ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

03-01-13

Long story short

Premier revisionnage de l'année.
Pas forcément le mieux inspiré, mais avec tout ce que j'entends sur la série ces derniers temps, je me suis dit qu'il serait quand même une bonne idée de retenter son pilote, histoire de.

Alors, How I met your mother, comme ça on a vécu quelques saisons de trop ? (re)Voyons ça.

HowImet

Ah, eh bien, je confirme. Neuf saisons de trop.

Quand je regarde le pilote de How I met your mother, je ne suis pas seulement surprise que la série ait duré aussi longtemps, je suis surprise que le pilote ait eu le feu vert et ait passé l'épreuve de la commande.

L'idée de départ n'est évidemment pas mauvaise (du high concept pour un sitcom, il fallait y penser) et n'est pas en cause. Au contraire. Et d'ailleurs, dés cette introduction, on sent que les scénaristes ont une idée très claire sur le fait qu'ils vont balader longtemps les spectateurs (et les enfants) avec des tours et détours factices ; ça faisait partie des choses que je voulais vérifier, à vrai dire. A la limite, je préfère ça à une série qui prétend pouvoir tout finir rapidement mais qui, devant la perspective d'un renouvellement, décide soudain de prendre un itinéraire bis pour faire trainer les choses (genre Revenge), ici, les délais pour connaître le fin mot sont clairement annoncés : "it's a long story". Evidemment, le concept de How I met your mother appelle toutes sortes de retournements de situation afin de ne pas dévoiler la fameuse "mother" trop rapidement, et l'équipe de How I met your mother fait de son mieux avec les outils qu'elle a pour raconter sa petite histoire aussi longtemps que possible (nul doute qu'un concept similaire aurait été traité bien différemment par d'autres, genre Bill Lawrence, mais avec des si...).

Alors où est le soucis dans ce pilote, qu'au bout de trois visionnages je n'arrive toujours pas à trouver ne serait-ce qu'un petit peu sympathique ?
Je pourrais vous dire que les textes ne sont pas drôles, mais le plus fou, c'est que ce n'est même pas vraiment ce qui est en faute ici. Evidemment, pas mal de gags sont faciles, mais il s'agit d'un sitcom en multi-camera et toutes les séries ne peuvent pas avoir les tirades incisives de Roseanne ou facétieuses des Craquantes, non plus. A l'impossible nul n'est tenu. Donc du point de vue strictement écrit, ce n'est pas la panacée, mais ça reste tolérable.

Par contre, j'ai un énorme problème avec le cast. A un tel point que je ne sais pas qui pointer du doigt en premier. Trop de choix tue le choix.

Allez, optons pour celui qui devrait être le plus au top : Josh Radnor. Aussi bien sur le plan physique qu'humoristique, ce type m'évoque systématiquement Jimmy Fallon, a.k.a. le type qui se donne trop de mal. Et qui échoue. Il faudrait peut-être que je le voie dans autre chose, mais il n'arrive pas à convaincre. Suivant sur la liste : Neil Patrick Harris ; sa réputation de scene stealer dans la série a peut-être un fond de vérité, mais sûrement pas dans le pilote où il est pourtant limité à quelques gimmicks répétitifs ("suit up !"), chose dont il a l'air parfaitement conscient. On ne peut pas lui reprocher de ne pas se donner du mal. Rien à redire en revanche pour Cobie Smulders : son personnage est transparent et certainement pas conçu, à ce stade, pour avoir une once d'humour, donc jouer la jolie fille est nécessairement dans ses cordes.
Et en on arrive aux deux pires de la bande. Alysson Hannigan, qui mérite d'être renvoyée dans ses films potaches et d'y rester jusqu'à la fin de temps (mais je l'ai dans le nez depuis un truc que j'ai lu hier, aussi, j'avoue), le dispute à Jason Siegel, pour le titre de Membre Du Cast Qui A L'Air De Lire Ses Répliques Sur Un Prompteur Et De Découvrir Son Texte En Temps Réel. C'est un long titre, et il se mérite, ce qui explique qu'il y ait tant de compétition ; et de ce point de vue là, tous deux se donnent à fond.
Il est clair que c'est une maladie dont sont régulièrement frappés les comédiens de sitcom ; je suppose que les délais de tournage font ça, entre autre choses. Avec tout le respect que je dois à Partners, dont je vous ai pourtant bien rebattu les oreilles depuis l'automne, il y avait dans le cast quelques criminels de ce genre aussi. Il faut des comédiens exceptionnels pour ne pas au moins tomber dans ce piège une fois, et des comédiens exceptionnels, eh bien, How I met your mother n'en a pas. Au stade de son pilote en tous cas, elle en a un à peu près décent, un qui essaye très fort, une qui pour l'instant n'a pas matière à lever le petit doigt, et deux franchement médiocres.

Ce qui explique d'autant plus mal, je vous le disais, que ce pilote ait convaincu qui que ce soit d'être commandé. D'un autre côté je vous accorde que c'est la même chaîne qui a commandé après avoir vu le pilote de Two and a Half Men deux ans plus tôt.

J'espère souvent de mes revisionnages qu'ils me permettront de voir l'épisode revu (généralement un pilote) sous un oeil nouveau. Ca s'est déjà produit, je pense par exemple à Friday Night Lights. Du coup, j'entame généralement ces retentatives avec un esprit aussi objectif que possible, parce que c'est tout l'intérêt de l'exercice. Mais dans le cas de How I met your mother, impossible de changer d'avis ne serait-ce d'un iota à son sujet. Il y a des séries dont je ne partage pas l'enthousiasme, mais pour lesquelles je peux comprendre qu'on s'enflamme. How I met your mother n'en fait définitivement pas partie. C'est comme ça. Autant que je m'y fasse !
Ce sera ma dernière retentative du pilote de How I met your mother, parce que même en matière de revisionnages, il y a un moment où il faut savoir dire : "three strikes and you're out".

Posté par ladyteruki à 21:23 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

02-09-12

[DL] Golden Girls

Eh bien vous voyez, j'étais totalement passée à côté de la date de lancement de Golden Girls, l'adaptation néerlandaise des Craquantes.
La dernière fois que j'avais regardé, courant août, je jure qu'il n'y avait aucune date de fixée, et voilà que je découvre aujourd'hui en allant chercher le pilote de House Husbands (oui, j'ai quelques jours de retard dans l'update du Pilot Watch, mais pour ma défense, si vous me suiviez sur Twitter vous auriez su que ça commençait aujourd'hui en remplacement de Howzat!) qu'il y a déjà deux épisodes au moins qui ont été diffusés par RTL4. Bon, clairement, j'ai une marge de progression sur le suivi des grilles néerlandaises.

Alors du coup, je n'ai pas pu m'empêcher d'aller jeter un oeil à ce remake, histoire de voir si les Pays-Bas avaient trouvé une solution aux problèmes qui s'étaient posés à l'Espagne au moment de Las Chicas de Oro.
Je veux pas vous spoiler, mais la réponse est non. Bon, d'un autre côté, j'aurais pu m'en douter dés que j'ai vu paraître les premières photos de promo ; jugez plutôt.

GoldenGirlsNLPardon pour vos yeux.

L'insistance de la plupart des remakes de cette série à vouloir absolument avoir l'air de dater des années 80 m'est, pour tout dire, impossible à comprendre. Le charme des Craquantes, ne semble-t-il, n'avait aucun rapport avec l'époque, mais plus avec l'excellent cast d'une part, et surtout, le ton parfaitement trouvé. Les Craquantes n'était pas un sitcom idiot et bêtifiant, mais au contraire une comédie acidulée sur le troisième âge qui parvenait à saisir ce qu'on imagine être la réalité de cette période de la vie, mais sans pesanteur, avec des intrigues généralement légères mais jamais clownesques, et des dialogues toujours très fins et capables de mettre en relief des personnages qui dépassaient la caricature dans laquelle il était possible de les enfermer. De tous les sitcoms américains à succès qu'on peut envisager d'adapter, c'est certainement l'un des plus casse-gueule, d'ailleurs, je pense. Parce que la série originale reposait une équilibre subtil, et que la subtilité est rarement la caractéristique principale d'un remake.
Alors, vouloir absolument se réfugier derrière les couleurs flashys, les perruques improbables, les robes à fleurs et les montures de lunettes énormes, je ne comprends simplement pas le concept. Pour moi, c'est comme si les adaptations transformaient en gimmick un élément qui n'a rien à voir avec ce qui permet d'identifier la série, mais qui identifie surtout son époque de naissance. Or l'intérêt de produire, en 2012, un remake des Craquantes, a plus à voir à mon sens avec les personnages eux-mêmes, que faire revivre artificiellement les années 80 aux spectateurs. A plus forte raison parce que si on vient pour la séquence nostalgie, les rediffs des Craquantes font très bien l'affaire, et un remake n'égalera jamais ce résultat.

Du coup, vous pouvez en juger par vous-mêmes, le générique de Golden Girls est sidérant, parce qu'il met à côté sur tous les tableaux.

GoldenGirls
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Mais je crois que le plus pénible n'est pas de voir la série originale singée et réduite à l'état de caricature d'elle-même. Pire même que l'impression que Mrs Doubtfire s'est invitée dans la série : le mensonge éhonté.
Le générique de Golden Girls nous propose en effet de suivre nos quatre vieilles dames dans différentes aventures, sur une jetée ou faisant du shopping, au casino ou en balade en vélo... bref, dans tout un tas de décors "naturels". Or, Golden Girls, comme son aînée Les Craquantes, est intégralement tournée en studio. Le pilote néerlandais reprend d'ailleurs le scénario du pilote original scène par scène, c'est-à-dire avec une cérémonie de mariage qui a lieu dans le salon de la maison qu'elles se partagent. C'est vous dire à quel point les vélos sont loin, si même pour un mariage, on utilise le décor de la colocation, quand même !
Le générique fait donc espérer quelque chose de nouveau (et après tout, on pourrait imaginer que tout en reprenant les personnages et les intrigues, on décide de faire cette adaptation en single camera, ce ne serait pas une si mauvaise idée) quand il n'y a pas plus littéral que Golden Girls. Je sais pas si c'est parce que je me suis fait une intégrale des Craquantes il y a deux ans et que je suis restée attachée à la série, mais je trouve ça encore pire que tout.

J'ai peine à croire que Golden Girls rencontre le succès, de la même façon que Las Chicas de Oro s'était progressivement rétamée. Mais l'avenir nous le dira.

Posté par ladyteruki à 17:08 - Médicament générique - Permalien [#]

23-05-12

lady's world tour - Escale n°12

Il y a quelques jours, j'avais peu de temps pour un long world tour (enfin, ça va quand même, vous aviez de la lecture), et je vous avais promis, juré, craché que je reviendrais pour un complément avec tout ce que j'avais mis de côté.
Vous vous doutez bien que dans l'intervalle, les news n'ont pas cessé de tomber pour si peu (je vous jure, des fois, la planète n'est pas très arrangeante), alors attendez-vous aujourd'hui à un GROS world tour. En fait, prévoyez des snacks...

ElDonante

- ARGENTINE : et où il est ton papa ?
Cette nuit démarre El Donante, une nouvelle série qui, à l'instar de Perfidia et Volver a nacer, dont on a déjà pu parler, a décroché son billet pour la gloire grâce au désormais célèbre Concurso Series de Ficción Federales en 2011. Il s'agit d'une comédie ayant pour héros Bruno, un homme dans la cinquantaine qui a très bien réussi dans la vie, mais qui, quand il était jeune, arrondissait ses fins de mois en faisant des dons du sperme. 20 ans plus tard, alors que la femme qu'il aime meurt d'un cancer sans qu'ils aient pu avoir d'enfant ensemble, il traverse une crise et commence à se demander ce qu'il est arrivé à ces dons. C'est le moment que choisit une jeune femme pour frapper à sa porte : elle est sa fille. En fait, son sperme a été utilisé 144 fois pendant les deux dernières décennies ! Avec sa fille, Bruno va donc se mettre à la recherche des 144 enfants qu'il a eu. Une histoire plutôt barrée qui va s'étendre sur 13 épisodes...

- CANADA : les upfronts, il y a du rab', je vous le mets ?
Est-ce qu'on a pensé à vous dire que ce mois de mai était placé sous le signe des upfronts ? Oui, mais des upfronts canadiens ? Aha ! C'est bien ce que je pensais. Alors allons-y : du côté des fictions de CBC, outre l'acquisition de Murdoch Mysteries, la chaîne a confirmé la commande de Cracked, avec David Sutcliffe (le papa de Rory Gilmore !) et Stefanie von Pfetten, un procedural situé dans l'univers dérangeant d'une unité spécialisée dans les crimes à composante psychiatrique. Le pilote de Cracked, commandé en mai 2011, ne date pas d'hier, et la série ne fera pas son apparition avant janvier 2013 dans les grilles de la chaîne. A cela vient également s'ajouter Titanic: Blood and Steel, avec Chris Noth et Neve Campbell, la fiction sur le naufrage du Titanic qui manquait à la télévision. Pour ce qui concerne les séries faisant leur retour sur les écrans de CBC pendant la saison 2012-2013, on compte Arctic Air et Republic of Doyle.

- CANADA francophone cette fois : bad girls
Chez nos amis les Québécois aussi, on se passionne pour les séries carcérales. Danielle Trottier, scénariste de La Promesse, travaille actuellement sur un téléroman pour Radio-Canada, se déroulant dans une prison pour femmes ; ce projet, basé sur 5 années de visite régulières dans un centre pénitentiare, a pour objectif d'être le plus réaliste possible, tout en essayant de sortir des sentiers battus en la matière. "On a beaucoup traité de la criminalité au féminin comme du divertissement. Mais ce n'en est pas", explique la scénariste. "J'ai rencontré des personnes intelligentes, sensibles, extrêmement généreuses, en processus de changement". Un changement qui sera observé et expérimenté par une enseignante (interprétée par Guylaine Tremblay, Les Rescapés) qui, emprisonnée après un crime familial grave, partagera le quotidien de ces femmes. La série, intitulé Unité 9, devrait être diffusée le mardi à 20h à l'automne (l'ancienne case d'Apparences), et jouit pour le moment d'une commande de 25 épisodes.

IryuuSousa

- JAPON : si tu tends l'oreille
Cet été, renouez avec les étranges investigations d'Iryuu Sousa ! Le dorama policier revient en effet sur les écrans nippons au mois de juillet, après un peu plus d'une année d'absence (la série avait été diffusée au printemps 2011). Iryuu Sousa mettait en scène un enquêteur, incarné par Takaya Kamikawa, qui travaillait sur la base de ce qui lui disaient les objets laissés derrières elles par les victimes. Sauf que cette année, le héros de la série est relégué à un poste dans une petite ville au lieu de travailler dans une grande métropole... En raison de ce changement d'horizon, les acteurs Yuki Saitou, Norito Yashima et Yuuji Miyake rejoignent la série.

- JAPON toujours : walking down the street
C'est, vous le savez, l'une des cases horaires les plus prisée de la saison nippone : le lundi à 21h, chez Fuji TV, c'est sacré. Bon, peut-être moins qu'avant, mais quand même. Ce créneau, actuellement occupé par la série Kagi no Kakatta Heya, sera occupé cet été par une série répondant au nom de Rich Man, Poor Woman, ce qui donne bien le ton. Parait-il inspirée par le film Pretty Woman (et en gros, reposant sur le principe de 712 séries asiatiques depuis), cette comédie romantique mettra Shun Oguri dans la peau d'un milliardaire ayant fait fortune dans l'informatique, mais détestable, asocial et incapable de gérer sa société, et d'une charmante jeune femme, incarnée par Satomi Ishihara, aux débouchés professionnels bien sombres mais qui va pouvoir lui permettre de, hm, redresser la barre. Prévoir des engueulades... La série fera son arrivée dans les grilles nippones avec la nouvelle saison, qui démarre donc, vous l'aurez compris, au mois de juillet.

Housos

- AUSTRALIE : la onzième plaie
Si vous avez bien suivi mes conseils, vous n'avez aucune idée de ce qu'est Housos. C'est tout le mal que je vous souhaite. Son créateur et interprète principal, qui ne trouvera visiblement pas de repos tant qu'il n'aura pas ruiné tous mes efforts pour vous inciter à regarder des séries australiennes, travaille actuellement sur un long métrage basé sur la série, en cours de tournage à Sydney. La logique derrière tout ça, c'est que comme SBS ne se décidait pas assez vite à renouveler la série pour une seconde saison (c'est dommage pourtant, c'est si agréable de se mettre tous les habitants de HLM à dos), Paul Fenech a carrément décidé de se lancer dans un film tout seul comme un grand. A l'instar de tous ses projets précédents (comme la comédie Swift & Shift Couriers), Fenech porte à la fois la casquette d'auteur, producteur, réalisateur, et acteur principal sur des projets dont il gère le financement également en solo. Sortie prévue en novembre, mais que ça ne vous incite pas à tenter la série dans l'intervalle. Ou alors considérez-vous prévenus.

- AFRIQUE DU SUD : tu seras un homme (mais pas encore tout de suite)
C'est marrant, on parlait d'adolescence à la télévision il y a peu, eh bien justement SABC1 a décidé de renouveler la série Skeem Saam. Diffusée en octobre dernier, la série suivait le parcours de 3 adolescents sur le point de devenir adultes. La première saison avait été suivie en moyenne par 5 millions de spectateurs, et apparemment ça a l'air d'être une bonne audience pour la chaîne publique (ce qui, dans un pays qui compte 50 millions d'habitants, me pose des questions). A noter que si le cast ne change pas, il va y avoir un peu de mouvement en coulisses puisque l'un des producteurs quitte le navire. Winnie Serite, également créateur de Skeem Saam, est donc désormais le seul aux commandes de la série.

- ESPAGNE : camping purgatoire
Mercredi dernier, Antena3 diffusait l'épisode final de la 1e saison de sa comédie Con el culo al aire, lancée le 1er février dernier. Après avoir fait un démarrage épatant (4 millions de spectateurs devant le pilote, et 21,9% de parts de marché), la comédie de camping avait ensuite un peu réduit la voilure, pour s'achever devant 2,8 millions de fidèles. En fin de compte, sur l'ensemble de ses 13 épisodes, la comédie aura réuni en moyenne 3,1 million de spectateurs, ce qui n'est pas si mal, même si la série n'est pas le hit escompté.
Face à ce final, c'était le retour de la série médicale Hospital Central (qualifiée d'Urgences espagnole) qui occupait la grille de Telecinco pour une 20e saison ; le season premiere a été regardé par 2,2 millions d'Espagnols, soit 400 000 environ de moins qu'à la fin de la saison précédente. Il faut noter toutefois que pendant la 19e saison avait connu un démarrage poussif, avant de gagner des spectateurs progressivement en cours de saison. Tout n'est donc pas perdu.
Pour revenir à la comédie Con el culo al aire, elle est d'ores et déjà renouvelée pour une deuxième saison.

Galleria

- POLOGNE : pente savonneuse
En janvier dernier, la chaîne polonaise TVP1 mettait fin à une tradition : son soap Plebanię, qui après 12 années d'antenne et très exactement 1829 épisodes, a tiré sa révérence. Pour prendre la relève, la chaîne misait sur un tout nouveau soap intitulé Galeria, dont elle avait commandé 94 épisodes (pour commencer !) inspirés du soap italien Centro Vetrine (qui, lui, est en place depuis 2001). L'idée était de renouveler l'image de la chaîne, et par renouveler, vous aurez compris rajeunir. Mais on dirait bien que Galeria n'a hérité de la longévité d'aucune des deux séries mentionnées, puisque TVP1 projette déjà de lui trouver un remplacement dés l'automne prochain, décidant d'abdiquer devant les audiences en berne. Actuellement développé sous le titre Mały Londyn ("little London"), ce soap devrait commencer à mettre des épisodes en boîte le mois prochain.

- TURQUIE : on n'est pas là pour faire tapisserie
Lundi, la chaîne Kanal D lance une nouvelle série du nom de Sultan. Je vous rassure tout de suite, il ne s'agit pas de profiter du succès international de Muhtesem Yüzyil pour lancer une énième série en costumes ; Sultan est le nom de son héroïne, une femme à qui son prince charmant, Şeyhmus, a promis qu'il l'épouserait. Alors elle attend. Et elle attend. Et pendant ce temps ce saligaud de Şeyhmus part vivre en France, se marie, a des enfants... et Sultan attend. Jusqu'au jour où elle n'attend plus. Visiblement, la demoiselle n'est pas commode, puisque ceci est la bande-annonce qui passe sur à peu près TOUTES les pages du site officiel de Kanal D, où on peut s'assurer que Sultan met en scène une femme au caractère bien trempé. A noter que la série est supposée montrer également la vie de Şeyhmus en France dans les années 90, ainsi que la fin de l'attente de Sultan, 15 ans après, donc cela devrait donner une série assez étrange...

- SUEDE : 26 ans de deuil
Nan mais admettez-le : secrètement, vous aviez envie de lire des trucs sur la Scandinavie. Vous avez même sauté le paragraphe précédent pour aller plus vite. Vous pouvez me le dire, à moi. Bon, eh bien vous n'aurez pas fait tout cela pour rien puisque j'ai l'honneur de vous annoncer une nouvelle série suédoise. Le réalisateur danois Kristoffer Nyholm (déjà derrière la camera pour les deux premières saisons de Forbrydelsen, et Nikolaj og Julie...) travaille en effet sur un projet de série historique retraçant l'assassinat du Premier ministre suédois Olof Palme, en 1986, dont les circonstances sont encore à ce jour assez confuses. Etant donné le flou qui entoure cette double tentative de meurtre (l'épouse du Premier ministre en a réchappé), la série sera essentiellement basée sur les travaux du criminologue Leif GW Persson. C'est SVT qui produit la série, et si ma traduction ne me trahit pas, les résultats de cette production pourraient être visibles dés la période de Noël cette année. Par contre, on n'a pas encore de titre, c'est malin.

Heartless

- DANEMARK : méfiance, méfiance
Qu'est-ce qu'on se marre chez Kanal 5 ! La chaîne danoise à souscription a décidé de se lancer dans l'aventure des fictions originales (jusque là son truc, c'était surtout les séries américaines) avec la série fantastique Heartless. Mais attention ! Comme il ne s'agit pas de se lancer à l'aveugle, genre en commandant une série et après de voir si elle marche, la chaîne fait appel à son public pour agir comme un "focus group" et donner un retour sur le pilote de 12mn qui a été tourné. Il suffit donc pour les spectateurs danois de se rendre sur le site officiel de la série et, à la condition qu'ils aient plus de 15 ans, de visionner le pilote et de voter. Etant donné que j'ai commencé à flipper dés que j'ai vu la page d'accueil, je vous laisse le soin d'aller voir ça par vous-mêmes, hein. Vous me raconterez.

- PAYS-BAS : you don't have to put on the red light
Avez-vous vu la série wisterialanienne Jardins secrets (Gooische Vrouwen en VO) ? Moi non plus, mais on n'a pas d'excuse, pour une fois qu'une série néerlandaise était diffusée en France... Alors prenons un air docte et parlons de l'actrice Susan Visser, qui y a interprété pendant 4 ans (et un film) le rôle d'Anouk, et qui se dirige à présent vers un nouveau projet du nom d'Achter het Raam ("derrière la fenêtre"). La série, adaptée de l'autobiographie de Patricia Perquin, suit le parcours d'une femme qui, couverte de dettes suite à son obsession pour le shopping, suit des conseils d'amis et se tourne vers la prostitution pour arrondir ses fins de mois. Le projet, annoncé à la radio, n'a pour le moment pas officiellement de diffuseur...

- PAYS-BAS c'est la fête : plaqué or
Ah, chouette alors, ça faisait longtemps qu'on n'avait pas parlé de remakes de sitcoms américains ! Non ? Ah, zut. Eh bien souffrez quand même qu'on y passe une minute, parce qu'il s'agit d'un remake... des Craquantes ! Faut croire que Las Chicas de Oro n'a servi de leçon à personne puisque RTL4 se lance dans l'aventure avec un remake néerlandais, donc. La distribution de cette nouvelle mouture est presqu'au complet (Beppie Melissen, Loes Luca et Cecile Heuer ont déjà signé, Pleuni Touw aurait été approchée), il devrait donc y avoir une nouvelle calamité à surveiller sur les écrans néerlandais. Le ridicule ne tue pas, la preuve, les Golden Girls sont immortelles !

TheSpiral

- EUROPE : pas trop déçus ?
On finit avec notre dossier The Spiral... vous savez ? La série qui devrait être diffusée simulatanément dans 712 pays d'Europe. Je vois que ça vous revient. Eh bien VARA, la chaîne publique qui diffusera la série aux Pays-Bas, vient d'annoncer le lancement de la diffusion pour le dimanche 2 septembre 2012, en primetime. Vu que le principe est de diffuser les 5 épisodes simultanément, on aurait pu en conclure que la diffusion sur arte se ferait au même moment, mais la chaîne française m'a indiqué que la série n'était pas prévue dans son planning pour l'année 2012. C'est très décevant, évidemment, mais enfin, même si c'est plus tard, on aura quand même la chance de voir la série. C'est ce qu'il faut se dire.

J'en oublie, certainement, mais j'en oublie toujours un peu. Pas grave ! Ce sera l'affaire d'un prochain world tour dans quelques jours, quand vous vous serez remis de l'annonce pour The Spiral.
Et euh, alors, Heartless, ça vaut le coup que je clique sur le site officiel, ou pas ?

Posté par ladyteruki à 02:38 - Love Actuality - Permalien [#]

09-04-12

Drôle de malédiction

Il a été porté à mon attention par Scalatiine et whisperintherain que TFHein préparait un remake de Ma Sorcière Bien-Aimée il y a quelques jours. Le projet aurait ensuite été mis aux ordures, ce qu'on ne peut que saluer. Mais pendant quelques minutes, alors que je lisais, ébahie, la news à ce sujet qu'on m'avait fournie sur Twitter, j'ai pensé : "les Français ne sont donc pas à l'abri".
A l'abri de quoi ?

Combien de fois je vous ai parlé de remakes ridicules de sitcoms américains ?
De mémoire, voyons... il y a eu la version espagnole de Cheers (subtilement appelée Cheers, ce qui sentait déjà mauvais dés le départ), la version espagnole des Craquantes, intitulée Las Chicas de Oro, qui n'a pas connu un sort plus enviable... mais les Espagnols ne sont pas les seuls en faute, puisque j'ai déjà pu évoquer avec vous l'horreur que représentait Maia Preskrasnaia Niania, la version russe d'Une Nounou d'Enfer. D'ailleurs, fun fact : quand je m'ennuie, je cherche à collecter le pilote de toutes les versions internationales d'Une Nounou d'Enfer. Je suis masochiste comme ça. Et du coup je peux aussi vous parler de la version polonaise, Niania, que du bonheur. Oh, il me semble qu'on a aussi évoqué Kak ia Vstretil Vashu Mamu, l'adaptation russe de How I met your mother. Je vous dis ça pour que vous fassiez bon usage des tags mails il y en a plein d'autres qu'on n'a pas encore mentionné dans les parages, et j'en suis la première surprise.
Voyons voir, il y a aussi l'Allemagne avec Das iTeam, l'adaptation de The IT Crowd, quoique presque sans apporter le déshonneur sur la version originale (le vrai problème, ce sont les acteurs), ou les Pays-Bas, qui ont adapté Tout le monde aime Raymond avec Iedereen Is Gek Op Jack (j'arrive pas à croire que je vous ai jamais montré ne serait-ce que le générique de ces trucs-là ?)... on ne va pas tous les citer, mais en tous cas ça prouve que c'est une épidémie mondiale (excusez-moi, j'ai lu World War Z ce weekend, je suis un peu traumatisée).

Mais soyons honnêtes, en France, on n'avait pas l'air d'être touchés par ce phénomène. Les remakes sont relativement rares dans l'ensemble, par chez nous, on peut s'en féliciter. Evidemment il y a le cas des adaptations plus ou moins officieuses (L'Hôpital ?) et les cas de franchise (Paris Enquêtes Criminelles), mais en tous cas, les sitcoms américains zombifiés, on évite quand même plutôt bien.
Et quand on fait quelque chose de bien en France, il faut le dire, même si ça m'écorche un peu la bouche (mais je me soigne, promis).

OkusamawaMajou

Même si ensuite j'ai eu l'immense soulagement d'apprendre que le projet avait été abandonné par TFHein peu de temps après que la news ait fait surface sur le projet, j'ai tout de même eu le temps de penser aux deux adaptations internationales de Ma Sorcière Bien-Aimée que je connaissais : Okusama wa Majou, la Japonaise, et Maia Liubimaia Vedma, la Russe.
Et ya pas de quoi se vanter, je vous assure. Les deux avaient choisi de se dérouler dans le présent, ce qui était déjà une énorme erreur : dans ces cas-là, il vaut mieux jouer à fond la carte de la nostalgie, ça permet d'avoir l'air moins ridicule. Et puis surtout, cela ressemblait à des parodies de sitcom des années 90, ce qui est embêtant car aucune des deux n'a plus de 10 ans. Je fais encore des cauchemars avec la version russe (je fais des cauchemars avec beaucoup de versions russes de sitcoms américains, en réalité) et de ces rires enregistrés, oh, ces rires... ils me réveillent en pleine nuit, le front en sueur, les yeux exorbités, le souffle court.

Depuis lors, une version récente, de quelque pays que ce soit, d'un sitcom américain tel que Ma Sorcière Bien-Aimée, je ne le souhaite à personne, pas même à Whitney Cummings. Mais si vraiment vous êtes curieux et téméraires, ne serait-ce que pour assister au jeu des acteurs ou goûter la qualité de la réalisation, je ne peux pas vous empêcher d'aller vérifier par vous-même.

Tous les remakes ne sont pas mauvais, pas forcément.
Mais non, mais non voyons. Par principe, on a tendance, moi y compris je l'admets, à refuser l'idée-même de remake, mais tous ne sont pas à jeter. Faites-moi penser à vous parler d'Umutsuz Ev Kadinlari, la version turque de Desperate Housewives, par exemple. Ca se défend... sous un certain angle. Enfin, je ne raffole pas de la version d'origine ; c'est sûr, ça n'aide pas, mais bon, ça va encore. En fait les dramas et les dramédies se défendent en général plutôt bien. Les versions telenovela de certaines séries ABC (qui en ont fait une spécialité) comme A Corazón Abierto ou les Amas de Casa Desesperadas ne sont peut-être pas votre tasse de thé, disons, mais au moins elles restent dans la limite de ce qu'on attend d'elles au niveau de la forme, a minima.
Et c'est important de le dire. De dire qu'à défaut de faire preuve d'originalité, la qualité de la production de l'adaptation reste, disons, équivalente à une sorte de médiane, entre la qualité de la série d'origine, et la qualité moyenne du format d'arrivée choisi tel que présent dans le pays où la série a été adaptée.

Mais tout en disant cela, il faut reconnaitre que les sitcoms en sont proprement incapables, et ce, quel que soit le pays d'arrivée. C'est pour ainsi dire systématique. Je n'ai pas UN exemple du contraire à évoquer, rien ne me vient à l'esprit, alors que j'ai téléphagiquement plutôt bien roulé ma bosse ces dernières années. Aucun remake de sitcom américain n'est JAMAIS réussi de par le monde. C'est une constante. L'une des choses dont on peut être sûrs de par le monde.
Dans le cas de la Russie, qui a un retard incroyable en matière de production télévisuelle locale (on a déjà pu l'évoquer) et dont le remake est constitutif du mode de fonctionnement, ce n'est pas étonnant. Mais prenez par exemple les Espagnols. Avec l'ampleur de leur production nationale, les bons titres que le pays est capable de proposer... comment peut-on encore en arriver à commander du Cheers ? Et à ensuite échouer lamentablement à réaliser un produit potable ?

Au regard de ce que nous apprend l'histoire télévisuelle de tous ces pays, et hélas, l'expérience, qu'est-ce qui rend l'exercice si compliqué et pourtant si populaire ? A moins que ce ne soit l'inverse. Parce que le plus fou, c'est qu'ils continuent d'être produits, ces remakes de sticoms américains, année après année, car il y a vraisemblablement quelque chose d'universel dans les sitcoms américains qui attire les producteurs locaux.

On a échappé à celui-là. Mais visiblement on n'est pas à l'abri en France non plus. Alors, faut-il se préparer à l'arrivée d'un remake de sitcom américain en France ? Faut-il commencer dés maintenant à stocker des vivres et de l'eau ? Je panique un peu, pardon. Mais moi, j'ai entendu les rires enregistrés des remakes russes. JE SAIS.

Posté par ladyteruki à 22:51 - Point Unpleasant - Permalien [#]

25-03-12

A TV show a day doesn't seem to keep the doctor away

BlackMarch

J'ai toujours pensé qu'il y avait un épisode pour chaque situation ; c'est d'ailleurs en partie la raison pour laquelle je peux être un brin volage dans mes visionnages : je fais mon planning selon l'humeur. Un coup de blues ? Il y a forcément un épisode triste à regarder. Une peine de coeur ? Choisissez un rupture de série au pif et pleurez votre content. Colère, fatigue, mais aussi joie, euphorie, excitation d'une nouvelle rencontre ou d'un nouveau projet... Quelle que soit l'émotion du moment, il y a moyen d'aller l'explorer avec un épisode, et de revenir "à la normale" ensuite, tout ayant été dit à l'écran et l'esprit ayant le temps de se calmer.
Oui, je suis une fervente adepte de la doctrine qui prétend qu'il y a un épisode qui colle à votre humeur du moment, quelle qu'elle soit. Et qu'une fois qu'on la regardé, on est comme en paix avec l'univers et soi-même, et on peut reprendre une activité normale.
...
GROSSIERE ERREUR.
Je m'en aperçois alors que je suis malade depuis plus d'une semaine : il n'existe pas d'épisode capable de coller à l'humeur "j'ai mal à la gorge et je tousse comme si j'allais cracher mes poumons".

En fait c'est même tout le contraire. Dans la plupart des séries, les personnages vous narguent de toute leur capacité à respirer avec les bronches dégagées, ils ont le petit sourire narquois de celui qui n'a pas eu une quasi-pleine semaine d'extinction de voix, et ils font même ce truc, vous savez, qu'on fait quand on n'est pas malade ? Avoir une vie. Les salopards.
Et d'ailleurs quel est leur secret, à ces personnages de séries ? Comment se fait-il que jamais on ne voit le Piemaker se faire sermoner par son médecin parce qu'il a réussi à choper une sinusite en allant flâner dans les cimetierres ? Pourquoi cette peste d'Alicia Florrick ne contracte pas la plus petite gastro-entérite en l'espace de trois saisons ? Je veux bien croire qu'elle prenne soin d'elle et tout ce qu'on veut, d'ailleurs moi-même j'ai d'ordinaire une santé de fer, mais c'est viral, au nom du ciel, comment elle a échappé à un truc viral ? Trois ans de suite ? Ses mômes lui ont jamais ramené un tout petit virus qui court en classe ?

Je m'emporte. Ce doit être la fièvre.
Oh, je ne nie pas que parfois, les personnages peuvent chopper une petite grippe. Essentiellement dans les sitcoms, d'ailleurs. Je revois encore Fran (que d'ailleurs j'imite mieux que jamais en ce moment...) faisant quelques escales chez le médecin, de temps à autres. Il y a aussi un épisode des Craquantes dont je me rappelle très bien, et où elles tombent toutes les trois malades en même temps. Mais c'est uniquement pour rire. En fait, au contraire, au bout de deux ou trois minutes, le générique passe, du coup le virus aussi, les personnages se remettent en branle comme si de rien n'était, et recommencent leurs aventures sans plus se soucier de rien ; être malade est un prétexte et non un état.
Il doit y avoir une règle non-écrite quelque part qui précise qu'aucun personnage ne peut être malade 20 minutes en 7 saisons, je suppose.

Vous savez ce qui m'aurait fait plaisir en ce dimanche ? Un épisode où les personnages sont malades, incapables de respirer normalement, doivent aller se repoudrer le nez toutes les 10 minutes et toussent comme des fumeurs aux poumons calcinés. Là d'accord.
C'est peut-être pas très sexy mais ça m'aurait fait rudement plus de bien que tous ces petits enfoirés en bonne santé en train de gambader sur mon écran.
Oui voilà, toi, par exemple. Crevure.
Tiens bah j'espère que t'étais malade aussi pour ton anniversaire, et toc.

GambadantFollement

Ahem. Bref, tout ça pour dire : on se retrouve demain pour de vrais posts. Si j'ai pas clamsé d'ici-là.

Posté par ladyteruki à 23:00 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

16-11-11

Rev-eries

Du plus loin que je me souvienne, je crois que j'ai toujours aimé les comédies en single camera.
Je n'ai strictement rien contre le sitcom, comme le prouveront les nombreux tags de ce blog rappelant les intégrales de Will & Grace, Roseanne, Reba, Les Craquantes, ou encore Three's company, ainsi que, naturellement, le culte que je voue au sol que foule Fran Drescher depuis bientôt 20 ans (mais en années-Fran ça n'en fait que 5).

Le problème qu'on rencontre de façon croissante depuis quelques années, c'est qu'entre une comédie en single camera et une dramédie, on ne fait plus trop la différence. C'est le reproche qui est adressé chaque fois qu'une série comme Nurse Jackie se pique d'être nommée/récompensée dans la catégorie comédies ; en réalité l'explication est historique (la dramédie est un genre qui n'a que 15 ou 20 ans maximum, et qui tire sa forme de la comédie en single camera). Et pour le coup, moi, ça ne me dérange pas, principalement parce que les histoires de genres sont quand même faites pour couper les cheveux en quatre. Qu'une série soit une dramédie, ou une comédie en single camera un peu trop sérieuse par moments, l'essentiel est le plaisir du visionnage qu'on en tire.
Je crois que c'est vraiment le genre télévisuel qui peut me réconcilier avec absolument tout.

...Même avec la Grande-Bretagne, dont vous n'êtes pas sans savoir que les accents me rebutent depuis de nombreuses années (mais depuis Threesome, je commence à trouver un certain charme aux particularités écossaises ou irlandaises, et j'ai un faible pour le parler de Christopher Eccleston, version Accused par exemple, alors qui sait, un jour peut-être je guérirai). Cet après-midi, j'ai tenté Rev., tout simplement parce que j'avais remarqué que la fiche manquait sur SeriesLive et que dans la foulée, j'ai regardé le pilote, ça ne mange pas de pain.
Vu la longueur des saisons, je me tâte un peu pour la suite, maintenant, pour tout vous dire.

Rev-eries
Rev., alors qu'elle est vendue comme une comédie, est pourtant assez sérieuse, et relève plus de la dramédie. Entre les déboires financiers et les doutes, le personnage principal ne se marre pas et nous, pas tellement non plus, mais il en émane une certaine légèreté tout de même. Plus incroyable, les personnages les plus outranciers, comme Mrs. Onyeka, sont les moins appréciables alors qu'ils sont résolument les plus orientés vers la comédie.

Mais en réalité, l'idée n'est pas de rire.

Le plus surprenant c'est que, quand on regarde une dramédie comme celle-ci, ou comme Nurse Jackie, The Big C, Wilfred ou Enlightened, on ressent un côté extrêmement "positif". On ne rit peut-être pas en réalité, mais à l'intérieur... comment vous dire ? Moi par exemple, j'ai l'impression d'avoir le cerveau qui sourit. Je ne le manifeste pas extérieurement mais je sens bien que ce n'est pas un drame que je regarde. Peut-être parce que c'est une façon farfelue de parler d'un thème qui ne ferait pas rire à la base, peut-être parce que le ton des personnages est détaché ou sarcastique, peut-être parce que les intrigues ne sont pas réalistes, peut-être parce que l'attachement émotionnel est provoqué plus ouvertement... je ne saurais pas l'expliciter précisément, mais en tous cas, il n'y a aucune chance pour que je confonde une dramédie avec un drama, même si elle ne me fait pas rire.

Du coup, peut-être que les reproches adressées aux dramédies-qui-ressemblent-trop-à-des-dramas viennent de ce que les spectateurs qui les formulent sont dans une logique de tout ou rien : si je n'ai pas ri, c'est que ce n'était pas une comédie. Donc que c'était un drama.
Rev. n'était pas une comédie, clairement pas. Mais ce n'était pas non plus un drama. Dans cette zone vraiment très très grise de la dramédie, elle avait simplement tout ce qu'il fallait pour être une bonne dramédie.
On va être honnêtes, je disais un peu plus haut que j'hésitais à regarder la suite. Bon, le choix me semble déjà fait, en réalité...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Rev. de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:15 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

26-07-11

Le fruit n'est pas tombé loin de l'arbre

Vous avez remarqué à quel point les séries du passé sont forcément taxées d'être GENTILLES ? (ô insulte suprême dans un monde de téléphages cyniques attendant toujours plus de noirceur et de sérieux de leurs fictions)
C'est à la suite d'une discussion avec plusieurs d'entre vous sur Twitter que j'y ai repensé. Non que ce soit forcément dit avec mépris par mes interlocuteurs. Mais force est de constater que cela permet de se défausser systématiquement de ces séries, au prétexte qu'elles sont les reliques de temps immémoriaux (en années-internet) pendant lesquels il était courant qu'une série ait un regard positif sur le monde, les relations ou encore, simplement, la narration. Le happy end nous écoeure tous aujourd'hui, me dis-je parfois dans un excès de pessimisme (prouvant par là que je n'ai pas tort).

Pourtant, quand je ne m'escrime pas à vous faire regarder The Yard (clin d'oeil, clin d'oeil) ou, pire, des séries même pas anglophones, il me plaît d'essayer de défendre l'indéfendable : des séries datant d'il y a plusieurs décennies. Une tâche dont je ne suis, certes, pas la plus éminente ambassadrice, mais on fait ce qu'on peut avec ce qu'on a et, ma foi, j'ai l'amour de Three's company et Maude chevillé au corps, c'est déjà pas si mal. Pis plus près de nous, je me repasse encore des dialogues des Craquantes ou Roseanne, et je suis toute aussi ravie.
D'accord, ce sont plus souvent des comédies. C'est aussi parce que, entre vous et moi, c'est quand même plus agréable à regardé que la plupart des comédies d'aujourd'hui.

Mais les décennies passées n'ont pas été que rires et bouffonnades. Et c'est ça qui est intéressant, bien qu'un peu triste. C'est qu'on ne se rappelle que des séries drôles, et souvent familiales, et que ça permet de prendre un petit air condescendant en disant "ah, mais ça, c'étaient des séries comme on en faisait avant, c'était GENTIL, quoi". Vlan dans les dents.

Il ne vous aura pas échappé (ou si c'est le cas, prenez un air assuré et allez lire ce post discrètement quand j'aurai le dos tourné) que je ne mange pas de ce pain-là. Je revendique haut et fort mon attachement aux séries de jadis, peut-être moins fort qu'aux séries nippones ou australiennes, certes, mais quand même, et j'ai toujours une liste de séries à tester à l'occasion (tenez, la prochaine, c'est Voyage to the Bottom of the Sea, quand j'aurai du temps, et si je m'en tiens à mon planning... ah ah ah, je me fais rire toute seule dites donc).

La conversation du jour tournait autour de la classification de La Croisière s'amuse : selon SeriesLive, il s'agissait d'un soap. Mais comment la classer ? Comme un drame ? Certainement pas. Une comédie ? C'état un peu dérangeant quand même. Bon résultat, non seulement j'ai rien changé à la fiche, mais j'ai joué ma timorée sur la fiche de Das Traumschiff qui était la raison pour laquelle je consultais celle de La Croisière s'amuse.
Au cours de la conversation sur ce thème, donc, l'exemple de L'Île Fantastique est venu sur le tapis. Le soucis c'est que, si effectivement les séries sont comparables dans leur formule (notamment le fait que plusieurs histoires se croisent, permettant à plusieurs scénariste de travailler dans un même épisode), sur le ton elles n'avaient pas grand'chose en commun. Lorsque j'ai regardé le premier épisode de L'Île Fantastique voilà quelques semaines, l'histoire n'avait pas grand'chose en commun avec un épisode de La Croisière s'amuse, ou disons, en partie seulement. Car si d'un côté, on y trouvait deux jeunes femmes souhaitant vivre l'existence de la jet set (et qui du coup, c'est fatal, rencontraient chacune un homme qui permettait de se poser des questions sur la classe sociale de façon assez explicite, donc avec quand même dans l'idée de réfléchir et pas juste raconter une romance), l'autre partie était consacrée à un fantasme bien particulier : un magicien qui voulait accomplir "l'évasion ultime" se retrouvait envoyé dans une prison dont on ne réchappe pas. Envoyé ainsi dans le passé (et pas juste dans une illusion du passé, comme on pourrait s'y attendre, donc avec une forte composante fantastique qu'on a aussi tendance à oublier), il se trouvait réellement prisonnier, et il pouvait réellement mourir. A lui de voir si le défi en valait la peine... La leçon, loin d'être bienveillante, est alors réellement cruelle, et pas juste une gentille petite fable moralisatrice. Le personnage est réellement mis en danger, et même si on ne se fait pas de soucis pour lui, on a une vraie teneur dramatique, et pas juste une petite cabriole scénaristique. A côté, même les gars de Mission: Impossible étaient plus prudents sur les conséquences de leurs petites mises en scène. Et eux, ils travaillent pour le gouvernement.

RosyMemories_FantasyIsland
Outre cet exemple frais dans ma mémoire, on va exceptionnellement faire l'effort de se rappeler de mon plaidoyer pour réhabiliter (un peu) les Ahem! du Bonheur, qui, même si ses méthodes étaient, je vous l'accorde, celles d'une production peu raffinée en général, et pas téléphagiquement exigeante en particulier, avait tout de même quelques qualités dramatiques qu'on a eu vite fait d'oublier, quand on ne les a pas tout simplement ignorées.

Parce que c'est si facile de faire des généralités. C'est si facile d'avoir une mémoire partielle. C'est si facile de mettre des séries dans des cases.

Et je n'adresse pas ce reproche à qui que ce soit en particulier. Je suis consciente d'être moi-même, encore, parfois, d'un certain snobisme, alors que pourtant, en toute humilité, on ne peut pas dire que je ne fasse pas d'efforts pour regarder des séries contre lesquelles j'avais un fort préjugé il y a quelques années à peine encore. Genre Awkward., par exemple. Ou tout simplement, comme une série non-américaine. Parce que les habitués de ce blog le savent, il y a encore quatre ans, à l'ouverture de ce blog, j'étais du genre à considérer que hors la fiction US, point de salut, bien que regardant déjà des séries nippones. On a tous le droit de grandir, hein, je ne fais pas exception.

Mais enfin voilà, je trouve que ça en dit long sur nous en tant que communauté de téléphages, de voir que systématiquement, on a tendance à amoindrir l'impact dramatique des séries d'antan. J'ai regardé Roseanne il y a encore pas si longtemps avec la conviction qu'on avait changé d'époque et que celle-ci s'inscrivait dans la sienne ; alors évidemment, loin de moi l'idée de prétendre qu'on fait aujourd'hui les séries de la même façon qu'hier, et inversement.

Pourtant, de la même façon que, quand on parle de séries estivales en se disant que c'est le genre de série sans importance qu'on regarde et qu'on oublie aussi vite, on met soigneusement de côté le fait que Mad Men a, au départ, débuté comme une série estivale, eh bien de la même façon, on pense aux séries des décennies passées comme si elles avaient toutes uniquement proposé des Madame est Servie, et qu'il n'y avait pas eu de Prisonnier, pour ne citer que le meilleur des contre-exemples.
L'équipe du SeriesLive Show a d'ailleurs fait l'expérience d'une excellente bonne surprise quand, au début de notre première saison, nous avons découvert le pilote de Hawaii, Police d'Etat, et que la réalisation comme l'histoire allaient plus loin que le stéréotype qu'il nous en était resté.

Peut-être qu'on devrait regarder de "vieilles" séries plus souvent.
Ca nous rappellerait que les séries d'aujourd'hui que nous tenons en si haute estime... ont de qui tenir.

Posté par ladyteruki à 18:04 - Série de valeurs - Permalien [#]

14-07-11

La plus grande pauvreté

J'ai des dizaines de choses à faire : finir Mesudarim, regarder Koselig Med Peis (cette fois avec sous-titres), m'envoyer l'intégrale de Jack & Bobby que je me promets depuis l'été dernier, sans compter quelques pilotes que j'ai dans ma besace (j'ai toujours des pilotes dans ma besace...) et les posts que je dois écrire sur Cloudstreet, Game of Thrones...
Non, je ne manque pas d'occupations.

Cependant, je suis atteinte de ce curieux mal qui m'arrive souvent après une intégrale (ou deux, comme l'an dernier avec Les Craquantes et Will & Grace) : je n'ai envie de rien.
Si, de Roseanne.
Mais bon, on a vu comment ça a tourné sur la fin, hein.

RoseanneEmpty
Et pourtant, que la série ait été un plaisir de chaque instant ou qu'elle ait eu ses (très) mauvais moments, il y a toujours cette période, à l'issue d'une intégrale, pendant laquelle on n'a goût à rien parce qu'il faut se déshabituer des réflexes acquis pendant quelques semaines : lancer le DVD et s'envoyer un petit épisode pendant le dîner.
D'accord, qui suis-je en train d'essayer de berner ? Deux épisodes.
Ok, ça va, trois, vous êtes de la police ou quoi ?

Toujours est-il que même en étant parfaitement consciente qu'il n'existe aucune force suffisamment puissante de par le monde pour me contraindre à regarder une nouvelle fois un épisode de la 9e saison de Roseanne, et que certains d'entre eux m'ont téléphagiquement traumatisée à jamais (je vous remets pas les liens vers les twitpics, hein, j'ai pitié, elles étaient déjà dans le post précédent et c'est un acte de barbarie suffisant), eh bien malgré tout, la série me manque.
Le processus est, j'imagine, naturel. Pour autant, même pleinement consciente en toute objectivité de l'ironie de la chose, difficile de penser à autre chose en ce moment.

Alors, même si j'aimerais qu'aujourd'hui mon post vous parle d'un pilote génial, vous rappelle une série méconnue, ou vous commente une news sur la cérémonie télévisuelle qui est la plus chère à mon coeur... aujourd'hui, mon post peut juste vous dire que Roseanne me manque.
Au juste, je ne suis pas bien sûre du pourquoi. Mais toute la journée, j'ai expérimenté le comment.

Posté par ladyteruki à 23:21 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

28-05-11

Si j'avais un lingot, j'achèterais le jour, j'achèterais la nuit...

Eh bah je sais pas si c'est de regarder les millionnaires de Mesudarim (aw, pauvre Erez dans le 2e épisode !) ou juste le fait que j'aie trainé une ou deux heures dans les méandres d'Amazon la nuit dernière (je ne le fais jamais parce qu'Amazon n'accepte pas les chèques, mais là, j'avais une carte bancaire dans les mains), mais je me sens d'humeur matérialiste aujourd'hui...

COLLECTION
Opération COLLECTION (détail) (en bordel)

Chaque fois que je traine mes guêtres dans une FNUC, j'en ressors à la fois avec les bras chargés (je rappelle quand même que ça fait 10 ans que le personnel de ce genre d'établissements s'excuse en me voyant de n'avoir pas de caddie...), et pourtant avec un grand sentiment d'insatisfaction. Parce que pour chaque coffret Misfits embarqué avec enthousiasme, pour chaque Nurse Jackie acheté le jour de sa sortie, pour chaque The Tudors payé rubis sur l'ongle pour n'en pas louper une miette... il y a tous les coffrets qui ne rentrent pas avec moi. Parce qu'ils ne le peuvent pas. Et finalement je crois que c'est aussi ça qui me retient un peu d'achats fous genre "oh une intégrale de Will & Grace à 52€ la saison, c'est une affaire !", vous voyez ? L'impression d'un manque d'alternatives.

Posséder entre mes petites mimines une carte bancaire, cette nuit, avec un verre de whisky-fraise à la main (bah quoi, c'est de la fraise, c'est donc girly !), m'a servi d'électrochoc. Soudain il ne s'agit pas d'éviter le site d'Amazon parce que de toute façon on ne pourra rien y acheter. Ecumant page après page la rubrique import zone 1 des séries télé, je crois avoir réalisé pour la première fois que je passais quand même à côté de plein de trucs. Notamment qu'il n'est pas nécessaire de payer 52€ une saison de Will & Grace. Mais aussi, et c'est sans doute le pire, que tous les DVD qu'inconsciemment je semble chercher du regard dans les rayons de la FNUC (ou, quand je me sens d'humeur dépensière, dans le catalogue de CDiscount, que je ne consulte que quand une rentrée d'argent me brûle les doigts, et pour acheter des séries qui ne me plaisent que de loin et me semblent tout de même nécessaires dans ma telephage-o-thèque, genre les deux premières saisons de Lost), et qui n'y sont pas, parce qu'ils ne sortent pas sur notre territoire et ne font pas partie des "hits" qu'on place sur le rayon import, et qu'on trouve en fait tellement facilement sur Amazon, enfin disons, facilement si on arrive à trouver le moyen de naviguer dans leur arborescence un peu obtuse, bref, toutes les séries que vous et moi n'avons pas le réflexe d'acheter parce qu'on ne nous en parle pas, mais qui sont là ! Alors oui, je pourrais acheter la saison 1 de Parenthood quand elle sortira, et de vous à moi ça se produira probablement d'ici quelques semaines, mais maintenant, je ne peux plus ignorer qu'il y a des coffrets autrement moins évidents qui sont tout aussi faciles d'accès, et ça change tout dans mon rapport à la dépense téléphagique.

Cette nuit, je m'en suis sortie avec une intégrale de Yes Minister et un coffret dont j'ignorais même l'existence, EZ Streets, ce qui a coincidé avec le moment où j'ai constaté avec la plus grande émotion que c'était une des premières fiches que j'avais faites sur SeriesLive, et que je n'en avais jamais vu l'ombre d'un épisode (triste réalité, mes amis : ça arrive souvent). Pour moins de 30€, j'ai échappé au pire, finalement.
Mais je découvre, oh, dix ans après tout le monde quoi, les vertus de l'achat en ligne AVEC UNE CARTE BANCAIRE.

Et soudain, s'acheter une intégrale des Craquantes ne relève plus de la fantaisie téléphagique, mais d'une potentielle réalité, comme un horizon immense. Ajoutons à cela la perspective de pouvoir acheter plus facilement des séries en import étranger genre Capitu (que j'ai toujours dans un coin de tête), et franchement, ça devient flippant. Je préférais quand mon monde était un peu plus petit, finalement !
On ne devrait jamais changer de boulot.

PS : que ceux qui trouvent qu'il est honteux que la rubrique Diagnostic COLLECTION n'ait pas connu de mise à jour depuis au moins un an et demi se manifestent, si je vous sens intéressés, je m'en chargerai la semaine prochaine. Mais si c'est juste pour moi, ça sert à rien : les DVD que j'ai, je les connais hein !

Posté par ladyteruki à 12:59 - Opération COLLECTION - Permalien [#]

03-12-10

Refaire / Défaire

On se plaint des remakes américains... mais, mes pauvres petits, c'est rien, ça. C'est une partie de plaisir, même ! Quand les Américains se piquent de refaire Skins, Being Human (brrrr...), ou commencent à lorgner vers Misfits... mais je dis allez-y. Mais c'est pas grave. Ya pire dans la vie !

Imaginez des Espagnols en train de lancer un remake des Craquantes, par exemple.
Ah, là ça rigole plus. Bah vous avez raison : il faudrait une loi pour interdire le remake de sitcom américain. Là, on est dans la criminalité internationale, là d'accord. Et je comprends mieux pourquoi ça faisait des semaines que j'avais cagoulé le pilote de Las Chicas de Oro sans y toucher. Ça s'appelle l'instinct de conservation. Mais puisque j'en étais à mettre la fiche à jour (j'ai pas fini mais ça commence à avoir de la gueule, si vous voulez y jeter un œil), je me suis dit que, bon, piske j'avais le pilote, hein ?

LasChicasdeOro

Le problème, c'est le "respect" de la série originale. Parce que justement, Las Chicas de Oro est un vrai remake, genre qui a récupéré les scripts des épisodes d'origine et fait un petit gloubiboulga avec les passages qui semblent les plus à propos, genre qui a casté puis relooké les actrices pour qu'elles soient la copie conforme de leurs aînées américaines (à l'exception de Doroti à qui il manque 20 bons centimètres, au bas mot), genre qui a reconstitué les décors presque fidèlement quitte à conserver le goût des années 80 pour les couleurs, genre qui place des rires enregistrés à intervalles réguliers parce que "ça fait sitcom américain". Tout y est, sauf... le cœur.
Je me rappelle mon effroi devant Maia Prekrasnaia Niania, il y a quelques mois. Je ne l'avais pas uniquement mis sur le compte de mon sentimentalisme et mon affection profonde vis-à-vis d'Une Nounou d'Enfer (ne riez pas, le Dieu de la Téléphagie seul sera mon juge !!!). Et étaient à blâmer exactement les mêmes travers.

Car dans le fond, remake ne veut pas dire copie carbone. Et si effectivement on retrouve tous les ingrédients des séries d'origine, le script, le look des personnages et tout... bah, le lien ne se crée pas. Alors je ne dis pas, ça divertit probablement sur le moment (surtout si on a la chance de comprendre l'intégralité des dialogues, je le conçois), et Maia Prekrasnaia Niania a été un beau succès de plusieurs saisons, et Las Chicas de Oro était regardée encore lundi soir dernier par 13,5% des spectateurs espagnols, ce n'est pas exactement un bide. Mais dans le fond, une fois ces séries achevées, ce qui restera dans les mémoires, c'est la série d'origine. Parce qu'elle est très exactement cela dans l'esprit des spectateurs, et surtout, de la production du remake : l'origine. Quoi que fassent les personnages à partir de là, ils ne sont jamais qu'une bouture repiquée.

Sérieusement, est-ce que les productions Russes ou Espagnoles (et je cite ces coupables uniquement parce que j'ai plus de place dans les tags, mais il y en a d'autres et parfois pas bien loin, n'est-ce pas Maguy ?) ne pourraient pas faire l'effort de créer leurs sitcoms pas drôles toutes seules, comme des grandes ? Bien-sûr que ça doit être plus simple à vendre à une chaîne, surtout quand le cahier des charges déjà prêt économise sur plein de choses, dont le travail de développement, mais sincèrement, c'est pas du boulot. C'est vraiment du produit de consommation pur, sans aucune ambition. L'émotion est totalement absente du résultat, même quand nos petites vieilles discutent de leurs expériences sur leur coin de canapé ; c'est déjà bien d'avoir gardé cette partie et pas juste les passages humoristiques, hein. Et on ne fait pas avancer la télévision de son pays en allant pomper celle des autres, pas de façon aussi littérale en tous cas.

Un remake pour défaire ce qui faisait le charme d'une série... c'est triste, franchement. Je suis sûre que par rapport, les remakes des séries dramatiques, même quand ils déçoivent, ne sont pas aussi révoltants.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Las Chicas de Oro de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:23 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]