ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

10-05-13

Soyons curieux maintenant, avant qu'il ne soit trop tard

Aujourd'hui, j'avais initialement prévu de vous faire un post sur Hatufim. Ou plutôt à sa gloire. Pour féliciter arte, qui outre les excellentes séries scandinaves qu'elle ne cesse de nous proposer, s'attache à nous rendre curieux sur plein de pays, dont Israël, un formidable pays pour les séries comme j'ai eu l'occasion de vous le dire à peu près 712 fois dans ces colonnes. Mais après avoir lu les retours sur la diffusion d'hier, j'ai décidé de mettre mon post de côté, et d'aborder une autre question que souligne la diffusion de la série.
Et puis, après tout, combien de fois avez-vous déjà lu des articles comparant Hatufim à Homeland cette semaine ? Comme si vous aviez besoin du mien en plus. Mais au pire, je l'avais fait là.

Hatufim-Portraits

Quelles que soient les qualités de Hatufim (et elles sont nombreuses), quel est foncièrement l'intérêt de diffuser une série dont le remake fait déjà tant parler ? La réponse est dans l'objectif qualitatif, pour ne pas dire téléphagique, qui est clairement celui d'arte depuis quelques années : proposer de bonnes séries, à la fois en gardant un oeil sur le monde et les tendances, à la fois en faisant son affaire de son côté sans s'embarrasser de suivre le troupeau. C'est un pari, peut-être pas quotidien, mais disons, trimestriel. Parfois ça marche, comme avec Äkta Människor.
Et parfois, ça donne Hatufim, 496 000 spectateurs hier soir.

Ouch. Oui, ça fait mal. Mais ça ne fait pas simplement mal parce que moins d'un demi-million de Français aura vu les premiers épisodes de cette excellente série. Ce ne fait pas simplement mal parce que "l'invasion" de séries israéliennes n'est pas pour demain après des résultats comme celui-là. Ca fait mal parce que, concrètement, le public des séries d'arte réagit au buzz. Or le buzz de Hatufim ne travaillait pas pour lui, d'abord parce qu'il y en avait très peu (le succès d'Äkta Människor, c'est aussi une campagne démentielle), ensuite parce que tous ceux qui en ont parler, tous, absolument tous, je prends l'absolu pari que vous ne trouverez pas d'exception à cette règle, ont comparé Hatufim à Homeland.
C'est-à-dire qu'on est parti du principe à la base qu'on allait regarder une histoire déjà très familière aux spectateurs, et que le jeu consistait à montrer les différences entre les deux versions, donc à partir du principe que la connaissance de Homeland par les spectateurs était telle que les spectateurs pouvaient en tirer des conclusions. ...On a quasiment fait passer Hatufim pour le remake !
Homeland, qui de surcroît, jusque là, n'a été diffusée en France qu'en crypté par Canal+, et dont le premier épisode a rassemblé sur la chaîne cryptée 1,3 million de spectateurs. Donc une portion de ces spectateurs allait forcément partir du principe que, bon, j'ai déjà vu une fois, ça va. Une autre portion n'a peut-être pas eu vent de la diffusion de Hatufim (c'est-à-dire que Hatufim ne fait pas les gros titres depuis plus d'un an et demi dés qu'on parle de séries, et n'a pas reçu d'Emmy Award). Et puis une portion a aussi décrété que les séries israéliennes, on veut bien être curieux, mais faut pas pousser quand même (j'en ai dans mon entourage... ou plutôt avais, les funérailles sont lundi).

La question de savoir si arte aurait finalement dû ne pas diffuser Hatufim ne se pose pas : c'est un choix éditorial en parfait accord avec l'identité que s'est forgée la chaîne, ces dernières années, dans le domaine des fictions acquises à l'étranger, c'est-à-dire le choix de la qualité et de l'intérêt intrinsèque de l'oeuvre, par opposition à ses chances évidentes de succès commercial. Personne n'a le sens de la prise de risque noble comme arte en matière de séries. Mais il lui faut déployer tout un couteau suisse de promotion pour réussir son pari ; or du point de ce point de vue, Hatufim était poignardée d'avance.

Par-delà le problème de Hatufim (la sortie en DVD fin mai devrait finalement atténuer nos peines ; vous avez de la chance, j'ai pas eu autant de bol avec Kommissarie Winter l'an dernier), la question qui se pose aussi est celle de l'avenir d'une série originale quand son remake nous est parvenu.
Des séries comme Ta Gordin, Rake ou Réttur deviendront obsolètes du jour où leur adaptation (quand elle voit le jour) aura achevé sa première minute sur les écrans américains.

Parce que telle est encore la loi, dans un monde où, ironie du sort, les séries américaines s'inspirent de toujours plus de nationalités différentes : les USA ont toujours le dessus. Au moins commercialement, ce qui est amplement suffisant. arte a beau essayer de nous ouvrir l'esprit à d'autres espaces, d'autres possibilités télévisuelles, pour le moment, USA is the new black.

Il n'est pas suffisant qu'une chaîne comme arte (mais qui d'autre ?) s'aventure sur des terrains comme Hatufim. Il faut qu'elle débroussaille le champs des possibles et déniche elle-même, sans doute en augmentant encore la prise de risques, les perles de demain dont les exécutifs américains s'arracheront les droits quelques mois plus tard. Dégainer par exemple Penoza avec Red Widow qui passe sur les écrans américains (sans même parler de sa réussite ou non outre-Atlantique), ce serait déjà avoir perdu le pari.
Il faut, pour éviter le piège tendu par le parallèle Hatufim/Homeland, qu'arte diffuse sans attendre les Oforia, les Pressa, les SON, les Arven Efter Veronika (bon enfin, non, arte peut attendre la diffusion danoise pour cette dernière, on n'est pas des bêtes). Ou bien qu'elle choisisse des séries quasiment impossibles à adapter, comme Blackstone, Intersexions, Cloudstreet ou 30° i Februari. Il faut prendre une longueur d'avance. Il n'y a pas le choix.

Soyons curieux maintenant.

Posté par ladyteruki à 23:47 - Zappeur, Zappeur n'aies pas peur ! - Permalien [#]

24-04-13

Un litre de larmes

BlogFestivalSeriesMania

Il est des choses difficiles à aborder ; en temps normal, et à la télévision. A mesure que les séries ont repoussé les limites des sujets traités, et de leur traitement lui-même, les spectateurs ont considéré comme normal que les fictions abordent des problématiques complexes et douloureuses. Il en est pourtant encore qui ont du mal à faire leur place sur les écrans, et ce, dans la plupart des pays de la planète.
Certains ont essayé. Aux États-Unis, on se souvient d'Angels in America en 2004, adaptée de la pièce du même nom, et couverte de récompenses ; avec un effort de mémoire, certains peuvent également évoquer Life Goes On de 1991 à 1993 (diffusée en France sous le titre de Corky, un enfant pas comme les autres), la première série à avoir mis en avant un personnage, d'abord secondaire, puis central, malade du SIDA, puis à avoir chroniqué les évolutions de sa maladie Ailleurs, c'est le mélodrame Ichi Rittoru no Namida qui, au Japon, en 2005, a participé à l'éveil d'une génération à des problèmes qui restaient tus dans les médias grand publics ; plus récemment, l'impressionnante série sud-africaine Intersexions, gigantesque patchwork d'expériences autour du virus, a su se distinguer par la versatilité et l'originalité de son ton. Lentement, frileusement, la télévision accepte de parler de ce qui fait mal dans les problématiques du SIDA.
Il manquait un point de vue européen, peut-être : le voici depuis l'hiver dernier avec Torka Aldrig Tårar Utan Handskar, mini-série en 3 épisodes présentée hier pendant le festival Séries Mania, sous le nom de Don't ever wipe tears without gloves.

2013-04-24 - Torka 1

Créée par Jonas Gardell, auteur suédois qui a publié son premier roman à 22 ans, mais également scénariste, comédien de stand-up et activiste, Torka Aldrig Tårar Utan Handskar est avant tout une page d'Histoire.
On retourne dans les années 80, à Stockholm ; bien que l'homosexualité y soit décriminalisée de longue date (depuis 1944 en fait), et ne soit plus considérée comme une maladie (depuis la toute fin des années 70), on n'y vit pas son orientation sexuelle au grand jour, les mentalités ayant du mal à changer tout-à-fait. Mais la capitale est devenue le point de ralliement d'une grande partie de la communauté gay de l'époque, et c'est justement comme cela que Benjamin et Rasmus finissent par s'y croiser ; ils sont jeunes, ils sont beaux, et ils pensent avoir toute la vie devant eux. Malheureusement, l'histoire d'amour va virer à Love Story...

Puisant dans son expérience (et le roman en trois volets qu'il prépare en parallèle du script de cette mini-série), Jonas Gardell livre donc une chronique d'une époque, chose que souligne la voix-off qui ouvre les épisodes et clôt la série. Torka Aldrig Tårar Utan Handskar met un point d'honneur à replacer chaque chose dans son contexte. Au spectateur moderne, bombardé d'informations, il pourra paraître incongru que les personnages ne parlent ni ne pensent aux maladies, ou à la protection. Mais qui pour le leur dire ? D'autant que Benjamin vient d'une famille de Témoins de Jéhovah où le péché occupe une place fondatrice, et que Rasmus, fils unique, est couvé par sa mère jusqu'à l'étouffement, celle-ci ne soupçonnant même pas que son petit garçon puisse avoir une vie amoureuse. Inlassablement, Gardell insiste sur le fait que le spectateur de 2012 connaît tous les spoilers sur le virus du SIDA, mais que les héros de 1983 n'en sont qu'au pilote ; tous les voyants seraient au rouge aujourd'hui quand défilent à l'écran certaines situations, mais aucun moyen de retourner dans le passé et avertir Benjamin et Rasmus...

La mini-série est pourtant loin d'être une simple expérience pédagogique. C'est dans une mémoire à la fois intime et collective que Gardell pioche pour sa chronique. En témoignent les nombreux souvenirs qui s'enchevêtrent dans la narration ; rarement une fiction télévisée aura tant jonglé avec la conception du temps. Basculant sans la moindre transition (parfois en un seul plan presque subliminal) d'un moment à l'autre de la chronologie de l'histoire, Torka Aldrig Tårar Utan Handskar bombarde d'émotions, de sensations, d'évocations ; la série ne commence pas avec la rencontre de ses deux héros, elle commence dés leur enfance, alors que les deux petits garçons, ignorant évidemment l'un l'existence de l'autre, s'examinent dans leur reflet respectif, et découvrent qui ils sont. Ces souvenirs jalonnent la narration, comme d'autres "flashforwards" sur la fin, brutale, de certains personnages (la série s'ouvre même sur l'un d'entre eux, dans la douleur la plus nue). Bien qu'elle exige du spectateur une attention et une implication émotionnelle de chaque instant, cette structure lunatique possède une grande efficacité.

C'est un foisonnement d'expériences qu'offre Torka Aldrig Tårar Utan Handskar, donc, d'émotions puisées à tous les âges de la vie, qui racontent comment les identités se découvrent, se testent, s'assument, s'épanouissent, mais ne se changent pas.

Ce que ses personnages principaux, mais aussi leurs amis (visages affectueusement familiers au bout d'à peine un épisode pour le spectateur), exprime, c'est combien il est difficile, dans le Stockholm des années 80, de trouver une communauté, d'y être accueilli, et à l'aise. C'est réaliser aussi à quel point il est difficile d'exister en-dehors de cette communauté. C'est découvrir qu'on n'existe pas aux yeux de la famille de son partenaire après le décès de celui-ci. C'est avoir la gorge serrée quand de faux prétextes sont invoqués pour expliquer les morts aux amis et voisins. C'est lire les propos homophobes dans les journaux. C'est lutter sur tous les fronts à la fois, juste pour pouvoir aimer.

Voilà qui nous sommes, explique Jonas Gardell en filigrane de Torka Aldrig Tårar Utan Handskar, et voilà ce qui a fait de nous ce que nous sommes.
A travers ses deux héros, ses personnages secondaires, et ses visages anonymes aussi, la mini-série raconte comment une communauté a survécu à sa guerre. La communauté gay de Stockholm a fait son Vietnam, à travers ceux qui ont réussi à revenir vivants - mais pas indemnes. D'ailleurs, les spectateurs non plus.
Bien-sûr, l'expérience de cette communauté lui est propre ; difficile pourtant, à travers l'accumulations d'expériences aux sensations authentiques (plus encore pour ceux qui ont vécu les années 80), d'oublier que nous pouvons tous nous retrouver dans les personnages et leurs douleurs. Au-delà de la maladie et de ses implications, Torka Aldrig Tårar Utan Handskar parle aussi d'être soi, et de ce que cela coûte. Rompre les liens avec son éducation ou ses parents, accepter de se mettre au défi émotionnellement, admettre de se lier à des gens qui pourtant vont nous quitter... Loin d'être une série au sujet ciblé, au public-cible ultra-réduit, Torka Aldrig Tårar Utan Handskar incite chacun à être, pleinement, sans retenue, même s'il y a un prix à payer ; s'il n'y a qu'une leçon à retenir de son final, c'est bien celle-là ! Car quelle peut bien être l'alternative ?

Pour que les générations qui, fort heureusement (et par un hasard de calendrier, un peu plus depuis hier), ne connaîtront pas les mêmes tragédies dans une même mesure, Torka Aldrig Tårar Utan Handskar mériterait d'être vue par le plus grand nombre ; on attend avec impatience qu'une chaîne française s'en empare.

Posté par ladyteruki à 06:00 - Review vers le futur - Permalien [#]

15-02-13

A la mode de chez eux

Ah, la mode ! Univers glamour par excellence ! ...Et pourtant, assez peu de séries ont décidé de prendre cet univers pour contexte, ce qui m'a toujours étonnée, car il semble prédestiné que des soaps y trouvent aisément matière à des intrigues à n'en plus finir (mais je suis peut-être tombée sur trop d'épisodes d'Amour, Gloire et Beauté...?). Heureusement, l'oubli est en passe d'être réparé, alors que cette année, plusieurs séries dans le monde ambitionnent de se pencher sur l'univers des maisons de couture. Ouf !
Evidemment, on pourrait mentionner les quelques projets américains sur le sujet, comme Dress to Kill, un thriller/soap pour ABC, qui se propose d'associer un whodunit à l'univers de la haute-couture new-yorkaise, ou Scarlatti, pour FOX cette fois, dans laquelle une famille tente de conserver le prestige de son empire de la mode. Mais de projet il ne sera pas vraiment question aujourd'hui, puisque je vous propose de parler de séries concrètes, à l'existence bel et bien confirmée, et non de plans sur la comète.

Et pour lancer les hostilités, ce soir, la chaîne sud-africaine SABC1 diffuse le pilote d'une nouvelle série dramatique, Tempy Pushas, qui fait le choix de se dérouler dans ce contexte. Sauf que, loin de l'expérience que nous avons pu avoir récemment avec Jane by Design, la série dramatique (pour laquelle 26 épisodes sont prévus) a décidé à la fois de tirer partie des intrigues inhérentes au milieu, et d'y ajouter une dimension plus sociale.

TempyPushas

Tempy Pushas met donc en scène trois orphelins, des amis d'enfance venus des townships, qui, devenus adultes, se retrouvent plongés dans l'univers de la haute-couture sans vraiment l'avoir voulu ni provoqué ; ils vont se confronter à la réalité pas toujours très reluisante d'un univers pourtant célèbre pour son luxe et son style de vie glamour. Mais derrière les paillettes et les drapés, il y a aussi beaucoup de vice et de haine... Kuti, X et Ngulube, liés entre eux par leur enfance défavorisée, pourront-ils rester loyaux les uns envers les autres, alors qu'ils sont confrontés à la cupidité et l'orgueil des puissants ainsi qu'à leurs propres démons ?

Toute la problématique de Tempy Pushas, derrière l'incontournable exploitation d'un univers agréable à l'oeil avec ce qu'il impliquée d'inévitable population richissime (sans compter les quelques intrigues amoureuses), est donc de voir comment l'esprit et la culture des townships peut survivre aux tentations d'une industrie déconnectée du réel. Derrière les aspects soapisants évidents (qui évoquent un peu l'expérience vécue devant Known Gods), il s'agit donc bel et bien de parler de fracture sociale.
On est sur la première chaîne publique après tout, dont c'est aussi la vocation. Bien qu'étant plus particulièrement orientée vers les adolescents et les jeunes adultes, Tempy Pushas n'a pas beaucoup de points communs avec des séries faites pour rêver ; d'ailleurs, c'est un signe qui ne trompe pas : ses héros sont trois jeunes hommes... le risque de se faire envoûter par trois bouts de tissus chics et quelques breloques est donc minime, pour reprendre la comparaison avec Jane by Design.
A l'instar d'Intersexions (qui a débuté sa saison 2 cette semaine, je vous dis pas, j'ai hâte !), Skeem Saam (dont la saison 2 débarque quant à elle dans un mois), ou plus anciennement de Yizo Yizo (souvenez-vous), il s'agit de sonner vrai, pas de monter des contes invraisemblables, ou au moins idéalistes, sur les valeurs des petits qui doivent rester fidèles à eux-mêmes en dépit des vices des puissants ; une manie qu'ont bien des séries américaines, et plus encore de séries asiatiques. Bien que cet aspect des choses ne soit pas totalement mis de côté dans Tempy Pushas, évidemment, l'accent est plutôt mis sur le réalisme de la situation des personnages, sur les difficultés qu'ils rencontrent dans les townships et qui ne les quittent pas simplement parce qu'ils ont accès à un monde en apparence moins compliqué.

Comme les séries qui l'ont précédée, Tempy Pushas doit avant tout parler de ce qui touche les spectateurs issus des quartiers défavorisés, pas simplement les faire rêver, voire pas du tout. Et moi, c'est précisément le genre de fiction qui me fait rêver, tout simplement parce que c'est quand même l'essence des voyages téléphagiques que d'essayer d'entrer, par la fiction, dans la réalité d'un pays.

Bon alors, pour répondre à votre question, oui, il y a un trailer, mais j'aime autant vous prévenir... ça n'est pas ce que j'ai vu de plus engageant à la télévision sud-africaine !
Il faut cependant rappeler, pour l'anecdote, que le matériel promotionnel des séries sud-africaines est généralement assez pauvre : une photo de promotion ne va déjà pas toujours de soi, donc on est déjà bien contents quand il y en a une, et les trailers sont accessibles de façon plus aléatoire encore. A la rigueur, ça ne me choque pas : les quelques séries dramatiques sud-africaines dont j'ai pu tâter me laissent penser que, en dépit de l'absence de moyens pharamineux, SABC1 notamment met plutôt son budget dans les séries elles-mêmes que dans leur promotion, ce qui est un choix que je trouve honorable. Alors bon, au final, malgré la maladresse de la mise en images (et de la voix-off maladroitement plaquée sur les extraits...!), on sent que la mission de Tempy Pushas n'est pas de se perdre dans les strass, et préserver le message véhiculé reste quand même le plus important. Donc voici :

A l'automne prochain, ce sera au tour de l'Espagne de lancer Galerías Vélvet. Commandée par Antena3 à la société Bambú Producciones (déjà responsable de succès comme Hispania ou Gran Hotel), cette série dramatique s'intéressera à la fin de l'âge d'or du prêt-à-porter espagnol, juste avant le début des années 70, alors que Cristobal Balenciaga, l'un des grands couturiers espagnols, décide de prendre sa retraite, ainsi que quelques autres grandes figures de la profession. Tout le défi de Galerías Vélvet, contrairement à Tempy Pushas, sera de faire oublier l'Espagne franquiste et ses diverses problématiques dramatiques, pour se concentrer sur une intrigue glamour où, dit-on, la romance tiendra une grande place. On retombe ici dans un certain nombre de poncifs sur cette industrie, vous le voyez.

Eh, à chacun son angle, après tout. Mais j'avoue, par goût personnel, être cent fois plus curieuse de réussir à mettre la main sur Tempy Pushas un jour que de voir Galerías Vélvet !
Hélas, nous savons tous lequel des deux sera le plus aisé à accomplir ; et les choses ne vont pas s'arranger tout de suite : l'Afrique du Sud a annoncé récemment qu'on n'y tiendra pas les délais pour le passage au tout-numérique initialement prévu pour juin 2015...

Posté par ladyteruki à 18:03 - Love Actuality - Permalien [#]

22-01-13

Comme chiens et chats

Pendant que le pilote de Saki pourrit sur un coin de disque dur (j'ai un mal fou à aller au bout de ce truc, c'est particulièrement insupportable), j'ai trouvé le moyen de regarder le pilote d'une série asiatique un peu différente de l'ordinaire.
Japon ? Non. Corée du Sud ? Non. Hong Kong, les amis. C'est une première. Je vous invite à partager cette première fois avec moi.

Je dois cependant préciser que, exceptionnellement, je ne vais pas employer son titre original, parce que je ne trouve la série que sous son titre 老表,你好嘢! (que j'ai, hm, comment dire, un peu de mal à prononcer là tout de suite), ou alors dans une version anglophone intitulée Inbound Troubles, qui en réalité n'a pas l'air d'une traduction fidèle parce que je vois le terme "ni hao" (bonjour) dans le titre original, on ne me la fait pas. Vous connaissez sûrement mon aversion profonde envers les titres anglophones sortis d'on ne sait où, une véritable épidémie qui touche plusieurs pays asiatiques (curieusement, le Japon est généralement dispensé de ces atrocités, ce qui prouve bien que ces traductions intempestives de titres sous couvert de la barrière de la langue n'ont aucun sens), et qui me pousse à systématiquement employer le titre original quoi qu'il arrive, quel que soit le pays dont il est question.
Dans ce cas précis pourtant, faute de mieux, je parlerai donc d'Inbound Troubles, mais si quelqu'un peut m'aiguiller sur la prononciation du titre original, je lui en serai infiniment reconnaissante et uploaderai comme tribut de ma reconnaissance  le pilote d'Intersexions (ah zut, c'est déjà fait). Bref.

InboundTrouble

Alors, Inbound Troubles, de quoi s'agit-il ? Eh bien c'est une comédie en 45mn dans laquelle deux cousins qui ne se sont jamais rencontrés vont devenir copains comme cochons.
Mouais. Je vois bien à vos têtes circonspectes que vous commencez à vous demander comment j'en suis arrivée à regarder Inbound Troubles pour mon dépucelage en matière de séries hongkongaises. C'est là que ça commence à devenir intéressant... mais je vous préviens, pour en arriver à cette explication, il va vous falloir vous armer de patience pendant quelques paragraphes.

Lancée lundi dernier, Inbound Troubles a la particularité de mettre en avant l'opposition entre les habitants de Hong Kong et ceux du "mainland", c'est-à-dire la Chine métropolitaine. Or, les deux populations, pourtant supposées appartenir à la même patrie depuis la rétrocession de Hong Kong à la Chine par le Royaume-Uni, se regardent en chiens de faïence depuis un bon bout de temps. La série, tirant partie de cette opposition historique et attisant de nombreuses rancunes réciproques, n'a pas exactement choisi un thème propre à oeuvrer pour la paix des ménages. En fait, osons le dire, Inbound Troubles met les pieds dans le plat quand il s'agit du fossé culturel qui sépare les uns des autres.

L'épisode s'ouvre ainsi sur un bus touristique remplis de mainlanders venus passer quelques jours de vacances à Hong Kong. Ce sont des clients fortunés, et ils sont là pour dépenser de l'argent, à plus forte raison parce que le capitalisme, pour eux, c'est follement exotique. Le guide touristique, Ka Yee, entend bien n'en pas louper une miette, et se fait une joie de leur présenter les hauts lieux de la consommation hongkaise, leur détaillant par le menu tout ce qu'ils vont pouvoir acheter, du plus vital au plus inutile, en fait, surtout l'inutile. Ka Yee est un homme particulièrement habile dans son domaine, le roi de la brosse à reluire, le maître incontesté de la langue râpeuse dans le bas du dos, et par-dessus le marché, il connait son sujet sur le bout des doigts et fait même mieux que les vendeurs des magasins visités. Son objectif : récupérer un maximum de pourboires et s'en mettre plein les fouilles, et plus généralement, soutirer le plus possible d'argent à ces idiots de mainlanders.
Ouvrir le pilote là-dessus, il fallait oser, d'une certaine façon. Tout le monde en prend pour son grade : Ka Yee est obséquieux au possible, mais n'hésite pas à pipeauter ses riches voyageurs (bien aidé par l'agent du bureau de change qui, expliquant que 100 yuans équivalent à 120 dollars HK, et que donc, oui, tout est 20% moins cher à Hong Kong ! Bon alors je suis pas fortiche en maths mais ça me semble un peu bancal... N'empêche que ça marche : "oh mais alors, votre salaire est seulement à 80% à Hong Kong ?", lui demande une cliente. "Oui", répond Ka Yee d'un air piteux, "et c'est pour ça qu'on a besoin que vous stimuliez notre économie !". Tous les mainlanders d'opiner d'un air à la fois supérieur et apitoyé, l'une d'elle ponctuant même "faisant une faveur à nos compatriotes, achetons plus !". Bien joué, Ka Yee. Et même, bien joué, Hong Kong. Ca sent l'effort collectif.
On a donc d'un côté les abrutis, et de l'autre les menteurs effrontés. Beau tableau en vérité.
Ca ne va pas s'arranger.

Outre les tribulations de Ka Yee (qui est fiancé à une épouvantable jeune femme qui lui fait la misère uniquement parce qu'elle veut qu'il lui achète un sac de grand couturier parce que, je cite, "je suis une femme, après tout !", retenez-moi je vais devenir violente...), Inbound Troubles suit les aventures d'un jeune mainlander, Sun, qui, au nez et à la barbe de son richissime père, fait l'école buissonnière afin de venir passer une journée à Hong Kong. Il est d'une naïveté confondante, qui n'a d'égale que son ignorance quant à la vie à Hong Kong ; il fait une belle prise de 3 ou 4 PV en moins de 5 minutes d'épisode, dont un pour avoir fait tomber une boulette de viande dans la rue... et au comportement des flics successifs qui lui collent un PV, on sent bien qu'il est un peu un pigeon facile et que la plupart de ces PV lui ont été adressés parce qu'il est justement un touriste. Mais pour lui, tout est magnifique est intéressant : c'est sa première fois en ville tout seul. Que vient faire Sun dans ce piège à touristes ? Il veut se présenter à une audition de chant... Il serait perdu sans son smartphone, il ouvre de grands yeux devant tout, et chaque fois qu'on lui fait une remarque sur la vie à Hong Kong (ou qu'on lui adresse un PV), il s'excuserait presque, propose toujours de faire marche arrière, et répond avec une catchphrase : "harmonie, harmonie... vivre et apprendre" qui traduit à la fois son attitude très zen... et la raison pour laquelle il est si facile à berner.

Comme Inbound Troubles est une comédie, je vous passe les tribulations qui font passer à l'un et à l'autre une bien mauvaise journée. Ce n'est pas toujours drôle, d'ailleurs, au sens où je découvre n'avoir pas un humour très hongkongais visiblement...
A ces deux protagonistes, encore faut-il ajouter un personnage féminin, oui quand même, celui d'une jeune femme au caractère bien trempé, qui travaille dans un service d'aide aux immigrés (comprendre : immigrés du mainland qui s'installent à Hong Kong), et qui aide les pauvres mainlanders souvent abusés par des Hongkongais sans scrupules, qu'elle guide également dans leur installation et/ou leur recherche d'emploi. Bref, elle est Hongkongaise, mais plus proche des mainlanders, ce qui lui offre une vue imprenable sur la situation qui oppose régulièrement les deux communautés.

Car vous l'aurez compris, l'opposition entre mainlanders et natifs de Hong Kong est en filigrane de tout l'épisode. C'est comme ça que j'ai, en fin de compte, entendu parler d'Inbound Troubles plus que des autres séries diffusées à Hong Kong en ce moment : parce que la chaîne TVB, qui la diffuse, a reçu au sujet de la série de nombreuses plaintes. Et en Asie, les plaintes des spectateurs, on prend ça très sérieusement, même quand il n'y en a qu'une poignée.
C'est d'ailleurs le cas ici. Le premier épisode a, d'après ce que je lis, récolté une dizaine de plaintes... alors que la série a d'emblée totalisé d'excellents scores (là bas on parle uniquement en points d'audience, je découvre avec vous), à savoir 31 points en moyenne sur le premier épisode (avec un pic à 33). Là comme ça, ça ne nous parle pas, mais la série précédente dans la même case horaire, pourtant un honnête succès, avait plafonné à 27 points. Alors vous comprenez bien que 10 plaintes, statistiquement, ce n'est rien. Mais ça signifie beaucoup quand même.
Le plus intéressant est en réalité dans l'objet de ces plaintes. Car on y trouve des spectateurs qui se sont plaints que la série brossait un portrait péjoratif des mainlanders... et autant de spectateurs qui se sont plaints que c'étaient les Hongkongais qui en prenaient pour leur grade. En fait, pour la première fois, les mainlanders et les natifs de Hong Kong semblent d'accord sur une chose : Inbound Troubles fâche.

Cela va encore empirer vers la fin du pilote, quand Ka Yee et Sun, à leurs corps défendants, vont se retrouver pris dans une manifestation devant un magasin de luxe. Ka Yee fait la queue pour le sac à main de sa fiancée, Sun a bêtement suivi un groupe de jeunes gens qui veulent chanter et qui l'ont entraîné avec eux, et en fait le groupe en question chante des slogans protestataires devant la boutique ! C'est alors que les mainlanders qui faisaient la queue s'énervent (eh oui, quel Hongkongais aurait l'idée d'acheter un sac à main hors de prix ?) contre les Hongkongais qui manifestent, et que chaque groupe s'invective en s'envoyant à la figure les pires préjugés sur l'autre groupe ; tout cela finit avec Ka Yee et Sun qui sont mis face à face pour s'invectiver à leur tour, Ka Yee faisant semblant d'être un mainlander, et Sun un Hongkongais dans le feu de l'action. Vous suivez ? Bah vous ptet pas, mais les spectateurs d'Inbound Troubles n'en ont pas perdu une miette. La polémique fait depuis rage au sujet de la série... mais ses audiences continuent d'être au beau fixe, à toute chose malheur est bon !

Alors si, qualitativement, Inbound Troubles n'est pas franchement une grande série (j'irai même jusqu'à dire que jamais je n'ai eu autant de mal avec le jeu de TOUS les acteurs d'une série comme ici !), sur le fond, la série met vraiment dans le mille. On y parle d'immigration, un peu ; d'économie, beaucoup ; de différences en apparences inconciliables, en filigrane. Qu'une comédie aussi ratée sur le plan de... la comédie, soit capable de mettre parfaitement en relief ce genre de problématique sociétale, ça laisse songeur, en fait. Si comme moi vous aviez la conviction qu'un propos intelligent s'accessoirise généralement avec une forme intelligente, vous allez voir vos certitudes bousculées par ce premier épisode.

Bon, cependant, pas de regret. Je suis bien plus attirée par une série qui parle d'un sujet intéressant, que par une comédie réussie (et ça tombe bien, Inbound Troubles a tous les symptômes de la première catégorie, et aucun de la seconde). Et, soit dit en passant, c'est quand même toute la richesse des voyages téléphagiques. Cela dit, en France, on peut tenter la même chose avec des métropolitains et des Corses, à la limite...

Et pour ceux qui sont intéressés par le pilote avec sous-titres anglais : tirez la bobinette, et le lien cherra.

Posté par ladyteruki à 23:38 - Dorama Chick - Permalien [#]

20-01-13

Maillon faible

Chose promise, chose due ! Vous avez été 5 à manifester votre intérêt pour le pilote d'Intersexions, il n'en fallait pas plus pour que je vous propose le pilote (avec sous-titres anglais, comme de juste).
Puisque j'ai déjà abondamment reviewé ce pilote dans un post précédent (que vous pouvez relire, et commenter, en cliquant ici), ce soir on va la faire simple. Tout ce que vous avez à faire, c'est suivre l'image ci-dessous qui vous conduira vers le lien adéquat ; pas besoin de se farcir ma littérature pour ce soir.

Intersexions-PilotCaptureSee also : miroir sur Uploaded.

...Et, tiens, bah, vous n'avez qu'à considérer que c'est un cadeau de Noël en retard. Vous avez été gâtés-pourris cette année, ma parole !

Alors maintenant, je vous préviens : je VEUX votre avis sur l'épisode ! C'est quand même votre première série sud-africaine, je veux connaître vos impressions !

Posté par ladyteruki à 22:15 - La preuve par trois - Permalien [#]

31-12-12

Remix

Des bilans de saison, j'en ai posté quelques uns ces derniers temps, mais je voulais vous en proposer un autre, plus complet, en l'honneur de cette fin d'année. Voici donc ma review... de mon année 2012.

Si vous voulez la version courte, disons que le pilote de 2012 avait commencé sur les chapeaux de roue. Plein de personnages fascinants et attachants se sont vite distingués, tels que Smash, Äkta Människor, House of Lies ou encore 30° i Februari, et ont vite pris une place particulière dans mon coeur. Je ne vous cache pas qu'au printemps, l'ambiance était retombée, avec beaucoup moins de coups de coeur, et des séries qui progressivement s'éteignaient, nombre limité d'épisodes oblige. Narrativement, 2012 a connu un méchant coup de mou pendant l'été, d'abord parce qu'il n'y avait pas grand'chose à se mettre sous la dent, mais aussi à cause d'une rupture brutale d'internet ; je me suis alors retrouvée avec pas mal de rediffs sur les bras, mais c'était peut-être pas plus mal, comme on va le voir si vous vous sentez de lire la version longue ! Clairement, toute la série 2012 n'aura pas été au niveau de son premier épisode, mais malgré ce rythme très inégal, je suis quand même en mesure de dire que le bilan a été positif.
Bon alors, qu'est-ce qu'on fait, on se lance dans la revue de détail ? Allez, suivez-moi. Mais mettez des chaussures de marche.

Etant donné que la rentrée américaine 2012 aura été l'occasion de lancer un gargantuesque défi avec whisperintherain, et qu'en outre, je sais plus si j'ai pensé à le mentionner, mais il s'avère que j'adore les pilotes, il y a eu dans les parages, cette année, énormément de reviews de pilotes de séries d'absolument tous les horizons.
Evidemment, loin de moi l'idée de vouloir toutes les répertorier, mais voici celles qui, en tous cas à mes yeux, ont été les plus importantes. Pour les (re)lire, il suffit de cliquer sur l'image !

Smash-promoL'un de mes tous premiers, si ce n'est le premier coup de coeur de 2012, aura été Smash. Aucun doute possible à ce sujet, je me suis immédiatement attachée à la série, en dépit des quelques défauts qui étaient éventuellement les siens dés le départ, et qui ont manqué d'être corrigés (empirant même, parfois) pendant le reste de la saison. Le pilote de Smash aura été, sans doute possible, l'un des plus exhaltants, et l'attente entre sa disponibilité et sa diffusion aura qui plus est permis à mon excitation de monter crescendo, un fait suffisamment rare pour être noté vu ma personnalité un rien volage !

30graderiFebruaryCela en dit long sur mon année téléphagique quand l'une des séries que je considère comme les plus importantes est une série suédoise, regardée en VOSTM, et en quasi-simultané avec la diffusion originale sur SVT. Et, non, je ne parle pas d'Äkta Människor, en dépit de mon attachement pour cette série d'anticipation qui est une vraie réussite, mais de 30° i Februari, qui m'aura sincèrement émue et touchée, et dont je tente comme je peux de faire le deuil de l'absence de sous-titres anglais sur les DVD (ce qui entre nous soit dit est illusoire : je ne m'en remettrai jamais). Et comme quasiment seuls les crime dramas scandinaves ont les honneurs des sorties en DVD dans nos contrées (Äkta Människor étant l'exception qui s'apprête à confirmer la règle), mes espoirs d'un jour pouvoir me faire une intégrale digne de ce nom sont très, très minces. Ce sont les risques du métiers, je suppose. Mais même avec une compréhension imparfaite de la série (fort heureusement, il y a un peu d'anglais de temps à autres, et surtout, elle repose en grande partie sur l'observation de ses personnages), il est juste impossible pour moi de vous citer un défaut de la série, je n'en ai trouvé aucun ! Par voie détournée, ça m'a aussi rappelé combien il est important qu'un jour, même si c'est dans dix ans, je parle un Suédois immaculé qui me permette de me mettre devant ce genre de perles sans ciller (Kommissarie Winter en étant une autre). Oui, il y a d'excellentes séries partout dans le monde, et non, je ne peux pas apprendre toutes les langues de la planète, mais le rêve que je nourrissais, adolescente, d'apprendre le Suédois, n'est que ravivé par ce genre de séries. Un jour...

WoodleyWoodley, c'était un peu la petite perle sous-estimée de mon début d'année, et même si j'ai tenté de partager cette découverte avec quelques proches et que ça s'est avéré être un échec (ma frangine, rei, m'a dit qu'elle avait l'impression de regarder Mr. Bean, et dans sa bouche ça ne sonnait pas bien du tout !), je conserve un souvenir ému de cet épisode inaugural parfaitement réussi, drôle et poétique, et pourtant, profondément triste : tout ce qu'il faut pour me charmer, donc. Souvenir qui n'a d'ailleurs pas matière à en être un, puisque je me suis ruée sur les DVD après avoir vu le final, qui n'a fait que confirmer les impressions du premier épisode...

BuzzAldrin-TitleLa première review de Buzz Aldrin n'aura, en réalité, pas été celle d'un pilote mais celle des trois premiers épisodes (sur 4). Vous me pardonnerez cette tricherie, mais la série aura tant compté pour moi, se classant aisément parmi les plus marquantes de l'année, que n'en faire aucune mention aurait été criminel. D'ailleurs régulièrement, ...alors que je n'ai cagoulé puis acheté les épisodes qu'au printemps ! Ca en dit long sur l'impact de la série, laquelle a en outre frappé mon imaginaire et stimulé, une fois de plus, mes désirs de Scandinavie. Un jour, ce qui va se passer, c'est que je vais vraiment partir m'installer dans les îles Færoe, et puis c'est tout.

Unite9Dans un automne foisonnant de reviews de pilote (lesquelles sont consultables dans la catégorie Review vers le futur, dédiée à ce qui n'est pas encore diffusé sous nos lattitudes, sinon on ne s'en sort pas), quelques séries ont tiré leur épingle du jeu. La québécoise Unité 9 était de celle-là, confirmant que la télévision québécoise nous en remontre régulièrement, même si, diantre, on le savait déjà et c'était pas forcément la peine de nous mettre le nez dedans. Mais quel panache, quelle excellence dans la façon dont Unité 9 révèle ses personnages à eux-mêmes, et prend le contrepied absolu de tous les clichés sur les séries carcérales, a fortiori féminines (Capadocia, qui s'est éteinte cette année, a des vertus, mais pas celles du réalisme). En offrant un univers et des personnages ancrés dans le réel et l'authentique comme, de vous à moi, seuls les Québécois savent faire (mais après tout, à chacun ses points forts), la série s'est taillée la part du lion à la fois dans mon coeur, et dans les audiences de son pays natal. Et je dis que c'est amplement mérité !

SoumatouKabushikigaishaAprès un premier semestre assez peu dédié aux séries asiatiques (il y a bien eu Cleopatra na Onnatachi, mais la baudruche s'est très vite dégonflée, d'ailleurs je voulais initialement en faire un post de bilan pour étudier l'anatomie de cet échec, mais je n'en ai pas trouvé le courage), sans vraie grande raison pour tout vous avouer, je me suis reprise en main à l'automne, en revenant à la fois sur les pilotes de la saison qui a commencé début octobre, mais aussi sur quelques autres séries, soit achetées en DVD, soit tout simplement exhumées de mes archives des mois précédents. Soumatou Kabushikigaisha a certainement été l'un des plus impressionnants, avec sa formule intelligente, sa narration impeccable, et son excellente réalisation. Mon Dieu, rien que d'y penser, j'en ai des frissons !

OsozakinoHimawari-580

Dans un autre registre, et toujours chez nos amis nippons, Osozaki no Himawari est une chronique plus humaine, mais qui m'a touchée... écoutez, c'est bien simple, comme l'avait fait Buzz Aldrin. Il y avait donc du niveau. Sauf que seuls les Japonais sont capables de fournir en un temps record une série profondément ancrée dans l'air du temps et en même temps, délictatement subtile et humaine ; rien que pour ça, mon amour pour les séries nippones est indestructible, parce que quoi qu'il arrive, il se trouve toujours une série pour vous réduire le coeur en bouillie. Pour des raisons essentiellement techniques, je n'ai pas fini la saison, mais nul doute que quand je lui aurai fait un sort, ça va se finir en post de bilan !

2012 n'a pas été qu'inédits, loin de là, et j'ai tenté mon lot de rediffusions, de fouilles archéologiques et/ou de re-visionnages, comme chaque année. Cela fait partie de mes petits plaisirs, il faut l'admettre, que de tenter des pilotes plus anciens, les séries achevées voire oubliées, ou même de me recoller devant un pilote déjà regardé par le passé, juste pour le plaisir de vérifier si j'en pense la même chose ! Il y a aussi eu, comme toujours avec moi, des petites "phases" assez sympathiques, aussi, comme la semaine russe, le moment où je me suis intéressée aux séries d'espionnage (de Covert Affairs à Spy, en passant par Spooks et Get Smart ; hélas je n'ai jamais réussi à cagouler le pilote de I, Spy et du coup ça m'a coupée dans mon élan), je me suis bien amusée à butiner des pilotes selon des thèmes ou des destinations originaux, en tous cas pour moi puisque jusque là, j'avais vu très peu de séries d'espionnage par exemple. Et en plus de tout ça, un peu de lecture et de cinéma... voire les deux en même temps ! Franchement, on s'est pas ennuyés.
Comment tout ça a tenu en une seule année ?!

En dépit de ma réputation, qui je le reconnais est méritée, de pilotovore... eh bien, en y réfléchissant, j'ai cependant réalisé que j'avais regardé énormément de saisons complètes et d'intégrales cette année. Mais qui a vraiment besoin de dormir plus de 4 heures par jour, hein, qui ?

Carnivale-PromoRegardée dans le cadre de ce bon vieux SeriesLive Show, l'intégrale de Carnivàle n'aura pas été un marathon de tout repos. D'abord, parce que la série est très exigeante, impliquant une concentration de chaque instant alors que l'ambiance a aisément de quoi vriller les nerfs (ça n'aide pas que je sois une petite nature). Mais aussi parce que la seconde saison aura été épouvantablement longue. J'ai rarement éprouvé de telles difficultés à finir un marathon, mais il n'en reste pas moins que Carnivàle est une excellente série dont on parle trop peu... au moins la première saison. Je suis contente de l'avoir vue, tout comme je suis soulagée d'en être venue à bout ; j'espère bien ne plus jamais vivre ça.

NoWonderWhytheWonderfallsC'était l'un de mes objectifs du mois de mars : me refaire la première et unique saison de Wonderfalls ; après un visionnage du pilote couronné de succès, l'intégrale est passée comme une lettre à la poste en une semaine ! L'univers de Fuller est toujours un ravissement sans pareil pour moi, je ne m'en lasse pas... et pourtant, cette intégrale a été l'occasion de (re)découvrir des défauts de la série qui m'avaient échappé avec le temps. Il y a une raison pour laquelle Wonderfalls n'a eu qu'une saison, même si elle aurait probablement été capable de s'améliorer avec le temps (on ne le saura jamais), que la diffusion chaotique d'origine n'a probablement pas aidées. Mais Wonderfalls reste une vraie petite merveille pleine de tendresse, de bonnes idées et de bons sujets, même parfois traités de façon brouillonne, et elle constitue en outre une pierre angulaire du Fullerverse, tant elle cristallise de choses sur son créateur.

Apparences-TitleLe Québec a connu une très bonne année sur ce blog, il faut bien le dire. L'année avait commencé sur les chapeaux de roues avec Apparences, un thriller familial du meilleur goût, captivant, intelligent, formidablement bien filmé et interprété... Si on ferme les yeux et qu'on arrive à mettre de côté l'accent, on a presque l'impression d'assister à ce qu'une excellente série française pourrait être ! Ca fait rêver, non ?

Cloudstreet-MonologueDiffusée en 2011, Cloudstreet était déjà devenue une sorte de monstre sacré à mes yeux. Mais la première fois, je n'avais pas osé m'atteler à une review. C'est au moment d'un revisionnage qui m'avait laissée sur les genoux, dans le plus excellent sens du terme, que j'ai finalement remonté mes manches et tenté de lui rendre justice. Inutile de préciser que la tâche est surhumaine, et qu'en-dehors d'un visionnage, il n'existe aucun moyen de célébrer convenablement le génie et la beauté de Cloudstreet. Ecrire sur Cloudstreet est une tâche ingrate, mais il faut que quelqu'un s'en charge, parce que vous laisser passer à côté serait criminel de ma part. Et d'ailleurs rien que d'en parler, j'ai envie de me re-faire une intégrale. Ah, si je m'écoutais...

FamousinaSmallTownUne brutale rupture de connexion internet m'a poussée à me tourner vers mes DVD de Gilmore Girls cet été, dans un de ces marathons impromptus qui semblent avoir jalonné l'année (et qui d'ailleurs m'a poussée à achever d'acquérir tous les coffrets). La surprise de cette intégrale aura été de découvrir que, si lorsque j'avais découvert la série, j'avais adoré Lorelai, avec les années, je suis dorénavant bien plus portée vers Rory (les questionnements amoureux de sa mère ayant fini de m'insupporter vers la fin, allergie à la romance aidant). C'était intéressant de découvrir que mon point de vue avait changé sur mon "personnage préféré", alors que j'ai toujours la même tendresse pour la série, laquelle est parvenue, avec une efficacité rare, à aborder des sujets familiaux sans jamais tomber dans l'excès de chamallow (sauf lors des soirées Charlie et la Chocolaterie, évidemment). C'est ça, une série qui vieillit bien, une série qu'on continue d'aimer même si les raisons pour le faire changent...

TheStarterWife-Promo

Aurais-je regardé les DVD de The Starter Wife sans le visionnage de Smash ? Et plus encore, aurais-je seulement eu l'idée de jeter un oeil au prix des coffrets ? C'est à cela qu'on voit que Smash a décidément été importante cette année... The Starter Wife, idéale pour l'été, aura été un petit marathon sans prise de tête, valant principalement pour la présence lumineuse de Debra Messing et la mini-série, la saison qui suit étant à oublier totalement. D'ailleurs, pouf, à partir de demain, la saison 1 de The Starter Wife, on n'en parle plus jamais, jamais, jamais !

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C'était l'un de mes derniers marathons de l'année (avec Jack & Bobby qui se concluera l'an prochain). Scrubs, que je n'avais jusque là jamais vue en intégralité, m'aura bouleversée. Et m'aura aussi rappelé combien les intégrales sont importantes pour avoir une vision à la fois large et détaillée d'une série, car tant de choses nous échappent lors d'un visionnage hebdomadaire ou, pire, ponctuel... Si je devais parler d'un coup de coeur de la fin de l'année, Scrubs serait probablement celui-là, avec ses pitreries, certes, mais aussi et surtout son constant soucis d'innover, du moins si l'on exclut la dernière saison pour ABC, et son sens aiguisé de la narration, retournées régulièrement comme une crêpe sous les yeux ébahis de votre serviteur. Le final de la saison 8, qu'à des fins de préservation de notre santé mentale collective, nous allons estimer être le series finale, est également l'un des plus réussis et, en dépit du fait que ça fasse 15 jours que je l'ai regardé, il m'arrive encore d'avoir une larme à l'oeil en y pensant... La séparation d'avec Scrubs est vraiment difficile, et même si c'est sur le tard, on peut dire que la série compte vraiment à présent.

Piemarathon-1x01-TitleVous l'aurez peut-être remarqué, 2012 aura aussi été l'occasion d'une tentative de marathon Pushing Daisies, surnommé le Piemarathon, mais les plus observateurs parmi vous auront remarqué que je ne suis pas allée au bout. La raison en est simple : je n'ai jamais vu le dernier épisode de Pushing Daisies (non, jamais), et comme je n'arrivais pas à me décider pour savoir si, cette fois, j'allais le regarder et réellement "laisser partir" la série, j'ai tout simplement fini par abandonner le marathon pendant la saison 2, plutôt que de me retrouver à devoir faire un choix. Dans ma logique tordue (et en réalité totalement dictée par les sentiments, donc illogique), ça a du sens, même si je suis bien consciente que ce soit un peu dérisoire, la série n'en étant pas moins annulée pour autant. Peut-être trouverai-je un jour le courage de finir ce marathon. Ou bien, me connaissant, vais-je regarder le pilote encore plusieurs fois, finir par me lancer dans une nouvelle intégrale de la série, et m'interrompre encore avant la fin ; c'est beaucoup plus mon genre, sachant combien j'ai du mal à admettre la fin de cette série. Etrangement, probablement un peu par associations d'idées même si ce n'est pas la seule raison, c'est aussi pour cela que je n'ai pas [encore] vu Mockingbird Lane...

TheonlyeasydayisyesterdayJ'avais aussi commencé à regarder SPACE 2063, après environ 16 années d'attente pour posséder les DVD (gloire d'ailleurs à ma toute première carte bancaire, elle aura été joyeusement étrennée pendant l'année !), mais j'ai fini surtout par revoir mes épisodes préférés. Une intégrale plus sérieuse et moins émotive sera probablement dans les cartes l'an prochain... et vu que j'ai aucun soucis avec le final de la série, je sens bien arriver les reviews épisode par épisode. Et puis d'ailleurs, regarder SPACE 2063 en 2013, ça prend tout de même une signification toute autre, non ?

Il y a eu beaucoup, beaucoup d'autres séries, évidemment. Il est impossible de toutes les citer, ces intégrales plus ou moins plannifiées (souvent moins que plus, en réalité) qui ont jalonné l'année... D'ailleurs même les tags de Canalblog abdiquent devant le nombre ! New Girl, Revenge, la saison 2 de Downton Abbey (là encore dans la souffrance), la première saison de Srugim (vu que j'ai conscience d'être seule à regarder cela, je ne me suis pas apesantie sur les saisons suivantes), Girl vs. Boy, Outland, la première saison d'Intersexions (en attendant, avec impatience, la suivante...), Sherlock, Call the Midwife, et bien d'autres : autant de saisons et/ou de séries que je me suis enfilées d'un trait, et qui sont autant d'exemples qui me donnent envie de vous dire que 2012 a quand même été une p*tain d'année !
Je vous laisse cliquer sur "Outils de recherche avancés" pour remonter les tags qui vont bien, et en apprendre plus sur ces bilans, si le coeur vous en dit. Il y a quelques temps, Eclair m'avait fait remarquer que je n'écrivais pas beaucoup de bilans de saison ; je pense m'être améliorée depuis !

Et puis, 2012 aura aussi eu des retournements de situation totalement imprévisibles !!! Eh oui, car contre toute attente, j'aurai testé un nombre jusque là inégalé de séries françaises, dans le souci de me réconcilier avec la fameuse "fiction française" (coup de tonnerre, frissons dans l'assemblée, cri d'effroi d'une femme qui s'évanouit, tout ça). Bon, reconnaissons-le, ça n'a pas toujours été chose facile, et il m'est arrivé de me résigner.
Mais entre Le Visiteur du Futur, Kaboul Kitchen, Hénaut Président, Ainsi Soient-Ils, dans le camps des bonnes nouvelles, mais aussi Mafiosa, Clash, Workingirls, du côté des échecs en ce qui me concerne, jamais je n'ai donné leur chance à autant de séries françaises, et je dis tant mieux, car c'est quand même le dernier bastion de mes vieilles habitudes géographiquement sectaires en matière de téléphagie.
Là encore, les tags explosent, alors n'hésitez pas à aller faire votre marché dans les archives (encore une fois en cliquant "Outils de recherche avancés" puis en abusant de la fonction de recherche de votre navigateur).

LesRevenants-PosterJ'aurai même fini sur un absolu d'excellente série française, Les Revenants, dont je m'achète le DVD en janvier (bon, j'ai un peu remis l'achat de quelques jours par rapport à ce que je m'étais promis, mais surtout parce que je me suis quand même déjà bien gâtée en 2012 !!!) et qui est certainement... j'ose à peine le dire... un coup de coeur français ? Ca fait bizarre à écrire, je ne vous le cache pas. J'espère que, vu la mini-polémique qui a suivi sa diffusion, le final (que je n'ai pas encore vu) ne me découragera pas de mon enthousiasme nouveau. L'an prochain, je m'attaque, c'est dit, à Engrenages, avec peut-être une retentative d'Un Village français, j'espère que mon petit nuage ne va pas se transformer en vapeur d'eau...

Mais probablement que ce qui restera comme le temps fort de cette année 2012, c'est l'aspect communautaire ; désormais, ce blog vit une part non-négligeable de son activité... sur Twitter. Entre les réflexions à chaud qui ne méritent pas forcément un post (déjà que j'écris quotidiennement, si en plus je me mettais à écrire sur tout ce que je regarde !) et les échanges autour de sujets de débat, comme ça a été le cas avec nombre d'entre vous au fil des mois, il va sans dire que désormais, Twitter et le blog sont devenus inséparables et complémentaires.
Plus encore, l'année aura été rythmée par des évènements téléphagiques de groupe. C'est une tendance qu'on peut tous observer, mais regarder des séries tout seul n'est tout simplement plus possible de nos jours. Et tant mieux ! D'ailleurs, quand on se sent seul, on ne sait plus comment le gérer, alors que les téléphages de ma génération ont pourtant bien connu ça ; c'était avant l'adsl et les réseaux sociaux, évidemment. Aujourd'hui, non seulement on peut parler de ce qu'on regarde, mais on peut partager les visionnages. Et ça change tout.

OzmarathonAinsi, le désormais fameux Ozmarathon, né à la toute fin 2011 mais dont l'essentiel a en réalité été regardé en 2012, aura jalonné toute l'année. C'est une expérience collective de la EmCrew, avec whisperintherain, LL, Elvr et Aur0re, qui nous demande de développer des trésors d'organisation, mais s'avère toujours payant parce qu'il rend chaque épisode dix fois plus appréciable pour l'avoir lancé au même moment aux quatre coins du pays, et pouvoir en deviser en direct sur Twitter (ou en léger différé pour ceux d'entre nous qui affectionnent le plein écran par-dessus tout). Le Ozmarathon trouvera une conclusion en 2013, et ça me déchire rien que d'y penser. D'ailleurs, c'est pas pour rien que j'écris moins vite mes reviews, ça me pèse d'arriver au bout...

Smash-5678Smash, encore ! Le SmashEnsemble, comme il se surnomme, a réuni des téléphages différents et variés (l'équipe a été un peu plus mouvante que pour le Ozmarathon, parce que certains d'entre nous ont préféré suivre la diffusion en direct quand les autres ont scrupuleusement suivi le Black March). Définition-même de l'expérience sociale réussie et enrichissante, les visionnages collectifs du SmashEnsemble ont permis de décupler l'effet de certaines chansons, de deviser gaiement des intrigues (ou des personnages insupportables, oui Leo, c'est de toi qu'on parle), ou plus simplement de passer 45mn devant un épisode... puis 2h à se remémorer les meilleures scènes ! De toutes les fois où j'ai regardé des séries avec d'autres téléphages sur Twitter, le visionnage de la première saison de Smash compte parmi les plus excitants et amusants. On recommence en saison 2, hein, dites les gars ?

En 2013, un truc que je voudrais essayer de mettre en place, c'est un visionnage similaire à celui du Ozmarathon ou de Smash, mais au lieu d'être sur Twitter au moment de lancer l'épisode simultanément, les participants se rejoindraient sur Skype, par écrit et/ou oral. Nous faisons si rarement l'expérience du ressenti des autres téléphages... Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais dans mon entourage, il n'y a pas de téléphages (même si j'en forme quelques uns en ce moment, et que l'un d'entre eux, à qui j'ai fait regarder Réttur et qui a découvert le pilote de Bron/Broen avec moi, me donne de solides espoirs), et du coup ça m'intéresserait de voir comment chacun vit ses visionnages, à condition bien-sûr d'être entre téléphages qui ne s'auto-censurent pas. Moi par exemple, je sais que j'applaudis quand quelque chose est vraiment, vraiment drôle, ou parfois à la fin d'un numéro musical vraiment réussi ; d'autres jurent probablement comme des charretiers ou poussent des soupirs ou Dieu sait quoi. Les téléphages s'investissent comme nuls autres dans leur visionnage, émotionnellement, et j'aimerais tourner cela en expérience commune ; l'épisode importe peu, je n'ai pas d'idée arrêtée, mais je pense que ce sera amusant et intéressant. J'espère pouvoir organiser ça avec des téléphages de bonne volonté prêts à donner d'eux-mêmes... pour la science !

Alors évidemment, 2012, c'était ça et bien plus encore. Plein de découvertes, de trouvailles, de coups de coeur, d'intégrales, d'achats, de news (d'ailleurs pas d'inquiétude, les world tours reviennent en 2013, même si je me suis un peu laissée distancer par les boulots en cette fin d'année), avec évidemment, ce que cela comporte de coup de blues, d'accès de rage ou de désespoir, parce qu'aucune année n'est parfaite... mais quand on est téléphage, elles sont toujours fascinantes !

Pour finir ce post, je voudrais vous adresser mes meilleurs voeux pour la nouvelle année. Vous avez été des lecteurs formidables (même si les commentaires sont toujours trop rares à mon goût, enfin j'dis ça...), passionnés, intéressants, ouverts et toujours curieux, et il s'avère que, eh bien, c'est comme ça que j'aime les téléphages de mon entourage, voilà tout. Bah ouais, j'vous aime, allez, comme ça c'est dit !
J'espère que votre année télévisuelle a été aussi riche que la mienne, et je vous invite à partager vos temps forts et vos meilleurs souvenirs en commentaires, si le coeur vous en dit... Et surtout, sur-tout, je vous souhaite une excellente année 2013, avec plein de bonnes choses sur votre écran, bien-sûr, mais aussi dans votre vie.

Bon et puis, de toute façon, on se retrouve demain pour un nouveau post quotidien, alors, hein, on ne se perd pas de vue. Ciao 2012 !
PS : ce post a été programmé à l'avance mais il n'en a pas moins été fait avec amour... ne lui en veuillez pas juste parce qu'il est conçu in vitro !

Posté par ladyteruki à 22:00 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

30-11-12

[DL] Intersexions

Alors que je m'envoie quelques épisodes de Known Gods çà et là (rappelez-vous, on en a parlé il y a à peine 10 jours), je dois admettre que c'est très, très difficile pour cette série sud-africaine de me ravir autant que l'a fait Intersexions (bon, là vous avez une excuse, ça fait quelques semaines). J'aurai peut-être plus de chance quand je tenterai le coup sur le service de VOD Wabona (entre Yizo Yizo et The LAB, il y en aura forcément au moins un pour me chavirer) mais pour le moment, on en est là : les comparaisons avec Intersexions restent cruelles.

Si je continue Known Gods, c'est d'abord parce que ce n'est pas non plus nul, simplement ce n'est pas l'absolu coup de coeur. Ensuite, parce 99% des dialogues sont compréhensibles (le 1% restant, j'arrive pas à définir si c'est moi qui ai des loupés avec l'accent ou si c'est carrément de l'afrikaans) alors tant qu'à faire auant regarder une série étrangère que je comprends sans sous-titres. Et puis, je l'admets sans honte, parce que quand j'ai acheté Known Gods, j'avais aussi commandé le DVD de la série Dryfsand en me disant qu'au pire, si je n'étais pas convaincue par l'une plus que l'autre, j'alternerais les visionnages. Sauf que Kalahari n'est pas clair sur les séries qui ont des sous-titres ou pas, et Dryfsand est en afrikaans et n'en a pas (cruelle découverte que ça a été, d'ailleurs) (si quelqu'un parle l'afrikaans et veut me racheter mon DVD de Dryfsand ?). Ce sont les limites des achats à l'aveugle, dirons-nous, mais tant qu'il sera difficile de trouver des épisodes de séries sud-africaines sur internet, je procèderai ainsi.
Donc du coup, j'avance dans Known Gods un peu plus vite que prévu, quoi. Chais pas si vous suivez la logique mais dans ma tête ça a du sens. Je vous l'accorde, j'ai de la fièvre depuis lundi, bon, bref.

Alors au nom de la nostalgie, j'ai décidé d'uploader le générique d'Intersexions, ce soir. Parce que je l'ai rippé depuis mon DVD alors autant que ça serve au plus grand nombre. Vous me connaissez, je suis comme ça. Et puis, surtout, parce que la saison 2 n'est pas encore diffusée en Afrique du Sud, alors le DVD, vous pensez... il faut donc que je prenne mon mal en patience.
Patientez donc avec moi, on se tiendra compagnie !

Intersexions
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

J'adore le thème musical d'Intersexions. Ce petit air au piano est super simple, mais il entre dans la tête comme rien. Il sert aussi pour le menu des DVD et, à force d'écrire mes posts en ayant le DVD qui tourne dans le salon pendant que je suis à l'ordinateur, eh bien, il m'est devenu très naturel, ce petit air, c'est le genre de musique qu'on identifie facilement à un univers de fiction et auquel on s'attache. On connait tous ça.
C'est une mélodie légère, qui est très éloignée, si on y réfléchit, du sujet assez difficile qui est celui de la série. J'aime ce choix, très éloigné de ce à quoi on pouvait s'attendre pour une série s'attaquant à un thème si sérieux ; il reflète bien, finalement, le parti-pris de toute la série, qui est de ne pas faire de la simple pédagogie mais de travailler sur une véritable oeuvre de fiction qui, en dépit de son angle sérieux (et effectivement subventionné par des organismes prenant la question très au sérieux, qui espèrent ainsi attirer l'attention du spectateur sur des problèmes de santé et de société), est bien décidé à offrir quelque chose qui soit accessible, agréable, et qui s'autorise un univers de fiction, et pas juste de jouer aux messages de prévention.

C'est aussi ce que disent les images de ce générique.

Et puis, avec ce générique, j'ai appris quelque chose, figurez-vous, alors j'en profite pour partager.
En fouinant dans le générique de fin, j'ai découvert que le générique d'Intersexions était dû à une société indépendante de la production de la série ; j'avoue avoir été surprise parce que je ne pensais pas qu'il y ait là-bas, comme aux Etats-Unis, un pan de l'industrie télévisuelle dédié à l'effort autour des génériques. Il y a plein de pays qui n'ont pas recours à ce genre de prestataires, j'ignorais que l'Afrique du Sud faisait partie de ceux qui déploient autant d'efforts pour leurs génériques, et ça fait plaisir à apprendre ! C'était une donnée intéressante à prendre en compte sur le fonctionnement de l'industrie locale, en tous cas.
Il faudra que je pense à vérifier ce qu'il en est pour Known Gods, d'ailleurs. Mais avec son côté légèrement Game of Thrones (pas au sens où il y a une immense mappemonde en 3D, mais parce que ça m'a rappelé la façon dont les maisons sont un thème si fort de l'univers de la série), ça ne m'étonnerait pas que la conception vienne également d'un tiers. Bon, du coup, si vous voulez voir le générique de Known Gods, vous savez à qui demander.

Et surtout, si vous voulez voir le pilote d'Intersexions, vous savez aussi quoi faire : j'avais dit que si j'avais 5 commentaires de volontaires sous le post du pilote, je le mettrais en ligne... et il y a 4 commentaires actuellement qui disent être intéressés.

Posté par ladyteruki à 23:48 - Médicament générique - Permalien [#]

21-11-12

In vino veritas

L'expérience Intersexions avait été un véritable succès (j'espère d'ailleurs que la saison 2, une fois qu'elle sera diffusée, sortira également en DVD), et maintenant que j'avais trouvé un fournisseur pour mes coffrets sud-africains (voir le test de Kalahari.com ici) capable de me procurer des DVD en zone 2 avec plein de séries absolument introuvables autrement, je n'avais pas l'intention de m'arrêter là. Le simple fait que ces séries soient impossible à télécharger, ou même regarder en streaming même si j'ai ça en horreur, fait cependant que commander un coffret sud-africain est sans nul doute devenu une expérience relevant de la roulette russe, étant donné que tout ce que je sais d'une série avant de faire l'acquisition de ses épisodes, c'est son pitch... Or, un pitch peut être trompeur, et surtout, il n'est pas parlant sur les qualités d'une série.
Parmi mes emplettes du mois d'octobre, on comptait donc Known Gods, une série dont je savais uniquement le postulat de départ, sur lequel je vais revenir dans un instant, ainsi que sa longueur : 26 épisodes, diffusés sur la chaîne câblée à subscription M-Net voilà une demi-douzaines d'années. Or, quand on prend des risques, autant ne pas commencer par se lancer dans une série de plus d'une saison : c'est essentiellement là que désormais se placent mes critères lorsque j'achète des DVD à l'aveuglette. Si on m'avait dit ça il y a quelques années, non seulement je ne l'aurais pas cru mais j'aurais fait des démarches pour faciliter l'internement en milieu psychiatrique de mon interlocuteur... c'est fou de voir comment les pratiques peuvent changer sous l'effet de la curiosité.

KnownGods

Contrairement à ce que pourrait éventuellement laisser évoquer son titre, Known Gods n'a pas grand'chose à voir avec la religion ou le surnaturel. Il s'agit pourtant d'une série au genre difficilement définissable, voyez plutôt.

Tout commence dans une vallée un peu refermée sur elle-même, qui autrefois accueillait un seul vignoble, et qui aujourd'hui est divisé en quatre domaines : Rossow, Le Fortune des Vins (en Français dans le texte), Smoorberg et Mount Jolley. On y exploite le vin chez les quatre riches propriétaires qui se divisent la terre, mais il ne semble pas y avoir outre mesure de compétitions ou de jalousies (ce qui aurait pu laisser imaginer une parenté involontaire avec l'espagnole Gran Reserva) ; au lieu de ça, quand le pilote commence, plusieurs des figures importantes de la vallée assistent à un concert d'opéra, une tradition depuis bien des années qui se tient dans les bâtiments de Rossow. Malheureusement, lorsque le lendemain, le corps de Deetlef Koen, viticulteur de Rossow, est découvert dans une cuve à vin vide, il semble clair que tout ne va pas si bien au royaume des vignes. Et devinez quoi, il semblerait qu'il ait été tué pendant le récital.

En effet, la micro-société composée par les quatre familles fait illusion en matière de bon voisinnage, mais nous apprenons d'entrée de jeu quels sont les petits secrets de chacun. Pour nous accompagner dans cette revue des troupes, la voix-off d'Hermien Liebenberg, une vieille femme qui est propriétaire du cotage situé sur la propriété de Smoorberg. Je dis "vieille femme", mais on n'est pas ici en présence d'une petite mémère inoffensive ; au contraire, Hermien n'a pas la langue dans sa poche, présente encore plutôt bien pour son âge, et se montre d'une acuité et d'une sensibilité qui font certainement d'elle, au vu de ce pilote, le personnage le plus complexe de Known Gods. C'est aussi, de toute évidence, l'une des amatrices de ragots du coin, et c'est ce qui lui vaut d'être notre hôte en ce début d'épisode, alors qu'elle assiste au concert et qu'elle nous introduit un grand nombre des personnages, ainsi que leur dynamique, et notamment, qui trompe qui avec qui. Evidemment, ça peut paraitre soapesque, mais comme il apparait très vite qu'un meurtre se déroule à quelque pas du récital, vous vous doutez bien que ces relations secrètes (ou présumées telles par les premiers concernés, puisque nous sommes dans le secret) vont avoir de l'importance.
C'est l'inspecteur Mickey Steadman qui va être mis sur le coup. Mais on n'a pas franchement affaire à une lumière, ou si c'est le cas, il fait incroyablement bien illusion. Steadman a écopé de l'affaire mais son patron ne croit pas trop en lui (il ponctue leur venue sur les lieux du crime par un "do your best, adn try not to screw up again" qui met bien en confiance), en raison d'une affaire précédente qu'il n'a pas menée correctement. Il conduit ses entrevues avec les témoins avec énormément d'hésitation ; en plus, de son propre aveu à Hermien, non seulement il ne connaît pas le coin mais il ne boit même pas de vin, alors c'est vous dire. Par-dessus le marché, Steadman a une vie personnelle très brouillonne, puisqu'il a divorcé mais qu'il habite toujours son logement de fonction avec son ex-femme championne du monde d'agressivité passive, ainsi que leur petite fille, ce qui ne peut pas vraiment aider à booster la confiance de notre inspecteur.

A travers ces deux personnages, nous rencontrons donc une bonne dizaine de visages les plus importants parmi les 200 âmes environ qui peuplent cette petite vallée cossue vivant en autarcie. L'épisode a surtout pour fonction de présenter les différentes personnalités en présence, et pas vraiment de faire avancer l'enquête, bien que celle-ci serve de fil rouge pour rencontrer les protagonistes.
Ainsi, dans la demeure Le Fortune des Vins, vivent les Jansen ; Kas a épousé en secondes noces la belle Nina, une superbe créature plus jeune que lui et à peine plus âgée que sa propre fille. Le soir du meurtre, Nina n'était pas vraiment branchée musique puisqu'elle s'envoyait Alain du Vinage, une sorte d'outsider qui vit dans ce milieu mais n'est associé à aucun crû en particulier.
Du côté de Mount Jolly, on trouve également une jeune femme désireuse de mener sa vie affective comme elle l'entend, Octavia, une lesbienne qui va avoir recours à un stratagème pour réussir à attirer une femme qu'elle convoite dans sa chambre dans des vêtements trempés de boue (la scène se concluera par un "tu peux prendre une douche ici et m'emprunter des vêtements si tu veux" de la plus grande subtilité), au nez et à la barbe de son père, un homme vieillissant à la gâchette un peu facile.
Du côté de chez Rossow, où s'est déroulé le drame, les choses sont un peu plus compliquées, puisque Lohmeyer, le propriétaire du domaine, est en Allemagne pendant une bonne partie de l'épisode et ne peut donc pas témoigner de grand'chose ; Grace Foster, qui travaille avec lui, sympathise avec Steadman en essayant de l'aider, tandis que l'autre viticultrice du domaine, Nana Soci (qui ambitionne de devenir la première femme noire propriétaire d'un vignoble en Afrique du Sud) semble avoir les dents qui rayent les tonneaux.
Ces détails ne sont, en définitive, connus que de nous, de Hermien, et en partie de Steadman, mais qui permettent de prendre la mesure des parties en présence.

Le plus étonnant, c'est qu'à mesure que le pilote avance, on réalise que l'intention de Known Gods n'est pas du tout de s'intéresser à l'enquête. Et Dieux merci ! Car ç'aurait été assez chiant de suivre une sorte de Columbo durant 26 épisodes, avec un inspecteur Steadman se faisant balader dans les vignobles en attendant une conclusion. Pas du tout : on saura qui a tué Koen à la fin du pilote ! Bon, certes, Steadman n'a pas encore cette information, mais on est habitués à avoir une longueur d'avance sur lui de toute façon. Et, je vous l'accorde, il y a toujours la possibilité que cette déclaration soit du chiqué. Mais j'ai revu la scène, et moi j'y crois.
En tous cas, clairement, l'intention n'est pas d'avoir une simple intrigue policière, ou un simple primetime soap, mais plutôt un mélange des deux, ce qui donne finalement un résultat hybride tout-à-fait regardable même pour qui n'aime ni l'un ni l'autre de ces genres. Ce n'était pourtant pas gagné d'avance !

Au niveau du ton, l'épisode parvient en plus à ménager des séquences un peu over the top (la manip d'Octavia, par exemple), d'autres simplement légères et pétillantes (quand Hermien retrouve ses deux vieilles amies Pearl et Anesca pour cancanner), intéressantes d'un point de vue social (le speech de Nana à l'inspecteur soulève des points intéressants sur la dynamique des vignobles et par extension des milieux aisés d'Afrique du Sud) ou sincèrement émouvantes (comme quand Nina nous explique qu'elle s'envoie Alain pour le fun, mais qu'elle elle est amoureuse de feu Deetlef Koen, et raconte combien elle est déchirée par cette relation qu'elle ne peut pleurer sans éveiller les soupçons de son mari Kas). Il y a vraiment à manger pour tout le monde !

Mais c'est surtout sur un plan esthétique que Known Gods réussit à poser sa patte. Avant même que des séries comme The Wild (née en 2011 et annulée cet été au terme de deux saisons par M-Net) ou Isindingo (forcée de s'y mettre cette année, suite à l'incendie qui a ravagé ses décors au printemps), la série est entièrement tournée on location dans un véritable vignoble, Lourensford Estate, et les prises de vue des côteaux comme des bâtiments donnent, sans aucun doute, un cachet incroyable à la série, et cela, sans en rajouter dans les filtres. La nature domptée des vignes de Known Gods se suffit à elle-même pour souligner à la fois la façon dont cette vallée est coupée du monde, et pourtant extrêmement huppée. La plupart des prises de vue s'accompagnent qui plus est de panneaux fort utiles nous rappelant sur quelle propriété on met les pieds, aidant ainsi à cartographier l'endroit, ou au moins un peu, ce qui donne l'impression que ces images de cartes postales ne sont pas là juste pour faire joli, mais que tout a un but et une élégance à la fois.
Je dois d'ailleurs préciser que, n'ayant jamais mis les pieds en Afrique du Sud, et après avoir vu les paysages d'Intersexions, ce n'était pas vraiment le décor que je m'attendais à voir pour la série ; franchement à certains moments, j'avais l'impression d'être dans les forêts canadiennes ou des vallons français... Rien que pour l'effet de dépaysement, ça valait le coup d'oeil !

Une vue de Smoorberg Le hall de Rossow Le Fortune des Vins qui visiblement n'a pas volé son appellation Hermien explique à Steadman l'organisation de la vallée

Alors au final, même si par moments le pilote flirte avec des genres qui sont loin d'avoir ma préférence, le panachage de tous ces ingrédients donne au contraire un épisode sympathique à suivre ; ce n'est probablement pas aussi touchant et profond qu'Intersexions (il faudra que j'essaye d'arrêter de tout comparer à Intersexions, ça ne va pas me rendre service, cette série est juste magnifique), mais c'est une série tout-à-fait divertissante et sympathique, assez bien équilibrée, à laquelle on a affaire ici.
Disons si vous le voulez bien que Known Gods n'est pas un grand crû, mais elle n'a pas volé son label. A déguster sans modération...
...en attendant que je tente Wabona, le service de VOD africaine qui a ouvert il y a quelques jours et qui propose, joie parmi les joies, les épisodes de Yizo Yizo et The LAB (entre autres), deux séries que j'ai dans mon viseur depuis un bout de temps (j'ai d'ailleurs raconté la genèse de l'expérience télévisuelle et sociale Yizo Yizo dans un post précédent) et que je suis infichue de trouver en DVD. Si j'arrive à trouver un moyen de conserver les épisodes, je m'achète l'intégrale sur le site de Wabona, ya pas photo ! Moi, payer pour de la VOD africaine, la vie téléphagique est décidément pleine de surprises !

Posté par ladyteruki à 22:58 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

17-10-12

People you're dying to meet

"Our lives intersect into a vast network. In sex, there are no strangers."
C'est ainsi que commencent la plupart des épisodes de la première saison de la série sud-africaine Intersexions, que j'ai achevé de regarder aujourd'hui, avec cette voix-off, pendant le générique, qui nous rappelle à la réalité des MST, et en particulier (puisque c'est le sujet non-dissimulé de la série) du VIH.
Il n'y a pas 15 jours que j'ai reçu le DVD de ma toute première série sud-africaine, et je ne vous cache pas être ravie d'avoir commencé à découvrir les séries dramatiques locales avec celle-ci. A l'heure où vous lirez ces lignes, je serai probablement sur kalahari en quête d'une autre fiction sud-africaine à expérimenter...! C'est vous dire si le bilan d'Intersexions s'apprête à être positif, si vous me pardonnez l'expression ; alors, pour l'heure, revenons sur la première saison de cette grande fresque.

Intersexions-PeopleYourDyingToMeet

Intersexions est, de par son format, une anthologie dramatique (répondant ainsi sans le savoir à mes voeux en la matière), bien qu'utilisant des éléments feuilletonnants à la fois pour lier ses épisodes les uns aux autres, ainsi que pour conclure sa saison, grâce au couple incarné par Mandisa et Kabelo.
...Vous vous souvenez d'eux ? Dans le pilote, ils étaient sur le point de se marier, lorsque Mandisa a appris que son ex, le célèbre DJ Mo, était mourant, à l'hôpital, à cause du SIDA. Etait-elle infectée par DJ Mo ? Avait-elle infecté son fiancé ? Et maintenant qu'elle était enceinte ? On s'était arrêtés là.
Mais Intersexions n'a pas pour objectif de simplement remonter la piste de l'infection. Il ne s'agit pas d'une enquête déguisée, dans laquelle on essayerait de savoir qui a contaminé qui, qui est le "sujet 0". La série s'appuie sur un fait, et un seul, celui explicité clairement lors de son générique : nous vivons nos vies amoureuses de façon complexe, nous avons plusieurs partenaires, parfois de façon responsable, parfois non, et la vérité, c'est que nous pourrions tous, à un moment, être infectés. Si nous ne prenons pas garde. En nouant ses intrigues, en jouant avec de très, trèèès nombreux sauts temporels, la série veut montrer combien il est difficile, en réalité, de pointer un coupable et des victimes.

La grande force d'Intersexions est que son propos pédagogique bénéficie d'une excellente utilisation des possibilités dramatiques de sa formule, et inversement. En optant pour l'anthologie, la série se permet ainsi d'explorer des personnages très différents. Nous ne resterons pas dans le monde des avocats et des attachés de presse, qui est celui de Kabelo et Mandisa. Nous allons plonger dans toutes les couches de la société, voyager dans tous le pays. Des riches et des pauvres, des citadins et des campagnards, des gens mariés et d'autres libres comme l'air, et même, des personnages libres et d'autres en prison (visiblement une thématique récurrente à la télévision sud-africaine, vu ce qu'on sait de Yizo Yizo)... Toute la société est concernée. Et ça rend Intersexions d'autant plus fascinante à regarder que les richesses des intrigues sont multiples, et qu'elles touchent sûrement chaque spectateur au moins une fois ; pour découvrir en accéléré la société sud-africaine, c'était aussi particulièrement idéal !
Mais non seulement leur statut et leur situation varient, mais les personnages que nous découvrons à mesure que nous tirons le fil de ces ramifications sont variés, et leur rapport à la sexualité l'est lui aussi ; il y a les prudents et les délurés, les méfiants et les naïfs, les jaloux et les libérés, les infectés qui se soignent et ceux qui s'ignorent, et pourtant, il n'y a pas, ou rarement, de méchant désigné, pas de stigmatisation des comportements.

Ce qui est fascinant, c'est que la variété des contextes n'est jamais utilisée comme un prétexte pédagogique : dramatiquement, les épisodes vont jusqu'au bout. Intersexions va soulever, à travers ses portraits, des questions autour du viol, par exemple, ou de la prostitution. Ses personnages apparaissent dans un, deux, parfois trois épisodes de la série, mais généralement sous un angle différent ou avec une importance variable (le personnage central d'un épisode peut passer au second plan dans l'épisode suivant, avant de passer le relai à une autre intrigue et disparaitre tout-à-fait). Les épisodes sont ainsi regardables indépendamment, mais prennent une force décuplée s'ils sont vus ensemble et dans l'ordre.

Comme tant d'anthologies, Intersexions est aussi un puissant exercice de style, capable de faire se dérouler un épisode sur une durée de 6 mois, et l'autre, en l'espace d'une heure. Et du coup il y a des réussites incroyables sur le plan formel ! L'un de mes épisodes favoris de ce poin de vue est celui au début duquel Charlie se réveille à côté d'une inconnue ; ils ne se souviennent de rien, ont-il couché ensemble, et si oui, se sont-ils protégés ? Le temps de se rhabiller, ils essayent de refaire le chemin ensemble, ce qui donne une version dramatique de The Hangover particulièrement efficace et rythmé. Ou c'est au contraire dans la lenteur et la douceur que Tshepo et Dalitso passent les mois sans jamais se toucher, si ce n'est une promesse, du bout du petit doigt... la beauté de cet épisode est au moins aussi incroyable.
Parfois le style est réaliste, quasi-documentaire, comme dans l'épisode se passant dans un lycée ; parfois, le monde d'Intersexions se pare de couleurs et de beautés et nous montre une romance provinciale touchée par la grâce.
Sur le fond, on est moins dans la variation que dans un sens prononcé de l'équilibre. La plupart des épisodes trouvent un juste milieu entre l'émotion et le propos préventif. Un seul épisode sera un peu plus ouvertement pédagogique (son objectif étant de rappeler que les médecines traditionnelles ne peuvent pas rivaliser avec un antirétroviral), mais le fera sans paternalisme excessif. Il faut saluer la façon dont Intersexions s'adresse à ses spectateurs comme à des personnes normales, pas des enfants ou des irresponsables...
Je pourrais continuer des heures sur les qualités de la série, chaque épisodes ayant son lot de réussites.

Mais après cette expérience émouvante, intéressante, parfois totalement imprévisible, le plus étonnant est d'arriver à la fin du 24e épisode, qui revient à Mandisa et Kabelo, et boucle la boucle. De quoi laisser circonspect : qui est donc le personnage du 25e épisodes ?
Tenez-vous bien (ou sautez le paragraphe si vous comptez voir la série) : notre voix-off, c'est HIV. Ce personnage, qui met sa voix suave au service de l'horreur, va apporter un nouvel éclairage sur les histoires que nous avons vues. Lui, il sait où est le virus : il est passé par ici, il repassera par là ! Et en remontant tout le réseau d'Intersexions, nous allons apprendre pourquoi certains personnages n'ont pas attrapé le virus, ou ne l'ont pas transmis, mais aussi pourquoi d'autres ont fait "sa rencontre". Rétrospectivement, le spectateur frémit devant certaines connexions dont il n'avait pas mesuré l'importance... Mais notre ultime héros, lui, se régale de cela : "Thanks guys, for making Russian roulette your favorite sport !", s'exclame-t-il en s'amusant de nos comportements risqués. Le message contenu dans cet épisode est explicite, et s'appuie sur des faits autant que sur les intrigues, accomplissant ainsi, pour la première fois, la mission d'information de la série sans s'appuyer sur les avantages de la fiction ; on est ici dans le docudrama, en fait, à la différence que le double language (c'est le virus qui s'exprime, et qui emploie énormément de sarcasmes pour cela) permet d'éviter, une fois encore, d'avoir l'impression d'assister à un cours magistral. Mais cela permet aussi au spectateur qui a pu se laisser emporter par l'émotion, l'efficacité ou toute autre avantage, de se recentrer sur la thématique du virus...

Alors au final, Intersexions réussit sur la forme comme sur le fond, dans l'émotion comme dans la prévention, avec ses personnages comme ses situations, et accomplit en 25 épisodes un petit exploit, que je me sens obligée de saluer, ne serait-ce parce que j'ai fini la série en applaudissant (oui, j'applaudis certaines séries, vous faites jamais ça, vous ?). Vraiment, c'était de la belle ouvrage, et il est clair pour moi qu'Intersexions a tout d'une grande, et n'a rien à envier aux séries que je connaissais déjà. Parfaitement aboutie, pensée, accomplie (il y a visiblement des personnes, si j'en crois le générique, qui ont veillé à la cohérence des épisodes entre eux, notamment), Intersexions a parfois, évidemment, quelques faiblesses : c'est le propre de toute anthologie, qui ne peut plaire de la première à la dernière minute. Mais elle accomplit, en dépit des difficultés inhérentes à son principe et sa forme, une véritable prouesse. Le défi a été relevé, et remporté. J'espère que la seconde saison, actuellement en préparation, sortira également en DVD parce que, en ce qui me concerne, c'est comme si c'était déjà dans l'avion.

Autre avantage non-négligeable, ce post me fera une transition toute trouvée pour vous parler du pilote de la mini-série suédoise Torka Aldrig Tårar Utan Handskan. J'aime autant vous prévenir, ça va être un peu hardcore...

PS : un truc que j'ai oublié de préciser, lorsque j'ai parlé des DVD d'Intersexions l'autre fois : l'Afrique du Sud, c'est de la zone 2. Voilà voilà, héhé, juste une donnée à garder en tête pendant que vous vous tâtez pour savoir si vous voulez voir le pilote avec sous-titres anglais. Il vous suffit en effet de commenter juste là pour débloquer l'accès au pilote : il manque UNE demande ! Enfin moi je dis ça...

Posté par ladyteruki à 23:53 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

14-10-12

Na-Nu Na-Nu

Comme ce weekend, j'étais malade comme un chien (chais pas pourquoi j'en parle au passé, d'ailleurs...), j'ai décidé de mettre les challenges et les découvertes exotiques de côté, et de m'orienter vers quelque chose de divertissant et de réconfortant, sans être toutefois trop exigeant.
Donc évidemment j'ai opté pour un vieux sitcom, et c'est tombé sur Mork & Mindy. D'ordinaire quand je suis vraiment à l'article de la mort, je regarde plutôt 30 Rock, comment en témoignent les tags, mais je n'étais pas SI désespérée.

En fait, non, ce n'est pas la seule chose qui a dicté mon choix. Cette semaine, l'épisode de The Neighbors a réussi à placer une référence à Mork & Mindy, ce qui est courageux, puisque je dirais que rares doivent être les spectateurs de la série à être allés jusqu'au troisième épisode de The Neighbors (soit par manque de patience, soit par mort naturelle). Mais cette petite référence m'a fait réaliser une chose : en dépit du fait que le générique de Mork & Mindy fasse partie de ma playlist depuis plusieurs années déjà, je n'avais jamais vu un épisode de la série. Il n'en fallait guère plus à mon cerveau malade : j'ai tenté le pilote. Pilote qui, d'ailleurs, est en deux parties, ah c'était le bon temps.

MorkMindy

Bon, clairement, autant il y a des séries datant de Mathusalem qui sont une incroyable démonstration d'intelligence et de finesse dépouillant ainsi le téléphage moderne de tous ses clichés sur les fictions des années 70/80 et leur qualité prétendument inférieure... autant il y a Mork & Mindy. On ne va pas se mentir, les dialogues ne sont pas d'une grande fulgurance la plupart du temps.

Mais, comme tous les livres d'histoire télévisuelle devraient vous l'avoir dit, il faut quand même regarder au moins une fois Mork & Mindy pour y découvrir un jeune Robin Williams faisant une publicité folle pour la consommation de cocaïne ; sérieusement, ça donne envie de s'y mettre tant ça semble lui réussir. Le show repose absolument sur ses épaules ou ses fesses, s'il est assis et les seuls passages drôles du pilote, on les lui doit. A côté, même le Fonz (ah oui, il y a un passage "flashback" dans l'univers de Happy Days, mais naturellement vous saviez que Mork & Mindy était un spin-off, pas vrai ?) a l'air un peu pâlichon.
Alors, pendant près de 50 minutes, Williams, très en forme, excelle ; aussi bien dans son amour pour les imitations et les voix bizarres, que dans un humour plus visuel. En somme, regarder sa performance, c'est comme réapprendre pourquoi on l'aime tant. Du moins, c'est mon cas. Par contre on va dire que c'est la fièvre, mais j'ai pas arrêté de me dire que ça va être très dur pour moi le jour où il disparaitra ; on peut trouver le secret de l'immortalité avant que Robin Williams claque s'il vous plait, merci d'avance.

Certes, le pilote Mork & Mindy n'est pas franchement un chef d'oeuvre, et son histoire est un prétexte à faire rire en se reposant à 90% sur les singeries de son acteur principal, mais il faut quand même admettre qu'outre le comique de la situation et le spectacle qu'offre Williams, il y a quelques petites notes assez amusantes relevées sur nos us et coutumes de "Terriens" (enfin, Amériterriens, disons, car tout cela est évidemment très Occident-centré) qui permettent de ne pas totalement sombrer dans la démence. Mork est sur Terre pour nous étudier, et sa grande naïveté lui permet d'asséner quelques petites remarques sur nos comportements parfois un peu illogiques, les complications de notre société lui semblant non seulement exotiques mais aussi un peu frigides. Lui, par contre, est vraiment un bon vivant, et il voit les choses sans cynisme ni sentiment de supériorité, alors que clairement sa civilisation est plus évoluée que la nôtre (on y reconnaît les mérites des lobes d'oreille, par exemple). On ne peut pas dire que cela relève du génie, mais ça évite de rendre le pilote totalement stupide.

Du coup, Mork & Mindy était le parfait divertissement pour ce dimanche, surtout avec le sauf du Red Bull Stratos tout de suite après, c'est bien, c'était dans la thématique.
Maintenant pardon, je vais me remettre au lit en espérant être en état pour finir la première saison d'Intersexions quelque part cette semaine.

Posté par ladyteruki à 20:40 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]