ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

03-01-12

[#Ozmarathon] 3x02, la main tendue

Vous savez, je n'y croyais pas, je n'y ai jamais cru. Le cycle de vie présumé d'une série m'a toujours semblé être l'un de ces horribles contes qu'on raconte aux jeunes téléphages pour leur faire peur. Ou pour encourager l'habitude qu'ont pris de nombreux spectateurs de vouloir avoir une série-préférée-de-tout-l'univers différente tous les trois ans, éventuellement. This one is dedicated to you, Glee.
Mais alors que nous sommes cette fois bel et bien engagés dans la troisième saison d'Oz à l'occasion de notre Ozmarathon, je suis bien obligée de reconnaître que, globalement, bah, c'est pas l'extase.

Ozmarathon-3x02

Comprenons-nous bien. Les épisodes ne sont pas mauvais (contrairement à ce que mon post un peu déçu d'hier vous a peut-être conduit à penser) ; mais comme le dit si bien le tableau ci-dessus lié, ce n'est pas que la qualité à baissé, c'est qu'on assiste à une stabilisation dans divers domaines, du déroulement des épisodes eux-mêmes, très formulaic, jusqu'aux intrigues des divers personnages. Beaucoup de qualités sont au rendez-vous, en somme. Mais pas la surprise.
D'avance, je précise que dans ce post, je vais mettre volontairement de côté le speech d'Augustus, parce que, eh bien, en toute franchise, je ne pense pas l'avoir compris. Les anecdotes ne sont pas mauvaises en soi mais je n'ai pas saisi leur pertinence sur la longueur de l'épisode. Possible aussi que je sois fatiguée mais ça m'a juste totalement échappé. Donc, pas un mot, mais n'hésitez pas à m'éclairer sur votre perception de la chose.
Typiquement ici, plusieurs intrigues donnent vie au principe que j'énonçais ci-dessus.

On a par exemple l'intrigue Beecher, en réalité devenue ce qu'il conviendra de nommer l'intrigue Beecher/Keller (ou, pour ceux qui sont fans des contractions à la con comme c'est la mode depuis quelques années, Kelcher ou Beeller). Désormais les deux personnages sont difficilement dissociables, quand bien même leur temps d'antenne n'est pas équivalent. Keller, après s'être tripoté une saine période de temps dans la cellule de "protection" d'Oswald, est réintroduit en milieu hostile, se dépêche d'aller parader devant Beecher pour lui prouver qu'il a tenu parole et que, hein t'as vu, je sais remuer la queue. Sauf que le toutou est une fois de plus éconduit par le maîmaître désabusé. Et comme la fois précédente, c'est l'occasion pour Beecher d'avoir l'air inflexible alors que personne n'est dupe, et pour Keller de se mettre un peu plus en danger. Et en soi ce n'est pas une mauvaise intrigue, même avec des spoilers j'arrive à me poser des questions sur la finalité de la démarche de Keller, mais ça manque quand même de punch, à plus forte raison parce que pendant la saison 2, cette intrigue s'est développée avec brio et rapidité. J'ai du mal à admettre que les affaires de Beecher manquent autant de rythme à présent, quand elles avaient trouvé le bon tempo quelques épisodes plus tôt.

De la même façon, Alvarez, vous le savez, est l'un de mes chouchous, et son intrigue actuelle en confinement est atroce (et donc bien trouvée, d'après les standards masochistes de tout spectateur d'Oz), mais on tourne un petit peu en rond. Evidemment, il m'arrache des larmes de sang quand je le vois, les poings ensanglantés, agrippé à la porte de sa geôle, mais à part servir de tear jerker, je n'arrive pas à comprendre l'intérêt ultime de cette intrigue. Par-dessus le marché, on ressort l'habituel Père Mukada dans son rôle d'ange gardien attitré de Miguel, qui va encore une fois se prendre une méchante mandale dans la gueule pour revenir à la réalité, et supplier que personne ne frappe Miguel (en vain).
Vous savez, la folie, c'est répéter les mêmes actes en espérant obtenir un résultat différent. Et le ptit père Ray, je ne comprends pas qu'il n'ait pas eu une fois l'envie de se dire que cette fois, Alvarez allait se débrouiller sans lui. Pas l'abandonner totalement, mais pourquoi pas confier son sort à Sister Pete, tiens ? A chaque fois ça finit mal pour lui, pour Alvarez, pour tout le monde, et pourtant à chaque fois on y revient. Sans compter que cette même scène, on l'a vue à la fin de la saison 2 lors de la capture d'Alvarez.
Donc c'est très touchant sur le moment, mais au final c'est un peu du rebattu. Fort heureusement, si la confrontation avec sa victime permet à Miguel de sortir de l'isolation, on aura une chance de nous-mêmes nous sortir de ce bourbier. Père Mukada, c'est moins sûr, mais apparemment il est encore plus maso que nous...

Je suis également assez circonspecte devant l'histoire avec Coyle, le prisonnier qui avoue de but en blanc à Hill qu'il a tué toute une famille. D'accord, ce mec n'est pas une flèche, mais quand même, c'était un peu trop facile. Et surtout ça manque un peu de risques ; il suffit de voir comment Augustus parvient à avoir l'air totalement assuré lorsqu'il tente d'arracher des aveux au monstre, c'est ahurissant comme il en fait ce qu'il veut alors qu'un instant plus tôt il suait à grosses gouttes rien qu'à l'idée qu'il pourrait confronter son co-détenu. J'aurais bien vu une petite scène supplémentaire pendant laquelle il aurait roulé vers Coyle en se donnant du courage, ou comment il aurait répété son petit numéro au préalable. Je crois aussi que certains acteurs ne savent pas interpréter des personnages qui mentent, mais c'est un autre débat. L'avantage c'est que la reconstitution dudit crime était atroce, et renouait avec la tradition de la série en termes de malaise.

La palme de l'intrigue limite soapesque de l'épisode revient à la jalousie entre les femmes dans la vie de McManus. Par contre, côté soap, on a deux femmes pas franchement affolantes qui se tirent la bourre pour un petit chauve, je crois qu'on ne voit ça que dans Oz. A ma droite, Diane Wittlesey qui rappelle qu'elle est passée par là avant, d'un air narquois sous-entendant que l'autre a hérité des restes, et à ma gauche, la challenger Claire Howell qui a décidé que McManus était à elle et qui roule des mécaniques, sauf que dés que McManus accorde de l'attention à Diane, elle pète un câble (et pas qu'un peu).
C'était très satisfaisant de voir McManus couper une fois de plus les ponts avec l'ancien lui, et rembarrer Claire en lui rappelant que la sauter deux fois, ce n'est pas lui devoir quoi que ce soit (le même mec a fait une déclaration d'amour à Diane après UN coup désespéré pendant une exécution, rappelons-le). Mais la conclusion violente de cette passade, si elle a le mérite de divertir les prisonniers, est un peu extrême dans le sens où les histoires de coucheries semblent avoir pris une importance dérangeante. Comprenez-moi bien, je suis ravie quand Shirley Bellinger propose implicitement à son avocat de le payer en nature s'il porte son affaire devant la cour suprême, c'est le genre de relations sexuelles que j'aime voir traitées dans Oz. Mais les romances vouées à l'échec (à l'instar de celle entre O'Reily et le Dr Nathan, d'ailleurs rapidement rappelée à notre bon souvenir) me donnent une impression assez désagréable de facilité. Ce doit venir de la retombée d'adrénaline depuis le début de la saison, à n'en pas douter.

En revanche j'ai pris un véritable plaisir à regarder Saïd s'embourber dans ses affaires de coeur. C'est une intrigue qui a vraiment du charme (et je ne parle pas que de la délicate Arija Bareikis ; d'ailleurs ça fait deux jours que j'ai une méchante envie de Southland et ptet même The American Embassy) et la façon dont les suiveurs de Saïd lui font la leçon est même particulièrement intéressante parce qu'elle montre bien que la parole de Saïd n'est plus aussi sacrée, non plus que sa personne qui est indirectement ici remise en question dans sa droiture morale (à raison d'ailleurs). Cela méritait, à vrai dire, peut-être un peu plus de développement dans l'épisode, car après avoir vécu une première saison pendant laquelle le pouvoir de Saïd avait pris des proportions terrifiantes, puis l'avoir vu dans la saison suivante perdre progressivement dudit pouvoir, cette sorte de déchéance a du chien, car elle n'est pas tout-à-fait humiliante en pratique, mais tout de même un peu vis-à-vis de ses pairs et de lui-même (notamment parce que Kareem a besoin qu'on lui mette le nez dedans au lieu de reconnaître de lui-même qu'il est tenté). Nul doute qu'on ne va pas s'arrêter là à ce sujet, donc tant mieux. Explorons un peu les failles de Saïd, on ne l'en aimera que mieux.

Le vrai point commun des intrigues qui m'ont marquée dans cet épisode, c'est que beaucoup de personnages font ici de leur mieux pour faire quelque chose de positif, pour eux ou, plus souvent encore, pour les autres. Aucune bonne action ne restant impunie, évidemment... C'est sans doute ça le plus intéressant, mais ce n'est hélas pas assez poignant ni inquiétant.

Une véritable et indéniable exception reste Adebisi. Il porte une grande partie de mes espoirs, ce grand pervers. Avouez, on le savait tous, il ne pouvait pas avoir vraiment résolu de s'assagir. Son plan pour éliminer Nappa, s'il est absolument machiavélique, manque quand même d'envergure. Je ne miserais pas toute ma vengeance sur une petite éraflure ; espérons donc qu'il fasse d'autres tentatives à l'avenir. Allez Adebisi, on croit tous en toi ! Mais si tu permets, on ne te tournera pas le dos...

Posté par ladyteruki à 20:57 - Plus on est de fous - Permalien [#]
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