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ladytelephagy

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16 décembre 2009

To be continued

Vous savez, j'ai bien réfléchi, ces derniers temps. Il y a quelques mois, je faisais ma pessimiste : je disais que je n'attendais pas le retour d'aucune série américaine en particulier, à l'exception d'une. En fait, c'est pas vrai ! C'est juste qu'entretemps, je les oublie ! C'est honteux. Et je ne suis certainement pas la seule dans ce cas. Avec toutes ces séries qui ne reviennent pas avant des lustres... je me suis dit qu'on avait tous besoin d'un coup de main pour ne pas perdre le fil.

Nan parce que vous voyez, ce qui a causé la perte de Pushing Daisies (c'est le premier exemple qui me vient, je ne sais pas pourquoi...?), c'est que, le temps que la série revienne à l'antenne, tout le monde l'avait complètement zappée. Pas tout le monde, mais beaucoup de monde. Et c'est déjà trop de monde.
Le résultat, hélas, vous le connaissez. Eh bien je refuse que ça se produise à nouveau.

FirstTouchLife_SecondTouchAliveAgainForever

Alors, à titre préventif, pour qu'à l'avenir personne n'ait à souffrir de l'absence de tartes d'annulations qui auraient pu être évitées, je proposerai désormais un petit récapitulatif de l'ensemble des épisodes d'une saison déjà diffusée, et ayant précédé une coupure un peu longue, pour une série donnée, quand je la regarde. Parce que, oui, j'ai pas l'air comme ça, je fais ma pilotovore et tout, mais absolument, je regarde des saisons entières, ça m'arrive. Et comme ce système de couper des séries en deux semble s'être banalisé depuis quelques temps, ce ne sera probablement pas inutile de vous faire faire quelques révisions.

L'idée ? Une capture = un épisode = une phrase.
Pas la peine de se farcir de longs résumés si vous avez déjà vu les épisodes, après tout ! L'essentiel, c'est de se rafraîchir la mémoire. Et ainsi, tout le monde peut se remettre avec entrain devant une série qu'il aurait pu oublier. Non, mes visiteurs à moi, ils ne se laisseront plus jamais vaince par un système de diffusion inique, non Monsieur !

Allez, je lance tout de suite une première séance de rattrapage dans une nouvelle rubrique qui s'appellera To be continued...

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11 décembre 2009

[DL] NCIS: Los Angeles

J'ai essayé de rattraper tout mon retard. Avec les meilleures intentions du monde, j'ai envie de dire. Intégrale de Glee en quelques jours (histoire de me remettre dans le bain pour les inédits), intégrale de Better Off Ted en une journée (la saison 2 a commencé et j'avais presque tout oublié de la saison 1... et je devrais avoir honte de moi, j'adore toujours autant cette série), pilote de White Collar sur lequel j'avais fait l'impasse (on peut éventuellement en reparler à l'occasion), pilote de Men of a Certain Age dont je vous ai chanté les louages l'autre jour... Ok, je suis bonne élève, je m'applique, vraiment je fais de mon mieux pour ne rien laisser de côté.

NCISLosAngeles
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Mais NCIS: Los Angeles... je suis désolée, c'est au-dessus de mes forces. Quand je vois le générique, j'ai presque plus envie de regarder... le NCIS original. C'est dire si ça me désespère.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche NCIS: Los Angeles de SeriesLive.

9 décembre 2009

Inspiration

Sortie des flics et des médecins, la télévision américaine, ces derniers temps, c'était bien souvent des remakes de Sex & the City (avec encore moins de sexe, network oblige). Lipstick Jungle, Cashmere Mafia, In the Motherhood ou plus récemment Eastwick, on en a bouffé, de la gonzesse vieillissante en troupeau. Rares ont été les séries à s'essayer à un équivalent masculin, alors qu'ironiquement, c'est peut-être ce qui m'intéresserait le plus. A part Big Shots (qui n'a pas été aussi big qu'attendu, malgré un cast alléchant), c'était même plutôt le désert.

Heureusement, voici venu Men of a Certain Age qui, malgré un départ assez mou (générique bidon, premières scènes confondantes de banalité), parvient à mettr le doigt sur, précisément, ce qu'on peut attendre d'une série sur les malheurs de célibataires ayant passé la trentaine.

Men of a Certain Age, c'est une série à laquelle rien n'était acquis : un pitch assez fade ("c'est l'histoire de trois mecs qui ont passé la quarantaine"), la présence de Ray Romano (ou devrais-je dire, l'omniprésence), le casting assez inégal (de l'appétissant mais cabotin Scott Bakula au souvent apathique mais talentueux Andre Braugher)... sans compter qu'il était difficile de savoir si ce serait du lard ou du cochon, tant les variations entre la comédie pure et le drame sombre étaient possibles à partir de ce simple postulat de départ.

Mais de tous ces éléments un peu décourageants, ou disons, déconcertants, s'avèrent être exploités avec intelligence. A partir de son pitch classique, Men of a Certain Age s'autorise à la fois une radiographie appliquée de la mid-life crisis, un peu désemparée et impuissante, et une comédie pince sans rire avec des personnages qui parviennent lentement mais sûrement à attirer la sympathie, voire la tendresse.

Contrairement à beaucoup de séries mettant en scène un groupe d'amis, la relation entre ces hommes d'un certain âge n'apparait pas comme plaquée. Les liens sont à la fois forts et distendus (la conversation dans la voiture, au début de l'épisode, entre Joe et Owen à propos de Terry, est assez révélatrice à cet égard). Ils partagent une certaine complicité mais ne sont pas sans cesse collés les uns aux autres, comme le feraient des bonnes femmes (il suffit de reprendre les exemples cités au début de ce post, pour constater que tout ce petit monde passe en général sa vie à appeler les copines toutes les dix minutes pour raconter ses petits malheurs... tragiques portraits de femmes adultes restées bloquées dans une mentalité de lycéennes). Chacun sa merde, et on garde les potes pour les moments de détente. C'est bien les gars, j'aime ce genre de mentalité.

Arrivé à un certain point du pilote, alors qu'on a l'impression que chacun a touché le fond en matière de médiocrité (souvent professionnelle), les trois bonshommes donnent un coup de talon et nous offrent chacun une superbe scène où, finalement, ils se reprennent en main. Men of a Certain Age n'est donc pas la triste, pathétique et lamentable histoire de trois pauvres types dont les plus belles années sont derrière eux et qui sont sur le retour, mais bien trois parcours qui se réorientent comme ils peuvent, sans pied de nez magistral à la vie, mais pas sans une certaine fierté non plus. Tous les trois se laissaient aller, et tous les trois reprennent le contrôle, à leur façon. Ça ne passe pas par des miracles dans leur vie de tous les jours, juste un changement de mentalité.
Je n'ai pas encore 30 ans et je suis une fille, mais j'ai trouvé, quelque part, qu'à travers ses 3 personnages et son intrigue entre réalisme et loufoquerie, Men of a Certain Age avait la classe, et donnait, en fait, de l'inspiration.
Être un mec de plus de 40 ans ? Où est-ce qu'on signe ?
I'm changing, arranging...

MenofaCertainAge

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Men of a Certain Age de SeriesLive.

4 décembre 2009

Let me dance for you

Ce soir, c'est mon coup de cœur du moment que je vais vous présenter. C'est d'ailleurs un film qui m'a l'air bien parti pour égaler le record de The Fall... songez donc : je l'ai découvert il y a un peu plus de quinze jours, et déjà regardé intégralement 3 fois, plus revu certains passages que je me suis découpés, plus les chansons que j'écoute en boucle. Parvenir à faire tout ça malgré mes horaires ces derniers temps, c'est un indicateur assez clair du coup de foudre qui s'est produit !

C'est quoi le nom du film ? A Chorus Line
C'est plutôt quel genre ? Musical
Qui on connaît là-dedans ? A part Michael Douglas (que, jusqu'à mes 15 ans, j'ai identifié uniquement à son rôle dans Les Rues de San Francisco, avant de découvrir qu'il était vaguement connu...), pas grand'monde. Les danseurs ne se font pas souvent un nom à la télé, en plus. Mais la petite Michelle Johnston... je suis sûre de l'avoir déjà vue quelque part.
Ça date de quand ? 1985 (et ça se voit)
En résumé, de quoi ça parle ? D'une audition pour une comédie musicale.

AChorusLine___1 AChorusLine___2 AChorusLine___3 AChorusLine___4 AChorusLine___5

En moins résumé, de quoi ça parle ? A Chorus Line retrace les quelques heures que dure une audition un peu particulière, dont le producteur, Zach, attend énormément. Bien qu'il ne s'agisse que de recruter des chœurs, il tient à savoir qui les candidats sont réellement, quitte à se montrer très indiscret.
Et ça finit comment ? Sur scène... Comme toute comédie musicale devrait finir, je vous ai dit !

Pourquoi c'est bien ? Entre 2000 et 2002, après avoir fait l'acquisition de la VHS de Cats pour moi toute seule, et tombant une nouvelle fois sous son charme, je me suis ruée sur les comédies musicales. Au format video, comme avec Jesus Christ Superstar, ou, le plus souvent, au format audio. En deux ans, et en plus de mes habitudes téléphagiques, j'ai acheté une bonne quinzaine de CD, sur une comédie musicale ou plusieurs, pillé la FNUC et Gibert, sondé les fonds des bacs des solderies de CD. A Chorus Line, je l'ai découvert à ce moment-là, et j'ai écouté le CD au moins, je ne sais pas, des centaines de fois, disons. J'essayais de m'imaginer son histoire, ça ne semblait pas très clair parce que chaque personnage parlait de lui, et que tous ces morceaux ne se recollaient pas tout-à-fait dans ma tête. Et puis un jour, il y a un peu moins d'un mois, j'ai réalisé qu'il y avait un film, et que je ne l'avais jamais vu, et que par le pouvoir de la cagoule suprême, ça pouvait changer. Et les chansons que j'ai aimées toutes ces années (One, I can do that...), je les ai finalement découvertes en images, après tout ce temps. Double exaltation ! D'ailleurs je n'avais jamais fait attention, mais en fait, c'est le CD du film que j'avais. Alors finalement, on était un peu entre nous pendant le visionnage de ce film ! Mais il n'y a pas que la nostalgie qui a fait bondir mon cœur. Ce que j'ignorais sur A Chorus Line, et que j'allais découvrir avec près d'une décennie de retard sur ma fringale musicale, c'est que le film propose bien plus qu'un simple défilé de danseurs qui parlent d'eux. Avec les dialogues et le jeu des acteurs, les silences aussi, on s'aperçoit que l'histoire a une dimension plus profonde. A Chorus Line dépeint des personnages animés par une passion sans limite pour la danse. Si peu de limites qu'on va explorer tout ce que ça a pu leur coûte de tenter d'en vivre, et comment ils y sont venus. C'est quasiment une thérapie de groupe qui se déroule sous nos yeux ! Et en musique !
Pourquoi c'est pas bien ? Mêmes causes, mêmes conséquences : je connaissais effectivement la BO par coeur. Quand on retrouve les chansons qu'on aime (et même celles qu'on aime moins), c'est bien. Quand on peut chanter à l'unisson, c'est mieux. Mais plusieurs numéros (irai-je jusqu'à dire que comme par hasard, ce sont mes préférés ?) sont entrecoupés par les dialogues. Ce qui, certes, participe à l'histoire, mais casse quand même un peu l'ambiance. Surtout que ces dialogues, souvent, sont en rapport avec l'intrigue la moins intéressante de toute : l'histoire de Zach et Cassie. C'est peut-être un détail pour vous, mais sur 2h de film, pour moi ça veut dire beaucoup.

Ah, les joies du cinéma de Broadway ! C'est quoi le comble du comble pour un danseur ? Passer une audition pour jouer dans A Chorus Line.
La réplique qui tue : Des répliques qui tuent, il y a en a quelques unes. Elles prennent par surprise d'ailleurs, parce qu'on ne s'attend pas forcément à une telle sincérité. Mais celle qui m'a touchée en plein coeur, c'est celle que Bebe sort à un moment, vers la fin. Bebe est une petite chose toute discrète, timide, mal assurée... mais quand elle danse, on sent qu'elle est elle-même. Le reste du temps, il est palpable qu'il y a quelque chose de cassé en elle ; plus tard, elle révèle donc : "A few months ago, the night before I was gonna audition for another show, I had a... kind of breakdown. I started crying and I couldn’t stop for about two weeks. I just now got out of the hospital, and my doctor said it was too soon to try again. But I did. And now, even if I lose... I win".
La scène qui tue : Comprenez mon désarroi quand je réalisé qu'il ne faudra retenir qu'une scène sur tout le film. C'est comme demander à une mère de choisir lequel de ses enfants sauver ! Non je n'exagère pas, ou si peu. Bref, j'ai opté pour la solution de facilité, si on peut dire : j'ai exclu les numéros musicaux de ma liste. Voilà, comme ça c'est fait. Et du coup, c'est naturellement que s'est imposé l'extrait suivant. Et comme je suis vraiment motivée pour vous faire découvrir A Chorus Line, et que j'ai pas été foutue de vous trouver le film en VF, vous savez ce que j'ai fait ? J'ai sous-titré. Eh oui. J'avais pas fait ça depuis Soldier's Girl, quand même... Dans l'extrait ci-dessous, le plus gros de l'écrémage a été fait en danse, et l'audition porte maintenant sur une petite proportion de candidats. Mis en ligne (d'où le titre), ils sont sommés de se présenter chacun à leur tour. Dans tout ça, Cassie, une danseuse plus âgée que la moyenne, et dont on comprend qu'elle a eu une histoire avec Zach il y a quelques temps, essaye de passer l'audition... La séquence a le mérite de très bien poser les enjeux du film, de présenter les personnages (bien qu'un peu scolairement mais vu que c'est le principe de 80% du film de les présenter, si vous en voulez plus il faudra vous diriger vers l'intégralité du film), de montrer aussi l'ambiance. Comme le film avait un encodage loin d'être parfait, posant des soucis lors du réencodage avec sous-titres, ce sont des softsubs. Il suffit de les enregistrer dans le même dossier et d'ouvrir un lecteur gérant les sous-titres, comme VLC ou mplayer entre autres, pour qu'ils apparaissent.

AChorusLine___Extrait
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Une note ? CagoulesCagoulesCagoulesCagoules
Ah, faites-moi penser à faire une demi-cagoule ! A Chorus Line, à mes yeux en tous cas, le mériterait.
Bilan : A Chorus Line, ce n'est pas Chicago. Pas de mise en scène recherchée, pour commencer. On y trouve au contraire une unité de lieu et de temps qui rappelle énormément les impératifs d'une comédie musicale. Mais à travers ce huis clos chanté et dansé, le film va aussi bien plus loin que beaucoup d'autres dans l'exploration de ses personnages. Les histoires sont autant de petites touches qui décrivent la réalité de la vie à Broadway, pour des personnes qui ne sont pas, et ne seront jamais, des stars dans leur milieu. Des anonymes parmi d'autres qui lèvent le voile sur les espoirs et les déceptions d'une vie dédiée à leur passion, et qui est vouée, comme le rappellent Cassie et Sheila, à ne pas durer bien longtemps. Toutes ces histoires personnelles enrichissent le spectateur, parce qu'on va bien au-delà du simple "Let me dance for you" pour aller vers une vraie mise à nu, honnête, douloureuse, précise. Quand Sheila laisse tomber ses défenses de femme mature, quand Bebe évoque un épisode dépressif, quand Diana aborde ses doutes sur son don, quand Greg raconte la découverte de son homosexualité... ce qui se dessine va au-delà, bien au-delà, du divertissement. Qui peut dire qu'il ne s'est pas retrouvé dans un de ces personnages ? Nul n'est besoin de danser pour cela. Sans aller jusqu'à devenir le supporter de l'un ou de l'autre, il faut bien admettre qu'un lien se tisse, et d'ailleurs, entre les personnages aussi le lien est fort, alors qu'ils sont mis en compétition pour ces rôles, en se dévoilant ils s'attachent les uns aux autres. Il y a sur la fin une impression de cohésion qui fait vraiment mal... parce qu'il n'y a que 4 et 4 rôles. En quelques heures, quelque chose naît entre eux, et quelque chose naît en face de l'écran. A Chorus Line est une aventure humaine mise en musique, où chacun rit, s'émeut, se rappelle, réagit aux histoires des autres, parce qu'ils ont cette passion en commun.
L'audition est un prétexte à explorer la psyché de ceux qui font Broadway. Les questions de Zach pourraient être celles d'un psy, froid et placide, en retrait, en observateur. Il les oblige à faire bien plus que se vendre : s'exposer.  C'est ce qui rend A Chorus Line si vivant !
J'ai lu pas mal de choses, notamment que le film n'avait pas du tout fait l'unanimité, parce qu'il était en-deçà de l'original. Comme il me tarde de voir la comédie musicale sur les planches, dans ce cas ! J'ai aussi lu qu'un projet de remake était plus ou moins en cours, et si cela doit aboutir, il est possible d'aller encore plus loin (notamment d'atténuer l'histoire entre Zach et Cassie), et de rendre le résultat plus ambivalent encore, passant des exploits de Mike dans "I can do that" à une expérience confinée et nerveuse, comme celle de Paul. Si ce film voit le jour, ce sera une vraie curiosité de voir comment on peut aborder cette expérience de nos jours.
Et puis évidemment, et même surtout, A Chorus Line est dotée de numéros musicaux épatants (même si musicalement un peu datés, mais je suis née dans les années 80, alors ça ne me choque pas, ces arrangements), et le casting est absolument impeccable. J'ai une vraie admiration pour ces danseurs. La performance physique est énorme, elle participe même au témoignage en fait, parce qu'on se dit que ce qui a l'air si facile et aérien et souple... a demandé des milliers d'heures de travail pendant des années, en amont. Cela suppose des souffrances qui sont elles aussi très présentes, même si elles n'apparaissent pas dans le scénario, et elles sont aussi prégnantes que la timidité de Kristine ou la carapace de Sheila.
Vous êtes encore là ? Quoi, vous en voulez plus ? Je trouve que c'est clair pourtant : regardez A Chorus Line !!!

3 décembre 2009

And that rhymes with "P" and that stands for "piemaker"

Ce soir, au lieu de vous parler d'une comédie musicale que je connais depuis plusieurs années je vais vous en présenter une que j'ai découvertes il y a quelques jours à peine. Oh j'en avais souvent entendu parler mais il y a tant de comédies musicales... et je n'avais jamais vraiment percuté que celle-ci avait eu une adaptation filmée récente. Jusqu'à ce que...

C'est quoi le nom du film ? The Music Man
C'est plutôt quel genre ? Musical vieillot
Qui on connaît là-dedans ? J'ai vu Matthew Broderick au générique, ça ne m'a pas faite frémir. J'ai aussi vu Victor Garber (ALIAS) et Molly Shannon (Kath & Kim), et même si c'étaient des habitués de la télé, ça ne m'a pas émue. Et puis... j'ai vu Kristin Chenoweth (Pushing Daisies, pour ceux qui l'ignorent encore). On se demande bien ce qui m'a décidée.
Ça date de quand ? 2003, ce qui ne nous rajeunit pas même s'il y a un progrès par rapport à hier
En résumé, de quoi ça parle ? D'un escroc qui se rend à River Cityafin d'y jouer une fois de plus sa petite arnaque.

TheMusicMan___1 TheMusicMan___2 TheMusicMan___3 TheMusicMan___4 TheMusicMan___5

En moins résumé, de quoi ça parle ? River City, dans l'Iowa, est une petite bourgade charmante où il est rare que des voyageurs descendent du train. Aussi Harold Hill attire-t-il l'attention en venant s'installer. Il se présente comme un professeur de musique, venu former un orchestre (ce qui tombe bien puisque le 4 juillet approche), mis en réalité, après avoir vendu instruments et uniformes, il s'enfuit avec l'argent de ses victimes. Il va cette fois trouver sur son chemin la libraire de River City, également prof de piano à ses heures, qui n'est pas dupe.
Et ça finit comment ? En fanfare.

Pourquoi c'est bien ? N'ayant pas vu la première adaptation ciné de la comédie musicale, je prends cette version de The Music Man en novice, et je dois admettre y avoir retrouvé l'ambiance de films comme Mary Poppins. Non seulement à cause des numéros musicaux et des robes, mais aussi pour l'abord finalement assez naïf et enfantin, quoique parfaitement charmant pour les adultes, que propose cet univers coloré et plein de musique. Si un certain nombre de chansons ne sont pas nécessairement mémorables, il en reste deux ou trois dans le lot qui valent largement le détour. En particulier, le début du film est très accrocheur !
Pourquoi c'est pas bien ? Eh bien, comme je l'ai dit, beaucoup de chansons sont assez moyennes. Du point de vue du divertissement, la question ne se pose pas, mais du point de vue musique, ça reste assez banal. Le solo de Kristin Chenoweth sur "Goodnight, my Someone" est assez évocateur de ce genre de défauts : on ne peut rien reprocher techniquement, mais à mon sens, une comédie musicale doit laisser des chansons dans la tête pour les 10 jours qui suivent (c'est un minimum). Or là, j'ai fini le film, et tout ce qui me restait, c'était le souvenir du timbre de Kristin, mais certainement pas l'air de sa chanson. C'est le cas de beaucoup et c'est très dommage.

Ah, les joies du cinéma ! On a échappé au pire, ç'aurait pu être Sarah Jessica Parker à la place de Kristin Chenoweth dans le rôle principal. Je ne pense pas avoir déjà entendu SJP chanter mais je suis quand même certaine qu'on aurait perdu au change.
La réplique qui tue : Dialogue entre un vieil ami qui tient aujourd'hui un hôtel à River City et Harold : "So, what's the new picture ? [Harold esquisse les gestes d'un chef d'orchestre] ...Oh you're not back in the band business ? I heard you was in steam automobiles !
- I was.
- What happened ?
- Somebody actually invented one."
Bah ouais c'est couillon, c'est sûr.
La scène qui tue : J'ai aussi regardé The Music Man pour ce passage (j'aime bien Kristin, mais elle ne fait pas tout non plus). En l'occurrence, si vous me connaissez un peu, vous devinerez pourquoi. Aussi n'est-il pas très étonnant que j'ai littéralement exulté devant ce morceau de bravoure de Matthew Broderick (il a pris des cours de plongée en apnée pour préparer ce rôle, je suis sûre). "Trouble" est un titre entrainant, basé plus sur le rythme que sur la musique (en cela, le morceau répond à la perfection à la scène de début, dans le train... celle-là aussi il faudrait vous la mettre mais enfin, la règle, c'est une scène qui tue, pas une hécatombe), amusant, et qui a le mérite de montrer Harold sous son vrai jour, homme à la fois affable et escroc doué, qui pour lancer son commerce, n'hésite pas à faire passer une pauvre table de billard comme l'incarnation de la déchéance prochaine des jeunes de River City. Accessoirement, j'ai envie de dire que ce stratagème est aujourd'hui plutôt utilisé en politique...

TheMusicMan___Extrait

Une note ? CagoulesCagoulesCagoules
Amusant, rythmé, coloré, rempli de visages connus... The Music Man remplit son office mais n'a pas les caractéristiques requises pour devenir un chef d'œuvre dont on parlera dans une décennie ou deux.
Bilan : Le problème de The Music Man, c'est que finalement c'est une comédie très américano-centrée (le 4 Juillet, le côté conquête de l'ouest...) et que ni son histoire, ni ses chansons, n'ont vraiment eu la possibilité de se faire connaître chez nous hors des cercles d'initiés. Bien que connaissant "Trouble" depuis quelques années, ainsi que "Pick-a-little, talk-a-little" (qui entre parenthèses donne l'impression de déguster des macarons, tant c'est frais et coloré), je me suis trouvée assez désorientée dans cette comédie musicale dont je ne savais rien. Vous allez me dire : bah oui, faut bien commencer à découvrir les choses à un moment. Et je vous l'accorde. Sauf que comme je l'ai dit, c'est vraiment très américain.
Ce qui est un avantage comme un inconvénient pour The Music Man, c'est son côté tous publics. En ce qui me concerne, ça n'a pas été un soucis. En ce moment je suis fatiguée, j'ai découvert ce film un soir où je n'avais fait que 12h de boulot dans ma journée, c'était parfait. C'était amusant, j'ai battu des mains pendant 2h12 (eh oui, 2h12 les enfants, rien que ça), et ensuite je me suis endormie en souriant un peu, c'était déjà pas mal, je n'en demandais guère plus. Mais a contrario des quelques comédies musicales dont j'ai déjà pu vous parler depuis que cette semaine thématique a commencé, The Music Man n'apporte pas grand'chose qui aille au-delà du simple plaisir immédiat. Plaisir de voir Kristin Chenoweth s'ébattre musicalement dans un rôle qui semble être fait pour elle, certes, plaisir de découvrir en Matthew Broderick un petit gars plutôt sympa, aussi, plaisir de regarder un film plein de chansons et de malice... oui mais après ? Après rien. On n'a pas de sujet de réflexion ni d'émerveillement, comme peuvent l'être respectivement West Side Story ou Cats. L'émotion est elle aussi assez basique, l'arnaque, l'histoire d'amuuuur, les intrigues en ville... on ne se sent pas tellement sollicité, en fait.
Je pense que si The Music Man a une telle réputation de classique de la comédie musicale, ce n'est pas pour ses qualités intrinsèques mais probablement aussi en grande partie parce que les chansons se sont incrustées dans la culture américaine, et qu'elle utilise des éléments typiquement américains. Les étrangers n'ont à mon avis qu'assez peu de chances d'y trouver là une révélation. En même temps, c'est aussi à ça que servent les comédies musicales, et j'insiste, je n'ai pas perdu mon temps. Simplement, la hiérarchie s'impose d'elle-même.

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2 décembre 2009

En un claquement de doigts

...tout est dit. La comédie musicale de ce soir, tout le monde la connait. Je serais étonnée que vous ne l'ayez pas vue tant elle fait partie du patrimoine culturel depuis toujours. A la seule évocation du nom de Nathalie Wood, normalement, vos yeux s'éclairent.

C'est quoi le nom du film ? West Side Story
C'est plutôt quel genre ? Musical tragique
Qui on connaît là-dedans ? Pour les téléphages c'est naturellement Rita Moreno (Oz) qui attirera l'oeil en premier. Mais il n'y a pas qu'elle au générique, ça va de soi. Quoique, dans certaines scènes, le doute est permis. On y trouve aussi le papa d'Amber Tamblyn, Russ !
Ça date de quand ? 1961, je n'avais pas réalisé qu'on allait parler de films si anciens cette semaine
En résumé, de quoi ça parle ? De gangs qui s'entretuent. Oui, donc ça pourrait aussi bien se passer en 2009 en fait.

WestSideStory___1 WestSideStory___2 WestSideStory___3 WestSideStory___4 WestSideStory___5

En moins résumé, de quoi ça parle ? Les Sharks et les Jets tentent de cohabiter dans leur petit bout de New York, les premiers étant des immigrés basanés tandis que les seconds... bah, descendants d'immigrés blancs, en fait. Au coeur de tout ça, un jeune homme et une jeune femme vont tenter de s'aimer.
Et ça finit comment ? Tragiquement.

Pourquoi c'est bien ? West Side Story a laissé dans les mémoires des airs intemporels, on ne va pas revenir dessus, des chansons comme "America", "Tonight" et quelques autres ont marqué les esprits. Pourtant ce n'est pas ce qui est le plus impressionnant. Dans West Side Story, il n'y a pas que des chansons superbes ou des chorégraphies réussies, il y a aussi un vrai travail de réalisation qui (a contrario du look des protagonistes) n'a pas vieilli. C'est dynamique, vivant, imaginatif... parce qu'il était évident que se contenter d'une bonne histoire (ou disons, de l'adaptation d'une bonne histoire), d'une bonne B.O. et d'un bon casting, ça faisait trop flemmard, vous voyez ?
Pourquoi c'est pas bien ? On peut ne pas aimer West Side Story ? Vraiment ? Je veux dire, bon, oui, le film date des années 60, il y a une romance au milieu, c'est une comédie musicale... on pourrait se dire que c'est pour les gonzesses ce film. Etant une gonzesse et aimant le film, je ne nierai pas totalement mais enfin, la thématique des gangs a quand même le mérite de toucher bien plus que cette simple cible. Le traitement n'est peut-être pas aussi violent et noir que dans Oz (pour reprendre le même tag...) mais enfin, le constat a la même force.

Ah, les joies du cinéma ! Vous connaissez beaucoup de films qui font danser les trois quarts de leur cast dans les rues de New York ?
La réplique qui tue : "Now I can kill too, because I have hate !" Et le cercle infernal de la violence continue. West Side Story, c'est l'histoire d'une société qui a perdu sa plus importante guerre.
La scène qui tue : Allez, sur une note plus gaie, je vous propose "America", certainement l'une des chansons les plus célèbres de ce film et de l'histoire du cinéma (en toute modestie). Regardez-moi ces couleurs, cette énergie ! Ecoutez aussi avec quelle précision les problématiques sont abordées... je dédie cet extrait à Eric Besson pour l'aider à réfléchir à sa mission. Il y a est question des avantages et des inconvénients de l'immigration :, pourquoi les porto-ricains ne se sentent finalement chez eux nulle part, ils veulent une vie meilleure aux États-Unis, mais n'ont pas tout-à-fait droit à la même chose que les autres... C'est pas tous les jours qu'on écoute une réalité sociologique mise en musique. Et le plus terrible, c'est qu'elle a pris 50 ans... et pas une ride.

WestSideStory___Extrait

Une note ? CagoulesCagoulesCagoulesCagoules
C'est tout simplement un classique. Peut-être sous-estimé sous nos latitudes (pas autant de rediffusions qu'il le faudrait sur les grandes chaînes par exemple) mais définitivement moderne sur son fond comme sa forme.
Bilan : Car oui, au-delà du plaisir musical, et il n'est pas des moindres, West Side Story, c'est aussi et avant tout une œuvre qui a su saisir l'esprit de son temps, les problématiques de son public. Au final, ni les Jets ni les Sharks n'ont individuellement tort de vivre dans une telle violence perpétuelle, la faute est générale, elle dépasse les limites de New York, elle est collectivement la faute de toute une société qui ne sait pas résoudre ses problèmes.
Et évidemment, il semble assez criant en regardant ce film aujourd'hui que West Side Story est le témoignage d'un problème dont personne n'a su trouver la solution. Ce qui rend son visionnage plus primordial encore.

1 décembre 2009

Ain't got no guns

Je vous jure que j'ai rien prémédité. Bon, disons que ça devait être dans un coin de ma tête, et que c'est ressorti de façon inconsciente. Bref, aujourd'hui, c'est l'anniversaire de Treat Williams, et il s'avère qu'il a l'un des premiers rôles dans la comédie musicale dont il va être question aujourd'hui !

C'est quoi le nom du film ? Hair
C'est plutôt quel genre ? Musical chevelu
Qui on connaît là-dedans ? John Savage (Dark Angel, Carnivàle), Treat Williams (Everwood), Beverly d'Angelo (Rude Awakening pour moi, Entourage pour vous)... ha, ça c'est du beau générique !
Ça date de quand ? 1979
En résumé, de quoi ça parle ? De cheveux. Non, bon, d'accord, de hippies... pff, comme si c'était pas la même chose.

Hair___1 Hair___2 Hair___3 Hair___4 Hair___5

En moins résumé, de quoi ça parle ? Claude Bukowski vient d'être appelé pour faire son "tour" au Vietnam. Il fait escale quelques heures à New York, où se passe le recrutement, mais alors qu'il pensait suivre un chemin tout tracé jusqu'au front, il va faire la rencontre d'une bande de hippies, ainsi que de la belle et riche Sheila, et se retrouver embarqué dans des aventures que ce petit provincial n'avait pas imaginé expérimenter.
Et ça finit comment ? Pas à Manchester, England.

Pourquoi c'est bien ? Les chansons de Hair sont à l'image de leur époque : étranges, pleines de vie et d'entrain. Ce sont véritablement des chansons intemporelles (je mets au défi qui que ce soit de chanter les airs de Mozart ou Roméo et Juliette dans 20 ou 30 ans), à l'instar de "Good Morning Starshine", "Hair", et évidemment le cultissime "Let the Sunshine in". Je n'ai pas vécu cette époque (une source de consternation permanente dans ma vie, d'ailleurs) mais devant Hair, tout le monde a l'impression d'avoir été hippie ! Il suffit de voir comment les premières chansons se succèdent : "Aquarius", "Sodomy", "Donna"... oui, il y a une chanson qui s'appelle "Sodomy"... tout cela est fait avec un esprit qui me semble conforme à celui de l'époque, brouillon, joyeux... En un mot : enfumé. Car je soupçonne Milos Forman d'avoir passé de longues heures à rouler des plantes pour préparer son film, mais bref. Outre, donc, d'excellentes chansons et un univers entrainant, Hair, c'est une petite bande de gredins bien sympathiques à suivre et à aimer, et croyez-moi il ne peut en être autrement, entre l'adorable Jeannie, le charismatique Berger, ou encore Woof le petit bonhomme étrange... chacun a peut-être un peu trop fumé mais ils sont tous très attachants. A la façon de Claude, nous aussi on a envie de se laisser emporter par le tourbillon un peu bordélique de leurs vies... Hair est un film qui donne du baume au coeur, voilà la vérité.
Pourquoi c'est pas bien ? J'ai une super anecdote pour illustrer la réponse à cette question, vous allez voir. Lorsque je faisais mes études, j'étais noyée dans une classe de gonzesses qui passaient leur vie à parler de leurs histoires de cœur et de cul (et elles ne se confondaient pas toujours). Je ne plaisante pas : c'était leur seul sujet de conversation. Avec moults détails à l'appui. Flash forward : la veille des vacances de Noël. Comme il est de tradition de ne rien glander ce jour-là, notre prof d'anglais nous suggère de ramener un film de langue anglophone, à regarder en becquetant des friandises, et je ramène donc ma VHS de Hair (oui j'ai fait mes études au 20e siècle, pourquoi ?) et là, elle me dit en me fixant droit dans les yeux avec inquiétude "on regarde ça, tu es sûre ?". J'étais sûre. On a regardé. Ou plutôt on a regardé les 10 premières minutes. Au moment où Woof a entonné "Sodomy... Fellatio... Cunnilingus... Pederasty", il y a eu levée de boucliers dans les rangs, les poules ont commencé à caqueter avec indignation ; horreur et abomination, que tout cela est vulgaire. On a coupé la VHS et on a regardé Las Vegas Parano. Ce qui revenait quasiment au même, mais sans les mots "sodomy" et "fellatio" dedans. Encore que, ce serait à vérifier. Donc voilà le fin mot de l'histoire : ce film est à interdire d'urgence aux coincés du cul, aux psycho-rigides, et surtout, surtout, aux hypocrites.

Ah, les joies du cinéma ! Je me demande si les scènes d'hallucination ont été jouées avec la Méthode de l'Actors Studio ou si ce sont des rôles de totale composition. J'imagine bien les répétitions, quand même...
La réplique qui tue : Bien que Hair, a contrario des deux derniers films abordés dans ces colonnes, comporte des dialogues, j'ai choisi comme réplique qui tue un extrait de la chanson-titre, "Hair" donc, qui est la suivante : "Oh say, can you see my eyes if you can... then my hair's too short !"
La scène qui tue : Le premier numéro musical du film, c'est "Aquarius", une chanson que personnellement j'aime depuis le premier jour. C'est aussi avec ce titre que se fait l'incursion de Claude dans le monde hippie, un monde qui, au fin fond de son Oklahoma natal, lui était totalement inconnu. Mouvements éthérés et libres, musique et danse partout, malice, esprit de groupe... le ton est donné immédiatement sur l'esprit du film, pas de chichi de réalisateur ou si peu, on a l'impression que la caméra regarde dans tous les sens tout ce qui se passe sans chercher à en tirer trop de sens, juste à apprécier le moment... un peu comme si elle était déjà un peu dans les vapes, elle aussi. Si vous aimez ce premier passage musical, je pense que vous aimerez tous les autres qui, bien que chacun à sa façon, ont ce point commun d'être comme flottants. Tout en offrant, je le répète, des airs inoubliables. Et je dis pas ça parce que je suis Verseau.

Hair___Extrait

Une note ? CagoulesCagoulesCagoules
J'affirme et maintiens que Hair est un bon film, et un bon film musical en plus. Excellentes chansons, ambiance impeccable... et puis de toutes façons, on n'aura pas mieux.
Bilan : Bah non on n'aura pas mieux, parce que quand on regarde ce film, qui a très gentillement 30 ans déjà, il apparait que si on voulait le refaire maintenant, oui, on pourrait probablement avoir plus de moyens, oui, on pourrait probablement faire une mise en scène plus poussée, oui, on pourrait... mais non, parce qu'on perdrait définitivement l'esprit du film, on ne pourrait pas en faire quelque chose d'aussi en prise avec l'univers hippie. Déjà là, avec autour d'une décennie de retard, on était pile dans les limites imposées par le temps et les époques. Au 21e siècle, il serait impossible de faire Hair sans en travestir l'esprit. Alors du coup, il y a quelques faiblesses, il y a des temps morts (personnellement je n'ai jamais vu l'intérêt de la scène de baignade), et certaines séquences musicales sont là pour l'amour de la musique mais n'ont pas leur place dans la narration. Ok, je l'avoue, c'est clair. Mais que celui qui regarde le final avec les yeux secs ose me dire que le film est raté. C'est simplement impossible.
Hair est un grand film, qui encore une fois parle de grands thèmes. Pendant 1h30, il permet d'entretenir l'illusion d'avoir connu cette période... sans bad trip.

1 décembre 2009

Grand débat sur l'identité téléphagique

IdentiteTelephagique

Qu’est ce qu’« être téléphage » aujourd’hui ?

Sous cette question se tient peut-être un piège. Lorsqu'on me demande si je suis téléphage, je réponds que oui, c'est une telle évidence qu'il est inutile de nier. Je l'ai toujours été. Rien ne peut le remettre en question. Personne ne peut me le retirer vraiment. Je suis téléphage au fond de moi.

Je passe beaucoup de temps à expliquer ici comment je vis en tant que téléphage. Pas par fierté, mais plutôt par envie de partager. C'est la téléphage que je suis : j'ai envie de partager mon expérience de la téléphagie avec le plus grand nombre. Après, c'est vrai, ladytelephagy ne peut pas accueillir tous les néophytes du monde. Mais enfin, j'essaye, globalement, de donner sa chance à chacun. C'est ma croyance la plus intime : tout le monde devrait avoir une chance de vivre un jour comme un téléphage.

Pourtant, si je ne vois pas le mal qu'il y a à faire l'apologie de mode de vie purement téléphagique, quand on me demande : "qu'est-ce que c'est qu'être téléphage ?", je le ressens comme une menace sourde. Suis-je à même de définir la téléphagie ? Ce serait une erreur de me poser en maître-étalon. Suis-je une téléphage typique ? Pas sûr. Pourtant qui oserait prétendre, après m'avoir lue, que je n'ai pas une passion pour la fiction télévisée ?

C'est que, quand on me demande ce qu'est la téléphagie, on sous-entend qu'il existe une réponse, et une seule, nette, située dans une zone de blanc. Et qu'elle va exclure ceux qui n'y répondent pas parfaitement se trouveront dans la zone de noir, elle aussi très nette.
Or être téléphage, c'est explorer en permanence plein de zones de gris.

Le téléphage est-il celui qui aime et suit une série depuis 10 ans ? Ou celui qui tombe amoureux d'une nouvelle série tous les 3 mois ?
Le téléphage est-il celui qui cagoule les nouveautés ? Ou celui qui achète systématiquement des DVD ?
Le téléphage est-il celui qui regarde ses épisodes en langue originale pour ne pas perdre les subtilités ? Ou celui qui attend une VF pour être certain de tout comprendre sans rien laisser échapper ?
Le téléphage est-il celui qui sait tout de l'actualité des séries récentes ? Ou celui qui regarde des séries datées d'il y a une à plusieurs décennies ?
Le téléphage est-il celui qui regarde une série de bout en bout pour avoir une vue d'ensemble ? Ou celui qui se fait une opinion dés le pilote qu'il décide alors, ou non, de creuser ?

En fait le téléphage peut être l'un, ou l'autre, voire même souvent les deux selon les cas, le sens du vent, le nombre de barreaux de chaise et la grille de rentrée. Si j'admets qu'on me demande, quand je manifeste l'un ou l'autre de ces comportements, si je suis vraiment une téléphage... est-ce que je n'admets pas que potentiellement on rogne mon identité de téléphage au nom de critères ridiculement noirs ou blancs ? Dans mon cœur, je suis téléphage.

Et celui qui en doute n'a qu'à regarder tout ce que je regarde, acheter tout ce que j'achète, cagouler tout ce que je cagoule, commenter tout ce que je commente, et revenir me dire en me regardant droit dans les yeux que, peut-être, je ne suis pas une "vraie" téléphage.

30 novembre 2009

Prove to me that you're no fool : walk across my swimming pool

On vous dit et vous répète qu'il ne faut pas croire tout ce qu'on lit. Avec cette production, on porte la méfiance à un tout nouveau degré : Jesus Christ Superstar relit la Bible, rien de moins ! On imagine combien une telle production a pu faire grincer de dents, voire même péter de l'émail de dentaire, dans des contrées aussi religieuses que les USA. Mais tout va bien car Jesus Christ Superstar a vu le jour à New York qui, comme chacun sait, n'est pas complètement une ville américaine.
Bon, pour l'instant c'est un peu abstrait, mais cette semaine de comédies musicales est justement là pour vous éclairer sur le sujet, alors hop ! Passons au film.

C'est quoi le nom du film ? Jesus Christ Superstar
C'est plutôt quel genre ? Musical
Qui on connaît là-dedans ? Ya pas beaucoup de noms qui parleront au téléphage ici... Moi par contre, Jérôme Pradon...
Ça date de quand ? 2000
En résumé, de quoi ça parle ? Des derniers jours de Jésus et de la trahison de Judas.

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En moins résumé, de quoi ça parle ? On vous a un peu bourré le mou pendant toutes ces années. Judas n'était pas un mauvais homme. Au contraire, il voulait bien faire. Mais l'Enfer est pavé de bonnes intentions, et son souhait de sauver Jésus du dangereux culte de la personnalité dans lequel son entourage le suivait, a fini par causer la perte de son idole.
Et ça finit comment ? Au bout du chemin de croix.

Pourquoi c'est bien ? N'étant ni anti-cléricale ni très religieuse, j'ai apprécié ce regard différent sur ce pan de l'histoire biblique. Judas y apparait comme un homme finalement très droit, trop droit, pas très flexible. Oui, dans Jesus Christ Superstar, Judas est à la fois émotif et psycho-rigide, torturé et sûr de son bon droit, un personnage dense, complet, à la fois attachant et impossible à aimer. C'est lui qui porte le show, alors que ce dernier ne porte même pas son nom ! Ses contradictions, son idéal, ses peurs... Judas est un personnage superbe, digne des meilleures tragédies grecques. C'est aussi lui qui a le plus de chansons ou d'interventions chantées, lui à qui on offre le plus de temps de caméra... Judas réhabilité, voilà ce qu'est Jesus Christ Superstar. Une vraie curiosité. Moins éclatante mais quand même appréciable : la mise en scène. Comme Cats (voir le post d'hier), le choix a été fait de tourner sur une scène, dans une configuration réellement utilisée pour les versions en public, mais avec plus de liberté avec les caméras. D'un seul décor on en tire une multiplicité d'angles et d'univers qui ne peut qu'émerveiller. Évidemment, on devine que le tournage a dû prendre quelques libertés (contrairement à Cats qui semble avoir été tourné en quasiment une seule fois, ou du moins fait très bien semblant les 10 premières fois qu'on le voit), se découpant en scènes plus marquées que dans une comédie musicale en live. Mais ça reste quand même très impressionnant de voir que l'adaptation trouve le juste milieu entre travail personnel et utilisation de l'existant.
Pourquoi c'est pas bien ? Après avoir revu Cats pour la, oh, je ne sais pas, douzième fois, j'ai acheté la VHS de Jesus Christ Superstar, en me disant : Andrew Lloyd Webber ne saurait mentir. J'avais vu le spectacle une fois, bien des années plus tôt et en allemand (ne me demandez pas), et c'était finalement une découverte dont je pensais qu'elle était gagnée d'avance. Bon, franchement, si Cats c'était votre truc, dites-vous bien que Jesus Christ Superstar n'a rien à voir. Déjà, musicalement, c'est un opéra rock, autant vous prévenir parce que ça ne plaira pas à tout le monde. Et franchement on est dans un univers rempli d'anachronismes, qui tente de se rapprocher du présent au lieu de nous emmener ailleurs. J'avoue que la première fois, j'ai été déçue par cet aspect. Qui plus est, tout le monde n'appréciera pas nécessairement le chant très, très, très... encore une : très énergique de Jérôme Pradon. Je l'aime ce petit gars, juré, mais parfois, il hurle un peu. Ça va bien avec le personnage, mais ça perce juste un peu les tympans. Notez que même quand il hurle, Judas hurle toujours juste, cependant.

Ah, les joies du cinéma ! Il faut un esprit bien étrange pour penser à vêtir Judas de cuir et de latex, et le faire chanter (un excellent titre au demeurant) pendant que Jésus, couvert de son propre sang, tente de trainer sa propre croix, puis se fait crucifier. Les joies du cinéma, c'est aussi avoir des comptes à régler avec son pasteur, je pense...
La réplique qui tue : Jesus Christ Superstar, à l'instar de Cats, ne comporte quasiment pas de dialogues. Ou disons qu'il sont un peu bâtards, avec une diction juste assez rythmée pour faire genre. Du coup, me voilà à nouveau à piocher dans les lyrics, et ça tombe bien, ils sont très bons en de très nombreuses occasions : "If you'd come today you could have reached the whole nation. Israel in 4 BC had no mass communication". Vlan. L'Église peut récupérer ses dents en sortant.
La scène qui tue : J'ai mis beaucoup de temps à déterminer quelle allait être cette fameuse scène. Pendant quelques temps, je l'ai dit, j'ai eu du mal avec Jesus Christ Superstar, non pour son thème mais pour son univers musical. Très sincèrement, Jesus Christ Superstar sans les chansons, ça me conviendrait très bien. Je ne dis pas ça souvent. Mais il y a de très bonnes chansons, n'allez pas croire que c'est rasoir ! Bref, j'ai fini par démêler mon contentieux avec le film/la comédie musicale, et je vous propose donc la chanson du Roi Hérode. Jésus lui est amené afin de prouver ses étonnantes capacités, et le Roi, un être un peu malsain et carrément bling-bling, est très curieux à son sujet. Je propose que dans la prochaine adaptation française, notre Président joue le rôle de Hérode, ça lui irait comme un gant.

JesusChristSuperstar___Extrait

Une note ? CagoulesCagoulesCagoules
Il est clair que si son thème et son traitement font de Jesus Christ Superstar un must-see, je n'irai pas jusqu'à dire que c'est un incontournable. C'est encore plus particulier à aborder que Cats, quelque part. C'est dire.
Bilan : Voilà une comédie musicale comme on n'en voit jamais assez : il y a un ton, un angle, un propos, qui dépassent largement les productions mièvres qu'on peut voir... hm, ailleurs, on va dire. Aimer n'est pas plus fort que tout, et ce ne sera pas nous dés demain, et rien de ce genre. Jesus Christ Superstar, une grande histoire sur les responsabilités et ceux qui doivent les porter, sur le doute pourtant nécessaire mais parfois dangereux, sur les abus en tous genres... Certes, je ne nie pas que ce soit très particulier, surtout musicalement tout est construit autour de la rupture de rythme, comme si les chansons se coupaient la parole, ce qui renforce l'impression de brusquerie et de violence que l'histoire traite par ailleurs. Les anachronismes font partie du propos, mais certains passages, comme le final, peuvent sembler s'être exagérément engagés dans cette voie. Il m'a fallu un temps d'adaptation, quelques visionnages, avant d'admettre que c'était finalement aussi une force pour ce film. Mais voilà, vous êtes prévenus.

29 novembre 2009

Le retour de Macavity !

Comment parler de comédies musicales sans aborder celle qui va suivre ? Il me semble inconcevable d'avoir attendu près de deux décennies avant de découvrir Cats. J'ai hélas souvent eu l'occasion de constater que d'aucuns attendent plus longtemps encore, mais ne bougez pas, je viens y remédier.

C'est quoi le nom du film ? Cats
C'est plutôt quel genre ? Miawsical
Qui on connaît là-dedans ? Un chartreux, deux siamois, un européen à poils courts... très joli casting, il faut le dire. Et accessoirement, Elaine Paige (non, rien à voir avec Ellen Page).
Ça date de quand ? 1998
En résumé, de quoi ça parle ? De chats. Quoi, qu'est-ce que j'ai dit ?

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En moins résumé, de quoi ça parle ? Les Jellicle Cats sont une féline communauté qui se réunit une fois l'an, à la pleine lune, et élisent un chat qui aura le droit de partir dans l'au-delà, afin de se réincarner dans sa vie suivante. Chats domestiques ou chats de gouttière, ils se retrouvent tous afin de déterminer quel est le chat à la personnalité la plus méritante, celui que leur leader autorisera à partir au firmament lorsque sera venu le petit matin.
Et ça finit comment ? Au-delà de l'hôtel Russell.

Pourquoi c'est bien ? Ne me regardez pas comme ça. Je sais bien que, vu la description, Cats n'affolera pas les foules a priori : une comédie musicale avec des humains déguisés en chats, tu m'étonnes ! Mais Cats, c'est de la pure magie. Il règne une ambiance parfaite tout au long du film, qui évoque parfaitement le côté bizarre de la rencontre, le mystère félin, l'humeur lunaire... Quant aux chats, ils sont tous plus merveilleux les uns que les autres, les danseurs incarnent totalement le chat, avec passion et tendresse. Après, évidemment, il y a les musiques et la danse, et là encore, le travail réalisé est énorme d'énergie et de méticulosité. Enfin, il y a un aspect pour lequel j'ai un petit faible : Cats est une adaptation filmée de la pièce, avec quelques rares effets spéciaux, des mouvements de caméra relativement libres... mais tout se passe sur les planches d'un théâtre (londonien) au lieu de chercher à sortir, à tourner des plans en extérieur, à tenter de ressembler à un film grand public. Cats ne renie jamais, à aucune moment, sa parenté avec la scène, et j'aime ça.
Pourquoi c'est pas bien ? La première fois, je dois vous avouer que je n'ai trouvé aucun défaut à ce film. Et puis, maintenant que je l'ai revu quelques petites fois, je constate... qu'il n'y a résolument aucun défaut. Ça doit être pour ça qu'en fait ça tourne autour de 20 fois. Oh, évidemment, il faut se laisser porter : Cats est un univers particulier, je ne le nierai pas. Mais une fois qu'on laisse ses éventuels préjugés de côté et qu'on se détend, la magie opère sans discontinuer à chaque scène et jusqu'à la fin.

Ah, les joies du cinéma ! Lorsque j'ai découvert le film, je ne vous cache pas que je faisais mes premiers pas sur internet et que mon premier réflexe a été d'aller regarder des sites sur le sujet. Et sur les fansites, systématiquement, on répertoriait les danseurs qui avaient un ou plusieurs chats à la maison. D'où ma question : fallait-il avoir des poils de chat sur son justaucorps pour pouvoir auditionner pour Cats ?
La réplique qui tue : Cats a la particularité de faire partie de ces comédies musicales intégralement chantées, et vous n'y trouverez pas une ligne de dialogue parlé. Mais c'est pas grave, je ne vais pas vous abandonner pour si peu, je vous propose de piocher dans les lyrics ! Surtout qu'ils sont inspirés par les vers du poète T.S.Eliott... "We're quiet enough in the morning hours, we're quiet enough in the afternoon, reserving our terpsichorean powers to dance by the light of the Jellicle moon".
La scène qui tue : Ce paragraphe devient un vrai crève-coeur. Évidemment, il y a, comme dans toute comédie musicale, des numéros que j'aime un peu moins que d'autres (Skimbleshanks ou Jenny Any Dots), mais parmi ceux que j'aime sans retenue, c'est vraiment trop dur de devoir choisir. Je vous avoue cependant que l'un des charmes de Cats, ce sont aussi ses chorégraphies de groupe. Chaque chat s'y montre unique mais à l'unisson ; sans compter que les chorégraphies sont toujours très réussies. Alors j'ai opté pour l'intro, lancée avec la chanson "Jellicle Songs for Jellicle Cats", où en termes d'unisson, de rythme et de malice, on trouve largement son compte.

Cats___Extrait

Une note ? CagoulesCagoulesCagoulesCagoulesCagoules
Clairement, le barème The Fall s'applique à sa pleine mesure ici. Les deux films provoquent un émerveillement similaire... en fait, j'irai même jusqu'à avancer que c'est The Fall qui s'est vu appliquer le barème Cats.
Bilan : Tout a commencé avec une VHS, voilà 10 ans tout juste. Ma sœur et moi avons découvert Cats, ébahies, et ça a été l'une de nos rares obsessions communes, au point que lorsque, quelques mois plus tard, j'ai quitté la maison, je me suis racheté une VHS car aucune de nous n'était résolue à vivre sans garder le film à portée de main. Regarder Cats est aussi intimement lié, chez moià, l'hiver, voire aux fêtes de fin d'année, mais je regarde ce film en toute saison, ça va de soi.
Plus important encore, Cats est une expérience que j'aime faire autant seule qu'accompagnée. D'ailleurs, quand j'ai quelqu'un dans ma vie, le film me sert même de test ! La tête que mon voisin fait devant le film est un indicateur clair de sa capacité à lâcher le monde réel pendant 2 heures et s'enfoncer dans un monde plus abstrait avec moi. Et le verdict a été imparable, d'ailleurs, tous ont aimé (sauf un qui n'aimait rien et s'est contenté d'un "c'était pas mal", c'était le mieux qu'il savait faire quel que soit le sujet, et c'est aussi pour ça que je ne regrette pas ce type :P ). La palme revenant à celui qui deux jours plus tard a demandé à revoir le film...
Pourtant, chaque fois qu'on s'apprête à montrer Cats à quelqu'un, on prend la mesure du défi que ce projet a pu représenter au moment de son lancement : comment convaincre les gens a priori (puisqu'une fois dans le feu de l'action, tout doute est écarté) qu'il y a du bon dans une pièce avec des jeunes gens déguisés en chats qui chantent ? Il y a une réplique d'Une Nounou d'Enfer à ce sujet, d'ailleurs, Maxwell Sheffield ayant fait l'erreur de refuser Cats, le projet lui semblant alors absurde et voué à l'échec.
Chaque fois que je me prépare à montrer Cats à quelqu'un, je me dis " ça doit avoir l'air ridicule ! Le pitch est bizarre, il n'y a pas vraiment d'histoire, pas une ligne de dialogue... c'est vrai, c'est vrai. Mais tout ça, c'est ce qu'on se dit avant d'avoir vu Cats. Avant d'avoir accepté de se laisser embarquer.

Et, vous savez quoi ? Homme ou femme, jeune ou moins jeune, famille ou amis... je n'ai jamais vu quelqu'un en dire du mal après visionnage.

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