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ladytelephagy

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15 février 2010

Secret Diary of a Cinephile

Ça fait quelques semaines maintenant que je m'observe. Et j'ai bien repéré mon petit manège ! Je regarde un film, puis un autre, puis un autre...
Je vous avais déjà expliqué que je m'étais mise à regarder des films. C'est très récent que j'en voie autant, et, hasard du calendrier, c'est à peu près depuis le début de l'année (disons, depuis le 29 ou 30 décembre, peut-être, mais allez, arrondissons). Et le plus incroyable c'est que ma téléphagie semble n'en pas pâtir du tout.

A force de regarder tant de films, j'ai commencé à me dire qu'il serait intéressant de garder une trace de tout ça.
Parce que, quand même, jusqu'alors, je n'ai jamais été vraiment cinéphile. Je regardais un film ou deux à l'occasion, principalement par hasard, et ça s'arrêtait là. En 2009, je suis allée 4 fois au cinéma : deux fois pour Miss Pettygrew Lives for a Day (une fois j'y ai trainé une amie, une autre j'y suis retournée seule ; merci à mon cinéma local qui a bien voulu le passer rien que pour moi ce jour-là d'ailleurs), une fois pour Gran Turino (ma mère voulait le voir, elle n'osait pas y aller seule), et une quatrième fois, Bambou, où l'un de vous m'a trainée quasiment de force, et s'il y a un Dieu quelque part, tout ça se payera en Enfer. Voilà mon tableau de chasse. C'est franchement pas la gloire. Et je n'ai rien fait pour que ça change.
Jusqu'à ce que, donc, me prenne cette fringale de films.

Alors j'ai bien réfléchi, et j'ai décidé d'en faire un petit défi personnel.
Dans la colonne de droite, un petit icône est apparu, qui vous permet d'accéder à la rubrique "Secret Diary of a Cinephile", où je vais dorénavant répertorier tous les films que je vois, avec l'affiche, la date à laquelle je les ai vus, et mon appréciation générale, complètement sincère (c'est-à-dire que si j'ai vu une grosse merde mais que j'ai adoré, je vous le dirai quand même). Parfois je vous mettrai aussi un lien si j'ai développé le film dans un post Comme au cinéma. Et ça arrivera encore, ne vous inquiétez pas, c'est juste que je ne peux décemment pas le faire pour chaque film vu.

__Cinema__

L'idée c'est d'essayer, en un an, de voir un maximum de films. Et si possible, qu'une majorité d'entre eux me plaisent (ce qui ne signifie pas forcément qu'ils seront tous bons...).

Les films que j'entrerais dans cette rubrique devront impérativement répondre aux critères suivants :
- j'ai regardé le film en intégralité (là par exemple j'ai tenté Some Kind of Wonderful, bon pas tout ce qui est fait par John Hugues n'est pas forcément génial, en fait...
- j'ai découvert le film en 2010 (je suis plus très sûre de la date exacte de Garden State et Up, mais comme c'est avec ces films que ça a commencé, je les garde quand même... mais vous n'y trouverez pas Dune, dont pourtant on m'a offert le DVD récemment mais que j'ai déjà vu souvent)
- je n'ai jamais vu le film auparavant, du coup (donc quand je rerererererevois The Fall pour la 20e fois, il n'a pas droit à sa petite page... sinon je compte A Chorus Line, Dune, etc... non c'est trop facile)
- j'ai fait la démarche personnelle de voir ce film (je ne suis pas tombée dessus par hasard à la télé, ce n'est pas quelqu'un qui m'a fait le regarder, et il ne passe pas au ciné ; c'est moi qui ait cherché à le voir en DVD ou en cagoule)
Pas de limite de date (si c'est sorti dans les années 70 ou 80, je regarde, c'est pas obligé que le film soit récent), pas de limite de genre (dans les 26 films déjà fichés, il y a un peu de tout je pense), pas de limite autre que celles ci-dessus pour ce défi.

Et alors dans l'histoire, qu'est-ce que ça peut vous faire, à vous ? En vérité, ce petit challenge cinématographique, c'est un peu grâce à vous que j'y suis venue. Vous avez réagi à (quasiment) tous mes posts Comme au cinéma, c'était enrichissant, ça m'a donné envie de continuer, et puis parfois, vous, vous m'avez suggéré des films et ça c'est avéré être de bonnes expériences.

Donc maintenant que vous avez un aperçu des films auxquels je réponds plus ou moins positivement, je compte sur vous pour me faire des suggestions parmi lesquelles piocher, pour que je fasse mon éducation cinématographique, parce que même si j'ai quand même vu des films avant que n'arrive 2010, il faut l'avouer, je suis franchement pas au courant de la moitié des bons films qui sont là-dehors. J'ai quand même plus plus de 20 ans à voir The Breakfast Club, quoi.

Aussi ce post restera-t-il bien en évidence, accessible en permanence depuis le Secret Diary of a Cinephile, et vous pouvez poster dans les commentaires soit vos réactions aux avis que je donne sur les films (Canalblog ne donnant pas la possibilité de répondre sous chaque film...), soit afin de me donner vos suggestions.

Et à la fin 2010, on verra si on relance ce petit challenge d'un an, et je ferai un bilan de mes découvertes !

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14 février 2010

Tu sais où tu peux te la carrer, ta rectitude ?

Plus vite c'est fait, plus vite c'est fini, après tout. J'espère que vous êtes assis parce que ça va donc aller très vite : je vais parler de Massugu na Otoko encore une fois, et une seule, la dernière, et après on n'y reviendra plus. Parce que, bon, comme c'était un des premiers pilotes de la saison nippone à s'être montré disponible ET avec des sous-titres, il me semble difficile de faire comme si je n'avais rien vu, donc par acquis de conscience, je vais faire un post dessus, mais ensuite ce sera tout. Si vous voulez en parler vous-mêmes, ce sera dans les commentaires ci-dessous, et à partir de là on partira tous du principe qu'on n'a jamais entendu parler de la série et il n'y sera plus fait mention ; tout est le monde est d'accord ?
Fort bien.

Non parce que, autant la saison dernière, j'ai l'impression qu'on n'avait pas trop eu de comédies romantiques vidées de toute substance, autant cet hiver semble marquer le retour de ce genre pénible au possible. Surtout pour moi qui y suis allergique (j'ai un mot du médecin).
Gnagnagna, ils n'ont rien en commun, mais ils vont quand même finir ensemble mais seulement au terme d'une dizaine d'épisodes à s'opposer et/ou à se prendre la tête avec des tiers pour former des triangles amoureux à n'en plus finir... Zut à la fin. Zut, oui, parfaitement ; et je suis polie.

MassugunaOtoko

Massugu na Otoko, c'est donc l'histoire d'un mec droit dans ses mocassins, aux valeurs inébranlables sur l'honnêteté et la droiture, le profil type du "bon Japonais" toujours poli, gentil, travailleur et soucieux de bien faire, la télévision japonaise n'hésitant pas à populariser les stéréotypes nippons à l'intérieur-même des frontières de l'Archipel, le lavage de cerveau à son apogée, le pendant masculin de la jeune femme impossible à marier mais qui va tomber sur le bon gars qui va la faire changer.
A ce seul paragraphe vous avez probablement deviné l'objet de mon ire.
Eh bien, tenez-vous à vos télécommandes les enfants, mais une nana impossible à marier mais qui va tomber sur le bon gars qui va la faire changer, on en trouve une aussi dans ce pilote.
C'est dire si je suis furax.

Avec tous ces éléments, on aura compris que Massugu na Otoko ne joue pas vraiment dans la catégorie "et si je racontais une histoire que tout le monde ne connait pas déjà par cœur ?", probablement parce que c'est l'hiver et que les scénaristes ont trop froid aux doigts pour écrire, alors ils ressortent un vieux script qui trainait par là et changent les noms.

Je le concède : c'est vrai que Masao, dans le rôle-titre du massugu na otoko ("le type droit"... faut le présenter à la nana de Magerarenai Onna, "la fille qui ne plie pas" ?), se montre un personnage un peu plus nuancé que l'abruti moyen dans sa situation. Je pense notamment à l'illuminé de Ii Hito qui vivait également au pays de Candy, mais ne se rendait même pas compte qu'il était le seul. Au moins ici, le gars a vaguement conscience que parfois les gens peuvent être "méchants", et ça n'a l'air de rien mais la prise de conscience est énorme, quelque part. Cela dit, en-dehors de ça, il n'y a rien à voir.
Masao fait la rencontre d'une bonne à rien, glandeuse, squattant le canapé de sa meilleure amie (en lui vidant son frigo), et qui resquille, embrouille, ment et vole. De toutes façons on voit qu'elle est pas fréquentable parce qu'elle a une coiffure asymétrique avec des mèches décolorées, et que ses fringues sont voyantes. Vilaine, vilaine dévergondée qui porte trois boucles d'oreille !!!

J'ai partagé mon temps devant le pilote entre lever les yeux au ciel, et froncer les sourcils avec mauvaise humeur. Car naturellement, ils ne s'entendent pas, ils n'ont rien en commun, mais leurs destins sont liés, comme l'indique la bande-annonce sur le site officiel de la série, où, attention au spoiler après la virgule, on voit la fille de mauvaise vie avec un test de grossesse dans la main, ou bien on l'aperçoit en peignoir dans ce qui semble être le salon de notre gars tout droit. Bah bien-sûr.

Et moi je dis : stop. Un bon poncif est un poncif mort !
Bon, des questions ? Sinon je passe à la suite, et on fait comme on a dit.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Massugu na Otoko de SeriesLive.

13 février 2010

Lights, camera, action !

Approchez, Mesdames et Messieurs ! Sous le chapiteau ladytelephagy, plus effrayant que l'homme à deux têtes, plus bizarre que la femme à barbe, plus incroyable que l'homme serpent... venez voir nos monstres légendaires ! Éloignez les âmes sensibles et écartez les enfants !

Car voici... la femme indépendante !WorldsWithin_1
[exclamations choquées de la foule]

...Mais aussi : l'homme mal aimable ! WorldsWithin_2
[murmures écoeurés, une femme sort précipitamment de la tente pour vomir]

Et maintenant, le clou du spectacle : le couple impossible !WorldsWithin_3
[protestations outrées du public, scandalisé]

Oui, Mesdames et Messieurs, aujourd'hui au cirque ladytelephagy, on va parler d'une comédie romantique coréenne, et seuls ceux qui ont la téléphagie bien accrochée liront ce post jusqu'au bout, car je sais combien les attractions asiatiques de notre petit chapiteau virtuel peuvent vous effrayer. Pauvres choses.

Au programme, donc, Geudeuri Saneun Sesang que pour des raisons pratiques (et surtout par pitié pour vous) je qualifierai aussi par son titre anglais, Worlds Within. Ceux d'entre vous qui ne pratiquent ni l'un ni l'autre peuvent aussi bien me faire plaisir et utiliser le titre coréen, les autres, c'est déjà bien de rester.

Alors, dans Worlds Within, il faut bien le dire, les poncifs récurrents de la comédie romantique sont omniprésents. Et, je sais bien, ô combien : de prime abord ça peut sembler révoltant.
Ce qui fait toute la différence, c'est que Geudeuri Saneun Sesang n'est pas une comédie, mais une série dramatique. Et ce simple détail dans la classification suffit à tout changer.

Si au départ, j'avais entrepris d'aborder cette série, ce n'était pourtant pas du tout pour ça, mais parce que la série avait pour contexte... les coulisses d'une série. Coréenne, donc. C'est à peu de choses près tout ce que je savais avant de m'attaquer au pilote, et je considérais que c'était suffisant pour me lancer. J'allais bien découvrir le reste progressivement !
Sur ce point, Geudeuri Saneun Sesang ne déçoit pas. Pas beaucoup. Le pilote s'ouvre sur une très excitante accélération : d'abord une petite scène, une autre, et la pression monte, et soudain c'est la panique, il faut tourner à nouveau une scène de l'épisode qui doit être diffusé dans quelques heures. Cette adrénaline a un côté à la fois excitant et, je dois dire, assez documentaire en même temps. En effet, c'est par le biais de cette folle cavalcade que le spectateur occidental apprendra que les séries coréennes sont en grande majorité produite par des équipes appartenant à la chaîne qui diffuse elle-même, plutôt que de sous-traiter à une société de production, ou tout simplement de lui acheter des épisodes, comme c'est le cas plus à l'ouest. En fait, cette séquence, en plus de nous plonger dans l'univers de la série, a pour effet de donner l'impression qu'un monde nouveau, plein de petites anecdotes sur le monde de la télé, vient de nous ouvrir ses portes.

Et c'est comme ça que, sans même sans y prendre garde, on entre à pieds joints dans la vie de Gio et Junyeong, avec leur relation en dents de scie.

Worlds Within
a en effet pour principale préoccupation les affres amoureuses de ses deux protagonistes, respectivement producteur et réalisateur d'une série sur laquelle ils travaillent ensemble. Ils sont donc amenés à se fréquenter régulièrement, par la force des choses, alors qu'ils se sont séparés il y a un certain temps (un peu plus d'un an si j'ai tout compris), et que leur vie sentimentale avec de nouveaux partenaires ne brille pas par sa réussite. Gio fréquente une femme mariée qui n'a pas l'air décidée à quitter son époux, tandis que Jungeong passe son temps à se séparer puis se réconcilier avec son petit ami chirurgien.

On s'en doute, leur passé commun ne rend pas la collaboration professionnelle très aisée. Au regard du pilote, on a l'impression persistante que la rupture n'est pas bien digérée de part et d'autre. De là à dire qu'ils vont se remettre ensemble, ce n'est pas garanti. Mais en tous cas il y a quelque chose à résoudre avant d'avancer dans un sens ou dans l'autre.

Mélange à la fois de scènes sur les coulisses de l'industrie télévisuelle, et surtout, chronique attachante d'un couple défait qui a du mal à faire table rase du passé, Geudeuri Saneun Sesang a pas mal de charme. Les personnages sont attachants, parce que faillibles (Gio est un type abrupt et peu liant, Jungeong est une tête de mule un peu nombriliste). L'atout principal de ce pilote tient à sa sincérité : pas de surjeu côté acteurs, pas de situations rocambolesques côté scénario, réalisation sobre mais propre...

Le côté débonnaire de ce pilote, qui se refuse à indiquer dans quelle direction va s'orienter l'intrigue, peut aussi laisser perplexe. Worlds Within a du potentiel et semble savoir l'exploiter, mais ce pilote est avant tout un tour de chauffe.
Rendez-vous pour un second épisode, en ce qui me concerne.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Geudeuri Saneun Sesang de SeriesLive.
Les deux premiers épisodes sont disponibles gratuitement sur Drama Passion.

12 février 2010

Métempsycose

Oh dites donc, vous tombez à pic. J'étais justement sur le point de parler de la nouvelle série de CBS, Past Life.

PastLife

Comment ça, "ça ne passe pas sur CBS" ? Mais si. Ah mais j'insiste. Vous voulez des preuves ? OK, passons donc en revue les critères pour qu'une série de 45mn soit diffusée sur CBS :

Intrigues policières  
Check
Postulat étayé de façon plus ou moins scientifique  
Check
Équipe d'enquêteurs avec le quota de jeune, vieux, belle blonde...
Check
Absence de scénario au profit d'un pitch déclinable à l'envi  
Check

Après ça, ceux qui insisteront pour dire que Past Life est une série de la FOX seront de mauvaise foi.
Quoique, je vous le concède, avec ses Bones, ses Fringe et ses Lie to Me, on a bien compris que la FOX, à l'exception de Glee, n'est capable que de diffuser des ersatz de CBS.

Il faut le reconnaître, Past Life est d'une banalité navrante dans le contexte actuel. Inutile d'espérer. La série se conforme à tous les codes du genre policier en vogue en ce moment : les deux personnages antagonistes comme partenaires, le truc qui fait qu'ils ne résolvent pas les enquêtes comme tout le monde (pour certains c'est un don d'observation, pour d'autres la capacité à déceler le mensonge... bah eux, c'est la réincarnation), les flashbacks (très important les flashbacks, surtout à l'ère de Lost, c'est devenu un passage obligé), etc.
Il y a 10 ans, Past Life aurait peut-être eu une chance de plaire, mais aujourd'hui on n'en a plus rien à carrer d'une telle série ; on vomit le pitch, on régurgite les personnages, on gerbe la dynamique générale.

Alors parlons-en, de réincarnation, parce que c'est vraiment de ça dont il est question ici.
C'est comme si aujourd'hui, les séries n'étaient achetées par les chaînes que lorsqu'elles parviennent à mélanger le plus possible d'éléments familiers au spectateur : alors, on revisiterait des évènements du passé, comme dans Cold Case, il y aurait deux enquêteurs principaux qui n'ont pas du tout le même avis sur la réincarnation, comme dans X-Files, et ils enquêteraient, comme dans toutes les autres séries qu'on sort depuis 10 ans, merci encore Les Experts, merci beaucoup.
C'est plus un pitch, c'est une recette de cuisine.
Et comme toute recette de cuisine, même en suivant à la lettre, le résultat n'est pas garanti. Ni sur le plan qualitatif, où le manque d'âme se ressent cruellement (ironique dans le cas d'une série sur la réincarnation...), ni sur le plan quantitatif, puisque les audiences, d'après ce que je vois, ont été désastreuses. Eh bah c'est bien fait. Continuez à nous sortir de séries de ce genre, et je continuerai de militer pour la déculottée. C'est du foutage de gueule et rien d'autre.

J'ai failli m'étrangler quand le personnage sceptique (bah oui, qui d'autre ?) commence à envisager que la réincarnation ne soit pas pure foutaise (mais que reste-t-il pour les autres épisodes ?), et sort cette phrase : "It's like you spend your whole life playing this game and suddenly someone changes the rules" (merci à LiveDash qui fournit d'ailleurs des transcripts, ça m'a évité de devoir regarder à nouveau l'épisode pour écrire cette phrase moi-même). Prise dans le contexte de la télévision, cette sortie fait rire jaune.
Il serait temps que quelqu'un change les règles du jeu, au contraire.

On en a marre. Moi en tous cas j'en ai marre, pas vous ? C'est juste honteux de continuer à ressuciter les scripts et nous fourguer ça quand des perles ne voient jamais le jour, ou se font annuler. Hein, Faceless, hein ? Où est passée la commande de Faceless pendant ce temps, par exemple ?

Alors une fois, juste une fois, est-ce qu'on peut arrêter d'invoquer les esprits des pitches complètement morts, et essayer de faire quelque chose d'un peu nouveau ? Pas étonnant que finalement, je me contente en ce moment de séries comme The Deep End. Toute étincelle de vie scénaristique, la plus petite soit-elle, est bonne à prendre en comparaison de ces pâles zombies de séries policières.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Past Life de SeriesLive.

11 février 2010

127 millions de consommateurs

Ah, l'idéalisme des jeunes gens qui entrent dans la profession juridique...!
Hein ? Quoi ? Non. Non-non rassurez-vous. Ceci ne sera pas un deuxième post sur The Deep End cette semaine. J'ai pitié de vous. Non, à la place, je vais vous parler de série nippone.
Ah, tiens, étrange, il ne reste plus qu'un lecteur...?
Nan mais arrêtez, les gars. J'ai pas encore parlé de série asiatique en Février, quoi, zut à la fin ! Revenez et cultivez-vous, c'est un ordre !

Je m'apprête en plus à vous parler d'une série qui a commencé en janvier au Japon, Tokujou Kabachi!!, dont si vous vous souvenez, j'avais déjà un peu causé. Tokujou Kabachi!! occupe la case horaire délaissée par JIN et, je vous prie de le croire, c'est un sacré défi. Et pour s'éviter des problèmes, la série a simplement décidé de ne rien avoir en commun avec son prédécesseur. Rien.

TokujouKabachi

Tokujou Kabachi!! se propose donc de suivre les déboires d'un notaire-conseil, le genre qui remplit la paperasse juridique pour vous quand vous avez eu un petit litige de rien du tout. Mitsuhiro, c'est son nom, est l'un d'entre eux, et son intervention permet à ses clients d'éviter de bien fâcheuses expériences, tout en ne passant pas par la case tribunal. Un rôle idéal pour ce défenseur du faible, ce chevalier en armure prêt à secourir la veuve et l'orphelin.

En toute logique, cet idéalisme forcené s'apprête à être salement malmené au cours de la série, et les réjouissances commencent dés le pilote, où l'on s'assure que notre petit gars va bien retenir la leçon : un bon notaire est un notaire vicelard. Au menu : d'abord, Mitsuhiro va se faire dépecer vivant par son opposante dans une affaire, ensuite, son mentor lui-même va lui asséner une claque magistrale (au propre comme au figuré). Sous la pluie, pour ne rien arranger.

Contrairement à The Deep End ou Hokaben, oeuvrant dans le même créneau, il ne s'agit pas ici de partager le douloureux parcours initiatique du héros, mais d'en rire voire carrément de s'en réjouir. D'ailleurs dans l'histoire, Mitsuhiro a plus l'air d'un abruti fini que d'un notaire à qui je confierais mon dossier, il faut le dire. Abruti ascendant Bisounours, même.

Au contraire, son adversaire, la glaciale Misuzu, nous tire quelques sifflets admiratifs. Afin de prendre la mesure de son talent (qui n'a visiblement d'égal que son absence de scrupules), le pilote nous propose de faire sa connaissance de façon ludique, avec une première affaire n'ayant rien à voir avec Mitsuhiro, histoire de se faire plaisir. Misuzu s'y montre à la fois brillante et redoutable. C'est impressionnant et l'objectif est atteint, le personnage parfaitement brossé.
A la suite de quoi, les scénaristes reprennent leur Mitsuhiro et le jettent en pâture à la cynique notaire, et là, on se marre un peu moins parce que franchement, elle a beau jeu de la lui faire à l'envers, rapport au fait que le gars, je l'ai dit, est quand même un abruti fini.

Le mérite de Tokujou Kabachi!!, c'est avant tout de ne pas prendre son sujet au sérieux. Procédé également connu sous le nom de "c'est n'iiiiimporte quoi !". Musique loufoque omniprésente, effets un peu grossiers, couleurs dans tous les sens, acteurs surjouant constamment (à l'exception de Maki Horikita qui campe une Misuzu toute en nuances), rythme effréné... Le pilote e Tokujou Kabachi!! assume totalement son ton de comédie, c'est un festival. Une façon assez futée de ne pas avoir besoin d'être trop pointu sur les subtilités juridiques, en passant, mais au moins le divertissement marche à plein régime pour qui apprécie la comédie grosses tatanes.

La vraie bonne idée de ce pilote, c'est de ne pas avoir cherché à boucler l'affaire qui oppose Mitsuhiro et Mizusu à la fin du temps règlementaire. Mitsuhiro perd un premier round, soit. C'est prévisible mais totalement cohérent vu le profil des deux combattants. Mais les choses ne s'arrêtent pas là et ça fait un peu plaisir, quand même, de voir se développer ce fil rouge fait de revanches et de retours à l'envoyeur.

Globalement, il n'y a pas grand-chose de plus à retirer de ce premier épisode.
Éventuellement, très éventuellement, on pourra picorer çà et là quelques petits détails sur le système juridique nippon, rien de fascinant pour le spectateur occidental, mais pourquoi pas. Après tout, Tokujou Kabachi!! ne va aborder des points de droit que très anecdotiques au regard des grandes problématiques abordées dans la plupart des séries se déroulant dans un tel univers, comme les compensations et dédommagements divers, le remboursement de dettes, les possibilités de rétractation pour un achat...
Initiative amusante à ce sujet : des questions (vraisemblablement tirées d'un quelconque quizz édité par 60 Millions de Consommateurs) sont posées à plusieurs reprises ; l'idée, c'est que les téléspectateurs y répondent par téléphone, et que le gagnant est appelé une fois le pilote fini, par les deux acteurs principaux, en direct ! Il a alors le privilège de les avoir directement en ligne, et de gagner quelques menus cadeaux. Une façon sympathique de la part de TBS d'essayer d'augmenter les audiences, décourageant ainsi les fans des acteurs (extrêmement bankable par ailleurs) d'enregistrer leur épisode pour le regarder plus tard... ou pire, de le télécharger. 'Zont le mérite d'essayer, ces Japonais.

Bilan, Tokujou Kabachi!! n'est franchement pas une série incontournable. On est loin de JIN, comme vous le voyez. Mais si vous cherchez un divertissement presque totalement décérébré sur un thème d'ordinaire pris très au sérieux, la Justice, alors la série est probablement faite pour vous.
Moi, j'ai regardé le pilote entre midi au boulot, ça m'a vidé la tête complètement, c'était finalement pas si mal. Et c'est après tout une qualité qui en vaut une autre !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Tokujou Kabachi!! de SeriesLive.

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10 février 2010

Profond, profond... n'exagérons rien

Vous connaissez ma blague préférée sur les avocats ? J'ai déjà dû vous la citer mais qu'importe, elle est vraiment de circonstance quand on sait que ce post va parler de The Deep End.
Un bateau coule avec 100 avocats à son bord, que reste-t-il ? ...Un immense espoir.

TheDeepEnd

Les avocats et moi, c'est une longue histoire d'amour, et je ne saurais dire exactement quand et comment elle a commencé. Mais pour sûr, ça fait plus d'une décennie que c'est la lune de miel. Ah, les heures passées devant Ally McBeal, The Practice ou encore L.A.Law ! S'il n'était pas si laid et si instable, David E. Kelley serait probablement mon héros. Autant les flics, ça me gave, autant des avocats, il n'y en a jamais assez dans ma télé. Pis si je continue à cagouler activement comme je le fais, un jour j'en rencontrerai peut-être un en vrai ? Ahem.

Alors oui, bon, d'accord. Toutes les séries avec des morceaux d'avocat dedans ne me font pas forcément de l'effet. On se souviendra par exemple du désastre Raising the Bar, j'ai eu du mal à aller au bout du pilote et parfois j'en fais encore des cauchemars.

The Deep End ne part pas d'un pied particulièrement original, looooooin de là : il s'agit de montrer les premiers pas dans le métier de quelques jeunes avocaillons à peine sortis de l'université, intégrant un prestigieux cabinet. Bon ça va, on les connait, hein. Il va naturellement y avoir l'idéaliste, celui qui a les dents qui rayent le parquet (ici, c'est une jolie blonde riche), la petite chose discrète... A un moment, couleurs de cheveux à part, j'avais l'impression d'assister à un mélange entre Code Blue (pour la brochette de newbies stéréotypés) et Hokaben (pour le contexte, et encore plus le cas pro bono).
C'est une nipponohile convaincue qui vous le dit, en toute amitié et le plus cordialement du monde : quand on compare une série japonaise avec une série américaine, c'est bien ; l'inverse est par contre mauvais signe. Très mauvais signe. Un corbeau mort sur le pas de votre porte est un meilleur présage, en gros.
Donc le pilote commence et je me dis : "aïe, c'est mal barré".

Les poncifs s'accumulent, mais chose curieuse, l'ennui ne plane pas. Raison numero uno : le cast. Très bon cast. Billy Zane, qui fait son Billy Zane. Clancy Brown, qui a vieillit mais tient encore bien la distance. Matt Long, faut le nourrir ce petit, il a bien mérité son steak. Etc, etc, etc. Raison numero duo : un excellent rythme. C'est un peu surfait en apparence, mais en tous cas il n'y a pas la moindre scène pour meubler. Ça va vite, ça va très vite, on va pas passer la nuit sur la présentation des personnages mais on va pas zapper la question non plus, alors mettez votre ceinture et accrochez-vous parce que dans 45mn, vous maîtrisez la question et attention, yaura une interro sur table la semaine prochaine.
En quelques minutes, celui qui passait pour l'ange de la petite bande démontre qu'il peut mentir sans ciller à une veuve, le petit con qui fout son pénis partout fait preuve d'une honnêteté quasiment à toute épreuve, la bitchasse blonde a un gros problème œdipien et, ô merveille, la petite chose toute timide démontre dés le premier épisode qu'elle en a dans le pantalon. Bref ça bouge, les personnages ne sont pas totalement unidimensionnels, c'est bien foutu.

Alors évidemment, The Deep End, ce n'est pas The Practice. Les dilemmes moraux et les interrogations des petit loupiots ne vont pas vous fendre le cœur ou remettre quoi que ce soit en question. On n'est pas dans ce type d'exigence. Non, concrètement, The Deep End sera un bon divertissement, voire éventuellement un très bon avec de la chance (mais il lui manque peut-être un petit quelque chose pour le moment, un truc qui dit "hé, j'ai une personnalité bien à moi" comme les hallus d'Ally McBeal ont pu le faire), et ça ne va pas plus loin en ce qui concerne le pilote. Mais enfin, c'est pas pour autant qu'il faut bouder son plaisir. Même si la fin de l'épisode fait redouter que les coucheries prennent plus d'importance qu'il ne faudrait (attention à l'épidémie de grezanatomisme !), ce premier épisode est prometteur. Ce qu'il promet ? Une détente qui ne soit pas abrutissante. C'est bien, déjà !

Pour tout vous dire, arrivée à cette période de l'année où la plupart des nouveautés de la saison sont déjà sorties (pas toutes heureusement), j'ai jugé qu'il était salvateur de revoir mes standards à la baisse. C'est pas franchement la meilleure raison de regarder une série, mais actuellement, en trouver une tout court relève parfois de l'exploit...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Deep End de SeriesLive.

9 février 2010

On finira peut-être par en faire quelque chose

Les enfants, j'ai trouvé les défi de contagion ultime. C'est fou. C'est l'expérience de contagion dont je n'aurais même pas osé rêver, et maintenant, le cobaye est là, il me tend les bras. C'est trop beau pour être vrai.

Vous savez bien ce que c'est. On est téléphage, mais ça ne suffit pas. Il faut que d'autres partagent notre passion. Il faut qu'on leur montre ce qu'ils ont raté. Il faut qu'ils voient.
Les meilleures proies, on prend le réflexe de les choisir à partir de quelques critères très simples : réceptivité générale à la fiction, disponibilité... Par exemple je sais que je ne pourrai jamais rien pour mon père, qui considère que si c'est une fiction, c'est forcément débile (oui, on parle du même type qui a regardé Patrick Sébastien tous les samedis soirs pendant des années... mais je soupçonne d'être en fait la fille du facteur ; ce qui expliquerait tous ces Télé Z dans ma boîte aux lettre pendant plusieurs années alors que mon abonnement s'était terminé). Là, c'est mort, je ne peux rien pour lui. Je veux bien opérer quelques miracles de temps à autres, notamment ici, en montrant la voie à ceux qui manquent cruellement de culture, mais enfin, j'ai mes limites.
Donc à force, on repère l'herbivore éloigné du troupeau qu'on peut rabattre, ici sur Glee (oh, salut frangine, justement je parlais de toi), là sur Desperate Housewives (oui, j'ai encore beaucoup de boulot sur le cas de ma mère).

Voilà comment la révélation de ma nouvelle proie m'est apparue. Je vous refais la scène.

Je suis au bureau et, comme je suis fonctionnaire (ou presque), forcément je n'ai rien à faire de mes dix doigts. Je discute donc avec eux conseillères de mon ministre (la routine), dont l'une s'avère être ma supérieure directe. Nommons-là Volubilis histoire de ne pas l'appeler "ma patronne". Volubilis est quelqu'un de, comment dire ? Assez peu réservé, c'est le moins qu'on puisse dire. Elle parle beaucoup, fait au moins autant de plaisanteries, elle est la reine des imitations, bref elle aime faire le spectacle.

Après ce qui restera comme l'un des résumés les plus incroyables que j'aie jamais entendu sur La revanche des Sith (grâce auquel on apprenait notamment comment, en fait, Anakin Skywalker et un conseiller en cabinet ministériel ont énormément en commun...), Volubilis entreprend de parler de films qu'elle aime à voir et à revoir.
Et bon, moi, les films... je veux bien faire preuve de bonne volonté mais à un moment, je suis téléphage avant tout, quoi.
Mais soudain, elle embraye sur Grease (qui passait ce soir sur W9), qui est l'un des films qu'elle peut revoir encore et encore sans se lasser, ainsi que : Nos plus belles années (ou The way we were en langue de Shakespeare).
Choix qu'elle a justifié de la façon suivante, avec sa truculence habituelle :
"Il y a cette scène, devant le Plaza Hotel, où elle lui dit, Huble... nan mais attendez, lady, franchement, il y a deux scènes mémorables devant le Plaza Hotel de New York, d'abord Streisand et Redford dans Nos plus belles années, où vous savez, il est avec une autre femme, et puis Carrie, qui dit à Big, enfin, tout ça c'est mémorable, j'ai vu tout ça quand j'ai fait le Sex & the City bus tour à New York".

Onenferaquelquechose

Et là j'ai eu le souffle coupé. Et je me suis dit : "ma fille, si tu n'essayes pas de faire de cette femme, aussi allumée soit-elle, une téléphage accomplie avant la fin de ce gouvernement, c'est que tu as raté ta vie de téléphage".

Demain, j'emmène le DVD de Mad Men avec moi, fraîchement acquis aujourd'hui.
Vu le peu qu'on a à foutre (tout le monde attend le remaniement, oh non ne vous inquiétez pas, il n'aura vraisemblablement pas lieu avant avril au moins, comme vous y allez ! mais faut pas que ça nous oblige à mériter notre salaire surtout), je vais bien trouver le temps d'en faire une téléphage à part entière.
Franchement, si déjà elle aime le ciné, et si en plus elle peut me citer des passages de Sex & the City, ça va être l'éclate.

Vous voyez bien : tout n'est pas perdu pour notre gouvernement si, dans au moins un ministère, il y a une téléphage à un poste à responsabilités. (à votre avis, je tente le pilote d'A la Maison Blanche, ou bien...?)

8 février 2010

Money changes everything

Imaginez le tableau.
Une industrie par définition contrôlée par l'argent (ce qui explique l'annulation de très bonnes séries considérées comme pas assez rentables, la déclinaison à l'envi de concepts particulièrement faciles à vendre à tour de bras, etc.), mettons... tiens, on va prendre comme exemple la télévision, complètement au hasard. Cette industrie est en grande partie basée dans un pays dont les valeurs tournent elles aussi majoritairement autour de la notion d'argent, disons... bon, on va dire les États-Unis. Et cette même industrie, dans ce même pays, brosse un portrait quasi-systématiquement négatif de la richesse.
Ça ne vous choque pas un peu ? Moi, si, quand même.

Ce weekend j'ai rattrapé un peu de retard de lecture. Notamment, j'ai regardé les deuxième et troisième épisodes de Life Unexpected. Et pour la 712e fois, je me suis fait cette réflexion. C'était la fois de trop.
Je vous refais la scène (ce qui veut dire que ce paragraphe ne sera pas dénué de spoilers, passez au suivant sans faire plus de manières plutôt que de venir râler en commentaires). Nate et Cate ont une fille, Lux, 16 ans, qui vient de réapparaitre dans leurs vies ; vient un moment où il faut bien mettre les grands-parents au courant. Le père de Nate, qui paie le loyer du bar qu'il a lancé, lui intime l'ordre de lui présenter Lux... et si Nate refuse, c'est bien simple, papa reprend le bar. Un bon petit chantage à la Gilmore Girls comme on les aime : "si je ne suis pas inclus(e) dans ta vie privée, ta vie financière va devenir très compliquée".

Alors voici ma question : pourquoi, mais pourquoi, dés qu'un personnage a de l'argent dans une série, il faut qu'il s'en serve pour effectuer des pressions sur les autres ? On ne va pas parler de Dirty Sexy Money, ce serait trop facile, non, je parle simplement de séries qui baignent dans une ambiance où on ne cherche pas à démontrer quoi que ce soit, mais où soudain, les personnages qui ont de l'argent dévoilent une facette peu glorieuse de leur personnalité (et peu ou pas du tout d'autre facette, d'ailleurs). Parce que quand tu as de l'argent, tu es FORCEMENT pourri. Ca fait partie de la panoplie.

Maintenant, si je regardais des séries russes ou chinoises, je vous dirais que ça se comprend. Mais on parle de séries américaines, créées dans un certain contexte culturel. Et je dois dire que ça m'impressionne, ce portrait du riche forcément corrompu par son porte-feuille. Dans le genre cliché...

MoneyChangesEverything

La réponse tient peut-être non pas à ceux qui font la série, mais ceux qui la regardent. Je fais une série sur des riches, il y a des chances que je m'en mette moi-même plein les fouilles, mais mon public de base reste quand même le télambda qui gagne sa vie quelques centaines de dollars à la fois, avec ce qu'il faut de crédits et de fins de mois un peu justes voire carrément difficiles. Et quand on n'a pas beaucoup d'argent, on n'a pas envie de s'entendre dire que ceux qui en ont sont des personnes bien. Il faut un certaine justice, en ce bas monde, et savoir qu'une personne qui est pleine aux as n'est pas une personne recommandable, ça rétablit un peu l'équilibre cosmique.

Alors, comme on est aux Etats-Unis, d'accord, tout protagoniste riche n'est pas nécessairement malhonnête, mais au minimum, il est nécessaire qu'il ne soit pas "gentil". Le méchant est désigné, c'est celui qui a plein de sous et peut exercer son petit pouvoir sur de moins fortunés (c'est le cas de le dire), et qui n'est pas trop gêné aux entournures par sa conscience.

La cause et la conséquence sont les mêmes : plus de séries sur la middle class (ou parfois, middle class améliorée, cf. l'intro de mon post sur le pilote de Modern Family). Il y en a toujours eu, mais dans des proportions variables et, étrangement, chaque vague de séries de ce genre correspond à une réalité économique. La preuve par l'exemple avec Roseanne (ô merveille, le pilote est encore à portée de clic) qui commençait très exactement un an, le temps de développer la série en somme, après le lundi noir du 19 octobre 1987. Ce qui, si je me souviens de façon à peu près décente de mes cours au lycée, a été suivi par une envolée des taux d'intérêt pour les Américains. Ne cherchez pas plus loin sur quoi repose la série...

Donc, l'argent, ça corrompt. Pas au sens politique du terme, mais au sens moral (c'est pire). Il suffit de voir sur quoi est basée la promo de séries comme Gossip Girl : des jeunes qui ont de l'argent, et qui ont perdu leurs repères moraux (et c'est ça qui est bon, ajouteront les fans, et grand bien leur fasse).

Quand une profession s'aventure chez les riches, par le biais d'un personnage pas forcément riche lui-même, c'est pour souligner à quel point ils sont oisifs, déconnectés de la réalité, ou incroyablement insensibles (Privileged ou Royal Pains étant des exemples flagrants de ce thème, avec un syndrome Mary Poppins totalement assumé, c'est celui qui ne paye pas de mine qui va apprendre aux riches comment être heureux).
Beaucoup de séries jouent sur cette idée, notamment les diverses et mille fois trop nombreuses séries policières comme Les Experts Bichkek, Achgabat et Tachkent, ou bien les Law & Order. Autant d'excuses pour aller fouiller dans les poubelles des gens riches (les Law & Order ne sortent de Manhattan que s'il n'y a pas le choix de faire autrement) et sortir leurs sales petits secrets aux yeux de tous. J'irai même jusqu'à dire que la violence dans les séries se joue de deux façons différentes selon le public qu'elle frappe : les pauvres la subissent (conditions économiques, contexte social, etc... genre The Wire), les riches la provoquent par un quelconque vice (cupidité, luxure, etc...). Inutile de dire que le riche, quand il se fait buter dans son salon, il ne fait pas trop pleurer dans les chaumières ; ce qui tombe bien car ces séries reposent essentiellement sur le fait de résoudre intellectuellement une enquête, en évitant le plus possible de s'impliquer émotionnellement (ce qui compte c'est le comment, et non le pourquoi). Donc comme on ne peut pas compatir avec le riche, puisqu'il est riche, tout va bien, l'honneur est sauf.

De toutes façons, dés qu'un type un peu trop blindé se pique d'aller faire le bien quelque part, les spectateurs et même les autres protagonistes le regardent avec scepticisme. Le sort de The Philantropist me semble parlant à cet égard ; il n'y avait pas grand monde pour y croire, ni devant l'écran, ni dedans. Tu as de l'argent ? Tes intentions sont forcément peu nobles (ici, on s'était arrangé pour que le background du personnage jette un peu de discrédit sur ses raisons de se lancer dans un tel projet).

Non, décemment, le riche ne peut pas être vainqueur sur un plan moral. Il n'a pas le droit.
Il a déjà de l'argent, on peut pas tout avoir, merde !

7 février 2010

Where everybody knows your name

Des épisodes de Cheers, je n'en ai pas vu beaucoup. Au risque de me répéter. Et aucun d'entre eux n'était le pilote.
Par un dimanche ensoleillé... euh, en fait c'était aujourd'hui... j'ai décidé que je n'avais pas la moindre excuse pour rester dans l'ignorance. Et donc, j'ai cagoulé le pilote séance tenante, et je l'ai regardé. Quand c'est aussi simple que ça, il n'y a pas la moindre raison de se priver. Ça compense quasiment pour toutes les fois où j'ai voulu découvrir le pilote d'une série et que j'ai été infichue de mettre la main dessus.

Whereverybodyknowsyourname

C'est assez étonnant, en fait, de voir à quel point Cheers brosse le portrait, dés ses premières images, d'un petit monde attachant. Chaque personnage apparait, remplissant progressivement la petite taverne, une personnalité à la fois, et ça semble complètement naturel. Les épisodes que j'avais vus ne m'avaient pas spécialement marqués, donc je ne pense pas qu'il soit question de nostalgie dans cette constatation. Non, c'est juste très efficace.

Cheers fait partie de ces sitcoms qu'aujourd'hui on ne peut que considérer comme classiques dans leur forme. Il y en a eu des dizaines et des dizaines sur ce modèle. Rien de révolutionnaire pour le spectateur d'aujourd'hui.
Mais pour ce même spectateur... qui aujourd'hui était donc une spectatrice... le pilote s'est montré rythmé, drôle et même touchant. Et quand une série est capable d'accomplir tout ça 28 ans après sa création (eh oui, la série a mon âge !), on est bien obligé de laisser ces facteurs de côté ! On doit bien reconnaître que la série a quelque chose qui justifie, voire même dépasse, la réputation qui l'a précédée. Parce que malgré toutes les séries plus ou moins similaires qui sont passées depuis, Cheers a gardé une certaine sincérité qui n'a pas failli. N'est-ce pas incroyable ?

J'aime à répéter que les sitcoms ne me plaisent pas. J'ai l'impression de passer le temps plutôt que de me lancer dans une aventure avec l'envie qu'elle dure. Je suis plus réceptive aux séries en single camera qu'aux sitcoms, et ça fait quelques années maintenant que c'est un fait.
Mais étrangement, on me proposerait de regarder Cheers tous les jours (disons, à 20h sur M6, là où le bon sens dicte qu'il devrait y avoir des sitcoms chaque jour que Dieu fait), je signerais tout de suite. Parce qu'on sent bien qu'il se passe un truc, qu'on est tout de suite dans le bar avec tout le monde, à rire, à pleurer, à tout partager. Je ne fréquente pas les bars assidûment, mais j'aurais presqu'envie de m'y mettre dans ces conditions !

Cheers est une série qui parle de personnes qui se retrouvent toujours au même endroit et qui partagent tout et rien pendant quelques instants de leur journée. Mais du coup, parce qu'elle est extraordinairement bien écrite et réalisée, c'est aussi une série qui, dés le premier épisode, donne envie de se retrouver toujours à la même heure devant sa télé avec ces personnages, et de partager tout et rien pendant quelques minutes de la journée. On n'est plus devant la télé, on est accoudé au comptoir.
Je suis admirative qu'une série arrive à évoquer ce genre de choses dés son pilote, pas vous ?

Il faut dire que le cast est absolument parfait. Ted Danson, notamment. Shelley Long en rajoute un peu, mais ce n'est pas grave, au contraire ça fonctionne bien. Et je pense au moins autant de bien des autres acteurs, plus ou moins importants, qui donnent vie au Cheers, à leur façon.

Quand l'écriture est bonne, que l'interprétation est bonne, que le rythme est bon, et que par-dessus le marché il en existe 11 saisons, je vous avoue que je ne réfléchis pas, je lance le cagoulage de la suite de la série. Je ne promets pas forcément de regarder les 11 saisons, mais là, j'ai déjà énormément envie de regarder toute la première.

Dites, sur un tout autre sujet... j'ai fait un peu de lecture et j'ai appris qu'il y avait des vrais pubs Cheers qui avaient ouvert suite au succès de la série. Quelqu'un sait s'il y en a un à Paris ? Juste par curiosité, évidemment...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Cheers de SeriesLive.

6 février 2010

[DL] Blue Mountain State

La découverte c'est bien, mais parfois ça fait peur. Je voulais tenter Blue Mountain State mais rien que de voir le générique, j'ai fait marche arrière. Le problème n'étant pas que le générique soit mauvais, au contraire, il est d'une redoutable efficacité dans son genre. Mais voilà, le gros soucis, c'est que ça n'a pas l'air très fin, cette affaire. En même temps, qu'est-ce que j'attends d'une série qui passe sur Spike...?

BlueMountainState
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Mais quelque chose me dit que je ferais bien de me garder ce pilote sous le coude, car c'est juste une question d'état d'esprit. En ce moment, je suis plutôt dans un truc... dans quelques semaines, qui peut dire ? Il n'est pas impossible que je change d'avis et que j'ai envie de rire grassement des tribulations de quelques jeunes étudiants aux préoccupations triviales. Alors bon, ce n'est que partie remise.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Blue Mountain State de SeriesLive.

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