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12 février 2012

[#Ozmarathon] 4x09, dans l'oeil de la camera

On pourrait penser qu'après 4 saisons, notre Ozmarathon se serait engagé dans une certaine routine, capable de nous plaire (ô combien) mais plus de nous surprendre. C'est bien mal connaître la série, et cet épisode, en adoptant exceptionnellement une forme différente, va nous le prouver.

Ozmarathon_4x09

Des cameras de télévision se sont introduites dans les univers de plusieurs séries par le passé, permettant une certaine mise en abime. L'un des exemples qui à mon sens aura été le plus marquant dans cette catégorie est celui de l'épisode en live d'Urgences, qui présente les caractéristiques de ce type d'initiatives. Il s'agit avant tout de rafraîchir notre regard.
On a intégré depuis longtemps que, bien qu'elle se veuille réaliste, Oz est une série de fiction, sans nul doute possible. La gestion des différentes intrigues (par exemple la façon dont la saison 4 a procédé à une réorientation, mais aussi un resserrement sur un nombre plus restreint d'axes) en est la preuve. Paradoxalement, les journalistes qui débarquent à Oswald dans cet épisode réussissent à rendre la série plus réelle, pourtant. Les interviews avec les personnages centraux, les séquences camera au poing, font partie de la grammaire de ce type d'épisodes, et permettent de créer une impression de réalisme de façon artificielle. Les interviews, comme toujours dans ces cas-là (on le voit bien dans les mockumentaries), sous prétexte d'essayer d'extirper la vérité aux personnages, souligne au contraire leurs hypocrisies, alors qu'on a l'habitude de trouver ces mêmes personnages plutôt francs et clairs d'ordinaire. En définitive, on bascule totalement nos points de repères, ce qui est incroyablement vivifiant quand la routine s'installe avec une série.

C'est aussi là une opportunité incroyable de (re)découvrir l'univers carcéral avec un regard neuf. Dans le champs de la camera, soudain on réalise à quel point les personnages sont vulgaires, violents, dénués de scrupules. On a passé tant de temps à en rire, en pleurer et en frissonner qu'on oublie à quel point les protagonistes sont en réalité des humains effrayants. Bien que la journaliste présente dans la majeure partie de l'épisode prenne le parti d'en rire ou d'ignorer la plupart de ces comportements, on les voit soudainement avec les yeux des futurs spectateurs (imaginaires, donc) du documentaire.

Peu d'intrigues vont être abordées ici, pourtant. Moins encore que dans la première partie de la saison.
Ainsi, l'équipe de télévision s'intéresse en priorité à Beecher et Keller, la journaliste chargée de faire passer les interview préliminaires s'évertuant à essayer de tirer de leur histoire quelque chose de savoureux. Elle ne trouvera rien mais nous rappelle que la ballade de Beecher et Schillinger n'est pas finie, qu'elle ne trouvera probablement jamais de conclusion, et que la série ne veut surtout pas laisser mourir cet angle qui a apporté tant de confrontations incroyable. En résumant les plus importants évènements de cette histoire, l'épisode n'apporte pas grand'chose mais nous replonge, via des dialogues avec chacun des trois protagonistes de cette tragédie en constant développement, qu'on a affaire à des personnages denses, complexes, et qu'aucun n'est plus ni moins sympathique que les autres au bout du compte. L'angle sera pourtant abandonné, probablement parce qu'on est dans une phase creuse de cette triple confrontation, une phase de guerre froide. Ca ne durera pas mais les cameras seront loin d'ici là.

Le plus surprenant au début de l'épisode est probablement de voir le peu de répercussions de la mort d'Adebisi. C'est une affaire entendue : cette seconde partie de la saison 4 débute plusieurs mois après les évènements qui ont provoqué la déchéance d'Adebisi et de Querns, mais que Saïd soit déjà parvenu à la conclusion de son procès est un peu surprenant tout de même et on a clairement manqué ici une étape qui était décisive.
Là encore, l'équipe tentera de creuser l'histoire avant de la lâcher par excès de scrupules... je sais, ça surprend.

Pendant que l'émission se cherche laborieusement un angle sensationnel à adopter, l'intrigue O'Riley, qui était en apparence mineure, monte en puissance. L'épisode est parsemé de petites séquences dans lesquelles Ryan échaffaude lentement mais sûrement un plan de vengeance à l'adresse du journaliste principal et présentateur. Fidèle à lui-même, il va aller saluer sa proie et manipuler un pauvre hère, profitant qu'il n'y a plus de shérif en ville depuis la disparition d'Adebisi. C'en est presque trop facile... sauf que malgré ses efforts, au dernier moment, tout foire. Et c'est Cyril qui en fait les frais, dans une scène qui, pour la première fois depuis le début de l'épisode, remue les tripes. Ryan est enfermé, incapable d'empêcher son frère de faire une connerie, et quand la connerie se produit, il ne peut se porter à son secours. Il avait pourtant essayé de le tenir éloigné de tout ça à chaque étape, et tout a foiré. Les hurlements, la confusion, tout nous rappelle le désespoir et l'impuissance, ce qu'Oz sait si bien, ponctuellement, retranscrire.

Du fait de la narration un peu bousculée et de cette équipe qui vient fouiller Oswald plus profondément que pendant un shakedown, ce lancement de demi-saison nous offre une opportunité unique de nous replonger dans les éléments caractéristique de la série, tout en nous incitant à prendre du recul. Tout ça avec un coryphée plus efficace que jamais, capable de parler de medias sans incriminer la série ou le système télévisuel dans son ensemble, un écueil que peu de séries parviennent à éviter. L'épisode est donc réussi aussi bien de par le fond que la forme, et ce sera un plaisir d'aller au bout de cette 4e saison si elle tient toujours pareille forme.

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11 février 2012

[#Ozmarathon] 4x08, game changer

Avec cette saison 4 plus longue que les précédentes, on aurait pu se dire qu'Oz présenterait quelques longueurs. Mais rien du tout ! Nous voilà arrivés au milieu de la saison, et non seulement on n'a pas vu le temps passer, mais en plus on s'en prend plein la tronche. Après un épisode un peu rocambolesque, cette fin de mi-saison reprend du poil de la bête pour finir par nous laisser sur les rotules. Le Ozmarathon n'en finit pas de nous épater !

Ozmarathon-4x08

La saison 4 avait pris le parti de ressuciter certaines intrigues anciennes, histoire de se remettre en bon ordre de marche après une saison 3 à propos de laquelle on sera tous d'accord pour dire qu'il y avait une certaine marge d'amélioration. Il est temps maintenant de fermer ces intrigues.

Ainsi, Mobay tombe le masque et se rend aux autorités. C'est une fin logique pour notre flic des stups, mais elle ne manque pas de cruelle ironie : Mobay confesse le meurtre (et, implicitement, le reste de ses actions erratiques) parce qu'il ne veut pas être comme les prisonniers d'Oswald. Or il est devenu exactement comme eux. Pire encore, en confessant un meurtre, il est quasi-assuré de réellement devenir prisonnier dans une cellule quelque part. Une terrible conclusion sur le cercle infernal que représente la prison : si même un représentant des forces de l'ordre s'y perd, qui peut réellement sortir de prison en étant prêt à réintégrer la société ? Ne cherchez pas les exemples dans Oz, il n'y en a pas.

L'héroïne du jour est Sister Peter Marie. Alors elle, je ne sais pas ce qu'elle a pris au début de l'épisode, mais ça lui réussit. Elle règle ses comptes avec tout le monde, en montre aussi bien à Querns, McManus que Lopresti, et trouve même le temps de faire un câlinou avec le père Mukada avant d'aller se livrer à des échanges hautement métaphysiques avec Cyril O'Riley et Chris Keller. Ne cherchez pas, Dieu, c'est elle ! Qu'elle soit en colère, à bout de forces, ou au contraire totalement ranimée, elle est sublime.
D'ailleurs, Rita Moreno est si lumineuse que même sans maquillage, elle parait plus jeune que jamais.
En particulier, l'échange avec Keller confine au sublime. Oz nous a souvent proposé des réflexions sur la foi, et ce n'est certainement pas Sister P qui dira le contraire, mais ils ont rarement été aussi explicites et détaillés, préférant l'art de la métaphore ou s'appuyant simplement sur quelques elliptiques déclarations laissées à notre interprétation. C'est ici, au contraire, l'occasion pour Keller de se montrer plus touchant qu'il ne l'a jamais été, et de retrouver cette flamme bienveillante et confiante dans les yeux de Peter Marie. De quoi couper le souffle, réellement.

On fera un petit détour par le cas O'Riley, parce que c'est syndical. Il n'y a rien de plaisant dans cette intrigue : ni sa brièveté (mais après avoir éliminé Stanislofsky avec tant de brio, il était normal que Ryan semble en petite forme), ni le fait qu'elle nous inflige la vue de Claire Howell, ni son revirement de situation. Ryan levant la main sur Cyril (même en retenant son geste avant de commettre l'irréparable) est tout simplement incompréhensible après tout ce qu'on a pu voir auparavant ; si par contre, le coup d'aller ruser et tenter de faire droguer Cyril est assez son genre, on a quand même du mal à accompagner ce changement si brutal de comportement. Tout ça pour protéger sa relation abusive avec Howell ? J'avoue que j'intègre mal cette partie. Mais la menace prononcée par Howell est, paradoxalement, ce qui rend les possibilités futres de cette intrigue si intéressantes. Quelqu'un qui a de l'ascendant sur O'Riley ? Ce n'est pas courant... et qui s'y frotte s'y pique !

Passons rapidement, aussi, sur le retour de Rebadow, indéboulonnable (et c'est tant mieux), la petite histoire de Busmalis avec Miss Sally, plutôt mignonne, ou le passage dans le couloir de la mort, assez triste dans sa conclusion mais quelconque dans son déroulement. Le couloir de la mort se vide à une vitesse impressionnante, un peu plus et ce décor pourrait bien disparaitre de la série pour plusieurs épisodes... Je trouve en revanche intéressant, et ce même si ça n'a pas beaucoup été souligné, de la part de Moses de souligner, en tuant Miles quasiment de sang-froid (c'était en tous cas nettement prémédité), qu'il n'a plus rien à perdre. Plus encore que les prisonniers à vie, les condamnés du couloir de la mort n'ont plus vraiment à se soucier des conséquences de leurs actes, et c'est une perspective assez effrayante. En tous cas, voilà Moses seul à présent, et c'est finalement tout aussi terrible de rompre ses rares liens humains quotidiens et de l'enfermer seul de la sorte. C'est idiot, mais j'ai même trouvé ça triste que le miroir de Shirley soit brisé... surtout par ce connard de Lopresti.

Mais surtout, la grogne relative à la guerre raciale à Oswald va trouver sa conclusion, ou ce qui y ressemble bigrement. L'occasion pour McManus de récupérer son Em City, pour Querns de débarrasser le plancher (il n'aura vraiment rien accompli, celui-là) et pour Adebisi de rencontrer son créateur.
J'assimile très mal cette donnée. Adebisi était une brute épaisse qui semblait pouvoir résister à tout, pendant 4 saisons, convaincu d'être un esprit libre, et développant au fil des épisodes cette croyance incroyable qu'il pouvait accomplir quelque chose de grand et devenir, à sa façon, puissant. Adebisi était à mes yeux increvable. J'avais beau le savoir intellectuellement, j'avoue que je ne conçois pas trop Oz sans lui.
Pourtant, du jour où il réalise qu'il est enfermé et le sera toujours, il meurt. Ce n'est évidemment pas un suicide, mais il avait quand même bien baissé les bras. C'était certainement le plus triste à voir, dans cet épisode, la façon dont il ne semblait plus vraiment s'amuser pendant ses fêtes décadentes, la façon, surtout, dont il a donné à Saïd toutes les armes pour que son ascension soit stoppée.
Et Saïd, en parfait incapable, a fait exactement tout ce qu'il ne fallait pas : d'abord il a attendu que Keller et O'Riley lancent des hostilités pour se réveiller, ensuite il a cherché à jouer au plus malin avec Adebisi, et surtout, il n'a pas fui à toutes jambes quand il a vu qu'Adebisi n'était pas bien dans sa tête. Au lieu de ça, Saïd, bien qu'en état de légitime défense sur le principe, s'est fichu dans un sacré pétrin. C'était cependant émouvant de voir Arif s'inquiéter pour lui, vu leur passé commun.

En tous cas, nous y voilà : McManus a récupéré Em City, Adebisi est mort, Saïd est un meurtrier, la prison toute entière est en bordel, et Schillinger va avoir un petit-fils... Le monde est à deux doigts de basculer dans le chaos, et la série ose nous laisser en plan pendant plusieurs mois ?!
Fort heureusement, notre Ozmarathon n'attendra pas si longtemps pour découvrir ce qu'il advient du bon peuple d'Oswald...

9 février 2012

The childhood in the plastic bubble

TheChildhoodinthePlasticBubble

Je suis née au début des années 80. C'était une époque pendant laquelle même les parents psychorigides (et je disposais de deux particulièrement intéressants specimens que je pouvais observer à loisir) ne donnaient pas dans la surprotection.

On laissait les enfants se faire quelques bleus, au propre comme au figuré, sans craindre les dommages irréversibles. Parfois peut-être à tort. Souvent parce que, soyons francs, un enfant est plus résistant qu'on ne veut bien le dire, et que surtout, la résistance, ça se construit. Inutile de le faire vivre dans une bulle de plastique en espérant préserver son innocence et ses genoux jusqu'au moment où il sera un adulte fort et vaillant : dans les faits, les années 80 pensaient plutôt qu'on devenait un adulte fort et vaillant parce qu'on avait profité de l'enfance pour s'amuser, se tester et se construire.

On n'hésitait pas à disputer les gamins qui ne bossaient pas en classe, plutôt que de reprocher les notes aux enseignants ; on fumait près des enfants sans trop se formaliser ; on n'enfermait pas les gamins à double-tour par peur du Croque-Mitaine ; les enfants roulaient en vélo sans casque, sans genouillères, sans coudières ; ils s'aventuraient bien au-delà du champs de vision de leur maman qui leur donnait un couvre-feu en espérant qu'ils le respectent, ce qu'ils ne faisaient pas, et plutôt que d'avertir la police au bout de douze secondes, ils se faisaient méchamment remonter les bretelles au retour ; on se prenait une petite morniffle quand on dépassait les bornes sans que les parents ne tournent compulsivement les pages de leur Dolto de peur d'avoir traumatisé Junior à vie ; on regardait la télévision avec les adultes et il n'était pas rare de tomber sur deux paires de Coco Girls légèrement polissonnes ; des films et des livres sont sortis pendant cette période, destinés pour tout ou partie aux enfants, et ils n'étaient pas forcément très gais (je me souviens avoir été voir L'Ours avec le centre aéré, avoir découvert Brisby et le Secret de Nimh puis quelques années plus tard, L'incroyable voyage avec mes parents et ma petite soeur, etc...), et de toute façon, les adultes ne cherchaient pas à tout prix à nous faire regarder des choses "de notre âge".
C'était une époque pendant laquelle tout n'était pas parfait, loin de là... et on avait tout loisir de le découvrir par nous-mêmes.

Dans un tel contexte, je secoue régulièrement la tête, navrée, quand je lis certaines réactions du type "momma bear" (par exemple sur le tragiquement excellent STFU Parents) parce qu'un enfant a eu le malheur de n'avoir pas reçu mille traitements de faveur par jour.

Mais plus encore, cela me frappe particulièrement dans le domaine des films, séries et livres. Qu'on essaye de faire en sorte que les enfants parviennent jusqu'à l'âge adulte sans la moindre cicatrice à exposer comme un trophée de guerre, ou expérience un peu stressante (du genre se perdre dans Toys'R'Us à dix jours de Noël), admettons, passe encore.

Mais la surprotection culturelle me rend folle ; c'est tout simplement antithétique.

Certes, j'ai conscience qu'il ne faille pas prendre mon cas pour une généralité. Plutôt pour une extrêmité, à vrai dire : mes parents ont été ceux qui m'ont donné à lire Bijou de la Maison Douce, Les enfants jetés, ou Chien perdu (et on s'étonne que j'aie pendant longtemps attendu qu'ils me fassent une révélation sur mes origines !), mon père a insisté pour que je regarde La Strada et Elephant Man à 10 ou 12 ans, et mes premières séries ont été L'Enfer du Devoir, La Belle et la Bête, et quelques autres joyeusetés du genre de V. Il n'a jamais été question de me faire croire que le monde est idyllique.
Je les en remercie (c'est rare).

A l'inverse, aujourd'hui, je lis que les parents ne veulent pas montrer certaines scènes de films Disney à leur progéniture.
Ou qu'on veut très officiellement recommander aux parents de ne pas montrer Les Incroyables Pouvoirs d'Alex à des moins de 15 ans.
Le domaine d'extension de l'absurde.

Les enfants devraient pouvoir regarder des choses un peu difficiles, ou les lire (en fait les lire dans un premier temps, quand leur imaginaire limite la casse). Oubliez ce que je viens de dire, je corrige : les enfants devraient regarder des choses un peu difficiles. Tout simplement.

Parce que les enfants n'aiment pas les menteurs. Parce que les enfants ne vivent pas au pays des Bisounours (ils vont à l'école avec leurs congénères, après tout). Parce que les enfants ne sont pas épargnés par la vie, si ce n'est aujourd'hui, peut-être l'an prochain.
Et parce que la fiction leur apprend à se préparer, toutes proportions gardées, à certaines éventualités difficiles, à se fabriquer une carapace en toute sécurité. Aujourd'hui à regarder Mufasa mourir, demain capable de parler de la mort avec les parents, après-demain ou le jour d'après aux funérailles de papy, immanquablement.
Gloire à la fiction pour nous apprendre que si Maman chérie et Papa terrible savent veiller sur Bijou, tout ne sera pas forcément aussi facile. Gloire aussi à la fiction pour nous parler d'Izzy et Gus même si on ne verra jamais San Francisco, et nous ouvrir une fenêtre sur les vies qu'on ne mènera jamais, moins protégées que la nôtre (ou parfois un peu plus, merci 7 à la Maison).
Si tu as 12 ans et que tu n'as jamais lu Le Petit Prince, tu as raté ta vie !

Je pourrais dire tout cela avec amertume. Je n'ai jamais caché ne pas avoir rigolé pendant mon enfance, après tout.
Je pourrais décider que me faire lire Les enfants jetés a ajouté à la "torture" plutôt que participé à ma construction mentale. Je pourrais ironiser et dire, ouais, pas étonnant que j'aie lu ces livres quand j'étais enfant, que j'aie vu ces films et ces séries, c'est cohérent avec l'éducation un rien sadique qu'on m'a donnée.
Et pourtant, culturellement, j'ai reçu une éducation du feu de Dieu (en-dehors de la musique ; je n'ai eu droit à aucune culture musicale), et j'en suis fière. Je n'ai pas été protégée. J'ai été envoyée au feu. J'ai pleuré, et j'ai eu le coeur qui se serre, et j'ai même trouvé dans ces fictions une créature de cauchemar sur laquelle transférer toutes mes angoisses invisibles. Certaines histoires m'ont tenue éveillée, parce que je me suis posé des questions, parce que je me suis inquiétée, parce que quelque chose, parfois, s'est cassé. Tant mieux.

Aujourd'hui je recherche le grand frisson, la cassure, l'angoisse, à ma façon. Ce serait mentir que de prétendre que je ne considère pas que le meilleur épisode de notre Ozmarathon à ce jour est celui qui est le plus terrible de tous. Tout le monde ne cherche pas ça dans ses fictions, ou disons, pas à un tel degré, et il y a, évidemment, une part de mon attirance pour ces fictions qui découle directement des découvertes parfois un peu dures que j'ai faites à un jeune âge.
Mais ai-je été endommagée par ces fictions un peu difficiles ? Ou m'ont-elles donné les ressources nécessaires pour survivre à ce qui m'a réellement endommagée ?

La question est complexe et je ne prétends pas avoir la réponse absolue, certainement pas moi. Mais je n'ai pas l'impression, cependant, que cette façon de censurer tout ce qui peut heurter un enfant, soit non plus une réponse...

7 février 2012

[#Ozmarathon] 4x07, best sitcom ever

Allez savoir si j'étais, au départ, d'humeur badine, mais ce nouvel épisode de notre Ozmarathon m'a semblé être une gigantesque et hilarante blague. Tout prêtait à sourire ou même à rire. Oz peut tout faire... même de la comédie !

Ozmarathon-4x07

Quoique l'épisode a plutôt commencé comme un film d'horreur. Pour une raison qui m'échappe, Ryan O'Riley se tape... j'ai peine à croire que je vais le mettre blanc sur violet mais... il se fait Claire Howell. En fait non, la raison ne m'échappe pas. C'est du Ryan tout craché : il a calculé les bénéfices immédiats (il peut se taper l'une des rares femmes d'Oswald) et sur le long terme (il a un CO dans la poche et peut lui demander des services, et c'est mieux que jouer sur la fibre patriotique de Murphy), et il en a conclu que, ouais, en essayant de se concentrer et d'imaginer que c'est Gloria à la place, c'est jouable.
En toute sincérité, je me rappelais que Howell se tapait un prisonnier, mais j'avais oublié lequel. Ca m'a fait un choc. Mais évidemment, voir Stanislofsky mourir quelques minutes plus tôt m'a redonné le sourire...

Pour prendre le relai et s'enfoncer plus loin encore dans la comédie, on a droit au cas Zabitz. Ce personnage sans grande envergure, qui n'a été là que pour relancer la guerre entre Beecher et Schillinger (ce dernier l'avait payé pour dire que Keller était coupable de l'enlèvement des enfants), et qui passe son temps à parler des dents pourries de sa fille, était voué à retourner dans la masse des prisonniers anonymes aussi vite qu'il en était sorti. C'était sans compter sur le désormais légendaire sadisme des scénaristes, qui décident de lui donner une porte de sortie plus officielle et de nous montrer un Chris Keller bien décidé à lui faire manger les pissenlits par la racine. Pendant ce temps, Schillinger convient que Zabitz est devenu gênant et qu'il faut l'éliminer.
La scène de l'exécution est surréaliste : Keller et Robson se disputent la proie... tout ça pour que celle-ci fasse une attaque cardiaque. C'est hilarant et absurde. Insérez les rires enregistrés ici.

Mais le fun ne s'arrête pas là puisque Keller a ensuite toute une scène pendant laquelle il humilie le père Mukada avec la même technique qu'il avait utilisée pour destabiliser Sister Peter Marie lors de leurs sessions. Et c'est non seulement dingue de voir à quel point il est doué pour ça, mais aussi de prendre deux secondes de recul et de se dire que c'est B.D. Wong qui fait mine d'être effaré par la perspective dégueulasse de se livrer à des actes homosexuels. Difficile de ne pas voir l'ironie de la chose ici.

C'est ensuite au tour de Beecher de nous divertir. Ici on est moins dans le rire à gorge déployée que l'expression cynique d'un humour noir de mauvais goût. Après avoir bouclé le clapet de Sister Pete et de Kareem Saïd, Beecher décide de devenir méchant et de payer pour faire tuer Hank Schillinger. On aurait presque pu s'en tenir là : faire exécuter le même jeune homme qui devait être la personnification de son rachat karmique était déjà plutôt drôle. Mais qu'en plus, Beecher change d'avis, aille annuler sa commande, pour apprendre qu'il est trop tard, c'est terriblement... pas marrant, non, mais avouez que c'est vraiment le revirement qui tue. Plus c'est gros, plus ça passe, cela dit, et c'est bien dans l'esprit de cet épisode.
Il ne fait pas vraiment de doute dans mon esprit, dans les prochains épisodes, on ne trouvera plus ça très amusant. Mais pour le moment, c'est juste énorme.

Puisque décidémment c'était l'intrigue du n'importe quoi, l'affaire Rebadow rebondit. Notre tueur-né a soudain des regrets, une fois sorti du trou. Il tente de faire des excuses à Busmalis et c'est bien-sûr l'instant précis que choisit une tumeur dans son cerveau pour pousser. Bon, pas tout-à-fait, mais il faut quand même reconnaître que l'enchaînement de situations de cette intrigue vire au grand-guignol, surtout étant donné le talent de Busmalis pour être piteusement drôle en toute situation, et avec en prime l'obstination de Querns à lui refuser de voir son ami, on ne sait pas d'où ça vient, mais ça dédramatise complètement la situation de le voir jouer au salaud comme ça. On devrait s'inquiéter pour Rebadow mais vu le contexte, on n'y arrive pas.

Les scénaristes se désintéressent quant à eux lentement de l'intrigue de Mobay (et ils ont raison). On est donc dans le n'importe quoi aussi ; alors que pour la première fois, Mobay vient demander conseil à Glynn (il est bien temps !), lequel nous sort des conneries quasi TwinPeaks-iennes sur son obsession envers la campagne électorale et balance une réponse à la con aux problèmes de Mobay. C'est totalement ridicule, sa suggestion, d'ailleurs : comme si introduire un prisonnier que personne n'a jamais vu pour acheter de la drogue à Mobay allait permettre à ce dernier d'acquérir une quelconque crédibilité ! Et pourtant, croyez-le ou non, Mobay s'exécute. Sauf qu'Adebisi n'est pas d'humeur à la rigolade, et qu'il continue d'avoir des doutes envers Mobay. Ca va mal finir.
En intrigue annexe, je pourrais également citer Hill, qui se fait cuisiner au sujet du meurtre auquel il a assisté. La scène est là aussi un rien décalée, avec l'enquêtrice sûre de son coup qui a deviné, on ne sait comment, que Hill sait quelque chose. J'avais envie de me rouler par terre.

La fin de l'épisode est, en apparence, plus sérieuse. En apparence seulement. Pendant qu'Adebisi a fait de sa piaule à Em City un véritable nightclub, qu'il se débarrasse nonchalamment de Pancamo et Morales, et qu'il trouve le moyen de faire de la couenne tout en tapant la discut' avec Kareem Saïd, ce dernier reprend la tête des Muslims (on savait tous qu'Arif n'avait pas ce qu'il fallait et qu'il ne tiendrait plus très longtemps). Il essaye d'intéresser McManus au sort d'EmCity, lequel est quant à lui mis face à l'autre vérité derrière la création d'un EmCity entièrement noir : l'unité B est en train de drôlement pâlir en contrepartie. Derrière les développements de cette histoire pour Adebisi, Saïd, McManus ou Schillinger, il y a l'officialisation de la guerre raciale qui est déclairée à Oswald, jusque là sournoise, désormais inévitable. C'est une intrigue qui après tout, a besoin d'éclater, c'est le moment. Mais c'est totalement absurde, une fois de plus, de voir comment le plan de Kareem Saïd le pousse à pactiser avec Adebisi, lequel lui fait une déclaration hallucinée et se met à danser en plein milieu d'EmCity.

Je crois qu'il est temps de placer les scénaristes en désintox : pour cet épisode, ils avaient vraiment abusé. Mais avec ce qui se prépare, rira bien qui rira le dernier encore en vie... parce qu'à mon avis, ça va se corser.

7 février 2012

lady's world tour - Escale n°1

Entre deux posts consacrés à l'Australie (Outland commence demain... ENFIN !) et avant le post Ozmarathon de ce soir, je voulais vous proposer un petit tour d'horizon de plusieurs news de la planète, là, comme ça, histoire de se mettre de bonne humeur.

J'ai une affection particulière pour les brèves du monde, je dois dire. Même quand on ne regarde pas les séries en question (parce qu'on ne peut pas, parce qu'on ne veut pas, parce qu'un peu des deux, parce qu'autre chose...), ça fait toujours du bien de simplement savoir que des projets intéressants, originaux et/ou sympathiques voient le jour un peu partout.
Cependant, bien-sûr, le plaisir premier du world tour, c'est aussi de se tenir au courant et de trouver dans l'actualité des télévisions du globe des suggestions de découvertes, ce qui est, comme vous le savez, très important à mes yeux.

Vous allez donc FORCEMENT trouver un truc qui vous intéresse dans ce premier world tour, c'est pas possible autrement !

LoveHateDVD

- IRLANDE : c'est définitivement de l'amour
Vous connaissez les IFTAs ? Bah c'est comme les BAFTAs, mais pour l'Irlande. Voilà ça c'est fait. Eh bien les nominations pour l'édition de 2012 de cette cérémonie ont été dévoilées il y a quelques jours, et elles font plaisir à voir. Il faut quand même préciser que pour les Irish Film & Television Awards, sont elligibles toutes les séries co-produites et/ou tournées sur le sol irlandais, ainsi que les acteurs d'origine irlandaise quelle que soit la nationalité de la fiction où ils ont officié. On fait avec ce qu'on a, hein... L'an dernier, c'est la première saison de la série Love/Hate qui avait dominé ces récompenses, mais cette année... eh bien cette année Game of Thrones est elligible ! Pas facile de rivaliser dans ces conditions, pourtant avec 10 nominations Love/Hate (saison 2) domine une fois de plus, et ça c'est chouette pour la fiction irlandaise en général comme en particulier. La série est d'ailleurs assurée d'une 3e saison, ce qui est une bonne nouvelle supplémentaire. A noter que Ruth Negga est nommée deux fois, d'une part pour son rôle dans Misfits, et d'autre part pour son apparition dans le téléfilm écossais Shirley, bravo jeune fille ! La série en gaélique Corp+Anam a également tiré une nomination dans la catégorie meilleure série.

- COREE DU SUD : une série d'action sur le câble
Vous ne pouvez pas l'ignorer, le câble sud-coréen est en plein boom. OCN prépare dans ce contexte un nouveau projet intitulé Hero, une série d'action se déroulant dans un futur immédiat, dans une mégalopole où les limites entre le bien et le mal sont devenues floues, et où le crime a envahi la ville... bref, une sorte de Gotham City. Le héros de cette ville et de cette série sera un personnage décrit comme étant hors de contrôle et un peu idiot, ce qui a le mérite d'être original. C'est un scénariste habitué du câble, l'auteur de la série historique Yacha, diffusée en décembre 2010 sur OCN également, qui signe cette série. 10 épisodes sont prévus et la production en a déjà terminé 4... il va falloir s'activer, le lancement est prévu en mars prochain !

- COREE DU SUD encore : un drama nommé aux USA
Alors, je vous l'accorde, ce ne sont pas les International Emmy Awards, mais quand même. Sungkyunkwan Scandal, une série historico-romantique adolescente, vient d'être nommée à l'occasion du New York TV Festival, dans la catégorie "meilleure mini-série". Titre auquel elle peut prétendre non pas par sa brièveté (20 épisodes), mais parce qu'elle ne compte qu'une saison avec un début et une fin, et ça permet de prétendre au titre de mini-série sur le sol américain où on fait une petite fixette sur les renouvellements. Diffusée pendant l'été 2010, Sungkyunkwan Scandal avait été particulièrement populaire auprès des jeunes spectatrices ; les audiences avaient été honnêtes, sans plus, atteignant au mieux 13% de parts d'audience, mais il faut dire que la série était diffusée face à GIANT, qui elle, a atteint 40%. C'est pas pour trouver des excuses mais allez lutter contre ça en seulement 10 semaines ! Toujours est-il que les résultats de ces récompenses seront connues courant mars...

Navya
- INDE : Navya en équilibre instable
Eh bah moi, les séries qui survivent à leur annulation, je trouve toujours que ça fait de belles histoires. Celle de Navya commence en avril dernier, lorsque Star Plus lance ce petit soap sans grande originalité. On y découvre une jeune femme, Navya (vous l'auriez deviné) qui a grandi dans une famille très traditionnelle, mais qui se soigne. La série tourne donc autour de la façon dont Navya tente de concilier à la fois les traditions conservatrices de sa culture, et un mode de vie plus moderne et ouvert, sans offenser qui que ce soit ni aller contre son coeur. C'est beau. Le problème c'est que Navya, le soap, a eu plus de mal à trouver son équilibre que Navya, le personnage, et les audiences commençaient à faire une sale tête. Fin janvier, Star Plus a donc décidé d'annuler la série, expliquant son geste avec une petite video d'annonce, diffusée le 25 janvier, et nommée "Goodbye Navya". Sauf que les fans ne l'ont pas entendu ainsi et ont submergé la chaîne sous les demandes de grâce. Requêtes exaucées : la série, qui devait s'achever le 13 février prochain, se voit finalement accorder un sursis. Elle déménagera simplement de sa case de 22h du lundi au jeudi, pour atterrir à 18h. A charge pour les fans de s'adapter...

- AUSTRALIE : c'est la rentrée !
Bah oui, quoi, qu'est-ce qui vous choque ? Les vacances estivales étant finies, en ce mois de février, les chaînes australiennes dévoilent leurs plans pour les prochains mois, c'est normal. Pour l'heure, deux networks ont ainsi révélé leur programmation à venir, notamment en termes de fictions ; beaucoup de ces infos relèvent essentiellement de la confirmation, mais ça fait quand même plaisir. Ainsi, chez Seven, les fans de Packed to the Rafters seront ravis d'apprendre que la diffusion de la nouvelle saison ne sera pas aussi erratique qu'en 2011, et se fera en une seule fois ; même chose pour Winners & Losers (de retour pour une saison 2), et la série A Place to Call Home, de la même créatrice, qui devrait quant à elle apparaitre plutôt vers la fin de l'année. La chaîne mise donc énormément sur ses séries feelgood, qui occuperont le plus clair de l'année. Du côté du network Nine, une nouvelle série de la franchise Underbelly est d'ores et déjà commandée, ce qui est normal, on ne va pas tuer la poule aux oeufs d'or et la machine est si bien rodée... La nouvelle série Tricky Business est elle aussi confirmée (fans de Farscape, sachez qu'on y retrouvera Gigi Edgley qui s'y est trouvée une nouvelle maison après l'annulation de Rescue: Special Ops), décrite comme un mélange de série procédurale et de drama familial. Quant à la mini-série Howzat!, spin-off officieux de Paper Giants, son tournage devrait prochainement commencer à Melbourne et il faudra encore patienter un peu, mais on en reparle très vite.

- SUEDE : des chiffres et des boulons
Où l'on reparle d'Äkta Människor ! Eh oui, vous pensez bien que je ne vais pas vous lâcher de si tôt avec cette série (pour laquelle il existe des sous-titres...). Cette fois on va s'intéresser aux audiences, puisque j'ai réussi à trouver celles de la première soirée. Le 22 janvier dernier, SVT proposait en effet une soirée de lancement avec les deux premiers épisodes ; le premier, à 21h, a réuni 830 000 spectateurs (9,1% de la population, souffle-t-on), et le second a été suivi par 650 000 spectateurs (7,2% de cette même population). Quand on sait que les deux épisodes de la mini-série Hinsehäxan, diffusée quelques semaines plus tôt, avoisinait plutôt les 13%, ça fait un peu peu, c'est sûr. Mais fort heureusement, Stefan Baron, chef de la fiction chez SVT, s'est dit dans une interview plutôt satisfait de ces chiffres, surtout qu'il se doutait un peu qu'une série de SF, en primetime sur une chaîne publique, dans un pays qui n'a pas une tradition de science-fiction particulièrement marquante, ça n'allait pas forcément déchaîner les foules. Surtout qu'en face, TV4 propose rien de moins que des épisodes de Wallander ! Pour lui, le pari sera réussi si, au terme de ses 10 épisodes, Äkta Människor parvient à une moyenne de 700 000 à 800 000 spectateurs chaque semaine, sachant que maintenant, il n'y a plus qu'un épisode chaque dimanche, la case de 22h étant occupée par Damages. Il y a donc encore un peu de marge avant qu'Äkta Människor ne se fasse débrancher...

BehzatC
- TURQUIE : l'épidémie de vampirophilie s'étend
C'est, avec la joie intense que vous me connaissez, un plaisir inestimable que de vous annoncer qu'une série turque s'intéressant à des vampires est en préparation. Ecrit par le jeune scénariste de la série policière Behzat Ç., Emrah Serbes, le projet de série, pour le moment intitulé Vampire-i Osmani, est d'autant plus intéressant que le folklore turc n'a pas vraiment de mythe du vampire, la créature étant plutôt une importation issue du folklore de la Bulgarie voisine. Pour autant, la série va bel et bien se dérouler en Turquie... mais attention, petit twist : ce sera pendant la période ottomane ! Il s'agirait de s'intéresser à la première et dernière fois qu'un vampire aurait été aperçu en Turquie, en 1833. On aurait donc ici non seulement une exploration du mythe du vampire, vue à travers une investigation pour comprendre si l'apparition est avérée ou non, mais également une série historique. Personnellement, je trouve que l'époque se prête bien mieux que les temps modernes à des séries sur les vampires, il y a quelque chose de "classique" dans ce concept. Si j'étais pas une chochotte, ça me donnerait presque envie de tenter le coup, tiens !

- AFRIQUE DU SUD : une telenovela maison
En Afrique du Sud, les soaps (ou plutôt, les "soapies") sont la norme : qu'elles soient américaines, britanniques, ou évidemment locales, les séries à rallonge, on connait, on adore. A titre d'exemple, Generations est à l'antenne depuis 1994, Isidingo depuis 1998 et 7deLaan depuis 2000. La chaîne payante Mzansi Magic, elle, a décidé de se mettre à surfer sur la vague de la telenovela, et ça c'est vraiment nouveau. Pour la première fois, elle a commandé une telenovela sud-africaine, dont la diffusion commencera le 19 mars prochain à 20h30 (vers la fin du primetime, donc). Inkaba, c'est son nom, commence à un mois de l'échéance à faire le plein d'annonces sur son casting, se vantant de réunir d'anciennes gloires du soapie sud-africain (surtout vu que l'une de ses stars initialement prévues est décédée mi-janvier...). Inkaba, la telenovela sud-africaine qui promet à ses spectateurs qu'elle aura un début, un milieu, et une fin ; ça n'a l'air de rien, mais c'est une petite révolution.

LaFuga
- ESPAGNE encore : succès d'estime pour La Fuga
En janvier, Telecinco lançait La Fuga, une série d'anticipation carcérale et romanesque (excusez du peu) plutôt ambitieuse.  Le pilote avait d'ailleurs été regardé par 3,1 millions de spectateurs espagnols (un peu plus de 16% de parts de marché), et c'était tant mieux. Malheureusement, en un mois, la série a perdu 1 million de spectateurs. A qui la faute ? Eh bien, ce n'est pas pour montrer du doigt, mais il faut quand même admettre que la concurrence est rude. Par exemple, le 3e épisode a dû faire face au match de la Copa del Rey entre le Real Madrid et le FC Barcelone... Allez lutter contre ça. Mais le pire était à venir, quand mercredi dernier, Antena3 a lancé Con el culo al aire, une comédie se déroulant dans un camping et qui a réuni plus de 4 millions de spectateurs. Pas facile pour une série comme La Fuga de faire le poids. Et pourtant, les critiques sont bonnes, à un tel point que, parmi les séries diffusées en Espagne en ce début d'année, on s'accorde à dire que La Fuga est la deuxième meilleure (la première étant Downton Abbey dont la diffusion s'est achevée debut janvier). De quoi encourager Telecinco à tenir bon jusqu'en avril, date prévue pour la fin de saison de La Fuga.

- ESPAGNE : Aguila Roja en danger ?
On peut se demander comment une chaîne peut en arriver à envisager d'annuler ses deux plus gros succès, mais voilà, on en est là. RTVE, la première chaîne espagnole, est en train de sérieusement songer à annuler Aguila Roja et Cuéntame cómo pasó, en dépit du fait qu'il s'agisse là de ses plus grosses gagneuses. Il faut dire que le budget de la chaîne publique vient de subir un sévère resserrement des cordons de la bourse : 200 millions d'euros en moins, ça fait réfléchir aux dépenses... Bon, la décision n'est pas encore prise, et la chaîne tente en parallèle de renégocier son budget auprès du gouvernement, mais en tous cas, c'est officiel, si même des séries qui réunissent plus de 5 millions de spectateurs chaque semaine ne parviennent pas à être renouvelées, c'est qu'il y a un problème. La décision officielle de La 1 sur ces deux séries (ainsi que la série Amar en tiempos revueltos, et le projet de série historique Isabel, mi reina, dont le tournage est bien entamé mais qui est également en danger) se fera le mois prochain. Petite question : si elle ne conserve que les séries qui ne font pas de bonnes audiences, comment RTVE compte améliorer ses rentrées d'argent ?

Perfidia

- ARGENTINE : le mieux est l'ennemi du bien
Hier soir débutait en Argentine Perfidia, une mini-série que Canal7 diffuse en quotidienne. La série s'intéresse à une bande de 3 potes lycéens qui se retrouve, 10 années plus tard, alors que l'un d'entre eux revient d'Europe où il a passé la dernière décennie. Les amis, pourtant un peu étrangers, vont décider de se lancer dans un investissement risqué dans une nouvelle entreprise qui va les rendre riche ! Sauf qu'en réalité, la super affaire du siècle va en réalité être une immense arnarque, qui va ranimer à la fois les rancoeurs et jalousies passées, mais aussi des problèmes bien actuels, lorsque les choses dégénèrent. Perfidia a vu le jour grâce au Concurso Series de Ficción Federales, organisé par le ministère chargé de l'innovation et des services publics, , ce qui en fait une double bonne initiative.

- JAPON : de la SF, enfin !
On dirait bien que la SF commence à piquer la curiosité des chaines japonaises. Pendant longtemps, la SF, bon bah euh, en gros, c'étaient les tokusatsu (que les Français connaissent un peu mieux par leur cas particulier, le sentai). Pourtant, au fil des dernières saisons, des dorama comme Uchuu Inusakusen (certes essentiellement parodique), mais aussi Clone Baby ou
Heaven's Flower, ont vu le jour. Cette fois, c'est O-PARTS, une mini-série en 4 épisodes, qui a été commandée par le network Fuji TV, un thriller qui sera diffusé quatre jours d'affilée et qui s'intéressera aux voyages dans le temps tout en reprenant les codes du thriller anti-terroriste (rien que ça). Incidemment, Rin Takanashi, déjà présente dans Uchuu Inusakusen, sera également de la partie, aux côtés de l'éphèbe Ryuuhei Maruyama qui, comme souvent, est issu d'un boys band populaire et portera le rôle principal.


...Comme je vous le disais, je vous encourage vivement à réagir à ces news, individuellement ou globalement, pour pouvoir m'indiquer ce qui vous intéresse (ou pas ?) dans ces brèves sur l'actu du monde. Y a-t-il par exemple des séries que vous avez envie de découvrir, à présent ?

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3 février 2012

[#Ozmarathon] 4x06, les mains propres

Eh bah je sais pas pour vous mais, si on fait une moyenne, c'est quand même une putain de saison et je m'éclate comme une petite folle !
D'accord, la saison 4 d'Oz n'est pas révolutionnaire sur le fond ni la forme, elle ne choque plus autant qu'avant et ne retourne plus notre univers comme au tout début de la série, mais bon sang, c'est quand même hyper bon ! Le Ozmarathon continue donc dans la joie, l'allégresse et la mort violente, comme Dieu l'a voulu !

Ozmarathon-4x06

Derrière le propos badin et pédagogique des monologues de Hill, se cache un épisode sur la responsabilité.

A l'image des Muslims où Saïd tente désespérément de faire prendre conscience à Arif de ses responsabilités, et finit par monter lui-même au créneau pour essayer de régler les problèmes grandissants d'Em City. Oh, il y règne le calme plat et la violence en est absente, mais le quartier devient un véritable ghetto et cela inquiète de plus en plus du monde. Quand Arif tente d'intervenir, il est trop tard, il a été exclu du processus il y a bien longtemps, s'il en a jamais fait partie, et il n'a plus aucun poids.
A travers cette intrigue, on sent à la fois que le leadership de Kareem Saïd était finalement un mal nécessaire : oui, cela lui donnait de trop nombreuses occasions d'exprimer son amour fou pour son ego, oui, ses choix étaient parfois contestables, mais son charisme et son sens des responsabilités vis-à-vis de la communauté étaient des valeurs sûres. Allez, on sait tous qu'Arif va demander à Saïd de revenir dans la course, fais donc pas tant d'histoires mon petit, sois beau joueur, cède la place au leader naturel.

En prenant lui aussi la responsabilité de ses actes, Mobay est surprenant. Il a touché le fond, ment comme un arracheur de dents aux autorités qui lui posent des questions sur la mort du prisonnier qu'il a lui-même tué (pendant que Hill pissait probablement de frayeur sur sa chaise), a trouvé instinctivement un super moyen de consommer de la drogue sans avoir l'air d'y toucher... et le voilà qui débarque chez Sister Peter Marie pour y déballer une confession sincèrement touchante, avec une lucidité folle sur ses actions. Voilà, pile quand il ne restait plus grand'chose de réellement captivant à faire avec sa plongée en Enfer, le personnage de Mobay vient de faire un volte-face qui va pouvoir nous intéressant. Bien-sûr, pour le moment il est protégé par le secret professionnel, mais son ambivalence va être captivante, bien plus que si elle l'avait été dés son arrivée à Oz.

Nat Ginzburg aura été un sacré personnage. Après avoir été l'outil qui a éliminé Nappa, il aurait pu disparaitre comme tant d'autres prisonniers qui n'ont été que de passage. Au lieu de ça, il a intégré le couloir de la mort, tenu compagnie à Shirley Bellinger et... et a eu droit à un superbe épisode de mort, plein de surprise et de tendresse, avec des petits morceaux de sagesse dedans. Notre prisonnier décide donc d'aller au-devant de la mort et de prendre la responsabilité de mourir plus tôt, avec l'aval de Sister Peter Marie, fort à propos. La réflexion sur l'euthanasie et la peine de mort était par exemple très intelligente (et sans repasser par l'habituel laïus de Sister Pete sur sa crise de foi), et sans s'apesantir 3h sur cette question, l'histoire de l'exécution de Nat est l'une de ces indications qu'Oz a encore plein de choses futées à dire et de questions à soulever, sans effort mais avec de bons résultats. Tout ça avec une conclusion qui m'a émue aux larmes, mais avec un sourire attendri. Vraiment du joli boulot. Adieu Nat, on va te regretter, et on n'aurait pas cru.

Bien-sûr, un épisode d'Oz ne serait plus un épisode d'Oz sans une querelle d'amoureux entre Beecher et Keller. Beecher réalise que Keller n'est pas responsable de la mort de son fils, alors Keller retrouve la rédemption à nos yeux... pour quelques minutes à peine puisqu'il confesse ensuite à Ray Mukada le meurtre de plusieurs homosexuels. Là encore, excellentissime scène pour le ptit Père Mukada qui refuse, tremblant de peur, dans une scène absolument glaciale de rage contenu des deux côtés, d'absoudre Keller tant qu'il ne se sera pas livré aux autorités pour payer ses crimes. Et Keller, qui était tout-à-fait prêt à prendre la responsabilité de ses actes devant Dieu, qui refuse de la prendre devant la Justice, c'était extrêmement bien trouvé, une réaction fidèle à lui-même. Beecher, qui ignore tout de ses aveux, continue d'être noyé dans ses tourments amoureux et décide là-dessus de tromper Keller sous ses yeux. C'est Dallas, mais on s'en fout parce que c'est superbe, cette façon qu'ils ont de s'autodétruire alors que strictement rien ne les y pousse, si ce n'est leur absence totale de confiance l'un en l'autre...

Pour la séquence humour, on a droit au retour de Rebadow-le-tueur. C'est à hurler de rire : les petits regards par en-dessous, les fantasmes de tuerie dans la cafeteria de la prison, les abdos... Rebadow a décidé qu'il était mauvais et il est à fond dedans, mais ne se rend pas compte à quel point il est peu crédible en tueur à gages. Et surtout, il vise trop petit : alors qu'il obtient la protection d'un des trois pontes d'Em City, il décide d'exécuter... Busmalis. Sérieusement, Rebadow ? Il n'empêche que son séjour au mitard risque de le conforter dans sa vocation nouvelle plus qu'autre chose. Rebadow peut-il être une véritable bombe à retardement ? Saura-t-il ensuite regarder ses actions et les assumer, quand le délire sera passé ?

La pièce de résistance, enfin, nous est offerte par Ryan O'Riley. Toujours aussi grandiose, ce Ryan. Il trouve le temps dans cet épisode à la fois de nous offrir une performance torturée lorsqu'il s'inquiète du sort de Cyril (qui a fait une overdose de médicaments grâce aux "bons" soins de Gloria Nathan), de faire échouer une nouvelle fois la tentative de Stanislofsky de lui nuire (il a perdu le portable dans la manoeuvre, mais il a échappé au pire et c'est l'essentiel), et surtout, de faire ce que tout le monde savait qu'il ferait : se débarrasser du violeur du Dr Nathan.
Sauf que les histoires de combines, de manipulations et de mains propres, c'est fini. Quand il s'agit de venger le viol de Nathan, Ryan se salit les mains, il veut pouvoir le faire lui-même, parce que cette fois, c'est personnel. Jusque là quand il a fait quelque chose d'atroce, c'était par calcul, parce qu'il a une colonne pertes et une colonne profits en permanence dans la tête, et que quand ses fesses et celles de Cyril sont en cause, la fin justifie les moyens. Mais ici, ça n'a plus rien à voir. Il fait une exception. Sa scène de prédation, avant d'exécuter (il n'y a pas d'autre mot) le violeur de sa bien-aimée, est parfaite. On sent la tension monter, on sait que cette fois il va y aller lui-même, que ça va être atroce, ça ne va pas louper, il va le-... ouh punaise, la brute. Qui eut cru que Ryan avait cette bestialité en lui ? Finalement je le préfèrerais presque en salaud aux mains propres. Ce qui se passe dans la tête de Ryan est parfois extrêmement flippant.
Comme attendu, O'Riley va ensuite faire le beau devant Glorian Nathan, et lui envoie un trophée, fier de lui, fier de son acte atroce. Lequel trophée est accueilli à juste titre avec dégoût et... et quelque chose d'autre. Le Dr Nathan quitte Oswald, mais la ballade de Ryan et Gloria est-elle si vite finie ?

2 février 2012

[#Ozmarathon] 4x05, and the eternal dance of death continues...

Retour à notre Ozmarathon dans une ambiance un petit peu plus détendue... un peu seulement, ça reste quand même Oz.
Je tiens d'ailleurs à remercier chacun de mes petits camarades du Ozmarathon qui m'ont permis de prendre un peu de temps avant de reprendre la série, alors qu'ils avaient fort envie de voir la suite.

Ozmarathon-4x05

Il me faut d'abord commencer par saluer les excellentes interventions de Hill. Cette saison, il est vraiment au mieux de sa forme. Tout y est, c'est absolument parfait : les textes sont bons, leur mise en scène impeccable... Mais il faut dire que j'attendais l'une de ses répliques depuis plusieurs semaines, et j'avais déjà évoqué son monologue sur la prise de responsabilité.

C'est l'intrigue de Mobay qui domine le début de l'épisode (et vous savez ce que j'ai tendance à penser des intrigues de début d'épisode dans Oz...). Si dans l'épisode précédent, il avait fait le grand saut et commencé à consommer de la drogue sans aucune raison professionnelle de le faire, cette fois la rupture avec la réalité est définitivement consommée quand notre flics des stups (il faudrait quand même voir à le rappeler) décide sans sourciller de tuer un prisonnier pour pouvoir se faire adouber par les seigneurs d'Em City. Ce qui est intéressant c'est qu'il n'y a de sa part AUCUN cas de conscience. Oz ne cherche pas à nous dire "ohlala, mais c'est mal, va-t-il plonger, va-t-il ne pas ?", non, la série ne cherche pas à nous raconter une histoire à dormir debout, la chute est claire, nette, et il ne s'agit pas de tourner autour du pot mais surtout de vivre l'expérience de Mobay avec lui, avec tout ce qu'elle comporte d'ahurissant pour un type qui est quand même supposé être du bon côté de la barrière, et qui prouve bien qu'il n'y a pas de bon côté, il n'y a probablement même pas de barrière.
L'idée n'a même pas effleurée Mobay d'avertir Glynn de ses problèmes, alors qu'il en aurait cent fois l'opportunité. C'est ça qui est frappant dans cette histoire, c'est vraiment qu'à aucun moment Mobay n'hésite, ne se demande ce qu'il devrait faire. Il fonce. Droit dans le mur, visiblement. Mais pour le moment ça fonctionne, en plus...
L'intrigue est intéressante, mais elle traîne un peu en longueur pourtant.

Parce que vu ce qui se passe à Em City, il faudrait peut-être plutôt se pencher sur les agissements de Querns. Et la confiance inébranlable d'Adebisi a de quoi provoquer de sacrés questionnements. D'où vient donc ce mec pour qu'il soit adopté aussi bien par Adebisi que qualifiable pour ce poste aux yeux de l'administration ? Est-il en train de faire d'Em City un quartier black pour transformer le secteur en Paradis pour Adebisi et les siens, ou a-t-il des motivations autres, plus perverses ? Ce serait quand même étonnant qu'il n'y ait rien derrière tout ça. Je suis à peu près sûre (bien que n'ayant aucun souvenir de la conclusion des choses) que ça ne peut pas bien finir pour Adebisi. Mais en tous cas, pour le moment, tout se passe effectivement comme prévu, et visiblement Arif commence à se dire que ça pue, surtout avec l'arrivée de Supreme Allah. Il est grand temps. Peut-être même trop tard. Aura-t-il le courage de se rapprocher de Saïd qui avait prédit que ça tournerait mal pour les Muslims ?

Rebadow est au mieux de sa forme. Depuis qu'il a tué sur commande pour le compte de Morales, c'est un autre homme. Du moins a-t-il réussi à s'en convaincre, et c'est finalement là une grande leçon sur la façon dont l'assurance d'un homme peut le transformer. Qu'il s'agisse de tenir tête à d'autres prisonniers, ou aux gardiens eux-mêmes, Rebadow se fait l'incarnation du sucker punch, avec d'autant plus de force que son apparence ne paye pas de mine (il faut voir le sourire condescendant de Morales lorsque notre petit vieux vient lui demander paiement de sa faveur,alors qu'il s'attend vraisemblablement à ce que ce soit totalement négligeable et ridicule). Le pire c'est que Rebadow a réussi à avoir l'assentiment de la plupart des prisonniers qui, sans le prendre au sérieux tout-à-fait, applaudissent ses démonstrations de cojones. Je ne sais pas combien de temps Rebadow va pouvoir rouler des mécaniques avant d'être rappelé à la réalité de sa condition, mais en attendant, c'est savoureux de le voir en remontrer à des types qui, il n'y a pas si longtemps, comme il le rappelle lui-même à Sister Pete, lui menaient la vie dure. Watch out guys, we got a badass over here !

Le grand spectacle, encore une fois, c'est Ryan O'Riley qui va nous le fournir. D'abord dans son éternel bras de fer avec Stanislofsky (vous savez où me porte mon coeur dans cette lutte sans merci), qui est décidément parti en cacahuète pour un simple portable. Mais quand on est enfermés entre quatre murs, on se focalise sur le plus absurde des gadgets, et c'est le cas de la bataille entre l'Irlandais et le Russe, qui ne veulent pas céder un pouce de terrain. Comme d'habitude chacun y va de son petit murmure dans l'oreille adéquate ("han t'as vu moi j'aurais pas aimé"), et... et ça foire. Ryan ne parvient pas à faire éliminer Stanislofsky, et Ryan est toujours sur ses deux jambes. Oh certes, il a récupéré le portable, mais on parie que pour autant le jeu du chat et de la souris n'est pas prêt de se conclure ? C'est une question de domination : il faut que l'un des cerveaux machiavéliques l'emporte sur l'autre. Le portable a mis le feu aux poudres mais tant qu'il n'y en aura pas un pour casser sa pipe grâce à l'autre, c'est sans fin. Mais en tous cas c'est divertissant comme au premier jour.
Et puis, sur une tonalité plus sombre, Ryan O'Riley nous rappelle aussi que son intrigue amoureuse avec le Dr Nathan connait en cette 4e saison une véritable rédemption. Fini les déclarations enflammées, il brûle un feu autrement plus ardent derrière les yeux verts de Ryan désormais, parce que ce qui le consume dépasse les simples sentiments amoureux. Lorsque le violeur de Gloria Nathan parait à Em City (quelle idée aussi, ne pouvait-il pas être envoyé dans une prison où Nathan n'exercerait pas ?) parait devant les yeux de Ryan, on peut lire dans ceux-ci une condamnation à mort qui est tout ce qu'il y a de définitif. Il n'y a plus qu'à attendre de découvrir comment cette exécution aura lieu, et, surtout, si Ryan la brandira comme un trophée à sa chère et tendre, ou s'il a réellement pris sa leçon d'humilité.

La séquence émotion, elle, appartient à Beecher. Car pour clore cet épisode, les scénaristes ont décidé de relancer de plus belle l'éternelle danse de la mort de Toby et Vern, avec, comme c'est désormais l'usage, Chris au milieu.
Plein de bonnes nouvelles dans cette intrigue. D'abord, le fait que l'enlèvement des enfants de Beecher, traité en, quoi, deux épisodes ? A été parfaitement efficace et, surtout, n'a pas trainé en longueur. C'est un vrai plus et ça reste fidèle à la grande tradition de la lutte sanglante entre Beecher et Schillinger : ne pas finasser en chemin, aller droit au but, pour ne jamais diminuer l'impact. Et là en l'occurrence, la douleur de Beecher qui a appris qu'on avait coupé la main de son fils est vite remplacée par la douleur du deuil tout court, avant de passer à la douleur du doute (envers Keller), et l'enchaînement est parfait.
Qui plus est, on n'a jamais cessé d'instiller le doute envers Chris Keller, et même si on aurait envie de croire à leur "belle" histoire (à base de pugilat, au propre comme au figuré, depuis le premier jour, quand même), on a toujours un petit doute derrière la tête, et cet épisode l'exploite parfaitement, récoltant les fruits consciencieusement semés pour nous infliger l'atroce réalisation ensuite que, bah, on n'avait pas de raison de douter, tout cela vient une fois de plus de la main de Schillinger.
L'intrigue renoue avec celle de la crise de foi de Sister Pete, ce qui est en plus un vrai bon coup puisque c'est là une intrigue qui, bien que mineure, a un peu trainé en longueur (surtout après la visite de l'évêque, qui n'a pas servi à grand'chose), et les reconnecter est bien vu pour ne pas nous désespérer.
Même l'intervention du ptit père Mukada est bonne (même si ce coup de fumer à tout va, ça me rappelle un peu la pseudo-crise qu'il nous a faite après l'émeute avec son blouson en cuir), ce qui n'est quand même pas aisé.
Du coup, l'éternelle danse de la mort entre Beecher et Schillinger promet de nouveaux instants d'horreur et de rivalité absurde, et c'est quand même un des grands points forts de la série sur le long terme.

Un bon épisode, donc, équilibré, avec de bonnes respirations savoureuses, et une utilisation formidable des intrigues et personnages essentiels qui font fait les grands épisodes de la série jusque là. Tout cela est très prometteur, surtout si, comme moi, on fait mine d'ignorer les intrigues politiques qui ne mènent pas bien loin.

31 janvier 2012

[#Ozmarathon] 4x04, it's not TV

Il va falloir m'excuser. Pour ce post, je vais devoir compter sur vous, amis du Ozmarathon, et vous laisser faire la review, exceptionnellement.

Je suis absolument incapable de synthétiser ma pensée. Je suis une pauvre chose depuis près de trois quarts d'heure devant mon écran, en train de me balancer légèrement, en pleurs, et ne laissant échapper qu'une sorte de râle glauque qui fout les jetons à mes deux chats (je n'ose imaginer la gueule de la voisine en entendant ça). Je ne rigole pas du tout. Je suis totalement vidée par cet épisode et ce post ne sera pas celui d'une review ordinaire.

Ozmarathon-4x04

Il s'est pourtant passé plein de choses. Forcément. Mais tout ce à quoi j'arrive à penser, en fait, la seule image qui tourne dans ma tête, c'est le corps de Shirley Bellinger plongeant dans le vide. Et pourtant je n'ai pas eu la force d'aller chercher cette capture. La vue de cette scène m'est impossible une seconde fois.

Cela faisait depuis l'épisode 3x07 que je savais qu'il me faudrait affronter cette scène, pourtant.

J'avais déjà vu cet épisode, il y a 10 ans. Il ne signifiait que la mort de Bellinger pour moi, ce jour-là. C'était déjà une scène un peu difficile à supporter, mais ce n'était qu'une scène.

Lorsque Bellinger a dit à McManus, il y a quelques semaines, qu'elle choisissait la pendaison comme façon de mourir, je me suis souvenue de tout ça, de cette scène, de la façon dont la première fois, elle m'avait choquée ; j'ai alors réalisé que ça allait être, sans aucun doute possible, le moment le plus difficile de tout le Ozmarathon ; pourtant j'ai voulu continuer et aller jusqu'à cette séquence fatidique. Peut-être que j'espérais que ça aurait un effet sur moi, du genre, "ok, maintenant au moins le démon est exorcisé". Peut-être que je n'aurais jamais dû me relancer dans la série sachant qu'il y aurait cette scène, aussi.
Il y a bientôt deux ans, freescully s'est pendue. Et je vous avoue que là, ce soir, vraiment, un post, c'est trop me demander.

24 janvier 2012

[#Ozmarathon] 4x03, le cri

Alors, je ne sais pas pour vous, chers amis du #Ozmarathon, mais cette saison 4 est un pied MO.NU.MEN.TAL.
C'est douloureux mais c'est bon. En fait, comparé à la totalité de la saison 3, cet épisode est quand même bien hardcore. Si bien que, environ toutes les 10 minutes en moyenne, je me suis époumonnée en hurlant et en me recroquevillant en position foetale sur mon fauteuil. Un épisode au terme duquel, en somme, il est impossible pour le spectateur de ne pas présenter une frappante ressemblance avec le fameux tableau de Munch...
Si vous avez le coeur bien accroché, passons donc à la revue de détails.

Ozmarathon-4x03

Il me faut d'abord préciser que dans cet épisode, les monologues d'Augustus Hill atteignent un degré de qualité qu'on ne leur connaissait plus depuis bien longtemps : ils sont admirablement bien écrits, renvoient très bien à l'univers carcéral en général mais aussi aux intrigues individuelles, sont très bien réalisés, et l'interprétation est parfaite. Ca faisait très, très longtemps qu'ils n'avaient plus été si bons !

L'intrigue qui m'a le plus impressionnée est celle de Rebadow... un personnage qui compte parmi mes favoris et qui, justement parce qu'il est l'innocence et l'inoffensivité même, devient un tueur malgré lui. L'arrivée d'un nouveau Latino le plonge donc dans la tourmente, lui qui d'habitude réussit à tenir si tranquillement sa place d'Outsider (rappelons que même pour s'échapper de la prison avec Busmalis, il était quand même pas chaud-chaud par moments). La scène pendant laquelle il assassine El Cid est terrible parce que, bien qu'il ait tué une fois (dans un accès de rage, il y a plusieurs décennies...), on sent que cela horrifie Rebadow au plus haut point. Les deux cris, celui du tueur et celui de la victime, s'associent alors dans un long concert éprouvant, se répondent, se rejoignent, pour qu'un seul subsiste, et c'est une scène absolument atroce parce qu'on ressent tout ce qu'elle a d'absurde et d'inhumain. C'est, plus que les scènes de surenchère violente que l'on trouve parfois, le genre de moments où Oz accomplit pleinement sa mission, celle de nous choquer visuellement, auditivement, mais aussi intellectuellement, de nous mettre face à quelque chose d'horriblement humain et de sordide.

Pendant ce temps, le flic des stups infiltré incognito, "Mobay", poursuit son exploration du réseau de drogue d'Em City. Evidemment, les choses ne suivent pas leur cours aussi tranquillement qu'il le prévoyait, et le voilà bientôt à transgresser la plus importante règle des agents infiltrés : ne pas consommer. Sa déchéance fait peine à voir, surtout quand elle l'atteint aussi durement sur un plan physique et que Hill, désemparé, tente comme il le peut de l'aider. La descente aux Enfers est aussi très brutale, et on sent bien qu'elle affecte Glynn lorsque ce dernier vient le visiter au trou. Ce qui est particulièrement pénible et perturbant dans cette intrigue, c'est qu'en définitive il est si facile pour Mobay d'être en danger en cours de sa mission, pour des résultats si incertains, voire dérisoires quand on connait l'astuce des prisonniers pour parvenir à leurs fins en matière de trafic de drogues...

Mais quand il s'agit de scènes pertubantes et de personnalités perturbées, c'est comme souvent Shirley Bellinger qui l'emporte haut la main. Outre la confirmation qu'elle se tape bel et bien un CO, l'épisode est surtout une opportunité, alors que son exécution se rapproche, de la voir aborder la question de la mort et de la culpabilité, ici par le biais de son ex-mari, et père de la petite fille qu'elle a tuée. Avec ce regard de défi étrangement serein qu'elle adopte si souvent, la voilà qui crache au visage de son ex les pires horreurs. On est absolument incapables de déterminer s'il s'agit de la vérité ou non ; il y a une visible volonté de vouloir faire du mal, et on sait que Shirley a quelque chose de vicieux en elle, outre en plus sa nymphomanie avérée, mais d'un autre côté, est-il réellement dans sa nature de mentir ? Pas vraiment non plus. Et on ressort de cette confrontation avec un sentiment de malaise très lourd, ça dépasse le malaise d'ailleurs tant c'est dérangeant, on voudrait hurler comme pour vomir le goût nauséabond de chaque fait et geste de Bellinger. Et en même temps, n'est-elle pas superbe, pleine de fougue, d'audace et de culot ? Et presque jolie, quand elle crache sa dent et promet de l'offrir à la tooth fairy ? J'en viens à souhaiter qu'elle disparaisse rapidement tant mes sentiments sont conflictuels à son égard. C'est vraiment l'un des grands personnages de la série, une addition remarquable au cast de départ. Finalement, non, Shirley : meurs pas.

Dans un autre genre, la confrontation entre Stanislofsky et Ryan O'Riley continue de faire partie des excellents morceaux de ce début de saison. On l'a dit, ces deux esprits tordus se sont trouvés, manque de chance, ils se sont braqués l'un envers l'autre pour cette bête histoire de portable alors que dans d'autres circonstances, ils auraient pu faire des miracles en s'alliant. Mais non. Alors tant pis. Ou tant mieux d'ailleurs, puisque leur partie d'échec est absolument brillante : chacun utilise les mêmes méthodes pour essayer de piéger l'autre, s'en débarrasser, avoir le dessus, la compétition est serrée et au final, on en arrive encore à un score ex aequo, comme le montre bien la scène où tous les deux papotent l'air de rien, côte à côte, dans la cour centrale d'Em City, presque comme si c'était un jeu.
L'intrigue a cependant un autre mérite, celle de souligner que Ryan a désormais beaucoup moins d'emprise, si ce n'est plus du tout, sur Adebisi. Auparavant, la technique d'aller lui murmurer que le Russe est gênant aurait fonctionné ; Adebisi, en grosse brute pas trop futée qu'il est, lui aurait fait sa fête. Mais maintenant, Adebisi n'est plus le bras de Ryan O'Riley et ça se sent. Il a sa propre cause (ça avance d'ailleurs grâce à une alliance contre nature avec Kareem Saïd) et ne se laisse plus manipuler. C'était très intéressant parce que du même coup ça montrait bien qu'avec ses intrigues amoureuses, Ryan est quand même descendu dans la hiérarchie sociale de l'unité, alors qu'en première saison (et alors qu'il n'avait pas de copains irlandais à Em City contrairement à maintenant où des quotas sont appliqués... normalement en tous cas) il était capable de s'asseoir au conseil avec les grands.
Mais ces intrigues amoureuses, justement, n'en finissent pas, et comme vous le savez ce n'est pas forcément mon intrigue préférée. Cependant il faut reconnaître, et je le fais de bonne grâce parce que j'étais sincèrement impressionnée, que la confrontation avec la famille de Preston Nathan est très bonne. Jusqu'au moindre petit détail : Cyril qui tend la main et effraye la mère de sa victime, Sister Peter Marie qui essaye comme elle peut d'arbitrer alors qu'elle a d'emblée des doutes sur les motivations de Ryan (personnellement je suis assez ambivalente à ce sujet et je me donne encore un ou deux épisodes pour en juger ; après tout, quand Gloria dit que Ryan est incapable d'amour, on a eu toute la saison 3 et des dizaines de scènes de détails pour nous montrer que l'amour de Ryan pour Cyril est sincère, même si, comme c'est normal pour quelqu'un ayant la vie de Ryan, cet amour a des manifestations parfois contestables), les interventions rapides, loin de l'échange long et pénible d'Alvarez et Rivera, et chargées en émotions, et pour finir, l'hystérie générale, fort bien amenée et jouée par tous les protagonistes. La conclusion de cette intrigue est absolument atroce, cynique et déstabilisante, mais je la trouve incroyablement cohérente au regard de tout ce qu'on sait du personnage de Ryan. Ses limites morales existent, leur ligne est juste définitivement pas la même que le commun des mortels ; de la même façon, je n'arrive pas à mettre totalement sa sincérité en doute, mais il faut garder à l'esprit que les relations amoureuses qu'il a connues ou vues jusque là ne s'esprimaient pas dans la tendresse (cf. son enfance, la relation fusionnelle avec Shannon, etc...). Avec lui, le vice pur n'existe pas, et c'est aussi ce qui le rend si terrifiant par moments, c'est que l'Enfer est VERITABLEMENT pavé de bonnes intentions !

Difficile évidemment de ne pas évoquer la mésaventure de Beecher en fin d'épisode. Comme toujours à Oswald, aucune bonne action ne reste impunie (si tant est qu'une bonne action se produise !), et la paranoïa de Schillinger (associée à son tempérament fondamentalement mauvais et borné) conduit à une escalade terrifiante. Les souvenirs que j'ai de cette intrigue me portent à croire que j'ai pas fini de hurler, et Beecher non plus...

Il faudrait mentionner le retour de Chris Keller à Oswald, aussi, mais il est pour le moment assez limité ; la relation entre Kareem Saïd et la belle Tricia Ross connait une douloureuse conclusion, qui associée à la victoire juridique de Saïd dans l'affaire du prisonnier gay, pourrait bien impliquer encore d'autres changements dans la personnalité de notre homme (surtout vu la désapprobation d'Arif), également. Mais pour l'instant ces intrigues sont dans une phase transitoire qui mérite assez peu que je m'épanche à son sujet. Je suis plus intéressée par le sort inédit d'Alvarez hors d'Oswald dont il a réussi à s'échapper, Busmalis étant évidemment repris rapidement puisqu'il n'a jamais été qu'un moyen dans cette intrigue.

Beaucoup de choses, en somme, mais rien dans ces histoires qui puisse me crisper autant que la plupart des scènes de cet épisode. Maintenant si vous voulez bien m'excuser, il faut que j'aille chercher mon ours en peluche et que je pleure roulée en boule dans mon lit pendant une petite heure.

21 janvier 2012

[#Ozmarathon] 4x02, échec et mat

Ah, eh bah ça fait du bien de revenir aux sources ! La saison 4 de notre Ozmarathon progresse et le moins qu'on puisse dire, c'est que, sans renier ce qui a été exploré pendant la saison précédente, et qui a permis de développer certains personnages et de nombreuses dynamiques, on assiste à une volonté visible de revenir à des recettes plus traditionnelles pour la série, plus proches de la saison 2. Sans plus attendre, parce que quand c'est bon, il faut déguster chaud, passons donc à la review de ce nouvel épisode !

Ozmarathon-4x02

Clairement, la saison 2 n'était pas parfaite, mais de toute évidence, les scénaristes en sont venus à la conclusion qu'elle était meilleure que la saison 3, et ça se sent dans la façon dont tant de choses se trouvent ici ranimées.

Et pourtant il ne s'agit pas non plus d'un retour en arrière : McManus est viré d'Em City, ce qui n'est quand même pas exactement un retour à la case départ bien au contraire ; les investigations du flic des stups infiltré, Mobay, se poursuivent et on sent vaguement que ça ne sera pas sans conséquences ; sans compter le génial petit twist de fin d'épisode, qui, enfin, donne du concret aux tentatives d'évasion passées.

Mais en dépit de ces intrigues qui vont résolument vers l'avant, augurant de changements profonds dont on est, c'est sûr, loin d'avoir vu le bout, on retrouve donc un certain nombre d'histoires tirées directement des saisons antérieures d'Oz.

Kareem Saïd, par exemple, se rapproche de Tricia Ross, notamment dans le cadre du procès portant sur l'émeute. Enfin, bon, bien-sûr (et comme pour toutes les intrigues avec lesquelle nous renouons depuis le début de la saison) l'idée est de prétendre qu'en réalité ils n'ont jamais rompu le contact. Leur querelle arrive quand même un peu tard (idéalement, elle aurait dû se produire quand Saïd a commencé à être désapprouvé par ses disciples), mais est parfaite en cela qu'elle souligne bien la complexité de leur relation, les contradictions vécues par Saïd et l'attachement réel qu'ils éprouvent l'un pour l'autre.
Et du même coup, Saïd se trouve à nouveau poussé par ses envies de justice vengeresse. Il parvient, dans un acte manqué qui ne fait illusion qu'à ses yeux, à manquer de tout foutre par terre du fait de son ego incroyable. Beecher lui rivera d'ailleurs magnifiquement son clou à ce sujet, renvoyant aux travers bien connus de Saïd, tout en utilisant la relation que les deux hommes ont construite précédemment. Si une intrigue devait cristalliser mon propos sur la façon d'employer la saison 3 pour poursuivre les intrigues de la saison 2, ce serait vraisemblablement celle-là.
Ce cher Saïd, qui rappelait à qui voulait l'entendre que sa soif de pouvoir s'était dissipée, est donc à nouveau animé par l'envie de briller en société et d'en remontrer au "système", et il se trouve comme par hasard que quelqu'un va venir demander ses services, de la même façon qu'Augustus Hill et Poet avaient pu, par le passé, avoir affaire à lui. Comment après tant d'échec y a-t-il encore des gens pour venir demander une quelconque aide juridique à Saïd (surtout qu'il y a un vrai avocat à 2m de lui), ça me dépasse, mais ça me dépassait déjà en saison 2 et ça apportait de bonnes intrigues, alors d'accord.

De son côté, Shirley, la grâcieuse Shirley, la terrifiante Shirley, qui continue de s'envoyer en l'air avec un mystérieux veinard (vraisemblablement un gardien, sinon ce serait vraiment tordu ; je commence à avoir une théorie cohérente avec ses anciennes convictions, on verra bien...), est aussi à deux semaines de son exécution. La façon qu'elle a d'accepter son sort avec autant de bonne volonté lui ressemble terriblement et, en même temps, a de quoi effrayer une fois de plus à son propos. Cela ne peut pas être net. Shirley, comme Alvarez, semble être absolument indestructible même en ayant vu un certain épisode ultérieur.

Car Alvarez est devenu, à son corps défendant, un gimmick à lui seul. Il est véritablement increvable, comme le soulignait Hernandez dans l'épisode d'ouverture de la saison. Il échappe ici, par un miracle, osons le dire, à une mort certaine. On dirait que la trame de l'épisode qui lui est dédiée n'est constituée que de preuves qu'il n'y a pas de raison qu'il y coupe cette fois, et au final, Alvarez, littéralement, échappe à son Destin. C'est à la fois tordant (pour autant qu'Oz fasse dans le tordant) et incroyablement libérateur parce que cela ouvre des perspectives nouvelles pour lui. Le cercle est-il véritablement brisé ? On verra bien...

Pendant ce temps, Sister Peter Marie continue de préparer la future confrontation entre les frères O'Riley et les proches de Preston Nathan, ce qui est totalement inintéressant à ce stade, mais pourquoi pas.
Cela dit, c'est surtout l'autre intrigue se rapportant aux O'Riley qui est véritablement le clou du spectacle dans cet épisode. Cette enflure de Stanislofsky (à qui je n'ai toujours pas pardonné la mort de Richie Hanlon) et cette anguille de Ryan se livrent en effet un savoureux duel qui a de quoi me faire jubiler à chaque seconde. C'est du grand Oz.
Le jeu du chat et de la souris autour d'un objet en apparence aussi anodin qu'un malheureux téléphone portable les pousse à se tourner autour, de façon absolument civile et propre, sans que ni l'un ni l'autre ne montrent le moindre signe extérieur d'hostilité. Ryan a trouvé ici un ennemi à sa mesure (il le réalisera en cours de route), ce qui le change des butors avec qui il a l'habitude de frayer. Mais on devine que le challenge l'excite sans doute aussi un peu, car Ryan, on en a plusieurs fois eu la preuve au fil des saisons précédentes, garde son propre intellect en haute estime, et c'est le genre de mecs qui apprécie l'intelligence chez autrui autant qu'il l'apprécie chez lui. C'est un défi, voilà tout. Et on sent à son regard, sitôt que Cyril lui parle du portable, que l'objet du duel n'est pas autant important que la confrontation. En définitive, il n'a pas BESOIN d'un portable, mais il a décidé qu'il l'aurait et il est content d'avoir un petit camarade avec qui jouer.
Et à ce petit jeu, Stanislofsky s'avère très fort, d'ailleurs. Si fort qu'il emploie, en réalité, les mêmes méthodes que Ryan O'Riley ; non seulement tous les deux sont aussi intelligents l'un que l'autre, mais ils sont aussi très similaires dans leur façon de réfléchir et de pratiquer le coup de pute tout en allant cirer les pompes des patrons locaux (ici Pancamo). L'un des prisonniers arrivés dans le season premiere en fera ainsi les frais, ce qui confirme qu'il n'était qu'un redshirt. Admirons au passage la technique de Jaz Hoyt qui est capable d'exécuter une commande de façon incroyablement propre ; ce mec ne sera sans doute jamais l'un des personnages majeurs de la série, mais je l'adore quand même.
Entre les formidables coups de maître de cette partie d'échec mesquine et les crises de rire en voyant les uns et les autres s'engager dans cette sordide compétition sans gagnant, on ne peut que souhaiter que Ryan et Nikolai se lancent, eux aussi, dans une éternelle danse de la mort. Ce serait sans doute moins impressionnant que celle de Schillinger et Beecher, mais ce serait diablement divertissant !

Au milieu de tout ça, l'intrigue se rapportant à la question raciale à Oswald est pour le moment mise en sourdine, mais il ne fait aucun doute qu'elle ne va pas s'arrêter si vite. On en reparlera, c'est certain, à l'occasion de notre prochaine session du Ozmarathon.

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