ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

15 janvier 2012

Notre pas si belle famille

Ah, comme j'aimerais regarder plus de séries québécoises ! J'ai un peu de mal à suivre aussi bien les nouveautés canadiennes francophones que leur pendant anglophone, qui tendent à trouver bien plus d'échos sur internet (c'est peut-être aussi un problème de sources, me direz-vous ; c'est toujours un peu un problème de sources, non ?). J'ai été ravie par un grand nombre de séries québécoises que j'ai découvertes ces derniers temps, à l'instar d'Un Homme mortMirador, Malenfant ou Prozac (pas Trauma, mais on ne peut pas tout avoir) ; sincèrement, l'impression que j'en ai, c'est que les meilleures fictions francophones ne sont pas françaises, même si on sent quelque chose de similaire, peut-être dans les moyens financiers. Les séries québécoises sont, sans aucun doute possible, de la même famille que les séries françaises, et pourtant, elles réussissent là où si souvent les nôtres ont du mal.

Apparences

La preuve par l'exemple : la construction du pilote dans Apparences est assez classique dans son déroulement.
Mais ce qui est intéressant, c'est le choix de rendre non pas la disparition de l'une des héroïnes extraordinairement inquiétante, mais au contraire, de rendre étouffantes la plupart des scènes familiales, à la fois via l'esthétique sombre, froide et gris-bleutée des images, et par le fait que les personnages qui constituent cette famille ont tous l'air de cacher quelque chose. La disparition, si elle est au centre des dialogues, n'est en réalité qu'un prétexte à explorer cette famille en apparence si fonctionnelle, et pourtant, un peu boiteuse dans le fond, parce que ses membres ne sont pas si lisibles que ça.

Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. Ils n'ont pas un terrrrrrible secret à cacher, en tous cas c'est pas l'impression qui ressort de l'épisode, mais par contre ils ont cette manie de s'envoyer des regards de côté, d'être constamment sur les dents les uns vis-à-vis des autres, même avant que les choses soient réellement inquiétantes. Ca construit vraiment vite l'ambiance.
On sait assez vite qu'une partie de ces comportements en apparence suspects sont dûs au fait que l'un des garçons de la famille est un toxicomane qui vit en désintox (on ne veut d'ailleurs pas trop le dire, mais il y est un peu enfermé contre sa volonté), et que du coup, c'est plus cette espèce de culpabilité familiale qui s'exprime en de nombreuses occasions. Mais ce n'est pas tout. Les protagonistes de la famille Bérubé ont tous un côté légèrement maussade qui attire l'attention.

Il apparait d'ailleurs assez clairement qu'en dehors du personnage principal qui a disparu et de sa soeur jumelle, les relations ne sont pas vraiment radieuses chez les Bérubé. Celui de leur deux frères qui n'est pas en désintox n'est pas vraiment charmant, son épouse semble un peu apeurée par lui, la mère cache un tempérament peu commode sous ses apparences de gentille grand'mère, etc... Tous s'inquiètent pour la gentille maîtresse d'école sans histoire qui s'est évaporée dans la nature, mais tous s'observent aussi avec une certaine méfiance. Le climat est incroyablement bien installé même si on a l'impression qu'il s'appuie sur trois fois rien, des regards, des gestes, des silences, un mot légèrement plus haut que l'autre. C'est assez édifiant.

Avec tout ça, l'épisode se déroule lentement, sans grand retournement de situation. Le pilote ne cherche pas à nous tenir en haleine avec des twists ou des mystères, et se concentre donc sur le drama en construisant surtout ses personnages avec minutie, leurs relations, leur angoisse grandissante. La fin de l'épisode, si elle surprend, n'est pourtant pas tant dirigée vers le mystère de la disparition d'un personnage, que vers sa personnalité, et cela a quelque chose de rafraîchissant par rapport aux thrillers classiques.

Apparences2

A ce stade, l'idée semble être plutôt de bâtir un huis clos, en fait. Les personnages ne sont pas, techniquement, enfermés ensemble, mais on élimine très vite les suspects extérieurs au cercle familial (même si au moins l'un d'entre eux est quand même pas très net) pour se concentrer sur la petite cellule qui fonctionne tant bien que mal, et où, même si tout le monde s'inquiète pour ce qui semble être une victime, on ressent un certain malaise quand ils sont ensemble. C'est un parti pris intéressant pour qui préfère les séries dramatiques aux thrillers souvent prévisibles.

Une vraie bonne surprise dont trop peu de monde va vous parler. Maintenant que c'est fait, je compte sur vous pour donner sa chance à cette série québécoise. Quant à moi, je serai au rendez-vous pour les épisodes suivants.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Apparences de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 16:55 - Review vers le futur - Commentaires [4] - Permalien [#]


13 octobre 2011

Ça, pour être mort...

Pis personne ne me le rappellerait, hein. J'avais dit que je vous préparerais un post une fois le visionnage du pilote d'Un Homme mort passé, et...? Et j'ai oublié, et vous ne me l'avez pas rappelé. Je suis à deux doigts de penser qu'au fond de vous, vous n'aimez pas tant que ça Karine Vanasse de PanAm. Et du coup, vous descendez drôlement dans mon estime.
Mais je suis pas rancunière, alors voilà.

Comme prévu, Un Homme mort nous parle d'un type qui clamse. Bon là je vous spoile pas trop, mais dans les paragraphes suivants, si, alors décidez d'abord si vous voulez voir cette série avant de poursuivre votre lecture.
Sûr de sûr, hein ?
Ouais, prenez le temps de la réflexion, ça vaut mieux.
Bon, j'aime autant.

Parce que notre bonhomme, il ne meurt pas d'une crise cardiaque, il ne meurt même pas de coups de poignard répétés dans le dos (clin d'oeil, clin d'oeil), et de vous à moi, les armes à feu, c'est cliché. Non. Notre homme meurt pour finir comme ça :

PrenezSonPoulsAuCasOu
Et là vous sentez qu'Un Homme mort est quand même plus glauque que vous ne l'auriez cru. Mais je vous rassure, vous ne seriez pas le premier à penser d'emblée que les séries québécoises sont complètement inoffensives, j'ai remarqué cette propension chez plusieurs de mes interlocuteurs, bien que n'ayant pas encore totalement déterminé d'où elle provient.
En tous cas, comme le dit la blague : "c'est le suicide le plus atroce que j'aie jamais vu".

Mais le pilote ne se borne pas à l'enquête autour de la mort de ce type, retrouvé en trois morceaux dans un appartement à louer, son portefeuille permettant de l'identifier à côté de lui. En fait, loin de là.
Le pilote commence avec un homme qui apprend qu'il va mourir. Que son foie l'a lâché, c'est fini.
Le pilote continue avec une jeune femme qui est depuis 3 mois dans sa banque et qui stresse un peu d'être convoquée par le PDG.
Le pilote prend en fait un malin plaisir à ne pas beaucoup nous parler de cet homme mort.

Les premières dix minutes sont donc, naturellement, introductives, mais exposées à un rythme d'enfer, souligné par une réalisation qui cherche à tout prix à dynamiser les séquences, les dialogues, et les présentations des personnages. Parfois c'est un peu trop : effets sonores, passage au noir et blanc, plans monochromes rouges, avance rapide, image en pause, ralenti, split-screen, musique quasi-constante... la panoplie complète de tout ce qu'il est possible de faire à moindre frais pour que ça ait l'air de bouger non-stop.

Des "gentils", des "méchants", des "gens dont il faut se méfier", commencent à émerger lentement, et il ne faut probablement pas s'y fier. Pendant ce temps, l'homme qui apprend qu'il va mourir, qui est flic, enquête sur la mort pas vraiment accidentelle de notre défunt, et que notre jolie banquière apprend qu'elle a été nommée vice-présidente, mais très vite, elle commence à se demander où est passé Michel, l'un de ses amis, qui ne donne pas signe de vie et lui a au contraire fait parvenir un colis étrange. Or, les bouts de cadavre s'appellent précisément Michel...

Où va nous mener ce pilote rempli jusqu'à ras bord ? C'est une bonne question. Rien que dans le pilote, il y a déjà deux morts, au moins un suspect, une héroïne au profil d'oie blanche mais qui se comporte elle-même de façon suspecte (genre je planque des preuves, je prends la fuite quand je découvre un cadavre...), et en arrière-plan, des thèmes autour du comportement des banques, des entreprises vis-à-vis des banques, des connivences à tous les niveaux, etc...
On a un peu une impression de fouillis, que j'ai essayé de retranscrire au mieux dans ce post ; certaines scènes sont meilleures que d'autres (l'appel de notre héroïne à la police étant la seule totalement risible, le reste étant plutôt bien troussé en dépit de la surcharge d'effets mentionnée plus haut), mais on a l'impression de tenir un divertissement à la fois trépidant, dense, et adulte, sans pour autant vouloir taper dans l'élitiste et le "trop" haut de gamme.
A poursuivre, donc, pour voir comment l'affaire se poursuit.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Un Homme mort de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 21:53 - Telephage-o-thèque - Commentaires [1] - Permalien [#]

10 octobre 2011

[DL] Un Homme mort

Faut que je vous raconte combien l'épisode de Pan Am d'hier était une merveille ! Des coups à vous donner des regrets de ne pas faire de review épisode par épisode (même si j'y viens, semble-t-il). A la fois très rythmé et divertissant, et pourtant, un morceau de bravoure, tombant justement sur le personnage et l'actrice que je préférais, donc vraiment parfait, un excellentissime moment de télévision.
C'est donc le moment où je confesse que depuis maintenant trois dimanches, j'ai un méchant béguin en tout bien tout honneur avec l'absolument charmante Karine Vanasse, et que ça ne s'est sûrement pas arrangé avec le dernier épisode en date. Et dans ces cas-là, ce qui se passe, c'est que je remonte la filmo, si possible en quête d'une série parce que comme vous le savez, moi, les films, voilà quoi. Et là, émerveillement : la jolie Québécoise a bien bossé avant de venir, elle m'a laissé plein de séries à découvrir. L'une d'entre elles s'appelle Un Homme mort, je n'ai pas la moindre idée de quoi ça parle, mais je l'ai cagoulée et je le regarde demain.
Tout ce que j'en sais à ce stade, c'est son générique.

Alors pour ceux qui ont également craqué pour le charme, l'énergie et le talent de Karine Vanasse, c'est cadeau, ça me fait plaisir. Pis ça reporte encore le post sur la nouveauté nippone mais j'en étais plus à 24h près, hein.

Unhommemort
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

J'ai vaguement vu qu'Un Homme mort parlait d'un homme... mort (sans rire), mais aussi de banque, et comment l'un et l'autre vont finir connectés, j'ai l'impression, par l'enquête qui s'en suit (Karine joue la banquière). Et ça pique ma curiosité. Mais ça ne se sent pas trop dans ce générique résolument axé autour d'une tonalité de thriller, orienté vers le policier de toute évidence, mais allez faire un générique sur des crimes en cols blancs ! Hm. Bref, je me comprends.
Donc là, tout de suite, je suis honnête avec vous, ça rend pas absolument extatique (c'est pas le générique de, je sais pas moi, The Circuit, disons... vous pouvez aller comparer avec les tags) mais enfin, le sujet est intéressant et visiblement la série est forte en rebondissements. Et Karine semble porter un uniforme Pan Am délavé (je dis ça, je dis rien).

Pour le VRAI post sur Un Homme mort, rendez-vous demain, donc. Pour l'instant, je juge sur la seule base d'un générique. Mais je me suis dit que j'allais faire tourner en attendant quand même, parce que je suis partageuse, comme fille...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Un Homme mort de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:45 - Médicament générique - Commentaires [2] - Permalien [#]


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