ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

08-06-12

Une époque formidable

On vit une époque formidable, non ? Bon alors évidemment, la musique est pourrie (du moins c'est ce que vous répètent vos parents et quelques autres aigris), la mode est moins exubérante, ce genre de choses, bon. N'y revenons pas, ça plus les histoires de crises économiques mondiales, c'est clair, il y a des inconvénients. Mais à part ça ?
A part ça c'est formidable ! On vit à une époque où téléphagiquement, les télévisions de la planète échangent comme jamais ! Outre les co-productions qui font florès, outre les séries qui se font, se défont et surtout se refont d'un pays à l'autre... on a surtout la possibilité de vivre dans un monde de perméabilité totale. Et ça c'est une chance !

Tenez, prenez un exemple. Les séries pour ados, mettons.
Totalement au hasard.

Le boom est né aux USA, où Disney lancé un modèle de produits basés sur un concept, l'ado qui chante. Résultat : Hannah Montana en 2006. Ah on en a bouffé. Mais n'empêche ! Le sitcom pour la jeunesse faisait ainsi son grand retour sur le devant de la scène, après avoir été un peu relégué au second rang par les primetime soaps hebdomadaires et assimilés qui avaient été si populaires depuis Beverly Hills.
Mais de par la perméabilité des écrans internationaux, qu'est-ce qui s'est passé ? Plein de séries vaguement musicales d'une demi-heure sont nées un peu partout ! Pourquoi ? Parce que le business c'est le business, et que la cupidité n'a pas de nationalité. Et c'est comme ça qu'en Argentine, la société de production Ideas del Sur d'est dit : ah tiens, si je lançais moi aussi une héroïne avec des penchants vaguements musicaux ? Et c'est ainsi qu'est née Patito Feo un an plus tard. Sauf qu'on était en Argentine et que du coup cette série a été diffusée au format telenovela ; en quotidienne, donc, et sur un format de 45mn. D'ailleurs la branche latino-américaine de Disney ne s'y est pas trompée, et a ensuite fait main basse sur cette série pour la diffuser sur tout le continent sud-américain. Mission accomplie.
Il y en a eu plein d'autres qui ont suivi, comme les vénézuéliennes Isa TKM ou plus récemment Grachi, chez la concurrence, Nickelodeon Latinamerica. Et ça a fait un carton. De son côté, MTV Latinamerica a flairé le truc et a lancé également des telenovelas pour ados, genre Niñas Mal.

Tout ça commençait à tellement bien marcher, en fait, qu'au lieu de garder les histoires de chansons, mettons, qui avaient permis à la recette de s'exporter et d'inspirer de nouvelles tendances, c'est le format qui a commencé à voyager, plutôt que le pitch. Et c'est comme ça qu'à peu près à l'autre bout de la planète, la série fantastique Het Huis Anubis voyait le jour sur les écrans de Nickelodeon en Belgique et aux Pays-Bas, également au format telenovela.
Et là encore ça a bien marché. Alors qu'est-ce qui s'est passé ? Pas bête, Nickelodeon a repris son format et l'a adapté pour son marché allemand, et puis pour son marché nord-américain tant qu'on y était, et ça a donné notamment House of Anubis. Et ça a plutôt bien marché.

Mais mieux encore, vous savez ce qui s'est passé ensuite ? D'autres diffuseurs américains ont commencé à être intéressés par le format telenovela pour la jeunesse. Ma foi, si ça marche pour Nickelodeon, pourquoi pas moi ?
Et puis des telenovelas pour les ados, après tout, il fallait y penser ! C'est tellement moins risqué que des telenovelas pour le public adulte, qui est moins ouvert aux changements de format et qui a ses petites habitudes... sans compter les exigences en termes de narration et de production value (tandis qu'une telenovela pour ados, ça coûte pas très cher à faire). Alors plusieurs chaînes à destination du public adolescent ont commencé à faire leur marché parmi les telenovelas de la planète : ABC Family a acheté les droits de La Pecera de Eva (bon pour l'instant on n'a pas des masses de nouvelles), Telemundo a décidé d'adapter Fisica o Quimica... et même des séries préexistantes se sont adaptées, comme Degrassi.

Alors, que ce mois-ci, nick@nite décide de lancer son propre primetime soap, intitulé Hollywood Heights (elle-même une adaptation d'une telenovela de Televisa), avec l'espoir de le diffuser en quotidienne les soirs de semaine, ce n'est pas très étonnant. Je vous le disais, on vit une époque formidable. Bah si. Vous êtes bien obligés de le reconnaitre.
Si les épidémies se transmettaient et mutaient aussi facilement que les séries, on serait dans la merde, par contre, ça je le reconnais.

HollywoodHeights

Hollywood Heights ne démarrera que dans une dizaine de jours sur la chaîne, mais nick@nite propose déjà le premier épisode via iTunes depuis lundi, et évidemment il n'a pas fallu attendre longtemps avant de pouvoir trouver ce pilote un peu partout.

Et effectivement, sans aucune équivoque, on est en présence ici d'une série tournée exactement dans les conditions d'une telenovela. La réalisation est à ce titre parlante ; la vraie chance qu'on a dans le cas de Hollywood Heights, c'est qu'il n'y a pas de doublage pourri.
Pour le reste, tout est similaire, ce qui veut dire qu'on est quand même dans quelque chose de plus haut de gamme qu'un sitcom pour ados en classique multi-camera. Ici il donc est clair que la production est dans la tranche haute de ce qu'on propose aux ados sur une chaîne comme Nickelodeon (avec laquelle teen@nite partage son antenne), avec un budget forcément serré qui ne permet pas d'atteindre le niveau de "raffinement" d'une production hebdomadaire (visible par exemple sur The CW ou ABC Family), mais sans avoir à rougir du résultat final.
Si ce n'était pour quelques acteurs franchement médiocres (essentiellement dans des rôles secondaires, genre les parents), l'épisode pourrait même faire illusion la majeure partie du temps.

Ce n'est d'ailleurs pas très étonnant. Derrière Hollywood Heights, il y a un véritable savoir-faire : la série est co-produite par Televisa (qui abritait la série d'origine), et des habitués du soaps à l'américaine sont aux commandes de la série : Jill Farren Phelps (dont la carrière recouvre près de 30 années d'expérience dans divers soaps de Santa Barbara à General Hospital, en passant par One Life to Live), titulaire de pas moins de 6 Emmy Awards, est présente en tant que productrice, et Josh Griffith comme head writer (outre la co-création de perles comme Sunset Beach, il peut justifier de 25 ans d'expérience dans diverses équipes de soaps). Plus intéressant encore, on trouve également à la co-production Hisham Abed, qui a travaillé sur de la télé réalité comme The Hills et son spin-off The City.
Ce mélange est une excellente idée, puisque cela permet de ne pas perdre de vue tant le format d'origine que le public de destination, a priori peu habitué aux telenovelas. A ce titre, la quête d'un produit plutôt actuel, sans trop vouloir faire djeunz, mais ne trahissant pas les recettes du succès qui ont présidé au choix du format telenovela, est palpable en permanence pendant l'épisode.

L'histoire est plutôt classique, et en l'occurrence la production a vraiment mis toutes les chances de son côté, sur le fond comme la forme : ici non seulement le format telenovela a été conservé, mais l'aspect musical a aussi été incorporé à l'intrigue qui, comme beaucoup avant elle (et pour cause !), semble plutôt être la réalisation d'un fantasme d'adolescente qu'un scénario à proprement parler. On me dirait que c'est adapté d'une fanfiction écrite par une ado en fleur de 14 ans que ça ne m'arracherait pas le moindre soubresaut de sourcil.
La petite adolescente qui chante timidement dans son coin et est folle amoureuse du chanteur du moment va se retrouver à son concert et le rencontrer pour de vrai, tandis que fort opportunément la petite amie dudit chanteur est écartée lentement... Il y a assez peu de suspense. On n'est pas venus pour ça, en même temps.

Car quand on lance le pilote de Hollywood Heights, on sait pour quoi on signe. Il ne s'agit pas d'innover, c'est d'ailleurs rarement le cas en matière de télévision pour adolescents de toute manière, mais bien de trouver une nouvelle façon de raconter des histoires qui sont, de toute évidence, universelles. La marge de manoeuvre est offerte par le format et non l'histoire.
Ne reste plus qu'à voir si le public ciblé accrochera à l'idée de se rendre tous les jours à 21h devant son soap qui ne dit pas son nom trop fort.

Et puis, de façon plus générale, cela rend d'autant plus amusant à observer la prochaine transformation des séries pour ados, d'ici une demi-douzaine d'années, et par où elle va passer ! On vit une époque formidable, faite de métissage télévisuel constant... on n'est juste pas obligés de tout aimer, mais ça n'en est pas moins fascinant.

Posté par ladyteruki à 06:22 - Review vers le futur - Permalien [#]

22-11-10

Tell me you hate me

Parfois je me dis que j'ai raté ma vocation : j'aurais dû travailler dans une FNUC. Rayon DVD de séries, ça va de soi. Je sais bien, je ne peux pas être partout, à la fois à essayer d'écrire des news et des articles (quand j'ai le temps), créer des fiches dans une base de données et conseiller les gens dans le rayon DVD. Il faut faire un choix. J'ai, accessoirement, choisi la solution qui me permet de rester les fesses assises et au chaud, un réflexe typique de téléphage, mais passons.

Chaque fois, je dis bien chaque fois que je fais dans une FNUC, il y a des gens qui trainent dans les rayons et sortent des absurdités. C'est vous dire le nombre de conneries que j'entends. Et dans ces cas-là, je sais pas si c'est que moi mais j'ai envie d'aller piquer un tabouret aux employés de la FNUC, me planter au beau milieu du rayon, et répondre aux gens. J'y peux rien, ça m'énerve. Vous pourriez rester impassible quand vous entendez ce genre de choses, vous ?

La configuration est généralement la suivante : A traine B dans le rayon des DVD de séries, au prétexte qu'il a besoin de "voir quelque chose", mais en réalité avec la ferme intention de faire le malin parce que, regarder des séries, ça fait cool. Le problème c'est que pour avoir cool, on peut sortir des conneries au kilomètre sans sourciller mais on ne peut pas, jamais, au grand jamais, hésiter un instant pour réfléchir à ce qu'on va dire. Ce qui fait qu'aux oreilles du non-néophyte, A cherche à briller devant B mais démontre devant le téléphage T qu'il n'est vraiment pas l'astre le plus brillant de la constellation. Florilège.

"Ah oui, le Mentaliste, c'est le mec qui fait comme les Experts là". Chaque fois qu'un spectateur confond deux séries policières, un directeur de marketing de TFHein gagne ses ailes.
"J'aimerais bien trouver le DVD de ma série préférée, tu sais, comment elle s'appelle, là ?" Eh bah si ça c'est votre préférée, qu'est-ce que ça doit être pour les autres.
"Je connais bien ça, c'est un genre de Desperate Housewives" Je vous épargne la prononciation pour insister sur le fait que le coupable désigne du doigt un coffret de Desperate Housewives. Si, il a osé.
"Ah j'ai vu la saison 5 de ça, ça devient trop nul après". Vous l'aurez deviné, la saison 4 est en cours de diffusion aux USA.
"Faut que tu voies cette série-là, tout le monde regarde ça aux States". Heroes ? A fond. T'as raison mon gars, plus c'est gros plus ça passe.
"T'as pas vu le DVD de Sunset Beach, je voulais vraiment l'acheter pour qu'on le regarde ensemble. C'est trop fort c'est avec des dessins animés". Pris la main dans le sac !!! Tu veux faire croire que tu regardes South Park et en fait tu te mets à parler de soap, franchement, arrête le massacre, en plus j'ai mal aux côtes à force de rire.
"Ya rien d'intéressant. Moi tu vois quand je trouve pas ce pour quoi je suis venu, j'achète pas n'importe qu-... ah tiens, ils ont sorti la dernière saison de Gossip Girl ?" Tu connais l'histoire de Paf la crédibilité ?
"Ah je me souviens de ça quand ça passait à la télé". Ne jamais prononcer cette phrase au rayon import, ya une chance sur deux de désigner une énormité.

Allez, s'il vous plait, soyez gentils. La prochaine fois que vous trainez un(e) ami(e) au rayon séries de la FNUC, et que vous voyez une créature violette rôder depuis une heure dans les rayons, faites une faveur à tout le monde et, au lieu de sortir une connerie plus grosse que vous, posez la question. Je ne mordrai pas, presque pas, d'façon j'aime pas les dents.

Nan mais à part ça je suis pas passée à la FNUC fêter mon nouveau job. Franchement, ce serait mal me connaitre.

Posté par ladyteruki à 22:50 - Point Unpleasant - Permalien [#]

08-12-08

Message in a bottle

Il y a des gens qui ont des choses à dire... alors, écoutons-les, voulez-vous ?

Commençons par les cire-pompes, qui espèrent voir leur requête affichée dans cette rubrique en postant des requêtes à base du nom de ce blog ; c'est très facile, on l'a dit, mais ça les fait marrer... C'est comme vous voulez, mais ça vous retire dix secondes sur votre quart d'heure Andy Warhol à chaque fois. Vous voulez vraiment le gaspiller de la sorte ? Nan mais, ça vous regarde après tout...

- "cours ladytelephagy cours ça donne bonne mine"
Ouais mais pas par cette température, là, ça me donne le nez tout rouge, c'est vraiment pas joli. J'ai le nez fort mignon, cela dit, même rouge, mais c'est simplement pas ma couleur. Au moins, si je ne cours pas, il vire au violet et là c'est assorti.

- "lady telephage aussi"
A ne pas confondre avec Félicie qui, la pauvre, n'était pas gâtée par la nature.

- "on parle de tout sur ladytelephagy"
Même de cul ! Mais pas encore de philosophie. Qu'est-ce que le bonheur ?

- "ladytelephagy pense et puis oublie"
C'est la vie, c'est la vie... à quoi étais-je censée penser, dites-moi ? J'ai oublié. J'avais promis le pilote de Jack of All Trades, mais ça c'est fait... nan, vraiment je vois pas.

- "ladytelephagy a le feu au blog"
Ahlala, et si yavait que le blog, mon pauvre ami...

- "sex & ladytelephagy in the city"
...si tu vois c'que j'veux dire.

- "ladyteruki se noie sous les VHS"
C'est bien vrai ! J'envisage d'acheter l'appart de la voisine, d'ailleurs. Mais en 2009, tout ça sera de l'histoire ancienne..

- "dis ladytelephagy : tu nous offres quoi pour Noël"
Mais si je te le dis, ce ne sera plus une surprise ! Et d'ailleurs, as-tu été bien sage cette année ?

-"ladytelephagy fan de hannah montana"/"à quand hannah montana sur ladytelephagy"
Donc, non, tu n'as pas été sage cette année. La diffamation, c'est puni par la loi, tu sais !

Et puis il y a tous les autres ! Ceux qui parlent de séries. Enfin, un peu. Presque, quoi. L'essentiel c'est d'essayer, disons.

- "skyblog the secret life of the american teenager" / "ou trouver les dvd sunset beach"
C'est vous dire l'ampleur du travail qui reste devant moi que de voir de telles requêtes. Mais si elles mènent ici, peut-être y a-t-il un espoir ? Peut-être pourra-t-on en sauver quelques uns ?

- "recevoir une plaque de texas ranger"
Maman, sors de ce blog ! Enfin quoi, le chapeau que tu as reçu pour ton anniversaire n'a donc pas à suffit ? C'est quoi l'étape suivante, te faire pousser une barbe blonde ?

- "comment inviter une fille au bal de promo pour les nuls?"
Bah déjà, arrête de chercher la solution sur internet, un bal de promo c'est pas le dernier Call of Duty ! Qu'est-ce que tu crois que tu vas y trouver ? Plein d'autres nerds et geeks qui n'y savent pas mieux faire que toi ! Bon, maintenant achète-toi du Biactol, évite le noeud papillon si tu as de grandes oreilles et... oh, et puis zut, allez, va plutôt chercher une soluce pour Call of Duty.

- "jason priestley teen angel vidéo générique"
Eh bien, si tu le trouves, reviens par ici, et fais tourner, d'accord ? A part un rêve il y a des semaines, il ne m'en est pas resté grand'chose...

- "à quand capitaine flam sur ladytelephagy"
Dés qu'on m'aura procuré le pilote de Bomber X, je vous arrange ça. En VF, hein. Bonne défition. Noël approche. Mon anniversaire vient pile un mois plus tard. Vous savez ce qu'il vous reste à faire.

- "cul de amanda tapping"
Nan, là c'est dégoûtant... En plus ça se trouve, elle est même pas bien roulée. Elle est toujours dans des vêtements amples, non, moi je dis c'est louche.

Bonus caché !
Spéciale dédicace aux gros dégueulasses qui peuplent internet... sans vous, nous n'aurions pas la fibre optique aujourd'hui !


- "www.naturisme-tv.com"
Promis juré, ça s'est produit avant le post sur New York 911 ! Comme quoi, on ne nous aura pas attendu...

Allez, au prochain épisode, un vrai post qui parle de séries pour de vrai. Enfin, ni plus ni moins que d'habitude !

Posté par ladyteruki à 22:28 - Tell Me You Google Me - Permalien [#]

07-09-08

L'éducation sentimentale

Faisons ensemble un petit tour d'horizon des séries que ma sœur regarde et apprécie spontanément, si vous le voulez bien...

Il y a eu Los Angeles Heat qu'on regardait le soir, je crois, en semaine. Ou peut-être le samedi. Ou certainement les deux.

Il y a eu, oh mon Dieu oui il y a eu, les épisodes d'Agence Acapulco, elle en était parfaitement dingue. Pour vous en assurer, il y a un test infaillible : vous la lancez sur sa réplique culte ! Prononcez la première phrase de ce dialogue et imparablement elle enchaînera sur la suivante :
Ashley - Mike, mais tu ne penses qu'à "ça" !
Mike - Mais à quoi peut-on penser d'autre ?
Comme ça, là, ça n'a l'air de rien, mais ma main au feu qu'elle battra des deux mains, extatique, et vous parlera ensuite de Cat avec une lueur étrange dans les yeux.

Il y a eu Sunset Beach. Je crois même qu'elle en a enregistré. Ce qui est au moins aussi absurde que quand un soap sort en DVD.

Vers la fin des années 90, on a eu une lueur d'espoir avec Buffy. A vrai dire, c'est ma frangine qui m'a vraiment mis le pied à l'étrier en la matière, elle m'a montré de bons moments qu'elle enregistrait, alors que le premier épisode que j'en avais vu ne m'avait pas du tout convaincue. On peut dire qu'on tenait le bon bout, à cette époque.

Las, j'ai quitté la maison en cours de route et l'éducation téléphagique de ma soeur s'est arrêtée là. Tout au plus avait-elle fait l'acquisition de quelques coffrets VHS (oui, ça date) de saisons d'Urgences qu'elle avait trouvées çà et là, ou bien regardait-elle avec moi, à l'occasion, quelques Friends, Rude Awakening ou The War Next Door lorsque je rentrais le week end et que je regardais ce que ma mère avait enregistré en mon absence. Mais sans grande conviction.

Il faut dire que ma soeur est un public sacrément difficile. L'émotion, déjà, ce n'est pas son truc. Sitôt qu'une série s'emploie à essayer de jouer sur la corde sensible, elle se referme immédiatement, et dans ces cas-là au lieu de regarder l'écran, c'est moi qu'elle surveille pour me voir réagir, et se délecte de mes émotions. Pour le rire, elle est meilleur public mais reste toujours maîtresse d'elle-même et ne rit jamais complètement.
Elle manifeste toutefois beaucoup d'intérêt pour les séries, aussi nous retrouvons-nous régulièrement devant un écran pour que j'essaye de lui élargir ses horizons.

Fort heureusement, j'ai atteint quelques objectifs par le passé : Sex & the City, Desperate Housewives, Lost, KYLE XY, Eureka...
Plus récemment, elle a bien réagi à Samantha Who?, et m'a même emprunté la première saison de Battlestar Galactica qu'elle avale à une cadence plus que louable quand on connaît son emploi du temps.

Du coup, quand cet après-midi, nous avons fixé un rendez-vous à samedi prochain, qu'elle m'a confirmé qu'elle n'avait pas fini la 1e saison de Battlestar Galactica, et que donc il nous fallait trouver un programme téléphagique pour cette occasion.
Ce qui d'une part me réjouit, puisque j'aime contaminer mon prochain et disséminer le virus de la téléphagie, mais aussi m'effraye car devant ce public particulier, je ne sais pas trop que proposer. J'essaye autant que possible d'éviter de simplement transférer mes propres préférences (par exemple en ce moment, bien que ce soit mon obsession, je ne lui soumettrai pas Reba) et de m'adapter à ses goûts, mais quand on voit ce qu'elle regarde, il est assez difficile de dessiner une tendance : il n'y a pas de genre, pas de forme, pas de sujet qui semble l'attirer plus particulièrement qu'un autre. Les séries "grand public" semblent a priori fonctionner mais il y en a aussi de nombreuses autres qui glissent sur elle.
Ouais, c'est pas facile de transmettre la téléphagie.

D'où ma question : je lui montre quoi ?

Posté par ladyteruki à 18:21 - Contagion - Permalien [#]


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