ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

02-01-12

[#Ozmarathon] 3x01, le jeu des 7 erreurs

A propos du Ozmarathon, je pense vous avoir dit l'année dernière (on s'en lasse pas) que mes souvenirs étaient embrouillés. Ils le sont. En général. Devant cet épisode pourtant ils l'étaient beaucoup moins. Je me rappelais de chaque ligne de dialogue, de chaque enchaînement de scènes. Pour quelqu'un qui a une mémoire aussi pourrie que la mienne, c'était perturbant.
Mais l'effet de déjà vu avait peut-être d'autres raisons que le simple fait que je l'aie si bien gardé en mémoire.

Ozmarathon-3x01

D'ailleurs l'épisode le montrera assez bien en mettant en parallèle deux scènes hautement répétitives dans le contexte de la série : l'arrivée de nouveaux prisonniers ("on vous dira quand manger, quand dormir...") et des nouveaux gardes ("j'ajouterais juste un conseil..."). La vérité c'est qu'on a déjà assisté plusieurs fois à des scènes similaires, mais jamais dans le même épisode ; l'effet est donc le même et tout autre.
Et puis, il faut préciser que l'épisode ici présent s'est fait une joie, d'entrée de jeu, de nous mettre en garde : tout change, et rien ne change. A l'instar du nom du pénit-.... centre correctionnel d'Oswald, ce début de saison nous replonge dans le bain avec un minimum de changements, mais bon, évidemment on ne va pas totalement se répéter. Et pourtant les choses ont changé. Passons donc en revue les 7 erreurs ; on va voir si vous les avez toutes repérées.

Avant, Miguel Alvarez était un pauvre chiot maltraité par tous. Ensuite il s'est rebellé pour maintenir un semblant de place dans la chaîne alimentaire, et a crevé les yeux d'un gardien. Maintenant ? Miguel Alvarez est un pauvre chiot maltraité par tous MAIS il est en isolement.
Comme observé pendant la saison précédente, Miguel a un don dés lors qu'il s'agit d'être malheureux. Il est de ces personnages qui brillent dans ce domaine, il nous émeut, il nous attendrit, il ne peut rien faire d'impardonnable. Il a pris en otage le père Mukada et celui-ci vient lui proposer des osties sans sourciller un instant. On ne peut pas détester Alvarez et je pense qu'aucun de nous n'a jamais essayé. Simplement il fallait que la configuration change, et le voilà maintenant uniquement victime des gardiens, du système, des nouveaux tours de passe-passe budgétaires de Devlin. On est d'accord, la scène est déchirante (petit ralenti inclus), simplement elle ne change pas grand'chose dans le fond.

Avant, le gouverneur Devlin était justement un enfoiré qui n'avait rien à foutre du bien-être des prisonniers. Ensuite il a essuyé une émeute, s'en est miraculeusement sorti sur le plan médiatique, et avait même opté pour un relatif statu quo. Maintenant ? Devlin est un enfoiré qui n'a rien à foutre du bien-être des prisonniers, mais il se décharge des décisions difficiles et/ou mal vues en sous-traitant le volet médical d'Oswald au privé.
L'air de rien, Devlin refait les mêmes erreurs que dans la première saison, à savoir faire passer son image et son budget avant les considérations à long terme. Cette fois c'est le Dr Nathan qu'il chatouille avec ses décisions à la con, et celle-ci va vite découvrir l'absurdité d'une telle décision, alors que les considérations budgétaires prévalent sur le sort des prisonniers. Oh c'est nouveau, vraiment ? On peut reparler du choix de l'opération d'O'Reily, si vous y tenez, par exemple. Des considérations froides et marchandes primant sur les décisions humaines, on en a déjà vu plusieurs... Là aussi, sur le fond, peu de changement à bien y réfléchir.

Avant, Tobias Beecher était complètement frappadingue. Ensuite il s'était repris, avait commencé à retrouver le calme et la sérénité grâce à l'amour, et avait même trouvé le moyen de devenir totalement vulnérable. Maintenant ? Beecher revient d'un nouvelle parenthèses hors d'Em City, il a des envies de violence, de vengeance et d'humiliation, et... devinez quoi ? A peine revenu il s'empresse d'y céder à la moindre occasion. Par contre, j'admets que cette fois il n'a pas chanté.
On peut discuter sur le fait que Beecher était franchement flippant à son retour d'isolement la fois précédente (il avait arraché le... oui enfin on s'en souvient tous) tandis qu'ici sa colère est plus rentrée, plus maîtrisée. Ah c'est sûr qu'avoir quatre membres brisés ça vous change un homme, mais quand même, la partie d'échec grandeur nature avec Schillinger suit toujours un peu le même modèle, un coup l'un, un coup l'autre, Schillinger reste maître de lui-même et Beecher dégringole d'un pallier de plus sur l'escalier de l'évolution. Là franchement, rien n'a changé, osons le dire.

Avant, Ryan O'Reily était un petit magouilleur prêt à lécher les bottes de n'importe qui pourvu de n'avoir pas à se salir les mains (ni le fondement). Ensuite il avait été frappé d'un cancer du sein, était tombé amoureux de son médecin et n'avait plus fait montre de la moindre subtilité pour se débarrasser du mari de sa bien-aimée. Maintenant ? Ryan O'Reily manipule un biker (Hoyt, en l'occurrence) pour tenter de se venger de Schillinger, suite au viol de Cyril par celui-ci dans la saison précédente.
Dr Nathan ? Complètement oubliée. Notez que je ne me plains pas tant l'intrigue avait pu être outrancière par moments, mais du coup, retour à la case départ, simplement au lieu de vendre de la drogue, Ryan fait ses petites affaires au nom du frangin. Ne vous méprenez pas. J'exulte toujours comme au premier jour en le voyant balancer l'air de rien "ah ouais t'as vu comment Schillinger t'a balancé, hanlala, moi j'aimerais pas !", c'est de l'or en barre, c'est ce que j'adore chez Ryan, c'est... du déjà vu, admettons-le quand même.

Avant, Simon Adebisi était un homme totalement imprévisible. Ensuite il a arrêté la drogue, s'est mis à entendre des tams-tams dans sa tête et a vu son nouveau mentor mourir dans ses bras. Maintenant ? Il sort de la section psychiatrique (où il a séjourné "après avoir changé de chapeau") avec un calme olympien dont on se doute qu'il cache quelque chose.
Adebisi a peut-être troqué la violence brute et décérébrée contre une certaine forme de perversion soigneusement planifiée qu'on ne lui connaissait pas. Mais globalement, on sent bien que les coups de pute ne sont pas finis, que son adoubement par Nappa ne tiendra pas, et que même sa volonté d'arrêter la drogue est suspecte. Quoi qu'il prépare, ça ne sera pas beau à voir, c'est une garantie. Comme chaque fois qu'il prépare un coup, et j'ai encore des images de Nino Schibetta expulsant du sang par tous ses orifices pour m'en assurer.

Avant, Tim McManus était un homme petit (pas un petit homme : un homme petit). Ensuite il s'est pris des balles dans le buffet, est remonté en selle pour remettre Em City sur le droit chemin, et a tenu tête à tout le monde. Maintenant ? Il a besoin que le vieux Rebadow lui dise d'aller régler son compte à Metzger pour s'en charger.
Alors moi, ok, je suis bonne pâte, je veux bien faire semblant de croire qu'il avait remarqué que Metzger était un sale nazi violent et tout, mais j'ai quand même des doutes. McManus n'a pas pipé un mot quand les deux Aryens sont morts dans le tunnel et pourtant là il y avait matière. Ne serait-ce que dire à Metzger : "ah ouais, au fait, maintenant je veux bien que tu me dises pourquoi tu voulais les changer de pod, ces mecs ?". Non, rien, pas un seul regard en coin. Et là, Rebadow, dont je persiste à croire que Dieu lui parle réellement parce que c'est pas possible d'être aussi observateur, lui fait lourdement remarquer que ya anguille sous roche, Timmy prend son air le plus arrogant ("nan mais ça va je suis pas con"), et là-dessus il se dépêche d'aller envoyer trois vannes à Metzger. MAIS GENRE, QUOI. Pire encore, ce mec qui a été, pendant la première saison, entièrement asservi par sa dépendance à l'affection des femmes, trouve le moyen d'accepter un rancard avec la première gardienne venue. Euh, mec. Non quoi. On dirait que le coup avec Diane ne t'a rien appris. Si tu dois absolument te taper quelqu'un, sors de la prison pour le faire merci.

Avant, Augustus Hill était enfermé à Oz pour longtemps. Ensuite il a monté un dossier avec Kareem Saïd, a perdu son appel, et a tenté de s'échapper en s'enfermant dans un cercueil. Maintenant ? Il est là, en plein milieu d'Em City, comme si de rien n'était.
I rest my case.

Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. Quelques axes de cet épisode de rentrée sont prometteurs, dont la friabilité de Kareem Saïd, précisément, qui se met en place de façon intéressante dans le regard de ses suiveurs ; ou bien dans l'arrivée d'un étrange petit gardien de péniten-... centre correctionnel qui a l'air à la fois tout doux et étrangement décidé. Et bien-sûr, dans la jolie bien qu'étrange relation qui se met en place entre l'envoûtante Shirley Bellinger (même les gays ne résistent pas à sa volonté) et l'adorable Richie Hanlon qu'on retrouve enfin.
Mais il ressort de cet épisode une étrange sensation, celle de manquer un peu de palpitations. On a eu plus de décharges d'adrénaline avec la série par le passé. On a hâte que ça revienne.
Moquez-vous si vous voulez, mais je crois que j'étais en manque, et je n'ai pas eu ma dose avec ce season premiere.

Posté par ladyteruki à 23:23 - Plus on est de fous - Permalien [#]
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