ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

17-11-12

Back where we left off

C'est un exercice bien périlleux que de tenter de revenir sur le devant de la scène avec un nouveau sitcom, après en avoir eu un premier qui ait connu le succès. Fran Drescher ou Reba McEntire le savent bien, qui ont tenté par tous les moyens de revenir sous les projecteurs (et parfois, ça a exigé du temps et de la patience) et de retrouver la formule qui avait fait leur gloire télévisée.

C'est en fait si difficile, qu'une fois que ces "anciennes gloires du sitcom" retrouvent un projet, la tentation est grande de multiplier les références à leur succès initial.
On peut le voir avec Happily Divorced, qui consacre énormément de temps aux clins d'oeil, sous toutes les formes possibles. C'est, étrangement, ce qui fait que Happily Divorced est plus agréable à regarder que Living with Fran, d'ailleurs : le nombre d'allusions et de guests est vertigineux, tandis que Living with Fran avait préféré ne faire appel à la grande famille d'Une Nounou d'Enfer qu'à titre affectueux, plus comme une façon de profiter de l'occasion pour rebosser entre vieux amis, que comme une technique visant à faire appel à la nostalgie des spectateurs.
On ne me fera pas croire que Renee Taylor se pointe dans un rôle extrêmement proche de celui de Sylvia Fine au cours de plusieurs épisodes de Happily Divorced pour une autre raison que faire des appels du pied aux nostalgiques d'Une Nounou d'Enfer, par exemple. C'est impossible à avaler, tout simplement parce que les répliques se déchaînent à chaque apparition pour souligner la parenté avec la série "originale". Le but est avoué.
Après tout, on est sur TV Land ; le simple fait d'offrir à des vieilles gloires du sitcom la possibilité de lancer une nouvelle série est une façon totalement assumée de faire du neuf avec du vieux.

Paradoxalement, ce n'est pas déplaisant. On pourrait blâmer Happily Divorced pour cette façon décomplexée de faire appel à un succès passé pour créer un succès actuel, on pourrait l'accuser de manquer d'originalité, mais c'est très précisément ce que l'on cherche, en réalité, quand on regarde une série avec Fran Drescher. Alors cette façon de faire appel à la mémoire du spectateur, en dépit des apparences paresseuses que cela peut avoir pour quelqu'un d'extérieur à tout cela, ça fonctionne incroyablement bien.

Jusque là, Malibu Country semblait éviter cette technique. Il était pourtant clair que les méthodes de création de la série étaient les mêmes : l'actrice qui reprend un personnage similaire, répondant d'ailleurs au même nom (c'est rarement un signe trompeur), et qui produit la série qui signe son retour...
Mais les références de Malibu Country à Reba étaient absentes des deux premiers épisodes, ce qui était même assez surprenant. La série jouait sur les références à la carrière de Reba McEntire, puisque son héroïne est également chanteuse de country, et ça s'arrêtait là.

Malibu

...Jusqu'au 3e épisode, diffusé hier. Comme souvent, les dialogues ont commencé à tirer partie des gimmicks inhérents à Reba ; parmi les coupables généralement désignés, et c'était déjà le cas dans Reba, on trouve la couleur de cheveux de l'actrice/chanteuse, son accent de l'Oklahoma bien profond, ou son caractère un peu, hm, rigide. Ici c'était l'accent.
Quand soudain, vient une réplique sur le fait que "chewing ice" avec l'accent donne l'impression de dire "chewing ass".

Mes yeux ont roulé sur la table. Vous savez d'où elle vient cette réplique ? Du making-off de la 5e saison Reba ! Meta !

Et finalement il semble qu'on ne puisse y échapper. Malibu Country n'a pas besoin de ces références pour faire des scores décents, et probablement que la série ne compte pas dessus pour attirer son public, mais il semble inévitable de faire référence à un sitcom passé pour donner un supplément d'âme à l'actuel. Dans le cas qui nous occupe, il ne s'agit pas d'appâter les spectateurs avec cela, parce qu'il faut vraiment avoir été totalement mordu de Reba (au point d'avoir vu les making-off, quand même) pour saisir cette référence. Mais malgré tout, impossible de faire sans.

Comme je le disais, ce n'est pas désagréable. Quelles que soient les raisons pour faire appel aux souvenirs (qu'on présume émus) des spectateurs, que ce soit pour créer artificiellement un attrait vers la série, ou juste pour entretenir une forme de connivence, ces pratiques fonctionnent. Elles ne fonctionnent à vrai dire que dans cette configuration : la star de sitcom qui revient dans un nouveau sitcom. C'est inconcevable dans les dramas, et décrédibilisant au possible. Mais ça fonctionne, et en tant que spectatrice, j'admire qu'une série soit capable d'établir ce genre de relations avec le public, sans complexe ni faux-semblant.

Dans le fond, nous regardons ces séries parce que nous avons vu les précédentes, parce que nous aimons leur interprète principale, parce que nous voulons avoir l'illusion de suivre des histoires se déroulant dans le même univers, même si les situations ont changé. Nous voulons l'illusion d'une unité dans l'univers de ces séries.
A vrai dire, c'est aussi la raison pour laquelle je regardais Partners ; je regrette que cette dernière n'ait pas plus ostensiblement tiré partie de ses points communs avec Will & Grace. C'est peut-être étrangement ce qui l'aurait sauvée : assumer sa parenté.

Posté par ladyteruki à 23:55 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

17-06-11

Frantically fan

1993 était une grande année. Téléphagiquement, pour moi, en tous cas. Mais je ne l'ai pas immédiatement su, parce que, bien que je ne connaisse pas la date exacte à laquelle j'ai découvert la série, je suis à peu près sûre de n'avoir pas découvert Une Nounou d'Enfer cette année-là.
N'empêche qu'il s'est passé quelque chose en 1993 qui a changé ma téléphagie, à sa façon.
Parce que c'est aussi avec cette comédie que mon regard sur les séries a changé, et que c'est probablement l'une des premières dont j'aurais pu me dire fan, si à l'époque j'avais utilisé le mot, et déjà que maintenant...

Voilà donc pas loin de 20 ans  et, depuis, Fran et moi sommes inséparables.
De Fran Drescher, j'admire l'envie si puissante de rire et faire rire, après tout ce qui s'est passé : le viol, le cancer, le divorce. Et chaque fois, cette énergie bouillonnante de rebondir et de rire. Alors je ris avec Fran, parce qu'elle-même en est capable et que ça ouvre en moi une sorte de verrou, celui qui, d'ordinaire fermé, trouverait que les gags sont ci ou que l'interprétation est ça, et qui cède face à elle pour simplement profiter de la bouffée d'optimisme combattif qui se dégage de ses sitcoms.
J'aime ses moues, sa voix, son rire (du jour où j'ai découvert Fran en VO, mes facultés d'auditions n'ont plus jamais été les mêmes, et je ne regrette rien), j'aime aussi que ses personnages s'appellent toujours Fran et réagissent tous de la même façon, pour la bonne raison qu'ils évoluent tous dans des contextes qu'elle tire de sa propre expérience et qu'elle y va franchement, sans s'en cacher. Il y a quelque chose d'honnête et sincère dans cette démarche qui est la sienne, comme si elle avançait à visage découvert pour dire : "ouais, tout-à-fait, je ne suis pas une créative à la base et j'ai pas été chercher tout ça très loin, et alors ? J'ai quand même envie de vous faire rire avec ce que je connais".

Oui, il y a des pitches originaux et des synopsis de comédies révolutionnaires, mais un projet de série ça peut aussi être ça : quand on n'a pas de message à faire passer ni de média à révolutionner, qu'on a juste envie de divertir les gens et que pour ça on donne tout ce qu'on a, sans se cacher, sans en rajouter, à prendre ou à laisser. Moi ça me donne envie de prendre, pareille sincère générosité.

CancerSchmancer
Fran lance donc des séries où elle est Fran, toujours, inconditionnellement, tout le temps, et je l'aime aussi pour ça, pour la volonté qu'elle a de simplement venir me faire rire en se foutant du reste, et surtout de ceux qui veulent faire croire que le rire c'est FORCEMENT autre chose qu'avoir de l'énergie à revendre et la volonté de divertir. Ca peut, mais ce n'est pas obligatoire.
Elle se rendra ridicule s'il le faut, elle se répètera s'il le faut, elle utilisera toutes les anecdotes qu'elle a vécues s'il le faut, mais elle viendra à nous nue et sans artifices... spirituellement en tous cas, parce que Fran sans maquillage à la truelle, cheveux en contreplaqué et garde-robe pléthorique, ça n'est pas vraiment Fran.

Et c'est aussi pour ça qu'elle ne connaitra plus jamais le succès qu'elle a rencontré avec Une Nounou d'Enfer, parce qu'en-dehors des fidèles qui, comme moi, lui conservent toute leur entière et indivisible affection, et n'attendent que de la retrouver, les gens en général ont tendance à attendre de la nouveauté. C'est la seule chose qu'elle ne leur donnera pas.
C'est pas le plan, c'est pas comme ça qu'elle fonctionne. Elle n'est pas une créatrice de série qui cherche un pitch ou un personnage qui vous happera ; c'est une personne qui vient et qui sait que ce qu'elle a à offrir, c'est elle et rien qu'elle, et que ça, ça ne change pas, alors comment les projets successifs le pourraient-ils ?

HappilyReunited
Alors oui, j'ai regardé Happily Divorced. Et je sais bien, c'est exactement tout ce que Fran faisait déjà il y a presque 20 ans. Pour une raison simple et évidente, que tout le monde connait : le mari qui découvre qu'il est gay, c'est son histoire comme l'étaient, avec Living with Fran, les expérimentations de cougar, ou avec Une Nounou d'Enfer, une radiographie du passage à l'âge adulte quand on essaye de prendre du recul sur notre éducation.
Non bien-sûr, ça ne s'est pas passé exactement comme ça, à chaque fois, mais Fran sait prendre ces étapes fondatrices de sa vie et en rire, c'est sa thérapie par le rire si on veut, en tous cas elle nous propose rien d'autre que ce que d'autres font sur des planches, les séries de Fran Drescher sont simplement des one woman shows télévisés et adaptés pour plaire au plus grand nombre (les mauvaises langues diront : le plus petit dénominateur commun, mais il n'y a pas de honte à faire un divertissement populaire, quand c'est fait avec sincérité). C'est aussi à ça qu'on la reconnaît.

Le pilote de Happily Divorced est un peu cliché par moments, le couple des parents est clairement sous-employé, les choses vont un peu vite pour mettre en place la situation sans trainer, mais ce n'est qu'un pilote et celui d'Une Nounou d'Enfer n'était pas parfaitement abouti non plus. Mais l'humour de Fran est intact et tout est là. Rien n'a changé, comme se plairait probablement à le penser le chirurgien qui s'est attaqué à ses pommettes.
Ce sont tout bonnement des retrouvailles. J'ai ri, et applaudi, et peut-être eu l'oeil vaguement humide, parce que je savais pourquoi je revenais, et c'est exactement ce qu'on m'a servi. On ne peut pas en dire autant de tous les comebacks télévisés, soit dit en passant.

FranWhite

Je vous avoue cependant que, si cette trilogie de comédies "à la Fran" m'enchante, parce que je suis tout sauf objective et ne le serai jamais pour quelqu'un qui a bercé près de 20 années de ma téléphagie et m'a accompagnée plus que quiconque ne peut l'imaginer... parfois, j'aimerais que quelqu'un dise à Fran de s'asseoir, lâcher du leste, laisser le contrôle à quelqu'un, et simplement se laisser embarquer dans une dramédie ou un drame, des genres où elle a beaucoup à donner mais où elle s'est peu risquée, car elle refuse de se mettre en danger.
C'est justement parce que j'aime Fran de tout mon coeur que je vais à la fois regarder Happily Divorced et espérer que la trilogie lui suffira pour passer à autre chose. Et accepter de ne pas rire. Juste une fois. Parce qu'elle le mérite. Et parce que tout le monde n'est pas fan et ne tolèrera pas ça indéfiniment.

C'est beau de vouloir rire de tout ce qui se passe dans ta vie avec nous, Fran, mais promis, si les défenses tombent, on t'aimera toujours. Moi, en tous cas, je serai là.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Happily Divorced de SeriesLive.
Bien-sûr, le vendredi. Evidemment que j'allais poster sur Fran le jour sacré de ce blog par excellence.

Posté par ladyteruki à 23:29 - Review vers le futur - Permalien [#]

23-12-10

Dreaming I was dreaming

Il y a des matins où on n'a pas envie de se réveiller. Des matins où on est si bien à rêver, qu'on veut ne plus se reconnecter avec le réel, plus jamais. Rester dans le monde bizarre et enivrant des rêves irréalisables mais pourtant tellement réalistes.
Ce matin était l'un de ces matins. J'aurais fait n'importe quoi pour rester dans mon rêve.

Cette nuit, j'ai rêvé que je regardais des épisodes de Doctor Who inédits.

Mais attention, pas n'importe quels épisodes inédits. Des inédits de la première saison. Un jour, quelqu'un postait une info sur Twitter selon laquelle des épisodes avaient été tournés mais jugés, pour une raison x ou y, inaptes à être diffusés. Et puis, de la même façon que je suis désormais capable de dénicher le pilote de Hatufim sur un forum israélien, j'avais réussi à mettre la main dessus, parce que j'ai depuis cet été +5 en compétence "cagoulage de l'impossible". Et quand mon téléphone a sonné, j'étais en train de paisiblement regarder ces épisodes inédits, un milkshake à la fraise à la main.

Ça ne vous le fait jamais, ça ? Espérer le cœur battant que vous allez dénicher des inédits... d'une saison depuis longtemps achevée ? Ou d'une série achevée ?
Vous avez beau savoir que ça n'arrivera pas, vous avez quand même cette sorte d'espoir qu'un jour, votre vœu sera exaucé. Vous n'en êtes même pas à essayer d'imaginer ce qui s'y passerait, ce n'est pas comme quand on commence à caresser le projet d'une fan fiction, non, c'est vraiment un trésor perdu qui soudain remonterait à la surface. Un vrai inédit, qui pourrait vous surprendre tout en ayant le confort de porter sur une saison/série pourtant achevée. Soudain, sur mon écran, des épisodes de Nine. Pas une 6e saison où on trouverait une excuse pour faire revenir le personnage (ce qui semble hautement improbable dans ce cas précis, mais éventuellement faisable pour d'autres séries), pas d'épisode à flashback, non, juste des inédits de l'ancienne saison. Puisqu'on doit faire avec Eleven, maintenant, bon bah admettons (même si je milite activement pour un passage à Twelve...), mais qu'on m'offre le luxe de n'avoir pas fait le tour de Nine.

Je crois que c'est pour cette raison, paradoxalement peut-être, que je n'ai jamais fini la 3e saison de Brothers & Sisters, étrangement. Je m'étais toujours dit que j'attendrais la fin 2010 et/ou le début 2011 pour me remettre à la série. Parce que quand je me suis enfilé 2 saisons et demies, à l'époque, j'étais tellement enchantée que je voulais que ce sentiment dure toujours, cette période où j'adorais la série. Je pressentais bien que si je continuais à la dévorer à ce rythme, je tomberais sur un os : diffusion interrompue (pour cause de hiatus), épisodes diffusés hebdomadairement (ce qui gênait ma consommation marathon en une semaine par saison), etc... Et là, je vois arriver 2011 et je commence déjà à me faire une joie. Oh, je vais pas reprendre la série où je l'ai laissée, bien-sûr, non, je vais me refaire les deux premières saisons, puis attaquer la troisième, et découvrir des inédits à la pelle, goulûment, comme s'ils avaient été cachés pendant tout ce temps et que je mettais enfin la main dessus. Et là, je suis partie pour une nouvelle orgie. L'idée me plaît, c'est vraiment séduisant de voir se rapprocher la date dans le calendrier et de savoir que je vais m'en envoyer des tonnes derrière la cravate. Ça va être un délice. Pas d'attente, pas de privation, juste le plaisir de me lâcher et de trouver des inédits bien que les choses aient avancé.
En tous cas je m'en fais une fête et j'aimerais pouvoir me dire que je vais dénicher de "vieux inédits" pour d'autres séries que celle-ci. Fêter des retrouvailles avec une série/saison dont je sais qu'elle n'a plus cours, mais qui est logée exactement où je le souhaite sur la courbe de croissance de mon histoire avec la série.

Il n'y a pas d'inédit de la première saison de Doctor Who. Il n'y a pas d'inédit de Pushing Daisies. Il n'y a pas d'inédit de Life. Il n'y a pas d'inédit d'Une Nounou d'Enfer (même pas de Living with Fran... et il est trop tôt pour Happily Divorced).
Il y a des matins où on n'a pas envie de se réveiller. Des matins où on est si bien à rêver, qu'on veut ne plus se reconnecter avec le réel, plus jamais.

ThePartingofWays

Posté par ladyteruki à 23:02 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

13-09-10

Restes

Certains jours, surtout quand on est en congés, on a envie de faire un peu de rangement. Ce lundi était l'un de ces jours-là, où soudain, on sait pas ce qui se passe, mais soudain je me suis dit que ce serait peut-être une bonne idée de ranger ma collection de cagoule. Une collection que j'ai récemment mise à jour dans une frénésie de tricotage, mais ça, c'était la semaine dernière, on n'en a pas parlé à ce moment-là et c'est maintenant trop tard. Une semaine, en téléphagie, ça passe vite, et si on avait le temps de parler de tout ça se saurait. Donc me voilà, armée de mes range-cagoules et de bonnes intentions, en train de me dire que ce serait bien si la cagoule "Pur Angora - 1x01" pouvait être rangée à côté de "Pur Angora - 1x02", voire même, soyons fous, exigeons l'impossible, si elle pouvait se placer juste avant dans le range-cagoules.

Des milliers de mouvement de poignet plus tard, à force d'ouvrir et fermer des fermetures éclair et de déplacer... des cagoules bien-sûr  (oh, vous voyez comme vous êtes, tout de suite...), me voici, éreintée, considérant la pile de cagoules à mon côté.
Une énorme pile de cagoules, soyons précis, qui, jetée comme ça à même le sol, ressemble plutôt à un tas d'épluchures. Hm. Intéressant.

Epluchures

Si toutes ces cagoules sont isolées... c'est parce qu'elles sont en double. Oui, en double. Non seulement je risque les foudres hadopiennes chaque jour que le Dieu de la Téléphagie fait, mais en plus, je les risque une à deux fois de trop pour certaines cagoules !!! C'est quand même fou !

Et vous savez à qui la faute ? Vous savez qui je vais blâmer pour ça ?
Ma mémoire défaillante ? Non. Mon processus de rangement ? Non. L'organisation de mon indexation ? Certainement pas. Les producteurs de cagoules ? OUI. Car si tout ce petit monde ne passait pas son temps à dire et répéter que je suis une criminelle et qu'on va me tomber dessus pour avoir eu l'audace de vouloir voir des choses qui m'auraient été, sans cela, inaccessibles, je ne me dirais pas "ouh, ça, je vais le cagouler avant que HADOPI ne me tombe dessus, et le tricoter vite fait sur une cagoule pour faire de la place".
C'est votre faute si j'ai deux fois Faceless, et vous n'y pouvez sans doute pas grand'chose, mais aussi et surtout, c'est votre faute si j'ai deux fois les premiers épisodes de Jonny Zero, de Committed ou de Living with Fran.

Je ne parle pas des séries que j'ai d'abord cagoulées pour ensuite acheter les coffrets DVD, bien, bien plus tard. Ça, c'est pour moi, ok ? Vous avez bien voulu me les rendre accessibles, à un tarif qui m'a semblé psychologiquement raisonnable (prions le Messie CDischound pour sa participation à ce miracle), donc c'est normal, j'ai payé deux fois, une fois votre petite taxe mesquine et l'achat de cagoules vierges, une deuxième fois de vrais DVD flambants neufs (je suis pas une fan de l'occasion, j'avoue), donc ok, d'accord, c'est pour moi. Mais le reste... le reste, si vous n'étiez pas si désireux de nous sauter sur le poil simplement parce que vous refusez de changer vos méthodes... le reste, c'est pour vous. Imaginez-vous la perte que ça représente pour moi, mais aussi pour vous ! Vous auriez dû commercialiser toutes ces bonnes choses à un prix raisonnable, vous avez refusé, je vous ai filoutés deux fois.

Et nous nous retrouvons tous les deux avec des déchets. Je ne peux rien en faire sinon les jeter (les vendre agraverait mon cas !), vous ne pouvez plus me les vendre puisque je les ai. Vous avez loupé votre coup et j'ai un peu mal négocié le mien. C'est une histoire qui aurait pu bien se finir, mais au lieu de ça, il ne reste qu'une pile d'épluchures sur le côté, et tout-à-l'heure je descendrai la poubelle en me disant que c'est du gâchis. Vous ne saurez jamais à quel point.

Avertissement : ce post n'engage l'avis que de son auteur.
Toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite.

Posté par ladyteruki à 16:12 - Opération COLLECTION - Permalien [#]

27-09-09

Oh Baby

MERCI. Merci d'avoir abordé un sujet ultra vu et revu (la grossesse imprévue) sans qu'une fois de plus ça tombe sur des ados. J'avais l'impression que seules les ados et les épouses de pasteurs tombaient encore enceintes, ça devenait frustrant. Donc, merci à Accidentally on Purpose pour ce sujet un peu plus original que la moyenne.
Merci aussi pour le personnage de Zack, le petit jeune qui met l'héroïne en cloques, soit un vrai petit jeune. J'aimais bien Living with Fran mais le personnage du petit jeunot qui est en fait aussi mature que si l'héroïne en question s'était mise avec un mec de son âge, c'était un peu dommage, quand même. Là c'est un vrai mec de... bah, mon âge... et d'après les observations que j'ai (hélas) pu faire, oui, c'est assez réaliste. Merci encore, donc.
Et puis merci d'avoir casté Jenna Elf-... ah, non, pas merci pour ça.

Ça me le fait à chaque fois. Dés que je regarde Jenna Elfman en VO, j'ai envie de l'étrangler à mains nues. C'est un fantasme que j'ai. A mains nues. Je pourrais avoir envie de varier les plaisirs et m'imaginer la pendre avec ses cheveux blondasses, ou la faire suffoquer dans un nœud coulant réalisé avec une de ses horribles nippes, mais c'est vraiment l'étrangler à mains nues qui me vient systématiquement à l'esprit. Ça ne s'explique pas. C'est physique.

Du coup je ne me faisais pas d'illusion en abordant ce pilote, je ne pouvais pas, c'était certain, tomber sous le charme de la série. Eh bien effectivement ça ne s'est pas produit mais je dois quand même reconnaître que j'ai ri et que finalement ce n'était pas si atroce, une fois qu'on a occulté les envies de meurtre par strangulation. Il n'y a pas de quoi hurler au génie mais c'est relativement drôle (ou bien c'est le décor qui m'évoquait un peu The Drew Carey Show qui m'a rendue mieux disposée à l'égard de cet épisode ?), et je ne m'attendais pas à plus.
Avec une autre actrice, ç'aurait juste été parfait. Mais il est trop tard, Jenna Elfman a eu le rôle, et je m'en vais donc sans me retourner voir si l'herbe est plus verte ailleurs, ce n'est pas comme si les pilotes manquaient aujourd'hui.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Accidentally on Purpose de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 21:19 - Review vers le futur - Permalien [#]

17-06-09

Imaginaire Imogène

Je ne sais plus pourquoi mais je me suis mise à repenser à l'un de mes ex. Non je me suis pas trompée de blog. Après que nous ayons rompu, je me suis aperçue qu'il avait souscrit à un service de petite amie virtuelle, qui lui envoyait régulièrement des mails indigents du genre "ah j'ai passé une bonne journée aujourd'hui, j'ai hâte qu'on se voie", rien de polisson.
Comment j'ai eu accès à ces mails relève désormais de la prescription. Non, je vous le dirai pas... vous êtes de la police ou quoi ?
Bref j'y repensais, sans jugement aucun d'ailleurs (est-ce ma faute si je suis trop humaine pour les hommes que je fréquente ? Raisonnablement non), et je me suis dit : je me demande s'il est encore abonné à ce truc. Sans doute pas. Je le lui souhaite. Enfin, avec les mecs, on sait jamais. Mais même s'il l'était encore, ça m'a rappelé à quel point certains d'entre nous entretiennent tout de même des relations imaginaires.
Arrêtez de vous moquer. Je parle aussi de nous, téléphages.

Cette relation imaginaire avec des séries, je ne vais pas avancer bêtement qu'elle existe entre le spectateur et la série qu'il suit. Au contraire, cette relation-là est bien réelle. Pas comparable avec d'autres relations évidemment (pour ceux qui se rappellent encore comment on peut avoir des relations avec quelqu'un d'autre que le monsieur qui nous livre des pizzas pour nos soirées télé), mais elle existe et j'en ai déjà parlé de nombreuses fois (dont ici). Bien crétin celui qui irait faire mine d'avancer que, boh, la télé, ça n'engendre pas un lien affectif. Ou alors ce serait quelqu'un qui tond la pelouse en même temps qu'il regarde Damages (je me fais pas des amis en appuyant là où ça fait mal). La tendresse qu'on a envers les personnages, notre assiduité d'une semaine à l'autre, et pour les bloggueurs téléphages parmi nous, la ferveur que nous mettons à disserter sur le sujet en long, en large, en review et en travers, en sont des indices assez nets.

Non, je parle de la relation imaginaire avec les séries qui ne sont plus. Nous les avons tant investies que nous continuons de nous en préoccuper alors même qu'il ne s'y passe, par essence, plus rien. Je ne le critique pas, pour le pratiquer moi-même, mais je dois dire que je connais très peu de domaines d'intérêt où cette inclination est si prononcée.

Scarlatiine parle par exemple de La petite maison dans la prairie, et à travers cette série, de tout ce qui nous a marqué à jamais dans nos coeurs de téléphages. Comment se fait-il que 10, 15, ou même 20 ans après, nous continuons d'avoir une relation avec ces séries qui nous ont marqués ? Cela fait par exemple des siècles qu'il n'y a plus d'inédit d'Une Nounou d'Enfer (depuis l'arrêt de Living with Fran, diront les mauvaises langues), et pourtant j'ai trouvé le moyen d'avoir des choses à en dire à 24 reprises depuis l'ouverture de ce blog, alors qu'évidemment la série était finie depuis des lustres avant même que je n'ouvre ladytelephagy ! La faute aux rediffusions ? Pas seulement ! Ou alors on m'explique les 26 occurrences de Rude Awakening...

La série vit toujours en nous.
Même sans aller jusqu'à la fanfiction (quoique les Buffyistes soient parmi les coutumiers de la chose), nous repensons aux personnages, aux bons moments passés, bref nous la nourrissons de notre imaginaire. Nous avons réellement construit des souvenirs avec ces séries... comme s'il s'agissait d'amis imaginaires. Sans même parler des extrêmistes qui tombent dans le culte de la personnalité (chais pas moi, imaginez quelqu'un qui regarde tout ce que fait Kyle MacLachlan même quand c'est pourri ; et ça l'a longtemps été), il est assez perturbant de voir que nous continuons d'investir des séries tombées au combat.
Un peu plus tôt ce matin, tao tweetait sur Everwood. Voilà bien un exemple flagrant de série avec laquelle les spectateurs ont continué d'entretenir une relation tendre. Et moi, avec mon deuil de Pushing Daisies qui me mine le coeur ? Pas mieux.

Je trouve ça absolument sidérant, finalement. Certes, tant qu'on reste dans une certaine mesure, ce n'est pas inquiétant. Mais ça pose sérieusement question tout de même sur le principe même de la série, qui s'insinue dans notre quotidien et espère tentaculairement s'accrocher à tout ce qui dépasse pour qu'on ne cesse jamais de la regarder. Une fois l'annulation passée, ainsi que des années voire des décennies, nous sommes toujours sous le charme.
L'addiction à une série se soigne-t-elle un jour ?

Une partie de moi espère que non. L'autre partie pourrait rationaliser un peu, mais elle est trop occupée à écouter la première chanter After You've Gone, chanson utilisée dans un épisode de Rude Awakening que je n'ai pas vu depuis deux ou trois ans, et que je fredonne depuis ce matin. Vous en tirerez les conclusions que vous voudrez...

Posté par ladyteruki à 22:08 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

14-03-07

Des mots pour le dire

Je ne pouvais pas rester, même si le temps me manque pour un long post ce soir, sans signaler quelques mots clés qui, j'en suis sûre, vous permettront de patienter avec le sourire d'ici à ma prochaine note:

- comment être detective comme veronica mars
Merci d'avoir illuminé ma journée.
- BIBLE ET PILOTE POUR SITCOM
C'est marrant j'ai un post en brouillon sur ce sujet.
- numéro de téléphone raven symone
Tout le monde me prend pour un annuaire, on dirait. Donc pour la dernière fois : si je ne vous invite pas aux sauteries avec Jon Tenney et Chris Meloni, c'est pas pour filer les numéros perso de mes potes acteurs. Vu ?
- mort living with fran
Bon, la série est finie, ça va on va pas s'acharner, non plus ?! Pauvre Fran, elle en a pas assez bavé ???

Ca laisse bon espoir sur le public pseudo-téléphage qui hante le net, hein ?

Posté par ladyteruki à 19:38 - Tell Me You Google Me - Permalien [#]

14-01-07

Reba-pas-rbatif

Depuis le temps que je voulais la tester ! J'ai enfin trouvé le temps de faire main basse sur Reba, ce sitcom dont il y a des lustres, j'avais fait la fiche sur SeriesLive (oui, sans jamais l'avoir vu, mais on fait ce qu'on peut... dans le fond c'est pas ma faute si les chaînes hertziennes françaises ne connaissent que 10 sitcoms à rediffuser en boucle !)

Premier constat : l'accent de Reba McEntire n'est pas... disons, comment dire ? C'est un accent du Sud, quoi. Vraiment. Le genre qu'on n'entend pas trop à la télé en général (les acteurs américains sont bien dressés, leurs accents locaux s'entendent peu). Bon, même pour moi qui en général n'ai pas trop de mal avec l'accent américain dans son immense généralité, j'ai atteint mes limites... mais ce n'était qu'un petit obstacle, insignifiant au regard de la drôlerie du pilote.

Du coup, j'ai pu constater qu'effectivement, Reba est un personnage (et de facto, une série, puisque tout repose sur les épaules de son héroïne éponyme) plein de bonne humeur et de positivisme. Car quoi qu'il arrive, Reba prend les choses avec le sourire et fait contre mauvaise fortune bon coeur.
Reba, c'est pas la nana qui va piquer une crise et s'énerver parce que les choses ne vont pas comme prévu. Mais contrairement à certaines héroïnes qui ressentent profondément le besoin d'aller de l'avant (je pense à Billie de Rude Awakening ou Fran d'Une Nounou d'Enfer, entre autres), elle a juste atteint une sorte de maturité et de sagesse. Son humour, elle le doit plus à sa lucidité que sa combativité.

Comme dans la plupart des sitcoms, Reba est entourée de personnages plus hauts en couleur qu'elle, histoire de la mettre en valeur et ainsi lui donner divers prétextes à sortir des bons mots (en plus d'être la seule à pouvoir gérer avec bon sens les diverses situations dont ils sont à l'origine). Notons plus particulièrement Barbara Jean, la nouvelle copine de son époux, et son futur genre Van, incoutournable benêt, et superbe faire-valoir à sa fille. S'en tire aussi plutôt bien : l'ex-mari de Reba, toujours légèrement piteux, et complètement hors du coup. A eux seuls ces trois personnages valent bien de regarder la série et de rire des ennuis de notre héroïne.

Du coup me voilà prête à regarder un second épisode, pour confirmer le diagnostic. C'est qu'on se laisserait prendre à ce genre de séries assez facilement ! Reba partage avec un certain nombre de sitcoms récents (comme 8 Simple Rules par exemple) ce goût prononcé pour la découverte d'une vie de famille qui ne reposerait pas que sur des gags faciles mais aussi sur des véritables préoccupations de parent.

La note pour la fin, c'est le décor : de toute évidence, Living with Fran a entièrement pompé le set de Reba, si ce n'est intégralement réutilisé avec à peine deux coups de peinture pour toute différence ! La ressemblance est frappante et, pour tout dire, elle ne s'arrête pas là... mais ça, ce sera sans doute l'affaire d'un nouveau post !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Reba de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 21:34 - Review vers le futur - Permalien [#]


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