ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

07-07-10

Juste pour rire ?

Les 6 premiers mois de l'année n'ont pas été drôles. Pas en-dehors de l'écran, en tous cas. Problèmes au travail, décès, maladie... Si vous ne le savez qu'à demi-mot, vous n'avez cependant pas pu ne pas vous en apercevoir, parce que mes visionnages et donc mes posts l'ont reflété.
Après le décès de freescully, c'est là que ça a été le plus difficile pour moi, personnellement et, du coup, téléphagiquement. Je n'avais plus envie de rien, plus foi en rien, il n'y avait plus de souffle téléphagique en moi pour me pousser vers quelque chose, ni pour exprimer mon ressenti ni pour m'en éloigner même temporairement. C'est certainement là que j'ai eu la plus grosse crise de foi téléphagique de toute ma vie, quand la téléphagie n'a pas réussi, pour la première fois, à m'apporter quelque chose (on reviendra sur les autres prochainement, d'ailleurs, parce que Livia a soulevé des choses très intéressantes récemment à ce sujet).

Et puis, aussi impossible que ça puisse paraître quand on voit tout en noir, les choses ont lentement repris leur cours. D'abord par une période pendant laquelle je regardais, consciemment ou non, uniquement des choses tragiques, dramatiques, déprimantes, tout ce qu'on veut.
Ensuite, il y a eu la période sitcoms. J'en suis toujours là.

Pêle-mêle, sont arrivées (ou revenues) sur mon écran des séries comme Lucky Louie, Les Craquantes, 30 Rock, Rude Awakening, The Mary Tyler Moore Show, Will & Grace... sans compter toute une tripotée de pilotes, tentés ou retentés pour voir, pour essayer de trouver un truc qui me fasse rire ; plus une grosse phase SNL qui risque bien de reprendre à la rentrée, plus j'en vois et plus je veux en voir. Au train où vont les choses, je vais avoir fini mes séries en cours fin juillet (sauf The Mary Tyler Moore Show qui semble prendre des plombes à cagouler et que du coup j'ai pris l'habitude de regarder à raison "seulement" de deux épisodes par semaine environ).

A l'occasion de ce périple aux frontières de la série comique (toutes n'étaient pas forcément des sitcoms purs et durs), je me suis posé des questions sur ce qui, fondamentalement, a motivé ces visionnages : l'humour est-il intemporel ? Peut-on encore rire lorsqu'on nous a trop répété qu'une série est drôle ? Peut-on rire de quelque chose qu'on ne trouvait pas drôle avant ? Peut-on rire de ce qu'on ne trouve plus drôle ? La triste réalité gâche-t-elle le plaisir de rire ?

En voilà une autre : devant une série humoristique, doit-on vraiment rire tout le temps ?

Techniquement, revenons sur les bases. Un sitcom (pour situation comedy) est censé être drôle. C'est sa raison d'être et je crois qu'on va tous tomber d'accord là-dessus sans trop pinailler. Et il suffit de voir le nombre de comiques de stand-up (puisqu'on parlait de stand-up il n'y a pas si longtemps) ou les habitués de l'improvisations qui obtiennent un rôle principal ou secondaire dans des sitcoms pour comprendre de quoi le genre se nourrit, si besoin était d'aller aussi loin.
Je suis sincèrement admirative de beaucoup de ces acteurs et scénaristes, capables d'être drôles pour vivre. Ce n'est pas à la portée de tout le monde.

Mais je me demande si mon problème avec beaucoup de comédies actuelles, et plus particulièrement les sitcoms (et qui avant ces derniers mois ne semblait pas trouver de remède), ce n'est pas la pression qu'on ressent à "devoir" rire. Bien-sûr personne ne me pointe un flingue sur la tempe pendant les épisodes, et en fait, personne ne vérifie que j'ai bien ri à tel ou tel gag, soyons francs. Mais je ressens tout de même une obligation, due aux rires enregistrés (ou pas), de réagir d'une façon codifiée à de nombreuses répliques et mimiques. Il ne m'arrivera rien si je ne ris pas, pourtant, je soupire en me disant que j'aurais dû rire. Et que je ne l'ai pas fait.

A bien y regarder, les comédies qui fonctionnent avec moi sont toujours celles qui offrent plus que du rire facile, qui me permettent de me lier aux personnages. Par rire facile, j'entends en fait : "on rit, et on n'a que ça à faire". Des séries comme Ma Famille d'abord (qui reste pour moi le symbole de ce qu'un sitcom peut faire de pire), ça ne marche jamais avec moi. Parce que, au fond, qui sont ces gens ? Existent-ils pour autre chose que se balancer des blagues à longueur de temps ?
Je suis finalement beaucoup plus exigeante pour les comédies que pour les séries dramatiques en terme de character development. Si le personnage n'est qu'une façade plaquée dont je dois rire, ça ne me suffit pas, il faut que je discerne quelque chose d'un peu plus dense derrière.

Et du coup, pour cela, le personnage ne peut pas être drôle en permanence. Parmi mes épisodes préférés dans la plupart des comédies que j'aime, que trouve-t-on ? Les épisodes les plus tristes. Ce n'est pas un hasard, c'est bien parce que je refuse de croire qu'il y a des personnages qui peuvent rire en permanence, et que moi-même, je ne le peux pas même avec la meilleure volonté du monde.
J'aime quand une comédie se permet des incursions dans le dramatique. C'est bien plus courageux qu'une série dramatique s'essayant à l'humour (j'ai envie de dire que c'est aussi bien plus optionnel, alors qu'une série dramatique ne peut pas se permettre de se passer de respirations plus légères).

Vous voulez un exemple ? Je vous ai pas mal parlé de Will & Grace récemment, et même moins récemment avec le pilote... J'attaque en ce moment la saison 4. Dans cet épisode, Grace vient de se faire plaquer par son petit ami, alors qu'elle venait de réaliser qu'elle voulait passer sa vie avec lui. Elle déprime au point de ne plus quitter le lit, et rapidement, ses trois amis tentent de la remuer et l'en faire sortir (Karen en arrive même à lui faire une déclaration enflammée). Elle a failli reprendre du poil de la bête mais elle tombe sur un message sur le répondeur qui lui permet de comprendre que son ex s'est déjà trouvé quelqu'un d'autre, et Grace redescend donc au plus bas. Elle ne se nourrit plus, ne se lave plus, se passe des diapositives à n'en plus finir...
Voilà la conclusion :

BedBathBeyond

Je ne sais pas si je dois en rire ou en pleurer. Mais je suis ravie d'avoir le choix.

Posté par ladyteruki à 07:11 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]
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