ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

20-08-12

Destination Russie

SemaineRusse

Il y a des pays qui, pour la téléphage curieuse que je suis, sont étrangement faciles d'accès. Tenez : je ne parle pas un mot d'espagnol, mais rien n'est plus facile que de savoir ce qui se passe sur les télévisions de nos voisins du Sud. Vous allez me dire : il y a la question de la proximité géographique ; admettons que ce soit le cas. Comment expliquer alors que ce ne soit pas le cas de l'Italie, qui me reste encore bien mystérieuse, de façon générale, en termes de fonctionnement, de grilles, comme de séries elles-mêmes ?
Parfois je m'aperçois que je n'ai rien lu sur un pays pendant des mois, et je me dis que ce n'est pas normal que je sois capable de lister avec précision les séries australiennes ou japonaises actuellement à l'antenne, mais que je ne sois pas au fait d'un seul évènement télévisuel au Maroc ou au Vénézuéla.
Ou en Russie.

Les raisons qui font que tous les pays ne sont pas égaux sont multiples, et ne sont pas nécessairement à mettre au compte de la barrière linguistique.
Mais ce problème est réel et l'accès aux séries russes est, déjà, au départ, limité par la rareté des sous-titres anglophones ou francophones.

Il y a d'abord, ne nous mentons pas, une part d'inclination personnelle : la [mauvaise] réputation des séries russes n'est pas toujours usurpée, et quelques mauvaises expériences ont tôt fait de sceller le destin téléphagique de quelques contrées dans nos esprits. Lorsque j'avais entamé mon tour du monde, pendant l'été 2010, à raison d'un pays par semaine, il y avait eu énormément de bonnes surprises... et quelques rares exceptions franchement négatives. La Russie en avait fait partie. Il m'est très difficile d'encourager qui que ce soit à se lancer dans les productions de ce pays, quand moi-même, souffrant pourtant moins de la barrière de la langue qu'avec, disons, l'hébreu ou le portugais, j'y vais à reculons.

Et puis il y a un véritable problème de sources. A l'instar de nombreux pays de langue arabe, par exemple, la Russie garde jalousement ses trésors pour elle. Là où on lit régulièrement des annonces de co-productions internationales, de mises sur le marché de nouveaux formats, ou tout simplement de communiqués sur une nouvelle production, la télévision russe reste énormement dans son entre-soi, et permet assez peu aux intervenants extérieurs de trouver une porte d'entrée, au moins pour se renseigner, si ce n'est pour tenter de la regarder. La seule solution qui existe à l'heure actuelle est de taper, un peu au pif, dans les très, très nombreux sites et forums de cagoulage russes, qui permettent d'accéder de façon brute à des épisodes très facilement. Le problème c'est que, même quand on réussit à éviter les liens, majoritaires, qui concernent la télévision américaine, on ne tombe pas forcément sur des séries d'une folle qualité, et les chances de tomber sur un remake sont élevées (on a d'ailleurs pu en évoquer de nouveaux il y a quelques jours dans notre dernier world tour en date). Et surtout, pour se renseigner en amont sur la mise en chantier de ces séries, sur leur renouvellement, ou plus simplement sur la façon dont les chaînes fonctionnent, c'est encore la galère.

Ca changera peut-être. On vit une époque où les marchés télévisuels vont vers la perméabilité, après tout... Mais pour l'instant, en-dehors des sites de téléchargement ou de ceux qui parlent uniquement de télévision américaine (un grand fléau quand on cherche des sites étrangers sur les séries, soit dit en passant), pas facile-facile.

En bref, tout cela renvoie de la télévision russe une image assez peu reluisante. Entre les remakes un peu pourris, les séries faciles à dénicher mais n'appartenant pas forcément au haut du panier, et le mutisme général de la télévision russe, il n'est pas facile d'en saisir ni les bons côtés, ni tout simplement la réalité, dans une vue d'ensemble.

Alors cette semaine, vous et moi, on va essayer d'avancer un peu sur le sujet. Je vous invite à une semaine entière consacrée à la télévision russe, à compter d'aujourd'hui ! Je suis sûre qu'on va découvrir plein de choses, tous ensemble, qu'on va apprendre des informations précieuses sur les séries russes, et qu'on va s'ouvrir un peu plus à la possibilité que tout n'y est pas nécessairement peu reluisant.

Pour être tout-à-fait honnête, les mêmes raisons qui m'ont poussée à lancer cette semaine russe sont les raisons qui m'ont fait la redouter. Pour moi c'est un mini-challenge, l'air de rien, parce que je n'étais pas sûre d'avoir quelque chose à en dire pendant 7 jours.
Et puis j'ai commencé à y réfléchir en mettant mes a priori de côté, et j'ai réalisé que j'en avais beaucoup. Cela a confirmé l'utilité de passer cette semaine téléphagique en Russie !

Tenez, j'ai l'impression de ne rien avoir vu de la télévision russe, mais c'est faux !
Rien qu'à l'occasion de mon premier post sur la Russie, en 2010, j'avais déjà testé plusieurs pilotes ! Et depuis, j'en ai vu quelques autres encore, et il m'est même arrivé d'en parler ici. Pourquoi suis-je si négative ?

Par exemple, j'ai déjà pu évoquer (je le vois à mes tags) la série Shkola. Cette série, dont le titre se traduit tout simplement par "école", est tournée à la façon d'un faux-documentaire dans un lycée (spectateurs de M6, vous avez assisté à quelque chose de similaire avec Le Lycée), mais elle dépeint une réalité qui, pour de nombreuses associations religieuses ou de parents, était exagérée, voire outrageuse.
Le comportement de certains personnages été l'objet de nombreuses réactions, notamment sur le plan de la violence décrite, et pire encore, la promiscuité sexuelle dépeinte dans la série relevait du scandaleux. A la télévision russe, pour autant que je sache, on n'avais jamais montré des adolescents comme ça, et on ne leur avait pas parlé comme ça non plus. Pas sûre que depuis on l'ait refait, d'ailleurs.
D'une durée de seulement une saison (sa créatrice et réalisatrice estimant que tout avait été dit), Shkola parvient pourtant, à plus forte raison pour le téléphage français, à saisir quelque chose d'universel et de tangible sur la réalité de l'adolescence et ses recherches d'excès, loin de l'univers romancé qui est dépeint de dans nombreuses séries que nous connaissons, toutes origines confondues.
Il y a pourtant, en dépit de la bonne distribution de Shkola (le cast est ici, comme souvent dans ce genre d'expérimentations, primordial), quelques séquences du pilote qui rappellent plutôt les travers de la télé réalité ; vous pouvez d'ailleurs voir par vous-mêmes, dans les deux bande-annonces ci-dessous, que tous les personnages ne sont pas égaux devant l'intention de réalisme qu'avance la série.
Mais en dépit de sa forme un peu brute, Shkola parvient, sans peine, à se hisser au niveau des productions adolescentes qui méritent le coup d'oeil. Accessoirement, la seconde bande-annonce devrait aussi vous rappeler quelque chose de la série estonienne Klass: Elu Pärast qu'on a déjà pu évoquer.

C'est la preuve que la Russie peut dont produire des séries adolescentes qui ne sont pas toutes dans la même veine que Zakrytaia Shkola, adaptation russe de la série espagnole El Internado, et qui remporte un fort succès actuellement. Lancée en avril 2011, la version russe en est aujourd'hui à sa 4e saison sur STS ! Mais évidemment, ce ne sont ni les mêmes recettes, ni le même objectif... et là on retombe dans les clichés habituels.

C'est du côté des comédies, on l'a déjà évoqué à plusieurs reprises, que se trouve probablement l'un des plus gros boulets de la télévision russe : Maia Prekrasnaia Niania, Kak ia Vstretil Vashu Mamu et autres Svetofor, toutes déjà évoquées dans ces colonnes (il suffit de suivre les tags), sont quelques adaptations parmi tant d'autres qui nous rappellent que depuis un peu moins d'une décennie, la Russie s'est découvert une vocation de papier-calque.
Pourtant, des séries inédites comme Vosmidesiatye , au pilote duquel j'avais consacré tout un post plus tôt cette année, ou Interny, sont aussi là pour nous rappeler que la créativité n'est pas tout-à-fait morte du côté des comédies russes, même si elle semble parfois vivre sous respirateur.
De toute évidence, Interny est inspirée par Scrubs, mais elle n'en est pas une adaptation littérale, loin de là. Au lieu de prendre pour héros l'un des internes, la série s'est visiblement enthousiasmée pour le personnage le plus cynique du lot (son Dr Cox s'appelle le Dr Bykov), prenant un malin plaisir à le voir torturer les 4 internes qu'il compte dans son service. Les gags sont parfois un peu moins subtils (l'avantage c'est que même avec mon russe au rabais, je les comprends !) mais le pilote dégage sa propre énergie. Peut-être qu'Interny est aussi, sans forcément le savoir, une lointaine cousine de Childrens Hospital, finalement. Qui plus est, avec cette série, la chaîne TNT a fait l'effort, statistiquement et surtout qualitativement rare à la télévision russe, de commander une comédie en single camera, et rien que cette initiative mérite le coup d'oeil, tant le procédé reste mal maîtrisé en général (il suffit pour s'en convaincre d'avoir jeté un oeil à la série douannière Pristavy).

On en parle peu, y compris ici, mais la Russie a aussi un contingent impressionant de soaps et telenovelas, comme Obroutchalnoie Kolcho, ou Serdce Marii.
De la première, je vous ai déjà brièvement parlé à l'occasion des TEFI, mais de Serdce Marii, encore jamais apparemment. Diffusée à l'automne 2011, la série commence par nous montrer deux femmes : l'une, Anna, souffre terriblement de ce qu'on prendra être une crise cardiaque, l'autre, Marie, vient d'avoir un accident. Chacune est accompagnée par son mari à l'hôpital et, curieusement, on ne saisit pas immédiatement le lien qui sera fait entre les deux, alors que c'est aussi évident que la trame scénaristique d'un scénario de Lifetime. Le pilote va ainsi assister sur les douleurs de la première, et l'inquiétude de son entourage. Tandis que la seconde, dont le pronostic vital est engagé, sera finalement à l'écran de manière uniquement détournée. En effet, pendant qu'il s'inquiète, son mari Matvei se perd dans leurs souvenirs communs... mais quand la deuxième femme décède, devinez à qui va son coeur ?
En dépit des clichés que cela représente, Serdce Marii (littéralement, "le coeur de Marie", mais c'est aussi une référence biblique) parvient, avec son premier épisode, à tout de suite dépeindre de façon très tendre la relation qu'a Matvei avec Marie ; cette dernière est un personnage d'un grand naturel (en particulier sachant qu'on est dans une telenovela) qui respire la joie de vivre, expansif et drôle. Anna, de son côté, sans doute de par la maladie un peu aussi, est un peu plus discrète, son petit visage masquant une souffrance dont elle semble s'excuser... Evidemment, la greffe de coeur aura un sens très symbolique : comme souvent dans les fictions parlant de ce sujet, on aime suggérer que l'organe est porteur de tout ou partie de la personnalité du défunt. Et tandis qu'Anna s'éloigne de celui qui l'aime et qui l'a accompagnée dans ses heures les plus difficiles, elle tombe progressivement amoureuse de Mavei, rencontré par hasard, et voit son propre comportement changer. Mais est-ce la greffe, ou le greffon, qui en est la cause ?
Le plus surprenant, c'est probablement de constater le soin apporté, côté réalisation, casting, et production values en général, à une telenovela telle que Serdce Marii. C'est, contre toute attente, le genre de fiction qui fait envie quand il s'agit de fiction russe, parce que cela se rapproche assez près de nos standards, à nous qui sommes habitués aux séries américaines, notamment. Quoi qu'on pense du sujet, Serdce Marii a les qualités d'une production solide.

Et puis, pour finir, il y a déjà eu des surprises moins conventionnelles, comme la série russe de la franchise Law & Order, intitulée Zakon i Porjadok: Odel Operativny Rasledovany, supervisée à son lancement par nul autre que Dick Wolf ; ou plus atypique encore, la série Tcherkizona. Des séries uniques en leur genre sur le territoire russe. On abordera l'une et l'autre au cours de cette semaine, d'ailleurs, avec quelques autres, à l'instar de Nebesniy Soud.

Des séries que j'ai (parfois) évoquées, mais rarement approfondies dans ces colonnes. Une erreur qui sera partiellement réparée cette semaine, même si on n'aura pas le temps de parler de tout le monde. Voyez : finalement, cette semaine russe va à peine suffire !
Maintenant vous comprenez mieux pourquoi pendant ces 7 jours, je vous emmène avec moi, il y a beaucoup à faire. Et j'en suis sûre : on va certainement avoir des surprises !

Posté par ladyteruki à 17:28 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

21-06-12

[DL] Het Huis Anubis

Le potentiel téléphagique des internats semble infini ; outre les comédies romantiques adolescentes qu'on peut y trouver en Asie, les séries fantastiques y voient visiblement des trésors d'opportunités, notamment en Europe puisque, comme vos proposition au jeu des génériques l'ont prouvé, l'Espagne a El Internado et les Pays-Bas Het Huis Anubis. Les deux séries se sont d'ailleurs montrées facilement exportables et adaptables, un témoignage supplémentaire pour le sujet choisi.

HetHuisAnubis
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !


Ce que j'aime le plus dans le générique de Het Huis Anubis, c'est probablement le thème musical. Il y a quelque chose dans la chanson qui me rappelle énormément les génériques des séries que je regardais moi-même il y a de nombreuses années, quand j'étais jeune, innocente, et probablement d'un âge plus proche du public-cible de celle-ci.

Etrangement, les images n'apportent que peu d'information sur la série, laissant les paroles de la chanson se taper tout le boulot ; ici, une généreuse moitié du générique est dédiée à présenter les jeunes personnages, mais ils ne sont même pas vraiment en situation au sens où bien malin celui qui peut conclure quoi que ce soit sur la personnalité de la plupart d'entre eux. Et du coup, avec un générique assez bavard, la série parvient à entretenir, sous un certain angle, une forme de mystère.
On regarde le générique, on sait de quoi parle la série, mais on ne connait pas la série ! C'est assez bien joué, quand même...

Posté par ladyteruki à 23:50 - Médicament générique - Permalien [#]

03-06-12

At least it's not Russia

Avec mes tentatives pour me réconcilier avec les séries bien de chez nous (je vous prépare d'ailleurs un bilan de saison pour dans quelques jours), j'ai eu l'occasion de vous dire combien le misérabilisme au sujet de la "fiction française" me semblait tout aussi dommageable pour l'enthousiasme du public que l'état de ladite fiction : à force de comparer avec ce qui se fait chez les voisins, on finit par perdre de vue l'essentiel.
Mais puisqu'on en est encore à se comparer, alors dites-vous qu'au moins, on n'est pas en Russie.

Ah, la télévision russe. VOILA une fiction en crise. Là d'accord. Imaginez ce que c'est que d'avoir une cérémonie de récompenses dans laquelle la plupart des séries récompensées soient des remakes de séries étrangères ou, dans le moins pire des cas, des adaptations de films russes sortis précédemment au cinéma ? Ca fait pas un peu mal, ça ?
Bienvenue dans le monde des TEFI, parce que c'est exactement ce qui se passe pour cette 17e édition.

TEFI-2011

Remis par l'Académie de Télévision Russe, les TEFI 2011 (qui concernaient les émissions et séries diffusées entre le 1er juin 2010 et le 31 août 2011) ont donné suite à deux belles cérémonies. D'abord, le 25 mai dernier, une première soirée consacrée à un volet "professionnel" qu'on peut considérer comme l'équivalent des récompenses techniques des Emmy Awards (bien que moins spécialisé) ; puis une autre soirée de gala ce mardi 29 mai, logées dans un opéra moscovite, centrée sur les personnalités, et qui a été retransmise par la première chaîne, Perviy Kanal.
Ah c'est sûr, ça en jette. Mais regardons ce que ça a donné dans les faits...

D'abord, passons rapidement sur les acteurs, que je vous soupçonne de ne pas connaître plus que moi, récompensés pendant la seconde cérémonie : Boris Klyuiev pour le sitcom Voroniny, et Ekaterina Poroubel pour la mini-série dramatique et historique Serafina Prekrasnaia.

Concernant les séries elles-mêmes, c'est la comédie Svetofor qui a été récompensée en qualité de meilleure série comique.
Là comme ça, ça ne vous choque pas, sauf qu'un "svetofor", c'est en réalité un feu tricolore... eh oui, vous l'aurez deviné, il s'agit d'une adaptation de la comédie israélienne Ramzor ; elle-même adaptée rapidement par les Américains sous le nom de Traffic Light. Contrairement à la version étasunienne qui n'a duré que le temps d'une demi-saison, Svetofor est actuellement dans sa 4e saison en Russie sur STS... sachant qu'elle a été lancée en mars 2011. Il est intéressant de noter que cette récompense intervient alors que STS, qui avait jusque là commandé des saisons de 20 épisodes, a mis en pause la diffusion de la 4e saison au bout d'à peine 8 épisodes diffusés. Cependant, ce qui a certainement valu à Svetofor cette victoire, c'est qu'elle est la première comédie de la chaîne à n'être couverte par aucun rire. Pour avoir vu plus de pilotes de sitcoms russes qu'à mon tour, je ne peux que comprendre que cette mini-innovation se pose comme un soulagement.

Comme il n'existe pas de prix spécifique pour les séries dramatiques, les mini-séries concourent dans la même catégorie que les films ; or cette année, c'est un film qui a remporté le prix de meilleur film ou mini-série, Podsadnoi, réalisé par Alexandr Kott.
Pire encore, le prix de la meilleure réalisation a été attribuée à Alexandr Kott, encore lui, pour Krepost. La mini-série en 4 épisodes, diffusée l'été dernier par Perviy Kanal, reprend les images du film de guerre Brestkaia Krepost sorti l'année précédente, dans une version pour la télévision, à l'occasion de laquelle de nombreuses scènes ont été ajoutées ; grâce à cette astuce, le succès du film a ainsi pu rassembler les spectateurs devant les petits écrans à moindre frais. Rappelons que Krepost est également en lice dans la catégorie des mini-séries pour le festival de Monte-Carlo.

Ce n'est pas fini du côté des remakes à proprement parler, puisque l'équipe récompensée pour le titre de meilleurs producteurs est celle de Zakrytaia Shkola. Là encore, ce n'est pas aux Etats-Unis qu'il faut aller chercher l'inspiration, puisque cette série fantastique adolescente se passant dans un pensionnat est l'adaptation de la série espagnole El Internado. Diffusée par STS depuis le 11 avril 2011, la série opère un changement de format vis-à-vis de l'original puisque les épisodes sont passés à moins de 50mn, au lieu de 70mn pour la version originale espagnole, et sont diffusés du lundi au jeudi à 21h ; cela n'empêche pas l'adaptation de suivre grosso-modo le fil de l'intrigue originale, bien que plusieurs épisodes de la série reposent sur des scénarios totalement inédits. Du coup, à ce jour, ce sont 4 saisons, soit plus de 130 épisodes, qui ont été diffusées.

Enfin, UNE fiction totalement originale a réussi à obtenir un prix : il s'agit du soap Obroutchalnoie Kolcho, diffusée sur Rossiya 2... sauf que l'épisode final de cet série a été diffusé le 16 mai dernier en Russie ; du coup, en fait de créations originales russes, en voilà une qui a déjà disparu des écrans. Enfin bon, je dis "déjà", mais cette telenovela a quand même connu une belle longévité : si l'histoire de la série ne bénéficie pas d'un pitch ébouriffant (son titre se traduit par "bague de fiançailles"), il est intéressant de noter cependant que la série a survécu, et de loin, à sa commande initiale de 200 épisodes (ce qui était déjà pas mal pour une telenovela), pour atteindre un total de 809 épisodes !

Krepost Svetofor Zakrytaia Shkola Obroutchalnoie Kolcho

Pas étonnant, vu ces résultats, que la statuette remise à l'occasion des TEFI représente un Orphée tordu de douleur... On le serait à moins.

Posté par ladyteruki à 03:01 - Love Actuality - Permalien [#]

13-03-12

L'histoire se répète (trop)

BlackMarch

Voilà deux jours que je tente laborieusement de rassembler mes esprits pour vous faire un petit world tour. Mais entre ma passion pour les tartes et le besoin de dormir au moins trois heures par jours (quitte à rêver d'encore plus de tartes), c'est un peu difficile. Ne désespérez pas, vous aurez un world tour particulièrement copieux avant la fin de la semaine.
Dans l'intervalle je voulais revenir sur la nouvelle qui est tombée aujourd'hui : Antena3 a annulé la série historique Toledo.

Toledo

Ou plutôt, comme le disent sobrement les Espagnols : elle ne l'a pas renouvelée pour une deuxième saison (le terme cruel d'annulation étant uniquement destiné aux séries pendues haut et court en place publique, comme Plaza de España, mais on y revient dans le world tour). On n'est pas des bêtes, on n'annule pas nos séries ; on se contente de ne pas les renouveler.
Pensée magique.

Sur le papier, Toledo avait pourtant tous les atouts dans sa manche. Jugez plutôt : un contexte historique, une distribution comme issue des rêves les plus humides du public adolescent (Maxi Iglesias et ses méchants yeux bleus, venu de Física o Química puis Los Protegidos ; le blond Jaime Olías, issu d'Ángel o Demonio), un budget pas piqué des hannetons, une promo de malade, et un contexte historique.
Pardon si j'insiste mais, si les séries en costumes ont la côte un peu partout sur la planète, il faut dire qu'en Espagne, ça prend des proportions industrielles.

Si vous aimez les fictions historiques, laissez tomber tout ce que vous étiez en train de faire et prenez le premier vol pour Madrid, vous vous rendrez un service. C'est quelque chose que j'avais déjà pu aborder avec vous, d'ailleurs, quand j'avais commencé à me frotter à la télévision espagnole (notez d'ailleurs que pour l'instant, celle-ci arrive seconde dans mes préférences européennes après le Royaume-Uni). Mes tests parallèles de pilotes historiques provenant de 3 chaînes différentes (à savoir Tierra de Lobos, Aguila Rojas et Hispania) avaient abouti à la conclusion émerveillée que, sans pour autant brader l'individualité de ces séries, le courant historique en Espagne possédait des règles très précises qui conduisaient systématiquement au succès.
Eh oui la fiction espagnole, bien que fort dynamique en général, et proposant en définitive une variété décente de programmes prêts à satisfaire une plutôt large palette de publics, a quand même deux grands amours en ce moment : les séries historiques, et les fictions adolescentes fantastiques, genre El Internado ou justement... Ángel o Demonio (sachant que Twilight n'y est probablement pas étranger, mais pas uniquement). Que le monde est petit.
L'annulation de Toledo est en fait symptômatique de quelque chose : ce succès n'est plus systématique. Les deux modes en question sont en train de doucement péricliter, et il n'est pas encore très clair pour l'instant de savoir par quoi elles vont être remplacées ; en ce début d'année, le succès de Con el culo al aire et la persistance d'Aída laissent penser qu'on se dirigerait vers des comédies "populaires", mais c'est encore un peu tôt et peu pour le dire avec certitude.

Mais lorsque le projet Toledo est lancé officiellement à la fin de l'été, ça, Antena3 ne le sait pas encore. Elle pense avoir fait une affaire en or, parce que les séries historiques marchent. Globalement. Bon, euh, ouais, ya des ratées ici ou là, mais ça on n'y peut rien, disons qu'en général ça fonctionne bien ; c'est un peu comme CBS se disant "ouais, les séries policières, ça marche bien, donc go, on en commande encore plus". Personne n'irait dire à CBS que ça fait quelques temps que ça marche bien, que ça va finir par ne plus marcher si bien, et qu'il vaudrait ptet mieux faire quelque chose d'autre avant que ce ne soit la catastrophe. Personne n'irait même rappeler à CBS les quelques cas où ça n'a pas marché. CBS a raison de battre le fer tant qu'il est chaud. Sauf qu'un jour l'accident se produira. Et pour les séries historiques espagnoles, ça aura duré bien moins que 10 ans...

Tournée à l'automne 2011, Toledo jouit donc d'un budget plus que confortable (de quoi payer son cast, mais aussi 1200 figurants et les costumes tous neufs qui vont avec), de décors à tomber par terre alors que toute une ville médiévale a été reconstituée spécialement pour la série (1500m² sur mesure), d'un bon buzz, et de l'assurance des productions qui n'ont aucune raison de douter d'elles-mêmes. Alors, hein ? Pas de raison de craindre le pire !

Premier soucis à l'horizon : une sombre histoire de plagiat. Une série curieusement similaire a été soumise à Antena3 sous le nom de La Espada y la Cruz, et le soucis c'est que c'est franchement trop similaire pour ressembler à une coincidence ; les développeurs de La Espada y la Cruz portent donc plainte. Le tournage est temporairement mis en pause en attendant qu'un juge se prononce, entrainant quelques pécadilles financières. Mais Boomerang, qui produit la série et qui en a vu d'autres (elle produit ou a produit El secreto de Puente Viejo, Física o Química et Los Protegidos pour Antena3, c'est une affaire de confiance), reprend vite le chemin des studios après ce bref intermède, lorsque la cour finit par statuer en faveur de la défense.
Second soucis à l'horizon, les audiences du pilote, diffusé le 10 janvier dernier. Ce n'est pas un mauvais score (un peu plus de 3,5 millions de spectateurs, et 19,7% de parts de marché) mais ce n'est pas épatant, pour un lancement.
De là le troisième soucis a découlé, à vrai dire. L'Enfer d'Antena3 a commencé quand, semaine après semaine, les chiffres ont baissé de façon constante, tout ça pour atteindre un très piteux 11,8% de parts de marché le 28 février (2,1 millions de spectateurs, son plus bas score historique à ce jour). Le 9e épisode, diffusé le 6 mars dernier, reste très insuffisant alors que seulement 2,3 millions d'Espagnols se réunissent devant leur télévision (pour un résultat de 12,8% de parts de marché). On n'était pas partis de très très haut, mais Toledo aurait encore pu s'en tirer à bon compte en perdant peu de spectateurs ; là, c'est l'hémorragie. Heureusement qu'étant donné son budget, Antena3 n'a commandé que 13 épisodes ; la série achève de boucler les dernières scènes à mettre en boîte au moment où nous discutons, et hop, dans quelques jours, on replie tout et on rentre à la maison.
Evidemment ça n'a pas aidé qu'en face, les chaînes concurrentes n'aient pas fait de quartiers. Face aux matches de la Copa del Rey par exemple, pas facile-facile de rivaliser, et on l'a vu avec La Fuga d'ailleurs qui a eu exactement le même problème. Face à du foot. En Espagne. A-t-on idée.

Alors Toledo, un cas isolé ? Bah j'aimerais vous dire que oui, mais c'est plutôt la victime la plus frappante et la plus récente de l'hécatombe qui sévit parmi les séries historiques, et Antena3 est un peu en première ligne pour a avoir largement tiré sur la corde.
Ainsi, les audiences de Hispania, autrefois fer de lance d'Antena3, ont chuté gravement en 2011, au point de passer d'une moyenne de 4,3 millions de spectateurs pendant la première saison, à 2,7 millions, toujours en moyenne, pendant la saison 2. Du coup le personnage principal d'Hispania a été tué sauvagement dans un effort désespéré pour ameuter les spectateurs friands d'émotions fortes, et un court spin-off de conclusion, Imperium, sera diffusé dans le courant de l'année en guise d'épilogue, histoire d'essayer de sauver les meubles.
Tout n'est évidemment pas perdu pour Antena3, dont la série Gran Hotel s'est avérée être une réussite, bien qu'ostensiblement inspirée par le succès de Downton Abbey (y compris en Espagne). Cette série historique se passe néanmoins plus près de nous que la plupart des séries historiques espagnoles qui ont fait les audiences mirifiques de ces dernières années, et elle apporte une touche toute personnelle au mélange des clients et du personnel de l'hôtel de luxe où se déroule l'histoire, en ajoutant une mystérieuse disparition sur laquelle enquêter. Gran Hotel est d'ailleurs promise à une saison 2, comme quoi tout ne va pas SI mal. Non, tout n'est pas sombre, mais il n'empêche que Toledo est la preuve que quand on lance trois à quatre séries par an et par chaîne pour simplement suivre une mode ou deux, ça fait des dégâts assez vite, et ça rend la mode encore plus éphémère qu'elle ne l'est déjà par défintion. Le public espagnol s'est vite lassé des séries historiques ; normal, avec une nouveauté tous les 3 mois ou presque...

La leçon est-elle apprise ? Hélas, il semblerait que non.

Je vous ai dit un peu plus haut que les séries fantastiques pour adolescents étaient l'autre marotte des spectateurs espagnols. Le grand projet d'Antena3 pour le courant de l'année 2012 s'appelle Luna, el misterio de Calenda, créée par la même équipe que pour El Internado, dans laquelle une jeune fille suit sa famille composée d'une juge et d'un garde national, pour aller s'isoler dans un patelin pourri et mystérieux où elle va rencontrer le frisson de peur et d'amour, puisque des phénomènes étranges s'y produisent...
Pour cette série, c'est toute une ville qui a été construite par la production, avec un bar, une école, un tribunal... tout ça sur 1300m². Brrrr... cette histoire d'horreur a un air de déjà entendu.

Posté par ladyteruki à 23:16 - Love Actuality - Permalien [#]

17-10-10

C'est quoi le contraire d'overbooké ?

Rapport au fait que j'étais ces derniers jours à Aix-les-Bains pour Scénaristes en Séries (et d'ailleurs je ne vous félicite pas pour votre manque de participation aux commentaires en mon absence), les news, cette semaine, se sont faites plus rares. C'est pas grave, c'est pas perdu, j'ai plein de trucs à raconter dés demain.
Du coup, outre le récap des news du monde que vous trouverez ci-dessous pour la 4e semaine consécutive, je vous invite aussi à aller jeter un œil aux news relatives à ma petite escapade téléphagique du weekend. C'est pas sans rapport, d'ailleurs, puisque les invités, cette année, étaient les représentants de 4 pays scandinaves : la Suède, la Norvège, le Danemark et la Finlande.
Hasard ou coïncidence, des articles avaient été postés ya pas huit jours sur trois de ces pays, donc vous savez ce qu'il vous reste à faire si vous voulez étudier la question et prouver que votre curiosité n'est pas totalement fanée).

ScenaristesenSerie ScenaristesenSerie ScenaristesenSerie

 

Ceci étant dit, voici donc ce qui s'est dit sur les séries du monde entier cette semaine sur SeriesLive :

Mardi Guilty_MEA Ce soir au Japon : la vengeance a un visage
C'est au tour de Fuji TV de commencer sa saison automnale...
Mercredi DongYi_MEA Adieu Dong Yi
La série historique de MBC s'est achevée hier après 8 mois de diffusion...

World En bref : l'actu des télés du monde
Ça se passe ailleurs, et vous avez failli passer à côté. Heureusement, SeriesLive veille à ne pas affamer votre curiosité !
Jeudi ElInternado_MEA El internado ferme ses portes avec les honneurs
La série espagnole achevait hier soir la diffusion de sa 7e et ultime saison.
Vendredi Himitsu_MEA Ce soir au Japon : pourrez-vous garder le secret ?
Difficile de prédire où cette étrange série nous emmènera...

Guilty_MEA Audiences japonaises : que la saison commence !
Cette fois la saison japonaise a bel et bien commencé, voyons comment ça se passe...

Quelque chose me dit qu'il faut avoir entendu parler de Guilty cette semaine !

Bon alors, c'est sur, c'est pas la semaine la plus fournie que j'aie pu vous présenter, mais comme je l'ai dit, le temps manquait. Promis, je ferai mieux la semaine prochaine, tiens, demain, j'ai déjà au moins deux sujets pour vous ! Mais du coup, vous avez encore moins d'excuse pour passer à côté des infos de cette semaine...
(décryptage : réagissez !)

Posté par ladyteruki à 23:30 - Love Actuality - Permalien [#]


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