ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

01-06-10

Dites-moi ce que vous n'aimez pas chez moi

En dépit de mes tendances pilotovores, dont on pourrait penser qu'elles me poussent à ne jamais rater un premier épisode, il y a pas mal de séries sur ma liste des "pilotes-à-regarder-un-jour-si-je-tombe-dessus-mais-ya-pas-le-feu", principalement quand je n'ai pas fait attention à l'époque où la série a commencé à être diffusée et que j'ai loupé le coche, donc ça me complique passablement la tâche. Regarder une demi-douzaine de pilotes par semaine (en moyenne) ne semble jamais suffisant pour ne rien laisser passer...

Head Case est de celles-là (et j'ajoute qu'assez ironiquement, Head Cases également dans ce cas) et très franchement, j'en faisais mon deuil. Jusqu'à ce que je tombe sous le charme de Gravity, je ne voyais les fictions de Starz que d'un œil sceptique, à plus forte raison les comédies, et ne pas avoir vu le pilote de Head Case ne me troublait pas outre mesure. Mais justement, Gravity a bien aidé, quand même, et je me suis dit, après avoir épuisé tous mes inédits, que j'allais quand même retenter le coup pour trouver le pilote de Head Case, et devinez-quoi, je l'ai trouvé. Comme quoi c'était pas si sorcier.
C'était pas non plus forcément la meilleure idée que j'aie eue, m'enfin.

MonkeyHeadCase

Sur le papier, en prenant le temps d'y regarder de plus près, la série aurait pu être très sympathique : une psy travaillant à Hollywood voit défiler des stars sur son divan. Et franchement, en relisant le pitch pendant que la cagoule finissait de... bah, cagouler, je me suis dit que j'avais été un peu trop obstinée dans mon refus de consacrer 20mn à la recherche du pilote. C'était une idée épatante ! Par le biais de la comédie, permettant ainsi aux personnes concernées de garder une certaine distance, voire de s'auto-caricaturer, on allait nous permettre d'entrer dans la psyché de personnes qu'on connait bien souvent en tant que personnages publics, et dont on aborde finalement assez peu la vie intérieure.

Et c'est le moment où je vous fais cet insoutenable aveu : je me régale de ce genre de choses.
Laissez-moi néanmoins expliquer... Je ne m'intéresse pas du tout aux coucheries, aux démêlés avec la justice, aux fêtes ou aux bisbilles, pas le moins du monde. On a déjà abordé la question, ça m'intéresse rarement de savoir qui fait quoi de son temps libre, hors-caméra. En revanche, rien ne m'intéresse plus, concernant des acteurs, des comédiens, des auteurs, et dans une moindre mesure des chanteurs, que de savoir ce qui se passe dans leur tête, ce qui les conduit à exercer ce métier ou ce qui au contraire les en décourage parfois, ce qui leur permet d'alimenter leurs interprétations ou leurs écrits, bref, rien ne me captive plus que de connaître les rouages de la mécanique interne qui leur permet de fonctionner.

A ce titre, si je me désintéresse des news people, je suis fort friande d'autobiographies. Le fait de coucher sur papier des expériences permet de prendre du recul sur elles... quand l'auteur en fait l'effort. Par exemple en ce moment je suis sur la bio de Jay Mohr (Action!, Gary Unmarried) pendant ses années SNL (oui, on peut dire que je joins l'agréable à l'agréable !), et ce type est tellement focalisé sur son nombril et la façon dont les autres le considèrent qu'il n'est pas capable de prendre du recul sur son ressenti. Ca fait vraiment de la peine. Et pourtant, il a sorti ce livre près de 10 ans après les faits, on pourrait penser qu'en jetant un regard plus mur sur cette période de sa vie, il se rendrait compte du ridicule de beaucoup des situations qu'il dépeint. Mais finalement c'est tout aussi captivant que la brillante autobiographie de Brett Butler (Une Maman Formidable) dont je parlais il y a peu, parce qu'on prend quand même bien la mesure des facettes les plus sombres de sa personnalité. Et ne pas être capable de les avouer ne l'empêche pas de les dévoiler. Justement, c'est ce qui m'intéresse, non-dit inclus.
Et c'est aussi la raison pour laquelle seule l'autobiographie trouve grâce à mes yeux, la biographie me laissant aussi indifférente que les news people.

De toute évidence, une série sur une psy de stars s'impose comme un sujet ,parce qu'on se doute bien que derrière chaque acteur, il y a un ego démesuré et/ou atrophié, une enfance plus ou moins tragique et même une fois la célébrité obtenue, pas mal de blessures en chemin (bref, comme chacun d'entre nous, mais exacerbé), qui contribuent au travail accompli. Et le dire en riant n'empêche pas ces sujets d'attirer la curiosité.

Malheureusement, le gros hic de Head Case, c'est que de tout ça, il n'est point question. Et le coupable, je peux tout de suite vous dire qui c'est : la psy elle-même.
Sur son divan, les patients pourtant pleins de promesses (Jeff Goldblum dans la deuxième moitié du pilote, quand même !) sont remisés au rang de faire-valoir. Coupés par les jérémiades d'une psy hystériques, ils ne trouvent aucun intérêt à être là sinon apporter leur nom au générique pour attirer des spectateurs ; pas de méprise, la star, c'est la psy des stars. Elle hurle, tempête, parle d'elle-même au lieu du patient, pleure, rit, et fait mine de savoir ce qu'elle fait. Si dans son cabinet, des anonymes défilaient à la place des célébrités, ce serait la même chose.

Au lieu d'aborder quoi que ce soit, même sous l'angle de la plaisanterie, de la moquerie ou du vitriolage, Head Case se contente d'avoir un personnage qui fait son show devant des guests soudainement devenus insignifiants. Dans ce cas quel intérêt ? Je regarde la liste des patients apparaissant dans les épisodes ultérieurs, et je frissonne : Christopher Lloyd, Jerry Seinfeld... Hugh Hefner ! Mais quel gâchis !

Inutile de dire que la thérapie, même si ça ne porte normalement ses fruits que sur le long terme, est interrompue sur le champs et sans regret. Pourtant, loin de Huff ou In Treatment, je trouvais qu'aborder cette pratique sous l'angle de la comédie était prometteur... tant pis, une autre fois peut-être.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Head Case de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 22:20 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

11-01-10

Hit the wall, Jack

Imaginez une série qui soit précédée de sa réputation, en des termes peu flatteurs. Genre :
- il y a un lapin en peluche qui parle dedans
- c'est un mauvais remake de Mariés, Deux Enfants
- elle a été classée par TV Guide comme la 30e plus mauvaise série de tous les temps
Après ça, étonnez-vous que ma curiosité ait été piquée...

Unhappily

Pourtant le pilote d'Unhappily Ever After n'est pas si mauvais. Au point que c'est quasiment une déception. Bon, si, effectivement, les deux premiers points ont tendance à se vérifier. D'ailleurs pour commencer, le décor est exactement le même. On pourrait se dire que c'est parce que ça a été tourné dans le même décor, mais non, non pas du tout, parce que Mariés, Deux Enfants était toujours en cours de diffusion à l'époque où Unhappily Ever After a été lancée ! C'est donc un acte délibéré !
Outre le décor, il y a la famille : le fils sans succès auprès des nanas, la fille totalement superficielle... et évidemment les vannes entre époux.

Non, entre ex-époux. Et c'est là ce qu'on trouvera de plus original, d'ailleurs. A contrario de ce bon vieux Al qui a signé pour l'éternité avec Peg, Jack et Jennie ont divorcé. Ou plutôt, Jennie a viré Jack de la maison familiale. L'ambiance dans la famille étant ce qu'elle est, les enfants ne sont pas spécialement traumatisés.
"Hey papa, où tu étais ?
- Ta mère m'a foutu dehors il y a deux semaines.
- Sans déc' ? Eh bah... à plus.
- Salut papa !
- Salut mon bébé... euh, tu savais que j'étais parti, n'est-ce pas ?
- Papa, je suis tellement égocentrique que je ne m'étais même pas rendue compte que tu es là maintenant."
Vous voyez le tableau.

Comme vous le voyez, la dynamique familiale ne fait que confirmer les soupçons de paternité avec la série de la FOX. Et les quelques références à connotation sexuelle (en général assez négatives, genre : "si je t'avais pris quelque chose, je te l'aurais rendu !"/"comme ma virginité ?"/"vois ça avec un autre ma belle") ainsi qu'aux moyens financiers limités du paternel sont de taille à effectivement laisser persister l'impression.

Mais c'est la lecture de Wikipédia qui m'a convaincue pour l'histoire de la 30e série la plus mauvaise de l'histoire de la télévision... Je résume, accrochez-vous...
Le principe, c'est que la mère, Jennie, était sur le point de commencer une nouvelle vie suite à son divorce, mais au bout de quelques épisodes la série a été réécrite pour que le père, Jack, désormais quasiment à la rue (dans un appartement qui ressemble plus à un taudis qu'à la garçonnière de Gary Unmarried), commence à développer une schizophrénie qui lui fait imaginer que Mr Floppy, le lapin en peluche que son fils lui a donné, parle. C'est pas fini. La mère de Jennie, qui apparait dés le pilote ainsi qu'au générique, finit la première saison en mourant et en étant brûlée au fond du jardin (je crois que ça veut dire que l'actrice n'avait pas l'intention de revenir. Encore que, ça veut rien dire, attendez). Il en reste. Au bout de trois saisons, réorientation de la série pour mettre en valeur Nikki Cox, qui interprète la fille et qui commençait à avoir la côte. De plus en plus d'épisodes se déroulent au lycée puis à la fac, et les scénaristes tuent Jennie devenue inintéressante, mais les audiences chutent et Jennie est ressuscitée quasiment par décret ! Après son retour, elle devient lesbienne et s'enfuit avec une femme, et là comme l'actrice avait vraiment claqué la porte, on n'en a plus reparlé. On est presque arrivés. Du coup, Nikki Cox reprend la vedette avant de signer pour une autre série (Nikki), ce qui provoque l'arrêt de la série. Dans un final qu'on ne peut qu'imaginer époustouflant, Jack se débarrasse de Mr Floppy qui meurt, avant de se raviser et ressusciter le lapin en peluche (décidément, c'est une manie).
Sans déconneeeeeeeeeeer ?!

Quand on sait tout ça sur Unhappily Ever After, on comprend difficilement que la série ait survécu pour 100 épisodes. De nos jours, la plupart des chaînes arrêteraient les frais bien avant que l'humiliation ne soit aussi complète et totale. On se demande comment il est possible de faire pire.

J'ajoute qu'on trouve pas mal de têtes connues au générique de la série : Geoff Pierson (que je connais depuis Une Maman Formidable et dont je suis incapable de dire du mal), Nikki Cox donc (faisant ce qu'elle sait faire de mieux : être rousse et aguicher), mais aussi Justin Berfield (pré-Malcolm, dans un rôle quasiment à la Dewey d'ailleurs). Et puis, je soupçonne aussi que Debra Messing ait été figurante dans le pilote, cachée sous cette perruque blonde.

DebraUnhappily_1 DebraUnhappily_2

Mais on n'en aura probablement jamais la confirmation...

Reste que d'une certaine façon, j'ai reçu une grande leçon de télévision avec cet épisode, confirmant le dicton célèbre qui dit, notamment quand on regarde un sitcom navrant : "tu crois que ça pourrait être pire, dis-toi qu'il y a forcément une série où ça l'a déjà été". Hm ? Vous dites ? Cet adage n'existe pas ? Maintenant, sa nécessité est prouvée.

Et pour ceux qui manquent de culture... SeriesLive n'a pas osé en faire de fiche, dites donc.

Posté par ladyteruki à 17:31 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

30-05-09

C'est dans les vieilles marmites... ah, non, tiens.

J'ai décidé d'engager un mage vaudou. Il devrait pouvoir me mettre en contact avec les forces occultes qui sont à l'origine du renouvellement inexplicable de certaines séries. On a déjà évoqué le cas Gary Unmarried, eh bien sitôt qu'on sait que c'est l'œuvre perverse du Malin, tout de suite, on comprend mieux.

Après une semaine passée sous les auspices de The Tudors et A la Maison Blanche, j'avais envie d'un peu d'humour, ça arrive même aux meilleurs d'entre nous après tout. J'ai voulu prendre conseil auprès d'une personne que je pensais bien intentionnée à mon égard...
"Hey, lady, tu sais, cette série qui dure depuis plusieurs saisons et que tu n'as toujours pas regardée...?
- Uh oh.
- Eh bien elle a été renouvelée !
- Humph.
- Tu devrais y jeter un œil, franchement.
- Hm...
- C'est super drôle, franchement. Tout le monde adore. Ça marche bien aux USA, en plus..."

Je me suis faite avoir avec The Big Bang Theory, je me suis faite avoir avec 30 Rock, on aurait pu penser que je ne me laisserais plus prendre à pareilles tactiques. Rien du tout, je me suis faite avoir comme un bleu. Ou : pourquoi une fois de temps en temps, je devrais croire mon instinct. D'accord, c'était une bonne initiative de donner une seconde chance à Rome et The Tudors, mais c'est pas une raison pour en faire une généralité. Certes, jamais deux sans trois, mais je pense que ça ne vaut que pour les séries dramatiques.
The New Adventures of Old Christine, par contre, c'était la pire idée téléphagique de la semaine.

Est-ce que les DVD de cette série sont vendus avec une plume incluse, pour pouvoir se chatouiller sous les bras, et ainsi esquisser un vague sourire ?

Ce genre de sitcoms pseudo-familiaux au rabais, et ça englobe Gary Unmarried, Surviving Suburbia et donc The New Adventures of Old Christine, yen a un peu marre quand même. C'est toujours la même chose. C'est encore une fois des gens sans problème dans la vie qui essayent de nous faire rire avec des situations au-delà du banal. Je rappelle que pourtant, sitcom vient de situation comedy, la situation devrait être drôle, non ? Qu'est-ce que ces gens ont tous, à se plaindre d'avoir un toit, un travail, des enfants...? On en n'a pas assez soupé pendant la décennie précédente, avec les Tout le monde aime Raymond et autres cochonneries du même acabit ?
Rires en boîte, situations convenues, humour prévisible, jeu sans subitilité : tels sont les ingrédients qui m'attendaient, et qui m'ont confortée dans l'idée que, The New Adventures of Old Christine, c'est finalement comme Seinfeld : on est ravis pour les autres que ça leur plaise, mais on n'en comprendra jamais l'intérêt tant c'est d'une facilité désoeuvrante. Et la solution de facilité, c'est pas un peu... facile ?!

Je sais pas, vu qu'elle s'est débarrassé de son ex-mari, que son petit est entré dans la grande école et que son frère habite chez elle, Christine, elle pourrait en profiter pour faire plein de choses ! Pour changer de vie ! Pour se lancer dans un projet abracadabrantesque à faire hurler de rire même les ménagères constipées ! Non, il faut qu'elle sacrifie à son tour à tous les poncifs du genre, qu'elle se remette sur le marché du coeur, qu'elle angoisse comme une malade pour sa marmaille, qu'elle cherche à exister socialement auprès des autres parents d'élèves, etc... MAIS C'EST NUL !!! Et entre parenthèses, c'est d'un rétrograde...!

Non, vraiment, ça passera pas. The New Adventures of Old Christine a tout de vieux et rien de nouveau, ne croyez surtout pas le titre.
Ça, c'est fait. Suivaaaant !

Mon mage vaudou m'a recommandé de lui apporter un poulet blanc lors de ma prochaine visite, afin de m'exorciser. Je pourrai peut-être ainsi oublier que cette série-là a été renouvelée, a contrario de Samantha Who?, qui sait ? Ou bien si je lui fais sacrifier un bouc, il nous aidera, Christina et moi, à rétablir la justice en ce vil monde télévisuel ? Un autographe, merci !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The New Adventures of Old Christine de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 09:58 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

26-05-09

Vaut mieux (pé)tard que jamais

Mon premier tag sur cette série, c'est émouvant...
Jusque là, sur Weeds, j'avais été très sceptique. Le générique me plaisait bien, c'est sûr, mais ça ne fait pas tout, non plus.

Je me rappelle avoir regardé le pilote, ou du moins avoir essayé, il y a très longtemps de cela, probablement même dés qu'il a été disponible. Mais la première scène m'a semblé si rasoir, et la seconde manquait tant de finesse, que j'ai vite laissé tomber. Le contraste entre les deux était voulu, mais justement trop facile ; la situation semblait caricaturale et pas vraiment enthousiasmante. Bref j'ai décroché assez rapidement, et même si je ne considérais pas qu'il s'agissait d'une odieuse bouse (voir aussi : Gary Unmarried, East Bound and Down, The CW...), j'avais l'impression persistante que la série était très largement surestimée. J'avais beau en lire plein de choses (essentiellement des critiques généraliste, pas des reviews épisode par épisode, ça a peut-être eu son importance), j'avais complètement rayé cette série de ma liste des choses à surveiller.
En fait, à travers cette anecdote, je vous raconte aussi celle d'une autre hérésie, celle de n'avoir pas su apprécier Breaking Bad (mon premier tag sur cette série aussi, tiens). La crème de la crème téléphagique pense pourtant qu'il s'agit des meilleures séries du moment, je suis navrée, mais même en ayant été nourrie par des séries que je pense être de grande qualité (A la Maison Blanche, Oz...), je n'ai jamais pu m'y faire.

C'est probablement le fait d'avoir ramené hier chez moi Jonathan Rhys-Davies, ironiquement, qui m'a fait retenter le coup. J'avais sous les yeux, avec les DVD des deux premières saisons de The Tudors, une nouvelle preuve qu'il ne faut jamais dire jamais. Que peut-être, quelque part, dans le fond, il était éventuellement possible et envisageable que mes goûts aient changé en matière de téléphagie. Que certaines barrières soient tombées.
Avec la révélation que j'étais passée à côté de quelque chose pour Rome et The Tudors, est née la conviction que j'avais peut-être fait pareil avec d'autres séries ; pas des cas comme Friday Night Lights où, ayant testé tout le pilote, j'étais en droit de me dire que j'avais peut-être des raisons de réviser mon jugement, mais des cas où, ayant fait l'impasse sur tout ou (très grande) partie au moins du pilote, mon jugement expéditif, voire mes préjugés, m'avaient peut-être privée de quelque chose de très bien.

Forte de cette bonne résolution, j'ai donc regardé à nouveau Weeds, mais cette fois, lorsque j'ai poussé mon premier soupir de frustration, j'ai tenu bon, serré un peu les dents, et attendu. Sur les 31 minutes qu'a duré le pilote, mettons que les 5 premières étaient une sorte de torture douce masochiste, du style "ya pourtant la saison 2 de The Tudors qui m'attend, pourquoi je me fais du mal ?". La première scène avec les deux mioches de Nancy, dans la maison (6mn 45 à ma montre) a donné le coup d'envoi du revirement. J'ai commencé par être amusée, et c'était un bon début. Mais c'est à la 11e minute qu'enfin l'horizon s'est dégagé et que j'ai vraiment vu poindre de l'amusement. Une fois lancée, une fois ces premières minutes derrière moi, j'ai enfin apprécié. A partir de 16 minutes, j'étais en zone sécurisée et toutes mes défenses étaient tombées.

En fait, ce qu'il me fallait, ce n'était pas juste Nancy Botwin mais bien toute sa fine équipe, avec une dynamique particulièrement appréciable côté enfants, et surtout la conviction qu'elle n'était pas hypocrite, avec d'un côté le caricatural conseil de parents d'élèves, et d'autre part le deal d'herbe. Non, c'est une nana qui s'est vraiment affranchie des impératifs de son milieu, un électron libre, et ce n'est qu'une fois certaine de cela que j'ai vraiment commencé à me détendre. Tant qu'elle semblait jouer sur les deux tableaux, genre "je deale uniquement pour maintenir mon niveau de vie", je n'étais pas intéressée. Mais quand ça s'est décanté et que j'ai pu constater qu'elle avait un regard différent sur le mode de vie en banlieue BCBG, là j'ai vraiment accroché.

Une de mes séries préférées ? Peu de chances, faut rien exagérer. Une série à mes yeux réhabilitée dont je regarderai les épisodes en cas de vaches maigres ? Déjà plus.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Weeds de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 15:16 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

11-05-09

Flou artistique

C'est une news que je viens de lire sur le Twitter de Critictoo (car attention, certaines news sur le Twitter n'apparaissent pas sur le site, et vice versa !), et je l'avoue, je trouve que c'est la meilleure blague du moment.

Attention les yeux, on est partis : les deux producteurs de la série ont quitté le navire. Bon, ça, à la rigueur, ça fait de la peine (si par exemple vous avez un coeur d'artichaut). Mais ce qui fait rire, c'est qu'ils s'en vont pour le sublissime motif des "différents artistiques".

Mais si, vous savez : les différents artistiques ! La version édulcorée du "fuck you" qu'on brandit au patron avant de claquer la porte ! Ce qui est bien c'est que, les différents artistiques, ça peut être absolument tout et rien, en fait.

Dans ce cas précis, ce n'est évidemmennt qu'un grand rien vu que, artistiquement, Gary Unmarried, hein... j'me comprends. Sincèrement, il n'y a vraiment pas de quoi pavoiser. J'aurais honte de qualifier ça d'artistique si je bossais sur le projet. Et pourtant j'aime bien Jay Mohr (si, souvenez-vous, vous le savez, parce que je vous ai parlé d'Action!, déjà. Vous avez ptet regardé la série en DVD depuis, d'ailleurs... je sais pas, ahem.), alors imaginez.

Nan parce que, franchement, s'il y a bien quelque chose qu'on apprend devant cette série, c'est que même quand on prend un comique, habitué au stand-up, qu'on lui fourgue des acteurs de second rang comme faire-valoir et qu'on lui écrit un rôle quasiment sur mesure... le résultat n'est pas garanti pour autant. Les qualificatifs qui viennent à l'esprit sont certainement "rasoir", "ressucé" ou encore "miteux", mais "artistique", non, à aucun moment.
Surtout quand on filme ça comme n'importe quel sitcom de bas étage, alors que même La Guerre à la Maison est une série plus originale (d'ailleurs j'ai découvert le pilote ce weekend, ya de l'idée, hein... c'est juste que c'est pas drôle mais sinon on sent bien que l'intention y est... j'ai même ri. Sur l'aparté de fin, vous voyez ? Si-si, vraiment. Il faut dire que j'adore les procédés narratifs de type aparté, ça fonctionne toujours sur moi), et pourtant on part de loin.

Bref, donc artistiquement, arrivés à la fin de la saison, ils ont des différents, les pauvres petits.
Un peu comme moi depuis le début de l'année, en gros.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Gary Unmarried de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 11:07 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

07-04-09

Guide de survie à l'usage de gens sans soucis

On a établi récemment que les gens sans problème qui passent un épisode à se faire plaindre, ça commence à me casser les c*uilles (ce qui est d'autant plus douloureux que physiologiquement je n'en ai pas, il faut donc m'en faire poser au préalable, c'est toute une histoire, ya les suites opératoires, bref).
Je me souviens alors, en substance, avoir dit que voir des nanas sans problème donner l'impression qu'elle est trop dure la vie, ça ne mériterait que mépris et rage de ma part (oui je peux faire les deux en même temps). Ça date du pilote de In the Motherhood, donc d'il n'y a pas si longtemps, on était en droit d'espérer que personne ne se ferait prendre à refaire les mêmes conneries tout de suite.
Eh bien, c'est pas d'chance, mais voilà Surviving Suburbia pour entretenir ma rage et mon mépris (je peux même le faire dans l'autre sens, voyez !).

A ce gros inconvénient du "j'ai pas de problème dans la vie mais je vais quand même bougonner pour faire rire les gens comme moi de l'autre côté de l'écran" s'ajoute un gros air de déjà vu : cette saison, le rôle du mâle bourru qui se plaint d'un rien était déjà tenu par Gary Unmarried ! La redite n'aide vraiment pas à faire passer la pillule.
Pire encore, pas une seule fois on ne trouve la moindre once d'originalité : Gary avait le mérite d'être divorcé et d'essayer de refaire sa vie, mais les Pattersons sont vraiment plus passe-partout que passe-partout. Ils n'ont rien pour eux. Et la mère n'essaye même pas de faire de la guitare comme dans Rita Rocks (tiens, autre exemple de comédie sur la vie en banlieue de cette saison ; quel festival).
Bon, si. Il y a juste un point sur lequel je rejoins freescully, c'est que la gamine est adorable. Mais le rôle est tellement bateau que même son charme ne parvient pas à nous arracher un sourire.

Donc d'un geste ample, leste, vif, mais surtout rageur et méprisant, je retourne deux paires de baffes à Bob Saget et on n'en parle plus.
Ça, c'est fait. Suivaaaant !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Surviving Surbubia de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 17:11 - Review vers le futur - Permalien [#]

28-12-08

On l'a perdu pour de bon

Vous le savez, Jay Mohr est le seul acteur blond que j'accepte de regarder sans avoir un sac en papier à portée de main.
Vous le savez peut-être aussi, mais cet imbécile s'est cru obligé d'épouser ce truc, pensant vraisemblablement faire une affaire sauf qu'il était arrivé 10 ans trop tard et que le produit s'était très largement défraîchi dans l'intervalle.

Donc là, on se dit : "ok, il est cinglé, mais ça va s'arrêter là".
Non. Ce n'était pas encore assez.

Il a fallu ensuite qu'il aille se commettre dans Ghost Whisperer (où il a ramené son ersatz d'épouse d'ailleurs, comble de l'horreur), puis dans Gary Unmarried... et on pensait qu'il ne descendrait pas plus bas.

Jusqu'à ce qu'on apprenne ça.
Ça y est, on l'a perdu pour de bon. Jay Mohr est bon pour l'asile. Sans espoir de rémission.

PS : oui, les posts sont light en ce moment, falalalala, tout ça tout ça... Pis personne ne commente le pilote de SPACE 2063, donc je vous snobbe.

Posté par ladyteruki à 14:02 - Point Unpleasant - Permalien [#]

05-11-08

ONE OK ROCK

On ne le dira jamais assez (surtout à moi qui n'ai aucune patience), mais la persistance est un bienfait. Un nouvel exemple vient de se présenter à moi et je me suis dit que j'allais partager l'expérience avec vous ! Voici donc un post La preuve par trois, et si vous êtes nouveau dans le coin et/ou que vous n'avez toujours pas compris le concept, vous cliquez sur ma bafouille dans la colonne d'à côté, et vous m'envoyez un mail !

J'avais découvert Rita Rocks il y a quelques semaines près d'une fabrique de cagoules qui proposait le pilote, mais le format de la chose ne m'arrangeait pas, et vu la gueule du truc, j'ai laissé tomber au bout de quelques minutes.
Et puis là, l'épisode est sorti sur divers autres endroits de cagoulage, dans un format plus sympathique, je me suis dit que j'allais faire main basse sur le générique (puisque je découpe toujours les génériques des séries que je cagoule) et... bah une chose en entraînant une autre, j'ai revu l'épisode et en fait, il fallait lui donner plus de temps.
Il fallait en effet prendre le temps de passer par chaque étape...

RitaRocks___1
ETAPE 1 :
Je crois que ce bon vieux Jay Mohr a dû faire cette exacte grimace dans Gary Unmarried, non ? Oh, c'est bien son genre en tous cas ! Nan, sans rire, ça fait beaucoup penser à Gary Unmarried, cette affaire : gérer à la fois les enfants, le conjoint... pour Gary il y a évidemment l'ex-conjoint en sus, et son nouveau mec, m'enfin vous saisissez l'idée. C'est le même concept banal de prendre quelqu'un, on va dire, dans la trentaine (je suis gentille aujourd'hui, vous avez vu ?), dans sa petite vie pépère de banlieue, dans sa petite maison, machin... Rha non, c'est d'un téléphoné ! On ne compte plus les sitcoms de ce genre, et à vrai dire je soupçonne que ce soit tout justement leur faute si on a tellement de mal à rire devant les sitcoms depuis quelques temps. Allez quoi, trouvez-nous un pitch plus original ! Vous êtes des scénaristes ou quoi ?

RitaRocks___2
ETAPE 2 :
Mais achevez-moi, b*rdel, achevez-moi ! Comment cette actrice a pu être embauchée ? Déjà, le simple fait de venir de Ma Famille d'abord, c'est rédhibitoire à mort, ce sitcom cumulant précisément tout ce qu'il faut faire pour ne pas me faire rire, mais alors, en plus, elle en fait des tonnes ! Ce qui ne serait, bon, disons, éventuellement, pas problématique, pas trop, si en face elle n'avait pas Nicole Sullivan, qui déjà, n'est pas exactement dans la sobriété en général (voir Hot Properties pour le vérifier). Là ça fait surenchère et j'ai envie de distribuer des baffes. Qu'on ne vienne pas s'étonner que j'aie lâché l'affaire à peu près à ce moment-là.
...
Ce qui est dommage parce que, justement, c'est là qu'il se dit un truc bien. C'est là que le personnage de Rita prend sa vraie consistance, et qu'on a en plus droit à un dialogue plutôt sympathique sur l'épanouissement personnel, le fait d'avoir des hobbies dans la vie, d'avoir plusieurs facettes, tout ça... enfin bref ça donnait un peu de substance quoi. Mais la forme (comprenez : Tisha Campbell-Martin) est tellement irritante qu'il faut vraiment redoubler d'efforts pour suivre cette scène en intégralité. Eh bien, s'y résoudre courageusement, ça mène à...

RitaRocks___3
ETAPE 3 :
Comment dire, WOW ? Une dynamique assez sympathique s'est mise en place en quelques minutes, relativement improbable (notamment avec le voisin et le copain de la fille de Rita), et donne lieu à une scène d'une énergie assez incroyable ! Et là j'ai carrément craqué. Je me suis dit que finalement, ce n'était que le début, et que Rita Rocks avait peut-être quelque chose dans le vente après tout. Ils vont peut-être réussir à trouver quelque chose à dire, ces petits gars. Et à chanter ce qui ne sera pas un mal ! Faut-il s'attendre à ce genre de boeuf à chaque épisode ? Subitement j'ai eu envie de le vérifier !

Laisser du temps, c'est ça la clé ! Tenez, c'est comme Richard Ruccolo... il y a quelques années, dans Un toit pour trois, il était juste sympa. Là il est carrément consommable. LE TEMPS, vous dis-je !
Bon, finalement, ptet que j'ai trouvé une nouvelle comédie à surveiller cette saison... Et j'ai un peu envie de vous encourager à lui donner sa chance aussi. Vous me promettez d'essayer ?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Rita Rocks de SeriesLive.
favicon

Posté par ladyteruki à 18:53 - La preuve par trois - Permalien [#]


  1