ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

30-12-12

Mon cher cancre

Le plan, ce soir, était de vous parler de Jack & Bobby. D'admettre que, bon, voir toute la saison/série avant la fin de l'année, c'était peut-être un peu ambitieux, hein, héhé, voilà voilà... mais que c'est chouette d'enfin regarder ce marathon, parce qu'il y a plein de choses que j'avais oubliées.
Bon bah finalement je sais pas pourquoi je voulais vous en faire tout un post, voilà, en deux phrases c'est résumé. Next.

Mais quelque chose s'est produit sur ma timeline Twitter qui m'a empêchée de vous en parler.
CECI.

Et ça m'a rappelé combien Partners me manquait. Ce qui est idiot parce que je le savais déjà, et que c'est le genre de crève-coeur qui ne trouve aucune sorte d'intérêt à être rappelé au bon souvenir du téléphage. Mais enfin, on en est là : Partners me manque.
Je ne sais pas, au juste, pourquoi je m'en étonne. Outsourced me manque encore. Better With You me manque encore. Committed me manque encore. Au nom du ciel, The War Next Door me manque encore certains jours ! Vous le voyez, ça n'a rien de nouveau (ni d'exhaustif). Plein de séries me manquent avec les années. J'en trouve de nouvelles pour me plaire, j'ai cette chance (tout le monde ne l'a pas, et il s'est déjà vu que quelques téléphages passéistes vivent uniquement sur leurs réserves d'épisodes d'une poignée de séries fétiches en trouvant que plus rien n'est aussi bon... eh bien c'est pas prêt de m'arriver, je pense !), mais les autres me manquent aussi.

Le plus fou, c'est que dans cette liste, on trouve beaucoup, si ce n'est une majorité, de comédies. Pour moi qui, il y a quelques années encore, avais du mal avec les comédies, je trouve ça plutôt rassurant ; mais il faut quand même admettre que la majorité de ces comédies, je les ai aimées et elles me manquent principalement parce qu'elles me renvoyaient une impression de tendresse et de chaleur, pas nécessairement pour leur hilarité (vous commencez à comprendre ce qui leur a coûté la vie !). Ce sont simplement des univers où je me sentais bien, accueillie par des personnages adorables et fantasques, et ça suffisait.

Evidemment, il y a des séries autrement plus grandes, d'un point de vue objectif, qui ont été annulées et dont la disparition est regrettable, voire même triste, même si souvent elle arrive à un moment où, objectivement, il valait mieux arrêter en pleine gloire voire même une saison juste après. On pourrait en citer plein. Les tops divers et variés des plus grandes séries en comportent généralement pas mal, par exemple. Et quand la EmCrew va finir le Ozmarathon quelque part début 2013, mon premier réflexe sera probablement, dans un post, de vous citer Oz comme l'une de ces grandes séries dont j'aurais aimé qu'elles durent plus longtemps. Il faut dire aussi que j'aime pas finir une série ; ça explique plein de choses, n'est-ce pas ?
Il y a des séries autrement plus capitales dans l'histoire de ma téléphagie, qui ont été annulées elles aussi, et me laissent une douleur bien plus sourde ; Pushing Daisies ou Life, par exemple, comptent parmi les séries parties trop vite, et dont l'absence est bien plus difficile à avaler, parce que non seulement je les aimais, mais elles étaient bonnes, punaise, et ça, pardonnez-moi l'expression, mais ça fout la rage.

Mais parmi ce qu'il est généralement admis d'appeler les "petites merdes", les séries sans avenir qui peuplent à chaque saison les grilles, alors qu'on sait, au fond de soi, qu'elles seront les premiers fusibles à sauter quelque part pendant l'automne (ou au mois de janvier, si elles ont les honneurs de la mid-season, c'est-à-dire qu'elles remplacent déjà un autre fusible et que le disjoncteur donne des signes de faiblesses), il y a de véritables perles qui me rendent toute émue rien qu'à penser à elles, avec une petite larme de joie dans un oeil de retrouver les "vieux" copains, et une larme de peine dans l'autre d'avoir dû s'en séparer si vite, comme quand Delphine a ressorti le générique de Partners.
Pas parce qu'elles étaient meilleures que les séries qui ont survécu (quoique, tout est relatif si on le rapporte à la longévité de Two and a Half Men...), mais parce qu'elles étaient quand même fichtrement sympa et chaleureuses et confortables et... Ouais, accueillantes ; c'est le mot.

Au juste, j'ai beau y réfléchir, je ne trouve rien qui explique pourquoi je sois surprise d'être toujours peinée par l'annulation de Partners, parce qu'effectivement chaque année, il y a toujours une ou deux séries de ce genre pour me donner une petite estocade à mon coeur de téléphage et me rappeler qu'aucune annulation d'une série qu'on regarde n'est vraiment anodine, quand bien même on sait objectivement que ce n'est pas une série d'une qualité inouïe et qu'elle est condamnée à plus ou moins court terme vu les critiques et/ou les audiences. Je devrais le savoir, donc. Mais rien à faire, ça me prend par surprise. Peut-être parce qu'on se fait souvent une très haute idée de nos préférences téléphagiques, ou parce qu'on croit qu'on ne se laissera plus avoir.
Sauf qu'on peut pas lutter contre le fait qu'on s'attache parfois à des séries que le reste de la planète persiste à qualifier de "petites merdes", et encore moins lutter contre le fait qu'une fois de temps en temps, bah ça va nous flanquer un coup au moral que de se rappeler qu'avant, on regardait la série, mais que maintenant on peut plus, que la face du monde n'en est pas changée mais que ça aurait donné une saveure toute différente à un mardi soir ou un samedi après-midi... et c'est déjà pas si mal !

Partners-0Pour l'occasion j'ai pas trouvé de gif du générique de Partners, alors je vous en ai fait un, voilà !

Alors qu'une nouvelle année nous regarde avec défi dans les yeux, l'air de dire "t'as même pas idée des séries que tu vas découvrir cette année", j'aimerais dire que symboliquement, je vais laisser ma petite larmouchette pour Partners en 2012, mais je n'ai toujours pas laissé celle pour Outsourced en 2010, par exemple, alors, bon.
Et dans un an, deux ans, trois ans, il y aura une autre série totalement inoffensive qui m'aura charmée tout pareil, et je vais la regretter tout pareil, en me disant que c'est pas facile d'en faire le deuil, parce que dans le fond, je ne l'ai toujours pas fait pour Partners non plus.
On peut donc en conclure que tout ça est la faute du non-renouvellement de The War Next Door.

Mais se dire que quoi qu'on regarde, n'importe quelle série au monde, absolument chacune, a au moins une personne qui la regrette, a aussi quelque chose d'assez, comment dire ? Téléphagiquement poétique. Vous ne trouvez pas ?

...Bon alors, c'est à vous maintenant : quelle "petite merde" regrettez-vous du plus profond de votre coeur de téléphage ?

Posté par ladyteruki à 22:58 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

06-11-12

[DL] Partners

Il y a des séries, eh bien, quand elles ne passent pas à la télévision pendant une semaine ou deux (par exemple), eh bien, ça fiche un coup au moral, quand même. Et puis, quand elles réapparaissent, eh bien, ouf, soulagement, et bonheur, et chants d'oiseaux. Dans l'intervalle, parfois, je crains qu'elles disparaissent pour de bon, mais non, ça va, elles reviennent.
Un peu comme Ben et Ross.

Alors quand j'ai eu mon épisode de Partners cette semaine, j'étais extatique. Comme ils m'avaient manqué, les quatre zouaves ! On s'attache à ces petites bêtes, l'air de rien. Je ne sais pas trop comment, mais en l'espace de cinq épisodes, j'ai réussi à me sentir chez moi dans le petit univers de Louis, Joe, Ali et Wyatt, c'est comme retrouver une bande de potes, on leur demande pas de changer le cours de l'histoire, tout ce qu'on veut c'est s'asseoir avec eux et passer un moment à déconner tendrement, en se cherchant des poux dans la tête alors qu'on sait très bien qu'on s'adore.
Je sais pas comment vous expliquer ça, mais ça m'a un peu rappelé la saison que j'ai passée avec l'équipe de Better With You. Juste un moment de la semaine où on est là où on devrait être, vous savez ? A rire et applaudir et se régaler de ces personnages qui ont réussi à être à la fois familier et à nous faire rire, alors que le rire contient une part inhérente de surprise ; et en dépit de ce paradoxe, chaque rendez-vous est une demi-heure de rejouissances continues. Oui j'applaudis des comédies ou des émissions humoristiques, et je vais vous dire, je trouve ça très triste les gens qui n'applaudissent pas juste parce qu'ils regardent quelque chose qui est filmé, voilà ce que je pense. Enfin bref tout ça me met de bonne humeur.

Partners
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Vous savez ce qui me met aussi de bonne humeur ? Le générique de Partners. Du jour où je l'ai découpé, il a atterri direct dans ma playlist de génériques de base, celle qui est en permanence dans mon smartphone "pour les urgences". Et chaque fois, absolument chaque fois que le générique déboule dans mes écouteurs (mes playlists sont toujours en mode aléatoire), j'ai un immense sourire. Je ne peux tout simplement pas lutter. Je le trouve efficace en diable ce générique, le rythme est bon, l'ambiance est parfaite, c'est un étendard parfait.
D'accord visuellement, le générique est paresseux, on ne va pas faire mine de n'avoir pas remarqué, mais vu que je passe plus de temps à l'entendre qu'à le voir, ce générique, je m'en fiche un peu.

Partners est l'une des rares séries cette saison ayant daigné mettre en place un véritable générique (et pas un vulgaire panneau), et a trouvé le moyen, en 20 secondes, de se trouver un thème fort qui lui permette d'être parfaitement identifiée. Le générique de Partners a les propriétés des grands génériques de sitcoms, avec des paroles positives à mort, un petit air qui s'imprime facilement dans votre cortex, et un sens du rythme parfait pour se plonger dans l'ambiance de la série. Les grands sitcoms du passés suivaient tous cette règle, c'est imparable. Même avec le fond blanc, le générique fonctionne, que demander de plus ?

Bien consciente que Partners n'a pas forcément bonne presse auprès d'une majorité de téléphages dont j'ai pu lire l'avis (on est une poignée à peine à organiser la résistance), je maintiens que c'est une série qui fait vraiment plaisir. Je pourrais faire semblant de n'avoir que des goûts super sélectifs, histoire de me donner un genre et de ne regarder que des séries supposées dignes d'intérêt, mais rien à faire, je craque complètement devant la fine équipe de Partners. Alors allez-y, balancez la caillasse, je m'en fiche.

PS : je ne peux pas être la seule à voir combien Lee Pace doit absolument interpréter le rôle du frère de Louis. Que ce soit sur un plan physique, vocal, ou même certains tics de jeu, punaise ces deux-là sont obligés d'interpréter des frères ! En plus ils sont tous les deux New-Yorkais d'adoption, venus du Sud, et issus de Julliard, mince quand même, il faut le faire ! Il le faut !

Posté par ladyteruki à 23:23 - Médicament générique - Permalien [#]

15-09-11

Félicitations ! C'est une comédie et elle pèse 175 Mo...

C'est quand Up All Night essaye le moins de me faire rire qu'elle y parvient. Pour être plus précise, les scènes avec Maya Rudolph sont presque systématiquement pas drôles à force d'essayer de l'être, et toutes les autres sont de l'or en barre.

Pas de malentendu : j'adore Maya Rudolph. Mais je commence un peu à la connaître et je sais qu'elle a deux modes : le dramatique, et le caricatural. Elle n'a rien entre les deux. Quand elle donne dans le dramatique, elle utilise sa sensibilité pour apporter de la nuance à son jeu, et elle se repose sur le script ; et quand elle donne dans le caricatural, elle utilise le texte pour faire des drôles de trucs avec sa voix, son phrasé, son corps, mais elle se désengage complètement de l'histoire.
Et comme dans Up All Night, son rôle n'est pas du tout de faire dans le sensible, on se retrouver avec ce personnage outrancier. Le problème, c'est que le ton d'Up All Night, tel que mis en place par le fabuleux tandem Applegate/Arnett (et très franchement, je ne les voyais pas ensemble dans une comédie, mais ils sont incroyablement compatibles), c'est d'être totalement dans l'humour pince sans rire et dans la mesure, donc ça jure épouvantablement.

La bonne nouvelle, c'est que pour le moment, on voit quand même peu Maya Rudolph, mais hélas l'intention de NBC n'est pas de la maintenir dans un rôle secondaire. En attendant de voir ce que son personnage va pouvoir inventer pour être un peu moins agaçant (et pour que l'actrice se calme aussi un peu), on peut pleinement profiter des excellentissimes scènes entre les parents, qui sont des perles. Moi qui ne porte pas spécialement Arnett dans mon coeur, je l'ai trouvé juste parfait, bien plus mesuré que dans ce que j'avais pu voir de lui précedemment (Arrested Development, 30 Rock, un ou deux films...), et la relation avec le personnage d'Applegate est vibrante d'énergie, de complicité et d'intimité.

Le couple qu'ils forment est sympathique parce qu'ils ne deviennent pas des parents ennuyeux, ceux qu'on trouve dans ces innombrables comédies sur la gentille petite vie de famille middle-class (je le sais pour regarder des épisodes de Rodney en ce moment entre deux cartons), et ce ne sont pas non plus des rigolos qui font comme s'ils ne venaient pas d'avoir un enfant ; en fait ils sont pris entre deux feux, et cherchent un équilibre qui dés le pilote est assez bien trouvé. Ni STFU Parents, ni trublions irresponsables (on a déjà Raising Hope si on veut une famille totalement dysfonctionnelle), ils nous font rire non pas parce qu'ils sont ennuyeux comme les centaines de parents de télévision qui ont défilé dans un grand nombre de comédies pendant ces 50 dernières années, ni parce qu'ils font les pitres, mais parce qu'ils veulent juste être bien dans cette nouvelle vie, trouver le juste milieu, se marrer et être responsables, en un mot, être eux-mêmes. Ils me plaisent bien.

Juste une fois, j'aimerais bien que ce genre de comédie (et j'ai le même sentiment avec Raising Hope) tiennent plus de deux ou trois saisons, comme c'est habituellement le cas, et qu'on voit cette famille évoluer avec les années, allant jusqu'à l'adolescence de l'enfant si possible. C'est vraiment le genre de choses qu'il est intéressant de voir sur le long terme, et plus touchant que juste pendant les premières années du bébé. J'espère qu'Up All Night tiendra jusque là, sans trop y croire.

Up All Night, c'est aussi une nouvelle série de la grande famille de SNL (Rudolph est une ancienne de l'émission, Arnett est le mari de Poehler, c'est produit par MONSIEUR Lorne Michaels, et écrit par une ex-scénariste de l'émission...), et c'est peut-être aussi ce qui explique que je m'y sente bien. Le rythme est un peu celui de l'émission à sketches, très peu de longueurs (seulement la dispute "MOI j'étais réveillé") et un côté occasionnellement parodique du monde de la télévision (j'adore le générique débile du show d'Ava) qui font que je suis en terrain connu, je suppose.

UpAllNight
Résultat : Up All Night, c'est bien parti pour être l'une de mes comédies de la saison. Ca tombe bien, avec l'annulation de Better With You et Outsourced, j'étais un peu en manque de trucs à regarder en allant au boulot.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Up All Night de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 16:12 - Review vers le futur - Permalien [#]

21-07-11

Sans faute

Attendez-vous d'une dramédie :
1/ qu'elle possède un concept absolument dément et totalement inédit
2/ qu'elle mette en valeur des acteurs super-connus
3/ qu'elle montre des personnages sympathiques sous des angles variés et fasse passer un bon moment
Si vous avez répondu 3 à cette question, alors vous gagnez le droit d'essayer Nothing Trivial, la série néo-zélandaise qui a commencé hier soir et qui, si elle ne réussit pas à correspondre au 1, et aurait du mal pour nous autres spectateurs français à valider le 2, a tout de même beaucoup de charme.

Mais évidemment, mon regard était forcément biaisé : quand j'ai su qu'il serait question de pop quiz, j'étais conquise. Je raffole de ce genre de jeux et manque cruellement d'occasions de m'y adonner. Par contre j'ignorais complètement qu'il existait des "pub quiz" (à part dans Better With You mais j'avoue que l'intrigue sur le base ball m'avait un peu endormie ce jour-là), et ma curiosité est d'autant plus piquée.

NothingTrivial
Alors c'est vrai, Nothing Trivial n'est pas vraiment bluffante. Partir du principe que les 5 personnages principaux vont se retrouver toutes les semaines dans un bar pour tester leur culture générale et, au passage, parler de leur vie privée, ne se traduit pas de façon hautement conceptuelle. Par exemple je m'attendais à ce que la série se passe intégralement dans le bar, ce qui aurait été franchement original, et au lieu de ça l'épisode est bourré de flashbacks. Certes ces flashbacks n'ont rien d'irritant comme ils peuvent l'être dans d'autres séries, mais c'est pas l'idée du siècle, du coup. Par contre c'est vrai que ça met une bonne ambiance et qu'au moins les personnages ne se retrouvent pas juste pour picoler, il y a quelque chose derrière leurs retrouvailes hebdomadaires qui, à défaut de provoquer une série renversante, permet de lui donner sa propre personnalité.

De la même façon, les personnages ne sont rien qu'on n'ait déjà vu avant. Il y a le type que sa femme quitte, celle qui divorce, celle qui a 40 ans et n'a toujours personne, la petite chose fragile qui sort d'une rupture avec un type étouffant, et un célibataire endurci. Là encore, rien d'absolument palpitant à première vue. Sauf que les acteurs incarnent vraiment leur personnage avec beaucoup d'intelligence. Là où Catherine aurait pu passer pour une insupportable frigide snob et distante, on obtient une femme toute en nuances et pleine de charme, avare de ses mots et pas nécessairement habituée à avoir une vie sociale, mais en tous cas vraiment attachante. Le seul personnage encore en retrait est celui d'Emma, qui pour l'instant est trop timide (et un peu benet) pour se faire remarquer, mais à coup sûr ça pourra se faire par la suite.

En un peu moins de trois quarts d'heure, Nothing Trivial propose avant tout de nous donner l'impression de partager un moment avec cette bande, rien de plus, rien de moins. C'est quelque chose que Go Girls proposait déjà, d'ailleurs, à sa façon, et j'ai un peu le sentiment que c'est assez récurrent chez les dramédies néo-zélandaises, mais on en reparlera quand j'en aurai testé un peu plus. En tous cas il n'y a pas d'autre ambition que d'être une série chaleureuse qu'on a envie de suivre pour ses personnages, et, en ce qui me concerne, pour me tester aussi en matière de littérature, cinéma ou histoire, au passage. Mais d'un autre côté, le pilote n'a strictement rien à se reprocher.
Rien de tout cela ne fera entrer Nothing Trivial dans les annales de la télévision. Mais l'épisode propose un moment plein de charme, d'énergie et de divertissement. Eh, c'est pas un gros mot, après tout.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Nothing Trivial de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:08 - Review vers le futur - Permalien [#]

14-05-11

Used to be everything you want

Chaque année c'est le même cirque. Le même sentiment d'invincibilité. Chaque année on se dit qu'on s'en fiche. Ou au moins, qu'on s'y intéresse un peu moins. Chaque année il y a eu tellement de découvertes qu'on se dit que ce n'est plus pareil, ce n'est plus comme à l'époque où on regardait trois ou quatre séries, toutes à la télévision, et que les annulations faisaient tout. Non, aujourd'hui on a plus de choix, on a découvert des sources intarissables de nouveautés, et on espère que la loi du nombre va relativiser tout ça.
Chaque année, les premières annulations tombent et on hausse les épaules.

Et chaque année on tombe des nues quand tout d'un coup, on découvre qu'on n'était pas immunisé contre la déception.

Ilsontose
Cette saison, contre toute attente, a vraiment été celle des comédies pour moi. L'automne a été marqué par trois comédies que j'ai suivies amoureusement chaque semaine, du moins quand elles nous faisaient l'honneur d'être diffusées régulièrement. Pour moi qui ai toujours préféré les drames et les dramédies, c'était nouveau. Mais j'avais trouvé trois séries, à la rentrée, qui m'avaient vraiment plu, pour différentes raisons pourtant.

Il y avait Raising Hope. C'était décalé, et en même temps ça me plaisait de voir une famille aussi chouette à la télévision. Raising Hope a été renouvelée il y a un bail déjà ; pour cette raison, ce post ne lui sera pas consacré, bien que ça n'enlève rien à son mérite.

Il y avait Better With You. Avec un cast épatant à l'alchimie palpable, le sitcom était peut-être traditionnel à bien des égards mais il fonctionnait parfaitement. Et en tant que nostalgique de Committed, c'était vraiment un plaisir de chaque instant de voir la radieuse Jennifer Finnigan retrouver son comparse Josh Cooke et reformer l'un des duos les plus doux-dingues de la décennie, avec la joie supplémentaire de voir JoAnna Garcia se joindre à la fête, et Debra Jo Rupp, l'une des valeurs sûres de la comédie américaine, venir rajouter son énergie à tout cela. Qu'importaient les gags parfois convenus, les éternelles comparaisons entre les trois couples, et l'absence presque totale de character development. Better With You faisait tout simplement chaud au coeur parce qu'on s'y sentait sincèrement en famille, vraiment.

Et puis il y avait Outsourced. L'une des comédies les plus barrées de ces dernières années, et pourtant dotée d'une humilité rare, et capable de capturer ce que peu de séries savent effleurer : une joie sincère de divertir. J'ai rarement vu un cast se donner autant de plaisir à nous faire plaisir, à faire les dingues sans se prendre la tête, pour le plaisir d'être là. Je me repasse souvent la scène du cirage du couloir, parce que pour moi elle cristallise vraiment la bonne humeur pure et joviale qui ressort de cette série. Outsourced n'était pas de celles qui gagnent des Emmies à la pelle, mais elle avait un don exceptionnel, celui d'être honnête sur ses objectifs comme elle pouvait l'être sur son sujet, la différence culturelle. J'ai ressenti devant Outsourced une joie des plus sincères, que la plupart des comédies, conditionnées par des décennies d'expérience dans le rire préfabriqué, ne peuvent fournir (et Better With You que j'ai pourtant aimée en faisait partie, qui comme tant de séries humoristiques de ces dernières années n'a jamais su dépasser son cahier des charges). Dans Outsourced, je (re)trouvais le plaisir de rire des choses simples, l'envie de simplement profiter de la vie comme de grands enfants, la volonté de rire autour de sujets qui dans d'autres contexte crispent. J'ai eu l'impression d'assister pour la première fois à une comédie américaine capable de recréer l'innocence qu'on trouve dans tant de séries orientales, comme si elle avait pu s'affranchir totalement des codes blasés de la comédie qu'on a si souvent vus, et qu'on verra encore. Je ne m'intéressais pas aux axes romantiques, mais je dois aussi reconnaître qu'en plus, la série avait un don assez exceptionnel pour nous rappeler certaines comédies romantiques asiatiques. C'était simple, et pourtant la série offrait beaucoup, dans des performances individuelles et de groupe souvent ébouriffantes de rythme et d'énergie, où le seul acteur un peu moins drôle que les autres finissait toujours par être emporté par le tourbillon pour donner de bonnes scènes.

Je me suis fait deux mini-intégrales d'Outsourced en cours de saison, une pendant la trève hivernale et l'autre fin mars, et j'en aurais dévoré encore pendant de nombreuses autres saisons avec le plus grand plaisir.

UsedtobeBetter
Mais ce ne sera pas possible. Et je suis fâchée, peut-être même vraiment en colère, et j'ai envie de tout plaquer et je me demande ce que je vais bien pouvoir regarder à la télévision l'an prochain, et soyons honnêtes, c'est comme ça depuis quelques années, la plupart des séries que j'aime ne durent qu'une ou deux saisons, et chaque année il y a cette sensation de tout recommencer, en sachant qu'on en est encore à faire le deuil de séries qu'on a sincèrement aimées, mais qu'il faut essayer de donner une chance équitable aux nouveautés.

On croit qu'on va être stoïque. Et puis on se met à verser une petite larme et on admet qu'une fois de plus, on n'est rien d'autre qu'une petite fille à qui on vient de crever le ballon de baudruche.

Mais vous savez quoi ? Dans quelques mois, il en viendra d'autres, et quoi que j'en dise ce soir sous le coup de la déception, je finirai par trouver une autre série qui me tienne pendant toute une saison, et je serai encore triste quand elle sera annulée. C'est idiot, hein. Mais on continue. Parce que si on ne voulait pas aussi prendre ce risque de s'attacher en dépit des annulations... on serait des cinéphiles, je suppose ? Et puis, peut-être aussi qu'on le cherche un peu, ce sentiment désolant de vide quand viennent les annulations ; ça nous permet de vérifier qu'on s'était attachés.

Alors, je vais finir ce post comme certains épisodes se finissent.

Annulees

Posté par ladyteruki à 00:15 - Point Unpleasant - Permalien [#]


22-03-11

We're not quite there yet

Des blogs téléphagiques pour vous reviewer le pilote de Breakout Kings, vous en trouverez facilement ; certes, celui que vous avez actuellement sous les yeux n'en a pas fait partie, du fait du rythme de publication hebdomadaire et tout simplement de mes envies. Mais en tous cas, ça n'a pas manqué, et si les 720 news sur le pilote, la commande de la série, le casting, les guests, la diffusion et les trailers ne vous ont pas fait penser à vous intéresser à Breakout Kings, les reviews s'en sont chargées, et nul ne peut ignorer l'existence de cette série. Que vous choisissiez ensuite de regarder ou non vous appartient, mais en tous cas, ce choix est informé. C'est le cas de bien d'autres séries américaines, et on a souvent l'impression de savoir, maintenant, tout ce qui (se) passe outre-Atlantique.

Et pourtant, non. Pour vous parler du pilote d'une série ayant démarré en janvier sur BET, désolée de vous le dire mais il n'y a pas grand'monde. Je ne lis peut-être pas les bons sites/blogs, c'est possible aussi, mais il me semble néanmoins que les téléphages tenant un blog ont, comment dire ? Une sorte de mémoire sélective... C'est un peu le même problème que pour l'information, en fait : on veut bien vous faire des news à la pelle sur les séries que tout le monde connaît, mais hors de question de faire une news sur une série peu connue (exception soit faite des audiences et parfois des diffusions, d'ailleurs encore une fois, on ne le dit pas assez, merci à Critictoo qui s'efforce de laisser moins de poissons échapper aux mailles du filet).

Eh bien pour les reviews c'est pareil. Personne ne peut prétendre à l'exaustivité, mais force est de reconnaître que peu s'y emploient vraiment.

C'est totalement par hasard que je suis tombée sur une cagoule du pilote de Let's stay together. Là où je l'ai trouvée, j'étais venue y chercher tout autre chose. Mais je tombe sur ce lien et je me dis "diantre, un pilote américain récent dont j'ignorais l'existence", et je ne me vois pas ne pas cliquer, voyez-vous, c'est dans ma nature de pilotovore de ne pas résister.
Je sens bien, en regardant la photo de promo, ou ne serait-ce que vu la chaîne sur laquelle cette série est diffusée (BET, pour Black Entertainment Television, on fait difficilement plus explicite), que je ne suis pas dans son public-cible. Je sais aussi que la plupart de ces comédies ne partagent pas... ma conception de l'humour, dirons-nous. D'un autre côté, je suis blanche (et même pas une américaine blanche), alors culturellement ça s'explique. Mais enfin, est-ce une raison ? Alors je clique, enrageant de savoir que ce pilote a été diffusé en janvier et que je n'en savais même rien.

Ah ça, il n'y a pas grand'monde pour reviewer, ne serait-ce qu'au stade du pilote quitte à laisser tomber ensuite, des séries comme Let's stay together, Are we there yet?, Meet the Browns, House of Payne et toutes ces comédies tellement ciblées que, oh bah écoutez, on va pas en parler, on n'est pas concernés (ce qui me fait vraiment penser qu'il n'y a que des blancs dans la blogosphère téléphagique).

Les séries que nous ignorons plus ou moins délibérément en disent sans doute autant que celles auxquelles nous choisissons d'accorder du temps (et de l'espace sur nos sites et blogs), finalement.

LetsStayTogether
Let's stay together est-elle un bijou insoupçonné à côté duquel la communauté téléphagique francophone est tristement passée ? Je vais pas vous raconter des conneries : non, mais elle est définitivement dans la moyenne supérieure comparée à la plupart des séries que je viens de citer (ya que dans ses rêves que TBS est "very funny").
Je partais, finalement, avec un certain a priori négatif dû à mes expériences précédentes, souvent malheureuses comme les tags de ce post en attestent, et je m'attendais en toute sincérité à ne pas rire du tout. Ajoutez à cela que j'étais quand même un peu fâchée par le facteur "il y a les séries dont on veut bien parler, et il y a les autres", et vous avez une idée de mon humeur en lançant le pilote, que je m'apprêtais à regarder sur la seule base du principe que merde, si je ne suis curieuse que pour les trucs alléchants, c'est trop facile, et que c'est pas parce que personne n'en a parlé que je ne vais pas me faire une opinion.

Eh bien, figurez-vous que j'ai souri une fois ou deux, et même ri, une fois. Une seule, d'accord, mais c'était un rire franc, pas un petit rire genre "ouais allez, accordons-leur ça", un peu condescendant, qu'on accorde à une comédie qui se donne du mal, peut-être un peu trop, mais qui n'a pas totalement atteint son but.

Et finalement, c'était au moins aussi "exotique" que de regarder un épisode d'Outsourced ou de The Circuit. On sent un grand attachement à une subculture américaine qu'au bout du compte, à bien y réfléchir, on connait mal, et où les rôles de l'homme et de la femme (puisqu'il s'agit d'une comédie basée sur la vie amoureuse de 5 personnages) sont codifiés de façon différente par rapport aux protagonistes auxquels nous sommes habitués dans d'autres séries moins ciblées.

C'est vrai, c'est le genre de série où les acteurs ont légèrement tendance à surjouer (mais le surjeu, parfois ça peut fonctionner, après tout). Il est bon de noter que : pas tous. Les persos masculins, en particulier, m'ont bien plu, ils avaient quelque chose de moderne pour une comédie de ce genre ; j'ai craint un côté un peu macho qui en fait ne s'est jamais présenté, pas de clownerie exagérée non plus, juste deux personnages masculins pris dans des contradictions - et parfaitement à l'aise avec le fait de les montrer, et donc d'afficher une certaine vulnérabilité sans s'excuser, mais sans les masquer pour paraitre plus viril. C'est quelque chose qui est appréciable même sans parler du public ciblé auquel la série est destinée, et qu'on ne voit pas tant que ça dans un sitcom aussi classiquement réalisé que celui-ci (quand Better With You, par exemple, et que pourtant j'adore pour d'autres raisons, fait régulièrement la gaffe de tourner en ridicule la moindre faille de virilité de ses personnages masculins, et notamment Ben ; c'est une des facilités qui m'agacent un peu chez cette série à l'occasion).
Quant aux personnages féminins, qui sont plus irritants de mon point de vue de nana pas très gonzessifiée, elles présentent au moins l'avantage d'être des modèles différents de ceux qu'on voit dans la plupart des autres séries (un aspect qui, quitte à passer par tous les clichés possibles sur les afro-américains, est récurrent dans ce type de séries, où les femmes ressemblent à des femmes et pas à des mannequins, tout en étant légèrement au-dessus du niveau de la femme de la rue histoire de quand même apporter une touche de glamour). Ce sont d'ailleurs elles qui offrent les plus grosses impressions de fossé culturel, avec l'attention exagérée qu'elles portent à certaines choses, comme dans l'histoire de la bague de fiançailles. Il y a un côté Bridezilla chez la réaction des filles vis-à-vis de cette bague... et en ne tournant pas non plus ces personnages-là en ridicule (une tentation à laquelle Damon Wayans n'aurait pas résisté, tel que je le connais, par exemple), la série valide à la fois ma théorie selon laquelle c'est culturel et donc parfaitement acceptable pour le public regardant la série, et mon impression d'une nuance dans cette série, en tous cas plus que dans la plupart des autres de son genre.

En regardant ce pilote, j'ai donc voyagé dans un endroit des Etats-Unis que je connais mal, où on n'applaudit pas mais où on claque des doigts, où les restaurants sont fréquentés uniquement par des noirs... mais qui est aussi curieusement confortable parce qu'ultra-codifié, tout en s'autorisant quelques petites touches d'innovation et de subtilité çà et là. Et avec, donc, une scène vraiment drôle, ce qui n'était pas garanti au départ, la plupart des autres scènes se contentant d'être sympas, sans plus.

Non, Let's stay together n'est pas une perle. Ce n'est pas la série dont il faudrait que tout le monde parle mais à laquelle pas assez de monde ne prête attention (c'est Portlandia, ça...). Mais quelque part, ça remet les idées en place, ce genre d'expérience. Ca rappelle que même pour se tenir au courant de ce qui se fait aux USA, rien n'est acquis, et il y a encore des angles morts.
Si ce n'était pas une série indispensable, pourquoi m'être donné la peine d'en parler, me direz-vous ? Surtout quand ça me demande de faire un effort dans mon rythme de publication, revenu à "un post chaque vendredi. Minimum". Eh bien... c'était un pilote (raison n°1), un pilote récent (raison n°2), et enfin, un pilote sympathique (raison n°3). Donc ne pas en parler, quelque part, ç'aurait été dommage. Et puis, parfois il n'y a pas besoin d'aller chercher au Brésil ou en Pologne des séries à (faire) découvrir, et c'est pas plus mal de se le rappeler une fois de temps en temps.

Let's stay together, ce n'était pas extraordinairement bon, mais ce n'était pas du tout mauvais. Il fallait simplement le regarder pour le savoir. J'espère vous avoir convaincus d'aller vérifier par vous-mêmes, vu que vous ne pouvez pas compter sur les autres pour vous tenir au courant de tout.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Let's Stay Together de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 07:49 - Review vers le futur - Permalien [#]

21-03-11

I just can't get enough

Dans The SeriesLive Show, encore vendredi dernier, nous nous plaignions de la diffusion prévue pour Empreintes criminelles (punaise, encore un tag de série française sur ce blog, on m'aurait dit ça ya quelques années...), à savoir deux soirées de trois épisodes chacune. Et ce n'est pas nouveau, ni prêt de s'arrêter, au regard de la diffusion de The Good Wife, de Glee, de... allez, je vous laisse compléter la liste en commentaires (ce sera marrant de voir combien de titres vous pourrez citer, tiens).

A cet égard, ma position a toujours été claire : une position à la Coffe. C'est de la merde, ces diffusions ! Les séries sont conçues pour être consommées à un rythme hebdomadaire, leur construction repose dessus, leur narration repose dessus, bref c'est fait pour, et si à l'origine une série est créée sous un format hebdomadaire, c'est normal d'en suivre le procédé une fois en France ! Qu'est-ce que c'est que ces manies de prendre un format qui fonctionne et le modifier ensuite comme s'il nous appartenait d'en décider ?
Voilà, vous pouvez ajouter vos propres arguments sur le "respect de l'oeuvre initiale" et le "cadre de diffusion destructuré en France", où le spectateur n'a "jamais été éduqué à avoir des exigences", vous connaissez les thèmes par coeur, hein, je vous laisse faire.
Alors bien-sûr, bien-sûr, il y a le mode "marathon" que les téléphages connaissent bien, qui est introduit avec, notamment, l'usage du coffret DVD. Mais c'est pas pareil, on est tous d'accord. D'ailleurs dans une majorité des cas, le marathon, c'est pour les séries qu'on connait déjà. Ou pas, je vous l'accorde, mais j'ai dit "majorité", pas "exclusivité".

Je vais être sincère avec vous : il y a des séries pour lesquelles un seul épisode inédit par semaine, ça fait quand même peu. Il y a de nombreuses, très nombreuses fois où, mon épisode fini, j'ai eu mon content, je suis satisfaite, je me retourne de l'autre côté et je m'endors.
ET PUIS... trois jours plus tard, quand j'ai eu fini de réciter les meilleures répliques, re-regarder les passages clé, parler de combien l'épisode était génial à mon entourage qui prend un air intéressé parce que sinon ça dure encore plus longtemps... eh bien, là, vient le manque. Et je m'en enverrais bien un ptit deuxième derrière la cravate, voyez. Le petit frère. Mais voilà, d'inédit point, pis au bout d'un moment les épisodes précédents on finit par les connaître par coeur. Donc attendre une semaine, c'est de la torture. Ils faisaient ça à Guantanamo, il parait. Bref, le rythme hebdo trouve ses vraies limites quand on apprécie vraiment, sincèrement et entièrement une série.

Alors d'accord, c'est conçu pour, on ne reviendra pas dessus. Mais, c'est juste une suggestion, hein... est-ce qu'on peut envisager de les concevoir autrement ? Sur un rythme différent ?

Prenons l'exemple des séries sud-coréennes. Ce qui est génial c'est que, quoi que vous attendiez de la télé, il y a toujours un pays du monde pour vous le donner (ça pourrait être mon slogan !).
Pour ceux qui ne suivent pas, dans le fond, je rappelle qu'en Corée du Sud, le prime time sur les grandes chaînes, c'est deux heures d'une même série chaque semaine. Mais attention ! Le truc, c'est pas que les Sud-Coréens s'enfournent deux heures d'affilée, noooon, ce sont deux heures réparties sur deux soirées d'une même semaine. Donc pour faire plus clair : pour une série qu'on nommera XYZ, le 1x01 est diffusé le lundi à 21h55, le 1x02 est diffusé le mardi à 21h55, et la semaine suivante on continue sur le même mode. Résultat des courses : on ne baisse pas la qualité de la série comme il faudrait le faire pour une série quotidienne (ne serait-ce que sur un plan budgétaire), mais on n'a pas à attendre TOUTE une semaine. Deux épisodes par semaine, ça c'est bien, là d'accord.

Deux épisodes, mais pas d'affilée, parce qu'il faut avoir le temps de savourer, pas juste se goinfrer bêtement d'inédits pendant toute une soirée, comme quand vous allez chez Flunch et que les légumes, y compris les frites, sont à volonté, et que pour une raison qui vous échappe, vous ne vous arrêterez pas de vous reservir des frites tant qu'il y en aura dans les plats. Non ? Que moi ?

Des séries pour lesquelles j'apprécierais un double rendez-vous hebdomadaire ? Là comme ça, en ce moment (mais dans 15 jours ça pourra avoir changé), Harry's Law, Fairly Legal (même si les deux derniers épisodes étaient un peu moins chouettes), Better With You, Outsourced... Oui en fait, essentiellement des comédies ou des dramédies. Donc des séries pour lesquelles ce serait ptet même plus facile à faire.
L'appel est lancé.

TwiceaWekk

Posté par ladyteruki à 17:06 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

05-01-11

Pas vue venir

Pour une raison qui m'échappe, hier j'ai eu une petite pulsion de sitcom. Vraiment, je ne sais pas d'où ça m'est venu, à plus forte raison parce que les sitcoms, d'ordinaire, ce n'est que modérément mon truc.
Et pourtant, hier...

MikeMolly

 

Betterwiththem

Je suis d'ailleurs assez étonnée parce que ces séries, et notamment Mike & Molly, ne m'avaient pas franchement convaincue au départ. Et finalement, bah je sais pas, je m'attache au côté romance de Mike & Molly (ainsi que l'extraordinaire perso de la sœur de Molly dont je déguste chaque scène) et je suis de plus en plus sous le charme des personnages de Better With You.
Donc finalement, l'air de rien, ces derniers temps, je me suis fait une séance de rattrapage qui avait une forte parenté avec une intégrale, osons le dire. Double intégrale, donc.

C'est assez étonnant, quand même, vu mon ressenti du moment, et l'objectif de revoir Brothers & Sisters en ce début d'année (mais finalement je n'ai regardé que le pilote), ça parait un peu incongru.
Mais bon, la téléphagie, c'est aussi ça, être pris par surprise par l'envie de regarder des trucs dont on sait très bien qu'on ne tombera jamais follement amoureux, mais qu'on trouve, une fois de temps en temps, plaisir à regarder en intraveineuse, juste parce que ça met de bonne humeur. C'est même pas un guilty pleasure, parce que je ne trouve pas ces séries nulles, mais peut-être tout simplement qu'à la faveur d'un coup de mou comme j'ai eu pendant les fêtes, où j'étais dans l'après-Doctor Who, ça marchait mieux sur moi que pendant la saison des pilotes, à la rentrée. Finalement, j'étais peut-être sévère, j'attendais trop de ces séries.

Ces revisionnages pendant lesquels je donne une nouvelle chance à certaines séries, c'est vraiment une source de surprise sans fin.

Posté par ladyteruki à 23:57 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

14-10-10

The Telephsage Experiment : l'épilogue

Jour7_1

Mode lapin blanc : "en retard, en retard... je suis encore en retard !". A minuit UNE vous pouvez être sûrs que je tricotais toutes les cagoules possibles et imaginables. Comme on dit, j'ai pas laissé ma part au chien ! (d'façon j'ai pas d'chien)

Bien que très occupée, à quelques heures de mon départ pour Scénaristes en Séries, je ne vous cache pas que j'ai quand même fait un peu de place (notamment pendant les trajets) pour Raising Hope, Outstourced, The Good Wife, Better With You, Mike & Molly et The Big C. Ai-je besoin de préciser que ces séries figuraient justement sur ma liste d'urgences à rattraper ?
En fait et puis que le temps manquait, j'ai volontairement abandonné deux heures de sommeil pour m'envoyer quelques unes d'entre elles avant d'aller me coucher hier (nan mais tout va bien, je suis encore fonctionnelle avec 4h de sommeil...). Je suis atteinte et j'assume : toutes ces séries m'avaient manqué. Certaines plus que d'autres, c'est évident, on ne va pas se le cacher, mais quand même.

C'est assez incroyable d'ailleurs, l'effet que le manque a eu sur moi : alors que je fonctionne en général sur deux niveaux, un sur le suivi hebdomadaire et l'autre sur la monomaniaquerie ultime, le simple fait de savoir que je ne pourrais pas faire l'un m'a détournée de l'autre. Je n'ai dévoré aucune autre série avec assiduité pendant cette semaine, picorant ici et là, m'offrant des rediffs et des découvertes, mais jamais plus. On aurait pu penser que ça me libèrerait du temps pour une intégrale quelconque (ne serait-ce que Jack & Bobby que je veux me faire depuis, quoi ? des semaines ? des mois ?), mais pas du tout. Au lieu de me dégager du temps libre, l'absence de cagoulage m'a au contraire totalement mise en déroute.
Alors que soyons francs, on ne peut pas vraiment dire que je me sois prise en traitre et que j'aie lancé ce défi sans m'en avertir au préalable.

Parmi les tonnes de choses que j'avais cagoulées récemment, assez peu, en fin de compte, ont trouvé le chemin de mon écran (l'une des notables exceptions étant Doctor Who). Au lieu de mettre l'accent sur ce que j'avais déjà, le manque a mis l'accent sur ce que je voulais. Alors que là, étrangement, depuis que les affaires ont repris, je me surprends à repiocher allègrement dans ce que j'avais cagoulé juste avant que le défi ne commence... cherchez l'erreur.

J'en conclus donc que c'est une bonne chose de cagouler puisque ça nous évite de faire des stocks inutiles !
Bon, non, je me garderai bien d'émettre la moindre généralisation sur ce que cette expérience signifierait à grande échelle. Moi, ma consommation et mes obsessions, c'est un cas particulier, ça n'est pas universellement parlant. Quelqu'un qui par exemple ne suit pas "en sortie d'usine" autant de séries que moi ne réagirait sans doute pas de la même façon. Quelqu'un qui aurait peu de DVD non plus. On a tous notre façon de réagir. Notre rapport au cagoulage est différent, pour chacun d'entre nous. Certains cagoulent par flemmardise, d'autres par réelle passion ; et tout ce qu'il y a entre les deux, aussi. L'expérience était intéressante parce que j'ai testé mes propres limites (et ma volonté !), mais chacun réagirait différemment.
Pas d'inquiétude, je ne pousserai pas le vice jusqu'à vous encourager à faire la même chose.

Vous ne m'écouteriez pas de toute façon. C'est ce qui prouve que vous êtes aussi atteints que moi, d'ailleurs, amis téléphages.

Posté par ladyteruki à 23:57 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

25-09-10

C'est pas très joli-joli-joli de me prendre par les sentiments

Combien de téléphages ont vu le pilote de Committed ? Ouais, ça fait pas lourd. Et combien parmi eux ont regardé l'intégrale de Committed ? Mouais, je m'en doutais un peu. Bon, je vais encore une fois parler dans le vide mais...
N'est-ce pas la chose la plus géniale au monde quand deux acteurs qui jouaient un couple dans une série il y a quelques années, se retrouvent dans une autre pour jouer un couple aussi ?! Retrouver Jennifer Finnigan (que personnellement j'aime bien) et Josh Cooke ensemble dans Better With You a énormément joué dans ma réaction face à ce pilote. Ajoutez à cela la présence de Joanna Garcia (Reba, Privileged...) et j'étais nécessairement aux anges. C'est comme retrouver une bande de potes !
Accessoirement c'est drôle pour Kurt Fuller et Josh Cooke aussi mais comme je n'ai vu que le pilote de Big Day, on va se contenter des petits caractères...

Betterwithyou

Et malgré les années, personne n'a changé : le jeu est le même, l'intérêt de la série est le même. Je vous adore, les mecs, mais vous pourriez pas faire de meilleurs choix de carrière ? Je sais bien, vous n'êtes pas exactement le plus incroyable trio d'acteurs de la Création, mais j'aurais aimé me réjouir de ce pilote pour d'autres raisons que de voir Jennifer et Josh ensemble, ou les scènes en Jennifer et Joanna (je réalise que ça fait trois "J" tout d'un coup...).

Better With You vaut principalement pour la fraîcheur de son cast, enthousiaste et dynamique. On parle de gens qui ont des années de télévision derrière eux (et pas seulement ce trio, d'ailleurs) et qui savent ce qu'ils font. Peut-être un peu trop, mais bon.
Oui, c'est peut-être ça le problème de Better With You : tout y est si lisse, si policé, si parfaitement à sa place. Le pilote manque de fantaisie, essentiellement dans sa réalisation.

Car si on y réfléchit bien, l'idée n'est pas mauvaise. Éculée, mais pas mauvaise : comparer la vie de 3 couples qui en sont à un stade différent de leur vie commune, et qui font tous partie de la même famille, ce qui donne autant d'occasions de faire se percuter ces trois univers. Et les choix de ces couples sont originaux. J'ai énormément aimé le couple formé par Jennifer et Josh qui ont fait le "choix parfaitement valide" de ne pas se marier malgré des années de vie commune. Mais les parents, que la crise a énormément décoincés, sont pas mal non plus dans leur genre.
Mais le modèle du sitcom (qui à mon sens est dépassé pour 90% des pitches comiques d'aujourd'hui, je suis désolée mais la comédie en single camera a depuis plusieurs années prouvé les limites de ce genre) gâche complètement cette radiographie qui pourrait être pétillante. Elle ne l'est pas, parce que les personnages ont leur quota de blagues à sortir, au lieu d'être simplement drôles et loufoques, sans la pression de devoir satisfaire à un quota de rires dont l'authenticité me semble propre à être remise en doute.

La relation entre les deux sœurs et entre les deux beaux-frères, est prometteuse, mais tout ça est tellement convenu sur la forme qu'il faudrait une excellente raison pour s'aventurer tout de même dans la poursuite de cette série qui...
...Une raison comme les 3J ?
Uh-oh.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Better With You de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:49 - Review vers le futur - Permalien [#]


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