Canalblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

ladytelephagy

Publicité
16 janvier 2010

Pump up the volume

Ça va faire environ un an que je n'ai pas posté dans la rubrique ladytelephagy On Air... eh bien, c'est désormais chose faite ! Je dois avouer que je suis très démotivée pour ce type de posts : ils ne sont quasiment pas commentés alors qu'ils demandent plusieurs heures de travail. Et vu qu'en ces lieux, le commentaire est ma seule rétribution, vous comprenez bien que c'est pas bien rentable !
L'été dernier, j'avais voulu m'y remettre mais devant les tièdes réactions, je m'étais démotivée rapidement. Ce qui me semble quand même dommage.

Mais bon, à la faveur d'un soucis technique qu'on m'a fait remarquer, je suis repassée sur chacun de ces posts pour les mettre à jour (eh oui, depuis au moins quelques semaines, ils étaient inopérants...) et j'y ai glissé une oreille... Ils datent, mais ils ont du bon. Quand même. Un peu. Si, un peu... non ?

Bref, désormais ils sont tous regroupés sous un seul et même tag, [OnAir], et vous les retrouverez donc également par ce biais même si, rappelons-le, il existe déjà un album à cet effet. Mais bon, vous n'avez plus d'excuse.

Et en passant un peu de temps dans mes archives et avec un peu de travail, j'ai pu ressortir deux enregistrements sur lesquels j'avais travaillé l'an dernier, et je les ai finalisés. C'est donc deux inédits que vous trouverez en cliquant ci-dessus ! On ne dira pas que je n'y mets pas du mien !

Voilà donc deux posts, certes rédigés il y a quelques temps maintenant, mais que vous n'aviez pas forcément pu lire... eh bien je l'ai fait pour vous !

ExandtheCity    SheThinksHisNameWasJohn

Il ne tient qu'à vous, en commentant l'un ou l'autre de ces posts, ou d'ailleurs n'importe quel autre post audio, de me motiver pour que j'en produise plus, y compris pour des posts plus récents... ou inédits !
La balle est dans votre camps.

Publicité
15 janvier 2010

To be continued... Southland

On a eu chaud. Ça s'est joué à ça pour qu'on ne voie jamais la deuxième saison de Southland. Mais heureusement on n'aura pas à s'en priver ! Seulement voilà : en pas loin d'un an, jusqu'à la reprise de la série cette semaine, quelques menus détails ont pu s'échapper de votre mémoire téléphagique. Pas de problème, on va résoudre ça avec un nouveau post To be continued....

Southland___1x01
1x01 - This is the front row seat to the greatest show on Earth.

Southland___1x02
1x02 - On voulait y croire...

Southland___1x03
1x03 - Ben et Cooper ont beaucoup plus en commun qu'attendu...

Southland___1x04
1x04 - Les uniformes ont disparu ; en l'absence, Lydia prend la mesure de l'absurdité de l'administration.

Southland___1x05
1x05 - Une seule arme vous manque...

Southland___1x06
1x06 - Il a l'air amorphe comme ça, mais en même temps, Ben prend un peu plus d'épaisseur à chacune de ses apparitions.

Southland___1x07
1x07 - Memorial Day, un final dont on se souviendra longtemps.

Pour la suite (parce que c'est vrai que ça fait peu), on a donc désormais les idées claires, aussi j'ose espérer qu'on va éviter une deuxième frayeur de ce genre... On ne va quand même pas frôler l'annulation tous les ans !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Southland de SeriesLive.

14 janvier 2010

[GAME] Cast from tomorrow

Régulièrement (mais pas encore au point d'en faire un rendez-vous hebdomadaire), je me promène sur la page d'IMDb qui présente les profils d'acteurs peu ou pas connus, en général en début de carrière et/ou abonné aux rôles s'intitulant "guy at the bar #2" ou "girl in jeans".
Cette page s'intitule la Fresh Faces Gallery, et je la trouve toujours très divertissante.

Pourquoi ? Parce que quand je la parcours, en général je me cantonne aux photos et aux noms, et j'essaye de deviner qui a le plus de chance de faire carrière par la suite. Car, ne nous faisons pas de fausse idée, parmi ces fresh faces, la plupart vont rester à pourir dans l'anonymat. Alors, qui a le potentiel pour devenir quelqu'un ?
Je ne dis pas qu'il s'agit du prochain acteur bankable sur qui on fera n'importe quel film avec la garantie de récolter un joli pactole, non, juste quelqu'un qu'on verra au générique d'un film ou d'une série à la renommée honorable, bref, quelqu'un qui sortira du cercle vicieux du rôle principal dans une production canadienne de seconde zone où tous les personnages ont le prénom de leur interprète. Quelqu'un qui va réussir à percer un peu, quoi.
Je crois que cette fascination pour la Fresh Faces Gallery s'est renforcée depuis que j'ai vu A Chorus Line, d'ailleurs.

Déjà, quand une actrice asiatique décide de travailler sous le nom de Tam Nguyen, j'estime qu'elle accepte d'avoir 25% de chances en moins de réussir dans la poursuite de sa carrière. Le B.A.BA c'est quand même d'avoir un nom qui se retient, si possible avec un visage qui se retient aussi, histoire de ne pas avoir un visage qui crie "figuration forever". Après effectivement, le talent entre en jeu, mais quand un directeur de casting voit passer un nombre impensable de candidats, et au moins autant de resumes, je pense que ça compte quand même quand on est capable d'attirer l'attention dés la première mention de votre existence.
Et personnellement j'aurai toujours le regret de ne jamais avoir pu assister à un casting, c'est le genre de trucs que vraiment, j'aimerais pouvoir tenter une fois au moins dans ma vie, par pure curiosité (un peu sadique probablement). Si vous êtes directeur de casting, que vous me lisez, et que vous cherchez une secrétaire, une préposée au café, ou même quelqu'un pour trier des CV d'acteurs dans l'ordre alphabétique de leur ville de naissance, contactez-moi.
Bref.

Pour que je me sente moins seule dans mon délire, je vous propose donc un nouveau jeu.
Déjà parce qu'il n'y a pas encore eu de jeu en 2010 (et cela me semble, déjà, une excellente raison). Mais aussi parce que je m'ennuie un peu des autres jeux (et qu'à la faveur de la perte de mon ancien ordinateur, je n'ai pas vraiment eu l'opportunité de faire l'acquisition de génériques récemment, trop occupée que je suis à essayer de cagouler les données mortes au combat juste après Noël).

Bref, on est partis ! Certains d'entre vous m'ayant fait remarquer qu'ils aimaient bien jouer, j'attends une participation massive à ce post, donc...

L'idée, c'est donc de choisir des acteurs de la Fresh Face Gallery de la semaine, et de leur trouver un rôle qui pourrait leur permettre de quitter leur emploi de serveur chez Taco Bell.
Allez, je vous fais une première salve, pour l'exemple. 'Zoubliez pas le lien vers la fiche de la personne, surtout.

AnyaKuntz
Ania Kuntz pourrait jouer Tara à 20 ans dans un flashback de United States of Tara. Pour voir les premières années du mariage avec Max par exemple.

ChrisBurnett
Chris Burnett pourrait jouer dans un sitcom familial où il serait un père complètement dépassé par sa marmaille (disons, La Guerre à la Maison, mais en mieux).

TanyaClarke
Tanya Clarke pourrait jouer dans une série sur un bonhomme un peu torturé, et serait son ex-femme (genre un croisement de Life et Rescue Me).

L'idée, c'est de ne surtout pas essayer de chercher à cerner le profil de la personne, par exemple en consultant sa filmo, mais juste de se dire "toi, avec ta gueule, je te vois bien faire ça". Ca se trouve, l'acteurs en question est archi-nul, ou vous allez mettre un trentenaire dans un rôle d'ado, ou vous allez caser un humoriste dans un rôle dramatique, ou autre ; j'veux pas le savoir.
Vous n'êtes pas obligés de choisir uniquement des rôles de télévision, mais c'est juste plus pratique pour que je sois capable de suivre la conversation.

Et celui qui aura proposé la Fresh Face qui me semblera la mieux trouvée (originalité de l'idée, relation entre la gueule de l'acteur et le rôle suggéré, etc...) gagne un bon vieux cookie à la myrtille !

13 janvier 2010

Par principe

Il n'est pas besoin d'aimer une série pour se battre contre son annulation.
En fait, j'irai même jusqu'à dire qu'en matière de séries, je suis farouchement pro-life, et que toute série mérite d'être sauvée (même celles qui ne sont encore qu'à l'état de projet), que je la regarde ou non. Le jour où Les Experts Guadalupe sera annulée, ce sera forcément triste, malgré tout le mal que j'ai dit de cette série, de ses 712 spin-off et des multiples copies plus ou moins honteuses qu'elle a essaimées la décennie précédente. Ce sera triste, parce que ce sera une annulation. Point barre. Partant de là, aucune série ne devrait jamais être annulée. Oui, même si son état est grave, voire désespéré, et que beaucoup de monde envisage l'euthanasie, moi j'ai quand même un problème avec ça.

Quand une série menace de se faire annuler, et que les fans mettent en place des moyens pour tenter de la sauver, j'ai, instinctivement, envie d'aider. Même si je ne regarde pas la série.

Parce que concrètement, même si je ne regarde plus Les Experts Guadalajara depuis, allez, 8 ans on va dire, quel tort ça me fait que la série soit toujours à l'antenne ? Aucun, en fait. Malgré tout ce que j'ai à reprocher à pareille série, son existence n'enlève rien à la mienne. Alors pourquoi lui vouloir du mal ? Pourquoi souhaiter sa disparition ? Il n'y a pas de raison.

La plupart du temps, je ne souhaite pas la disparition d'une série, tout-au-plus me laisse-t-elle indifférente, et si on me fait part d'une action pour la sauver, je me dis que ça ne me coûte rien de signer une pétition, ou faire passer un mail, ou un tweet, ou peu me chaud. Ça prend deux secondes. Qu'est-ce que 2 secondes sur mon programme téléphagique ? Les mauvaises langues diront que c'est la durée du générique de The Mentalist, par exemple... autant dire : rien.
Alors bon, évidemment, il y a parfois des séries dont on se réjouit de la disparition, ne nions pas l'évidence. Mais seulement une fois que c'est fait, parce qu'il est indécent de se réjouir du sort d'une série sur le déclin.

Et sincèrement, je m'attends de votre part à la même position de principe.

Aussi, je n'ai aucun doute sur le fait que vous avez déjà remarqué que, depuis quelques jours, dans la colonne de droite, un logo à la gloire de Better Off Ted a fait son apparition de façon à attirer votre attention sur l'existence de savebetteroffted.com qui s'emploie avec fougue à tenter l'impossible pour ladite série, afin de lui éviter le pire. Sachant qu'on a affaire à ABC, on ne sera jamais trop nombreux sur ce coup-là (est-il nécessaire de rappeler quelle série fleurant bon la tarte ABC a fauché il y a à peine un an ? Vous ferai-je cet affront ?).

BetterWithTed

Mais bon, dans l'éventualité (hautement improbable, et j'en suis consciente) où cela aurait échappé à votre pourtant irréprochable sagacité, sachez que vous pouvez décider d'aposer votre signature au bas de la pétition qui a été lancée il y a quelques jours à peine. Mieux encore, vous pouvez rappeler cette salvatrice adresse à tous vos correspondants.
Les plus fous parmi vous, qui auraient 140 caractères à dépenser, peuvent même faire la promotion de tout cela sur Twitter. Ajoutant, ça tient du délire, les hashtags suivants afin de participer à l'effort de guerre : #betteroffted #saveted et #veridiandynamics ! Si par un coup du sort, vous aviez un groupe Facebook, vous pourriez même envisager de rejoindre le groupe "Save Better Off Ted", dans la foulée.

bettern

Au bout de ces 30 secondes de travail acharné, et votre conscience pour vous, vous pourrez éventuellement envisager de découvrir la série si, par un hasard incroyable, vous n'y aviez pas encore jeté un oeil. Mais même ça, ce n'est pas obligé.
Vous aurez déjà fait perdurer les valeurs qui sont les nôtres, à nous téléphages. C'est beau d'avoir des principes.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (mais ont quelques minutes à consacrer à leur progression personnelle en ce domaine) : la fiche Better Off Ted de SeriesLive.

12 janvier 2010

L'art de la guerre

"Tu veux savoir ce qui s'passe (et c'est arrivé à toutes les femmes, à pratiquement chacune d'entre nous) : on commence à sortir avec vous, vous nous dites qu'on est fantastique, et fabuleuse, on pense que c'est sérieux, vous nous laissez penser que c'est sérieux, alors on y croit, on dit à tout l'monde "oui, c'est vraiment sérieux" ! Et après... après les coups d'fil se font plus rares. Vous savez c'que c'est d'être assise là à attendre que le téléphone sonne ? Vous n'vous douchez plus, pour ne pas être en plein orgasme si le téléphone sonne, vous n'mangez plus, vous n'pouvez pas avoir la bouche pleine en décrochant le téléphone, vous décrochez le combiné de temps à autres, pour être sûre qu'il fonctionne bien, après vous l'reposez, et après, quand vous recommencez, c'est là qu'il appelle et que ça sonne occupé ! Et vous faites ça... des semaines, jusqu'au jour où finalement... vous sentez si mauvais... et vous êtes si maigre, que vous comprenez... que vous avez été plaquée... Et vous n'savez pas du tout pourquoi, vous, vous pensiez que c'était sérieux ! Et des années après, cinq, dix, vingt ans, vous y pensez toujours en vous demandant POURQUOI... il ne vous a pas rappelée, et si c'est vraiment à cause de vous qu'il ne vous a jamais rappelée, et vous n'le saurez jamais, non ça jamais ! Sur leur lit de mort, vous croyez qu'les femmes s'apprêtent à mourir en paix, mais non ! Elles sont raccordées de partout à des dizaines de tubes en se demandant c'qu'elles ont fait, et pourquoi vous n'avez pas rappelé, voilà c'qui s'passe sale pourri !"
Trois hommes sur le green, une série méconnue qui a pourtant su offrir quelques perles...

J'ai toujours ce dialogue dans un coin de ma tête au moment d'une rupture. Pas parce que ça se passe forcément comme ça (quoique, hein les filles, ça nous est vraiment arrivé à toutes au moins une fois...), mais parce qu'il semblerait parfois que les places respectives de l'homme et de la femme soient codifiées à l'extrême dans la plupart des séries, notamment en cas d'interaction.
C'est Sex & the City qui, sans être la première série à le faire, ni forcément la meilleure pour le faire, a popularisé les interrogations explicites sur le rôle que chacun joue dans chaque relation. Et il est étrange de constater que c'est toujours le même. Non, pas pas étrange : communément admis.

TheSexes

Quand j'avais une quinzaine d'années, je ne sortais pas (mon éducation étant ce qu'elle était), et j'essayais de me projeter dans l'avenir et d'imaginer ce qu'était l'âge adulte, et plus particulièrement ce qu'était la vie amoureuse d'un adulte. Je me tournais vers la télé pour trouver des idées, pour imaginer ce qu'était la vie des autres, "dehors", et je voyais des personnages comme ceux de Friends ou Ally McBeal, et les choses étaient également très codifiées sitôt qu'on parlait de relations amoureuses.
Il y avait la première sortie, avec un premier baiser sur le perron si le dîner s'était bien passé, il y avait la seconde, plus mitigée souvent, parce que porteuse de méfiance et d'espoir, et puis, surtout, il y avait la troisième, et c'était là qu'on savait si les choses prenaient tel ou tel chemin. Au bout d'une période de temps convenable, on présentait l'autre à ses amis et/ou à ses parents, on allait rencontrer les siens, et on pouvait admettre que les choses étaient "sérieuses".

Tout un tas de codes que finalement, étant une adolescente impressionnable et (par la force des choses) réservée, j'avais intégrés au prétexte que, si la série trouve son public, c'est qu'elle a nécessairement une certaine résonance sur le mode de vie de ses spectateurs. Ce n'est quand même pas de la science-fiction. Les "dates" existent.
Et pourtant, de vous à moi, ma vie amoureuse ne s'est jamais déroulée comme cela. Je ne me suis jamais demandé s'il allait m'appeler, ou si je passais pour une fille trop collante si je l'appelais en premier, ou si cela faisait trois soirs et qu'il s'attendait donc à quelque chose, ou si au second soir je ne passais pas pour une fille facile, ou rien de ce genre. Et si je reconnais bien volontiers que ma vie amoureuse s'est montrée assez atypique, dans son genre, je refuse néanmoins de croire que je sois la seule à ne pas me reconnaître dans ce système guindé où il y a des règles du jeu soit à respecter, soit à transgresser.

Mais la télévision continue de les populariser. Il y a quelques semaines, on m'a convaincue de regarder un épisode de How I met your mother (et je me suis laissée convaincre à cause de Joanna Garcia) et il s'est avéré que les choses n'avaient pas vraiment changé depuis un peu plus de 10 ans que j'avais commencé à les observer à la télévision. On tient pour acquis qu'il faut faire certaines choses après une rupture, ou pour trouver quelqu'un, ou pour approcher quelqu'un... Alors qu'il y a autant de façons que de couples !

Bien-sûr, poser l'existence de tels codes permet de les transgresser, notamment à des fins comiques (il ne vous aura pas échappé que la plupart des séries citées sont des comédies ou, au pire, des comédies dramatiques), mais globalement, est-ce que ces codes ne finissent pas par transpirer sur la société ? Est-ce qu'on ne rencontre des prétendants potentiels que dans les bars ? Bien-sûr que non. Mais c'est quand même comme ça qu'on nous fait croire que la plupart des rencontres se font. Et cette règle des trois rendez-vous, sérieusement, vous la gardez toujours en tête au commencement d'une relation ? Moi pas, je me laisse porter, parfois ça prend beaucoup plus de temps, parfois moins, ça dépend de plein de facteurs qui dépassent largement la frigidité des règles édictées par ces fictions (et les autres).

D'ailleurs les scénaristes ont-ils inventé ces fameux codes de la relation amoureuse ? Je n'en suis pas sûre. J'ai l'impression que ça vient d'un autre média, de la presse (féminine par exemple). A mes yeux la meilleure preuve, ce sont les séries dirigées vers un public masculin, et là on se rend compte que la gamme des expériences, des possibilités de rencontre, des possibilités d'évolution de la relation, est bien plus diversifiée. Un exemple récent serait Men of a Certain Age, disons.
Les séries comme une version moderne du conte de fées qui emprisonne la population féminine dans une vision étriquée des relations homme/femme ? Je ne suis pas loin de le penser.

De toutes les valeurs véhiculées par les séries télé, la rigidité du fonctionnement des relations amoureuses est celle qui, en ce moment, me frappe et m'irrite le plus.

Publicité
11 janvier 2010

Hit the wall, Jack

Imaginez une série qui soit précédée de sa réputation, en des termes peu flatteurs. Genre :
- il y a un lapin en peluche qui parle dedans
- c'est un mauvais remake de Mariés, Deux Enfants
- elle a été classée par TV Guide comme la 30e plus mauvaise série de tous les temps
Après ça, étonnez-vous que ma curiosité ait été piquée...

Unhappily

Pourtant le pilote d'Unhappily Ever After n'est pas si mauvais. Au point que c'est quasiment une déception. Bon, si, effectivement, les deux premiers points ont tendance à se vérifier. D'ailleurs pour commencer, le décor est exactement le même. On pourrait se dire que c'est parce que ça a été tourné dans le même décor, mais non, non pas du tout, parce que Mariés, Deux Enfants était toujours en cours de diffusion à l'époque où Unhappily Ever After a été lancée ! C'est donc un acte délibéré !
Outre le décor, il y a la famille : le fils sans succès auprès des nanas, la fille totalement superficielle... et évidemment les vannes entre époux.

Non, entre ex-époux. Et c'est là ce qu'on trouvera de plus original, d'ailleurs. A contrario de ce bon vieux Al qui a signé pour l'éternité avec Peg, Jack et Jennie ont divorcé. Ou plutôt, Jennie a viré Jack de la maison familiale. L'ambiance dans la famille étant ce qu'elle est, les enfants ne sont pas spécialement traumatisés.
"Hey papa, où tu étais ?
- Ta mère m'a foutu dehors il y a deux semaines.
- Sans déc' ? Eh bah... à plus.
- Salut papa !
- Salut mon bébé... euh, tu savais que j'étais parti, n'est-ce pas ?
- Papa, je suis tellement égocentrique que je ne m'étais même pas rendue compte que tu es là maintenant."
Vous voyez le tableau.

Comme vous le voyez, la dynamique familiale ne fait que confirmer les soupçons de paternité avec la série de la FOX. Et les quelques références à connotation sexuelle (en général assez négatives, genre : "si je t'avais pris quelque chose, je te l'aurais rendu !"/"comme ma virginité ?"/"vois ça avec un autre ma belle") ainsi qu'aux moyens financiers limités du paternel sont de taille à effectivement laisser persister l'impression.

Mais c'est la lecture de Wikipédia qui m'a convaincue pour l'histoire de la 30e série la plus mauvaise de l'histoire de la télévision... Je résume, accrochez-vous...
Le principe, c'est que la mère, Jennie, était sur le point de commencer une nouvelle vie suite à son divorce, mais au bout de quelques épisodes la série a été réécrite pour que le père, Jack, désormais quasiment à la rue (dans un appartement qui ressemble plus à un taudis qu'à la garçonnière de Gary Unmarried), commence à développer une schizophrénie qui lui fait imaginer que Mr Floppy, le lapin en peluche que son fils lui a donné, parle. C'est pas fini. La mère de Jennie, qui apparait dés le pilote ainsi qu'au générique, finit la première saison en mourant et en étant brûlée au fond du jardin (je crois que ça veut dire que l'actrice n'avait pas l'intention de revenir. Encore que, ça veut rien dire, attendez). Il en reste. Au bout de trois saisons, réorientation de la série pour mettre en valeur Nikki Cox, qui interprète la fille et qui commençait à avoir la côte. De plus en plus d'épisodes se déroulent au lycée puis à la fac, et les scénaristes tuent Jennie devenue inintéressante, mais les audiences chutent et Jennie est ressuscitée quasiment par décret ! Après son retour, elle devient lesbienne et s'enfuit avec une femme, et là comme l'actrice avait vraiment claqué la porte, on n'en a plus reparlé. On est presque arrivés. Du coup, Nikki Cox reprend la vedette avant de signer pour une autre série (Nikki), ce qui provoque l'arrêt de la série. Dans un final qu'on ne peut qu'imaginer époustouflant, Jack se débarrasse de Mr Floppy qui meurt, avant de se raviser et ressusciter le lapin en peluche (décidément, c'est une manie).
Sans déconneeeeeeeeeeer ?!

Quand on sait tout ça sur Unhappily Ever After, on comprend difficilement que la série ait survécu pour 100 épisodes. De nos jours, la plupart des chaînes arrêteraient les frais bien avant que l'humiliation ne soit aussi complète et totale. On se demande comment il est possible de faire pire.

J'ajoute qu'on trouve pas mal de têtes connues au générique de la série : Geoff Pierson (que je connais depuis Une Maman Formidable et dont je suis incapable de dire du mal), Nikki Cox donc (faisant ce qu'elle sait faire de mieux : être rousse et aguicher), mais aussi Justin Berfield (pré-Malcolm, dans un rôle quasiment à la Dewey d'ailleurs). Et puis, je soupçonne aussi que Debra Messing ait été figurante dans le pilote, cachée sous cette perruque blonde.

DebraUnhappily_1 DebraUnhappily_2

Mais on n'en aura probablement jamais la confirmation...

Reste que d'une certaine façon, j'ai reçu une grande leçon de télévision avec cet épisode, confirmant le dicton célèbre qui dit, notamment quand on regarde un sitcom navrant : "tu crois que ça pourrait être pire, dis-toi qu'il y a forcément une série où ça l'a déjà été". Hm ? Vous dites ? Cet adage n'existe pas ? Maintenant, sa nécessité est prouvée.

Et pour ceux qui manquent de culture... SeriesLive n'a pas osé en faire de fiche, dites donc.

11 janvier 2010

Life sentence

Les sitcoms tournés avec plusieurs caméras appartiennent au passé.
Le jeunisme, il n'y a que ça de vrai.
Non à l'hégémonie télévisuelle américaine !
Forte de ces trois préceptes, la production de 18 to Life, série canadienne ayant pour enjeu principal que deux adolescents se marient précipitamment et contre l'avis de leurs parents, a tout simplement lancé un remake de Dharma & Greg.

18toLife

Et le pire c'est que ça marche ! 18 to Life est un rafraîchissant divertissant, porté par un couple central à la fois attachant et frais. Le duo fonctionne bien, et se détache des poncifs réutilisés à partir de Dharma & Greg pour trouver une personnalité propre, pleine de tendresse et de piquant. Ce sont deux adolescents normaux, un peu sages mais pas caricaturaux, plongés dans une situation qui les dépasse un peu mais qui s'accorde finalement assez bien avec leur âge : un coup de tête qui change leur vie. Les portraits comme les réactions sont réalistes, et on peut vraiment dire que Jessie et Tom sont bien écrits ET bien incarnés, ce qui a le mérite de surprendre vu le contexte.

Le blâme est en fait à adresser à... tout le reste. Les parents, principalement. Trop stéréotypés, ils représentent tout ce qui peut énerver dans une comédie : radicalement différents, ils ne s'aiment pas beaucoup (bien que voisins depuis des années) et ne partagent absolument pas les mêmes valeurs. Ils vont pourtant tomber d'accord sur une chose : ce mariage est une mauvaise idée. Le pilote les voit donc comploter afin de décourager leurs rejetons de faire le grand saut.
La situation respective des deux familles est dénuée de toute forme d'imagination et, pire encore (si c'était possible), n'a pas le moindre charme. Si les Finkelstein avaient un grain de folie appréciable même quand il ne servait qu'à produire quelques gags supplémentaires dans un épisode de Dharma & Greg, les Hill manquent totalement de relief en dépit des éléments soi-disant originaux qui servent à les décrire (le mari qui mange du bœuf séché en cachette, le réfugié irakien qui vit avec eux, etc...). Cas similaire chez les Bellow qui se sont collectivement assis sur un objet oblong mais ne sont pas spécialement drôles non plus.

L'origine de ce problème est peut-être à rechercher justement dans le traitement : choisissant de filmer cette comédie avec une seule caméra et dans des décors très variés (peut-être trop ?), la réalisation de 18 to Life s'est éloignée volontairement de la comédie pure, pour aller vers quelque chose de plus nuancé. Mais l'écriture des personnages secondaires n'a pas suivi le mouvement. Du coup, le résultat donne un décalage qui empêche de prendre la série au sérieux.
Peut-être qu'il aurait mieux valu le tourner comme un drame avec de l'humour que comme une dramédie, je ne sais pas.

Concrètement, 18 to Life n'a rien de la révélation, mais en tous cas c'est vaguement amusant, et le couple central donne envie de le suivre. Et puis, ça m'a rappelé mes propres 18 ans, quand, à la suite d'un pari, j'ai moi aussi été fiancée. Grâce à 18 to Life, je vais enfin savoir comment ç'aurait pu tourner...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche 18 to Life de SeriesLive.

10 janvier 2010

Une série attendue, c'est une série bien vendue

On parlait l'autre jour des séries de la rentrée japonaise (n'étais-je pas, pilotovore que je suis, vouée à adorer le fonctionnement de la télé japonaise avec ses 4 rentrées télévisuelles par an ?), j'ai enfin la possibilité de vous donner le classement des séries les plus attendues de la saison, selon le sondage Oricon de circonstance.
Je rappelle pour info que les pitches de ces séries (et bien d'autres) sont rassemblés dans ce post d'il y a quelques jours.

1 - Code Blue (saison 2)
2 - Bloody Monday (saison 2)
3 - Tokujou Kabachi!! (spin-off)
4 - Yamato Nadeshiko Shichi Henge
5 - Magerarenai Onna
6 - Hidarime Tantei EYE (remake/suite d'un téléfilm)
7 - Massugu na Otoko
8 - Hanchou (saison 2)
9 - Nakanai to Kimeta Hi
10 - Angel Bank

C'est carrément pathétique. Les séries inintéressantes le disputent aux séries renouvelées (avec un joli cumul sur le haut des marches du podium). Franchement, heureusement qu'il est prouvé que les sondages de l'Oricon ne reflètent qu'une partie des goûts du public (= les adolescentes et les jeunes femmes), parce que ça fait grave peur.
Remarquez au passage que Ryoumaden n'y figure pas alors que je mettrais ma main au feu que dans quelques semaines, plusieurs des séries mentionnées dans ce top seront bien incapables de faire d'aussi bonnes audiences. Et ça, quelque part, ça rassure quand même un chouilla.

Je crois qu'en fait, les sondé(e)s ont confondu avec un questionnaire des séries qui donnent le moins envie, mais dont le casting est suffisamment connu pour booster les audiences...

CodeBlue

Mais non, en réalité, ce que ça prouve, c'est l'épatante fiabilité des systèmes de promotion autour des séries considérées comme bankable par les chaînes nippones.
Le bourrage de crâne a bien fonctionné, tout le monde a bien retenu la leçon : en janvier, il faudra mater Tomohisa Yamashita dans Code Blue. Yamapi qui sera secondé par Erika Toda, laquelle revient d'une seconde saison de LIAR GAME fructueuse (avec un film à promouvoir dans pas longtemps) et de Yui Aragaki qui, avec un peu de chance, a un single de prévu tout prochainement histoire de terminer d'assommer tout le monde. Ah, bah tiens, j'étais pas loin, elle sera au menu d'une grosse compilation vouée au succès commercial... 'Fort à parier qu'elle sera invitée sur le plateau de l'émission musicale Hey! Hey! Hey! (sur la même chaîne), ou n'importe laquelle d'ailleurs ; Music Station sur TV Asahi l'a à la bonne, notamment. Enfin bref, le spectateur japonais n'a pas fini de se faire rappeler à l'ordre pour regarder la série.

Les Japonais sont vraiment les meilleurs sitôt qu'il s'agit de vendre un produit culturel. Avec eux, le mot "médiatisation" n'est pas un vain mot, et un tel enthousiasme fait plaisir à voir. Les règles du jeu sont les suivantes : pour vendre quelque chose, tous les coups sont permis. Surtout si on peut squatter les médias de plusieurs façons. Et avec les séries, c'est juste parfait puisque depuis des années, l'industrie tourne autour de jeunes frimousses qui obtiennent des premiers rôles à la télé et au ciné, qui s'affichent dans les magazines à la mode, qui savent vaguement pousser la chansonnette, qui font des pubs pour de grandes marques... On fait interpréter le générique par un chanteur ou un groupe qui cartonne ou qui est en pleine ascension (on en profite pour faire la promo de l'artiste musical en question... ça fait plaisir à la filiale qui fait maison de disques, échange de bons procédés si vous voulez). Et sans compter les campagnes d'affichage dans les rues et les couloirs de métro !
Alors évidemment, les règles du jeu stipulent également (en petits caractères) que ce ne seront pas les séries les plus intéressantes qui seront vendues de la sorte ; c'est d'ailleurs une règle internationale. C'est le prix à payer pour un secteur économique réellement actif, quelque part...

J'ai l'air de râler, mais pas du tout. Je trouve vraiment que ces techniques ont quelque chose d'inspirant, fondamentalement. Pour nous Frenchies, j'entends.
On veut que ça marche, donc on met le paquet : casting attrape-couillon, générique interprété par un artiste connu, pub partout et tranquillité nulle part... Quelque part, les médias japonais, ils croient en leur propre industrie, et c'est ça qui est beau. Ils font tourner la machine. Ils ne remplissent pas les cases-horaire avec mollesse en espérant quand même faire de belles audiences : ils vont les chercher. Leur système n'est ni meilleur ni pire que celui des américains (qui ont quand même tendance à être plus limités quand il s'agit de traverser les secteurs médiatiques, mais qui qui compensent par d'autres facteurs évidemment), mais sans aucun doute possible, il est meilleur que le nôtre.

Ils entretiennent leur business, les Japonais. Et au milieu des produits de consommation grand public, on peut subventionner des projets d'auteur, des expérimentations, des trucs plus marginaux. C'est pas grave puisqu'on compense par ailleurs ! Puisqu'on a mis le paquet pour que ce qui marche, marche vraiment ! En France, on veut les bonnes audiences, tout de suite, sans se fouler, juste en commençant à diffuser des trailers une ou deux semaines à l'avance ! Rien capté...

Allez, je vous laisse sur un ton plus doux, avec deux scans de magazines où figurent Erika Toda et Yui Aragaki. Il ne sera pas dit que je n'aurai pas promu Code Blue à la japonaise... vous me direz si ça a marché sur vous. Et comme dirait un autre amateur de dorama de ma connaissance : n'oubliez pas, en cliquant, c'est plus grand.

Promo_AragakiYui         Promo_TodaErika

9 janvier 2010

Coupé au montage

De tous les films que j'ai regardés ces 15 derniers jours (et il y en a eu un paquet, dans une sorte d'euphorie jusque là jamais égalée), The Final Cut est probablement le plus renversant de tous. Alors, plutôt que d'être la millionième personne à vous parler d'un film avec Scarlett Johanson ou Will Smith, je me suis dit que j'allais plutôt faire un post Comme au cinéma avec celui-là. Des fois que.

C'est quoi le nom du film ? The Final Cut
C'est plutôt quel genre ? Tech-noir
Qui on connaît là-dedans ? Au programme et avant tout, Robin Williams, l'homme par qui le cinéma est arrivé dans ma vie il y a 20 ans, et je l'en remercie encore aujourd'hui. Après, personne de très excitant, genre James Caviezel ou Mira Sorvino...
Ça date de quand ? 2004... mais où j'étais en 2004 ? Pourquoi je n'entends parler de ce film que maintenant ?
En résumé, de quoi ça parle ? D'un homme qui fait des montages à partir de la vie d'autres personnes.

TheFinaCut___1 TheFinaCut___2 TheFinaCut___3 TheFinaCut___4 TheFinaCut___5

En moins résumé, de quoi ça parle ? Alan Hakman est un monteur qui travaille sur les "films-mémoire" enregistrés tout au long de la vie d'une personne, et récoltés à sa mort afin de servir d'éloge funèbre. Il voit défiler les parties les plus intimes et les plus sombres de leur existence, et les compile pour n'en montrer que le meilleur. Il s'avère être le seul monteur qui accepte les cas les plus douteux moralement, en raison d'une blessure passée qu'il cherche désespérément à se pardonner lui-même.
Et ça finit comment ? Sur un plan fixe...

Pourquoi c'est bien ? The Island, I, Robot, Bicentenial Man, V pour Vendetta... ces derniers temps, les films questionnant la nature humaine ont été nombreux sur mon écran. Avec finalement, toujours la même question : ce qui fait de nous des êtres humains. Voilà un aspect peu ou pas du tout abordé dans les films précités, que The Final Cut explore de façon à la fois précise et évasive : en quoi nos souvenirs participent-ils à faire de nous ce que nous sommes ? Avons-nous besoin de nos souvenirs pour exister ? Pour faire nos choix ? Qui sommes-nous dans les souvenirs des autres ? Ce ne sont que quelques unes des nombreuses thématiques de ce film qui est incroyablement dense de ce point de vue. Le nombre de problématiques que The Final Cut soulève sur la mémoire, le libre-arbitre, les relations sociales... et évidemment, ce que son pitch de science-fiction interroge plus ponctuellement : les conséquences d'une société où nous devenons des caméras nous-mêmes. Imaginez un monde où, même si vous, vous n'avez pas d'implant enregistrant la totalité de vos souvenirs (mêmes les plus triviaux), votre voisin, votre patron, votre petit(e) ami(e), votre marchand de journaux... tous peuvent en avoir de vous. Vous êtes filmé à tout moment, du moins potentiellement. Cela conditionne forcément votre comportement ! Et le plus fou, c'est qu'une personne ne fait pas le choix d'être implantée, elle l'est, par ses parents, avant même la naissance ! Imaginez le nombre de problèmes, de questionnements, que cela soulève ! Les implications d'une telle technologie sont sans limite, on pourrait en parler des heures et des heures ! Il faudrait en faire toute une série, avec un épisode pour chaque axe ! C'est passionnant comme concept !
Pourquoi c'est pas bien ? Contrairement aux films cités dans le paragraphe précédent, The Final Cut n'a rien du film d'action, il a la forme d'un thriller psychologique. Et moi, ça me convient tout-à-fait. Mais je peux concevoir qu'on puisse lui reprocher son rythme, son statisme, ses silences, son personnage principal souvent impassible. Il y a quelque chose de froid dans ce film qui, plutôt que de donner la chair de poule, se contente de donner de la distance. Et la distance de ce film, bien que nécessaire, le rend aussi un peu imperméable par moments. C'est un film assez exigeant, en fait, dans ce qu'il demande d'implication émotionnelle, et tout le monde n'a pas forcément envie de se mettre à ce point dans le bain.
Au rayon des vraies mauvaises nouvelles, j'ajoute aussi la bande-son. Comme vous le savez, je suis assez peu réceptive à ce genre de choses, à moins d'un extrême. Ici, c'est bien simple, on a l'impression que toutes les musiques ont été piquées dans d'autres films/séries/publicités. Et c'est emmerdant de se voir rappeler d'autres univers (je pense notamment à Ultime Recours) dans un film pareil.

Ah, les joies du cinéma ! Si je travaillais dans le cinéma, à quelque poste que ce soit, je pense que je banderais à l'idée de travailler sur un film pareil. C'est quand même le comble du comble, si vous voulez. Le fantasme ultime cinématographique : monter un film avec un monteur comme personnage principal. Réaliser un film avec sur des films-mémoire. Jouer dans un film sur la vraie vie des gens qu'on filme. Braquemard terrible, quand même !
La réplique qui tue : Accaparé par ses interrogations personnelles, Alan se rend chez la famille du défunt sur lequel il travaille actuellement, et interroge la fille de celui-ci en espérant qu'elle l'aide à éclaircir ses propres questions. Sauf que, dans les scènes précédentes, il a été plus qu'insinué (mais pas tout-à-fait explicité) que le père en question avait été par trop affectueux avec la gamine, mais le sujet est tabou et Alan n'aborde pas le sujet frontalement. Pourtant, la petite l'apostrophe :
"Alan... vous allez réussir à réparer les souvenirs de mon papa ?
- ...Dans un sens, oui.
- Est-ce que vous pourrez lui faire oublier que j'ai... que j'ai dessiné sur un de ses contrats avec un crayon ?
- Je vais essayer.
- Et que j'ai tiré les cheveux de Doty si fort qu'elle a pleuré ; vous lui ferez oublier ?
- Oui, il oubliera... Mais pas toi, surtout."
La scène qui tue :
Bon, je sais pas si le concept de film-mémoire vous parle beaucoup. Personnellement ce n'est pas la première chose que je penserais à faire dans un monde où on peut enregistrer la totalité des souvenirs d'une personne : prendre le meilleur et le diffuser à ses funérailles. "Moi par moi", post-mortem. Étrange société de fossoyeurs de souvenirs... Mais quand on voit cette scène, on comprend aussi ce que, dans les circonstances si particulières du deuil d'un être cher, cette perspective peut avoir de rassurant (le problème à mes yeux étant que quelqu'un d'extérieur a choisi les images, par contre). Peut-être après tout que j'aurais aimé, moi aussi, savoir que ma grand'mère avait de bons souvenirs de moi...
Et j'ajoute que faire la démarche d'ouvrir un logiciel et de découper cette portion de ce film procure vraiment une sensation déconcertante vu le contexte...

TheFinaCut___Extrait

Une note ? CagoulesCagoulesCagoulesCagoules
Un film d'autant plus oppressant qu'il ne cherche que très modérément à remplir le rôle du divertissement. En gros, on n'est pas là pour rigoler, se changer les idées ou s'éloigner du réel.
Bilan : En gros, la question, c'est... de quoi je me souviendrai à propos de ce film ? Un miroir de plus, finalement.
Tout au long du film, et bien que happée par l'histoire d'Alan (du sur-mesure pour Williams, ce rôle, j'ai envie de dire d'ailleurs), je n'ai eu de cesse de me poser des questions. C'était quelque part assez excitant d'être mise face à un film qu'on regarde autant sur l'écran qu'à l'intérieur de soi. Est-ce que je souhaiterais une telle technologie ? Très franchement, pour moi qui ai si souvent l'impression d'oublier des pans entiers de mes souvenirs (ce qui fait que j'essaye de mémoriser des dates, des mots et des videos pour m'y raccrocher), ça pourrait sembler une solution parfaite. Sauf que l'idée d'enregistrer ses souvenirs, dans le cas de The Final Cut, se fait avec comme finalité les autres, et non soi-même. On n'est pas censé avoir accès à ses propres souvenirs. Ce sont, à votre mort, les autres qui en "profitent". Le monteur, d'abord ; et c'est sans doute le plus gênant, d'imaginer cette personne qui peut tout voir de vous, jusque dans vos moments les plus prosaïques. Et puis, vos proches, qui verront une sorte de best-of de vous-même, et chercheront à voir des souvenirs communs dans les vôtres. C'est pas si idyllique que ça, même pour moi.
Il y a des choses que le film n'aborde pas, déjà parce que ce n'est pas tellement son sujet, et ensuite parce qu'on ne peut pas tout faire en 1h30 (je maintiens qu'une série sur ce thème serait formidable). Par exemple l'aspect juridique : peut-on encore parler de délai de prescription quand les faits peuvent ressortir des décennies après s'être produits ? Vous imaginez si la petite fille prenait un avocat, dans 10 ou 20 ans, et que celui-ci trouvait le moyen d'avoir accès aux films-mémoire du père ? Elle obtiendrait une reconnaissance de ce que tout le monde lui nie, grâce à ces enregistrements. Je pourrais tuer pour ça, pour avoir des "preuves", pour qu'il soit impossible de faire semblant, pour que ce soit su par tous. Et juridiquement, ça transforme une société, des avancées pareilles. Surtout avec ce que pose le problème de la subjectivité, et donc de la différence entre réalité et vérité.
Parmi les sujets effleurés, il y a la société Big Brother qui se profile derrière tous ces enregistrements. Non qu'on veuille vous surveiller, mais vous l'êtes tout de même, et on vous verra dans les films-mémoire des autres dans plusieurs années, vous serez figurant, ou rôle majeur, mais vous serez là, votre histoire n'a pas droit à l'oubli, finalement. Il y a aussi la problématique liée au fait que les implants sont mis en place avant la naissance, donc sans le consentement de la personne. Déjà sur un plan éthique, c'est de la folie que la société de ce film l'ait accepté (en grande partie disons - et les arguments contre sont diversifiés, et plus ou moins sensés). Et puis naturellement, vient le moment de la découverte... comme cette femme qui a changé de vie du jour au lendemain parce qu'elle a compris que tous ses actes seraient visibles après sa mort. Donc jugés...
Et puis, franchement, les souvenirs de The Final Cut sont factuels, et ça c'est assez dérangeant aussi. Pour des raisons aussi bien cinématographiques que logiques, on n'aborde pas un problème majeur de l'implant : il enregistre du son, des images, mais pas de pensée. Est-ce que ça ne change pas tout, pourtant ? Si on regarde le film-souvenir d'une personne en train de se raser, le plus intéressant, ce qui nous rapproche vraiment d'elle, n'est-ce pas de savoir ce qu'elle pense à ce moment-là ? Savoir si elle se posait des questions, appréhendait sa journée, se faisait une joie de vous retrouver... Je crois que c'est certainement la clé la plus importante pour avoir accès à l'histoire de quelqu'un. Évidemment, au moment de l'éloge funèbre, on ne veut pas savoir si untel se demandait pourquoi la Terre est ronde plutôt que carrée en se rasant, mais au final, on aimerait apprendre quelque chose sur les gens qu'on a côtoyés, non ? Et si cet homme que j'ai toujours pris pour un type renfermé avait en fait une vie intérieure extraordinaire ? Quelle merveilleuse découverte ! Et si j'arrivais à comprendre ce qu'il pensait au moment de faire telle ou telle chose, est-ce que ma compréhension du monde ne s'en trouverait pas améliorée ? La société de The Final Cut passe à côté de bien des choses, mais c'est un choix (et une limitation technologique sans doute aussi). Reste que ça ouvre des portes fascinantes !
The Final Cut a trouvé un thème si génial qu'on en demande plus sur son univers. Il faudra se contenter de l'anecdote de ce monteur tourmenté et de sa recherche à la fois d'intimité et de vérité. Et franchement, ce n'est pas l'objet d'une déception à mes yeux, ce n'est pas différent de regarder l'Histoire via une histoire personnelle. En cela, The Final Cut est l'un des meilleurs films du genre dont on puisse rêver, finalement. Parce qu'il n'a pas l'ambition de dépeindre un monde, mais juste de raconter une histoire qui se passe dans ce monde. D'ailleurs, son idée de la technologie (aussi bien des structures relatives au montage que sur les immeubles, les voitures...) est si sommaire qu'on est loin des m'as-tu-vu que je citais plus haut (même V pour Vendetta semble en faire des caisses à côté). C'est même assez étrange, ce choix de faire se dérouler pareil film dans un monde ressemblant aux années 50... je ne me l'explique pas tellement mais pourtant, ça colle.
Tout cela est si perturbant et intrigant, donne à la fois une envie de curiosité et une leçon de réserve, qu'on ne peut qu'être impressionné, au final, par ce que ce petit film canadien méconnu au budget probablement limité parvient à accomplir.

8 janvier 2010

To be continued... The Big Bang Theory

Après environ un mois d'absence, The Big Bang Theory revient ce lundi pour achever sa troisième saison. Si vous avez abusé des bontés du Père Noël au point d'en perdre la mémoire, hop, on se remet dans le bain de fluide non-newtonien !

TheBigBangTheory___3x01
3x01 - Ou comment une intrigue qui a duré deux saisons trouve une conclusion avant même le générique.

TheBigBangTheory___3x02
3x02 - Penny et Leonard n'arrivent pas à copuler, mais tout ce qui m'intéresse, c'est le t-shirt de Sheldon !

TheBigBangTheory___3x03
3x03 - Une grande leçon de dressage (rien à voir avec les problèmes sexuels de Penny et Leonard évoqués ci-dessus).

TheBigBangTheory___3x04
3x04 - Raj prend son envol, accrochez vos ceintures, la collision avec Sheldon va secouer !

TheBigBangTheory___3x05
3x05 - Enfin un couple dont on sait ce qu'ils ont en commun dans The Big Bang Theory.

TheBigBangTheory___3x06
3x06 - Beaucoup de jalousie, et des toasts.

TheBigBangTheory___3x07
3x07 - Contre tout attente, Sheldon s'avère allergique à toute forme d'animosité (probablement parce qu'elle ne vient pas de lui).

TheBigBangTheory___3x08
3x08 - Soft kiddy, le retour de la revanche.

TheBigBangTheory___3x09
3x09 - Howard apprend les joies de la vie de couple tandis que Sheldon se fait plaisir avec Kripke.

TheBigBangTheory___3x10
3x10 - A ce stade de la saison, et si ce n'était déjà fait, tout le monde est devenu shipper pour le duo Peldon, parce que c'est le seul qui fait rire.

TheBigBangTheory___3x11
3x11 - Retour d'un personnage qui était drôle... la première fois.

D'un autre côté, vu la qualité très inégale de la saison, il n'y a pas grand'chose dont on veuille absolument se rappeler, mais enfin, voilà, vous êtes parés.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Big Bang Theory de SeriesLive.

Publicité
ladytelephagy
Publicité
Archives
Publicité