ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

02-09-13

Vraie malhonnêteté

Officiellement, depuis samedi à 23h59, le défi que whisperintherain et moi-même nous sommes lancé voilà un an a pris fin... ce qui veut dire que désormais, les pilotes diffusés ne rentrent pas dans le champs de notre challenge, qui consistait à tous les regarder puis tous les reviewer. Pour autant, les règles de notre défi stipulent qu'il n'y a pas de date de péremption pour la publication des reviews pour les pilotes diffusés avant cette date ; attendez-vous donc à lire encore quelques unes de ces reviews... comme par exemple, ce soir, celle de Siberia.

Siberia

Ce weekend, je vous avoue que je me suis remise en question. En fait, j'en suis arrivée à un point où je me suis sermonée. Je me suis dit : écoute, lady, voyons les choses en face, si tu as un problème avec toutes les séries ayant un concept original, c'est sûrement que tu en attends trop. Que tu penses qu'un bon concept équivaut à de la créativité. Que tu crois qu'avoir une bonne idée et bien la développer correspondent au même talent ; et clairement, ce n'est pas vrai, tu te racontes des choses. La cruelle désillusion imposée par des séries du genre de Last Resort montre bien qu'au contraire, plus l'idée est originale et sort de l'ordinaire, plus les scénaristes sont perdus. Oui, je cite souvent Last Resort, mais c'est parce qu'elle m'est restée là.
Pourtant je n'apprends pas de mes erreurs. Je continue d'être alléchée par ce que je pense être de très bons concepts. Ca me perdra.

Au bout d'un moment, je finis par comprendre les gens qui choisissent de regarder des séries creuses et peu originales ; quand on voit ce qu'accomplissent les séries au pitch original, dans le fond ça se comprend. Autant aller à la facilité et ne pas courir le risque d'être déçu.

Me voilà donc devant Siberia ce weekend (rien à voir avec l'excellent jeu video) et rien à faire, je l'ai mauvaise. J'ai l'impression d'avoir perdu 42 minutes de ma vie, voire quelques unes de plus. En fait, j'en veux moins à Siberia pour ces 42 minutes de pilotes, que pour les quelques minutes, avant que je ne lance mon épisode, que j'ai passées à me rejouir à l'idée de regarder Siberia. Je sais pas si ça fait sens pour vous, mais l'amertume se trouve là.

Reprenons : Siberia est donc une série diffusée par NBC cet été, dans laquelle une émission de télé réalité se déroule en Sibérie, alors qu'une poignée de candidats se retrouvent dans un coin de terre isolé de tout, où ils vont devoir passer plusieurs semaines dans des conditions indécentes, afin de pouvoir prétendre à une somme d'argent indécente, mais d'une autre façon. Sauf que les choses ne tournent pas du tout comme prévu, et que le tournage de Siberia, l'émission de télé réalité, tourne assez vite au cauchemar.

Sur le coup, ce qui m'a énormément agacée, c'est que Siberia se présente, sur la forme, exactement comme les émissions de type Survivor qu'elle est supposée singer. C'est évidemment dans sa nature, et on ne peut pas dire que ça m'ait beaucoup surprise, mais c'était énervant, eh bien, simplement parce que je déteste la télé réalité (j'ai officiellement gagné le titre de vieille conne acariatre, je suppose, mais c'est comme ça). Mon problème c'est d'ailleurs que, en n'ayant vu que deux ou peut-être trois épisodes de Koh Lanta de toute ma vie (et encore, aux débuts), j'ai l'impression de revoir exactement les mêmes poncifs être étalés dans Siberia.
Quand on ne supporte pas un courant télévisuel qu'on juge pauvre, et qu'on s'aperçoit qu'en plus de 10 ans, rien parmi les standards du genre ne semblent avoir changé, il n'y a aucune raison d'être de bonne humeur, vous imaginez bien.

Pourtant, le coeur du problème, dans le fond, ce n'est pas que Siberia reprenne absolument tous les codes d'émissions équivalentes. Il fallait au contraire s'y attendre, mais ce n'est pas de là que vient la faute. J'ai passé le plus gros de l'épisode à attendre que quelqu'un brise le quatrième mur ou, au moins à espérer que quelque chose, un élément quelconque, vraiment n'importe lequel, m'invite à prendre du recul avec l'émission. Au lieu de ça, Siberia a joué à fond la carte de l'immersion.
Et finalement je n'ai pas vu de différence entre devoir regarder une émission de ce type, et regarder Siberia.

Tout est fait pour nous faire oublier qu'on regarde un programme fictif, et on se retrouve finalement à regarder une vraie émission de télé "réalité", genre télévisuel dont en plus on sait très bien qu'il n'est pas basé sur le réel mais sur des scripts et toutes sortes d'outils de production d'ailleurs empruntés à la fiction, mais détournés pour faire croire que c'est vrai. Or, je suis de l'école de pensée que si on voulait regarder de la télé réalité, on utiliserait ces 42 minutes pour regarder de la télé réalité ; inversement, je regarde une fiction, j'attends de me sentir comme dans une fiction.
Ce brouillage ne fonctionne pas pour moi, de la même façon que certains ne sont pas à l'aise avec les dramédies et préfèrent regarder soit un drama, soit une comédie, mais pas quelque chose entre les deux.

Et puis, dans le fond, pourquoi regarde-t-on une fiction à propos d'un produit télévisé ? Pour avoir l'impression d'en pénétrer les coulisses ! Pour décortiquer la façon dont elle est faite, prendre du recul sur son mode de fabrication, ou éventuellement inventer, pour les amateurs de théorie du complot, de folles explication sur leur fonctionnement ou leur message (en cela, Cult était plus dans la gamme de ce que j'attends). On attend une mise en abîme. On attend qu'on porte un regard cynique sur les médias. On attend qu'on nous dise quelque chose d'atroce sur nous.
De la même façon qu'on n'attend pas d'une série sur l'industrie de la musique country de nous montrer uniquement des chanteurs préparant leur concert (Nashville), ou d'une série sur la production de films qu'elle nous dévoile un monde où tout le monde il est beau, tout le monde il est gentila (Action!), ce qui est vraiment intéressant, c'est de déconstruire l'objet culturel visé, même si c'est de façon fantasmée. Pitié, ne me dites pas que je suis obligée de regarder Dead Set pour obtenir cela à propos d'une émission de télé réalité !
Or ce n'est pas du tout le but de Siberia. Siberia veut nous faire croire que c'est une vraie émission de télé réalité qui vire au cauchemar sous nos yeux, qui devient un film d'horreur (plutôt classique au passage) dans un coin isolé où les victimes vont se la jouer Dix petits nègres. Mais comme nous savons que Siberia est encore plus fictive qu'une émission de télé réalité habituelle, ça ne marche pas !

L'immersion rate parce que NBC aurait dû, dés le départ, vendre sa série comme de la vraie télé réalité, Siberia serait éventuellement un projet de série puissant... si ça n'avait pas été une série. Si NBC avait tourné cela à l'expérience télévisuelle provocatrice, nous laissant imaginer que ces évènements se produisent réellement, nous observant, nous télespectateurs voyeuristes, nous affoler à l'idée que mon Dieu, on ne peut rien faire pour ces gens ? Je suis sûre que ç'aurait fait un véritable évènement, avec tous les journalistes se gargarisant de mots sur la dérive de la télé réalité, les spectateurs qui ne veulent pas regarder mais les audiences qui curieusement ne s'effondrent pas, et ainsi de suite.
Et puis finir par dévoiler que non, Siberia, que nous aurions fait mine de trouver abjecte ou terrifiante tout l'été, n'était pas une émission de télé réalité, mais une série dramatique ; et nous laisser avec l'amertume de notre voyeurisme.
Imaginez le buzz que la chaîne aurait récolté ! Et imaginez comment NBC aurait pu repousser, une fois de plus, les limites entre la réalité et la fiction dans un programme ! Là ç'aurait été révolutionnaire.

Mais Siberia n'a pas vraiment d'ambition. Ce n'est qu'une série à la Harper's Island qui veut paresseusement se reposer sur les codes de la télé réalité, et qui finalement n'accomplit rien, si ce n'est évoquer, par moments, Lost, et encore. Elle veut surfer sur les méthodes de les programmes d'un genre pour s'éviter d'en explorer vraiment un autre. Dans le fond, la méthode de Siberia est profondément malhonnête.

Je ne sais pas pourquoi les concepts originaux m'attirent. C'est peut-être parce que, quand je les lis pour la première fois, mon imagination se met en marche. Dans ma tête, Siberia est une série vraiment chouette et ambitieuse, je vous jure !
Peut-être que dans le fond, je ne devrais pas espérer voir un jour la série suédoise 183 Dagar, qui se déroule après la sortie de ses candidats par un équivalent de Loft Story. Peut-être que les concepts originaux et alléchants, dans les séries, doivent rester cela : des concepts, pas des séries. Pour sûr, on serait moins souvent déçus.

Mais c'est précisément ce même espoir qui me poussera, dans un mois, six mois ou un an, à lancer un autre pilote d'une série reposant sur un concept exceptionnel. Tant qu'il y a de la téléphagie, il y a de l'espoir ?

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 23:49 - Review vers le futur - Permalien [#]

19-01-13

Message d'avertissement

Comme vous le savez maintenant, parce que ça fait quelque chose comme six mois, whisperintherain et votre serviteur s'aventurent à tester tous les pilotes de la saison, puis à venir les reviewer pour vous, histoire que vous sachiez dans quoi vous mettez les pieds quand vous n'avez pas décidé si vous alliez les regarder à votre tour. J'aime voir ça... comme une mission de salut public. Dans le fond, nous sommes des veilleurs, et nous sommes là pour tirer le signal d'alarme quand un pilote est réellement mauvais. Je ne sais pas pourquoi je parle de mauvais pilote, d'ailleurs.
Ah, si, ça me revient : je voulais qu'on parle de Legit ce soir.

Legit

Parfois il m'arrive d'avoir l'illusion d'être bon public en matière d'humour trash. C'est une croyance que j'ai héritée de quelques visionnages de trop de séries comme Action!, et hélas, j'entretiens cette auto-fiction depuis lors. J'en suis la première victime, croyez-moi. Parfois je lance un pilote où l'humour est franchement de mauvais goût, et je m'attends à aimer, mais pas du tout. Parfois ça marche encore, cependant, alors ça fait perdurer le mythe et c'est encore pire.

Avec Legit, curieusement, j'étais dans les deux situations. A certains moments, j'étais tellement mal à l'aise que j'étais à un clic d'éteindre l'épisode et juste oublier que j'avais vu ce pilote. Et d'autres fois, j'ai sincèrement ri.

Le passage le plus difficile de ce premier épisode a été... le début. Un début de pilote, c'est un moment important, qu'il ne faut pas rater ; quand un début de pilote est raté, il faut le dire, et c'est le cas de Legit. C'est lamentable. La scène au service de l'immigration traine en longueur et n'est pas drôle.
Clairement, l'épisode a commencé volontairement sur cette scène histoire d'annoncer la couleur tout de suite, et de frapper un grand coup, indiquant ainsi dans quel type d'humour on était. Sauf que ce n'est pas juste une blague de mauvais goût, c'est une blague de mauvais goût pas drôle... Ce sont les pires.

Fort heureusement, à partir du moment où Jim commence à s'occuper de Billy, le frère de son meilleur ami Steve, les choses commencent à s'arranger. Enfin, disons... ponctuellement. Il y a des passages où la blague continue d'être de mauvais goût et pas drôle, mais il y a aussi des moments sincèrement drôles, notamment parce que Billy est joué par D.J. Qualls qui derrière son apparence maladive (ainsi que le prouve son CV) cache un solide comique.

Il y a dans le seul pitch de cet épisode beaucoup de choses qui sont douteuses ; après tout, il s'agit d'emmener un paraplégique sur le point de mourir dans un bordel afin qu'il se fasse dépuceler avant de rencontrer son Créateur. Pas très classe, il faut l'admettre. Mais étrangement, le road trip qui s'en suit est à la fois drôle et touchant, et il y a de vrais bons moments même pendant la séquence avec les prostituées... même si tout cela est en minorité, noyé dans un épisode pas franchement futé. Et quand c'est drôle, c'est essentiellement parce que, même quand Jim Jefferies met à côté, les moues de D.J. Qualls remettent tout de suite la bonne ambiance (un peu aidées par le montage, certes).
En fait, plus j'y pense, plus c'est à Qualls et non à Jefferies qu'il faudrait offrir d'avoir son propre show, mais bon...

Alors on passe l'épisode dans une situation d'inconfort, avec, parfois, un rire qui s'échappe, dont on aurait presque honte, pour un peu. Mais personne ne nous regarde, alors ça va.

Même quand on a traversé tout ça, au final, Legit reste assez peu claire sur ses intentions. On sait juste que Jim est un connard fini qui veut vaguement essayer d'être un chic type (il le fait parce qu'il espère que ça lui permettra de faire tomber les filles, bon, c'est une raison qui en vaut une autre...), mais l'épisode n'est pas très clair sur la structure à attendre derrière : va-t-il dorénavant uniquement être bon vis-à-vis de Billy (et tirer partie de son statut de paraplégique pour attendrir les femmes) ou essayera-t-il d'aller au-delà ? En tous cas on n'est clairement pas dans un épisode de My Name is Earl, ça c'est clair ; le personnage n'est pas spécialement motivé pour améliorer ses actions, il n'y a ni évènement déclencheur qui l'y pousse initialement, ni vague gimmick pour lui rappeler sa bonne résolution ensuite, et puisqu'on en est à faire des comparaisons, le personnage n'a rien de sympathique et son meilleur ami Steve n'a rien d'un sidekick amusant non plus.

Au final, en dépit d'un très mauvais démarrage, et de passages parfois tombant à côté de la plaque, le pilote de Legit est... regardable. Tout juste. Disons qu'il y a deux, peut-être trois scènes qui méritent d'être vues. Mais je ne continuerai pas à regarder la série, ça c'est sûr. Qu'on soit bien clairs : les termes du défi, c'est juste regarder le pilote ! Hors de question que je m'en inflige plus.
Vous voilà prévenus.

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 23:59 - Review vers le futur - Permalien [#]

12-10-12

Countrypolitan

Pour certains pilotes de notre challenge de la saison, il faut bien l'admettre, whisperintherain et moi trainons un peu la patte. "De quoi ? The Neighbors ? Oui, euh, plus tard, la review, hein, ya plus urgent". Et puis pour d'autres, il n'y a pas besoin de nous le dire deux fois. C'est en tous cas vrai pour moi ce soir, avec le pilote de Nashville.
Comme toujours, sitôt que whisper aura posté sa review, vous trouverez au bas de ce post un lien pour comparer nos deux points de vue... je serais surprise que sur cette série, il soit le même, d'ailleurs.

Nashville

Il manquait résolument une série sur l'industrie musicale à la télévision. Si cette série existe et que je l'ai loupée, n'hésitez pas à me le dire, mais là où il y avait des Action! et des Entourage pour le monde du cinéma, des Episodes ou des The Comeback pour la télévision, il nous manquait une fiction se déroulant dans le monde des labels et des concerts, de la même façon qu'un peu plus tôt cette année, Smash nous avait permis de pénétrer dans les coulisses de Broadway.
Oh, je ne dis pas que le sujet n'a jamais été abordé à la télévision, mais seulement au milieu d'une foule d'autres choses, je pense par exemple aux cas vus dans The L.A. Complex (plutôt dans le monde du rap) ou Single Ladies (dans l'univers du hip hop). Mais c'était en passant, au milieu de plein d'autres choses, et jamais avec l'idée de radiographier le milieu, mais surtout de suivre l'évolution d'un personnage, si possible au bas de l'échelle, et tentant de percer dans le milieu... mais entre autres choses, sa vie sentimentale prenant généralement le dessus, et l'aspect chorale des séries sus-mentionnées se faisant un devoir de noyer cette intrigue sous mille autres.

Alors imaginez ma surprise quand il s'est avéré qu'une telle série était en préparation, et qu'elle avait l'intention de se dérouler dans le milieu du seul genre musical que j'écoute en provenance des USA : la country ! On voudrait me séduire qu'on ne s'y prendrait pas mieux.

Et effectivement, Nashville est une véritable plongée, d'entrée de jeu, non seulement dans la vie des artistes qu'elle dépeint, mais aussi dans les bureaux du label inventé pour la série. Et c'est tout-à-fait le genre de choses que je voulais qu'une série fasse ! Dépasser la création de stars fictives pour réellement passer le milieu au crible, ne pas juste balancer des chansons mais vraiment nous dire comment on fait un album, ou comment on organise un concert. Le fait que ce soit dans le milieu de la country était un plus-produit évident pour moi, mais ça ne faisait pas tout. Je ne voulais pas simplement faire le plein de chansons à la fin d'un épisode, je voulais que le contexte soit exploité autant que possible. Nashville réussit très bien ce passage au microscope, à plus forte raison dés le pilote où il aurait été facile de ne pas tout de suite entrer dans les coulisses pas franchement sexy de la vie de son héroïne principale Rayna James, et de rester en surface.
Paradoxalement, là où Nashville me ravit le plus, c'est dans son utilisation de la musique. On l'entend, en définitive, assez peu : Nashville se fait un devoir d'être une série sur la musique et non une série musicale, c'est clair dans ses intentions d'entrée de jeu, et j'apprécie cette profession de foi qui consiste à ne pas tomber dans la facilité. Sur une échelle de Glee à Smash, je vais vous dire : Nashville, dans l'utilisation de la musique qui pourtant est son sujet, se situe à Smash+2, si vous me suivez. L'épisode se fait une règle de ne montrer aucune chanson entière, car on n'est pas là pour ça ; les chansons utilisées comme soundtrack pour les scènes relèvent plus du jingle que du product placement ; et quand on entend pour la première fois une chanson dans son intégralité, cela sert le scénario avant tout.
Nashville est comme les gens du Sud : elle ne triche pas, elle ne nous embobine pas. Elle ne veut pas que nous passions la journée à fredonner des chansons originales ou des reprises. Elle ne veut pas que, dans nos coeurs et/ou dans les bacs, Rayna remplace Reba, ou que Juliette remplace Taylor. Elle ne veut pas nous vendre des CD. Fair and square.

Evidemment, la tentation est grande, justement, pendant ce pilote, de chercher des ressemblances ; le jeu est un peu d'essayer de deviner si untel (ou plutôt unetelle) a été passé au vitriol à travers le portrait d'un personnage. C'est tout-à-fait volontaire et la séquence d'ouverture du pilote n'en fait absolument aucun mystère, dans le look de ses personnages (notamment celui de Juliette) comme dans la façon de présenter leur personnalité. Parfois, je soupçonne que connaître un peu la scène country me pousse même à lire un peu trop certaines correspondances (Deacon Claybourne, cette ressemblance avec Brad Paisley, c'est voulu ou...?), ce qui nuit finalement au plaisir de regarder de la fiction : il ne s'agirait pas de la réduire à une simple parodie. C'est un peu le danger... mais je crois que peu de spectateurs français courent ce risque !

La seule chose qui m'agace, c'est cette façon, déjà vue dans Smash, de miser sur l'opposition de deux femmes. En pratique, ça fonctionne parce que la rivalité n'est pas au sens le plus strict, et se double d'un conflit de générations. Sur le principe, ce côté catfight (magistralement illustré par leur première rencontre ; disons-le sans rougir : l'échange était très bon) me chiffonne un peu. Evidemment, comme dans la plupart des milieux musicaux, ce sont les femmes qui dominent la scène, et sont depuis des décennies sont des ambassadrices de leur courant musical, de leur maison de disques, d'une industrie ; il était donc quelque part assez évident de mettre deux femmes dos à dos. Mais les opposer systématiquement, même si cela a du sens dans le contexte, me semble un peu facile quand même. J'espère que Rayna et Juliette sauront évoluer à partir de cette position initiale par la suite, et nous offrir un peu plus que des jalousies féminines légèrement cliché.
Mais ces deux personnages sont si hauts en couleurs que c'en est tout de même un spectacle divertissant, à plus forte raison parce que les positions de chacune sont moins stéréotypées au départ que dans Smash : aucune n'est une ingénue naïve, aucune n'est une amère revancharde. D'ailleurs personne n'a de rêve de gloire, dans Nashville : seulement une carrière.
Et ainsi, chacune arrive avec sa personnalité explosive, et une idée bien arrêtée sur ce qu'elle vaut et ce qu'elle veut, et même si elle ne prend pas un départ, dans ce pilote, absolument mirobolant, Rayna ne se positionne ni comme une victime, ni même vraiment comme un underdog. Gloire en revient d'ailleurs à Connie Britton qui, même quand elle en fait un chouilla trop, parvient à insuffler énormément de dignité et de force à son personnage, et ne pas basculer dans la caricature. A l'inverse, Hayden Panettiere attendra la toute fin de l'épisode pour se décrisper un peu et offrir un peu de nuance, parce que le scénario l'y pousse (mais à l'impossible nul n'est tenu) ; la palette de réactions du personnage dépendra vraisemblablement de l'écriture et non de l'actrice, mais j'ai bon espoir d'arriver à un personnage un peu moins plaqué qu'à première vue.
De fait, mon agacement quant aux jalousies féminines a de grandes chances de s'estomper si les choses tournent bien.

En revanche, ce qui ne suscite chez moi aucune réaction d'hostilité, mais juste une vaste et tiède indifférence, c'est l'aspect politique. La mairie de Nashville, euh, bon, on s'excuse hein, mais à une époque où on a la mairie de Chicago sur une autre chaîne, on a un peu du mal à se passionner pour tout cela. Nashville ne tient pas du tout la comparaison avec les tractations de Boss et du coup je ne vois même pas pourquoi elle se frotte à pareils thèmes.
Ce qui en revanche pique mon intérêt, c'est le parallèle que cette situation politique crée entre Rayna et Juliette, qui finalement, toutes les deux, aimeraient couper les ponts avec un parent mais sont privées de cette possibilité, entre autres de par leur célébrité. C'est une idée intéressante, à plus forte raison parce qu'il est très rare qu'une femme de l'âge de Rayna soit, dans une série, placée dans une situation de ce genre avec ses parents (en général, les séries estiment qu'autour de 30 ans, ces choses sont réglées), et comme c'est un sujet qui me touche en partie (oui, enfin, vous savez, sans l'histoire de la célébrité !), je suis prête à m'accomoder des questions politiques flasques, si elles nous permettent d'étayer le côté familial de la question, qui recèle de mon point de vue un potentiel dramatique prometteur.

Au final, Nashville est à l'image de ce que j'aime dans la country : il ne s'agit pas que des mélodies (au fond, en-dehors de quelques hits mémorables, beaucoup de ballades se ressemblent un peu, notamment chez les artistes mineurs), ce sont les paroles qui font tout. Et c'est finalement ce que ce pilote accomplit, qui démontre que la forme n'est là que pour enjoliver le fond, mais pas le reléguer au second plan. Je place énormément d'espoirs dans les paroles de Nashville, et me délecterai donc des aléas de sa mélodie parfois peu originale, car j'ai l'impression qu'elle a plein de choses à dire. Il manquait simplement à ce pilote, très complet et chargé d'éléments d'exposition, de prendre le temps pour l'émotion, qui n'a pointé son nez mutin qu'en deux passages furtifs de l'épisode.
Mais si Nashville parvient à faire battre mon coeur au rythme des tourments de ses personnages, la série s'attachera mon indéfectible soutien.

Et d'ici la semaine prochaine, je sais déjà quoi écouter...

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 23:37 - Review vers le futur - Permalien [#]

18-08-12

Eternel commencement

On dit que "loin des yeux, loin du coeur". Ce n'est pas toujours vrai en matière de téléphagie.
Ainsi, il y a des séries auxquelles je pense très souvent ; mettons, au moins une fois par mois ce qui, vu le nombre de séries que je vois passer, visionnages, tests de pilotes et lecture de news inclus, est plus significatif qu'il n'y parait. Et en général j'y pense en ces termes : "rha, faudra que je prenne le temps de me faire un marathon, un de ces jours". The Starter Wife est de ces séries-là, et inutile de dire que le marathon Will & Grace, pendant l'été 2010, et le visionnage de Smash, cette année, n'ont rien arrangé à notre affaire. C'est le Messing effect.

Alors, pendant que je n'avais plus internet chez moi, et profitant que les DVD étaient à un prix ridicule, j'ai décidé de me faire une intégrale.

TheStarterWife-Promo

Le ton de la mini-série est léger mais pas à l'extrême, parfait pour l'été ; permettant très vite, de surcroît, de s'attacher à Molly Kagan (interprétée par Debra Messing, donc), personnage sympathique par excellence qui est grandement aidé par le fait que son mari Kenny est incarné par Peter Jacobson, l'empaffé parfait.
En fait, j'avais oublié à quel point j'adorais The Starter Wife en redécouvrant le pilote, que je n'avais pas revu depuis sa diffusion initiale, voilà donc 5 ans. Entre nous, je suis à peu près sûre de l'avoir aimé encore plus cette fois-ci. Est-ce parce que les personnages m'étaient, dans le fond, déjà un peu familiers ? Toujours est-il qu'il m'a semblé ressentir très tôt l'impression d'amitié sincère entre ces personnages.

Il y a dans l'entourage de Molly des personnalités qui s'imposent immédiatement comme extrêmement fortes.
Cricket, d'abord, la meilleure amie, la confidente, qui soudain doit mettre de la distance avec Molly parce que son mari a besoin de rester en bons termes avec Kenny. Leur relation, à la fois sincère et abimée par le divorce des Kagan, n'est pas tellement exploitée ; pour des raisons évidentes, peu de scènes mettront Molly et Cricket dans une situation commune au début de la mini-série, montrant ainsi plutôt ce qui les sépare que ce qui devrait les réunir. Mais dés que les deux femmes partagent quelques instants, leur amitié est palpable.
A côté, Joan l'alcoolique et surtout Rodney le gay flamboyant font figure de seconds rôles, bien qu'étant plus présents à l'écran. Joan, visiblement plus âgée que le reste de la bande, et occupée par la cure de désintox forcée où l'a inscrite son mari Pappy, est du genre un peu acariâtre, sarcastique et tête de mule, mais Judy Davis nous offre de grandes scènes lors des séances de thérapie où son personnage ment comme un arracheur de dent.
Rodney, qui doit sa plastique parfaite à Chris Diamantopoulos, est plutôt le soutien inconditionnel de tout un chacun, l'ami gay indeffectible, un peu idéalisé, qui est là pour faire des blagues, servir des cocktails et parler des extravagantes demeures de stars qu'il redécore quand on veut se changer les idées. Mais son lien avec Molly et Joan est tangible (un peu moins dans le cas de Cricket), et du coup ça fonctionne quand même.

En-dehors de ces personnages se dirigeant généralement vers le cap de la quarantaine (sauf dans le cas de Joan qui l'a visiblement franchi il y a un bout de temps), la mini-série aborde aussi le contexte dans lequel les personnages évoluent : la haute-société de l'industrie cinématographique.
Et il faut admettre que, dans sa façon de décrire l'univers hollywoodien, The Starter Wife met relativement souvent dans le mille (ou ce qui semble être le mille pour quelqu'un qui n'a jamais vécu dans ce milieu). L'idée est de mettre l'accent non pas sur le glamour, mais l'absurdité de ce glamour, une nuance qui permet à la fois à la mini-série d'être dans la débauche de soleil, de belles demeures, de grandes fêtes et de tenues de grand couturier, et de prendre tout ça avec détachement voire même, parfois, sarcasme.
Molly a navigué pendant des années dans cet univers dont désormais elle est exclue, simplement parce que son mari a décidé de demander le divorce ; si les épisodes mettent assez peu en avant, finalement, ce que représente le concept de "starter wife" (la femme avec laquelle on a démarré dans la vie, qui a essuyé les plâtres, mais avec qui on n'a pas l'intention de la finir), en revanche le thème de la mise au ban est parfaitement intégré aux histoires.

Désoeuvrée, Molly va se tourner vers Lou, le patron de Kenny, un producteur surpuissant à Hollywood qui fait partie des rares à ne pas lui tourner le dos, voire même à manifester un intérêt sincère envers elle.
Ce qui fonctionne immédiatement, c'est que Molly et Lou sont sur la même longueur d'ondes, probablement parce que Debra Messing et Joe Mantegna sont exactement sur le même registre. Leurs scènes à l'écran font des étincelles. Et puis, ce personnage de producteur au bout du bout, qui n'en peut plus d'être si puissant qu'il se sent aussi étranger à Hollywood que peut l'être, malgré elle, Molly, est diablement efficace, et sort des poncifs sur les producteurs tel que celui que nous sert Kenny (et qu'on peut retrouver avec Peter Dragon dans Action!). Lou est, avant d'être le mec le plus important de toute la Californie, un être humain, chose que tout son entourage a oublié. Quand il dit qu'il aimerait qu'on oublie son anniversaire au lieu de lui envoyer des cadeaux fastes mais impersonnels juste pour cirer ses pompes, il est magnifique. Il faudrait, à n'en pas douter, plus de personnages comme Lou dans les séries parlant du monde hollywoodien.

Les premiers épisodes vont montrer comme Molly, qui est démolie par la séparation d'avec son mari (essentiellement parce qu'elle ne l'a pas vue venir et qu'elle l'a apprise alors qu'il l'a appelée au beau milieu de la nuit pour la prévenir), tente de se retrouver, à la fois en tant qu'être humain et que femme. De ce côté-là, Messing donne d'ailleurs vraiment le meilleur d'elle-même. La séquence dans la salle de bains, par exemple, pendant laquelle elle se redécouvre, n'a rien à envier à celle du pilote de Cougar Town dans lequel Courteney Cox fait l'inventaire de ses preuves de vieillesse.
Comme toujours, Debra Messing apporte un regard tendre, mais jamais emprunt de sentimentalisme, à son personnage ; même pathétique elle reste toujours touchante, et même touchante, elle ne sombre jamais dans les violons. La voix-off de Molly est d'ailleurs plus conçue comme l'expression de ses monologues intérieurs, que pour décrypter la narration des épisodes ; le personnage est dans une quête, il cherche une identité qu'il a perdue lorsqu'il s'est marié, et c'est ce que tente de décrire la mini-série The Starter Wife. Au-delà du monde hollywoodien, c'est une vraie série sur le divorce.

Plus tard, et notamment une fois les surprises de Lou passées, la mini-série The Starter Wife mettra plutôt l'accent sur les amours de Molly, avec Sam, un séduisant clochard brisé par la mort qu'il a provoquée voilà quelques années, et qui n'a rien de commun avec l'univers tape-à-l'oeil dans lequel Molly évolue. Les questionnements amoureux, s'ils ont (en particulier à mes yeux) assez peu d'intérêt, ont tout de même le mérite de ne pas être totalement abrutissants.

Mais la bonne idée de The Starter Wife, c'est aussi de ménager quelques séquences impromptues totalement déjantées, comme le début du pilote qui nous montre toute la petite bande plongée dans l'univers du Magicien d'Oz, un vrai bonheur fait de métaphores parfaites sur la mariage, le divorce, ou plus rarement la vie hollywoodienne.

TheStarterWife-Fantasy

Lorsque le second DVD de la mini-série est parvenu à son terme, j'étais à la fois ravie et fâchée. Je venais de me rendre compte qu'en fait, je m'étais arrêtée là et n'avais jamais vu la suite. Ca tombait donc super bien : j'avais également commandé la première saison ! Alors j'ai rempilé.

C'est donc à ce moment-là que j'ai déchanté. La première saison de The Starter Wife n'a rien à voir avec la mini-série du même nom.

Déjà parce que les changements de casting sont énormes. Evidemment, on devine qu'entre la mini-série et la première saison, les acteurs concernés avaient de nouveaux engagements et qu'il n'ont pu revenir à The Starter Wife, mais ça n'empêche pas que ça fait barrage lorsqu'on commence les nouveaux épisodes.
Il y a d'abord Miranda Otto, ici kelleyrisée alors que son amitié, sa présence, avaient formé un axe assez important de la mini-série. Qui plus est, vu l'esprit de franche camaraderie "adulte" (par opposition aux amitiés d'adolescents attardés à la Friends ou New Girl) qui régnait précédemment, c'est une véritable perte qui affaiblit énormément la structure de la série ; mais on va y revenir plus tard. Le problème touche aussi des personnages moins importants, du genre de Lavender ; la jeune femme, incarnée par la toujours parfaite Anika Noni Rose (partie entretemps sous le ciel du Botswana pour tourner The No. 1 Ladies' Detective Agency), apportait une vraie force à la mini-série, et ne sera remplacée que sur le point de vue des quotas (avec l'apparition de Liz) mais pas du tout pour ce qui est de l'aspect plus pragmatique du personnage, vu que Lavender était la seule à avoir les pieds sur terre.
Le SDF Sam a également été écarté ; c'est expliqué en 10 secondes au début du premier épisode de la saison, et point barre. Tout juste s'il y est fait mention ensuite : plus tard, quand Molly pense à son bagage amoureux et qu'un homme en caleçon rouge apparait, le visage un peu masqué, dans une séquence fantasmée, ce sera la dernière fois que sera mentionné celui dont elle était pourtant follement amoureuse pendant la mini-série. C'est tout, merci Sam, et à la revoyure. Un peu brutal, non ?!

On peut aussi observer des remaniements de distribution qui, s'ils s'expliquent, n'en sont pas moins difficiles à avaler. Le plus gros d'entre eux : adieu Peter Jacobson. L'épouvantable époux de Molly prend désormais les traits de David Alan Basche, dont on jurerait qu'il a 10 ans de moins, et qui change totalement le rôle : de pauvre connard, Kenny devient juste un type un peu paumé, limite attendrissant.
Cela à dessein, d'ailleurs. Car dans cette saison, qui fait des affaires amoureuses de Molly l'une de ses priorités, l'héroïne rencontre Zach, un nouvel homme dont elle s'éprend, mais ne parvient pas vraiment à mettre son mari Kenny de côté (elle y avait pourtant fort bien réussi dans la mini-série). Devenu plus séduisant dans cette saison, le personnage de l'ex ne choque plus vraiment comme enjeu amoureux potentiel : il est séduisant, après tout, avec sa mine déconfite et ses manières un peu automatiques de s'imposer à Molly parce qu'ils sont habitués l'un à l'autre. C'est un tort : en réalité, c'est très difficile à avaler quand on vient de voir la mini-série, mais le nouvel acteur permet d'avoir l'impression d'avoir un nouveau personnage. Kenny se transfigure, et n'a de commun avec le personnage de la mini-série qu'une chose : il a un passé avec Molly, qui ne demande qu'à redevenir futur.

Dans sa quête d'elle-même, Molly se montre également moins touchante. Certes, elle essaye comme elle peut de s'affirmer par l'écriture. Mais tout a changé, comme pour devenir plus "bankable". Ainsi, dans la mini-série, Molly écrivait-elle des livres pour enfants ; mais ici, son projet est bien différent. Sans vouloir trop en dire, on ne peut qu'admirer l'ironie que prend la carrière de Molly dans l'écriture. Il faut voir sa réunion avec des producteurs (dont David Shatraw, ex-Tommy de Titus, bien atteint par le poids des ans et des kebabs) pour comprendre à quel point la série a changé. Au lieu de permettre à Molly de prendre le contrôle de sa vie, sa carrière d'auteur symbolise son retour en grâce dans la société hollywoodienne.
Ce phénomène se ressent aussi de par l'utilisation très lourde des soliloques, Molly devenant une narratrice plus classique, et ses monologues  n'apportant pas beaucoup de valeur ajoutée aux épisodes.

L'esprit des séquences fantasmées a, pour finir, totalement changé. Désormais ces scènes sont systématisées, et reprennent de façon assez peu imaginative des standards de la culture cinématographique, à l'instar de la scène du décroisage de jambes de Basic Instinct (qui compte probablement parmi les scènes les plus référencées de l'histoire, non ? Allons donc, songez qu'il y en avait déjà une parodie dans Une Nounou d'Enfer !) ou la scène de fin de Casablanca. L'exercice de style n'a pas de tort sur le principe, mais en répétant, épisode après épisode (et presque systématiquement dans la scène d'ouverture), la même figure imposée, The Starter Wife perd énormément de son charme fantasiste.

TheStarterWife-BasicInstinctLa saison de The Starter Wife était condamnée AVANT que Cibrian ne se pointe, c'est dire.

Et puis les intrigues de cette saison sont un peu aléatoires. Il n'y a pas de plan : les réorientations en cours de route sont fréquentes et touchent à peu près tout le monde.

Ainsi, Joan commence à travailler dans le centre de désintoxication où elle avait fait sa cure avortée ; une mission intéressante, qui l'amène à faire des changements dans sa vie. Mais ces changements, non-assumés scénaristiquement, connaissent des rebondissements parfaitement inutiles. Les deux derniers épisodes tourneront même la chose à la caricature, ce qui fait que la crise de la, hm, disons cinquantaine, de Joan, est totalement tournée en ridicule alors qu'elle avait commencé sous des auspices plutôt favorables.
Le nouveau personnage de Liz s'avère quant à lui totalement stérile. Les intrigues sont encore plus changeantes le concernant et ça vire franchement au soap de bas étage. Et comme dans tous les soaps de bas étages, l'amitié avec les personnages principaux finit par sembler être un prétexte, quand le reste du temps, les personnages blacks restent entre eux.
Le seul à tirer convenablement son épingle du jeu est Rodney. Il s'est trouvé une belle intrigue, quoi que pas forcément très approfondie quand les tribulations de Molly prennent trop de place, dans son histoire pourtant assez cliché avec l'acteur de films d'action Felix qui refuse de sortir du placard, afin de ne pas endommager sa carrière (une histoire qui avait été vue dans Action!, mais cette comédie n'avait pas pour vocation de prendre le sujet au sérieux). Même si dans sa valse hésitation, Rodney va longtemps nous faire mariner, le personnage n'en est pas moins touchant et les développements qui le concernent lui donnent plus d'épaisseur que dans la mini-série. Avec ce character development réussi, Rodney devient le personnage qui aura le plus évolué entre la mini-série et la saison, et probablement l'un des plus attachants.

Mais en choisissant de donner plus de gravité à des personnages comme Joan et Rodney, et en accordant également du temps à ce nouveau personnage de Liz, The Starter Wife met ici l'accent sur l'éclatement entre les personnages. Leurs scènes ensemble démontrent une parfaite alchimie ; Rodney et Molly, en particulier, sont extrêmement attachants. Mais le problème c'est que l'atmosphère qui régnait dans la mini-série a totalement disparu. A ce problème narratif, il faut encore ajouter un autre plus circonstanciel : au lieu de se retrouver toujours au même endroit (dans la mini-série, il s'agissait de la maison sur la plage de Joan, habitée le temps de l'été par Molly et sa fille, mais aussi Lavender et sa mère, Joan à son retour de cure, Rodney, et même occasionnellement Sam), les personnages mènent ici chacun leur vie. La nouvelle maison de Molly est très présente, mais les autres n'y viennent quasiment jamais. L'absence d'un décor commun pour les tourments séparés de chacun n'aide pas cette impression d'éclatement, donc.

Alors au final, cette intégrale de The Starter Wife, une déception ? Bah pas vraiment... mais je suis bien forcée de reconnaître que finalement la mini-série se suffit à elle-même, à plus forte raison si on veut rester sur une bonne impression.
Et puis, 16 épisodes en compagnie de Debra Messing, franchement, il y a pire, et elle reste lumineuse, charmante et adorable de bout en bout, se donnant à fond pour les scènes fantasmées (la voir grimée en Lara Croft sera probablement l'un de mes meilleurs souvenirs de l'été, surtout quand on connait la taille de soustale de Messing, qui n'a jamais fait de mystère de ce côté-là) et parvenant toujours, malgré tout, à rester la Debra Messing que l'on aime.
Enfin je sais pas pour vous, mais moi oui. Alors non, pas de regret.

Mais il y a des chances pour que mon DVD de la saison prenne quand même un peu la poussière sur le long terme...

Posté par ladyteruki à 19:36 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

18-10-11

Addiction à la nouveauté

TheBadTelephage

Même en essayant de reconstituer le fil des évènements, il m'est difficile de dire quand, et surtout comment, j'en suis arrivée là, mais ce sont les faits : j'ai arrêté de regarder The Good Wife quelque part pendant la 2e saison. Je suis pas fière, si ça peut vous rassurer.
Ce qui m'intrigue c'est que je n'ai aucun grief particulier contre cette série, bien au contraire ; en fait elle fait partie de ma courte liste des séries que j'aime passionnément et qui ont survécu à deux saisons tout en étant encore en cours de diffusion. Réflexion faite je ne suis pas convaincue qu'il y ait plus de 3 titres sur cette liste.

Alors comment cela s'est-il produit ?

L'accident con, comme souvent, je pense. Ne pas regarder un épisode par manque de temps, voir qu'un autre sort, décider de reporter au prochain weekend, aux prochaines vacances, au prochain trou dans l'emploi du temps téléphagique, découvrir pour la centième fois que le trou dans l'emploi du temps téléphagique est un mythe urbain.
Penser régulièrement à la série, fêter la moindre bonne nouvelle, se réjouir de ses récompenses, mais toujours reporter, encore.
Le fait n'a rien de nouveau chez moi : ça fait depuis l'été 2010 que je dis que je veux me refaire une intégrale Jack & Bobby. A côté de ça je regarde voire re-regarde des pilotes sans arrêt (une intégrale d'Action! en septembre, aussi), alors que je pourrais utiliser ce temps pour continuer The Good Wife.
Ca n'a simplement pas de sens, c'est le problème quand on marche à l'envie et au coup de coeur.

Mais voilà, c'est un système (ou plutôt, non-système) qui fait des victimes, crée des abandons, entame un cercle vicieux.
L'autre jour, je ne sais pas plus comment, sans doute en rangeant mes vieilles cagoules, je suis retombée sur l'épisode de la fin de la 1e saison, et ce cliffhanger était tellement magnifique ! C'est là que j'ai réalisé que The Good Wife avait repris depuis... que sa TROISIEME saison avait repris. Et que je n'avais aucune idée de la façon dont la saison 2 s'était terminée.
J'ai eu atrocement honte de moi. Alors j'ai repris la saison 2, parmi les mille autre choses que j'ai envie de tester, de voir, de revoir, ou de m'envoyer en intégrale. J'adore toujours autant cette série quand je la regarde ; mais la vérité c'est que, quand j'ai du temps devant moi, je suis obligée de me botter les fesses pour m'y mettre même si je passe un excellentissime moment ensuite.

C'est vraiment une facette de mon comportement téléphagique qui s'est aggravée depuis quelques saisons, et qui m'horripile. L'envie de découvertes est si forte qu'elle se fait parfois au détriment d'excellentes séries que je ne suis plus au rythme hebdomadaire alors que je les adore. La même chose est arrivée à Nurse Jackie, entre nous soit dit. J'arrive même pas à me rappeler quand ni comment non plus.
Parfois j'en viendrais à souhaiter que ces séries soient finies (mais avec dans leurs manches une petite demi-douzaine de saisons, mettons) et que je puisse me les enfiler plutôt en intégrale.

Et pendant ce temps je n'ai absolument aucun problème à cagouler chaque semaine, et regarder dans les 24h qui suivent, les épisodes de PanAm ou Death Valley, je ne me prends jamais à défaut sur celles-là. Des séries auxquelles en théorie je devrais être moins attachée, parce que je les regarde depuis moins longtemps et que le propre des séries, normalement, c'est de fonctionner sur l'attachement sur le long terme !
Qu'est-ce qui cloche chez moi ?

Posté par ladyteruki à 22:22 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]


19-07-11

Tellement mineur que vous ne saviez même pas que ça existait

On ne parle pas assez des séries de la chaîne IFC. C'est un tort parce que, personnellement, pour Portlandia comme pour Bollywood Hero, j'en avais apprécié la liberté de ton et l'impression de regarder de quelque chose sortant carrément des sentiers battus. Vous savez, pas une série où on écrit dans le post une phrase du genre "et finalement c'est original dans le genre", mais une série où on n'a pas besoin de le préciser tellement c'est évident. Alors après c'est une question de goût, on aime ou on aime pas, mais quand on se plaint d'une certaine répétitivité, d'un certain manque d'imagination voire même d'audace dans les grilles des chaînes américaines, on n'a pas le droit de snober les productions d'une chaîne comme IFC.

Bonus non-négligeable : la série dont je m'apprête à vous parler jouit d'un tandem d'actrices fort sympathique. A mes yeux en tous cas. Imaginez plutôt : retrouver Nicholle Tom (oui, Maggie dans Une Nounou d'Enfer, rien que ça), et l'étrange Laura Kightlinger (toutes les pièces ne sont pas d'origine mais j'avoue avoir un faible téléphagique pour elle depuis que je l'ai repérée ses apparitions dans Lucky Louie), c'est une bien étrange combinaison. Qui plus est, j'avoue que ça fait toujours plaisir de voir Azura Skye, avec sa tronche de travers et son petit air mesquin, et pourtant étrangement adorable, comme elle l'était déjà dans Zoe, Duncan Jack & Jane (mais pas du tout dans Buffy, brr, j'en fais encore des cauchemars).
Ah oui, alors bien-sûr, je suis pas en train de vous dire qu'on a un all star de la comédie américaine (quoique Kightlinger a une petite réputation, l'air de rien), mais que voulez-vous, ya des têtes qu'on aime bien, indépendamment de leur popularité par ailleurs.
Donc, ce soir, petit détour par The Minor Accomplishments of Jackie Woodman, une étrange comédie d'IFC.

MinorAccomplishments
Typiquement, le pitch de The Minor Accomplishments of Jackie Woodman aurait de quoi me mettre en colère d'ordinaire : c'est l'histoire d'une scénariste qui n'arrive pas à percer à Hollywood. Wow, c'est d'une originalité ! Attendez, pourquoi je n'écrirais pas une série sur les trucs fous qui peuvent se passer dans un cabinet ministériel, tant qu'on y est ?

Pourtant, la vraie bonne nouvelle de ce pilote, c'est que Jackie n'écrit quasiment pas pendant cet épisode, c'est simplement que son objectif est d'écrire et que ça va la mener dans un truc totalement délirant qui n'a rien à voir. En l'occurrence, en allant simplement bosser, Jackie et sa meilleure amie Tara (...j'aime bien cette phrase, on dirait que deux de mes héroïnes préférées de Showtime ont sympathisé !) vont avoir un accrochage avec le véhicule d'une quelconque star sur le retour, qui va les embarquer dans un sorte de secte. C'est vous dire si on part de loin quand même.
Résultat, on passe 90% de l'épisode dans cette secte (peuplée de connards de producteurs qui parlent de produire quelque chose qui serait "comme Sex & the City, mais avec des poissons"), et ça n'a plus grand'chose à voir avec les ambitions de Jackie, ou de Tara d'ailleurs puisqu'elle travaille pour une société de production. Et je dis tant mieux.

Alors après, The Minor Accomplishments of Jackie Woodman n'est pas vraiment hilarante. Je n'ai ri qu'une fois. Mais on ne cherche pas forcément à se taper sur les cuisses avec une comédie en single camera, donc en l'occurrence, ça fonctionne parce qu'on sent que c'est grotesque, mais que quelque part, c'est du vécu. C'est une façon de dresser des portraits au vitriol des créatures peuplant Hollywood, mais sans nécessairement en passer par les intrigues du genre Action!. J'adore Action!, mais au moins, ça change.

J'ai en fait surtout eu un problème avec le côté "les épisodes d'exposition c'est pour la populace" de ce pilote. J'adore un pilote original, et ça me plait qu'on décide de ne pas passer par les poncifs du genre. Mais certains d'entre eux ont de l'intérêt. Par exemple, l'amitié entre Jackie et Tara (héhé, j'adore) se sent dés le début, et elle est presque plausible en dépit de l'évidente différence d'âge, mais on nous balance un peu trop abruptement certains autres aspects comme : ce que fait Jackie dans la vie (vu qu'elle se rend au bureau, c'est ennuyeux de ne pas savoir tout de suite ce qu'elle y fait), qu'est-ce que c'est que cette histoire de tante qui faisait de roller-derby (surtout que d'après les résumés, c'est la motivation de Jackie pour écrire), ce genre de choses. On saute directement dans l'intrigue (même simpliste), les "gags" (même si on ne peut pas vraiment en parler en tant que tels parce que l'épisode ne tente même pas de nous faire rire), les dialogues souvent acerbes entre Jackie et Tara ( ^_^ ), et c'est quand même un peu rude.
Mais enfin, bon, au moins, ça justifie d'être sur IFC.

The Minor Accomplishments of Jackie Woodman n'est pas la perle insoupçonnée qu'on voudrait découvrir quand on se lance dans une série méconnue d'une chaîne indépendante, mais c'était quand même sympa. Alors... En fait, le titre est assez explicite sur ce qu'il y a à attendre de la série : elle accomplit deux-trois choses, mais ça reste mineur. Pour autant, c'est un joli véhicule pour Kightlinger. Si vous aimez bien sa tronche refaite, et surtout son type d'humour, ça devrait quand même vous plaire.

Et pour ceux qui... et zut. Quand je vous disais qu'IFC souffrait d'un manque de mise en avant.

Posté par ladyteruki à 23:33 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

02-07-10

Valait-il mieux seule que mal entourée ?

Bon eh bah, ça y est, dites donc. Après, quoi... six ans ? A force de voir passer les saisons, les news, les projets de film... Au bout de longues années pendant lesquelles d'autres blogueurs téléphagiques ont l'ont mentionnée encore et encore... Au terme d'une quête qui a nécessité le cagoulage et la gravure répétés du pilote...

J'ai enfin vu un épisode d'Entourage.

Entourage

Du coup, comme on peut l'imaginer après pareilles tribulations, j'ai un sentiment de beaucoup de bruit pour rien.

Ironiquement, pendant le pilote d'Entourage, j'ai fait régulièrement la comparaison avec How to Make it in America, preuve que l'analogie de Livia m'avait marquée. Et de ce point de vue là, Entourage n'est pas décevant. How to Make it in America apparait comme vain, et n'apporte rien de nouveau sur quoi que ce soit, ne porte de regard particulier sur aucun univers en particulier. C'est juste New York, des potes, point barre. Entourage tente tout de même de tirer partie de son hollywoodien contexte, avec les spécificités inhérentes à ce milieu.

L'idée est finalement plutôt bonne, d'ailleurs : le quotidien à Hollywood d'une étoile montante, mais aussi et surtout des anonymes qui gravitent autour de lui. Une opportunité de ne pas voir que le côté glamour de cet univers. Et je dis : pourquoi pas ?

Oui, tiens, d'ailleurs... pourquoi pas ? Pourquoi, au terme de ce pilote, ne suis-je pas plus férocement enthousiaste ?

Comme souvent lorsqu'il s'agit de Hollywood, je trouve d'abord que ça manque de vitriol. Mais ça, c'est mon côté "j'ai trop regardé Action! quand j'étais petite". Même si je n'en attends évidemment pas le même mordant, j'attends du mordant quand même. Sans un minimum de critique du système, une fiction sur Hollywood ne vaut pas la peine qu'on la regarde.
Et même. En l'absence de mordant, j'attendais d'apprendre quelque chose. Vous savez, ces détails inutiles qu'en bon téléphage on retient quand même sur le fonctionnement de la machine à fabriquer du rêve.
Bon mais alors, admettons qu'il n'y ait rien à apprendre du monde merveilleux du show business et de ses complexes rouages, j'espérais au moins pouvoir être émue ; mettre un orteil dans un tel rouage doit forcément avoir un certain impact sur la psychologie des gens qui se frottent à ce milieu. Il y a des sacrifices, des périodes de vache enragée, des efforts qui ne semblent jamais aboutir, qui sont autant d'occasions d'explorer le potentiel dramatique d'un tel milieu.

Rien de tout ça ou si peu.

Globalement, Entourage, avec ce pilote, semble plutôt choisir le divertissement pépère. Un divertissement pas trop mal gaulé, mais un divertissement quand même, sans la moindre ambition d'offrir plus que quelques rires faciles entre potes. Surtout, surtout n'essayons pas de dire quelque chose ni de notre sujet, ni de nos personnages ! Contentons-nous d'une chronique sur un univers dont on peut tirer tout un tas d'opportunités rarement exploitées dans les séries plus classiques.
C'est un peu comme quand Memphis Beat fait couleur locale, finalement.

Peut-être que je n'aurais pas cette impression si, et c'est le plus gros problème, la moitié de ces personnages ne renvoyaient pas une grosse impression d'inutilité. L'acteur était, naturellement, incontournable, d'autant que j'aime bien ce personnages qui semble saturer dés le pilote, et veut juste se la couler douce dans un monde où on comprend bien que le répit n'existe jamais vraiment tant qu'on veut continuer à briller. Son agent, le type propre sur lui aux dents qui rayent le parquet, était également nécessaire, bien qu'à ma grande surprise (surtout après tout ce que j'en avais entendu), il est cantonné dans le pilote à une apparition finalement mineure. Et puis, le copain qui vit aux crochets de la célébrité mais essaye de se trouver une place, et n'y parvient qu'en s'imposant comme un manager autoritaire mais paumé, j'aimais bien aussi. Ce personnage est même mon préféré à ce stade, parce qu'on sent la blessure d'amour propre du type qui voudrait bien exister par lui-même, mais n'a pour l'instant rien trouver de mieux que de régenter (ou donner l'impression de) la vie de son champion.

Mais les autres ? Les autres on s'en fout complètement. Je n'ai aucune idée de ce qu'ils font là. Quelque part, l'amitié entre ces deux copains-là aurait suffit pour moi.

Je serais peut-être moins cruelle avec eux si Entourage avait commencé plus tôt dans la vie de ses protagonistes. Tandis que l'acteur commence à vraiment décoller, le plus intéressant me semble déjà derrière. J'aurais voulu en savoir beaucoup plus sur la façon dont ils ont vécu la transition de l'anonymat à la célébrité. Dans ce milieu, il est bien connu qu'on rame toujours un peu, qu'on enchaîne les castings miteux et les publicités vaguement rémunératrices mais peu intéressantes, avant d'arriver, et c'est un angle qui m'intéresse bien plus.
Où était tout ce bel entourage quand le petit gars, qui n'était qu'une belle gueule anonyme, vivait de maigres cachetons ? Quand personne ou presque ne pensait qu'il pouvait arriver tout en haut de la chaîne alimentaire ? Comment s'est déroulée la délocalisation à LA ?
Le pilote d'Entourage arrive trop tard à mon goût, et même si je me doute (en tous cas ce serait heureux !) que la série évoquera ensuite ces points, j'aurais préféré toute une saison consacrée à cette période avant d'en arriver à la gloire, la fortune, et la location d'une maison hors de prix où chacun a déjà pris des habitudes de pacha surréalistes.

Du coup, je me suis remise en quête du pilote d'Unscripted, mais rien à faire, impossible de mettre la main dessus. La galère recommence, après des années de chassé-croisé avec Entourage !!! Au nom du ciel, cette série n'a que 5 ans, comment est-il possible qu'on ne puisse pas la cagouler ?!

Bon, toujours est-il que je suis un peu déçue par Entourage, mais pas non plus totalement refroidie. J'ai pas encore décidé de la suite des évènements. Est-ce que je regarde la suite ?
Oh, bof. J'ai le temps de me faire un avis. Après ce jeu de cache-cache interminable avec le pilote (cf. tags), je n'en suis plus à quelques semaines près pour me décider.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Entourage de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 00:19 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

01-06-10

Dites-moi ce que vous n'aimez pas chez moi

En dépit de mes tendances pilotovores, dont on pourrait penser qu'elles me poussent à ne jamais rater un premier épisode, il y a pas mal de séries sur ma liste des "pilotes-à-regarder-un-jour-si-je-tombe-dessus-mais-ya-pas-le-feu", principalement quand je n'ai pas fait attention à l'époque où la série a commencé à être diffusée et que j'ai loupé le coche, donc ça me complique passablement la tâche. Regarder une demi-douzaine de pilotes par semaine (en moyenne) ne semble jamais suffisant pour ne rien laisser passer...

Head Case est de celles-là (et j'ajoute qu'assez ironiquement, Head Cases également dans ce cas) et très franchement, j'en faisais mon deuil. Jusqu'à ce que je tombe sous le charme de Gravity, je ne voyais les fictions de Starz que d'un œil sceptique, à plus forte raison les comédies, et ne pas avoir vu le pilote de Head Case ne me troublait pas outre mesure. Mais justement, Gravity a bien aidé, quand même, et je me suis dit, après avoir épuisé tous mes inédits, que j'allais quand même retenter le coup pour trouver le pilote de Head Case, et devinez-quoi, je l'ai trouvé. Comme quoi c'était pas si sorcier.
C'était pas non plus forcément la meilleure idée que j'aie eue, m'enfin.

MonkeyHeadCase

Sur le papier, en prenant le temps d'y regarder de plus près, la série aurait pu être très sympathique : une psy travaillant à Hollywood voit défiler des stars sur son divan. Et franchement, en relisant le pitch pendant que la cagoule finissait de... bah, cagouler, je me suis dit que j'avais été un peu trop obstinée dans mon refus de consacrer 20mn à la recherche du pilote. C'était une idée épatante ! Par le biais de la comédie, permettant ainsi aux personnes concernées de garder une certaine distance, voire de s'auto-caricaturer, on allait nous permettre d'entrer dans la psyché de personnes qu'on connait bien souvent en tant que personnages publics, et dont on aborde finalement assez peu la vie intérieure.

Et c'est le moment où je vous fais cet insoutenable aveu : je me régale de ce genre de choses.
Laissez-moi néanmoins expliquer... Je ne m'intéresse pas du tout aux coucheries, aux démêlés avec la justice, aux fêtes ou aux bisbilles, pas le moins du monde. On a déjà abordé la question, ça m'intéresse rarement de savoir qui fait quoi de son temps libre, hors-caméra. En revanche, rien ne m'intéresse plus, concernant des acteurs, des comédiens, des auteurs, et dans une moindre mesure des chanteurs, que de savoir ce qui se passe dans leur tête, ce qui les conduit à exercer ce métier ou ce qui au contraire les en décourage parfois, ce qui leur permet d'alimenter leurs interprétations ou leurs écrits, bref, rien ne me captive plus que de connaître les rouages de la mécanique interne qui leur permet de fonctionner.

A ce titre, si je me désintéresse des news people, je suis fort friande d'autobiographies. Le fait de coucher sur papier des expériences permet de prendre du recul sur elles... quand l'auteur en fait l'effort. Par exemple en ce moment je suis sur la bio de Jay Mohr (Action!, Gary Unmarried) pendant ses années SNL (oui, on peut dire que je joins l'agréable à l'agréable !), et ce type est tellement focalisé sur son nombril et la façon dont les autres le considèrent qu'il n'est pas capable de prendre du recul sur son ressenti. Ca fait vraiment de la peine. Et pourtant, il a sorti ce livre près de 10 ans après les faits, on pourrait penser qu'en jetant un regard plus mur sur cette période de sa vie, il se rendrait compte du ridicule de beaucoup des situations qu'il dépeint. Mais finalement c'est tout aussi captivant que la brillante autobiographie de Brett Butler (Une Maman Formidable) dont je parlais il y a peu, parce qu'on prend quand même bien la mesure des facettes les plus sombres de sa personnalité. Et ne pas être capable de les avouer ne l'empêche pas de les dévoiler. Justement, c'est ce qui m'intéresse, non-dit inclus.
Et c'est aussi la raison pour laquelle seule l'autobiographie trouve grâce à mes yeux, la biographie me laissant aussi indifférente que les news people.

De toute évidence, une série sur une psy de stars s'impose comme un sujet ,parce qu'on se doute bien que derrière chaque acteur, il y a un ego démesuré et/ou atrophié, une enfance plus ou moins tragique et même une fois la célébrité obtenue, pas mal de blessures en chemin (bref, comme chacun d'entre nous, mais exacerbé), qui contribuent au travail accompli. Et le dire en riant n'empêche pas ces sujets d'attirer la curiosité.

Malheureusement, le gros hic de Head Case, c'est que de tout ça, il n'est point question. Et le coupable, je peux tout de suite vous dire qui c'est : la psy elle-même.
Sur son divan, les patients pourtant pleins de promesses (Jeff Goldblum dans la deuxième moitié du pilote, quand même !) sont remisés au rang de faire-valoir. Coupés par les jérémiades d'une psy hystériques, ils ne trouvent aucun intérêt à être là sinon apporter leur nom au générique pour attirer des spectateurs ; pas de méprise, la star, c'est la psy des stars. Elle hurle, tempête, parle d'elle-même au lieu du patient, pleure, rit, et fait mine de savoir ce qu'elle fait. Si dans son cabinet, des anonymes défilaient à la place des célébrités, ce serait la même chose.

Au lieu d'aborder quoi que ce soit, même sous l'angle de la plaisanterie, de la moquerie ou du vitriolage, Head Case se contente d'avoir un personnage qui fait son show devant des guests soudainement devenus insignifiants. Dans ce cas quel intérêt ? Je regarde la liste des patients apparaissant dans les épisodes ultérieurs, et je frissonne : Christopher Lloyd, Jerry Seinfeld... Hugh Hefner ! Mais quel gâchis !

Inutile de dire que la thérapie, même si ça ne porte normalement ses fruits que sur le long terme, est interrompue sur le champs et sans regret. Pourtant, loin de Huff ou In Treatment, je trouvais qu'aborder cette pratique sous l'angle de la comédie était prometteur... tant pis, une autre fois peut-être.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Head Case de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 22:20 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

07-03-10

F*ck me, I'm anonymous

Vous avez toujours rêvé de travailler à Hollywood ? Même si ce n'est que pour rester dans l'ombre des plus grands ? Histoire de voir enfin l'envers du décor par vous-même ? Quitte à acheter le PQ de votre idole ?

The Assistants va vous en faire passer l'envie. Et comme ce n'est pas la série que vous regardée en premier cet été quand elle est apparue sur la chaîne du câble The N (qui depuis a déjà eu le temps d'être rebaptisée TeenNick, je suis la seule à avoir du mal à suivre ?), je me suis dit qu'un post La preuve par trois ne serait pas du luxe.
Je m'efforce même de regarder des séries canadiennes maintenant, je suis en net progrès...

TheAssistants___1
D'abord et avant tout... oui c'est la gamine qui jouait une surdouée dans un vieil épisode de Stargate SG-1. Avec quelques années de plus, comme votre don d'observation vous aura poussé à le remarquer.  Et quand je vous dis que c'est le visage qui m'a semblé le plus célèbre de tout le pilote, je pense que vous comprenez mieux pourquoi vous n'aviez pas entendu parler de The Assistants plus tôt. Au juste, je ne sais pas trop si c'est une bonne ou une mauvaise chose. Évidemment, on serait sur un network, je trouverais honteux qu'on n'ait pas réussi à boucler le moindre petit guest. Même Action! et son ton corrosif avaient réussi quelques belles prises, alors bon... Mais ça peut aussi être vu comme un avantage étant donné que cette vue du monde de l'industrie cinématographique est éloignée des stars et des paillettes ; c'est d'une autre population qu'on parle ici, ceux qui ont les mains dans le cambouis jusqu'au coude, et qui ne fréquenteront jamais le gratin. Enfin, à la vue de ce pilote, on l'imagine bien comme ça disons.

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J'ai beaucoup aimé cette storyline -bien plus que celle de la petite nouvelle qui doit accomplir une tâche impossible dés son premier jour- parce qu'elle est à la fois très réaliste sur la hiérarchie du milieu, et très fantaisiste dans son déroulement et sa conclusion. On se dit qu'une telle méprise, si elle devait éventuellement se produire, ne durerait pas cinq minutes, mais ici, c'est le cas, et finalement c'est la plus belle prouesse de l'épisode, on y croit sans y croire un instant.
Le personnage de l'assistante un peu bitchy avec les dents qui rayent le parquet n'est pas très nouveau en soi, des nanas comme ça on en a des douzaines chaque année (on en parlait encore il y a peu pour The Deep End), mais l'ambition dévorante de Rigby fonctionne bien, et j'avoue que je ne saurais expliquer au juste pourquoi. Peut-être tout simplement parce qu'on s'attend à ce que l'univers du cinéma ne soit pas peuplé de naïfs petit Bisounours comme Gillian, mais plutôt de personnages peu scrupuleux à toutes les marches de l'escalier de la gloire. C'est résolument le meilleur personnage de la série si j'en crois le pilote (je n'ai pas encore décidé si je regarderais la suite).

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Beaucoup de scènes de cet épisode consistent principalement en des scènes humoristiques (ou, parfois, essayant de l'être) mais complètement déconnectées du contexte. La mini-intrigue avec le message du répondeur est par exemple sans intérêt. Cela dit, c'est pire encore pour le 4e assistant qui est totalement inexistant et n'est là que pour un malheureux numéro de drague à deux balles, et encore, totalement avorté.
D'ailleurs la séparation entre les personnages est tellement consommée qu'on se demande un peu comment et pourquoi tout ce petit monde décide de sympathiser dans l'ultime scène du pilote, alors qu'il était évident d'une part, que les quatre assistants étaient plus ou moins en concurrence, et d'autre part que personne ne s'était adressé la parole de tout l'épisode ou quasiment. On a un peu l'impression que tout n'est pas décidé dans ce premier épisode : amis ou ennemis ? Un peu des deux et on verra plus tard.

Alors bon, je ne vais pas vous mentir, et vous l'aurez d'ailleurs deviné, The Assistants ne commence pas sur les chapeaux de roue. Et s'avère un peu trop consensuel pour être qualifié de bijou méconnu, c'est clair. Mais justement. En décidant que, bon, on peut parler de Hollywood sans tout de suite sortir le vitriol et le fouet, bref en s'adressant à un public préférant le divertissement à la satire, la série fait aussi un choix, celui d'utiliser un univers donné, mais pas trop, pour faire passer un bon moment. Tout simplement.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture... ah bah v'là autre chose.
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Posté par ladyteruki à 21:27 - La preuve par trois - Permalien [#]

18-09-09

Ephémère

Il n'y a pas grand'chose de plus réjouissant qu'un nouveau pilote (à part peut-être regarder un nouveau pilote avec un milk shake à la fraise). Mais comme plusieurs d'entre nous se damnent à le dire depuis quelques jours, les pilotes de la CW font figure d'exception à cette règle, et sont d'une pénibilité difficilement surmontable pour le spectateur (allant jusqu'à faire tourner le lait dans les milk shakes).

Entre côté cour The Beautiful Life, la série dont on a beaucoup parlé tout l'été mais dont on n'a pas dit un mot, un peu attendue au tournant en ce qui me concerne, genre "si vous n'avez que votre pseudo-scandale à raconter, je vais pas faire de quartier".
Après avoir regardé l'épisode hier soir, je peux vous dire que ça va saigner.
Mais pour plus de pédagogie, considérons plutôt les pour et les contre d'une telle série.

TheBeautifulTab

Voilà, c'est pas plus compliqué que ça. Et même là ça reste encore très relatif, certains contre sont des contre++, par exemple j'ai eu une envie de distribution de baffes façon Obélix concernant l'intégralité de la population féminine.

Il y a eu deux moments qui m'ont donné de l'espoir, mais l'espoir est une salope comme on va le voir. Déjà, à un moment, j'ai ri (j'ai regardé autour de moi immédiatement, et personne n'avait remarqué, même les chats dormaient, tout va bien il n'y a pas de témoin) d'une mini-réplique sans prétention mais au timing efficace lorsque Barbie et Ken sont en train de tomber amoureux dans les couloirs glacials de l'agence de mannequins ; une fois. Et ensuite, quand il s'est avéré que le personnage de Barton avait eu un bébé, et que, je dois dire, je n'avais pas trop envisagé cette possibilité (il est très possible que ç'ait été le seul mérite du feuilleton Barton cet été : créer un l'effet de surprise sur ce petit twist), j'ai pensé, l'espace d'un instant, qu'on allait enfin causer sérieusement et que finalement la série avait peut-être un petit truc à dire.
Mais très vite il s'est avéré que non, je vous l'ai dit, l'espoir est une salope, les intrigues sont restées indigentes, Barbie et Ken sont plus sirupeux que la garniture d'un pancake, les personnages sont leur propre caricature, et je t'enverrais tout ça au resto vite fait bien fait.

Pour que The Beautiful Life ait des chances de me plaire, il aurait fallu, pour synthétiser, que la série ne soit pas si visiblement affublée de la malédiction CW. On va dire que je m'acharne mais c'est vrai ! Cette malédiction qui consiste à systématiquement prendre un sujet qui permettrait de faire preuve de cynisme (à défaut de mieux) et qui finalement s'embourbe dans une contemplation maladive pour le physique des acteurs et une admiration malsaine pour leur mode de vie fastueux et irréaliste, à chaque fois, ça casse tout.

J'ai l'air de dire qu'une série sur le monde de la mode ne devrait qu'en brosser un portrait vitriolé, et c'est plus ou moins ce que je dis : beaucoup d'éléments de The Beautiful Life permettraient d'en faire une sorte d'Action! du monde du mannequinat, et j'aimerais énormément une chose pareille, même sans les répliques de Peter Dragon ce serait formidable d'en arriver déjà là, à un portrait, moins plan-plan que d'ordinaire, d'une industrie qui marche sur la tête mais en est fière. Mais au lieu de ça, The Beautiful Life fait ce que tout le monde a fait avant, "oh le mannequinat c'est beau, on porte des superbes robes de couturier et tout le monde il est tellement beau et on peut y trouver l'amuuur si on reste vrai et honnête et sincère et gentil et on se fait des amis même si des fois on est en compétition et attention aux dangers mais nous comme on est vrai et honnête et sincère et gentil on sait les éviter et même faire chanter les méchants pour gagner à la fin au nom de la mère célibataire et de l'orphelin". Mais qui y croit encore ? A part les quelques jeunes filles qui tenteront la prochaine édition du concours Elite et reviendront pleurer dans le giron de maman pour peser plus de 45kg ? Et encore ?

PerfectGirl

On pourrait, un jour, espérer que la CW ne prenne pas les ados pour un troupeau de bœufs, qu'elle n'insulte pas leur intelligence (si, si-si, certains sont intelligents, j'en ai vu), et qu'elle dise que la gentille blonde qui vient du trou du cul de la Bible Belt ne va pas prendre Manhattan d'assault et ravir le cœur de toute la profession par son seul charme gauche, et en parallèle faire chanter des vilains photographes et déjouer les pires des complots. Ça n'existe pas, et ça ne leur arrivera pas, à ces ados. Alors tant qu'à faire une série sur le monde de la mode, autant être critique, et mordant. Si vous pensez qu'un ado ne peut pas tolérer le mauvais esprit et la critique, c'est que soit vous êtes trop vieux, soit il y a un problème avec les ados qui constituent votre audience.
Mais, parlant d'audience, je remarque que justement, le public d'une telle série ne se bouscule pas au portillon pour voir les interminables défilés sur les podiums dans des tenues vomies par un arc-en-ciel nauséeux. Les audiences de The Beautiful Life disent clairement que les ados se contrefichent complètement qu'on les enfume avec des rêves factices. Ce qui me les rend infiniment plus sympathiques, tout de suite.

Oui, The Beautiful Life fait partie de ces séries qui me mettent en colère. Toute rouge.
Une fois l'épisode fini, je me suis retrouvée dans le noir, un peu fatiguée, un peu vidée de ma sève. J'avais eu raison de regarder ça un soir de semaine, finalement. En étant crevée, j'avais l'impression de m'être mise au niveau de sollicitation intellectuelle voulu par les scénaristes. Je me sentais très lasse. Je me suis surprise à rêver d'une série qui s'appellerait The Beautiful Life parce que tout le monde serait si beautiful dedans que ça ne toucherait plus personne, et que tout le monde ne ferait attention qu'à la personnalité des gens parce que, puisque tout le monde rentre dans un Versace en 36 et fait 1m80 sans les talons aiguille, à quoi bon se soucier de l'apparence ? Un monde où étrangement les haines et les passions seraient différentes, un vrai parti-pris scénaristique, une sorte de bulle dans le monde, une envie de détourner les codes, de dire autre chose.
Là j'ai su qu'il était amplement temps de me coucher. J'ai laissé trainer mes cheveux défaits sur l'oreiller, j'ai remonté les couvertures jusque sous mon menton, j'ai caressé distraitement mon chat roulé comme un jambon à mes côtés, j'ai fermé les yeux et j'ai instantanément oublié l'existence de The Beautiful Life.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Beautiful Life de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 21:18 - Review vers le futur - Permalien [#]


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