisper, à propos du pilote abordé aujourd'hui.
Voilà, on est parés. Vous êtes prêts ? On est partis !

RipperStreet

A partir de quand n'est-il plus pertinent de regarder des séries policières ? Ce moment n'est-il pas passé depuis longtemps, d'ailleurs ? Suis-je encore capable de me mettre devant un pilote de ce genre sans avoir le sentiment d'en vomir quasiment chaque minute ?
Oh, l'emballage peut changer ; c'est même très souvent le cas. Loin de moi l'idée de prétendre que regarder Les Experts et Ripper Street revient au même, évidemment. Mais, de la même façon que s'enfoncer un clou dans la main et se cogner le petit orteil dans un meuble, les deux sont tout aussi douloureux. Aujourd'hui, je vous chante donc l'homélie de l'orteil, mais ne nous faisons point d'illusions : sans le clou dans la main, la douleur serait probablement plus supportable...

Ripper Street se déroule en 1889, et cela fait six mois que Jack l'Eventreur a disparu des radars. Sauf qu'on ne sait pas pourquoi. Qu'est-il arrivé à Jack the Ripper qui le fasse cesser ses atroces meurtres sur des prostituées ? Tant qu'on ignore qui il est, il est possible à chaque instant qu'il réapparaisse. C'est l'angoisse qui dort dans les ruelles sales du district de Whitechapel, et celle qui anime également l'inspecteur Reid, un homme qui a poursuivi le criminel avant de se retrouver le bec dans l'eau. Mais quand une nouvelle prostituée est retrouvée morte, présentant de nombreuses marques laissant penser que Jack a repris du service, le quartier succombe sous la terreur et la colère. A charge pour Reid, aidé de son fidèle homme de main Drake, et avec la participation de l'ex-chirurgien américain Jackson, de déterminer si Jack l'Eventreur a bel et bien repris du service, ou si au contraire, on a ici affaire à un vulgaire copieur désirant maquiller son crime.

Le problème numéro un de Ripper Street, c'est paradoxalement son ambiance. Oui, c'est soigné, détaillé, on s'y croirait ; mais justement c'est très énervant parce qu'on se perd généralement dans le volet reconstitution. C'est la raison pour laquelle le pilote est si long à démarrer : le production en fait des tonnes, au détriment du scénario qui est épouvantablement basique pour ce qui concerne à la fois l'exposition et le lancement de l'enquête. Ce qui n'aide pas du tout cette impression, c'est que, si on a regardé Copper quelques mois plus tôt, les deux séries semblent avoir été tournées dans les mêmes décors ; du coup c'est bien la peine de frimer, c'est du déjà vu de A à Z !
Mais forcément, pour moi qui suis allergique à la fois aux séries policières et aux séries historiques, j'étais mal barrée.

Une bonne partie du pilote sera ensuite consacrée à reposer une dizaine de fois, sur un ton différent et par le biais de divers personnages (le légiste "officiel", un journaliste...) la question essentielle et incontournable : Jack the Ripper est-il responsable du meurtre de cet épisode ?
Mais à force de poser la question, celle-ci se vide de tout son sens. Car les personnages ont, en définitive, beaucoup de mal à tous donner la mesure de la gravité de la question.
Et pire encore : si c'est bien Jack, alors quoi ? Qu'est-ce que ça change pour l'enquête ? Ne faut-il pas faire preuve de la même tenacité, du même soucis du détail, de la même patience pour comprendre tous les tenants et aboutissants des circonstances de la mort de la défunte, avec peut-être, l'espoir de ne pas dénicher un tueur, mais LE tueur... Alors après, c'est peut-être l'accent qui m'a destabilisée et j'ai laissé s'échapper une réplique capitale à la compréhension de l'enjeu, c'est possible aussi. Mais si, pour la population de Whitechapel, le retour de Jack signifie que l'on n'est plus en sécurité nulle part (surtout si l'on pratique le sexe tarifé), pour Reid et son équipe, cela donne exactement le même résultat.

J'ai dit que Ripper Street n'était pas Les Experts, un peu plus tôt. Ce n'est qu'à moitié vrai : comme l'a fait également Copper, la série s'ingénie à truffer cette enquête de références plus ou moins explicites à l'état des technologies à disposition de la police à l'époque, et évidemment à avoir recours à la médecine légale, devenue un véritable incontournable de la plupart des procedurals modernes. Ces rappels sont certes bien vus pour la plupart, et parfois même très bien mis en image (comme lorsque le photographe est présent pour immortaliser la scène du crime), mais ils fonctionneraient infiniment mieux si... on n'avait pas vu dix variations de la même chose depuis une douzaine d'année. La nécessité d'en passer par là pour Ripper Street comme pour n'importe quelle autre série est indiscutable : c'est un acte de paresse scénaristique qui évite d'avoir à trouver de vrais indices, et donc de faire fonctionner la déduction des héros (un écueil que Sherlock a brillamment évité à plusieurs reprises, et c'est l'une des rares séries à avoir seulement essayé). Au lieu de ça, une petite incision ou deux et pouf ! Une piste. C'est magique. Ripper Street fonctionnant dans une atmosphère de peur ou au moins d'inquiétude, il aurait été intéressant qu'au lieu de marteler la problématique de la preuve, la série oppose les tentatives du détective Reid pour penser calmement, alors que lui-même, ni personne autour de lui, ne parvient à rester calme devant la perspective que Jack l'Eventreur frappe à nouveau. Mais au lieu de choisir la voie plus ardue, mais tellement plus payante dramatiquement, Ripper Street tombe dans le médical, laissant passer une belle occasion de tirer son épingle d'un jeu qui ressemble avec les ans à une motte de foin.

Il faudra attendre la toute fin de l'épisode pour que Ripper Street tire partie de ce qui a pourtant été mis en place dés le début du pilote, et offre une magnifique confrontation entre trois hommes hantés par le cas de Jack l'Eventreur... 55 minutes pour en arriver là ? La scène est formidable, mais elle arrive bien trop tard. Surtout qu'entre temps, l'intrigue sordide et limite raccoleuse n'aura vraiment pas fait s'élever le niveau de l'épisode. Et dans l'intervalle, la question de la fascination pour Jack l'Eventreur, ou au contraire, les modalités permettant éventuellement à un criminel de copier ses méthodes et semer le doute même dans l'esprit des policiers ayant suivi la piste du célèbre boucher de l'East End, ce qui aurait tout de même permis de tirer partie du sujet prétendument choisi par la série.

Et je crois que le pire dans tout ça, c'est quand je lis que les épisodes de Ripper Street ne sont pas feuilletonnants ! Apparemment, il y a des gens qui estiment qu'écrire une histoire ne serait-ce que vaguement cohérente sur une saison de 6 épisodes, c'est trop compliqué. Quant à ce que laisse présager le trailer du deuxième épisode, diffusé à la suite du pilote, on voit mal comment les évènements seront à nouveau liés à Jack l'Eventreur. En somme, le but de la série est surtout de prendre un point de départ comme prétexte, mais de virer au cop show classique derrière. On était en droit d'espérer mieux, non ?

Alors je le répète : je ne suis sûrement pas la personne qu'il faut venir voir pour se faire une opinion objective (si pareille chose existe) d'un pilote de série policière. Je n'ai jamais été très enthousiaste vis-à-vis du genre, mais je sens bien que ça ne fait que s'aggraver avec les années, et surtout, avec les ersatz qui fleurissent. Très, très peu de ces séries trouvent vaguement grâce à mes yeux, et je suis bien consciente du fait que, chaque fois que je démarre un pilote dans lequel je sais qu'il y aura une enquête au moins, je le fais en serrant les dents et en partant du mauvais pied. Alors forcément, je me cogne l'orteil.
Mais je crois sincèrement que, même en mettant mon antipathie envers les séries policières de côté, Ripper Street manque de personnalité et de courage. Libre à vous évidemment de le vérifier par vous-mêmes, mais vous n'y allez pas avec ma recommandation.

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 23:42 - Review vers le futur - Permalien [#]

26-10-12

Post-partum

L'arrivée d'un nouveau livre dans une bibliothèque téléphagique est un peu comme l'arrivée d'un nouveau né dans une famille : cela signifie à la fois la joie... et la frustration. Surtout si vous tentez de donner le sein à votre livre et de tourner les pages de votre bébé, la frustration devient alors sentiment d'échec et signalement aux services sociaux.
Il est rare que je parle des livres que je lis sur la télévision, principalement parce que j'ai déjà du mal à trouver le temps de parler de tous les épisodes et/ou toutes les séries que je regarde, alors si en plus je me mets à ouvrir une rubrique consacrée au format papier, je crois qu'il faut que je quitte mon travail et que je me consacre intégralement à ce blog. Attendez, j'ai perdu le fil : c'était quoi le problème avec cette suggestion ? Ah oui, ne plus avoir le budget pour acheter les DVD de la moitié des dites séries. Phew, on est passés à ça de la catastrophe !

Mais ce soir je voulais vous parler de mon livre de cette semaine, The Practice: la justice à la barre, paru aux Presses Universitaires de la Cité ya trois siècles et demi, mais vu que je balance mon budget bouquin une fois que j'ai acheté mes DVD, il est rare que je lise un livre sur les séries dés sa publication (à l'exception du dernier Martin Winckler, et du livre co-signé par Clity Swood, hasard ou coïncidence).

La lecture de ce bouquin m'a fait réfléchir, justement, à mon rapport aux ouvrages à vocation téléphagique, et plus que du contenu lui-même du livre (vous n'avez qu'à le lire vous-mêmes, et toc !), c'est de cela dont il va être question ce soir.
En 5 points, parce que j'aime les listes et je suis sûre que vous aussi.

ThePractice

5 raisons pour lesquelles je ne suis que frustration
après la lecture d'un ouvrage d'analyse sur The Practice

N'appelez pas les services sociaux...

1 - Le manque de références

La plupart des livres que j'avais achetés ces dernières années traitaient de plusieurs séries en même temps, ou de télévision dans son ensemble. Il faut remonter à, disons, une bonne et copieuse décennie en arrière pour retrouver dans mes achats des livres portant sur une série, et une seule. Je crois que ce n'était pas innocent, à défaut d'être volontaire ; c'était la suite logique de l'évolution de mon comportement téléphagique, puisque ma consommation elle-même tend à élargir au maximum le champ des séries que je regarde ou auxquelles plus généralement je m'intéresse. Je soupçonne d'ailleurs que beaucoup de téléphages passent du stade où une seule série, ou à la rigueur, une poignée de séries, attire(nt) leur attention, avant de finalement s'intéresser à des thèmes plus larges et dépassant le simple domaine de l'affectif. Mais dans mon cas, on ne peut pas dire que les ouvrages sur SPACE 2063 ou Invasion Planète Terre aient été légion sous nos latitudes (j'ai un roman de Peter Telep sur SPACE 2063, reprenant l'intrigue du pilote je crois, dans les faits je n'ai jamais dépassés les 10 pages, pourquoi opter pour la méthadone quand on a la coke à portée de main ?), et j'avais donc effectué des achats de pis-aller, genre un bouquin sur Ally McBeal et sur Friends, faute de mieux accessible dans le commerce au centre commercial du coin.
Mais quelle que soit la raison de mon évolution vers des ouvrages sans doute plus théoriques, mais surtout plus généralistes, le fait de me retrouver, pendant ce livre, à n'entendre parler que de The Practice (au début, la carrière de David E. Kelley est mentionnée, donc la plupart de ses succès aussi ; curieusement des séries de sa création qui n'ont pas fonctionné sont mises de côté, à l'instar de Snoops, Girls Club ou The Brotherhood of Poland, ce serait pourtant intéressant de les inclure, ses échecs ayant sûrement aussi quelque chose à dire sur les techniques d'un scénariste) était trop limité. Bon, j'exagère car une rapide référence à Oz, par exemple, est faite vers la fin. Mais globalement ce n'était pas assez transversal à mon goût.

2 - L'impression de déjà vu

Plusieurs fois au cours de ma lecture, et plusieurs fois en 5 jours c'est beaucoup, j'ai pensé : "ouais, euh, et sinon, on apprend quoi ?". Cette impression est biaisée, bien-sûr. Oui, il se dit des choses très intéressantes dans ce livre sur le propos de The Practice, ses thèmes récurrents les plus forts et la façon dont la néo-série (on reconnait un sujet sérieux au fait que l'auteur sort des néologismes que lui seul utilise) les exploite, etc. Mais ces choses ne vous rivent pas à votre siège, les épaules pliées sous le poids des révélations. Cette impression est même injuste : si c'était si évident pour moi, moi-même j'aurais sans doute écrit l'équivalent à l'occasion d'un post sur la série (je me suis refait l'intégrale des deux premières saisons il y a quelques temps, après tout, j'aurais pu). Mais ce n'est pas le cas et ça prouve un peu quand même que, si ça va sans dire, ça va quand même mieux en le disant.
Le problème, c'est qu'en fait, ce ressenti découle de l'impression qu'on a acheté un livre d'analyse, mais que l'analyse ne va pas très loin, au sens où quiconque a regardé la série a senti, faute de mettre les mots dessus, ce qui est explicité au long des pages.
Clairement, c'est à ce stade que j'aurais dû comprendre que je n'étais pas venue à cet ouvrage avec la bonne démarche, surtout au regard de mon premier point. Certainement que j'aurais aimé qu'on me parle un peu plus du fonctionnement de David E. Kelley, par exemple, de la façon dont il use sa rhétorique ou comment il lui arrive d'utiliser des gadgets narratifs pour parvenir à ses fins ; en cela, il aurait été intéressant de croiser beaucoup plus (on y revient) les comparaisons avec d'autres séries. Ce qui est fascinant aussi, dans The Practice, ce n'est pas simplement le propos, c'est aussi que Kelley bossait sur deux séries en parallèle pendant plusieurs années, et que cette autre série était Ally McBeal. L'exercice de style mérite qu'on s'y attarde, non ? Comparer la face cachée de la lune avec sa face ensoleillée aurait eu une valeur immense pour décrypter certains propos, certaines scènes. En fait, je l'ai compris en progressant dans ce livre, il me faudrait une étude de l'oeuvre de Kelley : pas de l'une de ses oeuvres, nuance. Surtout que Kelley pour moi est comme Whedon pour beaucoup. Donc clairement, j'étais là pour les mauvaises raisons, d'où mon ennui à plusieurs reprises.

3 - Les chapitres qui tournent en rond

Corollaire du point précédent. Tout un chapitre pour parler de la position de The Practice vis-à-vis des dérives sécuritaires, par exemple, c'est long, et je me suis demandé si c'était forcément justifié. On a l'impression que l'auteur a énuméré tous les exemples qui viennent soutenir son analyse, et c'est tant mieux, cela souligne le sérieux avec lequel l'ouvrage a été pensé et écrit. De toute évidence, Perreur connaît son sujet, possède une vue d'ensemble sur la série (qui entre parenthèses me manque, full disclosure). Rien de pire qu'une analyse tirée d'un chapeau, la partialité accomplissant ponctuellement son oeuvre (et je le sais pour en pondre moi-même quelques unes de temps à autres, on ne va pas se leurrer). Ici on a affaire à quelqu'un qui très clairement aime la série, mais qui est décidée à expliquer par le menu pourquoi celle-ci est intéressante. Ce que je ne nie pas. En fait, les axes retenus sont justement si clairvoyants qu'ils en deviennent évidents. Car une fois que la démonstration est faite, il importe finalement assez peu qu'une demi-douzaine d'autres occurrences pendant la série viennent soutenir la thèse de l'auteur, on aimerait que le chapitre aille plus loin. C'est le cas sur la peine de mort (le chapitre à mon sens le plus satisfaisant), qui vient se compléter de nombreuses informations statistiques et historiques sur la peine de mort, permettant de comprendre dans quel contexte The Practice tient son propos si clair d'abolitionniste. Et ça, ça m'a fascinée, cette remise en contexte de la série dans la société américaine, où, faut-il le préciser, est pleinement sa place, plus que pour 80% des séries ! Même au sein du genre des legal dramas, la position et l'argumentation de The Practice, sans être totalement uniques, sont marginales (j'adore The Good Wife mais les procès n'y revêtent pas du tout la même fonction, par exemple), et c'étaient certainement les passages du livre les plus proches de ce que j'attends d'une analyse sur une seule série.
Hélas, trop souvent, la plupart des chapitres se content de citations (parfois longues, même) et de très brefs rappels au contexte dans lequel l'épisode, l'arc, ou le thème récurrent, font leur apparition.

4 - Les limites de l'analyse de fond

Il est des genres et/ou des auteurs dont on peut dire avec certitude que, s'il n'y avait pas de fond, il n'y aurait rien, la forme étant laborieuse ou épouvantablement générique. Même par curiosité, je n'irais pas acheter un livre sur Desperate Housewives, mais voilà un bel exemple de série dans laquelle il semble difficile de disserter en longueur sur la forme que revêt la série, tant ses dialogues sont, je ne vais pas dire pauvres, mais à tout le moins, pas riches. Il aurait été fantastique d'aller plus loin que la thèse de The Practice sur les sujets sélectionnés (effectivement les plus importants, c'est incontestable) et de s'aventurer sur le chemin des outils narratifs eux-mêmes, peut-être : on a ici un scénariste qui est un ancien avocat, et dont le talent pour retourner les idées et jouer sur les mots est encore moins anodin qu'ailleurs. Ne pas parler, ou presque pas, de la façon dont sont construits les dialogues et plus particulièrement les interventions devant le tribunal est quasi-criminel, et laisse de côté une énorme partie de la richesse de la série. De la même façon, s'intéresser si peu (mais un peu quand même je vous rassure : en passant) au fait que le créateur et showrunner de la série soit un ex-avocat, avec ce que cela dit sur le système juridique avant même que les personnages eux-mêmes n'ouvrent la bouche, est dommage. Pas dramatique, mais dommage. Combien d'autres ouvrages Perreur pense-t-elle pouvoir écrire sur The Practice ?
Mais là encore, la faute me revient de façon pleine et entière. Ce n'est pas l'intention qui a présidé à l'écriture de cette analyse, et on ne saurait tenir l'auteur responsable des attentes du lecteur...

5 - L'envie de revoir la série

Ne riez pas, c'est un problème très sérieux. On parle d'une série dont la sortie en DVD est des plus piètres ; c'est d'ailleurs pourquoi l'ouvrage fait figure d'exeption dans la mini-collection de PUF, avec à côté des séries intégralement éditées et/ou facilement accessibles : Les Experts, Desperate Housewives, Six Feet Under. Mais c'est aussi, à dire vrai, ce qui fait l'intérêt de ce livre, pour une fois que sort une analyse sur une série légèrement plus obscure que la moyenne, ça fait quand même bien plaisir que les spécialistes soient autorisés à changer de disque.
Mais à force de mentionner des lignes de dialogue entières, à force de parler très précisément d'un épisode (L'Esprit de l'Amérique faisant en plus partie de mes absolus préférés) décrit par le menu, et à force, bah, de bien parler d'une bonne série, tout simplement, j'avais finalement plutôt le sentiment que, surtout les 5 points étant cumulés, j'aurais plutôt dû mettre mon temps de lecture au profit d'une intégrale. Chose que mon emploi du temps téléphagique ne peut pas me permettre, pas DU TOUT !


Ces cinq points, j'espère avoir su le dire, ne sont donc pas vraiment des reproches que j'adresse à The Practice: la justice à la barre, que d'ailleurs je vous recommande, surtout si vous faites partie de ceux qui ne connaissent pas la série.
C'est, à vrai dire, à mon avis, la véritable cible de cet ouvrage : les téléphages qui ont loupé le coche de la série ; vous aimez les fictions [américaines], mais vous savez que vous n'aurez jamais les DVD ni assez de place sur votre disque dur pour rattraper le temps perdu ? Vous allez trouver dans ce livre un parfait kit de secours vous permettant de posséder les bases pour élargir votre culture téléphagique sur The Practice ; les grands thèmes sont parfaitement présentés, les diverses problématiques des personnages sont toutes mentionnées au moins une fois, et en gros, Perreur a vu la série pour vous parce qu'elle sait que c'est compliqué (et probablement parce que The Practice compte parmi ses séries préférées, et c'est facile de parler longuement de ce qu'on aime, vous le savez pour lire ce blog !). C'est formidable si vous avez besoin d'un livre pour vous parler d'une série que vous ne pourrez sans doute jamais voir par vos propres moyens... ou que vous n'auriez pas nécessairement eu l'idée de rattraper sans y être fortement incité par un livre qui attire votre attention sur les qualités et le propos de cette série.
En somme, le complet néophyte sera perdu à la lecture, le téléphage qui connait déjà bien la série (à défaut de forcément l'avoir vue en intégralité) se retrouvera avec un ou plusieurs des points que je viens d'évoquer, qui lui diminueront son plaisir, donc le public qui appréciera pleinement cet ouvrage se situe quelque part entre les deux.

Je ne suis donc que frustration parce que, en somme, j'ai lu un livre qui ne m'était pas forcément destiné, que j'en attendais autre chose, et que grosso-modo, il faut sans doute que j'arrête totalement de lire des ouvrages s'intéressant à une seule série, parce que ce n'est pas/plus ma came.
La semaine prochaine, j'entame Créatures!. Normalement, d'après mes prévisions, la frustration devrait laisser place à l'insomnie.
Toujours se méfier des souhaits.

Posté par ladyteruki à 23:47 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

21-10-12

Dans l'oeil de celui qui regarde

Il y a des jours où ce challenge avec whisperintherain commence à me courir sérieusement. Hasard ou coïncidence, c'est quand je dois m'envoyer le pilote d'un remake fait par la CW et comptant Kristin Kreuk au générique que j'attends le plus facilement les limites de ma patience. Allez comprendre. Autant vous prévenir, donc, j'étais de très mauvaise humeur quand j'ai lancé le pilote de Beauty and the Beast, et ça ne s'est pas arrangé ensuite ; ce post est donc là essentiellement pour remplir ma part du challenge, mais je n'ai éprouvé aucune sorte d'intérêt à le rédiger.
Du coup, si vous décidez de ne pas le lire, et de directement cliquer au bas de ce post pour atterrir chez l'ami whisper, bah je ne vous en veux pas du tout. Si j'avais pu, j'aurais fait pareil.
Mais voilà, j'aime bien aller au bout de mes défis.

Beauty

Mon Dieu que cette affiche est laide.
Non, je sais, ce n'est pas le propos de ce post, mais enfin, chaque fois que j'ai trouvé cette affiche quelque part, elle avait systématiquement ces traces de désaturation localement resaturée, ce qui fait comme des taches de vin sur les visages des deux héros, c'est juste ridicule. Vraiment, je ne comprends pas comment on peut être aussi mauvais avec Photoshop ; même moi qui ne suis pas un génie, j'arrive à faire mieux. Il y a des séries qui tendent le bâton pour se faire battre ; rien ne rattrape un peu le niveau dans Beauty and the Beast, c'est atroce.
Pardon pour ce bref intermède, mais vraiment, le niveau de foutage de gueule est tel que c'est difficile de ne pas râler.

Bon, alors, le pilote de Beauty and the Beast, donc. Je vous préviens ça va aller très vite, je ne l'ai pas vu en entier. Ah non hein, c'était hors de question ! Je suis peut-être masochiste, mais pas suicidaire ; à un moment il faut poser des limites, quoi. Sincèrement, c'est insupportable de devoir se cogner des horreurs pareilles. Quand je vois Beauty and the Beast, je préfère presque regarder un deuxième épisode de The New Normal, pour vous donner un ordre d'idée.

Peut-être qu'il y a une part de mauvaise foi de mon côté. Peut-être que, La Belle et la Bête faisant partie des toutes premières séries que j'ai regardées (et ce même si aujourd'hui mes souvenirs en sont plutôt flous, en-dehors du pilote que j'ai revu ces dernières années), j'avais un a priori négatif sur ce remake ; c'est même très problable. Mais ce qui n'arrange rien, c'est que ce même remake soit absolument pourri, que ses deux acteurs principaux se soient lancés dans un concours de transparence (on peut difficilement dire que Kristin Kreuk nous ait jamais ébahis, eh bien c'est pareil pour Jay Ryan qui n'a jamais été le point fort de Go Girls de son côté), et que l'intrigue soit molle au possible.

Tous les remakes ne sont pas coupables par définition, certains sont potables, il doit même y en avoir quelques uns de bons (aucun ne me vient à l'esprit là tout de suite, mais comme je l'ai dit, je suis de mauvaise humeur), mais il faut y mettre un tant soit peu du sien.
Beauty and the Beast n'était pas obligée de redire la même chose que son aînée, de la relation de Catherine et Vincent il y a 25 ans au monde incroyable des tunnels de New York, beaucoup d'éléments n'étaient pas obligés d'être conservés. Toute vieille conne nostalgique que je sois, je suis capable d'admettre que ce que j'ai aimé dans une série qui est remise au goût du jour, je ne le trouverai pas nécessairement dans sa nouvelle version. La nostalgie n'est de toute façon jamais vraiment comblée par un remake ; sur ma liste de Noël de cette année, il y aura l'intégrale de La Belle et la Bête, comme ça c'est réglé.
Mais cette nouvelle mouture avait l'obligation d'essayer de faire de son mieux pour apporter quelque chose qui donne envie de la regarder. Or, si ni l'intrigue, ni les protagonistes, ni le contexte n'ont d'intérêt, que reste-t-il ? Il reste une prétendue romance entre une jeune femme fade et la créature soi-disant pas très esthétique qui souhaite la protéger.

Alors parlons-en, de la romance. Vous le savez, je ne suis pas intéressée par 99% des romances en séries ou en films. Eh bien je crois que je comprends pourquoi quand je vois ce pilote : parce que, à l'instar de Beauty and the Beast, on n'a aucune idée de pourquoi les personnages s'aiment. Ils le font uniquement parce que ça s'est présenté comme ça, que les scénaristes avaient besoin d'une romance, et que vogue la galère.
Que peut bien aimer Vince chez sa dulcinée ? Bon, elle est belle, soit, admettons. Génial, ça doit lui faire plaisir à Catherine : tu fais du 34 et des mecs t'aggressent, DONC Vince tombe sous ton charme. Ca doit lui aller droit au coeur. Pire encore, Catherine n'est fascinée par Vince que pour une seule raison : il l'a sauvée ! On pourrait presque parler de reconnaissance du bas-ventre, pour un peu. Ils ne connaissent rien l'un de l'autre, mais juste parce qu'il s'est passé un truc il y a 9 ans, paf ! Allez, on va faire en sorte qu'ils soient attirés l'un par l'autre à leur corps défendant. Ce n'est pas romantique. Ce n'est même pas intéressant. C'est purement gadget. Il n'y a aucune forme d'émotion.
Mais si c'est pire ici, c'est parce que la Belle n'est même pas belle et que la Bête n'est même pas monstrueuse (comme 712 personnes avant moi l'auront sans doute dit). Où est l'enjeu ? Pourquoi la Bête ne vit-elle pas au grand jour ? Où est la dimension d'un amour impossible et/ou dépassant les limites de la société ? Pourquoi la Belle et la Bête ne prennent-elles pas un loft ensemble à Brooklyn ? Bon, je veux bien que les Américains ne connaissent pas Ribéri, mais franchement, il y a bien pire que Vince dans les rues de New York...

Alors, je n'ai jamais vu Twilight, je n'ai aucune intention de m'y mettre, mais Beauty and the Beast est exactement ce que j'imagine que Twilight doit être, à condition de l'accoupler avec un épisode des Experts.
Pardon pour cette surenchère d'images mentales d'une grande violence... mais pour vous exprimer mon dégoût, il fallait bien ça.

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 21:17 - Review vers le futur - Permalien [#]

05-10-12

Par élimination

Devinez qui s'est lancé un défi avec whisperintherain sur les pilotes de la saison ? ...Bah, comment vous avez su ? Place cette fois à un pilote sorti sur la toile quelques jours avant son lancement sur NBC, avec Chicago Fire.
Vous trouverez, évidemment, au bas de ce post, un lien vers le blog de whisper, qui sera complété sitôt que ce dernier aura publié sa review. L'occasion de comparer nos points de vue...

ChicagoFire

1996. C'est en 1996 que FOX avait lancé L.A. Firefighters, une série s'intéressant à des... pompiers de Los Angeles (on voit ceux qui suivent). On ne va pas se mentir : j'ai dû faire des recherches, je ne me souvenais plus du titre. En fait je ne me souvenais plus de grand'chose. Simplement, la série avait ensuite été diffusée par TFHein et c'est alors que je l'avais vue. Enfin, "série", c'est vite dit, vu le nombre d'épisodes tournés, mais je me souviens clairement de Christine Elise en pompier.
Pourquoi j'ai mémorisé Christine Elise ? Bah dans les années 90, tout le monde connaissait Christine Elise parce qu'elle se tapait Jason Priestley, voilà tout, c'est aussi simple que ça. Mais je trouvais que le rôle allait bien à cette nana aux airs de gros dur. Dans le milieu viril des pompiers, elle faisait illusion (un personnage qu'on retrouverait quelques années plus tard sous le nom d'Alex Taylor, à bien y réfléchir). Impossible de me souvenir de la teneur des épisodes, par contre je me revois, en train de grignoter devant un épisode ou deux. J'ai l'impression que c'était pendant les vacances d'été mais je n'en suis même pas certaine. Vraiment, il ne m'en est resté que Christine Elise, et peut-être un autre personnage féminin, plus vaguement.
En réalité, L.A. Firefighters n'apportait pas grand'chose sur la table, et son annulation prématurée était plutôt une évidence vu le peu d'empreinte que son contenu a laissé sur moi (et certainement la poignée d'autres personnes qui l'ont regardée à l'époque).

Il faut dire qu'à ce moment-là, j'étais prête à regarder tout et n'importe quoi pourvu de simplement pouvoir me mettre devant une série ou deux. J'ai regardé Pacific Blue assez assidument à peu près à la même période, par exemple, mais c'est un autre sujet, pour la confession honteuse d'un autre jour. Cela dit, ces séries répondaient un peu à la même intention : offrir du mouvement et du bruit, du spectacle et de l'action, pendant trois quarts d'heure, sans vraiment chercher la complication, ou approfondir cette histoire de "scénario" dont il se disait qu'on en trouvait dans d'autres séries.
Dans les années 90, on avait énormément de séries de ce genre, pas franchement futées, et TFHein se faisait un plaisir de les diffuser. A côté, les Experts, c'est du HBO ; vous vous rendez pas compte de ce que c'était que de regarder TFHein dans les années 90, la jeunesse téléphagique d'aujourd'hui ne connait pas sa chance.

A bien y réfléchir, des séries s'intéressant à une brigade de pompiers, il n'y en a pas eu des centaines, de toute façon. Autant les flics, ça ya pas de problème (quoique, la mode de suivre un commissariat entier n'a pas vraiment survécu à la fin des années 90 non plus... le cuisant échec de NYC 22 en est la preuve), autant les pompiers...
Mais c'est vrai que dans la dynamique d'alors, une série dramatique sur les pompiers, ça ne se concevait pas. Une série dramatique sur la police, oui, c'était envisageable. Mais sur les pompiers, ça impliquait nécessairement une série d'action. Il faudrait attendre Rescue Me pour innover dans le domaine.

2001. Ca par contre, pas de problème, je m'en souviens très clairement. Le pilote de New York 911 compte parmi mes plus intenses souvenirs de téléphagie. Mais vous allez me dire : dans New York 911, certes, on voyait des pompiers (surtout au début) mais aussi des ambulanciers et des flics, encore eux. Finalement la série mangeait à tous les râteliers. C'est peut-être justement pour ça : parce que rester centré sur les pompiers semble toujours être voué à ne présenter que des séries d'action. J'ai progressivement abandonné la série (c'est cruel à dire mais plus il y avait de poulet, plus je faisais une allergie) mais il me semble même qu'à un moment on avait aussi droit à des médecin du service des urgences.
Toujours est-il que l'ambiance dans une caserne de pompiers, j'avais eu le temps de connaitre : New York 911 était truffée de scènes de la vie quotidienne, dans une bonne ambiance de groupe où on regardait des matches ensemble et où on dînait entre deux interventions dans la cuisine de la caserne. C'était une ambiance de fraternité, un peu virile mais pas à l'excès, tout-à-fait ce que j'aime sur la façon dont tant de séries nous montrent les amitiés masculines. Il y avait des moments de friction mais, avant tout, c'étaient des conséquences de la vie en commun, en permanence les uns sur les autres, et c'était quelque chose de fort, cet esprit de cohésion, c'était vibrant.

Mais la plus grande qualité de New York 911, c'était sa capacité à nous faire trembler devant le danger. Beaucoup de séries mettent leurs protagonistes en danger de mort, mais la plupart du temps, les spectateurs sont plus que conscients que ce risque est cosmétique, et que les héros sont à peu de choses près invincibles (sinon il n'y a pas de série). Mais New York 911 capturait quelque chose de rare, le sentiment de risque. C'est justement ce qui m'avait rivée à mon écran devant ce fameux pilote, l'impression terrible de sentir la montée d'adrénaline, inhérente au "genre" comme on l'a dit, mais aussi de prendre le pouls de personnages qui risquent vraiment leur vie pour avoir transporté une civière ou éteint un feu. Et qui, à travers les risques physiques qu'ils encouraient au quotidien dans leur travail, couraient aussi un risque de blessure psychologique, de traumatisme. Leur vision du monde s'en trouvait altérée. Un personnage de New York 911, et à plus forte raison un pompier, n'était jamais un naïf. Mais malgré les séquelles d'interventions parfois réellement terrifiantes, ces mêmes personnages étaient capables de tout de même déconner dans la cuisine de la caserne. Rien n'était anodin, mais rien n'était jamais totalement insurmontable. Ce qui m'avait touché avec New York 911, dés le pilote, était le même genre de raisons qui font que j'aime les séries sur les flics en uniforme ou les militaires : un fragile équilibre entre la peur et l'assurance, la capacité de s'adapter à une vie passée dans la gestion des errances des autres, et une certaine gravité masquée sous un esprit de corps.

Une série sur une caserne de pompiers, quand c'est bien fait, ça fait vibrer. Sinon ça ressemble simplement à une campagne de recrutement, un peu dans le genre de Paramedicos en ce moment au Mexique.

Hm, je n'ai pas beaucoup parlé de Chicago Fire dans cette review. Mais est-ce réellement nécessaire, quand tout est déjà dit...?

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 19:33 - Review vers le futur - Permalien [#]

02-10-12

Calling in sick

Sur le sujet du défi que whisperintherain et moi nous sommes lancés, vous pensiez tout savoir. Oui, nous allons regarder et reviewer tous les pilotes de la rentrée. Aux quatre coins de la planète. Avec entrain et enthousiasme. Tout ça tout ça. Ce que vous ignorez jusque là, c'est que... bon, une saison, ça couvre les trois quarts de l'année, et on s'est dit qu'il y aurait peut-être des moments pendant lesquels le défi nous pèserait un peu. Alors on a établi un système de joker...
Alors, pour le pilote qui est l'objet de ce post... non, j'ai pas posé de joker (ces choses-là sont précieuses et la saison sera longue). Mais croyez-bien que j'y ai pensé. Très fort. On verra, grâce au lien au bas de ce post, si mon compagnon de galère s'en tire mieux que moi...

Vegas

"MAAAIIIS ! Je veux pas y aller !
- Ah non, tu commences pas ton cirque, hein.
- S'il-te-plait !!!
- Non. Quand j'ai dit non, j'ai dit non. Tu y vas et puis c'est tout.
- Mais euh, j'ai pas envi-i-i-e !
- Je veux pas le savoir. La rentrée, c'est la rentrée, alors tu vas faire ta review. Voilà, affaire classée.
- Ouais enfin, euh, d'abord, avec tous les trucs que j'ai, personne va faire la différence si je sèche UNE fois. J'te f'rai dire.
- Eh bien moi, je le saurai.
- Alleeez, je t'en supplie ! Je... je ferai un post sur autre chose ! Tiens, euh... sur The Rickey Smiley Show !
- Non, pour celui-là, whisper et toi avez décidé d'un joker commun, tu te souviens ? C'était tellement pourri que vous avez décidé d'occulter son existence.
- Oh, allez ! Je vais me mettre à pleurer...
- Les larmes ça marche pas sur moi. Tu te mets à ta review de Vegas, un point c'est tout.
- Ok, ok je vais le faire... mais tu trouves pas que j'ai de la température ? On pourrait appeler les lecteurs du blog et leur dire que je suis malade...?
- Mais oui. Et on leur expliquera aussi comment tu t'es goinffré de l'épisode de rentrée de The Good Wife pas plus tard qu'hier.
- ...Bah justement, c'est badass Kalinda qui m'a mis la fièvre.
- Bon ça suffit maintenant, écris ta review.
- Mais c'est pourri, Vegas, merde à la fin ! J'ai pas envie de devoir tartiner un post où je vais lâcher des horreurs sur un pilote de série que j'ai même pas réussi à tester en entier, et sur lequel j'ai l'impression d'avoir tout dit dans un tweet ! C'est ridicule ! Hein ? Franchement ?

- ...
- Non ?
- Bah... si, bon, un peu oui. Allez, va pour cette fois, je te fais un mot.
- Merci ! Hey, je peux rester en pyjama, allumer la télé, et finir la saison de Girl vs. Boy ?
- Vas-y, profite tant que je suis dans de bonnes grâces !
- Et tu crois que je peux finir le Netella ?
- Ho. Pousse pas, non plus."

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 18:56 - Review vers le futur - Permalien [#]

26-08-12

Quand la réalité dépasse les fictions

En cette rentrée, whisperintherain et moi-même avons convenu d'un petit défi à deux : nous regarderons absolument chaque pilote de cette saison, et nous rédigerons, chacun de notre côté, un post pour absolument chacun de ces pilotes. Mais notre défi ne se cantonne pas à la saison américaine, loin de là, et aujourd'hui, nous nous dirigeons vers l'Australie, avec la nouvelle série de la franchise Underbelly.
Naturellement, à la fin de ce post, vous trouverez un icône sur lequel il vous suffira de cliquer pour accéder à la critique du pilote d'Underbelly: Badness de whisper, et ainsi lire nos deux avis sur un même pilote.

UnderbellyBadness

Mais d'abord, laissez-moi commencer par un aveu : je n'ai jamais regardé un seul épisode de la franchise Underbelly en entier. Ca peut surprendre venant de quelqu'un qui peut affirmer regarder 95% des pilotes australiens diffusés ces deux dernières années et qui tente quand l'occasion se présente de rattraper au maximum son retard sur les années précédentes, mais les faits sont là. Je connais l'excellente réputation de la franchise, je sais bien qu'il sort des nouvelles saisons régulièrement, j'écris même à leur sujet (comme ça a pu être le cas pour Underbelly: Razor ou Underbelly: Land of the Long Green Cloud dans ces colonnes), mais rien à faire, une fois que je me retrouve devant l'un des pilotes de cette franchise, peu importe lequel : je freine des quatre fers. Je regarde les premières minutes à la grande rigueur (le temps de découper un générique, en gros), et encore. Je n'ai rien contre le principe, le cast des séries me semble à chaque fois plutôt prometteur, mais quand ça veut pas, ça veut pas.
Alors, c'était une grande première, ce pilote d'Underbelly: Badness, et je tiens à remercier whisperintherain parce que, sans ce défi et s'il ne m'avait pas confirmé qu'il était prêt à inclure les pilotes australiens dans celui-ci, j'aurais sans doute encore fait machine arrière au dernier moment. C'est une chose précieuse que la motivation mutuelle entre deux téléphages, et j'espère pouvoir, au long de notre expérience, pouvoir lui rendre la pareille.

Comme toutes les séries de la franchise, Underbelly: Badness est inspirée par des faits réels ; ici, les évènements de cette nouvelle série se déroulent entre 2001 et 2012. Inutile de dire que pour le dépaysement chronologique, on n'a pas frappé à la bonne porte, et que si vous vouliez de l'historique, il fallait regarder Underbelly: Razor. Personnellement ce n'est pas un problème pour moi, et je le vois plus comme un retour aux sources vis-à-vis de la première franchise qui se déroulait à peu près à la même période, mais je peux comprendre que ça déçoive légèrement après ce que nous ont offert les derniers opus en termes de voyage dans le temps.

Pour vous consoler, dites-vous qu'Underbelly: Badness, c'est un peu Underbelly: Dexter.
Notre criminel cette année est Anthony Perish, surnommé Rooster, condamné le 13 avril dernier à une peine de 18 ans pour avoir commandité le meurtre de Terry Falconer.
Voilà l'histoire telle qu'elle s'est produite : Falconer, qui à l'époque purgeait la fin d'une peine de prison pour trafic de drogue, assorti d'une autorisation de sortie afin de travailler, était selon Perish la personne qui avait torturé et exécuté ses grands-parents en 1993 ; le kidnapping puis le meurtre de Falconer relevaient donc plus du règlement de comptes et de la vengeance, que de la violence gratuite.
Mais ce sont les méthodes de Perish qui attirent l'attention : après avoir fait enlever Falconer, il l'avait laissé mourir d'asphyxie enfermé dans une malle en métal, avant de se débarrasser du corps par petits morceaux emballés individuellement dans des sacs poubelle lestés, et jetés dans un cours d'eau. Et, au passage, oui, vous assisterez à cette séquence de découpage pendant le pilote. Du Dexter, vous dis-je.

Comment Perish a-t-il pu réaliser cette vaste entreprise si bien organisée ? C'est que, voyez-vous, avec son frère Andrew, Rooster avait en réalité monté une petite entreprise qui ne connaissait pas la crise, et était également à l'origine d'une douzaine d'autres meurtres, sans compter le fait que les frères Perish étaient également fabricants et trafiquants de drogue. Donc c'est aussi un peu Underbelly: Breaking Bad.

Le plus fort dans tout ça, c'est qu'au moment du meurtre de Falconer, en novembre 2001, personne ne connaissait l'existence de Rooster Perish. Et par "personne", je ne veux pas dire "personne dans les services de police", non, absolument aucune trace de l'existence de ce type nulle part. Alors qu'il était l'un des criminels les plus dangereux du secteur, qu'il avait un labo (non-mobile !) de confection de drogue, et qu'il faisait même peur aux gangs de bikies locaux, depuis plusieurs années ; oui, c'est aussi un peu Underbelly: Bikie Wars. Alors forcément, la police était un peu sur le c*l. Et accessoirement, ça explique que l'enquête sur Perish ait duré si longtemps, l'une des plus longues d'Australie, en fait.

Dans l'ensemble, Underbelly: Badness, bien qu'elle ait des aspects excessifs, n'a pas l'air d'être une mauvaise série au vu de ce pilote. La prestation de Jonathan LaPaglia est par exemple plutôt solide (même si en-dessous de celle offerte dans The Slap), et la scène d'ouverture, dans un excellent face-à-face avec Matt Nable (dans le rôle de Gary Jubelin, le flic qui a enquêté sur Perish pendant des années avant de réussir à le coincer), atteint parfaitement son objectif de mettre face à face un être malfaisant et un autre d'une grande droiture.
En voulant insister sur la "mauvaiseté" du personnage d'Anthony Perish (ce qui par ricochets insiste sur le fait que pas âme qui vive à la police ne connaisse son existence), le pilote a tendance à en faire un peu trop. C'est un peu aussi la faute de la voix-off (celle de Caroline Craig, qui signe toutes les voix-off de la franchise) qui a un ton quasi-documentaire. Ca accentue le contraste.
C'est peut-être justement là que le bât blesse : si vous ne saviez pas qu'il s'agit de faits réels, vous trouveriez que c'est trop, que c'est caricatural, que c'est cliché. Que chacun est bien dans son rôle, que chaque chose est parfaitement à sa place. Qu'il ne reste aux 7 épisodes restants (c'est la série la plus courte de la franchise Underbelly) qu'à nous expliquer comment Jubelin a remonté la piste, mais qu'aucun personnage ne nous réserve de surprise, et donc d'émotion.
La réalité est parfois bien mauvaise scénariste.

A ce stade, je n'ai pas encore décidé si j'allais suivre Underbelly: Badness jusqu'au bout de sa saison.
D'un côté, 8 épisodes, c'est un engagement assez minime. Mais je serais bien malhonnête avec vous si je vous laissais croire que j'ai vu dans ce pilote quoi que ce soit qui me donne envie de lancer un autre épisode, si ce n'est le sentiment de culpabilité de ne pas adhérer à une franchise qui, depuis 5 ans, représente pour beaucoup la fine fleur de la fiction australienne. Si j'avais envie de ménager du temps dans mon planning téléphagique pour une série australienne constituant un court engagement, je préfèrerais me faire une nouvelle fois une intégrale de Cloudstreet, plutôt que de me taper une enquête en milieu criminel jalonnée de prostituées et de bikers.
Maintenant que j'ai vu mon premier pilote de la franchise, je ressens une grosse impression de "tout ça pour ça". Ce qui est idiot : rien ne dit qu'Underbelly: Badness soit représentative. Ca se trouve, elle est moins bonne que les précédentes. Il n'y a qu'une façon de le savoir. Mais après des années à entendre parler de cette franchise, vraiment, je me dis que la fiction australienne mérite d'être connue internationalement pour autre chose que ça (heureusement, l'une des prochaines étapes de notre défi nous emmènera vers Puberty Blues !).

D'ailleurs ça fait un bout de temps qu'on n'a plus entendu parler des projets de Starz pour installer la franchise aux USA, et avec le recul, je me dis que ce n'est pas plus mal.
Underbelly: CSI, non merci.

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 23:03 - Review vers le futur - Permalien [#]

10-07-12

Little tricks

En matière de séries procédurales, on a fait à peu près le tour de toutes les spécificités et de tous les symptômes qui pourraient donner du cachet à un personnage, du trait de caractère extrême aux TOCs, en passant par les traumatismes passés, une addiction ou un handicap physique. L'idée motrice est toujours la même : montrer que ce qui fait le défaut d'une personne dans sa vie sociale et/ou affective constitue également sa plus grande qualité en milieu professionnel.
Et comme les séries, notamment américaines, ont tendance à aimer nous montrer des workaholics, tout cela compose bien évidemment la formule idéale à l'heure où la série d'enquêtes tient encore le haut du pavé. Il faut se dire que ce n'est plus qu'une question de temps maintenant que la franchise des Experts a pris un premier coup, mais en attendant, ça reste la norme. Voire la solution de facilité, selon votre point de vue sur ces séries.

Alors du coup, quand TNT, qui n'est pas vraiment connue pour son sens de l'innovation en matière de fictions, nous annonce une nouvelle série avec une mec qui est schizophrène ET professeur en neurosciences, et qui aide l'une de ses anciennes élèves, aujourd'hui agent du FBI, à résoudre des enquêtes, le plus survolté des téléphages esquisse tout juste un bâillement blasé et retourne à quelque chose de plus captivant, comme par exemple compter les masques à l'effigie de présidents des États-Unis dans des séries de HBO.

Et pourtant je suis bien obligée de reconnaître que le pilote de Perception, je ne l'ai pas laissé dormir sur mon disque dur bien longtemps. Autant je peux parfois laisser reposer un épisode pendant plusieurs semaines, lorsqu'il s'agit d'une série policière, histoire d'attendre le bon moment pour me lancer et éviter toute sensation de rejet violent, autant, Eric McCormack, c'est un véritable laissez-passer pour atterrir en haut de ma liste de priorités. A ce stade, j'en suis même au point où, ayant le choix entre finir cette fichue seconde saison de Game of Thrones (je vous ai raconté combien c'était laborieux, de visionner Game of Thrones, cette saison ? Faites-moi penser à y revenir) et entamer le pilote de Perception, tenez-vous bien, JE CHOISIS PERCEPTION. Et pendant une micro-seconde j'ai même envisagé de me remater un ou deux épisodes de Trust Me, incorrigible que je suis. On peut pas lutter contre le pouvoir d'Eric McCormack.

Perception

De toute évidence j'avais donc un biais positif envers Perception, bien que totalement déraisonné. Heureusement que je regarde tous les pilotes de la création qui me passent à portée de main, sinon on croirait que je me suis mise sur la série pour de mauvaises raisons. Mais euh, bon, on va dire que c'est l'été, je viens de commencer un boulot ultra-crevant, alors j'ai le droit, hein.

Est-ce ce biais qui a joué en faveur du pilote de Perception ? Sans doute un peu.
Mais j'avoue avoir été surprise par la façon de traiter la maladie du personnage principal. C'était touchant et intéressant.
Bien-sûr on n'échappe pas à quelques clichés, notamment dans la façon de mettre en scène la façon dont Daniel Pierce réfléchit, qu'il s'agisse d'anagrames ou simplement de la façon de voir des apparitions qui le renseignent sur des éléments de son subconscient. Le "twist" de fin d'épisode était à ce titre prévisible très tôt dans l'épisode, mais c'est sans gravité parce que ce qui charme, outre l'incroyable regard de McCormack, c'est que ces petits revirements ne constituent pas de véritables retournements de situation voués à nous impressionner et nous surprendre absolument, mais simplement à peindre un portrait plus large du personnage central ; la façon qu'a Daniel de réagir à la toute fin d'épisode, totalement dénuée de surprise ou même de tristesse, est à ce titre éloquente, et fait partie des multiples éléments qui me donnent une grande confiance dans la série pour ne pas me mener en bateau mais simplement m'offrir un personnage intéressant à suivre.
Ce qui serait intéressant également serait de creuser cette histoire de perception, et d'insister sur le point de vue parfois décalé du professeur Pierce. Le passage pendant lequel son ancienne élève, et désormais collègue, saute du deuxième étage d'un immeuble pour appréhender un suspect en fuite, aurait été un très bon exemple de tout ça, pour montrer que parfois, les manifestations de la maladie de Pierce sont un peu plus subtiles qu'une apparition à part entière.

Le plus décevant dans ce pilote relève probablement du traitement des autres personnages, justement, dont la fliquette Kate. C'est bien simple, ils sont tous totalement secondaires, et Kate, avec son visage d'adolescente, ses bonnes manières constantes, et son petit ton de première de la classe, est transparente au plus haut point, face à un homme qui représente tout ce que le cerveau peut être de brouillon, complexe et perturbé. Le contraste pourrait fonctionner mais au lieu de ça, il met en lumière l'absence totale d'aspérité du personnages, tout juste relevé par quelques anecdotes (genre justement quand elle saute du deuxième étage) qui sont supposées nous montrer qu'elle a peut-être plus d'un tour dans sa manche. Rien à faire, elle parait désespérément fade quand même. Et que faut-il dire de l'assistant de Pierce, qui n'a rien du tout d'une Sharon Fleming alors qu'il vit pourtant avec Pierce, et se trouve donc dans la position idéale pour avoir des interactions avec son mentor ! C'est vraiment désespérant, et il faut absolument que ces personnages (ainsi que le recteur de l'université, interprété par Geordi La Forge...) soient développés, sans quoi le déséquilibre pourra vite sembler gonflant (c'est d'ailleurs un problème récurrent dans pas mal de séries procédurales reposant sur cette formule).
En revanche, j'ai été intriguée par le personnage, rencontré très fugacement, de l'aphasique Jimmy, que j'ai trouvé intéressant pour la façon dont, une fois de plus, sa condition lui sert d'atout, et même touchant le temps de sa brève apparition ; il permet en plus aux scénaristes des petits tacles politiques sans lourdeur mais amusants.

D'ailleurs, le premier épisode de Perception est aussi, l'air de rien, l'occasion d'entendre plusieurs personnages évoquer des théories "conspirationnistes". Sans ni les discréditer totalement, ni vraiment leur accorder trop d'importance, la série donne ainsi la parole à une frange de la population américaine qui réagit, peut-être à l'excès, à l'intervention du gouvernement dans leurs affaires (entre autres).
Sans aller jusqu'à soupçonner l'existence de grands complots extra-terrestres (un sens qu'on attribue souvent au terme de conspiration dans les séries, héritage de quelques visionnages de X-Files en trop), il s'agit d'un état d'esprit qui n'a pas souvent droit de citer dans une fiction, et qui n'est pas pris au ridicule ici, pas totalement : il est clair que, si le personnage de Pierce adhère à ces théories, c'est en partie parce que sa schizophrénie favorise ce comportement, mais il partage ces convictions avec d'autres personnes tout-à-fait "normales". On peut donc s'attendre à l'avenir que ses vues sur le gouvernement ou les grandes corporations interviennent régulièrement dans sa façon de considérer les enquêtes, ce qui est certainement le point de vue le plus original pour une série d'enquêtes procédurale depuis un bon bout de temps, plus encore que la schizophrénie elle-même.

Pour ce qui est de l'enquête elle-même, justement, de par le fouillis qui règne dans la cervelle de notre professeur, elle est assez chaotiquement menée, ce qui permet, à défaut d'être réellement impressionné par la tournure des choses, de ne pas avoir l'impression de connaitre tout par coeur, ou au moins, pas dés les premières minutes de l'affaire. On a tant vu de procedurals que chaque minute de sursis avant que ne vienne l'impression d'avoir déjà tout vu cent fois est bonne à prendre. Il ne s'agit pas, là non plus, de hurler au génie et de trouver que Perception révolutionne la face de la télévision, mais ça reste très honnête. Ce n'est évidemment pas le plus captivant dans cet épisode, mais il faut faire avec, et on a vu pire, largement pire.

Alors dans le fond, Perception n'est pas la série qui va vous river à votre écran semaine après semaine, mais elle ne s'en tire pas si mal étant donné les circonstances.
Avec quelques petits trucs bien vus, à défaut d'être ambitieux, elle parvient à vous jouer suffisamment de tours pour que votre cerveau n'ait pas totalement l'impression d'assister encore et toujours à la même série policière, et c'est finalement tout ce qu'on lui demande après plus d'une décennie d'invasion de séries d'enquêtes. Et quand en plus, c'est McCormack le prestidigitateur, eh bien...

Posté par ladyteruki à 23:35 - Review vers le futur - Permalien [#]

23-06-12

Vous avez un ancien message

La semaine dernière, je suis tombée sur un article de Cracked intitulé Why Every '80s Sitcom Decided to Kill Off the Mom sur lequel j'ai d'ailleurs tweeté ; c'est lui qui m'avait donné envie de me replonger dans Punky Brewster, d'ailleurs.

Outre l'analyse de l'article en elle-même, plutôt intéressante, cet article sur les sitcoms des années 80 et leur portée sociale m'a laissé songeuse. L'auteur prend évidemment toutes les précautions, et nous explique qu'il ne s'agit pas de prétendre que TOUTES les séries de cette époque employaient cet outil de la maman absente pour raconter leurs histoires. Mais une quantité non-négligeable d'entre elles avait de toute évidence un point commun révélateur.
Alors, que dira-t-on des séries que nous regardons actuellement ? Que disent-elles sur notre société actuelle ?

Evidemment, avec le temps et les mutations de l'industrie télévisuelle, les choses sont un peu différentes. On n'est plus dans les années 80, voyez-vous.
Il y a chaque année plus de chaînes, et il y a chaque année plus de chaînes qui se lancent dans les fictions originales ; cette semaine, c'était encore le cas de Bounce TV, par exemple. Avec l'intensification des productions du câble, le panorama s'est diversifié. Il est déjà devenu compliqué de faire des généralisations par chaîne (ou alors à la louche : genre généraliser les séries de Showtime quand on peut y trouver aussi bien The Borgias que The Big C), alors comment faire des généralisations sur le message de ce que plusieurs dizaines de chaînes nous racontent sur notre époque ?

Evidemment, on peut quand même regrouper certaines séries dans des groupes.

On pourrait par exemple discuter de ce que toutes les séries policières cérébrales de la décennie des années 2000 disent sur notre besoin d'omniprésence policière, de rationalisme, et de besoin de mettre les méchants en prison grâce à des preuves irréfutables. Avec l'annulation d'une première série de la franchise des Experts, on peut d'ailleurs imaginer que ding dong, la sorcière est morte, et que cette page est en train de commencer à se tourner.

A part ce cas particulier qui concerne un genre à part entière, un "message" donné peut concerner quatre, cinq, parfois une demi-douzaine de séries, mais rarement plus. Par exemple je me souviens avoir trouvé lamentable qu'en période de crise, des séries comme Breaking Bad, Weeds et Lights Out s'évertuent à nous expliquer que "la fin justifie les moyens", en particulier lorsqu'un peu d'humilité pourrait parfois tout aussi bien arranger le problème financier des personnages (si ce n'est qu'on n'aurait pas de matériel pour une série ; bon, certes). Ces séries s'obstinaient à nous dire que le confort matériel primait sur tout, y compris le confort tout court. Qu'importe que vous soyez misérable, du moment que l'argent est là !
Mais, même en ajoutant Necessary Roughness et Hung à ce petit cercle, difficile de dire qu'il s'agit là d'un véritable ras-de-marée, aux proportions réellement emblématiques.

J'en étais à ce stade-là de ma réflexion quand je me suis souvenue de mon ressenti il y a quelques mois.
Plus précisément, quand Last Man Standing, Work It, How to be a Gentleman et Man Up! se sont succédées pendant cette saison. Toutes, loin de là, n'ont pas trouvé de succès immodéré. Mais leur message était clair : l'homme doit reconquérir son statut viril et dominant, sous peine de devenir une proie pour les méchantes femmes indépendantes. Sérieusement, la plupart de ces séries l'ont dit de façon encore plus explicite que ça dans leur pilote, je ne fais que paraphraser.
Contrairement au groupe précédent, qui concerne à grand'peine une demi-douzaine de séries dont la création est répartie sur plusieurs saisons, ces séries de machos (mais machos contrariés, érigés en victimes) ont vu le jour pendant la même saison. C'est pour cette raison que le message me semble assez significatif.

Du coup, peut-être qu'on regardera les séries comme Last Man Standing, dans quelques décennies, comme des signes d'un retour en arrière conservateur sur le rôle de l'homme et de la femme dans la société. Peut-être qu'un mec qui écrira dans trente ans sur un truc qui sera l'équivalent de Cracked aujourd'hui, nous expliquera que c'était lié à la situation financière de nos pays, et que d'ailleurs la plupart du temps, une crise économique s'accompagne d'un retour des vues conservatrices, et que ça n'a rien d'étonnant. Peut-être qu'il fera le lien avec les Personhood Laws et leur importance en pleine campagne présidentielle américaine.

Ou peut-être pas, d'ailleurs.
Je veux dire : peut-être qu'il y a toujours eu une demi-douzaine de séries machos par an, et je ne m'en aperçois que maitenant ? Peut-être que c'est moi qui deviens une chienne de garde qui prend la mouche facilement. Ca me fait peur autant qu'à vous, je vous rassure. Après tout, Ma Famille d'abord ne date certainement pas de cette saison.

Et puis, évidemment, qui peut prétendre avoir, aujourd'hui, le même recul sur les séries que nous avons actuellement sur nos écrans, que l'auteur de Cracked sur ces sitcoms des années 80 ?

BabyDaddy

Et pourtant, alors que je regardais le pilote de Baby Daddy, jeudi matin, je me disais que certaines choses étaient quand même bien intégrées. Dans ce (mauvais) pilote de (mauvais) sitcom, une fois de plus, on est supposés être hilares parce que trois mecs se retrouvent dans la terrifiante position de devoir s'occuper d'un enfant. Alors que quand même, quoi, soyons sérieux : ce sont des mecs !

Certes, le gag n'est pas jeune : il est directement inspiré de Trois hommes et un coufin, après tout. Et le jeune adulte irresponsable qui découvre son reflet dans le regard pétillant d'un bébé était déjà au coeur de Raising Hope.
Sauf que la famille Chance est dysfonctionnelle dans son ensemble ; sa dynamique ne repose sur aucune forme de sexisme. Tandis que les scénaristes de Baby Daddy ne se donnent la peine à aucun moment de faire semblant de partir du principe que l'équation hommes + enfant est incongrue. A un tel point d'ailleurs que leur amie Riley, lorsqu'elle entre en scène, prend immédiatement les choses en main afin d'éviter la catastrophe : c'est normal, c'est une gonzesse. Même si elle a le même âge qu'eux, il est logique qu'elle sache s'occuper d'un enfant.

Baby Daddy est, répétons-le encore une fois pour ceux qui auraient besoin de l'avertissement, un mauvais sitcom.
Mais, vous voyez, un mauvais sitcom non-sexiste se contenterait de glisser une phrase du genre "je me suis occupée de mes 712 frères et soeurs, je sais comment faire" vite fait bien fait. Ce ne serait pas drôle, mais ça aurait un sens.
Un mauvais sitcom sexiste laisse la chose inexpliquée, parce que l'explication, c'est qu'une femme sait s'occuper d'un bébé (elle sait même faire apparaitre un biberon comme par magie alors que deux des garçons sont partis en course pour en chercher). C'est intégré, comme je le disais, que la femme de l'équipe sache prendre les choses en main. Voyez, ce n'est pas drôle.. et ça a aussi un sens.

Alors, peut-être que je suis peut-être devenue une chienne de garde, ça se trouve. Ou alors de plus en plus de séries puent vraiment le sexisme à plein nez.
Remarquez que l'un n'exclut pas totalement l'autre, d'ailleurs...

Posté par ladyteruki à 22:41 - Review vers le futur - Permalien [#]

11-06-12

So long

Chose promise, chose due, j'ai donné une nouvelle chance à Longmire. Je passe rapidement sur la déception qui a suivi la découverte de l'absence d'un générique (sérieusement, quand sortira-t-on de cette mode ridicule ? Comment est-il possible que tant de producteurs n'aient toujours pas recouvré leurs esprits et réalisé ce que peut faire un bon générique pour une série médiocre ?), pour m'étendre sur les pistes que je surveillais en particulier à l'issue du pilote.

Longmire-Second

Déjà, l'entrée en matière digne du plus cliché des épisodes des Experts, c'était mal barré. La découverte d'un corps s'est fait avec encore moins d'élégance que dans le premier épisode. En fait on réalise vite que la quasi-totalité de l'épisode, en-dehors de 2 à 3mn maximum, est consacrée à l'enquête, ce qui a tendance à refroidir.
Ainsi non seulement l'exposition est finie et bien finie, mais les pistes montrées dans l'épisode inaugural sont copieusement ignorées.

La rivalité avec Connally, notamment, est mise à l'arrière-plan. C'est une grosse déception parce que non seulement ça permettait d'avoir une intrigue sortant du format procédural, mais en plus il était intéressant d'assister à cette campagne pseudo-politique dans un petit patelin perdu, loin des habituelles élections qu'on a déjà vues être racontées pendant de longs épisodes, voire de longues saisons. Longmire refuse nettement, dans ce nouvel épisode, d'avancer sur ce terrain, même si le trailer annonçant l'épisode suivant semble y faire légèrement plus référence. Ce qui est certain en tous cas, c'est qu'il est hors de question de traiter cet angle plus dramatique que policier de façon prioritaire. Le procedural l'emporte, et c'est un véritable inconvénient à mes yeux. On a bien trop soupé de séries de ce genre pour que j'accepte de m'en cogner une de plus, surtout si elle fait si peu d'effort.

L'amitié avec Henry est elle aussi largement mise de côté. C'était plus prévisible, par rapport. Cette amitié étant ancienne, et visiblement inébranlable, il n'y avait pas de raison pour qu'elle occupe le devant de la scène chaque semaine. Dans cet épisode, elle est majoritairement employée en tant qu'outil pour les investigations du Shériff Longmire, d'une part dans son enquête professionnelle, et d'autre part pour ses interrogations personnelles vis-à-vis des relations de sa fille. Clairement, Henry est plus un informateur qu'autre chose, un petit gadget scénaristique qui ne donne pas toujours les renseignements cherchés de façon litérale, mais qui permet à l'intrigue de progresser tout de même.
D'ailleurs on notera que les conflits avec la réserve indienne ont totalement été mis de côté cette fois-ci, au profit d'un passage par la communauté Amish (guère plus accueillante, avouons-le). Il faut croire que ce n'était qu'un prétexte et non un véritable axe de la série.

Tout n'est pas à jeter dans Longmire, cependant.
Déjà parce que la blessure de son héros se manifeste de façon plutôt intéressante, même si très rare dans ce second épisode qui n'en fera mention que sur la fin.
Et puis surtout, et d'une façon plus générale, je ne suis pas restée insensible à la façon dont le héros semble porter le deuil de ceux sur lesquels il enquête. La tristesse du personnage m'a semblé plus palpable, plus permanente que dans le pilote. Une attention soutenue est également accordée à la façon dont les différents protagonistes réagissent à l'annonce d'un décès. J'ai mentionné plus haut Les Experts, mais c'est quelque chose que ce procedural n'a à mes yeux jamais réussi à faire : maintenir une forme d'émotion au long des enquêtes. Parce que le personnage est lui-même brisé par son veuvage, il est plus attentif à ses choses-là et j'ai trouvé ces différentes scènes très réussies. La série n'a pas peur de prendre le temps de montrer cette part-là des enquêtes, et je trouve ce choix plutôt courageux. Il ne fait aucun doute que si je devais poursuivre Longmire, cet ingrédient serait l'élement majeur de ma persévérance.

Mais à l'heure actuelle, je ne suis pas trop sûre de continuer. J'ai beau être particulièrement réceptive à la façon dont Longmire s'attache à tirer une émotion véritable de ses affaires, les affaires elles-mêmes ne revêtent pas grand intérêt. Pire encore, Katee Sackhoff nous gratifie dans ce second épisode d'une très gratuite scène dans un club de strip tease (ah, tous mes lecteurs de sexe masculin viennent de lancer le cagoulage de l'épisode ; bon, ça aura au moins servi à ça...) qui n'apporte strictement rien à l'intrigue si ce n'est quelques regards lubriques de vieux spectateurs qui commençaient à roupiller devant l'enquête.

Au bout du compte, le véritable point fort de cet épisode, c'est que je regrette infiniment qu'aucun drama ne nous ait emmené en terre Amish durablement jusqu'à aujourd'hui. Je crois notamment que le rite de rumspringa (déjà mentionné ponctuellement dans plusieurs fictions, mais c'est la première fois que j'en mémorise le nom) ferait un bon sujet de mini-série. Et puis, si c'est possible pour les Mormons, ça devrait l'être aussi pour les Amish, non ? Je doute qu'il y ait grand'chose à attendre de Banshee étant donné son pitch sur le sujet, mais ce deuxième épisode de Longmire m'aura au moins permis d'attendre avec juste un degré d'impatience supplémentaire le lancement de la série d'Alan Ball... Ce qui, en soi, est déjà un exploit. On fait avec ce qu'on a.

Posté par ladyteruki à 22:44 - Review vers le futur - Permalien [#]