Canalblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

ladytelephagy

Publicité
3 novembre 2009

Yuuki Amami n'a pas le droit de pleurer

Dorama, frontière de l'infini vers laquelle voyage le blog ladytelephagy. Plus je m'enfonce dans les méandres de cet univers, plus je constate que les Japonais, plus encore que les Américains, ont une fascination sans borne pour la femme célibataire. Après vous avoir parlé de Koushounin, Ohitorisama, Katagoshi no Koibito, Kimi wa Pet et consorts (on va pas se refaire une liste), je m'aperçois que jamais les séries japonaises n'ont l'air d'avoir fait le tour du sujet. Visiblement il y a un public de femmes célibataires au Japon dont je ne soupçonnais pas l'ampleur...

Alors quand j'ai donné sa chance au pilote d'Around 40, je n'en attendais pas grand'chose, partant du principe que ce n'étaient pas trois quasi-quarantenaires qui allaient m'apprendre ce que les tonnes de quasi-quarantenaires auraient éventuellement oublié de dire avant.
GRAVE ERREUR.

Around 40 prend l'éternel postulat de la nana qu'il est quand même temps de marier une bonne fois pour toutes (sinon ses ovaires vont se dessécher...), et qui franchement, n'y met pas beaucoup du sien. Mais ce qui fait toute la différence, c'est le traitement. Et la présence de Yuuki Amami. Yuuki Amami qui est, il faut le dire, est le symbole vivant de la femme qui en impose. C'est mon idole (avec Miki Maya. Non attendez, Miki Maya, je veux juste l'épouser).

Bref, Around 40 se révèle beaucoup plus nuancé que la plupart des autres fictions avec des célibataires, le scénario du pilote ayant juste ce qu'il faut de... de tout. D'intelligence, de comédie, de subtilité, de complicité... A côté de ça, les filles de Sex & the City ont l'air de pauvres greluches superficielles avec de l'eau entre les oreilles (comment ça je pouvais m'épargner la mention "à côté de ça" ?).

Yuukiquirit

J'ai été touchée par l'honnêteté du portrait : une femme avec ses moments de solitude heureuse, et de solitude douloureuse, une femme qui pense qu'elle a encore le temps, et qui constate qu'on ne lui en laisse pas beaucoup, une femme qui recherche l'approbation de ses amies, qui recherche un équilibre intérieur... bref, une femme d'aujourd'hui. Tiraillée entre son envie de modernité féministe et son envie de confort social.

Il y avait ce joli dialogue, par exemple, entre l'héroïne (qui venait d'expérimenter l'un des inconvénients de la solitude) et sa belle-mère :
- Papa... il veut que je me marie, n'est-ce pas ? Il voudrait tenir mon enfant dans ses bras, pas vrai ?
- N'y a-t-il pas quelque chose qu'il veuille plus encore ?
- Quelque chose de plus ?
- Que tu sois heureuse.
J'aime bien cette oscillation qu'effectue l'héroïne (et dans une moindre mesure, ses deux amies) entre ce qu'elle veut et ce qu'on attend d'elle. Elle finit par être surprise par l'un comme par l'autre. Elle pense qu'elle est bien seule... jusqu'au moment où la solitude pèse. Elle pense que tout le monde veut la voir mariée... et finalement son père n'a pas envie de l'y pousser. C'est une façon très honnête de montrer ce qui se passe dans la tête d'une femme à qui on monte le bourrichon sur le mariage depuis des décennies, et qui ne sait plus trop ce qui au juste serait l'idéal.

Et puis, le drame. Alors qu'on pensait qu'en dépit de la pression, le personnage allait tenir bon, brandir son étendard de femme célibataire bravement, et poursuivre sa route à son rythme et à son goût... Voilà Yuuki Amami qui craque, et qui s'effondre sur un banc. Je ne sais pas comment vous décrire la trahison et la tristesse de cet instant. Déjà parce que je n'ai pas vu le personnage, j'ai vu Yuuki Amami pleurer. Or Yuuki Amami, elle est sans doute trop typecastée dans mon esprit, mais elle est inébranlable. C'est un roseau, pas un chêne. Et là j'ai vu Amami, mon Amami, celle que j'ai adorée dans BOSS, Enka no Joou (on en reparle très vite), Joou no Kyoushitsu... un roc ! J'ai vu Amami craquer. De chez craquer. Et je me suis mise à pleurer aussi, parce que si Yuuki Amami pleure, c'est vraiment qu'on est foutues.

Yuukiquipleure

Bon, ne me regardez pas comme ça. Je me suis remise, depuis. C'était dimanche, j'ai eu le temps d'en faire mon deuil. Mais après cette petite expérience, et en ayant en tête la fin du pilote, mais aussi toutes les séries de célibataires que j'ai vues ces derniers temps, japonaises comme occidentales...
...je me demande juste si le féminisme n'a pas définitivement perdu la bataille de la télévision, quand même.

Si ça ne tenait qu'à moi, de toutes façons, Yuuki Amami n'aurait pas le droit de pleurer.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Around 40 de SeriesLive.

Publicité
3 novembre 2009

Why not regarder Bones

ReasonsWhyNot_Bones

Voici les 10 raisons de ne pas regarder Bones :

1 - Parce que vous n'en avez pas assez de vous abrutir devant NCIS, il vous faut Bones en plus ?
2 - Parce que l'intrigue pseudo-amoureuse ne tient plus personne en haleine depuis longtemps
3 - Parce que Zooey Deschanel est cent fois plus craquante que sa frigide frangine (et c'est pas pour une apparition en guest...)
4 - Parce que si ça passe le vendredi soir sur Hem6, c'est hautement suspect
5 - Parce que c'est comme les bouquins Harlequin : c'est un logiciel qui calcule le scénario (et il bugge !)
6 - Parce que David Boreanaz ("et puis franchement, un nom pareil"...)
7 - Parce que le générique est moins percutant que celui de New York 911
8 - Parce que vous tuez plus de neurones en regardant un épisode qu'en vidant une bouteille de vodka
9 - Parce que réciter l'encyclopédie médicale n'est pas une preuve d'intelligence
10 - Parce que le suicide n'est pas une solution
Libre à vous d'en ajouter, étant bien entendu qu'il n'y en a aucune à retirer.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Bones de SeriesLive.

3 novembre 2009

Maman j'ai raté l'amour

Arisa Mizuki dans le rôle principal ? Mouaif. Teppei Koike dans le rôle du love interest ? Catastrophe. Une histoire d'amour ? Fuyons ! Miki Maya au générique ? Bon, ça ne coûte rien de regarder quand même le pilote.

Pourtant Ohitorisama parvient à être convaincant. Ou au moins à commencer de façon intéressante, le jury s'étant retiré pour débattre à ce sujet sur la fin du pilote.
Satomi est une trentenaire (hello Kimi wa Pet) et contente de l'être (hello Kimi wa Pet). Elle se consacre à son travail (hello Kimi wa Pet) où il n'est pas toujours vu du bon oeil qu'elle soit si vieille et toujours pas mariée (hello Kimi wa Pet), sans compter qu'en plus elle bosse beaucoup (hello Kimi wa Pet). Mais de façon complètement imprévue, elle va faire la rencontre d'un jeune professeur intérimaire, bien plus jeune qu'elle (hello Kimi wa Pet), au tempérament chaleureux et un peu maladroit (hello Kimi wa Pet).
Toute ressemblance avec une autre série serait purement fortuite (et indétectable).

Pourtant, si Sumire était glaciale et s'était blindée face aux déception de sa vie amoureuse, Satomi est bien différente. Elle est d'un naturel avenant, sociable, et son célibat, elle l'a choisi. Le portrait de la célibataire en 2009 est donc moins accusateur que celui de 2003. On sent que Ohitorisama se veut plus cool sur ce sujet. Et le terme "se veut" n'est pas choisi par hasard, car on sent au fil de l'épisode comme une sorte d'effort pour ne pas rendre Satomi égoïste (la réplique "je n'ai pas à m'occuper de quelqu'un d'autre" donnant tout de même un indice sur ce qui se trame profondément dans la tête des scénaristes), ni trop froide (même si elle devient un peu moins joviale dans la seconde moitié de l'épisode), etc...

Ohitorisama, malgré la bande de joyeux drilles venus de Oniyome Nikki (devant et derrière la caméra), n'a pourtant rien du manifeste féministe, au contraire. On va encore tomber dans l'intrigue amoureuse, flanqué d'un love interest avec 0 en charisme qui plus est. Au programme des réjouissances pour les semaines à venir, on a cette fois une différence d'âge doublée d'un enjeu amoureux au travail.

Ohitorisama
(Eh, zavez vu ? L'école c'est la même que celle dans 14 Sai no Haha !)

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Ohitorisama de SeriesLive.

2 novembre 2009

Phobie scolaire

De vous à moi, et parce qu'entre nous c'est une relation de confiance, je vais être sincère : celui qui regarde la scène d'ouverture de Monster Parent et n'applaudit pas des deux mains, il n'est pas vraiment téléphage.
Parce que franchement ça confine au génie, à ce stade.

Je ne sais pas à quel point un Japonais qui regarde le pilote d'une série à la télé est informé en amont. Je suppose que le spectateur lambda japonais ne doit pas être bien différent du spectateur lambda français. Donc prenons le cas où, disons, Sousuke rentre du boulot ; il a un petit verre de sake dans le nez, qu'il s'est envoyé à la gargote du coin, demain il faut qu'il se lève tôt pour aller bosser, bref il se met devant la télé histoire de finir la soirée de façon divertissante.

Et là il met une chaîne au hasard et tombe sur une école vide, froide, pas super récente, de nuit. Cri de corbeau. Il y a un homme dans une salle de classe. On ne voit pas son visage. On coupe avec des plans de dessins d'enfants. Un robinet qui fuit. Musique sourde. L'homme monte sur une chaise. Robinet qui fuit. Salle de classe vide. La musique commence à faire effet. Angoisse. Visage de l'homme qui accrochait des décorations au mur. Satisfaction visible, sourire plein de joie innocente. Et là, le téléphone portable de l'homme sonne. Le sourire s'éteint. Il interrompt ce qu'il faisait et regarde le portable qui vibre sur un petit pupitre d'élève. Une fois. Deux fois. Re-angoisse. La peur se lit dans ses yeux. L'homme descend de sa chaise et tend le bras. Il lit le nom de son correspondant. Crispation. Voix féminine qu'on imagine issue de ses souvenirs : "Professeur, vous êtes inutile !" Le portable s'arrête de vibrer. Le portable recommence à vibrer. Terreur et panique. Re-re-angoisse.  L'homme décroche. Même nom sur l'écran du portable. L'homme pète un câble et s'effondre.

Voilà, c'est immense. Je le fais pas bien, franchement, il faut le voir. C'est énorme, vous dis-je. Ou comment donner tout de suite une idée claire sur le thème de la série en jouant avec les codes du film d'horreur.

MonsterParent

Car Monster Parent n'est absolument pas une série d'épouvante, c'est là tout le génie de cette intro ! Les "monster parents" sont ces adultes qui sont si fiers de leur petite princesse ou de leur petit chéri, et qui émettent des exigences absurdes en pensant essayer d'obtenir le meilleur pour eux. Bref, Monster Parent, c'est quasiment une thèse sociologique !

Le pilote est, c'est vrai, parfois lent par moments. La démonstration avait si brillamment été faite dans cette introduction que refaire tout le chemin qui explique ce qu'est un monster parent (et ce que sont ses manifestations effrayantes) à l'héroïne, c'est un peu fastidieux, surtout qu'elle est partagée entre incrédulité et moquerie, ce qui ralentit le processus. D'un autre côté c'est vraiment la réaction saine à avoir, parce que les monster parents sont complètement frappadingues, il faut le dire.

Je pense que Monster Parent doit prendre toute sa saveur une fois l'héroïne entrée dans cet univers une bonne fois pour toute, cherchant vraiment à ramener la raison dans un univers qui n'en a plus la moindre notion. Là, pour le moment, il faut dire ce qui est, ça fonctionne mollement. C'est purement introductif. Quasiment pédagogique.
A croire que les scénaristes n'ont pas peur...

Mais au moins pour l'exercice de style de son intro, et pour son pitch pour le moins original et ambitieux, je recommande Monster Parent.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Monster Parent de SeriesLive.

31 octobre 2009

Somewhere...

Sur les recommandations de IWM, je me suis lancée dans la découverte d'une série coréenne. Et je dois bien admettre que, les séries coréennes, je n'y pense pas assez souvent.

Et pourtant... pourtant la fiction coréenne semble avoir beaucoup à offrir, avec des idées qui m'apparaissent comme intéressantes, faute d'être forcément originales. Sans compter que les Coréennes sont bien plus jolies que les Japonaises (ou du moins les canons de beauté me plaisent-ils plus au pays des matins calmes), et c'est une nipponophile convaincue qui vous le dit.
Mais je crains, aussi, hélas, de ne pas avoir du tout l'oreille sensible à la langue coréenne, sans compter mon temps libre qui hélas n'est pas extensible à volonté. Alors quand on me donne l'impulsion nécessaire pour regarder une série coréenne, je me contente de me demander ce que j'ai bien pu attendre, et je me lance sans trop discuter.

Selon mes observations personnelles, en télévision comme en chanson, les Coréens semblent avoir à en remontrer aux Japonais. On dirait que les seconds sont plus dans l'abstrait, l'idéalisé, le fantasmé. C'est la conclusion à laquelle je suis arrivée après une longue étude comparée entre les girlsbands de chaque pays. Et puis franchement les Coréennes ont de bien belles gambettes. Bref, on théorisera sur les idéaux de réussite médiatique des deux pays une autre fois, venons-en à la série de ce post.

Over the Rainbow, pourtant, commençait bien mal, avec une succession de scènes sans queue ni tête, s'attardant à raconter son personnage principal au lieu de raconter son histoire. Si les frasques de la vie de lycée laissent froid, la description du contexte financier avait bien du mérite, mais hélas on ne voyait pas trop ce que la série allait pouvoir trouver à en dire pendant 16 épisodes, à moins de nous la jouer miséreuse, genre "je ne peux pas payer le lycée" et autres "je mange de la viande qu'on garde dans des sacs en plastique".

Concrètement, je ne sais pas combien de temps ça a duré comme ça, mais ça n'a pu être que trop long. Et je l'ai ressenti comme étant interminable. Bien que le portrait de Hyeok Joo soit bien senti et détaillé, donc, je m'impatientais. Il faut préciser que, comme souvent, je n'avais pas jeté le moindre regard à un quelconque résumé avant de me lancer, une méthode qui est de plus en plus fréquemment la mienne. Où voulait-on en arriver ? Et est-ce que j'aurais la patience d'attendre qu'on y soit ? On se rappellera que si, moi, téléphage pilotovore, j'arrête le pilote avant le générique de fin, c'est que c'est vraiment foutu.

Et puis, le miracle s'est produit. Ou plutôt, le personnage féminin est arrivé. Et ça a tout changé. Pas juste parce que les Coréennes sont jolies (bien que l'actrice concernée ait effectivement un charme fou), mais parce que, franchement, les scénaristes l'ont accueillie comme le Messie, structurant mieux leur épisode. En gardant l'aspect tranche de vie, ils ont su enfin donner un cadre à leur narration. Mieux : lui donner un sens.

A partir de là j'étais conquise. En-dehors d'une scène ou deux sans réel intérêt (la scène de la douche, notamment, qui n'apporte strictement rien), j'ai vraiment tout apprécié. C'était quand même étonnant de voir à quel point les deux personnages centraux du pilote étaient traités de façon radicalement différente : lui, avec ses ennuis dans le présent, pas le moindre souvenir à faire remonter, tout semblant difficile et laborieux ; elle, avec sa douleur venue du passé, son optimisme du présent, son élan vers le futur, ses nombreux flashbacks (dont un superbement mis en images, avec un montage impeccablement efficace), et la grâce incroyable de tous les axes du scénario s'y rapportant. Fou.

Noraincangettherainbow

J'ai tout éteint. Le pilote était fini, mais sans vilain cliffhanger ou teasing quelconque. Non, je n'avais même pas envie d'en voir plus dans l'immédiat. Je suis simplement allée me renseigner, et j'ai lu. C'est comme ça que j'ai donc appris qu'Over the Rainbow était une série retraçant le chemin de ces jeunes vers la gloire.

Et j'ai pensé : des jeunes qui veulent devenir des stars ? Laissez-ça à Un, Dos, Tres et consorts. Ou alors il faudrait apprendre à être plus superficiel et inconsistant, à perdre de l'âme, à lâcher les descriptions en relief. C'est pas une de ces séries pour les jeunes qui veulent rêver d'un monde de célébrité et de perfection, ça, c'est d'une autre trempe.
Les séries coréennes, je n'y pense pas assez souvent.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Over the Rainbow de SeriesLive.

Publicité
30 octobre 2009

Souvent femme varie

En regardant un même pilote, je me dis souvent que mon opinion pourrait prendre deux directions : la positive et la négative. C'est surtout vrai pour les séries qui ne sont ni excellentes, ni pourries, un peu au milieu quoi ; et vous l'aurez remarqué, des séries comme ça, chaque rentrée télévisuelle nous en livre une imposante cargaison, quasi-majoritaire dans les grilles. C'est encore plus vrai pour la saison américaine 2009-2010, j'ai envie de dire. Et comme vous allez le voir, il n'y a pas de raison pour que ça ne s'applique pas à la rentrée nippone de cet automne.

Alors voilà un post sur le pilote de Gyne qui emploie deux points de vue : l'un comme si je m'étais levée fraîche comme la rosée, l'autre comme si je m'étais levée du pied gauche. Vous pouvez donc choisir de lire l'un, l'autre, ou les deux, selon votre propre humeur.

Gyne_banner

Un regard positif
Un regard négatif

Dans mon article de cette semaine sur les genres télévisuels au Japon, il y a certains thèmes que je n'ai pas abordés, et la série médicale en est un. Mais c'est normal, puisque les japonais ont des séries médicales ; seul le traitement change à la rigueur. Et Gyne semble avoir appris toutes les bonnes leçons qui étaient à retirer d'Urgences, pour ne citer que celle-là. Avec émotion, on retrouvera par exemple comme point d'entrée un jeune interne avec lequel on n'aura aucun mal à se lier. Pourtant, des pilotes de séries médicales, j'en ai vu, ces derniers mois, de Mental à Three Rivers, de Nurse Jackie à Mercy. Mais c'est résolument Gyne qui a su lui donner de l'âme et de la personnalité, tout en utilisant consciencieusement les codes du genre.
Certaines scènes atteignent parfaitement les objectifs qu'aurait fixé le cahier des charges d'Urgences : scènes tendres, scènes tristes, scènes choc, scènes d'action. On n'est pas dans le superficiel, tout en gardant à l'esprit qu'on est là pour faire de la fiction grand public. Un équilibre impeccable.
De même, l'épisode aborde des thèmes difficiles, et s'engage à chaque fois (et une fois de plus, comme dans 14 Sai no Haha, il est intéressant de constater combien la morale religieuse est absente du débat, permettant un angle nouveau ; l'idée directrice est d'être toujours en faveur du souhait du patient, de ce qui est pratique pour lui et de son confort, et la seule voix pro-life étant marginalisée de facto par le personnage qui l'incarne).
Le pilote de Gyne est aussi tout ce qu'on attend d'un pilote : introductions consciencieuse des personnages-clé, petites pichenettes pour piquer notre curiosité au sujet de leur background, et on s'arrête là. Le pitch promettait une mise à mort judiciaire de la protagoniste principale, mais ce sera vraisemblablement l'affaire de l'épisode suivant. Gyne prend son temps, s'installe, s'étire, se met à l'aise, et le spectateur appréciera cette absence de précipitation, de plus en plus absente des séries américaines, et qui est encore plus louable puisque pour Gyne, le temps est compté. On ne cherche pas à placer les sacro-saints enjeux, on se contente de distribuer les cartes, de vivre dans l'instant présent.
Peinture honnête, me semble-t-il, de l'univers médical, avec ses réunions de service où tout le monde a mieux à faire ailleurs, et où personne n'a rien à dire, son rythme éreintant, ses jalousies entre internes quant à celui qui a le formateur le plus pédagogue, etc... Gyne m'apparait comme une série bien plus en prise avec le réel que Code Blue qui reposait pourtant sur un principe très similaire.
La preuve qu'on peut faire quelque chose de conventionnel tout en le faisant bien.

S'il y a bien une chose que je déteste, c'est quand on me ment sur la marchandise juste dans le but de me faire regarder un pilote. Or (et vous le verrez en suivant les tags), tout portait à croire que le pitch de Gyne porterait plutôt sur le problème de l'erreur médicale ; normalement, la série devait suivre une obstétricienne qui avait fait un choix contestable et se trouvait trainée en Justice par la famille de sa patiente. Eh bien, ne retenez pas votre souffle, parce que dans le pilote, on n'aborde pas le sujet. Oh, si, bien-sûr, on nous introduit timidement l'avocate de l'hôpital, les réunions de service, la hiérarchie mollassonne, le médecin borderline et critiqué... mais ça s'arrête là.
D'ailleurs, ce médecin, il est épouvantablement cliché. Interprété par Norika Fujiwara (vue en meilleure forme dans Oishii Gohan) et ses joues de hamster inexpressif, ce médecin va rester muet, allez, disons 90% du temps. Et je suis gentille. Mal aimable, entêtée, asociale, elle a évidemment tous les travers, mais comme par hasard elle est très compétente, donc tout de suite ça excuse tout. Même de maltraiter son interne (un vibrante hommage à la relation Benton/Carter, d'ailleurs), ou les patients, au nom de ses idées personnelles sur l'avortement ou la pilule. Mais comme c'est l'héroïne, on lui pardonne de faire passer ses valeurs morales avant l'intérêt de ses patients ; on croit rêver.
Au programme du pilote de Gyne, on trouve aussi une bonne louche de bons sentiments, sur des refrains bien connus type "les bébés c'est beau", "les vieilles femmes qui meurent c'est triste", "il faut faire de ton mieux", etc...
Si la réalisation est propre (et je dis bien propre, pas réussie... ça vaut un Code Blue, au mieux), il manque dramatiquement les idées de génie qui permettraient à la série d'avoir son identité propre. C'est blanc, c'est bleu, sans déconner. Comparativement, Three Rivers, c'était de la folie pour les yeux, c'est dire. Quant au casting, il avait visiblement reçu des consignes pour rester dans l'ombre de l'amorphe Fujiwara, qui n'a même pas la bonne idée de cabotiner pour nous divertir ; le résultat est lassant, même si on appréciera au passage l'absence presque tout le long de toute forme d'hystérie. Mais à la limite ça devrait aller sans dire.
Une fois de plus, Gyne présente un univers médical stéréotypé, une série en hôpital de plus. Franchement, on en voit suffisamment pour ne pas avoir besoin d'une nouvelle série, fût-elle courte, pour jouer dans cette catégorie sans aucune forme d'imagination.

Voilà deux avis, à vous de vous faire le vôtre !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Gyne de SeriesLive.

27 octobre 2009

Faire genre

Que tout cela est instructif, qui est le brillant cerveau à l'origine du nouvel article sur la télévision japonaise de SeriesLive ?
Si, j'ai vu que c'était ce que vous pensiez, et je vais vous surprendre : c'est moi l'auteur ! Fou, non ?

Bref je voulais simplement vous signaler un article sur, cette fois, les genres télévisuels qu'on trouve et qu'on ne trouve pas au Japon, à la différence de l'Occident. Avec des idées de découvertes à faire parce que je n'aurai de repos tant que je n'aurai pas porté la bonne parole au plus de monde possible !

NihonGenres

De la fourchette aux baguettes :
goûter à d'autres genres télévisuels au Japon

Si cet article a ne serait-ce que moitié moins de succès que le précédent, je m'estimerai ravie ! En tous cas je vous le recommande parce que je ne pense pas avoir vraiment abordé ce sujet particulier ici, à l'exception du cas des sitcoms que j'ai évoqué dans mon post de présentation de la saison automnale, Staato !. Mais vite fait.

Je vous remets les liens ? Allez, ça ne coûte rien : d'une part vous trouverez sur ce blog la catégorie Dorama Chick pleine de présentations de séries dont vous ne soupçonniez même pas l'existence, mais vous pouvez aussi découvrir sur SeriesLive les fiches de dorama qui ont été regroupées sur cette page, ainsi qu'un forum où discuter de tout ça et plus encore.

Bref cultivationnez-vous, puis revenez me voir, j'ai fait plein de découvertes téléphagiques ce weekend, il faut que je vous raconte tout ça vite fait avant que n'arrive le prochain.

27 octobre 2009

Nécrophage téléphage

Je lance une hadopienne cagoule et réduis la fenêtre ; mon fond d'écran s'affiche alors. J'aime beaucoup mon fond d'écran, la meilleure preuve c'est que je l'ai depuis plusieurs mois alors que d'ordinaire je suis plutôt versatile de ce côté-là. Vous savez ce que c'est avec les fonds d'écran : on le choisit parce qu'on aime sa combinaison de facteurs positifs (ce qu'il représente, sa mise en images, son aspect fonctionnel s'il y a lieu), et passée la lune de miel de quelques jours, on n'y prête plus vraiment attention. Mais je devais être fatiguée parce que mon regard s'est attardé sur mon fond d'écran pendant plusieurs minutes. Et j'ai ressenti cette impression un peu geek qui ressemble à une petite voix murmurant "ouais, il est bien ce fond d'écran". J'aimais vraiment bien cette image sur le coup. Et puis, comme si mon cerveau s'éveillait de sa rêverie, je me suis dit que cette image n'existait plus à l'heure où je la regardais. Le décor a sans douté été démonté depuis belle lurette, par exemple. La personne a probablement enduré des changements de looks depuis, ou tout simplement a deux ans de plus. En fait, cette image n'existait que pour moi, en cet instant, et plus du tout pour le reste du monde. Et surtout pas pour ce qui y figure.
C'est là que ça m'a frappée.

Quand on regarde une série, on regarde toujours des images mortes. Comme l'éclat d'une étoile lointaine. On la voit alors qu'elle n'existe plus. Tout le principe d'une série est de regarder non seulement une fiction, mais en plus des images qui n'ont plus de réalité. Quand je regarde un épisode de Three's Company, je regarde une histoire qui ne s'est pas déroulée, des personnages qui n'existent pas, mais aussi un décor qui est tombé, un acteur qui a disparu, des actrices qui ont vieilli.

Le téléphage a-t-il l'âme d'un nécrophage ? Au, au mieux, d'un nostalgique s'absorbant dans des images qui, quand elle lui parviennent, ont forcément déjà pris de l'âge ?

Ce même téléphage entretient un étrange rapport au temps ; il découpe son monde en saisons (avec la saison normale d'une part, et la saison estivale d'autre part), il compte non en années mais en saisons (ce qui dans des cas comme par exemple 24 fausse le calcul), il est capable de faire un bond dans le temps pour suivre les procédés "d'avance rapide" (comme pour Desperate Housewives ou One Tree Hill), il s'attèle chaque semaine à la découverte d'un nouvel épisode, il attend la résolution d'une enquête en 45 minutes, mais aussi, nos lisons des sites qui tous sans exception datent les séries et les épisodes que nous regardons.
En fait, j'ai l'impression que cette façon de se donner des repères temporels comme ceux-ci est de nature à essayer d'organiser le chaos du temps télévisuel. D'ailleurs le simple fait de dater une série est une tentative désespérée et vaine de vouloir marquer le calendrier d'un jalon imaginaire.

Récemment, en lien avec ma participation au sein de SeriesLive, je me suis posée la question : comment définit-on la date de création d'une série ? Lorsqu'elle est mise en chantier ? Ça semblerait logique. Lorsqu'on annonce sa naissance (ou en tous cas la commande de n épisodes) ? Lorsqu'elle parait pour la première fois sur les écrans ?
Il faut bien avouer que le téléphage même rôdé peut s'y perdre, et n'a pas forcément accès toutes ces informations. La date à laquelle le projet est mis en branle est par exemple totalement secrète : à moins de connaitre le scénariste par tel ou tel biais (il tient un blog, il a un compte twitter...), il est impossible de savoir qu'il a un projet. Et il peut se passer des années avant que le projet trouve enfin une chaîne qui accepte de lui donner de l'attention. Et il peut encore se passer des mois avant que la commande ne soit faite, et avant que le pilote ne se tourne, et avant que la série ne soit officiellement achetée, et avant qu'elle ne fasse ses débuts sur la grille. Mais nous aimons bien penser que nous savons de quand date une série. Ça nous rassure.
Et puis, nous autres, les téléphages internautes (mais en existe-t-il encore qui ne soient pas internautes ?), nous avons en plus le culte de l'immédiateté, propre à internet, qui nous hante : voir un épisode au plus vite, lire la news en temps quasi-réel, en discuter aussi vite que possible avec d'autres de notre espèce...

Notre rapport au temps est donc complètement erratique. C'est pire encore pour ceux d'entre nous qui, curieux, font des bonds télévisuels dans le temps pour aller regarder une série qui aurait été loupée au cours d'une saison passée.

Alors pendant que mon regard caressait cette image, sur mon écran, cette image si terriblement inexistante quelque part, je me suis dit que c'est un inconvénient que n'ont pas d'autres passionnés. On peut assister à un concert en direct, faire un sport en direct, jardiner en direct... ces activités ne se pratiquent même que de cette façon. Mais la téléphagie est résolument vouée à se vivre hors du temps.

C'est vraiment un sentiment étrange que de se dire que, quelle que soit la série qu'on regarde, on ne regarde que le vestige de ce qui a existé et disparu depuis. Ça me rend assez mélancolique, je dois le reconnaître.

Dummy

23 octobre 2009

Le bon roi Tsunayoshi n'avait pas mis sa culotte à l'envers

On parlait de séries historiques... mais ce weekend, Tenchijin n'a pas été ma seule série en costumes. D'ailleurs c'était intéressant de comparer les deux (quand mon cerveau fatigué ne les mélangeait pas, les décors étant, il faut le dire, parfaitement semblables).

Ooku, car c'est de cette série qu'il s'agit, a une longue histoire de présence à l'écran qui remonte à la fin des années 60. Vous comprendrez donc que je n'aie pu découvrir que la 5e et (actuelle) dernière saison. Le concept de la série (qui comme beaucoup de dorama à multiples saisons au Japon, ressemble plus à une franchise) est de se pencher uniquement sur la vie de palais de l'ère Tokugawa, pendant plusieurs périodes de cette époque. Plutôt que d'aborder les éternelles guerres, les conquêtes, etc... Ooku se préoccupe donc des intrigues de cour. Mais sans claustrophobie.

La saison 5 que j'ai donc découverte a pour sujet la cour de Tsunayoshi, un puissant qui n'est pas impuissant, si vous voyez ce que je veux dire. Ses appétits sexuels n'ont rien à envier à ceux de ce bon Henri VIII, de deux siècles son aîné, et comme lui, ce chaud lapin tire dans tous les coins de son palais, et au-delà. En plus d'une épouse (qui ne lui fait pas tellement usage si ce n'est à des fins de représentation), il a également une maîtresse officielle qui lui a donné un héritier (ne vous excitez pas, cette saison d'Ooku est de deux ans antérieure à The Tudors). Et puis, quand il se déplace chez ses vassaux, ils aime bien goûter aux spécialités locales, aussi.

Pendant que l'épouse bafouée au vu et au su de tous est amenée à fermer les yeux devant tous ces batifolages, la concubine et la mère du shogun Tsunayoshi sécurisent l'avenir du rejeton royal, et le roi continue de butiner un peu partout l'air de s'en battre le coquillard comme jamais.

Mais bien des choses vont changer au ooku, lorsque le roi commence à aller rendre visite à l'un de ses vassaux les plus soumis, Makino, au prétexte d'aller y jouer du no (elle a bon dos la culture...). Le soir venu, aaaaah, c'est pas tout ça mais j'irais bien me coucher, oui seigneur, vous prendrez bien une courtisane à emporter, le maître de maison présente donc au prince les plus belles filles de la région ; mais sa majesté n'ayant jamais réussi à la monter et la trouvant encore fraîche, il préfère plutôt l'épouse de son hôte Makino, pas tellement consentante donc qu'il viole séance tenante, là, comme ça ce qui est fait n'est plus à faire. Mais bon, comme le gars, il est un peu shogun si vous voulez, on ne peut rien lui dire, sauf si on a envie de voir sa tête séparée de son corps par une lame trop habile.

Alors, chaque fois que, poussé la passion du théâtre, le souverain pointe son... hm... nez, dans la demeure de Makino, l'épouse de celui-ci doit se plier à son caprice, contente ou pas c'est le même tarif. Sauf que l'humiliation la conduit finalement à se suicider. Notre shogun pas traumatisé pour un sou opte alors pour la solution de secours, et commence à faire de l'œil à la fille de Makino (moi je dis ya un truc freudien là-dessous), mais qu'est-ce qu'ils ont dans cette famille de si érotique ? Makino, tout vassal docile qu'il soit, a quand même un problème avec 1/ le fait que le shogun ait sauté sa femme 2/ le fait que sa femme se soit tuée à cause de lui 3/ un point de détail : sa fille est déjà mariée. Mais Tsunayoshi est d'une implacable logique : suffit qu'elle divorce. Pas con en effet, zut de zut. "Tiens pis, l'a qu'à venir vivre au ooku, pendant que j'y pense", ajoute le bon seigneur qui a de la suite dans les idées. On se doute qu'au bout d'un moment, le kilométrage juste pour s'envoyer en l'air, ça commençait à lui courir sur l'azuki.

Mais tout l'intérêt d'Ooku, c'est que la douce fille a comme des envies de vengeances maintenant qu'on a provoqué la mort de sa mère, le déshonneur de son père et accessoirement le divorce d'avec l'homme qu'elle aimait.

Voilà, Ooku c'est tout ça (et un peu plus), et franchement, avec les mêmes costumes et les mêmes décors que Tenchijin, on est dans une toute autre approche de la série historique, quand même. Le cast à majorité féminine, la lutte des classes, les intrigues de cour, les vengeances, les amours... on est dans quelque chose de plus romancé, plus proche, de la série dramatique que de la série purement historique. Limite soap. Et franchement c'est jouissif. Si j'arrive à mettre la main dessus, j'avoue que je ne serais pas contre l'idée de finir la saison. Voire, soyons fou, en aborder une autre si elle est du même acabit.
Oui, moi, la fille qui n'aime pas les fictions qui se passent dans le passé. C'est vous dire à quel point je me suis amusée.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Ooku de SeriesLive.

22 octobre 2009

Singeries

Jusque là, mes aventures télévisuelles du weekend dernier semblent avoir été très sérieuses. Alors que pas du tout, je me suis aussi beaucoup amusée ! Mais c'est vrai que je ne vous ia pas encore entretenus de Saru Lock. D'façons, je vous l'avais bien dit, mon weekend de pilotes a été si dense que je n'aurais jamais pu tout vous raconter en une fois.

Dans le genre "je sais plus trop pourquoi j'ai regardé", Saru Lock se pose là. Je crois que j'ai dû, encore une fois, cliquer au hasard, ou me dire que comme la série est de 2009 autant tenter le coup, bref, pour des raisons aux conséquences puissamment aléatoires.

Saru Lock s'inscrit en fait dans la lignée de fictions comme Shimokita GLORY DAYS (c'est bon, tout le monde sait se servir des tags ici, je vous montre pas le chemin ?) ou Cupid no Itazura (dont le pire, je l'ai pressenti, était à venir à l'issue du pilote, je ne me suis donné la peine ni de vérifier ni de vous en faire un post, je veux pas être tenue pour responsable). C'est de la comédie coquine, en fait. Le héros a le gourdin qui le démange, et ne rêve que de tâter de la jolie fille, et on traite ça sur le ton de la plaisanterie. Un truc dont je m'apprête à vous expliquer dans les prochains jours que les Japonais aiment bien ça.

Mais autant les deux titres sus-nommés sont finalement assez vulgaires, intellectuellement parlant y compris, autant Saru Lock présente l'avantage non-négligeable d'être réellement drôle, en tous cas d'essayer très fort de l'être. C'est sûr, tous les gags ne sont pas forcément hilarants, mais leur accumulation crée tout de même une vraie atmosphère de loufoquerie.

En fait, typiquement, Saru Lock est la série que j'ai regretté de découvrir seule. J'aurais bien invité quelques copains et une pizza à partagée ma soirée, histoire de tous rire et manger grassement. Pour une bonne rigolade entre gens de bonne (mais familière) compagnie, je recommande Saru Lock. Une série pas complexée de faire du grand n'importe quoi, et qui, à vrai dire, le fait bien.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Saru Lock de SeriesLive.

Publicité
ladytelephagy
Publicité
Archives
Publicité