ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

10-05-13

Soyons curieux maintenant, avant qu'il ne soit trop tard

Aujourd'hui, j'avais initialement prévu de vous faire un post sur Hatufim. Ou plutôt à sa gloire. Pour féliciter arte, qui outre les excellentes séries scandinaves qu'elle ne cesse de nous proposer, s'attache à nous rendre curieux sur plein de pays, dont Israël, un formidable pays pour les séries comme j'ai eu l'occasion de vous le dire à peu près 712 fois dans ces colonnes. Mais après avoir lu les retours sur la diffusion d'hier, j'ai décidé de mettre mon post de côté, et d'aborder une autre question que souligne la diffusion de la série.
Et puis, après tout, combien de fois avez-vous déjà lu des articles comparant Hatufim à Homeland cette semaine ? Comme si vous aviez besoin du mien en plus. Mais au pire, je l'avais fait là.

Hatufim-Portraits

Quelles que soient les qualités de Hatufim (et elles sont nombreuses), quel est foncièrement l'intérêt de diffuser une série dont le remake fait déjà tant parler ? La réponse est dans l'objectif qualitatif, pour ne pas dire téléphagique, qui est clairement celui d'arte depuis quelques années : proposer de bonnes séries, à la fois en gardant un oeil sur le monde et les tendances, à la fois en faisant son affaire de son côté sans s'embarrasser de suivre le troupeau. C'est un pari, peut-être pas quotidien, mais disons, trimestriel. Parfois ça marche, comme avec Äkta Människor.
Et parfois, ça donne Hatufim, 496 000 spectateurs hier soir.

Ouch. Oui, ça fait mal. Mais ça ne fait pas simplement mal parce que moins d'un demi-million de Français aura vu les premiers épisodes de cette excellente série. Ce ne fait pas simplement mal parce que "l'invasion" de séries israéliennes n'est pas pour demain après des résultats comme celui-là. Ca fait mal parce que, concrètement, le public des séries d'arte réagit au buzz. Or le buzz de Hatufim ne travaillait pas pour lui, d'abord parce qu'il y en avait très peu (le succès d'Äkta Människor, c'est aussi une campagne démentielle), ensuite parce que tous ceux qui en ont parler, tous, absolument tous, je prends l'absolu pari que vous ne trouverez pas d'exception à cette règle, ont comparé Hatufim à Homeland.
C'est-à-dire qu'on est parti du principe à la base qu'on allait regarder une histoire déjà très familière aux spectateurs, et que le jeu consistait à montrer les différences entre les deux versions, donc à partir du principe que la connaissance de Homeland par les spectateurs était telle que les spectateurs pouvaient en tirer des conclusions. ...On a quasiment fait passer Hatufim pour le remake !
Homeland, qui de surcroît, jusque là, n'a été diffusée en France qu'en crypté par Canal+, et dont le premier épisode a rassemblé sur la chaîne cryptée 1,3 million de spectateurs. Donc une portion de ces spectateurs allait forcément partir du principe que, bon, j'ai déjà vu une fois, ça va. Une autre portion n'a peut-être pas eu vent de la diffusion de Hatufim (c'est-à-dire que Hatufim ne fait pas les gros titres depuis plus d'un an et demi dés qu'on parle de séries, et n'a pas reçu d'Emmy Award). Et puis une portion a aussi décrété que les séries israéliennes, on veut bien être curieux, mais faut pas pousser quand même (j'en ai dans mon entourage... ou plutôt avais, les funérailles sont lundi).

La question de savoir si arte aurait finalement dû ne pas diffuser Hatufim ne se pose pas : c'est un choix éditorial en parfait accord avec l'identité que s'est forgée la chaîne, ces dernières années, dans le domaine des fictions acquises à l'étranger, c'est-à-dire le choix de la qualité et de l'intérêt intrinsèque de l'oeuvre, par opposition à ses chances évidentes de succès commercial. Personne n'a le sens de la prise de risque noble comme arte en matière de séries. Mais il lui faut déployer tout un couteau suisse de promotion pour réussir son pari ; or du point de ce point de vue, Hatufim était poignardée d'avance.

Par-delà le problème de Hatufim (la sortie en DVD fin mai devrait finalement atténuer nos peines ; vous avez de la chance, j'ai pas eu autant de bol avec Kommissarie Winter l'an dernier), la question qui se pose aussi est celle de l'avenir d'une série originale quand son remake nous est parvenu.
Des séries comme Ta Gordin, Rake ou Réttur deviendront obsolètes du jour où leur adaptation (quand elle voit le jour) aura achevé sa première minute sur les écrans américains.

Parce que telle est encore la loi, dans un monde où, ironie du sort, les séries américaines s'inspirent de toujours plus de nationalités différentes : les USA ont toujours le dessus. Au moins commercialement, ce qui est amplement suffisant. arte a beau essayer de nous ouvrir l'esprit à d'autres espaces, d'autres possibilités télévisuelles, pour le moment, USA is the new black.

Il n'est pas suffisant qu'une chaîne comme arte (mais qui d'autre ?) s'aventure sur des terrains comme Hatufim. Il faut qu'elle débroussaille le champs des possibles et déniche elle-même, sans doute en augmentant encore la prise de risques, les perles de demain dont les exécutifs américains s'arracheront les droits quelques mois plus tard. Dégainer par exemple Penoza avec Red Widow qui passe sur les écrans américains (sans même parler de sa réussite ou non outre-Atlantique), ce serait déjà avoir perdu le pari.
Il faut, pour éviter le piège tendu par le parallèle Hatufim/Homeland, qu'arte diffuse sans attendre les Oforia, les Pressa, les SON, les Arven Efter Veronika (bon enfin, non, arte peut attendre la diffusion danoise pour cette dernière, on n'est pas des bêtes). Ou bien qu'elle choisisse des séries quasiment impossibles à adapter, comme Blackstone, Intersexions, Cloudstreet ou 30° i Februari. Il faut prendre une longueur d'avance. Il n'y a pas le choix.

Soyons curieux maintenant.

Posté par ladyteruki à 23:47 - Zappeur, Zappeur n'aies pas peur ! - Permalien [#]

02-05-12

lady's world tour - Escale n°10

Voilà alors on s'absente deux minutes, DEUX MINUTES, et ya des news en pagaille qui tombent d'un peu partout. Ca me met dans une position épouvantable où je vous fais des world tours espacés de moins de dix jours, c'est inconvenant.
Bon, eh bien, comme je sais qu'en plus vous avez horreur de ça, plus vite c'est fait, plus vite on est débarrassés, hein.

RainieYang

- TAIWAN : corpus rainie
Regardez attentivement la photo ci-dessus. Mignonne, hein ? Le sourire plein de bonne humeur, les yeux qui pétillent, la frange où chaque cheveu est parfaitement à sa place... typique d'une idole asiatique, on est d'accord. Vous venez de faire connaissance avec Rainie Yang (un nom de scène anglicisé à destination du public international), chanteuse, présentatrice, comédienne, et je pense qu'elle fait aussi les frites, qui depuis maintenant environ 12 ans officie dans les médias taïwannais, soit depuis l'âge de 15 ans. Admettons-le, Rainie a tout de la petite amie idéale et c'est bien pour ça qu'on l'aime tant (parait-il). Récipiendaire de nombreuses récompenses dans les tout aussi nombreux domaines où elle travaille (dont encore l'an dernier un titre de meilleure actrice pour son rôle dans le drama Hai Pai Tian Xin), c'est un peu l'enfant chérie locale. Aussi commencez-vous à imaginer la stupeur lorsque Rainie a décidé de se mettre à oilp ! Et pas n'importe où, mais dans le pilote d'une nouvelle mini-série forcément très attendue (voir aussi : meilleure actrice pour son rôle dans Hai Pai Tian Xin), intitulée Zai Yi Ci Xin Tiao et diffusée sur le très populaire site Tudou, qui investit énormément dans les séries originales ces dernières années, et avec l'appui de l'office du tourisme australien puisque la série est supposée se passer là-bas (et si possible piquer la curiosité des touristes chinois). Bien-sûr, nous avons les images, parce que, vous le savez, le world tour est avant tout une mission de service public (vous voulez avancer jusqu'à 9mn11 pour voir l'objet du délit). Vous le comprendrez au vu de ces images très crues, il n'est pas étonnant que la réaction ait été épidermique et que l'actrice soit désormais en pleine tourmente médiatique...

- AFRIQUE DU SUD : flic, un gai métier d'avenir
Et puisqu'on parle de service public et que j'ai votre attention. Mardi prochain, les Sud-Africains vont pouvoir découvrir sur la chaîne publique SABC2 une nouvelle série policière, répondant au nom de Streets of Mangaung ; comme son appellation l'indique, elle se déroule à Mangaung, une agglomération au centre du pays d'environ 750 000 âmes. L'angle choisi est semi-policier, semi-dramatique, puisqu'il s'agira autant de suivre les 5 protagonistes de ce cop drama dans leurs interventions, que de comprendre les conséquences de celles-ci sur la population. En dépit de son sujet, la série devrait être regardable par toute la famille, et d'ailleurs l'attaché de presse de SABC2 prévient : "Nous voulons souligner que le travail de policier ou policière n'est pas forcément déprimant ou ennuyeux" (après tout, on est sur une chaîne publique). Les séries policières ne sont pas une chose nouvelle en Afrique du Sud, mais cela n'a jamais atteint les proportions que l'on peut connaître aux Etats-Unis ou dans certains pays d'Europe ; toutefois les choses pourraient bien changer si le projet Law & Order Cape Town se concrétise enfin. Annoncé au cours de l'été 2011 par la ville de Cape Town alors fière comme un pape, pour une durée supposée de 12 épisodes, le projet de déclinaison locale de la fameuse franchise était censé entrer en production ce mois-ci, mais les fonds manquent pour ce projet d'envergure qui du coup reste au point mort. Il faudra essayer de vendre la série à une chaîne, aussi, si possible... Bref, on n'y est donc pas encore et, en attendant, il faudra se contenter de productions policières "feelgood" comme Streets of Mangaung.

- ESPAGNE : Madrid, on a un problème
Est-ce qu'on a mentionné que la télévision espagnole était un peu ric-rac, en ce moment ? Ah, oui. Eh bien il n'y a pas que sur la chaîne publique qu'on compte les centimes. Antena3 a publié son rapport trimestriel et c'est vraiment pas bon. Et ne croyez pas que j'en rajoute à des fins dramatiques : les bénéfices de la chaîne ont reculé de 63,8% par rapport à la même période l'année dernière ! N'en concluez pas cependant que la chaîne pâtisse de ses mauvaises performances : certes, elle a connu des revers de fortune, mais la cause principale en serait la crise (eh oui, encore ce vilain mot). Le marché publicitaire espagnol serait, comme tant d'autres, en nette décélération, puisque depuis l'année dernière, les dépenses publicitaires ont baissé de 15%, et pire encore, la publicité rapporté 39% de moins (soit 56 millions d'euros qui ne sont pas entrés dans les caisses). Bon je suis pas très forte en maths, mais même moi j'arrive à voir que tous ces chiffres ne sont pas très sympathiques... C'est peut-être pas le moment de mentionner que les audiences de Luna, el misterio de Calenda continuent de baisser, pas vrai ?

- POLOGNE : pas d'objection
Mais que se passe-t-il donc en Pologne ? Je sais que vous vous posiez la question. Eh bien la semaine prochaine, par exemple, la série Prawo Agaty entame le tournage de sa deuxième saison. Lancée sur TVN pas plus tard que le 4 mars dernier, la série légale met en scène Agata Przybysz (merci à l'inventeur du pomme-V), une juriste qui travaille pour une compagnie d'assurances jusqu'à ce qu'elle perde son emploi. Comme elle est mère célibataire, il lui faut retrouver du travail rapidement et elle décide donc de monter son propre cabinet avec l'une de ses amies de fac, sauf qu'elle n'a jamais pratiqué le droit civil jusque là. Les 15 premiers épisodes sont encore en cours de diffusion, mais dés le mois dernier, la chaîne privée TVN s'est dépêchée de renouveler Prawo Agaty, vu que la série atteint environ 20% de parts de marché chaque dimanche soir. Difficile de le lui reprocher.

Blackstone-cast

- CANADA : three little indians
Si vous fouillez ardemment votre mémoire (ou les tags de ce post, au choix, je suis pas chiante), peut-être vous souvenez-vous de la série Blackstone, un drama se déroulant dans une réserve indienne et mettant en relief les problèmes sociaux et politiques propres à une communauté native. La première saison avait été diffusée à la fois par APTN, la chaîne destinée au public aborigène canadien, et Showcase, mais la seconde saison, diffusée au tout début de l'année 2012, n'avait pas eu la chance de captiver Showcase et, de fait, avait été regardée par un public extrêmement ciblé. Pourtant, ça n'arrête pas APTN, qui tient là un vrai succès d'estime à défaut de pouvoir toucher un public large ; la série est d'ailleurs nommée de multiples fois pour des récompenses locales tels que les Leo Awards (destinés aux fictions tournées dans l'ouest du Canada) ou les Alberta Film & Television Awards. La chaîne a donc commandé une troisième saison pour cette série pas comme les autres, qui en toute logique devrait revenir début 2013 sur les écrans canadiens. Du coup, Showcase a décidé de rediffuser la saison 1... Intéressé ? Bah cherchez pas à acheter le DVD de la première saison, il est entièrement écoulé. Du coup maintenant vous avez vraiment envie de trouver les épisodes, pas vrai ?

- CANADA on ne s'en lasse pas : stop ou encore
Il n'y a pas que sur APTN qu'il se passe des choses, vous vous en doutez, et on va donc parler de séries plus grand public. Si Twitter s'est relativement fait l'écho de l'annulation de Flashpoint, dont la 5e saison de 13 épisodes sera la dernière, et du renouvellement de Call Me Fitz, en route pour une quatrième cuvée, en revanche peut-être ignorez-vous que la série Todd and the Book of Pure Evil ne connaitra pas de troisième saison. C'est la cruelle vérité, d'autant plus cruelle que vous ne connaissez pas nécessairement cette comédie horrifique, rencontre improbable des monstres de la première saison de Buffy et de l'humour de Code Lisa, avec une pointe supplémentaire de gore si l'on en croit le pilote (oui j'avais les miquettes, non j'ai pas regardé la suite). Tiens puis tant qu'on en est à parler de séries canadiennes, la nouvelle saison de The Listener revient le 30 mai prochain. On se souviendra qu'au départ, la série était diffusée par CTV puis, le lendemain, par NBC qui pensait reproduire le résultat obtenu par CBS avec Flashpoint. Après avoir trimbalé The Listener dans sa grille en quête de résultats probants, la chaîne américaine n'avait pas souhaité poursuivre l'aventure au-delà de la deuxième saison, et à la surprise générale, plutôt que d'annuler la série, CTV en avait commandé une troisième. Eh bien nous y voilà. L'air de rien elle l'a échappée belle, cette série. Profitez-en.

- CANADA pis après on arrête : Golden, eh
Si vous aimez les Golden Globes, cette news va vous plaire. Jusque là, le Canada avait deux récompenses majeures : les Genies pour le cinéma, et les Geminis pour la télévision. La grande décision annoncée hier, c'est que ces deux évènements vont être fusionnés en 2013 pour devenir une cérémonie unique inspirée par les Golden Globes. Seront concernés les films aussi bien anglophones que francophones, et les émissions de télévision anglophones. Il semblerait que les Prix Gémeaux ne disparaissent donc pas puisque la date de leur remise en 2012, c'est-à-dire le 16 septembre, est maintenue. La nouvelle grande célébration de la fiction canadienne n'a pas encore de nom, mais on sait déjà qu'on a rendez-vous avec cette soirée d'un nouveau genre le 3 mars 2013 sur CBC. Marquez vos agendas.

Inkognito

- SUEDE : les projets de TV4
Allez on change de continent, et on va fouiller un peu dans les séries qui se préparent pour la chaîne TV4 ! Outre la nouvelle saison de Solsidan qui se tourne actuellement (pas de surprise, vu que la série avait été renouvelée pour 3 saisons d'un coup l'été dernier), des projets plus ou moins originaux entrent en production en ce moment. Ainsi, Maria Lang, une série en 6 épisodes de 90 minutes, sera une série d'enquêtes située dans les années 50, basée sur des romans de l'auteur Dagmar Lange (Maria Lang étant son nom de plume). Les deux saisons de Morden i Sandhamn commencent également à être tournés cette semaine, tandis que la comédie Inkognito (c'est la ptite photo ci-dessus) devrait voir le jour avec une première saison de 3 épisodes dans laquelle un procureur qui en a marre de ne pas réussir à mettre plus de criminels riches derrière les barreaux, monte une équipe qui s'assure qu'aucun crime ne reste impuni. La série est produite par Tre Vänner qui est déjà en charge des Fjällbackamorden. Cet été, c'est le tournage d'une nouvelle salve d'épisodes de Wallander qui est également prévue, avec 6 nouveaux épisodes. Pour finir, probablement inspirée par le succès de Lilyhammer, TV4 envisage un partenariat avec les studios FOX pour créer une série qui serait filmée à la fois en suédois et anglais. On n'en sait guère plus actuellement, mais cette mode scandinave commence à prendre des proportions épiques...

- NORVEGE : vous reprendrez bien un peu d'humour norvégien ?
Quelqu'un a parlé de Lilyhammer ? Comme par hasard ça me fait une transition ! Anne Bjørnstad, qui a créé la série de NRK et Netflix, planche déjà sur son projet suivant. Vekterne, c'est son titre, sera produite pour TV2 ; ses 12 épisodes, tournés sous la forme d'un mockumentary, suivront une équipe de gardes de sécurité (c'est la traduction du titre) dans un centre commercial, une belle brochette de bras cassés conduite par un vétéran de la guerre en Afghanistan. Ca ne va pas être triste ! La série s'est vue remettre une aide de 4 millions de couronnes norvégiennes (sur les 18 millions de son budget total ; soit 2,3 millions d'euros) de la part du Norwegian Film Institute, et le tournage commencera l'hiver prochain.

- EUROPE : joli tableau
Si vous me lisiez à l'époque de SeriesLive, vous vous rappelez peut-être que j'ai parlé de The Artists, une coproduction entre les chaînes Canvas en Belgique, TV3 au Danemark, YLE en Finlande, NRK en Norvège, Vara aux Pays-Bas, et SVT en Suède. Pour des raisons qui devraient vous apparaitre comme évidentes, la série a été depuis rebaptisée The Spiral, mais elle conserve son cast international. On y trouvera donc Viktoria Winge (Koselig Med Peis) pour la Norvège, Tuva Novotny (183 Dagar) et Donald Högberg pour la Suède, Tommi Korpela et Elmer Bäck pour la Finlande, Thure Lindhardt (Blekingegade) et Paw Henriksen pour le Danemark, Teun Luijkx pour les Pays-Bas, et enfin, Thomas Ryckewaert, Johan Van Assche, Johan Leysen et Lien Van De Kelder pour la Belgique. L'acteur Jean-Marc Favorin a également rejoint la distribution initiale. La série porte sur une bande de voleurs qui dérobent des tableaux dans plusieurs villes d'Europe et est fondée sur un principe d'interactivité : les spectateurs seront mis au défi de retrouver les oeuvres d'art en suivant la piste de ces cambriolages. C'est Arte qui diffusera la série en France (et en Allemagne) exactement en même temps que les autres diffuseurs européens.

Svaty
Svaty, vous l'aviez pas vue venir, celle-là. (moi non plus)

Un petit mot pour revenir sur les Nymphes d'Or. Rappelez-vous, lorsque les nominations ont été annoncées début avril, il nous manquait une catégorie : celle des séries ayant la meilleure audience internationale. Prêt pour le choc de votre vie ? Dans la catégorie dramatique, ce sont Les Experts, Les Experts Miami et Les Experts Manhattan qui sont nommées. Je sais, c'est à peine croyable, qui eût cru ? Beaucoup plus intéressant, au rayon comédies, les trois séries nommées sont Desperate Housewives, The Big Bang Theory... et la comédie ukrainienne Svaty ! Pour finir, en matière de soaps et telenovelas, les séries Amour, Gloire et Beauté, La Reina del Sur et Eva Luna sont en lice.

Comment ? Quoi ? Rien sur l'Australie ? En fait c'est pas pour vous allumer, mais je vous prépare un post d'importance sur ce pays, alors croyez-moi, l'attente en vaut le coup... Bon mais alors, Australie mise à part, qu'est-ce qui vous a intéressé aujourd'hui ?
Je crois que j'ai ma petite idée mais, chut, je ne dis rien, je vous laisse me le confirmer...

Posté par ladyteruki à 22:02 - Love Actuality - Permalien [#]

20-05-11

One little, two little, three little Indians

C'est pas pour être désagréable, mais si vous vous souvenez, fin janvier, c'était pas la joie dans le coin. J'étais un peu désabusée et du coup ma motivation avait largement pris du plomb dans l'aile. Pourquoi je brasse ce genre de souvenirs en ce radieux mois de mai où tout va bien dans le meilleur des mondes (du moins pour autant que ce blog soit concerné) ? Parce que j'ai essayé de me souvenir pourquoi diable je n'avais regardé que le pilote de Blackstone, lorsque le générique est soudain apparu dans ma playlist mercredi après-midi.

Un revisionnage du pilote plus tard, et maintenant que j'ai l'énergie de quatre téléphages, me revoilà à vous parler de Blackstone, avec un peu de retard, certes, mais vaut mieux tard... etc. Bon, du coup ça fera une review plus courte que si je ne l'avais écrite à l'époque, mais au moins elle est là, et j'espère qu'elle suffira à éveiller votre intérêt pour cette série atypique.

Blackstone
Blackstone ne s'embarrasse pas de subtilité : le politicien corrompu, il est corrompu, point barre. On le voit discuter avec ses autres comparses et rire de ses magouilles, sans que la série ne perde de temps à nuancer ses actes ou à chercher à le rendre vicieux. En fait, la démonstration n'en est que plus terrifiante, puisque cela implique que le chef ne s'en cache pas plus que le scénario ne le fait. Il verse des pots-de-vin, il se sert au passage, et il ne semble même pas ressentir de honte à le faire, alors pourquoi dissimuler ses actions ? Il a même le toupet de venir à des funérailles expliquer que si on faisait comme il a dit, ça ne serait pas arrivé. Tout ça pendant que la défunte est flanquée entre quelques planches de contreplaqué parce que ce même chef avait dit qu'il n'y avait pas de budget pour autre chose.
Oui, Blackstone fonce dans le tas, et il n'y a pas de place pour la nuance, l'explication, la relativisation. Certes ça implique qu'au stade du pilote, les personnages sont assez unidimensionnels, mais c'est tout simplement parce que le sujet de Blackstone, c'est plus la politique de la réserve que ceux qui y vivent.

C'est à une vraie série sur la politique locale qu'on assiste ici (mon Dieu, mais comme je m'en veux d'avoir été aussi négligente, elle aurait été parfaite dans The SeriesLive Show !), et sans chercher à se perdre dans des méandres électorialistes : quelles sont les conséquences de telle décision ? Ou de telle absence de décision ?
Et le constat est cinglant : non seulement la politique politicienne et les magouilles se font pointer du doigt, mais la permissivité des habitants eux-mêmes est soulignée dans une cinglante tirade sur l'aveuglement et, surtout, le silence. En réalité, les Indiens laissent faire parce que, comme si bien résumé dans une autre réplique déroutante : "pour autant que les choses aillent mal, il y a aussi une véritable peur de perdre tout ça", tout ça étant la possibilité de rester oisif à boire devant la télé en touchant les allocs. Vlan.

C'est là qu'indubitablement se pose la question de savoir pourquoi regarder une série qui parle de problèmes aussi ciblés.
Oh, vraiment ? Des politiques qui ne font rien, qui se servent dans les caisses, qui ont de belles paroles qui ne réparent pas les tragédies, c'est typique d'une réserve indienne ? L'alcoolisme, la drogue, le désoeuvrement, l'inceste... vraiment, c'est typiquement indien ?
Il faut dépasser ce moment où on ne se sent pas concerné (et je pense qu'il vient forcément un instant, même s'il peut ne durer qu'une seconde, où tout cela semble réellement lointain au spectateur francophone), et admettre que même si c'est de façon différente de nos préoccupations quotidiennes, Blackstone parle de quelque chose qui nous touche aussi chez nous, dans le fond.

Parmi les choses qui m'ont marquée pendant ce revisionnage du pilote, j'ajouterai pour finir qu'il y avait la scène d'ouverture. Un vieil Indien se fait filmer par un autre, plus jeune, qui tente de saisir avec sa caméra la réalité de la culture indienne ; le vieillard raconte une histoire. Et pour conclure, l'ancêtre a ces mots : "Je sais que tu essayes de faire quelque chose de bien avec ces videos. Mais la culture n'est pas simplement ce dont nous avons parlé... les jours anciens... les rites anciens... toutes ces choses qui font qui nous sommes. C'est aussi ce qui se passe aujourd'hui. Si tu regardes autour de toi, la culture s'affiche tous les jours. Violence familiale, alcoolisme, abus de drogue, inceste, suicide, corruption... c'est notre culture maintenant".
Pas d'apitoiement. Pas d'excuse. Pas de cadeau.
Juste un baquet d'eau en plein visage, parce qu'il faut se réveiller.

Je sais que j'étais pas dans mon état normal en janvier, mais j'arrive pas à croire que j'ai préféré espacer le rythme de mes publications plutôt que de vous parler de Blackstone, puis d'avoir osé oublier cette série. L'erreur est réparée, cependant. Aussi vous n'avez plus d'excuse, maintenant.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Blackstone de SeriesLive.
Rho, quand je pense que le pilote a été diffusé le jour de mon anniversaire, je devrais avoir honte.

Posté par ladyteruki à 07:04 - Review vers le futur - Permalien [#]


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