ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

24-04-13

Charmantes nymphes

MonteCarlo2013

Ce n'est pas sans me frotter les mains que je me permets de faire une pause dans cette semaine spéciale dédiée à Séries Mania. Promis, le prochain post sera à nouveau consacré à l'évènement, mais d'abord, je veux partager avec vous les nominations du Festival de Monte-Carlo, qui se tiendra du 9 au 13 juin prochain dans la Principauté.

Rappelons que, comme un grand nombre de récompenses internationales, les nominations reposent sur des candidatures spontanées de la part des productions ; ce n'est donc pas nécessairement représentatif de la production d'un pays donné que de voir certaines fictions figurer dans cette liste, mais cela permet par contre de dénicher quelques pépites qui, autrement, seraient passées sous nos radars. Une formidable occasion de faire des découvertes, donc !
N'hésitez pas à cliquer sur les images pour les agrandir, et découvrir à quelle série elles correspondent.

Broadchurch Carta a Eva World WithoutEnd Die Holzbaronin Hořící Keř Hatfields& McCoys

MonteCarlo-Icon Meilleure mini-série :
- Die Holzbaronin (Allemagne)
- World Without End (Allemagne)
- Carta a Eva (Espagne)
- Altri Tempi (Italie)
- Made in Japan (Japon)
- Hořící Keř (République Tchèque) - note : projetée à Séries Mania sous le titre Burning Bush
- Broadchurch (Royaume-Uni)
- Dancing on the Edge (Royaume-Uni)
- Hatfields & McCoys (USA)

Love/Hate Borgen Breaking Bad Vermist Capadocia Hatsukoi

MonteCarlo-Icon Meilleure série dramatique :
- Vermist (Belgique)
- Bomb Girls (Canada)
- Borgen (Danemark)
- Forbrydelsen (Danemark)
- Love/Hate (Irlande)
- Hatsukoi (Japon)
- Capadocia (Mexique)
- The Blue Rose (Nouvelle-Zélande)
- Downton Abbey (Royaume-Uni)
- Doctor Who (Royaume-Uni)
- Breaking Bad (USA)
- Homeland (USA)

Crimi Clowns Les Parent Lazy Company Fresh Meat 30 Rock Lowdown

MonteCarlo-Icon Meilleure comédie :
- Die Kirche bleibt im Dorf (Allemagne)
- Lowdown (Australie)
- Crimi Clowns (Belgique)
- Les Parent (Canada/Québec)
- Fais pas ci, Fais pas ça (France)
- Lazy Company (France)
- Fresh Meat (Royaume-Uni)
- Red Dwarf X (Royaume-Uni)
- 30 Rock (USA)
- Modern Family (USA)

Dr House Les Experts: Miami The Mentalist

MonteCarlo-Icon Prix de l'audience TV internationale - Drama :
- Dr House (USA)
- Les Experts: Miami (USA)
- The Mentalist (USA)

Mr Bean The Big Bang Theory Two and a Half Men

 MonteCarlo-Icon Prix de l'audience TV internationale - Comédie :
- Mr Bean (Royaume-Uni)
- The Big Bang Theory (USA)
- Two and a Half Men (USA)

Eva Luna Amour, Gloire et Beauté Le Casa de al Lado

 MonteCarlo-Icon Prix de l'audience TV internationale - Soap :
- Amour, Gloire et Beauté (USA)
- La Casa de al Lado (USA) - note : diffusée par France Ô à partir du mois prochain
- Eva Luna (Vénézuéla/USA)

Quelques petits détails à noter.
D'abord, c'est une nouvelle année de nomination consécutive pour certaines séries : Vermist, Downton Abbey, Fresh Meat, Fais pas ci, Fais pas ça, ou Modern Family ; au rayon des audiences internationales, Les Experts: Miami et Amour, Gloire et Beauté récidivent également. Heureusement que les telenovelas, avec leur durée de vie limitée, s'assurent d'un renouvellement régulier des succès sud-américains dans le monde ! On salue aussi la présence dans ces nominations de Mr Bean, qui parvient à se placer sur le podium des séries les plus diffusées... 23 ans après avoir fait ses débuts à la télévision britannique (un résultat qui découle, me précise le service de communication, des calculs d'audience effectués par Eurodata Mediametrie). Borgen, après une année d'absence dans les nominations, fait par contre un retour. Il est plus surprenant en revanche de voir des séries apparaitre dans cette liste cette année, alors qu'elles sont loin d'être nouvelles à la télévision, comme Doctor Who, même si, sûrement, son succès international exponentiel facilite la sélection.
Ensuite, il faut bien admettre que le système du festival pour définir une mini-série est de toute évidence mis à mal par les réalités de l'industrie : "Une Mini-Série est un programme de fiction dont le scénario s’étend sur un nombre limité d’épisodes. Format: de 2 à 8 épisodes / durée comprise entre 40 à 60 minutes", précise le site. Hélas, la mini-série a aussi une dimension non-renouvelable, ce que rien ne précise dans les règles. C'est ainsi que Bomb Girls, nommée l'an dernier comme mini-série, a été renouvelée plusieurs semaines avant l'annonce des nominations pour une seconde saison ; elle est nommée cette année parmi les séries dramatiques "normales" ; la même chose vient de se reproduire avec Broadchurch qui a été renouvelée juste avant l'annonce des nominations.
Enfin, CRIMI CLOWNS !!! That is all.

Comme toujours, n'hésitez pas à user et abuser des tags (ils adorent ça), puisque de nombreuses séries de cette sélection ont déjà été évoquées dans ces colonnes !
Dans le prochain épisode de la rubrique Love Actuality, on parle de récompenses turques, alors ne vous éloignez pas trop.

Posté par ladyteruki à 18:00 - Love Actuality - Permalien [#]

25-02-13

Top ! C'est toi le chat !

Bon. Je suis assez peu friande de chaînes, mais étant donné que je suis aussi fondamentalement supertitieuse, me voilà plus ou moins obligée de donner suite à celle que m'a gentillement transmise amdsrs tout ça se payera cher histoire d'éviter d'être maudite sur 712 générations ou un truc du genre. En conséquence, souffrez qu'aujourd'hui, on parle (un peu) moins de séries.

Ah, mais d'abord, voici les règles du jeu :
- Poster les règles sur le blog
- Répondre aux 11 questions
- Inventer 11 nouvelles questions
- Partager le tag avec 11 personnes en mettant un lien vers leurs blogs et leur annoncer la nouvelle !
Jusque là j'ai bon, vous êtes d'accord ?

1) Ton pire souvenir capillaire
Alors pardon pour la sob story, mais je n'en ai qu'un : quand j'étais ado, ma mère avait acheté une boîte-à-couleur pour que je me fasse un reflet, et j'insiste sur le reflet, auburn. Sur mes cheveux foncés, c'était pas non plus la révolution, hein. Cela dit, ayant toujours secrètement espéré être rousse, j'étais toute contente, et une fois les manipulations faites, je suis descendue avec ma nouvelle parure capillaire dans la salle à manger, où j'ai été accueillie par mon père qui s'est exclamé d'un ton glacial : "t'as vraiment l'air d'une pute". C'était d'autant plus sympa qu'à la base c'était même pas mon idée.

2) Ton dernier fou rire
Vendredi soir. Faut pas me demander le contexte, c'était soirée mojito !

3) Un prof qui a marqué (en bien) ta scolarité
Ma prof d'anglais au lycée, Mme Laferrière. J'adorais son humour pince-sans-rire, j'adorais ses cours, j'adorais tout : elle était géniale. N'était pas non plus désagréable l'impression que j'avais d'être sa favorite, à laquelle elle donnait des exercices sympas à faire en plus, proposait des lectures intéressantes à faire, et avec laquelle elle discutait de plein de trucs après les cours, et ça me motivait d'avoir trouvé une prof qui me maintenait intéressée même si elle avait 30 autres élèves à gérer. Finalement, sous l'influence de l'admiration que je lui vouais, je m'étais plus ou moins convaincue que j'allais étudier l'anglais à la fac, d'ailleurs, parce qu'elle m'avait donné goût comme jamais pour cette langue ; c'est une chose d'avoir des bonnes notes dans une matière, c'en est une autre de vraiment sentir de l'enthousiasme pour ladite matière. Je l'ai croisée plusieurs fois sur Paris, dont une où elle m'a invitée à prendre un pot et où on a médit sur Amélie Poulain, et c'était très agréable de découvrir que même une fois devenue étudiante, et sortie de son orbite (quand on admire un prof, on a tendance à être un peu envoûté), elle était toujours aussi géniale à mes yeux. Par nostalgie, je viens de la googler et je m'aperçois qu'elle a aussi traduit une oeuvre de Tolkien récemment, et je sens bien que j'ai des étoiles dans les yeux de nouveau en pensant à elle (ça gêne un peu pour écrire à l'écran mais je m'arrange). Je me demande encore si son anecdote sur le sang de boeuf était vraie...

4) Un coup de coeur pour une ville ?
Paris sera toujours Paris.

5) C'est quoi pour toi la fin de l'innocence ?
En général ou en particulier ? En général, je dirais que c'est le moment où on commence à réaliser que nos parents sont imparfaits ; mais dans mon cas, ça a attendu une bonne quinzaine d'années, alors en particulier, je dirais que j'ai perdu une bonne partie de mon innocence la première fois où j'ai posé la main sur l'arme à feu de mon père et où j'ai pensé à ce que je pourrais faire ; quoiqu'on pourrait arguer que les raisons qui m'ont poussée à imaginer ce que je pourrais faire sont en fait à l'origine de ma perte d'innocence... Ah t'as voulu poser une question déprimante, te voilà servie !

6) Ce qui peut te faire sortir de tes gonds en public
Si ça a une chance de me faire sortir de me gonds, alors être en public ou non ne fera pas grande différence ! Il faut quand même dire que je suis moins facile à énerver qu'il y a quelques années, donc quand ça tombe, c'est vraiment que ça doit tomber. Le fait qu'il y ait quelques témoins ne change pas grand'chose. J'irai même jusqu'à dire que si j'avais l'impression qu'on profite du fait d'être en public pour m'obliger à me contenir, ça pourrait bien décupler ma colère.

7) Une storyline de série que tu aurais réécrite si tu avais pu
Doctor Who, saison 6 (ainsi que développé ici). C'était pour moi une telle évidence de faire en sorte que ce soient des évènements "naturels", et non surnaturels, qui détournent Amy et Rory du Doctor... ç'aurait eu le même effet que la mort de Joyce dans Buffy ! En tous cas c'est que je me raconte quand je me fais des illusions sur mon écriture. Mais je trouve que l'émotion aurait été bien plus intéressante, aussi bien à court terme (la déchirure entre des personnages de fiction laisse souvent autant de séquelles quand elle se fait sous le coup d'une dispute qu'à cause de faits tragiques inévitables ; j'ai encore en mémoire la dispute entre Will et Grace dans la série du même nom, j'en ai les larmes aux yeux rien que de penser à la brutalité de la chose) qu'à long terme, parce que, tant qu'à poser que le Docteur commence à dépasser les limites, autant lui en faire payer le prix ! Du coup ma storyline perso serait passée par un certain nombre d'épisodes et scènes en commun, mais avec une conclusion toute différente. Il y avait tellement d'ingrédients posant les jalons d'une fin comme celle-ci, qu'en réalité, ce seraient plus des inflexions de la storyline de Moffat et une conclusion différente, qu'une storyline 100% différente. Ce qui rend la réponse d'autant plus triste, quelque part...

8) Scénariste, éclairagiste-accessoiriste, réalisateur, monteur ou acteur ?
Scénariste sans hésitation, mais en espérant pouvoir tâter un peu de tout le reste au moins une fois, pour la beauté de l'expérience. Surtout réalisatrice, parce que ça reste sûrement le plus efficace, j'imagine, pour que le produit fini colle à ce qu'on a écrit. Et comme ma bucket list inclut de présenter un jour Saturday Night Live, il faudrait bien passer par la case actrice !

9) Quel personnage de série voudrais-tu déplacer dans une autre série ?
C'est sûrement l'une des questions les plus bizarres de la création. Chais pas, pour les besoins de l'exercice, on pourrait essayer de mettre l'un des personnages de The Secret Life of the American Teenager dans Oz, ou un truc du genre. 'Stoire de rigoler, quoi.

10) Une fin de série, c'est mieux trop tard avec remords ou trop tôt avec regrets ?
En théorie, le plus tard est toujours le mieux. D'autant que j'estime qu'à partir du moment où une série a dépassé les 10/15 années d'existence, on lui doit un renouvellement systématique jusqu'à la fin de temps ; c'est pas une question de qualité, mais d'institution je trouve la notion d'institution télévisuelle très importante et émouvante, d'ailleurs on en manque en France.
Maintenant, en pratique, il y a des exceptions à cette règle, évidemment, et certaines séries devraient être annulées tôt, point barre. Mais celles auxquelles je pense ne susciteraient pas de regret en ce qui me concerne ; cependant, à peu près toutes les séries ont au moins une personne de par le monde pour les regretter, alors on ne peut pas s'arrêter à ça pour annuler une sombre merde. Raisonnement boiteux qui n'engage que ma conscience, je te l'accorde.

11) On est reçu comment chez toi ?
Assez mal en fait, je suis pas du genre à mettre les petits plats dans les grands. C'est du genre : "ouais, laisse tes godasses là, ah t'as soif ? Bon j'ai ptet un fond de jus d'orange pulpé dans un coin". Alors que chez ma soeur tu croirais être chez Betty Draper. Pour ma défense, je divertis mes invités avec de meilleurs DVD, quand même. Quoique, vu qu'elle m'emprunte les miens...

Bon, le plus dur est fait.

SNL-VousEtesIci

Maintenant, les 11 questions de mon cru. Ne rigolez pas tout de suite : au prochain paragraphe, vous allez peut-être découvrir que vous êtes supposé y répondre.
1) Quelle est la série la plus vieille que tu aies regardée ? (évidemment j'accepte la réponse si tu n'as vu que le pilote)
2) "Le lycée est un champ de bataille pour le coeur"... quelle est la série qui ressemble le plus à l'adolescence telle que tu l'as vécue ?
3) Quelle est la toute première série que tu te souviens avoir regardée, même vaguement, quand tu étais vraiment jeune ?
4) Faut-il protéger les enfants des fictions "dures" ou au contraire leur apprendre progressivement à repousser leur seuil de tolérance ?
5) La faute d'orthographe ou de grammaire que tu sais que tu fais souvent, mais que tu continues de faire quand même.
6) Quelle série, qui en manque dramatiquement, mériterait un générique digne de ce nom, et dans ce cas, à quoi ressemblerait-il ?
7) Si je te demande d'associer une série à une époque de ta vie, de laquelle me parles-tu et pourquoi ?
8) Si tu écrivais ton autobiographie, quelle célébrité enregistrerait la version audiobook ?
9) Quand tu fais une crêpe-party, quels sont les ingrédients dont tu tartines systématiquement tes crêpes ?
10) Cite un film que tu as l'impression d'être la seule personne au monde à aimer.
11) C'est l'apocalypse et Dieu, qui t'a à la bonne, se propose de sauver UNE personne à Hollywood, et une seule. Quelle vie épargnes-tu et pourquoi ?

Pour finir, la liste des heureux veinards qui ont gagné le droit d'y répondre. Je suppose qu'on n'a pas le droit de toucher son père, donc amdsrs échappe à une opération de vengeance mesquine, mais sinon voilà ceux qui ne vont pas y couper : whisperintherain, Toeman, LL, Nelly, Eclair, Elvr_, Sam Marques juste pour l'obliger à résurrectionner son blog, PiperAki, eeeeeet... j'arriverai jamais à 11.

...Rha zut. Presque réussi. Tant pis, je prends la damnation sur 712 générations, je l'ai bien méritée. VOILA pourquoi je fais jamais ces chaînes.

EDIT sur l'idée de lordofnoyze : si vous voulez sauver ma descendance, et que les questions vous tentent, vous pouvez également choisir de répondre en commentaires !

Posté par ladyteruki à 19:45 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

28-01-13

Do no good

Êtres-vous prêt pour un nouveau pilote ? whisperintherain et moi-même continuons notre exploration de la saison, en espérant que les choses s'améliorent un peu par rapport aux semaines précédentes : la mid-season a été morne jusqu'à présent.
Enfin, ce n'est que mon point de vue : celui de mon camarade (dont vous pourrez juger en cliquant sur la bannière au bas de ce post) peut très bien être radicalement différent...

DoNoHarm

La série britannique Jekyll a-t-elle jamais été diffusée aux Etats-Unis ? Je n'en ai pas trouvé de trace, en tous cas. Cela expliquerait pourquoi un remake officieux prendrait forme sur les écrans américains en ce mois de janvier, profitant de l'ignorance du grand public d'outre-Atlantique (qui, il est vrai, n'a commencé à se passionner pour les séries britanniques que très récemment via Doctor Who et Downton Abbey, et encore, sur des chaînes du câble) même si très franchement, si c'était pour faire ça, ce n'était pas la peine d'attendre 5 ans.

Oui, Do No Harm a quelques points forts, le principal étant visiblement le budget (on se prend à rêver à ce que des créatifs européens feraient avec le budget de certaines séries de networks américains) et peut-être, non, bon, essentiellement le budget. Enfin... je dis ça, mais il doit y avoir quelques bons côtés à cet épisode, parce que je ne me suis pas non plus trop ennuyée pendant le pilote, que j'ai regardé jusqu'au bout et sans me faire les ongles, ce qui tend à indiquer que je n'ai pas passé les pires 40 minutes de mon existence, ni même de ce mois de janvier.
Le problème, c'est que Do No Harm est très consensuelle ; à plus forte raison si on a vu Jekyll, donc.

Il aurait pu être intéressant de savoir comment le docteur Jason Cole avait découvert l'existence d'un "double" appelé Ian, avec qui il partage son enveloppe corporelle ; au lieu de cela, le pilote va totalement faire l'impasse dessus, et tient le fait pour acquis à un tel point que plusieurs personnages qui passeront dans l'épisode sont déjà au parfum, tandis que le spectateur ne l'est pas trop (il aurait pu être un brin pédagogique, malgré le cliché narratif que cela représente, de faire en sorte que quelqu'un découvre cette étrange colocation dans le premier épisode, histoire de nous donner une chance d'accéder à la backstory... eh oui, les clichés narratifs ont parfois une raison d'être !). Mais pas du tout.
Le spectateur est, à la place, immergé dans un monde où le fragile équilibre trouvé par Jason pour tenir Ian à distance va se trouver rompu ; là encore, le soucis c'est qu'on connait mal cet équilibre. L'épisode nous montre d'entrée de jeu un médecin stressé, surveillant sa montre en permanence, qui en est encore à venir chaque jour récupérer une dose d'un puissant anesthésiant (ou quelque chose du genre) auprès d'un collègue qui le fournit illégalement. Mais le système est déjà fragile et bien précaire, si bien qu'au lieu d'introduire une rupture ("Ian devient incontrôlable"), l'épisode renvoie une impression brouillonne.
Quand Ian rompt effectivement la trêve, comme c'était prévisible, c'est là encore grâce à quelque chose qui apparait plutôt comme un coup de tête scénaristique, plutôt que parce que quelque chose couvait : il a développé une résistance au fameux anesthésiant. Mais comme en réalité on n'a jamais vu fonctionner le médicament en question, il n'y a aucun effet avant/après. Voilà donc Ian qui s'invite dans la vie de Jason pour, évidemment, la lui pourrir, sans créer la moindre émotion de notre côté de l'écran. Et certainement pas de la surprise.

Ce sera tout l'enjeu de Do No Harm : montrer comment les deux hommes vont jouer une partie d'échecs avec le corps qu'ils se partagent, et donc la vie qui est la leur, aux yeux des observateurs extérieurs.

La partie en question aurait de l'intérêt si Do No Harm ne tentait pas, avec l'énergie du désespoir, de faire passer l'un des deux hommes pour le "gentil" et l'autre pour le "méchant" de façon très manichéenne ; il y a d'un côté la victime, celui qui en plus est médecin et gentil et prévenant et inquiet, et de l'autre côté, le sadique, le bourreau, la bête, le jouisseur qui ne pense qu'à sa pomme. On aurait pu espérer qu'à défaut d'être d'une folle originalité sur la forme, Do No Harm aurait trouvé un moyen moins moralisant d'employer le fameux thème de Jekyll et Hyde (un peu comme Awake, finalement, a pu le faire de façon détournée), mais ce ne sera pas pour cette fois. Jason a le jour, le bien, le coeur brisé ; Ian a la nuit, le mal, l'égoïsme. Pourquoi Jason n'a-t-il pas de travail (même s'il aurait pu être malhonnête ou dégradant, à la rigueur), d'amis (je ne m'attendrais pas à ce qu'il entretienne des relations amoureuses, mais au moins un pote, quelque chose), etc ? D'accord, ça fait 5 ans qu'Ian est systématiquement dans le coaltar, mais avant ça ? Cette façon si caricaturale d'envisager l'identité de chacun empêche de vraiment donner un enjeu à la série : moi aussi, si on me droguait depuis plusieurs années, j'aurais des pulsions de vengeance en me réveillant.

Qui plus est, les scénaristes emploient la "mauvaiseté" d'Ian de façon totalement opportune vers la fin de l'épisode, afin qu'Ian se trouve tout de même au service de Jason et donc du bien. Quel est l'intérêt d'une confrontation qui tourne de cette façon dés le pilote, sans que le bras de fer n'ait été très long ou difficile ?
Car oui, en plus de sa vie compliquée (et ce n'est pas rien que d'avoir seulement 12h d'existence chaque jour), Jason est un tellement bon gars qu'il joue les assistantes sociales auprès des cas qu'il rencontre à l'hôpital, souffrant du syndrome si télévisuel du workaholisme. Genre le mec, il s'emmerde en fait ! Do No Harm insiste absolument pour passer énormément de temps dans la partie médicale de son contexte, alors que rien d'original n'en sort, et que ça n'ajoute rien à notre affaire.

Alors Do No Harm n'est pas mauvaise, non. Le rythme est bon, le cast se défend à peu près, et globalement, il s'agit d'une production décente. Mais le manque de courage de la série sur son thème, ses personnages, et même la façon dont elle veut nous présenter le déroulement de son histoire, ne donne vraiment pas envie de lui donner une chance et de développer un quelconque aspect, qu'il soit dramatique ou mythologique.
C'est un pilote "propre". Ca n'enflamme pas les téléphages, les pilotes propres, ni dans un sens ni dans un autre. Je ne me vois pas lapider la série plus que je ne m'imagine en dire du bien. Reste à voir si le grand public accrochera ; parfois ça se joue sur un coup de bol. On verra bien mais, quel que soit le sort de Do No Harm, ce sera sans moi.

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 22:36 - Review vers le futur - Permalien [#]

01-01-13

Secret Diary of a Cinephile ~2013 edition~

Les habitués parmi vous se souviennent probablement qu'en 2010, je m'étais lancé un défi : découvrir le maximum de films en une année. C'était un peu un défi dans lequel je m'étais lancée sans y réfléchir, parce qu'entre fin 2009 et début 2010, j'avais regardé beaucoup de films, alors que ça ne m'arrive jamais, et que je m'étais dit qu'il valait mieux battre le fer tant qu'il était chaud. Cela a été l'occasion de chroniquer chaque visionnage dans le désormais fameux Secret Diary of a Cinephile.

SecretDiaryofaCinephile

Le bilan, à l'issue d'une année 2010, était très satisfaisant : 95 films découverts en l'espace d'un an ! Pour quelqu'un qui ne regarde pas souvent de longs métrages, c'était en fait un véritable record, même si évidemment, tous les films découverts à cette occasion ne se valaient pas.

En 2011 et 2012, j'ai laissé le Secret Diary of a Cinephile ouvert, ajoutant chaque visionnage que j'effectuais au jour le jour. Mais, il faut bien l'admettre, sans la motivation du défi, j'ai regardé assez peu de films. Bon, ce n'était pas non plus le désert, car je regarde à présent les chiffres et je vois qu'en deux ans, j'en ai vu 70 de plus ; alors certes, ce n'est pas rien, mais avec une moyenne de 45 films par an, ça reste quand même plutôt mou. Sans compter qu'une grande partie de ces films ont été vus parce qu'on m'y a poussée (genre parce que j'avais du monde à la maison et que c'est plus facile de lancer X-Men que de proposer un visionnage sans sous-titres de 30° i Februari...), pas parce que j'en avais envie. Et c'est ça le plus triste, il faut retrouver l'envie !
Sans le défi, je ne trouvais pas plus de raison d'en regarder qu'avant ; parfois je regardais des films juste parce que, quand même, c'est dommage de ne plus en voir, et je trouve ça assez triste. Pourquoi mon enthousiasme temporaire pour le ciné est-il retombé ?

Il reste tant de films que je ne connais pas, ou que de nom ! Tant de "classiques" qui, certes, ne m'attirent pas souvent, mais méritent peut-être quand même un coup d'oeil ! De grands blockbusters dont le succès a, peut-être, une légitimité qu'il me faut découvrir ! Et des films peut-être plus méconnus, aussi, qui gagnent à être découverts... J'en ai vu quelques uns (165 films en trois ans, donc), il en reste forcément plein !!!

Alors cette année, c'est dit, je me lance dans une nouvelle édition du défi Secret Diary of a Cinephile !
Les règles n'ont pas vraiment changé, et sont les suivantes, pour rappel :

1/ Ne sont comptés dans le défi que les films que je n'ai jamais vus
Non, les 712 revisionnages par an de The Fall ou A Chorus Line ne comptent pas. Mais bien tenté.

2/ Ne sont comptés dans le défi que les films que je regarde en intégralité
Les films dont je n'ai vu que les premières minutes, ou que j'ai aperçus un jour en zappant ou en passant au rayon télévision de la FNUC, peuvent être comptabilisés si je les regarde en intégralité au cours de l'année. L'an dernier, j'ai par exemple essayé de regarder Thor ; je me suis arrêtée à l'apparition de Hawkeye, peut-être que cette année, je retenterai le film et arriverai même à le finir, auquel cas il aura la possibilité d'être compté dans le défi. En revanche, si je commence un film, que je m'ennuie et que je l'abandonne avant le générique de fin, il n'est pas imputable au Secret Diary.

3/ Ne sont comptés dans le défi que les films que j'ai voulu regarder
Je n'ai plus la télé, donc il y a peu de chances que je zappe et tombe sur un film au hasard. En revanche, si je n'ai pas eu envie de voir un film donné et que je suis en compagnie de quelqu'un qui insiste pour le regarder, il n'est pas comptabilisable. C'est une règle fixée à la fois pour me protéger des bouses intempestives qui vont probablement me tomber dessus pendant l'année (à plus forte raison si je fréquente le salon de ma frangine, connue pour ses goûts cinématographiques calamiteux ; je veux dire, elle m'avait trainée voir le second OSS 117 quand même !), et pour m'obliger à m'intéresser au défi. Si je compte sur les films que mon entourage me fait voir, c'est trop facile. Là, il faut que j'entretienne l'enthousiasme, que je cherche des films qui me tentent, bref, que je me donne pour ce défi, pas juste que je remplisse un quota chiffré.

Pour cette nouvelle édition, deux nouvelles règles viennent de surcroît s'ajouter à celles existantes et pratiquées en 2010. Ces deux nouvelles règles devraient aussi augmenter le niveau de difficulté, parce qu'on sait tous à présent que, regarder 95 films en un an, je peux le faire. Alors tentons l'étape suivante !

4/ Ne sont comptés dans ce défi que les films dont je n'avais pas vu la bande-annonce
C'est en toute sincérité une règle que j'applique déjà souvent (je regarde également peu de trailers pour les séries ; sauf ce matin, j'en ai vu un pour la prochaine saison de Doctor Who, je ne le regrette pas car il semblait moins spoiler-y que la plupart des trailers en général). Mais l'idée est de systématiquement me faire une idée sur pièce, et de ne pas me laisser influencer par une bande-annonce efficace ou, au contraire, ratée. Le but de cette règle est avant tout de préserver l'impression de découverte et de ne pas courir le risque d'avoir l'impression, de connaître les moments-clés du film (ou les gags pour une comédie, ce qui est pire).

5/ Plusieurs films regardés pendant l'année devront ne pas être d'origine américaine
Parce que jusqu'à présent, il faut le dire, je suis restée très américano-centrée dans mes découvertes cinématographiques, même s'il y a eu quelques exceptions (je pense par exemple à l'excellent film portugais Contraluz). Le soucis c'est que j'ai le sentiment d'être totalement inculte en matière de ciné américain, et plus encore, si c'était possible, en cinéma étranger. Mais bon, il faut toujours un premier pas, après tout, essayons de nous souvenir comment ça s'est passé pour les séries ? Je trouve la perspective de regarder un film américain rassurante, mais elle est également dommage car elle me ferme plein de portes. Je ne veux pas fixer d'objectif chiffré histoire de ne pas tuer tout le fun de la démarche, mais en tous cas, plusieurs veut dire plus que 2, naturellement.
J'ai choisi, après une longue hésitation, de ne pas me mettre de règle relative à l'âge des films ; je sais qu'en général j'en regarde plutôt des récents, mais c'est peut-être mieux comme ça : j'ai parfois du mal avec le noir et blanc, par exemple. Rien ne dit qu'il n'y en aura pas dans mon bilan dans un an, mais je préfère ne pas me bousculer à ce sujet.

A partir de là, les films seront à nouveau ajoutés au Secret Diary of a Cinephile, avec leur mini-critique à chaque fois et, quand j'en ai le temps et/ou l'envie, un post plus long dans la rubrique Comme au cinéma. En sus, je parlerai de ces films et du défi en général sur Twitter, avec le hashtag #SecretDiary, donc si vous êtes là-bas, n'hésitez pas à participer au débat post-visionnage qui aura souvent lieu.

Si le coeur vous en dit, vous pouvez évidemment relever ce défi à votre tour (mais je sais que nombre d'entre vous sont fort occupés par le Challenges Series 2013 de Hellody).
Vous pouvez décider de le faire "2010-style", avec 3 règles seulement, ou pour les plus ambitieux d'entre vous, "2013-style", avec 5 règles histoire de corser le défi.
L'avantage de celui-ci, c'est qu'il n'y a pas d'objectif chiffré : si pour vous, 10 films par an, c'est un gros chiffre, eh bah va pour 10 films par an. Le but du jeu est de faire des découvertes dans le milieu du long métrage, et de décoller un peu des séries, pas de se mettre une pression monstrueuse et de n'en tirer aucun plaisir. Moi-même, je ne me dis pas que je vais forcément en regarder autant ou plus qu'en 2010, je veux simplement m'y engager avec passion et découvrir le 7e art, souvent négligé par votre serviteur.

Et même si vous ne faites pas ce défi, n'hésitez surtout pas à me proposer des idées de film. Quelqu'un m'a déjà suggéré Third Star, qui est en train de cagouler, et il y a Mean Girls que je pensais voir depuis quelques temps et sur lequel je me suis décidée grâce aux interventions de Tony sur Twitter. Je ne promets pas de regarder tous les films mentionnés, évidemment, mais tant que vous ne les avez pas suggérés, on ne peut pas savoir !
Comme les trailers me sont interdits, je compte sur vous pour ajouter un lien vers la fiche Wikipedia (quand il y en a une) ou faire une bref topo du synopsis, pour que je me fasse une idée.

Bon, un an de films !!! Allez, je peux le faire !

Posté par ladyteruki à 23:59 - Comme au cinéma - Permalien [#]

28-12-12

Doctor Whoverdose

En téléphagie, il y a toutes sortes de marronniers négatifs et généralistes. La rentrée : "c'est pourri, ya aucune bonne nouveauté". Les Emmy Awards : "de toute façon toutes les récompenses sont faussées". Les premières annulations : "normal, la rentrée était pourrie". Et ainsi de suite. Tous. Les. Ans.
Et puis, il y a les marronniers qui ne portent que sur une série, et qui ressortent immanquablement alors que la diffusion reprend après un hiatus. Rules of Engagement : "je savais même pas qu'elle existait encore, cette série". How I met your mother : "nan mais, cette saison, c'est la dernière, obligé". Doctor Who : "ce ne sera jamais plus pareil". Tous. Les. Ans. Voire même un peu plus souvent.

Le pire, c'est que Doctor Who semble être l'une des rares séries que de plus en plus de monde regarde, mais en sachant de moins en moins pourquoi. Quand on lit la plupart des réactions à chaud sur Twitter, par exemple, on peut sentir combien sont nombreux ceux qui ont de plus en plus de mal, ou qui décident de regarder le bon côté des choses volontairement pour ne pas lâcher une série qu'ils suivent depuis de longues années.
C'est vrai même pour quelqu'un qui n'a démarré la série que sur le tard, comme votre serviteur ; ça fait un bout de temps maintenant que je sens bien que je continue en tirant la langue et en me forçant. Ce qui est étrange, parce que je n'ai pas coutume de me forcer à regarder une série ; au contraire, mon fonctionnement est tout l'opposé, et je fonctionne uniquement à l'envie, n'hésitant pas à arrêter une série dés qu'elle me déplaît ou simplement me lasse. Curieusement, Doctor Who est l'exception.
Je ne sais pas trop pourquoi je continue d'attendre que quelque chose se passe, que l'étincelle revienne, parce que clairement, attendre une telle chose pendant deux saisons, ce n'est pas réaliste. Quand une série a un coup de mou, ça ne dure pas deux saisons. Deux saisons, ce n'est pas un petit problème passager qui va s'améliorer la semaine prochaine ; deux saisons, c'est une raison nette et objective d'abandonner. Et pourtant non.

Une bonne partie du temps que je passe devant Doctor Who, je le passe partagée entre l'espoir et l'imagination. Et c'est peut-être bien la raison pour laquelle je continue de la suivre, parce que peu de séries provoquent ce genre d'expérience, même si ce résultat n'est obtenu que via des insuffisances.

Ainsi, chaque développement de Doctor Who me fait espérer que les choses vont s'arranger, qu'il y a quelque chose de grand après le prochain virage, que la révélation qui ne manquera pas d'arriver ultérieurement sera celle qui donnera du sens à des mois et des mois de visionnages laborieux. Ca a été vrai en saison 6, mais plus encore pendant la première partie de la saison 7 ; j'attendais que les éléments en place se combinent en une espèce de Transformers narratif qui prend vie une fois les pièces emboitées dans le bon ordre, et chaque fois que je croyais deceler un indice menant vers une conclusion palpitante, je trouvais une raison de persister. Bon, d'accord, cet épisode-là était décevant. Mais à la fin de la saison, ça va être immense. Comment Moffat procède-t-il pour nous laisser croire qu'il a quelque chose dans sa manche ? Par quel tour de passe-passe est-il parvenu à donner l'illusion d'avoir un plan sur le long terme ? On devrait pourtant savoir que ce n'est pas le cas, mais l'illusion est parfaite.

Mais surtout, et je crois bien que Doctor Who est la seule série actuellement en mesure de m'offrir cela, mon imagination est incroyablement stimulée à chaque épisode. Anticiper une hypothétique conclusion d'un (souvent tout aussi hypothétique) arc narratif à long terme me donne envie de me lancer dans des conjectures et des suppositions folles, et comme je vais en évoquer quelques uns, je recommande à ceux qui ne sont pas à jour de leur visionnage d'éviter le prochain paragraphe, pour cause de potentiels spoilers.
Je me rappelle encore quand je me délectais de l'idée, ou plutôt devrais-je dire la conviction, que Rory et Amy allaient partir en claquant la porte, en se retournant contre le Docteur. J'ai passé une bonne moitié de la saison 6, et, sans mentir, toute la saison 7 à ce jour, à y croire dur comme fer. Quand tout un épisode de ladite saison 7 a tourné autour des différences devenues impossibles à concilier entre le mode de vie des Pond et celui du Docteur, je me suis dit : le divorce est consommé. Il y a un moment où ils vont trouver qu'il va trop loin, ou qu'il fait n'importe quoi, ou tout simplement qu'ils ont passé l'âge, et un jour, le TARDIS va se planter dans leur salon et ils refuseront d'y monter. Et ça va être déchirant parce que ça ne voudra pas dire qu'ils n'aiment plus le Docteur, mais Amy/Wendy aura grandi sans plus attendre les visites de Peter Pan. Bon sang, vraiment j'étais sûre de mon coup ! Toutes les fois où le Docteur en avait fait des tonnes sans se soucier des conséquences, toutes les fois où Amy, Rory et même River l'avait rappelé à l'ordre, toutes les fois où il était à fond dans son délire sans prendre garde aux sentiments de ses propres amis... vraiment j'y croyais à fond. D'ailleurs, cette façon de rappeler que Rory est infirmier, un soigneur, quand le Docteur a perverti son propre nom et donc son titre, ça ne pouvait qu'avoir du sens ! Et puis, la fin du premier volet de la saison 7 est venue, avec son enfilade de scènes exagérément dramatiques, mais pas émouvantes, et cette façon complètement pauvre et surtout soudaine de se débarrasser fort opportunément de Rory et surtout Amy... je ne comprenais pas. Est-il possible d'être le showrunner d'une série à la mythologie riche, de l'étoffer régulièrement dans des épisodes, et de pourtant décider de ne se servir d'aucun des éléments plantés antérieurement lors de ce qui devrait être le plus important épisode de la saison, et l'un des plus importants de la série ? Ce n'est pas simplement l'histoire de cet épisode qui m'a déçue, mais carrément l'impression que je ne regardais pas la même série que celui qui en écrit une bonne partie. Je peux tolérer les revirements de situations abracadabrants, pourvu qu'ils portent une émotion qui ait du sens ; mais qu'on cherche à me faire pleurer pour me faire pleurer, sans s'appuyer sur ce qui se dit dans les épisodes précédents, au nom de l'effet de surprise, a tendance au contraire à me faire me rebiffer totalement.

Le Doctor Who de Moffat joue avec mon accoutumance, et l'entretient avec ce qu'il est plus honnête de qualifier de produits coupés. Mais une fois de temps en temps, juste une fois, il y a une vraie pillule de LSD pure, et là je décolle.

C'est précisément comme ça que je savais bien avant le départ d'Amy et Rory que j'allais continuer Doctor Who. Je le savais parce que j'étais tombée sous le charme de celle qui était annoncée comme un nouveau Companion, et qui a été introduite en début de saison 7, Oswin. Après avoir vu son épisode d'inauguration, c'était acquis que j'allais laisser, encore une fois, une chance à Moffat de me coller au plafond. Je trouvais le personnage riche, et émouvant. J'étais fascinée par sa nature, laquelle a des implications profondément dramatiques pour le Docteur.
Cette fois, ce ne sera plus jamais pareil. ET TANT MIEUX.

Ce qui nous amène au Christmas Special.
Et donc aux spoilers à tout va.

DoctorWho-Snowmen

J'étais là, j'étais prête. Je me suis mise devant mon écran en y croyant dur comme fer. Que pensez-vous qu'il soit arrivé ?
Déception. Encore et toujours, la déception.
La déception de voir toujours les mêmes artifices employés, de retrouver des trous dans le scénario (dont on prétendra qu'ils sont faits exprès, bien-sûr), d'assister à des séquences d'hystérie totale, même ; je ne sais pas quelles drogues consomme Moffat, mais il faut plannifier une intervention, là.

Evidemment, c'est un Christmas Special : il ne faut pas en attendre autre chose qu'un conte fantastique adapté à l'esprit des fêtes de fin d'année, une aventure juste un peu plus familiale que les autres. On peut s'y autoriser tout un tas de choses folles parce que, bon, c'est le Christmas Special, mais justement ce n'est que le Christmas Special ; c'est toujours comme cela que Moffat envisage son épisode annuel, pourquoi devrions-nous le considérer autrement ? Alors plein de choses sont superficielles dans cet épisode, comme dans ceux qui l'ont précédé, et des personnages secondaires sont de retour pour participer à la plaisanterie, parce que c'est un peu maintenant ou jamais, et que dans le fond, un Christmas Special n'a pas besoin d'être canon de bout en bout, alors tant pis s'il y a des raccourcis (qui a ressucité Strax ?) ou des personnages qui se limitent à leur titre et quelques bons mots (la Silurienne lesbienne et son épouse). A Noël, c'est permis. Comme le vin chaud à la cannelle, en somme.

Mais ce n'est pas ça qui est décevant, c'est plutôt de voir les pirouettes qu'effectue déjà Moffat pour nous inciter à continuer la fuite en avant.
Encore une fois, il veut nous donner de l'espoir, et il nous laisse imaginer mille choses en truffant son épisode de petits détails supposés nous stimuler. On les repère et on s'en régale, on se dit que ça augure de plein de choses pour la suite. Ne devrions-nous pas être échaudés à présent ? Evidemment, on se dit qu'il ne serait pas juste de faire un procès d'intention à Moffat : peut-être que cette fois, il a vraiment une vue sur le long terme, un projet pour son nouveau personnage, une histoire à raconter.
Et pourtant tout nous dit le contraire.

Par exemple, Clara va passer une large partie de l'épisode à minauder ; Jenna Louise-Coleman n'est pas en faute, assurément, et elle a ravi mon coeur avec son énergie et son répondant, mais le problème est que l'épisode ne repose absolument que sur cela. Qui plus est, face à un Docteur désabusé et meurtri, le personnage de Clara "Oswin" Oswald, puisque tel est apparemment son nom, revêt un visage plus pervers. La vitalité de Clara mais aussi la storyline entamée par son existence vont pousser le Docteur à se reprendre, et par la même occasion, quitter l'époque où il se stationnait sans plus rien attendre ni vouloir faire, et l'encourager à reprendre ses voyages dans l'espace et surtout le temps, à la recherche de la clé du mystère que cache cette étrange jeune femme. Vous l'aurez compris, on est en plein dans les articulations classiques autour de la manic pixie dream girl, le Docteur ayant besoin d'être sauvé de l'apathie, et seule une jeune femme péchue et prompte à flirter le tirant de sa misanthropie et son immobilisme.
De par la légèreté induite par l'exercice du Christmas Special, on va de surcroit assister à un épisode qui ne va pas entrer dans le détail des émotions du Docteur (les plus nostalgiques de l'ère Amy/Rory devraient même en être un peu froissés, tant notre Time Lord s'arrête peu sur le sujet), et qui va même balayer, comble de l'horreur, tout ce qui était dramatique chez Oswin, et qui avait rendu immédiatement sympathique ce personnage, a disparu en Clara.
Mais les émotions, dans un épisode dont la conclusion repose sur une seule larme versée, de toute façon, on sait où se les mettre, hein...

Globalement, ce Christmas Special m'a donc mise très en colère, parce qu'en dehors de quelques gimmicks créés de toute pièce sans raison apparente, si ce n'est prouver que Moffat sait créer des gimmicks sur commande (comme réussir à placer le mot "pond" dans l'épisode et notamment dans un dialogue-clé, sans jamais lui donner de sens), il n'y a rien. Mais même le talent de Moffat pour les gadgets narratifs a de sérieux coups de fatigue, comme dans cette conversation "à un mot" qui ne revêt aucun intérêt en substance, ou dans cette curieuse idée de reprendre obstinément et plusieurs fois la phrase "winter is coming" sans aucune véritable référence réelle à Game of Thrones, ni sens nouveau, un peu comme si, en gros, Moffat balançait des catchphrases comme d'autres souffrent de Tourette.
On peut voir que le Docteur est peut-être blessé par la perte de ses deux amis, mais on peut aussi voir qu'il n'a tiré aucune leçon de tout cela. Il est toujours aussi égoïste et arrogant, il l'est même plus que jamais alors qu'il se permet d'être odieux avec Strax sans aucune raison... si ce n'est celle qui devient de plus en plus évidente : son complexe de supériorité. Et depuis Demon's Run, on nous promet que ce sera adressé, et ça ne l'est toujours pas. L'opportunité n'était-elle pas idéale de le faire, alors que les "monstres" de cet épisode de Noël relèvent du prétexte ?
UNE SEULE ! Je n'ai eu le droit qu'à une seule scène sincèrement drôle et émouvante, quand Clara découvre le (nouveau) TARDIS, lance quelques répliques bien trouvées et intéressantes, et surtout, parvient à toucher le Docteur. On a failli tenir quelque chose... qui s'échappe aussitôt. Une seule éclaircie de deux minutes et trente-sept secondes (j'ai compté). Si au moins elle n'existait pas, j'arriverais à arrêter Doctor Who, mais elle est là, et c'est vraiment le plus frustrant de tout !

Car c'est justement pour ces quelques miligrammes de coke téléphagique que je continue de revenir, et j'entrevois toute la perversion de ma relation à Doctor Who depuis quelques saisons. Quelques rachitiques scènes soudain touchées par la grâce ponctuent des épisodes généralement d'une grande facilité, pour ne pas dire d'une épouvantable flemmardise. Mais dans ces scènes d'exception, je vois des promesses, quand clairement, l'expérience a prouvé que je me contente d'halluciner des éléphants bleus.
Il n'empêche. D'ici le prochain épisode, comme d'habitude, je vais me perdre en conjectures et en hypothèses, qui non seulement ne se révèleront jamais vraies, mais ne seront même pas supplantées par les trouvailles que Moffat nous tirera au dernier moment de son chapeau. Et je suis très, très en colère d'avoir ce genre de relation avec une série. Mais je suis aussi très, très sous le charme de Clara Oswin Oswald. C'est tant pis pour moi. Rendez-vous au printemps pour continuer ma relation d'amour/haine avec le dealer le plus ingénieux de la télévision britannique, donc.

Posté par ladyteruki à 22:13 - Review vers le futur - Permalien [#]

27-12-12

[DL] Fjällbackamorden

Courage, bientôt les vacances ! Pour moi en tous cas. Enfin, à moitié. Mais quand même. En attendant, les journées sont longues, donc je vous propose aujourd'hui encore un générique. "Encore ?!". Oui, encore.
Mais cette fois, c'est pas du réchauffé comme hier où je vous ai reparlé d'une série sur laquelle j'ai déjà écrit. Ce soir, je vous propose le générique de Fjällbackamorden, dont le premier épisode a été diffusé tout juste hier soir par SVT. Ben ouais, j'ai pas l'air depuis quelques semaines, mais je suis quand même encore un peu l'actu, l'air de rien, et je continue d'essayer de vous en faire profiter dans les meilleurs délais !
Arrêtez de vous moquer, je ne sais que trop bien à quoi ressemble mon Pilot Watch... *sniff*

FJallbackamorden
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Côté musique, franchement j'adore. C'est une ambiance parfaite. Ce n'est sans doute pas super orginal vu le genre, mais ça remplit parfaitement son office, et c'est tout ce qu'on demande à un thème musical : servir à placer l'ambiance, aider le spectateur à plonger dans l'univers de la série d'emblée. Eh bien c'est réussi. Et après la scène d'ouverture étrange du pilote, ça n'a que plus d'effet, d'ailleurs (mais j'ai pas eu le temps de regarder tout l'épisode, ça se trouve tout est sur ce mode).

Visuellement, c'est un peu différent. Pour autant que je comprenne une partie des intentions assez clairement (il y est explicitement question d'enquête et de situer l'ambiance de la petite bourgade de FJällbacka), le reste semble un peu brouillon. Ce générique m'a donné l'impression d'un immense fourre-tout, où on trouverait, du moins pourrait-on le présumer, des éléments relatifs à l'histoire (il est vrai que c'est difficile d'en être certain en n'ayant vu que quelques minutes du premier épisode), mais aussi des plans et des impressions relevant plus, eux aussi, de l'ambiance, comme ce crabe mort. Et puis, là-dessus, viennent encore s'ajouter quelques apparitions très fugaces des personnages, via une photo de famille par exemple. C'est assez dérangeant, mais pas dans le sens où j'aimerais être dérangée ; ce qui en sort est surtout un brassage immense et assez peu organisé mais esthétique. C'est déjà ça, je vous l'accorde. Je vais même écrire quelque chose que je ne pensais pas formuler un jour, mais je me demande si dans le fond, il n'est pas trop long, ce générique...
Reste qu'à cause de son "défaut", je ne peux pas dire que je sois tombée sous le charme de ce générique. Et pourtant, je suis dans une période à génériques ! C'est dire si celui de Fjällbackamorden a peu de chances d'entrer dans mon panthéon personnel.

Voilà, et si le monde veut bien arrêter deux secondes de tourner, je vais ptet trouver deux minutes pour écrire mon bilan de A Moody Christmas, avancer mon marathon Jack & Bobby, et regarder le Christmas Special de Doctor Who. On recause de tout ça très vite, promis.

Posté par ladyteruki à 22:43 - Médicament générique - Permalien [#]

20-12-12

The end is nigh

Ok, que tout le monde respire un grand coup : pour le moment, tout va bien !
Les internautes néo-zélandais et australiens sont toujours actifs, le monde n'est donc pas encore plongé dans l'Apocalypse.

Bon, je vous accorde que ça se trouve, l'Apocalypse ne tombera que le 21 décembre à minuit, heure guatémaltèque, hein ; mais disons qu'on peut commencer à se dire que tout ça est une affaire à peu près classée. Je vais quand même garder ma hache près de mon lit, mais en me disant que les zombies ne débarqueront pas forcément cette nuit.
Bien.
Donc ça, c'est fait.

Cependant la question de l'Apocalypse est intéressante, même si elle ne tombe pas un 21 décembre, parce que, eh bien, il y a des tas de personnages de fiction dont on se demande s'ils en mourraient.
Eh non, ce n'est pas nécessairement une évidence !

Highlander

Prenez Duncan McLeod, par exemple. On ne pense plus à ce bon vieux Duncan McLeod, alors que Highlander a quand même égayé les fins d'après-midi de M6 pendant de nombreuses années. Et pourtant, eh bien, pour Duncan McLeod, le deal c'est qu'il est immortel, sauf si on lui coupe la tête. C'est comme ça. Si l'Apocalypse consiste en un nouveau Déluge, par exemple, il est plutôt peinard. Vous allez me dire : ça ne marche pas, Duncan McLeod est devenu mortel dans Highlander: The Source. Soit. Mais la question vaut pour tous les immortels... dont L'Immortelle, Amanda, dont, pour autant qu'on sache, l'immortalité est toujours bel et bien valide.
Mais plus drôle encore, rappelons que les immortels ne se révèlent l'être que si la personne meurt une première fois. C'est-à-dire que quelque soit la façon dont l'Apocalypse s'abat sur le monde... certains d'entre nous vont y survivre et découvrir qu'ils sont immortels. Et à partir de là, non seulement le monde sera probablement détruit voire même invivable (genre si c'est une boule de feu qui s'abat sur notre monde ou qu'une guerre nucléaire explose dans les prochaines heures), ce qui en soi n'est déjà pas marrant à supporter, mais en plus, les autres survivants voudront leur trancher la tête pour déclencher un Quickening ; que du bonheur en perspective, donc.
Dans un registre proche, je pense aux vampires de Buffy et donc Angel. Théoriquement, il faut impérativement leur planter un pieu dans le coeur pour les tuer (ou décapiter, pour ne pas changer, d'après ce que je lis), ce qui explique la fascination des vampires pour les Apocalypses quasi-annuelles de Sunnydale : ils ne risquent rien. A plus forte raison si l'atmosphère de la planète devient irrespirable, puisque les vampires du Whedonverse ne respirent pas (bon, ils fument, mais ils ne respirent pas). Ce qui veut dire que pendant que nous périrons dans d'atroces souffrances, des créatures comme Spike auront droit à la vie éternelle (qu'elles partageront donc avec les immortels, ce qui veut dire que les arts martiaux ne s'éteindront pas avec notre civilisation).

La question se pose d'ailleurs de façon similaire pour les loup-garous puisque, comme chacun sait, seule une balle en argent tirée dans le coeur vient à bout de ces effroyables bestioles. Bon, je ne suis pas très versée en mythologie Teen Wolf (seulement en mythologie Le loup-garou du campus, ce qui d'ailleurs me fait me sentir très vieille), mais a priori ça signifie que plein de lycéens nous survivront. Là encore la perspective est terrifiante, vous en conviendrez !

En revanche, certains autres personnages de télévision ont assez peu de chances d'en réchapper, si jamais l'heure venait à sonner.
Ainsi, comptons parmi les victimes : les sorcières de Charmed et Ma Sorcière Bien-Aimée, les personnages de conte de fée de Once Upon a Time, les mutants de Heroes (dans le cas de Claire Bennet, tout dépend de la façon dont la fin du monde se manifeste, puisque les scénaristes ont déclaré qu'elle pourrait être incinérée ou décapitée) ou de Mutant X, les X-5 de Dark Angel, et bien d'autres.

Quant aux personnages humains, que vous soyez amateur de comédie, de drama, de thrillers conspirationnistes ou dramédie politique, de séries policières, juridiques ou musicales... ils sont tous morts, n'espérez même pas, et inutile d'entrer dans le détail. Quel que soit votre personnage préféré du moment, il y passe, point barre.

Enfin, quelques inconnues subsistent.
D'abord, les personnes touchées par Ned dans Pushing Daisies sont-elles immortelles ? On peut supposer que oui, au sens où elles ne vieillissent pas : on sait que Digby n'a pas pris une ride depuis que Young Ned l'a ressucité ; cependant, rien ne dit qu'une maladie, un accident ou une mort violente n'auraient pas de tragique conséquences. Le cas n'a jamais clairement été abordé. Qui peut être certain que, par exemple, Chuck ne serait pas frappée par une épidémie foudroyante ? Elle reste humaine.
Dans un autre domaine, quid des humains "améliorés" ? Super Jamie, L'homme qui valait trois milliards, et Michael Wiseman de Now & Again, par exemple, sont tellement tunés qu'il est tout-à-fait possible qu'une de leurs options leur permettre de survivre ; dans le cas d'une zombie apocalypse, mettons. D'ailleurs Michael Wiseman est un cerveau greffé dans un corps bionique, ça se trouve même une attaque de zombie ne peut rien sur lui (si, comme l'explique The Walking Dead, les zombies sont en fait des victimes d'une maladie contagieuse provoquant la dégénérescence du cerveau), il y a sans doute toutes sortes de protections pour que le cerveau ne soit absolument pas atteint en cas de morsure.
Enfin, un petit tour par nos amis les extra-terrestres, de l'ado de KYLE XY à Alf en passant par les visiteurs de V et les voisins de The Neighbors : nous n'avons que trop peu d'éléments sur la biologie de ces créatures pour pouvoir avancer ; même dans le cas des héros de Roswell, nous n'avons aucune donnée concluante (le seul cas de décès est celui d'un personnage hybride/alien).
Bon, j'ai arrêté 666 Park Avenue en cours de route (d'autant que, hein), mais on se situe où, avec les Doran, dans la mythologie de cette série-là ? Mortels ou pas ?
Une dernière interrogation pour finir : qu'adviendra-t-il des glisseurs de Sliders ? Si c'est l'Apocalypse, est-ce que ça signifie que c'est l'Apocalypse dans tous les mondes parallèles, ou existe-t-il une dimension dans laquelle l'Apocalypse va se produire ? Si tel est le cas, ils ont peut-être une chance... à condition de se trouver dans le bon monde au bon moment.
Il y en a sans doute d'autres, je vous laisse lever ces lièvres en commentaire.

De toute façon, je sais pas pourquoi on s'inquiète, le Docteur va venir empêcher l'Apocalypse, comme d'habitude, ça se trouve il est même déjà à l'oeuvre pendant qu'on plaisante.
Bon, circulez, demain, vous le voyez, yaura vraiment rien à voir.

Posté par ladyteruki à 16:33 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

03-09-12

Fol espoir

"La folie, c'est se comporter de la même manière et s'attendre à un résultat différent".
Une définition qui ressemble un peu à un season premiere de Doctor Who depuis l'arrivée d'Eleven (et Moffat).

Ce n'est pourtant que la deuxième saison de Doctor Who que je suis en direct du Royaume-Uni, puisque j'ai découvert la série en novembre 2010 (et que je me suis fait les 5 premières saisons en un mois). Mais déjà, la saison 5 était une grosse déception. A un tel point que j'avais hésité à reprendre la série au moment de la saison 6. Pourquoi ne pas préférer de m'en tenir là ? Ce n'était plus la série qui m'avait rivée à mon écran pendant un mois, alors pourquoi revenir ?
Je vais vous dire ce qui m'a fait revenir : l'expérience collective de Doctor Who. Ou, en des termes moins choisis : la pression sociale. D'abord parce que lorsque j'avais découvert la série (avec du retard, donc), j'avais aussi eu l'occasion de découvrir que les Whovians sont des téléphages très impliqués, comme souvent quand il s'agit de série de science-fiction, mais que voulez-vous, on n'a plus beaucoup de séries de science-fiction. Beaucoup d'entre eux avaient accompagné mes visionnages, soutenue alors que dans les premiers épisodes, je traînais la patte, et encouragée à continuer, ou apporté des éléments pour me donner des points d'horizon. Et forcément, ça galvanise. Mais il y avait aussi le fait que pour la première fois, j'avais l'opportunité de suivre les nouveaux épisodes de Doctor Who au même rythme qu'eux, lisant leurs reviews, échangeant sur Twitter des impressions, et c'était une sorte de cercle vertueux. Je voulais vivre ça parce que, eh bien, je ne le vis pas pour tant de séries que ça.
Entre les deux morceaux de saison 6, même réaction. Et par un étrange phénomène, j'étais d'autant plus découragée par la qualité de la série (qui me semblait manquer dramatiquement de coeur et faire pas mal d'esbroufe) que j'étais enthousiasmée à l'idée de partager ce rythme de visionnages avec les fans de la série. Même négative envers Eleven (et Moffat), j'avais envie de faire partie de ce phénomène parce que quand je m'enthousiasme pour House of Lies ou Cloudstreet, bah, je me sens parfois un peu seule. A l'époque de la social TV, c'est tout de même un peu triste...
Mais là, depuis des mois, je voyais ma timeline inondée quotidiennement de promotions plus ou moins voilées : une déclaration de Moffat ici, une confidence de départ de Karen Gillan ici, le lendemain une photo de tournage, le surlendemain des posters ou je sais pas quoi... je n'en pouvais plus. Or, quand on a fourni un season finale aussi pourri que celui de la saison 6 de Doctor Who, on ne se fait pas trop remarquer et on arrête de faire le malin. Au contraire, on se fait tout petit, on révise ses classiques, et on réapprend ce que c'est que l'émotion. Mais au contraire, tous les jours, du Doctor Who. Là, je m'étais juré que j'en avais fini avec cette série. Nan mais quand même, faut pas pousser, quoi. On a sa dignité.
Et les videos "Pond Life" ? Même pas en rêve que j'allais y toucher. De toute façon, c'est même pas canon. Pis ya rien qui m'énerve plus que ce genre de techniques qui consiste à diffuser des videos sur un autre media, non pour élargir l'histoire, mais simplement pour faire office de teaser. Je vous préviens, je regarderai pas "Pond Life" ! Même pas en rêve ! Et faudra me demander très gentillement pour le mettre devant le season premiere de la saison 7 ! Nan mais !

Voilà donc j'ai regardé Asylum of the Daleks, hein, bon, ça arrive, je pensais lancer le huitième Sullivan & Son, mon doigt a rippé, l'accident bête, ça peut arriver à tout le monde.
Donc, verdict. Avec quelques spoilers probablement, si vous n'avez pas vu l'épisode considérez-vous prévenu.
Eh bah verdict, il y a de l'espoir. Pour la première fois depuis... possiblement depuis le départ de Ten, peut-être même celui de Nine... j'ai trouvé que Doctor Who était capable de mettre le doigt sur quelque chose de sincère.

Oswin

Ce qui me manque terriblement dans Doctor Who depuis l'arrivée d'Eleven (et Moffat), c'est l'impression de souffrance. Je trouvais que Nine (et, dans une moindre mesure, Ten) avait cette immense force d'être très fragile.
Ce Docteur avait un côté un peu cyclothymique, avec des pics d'exaltation quasi-hystérique, et des affres de désolation, et je trouvais que ça donnait une profondeur et une complexité bienvenues à un personnage qui sans cela, aurait plus ou moins viré au demi-Dieu. Puisqu'il peut voyager dans l'espace et le temps, puisqu'il ne ressent bien souvent même pas la peur devant le danger, il faut bien qu'il y ait des choses sur lesquelles le Docteur n'ait pas de contrôle, et il me semblait qu'être victime de ses émotions était une façon très touchante de montrer que le Docteur a sans doute des tas de bons côtés, fait un très divertissant compagnon de voyages, mais ce n'est pas non plus une partie de rigolade tous les jours pour lui. Que le sens du danger et de l'aventure est une chose, mais que buter contre ses propres remords est autrement plus enrichissant. Que c'est ce qui fait la différence entre une série avec des rebondissements et des effets spéciaux, et une solide série de science-fiction. En interrogeant la nature du Docteur, par exemple au travers de sa capacité à haïr les Daleks (c'était le cas de l'épisode Dalek, justement) alors que le reste du temps, c'est un personnage tellement ouvert, curieux et désireux d'aller de l'avant, c'était infiniment plus enrichissant que de se faire retourner la tête avec des intrigues tordues. A l'inverse, on était aussi capable de lui découvrir des sentiments d'une pureté rare (on a pu le voir avec Rose) et c'était là encore bien plus exaltant de voir toutes les nuances de ce Docteur-là, que de le placer face à des périls invraisemblables. La régularité avec laquelle nous avons eu l'opportunité d'explorer les abîmes sombres de l'âme du Docteur comme leur versant a varié au cours des saisons de Nine et Ten, mais elle faisait la véritable richesse de Doctor Who de mon point de vue (le point de vue de quelqu'un qui préfère le drama et qui a toujours considéré que la science-fiction ne devait jamais être autre chose qu'une métaphore de l'humain).

Mais depuis l'arrivée d'Eleven (et Moffat), la proportion s'est inversée. Déjà parce que les sentiments sont devenus l'exclusivité des Companions Amy et Rory. En investissant le terrain de l'émotionnel, ils ont par effet de contraste réduit le Docteur à un clown ; obligé de servir d'ambigu faire-valoir à leur relation amoureuse ou d'arbitrer leurs disputes, il ne revêtait plus aucun intérêt dramatique par lui-même. Et quand c'était le cas, c'était toujours à travers des faux-semblants. Ainsi, là où l'intrigue de Demon's Run aurait dû marquer un tournant et une prise de conscience, nous avons eu droit à un bête artefact scénaristique qui n'a connu aucune sorte d'impact sur la personnalité du Docteur. Sa rencontre avec River, qui aurait dû le marquer (elle avait après tout un aspect incroyablement tragique, à plus forte raison parce qu'il savait comment cette histoire allait se finir dés qu'il l'a rencontrée) profondément au moins sur le plan amoureux, n'a pas eu beaucoup de conséquences non plus. Pire encore, cette intrigue s'est conclue grâce à quelque galipette du scénario. C'est formidable d'être capable d'écrire des retournements de situation surprenants et relativement imprévisibles ; mais que servent-ils vraiment sur un plan dramatique ?
Tout le paradoxe de Doctor Who depuis Eleven (et Moffat), c'est qu'on a des scènes parfois plus dures, des "méchants" parfois plus effrayants, des intrigues parfois plus complexes ou en tous cas plus tordues, qui tendent à laisser penser que la série est destinée à un public plus âgé, mais qu'en même temps celui-ci est découragé par la façon dont les intrigues ne portent jamais aucune conséquence pour le Docteur, comme dans la majorité des séries pour la jeunesse. Le Docteur est parvenu à ce stade de demi-Dieu que je redoutais tant, et même quand le scénario tente d'adresser ce problème, il est balayé de la main comme le prouve l'après Demon's Run. Inutile de dire que là où le final de la saison 6 aurait dû me laisser de l'espoir, il m'a inquiétée.

Mais pour toutes ces raisons, je ne détestais pas Amy et Rory. En fait c'est impossible puisqu'ils sont les seuls personnages récurrents de la série à bénéficier d'approfondissements, d'intrigues suivies et d'une dramatisation réelle. Le Docteur n'est à côté d'eux plus qu'un gimmick, un déclencheur. C'est lui leur Companion ! Je dois dire que j'étais un peu anxieuse à l'idée qu'un nouveau Companion fasse son apparition, selon le bon adage "on sait ce qu'on quitte, on ne sait pas vers quoi on va".
Mais Asylum of the Daleks m'a rassurée. Si Oswin est amenée à revenir (au moment du Christmas Special, apparemment), alors je peux encore espérer en une réconciliation. Tout simplement parce qu'Oswin a immédiatement été introduite de façon à prendre la pleine mesure de sa dramatisation, mais que celle-ci met en lumière quelque chose de dramatique chez le Docteur également, à travers sa haine pour les Daleks mais aussi quelque chose que nous lui connaissons bien : sa grande loyauté. Oswin est un personnage qui nous arrive brisé, et qui le réalise grâce au Docteur qui n'a plus qu'à ravaler sa haine féroce envers les Daleks pour prendre en considération ce cas pas comme les autres. Oswin aurait pu être un Cyberman : nous savons que c'est une race de l'univers de Doctor Who bien plus encline à transformer les êtres humains pour les assimiler ; mais un Cyberman n'est pas aussi farouchement haï par le Docteur qu'un Dalek, jamais. Et devant cet épisode d'une émotion rare (surtout récemment) pour la série, j'ai aussi réalisé que non seulement nous allions avoir affaire à un nouveau Companion très sombre, bien qu'une d'une pétillance à toute épreuve, mais nous allions aussi, enfin, réapprivoiser les ténèbres du Time Lord, et je dois bien l'admettre, ça, ça me fait très envie.
Oh, on n'y est pas encore. Car il y a, avant le Christmas Special, bien des épisodes en quasi stand-alone, des dinosaures et des Weeping Angels en chemin. Mais pour la première fois depuis novembre 2010, je ne regarde pas Doctor Who parce que j'ai envie de m'y plaire, mais parce que je suis sincèrement intriguée et curieuse. Ca fait un choc quand ça se produit. Mais je suis ravie d'avoir trouvé là une chance de me rabibocher avec la série...

PS : n'hésitez pas à lire cet article particulièrement intéressant sur les bienfaits de la VOD bien ordonnée en Australie ce weekend. C'est Doctor Who-related mais pas seulement.

Posté par ladyteruki à 23:51 - Review vers le futur - Permalien [#]

08-02-12

Coming outer space

On pourrait soupçonner un tantinet d'opportunisme derrière le pitch d'Outland : parler de geeks, c'est à la mode, et lancer une série gay, ça a un petit côté "moi j'ose le faire", moins qu'avant, certes, mais à plus forte raison sur une chaîne publique.

Outland

Outland est pourtant un projet dont on a l'impression qu'il est quand même très authentique, essentiellement parce que son créateur John Richards parle de ce qu'il connait.
...Et puis parce qu'une série gay réalisée avec trois bouts de ficelle, ça fait toujours plus authentique que si elle avait un budget monstre.

Eh oui, il faut le dire, Outland n'impressionne pas des masses de prime abord. D'accord, l'appart de son héros est parfaitement décoré (je veux le même en violet !) mais globalement, ça ressemble à une série tournée avec quelques dollars en poche, un scénario simpliste et des copains acteurs. Lesquels ne brillent pas nécessairement par leur talent, mais on le mérite de se montrer rapidement sympathique.

Si je parle de scénario simpliste, c'est essentiellement parce que l'histoire de ce premier épisode n'est pas franchement épatante. Le pilote passe 20mn à nous montrer un personnage central et ses copains dévoiler lourdement leur personnalité quand d'autres séries auraient su le faire en moins de temps, afin d'offrir une intrigue drôle et rythmée. Rien de tout cela ici, alors que le protagoniste central passe le plus clair de l'épisode à faire une crise d'angoisse (qui dure environ 6h d'après mes calculs) et que ses potes meublent comme ils peuvent dans le salon avec le plan Q que notre héros ne pourra pas concrétiser. Là comme ça, ça ne fait pas envie.

La force de ces personnages, c'est qu'ils seraient tous, dans une autre série, une caution gay, le quota gay, appelez ça comme vous le voulez : le gay flamboyant et maniéré, la lesbienne qui en impose, le gay issu de la culture cuir et clous des années 90, et le petit gay de bonne famille, auraient sans hésité joué les seconds couteaux caricaturaux dans une comédie hétéro. Mais ici, rassemblés ensemble, ils forment une petite communauté improbable mais vite attachante. Personne n'est là à titre de prétexte, simplement, comme beaucoup de personnages de comédies, ils sont un peu caricaturaux. La nuance a son importance.
Je confesse une tendresse particulière pour les grands yeux de Toby (incarné par Ben Gerrard), un personnage qui trouve le moyen d'être à la fois snob et attachant.

Difficile d'évoquer Outland sans parler des références geek, également. On a ici une bandes de geeks de science-fiction, me faut-il préciser, qui vont donc mentionner Doctor Who (abondamment !), un pseudo-Star Trek (problème de droits ?), Blake's 7... sans compter une hilarante référence à Rencontres du Troisième Type dans le frigo (vous verrez). L'appartement du héros est peuplé de produits dérivés qui en allècheront plus d'un !
Mais au-delà de ça, on n'est pas dans le name dropping comme peut le faire The Big Bang Theory : la science-fiction est vécue comme une addiction plutôt qu'autre chose, et comme un fardeau par le personnage principal, plutôt que comme une fierté. D'ailleurs Outland, derrière son aspect humoristique ou disons, léger, est une véritable réflexion sur la condition d'outsider, quelle qu'en soit la raison. "Ce n'est pas le lycée !", lance l'un des protagonistes à un autre qui rétorque "mais si, c'est le lycée, c'est TOUJOURS le lycée !", preuve qu'il y a aussi une certaine souffrance derrière le sujet choisi ici ; elle s'exprime pour le moment de façon un peu maladroite, mais j'apprécie ce regard différent, loin de l'étendard pro-geek ou pro-gay, pour raconter quelque chose de plus dense, à la fois spécifique et universel.

Outland est, en définitive, une comédie qui a un fort capital, mais qui a un peu raté son entrée en voulant trop prendre le temps de s'installer. Il faudra probablement attendre un épisode de plus pour accompagner ces geeks gays avec entrain...

Posté par ladyteruki à 23:43 - Review vers le futur - Permalien [#]

05-12-11

Vous souvient-il ?

Tous les téléphages ont expérimenté une forme ou une autre de nostalgie.
Parfois, cela prend la forme d'une série devenue, au gré des années puis des décennies, fondatrice de tout le rapport que le spectateur a aux fictions télé dans leur ensemble. Ou bien, moins glorieux, parfois cette nostalgie se transforme en une forme de passéisme qui incite à dire, souvent à tort, que les séries, c'était mieux avant. Parfois c'est tout simplement se souvenir du détergent au citron quand votre mère passait la serpillère le dimanche soir, et que vous leviez les pieds d'un air absorbé, tout en regardant le Disney Channel. Parfois c'est le souvenir encore vif d'un épisode qui vous a ému sincèrement, et vous pouvez presque décrire la densité de l'air autour de vous au moment précis où vous l'avez regardé. Parfois c'est un souvenir doux, d'autres fois plus amer.
La nostalgie, quel que soit le degré de facilité avec lequel nous lui cédons, est une part de notre parcours à tous.

Je regardais un calendrier cet après-midi, et j'ai ressenti une bouffée soudaine, presque violente, étouffante, de nostalgie. J'ai regardé ce calendrier et réalisé que le mois de novembre s'était échappé si vite, et que j'avais essentiellement passé ce mois de novembre à avoir le coeur qui bat pour une série britannique, Threesome, à laquelle il faut une solide dose de volonté pour échapper si on lit ce blog de façon régulière. Une autre a d'ailleurs pris la relève, The Café, qui vraisemblablement sera mon coup de coeur du mois de décembre, sauf surprise (et après tout, il y a TOUJOURS des surprises dans mon quotidien téléphagique). C'est alors que j'ai eu un petit pincement au coeur à l'idée que, l'an dernier, mon mois de novembre avait également été très britannique.
Novembre 2010. Le mois où j'ai découvert, puis dévoré, puis délaissé, les 5 "premières" saisons de Doctor Who.

C'était il y a à peine un an.
Et cela fait une éternité.

Depuis que j'ai découvert la série, mon Docteur est parti, un autre a pris sa relève avant de disparaitre à son tour et céder la place à un nouveau. J'ai regardé, depuis, la 6e saison au même rythme que le reste des Whovians, avec ses deux parties, et ses épisodes parfois éprouvants en termes d'action surboostée ou d'émotions décuplées.

Et pourtant, tout-à-l'heure, devant mon calendrier, en repensant au mois de novembre 2010 et à ce mois de découverte, avec ce que cela inclut de hauts et de bas, de bons souvenirs et d'autres moins bons, bref, de sentiments mêlés comme on n'en vit qu'avec des intégrales auxquelles on se lie, devant mon calendrier, cet après-midi, je me suis surprise à murmurer...

"Ah, tiens, mais au fait, qu'est-ce qu'elle devient cette série ?"

Comme si ce n'était pas elle que j'avais suivie au printemps et à l'automne. Comme si j'attendais son retour depuis près d'un an. Comme si soudain je réalisais que je l'ai délaissée et que les épisodes sont sans doute quelque part, n'attendant qu'un clic de ma part pour corriger cet égarement.

Soudain tous les souvenirs remontent. Fichue nostalgie.
Le Docteur danse, le Docteur faire une promesse qui se perd dans le crépitement d'un feu de cheminée, le Docteur enregistre un message fragmentaire, le Docteur s'extasie devant la fin du monde, le Docteur court dans la bibliothèque silencieuse, le Docteur hurle de rage envers les Daleks, le Docteur s'illumine à l'idée que tout le monde a survécu, le Docteur va applaudir Shakespeare, le Docteur dit adieu sur une plage... Les grands moments, les petits moments, les petites joies, les grandes peines, tout me revient, comme appartenant à une autre époque, une autre ère, et le Docteur me manque, sous presque toutes ses formes, il me manque terriblement, et je ne sais plus vraiment ce qu'il est advenu de sa série.
J'ai une envie terrible d'aller revoir ces épisodes, ou mieux encore, d'en découvrir de nouveaux...

...Avant de me raviser et réaliser que je les ai vus, les nouveaux épisodes. Je les ai vus. Et ce n'est plus vraiment la même chose. Je n'ai pas de nostalgie. Je n'ai pas de lien affectif. C'est une série que je regarde mais c'en est une autre. Il y a des bons moments, évidemment, quelques uns. Mais ce n'est pas la même série, non, on parle d'une autre, moi je parle de Doctor Who vous comprenez ?

J'ai senti mes doigts se crisper sur le calendrier, et mon coeur se serrer brièvement comme quand j'apprends l'annulation d'une série qui me plaisait bien et avec laquelle je pensais vivre encore quelques aventures.

"Ah, tiens, mais au fait, qu'est-ce qu'elle devient cette série ?"

Quelle misère.

VousSouvientIl

Posté par ladyteruki à 23:44 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]