ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

10-05-10

La route est droite, mais la pente est forte

On a tous entendu ces petites phrases, mais rien à faire, on ne s'y fait simplement pas.
- "Les Américains ça doit leur faire drôle, une série aussi intelligente !"
- "Nan mais attends, une série américaine ; moi je m'attendais à pire !"
- "J'aime bien cette série... même si elle est américaine."

Ces phrases, vous les aurez reconnues, ce sont celles que sortent les apprentis-téléphages en pleine épiphanie, ces débutants qui découvrent que les termes "les séries américaines" recouvre plus que Dallas, la dernière série dont les médias aient suffisamment parlé pour qu'ils y jettent un œil, et dont ils avaient tiré une leçon assez médiocre sur les capacités télévisuelles de l'Amérique, ce pays notoirement crétin vu de notre côté de l'Atlantique où tout est si beau, si intelligent, si culturellement exceptionnel.

Une fois de plus, aujourd'hui, j'ai entendu ces phrases et quelques autres, clichés typiquement français sur "les séries américaines", dans ce que l'expression a de plus péjoratif.
Il parait que Dr House finit ce soir, et l'apprentie-téléphage à qui on doit cette sortie imprégnée de stéréotypes, s'attristait de la disparition de cette série de son écran. Surtout que, je cite, "c'est pas souvent qu'une série américaine se montre aussi intelligente, ils ne doivent rien comprendre, les Américains".

On leur dit ? On leur dit que pendant 7 ans, ces Américains en question ont regardé une série sur un network parlant de leur Maison Blanche, des compromis et de la politique politicienne, quand nous n'en avons pas eu plus d'une saison sur notre Élysée (et sur un tout autre registre) ? On leur dit également que sur le câble, actuellement, il y a des Mad Men, des Big Love, des Breaking Bad, des... Non, on leur dit que la liste est trop longue ? Que les séries intelligentes, venant des Américains, ce n'est pas l'exception surmontant les pires obstacles, mais une frange fournie de leur production télévisuelle ?

Bien-sûr, quand on a l'habitude des Experts Stuttgart, des Experts Leipzig et des Experts Hannover, ou pire, qu'on regarde Bones ou NCIS, ça doit faire un choc. Mais si vous êtes impressionné par Dr House, accrochez-vous, ça va secouer quand vous allez découvrir d'autres séries. "Des séries américaines".

Route

C'est là aussi que je mesure l'ampleur de la tâche qui m'attend quand j'essaye de parler de fiction asiatique. Rien n'est acquis en matière de télévision américaine, finalement, à propos de laquelle les préjugés restent nombreux. Les Américains sont donc des benêts, incapables de faire des séries de qualité (et d'ailleurs j'aimerais qu'on me cite des séries françaises qui soutiennent la comparaison, juste une fois, dans ce type de conversations). Mais alors, les Japonais ? Ces crétins qui ne savent faire que des émissions où on mange des trucs improbables et où on se casse la figure ? Et les Coréens ? Ah bon les Coréens ont la télé ?

De cliché en cliché, la vision qu'ont beaucoup de gens de la télévision n'a pas progressé, finalement. Le "phénomène des séries télé" n'a été un progrès que pour un microcosme qui s'est cru parvenu à un certain seuil de légitimité culturelle. Mais le grand public n'a toujours qu'une vision étriquée de l'objet de notre passion...

Alors même quand certains jours, on a envie de fermer la boutique parce que les commentaires, les retours ou les statistiques ne suivent pas, on se dit qu'il y a encore tant à faire pour essayer de faire entrevoir les horizons que nous avons sous les yeux au quotidien, qu'on reprend le clavier et on s'y remet.

Posté par ladyteruki à 15:27 - Point Unpleasant - Permalien [#]

09-05-10

La vie devant soi

L'embarras du choix. En voilà une expression qui exprime bien mes possibilités en ce moment pour vous parler d'un film en particulier. Oh, évidemment, il y a toujours ce post sur The Breakfast Club que je n'ai pas fini alors que le coup de cœur date de février. Et puis, il y a des millions de films que je connais par cœur et dont je pourrais vous parler des heures.
Bon d'accord, pas des millions. Mais quelques uns.
Vous avez vu Dune par exemple ? Question idiote, tout le monde a vu le Dune de David Lynch dans sa version director's cut de 3 heures, et croyez-moi, si vous ne voulez pas être un paria sur ce blog, il vaut mieux pour vous, soit que ce soit vraiment le cas, soit que vous fassiez semblant le temps de rattraper votre retard pendant que j'aurai le dos tourné.

Bon alors : quel film ? Eh bien pourquoi pas celui que j'ai regardé cette nuit, par exemple... Pourquoi ? Eh bien parce que c'était un bon film, voilà pourquoi. Meilleur que Dune, non. Que The Fall non plus, évidemment. Mais c'était un bon film, alors...

C'est quoi le nom du film ? The Life Before Her Eyes
C'est plutôt quel genre ? Mortel
Qui on connaît là-dedans ? Uma Thurman, que je ne vous fait pas l'affront de vous présenter, et Evan Rachel Wood, principalement connue des téléphages pour Once & Again, et à présent il parait qu'elle est (mais ce n'est pas moi qui irai vérifier) dans True Blood.
Ça date de quand ? 2007, mais date de sortie en 2008
En résumé, de quoi ça parle ? Des conséquences d'un massacre dans un lycée.

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En moins résumé, de quoi ça parle ? Deux jeunes filles : Diana et Maureen. Ce sont les meilleures amies du monde, et pourtant elle n'ont rien en commun : l'une est délurée, l'autre est sage comme une image. Ces différences vont prendre une signification nouvelle alors que dans leur lycée, un élève ouvre le feu sur ses camarades et ses professeurs.
Et ça finit comment ? Comme j'aurais dû le prévoir si je ne m'étais pas laissée berner.

Pourquoi c'est bien ? The Life Before Her Eyes possède une narration bien particulière, qui met en parallèle trois ingrédients : d'une part, l'adolescence de Diana et Maureen, d'autre part, l'une d'entre elles parvenue à l'âge adulte, et enfin, et je pense que ça fait partie du récit, des plans contemplatifs lents et sourds. Cette expérience en trois dimensions est particulièrement intéressante parce qu'en fait elle attire toujours l'attention du spectateur sur un des deux autres axes que celui dont on vient de parler, permettant d'entretenir une sorte de suspense sans employer les ressorts habituels du thriller. C'est très habile, et c'est d'autant plus épatant quand on en est à la fin du film et qu'on se dit que, punaise, on aurait dû le voir arriver. Mais voilà, on est tombé dans le panneau, et pourtant Dieu sait que...!
Pourquoi c'est pas bien ? Narration très habile, on l'a dit. Esthétisme très convenable, pas forcément imaginatif mais très honnête. Excellente interprétation. Mais bon sang, tout le reste ! En fait, une fois arrivée à la fin du film, je me suis demandée si on s'était pas un peu foutu de ma gueule. Quelle est la morale à retirer de tout ça ? Je crains d'en avoir une idée. Le vrai problème de ce film, et j'ai mis un fichu temps à m'en apercevoir... c'est son histoire !

Ah, les joies du cinéma ! Les types qui font les castings sont des gens formidables, le dira-t-on jamais assez. Ils vous trouvent des ressemblances là où vous n'aviez jamais pensé en voir avant ça. Mais là, penser à mettre Evan Rachel Wood et Uma Thurman dans le même film, bon sang, c'est au moins aussi sadique que mettre Rosemarie DeWitt et Mary-Louise Parker dans le même film, vous voyez le truc ? Complètement dérangeant. Les types qui font les castings sont des gens tarés. J'ajoute que si j'étais Evan Rachel Wood, je le prendrais mal, physiquement.
La réplique qui tue : Tout au long du film, les scènes se succèdent pour nous montrer des photographies de l'adolescence de Diana et Maureen, le plus souvent ensemble ; leurs conversations sont alternativement anodines et pleines de petites perles de sagesse comme on a l'impression d'en sortir à 16 ans quand on se pose des questions sur... la condition humaine. Une fois, les deux jeunes filles se promènent près d'arrosoirs automatiques qui font tomber de fines gouttes de pluie sur elles ; Diana dit alors : "Peut-être qu'on est comme la pluie qui s'évapore, et qu'on va retourner dans l'atmosphère ? Regarde toute cette brume... Hm... Je me demande qui on est en train de respirer à cet instant ?".
La scène qui tue :
Je vais demander au moins de 16 ans de sortir de ce post, car la scène qui tue... tue vraiment. C'est la scène de la fusillade et c'est l'acte fondateur de tout le film. Mais ne croyez pas que je vous spoile quand je vous mets cette scène qui, d'ailleurs (et contrairement au nom du fichier), n'est peut-être pas vraiment la scène par laquelle commence le film, mais c'est tout comme. Franchement, cette scène, vous allez la voir trois ou quatre fois pendant le film si vous le regardez, donc sérieusement, il n'y a pas de suspense à ce stade. Chaque mot de ce post est pesé, croyez-moi ya pas l'ombre d'un spoiler dans ce post, et cette affirmation inclut le très violent (psychologiquement) passage ci-dessous. Comparativement, l'affiche en dit plus que moi sur l'issue du film !

TheLifeBeforeHerEyes___Extrait

Une note ? CagoulesCagoulesCagoules
Loin d'être le film qui va vous posséder pendant des semaines comme d'autres le font, The Life Before Her Eyes n'a rien d'un classique du cinéma, mais les critiques sont tout de même dures avec lui car, si on le laisse faire, ce film réussit tout-à-fait son entreprise.
Bilan : Un peu plus haut, je vous parlais de la structure du film. Elle fait partie de ses artifices, ne nous le cachons pas. Mais c'est aussi la grande force de The Life Before Her Eyes, dans le sens où ses trois volets, mis en parallèle, font leur œuvre lentement mais sûrement. Les nombreuses scènes de l'ordre du contemplatif, que j'évoquais, jouent parfaitement leur rôle à la fois de description (le film est l'adaptation d'un livre, après tout) et de plongée dans une certaine ambiance morbide. Bien-sûr que ce film parle de la mort, vous vous en doutiez déjà parce que j'en parle en ce moment, ce qui ne peut être anodin, et également parce que vous avez lu le résumé et que vous n'êtes pas plus bête qu'un autre ! Mais les très nombreuses scènes de ce type s'intercalent dans la narration pour donner une impression de malaise. Ça n'a pas été sans me rappeler les effets similaires dont je parlais dans Le Lagon Bleu, il y a quelques mois, on repose sur le même mode à vous montrer des choses qui en apparence, sont jolies, mais cachent en fait quelque chose de glauque et de sinistre sitôt que l'œil s'attarde. Et l'œil s'attarde. Parce que la caméra s'attarde. Je le disais, c'est habile.
Le film soulève aussi (à dessein) les questions sur la conscience, la culpabilité et d'autres valeurs morales qui semblent, après réflexion, peut-être un peu teintées de religion. Mais ne craignez pas l'endoctrinement, c'est juste mon interprétation... vous me direz ce que vous, vous en pensez.

Posté par ladyteruki à 02:17 - Comme au cinéma - Permalien [#]

08-05-10

Scaridentification

Il y a eu un long moment pendant lequel je ne pouvais plus rien regarder sans me sentir déconnectée de ce que je regardais. Il n'y avait plus que la musique qui entrait, et ensuite il y a eu cette histoire de surdité qui a aussi coupé court à cet exutoire. Si je vous raconte ça, ce n'est pas pour me faire plaindre mais pour expliquer en quoi l'activité (souterraine) dans le Secret Diary of a Cinephile est surprenante actuellement. Il y a eu un regain d'intérêt ces derniers jours pour le cinéma, probablement parce que j'étais soulagée d'y trouver des thèmes nécessaires par le plus grand des hasards.

Les films que j'ai vus en quelques jours sont en effet plutôt nombreux, vu le rythme auquel je les ai enchaînés :

American Psycho (7 Mai 2010) Black Snake Moan (7 Mai 2010) Havoc (7 Mai 2010) My
Life (5 Mai 2010) My
Sister's Keeper (5 Mai 2010)

Rachel Getting Married (8 Mai 2010) The
Babysitters (6 Mai 2010) The
Nines (4 Mai 2010) Thirteen (8 Mai 2010) Watchmen (6 Mai 2010)

Des films en apparence assez différents, et choisis quasiment par hasard. Les raisons pour que je regarde un film ces derniers jours ont été les suivantes, et uniquement les suivantes :
- la cagoule est disponible et si le film ne me dit rien, je vais vérifier via Google la gueule de l'affiche ; à partir de là, j'avise
- je m'aperçois qu'un acteur ou une actrice que j'apprécie a reçu des récompenses ou de bonnes critiques pour son rôle, je cherche donc une cagoule
Concrètement, je ne lis pas le pitch à l'avance. Sauf pour Havoc dont je connaissais les grandes lignes pour avoir lu le résumé à l'époque de Normal Adolescent Behavior (ceux qui avaient fait l'effort de se renseigner quand j'ai parlé du film comprendront). Mais sinon, rien de rien.

Et au final, à la notable exception de Watchmen qui est franchement l'intrus dans cette liste (et peut-être éventuellement The Babysitters, quoique ça se discute), on peut regrouper ces films en deux grandes familles : les films dont un personnage (ou plus) a un comportement addictif d'une part, les films sur le cancer et/ou la mort de l'autre. Quand j'ai eu du bol, les deux en même temps.
Une sacrée chose que le hasard. Ou le subconscient, allez savoir...

Est-ce que je bois ou je me drogue ? Mon vice est ailleurs. Est-ce que j'ai un cancer ? Pas moi. Est-ce que je vais mourir ? Pas dans l'immédiat si ça ne tient qu'à moi.

Pourtant on peut difficilement nier qu'en ce moment ce sont les thèmes que j'ai envie de voir dans une fiction, et que j'ai envie d'aborder avec moi-même, aussi. Et en-dehors de cette histoire de hasard ou de subconscient qui travaille en ma faveur, je dois avouer que je suis soulagée de pouvoir trouver dans des fictions le reflet de mes pensées actuelles (et vice versa, d'ailleurs). Une sorte d'identification indirecte, pourrait-on dire.

Une drôle de chose que l'identification.

Une anecdote. Je me souviens être allée voire 8 mile à peu près à l'époque de sa sortie au cinéma, avec mon copain de l'époque, T. C'étaient les vacances et nous les passions ensemble, je ne me rappelle plus du contexte exact. Il faut savoir de T qu'il a vécu toute sa vie dans un milieu riche et surprotégé, et que le film ne l'attirait pas outre mesure ; Dieu seul sait pour quelle raison il m'a laissé le trainer dans cette salle de cinéma (d'un autre côté il m'a trainée devant Donjons & Dragons, on est quittes). Quand on est ressortis de la salle, mon premier réflexe, comme chaque fois que je viens de voir un film avec quelqu'un, a été de vouloir échanger nos impressions. Mais 8 mile n'avait pas fait impression sur T. Je ne dis pas que le film avait fait mauvaise impression sur lui, je dis vraiment : pas d'impression du tout. Et devant ma surprise à cette absence de réaction, il me dit : "je ne me suis pas identifié, c'est tout !".
S'identifier à 8 mile. Ca ne m'avait même pas traversé l'esprit. Je n'ai pas grandi dans les mêmes conditions que T mais je ne m'étais pas identifiée pour autant. Je ne sais pas, j'avais laissé l'histoire faire son chemin, je m'étais laissée faire, voilà tout ; pour s'identifier à ce film, il en faut, quand même, pour s'identifier ! Je ne pense pas que les millions de spectateurs pour ce film se sont tous identifiés au personnage d'Eminem, n'est-ce pas ? Je n'avais rien de commun avec ce personnage, mais je me suis laissée imprégner par ses souffrances le temps du film, parce qu'il y avait quelque chose à en éprouver tout de même, quelque chose qui trouvait résonance en moi bien que je n'écoute pas de rap, que je n'aie pas grandi dans la banlieue de Detroit, que je n'aie jamais vécu dans une caravane, etc...

De la même façon, je ne me suis pas identifiée aux personnages que j'ai vus dans les films de ces derniers jours. C'était même leur plus grande qualité : n'avoir rien à voir avec moi. Si tant est qu'il existe un jour un personnage où je me reconnaisse vraiment, ils en étaient loin.
Pourtant j'ai ressenti cette connexion, cette connexion qui m'est nécessaire en ce moment, et que je suis contente de retrouver en même temps que mon audition, et finalement... est-ce que n'était pas une forme d'identification ?

J'ai identifié mes préoccupations actuelles aux personnages que j'ai vus défiler. Ils les ont personnifiées pendant quelques minutes. Et ce que je déteste avec les films, c'est que c'est fini, ils ne reviendront plus faire leur représentation sur la scène du théâtre de mes questionnements, ils ont tiré leur révérence et ne reviendront plus.

Non, c'est ça le plus incroyable, je n'ai rien, strictement rien en commun avec ces personnages. Et n'ai jamais rien eu de commun avec eux. Mais de les voir, ça me sert à "comprendre", ça me sert à déposer mes questions sur eux et les voir se résoudre comme des équations, à leur façon, chacun à leur façon d'ailleurs, et ça m'aide. Finalement je n'ai rien en commun avec eux, mais on est d'accord qu'ils ont quelque chose qui m'appartient...

Les séries à me fournir ce genre d'exutoires sont rares (mais pas inexistantes, j'ai su en trouver, à plusieurs reprises) en ce moment, mais je suis contente d'avoir entamé ce challenge cinéma, qui m'encourage dans ces identifications temporaires et douloureuses de deux heures.

Deux heures hors de moi-même, mais plongée dans les questions que je me pose. Sans qu'il ne s'agisse vraiment de moi, parce que ce qui me fait pleurer sur le moment, ce n'est pas mon histoire, c'est la leur, et, aha, c'est la magie de la chose, leur histoire n'existe pas vraiment !
Ça fait un bien fou.

Scaridentification

Posté par ladyteruki à 21:11 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

07-05-10

Intemporelle amitié

Tout ça, c'est bien évidemment la faute de SNL (depuis quelques mois, SNL est à blâmer pour beaucoup de choses, il est vrai). Demain soir, Betty White sera l'invitée vedette de Saturday Night Live et je dois dire que j'ai eu, en l'apprenant il y a quelques semaines, une grande bouffée de "chouette-génial-mais-pourquoi".
Mais si ! C'est cette bouffée d'enthousiasme qui fait plop tout d'un coup dans votre tête, et dans la seconde qui suit, vous vous demandez ce qui a bien pu la causer. En l'occurrence, Betty White est-elle quelqu'un de drôle que j'aimerais voir dans des sketches de SNL ? Spontanément, j'ai envie de dire oui, mais, pourquoi, au juste ? N'est-on pas devenu un peu sentimental avec cette brave dame, si bien qu'on lui attribue des mérites dont on a envie de croire qu'elles les a toujours possédés ?

Parce que, vous voyez, les gens qu'on a l'impression d'avoir toujours vus à la télévision, depuis qu'on est petits, eh bien, ça se trouve, on les trouvait drôles juste parce qu'on était petits et impressionnables ! Et puis, c'était il y a des années et des années, comment être sûrs et certains que nos souvenirs ne nous jouent pas des tours, c'est possible aussi. Je veux dire, ça fait des années et des années que je dis que j'aime Une Nounou d'Enfer et si Fran Drescher venait à être invitée à présenter SNL (arrêtez tout, là, le doute m'assaille : est-ce qu'il existe quelque part un épisode où Fran Drescher présente SNL ? Non ? Je suis déçue et rassurée à la fois ; on peut reprendre) et s'avérait ne pas être drôle, ça remettrait l'ordre de l'univers en question, un peu, quand même, et je préfèrerais que l'univers me prévienne avant de faire ce genre de trucs.

Et c'est avec cet étrange cheminement de pensées que je me suis dit : allez hop, on regarde Les Craquantes/The Golden Girls. Pour être sûre que Betty White est quelqu'un de drôle et que l'épisode de SNL ne va pas me décevoir.

Et c'est comme ça que j'en suis arrivée à en voir déjà deux saisons. Donc déjà, ça confirme que Betty White est drôle. Mais pas seulement.

Ça faisait des mois et des mois que je n'avais pas vu un épisode de cette série, après avoir regardé le pilote peu après le départ d'Estelle Getty. Mes archives indiquent que je devrais peut-être plutôt compter en années. Ah ouais, quand même.
J'avais revu le pilote et j'avais un peu ri, mais je me souvenais de plus franches rigolades que ça, alors j'en étais restée là, au pilote, c'était déjà bien. Mais là, j'ai enfilé un épisode, puis un second, un troisième, et avant même de pouvoir dire ouf, j'entamais déjà la deuxième saison, et pendant que je vous parle, j'aime autant vous dire que la troisième est en cours de cagoulage à titre préventif : je regarde le season finale de la saison 2 demain.

Les Craquantes n'est pas seulement une série drôle. C'est une série délicieusement en phase avec son époque... et la nôtre.
Vous savez, entre Les Craquantes, Roseanne et quelques autres comédies un peu datées que j'aime bien m'envoyer derrière la cravate de temps à autres, je me dis que, sérieusement, quand est-ce qu'on a loupé le virage ? Je veux dire que des comédies, j'en regarde pas mal, essentiellement des pilotes pour les sitcoms, et pour les single camera, j'ai des stats corrects sur le long terme, sincèrement, j'en vois des comédies... mais des comédies capables de ça ? Je n'en vois plus.

Je regarde Les Craquantes avec l'impression désagréable qu'aujourd'hui on cherche à me faire rire avec ce qui est déjà drôle. Je crois que c'est aussi pour ça que je n'accroche pas avec les sitcoms d'aujourd'hui, et que ceux que je regarde sont vus plus en désespoir de cause que par conviction ou attachement. C'est incroyable le nombre de thèmes abordés par Les Craquantes où je me dis : sans déconner, ils vont parler de ça, là, maintenant ? Dans les années 80, on parlait de ça sur un network ? Je ne suis même pas certaines que des comédies du câble parlent de ça. J'exagère, mais à peine.
Et non seulement on va aborder des sujets un peu délicats, mais on va les faire aborder par des "vieilles" dames ? Mais les comédies d'aujourd'hui sont tellement conformistes, en comparaison !

Un exemple tout bête. Je vous le sous-titre vite fait et à l'oreille (donc ça vaut ce que ça vaut), d'accord ?

CarteVermeilleandtheCity

C'est un peu comme voir Sex & the City 2 en avant-première, non ?

Et c'est sans compter les thèmes autres que la sexualité, abordés pendant un épisode ou simplement effleurés au détour d'un dialogue, des thèmes pour lesquels on a l'impression qu'il y a encore beaucoup à dire et que ce n'est pas nécessairement le rôle d'une série dramatique d'en parler, que c'est dommage.

Sincèrement, j'ai eu beau regarder bien des épisodes dans mon adolescence, j'ai eu l'impression avec ces deux saisons de redécouvrir une série que j'avais, avec le temps, fini par considérer comme inoffensive. Or c'est tout le contraire, Les Craquantes en a plus dans le pantalon que 90% des sitcoms d'aujourd'hui.

Alors pour répondre à la question que vous ne vous posez pas, oui, le SNL de demain, avec (entre autres) Betty White, je veux, que je vais le regarder ! Je veux !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Les Craquantes de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 22:37 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

06-05-10

Lucky l'ouïe

Récemment, j'ai dû subir une intervention à l'oreille. Non, non ça va, rien de grave, ne vous inquiétez pas. Je suis shootée aux médicaments pour quelques jours encore, je vois mon spécialiste demain et après, tout ça devrait appartenir au passé.
Mais voilà, ça m'a quand même fait réfléchir.

Parce qu'avant cette intervention, j'ai dû passer une semaine pendant laquelle j'étais dans l'incapacité d'entendre de l'oreille gauche, chose d'autant plus handicapante que mon oreille droite est paresseuse au possible (je l'ai déjà mentionné). C'était une expérience assez embarrassante, et croyez-moi c'est un euphémisme, que d'essayer de vivre ma vie avec une audition aussi restreinte. Vivre ma vie tout court (entendre les voitures avant de traverser, répondre au téléphone au boulot, etc...), certes, était difficile, mais surtout, le défi était de vivre ma vie de téléphage.
C'est donc le moment où je confesse que plusieurs posts que vous avez lus ces derniers jours portaient sur des visionnages datant d'il y a une, deux, parfois trois semaines, à défaut d'avoir du matériau exploitable par la sourde que j'étais soudainement devenue. Soyez chics, ne m'en veuillez pas.

Pour tout de même ne pas me sentir téléphagiquement totalement lésée, j'ai dû revoir certaines de mes habitudes. Et notamment, j'ai dû regarder des films avec des sous-titres, la chose que je ne fais plus en VO depuis plusieurs années (sauf si j'ai de la compagnie), et que je n'ai jamais pensé à faire en VF. Eh bah je vais vous dire, quelle que soit leur qualité, j'étais contente de les trouver, ces sous-titres, ça je peux vous le garantir. Et quand on ne les trouve pas, c'est un peu la définition de l'Enfer.

Mais la raison pour laquelle j'écris ce post, ce n'est pas pour me plaindre de ma surdité temporaire, qui devrait être résolue prochainement (d'après ce que m'assure mon boucher/ORL), mais parce que je me suis fait peur, quand même, dans tout ça. Et parce que je porte aussi des lunettes.

Du coup, je me suis dit : qu'est-ce qui mettrait fin à mes activités téléphagiques d'abord ? Devenir définitivement sourde, ou totalement aveugle ? Accessoirement : est-ce que je dois apprendre en premier le langage des signes ou le braille ?

Bien-sûr, cette période de surdité temporaire (et j'ai hâte qu'elle soit finie, ô combien) m'a appris qu'avec des sous-titres, on peut tout regarder. Mais on perd quand même une grande partie des bénéfices d'une série. On a l'histoire, on a les dialogues, certes, mais il manque les mille variations de voix, et, pour ceux qui parviennent à en profiter, les joies de la BO.

Et évidemment, une série qu'on regarde sans les yeux, ça s'appelle de la radio.

Alors la question à dix briques, la question du moment, c'est de me demander... sur un plan strictement téléphagique, d'accord ? Essayons de nous concentrer uniquement là-dessus ; qu'est-ce qui serait le plus insupportable de tout : perdre l'ouïe ou la vue ? La télévision est évidemment faite pour s'adresser en priorité à ces deux sens, mais si on devait en perdre un, lequel serait le plus/moins dommageable pour notre passion ?

SourdAveugle
Et ça, c'est la série dont je vais vous reparler dans le cadre de mon cycle sitcoms. Plus marrant, non ?

Posté par ladyteruki à 20:31 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

05-05-10

Conflit de générations

Parmi toutes les comédies que je pourrais regarder en ce moment, bizarrement, je suis plutôt attirée par les vieilles comédies qui n'ont pas marché, comme en attestent les deux dernières séries abordées. Et aujourd'hui, avec le pilote de Style and Substance, on dirait bien que j'ai poursuivi dans la même voie.

Style and Substance
date de 1998, ce qui à la base me ferait dire "oh bah ça va, c'est récent", jusqu'à ce que je réalise qu'on est en 2010, et qu'une série qui a l'âge de Charmed a en réalité une douzaine d'années dans la poire. Et que ça se voit.

StyleSubstance

Tiens, je réalise que la série a un autre point commun avec celles dont je vous ai parlé ces derniers jours, c'est aussi que Style and Substance est avant tout l'histoire de deux femmes qui travaillent ensemble. Je propose de blâmer mon inconscient pour cette coïncidence, parce que vraiment, ça ne me frappe que maintenant.

On a donc d'une part Chelsea Stevens, une femme qui a basé son empire sur ses talents de maîtresse de maison : arts de la table, décoration, etc... En gros c'est Martha Stewart et le portrait qu'en font ses collaborateurs montre d'ailleurs que le personnage est au moins aussi charmant que son illustre modèle. Et puis d'autre part on a Jane, sa nouvelle productrice, qui tient désormais les cordons de la bourse et doit veiller au bon déroulement des affaires de Chelsea.

Et Jane va rapidement comprendre pourquoi Chelsea n'a pas usurpé sa réputation de chieuse. Pour se faire une idée de sa nouvelle productrice, sa nouvelle patronne lui a tout simplement volé son sac à main afin de le fouiller minutieusement, pour vous donner un exemple. On n'évitera donc pas la confrontation entre les deux femmes, cliché du genre d'autant que les personnages sont rapidement brossés pour qu'on comprenne qu'ils n'ont rien en commun.

Pourtant, là où on prend une petite bifurcation avec les stéréotypes habituels des deux personnes obligées de travailler ensemble même si c'est pour passer 90% du temps à se prendre le bec, c'est qu'on sent que Chelsea Stevens est une femme finalement très seule et qui s'attache rapidement à Jane. Derrière son comportement maniéré et ses exigences en matière culinaire (entre autres), Chelsea accroche tout de suite avec Jane et les prises de bec constantes ne sont qu'une façon maladroite d'essayer de lier des relations avec la nouvelle venue dans sa vie. Jane, bien-sûr, est le genre à avoir les pieds sur terre, mais surtout c'est une femme qui vient de se séparer de son fiancé (interprété fugacement par Peter Krause) et de partir commencer une nouvelle vie à des centaines de kilomètres de lui, et on comprend que Chelsea se sent proche de Jane pour cette raison.

Ce qui se met en place dans ce pilote, bien plus qu'une comédie fondée sur les opposés forcés à la cohabitation, c'est une dynamique mère-fille (au corps défendant de Jane, certes). Bien que l'écart d'âge soit sensiblement le même que dans Nice Girls Don't Get the Corner Office et Fired Up, la différence est nette sur ce point. Il y a un côté maternel, voire mère-poule, chez Chelsea (sans doute aussi due à l'interprétation de Jean Smart qui doit avoir ça en elle), et un côté fille un peu perdue chez Jane (qui là aussi pourrait bien venir de Nancy McKeon... argh, il faut vraiment que je me retrouve des épisodes de The Division !) qui rend le tandem non seulement drôle, mais aussi touchant. En gros, on assiste plus à un conflit de génération entre deux femmes qui s'attachent l'une à l'autre, qu'à une véritable opposition de deux personnalités antagonistes. C'est une variation agréable.

Là encore, on ne parle pas avec Style and Substance d'une série méconnue en dépit d'un grand mérite, mais enfin, ça change un peu des constantes chamailleries typiques du genre, et bien-sûr, les deux actrices font des étincelles. Dommage que la série n'ait pas survécu.

Dernier détail, je ne sais pas si le générique du pilote est le même pour la suite de la série, mais il est absolument hilarant dans sa façon de poser les personnages tout en rompant avec les poncifs du genre. Mais je dois vous avouer que même si ce premier épisode était marrant, je ne vais pas m'aventurer à regarder les épisodes suivants pour vérifier. Point trop n'en faut...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Style and Substance de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:45 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

04-05-10

Good girls don't...

Eh, je suis pilotovore, et dans une phase de sitcoms, qu'est-ce que j'y peux ? Je suis tombée par le plus grand des hasards sur une mine d'or de pilotes de type "unaired", et parmi eux, il y avait Nice Girls Don't Get the Corner Office. C'était la première fois que j'en entendais parler, mais c'était une comédie et c'était un pilote, et je ne demandais rien de plus. J'ai cagoulé. J'ai vu. Il faut que je vous raconte. Et je me suis dit qu'en faire un post La preuve par trois serait peut-être le bienvenu... vous me direz si j'ai eu raison.

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De prime abord, le personnage central de ce sitcom semble être Joy, une assistante de direction. Et comme hier, je suspecte que mon appréciation immédiate du personnage soit due à un peu d'identification, mais passons. La description que Joy fait de son job est claire et honnête (et j'ajouterai : lucide) : "Regardez-moi : j'étais si heureuse à l'époque. J'étais crainte et respectée, et j'avais un tampon avec sa signature. Je ne l'ai jamais volé. Mais c'était agréable d'avoir cette option". Je crois qu'en chaque assistante de direction se cache une Joy. Quelqu'un qui occupe peut-être un poste au prestige modéré, mais qui dans l'entreprise, possède un pouvoir immense. Je confirme ce pouvoir. Je confirme cette satisfaction de se dire qu'on pourrait faire beaucoup de choses avec ce pouvoir. Je confirme qu'une bonne assistante ne s'en sert jamais. Mais ça n'empêche pas de jouir intérieurement à l'idée de tout ce qu'on pourrait faire si on était juste un peu plus mauvaise. Oui, dés les premières minutes, j'ai adoré Joy... alors forcément, ça m'a fait de la peine pour elle de la voir perdre son patron... et donc son pouvoir.

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Entre en scène Angela. Vous la remettez ? Voui !!! C'est bien elle ! Et ici Jemma Mays interprète une Angela au moins aussi gentille et adorable et serviable que peut l'être Emma dans Glee. Les TOC en moins. C'est en fait justement le problème d'Angela : elle fait du bon boulot, elle est intelligente, elle a ce qu'il faut d'ambition... mais elle est gentille. Et ça, c'est juste pas compatible avec son ambition. Ce n'est pas compatible non plus avec l'ambition de Joy qui est de retrouver au plus vite son bureau et son pouvoir d'assistante de direction dans les hautes sphères de l'entreprise (et ne plus avoir à partager l'imprimante). Tout le challenge de Joy est donc de faire d'Angela quelqu'un d'un peu moins gentil. Et on parle d'une fille qui donne systématiquement ses idées aux autres, apporte des pâtisseries faites maison le matin et laisse ses subordonnés faire tout ce qu'ils veulent. Et tous ceux qui ont mis le quart d'un orteil dans le monde du travail savent qu'être gentil, ça ne donne jamais rien de bon. Les gens vous aiment bien, mais ne vous respectent pas et surtout, ne vous considèrent pas professionnellement. Angela s'en rend bien compte dans le fond, et l'arrivée de Joy dans sa vie semble finalement providentielle.

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Mais en fait, la vraie raison pour laquelle j'ai fait de ce post un post La preuve par trois, avec les trois captures et surtout le petit truc que vous savez à la fin, c'est ça ! Je n'en savais rien en cagoulant ce pilote, mais on trouve Jemma May et Matthew Morrison dans la même série, et ils ont même quelques scènes ! C'est franchement sympa, non ? Morrison fait même semblant de pousser trois notes, je veux dire, c'est le karma ou bien ? Je suis certaine que plein de monde savait avant moi que ce pilote existait, mais de tomber dessus comme ça, de retrouver Jemma Mays que j'aime beaucoup (et ça ne date pas de Glee mais voulons-nous que je parle encore de tartes ? Je me disais bien), de trouver ce thème plein de piquant dans sa façon d'aborder la vie de bureau, et en plus de tomber sur ce duo complètement improbable de deux acteurs de Glee dans des rôles pas si éloignés de ce que la série de la FOX leur fera jouer... vraiment, ça a embelli ma journée. Ce qui, je vous l'accorde, après la boucherie soi-disant médicale dont j'ai fait l'objet, n'était pas difficile.

Donc voilà, c'est cadeau, et vraiment, ça vient du cœur, parce que si comme moi vous n'étiez pas au courant que ce petit pilote adorable existait, eh bien voilà, c'est chose faite. Et pour ces raisons (et toutes les fois où j'ai sincèrement ri), je regrette que cette série n'ait jamais vu le jour. Mais, eh, sans elle, pas de Glee telle qu'on connait la série, pas vrai ? Alors...

Et pour ceux qui... ouais, bah non. Le mieux que je puisse vous proposer, c'est la fiche IMDb.
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Posté par ladyteruki à 21:37 - La preuve par trois - Permalien [#]

03-05-10

Mon fantasme

Tant qu'à regarder un sitcom, autant regarder un vieux sitcom. C'est pas comme si les récents apportaient quoi que ce soit au genre de toutes façons. Donc me voilà installée devant Fired Up, principalement parce que l'équation cagoule disponible + Mark Feuerstein suffit à me convaincre, surtout en ce moment où je suis pas dans mon assiette, malade, et je vous passe les détails, bref, complètement influençable. Je serais tombée sur une cagoule de Conrad Bloom, c'était le même tarif. D'ailleurs j'ai un épisode de Conrad Bloom à la maison, même si ce n'est pas le pilote. Pourquoi je parle de ça, moi ? Parce que Royal Pains reprend dans pile un mois ? Ah, tiens.

Bref me voilà devant le pilote de Fired Up et je me dis que, quand même, c'est pas gagné. Je déteste Leah Remini. Oh je suis persuadée que c'est une fille charmante au demeurant, et peut-être qu'elle donne toujours aux mendiants dans la rue alors que moi je regarde ailleurs l'air de rien, et qu' un jour elle a sauvé un chiot qui allait se faire renverser, mais je n'y peux rien, je déteste Leah Remini. Chaque fois que je riais devant Un Gars du Queens (c'est-à-dire rarement) c'était grâce au personnage de Doug, jamais grâce à Carrie. C'est vous dire.
Quant à Sharon Lawrence, c'est une bonne femme qui me fait peur. Je pense qu'elle boit le sang de petits bébés humains et qu'elle dort dans un frigo. Elle a la même gueule dans Fired Up que dans Drop Dead Diva où je me rappelle l'avoir vue cet été. Douze ans entre les deux, hein. Elle est peut-être pas une trop mauvaise actrice, mais qu'est-ce qu'elle me fait flipper !

Bref, Fired Up, cagoulée pour de mauvaises raisons et regardée avec appréhension pour toutes les autres raisons, relevait à la fois de l'expérience de l'extrême (je hurle de rage à cause de Remini en premier, ou j'attends d'avoir hurlé d'horreur à cause de Lawrence ?), et du petit passe-temps sans conséquence (d'façons, Royal Pains reprend dans pile un mois).

L'idée de Fired Up, c'est de prendre deux personnages que tout oppose, ce qui est un classique en termes de comédie, et de les forcer à se regarder dans les yeux pendant environ une demi-heure. Ici, d'une part, on a Gwendolyn, la patronne spécialisée en communication qui ne pense qu'à elle, et d'autre part, on a Terry, l'assistante qui a les pieds sur terre.

Tout commence quand un beau matin, Gwendolyn arrive au travail, et une chose horrible vient de lui arriver : au salon de beauté, on ne lui a pas donné sa pédicure habituelle, qui a été expulsée du pays. C'est terrible parce que la nouvelle pédicure n'a rien fait comme il fallait et a même eu le culot de lui infliger une petite coupure au pied. Certaines personnes ont de vrais problèmes, c'est tragique.
Terry arrive à en placer une et explique qu'elle vient de se faire virer, mais cela ne relativise pas vraiment les problèmes de sa patronne qui démontre ainsi, en un dialogue court mais rapide, combien elle peut être focalisée sur son nombril. Finalement Gwendolyn découvre qu'elle s'est également faite virer, ceci expliquant cela, et les voilà toutes les deux à faire leurs adieux, prêtes à partir chacune de leur côté après trois ans de collaboration. Six. Peu importe.

Terry vit avec son frère (Mesdames, voici enfin Mark, profitez-en, il est juste de passage, on le verra à peine), dans un loft qui a probablement été racheté à Batman et dont le loyer doit être plus cher que tous les appartements des Friends réunis.

FiredUp
Une horloge ! Une p*tain d'horloge ! Je VEUX ce loft.

Toujours est-il que le frérot travaille dans un bar en bas de l'immeuble (par définition, tout sitcom se doit d'avoir un café, un bar ou un restaurant sur la liste de ses décors réguliers, n'est-ce pas ?), et que voilà Terry sur le carreau, qui doit trouver un autre job et ne dégote rien de mieux que de vendre de la viande discount par téléphone (rassurez-moi, ce métier n'existe que dans les séries, n'est-ce pas ?). Inutile de dire que même si sa patronne était une égocentrique qui la réduisait en esclavage, elle a quand même du mal à s'adapter. D'ailleurs Gwendolyn aussi puisque peu de temps après, voilà cette snob en train de débarquer dans la vie de son ancienne assistante, complètement sur la paille, avec l'idée de monter sa propre société mais incapable de faire la moindre chose valable sans Terry pour l'y aider.

Eh oui, les deux femmes vont, c'était inéluctable, devoir tout de même se remettre à travailler ensemble, Terry parvenant à faire comprendre à Gwendolyn que cette dernière est incapable de faire quoi que ce soit par elle même (ou qu'elle s'y refuse : "Vous pouvez faire de la frappe ?"/"Oui."/"...Vraiment ?!"/"Eh bien, est-ce que je le peux et est-ce que je le ferais sont deux questions très différentes..."), et Gwendolyn ayant le pouvoir de sauver Terry de la vente de viande par téléphone (non, sérieusement ? Quelqu'un parmi vous a déjà vendu de la viande par téléphone ?!), et qu'en plus elle est vraiment douée dans son domaine.

Évidemment c'est un peu cliché tout ça. Mais je sais pas, j'aime bien l'idée qu'une fois de plus, le patron (ici une patronne, on s'en fout) ne puisse rien accomplir sans son assistante, je sais pas d'où me vient ce fantasme (de plusieurs années d'expérience dans l'assistanat de direction peut-être, je pense à certaines personnes qui ne peuvent même pas écrire leurs cartes d'anniversaires eux-mêmes, yes I'm looking at you, Blue), mais en tous cas l'idée me plait bien.

Alors au final, j'ai beaucoup aimé certains angles de ce pilote. D'autres relèvent de la vaste blague (et pas dans le sens où un sitcom voudrait faire des blagues), comme la plupart des répliques du patron du bar qui, cinquantenaire célibataire, allez je suis dans un bon jour, disons quarantenaire, se met immédiatement à courtiser Gwendolyn et se prend des vestes splendides sans avoir rien d'intelligent à répliquer (ce qui fait que chaque veste est plus que méritée).

Mais contre toute attente, le tandem Remini/Lawrence fonctionne très bien, les vannes fusent, le choc des deux cultures ne semble pas aussi plaqué que dans d'autres séries du même type qu'on a connues, qu'on connaît et qu'on connaîtra sur le même principe des deux opposés qui vont devoir cohabiter. Comme les meilleurs sitcoms, Fired Up repose d'une part sur cette alchimie, et d'autre part sur un grand sens du rythme. Ce qui est étonnant pour une série qui n'a pas duré très longtemps. Je vais pas dire que c'est un bijou méconnu, mais enfin, je me suis bien marrée, il faut le dire, et en prime j'aime bien le concept de départ, et j'aime le loft. Alors banco.
Ou alors, c'est la faute de mes médicaments. Ce qui n'est pas à exclure non plus.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Fired Up de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:39 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

02-05-10

[DL] Lucky Louie

Bon bah voilà, ça y est, j'ai vu toute la saison unique de Lucky Louie. Après le 12e épisode, je sentais bien qu'il me fallait faire mes adieux, mais comme j'avais dû trouver une autre cagoule pour le 13e épisode inédit à la télévision américaine, il semblait encore lointain, ce moment où je devais faire mes adieux à la série. Ce fut un coup de cœur, bref mais véritable. Et même quand on s'y met sur le tard, ça compte, ces choses-là.

LuckyLouie
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Vous en connaissez tous, des génériques pas terribles, voire franchement mauvais... mais auxquels on s'attache sans trop comprendre pourquoi. Eh bien quand j'ai entendu ce générique pendant le 13e épisode, j'ai eu un petit pincement au cœur, quand même. Même si franchement il est mal réalisé et que la musique (bien qu'étant mon genre, je vous dirais bien avec quels autres génériques je l'écoute mais comme personne n'a participé au jeu sur le sujet...) est bateau.
D'ailleurs, vous savez quoi ? Même la petite phrase "Lucky Louie was taped before a live audience" va me manquer. Non, sérieusement, c'est quand que Louie arrive ? Je vais entrer dans une période de manque, là.

Sur une note similaire, j'ai une envie de sitcoms, là, donc la semaine à venir devrait être plus gaie que la précédente.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Lucky Louie de SeriesLive. Eh, l'air de rien on est 7 fans dessus, quand même.

Posté par ladyteruki à 23:21 - Médicament générique - Permalien [#]

01-05-10

Et dans un nuage, le cher visage de mon passé

Pour le moment, on peut dire que le printemps de 2010 est largement meilleur que l'hiver 2010 en matière de séries japonaises. Vous allez me dire : ya pas de mal. Certes. Mais concrètement j'étais plutôt contente de mes découvertes : Mother, impeccable (un deuxième épisode juste un peu plus classique, mais quand même réussi), Sunao ni Narenakute, prometteur (je me fais le 2e demain, on verra bien), et maintenant Dousoukai. Dans l'ordre décroissant, quand même.

Dousoukai commence par nous présenter sa protagonistes principale, Tomomi, et les temps assez difficiles qu'elle traverse : son mari est au chomdu, ses enfants... on a vu plus coopératifs, et elle a dû vendre la maison familiale dont on ne pouvait plus payer le prêt, pour s'installer dans une location bien plus petite. Tout cela est fort ordinaire et Tomomi est un peu l'épouse japonaise qui renforce tous les clichés sur le sujet, docile, n'ouvrant pas trop sa gueule et courbant l'échine sous la critique. Personnellement je ne pense pas que je sois censée m'identifier à elle vu ma tranche d'âge, ma situation personnelle et professionnelle, mais je comprends bien où les scénaristes veulent en venir.

Voilà donc notre Tomomi qui, pendant le déménagement, tombe par hasard sur quelques papiers qui trainaient par là et qui se souvient soudain que sa réunion d'anciens élèves est... eh bien, là, tout de suite, aujourd'hui. Et je voudrais qu'on s'arrête un moment sur cette information capitale : l'invitation trainait sur la cheminée ? Depuis combien de temps, au juste ? C'est-à-dire qu'elle n'a pas été méticuleusement rangée ? Est-ce à dire qu'en fait Tomomi n'est pas une si bonne épouse ? Moi je dis ça pose question.
D'ailleurs en se rendant à cette réunion d'anciens élèves sur un coup de tête, Tomomi se livre à un deuxième acte répréhensible (je ne vous gâcherai pas la surprise), et franchement on se demande si elle est si sage que ça, la Tomomi. Ouais, arrête de faire ta timide, je t'ai à l'œil.

La réunion se passe merveilleusement bien. On apprend que Tomomi était pompom girl (et sans doute Valedictorian tant qu'on y est), qu'elle avait plein d'amis et que deux garçons étaient amoureux d'elle à l'époque, même si aucun n'a réussi à se placer à ce moment-là. Il y avait d'une part Shinichi, et d'autre part Sousuke. Et pour Sousuke, elle en pinçait, et aujourd'hui devinez quoi, c'est un homme séduisant au possible qui exsude à la fois la masculinité et la zenitude. Alors forcément, Tomomi a des papillons dans le ventre, et essaye de ne pas trop penser à l'époux chômeur et râleur qui l'attend à la maison pendant la soirée. Elle retrouve aussi Youko, qui était sa meilleure amie à l'époque et était amoureuse en secret de Sousuke, et qui aujourd'hui est pétée de thunes et aime bien cancaner.

Après la réunion d'anciens élèves, ce petit monde et quelques autres se retrouvent dans un boui-boui tenu par l'un des anciens, boivent à qui mieux-mieux et s'en vont chacun de leur côté, se raccompagnant les uns les autres. Tomomi, évidemment, se retrouve à faire le chemin jusqu'au métro avec son Sousuke d'amuuur, Youko et Shinichi s'embrassent dans le taxi qu'ils partagent par dépit, et...

Et, ah, enfin. Enfin on sort des amourettes et des machins. Parce que déjà à 20 piges, je m'en tamponne le coquillard, alors à 45, je vais vous dire, je suis pas cliente du tout. C'est pas pour ça que j'avais signé.
Et donc, deux autres amis, Mariko et Kazuhiko, qui sont repartis dans la même direction, ont disparu de la surface de la Terre. Ils sont simplement injoignable. Tout le monde semble s'accorder à dire que c'est la réunion d'anciens élèves qui a ravivé une vieille flamme entre eux ; concrètement, nos 4 protagonistes principaux sont dans la même tourmente, les sentiments d'antan étant soudain ravivés, et avec eux le cortège de regrets, de rancœurs et de jalousies non exprimées à l'époque.

Mais évidemment, les choses ne peuvent pas être si simple. C'est même trop évident, car si Kazuhiko et Mariko laissent des messages indiquant qu'ils se sont enfuis ensemble par amour, abandonnant leurs familles respectives, on garde à l'esprit que d'une part, Kazuhiko est un haut fonctionnaire au Destin politique prometteur, et  d'autre part qu'il est insinué que son ministre de tutelle est au cœur d'un scandale qui pourrait bien lui exploser au visage. Tout cela semble un peu téléphoné.

Mais ça, le pilote ne l'explicite pas trop. On reste pour le moment en surface, en rappelant bien quels étaient les liens des 4 protagonistes principaux (parmi lesquels on compte mine de rien un enquêteur et un journaliste, là non plus ce ne peut être innocent), et on commence lentement à peler la vie de chacun pour voir ce qui se cache derrière les apparences de la réjouissante réunion d'anciens élèves.

Car si Tomomi a menti et dit qu'elle était heureuse, que son mari occupait un emploi normal et qu'elle avait deux adorables chérubins, sur quoi ont menti les autres ?
On s'aperçoit que Shinichi attend depuis plusieurs années que sa femme signe les papiers du divorce (et que ce n'est pas l'éthique qui l'étouffe puisqu'il couche avec une jolie présentatrice du journal télé pour avoir des scoops), que Sousuke a complètement délaissé sa femme et son fils au profit de son travail d'enquête, et que Youko, à la vie en apparence si parfaite, doit partager son toit avec la fille de la maîtresse de son mari.

Si Dousoukai manque un peu de rythme (et par un peu, je veux dire beaucoup) et s'attarde un peu trop à mon goût sur les histoires amoureuses, on sent que le thriller se met toutefois en place et qu'au cœur de cette affaire étrange, Tomomi va se révéler à elle-même, ou peut-être juste se révéler à nous, devenant la femme qu'elle a peut-être toujours été au fond d'elle mais qu'elle a fait taire.
En tous cas il y a moyen de faire quelque chose de ce personnage, même si Hitomi Kuroki (vue bien plus en beauté il y a quelques mois dans Real Clothes) n'en finit pas de minauder et hésiter et être choquée par tout et n'importe quoi, on se dit que la marge de progression laisse bon espoir pour ce personnage.

Finalement, Dousoukai parle à la fois de maintenir les apparences quand on n'est pas si heureux que ça (un thème commun avec Sunao ni Narenakute, finalement), et à la fois d'une double disparition qui promet de nous surprendre une fois ou deux, voire plus si on est en veine. Je n'arrive pas à me souvenir si Reunion proposait quelque chose de similaire, ou se cantonnait à raviver quelques vieilles histoires de cœur ? J'ai bien envie de revoir le pilote, tiens.
Ce n'est certes pas mon coup de cœur de la saison, mais enfin, franchement, c'est sans comparaison avec ce qu'on nous fourguait encore trois mois plus tôt.

Dousoukai

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture, mais font des efforts : la fiche Dousoukai de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 22:54 - Dorama Chick - Permalien [#]