ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

14-06-13

Rosario, Consuela, et toutes les autres

Depuis 10 mois que mon camarade whisperintherain et moi-même épluchons les pilotes de la saison, on a vu défiler... ma fois, d'un peu tout. Ma règle d'or, en la matière, est que, quelle que soit la qualité de la série, je prête une attention soutenue à son pilote, que je lui donne une chance ; d'abord parce que juger un pilote est suffisamment brutal pour ne pas en rajouter, ensuite parce qu'il faut être capable d'écrire une review derrière ! Mais parfois, rien à faire : on a beau mettre toutes les chances de son côté, l'esprit vagabonde, le regard part sur le côté de l'écran, et la concentration est perdue. Je me suis toujours refusée à écrire sur un pilote auquel je n'ai pas su accorder mon attention, mais il faut vraisemblablement une première fois à tout, puisque Devious Maids est l'objet de la review du jour.

DeviousMaids

Intellectuellement, je comprends la démarche derrière Devious Maids : Lifetime, qui a toujours couvé d'un regard jaloux Desperate Housewives (Army Wives...), s'est dépêchée de trouver une nouvelle façon de recycler le concept, chose qui a été simplifiée lorsqu'ABC a lâché le projet Devious Maids développé par Marc Cherry et produit par Eva Longoria. Katching !
Mais le résultat est loin d'être à la hauteur des espoirs de la chaîne câblée.

Dans un fabuleux article que, si vous êtes sur Twitter, vous ne pouvez qu'avoir vu passer, Alisa Valdes, auteur et scénariste, revient de façon brillante sur tout ce qui cloche dans Devious Maids (indice : il y est question de représentations racistes). Enfin, non, pas tout : elle ne mentionne pas qu'on s'ennuie pendant le pilote, mais tout le reste, elle le pointe à la perfection. Je ne saurais que vous en recommander la lecture, nécessaire.
J'avais lu l'article avant de découvrir le pilote ; mais ce que Valdes ne mentionne pas, car elle n'a sans doute pas reçu de DVD en avant-première de la part de la production, c'est que ce racisme est parfaitement assumé par la série. A plusieurs reprises, les personnages riches et/ou blancs utiliseront des expressions ou auront des répliques montrant clairement leur racisme envers leurs employées, sans que celles-ci ne leur adressent autre chose qu'un regard noir, rendues incapables de se défendre par leur statut social. C'est-à-dire que Devious Maids ne fait même pas l'effort de donner la parole à ses héroïnes. Au mieux, l'une d'entre elles se vengera par le biais du bébé de son employeur, rendant ainsi sa vengeance mesquine aux yeux du spectateur.

Dans Devious Maids, l'exposition qui est faite ne tient compte à aucun moment... des héroïnes qui ont donné son nom à la série ! Elles n'ont pas tellement de personnalité, et pourraient en réalité facilement n'être qu'un personnage travaillant dans plusieurs maisonnées différentes, interchangeables ou presque. Comme toutes les employées de maison de séries avant elles, Rosario, Consuela, et toutes les autres, elles sont là pour mettre en vedette, souligner par un regard ou une petite remarque sarcastique ou cinglante, que les emploeurs sont étranges. Des patrons et patronnes qui sont hauts en couleurs (sauf lorsqu'il est question de peau), et font, en réalité, tout le sel des scènes : la série porte finalement sur eux, leur grain de folie, leur absence de sens des réalités. Les anonymes qui balayent leur salon ne sont là qu'en observatrices neutres, ou même négligeables. La série n'a que faire de la révélation atroce qu'elle fait à la fin de son cold open, rien à faire de nous encourager à partager les tourments d'une mère séparée de son fils ; les musiques badines sont là pour nous dire que, derrière l'incompréhension des maîtres, c'est eux qu'il faut observer, c'est là que ça se passe. Et aucun commentaire ne sera vraiment fait pour les condamner, car leurs dysfonctionnements sont la raison pour laquelle il y a des choses à raconter. De quoi faire mentir le titre de la série !
D'ailleurs, on sent bien le glissement de sens entre Devious Maids, le nom de la série de Lifetime, et Ellas Son... La Alegría del Hogar, le nom de la série mexicaine d'origine : la première donne le mauvais rôle aux employées (elles sont déviantes), le second se traduit par "elles sont... la joie en la demeure".

Alisa Valdes a raison sur le fait que des comportements similaires dans la série d'origine (que je n'ai pas vue, donc j'ignore à quel degré ils sont présents) étaient uniquement à attribuer à une question de lutte des classes, puisque TOUT le cast est hispanique ; quand ici, son discours ne prend pas le même sens du fait des différences d'origine entre les employées et la plupart des employeurs. Le seul employeur latino, d'ailleurs, est totalement relégué au second plan dans ce pilote, et c'est son assistante personnelle, une blonde au fort accent de Bavière, qui renforce le phénomène d'opposition blancs/latinos dans Devious Maids.
Accessoirement, et pour votre culture perso, Valdes mentionne que Devious Maids est adaptée d'une telenovela, c'est par contre inexact : Ellas Son... La Alegría del Hogar était une série hebdomadaire de 13 épisodes.

Alors, avec des idées commes celles-là, c'est entre autres grâce à Devious Maids que la telenovela a un si bel avenir sur le sol américain... mais pas dans le sens où Lifetime le souhaiterait.

Rappel des faits : d'après le bureau du recensement américain, c'est 16,7% de la population étasunienne qui se déclare hispanique ou latino ; les chiffres officiels de 2011 comptabilisent 52 millions de résidents. Autant de spectateurs potentiels qu'on imaginerait les chaînes prendre au sérieux, à plus forte raison quand on sait la popularité des networks hispaniques comme Univision et, dans une moindre mesure, Telemundo, MundoFox et Azteca America.
Depuis quelques temps, Univision, en particulier, nous fait une énorme poussée de croissance. Il y a trois ans, pour la première fois, le network a réussi à battre les networks concurrents diffusant des programmes en anglais sur la tant convoitée tranche des spectateurs ayant entre 18 et 49 ans ; on étant en octobre 2010, et depuis, ça n'a fait que progresser. Le succès d'Univision s'est encore confirmé pendant la saison écoulée, lorsque le network a battu, pendant les sweeps, le network NBC. Ne tirons pas sur l'ambulance : ce n'est pas simplement la crise que traverse NBC qui en est à l'origine ; Univision est le seul network ont les audiences progressent aux USA (même CBS est en baisse, quoique légère).
Chacun de ces networks hispaniques accomplit une grande partie de ses audiences les meilleures grâce à la diffusion de telenovelas. Ce ne sont même pas nécessairement des fictions originales, car une bonne partie sont des fictions d'import venue du continent sud-américaine. Cependant, le volume des commandes est en croissance, généralement en co-production avec des pays d'Amérique du Sud, histoire de diviser les frais tout en s'appuyant sur le savoir-faire d'une industrie qui a fait ses preuves, ô combien.

Or, c'est précisément le public cherché par Lifetime ! S'il y a encore du budget sur la chaîne câblée après avoir payé des accessoires en toc pour Project Runway pour des études de marché, ou juste pour un abonnement à Variety, on devrait y savoir que ce n'est pas un public à négliger. Mais s'adresser au public hispanique ne se fait pas n'importe comment.
Comment attirer durablement le spectateur hispanique quand c'est pour le montrer sous un jour si peu favorable ? Quand c'est pour prouver qu'on ne le comprend pas ?

En commandant une série aussi peu fine dans sa démarche, aussi bien sur le marché des femmes (le public de Desperate Housewives dans sa dernière saison représentait environ un tiers de celui de la première...) que sur celui des hispaniques, Lifetime fait finalement le jeu des networks comme Univision. C'est grâce à l'échec répété de l'ensemble des chaînes de langue anglophone aux Etats-Unis, en particulier ceux qui seraient les plus à même de les concurrencer sur un public spécifique, que les networks hispaniques peuvent y croître et y multiplier les bons résultats.

A l'occasion des upfronts, les networks hispaniques ont eux aussi annoncé les séries qui constitueraient leurs grilles l'an prochain. Univision a par exemple officialisé un remake de Breaking Bad (sous le nom, qu'au passage je trouve très sympa, de Metástasis), un pour Gossip Girl moins savamment intitulé Gossip Girl Acapulco, et évidemment, des non-remakes telles les telenovelas La Madame, mettant en scène la patronne d'une organisation d'escort girls (un projet qui vient donc manger sur les plates-bandes de The Client List, et produit par la compagnie à l'origine du succès La Reina del Sur), La Tempestad, Mentir para Vivir, ou encore la série dramatique La Selección, qui se penche sur une équipe de football.
Dans cette nouvelle grille, donc, des telenovelas, mais aussi des séries dramatiques et d'autres s'adressant aux jeunes adultes voire aux adolescents. Le groupe Univision va également lancer en décembre prochain El Rey, un nouveau network hispanique à destination du public masculin cette fois. Voilà des exécutifs qui, eux, comprennent leur cible... et savent l'étendre au lieu de le diminuer.

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 18:32 - Review vers le futur - Permalien [#]

16-01-13

If the shoe fits

Reboots, remakes et spin-offs. Le triangle des Bermudes de la téléphagie.
Il est désormais très difficile de prendre au sérieux la plupart des projets de séries réemployant un pitch et/ou des personnages connus du grand public. Et si, avant, les networks américains faisaient encore quelques véritables efforts, depuis 2007, ils ne font même plus semblant et le maître-mot est dorénavant de ne jamais laisser une seule franchise reposer en paix. Ah, vous avez voulu comparer la télévision au cinéma, eh bien ça y est, on y est, les pratiques sont les mêmes !
Qu'y avait-il à attendre de The Carrie Diaries, dans le fond ? Le network le moins convaincant de tous (oui, moins encore que NBC) commandant une ressucée facile à destination du public adolescent, c'était couru d'avance. Est-ce que ça valait vraiment le coup de s'atteler au pilote, sachant que le résultat semblant connu de tous avant même que la première scène n'ait été tournée ? Eh bien oui, et pas seulement en vertu du défi que whisperintherain et moi-même nous sommes fixés...

TheCarrieDiaries

OUI.
Oui ça valait la peine de donner sa chance à ce pilote, de faire fi de quelques préjugés et d'accepter l'éventualité que The Carrie Diaries ne serait pas tout-à-fait à chier, parce que la série essaye vraiment de toutes ses forces d'être au niveau. Oh, je ne dis pas qu'elle y réussit à chaque fois, mais diantre, elle essaye plus fort que les deux tiers des pilotes qu'on a vus jusque là, et étant donné le défi qu'on s'est lancés cette saison, des pilotes, j'en ai vus !

The Carrie Diaries a parfaitement saisi l'importance de ne pas traiter son univers à la légère ; on retrouve en filigrane de l'épisodes de nombreux ingrédients de la série originale (Sex & the City, pour ceux qui roupillent dans le fond) et de son héroïne. Il ne s'agit pas de se saisir de l'excuse du succès de Carrie Bradshaw pour fourguer une série complètement passe-partout ; et pour une fiction à vocation aussi peu mythologique que Sex & the City, où bien des ingrédients auraient pu être réduits à la plus simple expression de gimmicks, The Carrie Diaries accepte de relever le défi et de tomber le moins possible dans la facilité. Sans en faire des tonnes, l'épisode inaugural va nous ramener à bien des choses, qu'il s'agisse de Carrie se faisant bousculer sur un trottoir new-yorkais (facile !) à sa manie de toujours porter toutes sortes d'accessoires à son nom (ici, le sac à main, mais aussi un pendentif avec la lettre C). Carrie n'est pas encore "notre" Carrie, mais elle existe, elle est là, enfouie sous les couleurs fluos des années 80. Tout le principe de la série est de nous dire comment elle est "devenue ce qu'elle est", et The Carrie Diaries s'y emploie avec une souplesse à laquelle je ne m'attendais pas.

A ces tentatives de connecter les points entre eux, ce prequel décide également d'ajouter plus de substance que Sex & the City n'en a jamais eu. La série commence en effet tout juste trois mois après que Carrie ait perdu sa mère.
Ah oui parce qu'il faut que je vous dise, quand même, que parmi les bémols que je vais aborder dans ce post, le premier et non des moindres est que l'histoire de Carrie Bradshaw est entièrement visitée. Au lieu que son père l'ait quittée, elle et sa mère, quand elle était encore enfant (ce qui l'avait conduite à se laisser approcher d'un peu trop près par un vieux beau de Vogue dans Sex & the City, avant de se raviser et finalement opter pour un partenariat avec une éditrice acariatre, mais inoffensive), cette fois c'est maman qui est morte, laissant papa seul avec deux filles à gérer, oui, apparemment Carrie a une frangine, je suis aussi étonnée que vous. Cet acte de réécriture ne peinera cependant pas les adolescentes découvrant The Carrie Diaries, car en réalité, le public de la CW a quand même assez peu de chances d'avoir vu Sex & the City, et moins encore d'en avoir mémorisé les détails mythologiques. Mais enfin, puisque cette série se déroule dans les années 80, c'est, finalement... assez cohérent.
Cependant, loin d'être uniquement une intrigue à but bêtement larmoyant, la mort de sa mère s'impose pour Carrie comme l'évènement fondateur à partir duquel elle va grandir, et donc se révéler à elle-même. Mettre les pieds à Manhattan ? Découvrir le bonheur de se prélasser dans des fringues froufroutantes ? Les premiers émois amoureux ? Les premières réflexions couchées par écrit ? Sans la mort de maman, elle n'y serait pas venue (ou en tous cas pas si vite). Alors, merci maman, je suppose... Cet axe est en tous cas plutôt bien exploité, en dépit de quelques scènes tombant dans le cliché absolu du veuf éploré et des placards à vider. Mais par son don pour la référence et donc la cohérence (bien que paradoxal), The Carrie Diaries parvient à s'en tirer sans sembler pathétique. C'est un travail d'équilibrisme, ce n'était pas gagné, loin de là, mais les résultats sont tangibles : l'épisode s'en tire bien malgré les écueils.

Le second problème de ce pilote est justement là. Personne ne s'attend à regarder Sex & the City pour son aspect dramatique ; moins encore les jeunes filles et jeunes adultes qui constituent l'essentiel de la cible de la CW, et qui n'en connaissent en réalité que la réputation ou l'image glamour. Or, entre ses questionnements métaphysiques (pas souvent méta, mais quand même), la question du deuil, et les conversations parfois un peu tristoune (y compris en cloture de pilote), The Carrie Diaries est un bel éteignoir pour la jeunesse superficielle qui se chercherait un nouveau Gossip Girl clinquant et plein de dra-maaa.

Heureusement, tout n'est pas déprimant dans ce pilote, même si le ton y est quand même très grave sur des sujets qui ne le sont pas moins. Et il faut admettre qu'au niveau de l'ambiance, The Carrie Diaries remporte son pari haut la main. Tout en rappelant au passage que dans la mode moins qu'ailleurs, tout se recycle (en témoignent les couleurs fluos des vêtements et des maquillages, dont les teintes ne sont pas si éloignées de celles que l'on voit un peu partout), la série trouve le moyen de rappeler avec bonheur les années 80, sans trop les faire passer pour ringardes, ce qui relève de l'exploit. Il n'y avait qu'une scène, dans les grands magasins, quand diverses clientes arborent des tenues ayant très très mal vieilli, qu'on comprend un peu moins ce qui fascine Carrie dans la mode de l'époque, mais en-dehors de trois ou quatre plans peu heureux, The Carrie Diaries accomplit l'exploit de réellement rendre les années 80 sympathiques et électrisantes, pleines de promesses dont on oublie incroyablement facilement qu'elles sont loin d'avoir toutes été tenues.
Outre le look des personnages, et donc les fringues, qui effectivement se devaient d'être impérativement au top étant donné la réputation de magazine que se trimbale Sex & the City, il faut aussi mentionner l'incroyable travail fait sur la musique, parfaite de bout en bout (même si je ne suis pas fan de la reprise de Girls just wanna have fun en balade). Rien que cet ingrédient permettait à la série d'être 10% plus sympathique ! Oui, c'est chiffré, on est précis ici môssieu.
Le seul ingrédient qui manque dans ce pilote est une référence à des chaussures. Je suppose que le coup de foudre aura lieu dans un épisode ultérieur, bien à part, pour Carrie.

Alors, le comble du comble, c'est que The Carrie Diaries finit par être un boulot presque décent.
Evidemment, il est difficile de ne pas penser à Jane by Design lorsqu'on entend parler de la double-vie de lycéenne et de stagiaire que Carrie mènera dorénavant, l'obligeant à avoir un pied (bien chaussé on l'espère) dans le monde adulte tandis que ses amis resteront des repères de l'adolescence. On peut regretter que certains ingrédients aient été changés alors que d'autres sont d'une fidélité tendre et à toute épreuve. On peut se demander si l'intrigue sous-entendue sur l'ami potentiellement gay était nécessaire alors qu'elle est tout de même usée jusqu'à la corde (sauf grosse surprise).
Mais malgré ces défauts et ceux cités précédemment, The Carrie Diaries n'a pas à rougir de ce qui a été accompli. Son seul tort est de s'appuyer sur une franchise essentiellement vue par des adultes (ne serait-ce que Sex & the City a démarré, attention au coup de vieux, en 1998), avec un ton souvent dramatique, et de manquer ponctuellement, même si c'est difficile à croire, de frivolité ; c'est la bonne série, pas sûre que ce soit exactement la bonne cible. Les audiences tendent à le prouver d'ailleurs.

Mais qu'importe ! Je ne pensais pas qu'une série où il serait question de fringues plus que de sexe (et de romance plus que de sexe, Carrie et ses amies ayant quelques apprentissages à faire sur la réalité de ces deux éléments de leur vie d'adulte, ainsi que The Mouse en fera l'expérience) me plairait, je pensais avoir affaire à un prequel en toc, et finalement, The Carrie Diaries tient bien la route, son héroïne a une véritable fraîcheur et une belle énergie, et finalement, le temps que ça durera, je serai devant.
Evidemment, il est probablement encore loin, le temps où Carrie rencontrera sa fameuse clique (quoique, vu que la série fait le tri dans ce qu'elle garde ou non, tout est possible), mais même sans cela, The Carrie Diaries offre une jolie chronique, colorée et optimiste, mais aussi parfois amère et pas complètement décérébrée, du passage à l'âge adulte. N'est-ce pas ce en faveur de quoi je prêche depuis toujours en matière de séries pour ados ?
D'accord, mes séries ados préférées semblent plutôt faites pour les adultes, mais qu'importe que le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse...

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 23:22 - Review vers le futur - Permalien [#]

12-05-12

Non-identifiée

"A quel personnage t'identifies-tu le plus ?"
C'est une question qui est régulièrement posée dans toutes sortes de discussions à teneur téléphagique. Mais je n'ai jamais de réponse. Je n'en ai jamais eu.
Ce qui s'en approche le plus pour moi, c'est de citer des personnages qui m'ont servi de modèle ou d'idéal à un moment donné, notamment vers la fin de l'adolescence. Mais je ne m'y reconnaissais pas, et ça ne m'a jamais effleurée.

Ca n'a jamais été un problème à mes yeux, d'ailleurs. Mais j'ai souvent observé que de nombreux téléphages, et quasiment tous les télambdas, cherchaient au contraire à s'identifier à des personnages ou des situations pour pouvoir les suivre, et c'est définitivement la différence que je ressens comme étant la plus prononcée dans ma façon de vivre ma téléphagie et celle de la plupart des gens que je connais.
Je ne regarde pas de la fiction pour qu'on y parle de moi, ce n'est pas ce que je recherche ; j'y cherche et trouve aussi bien du divertissement que de l'émotion brute, un exercice de style qui me permet de découvrir des thèmes originaux sur le fond ou une façon originale d'innover sur la forme, et je suis en quête, dans mes visionnages, d'énormément d'exotisme, pas juste au sens géographique (cette donnée-là dans ma consommation est plutôt récente, comparativement), mais au sens où regarder la télévision, depuis toujours, et aussi cliché que cela puisse paraitre, est pour moi une fenêtre sur le monde. L'idée est d'essayer de se glisser dans la peau d'un personnage qui mène une vie qui ne soit pas la mienne, et qui m'offre une opportunité de ressentir par procuration des choses que je ne vivrai jamais (et le plus souvent : tant mieux !), pas de trouver un personnage qui exprime des choses dans lesquelles je me retrouve. Les personnages qui m'intéressent sont ceux avec qui j'aurais envie de discuter dans la vraie vie, pour échanger des impressions ou des expériences, pas ceux qui me renverraient un miroir, car j'ai l'insupportable prétention de croire que je suis capable d'introspection sans ça.

Je regarde des séries pour savoir, pendant 45 minutes en moyenne, ce que c'est que d'être une mère de famille nombreuse mariée à un pasteur, le héros d'une guerre qui se déroulera quand j'aurai 82 ans, et une actrice sur le retour alcoolique. Et quand l'épisode est fini, je reviens à ma vraie vie, à mon vrai moi, et je me sens enrichie par ces expériences dans ma compréhension du monde et des gens, même de façon minime (ou carrément illusoire, car parfois, juste parfois, une série n'est jamais qu'une série).

L'absence d'identification n'a jamais été un problème à mes yeux. Cependant j'ai bien observé que c'était une position moyennement partagée, et que la plupart des téléphages cherchent au contraire l'identification, que c'est même une nécessité pour s'intéresser au sort d'un personnage.
C'est encore plus prononcé pour les publics adolescents, d'après mes observations. Et quelque part je le comprends, même si je n'en ai jamais fait l'expérience, parce que c'est une période où on a envie de penser qu'on n'est pas seul à faire certaines expériences, où on essaye de calibrer notre comportement sur une norme, et que les séries participent à cette norme à divers degrés.

Quand j'étais adolescente, la télévision était physiquement difficile d'accès en la présence de mon père, de sorte que lorsqu'il était au boulot, ma mère nous laissait nous jeter sur la télévision comme des affamées, et on regardait n'importe quoi qui soit diffusé pendant le créneau horaire. Et j'ai grandi à une époque où ces créneaux horaires étaient majoritairement occupés par des séries. C'est aussi simple que ça. Si j'avais eu 100% Mag à la télévision à l'époque, eh bien aujourd'hui peut-être que je suivrais la dernière tendance de scrapbooking à partir de boîtes de camembert, et on ne serait pas là à parler séries.
Je ne suivais pas de série en particulier parce qu'on n'était pas en position de faire des plans sur l'avenir, et les horaires de mon père étant ce qu'elles étaient, on n'était jamais sûres de regarder le lundi la suite d'un épisode diffusé le vendredi, mais globalement, il y avait quand même des séries qui avaient nos préférences, même dans ce contexte.

L'une d'entre elles était Angela, 15 ans. C'était la seule teenagerie que je regardais à l'époque. Plus tard, je suis passée à côté de Dawson, notamment, qui ne m'a jamais intéressée mais qui semblait émouvoir toute ma génération. A partir de là, c'était quand même bien foutu pour moi, j'ai quitté le nid familial pour aller vivre ma vie, et les histoires adolescentes m'ont encore moins captivée, même si je me suis intéressée à Coeurs Rebelles (surtout pour les histoires de viol et de drogue, soyons honnêtes) ou La Famille Green (que j'appréciais énormément pour y suivre trois générations de la même famille), donc pas vraiment en terrain adolescent au sens strict.

Angela

Cet après-midi j'ai revu plusieurs épisodes d'Angela, 15 ans, et cela faisait quelques années qu'une telle chose ne s'était pas produite. Comme je viens d'avoir 30 ans, et qu'à un ou deux ans près, j'avais alors l'âge d'Angela Chase, je pensais que je m'étais peut-être identifiée à elle et qu'en revoyant la série, j'allais retrouver l'adolescente que j'étais, ses émotions, ses questions.

Pas du tout. En regardant les épisodes, je me suis souvenue, de façon à vrai dire assez brutale, de ma propre adolescence ; c'était probablement un mécanisme de mémoire étrange qui me ramenait des images et des anecdotes de cette époque, par association d'idée ou quelque chose, je ne sais pas. Mais en tous cas ces souvenirs n'avaient rien de commun avec les expériences d'Angela, ou de ses amis ; non plus que ses relations avec ses amis, ou ses rapports à ses parents, ou même à sa frangine. Et ne parlons même pas de Jordan Catalano.

Je trouve toujours qu'Angela, 15 ans est la série adolescente la plus réaliste que je connaisse ; lors d'un débat, je ne sais plus qui m'avait dit, une fois, que c'était générationnel. Mais visiblement non, je ne m'y suis pas reconnue, et cette série n'était pas ma réalité. Et c'est certainement pour ça qu'elle compte parmi les rares séries adolescentes que je tiens en estime, parce qu'elle arrive à me sembler authentique malgré l'absence d'identification. Téléphagiquement, c'est ce qui fait sa valeur.
Mais humainement ? Cet après-midi, j'ai trouvé très triste de ne même pas être capable de m'identifier à Angela, 15 ans.

Si je n'y arrive pas avec cette série-là, alors avec laquelle ?
Alors ça m'a renvoyée à mon absence d'identification, et à mon problème avec les séries adolescentes en général. Est-ce que par hasard ces deux phénomènes seraient liés ?

Je n'ai jamais compris l'attrait de Dawson auprès des adolescents de ma génération (parmi lesquelles, notablement, mon ex petit-ami de l'époque). Par la suite, j'ai trouvé Skins, qui pourtant semblait parler aux adolescents de sa génération, très extrême et superficielle ; je me suis dit que j'étais simplement trop vieille pour que ça me parle et je suis passée à autre chose. Je n'ai pas insisté. Et la plupart des séries adolescentes, notamment Gossip Girl que j'utilise toujours comme exemple du pire, me semblent toujours mauvaises.
Ce soir j'ai aussi regardé le pilote de Clash, et là encore, j'ai trouvé que c'était un peu n'importe quoi, une sorte de fantasme de l'adolescence complètement déconnecté des vraies problématiques. Mais qu'est-ce que j'en sais, moi, des vraies problématiques d'ados ? J'ai 30 ans ! Alors peut-être que Clash voit juste, en réalité...

Et si au fond, le problème était simplement que je ne me retrouve pas dans ces personnages ? Que je n'ai trouvé aucune série adolescente qui me parle de l'adolescente que j'étais ? C'est peut-être ça, l'origine de mon soucis avec les séries adolescentes. C'est que je n'en trouve pas qui me parle de moi.
Il n'y a qu'une façon de régler ça : trouver une série avec un personnage auquel je m'identifie. Je ne sais pas si cette série existe. Je ne l'ai jamais cherchée. Mais ça ne m'attire pas du tout de me mettre à sa recherche, en fait.

Vous savez quoi ? Dans le fond, je préfère continuer à aller chercher des personnages qui ne me ressemblent pas, plutôt que de tenter de me réconcilier avec les séries adolescentes.
Mais je suis contente d'avoir l'opportunité de me poser ce genre de questions rien qu'en regardant des séries. Et finalement, c'est peut-être ça que je cherche le plus dans ma téléphagie.

Posté par ladyteruki à 23:16 - Série de valeurs - Permalien [#]

13-11-11

Souriez, vous êtes gentils

Comme aujourd'hui, en France, il parait que c'est la journée de la gentillesse (eh bah si ça a les mêmes effets que la journée de la femme, on n'est pas encore rendus), il est de mon devoir patriotique de me plier à la lubie du jour et de ne pas me montrer désagréable.

Vous le savez, il m'arrive, quand une série m'a donné l'impression d'être vraiment pathétiquement merdique, de ne pas hésiter à le dire sur ce blog, en des termes plus ou moins crus, selon mon humeur, et en maintenant un semblant d'équilibre entre le besoin impérieux de vous mettre en garde et l'envie de mettre la série en charpille avec humour.
Mais tout cela n'est pas très gentil, n'est-ce pas ? Aujourd'hui ne sera donc pas l'une de ces journées.

En conséquence, voici une liste de séries sur lesquelles je ne vais pas écrire aujourd'hui, afin de pouvoir rester gentille.
Bones
Frasier
Gossip Girl
Legend of the Seeker
Life's too short
NCIS

The L Word
Tout le monde aime Raymond
Whitn-... Question 2 Hop-hop-hop ! Je sens qu'on dérape, là. Si je dois être gentille, le simple fait d'établir cette liste n'est pas très très gentil, et limite, même, méchant, on peut le dire. Si, on peut. Donc non, pas de liste.
Je vais essayer d'être gentille pour de vrai. Donc je vais trouver des choses gentilles à dire sur l'une de ces séries. Tiens, en voilà une bonne idée.

Ce que j'apprécie dans Gossip Girl, c'est la profondeur des intrigues et le fait que les personnages renvoient aux adolescents qui les regardent une image intelligente et constructive de cette période de leur vie.
Oui enfin c'est pas la journée du mensonge, non plus. Attendez, donnez-moi encore une chance, je suis sûre que je peux y arriver.
Ce que je trouve de bien dans Tout le monde aime Raymond, c'est que la série s'est arrêt-... nan vous avez raison, je sais pas le faire.

Bon bah écoutez, je suis désolée. Pour la journée de la gentillesse, ici, on est fermés.
On se retrouve demain.

SorryWereClosed

Posté par ladyteruki à 19:21 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

07-11-11

Hm. Eh bien, ça c'est pas du tout embarrassant.

Awkward

Aaaaah ! Ca y est ! Enfin, j'ai fini le post sur Awkward. ! Et il est presqu'intégralement positif ! Ah, la bonne nouvelle !

Il faut dire que mon histoire avec Awkward. avait plutôt mal commencé : le pilote avait été regardé, comme souvent, dans les heures suivant sa sortie, et rapidement mis de côté.

Certes, ce n'était pas un mauvais pilote, son héroïne m'était relativement sympathique et le ton était moins horripilant que ce à quoi je m'attendais venant d'une série de MTV (j'avais en effet un fort a priori envers MTV, autrefois populaire pour son côté musical, et aujourd'hui plus connue pour Jersey Shore que pour sa politique fictions). Mais voilà, je ne me sentais pas concernée. Je ne me sentais pas concernée voilà 15 ans par les teenageries, alors maintenant, vous pensez. Je m'étais donc séparée d'Awkward. sur l'air de "c'est pas toi, c'est moi", avec l'idée que je n'y reviendrais pas. J'avais gravé la cagoule du pilote dans un coin, et n'y avais plus repensé.

Jusqu'à un soir de septembre. Ce devait être un lundi, je suppose, mais je n'en suis pas sûre. Et je ne suis pas sûre non plus de ce qui a déclenché ça, mais toujours est-il que tout d'un coup, je me suis dit "bah si je m'y remettais ?". Il faut se remettre dans le contexte : j'étais en plein déménagement, mes cagoules étaient dans des cartons, mes DVD aussi, et j'avais pas envie de me prendre la tête après avoir fait une journée de peinture dans le salon. C'est le genre de circonstances qui pourraient vous faire regarder n'importe quoi ; dans mon cas ça a été les 7 premiers épisodes de Rodney et la première saison d'Awkward., voilà tout.

Et puis, en fin de compte, elle se laissait regarder, cette petite série adolescente. Parce qu'elle ressemblait aux séries adolescentes que je regarde avec le plus de plaisir, par opposition aux sempiternels mauvais élèves que je pointe du doigt sur ce blog comme la superficielle Gossip Girl (mais rappelez-vous, j'étais adolescente dans les années 90, évidemment ces séries ne s'adressent pas à ma génération d'ados et j'en suis consciente, simplement je les trouve quand même bien souvent un peu insultantes et simplificatrices pour les ados). Rien ne viendra jamais, je pense, changer mon opinion sur Angela, 15 ans, qui est la seule série adolescente que j'aie aimée quand j'avais l'âge de sa cible, et que j'aime toujours tendrement maintenant (même si ça fait un ou deux ans que je n'ai pas revu d'épisodes je pense), et qui pour moi reste la meilleure. Mais quelque part, Awkward. s'adressait à moi sur le même mode sans vouloir exactement copier cette série, et j'ai reconnu une sorte d'authenticité qui m'a quand même plu.

Parce qu'Awkward. est, de toutes les séries pour ados que j'ai pu voir ces dernières années, et plus encore quand elles comportent des éléments comiques, la plus ouvertement tournée vers l'introspection et, surtout, l'évolution. On a là un personnage qui est pleinement conscient d'être dans une phase où il se façonne et ça m'a plu. Jenna sait qu'elle est une chrysalide. Elle ne sait pas encore exactement ce qu'elle veut devenir, elle sait juste qu'elle doit emprunter la voie du changement, et j'aime ça, qu'un personnage ne compte pas sur les scénaristes pour son character development, qu'il se prenne en charge lui-même, je trouve que c'est toujours un parcours plus intéressant que celui des personnages passifs qui attendent que ce soient les circonstances qui les poussent à changer.
Alors, entre quelques répliques exagérément colorées et des histoires de coeur (encore et toujours), il y avait de la place dans Awkward. pour que la vieille radoteuse que je suis trouve son compte.

Cependant, l'histoire de la lettre anonyme, qui était l'élément principal pour me faire revenir à la série, a rapidement basculé au second plan. C'est là que je vous dévoile pourquoi ce post n'est pas intégralement positif sur la série : quand les retournements de situation se font attendre, que le personnages s'englue dans sa relation amoureuse stérile, et que le gimmick qui pouvait donner de l'élan à la série, la lettre divisée en divers alinéas, est vite oubliée. Bien-sûr, c'est un peu ça aussi, l'adolescence, laisser une relation amoureuse vous faire oublier tout le reste, mais enfin, là, c'étaient les scénaristes aussi qui semblaient avoir perdu de vue l'essentiel.
Fort heureusement, la fin de la saison se ressaisit après l'incontournable bal de promo, et le cliffhanger de fin de saison repart sur la bonne voie.
Pour tout dire, je ne l'ai jamais trouvée vraiment si terrible, cette lettre anonyme. Je crois que c'est un wake-up call qui, sous une formulation un peu dure, cache en fait un véritable enrichissement pour Jenna, et elle l'avait d'ailleurs prise de façon très positive dans le pilote, finalement, tournant avec intelligence ses conseils à son avantage. Je m'attendais à ce que les épisodes suivent la lettre bien plus littéralement, pour voir comment Jenna allait comprendre comment inverser le schéma qui l'étouffait. C'était d'ailleurs une très jolie scène du pilote qui la montrait en train d'utiliser sa notoriété nouvelle à son avantage, se foutant des conséquences, apprenant à s'amuser sans craindre le regard des autres. De vous à moi, rétrospectivement, j'avais en fait bien aimé le pilote, au regard des errances amoureuses que Jenna allait nous infliger ensuite. Qu'importe, même dans des histoires plus bateau, Jenna inspirait suffisamment de sympathie pour qu'on ne l'abandonne pas. Pour que je ne l'abandonne plus.

Car le personnage de Jenna, il faut le dire, est formidablement bien incarné. Et la voix off du personnage ne nous casse jamais les pieds, ses sentiments sont à la fois honnêtes, et ne tombent pas dans la démesure. Elle a un regard relativement critique sur sa vie, son entourage, ses parents ou sa meilleure amie exagérément loufoques, et au final elle m'a été sympathique, la petite Jenna, et c'est grace à son ton ni cynique, ni totalement mélodramatique, que je me suis accrochée pendant les intrigues les plus mineures.

Au final, Awkward. proposait un bon concept, dont elle a choisi de s'éloigner en cours de saison, mais elle l'a fait en conservant un ton relativement intelligent, en s'appuyant sur de la comédie ne tournant pas trop à la farce, et même des personnages secondaires parvenant à s'étoffer avec une forme de finesse (à l'instar de l'odieuse Sadie, souvent grotesque mais qui bénéficie d'un épisode plutôt bien foutu sur son rapport à la bouffe). Et rien que pour ça, Awkward. est agréable à suivre, sans révolutionner la face de la Terre. Toutes les séries ne peuvent pas révolutionner la face de la Terre. De toutes les séries adolescentes de ces dernières années, Awkward. me semble être celle qui s'en approche cependant le plus.

Un dernier point. J'ai vu de nombreux téléphages, notamment sur Twitter, dresser des comparaisons avec Suburgatory. Je ne comprends pas trop ce raccourci : Suburgatory est dans la critique (fut-elle trop peu virulente au goût de certains) d'un univers extrême, où l'héroïne se voit comme un modèle de bon goût comparé aux gens de la banlieue ; Awkward. est au contraire tournée vers l'auto-critique et l'héroïne passe son temps à se comparer à ce que font les autres pour essayer de trouver la bonne mesure entre son individualité et le conformisme. Le personnage du guidance counselor, plusieurs fois évoqué, n'a d'équivalent que sa profession ; celui de Suburgatory est loufoque mais bien intégré dans le lycée, celle d'Awkward. est un genre de loser new-age que personne ne prend au sérieux (et selon mois inspirée de Dharma). Le fait que les deux personnages exercent la même profession, qui entre parenthèses se retrouve dans d'autres séries adolescentes et notamment Glee, n'est qu'un hasard statistique : l'adulte de référence au lycée, pour les ados, a tendance à être plutôt le guidance counselor qu'un prof, ça n'a rien d'étonnant. Mais les deux héroïnes et leurs histoires n'ont, à ce jour de la diffusion de Suburgatory, pas grand'chose en commun, et je m'étonne de ce rapprochement simplificateur entre les deux séries. D'ailleurs la meilleure preuve reste que Suburgatory est une comédie, quand Awkward. est une dramédie.

Et une bonne, avec ça. Ce qui a tendance à m'étonner venant de MTV, mais, vous savez quoi ? Vu ce que propose également Death Valley, on dirait que la chaîne connait une très bonne année. En espérant que 2012 soit aussi riche en bonnes surprises...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Awkward. de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 20:04 - Review vers le futur - Permalien [#]

17-08-11

Truth be told

LyingGame-Duo

- OK, parlons de notre grille cet été. Qu'est-ce qu'on a ?
- Bah, patron... on a Pretty Little Liars qui fonctionne bien.
- Ah, parfait ! De bonnes audiences en perspective, ça ! Bien bien bien. Et côté nouveautés ?
- Bah, patron, on en a parlé entre nous et... on pensait...
- Voilà patron : ptet qu'on pourrait éviter de programmer un truc du genre de Huge, vous voyez ?
- Ouais, c'est un peu antisexy, patron, pendant ce temps-là, la CW elle-...
- Ah non alors, je ne veux pas entendre parler de la CW !
- Mais patron, je croyais que c'était le modèle qu'on essayait de suivre ?
- Mais absolument pas ! Pas du tout ! On est ABC Family, au nom du ciel, on a un standing !
- ...?
- Un peu.
- ...
- En tous cas on fait pas du Gossip Girl où tout le monde couche avec tout le monde.
- Ah, d'accord !
- Oui c'est plus clair comme ça !
- Vous m'avez fait peur patron !
- Ce qui nous ramène à notre question : comment on peut continuer de rivaliser avec la CW sans nous départir de notre excellente réputation ?
- Bah ya toujours Pretty Little Liars...
- On l'a dit, ça.
- Non mais, je veux dire, on pourrait...
- Faire un spin-off ?
- Lancer un prequel ?
- Commander un reboot ?
- Ca va, on n'est pas NBC non plus.
- Non patron, c'est vrai patron.
- Nan mais moi je pensais... on pourrait faire une autre série du même genre, mais sans dire que c'est pour faire un truc du même genre.
- Comme CBS avec les séries policières ?
- Oui, patron, quelque chose comme ça.
- Intéressant.
- On pourrait tout simplement faire adapter un bouquin pour ados !
- Ah ouais, elle écrit plein d'autres bouquins, Sara Shepard, la nana qui a écrit Pretty Little Liars ! Ca s'appelle The Lying Game.
- Trop fort, il y a le même mot-clé dedans, il n'y a plus qu'à reprendre les mêmes et recommencer !
- ...Attendez, attendez, je récapitule. On aurait des ados aussi ?
- Oui !
- Et il y aurait un secret ?
- Oui !
- Et ça servirait de prétexte à faire toutes les intrigues habituelles sur qui sort avec qui, qui est l'ennemie de qui et qui s'entend plus ou moins bien avec les parents de qui ?
- OUI !!!
- Eh bah vendu ! Vous voyez, c'était pas compliqué. Passez-moi les coups de fil nécessaires, dans 6 mois je veux cette série prête à être diffusée.
- Hé. Dites. Patron ?
- Hm ?
- Et l'an prochain, on fait quoi ?
- Comme tous les ans, Johnson. Tenter de conquérir le public adolescent en recyclant nos recettes ! D'ailleurs, quelqu'un a déjà adapté The Visibles, ou pas ?
- Euh, je sais pas patron, je crois pas qu'on ait acheté les droits.
- Bon, prenez-moi rendez-vous avec un avocat, on va directement acheter Shepard et puis c'est marre.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Lying Game de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 22:44 - Review vers le futur - Permalien [#]

12-12-10

OMFG

Feuten

Comme je cherche encore les sous-titres (et je ne suis pas certaine d'en trouver, mais je me dis qu'avec un peu de persistance...), je ne vous parlerai pas du pilote de Feuten, la série néerlandaise que j'ai cagoulée ce weekend et regardée en diagonale. Ce qui m'intéressait dans cette série, ce n'était d'ailleurs pas tant de la regarder que d'essayer de comprendre le phénomène qui l'entourait. Et comme apparemment, si je ne m'en charge pas, personne d'autre ne vous en parlera, permettez que j'y consacre ce post, quitte à parler d'une série dont je n'ai regardé le pilote qu'en avance rapide et dont je n'ai lu que des articles traduits à la bite et au couteau. Dommage, j'aurais bien aimé que quelqu'un qui parle le néerlandais s'en charge, mais j'ai personne sous la main, là. C'est un risque à prendre, j'ai envie de dire.

Ce qui m'a fascinée quand j'ai entendu parler de Feuten, c'est avant tout la chaîne qui la diffuse : BNN. Je ne connaissais pas BNN, et au premier abord, j'ai cru que c'était une chaîne pour jeunes comme il y en a plein, comme il y a la CW par exemple. Et c'est le genre de comparaison qui, pour un téléphage, ne met pas spécialement dans de bonnes dispositions. Seulement voilà, appelez ça une déformation professionnelle, du vice, ou une heure de mon weekend à perdre, mais je ne me suis pas arrêtée à pareille description, et j'ai essayé de lire deux ou trois trucs sur le programme de cette chaîne.
Le halo médiatique qui entoure Feuten n'est pas moins polémique que celui qui peut accompagner Gossip Girl. On sent à la lecture des articles, des blogs, des réactions, que la série a déclenché sa propre petite tempête dans un verre d'eau, qu'elle en remue plus d'un, qu'elle suscite la désapprobation. J'ai donc encore creusé, intriguée.

Et c'est comme ça que j'ai découvert que Feuten était une série mettant effectivement des jeunes gens bien faits de leur personne dans une université d'élite. Mais que son propos était bien autre.

C'est là qu'il est enrichissant de chercher à savoir ce qui se passe ailleurs. C'est là que la curiosité téléphagique que j'ai poussée toujours plus loin ces derniers mois me semble la plus utile. C'est quand on se rend compte qu'il existe des choses, ailleurs, et qu'on n'a pas nécessairement besoin de les voir (même si ce serait quand même mieux) pour élargir ses horizons.

Alors je récapitule : Feuten, diffusée sur une chaîne à destination de la jeunesse, avec une réputation au parfum de scandale, et des personnages jeunes et pas spécialement frileux, a tous les éléments pour être une série pour ados choquante parmi tant d'autres. Sur le papier, tous les éléments sont là, sauf quand on connait un détail : Feuten est une série qui consacre ses 8 épisodes au bizutage de ses élèves.

Ce qui choque dans Feuten, ce n'est pas vraiment que des filles enlèvent le haut, ce n'est pas (dixit la bande-annonce) la perspective des quelques histoires de coucheries, c'est qu'on y décrit des pratiques qu'on n'avait pas spécialement envie d'expliciter à la télévision, et qu'on se demande si derrière la dénonciation, il n'y a pas un peu d'apologie, ou bien si c'est l'inverse.
Et moi, je me dis que de savoir qu'il y a des chaînes comme BNN qui osent ça, qui osent utiliser les ingrédients d'une série comme Gossip Girl pour les pervertir et faire quelque chose de polémique, non pas juste pour faire parler de la série (bien que c'est sûr, ça aide), mais bien pour avoir un vrai propos, fût-il outrancier, je trouve ça quand même génial. Je me dis que rien que de le savoir, ça rend l'existence de Gossip Girl (je garde toujours le même exemple pour les besoins de la démonstration, ça permet de ne souiller le blog qu'avec un tag, mais les titres que je pourrais citer ici sont bien plus nombreux) un peu, juste un peu plus supportable. Parce que quelque part, certes, là où j'ai peu de chances de la voir pour le moment, mais quelque part, il y a une série qui ne prend pas son public-cible pour des cons, et fait de la provoc' avec plus d'une idée derrière la tête.

Naturellement, j'aimerais regarder Feuten et comprendre ce qu'il s'y dit, mais à défaut, je suis quand même bien contente de savoir que toutes les chaînes pour ados du monde ne fournissent pas forcément des fictions sur le même modèle. Et qu'accessoirement, pour se le prouver, il est inutile d'aller regarder dans des pays ultra- conservateurs, d'ailleurs.
Je n'ai pas eu le plaisir de regarder vraiment la série, mais savoir qu'elle existe, ça me fait déjà un bien fou.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Feuten de SeriesLive.
Si vous parlez néerlandais et que vous avez envie de vous rendre utile au monde téléphagique, je ne refuse pas des sous-titres vite faits bien faits. Je suis prête à m'engager à vous faire le timing si vous faites la traduction.

Posté par ladyteruki à 19:06 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

03-12-10

Laisse-moi rester femme

C'est souvent que j'admets n'avoir pas spécialement des goûts de gonzesse. Le simple emploi du terme "gonzesse" indique d'ailleurs bien ma disposition d'esprit vis-à-vis d'une certaine catégorie de séries qui me semblent totalement hors de ma zone d'intérêt, en première ligne desquelles on trouve les romances (ce qui explique que jamais je ne vous parlerai d'autant de séries coréennes que de séries japonaises, par exemple), les teenageries glamour avec plein de vêtements dedans (sans rire, vu de l'extérieur, le phénomène Gossip Girl semble plus une équation racolage + défilé de mode qu'autre chose) et ainsi de suite. Malgré mes cheveux longs, mes ongles laqués et, bien-sûr, ma carte d'identité, rien dans mes goûts téléphagiques n'indique que je sois de sexe féminin.

Alors, m'étais-je dit, c'est sans doute que je suis plus du genre à apprécier les séries masculines.
Lors de l'enregistrement de ce dernier SeriesLive Show en date, j'ai réalisé mon erreur. Avoir regardé Oz avec passion, avoir englouti trois saisons de Rescue Me en quelques semaines (oui, je m'en tiens aux DVD...) et autre goût prononcé pour les amitiés viriles à la Men of a Certain Age (merde on est vendredi, j'avais oublié...), ne fait pas de moi quelqu'un qui a des goûts de mec.

La preuve : j'étais totalement hors du coup ! Sons of Anarchy, 24, The Shield... je n'ai jamais dépassé 5 épisodes sur ces séries. Non parce qu'elles ne me plaisaient pas mais parce qu'elles ne me plaisaient pas assez.

TheSeriesLiveShow_MEA
The SeriesLive Show - 1x05 : Bad blood

Alors, j'ai posé quelques questions, et j'ai écouté. C'est plaisant aussi d'écouter, même quand on est censé animer le débat. Mes camarades du SeriesLive Show étaient tellement enthousiastes sur ces séries qu'ils animaient d'ailleurs très bien la conversation, même quand elle partait dans tous les sens. Dans le fond, je n'aime pas forcément regarder les "séries de mecs", mais j'aime bien en entendre discuter tout ce petit monde. Même quand les débats ne volent pas haut, même quand on a un peu l'impression que ces messieurs vont se mesurer dans les toilettes à la fin du débat, c'est vraiment agréable de sentir une telle énergie.

Des amateurs de séries qui parlent des séries qu'ils aiment... un podcast ne devrait-il pas toujours être comme ça ?

Posté par ladyteruki à 22:54 - Entre potes (cast) - Permalien [#]

26-11-10

Méfaits bien faits

Il y a longtemps, sur ce blog, il y avait un post en brouillon sur Skins. C'était il y a plus de 2 ans, donc ne vous excitez pas. Et il commençait ainsi :

C'est vrai que je suis sectaire. Nan mais je l'avoue sans honte, hein, je m'en rends compte et ne m'en cache pas : je suis sectaire. Je méprise instinctivement les séries européennes, par exemple. Ou les teen shows.
Alors du coup, quand on me dit "on ne sait jamais ; tente quand même Skins", je réprime un frisson et je me dis que c'est mal barré de toute façon.

C'est mignon à relire avec le recul....
Le reste du post était dédié, en substance, à la fois à chanter les louanges et mépriser le pilote, rapport au fait qu'effectivement, c'est toujours cent fois mieux pour un ado de regarder Skins que Gossip Girl (faire de cette série le porte-drapeau des teen shows que j'abhorre ruine probablement ma page de tags mais bon), mais que quand même, tout ça me semble bien excessif.

Il est probable que mon contentieux avec les teen shows ne se résoudra d'ailleurs jamais car mon adolescence a été franchement éloignée de toute forme de sortie, fête et/ou beuverie, ce qui explique, quand on va au fond des choses, le fait que je trouve ces séries peu représentatives, tout simplement parce qu'elles n'ont aucune chance de refléter ma propre expérience de cette période de la vie. Reste quand même que je voudrais bien qu'on arrête de montrer les jeunes dans les séries comme des personnages aussi excessifs car ce n'est quand même pas la norme que d'être un personnage de Skins ou de Gossip Girl. Et j'ai beau admettre que j'ai eu une adolescence franchement terne, vous ne me ferez pas dire, jamais, que ces séries représentent leur cible.

MisfitsBienFaits

Mais il y avait avec Skins quelque chose que j'ai retrouvé en début de semaine dans Misfits, c'est-à-dire une façon de dépeindre les portraits adolescents avec plus de justesse, à défaut de le faire également avec les situations dépeintes. En fait, s'il y a une nationalité qui jusqu'à présent me semble la plus à même de dresser des inventaires intéressants de la jeunesse, c'est certainement la Grande-Bretagne, ce qui nous ramène à l'idée de proximité évoquée précédemment.

Pourtant, les adolescents de Misfits sont extrêmes. Mais derrière les coucheries et les abus, il y a quelque chose de tout de même largement plus accessible pour moi, une fenêtre sur cette période où il me semble retrouver quelque chose de plus tangible que dans les séries précédemment citées... et toutes les autres, que nous regrouperons par commodité sous la bannière CW. Je retrouve dans Nathan le fanfaron quelque chose de vrai, tout comme dans les hésitations agressives de Kelly, le trop-plein d'assurance d'Alisha ou la réserve pathologique de Simon (désolée Curtis, tu es franchement le personnage inutile de la série).
Ce qui est formidable c'est que je ne regarde pas Misfits pour ses portraits adolescents. C'est un bonus. Mais quel bonus !

Posté par ladyteruki à 23:56 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

22-11-10

Tell me you hate me

Parfois je me dis que j'ai raté ma vocation : j'aurais dû travailler dans une FNUC. Rayon DVD de séries, ça va de soi. Je sais bien, je ne peux pas être partout, à la fois à essayer d'écrire des news et des articles (quand j'ai le temps), créer des fiches dans une base de données et conseiller les gens dans le rayon DVD. Il faut faire un choix. J'ai, accessoirement, choisi la solution qui me permet de rester les fesses assises et au chaud, un réflexe typique de téléphage, mais passons.

Chaque fois, je dis bien chaque fois que je fais dans une FNUC, il y a des gens qui trainent dans les rayons et sortent des absurdités. C'est vous dire le nombre de conneries que j'entends. Et dans ces cas-là, je sais pas si c'est que moi mais j'ai envie d'aller piquer un tabouret aux employés de la FNUC, me planter au beau milieu du rayon, et répondre aux gens. J'y peux rien, ça m'énerve. Vous pourriez rester impassible quand vous entendez ce genre de choses, vous ?

La configuration est généralement la suivante : A traine B dans le rayon des DVD de séries, au prétexte qu'il a besoin de "voir quelque chose", mais en réalité avec la ferme intention de faire le malin parce que, regarder des séries, ça fait cool. Le problème c'est que pour avoir cool, on peut sortir des conneries au kilomètre sans sourciller mais on ne peut pas, jamais, au grand jamais, hésiter un instant pour réfléchir à ce qu'on va dire. Ce qui fait qu'aux oreilles du non-néophyte, A cherche à briller devant B mais démontre devant le téléphage T qu'il n'est vraiment pas l'astre le plus brillant de la constellation. Florilège.

"Ah oui, le Mentaliste, c'est le mec qui fait comme les Experts là". Chaque fois qu'un spectateur confond deux séries policières, un directeur de marketing de TFHein gagne ses ailes.
"J'aimerais bien trouver le DVD de ma série préférée, tu sais, comment elle s'appelle, là ?" Eh bah si ça c'est votre préférée, qu'est-ce que ça doit être pour les autres.
"Je connais bien ça, c'est un genre de Desperate Housewives" Je vous épargne la prononciation pour insister sur le fait que le coupable désigne du doigt un coffret de Desperate Housewives. Si, il a osé.
"Ah j'ai vu la saison 5 de ça, ça devient trop nul après". Vous l'aurez deviné, la saison 4 est en cours de diffusion aux USA.
"Faut que tu voies cette série-là, tout le monde regarde ça aux States". Heroes ? A fond. T'as raison mon gars, plus c'est gros plus ça passe.
"T'as pas vu le DVD de Sunset Beach, je voulais vraiment l'acheter pour qu'on le regarde ensemble. C'est trop fort c'est avec des dessins animés". Pris la main dans le sac !!! Tu veux faire croire que tu regardes South Park et en fait tu te mets à parler de soap, franchement, arrête le massacre, en plus j'ai mal aux côtes à force de rire.
"Ya rien d'intéressant. Moi tu vois quand je trouve pas ce pour quoi je suis venu, j'achète pas n'importe qu-... ah tiens, ils ont sorti la dernière saison de Gossip Girl ?" Tu connais l'histoire de Paf la crédibilité ?
"Ah je me souviens de ça quand ça passait à la télé". Ne jamais prononcer cette phrase au rayon import, ya une chance sur deux de désigner une énormité.

Allez, s'il vous plait, soyez gentils. La prochaine fois que vous trainez un(e) ami(e) au rayon séries de la FNUC, et que vous voyez une créature violette rôder depuis une heure dans les rayons, faites une faveur à tout le monde et, au lieu de sortir une connerie plus grosse que vous, posez la question. Je ne mordrai pas, presque pas, d'façon j'aime pas les dents.

Nan mais à part ça je suis pas passée à la FNUC fêter mon nouveau job. Franchement, ce serait mal me connaitre.

Posté par ladyteruki à 22:50 - Point Unpleasant - Permalien [#]