ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

23-01-13

Du bleu pour les filles

Avec un petit effort de mémoire (ou d'imagination, selon votre âge), vous pouvez peut-être vous souvenir ce que c'était que de ne pas être complètement innondé de séries policières. Je vous l'accorde, ça exige une petite gymnastique intellectuelle de nos jours, mais je suis sûre que vous pouvez le faire. C'était une époque pendant laquelle on n'avait pas encore atteint le stade où on a l'impression d'avoir tout vu ; mais avec l'année 2000, ça allait changer.
La première semaine d'octobre 2000 a vu apparaitre sur les écrans américains la série Les Experts ; une équipe dédiée à une seule tâche, trouver LA preuve qui permettra de confondre les criminels chaque semaine, tout cela sous une profusion de filtres colorés. Eh bien figurez-vous que, la première semaine d'octobre 2000 a également vu apparaitre, cette fois sur les écrans danois, une série répondant étrangement à la même description : Rejseholdet. C'est de cette dernière dont nous allons parler ce soir, puisque je viens d'en regarder le pilote.

Rejseholdet

Les ressemblances entre les deux séries ne s'arrêtent pas à la description succincte que je viens d'en faire. Comme Les Experts, Rejseholdet emploie un procédé un peu tordu pour à la fois présenter son contexte et y apporter presqu'immédiatement un élément perturbateur, à savoir la mort d'un membre de l'équipe ; sauf qu'ici, c'est le chef de l'unité, Torben Rønne, qui va être retrouvé mort.

Promue par le concours de circonstances à sa place, Ingrid Dahl, une inspectrice jusque là en charge des affaires internes, va prendre la tête des opérations afin de comprendre ce qui s'est passé et trouver le responsable. Elle doit naturellement faire face aux réactions de l'équipe de Torben, lesquels n'accueillent pas tous son arrivée de la même façon, et ce avec d'autant plus de difficultés qu'ils doivent aussi faire le deuil de leur patron ; mais Dahl va aussi découvrir qu'elle va devoir composer avec son supérieur Ulf Thomsen, qui très sincèrement ne la voyait pas pour ce poste et auquel la directrice de la police a légèrement forcé la main.
L'enquête va suivre son cours de façon assez "classique" (ce n'était peut-être pas forcément aussi classique il y a douze ans, mais le téléphage d'aujourd'hui aura du mal à en être tout-à-fait convaincu...), avec la structure habituelle : il y a une piste/c'est une fausse piste/une nouvelle piste/confession. Emballez, c'est pesé.

Pourtant, derrière les apparences peu originales de Rejseholdet, se cache un pilote qui a beaucoup à dire... mais pas sur son intrigue policière. Une grande partie de l'épisode sera en effet consacrée à suivre les relations d'Ingrid Dahl avec ses collègues et sa hiérarchie. Mais on n'est pas dans la figure classique du flic-contre-tous, par exemple. Rejseholdet s'est choisi un thème bien spécifique pour son épisode inaugural.

Au début de l'épisode, Torben et son équipe reviennent d'un déplacement, et s'apprêtent à célébrer une énième enquête couronnée de succès. On découvre d'entrée de jeu combien l'atmosphère y est à la fois joviale (ils sont contents d'avoir résolu leur affaire, normal) et extrêmement violente et sexiste. Torben et Ulf échangent des blagues pas franchement fines en sa tapant l'épaule, on ironise sur la vie conjugale des uns, et ainsi de suite. L'atmosphère est visiblement très joviale, mais aussi plutôt virile, en dépit de la présence au sein de l'unité d'une jeune femme blonde qui, dés qu'elle ouvre la bouche, est renvoyée dans ses cordes comme par habitude ("tu devrais pas être en train de te faire les ongles ?"). Tout cela sous le regard d'Ingrid, qui a croisé tout le monde dans le parking, et qui jette sur cette dynamique un regard navré.
La façon qu'a cette scène d'exprimer un sexisme très ordinaire, sous les yeux d'une femme qui n'est ni blasée ni vraiment révoltée par ce qu'elle entend (ce qui m'a d'ailleurs un peu rappelé, même si c'est en fait anti-chronologique, Koushounin), est en réalité à la racine des meilleures scènes de l'épisode.

Le pilote de Rejseholdet va en effet se faire fort de répéter régulièrement ces ingrédients tout au long de son intrigue ; par exemple, Ingrid décrochera le poste parce que la directrice de la police a suggéré son nom à Ulf. Discrimination positive ? C'est ce que suspecte Ulf, lequel proteste qu'il ne voit pas son équipe travailler sous les ordres d'une femme ; la directrice ne confirmera ni n'infirmera son intention, mais notera qu'il est grand temps qu'une femme ait cette responsabilité ; clairement, le fait qu'Ingrid soit une femme n'est anodin pour personne, dans un sens comme dans l'autre. Le fait qu'elle ait eu la promotion au lieu du second de Torben devrait être un facteur aggravant, au moment de son arrivée dans l'équipe, mais l'épisode va au contraire se défausser rapidement de cette piste pour explorer plutôt la question des genres.
Au cours de l'épisode, Ingrid explicitera toute la problématique qui se cache derrière son accession au poste : "je veux être promue pour mes qualifications, non mon genre". Le soucis c'est que son genre est aussi précisément ce qui empêchait Ulf de la considérer sérieusement pour ce poste, en dépit de ses qualifications... Rejseholdet semble bien décidée à explorer cette question, et s'en tirera plutôt bien dans un pilote qui a aussi pour vocation de mener une enquête de bout en bout, plus, bien évidemment, l'exposition de ses personnages (même si certains seront mieux servis que d'autres à ce stade).

Toute la question est de savoir si cet axe sera également exploité par les épisodes suivants ; j'avoue qu'à ce stade, j'ai l'impression qu'une telle énergie a été consacrée à ce thème dans le pilote, qu'il semble difficile de nier que Rejseholdet a l'intention de questionner divers problématiques féministes (on aura aussi, plus brièvement, droit à un questionnement sur la façon dont Ingrid peut concilier sa vie professionnelle et sa vie de mère), mais je vois mal, d'un autre côté, comment il peut être possible d'aborder le sujet sans tomber dans la redite de ce qui a été dit dans le pilote. Ca m'intrigue vraiment.

Mais heureusement que cet aspect des choses m'intéresse, parce que pour le reste, Rejseholdet n'est pour l'instant pas d'une folle originalité sur un plan strictement policier.
Il faut aussi ajouter que, si j'ai dressé une comparaison avec Les Experts, elle n'a absolument pas lieu d'être étendue à la question budgétaire : clairement, la série danoise est sur un budget serré. On peut d'ailleurs la comparer à des séries danoises (ou scandinaves en général) plus récentes, et voir le chemin parcouru en une dizaine d'années en termes de production value ! C'est édifiant... Malgré quelques efforts de camera, on sent quand même que Rejseholdet n'est pas exactement un bijou de réalisation, et certaines performances d'acteurs sont d'ailleurs à l'avenant.

Mais qu'importe. J'apprécie que la série ait eu envie de dire quelque chose, de ne pas simplement se consacrer à ses enquêtes policières, d'avoir un sujet. Le fait que ce sujet soit le féminisme (ou semble l'être) ne gâche évidemment rien à mes yeux, mais Rejseholdet pose plus de questions qu'elle ne semble y répondre sur ce sujet de toute façon.
Vu mon aversion envers les séries policières en général, et à plus forte raison si elles sont procédurales, je ne vais sans doute pas finir en quelques jours mon coffret de Rejseholdet nouvellement reçu. Mais je suis contente d'y découvrir un angle dramatique qui la rendra plus facile à regarder. N'hésitez pas à y jeter un oeil... à ce stade de mon visionnage, je trouve que Rejseholdet a l'air bien partie pour mériter ses deux International Emmy Awards !

Posté par ladyteruki à 23:51 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

03-11-09

Yuuki Amami n'a pas le droit de pleurer

Dorama, frontière de l'infini vers laquelle voyage le blog ladytelephagy. Plus je m'enfonce dans les méandres de cet univers, plus je constate que les Japonais, plus encore que les Américains, ont une fascination sans borne pour la femme célibataire. Après vous avoir parlé de Koushounin, Ohitorisama, Katagoshi no Koibito, Kimi wa Pet et consorts (on va pas se refaire une liste), je m'aperçois que jamais les séries japonaises n'ont l'air d'avoir fait le tour du sujet. Visiblement il y a un public de femmes célibataires au Japon dont je ne soupçonnais pas l'ampleur...

Alors quand j'ai donné sa chance au pilote d'Around 40, je n'en attendais pas grand'chose, partant du principe que ce n'étaient pas trois quasi-quarantenaires qui allaient m'apprendre ce que les tonnes de quasi-quarantenaires auraient éventuellement oublié de dire avant.
GRAVE ERREUR.

Around 40 prend l'éternel postulat de la nana qu'il est quand même temps de marier une bonne fois pour toutes (sinon ses ovaires vont se dessécher...), et qui franchement, n'y met pas beaucoup du sien. Mais ce qui fait toute la différence, c'est le traitement. Et la présence de Yuuki Amami. Yuuki Amami qui est, il faut le dire, est le symbole vivant de la femme qui en impose. C'est mon idole (avec Miki Maya. Non attendez, Miki Maya, je veux juste l'épouser).

Bref, Around 40 se révèle beaucoup plus nuancé que la plupart des autres fictions avec des célibataires, le scénario du pilote ayant juste ce qu'il faut de... de tout. D'intelligence, de comédie, de subtilité, de complicité... A côté de ça, les filles de Sex & the City ont l'air de pauvres greluches superficielles avec de l'eau entre les oreilles (comment ça je pouvais m'épargner la mention "à côté de ça" ?).

Yuukiquirit

J'ai été touchée par l'honnêteté du portrait : une femme avec ses moments de solitude heureuse, et de solitude douloureuse, une femme qui pense qu'elle a encore le temps, et qui constate qu'on ne lui en laisse pas beaucoup, une femme qui recherche l'approbation de ses amies, qui recherche un équilibre intérieur... bref, une femme d'aujourd'hui. Tiraillée entre son envie de modernité féministe et son envie de confort social.

Il y avait ce joli dialogue, par exemple, entre l'héroïne (qui venait d'expérimenter l'un des inconvénients de la solitude) et sa belle-mère :
- Papa... il veut que je me marie, n'est-ce pas ? Il voudrait tenir mon enfant dans ses bras, pas vrai ?
- N'y a-t-il pas quelque chose qu'il veuille plus encore ?
- Quelque chose de plus ?
- Que tu sois heureuse.
J'aime bien cette oscillation qu'effectue l'héroïne (et dans une moindre mesure, ses deux amies) entre ce qu'elle veut et ce qu'on attend d'elle. Elle finit par être surprise par l'un comme par l'autre. Elle pense qu'elle est bien seule... jusqu'au moment où la solitude pèse. Elle pense que tout le monde veut la voir mariée... et finalement son père n'a pas envie de l'y pousser. C'est une façon très honnête de montrer ce qui se passe dans la tête d'une femme à qui on monte le bourrichon sur le mariage depuis des décennies, et qui ne sait plus trop ce qui au juste serait l'idéal.

Et puis, le drame. Alors qu'on pensait qu'en dépit de la pression, le personnage allait tenir bon, brandir son étendard de femme célibataire bravement, et poursuivre sa route à son rythme et à son goût... Voilà Yuuki Amami qui craque, et qui s'effondre sur un banc. Je ne sais pas comment vous décrire la trahison et la tristesse de cet instant. Déjà parce que je n'ai pas vu le personnage, j'ai vu Yuuki Amami pleurer. Or Yuuki Amami, elle est sans doute trop typecastée dans mon esprit, mais elle est inébranlable. C'est un roseau, pas un chêne. Et là j'ai vu Amami, mon Amami, celle que j'ai adorée dans BOSS, Enka no Joou (on en reparle très vite), Joou no Kyoushitsu... un roc ! J'ai vu Amami craquer. De chez craquer. Et je me suis mise à pleurer aussi, parce que si Yuuki Amami pleure, c'est vraiment qu'on est foutues.

Yuukiquipleure

Bon, ne me regardez pas comme ça. Je me suis remise, depuis. C'était dimanche, j'ai eu le temps d'en faire mon deuil. Mais après cette petite expérience, et en ayant en tête la fin du pilote, mais aussi toutes les séries de célibataires que j'ai vues ces derniers temps, japonaises comme occidentales...
...je me demande juste si le féminisme n'a pas définitivement perdu la bataille de la télévision, quand même.

Si ça ne tenait qu'à moi, de toutes façons, Yuuki Amami n'aurait pas le droit de pleurer.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Around 40 de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:53 - Dorama Chick - Permalien [#]

13-10-09

Et dire que Samuel L. Jackson se croyait mal-aimé...

Je vous parlais hier de... ouhlà, plein de séries. Mais entre autres de Koushounin (rien à voir avec le saucisson), qui va démarrer plus tard ce mois-ci une seconde saison.

Comme je l'ai sans doute déjà dit, quelque part, je sais plus, vous chercherez, au Japon le renouvellement est loin d'être la règle, mais plutôt l'exception. Quand une série se retrouve prolongée pour une nouvelle saison, il y a toujours une bonne raison. En l'occurrence, Koushounin saison 1 ayant rencontré un succès apparemment satisfaisant (bien qu'en fait certains épisodes aient hérité d'audiences lamentables, et d'autres très convaincantes... bref un résultat très inégal), la saison 2 est en préparation après un passage par la case téléfilm l'hiver dernier, et en vue d'un film qui devrait sortir en 2010. On notera au passage que la méthodologie est à peu de choses près la même (moins le tanpatsu) pour LIAR GAME qui entame une seconde saison cet automne également.

Alors, bref, je disais : quand une série japonaise fait son retour, et à plus forte raison avec un tel tir groupé, mon réflexe est de me dire que, même si j'avais fait l'impasse une première fois, i lest quand même temps de s'y mettre. Koushounin, la bonne négociation comme on l'aime chez nous (nan mais en fait, ne faites pas attention, c'est moi qui ai fumé de la salade, ça se prononce "koochooninne", en prolongeant les "o").

Car l'histoire n'est pas très excitante sur le papier, à la base, puisqu'il s'agit d'une jeune femme (belle, évidemment, sinon ça n'aurait pas de sens) qui se trouve être la seule recrue féminine d'une équipe d'intervention spécialisée dans la négociation.
Une série pour mecs, assurément ? Genre vous imaginez déjà la belle pépé en train de charmer tout le monde ? Pas si sûr.

On ne tarde pas à s'apercevoir dés le pilote que la série est fermement résolue à aller jusqu'au bout de son concept. C'est même sa force. Reiko Usagi n'est pas la bienvenue, sexisme et harcèlement sexuel s'en mêlent rapidement pour bien lui montrer où est sa place. Et sa place, c'est de jouer les seconds rôles, comme le font toutes les autres femmes de la brigade qui ne servent en fait que de secrétaires en uniforme de police (option "je sers le café" plutôt qu'option "je participe sur les dossiers"). Entre le supérieur qui cherche à la tripoter, celui qui prend tranquillou une petite photo de ses cuisses, ceux qui pensent qu'elle est là uniquement pour faire le café, ou simplement qu'elle n'a rien à faire là... les réactions sont, en définitive, d'une grande violence. Jamais je n'ai vu une série, quelle que soit son origine, faire état d'une telle violence affichée envers les femmes. J'étais même surprise de l'ampleur de la chose ; il y a quelque chose de courageux dans ces portraits de l'univers professionnel masculin qui rejette ou diminue tout élément féminin, même sans le vouloir, à l'instar du petit rookie obséquieux qui tente de sympathiser (voire plus si affinités) et se vautre lamentablement.

Koushounin
Ouh putain ! Toi, tu vas avoir des problèmes ! Tu vas avoir de gros problèmes !

Évidemment, ce qui la sauve à nos yeux (mais résolument pas pour ses collègues masculins), c'est qu'elle est compétente. Mais pas infaillible (c'est important aussi). On sent qu'elle a déjà pas mal morflé par le passé, au long d'une formation qu'on imagine comme n'ayant pas été facilitée non plus, ce qui lui évite d'être grande gueule. Aussi, cet équilibre parvient à nous permettre de sympathiser avec elle, même si sa dureté maintient une certaine distance avec le spectateur. On n'a pas l'impression qu'elle est la belle héroïne seule contre tous qui va triompher de tout (même si en définitive, elle a raison, elle s'en prend plein la tronche, au propre comme au figuré d'ailleurs, ce qui rétablit l'équilibre cosmique).

Pourtant, Koushounin parvient à n'être pas féministe. Pas au sens habituel du terme, en tous cas. Le pilote n'est pas du tout un plaidoyer pour la parité, mais juste le parcours d'un personnage (qui s'avère être une femme) et qui veut réussir à faire ce qu'elle veut dans la vie. C'est, en fait, juste une question de respect.

Un autre élément du pilote est incarné par un étrange prisonnier, que Reiko Usagi visite régulièrement dans le couloir de la mort (au Japon, la peine de mort est administrée par pendaison, le saviez-vous ? voilà, vous venez de gagner collectivement 1 point de QI). Cet étrange personnage (interprété par Yuu Shirota avec plus de subtilité que je ne m'y attendais ; d'ailleurs ce dernier est au générique de la seconde saison qui commence le 22 octobre, ainsi que de Samurai High School, également sur la ligne de départ cet automne, mais quelle jeunesse, quelle santé !), visiblement malfaisant, donne non seulement une profondeur supplémentaire au personnage de Reiko, bien plus que l'éternelle petite-sœur-qui-est-normale-et-qui-s'habille-avec-des-couleurs-et-qui-ne-comprend-pas-pourquoi-l'héroïne-ne-sourit-jamais (je sens gros comme une maison que dans un épisode ultérieur elle va être prise en otage, celle-là), sur son passé, ses intentions, mais aussi marque de sa névrotique présence l'ambiance de tout l'épisode. Ces échanges malsains, qui n'ont pas grand'chose à envier à ceux du Silence des Agneaux (pas niveau gastronomie mais niveau ambiance), ajoutent au climat angoissant de Koushounin, sans pour autant verser dans le thriller. Faut voir ce que donne cette négociation-là, franchement.

Je ne veux pas vous quitter sans mentionner un autre plus de la série : l'esthétique. La plupart des scènes baignent dans le gris, avec un éclairage qui en même temps découpe superbement les visages comme à la serpe, c'est de la belle ouvrage, sans s'appesantir sur les effets de style non plus, et qui montre bien que la série a choisi son camps : ni noir (tourné à la va-vite), ni blanc (avec des effets chiadés partout), la série a choisi le gris (une subtilité pour le moment convaincante). Lancée comme je le suis, je sens que je vais m'envoyer vite fait la première saison pour embrayer avec la suivante !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Koshounin de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:01 - Dorama Chick - Permalien [#]

12-10-09

Staato !

Je ne sais pas pourquoi, mais j'avais très envie de vous présenter les nouveautés de la rentrée d'automne japonaise. Sans doute parce la rentrée américaine m'a interrompue dans ma fringale nippone de cet été, et que pouvoir mêler mes tendances pilotovores à mon envie de dorama, ça m'a fait trépigner d'impatience ces derniers temps...
Je vous avoue que je voulais réaliser cet article initialement pour un autre site, mais je n'ai jamais pris le temps de leur soumettre quelque chose de suffisamment développé. Mais bon, je leur soumettrai toujours, on verra bien, peut-être qu'il y apparaitra un jour !

- Welkame (NHK - depuis le 28 septembre)
L'histoire : une jeune femme, qui a été élevée dans une auberge à la campagne pour plus tard la délaisser pour partir dans une grande ville, doit retourner chez elle, faisant face aux réactions de ceux qu'elle s'était empressée de laisser derrière elle.
Autour de la série : sont prévus150 épisodes de 15mn chacun, en quotidienne le matin (c'est ce qu'on appelle les asadora).

- My Girl (TV Asahi - depuis le 9 octobre)
L'histoire : un jeune homme de 23 ans  a eu une aventure avec une femme d'âge mûr quand il était au lycée, et, plusieurs années plus tard, il apprend qu'elle est décédée et qu'elle a eu un enfant de lui.
Autour de la série : adaptation du roman du même nom. La bonne nouvelle c'est que deux teams de fansub ont déjà annoncé travailler sur cette série, donc on en reparlera probablement.

- Challenged (NHK - depuis le 10 octobre)
L'histoire : un professeur qui a perdu la vue décide de reprendre l'enseignement en dépit de son handicap.
Autour de la série : pas grand'chose à signaler, sinon qu'on va sans doute chialer comme des bébés.

- JIN (TBS - depuis le 11 octobre)
L'histoire : un neuro-chirurgien tombe dans une faille temporelle qui le ramène au milieu des années 1800, où il se résout à exercer la médecine sur les maladies d'alors avec ses connaissances du « futur ».
Autour de la série : adaptation du manga du même nom.

- Mama-san Volley de Tsukamaete  (NHK - depuis le 11 octobre)
L'histoire : les tribulations d'une équipe de volley uniquement constituée de mamans travaillant dans un supermarché local.
Autour de la série : exception qui confirme la règle, il s'agit d'un sitcom ! Il parait qu'il n'y en a eu qu'un seul avant celui-ci il y a quelques années. En tous cas, comme un bon sitcom qui se respecte, celui-ci sera tourné en public.

- Real Clothes  (Fuji TV - à partir du 13 octobre)
L'histoire : adaptation d'un tanpatsu (téléfilm) où une jeune fille pas spécialement féminine était mutée au rayon prêt à porter féminin d'un grand magasin, et devait devenir plus raffinée.
Autour de la série : le tanpatsu était déjà lui-même l'adaptation d'un manga.

- Gyne  (NTV - à partir du 14 octobre)
L'histoire : une gynécologue hantée par une tragédie passée, et qui fait toujours passer le bien-être de ses patients avant toute chose, se retrouve trainée en justice par la famille d'une patiente morte sur sa table d'opération lors d'une césarienne.
Autour de la série : drame à la fois médical et judiciaire, adaptation d'un article rédigé par un gynécologue réputé.

- Aibou (TV Asahi - à partir du 14 octobre)
L'histoire : deux policiers, un expérimenté et un plus jeune, mènent des enquêtes.
Autour de la série : huitième saison d'une série qui a commencé en 2000, donc n'a plus grand'chose à prouver...

- Fumou Chitai (Fuji TV - à partir du 15 octobre)
L'histoire : après avoir servi en tant qu'officier dans un camps de travail en Sibérie pendant la Seconde Guerre Mondiale, un homme retourne au Japon où il est engagé par une société commerciale.
Autour de la série : remake de la série du même nom qui a compté 31 épisodes en 1979, et d'après le roman du même nom.

- ROMES (NHK - à partir du 15 octobre)
L'histoire : une équipe de choc spécialisée dans la sécurité des aéroports traque aussi bien les terroristes que les hackers.
Autour de la série : seulement 9 épisodes prévus. Adaptation de deux romans. Prend la case dévolue à Primeval au Japon.

- Ohitorisama (NHK - à partir du 15 octobre)
L'histoire : une prof trentenaire tombe amoureuse d'un de ses collègues plus jeune de 10 ans. Ils décident d'emménager ensemble mais la cohabitation ne fait que souligner leurs différences.
Autour de la série : c'est Accidentally on Purpose en version japonaise, sans la grossesse. Et avec presqu'uniquement des chanteurs au générique !

- Untouchable (TV Asahi - à partir du 16 octobre)
L'histoire : une jeune reporter se trouve renvoyée de la publication haut-de-gamme où elle travaillait, mais son sens du détail lui permet d'accéder à la partie « intouchable » des affaires sur lesquelles elle écrit. Elle peut donc à la fois résoudre des affaires et continuer à écrire des articles, même si c'est à présent pour un torchon.
Autour de la série : R.A.S.

- Samurai High School (NTV - à partir du 17 octobre)
L'histoire : un jeune adolescent pas très viril tombe sur un vieux document qui lui insuffle l'esprit de ses ancêtres samurai.
Autour de la série : sur un scénario de Yumiko Inoue (14 Sai no Haha), a déjà eu le temps de changer de titre deux fois avant d'être diffusé.

- Shoukoujo Seira (TBS - à partir du 17 octobre)
L'histoire : Seira est une jeune fille issue d'un milieu aisé qui se retrouve à travailler dans le pensionnat où elle faisait auparavant ses études. Humiliée par ses anciennes camarades, elle affronte pourtant les épreuves avec le sourire.
Autour de la série : je vous en ai déjà parlé plusieurs fois, il s'agira de l'adaptation de la fameuse histoire de Princesse Sarah !

- Tokyo DOGS (Fuji TV - à partir du 19 octobre)
L'histoire : deux jeunes policiers, aux tempéraments contraires mais très zélés, font équipe autour d'une affaire impliquant une étrange jeune fille ayant perdu la mémoire.
Autour de la série : peut-être l'une des séries les plus attendues de la saison, principalement pour son casting.

- Meitantei : Asami Mitsuhiko (TBS - à partir du 21 octobre)
L'histoire : un jeune journaliste qui écrit pour un magazine sur les voyages se retrouve dans diverses contrées japonaises, enquêtant sur des mystères locaux.
Autour de la série : tiré d'une mini-série de 3 épisodes sur le même sujet, Asami Densetsu, diffusée en 2008 sur une chaîne concurrente, et qui était elle-même l'adaptation d'un roman.

- Koushounin (TV Asahi - à partir du 22 octobre)
L'histoire : une équipe d'intervention spéciale, majoritairement masculine et donc avec tous les travers qu'on imagine (hierarchie bornée, sexiste...) a un élément féminin qui sort du lot.
Autour de la série : deuxième saison d'une série démarrée en janvier 2008 (il y a aussi eu le temps pour un tanpatsu).

- Bouchou Mania 09 (NTV - à partir du 22 octobre)
L'histoire : un jeune homme se retrouve juré dans un procès et se prend de passion pour le monde judiciaire. Fasciné, il se met à fréquenter les tribunaux comme un hobby.
Autour de la série : adaptation d'un manga ; la bonne nouvelle pour nos amis non-anglophones, c'est qu'une team française a déjà annoncé qu'elle travaillerait sur les subs de cette série.

- LIAR GAME (NTV - à partir du 11 novembre)
L'histoire : une jeune femme est prise au piège d'un jeu étrange auquel elle n'a pas souhaité participer, où il faut mentir pour gagner ; or, elle est extrêmement honnête et demande donc à un arnaqueur professionnel de lui porter secours.
Autour de la série : c'est la seconde saison de la série LIAR GAME, dont j'ai déjà traité du pilote dans ces colonnes il y a quelques années (eh oui, bienvenue dans le système à la japonaise). Cette seconde saison est un prélude à un film où se déroulera la finale du jeu, et qui sortira en février 2010.

- Gaiji Keisatsu (NHK - à partir du 14 novembre)
L'histoire : les interventions d'une équipe d'élite spécialisée dans le contre-espionnage qui a été créée secrètement suite au 11 Septembre.
Autour de la série : seulement 6 épisodes de prévus.

- Saka no Ue no Kumo (NHK - à partir du 29 novembre)
L'histoire : deux frères officiers de l'armée, ainsi qu'un poète, qui tentent de mener bataille en n'usant pas que de la force, pendant la guerre contre la Russie au XIXe siècle.
Autour de la série : attention les yeux... il s'agit d'une super-production historique (les personnages ont existé) diffusée en trois partie, à l'automne 2009 (5 premiers épisodes), puis 2010 (3 épisodes), et enfin 2011 (5 derniers épisodes), et filmé en Russie et en Chine. Episodes de 90mn chacun.

Allez, en bonus je vous offre le top des séries les plus attendues de cette nouvelle saison nippone (d'après Oricon, spécialiste en classements et sondages de tous poils au Japon) :

1) LIAR GAME (FujiTV)
2) Tokyo DOGS (FujiTV)
3) Fumou Chitai (FujiTV)
4) Aibou (TV Asahi)
5) Otomen  (FujiTV) (la saison a commencé en août et reprend après un hiatus, doublé d'un changement de case horaire)
6) Koushonin THE NEGOTIATOR (TV Asahi)
7) My Girl (TV Asahi)
8) Samurai High School (NTV)
9) Real Clothes (FujiTV)
10) Ohitorisama (TBS)

Inutile de dire qu'il y en a dont vous n'entendez certainement pas parler ici pour la dernière fois ! Mais bon, LIAR GAME, je vais passer mon tour, Tokyo DOGS ne m'attire pas du tout... bref vous voyez le truc, ce n'est pas du haut du classement dont je vais beaucoup vous parler. Enfin bon, si je suivais ce qui disent les prévisions d'audience, ça se saurait. Par contre, Otomen, ça fait quelques semaines que je me dis que je vais essayer d'y jeter un oeil, alors on verra.
M'intéressent plus particulièrement : Gyne, Bouchou Mania 09, un peu My Girl, et quand même Fumou Chitai. Peut-être aussi la grande fresque historique en trois ans, si j'ai le courage et que des traducteurs l'ont aussi (ça risque hélas de faire peu d'émules). Sans compter évidemment Shoukoujo Seira !

Posté par ladyteruki à 19:32 - Dorama Chick - Permalien [#]


  1