ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

02-12-12

Soapesque (adj.)

Nashvillesoap

Bon alors c'est peut-être du fait de mon état de santé qui n'est pas génial, je ne sais pas ; mais je me suis rendue compte d'une chose : je ne sais plus quelle est la différence entre une série dramatique et un soap.

Ah, ne riez pas dans le fond : il n'y a pas que moi. ABC a de gros problèmes avec le concept également.
A vrai dire, ce sont justement ses séries qui ont suscité une interrogation chez moi, lorsque j'ai essayé de décrire Nashville à un tiers. Puis 666 Park Avenue. Puis Revenge. Puis... Et à chaque fois, l'adjectif "soapesque" revenait dans mon explication, suivi d'un "mais c'est pas un soap comme Les Feux de l'Amour, hein, non : c'est plutôt... comme un primetime soap". Ouhlà, attendez ! Mais en fait, toutes les séries d'une heure d'ABC sont soapesques, non ?
Non, et Dieu soit loué pour Last Resort. Mais quand même.

Il faut dire que la définition de soap opera est assez élastique par les temps qui courent, de toute façon.
Il y a encore quelques années, pour moi, un soap se définissait très clairement : c'était une série diffusée en quotidienne, aux intrigues extrêmement lentes et aux techniques narratives paresseuses, dotées de retournements de situation exagérés à intervalles réguliers (un jumeau maléfique, des personnages qu'on croyait morts qui réapparaissent, des bébés volés/échangés, etc.). Et ce, sur des années et des années et des années, jusqu'à ce que mort s'en suive.
Mais voilà : entretemps, la telenovela est entrée dans mon univers. en tous cas au moins sur le papier ; rapport au fait que je n'ai pas encore eu la possibilité de suivre une telenovela dont le sujet pique ma curiosité. Et une telenovela, eh bien, c'est une série en CDD, et ça, ça heurte un peu la vision que nous avons du soap, que ce soit aux USA ou en Europe.
Le problème de la telenovela, c'est son succès. En soi c'est bien, hein, tant mieux que des formats de fictions trouvent un souffle qui incitent les télévisions de la planète à adopter de nouveaux standards de durée ou de périodicité, je suis la première convaincue que la télévision, c'est quand même mieux quand on regarde ce qui se fait ailleurs ! Mais des séries comme Desperate Housewives, par exemple, sont typiquement des séries dramatiques qui lorgnent méchamment sur la copie des voisins, et relèvent en fait plus du soap sur pas mal d'aspect. En-dehors de la diffusion hebdomadaire, et sans doute aussi du budget, tout y est : c'est du primetime soap, clairement. Une fois par semaine, avec le savoir-faire des séries dramatiques américaines, un soap quand même.

Evidemment, la télévision américaine n'a pas attendu Desperate Housewives pour connaître le primetime soap. Des séries comme Dallas, Beverly Hills ou encore Melrose Place, pour n'en citer qu'une poignée, ont été qualifiées de primetime soap en leur temps sans que cela ne choque qui que ce soit. Pas même moi. Et s'en sont tirées avec un succès public incontestable, et, dans une certaine mesure, un certain succès critique, au sens où ces séries ont marqué leur époque, chacune à sa façon.

Cependant le terme de primetime soap semble toujours très négativement connoté. L'utiliser, c'est comme caractériser une série de qualificatifs pas franchement recommandables, sauf qu'en disant primetime soap, on peut le dire à mots couverts.
Par exemple j'attendais pas mal de choses de Desperate Housewives quand elle a commencé ; j'avais regardé la première saison de façon très régulière, en espérant que sa corrosivité irait croissant ; c'est l'inverse qui s'est passé et c'est la raison pour laquelle la série est devenue un primetime soap plus qu'une série dramatique. Un qualificatif assumé de façon très variée par les spectateurs qui ont poursuivi la série bien longtemps après que je me sois arrêtée. L'an dernier, j'ai décidé de regarder l'épisode final de la série, et il était clair pour moi qu'elle n'en méritait pourtant nul autre. Desperate Housewives n'était pas une série dramatique : c'était un soap hebdomadaire, diffusé en primetime (jusque là j'ai bon) dont le caractère over the top des situations n'avait plus rien d'impertinent.

Mais désormais, la définition semble encore élargie. Ce n'est pas simplement l'absence de second degré qui semble permette d'appeler une série un primetime soap. Certes, Revenge est extrêmement dépourvue d'humour, mais ce n'est clairement pas à ce défaut qu'elle doit sa parenté avec les soaps, mais plutôt à sa thématique de la vengeance, à son héroïne féminine, et à sa claire inspiration de formules venues des telenovelas. Peut-être aussi au jeu des acteurs, ou au moins à leur direction.

Voyons ailleurs ce qui se passe. Par exemple, Grey's Anatomy, en se concentrant tant sur les amours de ses personnages que son caractère médical semble passer totalement inaperçu, est clairement un primetime soap, non ? Et pourtant, objectivement, Urgences aussi était truffé d'intrigues personnelles : quelle est la nuance qui empêche de qualifier Urgences de primetime soap ? Et si, dans certains articles ou ouvrages, un auteur/analyste/vendeur de barbapapa quelconque décide d'utiliser ce terme, pourquoi cela me choque-t-il un peu, au point de quasiment le voir comme une insulte ?
Plus flou que celui de Grey's Anatomy est le statut de Nashville. De par la qualité du jeu de nombreux acteurs (je me repasse de temps à autres la scène pendant laquelle Rayna est interrogée en vue de la campagne de son mari, c'était d'une force incroyable), de par l'écriture qui n'a pas grand'chose à voir avec des intrigues à rallonge de mon point de vue, et de par l'impression de consistance et de sérieux qui émane, il me semble, de la façon dont son monde est construit, Nashville n'est pas vraiment un primetime soap selon ce qui me semble être la définition du "genre". Pourtant, difficile de ne pas parler de tournure soapesque dans les amours de l'une des stars ou les liens familiaux et financiers de l'autre ; mais n'est-ce pas un glissement de sens ?
A ce tarif-là, des séries comme Brothers & Sisters puis Parenthood sont-elles des primetime soaps ? Il m'est arrivé de le lire. Je trouve pourtant la chose plus difficile à admettre encore que pour Nashville. Le fait que les personnages forment une famille en proie à un certain nombre de retournements de situation (notamment la thématique de la demi-soeur cachée qui a lancé la première saison de Brothers & Sisters, et effectué plusieurs rebonds ensuite ; d'ailleurs j'ai jamais vu la fin de cette série, mais bon, pas le moment de se mettre des idées d'intégrale en tête).
Mais plus intrigant encore : pourquoi m'acharner à utiliser l'adjectif "soapesque" et/ou d'appeler primetime soap une série comme 666 Park Avenue ? C'est clairement une série fantastique ! Le simple fait que son héroïne (outre le fait d'être une jolie femme) vive dans un univers un peu plus luxueux que la moyenne et que des "méchants riches" occupent des rôles importants suffit-il à décrocher ce qualificatif ? Est-ce parce qu'on effleure la vie de plusieurs autres résidents de l'immeuble ? Ca semble un peu réducteur ! Et pourtant, j'aurais tellement de mal à dire que c'est simplement une série fantastique (et pas juste parce que je pourrais faire un jeu de mots sur "fantastique").

Au final, il me semble de plus en plus difficile d'établir clairement où est la ligne de démarcation entre une série dramatique et un primetime soap, à plus forte raison sur les networks où les intrigues dramatiques ont tendance à n'être pas aussi incroyablement sombres que sur le câble (qui irait dire que Breaking Bad est un primetime soap ? quoique, je me demande s'il est déjà arrivé à quelqu'un de parler de soap pour Mad Men ou Game of Thrones, à ce tarif-là).
Et surtout, accepter ce qualificatif est-il une façon de d'admettre que la série est inférieure à une série dramatique normale ? Sinon, comment surmonter ce réflexe ?
L'existence du primetime soap me semble difficile à nier, et pourtant, elle est aussi difficile à expliquer. La lecture de la définition de Wikipedia, en préambule de ma réflexion pour ce post, ne m'a par exemple pas du tout aidée, alors qu'on imagine qu'a priori, elle fait consensus...

Sans la fascination actuelle d'ABC pour tout ce qui ressemble à 1) un format facile à exporter en telenovela 2) une telenovela facile à adapter pour le primetime américain, peut-être que mes repères ne seraient pas autant brouillés. Peut-être que je serais capable de reconnaître un primetime soap aussi sûrement que je suis capable de faire la différence entre une comédie et un drama, ou entre un western et une série policière... Mais ce n'est qu'une supposition.

D'ailleurs, le primetime soap est-il un genre, au sens du contenu, ou une structure ? Son nom semble essentiellement indiquer une case de diffusion, et pas vraiment expliciter le reste de sa condition. La fusion des genres, oui... Mais un genre bâtard issu du néant, non. Plus j'essaye de définir ce qu'est un primetime soap, plus j'ai l'impression qu'il s'agit d'une étiquette qu'on peut coller et décoller selon l'image que renvoie une série, mais qui n'a en réalité que peu à voir avec ses sujets ou sa formule. C'est une grande valise fourre-tout qui sert peut-être surtout à décrédibiliser une série qu'on ne peut/veut pas décrire comme suffisamment "sérieuse"...
Quand j'ai utilisé l'adjectif soapesque pour Nashville, je l'ai tout de suite regretté, parce que ça ne donnait pas une image attrayante de la série à mon interlocuteur qui ne la connaissait pas. La question que j'aurais dû me poser, c'est : pour quelle autre raison l'utiliser ? Qu'est-ce que le terme "primetime soap" décrit d'autre, finalement ?

Il y a probablement une part de fierté personnelle à dire qu'on ne regarde pas de primetime soap quand on est un téléphage un rien exigeant, ni à en recommander spontanément. Mais d'un autre côté j'avoue sans un soupçon de honte regarder des séries comme Happily Divorced, alors...
Le cas du primetime soap me laisse décidément perplexe... Je prends tous les points de vue que vous voudrez bien me livrer sur le sujet.

Posté par ladyteruki à 20:59 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

17-11-12

Back where we left off

C'est un exercice bien périlleux que de tenter de revenir sur le devant de la scène avec un nouveau sitcom, après en avoir eu un premier qui ait connu le succès. Fran Drescher ou Reba McEntire le savent bien, qui ont tenté par tous les moyens de revenir sous les projecteurs (et parfois, ça a exigé du temps et de la patience) et de retrouver la formule qui avait fait leur gloire télévisée.

C'est en fait si difficile, qu'une fois que ces "anciennes gloires du sitcom" retrouvent un projet, la tentation est grande de multiplier les références à leur succès initial.
On peut le voir avec Happily Divorced, qui consacre énormément de temps aux clins d'oeil, sous toutes les formes possibles. C'est, étrangement, ce qui fait que Happily Divorced est plus agréable à regarder que Living with Fran, d'ailleurs : le nombre d'allusions et de guests est vertigineux, tandis que Living with Fran avait préféré ne faire appel à la grande famille d'Une Nounou d'Enfer qu'à titre affectueux, plus comme une façon de profiter de l'occasion pour rebosser entre vieux amis, que comme une technique visant à faire appel à la nostalgie des spectateurs.
On ne me fera pas croire que Renee Taylor se pointe dans un rôle extrêmement proche de celui de Sylvia Fine au cours de plusieurs épisodes de Happily Divorced pour une autre raison que faire des appels du pied aux nostalgiques d'Une Nounou d'Enfer, par exemple. C'est impossible à avaler, tout simplement parce que les répliques se déchaînent à chaque apparition pour souligner la parenté avec la série "originale". Le but est avoué.
Après tout, on est sur TV Land ; le simple fait d'offrir à des vieilles gloires du sitcom la possibilité de lancer une nouvelle série est une façon totalement assumée de faire du neuf avec du vieux.

Paradoxalement, ce n'est pas déplaisant. On pourrait blâmer Happily Divorced pour cette façon décomplexée de faire appel à un succès passé pour créer un succès actuel, on pourrait l'accuser de manquer d'originalité, mais c'est très précisément ce que l'on cherche, en réalité, quand on regarde une série avec Fran Drescher. Alors cette façon de faire appel à la mémoire du spectateur, en dépit des apparences paresseuses que cela peut avoir pour quelqu'un d'extérieur à tout cela, ça fonctionne incroyablement bien.

Jusque là, Malibu Country semblait éviter cette technique. Il était pourtant clair que les méthodes de création de la série étaient les mêmes : l'actrice qui reprend un personnage similaire, répondant d'ailleurs au même nom (c'est rarement un signe trompeur), et qui produit la série qui signe son retour...
Mais les références de Malibu Country à Reba étaient absentes des deux premiers épisodes, ce qui était même assez surprenant. La série jouait sur les références à la carrière de Reba McEntire, puisque son héroïne est également chanteuse de country, et ça s'arrêtait là.

Malibu

...Jusqu'au 3e épisode, diffusé hier. Comme souvent, les dialogues ont commencé à tirer partie des gimmicks inhérents à Reba ; parmi les coupables généralement désignés, et c'était déjà le cas dans Reba, on trouve la couleur de cheveux de l'actrice/chanteuse, son accent de l'Oklahoma bien profond, ou son caractère un peu, hm, rigide. Ici c'était l'accent.
Quand soudain, vient une réplique sur le fait que "chewing ice" avec l'accent donne l'impression de dire "chewing ass".

Mes yeux ont roulé sur la table. Vous savez d'où elle vient cette réplique ? Du making-off de la 5e saison Reba ! Meta !

Et finalement il semble qu'on ne puisse y échapper. Malibu Country n'a pas besoin de ces références pour faire des scores décents, et probablement que la série ne compte pas dessus pour attirer son public, mais il semble inévitable de faire référence à un sitcom passé pour donner un supplément d'âme à l'actuel. Dans le cas qui nous occupe, il ne s'agit pas d'appâter les spectateurs avec cela, parce qu'il faut vraiment avoir été totalement mordu de Reba (au point d'avoir vu les making-off, quand même) pour saisir cette référence. Mais malgré tout, impossible de faire sans.

Comme je le disais, ce n'est pas désagréable. Quelles que soient les raisons pour faire appel aux souvenirs (qu'on présume émus) des spectateurs, que ce soit pour créer artificiellement un attrait vers la série, ou juste pour entretenir une forme de connivence, ces pratiques fonctionnent. Elles ne fonctionnent à vrai dire que dans cette configuration : la star de sitcom qui revient dans un nouveau sitcom. C'est inconcevable dans les dramas, et décrédibilisant au possible. Mais ça fonctionne, et en tant que spectatrice, j'admire qu'une série soit capable d'établir ce genre de relations avec le public, sans complexe ni faux-semblant.

Dans le fond, nous regardons ces séries parce que nous avons vu les précédentes, parce que nous aimons leur interprète principale, parce que nous voulons avoir l'illusion de suivre des histoires se déroulant dans le même univers, même si les situations ont changé. Nous voulons l'illusion d'une unité dans l'univers de ces séries.
A vrai dire, c'est aussi la raison pour laquelle je regardais Partners ; je regrette que cette dernière n'ait pas plus ostensiblement tiré partie de ses points communs avec Will & Grace. C'est peut-être étrangement ce qui l'aurait sauvée : assumer sa parenté.

Posté par ladyteruki à 23:55 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

29-06-12

Thérapie par le rire

Ce post aurait aussi pu s'intituler : pourquoi j'ai comme l'impression que je vais regarder Anger Management cet été, et comment je le vis presque bien.

AngerManagement

Parfois il y a des pilotes qu'on regarde en étant plutôt certain du sort qu'on réservera à la série... même en étant totalement ouverte en les commençant.
Dans le cas d'un procedural par exemple, je ne vais que très, très rarement me risquer à aller au-delà du pilote, car même s'il est bon, je sais que la formule va vite m'écoeurer. Et les rares fois où le pilote est effectivement bon et où je me dis que je vais faire une exception et quand même continuer, eh bien ça ne loupe pas, deux à trois épisodes plus tard, je décroche. Le procedural, j'en ai trop soupé. Même un bon n'est plus capable de me tenir très longtemps. J'ai plus la patience.

Anger Management n'a donc jamais été sur mon planning de l'été, si tant est que j'aie un planning, et j'ai regardé le pilote par curiosité plus qu'autre chose, histoire de jauger la bête. Et puis finalement, eh bah, on dirait bien que je suis partie pour regarder un peu...

Et pourtant je me fiche de Charlie Sheen comme de ma première télécommande. Autant son père est un demi-dieu, autant lui, franchement, il m'indiffère énormément. L'affaire qui a entouré son éviction de Two and a Half Men, par exemple, ne m'a pas émue, ni fait rire (même pas de façon moqueuse). D'un autre côté je n'ai jamais dépassé le pilote de cette série-là non plus, et tout bien réfléchi, je n'ai même jamais trouvé la force de regarder le pilote en entier.
En fait à mes yeux, le gros argument de la série, c'était Brett Butler. Allons, mais si, vous la connaissez Brett Butler, ne serait-ce que parce que ça fait des années que je vous parle d'Une Maman Formidable. D'ailleurs, qu'elle ait rejoint la série avait quelque chose d'éminemment symbolique puisqu'elle-même a une réputation de terreur des plateaux. Mais en même temps, comment en vouloir à cette femme si drôle ? Moi j'ai jamais pu. Et j'embrasserais le sol foulé par ses pieds si j'habitais pas si loin (mais c'est parce que je lis son autobiographie en moyenne une fois par an, peut-être). Bref, je pensais que Brett Butler serait MA raison de regarder ce pilote jusqu'au bout, ce qui dans ma tête était déjà une belle performance.

Car n'oublions pas qu'Anger Management est la tentative de FX de s'offrir un sitcom à moindre frais pour la plus longue période possible : à l'instar des séries de Tyler Perry comme House of Payne, Meet the Browns et For Better or Worse, l'idée est de prendre la température avec 10 premiers épisodes avant d'en commander après plusieurs dizaines. Qualitativement, on a déjà discuté des implications fâcheuses de ce genre de procédé (du genre à faire passer les comédies de TV Land pour des chefs d'oeuvre d'humour), et savoir qu'en plus un mec aussi peu captivant à mes yeux que Charlie Sheen allait être au centre de la série n'était pas spécialement fait pour me motiver. Qui veut se cogner pas loin de 100 épisodes avec ce type ? Heu, bon, les 13 millions de spectateurs qui étaient devant la centième de Two and a Half Men, il faut croire... mais vous voyez ce que je veux dire.

Et pourtant, Anger Management n'est pas SI mauvais. Pas tant que ça. Le démarrage du pilote est insoutenable de banalité, ça c'est vrai. Et c'est vrai aussi que les seconds rôles du groupe de parole dont le personnage de Charlie Sheen (qui, comme par hasard, s'appelle lui aussi Charlie) est le psy ne sont pas du tout intéressants. Fort heureusement, contrairement à ce que cette première partie de l'épisode va vous faire croire, la série ne s'intéresse pas du tout à eux !
Ils font quasiment de la figuration, et c'est d'ailleurs très bien comme ça, surtout quand, après la situation professionnelle du héros, le pilote se préoccupe de montrer sa situation personnelle. Là non plus ce n'est pas captivant, mais on s'occupe, notamment grâce à une apparition relativement réussie de Brian Austin Green qui fait très bien le gros connard.
C'est en fait que notre thérapeute, qui rappelons-le est spécialisé dans la gestion de la colère, pique lui-même une colère, que les choses s'excitent un peu. Déjà parce que cela met en lumière une relation avec son ex-femme qui n'est pas mal du tout (d'ailleurs c'est l'un deux personnages qui a les meilleures répliques dans cet épisode). Ensuite parce que la réaction en chaîne est intéressante à observer. Enfin parce qu'elle conduit à une très bonne scène de fin.

Car il est temps pour moi de faire mon coming out : j'ai ri devant la scène finale du pilote d'Anger Management. On me l'aurait dit 20 minutes plus tôt (et même 10 minutes plus tôt), je n'y aurais pas cru. Mais j'aime énormément le renversement qui a lieu pendant cette scène, qui doit beaucoup au scénario bien-sûr, pas si prévisible que je l'aurais pensé, et surtout à la présence de Selma Blair, qui fait vraiment des étincelles.

En plus, d'une façon générale, le pilote d'Anger Management n'est vraiment pas un épisode claustro : en montrant aussi bien la thérapie de groupe que Charlie organise à son domicile, que la chambre de sa fille, sa cuisine, la maison de son ex-femme, le bar, le groupe de thérapie en prison, et le cabinet de sa propre thérapeute, cet épisode prouve qu'il a de nombreux centres d'intérêt. C'est tellement souvent dans une série que les choses se passent toujours dans le même living, avec une ou deux scène dans une autre pièce ou au boulot si on a de la chance... ça fait un bien fou de voyager autant pendant ce pilote et de se dire que la série ne va pas sans arrêt tourner autour de la même structure. Il y a plein de choses à faire, le personnage a vraiment l'air d'évoluer dans un vrai monde, et pas juste d'être limité par la superficie du studio, vraiment ça fait du bien. Je regarde bien volontiers Happily Divorced, par exemple, mais franchement, c'est très fermé comme série de ce point de vue (quand une scène se passe dans la serre où Fran conduit son activité de fleuriste, une fois tous les cinq épisodes en moyenne, on a l'impression de voir du pays !).
Ca parait ridicule mais de voir tous ces contextes dans lesquels Charlie évolue, ça m'a donné une sorte d'espoir, ça m'a paru prometteur pour plein d'intrigues différentes. Pardon mais, tant qu'à signer pour 100 épisodes, autant être sûr qu'on sera à l'aise.

Enfin j'en sais rien. Je dis ça mais peut-être que le soulagement de ne pas avoir eu à subir un pilote totalement insupportable (juste très inégal) me pousse à penser que je vais suivre la série, et en fait je décrocherai peut-être au bout de deux ou trois épisodes. On verra. Mais si je devais choisir entre Anger Management et Whitney... non, bon j'avoue, c'est de la triche, trop facile.
En tous cas, ce premier épisode n'a pas été le total désastre annoncé, et pour une comédie dont je ne trouve pas l'acteur principal drôle ni sympathique, on pourrait presque parler de performance.

Posté par ladyteruki à 23:50 - Review vers le futur - Permalien [#]

04-04-12

White April

Le Black March, ça ne vous aura pas échappé, est maintenant fini. Et tout le défi est de se remettre dans le bain. Déjà qu'il n'est pas forcément facile-facile de suivre un programme téléphagique dense et d'y inclure les nouveautés et/ou pilotes (surtout quand comme moi, on est bien volage en la matière), mais ajoutez à cela un mois de séries à rattraper et ça confine à la folie douce.
Mais agréable, alors on va pas se plaindre.

So far, so good. J'ai pu voir trois pilotes (GCB, Magic City et Bent dont je vous ferai le post si je me déteste), ce qui m'est déjà fort agréable. Il a également été plus rapide de récupérer mon retard sur des séries de format court, et je suis donc à jour avec Happily Divorced, Woodley (dont je suis désormais certaine de faire l'acquisition du DVD à un moment tant cette série est géniale) et House of Lies que je me suis dépêchée de rattraper pour être fin prête au moment du season finale, comme vous le savez. Sont également bien avancés mais pas encore totalement au point Suburgatory et Portlandia.
Rendons grâces au weekend prolongé qui s'annonce, puisque Äkta Människor et The Good Wife seront aussi au programme. On verra pour la suite. Faut quand même avouer qu'il y a du monde dans mon planning, à plus forte raison parce que j'ai bien l'intention d'achever mon Piemarathon (mais je n'ai pas envie de le faire en étant bousculée).

WoodleyCircusWoodley, le petit bijou

Au niveau des évènements de groupe, c'est-à-dire notre Ozmarathon et les séances du Smash Ensemble, on joue pour le moment avec les disponibilités donc ça me fait gagner du temps, si je puis dire. Ce sont des moments conviviaux que j'ai hâte de retrouver, pourtant.

En plus de tout cela, mes intentions téléphagiques sont de reprendre un peu l'exploration des séries britanniques : j'ai un pilote de Sherlock qui n'attend que ça, et j'ai également mis de côté Call the Midwife. On verra bien ce que ça donne mais ça me fera du changement, ça fait depuis la fin de l'année dernière que je n'ai pas eu de coup de coeur pour une série britannique, et ça fait long.
J'ai aussi fait mon marché et déniché une intégrale de saison 1 d'une série française à 3€ à la FNUC, je n'ai jamais vu la série ni d'Eve ni d'Adam (elle n'a à ce jour jamais été mentionnée sur ce blog), et j'ai hâte de pouvoir la déshabiller de son film plastique et tester ce qu'elle vaut. Saurez-vous deviner de quoi il s'agit ?
Si on ajoute la préparation du SeriesLive Show, qui est toujours l'occasion de se rajouter des visionnages en plus (je vous mitonne d'ailleurs un bilan de série pour vendredi, vous m'en direz des nouvelles)... je ne chôme pas, et j'adore ça !

En somme, le mois d'avril est vraiment un moment de joie, de bonheur, de retrouvailles et de petits poussins. Vous saisissez l'idée générale, quoi.
L'une des conséquences indirectes et, ma foi, insoupçonnées du Black March, c'est que je me lance à corps perdu dans plein de séries de toutes parts, pour rattraper ce que j'ai manqué, et que je m'éclate. Je ne doute pas qu'il y aura des conséquences moins positives (certaines séries vont finir abandonnées au bord de la route faute de temps, c'est prévisible) mais pour l'instant, c'est que du bonheur.

Posté par ladyteruki à 23:42 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

17-06-11

Frantically fan

1993 était une grande année. Téléphagiquement, pour moi, en tous cas. Mais je ne l'ai pas immédiatement su, parce que, bien que je ne connaisse pas la date exacte à laquelle j'ai découvert la série, je suis à peu près sûre de n'avoir pas découvert Une Nounou d'Enfer cette année-là.
N'empêche qu'il s'est passé quelque chose en 1993 qui a changé ma téléphagie, à sa façon.
Parce que c'est aussi avec cette comédie que mon regard sur les séries a changé, et que c'est probablement l'une des premières dont j'aurais pu me dire fan, si à l'époque j'avais utilisé le mot, et déjà que maintenant...

Voilà donc pas loin de 20 ans  et, depuis, Fran et moi sommes inséparables.
De Fran Drescher, j'admire l'envie si puissante de rire et faire rire, après tout ce qui s'est passé : le viol, le cancer, le divorce. Et chaque fois, cette énergie bouillonnante de rebondir et de rire. Alors je ris avec Fran, parce qu'elle-même en est capable et que ça ouvre en moi une sorte de verrou, celui qui, d'ordinaire fermé, trouverait que les gags sont ci ou que l'interprétation est ça, et qui cède face à elle pour simplement profiter de la bouffée d'optimisme combattif qui se dégage de ses sitcoms.
J'aime ses moues, sa voix, son rire (du jour où j'ai découvert Fran en VO, mes facultés d'auditions n'ont plus jamais été les mêmes, et je ne regrette rien), j'aime aussi que ses personnages s'appellent toujours Fran et réagissent tous de la même façon, pour la bonne raison qu'ils évoluent tous dans des contextes qu'elle tire de sa propre expérience et qu'elle y va franchement, sans s'en cacher. Il y a quelque chose d'honnête et sincère dans cette démarche qui est la sienne, comme si elle avançait à visage découvert pour dire : "ouais, tout-à-fait, je ne suis pas une créative à la base et j'ai pas été chercher tout ça très loin, et alors ? J'ai quand même envie de vous faire rire avec ce que je connais".

Oui, il y a des pitches originaux et des synopsis de comédies révolutionnaires, mais un projet de série ça peut aussi être ça : quand on n'a pas de message à faire passer ni de média à révolutionner, qu'on a juste envie de divertir les gens et que pour ça on donne tout ce qu'on a, sans se cacher, sans en rajouter, à prendre ou à laisser. Moi ça me donne envie de prendre, pareille sincère générosité.

CancerSchmancer
Fran lance donc des séries où elle est Fran, toujours, inconditionnellement, tout le temps, et je l'aime aussi pour ça, pour la volonté qu'elle a de simplement venir me faire rire en se foutant du reste, et surtout de ceux qui veulent faire croire que le rire c'est FORCEMENT autre chose qu'avoir de l'énergie à revendre et la volonté de divertir. Ca peut, mais ce n'est pas obligatoire.
Elle se rendra ridicule s'il le faut, elle se répètera s'il le faut, elle utilisera toutes les anecdotes qu'elle a vécues s'il le faut, mais elle viendra à nous nue et sans artifices... spirituellement en tous cas, parce que Fran sans maquillage à la truelle, cheveux en contreplaqué et garde-robe pléthorique, ça n'est pas vraiment Fran.

Et c'est aussi pour ça qu'elle ne connaitra plus jamais le succès qu'elle a rencontré avec Une Nounou d'Enfer, parce qu'en-dehors des fidèles qui, comme moi, lui conservent toute leur entière et indivisible affection, et n'attendent que de la retrouver, les gens en général ont tendance à attendre de la nouveauté. C'est la seule chose qu'elle ne leur donnera pas.
C'est pas le plan, c'est pas comme ça qu'elle fonctionne. Elle n'est pas une créatrice de série qui cherche un pitch ou un personnage qui vous happera ; c'est une personne qui vient et qui sait que ce qu'elle a à offrir, c'est elle et rien qu'elle, et que ça, ça ne change pas, alors comment les projets successifs le pourraient-ils ?

HappilyReunited
Alors oui, j'ai regardé Happily Divorced. Et je sais bien, c'est exactement tout ce que Fran faisait déjà il y a presque 20 ans. Pour une raison simple et évidente, que tout le monde connait : le mari qui découvre qu'il est gay, c'est son histoire comme l'étaient, avec Living with Fran, les expérimentations de cougar, ou avec Une Nounou d'Enfer, une radiographie du passage à l'âge adulte quand on essaye de prendre du recul sur notre éducation.
Non bien-sûr, ça ne s'est pas passé exactement comme ça, à chaque fois, mais Fran sait prendre ces étapes fondatrices de sa vie et en rire, c'est sa thérapie par le rire si on veut, en tous cas elle nous propose rien d'autre que ce que d'autres font sur des planches, les séries de Fran Drescher sont simplement des one woman shows télévisés et adaptés pour plaire au plus grand nombre (les mauvaises langues diront : le plus petit dénominateur commun, mais il n'y a pas de honte à faire un divertissement populaire, quand c'est fait avec sincérité). C'est aussi à ça qu'on la reconnaît.

Le pilote de Happily Divorced est un peu cliché par moments, le couple des parents est clairement sous-employé, les choses vont un peu vite pour mettre en place la situation sans trainer, mais ce n'est qu'un pilote et celui d'Une Nounou d'Enfer n'était pas parfaitement abouti non plus. Mais l'humour de Fran est intact et tout est là. Rien n'a changé, comme se plairait probablement à le penser le chirurgien qui s'est attaqué à ses pommettes.
Ce sont tout bonnement des retrouvailles. J'ai ri, et applaudi, et peut-être eu l'oeil vaguement humide, parce que je savais pourquoi je revenais, et c'est exactement ce qu'on m'a servi. On ne peut pas en dire autant de tous les comebacks télévisés, soit dit en passant.

FranWhite

Je vous avoue cependant que, si cette trilogie de comédies "à la Fran" m'enchante, parce que je suis tout sauf objective et ne le serai jamais pour quelqu'un qui a bercé près de 20 années de ma téléphagie et m'a accompagnée plus que quiconque ne peut l'imaginer... parfois, j'aimerais que quelqu'un dise à Fran de s'asseoir, lâcher du leste, laisser le contrôle à quelqu'un, et simplement se laisser embarquer dans une dramédie ou un drame, des genres où elle a beaucoup à donner mais où elle s'est peu risquée, car elle refuse de se mettre en danger.
C'est justement parce que j'aime Fran de tout mon coeur que je vais à la fois regarder Happily Divorced et espérer que la trilogie lui suffira pour passer à autre chose. Et accepter de ne pas rire. Juste une fois. Parce qu'elle le mérite. Et parce que tout le monde n'est pas fan et ne tolèrera pas ça indéfiniment.

C'est beau de vouloir rire de tout ce qui se passe dans ta vie avec nous, Fran, mais promis, si les défenses tombent, on t'aimera toujours. Moi, en tous cas, je serai là.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Happily Divorced de SeriesLive.
Bien-sûr, le vendredi. Evidemment que j'allais poster sur Fran le jour sacré de ce blog par excellence.

Posté par ladyteruki à 23:29 - Review vers le futur - Permalien [#]

23-12-10

Dreaming I was dreaming

Il y a des matins où on n'a pas envie de se réveiller. Des matins où on est si bien à rêver, qu'on veut ne plus se reconnecter avec le réel, plus jamais. Rester dans le monde bizarre et enivrant des rêves irréalisables mais pourtant tellement réalistes.
Ce matin était l'un de ces matins. J'aurais fait n'importe quoi pour rester dans mon rêve.

Cette nuit, j'ai rêvé que je regardais des épisodes de Doctor Who inédits.

Mais attention, pas n'importe quels épisodes inédits. Des inédits de la première saison. Un jour, quelqu'un postait une info sur Twitter selon laquelle des épisodes avaient été tournés mais jugés, pour une raison x ou y, inaptes à être diffusés. Et puis, de la même façon que je suis désormais capable de dénicher le pilote de Hatufim sur un forum israélien, j'avais réussi à mettre la main dessus, parce que j'ai depuis cet été +5 en compétence "cagoulage de l'impossible". Et quand mon téléphone a sonné, j'étais en train de paisiblement regarder ces épisodes inédits, un milkshake à la fraise à la main.

Ça ne vous le fait jamais, ça ? Espérer le cœur battant que vous allez dénicher des inédits... d'une saison depuis longtemps achevée ? Ou d'une série achevée ?
Vous avez beau savoir que ça n'arrivera pas, vous avez quand même cette sorte d'espoir qu'un jour, votre vœu sera exaucé. Vous n'en êtes même pas à essayer d'imaginer ce qui s'y passerait, ce n'est pas comme quand on commence à caresser le projet d'une fan fiction, non, c'est vraiment un trésor perdu qui soudain remonterait à la surface. Un vrai inédit, qui pourrait vous surprendre tout en ayant le confort de porter sur une saison/série pourtant achevée. Soudain, sur mon écran, des épisodes de Nine. Pas une 6e saison où on trouverait une excuse pour faire revenir le personnage (ce qui semble hautement improbable dans ce cas précis, mais éventuellement faisable pour d'autres séries), pas d'épisode à flashback, non, juste des inédits de l'ancienne saison. Puisqu'on doit faire avec Eleven, maintenant, bon bah admettons (même si je milite activement pour un passage à Twelve...), mais qu'on m'offre le luxe de n'avoir pas fait le tour de Nine.

Je crois que c'est pour cette raison, paradoxalement peut-être, que je n'ai jamais fini la 3e saison de Brothers & Sisters, étrangement. Je m'étais toujours dit que j'attendrais la fin 2010 et/ou le début 2011 pour me remettre à la série. Parce que quand je me suis enfilé 2 saisons et demies, à l'époque, j'étais tellement enchantée que je voulais que ce sentiment dure toujours, cette période où j'adorais la série. Je pressentais bien que si je continuais à la dévorer à ce rythme, je tomberais sur un os : diffusion interrompue (pour cause de hiatus), épisodes diffusés hebdomadairement (ce qui gênait ma consommation marathon en une semaine par saison), etc... Et là, je vois arriver 2011 et je commence déjà à me faire une joie. Oh, je vais pas reprendre la série où je l'ai laissée, bien-sûr, non, je vais me refaire les deux premières saisons, puis attaquer la troisième, et découvrir des inédits à la pelle, goulûment, comme s'ils avaient été cachés pendant tout ce temps et que je mettais enfin la main dessus. Et là, je suis partie pour une nouvelle orgie. L'idée me plaît, c'est vraiment séduisant de voir se rapprocher la date dans le calendrier et de savoir que je vais m'en envoyer des tonnes derrière la cravate. Ça va être un délice. Pas d'attente, pas de privation, juste le plaisir de me lâcher et de trouver des inédits bien que les choses aient avancé.
En tous cas je m'en fais une fête et j'aimerais pouvoir me dire que je vais dénicher de "vieux inédits" pour d'autres séries que celle-ci. Fêter des retrouvailles avec une série/saison dont je sais qu'elle n'a plus cours, mais qui est logée exactement où je le souhaite sur la courbe de croissance de mon histoire avec la série.

Il n'y a pas d'inédit de la première saison de Doctor Who. Il n'y a pas d'inédit de Pushing Daisies. Il n'y a pas d'inédit de Life. Il n'y a pas d'inédit d'Une Nounou d'Enfer (même pas de Living with Fran... et il est trop tôt pour Happily Divorced).
Il y a des matins où on n'a pas envie de se réveiller. Des matins où on est si bien à rêver, qu'on veut ne plus se reconnecter avec le réel, plus jamais.

ThePartingofWays

Posté par ladyteruki à 23:02 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]


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