ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

24-05-13

La mort est son métier

Le dimanche est la soirée des grandes séries originales, pour HBO. C'est vrai aux USA... et c'est vrai en Amérique du Sud. Ce dimanche 26 mai sera une nouvelle occasion de le vérifier, puisque HBO Latino lance Sr. Ávila, sa dernière production originale sur laquelle elle avait commencé à lever le voile à la fin de l'année dernière.

Jusqu'à présent, les grilles de HBO Latino avaient fait la part belle aux productions brésiliennes : Preamar l'été dernier, et avant cela FDP, Filhos do Carnaval, Mandrake, Mulher de Fases ou encore Alice... Plus ponctuellement, HBO avait aussi par le passé fait appel aux talents d'autres pays du continent : l'Argentine avec Epitafios, le Chili avec Profugos, ou le Mexique avec l'incroyable Capadocia. C'est à ce pays que l'on doit Sr. Ávila, puisque les 13 épisodes de la première saison y ont été produits, et tournés au printemps et pendant l'été 2012.
Les auteurs de Sr. Ávila ne sont par ailleurs pas des inconnus, puisqu'il s'agit de Walter et Marcelo Slavich, déjà à l'origine des deux saisons d'Epitafios.

SrAvila-Affiche

L'histoire est celle d'Ávila, un honnête père de famille, assureur de son état. Il a 45 ans, il est marié, il a un fils adolescent : on aura difficilement vu plus normal ! Il a simplement un passe-temps un peu hors-normes, si l'on peut dire, même pas une vocation, une simple occupation, et ce passe-temps... c'est de tuer des gens. Mais pas n'importe qui ni n'importe comment ! Notre Ávila est tueur à gages pendant ses, hm... temps morts.
Ces deux casquettes ne seraient en soi pas un problème puisqu'il arrive tant bien que mal à gérer sa double-vie, sauf que, évidemment, les choses vont changer. Contrairement à beaucoup de personnages de séries sombres de ces dernières années, ce ne sont pourtant pas les mauvaises nouvelles qui vont influer sur le parcours de ce personnage : les vrais ennuis d'Ávila commencent lorsqu'il est promu et devient Sr. Ávila, le patron de son organisation. Désormais responsable de tous les tueurs à gages du coin, il va devoir gérer sa petite entreprise au nez et à la barbe de tous ceux qui le prennent pour un homme ordinaire, y compris, vous l'aurez deviné, ses proches. Il doit donc naviguer entre son "vrai" travail, sa vie de famille, et son activité annexe. Une tâche qui n'est pas rendue facile par le fait que sa femme soit en pleine dépression (elle passe ses journées devant la télévision et devient progressivement agoraphobe) et que son fils commence à poser des problèmes, comme tout adolescent grandissant dans une famille dysfonctionnelle. C'est le funerarium d'un certain Sr. Moreira, l'un de ses "collègues", qui sert de couverture à la petite opération ; et à toute cette galerie de portraits, encore faut-il ajouter Iván, assistant personnel du "Señor" du moment, Ismael, l'apprenti tueur à gages un peu rebelle, Ybarra, le plus ancien assassin de l'organisation et ancien mentor d'Ávila, Ana, la maquilleuse qui travaille à la morgue, Maggie, la maîtresse d'Ávila, ou encore Rogelio, qui sert d'intermédiaire entre les clients potentiels et le "Señor" en charge.

Difficile de ne pas pressentir une certaine inspiration de l'une des plus célèbres séries de HBO aux Etats-Unis, Les Soprano.
L'une des grandes différences tient peut-être dans le choix de structure narrative apparemment fait par la production de Sr. Ávila, puisque chaque épisode, nous promet-on, tournera autour d'un meurtre en particulier : le sieur Ávila continue en effet de se salir les mains, même au plus haut de la hiérarchie des tueurs à gages. Sans écarter totalement, ça va de soi, un certain fil rouge, notamment avec la relation d'Ávila à son fils à problèmes, la série envisage donc d'y mêler un aspect légèrement plus formulaic, ce qui n'est pas sans rappeler également l'univers de la série colombienne Lynch lancée l'an dernier.

HBO Latino promet, à travers cette nouvelle série, de ne pas avoir lésiné sur la violence (on n'en attendait pas moins, osons le dire), mais aussi de proposer de grands portraits denses de personnages : "Nous voulons emporter notre public dans une histoire fascinante, pleine de nuances, en montrant la complexité de la nature humaine", annonce Roberto Ríos, vice-président en charge de la programmation chez HBO Latino. On ne le croira pas simplement sur parole !
Sr. Ávila démarre donc ce dimanche avec, fait peu ordinaire, un double épisode inaugural, que les hispanophones parmi vous pourront donc tenter. Et même les autres, ya pas de raison.

Et pour se mettre en condition, que diriez-vous d'une petite bande-annonce ?

Posté par ladyteruki à 13:50 - Love Actuality - Permalien [#]

27-01-13

5 films que vous ne trouverez pas dans le Secret Diary... (Part. 2)

Dans le Secret Diary of a Secret Cinephile, il manque des "classiques". Des films dont tout le monde parle, et que tout le monde a vus (ou que tout le monde fait mine d'avoir vu... parce que, hein, z'allez pas me faire croire). Sauf moi ? Ah, mais peut-être vont-ils s'ajouter ?
Certains, oui. D'autres, même pas en rêve. Voyons donc quelques uns des films que, non, je vais pas m'amuser à regarder, c'est pas la peine d'insister. J'y ai mûrement réfléchi, vraiment, et tout bien considéré... non. Et tant pis si ma culture cinématographique doit se révéler incomplète.

Ce soir :
5 films que vous ne trouverez pas dans le Secret Diary...
parce que n'y pensez même pas

NoSecretDiary-NoWay-TheExorcist

The Exorcist - Levez la main, ceux qui sont surpris ? Mouais, je m'y attendais un peu. C'est sûr que je n'ai pas commencé par le moins évident, je vous le concède bien volontiers. Le truc c'est que, pendant 30 années, les films d'horreur, j'ai bien tenu mes distances avec, et il me semble, je peux me tromper hein, mais il me semble que c'était pas forcément la plus mauvaise de mes idées, voire, peut-être, que c'était mon instinct de survie qui se manifestait. Le peu que je sais de ce film ne m'encourage pas vraiment à me mettre devant. Il faut dire que je n'ai qu'un goût trrrès modéré pour tout ce qui peut me filer les chocottes (on l'a vu avec les vampires et les zombies), surtout dés qu'on effleure le domaine fantastique (parce que par contre, avoir le sang glacé devant un drame où l'horreur prend un visage on-ne-peut-plus humain, là par contre, là oui, avec "plaisir"). C'est pas vraiment que je craigne le vomi de soupe, soyons clairs, mais enfin, niveau ambiance, torticolis et tout le tremblement, je le sens pas du tout, ce film-là. Après je pourrais me forcer, hein... mais je crains ensuite de ne plus dormir pendant un mois et de faire quotidiennement dans mon froc en attendant qu'on m'interne. Alors bon, on va dire que The Exorcist, on va passer.

NoSecretDiary-NoWay-TheGodfather

The Godfather - Je me rappelle avoir écrit quelques posts sur des séries en rapport avec la mafia, dans le cadre de la préparation d'un SeriesLive Show (c'était il y a des lustres), et vous avoir dit, en substance, que les histoires de mafia, j'en avais rien à carrer. Ca n'a jamais vraiment évolué ; oui, je suis allée au bout de The Black Donnellys, mais vraiment à reculons à certains moments (et par certains moments, je veux dire beaucoup de moments)... et ce n'était même pas une série où il est question de mafia non-stop ! Vous me mettez devant le pilote des Soprano, je ne tiens pas, par exemple ; je l'ai vu une fois, je n'y reviendrai pour rien au monde, rien. Alors, au risque de vous désespérer de mon cas, une triologie de films sur un parrain, non, ça ne va pas être possible. Ou alors ça va faire comme avec certains films que je me force à voir, ou qu'on me force à voir, et je vais piquer du nez au bout de 10 minutes et alors là on aura tout gagné. Alors bon, on va dire que The Godfather, on va passer.

NoSecretDiary-NoWay-PulpFiction

Pulp Fiction - Je ne me sens aucun atome crochu avec la filmo de Quentin Tarantino. Je me souviens qu'avec l'un de mes ex, je m'étais tapé les deux volumes de Kill Bill, c'est un vrai souvenir de bonheur intense... surtout si on remplace le terme "bonheur intense" par "grosse purge". Donc comment vous dire ? La perspective de retrouver à la fois Tarantino ET Thurman dans Pulp Fiction, ça ne m'électrise pas des masses, je ne vais pas vous pipeauter. Quelque part, dans le fond, je suis consciente qu'il est tout-à-fait possible que ces deux films n'aient pas grand'chose ou rien à voir, mais je ne le sens pas du tout. Et d'ailleurs, le bloquage se fait à un tel niveau que, quand je joue à des trucs comme le Trivial Pursuit, ou WhatTheMovie (un petit jeu que j'aime bien parce qu'il me donne plein d'idées de film à tenter), même quand je sais reconnaître qu'on parle de Pulp Fiction, je ne me souviens jamais du titre. A chaque fois, il faut que j'aille voir la filmo de Thurman ou de Travolta sur Wikipedia, et là, là oui, j'ai le titre, ok. Et ça dure comme ça depuis des années, je passe mon temps à oublier, sitôt réapprise, l'existence de ce film aussi sec ; à la rigueur, ptet qu'un jour je tenterai quelque chose comme Inglorious Basterds, parce que, enfin non chais pas, on verra, je veux pas m'avancer... mais Pulp Fiction, je ne le sens vraiment pas. Alors bon, on va dire que Pulp Fiction, on va passer.

NoSecretDiary-NoWay-DieHard

Die Hard - Quand j'étais petite et que je ne voulais pas prendre une bouchée de nourriture avec un couvert qui avait déjà été utilisé par un autre membre de ma famille, ma grand'mère avait coutume de dire que j'étais "narreuse". J'avais toujours pensé que ça voulait dire "faire la difficile", en fait ça voulait dire "facilement dégoûtée" ; et maintenant que je le sais, je suis prête à endosser pleinement cette étiquette : oui, en matière de films, je suis vachement narreuse, comme fille. Les films d'action, moi ça me dégoûte. C'est pas le même dégoût que devant un film un peu gore, évidemment, mais c'est, disons, un dégoût intellectuel ; similaire à celui que je ressentais quand je tombais sur TFHein à l'époque où j'avais encore la télé, pour vous donner un repère. Il y a quelque chose qui me répugne dans les films d'action : l'impression qu'on nous prend pour de parfaits benêts uniquement capable de comprendre des one-liners à la con et des grosses explosions. Dans ce contexte, je ne pense pas m'avancer beaucoup en disant que la franchise n'est pas du tout faite pour moi. Trop narreuse (pis quand même, manger dans des couverts utilisés par quelqu'un d'autre, bah c'est dégueu, merde, famille ou pas famille). Alors bon, on va dire que Die Hard, on va passer.

NoSecretDiary-NoWay-Rashomon

Rashoumon - Dans le fond, je ne sais même pas pourquoi on dit que les gens ont un "talon d'Achille", parce qu'en réalité, tout le monde en a deux, des talons ; et moi c'est le cas, j'en ai bel et bien deux en matière de cinéma : les vieux films, et les films étrangers (nan mais en vrai, je connais l'histoire d'Achille, hein, c'est juste pour la blague). Ce qui est original, parce que je suis la première à bondir vers des séries étrangères, et pour tout vous dire je ne suis pas non plus à la traine lorsqu'il s'agit de mater une vieille série (tenez, hier aprem, je me suis fait le pilote de K2000 ; on déconne, on déconne, mais il a déjà 31 ans, ce pilote), mais il n'est plus à prouver que mes standards en termes de séries sont très différents de ceux qui sont les miens, ou qui, disons, commencent progressivement à être les miens, en matière de longs métrages. Et c'est d'ailleurs quelque chose que j'ai aussi envie d'interroger pendant le défi de cette année, et on y reviendra... Mais soyons clairs : un film de 1950 en noir et blanc tourné au Japon, c'est un énorme répulsif pour moi. Mais encore, bon, à la limite, je pourrais envisager de regarder un film nippon qui a plus d'un demi-siècle dans la poire, s'il ne s'agissait pas en plus d'un film en costumes. Je veux dire : y a-t-il UNE seule chose attrayante dans ce film pour la pauvre cinéphile en formation que je suis ? Alors bon, on va dire que Rashoumon, on va passer.

Répétons pour la forme que ce ne sont que des exemples, et qu'il y a d'autres films dans le même cas (ne serait-ce que ceux appartenant à la filmo de Jake Gyllenhaal, comme on a eu l'occasion de le dire dans la première partie ; c'est bon, j'ai vu ce que ça donnait, on n'y reviendra plus). Mais avec ces cinq-là, on a quand même une bonne vue d'ensemble des films que, bon, vous pouvez me suggérer, hein, on est en démocratie et tout, mais je les regarderai pas. Je vous le dis comme je le pense : ça n'arrivera pas. Au moins on joue franc-jeu !

Bon, et puis, j'avais dit "deux volets", mais en y réfléchissant, je me suis rendue compte qu'il y a une autre catégorie de films que vous ne trouverez jamais dans le Secret Diary. Il y en a plus, qu'est-ce que je fais, je vous le mets ?

Posté par ladyteruki à 23:28 - Comme au cinéma - Permalien [#]

06-10-12

[DL] Crimi Clowns

Le blues de la rentrée américaine.
Cette tendance pessimiste qui consiste à dire que la nouvelle saison n'est pas excitante, ce qu'on dit à peu près tous les ans... en dépit du fait que notre planning téléphagique occupe plus d'une dizaine d'heures de la semaine. A un moment ou à un autre de la rentrée, tous les téléphages ont un petit soupir aigri ; soit parce qu'ils pensaient qu'ils auraient plus de coups de coeur et que finalement la nouvelle saison leur semble prévisible, soit parce qu'une des nouveautés qu'ils attendaient n'atteint pas le niveau de qualité espéré (dans mon cas, le deuxième épisode de Last Resort a très exactement les mêmes qualités et défauts que le pilote, par exemple), soit parce que certains retours se font en demi-teinte, soit parce que la midseason porte de plus alléchantes promesses. Les excuses pour jouer l'expert blasé ne manquent pas.

Il existe pourtant un remède à ce mal téléphagique légèrement artificiel. Ce remède s'appelle la télévision non-américaine.
L'un des plus incroyables ovnis de la rentrée, on le tient de la Belgique et des Pays-Bas. Il a démarré en début de semaine. Il s'appelle Crimi Clowns. Et croyez-moi, vous voulez regarder Crimi Clowns.

Dans Crimi Clowns, Ronny Tersago, un comédien popularisé par son personnage de Norry le clown, a connu un revers de fortune et  connait des soucis financiers graves. Avec toute une bande d'autres clowns, il a décidé de se recycler dans des affaires pas très nettes, en organisant des cambriolages. Son fils Wesley est également de la partie, et la série commence alors que cette fine équipe est en train de voler du matériel dans un magasin de hi-fi et video. Wesley décide de voler une caméra, et de tourner une sorte de documentaire-confession sur le milieu dans lequel il vit (vous le voyez, ce résumé est légèrement différent, après visionnage, de celui que je vous proposais il y a quelques jours ; une conclusion s'impose, il faut que je rajoute le néerlandais à la liste des langues que je dois apprendre).
Toute la bande partage en effet une même villa, symbole de la gloire passée de Ronny, où les journées passent tristement en attendant que la nuit tombe et qu'on puisse partir pour un nouveau casse ; Wesley n'a donc qu'à hanter les couloirs de la maison et filmer tout ce qui lui chante.
Le problème c'est qu'il est assez difficile de comprendre Crimi Clowns sans sous-titres, parce que c'est une série assez bavarde. Le pilote est en tous cas composé à 90% de monologues et d'interviews ; mais ce qui fait la différence, c'est la façon dont ces monologues ou interviews sont tournés. Clairement, la consommation de substances plus ou moins légales (c'est une coprod avec les Pays-Bas, après tout) a été, sinon un moyen, au moins une inspiration pour la réalisation de nombreuses séquences ; à cela il faut ajouter que la camera est très souvent en vue subjective. Les monologues de Wesley semblent souvent décousus (il s'imagine filmant un réquisitoire pour un jury imaginaire), et il est visiblement hanté par la complexité de ses rapports à son père.

Je serais extrêmement surprise d'apprendre que Luk Wyns, créateur, auteur, co-producteur, réalisateur, et acteur principal de Crimi Clowns, n'a jamais vu Les Soprano.
Sans parler de copie, bien au contraire, il est en tous cas clair qu'il y a une parenté entre les deux séries. Mais si j'ai toujours eu du mal avec Les Soprano, essentiellement parce que le milieu mafieux ne me captive pas, je dois dire que l'univers complètement azimuté de Crimi Clowns me séduit énormément. Derrière une volonté similaire, celle d'opérer une forme d'introspection pour des personnages vivant en marge de la loi et dont le comportement est souvent immoral et violent, Crimi Clowns ajoute une dimension surréaliste que n'a pas sa cousine américaine, laquelle avait opté pour un style sobre et au contraire plus réaliste. La mise en images de Crimi Clowns, ses personnages comme errant fantômatiquement dans la villa, relèvent presque de l'atmosphère des rêves, ou plutôt des cauchemars ; c'est une série autrement plus perturbante que celle de David Chase.

Alors, faute de mieux (genre des sous-titres français ou anglais, ce qui serait vraiment le rêve), je vous propose aujourd'hui de simplement tenter le générique. Qui lui-même n'est pas mal du tout, comme vous allez le voir...

CrimiClowns
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Un générique d'une minute et demie, on avait oublié combien c'était bon ! Et en plus rien n'est à jeter dans celui-là, il est juste formidable.

Musicalement, il faut quand même admettre que c'est de la bonne. J'aime énormément les différentes ruptures de rythme qui ponctuent ce thème musical, cela s'accorde à la perfection avec l'univers à la fois coloré et dérangeant des images ; quant au saxophone, il rappelle l'univers bizarre de Twin Peaks, non ? On sent qu'il y a un peu de violence et de sexe, mais que ce n'est pas le seul objet de la série, l'équilibre qui m'a semblé visible dans le pilote est plutôt bien rendu ici. Les paroles font quant à elles un excellent travail pour nous renvoyer à la problématique de Wesley vis-à-vis de son père, évoquant le travail d'introspection comme d'interrogation de l'entourage...
D'ailleurs, l'héritage des Soprano se ressent jusque dans ce générique, je trouve, au moins sur la façon dont les paroles sont scandées, et sur les plans réguliers sur la voiture qui arpente les rues... Non ?

Mais même du point de vue esthétique, le générique de Crimi Clowns est impressionnant, on retrouve parfaitement l'univers de la série. D'entrée de jeu, la façon dont les acteurs principaux apparaissent à l'écran est par exemple superbe, mais tout dans la photographie de ce générique fait envie, même quand ça met mal à l'aise. D'ailleurs on y retrouve plusieurs des images vues pendant la bande-annonce de la série, qui était elle-même bien alléchante. Et encore, par rapport au générique de fin, tout ça est soft !

Alors, pour toutes ces raisons et quelques autres, si quelqu'un veut se lancer dans des sous-titres de cette série, vraiment, il a tout mon soutien, je suis même prête à faire le timing pour aider. L'appel est lancé...

Posté par ladyteruki à 19:03 - Médicament générique - Permalien [#]

01-05-12

Qu'est-ce qui fait si peur à HBO ?

Dans mon lycée, comme dans le vôtre je présume, et comme dans absolument tous les lycées de fiction, il y avait les gens cool et les gens pas cool. Les gens cool portaient ça sur eux avec une nonchalance agaçante, l'air de n'avoir même jamais essayé d'être cool, tandis qu'on reconnaissait les gens pas cool au fait qu'ils essayaient désespérément de paraître cool. Sauf qu'ils n'étaient pas cool justement parce qu'on pouvait sentir sur eux la peur de ne pas être cool.
Quand j'étais au collège à la toute fin des années 90, on utilisait énormément le mot "cool", que voulez-vous.

Incidemment, à la toute fin des années 90, HBO était l'un des élèves cool du lycée très prisé qu'était la télévision américaine. Et si vous demandez aujourd'hui à la plupart des téléphages de vous citer une chaîne câblée américaine de cette époque, il y a de fortes chances pour que ce soit le nom de l'élève HBO qui revienne le plus souvent. Plus cool que HBO ? Il n'y avait pas, et une large littérature à ce sujet vous attend dans quasiment chaque publication, papier ou numérique, traitant des séries américaines, pour attester que HBO a révolutionné ci, ça, et deux-trois autres choses, tout cela assorti d'une litanie de faits d'armes brillants, inoubliables et incontournables, et gare à vous si vous n'avez pas vu Six Feet Under, Les Soprano et The Wire qui ont changé la face de la télévision, faisant de HBO la chaîne la plus cool de l'univers et au-delà.

Le problème c'est qu'aujourd'hui, HBO m'a l'air d'une chaîne pas cool du tout. En tous cas elle a cette odeur de peur sur elle.

HBOFear

Depuis quelques années, la chaîne câblée donne l'impression de courir après quelque chose.
Alors que, bien qu'il semble difficile de nier qu'elle a ouvert la voie à sa propre concurrence, et inspiré d'autres chaînes câblées à essayer d'innover aussi en termes de séries, elle n'a pas à rougir de son succès actuel. HBO à la fin des années 90/début des années 2000, et HBO aujourd'hui, ne sont pas deux chaînes à la gloire radicalement différentes, comme on pourrait le dire de NBC au même moment. HBO fonctionne encore très bien, commande des séries qui lui amènent succès critique, succès public, et encore quelques statuettes chaque année.
Pourquoi j'ai le sentiment que HBO est en train de se comporter en élève pas cool du tout ? Parce qu'elle se donne tellement de mal, et fait preuve de tellement d'empressement, qu'au final ça a l'air louche.

Il y a deux ans déjà, HBO avait lentement commencé à modifier sa politique de commandes : l'argument d'autorité était devenu la règle. Tout le monde a envie d'attirer des gens qui aient une notoriété attirante, évidemment, mais dans les limites du raisonnable, et en laissant toujours une part d'opportunité à des relatifs inconnus de trouver l'innovation qui manquait. HBO, au contraire, avait commencé à commander des gens et plus vraiment des projets.
Scorcese pouvait débarquer avec à peu près n'importe quelle idée, HBO aurait dit banco, non ? C'est un peu l'impression qui ressort des énumérations constantes de noms supposés en jeter méchamment, et attirer le chaland. Je n'arrive plus à lire une news sur HBO qui ne commence pas par afficher clairement que la chaîne a su attirer telle personne dont la carrière épatante est auréolée de gloire, fortune et réussites au box office. Ou les charts. Ou les deux, dans le cas de la série en préparation par Scorcese et Jagger.

Mais récemment, ce phénomène s'est accompagné d'un autre : désormais dés qu'une série a un tantinet de succès, pouf, elle est renouvelée après seulement une ou deux semaines de diffusion. HBO n'est pas la seule à le faire : Showtime a donné là-dedans assez rapidement avec plusieurs de ses dramédies il y a quelques années (Nurse Jackie, notamment, le lendemain de la diffusion du pilote) ; mais Showtime était justement en train de se bâtir sa réputation, et avait des choses à prouver. C'est encore plus éloquent quand c'est Starz qui renouvelle Boss avant même sa diffusion, c'est parce que Starz, une chaîne qui fait les audiences qu'elle fait avec ses succès, mais qui n'a pas encore acquis le statut de cool, et qui court après, elle en a besoin.
Pas HBO. Pourtant la voilà en train de suer sang et eau pour banquer immédiatement sur le moindre petit succès comme si elle en avait cruellement besoin.

Et c'est comme ça qu'on en arrive à des décisions magnifiques comme celle de renouveler Luck avant de s'apercevoir que la série est une mine d'emmerdes et de devoir l'annuler ensuite quand le crottin de cheval atteint le ventilateur.

Renouveler Veep après seulement deux épisodes diffusés ? Girls après seulement trois ? A part la peur, qu'est-ce qui peut bien motiver pareil empressement ? C'est vraiment l'effet que ça me fait.

OK, HBO, respire un bon coup. D'accord, ya plus d'élèves cool maintenant que quand tu as commencé à avoir la côte au lycée. Mais c'est pas une raison pour paniquer. T'es toujours cool, t'en fais pas ! Et même si AMC a tendance à monopoliser un peu les Emmys en ce moment, tout va bien : t'as toujours de bonnes séries, les DVD de Game of Thrones se vendent comme des petits pains et tous les sites et blogs féministes font le buzz de Girls à ta place ! Essaye un peu moins d'en faire des tonnes, tu te débrouilles très bien.
Parce que, vraiment, ça commence à vraiment sembler louche, ces gesticulations.

Posté par ladyteruki à 18:01 - Point Unpleasant - Permalien [#]

18-02-12

No b(r)other

Brotherhood

En attendant que le cagoulage d'Awake soit fini, j'ai lancé l'un des pilotes de ma "pile à téléphager" un peu au hasard. Je n'avais même pas fait le rapprochement, mais visiblement, ce samedi sera placé sous le signe de Jason Isaacs.

Brotherhood est typiquement le genre de pilote dont je me rappelle avec une cinglante précision des premières minutes, et rien du reste... parce que je ne suis jamais allée au bout dudit pilote. Mais ça ne peut pas faire de mal de se forcer, surtout quand on a une bonne motivation (on en reparle dans quelques jours) et l'habitude de se plier de bonne grâce à l'exercice du revisionnage de la seconde chance.
Le plus dur, c'est donc, quand les souvenirs du pilotes s'évanouissent, indiquant ainsi avec une étonnante exactitude à quel moment j'ai interrompu mon premier visionnage, de tenir bon et de rester assise devant la suite du pilote de Brotherhood.

Il faut dire que peu de choses m'intéressent aussi peu que les histoires mafieuses. Ou peut-être que c'est une idée que je me fais mais très sincèrement, des Soprano à Underbelly, en passant évidemment par Boadwalk Empire, ou plus récemment The Straits, le thème m'a rarement captivée, pour ne pas dire jamais. J'ai tenté, hein, mais non. Enfin, presque : je n'ai pas tout tenté puisqu'en dépit de son excellente réputation, je n'ai jamais été fichue de réunir le courage nécessaire à me mettre devant Un Flic dans la Mafia.

Ici, je suis cependant reconnaissante pour plusieurs choses, maintenant que je suis, avec quelques années de retard, parvenue au bout de cet épisode inaugural. D'abord parce qu'au moins, pour une fois on parle de réseaux irlandais et pas des presque incontournables mafieux italiens immortalisés par Le Parrain. Rien de tel que d'emprunter aux clichés du genre pour me lasser.
Et puis, le démarrage de l'épisode en question n'est pas tant destiné à parler de mafia que de la frontière (forcément floue) entre le Bien et le Mal. Ici, on a donc une opposition de deux personnages, deux frères : l'un est un politicien qui trempe dans tout un tas de combines, mais qui a toutes les apparences du gendre idéal, l'autre est un criminel qui n'hésite pas à faire justice lui-même pour venger les faibles, mais qui a un casier épais comme un bottin. Leurs introductions respectives montrent immédiatement et avec un certain brio toute l'ambivalence de leur position sociale, tandis que l'un pose pour des reportages sur sa famille parfaite, l'autre a été en cavale pendant 7 ans, se faisant passer pour mort. Les frères Caffee sont ainsi très différents, mais en même temps, sur le plan strict de la moralité et de la légalité, il n'y en a pas un pour rattraper l'autre. Aucun frère ne vaut plus que l'autre dans l'absolu.

Le soucis, c'est qu'après avoir formidablement bien posé ces deux personnages, le pilote de Brotherhood fait... eh bien, tout ce qui me déplaît dans les séries s'intéressant à des activités mafieuses : et vas-y que je discute business avec untel, que je négocie avec tel autre, que j'en menace un troisième, etc. C'est long, c'est sans imagination, et soit dit entre nous, je n'en ai rien à péter.
Il m'aura fallu attendre la fin du pilote, avec son petit twist de conclusion, pour vaguement éveiller mon intérêt, mais vaguement seulement puisqu'en réalité il se contente d'expliciter ce qu'on a toujours su sur quel frère est "gentil" et quel autre est "méchant" au sens dramatique du terme.

Problème supplémentaire pour un pilote : non seulement celui de Brotherhood tourne un peu en rond, mais il ne lance pas vraiment de pistes excitantes pour l'avenir. On est dans l'exposition totale et narrativement, peu de fils rouges sont lancés et c'est là que le bât blesse : la relation entre les deux frères est classique, les affaires de chacun également, et ce n'est pas la peine d'espérer grand'chose de l'ami d'enfance, l'épouse de l'un ou la mère des deux. Chacun des protagonistes est exactement là où on l'attend et n'offre pas vraiment de surprise ni, pire encore, de profondeur.

Peut-être que je suis tellement insensible aux histoires de mafia que je n'ai pas vu les beautés de Brotherhood. Possible.
Peut-être tout simplement que ce n'était pas une série pour moi. En tous cas, les chances pour que je m'essaye une troisième fois à cette série à l'avenir sont d'autant plus ténues que maintenant j'ai vu le pilote jusqu'à la fin, et que je sais très précisément ce qui m'a détournée de la série. Bon, cela dit, l'essentiel, c'était quand même d'insister et d'en arriver jusque là, et c'est déjà pas mal.

Posté par ladyteruki à 18:29 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

06-02-12

Tu seras un parrain, mon fils

TheStraits

Les Soprano n'a jamais été ma tasse de thé. Il faut croire que le sang italien ne coule pas assez abondamment dans mes veines pour m'intéresser aux histoires de mafia en général, d'ailleurs.

C'est peut-être ce qui explique ma réaction assez froide face au pilote de The Straits, une série australienne qui se déroule dans les Torres Strait Islands, là où l'Australie fricote avec la Papouasie Nouvelle-Guinée. Le décor est donc exotique par définition, et les promos bleus et turquoises étaient là pour nous le rappeler, mais en-dehors de ce contexte baigné par le soleil, on est dans une histoire de famille mafieuse assez typique. Disons qu'en définitive, on a surtout changé d'accent.

Harry Montebello est un parrain comme tant d'autres de par le monde, qui gère un business qui est à cheval sur deux marchés : les armes et la drogue. La famille Montebello est respectée dans les environs, mais voilà, comme c'est souvent le cas avec l'âge, Harry commence à réfléchir à ce qu'il va laisser derrière lui, et surtout, à qui. Avec son épouse Kitty, il a eu quatre enfants : Marou est leur premier enfant, mais le couple a ensuite adopté Noel qui est en réalité plus âgé. Ensuite viennent Sissi, leur unique fille, et le petit dernier, Gary.

Le problème c'est qu'en réalité, il n'y a pas vraiment de lutte de pouvoir au sein de la famille. La tradition indiquerait que le business revient à Marou, qui est le fils aîné naturel ; mais d'une part, Marou n'est pas du tout attiré par ce plan de carrière, et puis surtout, il est bien trop gentil (a-t-on idée !). Sissi, elle, a fait des études, c'est la tête de la famille, mais elle n'est pas vraiment une meneuse, même si elle serait idéale comme comptable. Gary, lui, est le jeune chien fou, l'inconséquent qui vit de conneries, de drogue et de coups de tête. Qui est-ce qu'il reste ? Noel. Après tout, il est le plus vieux des fils, non ? Sauf que Noel n'est pas un "vrai" Montebello, et surtout c'est une tête de pioche, une brute épaisse qui n'en fait qu'à sa tête, et il est incapable de se maîtriser ou d'obéir à une quelconque règle. Pas vraiment le genre de gars à qui on a envie de laisser une lucrative affaire comme le business illégal des Montebello !
Du coup, le père Harry, il a un mal fou à passer les rênes. Oh, ne vous y trompez pas : Noel a TRES envie de devenir calife à la place du calife. Mais il n'est pas prêt du tout. Et tout en se gardant ses trois autres enfants sous le coude, on sait jamais, eh bien Harry va tenter de mater son fils Noel, de le dresser pour en faire un "bon" parrain.

Il y a donc à la fois des éléments très classiques, et d'autres plutôt originaux, dans la structure de The Straits. C'est une bonne nouvelle pour ceux qui aiment le genre, j'imagine, car ainsi, certaines caractéristiques étant conservées, et d'autres prenant une certaine liberté avec les habituels canons de la série sur la famille mafieuse. Ajoutez à cela un cadre un peu trop paradisiaque pour être honnête et vous obtenez un cocktail loin d'être désagréable.
Avec une recette oscillant aussi bien entre créativité et conservatisme, pas étonnant que, le soir de son lancement sur ABC1 jeudi dernier, la série The Straits ait fait parler d'elle au point de devenir un trending topic instantané (et unanimement extatique) en Australie !

Alors qu'est-ce qui cloche ? Pourquoi j'ai attendu la fin de la première partie du pilote pour accrocher, et pourquoi seulement 599 000 spectateurs ont été comptabilisés devant ce même pilote, dans une case où d'ordinaire on en compte plus de 900 000 ? Pourquoi se retrouve-t-on dans la situation où peu de monde a regardé la série, mais ceux qui l'ont regardée ont eu envie de la commenter positivement et abondamment pendant la soirée... sans que, pourtant, en 1h45 de diffusion, ce chiffre n'ait réussi à progresser ?

Certes, il y a l'aspect promotionnel : The Straits n'a pas vraiment fait l'objet d'une campagne comme celle de The Slap (il faut dire que le succès du roman d'origine aidait), produite par la même compagnie, pas d'affiches placardées partout, de posters sur les bus... Il y a aussi le fait que le jeudi, ABC1 a un mal fou à trouver de quoi rivaliser avec l'émission de télé réalité My Kitchen Rules (qui en plus, démarrait plus tôt) et que, la chaîne publique ne proposant pas de publicité, les deux premiers épisodes ont été diffusés sans la moindre pause, et on peut comprendre que ça ne soit pas encourageant pour prendre en cours de route. Il y a, enfin, quelque chose de plus particulier à la série : The Straits est très particulier, de par sa situation géographique et la culture de ses protagonistes ; c'est un peu comme espérer qu'une série se déroulant en Corse, avec un peu de patois corse et des références aux traditions corses, captive toute la France (ce qui est bien c'est que le thème de la mafia s'appliquerait tout-à-fait à mon exemple).

Mais surtout, il y a le fait que The Straits est quand même, malgré ses qualités, une série loin d'être irréprochable, n'effleurant même pas en rêve la perfection.

Son pilote commence avec une suite de scènes qui, si elles ne sont pas ratées, sont prévisibles, et réalisées sans grande imagination. La plupart de ses personnages mettent un temps fou à devenir ne serait-ce qu'un tantinet attachants et humains, restant longtemps très unidimensionnels. Et puis, la direction d'acteur semble aller à vau-l'eau (c'est particulièrement visible quand les scènes sont supposées être choquantes, d'ailleurs), or c'est quelque chose qui devient vite vital dans un ensemble show où les acteurs doivent essayer de tendre vers un même but, un même esprit, une même image. Il y a clairement des maillons faibles dans ce cast, d'ailleurs (bien que je n'aie rien au demeurant contre le regard vert d'Aaron Fa'aoso, fort regardable au demeurant, mais qui a tendance à se borner à cela).

The Straits a donc des défauts. Ils s'atténuent avec les minutes, mais clairement, la série autant que sa programmation révèlent des maladresses qui mises bout à bout, peuvent devenir de véritables handicaps.
Peut-être que quelqu'un ayant aimé Les Soprano trouvera certains de ces handicaps tolérables ; peut-être qu'au contraire, l'excellence (présumée) de la fameuse série de HBO ne portera que plus préjudice à la série australienne. En tous cas, ça m'étonnerait qu'au terme de ses 10 épisodes, The Straits obtienne une saison 2. Tentez donc le coup tant qu'il est encore temps...

Posté par ladyteruki à 23:41 - Review vers le futur - Permalien [#]

06-08-11

11 ans d'âge

TheYard-Class

Bon. Bah coilà. C'est fini.
C'est fou comme on s'attache vite à une série, en 5 semaines, et alors qu'on n'a aucune garantie qu'elle puisse durer plus longtemps.
J'ai un vrai problème avec les séparations. Je crois que c'est une des nombreuses raisons qui font que je regarde des séries plutôt que des films, j'ai plus rarement à affronter des séparations. Les personnages restent avec moi, longtemps... du moins si la série ne se fait pas annuler trop vite, ce qui a quand même tendance à m'arriver un peu souvent. Rares sont les séries que j'aime qui durent plus de deux saisons, ces dernières années.

Et puis, c'est pour des surprises comme The Yard, aussi, que je suis téléphage. Parce qu'au départ, je pensais sincèrement qu'il s'agissait d'une série sur des Soprano de 11 ans. Et pas vraiment. Pas seulement. En fait j'ai dans l'idée que cette série a été vendue sous un faux prétexte.

The Yard aura donc été une série sur l'économie et la politique. Avec des enfants de 11 ans. C'était finalement encore plus original que je ne le pensais en regardant le pilote. L'idée a toujours été de nous parler du fonctionnement économique et politique du monde, des différentes forces à équilibrer, de sujets aussi variés que l'écologie, la guerre ou le nucléaire.
Avec des enfants de 11 ans.

Je suis sciée par l'habileté intellectuelle qu'il faut pour arriver à se sortir de toutes les séries sur la politique, et de dépasser les évidences comme A la Maison Blanche, CHANGE ou Party Animals. Ce n'est pas que je reproche quoi que ce soit à ces séries, bien au contraire : elles sont justement si bonnes dans leur domaine qu'il est difficile de passer derrière. The Yard y a réussi avec le concept le plus original que j'aie jamais vu pour une série politique. Avec des enfants de 11 ans.
C'est du pur génie.

Alors je suis désolée de pimper cette série comme une malade depuis quelques semaines, mais c'est quand la dernière fois que vous avez vu un thème comme celui-là être étudié sous un angle aussi inédit ?
L'inédit, de nous jours, ça n'existe plus vraiment. The Yard a eu cette étonnante faculté de surprendre et d'offrir un regard différent, un propos différent (fondamentalement pro-légalisation des drogues, par exemple), et une finesse dans les dialogues qu'on voit rarement à la télévision.

J'ai fini la série avec le coeur au garde à vous. Ca force le respect, des séries pareilles. Sans doute un phénomène dû en partie à la rareté.
Il faudra étudier ça dans une deuxième saison...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Yard de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 16:19 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

05-04-10

Le guide du routard téléphagique

Pour une fois, on va parler d'Opération COLLECTION, mais pas de DVD. Me regardez pas comme ça, oui, ça m'arrive de ne pas parler de DVD. Nan mais, allez, dites aussi que je suis obsédée par le rayon séries TV de la FNUC !
...
Je vois ce que vous voulez dire.
Bref, non, aujourd'hui je vais vous parler de bouquins.

Books
Puisque je vais parler de bouquins et de séries, j'ai eu envie de rappeler Mousou Shimai à votre bon souvenir...

Je faisais du rangement et je suis retombée sur de vieux guides. Ça m'a rappelé plein de choses. Pour commencer, le fait qu'à une époque, j'en achetais. Et puis, aussi, le fait qu'à une époque j'avais commencé à en écrire un.
Mes fouilles effectuées, voici donc les guides sur lesquels j'ai remis la main. On ne rit pas s'il vous plait, sinon je vous oblige à donner la liste des guides que VOUS avez achetés. Ha, on fait moins le malin...

Guide_AllyMcBeal
  Ally McBeal
Guide_Farscape
  Farscape
Guide_Friends
  Friends
Guide_SexandtheCity
  Sex & the City

Il y a aussi ceux que j'ai lus mais qui appartenaient à ma frangine :

Guide_Buffy
  Buffy contre   
les vampires
Guide_XFiles
  X-Files

Sans avoir recours au carbone 14, je pense que vous pouvez deviner très facilement de quelle époque il était question un peu plus haut... Par contre je précise que je ne sais plus lequel c'était pour X-Files, parce que des guides, il y en a eu trois douzaines, et que, par définition, les bouquins qui appartiennent à ma sœur, je ne les ai pas chez moi pour faire les vérifications qui s'imposeraient.

Alors, bon, il faut bien le dire, le guide officiel (ou non-officiel, parce que dans le fond on s'en fiche, franchement), c'est typiquement le produit dérivé que vous voulez absolument acheter, absolument dévorer, absolument relire, tant que la série est vivante. Du jour où elle est annulée (parfois même avant), il perd tout intérêt. Or, la plupart des guides sortent alors que la série est encore en cours, ce qui les rend rapidement obsolètes (outre le fait qu'il est impossible à un guide paraissant au cours de la saison 3 de couvrir une saison 5 dont on ne sait même pas encore qu'elle existe).

A ce facteur vient s'ajouter une autre contingence qui me bloquait beaucoup : l'accès à toute cette belle littérature. Je vous parle d'un temps où il ne sonnait pas comme une évidence de commander sur internet (rapport au fait que déjà, tout le monde n'avait pas internet ; je suis entrée dans l'ère numérique avec le début du siècle seulement), et où il fallait donc attendre, d'une part, qu'un guide soit traduit, et d'autre part qu'il atteigne les rayons des magasins les plus accessibles. Inutile de préciser qu'à cette époque-là, on avait plus de chances de trouver un guide X-Files ou Buffy que Les Soprano. Mettons. D'ailleurs si j'ai fait main basse sur celui de Farscape, c'est plus tard, grâce à la boutique Album (et il n'est pas en français ; rapport ou coïncidence ?).

Donc, quel est l'avenir d'un guide sur une série donnée plusieurs années après l'achat ? Je vais être sincère, il n'en a pas des masses. Même par sentimentalisme (mais il s'avère que je ne suis qu'assez peu sentimentale sur les séries pour lesquelles j'avais trouvé des guides).
Pire encore, aujourd'hui, pas loin d'une décennie après, internet a supplanté en grande partie les guides au format papier.

C'est que, pour commencer, le guide des épisodes, est dorénavant disponible en temps réel, et constamment remis à jour, sur une bonne louche de sites internet de nationalités diverses. Déjà, ça, ya plus besoin.
La présentation des personnages, la petite bio des acteurs et/ou du créateur, ça aussi, ça a fait long feu. De vous à moi, je suis quasiment certaine de n'avoir jamais lu la présentation des personnages, sur aucun de mes guides. Faut être logique : si on connaît la série, cette partie ne relève pas du moindre intérêt. Si c'est pour lire que Mulder est un agent du FBI qui a vu sa sœur être enlevée par des extra-terrestres, j'ai un peu l'impression d'être prise pour une buse !

Ce qui reste, une fois qu'internet a prouvé qu'il proposait une alternative plus intéressante pour le lecteur à tout ça, c'est l'analyse.
Or, ces guides n'offrent qu'une analyse très, très succincte, dans le meilleur des cas, voire pas d'analyse du tout. Il faut dire que pour pratiquer une analyse en profondeur sur un épisode de Friends, il faut quand même se lever tôt. Loin de moi l'idée de prétendre qu'il n'y a pas de fond dans Friends, je pense qu'on peut même pousser jusqu'à dire que les personnages sont au contraire suffisamment denses pour permettre un certain nombre de choses, mais enfin, ya pas non plus de quoi se faire des nœuds avec la cervelle, quand même.

Les citations, qu'on trouve à divers degrés (une phrase ponctuellement, ou au contraire, énormément de petites phrases), recouvrent encore un certain intérêt, mais à la condition qu'on lise le guide dans la même langue que celle dans laquelle on a découvert la série. Il n'existe pas, à ma connaissance, de base de données sur des citations de séries suffisamment large pour que cet accessoire soit devenu inutile, par exemple.

Si vous avez du bol, le guide propose aussi une petite visite de la fabrication des épisodes (c'est plus facile pour les séries fantastiques, qui ont recours aux effets spéciaux et/ou aux maquillages divers), qui peut à la limite donner un petit plus produit à ces guides. Mais bon, on ne peut pas dire que ce soit Byzance non plus.

Non je ne vends pas mes guides. J'ai pas encore fini mon post. Vous allez voir qu'en fait il y a du bon à tirer de ces guides plus ou moins officiels. Ou plutôt de certains d'entre eux. D'ailleurs ça se fait encore, preuve que ça doit bien encore avoir de l'intérêt.

Permettez que je reprenne ma documentation, histoire de parler concrètement.
Vous prenez le guide de Farscape. C'est informatif, complet, c'est très bien. Bon, depuis, on a vu la fin de la série, et puis aussi The Peacekeeper Wars parce que le DVD se trouve plus facilement que les saisons elles-mêmes (ah ben non, on avait dit qu'on parlerait pas de DVD !), franchement, à un certain point, on n'en a plus rien à faire de ce qui se dit dans les 3/4 du bouquin. Bikoz tout ce que j'ai dit plus haut.
Vous prenez maintenant le guide Friends. C'est bourré d'anecdotes, synthétique, c'est très bien. On a beau avoir vu ces épisodes cent fois (au moins 5 fois par chaîne du PAF, grosso modo), ça fonctionne toujours parce que le guide est écrit avec humour, on retrouve des petits dialogues, des petits détails amusants, ça se lit sans faim.
La différence tient peut-être aussi au genre, mais pas seulement. La différence, c'est que certains guides peuvent survivre parce qu'ils proposent un équilibre entre la forme et le fond, et font ainsi perdurer un univers. Ne pas trouver d'humour, ou trop peu, dans un guide Farscape est quand même sacrément rédhibitoire. Limite illogique.

Tout-à-l'heure, j'ai évoqué le fait que moi aussi je voulais écrire un guide... c'était sur Une Nounou d'Enfer. Ça m'avait pris un temps de folie. J'avais dû couvrir quelque chose comme la moitié de la première saison, parce que j'écrivais à la fois des transcripts des épisodes en VF, et à la fois le guide lui-même. C'était pas forcément la meilleure méthode mais enfin bon. Le choix de la série était assez évident : j'avais vu tous les épisodes plusieurs fois, grâce aux multiples rediffusions, suivies des enregistrements sur VHS. Aujourd'hui encore, même s'il n'y a pas nécessairement de quoi se vanter, je suis plus facilement capable de vous déclamer des répliques de la série que du Prévert.
Et puis un beau matin, j'ai réalisé qu'à part passer 2 heures par jour sur un tel projet, ça ne servirait à rien, d'autant on ne fait pas publier le guide d'une série qui s'est achevée depuis trois ou quatre ans, en admettant que la publication soit envisageable, à plus forte raison en France. Tout ce que j'écrivais, je le savais déjà, c'était pas la peine de me tuer à la tâche pour écrire un guide qui n'aurait que moi comme lectrice.

Pourtant, cycliquement, l'idée refait son chemin, je suis bien obligée de le reconnaître.
Encore récemment, je me disais que je me lancerais bien dans un guide Pushing Daisies. Mais là encore, à quelle fin ? Internet a peut-être changé ça aussi, on se dit qu'on pourrait plus facilement être lu. Mais au final, quel est l'intérêt d'un guide aujourd'hui ? Le problème reste entier.

Le guide d'une série, ça reste quand même le truc auquel on pense par sentimentalisme, mais qui n'est pas vraiment vital. Avec les guides d'épisodes, les sites de fans et un moteur de recherche, on trouve déjà très largement des informations sur une série donnée.
Pourtant, je ne sais pas, ça me rend toute nostalgique de penser à tout ça...

Posté par ladyteruki à 11:52 - Opération COLLECTION - Permalien [#]

21-04-09

Quizz, que, quoi, donc, où ? Et surtout : quand ?

Le quizz de SeriesLive (un lien par post, c'est contractuel) a un autre mérite que celui, déjà établi, de me tenir éveillée jusqu'à des heures indues ; il me fait aussi m'interroger sur des choses en apparence sans importance, mais tout de même un peu intéressantes. Juste un peu, rien d'épatant, hein.

Rapprochez-vous, que je vous explique. Je peux répondre sans trop de problèmes (au pire : par élimination) à des questions portant sur le casting d'une série, au personnage principal d'une autre, etc... Mais quand la question comporte une date, bien souvent, je bloque.
Caractéristiquement, une question me demandant "Qui a reçu X award pour Y catégorie en 200X" est sûre de me faire cogiter un bon moment (parce qu'il est évidemment hors de question d'aller chercher la réponse sur le net, c'est moins fun même si ça pourrait rapporter gros). Bon, on peut aussi essayer de procéder par élimination, mais l'élaboration des questions s'affinant, on trouve en général dans les possibilités des séries d'une même "génération", à deux, trois, quatre années près maximum. Et donc là, je coince.

Parce que j'ai beau connaître tout un tas de choses sur les séries, et en avoir vu un bon paquet, je reste infichue de les dater précisément. Si, oui, évidemment, c'est facile si par exemple il s'agit d'Une Nounou d'Enfer, la bonne blague, encore heureux que je le sache. Mais il y a aussi plein de séries que je connais sans pour autant les suivre.
Tenez, un bon exemple : Cold Case. Je connais Cold Case. Des fois, je regarde Cold Case (quand je suis désespérée parce qu'il y a sur les autres chaînes). Des fois, je pleure devant Cold Case, aussi (c'est un tear jerker, je me sens presqu'obligée). Mais comme je ne suis pas la série de près, je n'ai aucune idée de son nombre actuel de saisons, par exemple. Pour être tout-à-fait honnête, si ce n'était le défi de répondre à la question sournoise du quizz de SeriesLive (oh, deux liens ! Je vais renégocier mon contrat à la hausse...), je m'en battrais l'oeil, franchement. Mais en admettant que je tombe sur une question qui m'obligerait à dater l'année de création de Cold Case, pour rester sur notre exemple, eh bah là ça devient carrément compliqué. Je peux essayer de me lancer dans des calculs d'apothicaire en comparant avec d'autres séries. Bon, donc déjà, c'est plus récent que Les Experts Caracas, ça, j'en suis sûre. Presque. Si, c'est sûr. Bon, ça veut donc dire que c'est post-2001, on n'est pas tellement plus avancés. Par contre, est-ce une série plus ou moins récente que Les Expert Kigali ? Je sais classer les différentes séries d'une même franchise dans l'ordre de création, mais de là à passer à une datation précise, faut ptet pas pousser. Bon, et puis Les Experts Mogadiscio, plus ou moins récent que Cold Case ? Nan, c'est mission impossible, ce truc.

Et quand deux séries datant à peu près de la même époque sont toutes deux susceptibles d'avoir été primées dans une même catégorie à une année d'intervalle (genre, mettons : Les Soprano et A la Maison Blanche, disons), j'ai aussi vite fait de me tirer une balle dans la tête.

Mais du coup je me demande pourquoi j'ai autant de mal avec la notion de temps.
Parce que justement, ce qui différencie le téléphage du cinéphile, c'est aussi la notion de temps qui passe. On s'investit sur du long terme et, du coup, on prend la mesure des années. On sait qu'on cagoule la saison 6, donc que ça fait 6 ans qu'on regarde la série. On lit une news portant sur un spoiler ou un changement de cast (qui a dit pléonasme ?) sur la saison 7 même d'une série qu'on ne regarde pas/plus et pouf, une petite soustraction mentale et on a compris. C'est pourtant simple.

C'est peut-être ma nature de pilotovore qui me chamboule mes repères chronologiques ? C'est vrai qu'en regardant un jour une série des années 70, le lendemain un DVD de tartes, le jour suivant retomber sur un pelote de laine d'une série d'il y a trois saisons en arrière, pour ensuite regarder une rediffusion à 20h sur M6, ça n'aide pas beaucoup, je n'en disconviens pas. Et puis c'est vrai que j'ai jamais été très douée en Histoire, chose que je me souviens avoir déjà évoquée d'ailleurs, bref.

En soi, ce n'est certainement pas si important, hormis le contexte de questions de culture télévisuelle, de savoir si telle série date plutôt de 2000 ou 2001. En fait je le sais bien. C'est juste que du coup, le quizz de SeriesLive (trois liens, katching !) me pousse à vouloir me "perfectionner" dans mes connaissances sur les séries. Oh, et encore, si la seule conséquence était que je tente de mémoriser des années de création pour des séries que je ne regarde pas, ce ne serait pas si grave. Mais il y a pire : quand je vois le nom d'une série que je ne connais pas, j'essaye de la regarder, c'est dire à quel point ce quizz est foutrement chronophage, quand même. Mais ça, on en reparlera dans des posts dédiés aux séries en question, ne vous en faites pas. Oh oui, vous n'avez pas encore fini d'en entendre parler...

C'est vraiment rien que du vice, ce quizz.

Posté par ladyteruki à 12:40 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

01-04-09

[DL] Maude

Maude est un appareil multifonctions, je pourrais presque vous fourguer Beatrice Arthur dans A vendre, joli, pas cher : elle marche, elle fronce des sourcils, elle marche en fronçant les sourcils, elle ouvre la porte, elle marche dans l'autre sens, elle ouvre une autre porte... wow.

Maude
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Bon je dis ça mais, c'est de mauvaise foi en fait, car il n'y a pas que ça à y voir ; j'ai aussi pensé au générique des Sopranos, devant celui de Maude... On part du Chrysler Building et on se retrouve en banlieue de New York, c'est presque comme le New Jersey, en moins pire. Un peu.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Maude de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 21:39 - Médicament générique - Permalien [#]