ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

23-08-13

Population carcérale

Découvrir des séries de tous horizons permet de distinguer certaines tendances qui semblent, dans plusieurs pays à la fois, se dessiner en même temps, sans apparente concertation. C'est agréable, cette impression d'avoir une vue d'ensemble.

Parfois il suffit d'un succès pour contaminer toute la planète, parfois c'est moins facilement traçable. Dans le cas qui nous occupe, ce n'est pas ce qui s'est passé, les projets ayant été lancés en quasi-parallèle. Ce cas qui nous occupe aujourd'hui, ce sont les fictions carcérales.
Encore que ce n'est pas assez précis, pardon : les fictions carcérales avec des femmes.

Si vous le voulez bien, récapitulons ce que les derniers mois nous ont rapporté en la matière des quatre coins du globe :
- Juin 2012 : Dead Boss aux Royaume-Uni
- Septembre 2012 : Unité 9 au Canada
- Mai 2013 : Wentworth en Australie
- Juin 2013 : Orange is the new black aux USA
Seulement 4 séries ? Pas de quoi dessiner une tendance, me direz-vous ! Oui enfin, d'une part, ce sont 4 séries qui sont apparues en un an, dans 4 pays différents, quand il n'y en avait eu les années précédentes dans aucun pays du monde ; et d'autre part... ce post n'est pas fini ! ...Loin de là !

Il y a, certes, à intervalles réguliers, des séries carcérales féminines qui pointent régulièrement leur nez sur la planète ; mais ce sont des phénomènes isolés, quand, pour la première fois depuis longtemps (et en tous cas dans des proportions inégalées), tout le monde semble vouloir SA série sur le sujet.
Parmi les exemples ayant précédé de quelques années cette petite vague carcérale, on peut citer évidemment la mexicaine Capadocia, qui date de 2008 et que je ne saurais que vous recommander une fois de plus d'autant que les deux premières saisons sont sorties en DVD avec des sous-titres anglais, et sont trouvables par exemple sur Amazon.

Je ne suis, au juste, pas à même de dire quel évènement particulier a directement présidé à la naissance de ces séries, de façon quasi-simultanée, s'il y en a un. Par contre, la symbolique et le message de ces séries, que je m'apprête à discuter dans le post qui va suivre, peuvent peut-être servir de piste de réflexion pour expliquer cette curieuse petite mode.

OrangeistheNewBlackYou got that right : orange really is the new black !

Mais d'abord, un peu d'histoire.

Le genre du women in prison, car c'est bien d'un genre qu'il s'agit, a connu un boom au cinéma dans les années 60 et surtout 70. Le thème n'était cependant pas tout-à-fait nouveau : on trouve des films women in prison dés les années 20 (les thématiques ne sont toutefois pas explorées de la même façon ; on y reviendra).
En tous cas, l'intention derrière ces films est toujours un peu la même : c'est plutôt le genre de film indépendant qu'on fait sans trop de moyens, et avec l'objectif relativement avoué de montrer des femmes en toute gratuité, dans une configuration "sexy" ou supposée telle. C'est le cinéma sexploitation.

Il y a donc point essentiel à la base de ce genre : tous les prétextes sont bons ! Si une femme se bat (et elle va se battre), ses vêtements seront arrachés ; si elle est sale (et elle va être sale), elle va devoir prendre une douche ; si elle est punie par les autorités de la prison (et elle va être punie), alors elle sera attachée/fouettée/battue de la façon qui sera aussi "sexy" que possible. Les films ne sont pas tous égaux devant cette sexualisation (ni sur la signification de celle-ci), mais elle reste commune au genre.
De surcroît, ces films opposent souvent une femme à la planète entière, ou en tous cas, à tous les humains qu'elle rencontre en prison, ne recevant d'aide ni de la part des geôliers, ni de la part des autres détenues. Car dans ces films, les matons sont souvent brutaux, voire sadiques, et les autres prisonnières le sont à peine moins ; la torture sous diverses formes tient une place conséquente dans l'intrigue, et les prisonnières sont plus généralement soumises à des mauvais traitements injustifiés, genre fouille corporelle, un grand classique ! Le fait que tout ce petit monde vive en circuit fermé n'arrange évidemment rien à l'ambiance.
Il y a des films présentant des exceptions aux caractéristiques que je viens de citer, c'est vrai ; mais au moins un de ces ingrédients est toujours systématiquement présent dans les films women in prison post-révolution sexuelle.

Le contexte de la prison permet aussi de limiter les lieux de tournage, et donc le budget... ce qui n'est pas du luxe vu que la plupart des films women in prison sont, je l'ai dit, de petites productions indépendantes.

Plaît-il ? Un concept pas cher ? Aha, mais ça, c'est une mission pour la télévision !

Au début des années 70, plusieurs séries vont donc reprendre le concept tel qu'il existe à ce moment-là, se l'approprier, et surtout : trouver le succès. A un tel point que le genre women in prison va devenir une manne... pour les soaps !
Ca parait étonnant dit comme ça, tant on imagine que le contexte d'un soap est plutôt inoffensif (à tort), mais si on y réfléchit, ça a du sens : tourner dans un endroit absolument fermé (donc peu onéreux), avec une distribution pléthorique, et avec la possibilité quasi-infinie de toujours rendre la vie plus difficile aux prisonnières (qui de surcroît sont des femmes), eh bien... ça tombe sous le sens quand on connaît le modèle économique et narratif du soap opera.
Les années 70 vont donc voir la naissance de soaps carcéraux féminins à succès.

Dans ces colonnes, j'ai déjà pu citer la série australienne Prisoner. Lancée en 1979, elle s'inspire ouvertement d'une autre série du genre, d'origine britannique cette fois, appelée Within These Walls, et diffusée à partir de 1974 (et ce, alors qu'à l'époque les formats voyagaient moins bien qu'aujourd'hui !). L'originalité de Within These Walls, vis-à-vis des films women in prison, était de s'intéresser non pas aux prisonnières, mais plutôt au personnel de la prison et aux difficultés qu'il rencontrait dans sa mission, ce qui était déjà une innovation en soi par rapport à l'héritage des films. En humanisant les geôliers, Within These Walls se montre déjà plus soft dans ses représentations.

Ces séries vont d'une part être d'importants succès d'audience dans leur pays natal, mais surtout, seront largement diffusées de par le monde.
Diffusée en hebdomadaire, mais en calquant son modèle narratif sur celui du soap, Within These Walls s'achèvera 4 ans après son lancement ; en revanche, Prisoner sera plus longue : elle devait initialement être une mini-série, elle comptera au final 692 épisodes et s'achèvera en 1986.

Pour mieux comprendre l'impact national et international de Prisoner, je vous encourage donc vivement à relire mon post sur l'histoire de la série à travers les décennies. Le post du jour est bien assez long comme ça !

Etonnamment, alors que le phénomène women in prison rencontre le succès à la télévision, en priorité dans le monde anglophone, l'équivalent qu'on pourrait qualifier de men in prison n'existe pour ainsi dire pas, et en tous cas pas dans les mêmes conditions (le genre n'est d'ailleurs pas non plus répertorié au cinéma comme s'inscrivant dans le courant de la sexploitation).
On peut évidemment arguer qu'une fiction carcérale, qu'elle mette en scène des prisonniers hommes comme femmes, a nécessairement tendance à parler de thème violents, et à tenter la surenchère. Je vous l'accorde bien volontiers. Mais "étrangement", les personnages sont plus sexualisés dans le cas des séries féminines. De surcroît, là où le lesbianisme est un thème quasi-systématique des séries avec des femmes, l'homosexualité reste plus marginale dans les séries à population masculine, ou alors elle se limite à des sous-entendus. Pour faire la comparaison, regardez la série américaine Papa Schultz ! Certes elle est un peu antérieure aux soaps women in prison, mais rares y sont les situations explicites...
Il faut préciser à ce propos que les séries carcérales masculines de l'époque sont plutôt des comédies ; c'est le cas par exemple de la britannique Porridge, datant également de 1974. Il ne viendrait pas à l'esprit de grand'monde de torturer les prisonniers jusqu'à ce qu'ils se retrouvent à moitié à poil ! Deux poids deux mesures, comme souvent en la matière.
Je sais à quoi vous pensez et, oui, je vais en dire un mot si vous me permettez cette digression. Vu que je prépare actuellement mon post bilan de la série, on peut se demander si Oz, certes pas du tout contemporaine des séries que je viens de citer, ne tombe pas, ponctuellement, dans la plus basique des configuration propres au cinéma de sexploitation carcéral ; on y trouve après tout de nombreux acteurs montrant leurs fesses ou en full frontal, et une intrigue homosexuelle explicite parcourt une bonne partie de ses saisons. Cependant, la nudité des personnages masculins a-t-elle vraiment la même signification ? Les hommes nus dans Oz expriment des choses très variées, et pas nécessairement l'humiliation sadique qu'on trouve dans la sexploitation. Quand bien même : la série trouve une dimension philosophique et sociale qui permet de lui économiser un label peu enviable, mais il est vrai que dans ses pires épisodes, Oz ne fait sûrement pas mieux qu'un soap carcéral un peu gratuit... Faut-il s'en réjouir ? Ce sera un autre sujet pour un autre jour.

TenkoLes prisonnières de Tenko.

Après les années 70, les séries carcérales féminines feront leur apparition sur les écrans de façon plus sporadique, et surtout avec un retentissement moindre. Si j'arrondissais à la louche, je dirais qu'une deuxième vague, ou plutôt mini-vague, enfin un clapotis quoi, est apparue pendant la décennie suivante ; peut-être par effet de bord avec la diffusion de Prisoner qui était en cours, et connaissait toujours un grand succès.
En effet, en 1980, un remake de Prisoner est en projet aux USA ; le pilote de Willow B: Women in Prison ne sera pas retenu, cependant il augure d'une future tentative qui sera plus fructueuse. Mais surtout, deux séries apparaissent pendant cette décennie : d'une part Tenko en 1981 (trois saisons et un téléfilm de réunion), et de l'autre... Women in Prison, diffusée par FOX en 1987.

Ce qui est intéressant avec ces deux séries, c'est leur façon de revenir aux sources du cinema qui a donné naissance au genre, et, en même temps, d'en rompre certains codes, faisant ainsi progresser le modèle.

Ainsi, une grande partie des productions de longs-métrages women in prison revêtaient un caractère exotique : c'est le sous-genre "jungle prison", qui permet de filmer des actrices moites (tout benef'), mais aussi de sembler moins virulent envers le système pénal et d'utiliser une république bananière comme métaphore de la société actuelle. On ne compte plus les films du genre, à partir des années 70, se déroulant dans une prison moite, généralement quelque part en Asie. C'est précisément le choix que fait Tenko, co-production australo-britannique qui se déroule en 1942 après la chute de Singapour, dans un camp d'internement japonais.
Dans cette prison au milieu de la jungle se retrouvent enfermées des européennes capturées par l'armée nippone, alors qu'elles tentaient avec d'autres expatriés de fuir Singapour. Preuve que le choix de l'univers carcéral est au moins autant financier que créatif (la série a vu le jour alors que sa créatrice faisait des recherches sur une infirmière ayant vécu dans un camps similaire), la série sera entièrement filmée dans un entrepôt du Dorset, à l'exception de ses deux premiers épisodes, extrêmement onéreux et filmés on location.
Pourtant, ce qui différencie fondamentalement Tenko du reste des séries sus-mentionnées, c'est que ses héroïnes ne sont pas des criminelles, mais des prisonnières de guerre. Et elles vont non pas se retrouver dans une situation de violence mutuelle, mais s'unir contre leurs geôliers étrangers, du moins dans la première saison (la seconde, située dans un nouveau camps, mettra en scène des femmes "collabos" qui tiennent la prison japonaise ; la troisième mettra l'accent sur leur libération).

Quant à l'américaine Women in Prison, dont on peut difficilement douter vu son titre que ses producteurs ignorent ce qu'ils font, elle reprend le principe très classique de l'innocente injustement condamnée, qui se retrouve dans un univers carcéral dont elle ne connaît pas les codes. Toutefois, et c'est une première pour le genre, il s'agira cette fois d'un sitcom multi-camera. La série n'obtiendra jamais les "back nine", et sera annulée après la diffusion de ses 13 épisodes.

Ces fictions sont des séries hebdomadaires qui s'inscrivent dans leur genre atitré (drama pour Tenko, comédie pour Women in Prison) et s'éloignent du soap.
La toute dernière série anglophone sur le sujet à être diffusée en quotidienne est Dangerous Women, lancée en 1991 en syndication aux USA ; mais il s'agit d'un remake de Prisoner, elle en reprenait de nombreux personnages, des intrigues, et bien évidemment la structure. D'ailleurs le succès ne sera pas vraiment au rendez-vous, et après une saison, Dangerous Women disparaîtra de l'antenne.

En 1999, ce sera finalement au tour de la britannique Bad Girls de reprendre le flambeau, là encore au format hebdomadaire ; jouissant d'une belle longévité, la série durera au total 8 saisons. Les USA ont d'ailleurs envisagé plusieurs d'en faire un remake : d'abord sur FX, puis sur HBO par Alan Ball, et finalement en 2012 sur NBC par John Wells... avant de se raviser. Bad Girls a également été diffusée dans de nombreux pays du monde, bien que souvent de façon incomplète.

HinterGittern
Hinter Gittern
, le plus littéralement du monde.

En dehors du "triangle" Grande-Bretagne/Australie/USA, les séries carcérales féminines sont inexistantes pendant plusieurs décennies. Dans de nombreuses contrées, le concept de women in prison, s'il est jamais exploité, l'est plutôt au cinéma (indépendant) qu'à la télévision : on compte par exemple de nombreux films du genre en Italie et en Asie (un peu NSFW).

Cela fait moins d'une décennie seulement que les choses ont commencé à changer.
Outre les exemples de Capadocia et Unité 9, plus amplement détaillés dans des posts antérieurs, voici une petite liste de ce que le monde non-anglophone a pu proposer dans le domaine en l'espace de quelques années.

Tout commence avec Hinter Gittern ("derrière les barreaux"), une série allemande qui voit le jour en 2007. Si ses intrigues sont plutôt classiques sur le fond, son cas est cependant un peu atypique sur la forme puisque, bien que la série soit diffusée de façon hebdomadaire, elle emprunte aux codes du soap, rappelant ainsi, encore une fois, combien elle doit à Within These Walls et surtout Prisoner ; elle est, en outre, diffusée sans interruption à longueur d'année, exactement comme de nombreux soaps.
Hinter Gittern connaîtra même des crossovers avec des soaps allemands, plus précisément Gute Zeiten, Schlechte Zeite et son court spin-off Großstadtträume. Lors de ces crossovers, des femmes arrêtées dans l'un des soaps étaient alors envoyées purger leur peine ou attendre leur procès dans Hinter Gittern.

Cette série sera adaptée en Turquie la même année, sous le titre de Parmaklıklar Ardında (une traduction littérale), tournée dans la véritable prison de Sinop qui avait été fermée quelques années plus tôt. La version turque durera 3 saisons, contrairement à la série allemande qui en comportera 16 au total (il faut dire que ses saisons sont découpées de façon assez hors normes).
Jusque là, la Turquie n'avait jamais connu que des mini-séries carcérales en assez petit nombre, évitant de passer trop de temps dans cet univers anxiogène. Elles étaient de sucroît toutes centrées sur des prisons pour hommes, à l'instar de la mini-série Köpek en 2005 (également tournée à Sinop, d'ailleurs). Là où Parmaklıklar Ardında donne dans les thèmes habituels du genre women in prison (évidemment en s'adaptant à la culture turque), Köpek en revanche interroge le cycle vicieux de la criminalité, à travers l'histoire d'un homme né en captivité et qui finit par y passer la plus grande partie de sa vie, devenant ainsi un véritable prédateur. Au passage, vu la réputation des prisons turques depuis Midnight Express, ça doit valoir le coup d'oeil !

Intéressante aussi mais pour une toute autre raison : la série vietnamienne Định Mệnh Oan Nghiệt, diffusée en 2007. Cette fiction offre un twist original à la formule classique : la série commence alors que trois soeurs, orphelines et élevées séparément dans différents foyers ou familles d'accueil, se retrouvent dans une même prison, suite au crime de l'une d'entre elles qui fait boule de neige. Du fait de leur histoire particulière, elles sont à la fois dans une situation classique du women in prison, c'est-à-dire sont seules contre tous (subissant à la fois la violence des co-détenues et celle de leurs gardiens ; de surcroît leur background a aussi des conséquences sur leurs rapports avec la direction de la prison), tout en étant, à l'instar des femmes de Tenko, unies face à l'oppression.

Unite9_JeanneJeanne d'Unité 9, l'une des créatures blessées qui peuplent invariablement les séries women in prison.

Oppression, le mot est lâché. Car quelle est, au fond, la symbolique de toutes ces femmes enfermées, série après série, décennie après décennie ?

Le principe de montrer des femmes en prison repose en effet sur une dynamique bien différente d'une prison pour hommes.
Aux origines des films des années 20, le genre women in prison s'appuie volontairement sur un paradoxe, qui sera régulièrement repris par la suite : d'une part, la femme est considérée comme naturellement douce, gentille et sensuelle ; mais puisqu'elle est une mise au ban de la société et qu'elle est considérée comme criminelle, ces qualités sont perverties et elle devient alors violente, malfaisante, et se livre à une sexualité considérée comme plus masculine, c'est-à-dire brutale voire dégradante (ou, dans le cas des films des années 20, elle se livre à une sexualité quelconque, ce qui la dégrade automatiquement).
La sexploitation conduira à une érotisation progressive (bien que pas systématique) de ces thèmes au cinéma, et donc à la télévision.

Il est courant chez la quasi-totalité de ces séries de passer les portes de la prison aux côtés d'une femme qui, elle, au contraire, est bel et bien douce, gentille, et innocente (si possible y compris sur un plan sexuel). Faites le test sur les séries carcérales féminines que vous connaissez !
En fait, c'est bien simple : une héroïne principale de série women in prison est toujours innocente par défaut. Elle a tué ou manqué de tuer quelqu'un ? C'était de la légitime défense : c'est le système qui est bancal. C'est précisément ce que la série a pour vocation de souligner : une femme a suivi les règles du jeu, a quand même fini condamnée, et va maintenant vivre une descente aux Enfers dans un univers auquel rien ne la destinait.

C'est d'ailleurs vrai pour les autres séries qui vont employer l'axe de la femme en prison temporairement, bien que n'ayant pas comme sujet central la vie en prison elle-même. Prenez par exemple Just Cause, série canadienne totalement oubliée (dont je ne me souviens que parce qu'une actrice de la saison 3 de Rude Awakening y tenait le rôle principal). Toute l'histoire repose sur le fait que l'héroïne a été emprisonnée pour un crime qui n'était pas le sien (mais celui de son mari), et qu'elle passe son incarcération à obtenir son diplôme en droit. Elle bénéficie ensuite d'une libération sur parole pour sa bonne conduite, pendant laquelle elle va se démener pour aider d'autres personnes accusées injustement et leur éviter la prison.
Plus occasionnellement encore, certaines héroïnes de séries autrement filmées hors des murs d'une prison, se retrouvent à l'ombre le temps d'un épisode ou moins, comme par exemple Loïs Lane dans Loïs & Clark. Là encore, Loïs est piégée pour un crime qu'elle n'a pas commis, et se débat contre un système qui se retourne contre elle, alors que Loïs est une working girl performante qui a suivi les règles de la société pour s'imposer socialement et professionnellement. Quelle injustice !
Au passage, mentionnons qu'un magnifique hommage aux films women in prison des années 70 sera rendu dans un épisode de Pacific Blue où l'une des fliquettes s'infiltrera dans un pénitentier, se faisant passer pour une détenue ; il est vrai que les dernières saisons de Pacific Blue n'étaient que pure sexploitation à partir du moment où chaque épisode était prétexte à aborder un nouveau fétiche, soi-disant en s'infiltrant dans un nouvel environnement pour mener une enquête, mais cela reste un parfait exemple. Oui j'étais devant la télé dans les années 90, sue me.
On pourrait citer plein d'autres exemples, naturellement. Pour ma part je n'en ai pas vu certains, à l'instar de, attention spoiler pour les retardataires, Weeds, mais je vous laisse le soin d'explorer ces exemples en commentaires ; il y a des chances pour que dans le lot, on trouve des exceptions qui confirment la règle !

Le but du jeu dans tous les cas : voir l'oie blanche (ou l'équivalent de l'oie blanche dans un milieu criminel) lutter contre la tentation de devenir elle-même une créature violente, malfaisante et à la sexualité brutale, la suivre alors qu'elle s'accroche à son innocence... mais, inexorablement, la perd progressivement à travers la réalité de la prison. Pour le plus grand délice sadique du spectateur, comme souvent.

C'est souvent sordide, si l'on y pense. Car la forme-même de la série (et à plus forte raison du soap), contrairement au film, implique qu'une libération n'est pas à envisager dans l'immédiat (plus de prisonnière = plus de série !). Il est dans l'intérêt des scénaristes et donc des spectateurs de faire durer la peine, de ne pas tendre vers une sortie, ni même une amélioration derrière les murs.
L'objectif d'une série carcérale au sens large est de durer, et donc de maintenir la population enfermée dans une situation traumatique ; la surenchère en est une conséquence logique. De ce fait, les séries women in prison n'ambitionnent pas de redresser les prisonnières, ni de faire en sorte qu'une condamnée puisse réintégrer la société, et y trouver une place "honnête" ou en tous cas acceptable.
On l'a dit, les fictions carcérales féminines sont nées dans les années 70, et puisent dans les films d'alors leurs origines. Du coup, rares sont les fictions du genre, y compris aujourd'hui, qui explorent les thèmes des tous premiers films women in prison. Les longs-métrages des années 20 et 30 insistaient en effet sur la réhabilitation, la réintégration de la femme criminelle (ou considérée comme telle par la société) dans une vie plus rangée, plus conventionnelle. Réinsertion était le maître-mot, c'était surtout la méthode qui changeait : si certains films passaient par un pur et simple redressement (presqu'un dressage), la plupart en revanche privilégiaient la notion d'amélioration de la prisonnière elle-même, ou de l'univers carcéral au sens plus large. On retrouve peu ou pas cet ingrédient dans les séries women in prison.
C'est assurément un signe des temps, aussi.

Que les prisonnières se mettent bien dans le crâne qu'elles sont enfermées pour de bon, là où beaucoup de fictions carcérales masculines mettront plutôt l'accent sur l'espoir de liberté ; sans même aller jusqu'à évoquer The Shawshank Redemption, c'est quand même un peu tout le postulat de Prison Break. Dans l'imaginaire de ces fictions, la femme est prisonnière. Enfermée. Il faut la faire plier. Elle va tenter de réagir, de s'adapter... mais pas vraiment de s'échapper : ce n'est pas le propos de ces histoires.
Femme, tu appartiens à tes geôliers, donc. Il dépend de leurs bonnes grâces que tu ne finisses pas tailladée dans la cour ou poignardée dans une douche (et qu'ils soient hommes ou femmes influe assez peu sur leur cruauté, comme le montre l'exemple de Tenko). Le véritable geôlier est le spectateur, naturellement. Les origines "sexploitatives" du women in prison télévisuel sont là pour nous rappeler que c'est là tout le sens que prend l'enfermement de ces femmes, vu qu'il s'agissait d'un cinéma par essence voyeuriste.

D'ailleurs, puisque l'héroïne est innocente (ou victime des circonstances, ou au moins d'une grande naïveté), il n'est donc même pas même pas vraiment question de punir une criminelle, mais de rabaisser une femme qui n'a rien fait de mal d'autre que d'exister dans une société qui lui est défavorable, de la torturer mentalement, émotionnellement, physiquement, et de la pousser dans des comportements sexuels qu'elle n'aurait bien souvent pas choisis à l'air libre (la convoitise, les attouchements et le viol sont, naturellement, très présents dans ces fictions).

Le jour où une série women in prison se sera totalement extirpée du trope de l'héroïne qui est là sans raison valable autre que les injustices, on aura vraiment écarté la dynamique des films notamment sexploitation dans les séries women in prison ; mais pour le moment, ils restent tout de même la plus grande influence sur les fictions télé du genre.
Et il y a une autre bonne raison à cela.

Capadocia_OnsenlassepasCapadocia, on s'en lasse pas.

Quand une série carcérale féminine veut éviter la gratuité (et c'est de plus en plus le cas reconnaissons-le), la perte d'innocence est  métaphorique ; quand évidemment, elle peut être prise de façon plus littérale dans une série plus décomplexée ; rappelons au passage que dans les années 70, les soaps australiens en particulier étaient très chauds (tiens, je vous ai déjà parlé de Number 96 et The Box ? Ah, oui.).
Dans ce cas, il reste toujours l'option de déléguer aux personnages secondaires les intrigues les plus explicites ; là encore, c'est ce qu'ont choisi de faire les séries de l'année écoulée. Et puisqu'on parle de personnages secondaires, eux aussi sont un peu toujours les mêmes : la prisonnière âgée qui s'est adoucie et aide les nouvelles à leur arrivée, l'animal qui n'a presque plus rien d'humain et laisse libre cours à ses pulsions (oh, Bambi), la jeune mère qui s'inquiète pour ses enfants, et ainsi de suite.

Lorsque cette gratuité est évitée pour tout ou partie, la violence décrite prend alors la forme d'une dénonciation sociale.
C'est le but avoué du genre depuis les tous premiers films women in prison des années 20 ; les séries ne font pas exception. Dans son essai "Women in prison movies as feminist jurisprudence", paru dans le Canadian journal of women and the law, la professeure Suzanne Bouclin explique en introduction que :

"certains [films women in prison] offrent des façons d'imaginer la violence de l'Etat et des pratiques judiciaires ainsi que l'inhumanité des institutions de manière à laisser entrevoir des injustices plus grandes de genre, de race et de classe, qui rendent certaines femmes en particulier plus vulnérables à la criminalisation et à l'incarcération."

Comme la plupart des séries carcérales au sens plus large, les séries women in prison accomplissent la même mission, quoi qu'à des degrés variés, et sur des modes qui varient au cours de leurs saisons. A travers des scènes qui peuvent parfois sembler relever de la plus pure et simple sexploitation, les séries carcérales féminines se montrent alors incisives dans leur façon de dépeindre les inégalités sociales auxquelles les femmes font face, et qui les conduisent en prison bien malgré elles.

Le réquisitoire le plus explicite à cet égard est celui de Capadocia ; en choisissant de montrer également ce qui se passe à l'extérieur de la prison, et plus précisément parmi les autorités pénitentiaires, politiques et économiques (...essentiellement masculines), la série met en évidence le "piège" qui s'est resserré sur bon nombre des femmes aujourd'hui derrière les barreaux.

La journaliste mexicaine Marcela Turati met d'ailleurs ce phénomène en exergue dans son article "Capadocia: La realidad que supera la ficción", où elle met en parallèle les personnages et intrigues de la série de HBO Latino, avec le parcours de véritables prisonnières mexicaines qu'elle a rencontrées. Pour elle, les femmes en prison ne sont pas des criminelles mauvaises jusqu'à la moëlle, mais avant tout des femmes fragilisées socialement. Elle cite les statistiques : sur 11 000 femmes incarcérées au Mexique, 96% des sont mères d'au moins trois enfants, 70% n'ont pas dépassé le niveau de l'école primaire, et 20% sont analphabètes. Des chiffres qui n'ont rien de strictement mexicains.
Et de citer le monologue d'un des personnages de la série, l'avocate Teresa Lagos spécialisée dans les Droits de l'Homme, expliquant à un étudiant qui lui demande pourquoi s'occuper des droits des prisonnières :

"Certains crimes sont commis avec préméditation, mais il n'y a pas que cela. Il ne s'agit pas de dire que toutes les victimes sont innocentes, mais qu'une bonne partie des prisonniers qui vivent dans les prisons de notre pays sont emprisonnés pour des erreurs administratives, des défaillances dans le système de justice, parce qu'ils n'ont pas mille pesos pour payer un pot-de-vin. Historiquement, notre société a toujours puni sévèrement les femmes et les épouses. Nous ne pardonnons pas à nos mères, à nos sœurs ou à nos filles ce que nous pardonnons aux hommes de notre famille. La société impose à la femme une responsabilité qu'elle n'a pas demandée. Il est attendu de nous de la soumission, de l'abnégation, et le renoncement à nos désirs, parce que l'homme né de la famille est à la base de la société, et que la femme est à la base de la famille. Mais qu'advient-il lorsque vous supprimez la base de la base ?"

Un sujet exploré plus en profondeur, bien que hors des murs d'une prison, par la série argentine Mujeres Asesinas (adaptée sous le même titre au Mexique, et bientôt aux USA sous le titre Killer Women).
Cette série, dont le format est anthologique, s'applique à montrer des meurtres commis par des femmes que souvent jusque là rien ne prédisposait à la violence. D'ailleurs, la structure-même de la série le met bien en évidence, notamment à travers les titres des épisodes. Ceux-ci portent en effet des appellations suivant le modèle : "Marta Odera, monja" (Marta Odera, la nonne ; c'est le titre du pilote de la version argentine). Si tous les titres ne sous-entendent pas forcément que les femmes assassins sont nécessairement innocentes à l'origine, beaucoup le sont, ou vivent dans une situation compliquée qui en fin de compte les pousse dans leurs retranchements, telle "Felisa, desesperada" (Felisa, désespérée).

Tout n'est donc à jeter dans ces séries carcérales féminines, vous l'aurez compris : loin de là. Cela ne signifie pas non plus qu'elles sont dans la gratuité permanente.
Ces fictions sont capables de dire quelque chose d'intéressant sur la nature humaine ou la Justice, mais aussi sur la condition des femmes dans une société patriarcale. Mais leur concept de départ et la critique sociale qui se trouvent dans ces séries reposent simplement sur une mise en scène généralement plus sexualisée (et pas de la même façon) que pour les séries carcérales masculines.

GorusGunuKadinlari "Eylül'de" qui signifie "en septembre", on en a tous profité pour apprendre un mot de Turc dites donc.

Vous pensiez que c'était fini ? Pas franchement. Ainsi que j'ai pu le dire, l'idée n'est pas nouvelle, et ne risque donc pas de disparaître de sitôt.
La preuve avec une fiction carcérale féminine prévue pour la Turquie, et cette fois ce n'est pas un remake : Görüş Günü Kadınları, commandée par la branche locale de FOX, et suivant le destin de quatre femmes emprisonnées ; la série débarque pour la rentrée automnale sur la chaîne.

Et en attendant, je termine de rédiger ma review du pilote d'Orange is the new black. Ah oui ! Parce que je ne vous l'avais pas dit ? Au départ, c'était sur cet épisode que je voulais écrire pour mon post du vendredi...

Posté par ladyteruki à 14:33 - Série de valeurs - Permalien [#]

09-06-13

Monsters are not born, they're made

Pardonnez-moi, mon père, parce que je n'ai pas tout regardé. Je sais, c'est péché. Mais entre nous, regarder le pilote d'une série australienne de 692 épisodes, c'est un peu tenter le Diable, quand même ! Sans compter que je ne pense pas avoir déjà regardé de séries australiennes datant des années 70 et qu'il vaut peut-être mieux tenter les années 90 ou 80 avant, histoire d'y aller progressivement. Alors du coup, non, je n'ai jamais vu Prisoner, la série carcérale qui est à l'origine de la naissance de Wentworth (je recommande plus que vivement la lecture de mon petit post historique sur le sujet, d'ailleurs).
Alors, vous me pardonnez, mon père ? Promis, je réciterai trois "Je vous salue Mary Tyler Moore pleine de grâce" pour faire amende honorable.

Wentworth

Parfois la téléphage s'effraie de toujours regarder un peu la même chose. 
Pour vous donner un exemple : quand on me dit "la série met en scène un flic qui...", eh bah ça y est, mon cerveau se met en mode autopilote, je me laisse gagner par l'ennui, alors que finalement ça ne veut rien dire, il y a de bonnes séries avec des flics. Je crois. Bon là je vois pas d'exemple, mais c'est principalement par mauvaise foi. Ca doit forcément exister.
Toujours est-il que parfois, certains sujets peuvent nous inciter à nous tenir à l'écart d'une série, simplement par peur de la redite.
Alors, quand Wentworth dit vouloir accompagner les débuts d'un personnage (fut-il emblématique de Prisoner) dans une prison pour femmes, pardon, mais la téléphage a tendance à réprimer un baillement voire même carrément se braquer. Déjà que, quand la téléphage a tenté Unité 9, la téléphage a été surprise de ne pas y voir une redite de Capadocia... faut ptet voir à pas trop tenter le sort.

Et finalement, même avec énormément de points communs, Wentworth finit par faire vivre une expérience assez différente de celle qu'offre Unité 9.
Ne vous laissez pas abuser par le fait que les choses commencent de façon similaire ; le fait que Bea Smith, comme Marie Lamontagne, soit envoyée en prison, dans un bloc où vivent en commun plusieurs prisonnières, au sein d'un univers dont elle ne connait rien et qu'elle observe avec de grands yeux effarés, n'est que le point de départ à partir duquel les deux séries vont pas mal diverger.
D'abord parce qu'on ne ressent pas du tout l'humanité d'Unité 9, sa prison moderne où les prisonnières se comportent en groupe de façon à peu près civilisée. Ensuite parce qu'on n'est que très peu dans l'exposition ; là où Unité 9 prenait son temps pour parler des premières heures de détention (il avait fallu attendre le 2e épisode, après tout, pour entrer dans le vif du sujet), détaillant la honte, la peur et l'humiliation par le menu, Wentworth s'active afin de présenter sommairement le contexte. L'incontournable séquence de fouille sera en effet présente dans le pilote, mais elle n'a pas du tout les mêmes effets que dans le glacial second épisode d'Unité 9.

Mais surtout, la violence de Wentworth, sans atteindre les sommets d'un Capadocia (ou d'un Oz, pour parler aussi du pendant masculin), est bien plus présente que dans la série québécoise. On s'y sent oppressé, ébloui, désorienté en permanence ; la réalisation se donne du mal pour ça, il faut le dire, jouant sur les éclairages comme les couleurs, ainsi qu'en s'appuyant sur des musiques efficaces en diable, là où Unité 9 se contentait d'un réalisme finalement un peu tristounet par comparaison.
Dans ce monde forcément effrayant, Bea va donc vivre des premières heures bien loin de celles que lui connaissent les spectateurs australiens qui ont gardé d'elle le souvenir d'une meneuse, d'une battante ; elle est le mouton qui vient se faire manger la laine sur le dos par celles qui savent, celles qui maîtrisent les codes.

Le fait que Wentworth soit un "prequel moderne" (comme c'était le cas pour Bates Motel qu'on a pu évoquer plus tôt cet après-midi, d'ailleurs) finit par avoir un sens en soi, en fait : montrer comment, de pauvre victime déphasée, Bea Smith va devenir la chef officieuse de la prison, est déjà un témoignage en soi. C'est comme si les scénaristes disaient : vous savez ce qu'elle va devenir, le rôle de Wentworth est donc non seulement de vous dire comment elle va le devenir, mais aussi, à travers cette évolution, de vous indiquer qu'elle va devoir faire le deuil d'une part d'humanité. Prendre de l'influence ne se fera pas en un jour, et pas sans y laisser des plumes ; le seul pilote, déjà, montre combien Bea est soumise aux influences, aux manipulations, aux punitions, aux accusations. Vu la tournure que prend la fin de cet épisode inaugural, ça ne va pas s'arranger de si tôt ! Et c'est finalement le tragique message de Wentworth, qu'une série carcérale sans l'aspect "prequel" ne pourrait pas dire de la même façon, et en tous cas certainement pas si vite : on n'entre pas en prison en ayant la carrure pour mener les autres prisonnière. Cela s'apprend. Et chaque étape de cet apprentissage coûte.
Bien-sûr, Oz nous dit parfois ce genre de choses, mais jamais de façon aussi nette et crue, et certainement pas de façon aussi définitive. Le fait que Wentworth s'inscrive dans une narration qui la précède de trois décennies lui donne tout son sens, souligne toute sa cruauté.

Dans tout ça, quelques regrets tout de même. D'abord, la façon dont, peut-être, la violence est peut-être trop rapidement présente dans cet épisode ; pardonnez que je me répète, mais les derniètes minutes de cet épisode inaugural sont très éprouvantes, non seulement parce que le téléphage est tenu en haleine, mais aussi, voire surtout, parce que sa confusion est entretenue. Ensuite parce que cela devient peut-être un peu trop rapidement, justement, une question de pouvoir : en-dehors de Bea, les personnages seront assez peu fouillés. Certains, comme Franky Doyle, n'ont pas besoin de l'être beaucoup : les spectateurs australiens qui connaissent leurs classiques savent bien qui est Franky, un autre personnage important de la mythologie Prisoner. Mais c'est beaucoup plus dommage pour la plupart des autres, réduits à quelques passages un peu stéréotypés (comme la petite vieille qui s'est mis en tête de rétablir la paix dans le bloc H, ou la mère qui vit là avec sa petite fille en bas âge...). Evidemment, cela n'empêche nullement ces personnages de se développer progressivement : on parle bel et bien d'un pilote ici, tout n'est pas joué. Mais il ressort une impression de superficialité, voire peut-être même de gratuité, qui ne donne pas envie. Dans un registre similaire, Capadocia donnait plus de substance à ses héroïnes.
Enfin, et il faut le noter (je vais aller lire quelques reviews maintenant que j'ai vu le pilote, je pense que plusieurs critiques australiens doivent l'avoir relevé), il y a une certaine victimisation de Bea Smith ; les raisons de son incarcération ont changé, et ce n'est pas innocent. Au lieu, comme dans Prisoner, d'avoir étranglé la maîtresse de son mari et abattu celui-ci, Bea s'est ici rebiffée contre un mari violent qu'elle a cherché à empoisonner au gaz de pot d'échappement. Une fois, juste une fois, j'aimerais qu'on essaye de m'inciter à me mettre dans la peau d'une vraie criminelle, pas d'une criminelle avec des circonstances atténuantes qui justifieraient presque le spectateur plaide pour qu'on relâche la pauvre femme.

L'expérience Wentworth vaut donc la peine, même si, comme moi, vous n'avez pas fait l'effort de regarder la série originale Prisoner. Il ne faut cependant pas vous attendre à une claque, ou en tous cas, pas une claque durable : les effets de ce pilote s'autodétruisent quelques minutes après son visionnage, vous laissant, à la place du souffle coupé qui était le vôtre au terme du pilote, avec une curieuse impression de vide. La vérité se situe sûrement quelque part au milieu...

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 21:39 - Review vers le futur - Permalien [#]

24-05-13

La mort est son métier

Le dimanche est la soirée des grandes séries originales, pour HBO. C'est vrai aux USA... et c'est vrai en Amérique du Sud. Ce dimanche 26 mai sera une nouvelle occasion de le vérifier, puisque HBO Latino lance Sr. Ávila, sa dernière production originale sur laquelle elle avait commencé à lever le voile à la fin de l'année dernière.

Jusqu'à présent, les grilles de HBO Latino avaient fait la part belle aux productions brésiliennes : Preamar l'été dernier, et avant cela FDP, Filhos do Carnaval, Mandrake, Mulher de Fases ou encore Alice... Plus ponctuellement, HBO avait aussi par le passé fait appel aux talents d'autres pays du continent : l'Argentine avec Epitafios, le Chili avec Profugos, ou le Mexique avec l'incroyable Capadocia. C'est à ce pays que l'on doit Sr. Ávila, puisque les 13 épisodes de la première saison y ont été produits, et tournés au printemps et pendant l'été 2012.
Les auteurs de Sr. Ávila ne sont par ailleurs pas des inconnus, puisqu'il s'agit de Walter et Marcelo Slavich, déjà à l'origine des deux saisons d'Epitafios.

SrAvila-Affiche

L'histoire est celle d'Ávila, un honnête père de famille, assureur de son état. Il a 45 ans, il est marié, il a un fils adolescent : on aura difficilement vu plus normal ! Il a simplement un passe-temps un peu hors-normes, si l'on peut dire, même pas une vocation, une simple occupation, et ce passe-temps... c'est de tuer des gens. Mais pas n'importe qui ni n'importe comment ! Notre Ávila est tueur à gages pendant ses, hm... temps morts.
Ces deux casquettes ne seraient en soi pas un problème puisqu'il arrive tant bien que mal à gérer sa double-vie, sauf que, évidemment, les choses vont changer. Contrairement à beaucoup de personnages de séries sombres de ces dernières années, ce ne sont pourtant pas les mauvaises nouvelles qui vont influer sur le parcours de ce personnage : les vrais ennuis d'Ávila commencent lorsqu'il est promu et devient Sr. Ávila, le patron de son organisation. Désormais responsable de tous les tueurs à gages du coin, il va devoir gérer sa petite entreprise au nez et à la barbe de tous ceux qui le prennent pour un homme ordinaire, y compris, vous l'aurez deviné, ses proches. Il doit donc naviguer entre son "vrai" travail, sa vie de famille, et son activité annexe. Une tâche qui n'est pas rendue facile par le fait que sa femme soit en pleine dépression (elle passe ses journées devant la télévision et devient progressivement agoraphobe) et que son fils commence à poser des problèmes, comme tout adolescent grandissant dans une famille dysfonctionnelle. C'est le funerarium d'un certain Sr. Moreira, l'un de ses "collègues", qui sert de couverture à la petite opération ; et à toute cette galerie de portraits, encore faut-il ajouter Iván, assistant personnel du "Señor" du moment, Ismael, l'apprenti tueur à gages un peu rebelle, Ybarra, le plus ancien assassin de l'organisation et ancien mentor d'Ávila, Ana, la maquilleuse qui travaille à la morgue, Maggie, la maîtresse d'Ávila, ou encore Rogelio, qui sert d'intermédiaire entre les clients potentiels et le "Señor" en charge.

Difficile de ne pas pressentir une certaine inspiration de l'une des plus célèbres séries de HBO aux Etats-Unis, Les Soprano.
L'une des grandes différences tient peut-être dans le choix de structure narrative apparemment fait par la production de Sr. Ávila, puisque chaque épisode, nous promet-on, tournera autour d'un meurtre en particulier : le sieur Ávila continue en effet de se salir les mains, même au plus haut de la hiérarchie des tueurs à gages. Sans écarter totalement, ça va de soi, un certain fil rouge, notamment avec la relation d'Ávila à son fils à problèmes, la série envisage donc d'y mêler un aspect légèrement plus formulaic, ce qui n'est pas sans rappeler également l'univers de la série colombienne Lynch lancée l'an dernier.

HBO Latino promet, à travers cette nouvelle série, de ne pas avoir lésiné sur la violence (on n'en attendait pas moins, osons le dire), mais aussi de proposer de grands portraits denses de personnages : "Nous voulons emporter notre public dans une histoire fascinante, pleine de nuances, en montrant la complexité de la nature humaine", annonce Roberto Ríos, vice-président en charge de la programmation chez HBO Latino. On ne le croira pas simplement sur parole !
Sr. Ávila démarre donc ce dimanche avec, fait peu ordinaire, un double épisode inaugural, que les hispanophones parmi vous pourront donc tenter. Et même les autres, ya pas de raison.

Et pour se mettre en condition, que diriez-vous d'une petite bande-annonce ?

Posté par ladyteruki à 13:50 - Love Actuality - Permalien [#]

24-04-13

Charmantes nymphes

MonteCarlo2013

Ce n'est pas sans me frotter les mains que je me permets de faire une pause dans cette semaine spéciale dédiée à Séries Mania. Promis, le prochain post sera à nouveau consacré à l'évènement, mais d'abord, je veux partager avec vous les nominations du Festival de Monte-Carlo, qui se tiendra du 9 au 13 juin prochain dans la Principauté.

Rappelons que, comme un grand nombre de récompenses internationales, les nominations reposent sur des candidatures spontanées de la part des productions ; ce n'est donc pas nécessairement représentatif de la production d'un pays donné que de voir certaines fictions figurer dans cette liste, mais cela permet par contre de dénicher quelques pépites qui, autrement, seraient passées sous nos radars. Une formidable occasion de faire des découvertes, donc !
N'hésitez pas à cliquer sur les images pour les agrandir, et découvrir à quelle série elles correspondent.

Broadchurch Carta a Eva World WithoutEnd Die Holzbaronin Hořící Keř Hatfields& McCoys

MonteCarlo-Icon Meilleure mini-série :
- Die Holzbaronin (Allemagne)
- World Without End (Allemagne)
- Carta a Eva (Espagne)
- Altri Tempi (Italie)
- Made in Japan (Japon)
- Hořící Keř (République Tchèque) - note : projetée à Séries Mania sous le titre Burning Bush
- Broadchurch (Royaume-Uni)
- Dancing on the Edge (Royaume-Uni)
- Hatfields & McCoys (USA)

Love/Hate Borgen Breaking Bad Vermist Capadocia Hatsukoi

MonteCarlo-Icon Meilleure série dramatique :
- Vermist (Belgique)
- Bomb Girls (Canada)
- Borgen (Danemark)
- Forbrydelsen (Danemark)
- Love/Hate (Irlande)
- Hatsukoi (Japon)
- Capadocia (Mexique)
- The Blue Rose (Nouvelle-Zélande)
- Downton Abbey (Royaume-Uni)
- Doctor Who (Royaume-Uni)
- Breaking Bad (USA)
- Homeland (USA)

Crimi Clowns Les Parent Lazy Company Fresh Meat 30 Rock Lowdown

MonteCarlo-Icon Meilleure comédie :
- Die Kirche bleibt im Dorf (Allemagne)
- Lowdown (Australie)
- Crimi Clowns (Belgique)
- Les Parent (Canada/Québec)
- Fais pas ci, Fais pas ça (France)
- Lazy Company (France)
- Fresh Meat (Royaume-Uni)
- Red Dwarf X (Royaume-Uni)
- 30 Rock (USA)
- Modern Family (USA)

Dr House Les Experts: Miami The Mentalist

MonteCarlo-Icon Prix de l'audience TV internationale - Drama :
- Dr House (USA)
- Les Experts: Miami (USA)
- The Mentalist (USA)

Mr Bean The Big Bang Theory Two and a Half Men

 MonteCarlo-Icon Prix de l'audience TV internationale - Comédie :
- Mr Bean (Royaume-Uni)
- The Big Bang Theory (USA)
- Two and a Half Men (USA)

Eva Luna Amour, Gloire et Beauté Le Casa de al Lado

 MonteCarlo-Icon Prix de l'audience TV internationale - Soap :
- Amour, Gloire et Beauté (USA)
- La Casa de al Lado (USA) - note : diffusée par France Ô à partir du mois prochain
- Eva Luna (Vénézuéla/USA)

Quelques petits détails à noter.
D'abord, c'est une nouvelle année de nomination consécutive pour certaines séries : Vermist, Downton Abbey, Fresh Meat, Fais pas ci, Fais pas ça, ou Modern Family ; au rayon des audiences internationales, Les Experts: Miami et Amour, Gloire et Beauté récidivent également. Heureusement que les telenovelas, avec leur durée de vie limitée, s'assurent d'un renouvellement régulier des succès sud-américains dans le monde ! On salue aussi la présence dans ces nominations de Mr Bean, qui parvient à se placer sur le podium des séries les plus diffusées... 23 ans après avoir fait ses débuts à la télévision britannique (un résultat qui découle, me précise le service de communication, des calculs d'audience effectués par Eurodata Mediametrie). Borgen, après une année d'absence dans les nominations, fait par contre un retour. Il est plus surprenant en revanche de voir des séries apparaitre dans cette liste cette année, alors qu'elles sont loin d'être nouvelles à la télévision, comme Doctor Who, même si, sûrement, son succès international exponentiel facilite la sélection.
Ensuite, il faut bien admettre que le système du festival pour définir une mini-série est de toute évidence mis à mal par les réalités de l'industrie : "Une Mini-Série est un programme de fiction dont le scénario s’étend sur un nombre limité d’épisodes. Format: de 2 à 8 épisodes / durée comprise entre 40 à 60 minutes", précise le site. Hélas, la mini-série a aussi une dimension non-renouvelable, ce que rien ne précise dans les règles. C'est ainsi que Bomb Girls, nommée l'an dernier comme mini-série, a été renouvelée plusieurs semaines avant l'annonce des nominations pour une seconde saison ; elle est nommée cette année parmi les séries dramatiques "normales" ; la même chose vient de se reproduire avec Broadchurch qui a été renouvelée juste avant l'annonce des nominations.
Enfin, CRIMI CLOWNS !!! That is all.

Comme toujours, n'hésitez pas à user et abuser des tags (ils adorent ça), puisque de nombreuses séries de cette sélection ont déjà été évoquées dans ces colonnes !
Dans le prochain épisode de la rubrique Love Actuality, on parle de récompenses turques, alors ne vous éloignez pas trop.

Posté par ladyteruki à 18:00 - Love Actuality - Permalien [#]

05-10-12

It's not who you've slept with...

A peu près chaque semaine, des DVD débarquent dans ma boîte aux lettres. Je fais mes commandes en général au même moment du mois (coups de tête non inclus), et ensuite, ce sont les délais de livraison qui font le reste, et jouent au Père Noël. J'avoue que je ne me lasse pas de la sensation de découvrir chaque semaine minimum un nouveau paquet dans ma boîte, à plus forte raison quand il s'agit de deviner d'où il vient sans regarder les cachets de la poste (sinon c'est tricher). "C'est peut-être Intersexions... ou Capadocia ? Non, c'est trop tôt pour Capadocia... quoique ?".

Aujourd'hui, la surprise était de taille : ma première série sud-africaine ! Une série dont j'avais entendu parler depuis bien longtemps, qui me rendait curieuse, et qui semblait être un véritable phénomène dans son pays d'origine : Intersexions. Vous pensez bien que ce n'est pas un DVD qui a eu le temps de prendre la poussière, et j'ai donc regardé le pilote presque le soir-même !

Intersexions

En préambule de ce visionnage du pilote d'Intersexions, plein de questions, pourtant.

D'abord, il s'agit bel et bien de ma toute première série sud-africaine. J'ai lu énormément de choses, consulté des sites et des bases de données à n'en plus finir, écumé le web à la recherche d'un petit épisode de soapie égaré par mégarde... depuis maintenant deux ans, je suis attirée par plein de séries sud-africaines, et je n'avais réussi à mettre la main sur aucune ! Quelle frustration ! Le problème, j'ai remarqué, quand je découvre ma première fiction d'un pays donné, c'est que grosso-modo, elle donne le ton pour la suite. J'aurais commencé le Brésil sur une telenovela, j'aurais peut-être fui, mais j'ai été déflorée par Capitu et l'empreinte est là à vie, avec un biais favorable à peu près quoi qu'il arrive. Le danger était donc d'être non seulement écoeurée de mon acquisition faite à l'aveugle, qui pouvait potentiellement me déplaire, mais aussi de toute la fiction sud-africaine dans son ensemble, parce que la première impression compte énormément. Ce qui aurait été gênant parce qu'il y a plein de choses qui piquent ma curiosité ! C'est donc, de façon injuste mais inévitable, toute la fiction sud-africaine que je m'apprêtais à jauger ainsi.
Autre problème : en-dehors de son pitch et quelques news, je n'avais aucune idée du niveau de production de la série en particulier, de la qualité du jeu des acteurs, et même pas... de la langue ! Rappelons que l'Afrique du Sud reconnait (j'ai vérifié) 11 langues officielles, dont l'Afrikaans sur lequel je vous avoue que je suis pas trop-trop au point, et que je n'ai trouvé nulle part l'information me permettant de savoir dans quelle langue la série était tournée. Il était à peu près évident qu'il s'y trouverait soit une piste, soit des sous-titres anglais (ce sur quoi je vais revenir), mais la langue de tournage était une grosse inconnue. Et quand il faut aussi apprivoiser une nouvelle langue (vous en avez fait l'expérience avec Srugim), on ajoute encore un niveau de difficulté.
En corollaire du problème de la langue, il y avait tout bonnement les questions culturelles. L'ex-élève française que je suis n'a été préparée à rien ou si peu en matière de culture africaine ; bon, quelques rudiments d'Histoire (Nelson Mandela essentiellement), mais à part ça ? L'Afrique du Sud, un pays plutôt conservateur en matière de moeurs, ou au contraire plus libéré ? Dans une série sur les relations amoureuses et a fortiori sexuelles, quels sont les rôles accordés à chacun dans un couple, par exemple ? Puisque je n'en savais rien, il allait falloir s'adapter...
Mais ce n'est pas tout : ensuite, je ne connaissais la série que de réputation, mais justement, qui dit qu'une série produite par une chaîne publique, en partie avec l'argent de l'institut John Hopkins, et afin de parler du HIV et du SIDA, allait me plaire ? C'est un sujet quasi-pédagogique, j'aurais pu m'ennuyer comme un rat mort. J'étais donc attentive mes réactions, me demandant si le sujet n'était pas trop aride, ou si, au contraire, il n'allait pas me rebuter. Pas de méprise : je suis toujours amatrice de drama, mais il y a drama et message-d'information-et-de-prévention-déguisé-en-drama, si vous voyez ce que je veux dire...
Bon et puis, enfin, venait la qualité de la série elle-même. Outre tout ce que je viens de citer, il y avait tout simplement la question de regarder ce pilote comme un pilote, pas comme un échantillon... Et concilier tous ces points n'était pas forcément une évidence a priori !
Cela faisait donc bien des défis à relever.

Résultat ? Eh bien ce pilote m'a très agréablement surprise.
Apparemment conçue comme une anthologie, Intersexions commence lorsque Mandisa se prépare à épouser Kabelo, lequel est un homme d'une générosité qui n'a d'égale que la profondeur de son porte-monnaie, et la traite comme une princesse. Mais alors que Mandi et sa meilleure amie Cherise se réjouissent de cette journée parfaite (surtout que leur firme de relations publiques a également décroché un gros contrat), elles entendent à la radio que DJ Mo, un animateur de radio très populaire, annonce publiquement avoir le SIDA et être sur son lit de mort. Le visage décomposé de Mandisa dit tout : elle a vraisemblablement eu une histoire avec lui.
Comme en deux minutes, l'exposition est rondement menée (Mandisa et Cherise discutent du mariage à venir, puis Mandisa parle brièvement à Kabelo au téléphone), on sait pas mal de choses : que Kabelo est donc riche, qu'il adore sa future épouse, que celle-ci mène une vie professionnelle bien remplie avec Cherise, mais aussi que Mandi n'est plus vierge (elle promet des choses coquines à son fiancé au téléphone avec un air entendu). On ne trouve donc pas déplacé qu'elle ait connu d'autres hommes avant son futur mari dans ce contexte, on y est même très bien préparés, de sorte qu'on tombe quasi-immédiatement des nues lorsqu'on apprend, là, avant même la 3e minute (générique compris), que l'ex de Mandisa est sur le point de mourir du SIDA.

Là où notre héroïne va nous surprendre, c'est que, contre l'avis de Cherise, elle ne dit rien à son promis (lequel va mal interpréter son émotion pendant la cérémonie, forcément), même alors qu'elle n'est pas sûre d'être elle-même en bonne santé. Les jours qui suivent le mariage, celui-ci n'est absolument pas consommé, Mandisa ayant toujours une bonne excuse.
La façon dont la culpabilité la ronge peut paraitre un peu longue par moments, mais elle est aussi assez bien vue. Bloquée dans une situation où elle ne cesse de s'angoisser, mais où elle est incapable de dire ou faire quoi que ce soit, Mandisa n'a ainsi absolument pas pris rendez-vous pour se faire tester. Il y a une sorte de cocktail déni/dépression qui me semble assez compréhensible ; on sent bien l'horreur que la jeune femme ressent, et en même temps son impossibilité à prendre le risque qu'on lui confirme qu'elle a raison d'avoir peur. C'est un passage de l'épisode qui nous donne l'occasion de nous attarder énormément sur le visage de l'héroïne (qu'elle a fort joli mais c'est pas le sujet), déchiffrant toutes les nuances de l'angoisse, tandis qu'elle camoufle tant bien que mal sa terreur à son époux. Quand elle réalise qu'elle est peut-être enceinte, évidemment, ça ne s'arrange pas... et la réaction ravie du mari sera de courte durée, vous vous en doutez.

Intersexions-Mariage
La mariée est extatique.

A la fin de 24 minutes de torture, Mandisa se prend finalement par la main et va faire les tests. J'avoue que cette scène a été un peu baclée puisque l'infirmière qu'elle rencontre lui explique, en gros, le concept de la série, mais que toute l'attention de la camera est focalisée sur les réactions de Mandi. Difficile de compatir et d'apprécier le message en même temps. Pourtant le dialogue est bon, c'est la réalisation qui ne le met pas en valeur :
"Doctor, I don't sleep around. All the men I've slept with can be counted in one hand.
- It's not only about who you have slept with. What is important is : do you know who your previous lovers have slept with ?".
L'épisode se conclut sur cette interrogation effrayante (qui peut vraiment être certain de savoir y répondre ?), un tremplin vers ce qui sera, si mes sources sur la série ne m'ont pas trompée, le maillon suivant de la chaîne. Après tout, le générique n'énonce-t-il pas brutalement cette réalité moderne : "In sex, there are no strangers" ?

Ah oui, parce que finalement, je ne vous ai pas dit : Intersexions est en anglais. Souvent. Disons, pendant un mot sur trois ? Les dialogues sont en effet un panachage de langues que je ne prétendrai pas avoir reconnus.
Fort heureusement, les épisodes sont d'office sous-titrés en anglais (ouf !). Je suis donc d'autant plus ravie d'être certaine d'absolument tout comprendre...

Justement, passons si vous le voulez bien à la "review" de mon dealer en DVD du jour. N'ayant pas trop d'inspiration, j'ai opté pour à peu près la première solution que me proposait Google lorsque je faisais la recherche pour les DVD de la série, et c'est tombé sur kalahari.com. Parfois je vous avoue avoir l'impression de vivre dangereusement, mais bon, c'était un coup à tenter, il faut bien une première fois à tout, même quand personne ne peut vous recommander un service pour l'avoir utilisé. Eh bien dorénavant, chers amis, je suis cette personne qui vous recommande kalahari. Le choix n'est pas très vaste, les DVD pas toujours bien rangés (par exemple on ne trouve pas Intersexions parmi le listing des séries locales... whoops !), les descriptions techniques très épurées, mais au final, ça fonctionne. Commandé le 8 septembre dernier, les délais annoncés étaient un rien optimistes (9 jours... soit les délais prévus pour la livraison sur le territoire sud-africain). J'ai donc commencé à compter les jours, et le DVD est arrivé aujourd'hui. Niveau délai c'est pas tellement ça, donc, mais ça ne veut pas dire que ça vienne de kalahari. Niveau emballage, rien à redire : Amazon ne ferait pas mieux. Carton ultra épais, DVD parfaitement arimé, rien à redire (d'ailleurs l'éditeur lui-même est d'une intéressante prévenance, glissant une rondelle de papier entre le DVD et le boîtier afin de minimiser encore le risque que le DVD tourne sur lui-même pendant le transport et/ou se raye contre le boîtier). Alors au final, en-dehors du presque mois de délai, franchement, ça va.
Bon, côté prix maintenant, parce que je sais ce que c'est. Le DVD d'Intersexions était en promo ce jour-là : 165,75 rands, au lieu de 188,95 rands en ce moment (environ 3€ de différence... il n'y a pas de petit profit !). Ironie du sort, les frais de port à l'international étaient plus cher que le DVD lui-même (ce sont les risques du métier), soit 180 rands tout rond. J'ai donc payé au total 345,75 rands, soit 33,04€ euros ; étant donné que je considère qu'une saison en-dessous de 35€, frais de port compris, est une affaire, vous me voyez donc comblée. Kalahari, je ne viendrai plus chez eux par hasard !

Encore une belle aventure téléphagique en perspective, donc, j'ai hâte de remonter les maillons de cette chaîne et comprendre comment chaque personnage, est relié, souvent sans le savoir, aux autres, même si c'est à cause d'une terrible maladie. Le SIDA est, comme chacun sait, un fléau qui fait particulièrement rage en Afrique, mais il ne fait aucun doute que la thématique de la transmission du virus, du passé sexuel de chacun, et des précautions à prendre ou des vérités à annoncer, n'a rien de typiquement local, bien au contraire. On connait tous quelqu'un. Ou quelqu'un qui connait quelqu'un. Ou on a tous eu au moins une frayeur.
Le sujet, sans être traité avec pathos pour le moment (on est loin des derniers épisodes de Corky et de [dit-elle en sanglotant rien qu'à cette pensée] la mort de Jesse, car Intersexions fait le choix d'être plus mesuré et de prendre de la distance), est on ne peut plus actuel et universel. Peut-être même vais-je réaliser au cours de ce visionnage qu'il y a des évidences qu'à force d'être inondés de messages de prévention, on a mis de côté avec les années (ce serait ironique si ça se produisait) !
Après tout, combien de fois les séries nous parlent-elles du VIH ou du SIDA sur la durée, toutes nationalités confondues ? Il y a eu des intrigues d'Urgences, je suppose quelques unes dans Dr House, ça semble inévitable, et évidemment Kamisama, Mou Sukoshi Dake, mais le pari d'Intersexions est d'explorer un terrain sur laquelle peu de séries s'aventurent, et donc, d'exploiter un sujet sur lequel les téléphages ne sont pas incités à réfléchir ou même ressentir des choses très souvent. Pour quelqu'un qui aime les séries dramatiques, l'occasion de trouver de nouveaux sujets est donc parfaite, car le potentiel effleuré dans le pilote peut conduire à énormément d'histoires intéressantes autant que touchantes. Et puis, peut-être qu'un peu de pédagogie ne serait pas plus mal, pour une petite remise à niveau...!

Le format particulier d'Intersexions (il ne s'agit certainement pas d'une comédie, et même pas d'une dramédie, mais le pilote dure 24mn montre en main) s'adaptera en plus très bien à un visionnage "bouche-trou", par exemple lorsqu'il ne reste que quelques minutes à épisode US pour terminer de cagouler et que je ne veux pas me lancer dans quelque chose de trop long en attendant. Que des avantages que je n'avais même pas prévus !

Du coup, pour un coup d'essai...! Je recommande de tenter Intersexions (méfiez-vous des videos mises en ligne par SABC sur Youtube... c'est la toute fin de la saison 1 !), et pour vous prouver ma bonne volonté, je vais même vous dire : si au moins 5 personnes disent en commentaire ci-dessous être intéressées par le pilote... j'exaucerai leur voeu. Vous avez toutes les cartes en main pour vous décider...

Posté par ladyteruki à 01:43 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

26-09-12

Love at second sight

Avec la rentrée, certaines séries ont repris. New Girl, par exemple ; j'avais rattrapé la saison vite fait cet été, je me demandais si j'allais suivre la saison 2 de façon régulière, eh bien pour le moment je n'ai trouvé aucune raison de le faire. Up All Night, aussi, puisque j'ai fini la saison 1 et embrayé sur la seconde ; la série est égale à elle-même (en dépit des changements) mais il n'y a pas de quoi en faire son coup de coeur de l'année ou même de la semaine.
Et du côté des pilotes, c'est pire : je redoute le moment où, parce que je n'aime pas laisser un défi inachevé, je vais devoir m'atteler à la review de Vegas. C'est atroce, j'ai à peine tenu une vingtaine de minutes. La dernière chose dont je me souviens avant d'avoir stoppé la lecture de l'épisode, c'est que j'en étais arrivée au point où j'essayais de trouver une formule à succès qui ne soit pas rempompée dans Vegas... un autre genre de challenge, en quelque sorte.

Unite9-ByNight

Alors, après cette soirée pas franchement concluante téléphagiquement, j'ai décidé de lancer le deuxième épisode d'Unité 9, et là, ouf, enfin, j'ai passé 45 vraies bonnes minutes de télévision. Il n'est pas dans mes habitudes d'écrire un post pour chaque épisode que je regarde pour une série donnée, mais il faut quand même que je vous dise : Unité 9, c'est vraiment de la qualité.

La première journée de Marie en prison (l'épisode reprend en effet quelques secondes après la fin du pilote) est de nature à faire pleurer le plus endurci des vikings comme une fillette. Sérieusement, l'atmosphère est incroyable, les silences sont terribles, et le regard de Guylaine Tremblay.. nom d'un chien, j'en tremble encore. A un moment, l'ambiance était tellement saturée de frustration, de colère et d'humiliation que j'avais envie de hurler. C'est très puissant et c'est sans aucune surenchère, c'est incroyable.
Que certaines scènes du pilote de Capadocia (qu'il faut vraiment que je reprenne un jour quand j'aurai le temps) me reviennent encore, et me vrillent les nerfs, bon, normal. Comment rester de marbre quand on voit ce qui se passe pendant l'émeute ? C'est violent, extrême, animal, c'est la démonstration de ce qu'il y a de pire en l'être humain, on ne peut pas rester insensible à ça, c'est même fait pour heurter le spectateur. Mais le deuxième épisode d'Unité 9 ne fait appel à rien d'extrême. Elle est là, la violence, dans le fait que c'est la procédure, tout ce qu'il y a de plus normal, tout ce qu'il y a de plus habituel... Shandy n'est pas révoltée, elle a vu ça on ne sait combien de fois. Mais on se met dans la peau de Marie, ce personnage pourtant si difficile à comprendre (on ne sait pas vraiment ce qu'elle a fait, encore moins pourquoi ; en plus elle parle très peu), et on vit cette arrivée en prison avec elle, et il est absolument impossible de ne pas ressentir la même claque au visage qu'elle.
Et ça fonctionne en fait d'autant mieux que rien n'est fait pour être choquant. Au contraire, la camera s'attarde sur le regard des surveillantes, et on n'y lit aucune haine, ou volonté d'humilier. Peut-être éventuellement du mépris, et encore, en interprétant déjà un peu. Ce que fait Unité 9, c'est attraper quelque chose de puissamment réaliste et de l'utiliser à des fins de dramatisation, et ça fonctionne incroyablement bien.
Sans compter qu'il y a des personnages qui commencent vraiment à devenir intéressants. Outre Marie, avec laquelle on apprend à se mettre au diapason, il y a Elise, vraiment touchante sur la fin de cet épisode ; Jeanne, qui a vraiment une énergie incroyable et qui en plus a une crisse d'alchimie avec Shandy ; Suzanne, qui est vraiment un personnage émouvant... On apprend aussi à connaître un peu mieux les surveillantes, dont Caroline, et ça fonctionne vraiment très bien d'introduire cet équilibre.

Quand je vois une série québécoise comme celle-là (et il y en a eu d'autres avant : Mirador, Malenfant, Apparences... pour ne citer que quelques unes parmi les meilleures), j'essaye de comprendre pourquoi je suis proprement incapable de trouver des séries françaises qui m'inspirent autant, qui me donnent à penser autant.
Je discutais la semaine dernière avec quelqu'un à qui j'expliquais que, oui, j'avais bien aimé les premiers épisodes d'Ainsi Soient-Ils, aussi choquant que ça puisse paraitre quand on me connait ne serait-ce qu'un peu. Mon plus gros problème en matière de fiction française, et cela inclut Ainsi Soient-Ils (j'en parlais au moment du pilote), c'est le phrasé des acteurs, rigide, incroyablement peu naturel. Ce n'est pas le seul problème que j'ai avec les séries françaises, mais c'est le plus difficile à surmonter parce que c'est, par essence, omniprésent pendant la quasi-totalité des dialogues (bien que ce soit plus prononcé, si vous me passez l'expression, chez certains acteurs que d'autres). Mon interlocuteur de dire alors : "ah, mais ça c'est à force d'écouter de l'anglais, moi je regarde tellement de séries françaises, j'ai l'habitude". Eh bien non, pourtant... J'en écoute aussi, des séries québécoises (mon Dieu, ne me dites pas que c'est au point où maintenant je pense "écouter une série"...), il y a du Français dans mes séries, j'en entends régulièrement. Et je me rappelle pourtant avec la plus nette des précisions combien les dialogues d'Apparences sonnaient juste, par exemple ; le mérite en revenait, c'est sûr, en partie, au scénariste Serge Boucher, mais aussi aux acteurs qui étaient capables de rendre les conversations naturelles. Ca, je suis désolée, mais j'ai énormément de mal à le retrouver dans des séries françaises.

Bon, non. Même en mettant de côté le travail que je fais sur moi-même en matière de séries françaises depuis quelques mois, Unité 9 est vraiment le genre de séries que j'aimerais suivre plus souvent, toutes nationalités confondues. Ce n'est même pas une question de drapeau : la série est bonne.
Tout simplement parce que c'est une série dramatique pure ! C'est pas du soap à la Revenge, c'est pas un procedural qui mange à tous les râteliers genre Vegas, c'est pas un gros concept qui camoufle de grosses lacunes comme Revolution. C'est 45mn de série dramatique, et rien que ça. Et j'adore la perspective d'avoir en tout 25 épisodes devant moi avec ce genre de promesses.

Vous l'aurez compris, je ne vais pas tarder avant de m'envoyer l'épisode suivant d'Unité 9 (le troisième ayant été diffusé hier soir).
A chaque rentrée, il y a des pilotes que j'aime bien, mais dont les épisodes suivants se dégonflent comme des baudruches. Je lis parfois que le pilote, c'est le plus difficile ; je ne conteste pas que l'exercice soit compliqué, mais de mon point de vue, la difficulté est plus grande encore pour le deuxième épisode. C'est tellement facile de bluffer le spectateur d'entrée de jeu... mais le tenir, lui faire sentir qu'il a envie de s'engager, qu'il est là pour le long terme ? Ce n'est pas à la portée de toutes les séries.
Il y a des tas de séries que je commence sans problème en début de saison pour lâcher quelque part au milieu de l'année. Je vous parie tout ce que vous voulez qu'à la fin de la saison d'Unité 9, je serai encore là. Une série comme ça, on ne la lâche pas.

Posté par ladyteruki à 22:49 - Review vers le futur - Permalien [#]

24-09-12

Ex-bad girls

Eh bah je sais pas pour vous mais avoir inclu la rentrée québécoise dans notre défi, je trouve que c'est une incroyable bouffée d'air frais. Déjà parce que ça fait du bien de voir de bonnes séries francophones (je suis sûre que ça m'aide, pour me mettre aux séries françaises, l'air de rien), et ensuite parce que c'est l'occasion de suivre des formats plus longs que les mini-séries comme Malenfant ou Apparences. whisperintherain devrait bientôt me rejoindre, et vous trouverez alors, comme il se doit, des liens vers ses reviews, mais dans l'intervalle, je vous propose de parler d'un téléroman : Unité 9.

Unite9

"Ce qu'on est, ça a rien à voir avec ce qu'on a fait"
(Shandy - Unité 9 - 1x01)

En Australie, le développement de la série Wentworth (spin-off de Prisoner) avance lentement mais sûrement. Au Mexique, depuis hier, la saison 3 de Capadocia a commencé à être diffusée. Alors il semble dans l'air du temps que Radio-Canada diffuse, elle aussi, une série sur le monde carcéral féminin, Unité 9.
Pourtant, derrière les apparences, Unité 9 est une série bien différente de ce qu'on se figure être l'ordinaire d'une série sur les femmes en prison.

L'épisode commence de façon un peu brumeuse, alors qu'une femme du nom de Marie Lamontagne comparait devant le juge pour entendre sa sentence. Le procès a déjà eu lieu et le spectateur n'en a qu'une vague connaissance. On affronte, en fait, une grande partie de ce passage devant la cour, du point de vue des proches de Marie : sa fille Léa, 18 ans et, on l'imagine, fortement ébranlée par tout cela ; Lucie, la soeur de l'accusée et qui tient une brasserie ; et Adrien, le grand-père paternel de Léa et Sébastien. Qui est Sébastien ? Le grand absent de cette épreuve, qui n'a pas souhaité se présenter à l'audience pour voir sa mère recevoir sa condamnation ; on apprendra à le connaître, vraisemblablement, dans de prochains épisodes. Léa, Lucie et Adrien tentent comme ils peuvent d'affronter le verdict qui attend Marie, chacun gérant son impuissance comme il le peut.
Au milieu de tout ça, difficile de savoir de quoi est accusée Marie. Lentement, l'épisode dévoilera une partie de l'affaire : elle a tenté de tuer son père, pour l'heure toujours aux soins intensifs. Comment ? Pourquoi ? L'épisode nous laissera sur notre faim de ce côté-là.

L'impuissance n'est pas l'apanage de la famille de Marie : l'accusée elle-même se voit plongée dans un système dont elle ignore tout. Cette femme à la quarantaine bien avancée (à moins que ce soit le poids des évènements qui lui ajoute des années) semble inoffensive, et pourtant, la voilà. Complètement abattue, et visiblement rongée par le remords autant que par la peur, elle a la chance de se trouver en cellule, en attendant son verdict, avec une dénommée Shandy, une femme autrement plus habituée qu'elle aux rouages de la Justice, et qui lui donne de précieux conseils pour tenir le coup. Shandy, prostituée de son état, n'est pas vraiment contrite (mais elle sait faire semblant devant le juge... enfin, du moins le suppose-t-on), mais ce n'est pas non plus une femme d'une dureté excessive. Elle sent bien ce qui agite Marie et a décidé de l'épauler, à sa façon. Lorsque Marie apprend qu'elle a écopé de 7 années de prison ferme (une "chance" vu les circonstances), Shandy et elle sont transférées dans la même prison : Lietteville.

Cette prison, depuis le début de l'épisode, ne nous est pas inconnue. Le pilote, avec talent, nous a rapidement plongés dans l'ambiance en s'attardant sur le sort d'Elise, une femme qui a passé près d'un quart de siècle en prison, et qui est sur le point de fêter son anniversaire. Avec un peu de chance, si elle passe l'épreuve de la commission de libération sous caution, ce sera le dernier qu'elle passera à Lietteville. D'autres détenues préparent donc son anniversaire, dans la joie, la bonne humeur, et le vol de cierges. C'est ce dernier point (l'ambiance entre détenues, pas les cierges) qui fait toute la différence dans Unité 9.

Finies, les geôles crades et surpeuplées, où la violence règne en maître. Dans Unité 9, on se penche vers un quartier spécifique de la prison fictive de Lietteville, où les détenues vivent dans un petit bâtiment en préfabriqué, avec des chambres séparées et un lieu de vie commun, et où il faut vivre en groupe. Ca a ses bons et ses mauvais côtés. Mais ce qui est sûr, c'est qu'on n'est pas là pour s'attaquer physiquement comme des bêtes. Balayes tout ce que Bad Girls ou Capadocia vous disent de la terrifiante nature des femmes livrées à elles-mêmes en prison : à Lietteville, on est vraiment là pour la réhabilitation, pas juste pour la privation de liberté et encore moins pour la punition.
Le contexte d'Unité 9 est en cela très fort qu'il parle d'une véritable prison du XXIe siècle. Les espaces sont propres, les gardiennes restent humaines, on ne traite pas les prisonnières comme du bétail. Cela ne veut pas dire que c'est le club Med : la surveillance (rappelée par les caméras omniprésentes), les fouilles régulières, les règles rigoureuses, sont toujours en vigueur. Mais on tente de ne pas fabriquer des récidivistes, de toute évidence. Et c'est quelque chose que je n'avais encore jamais vu dans une série télévisée carcérale, finalement, cette volonté de montrer que même dans un monde imparfait, où aucune prisonnière n'est parfaite, aucune surveillante n'est parfaite, aucun administrateur n'est parfait... on n'est pas là pour entrer dans la caricature.

Unité 9 fait un formidable travail de réalisme, finalement, grâce à ces éléments. Il ne s'agit pas de fouiller la noirceur de l'âme humaine, on n'est pas à Em City ; la série s'ingénie à montrer ce que l'expérience de la prison est, en réalité, pour différents profils, dont celui de Marie, qui nous réserve quelques surprises en fin d'épisode. Dans la construction du lien entre Shandy et Marie, dans la façon de montrer une vie commune dans l'unité 9 (où l'on fait mine de ne pas savoir que Marie va atterrir, puisque l'épisode inaugural ne l'explicitera pas), dans la volonté de montrer la prison comme un système et non comme une métaphore, le pilote d'Unité 9 apporte énormément à un genre qu'on aurait pu estimer connaître sur le bout des doigts. Pas d'angélisme, mais la volonté de ne pas se reposer sur les clichés. C'est d'autant plus vrai que la scénariste d'Unité 9, Danielle Trottier (scénariste du téléroman La promesse qui s'est fini pendant la saison passée) a passé plusieurs années à recueillir des témoignages de prisonnières, afin de comprendre quelle était leur expérience de la prison.
Ce que veut saisir Unité 9, c'est une transition, pas l'habituelle histoire de la pauvre femme jetée (si possible injustement) derrière les barreaux et qui va devoir apprendre à se défendre contre les pires horreurs. D'ailleurs, dans l'unité 9, il n'y en a même pas, des barreaux ! La promesse, si vous m'excusez ce jeu de mot, d'Unité 9, c'est une fiction sur ce que pourrait apporter la prison, et pas juste sur ce qu'elle stimule de pire chez les différentes parties concernées. Sans perdre de vue les répercussions sur l'entourage resté hors des murs...

A la fois intéressant et émouvant, ce pilote sait éviter énormément de stéréotypes. Le mérite en revient également à la distribution, qui sait trouver le ton juste (je pense notamment aux interprètes de Shandy, d'Elise ou encore de Jeanne) pour rendre cette expérience humaine. Du coup, me voilà à commencer mon premier téléroman québécois ! Bon, il va falloir que je me bouge, la série a commencé le 11 septembre dernier, donc j'ai quelques épisodes à rattraper...

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 23:46 - Review vers le futur - Permalien [#]

16-09-12

lady's world tour - Escale n°15

-- World Tour --

Le rythme des world tours a toujours été variable. C'est que, ça demande du temps tout ça. Le problème c'est qu'il suffit de tourner le dos quelques jours et pouf ! Il y a 25 news de plus. Et donc ça demande plus de temps. Et le temps de les écrire... eh bien certaines dates que j'avais évoquées sont passées, ou d'autres évènements sont survenus, et il faut réécrire. Vous saisissez le cercle vicieux. Evidemment si j'avais une interface à travers laquelle je pouvais poster les brèves au jour le jour, ce serait plus simple, mais bon, ce n'est pas le cas.
Ce que j'essaye de vous dire, c'est que le world tour du jour va être un long parce que, eh bien, il s'est passé plein de trucs depuis le world tour précédent, et aussi parce que c'est la rentrée et que par définition il y a forcément pas mal d'activité aux quatre coins de la planète. Considérez-vous prévenus, vous allez avoir de la lecture !

Mais avant... vous vous rendez compte ?
C'est déjà notre 15e escale depuis que les world tours sont apparus, en février dernier ! Le temps passe vite quand on s'amuse. Je me souviens encore quand... non bon, ok, on commence sans plus attendre parce que je n'aime pas vous torturer.

Isidingo

- AFRIQUE DU SUD :

* Coup dur pour le soapie Isidingo. Un peu plus tôt cet été, les studios Henley Studios, appartenant à la chaîne SABC3, ont pris feu, lequel a dévoré entre autres une bonne partie des décors de la série. Difficile de tourner un soap à flux tendu dans ces conditions. La chaîne et la société de production Endemol ont donc décidé de transformer l'une des séries les plus anciennes d'Afrique du Sud encore à l'antenne(et à vrai dire, du monde) en "mini-série". Alors, bon, une précision : ce qu'on qualifie de mini-série en Afrique du Sud, ça couvre tout ce qui n'est pas un soap. C'est-à-dire que cela peut aussi bien vouloir dire que désormais Isidingo pourrait avoir des saisons d'une vingtaine d'épisodes diffusés de façon hebdomadaire, et renouvelables ! SABC se refuse pour l'instant à donner des chiffres précis quant à l'ampleur des dégâts (il se murmure qu'on pourrait avoisiner les 100 millions de rands, soit environ 9,5 millions d'euros), et on attend encore des précisions sur le changement de format. Pour autant, c'est quand même un coup dur pour cette institution, même si ce n'est pas la première fois qu'elle change de durée ou de rythme. Sauf que les deux dernières fois, c'était fait exprès (pendant les fêtes de fin d'année, deux années de suite, SABC avait diffusé des épisodes complémentaires de façon hebdomadaire), et que cette fois, il n'y a pas vraiment le choix. A l'heure actuelle, rien n'est encore définitif, si ce n'est que le changement de format s'accompagnera d'une autre nouveauté : SABC et Endemol cherchent actuellement un décor où ils pourraient tourner on location les prochains épisodes. La série doit fêter ses 14 années d'existence à la fin de l'année, mais au vu des circonstances, l'enthousiasme est un peu entamé...
* De son côté, la chaîne satellite kykNET (branche du groupe M-NET), dont les programmes sont uniquement en Afrikaans, a décidé de lancer la production d'une nouvelle série, Thomas@. Peu de détails sont connus à ce jour sur son histoire, mais on sait déjà qu'il s'agira d'une série d'une demi-heure destinée à la jeunesse (comme l'@ aurait pu nous le laisser présager...). Ce sont 26 épisodes qui ont été commandés, et qui devraient être visibles sur la chaîne au début de l'année 2013. Le tournage commence en septembre.
* Pour ce qui est de la rentrée (même si, dans l'hémisphère sud, c'est la rentrée du printemps, pas de l'automne...), SABC3 fera débuter le 27 septembre prochain une nouvelle série, Those who can't. Située dans une salle de profs, cette comédie suit la vie secrète des enseignants d'une école privée, sauf que ces adultes auraient tendance à se comporter exactement comme les élèves auxquels ils sont supposés enseigner. Seulement 6 épisodes sont prévus pour cette première saison, créée par l'éditorialiste Tom Eaton et le comique Alan Committie, et tournée intégralement dans un véritable établissement scolaire. Jeudi, c'est une mini-série du nom de Forced Love qui a débuté sur SABC1. Il s'agit en réalité de l'adaptation de la pièce de Shakespeare La mégère apprivoisée, mais transposée dans le présent et à Cape Town.

AddaFriend

- ALLEMAGNE :

* La série Add a Friend, première fiction originale de la chaîne à péage TNT Serie (et accessoirement première fiction originale d'une chaîne à péage en Allemagne), débute mercredi 19 septembre. Elle a pourtant déjà été renouvelée pour une seconde saison ! Alors que les 10 premiers épisodes seront diffusés cet automne, la production va donc reprendre le chemin des studios de façon à ce que la seconde saison puisse être diffusée dés le printemps 2013. Dixit le producteur de la série, Quirin Berg : "Add a Friend n'est pas seulement un grand pas en avant pour nous, mais pour tout le marché de la télévision payante, et c'est ce qui nous a donné envie de travailler avec TNT Serie. C'est l'opportunité d'essayer quelque chose de nouveau, d'établir les lois de la fiction de la télévision payante. Ici on a beaucoup plus de liberté en termes de character development et d'histoires que sur la télévision non-payante". Un nouveau secteur est donc sur le point de se développer en Allemagne, alors que Sky Deutschland prépare également sa première fiction originale pour l'horizon 2014.
* The New Adventures of Old Christine va poser ses valises sur RTL. La chaîne allemande a en effet commandé un remake de la comédie avec Julia Louis-Dreyfus (mais sans Julia Louis-Dreyfus, du coup). Les 8 premiers épisodes devraient être diffusés en 2013, et plus si affinités.

TiemposCompulsivos

- ARGENTINE :

* C'est le 29 août dernier qu'a commencé sur El Trece la nouvelle série Tiempos Compulsivos, une dramédie qui se déroule dans un établissement accueillant des patients atteints par divers comportement addictifs, et placés sous la responsabilité d'un psychiatre : un workaholic hyperactif, une syllogomaniaque également atteinte de TOC et de troubles alimentaires, une femme qui, parce qu'elle s'automutilait, est devenue accro aux anti-douleurs, un mythomane, ou encore une schizophrène dont les différentes personnalités se détestent. La série suit leurs sessions quotidiennes, avec l'aide de deux autres médecins, dont l'un cache également une phobie. Tiempos Compulsivos est ce qu'on appelle un unitario, c'est-à-dire une mini-série qui n'est pas appelée à être reconduite.
* Cette semaine c'était l'adaptation d'une dramédie péruvienne, Mi Problema Con Las Mujeres ("mon problème avec les femmes"), qui démarrait sur Telefe. Cet unitario (une mini-série, par opposition aux telenovelas, donc) raconte comment Jose, un célibataire attirant mais incapable d'avoir des relations sur le long terme avec les femmes, décide de commencer une thérapie avec un psy du nom de Sylvio qui l'aide à comprendre ce qui cloche chez lui. C'est d'autant plus pressé qu'il commence à développer une relation avec l'une de ses collègues, Veronica... Le premier épisode, diffusé lundi soir à 22h30, a été leader sur la tranche horaire avec 21,1% de parts de marché, battant ainsi l'émission de télé réalité Bailando sur El Trece.
* Pour finir, je vais vous donner le chiffre du jour : 3. C'est le nombre d'heures que, selon une étude récente du Latin American Multichannel Advertising Council (LAMAC), les Argentins ayant entre 4 et 12 ans passent devant une chaîne du câble. PAR. JOUR. Qui dit mieux ?

Howzat-War

- AUSTRALIE :

* Revenons sur les deux volets de la mini-série Howzat!, diffusés pendant la seconde quinzaine d'août. Ils ont fait un carton ! En tout, ce sont 2,09 millions de spectateurs qui étaient rassemblés devant le second épisode le 26. A quelques milliers près, ce sont les mêmes chiffres que le premier épisode diffusé le dimanche précédent, soit le 19 août, sur Nine. Inutile de dire que l'objectif est largement atteint pour le network, qui espérait réitérer le succès de la mini-série Paper Giants: The Birth of Cleo, diffusée au printemps 2011 sur la chaîne publique ABC, et qui avait capitalisé d'excellentes audiences. Rappelons que Howzat! - Kerry Packer's War était un spin-off officieux, avec une production et une distribution totalement différente. De son côté, ABC n'a pas dit son dernier mot, et comme elle l'avait annoncé en 2011, elle a lancé fin août le tournage de Paper Giants: Magazine Wars, un "vrai" spin-off de la fameuse mini-série de l'an dernier, avec Rachel Griffiths dans l'un des deux rôles principaux. This means war !
* En janvier dernier, ABC avait évoqué la commande d'un spin-off pour la série légale Crownies. Non que Crownies soit un succès, voyez-vous, mais ce n'était pas non plus un tonitruant échec, et de nombreux arrangements avaient visiblement besoin d'être faits. Plutôt que de transformer la série originale au point de la rendre méconnaissable, la chaîne publique avait donc décidé d'opter pour un spin-off. Les choses avancent plutôt lentement de ce côté, mais la chaîne a au moins confirmé quelques éléments. D'abord, ce spin-off (qui n'a pour le moment pas encore de titre) devrait être diffusé courant 2013, il faudra donc s'activer à un moment. Et puis, l'actrice Marta Dusseldorp devrait être de retour dans le rôle de la procureur Janet King ; le personnage sera même central dans cette nouvelle série, puisque, de retour d'un congès maternité, elle aura affaire à de nombreux dilemmes dans le cadre d'une affaire compliquée. Exit, donc, a priori, les jeunes loups et leurs intrigues sexy, le spin-off de Crownies a de fortes chances d'être plus sombre que la série originale ; il sera également plus court, car seuls 8 épisodes ont été commandés. Cependant, on n'y est pas encore, puisque Dusseldorp sera d'abord au générique de la série A Place to Call Home, supposée apparaitre dans les grilles du network Seven avant la fin de l'année, et dont on murmure qu'elle pourrait bien prendre la relève du succès Packed to the Rafters, dans le cas où la 6e saison de la série serait la dernière.
* On continue toujours avec ABC, décidément résolue à offrir le fleuron de la fiction australienne ces derniers temps. La chaîne a en effet décidé de co-produire une nouvelle série avec HBO Asia (no less) du nom de Serangoon Road. Dans cette série historique, le héros sera Sam Callaghan, un Australien qui a grandi pendant la Seconde Guerre mondiale dans un camps d'internement japonais (et incarné par Don Hany, East West 101 et prochainement Jack Irish aux côtés de Guy Pearce). La série sera un detective drama suivant cet homme brisé qui, devenu adulte dans les années 60, vit à Singapour, se voit un jour demander par sa voisine (la belle Joan Chen, inoubliable beauté de Twin Peaks) de reprendre l'agence de détective de son défunt mari. A noter qu'il s'agit de la première fiction originale (co)produite par HBO Asia, et en l'occurrence, de la filiale de Singapour. Le tournage a commencé début septembre.
* Dernière news tournage en Australie et après je ne vous embête plus : la comédie d'ABC intitulée Upper Middle Bogan (écrite par Robyn Butler et Wayne Hope, à qui l'on doit par exemple The Librarians) a donné ses premiers tours de manivelle au début du mois. Dans cette série en 8 épisodes, le Dr Bess Denyar, dont la vie est parfaite (elle a de l'argent, un beau mari architecte, de beaux enfants...), découvre que ses parents l'ont en réalité adoptée, et que sa vraie famille, les Wheelers, est... eh bien, écoutez, une espèce de famille Groseille (d'où le terme "bogan"). Tournage marathon pour Upper Middle Bogan, d'ailleurs, puisque seulement 7 semaines de tournage sont prévues, et que la série devrait être diffusée courant 2013. A ce rythme, je veux bien croire qu'elle sera même diffusée début 2013 !
* Bon et alors vraiment, il faudra que quelqu'un m'explique le succès de Housos. Non seulement il y a apparemment des gens pour aller voir le film, sorti ce mois-ci, mais en plus, une seconde saison a été commandée par SBS ! Ne prenez pas cela pour une incitation à aller tester la série, cependant, ou alors je décline toute responsabilité.
* Pour finir, Rake, revenue ce mois-ci sur ABC1, ne devrait pas dépasser les trois saisons. La dramédie légale n'a pourtant pas encore reçu de commande officielle d'une troisième saison mais vu le succès de la série, cela ne semble pas faire beaucoup de doute. Richard Roxburgh, qui incarne le héros de la série, a simplement précisé qu'il n'irait pas au-delà de trois saisons.

Clan

- BELGIQUE :

* La chaîne vtm Belgium a lancé le 3 septembre une nouvelle série, Clan, l'histoire de cinq soeurs très soudées. Peut-être même un peu trop. Car, depuis que la cinquième s'est mariée à un homme insupportable, elles ne la voient plus. Elles décident donc... bah, qu'est-ce que vous feriez à leur place ? De comploter pour tuer le mari en question, bien-sûr. Logique. La bande-annonce est à la disposition de ceux qui cliqueront, parce que j'ai pas réussi à l'intégrer (ça arrive, désolée). Au programme de Clan : 10 épisodes de 70 minutes de rebondissements, car il y a des conséquences qu'elles n'avaient pas prévues !
* Toujours sur vtm, une autre série se prépare à entamer son tournage à la fin du mois. Zuidflank, c'est son nom, se déroulera autour d'un vignoble produisant un vin d'excellente qualité, et autour duquel deux familles se déchirent depuis près d'un siècle afin d'en déterminer la propriété. Mais les héritiers des deux familles, Rob et Mark, décident de mettre un point final à cette dispute et, contre l'avis de leur entourage respectif, tentent de trouver le moyen de faire une trève. C'est la même société de production que Deadline 14/10 (qui vient de commencer sur vtm également) qui se charge de produire les 13 épisodes de la série.

Suburbia-1stLook

- BRESIL :

* Ah, au temps pour moi, voilà une news qui m'avait échappé plus tôt cet été... La branche sud-américaine de HBO a annoncé la mise en chantier d'une nouvelle série (encore une !), intitulée O Negócio, et créée par Luca Paiva Mello et Rodrigo Castillo. Il s'agira d'une série sur la prostitution haut de gamme à Sao Paulo (où selon la production, 60% des millionnaires brésiliens résident), et le budget devrait être à l'avenant avec, d'après les estimations, environ 15 millions de reals dans cette fiction (5 millions d'euros) pour 13 épisodes. Avec ce projet, le Brésil continue donc d'être le pays qui offre le plus de séries à la chaîne internationale ; au total, ce sont 73 millions de reals que la chaîne a injecté depuis 2002 rien que dans les productions brésiliennes, pour ensuite les diffuser sur tout le continent dans une version hispanophone. Outre FDP qui a commencé voilà quelques semaines, une autre série brésilienne est également en préparation, intitulée Destino SP, qui suivra des immigrants latinos, chinois, nigérians, israélites, coréens et boliviens débarquant à Sao Paulo, avec leurs rêves et leurs espoirs de vie meilleure. Je sais pas pour vous mais j'adore le concept...
* De son côté, Globo prépare une nouvelle série hebdomadaire, qu'elle a confiée à Aguinaldo Silva. Le scénariste, qui a une longue histoire avec la chaîne depuis les années 80 (il a plusieurs telenovelas mais aussi des mini-séries à son actif), planche actuellement sur le scénario de ce projet intitulé Doctor Pri, s'intéressant à la vie privée et professionnelle de ce praticien, et qui devrait être diffusé courant 2013. La chaîne affirme que Doctor Pri sera inspirée par les séries américaines (mais pas policières) ; 16 épisodes ont été commandés.
* Mais la meilleure nouvelle du moment, c'est à Luiz Fernando Carvalho qu'on la doit ! Le réalisateur des bijoux A Pedra do Reino, Capitu et plus récemment Afinal, o Que Querem as Mulheres?, tourne actuellement une nouvelle mini-série pour pour Rede Globo, intitulée Suburbia. C'est Paulo Lins, auteur de La cité de Dieu (le film qui a donné La cité des Hommes) qui en signe le scénario, celui d'une jeune femme noire venue au monde très pauvre, mais également très belle, ce qui lui apporte autant de bonheur que de malheur ; l'histoire de cette femme est inspirée par une proche du réalisateur, décédée récemment. Carvalho a fait appel à de nombreux artistes méconnus afin d'essayer de faire une série ancrée dans la culture contemporaine, et son intention est apparemment de renier son propre style afin de saisir l'air du temps et des classes défavorisées. Huit épisodes au total sont prévus pour cette série qui sera diffusée par Globo en novembre, et, oui, l'image ci-dessus est l'une des premières de la série.

Continuum-Promo

- CANADA anglophone :

* Vous n'ignorez sans doute que Showcase a renouvelé la série de science-fiction Continuum pour une deuxième saison de 13 épisodes ; dans le doute, souffrez que je le répète, parce que les séries de science-fiction qui trouvent le moyen d'avoir un peu de longévité, ça court quand même pas les rues. Ce que vous ignorez peut-être, c'est que Blackstone a officiellement été renouvelée par APTN pour une troisième saison, confirmant officiellement ce qui couvait depuis plusieurs mois déjà.
* Jeudi, pour le final de sa première saison, Saving Hope a ressemblé 1,54 million de spectateurs devant CTV. Le final de The Listener, diffusé le même soir, n'en a attiré que 1,07 million.

Yamaska

- CANADA francophone :

* Phénomène connu aux USA, le crossover est rarissime au Canada, et notamment au Québec. Pourtant, les héros du téléroman Yamaska vont s'inviter prochainement dans une autre série, Toute la vérité, une série judiciaire, à l'occasion de leur procès. Une idée sypathique qui s'est tout de même déjà produite par le passé : le couple central d'Un gars, Une fille était apparu dans le téléroman L'ombre de l'épervier, mais sous un angle plutôt comique. En tous cas, l'apparition des personnages de Yamaska devrait tirer pleinement partie du contexte de Toute la vérité, faisant de ce rare crossover une véritable expérience de télé, et non un simple prétexte. Cette initiative se double d'une autre puisque Yamaska a également depuis cette semaine un spin-off sur le net : YAM, une websérie s'adressant au public adolescent.
* La série Mauvais Karma, qui met en scène des amies d'enfance qui se retrouvent après 18 ans de séparation, s'arrêtera au terme de sa troisième saison, qui a commencé le 11 septembre. C'est la scénariste de la série elle-même, Isabelle Langlois, qui en a pris la décision, précisant qu'elle apporterait une conclusion convenable à toutes les intrigues entamées. Pour cette troisième saison sentant légèrement le sapin, il faut préciser que des modifications ont été apportées au format puisque les épisodes durent à présent une heure, et non plus une demi-heure. L'ultime épisode de la série sera diffusé pendant le mois de novembre.
* Lancé cette semaine, le teleroman Unité 9 a rassemblé pour son premier épisode pas moins de 1,2 million de spectateurs vers Radio-Canada. Les critiques ont l'air bonnes, mais je réserve mon jugement, puisque je vous parlerai de ce premier épisode dans un prochain post.
* Et puis alors je vous avoue que je suis un peu surprise de découvrir que le Québec aussi a son adaptation de BeTipul à présent, et je n'en savais rien du tout ! La série s'appelle (assez naturellement) En thérapie, et suit le thérapeute Philippe Jacob (incarné par François Papineau) du lundi au vendredi à 22h sur TV5 (pas TV5 monde, hein, j'ai bien dit TV5). La première séance de thérapie a eu lieu lundi, et les épisodes, qui suivent la même structure que l'original (4 séances auprès de patients, 1 séance du Dr Jacob avec sa propre thérapeute), durent une demi-heure.

Lynch_Saison2

- COLOMBIE :

* C'est confirmé, la série de MovieCity, produite par Fox Telecolombia, Lynch, reviendra pour une seconde saison ! Cette fois ce seront 17 épisodes (contre 13 pour la première saison) qui seront produits pour suivre les étranges aventures d'un directeur de pompes funèbres qui aide les gens à se faire passer pour morts. Plusieurs fois évoquée dans ces colonnes, la série a rassemblé 2 millions de spectateurs sur la chaîne premium Moviecity, et a pu être vue plus encore sur le service de VOD de la chaîne qui a pour ainsi dire explosé les records. Alors, ce n'est pas vraiment une surprise, non, mais il faut quand même préciser qu'à la base, Lynch n'était supposée durer qu'une saison. Le showrunner Fernando Altschul a donc repris le chemin de la production au mois d'août.
* De son côté, RCN a décidé de commander une deuxième saison pour Corazones Blindados, une série policière dont la première saison compte déjà 80 épisodes, qui n'a pourtant débuté que le 3 septembre dernier. Mais la série s'octroie déjà la part du lion dans les grilles : elle est dans le top5 des fictions les plus regardées du pays, et rassemble déjà 46% de parts de marché chaque jour. Diffusée à la façon d'une telenovela, mais lorgnant plutôt vers la série d'action et d'intervention, Corazones Blindados rejoint donc la famille des séries du genre qui sont nées ces dernières années au Mexique, El Equipo et plus récemment Paramedicos. De là à dire qu'une tendance est en train d'émerger, c'est peut-être un peu tôt, mais il est certain que ces séries ne sont pas des telenovelas au sens traditionnel du terme...

ArvenEfterVeronika-Tournage

- DANEMARK

* TV2 Zulu a lancé une nouvelle comédie intitulée Sjit happens (...oho, I see what you did there !), dont le premier épisode a été diffusé le dimanche 9 septembre en deuxième partie de soirée. Il s'agit des tribulations de 5 célibataires dans la vingtaine, partageant un appartement à Copenhague. Jusque là rien de très excitant, on pourrait pour un peu croire à un remake de Friends, mais Sjit happens a deux particularités : d'une part elle est beaucoup plus explicite en matière de sexe et de consommation d'alcool, mais surtout, parce que le concept de la comédie est d'être "interactive". En effet, chaque soir de diffusion, les spectateurs sont invités à soumettre leurs propres anecdotes sur leurs déboires passés, et ils peuvent être adaptés dans l'épisode suivants. Je n'arrive pas trop à trouver les détails mais ce serait intéressant de savoir comment la prod se débrouille pour tenir le délai...
* Au printemps, DR avait annoncé la mise en chantier d'une nouvelle série dont à ce moment-là je ne trouvais que le titre international, The Heritage after Veronika. Les choses ont depuis progressé puisque le tournage d'Arven Efter Veronika se prépare à débuter à la mi-septembre (ci-dessus, la photo du cast de la série). L'histoire sera celle des 4 enfants de Veronika Grønnegårds, une artiste renommée qui les a élevés dans une maison située dans une communauté hippie, dans les années 70. A la mort de leur mère, les 4 enfants, aujourd'hui adultes et plus vraiment liés les uns aux autres, se retrouvent dans la maison et vont devoir se répartir ses possessions terrestres, mais aussi être confrontés à ce qu'elle leur a laissé de façon plus spirituelle... L'occasion aussi de ressortir certaines vérités qui n'ont pas été exprimées ces dernières années... C'est un sacré pitch que nous promet donc Arven Efter Veronika, réellement différent. On ne s'excite pas, toutefois : la diffusion n'est pas prévue avant 2014. Désolée.

GranHotel-DowntonHotel

- ESPAGNE :

* La société de production à l'origine du western Tierra de Lobos (dont la 3e saison ne devrait d'ailleurs plus trop tarder) a acheté les droits du livre Ahogada en llamas, écrit par le journaliste et écrivain Jesús Ruiz Mantilla. Ce roman retrace l'histoire d'une famille pendant plus de 50 ans, utilisant deux évènements dramatiques comme points de départ et d'arrivée : la catastrophe du port de Santander, en 1893, et l'incendie de cette même ville en 1941. La mini-série qui en résultera, dont le titre de projet est pour l'instant également Ahogada en llamas ("noyé dans les flammes"), comportera 6 épisodes.
* Bonne nouvelle pour la série historique Isabel ! Après l'avoir abandonnée dans un fond de tiroir pendant près de 8 mois, la chaîne publique TVE a finalement décidé de diffuser la première saison de la série. Comme depuis le temps, on ne se souvient plus trop de quoi il s'agit, rappelons qu'Isabel est un biopic sur Isabelle de Castille, après son mariage avec Ferdinand d'Aragon. Malheureusement, si cette saison plait aux spectateurs espagnols, il n'y en aura pas d'autre, puisque comme on le disait précédemment, les décors ont été détruits cet été. Mais au moins, les 13 épisodes d'Isabel seront diffusés, et c'est déjà ça. En attendant de fixer une date de lancement, la chaîne a diffusé cette semaine le premier épisode de sa comédie Stamos Okupa2, et ce fut un retentissant échec. La chaîne publique a en tous cas annoncé qu'elle diffuserait progressivement ses commandes de séries, dont son succès Aguila Roja, mais aussi Gran Reserva ou Los misterios de Laura.
* Après son succès retentissant sur Antena3, Gran Hotel devait revenir pour une deuxième saison, et on dirait bien que celle-ci se rapproche. Le tournage s'est achevé le 15 août dernier, et les videos de promo commencent à tourner sur la chaîne espagnole. Il faut dire qu'avec 3,39 millions de spectateurs en moyenne pour les 9 premiers épisodes, on n'a pas envie de les laisser perdre ; une date de diffusion devrait être annoncée prochainement pour cette saison, qui comptera cette fois 16 épisodes ; un épisode de Noël spécial est également prévu. On murmure déjà que le créateur de la série, Ramón Campos, travaille déjà sur une saison 3. Pour patienter, plusieurs photos de la saison 2 sont consultables du côté de FormulaTV, mais il y a forcément du spoiler dedans...
* En cette rentrée, Telecinco fait revenir le sitcom Aida, qui avait brutalement été interrompu en mai afin de faire de la place aux retransmissions de l'Euro 2012. En l'absence de match, Telecinco avait aussi rediffusé d'anciens épisodes de la comédie, histoire de ne pas totalement faire oublier la série. Bref, le grand boxon... La série a repris ce dimanche 2 septembre comme si de rien n'était.
* Et puis, l'un des évènements de cette rentrée, c'est aussi l'arrivée d'Imperium, le spin-off de la série historique Hispania. Imperium, vous pouvez le voir dans la bande-annonce ci-dessous (qui au passage est plutôt réussie), se déroule à Rome, où revient un général romain après sa campagne espagnole... En dépit de la video de promo ci-dessous, plutôt alléchante, la série s'est pourtant lamentablement vautrée lors de son lancement, le 5 septembre : 1,8 million de spectateurs, soit 10,9% de parts de marché. Une belle déculottée qui s'est confirmée cette semaine avec le second épisode, qui n'a attiré que 1,5 million de spectateurs (et totalisé 10,2% de parts de marché). La série Hispania n'avait jamais fait d'aussi mauvaises audiences que ça, même lorsque ses audiences se cassaient la figure ! Allez Antena3, sois bonne joueuse, il est temps de l'enterrer, ta franchise...

 

- IRLANDE :

* Ah, vous allez être contents ! Ceux d'entre vous qui sont intéressés par les news irlandaises vont se régaler, car pour une fois, nous n'allons pas parler de Mrs. Brown's Boys mais du programme de TV3, une chaîne qui a décidé en cette rentrée de commander ses deux premières séries originales : un drama, et une comédie. On the Couch (c'est la comédie) est créée mais aussi interprétée par Barbara Bergin et Gary Crooke, et suit trois couples qui entament une thérapie ensemble au cours de 6 épisodes. Quant à Deception (c'est donc le drama), il s'agira d'une série se déroulant dans le contexte de l'après-Celtic Tiger. Tournée cet été à Galway, la série comptera 6 épisodes, chacun écrit par un scénariste différent. On y retrouvera entre autres Jim Norton (Father Ted), Leigh Arnold (The Clinic), Nora-Jane Noone (The Day of the Triffids). Pas de date annoncée pour le lancement de l'une ou de l'autre, mais la diffusion devrait avoir lieu en tous cas dans le courant de l'automne.

SquadraAntimafia

- ITALIE :

* Fin août, Sky Italia a commandé une mini-série répondant au nom d'I delitti del Barlume, produite par la même société qu'Il Commissario Montalbano. Les enquêtes de cette série policière seront adaptées des romans de Marco Malvaldi, et devrait être diffusée au cours de l'année 2013.
* Plusieurs séries ont fait leur retour sur les écrans italiens en cette rentrée, dont L'onore e il rispetto, une série se déroulant à la fin des années 50, ici dans sa 3e saison, et surtout Squadra Antimafia (photo ci-dessus), une série policière qui a démarré ainsi sa 4e saison. Le season premiere de cette dernière a en effet été vu par la bagatelle de 5 millions de spectateurs.
* La chaîne publique Rai Uno a un grand projet de mini-série historique en développement. La chaîne diffusera également à compter de ce soir la mini-série en deux parties Cesare Mori: Il prefetto di ferro, avec Vincent Perez dans le rôle-titre. Ce biopic s'intéresse à l'une des figures les plus emblématiques de la lutte contre la mafia au début du 20e siècle ; en voici la bande-annonce :

InyanShelZman

- ISRAEL :

* Annoncé en 2010, le retour de la série Inyan Shel Zman s'est enfin concrétisé cet été. Cette série pour adolescents, diffusée par Reshet entre 1992 et 1996, était un drama racontant les problèmes d'un groupe de lycéens, au ton très réaliste. Le petit plus, c'est que ce retour sur les écrans israéliens ne consiste pas en un reboot : les personnages sont de retour, même s'ils ont aujourd'hui la quarantaine. Ils doivent à présent gérer leurs propres enfants, mais, surtout, ils sont mis face au temps qui passe : leur est-il encore possible de retrouver un peu de leur innocence d'adolescent ? Je ne m'en suis aperçue que fin août, mais la diffusion a repris sur Reshet en juillet.

ErikaToda

- JAPON :

* Après avoir occupé la case du mardi soir pendant la saison estivale, la version 2012 de GTO s'est achevée cette semaine sur des scores plutôt positifs (14,3% de parts de marché). Cela lui vaudra de revenir pour un SP dans la soirée du 2 octobre. Le même destin avait attendu la série GTO originale en 1998, à la différence que les audiences relevaient à l'époque du double.
* Tokyo Zenryoku Girl est l'une des nombreuses séries qui débarqueront cet automne sur les écrans nippons. On y retrouvera Emi Takei (W no Higeki, et cet été dans Iki mo Dekinai Natsu...), une jeune femme qui découvre que contrairement à ce qu'on lui a toujours dit, son père n'est pas du tout décédé ! Elle décide donc de prendre le premier bus nocturne pour Tokyo et de se mettre sur sa trace. Tokyo Zenryoku Girl est aussi une comédie romantique puisque, sans vouloir vous spoiler, quand elle l'aura trouvé, elle tentera de dénicher pour son père une petite amie... Cette série difficile à prendre au sérieux pour le moment devrait démarrer le mercredi 10 octobre à 22h sur NTV. Cela étant, ne doutez pas un seul instant que le traditionnel récapitulatif des nouveautés de la saison apparaitra très prochainement dans ces colonnes...
* De son côté, la chaîne publique NHK a enrôlé Erika Toda (ci-dessus en photo) pour incarner le rôle principal de la nouvelle série Shotenin Michiru no Minoue Banashi, une série prévue pour la saison hivernale qui débutera en janvier 2013. Il s'afit de l'adaptation d'un roman de 2009 dans lequel une jeune libraire sans histoire gagne au loto une somme totalement indécente, alors qu'elle ne voulait même jouer : elle avait acheté le ticket pour quelqu'un, mais réalisant qu'il est gagnant, elle décide de garder la somme pour elle. Sa vie devient progressivement un cauchemar alors que cet argent la plonge dans une spirale de mensonges, de trahisons et même de meurtres... La série débutera le 8 janvier, et sera dédiée à la case nocturne du mardi à 22h55.

AmoresVerdaderos

- MEXIQUE :

* TV Azteca a décidé de lancer le remake d'une telenovela brésilienne datant de 1985, intitulée Un Angel Caido. Les choses devraient aller assez vite une fois que l'héroïne aura été choisie, puisque pour le moment 5 actrices sont en lice pour le rôle principal ; le protagonistes masculin, lui, a déjà été casté en la personne d'Eduardo Capetillo, un acteur à la carrière longue comme le bras mais promis à une carrière internationale depuis son rôle dans la telenovela Soy tu dueña, diffusée par la chaîne américaine Univision.
* En attendant, c'est la telenovela Amores Verdaderos, lancée le 3 septembre dernier, qui cartonne sur Canal de las Estrellas. Soufflant tout sur son passage, la série s'arroge 57% de parts de marché, là où la telenovela concurrente, Los Rey, sur TV Azteca, ne parvient à en décrocher péniblement que 10%.

TheAlmightJohnsons-promo

- NOUVELLE-ZELANDE :

* Une mini-série intitulée Hope & Wire vient d'obtenir un financement ; ce drame en 6 épisodes, commandé par TV3, se penchera sur le tremblement de terre de Christchurch en 2011. Créée par Dave Armstrong et Gaylene Preston (laquelle sera également productrice et réalisatrice de la série), Hope & Wire devrait être plus qu'une série-catastrophe puisque, réalisée avec le concours de nombreuses instances locales, elle s'attachera à montrer comment Christchurch a été brisée par les évènements, à travers les yeux de plusieurs de ses habitants.
* Mauvaise nouvelle pour The Almighty Johnsons (dont vous pouvez voir l'excellente photo de promo ci-dessus), qui ont peu de chance de décrocher une troisième saison. Les acteurs et la production se montrent très pessismistes, à l'instar de l'acteur Emmett Skilton qui, sur Twitter, confiait que l'aventure de son personnage Odin touchait à sa fin. Quant au créateur de la série, il aurait tenté de soumettre l'idée d'un téléfilm à TV3, permettant ainsi de boucler le cliffhanger de fin de saison 2, mais la chaîne aurait refusé l'idée. Cependant, la chaîne se refuse pour le moment à évoquer une annulation officielle.

GoldenGirls-NL

- PAYS-BAS :

* Après Iedereen Is Gek Op Jack (adaptation de Tout le monde aime Raymond), après Golden Girls (souvenez-vous, je vous ai éblouis avec le générique de ce remake des Craquantes il y a peu), RTL4 se lance dans un nouveau projet de remake du sitcom américain Roseanne. On n'arrête pas le, euh, progrès. Il faut dire que la chaîne se dit plutôt satisfaites des résultats obtenus par Golden Girls, d'où la magnifique photo ci-dessus, petits veinards. RTL4 prévoit déjà de diffuser la série le samedi courant 2013 ; mais la chaîne fait aussi face à pas mal de critiques qui lui reprochent de ne pas donner leur chance aux auteurs de comédies néerlandais. C'est la comédienne Annet Malherbe, déjà vue dans Gooische Vrouwen, qui devrait incarner le rôle principal de ce sitcom.

RTP2

- PORTUGAL :

* Bienvenue au Portugal dans notre world tour, puisqu'il n'y était encore jamais apparu. Il va en effet être question de plusieurs projets aujourd'hui. D'abord du côté de TVI, où la telenovela à succès Doce Tentação va avoir un spin-off... sous la forme d'un sitcom ! Les choses devraient d'ailleurs allez assez vite puisque la chaîne a déjà annoncé le nom de plusieurs des acteurs prêts à être au générique de la série, et que celle-ci devrait apparaitre sur les écrans portugais avant la fin de l'année. Plus officieux, un projet de série similaire à Glee serait dans les tuyaux ; l'information n'a pas été confirmée par TV1 mais les choses seraient déjà bien avancées : on murmure même que la case du dimanche soir a déjà été réservée à ce nouveau projet.
* De son côté, RTP1 prépare la comédie Hotel Cinco Estrelas. Comme son nom l'indique, la série se déroulera dans un hôtel de grand standing gérée par un dénommé Julio. Mais quand l'hôtel perd deux de ses précieuses étoiles, la femme de Julia le quitte, et il se retrouve seul pour remettre l'hôtel à flot et, l'espère-t-il, convaincre son épouse de lui revenur. En tout ce sont 20 épisodes qui sont prévus, et dont le tournage a commencé en août.
* Enfin, le Gouvernement portugais semble décidé à fermer la chaîne publique RTP2 ; ce ne serait que le premier pas vers une démarche plus globale consistant à progressivement rivatiser l'ensemble des chaînes publiques dans les 15 à 25 prochaines années. Il faut dire que l'audiovisuel public portugais nécessite chaque année 240 millions d'euros en investissements, ce qui par les temps qui courent ne représente pas une économie négligeable...

Veda

- TURQUIE :

* C'est la rentrée aussi en Turquie, et Kanal D en profite pour lancer une nouvelle série historique, Veda ("l'adieu"). Il s'agit de l'adaptation du roman éponyme écrit en 2007 par Ayse Kulin, qui raconte la fin de l'Empire ottoman du point de vue du dernier ministre des Finances, Mehmet Reşat, et de sa famille, qui vivent dans une maison d'Istambul cette période de transition. Pour l'instant, les bande-annonces de Kanal D annoncent simplement la série pour septembre, sans date plus précise quant au début de sa diffusion, mais bon, il ne reste plus que quinze jours !
* Et puis, cette semaine déjà, les festivités reprenaient pour les téléphages turcs, alors que 3 nouvelles séries étaient lancées : sur Star TV, c'était Dila Hanım, l'adaptation d'un film éponyme de 1977 ; Kanal D lançait quant à elle Kayıp Şehir, un drama très sombre se déroulant dans un quartier pauvre et suivant une famille d'immigrés ; enfin, TRT1 diffusait Şubat, une romance entre un mystérieux SDF et une femme de la haute société d'Istambul (mais la série a apparemment aussi des éléments fantastiques). Les trois séries se sont affrontées vendredi soir, que la meilleure gagne !
* Le drama Uçurum revient pour une deuxième saison le 22 septembre sur ATV... mais apparemment avec un cast presque entièrement différent, comportant pas moins de 9 nouveaux personnages. La chaîne a également plusieurs nouveautés dans sa manche, comme Karadayi, une mystérieuse série dramatique dont les teasers tombent au compte-goutte depuis quelques semaines ; Son Yaz Balkanlar, une série historique démarrant juste avant le début de la guerre des Balkans ; Alev Alev, l'adaptation d'un film des années 80 dans lequel une jeune fille tombe amoureuse d'un capitaine de marine et, une fois celui-ci au large, s'aperçoit qu'elle en est tombée enceinte, et est donc forcée d'épouser le premier bon parti venu ; Huzur Sokağı, une romance impossible ; et Benim İçin Üzülme, une chronique de la vie amoureuse de jeunes adultes.

TNTRussia

- RUSSIE :

* Satisfaite par le pilote tourné cet été, TNT a commandé Tchernobyl, une série d'un total de 17 épisodes, réalisée par le Suédois Anders Banke. Si pour l'instant le pitch de cette série reste assez mystérieux, on sait déjà qu'il s'agira d'une comédie d'humour noir un peu horrifique. Vu le nom de la série et les photos du répérage des lieux du tournage, on s'en serait un peu doutés...
* Ah et une petite note intéressante sur laquelle je suis tombée totalement par hasard : désormais, les audiences des programmes russes prendront en compte... le visionnage sur les portables ! Cela requiert l'installation d'une application spécifique, proposée à un échantillon de 300 moscovites. Jusque là, TNS Gallup, leader en mesure d'audiences en Russie, se contentait comme un peu tout le monde de suivre un échantillon de télespectateurs "classiques", en regroupant les informations collectées par 3600 foyers disposés dans 72 villes différentes du pays.

Réttur-logo

- USA qui lit le world tour...

* Parmi les séries dont un projet de remake US a été annoncé, comptons entre autres l'islandaise Réttur, la néerlandaise Overspel, et la britannique Blake's 7.

SeoulInternationalDramaAwards

- MONDE :

Un petit coup d'oeil du côté des récompenses internationales, voulez-vous ?
D'abord, comme j'ai pas été très réactive fin août, les Seoul International Drama Awards, dont voici le palmarès puisque les résultats ont été donnés à l'occasion de la cérémonie qui s'est tenue le 30 août :
- Grand prix : Ppurigipeun Namu (Corée du Sud)
- Prix d'excellence pour une série coréenne : Oktabbang Wangseja (Corée du Sud)
- Meilleure mini-série :  Great Expectations (Royaume-Uni)
- Prix d'excellence pour une mini-série : Sherlock saison 2 (Royaume-Uni)
- "Golden Bird" pour une série : Gongjooeui Namja (Corée du Sud)
- "Silver Bird" pour une série : The Firm (USA/Canada)
- Meilleur acteur : Jonas Nay pour Homevideo (téléfilm - Allemagne)
- Meilleure actrice : Christine Neubauer pour Hanna’s Decision (téléfilm - Allemagne)
- Meilleur scénariste : Sarah Phelps pour Great Expectations (Royaume-Uni)
- Meilleur réalisateur : Brian Kirk pour Great Expectations (Royaume-Uni)
- Prix spécial pour un épisode : Maalaala Mo Kaya (Philippines), Ballada o Bombere (Ukraine), Ezel (Turquie)

FestivalFictionTVLaRochelle

Et puis hier étaient également remis les prix du Festival de la Fiction TV de La Rochelle, dont voici le palmarès :
- Prix de la meilleure Série : Tiger Lily
- Prix du meilleur Programme court : Les Lascars
- Prix de la meilleure Fiction européenne et internationale : Hit & Miss (Royaume-Uni)
- Coup de coeur du jury européen : Lykke (Danemark)
Dommage pour Overspel, entre autres, mais n'ayez crainte, on va très, très vite reparler de cette série dans ces colonnes, puisque j'ai reçu mon DVD hier !

Parmi nos prochaines échéances en matière de récompenses, on trouvera le prix Gémeaux, dont la cérémonie finale se tiendra ce soir au Québec. L'autre grand rendez-vous sera le Prix Europa ; plusieurs séries annoncent progressivement avoir été nommées (The Spiral, en dépit de ses audiences tièdes en Suède et aux Pays-Bas, en fait partie), mais la liste complète des nominations sera officiellement dévoilée le 15 octobre. La suite dans un prochain épisode, donc !

Capadocia

Un petit point encore sur quelques séries qui font leur retour en cet automne de par le monde : la troisième saison de Capadocia et la troisième saison de Forbrydelsen débarquent toutes deux le 23 septembre dans leurs pays respectifs. Ce devrait être pour elles la dernière saison. Et puis, un grand merci à LL qui nous a tous appris que la deuxième saison de Threesome débarquerait sur les écrans britanniques le 1er octobre, soit plus tôt qu'initialement prévu ! Par un curieux hasard, la série est diffusée en Espagne depuis vendredi soir, et vous pouvez d'ailleurs trouver une interview d'Emun Elliott chez FormulaTV. Oui, bon, en espagnol, qu'est-ce que vous croyez ?
Attendez-vous aussi à prochainement connaître la date de lancement de la série norvégienne Hellfjord (celle qui se compare à Twin Peaks, rien de moins), puisqu'elle devrait débuter courant novembre.

Et puis je vais finir ce world tour par une news "carnet rose", afin de vous annoncer la naissance de DAR TV, une chaîne en espagnol diffusée en Argentine, Bolivie, Canada, Chili, Colombie, Costa Rica, Equateur, Guatemala, Honduras, Mexique, Nicaragua, Panama, Perou, Salvador, Uruguay, USA et Venezuela (ouf !), et qui diffuse depuis ce début de mois de septembre plusieurs séries d'origine espagnole, à commencer par la série historique Aguila Roja, la série policière Desaparecida, et la comédie Los Serranos. Quand elle sera plus grande, elle veut aussi diffuser des telenovelas espagnoles. DAR TV a trois maisons : Madrid (où l'on gère la programmation), Miami (où est gérée la diffusion) et Guatemala (où se trouve l'exécutif de la chaîne), et démarre dans la vie avec un capital de 10 millions de dollars américains. Félicitations aux heureux parents...

Voilà, cette fois j'ai terminé... je crois. Enfin en tous cas c'est déjà pas mal, niveau lecture !
Alors dites-moi, qu'est-ce qui vous a intéressé aujourd'hui ?

Posté par ladyteruki à 20:06 - Love Actuality - Permalien [#]

25-04-12

lady's world tour - Escale n°9

Quatorze jours sans world tour. Autant dire une éternité !
J'espère que vous avez envie de voyager ce soir, parce qu'on va pas mal bouger, et inspecter... attendez je vérifie... oui c'est ça, absolument chaque continent du globe. Si vous ne trouvez rien que vous intéresse au cours de ce périple, c'est bien simple, je rends mon tablier !

JessicaMarais

- AUSTRALIE : Jessica Marais change de sexe
La belle Australienne Jessica Marais, connue dans son pays natal pour son rôle dans Packed to the Rafters, mais par le public américain pour sa présence sensuelle dans Magic City, incarnera le personnage principal d'une mini-série s'intéressant à Carlotta, la personnalité transgenre la plus célèbre d'Australie. Probablement afin de ne pas contrarier le planning de Marais (puisque Magic City a déjà été renouvelée pour une seconde saison), le tournage de cette mini-série australienne ne devrait pas commencer avant la toute fin de l'année, en vue d'une diffusion courant 2013.

- AUSTRALIE : soeurs ennemies
Et tant qu'on en est à parler de casting, la rumeur court que Rachel Griffiths, oui-oui, celle de Six Feet Under et Brothers & Sisters, aurait été approchée pour interpréter le rôle principal de la série faisant suite à Paper Giants. Oui, rappelez-vous : suite au succès de Paper Giants sur ABC1, la mini-série Howzat! (dont je vous ai pas mal parlé) avait été immédiatement mise en branle par Nine afin de surfer sur ce succès, mais ABC1 avait elle aussi bien l'intention de produire une suite pour Paper Giants ! C'est donc de ce projet-là qu'il s'agit, il n'a d'ailleurs pas encore de nom, et cette fois, il s'agirait de suivre la guerre entre deux publications féminines des années 90, Woman's Day dirigée par Nene King, et New Idea dirigée par Dulcie Boling. C'est le rôle de King qui aurait été offert à Griffiths, laquelle a déjà manifesté plusieurs fois son désir de revenir travailler dans son pays natal. On se souviendra qu'elle était apparue dans la première saison de Rake et elle sera également au générique d'un téléfilm-biopic sur Julian Assange aux côté d'Anthony LaPaglia ; c'est également à l'occasion des Logies de 2011 qu'elle avait annoncé à demi-mots et en avant-première l'annulation de Brothers & Sisters.

- LITHUANIE : premier-né
Vous ne connaissez pas forcément la comédie Mother & Son (si ça peut vous rassurer, j'ai vu le pilote, ça n'a rien d'excitant), pourtant ce sitcom de 40 minutes fait partie des plus célèbres fictions du petit écran australien. Ses six saisons, diffusées sur une période de 10 ans (entre 1984 et 1994), ont récolté plusieurs Logie Awards, et sont restées dans les mémoires des spectateurs, qui ont ainsi pu profiter du tandem entre un homme dans la quarantaine et sa mère souffrant d'Alzheimer. Cela semble donc être un bon choix lorsqu'un pays veut s'aventurer plus en avnat dans le domaine de la fiction, et c'est bien comme cela que semble l'entendre TV3 qui vient d'en acquérir les droits pour en lancer le remake. C'est la toute première fois que la Lithuanie fait ainsi l'acquisition d'un format étranger pour l'adapter, ce qui ne rend le geste que plus symbolique. 16 épisodes ont été commandés pour la version lithuanienne qui sera diffusée en septembre prochain. Mother & Son a déjà été adaptée pour de nombreux pays dont les States, le Chili, la Suède, le Danemark, la Turquie, la Grèce et le Royaume-Uni.

Luna

- ESPAGNE : audiences lunatiques
Quelques petites nouvelles de ce qui est supposé être le nouveau hit d'Antena3, la série fantastique Luna, el misterio de Calenda, qui raconte l'arrivée d'une adolescente dans un patelin perdu avec ses parents, et qui découvre qu'en réalité il se pourrait bien que les parages hébergent des loup-garous. On avait déjà eu l'occasion de dire combien la série avait été un énorme projet pour la chaîne, qui misait beaucoup dessus notamment en espèces sonnantes et trébuchantes. Alors, qu'en est-il des audiences, trois semaines après le lancement de cette super-production ? Le pilote, diffusé le 10 avril, avait réussi à capter l'attention de 3,51 millions de spectateurs (soit 19,2% de parts de marché), un chiffre très honnête. La semaine suivante, 280 000 spectateurs avaient déserté, mais on restait tout de même dans des scores très corrects avec un peu plus de 3,2 millions de spectateurs (16,8% de parts de marché). Les résultats de la diffusion de l'épisode d'hier confirment que les audiences ont du mal à se stabiliser : à peine 3 millions de spectateurs pour seulement 15,8% de part de marché. Ca commence donc à sentir le roussi pour cette série fantastique qui ne parvient pas à se stabiliser, et a perdu un spectateur sur sept, en seulement trois semaines...

- ALLEMAGNE : le câble se réveille
Vous avez peut-être entendu parler un peu plus tôt ce mois-ci de Sky Deutschland, qui a décidé d'aligner les biftons pour faire main basse sur les droits de diffusion de la Bundesliga (le championnat national de foot allemand). Il semblerait que le groupe allemand soit actuellement dans une période de dépenses (ou d'investissement, selon le point de vue) puisqu'en prenant pour modèle les chaînes à péage comme HBO ou Showtime, ou encore TNT Serie qui en septembre proposera sa première fiction originale (Add a Friend, sur les relations humaines dans les réseaux sociaux), Sky Deutschland commence à envisager de se lancer elle aussi dans les séries. Pour l'instant Sky D n'en est qu'à rencontrer des producteurs pour jauger les projets qui lui sont proposés ; si les choses suivent leur cours, la première fiction de la chaîne pourrait apparaitre début 2014.

- ALLEMAGNE : commande massive de poulet chez Sat.1
Pensant visiblement qu'on était en pénurie, Sat.1 vient de lancer le tournage de deux nouvelles séries policières de plus. La première, Familie Undercover, s'intéresse comme vous l'aurez deviné à la famille d'un commissaire de police qui, relocalisée dans le cadre de la protection des témoins, doit s'adapter à sa nouvelle vie. L'autre série, répondant au nom de München Bayerstraße, est plus classique puisqu'elle suivra les enquêtes d'un tandem improbable entre un commissaire rôdé à la vie de la rue et un comte devenu enquêteur. Ce sont respectivement 7 et 6 épisodes qui sont prévus pour ces nouvelles fictions qui viennent s'ajouter à deux autres séries en développement : la dramédie Es kommt noch dicker, qui se déroule dans un hôtel thermal de luxe et dont la commande vient d'être portée de 7 à 13 épisodes, et une série médicale, Die Docs.

DanniLowinski

- UKRAINE : Danni fait des heures supp'
STB, le 5e network du pays, vient d'acquérir les droits pour un remake de la dramédie allemande Danni Lowinski. Rebaptisée Masha v Zakone, la série a également été achetée par la chaîne féminie Domashniy, l'équivalent russe de Téva au sein du groupe STS. Outre le sujet, celui d'une ex-coiffeuse qui reprend ses études pour devenir avocate et défendre Monsieur et Madame tout le monde, il est certain que ce qui a encouragé les chaînes ukrainienne et russe à se lancer dans cette aventure est le succès de la version belge de la série (elle aussi baptisée Danni Lowinski), lancée le 1er mars dernier sur VTM. La CW, qui avait en projet une adaptation pour les Etats-Unis l'an dernier, est-elle passée à côté de quelque chose en ne retenant pas le pilote ?

- EGYPTE : politique mais pas trop
L'une des séries en préparation pour le Ramadan commence à étoffer son casting. Um Assabereen, un biopic sur l'activiste Zainab al Ghazali, dont l'organisation féminine était liée aux Frères musulmans. C'est l'actrice Rania Mahmoud Yassin qui incarnera le rôle central de cette série, et elle a prévenu qu'il ne s'agit pas de délivrer un message pro-Frères musulmans via cette fiction : "flirter avec les Frères ou tout autre parti politique ayant du succès actuellement serait une idée stupide puisque personne ne peut prévoir quel parti conservera le pouvoir ou pas". Ca n'a l'air de rien, mais ne pas chercher à plaire à un parti (et du coup, potentiellement de lui déplaire) aurait été hors de question avant la révolution. Alors que les élections présidentielles égyptiennes auront lieu en juin et que le Ramadan commence vers le 20 juillet, on comprend d'autant mieux le désir de ne pas s'impliquer politiquement vis-à-vis d'un parti...

- INDE : danse avec les fous
La semaine dernière, Zee TV a lancé un nouveau soap, Phir Subah Hogi, en remplacement de la romance Ram Milaayi Jodi. Conformément à la tendance actuelle qui consiste à essayer d'ancrer les séries dans un contexte régional spécifique, cette nouvelle fiction nous emmène dans une région d'Inde où traditionnellement, les femmes de la tribu Bedia sont destinées à la prostitution afin de subvenir aux besoins de leur famille. Charmante petite coutume que voilà. Mais l'héroïne, Sugani, ne rêve que d'une chose : se marier. C'est pour elle le symbole de la liberté (comme quoi) et elle va donc faire son possible pour échapper à son destin de "danseuse" avant que ne vienne le moment fatidique de l'initiation. Fort heureusement, elle peut compter sur l'aide de sa mère. Bon, outre le pitch de la série, qui n'a rien de familier avec les soaps de la plupart des pays occidentaux il faut bien le reconnaître (une fois de plus, grâces en soient rendues aux Dieux du soap indien), le plus produit de Phir Subah Hogi, c'est que cela pourrait bien être la première série en Inde à prendre en compte internet dans son effort de promotion, notamment en démarchant des journalistes, blogueurs, et même activistes pour les droits de la femme présents sur internet afin de se faire l'écho de la série comme du phénomène social qui y est dépeint.

SuperCity

- NOUVELLE-ZELANDE / USA : comédie low cost
En 6 épisodes, la comédie Super City a apparemment réussi à se faire remarquer. Construite sur un principe qui me rappelle un peu Angry Boys, c'est-à-dire avec un acteur transformiste qui incarne une grande variété de personnages, la série repose donc sur les épaules de la comédienne Madeleine Sami qui incarne ici 5 personnalités différentes vivant dans une mégalopole. Ladite comédienne vient d'obtenir la possibilité d'exporter son talent aux USA puisqu'une adaptation de Super City pourrait voir le jour pour ABC, nous dit Deadline. Bon bah je vois ce que c'est, il ne me reste plus qu'à aller chercher le pilote de Super City pour voir de quoi il retourne.

- DANEMARK : Saint Somewhere Else
Les projets recevant des subventions ne sont pas toujours ceux qu'on croit. TV3 a donné le feu vert au développement d'un nouveau soap, nommé Sankt P. Ecrite par John Stefan Olsen, scénariste qui avait signé 2900 Happiness (le premier soap danois intégralement tourné en HD, et un grand succès pour TV3), la série connaitrait comme son aînée une première commande initiale de 48 épisodes. Le fonds public pour l'audiovisuel vient de lui fournir 350 000 couronnes danoises (un peu plus de 47 000 euros) pour lui donner un coup de pouce. Sankt P, plutôt que s'intéresser à de riches familles comme le faisait 2900 Happiness, se déroulerait dans un hôpital et ambitionnerait d'être hybride entre un soap opera classique et une série dramatique. Pourtant, comme l'emploi du conditionnel vous l'indique, Sankt P n'est pas encore certaine de voir le jour : la décision finale ne devrait être prise qu'à l'automne en vue d'une diffusion au printemps 2013. Pour faire monter les enchères, Olsen assure avoir une star au générique de la série, mais refuse de dévoiler son nom... Oh et tant qu'on en est à parler de fiction danoise, sachez que le tournage de Dicte a débuté cette semaine, soit un peu plus tôt que prévu, avec l'actrice Iben Hjejle dans le rôle principal.

- SUEDE : a licence to kill
Pour une fois, on va parler de Suède sans parler directement de fiction. En effet, la forme actuelle de la redevance pourrait bien disparaitre : en septembre prochain, une proposition de loi sera déposée pour que la taxe sur les diffusions télé et radio soit directement intégrée à l'impôt sous la forme d'une taxe complémentaire, demandée à absolument tous les contribuables. A l'heure actuelle, la redevance suédoise n'est demandée qu'aux foyers possédant une télévision ; ce prélèvement systématique permettrait donc de prendre en compte les nouveaux médias, qui permettent de regarder ou écouter des programmes via internet ou les portables, des outils actuellement non-imposés. Cette réforme fiscale pourrait prendre effet dés 2014 ; en l'occurrence, les choses sont en bonne voie puisque le projet a bonne presse auprès de la majorité.

Preamar

- AMERIQUE DU SUD : vague de fond chez HBO
Il y a du nouveau chez HBO Latino, et pas qu'un peu. De toutes les petites soeurs de la chaîne américaine éponyme, elle est celle qui a toujours montré le plus de dynamisme en matière de fiction originale, et elle ne se repose pas sur ses lauriers ! Outre la saison 3 de la série mexicaine Capadocia, la chaîne a aussi décidé de renouveler la série chilienne Prófugos, une sorte de road movie dans lequel un groupe de quatre jeunes chiliens devenait passeur de drogue, pour une seconde saison qui devrait être prête pour une diffusion en 2013. Vous croyez que c'est tout ? Absolument pas. Une autre série devrait faire dans les prochains mois ses débuts sur la chaîne : la comédie brésilienne FDP, qui s'intéresse au monde du football mais vu à travers les yeux d'un arbitre peu apprécié de son milieu. Plus mystérieux, un projet de série est actuellement en développement, à mi-chemin entre le drame et le thriller, par l'équipe d'Epitafios, mais pour le moment les détails sont tenus secrets. Cela fait beaucoup pour HBO Latino qui doit déjà lancer le mois prochain sa nouvelle série dramatique, Preamar. Ce drame chronique en 13 épisodes comment un promoteur immobilier en faillite, à qui il ne reste plus qu'une propriété sur la côte d'Ipanema, va tenter de faire repartir son business tout en cachant sa situation financière à sa famille.

- CANADA : gala Artis, demandez la dernière édition
Dimanche soir, c'était l'heure du gala Artis, une sympathique récompense québécoise qui met en avant plutôt les personnalités du monde de la télévision que les émissions et séries à proprement parler. Tout l'intérêt de ce prix, comme pour les Logies dont on a parlé plus tôt ce mois-ci, est de faire voter le public et donc d'avoir un véritable vote de popularité, donc une idée précise de ce qui plait à nos cousins les spectateurs québécois. Ainsi, du côté des acteurs, puisqu'on ne va pas s'embarrasser avec les présentateurs de talk shows et autres chroniqueurs sportifs, Daniel Brière et Anne Dorval l'ont emporté dans la catégorie des comédies pour leur rôle dans Les Parent, tandis que ce sont deux acteurs de Toute la vérité, Denis Bouchard et Hélène Florent, qui ont gagné une récompense dans la catégorie des téléséries.

- CANADA : dix-neuf deux fois deux
La chose n'est pas courante : une série québécoise de Radio-Canada qui pourrait connaître une adaptation sur son pendant anglophone CBC. Ce sera peut-être le cas de 19-2, une série policière de et avec Claude Legault (mais 'zavez vu, j'ai fait un effort pour pas remettre une photo pour la troisième fois de l'histoire des world tours...) dont d'ailleurs la deuxième saison devrait être produite cet été, ce qui est un peu un miracle puisqu'initialement, on se souviendra que Radio-Canada l'avait annulée. Un pilote sera donc produite pour 19-2 (prononcer nineteen-two, donc) afin de voir si une version anglophone est envisageable pour la chaîne publique. Le producteur de 19-2, Jocelyn Deschênes, est également en train d'attendre les upfronts pour voir si l'adaptation de la série Le Monde de Charlotte va atterrir à la rentrée sur NBC. Ca en fait, des adaptations anglophones tout d'un coup !

- CANADA : serrage de ceinture
Et tant qu'on en est à aborder le cas de CBC, je vous propose un petit récapitulatif du sort des séries de la chaîne, puisque celle-ci, suite aux coupes budgétaires énormes dont elle a fait l'objet (115 millions de dollars canadiens sur les trois prochaines années, et 650 emplois à supprimer pour amortir le choc), a bien été obligée de réduire la voilure. Les comédies InSecurity et Michael: Tuesdays and Thursdays ont ainsi été officiellement annulées, la chaîne préférant donner la priorité aux programmes d'une heure plutôt que d'une demi-heure. Reviendront par contre pour une nouvelle saison les séries Mr. D et Arctic Air, lancées en ce début d'année 2012 (rien d'étonnant vu les audiences d'Arctic Air, d'ailleurs), Heartland, et Republic of Doyle. Côté nouveautés, puisqu'il en faut bien, CBC a toujours dans ses prévisions la série Titanic: Blood & Steel en 12 épisodes (oui, c'en est encore une autre), et a racheté Murdoch Mysteries il y a quelques mois, sauvant la série de l'annulation sur Citytv.

Une dernière bonne nouvelle pour finir le post avec le sourire, quand même : la diffusion de Bron-Broen sur BBC4, le weekend dernier, marque un nouveau record pour la fiction scandinave outre-Manche : tout cumulé, c'est 1,097 million de spectateurs qui a découvert le premier épisode de la série. Pour vous faire une idée, le lancement de la diffusion de Borgen, dans des conditions de diffusion similaire, n'avait attiré que 629 000 spectateurs en janvier.

Oh et j'ai reçu un communiqué indiquant que la nouvelle version de DramaPassion serait en ligne le 5 juin, ça vaut ptet le coup de garder un oeil dessus, tiens...?

Bon alors, j'avais deviné ? Il y a un truc qui a retenu votre attention ? Dites-moi tout.

Posté par ladyteruki à 22:19 - Love Actuality - Permalien [#]

05-03-12

Prison Breaking News

BlackMarch

La nouvelle de ce weekend, en Australie, est un projet de remake. Ca n'a l'air de rien, là, comme ça, parce qu'il s'agit d'un remake pour une série australienne que personne ici ne connaît, et pourtant, c'est d'un véritable morceau d'histoire télévisuelle dont je m'apprête à vous parler, ce qui ne gâche rien de ce nouveau post Love Actuality qui, outre vous parler d'actu, va également se montrer éducatif. 'Fin j'espère.

Cette série d'origine, c'est Prisoner, diffusée à partir de 1979 par Ten.
Alors, bon, non. Pas The Prisoner (plus connu chez nous sous le titre Le Prisonnier), série britannique internationalement reconnue, évidemment, ni sa version AMC de 2009, sans quoi ce serait trop facile, et pas non plus Prisoner, le dorama nippon de WOWOW, ce qui commence à faire beaucoup de séries de par le monde portant un nom insupportablement similaire.

PrisonerAU
Bien avant Bad Girls ou Capadocia, la série australienne Prisoner se déroulait dans une prison pour femmes. Le concept n'était pourtant pas nouveau déjà à l'époque : c'était déjà l'adaptation d'une série britannique nommée Within These Walls ; laquelle avait connu un succès modéré sur les ondes australiennes au moment de sa diffusion. Mais apparemment, ça suffisait à inspirer une version australienne. Inspirer seulement, car le modèle de Prisoner allait finir par être bien différent de celui de Within These Walls.

Prisoner commence comme une série hebdomadaire pourtant, comme Within These Walls, et à l'origine, le network Ten en commande 16 épisodes d'une heure. Ces épisodes sont des stand-alones, mais ça n'arrête pas le public, qui est très vite au rendez-vous : apparemment, le spectateur australien est extatique à l'idée de voir une prisonnière se pendre dans sa cellule ou de découvrir comment une autre a sauvagement poignardé son mari dans la douche (façon Psychose). Et je vous passe l'incontournable intrigue lesbienne. Prisoner est extrêmement violente et graphique, c'est clair, mais ça marche.
Le succès de la série est tel que cette commande initiale est rapidement portée à 20 épisodes, diffusés à raison de 2 par semaine. Et là forcément ça pose problème en matière de production, car aucune production australienne ne peut soutenir un tel effort.

On est à la fin des années 70 et, à ce moment-là, la télévision australienne est alors encore pas mal étouffée par l'importation de fictions britanniques et américaines. Même si dans les années 60, les autorités ont instauré des quotas de fiction nationale, cela ne change rien au fait qu'il est moins cher d'acheter les droits de diffusion d'une série étrangère que d'en produire localement. Alors, même s'il existe des séries au format hebdomadaire plus classique depuis un bout de temps, ces fictions ne sont pas la norme : le soap est en plein boom dans ces années-là, tout simplement parce que c'est moins cher à produire pour atteindre les quotas de production locale, il n'y a pas à chercher très loin.
A partir des années 70, la plupart des séries importantes et innovantes de la télévision australienne se calqueront donc sur le modèle de production et de diffusion des soaps, qu'il s'agisse de séries osées comme Number 96 et The Box (respectivement 1972 et 1794), de séries médicales comme The Young Doctors (1976), ou de soaps plus classiques mais définitivement marquants, comme le sera quelques années plus tard Neighbours (1985), qui est d'ailleurs encore à l'antenne aujourd'hui.

Alors, aussi étonnant que ça puisse paraître vu son sujet, Prisoner va devenir une série carcérale quotidienne. Et devinez qui a créé Prisoner ? La même personne qui a créé The Young Doctors et qui créera Neighbours : Reg Watson. La réponse était donc dans l'énoncé.
A l'issue de sa première saison, en 1980, Prisoner commence donc à passer au format soap, et survit incroyablement bien au changement de format ainsi qu'à l'hémoragie d'actrices qui en résulte. Il faut dire que plusieurs des personnages avaient commencé à quitter la série lorsque la commande avait été prolongée, à commencer par Franky Doyle (qui est restée l'une des figures les plus mémorables de la série), mais à partir de la saison 2, cela devient patent. Du coup toute une nouvelle génération d'héroïnes va arriver au coeur des intrigues, certaines ayant été jusque là des personnages secondaires. Parmi elles, Bea Smith allait devenir l'une des figures fortes de la série.
Je vous passe tous les détails de son évolution, mais en tous cas, Prisoner va s'achever finalement au bout de 8 saisons et pas moins de 692 épisodes ; et avec une vraie fin, en plus, la production ayant été avertie à l'avance.

L'histoire pourrait s'arrêter là mais Prisoner était devenu un véritable objet de culte.
Déjà, la série s'était très bien exportée, même si, en raison de son titre, elle sera rebaptisée Prisoner: Cell Block H pour les USA et la Grande Bretagne, Caged Women au Canada, et Kvinnofängelset en Suède (où apparemment une convention sur la série est encore organisée chaque année). Il y a eu un téléfilm faisant office de spin-off sur l'un de ses personnages les plus emblématiques (Franky Doyle, souvenez-vous), bon, classique, ainsi qu'un remake américain qui, hélas, n'aura duré qu'une saison en syndication, et intitulé Dangerous Women...
Mais, plus original, Prisoner a aussi été adaptée en pièce de théâtre et en comédie musicale ! Et je ne vous parle pas des bouquins, du 45 tours avec le générique de la série (devenu 1e des charts), et plus tard, des DVD.

Alors du coup, comment vous dire ? L'an dernier, quand le network Ten a lancé un projet intitulé Inside Out, supposé se passer intégralement dans une prison pour femmes, et qu'en parallèle, quand le groupe Foxtel a commencé à massivement rediffuser Prisoner (dont elle avait acquis les droits de diffusion)... les gens ont un peu fait la relation. Il allait clairement se passer quelque chose, sur un network ou sur le câble, mais quelque chose. Depuis le temps qu'on attendait un revival, un remake, un spin-off, un sequel ou quelque chose, ça devait arriver !
Pourtant, Ten a très vite mis son projet Inside Out entre parenthèses ; il devait être diffusé en 2011, et finalement on n'en a jamais vu la couleur. Les désaccords avec l'équipe créative étaient apparemments trop forts, car avec une commande de 6 épisodes, la production envisageait de faire une série bien à part, quand Ten voulait absolument en faire un dérivé de Prisoner. Du coup, Inside Out a fini au placard l'été dernier.

Par contre, hier, et ça c'est donc la grande nouvelle, Foxtel a annoncé avoir mis en chantier Wentworth (l'ironie de l'appellation de cette série n'aura pas échappé aux fans de séries carcérales), produite par la même société de production que Prisoner (aujourd'hui rachetée par Fremantle), et supposée être une version révisée et moderne de Prisoner. On devrait y assister à l'arrivée de Bea Smith en prison, et assister à sa montée au pouvoir au cein du fameux bloc H.
Le cast devrait être annoncé avant la fin du mois et le tournage, à Melbourne, commencer sans trop de délais, afin d'être diffusé sur W (la chaîne qui proposait déjà Spirited) avant la fin de l'année. Et sur le câble/satellite s'il vous plait, donc avec une certaine liberté.

Il faut cependant noter que, si les rediffusions de Prisoner, 30 ans après, continuent de faire des audiences très décentes, le public est forcément un peu réticent à l'idée d'avoir droit à un remake. La série marche donc sur la corde raide et est attendue au tournant.
Mais à l'heure où notre Ozmarathon est en pause (conséquence indirecte du Black March), je vous avoue que la perspective d'une nouvelle série carcérale me réjouit. Hélas, la conséquence directe du Black March, c'est que je n'ai jamais cagoulé d'épisode de Prisoner et que maintenant ça va devoir attendre le mois d'avril...

Posté par ladyteruki à 20:15 - Love Actuality - Permalien [#]