ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

26-09-12

Love at second sight

Avec la rentrée, certaines séries ont repris. New Girl, par exemple ; j'avais rattrapé la saison vite fait cet été, je me demandais si j'allais suivre la saison 2 de façon régulière, eh bien pour le moment je n'ai trouvé aucune raison de le faire. Up All Night, aussi, puisque j'ai fini la saison 1 et embrayé sur la seconde ; la série est égale à elle-même (en dépit des changements) mais il n'y a pas de quoi en faire son coup de coeur de l'année ou même de la semaine.
Et du côté des pilotes, c'est pire : je redoute le moment où, parce que je n'aime pas laisser un défi inachevé, je vais devoir m'atteler à la review de Vegas. C'est atroce, j'ai à peine tenu une vingtaine de minutes. La dernière chose dont je me souviens avant d'avoir stoppé la lecture de l'épisode, c'est que j'en étais arrivée au point où j'essayais de trouver une formule à succès qui ne soit pas rempompée dans Vegas... un autre genre de challenge, en quelque sorte.

Unite9-ByNight

Alors, après cette soirée pas franchement concluante téléphagiquement, j'ai décidé de lancer le deuxième épisode d'Unité 9, et là, ouf, enfin, j'ai passé 45 vraies bonnes minutes de télévision. Il n'est pas dans mes habitudes d'écrire un post pour chaque épisode que je regarde pour une série donnée, mais il faut quand même que je vous dise : Unité 9, c'est vraiment de la qualité.

La première journée de Marie en prison (l'épisode reprend en effet quelques secondes après la fin du pilote) est de nature à faire pleurer le plus endurci des vikings comme une fillette. Sérieusement, l'atmosphère est incroyable, les silences sont terribles, et le regard de Guylaine Tremblay.. nom d'un chien, j'en tremble encore. A un moment, l'ambiance était tellement saturée de frustration, de colère et d'humiliation que j'avais envie de hurler. C'est très puissant et c'est sans aucune surenchère, c'est incroyable.
Que certaines scènes du pilote de Capadocia (qu'il faut vraiment que je reprenne un jour quand j'aurai le temps) me reviennent encore, et me vrillent les nerfs, bon, normal. Comment rester de marbre quand on voit ce qui se passe pendant l'émeute ? C'est violent, extrême, animal, c'est la démonstration de ce qu'il y a de pire en l'être humain, on ne peut pas rester insensible à ça, c'est même fait pour heurter le spectateur. Mais le deuxième épisode d'Unité 9 ne fait appel à rien d'extrême. Elle est là, la violence, dans le fait que c'est la procédure, tout ce qu'il y a de plus normal, tout ce qu'il y a de plus habituel... Shandy n'est pas révoltée, elle a vu ça on ne sait combien de fois. Mais on se met dans la peau de Marie, ce personnage pourtant si difficile à comprendre (on ne sait pas vraiment ce qu'elle a fait, encore moins pourquoi ; en plus elle parle très peu), et on vit cette arrivée en prison avec elle, et il est absolument impossible de ne pas ressentir la même claque au visage qu'elle.
Et ça fonctionne en fait d'autant mieux que rien n'est fait pour être choquant. Au contraire, la camera s'attarde sur le regard des surveillantes, et on n'y lit aucune haine, ou volonté d'humilier. Peut-être éventuellement du mépris, et encore, en interprétant déjà un peu. Ce que fait Unité 9, c'est attraper quelque chose de puissamment réaliste et de l'utiliser à des fins de dramatisation, et ça fonctionne incroyablement bien.
Sans compter qu'il y a des personnages qui commencent vraiment à devenir intéressants. Outre Marie, avec laquelle on apprend à se mettre au diapason, il y a Elise, vraiment touchante sur la fin de cet épisode ; Jeanne, qui a vraiment une énergie incroyable et qui en plus a une crisse d'alchimie avec Shandy ; Suzanne, qui est vraiment un personnage émouvant... On apprend aussi à connaître un peu mieux les surveillantes, dont Caroline, et ça fonctionne vraiment très bien d'introduire cet équilibre.

Quand je vois une série québécoise comme celle-là (et il y en a eu d'autres avant : Mirador, Malenfant, Apparences... pour ne citer que quelques unes parmi les meilleures), j'essaye de comprendre pourquoi je suis proprement incapable de trouver des séries françaises qui m'inspirent autant, qui me donnent à penser autant.
Je discutais la semaine dernière avec quelqu'un à qui j'expliquais que, oui, j'avais bien aimé les premiers épisodes d'Ainsi Soient-Ils, aussi choquant que ça puisse paraitre quand on me connait ne serait-ce qu'un peu. Mon plus gros problème en matière de fiction française, et cela inclut Ainsi Soient-Ils (j'en parlais au moment du pilote), c'est le phrasé des acteurs, rigide, incroyablement peu naturel. Ce n'est pas le seul problème que j'ai avec les séries françaises, mais c'est le plus difficile à surmonter parce que c'est, par essence, omniprésent pendant la quasi-totalité des dialogues (bien que ce soit plus prononcé, si vous me passez l'expression, chez certains acteurs que d'autres). Mon interlocuteur de dire alors : "ah, mais ça c'est à force d'écouter de l'anglais, moi je regarde tellement de séries françaises, j'ai l'habitude". Eh bien non, pourtant... J'en écoute aussi, des séries québécoises (mon Dieu, ne me dites pas que c'est au point où maintenant je pense "écouter une série"...), il y a du Français dans mes séries, j'en entends régulièrement. Et je me rappelle pourtant avec la plus nette des précisions combien les dialogues d'Apparences sonnaient juste, par exemple ; le mérite en revenait, c'est sûr, en partie, au scénariste Serge Boucher, mais aussi aux acteurs qui étaient capables de rendre les conversations naturelles. Ca, je suis désolée, mais j'ai énormément de mal à le retrouver dans des séries françaises.

Bon, non. Même en mettant de côté le travail que je fais sur moi-même en matière de séries françaises depuis quelques mois, Unité 9 est vraiment le genre de séries que j'aimerais suivre plus souvent, toutes nationalités confondues. Ce n'est même pas une question de drapeau : la série est bonne.
Tout simplement parce que c'est une série dramatique pure ! C'est pas du soap à la Revenge, c'est pas un procedural qui mange à tous les râteliers genre Vegas, c'est pas un gros concept qui camoufle de grosses lacunes comme Revolution. C'est 45mn de série dramatique, et rien que ça. Et j'adore la perspective d'avoir en tout 25 épisodes devant moi avec ce genre de promesses.

Vous l'aurez compris, je ne vais pas tarder avant de m'envoyer l'épisode suivant d'Unité 9 (le troisième ayant été diffusé hier soir).
A chaque rentrée, il y a des pilotes que j'aime bien, mais dont les épisodes suivants se dégonflent comme des baudruches. Je lis parfois que le pilote, c'est le plus difficile ; je ne conteste pas que l'exercice soit compliqué, mais de mon point de vue, la difficulté est plus grande encore pour le deuxième épisode. C'est tellement facile de bluffer le spectateur d'entrée de jeu... mais le tenir, lui faire sentir qu'il a envie de s'engager, qu'il est là pour le long terme ? Ce n'est pas à la portée de toutes les séries.
Il y a des tas de séries que je commence sans problème en début de saison pour lâcher quelque part au milieu de l'année. Je vous parie tout ce que vous voulez qu'à la fin de la saison d'Unité 9, je serai encore là. Une série comme ça, on ne la lâche pas.

Posté par ladyteruki à 22:49 - Review vers le futur - Permalien [#]

24-09-12

Ex-bad girls

Eh bah je sais pas pour vous mais avoir inclu la rentrée québécoise dans notre défi, je trouve que c'est une incroyable bouffée d'air frais. Déjà parce que ça fait du bien de voir de bonnes séries francophones (je suis sûre que ça m'aide, pour me mettre aux séries françaises, l'air de rien), et ensuite parce que c'est l'occasion de suivre des formats plus longs que les mini-séries comme Malenfant ou Apparences. whisperintherain devrait bientôt me rejoindre, et vous trouverez alors, comme il se doit, des liens vers ses reviews, mais dans l'intervalle, je vous propose de parler d'un téléroman : Unité 9.

Unite9

"Ce qu'on est, ça a rien à voir avec ce qu'on a fait"
(Shandy - Unité 9 - 1x01)

En Australie, le développement de la série Wentworth (spin-off de Prisoner) avance lentement mais sûrement. Au Mexique, depuis hier, la saison 3 de Capadocia a commencé à être diffusée. Alors il semble dans l'air du temps que Radio-Canada diffuse, elle aussi, une série sur le monde carcéral féminin, Unité 9.
Pourtant, derrière les apparences, Unité 9 est une série bien différente de ce qu'on se figure être l'ordinaire d'une série sur les femmes en prison.

L'épisode commence de façon un peu brumeuse, alors qu'une femme du nom de Marie Lamontagne comparait devant le juge pour entendre sa sentence. Le procès a déjà eu lieu et le spectateur n'en a qu'une vague connaissance. On affronte, en fait, une grande partie de ce passage devant la cour, du point de vue des proches de Marie : sa fille Léa, 18 ans et, on l'imagine, fortement ébranlée par tout cela ; Lucie, la soeur de l'accusée et qui tient une brasserie ; et Adrien, le grand-père paternel de Léa et Sébastien. Qui est Sébastien ? Le grand absent de cette épreuve, qui n'a pas souhaité se présenter à l'audience pour voir sa mère recevoir sa condamnation ; on apprendra à le connaître, vraisemblablement, dans de prochains épisodes. Léa, Lucie et Adrien tentent comme ils peuvent d'affronter le verdict qui attend Marie, chacun gérant son impuissance comme il le peut.
Au milieu de tout ça, difficile de savoir de quoi est accusée Marie. Lentement, l'épisode dévoilera une partie de l'affaire : elle a tenté de tuer son père, pour l'heure toujours aux soins intensifs. Comment ? Pourquoi ? L'épisode nous laissera sur notre faim de ce côté-là.

L'impuissance n'est pas l'apanage de la famille de Marie : l'accusée elle-même se voit plongée dans un système dont elle ignore tout. Cette femme à la quarantaine bien avancée (à moins que ce soit le poids des évènements qui lui ajoute des années) semble inoffensive, et pourtant, la voilà. Complètement abattue, et visiblement rongée par le remords autant que par la peur, elle a la chance de se trouver en cellule, en attendant son verdict, avec une dénommée Shandy, une femme autrement plus habituée qu'elle aux rouages de la Justice, et qui lui donne de précieux conseils pour tenir le coup. Shandy, prostituée de son état, n'est pas vraiment contrite (mais elle sait faire semblant devant le juge... enfin, du moins le suppose-t-on), mais ce n'est pas non plus une femme d'une dureté excessive. Elle sent bien ce qui agite Marie et a décidé de l'épauler, à sa façon. Lorsque Marie apprend qu'elle a écopé de 7 années de prison ferme (une "chance" vu les circonstances), Shandy et elle sont transférées dans la même prison : Lietteville.

Cette prison, depuis le début de l'épisode, ne nous est pas inconnue. Le pilote, avec talent, nous a rapidement plongés dans l'ambiance en s'attardant sur le sort d'Elise, une femme qui a passé près d'un quart de siècle en prison, et qui est sur le point de fêter son anniversaire. Avec un peu de chance, si elle passe l'épreuve de la commission de libération sous caution, ce sera le dernier qu'elle passera à Lietteville. D'autres détenues préparent donc son anniversaire, dans la joie, la bonne humeur, et le vol de cierges. C'est ce dernier point (l'ambiance entre détenues, pas les cierges) qui fait toute la différence dans Unité 9.

Finies, les geôles crades et surpeuplées, où la violence règne en maître. Dans Unité 9, on se penche vers un quartier spécifique de la prison fictive de Lietteville, où les détenues vivent dans un petit bâtiment en préfabriqué, avec des chambres séparées et un lieu de vie commun, et où il faut vivre en groupe. Ca a ses bons et ses mauvais côtés. Mais ce qui est sûr, c'est qu'on n'est pas là pour s'attaquer physiquement comme des bêtes. Balayes tout ce que Bad Girls ou Capadocia vous disent de la terrifiante nature des femmes livrées à elles-mêmes en prison : à Lietteville, on est vraiment là pour la réhabilitation, pas juste pour la privation de liberté et encore moins pour la punition.
Le contexte d'Unité 9 est en cela très fort qu'il parle d'une véritable prison du XXIe siècle. Les espaces sont propres, les gardiennes restent humaines, on ne traite pas les prisonnières comme du bétail. Cela ne veut pas dire que c'est le club Med : la surveillance (rappelée par les caméras omniprésentes), les fouilles régulières, les règles rigoureuses, sont toujours en vigueur. Mais on tente de ne pas fabriquer des récidivistes, de toute évidence. Et c'est quelque chose que je n'avais encore jamais vu dans une série télévisée carcérale, finalement, cette volonté de montrer que même dans un monde imparfait, où aucune prisonnière n'est parfaite, aucune surveillante n'est parfaite, aucun administrateur n'est parfait... on n'est pas là pour entrer dans la caricature.

Unité 9 fait un formidable travail de réalisme, finalement, grâce à ces éléments. Il ne s'agit pas de fouiller la noirceur de l'âme humaine, on n'est pas à Em City ; la série s'ingénie à montrer ce que l'expérience de la prison est, en réalité, pour différents profils, dont celui de Marie, qui nous réserve quelques surprises en fin d'épisode. Dans la construction du lien entre Shandy et Marie, dans la façon de montrer une vie commune dans l'unité 9 (où l'on fait mine de ne pas savoir que Marie va atterrir, puisque l'épisode inaugural ne l'explicitera pas), dans la volonté de montrer la prison comme un système et non comme une métaphore, le pilote d'Unité 9 apporte énormément à un genre qu'on aurait pu estimer connaître sur le bout des doigts. Pas d'angélisme, mais la volonté de ne pas se reposer sur les clichés. C'est d'autant plus vrai que la scénariste d'Unité 9, Danielle Trottier (scénariste du téléroman La promesse qui s'est fini pendant la saison passée) a passé plusieurs années à recueillir des témoignages de prisonnières, afin de comprendre quelle était leur expérience de la prison.
Ce que veut saisir Unité 9, c'est une transition, pas l'habituelle histoire de la pauvre femme jetée (si possible injustement) derrière les barreaux et qui va devoir apprendre à se défendre contre les pires horreurs. D'ailleurs, dans l'unité 9, il n'y en a même pas, des barreaux ! La promesse, si vous m'excusez ce jeu de mot, d'Unité 9, c'est une fiction sur ce que pourrait apporter la prison, et pas juste sur ce qu'elle stimule de pire chez les différentes parties concernées. Sans perdre de vue les répercussions sur l'entourage resté hors des murs...

A la fois intéressant et émouvant, ce pilote sait éviter énormément de stéréotypes. Le mérite en revient également à la distribution, qui sait trouver le ton juste (je pense notamment aux interprètes de Shandy, d'Elise ou encore de Jeanne) pour rendre cette expérience humaine. Du coup, me voilà à commencer mon premier téléroman québécois ! Bon, il va falloir que je me bouge, la série a commencé le 11 septembre dernier, donc j'ai quelques épisodes à rattraper...

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 23:46 - Review vers le futur - Permalien [#]

19-09-12

Gémeaux sans jumeau

Bon, tant qu'à visiter le Québec aujourd'hui, je me permets une petite parenthèse sur les Prix Gémeaux, qui, comme je vous l'annonçais dans le dernier world en date, se sont déroulés dimanche soir.

Pour rappel, si vous vous souvenez, les prix célébrant l'audiovisuel canadien ont un peu changé ces derniers temps. Désormais, le cinéma anglophone et le cinéma francophone seront célébrés lors d'une récompense unique, les Canadian Screen Awards, incluant également la télévision anglophone (les prix Gemini ont donc disparu pour se fondre dans cette grande cérémonie)... mais la télévision canadienne francophone a conservé ses Prix Gémeaux.
Avec seulement deux rendez-vous canadiens par an (surtout que les Canadian Screen Awards sont prévus pour le mois de mars), nous aurons un peu moins d'occasions de parler de récompenses canadiennes, alors ne laissons pas filer celle-ci !

PrixGemeaux

Commençons d'abord avec les prix d'interprétation, si vous le voulez bien. L'avantage des Gémeaux, c'est qu'ils sont très détaillés !
Ci-dessous, la liste des nommés, avec un joli * pour les gagnants.

Meilleur premier rôle masculin dans une série dramatique
- Alexis Martin dans Apparences *
- Daniel Parent dans Apparences
- David Boutin dans Le Gentleman
- Roy Dupuis dans Les Rescapés
- Émile Proulx-Cloutier dans Toute la vérité

Meilleur premier rôle féminin dans une série dramatique
- Myriam LeBlanc dans Apparences *
- Anne Casabonne dans La Galère
- Guylaine Tremblay dans Les Rescapés
- Nathalie Coupal dans Mirador
- Fanny Mallette dans Vertige

Meilleur premier rôle masculin dans un téléroman
- Sébastien Delorme dans La promesse
- Stéphane Demers dans O’
- Guy Nadon dans O’ *
- Denis Bernard dans Yamaska
- Michel Dumont dans Yamaska

Meilleur premier rôle féminin dans un téléroman
- Isabelle Brouillette dans Destinées
- Évelyne Brochu dans La promesse *
- Marie Tifo dans O’
- Maxim Roy dans O’
- Elise Guilbault dans Yamaska

Meilleur premier rôle masculin dans une comédie
- Michel Charrette dans Les Boys
- Rémy Girard dans Les Boys
- Daniel Brière dans Les Parent
- Rémi-Pierre Paquin dans Mauvais karma
- Éric Bernier dans Tout sur moi *

Meilleur premier rôle féminin dans une comédie
- Anne Dorval dans Les Parent *
- Julie Le Breton dans Mauvais karma
- Anick Lemay dans Mauvais karma
- Valérie Blais dans Tout sur moi
- Macha Limonchik dans Tout sur moi

...Et puis, il y a les prix plus techniques, aussi...

Meilleure réalisation pour une série dramatique
- Francis Leclerc pour Apparences
- Alexis Durant-Brault pour La Galère
- Louis Choquette pour Le Gentleman
- Brigitte Couture pour Toute la vérité
- Patrice Sauvé pour Vertige *

...Et pour finir, les prix ultimes, ceux célébrant la qualité d'une fiction dans son ensemble.

Meilleur téléroman
- Destinées
- La promesse
- O’
- Providence *
- Yamaska

Providence-QC

Meilleure comédie
- Les Parent *
- Mauvais karma
- Tout sur moi

LesParent

Meilleure série dramatique
- Apparences *
- La Galère
- Le Gentleman
- Mirador
- Vertige

Apparences-Title

Voilà, vous l'aurez compris : champagne pour tout le monde ! Reconnaître Apparences pour son incroyable complexité, et, autant le dire, sa perfection, ne me fait pas qu'un peu plaisir. Les Prix Gémeaux ont résolument su trouver Manon !

D'ailleurs, si vous n'avez d'ailleurs pas encore jeté un oeil à la série (en dépit de mes multiples posts sur le sujet au début de l'année...), vous pouvez retrouver le post que j'avais rédigé à l'occasion du pilote, et profitez-en, c'est garanti sans spoiler !

Hm, laissez-moi réfléchir, il y a d'autres récompenses prochainement dont on pourrait parler...?

Posté par ladyteruki à 21:09 - Love Actuality - Permalien [#]

22-08-12

Septembre à la Rochelle...

Nouvelle parenthèse dans notre semaine russe, histoire de respirer un peu, et puis parce que je ne résiste pas à l'appel de la cérémonie de récompenses le soir au fond des bois.
Car comme je vous le disais il y a peu, aujourd'hui ont été rendues publiques les nominations pour les récompenses du Festival de la Fiction TV de La Rochelle (c'est quand même mieux que l'université d'été du PS...), et moi, c'est le genre de choses qui me fait craquer. On trouve toujours, dans les prix de ce type, des tonnes d'idées de séries pour lesquelles on a envie de creuser en tous sens afin de les découvrir. Armée de ma petite pelle et de ma petite pioche, vous pensez bien que je guettais celles-ci...

FestivalFictionTV

En tout, ce seront 13 prix qui seront remis ; évidemment, on ne va s'intéresser dans ces colonnes qu'aux séries (même si les téléfilms représentent une part non-négligeable de la sélection, un fait qui mérite d'être noté), l'occasion entre autres de prêter l'oreille à ce qui se passe du côté des séries françaises, à laquelle l'évènement fera comme toujours la part belle.

D'abord, voici les 6 fictions en compétition pour le prix de la meilleure Série :

DeuxFlicssurlesDocks Deux flics sur les docks
Une série policière avec Jean-Marc Barr et Bruno Solo, initialement diffusée par France 2 en novembre 2011. 
Detectives Détectives
Une série d'enquêtes de détectives privés, également diffusée par France 2 prochainement.
MaFemmeMaFilleMesDeuxEnfants Ma femme,  ma fille, mes deux bébés
Un unitaire devenu série avec Pascal Légitimus, dans lequel celui-ci, qui a déjà une grande fille sur le point de devenir à nouveau père, mais aussi grand-père.
MesAmisMesAmoursMesEmmerdes Mes amis, mes amours, mes emmerdes
Où six amis ont acheté une maison de vacances ensemble, où ils vivent ensemble les petites galères personnelles les uns et des autres. La série, diffusée par TFHein depuis 2009, en est apparemment à sa troisième saison.
Profilage Profilage
La série policière de la première chaîne, dont apparemment la quatrième saison est prévue pour le début 2013 sur les petits écrans.
TigerLily Tiger Lily
Une série dans laquelle un quatuor de rock féminin formé dans les années 80 qui, malgré l'âge et les changements dans la vie personnelle, se voient toujours en rockeuses rebelles.

Sur une note perso, en passant : comme souvent, je n'ai vu aucune de ces séries françaises, et j'avoue qu'à l'exception de Profilage je n'en avais même jamais entendu parler (peut-être Mes amis, mes amours, mes emmerdes mais je n'en mettrais pas ma main à couper). C'est dommage car je dois dire que Tiger Lily me ferait bien envie... malgré la présence de LIO. D'ailleurs, je m'aperçois que de toutes les séries en compétition dans cette catégorie, c'est d'ailleurs la seule qui sera projetée à la Rochelle mais dont on ignore quel épisode sera montré aux festivaliers. Je vais donc me mettre en quête du pilote histoire de me faire un avis.

Ensuite, ce sont 3 shortcoms qui sont sélectionnées pour le prix du meilleur Programme court :

LesLascars Les Lascars
Une comédie de Canal+ qui apparemment a été diffusée cet été (vous avez dû en parler pendant que je n'avais pas internet, n'hésitez pas à faire passer vos reviews en commentaire) et qui est adaptée de la série animée du même nom.
LaPetiteHistoire La petite histoire
Celle-ci m'est totalement inconnue ; on y trouve des petites histoires humoristiques sur les "coulisses" des plus grands évènements de notre Histoire.
ZAK ZAK
Une série humoristique diffusée par Orange cinéma séries qui suit la carrière d'un chanteur qui pense être l'avenir de la chanson française...

Je n'aurai jamais autant parlé de séries françaises dans un post ! Mais vous le savez, j'essaye de me réconcilier avec elles, et je dois dire qu'un festival comme celui-ci a l'avantage de fournir des pistes plus originales que les Kaboul Kitchen et autres Les Hommes de l'Ombre, dont j'ai l'impression qu'on nous a énormément parlé ces derniers mois.

Là où vous vous doutez bien que sur ce blog, on ouvre toutes grandes les esgourdes, c'est quand il s'agit de fiction internationale. Le festival a ainsi réuni 10 séries, qui ont en commun de toutes êtres des succès d'audience dans leur pays d'origine (une condition originale, vous en conviendrez, là où souvent les récompensent se basent uniquement sur la qualité), qui sont donc en compétition pour le prix de la meilleure fiction européenne et internationale.
Evidemment, vous connaissez la règle en ces lieux, pour ces séries je vous ai mis les titres originaux ; c'est quand même encore le mieux quand, poussé par la curiosité, on veut se renseigner à leur sujet... D'ailleurs plusieurs de ces séries ont déjà été évoquées en ces lieux, alors n'hésitez pas à user et abuser des tags pour en apprendre plus.

Overspel Overspel
Diffusée à l'automne 2011 par la chaîne néerlandaise Ned1, ce thriller en 12 épisodes dans laquelle une photographe amoureuse d'un procureur va découvrir les conflits d'intérêt dans lesquels celui-ci marine...
Expozitura Expozitura
Une fois n'est pas coutume, une série tchèque ! Il s'agit d'une série policière inspirée par de véritables affaires dans différents milieux relatifs au crime organisé, et nécessitant souvent des missions d'infiltration. Les 16 épisodes avaient été diffusées en 2008.
Lykke Lykke
Vous connaissez bien cette dramédie danoise, pour avoir régulièrement entendu parler d'elle dans ces colonnes ; elle traite de deux personnages (un frère et une soeur) dont l'un est dépressif, et l'autre travaille dans l'industrie pharmaceutique... notamment sur un problème d'antidépresseurs.
Hispania

Hispania
Là encore, cette série historique espagnole vous est familière. Sa présence en compétition tombe d'ailleurs à point nommé alors qu'Antena3 se prépare à diffuser prochainement son spin-off Imperium.

HitandMiss Hit & Miss
Cette série britannique avec Chloë Sevigny vient à peine d'être diffusée par Sky Atlantic cet été. On y découvre une tueuse à gages transsexuelle qui renoue avec le fils qu'elle a eu dans une vie précédente.
Instynkt Instynkt
Les 13 épisodes de cette série polonaise ont été diffusés en mars 2011, dans lesquels une enquêtrice s'aide de son instinct pour résoudre ses affaires. Le "plus produit" de la série réside dans son personnage central, une créature énigmatique au lourd passé, apparemment assez proche sur le papier de l'héroïne de Bron/Broen.
JohanFalk Johan Falk
Il s'agit d'une série de téléfilms policiers suédois (le premier date de 1999), certains sortis directement en DVD, dans lesquels un flic fait équipe avec un de ses anciens indics. De nouveaux épisodes sont d'ailleurs prévus à partir du 26 septembre.
Rossella Rossella
Cette romance italienne en 7 épisodes, diffusée sur la Rai en janvier 2011, s'intéresse à Rossella, la fille d'une famille influente de Gènes, au début du 19e siècle, qui se trouve partagée entre son fiancé, un homme riche auquel elle a été promise, et un autre bien moins fortuné mais dont elle est éprise.
VaterMuterMorder Vater, Muter, Mörder
Ce téléfilm allemand fait un peu figure d'exception dans cette sélection. On y étudie les conséquences, pour ses parents, d'un meurtre perpétré par un adolescent.
Vertige Vertige
Je vous le disais il y a quelques jours, ce thriller québécois (produit par la même équipe qu'Apparences) est également en lice. Dans cette mini-série, une femme plongée dans le coma depuis 3 mois ; certains de ses proches veulent la débrancher, d'autres non... Une bonne occasion de lever le voile sur certains secrets.

Mais ce qui se passe hors-compétition lors de ce festival est également digne d'intérêt. En effet, au lieu, comme tout le monde depuis deux ans environ, d'en appeler systématiquement à la fiction scandinave (eh, on ne peut pas leur reprocher d'avoir bon goût, en même temps), le Festival de la Fiction TV de La Rochelle fera la place à deux séries africaines. Ah ! Que c'est intéressant et original !
Les deux séries projetées seront Noces croisées, une comédie romantique qui nous vient du Burkina Faso, et Les Rois de Ségou, une série historique malienne (à noter que c'est la deuxième saison qui sera présentée au festival). Toutes les deux ont apparemment été diffusées sur TV5 Monde.
Voilà une initiative qui révèle une véritable volonté de faire découvrir des horizons différents et des séries méconnues, et les mots ne sont pas assez forts pour remercier les organisateurs du festival pour cette brillante idée.

Bon alors, évidemment, ce n'est pas tout, mais le festival s'étire du 12 au 16 septembre prochain, alors forcément, leur programme sera chargé. On se retrouvera d'ailleurs le mois prochain pour faire le tour du palmarès de ces récompenses.

Et en attendant, quelles sont les séries qui vous font envie ? Moi ça m'a donné plein d'idées, si j'avais pas de boulot, je prendrais le premier train pour La Rochelle, en septembre ! Cette série polonaise, par exemple, j'en ferais bien mon programme du weekend, tiens...

Posté par ladyteruki à 19:36 - Love Actuality - Permalien [#]

23-05-12

lady's world tour - Escale n°12

Il y a quelques jours, j'avais peu de temps pour un long world tour (enfin, ça va quand même, vous aviez de la lecture), et je vous avais promis, juré, craché que je reviendrais pour un complément avec tout ce que j'avais mis de côté.
Vous vous doutez bien que dans l'intervalle, les news n'ont pas cessé de tomber pour si peu (je vous jure, des fois, la planète n'est pas très arrangeante), alors attendez-vous aujourd'hui à un GROS world tour. En fait, prévoyez des snacks...

ElDonante

- ARGENTINE : et où il est ton papa ?
Cette nuit démarre El Donante, une nouvelle série qui, à l'instar de Perfidia et Volver a nacer, dont on a déjà pu parler, a décroché son billet pour la gloire grâce au désormais célèbre Concurso Series de Ficción Federales en 2011. Il s'agit d'une comédie ayant pour héros Bruno, un homme dans la cinquantaine qui a très bien réussi dans la vie, mais qui, quand il était jeune, arrondissait ses fins de mois en faisant des dons du sperme. 20 ans plus tard, alors que la femme qu'il aime meurt d'un cancer sans qu'ils aient pu avoir d'enfant ensemble, il traverse une crise et commence à se demander ce qu'il est arrivé à ces dons. C'est le moment que choisit une jeune femme pour frapper à sa porte : elle est sa fille. En fait, son sperme a été utilisé 144 fois pendant les deux dernières décennies ! Avec sa fille, Bruno va donc se mettre à la recherche des 144 enfants qu'il a eu. Une histoire plutôt barrée qui va s'étendre sur 13 épisodes...

- CANADA : les upfronts, il y a du rab', je vous le mets ?
Est-ce qu'on a pensé à vous dire que ce mois de mai était placé sous le signe des upfronts ? Oui, mais des upfronts canadiens ? Aha ! C'est bien ce que je pensais. Alors allons-y : du côté des fictions de CBC, outre l'acquisition de Murdoch Mysteries, la chaîne a confirmé la commande de Cracked, avec David Sutcliffe (le papa de Rory Gilmore !) et Stefanie von Pfetten, un procedural situé dans l'univers dérangeant d'une unité spécialisée dans les crimes à composante psychiatrique. Le pilote de Cracked, commandé en mai 2011, ne date pas d'hier, et la série ne fera pas son apparition avant janvier 2013 dans les grilles de la chaîne. A cela vient également s'ajouter Titanic: Blood and Steel, avec Chris Noth et Neve Campbell, la fiction sur le naufrage du Titanic qui manquait à la télévision. Pour ce qui concerne les séries faisant leur retour sur les écrans de CBC pendant la saison 2012-2013, on compte Arctic Air et Republic of Doyle.

- CANADA francophone cette fois : bad girls
Chez nos amis les Québécois aussi, on se passionne pour les séries carcérales. Danielle Trottier, scénariste de La Promesse, travaille actuellement sur un téléroman pour Radio-Canada, se déroulant dans une prison pour femmes ; ce projet, basé sur 5 années de visite régulières dans un centre pénitentiare, a pour objectif d'être le plus réaliste possible, tout en essayant de sortir des sentiers battus en la matière. "On a beaucoup traité de la criminalité au féminin comme du divertissement. Mais ce n'en est pas", explique la scénariste. "J'ai rencontré des personnes intelligentes, sensibles, extrêmement généreuses, en processus de changement". Un changement qui sera observé et expérimenté par une enseignante (interprétée par Guylaine Tremblay, Les Rescapés) qui, emprisonnée après un crime familial grave, partagera le quotidien de ces femmes. La série, intitulé Unité 9, devrait être diffusée le mardi à 20h à l'automne (l'ancienne case d'Apparences), et jouit pour le moment d'une commande de 25 épisodes.

IryuuSousa

- JAPON : si tu tends l'oreille
Cet été, renouez avec les étranges investigations d'Iryuu Sousa ! Le dorama policier revient en effet sur les écrans nippons au mois de juillet, après un peu plus d'une année d'absence (la série avait été diffusée au printemps 2011). Iryuu Sousa mettait en scène un enquêteur, incarné par Takaya Kamikawa, qui travaillait sur la base de ce qui lui disaient les objets laissés derrières elles par les victimes. Sauf que cette année, le héros de la série est relégué à un poste dans une petite ville au lieu de travailler dans une grande métropole... En raison de ce changement d'horizon, les acteurs Yuki Saitou, Norito Yashima et Yuuji Miyake rejoignent la série.

- JAPON toujours : walking down the street
C'est, vous le savez, l'une des cases horaires les plus prisée de la saison nippone : le lundi à 21h, chez Fuji TV, c'est sacré. Bon, peut-être moins qu'avant, mais quand même. Ce créneau, actuellement occupé par la série Kagi no Kakatta Heya, sera occupé cet été par une série répondant au nom de Rich Man, Poor Woman, ce qui donne bien le ton. Parait-il inspirée par le film Pretty Woman (et en gros, reposant sur le principe de 712 séries asiatiques depuis), cette comédie romantique mettra Shun Oguri dans la peau d'un milliardaire ayant fait fortune dans l'informatique, mais détestable, asocial et incapable de gérer sa société, et d'une charmante jeune femme, incarnée par Satomi Ishihara, aux débouchés professionnels bien sombres mais qui va pouvoir lui permettre de, hm, redresser la barre. Prévoir des engueulades... La série fera son arrivée dans les grilles nippones avec la nouvelle saison, qui démarre donc, vous l'aurez compris, au mois de juillet.

Housos

- AUSTRALIE : la onzième plaie
Si vous avez bien suivi mes conseils, vous n'avez aucune idée de ce qu'est Housos. C'est tout le mal que je vous souhaite. Son créateur et interprète principal, qui ne trouvera visiblement pas de repos tant qu'il n'aura pas ruiné tous mes efforts pour vous inciter à regarder des séries australiennes, travaille actuellement sur un long métrage basé sur la série, en cours de tournage à Sydney. La logique derrière tout ça, c'est que comme SBS ne se décidait pas assez vite à renouveler la série pour une seconde saison (c'est dommage pourtant, c'est si agréable de se mettre tous les habitants de HLM à dos), Paul Fenech a carrément décidé de se lancer dans un film tout seul comme un grand. A l'instar de tous ses projets précédents (comme la comédie Swift & Shift Couriers), Fenech porte à la fois la casquette d'auteur, producteur, réalisateur, et acteur principal sur des projets dont il gère le financement également en solo. Sortie prévue en novembre, mais que ça ne vous incite pas à tenter la série dans l'intervalle. Ou alors considérez-vous prévenus.

- AFRIQUE DU SUD : tu seras un homme (mais pas encore tout de suite)
C'est marrant, on parlait d'adolescence à la télévision il y a peu, eh bien justement SABC1 a décidé de renouveler la série Skeem Saam. Diffusée en octobre dernier, la série suivait le parcours de 3 adolescents sur le point de devenir adultes. La première saison avait été suivie en moyenne par 5 millions de spectateurs, et apparemment ça a l'air d'être une bonne audience pour la chaîne publique (ce qui, dans un pays qui compte 50 millions d'habitants, me pose des questions). A noter que si le cast ne change pas, il va y avoir un peu de mouvement en coulisses puisque l'un des producteurs quitte le navire. Winnie Serite, également créateur de Skeem Saam, est donc désormais le seul aux commandes de la série.

- ESPAGNE : camping purgatoire
Mercredi dernier, Antena3 diffusait l'épisode final de la 1e saison de sa comédie Con el culo al aire, lancée le 1er février dernier. Après avoir fait un démarrage épatant (4 millions de spectateurs devant le pilote, et 21,9% de parts de marché), la comédie de camping avait ensuite un peu réduit la voilure, pour s'achever devant 2,8 millions de fidèles. En fin de compte, sur l'ensemble de ses 13 épisodes, la comédie aura réuni en moyenne 3,1 million de spectateurs, ce qui n'est pas si mal, même si la série n'est pas le hit escompté.
Face à ce final, c'était le retour de la série médicale Hospital Central (qualifiée d'Urgences espagnole) qui occupait la grille de Telecinco pour une 20e saison ; le season premiere a été regardé par 2,2 millions d'Espagnols, soit 400 000 environ de moins qu'à la fin de la saison précédente. Il faut noter toutefois que pendant la 19e saison avait connu un démarrage poussif, avant de gagner des spectateurs progressivement en cours de saison. Tout n'est donc pas perdu.
Pour revenir à la comédie Con el culo al aire, elle est d'ores et déjà renouvelée pour une deuxième saison.

Galleria

- POLOGNE : pente savonneuse
En janvier dernier, la chaîne polonaise TVP1 mettait fin à une tradition : son soap Plebanię, qui après 12 années d'antenne et très exactement 1829 épisodes, a tiré sa révérence. Pour prendre la relève, la chaîne misait sur un tout nouveau soap intitulé Galeria, dont elle avait commandé 94 épisodes (pour commencer !) inspirés du soap italien Centro Vetrine (qui, lui, est en place depuis 2001). L'idée était de renouveler l'image de la chaîne, et par renouveler, vous aurez compris rajeunir. Mais on dirait bien que Galeria n'a hérité de la longévité d'aucune des deux séries mentionnées, puisque TVP1 projette déjà de lui trouver un remplacement dés l'automne prochain, décidant d'abdiquer devant les audiences en berne. Actuellement développé sous le titre Mały Londyn ("little London"), ce soap devrait commencer à mettre des épisodes en boîte le mois prochain.

- TURQUIE : on n'est pas là pour faire tapisserie
Lundi, la chaîne Kanal D lance une nouvelle série du nom de Sultan. Je vous rassure tout de suite, il ne s'agit pas de profiter du succès international de Muhtesem Yüzyil pour lancer une énième série en costumes ; Sultan est le nom de son héroïne, une femme à qui son prince charmant, Şeyhmus, a promis qu'il l'épouserait. Alors elle attend. Et elle attend. Et pendant ce temps ce saligaud de Şeyhmus part vivre en France, se marie, a des enfants... et Sultan attend. Jusqu'au jour où elle n'attend plus. Visiblement, la demoiselle n'est pas commode, puisque ceci est la bande-annonce qui passe sur à peu près TOUTES les pages du site officiel de Kanal D, où on peut s'assurer que Sultan met en scène une femme au caractère bien trempé. A noter que la série est supposée montrer également la vie de Şeyhmus en France dans les années 90, ainsi que la fin de l'attente de Sultan, 15 ans après, donc cela devrait donner une série assez étrange...

- SUEDE : 26 ans de deuil
Nan mais admettez-le : secrètement, vous aviez envie de lire des trucs sur la Scandinavie. Vous avez même sauté le paragraphe précédent pour aller plus vite. Vous pouvez me le dire, à moi. Bon, eh bien vous n'aurez pas fait tout cela pour rien puisque j'ai l'honneur de vous annoncer une nouvelle série suédoise. Le réalisateur danois Kristoffer Nyholm (déjà derrière la camera pour les deux premières saisons de Forbrydelsen, et Nikolaj og Julie...) travaille en effet sur un projet de série historique retraçant l'assassinat du Premier ministre suédois Olof Palme, en 1986, dont les circonstances sont encore à ce jour assez confuses. Etant donné le flou qui entoure cette double tentative de meurtre (l'épouse du Premier ministre en a réchappé), la série sera essentiellement basée sur les travaux du criminologue Leif GW Persson. C'est SVT qui produit la série, et si ma traduction ne me trahit pas, les résultats de cette production pourraient être visibles dés la période de Noël cette année. Par contre, on n'a pas encore de titre, c'est malin.

Heartless

- DANEMARK : méfiance, méfiance
Qu'est-ce qu'on se marre chez Kanal 5 ! La chaîne danoise à souscription a décidé de se lancer dans l'aventure des fictions originales (jusque là son truc, c'était surtout les séries américaines) avec la série fantastique Heartless. Mais attention ! Comme il ne s'agit pas de se lancer à l'aveugle, genre en commandant une série et après de voir si elle marche, la chaîne fait appel à son public pour agir comme un "focus group" et donner un retour sur le pilote de 12mn qui a été tourné. Il suffit donc pour les spectateurs danois de se rendre sur le site officiel de la série et, à la condition qu'ils aient plus de 15 ans, de visionner le pilote et de voter. Etant donné que j'ai commencé à flipper dés que j'ai vu la page d'accueil, je vous laisse le soin d'aller voir ça par vous-mêmes, hein. Vous me raconterez.

- PAYS-BAS : you don't have to put on the red light
Avez-vous vu la série wisterialanienne Jardins secrets (Gooische Vrouwen en VO) ? Moi non plus, mais on n'a pas d'excuse, pour une fois qu'une série néerlandaise était diffusée en France... Alors prenons un air docte et parlons de l'actrice Susan Visser, qui y a interprété pendant 4 ans (et un film) le rôle d'Anouk, et qui se dirige à présent vers un nouveau projet du nom d'Achter het Raam ("derrière la fenêtre"). La série, adaptée de l'autobiographie de Patricia Perquin, suit le parcours d'une femme qui, couverte de dettes suite à son obsession pour le shopping, suit des conseils d'amis et se tourne vers la prostitution pour arrondir ses fins de mois. Le projet, annoncé à la radio, n'a pour le moment pas officiellement de diffuseur...

- PAYS-BAS c'est la fête : plaqué or
Ah, chouette alors, ça faisait longtemps qu'on n'avait pas parlé de remakes de sitcoms américains ! Non ? Ah, zut. Eh bien souffrez quand même qu'on y passe une minute, parce qu'il s'agit d'un remake... des Craquantes ! Faut croire que Las Chicas de Oro n'a servi de leçon à personne puisque RTL4 se lance dans l'aventure avec un remake néerlandais, donc. La distribution de cette nouvelle mouture est presqu'au complet (Beppie Melissen, Loes Luca et Cecile Heuer ont déjà signé, Pleuni Touw aurait été approchée), il devrait donc y avoir une nouvelle calamité à surveiller sur les écrans néerlandais. Le ridicule ne tue pas, la preuve, les Golden Girls sont immortelles !

TheSpiral

- EUROPE : pas trop déçus ?
On finit avec notre dossier The Spiral... vous savez ? La série qui devrait être diffusée simulatanément dans 712 pays d'Europe. Je vois que ça vous revient. Eh bien VARA, la chaîne publique qui diffusera la série aux Pays-Bas, vient d'annoncer le lancement de la diffusion pour le dimanche 2 septembre 2012, en primetime. Vu que le principe est de diffuser les 5 épisodes simultanément, on aurait pu en conclure que la diffusion sur arte se ferait au même moment, mais la chaîne française m'a indiqué que la série n'était pas prévue dans son planning pour l'année 2012. C'est très décevant, évidemment, mais enfin, même si c'est plus tard, on aura quand même la chance de voir la série. C'est ce qu'il faut se dire.

J'en oublie, certainement, mais j'en oublie toujours un peu. Pas grave ! Ce sera l'affaire d'un prochain world tour dans quelques jours, quand vous vous serez remis de l'annonce pour The Spiral.
Et euh, alors, Heartless, ça vaut le coup que je clique sur le site officiel, ou pas ?

Posté par ladyteruki à 02:38 - Love Actuality - Permalien [#]

18-04-12

Les familles sans histoire n'existent pas

Apparences-Title

Avant que le Black March ne vienne nous interrompre, j'avais eu l'occasion de vous dire tout le bien que je pensais d'Apparences (si vous pensez avoir loupé ça, direction les tags au bas de ce post pour réparer votre oubli). Avec la projection des premiers épisodes à Séries Mania, pas plus tard que demain, c'est l'opportunité de vous reparler de la série...

Mais comme maintenant j'ai fini de regarder l'intégralité de la série, je dois vous mettre en garde contre la présence plus que probable de spoilers dans le post ci-dessous. Si vous voulez éviter lesdits spoilers (ce que je conçois d'autant plus qu'on parle d'un thriller), alors regardez le joli logo ci-dessus à l'effigie de la série et courez à Séries Mania regarder les deux premiers épisodes, je peux pas vous dire mieux. Sinon ça se passe après cette photo.

Apparences-Manon

Alors voilà, on est partis.

Apparences commence donc alors que Manon Bérubé, soeur de la célèbre actrice Nathalie Bérubé, disparait mystérieusement la nuit de ses 40 ans. Sa jumelle Nathalie va donc tenter de découvrir la vérité avec obstination, tandis que le reste de la famille Bérubé essaye de faire face à la disparition brutale de cette femme si douce à qui personne ne pourrait vouloir du mal.
Outre les deux soeurs, les Bérubés comptent deux autres enfants : Benoît, sportif et entrepreneur d'un naturel relativement peu jovial voire même carrément psycho-rigide, et Gaétan, alcoolique qui n'a jamais réussi à faire quelque chose correct de sa vie. Tous ont un point de ralliement : la maison de leur mère Fernande, une veuve qui a tout de Mamie Nova.

Une grande partie des premiers épisodes consiste donc à montrer comment la tribu Bérubé accuse le choc.
L'idée est de montrer cette famille à la fois comme un noeud de personnes plutôt proches (en-dehors de Nathalie, ils habitent tous la même ville et se voient relativement fréquemment), que de montrer une famille où chacun a un petit quelque chose de pas franc qu'il dissimule aux autres. Ces épisodes vont donc nous rendre l'ambiance de cette famille très ambivalente ; ce qui est parfait parce que vu que l'enquête piétine un peu, rapport au fait que rien ne semble avoir du sens dans les premiers éléments qu'on a, le spectateur tourne naturellement ses soupçons vers les membres de la famille, bien aidé en cela par le mensonge de l'un ou l'interrogatoire soutenu de l'autre.
Plus encore, outre la question directe que pose la disparition de Manon, l'atmosphère familiale, construite par les comportements des uns et des autres, renvoie une impression d'étouffement qui ne date pas d'aujourd'hui, qui est inhérente au fonctionnement-même de la famille. Pour paraphraser Sartre : l'Enfer, c'est les Bérubé.

Le travail alors entrepris est énorme. Ce qu'Apparences va construire à ce moment-là, c'est une galerie de personnages incroyablement nuancés, complexes et captivants. Et c'est le plus impressionnant à propos de cette série : bien que basée sur le principe d'un thriller, elle est essentiellement dramatique. Je crois qu'aucune autre série n'a autant mérité le badge de "thriller psychologique" que celle-ci, en fait. De toute évidence, les personnages sont parfaitement maîtrisés, le moindre détail sur leur personnalité est là pour leur apporter de la profondeur, de la force, de l'impact. Et c'est primordial pour la résolution de cette histoire, d'être capables d'entrer dans leurs têtes ; le côté dramatique est fondateur de l'aspect thriller.
Mais, pris dans le jeu de la méfiance mutuelle entretenue par l'aspect thriller de la série, par les jeux de regards et par les silences lourds, le spectateur ne va se lier à aucun d'entre eux, restant sur le qui-vive, passant au contraire une bonne partie de son temps à essayer de deviner le degré de responsabilité de chacun. Le plus surprenant, c'est que l'attachement ne se profuit pas même avec Nathalie, dont on aurait pu croire qu'elle serait l'héroïne. Sa quête de vérité prend un tour obsessionnel, malsain, et la progression de l'enquête va à plusieurs reprises nous inciter à douter d'elle ou de sa santé mentale (j'ai même essayé de réfléchir à un moment si elle n'avait pas inventé Manon, quand même), comme on doutera d'à peu près tous les autres. Oui, même le gentil petit copain de Nathalie qui avait l'air tellement jeûnot et extérieur à tout ça, nos soupçons se porteront même sur lui... personne n'est à l'abri !

Comme j'ai pu l'expliquer il y a quelques semaines, Apparences nous fait même douter de la victime. C'est une bonne partie de sa mission après le pilote, en fait. A la lecture du journal que Manon écrivait en se mettant à la place de Nathalie, le profil psychologique qui s'établit progressivement a de quoi retourner l'estomac. Manon, que tout le monde croyait si parfaite, innocente et inoffensive, apparait soudain comme une perverse qui a réussi à cacher son jeu à tout le monde, y compris sa jumelle dont elle était pourtant si proche. Sans doute un peu trop.

C'est en fait là que se cache l'autre versant du brio d'Apparences : le talent pour les fausses pistes. La plupart des thrillers sont incapables de faire des fausses pistes efficaces, on a toujours l'impression de tout voir venir, bien-sûr, tel personnage a fait une petite grimace ou a planqué un indice, c'était certain qu'il serait responsable, mais on ne le saura qu'à la toute fin. Pas ici. Les fausses pistes, on ne les voit pas venir. Et même au bout de une, deux, trois fausses pistes, on n'est toujours pas capables de voir où la série veut en venir, c'est vraiment efficace. C'est un aspect vraiment propre au thriller et pour moi qui ne suis pas friande du genre, je me sens soudain réconciliée !
Et pourtant Apparences va continuer de tisser les liens entre le suspense et le drame en nous proposant, et vraiment je vais vraiment commencer à y aller fort sur les spoilers à partir de maintenant, de résoudre l'enquête à mi-parcours : non, Manon n'a pas disparu. Elle est morte.

Apparences-ClasseVide

On en est au cinquième épisode et soudain la donne change du tout au tout. Le doute subsistait jusque là : peut-être que Manon, malade comme elle est, s'est enfuie pour toujours (genre pour se réinventer une vie ailleurs), ou va réapparaitre (pour s'en prendre à sa soeur), ou pire ! Elle semble tellement imprévisible. Qui sait ce qui peut bien se passer dans sa tête ?! Eh bien là, la plus grosse surprise, c'est que depuis le début, elle était morte. Et le thriller s'efface alors temporairement au profit du drame alors qu'Apparences nous parle de deuil.

Mais loin de se contenter d'arpenter les clichés du deuil de façon scolaire et expéditive, la série va prendre le temps de vraiment nous faire vivre ce deuil presque comme s'il était le nôtre. En fait, c'est grâce à son incroyable faculté à nous faire entrer dans l'intimité de cette famille, qu'Apparences a réussi jusque là à nous intéresser à eux sans jamais nous y fier : même quand ils nous privent de l'accès direct à leurs secrets, leurs émotions et les raisons de leur méfiance, les Bérubé se livrent à nous. C'était visible avant, mais la période du deuil marque probablement l'apogée de cette caractéristique de la famille.
Cela passe par plein de petits détails. Des petites scènes, parfois silencieuses, parfois bavardes mais remplies de "small talk", truffent les deux épisodes consacrés à la mort de Manon. C'est bien simple, toute famille ayant connu un deuil reconnaîtra instantanément ce par quoi passent les Bérubé : l'hébétude générale, la façon dont il faut bien gérer les obsèques elles-mêmes, ou encore les réactions des gens de l'entourage. Tout y est.

C'est là que j'en arrive à ce qui a fait la force d'Apparences du point de vue dramatique. Et ce qui, en fait, m'a fait réaliser pourquoi les fictions françaises m'insupportent alors que les québécoises me charment tant, quand elles ont pourtant tellement en commun. Ce sont les dialogues. Les dialogues font tout. La façon dont ils sont écrits, et la façon dont ils sont dits. Je vous explique.
Dans Apparences, les dialogues ne sont pas écrits par un génie de la répartie fine. On n'est à aucun moment dans du dialogue écrit pour faire mouche, pour faire dans la réplique-culte, pour marquer les esprits. On ne trouvera probablement pas des masses de citations issues d'Apparences dans mon cahier vert. Ca ne servirait pas le propos. Dans Apparences, les dialogues sont écrits pour faire vrai. Cruellement vrai. Les gens s'expriment normalement, pas comme des personnages à la télévision qui ont un professionnel pour leur écrire leurs tirades ; j'aime énormément de séries dramatiques, mais dans la plupart, ça se sent que quelqu'un a réfléchi à ce que les personnages allaient dire au point de leur faire prononcer des phrases un peu trop ronflantes. Là, pour qu'un scénariste soit capable d'écrire un scénario où on ne sent pas qu'il y a un scénariste qui a décidé de la moindre virgule, il en faut, du talent, croyez-moi. Evidemment ça ne gâche rien que chacun des acteurs (même les enfants, ce qui mérite d'être signalé) ait toujours l'intonation parfaitement juste. Mais c'est forcément plus facile quand c'est écrit pour sonner vrai ! Et c'est ça qui fait toute la différence... C'est ça qui donne immédiatement le relief nécessaire aux Bérubé, qui leur donne cette faculté à partager l'intimité de leur vie familiale à la cuisine ou dans le salon ! C'est infiniment précieux pour une série qui travaille tant l'ambiguité de son intrigue à suspense, d'avoir en contrepartie ce livre ouvert sur l'intimité de cette famille. Et c'est ce qui fait que même en se méfiant tour à tour d'eux, même en prenant certains des membres de la famille en grippe, on s'attache quand même aux Bérubé. L'effet est brillant.

Apparences-Ecriture

Mais le deuil ne sera que de courte durée car le mystère de la disparition, devenue mort, de Manon, n'est pas résolu. Tout en nous emmenant sur une nouvelle piste (ah, Enfer et damnation, je me suis encore fait avoir !), Apparences va exploiter ce qui est certainement l'un des trésors de son intrigue : le journal de Manon.

Je l'ai dit plus haut, Manon tenait un journal intime écrit du point de vue de sa célèbre frangine. Au bout de plusieurs épisodes, alors que de nombreux chapitres nous ont été lus, et parfois relus, on a commencé à prendre cet écrit pour une parole d'évangile et, plus particulièrement (et bien qu'on se méfie encore un peu d'elle), on a commencé à en adopter la lecture qu'en fait Nathalie.
Ah, l'idée fabuleuse qu'est ce journal ! C'est lui le responsable de la plupart des fausses pistes de la série que j'évoquais plus haut. Tout simplement parce que comme tout ouvrage, il dépend de l'interprétation qu'on en fait, et que jusque là on n'en a eu que l'interprétation de Nathalie, aidée il est vrai de sa psy et de l'enquêteur. Mais c'est bien tout.

Après les funérailles de Manon, c'est au tour de Benoît de découvrir l'existence du fameux carnet dans lequel Manon écrivait à la troisième personne, et de livrer sa propre lecture de ce qu'y dit sa soeur, avec laquelle il a une relation moins fusionnelle que Nathalie. Comme je vous le disais, ce qu'a fait Apparences depuis le début, c'est construire des personnages complexes dont le but est de soutenir la conclusion de la série. On n'en est pas encore à la conclusion, seulement au 7e épisode, mais déjà le fait de connaître la personnalité profonde de Benoît va nous permettre de comprendre son point de vue sur ce qu'a écrit notre victime. Il est encore plus négatif dans son diagnostic, et ça n'a rien d'étonnant maintenant qu'on le connait si bien.
Les choses pourraient-elles n'être qu'une question de point de vue ?

On va en avoir la confirmation quand le huitième épisode va démarrer. Cette fois, ni point de vue des frères, des soeurs, de la mère ou des amis. Seulement, ou presque seulement, de Manon elle-même. C'est d'autant plus ambitieux qu'on a encore deux épisodes après celui-là et que si cela explique tout, alors que restera-t-il pour après ?
Mais non, valeureusement, Apparences va nous expliquer qu'en réalité Manon est très bien dans sa tête. Elle est juste telle que tout le monde l'a décrite : repliée sur elle-même, mal assurée, naïve. Et elle va se lancer dans ce qui semble la décision la plus folle et inconsidérée de toute sa vie : une liaison avec un homme marié. Juste parce qu'il l'a remarquée. Et tout ce que l'on sait de son fameux journal intime prend alors un tour totalement différent. Toute la grille de lecture vient d'en changer alors qu'on voit Manon refaire le chemin avec les mêmes mots, mais ses propres actions, et pas celles imaginées par son entourage à la lecture dudit carnet. Manon n'a jamais cherché à devenir sa soeur ; elle cherchait juste une façon de plaire à son amant et c'est celui-ci qui se réjouissait juste un peu trop de leur ressemblance.

L'emploi fait du journal intime prend un tour encore plus brillant quand par la suite, Gaétan va également le lire, et Fernande refuser d'y jeter un oeil. Plus que jamais, le titre d'Apparences prend du sens (ce qui fait qu'en réalité c'est vraiment un titre "poupées gigognes" !) : c'est vraiment, à tous les égards, une question d'apparences. La beauté est dans l'oeil de celui qui regarde, mais la laideur aussi. C'est juste une affaire de point de vue. La façon dont chacun voyait sa soeur, puis a pensé découvrir sa "vraie" personnalité, est la clé de ce thriller. Lorsque les frères et soeur comprennent cela, et comparent leur lecture du carnet, la clé de l'énigme n'est plus très loin.

Une parenthèse sur ce fameux journal intime.
Le site internet de Radio-Canada nous permet d'en consulter un fac-similé très impresionnant. En matière d'interactivité (non ce n'est pas un gros mot), les Canadiens nous battent à plate-couture, il faut bien le dire, et ça n'a rien de nouveau. Les prix remportés par plusieurs séries, notamment anglophones, dans ce domaine, sont assez parlants, comme le sont les très, très nombreuses initiatives de webséries québécoises. Mais même pour une série "classique", le site d'Apparences fait vraiment un très gros travail, et ce carnet en est la preuve, remplaçant avantageusement un guide d'épisodes classiques. L'arbre généalogique, bien qu'en définitive très simple, fait également partie des atouts précieux du site. Je vous conseille de cliquer ci-dessous pour aller consulter le journal intime de Manon sur le site de Radio-Canada, une fois que vous aurez vu la série : c'est vraiment un fantastique complément.

Apparences-Cahier

Alors, évidemment, le suspense est moins dense une fois que le huitième épisode est achevé, et qu'on a vécu plus d'une année avec Manon pour voir comment elle en est arrivée là. Ce n'est pas très grave parce que, rappelez-vous, le thriller n'est pas le seul atout dans la manche d'Apparences : le côté dramatique est, depuis le tout début de la série, très prononcé. C'est lui qui a permis de résoudre le mystère et c'est lui qui sous-tend tout, depuis le début. On peut se passer du suspense quand le drame lui-même est si prenant.
Une fois qu'on connait l'histoire complète de Manon, et même, une fois qu'on sait qui était son amant secret, l'histoire ne s'achève pas pour si peu, donc : Nathalie et le reste de la famille Bérubé sont encore dans l'ignorance. Le spectateur est en possession d'informations qui échappent à tous les personnages encore en vie.

Et d'autre part, on sent que l'étau se resserre autour dudit amant : il est seulement indirectement responsable de ce qui est arrivé, évidemment, puisque la mort de Manon est et reste un suicide et non un meurtre, mais on veut qu'il porte sa part du poids à porter, et on veut aussi que la famille se libère de cette énigme pour avancer. La question de la responsabilité a toujours tenu une grande part dans Apparences : ceux qui se sentaient responsables, ceux qui espéraient secrètement que ce ne soit pas un suicide pour ne pas avoir à se poser la question de la responsabilité, etc... les Bérubé s'étaient tous heurtés à la problématique. A qui la faute ? Eh bien nous, nous le savons, et il faut admettre qu'on veut que le "coupable" porte sa part afin de soulager la souffrance des "innocents". C'est là l'enjeu des deux derniers épisodes, forts en émotion à défaut de l'être en suspense.

Apparences-Famille

Il y aurait encore beaucoup, beaucoup à dire d'Apparences. J'ai eu la sensation, lorsque j'ai rattrapé mes épisodes du mois de mars, d'avoir une quinzaine d'épiphanies à chaque épisode, et pour être honnête même en ayant mis ce post en chantier voilà plus d'une semaine, je vois bien que je laisse plein de choses de côté, comme l'incroyable réalisation, par exemple. On ne peut jamais tout dire d'une série mais c'est encore plus vrai pour celle-ci qui m'a fascinée et épatée à chaque instant ou presque.
Et pour moi qui ne suis pas, mais alors pas du tout, friande de suspense, Apparences a su trouver le ton juste, le compromis parfait pour ne jamais me permettre ni d'en prédire les retournements de situation, ni d'avoir l'impression qu'on cherche à bâtir du suspense sur du vide, comme tant de thrillers le font. Apparences est, c'est sûr, un thriller, cela se sent dans sa construction et notamment son don incroyable pour les mini-cliffhangers, mais c'est aussi un drama qui donne toute sa matière à l'intrigue principale sans jamais brader ses personnages. Tout cela avec une impression de spontanéité et de réalisme sur la sphère familiale qui fait frémir de bonheur.

Alors que vous dire de plus ? Regardez Apparences, voilà tout.
Ce qui me ramène à ce que je disais : souffrez que je me répète et que je rappelle que les deux premiers épisodes d'Apparences seront projetés demain à 18h00 à l'occasion de Séries Mania, en présence de Serge Boucher, créateur et scénariste, et d'André Dupuy, producteur de la série. Qu'on se le dise ! Si vous pouvez vous rendre sur Paris, n'hésitez pas... ça vaut plus que le coup.

Posté par ladyteruki à 22:12 - Review vers le futur - Permalien [#]

28-03-12

lady's world tour - Escale n°6

BlackMarch

Il vous avait manqué, le world tour ? Je m'en doutais un peu.
Le revoici après une dizaine de jours d'absence, et il y a du lourd. On ne va pas se mentir, le world tour du jour va faire une longue escale en Australie et au Canada ; il s'y est passé plein de trucs ces derniers jours ! Fort heureusement, ce ne sera pas tout, et je vous réserve aussi des destinations autrement plus exotiques... D'ailleurs, vous savez quoi ? On va commencer par des soaps, ça nous fera du changement.

BadeAchheLagteHain

- INDE : sex sells (NOT)
Les critiques indiens commençaient à s'affoler, alors que plusieurs séries commençaient à montrer de plus en plus de scènes "chaudes". Alors bon, pour mémoire, rappelons qu'un simple baiser est déjà bien souvent le temps fort d'une série indienne, le moment où les spectatrices ont soudainement des bouffées de chaleur, où les forums s'affolent, où les spectateurs innocents détournent les yeux. Je caricature, mais à peine, vraiment. Dans la culture télévisuelle indienne, le terme liplock est un véritable déclencheur de fantasmes, tout simplement parce que la société indienne est encore très conservatrice (insérez ici une référence narquoise au Kama Sutra). Alors, vous pensez, des scènes au lit ? Les critiques n'en pouvaient plus et glosaient déjà abondamment, interviews d'experts à l'appui, sur les dérives de la télévision... C'est là qu'intervient Bade Achhe Lagte Hain, un soap qui a démarré au printemps de l'année dernière et qui raconte, en gros, le mariage d'un homme ayant la quarantaine bien sonnée à une femme ayant une toute petite trentaine, qui tombent amoureux après avoir contracté un mariage de raison. Quand le couple s'est retrouvé dans une scène au lit la semaine dernière, sous l'impulsion des scénaristes qui espéraient bien faire un gros coup d'audiences... eh bien les audiences ont méchamment dérapé, pour la première fois dans l'histoire de la série, et la tentative d'attirer le public avec un peu de sensationnalisme a lamentablement échoué. Tiens, est-ce que Game of Thrones passe en Inde ? Je me demande bien comment la série est reçue, si c'est le cas.

- AFRIQUE DU SUD : retour sur investissement
Décidément c'est la série noire chez les soaps. Vous vous souvenez peut-être d'Inkaba, la toute première telenovela sud-africaine lancée par la chaîne Mzansi Magic plus tôt ce mois-ci. Eh bien, les nouvelles ne sont pas très bonnes, car les audiences ne sont pas du tout au rendez-vous ; pire encore, la critique n'est pas extatique non plus, beaucoup trouvant que les intrigues font plutôt "vieux soapie des années 90". Pour une série supposée innover, c'est quand même ballot. A côté de ça, Inkaba est quand même partie pour 208 épisodes sur Mzansi Magic (un an tout pile de diffusion, en fait), donc il va falloir faire quelque chose à un moment... Pour le moment, la chaîne n'a en tous cas rien décidé, mais comme les épisodes ne sont pas tournés très longtemps à l'avance, on va peut-être assister à des changements rapidement, à l'instar du soapie Isidingo qui avait exécuté la moitié de ses personnages au bout de 2 mois d'antenne afin de repartir du bon pied (et plus de 3000 épisodes plus tard, l'Afrique du Sud n'imagine plus de télévision sans Isidingo, pari réussi donc). Surtout que Mzansi Magic, une chaîne toute jeune (elle est apparue en 2010) a dépensé l'équivalent d'1,77 millions d'euros dans la production de contenus originaux, plutôt que de se contenter de remplir les grilles avec des séries importées. C'est bien, ça doit lui faire plaisir de voir les résultats.

- ALLEMAGNE : ZDF revient sur ses pas
Je n'en parle pas souvent dans ces colonnes et c'est un tort (juste une fois avec Majka, je crois ?), mais la telenovela, ça marche aussi relativement bien à l'Est de nos frontières (mieux qu'en Afrique du Sud en tous cas...!). Disons qu'il y a des hauts et des bas, mais clairement, le format s'est fait une place dans les grilles. ZDF, par exemple, propose ce genre de séries l'après-midi ; et même si malheureusement, les séries Lena, Liebe meines Lebens et Herzflimmern n'ont pas du tout eu le succès escompté ces derniers temps, ce qui est un euphémisme pour dire que c'étaient des flops, la chaîne ne se décourage pas. Elle a annoncé que Wege zum Glück - Spuren im Sand ("le chemin du bonheur - empreintes dans le sable") arriverait dans ses programmes à compter sur 7 mai prochain, à 16h15. C'est un total de 240 épisodes qui a été commandé, et vous allez voir que le titre de cette nouvelle série n'est pas anodin du tout. En effet, en 2004, ZDF avait lancé la toute première telenovela allemande, Bianca, Wege zum Glück ("Bianca, le chemin du bonheur"), qui avait donné lieu à un spin-off de 2005 à 2009, Wege zum Glück. ZDF l'avait donc transformé en soap classique, puis avait fini par l'annuler au terme de 4 saisons quand les audiences avaient décliné. Avec cette nouvelle série, où les protagonistes principaux seront des amis qui se connaissent depuis l'enfance, mais qu'une tragédie a séparés, ZDF revient donc aux fondamentaux... L'occasion de vérifier si une franchise aimée par le public peut sauver la case de l'après-midi de la chaîne.

PaperGiants
- AUSTRALIE : divorce consommé
Allez, chose promise chose due, on passe par l'Australie, où l'actrice Asher Keddie a confirmé sa non-participation à Howzat!, la mini-série qui avait été lancée suite au succès de Paper Giants au printemps dernier. En soi, la nouvelle n'a rien d'incroyablement surprenant, car le personnage interprété Keddie, j'ai nommé Ita Buttrose, était essentiellement lié à l'aventure du magazine CLEO et pas tellement aux tentatives de Kerry Packer de s'aventurer dans le domaine sportif, mais cela prouve bien que la production de Howzat! sera radicalement différente de celle de Paper Giants. On rappellera à toutes fins utiles (on a déjà pu en discuter dans le SeriesLive Show) que le personnage de Kerry Packer lui-même sera interprété par un acteur différent dans Howzat! ; du coup le divorce est bel et bien consommé, et cela montre bien que miser sur le succès de Paper Giants pour lancer Howzat! en coupant cependant les ponts avec la mini-série d'origine est une tâche ardue. On verra bien comment Howzat! finira par s'en sortir, mais il est certain qu'en ne reprenant aucun des deux acteurs qui ont fait le succès de la mini-série de départ, la production prend un parti-pris à la fois compréhensible et décevant. Autant dire que rien n'est joué pour cette production, et que ce sera un peu quitte ou double.

- AUSTRALIE : ABC1 mise sur la famille
On poursuit nos folles aventures australiennes avec deux séries qui sont entrées en production ces derniers jours pour ABC1 : la comédie New Christmas, et la dramédie Please Like Me. Ce que j'adore c'est que ya quelques semaines, les chaînes ont fait part de leur plans pour 2012, et résultat le mois suivant on annonce d'autres nouveautés ; on peut vraiment compter sur personne. J'vous jure, hein... Alors faisons les présentations : prévue pour 6 épisodes, New Christmas s'intéresse à la famille Moody, une famille dysfonctionnelle, comme on dit, où les liens ne sont pas très forts. L'idée est de voir comment cette famille qui n'a pas trop l'esprit de famille célèbre la fête la plus familiale de toutes : Noël, vous l'aurez compris. Le personnage principal, Dan, revient donc tous les ans à Noël dans cette famille alors qu'il voudrait être à peu près n'importe où ailleurs ; apparemment le concept est de montrer 6 Noël différents dans la vie de Dan Moody. Ambiance pourrie, cadeaux ratés, secrets familiaux dévoilés au plus mauvais moment, en gros New Christmas promet de montrer tout ce qu'il faut faire pour rater ses fêtes de fin d'année. Alors du coup devinez quoi, la série sera diffusée pour Noël, évidemment ! Quant à Please Like Me, qui comptera elle aussi 6 épisodes prévus pour le courant de l'année 2012, elle s'inspirera du spectacle de stand-up du comédien Josh Thomas (qui y tiendra également le rôle principal), dans lequel il partageait ses réflexions sur le fait de grandir, de réaliser que les parents ne sont pas des héros mais des gens ordinaires voire même parfois décevants, et de se lancer dans la vie sans savoir vraiment qui on est ni ce qu'on veut. Et alors pardon, mais ce qui fait la différence, c'est que ce sera réalisé par Matthew Saville, qui a signé des épisodes de The Slap (les épisodes de Harry et Connie) ainsi que Cloudstreet ...vous la sentez monter l'excitation téléphagique ?! Voilà qui fait de cette série un must-see immédiat à mes yeux. Rendez-vous plus tard cette année, donc.

- AUSTRALIE / CANADA : prouve que tu existes
Prêts pour une petite dernière ? Hélas, c'est une mauvaise nouvelle pure et dure, celle-ci. La série de science-fiction pour la jeunesse intitulée Resistance, commandée par ABC3, et co-produite par Persistence Productions avec la boîte canadienne Shaftsebury Films, connait un retard à l'allumage. La série a été commandée pour 26 épisodes à la fin de l'année 2011, et son tournage devait commencer rapidement ; à l'origine, 23 semaines de tournage devaient commencer dés la fin octobre/début novembre. Le budget était alors très impressionnant : l'équivalent de 10 millions d'euros ! Finalement on apprenait en décembre que la commande était passée à 13 épisodes seulement, et que le tournage avait été repoussé à février. Maintenant, SyFy US a décidé de lever l'option qu'elle avait posée sur l'achat de la série en vue d'une diffusion, et les choses empirent encore un peu. La production se cherche de nouveaux financements pour au moins se lancer dans le tournage... ABC3 jure ses grands dieux que la série n'est pas abandonnée pour si peu, mais c'est quand même pas très bon signe. Resistance se présentait comme une série très ambitieuse, mélange auto-proclamé d'Alias et de Buffy, dans un univers où notre survie ne repose plus qu'un groupe de résistants adolescents, aidés par un millionnaire qui leur a dédié sa fortune afin d'améliorer leur équipement et leurs armes. Ces jeunes sont notre dernier espoir face à l'invasion extraterrestre... Et l'espoir, aussi, des 450 personnes impliquées dans la production de cette série ; la South Australian Film Corporation a injecté de l'argent dans la production afin d'essayer de sauver ces emplois en attendant de voir si la production parvient à soulever les fonds nécessaires.

Claude Legault, parce que l'esthétisme sur un blog, c'est important <3

- CANADA : BFF
Vous n'aimez pas ça, vous, quand on parle de séries québécoises ? Moi, si. Ah, qu'il me tarde que le Black March s'achève pour qu'on réaborde la question d'Apparences ! Et du pilote de Vertiges, qui a commencé il y a peu sur Séries+. Et justement, Séries+ vient d'annoncer la mise en chantier de son projet pour 2013 : Mon meilleur ami. On y retrouvera Claude Legault (miam, souvenez-vous de Minuit, le soir et plus récemment 19-2) et David La Haye (l'enflure dans Mirador) qui seront des amis pour la vie... jusqu'à ce qu'une séance d'escalade laisse l'un des deux paralysé. Mais quand le meilleur ami commence à se rapprocher juste un peu trop de la femme du paralysé, ce dernier décide de se venger... Eh oui, encore un thriller, mais quand c'est bon, on ne se lasse pas, et en l'occurrence, c'est le réalisateur d'Apparences qui s'y colle, avec la même société de production que Minuit, le soir, on ne va donc pas faire les difficiles. Par contre, on ne s'excite pas : Séries+, c'est une série originale par an en moyenne (souvenez-vous, l'an dernier c'était Malenfant), donc Mon meilleur ami est prévu pour l'hiver 2013...

- CANADA : ils sont de retour... Nin ? Si !!!
Vous en avez rêvé, Télé-Québec l'a fait : l'incroyable duo qui vous a donné mal aux côtes à force de rire devant Le coeur a ses raisons, j'ai nommé Marc Labrèche et Anne Dorval, va se réunir une nouvelle fois à la télévision ! Ils seront en effet cet automne au générique de la série Les Bobos, une comédie fonctionnant sur le principe d'une série à sketches comme Un gars, une fille, passant au vitriol plusieurs bourgeois bohème. D'autres comédiens devraient se joindre à eux dans l'aventure, mais leurs noms sont inconnus à l'heure actuelle. Un bonheur n'arrivant jamais seul, Marc Brunet, créateur et scénariste du Coeur a ses raisons, sera également de la partie ; c'est la nouvelle directrice des programmes qui, à peine arrivée dans ses fonctions en janvier, s'était promis de ramener tout ce petit monde sur sa chaîne. On comprend aisément pourquoi !

Lynch_promo

- AMERIQUE DU SUD : la mort lui va très bien
Vous vous souvenez de Lynch ? Mais si ! Lynch, la série sud-américaine qui me tentait énormément ! Eh bien on dirait que je n'étais pas la seule. Pour un coup d'essai, c'était un coup de maître : la première production 100% originale de Moviecity (la chaîne s'était inspirée du modèle de sa co-production avec FOX, Kdabra, qui avait fait ses preuves) a battu tous les records. Un peu avant la diffusion à la télé, elle avait commencé par mettre le pilote en ligne sur son site de VOD Moviecity Play, et le nombre de vues avait explosé : 40% de connexions en plus par rapport à la semaine précédente ! Deux jours plus tard, le pilote de Lynch diffusé sur Moviecity avait, selon le communiqué de la chaîne, dépassé les performances de la diffusion de Spartacus, sa meilleure audience pour une fiction à ce jour. La chaîne est donc excessivement satisfaite de son aventure. Hélas pour Moviecity, pour le moment, seulement 13 épisodes de Lynch sont prévus, mais la chaîne a annoncé avoir plusieurs projets en vue, ce qui veut probablement dire que Moviecity vient de devenir une chaîne à surveiller pour les téléphages hispanophones, d'un coup d'un seul. Et notez au passage que le matériel promotionnel est un peu plus alléchant à mesure que le temps passe. Elle est pas super cool, cette photo, sérieux ? Et cette video de promo, elle fait pas envie, des fois ? Bon, rendez-vous est pris post-Black March pour se mettre en quête du pilote de Lynch, je crois qu'on est tous d'accord.

- ESPAGNE : deux projets et demi pour Telecinco
On en profite pour rester dans les fictions de langue hispanique, avec deux projets de Telecinco qui n'ont rien de commun. A part Telecinco, donc. La chaîne s'aventurera d'abord dans le registre de la comédie (tiens, tiens...) avec Familia, qui se concentrera sur 3 soeurs, Carlota, Malena et Natalia, qui à l'approche des 30 ans vont tenter d'aborder cette nouvelle phase de leur vie et les changements qui vont avec. Problèmes familiaux avec leur père, leur boulot ou bien-sûr les hommes, tout devrait y passer, mais uniquement sous l'angle de la comédie ; on y retrouvera entre autres l'actrice Alexandra Jiménez (issue de la comédie Los Serrano mais également la version espagnole de Cheers, qui a tourné court). Clairement, la chaîne vise ici un public plutôt féminin, et la production s'annonce comme relativement onéreuse. Il s'agit du second projet le plus risqué de la chaîne, et l'autre est également destiné plus spécifiquement aux femmes : Telecinco a également en projet depuis la toute fin 2011 l'adaptation de la série Ghost Whisperer, sous le titre de El Don de Alba. Mais Telecinco n'a pas l'intention de se la jouer Téva, et elle a annoncé cette semaine un autre projet, bien différent : El Principe sera un thriller situé dans un quartier de Ceuta en proie à la délinquance, l'échec scolaire, et au trafic de drogue. Mêlant le quotidien difficile d'un policier des stups et affaires de coeur, la série est en projet depuis l'automne 2011 et a subi de nombreux changements ces derniers mois, y compris au niveau des personnes attachées au projet ; il semblerait par exemple que l'acteur José Coronado soit de la partie pour le moment. Actuellement, Telecinco la décrit comme la digne héritière de Sin Tetas No Hay Paraíso, une adaptation espagnole qu'elle avait diffusée sous la forme de série hebdomadaire en transformant la telenovela colombienne du même nom, en 2008. On verra bien ce que ça donne pour El Principe maintenant qu'elle lui a donné le feu vert... normalement les choses devraient être plus claires à mesure que le projet se concrétise.

- EGYPTE : préparatifs du Ramadan
On commence à voir apparaitre quelques nouvelles concernant les séries du prochain Ramadan, et c'est tant mieux ! En fait, des nouvelles, il y en a un peu toute l'année, mais généralement dans des langues que je ne parle pas, voyez-vous. Du coup quand j'en trouve une qui me soit compréhensible, même si elle est succincte, je lui saute dessus, parce que pour changer, quand on parle d'un projet, on ne parle pas d'un mini-scandale à des fins essentiellements politiques. C'est de la vraie information téléphagique, au moins. Apprenez-donc que le réalisateur Wael Fahmi Abdel Hamid prépare actuellement une série en collaboration avec l'auteur Tark Badawi. Le projet, intitulé Nousa, proposera aux spectateurs d'aborder les problèmes que rencontrent les habitants d'un quartier très populaire, à travers les yeux d'une jeune fille qui y réside. On devrait également voir des interactions entre les habitants dudits quartier et des hommes d'affaires, une idée intéressante dont j'attends de voir si je trouve plus d'infos à son sujet, mais qui a du potentiel pour sortir de la simple chronique et porter, comme ça a l'air d'être souvent le cas avec les séries du Ramadan, un regard sur la société dans son ensemble. Pendant que le scénariste et le réalisateur mettent les derniers détails au point, le tournage devrait commencer courant avril. Je suis impressionnée par la rapidité de ce projet, quand je lis d'autre part qu'un chanteur vient de refuser son premier rôle à la télévision, en déclinant l'offre de Youssef Maati qui lui proposait de tenir le rôle principal d'une série qu'il prépare pour... le Ramadan 2013. Il y a encore tant à apprendre...

- SCANDINAVIE : prêt à réserver votre billet d'Eurostar ?
Pour le grand final, je vous ai gardé le meilleur... Attention les yeux : le distributeur britannique Nordic Noir, que vous avez peut-être remarqué pour les sorties DVD nombreuses qu'il fournit alors qu'il n'a que quelques mois d'existence, a décidé d'organiser le tout premier festival dédié à la fiction scandinave (film et télévision confondus). Carrément. Il n'y a pas encore de date mais ce devrait avoir lieu cet automne ; vous pensez bien que je guette toute information plus précise dés qu'il s'en profile une ! Je soupçonne une invasion de téléphages amateurs de fiction scandinave en Grande-Bretagne ce jour-là... pas vous ?

Bon, et puis je crois que tout le monde est au courant pour la saison 2 de The L.A. Complex, mais juste un mot pour dire : yaaaay ! Sérieusement, en voilà une nouvelle qu'elle est bonne, non ?

On arrête là ? Non ? Vous en voulez une dernière pour la fin ? Attention ya du scoop : M6 aurait acheté les droits de la série espagnole Gran Hotel en vue d'une adaptation. Je n'ai trouvé que des sources espagnoles à ce sujet, cependant, et pour tout vous dire l'attachée de presse de M6 ne peut ni me le confirmer... ni même l'infirmer. Bon. On en saura sans doute plus avec le MIP TV début avril, où plein de choses vont être plus facilement officialisées ; en tous cas je l'espère. En tous cas, comme le veut l'expression consacrée : vous l'avez lu ici en premier ! :P

Non, non, n'en réclamez pas plus, c'est tout pour aujourd'hui ! Et puis après tout, j'ai consacré un long post hier à la prochaine saison japonaise, donc si vous êtes en mal d'infos de la planète, eh bien vous avez plein d'idées de découvertes pour le mois prochain à votre disposition...

PS : j'en profite pour saluer l'arrivée du nouveau-né de Whisper ! Félicitations, c'est un blog !

Posté par ladyteruki à 22:46 - Love Actuality - Permalien [#]

28-02-12

Absence makes the heart grow fonder

Quand j'ai réalisé hier que Showtime s'était contentée de rediffuser les épisodes de House of Lies à ce jour sans terminer son marathon par un inédit, je vous avoue que j'ai sérieusement perdu le sourire.

HouseofTruth
C'est comme ça que j'ai réalisé que House of Lies était devenue en quelques semaines l'une de mes séries préférées de ce début d'année (déjà fort riche en découvertes et en émotions) : en découvrant que je me faisais unbe véritable joie de finir mon lundi avec un épisode de la série. C'était devenu, un peu sans que je m'en rende compte, l'un de mes rituels, histoire de commencer la semaine du meilleur pied possible tout en prenant le mien.

Oh j'avais bien remarqué que je me marrais comme une petite folle pendant les épisodes, notamment grâce aux échanges rythmés et un peu corsés de l'équipe de Kaan, entre deux vols à l'aéroport, ou en salle de réunion au lieu de bosser, et oui, d'accord, j'avais compris depuis plusieurs semaines que plusieurs des personnages me plaisaient énormément, notamment Clyde, Monica, April dont j'étais ravie de constater la persistance dans la série après un rôle dans le pilote que tout condamnait à l'éphémère, Marty lui-même, Doug, et peut-être même un peu Greg et Jeannie. Nan mais en fait, tout le monde quoi. Mais il y a une différence entre s'amuser énormément devant une série et l'adorer. Et c'est sans doute la raison pour laquelle House of Lies ne me venait pas spontanément à l'esprit quand il s'agissait de chanter les louanges de ce début d'année, et de dresser une liste des merveilles qui font actuellement battre mon coeur.

Et là, paf ! Grosse sensation de manque.
Alors je me suis moi aussi envoyé une intégrale. Ya pas de raison. Et il n'y a pas à dire, j'adore cette série, surtout quand je mets les épisodes bout à bout pendant 24h. Le seul épisode que j'aime moins que les autres est le troisième, trop vulgaire à mon goût (oui, même quand on aime House of Lies il peut y avoir des limites au bon goût), mais pour le reste je me suis méchamment marrée.

C'est tragique qu'il m'ait fallu attendre ce marathon inopiné pour m'en rendre compte, franchement, mais oui, House of Lies est à ajouter à la longue, très longue liste des excellentes séries que je découvre en cette mid-season, avec Smash, Äkta Människor, 30° i Februari, Touch, Apparences ou encore Woodley.
Liste non-exhaustive, du coup ; les coups de coeur ont été nombreux en janvier et février.

Ca va me faire tout drôle quand la diffusion va s'interrompre, même si une deuxième saison est d'ores et déjà prévue ! Mais en même temps, vu la gueule de ce début d'année, j'ai plutôt confiance en ce cru 2012 et je me dis que même en avril, je ne devrais pas avoir trop de mal à me régaler.
Je vous ai déjà dit que je trouvais qu'on avait une p*tain d'année ?! C'est vraiment l'éclate en ce moment !

Posté par ladyteruki à 23:42 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

16-02-12

En français dans le texte

En général, je suis quelqu'un de plutôt ouvert. En quelques années, je me suis totalement débarrassée de ce réflexe (inné ou acquis ?) d'avoir un mouvement de recul à l'idée de commencer une série non-américaine, et plus encore, disons, une série polonaise. La plupart de mes préjugés sont tombés ou, quand j'en ai, ils sont même devenus positifs ! Chouette, me dis-je, une série russe, je n'ai pas souvent l'occasion d'en trouver. A cela s'ajoute une curiosité débordante à l'égard de pays pour lesquels je ne demande rien de mieux que de trouver un pilote ou deux, enfin ! Afin de me faire une idée du niveau de production.
Et pourtant.

Je le dis souvent, ma prochaine grande aventure téléphagique, ce sera de donner sa chance à la fiction française.
Permettez que je digresse mais avez-vous remarqué combien le terme "fiction française" est lourdement connoté ? Fiction turque, fiction japonaise ou fiction canadienne ne renvoient pas la même impression de défi tant pour l'industrie elle-même que pour le spectateur. Ou bien ce n'est que moi.

Ponctuellement je le fais, d'ailleurs. Je me lance dans un pilote, je ne me ferme pas à l'idée d'en regarder un de temps à autres. Et quand, à l'instar du Visiteur du Futur, j'y prends du plaisir, une partie de ce plaisir, reconnaissons-le, vient du fait que c'est une petite victoire sur mes idées reçues et mon instinctive méfiance à l'égard des séries françaises. Mais ça reste un effort. Une tâche à laquelle m'employer quand je serai d'humeur. Un challenge loin d'être gagné d'avance ; ce qui est toujours mieux que s'il était perdu d'avance, mais tout de même.

C'est, à vrai dire, désagréable même pour moi.
Lancer un pilote de série française n'est pas excitant. C'est toujours un moment pendant lequel, instinctivement, je me répète d'essayer d'être ouverte : ne te braque pas contre le jeu des acteurs et leur diction terne, ignore les dialogues sans saveur et concentre-toi sur l'intrigue qui, nan mais on sait pas, commence pas, ça se trouve, sera bonne, et pas du tout bateau, pourquoi ce serait bateau juste parce que c'est français, c'est vraiment stupide comme idée, tu as pourtant testé des séries philippines sans a priori (par contre a posteriori...), pourquoi t'es infichue de partir du principe que, ouais, c'est possible de passer un bon moment, c'est chouette un pilote, comment tu peux ne pas te réjouir de lancer un pilote ?! Mais t'es une grosse raciste en fait, hein ?
Et au final je suis dans un tel état de crispation, non pas vis-à-vis de la série mais vis-à-vis de moi-même parce que justement je ne voudrais pas être crispée, que les pilotes de séries françaises ont moins de chances que les autres de me séduire, c'est clair.

Ce soir, j'ai lancé trois fois le pilote d'une série française en essayant de me motiver. A chaque fois, il se passe un truc. Un mail qui arrive et qu'il faut que je lise maintenant, ou, ah oui euh, je vais juste jeter un oeil à ma timeline sur Twitter et, nan mais tu sais quoi, je vais me faire un thé d'abord, tiens, ça va me détendre.
Je n'ai absolument rien contre cette série. J'ai juste 25 000 trucs que je préfèrerais voir à la place. Il y aura toujours 25 000 choses que je préfèrerais regarder qu'une série française, en réalité, et ça me rend triste parce que je suis certaine que ça me fait passer à côté de bonnes choses.
Et c'est comme ça que je lance le pilote de la série Des soucis et des hommes, ce qui signifie que pour la quatrième fois je me suis interrompue dans ce que je voulais regarder ce soir, et je me dis... nan mais vraiment, ya rien à faire, quel que soit le bout par lequel je le prends, dés que c'est français, j'ai l'impression de subir invariablement le même jeu d'acteur, la même diction morne, les mêmes dialogues sans panache, les mêmes intrigues prévisibles. Ca me met très en colère contre moi-même. Ou contre la fiction française. Ou les deux.

Enfrancaisdansletexte

Tiens pis merde, je laisse tomber pour ce soir, je vais regarder la suite d'Apparences.
C'est pas ma guerre, faut croire.

Posté par ladyteruki à 23:53 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

27-01-12

Sa plus grande fan

Il se passe un truc drôlement chouette avec Apparences, et comme il n'y a pas grand monde pour se dévouer et vous en parler, bah je me sacrifie ! Nan mais, vous me connaissez, le sens de l'abnégation, tout ça...

Pour vous résumer mon impression, désormais chaque semaine je me lamente à l'idée qu'il soit impossible de voir des séries québécoises en France. Il n'y a simplement AUCUNE excuse ! Sur un plan linguistique, c'est pas pour quelques expressions un peu exotiques et un accent tout en rondeurs qu'on a le droit de faire la fine bouche... et au pire ça n'a jamais tué personne d'entraîner son oreille. La prochaine fois que je vois le mot "francophonie" dans un communiqué du ministère de la culture, je mords. C'est simplement indigne d'avoir une télévision (par exemple de service public) qui soit incapable de nous permettre d'accéder à des fictions comme celle-ci. Je sais bien que France2 nous a autrefois permis de voir Minuit, le Soir (en version doublée, en plus, on peut pas dire que ça ait choqué l'oreille du spectateur français !), mais je ne comprends pas comment ni pourquoi on s'est arrêtés là. Vraiment c'est révoltant de devoir passer par le téléchargement (surtout quand ça devient un peu plus difficile chaque semaine de s'approvisionner) ; encore, quand je regarde des séries asiatiques (d'ailleurs faites-moi penser à vous parler de la saison 2 de Shinya Shokudou), je peux comprendre qu'une chaîne craigne l'absence d'identification et le fossé culturel, mais là ?
Voilà, c'était une petite parenthèse coup de gueule, je passe au vif du sujet.

Apparences3

Je crois qu'une partie de mon admiration grandissante pour cette série tient au fait qu'il s'avère que j'ai tendance à m'ennuyer assez vite devant les thrillers, en général. C'est comme ça. Je les trouve facilement prévisibles, ils me semblent toujours suivre le fil le plus évident, parce que sous prétexte de nous filer des frissons et nous amener à nous asseoir sur le bord de notre fauteuil, il ne faudrait quand même pas qu'on nous donne de quoi réfléchir, je suppose. Du coup, quand le pilote d'Apparences m'a fait si bonne impression, plus tôt ce mois-ci (je vous le disais, on a un très bon mois de janvier téléphagique de par le monde), ma curiosité s'en est trouvée éveillée... et ma méfiance un peu aussi.

Mais au terme de son troisième épisode, Apparences confirme qu'on est dans le très haut du panier en matière de thrillers, mais aussi de séries dramatiques.
La série repose sur la disparition d'un de ses personnages, et dans ce type de configurations, en général, la victime est le personnage le plus creux de la fiction, tout simplement parce que la trame est toute entière tendue dans le seul but de pouvoir retrouver ladite personne (ou, si elle connaît un destin fatal, coffrer son ravisseur).

Ici c'est tout le contraire. Apparences a passé le pilote à rassembler la famille de Manon, inquiète de l'absence de cette dernière, pour mieux pointer du doigt les rapports difficiles que ses membres entretiennent les uns avec les autres... la disparue étant la seule à qui personne n'a rien à reprocher. Cela correspondait parfaitement à son statut de victime-de-thriller. Sa soeur jumelle, une actrice n'ayant pas mauvais fond mais quand même un peu distante de par sa vie trépidante, occupait alors la place centrale de l'épisode afin de dresser le portrait, en creux, de la disparue, une personne en tous points irréprochable donc. Cela justifiait l'inquiétude de chacun vis-à-vis de la disparition, et permettait de s'intéresser au déroulement à la fois de l'enquête (mais Apparences n'a pas vraiment un but policier et ça se sent dés son épisode inaugural, je vous invite à relire mon premier post à son sujet).

Le second épisode prend une orientation toute autre ; en accord avec l'orientation très modérément policière de la série, et avec les dynamiques familiales décrites dans le premier épisode, Apparences décide d'explorer la psyché de la disparue. Elle n'est pas là mais elle est partout. Et ce qui est véritablement intéressant, c'est qu'elle se révèle très surprenante, comme le suggérait le cliffhanger du pilote.
Tout l'épisode sera consacré à apporter énormément de nuance à ce personnage. Si la thèse de la disparition ne bouge pas (l'enquêteur suspecte l'un des membres de la famille ; il n'est d'ailleurs pas tenu au courant des découvertes sur la personnalité de la victime), en revanche, le profil de la Manon devient moins monochrome. Et c'est ainsi que tout en poursuivant ses efforts de reconstitution des faits, tout en détaillant sa peinture de cette famille cachant habilement ses zones d'ombres, et bien-sûr tout en poursuivant le fil de l'enquête, Apparences continue à piquer notre intérêt sur le plan dramatique.

Apparences4

Mais le troisième épisode va faire mieux que ça encore.
Car Apparences ne veut pas simplement explorer le personnage "manquant" de son ballet un peu maussade de membres de la famille Bérubé. La série veut nous effrayer, de cette peur intime et pourtant si vague qu'on ressent quand on découvre qu'on ne savait rien d'un proche, et que tout d'un coup, tout est possible.

Toujours avec cette réalisation pleine de tact, reposant sur le non-dit des personnages présents et sur les aperçus très parlants, mais elliptiques, de la vie "véritable" de Manon, le troisième opus va donc s'adonner avec un talent un peu vicieux à un étrange sport : rendre la victime non seulement complexe, mais aussi totalement inquiétante.
Et c'est là que se justifie, naturellement, le titre de la série. Car Manon est bien plus une actrice que ne le sera jamais sa célèbre soeur. Elle a réussi à cacher sa véritable nature, la moindre de ses motivations, la totalité de ce qui la trouble, à tout son entourage. Elle a parfaitement fait illusion. Et maintenant qu'on fouille dans sa vie, le masque ne tombe même pas totalement, mais sa jumelle tombe des nues. Derrière la gentille fée parfaite qui est une éternelle célibataire consacrant sa vie à l'enseignement, il y a en réalité une inconnue et c'est là que le thriller surprend, et pourtant fonctionne totalement, parce qu'il s'appuie sur une vision très sensée des personnages et de leurs relations ; pour ça, on peut remercier le pilote.

J'ai essayé de préserver ce post de tout spoiler néfaste en ne vous parlant vraiment que de la structure des épisodes, et j'espère que j'ai à peu près accompli ma mission.

A présent j'ai quelques théories, et même quelques espoirs pour les épisodes futurs. C'est assez rare pour les thrillers télévisés, comme je l'ai dit, et je me réjouis du mélange des genres qu'Apparences parvient à accomplir ici ; c'est comme du sur-mesure.
Ce qui m'impressionne le plus, c'est cette capacité à tenir la distance en apportant des "retournements" tout en ne négligeant jamais l'angle dramatique, avec des personnages terriblement réalistes dans une histoire à la fois banale et incroyablement sordide. Si vous avez l'opportunité de vous lancer, n'hésitez vraiment pas, cette série vaut son pesant d'or.

Bonus : si vous regardez la série, vous aimerez le tumblr.

Posté par ladyteruki à 17:05 - Review vers le futur - Permalien [#]