07 mai 2009
So play we all
Ma frangine Rei et son homme ont une passion quasi-démesurée pour les jeux de société. A chacun son vice, je ne me permets pas de juger. Le problème, c'est qu'à chaque réunion de famille, quand les jeux sont déballés et qu'il faut choisir, tout le monde sait très bien que je vais voter pour les jeux de type quizz, questions culture générale, pop culture et autres choses du même genre (s'il y avait un quizz de SeriesLive au format jeu de société, vous pouvez être sûre que je voterai pour, les deux mains levées). Pourtant, des jeux où il faut deviner des titres de film, trouver des chansons contenant tel ou tel mot, ou évidemment, citer des séries, c'est fun, non ?
Le gros problème c'est qu'à ce stade, mon père tire la tronche parce qu'il va perdre (ou au mieux, devoir intégrer mon équipe pour n'avoir pas trop l'air de ramer), et que le copain de Rei a d'ores et déjà déclaré forfait parce qu'il ne joue pas pour réfléchir. Allons bon.
Pour remédier à cela, il est déjà arrivé qu'on m'offre de quoi m'amuser à me triturer la cervelle dans mon coin, histoire qu'après je vienne jouer à des jeux pas trop compliqués en communauté avec la sensation d'avoir quand même fait quelque chose de ma matière grise. Je me suis retrouvée par exemple avec un ouvrage pompeusement intitulé Brain Coaching, récupéré dans une brocante (sans le DVD) pour me museler et réussir à jouer au 6 qui prend.
Mais pour mettre ma frangine et même mon futur beau-frère dans mon camps : j'ai un plan.
Les deux lascars m'ont en effet délestée de mon coffret saison 3 de Battlestar Galactica, et semblent s'en donner à coeur joie sur la série (bien que prenant leur temps pour me le rendre). En règle générale, je serais heureuse d'avoir participé à une contagion aussi efficace (deux d'un coup !), mais ici ce qui m'ennuie, c'est que d'une part, c'est mon coffret et que j'ai pas dépassé les 3 premiers épisodes environ, et d'autre part, qu'à un moment ce serait bien de passer à Razor et la saison 4.
Donc, leur offrir ce jeu atteint un double (et machiavélique) objectif : non seulement je les pousse indirectement à me rendre mon coffret saison 3, mais en plus je peux jouer à un truc qui me plaira à la prochaine réunion de famille, ce qui tombe d'autant mieux que... Ah oui parce que, attendez, encore mieux : les anniversaires de Rei et de sa moitié tombent en juin, à quelques jours d'intervalle, et je n'avais pas d'idée cadeau ! Donc je leur offre et, le jour-même, on y joue ! Impec !
Aux prochaines réunions de famille, démocratie oblige, on aura ce qu'il faut de votes pour imposer de jouer à un jeu sur les séries télé ; de quoi traumatiser mon père à vie, certes, mais ce sera jouissif. Pas forcément super intellectuel (quoique le site reste finalement assez obscur à ce sujet), mais au moins, j'aurai remporté une bataille.
Qui sait, ça peut entrainer encore d'autres formes de contagion ? Je me demande si ma mère serait du genre à regarder de la science-fiction, tiens... elle regardait bien V avec moi, quand j'étais petite, alors pourquoi pas ?
Une fois qu'on a réussi à faire regarder Battlestar Galactica à quelqu'un, les horizons s'ouvrent sur des possibilités quasi-infinies, d'ailleurs. Prochaine étape, A la Maison Blanche ! Et peut-être qu'à partir de là on pourrait même envisager de faire cap sur encore plus abstrait, genre OZ ! On peut tout imaginer...
Et tout ça pour un investissement finalement minimal... c'est si beau, une opération de contagion dont tout le monde bénéficie au final !
Enfin, oui, sauf mon père naturellement. M'enfin, personne n'a prouvé qu'il était mon père, si on y pense. Ca expliquerait pourquoi sur lui, mes opérations de contagion restent désespérément infructueuses. Je vous ai déjà parlé de mes opérations de contagion sur lui, je me souviens plus ?
15 septembre 2008
Le post qui sent le 15 septembre
Ma grand'mère était une femme formidable. Mais je ne suis pas là pour vous faire son éloge, ce n'est pas le but de ce blog, et puis, bon, vous l'avez ratée, c'est trop tard, fallait y penser plus tôt.
Par contre j'ai réalisé récemment qu'en fait, c'était une téléphage. Enfin disons qu'on n'est pas passés très loin.
Pendant des années et des années, elle n'a pas eu de télévision, ce qui, il est vrai, la disqualifie quelque peu pour le titre de "plus vieille téléphage de la famille". Elle clamait souvent qu'elle n'en avait jamais eu besoin ; son truc à elle, c'était les livres. Ça, c'est ce qu'elle disait.
En vérité, quand elle a été à la retraite et qu'elle a eu sa première télé, elle a commencé à agir différemment de ce qu'elle disait !
Par exemple, il était de tradition qu'après le déjeuner, elle regarde Les Feux de l'Amour. Ouais. Je sais. Et elle était seule sur ce coup ! Ma soeur et moi, bien que loin d'être immunisées contre le virus de la téléphagie et l'appel de l'écran allumé, nous tenions respectueusement à l'écart. On était habitués aux gens qui avaient des goûts téléphagiques de merde (après tout, ma mère est bien une inconditionnelle de Walker, Texas Ranger...), mais c'est pas une raison pour frayer avec eux.
Elle ne chercha qu'une fois à nous pervertir à son vice, en nous présentant la série comme suit : "bon, tu vois Victor ? eh bien les personnages de la série, soit ils travaillent pour lui, soit ils couchent avec lui, soit les deux". Je vous laisse juges de la véracité de la chose, je ne maîtrise pas assez bien le sujet.
Pendant deux ou trois ans, ma grand'mère s'est donc fait un devoir d'aller, à la fin de chaque déjeuner, voir où en étaient les aventures de Cricket, Victor et tous les autres (mais c'étaient ces deux-là ses préférés). Et puis un beau jour, elle a repéré sur le programme télé la diffusion d'Arabesque juste ensuite, et elle s'est dit qu'elle allait jeter un oeil. Vous voyez, les graines de la téléphagie avaient germé !!! Elle fit alors une expérience qui changea sa vie...
Elle n'éteignit pas le poste à la fin du générique des Feux de l'Amour. Et découvrit ainsi qu'en fait, il y avait un générique de début, et un générique de fin. "Voilà pourquoi je trouvais qu'on ne comprennait rien d'un épisode à un autre !".
Oh, vous pouvez rire, je ne m'en suis moi-même pas privée !!!
Elle n'était pas du tout rôdée, comme nous l'étions instinctivement, aux diverses techniques de narration, aux codes du genre (intro-générique-épisode-générique), etc... Mais elle faisait ses expériences, finalement.
(Ceci est un fait avéré, je le jure.)
Ma grand'mère prit donc l'habitude de regarder, quotidiennement, Les Feux de l'Amour, puis Arabesque. Et le soir (parce que ça passait le soir à l'époque), il lui arrivait souvent de regarder Columbo, aussi. Pour quelqu'un qui n'aimait pas la télévision, ça faisait quand même pas mal heures passées chaque semaine devant son poste !
J'étais fière de ma grand'mère. Elle ne regardait que des séries américaines. Pas les meilleures, c'est sûr, mais les dégoûts et les douleurs, ça ne se discute pas. En plus, en vraie téléphage, elle essayait de suivre ce qui se passait, les nouveautés qui débarquaient, les séries populaires (elle y tenait, à son Télé 7 Jours ! presqu'autant que moi à mon Télé Z !), et regardait, par curiosité.
Parmi ses tentatives d'élargir son horizon télévisuel, elle avait notamment trouvé Sex & the City trop vulgaire. Et franchement, combien de grand'mères de plus de 65 ans regardent Sex & the City de leur propre initiative, sans que leurs petits-enfants ou enfants ne les y encouragent ? Je n'aurais même pas pensé à lui proposer de regarder ! J'avais raison, quelque part : ça ne lui a pas plu. Mais elle a essayé, et c'est ça qui compte, pas vrai ? Quand je vous disais que c'était une sacrée bonne femme, ma grand'mère !
Et puis, sa télé a lâché, et elle n'a pas voulu faire l'effort d'en racheter. "J'ai vécu des années sans télé", disait-elle, "je n'en ai pas vraiment besoin".
Ouais, c'est en cela que nous différions.
Quelques années plus tard, je suis venue m'installer avec elle pour quelques mois. J'étais déjà une téléphage convaincue, ça faisait d'ailleurs un peu plus d'un an que j'officiais au sein de l'équipe rédactionnelle de SeriesLive, c'est pour vous dire... je ne me contentais plus de ma propre consommation, je voulais aussi contaminer les autres ! Je suis donc arrivée, avec mon propre poste de télé, et avec, je le confesse, l'envie de partager avec elle mes découvertes.
J'ai donc fait quelques expériences avec elle, et si elle n'a pas vraiment accroché sur Charmed ni Oz, en revanche, chaque samedi soir, elle montait me rejoindre et nous regardions New York SVU ensemble.
La première fois, elle a été interloquée par la fin quelque peu abrupte de l'épisode. "Alors il faudra regarder la semaine prochaine pour savoir comment le procès finit ?". Il m'a fallu faire preuve de pédagogie et lui expliquer que le principe, ce n'était pas de montrer comme ça finit, mais de soulever un problème et de nous laisser réfléchir dessus. Que le père soit jugé coupable ou non, dans le fond, ce n'est pas l'important, ce qui compte c'est pourquoi il a tué ce gamin qui avait brutalisé son propre enfant. Quoi que le jury décide, on peut se demander où commence et où finit la spirale infernale de la violence.
La réponse a paru la convaincre, et nous avons continué à regarder la série ensemble, jusqu'à ce que je déménage.
Je soupçonne aussi qu'elle regardait ça pour me faire plaisir, mais la connaissant, si vraiment elle n'avait pas aimé du tout, elle me l'aurait dit, et m'aurait fait trouver autre chose pour que nous passions du temps ensemble.
C'était l'une des facettes de ma grand'mère. Celle qui en tous cas, concerne un peu ce blog. Ma grand'mère pouvait regarder des soaps l'après-midi, et regarder la Nuit du Ramadan sur France 2 le soir, elle était comme ça. Curieuse de tout, jamais d'a priori. Elle essayait au moins une fois. Elle posait ses yeux gris sur l'écran avec un regard acéré, et se faisait son opinion, sans se laisser influencer. Elle essayait de s'ouvrir à ce qui pouvait se passer.
Je n'ai pas ses yeux gris, mais je crois que j'ai hérité du regard. Vous ne trouvez pas ?
Joyeux anniversaire, mémé.
Vous n'avez pas comme une grosse envie d'appeler la vôtre, là, maintenant ?
07 septembre 2008
L'éducation sentimentale
Faisons ensemble un petit tour d'horizon des séries que ma sœur regarde et apprécie spontanément, si vous le voulez bien...
Il y a eu Los Angeles Heat qu'on regardait le soir, je crois, en semaine. Ou peut-être le samedi. Ou certainement les deux.
Il y a eu, oh mon Dieu oui il y a eu, les épisodes d'Agence Acapulco,
elle en était parfaitement dingue. Pour vous en assurer, il y a un test
infaillible : vous la lancez sur sa réplique culte ! Prononcez la
première phrase de ce dialogue et imparablement elle enchaînera sur la
suivante :
Ashley - Mike, mais tu ne penses qu'à "ça" !
Mike - Mais à quoi peut-on penser d'autre ?
Comme ça, là, ça n'a l'air de rien, mais ma main au feu qu'elle battra
des deux mains, extatique, et vous parlera ensuite de Cat avec une
lueur étrange dans les yeux.
Il y a eu Sunset Beach. Je crois même qu'elle en a enregistré. Ce qui est au moins aussi absurde que quand un soap sort en DVD.
Vers la fin des années 90, on a eu une lueur d'espoir avec Buffy. A vrai dire, c'est ma frangine qui m'a vraiment mis le pied à l'étrier en la matière, elle m'a montré de bons moments qu'elle enregistrait, alors que le premier épisode que j'en avais vu ne m'avait pas du tout convaincue. On peut dire qu'on tenait le bon bout, à cette époque.
Las, j'ai quitté la maison en cours de route et l'éducation téléphagique de ma soeur s'est arrêtée là. Tout au plus avait-elle fait l'acquisition de quelques coffrets VHS (oui, ça date) de saisons d'Urgences qu'elle avait trouvées çà et là, ou bien regardait-elle avec moi, à l'occasion, quelques Friends, Rude Awakening ou The War Next Door lorsque je rentrais le week end et que je regardais ce que ma mère avait enregistré en mon absence. Mais sans grande conviction.
Il faut dire que ma soeur est un public sacrément difficile. L'émotion, déjà, ce n'est pas son truc. Sitôt qu'une série s'emploie à essayer de jouer sur la corde sensible, elle se referme immédiatement, et dans ces cas-là au lieu de regarder l'écran, c'est moi qu'elle surveille pour me voir réagir, et se délecte de mes émotions. Pour le rire, elle est meilleur public mais reste toujours maîtresse d'elle-même et ne rit jamais complètement.
Elle manifeste toutefois beaucoup d'intérêt pour les séries, aussi nous retrouvons-nous régulièrement devant un écran pour que j'essaye de lui élargir ses horizons.
Fort heureusement, j'ai atteint quelques objectifs par le passé : Sex & the City, Desperate Housewives, Lost, KYLE XY, Eureka...
Plus récemment, elle a bien réagi à Samantha Who?, et m'a même emprunté la première saison de Battlestar Galactica qu'elle avale à une cadence plus que louable quand on connaît son emploi du temps.
Du coup, quand cet après-midi, nous avons fixé un rendez-vous à samedi prochain, qu'elle m'a confirmé qu'elle n'avait pas fini la 1e saison de Battlestar Galactica, et que donc il nous fallait trouver un programme téléphagique pour cette occasion.
Ce qui d'une part me réjouit, puisque j'aime contaminer mon prochain et disséminer le virus de la téléphagie, mais aussi m'effraye car devant ce public particulier, je ne sais pas trop que proposer. J'essaye autant que possible d'éviter de simplement transférer mes propres préférences (par exemple en ce moment, bien que ce soit mon obsession, je ne lui soumettrai pas Reba) et de m'adapter à ses goûts, mais quand on voit ce qu'elle regarde, il est assez difficile de dessiner une tendance : il n'y a pas de genre, pas de forme, pas de sujet qui semble l'attirer plus particulièrement qu'un autre. Les séries "grand public" semblent a priori fonctionner mais il y en a aussi de nombreuses autres qui glissent sur elle.
Ouais, c'est pas facile de transmettre la téléphagie.
D'où ma question : je lui montre quoi ?
12 octobre 2007
Wrapped in Plastic
Il y a cinq, peut-être six ans, je fréquentais une librairie spécialisée épatante où dépenser mes sous de façon inconsidérée, et j'y voyais régulièrement des numéros du magazine Wrapped in Plastic. J'étais intriguée par ce que je voyais en couverture, mais comme j'avais les bras chargés (ahem), je ne prenais pas vraiment le temps de le feuilleter...
Ceci n'est en fait qu'une des multiples expériences, en apparence anecdotiques, qui m'ont fait croiser le chemin de la série Twin Peaks sans vraiment avoir une véritable occasion de regarder la série, tout au long de ma vie de téléphage. L'occasion s'est révélée il y a quatre ans environ, et là encore, le rendez-vous, bien que m'ayant changée à jamais, a été amputé puisque je n'ai pu voir que le pilote...
Lisant il y a quelques semaines le post de La Sorcière sur ledit pilote, je me suis justement dit que je me referais bien ce pilote précieusement conservé avec les années et que je n'ai pas encore revu cette année. J'ai donc pris mon homme sous le bras et l'ai invité à un voyage qui, à son tour, devait changer son regard sur la fiction télé.
Mon homme a vu pas mal de choses depuis qu'il me suit dans mes délires pilotovores, mais rares sont les séries qui ont eu un tel impact sur lui ! Le pilote était à peine fini qu'il était déjà en train de planifier de voir la suite ! Et croyez-moi, il a déployé tous les moyens nécessaires pour voir la saison 1 dans les jours qui ont suivi ! (je vous jure, je n'avais rien planifié, je ne l'ai pas fait uniquement parce que le DVD est sorti il y a peu...)
Ce qui l'a marqué, c'est bien-sûr l'ambiance, glauque, et pourtant onirique, le grain de folie de chaque personnage, et évidemment cette musique, ce style visuel... cette "patte" qui fait qu'on ne peut confondre Twin Peaks avec rien d'autre, pas même une fraction de seconde.
"Comment j'ai pu louper ça ?!" se demandait-il, catastrophé à l'idée des 16 ans perdus, passés dans l'ignorance. Oui, comment pouvons-nous être aussi ignorants de si bonnes séries ? C'est en effet vraiment un drame qu'aujourd'hui, cette série ne soit pas accessible à plus de monde, qu'il faille déjà savoir de quoi il s'agit pour pouvoir acheter les DVD (et encore, combien de temps les avons-nous attendus ?!). Allez, profitons-en pour sortir le refrain habituel sur l'air de "ya des trucs qu'on nous rediffuse sans relâche, mais Twin Peaks, par contre, on passe à côté !".
Alors, mes amis, si je peux vous conseiller quoi que ce soit, c'est bien de vous trouver un bon café, noir et chaud, et de vous installer devant cette série. Si vous ne le faites pas pour vous, ni même pour moi, alors faites-le pour Kyle MacLachlan... Aaaah, Kyle...
Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (mais comme on l'a dit, c'est pas facile-facile) : la fiche Twin Peaks de SeriesLive.
28 juin 2007
Homme-garou
Depuis que je l'ai autorisé à remettre les DVD de Battlestar Galactica dans le lecteur adéquat, mon homme s'est soudain refermé à toutes les nouveautés que je pourrais lui présenter, et même au reste. La preuve : en quelques semaines TF1 va avoir montré plus d'épisodes de Heroes que je n'ai réussi à lui en faire voir (ce qui implique, ô horreur, que nous allons devoir regarder la VF avec une autre voix, c'est fatal, que celle qui originellement est celle d'Adrian Pasdar). Et pourtant il avait aimé.
Cela dit, hier, j'ai réussi à le mettre devant The Shield, série que moi-même je n'apprécie que modérément. J'avais vu le pilote lorsque, si mes souvenirs sont exacts, Jimmy l'avait diffusé, et bien que trouvant la série couillue je ne l'avais pas exactement vue comme une révélation.
Mon attachement de jadis pour Michael Chiklis était-il la cause de cette froideur ? C'est à voir. Pas impossible m'enfin en même temps, L'As de la Crime commence franchement à dater et je ne suis pas sentimentale à ce point. En plus il est vachement plus baisable dans The Shield, et de loin (pardon mon homme mais il fallait que ce fût dit).
Mais il n'est pas question de moi ici. Au contraire. Car finalement, blasée que je suis (surtout sitôt qu'il s'agit de séries policières), je trouvais The Shield, certes, je l'ai dit, juste au-dessus, couillue, mais pas absolument révolutionnaire. Même pas vraiment choquante. Et pourtant j'ai eu le temps de me désintoxiquer des excès de virilité d'Oz, depuis le temps !
Mon homme, quant à lui, a trouvé la série tout simplement surréaliste. Beaucoup de choses lui ont semblé être trop "grosses", notamment dans la façon très bourrine que notre Vic a de ne pas s'inquiéter vraiment des conséquences de ses actes. Bon alors, oui, ok, du soucis, il s'en fera probablement plus à mesure que la série avancera, reste que ce mec est une tête brûlée et qu'il est plutôt peinard dans sa branche, remettant sans problème son boss en place, ou rivant le clou du boss boss en lui mentant effrontément dans la même seconde.
Pour autant que mon homme, geek de nature et fan de J-C. Van Damme de sucroît (et croyez-moi cet aveu m'est bien difficile), soit amateur de tout ce qui est bourrin (après tout c'est le même homme qui a regardé le téléfilm catastrophe de M6 hier soir, avant The Shield, n'est-ce pas...), certaines choses lui ont tout de même semblé être beaucoup trop énormes pour passer ainsi à l'as. C'est à un tel point qu'il n'a pas tout de suite compris que Vic s'était débarrassé de Terry. Soit c'est allé trop vite, soit plus vraisemblablement ça lui a paru être carrément trop "pas possible".
La question qui se pose peut aussi être : mon homme est-il trop coutumier des gentils justiciers qu'on voit souvent dans les séries de flicaille ? On parle de quelqu'un qui n'a jamais vu un NYPD Blue en entier de sa vie (cela dit, les forces vitales me manquent pour m'en infliger moi-même), mais qui par contre s'enfile des Law & Order (toutes franchises confondues puisque j'encense SVU et qu'il aime la série originale) de façon quasiment obscène depuis plusieurs mois (j'en suis responsable pour beaucoup). Quelqu'un qui apprécie Monk, qui regarde sans trop de problèmes Les Experts, bref, qui est coutumier d'une image, bon, peut-être pas lisse, mais en tous cas relativement consensuelle de ce métier.
C'est une théorie qui se tient même si ça reste plutôt dommage.
Cela dit la série est tellement couillue, je l'ai dit, que la montée d'adré a fait son effet et qu'il m'a fait jurer qu'on regarderait la suite la semaine prochaine, je cite : "pour voir la suite de l'intrigue". Ce qui est sa façon de me dire que The Shield en a dans le pantalon, et qu'entre un Grey's Anatomy et deux Desperate Housewives, il a envie de ce genre d'univers de temps à autres où il serait un télespectateur homme regardant une série virile (c'est sans doute une question d'identification).
Note perso : lui acheter de la bière et l'autoriser gentillement à se gratter les couilles, c'est pour son bien.
Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Shield de SeriesLive.
08 mars 2007
MST
Depuis maintenant deux semaines, mon homme (car c'est encore de lui qu'il s'agit) ne jure que par Sex & the City. Ca fait pourtant depuis plusieurs mois que nous suivons les rediffusions de M6 le vendredi soir, mais lorsque je lui ai annoncé que nous venions d'entamer la dernière saison, les choses ont soudain changé. Depuis lors, c'est avec une gloutonnerie assez spectaculaire que nous finissons les DVD de la saison 6 (c'est Scrubs qui va en pâtir, mais, quoi, on ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs...), à raison de deux à trois épisodes par jour. Il est tout de même bon de préciser que j'ai en ma possession l'intégralité de la série, et qu'il le sait, mais que nous n'avons commencé à prendre de l'avance sur la rediffusion télé qu'au moment de l'ultime saison... Intéressant, non ? Nous sommes à présent sur le point de regarder les deux derniers épisodes : Une américaine à Paris...
Depuis qu'il sait que la série va finir, il cherche à deviner la fin. D'abord je trouve le concept intéressant : parce que la série va finir, les histoires le devraient aussi ? Comme s'il était logique que la vie des personnages d'une série finisse avec la série en question... Bon bien-sûr, il y a des personnages qui meurent dans les series finale de plusieurs shows, c'est une figure de style récurrente et bien utile, mais pourquoi penser, dans le contexte de Sex & the City, que les personnages auront épuisé leur quota d'expériences au terme de la dernière saison ? Un peu réducteur, non ? Des femmes qui ont passé 6 saisons à butiner, se questionner, tenter de concilier plusieurs aspects de leur vie de femmes... vont prendre une orientation nette et définitive en fin de série ? Et là je ne peux m'empêcher, à la Carrie Bradshaw, de me demander "sommes-nous formatés pour espérer que toutes les histoires doivent finir comme les contes de fées ?" (là-dessus il serait logique que je lève les yeux, et prenne un air dubitatif tout en me mordant la lèvre inférieure, pour rester dans l'ambiance).
Mais, donc, du coup, il cherche à deviner par avance comment tout cela va se finir. Le terme est important parce qu'il revient sans cesse dans ses prédictions. Et pour moi qui ai vu la série intégralement plusieurs fois (et la 6e saison plus que les autres encore car c'est ma préférée), c'est une source d'amusement inédite à l'approche d'une fin de série.
- Pour Carrie, les diagnostics sont les plus changeants : un jour elle doit finir avec Big, le lendemain elle finit seule mais reste amie avec Big, ensuite il avait décrété qu'elle se remettrait avec Berger (cette théorie n'a duré que quelques minutes)... actuellement il parie qu'elle va rester à Paris avec son Russe et que, éventuellement, une ou deux de ses amies vont la rejoindre.
- Pour Miranda, c'était corsé : après avoir distinctement entendu un "ils sont mignons tous les deux" alors que Miranda et Steeve ne s'étaient pas encore officiellement réconciliés, j'ai compris qu'il les voyait bien finir la série ensemble. Il n'a pas vu le mariage venir, non plus que le déménagement à Brooklyn, mais cela semble n'être qu'un détail dans la vie du couple. Que peut-il encore se passer ? Eh bien, au pire, il a évoqué l'idée que Miranda pourrait attendre un second enfant.
- Pour Charlotte, la sans-surprise : bien que, lorsque Harry a quitté la table pour leur premier vendredi soir en amoureux, il ait été étonné, mon homme a bien compris que ces deux-là allaient se marier et rester ensemble dés que le crâne ovoïde de notre potz préféré est réapparu à l'écran. De son côté à elle, il n'y a plus rien à espérer apparemment : elle est casée, n'en parlons plus. Ses problèmes de stérilité ne semblent pas compter beaucoup. A un moment, il a vaguement pronostiqué qu'ils devraient adopter, mais que ça se produise ou non, alors là... il s'en fout comme de l'an quarante.
- Pour Samantha, tout peut arriver : après avoir sous-estimé pendant une bonne moitié de la saison la relation entre Sam et son jeune Smith, mon homme a commencé à se dire qu'ils allaient rester un peu ensemble lorsque Smith a tenté la position de la main, et plus encore parce que Samantha est revenue à lui après avoir fauté avec Richard. Mais sa théorie la plus solide est qu'elle finira par le larguer puisqu'il n'est pas fait pour elle... Le cancer l'a pris au dépourvu, il hésite un peu : va-t-elle avoir une rechute ? Peut-être bien. Va-t-elle y survivre ? Qui sait... Il pense aussi (et ça date même d'avant le cancer) que Samantha va prendre conscience de son âge et qu'elle va mettre de l'eau dans son vin, et probablement finir seule. C'est apparemment à elle qu'il pense lorsqu'il estime que quelqu'un ira vivre avec Carrie à Paris. Mais dans le fond, il attend tout de Samantha qui est, de loin, la plus imprévisible à ses yeux.
Moi, ça fait trois saisons qu'il m'a fait promettre de ne pas le spoiler : je ne dis rien. Mais alors : rien. Si, j'ai juste dit "la fin que j'ai préférée, c'est celle de Miranda". Je sais, je l'aide pas beaucoup, mais j'ai promis. D'ailleurs c'est lui qui m'a fait promettre, même si, lorsqu'il débite ses théories, ça l'énerve un peu...
De mon côté, je savoure doublement, d'abord parce que voir ce non-téléphage être si curieux des épisodes à venir et de les anticiper dans de régulières conversations fait vraiment plaisir à observer. Et puis, cette fin de saison, je n'aurai de cesse de le dire, vaut à elle seule une septième vague d'épisodes, juste parce qu'elle est vraiment idéale. Elle parvient à être drôle, mais avec toujours en fil rouge une somme d'émotions qui souvent étaient masquées par de la comédie dans les saisons antérieures. Pour moi qui n'ai jamais pu considérer Sex & the City comme une série comique/humorisitique, c'est donc l'idéal.
Soyez mignons, ne lâchez rien sur le final dans les commentaires, il lit ce blog... et ça fait partie de l'expérience !
C'est tout de même intéressant de se dire que le simple fait de savoir que la série était sur le départ a complètement changé sa façon de la regarder. De spectateur passif, en position d'attente de l'épisode suivant, il est devenu pressé de savoir la fin. Cette fameuse fin.
Je regarde donc ce que mes expériences de contagion produisent... ses théories, sa curiosité... la façon dont il va réagir aux deux épisodes ultimes. Comment il va gérer le soudain effet de manque après ça... Restez en ligne, je ferai un compte-rendu scientifique rigoureux de ces expérimentations in vivo... Mais d'après ce que j'ai constaté, il faut bien se rendre à l'évidence : la téléphagie est une maladie sexuellement transmissible.
Carrie ne nous avait pas prévenus !
Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (vous êtes sûrs d'être téléphage ?!) : la fiche Sex & the City de SeriesLive.
12 février 2007
Ta maladie, tu la gardes pour toi
Cette fois j'espère bien que c'est dans l'autre sens que ce n'est pas contagieux...
Mon homme a un vice, un pêché mignon, un guilty pleasure bien à lui : plus c'est nul, plus il a envie de regarder. C'est tout-à-fait le genre de mec qui serait capable de se taper une saison complète de Whoopie s'il en avait l'occasion, et vous obliger à l'accompagner. Le gars qui, si on ne le surveille pas, pourrait carrément regarder La Femme Nikita pour une autre raison que Peta Wilson, et apprendre les dialogues par coeur. Le danger public prêt à s'enfiler tous les épisodes des Feux de l'Amour qu'il pourrait voir, et à vous hurler dessus si jamais il vous arrivait de changer de chaîne.
L'une de ces phrases est du vécu, je n'ose vous dire laquelle...
Bref, je le savais depuis le début, la tâche était rude et yavait du boulot. Mais là... là !
C'est ma faute, aussi. Depuis que j'ai décrété qu'il y avait embargo sur les DVD de Battlestar Galactica et A la Maison Blanche, on sent que la famine fait rage dans les rangs. J'ai voulu tester sa volonté mais de toute évidence, le petit scarabée n'est pas encore prêt. Il s'est rabattu...
Nan, je peux pas le dire.
Il s'est rabattu sur Mutant X.
C'est la honte ! C'est comme un Jean-Claude Convenant avec un fils cultivé, c'est la fin de tout ! Tout est à refaire ! Je peux pas laisser faire ça, je peux pas le supporter !
Il a voulu regarder le pilote. C'est ma faute, j'ai pas été capable d'en dire du bien. J'ai tenté de retenir derrière mes dents ce que j'en pensais mais au dernier moment, j'ai laissé échapper "enfin, c'est n'importe quoi, en fait". Malheur à moi. Mais vous avez raison, je l'ai cherché. Et puis après tout, à bien y réfléchir, ç'aurait aussi bien pu lui servir de point de comparaison. Ce n'est pas qu'il ne sache pas reconnaître une excellente série lorsqu'il en voit une, mais une très bien, des fois, il a encore un peu de mal. C'était à des fins pédagogique.
Ca n'a pas raté. Dés les premières scènes de combat dans la ruelle sombre, les rires gras ont fusé, il s'est tapé sur les cuisses, et entre deux gloussements, j'ai distinctement entendu "oh non les pimpins, c'est pas vrai !". Et ça, c'est le signal, le signal que c'est foutu, que je suis foutue, que je n'ai qu'à appeler les secours, à me faire rappatrier, à sauter par la fenêtre (au 5e étage, oui-oui) pour échapper au pire. Mais j'étais faite comme un rat. Il en a regardé un second. C'était encore plus nul. Il a voulu regarder le 3e... Il s'est même tapé la visite du studio avec John Shea !
Le problème, c'est que cette série est plus tarte à chaque épisode, et qu'il le sait, en plus, l'animal. C'est bien pour ça qu'il continue. Et chaque seconde de plus qui s'affiche sur le compteur du lecteur DVD est comme un poignard, dans mon coeur. Il fait ça parce qu'il adore regarder des merdes, c'est sa nature, mais je ne peux pas m'empêcher de me dire que c'est juste pour me faire du tort.
Courage. Je n'ai que la première partie de la première saison. Il ne devrait plus y en avoir pour longtemps. Et après, j'enchaîne sur la mini-série de V, pour essayer de stopper ce neurocide. En espérant, dans l'intervalle, ne pas être atteinte...
Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Mutant X de SeriesLive.
02 février 2007
He boldly goes where no man has gone before
Quand mon homme a prétendu apprécier la SF, je l'ai mis au défi ultime : regarder du Star Trek. Parce qu'on n'a pas vu de série de science-fiction tant qu'on a pas vu Star Trek, nan mais sans blague ! Comme il a maintenant pris l'habitude de ne pas avoir d'a priori avant d'attaquer une série, il s'est plié de bonne grâce à l'exercice.
Au menu : les pilotes de The Next Generation, Deep Space 9 et Voyager. Ce qui n'est pas si mal pour un début. J'aurais bien opté pour le pilote d'Enterprise dans la foulée mais cassette import achetée il y a un siècle ne marche pas sur mon dernier magnétoscope en date (fichus standards NTSC). Pour Voyager, j'étais avec lui, pour les deux autres, je n'étais là qu'au début. Il faut dire que j'ai bien moins regardé le premier que les deux suivants et, je me connais, connaissant le déroulement des choses, je l'aurais spoilé à mort. Je suis chiante dans ces cas-là
Bon d'accord, j'avoue : ayant la crève, il me faut aussi admettre que je me suis endormie en cours de route... Là, vous êtes contents ?
La conclusion de tout cela ? Le problème de Star Trek : ce serait bien si c'était pas du Star Trek.
Explication... Derrière des intrigues plutôt solides, se cache une réalisation souvent piteuse et risible. Même en considérant que jusqu'à deux décennies nous contemplent, c'est pas follichon...
C'est vrai que je le comprends. Tout monument de la télévision que soit la franchise Star Trek (ne serait-ce que pour son nombre incroyable de spin offs et donc d'épisodes, étendus sur une si grande période dans le temps...) de par son impact, les diverses séries qui la composent souffrent des mêmes symptômes : vocabulaire spécifique et pseudo-technique utilisé voir abusé en toutes circonstances, dialogues interminables avec cadrages très scolaires, acteurs frigides dans leur grande majorité... A côté, les aliens en pyjama de la première série, c'est moins un facteur de vieillissement. Ces défauts de réalisation rendent la forme assez indigeste. Normal, qui plus est, lorsqu'on est habitué aux productions modernes...
En même temps, difficile de faire du Star Trek sans s'accorder au minimum avec les traditions de la série d'origine ; j'imagine qu'un cahier des charges rigoureux impose certaines figures pour ne pas perdre l'esprit de la série (si vous voulez mon avis, Battlestar Galactica a prouvé depuis que ça n'était pas un problème ; espérons que la prochaine série Star Trek y puise un peu d'inspiration si elle voit le jour). Ca se comprend. On essaye de perdre seulement le minimum de fans (ceux qui, invariablement, penseront que c'était mieux avant) et si possible de créer quelques nouveaux Trekkies au passage.
Et pourtant, dans Star Trek, il y a une chose formidable qui ne vieillit pas : c'est le fond. Pour avoir vu très peu d'épisodes de la série originale (deux ? trois ?) je ne me permets pas de la juger, mais les dialogues de Picard et Data, les considérations politiques de DS9... certains thèmes récurrents... tout cela est extrêmement bon ! Seulement, voilà : il faut ne pas se laisser rebuter par la forme pour en arriver là. Et ya des fois, c'est très difficile (en témoigne le pilote de Voyager qui est sans nul doute le plus caricatural des trois sus-mentionnés) !!!
Pas étonnant que j'arrive au final avec un homme particulièrement mitigé. La part de lui qui aime la SF a sans doute retrouvé ce qui fait la beauté du genre : des allégories sur la condition humaine et certains de ses grands thèmes, des personnages forts et emblématiques, des idéaux et un univers qui fait rêver ! Hélas, il a aussi trouvé des moyens dignes du pire soap ! Eh oui, ça s'appelle un space opera, ya une raison...
Pour moi qui ai découvert la série via le format papier (un recueil de citations des 4 premières séries, puis l'encyclopédie générale et celle de DS9 ; chuis pas un Trekkie, je me documente, c'est tout !) je comprends totalement cette réaction partagée. J'ai toujours dit que Star Trek, c'était mieux d'en entendre parler que de regarder. L'enthousiasme des fans, des auteurs, des acteurs (la plupart disons), de l'ensemble de l'univers de la série, est palpable et on sent qu'il y a là des gens qui sont liés par une certaine vision du monde, de l'être humain, avec des idéaux et des espoirs sur la façon dont le monde devrait se développer, et une sorte de capacité à rêver sans désespérer que ces choses puissent se produire dans quelques siècles... Une telle communauté impressionne nécessairement. Mais quand on regarde l'objet de tant d'implication, les séries en elles-mêmes, on risque nécessairement la déception. D'une certaine façon, ça force un peu plus le respect, car finalement tout ce beau monde est en quelques sortes la crème du téléphage : leur lecture de la série, leur engagement, fait de Star Trek une oeuvre télévisuelle là où le télespectateur lambda, qui ne cherche qu'à être impressionné sans avoir à réfléchir, ne voit qu'une série laborieuse sans aucune qualité.
Finalement, de la même façon que je n'ai jamais réussi à ressentir complètement l'enthousiasme des Trekkies pour la série, mon homme non plus n'arrive pas à accrocher à ce point qu'il en redemande. Mais pour qu'il regarde, la même semaine, trois pilotes de chacun une heure et demie environ, de trois séries différentes de la même franchise... je crois qu'on peut dire que la mission est remplie ! J'ai réussi à faire regarder à quelqu'un plusieurs heures de Star Trek sans qu'il ne rechigne, ne se plaigne, ou ne tente d'y échapper, et sous un certain angle, ça lui a même plu.
Et le plus drôle, c'est que j'ai eu des retours moins encourageants sur Farscape... bizarre, non ?
Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : les fiches Star Trek, Star Trek : The Next Generation, Star Trek : Deep Space 9, Star Trek : Voyager et Enterprise de SeriesLive. Prenez votre temps, ya rien qui presse...
26 janvier 2007
Denny...
Mon homme et moi avons une histoire compliquée avec Boston Legal... Les premières minutes du pilote m'avaient laissée froide à un tel point que je n'ai pas eu la curiosité de poursuivre l'expérience au-delà de quelques minutes. Ce jour-là je me suis vraiment dit que, de David E. Kelley ou de moi, l'un de nous deux avait perdu la main. Lorsque TF1 a eu cette épiphanie qui l'a conduite à diffuser la série au printemps dernier (sous le nom de Boston Justice... comme s'il y avait la moindre once de Justice dans cette série !), je n'ai pas tellement fait attention, mais mon homme et moi sommes tombés sur un épisode totalement par hasard.
Moi : - Ah, oui, c'est du Kelley, ça. On va regarder. Il faut que tu aies vu un Kelley dans ta vie !
Lui : - Ah bon. Très bien.
A la fin de l'épisode, je regrettais amèrement (et pour la première et dernière fois) de n'avoir pas donné sa chance à la série la dés que je l'avais vue. Il y en avait un autre qui était encore plus enthousiaste ! A la suite de quoi, lorsque nos emplois du temps nous l'ont permis, nous avons regardé la série, mon homme étant définitivement ravi. Au regard de ce que je venais de voir, je pense que je l'aurais plaqué si ça n'avait pas été le cas !
J'ignore si la diffusion de TF1 a été respectueuse de l'ordre initial des épisodes (vous me direz : ce serait bien la première fois), mais de notre côté, on a fait n'importe quoi. Un épisode par semaine en moyenne (parfois un second, mais alors en se mettant en retard sur les obligations de l'un ou de l'autre), et nous n'avons jamais regardé la fin de la diffusion (la seconde saison nous a en fait échappé en grande partie). C'était sympa.
Je n'en entendais plus trop parler, mais à Noël, mon homme a reçu le coffret DVD de la première saison, et la suite a été orgiaque : épisodes à tous les étages ! On avait raté des épisodes à la télé, mais là, avec le DVD, aucune chance d'y échapper. Et je vous épargne les "Denny Crane" appuyés et suivi de rires gras (à moi, ils n'ont pas été épargnés...) et quelques autres gimmicks de la série qui ont eu tôt fait de s'imprimer dans le cortex de mon homme.
La fantaisie, le brio des plaidoyers, et surtout le tandem Crane/Shore, ont transformé mon homme (qui il y a à peine un an de ça, était désabusé sur les séries télé... et qui avant ça était principalement un X-Phile...) en inconditionnel de la série Boston Legal/Justice !
Du coup, pour peaufiner la culture, j'ai glissé entre deux "Denny Crane, arf arf arf, quel winneur !" un The Practice, histoire de ne pas laisser penser que David E. Kelley se cantonnait à cet univers follet et évaporé, superficiel et hilarant. Car parmi toutes les qualités de Boston Legal, la plus importante (et celle dont l'impact est le plus marquant, au-delà des gags appuyés et des sous-entendus grivois) reste quand même la très haute intelligence desdébats tenus devant la Cour.
Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Boston Legal de SeriesLive.
17 janvier 2007
Grosse Poisse
Peut-on réellement apprécier l'humour de Grosse Pointe sans :
- savoir que le créateur en est Darren Star
- savoir que ce dernier a travaillé sur Beverly Hills et Melrose Place
- avoir vu un seul épisode de l'une ou l'autre de ces deux séries ?
Bon, le verdict tendrait à être, selon mon homme : "plutôt oui mais sans plus". Avec un sourire qui signifie quelque chose comme : "une fois ça va, j'ai même franchement ri à deux reprises, mais passons à autre chose".
Dommage, car le pilote est sans doute un des meilleurs épisodes de tout le show. Mais quand dans la même semaine (et on n'est que mercredi matin) on a déjà tenté un Rude Awakening, les deux premiers épisodes d'Action!, et deux Firefly, n'est-on pas forcé de revoir à la hausse ses standards en termes d'humour ?
Bah quand même un peu, si.
Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Grosse Pointe de SeriesLive.








